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06 - 04.10.2005
RÉSUMÉ
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TROISIÈME CONGRÉGATION GÉNÉRALE (MARDI 4 OCTOBRE 2005 - MATIN)
♦ AVIS
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TROISIÈME CONGRÉGATION GÉNÉRALE (MARDI 4 OCTOBRE 2005 - MATIN)
● INTERVENTION DU PRÉSIDENT DÉLÉGUÉ
● COMPOSITION DE LA COMMISSION POUR L’INFORMATION
● ÉLECTION DE LA COMMISSION POUR LE MESSAGE
● INTERVENTIONS EN SALLE (CONTINUATION)
À 09h00 ce matin, mardi 4 octobre 2005, fête de saint François
d’Assise, en présence du Saint-Père, avec le chant de l’Heure Tierce,
a eu lieu la Troisième Congrégation Générale, pour la continuation
des interventions des Pères Synodaux en Salle sur le thème L’Eucharistie,
source et sommet de la vie et de la mission de l’Église. Le
Président délégué du jour était S. Ém. le Card. Juan SANDOVAL
ÍÑIGUEZ, Archevêque de Guadalajara (Mexique).
À cette Congrégation Générale, qui s’est conclue à 12h30, avec la
prière de l’Angelus Domini, étaient présents 243 Pères.
● INTERVENTION DU PRÉSIDENT DÉLÉGUÉ
À l’ouverture de la Troisième Congrégation Générale, le Président
Délégué du jour a adressé ses voeux pour la fête des Pères Synodaux
à l’occasion de la festivité d’aujourd’hui.
● COMPOSITION DE LA COMMISSION POUR L’INFORMATION
Ensuite, le Secrétaire Général du Synode des Évêques a communiqué la
composition de la Commission pour l’Information:
Président de la Commission
S. Exc. Mgr John Patrick FOLEY, Archevêque titulaire de Neapoli de
Proconsolare, Président du Conseil Pontifical pour les
Communications Sociales
Vice - Presidént de la Commission
S. Exc. Mgr Sofron Stefan MUDRY, O.S.B.M., Évêque émérite d‘Ivano-Frankivsk,
Stanislav des Ukrainiens
S. Exc. Mgr Evaristus Thatho BITSOANE, Évêque de Qacha’s Nek,
Président de la Conférence Épiscopale
S. Exc. Mgr Luciano Pedro MENDES DE ALMEIDA, S.J., Archevêque de
Mariana
S. Exc. Mgr Joseph POWATHIL, Archevêque de Changanacherry des
Syro-Malabars
S. Exc. Mgr Franjo KOMARICA, Évêque de Banja Luka
S. Exc. Mgr Arnold OREWAE, Évêque coadjuteur de Papouasie - Nouvelle
- Guinée
Membres - ex ufficio
S. Exc. Mgr. Nikola ETEROVIĆ, Archevêque titulaire de Sisak,
Secrétaire Général du Synode des Évêques
S. Exc. Mgr Roland MINNERATH, Archevêque de Dijon
Membres et Secrétaire- ex ufficio
Prof. Joaquín NAVARRO-VALLS, Directeur du Bureau de Presse du
Saint-Siège (CITÉ DU VATICAN)
● ÉLECTION DE LA COMMISSION POUR LE MESSAGE
Après l’intervalle, a eu lieu le vote électronique pour l’élection
des membres de la Commission pour le Message.
● INTERVENTIONS EN SALLE (CONTINUATION)
Dans cette Troisième Congrégation Générale, sont intervenus les
Pères suivants:
- S. Exc. Mgr. Juan Abelardo MATA GUEVARA, S.D.B., Évêque d'Estelí (NICARAGUA)
- S. Exc. Mgr. Paul-André DUROCHER, Évêque d'Alexandrie-Cornwall (CANADA)
- S.Em. le Card. Javier LOZANO BARRAGÁN, Président du Conseil
Pontifical pour la Pastorale des Services de la Santé (CITÉ DU
VATICAN)
- S. Exc. Mgr. Geraldo LYRIO ROCHA, Archevêque de Vitória da
Conquista (BRÉSIL)
- S. Exc. Mgr. Pedro Ricardo BARRETO JIMENO, S.I., Archevêque de
Huancayo (PÉROU)
- S.Em. Le Card. Jorge Arturo MEDINA ESTÉVEZ, Préfet émérite de la
Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements (CITÉ
DU VATICAN)
- S.Em. Le Card. Cormac MURPHY-O'CONNOR, Archevêque de Westminster,
Président de la Conférence Épiscopale (GRANDE-BRETAGNE, ANGLETERRE
ET PAYS DE GALLES)
- S. Exc. Mgr. Gerald William WIESNER, O.M.I., Évêque de Prince
George (CANADA)
- S.Em. Le Card. Justin Francis RIGALI, Archevêque de Philadelphie (ÉTATS-UNIS
D'AMÉRIQUE)
- S. Exc. Mgr. Clément FECTEAU, Évêque de
Sainte-Anne-de-la-Pocatière (CANADA)
- S.Em. le Card. Miguel OBANDO BRAVO, S.D.B., Archevêque émérite de
Managua (NICARAGUA)
- S. Exc. Mgr. Peter KANG U-IL, Évêque de Cheju (CORÉE)
- S. Exc. Mgr. José Trinidad GONZÁLEZ RODRÍGUEZ, Évêque titulaire de
Menefessi, Évêque auxiliaire de Guadalajara (MEXIQUE)
- S.Em. Le Card. Telesphore Placidus TOPPO, Archevêque de Ranchi (INDE)
- S.Em. le Card. James Francis STAFFORD, Pénitencier Majeur (CITÉ DU
VATICAN)
- Très Rév. P. Mark R. FRANCIS, C.S.V., Supérieur Général des Clercs
de Saint Viateur
- S. Exc. Mgr. Laurent MONSENGWO PASINYA, Archevêque de Kisangani,
Président de la Conférence Épiscopale (RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU
CONGO)
Nous publions ci-dessous le résumé des interventions:
- S. Exc. Mgr. Juan Abelardo MATA GUEVARA, S.D.B., Évêque d'Estelí (NICARAGUA)
1. UNE RÉALITÉ DOULOUREUSE:
LA SÉCULARISATION, UNE CULTURE QUI DÉSHUMANISE
a. Détérioration sociale:
La sécularisation en tant que processus culturel s’est infiltrée
dans nos milieux. Elle est en train de désintégrer le patrimoine
culturel de notre peuple. Certains signes se sont déjà manifestés
dans la réalité que nous vivons: il existe une plaie sociale qui
déshumanise le milieu ambiant et le rend immoral, en raison de l’éloignement
de Dieu et du refus des principes chrétiens. D’une manière subtile,
l’alcoolisme et le divorce s’y sont immiscés comme une chose tout à
fait normale, et la toxicomanie, la pornographie, les meurtres, la
violence, etc., sont des maux sociaux qui nous accablent.
