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DISCOURS DU PAPE PAUL VI
AUX MEMBRES DU COMITÉ POUR LA FAMILLE

Mercredi 12 mars 1975

 

Frères bien aimés,
chers Fils et chères Filles
du Comité pour la Famille,

Au cours de la troisième Assemblée générale qui vous réunit en ce moment de tous les horizons, vous avez voulu vous joindre au Peuple de Dieu qui participe à cette audience générale. En effet, c’est bien au service de tout ce peuple que vous étudiez le rôle spécifique de la famille chrétienne, les grandeurs et les exigences du mariage chrétien. Précisément, Nous tenons à souligner devant tous les participants l’importance que Nous attachons à vos travaux.

Oui, l’Eglise reconnaît avec joie l’honnêteté, la valeur, disons même la sainteté de cette union conjugale de l’homme et de la femme, de ce don plénier et réciproque de leurs êtres, dans un amour auquel participe toute leur personne et qui exprime un lien fidèle, exclusif, indissoluble. Et même, pour les chrétiens, ce lien matrimonial acquiert un surcroît de valeur, de sens, de caractère sacré: il devient capable d’exprimer l’union du Christ et de l’Eglise, de cet amour sans faille du Seigneur, et d’en assurer le rayonnement, la réalisation, au niveau de la cellule familiale. Le mariage entre baptisés est élevé au rang d’un sacrement! N’hésitons jamais à témoigner de cette noblesse du mariage.

C’est dans cet esprit que l’Eglise souligne également la délicatesse morale de l’état de mariage, la dignité des rapports entre homme et femme et la responsabilité des époux. Toutes les manifestations de tendresse y sont ordonnées au don spirituel de leurs personnes, le corps étant l’expression de l’âme et le temple du Saint-Esprit. Harmonie difficile, qui a besoin d’être guérie et fortifiée. Par ailleurs, l’amour conjugal doit non seulement maîtriser l’instinct, mais il doit surmonter sans cesse l’égoïsme, afin que le conjoint soit aimé pour lui-même, différent et complémentaire, et que le dynamisme commun qui en résulte soit mis au service des autres: de l’enfant à naître, de la famille, de la société, de l’Eglise.

La grâce du mariage est nécessaire à ce dépassement. Avec elle, une telle réussite n’est pas chimérique. Certes, bien des difficultés subsistent. Le cœur humain a toujours été fragile. La société d’aujourd’hui accepte et encourage un relâchement des mœurs; çà et là, les lois civiles en prennent acte et le favorisent, ce qui oblige les chrétiens à une vigueur morale et spirituelle accrue. Enfin les conditions d’habitat, de travail, l’environnement pèsent lourdement sur la vie de la famille, et il faut tout mettre en œuvre pour les aménager. Mais l’institution familiale elle-même est plus saine et plus solide que certains voudraient le faire croire. Et l’idéal chrétien du mariage demeure possible: il est plus nécessaire que jamais de le proclamer, et de fortifier sur ce point la bonne volonté des fiancés et des foyers.

C’est dire le prix que Nous attachons à vos travaux actuels qui veulent justement mettre en lumière cette doctrine qui fait partie de la Bonne Nouvelle. Faites-le en toute clarté, en conformité avec tout ce que le Magistère a été amené à préciser, avec le réalisme qui ne ferme les yeux sur aucun problème, sur aucune détresse réelle, mais qui les replace dans une vue de foi. Ce mystère est grand. Il est exigeant. Il est aussi plein d’espérance.

Nous saisissions l’occasion, chers amis, pour vous remercier de tout ce que vous faites pour Nous informer des problèmes que vous étudiez, pour donner écho aux directives du Saint-Siège, pour promouvoir une pastorale familiale adéquate, en liaison avec les Commissions épiscopales de vos différents pays et avec les mouvements familiaux chrétiens. Nous nous réjouissons de l’esprit qui préside à vos activités. Au moment de la Conférence mondiale de la Population à Bucarest, Nous avons particulièrement apprécié le soin et le courage avec lesquels vous avez préparé et mené les interventions de la Délégation du Saint-Siège, Vous contribuez, en cet important domaine, à assurer le témoignage de l’Eglise. Avec notre gratitude, avec nos encouragements, Nous vous bénissons de tout cœur.

                                         

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