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20 - 12.10.2005
RÉSUMÉ
♦ QUINZIÈME CONGRÉGATION GÉNÉRALE (MERCREDI 12 OCTOBRE 2005 - MATIN)
♦ SEIZIÈME CONGRÉGATION GÉNÉRALE (MERCREDI 12 OCTOBRE 2005 -
APRÈS-MIDI)
♦ AVIS
♦ QUINZIÈME CONGRÉGATION GÉNÉRALE (MERCREDI 12 OCTOBRE 2005 - MATIN)
Les deux Pères suivants sont intervenus à la Quinzième Congrégation
Générale de ce matin:
- S. Exc. Mgr. Joseph ZEN ZE-KIUN, S.D.B., Évêque de Hong Kong
(Xianggang) (CHINE)
- S. Exc. Mgr. Estanislao Esteban KARLIC, Archevêque émérite de
Paraná (ARGENTINE)
Nous publions ci-dessous les résumés des deux interventions
parvenues après que la rédaction ait mis sous presse le Bulletin
n°19:
- S. Exc. Mgr. Joseph ZEN ZE-KIUN, S.D.B., Évêque de Hong Kong
(Xianggang) (CHINE)
L’Église en Chine, apparemment divisée en deux, une Église
officielle reconnue par le gouvernement et une Église clandestine
qui refuse d’être indépendante de Rome, est en réalité une seule
Église, parce que tous veulent être unis au Pape.
Après de longues années de séparation forcée, la plus grande
majorité des Évêques de l’Église officielle a été légitimée par la
magnanimité du Saint-Père.
Spécialement au cours de ces dernières années, il est apparu
toujours plus évident que les Évêques ordonnés sans l’approbation du
Souverain Pontife n’étaient acceptés ni par le clergé ni par les
fidèles.
On espère que, face à ce sensus Ecclesiae, le gouvernement se rende
compte des avantages que représenterait une normalisation de la
situation, même si les éléments “conservateurs” internes à l’Église
officielle opposent une résistance pour des motifs d’intérêts bien
évidents.
L’invitation du Saint-Père adressée à quatre Évêques pour participer
au Synode était une bonne opportunité, mais elle a été gâchée.
L’Eucharistie bien célébrée pourra certainement accélérer
l’avènement de la véritable liberté de religion pour le peuple
chinois.
[00309-03.03] [IN231] [Texte original: italien]
- S. Exc. Mgr. Estanislao Esteban KARLIC, Archevêque émérite de
Paraná (ARGENTINE)
1. L’Eucharistie, sacrement de la Pâque du Christ
L’Eucharistie nous rend “concorporaux”, consanguins et contemporains
du Seigneur. Le Seigneur a institué, dans l’Eucharistie, une
mystérieuse contemporanéité entre sa mort et sa résurrection et
l’écoulement des siècles. Seule la foi peut connaître cette
admirable transparence du temps et de l’espace dans le pouvoir de
l’amour et de la gloire du Christ par le Sacrement de l’Eucharistie.
Dans l’“aujourd’hui” de la liturgie eucharistique, l’unique Pâque de
la Rédemption devient célébration contemporaine.
2. L’Eucharistie et la spiritualité du Martyre
L’Eucharistie, en tant que Sacrement de la Pâque, nous rend
essentiellement pascals et participants de la vocation au martyre.
Elle nous donne la grâce d’imiter l’offrande sacrificielle du Christ
à chaque moment de l’existence, en aimant comme le Christ a aimé sur
la croix.
3. L’Eucharistie, source et sommet de la Mission
L’Eucharistie est, en elle-même, “l’acte missionnaire le plus
efficace que la communauté ecclésiale puisse accomplir dans
l’histoire du monde” car elle contient le Sauveur dans sa Pâque
rédemptrice. L’Église doit partir de l’Eucharistie pour annoncer
avec une joie immense l’Évangile de l’amour salvifique de Dieu. Son
destinataire est le monde entier et tout homme et sa culture, pour
assumer, purifier de l’erreur et du péché, et tout porter à l’autel
de la Croix du Seigneur.
[00308-03.03] [IN228] [Texte original: espagnol]
♦ SEIZIÈME CONGRÉGATION GÉNÉRALE (MERCREDI 12 OCTOBRE 2005 -
APRÈS-MIDI)
● RAPPORT APRÈS LE DÉBAT
GÉNÉRAL
● II AUDITION DES AUDITEURS
À 16h30 cet après-midi, mercredi 12 octobre 2005, avec la prière de
l’Adsumus, a débuté la Seizième Congrégation Générale, par le
Rapport après le débat général, la II Audition des Auditeurs et
Auditrices et la continuation des interventions des Pères synodaux
en Salle sur le thème synodal: L’Eucharistie: source et sommet de la
vie et de la mission de l’Église.
Le Président délégué du jour était S. Ém. le Card. Telesphore
Placidus TOPPO, Archevêque de Ranchi (Inde).
À cette Congrégation Général, qui s’est conclue à 19h10, avec la
prière de l’ Angelus Domini étaient présents 139 Pères.
● RAPPORT APRÈS LE DÉBAT
GÉNÉRAL
Lors de cette Seizième Congrégation Générale est intervenu le
Rapporteur Général, S. Ém. le Card. Angelo SCOLA, Patriarche de
Venise (Italie), pour la lecture en latin du Rapport après le débat
général. Dans son second rapport, à la conclusion du débat général
sur le thème synodal en Salle, le Rapporteur Général a synthétisé
les différentes interventions qui se sont succédées au cours de ces
journées, à l’occasion des Congrégations Générales et a offert
quelques orientations pour faciliter les travaux des Carrefours.
Nous publions ci-dessous une présentation en français du Rapport
après le débat général:
Présentation
Le Rapport après le débat général de S. Ém. le Cardinal Angelo
Scola, Rapporteur général, commence en rappelant Jean-Paul II, qui a
voulu dédier au thème “L’Eucharistie, source et sommet de la vie et
de la mission de l’Église” cette XI Assemblée Générale Ordinaire du
Synode des Évêques, et avec la méditation avec laquelle le Pape
Benoît XVI a ouvert la première Congrégation Générale. À
l’invitation du Suprême Pasteur de l’Église à avoir, selon
l’impératif paulinien, les mêmes sentiments que le Christ, a répondu
- ainsi que nous pouvons le lire dans l’introduction au Rapport - un
kaléidoscope d’interventions, de suggestions, d’échanges dans un
climat caractérisé par un sentiment collégial de grande intensité,
par la dimension de témoignage présente dans nombre d’interventions
et par la grande liberté et franchise avec lesquelles chacun des
participants s’est exprimé.
Le Cardinal Angelo Scola, soulignant la nature du Rapport après le
débat général, qui a pour auteur l’ensemble de l’Assemblée et non
pas le Rapporteur, affirme ne pas avoir fait une synthèse mais bien
une collation des interventions, notamment de par la vastitude des
thèmes traités et des sensibilités représentées. L’introduction se
conclut en annonçant l’orientation de fonds qui a émergé, en règle
générale, des interventions: le dépassement du dualisme entre
doctrine et pastorale, entre théologie et liturgie.
Le Rapport comprend deux parties: la Première partie, intitulée
Éduquer le peuple de Dieu à la foi dans l’Eucharistie, est divisée
en cinq chapitres. Dans le premier, le Rapporteur affirme que de
nombreuses interventions ont mis en évidence les difficultés
objectives que le peuple chrétien rencontre, aujourd’hui, à croire
en l’Eucharistie et à la célébrer, ainsi que la grave responsabilité
des pasteurs en matière d’évangélisation et de nouvelle
évangélisation. En instituant l’Eucharistie, affirme le Rapporteur,
Jésus a donné vie à une nouveauté radicale: il a accompli en
Lui-même l’Alliance nouvelle et éternelle, et cette nouveauté
demande à être accueillie et conservée par l’Église comme don
irremplaçable et extrêmement précieux. Dans le deuxième chapitre,
sont exposés les principaux traits des contenus essentiels de ce
grand mystère, qui sont ressortis du besoin d’éducation des croyants
à une foi eucharistique intégrale. Dans le troisième chapitre, est
soulignée la place très importante qu’a eu, au cours du débat, le
lien entre l’Eucharistie et le septénaire sacramentel. Le quatrième
chapitre traite de l’Eucharistie et du peuple sacerdotal, les
fidèles qui, en se réunissant ensemble, redécouvrent leur
appartenance à l’Église. Sont également évoqués le Dies Domini,
l’Évêque et les prêtres, les diacres permanents et les ministres
extraordinaires de l’Eucharistie, la paroisse et les petites
communautés, la famille, la vie consacrée, les jeunes. Enfin, le
cinquième chapitre est dédié au thème Eucharistie et mission: pour
être missionnaire, l’Église doit être également profondément
eucharistique.
La Seconde partie, L’action eucharistique, est divisée en quatre
chapitres. Dans le premier, le Cardinal Scola note que nombreux sont
les Pères qui ont rappelé avec gratitude l’influence bénéfique de la
réforme liturgique mise en place à partir du Concile Vatican II sur
la vie de l’Église, faisant référence à la richesse du Missel
Romain, et à l’urgence d’une plus grande attention à l’ars
celebrandi (Chap. III) dont dépend l’actuosa partecipatio (Chap.
IV), après avoir traité, dans le deuxième chapitre, de la structure
de la célébration liturgique.
Dans la conclusion, qui précède les 17 questions destinées aux
Carrefours avec lesquelles se clôt le Rapport, le Cardinal A. Scola
affirme que le travail qui attend désormais l’ensemble des Pères
synodaux constitue la partie la plus délicate, d’où émergeront les
“Propositions que nous offrirons au discernement propre au charisme
du Successeur de Pierre. Il s’agit d’un travail que nous
accomplirons encore une fois en toute liberté et parresia parce que
nous entendons le faire en toute humilité. Nous sommes en effet
conscients du fait que l’Eucharistie, en tant que don, est
intrinsèquement liée au témoignage qui, comme cela a été rappelé,
peut arriver jusqu’au martyr. Mais il martyrein est lui-même un don
qui, encore une fois, demande humilité. La belle traduction
italienne de la Préface du commun des Martyrs nous le rappelle:
“c’est ta puissance qui se déploie dans la faiblesse quand tu donnes
à des êtres fragiles de te rendre témoignage”.
