CONGREGATION POUR LE CLERGE
DIRECTOIRE GENERAL POUR LA CATECHESE
SIGLES
I
ABREVIATIONS DES LIVRES BIBLIQUES
Ab: Abdias
Ac: Actes
Ag: Aggée
Am: Amos
Ap: Apocalypse
Ba: Baruch
1 Ch: 1er Chroniques
2 Ch: 2eme Chroniques
1 Co: 1er Corinthiens
2 Co: 2eme Corinthiens
Col: Colossiens
Ct: Cantique
Dn: Daniel
Dt: Deutéronome
Ep: Ephésiens
Esd: Esdras
Est: Esther
Ex: Exode
Ez: Ezéchiel
Ga: Galates
Gn: Genèse
Ha: Habaquq
He: Hébreux
Is: Isaïe
Jb: Job
Jc: Jacques
Jdt: Judith
Jg: Juges
Jl: Joël
Jn: Jean
1 Jn: 1re de Jean
2 Jn: 2eme de Jean
3 Jn: 3eme de Jean
Jon: Jonas
Jos: Josué
Jr: Jérémie
Jude: Jude
Lc: Luc
Lm: Lamentations
Lv: Lévitiques
1 M: 1er Maccabées
2 M: 2eme Maccabées
Mc: Marc
Mi: Michée
Ml: Malachie
Mt: Matthieu
Na: Nahum
Nb: Nombres
Ne: Néhémie
Os: Osée
1 P: 1re de Pierre
2 P: 2eme de Pierre
Ph: Philippiens
Phm: Philémon
Pr: Proverbes
Ps: Psaumes
Qo: Qohélet=Ecclésiaste
1 R: 1er Rois
2 R: 2eme Rois
Rm: Romains
Rt: Ruth
1 S: 1er Samuel
2 S: 2eme Samuel
Sg: Sagesse
Si: Sirac=Ecclésiastique
Sof: Sophonie
Tb: Tobie
1 Th: 1re Thessaloniciens
2 Th: 2eme Thessaloniciens
1 Tm: 1re Timothée
2 Tm: 2eme Timothée
Tt: Tite
Za: Zacharie
II
DOCUMENTS DU MAGISTERE
AA: Conc. cum. Vat. II, Décret sur l'apostolat des laïcs
Apostolicam actuositatem (18 novembre 1965)
AG: Conc. cum. Vat. II, Décret sur l'activité
missionnaire de l'Eglise Ad gentes (7 décembre 1965)
CA: Jean-Paul II, Encyclique Centesimus Annus (1er mai 1991): AAS 83
(1991), pp. 793-867
CD: Conc. cum. Vat. II, Décret sur la charge pastorale des évêques
dans l'Eglise Christus Dominus (28 octobre 1965)
CEC: Catéchisme de l'Eglise catholique (11 octobre 1992)
CCL: Corpus Christianorum, Series Latina (Turnholti 1953 ss.)
CIC: Codex Iuris Canonici (Code de droit canonique) (25 janvier
1983)
ChL: Jean-Paul II, Exhortation apostolique post-synodale Christifideles
laici (30 décembre 1988): AAS 81 (1989), pp. 393-521
COINCAT: Conseil international pour la catéchèse, La catéchèse
des adultes dans la communauté chrétienne, Libreria Editrice
Vaticana 1990
CSEL: Corpus Scriptorum Ecclesiasticorum Latinorum (Wn 1866 ss.)