b. La crise morale:
L’Église a été attaquée, il n’y a pas de respect pour ses
représentants qui sont constamment soumis à une critique caustique
et des caricatures sarcastiques.
Par ailleurs, la crise morale porte atteinte à la dignité de la
personne humaine. De plus, nous sommes envahis par la propagande
asphyxiante de la consommation qui est en contraste avec notre
réalité obscurcie et qui nous impose l’idolâtrie de l’argent et du
plaisir.
c. Attaques à notre culture.
Cette idéologie destructrice est en train de miner la famille et d’encourager
le plaisir érotique, d’une manière effrénée, une culture égoïste qui
petit à petit introduit des moeurs étrangères à notre tradition,
comme la promotion de spectacles qui discréditent la dignité de la
femme et incitent à une consommation démesurée d’alcool. Cette
situation est d’autant plus douloureuse pour l’Église que ces
manifestations, que l’on pourrait appeler des carnavals,
révolutionnent les célébrations religieuses en les manipulant du
point de vue idéologique, créant encore plus de confusion et d’absence
de Dieu.
d. Engagement ecclésial:
Les dommages causés par la diffusion de la sécularisation de ces
milieux soulignent l’urgence d’une évangélisation audacieuse dans
tous les milieux sociaux qui puisse transformer et humaniser ces
structures de manière à ce qu’elles retrouvent leur véritable unité
en Christ (cf. Ep 1, 10; Église en Amérique 67).
2. UN TEMPS PROVIDENTIEL
LA CÉLÉBRATION DE CETTE ANNÉE EUCHARISTIQUE
a. L’Eucharistie: aliment qui donne la force pour le chemin
Dans l’Eucharistie, comme le définit le Concile Vatican II, nous les
chrétiens trouvons la source et le sommet de tout ce que nous sommes.
En ce temps providentiel, le Seigneur nous invite à contempler notre
réalité et à lever nos yeux vers le haut, pour retrouver l’espérance
et le courage de lutter contre tout ce qui nous éloigne de Dieu.
Le Seigneur nous exhorte comme le Prophète Élie: “Lève-toi et mange,
autrement le chemin sera trop long pour toi” (1 R 19, 7). Dans le
sacrement de l’Eucharistie nous trouvons l’aliment qui nous donne la
force pour lutter contre le péché et le découragement, l’indifférence
et le manque d’espérance.
Le chemin est encore trop long et sans cet aliment nous ne pourrions
pas supporter les épreuves, les difficultés et la souffrance qui
sont présentes dans la vie quotidienne.
b. Communion:
L’Année de l’Eucharistie nous a invités sans cesse à un
renouvellement de l’esprit de communion, dans la réconciliation et
dans l’amour fraternel, dans la solidarité et dans l’esprit
missionnaire. Cela va bien au-delà d’un simple événement, d’une
simple rencontre commémorative. Cela exige un approfondissement au
plus profond de notre vie intérieure et ecclésiale. Aussi, la
célébration de cette Année eucharistique est pour nous un fort
rappel à l’unité et à la communion de toute l’Église au Nicaragua, à
un retour aux racines de la foi chrétienne qui a rendu nos
communautés fécondes.
[00039-03.05] [INO33] [Texte original: espagnol]
- S. Exc. Mgr. Paul-André DUROCHER, Évêque d'Alexandrie-Cornwall (CANADA)
La croix du Christ, formée d’un tronc et d'une poutre, rappelle les
deux dimensions de la mort salvifique du Christ : verticale, la
glorification du Père; horizontale, le salut de l'humanité. La croix
convoque la communauté chrétienne à s'unir au Christ selon ces deux
dimensions - la louange du Père et la prière pour le monde - faisant
de l'Eucharistie une action liturgique à la fois doxologique et
missionnaire. Or dans notre monde contemporain, on est porté d'abord
à chercher l'épanouissement personnel et les gratifications
immédiates. Dans un tel contexte culturel, on risque de réduire l'Eucharistie
à l'étroitesse de nos propres besoins et désirs. Il faut donc
développer ces dimensions doxologique et missionaire en cultivant
l'art de célébrer, en étant attentif aux possibilités de louange et
d'ouverture sur le monde déjà présentes au cœur de la liturgie,
quitte à développer de nouveaux formulaires de prière, de nouvelles
préfaces, un nouveau rite d'envoi. Tout cela afin de réaliser dans
la célébration ce que la croix de procession symbolise déjà.
[00042-03.04] [IN039] [Texte original: français]
- S.Em. le Card. Javier LOZANO BARRAGÁN, Président du Conseil
Pontifical pour la Pastorale des Services de la Santé (CITÉ DU
VATICAN)
L’Eucharistie reçue comme Viatique nous met dans la contemporanéité
de l’événement salvifique au moment de la mort. Elle signifie donc
vie, communion et éternité. En tant que vie, notre mort s’unit dans
le Viatique à la mort et à la résurrection du Christ. Ainsi nous
complétons dans notre corps ce qui manque à la passion du Christ et
nous entrons dans sa glorieuse résurrection. Notre vie devient
mérite pour les mérites du Christ, grâce à l’Esprit Saint qui
confère mérite à la vertu et nous introduit à la joie éternelle. En
tant que communion, avec le Viatique la mort cesse d’être solitude
et devient la plus grande compagnie: elle nous transmet la
transparence de nous-mêmes, nous unit au Christ centre de l’univers
et ainsi avec tout l’univers nous ouvre à la compagnie de toute l’Église
à travers la communion des saints; elle nous unit à la Très Sainte
Vierge Marie, à tous les saints, à tous les membres de l’Église. Par
le Viatique nous parvenons au moment de la récapitulation de toutes
les choses en Christ. Nous vainquons la solitude. La solitude de la
mort est inversement proportionnelle à la foi dans le Viatique. En
tant qu’éternité, avec le Viatique nous surmontons la mobilité du
désir dans la plénitude de l’amour trinitaire auquel nous
participons ayant en Christ la joie pérenne d’arriver à la plénitude
de la vie divine.
