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38 - 26.10.2008
RÉSUMÉ
- REPAS FRATERNEL
AVEC LE SAINT-PÈRE
-
CHAPELLE PAPALE PRÉSIDÉE PAR LE SAINT-PÈRE À L'OCCASION DE LA
CONCLUSION DE LA XIIe ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE DU SYNODE DES
ÉVÊQUES
- ANGELUS DOMINI
REPAS
FRATERNEL AVEC LE SAINT-PÈRE
- SALUT DU SAINT-PÈRE
Après avoir participé à la XXIIIe Congrégation Générale au cours de
laquelle ont été votées et approuvées les Propositions, samedi 25
octobre 2008 à 13h00 le Pape a déjeuné avec les Participants au
Synode des Évêques, dans l’atrium de la Salle Paul VI, au Vatican.
Au terme du déjeuner, il a salué les présents avec les parole que
nous publions ci-dessous.
SALUT DU SAINT-PÈRE
Marchons ensemble sous la conduite de la Parole de Dieu
Chers frères dans l’Épiscopat et dans le sacerdoce,
chers frères et sœurs,
le Synode est sur le point de finir mais reste à cheminer ensemble
sous la conduite de la Parole de Dieu. Dans ce sens, nous sommes
encore et toujours en «synode», en chemin, ensemble, vers le
Seigneur sous la conduite de la Parole de Dieu.
Le Document de travail avait évoqué la polyphonie des Écritures
Saintes. Et il me semble que nous pouvons dire que, maintenant, dans
les contributions à ce Synode, nous avons également écouté une belle
polyphonie de la foi, une symphonie de la foi, avec de nombreuses
contributions y compris de la part des délégués fraternels. De telle
manière, nous avons réellement entendu la beauté et la richesse de
la Parole de Dieu.
Cette assemblée a été également une école de l’écoute. Nous nous
sommes écoutés les uns les autres. Il s’est agit d’une écoute
réciproque. Et justement en nous écoutant les uns les autres, nous
avons mieux appris à écouter la Parole de Dieu. Nous avons fait l’expérience
de la véridicité de la parole de saint Grégoire le Grand: l’Écriture
croît avec celui qui la lit. C’est seulement à la lumière des
différentes réalités de notre vie, dans la confrontation avec la
réalité de chaque jour que se découvrent les potentialités, les
richesses cachées de la Parole de Dieu. Nous voyons que, vis-à-vis
de la réalité, s’ouvre de manière nouvelle également le sens de la
Parole qui nous est donnée dans les Écritures Saintes.
Ainsi, nous nous sommes réellement enrichis. Nous avons vu qu’aucune
médiation, aucune réflexion scientifique ne saurait par elle-même
tirer de cette Parole de Dieu tous les trésors, toutes les
potentialités qui se découvrent seulement dans l’histoire de chaque
vie.
Je ne sais si le Synode a été plus intéressant ou plus édifiant.
Dans tous les cas, il a été émouvant. Nous sommes enrichis par cette
écoute réciproque. En écoutant l’autre, nous écoutons aussi mieux le
Seigneur lui-même. Et en ce dialogue de l’écoute, nous apprenons
ensuite la réalité plus profonde, l’obéissance à la Parole de Dieu,
la conformation de notre pensée, de notre volonté à la pensée et à
la volonté de Dieu. Une obéissance qui n’est pas une attaque à la
liberté mais développe toutes les possibilités de notre liberté.
Je suis arrivé désormais au point de devoir remercier tous ceux qui
ont travaillé pour le Synode. Je n’ose maintenant énumérer toutes
les personnes qui y ont œuvré parce que j’en oublierais certainement
beaucoup. Mais je les remercie tous pour l’important travail qu’ils
ont réalisé : les Présidents délégués, le Rapporteur avec son
Secrétaire adjoint, tous les Rapporteurs, les Collaborateurs, les
Techniciens, les Experts, les Auditeurs et les Auditrices, desquels
nous avons appris des choses émouvantes. Un remerciement cordial à
tous. Je suis un peu préoccupé car il me semble que nous avons violé
le droit de certain au repos nocturne et également au repos
dominical parce que ce sont réellement des droits fondamentaux. Nous
devons réfléchir à la manière d’améliorer cette situation au cours
des prochains Synodes. Je voudrais remercier également l’entreprise
qui nous a préparé ce merveilleux déjeuner et tous ceux qui ont
servi. Merci pour ce don.
