|
10 - 11.10.2012
RÉSUMÉ
-
CHAPELLE PAPALE POUR L’OUVERTURE DE L’ANNÉE DE LA FOI (JEUDI 11
OCTOBRE 2012)
-
RETRAITE AUX FLAMBEAUX ET PRIÈRE: “LA BELLE ÉGLISE DU CONCILE”
CHAPELLE PAPALE POUR L’OUVERTURE DE L’ANNÉE DE LA FOI (JEUDI 11
OCTOBRE 2012)
- HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE
- HOMMAGE DU PATRIARCHE
OECUMÉNIQUE
Aujourd’hui, jeudi 11 octobre 2012, à 10.00, le Saint-Père Benoît
XVI a présidé la Célébration eucharistique sur le parvis de la
Basilique vaticane à l’occasion de l’ouverture de l’Année de la Foi
et de la commémoration du 50ème anniversaire du début du Concile
Vatican II et du 20ème anniversaire de la promulgation du Catéchisme
de l’Église catholique.
Ont concélébré 80 Cardinaux, 15 Pères conciliaires, 8 Patriarches
des Églises orientales, 191 Archevêques et Évêques qui participent à
la XIII° Assemblée générale ordinaire du Synode des Évêques et 104
Prélats Présidents des Conférences épiscopales du monde entier.
Sont montés à l’autel pour la Prière eucharistique S.Ém. le Card.
Tarcisio BERTONE, S.D.B., (CITÉ DU VATICAN), S.Ém. le Card. Angelo
SODANO, Doyen du Collège cardinalice (CITÉ DU VATICAN), les deux
premiers Cardinaux par doyenneté; S.Exc. Mgr Salvatore FISICHELLA,
Archevêque titulaire de Voghenza, Président du Conseil pontifical
pour la Promotion de la Nouvelle Évangélisation (CITÉ DU VATICAN);
S.Exc. Mgr José Octavio RUIZ ARENAS, Archevêque émérite de
Villavicencio, Secrétaire du Conseil pontifical pour la Promotion de
la Nouvelle Évangélisation (CITÉ DU VATICAN).
La première Lecture a été prononcée en anglais, le Psaume
responsorial en italien et la deuxième Lecture en grec. L’Évangile a
été proclamé en latin. La Prière universelle a été prononcée en
espagnol, en chinois, en arabe, en portugais et en swahili.
Au terme de la Prière après la communion, Sa Sainteté BARTHOLOMÉE
I°, Archevêque de Constantinople, Patriarche oecuménique (TURQUIE)
adresse un hommage que nous publions dans ce bulletin.
Le Saint-Père remet ensuite les Messages du Concile Vatican II à
l’humanité et le Catéchisme de l’Église catholique.
Au cours du Saint Rite, après la proclamation de l’Évangile, le
Saint-Père a prononcé l’homélie que nous publions ci-dessous:
HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE
Vénérés frères
Chers frères et sœurs,
À 50 ans de l’ouverture du Concile Œcuménique Vatican II, c’est avec
une joie profonde que nous inaugurons aujourd’hui l’Année de la
foi. Je suis heureux de saluer toutes les personnes présentes,
en particulier Sa Sainteté Bartholomée I, Patriarche de
Constantinople, ainsi que Sa Grâce Rowan Williams, Archevêque de
Canterbury. J’ai une pensée spéciale pour les Patriarches et les
Archevêques majeurs des Églises orientales catholiques et pour les
Présidents des Conférences épiscopales. Pour faire mémoire du
Concile, que certains d’entre nous ici présents – et que je salue
affectueusement – ont eu la grâce de vivre personnellement, cette
célébration est encore enrichie par quelques signes spécifiques : la
procession initiale qui rappelle la procession inoubliable des Pères
conciliaires lorsqu’ils firent leur entrée solennelle dans cette
Basilique ; l’intronisation de l’Evangéliaire, copie de celui-là
même qui a été utilisé durant le Concile ; les sept Messages finaux
du Concile ainsi que le Catéchisme de l’Église catholique que
je remettrai à la fin de la Messe, avant la Bénédiction. Non
seulement ces signes nous rappellent le devoir de commémoration qui
est le nôtre, mais ils nous offrent aussi l’opportunité de dépasser
cette perspective pour aller au-delà. Ils nous invitent à entrer
plus avant dans le mouvement spirituel qui a caractérisé Vatican II,
pour se l’approprier et lui donner tout son sens. Ce sens fut et
demeure la foi en Christ, la foi apostolique, animée par l’élan
intérieur qui pousse à annoncer le Christ à chaque homme et à tous
les hommes pendant le pèlerinage de l’Église sur les chemins de
l’histoire.