[00044-03.03] [INO43] [Texte original: espagnol]
- S. Exc. Mgr. Geraldo LYRIO ROCHA, Archevêque de Vitória da
Conquista (BRÉSIL)
Certaines célébrations de la Sainte Messe diffusées par la
télévision soulèvent, dans certaines de leurs parties, de sérieuses
et graves préoccupations. Il serait de la plus haute importance de
rappeler, à propos de ces questions, que, dans la liturgie, nous
célébrons le Mystère pascal. Qu’il y ait, de la part de tous,
respect et fidélité à l’égard de ce le Magistère de l’Église établit
à propos de la célébration de la Sainte Messe et du Culte
eucharistique, afin d’éviter les déviances et les abus, surtout dans
le cadre de la télédiffusion. Ceux qui assistent à la Messe par le
biais de la télévision doivent se sentir poussés à participer à la
célébration au sein de l’assemblée liturgique. Que toute célébration
ait un caractère priant afin que la dimension sacrée du mystère
célébré se dégage. Que l’on donne aux symboles liturgiques leur
juste valeur et que l’on soigne l’expression artistique de l’espace
de la célébration, des objets et des habits liturgiques. Que le
chant et la musique soient conformes au caractère propre de la
célébration, au temps liturgique et aux différents moments de la
célébration.
[00045-03.04] [IN044] [Texte original: italien]
- S. Exc. Mgr. Pedro Ricardo BARRETO JIMENO, S.I., Archevêque de
Huancayo (PÉROU)
Il existe une préoccupation et un mécontentement dans le monde
contemporain face à l’échec des espérances de l’homme concernant l’environnement
et la pauvreté extrême parce que “Dieu a été exclu de la vie
publique”. C’est pourquoi, “la crise écologique ne constitue pas
seulement un problème scientifique et technique mais, mais c’ est -
également et principalement - un problème éthique et moral”. Telle
est l’opinion de l’Église selon laquelle “la technologie qui pollue
peut également décontaminer; la production qui accumule peut
également distribuer de manière équitable, à condition que prévale
l’éthique du respect pour la vie, pour la dignité de l’homme et pour
les droits des générations humaines, présentes et à venir”.
Le changement climatique représente une sérieuse menace pour la paix
dans le monde. Il s’agit d’un authentique “signe des temps” qui
exige de notre part une conversion écologique. L’Église a une grande
responsabilité dans ce domaine spirituel. En effet, “l’Eucharistie,
étant le sommet auquel tend toute la création, elle est la réponse à
la préoccupation du monde contemporain y compris en matière d’équilibre
écologique”.
Comme “fruit de la terre”, le pain et le vin représentent la
création qui nous a été confiée par le Créateur. C’est pourquoi, l’Eucharistie
est en relation directe avec la vie et l’espérance de l’humanité et
doit être la préoccupation constante de l’Église et un signe d’authenticité
eucharistique. “Ce sont de nouveaux cieux et une terre nouvelle que
nous attendons selon sa promesse, où la justice habitera (cf. 2P 3,
13) et ramener toutes choses sous un seul Chef, le Christ, les êtres
célestes comme les terrestres (cf. Ep 1, 10)”.
Comme fruit du travail de l’homme, dans de nombreuses parties du
monde, comme cela est le cas sur le territoire de l’Archidiocèse de
Huancayo (Pérou), l’air, la terre et le lit du fleuve Mantaro sont
sérieusement compromis par la pollution. L’Eucharistie nous engage à
faire en sorte que le pain et le vin soient le fruit “de la terre
fertile, pure et non polluée”. C’est pourquoi, il est nécessaire de
rendre toujours plus visible la “communion” au sein du Collège
Épiscopal, uni sous le Vicaire du Christ et “la collégialité
affective et effective, dont dérive la préoccupation de nous autres
Évêques pour les autres Églises particulières et pour l’Église
universelle ...” en assurant la promotion de la participation des
laïcs.
La foi dans le Christ ressuscité fait que l’Église soit “un projet
de solidarité” afin de partager les biens avec les plus pauvres et
de vivre dans l’Église la spiritualité eucharistique.
[00046-03.03] [IN046] [Texte original: espagnol]
- S.Em. Le Card. Jorge Arturo MEDINA ESTÉVEZ, Préfet émérite de la
Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements
(CITÉ DU VATICAN)
Les trois aspects de l’Eucharistie, Sacrifice, présence réelle et
Communion sacramentelle ne sont pas des réalités juxtaposées, elles
s’articulent de manière à ce que la réalité première soit la réalité
sacrificielle. La présence réelle donne sa pleine dimension au
Sacrifice eucharistique et la Sainte Communion est participation au
sacrifice. Aucune de ces réalités ne peut être séparée des deux
autres et, ensemble, elles font en sorte que toute la vie chrétienne
soit consacrée à la gloire de Dieu.
La dimension propitiatoire de la célébration eucharistique, tant en
faveur des vivants que des morts, est intimement liée à la nature
sacrificielle. La liturgie des obsèques visant surtout au repos de
l’âme du défunt, c’est un abus que de transformer l’homélie des
obsèques en un éloge de la personne décédée.
[00022-03.03] [IN002] [Texte original: espagnol]
- S.Em. Le Card. Cormac MURPHY-O'CONNOR, Archevêque de Westminster,
Président de la Conférence Épiscopale (GRANDE-BRETAGNE, ANGLETERRE
ET PAYS DE GALLES)
J’espère très sincèrement que notre débat se concentrera sur les
implications de l’Eucharistie pour la communauté ecclésiale et pour
sa mission dans le monde. Le Rapport final du Synode de 1985 a
choisi comme titre: Ecclesia sub Verbo Dei celebrans mysteria
Christi pro salute mundi. Ce titre rassemble les quatre
constitutions fondamentales du Concile Vatican II.