[00304-03.05] [NNNNN] [Texte original: italien]
● II AUDITION DES AUDITEURS
Après la lecture du Rapport après le débat général, au cours de la
Seizième Congrégation Générale, sont intervenus les Auditeurs et
Auditrices suivants:
- Soeur Maria Regina CESARATO, Supérieure Générale des Pieuses
Disciples du Divin Maître (ITALIE)
- Mme Bruna TOMASI, Membre de la Direction du Mouvement des Focolari
(ITALIE)
- M. Leonardo CASCO, Président de la "Alianza para la Familia";
Membre du Conseil Pontifical pour la Famille (HONDURAS)
- Mme Martha Lorena ALVARADO de CASCO, Président du "Comité por la
Vida"; Membre du Conseil Pontifica pour la Famille (HONDURAS)
- M. Carl Albert ANDERSON, Chevalier Suprême de l'Ordre des
Chevaliers de Colombe (ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE)
- R.P. Peter John ELLIOTT, Directeur de l'Institut Jean Paul II pour
le Mariage et la Famille à Melbourne. Membre du Conseil
International pour la Catéchèse (AUSTRALIE)
- Soeur Yvonne COLY, Formatrice du Centre "Mater Christi" de
Bobo-Dioulasso (SÉNÉGAL)
- M. Luis Fernando FIGARI, Fondateur du Sodalitium Vitae Christianae
(PÉROU)
- R.P. Athanasius SCHNEIDER. O.R.S., Père Spirituel et Directeur des
Études du Séminaire Majeur de Karaganda. Secrétaire de la Commission
liturgique de la Conférence Épiscopale (KAZAKHSTAN)
- Fr. Marc HAYET, Responsable Général des Petits Frères de Jésus
(FRANCE)
- Soeur Rita BURLEY, A.C.I., Supérieure Générale des Servantes du
Sacré-Coeur de Jésu (S, GRANDE BRETAGNE)
- R.P. Ignacio GRAMSCH LABRA, Vicaire Parroissial de San Luis
Beltrán de Pudahuel, Santiago de Chile. Assesseur Archidiocésain de
la Pastorale des Accolites (CHILI)
- M. Andrea RICCARDI, Fondateur de la "Comunità di Sant'Egidio"
(ITALIE)
- Soeur Hermenegild MAKORO, C.P.S., des Soeurs Missionnaires du Très
Précieux Sang; Animation Pastorale de Communautés chrétiennes
(AFRIQUE DU SUD (RÉP.)
- M. Zbigniew NOSOWSKI, Directeur du mensuel catholique "Więź",
Varsovie; Membre du Conseil National des Laïcs en Pologne (POLOGNE)
- Mme Marie-Hélène MATHIEU, Coordinatrice internationale du
Mouvement "Foi et Lumière" (FRANCE)
- M. Alexei V. JUDIN, Professeur d'Histoire de l'Église et du
Dialogue interconfessional en la Fédération Russe, Russian State
University for the Humanities, St. Thomas College (Moscou)
(FÉDÉRATION RUSSE)
- M. Francisco José GÓMEZ ARGÜELLO WIRTZ, Co-Fondateur du Chemin
Néo-Catéchumenal (ESPAGNE)
- Soeur Margaret WONG, F.D.C.C., des Filles de la Charité
Canossiennes; Promotrice des Centres d’Adoration Eucharistique (Honk
Kong)
Nous publions ci-dessous le résumé des interventions des Auditrices
et Auditeurs:
- Soeur Maria Regina CESARATO, Supérieure Générale des Pieuses
Disciples du Divin Maître (ITALIE)
Je remercie de tout coeur pour avoir reçu le don de participer à
cette Assemblée synodale qui m’offre la possibilité de vibrer de
manière apostolique avec l’Église pèlerine sur cette terre et d’en
partager les douleurs et les espérances.
J’appartiens à la Congrégation des Pieuses Disciples du Divin
Maître, l’une des dix Institutions qui forment la famille
paulinienne, fondée par le Bienheureux Giacomo Alberione. Le thème
du Synode, explicité par l’Instrumentum Laboris, nous confirme dans
notre identité ecclésiale. En outre, notre expérience apostolique,
spécialement dans le secteur de la pastorale liturgique et de l’art
au service de la Liturgie, met en évidence la nécessité de continuer
à servir le peuple de Dieu en apportant une contribution à sa
formation afin qu’il parvienne à une participation pleine et
fructueuse aux divins mystères et qu’il puisse prier dans la beauté.
Ceci aura pour conséquence la formation graduelle de la “culture de
l’Eucharistie” dont parle le n° 78 de l’Instrumentum Laboris et qui
coïncide avec la “culture de la vie”. Cette nécessité de formation
d’une liturgie qui transforme l’existence humaine et la fasse
parvenir à son accomplissement, nous la voyons également au travers
du service à la personne des prêtres, spécialement quand ils se
trouvent dans des situations telles que la maladie ou qu’ils doivent
affronter des difficultés particulières au sein de leur ministère.
Nous faisons alors l’expérience, en tant que femmes consacrées, de
l’importance que, dans l’Église, l’on tienne compte et valorise le
“principe marial”, par lequel Marie est “femme eucharistique” aux
côtés du “principe pétrinien”.
Le Bienheureux Giacomo Alberione qui est peut-être plus connu comme
l’Apôtre de la communication sociale, a été un homme de Dieu
profondément enraciné dans le mystère eucharistique: célébré, adoré,
vécu et source continuelle de créativité apostolique, pour le bien
de l’Église. L’expérience eucharistique déterminante remonte à la
nuit du passage entre les deux siècles, du XIX° au XX°, quand, dans
une adoration eucharistique prolongée, après la Messe de Minuit,
Giacomo Alberione, alors séminariste de 16 ans, se sentit illuminé
par le Seigneur à propos de la situation de l’humanité et perçut
avec force l’urgence de mettre sa propre vie au service de
l’Évangile, en valorisant les moyens les plus rapides et les plus
efficaces. Il comprit toujours mieux que cela ne pouvait porter des
fruits, selon Dieu, que s’il avait eu comme fondement une intense
vie de prière. Aussi notre Congrégation est comme une mémoire
permanente du fait que “l’Eucharistie est la source et le sommet” de
toute la vie de l’Église et donc de l’apostolat qu’accomplit la
famille paulinienne.
Dans notre vie quotidienne qui cherche à concilier la contemplation
avec l’engagement apostolique, la source de tout est la Célébration
de la Sainte Eucharistie. Elle se prolonge dans l’Adoration
eucharistique perpétuelle par roulement, jour et nuit, et est vécue
comme prière apostolique outre que comme expérience mystagogique.
Nous vivons ce ministère de louange et d’intercession comme une
forme de solidarité qui nous unit aux différentes situations de
l’Église et de l’humanité. Dans cet esprit, comme cela se fait
également dans d’autres églises du monde, depuis le 2 décembre 1981,
nous assurons chaque jour notre présence pour l’adoration
eucharistique dans la chapelle du Saint Sacrement de la Basilique
Vaticane, selon les intentions du Saint-Père qui préside dans la
charité toutes les Églises.
[00245-03.05] [AU007] [Texte original: italien]
- Mme Bruna TOMASI, Membre de la Direction du Mouvement des Focolari
(ITALIE)
Depuis le début du Mouvement, Dieu nous a fait nous concentrer sur
le testament de Jésus: “que tous soient un” (Jn 17, 21). Il nous a
semblé, dès le début, que cela aurait constitué notre Magna Charta.
Et nous avons compris immédiatement que l’unité est absolument liée
à l’Eucharistie: Jésus, avant de demander au Père l’unité des siens,
institue l’Eucharistie, le Sacrement de l’unité!
C’est pour cette raison que nous nous sommes immédiatement sentis
appelés à nous approcher de l’Eucharistie tous les jours, certains
que c’était l’Esprit Saint qui nous invitait à le faire.
C’est également pour cette raison que la participation active à la
célébration eucharistique est intimement liée à la spiritualité du
Mouvement.
La Sainte Messe est le moment le plus important de la journée pour
les membres des Focolari. Et on se prépare à ce moment en cherchant
à ce qu’entre nous, et les frères et soeurs que Dieu nous fait
rencontrer, il n’ existe que la charité: qu’il n’y ait pas d’ombre
dans nos rapports, que rien ne vienne voiler la divine lumière de
l’Eucharistie. D’ailleurs, l’Évangile ne dit-il pas: “Quand donc tu
présentes ton offrande à l’autel, si là tu te souviens que ton frère
a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l’autel,
et va d’abord te réconcilier avec ton frère; puis reviens, et alors
présente ton offrande” (Mt 5, 23-24)?
Il nous est apparu clairement qu’il fallait avoir entre nous ce
coeur nouveau qui est fruit de l’Eucharistie; mais qui est également
la condition inéluctable pour que l’Eucharistie porte tous ses
fruits.
Le Premier de ceux-ci est la transformation dans le Christ.
Et une fois faits Christ par l’Eucharistie, nous avons fait
l’expérience et continuons à la faire, d’avoir la capacité de
réaliser toujours plus pleinement cette unité avec les frères et les
soeurs, unité qui, d’autre part, est à la base de notre vie et nous
permet de libérer en nous toute la force divine de l’Eucharistie.
Et là, nous avons compris une chose. Le Christ ressuscité est dans
le sein du Père: l’Église, qui est son corps par le biais de
l’Eucharistie, est en quelque sorte, déjà sur cette terre, dans le
sein du Père.
Notre vie nous est apparue, alors, comme le chemin vers
l’accomplissement d’une réalité qui déjà nous a été donnée et dans
laquelle nous devions nous efforcer de demeurer. L’Eucharistie nous
conduisait là. L’Eucharistie nous conservait là.
Dans le bref espace qui m’est accordé, je voudrais souligner un
détail.
L’homme dans le Christ est conduit dans son intégralité d’âme et de
corps dans le sein du Père. Et c’est là que toute la réalité créée
attend d’être conduite, comme nous le dit Saint Paul (Rm 8, 22).
