Message du Pape Benoît XVI pour le Carême

La plus grande justice est celle de l'amour


La justice de Dieu s'est manifestée
moyennant la foi au Christ
(
Rm 3, 21-22)

Chers frères et soeurs,
Chaque année, à l'occasion du Carême, l'Eglise nous invite à une révision de vie sincère à la lumière des enseignements évangéliques. Cette année j'aimerais vous proposer quelques réflexions sur un vaste sujet, celui de la justice, à partir de l'affirmation de saint Paul:  "La justice de Dieu s'est manifestée moyennant la foi au Christ" (Rm 3, 21-22)

Justice:  "Dare cuique suum"

En un premier temps, je souhaite m'arrêter sur le sens du mot "justice" qui dans le langage commun revient à "donner à chacun ce qui lui est dû - dare cuique suum" selon la célèbre expression d'Ulpianus, juriste romain du iii siècle. Toutefois, cette définition courante ne précise pas en quoi consiste ce "suum" qu'il faut assurer à chacun. Or, ce qui est essentiel pour l'homme ne peut être garanti par la loi. Pour qu'il puisse jouir d'une vie en plénitude, il lui faut quelque chose de plus intime, de plus personnel et qui ne peut être accordé que gratuitement:  nous pourrions dire qu'il s'agit pour l'homme de vivre de cet amour que Dieu seul peut lui communiquer, l'ayant créé à son image et à sa ressemblance. Certes, les biens matériels sont utiles et nécessaires. D'ailleurs, Jésus lui-même a pris soin des malades, il a nourri les foules qui le suivaient et, sans aucun doute, il réprouve cette indifférence qui, aujourd'hui encore, condamne à mort des centaines de millions d'êtres humains faute de nourriture suffisante, d'eau et de soins. Cependant, la justice distributive ne rend pas à l'être humain tout ce qui lui est dû. L'homme a, en fait, essentiellement besoin de vivre de Dieu parce que ce qui lui est dû dépasse infiniment le pain. Saint Augustin observe à ce propos que "si la justice est la vertu qui rend à chacun ce qu'il lui est dû... alors il n'y a pas de justice humaine qui ôte l'homme au vrai Dieu" (De Civitate Dei XIX, 21)

D'où vient l'injustice?

L'évangéliste Marc nous transmet ces paroles de Jésus prononcées à son époque lors d'un débat sur ce qui est pur et ce qui est impur:  "Il n'est rien d'extérieur à l'homme qui, pénétrant en lui, puisse le souiller... ce qui sort de l'homme voilà ce qui souille l'homme. Car c'est du dedans, du coeur des hommes que sortent les desseins pervers" (Mc 7, 14-15; 20-21). Au-delà du problème immédiat de la nourriture, nous pouvons déceler dans la réaction des pharisiens une tentation permanente chez l'homme:  celle de pointer l'origine du mal dans une cause extérieure. En y regardant de plus près, on constate que de nombreuses idéologies modernes véhiculent ce présupposé:  puisque l'injustice vient du dehors, il suffit d'éliminer les causes extérieures qui empêchent l'accomplissement de la justice. Cette façon de penser, nous avertit Jésus, est naïve et aveugle. L'injustice, conséquence du mal, ne vient pas exclusivement de causes extérieures; elle trouve son origine dans le coeur humain où l'on y découvre les fondements d'une mystérieuse complicité avec le mal. Le psalmiste le reconnaît douloureusement:  "Vois dans la faute je suis né, dans le péché ma mère m'a conçu" (Ps 51, 7). Oui, l'homme est fragilisé par une blessure profonde qui diminue sa capacité à entrer en communion avec l'autre. Naturellement ouvert à la réciprocité libre de la communion, il découvre en lui une force de gravité étonnante qui l'amène à se replier sur lui-même, à s'affirmer au-dessus et en opposition aux autres:  il s'agit de l'égoïsme, conséquence du péché originel. Adam et Eve ont été séduits par le mensonge de Satan. En s'emparant du fruit mystérieux, ils ont désobéi au commandement divin. Ils ont substitué une logique du soupçon et de la compétition à celle de la confiance en l'Amour, celle de l'accaparement anxieux et de l'autosuffisance à celle du recevoir et de l'attente confiante vis-à-vis de l'autre (cf. Gn 3, 1-6), de sorte qu'il en est résulté un sentiment d'inquiétude et d'insécurité. Comment l'homme peut-il se libérer de cette tendance égoïste et s'ouvrir à l'amour?

