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14 - 08.10.2005
RÉSUMÉ
♦ COMMÉMORATION DU XL ANNIVERSAIRE DE L’INSTITUTION DU SYNODE DES
ÉVÊQUES
Cet après-midi, samedi 8 octobre 2005, à 16h30, par la prière de l’Adsumus,
a débuté la Congrégation Générale Spéciale pour la Commémoration du
XL Anniversaire de l’Institution du Synode des Évêques.
À l’ouverture de cette Congrégation, le Secrétaire Général du Synode
des Évêques, S. Exc. Mgr Nikola ETEROVIĆ a introduit les travaux par
le discours suivant:
Synode des Évêques: expression privilégiée de la collégialité
épiscopale
Très Saint-Père, Vénérables Pères Synodaux, Très Chers Frères et
Soeurs,
C’est une grande grâce du Dieu Un et Trine de célébrer le 40ème
anniversaire de l’institution du Synode des Évêques au cours d’une
Assemblée synodale. Cette coïncidence providentielle met les
participants à cet acte commémoratif in medias res. En effet, il est
superflu de décrire dans le détail l’activité synodale à ceux qui
sont en train d’y prendre une part active.
Toutefois, le 40ème anniversaire du Synode des Évêques est une
occasion pour approfondir la nature théologique et juridique de
cette institution qui, créée durant le Concile Vatican II, a essayé
de maintenir l’esprit et la méthodologie de travail de celui, en l’adaptant
à ses propriétés. Sans entrer dans les résultats concrets, un thème
qui va au-delà du discours de cette circonstance, pendant 4
décennies, le Synode des Évêques a eu le grand mérite de développer
la dimension synodale du corpus episcoporum, de renforcer la
collégialité épiscopale entre les Évêques et avec le Saint-Père,
Évêque de Rome et Chef du collège lui-même, dans un climat de
profonde communion ecclésiale. Dans les Assemblées synodales, on
fait l’expérience de la vraie collégialité épiscopale, même si c’est
d’une manière différente par rapport aux conciles oecuméniques.
Avant d’écouter les Éminents Orateurs, je voudrais indiquer quelques
données statistiques concernant le Synode des Évêques.
Institué le 15 septembre 1965, le Synode des Évêques a eu jusqu’à
présent 4 Présidents, quatre Pontifes: Paul VI, Jean-Paul Ier,
Jean-Paul II et Benoît XVI. Sa Sainteté Benoît XVI préside pour la
première fois un Synode des Évêques. Durant son bref pontificat,
Jean-Paul Ier n’a pratiquement pas eu le temps d’exercer la fonction
de Président du Synode. Alors que Paul VI et Jean-Paul II sont deux
Pontifes Romains qui ont marqué l’histoire du Synode des Évêques.
Sur les 11 Assemblées Générales Ordinaires célébrées jusqu’à présent,
4 ont eu lieu au cours du Pontificat du Serviteur de Dieu Paul VI,
respectivement en 1967, 1971, 1974 et 1977. Ce même Pape a présidé
une Assemblée Générale Extraordinaire en 1969.
En fonction du nombre d’assemblées synodales célébrées, le Serviteur
de Dieu Jean-Paul II peut être appelé le Pape des Synodes. Il a
présidé 6 Assemblées Générales Ordinaires, en 1980, 1983, 1987,
1990, 1994 et 2001; une Assemblée Générale Extraordinaire, en 1985,
et 8 Assemblées Spéciales: 1980 pour les Pays-Bas; 1991 la première
pour l’Europe; 1994 pour l’Afrique; 1995 pour le Liban; 1997 pour l’Amérique;
1998 pour l’Asie; 1998 pour l’Océanie et 1999 la deuxième pour l’Europe.
Au cours de son histoire déjà célèbre, le Synode des Évêques a eu 4
Secrétaires Généraux: de 1967 à 1979, S. Exc. Mgr Ladislao Rubin; de
1979 à 1985, S. Exc. Mgr Jozef Tomko; de 1985 à 2004, S. Ém. le
Card. Jan Pieter Schotte, C.I.C.M. Depuis le 11 février 2004, cette
fonction a été assumée par S. Exc. Mgr Nikola Eterovic.
Ces expériences synodales ont donné comme résultats, entre autres: 8
Exhortations Apostoliques post-synodales: Evangelii nuntiandi;
Catechesi tradendae; Familiaris consortio;Reconciliatio et
paenitentia; Christifideles laici; Pastores dabo vobis; Vita
consecrata et Pastores gregis.