À propos du Synode extraordinaire de 1985, j’indique de manière très
explicite l’un de ses résultats les plus remarquables, à savoir la
priorité qu’il a accordée à la koinonia/communion - Ecclesiologia
communionis.
Je suis convaincu qu’un retour à la théologie et à l’ecclésiologie
de koinonia, sous ses différents aspects, est vraiment un fruit de
la présence de l’Esprit du Christ Ressuscité dans son Église et un
thème dont l’importance oecuménique est immense.
Il est fondamental que la relation profonde entre communion/koinonia
et Eucharistie devienne un aspect central de nos discussions et de
tout document qui sera issu de cette assemblée. Nous ne pouvons pas
limiter notre confrontation au sein de ce Synode à un simple débat
sur les normes pratiques ou les directives catéchistiques, aussi
importantes soient-elles.
Ce Synode sur l’Eucharistie nous mène au coeur de tout ce que le
Concile Vatican II a essayé de dire sur l’Église, sur le monde et
sur le destin de l’histoire de toute l’humanité dans le mystère de
la Sainte Trinité.
[00023-03.04] [IN003] [Texte original: anglais]
- S. Exc. Mgr. Gerald William WIESNER, O.M.I., Évêque de Prince
George (CANADA)
Dans la lettre apostolique Novo Millenio Ineunte, le Pape Jean-Paul
II indique la célébration de l’Année Sainte de l’an 2000 comme une
opportunité pour l’Église d’analyser à quel point elle s’est
renouvelée à la lumière de l’enseignement du Concile Vatican II.
Le Concile demande, de manière claire et répétée, la participation
pleine, consciente et active des fidèles à la célébration de la
liturgie. Cette qualité de participation est tout à la fois réclamée
par la nature même de la liturgie et en vertu du baptême.
Le sacerdoce royal, conféré aux fidèles par le sacrement du baptême,
requiert d’eux et les rend capables d’offrir la Victime divine au
Père et de s’offrir eux-mêmes avec cette Victime divine.
Ainsi que l’indique l’Instrumentum Laboris, nombreux sont ceux à qui
fait défaut une compréhension correcte de l’Eucharistie et, par
suite, ne parviennent pas à y participer de manière adéquate. Ce
court exposé se veut un effort afin de souligner et d’affronter
cette question.
[00031-03.03] [IN021] [Texte original: anglais]
- S.Em. Le Card. Justin Francis RIGALI, Archevêque de Philadelphie
(ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE)
Parler de l’“l’Eucharistie Mystère de la Foi” (nº28) signifie
également parler de l’“Eucharistie Mystère de l’Amour Trinitaire”.
Ceci vaut également quand on parle du Sacrifice de Jésus (nº37). En
évoquant le rapport de Jésus avec Son Père dans la communion de la
Très Sainte Trinité, nous trouvons l’explication la plus profonde de
l’Eucharistie, en particulier comme sacrifice, un sacrifice
renouvelé dans l’Eucharistie.
L’amour du Christ pour nous et l’amour du Père qui a envoyé Son Fils
dans le monde pour nous sauver expliquent en grande partie
l’Eucharistie. Deux autres aspects de l’amour de Dieu sont,
cependant, encore plus fondamentaux pour une compréhension de
l’Eucharistie et de toute la souffrance que le Christ a supporté
pour nous sur le Calvaire. L’Eucharistie provient directement de
l’amour du Fils de Dieu pour le Père comme réponse à l’amour éternel
avec lequel Il est aimé par le Père dans l’Esprit Saint. La plus
grande proclamation de Jésus a été l’amour que le Père a pour Lui et
l’amour qu’il nourrit pour le Père. Jésus dit: “Le Père aime le
Fils” (Jn 3, 35; 5, 20). “Le Père m’aime” (Jn 10,17). “J’aime le
Père” (Jn 14,31).
Le Sacrifice de Jésus est motivé par Son amour pour le Père et par
Son obéissance au Père. Le Calvaire et l’Eucharistie; qui représente
de nouveau et renouvelle le Calvaire, expriment l’échange d’amour
entre le Père et le Fils dans l’Esprit Saint. La Résurrection est la
réponse d’amour du Père au Sacrifice du Christ et la plus grande
proclamation de son amour éternel pour Son Fils. Comme mystère de la
foi, l’Eucharistie est, surtout, le mystère de l’Amour Trinitaire.
[00035-03.04] [IN028] [Texte original: anglais]
- S. Exc. Mgr. Clément FECTEAU, Évêque de
Sainte-Anne-de-la-Pocatière (CANADA)
C’est à juste titre que le document soumis à l’étude de la présente
assemblée du synode recommande d’affirmer avec insistance que le
Christ Jésus est réellement présent dans le Sacrement de
l’Eucharistie.
Au numéro 38, l’Instrumentum Laboris invite la présente assemblée
synodale à affirmer de nouveau que “la présence permanente et
substantielle du Seigneur dans le sacrement n’est pas simplement une
typologie ou une métaphore”.
On a raison de demander à ce sujet “d’expliquer la théologie de la
consécration” pour faciliter le dialogue oecuménique et pour
faciliter la compréhension des catholiques eux-mêmes. Il y aurait
lieu aussi de demander à des spécialistes de développer un langage
plus approprié pour la catéchèse de ce grand mystère.
Il arrive souvent qu’on considère l’Eucharistie comme quelque chose
de statique alors qu’il s’agit d’une réalité dynamique.
L’Eucharistie n’est-elle pas la personne du Christ, non seulement
présente, mais en action sacrificielle constante et permanente bien
que sous forme de mémorial.
Il serait souhaitable que des spécialistes suggèrent un langage
renouvelé sur cet aspect de manière à ce que pasteurs, catéchètes et
fidèles en arrivent à une compréhension plus profonde et plus vraie
de la présence du Seigneur dans l’Eucharistie.
