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13 - 08.10.2005
RÉSUMÉ
♦ DIXIÈME CONGRÉGATION GÉNÉRALE (SAMEDI 8 OCTOBRE 2005 - MATIN)
♦ DEUXIÈME CONFÉRENCE DE PRESSE
♦ DIXIÈME CONGRÉGATION GÉNÉRALE (SAMEDI 8 OCTOBRE 2005 - MATIN)
● INTERVENTIONS EN SALLE (CONTINUATION)
À 09h00 ce matin, samedi 8 octobre 2005, en présence du Saint-Père,
avec le chant de l’Heure Tierce, a eu lieu la Dixième Congrégation
Générale, pour la continuation des interventions des Pères Synodaux
en Salle sur le thème: L’Eucharistie, source et sommet de la vie et
de la mission de l’Église.
Le Président délégué du jour était S. Ém. le Card. Telesphore
Placidus TOPPO, Archevêque de Ranchi (Inde).
Lors de l’Ouverture de la Dixième Congrégation Générale, le
Secrétaire Général du Synode des Évêques a communiqué que près de
50% des Pères symodaux de la XI Assemblée Générale Ordinaire du
Synode des Évêques participent pour la première fois à une Assemblée
synodale.
À cette Congrégation Générale, qui s’est conclue à 12h30, avec la
prière de l’Angelus Domini, étaient présents 238 Pères.
● INTERVENTIONS EN SALLE (CONTINUATION)
À cette Dixième Congrégation Générale, sont intervenus les Pères
suivants:
- S.Em.le Card. Edmund Casimir SZOKA, Président de la Commission
Pontificale pour l' État de la Cité du Vatican (CITÉ DU VATICAN)
- S. Exc. Mgr. Seán Baptist BRADY, Archevêque d'Armagh (IRLANDE)
- S. Exc. Mgr. Juan MATOGO OYANA, C.M.F., Évêque de Bata (GUINÉE
ÉQUATORIALE)
- Très Rév. P. José RODRÍGUEZ CARBALLO, O.F.M., Ministre Général de
l'Ordre Franciscain des Frères Mineurs
- S. Exc. Mgr. Berhaneyesus Demerew SOURAPHIEL, C.M., Archevêque
Métropolite d'Addis Abeba, Président de la Conférence Épiscopale,
Président du Conseil de l'Église Éthiopienne (ÉTHIOPIE)
- S. Exc. Mgr. Joseph BAGOBIRI, Évêque de Kafanchan (NIGERIA)
- S.Em. Le Card. Cláudio HUMMES, O.F.M., Archevêque de São Paulo (BRÉSIL)
- S. Exc. Mgr. Félix LÁZARO MARTÍNEZ, Sch.P., Évêque de Ponce
(PORTORICO)
- S. Exc. Mgr. José Agustín GANUZA GARCÍA, O.A.R., Évêque Prélat de
Bocas del Toro (PANAMA)
- S. Exc. Mgr. Jean-Vincent ONDO EYENE, Évêque d'Oyem (GABON)
- S. Exc. Mgr. Rafael Masahiro UMEMURA, Évêque de Yokohama (JAPON)
- S. Exc. Mgr. Amédée GRAB, O.S.B., Évêque de Chur, Président de la
Conférence Épiscopale, Président du Conseil des Conférences des
Évêques d'Europe (C.C.E.E.) (SUISSE)
- S.Em. le Card. Paul POUPARD, Président du Conseil Pontifical pour
la Culture (CITÉ DU VATICAN)
- S. Exc. Mgr. William Stephen SKYLSTAD, Évêque de Spokane,
Président de la Conférence Épiscopale (ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE)
- S. Exc. Mgr. Gabriel PIROIRD, Évêque de Constantine (ALGÉRIE)
- S.Em. Le Card. Georges Marie Martin COTTIER, O.P., Pro-Théologue
de la Maison Pontificale (CITÉ DU VATICAN)
- S.Em. le Card. Walter KASPER, Président du Conseil Pontifical pour
la Promotion de l'Unité des Chrétiens (CITÉ DU VATICAN)
- S. Exc. Mgr. Alain HAREL, Évêque titulaire de Forconio, Vicaire
Apostolique de Rodrigues (ILE MAURICE)
- S. Exc. Mgr. Andrés ARTEAGA MANIEU, Évêque titulaire de Baliana,
Évêque auxiliaire de Santiago de Chile (CHILI)
- S. Exc. Mgr. Cyrille Salim BUSTROS, Archevêque de Newton des
Grecs-Melkites (ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE)
- S. Exc. Mgr. Severine NIWEMUGIZI, Évêque de Rulenge, Président de
la Conférence Épiscopale (TANZANIE)
- S. Exc. Mgr. Aloysius M. SUTRISNAATMAKA, M.S.F., Évêque de
Palangkaraya (INDONÉSIE)
- S. Exc. Mgr. Sofron Stefan MUDRY, O.S.B.M., Évêque émérite
d'Ivano-Frankivsk (UKRAINE)
- S. Exc. Mgr. Miguel Angel ALBA DÍAZ, Évêque de La Paz en la Baja
California Sur (MEXIQUE)
Nous publions ci-dessous le résumé des interventions:
- S.Em.le Card. Edmund Casimir SZOKA, Président de la Commission
Pontificale pour l' État de la Cité du Vatican (CITÉ DU VATICAN)
Le premier synode auquel j’ai participé s’est tenu en 1983. Dans les
15 dernières années, j’ai participé à tous les synodes, sauf un.
Dans les interventions formelles de la disceptation generalis, il
semblait y avoir une façon de parler qui ne varie guère d’un Synode
à l’autre. A mon avis, il existe une tendance, à quelques exceptions
près, à s’exprimer en termes formels et généraux, sans cerner les
problèmes spécifiques et les solutions pratiques possibles.
Je considère que les interventiones liberae qui se tiennent tous les
soirs sont beaucoup plus productives, parce que centrées sur des
problèmes spécifiques et des solutions pratiques possibles.
J’estime que la principale question à prendre en considération dans
ce synode est celle de nos prêtres, et de nous les évêques. Il y a
environ 55 ans, j’ai lu le livre de William Henry Schaefers intitulé
“Keepers of the Eucharist”, aujourd’hui épuisé. C’est un livre à
l’usage des prêtres, en tant que célébrants de l’Eucharistie. Du
point de vue ascétique et spirituel, c’est l’un des meilleurs livres
sur le sacerdoce , l’un de ceux qui m’ont le plus inspirés. Il
souligne le grand don et la dignité du sacerdoce, don le plus grand
que Dieu puisse donner à un homme. L’amour de l’Eucharistie, et son
caractère central dans la vie et dans la foi de notre peuple, dépend
en grande partie du prêtre, de sa foi, du genre de vie qu’il mène,
de sa vie de prière, de la simplicité de sa vie, de sa disponibilité
à apporter dans la Messe ses propres sacrifices et de la façon dont
il célèbre la Sainte Eucharistie.
Je voudrais attirer votre attention sur un autre livre, intitulé
“Spirit of the Liturgy”, publié en l’an 2000 par celui qui était
alors le Cardinal Ratzinger. Ce livre représente une excellente
synthèse des développements historique et théologique de la Sainte
Liturgie, qui va de l’architecture des églises au type de musique.
Ce livre pourrait nous aider dans nos résolutions, car il contient
des propositions très pratiques.
Pour conclure, si la Sainte Eucharistie doit être fons et culmen de
la vie et de la mission de l’Église, nous avons besoin avant tout de
prêtres et d’évêques dotés d’une foi profonde, et vivant une vie de
prière, de spiritualité et de dévouement.
Je pense que nous devrions quitter ce synode avec une détermination
plus grande à vivre une vie plus sainte, une vie de sacrifices, qui
se reflétera dans notre célébration de la Sainte Messe.
[00169-03.03] [IN151] [Texte original: anglais]
- S. Exc. Mgr. Seán Baptist BRADY, Archevêque d'Armagh (IRLANDE)
La Parole de Dieu est vivante et active, et elle a la capacité de
changer les esprits et les coeurs. Elle peut orienter les besoins
des individus et des communautés rassemblés pour écouter la Parole
de Vie. Elle est une grande source de l’oeuvre transformatrice de
l’Esprit Saint dans la liturgie.
Aujourd’hui, le Christ lui-même est toujours présent dans la
proclamation de la Parole. Il est le Verbe incarné, et de ce fait la
Parole de Dieu se présente à nous non pas comme une idée, mais comme
une personne et un événement qui nous appelle à ce que nous n’osons
même pas espérer dans nos prières.
Une grande attention a été accordée à la cohérence thématique des
lectures qui accompagnent le cycle liturgique. Mais il faut faire
encore davantage afin que les lectures répondent aux besoins
pastoraux. L’homélie est mentionnée à l’article 47, comme faisant
partie de la Liturgie de la Parole. L’Instrumentum laboris
recommande une réflexion approfondie s’agissant des homélies
thématiques traitant des grands thèmes de la foi chrétienne.
Je demande qu’on aide les prédicateurs. Le Catéchisme de l’Église
Catholique et le Compendium de la Doctrine Sociale de l’Église sont
des instruments providentiels pour l’enseignement de la mission de
l’Église. Un texte universel analogue, qui soit un soutien dans
l’exposition des lectures du cycle liturgique, pourrait aider le
prédicateur à expliquer les Écritures en réponse aux signes des
temps. Si les questions difficiles de notre époque sont présentées à
la famille humaine en termes globaux par les chaînes de télévision
locales, Internet, et les revues publiées dans le monde entier, la
réponse à ces questions ne devrait-elle pas être présentée aussi en
termes globaux par l’Église universelle?