Il faut, ensuite, mentionner les 6 Exhortations Apostoliques
post-synodales des Assemblées Spéciales: Ecclesia in Africa; Une
espérance nouvelle pour le Liban; Ecclesia in America; Ecclesia in
Asia; Ecclesia in Oceania; Ecclesia in Europa.
Ces documents ont eu une grande influence sur la vie de l’Église
Catholique.
Aux 21 Assemblées synodales, ont participé, dans l’ensemble, 3 972
Pères, dont 2 474 dans le cadre des 11 Assemblées Générales
Ordinaires, 311 aux 2 Assemblées Générales Extraordinaires et 1 187
aux Assemblées Spéciales. Le plus petit nombre concerne le Synode
pour les Pays-Bas avec 19 Pères synodaux. Le nombre le plus élevé
concerne l’actuelle XIème Assemblée Générale Ordinaire avec 256
Pères synodaux.
Le Synode des Évêques a eu le grand privilège de voir deux cardinaux
Rapporteurs Généraux des Assemblées Générales Ordinaires,
respectivement de 1974 et de 1980, devenir Papes. Il s’agit du Très
Éminent Card. Karol Wojtyla et, ensuite, de Son Éminence le Card.
Joseph Ratzinger.
Au cours de ces 40 années, le Synode des Évêques a connu plusieurs
changements dans la méthodologie de travail. En cette assemblée,
nous expérimentons le dernier de ces changements, élaborés en
suivant les sages indications du Saint-Père Benoît XVI, qui a une
grande expérience synodale.
Le Synode des Évêques est au service de la communion ecclésiale par
le biais du collège épiscopal qui a l’Évêque de Rome à sa tête. Tout
comme l’Église demeure toujours vivante et jeune, par la grâce de
l’Esprit Saint, de même le Synode des Évêques reste ouvert à l’inspiration
de l’Esprit du Seigneur ressuscité et présent dans Son Église,
particulièrement dans le sacrement de l’Eucharistie, pour la gloire
de Dieu le Père et le salut du monde.
Le signe tangible de la jeunesse du Synode réside dans le fait que
plus de la moitié des Pères synodaux de la XIème Assemblée Générale
Ordinaire participe pour la première fois à une assemblée synodale.
C’est là un signe d’espérance pour l’avenir de l’Église qui, en
dépit des adversités de différente nature, pleine de confiance en la
divine providence, continue à accomplir la mission confiée par le
Seigneur Jésus: “Allez donc, de toutes les nations faites des
disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint
Esprit” (Mt 28, 19).
[00201-03.05] [NNNNN] [Texte original: italien]
Ont ensuite été présentés en Salle les rapports et communications
suivants:
I. RAPPORTS
● Le Synode des Évêques a 40 ans - Aspects théologiques du Synode
des Évêques
S. Ém. le Card. Jozef TOMKO, Préfet émérite de la Congrégation pour
l’Évangélisation des Peuples, Président du Comité Pontifical pour
les Congrès Eucharistiques Internationaux
● Quatre décennies de développement institutionnel - Aspects
juridiques du Synode des Évêques
S. Ém. le Card. Péter ERDŐ, Archevêque d’Esztergom - Budapest
II. COMMUNICATIONS
● Le Synode particulier pour les Pays-Bas - Assemblée Spéciale pour
les Pays Bas
S. Ém. le Card. Adrianus Johannes SIMONIS, Archevêque d’Utrecht (Membre
de l’Assemblée synodale)
● La Convocation de l’Assemblée spéciale - Assemblée Spéciale pour
l'Afrique
S. Exc. Mgr Paul VERDZEKOV, Archevêque de Bamenda (Membre de
l’Assemblée synodale et membre du Conseil post-synodal)
● Le Synode des Évêques dans son Assemblée Spéciale pour le Liban -
Assemblée Spéciale pour le Liban
S. Exc. Mgr Cyrille Salim BUSTROS, M.S.S.P., Archevêque de Newton
des Gréco-Melkites - États-Unis d’Amérique (Rapporteur général de
l’Assemblée synodale et membre du Conseil post-synodal)
● Les fruits du Synode pour l’Amérique - Assemblée Spéciale pour l'Amerique
S. Ém. le Card. Juan SANDOVAL ÍÑIGUEZ, Archevêque de Guadalajara (Rapporteur
général de l’Assemblée synodale et membre du Conseil post-synodal)
● Quelques résultats positifs de l’Assemblée Spéciale pour l’Asie du
Synode des Évêques - Assemblée Spéciale pour l'Asie
S. Ém. le Card. Paul SHAN KUO-HSI, S.I., Évêque de Kaohsiung (Rapporteur
général de l’Assemblée synodale et membre du Conseil post-synodal)
● L’Assemblée Spéciale du Synode des Évêques pour l’Océanie -
Assemblée Spéciale pour l'Océanie
S. Exc. Mgr John Atcherley DEW, Archevêque de Wellington (Membre de
l’Assemblée Spéciale) a lu le texte du Cardinal Thomas S. Williams,
