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AUGUSTIN ROSCELLI (1818
- 1902)
L'Église nous propose en Augustin Roscelli l'exemple d'un saint prêtre et
Fondateur. Comme prêtre, il incarne la figure de "pasteur", de l'éducateur de la foi, de ministre de la Parole et de guide spirituel.
Toujours prêt à se donner dans l'obéissance, l'humilité, le silence et le
sacrifice, il cherche seulement la Volonté de Celui qui l'a appelé et envoyé.
Dans l'exercice de son ministère sacerdotale il suit l'exemple du Christ,
harmonisant la vie intérieure à une intense action pastorale. Son œuvre est féconde
parce qu'alimentée par une prière continuelle et un ardent amour à
l'Eucharistie.
Il sait lire les évènements de son temps et intervient concrétement, en
faveur des plus démunis et en particulier il se dévoue pour sauver la jeunesse
des embûches et des difficultés morales.
Conduit par l'Esprit Saint, il arrive, presqu'à son insu, à fonder une famille
religieuse.
Né à Bargone de Casarza Ligure (GE), le 27 juillet 1818 de Domenico et Maria
Gianelli, il est baptisé le même jour parce que l'on craint pour sa vie. Sa
famille, pauvre de biens matériels, est toujours pour lui un exemple de foi et
de vertus chrétiennes. Intelligent, sensible, plutôt réservé, Augustin se
rend très tôt utile à sa famille par la garde des moutons.
Ses parents le confient au curé de la paroisse, l'Abbé Andrea Garibaldi qui
lui donne les premiers éléments du savoir.
Vers le sacerdoce
Au mois de mai 1835, lors d'une courte retraite paroissiale animée par le Curé
de Chiavari, Antonio Maria Gianelli, Augustin sent l'appel décisif à la prêtrise
et se rend à Gênes pour entreprendre ses études.
Les années de préparation à son Ordination sacerdotale sont rudes et
difficiles ayant à affronter de graves difficultés économiques. Sa volonté
tenace, sa prière intense et l'aide de bonnes personnes telles que le Chanoine
Gianelli le soutiennent. Ce dernier, devenu Évêque de Bobbio en 1838, lui
trouve un poste commeClerc-sacristain et gardien de l'église du Conservatoire
des Filles de St-Joseph de la Montée S. Rocchino, dont le Gianelli est
directeur. Puis, les Jésuites, le voient "préfét zélé", tel que l'affirme le Recteur
lui-même en 1845.
Le 19 septembre 1846, il est ordonné prêtre par le Cardinal Placido Maria
Tadini.
Vicaire - Saint Confesseur - Éducateur chez les Petits Artisans
(Artigianelli)
L'abbé Augustin Roscelli est immédiatement destiné à la bourgade populeuse
de S. Martino d'Albaro. Là, commence son humble service dans l'œuvre de
sanctification. Dans l'esprit du Christ pasteur et dans l'administration des
sacrements, il se dédie avec zèle, charité et par son exemple à
l'accroissement spirituel du Corps du Christ.
Au confessionnal, il acquiert une connaissance concrète de la triste réalité
et du danger moral dans lesquels se trouvent beaucoup de jeunes filles qui, par
motif de travail, quittent leur village pour la ville, devenant ainsi une proie
facile pour les personnes malhonnêtes. Là, son cœur de père craint et frémit
à la pensée que tant d'âmes simples, seules et sans défense peuvent se
perdre.
En 1858, tout en continuant assidûment son ministère au confessionnal, il
accepte de collaborer avec l'Abbé Francesco Montebruno à l'Êuvre des Petits Artisans.
Parmi les prisonniers, à l'orphelinat
En 1872, son champ d'apostolat s'agrandit. Comme Ministre du Christ "parmi les hommes et institué en faveur des hommes", il se consacre entièrement à l'œuvre que le Seigneur lui a confiée,
sans se soustraire à la misère et à la pauvreté morale de la ville, il
s'occupe non seulement de la jeunesse masculine et féminine mais aussi des détenus
des prisons de St-André pour leur apporter le réconfort et la Miséricorde
du Seigneur.
En 1874, Aumônier du nouvel Orphelinat Provincial de la Montée des Fieschine,
l'Abbé Roscelli se dédie aux nouveaux-nés en leur administrant le Baptême
(d'après les régistres, il résulte qu'il a baptisé, en 22 ans de ministère
dans cette institution, 8.484 enfants)et, faisant siennes les paroles de Saint
Augustin "l'accomplissement de toutes nos œuvres, c'est l'amour", il travaille intensément aussi en faveur des
filles-mères: simples
filles du peuple qui, par manque de travail digne et rémunérateur, tombent
victimes des malintentionnés.
Les ateliers de couture
L'Abbé Roscelli accueille la proposition de quelques unes de ses dirigées
spirituellement matures qui, partageant son désir de sauver les âmes, lui
offrent leur collaboration afin d'aider beaucoup de jeunes filles nécessiteuses
d'assistance morale et de guide sûr pour gagner honnêtement leur vie.
En ces ateliers, les filles reçoivent une instruction morale et religieuse,
unie à une solide formation humaine et chrétienne, de façon à les préparer
à faire face aux difficultés de la ville et à êtreen même temps prêtes
professionnellement.
Une nouvelle congrégation
L'idée hésitante de fonder une Congrégation religieuse est encouragée par
Mons. Salvatore Magnasco et par les Collaboratrices de Roscelli, les
institutrices des Ateliers de Couture, bien convaincues que la Consécration au
Christ et l'engagement de sanc‑tification dans la vie communautaire sont la
force de l'apostolat.
L'Abbé Augustin Roscelli consulte le Pape Pie IX et, aprês en avoir reçu la réponse:
"Deus benedicat te et opera tua bona", s'en remet totalement à la Volonté de Dieu. Le 15 octobre 1876, il réalise
son projet et le 22 du même mois donne l'habit religieux aux premières Filles
qu'il appelle Sœurs de l'Immaculée, leur montrant ainsi le chemin de sainteté
tracé particulièrement par les vertus mêmes de Celle qui est modèle de la
vie consacrée. Son œuvre, après les premières incertitudes, s'affirme et
s'accroît au-delà des limites de Gênes et de l'Italie.
L'existence du "pauvre prêtre" se termine le 7 mai 1902.
L'Abbé Roscelli était:
Homme de Dieu: il avait l'intuition des desseins de Dieu sur lui et s'y abandonnait en toute
docilité.
Dans l'humble Prêtre, l'action divine et humaine, la contemplation et
l'action étaient intégrées en une merveilleuse unité de vie. Son apostolat
surgissait de l'expérience de Dieu qui ouvre à la prière, au témoignage de
fidélité à son ministère sacerdotal et à l'annonce de l'Évangile.
Sel de la terre: contemplatif, pauvre, austère, il choisissait toujours la dernière place, le
renoncement. Dans l'oubli total de lui-même, de ses propres exigences et même
de son temps, toujours disponible au confessional, comme levain évangélique,
il intensifiait ainsi la charité "d'où convergeaient l'amour envers Dieu et l'amour envers le prochain".
Signe prophétique: séparé du monde mais en rapport étroit avec la réalité concrète de son
temps, avec un esprit miséricordieux et avec un cœur tendre de Père, le Roscelli
rendait visible la primauté de l'amour de Dieu en s'approchant des abandonnés,
des prisonniers, des filles-mères, de la jeunesse en général et de toutes
victimes de l'injustice: il les aidait tous avec une sensibilité profonde
assurant ainsi le respect des droits humains et la cause juste de la promotion
humaine.
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