L’expérience a montré dans mon pays la force de changement contenue
dans la liturgie de la Parole et dans l’homélie. En maintes
situations de grandes tragédies et de violences, le pouvoir de la
Parole et de l’homélie de transformer les attitudes de colère, de
vengeance et de rétorsion en actes de réconciliation, de pardon et
de guérison ont été à la fois une leçon d’humilité et une source
d’inspiration. Il est gratifiant de noter que certaines paroles de
la Sainte Écriture telles que justice, paix, pardon, sont devenues
la langue universelle du processus de paix.
Dernièrement, un moment historique de ce processus politique a été
vécu avec la remise des armes de la principale organisation
paramilitaire. Deux ecclésiastiques qui ont travaillé pendant de
nombreuses années à promouvoir le dialogue et la réconciliation, un
ancien président de l’Église méthodiste et un prêtre rédemptoriste,
ont été priés d’assister à l’acte de remise des armes. Cela
s’explique probablement par la reconnaissance, entre autres, du rôle
joué par ces ministres de la Parole de Dieu, qui ont créé les
conditions pour la réconciliation et la paix. Cela témoigne du
pouvoir qu’a la Parole, sous l’action de l’Esprit Saint, de rendre
toutes choses nouvelles.
[00166-03.03] [IN156] [Texte original: anglais]
- S. Exc. Mgr. Juan MATOGO OYANA, C.M.F., Évêque de Bata (GUINÉE
ÉQUATORIALE)
Mon intervention se voudrait une réflexion sur les numéros 70 et 71
de l’Instrumentum Laboris qui parlent de la célébration du “Dies
Domini”, contexte et moment privilégié au cours duquel l’assemblée
chrétienne reçoit le pain de Dieu... qui descend du ciel et donne la
vie au monde.
Je parle en mon nom personnel et je pars de l’expérience acquise en
Guinée Équatoriale, un pays de petites dimensions qui a pu
facilement être parcouru par les missionnaires au cours de la
première évangélisation. Mais il a subi un régime de répression
religieuse au cours des 11 premières années d’indépendance, période
qui coïncida également avec les années des premières applications du
renouveau de l’Église à la suite du Concile Vatican II.
Au début des années 80, alors que la répression avait cessé, notre
peuple a repris la pratique religieuse interrompue. D’une manière ou
d’une autre, on nota, à différents niveaux, un cheminement fait de
rythmes différents à l’intérieur d’un même groupe humain.
L’exploitation du pétrole au cours de ces cinq dernières années, a
introduit dans la vie de ce peuple des changements vertigineux qui,
si d’une part, ils indiquent sûrement une évolution matérielle, de
l’autre, ils touchent, de manière négative le comportement des
personnes.
Nous croyons qu’au travers de cela se manifeste une soif de vraie
vie, avec des nuances diverses.
C’est dans ce contexte que se présente comme priorité pastorale la
reprise de l’itinéraire chrétien, sur la base évidente des valeurs
les plus fortement enracinées au sein de notre peuple. Une de ces
valeurs, qui continue à toucher le coeur de notre peuple, est la
réalité de la famille élargie, affirmée de manière visible dans le
temps et dans l’espace.
Le jour du “Dies Domini”, ils se réunissent dans la “grande maison”
du Père commun, où ils écoutent avec intérêt et dévotion filiale.
- Avec sa Parole, qui donne vraiment la certitude et est créatrice,
non seulement il opine et conseille, mais il oriente avec
impartialité l’ensemble de ses fils sur le chemin d’une vie et d’une
tradition qui viennent d’un passé lointain, continuant à se
construire aujourd’hui et donnant cohésion à une unique famille,
élargie dans le temps et dans l’espace.
- En voyant en son sein des personnes âgées, des jeunes et des
enfants qui s’adressent à Lui comme au Dieu d’hier, d’aujourd’hui et
de toujours (cf. He 13,8) qui garantit la sagesse et l’expérience de
la personne âgée, il donne stabilité et élan à l’espérance du jeune
qui entend faire progresser son peuple afin de le rénover grâce à de
nouveaux projets de vie.
Là, quand ils palpitent au cours de célébrations longues et
caractérisées par une assistance nombreuse, ils renforcent leur joie
de vivre, apprennent l’hospitalité et reconnaissent la sollicitude
des uns envers les autres, la générosité du don gratuit des
offrandes portées en procession à l’autel, l’amour d’un Père qui
écoute et accueille tout un chacun, malgré les différences d’âge et
d’ethnie...
La présentation de Jésus comme “le pain de Dieu ... qui descend du
ciel et donne la vie au monde” constitue une invitation afin que
nous accourrions à Lui pour étancher notre soif de vie et de vie en
abondance (cf. Jn 10,10).
Lors de ce Synode, nous attendons de trouver avec nos frères,
1. La manière plus claire de présenter l’Eucharistie comme la
rencontre avec Jésus qui nous rassasie, à la fin d’un cheminement
qui a commencé avec la recherche et l’accueil de sa Vérité.
2. Comment enseigner, face à un égoïsme croissant et à l’avidité
d’aujourd’hui, la réalité de l’Eucharistie comme don gratuit,
sacrifié et généreux de Dieu qui, comme Père, soutient tous ses
fils.
3. Comment, enfin, freiner l’avidité qui crée tant de divisions, en
soulignant que l’Eucharistie, comme don abondant de Jésus, commence
par le geste de la multiplication du pain jusqu’à ce qu’il en reste,
parce que Lui seul peut donner la vie en abondance.
[00191-03.03] [IN161] [Texte original: espagnol]
- Très Rév. P. José RODRÍGUEZ CARBALLO, O.F.M., Ministre Général de
l'Ordre Franciscain des Frères Mineurs
Mon intervention fait référence aux numéros 46 à 48 de
l’Instrumentum Laboris, où est réaffirmé “le lien indissoluble entre
le Repas de la Parole et celui de l’Eucharistie”, sans qu’il puisse
être admis une “fracture” entre eux. Déjà au XIIIème siècle, saint
François d’Assise parle de cette unité. Le Christ qu’il suit si
radicalement est celui qu’il “voit” dans “le corps et le sang du
Seigneur” et “dans les saintes paroles du Seigneur” (cf. Lettre aux
clercs, 3).
Cette unité est clairement réaffirmée par Vatican II, dans la mesure
où Dei Verbum affirme: “L’Église a toujours vénéré les divines
Écritures, comme elle l’a toujours fait aussi pour le Corps même du
Seigneur” (n° 21).
La Parole de Dieu proclamée dans l’Eucharistie annonce ce que le
sacrement accomplit et révèle à la communauté ecclésiale la
signification de l’action sacramentelle. Pour cela, le “Repas de la
Parole” est essentiel pour se présenter au Repas du “Corps du
Christ”; la communion au Corps et au Sang du Christ exige la
communion à la Parole du Seigneur, et il est possible de voir le
Seigneur sous les espèces eucharistiques seulement si nos “yeux”
sont éclairés par la Parole et notre coeur “brûle” en l’écoutant
(cf. Lc 24, 13-35). Pour “alimenter l’union intime entre l’annonce
et l’écoute de la Parole et le mystère eucharistique” (Paul VI), il
est nécessaire:
- que les ministres de l’Eucharistie possèdent une formation
biblique et liturgique appropriée pour qu’ils puissent susciter dans
leur propre coeur et dans le coeur des fidèles l’émerveillement pour
le mystère eucharistique et l’émerveillement pour le mystère de la
Parole;
- que l’homélie, préparée à partir des textes sacrés, comme
recommandé par le Concile Vatican II (cf. SC 52), mette la Parole de
Dieu en relation, avant tout, avec la célébration sacramentelle,
c’est-à-dire qu’elle soit mystagogique (cf. IL 47);
- que l’enseignement théologique et l’exercice du ministère pastoral
soulignent l’importance de la Parole de Dieu, en invitant les
fidèles à une “lecture orante de la parole” fréquente, et en les
éduquant à apprécier et à aimer le pain de l’Eucharistie;
- que tout projet d’évangélisation soit animé par la Parole, centré
sur la Parole et orienté à l’obéissance à la Parole de Dieu.
Ce Synode doit chercher des moyens pour que la Parole de Dieu se
transforme en “aliment pour la vie, pour la prière et pour le chemin
quotidien” (Repartir du Christ, 24), de manière que, dans une
société profondément blessée par la “dictature du relativisme”
(Benoît XVI), la Parole célébrée, écoutée et vécue puisse être un
point de référence solide sur lequel édifier la vie de la communauté
ecclésiale et celle de chaque croyant.
[00192-03.02] [IN163] [Texte original: espagnol]
- S. Exc. Mgr. Berhaneyesus Demerew SOURAPHIEL, C.M., Archevêque
Métropolite d'Addis Abeba, Président de la Conférence Épiscopale,
Président du Conseil de l'Église Éthiopienne (ÉTHIOPIE)
Mon intervention concerne le thème de ce Synode: l’Eucharistie,
source et sommet de la vie et de la mission de l’Église, en
particulier la “Centralité du Mystère Pascal” et de l’“Eucharistie
dominicale” aux points 35 et 70 de l’Instrumentum Laboris.
Les pays de la Corne de l’Afrique - Djibouti, l’Érythrée, l’Éthiopie
et la Somalie - ont constamment faim des fruits de l’Eucharistie:
justice, paix et amour que seul notre Seigneur Jésus-Christ peut
donner. Parce qu’ils ne sont pas considérés comme importants par les
nations les plus puissantes du monde, ils se trouvent dans un état
constant d’instabilité, de guerre, de disette et de famine. La
tension continuelle entre l’Érythrée et l’Éthiopie concernant leurs
zones frontalières conflictuelles semble sans solution de la part de
la communauté internationale. Mais considérons également la Somalie,
un pays privé de gouvernement central depuis quatorze ans! Dans
l’ensemble du pays, il y a seulement quatre religieuses qui ont la
garde du seul Tabernacle du Seigneur caché à Mogadiscio. La Somalie
est devenue un port franc et libre pour le trafic d’armes de petit
calibre dans toute la Corne de l’Afrique et en Afrique centrale.