Maintenant, nous devons commencer à élaborer le document
post-synodal avec l’aide de tous ces textes. Il représentera
également une école d’écoute. En ce sens, nous restons ensemble,
nous écoutons toutes les voix des autres. Et nous voyons que
seulement si l’autre me lit l’Écriture, je peux entrer dans la
richesse de l’Écriture. Nous avons toujours besoin de ce dialogue,
d’écouter l’Écriture lue par l’autre dans sa perspective, dans sa
vision afin d’apprendre ensemble la richesse de ce don.
Je souhaite à tous un bon voyage et je vous remercie tous de votre
travail.
CHAPELLE PAPALE PRÉSIDÉE PAR LE SAINT-PÈRE À
L'OCCASION DE LA CONCLUSION DE LA XIIe ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE
DU SYNODE DES ÉVÊQUES
- HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE
Ce matin, 26 octobre 2008 à 9h30, XXXe Dimanche du temps “per annum”,
dans la Basilique Vaticane, près de la tombe de l’apôtre Pierre, le
Saint-Père Benoît XVI a présidée la Célébration Solennelle de l’Eucharistie
avec les Pères synodaux, pour la conclusion de la XIIe Assemblée
Générale Ordinaire du Synode des Évêques, qui s’est célébrée dans la
Salle du Synode au Vatican du 5 au 26 octobre 2008, sur le thème:
“La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église”.
Ont concélébrés avec le Pape 326 Pères synodaux et collaborateurs,
dont 52 Cardinaux, 14 Chefs des Églises catholiques orientales, 45
Archevêques, 130 Évêques et 85 Prêtres (12 Pères synodaux, 5 membres
de la Secrétairerie Générale, 30 Auditeurs, 5 Experts, 4 Attachés de
presse, 24 Assistants et 5 Traducteurs).
Alors que le Saint-Père et les Concélébrants s’avançaient vers l’Autel,
a été exécuté le Chant d’entrée Tu es Petrus
Sont montés à l’autel pour la Prière Eucharistique les Présidents
Délégués du Synode des Évêques, le Rapporteur Général et le
Secrétaire Spécial de la XIIe Assemblée Générale Ordinaire du Synode
des Évêques, avec le Secrétaire Général du Synode des Évêques.
Au cours du Saint Rite, après la proclamation de l’Évangile, le
Saint-Père a prononcé l’homélie, que nous publions ci-dessous.
Après la Bénédiction Apostolique la “schola” et l’assemblée ont
exécutés l’antienne mariale Ave Regina Cælorum.
HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE
Chers Frères dans l’Épiscopat et dans le Sacerdoce,
chers frères et soeurs!
La Parole du Seigneur, qui vient de résonner dans l’Évangile, nous a
rappelé que toute la Loi divine se résume dans l’amour. L’Évangéliste
Matthieu raconte que les Pharisiens, après que Jésus a répondu aux
Sadducéens en leur fermant la bouche, se réunirent pour le mettre à
l’épreuve (cf. 22, 34-35). L’un d’eux, un docteur de la loi, lui
demanda: “Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi?”
(22, 36). La question laisse transparaître la préoccupation, qui est
présente dans l’ancienne tradition judaïque, de trouver un principe
qui puisse unifier les différentes formulations de la volonté de
Dieu. Ce n’était pas une question facile, considérant que dans la
Loi de Moïse, ce ne sont pas moins de 613 préceptes et interdictions
qui sont ainsi prévus. Comment y discerner le plus grand ? Jésus,
lui, n’a aucune hésitation et répond ainsi promptement: “Tu aimeras
le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout
ton esprit: voilà le plus grand et le premier commandement” (22,
37-38). Dans sa réponse, Jésus cite le Shemà, la prière que le juif
pieux récite plusieurs fois par jour, surtout le matin et le soir (cf.
Dt 6,4-9; 11,13-21; Nb 15,37-41): la proclamation de l’amour
intégral et total dû à Dieu, en tant qu’unique Seigneur. L’accent
est mis sur la totalité de ce dévouement à Dieu, en énumérant les
trois facultés qui définissent l’homme dans ses structures
psychologiques profondes: le coeur, l’âme et l’esprit. Le terme
esprit, diánoia, contient l’élément rationnel. Dieu est non
seulement l’objet de l’amour, de l’engagement, de la volonté et du
sentiment, mais également de l’intellect qui ne doit donc pas être
exclu de ce domaine. Notre pensée elle-même doit se conformer à la
pensée de Dieu. Mais, ensuite, Jésus ajoute quelque chose qui, en
vérité, n’avait pas été demandé par le docteur de la loi: “Le second
lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même” (22, 39).