CT: Jean-Paul II, Exhortation apostolique Catechesi tradendae (16
octobre 1979): AAS 71 (1979), pp. 1277-1340
DGC (1971): Sacrée Congrégation pour le Clergé,
Directoire général de catéchèse Ad normam
decreti (11 avril 1971): AAS 64 (1972), pp. 97-176
DH: Conc. cum. Vat. II, Déclaration sur la liberté
religieuse Dignitatis humanae (7 décembre 1965)
DM: Jean-Paul II, Encyclique Dives in misericordia (30 novembre
1980): AAS 72 (1980), pp. 1177-1232
DV: Conc. cum. Vat. II, Constitution dogmatique sur la Révélation
divine Dei Verbum (18 novembre 1965)
DS: H. Denzinger - A. Schönmetzer, Enchiridion Symbolorum,
Definitionum et Declarationum de Rebus Fidei et Morum, Editio XXXVI
emendata, Romae 1976
EA: Jean-Paul II, Exhortation apostolique post-synodale Ecclesia in
Africa (14 septembre 1995): AAS 88 (1996), pp. 5-82
EN: Paul VI, Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi (8 décembre
1975): AAS 58 (1976), pp. 5-76
EV: Jean-Paul II, Encyclique Evangelium Vitae (25 mars 1995): AAS 87
(1995), pp. 401-522
FC: Jean-Paul II, Exhortation apostolique post-synodale Familiaris
consortio (22 novembre 1981): AAS 73 (1981), pp. 81-191
FD: Jean-Paul II, Constitution apostolique Fidei depositum (11
octobre 1992): AAS 86 (1994), pp. 113-118
GCM: Congrégation pour l'Evangélisation des Peuples, Guide
pour les catéchistes. Document d'orientation en vue de la vocation,
de la formation et de la promotion des catéchistes dans les territoires
de mission qui dépendent de la Congrégation pour l'Evangélisation
des peuples (3 décembre 1993), Città del Vaticano 1993
GE: Conc. cum. Vat. II, Déclaration sur l'éducation Gravissimum
educationis (28 octobre 1965)
GS: Conc. cum. Vat. II, Constitution pastorale sur l'Eglise dans le
monde de ce temps Gaudium et spes (7 décembre 1965)
LC: Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Instruction Libertatis
Conscientia (22 mars 1986): AAS 79 (1987), pp. 554-599
LE: Jean-Paul II, Encyclique Laborem exercens (14 septembre 1981),
AAS 73 (1981), pp. 577-647
LG: Conc. cum. Vat. II, Constitution dogmatique sur l'Eglise Lumen
gentium (21 novembre 1964)
MM: Jean XXIII, Encyclique Mater et Magistra (15 mai 1961): AAS 53
(1961), pp. 401-464
MPD: Synode des Evêques, Message au Peuple de Dieu Cum iam ad
exitum sur la catéchèse en notre temps (28 octobre 1977),
Typis Polyglottis Vaticanis 1977
NA: Conc. cum. Vat. II, Décret sur les relations de l'Eglise
avec les religions non-chrétiennes Nostra aetate (28 octobre
1965)
PB: Jean-Paul II, Constitution apostolique Pastor bonus (28 juin
1988): AAS 80 (1988), pp. 841-93
PG: Patrologiae Cursus completus, Series Graeca, ed. Jacques P.
Migne, Parisiis 1857 ss.
PL: Patrologiae Cursus completus, Series Latina, ed. Jacques P.
Migne, Parisiis 1844 ss.
PO: Conc. cum. Vat. II, Décret sur le ministère et la
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis (7 décembre 1965)
PP: Paul VI, Encyclique Populorum progressio (26 mars 1967): AAS 59
(1967), pp. 257-299
RH: Jean-Paul II, Encyclique Redemptor hominis (4 mars 1979): AAS 71
(1979), pp. 257-324
RICA: Rituel de l'initiation chrétienne des adultes (Ordo
Initiationis Christianae Adultorum), Editio Typica, Typis Polyglottis
Vaticanis 1972
RM: Jean-Paul II, Encyclique Redemptoris missio (7 décembre
1990): AAS 83 (1991), pp. 249-340
SC: Conc. cum. Vat. II, Constitution sur la sainte Liturgie Sacrosanctum
Concilium (4 décembre 1963)
SCh: Sources Chrétiennes, Collection, Paris 1946 ss.