Archevêque émérite de Wellington (Président délégué de l’Assemblée
Spéciale)
● La II Assemblée Spéciale pour l’Europe du Synode des Évêques - I
et II Assemblées Spéciales pour l'Europe
S. Ém. le Card. Antonio María ROUCO VARELA, Archevêque de Madrid (Rapporteur
général de la II Assemblée Spéciale et membre du Conseil
post-synodal)
Nous publions ci-dessous le texte intégral des rapports et
communications présentés en Salle en français et une présentation
des autres interventions (l’ensemble des textes intégraux ont été
publiés dans l’édition plurilingue du Bulletin, dans la langue dans
laquelle ils ont été présentés en Salle):
I. RAPPORTS
● Le Synode des Évêques a 40 ans - Aspects théologiques du Synode
des Évêques
S. Ém. le Card. Jozef TOMKO, Préfet émérite de la Congrégation pour
l’Évangélisation des Peuples, Président du Comité Pontifical pour
les Congrès Eucharistiques Internationaux
Le Cardinal Jozef Tomko, Président du Comité Pontifical pour les
Congrès eucharistiques internationaux, commence son rapport par une
introduction, présentant ses propres expériences au sujet du Synode
des Évêques et sa participation à de nombreux Synodes du passé. Il
poursuit son rapport en exposant différents points concernant le
Synode des Évêques, qui fut institué par Paul VI avec le motu
proprio “Apostolica sollicitudo”. Plus tard, Jean-Paul II a renforcé
l’autonomie et accru l’autorité et la collégialité du Synode. Le
Synode des Évêques avait été institué comme “conseil permanent des
Évêques pour l’Église Universelle”, sous la direction du Pape et
étant une institution ecclésiale naturelle, représentant l’ensemble
de l’Épiscopat Catholique, et perpétuelle par nature. Il a pour
objectif de fournir des informations et de donner des conseils, et
il peut délibérer sur certaines questions, avec le Pontife Romain
qui ratifie les décisions du Synode. Le fondement théologique du
Synode des Évêques réside dans l’unité de l’Église exprimée par la
vie de communion des églises locales et la collégialité entre tous
les Évêques (communio et collegialitas). Le Synode des Évêques
représente l’Épiscopat Catholique dans le monde entier d’une manière
morale et manifeste, ses décisions ont un caractère consultatif et
peuvent être délibérées seulement par le biais d’un mandat du
Souverain Pontife. En ce qui concerne l’aspect consultatif du Synode
des Évêques, Jean-Paul II va au-delà des aspects formels et
juridiques du vote du Synode et le situe dans le contexte de l’Église
en tant qu’organisme de communion de foi. En conclusion, le Cardinal
Tomko compare le Synode des Évêques a un coeur, une merveilleuse
osmose ecclésiale qui continue depuis quarante ans.
[Présentation - 00164-03.01] [NNNNN] [Texte original: italien]
● Quatre décennies de développement institutionnel - Aspects
juridiques du Synode des Évêques
S. Ém. le Card. Péter ERDŐ, Archevêque d’Esztergom - Budapest
L’Archevêque d’Esztergom-Budapest, S. Ém. le Card. Péter ERDÖ a tenu,
en marge de la XI Assemblée Générale Ordinaire du Synode des Évêques,
une intervention sur le thème: “Quatre décennies de développement
institutionnel - Aspects juridiques du Synode des Évêques”. Au cours
de cette intervention, il a fait référence à la nature particulière
et à la physionomie juridique du Synode des Évêques dans le Droit
canonique en vigueur. Le Cardinal ERDÖ distingue la fonction et les
manifestations concrètes du Synode au cours des dernières décennies,
mettant en évidence un certain nombre de lignes directrices
relatives à son rôle et aux points centraux de son ministère. Il a
signalé dans le même temps le rôle que le Synode joue dans la
promotion de la collégialité épiscopale et de la communion entre les
Évêques ainsi qu’en matière d’étude et de résolution des problèmes
relatifs à la mission de l’Église dans le monde actuel. L’Archevêque
a par ailleurs souligné l’importance du Synode comme organe
consultatif du Pape et a analysé la valeur du Synode en tant qu’Assemblée
favorisant la relation entre le Pape et les Évêques et des Évêques
entre eux; permettant ainsi de poser les problèmes touchant les
différentes conférences épiscopales dans le contexte de l’Église
universelle.