Ce n’est qu’à travers l’Eucharistie, le mystère pascal de la mort et
de la résurrection du Seigneur Jésus-Christ que la véritable
réconciliation et la paix peuvent être construites et soutenues.
La célébration de l’“Eucharistie dominicale” présuppose qu’il y ait
un “Dimanche” établi - le Jour du Seigneur - et que l’Eucharistie
puisse être célébrée librement les dimanches.
Dans certaines parties du monde, cela n’est pas possible, comme par
exemple en Arabie Saoudite ou en d’autres pays musulmans. Le
dimanche est un jour de travail et l’Eucharistie n’est pas célébrée
dans la mesure où il n’existe ni églises ni prêtres ou, tout
simplement, parce qu’il n’y a pas de liberté religieuse.
De nombreux Chrétiens d’Éthiopie et d’Érythrée travaillent et vivent
dans des pays musulmans. Ce sont pour la plupart des Chrétiens
appartenant aux Églises orthodoxes Tewahdo d’Éthiopie ou d’Érythrée.
Ils se rendent dans ces pays la plupart du temps pour travailler
comme domestiques, ou bien pour s’occuper des enfants ou des
personnes âgées. Je ne dispose pas des statistiques relatives à ces
Chrétiens qui se rendent en Arabie Saoudite, au Yémen, dans les Pays
du Golfe et dans d’autres pays à majorité musulmane. Ils sont des
centaines de milliers. Seulement à Beyrouth, on trouve plus de
20.000 travailleurs éthiopiens. Nous sommes reconnaissants à la
Caritas libanaise pour l’aide qu’elle offre à ces Chrétiens.
Avant de se rendre dans les pays musulmans, ils ont l’obligation de
changer leurs noms chrétiens en noms musulmans et, en particulier,
les femmes doivent s’habiller selon les habitudes musulmanes. Une
fois parvenus à destination, leurs passeports sont retenus et ils
sont soumis à toutes sortes d’abus et de formes d’exploitation.
Nombre d’entre eux sont forcés par les circonstances à devenir
musulmans.
Ils sont contraints de se rendre dans ces pays musulmans du fait de
la pauvreté de leurs propres pays et parce que les portes d’autres
pays chrétiens leur sont fermées. Nous savons que de nombreux
Chrétiens africains meurent en traversant le Sahara ou la Mer
Méditerranée pour se rendre dans les pays chrétiens d’Europe et
d’Amérique.
C’est la pauvreté qui les force à abandonner leur héritage chrétien,
leur culture chrétienne et même leur dignité humaine.
Ils se voient nier le droit d’exprimer leur religion: la célébration
de l’Eucharistie et la Messe du Dimanche. Il s’agit de l’une des
persécutions religieuses des temps modernes.
Je demande aux Frères du Synode, en particulier à ceux qui exercent
leur ministère dans les pays musulmans où de pauvres Chrétiens se
rendent pour trouver du travail, d’étendre leur charge pastorale à
ces Chrétiens et de demander aux gouvernements musulmans de
respecter la liberté religieuse des Chrétiens.
[00194-03.03] [IN166] [Texte original: anglais]
- S. Exc. Mgr. Joseph BAGOBIRI, Évêque de Kafanchan (NIGERIA)
Dans son livre: La conscience religieuse, J.B. Pratt demandait à
trois personnes de religion animiste d’expliquer ce que les “idoles”
qu’ils vénéraient signifiaient pour eux. Voici leurs réponses:
10. Le premier dit que ses idoles n’étaient pas des images de dieux,
mais les dieux eux-mêmes.
11. Le deuxième, que l’image qu’il vénérait n’était pas un dieu “en
lui-même”, puisque le vrai dieu se trouvait au paradis. L’image a
l’apparence du dieu et cela l’aide à prier.
12. La troisième personne, que l’image est un symbole sensible,
nécessaire pour favoriser la visualisation et la concentration (cf.
E.B. Idowu ATR - une définition p. 123).
Je voudrais me servir de ces trois réponses dans le débat sur la
signification de la présence sacramentelle et de la représentation
sacramentelle, qui constituent le fondement de l’adoration et de la
vénération Eucharistique dans l’Église à la lumière de
l’Instrumentum Laboris, nos 65, 72 et 74.
Quel est le lien qui les relie aux chrétiens provenant des religions
traditionnelles africaines?
L’adoration eucharistique n’est comparable à aucun de ces trois
modules. Cependant, on pourrait dire qu’elle possède en elle-même
des éléments propres à chacun d’eux.
Dans cette réflexion, je voudrais aborder quatre points:
1. Affirmer que dans la Sainte Eucharistie, le Christ est vraiment,
réellement et substantiellement présent. Mais cette présence doit
être comprise pour ce qu’elle est - présence Sacramentelle et
représentation Sacramentelle. Du fait de l’unique nature de cette
présence, l’âme est appelée à se placer “esprit et coeur” dans la
contemplation de Jésus dans l’Eucharistie “comme une fin en soi et
non pas seulement comme un moyen vers une fin”. Selon ce point de
vue, la délicate ligne de démarcation entre ce qui est “réel” et ce
qui est simplement “représentation de la réalité” devient encore
plus subtile et presque invisible. Il faut que ce Synode développe
une théologie de “présence”, dans laquelle l’Église explique ce
qu’elle entend, et ce qu’elle n’entend pas aussi, par présence
réelle. Par exemple, cela ne veut pas dire une présence physique
mais une présence sacramentelle.
2. Du fait de la nature profonde du mystère de ce Sacrement, aucune
parole humaine ne peut en saisir complètement sa signification. L’
homme parle de Dieu d’une manière anthropomorphique, et notre
langage humain est limité pour exprimer la réalité de Dieu. Aussi,
nous devrions être tolérants dans l’utilisation d’autres expressions
telles que transignification ou transfinalisation, qui pourraient
contribuer à jeter quelque lumière sur le mystère de l’Eucharistie,
sans remettre en cause d’aucune manière la foi en la “présence
réelle”.
3. Il existe d’autres formes de “présence” du Christ qui doivent
être aussi reconnues et la dévotion à l’Eucharistie peut devenir la
porte qui nous mène à reconnaître le Christ sous ses autres formes
de présence. Les Pères du Concile Vatican II ont parlé de ces autres
présences en écrivant sur la présence du Christ; dans les Saintes
Écritures quand elles le proclament; dans d’autres Sacrements; dans
l’Église; dans la personne du Ministre qui offre le sacrifice de la
Messe (cf. Sacrosanctum Concilium, n° 7).
4. La dévotion eucharistique doit conduire à la transformation
personnelle. C’est pourquoi, les belles réflexions présentées aux
nos 72 et 74 de l’Instrumentum Laboris, devraient être
ultérieurement développées dans le document qui éventuellement sera
élaboré comme fruit de notre actuel engagement.
C’est pourquoi, comme l’a dit Jean-Paul II: “le Sacrifice
eucharistique tend en soi à notre union intime, à nous fidèles, avec
le Christ à travers la communion (Ecclesia de Eucarestia 16-17).
Tandis que nous admirons et applaudissons pour les développements
positifs sur l’Eucharistie et pour l’intérêt et l’enthousiasme
qu’elle suscite chez les fidèles, je distingue deux défis
principaux: premièrement une saine catéchèse, afin de rendre la foi
dans l’Eucharistie plus intelligible, et deuxièmement un effort pour
passer de la saine doctrine à la pratique, c’est-à-dire, au niveau
de la transformation personnelle, qui reflète le mystère que nous
célébrons dans l’Eucharistie.
Jusqu’à ce que cela se réalise, nos détracteurs, qui observent et
respectent le principe selon lequel il existe une ligne subtile de
démarcation entre le “réel” et ce qui n’est fondamentalement qu’un
symbole, décriront nos beaux et louables travaux sur l’Eucharistie
comme une “cabale ou sorcellerie de prêtres”, dont le but est
d’exploiter la faiblesse humaine à cet égard afin de perpétuer
l’importance du ministère sacerdotal.
[00198-03.02] [IN114] [Texte original: anglais]
- S.Em. Le Card. Cláudio HUMMES, O.F.M., Archevêque de São Paulo
(BRÉSIL)
Selon les statistiques du gouvernement brésilien et les recherches
de l’Église au Brésil, le nombre de brésiliens se déclarant
catholiques a diminué rapidement, en moyenne 1% par an. En 1991, les
catholiques brésiliens représentaient 83% de la population alors
qu’aujourd’hui, selon de nouvelles études, ils sont à peine 67%.
Nous nous demandons avec angoisse: jusqu’à quand le Brésil sera-t-il
encore un pays catholique? En conformité avec cette situation, au
Brésil, pour chaque prêtre catholique, on trouve déjà deux pasteurs
protestants, dont la majeure partie appartiennent aux églises
pentecôtistes.
Il est important en outre de relever le fait que la plus forte
défection de catholiques est enregistrée dans les zones
périphériques les plus pauvres des villes.
De nombreuses indications montrent que cela vaut également pour
presque toute l’Amérique latine et, là aussi, nous nous demandons:
jusqu’à quand l’Amérique latine sera-t-elle un continent catholique?
L’Église doit prêter une plus grande attention à cette grave
situation. La réponse de l’Église au Brésil consiste, en premier
lieu, dans les missions, y compris les visites missionnaires
permanentes à domicile. Les paroisses doivent organiser leurs
fidèles et les préparer à être missionnaires.