SRS: Jean-Paul II, Encyclique Sollicitudo rei socialis (30 décembre
1987): AAS 80 (1988), pp. 513-586
SYNODE 1985: Synode des Evêques (assemblée extraordinaire de
1985), Relation finale Ecclesia sub verbo Dei mysteria Christi celebrans pro
salute mundi (7 décembre 1985), Cité du Vatican 1985
TMA: Jean-Paul II, Exhortation apostolique Tertio millennio adveniente
(10 novembre 1994): AAS 87 (1995) pp. 5-41
UR: Conc. cum. Vat. II, Décret sur l'cuménisme
Unitatis redintegratio (21 novembre 1964)
UUS: Jean-Paul II, Encyclique Ut unum sint (25 mai 1995): AAS 87
(1995), pp. 921-982
VS: Jean-Paul II, Encyclique Veritatis splendor (6 août 1993):
AAS 85 (1993), pp. 1133-1228
PREFACE
1. Le Concile Vatican II avait prescrit la rédaction d'un «
Directoire sur l'enseignement catéchétique du peuple chrétien
».(1) Pour réaliser ce mandat conciliaire, la Congrégation
pour le Clergé fit appel à une commission d'experts et consulta
les conférences épiscopales du monde, qui firent parvenir de
nombreuses suggestions et observations sur ce projet. Le texte élaboré
fut revu par une commission théologique ad hoc, et par la Congrégation
pour la Doctrine de la Foi. Le 18 mars 1971, il fut définitivement
approuvé par Paul VI et promulgué le 11 avril de la même année
sous le titre de Directoire Catéchétique Général.
2. Les trente années qui se sont écoulées depuis la fin
du Concile Vatican II jusqu'à la veille du troisième millénaire
ont été, sans aucun doute, fécondes du point de vue des
orientations et de la promotion de la catéchèse. Ce fut un temps
qui, en quelque sorte, rendit à l'Eglise la vitalité de ses
origines dans l'uvre d'évangélisation remit en valeur les
enseignements des Pères et favorisa un sage retour au catéchuménat
antique. Depuis 1971, le Directoire général de catéchèse
a guidé les Eglises particulières sur le long chemin du renouveau
de la catéchèse. Il a voulu être une référence,
aussi bien pour le contenu que pour la pédagogie et les méthodes à
suivre.
Le chemin parcouru par la catéchèse durant cette période
a été partout marqué par le dévouement généreux
de nombreuses personnes, par des initiatives admirables, par de beaux fruits
pour l'éducation et la maturation dans la foi, d'enfants, de jeunes et
d'adultes. Cependant, il y eut en même temps des lacunes doctrinales et
des expériences qui ont appauvri la qualité de la catéchèse.
Elles furent dues en grande partie à l'évolution du contexte
culturel mondial et à des questions ecclésiales qui ne relèvent
pas de la catéchèse.
3. Le magistère de l'Eglise n'a jamais cessé, au cours de ces
années, d'exercer sa sollicitude pastorale envers la catéchèse.
Dans tous les continents, de nombreux évêques et conférences
épiscopales ont donné un élan remarquable à
l'activité catéchétique, notamment en publiant de bons catéchismes
et des orientations pastorales, en encourageant la formation d'experts et en
favorisant la recherche catéchétique. Ces efforts ont été
féconds et ont favorablement influencé la pratique catéchétique
des Eglises particulières. Le Rituel pour l'initiation chrétienne
des adultes, promulgué le 6 janvier 1972 par la Congrégation
pour le Culte divin, a, d'autre part, apporté une particulière
richesse au renouveau de la catéchèse.
Et il faut rappeler, d'une façon spéciale, le ministère
de Paul VI, le Pape qui a guidé l'Eglise pendant la première période
de l'après-Concile. Jean Paul II a dit de lui: « Par ses gestes, sa
prédication, son interprétation autorisée du Concile
Vatican II qu'il considérait comme le grand catéchisme des
temps modernes , par sa vie entière, mon vénéré
prédécesseur Paul VI a servi la catéchèse de
l'Eglise d'une manière particulièrement exemplaire ».(2)
4. Une pierre angulaire, déterminante pour la catéchèse,
a été la réflexion engagée à l'occasion de
l'Assemblée générale du Synode des Evêques sur l'Evangélisation
dans le monde moderne, en octobre 1974. Les propositions de cette instance
ont été présentées au Pape Paul VI qui a promulgué
l'exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi le 8 décembre 1975.