La cohérence entre l’Année de la foi que nous ouvrons
aujourd’hui et le chemin que l’Église a parcouru depuis les 50
dernières années est évidente : à commencer par le Concile, puis à
travers le Magistère du Serviteur de Dieu Paul VI qui, déjà en 1967,
avait proclamé une « Année de la foi », jusqu’au Grand Jubilée de
l’an 2000 par lequel le Bienheureux Jean-Paul II a proposé à nouveau
à toute l’humanité Jésus-Christ comme unique Sauveur, hier,
aujourd’hui et pour toujours. Entre ces deux pontifes, Paul VI et
Jean-Paul II, existe une convergence totale et profonde précisément
au sujet du Christ, centre du cosmos et de l’histoire, ainsi qu’au
regard du zèle apostolique qui les a portés à l’annoncer au monde.
Jésus est le centre de la foi chrétienne. Le chrétien croit en Dieu
par Jésus qui nous en a révélé le visage. Il est l’accomplissement
des Écritures et leur interprète définitif. Jésus-Christ n’est pas
seulement objet de la foi mais, comme le dit la Lettre aux
Hébreux, il est « celui qui donne origine à la foi et la porte à
sa plénitude » (He 12,2).
L’Évangile de ce jour nous dit que Jésus, consacré par le Père dans
l’Esprit-Saint, est le sujet véritable et pérenne de
l’évangélisation. « L’Esprit du Seigneur est sur moi pour cela il
m’a consacré par l’onction et m’a envoyé annoncer aux pauvres une
bonne nouvelle » (Lc 4,18). Cette mission du Christ, ce
mouvement, se poursuit dans l’espace et dans le temps, il traverse
les siècles et les continents. C’est un mouvement qui part du Père
et, avec la force de l’Esprit, porte la bonne nouvelle aux pauvres
de tous les temps, au sens matériel et spirituel. L’Église est
l’instrument premier et nécessaire de cette œuvre du Christ parce
qu’elle est unie à Lui comme le corps l’est à la tête. « Comme le
Père m’a envoyé, moi-aussi je vous envoie » (Jn 20, 21). C’est ce
qu’a dit le Ressuscité aux disciples et, soufflant sur eux, il
ajouta : « Recevez l’Esprit Saint » (v. 22). C’est Dieu le sujet
principal de l’évangélisation du monde, à travers Jésus-Christ ;
mais le Christ lui-même a voulu transmettre à l’Église sa propre
mission, il l’a fait et continue de le faire jusqu’à la fin des
temps en répandant l’Esprit-Saint sur les disciples, ce même Esprit
qui se posa sur Lui et demeura en Lui durant toute sa vie terrestre,
Lui donnant la force de « proclamer aux prisonniers la libération et
aux aveugles la vue », de « remettre en liberté les opprimés » et de
« proclamer une année de grâce du Seigneur » (Lc 4, 18-19).
Le Concile Vatican II n’a pas voulu consacrer un document spécifique
au thème de la foi. Pourtant, il a été entièrement animé par la
conscience et le désir de devoir, pour ainsi dire, s’immerger à
nouveau dans le mystère chrétien, afin d’être en mesure de le
proposer à nouveau efficacement à l’homme contemporain. A cet égard,
le Serviteur de Dieu Paul VI déclarait deux ans après la clôture de
l’Assise conciliaire : « Si le Concile ne traite pas expressément de
la foi, il en parle à chaque page, il en reconnait le caractère
vital et surnaturel, il la répute entière et forte et établit sur
elle toutes ses affirmations doctrinales. Il suffirait de rappeler
quelques affirmations conciliaires […] pour se rendre compte de
l’importance essentielle que le Concile, en cohérence avec la
tradition doctrinale de l’Église, attribue à la foi, à la vraie foi,
celle qui a pour source le Christ et pour canal le magistère de
l’Eglise (Catéchèse de l’Audience générale du 8 mars 1967).
Ainsi s’exprimait Paul VI en 1967.