Une Église missionnaire doit également être profondément
eucharistique parce que l’Eucharistie est source de mission.
L’Eucharistie fait grandir le disciple, en lui annonçant la parole
de Dieu et en le portant à une rencontre personnelle et
communautaire avec le Christ, à travers la célébration de la mort et
de la Résurrection du Seigneur et la communion sacramentelle avec
Lui. De cette rencontre, réalisée dans l’Esprit Saint, le disciple
est poussé à annoncer aux autres aussi ce qu’il a vécu et ce dont il
a fait l’expérience. Le disciple devient, ainsi, missionnaire. C’est
à partir de l’Eucharistie que l’on part pour la mission.
Le Brésil et l’Amérique latine ont un besoin urgent de cette action
missionnaire alimentée par l’Eucharistie.
[00114-03.03] [IN097] [Texte original: italien]
- S. Exc. Mgr. Félix LÁZARO MARTÍNEZ, Sch.P., Évêque de Ponce
(PORTORICO)
Le numéro 74 de l’Instrumentum laboris signale l’importance urgente
d’une catéchèse qui mette en avant le lien entre l’Eucharistie et la
construction d’une société juste.
Dans ce même numéro, il est indiqué “L’Église nourrit une grande
espérance dans ses jeunes, toujours plus intéressés à
l’Eucharistie”.
Mon intervention se déroulera dans ce sens:
1. Il faudrait mettre encore plus en avant l’importance des jeunes
et ce que l’on attend d’eux, avec un salut, un appel spécifique et
une invitation adressée aux jeunes à participer “à” et vivre “de”
l’Eucharistie.
J’ai demandé à un jeune quel est le message qu’il voudrait que je
transmette au Synode de la part des jeunes, et sa réponse fut:
“qu’il nous écoute”.
Face à la réalité vécue par les jeunes aujourd’hui, particulièrement
dans les pays développés, il est nécessaire et urgent de leur
offrir, de leur présenter et de célébrer l’Eucharistie de manière à
ce que, avec les paroles de Jean-Paul II, ils se rendent compte que
“L’Eucharistie est le centre vital autour duquel les jeunes se
rassemblent pour nourrir leur foi et leur enthousiasme”
2. Il faut approfondir la Catéchèse. Aujourd’hui, on parle de la
perte du sens du péché.
Grand nombre de catholiques sont bien loin de pouvoir rendre ou
donner raison de leur propre foi, comme le dit Saint Pierre dans sa
1ère Épître: “toujours prêts à la défense contre quiconque vous
demande raison de l’espérance qui est en vous”.
D’autre part, on ne peut pas aimer ce que l’on ne connaît pas. Et si
l’on ne connaît pas l’Église, l’Eucharistie, la foi chrétienne, on
ne peut aimer l’Église, l’Eucharistie ni même la foi chrétienne.
La catéchèse est ce dont nous avons besoin. Selon moi, on souffre de
manque de catéchèse. J’ai l’impression que nous ne sommes pas en
train de faire une catéchèse solide et approfondie. Notre peuple
apprécie et a faim de catéchèse, et qu’on lui explique les vérités
de la foi.
Le manque de catéchèse et de formation religieuse peut, peut-être,
expliquer aussi la facilité et la raison pour laquelle certains de
nos fidèles se tournent vers d’autres confessions ou sectes
religieuses, attirés par les feux de Bengale que leur offre une
soi-disant science religieuse, car nous n’avons pas su les éclairer
à temps avec la lumière de l’Évangile à l’aide d’une bonne et
opportune catéchèse.
[00174-03.03] [IN135] [Texte original: espagnol]
- S. Exc. Mgr. José Agustín GANUZA GARCÍA, O.A.R., Évêque Prélat de
Bocas del Toro (PANAMA)
Saint-Domingue reconnaît que “l’Amérique latine et les Caraïbes
constituent un continent multiethnique et pluriculturel” (244), avec
non pas moins de cinquante millions d’indigènes, et plus de cinq
cents peuples, chacun avec sa propre identité culturelle. Nous
pourrions dire la même chose pour de nombreux pays et juridictions
ecclésiastiques. Dans la Prélature de Bocas del Toro cohabitent
quatre peuples indigènes qui constituent 60 % de la population
totale.
Il est évident que les populations indigènes se trouvent dans
différentes situations de développement humain et religieux et de
réflexion théologique; mais elles coïncident toutes quant à leurs
aspirations à une inculturation de la liturgie de la célébration
eucharistique.
L’Instrumentum laboris traite le thème de l’“inculturation de
l’Eucharistie” à la page 72, aux nos 80 et 81, où il est indiqué que
dans un grand nombre de “régions géographiques, la question est en
train de devenir prioritaire au plan de la pastorale”.
Dans le processus d’inculturation , nous pouvons considérer trois
phases:
1. Reconstruire le sujet indigène de l’inculturation: les
communautés chrétiennes indigènes, avec leurs évêques, prêtres,
diacres, religieux, catéchistes indigènes de ces mêmes communautés.
2.Préparer les destinataires indigènes de l’inculturation:
récupération, valorisation, assimilation de la spiritualité
indigène, où se trouvent les “semences du verbe”.
3. Mettre en route et consolider le processus d’appropriation
indigène de l’Évangile, de l’Église, de la liturgie, avec les
indigènes comme principaux protagonistes.
Frères synodaux: nous vous invitons à examiner le travail portant le
titre de “Inculturation de la célébration eucharistique dans les
communautés indigènes chrétiennes de l’Amérique latine”, que nous
avons déposé auprès de la Secrétairerie du Synode. Merci.
[00092-03.02] [INO06] [Texte original: espagnol]
- S. Exc. Mgr. Jean-Vincent ONDO EYENE, Évêque d'Oyem (GABON)
Eucharistie et unité sont intimement liées. Car, l’Eucharistie, en
tant qu'elle est l'acte d'offrande que le .Christ accomplit sur la
croix, a pour but de réaliser l’unité de tous les enfants d’Israël
et du genre humain. L’Eucharistie est donc l’acte fondateur de la
Nouvelle Alliance que Dieu a scellée avec les hommes en son Fils
Jésus. Mais si l’Eucharistie rétablit la communion entre Dieu et les
hommes, elle est avant tout le lieu d’une union intime entre le Père
et le Fils.
1. L’unité du Père et du Fils
Dans la prière sacerdotale du Christ (Jn 17) qui précède la Passion
(Jn 18), le Père et le Fils sont consubstantiellement unis: “Tout ce
qui est à moi est à toi et tout ce qui est à toi est à moi” (Jn
17,10). Ainsi, on peut voir que ce qui précède l’acte eucharistique,
c’est cette communion profonde du Père et du Fils que la Tradition a
désigné par le terme de périchorèse ou inhabitation du Père et du
Fils.
Quand l’Église célèbre l’Eucharistie selon le commandement du
Seigneur”faites ceci en mémoire de moi”, elle réactualise l’union du
Père et du Fils.
2. L’unité de l’Église
L’Eucharistie, acte d’offrande du Christ, parce qu’elle procède de
l’union du Père et du Fils, communique aux hommes la vie divine.
Nourris ainsi à la même source et le même pain, les chrétiens vivent
de l’union du Père et du Fils.
a. unité entre les chrétiens
Au temps de Paul, l’unité de la communauté chrétienne d'Éphèse était
menacée, entre autres, par la discorde entre les chrétiens et
l’influence des doctrines hérétiques. Face à ces dangers, Paul
exhorte les chrétiens à l’unité en se fondant sur le fait qu’«il n’y
a qu’un seul corps, un seul Esprit et une seule espérance» (Ép 4,4).
Autrement dit, ceux qui mangent le même pain et boivent à la même
coupe, quels que soient leurs origines et leur statut social, sont
désormais configurés au Christ toujours uni à son Père.
b. unité entre Églises:
La problématique de l’unité des chrétiens ne se limite plus
seulement à l’intérieur d’une communauté chrétienne particulière ou
d’un Diocèse. Depuis le Concile Vatican II, la pluralité des Églises
chrétiennes a poussé l’Église Catholique à favoriser le dialogue. Et
le but de ce dialogue autrement appelé l’œcuménisme est de
promouvoir l’unité entre les chrétiens. Ce dialogue initié par le
concile met les chrétiens face au scandale de la division et au
paradoxe selon lequel le Christ a institué une seule et unique
Église dans laquelle les chrétiens sont divisés. Ces divisions
paraissent à la conscience chrétienne comme une violation de la
volonté de Jésus et un obstacle à l’évangélisation.
Conclusion
1. l’Eucharistie et l’unité sont des termes équivalents puisque,
dans le sacrifice de la croix s’accomplit l’unité de tous ceux que
Dieu vient racheter par le sang de son Fils...
2. les chrétiens, au milieu des discordes idéologiques,
économiques... ont l’impérieux devoir de maintenir l’unité entre eux
grâce “au même corps, au même sang et à la même espérance”
communiqués à tous par Jésus.
[00095-03.05] [IN023] [Texte original: français]
- S. Exc. Mgr. Rafael Masahiro UMEMURA, Évêque de Yokohama (JAPON)
Une célébration eucharistique qui répond à la situation réelle de la
population actuelle
Au Japon, la Première Conférence nationale pour l’Évangélisation
s’est tenue en 1987. Le but de cette rencontre de fidèles et de
ministres de l’Église était de réfléchir sur l’avenir de
l’évangélisation au Japon. Un des thèmes principaux les plus
récurrents était “la séparation entre foi et vie”. L’Assemblée
demanda également des efforts “afin de produire une liturgie capable
de parler au coeur des personnes et de renforcer la mission”.