Nous nous sommes dès lors demandé (et nous continuons encore à le
faire actuellement): ne pourrions-nous pas penser que nos corps,
nourris longuement par l’Eucharistie, déposés dans la mort dans la
terre, puissent être germe de transformation de l’univers? Être,
nous, eucharistie de la terre? La terre nous consomme, de la même
manière que nous consommons l’Eucharistie; mais pour se transformer
en nous, si je puis m’exprimer ainsi, comme nous, nous sommes
transformés dans le Christ.
En accueillant nos corps nourris d’Eucharistie, pouvons-nous penser
que la terre est préparée à cette transformation à laquelle Dieu
l’appelle?
L’Eucharistie, transformation de la mort en vie, est vie pour tout
l’univers.
Si ceci est vrai, alors d’autant plus nous pouvons dire - et nous en
faisons l’expérience - que l’Eucharistie se révèle être l’instrument
par excellence (permettez-moi d’utiliser ce mot) qui peut opérer la
pleine christification de toutes les activités de l’homme.
[00246-03.04] [AU008] [Texte original: italien]
- M. Leonardo CASCO, Président de la "Alianza para la Familia";
Membre du Conseil Pontifical pour la Famille (HONDURAS)
Il est juste qu’au cours des interventions que j’ai pu écouter ces
jours-ci à propos des différents points de l’Instrumentum Laboris,
les Pères synodaux aient fait surtout référence à l’action et à la
participation du prêtre à la liturgie et à la célébration
eucharistique. Cependant, je pense que l’on devrait souligner, de la
même manière, le fait que le fidèle laïc des débuts du XXI° siècle
n’est pas conscient d’avoir été élevé à la dignité incomparable de
Fils de Dieu et de membre de ce peuple saint qu’est l’Église
catholique, apostolique et romaine, ignorant, par conséquent dans la
plupart des cas, sa vocation unique et irremplaçable à la sainteté.
Tout cela le rend incapable, entre autres, de rendre un véritable
témoignage chrétien dans les différents milieux de sa présence dans
le monde, de conserver une unité de vie en famille, au travail, dans
la société ou dans l’engagement politique et de saisir la présence
vivante, réelle et personnelle du Christ dans le Sacrement de
l’Eucharistie.
Sur la base de ce que je viens de dire, et avec tout le respect qui
vous est dû, je désire préciser ce qui suit:
Premièrement: Dans la mesure où la réalité nous indique qu’un très
grand nombre de catholiques vivant actuellement dans le monde ne
connaît pas exactement les principes doctrinaux de la foi qu’ils
professent, vivant ce qui pourrait être défini comme un catholicisme
“allégé” (pour utiliser un terme à la mode), il semblerait
indispensable de trouver, quarante ans après la conclusion du
Concile Vatican II, une nouvelle formule catéchistique à l'intérieur
et à l’extérieur de l’Église, qui permette de rendre explicites aux
fidèles laïcs les fondements de notre religion, ses dogmes de foi,
sa théologie morale etc., de manière à ce que les fidèles trouvent
la raison et le sens d’une vie vécue de manière cohérente avec le
message chrétien. En somme, une formule qui restitue au fidèle laïc
une formation doctrinale, éthique et morale de base ainsi que la
conscience de l’importance d’appartenir à l’unique Église du Christ
et l’orgueil, dans le sens positif du terme, d’être catholique.
Deuxièmement: Dans cette même perspective, j’estime tout autant
nécessaire que les Évêques et les prêtres n’aient pas de scrupules à
proposer avec joie et sûreté au fidèle laïc une vie de foi intense
et solide comme elle l’a été, à toutes les époques et pour tous au
cours de l’histoire de notre Église. Je me réfère non seulement au
fait d’insister sur la participation à la Messe dominicale, mais
également au fait de recommander des pratiques de piété quotidiennes
qui peuvent aller de l’offrande des oeuvres le matin, à la
récitation de l’Angélus et du chapelet, jusqu’à la Messe quotidienne
- pourquoi pas - si cela est possible. Sur la base de mon
expérience, je peux affirmer que, lorsque de telles pratiques font
partie de la vie et sont proposées continuellement, avec constance
et de manière inlassable, les fruits se recueillent
presqu’immédiatement, portant le laïc à vivre dans une atmosphère de
foi qui le rend meilleur dans sa vie personnelle et dans sa vie
surnaturelle. De telle manière, le baptisé pourra être mieux préparé
à porter un témoignage chrétien dans le monde actuel, sécularisé et
oppressif.
En résumé, mon intervention se concrétise dans l’invitation à
susciter chez les laïcs , avec un enthousiasme renouvelé, l’esprit
exigeant des premiers chrétiens, c’est-à-dire le recours à la prière
et au sacrifice, les pratiques quotidiennes de normes fondamentales
de piété ainsi que le devoir et le droit de tous les fidèles à
l’apostolat.
[00248-03.03] [AU010] [Texte original: espagnol]
- Mme Martha Lorena ALVARADO de CASCO, Président du "Comité por la
Vida"; Membre du Conseil Pontifica pour la Famille (HONDURAS)
En tant qu’épouse, mère, soeur, fille et grand-mère, je crois que la
femme a besoin d’une formation qui, dès la petite enfance, la
prépare au développement de ses deux caractéristiques essentielles:
la féminité et le don de la maternité.
La femme est l’éducatrice naturelle à la foi au sein de la famille,
la main qui, avec la plus grande simplicité et sûreté, nous porte
devant Jésus Eucharistie. Malheureusement, au cours de ces dernières
décennies, la femme a progressivement perdu la signification
authentique de son identité et, donc, le vrai sens de sa mission
chrétienne. Évidemment, les facteurs qui ont influencé ce changement
de mentalité sont nombreux, et bien sûr ceci se reflète sérieusement
non seulement au sein de la vie familiale et sociale de nos pays
mais également au sein de l’Église elle-même.
Il y a beaucoup à faire à propos de la femme. Toutefois, très
respectueusement, je propose:
1. Dans la mesure du possible, de maintenir séparée l’éducation des
garçons et des filles afin de créer l’environnement favorable à la
formation des jeunes-filles à l’image de la Vierge Marie, modèle de
toutes les femmes. Des études réalisées démontrent que l’éducation
séparée des garçons et des filles simplifie, entre autres, le
processus éducatif et le développement d’une affectivité saine,
spécialement au cours de l’adolescence. Si nous considérons
l’augmentation de la promiscuité sexuelle, le nombre croissant de
grossesses d’adolescentes et les chiffres impressionnants relatifs à
l’ avortement, nous pouvons en conclure qu’il est urgent de faire un
effort afin d’offrir aux jeunes les conditions adéquates afin
d’acquérir une solide formation chrétienne. L’éducation séparée
facilite, en outre, la naissance de vocations à la vie religieuse
et, par conséquent, la naissance de vocations sacerdotales parmi les
hommes.
2. Je voudrais également soumettre à votre considération le fait
d’insister sur la formation de groupes de jeunes s’adressant
exclusivement aux jeunes-filles dans le but de consolider leur
condition féminine et leur formation spirituelle et doctrinale.
Fréquemment, au sein des groupes de la jeunesse catholique, j’ai
constaté une familiarité excessive entre jeunes de sexe différent, y
compris au cours de la célébration de la Sainte Messe. Peut-être la
formation de groupes mixtes ne devrait-elle pas être toujours la
norme dans le travail avec les jeunes, attendu qu’en une certaine
manière cette situation peut constituer un obstacle à la naissance
de vocations au sacerdoce et à la vie religieuse.
3. En référence au n° 34 de l’Instrumentum Laboris, il me semble
opportun de définir des normes spécifiques à propos de la manière
dont la femme devrait s’habiller à l’église et au cours d’autres
cérémonies religieuses. Dans mon pays, par exemple, on note une
négligence toujours plus grande s’agissant de la pudeur et l’Église
doit aider la femme à prendre conscience de la valeur de sa dignité
et de la sainteté de son corps.
En conclusion, je pense que le fait de promouvoir dans les
paroisses, en certains jours de la semaine, l’adoration de
Jésus-Sacrement pour les familles pourrait constituer une belle
expérience. De la même manière, je partage l’avis, exprimé au cours
de différentes interventions, sur l’importance de faciliter la
confession des fidèles laïcs et la convenance, pour de nombreuses
raisons, d’utiliser le confessionnal, lorsqu’il s’agit des femmes,
quelque soit leur âge.
[00247-03.03] [AU009] [Texte original: espagnol]
- M. Carl Albert ANDERSON, Chevalier Suprême de l'Ordre des
Chevaliers de Colombe (ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE)
Mes observations se réfèrent à l’article 37 de l’Instrumentum
Laboris qui concerne le Saint Sacrifice de la Messe. Dans sa récente
allocution au Congrès Eucharistique du Diocèse de Rome, le
Saint-Père nous a rappelé que “L’homme est créé à l’image de Dieu,
et Dieu lui-même est amour. C’est pourquoi la vocation à l’amour est
ce qui fait de l’homme l’authentique image de Dieu” (6 juin 2005).
Cet appel à la vocation de l’amour est la base anthropologique de
l’enseignement du Pape Jean-Paul II sur la dignité de la personne
humaine, le mariage et la famille (Familiaris consortio, n° 11).
Peut-être que seule cette “anthropologie de l’amour” est
suffisamment forte pour vaincre le nihilisme de la culture
contemporaine, c’est-à-dire une culture qui a rompu le lien entre
liberté et vérité.
Voici des siècles, Descartes chercha à dépasser le relativisme
philosophique en affirmant: “Je pense, donc je suis”. Peut-être
qu’aujourd’hui, le relativisme peut être surmonté à l’aide d’une
simple et encore plus profonde intuition : “J'aime, donc je suis”.
Ou mieux encore: “J’ai été aimé, donc je suis”.
À notre époque, c’est seulement au travers de la vérité de l’amour
que la vérité de la liberté peut être de nouveau comprise et que la
liberté peut être re-liée à la vérité.
Chaque personne est à la recherche d’un amour véritable . Et dans
cette recherche du véritable amour, chacun dans son propre coeur,
homme ou femme, peut comprendre si l’amour est véritable et, dans
cette vérité, il peut comprendre une vérité fondamentale de la
personne humaine.