Dans la même intervention furent évoquées les fonctions du Synode,
en remarquant les différences entre Assemblées générales,
extraordinaires et spéciales et fut expliquée la relation entre le
Magistère du Saint-Père et le Synode, mettant en évidence la valeur
de ce dernier s’agissant de la réflexion sur les thèmes relatifs à
la foi et aux coutumes, à l’observance et à la consolidation de la
discipline ecclésiastique, à la réalité des sacrements et à la
mission de l’Église en général et sa sensibilité particulière sur
les thèmes concernant la vie quotidienne.
La mission du Synode fut par ailleurs mise en relief par le Cardinal
Péter ERDÖ en ce que le Synode offre la possibilité d’exposer les
principes moraux appliqués à l’ordre social, en ayant la faculté de
juger les activités humaines, dès lors que l’exigent les droits
fondamentaux de la personne ou le salut des âmes.
[Présentation - 00135-03.04] [NNNNN] [Texte original: italien]
II. COMMUNICATIONS
● Le Synode particulier pour les Pays-Bas - Assemblée Spéciale pour
les Pays Bas
S. Ém. le Card. Adrianus Johannes SIMONIS, Archevêque d’Utrecht (Membre
de l’Assemblée synodale)
L’intervention de S. Ém. le Card. Adrianus Simonis, Archevêque
d’Utrecht, fait le point sur les événements qui, à partir du
“Concile de Noordwijkerhout”, ont porté à la convocation, au Vatican,
du 14 au 31 janvier 1980, de la I° Assemblée spéciale du Synode des
Évêques sur le thème de “La situation pastorale dans les Pays-Bas”.
L’auteur note que cette convocation a eu comme origine une intuition
du Cardinal Willebrands et du Pape Jean-Paul II, lequel a su prévoir
que les problèmes se posant à l’Église aux Pays-Bas dans les
domaines de la foi, de la doctrine, de la morale et de la discipline
auraient pu, à l’avenir, avoir une influence sur l’Église dans son
ensemble. Se livrant à une brève rétrospective de la participation
et des résultats du Synode en question, le texte se conclue par une
évocation rapide tant de l’accueil des décisions prises à l’occasion
du Synode - qui, dans la plupart des cas, ne furent pas acceptées -
que du travail post-synodal, dont l’actualité est réaffirmée. En
effet, les actuelles générations ne sont plus marquées par la
polarisation ayant caractérisée les années de la convocation du
“Concile de Noordwijkerhout” et désirent seulement être des
catholiques en communion avec l’Église universelle.
[Présentation - 00124-03.06] [NNNNN] [Texte original: italien]
● La Convocation de l’Assemblée spéciale - Assemblée Spéciale pour
l'Afrique
S. Exc. Mgr Paul VERDZEKOV, Archevêque de Bamenda (Membre de
l’Assemblée synodale et membre du Conseil post-synodal)
S. Exc. Mgr Paul VERDZEKOV, Archevêque de Bamenda, a pris la parole
et évoqué l’Assemblée Spéciale pour l’Afrique du Synode des Évêques
qui avait comme thème: “L’Église en Afrique et sa mission
évangélisatrice vers l’an 2000: ‘Vous serez mes témoins’ (Ac 1, 8)”,
qui s’est tenue au Vatican du 10 avril au 8 mai 1994. Elle a
rencontré un impact particulier sur l’évangélisation du Continent
africain ayant eu pour but de promouvoir “une solidarité pastorale
organique dans toute l’Afrique et dans les Îles limitrophes” et d’“examiner
tous les aspects importants de la vie de l’Église en Afrique”, et,
en particulier, des thèmes tels que “l’évangélisation, l’inculturation,
le dialogue, le soin pastoral dans le domaine social et les moyens
de communication sociale”.
