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DISCOURS DU PAPE
PAUL VI AUX MEMBRES DU CONGRÈS INTERNATIONAL D’ARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE
Samedi 27 septembre 1975
C’est pour
Nous une grande joie de recevoir ce matin les membres du neuvième Congrès
international d’Archéologie chrétienne, à l’issue d’une semaine de travaux dont
le seul programme nous a permis d’entrevoir la richesse d’érudition. Nous
remercions d’abord les membres du Comité organisateur d’avoir voulu célébrer à
Rome même, au cours de l’Année Sainte, le cinquantième anniversaire de la
fondation de l’Institut pontifical d’Archéologie chrétienne, et nous vous
remercions également, Messeigneurs, Mesdames et Messieurs, pour votre présence
aujourd’hui.
Sans doute, la
multitude des pèlerins qui séjournent à Rome ne nous permet pas de vous donner
tout le temps que nous aurions désiré vous accorder pour célébrer aussi
solennellement qu’il le mérite un tel événement. Mais ne trouvez-vous pas la
meilleure des récompenses dans la joie que vous éprouvez en voyant de telles
foules profiter ici, souvent sans le savoir, du labeur patient et obscur de ceux
qui s’efforcent de mettre en lumière, chaque jour un peu mieux, les origines et
la signification de cette Eglise de Rome, source encore aujourd’hui de
renouvellement et de vie spirituelle?
C’est en tout
cas pour nous la preuve que le but que vous fixait notre illustre prédécesseur
le pape Pie XI en fondant, il y a cinquante ans, l’Institut pontifical d’Archéologie
sacrée a été atteint, et nous voulons adresser l’expression de notre gratitude à
tous ceux qui en ont été et en sont actuellement les artisans.
Votre Congrès
a pris pour thème de ses travaux les monuments chrétiens antérieurs à
Constantin. Son programme s’étend donc des recherches sur les monuments
architectoniques qui nous révèlent entre autres les premiers lieux de culte,
jusqu’aux cimetières primitifs de la chrétienté romaine. Entre ces deux pôles
majeurs, vos investigations portent aussi bien sur les rites, les inscriptions,
que sur tous les autres témoignages qui nous restent de cette époque, des
manifestations très humbles mais révélatrices de l’artisanat, à la naissance
d’un art dont les catacombes nous ont laissé ces expressions saisissantes qu’une
de vos expositions vise à mieux faire connaître. Nous ne doutons pas que l’étude
approfondie et coordonnée des divers monuments, architecturaux, épigraphiques ou
littéraires, qui nous sont parvenus, ne contribue à compléter et à nuancer notre
connaissance de cette époque à la fois si ancienne et si proche. Nous sommes
heureux de rendre témoignage à l’importance de ces recherches; elles permettent
pour leur part d’accomplir de manière sérieuse et équilibrée ce retour aux
sources qui est une des exigences de notre temps.
Peu à peu se
précise notre connaissance de l’antiquité chrétienne: elle nous permet
d’apprécier toujours mieux l’enracinement humain et chrétien de l’Eglise des
premiers siècles, particulièrement de l’Eglise romaine, et d’ouvrir ainsi à tous
l’accès aux sources si riches de sa spiritualité. A ce travail austère, vous
consacrez le meilleur de vous-mêmes. Nous vous en félicitons. Sans doute le
temps est-il passé des vastes fresques historiques qui, tout en s’appuyant sur
une grande érudition, laissaient une large place à l’intuition personnelle; mais
peut-être faut-il souhaiter que d’authentiques savants continuent aussi de nos
jours à prendre le temps nécessaire pour présenter au grand public chrétien les
synthèses renouvelées qu’il attend.
Avez-vous
besoin de nos encouragements? Nous savons que la joie de connaître, pour
reprendre une expression célèbre, vous possède et que la joie de voir vos
efforts peu à peu couronnés de succès porte en elle-même sa propre récompense.
Au nom des foules de pèlerins que vous avez vues se presser dans les catacombes
et dans les lieux sanctifiés par les premiers chrétiens et les premiers martyrs,
nous voulons vous remercier. Nous recommandons au Seigneur vos travaux, vos
personnes et tous ceux qui vous sont chers, et nous vous donnons de grand cœur
notre Bénédiction Apostolique.
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