Ce document propose, entre autres, un principe qui mérite d'être
souligné, à savoir que la catéchèse est une action évangélisatrice
dans le cadre de la grande mission de l'Eglise. L'activité catéchétique
devra, dorénavant, être considérée comme faisant
constamment partie des besoins urgents et des préoccupations propres au
mandat missionnaire pour notre temps.
De même, la dernière assemblée du Synode des évêques
convoquée par Paul VI en octobre 1977 a choisi la catéchèse
comme thème d'analyse et de réflexion épiscopale. Ce synode
a vu « dans le renouveau catéchétique un don précieux
de l'Esprit Saint à l'Eglise d'aujourd'hui ».(3)
5. Jean-Paul II a accueilli cet héritage en 1978 et a formulé
ses premières orientations dans l'exhortation apostolique Catechesi
Tradendae, du 16 octobre 1979. Cette exhortation forme un tout cohérent
avec l'exhortation Evangelii Nuntiandi et resitue pleinement la catéchèse
dans le cadre de l'évangélisation.
Durant son pontificat, Jean-Paul II a constamment exercé un magistère
de grande valeur catéchétique. Parmi ses discours, ses lettres et
ses enseignements écrits, émergent les douze Encycliques de
Redemptor Hominis à Ut Unum Sint: elles constituent un
corps de doctrine synthétique et organique, en application du renouveau
de la vie ecclésiale souhaité par le Concile Vatican II.
Parmi ces documents du Magistère de Jean-Paul II, certains se
distinguent par leur valeur catéchétique: Redemptor Hominis
(4 mars 1979), Dives in Misericordia (30 novembre 1980), Dominum et
vivificantem (18 mai 1986), et, pour réaffirmer la validité
permanente du mandat missionnaire, Redemptoris Missio (7 décembre
1990).
6. D'autre part, les assemblées générales, ordinaires
et extraordinaires, du Synode des évêques, ont eu des répercussions
particulières sur la catéchèse. Ainsi, les synodes de 1980
et de 1987, sur la mission de la famille et sur la vocation des laïcs
baptisés. Les travaux de ces deux synodes ont été suivis
par les exhortations apostoliques de Jean-Paul II: Familiaris Consortio
(22 novembre 1981) et Christifideles Laici (30 décembre 1988). De
même, le Synode extraordinaire des évêques de 1985 a marqué
de manière décisive le présent et l'avenir de la catéchèse.
Un bilan de 20 années d'application du Concile Vatican II a été
dressé à cette occasion et les pères du Synode ont proposé
au Saint-Père l'élaboration d'un catéchisme universel pour
l'Eglise catholique. Jean-Paul II a non seulement accueilli favorablement cette
proposition, mais il l'a faite sienne. Au terme d'un travail patient et
complexe, le « Catéchisme de l'Eglise Catholique » a été
remis aux évêques et aux Eglises particulières par le biais
de la Constitution Apostolique Fidei Depositum, le 11 octobre 1992.
7. Cet événement riche de signification et l'ensemble des
actes et interventions du Magistère auxquels nous avons fait allusion,
imposaient une révision du « Directoire général de catéchèse
», afin d'adapter cet instrument théologique et pastoral précieux
à la situation et aux nécessités nouvelles. Recueillir cet
héritage et en réaliser une synthèse en fonction de
l'activité catéchétique, toujours dans la perspective de l'étape
actuelle de la vie de l'Eglise, est un service que le Siège Apostolique
rend à tous.
Le travail de révision du Directoire général de catéchèse,
réalisé par les soins de la Congrégation pour le Clergé,
a été effectué par un groupe d'évêques et par
des experts en théologie et en catéchèse. Le texte a été
envoyé pour consultation aux conférences épiscopales, à
divers spécialistes, et aux principaux instituts ou centres d'études
catéchétiques; le travail a été fait en respectant
dans sa substance, l'esprit et le contenu du texte de 1971.