Les Pères Synodaux, a poursuivi l’Évêque, avaient examiné les
missions des responsables politiques africains en les mettant en
garde contre la conquête violente du pouvoir, devenue presqu’une
norme de comportement parmi les puissants et soulignant la nécessité
de la démocratie, de la lutte contre la corruption et le trafic d’armes
et rappelant que, sans le dépassement de tels phénomènes, l’Afrique
n’aurait jamais pu avoir paix et développement.
Il a ensuite surtout mis l’accent sur l’Exhortation Apostolique
post-synodale Ecclesia in Africa qui avait comme but l’application
de directives et orientations indiquées par le Synode: la
proclamation de la Parole, l’inculturation de l’Évangile, la
poursuite du dialogue, de la justice et de la paix ainsi que l’usage
correct des moyens de communication sociale.
En outre, a été rappelée la fameuse phrase de Paul VI, prononcée en
Uganda le 31 juillet 1969: “Désormais, vous, africains, soyez
missionnaires de vous-mêmes”.
L’intervention s’est ensuite conclue par l’annonce de la Seconde
Assemblée Spéciale pour l’Afrique du Synode des Évêques, déjà prévue
par Jean-Paul II, et dont la convocation a été confirmée depuis par
Benoît XVI à une date encore à établir.
[Présentation - 00123-03.04] [NNNNN] [Texte original: anglais]
● Le Synode des Évêques dans son Assemblée Spéciale pour le Liban -
Assemblée Spéciale pour le Liban
S. Exc. Mgr Cyrille Salim BUSTROS, M.S.S.P., Archevêque de Newton
des Gréco-Melkites - États-Unis d’Amérique (Rapporteur général de
l’Assemblée synodale et membre du Conseil post-synodal)
Le 13 avril 1975 un conflit armé éclata à Beyrouth entre les membres
d‘un parti politique chrétien et des miliciens palestiniens armés.
Ce conflit déclencha la guerre libanaise qui dura 15 ans. Commencée
pour des motifs politiques, cette guerre prit par la suite un visage
religieux, les musulmans libanais s’étant vite rangés du côté des
palestiniens qui sont en grande majorité musulmans. Ces palestiniens,
venus au Liban en réfugiés en 1948 à la suite de la guerre
israélo-arabe en Palestine, ont constitué avec le temps des
organisations armées dont l’effectif militaire a dépassé l‘effectif
même de l’armée libanaise.
Au cours de ces années de guerre, des conflits sanglants opposèrent
les chrétiens d’un côté et les musulmans soutenus par les
organisations palestiniennes armées de l’autre côté. L’armée
libanaise s’effrita, la république libanaise était sur le point de
se dissoudre. L’accord de Taëf conclu entre les parlementaires
libanais sous le patronage de l’Arabie Saoudite en 1989 mit fin à la
guerre, mais mit le Liban sous la domination directe de la Syrie.
Les libanais demeurèrent divisés tant au point de vue politique qu’au
point de vue religieux. Des chrétiens ont même pensé à la partition
du Liban en deux pays: l’un chrétien et l’autre musulman. Devant
cette situation dramatique, le Pape Jean-Paul II eut une initiative
prophétique. Il convoqua une «Assemblée Spéciale du Synode des
Evêques pour le Liban», qui se réunit à Rome en novembre 1995.
Des délégués orthodoxes et protestants y furent invités ainsi que
des délégués des trois communautés musulmanes: chiite, sunnite et
druze. Ce synode fut pour le Liban une nouvelle résurrection et une
nouvelle Pentecôte. L’Esprit d’unité et de collaboration s’y
répandit à travers toutes les institutions et structures de la
société libanaise.
L’Exhortation Apostolique qui suivit le synode fut signée par le
pape Jean-Paul II lors de sa visite historique au Liban le 10 mai
1997, qui fut accueillie avec une grande affection par tous les
libanais, chrétiens et musulmans, tant au niveau officiel qu’au
niveau populaire, qui groupa un million de personnes, ce qui veut
dire le quart de la population du Liban.