L’acte d’adoration, l’attitude intérieure d’adoration, constitue le
lieu où culmine l’expression de la foi en la présence du Seigneur
dans le Très Saint Sacrement. Il faudrait éviter cependant
d’interpréter cette affirmation comme si les célébrations
d’adoration en dehors de la messe étaient, davantage que cette
dernière, l’expression d’une telle foi.
Il est à souhaiter que cette assemblée synodale approfondisse
davantage cette question de l’Adoration Eucharistique, car il y a un
grand effort à faire pour renouveler cette pratique en explicitant
le sens et en fournissant des textes de prières appropriés afin de
soutenir celles des personnes qui n’ont pas encore l’habitude de la
prière spontanée.
[00040-03.03] [IN034] [Texte original: français]
- S.Em. le Card. Miguel OBANDO BRAVO, S.D.B., Archevêque émérite de
Managua (NICARAGUA)
Jésus nous enseigne que la loi fondamentale de la perfection
humaine, et donc, de la transformation du monde, est le nouveau
commandement de l’amour.
Le comportement de la personne est pleinement humain quand il naît
de l’amour et quand il lui est subordonné. Cette vérité vaut
également dans le milieu social: il est nécessaire que les chrétiens
soient des témoins profondément convaincus et qu’ils sachent
témoigner, de par leur vie, que l’amour est la seule force capable
de conduire à la perfection personnelle et sociale et de conduire
l’histoire vers le bien.
Pour façonner une société plus humaine, plus digne de la personne,
il est nécessaire de revaloriser l’amour au sein de la vie sociale -
au niveau politique, économique, culturel - en en faisant la norme
constante et suprême de l’action.
Seule la charité permet de changer complètement l’homme. Un tel
changement ne signifie pas annuler la dimension terrestre pour en
faire une spiritualité désincarnée. Qui pense s’en tenir aux vertus
surnaturelles de l’amour sans tenir compte de sa fondation naturelle
correspondante, qui comprend les devoirs de la justice, se trompe:
la charité est le plus important commandement social. Elle respecte
le prochain et ses droits.
La charité, cependant, ne peut se résoudre à la dimension terrestre
des relations humaines et sociales, dans la mesure où toute son
efficacité dérive justement de sa référence à Dieu.
On ne peut pas parler d’Eucharistie sans fraternité, sans au moins
une attitude d’ouverture, une volonté d’union et de dévouement
mutuel.
Lors de la célébration eucharistique, de nombreux éléments de
fraternité s’accumulent (le Notre Père, le signe de paix, la
fraction du pain). Il s’agit ici simplement souligner l’aspect
“horizontal” de notre communion.
[00041-03.04] [IN038] [Texte original: espagnol]
- S. Exc. Mgr. Peter KANG U-IL, Évêque de Cheju (CORÉE)
Le fait qu’aujourd’hui la beauté, la lumière et la valeur de
l’Eucharistie soient oubliées ne dépend pas tant du non respect des
règles, mais bien plutôt de la sécularisation de la culture moderne,
matérialiste et hédoniste. Toute la société est placée sous
l’influence de ces images et, avec le temps qui passe, l’ensemble de
la population devient indifférente au “mystère”.
En ce qui concerne l’Église en Corée, la participation des enfants à
l’Eucharistie décroît fortement avec l’âge. Les enfants qui ne
viennent pas à la Messe disent ne pas s’y rendre parce que la Messe
est trop ennuyeuse et peu intéressante. Les adultes affirment
également que, la trouvant ennuyeuse, ils ne se sentent pas motivés
pour y prendre part. Nous avons donc comme priorité de motiver et de
faire monter dans le coeur des catholiques le désir et l’aspiration
à participer à l’Eucharistie.
Jusqu’à présent, il y a eu très peu de rapports personnels profonds
entre les catholiques au sein de la structure paroissiale. Mais, au
cours de ces dernières années, les croyants asiatiques ont créé un
sens de communion avec leurs frères et soeurs dans la foi par le
biais de Petites Communautés Chrétiennes. Les personnes qui ont fait
l’expérience de ce sens de communion avec leur prochain sont mieux
préparées à approfondir leur sens de communion dans le contexte de
l’Eucharistie. De ce point de vue, l’animation des Petites
Communautés Chrétiennes (SCC) représente un instrument excellent
pour aider les fidèles à comprendre plus profondément la valeur de
l’Eucharistie et à participer plus pleinement à sa célébration.
Pour transmettre au peuple moderne le mystère de l’Eucharistie, il
n’est pas suffisant de renforcer d’une façon plus rigoureuse les
règles et les règlements concernant la célébration du Sacrement.
Pour notre part, en tant qu’Évêques, nous devons chercher plus
activement des instruments permettant de rendre plus aisée, aux
Catholiques d’aujourd’hui, l’expérience de l’authentique valeur de
l’Eucharistie, la pleine participation à Celle-ci et l’expérience de
la joie qu’elle insuffle.
[00043-03.03] [IN042] [Texte original: anglais]
- S. Exc. Mgr. José Trinidad GONZÁLEZ RODRÍGUEZ, Évêque titulaire de
Menefessi, Évêque auxiliaire de Guadalajara (MEXIQUE)
La justice unie à la charité à laquelle l’Eucharistie nous exhorte,
nous pousse à un amour actif, concret et efficace à l’égard de tout
être humain, un amour qui ne doit pas manquer dans notre style
ecclésial de vie chrétienne et dans nos programmes pastoraux. Parce
que, si vraiment nous sommes partis de la contemplation du Christ
eucharistique, nous devrons savoir le découvrir surtout dans le
visage de ceux auxquels il a voulu lui-même s’identifier: “ J’avais
faim, et vous m’avez donné à manger; j'avais soif, et vous m'avez
donné à boire; j'étais un étranger, et vous m’avez accueilli;
j’étais nu, et vous m’avez habillé; j’étais malade et vous m’avez
visité; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi (Mt
25,35-36). Cette page n’est pas une simple invitation à la charité;
c’est une page de christologie qui projette un rayon de lumière sur
le mystère du Christ. C’est sur cette page, tout autant que sur la
question de son orthodoxie, que l’Église mesure sa fidélité d’Épouse
du Christ”, a dit Sa Sainteté Jean-Paul II (Nuovo Millenio Ineunte
49).