Justice et sedaqah

Au sein de la sagesse d'Israël, nous découvrons un lien profond entre la foi en ce Dieu qui "de la poussière relève le faible" (Ps 113, 7) et la justice envers le prochain. Le mot sedaqah, qui désigne en hébreux la vertu de justice, exprime admirablement cette relation. Sedaqah signifie en effet l'acceptation totale de la volonté du Dieu d'Israël et la justice envers le prochain (cf. Ex 20, 12-17), plus spécialement envers le pauvre, l'étranger, l'orphelin et la veuve (cf. Dt 10, 18-19). Ces deux propositions sont liées entre elles car, pour l'Israélite, donner au pauvre n'est que la réciprocité de ce que Dieu a fait pour lui:  il s'est ému de la misère de son peuple. Ce n'est pas un hasard si le don de la Loi à Moïse, au Sinaï, a eu lieu après le passage de la Mer Rouge. En effet, l'écoute de la Loi suppose la foi en Dieu qui, le premier, a écouté les cris de son peuple et est descendu pour le libérer du pouvoir de l'Egypte (cf. Ex 3, 8). Dieu est attentif au cri de celui qui est dans la misère mais en retour demande à être écouté:  il demande justice pour le pauvre (cf. Si 4, 4-5. 8-9), l'étranger (cf. Ex 22, 20), l'esclave (cf. Dt 15, 12-18). Pour vivre de la justice, il est nécessaire de sortir de ce rêve qu'est l'autosuffisance, de ce profond repliement sur soi qui génère l'injustice. En d'autres termes, il faut accepter un exode plus profond que celui que Dieu a réalisé avec Moïse, il faut une libération du coeur que la lettre de la Loi est impuissante à accomplir. Y a-t-il donc pour l'homme une espérance de justice?

Le Christ, Justice de Dieu

L'annonce de la bonne nouvelle répond pleinement à la soif de justice de l'homme. L'apôtre saint Paul le souligne dans son Epître aux Romains:  "Mais maintenant sans la Loi, la justice de Dieu s'est manifestée... par la foi en Jésus Christ à l'adresse de tous ceux qui croient. Car il n'y a pas de différence:  tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu et ils sont justifiés par la faveur de sa grâce en vertu de la rédemption accomplie par le Christ Jésus. Dieu l'a exposé instrument de propitiation par son propre sang moyennant la foi" (3, 21-25).
Quelle est donc la justice du Christ? C'est avant tout une justice née de la grâce où l'homme n'est pas sauveur et ne guérit ni lui-même ni les autres. Le fait que l'expiation s'accomplisse dans "le sang" du Christ signifie que l'homme n'est pas délivré du poids de ses fautes par ses sacrifices, mais par le geste d'amour de Dieu qui a une dimension infinie, jusqu'à faire passer en lui la malédiction qui était réservée à l'homme pour lui rendre la bénédiction réservée à Dieu (cf. Gal 3, 13-14). Mais immédiatement on pourrait objecter:  de quel type de justice s'agit-il si le juste meurt pour le coupable et le coupable reçoit en retour la bénédiction qui revient au juste? Est-ce que chacun ne reçoit-il pas le contraire de ce qu'il lui est dû? En réalité, ici, la justice divine se montre profondément différente de la justice humaine. Dieu a payé pour nous, en son Fils, le prix du rachat, un prix vraiment exorbitant. Face à la justice de la Croix, l'homme peut se révolter car elle manifeste la dépendance de l'homme, sa dépendance vis-à-vis d'un autre pour être pleinement lui-même. Se convertir au Christ, croire à l'Evangile, implique d'abandonner vraiment l'illusion d'être autosuffisant, de découvrir et accepter sa propre indigence ainsi que celle des autres et de Dieu, enfin de découvrir la nécessité de son pardon et de son amitié.
On comprend alors que la foi ne soit pas du tout quelque chose de naturel, de facile et d'évident:  il faut être humble pour accepter que quelqu'un d'autre me libère de mon moi et me donne gratuitement en échange son soi. Cela s'accomplit spécifiquement dans les sacrement de la réconciliation et de l'eucharistie. Grâce à l'action du Christ, nous pouvons entrer dans une justice "plus grande", celle de l'amour (cf. Rm 13, 8-10), la justice de celui qui, dans quelque situation que ce soit, s'estime davantage débiteur que créancier parce qu'il a reçu plus que ce qu'il ne pouvait espérer.
Fort de cette expérience, le chrétien est invité à s'engager dans la construction de sociétés justes où tous reçoivent le nécessaire pour vivre selon leur dignité humaine et où la justice est vivifiée par l'amour.
Chers frères et soeurs, le temps du Carême culmine dans le Triduum pascal, au cours duquel, cette année encore, nous célébrerons la justice divine, qui est plénitude de charité, de don et de salut. Que ce temps de pénitence soit pour chaque chrétien un temps de vraie conversion et d'intime connaissance du mystère du Christ venu accomplir toute justice. Formulant ces voeux, j'accorde à tous et de tout coeur ma Bénédiction apostolique.
Du Vatican, le 30 octobre 2009



(©L'Osservatore Romano - 9 février 2010)
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Lors de l'Angelus du 7 février, le Saint-Père annonce la Journée mondiale des Malades