Cette Exhortation Apostolique, avec son titre “une espérance
nouvelle pour le Liban”, devint pour tous les libanais, chrétiens et
musulmans, un document de première importance, et fut l’objet de
nombreux congrès, conférences, sessions d’études dans les
universités, les paroisses, les cercles de jeunesse, à la télévision,
à la radio et dans la presse écrite. Elle fut aussi pendant
plusieurs années le document d’étude de l’ “Assemblée des
Patriarches et Évêques du Liban” car elle appelle au renouveau de l’Église
catholique au Liban tant au niveau de sa vie intérieure qu’au niveau
de ses relations avec les autres Églises Orthodoxes et Protestantes
et de ses relations avec les communautés musulmanes, et au niveau de
sa mission dans la société et la politique libanaise et dans
l‘ensemble des pays arabes. Et les libanais, tant musulmans que
chrétiens, ne cessent de répéter jusqu’à présent le mot par lequel
le pape Jean-Paul II a défini la mission du Liban: “le Liban est
plus qu’une patrie; il est un message pour l’Orient et l’Occident,
un message de convivialité et de collaboration entre diverses
religions”.
Des musulmans qui ont participé en tant que délégués au synode ont
même proposé de présenter ce message comme modèle de convivialité à
des pays tels que l’Afghanistan et l’Irak où vivent les uns à côté
des autres des croyants de diverses communautés religieuses.
Dans le climat international actuel d’‘opposition entre le monde
occidental libre et démocrate et certaines parties du monde musulman
imprégnées de fondamentalisme et d’extrémisme, le Synode pour le
Liban conserve sa mission d’appel à l’Orient comme à l’Occident,
ainsi qu’aux diverses religions du monde, pour vivre l’unité dans la
diversité, à l’image des 18 communautés religieuses qui constituent
la mosaïque de la société libanaise: l’unité dans la promotion des
valeurs humaines de paix, de justice, de collaboration et d’acceptation
de l’autre, et diversité des religions, des communautés et des
cultures. Le Synode pour le Liban a été une grande grâce accordée
par le Seigneur à tous les libanais, ainsi qu’aux chrétiens du monde
arabe, et restera, avec la mémoire du pape Jean-Paul II, un
événement d’extrême importance et de grande date dans l’histoire du
Liban et de l’Église universelle.
[Texte intégral - 00162-03.04] [NNNNN] [Texte original: français]
● Les fruits du Synode pour l’Amérique - Assemblée Spéciale pour l'Amerique
S. Ém. le Card. Juan SANDOVAL ÍÑIGUEZ, Archevêque de Guadalajara (Rapporteur
général de l’Assemblée synodale et membre du Conseil post-synodal)
Dans le texte du père synodal S. Ém. le Cardinal Juan Sandoval
Iñiguez intitulé “Fruits du Synode d’Amérique”, sont exposés les
principaux aspects des différentes phases du Synode sur le thème “La
rencontre avec Jésus-Christ vivant, chemin pour la conversion, la
communion et la solidarité en Amérique”. Le Synode, convoqué par le
Pape Jean-Paul II en 1994, en préparation au Grand Jubilé, fut
célébré au Vatican, du 16 novembre au 12 décembre 1997. Concernant
la phase préparatoire des travaux synodaux, ont été soulignés les
éléments d’unité ressortant des deux Églises présentes, - la plus
récente - celle des États-Unis et du Canada et celle de l’Amérique
Latine. Le premier de ces éléments en commun est la foi en le Christ.
Au cours du déroulement du Synode et successivement, ont été
soulignés la naissance d’une réciproque estime, d’un esprit de
collaboration entre les parties, la connaissance des problèmes
communs et un échange des dons spirituels et matériaux, tous fruits
de l’esprit souhaité pour le Synode. Ont par ailleurs été exposés
quelques exemples d’activités post-synodales, dans lesquelles s’est
révélée la volonté de mettre en oeuvre l’esprit d’unité et de
communion exprimé dans le Synode. Il s’agit, en outre, de l’accueil
et de l’application de l’Exhortation Apostolique post-synodale
“Ecclesia in America”, signée par le Pape Jean-Paul II en 1999.
Après la publication de cette dernière, ont fait suite dans
l’ensemble du continent, des assemblées plénières concentrées sur
son étude, des propositions pastorales et des projets communs animés
par un esprit de solidarité. Nous soulignons, enfin, certaines
expériences particulièrement significatives, comme celle qui a été
promue par les évêques du diocèse de la frontière entre le Mexique
et les États-Unis, lesquels ont organisé des réunions sur les
migrants.