Mais nous devons maintenant remonter à celui qui a convoqué le
Concile Vatican II et qui l’ouvrit : le Bienheureux Jean XXIII. Dans
son discours inaugural, celui-ci présenta le but principal du
Concile en ces termes : « Voici ce qui intéresse le Concile
Œcuménique : que le dépôt sacré de la doctrine chrétienne soit
défendu et enseigné de façon plus efficace. (…) Le but principal de
ce Concile n’est donc pas la discussion de tel ou tel thème de
doctrine … pour cela il n’est pas besoin d’un Concile … Il est
nécessaire que cette doctrine certaine et immuable, qui doit être
fidèlement respectée, soit approfondie et présentée de façon à
répondre aux exigences de notre temps » (AAS 54 [1962],
790.791-792). Ainsi l’a dit le Pape Jean à l’inauguration du
Concile.
À la lumière de ces paroles, on comprend ce que j’ai moi-même eu
l’occasion d’expérimenter : durant le Concile il y avait une tension
émouvante face au devoir commun de faire resplendir la vérité et la
beauté de la foi dans l’aujourd’hui de notre temps, sans pour autant
sacrifier aux exigences du moment présent ni la confiner au passé :
dans la foi résonne l’éternel présent de Dieu, qui transcende le
temps et qui pourtant ne peut être accueillie par nous que dans
notre aujourd’hui qui est unique. C’est pourquoi je considère que la
chose la plus importante, surtout pour un anniversaire aussi
significatif que celui-ci, est de raviver dans toute l’Église cette
tension positive, ce désir d’annoncer à nouveau le Christ à l’homme
contemporain. Mais afin que cet élan intérieur pour la nouvelle
évangélisation ne reste pas seulement virtuel ou ne soit entaché de
confusion, il faut qu’il s’appuie sur un fondement concret et
précis, et ce fondement est constitué par les documents du Concile
Vatican II dans lesquels il a trouvé son expression. Pour cette
raison, j’ai insisté à plusieurs reprises sur la nécessité de
revenir, pour ainsi dire, à la “ lettre ” du Concile – c’est-à-dire
à ses textes – pour en découvrir aussi l’esprit authentique, et j’ai
répété que le véritable héritage du Concile réside en eux. La
référence aux documents protège des excès ou d’une nostalgie
anachronique et ou de courses en avant et permets d’en saisir la
nouveauté dans la continuité. Le Concile n’a rien produit de nouveau
en matière de foi et n’a pas voulu en ôter ce qui est antique. Il
s’est plutôt préoccupé de faire en sorte que la même foi continue à
être vécue dans l’aujourd’hui, continue à être une foi vivante dans
un monde en mutation.
Si nous acceptons la direction authentique que le Bienheureux
Jean XXIII a voulu imprimer à Vatican II, nous pourrons la rendre
actuelle durant toute cette Année de la foi, dans l’unique
voie de l’Église qui veut continuellement approfondir le dépôt de la
foi que le Christ lui a confié. Les Pères conciliaires entendaient
présenter la foi de façon efficace. Et s’ils se sont ouverts dans la
confiance au dialogue avec le monde moderne c’est justement parce
qu’ils étaient sûrs de leur foi, de la solidité du roc sur lequel
ils s’appuyaient. En revanche, dans les années qui ont suivi,
beaucoup ont accueilli sans discernement la mentalité dominante,
mettant en discussion les fondements même du depositum fidei
qu’ils ne ressentaient malheureusement plus comme leurs linedans
toute leur vérité.