Savoir répondre à l'appel du Seigneur


Chers frères et soeurs,
La liturgie de ce cinquième dimanche du temps ordinaire nous présente le thème de l'appel divin. Dans une vision majestueuse, Isaïe se trouve en présence du Seigneur trois fois saint et il est pris d'une grande crainte et d'un sentiment profond de sa propre indignité. Mais un séraphin purifie ses lèvres avec un charbon ardent et efface son péché, et lui, se sentant prêt à répondre à l'appel s'exclame:  "Me voici, Seigneur, envoie-moi!" (cf. Is 6, 1-2.3-8). La même succession de sentiments est présente dans l'épisode de la pêche miraculeuse dont nous parle le passage de l'Evangile d'aujourd'hui. Invités par Jésus pour jeter les filets, malgré une nuit infructueuse, Simon Pierre et les autres disciples, se fiant à sa parole, obtiennent une pêche surabondante. Face à un tel prodige, Simon Pierre ne se jette pas au cou de Jésus pour exprimer la joie de cette pêche inattendue mais, comme l'évangéliste Luc le raconte, il se jette à genoux en disant:  "Eloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur!". Alors Jésus le rassure:  "Sois sans crainte; désormais ce sont des hommes que tu prendras" (cf. Lc 5, 10); et lui, quittant tout, le suit.
Paul aussi, se souvenant d'avoir été un persécuteur de l'Eglise, se professe indigne d'être appelé apôtre, mais il reconnaît que la grâce de Dieu a accompli en lui des merveilles et, malgré ses limites, lui a confié le devoir et l'honneur de prêcher l'Evangile (cf. 1 Co 15, 8-10). Dans ces trois expériences, nous voyons comment la rencontre authentique avec Dieu conduit l'homme à reconnaître sa pauvreté et son inaptitude, ses limites et son péché. Mais malgré cette fragilité, le Seigneur, riche en miséricorde et en pardon, transforme la vie de l'homme et l'appelle à le suivre. L'humilité témoignée par Isaïe, par Pierre et par Paul invite tous ceux qui ont reçu le don de la vocation divine à ne pas se concentrer sur leurs propres limites, mais à garder le regard fixé sur le Seigneur et sur sa surprenante miséricorde, pour convertir leur coeur et continuer avec joie à "tout quitter" pour Lui. Il ne regarde pas, en effet, ce qui est important pour l'homme:  "L'homme regarde à l'apparence, mais le Seigneur regarde au coeur" (1 S 16, 7), et il transforme des hommes pauvres et faibles, mais qui ont foi en Lui, en apôtres intrépides qui annoncent le salut.
En cette Année sacerdotale, prions le Maître de la moisson afin qu'il envoie des ouvriers pour sa moisson et que tous ceux qui entendent l'invitation du Seigneur à le suivre, après un discernement nécessaire, sachent répondre avec générosité, non pas en comptant sur leurs propres forces mais en s'ouvrant à l'action de sa grâce. J'invite en particulier tous les prêtres à ranimer leur généreuse disponibilité à répondre chaque jour à l'appel du Seigneur avec la même humilité et la même foi qu'Isaïe, que Pierre et Paul.
Confions à la Vierge Sainte toutes les vocations, particulièrement celles à la vie religieuse et sacerdotale. Que Marie suscite en chacun le désir de prononcer son propre "oui" au Seigneur avec une joie et un dévouement total.

Journée pour la Vie en Italie

A l'issue de l'Angelus, le Saint-Père poursuivait en italien: 

Nous célébrons aujourd'hui en Italie la Journée pour la Vie. Je m'associe volontiers aux évêques italiens et à leur message sur le thème "La force de la vie, un défi dans la pauvreté". Dans la période actuelle de difficulté économique, ces mécanismes qui, en produisant de la pauvreté et en créant de fortes inégalités sociales, blessent et offensent la vie, touchant surtout les plus faibles et les personnes sans défense, deviennent encore plus dramatiques. Cette situation incite donc à promouvoir un développement humain intégral pour dépasser l'indigence et le besoin, et rappelle surtout que le but de l'homme n'est pas le bien-être, mais Dieu lui-même et que l'existence humaine doit être défendue et favorisée à chacun de ses stades. Nul n'est en effet le maître de sa propre vie, mais nous sommes tous appelés à la protéger et à la respecter, de sa conception jusqu'à sa fin naturelle.
Tout en exprimant mon soutien à ceux qui travaillent directement au service des enfants, des malades et des personnes âgées, je salue avec affection les nombreux fidèles de Rome ici présents, guidés par le cardinal-vicaire et quelques évêques auxiliaires. Le diocèse de Rome consacre une attention spéciale à la Journée pour la Vie et la prolonge avec la "Semaine de la vie et de la famille". Je forme des voeux de réussite pour cette initiative et j'encourage l'activité des consulteurs, des associations et des mouvements, mais aussi des professeurs d'université engagés en vue  du  soutien  de  la  vie et de la famille.
Dans ce contexte, je rappelle que le 11 février prochain, mémoire de la bienheureuse Vierge Marie de Lourdes et Journée mondiale du Malade, je célébrerai la Messe dans la matinée avec les malades, dans la basilique Saint-Pierre.
Le Pape s'est ensuite adressé aux pèlerins de langue française: 
Chers pèlerins francophones, dans l'Evangile d'aujourd'hui, le Christ nous adresse une invitation à avancer vers le large et à jeter les filets, car la Bonne Nouvelle doit s'étendre jusqu'aux extrémités du monde. Comme disciples de Jésus, quittons le rivage de nos certitudes humaines pour jeter avec lui les filets de la Parole de Dieu. En cette Année sacerdotale, que la force de l'Esprit guide et remplisse de bonheur et de joie ceux qui ont accepté de se laisser saisir par le Christ! Que la Vierge Marie, Mère des prêtres, accompagne chacun d'eux sur son chemin! Bon dimanche et bonne semaine à tous!