[Présentation - 00137-03.040] [NNNNN] [Texte original: espagnol]
● Quelques résultats positifs de l’Assemblée Spéciale pour l’Asie du
Synode des Évêques - Assemblée Spéciale pour l'Asie
S. Ém. le Card. Paul SHAN KUO-HSI, S.I., Évêque de Kaohsiung (Rapporteur
général de l’Assemblée synodale et membre du Conseil post-synodal)
Le Cardinal Paul Shan, S.J., tout en rappelant qu’il est difficile
de résumer les résultats positifs de l’Assemblée Spéciale pour l’Asie
du Synode des Évêques, étant donné la grande multiplicité des
Églises particulières ayant des traditions diverses et les
différences socio-économiques, géopolitiques, culturelles et
raciales de ce continent, souligne cependant certains résultats
positifs réalisés dans le domaine christologique, pneumatologique et
ecclésiologique.
Le Cardinal Shan explique, en effet, que, après l’Assemblée
Spéciale, qui avait pour thème: “Jésus-Christ, le Sauveur, et sa
mission d’amour et de service en Asie: ‘... pour qu’ils aient la
vie, et qu’ils l’aient en abondance’ (Jn 10, 10)", on a observé que
les Églises particulières en Asie avaient une meilleure
compréhension du concept de l’unicité et de l’universalité du salut
en Christ. Il remarque donc, que, après la publication d’Ecclesia in
Asia, les écrits et les articles s’opposant au fait, sur lequel
concordent les Pères synodaux et l’Exhortation Apostolique
post-synodale, que l’Esprit Saint n’est pas une alternative au
Christ semblent avoir diminué. Enfin, le Cardinal Shan constate un
léger changement dans la position des forces politiques et des
Églises particulières qui s’orientent vers l’acceptation du fait qu’on
ne peut transiger quand il s’agit de la doctrine de la foi sur la
communion et l’unité de l’Église catholique.
[Présentation - 00163-03.02] [NNNNN] [Texte original: anglais]
● L’Assemblée Spéciale du Synode des Évêques pour l’Océanie -
Assemblée Spéciale pour l'Océanie
S. Exc. Mgr John Atcherley DEW, Archevêque de Wellington (Membre de
l’Assemblée Spéciale) a lu le texte du Cardinal Thomas S. Williams,
Archevêque émérite de Wellington (Président délégué de l’Assemblée
Spéciale)
Le Cardinal Thomas S. Williams, après avoir rappelé les divers
événements qui ont conduit à l’Assemblée Spéciale pour l’Océanie du
Synode des Évêques, qui s’est tenue au Vatican du 22 novembre au 21
décembre 1998 avec pour thème: “Jésus-Christ: suivre Son chemin,
proclamer Sa vérité, vivre Sa vie: un appel pour les peuples
d’Océanie”, a réaffirmé, dans son intervention, l’importance que ce
Synode a eue pour le discernement des priorités pastorales et pour
la collaboration entre les diocèses en Océanie.
Après presque sept années depuis l’Assemblée Spéciale, la
célébration pour le quarantième anniversaire de l’institution du
Synode des Évêques est, selon le Cardinal Williams, la bonne
occasion pour en évaluer les bénéfices. Parmi ceux-ci, le Cardinal a
rappelé l’affermissement de l’identité de l’Océanie en tant que
continent et, ce qui est encore plus important, l’expérience
authentique de communion entre les diocèses de l’Océanie et avec
l’Église universelle. Ce Synode a encore, selon le Cardinal, mis en
évidence les dons que l’Océanie peut offrir à l’Église universelle,
c’est-à-dire la jeunesse et la fraîcheur, son expérience dans le
domaine de l’inculturation, sa tradition de partage et
d’hospitalité, l’engagement et la formation solide des laïcs. Le
Cardinal a observé que, étant donné les situations géographiques
particulières d’un grand nombre d’Églises locales du continent, les
enseignements sociaux de l’Église lancent un défi aux personnes et
un appel à s’engager dans la vie de tous les jours.
Le Cardinal Williams a donc remarqué que l’Exhortation Apostolique
post-synodale Ecclesia in Oceania du Pape Jean-Paul II a permis à
l’Église en Océanie d’arriver à une compréhension plus approfondie
de la “communio” locale et universelle et de son importance dans le
domaine de l’inculturation, de l’évangélisation et de la
planification pastorale. Le Cardinal a rappelé que d’autres thèmes
ont aussi été mis en évidence, comme l’importance de la prière et
des Écritures, de l’Eucharistie et du Sacrement de la Pénitence,
mais aussi la préoccupation pour les nombreuses communautés qui
n’ont pas de prêtre. Également encore: l’apostolat social et
l’engagement pour la justice et la paix comme partie intégrante de
la mission évangélisatrice de l’Église, le renforcement de la vie
familiale, la sollicitude pastorale des jeunes, l’utilisation des
moyens de communication sociale au service de l’évangélisation, le
renouveau de l’engagement oecuménique, la défense de la vie humaine
et la protection de l’environnement.