L’aspect surprenant de la réponse de Jésus tient en ce qu’il établit
une relation de ressemblance entre le premier et le second
commandement, qui est encore une fois défini avec une formule
biblique déduite du code lévitique de sainteté (cf. Lv 19,18). Et
voici donc que, dans la conclusion du récit, les deux commandements
sont associés dans le rôle de principe fondamental sur lequel se
pose toute la Révélation biblique: “À ces deux commandements se
rattache toute la Loi, ainsi que les Prophètes” (22, 40).
La page évangélique sur laquelle nous méditons met en lumière le
fait qu’être des disciples du Christ signifie mettre en pratique ses
enseignements qui se résument dans le premier et le plus grand
commandement de la Loi divine, à savoir le commandement de l’amour.
Même la première Lecture, extraite du livre de l’Exode, insiste sur
le devoir de l’amour ; un amour témoigné de façon concrète dans les
rapports entre les personnes : il doit s’agir de rapports fondés sur
le respect, la collaboration et l’aide généreuse. Le prochain à
aimer est également l’étranger, l’orphelin, la veuve et l’indigent,
autrement dit ces citoyens qui n’ont aucun “défenseur”. Le saint
auteur rentre dans les détails, comme c’est le cas pour l’objet
donné en gage par un de ces pauvres (cf. Ex 22, 25-26). Dans ce cas,
c’est Dieu lui-même qui se porte garant de la situation de ce
prochain.
Dans la seconde Lecture, nous pouvons voir une application concrète
du souverain commandement de l’amour au sein d’une des premières
communautés chrétiennes. Saint Paul écrit aux Thessaloniciens en
leur laissant comprendre que, même en les ayant connu depuis peu, il
les apprécie et les porte avec affection dans son coeur. C’est pour
cette raison qu’il les montre comme “un modèle pour tous les
croyants de Macédoine et d’Achaïe” (1 Th 1,6-7). Au sein de cette
communauté récemment fondée ne manquent certes pas les faiblesses et
les difficultés, mais c’est l’amour qui tout dépasse, tout rénove,
tout vainc: l’amour de celui qui, conscient de ses propres limites,
suit docilement les paroles du Christ, Maître divin, transmises par
un de ses fidèles disciples. “ Et vous, vous vous êtes mis à nous
imiter, nous et le Seigneur, en accueillant la parole, parmi bien
des tribulations” écrit saint Paul. “De chez vous, en effet, la
parole du Seigneur a retenti, et pas seulement en Macédoine et en
Achaïe, mais de tous côtés votre foi en Dieu s’est répandue, si bien
que nous n’avons plus besoin d’en rien dire” continue encore l’Apôtre
(1 Th 1,6-8). L’enseignement que nous tirons de cette expérience des
Thessaloniciens, une expérience qui unit en vérité toute authentique
communauté chrétienne, c’est que l’amour envers le prochain naît de
l’écoute docile de la Parole divine e accepte même de dures épreuves
pour la vérité de la Parole divine et ainsi s’accroît le véritable
amour et la vérité devient resplendissante. Combien il est alors
important d’écouter la Parole et de l’incarner dans l’existence
personnelle et communautaire!