La nouvelle rédaction du Directoire général de catéchèse
a dû tenir compte, bien sûr, de deux exigences majeures:
d'une part, l'insertion de la catéchèse dans l'évangélisation,
demandée par les Exhortations Evangelii Nuntiandi et Catechesi
Tradendae;
d'autre part, la prise en compte des contenus de la foi proposés
par le Catéchisme de l'Eglise Catholique.
8. Le nouveau Directoire général de catéchèse,
tout en maintenant la structure de base du texte de 1971, s'articule de la façon
suivante:
Un exposé préliminaire donne des indications
aidant à l'interprétation et à la compréhension des
situations humaines et ecclésiales, à la lumière de la foi
et en faisant confiance à la vitalité de la semence de l'Evangile.
Il s'agit de brefs diagnostics en vue de la mission.
La première partie(4) comprend trois chapitres et
ancre davantage la catéchèse dans la Constitution conciliaire Dei
Verbum, la situant dans le cadre de l'évangélisation présenté
par Evangelii Nuntiandi et Catechesi Tradendae. Elle offre également
une clarification sur la nature de la catéchèse.
La deuxième partie(5) comprend deux chapitres. Le
premier, intitulé « Normes et critères pour la présentation
du message évangélique dans la catéchèse »,
sous une nouvelle articulation et dans une perspective enrichie, rassemble tout
le contenu du chapitre du premier texte. Le deuxième chapitre, totalement
nouveau, est consacré à la présentation du catéchisme
de l'Eglise catholique comme texte de référence dans la
transmission de la foi par la catéchèse et dans la rédaction
des catéchismes locaux. Le texte offre aussi des principes fondamentaux
en vue de l'élaboration de catéchismes pour les Eglises particulières
et locales.
La troisième partie(6) se présente sous une
forme assez renouvelée, en formulant différemment les lignes
essentielles d'une pédagogie de la foi inspirée de la pédagogie
divine, une question qui concerne autant la théologie que les sciences
humaines.
La quatrième partie(7) est intitulée « Les
destinataires de la catéchèse ». En cinq chapitres brefs,
elle examine les situations, fort différentes, des personnes auxquelles
s'adresse la catéchèse, les aspects concernant la situation
socio-religieuse, et, d'une manière spéciale, la question de
l'inculturation.
La cinquième partie(8) fait de l'Eglise particulière
le centre de gravité de la catéchèse; elle a le devoir
primordial de promouvoir, de prévoir, de surveiller et de coordonner
toute l'activité catéchétique. On y met particulièrement
en valeur la description des rôles respectifs des divers agents (qui
trouvent toujours leur point de référence dans le pasteur de
l'Eglise particulière), ainsi que les exigences de la formation en chacun
des cas.
La conclusion qui invite à intensifier, de nos jours,
l'activité catéchétique, couronne la réflexion et
les orientations par un appel à la confiance en l'action de l'Esprit
Saint et en l'efficacité de la Parole de Dieu semée dans l'amour.
9. Le but de ce Directoire est, bien sûr, le même que celui du
texte de 1971. Il se propose, en effet, d'énoncer « les principes
fondamentaux théologico-pastoraux, tirés du Magistère de
l'Eglise et spécialement du Concile Oecuménique Vatican II, afin
que l'action pastorale du ministère de la parole et concrètement,
la catéchèse puisse ainsi être conduite et ordonnée
de façon plus adaptée ».(9) L'intention était alors et
reste essentiellement celle d'offrir des réflexions et des principes plutôt
que de suggérer des applications immédiates ou de donner des
directives pratiques. Cette démarche a été adoptée
pour la raison suivante: ce n'est qu'en comprenant comme il se doit, dès
le début, la nature et les objectifs de la catéchèse, ainsi
que les vérités et les valeurs qui doivent être transmises,
que l'on évitera des manques et des erreurs en matière catéchétique.(10)
Il est de la compétence spécifique des épiscopats de
faire appliquer concrètement ces principes et ces énoncés,
par des orientations et des directoires nationaux, régionaux ou diocésains,
des catéchismes et par tout autre moyen qu'ils jugeront apte à
promouvoir efficacement la catéchèse.