Le Saint-Père concluait en italien: 

Je souhaite à tous un bon dimanche.



(©L'Osservatore Romano - 9 février 2010)
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Le Pape préside les vêpres en la fête de la Présentation du Seigneur au Temple

La vie consacrée
école de miséricorde et de gratuité


Dans la soirée du mardi 2 février 2010, fête de la Présentation du Seigneur au Temple et Journée mondiale de la vie consacrée, le Pape Benoît XVI a présidé les vêpres dans la basilique vaticane. A cours de la célébration, le Saint-Père a prononcé l'homélie suivante: 

Chers frères et soeurs,
En la fête de la Présentation de Jésus au Temple, nous célébrons un mystère de la vie du Christ, lié au précepte de la loi mosaïque qui prescrivait aux parents, quarante jours après la naissance du fils aîné, de monter au Temple de Jérusalem pour offrir leur fils au Seigneur et pour la purification rituelle de la mère (cf. Ex 13, 1-2.11-16; Lv 12, 1-8). Marie et Joseph accomplissent eux aussi ce rite, en offrant - selon la loi - un couple de tourterelles ou de colombes. En lisant les choses plus en profondeur, nous comprenons qu'à ce moment-là, c'est Dieu lui-même qui présente son Fils Unique aux hommes, à travers les paroles du vieillard Siméon et de la prophétesse Anne. En effet, Siméon proclame Jésus comme "salut" de l'humanité, comme "lumière" de tous les peuples, et "signe de contradiction" parce qu'il dévoilera les pensées des coeurs (cf. Lc 2, 29-35). En Orient, cette fête était appelée Hypapante, fête de la rencontre:  en effet, Siméon et Anne, qui rencontrent Jésus dans le Temple et reconnaissent en Lui le Messie tellement attendu, représentent l'humanité qui rencontre son Seigneur dans l'Eglise. Ensuite, cette fête s'est étendue également à l'Occident, développant surtout le symbole de la lumière, et la procession avec les chandelles, qui est à l'origine du terme "Chandeleur". Par ce signe visible, on veut signifier que l'Eglise rencontre dans la foi celui qui est "la lumière des hommes" et l'accueille avec tout l'élan de sa foi pour apporter au monde cette "lumière".
En concomitance avec cette fête liturgique, le vénérable Jean-Paul ii, à partir de 1997 a voulu que soit célébrée dans toute l'Eglise, une Journée spéciale de la vie consacrée. En effet, l'oblation du Fils de Dieu - symbolisée par sa présentation au Temple - est un modèle pour tout homme et toute femme qui consacre toute sa vie au Seigneur. Le but de cette journée est triple:  avant tout louer et rendre grâce au Seigneur pour le don de la vie consacrée; deuxièmement, en promouvoir la connaissance et l'estime de la part de tout le Peuple de Dieu; enfin, inviter ceux qui ont donné totalement leur vie à la cause de l'Evangile à célébrer les merveilles que le Seigneur a faites en eux. En vous remerciant d'être venus aussi nombreux, en cette journée qui vous est particulièrement dédiée, je désire saluer chacun de vous avec une grande affection:  religieux, religieuses et personnes consacrées, en vous exprimant ma proximité cordiale et combien j'apprécie le bien que vous réalisez au service du Peuple de Dieu.
La brève lecture tirée de la Lettre aux Hébreux, qui vient d'être proclamée, unit bien les motifs qui sont à l'origine de cette belle fête significative et nous offre quelques éléments de réflexion. Ce texte - il s'agit de deux versets, mais très denses - ouvre la seconde partie de la Lettre aux Hébreux, introduisant le thème central du Christ grand prêtre. Il faudrait, en vérité, prendre aussi en compte le verset qui précède immédiatement, et qui dit:  "Donc, puisque nous avons un grand prêtre qui a pénétré les cieux, Jésus, Fils de Dieu, demeurons fermes dans la profession de notre foi" (He 4, 14). Ce verset montre Jésus qui monte vers le Père; le suivant le montre qui descend vers les hommes. Le Christ est présenté comme le médiateur:  il est vrai Dieu et vrai homme, il appartient par conséquent réellement au monde divin et au monde humain.
En réalité, c'est justement et seulement à partir de cette foi, de cette profession de foi en Jésus Christ, le Médiateur unique et définitif, qu'une vie consacrée a son sens dans l'Eglise, une vie consacrée à Dieu à travers le Christ. Elle n'a un sens que s'Il est vraiment médiateur entre Dieu et nous, autrement, il ne s'agirait que d'une forme de sublimation ou d'évasion. Si le Christ n'était pas vraiment Dieu, et s'il n'était pas en même temps pleinement homme, le fondement de la vie chrétienne en tant que telle disparaîtrait, et, de façon tout à fait particulière, le fondement de toute consécration chrétienne de l'homme et de la femme disparaîtrait. En effet, la vie consacrée témoigne et exprime justement de façon "forte" le fait que Dieu et l'homme se cherchent réciproquement, l'amour qui les attire; la personne consacrée, du fait même qu'elle existe, représente comme un "pont" vers Dieu pour tous ceux qui la rencontrent, un rappel, un renvoi. Et tout cela grâce à la médiation de Jésus Christ, le Consacré du Père. Le fondement, c'est Lui! Lui, qui a partagé notre fragilité, afin que nous puissions participer de sa nature divine.