Dans cette célébration eucharistique, qui conclut les travaux
synodaux, nous ressentons de façon singulière le lien qui existe
entre l’écoute aimante de la parole de Dieu et le service
désintéressé envers ses frères. Combien de fois, au cours de ces
derniers jours, nous avons écouté des expériences et des réflexions
qui mettent en évidence le besoin qui apparaît aujourd’hui d’une
écoute plus intime de Dieu, d’une connaissance plus vraie de sa
parole de salut, d’un partage plus sincère de la foi qui s’alimente
de façon constante à la table de la parole divine! Chers et vénérés
Frères, merci pour la contribution que chacun de vous a offert à l’approfondissement
du thème du Synode: “La Parole de Dieu dans la vie et la mission de
l’Église”. Je vous salue tous avec affection. J’adresse mes
salutations spéciales à Messieurs les Cardinaux Présidents délégués
du Synode, au Secrétaire Général, que je remercie pour leur constant
dévouement. À vous aussi, chers frères et soeurs qui êtes venus de
tous les continents en apportant votre expérience si enrichissante,
j’adresse mes salutations. En rentrant chez vous, transmettez à tous
les affectueuses salutations de l’Évêque de Rome. J’adresse
également mes salutations aux Délégués Fraternels, aux Experts, aux
Auditeurs et aux Invités spéciaux : les membres de la Secrétairerie
Générale du Synode et tous ceux qui se sont occupés des rapports
avec la presse. Une pensée particulière va aux Évêques de Chine
continentale qui n’ont pas pu être représentés au sein de cette
assemblée synodale. Je désire me faire l’interprète, et en rendre
grâce à Dieu, de leur amour pour le Christ, de leur communion avec
l’Église universelle et de leur fidélité au Successeur de l’Apôtre
Pierre. Ils sont présents dans notre prière, tout comme les fidèles
qui sont confiés à leurs soins pastoraux. Demandons au “Chef des
pasteurs” (1 P 5,4) de leur donner la joie, la force et le zèle
apostolique afin de guider avec sagesse et clairvoyance la
communauté catholique en Chine, à nous tous si chère.
Nous tous, qui avons pris part aux travaux synodaux, portons avec
nous la conscience renouvelée qu’un des devoirs prioritaires de l’Église,
au début de ce nouveau millénaire, est avant tout de se nourrir de
la Parole de Dieu, pour rendre efficace l’engagement de la nouvelle
évangélisation, de l’annonce dans notre temps. Il faut à présent que
cette expérience ecclésiale soit portée dans toutes les communautés;
il est nécessaire que l’on comprenne la nécessité de traduire en
gestes d’amour la parole écoutée, car ce n’est qu’ainsi que l’annonce
de l’Évangile devient crédible, malgré les fragilités humaines qui
marquent les personnes. Cela demande en premier lieu une
connaissance plus intime du Christ et une écoute toujours docile de
sa parole.
En cette année paulinienne, en faisant nôtres les paroles de l’Apôtre:
“Oui, malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile!” (1 Co 9, 16),
je souhaite de tout coeur que, dans toutes les communautés, on
ressente avec une conviction plus ferme ce souffle de Paul comme
vocation au service de l’Évangile pour le monde. Je rappelais au
début des travaux synodaux l’appel de Jésus : “La moisson est
abondante” (Mt 9, 37), appel auquel nous ne devons jamais nous
lasser de répondre malgré les difficultés que nous pouvons
rencontrer. Il y tant de personnes qui sont à la recherche, parfois
sans même s’en rendre compte, de la rencontre avec le Christ et avec
son Évangile ; tant de personnes qui ont besoin de retrouver en Lui
le sens de leur vie. Donner un témoignage clair et partagé d’une vie
qui suit la Parole de Dieu, dont Jésus témoigne, devient donc un
critère indispensable de vérification de la mission de l’Église.
Les lectures que la liturgie offre aujourd’hui à notre méditation
nous rappellent que la plénitude de la Loi, comme de toutes les
Écritures divines, c’est l’amour. Qui donc croit avoir compris les
Écritures, ou au moins une partie d’entre elles, sans s’engager à
construire, grâce à cette compréhension, le double amour de Dieu et
du prochain, démontre en réalité d’être encore loin d’en avoir
recueilli le sens profond. Mais comment mettre en pratique ce
commandement, comment vivre l’amour de Dieu et de ses frères sans un
contact vivant et intense avec les Saintes Écritures? Le Concile
Vatican II affirme qu’“il faut que l’accès à la Sainte Écriture soit
largement ouvert aux chrétiens” (Constitution Dei Verbum, 22), pour
que les fidèles, en rencontrant la vérité, puissent grandir dans
l’amour authentique. Il s’agit d’une condition aujourd’hui
indispensable à l’évangélisation. Et comme la rencontre avec l’Écriture,
assez fréquemment, risque de ne pas être “un fait” d’Église, mais d’être
exposée au subjectivisme et à l’arbitraire, une promotion pastorale
robuste et crédible dans la connaissance des Saintes Écritures
devient indispensable pour annoncer, célébrer et vivre la Parole
dans la communauté chrétienne, en dialoguant avec les cultures de
notre époque, en se mettant au service de la vérité et non des
idéologies courantes et en accroissant le dialogue que Dieu veut
avoir avec tous les hommes (cf. ibid., 21). À cette fin, il faut
soigner d’une manière particulière la préparation des pasteurs, qui
sont par la suite préposés à l’indispensable diffusion de la
pratique biblique à l’aide de moyens adaptés. Il faut encourager les
efforts en cours pour susciter le mouvement biblique parmi les laïcs,
la formation des animateurs de groupe, avec une attention
particulière aux jeunes. Il faut également soutenir l’effort de
faire connaître la foi au moyen de la Parole de Dieu à ceux qui sont
“loins” et particulièrement à ceux qui sont en recherche sincère du
sens de la vie.
