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Jeanne
Delanoue (1666-1736) Fondatrice de la Congrégation de Ste-Anne de
la Providence
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JEANNE DELANOUE nait à Saumur, sur les bords de la Loire, le 18 juin 1666,
dernière d'une famille de douze enfants. Ses parents tiennent un modeste
magasin de mercerie, près du sanctuaire de Notre-Dame-des-Ardilliers. Elle
perd son père, bien jeune à l'âge de six ans et, malgré son jeune âge,
elle aide sa mère à tenir le magasin pour faire vivre toute la famille. Ses
qualités sont remarquables: habile, active, infatigable, au point de garder
le magasin ouvert dimanches et jours de fêtes.
Quel avenir ne pouvait-elle pas espérer? Certainement, agrandir son "affaire" et prospérer. Mais voici que, à l'âge de 27 ans, elle
reçoit, de la part d'une vieille et fidèle pèlerine de
Notre-Dame-des-Ardilliers, une invitation à se consacrer aux pauvres, si
nombreux. Sa mère est morte depuis peu.
Malgré ses responsabilités accrues, elle va s'occuper un peu des pauvres,
pour répondre à cet appel qu'elle sent bien venir de Dieu. Elle s'occupe d'eux
chaque jour, plus que de ses clients. Jusqu'à ce qu'elle soit toute à eux
"à plein temps". Bientôt, du reste, les pauvres ne l'attendent
plus chez eux, mais ils se rendent chez elle. En 1700, une enfant est
accueillie à la maison, bientôt suivie de malades, de vieillards et d'indigents.
Pour tant de monde à loger, il n'y a que des grottes de tufeau. On les
aménage au mieux. Mais il faut chercher de l'aide. Au bout de quatre années,
en 1704, quelques jeunes filles se sont trouvées disposées à aider Jeanne
et même à revêtir l'habit religieux si elle le leur demande. Ainsi naît la
Congrégation de SainteAnne de la Providence. C'est sous ce nom que sont
approuvées les Constitutions en 1709.
La ténacité de Jeanne Delanoue, secondée par de si beaux dévouements,
fonde le premier hospice de Saumur en 1715; il avait été demandé par le roi
Louis XIV en ... 1672!
Sa charité déborde bien vite hors des limites de sa ville de Saumur et de
son diocèse. Du reste, elle compte déjà quarante auxiliaires, toutes à ses
ordres, et décidées à suivre son exemple de dévouement, de prière et de
mortification.
A sa mort, le 17 août 1736, Jeanne Delanoue laisse une douzaine de
communautés, hospices et petites écoles aussi. "La Sainte est morte", dit-on à Saumur.
Tout le monde a pu admirer son zèle, son action dans les nombreuses
visites reçues ou faites, mais seuls ses intimes connaissent sa mortification,
sa vie de prière et d'union à Dieu. C'est de là que procède cette charité
inlassable, attirée vers tous ceux qui souffrent, mais surtout s'ils sont
pauvres. Et Dieu sait qu'ils ne manquent pas, en ces tristes années de famine,
de disette et de froid; années de guerre aussi. Les Soeurs de Jeanne Delanoue,
comme on les nomme tout simplement aujourd'hui, comptent environ 400
religieuses, en France, à Madagascar et à Sumatra, où elles viennent de
fonder en 1979.
Le 5 novembre 1947, Pie XII inscrivait Jeanne Delanoue au nombre des
Bienheureux. C'est comme sainte, aujourd'hui 31 octobre 1982, que S. S.
Jean-Paul II la propose à la dévotion et à l'imitation du peuple de Dieu.
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