Ce Synode est une occasion magnifique pour rendre effectif notre
engagement eucharistique, avec la joie de proclamer que, surtout
dans l’Eucharistie, “le Sauveur, incarné dans le sein de Marie il y
a vingt siècles, continue à s‘offrir à l’humanité comme source de
vie divine” (Tertio Millenio Adveniente 55), et pour nous rappeler
que si nous voulons réellement offrir le sacrifice du Christ, nous
devons poursuivre ce sacrifice par une vie de dévouement aux autres.
Ainsi Jésus, Pain de Vie, nous encourage à travailler pour que
personne, et pour qu’aucune nation ne manque de ce pain qui fait
encore défaut à beaucoup d’hommes:
- Le pain de la paix et de la justice, là où il y a la guerre, là où
les droits de l’homme, de la famille et des peuples ne sont pas
respectés .
- Le pain de la Parole de Dieu, là où le Christ, Pain de Vie, n’a
pas encore été annoncé et où les hommes sont privés de l’aliment et
de la boisson qui rassasie la faim et la soif de l’esprit.
[00047-03.03] [IN005] [Texte original: espagnol]
- S.Em. Le Card. Telesphore Placidus TOPPO, Archevêque de Ranchi
(INDE)
L’Église locale du territoire tribal de l’intérieur de l’Inde, qui
compte aujourd’hui plus de deux millions de fidèles, représente
incontestablement l’un des plus beaux succès de la mission de
l’Église catholique. En l’espace de 130 ans seulement,
l’Archidiocèse de Ranchi a donné naissance à 12 diocèses et a
ordonné 23 évêques, des centaines de prêtres et des milliers de
religieux. J’attribue entièrement ce dynamisme et cette expansion à
notre dévotion spéciale pour l’Eucharistie. Elle forme notre propre
“identité”. Depuis que les populations tribales ont accueilli
l’Évangile, la “présence réelle” du Seigneur ressuscité dans
l’Eucharistie les a rendues libres, en leur apportant le salut et en
faisant d’elles une “nouvelle création” dans le Christ.
Je désire donc attirer l’attention de ce Synode sur l’aspect
salvifique de l’Eucharistie, et partager avec vous ce que la foi
chrétienne a fait pour nous. Il y a tout d’abord la réalité de
l’amour de Dieu, figurée dans la tradition catholique par l’image du
Sacré-Coeur, qui nous conduit directement au Mystère pascal et à
l’Eucharistie (cf. Jn 19,34).
Il y a ensuite la réalité de l’”anamnèse”, selon laquelle la foi de
l’Église rend spirituellement présent le Mystère pascal de notre
Sauveur Jésus-Christ aux fidèles. C’est ce que nous avons appris de
notre fondateur, le missionnaire Constant Lievens. Plus récemment,
notre bien-aimé Pape Jean-Paul II, dont nous vénérons la mémoire, et
la Bienheureuse Mère Teresa de Calcutta ont aussi souligné cette
réalité de la participation à l’Eucharistie. Les chrétiens de nos
zones tribales de l’intérieur croient fermement aujourd’hui que la
mort salvifique et la résurrection de Jésus ont dépouillé les
Principautés et les Puissances de l’univers et détruit leur pouvoir
(cf. Col 2,14-15). Dans cette expérience de foi de notre peuple,
l’Eucharistie a oeuvré un changement exemplaire en supprimant les
anciens sacrifices sanglants, par lesquels on cherchait autrefois à
apaiser ce qu’on appelait les “esprits mauvais”, en l’orientant vers
l’alliance nouvelle et éternelle établie en Jésus-Christ.
Il y a en outre la réalité de l’”admirabile Commercium” par lequel
“nous participons de la divinité du Christ, qui s’est humilié pour
partager notre humanité”. Cette réalité n’apporte pas seulement le
salut, mais aussi un “merveilleux changement”, à savoir une
transformation en “héritiers de Dieu” et en “cohéritiers de
Jésus-Christ”. Les fidèles ont vraiment été libérés de toutes les
entraves et ils ont reçu la “liberté des enfants de Dieu”.
Ce Synode, qui est providentiel, doit amener tous les chrétiens à
participer à l’Eucharistie avec une nouvelle intensité et une
profondeur de foi. Que l’intercession de Marie, la “Femme de
l’Eucharistie”, conduise au salut continuel du monde, à la véritable
libération et à la plénitude de vie grâce à son Fil, Jésus-Christ,
le Pain de vie!
[00051-03.04[IN047] [Texte original: anglais]
- S.Em. le Card. James Francis STAFFORD, Pénitencier Majeur (CITÉ DU
VATICAN)
Mes réflexions se basent sur le mystère pascal célébré dans
l’Eucharistie. En particulier, de par mon service au sein de
l’Église en qualité de Pénitencier Majeur, et donc, sur la base de
mon expérience dans l’activité de la Pénitencerie Apostolique, je
voudrais souligner l’importance actuelle du lien existant entre
Eucharistie et Pénitence.
1. Toute la vie et la mission de l’Église tire sa raison d’être et
sa vigueur de l’Eucharistie et est tout entière orientée à rendre
présent dans l’histoire de l’humanité l’efficacité salvifique du
mystère de la mort et de la résurrection du Christ. En accomplissant
le mandat que lui a confié le Christ (“Faites cela en mémoire de
moi” [Lc 22,19]), l’Église se reconnaît comme le peuple des sauvés,
des réconciliés avec le Père dans le sang du Fils. Dans le même
temps, l’Église se reconnaît comme le nouveau peuple de Dieu,
pèlerin qui expérimentent les tentations et les embûches du chemin,
ainsi que l’infidélité de ses membres. Il en découle une exigence
constante de conversion et un besoin permanent de réconciliation.
2. Donc, la vie chrétienne est authentique lorsqu’elle est vécue
dans une attitude de permanente conversion personnelle et
communautaire, qui a son expression la plus élevée dans le signe de
la réconciliation sacramentelle. Renouveler l’alliance d’amitié avec
Dieu n’est pas seulement une décision intime du chrétien pénitent,
mais cela requiert un signe reconnu dans et par la communauté
ecclésiale, dans la personne du ministre, parce que le péché a brisé
le lien d’amitié avec le Seigneur et avec son Église. La
participation au banquet eucharistique avec les frères comporte,
comme condition inéluctable, un signe public de réconciliation.