Mais dans une culture basée sur le matérialisme, sur la
sécularisation et sur le relativisme, où peut-on trouver la réalité
du véritable amour? Dans notre culture occidentale toujours
davantage post-moderne, le raisonnement philosophique a de moins en
moins de force de persuasion. Cependant, tout le monde est encore à
la recherche de l’amour, du fait que la vocation à l’amour est
inscrite dans le coeur de chaque personne.
Nous savons que l’amour que nous recherchons est, chaque jour, à
notre disposition dans le sacrifice vivant que Notre Seigneur fait
de lui-même quand Il est présent dans l’Eucharistie.
La Gaudium et spes nous dit que “le mystère de l’homme ne s’éclaire
vraiment que dans le mystère du Verbe incarné” (n° 22). Dès lors,
n’est-il pas possible que, dans notre époque aussi, à travers le
mystère du Saint Sacrifice que le Seigneur fait de lui-même, se
révèle l’identité de l’homme, sa valeur, sa dignité, sa véritable
vocation et la profonde vérité de son existence?
C’est pourquoi l’ecclésiologie eucharistique et la communauté
eucharistique, qui ont été si souvent évoquées au cours de cette
rencontre, présupposent une anthropologie eucharistique. Au travers
de l’exploration de la vision eucharistique de la personne humaine -
centrée sur le sacrifice d’amour de notre Seigneur au cours de la
Messe - nous pouvons trouver un nouveau Catéchisme de l’Eucharistie
qui, dans le même temps, rendra possible un nouveau don évangélique:
en unissant l’homme de manière plus intime à notre Seigneur dans
l’Eucharistie, on unira plus intimement l’homme à la réalité la plus
profonde de lui-même.
[00249-03.04] [AU011] [Texte original: anglais]
- R.P. Peter John ELLIOTT, Directeur de l'Institut Jean Paul II pour
le Mariage et la Famille à Melbourne. Membre du Conseil
International pour la Catéchèse (AUSTRALIE)
Je fais référence aux nos 43 et 52 de l’Instrumentum Laboris, dédiés
à l’ars celebrandi et à la spiritualité eucharistique des prêtres.
Actuellement, il manque au Rite romain une préparation prescrite et
une approche graduelle à la célébration Eucharistique, comme on les
trouve dans les Rites orientaux. C’est pourquoi, je voudrais
proposer un certain nombre de suggestions pratiques: que les prières
prescrites pour la vêture soient récitées en sacristie avant chaque
Messe, y compris les concélébrations; que les Dicastères compétents
de la Curie romaine préparent un “Vademecum Eucharistique” destiné
aux prêtres, comprenant les prières pour la préparation et l’action
de grâce ainsi que celles pour l’adoration eucharistique; que
l’ensemble des éditions de la Liturgie des Heures comprennent les
prières de préparation et d’action de grâce pour la Messe. Au cours
de la Messe, la prière du célébrant devrait animer l’observance des
rubriques de la part des fidèles, par exemple par l’utilisation bien
appropriée de la voix ou encore la consécration des Saintes Espèces
et l’élévation de l’Hostie et du Calice accomplies sans hâte. Les
rubriques devraient être interprétées comme leadership de la prière.
En référence au n° 66 de l’Instrumentum Laboris, à l’exemple des
Évêques des États-Unis, les Conférences Épiscopales ou les
Conférences Ordinaires pourraient publier des adaptations de la
Dévotion des Quarante Heures ou de l’exposition solennelle annuelle
prévue par le Code de Droit canonique. De nombreux prêtres
accueilleraient également volontiers des manuels d’autel relatifs
aux rites d’adoration publique.
[00250-03.03] [AU012] [Texte original: anglais]
- Soeur Yvonne COLY, Formatrice du Centre "Mater Christi" de
Bobo-Dioulasso (SÉNÉGAL)
Merci Très Saint Père de m'avoir invitée à participer à cette
rencontre qui fait vibrer en moi un coeur plus ecclésial, et me
donne une conscience plus vive de l’Église famille, de son mystère
de communion et de sa réalité universelle.
Chez nous lorsque les femmes sont convoquées ou se rassemblent parce
que la Vie est à promouvoir ou parce que la vie “est menacée”,
chacune va à la rencontre avec sa calebasse.
Puisqu’il s'agit de l’Eucharistie: Pain de Vie Éternelle, il s’agit
de la Vie à accueillir, et à promouvoir, car l’Eucharistie elle-même
porte son projet nous a dit notre Pape Jean-Paul II. Alors c'est
“sérieux” car il n’y a rien de plus grand - et c’est«grave» puisque
sa perte serait le pire qui puisse nous arriver.
Religieuse africaine, je viens à vous avec ma calebasse
particulière:..au nom de la Vie.
Calebasse de notre vie ouverte aux dons du Père qu’il faut recevoir
vivre et transmettre. Par la foi, (perles blanches) l’Esprit nous
fait passer de la mort (perles noires) à la vie dans la générosité
de l’Amour vécu jusqu’au bout (perles rouges) dans la joie (les
cauris); il s’agit de la calebasse d’offrande de communion et de
partage.
Si “L’Eucharistie fait l’Église” je peux dire aussi que
“l’Eucharistie fait la vie consacrée”. Cet aspect a été présenté
avec clarté et profondeur par S. Exc. Mgr: Rodé
À partir de ce symbolisme de la calebasse voici ce que je peux
encore ajouter.
- La Vie grandit: dans les partages d’expériences des Églises que de
belles réalités vécues autour de l’Eucharistie! Nous nous en
réjouissons et rendons grâce à notre Dieu.
- La vie est menacée : les témoignages nous le confirment. Le peuple
a faim, le peuple a soif! De Sens, de dignité, de raisons et de
moyens pour vivre: la faim, le SIDA, l'exploitation de la femme, des
enfants, les problèmes d'écologie...
- La vie doit se développer et être entretenue. “Dieu nous a donné
l’Eucharistie pour que nous ne soyons ni stériles, ni ingrats”
(Saint Irénée cite par Mgr. A. Sanon) Seule une foi éclairée peut
adorer, louer, rendre grâce, servir en “esprit et en vérité”.
- Plusieurs ont insisté sur la nécessité d’une catéchèse à tous les
niveaux- pour les séminaristes, comme pour nous les consacrés,
surtout pour les femmes Une formation tant doctrinale -liturgique
-pastorale spirituelle mais aussi culturelle, et en psycho-
pédagogie de la transmission et de la communication.
- Favoriser chez les prêtres, une formation au sens et à la mission
de la vie consacrée, à l’accompagnement spirituel afin de nous aider
à vivre nos rencontres dans les sacrements d’Eucharistie et de
Pénitence comme chemin de conversion, de communion mais aussi de
croissance et de maturation spirituelle, que nous soyons capables de
vivre “les passages” de la mort à la vie inhérents à notre condition
de pécheurs, aux difficultés de la vie commune et apostolique.
Au nom de tous les consacrés, actifs et cloîtrés des pays les moins
favorisés je remercie le Saint Père, ses collaborateurs et les
Églises particulières pour les subventions accordées, soit pour la
formation ou pour créer des instituts de formation dans nos pays.
“Seigneur, je tends vers toi la calehasse de la foi, de l'Espérance
et de l'Amour de ton Eglise. Mets-y toi-même les fruits que tu
voudrais que ce Synode produise ‘pour que ton peuple ait la Vie et
l'aie en abondance’”. Nous te le demandons par Marie, Mère de la
Vie.
[00251-03.04] [AU013] [Texte original: français]
- M. Luis Fernando FIGARI, Fondateur du Sodalitium Vitae Christianae
(PÉROU)
En ces jours où nous vivons une magnifique expérience de vie
ecclésiale, l’émerveillement face au mystère a augmenté grâce aux
différents regards portés sur l’Eucharistie.
On observe qu’il est fondamental d’approfondir la valorisation du
sacrifice d’amour gratuit du Fils de Marie, la conscience de ce que
signifie le miracle de la Présence Réelle, la manière dont est vécue
la dimension du Sacrifice Sacramentel, la participation à la Messe
dominicale, le lien entre Pénitence et Communion, l’Adoration du
Seigneur Jésus qui demeure dans le Très Saint Sacrement comme
Emmanuel, l’ars celebrandi, la communion spirituelle comme valeur en
soi et réponse à des situations pastorales douloureuses, et tant
d'autres thèmes fondamentaux.
L’impact de l’agnosticisme fonctionnel, de la sécularisation et de
nombre de courants négatifs qui caractérisent la “culture de mort”
invitent à une nouvelle évangélisation, croissante et zélée, ad
intra Ecclesiae, pour faire face aux faiblesses qui peuvent être
constatées.
La foi, clef de la vie chrétienne, est le fondement qui nous permet
de nous approcher à l’Eucharistie et qui, pour cela, mérite une
attention spéciale. Elle exige une perspective anthropologique et
culturelle juste ainsi qu’un regard attentif au processus sur la
manière dont la nostalgie de l’infini et la quadruple réconciliation
de la personne humaine sont escamotées par les différents succédanés
proposés par les idéologies et par les usages de notre époque.
Le regard de la foi sur l’Eucharistie devrait conduire à
s’émerveiller constamment et à s’exclamer: “Mon Seigneur et mon
Dieu!”.
Notre époque également, comme les autres, a nombre de
caractéristiques et de besoins qui constituent des défis pour la vie
chrétienne et l’évangélisation. Mais avec l’aide qui vient de Dieu,
ils ne seront pas insurmontables. Nous devons être conscients de nos
fragilités et, en partant d’elles, nous ouvrir à la lumière et à la
force qui vient à notre aide, et ainsi vivre et donner raison au
monde de notre espérance.