Beaucoup d’autres réflexions devraient être ajoutées, mais je me
limiterai enfin à souligner que le lieu privilégié où résonne la
Parole de Dieu, qui édifie l’Église, comme cela a été dit à de
nombreuses reprises au cours du Synode, est sans aucun doute la
liturgie. Il apparaît en elle que la Bible est le livre d’un peuple
et pour un peuple ; un héritage, un testament remis aux lecteurs,
pour qu’ils mettent en acte dans leur vie l’histoire du salut
témoigné par l’écrit. Il y a donc un rapport d’appartenance
réciproque vitale entre le peuple et le Livre: la Bible demeure un
Livre vivant avec le peuple qui est son sujet qui le lit; le peuple
ne subsiste pas sans le Livre, parce qu’en lui il trouve sa raison
d’être, sa vocation, son identité. Cette appartenance mutuelle entre
le peuple et la Sainte Écriture est célébrée dans toutes les
assemblées liturgiques, lesquelles, grâce à l’Esprit Saint, écoutent
le Christ, car c’est Lui qui parle quand dans l’Église on lit les
Écritures et on accueille l’alliance que Dieu renouvelle avec son
peuple. Écriture et liturgie convergent, donc, dans l’unique but d’amener
le peuple à dialoguer avec le Seigneur, à l’obéissance à la volonté
du Seigneur. La Parole sortie de la bouche de Dieu et témoignée dans
les Écritures Lui revient sous la forme d’une réponse orante, de
réponse vécue, de réponse d’amour (cf. Is 55, 10-11).
Chers frères et soeurs, prions pour que, de l’écoute renouvelée de
la Parole de Dieu, sous l’action de l’Esprit Saint, puisse jaillir
un renouvellement authentique dans l’Église universelle, et dans
toutes les communautés chrétiennes. Nous confions les fruits de
cette Assemblée synodale à l’intercession maternelle de la Vierge
Marie. Je Lui confie également la IIe Assemblée Spéciale du Synode
pour l’Afrique, qui se déroulera à Rome au mois d’octobre de l’année
prochaine. J’ai l’intention de me rendre en mars prochain au
Cameroun pour remettre aux représentants des Conférences épiscopales
de l’Afrique, le Document de travail de cette Assemblée synodale. De
là, je poursuivrai mon voyage, à Dieu ne plaise, en Angola, pour y
célébrer solennellement le 500e anniversaire de l’évangélisation de
ce pays. Que la Très Sainte Marie, qui a offert sa vie comme
“servante du Seigneur” pour que tout advienne selon la parole divine
(cf. Lc 1, 38) et qui a appelé à faire tout ce que Jésus dirait (cf.
Jn 2, 5), nous enseigne à reconnaître dans notre vie le primat de la
Parole qui seule peut nous apporter le salut. Ainsi soit-il!
ANGELUS DOMINI
- PAROLES DU PAPE
À la fin de la Messe, le Saint-Père Benoît XVI est apparu à la
fenêtre de son studio du Palais Apostolique du Vatican pour réciter
l’Angélus avec les fidèles et les pèlerins présents sur la Place
Saint-Pierre. En introduisant la prière mariale, le Pape a prononcé
Des paroles à propos de la XIIe Assemblée Générale Ordinaire du
Synode des Évêques à peine conclue, que nous publions ci-dessous.