Notre texte insiste, plus que sur la foi, sur la "confiance" avec laquelle nous pouvons nous approcher du "trône de la grâce", du moment que notre grand prêtre a été, Lui-même, "mis à l'épreuve, en toute chose comme nous". Nous pouvons nous approcher pour recevoir "miséricorde", "trouver grâce", et pour "être aidés au moment opportun". Il me semble que ces paroles contiennent une grande vérité et en même temps un grand réconfort pour nous qui avons reçu le don et l'engagement d'une consécration spéciale dans l'Eglise. Je pense en particulier à vous, chers soeurs et frères. Vous vous êtes approchés avec une confiance totale du "trône de la grâce" qui est le Christ, de sa Croix, de son Coeur, de sa divine présence dans l'Eucharistie. Chacun de vous s'est approché de Lui comme de la source de l'Amour pur et fidèle, un amour si grand et si beau qu'il mérite tout, et même plus que notre tout, parce qu'une vie entière ne suffit pas à lui rendre ce que le Christ est et ce qu'il a fait pour nous. Mais vous vous êtes approchés et chaque jour, vous vous approchez de Lui, même pour être aidés au moment opportun et à l'heure de l'épreuve.
Les personnes consacrées sont appelées d'une façon particulière à être des témoins de cette miséricorde du Seigneur, dans laquelle l'homme trouve son salut. Elles maintiennent vivante l'expérience du pardon de Dieu, parce qu'elles ont conscience d'être des personnes sauvées, d'être grandes quand elles se reconnaissent petites, de se sentir renouvelées et enveloppées de la sainteté de Dieu quand elles reconnaissent leur péché. C'est pourquoi, pour l'homme d'aujourd'hui aussi, la vie consacrée reste une école privilégiée de la "componction du coeur", de la reconnaissance humble de sa propre misère, mais pareillement, elle reste une école de la confiance dans la miséricorde de Dieu, dans son amour qui n'abandonne jamais. En réalité, plus on s'approche de Dieu, plus on est proche de Lui, plus on est utile aux autres. Les personnes consacrées font l'expérience de la grâce, de la miséricorde, et du pardon de Dieu non seulement pour elles-mêmes, mais aussi pour leurs frères, en étant appelées à porter dans leur coeur et dans la prière les angoisses et les attentes des hommes, spécialement de ceux qui sont loin de Dieu. En particulier, les communautés qui vivent en clôture, avec leur engagement spécifique de fidélité à "demeurer avec le Seigneur", à "demeurer au pied de la Croix", exercent souvent ce rôle de vicaire, unies au Christ de la Passion, en prenant sur elles les souffrances et les épreuves des autres et en offrant toute chose avec joie pour le salut du monde.
Enfin, chers amis, nous voulons élever au Seigneur un hymne d'action de grâce et de louange pour la vie consacrée elle-même. Si elle n'existait pas, le monde serait tellement plus pauvre! Au-delà des évaluations fonctionnelles superficielles, la vie consacrée est importante justement du fait qu'elle est signe de gratuité et d'amour, et cela d'autant plus dans une société qui risque d'être étouffée dans le tourbillon de l'éphémère et de l'utile (cf. Exhortation apostolique post-synodale Vita consecrata, n. 105). Au contraire, la vie consacrée témoignage de la surabondance d'amour qui pousse à "perdre" sa vie, en réponse à la surabondance d'amour du Seigneur qui, le premier, a "perdu" sa vie pour nous. En ce moment, je pense aux personnes consacrées qui sentent le poids de la fatigue quotidienne pauvre en gratifications humaines, je pense aux religieux et aux religieuses âgés, malades, à ceux qui se sentent en difficulté dans leur apostolat... Aucun d'entre eux n'est inutile, parce que le Seigneur les associe au "trône de la grâce". Ils sont au contraire un don précieux pour l'Eglise et pour le monde, assoiffé de Dieu et de sa Parole.
Pleins de confiance et de reconnaissance, nous renouvelons donc nous aussi notre geste d'offrande totale de nous-mêmes en nous présentant au Temple. Que l'Année sacerdotale soit une occasion supplémentaire pour les religieux prêtres, d'intensifier leur chemin de sanctification, et, pour tous les consacrés et les consacrées, un encouragement pour accompagner et soutenir leur ministère à travers leur prière fervente. Cette année de grâce culminera à Rome, en juin prochain, par la rencontre internationale des prêtres, à laquelle j'invite tous ceux qui exercent le ministère sacré. Nous nous approchons du Dieu trois fois saint, pour offrir notre vie et notre mission, personnelle et communautaire, d'hommes et de femmes consacrées au Royaume de Dieu. Nous accomplissons ce geste intérieur en intime communion spirituelle avec la Vierge Marie:  en la contemplant dans l'acte de présenter l'Enfant Jésus au Temple, nous la vénérons comme la première et parfaite consacrée, portée par ce Dieu qu'elle porte dans ses bras; Vierge, pauvre et obéissante, entièrement dévouée à nous, parce que toute à Dieu. A son école, et avec son aide maternelle, nous renouvelons notre "me voici" et notre "fiat". Amen.