Si aujourd’hui l’Église propose une nouvelle Année de la foi
ainsi que la nouvelle évangélisation, ce n’est pas pour célébrer un
anniversaire, mais parce que c’est une nécessité, plus encore qu’il
y a 50 ans ! Et la réponse à donner à cette nécessité est celle
voulue par les Papes et par les Pères du Concile, contenue dans ses
documents. L’initiative même de créer un Conseil Pontifical destiné
à promouvoir la nouvelle évangélisation, que je remercie pour les
efforts déployés pour l’Année de la foi, entre dans cette
perspective. Les dernières décennies ont connu une
« désertification » spirituelle. Ce que pouvait signifier une vie,
un monde sans Dieu, au temps du Concile, on pouvait déjà le
percevoir à travers certaines pages tragiques de l’histoire, mais
aujourd’hui nous le voyons malheureusement tous les jours autour de
nous. C’est le vide qui s’est propagé. Mais c’est justement à partir
de l’expérience de ce désert, de ce vide, que nous pouvons découvrir
de nouveau la joie de croire, son importance vitale pour nous, les
hommes et les femmes. Dans le désert on redécouvre la valeur de ce
qui est essentiel pour vivre ; ainsi dans le monde contemporain les
signes de la soif de Dieu, du sens ultime de la vie, sont
innombrables bien que souvent exprimés de façon implicite ou
négative. Et dans le désert il faut surtout des personnes de foi
qui, par l’exemple de leur vie, montrent le chemin vers la Terre
promise et ainsi tiennent en éveil l’espérance. La foi vécue ouvre
le cœur à la Grâce de Dieu qui libère du pessimisme. Aujourd’hui
plus que jamais évangéliser signifie rendre témoignage d’une vie
nouvelle, transformée par Dieu, et ainsi indiquer le chemin. La
première Lecture nous a parlé de la Sagesse du voyageur (cf. Sir
34,9-13) : le voyage est une métaphore de la vie et le voyageur sage
est celui qui a appris l’art de vivre et est capable de le partager
avec ses frères – comme c’est le cas pour les pèlerins sur le Chemin
de Saint-Jacques ou sur les autres voies qui ont connu récemment,
non par hasard, un regain de fréquentation. Comment se fait-il que
tant de personnes ressentent le besoin de parcourir ces chemins ? Ne
serait-ce pas parce qu’il trouvent là, ou au moins y perçoivent
quelque chose du sens de notre être au monde ? Voici alors la façon
dont nous pouvons penser cette Année de la foi : un
pèlerinage dans les déserts du monde contemporain, au cours duquel
il nous faut emporter seulement ce qui est essentiel : ni bâton, ni
sac, ni pain, ni argent et n’ayez pas deux tuniques – comme dit le
Seigneur à ses Apôtres en les envoyant en mission (cf. Lc
9,3) – mais l’Évangile et la foi de l’Église dont les documents du
Concile Œcuménique Vatican II sont l’expression lumineuse, comme
l’est également le Catéchisme de l’Église catholique, publié
il y a 20 ans maintenant.
Vénérés et chers Frères, le 11 octobre 1962 on célébrait la fête de
la Vierge Marie, Mère de Dieu. C’est à elle que nous confions
l’Année de la foi, comme je l’ai fait il y a une semaine lorsque
je suis allé en pèlerinage à Lorette. Que la Vierge Marie brille
toujours comme l’étoile sur le chemin de la nouvelle évangélisation.
Qu’elle nous aide à mettre en pratique l’exhortation de l’Apôtre
Paul : « Que la Parole du Christ habite en vous dans toute sa
richesse ; instruisez-vous et reprenez-vous les uns les autres avec
une vraie sagesse… Et tout ce que vous dites, tout ce que vous
faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus Christ, en
offrant par lui votre action de grâce à Dieu le Père » (Col
3,16-17). Amen.
HOMMAGE DU PATRIARCHE
OECUMÉNIQUE
Notre frère bien-aimé dans le Seigneur, Votre Sainteté le Pape
Benoît,
Frères et soeurs,
Quand le Christ se préparait à l’expérience de Gethsémani, il a
prononcé une prière pour l’unité qui est rapportée au paragraphe 17,
verset 11 de l’Évangile de Jean:”... garde-les dans ton nom que tu
m’as donné, pour qu’ils soient un comme nous”. Au fil des siècles,
nous avons vraiment été gardés par la puissance et l’amour de
Christ, et au juste moment de l’histoire, l’Esprit Saint est
descendu sur nous et nous avons commencé un long parcours vers
l’unité visible voulue par le Christ. Cela a été confirmé par
Unitatis Redintegratio §1: “Très nombreux sont partout les
hommes qui ont été touchés par cette grâce et, sous l’effet de la
grâce de l’Esprit Saint, est né un mouvement qui s’amplifie de jour
en jour chez nos frères séparés en vue de rétablir l’unité de tous
les chrétiens”.