L’Exhortation Apostolique post-synodale Ecclesia in Oceania a été
diffusée de différentes manières et en diverses langues, et a fait
l’objet d’un très grand débat, donnant de très nombreux fruits,
parmi lesquels l’Assemblée Générale Nationale de l’Église
Catholique, dont l’enseignement est actuellement appliqué au moyen
des assemblées diocésaines. Le document a insufflé une nouvelle
impulsion et vitalité au travail des diocèses, devenant le paramètre
pour définir les priorités pastorales et donnant une orientation aux
synodes diocésains.
Le Cardinal Williams a conclu en affirmant que l’Exhortation
Ecclesia in Oceania continuera encore pendant longtemps à être une
source d’inspiration et d’orientation pour l’Église en Océanie.
[Présentation - 00165-03.03] [NNNNN] [Texte original: anglais]
● La II Assemblée Spéciale pour l’Europe du Synode des Évêques - I
et II Assemblées Spéciales pour l'Europe
S. Ém. le Card. Antonio María ROUCO VARELA, Archevêque de Madrid
(Rapporteur général de la II Assemblée Spéciale et membre du Conseil
post-synodal)
Le Cardinal Rouco Varel a pris la parole et a évoqué la IIème
Assemblée Spéciale pour l’Europe du Synode des Évêques “Jésus-Christ
vivant dans son Église, source d’espérance pour l’Europe” dont il
était Rapporteur général et qui s’est tenue à Rome du 1er au 23
octobre 1999. Elle fut “un authentique événement de l’Église”
dit-il, en soulignant son opportunité, dans la mesure où elle a
permis de réfléchir à la situation en Europe sous la forme d’un
examen de conscience auquel l’Église catholique tout entière était
invitée dans le cadre de la célébration du Grand Jubilé de l’An
2000.
Les 288 participants, de tous les âges, venant de tous les pays et
parlant toutes les langues d’Europe, provenaient des contextes les
plus divers. Plus de la moitié des Pères n’avaient jamais participé
à une Assemblée synodale et ne se connaissaient pas les uns les
autres. Tout cela n’empêcha cependant pas de retrouver une unité
catholique tangible, souligne le Cardinal Rouco Varela, et de
convenir sur le diagnostic concernant la situation européenne au
sein de laquelle, après la réunification géographique et politique,
il était possible de mieux percevoir les dommages spirituels causés
par l’humanisme immanentiste dans ses différentes versions
idéologiques. Étant donc “l’heure de vérité pour l’Europe, c’était
justement l’heure de l’Évangile ... l’heure de l’annonce renouvelée
du kérygme”. Sur ce point, la conviction des Pères synodaux était
claire et pleine d’espérance: en Europe aussi, il était nécessaire
de recommencer à partir des racines, à partir d’une proposition
essentielle et précise du mystère du Christ. On soulignait également
le fait que la vie sacramentelle de l’Église constituait une part
indispensable de la nouvelle évangélisation, dans la mesure où la
vie chrétienne naît de l’Eucharistie et des autres sacrements.
La nouvelle évangélisation, poursuivit le Cardinal Rouco Varela, a
ses instruments et son style propre: le dialogue. Le dialogue avec
la culture et la société à travers des institutions adéquates telles
que l’école et l’Université, les organismes de santé et
d’assistance, les institutions politiques; le dialogue oecuménique
entre les différentes confessions chrétiennes, en particulier la
compréhension réciproque et la charité entre catholiques et
orthodoxes est nécessaire; le dialogue entre les nouveaux mouvements
et les communautés ecclésiales, instruments que l’Esprit Saint a
donné à l’Église en vue de la nouvelle évangélisation, et les
institutions anciennes, tous étant invités à la communion avec
l’Évêque au sein de l’Église locale.
Le Cardinal Rouco Varela a conclu en affirmant que la Vieille Europe
attend les paroles d’avenir et d’espérance et que le Synode de 1999,
ainsi que la mémorable Exhortation Apostolique de Jean-Paul II,
Ecclesia in Europa, signée le 28 juin 2003, ont répondu par une
proposition, Jésus-Christ, et un appel à se convertir à Lui qui a
les paroles de Vie éternelle.
[Présentation - 00136-03.04] [NNNNN] [Texte original: espagnol] |