(©L'Osservatore Romano - 9 février 2010)
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Saint Dominique au centre de l'Audience générale du 3 février 2010

La dimension culturelle de la foi
un engagement pour tous


Chers frères et soeurs,
La semaine dernière, j'ai présenté la figure lumineuse de François d'Assise et aujourd'hui, je voudrais vous parler d'un autre saint qui, à la même époque, a apporté une contribution fondamentale au renouveau de l'Eglise de son temps. Il s'agit de saint Dominique, le fondateur de l'Ordre des prêcheurs, connus également sous le nom de Frères dominicains.
Son successeur à la tête de l'Ordre, le bienheureux Jourdain de Saxe, offre un portrait complet de saint Dominique dans le texte d'une célèbre prière:  "Enflammé par le zèle de Dieu et par l'ardeur surnaturelle, par ta charité sans fin et la ferveur de ton esprit véhément, tu t'es consacré tout entier par le voeu de la pauvreté perpétuelle à l'observance apostolique et à la prédication évangélique". C'est précisément ce trait fondamental du témoignage de Dominique qui est souligné:  il parlait toujours avec Dieu et de Dieu. Dans la vie des saints, l'amour pour le Seigneur et pour le prochain, la recherche de la gloire de Dieu et du salut des âmes vont toujours de pair.
Dominique est né en Espagne, à Caleruega, aux alentours de 1170. Il appartenait à une noble famille de la Vieille Castille et, soutenu par un oncle prêtre, il fut formé dans une célèbre école de Palencia. Il se distingua immédiatement par son intérêt pour l'étude de l'Ecriture Sainte et par son amour envers les pauvres, au point de vendre ses livres, qui à l'époque représentaient un bien d'une grande valeur, pour venir en aide, grâce à l'argent qu'il en tira, aux victimes d'une famine.
Ordonné prêtre, il fut élu chanoine du chapitre de la cathédrale de son diocèse d'origine, Osma. Même si cette nomination pouvait représenter pour lui un motif de prestige dans l'Eglise et dans la société, il ne l'interpréta pas comme un privilège personnel, ni comme le début d'une brillante carrière ecclésiastique, mais comme un service à rendre avec dévouement et humilité. La tentation de la carrière n'est-elle pas une tentation dont ne sont pas même exempts ceux qui ont un rôle d'animation et de gouvernement dans l'Eglise? C'est ce que je rappelais, il y a quelques mois, à l'occasion de la consécration de plusieurs évêques:  "Ne recherchons pas le pouvoir, le prestige, l'estime pour nous-mêmes... Nous savons que dans la société civile, et souvent, même dans l'Eglise, les affaires souffrent du fait que beaucoup de personnes, auxquelles a été confiée une responsabilité, oeuvrent pour elles-mêmes et non pas pour la communauté" (Homélie lors de la chapelle papale pour l'ordination épiscopale de cinq prélats, 12 septembre 2009, cf. orlf n. 37 du 15 septembre 2009).
L'évêque d'Osma, qui se nommait Diego, un véritable pasteur zélé, remarqua très tôt les qualités spirituelles de Dominique, et voulut bénéficier de sa collaboration. Ils allèrent ensemble en Europe du nord, pour accomplir des missions diplomatiques qui leur avaient été confiées par le roi de Castille. En voyageant, Dominique se rendit compte de deux immenses défis pour l'Eglise de son temps:  l'existence de peuples pas encore évangélisés, aux frontières nord du continent européen et le déchirement religieux qui affaiblissait la vie chrétienne dans le sud de la France, où l'action de certains groupes hérétiques créait des troubles et éloignait de la vérité de la foi. L'action missionnaire envers ceux qui ne connaissaient pas la lumière de l'Evangile et l'oeuvre de réévangélisation des communautés chrétiennes devinrent ainsi les objectifs apostoliques que Dominique se proposa de poursuivre. Ce fut le Pape, auprès duquel l'évêque Diego et Dominique se rendirent pour lui demander conseil, qui demanda à ce dernier de se consacrer à prêcher aux Albigeois, un groupe hérétique qui soutenait une conception dualiste de la réalité, c'est-à-dire à travers deux principes créateurs également puissants, le Bien et le Mal. Ce groupe, par conséquent méprisait la matière comme provenant du principe du mal, refusant également le mariage, allant jusqu'à nier l'incarnation du Christ, les sacrements dans lesquels le Seigneur nous "touche" à travers la matière et la résurrection des corps. Les Albigeois privilégiaient la vie pauvre et austère, - dans ce sens, il étaient également exemplaires - et ils critiquaient la richesse du clergé de l'époque. Dominique accepta avec enthousiasme cette mission, qu'il réalisa précisément à travers l'exemple de son existence pauvre et austère, à travers la prédication de l'Evangile et les débats publics. Il consacra le reste de sa vie à cette mission de prêcher la Bonne Nouvelle. Ses fils devaient réaliser également les autres rêves de saint Dominique:  la mission ad gentes, c'est-à-dire à ceux qui ne connaissaient pas encore Jésus, et la mission à ceux qui vivaient dans les villes, surtout les villes universitaires, où les nouvelles tendances intellectuelles étaient un défi pour la foi des personnes cultivées.
Ce grand saint nous rappelle que dans le coeur de l'Eglise doit toujours brûler un feu missionnaire, qui incite sans cesse à apporter la première annonce de l'Evangile et, là où cela est nécessaire, une nouvelle évangélisation:  en effet, le Christ est le bien le plus précieux que les hommes et les femmes de chaque époque et de chaque lieu ont le droit de connaître et d'aimer! Il est réconfortant de voir que dans l'Eglise d'aujourd'hui également il existe tant de personnes - pasteurs et fidèles laïcs, membres d'antiques ordres religieux et de nouveaux mouvements ecclésiaux - qui donnent leur vie avec joie pour cet idéal suprême:  annoncer et témoigner de l'Evangile!