3. Je conclue mon intervention par une recommandation. Il est
souhaitable que, dans chaque diocèse, soit présent un chanoine
pénitencier ou, au moins, un prêtre qui exerce la même mission, tel
que cela est prévu par le canon 508 du Codex Juris Canonici. Ce sont
eux qui peuvent aider les confesseurs dans leur délicat ministère et
les instruire sur les éventuels recours à la Pénitencerie
Apostolique. Il s’agit d’un service précieux pour la sérénité de la
conscience de nombreux fidèles, comme en témoigne le travail
quotidien de la Pénitencerie Apostolique elle-même.
[00052-03.04] [IN049] [Texte original: italien]
- Très Rév. P. Mark R. FRANCIS, C.S.V., Supérieur Général des Clercs
de Saint Viateur
Je souhaiterais commenter le paragraphe 8 de l’Instrumentum Laboris
car il reflète l’une des faiblesses que je perçois dans l’approche
de l’ensemble du document, des faiblesses qui sont à la fois
théologiques et pastorales. Parce qu’il souhaite souligner
l’importance de l’adoration du Christ sous les espèces
eucharistiques, le document semble attribuer la même importance à la
célébration liturgique en elle-même et aux expressions populaires de
piété envers les espèces eucharistiques. Cela paraît conduire à
certaines positions réductrices. Par exemple, dans l’article 8, on
lit que la “présence du Christ est le résultat fondamental du
sacrement”. Il s’agit d’une compréhension incomplète et appauvrie du
“résultat” de l’Eucharistie. L’on traite ici de la res sacramenti ou
res tantum de la théologie sacramentelle scolastique que le Concile
de Trente, en tant que source faisant autorité, décrivit d’une
manière bien plus complète comme une communion du croyant avec le
Christ et un gage de la gloire future. Le Christ est réellement et
véritablement présent dans l’Eucharistie: il n’est pas seulement
présent, il a aussi pour effet de transformer le croyant. Cela est
souligné dans de nombreuses prières du Missel Romain que l’on récite
après l’Eucharistie. Cela constitue également une part importante de
la redécouverte du fondement pneumatologique de l’Eucharistie dans
le Rite Latin exprimé dans l’épiclèse de la communion des
“nouvelles” prières eucharistiques, la IIIe prière par exemple:
“Spiritu eius Sancto repléti, unum corpus et unus spiritus
inveniamur in Christo”.
Je crois que le document devrait insister davantage sur
l’enseignement eucharistique traditionnel de l’Église: le culte du
Très Saint Sacrement en dehors du contexte liturgique découle de la
Messe elle-même et y reconduit. Les paroles placées en ouverture des
praenotanda des Rites de la Sainte Communion et Adoration de
l’Eucharistie en dehors de la Messe (Eucharistiae Sacramentum)
auraient pu ici être rappelées avec profit: “L’administration du
viatique est la finalité primaire et originaire de la conservation
de l’eucharistie hors de la messe. La distribution de la communion
et l’adoration de notre seigneur Jésus Christ, présent dans le
sacrement, représentent d’autres finalités” (ES 5). Cela est
également cohérent avec la manière dont le Concile de Trente traite
du culte de l’Eucharistie en dehors de la Messe: l’Eucharistie a été
instituée par le Christ... “ut sumatur” afin qu’elle soit reçue; et
en second lieu, de façon juste et opportune, adorée dans le
sacrement réservé (cf. Sessio XIII, Caput V).
Il est impossible de nier la valeur de l’exposition eucharistique ou
d’autres pratiques eucharistiques populaires de l’Eglise latine.
Simplement, je crois qu’il y aurait besoin d’apprécier de manière
plus précise l’action de l’Eucharistie qui est, ainsi que l’affirme
Sacrosanctum Concilium, “Attamen Liturgia est culmen ad quod actio
Ecclesiae tendit et simul fons unde omnis eius virtus emanat” (SC
14).
En mettant davantage l’accent sur le moment de la célébration de
l’Eucharistie, à la fois dans la Liturgie de la Parole et dans la
Liturgie de l’Eucharistie, je crois que l’on pourrait également
remédier à une autre faiblesse de ce document, à savoir l’absence
d’une réelle attention aux moyens concrets d’améliorer ce que l’IL
appelle l’ars celebrandi (52). Pour que le synode ait un effet
concret sur la vie eucharistique des croyants, tous les moyens
pratiques pour former et encourager les prêtres à mieux comprendre
les Saintes Écritures, à préparer des homélies qui proclament
véritablement la Bonne Nouvelle, et à cultiver un style de
célébration qui soit efficace, doivent trouver une plus grande place
dans la formation des séminaristes et dans les programmes de
formation continue pour les prêtres et les diacres. Par exemple,
combien de nos séminaires consacrent-ils du temps à la formation
pratique à la prédication ou à la manière de présider la liturgie?
En tant que Supérieur général, si j’examine la formation dans les
séminaires de mes candidats à la prêtrise dans les 14 pays où ma
communauté est présente, j’ai l’impression qu’il leur est offert
trop peu d’aide pratique en matière d’homélitique et sur la manière
de présider la liturgie. Indubitablement, certains facteurs, entre
autres sociologiques, nuisent à la fréquentation de la Messe par les
fidèles chrétiens. Mais plutôt que de blâmer nos fidèles catholiques
de leur manque de foi et la sécularisation de la société pour
expliquer le faible pourcentage de personnes assistant à la Messe
dans de nombreux pays, il nous faut également prendre conscience
avec tristesse que la mauvaise qualité des homélies ainsi que la
faiblesse de la préparation et de la célébration des liturgies
eucharistiques éloignent quelquefois de très bons chrétiens de
l’Église.
[00053-03.08] [IN055] [Texte original: anglais]
- S. Exc. Mgr. Laurent MONSENGWO PASINYA, Archevêque de Kisangani,
Président de la Conférence Épiscopale (RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU
CONGO)
Je parle au nom de la Conférence épiscopale nationale du Congo
(CENCO).