Sur cette place, une célébration puissante et significative a
manifesté le coeur et l’esprit de l’Église catholique romaine, en la
conduisant au cours des cinquante dernières années jusqu’au monde
contemporain. L’ouverture du Concile Vatican II, pierre angulaire
transformante, fut inspirée par la réalité fondamentale selon
laquelle le Fils et le Logos incarné de Dieu est là “Que deux ou
trois, en effet, soient réunis en mon nom” (Mt18,20) et que l’Esprit
qui procède du Père “vous introduira dans la vérité toute entière”
(Jean 16,13).
Nous évoquons avec clarté et tendresse, mais aussi avec jubilation
et enthousiasme, les discussions personnelles que nous avons eues,
au cours des cinquante années qui ont suivi, avec des évêques et des
experts théologiens, pendant notre formation - en tant que jeune
étudiant- à l’Institut pontifical oriental, ainsi que notre
participation personnelle à quelques sessions spéciales du Concile.
Nous sommes les témoins oculaires de la manière dont les évêques ont
fait l’expérience, avec une conscience renouvelée, de la valeur - et
du sens de continuité renforcé - de la tradition et de “la foi
transmise aux saints une fois pour toutes” (Judas 1,3). Ce fut une
période prometteuse, riche d’espoirs, à l’intérieur et à l’extérieur
de votre Église.
Nous avons remarqué que, pour l’Église orthodoxe, elle fut une
période d’échanges et d’attentes. Par exemple, la convocation des
premières Conférences panorthodoxes à Rhodes, a conduit aux
Conférences préconciliaires en préparation du grand Concile des
Églises orthodoxes. Ces échanges allaient montrer au monde moderne
le grand témoignage d’unité de l’Église orthodoxe. De plus, cette
période a coïncidé avec “le dialogue de l’amour”, et elle a annoncé
la Commission internationale mixte pour le dialogue théologique
entre l’Église catholique romaine et l’Église orthodoxe, instituée
par nos vénérables prédécesseurs, le Pape Jean Paul II et le
Patriarche oecuménique Dimitrios.
Au cours des cinq dernières décennies, les conquêtes obtenues par
cette Assemblée ont été nombreuses, comme le prouve la série de
constitutions, déclarations et décrets importants et influents. Nous
avons contemplé le renouvellement de l’esprit et “le retour aux
origines” à travers l’étude liturgique, la recherche biblique et la
doctrine patristique. Nous avons apprécié l’effort graduel pour se
libérer des limites académiques rigides à l’ouverture du dialogue
oecuménique, ce qui a mené aux abrogations réciproques des
excommunications de l’année 1054, à l’échange de voeux, à la
restitution des reliques, au début de dialogues importants et de
visites réciproques dans nos sièges respectifs.
Notre chemin n’a pas toujours été facile ou exempt de souffrances et
de défis. Nous savons, en fait, que “étroite est la porte et
resserré le chemin”(Mt 7,14). La théologie fondamentale et les
principaux thèmes du Concile Vatican II - le mystère de l’Église, la
sacralité de la liturgie et l’autorité de l’évêque - sont difficiles
à appliquer avec assiduité, et s’assimilent par des efforts qui
durent toute la vie et avec l’engagement de l’Église tout entière.
La porte devrait donc rester ouverte à un accueil plus profond, à un
engagement pastoral plus grand et une interprétation ecclésiale du
Concile Vatican II toujours plus approfondie.
En poursuivant ce chemin ensemble, nous rendons grâces et gloire au
Dieu vivant - Père, Fils et Saint Esprit- car l’assemblée des
évêques elle-même a reconnu l’importance de la réflexion et dun
dialogue sincère entre nos “Églises soeurs”. Nous nous unissons dans
“ l’espoir, que le mur qui sépare l’Église d’Orient de celle
d’Occident étant abattu, il n’y aura plus qu’une seule demeure,
solidement établie sur la pierre angulaire, le Christ Jésus qui fera
l’unité de l’une et de l’autre” (Unitatis Redintegratio §18).
Grâce au Christ, notre pierre angulaire, et à la tradition que nous
avons en commun, nous serons en mesure - ou, plutôt, nous le serons
par le don et la grâce de Dieu- d’apprécier davantage et d’exprimer
de façon plus complète le Corps du Christ. Par nos efforts continus,
conformes à l’esprit de la tradition de l’Église primitive et à la
lumière de l’Église des Conciles du premier millénaire, nous
pourrons vivre l’expérience l’unité visible qui se trouve au-delà de
notre temps présent.