10. Il est évident que toutes les parties du Directoire n'ont pas la
même importance. Celles qui traitent de la Révélation
divine, de la nature de la catéchèse, des critères qui régissent
l'annonce du message chrétien, valent pour tous. En revanche, les parties
qui ont trait à la situation actuelle, à la méthodologie et
à la manière d'adapter la catéchèse aux différents
âges et contextes culturels, sont à prendre plutôt comme des
indications et des orientations.(11)
11. Les destinataires du Directoire sont principalement les évêques,
les conférences épiscopales, et, en général, ceux
qui, sous leur mandat et direction, ont des responsabilités dans le
domaine de la catéchèse. Il est évident que le Directoire
peut être un instrument utile pour la formation des candidats au
sacerdoce, pour la formation permanente des prêtres et pour la formation
des catéchistes.
Un objectif immédiat du Directoire est d'aider à la rédaction
des directoires de catéchèse et des catéchismes. Conformément
aux suggestions avancées par de nombreux évêques, de
nombreuses notes et références ont été insérées,
qui peuvent être d'une grande utilité pour l'élaboration de
tels instruments.
12. Le Directoire s'adressant aux Eglises particulières, dont les
situations et les nécessités pastorales sont très variées,
il n'a évidemment été possible que de prendre en considération
les situations communes ou moyennes. Il en est de même lorsqu'il s'agit de
décrire l'organisation de la catéchèse aux divers niveaux.
Il est bon de tenir compte de cette observation dans l'utilisation du
Directoire. Comme le faisait remarquer le texte de 1971, ce qui paraîtra
insuffisant dans les régions où la catéchèse a
atteint un niveau élevé de qualité et de moyens, semblera
peut-être excessif là où la catéchèse ne connaît
pas encore un tel développement.
13. En publiant ce document, nouveau témoignage de la sollicitude du
Siège Apostolique à l'égard du ministère catéchétique,
nous souhaitons qu'il soit accueilli, examiné et étudié
avec attention, en tenant compte des nécessités pastorales de
chaque Eglise particulière, et qu'il puisse également conduire à
une étude et à une recherche plus approfondies, qui répondent
aux besoins de la catéchèse ainsi qu'aux normes et aux
orientations du Magistère de l'Eglise.
Que la Bienheureuse Vierge Marie, étoile de
la nouvelle évangélisation, nous guide vers la pleine connaissance
de Jésus-Christ, Maître et Seigneur.
« Enfin, frères, priez pour nous, demandant que la Parole du
Seigneur accomplisse sa course et soit glorifiée, comme elle le fait chez
vous » (2 Th 3, 1).
Du Vatican, le 15 août 1997
Solennité de l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie
Darío Castrillón Hoyos Archevêque émérite
de Bucaramanga Pro-Préfet
et Crescenzio Sepe Archevêque tit. de Grado Secrétaire
EXPOSE PRELIMINAIRE
L'annonce de l'Evangile dans le monde
d'aujourd'hui
« Ecoutez! Voici que le semeur est sorti pour semer. Et il advint,
comme il semait, qu'une partie du grain est tombée au bord du chemin, et
les oiseaux sont venus et ont tout mangé. Une autre est tombée sur
le terrain rocheux où elle n'avait pas beaucoup de terre, et aussitôt
elle a levé, parce qu'elle n'avait pas de profondeur de terre; et lorsque
le soleil s'est levé, elle a été brûlée, et,
faute de racine, s'est desséchée. Une autre est tombée dans
les épines et les épines ont monté et l'ont étouffée,
et elle n'a pas donné de fruit. D'autres sont tombés dans la bonne
terre, et ils ont donné du fruit en montant et en se développant,
et ils ont produit, l'un trente, l'autre soixante, l'autre cent » (Mc4,3-8).