Mon intervention porte sur les effets spirituels et les implications
sociales de l’Eucharistie (Instrumentum Laboris, n. 11 et 79).
Dans un pays comme le nôtre, la République démocratique du Congo, où
depuis neuf ans, le peuple paupérisé vit les affres d’une guerre
injuste et inutile, l’Eucharistie, toujours célébrée aussi bien dans
une atmosphère de fête et de joie que dans un souci d’inculturation,
constitue pour les fidèles:
- un foyer ardent de charité, où l’on apprend la valeur incomparable
de la vie et le prix inestimable de l’amour de Celui qui aime
tellement la vie, qu’il opte librement pour la mort, afin de donner
la vie en abondance (cf. Jn 10,10);
- un lieu, où s’édifie continuellement l’Église-famille de Dieu,
sacrement d’unité et de fraternité, de pardon, de réconciliation et
de paix (cf. SCEAM, Lettre pastorale “Le Christ est notre Paix (Ep
2,14)”, Accra, 2001) ;
- une source intarissable de consolation, de réconfort et
d’endurance dans les épreuves et les souffrances associées à la
Croix et à la Résurrection du Christ (cf. 2 Tm 2,11-12a) ;
- une école d’humilité collective, où en tant que peuple, on
expérimente le mystère pascal de purification à travers
l’abaissement et l’humiliation, voie royale vers la résurrection et
le relèvement tant spirituel que matériel.
Pour ce qui est de l’Eucharistie, la théologie enseigne que les
effets spirituels de l’Eucharistie dans la vie des fidèles sont
l’incorporation au Christ et la concorporation entre les membres de
son corps, autrement dit la koinonia : “La coupe de bénédiction que
nous bénissons,n’est-elle pas communion au sang du Christ? Le pain
que nous rompons n’est-il pas communion au corps du Christ? Parce
qu'il n’y a qu’un pain, à plusieurs nous ne sommes qu’un corps, car
tous nous participons à ce pain unique” (1 Co 10, 16-17; cf.
Ecclesia de Eucharistia, n. 22-24, Instr. Laboris n. 11). Telle est
la grâce sacramentelle propre de l’Eucharistie.
Par ailleurs, dans la célébration eucharistique, nous disons: “Bénis
sois-tu, Seigneur, Dieu de l’Univers, Toi qui nous donnes ce pain,
fruit de la terre et du travail de l’homme” ... “Toi qui nous donnes
ce vin, fruit de la vigne et du travail de l’homme”. (Offertoire).
C'est dire que l’Eucharistie récapitule la richesse et la pauvreté
du monde, pauvreté que souligne fortement la pauvreté des matières
eucharistiques. L’Eucharistie “récapitule sous un seul Chef, le
Christ (Ep 1, 10), l’humanité entière dans sa productivité et dans
sa pauvreté, c’est-à-dire le monde des riches et celui des pauvres.
Ainsi donc, la récapitulation (anakephalaiôsis) de l’économie du
salut implique celle de l’humanité-famille dans sa vie quotidienne
et sociale. C'est le salut intégral et la vraie libération en
Christ, centre et sommet de l’Histoire, Alpha et Omega.
Voilà pourquoi l’Eucharistie quotidienne doit devenir pour les
disciples du Christ en général une incitation pressante à bâtir un
monde plus fraternel et uni, plus juste et solidaire. En
particulier, tirant les conséquences de l’Eucharistie quotidienne,
l’Eglise doit inviter les professionnels de l’économie et des
finances ainsi que les décideurs géopolitiques chrétiens, à
travailler sans relâche à l’instauration d’un nouvel ordre
économique mondial, dans lequel la solidarité et le partage doivent
dépasser l’humanitaire, souvent lié à des intérêts politiques, pour
devenir une dimension inhérente au système lui-même. Ainsi
l’annulation fort appréciée de la dette extérieure des pays les plus
pauvres, initiative des plus heureuses, appelle à son tour un examen
plus approfondi de nouveaux mécanismes susceptibles d’éviter
désormais à ces mêmes pays des endettements de même nature.
[00065-03.04] [IN057] [Texte original: français]
♦ AVIS
● BRIEFING POUR LES GROUPES LINGUISTIQUES
● POOL POUR LA SALLE DU SYNODE
● BULLETIN
●BRIEFING POUR LES GROUPES LINGUISTIQUES
Le deuxième briefing pour les groupes linguistiques aura lieu
mercredi 5 octobre 2005 à 13h10 (dans les lieux de briefing et avec
les Attachés de Presse indiqués dans le Bulletin N°2).
Nous rappelons que les opérateurs TV (cameramen et techniciens) et
les photo-reporters sont priés de s’adresser au Conseil Pontifical
pour les Communications Sociales pour l’autorisation d’accès (très
limitée).
● POOL POUR LA SALLE DU SYNODE
Le troisième “pool” pour la Salle du Synode sera formé pour la
prière d’ouverture de la Cinquième Congrégation Générale de mercredi
matin 5 octobre 2005.
Les listes d’inscription aux pools sont à la disposition des
rédacteurs au Bureau Informations et Accréditations du Bureau de
Presse du Saint-Siège (à l’entrée, à droite).
Les opérateurs TV (cameramen et techniciens) et les photoreporters
sont priés de s’adresser au Conseil Pontifical pour les
Communications Sociales pour la participation au pool dans la Salle
du Synode.
Les participants aux pools sont priés de se trouver à 08h30 dans le
Secteur Presse, installé à l’extérieur de l’entrée de la Salle Paul
VI, d’où ils seront appelés pour accéder à la Salle du Synode,
toujours accompagnés par un attaché du Bureau de Presse du
Saint-Siège, ainsi que du Conseil Pontifical pour les Communications
Sociales.
● BULLETIN
Le prochain Bulletin N°7, concernant les travaux de la Quatrième
Congrégation Générale de l’Assemblée Générale Ordinaire du Synode
des Évêques de cet après-midi, sera à la disposition des
journalistes accrédités demain, mercredi 5 octobre 2005, à
l’ouverture du Bureau de Presse du Saint-Siège. |