Le problème pastoral le plus important concernant l’Eucharistie est:
Jusqu’à quel point l’Eucharistie est-elle aussi intimement liée aux
“joies et aux espoirs, aux souffrances et aux angoisses des
personnes d’aujourd’hui”? Comment l’Eucharistie répond-elle aux
préoccupations des personnes ou change-t-elle le sens de la vie pour
les personnes dans le Christ? Tant que la vie du fidèle n’est pas
liée à l’Eucharistie, l’Eucharistie ne peut influencer la vie du
fidèle.
L’Église puise sa vie dans l’Eucharistie
Pour que l’Église puisse puiser sa vie dans l’Eucharistie,
l’Eucharistie devrait être:
Quelque chose qui allège les problèmes et les préoccupations des
personnes;
Quelque chose qui puisse influencer profondément les coeurs des
personnes;
Quelque chose qui puisse nourrir la vie quotidienne et la rendre
Eucharistique.
En particulier, s’agissant de la liturgie en Asie, les révisions
suivantes peuvent être proposées:
Introduire les événements salvifiques d’Asie à l’intérieur du
calendrier liturgique;
Multiplier les modalités de célébration de l’Eucharistie sans en
changer l’essence, de manière à célébrer les mystères de la vie des
fidèles en accord avec les différents temps et événements.
Le Rôle de la Conférence des Évêques dans l’inculturation liturgique
Il est souhaitable de faciliter autant que possible le pouvoir des
conférences épiscopales des Églises locales en matière d’adaptation
de la liturgie au cadre culturel local. Si l’Eucharistie doit être
une célébration authentique de l’Église locale, nous avons besoin,
avant tout, d’une inculturation appropriée. L’intégration d’éléments
de fêtes locales est important pour l’évangélisation.
Par conséquent, le Saint Siège doit avoir confiance dans les
Conférences épiscopales quand il approuve la traduction dans les
langues locales des textes liturgiques. Pour préparer les textes
liturgiques locaux, ce qui importe n’est pas tant de réaliser une
traduction mécanique mais d’examiner et de trouver les mots
convenables propres à la culture locale, dans le respect de la
culture et de l’histoire de chaque nation. Quand la Commission pour
la Liturgie de la Conférence épiscopale du Japon examine des textes
liturgiques destinés à l’Église au Japon, elle ne se concentre pas
uniquement sur la révision d’une tournure de phrase, mais elle
s’efforce de créer une liturgie qui touchera le coeur du peuple
japonais. Dans chaque Église locale, spécialement en Asie, nous
devons être conscients du fait que la liturgie est destinée à toutes
les personnes qui vivent dans la culture locale. Par conséquent,
nous avons parfois besoin de proposer une nouvelle structure de nos
livres liturgiques.
[00100-03.04] [IN036] [Texte original: anglais]
- S. Exc. Mgr. Amédée GRAB, O.S.B., Évêque de Chur, Président de la
Conférence Épiscopale, Président du Conseil des Conférences des
Évêques d'Europe (C.C.E.E.) (SUISSE)
Le numéro 87 de l’Instrumentum Laboris est intitulé: “Eucharistie et
inter-communion”. Il indique: “Tandis que semble plutôt large le
consentement sur le fait que l'unité dans la profession de foi
précède la communion de la Célébration Eucharistique, il reste
encore à préciser la façon dont le Mystère Eucharistique doit être
présenté dans le dialogue œcuménique, afin d'éviter deux risques
opposés: les fermetures dues aux préjugés, et le relativisme”. Je me
réfère aux communautés ecclésiales qui célèbrent, dans la sainte
Cène, le mémorial du Seigneur. Dans le dialogue oecuménique avec ces
communautés, on note fréquemment une convergence croissante sur des
thèmes très importants: présence réelle, caractère sacrificiel du
mémorial, nécessité de l’ordination. Plus difficile est la
formulation de la nature de l’Église et l’accord sur le fait
quec’est à elle qu’est confiée la sainte Eucharistie, source et
sommet de sa vocation et de sa mission. Dès lors, “il serait
incohérent de ne pas appartenir à la communauté ecclésiale mais de
vouloir recevoir la Communion eucharistique”. Pour nous,
l’inter-célébration, l’inter-communion, l’hospitalité générale
offerte à tous les baptisés (voire même à tous les présents) ne sont
pas possibles. Mais la participation à la sainte Communion de
baptisés non catholiques, individuellement, dans des cas
exceptionnels et à des conditions déterminées, est explicitement
prévue par le n° 129 du Directoire oecuménique de 1993, qui ne parle
pas seulement d’admission mais également d’invitation dès lors que
les conditions sont remplies, conditions au nombre desquelles ne
figure pas l’appartenance à l’Église catholique. Cette possibilité
ne devrait pas être oubliée. L’avoir à l’esprit à l’égard de ceux
qui, sans appartenir à l’Église catholique, partagent la prière
fervente de Jésus pour l’unité doit, dans l’attitude des pasteurs,
rester une voie reconnue pour la réaliser quand et de la manière
dont le Seigneur “pain vivant descendu du ciel pour la vie du monde”
le voudra.
[00102-03.03] [IN040] [Texte original: italien]
- S.Em. le Card. Paul POUPARD, Président du Conseil Pontifical pour
la Culture (CITÉ DU VATICAN)
Je me réfère, au titre du Conseil Pontifical de la Culture, à la IV°
partie, chapitre II de l' Instrumentum laboris: «Eucharistie,
Mission évangélisatrice et Inculturation» (ns. 78 et 80), et à la
conclusion (ns. 90 et 91).
1. L'Eucharistie est «force de transformation des cultures, semence
d'un monde nouveau» (Instr. lab., 90). La transformation du pain et
du vin en corps et sang du Christ est le gage de la transformation
opérée en nous par l'Eucharistie. Chaque fidèle est appelé à
assimiler, dans la méditation personnelle et la prière
communautaire, la réalité du mystère célébré. Nourri de cette
célébration, il «incarne le projet eucharistique dans la vie
quotidienne, dans les milieux de travail et de vie» (Instr. lab.,
78). C'est ainsi que l'Eucharistie agit comme semence d'une nouvelle
culture pour une authentique civilisation de l'amour.
2. L'évangélisation n'est pas le fruit de l'inculturation. Elle en
est la source. Vivante au cœur des cultures dans la vaste mosaïque
des peuples, l'Église ne cesse de les évangéliser pour inculturer
l'évangile. Il suffit d'évoquer le nom de saint Benoît pour mesurer
la fécondité millénaire d'une culture évangélisée par le témoignage
des communautés ecclésiales, particulièrement de la vie monastique.
Deux millénaires de 'pratique' eucharistique, ont vu les hommes et
les femmes de cultures différentes, donner forme, selon le génie de
leur propre culture, à des liturgies inculturées, comme en
témoignent les Églises orientales. Les rites différents expriment et
doivent exprimer toujours le même mystère. Ils ne naissent pas d'une
adaptation de l'Eucharistie à la culture, mais d'une transformation
des cultures par l'Évangile: l'Église recherche les formes les plus
appropriées, purifiées des scories dues au péché de l'homme, pour
aider les fidèles à vivre pleinement le mystère révélé reçu de son
Seigneur.
3. En dialogue avec le monde de la non-croyance et de l'indifférence
religieuse, le Conseil Pontifical de la Culture le constate: la
superficialité, parfois même la banalité, voire la négligence de
certaines célébrations, non seulement n'aident pas le croyant dans
son cheminement de foi, mais heurtent aussi ceux qui les vivent de
l'extérieur. Une importance excessive donnée à la dimension
pédagogique et à la volonté de rendre la liturgie compréhensible
même aux observateurs extérieurs, comme si c'était sa fonction
première, produit le résultat inverse. On n'inculture pas une
contre-culture. La vocation d'une liturgie inculturée est de nous
introduire de tout notre être dans la grandeur du mystère de la foi
en l'action salvifique de Dieu en Son Fils Jésus.
4. La liturgie est belle parce qu'elle exprime la beauté de la
sainteté de Dieu (cf. lnstr. lab., n 90). Pour le croyant, la beauté
transcende l'esthétique. Elle permet le passage du «pour soi» au
«plus grand que soi ». La liturgie n'est belle, et donc vraie, que
dépourvue de tout motif autre que celui de la célébration du
Seigneur. La beauté des rites, des signes, des chants et des
ornements de la célébration liturgique n'a pour but que de nous
introduire à la beauté profonde de la rencontre avec le mystère de
Dieu, présent au milieu des hommes par l'intermédiaire de son Fils,
Lui qui renouvelle sans cesse pour nous son sacrifice d'amour. Elle
exprime la beauté de la communion avec Lui et avec nos frères, la
beauté d'une harmonie profonde qui se traduit en des gestes, des
symboles, des paroles, des images et des mélodies qui touchent
profondément le cœur et l'esprit, et suscitent l'émerveillement et
le désir de rencontrer le Seigneur ressuscité, “Porte de la Beauté”.
La liturgie est belle quand elle est « agréable à Dieu» et nous
introduit dans la joie divine, avec tous les saints, et la Vierge
Marie, «femme eucharistique par excellence».
C'était la prière eucharistique de Thérèse, Docteur de l'Église:
«Mon Bien-aimé, viens vivre en moi. Oh! Viens, ta beauté m'a ravie.
Daigne me transformer en Toi!»
[00103-03.04] [IN041] [Texte original: français]
- S. Exc. Mgr. William Stephen SKYLSTAD, Évêque de Spokane,
Président de la Conférence Épiscopale (ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE)
L’Eucharistie nous conduit à la mission de trois manières:
1. Nous sommes disciples du Christ qui, à travers l’Eucharistie,
nous a rendus capables de partager son amour avec le monde.