PAROLES DU PAPE
Chers frères et sœurs,
Avec la Célébration eucharistique en la Basilique Saint-Pierre,
s’est conclue ce matin la XIIe Assemblée générale ordinaire du
Synode des Évêques qui a eu pour thème «La Parole de Dieu dans la
vie et la mission de l’Église». Chaque Assemblée synodale représente
une expérience forte de communion ecclésiale mais celle-ci l’a été
encore davantage parce qu’elle avait pour clef de voûte ce qui
illumine et guide l’Église : la Parole de Dieu qui est le Christ en
personne. Et nous avons vécu chaque journée dans une religieuse
écoute, percevant toute la grâce et la beauté d’être ses disciples
et ses serviteurs. Selon la signification originaire du terme «église»,
nous avons fait l’expérience de la joie d’être convoqués par la
Parole et, spécialement dans la liturgie, nous nous sommes retrouvés
en chemin en elle, comme dans notre terre promise qui nous fait
goûter par avance le Royaume des cieux.
Un aspect sur lequel on a beaucoup réfléchi est le rapport entre la
Parole et les paroles, c’est-à-dire entre le Verbe divin et les
écritures qui l’expriment. Ainsi que l’enseigne le Concile Vatican
II dans la Constitution Dei Verbum (n° 12), une bonne exégèse
biblique a besoin tant de la méthode historique et critique que de
la méthode théologique parce que l’Écriture Sainte est Parole de
Dieu dans des paroles humaines. Cela comporte que chaque texte doit
être lu et interprété en tenant compte de l’unité de l’ensemble de
l’Écriture, de la tradition vivante de l’Église et à la lumière de
la foi. S’il est vrai que la Bible est également une œuvre
littéraire, et même, le grand code de la culture universelle, il est
également vrai que celle-ci ne doit pas être dépouillée de l’élément
divin mais doit également être lue dans le même Esprit que celui
dans lequel elle a été composée. Exégèse scientifique et lectio
divina sont donc toutes deux nécessaires et complémentaires afin de
rechercher, au travers de la signification littérale, la
signification spirituelle que Dieu veut nous communiquer aujourd’hui.
Au terme de l’Assemblée synodale,
les Patriarches des Églises
orientales ont lancé un appel que je fais mien, afin d’attirer l’attention
de la communauté internationale, des leaders religieux et de tous
les hommes et de toutes les femmes de bonne volonté sur la tragédie
qui est en cours dans un certain nombre de pays d’Orient dans
lesquels les chrétiens sont victimes d’intolérances et de cruelles
violences, tués, menacés et contraints à abandonner leurs maisons et
à errer à la recherche d’un refuge. Je pense en ce moment surtout à
l’Irak et à l’Inde. Je suis certain que les antiques et nobles
populations de ces Nations ont appris, au cours de siècles de
cohabitation respectueuse, à apprécier la contribution que les
minorités chrétiennes, petites mais opérantes et qualifiées, offrent
à la croissance de la patrie commune. Elles ne demandent pas de
privilèges mais désirent seulement pouvoir continuer à vivre dans
leur pays et avec leurs concitoyens comme elles l’ont toujours fait.
Aux autorités civiles et religieuses intéressées, je demande de n’épargner
aucun effort afin que la légalité et la cohabitation civile soient
rapidement restaurées et que les citoyens honnêtes et loyaux sachent
qu’ils peuvent compter sur une protection adéquate de la part des
institutions de l’État. Je souhaite ensuite que les responsables
civils et religieux de tous les pays, conscients de leur rôle de
guide et de référence pour les populations, accomplissent des gestes
significatifs et explicites d’amitié et de considération à l’encontre
des minorités, chrétiennes ou d’autres religions, et mettent un
point d’honneur à la défense de leurs droits légitimes.
Je suis en outre heureux de vous faire savoir, à vous, ici présents
ce que j’ai déjà annoncé au cours de la Messe: en octobre de l’an
prochain se tiendra à Rome la IIe Assemblée Spéciale du Synode pour
l’Afrique. Avant cela, si Dieu le veut, au mois de mars, mon
intention est de me rendre en Afrique, visitant d’abord le Cameroun,
où je remettrai aux Évêques du Continent le Document de travail du
Synode, puis l’Angola, à l’occasion du 500e anniversaire de l’évangélisation
de ce pays. Confions les souffrances que nous avons rappelé ainsi
que les espérances que nous portons tous dans le cœur, en
particulier les perspectives relatives au Synode de l’Afrique, à l’intercession
de la Très Sainte Vierge Marie.
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