[00252-03.03] [AU014] [Texte original: espagnol]
- R.P. Athanasius SCHNEIDER. O.R.S., Père Spirituel et Directeur des
Études du Séminaire Majeur de Karaganda. Secrétaire de la Commission
liturgique de la Conférence Épiscopale (KAZAKHSTAN)
J’ai passé mon enfance et la première partie de mon adolescence en
Union soviétique. La vie sacramentelle et en particulier la vie
eucharistique devait se dérouler dans la clandestinité. Ce qui m’a
frappé le plus profondément et qui est resté ancré dans ma mémoire,
c’est l’attitude envers la Sainte Communion que je décrirais comme
ars communicandi, faisant allusion à l’expression ars celebrandi. Je
donne les exemples suivants de deux prêtres de cette époque. Le
premier, c’est le Bienheureux Alessio Saritski, mort martyr au
Kazakhstan le 30 octobre 1963. Dans les années 50, au cours de ses
visites clandestines aux catholiques déportés dans les monts Ourals,
où se trouvaient mes parents, ma mère lui a demandé de laisser une
Hostie consacrée pour sa mère, gravement malade et qui désirait
ardemment recevoir encore une fois la Sainte Communion avant de
mourir, ne sachant pas si, et quand, un prêtre reviendrait dans
cette région lointaine. Le Bienheureux Alessio confia à ma mère une
Hostie consacrée, lui donnant pour instruction d’administrer la
Communion de la manière la plus respectueuse possible. Au moment
opportun, ma mère a revêtu des gants blancs et, avec une pincette,
elle a administré la Sainte Communion à sa mère malade. Ceci était
sa dernière communion. Au cours de l’administration de la Communion,
ma mère elle-même désirait profondément la recevoir mais, ne pouvant
le faire sacramentellement, elle l’a fait spirituellement. Quelques
années se sont écoulées avant que ma mère ne puisse recevoir la
Sainte Communion. Mais cette Communion spirituelle lui a donné la
force de demeurer fidèle durant la persécution et de transmettre à
ses enfants l’amour et le respect envers l’Eucharistie. L’autre
exemple, c’est celui de Père Janis Pawlowski. Lui aussi a passé du
temps dans les camps staliniens au Kazakhstan et est mort en odeur
de sainteté en Lettonie le 9 mai 2000. C’est lui qui m’a administré
la première communion dans la clandestinité. Nous étions un petit
groupe d’enfants. Les circonstances extérieures étaient très
modestes mais c’était une grande fête intérieure pour l’âme, et le
Père Pawlowski nous disait: faites comme si chacune de vos
communions était votre première et votre dernière communion.
[00253-03.03] [AU015] [Texte original: italien]
- Fr. Marc HAYET, Responsable Général des Petits Frères de Jésus
(FRANCE)
Je pars de l’expérience de nos fraternités contemplatives insérées
au milieu des pauvres. L’Eucharistie est le chemin habituel de notre
prière. Mais, comme on l’a écrit de Charles de Foucauld, le Seigneur
nous a fait joindre “l’exposition du saint Sacrement et une vie
exposée”. Une vie exposée à la vue des pauvres qui savent que nous
avons un travail et une vie semblable aux leurs et que nous
partageons les mêmes soucis pour une existence plus juste et digne.
Une vie exposée ainsi à cette autre présence du Seigneur: sa
présence au côté des pauvres. La vie des gens ne nous quitte pas;
elle habite notre prière. Ce partage de la vie nous fait découvrir
le visage du Dieu de tendresse qui chemine humblement avec nous,
comme le signifie l’Eucharistie.
Je voudrais faire une demande. Faisons attention à la manière dont
nous parlons. Parler de notre monde principalement en termes de
“culture de mort”, n’est-ce pas manquer de respect à tous ces gens
qui essayent de vivre leur foi en Dieu ou leur foi en l’homme en se
donnant pour le service de la vie – depuis le père ou la mère de
famille jusqu’aux personnes engagées dans la politique ou le social?
Ce monde, c’est aussi le lieu de toutes les générosités et de tous
les engagements, parfois au prix de la vie; et c’est ce monde-là,
mélangé, et pas un autre, que le Père aime, pour lequel il donne son
Fils (l’Eucharistie nous le rappelle) et que travaille son Esprit.
La sécularisation nous a dépouillés de l’influence que nous avions.
Nous avons du mal à l’accepter. Les hommes et les femmes
d’aujourd’hui ne peuvent entendre la parole de l’Évangile que si
nous la leur présentons comme une proposition adressée à leur
liberté, dans un vrai dialogue où nous respectons leur recherche et
où nous acceptons de recevoir de leur compétence et de leur
expérience de vie, y compris celle des plus pauvres, riche en
humanité. Peut-être que l’humble signe du pain et du vin, accessible
à tous et compréhensible par tous, nous invite à ce dialogue.
[00254-03.04] [AU016] [Texte original: français]
- Soeur Rita BURLEY, A.C.I., Supérieure Générale des Servantes du
Sacré-Coeur de Jésu (S, GRANDE BRETAGNE)
Les Servantes du Sacré-Coeur de Jésus, une congrégation religieuse
fondée en Espagne en 1877 par Sainte Rafaella Maria Porras, ont
centré leur vie sur la célébration de l’Eucharistie. Elle constitue
pour l’Institut ce que la racine est pour l’arbre, à savoir la vie.
L’invitation du Christ “faites cela en mémoire de moi” est vécue
avec le prolongement de la grâce de la célébration dans l’Adoration
eucharistique et dans le travail apostolique qui transmet
l’expérience de l’amour salvifique de Dieu.
La contemplation du Christ dans l’Eucharistie nous pousse à
rechercher et à répondre à sa présence en toute chose, faisant de
notre vie un acte d’adoration continuelle. “Dans toute action que
j’accomplis, je dois garder à l’esprit le fait que je me trouve dans
un grand temple et que je dois, en tant que prêtre, offrir un
sacrifice et une louange continuels, toujours et en toute chose,
pour la plus grande gloire de Dieu” affirme Sainte Raffaela Marias
Porras.
“Il n’y a donc pas d’authentique célébration et d’adoration
eucharistique qui ne conduise à la mission” (Discours de Jean-Paul
II aux jeunes du Diocèse de Rome participant à la Mission “Jésus au
centre”, 9 octobre 2004). Ce qui transforme tout ce que nous sommes
et ce que nous faisons en une participation à la mission du Christ,
c’est la transformation de notre coeur à travers la Communion à
l’Amour du Christ dans le mystère de l’Eucharistie. Quand nous
fixons notre regard sur le Coeur de “celui qu'ils ont transpercé”
(Jn 19, 37), nous voyons la bonté pleine d’amour de Dieu et nous
regardons ainsi le monde avec espérance.
Notre désir est celui d’être des femmes et des communautés de
compassion et de communion au service de la vraie vie (Jn 6, 35).
“Je suis venu pour qu’on ait la vie et qu’on l’ait surabondante” (Jn
10, 10). Nous le faisons de nombreuses manières, selon les
nécessités et les cultures locales; l’Eucharistie constitue toujours
le coeur palpitant de notre mission (cf. Instrumentum Laboris n°
88).
La population de Bazartete, à Timor Est, vit les conséquences
douloureuses de la guerre. Nos Soeurs offrent la présence salvifique
de l’Adoration eucharistique, soutiennent des projets humanitaires
et éducationnels et se consacrent à l’écoute des souffrances des
personnes, les accompagnant sur le difficile chemin de la paix et de
la réconciliation: “Je vous laisse la paix; c’est ma paix que je
vous donne” (Jn 14, 27).
Dans le diocèse de Yokohama, au Japon, à l’intérieur d’une forte
culture bouddhiste, les Soeurs offrent un témoignage silencieux de
leur foi en la Présence du Seigneur Ressuscité et, au travers de
l’enseignement qu’elles assurent dans les écoles et les Universités,
transmettent les valeurs évangéliques de l’amour, du pardon et du
respect. Nombreux sont ceux qui ont été attirés à la foi en Jésus:
“Moi, une fois élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi”
(Jn 12, 32).
L’Eucharistie et le travail en faveur de la justice sont
inséparables. La Communion avec le Christ dans l’Eucharistie
comporte l’acceptation de la responsabilité morale de travailler
avec Lui, en collaboration avec d’autres, afin de transformer des
systèmes et des mentalités injustes en stratégies et plans qui
assurent la promotion de la véritable nature de l’amour de Dieu pour
notre famille humaine: “Voici, je viens (...) ô Dieu, pour faire ta
volonté” (He 10, 7).
[00255-03.03] [AU017] [Texte original: anglais]
- R.P. Ignacio GRAMSCH LABRA, Vicaire Parroissial de San Luis
Beltrán de Pudahuel, Santiago de Chile. Assesseur Archidiocésain de
la Pastorale des Accolites (CHILI)
Je suis encore surpris d’avoir été invité à participer au Synode en
qualité d’auditeur. Je suis très surpris mais immensément
reconnaissant envers Dieu de m’avoir donné la possibilité d’entendre
avec quel amour vous, chers Évêques, vous parlez de notre Église
bien-aimée et vous vous dévouez pour l’évangélisation du monde
d’aujourd’hui avec la certitude de la présence du Seigneur Jésus au
milieu de nous, dans l’Eucharistie.
Depuis cinq ans, je suis chargé de la Pastorale des Acolytes de
l’Archidiocèse de Santiago. Nous travaillons avec les enfants et les
jeunes qui servent à l’autel, afin que la liturgie des Sacrements,
et spécialement celle de l’Eucharistie, soient célébrées avec
beaucoup d’amour, de dévotion et de beauté.
Dans la pastorale des jeunes et des vocations, nous nous sommes
rendus compte de l’importance du travail avec les acolytes, parce
qu’un pourcentage plutôt significatif des prêtres actuellement
présents au Chili ont été acolytes quand ils étaient enfants ou
adolescents. Et je pense que même parmi vous, chers Évêques,
quelques-uns l’ont été durant leur jeunesse.
Nous avons effectué un simple itinéraire de formation pour les
acolytes de Santiago, itinéraire qui comprend six étapes, à partir
du moment où l’enfant entre et désire se préparer à servir à l’autel
jusqu’au moment où il reçoit le sacrement de la Confirmation. À
chaque étape, sont associées des objectifs à atteindre, des thèmes
pour les rencontres, des activités conseillées et une évaluation
finale. Nous parlons de jeunes d’âge compris entre huit et dix-huit
ans. Des réunions hebdomadaires sont prévues avec leurs formateurs,
a proximité de leurs prêtres et l’intégration au sein de la
pastorale des jeunes. Dans la formation, nous avons pris en
considération le jeune dans son intégralité et, en même temps que sa
formation doctrinale, catéchistique et liturgique, nous voulons
qu’il soit un bon élève, un bon fils, un bon citoyen et, dans
l’avenir, un bon père de famille catholique.