2. Jésus dans l’Évangile de Jean nous dit que, comme il a lavé les
pieds des apôtres, nous devons nous laver les pieds les uns aux
autres.
3. À travers l’Eucharistie, Jésus nous envoie comme instruments de
paix et de réconciliation. Ite missa est!
[00060-03.03] [IN051] [Texte original: anglais]
- S. Exc. Mgr. Gabriel PIROIRD, Évêque de Constantine (ALGÉRIE)
Nous sommes des Églises particulières très minoritaires, vivant dans
un monde où l'islam a fortement marqué la culture. Nous communautés
sont assez dispersées dans l'espace étendu de nos diocèses. Par
suite des nécessités de la mission, certaines vivent loin de toute
présence sacerdotale. De ce fait elles ne peuvent participer à
l'Eucharistie que de manière très espacée Une telle situation nous a
conduit à approfondir le lien entre eucharistie et mission:
- Notre action de grâces rejoint celle de nos amis musulmans qui,
eux aussi louent Dieu pour son œuvre de création et de miséricorde.
Nous pouvons spirituellement incorporer leurs prières dans nos
eucharisties.
- Nous sommes admiratifs de voir parfois des amis musulmans "être
mystérieusement associés au mystère pascal. "(Cf. as n° 22 § 5)
Lorsque nous venons inscrire notre vie dans l'offrande du Christ,
nous inscrivons, aussi en quelque sorte celles de nos amis.
- Dans la mesure où ils ne peuvent pas participer fréquemment à une
célébration eucharistique, certains, donnent plus de temps à
l'adoration eucharistique; ils redécouvrent la densité d'une
présence réelle qui donne force à leur vie quotidienne.
- Invisiblement nos célébrations eucharistiques rassemblent un
peuple encore absent, celui de ceux qui cherchent Dieu dans la
droiture de leur cœur. Pour une Église particulière, la manière de
vivre l'Eucharistie est indissociable de son histoire concrète avec
le peuple auquel elle a été donnée par le Seigneur.
[00076-03.04] [IN062] [Texte original: français]
- S.Em. Le Card. Georges Marie Martin COTTIER, O.P., Pro-Théologue
de la Maison Pontificale (CITÉ DU VATICAN)
Si l'Eglise a énoncé des directives relatives à l'admission à
l'Eucharistie des chrétiens non-catholiques et si elle rejette
l'inter-communion, c'est parce que la communion eucharistique n'est
pas un point de départ, mais parce qu'elle exprime et porte à
perfection une communion qu'elle présuppose dans son intégralité:
communion dans la doctrine des apôtres, dans les sacrements et dans
la communion avec le collège apostolique dont Pierre est le Chef.
Il arrive que cette position, n'étant pas comprise, semble à nos
frères protestants injustement dure. C'est un devoir fraternel en
conséquence que l'Eglise dise qu'elle ne se reconnaît pas le droit
de disposer à son gré de ce qui est un don reçu de son Seigneur. Son
attitude est d'adoration, de louange, et d'obéissance.
[00080-03.04] [IN069] [Texte original: français]
- S.Em. le Card. Walter KASPER, Président du Conseil Pontifical pour
la Promotion de l'Unité des Chrétiens (CITÉ DU VATICAN)
Je me réfère aux chapitres 86 et 87 de l’Instrumentum Laboris et au
thème: Eucharistie et Oecuménisme. Je suis reconnaissant pour ce qui
est dit dans ces chapitres et dans le Rapport général sur
l’Eucharistie en tant que sacrement d’unité, et je tiens, avant
tout, à souligner ce qui a déjà été dit à propos de l’ecclésiologie
eucharistique en Salle du Synode, qui est d’une grande importance
pour le mouvement oecuménique.
Le thème “Eucharistie et unité” remonte aux paroles de Saint Paul
dans sa première Lettre aux Corinthiens: “Parce qu’il n’y a qu’un
pain, à plusieurs nous ne sommes qu’un corps, car tous nous
participons à ce pain unique” (10, 17). Cette affirmation “un unique
pain - un unique corps” et “participation à l’unique calice”, qui
signifie “communion à l’unique corps” a formé toute la tradition de
l’Église, en Orient comme en Occident. Nous la trouvons tout d’abord
chez Saint Augustin et, de nouveau, chez Saint Thomas d’Aquin. Pour
ce dernier, la res c’est-à-dire la chose ou le but de l’Eucharistie
n’est pas la présence réelle du Christ, que Saint Thomas enseigne
sans aucun doute, mais, pour lui, la présence réelle est seulement
“res et sacramentum”, c’est-à-dire une réalité intermédiaire; la
res, le but de l’Eucharistie, est l’unité de l’Église.
Cette vision a été renouvelée par le Concile Vatican II, qui a
redécouvert l’Église comme communion par le biais de la
participation à l’unique Baptême et à l’unique pain eucharistique.
Sur ce point, nous concordons avec les Églises orientales; les
Communautés qui remontent à la Réforme avaient, à l’origine, la même
conception et c’est seulement récemment qu’elles l’ont abandonnée.
C’est pourquoi la conception catholique sur le lien intime entre
communion eucharistique et communion ecclésiale n’est pas - comme
certains ont tendance à le croire - une conception anti-oecuménique
quelconque mais une conception oecuménique au sens propre.
Et pour cette raison, la terminologie, qui, malheureusement, se
trouve également dans l’Instrumentum Laboris, et qui parle
d’“inter-communion”, est ambiguë et, contradictoire en elle-même.
Nous devrions l’éviter. En effet, il ne s’agit pas d’une communion
“inter” c’est-à-dire “entre” deux communions (deux Communautés) mais
d’une communion dans la communion à l’unique Corps du Christ, qui
est l’Église.
L’Instrumentum Laboris présente par ailleurs un autre point faible.
Il parle, pour la “communicatio in sacris”, d’un seul principe alors
que le Concile Vatican II parle de deux principes: l’unité de
l’Église et la participation aux moyens de la grâce, affirmant que
l’unité de l’Église interdit, en outre, l’admission d’un non
catholique à l’Eucharistie (Unitatis redintegratio, 8; cf.
Directoire oecuménique, 129). C’est la raison pour laquelle
Jean-Paul II a écrit que, pour lui, c’est un “motif de joie” que les
ministres catholiques, dans des cas particuliers déterminés,
puissent administrer les Sacrements de l’Eucharistie, de la
Pénitence et de l’Onction des Malades à d’autres chrétiens
(Encyclique “Ut unum sint”, 46; Encyclique “Ecclesia de Eucaristia”,
46).
De telles formulations - “recommander”, “motif de joie” - veulent
dire qu’il ne s’agit pas d’une simple concession ou exception mais
d’une possibilité fondée de manière positive sur la conception
chrétienne de la personne humaine, c’est-à-dire sur l’unicité de
chaque personne et sur l’unicité de chaque situation de salut. La
personne humaine n’est jamais un cas de principe général. Le droit
canonique respecte cette unicité de chaque personne et, sur la base
et dans les limites de la loi universelle, dans certains cas
particuliers déterminés - dans lesquels on exclut une possibilité de
scandale - il fait place non pas à la conscience privée mais à un
acte canonique d’admission de la part de l’Évêque compétent; ou pour
mieux dire, à un discernement spirituel, à un jugement prudent et à
la sagesse pastorale de l’Évêque (cf. Code de Droit canonique, canon
844).
Pour ce qui concerne les critères sur lesquels se fonde la décision
prudente, nous disposons d’un développement dès la publication des
deux Codes de Droit canonique. Les critères tels qu’énumérés dans le
Catéchisme de l’Église catholique (nos 1398 à 1401) et dans le
Compendium du Catéchisme de l’Église catholique (n° 293) à propos
des communautés ecclésiales sont au nombre de quatre: un motif
grave, la demande spontanée, une bonne disposition et la
manifestation de la foi catholique envers le Sacrement.
Personnellement, je suis convaincu qu’avec ces critères, les
problèmes vraiment pastoraux peuvent trouver une solution positive.
Du fait que ces questions sont, dans de nombreux pays, d’une grande
importance pastorale, je désire recommander qu’ils soient inclus
dans le texte final ou dans les propositions.
[00183-03.04] [IN136] [Texte original: italien]
- S. Exc. Mgr. Alain HAREL, Évêque titulaire de Forconio, Vicaire
Apostolique de Rodrigues (ILE MAURICE)
La découverte de ce grand trésor qu’est l’Eucharistie passe, entre
autres, par un plus grand effort d’inculturation. Un effort
important a déjà été fait dans le sillage du concile Vatican II.
Quelle joie d’entendre Dieu en Jésus nous parler dans notre langue
maternelle! Dans nos petites îles de l’Océan Indien, nos populations
venant d’horizons différents, déracinées de leur culture d’origine
par le drame de l’esclavage, ont eu à inventer une langue, le
créole, pour pouvoir communiquer, laisser monter leurs souffrances
et leurs espérances vers le Seigneur. Quelle “fierté” de pouvoir lui
rendre grâce, en faisant mémoire de la mort et la Résurrection de
Jésus, dans notre propre langue et avec nos “tambours, nos bom,
triangles et cordeons” nos chants créoles. L’inculturation ne
saurait néanmoins se résumer aux seules expressions liturgiques.
Comme une nouvelle Pentecôte, elle doit permettre de rejoindre
l’homme contemporain au cœur de sa culture. Dans le contexte de la
sécularisation, de la mondialisation économique, d’une médiatisation
à outrance, nos communautés chrétiennes doivent développer des
valeurs évangéliques telles que la gratitude, la gratuité, la
recherche du sens, le goût de la beauté, du silence et de
l’intériorité. Il ya tout un travail de renouvellement culturel à
faire, en lien avec l’évangile, pour aider les fidèles,
particulièrement les jeunes, à venir boire à la source vive de
l’Eucharistie, “source et sommet” de toute vie chrétienne.