A Dominique Guzman s'associèrent ensuite d'autres hommes, attirés par sa même aspiration. De cette manière, progressivement, à partir de la première fondation de Toulouse, fut créé l'ordre des prêcheurs. Dominique, en effet, en pleine obéissance aux directives des Papes de son temps, Innocent iii et Honorius iii, adopta l'antique Règle de saint Augustin, l'adaptant aux exigences de vie apostolique, qui le conduisaient, ainsi que ses compagnons, à prêcher en se déplaçant d'un lieu à l'autre, mais en revenant ensuite dans leurs propres couvents, lieux d'étude, de prière et de vie communautaire. Dominique voulut souligner de manière particulière deux valeurs considérées indispensables pour le succès de la mission évangélisatrice:  la vie communautaire dans la pauvreté et l'étude.
Dominique et les frères prêcheurs se présentaient tout d'abord comme mendiants, c'est-à-dire sans de grandes propriétés foncières à administrer. Cet élément les rendait plus disponibles à l'étude et à la prédication itinérante et constituait un témoignage concret pour les personnes. Le gouvernement interne des couvents et des provinces dominicaines s'organisa sur le système des chapitres, qui élisaient leurs propres supérieurs, ensuite confirmés par les supérieurs majeurs; une organisation qui stimulait donc la vie fraternelle et la responsabilité de tous les membres de la communauté, en exigeant de fortes convictions personnelles. Le choix de ce système naissait précisément du fait que les dominicains, en tant que prêcheurs de la vérité de Dieu, devaient être cohérents avec ce qu'ils annonçaient. La vérité étudiée et partagée dans la charité avec les frères est le fondement le plus profond de la joie. Le bienheureux Jourdain de Saxe dit à propos de saint Dominique:  "Il accueillait chaque homme dans le grand sein de la charité et, étant donné qu'il aimait chacun, tous l'aimaient. Il s'était fait pour règle personnelle de se réjouir avec les personnes heureuses et de pleurer avec ceux qui pleuraient" (Libellus de principiis Ordinis Praedicatorum autore Iordano de Saxonia, ed. H.C. Scheeben, [Monumenta Historica Sancti Patris Nostri Domiici, Romae, 1935]).
En second lieu, Dominique, par un geste courageux, voulut que ses disciples reçoivent une solide formation théologique, il n'hésita pas à les envoyer dans les universités de son temps, même si un grand nombre d'ecclésiastiques regardaient avec défiance ces institutions culturelles. Les Constitutions de l'Ordre des prêcheurs accordent une grande importance à l'étude comme préparation à l'apostolat. Dominique voulut que ses frères s'y consacrent sans compter, avec diligence et piété; une étude fondée sur l'âme de tout savoir théologique, c'est-à-dire sur l'Ecriture Sainte, et respectueuse des questions posées à la raison. Le développement de la culture impose à ceux qui accomplissent le ministère de la Parole, aux différents niveaux, d'être bien préparés. Il exhorte donc tous, pasteurs et laïcs, à cultiver cette "dimension culturelle" de la foi, afin que la beauté de la vérité chrétienne puisse être mieux comprise et que la foi puisse être vraiment nourrie, renforcée et aussi défendue. En cette Année sacerdotale, j'invite les séminaristes et les prêtres à estimer la valeur spirituelle de l'étude. La qualité du ministère sacerdotal dépend aussi de la générosité avec laquelle on s'applique à l'étude des vérités révélées.
Dominique, qui voulut fonder un Ordre religieux de prêcheurs-théologiens, nous rappelle que la théologie a une dimension spirituelle et pastorale, qui enrichit l'âme et la vie. Les prêtres, les personnes consacrées, ainsi que tous les fidèles, peuvent trouver une profonde "joie intérieure" dans la contemplation de la beauté de la vérité qui vient de Dieu, une vérité toujours actuelle et toujours vivante. La devise des frères prêcheurs - contemplata aliis tradere - nous aide à découvrir, ensuite, un élan pastoral dans l'étude contemplative de cette vérité, du fait de l'exigence de transmettre aux autres le fruit de notre propre contemplation.
Lorsque Dominique mourut en 1221, à Bologne, la ville qui l'a choisi comme patron, son oeuvre avait déjà rencontré un grand succès. L'Ordre des prêcheurs, avec l'appui du Saint-Siège, s'était répandu dans de nombreux pays d'Europe, au bénéfice de l'Eglise tout entière. Dominique fut canonisé en 1234, et c'est lui-même qui, par sa sainteté, nous indique deux moyens indispensables afin que l'action apostolique soit incisive. Tout d'abord la dévotion mariale, qu'il cultiva avec tendresse et qu'il laissa comme héritage précieux à ses fils spirituels, qui dans l'histoire de l'Eglise ont eu le grand mérite de diffuser la prière du saint Rosaire, si chère au peuple chrétien et si riche de valeurs évangéliques, une véritable école de foi et de piété. En second lieu, Dominique, qui s'occupa de plusieurs monastères féminins en France et à Rome, crut jusqu'au bout à la valeur de la prière d'intercession pour le succès du travail apostolique. Ce n'est qu'au Paradis que nous comprendrons combien la prière des religieuses contemplatives accompagne efficacement l'action apostolique! A chacune d'elles, j'adresse ma pensée reconnaissante et affectueuse.
Chers frères et soeurs, la vie de Dominique Guzman nous engage tous à être fervents dans la prière, courageux à vivre la foi, profondément amoureux de Jésus Christ. Par son intercession, nous demandons à Dieu d'enrichir toujours l'Eglise d'authentiques prédicateurs de l'Evangile.