Les acolytes assistent non seulement à la Sainte Messe le dimanche
mais également certains autres jours de la semaine. En étant aussi
proches du Seigneur dans l’Eucharistie, ils sont plus disposés à
adorer le Seigneur, comme l’indique l’Instrumentum Laboris (n° 65).
Ils ont l’habitude d’être proches du prêtres et d’être leur ami,
l’ayant souvent comme directeur spirituel. Ils participent souvent à
des retraites spirituelles et à des cours de formation. Nombre de
ces enfants arrivent à la chapelle ou à l’église pour la célébration
de l’Eucharistie avant le prêtre et aident à la préparation de
l’autel, du missel, du lectionnaire, des fleurs etc.. Ils entendent
et vivent la célébration eucharistique comme une chose qui leur
appartient et que ce qu’ils font aident aussi à la beauté de la
célébration.
Nous avons impliqué les parents de ces enfants, étant donné qu’ils
veulent savoir où se trouvent leurs enfants, avec qui ils se
trouvent et quelles sont leurs activités. Dans de nombreux cas, ce
sont les enfants eux-mêmes qui ont attiré leurs parents vers
l’Église, les acolytes sont ainsi devenus, pour toute la famille,
une porte d’entrée sur les sacrements.
Je voudrais demander au Synode, et peut-être aussi à notre bien-aimé
Saint-Père, de dire quelques mots pour promouvoir la croissance des
acolytes au sein de notre Église car, parfois, les prêtres préfèrent
travailler, pour ces services liturgiques aussi simples, avec des
laïcs adultes engagés. Les adultes ne les dérangent pas, ne leur
posent pas de questions indiscrètes, sont généralement plus
ponctuels et responsables. Avec les enfants et les jeunes, en
revanche, il faut de la patience, savoir les écouter et les éduquer
avec amour. Toutefois, les vocations sacerdotales ne fleuriront pas
chez des hommes mariés qui ont déjà une famille et qui, peut-être,
ne dérangent pas l’Église. Elles proviendront en revanche de ces
jeunes qui découvrent l’immense amour de Dieu, qui sont accueillis
et auxquels sont offertes les conditions adaptées de prière et de
vie spirituelle afin d’être attentifs au Seigneur Jésus, au cas où
Il les appellerait à Le suivre plus intimement dans la vie
sacerdotale, religieuse ou consacrée. La pastorale des acolytes veut
mettre en oeuvre toutes les conditions pour que ces enfants et ces
jeunes puissent rencontrer le Seigneur Jésus d’une manière
approfondie et qu’ils le suivent pour toute leur vie dans la
vocation à laquelle Dieu voudra les appeler.
[00256-03.03] [AU018] [Texte original: espagnol]
- M. Andrea RICCARDI, Fondateur de la "Comunità di Sant'Egidio"
(ITALIE)
La vie du chrétien au milieu des personnes reste souvent dans
l’anonymat. Le chrétien, a-t-il quelque chose à donner aux autres?
On ne peut donner que ce que l’on a reçu: le pain de la Parole et de
l’Eucharistie. Jésus dit aux disciples: “Donnez-leur vous-mêmes à
manger” (Mt 14, 16): c’est la mission. Si l’on offre le bon pain, on
s’aperçoit qu’on a faim de ce pain; que notre époque est moins
négative que ce qu’elle nous semble. Et, face aux grandes pauvretés?
Aujourd’hui, elles nous déconcertent ou bien nous cherchons à les
oublier. Les pauvres ont besoin de l’Évangile. La charité ne peut
pas durer sans la nourriture de l’Eucharistie. Je l’ai constaté dans
tant d’existences connues ou inconnues parmi les pauvres, qui font
en sorte qu’aujourd’hui - malgré nos limites - l’Église constitue
une ressource pour les plus désespérés. Enfin, les chrétiens, depuis
l’enfer des persécutions du XX° siècle, démontrent qu’il est
toujours possible de vivre et de communiquer l’Évangile. En 2000,
Jean-Paul II a lancé un appel pour recueillir les témoignages des
nouveaux martyrs. J’attire l’attention sur le fait qu’il s’agit d’un
travail qu’il faut reprendre dans les Églises particulières et au
niveau central. C’est un testament des martyrs qu’il faut ouvrir
dans le contexte de l’Eucharistie. Le lien entre Eucharistie et
martyr est source de confiance et d’espérance qui va au-delà de
notre lecture réaliste et pessimiste des situations.
[00257-03.02] [AU019] [Texte original: italien]
- Soeur Hermenegild MAKORO, C.P.S., des Soeurs Missionnaires du Très
Précieux Sang; Animation Pastorale de Communautés chrétiennes
(AFRIQUE DU SUD (RÉP.)
Je suis Soeur Makoro et je fais partie du Groupe diocésain
d’animation du Diocèse d’Umtata en Afrique du Sud. Depuis le mois de
janvier de cette année, nous faisons le tour des paroisses et des
petites communautés chrétiennes du diocèse et nous dirigeons avec
elles des groupes de travail sur la signification la plus profonde
de l’Eucharistie. Ayant eu l’occasion de me rendre compte de la
situation des fidèles au niveau le plus capillaire, je voudrais vous
faire part d’une observation alarmante.
Tout d’abord, il existe une ignorance préoccupante même parmi les
bons catholiques et les catholiques plus âgés au sujet de la
signification la plus profonde de l’Eucharistie. En second lieu,
pour la plupart d’entre eux, la prière eucharistique n’est rien
d’autre qu’une prière lue par le prêtre après la Liturgie de la
Parole. Cette dernière est souvent plus intéressante que la lecture
du canon faite par le prêtre.
Nous avons découvert, en outre, que de belles homélies ou de
brillantes conférences sur l’Eucharistie demeurent inutiles tant que
la signification la plus profonde de l’Eucharistie, à savoir le
mystère, n’est pas perçue au cours de la célébration.
Pour cette raison, permettez-moi, je vous prie, de vous adresser
cette requête:
Nous demandons à nos autorités dans le domaine liturgique de
rechercher des modalités et des moyens qui aident à mettre en
évidence et à insister sur le thème essentiel de l’Eucharistie au
sein de nos prières eucharistiques, afin que nos fidèles puissent
saisir le mystère et le vivre.
Par exemple, au cours de la liturgie de la Parole, la présence du
Seigneur est mise en évidence et soulignée par la procession
solennelle de l’Évangile et par le chant joyeux de l’Alléluia.
Mon humble demande est la suivante:
Pouvons-nous faire quelque chose de semblable durant la prière
eucharistique, afin de mettre en évidence et d’insister sur les
différents aspects du mystère eucharistique? Par exemple:
- La présence du Christ en personne (par exemple par une adoration
silencieuse, une bienvenue joyeuse);
- le sacrifice de Jésus sur la croix (par exemple par l’exposition
d’un crucifix, en soulignant l’expression “livré pour vous”, qui met
en évidence le sens de la fraction du pain);
- le sacrifice de l’Église (qui donne voix à la souffrance humaine);
- la Résurrection de Jésus (en saluant le Seigneur ressuscité,
isibongo!);
- la célébration de l’action de grâce (inviter les participants à
réciter de brèves expressions de remerciement);
- la célébration de l’unité (faire venir des personnes de
différentes origines autour de l’autel et les inviter à s’échanger
le geste de paix);
- la fête éternelle des Noces de l’Agneau (avec les saints et les
ancêtres).
Je voudrais également faire une seconde suggestion:
Une série de célébrations eucharistiques, traitant des différents
aspects du Mystère eucharistique, pourrait être envisagée. Des
prières adaptées, une préface particulière ou des prières spéciales
faites par les célébrants pourraient être récitées, et différentes
possibilités d’illustrer le thème spécifique au cours de la prière
eucharistique pourraient être offertes. Cette série de célébrations
eucharistiques pourrait avoir lieu de temps en temps dans les
paroisses afin d’expliquer un aspect particulier du Mystère
eucharistique.
[00258-03.04] [AU020] [Texte original: anglais]
- M. Zbigniew NOSOWSKI, Directeur du mensuel catholique "Więź",
Varsovie; Membre du Conseil National des Laïcs en Pologne (POLOGNE)
1. Il y a dix ans, avec des amis de ma génération, j’ai préparé un
livre et un feuilleton télévisé qui avaient pour titre: “Les enfants
de Vatican II s’interrogent”. L’expression choisie, “enfants du
Concile” est devenue assez populaire en Pologne pour désigner ces
catholiques qui étaient nés avec le Concile Vatican II et NE se
rappelaient PAS d’autres liturgies si ce n’est celle célébrée dans
leur langue maternelle, et pour lesquels les redécouvertes du
dernier Concile, telles que la vocation universelle à la sainteté,
l’ouverture oecuménique, le dialogue avec les autres religions et
avec les non-croyants, représentaient sans doute des nouveautés mais
également une partie évidente de l’enseignement officiel de
l’Église, une partie et une parcelle de la tradition.
Sur la base de cette expérience, je voudrais saisir l’occasion que
j’ai de parler au Synode des Évêques, qui se déroule en l’année du
40° anniversaire de la clôture du Concile Vatican II, afin de
remercier la Divine Providence pour ce grand don du Concile et des
réformes post-conciliaires, y compris la réforme liturgique. Il y a
eu, naturellement, de nombreux abus dans la célébration de
l’Eucharistie et il faut les surmonter. Mais laissez-moi vous
exprimer ma conviction: s’il n’y avait pas eu de réforme liturgique,
de nombreux catholiques de ma génération n’auraient pas trouvé leur
place dans l’Église (ou du moins cela aurait été beaucoup plus
difficile).
2. L’Eucharistie est, sans aucun doute, le moment le plus important
dans la vie de l’Église. Je vais utiliser le langage des affaires:
il s’agit du navire-amiral ou de la vitrine de l’Église. Très
souvent, c’est la seule réalité au travers de laquelle un certain
nombre de personnes se proclamant catholiques ou de non-catholiques
ont un contact direct avec l’Église. C’est pourquoi, notamment pour
des raisons pragmatiques, nous devons faire de notre mieux dans
toutes les paroisses afin que la Messe du dimanche soit une Messe
véritablement belle, inspiratrice et qu’elle conduise les fidèles à
y participer d’une manière approfondie. C’est un bien que les
paroisses soient ravivées par des petites fêtes en plein air ou par
des activités sportives, mais l’élément le plus important de la vie
de la paroisse devrait être la sollicitude envers l’Eucharistie
dominicale.