[00104-03.06] [IN086] [Texte original: français]
- S. Exc. Mgr. Andrés ARTEAGA MANIEU, Évêque titulaire de Baliana,
Évêque auxiliaire de Santiago de Chile (CHILI)
Je parlerai de la partie IV de l’Instrumentum Laboris, et en
particulier de “spiritualité eucharistique” et “mission du chrétien”
(IL 73 et 78). L’Eucharistie permet d’expliquer d’une manière
admirable le sens de la vie, au moyen de la “clé” du mystère pascal
du Christ (cf. IL 9-10), à travers la pédagogie de la liturgie.
“L’Eucharistie est la réponse aux signes des temps de la culture
contemporaine” (IL 10). L’Eucharistie se fait “raison”, “source”,
“force”, “impulsion”, “principe”, “élan”, et “anticipation” de la
vie concrète (cf. IL, Introduction). Pour surmonter un certain
éloignement spirituel de la vie pastorale de l’Eucharistie, que l’on
peut constater même parmi nous, ainsi que l’absence dramatique et
scandaleuse de lien entre vie et mission, nous devons cultiver
l’attitude eucharistique qui était celle des saints et de la Très
Sainte Vierge Marie, “Femme eucharistique” (cf. IL 77).
1. Dans la catéchèse des enfants, des jeunes et des adultes, il
faudra mettre l’accent sur l’importance de la célébration dominicale
de l’Eucharistie, qui aide à voir le monde sous un “jour spécial”
(cf. IL 70). C’est une école de vie chrétienne très efficace qui ne
peut pas manquer sans que la maturité de la foi que les temps
actuels exigent de la part des fidèles chrétiens ne s’en ressente.
2. Il est nécessaire, d’autre part, que la liturgie exprime avec
encore plus de clarté que la Sainte Messe est étroitement liée à
l’envoi et à la mission (cf. IL 88). La prière après la communion et
la bénédiction suivie de l’envoi ne semblent pas suffisantes. Avec
l’aide d’experts, on pourrait chercher dans le trésor bimillénaire
de la tradition orante et liturgique de l’Église ce qui pourrait
nous aider en ce sens. De même que pour le sacrement de la
Réconciliation dans sa forme actuelle, la célébration se prolonge
dans la vie quotidienne par la joie que nous donne le Sacrement, on
peut chercher une manière d’enseigner à tous les chrétiens de façon
plus claire que la Messe se prolonge dans la vie par la mission dans
le monde. Puissions-nous tous dire, avec le Père Alberto Hurtado, le
jésuite chilien qui sera canonisé au terme de ce Synode: “Ma messe
est ma vie et ma vie est une Messe prolongée!”.
[00105-03.02] [IN087] [Texte original: espagnol]
- S. Exc. Mgr. Cyrille Salim BUSTROS, Archevêque de Newton des
Grecs-Melkites (ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE)
L’Eucharistie, Sacrement du nouveau commandement
1. Le paragraphe 90 de l’Instrumentum laboris définit le nouveau
commandement comme étant “l’amour de Dieu et du prochain”. Cette
définition n’est pas exacte. Car le nouveau commandement consiste à
nous aimer les uns les autres “comme le Christ nous a aimés”,
c’est-à-dire d’un amour parfait et universel qui englobe les ennemis
et va jusqu’au sacrifice de soi pour eux dans la mort.
2. L’Instrumentum laboris parle de la violence et du terrorisme aux
paragraphes 79 et 84. Ce qui manque dans le texte c’est la
clarification du lien entre le nouveau commandement et la victoire
sur la violence: car c’est en aimant ses ennemis et en priant pour
ceux qui l’ont mis à mort, et en leur pardonnant, que Jésus a vaincu
la violence et le terrorisme.
3. Le paragraphe 37 développe l’idée du sacrifice. Il manque à ce
passage l’explication que le sacrifice de Jésus a consisté à refuser
de vaincre le mal par le mal pour témoigner de l’amour universel de
Dieu qui, tout en condamnant le péché, pardonne aux pécheurs.
4. Ces 3 idées doivent être commémorées dans l’Anaphore
eucharistique, et cela, à titre d’exemple, de la manière suivante:
“Dans la nuit où il fut livré, ou plutôt se livra lui-même pour
témoigner de l’amour universel de Dieu, comme un agneau conduit au
sacrifice, refusant de répondre au mal par le mal, aimant ses
ennemis et priant pour ceux qui l’ont mis à mort, selon son nouveau
commandement: ‘aimez-vous les uns les autres comme je vous ai
aimés’, il prit le pain... etc.”
[00106-03.03] [INO88] [Texte original: français]
- S. Exc. Mgr. Severine NIWEMUGIZI, Évêque de Rulenge, Président de
la Conférence Épiscopale (TANZANIE)
Dans l’Eucharistie, nous célébrons la rencontre avec le Seigneur
ressuscité, le pain de la vie, dont la mort et la résurrection ont
réconcilié l’homme avec Dieu le Père. C’est le Seigneur qui, après
sa résurrection donna sa paix à ses disciples, qui avaient perdu
jusqu’à l’espoir après que le Seigneur de la Vie ait souffert une
mort violente sur la croix. Alors qu’ils étaient pleins de peur
derrière leurs portes closes, Il apparut au milieu d’eux et leur
dit: “Paix à vous” (Jn 20, 19). Et les disciples furent remplis de
joie en Le voyant. Ils le reconnurent également à la fraction du
pain.
Jésus fait donc de l’Eucharistie un don de paix. Jésus-Eucharistie
détruit la peur et porte la joie et la paix intérieures. Nous ne
pouvons pas célébrer et recevoir l’Eucharistie tout en continuant à
vivre dans la peur ou la violence parce que le Christ est venu pour
nous donner la paix, comme les Anges l’ont chanté au moment de sa
naissance: “Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre
paix aux hommes objets de sa complaisance” (Lc 2, 14). Avant et
après sa mort, il nous donna sa paix: “Je vous laisse la paix; c’est
ma paix que je vous donne” (Jn 14, 27). Il continue à nous donner sa
paix. Ce don de la paix, qu’il nous a donné dans ses salutations de
Pâque, est toujours offert, ici et maintenant, en particulier dans
l’Eucharistie. Nous ne pouvons cependant ni recevoir ni jouir de
cette paix si nous ne sommes pas réconciliés avec Dieu et
réconciliés entre nous. C’est pourquoi il nous invite à nous
réconcilier avant de venir présenter nos sacrifices (Mt 5, 24-25).
La raison en est que la réconciliation constitue le chemin de la
paix. Il est donc incompatible d’unir notre sacrifice à celui du
Christ dans la célébration eucharistique avec des coeurs remplis de
haine, d’amertume et de désirs de vengeance.
L’Église qui célèbre l’Eucharistie a la mission de porter et de
maintenir la paix du Christ sur la terre. L’Église en tant que Corps
Mystique du Christ a pour mission d’être le “Sacrement de la paix”.
Elle a pour mission d’être un artisan de paix,“Heureux les artisans
de paix, car ils seront appelés fils de Dieu” (Mt 5, 9).
L’Eucharistie devrait conduire les personnes à trouver la paix dans
le Christ par le biais de l’union avec Lui. Le Pape Jean-Paul II a
appelé les Africains, et avec eux chacun de nous, je crois, à
“témoigner du Christ pour la promotion de la justice et de la paix
sur le continent et dans le monde entier” (Jean-Paul II, Exhortation
Apostolique post-synodale Ecclesia in Africa, Vatican, 1994, n°105).
Recevoir l’Eucharistie, nous demande aussi de témoigner du Christ en
ce sens. La mission de l’Église d’évangéliser signifie également
“travailler pour la paix” (Jean-Paul II, Message pour la Journée
mondiale de la Paix, 1° janvier 2000, Vatican, n°20).
Dans la célébration de l’Eucharistie, l’Église prie toujours pour la
paix. Quiconque prend part à la célébration, et en particulier la
personne qui reçoit l’Eucharistie, doit donc être incité à
travailler pour la paix, la justice et la réconciliation.
L’Eucharistie doit être une source et elle nous oblige à nous
engager dans cette même conduite; un engagement qui est essentiel,
surtout pour tout catholique.
[00108-03.05] [IN090] [Texte original: anglais]
- S. Exc. Mgr. Aloysius M. SUTRISNAATMAKA, M.S.F., Évêque de
Palangkaraya (INDONÉSIE)
La réflexion sur le sens eucharistique de l’Eucharistie et sur son
importance pour notre époque soulève, entre autres, les questions
suivantes: comment le sens de l’Eucharistie peut-il expliquer la
tâche qui incombe aux fidèles d’êtres des missionnaires au sens
large? Quel est le rapport entre le sens de l’Eucharistie et la
mission? Dans quelle mesure peut-on inculturer la partie essentielle
de la célébration eucharistique? Est-il possible de renforcer
l’influence de la célébration eucharistique sur les activités
missionnaires dans la vie de tous les jours, afin qu’elle suscite
une nouvelle culture, de nouvelles habitudes en vue d’une vie
meilleure?
Nous pouvons commencer cette réflexion et répondre aux questions
susmentionnées en rappelant la tâche fondamentale de l’Église. “De
sa nature, l’Église, durant son pèlerinage sur terre, est
missionnaire, puisqu’elle-même tire son origine du Fils et de la
mission du Saint-Esprit” (AG 2, cf. LG 1). La célébration de
l’Eucharistie a absolument besoin de foi. Le manque de foi peut
avoir des répercussions négatives sur l’esprit missionnaire. Les
activités missionnaires ont pou but, entre autres, de pourvoir aux
besoins de la situation actuelle.