Parmi les pèlerins qui assistaient à l'Audience générale du 3 février 2010, se trouvaient les groupes suivants, auxquels le Saint-Père s'est adressé en français: 

De divers pays:  Evêques amis de la communauté de Sant'Egidio.

De France:  Collège Fénelon-Sainte-Marie, de Paris; Collège du Sacré-Coeur, d'Aix-en-Provence; Ecole Saint-Thomas, de Pontcalek.

Salut en langue française

Chers frères et soeurs,
Contemporain de saint François, saint Dominique a apporté lui aussi un renouveau fondamental à l'Eglise de son temps en fondant l'Ordre des prêcheurs ou dominicains. Né en Espagne, Dominique Guzman se distingua très tôt par son intérêt pour l'étude de l'Ecriture Sainte. Devenu prêtre, il fut remarqué pour ses qualités spirituelles et il reçut avec détachement les charges confiées comme un service à rendre avec dévouement et humilité. Il lutta contre l'hérésie albigeoise répandue dans le sud de la France, par le témoignage de sa vie pauvre et austère, par l'annonce de l'Evangile et les débats publics. Avec ses frères mendiants, il mit l'accent sur la vie commune dans la pauvreté, sur l'étude et sur la prière pour le succès de la mission évangélisatrice. Parler toujours avec Dieu et de Dieu:  voilà son idéal! Une joie profonde naît de la contemplation de la beauté de la vérité qui vient de Dieu, toujours actuelle et vivante. Ceux qui annoncent la Parole de Dieu doivent être bien préparés. En cette Année sacerdotale, j'invite les prêtres et les séminaristes à estimer, à la suite de saint Dominique, la valeur spirituelle de l'étude des vérités révélées dont dépend la qualité de leur ministère presbytéral.

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J'accueille avec joie les pèlerins francophones particulièrement les élèves et les professeurs des collèges Fénelon et du Sacré-Coeur, et ceux de l'Institut Saint-Dominique, de Rome. Que Notre Dame du Rosaire, patronne le l'Ordre dominicain, vous aide à découvrir la présence du Christ dans votre vie et à le suivre généreusement chaque jour. Que Dieu vous bénisse!


(©L'Osservatore Romano - 9 février 2010)
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