La responsabilité du prêtre en ce domaine est cruciale. Si la Messe
est dite seulement par un prêtre, ses fidèles se limitent à écouter.
Quand elle est célébrée par un prêtre en tant que grand mystère, si
le célébrant en est conscient, s’il le sent et l’exprime dans
l’esprit de la liturgie, s’il prie de manière visible quand il
célèbre l’Eucharistie, les fidèles saisiront l’invitation à une
communion plus profonde avec Dieu.
3. Beaucoup dépend donc du prêtre mais, en même temps, laissez-moi
dire que, dans les discussions de ce Synode, j’ai trouvé qu’il
manquait une réflexion sur la spiritualité des laïcs, je veux dire:
la spiritualité eucharistique laïque. L’Instrumentum Laboris la
mentionne brièvement, dans ses numéros 75 et 76, mais en la
réduisant à des dévotions. Pour moi, la spiritualité eucharistique
ne signifie pas seulement assister à la Messe et adorer le Saint
Sacrement. Elle englobe l’ensemble des aspects de la vie.
Spécialement les laïcs d’aujourd’hui ont besoin de comprendre de
nouveau le rapport entre l’Eucharistie et leur vie de chaque jour.
L’Eucharistie - en tant que sacrifice, présence, nourriture,
mémorial - nous dit quelque chose de très important et de concret
pour l’ensemble de nos décisions quotidiennes, pour notre
comportement au sein du mariage, de notre famille, dans notre
bureau, dans notre cuisine, notre chambre-à-coucher, dans notre vie
sociale. Elle nous dit: plus tu te donnes aux autres, plus tu te
trouveras toi-même; plus tu aimes, plus tu devras sacrifier; plus tu
donnes, plus tu recevras. Telle est l’attitude eucharistique. C’est
là la manière de devenir vraiment une personne eucharistique, même
en ne participant pas à la Messe quotidiennement. De cette manière
Marie a été une femme de l’Eucharistie avant même qu’elle ne soit
instituée.
4. L’expérience qui est la mienne après plus de vingt années passées
au sein du mouvement “Foi et Lumière” fondé par Jean Vanier et
Marie-Hélène Mathieu me portent à la proposition finale. Dans ces
communautés, rassemblées autour de personnes handicapées mentales,
j’ai appris que l’Église a reçu deux trésors: l’Eucharistie et les
pauvres. Mais ces deux trésors vont rarement de pair. Nous avons
besoin de signes visibles de leur unité. Surtout ceux qui
participent au partage du pain eucharistique, devraient toujours
manifester, d’une manière visible, leur solidarité envers les
pauvres qui n’ont pas toujours leur pain quotidien.
[00259-03.05] [AU021] [Texte original: anglais]
- Mme Marie-Hélène MATHIEU, Coordinatrice internationale du
Mouvement "Foi et Lumière" (FRANCE)
En reférence au numéro 79 de l’“Instrumentum Laboris”, est évoqué
ici le lien entre le Christ présent dans l’Eucharistie et le Christ
présent dans les personnes handicapées, physiques, sensorielles,
psychiques ou mentales (qui représentent 20 à 25 % de la
population).
1. L’attitude de la société, malgré tous les progrès accomplis, est
encore souvent méprisante et rejetante. (Par exemple, des lois sur
l'avortement prévoient la suppression de l'enfant handicapé jusqu'à
la veille de sa naissance) Aux antipodes de ces mœurs, Jésus
manifeste un amour de prédilection à l’égard de toutes les personnes
handicapées. Outre le trésor de sa présence dans l’Eucharistie,
Jésus nous assure de sa présence dans la personne pauvre et faible.
2. Jean-Paul II, parlant à des personnes handicapées mentales, leur
a dit: “Prenez place au cœur de l’Église”. Comment les paroisses
peuvent-elles les aider à mieux trouver cette place?
Les aménagements spéciaux peuvent y contribuer, mais plus importante
est la qualité de l’accueil qui permet à chacun de se sentir aimé,
appelé à aimer, à être utile.
3. L’Église demande aux parents le respect inconditionnel de la vie
sacrée de leur enfant dès sa conception. Comme il est essentiel en
même temps, qu’elle les éclaire, les soutienne, les assure de sa
présence à leurs côtés dans la croissance humaine et spirituelle de
leur petit enfant!
4. Les personnes qui ont un handicap mental, lorsqu’elles ne peuvent
s’exprimer par la parole, peuvent montrer par leurs attitudes
qu’elles distinguent le corps du Christ de la nourriture ordinaire,
et peuvent être préparées à le recevoir.
Par contre, des prêtres, en se référant au canon 913, hésitent à
donner l’Eucharistie aux personnes très profondément handicapées qui
paraissent privées de relations. Mais ne peut-on alors considérer le
grand désir et la joie de Jésus de se donner aux plus démunis de ses
fidèles? Les pratiques des Églises d'Orient concernant les trois
sacrements de l’Initiation Chrétienne pourraient-elles aider
l’Église à approfondir sa réflexion sur ce sujet?
[00260-03.04] [AU022] [Texte original: français]
- M. Alexei V. JUDIN, Professeur d'Histoire de l'Église et du
Dialogue interconfessional en la Fédération Russe, Russian State
University for the Humanities, St. Thomas College (Moscou)
(FÉDÉRATION RUSSE)
Je voudrais faire brièvement référence au numéro 86 de
l’Instrumentum Laboris relatif au thème Eucharistie et oecuménisme.
Comme vous le savez bien, nous, les catholiques en Russie,
affrontons le problème du dialogue avec les orthodoxes d’une manière
grave. Dans cette Salle du Synode, nous avons entendu récemment
diverses interventions sur ce point parmi lesquelles le témoignage
concret du Cardinal W. Kasper, les rapports du Cardinal L. Husar et
des Évêques des Églises catholiques de rite oriental. La question
posée par le Cardinal Husar à propos de l’existence paradoxale du
“superculmen” de la vie chrétienne dans la perspective de l’unité
des Églises me touche au plus profond du coeur et semble très
laborieuse. En fait, devant le Sacrement de l’Eucharistie, nous,
catholiques et orthodoxes, nous faisons l’expérience d’un véritable
émerveillement dont il a si souvent été question au sein de cette
assemblée. Mais cet émerveillement est déconcertant et frustrant. En
réalité, c’est justement dans la portée oecuménique de l’Eucharistie
que se révèle le grand scandale des divisions entre les chrétiens.
C’est justement devant le Christ Eucharistie qu’il devient évident
qu’il n’existe pas d’excuses à la désagrégation du monde chrétien.
Chez nous catholiques, il existe des normes qui règlent
l’intercommunion avec les non-catholiques. Mais la reconnaissance
réciproque avec les orthodoxes de la présence réelle du Seigneur
dans l’Eucharistie nous engage à faire des progrès sur le chemin du
rapprochement. Que pouvons-nous faire? Tout d’abord, sans violer les
règles bien exposées et sans diluer l’identité catholique, nous
devons penser de manière à pouvoir surmonter l’actuelle crise de
l’oecuménisme. L’oecuménisme, dans sa version actuelle, se concentre
plutôt sur les discussions relatives aux différentes questions
historiques, théologiques etc. La dimension de l’oecuménisme
spirituel se limite à des prières génériques, à des rencontres
fraternelles à différents niveaux, mais s’arrête devant
l’Eucharistie. En effet, toutes ces expressions et ces événements
cherchent à éviter la réalité eucharistique.
Dans ce cas, je pense que la présence même de Jésus dans
l’Eucharistie devrait nous guider vers l’avenir. Il faut approfondir
la signification de cette présence vivante du Seigneur. Ce chemin
commun doit se poursuivre sur la route déjà entreprise de la
connaissance réciproque. Au siècle dernier, nous avons obtenu un
réel progrès dans cette connaissance et, maintenant, nous ne devons
pas nous contenter des fruits recueillis jusqu’à présent.
Comment pouvons-nous approfondir cette connaissance réciproque dans
la perspective eucharistique? Je ne dispose pas d’une réponse
certaine, mais je peux vous présenter une proposition. Nous
possédons de nombreux charismes au sein de l’Église catholique - les
charismes des différents ordres, des différentes congrégations
religieuses, de divers mouvements etc. Nous pouvons assurer l’unité
entre eux non seulement au niveau juridique et administratif, mais
également au niveau spirituel. Ces charismes, ces dons spirituels
des réalités catholiques sont bien différents entre eux. Quelquefois
encore plus différenciés, sinon dans la doctrine, du moins dans la
sensibilité et dans l’expression, que la réalité catholique et la
réalité orthodoxe dans leur ensemble. Donc, si nous sommes en mesure
de gérer ce genre de choses dans le milieu catholique en assurant
l’unité entre différents charismes, pourquoi ne pouvons-nous pas
nous approcher ensemble du Mystère eucharistique dans l’unité
réconciliée entre réalités d’Orient et d’Occident? Ce qui est
crucial et décisif dans ce cas tient dans la sincérité absolue du
fait que nous considérons que nous consistons dans le Christ et dans
Sa présence eucharistique, comme le disait le célèbre théologien
orthodoxe russe Pavel Florenskij.
[00292-03.03] [AU023] [Texte original: italien]
- M. Francisco José GÓMEZ ARGÜELLO WIRTZ, Co-Fondateur du Chemin
Néo-Catéchumenal (ESPAGNE)
Je ne peux m’empêcher de rendre témoignage, devant cette assemblée,
de ce que le Seigneur est en train d’accomplir.
La rencontre de Cologne est encore présente à mes yeux, là où le
Chemin a conduit plus de 100.000 jeunes et où, comme fruit des
Journées de la Jeunesse avec le Pape Benoît XVI, au cours de la
rencontre vocationnelle du lendemain, des milliers de jeunes se sont
levés pour entrer au Séminaire et de nombreuses jeunes filles ont
choisi la vie contemplative et d’adoration.