Le monde moderne étant marqué par la culture de la mort, le
terrorisme, l’individualisme, le matérialisme et l’hédonisme, il est
important d’insister sur le sens de l’Eucharistie fondée sur la foi
vivante, un nouvel habit(us), une culture de la vie dans la paix et
l’amour. Dans la lettre pastorale de la Conférence des Évêques
d’Indonésie, la question du besoin d’un nouvel habitus est élaborée
pour que la foi, s’exprimant à travers des attitudes morales et
concrètes, influence la vie des personnes. Dans ce cas-là, la
célébration eucharistique est une source d’inspiration riche et
profonde. Notre mission, au sens large, semble témoigner de
l’importance de la collaboration avec tous les adeptes d’autres
religions, afin d’exaucer tout voeu humain et de réaliser la paix et
l’amour dans la société.
Le but de la mission comporte deux aspects distincts, liés l’un à
l’autre. D’une part la mission est orientée ad intra, de l’autre,
elle est orientée ad extra. En ce qui concerne l’Eucharistie, sa
célébration mène, avant tout, les fidèles vers un renforcement de
leur foi, à travers la Parole de Dieu et vers la sanctification
personnelle à travers la conversion et l’accès à la Sainte
Communion. Dans cette optique, l’Eucharistie devient la source de la
force morale pour forger de nouvelles habitudes parmi les
Catholiques. La mission fondée sur le sens eucharistique exige, à
son tour, que les fidèles assument leurs responsabilités en
participant activement à la mission de l’Église dans le monde,
c’est-à-dire en construisant une société pacifique dans chaque coin
du monde, fondée sur la mission de Jésus. Tel est le sens de la
mission ad extra fondée sur la célébration eucharistique.
La question est: comment la célébration eucharistique forgera-t-elle
un nouveau mode de vie, une culture de la foi vivante. “La culture
est l’espace vital dans lequel la personne humaine se trouve face à
face avec l’Évangile” (Ecclesia in Asia, n°21). Autrement dit, “La
foi devient culture et elle fait la culture” (Instrumentum Laboris,
n°80). Tous les efforts d’inculturation semblent se concentrer
encore sur la rencontre dynamique entre les éléments de la culture
et les valeurs spirituelles de l’Évangile. En ce qui concerne la
Liturgie en général, l’Eucharistie, source et sommet de la vie et de
la mission de tous les chrétiens (cf. RM 54), devrait encourager les
fidèles à accomplir la mission et à apporter la Bonne Nouvelle aux
pauvres, aux opprimés et aux nécessiteux.
Afin d’élaborer le rapport entre l’Eucharistie et la Mission en vue
de la nouvelle culture, il ne suffit pas d’ouvrir les documents et
d’en produire des nouveaux. Il est plutôt nécessaire d’appuyer les
efforts, de faire des gestes et de créer de nouvelles habitudes pour
que l’Eucharistie soit réellement significative tant pour les
fidèles que pour les adeptes de toutes les autres religions.
[00109-03.05] [IN091] [Texte original: anglais]
- S. Exc. Mgr. Sofron Stefan MUDRY, O.S.B.M., Évêque émérite
d'Ivano-Frankivsk (UKRAINE)
La question que je pose naît d’un besoin pratique. En Ukraine, la
situation ordinaire de la vie, avec tous ses problèmes et les défis
liés au post-communisme, est, en tout et pour tout, commune à nous,
gréco-catholiques, et aux orthodoxes.
Le canon 702 du Code des Canons des Églises orientales interdit
expressément de concélébrer la Divine Eucharistie avec des prêtres
non catholiques et vice versa. Ce canon naît du besoin de la
plénitude de l’unité entre les Églises. Tout en étant d’accord, je
crois nécessaire de revoir ce canon en reconsidérant un certain
nombre de points fondamentaux de l’Eucharistie et de l’oecuménisme,
précisant par ailleurs le terme “non catholique” utilisé par le
canon précédemment cité.
Il faut souligner la relation intime existant entre la Parole et le
Sacrement. L’annonce de la Bonne Nouvelle est adressée à tous. Le
Sacrement est réservé à ceux qui ont accueilli l’annonce et y ont
adhéré avec foi. Le Baptême introduit dans le Corps du Christ,
l’Eucharistie fait croître et porte à son terme l’incorporation.
Ainsi, l’Eucharistie n’exprime pas seulement l’unité de l’Église
mais la produit. En tant qu’élément constitutif de l’unité, elle ne
peut la suivre; mais elle doit être accueillie comme moment-clef,
afin de rendre dans les faits nos aspirations oecuméniques.
En tant qu’expression de l’unité visible de l’Église, dans le sens
ontologique, c’est-à-dire dans le sens de la plénitude des moyens du
salut, elle est également promesse de la réalisation du phénomène de
l’unité visible. L’Eucharistie produit la pleine unité visible de
l’Église.
Par conséquent, en faisant participer les non catholiques orthodoxes
à la Communion, nous rendons réelle la communion entre nous.
Ainsi, une participation commune à la célébration de l’Eucharistie
des catholiques et des orthodoxes et vice versa pourrait être la
lumière qui nous illumine afin de réaliser la soif de notre unique
Seigneur, Sauveur et Pasteur: “Ut unum sint”.
Ces exigences ne sont peut-être pas bien présentes dans les rapports
officiels entre nos Églises, mais se font sentir toujours davantage
dans notre travail pastoral quotidien.
[00110-03.04] [IN093] [Texte original: italien]
- S. Exc. Mgr. Miguel Angel ALBA DÍAZ, Évêque de La Paz en la Baja
California Sur (MEXIQUE)
Le Pape Jean-Paul II, en parlant de la communion, nous disait
combien il était erroné de promouvoir des initiatives concrètes sans
promouvoir une spiritualité qui nous aide à dépasser les tentations
qui nous assaillent continuellement. Il nous faisait remarquer qu’en
l’absence d’un cheminement spirituel, les moyens extérieurs se
transforment en masques, en moyens privés d’âme.
C’est pourquoi, en parlant de l’Eucharistie, je voudrais réaffirmer
l’importance de cultiver une spiritualité eucharistique qui nous
permette non seulement de célébrer l’Eucharistie de manière correcte
et digne, mais qui nous pousse également à la vivre comme source,
centre et sommet de notre vie sacerdotale et ecclésiale. Nous former
en vue de l’Eucharistie signifie certainement nous former afin de
suivre fidèlement un rituel qui nous permet de faire nôtres les
paroles et les gestes du Christ lors de la dernière Cène, parce que
dans l’Eucharistie, “nous transmettons ce que nous avons reçu”.
Mais, si nous ne voulons pas que le pain azyme de nos eucharisties
se contamine “avec le levain des pharisiens”, nous former en vue de
l’Eucharistie veut également et surtout dire nous former afin de
faire nôtres les sentiments et les attitudes eucharistiques mêmes du
Rédempteur.
Nous former en vue de l’Eucharistie signifie donc nous former dans
l’expérience de la grâce, dans la contemplation des merveilles que
Dieu fait. Et faire l’expérience de la gratuité de tout ce que nous
sommes et de tout ce que nous avons, en nous sentant touchés par la
grâce.
C’est nous former afin de “toujours rendre grâce, en tout lieu et en
toute circonstance de la vie”, en appréciant la vie avec ses
tristesses et ses joies et en découvrant que “tout advient pour le
bien de ceux que le Seigneur aime”.
C’est nous former pour faire de notre vie une eucharistie, pour
aimer et servir Dieu et les hommes avec un amour reconnaissant, pour
faire de nous-mêmes une offrande vivante et permanente.
Nous former en vue de l’Eucharistie, cela veut dire nous former pour
le culte rendu au Père “en esprit et vérité”. Sept années de
séminaire pourront peut-être paraître excessives pour apprendre à
dire la messe, mais elles ne sont pas suffisantes pour apprendre à
célébrer l’Eucharistie.
L’Instrumentum Laboris contient des contributions qui font état de
pratiques négatives. Il ne s’agit pas de simples transgressions aux
rubriques, mais de manifestations d’attitudes qui ignorent et
déforment le sens de la réforme conciliaire.
Si la précipitation dans l’application de la réforme liturgique nous
a fait perdre l’équilibre, pour chercher à nouveau cet équilibre et
avant de proposer de nouvelles initiatives concrètes, nous devons
promouvoir une spiritualité qui nous permette de dépasser tant le
ritualisme passif que la créativité excessive, afin que le mystère
parle à travers la liturgie.
[00147-03.03] [IN099] [Texte original: espagnol]
♦ DEUXIÈME CONFÉRENCE DE PRESSE
Nous rappelons aux journalistes accrédités que jeudi 13 octobre
2005, à 12h45, dans la Salle Jean-Paul II du Bureau de Presse du
Saint-Siège, se tiendra la deuxième Conférence de Presse sur les
travaux de la XI Assemblée Générale Ordinaire du Synode des Évêques
(Rapport après le débat général)
Y participeront:
● S. Ém. le Card. Francis Arinze
Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des
Sacrements
Président Délégué
● S. Ém. le Card. Juan SANDOVAL ÍÑIGUEZ,
Archevêque de Guadalajara (Mexique)
Président Délégué
● S. Ém. le Card. Telesphore Placidus TOPPO,
Archevêque de Ranchi (Inde)
Président Délégué
● S. Exc. Mgr John Patrick FOLEY,
Archevêque titulaire de Neapoli de Proconsolare,
Président du Conseil Pontifical pour les Communications Sociales
Président de la Commission pour l’Information
● S. Exc. Mgr Sofron Stefan MUDRY, O.S.B.M.,
Évêque émérite d’Ivano-Frankivsk, Stanislav des Ukrainiens
Vice-Président de la Commission pour l’Information |