 |
MESSAGE DU PAPE PAUL
VI
À SA SAINTETÉ DIMITRIOS Ier, ARCHEVÊQUE DE CONSTANTINOPLE ET PATRIARCHE
ŒCUMÉNIQUE
Jeudi 11 décembre 1975
Sa Sainteté
Dimitrios I
Archevêque de Constantinople et Patriarche œcuménique
Alors que
touchent à leur fin, ici à Rome, les célébrations de l’Année Sainte, au cours
desquelles l’Eglise catholique Romaine a imploré de la divine Providence le
renouveau et la réconciliation, c’est avec une grande émotion que nous rendons
grâces à Dieu, qui «nous a bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles»
(Eph. 1, 3). C’est le Seigneur qui, il y a dix ans, nous a fait la grâce
d’un grand acte ecclésial de réconciliation, acte qui a réparé d’antiques et
réciproques gestes regrettables et qui est source d’implications fécondes pour
retrouver et rétablir entre nos Eglises cette «pleine communion de foi, de
concorde fraternelle et de vie sacramentelle qui exista entre elles au cours du
premier millénaire de la vie de l’Eglise» (Déclaration commune du 7 décembre
1965: Tomos Agapis, 127). Nous avons voulu ôter pour toujours de
la mémoire et du milieu de l’Eglise le pénible souvenir des anathèmes qui
rendaient prisonniers les cœurs dans l’amertume et la défiance réciproques. L’Esprit
de Dieu a illuminé nos esprits et l’amour du Christ a ressuscité la charité
fraternelle entre nos Eglises.
Aujourd’hui
«l’amour du Christ nous presse» (2 Cor. 5, 14) encore plus pour
rechercher toutes les voies et être toujours plus attentifs aux inspirations de
l’Esprit-Saint afin de poursuivre le dialogue de la vérité dans la Charité: «Veritatem
facientes in caritate» (Eph. 4, 15). Ce dialogue il faut que nous le
fassions progresser sur la route qui conduit à la parfaite unité pour laquelle
le Christ a prié, est mort et est ressuscité. Pour cela nous nous réjouissons
pleinement de la possibilité de créer de nouveaux instruments de dialogue
théologique. Ainsi dans la charité, dans une confiance réciproque, dans un
respect mutuel, animés par l’unique désir de servir l’Eglise du Christ Une et
Sainte, sera mis en plus grande lumière tout ce qui est vécu en commun dans nos
Eglises. En outre, on aura la possibilité de discuter fraternellement et de
surmonter avec sagesse les difficultés qui nous empêchent encore de célébrer
ensemble l’Eucharistie du Seigneur.
Que Dieu nous
donne de résoudre toute divergence, nous trouvant ensemble dans la vérité toute
entière (Cfr. Io. 16, 18) pour pouvoir louer d’un seul cœur et dans la
symphonie de voix pourtant diverses son nom qui est béni dans les siècles. Ainsi
«vivant selon la vérité et dans la charité» nous grandirons de toute manière
vers celui qui est la tête, le Christ, dont le corps tout entier reçoit concorde
et cohésion (Eph. 4, 15-16). C’est dans ces sentiments de vive joie et
d’ardente espérance, en ce temps où nous nous préparons à célébrer l’Incarnation
salvifique de notre Seigneur Jésus-Christ, que Nous assurons votre vénérable
Eglise et vous-même, Frère bien-aimé, de notre affection dans le Seigneur.
Du Vatican, le 11 décembre 1975
PAULUS PP. VI
|