Comment un tel événement a-t-il pu être possible? Le Pape l’a dit à
Cologne: formez des communautés basées sur la foi qui parcourent un
itinéraire vers le Christ, en communion avec le Pape et avec les
Évêques.
Il est impressionnant de penser que derrière chacun de ces jeunes se
trouve une petite communauté dans la paroisse, avec laquelle ils
entreprennent un chemin d’initiation chrétienne et où l’Eucharistie,
célébrée dans la propre communauté, est fondamentale pour mûrir leur
foi et leur vocation.
Un grand nombre de ces jeunes proviennent de familles qui se sont
recomposées, et beaucoup d’autres, qui étaient loin de l’Église, ont
vu des signes de la foi dans des communautés vivantes. Ils ont reçu
l’annonce du Kerygme dans la catéchèse et ont commencé un
catéchuménat post-baptismal de redécouverte du Baptême, dont le
centre est la Veillée pascale qui chante et réalise le mystère de
notre salut.
Étant donné que l’Eucharistie, Pâque de la semaine, nourrit la vie
chrétienne, nous devons, aujourd’hui, nous poser comme question:
Qu’est-ce que la vie chrétienne? Qu’annonce l’Église?
Que Dieu a envoyé son Fils au monde pour faire passer l’humanité de
ce monde au Ciel, de l’esclavage à la liberté, de la mort à la vie.
Le Christ est ressuscité, crie l’Église! Le Christ a vaincu la mort
et vit, ressuscité, dans les chrétiens. Comment pouvons-nous porter
cette nouvelle au monde? St Paul précise: “Nous portons partout et
toujours en notre corps les souffrances de la mort de Jésus, pour
que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre corps...
Ainsi donc, la mort fait son oeuvre en nous, et la vie en vous” (2
Co 4, 10.12).
Tel est le dynamisme de la Pâque qui nourrit notre foi: nous avons
besoin que le Christ nous donne, dans l’Eucharistie, sa mort pour
nous, dans le pain rompu et dans le Sang versé, pour pouvoir montrer
au monde sa résurrection, sa vie immortelle.
[00293-03.03] [AU024] [Texte original: italien]
- Soeur Margaret WONG, F.D.C.C., des Filles de la Charité
Canossiennes; Promotrice des Centres d’Adoration Eucharistique (Honk
Kong)
Je vous remercie de m’avoir permis de parler au nom des personnes
handicapées de Hong-Kong.
Dans le passé, la plupart des personnes handicapées de nos régions
étaient privées de la possibilité de participer à la célébration
eucharistique car les églises ne leur étaient pas accessibles. Grâce
à Dieu, en 1993, a été créé le Centre Diocésain Pastoral pour
Handicapés et ainsi nos handicapés ont commencé à participer à des
Messes organisées pour différents groupes en fonction de leurs
besoins particuliers. Malgré nos limites et nos difficultés
économiques, tout comme la pauvre veuve de l’Évangile, nous avons
investi tout ce que nous avions de tout notre coeur.
Au cours de ces années, avant le retour de Hong Kong à la Chine,
notre société vivait dans la peur et l’incertitude. Après avoir
reconnu notre incapacité à résoudre quelque problème que ce soit,
nous avons commencé à nous engager à tenir chaque jour une heure
sainte et à réciter des prières d’intercession au Centre pour
Handicapés. À partir de 1996, le temps de l’Adoration quotidienne a
été prolongé à 12 heures, se concentrant sur la prière pour la
sanctification des prêtres.
Nous avons été profondément émus par le témoignage des handicapés,
qui affrontent tout type de sacrifice pour participer à la Messe et
à l’Adoration, alors que les soi-disant “normaux” n’ont pas de
temps.
Entre temps, le nombre de personnes ayant des problèmes
psychologiques et des tendances au suicide n’avait pas cessé
d’augmenter. Ces personnes, avec une image brisée d’eux-mêmes, des
relations brisées et un esprit brisé avaient été repoussées par
leurs familles, elles aussi brisées, et par notre société brisée,
imprégnée de sécularisation et de matérialisme. Dans l’Eucharistie,
nous voyons le coeur blessé du Christ qui a soif de sauver
l’humanité brisée. En Lui, nous apprenons à prendre dans nos bras et
à aimer sincèrement toutes ces personnes dont la vie est brisée.
Nous les invitons à rechercher la guérison spirituelle dans le
Seigneur de l’Eucharistie. De nombreuses guérisons intérieures nous
ont été référées et nous avons reçu de nombreux appels téléphoniques
de la part d’étrangers qui nous demandaient des prières
d’intercession. Répondant à la demande pressante, en mon coeur, de
notre Seigneur, j’ai constitué, en 2002, un petit groupe de laïcs
consacrés sous le nom de “Eucharistic Oblate for the Vulnerable”,
avec le soutien plein et entier de notre Évêque Joseph Zen. Nous
avons commencé avec sept membres qui avaient des problèmes
physiques, mentaux ou d’autre genre, et nous nous sommes dédiés à
l’Adoration perpétuelle. Nous croyons que la vulnérabilité humaine
est un don de l’amour du Père et qu’elle peut être transformée en
bénédiction, une voie de sanctification à travers la force
transformante de l’Eucharistie.
Dans un premier temps, notre groupe a conduit l’Adoration
quotidienne au Centre Pastoral de manière à le transformer en un
centre d’adoration perpétuelle. Avec le nombre croissant des
membres, nous sommes parvenus à créer un second Centre d’Adoration
Perpétuelle à partir du Mercredi des Cendres de cette année. Dans
ces deux centres, nous sommes heureux de pouvoir participer à la
Messe quotidienne (avec homélie), à la bénédiction, à l’heure
mariale et à chanter la Liturgie des Heures (y compris pour les
aveugles), d’avoir une lectio divina hebdomadaire par groupes d’âge
différent, des Messes de guérison mensuelles et le catéchisme, ainsi
qu’un certain nombre de retraites centrées sur l’Eucharistie. Avec
ce charisme spécial qui est de faire approcher de nombreuses
personnes en difficulté à l’adoration eucharistique, le Seigneur
nous envoie graduellement de nombreux volontaires qui se dédient
également à l’adoration eucharistique perpétuelle pour aider notre
ministère, par exemple en ce qui concerne:
1. L’observance du jeûne au pain et à l’eau de chaque mercredi et
vendredi, et de prier spécialement pour chaque prêtre;
2. L’Adoration eucharistique des enfants, hebdomadaire et mensuelle,
ainsi que l’Adoration nocturne durant les jours de fête;
3. L’Adoration eucharistique destinée aux centaines d’élèves de
l’école primaire dont seulement 10% sont catholiques, en faisant
appel à l’émerveillement des enseignants devant leur attention
extraordinaire envers le Seigneur de l’Eucharistie;
4. L’Adoration eucharistique en République populaire de Chine, qui
s’est traduite par l’Heure Sainte quotidienne ou même par
l’Adoration perpétuelle dans l’ensemble des paroisses dans
lesquelles nous nous sommes rendus (par exemple Bien Chuen dans le
Hebei, et Saints Pierre et Paul à Shanghaï);
5. La guérison spirituelle de malades de pneumopathie atypique
(SARS) et de leurs parents, ainsi que le personnel médical se
trouvant en première ligne aux moments critiques;
6. Le jeûne et la prière d’intercession quotidienne à l’heure du
déjeuner;
7. La prière d’intercession de minuit à six heures du matin pour
l’homélie du prêtre;
8. La réalisation du site internet www.eucharisticoblate.org.
Nous prions afin que, par l’intercession de notre regretté Pape
Jean-Paul II, le Seigneur de l’Eucharistie puisse apaiser la faim de
notre peuple chinois grâce à Sa Parole et à son Pain, et que Sa
Majesté puisse bientôt régner en Chine. Maranatha. Amen.
[00305-03.06] [AU025] [Texte original: anglais]
♦ AVIS
● “BRIEFING”
● DEUXIÈME CONFÉRENCE DE
PRESSE
● TROISIÈME CONFÉRENCE
DE PRESSE
● “BRIEFING”
Le “Briefing” des groupes linguistiques de samedi 15 octobre 2005
aura lieu à 12h00.
● DEUXIÈME CONFÉRENCE DE
PRESSE
Nous rappelons aux journalistes accrédités que jeudi 13 octobre
2005, à 12h45, dans la Salle Jean-Paul II du Bureau de Presse du
Saint-Siège, se tiendra la deuxième Conférence de Presse sur les
travaux de la XI Assemblée Générale Ordinaire du Synode des Évêques
(Rapport après le débat général)
Y participeront:
● S. Ém. le Card. Francis Arinze
Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des
Sacrements
Président Délégué
● S. Ém. le Card. Telesphore Placidus TOPPO,
Archevêque de Ranchi (Inde)
Président Délégué
● S. Exc. Mgr John Patrick FOLEY,
Archevêque titulaire de Neapoli de Proconsolare,
Président du Conseil Pontifical pour les Communications Sociales
Président de la Commission pour l’Information
● S. Exc. Mgr Sofron Stefan MUDRY, O.S.B.M.,
Évêque émérite d’Ivano-Frankivsk, Stanislav des Ukrainiens
Vice-Président de la Commission pour l’Information
● S. Exc. Mgr Luciano Pedro MENDES DE ALMEIDA, S.J.,
Archevêque de Mariana
Membre de la Commission pour l’Information
● TROISIÈME CONFÉRENCE DE
PRESSE
On informe les journalistes accrédités que samedi 22 octobre 2005, à
12h45, dans la Salle Jean-Paul II du Bureau de Presse du
Saint-Siège, se tiendra la troisième Conférence de Presse sur les
travaux de la XI Assemblée Générale Ordinaire du Synode des Évêques
(Liste finale des propositions).
Interviendront:
● S. Ém. le Card. George PELL
Archevêque de Sidney (Australie)
● S. Ém. le Card. Mark OUELLET, P.S.S.
Archevêque de Québec (Canada)
● S. Exc. Mgr Roland MINNERATH
Archevêque de Dijon (France)
Secrétaire Spécial
● S. Exc. Mgr Salvatore FISICHELLA
Évêque titulaire de Voghenza
Auxiliaire du Vicaire de Rome
Recteur Magnifique de l’Université Pontificale du Latran |