L’Église se distingue toujours par sa dimension prophétique et
pastorale particulière, par la modération et la spiritualité qui la
caractérisent, et sert avec une humble sensibilité les “plus petits”
des frères du Christ (Mt 25,40).
Bien-aimé frère, notre présence qui signifie et montre notre
engagement à témoigner ensemble le message de salut et de guérison
pour nos frères les plus petits: les pauvres, les opprimés, les
marginalisés du monde créé par Dieu. Commençons les prières pour la
paix et la santé de nos frères et soeurs qui vivent au Moyen-Orient.
Dans le creuset actuel de violences, séparations et divisions qui
s’intensifient entre les peuples et les nations, que l’amour et le
désir d’harmonie que nous déclarons ici, et la compréhension que
nous recherchons avec le dialogue, soient un modèle pour notre
monde. Que l’humanité puisse tendre la main vers “l’autre” et que
nous puissions travailler ensemble pour dépasser la douleur des
peuples partout, et en particulier là où l’on souffre à cause de la
faim, des catastrophes naturelles, des maladies et de la guerre qui
finit par frapper notre vie à tous.
À la lumière de tout ce que l’Église dans le monde devrait encore
accomplir, et en appréciant grandement tous les progrès que nous
avons partagés, nous sommes honorés d’avoir été invités à participer
- et d’avoir été appelés à offrir notre modeste parole- à cette
commémoration solennelle et joyeuse du Concile Vatican II. Ce n’est
pas une coïncidence si cette célébration marque pour votre Église
l’inauguration solennelle de “l’Année de la Foi”, car c’est la foi
qui offre un signe évident du chemin que nous avons parcouru
ensemble le long du chemin de la réconciliation et de l’unité
visible.
En conclusion, nous vous félicitons sincèrement, Sainteté, Frère
bien-aimé - unis à la multitude bénie des fidèles ici rassemblés
aujourd’hui - et nous Vous embrassons fraternellement en cette
joyeuse occasion commémorative. Que Dieu vous bénisse tous.
[00155-03.07] [NN000] [Texte original: italien]
RETRAITE AUX FLAMBEAUX ET PRIÈRE: “LA BELLE ÉGLISE DU CONCILE”
“La belle Église du Concile” est le titre de l’initiative promue par
l’Action catholique italienne en collaboration avec le Diocèse de
Rome, à l’occasion de l’ouverture de l’Année de la Foi et alors
qu’est en cours la XIII Assemblée ordinaire du Synode des Évêques
consacrée à la nouvelle évangélisation. Les Pères ainsi que d’autres
participants prendront part à l’assise synodale.
Des moments de réflexion et de prière sont prévus, ainsi que de
témoignages et de fête. Le rassemblement est prévu à 18h00. À 19h30,
une marche aux flambeaux partira du Château Saint-Ange et rejoindra
place Saint-Pierre. À 21h00 il est prévu que le Saint-Père Benoît
XVI adresse ses salutations; il sera précédé par les interventions
de S.Ém. le Card. Agostino Vallini, Vicaire général de Sa Sainteté
pour le Diocèse de Rome, de Franco Miano, Président national de
l’Action catholique italienne, de S.Exc. Mgr Domenico Sigalini,
Éveque de Palestrine et Assistant ecclésiastique général de
l’association, et du témoignage de Mgr Loris Capovilla, secrétaire
du Pape Jean XXIII. Ensuite, sera projeté le film en version
originale et intégrale “Discours à la lune” concédé par la
Filmothèque vaticane.
La soirée sera accompagnée par les chants du “Coeur polyphonique du
diocèse de Rome” sous la direction de Mgr Marco Frisina.
Immédiatement après il sera possible de se rendre dans les églises
du centre ville afin de continuer la prière avec l’adoration
eucharistique.
L’événement est organisé afin de faire mémoire vivante du Concile
Vatican II, cinquante ans après son ouverture, et de l’historique
marche aux flambeaux du 11 octobre 1962, cette dernière promue elle
aussi par l’Action catholique italienne, la soirée du “discours à la
lune” de Jean XXIII.
L’événement sera transmis en direct par le Centre Télévisé Vatican
et par Radio Vatican. Il sera également transmis par de nombreuses
chaînes, outre que par le site internet www.azionecattolica.it.
[00156-03.02] [NNNNN] [Texte original: italien] |