14. Cet exposé préliminaire souhaite encourager les pasteurs
et les agents de la catéchèse à prendre conscience de la nécessité
de toujours prêter une grande attention au terrain à ensemencer, et
à le faire dans une vision de foi et de miséricorde. L'interprétation
du monde contemporain qui est présentée ici a évidemment un
caractère provisoire, lié aux contingences historiques.
« Voici que le semeur est sorti pour semer » (Mc
4,3)
15. Cette parabole est source d'inspiration pour l'évangélisation.
« La semence, c'est la parole de Dieu » (Lc 8,11). Le semeur
est Jésus-Christ. Il annonça l'Evangile en Palestine il y a deux
mille ans et envoya ses disciples le semer dans le monde. Jésus-Christ,
aujourd'hui, présent dans l'Eglise par son Esprit, continue de répandre
la Parole du Père dans le champ qu'est le monde.
La qualité du terreau est toujours très variée.
L'Evangile tombe « au bord du chemin » (Mc 4,4) lorsqu'il
n'est pas réellement écouté; il tombe sur le « terrain
rocheux » (Mc 4,5), sans pénétrer la terre en
profondeur; « dans les épines » (Mc 4,7), et il est
aussitôt étouffé dans le cur des hommes, aux prises
avec nombre de préoccupations. Mais une partie tombe « dans la bonne
terre » (Mc 4,8), c'est-à-dire en des hommes et des femmes
ouverts à la relation personnelle avec Dieu et solidaires avec leur
prochain, et elle donne du fruit en abondance. Jésus, dans la parabole,
annonce une bonne nouvelle: le Royaume de Dieu vient, en dépit des
difficultés dues au terrain, des tensions, des conflits et des problèmes
du monde. La semence de l'Evangile féconde l'histoire des hommes et
annonce une récolte abondante. Jésus informe également que
la Parole de Dieu ne germe que dans un cur disposé à
l'accueillir.
Un regard sur le monde avec les yeux de la foi
16. L'Eglise continue de semer l'Evangile de Jésus dans le vaste
champ de Dieu. Les chrétiens, insérés dans les contextes
sociaux les plus divers, portent sur le monde le même regard que Jésus
portait sur la société de son temps. Le disciple de Jésus-Christ
participe, en effet, du dedans aux « joies et aux espoirs, aux tristesses
et aux angoisses des hommes de ce temps »,(12)il regarde l'histoire
humaine, il y participe, non seulement avec la raison mais aussi avec la foi. A
la lumière de la foi, le monde apparaît en même temps «
fondé et conservé par l'amour du Créateur, tombé
sous l'esclavage du péché, mais libéré par le
Christ, crucifié et ressuscité et qui a brisé le parvoir du
Malin ».(13)
Le chrétien sait qu'à toute réalité et événement
humain sont sous-tendues en même temps:
l'action créatrice de Dieu, qui communique à tout être
sa bonté,
la force engendrée du péché, qui limite et
engourdit l'homme,
le dynamisme qui jaillit de la Pâque du Christ comme
un germe de renouveau qui donne au croyant l'espérance d'un «
accomplissement » (14) définitif.
Un regard sur le monde qui ne tiendrait pas compte de l'un de ces trois
aspects, ne serait pas authentiquement chrétien. C'est pourquoi il est
important que la catéchèse sache initier les catéchumènes
et les catéchisés à une lecture théologique des
problèmes modernes.(15)
Le champ du monde
17. Mère des hommes, l'Eglise voit avant tout, avec une douleur
profonde, « une multitude incalculable d'hommes et de femmes, d'enfants,
d'adultes et de vieillards, en un mot une multitude des personnes humaines concrètes
et uniques, qui souffrent sous le poids intolérable de la misère ».(16)
Par une catéchèse dans laquelle son enseignement social a sa
place,(17) elle souhaite susciter dans le cur des chrétiens «
l'engagement pour la justice » (18) et l'« option ou amour préférentiel
pour les pauvres »,(19) de sorte que sa présence soit vraiment la
lumière qui éclaire et le sel qui transforme.
Les droits de l'homme
18. Dans son analyse du champ du monde, l'Eglise est très sensible à
tout ce qui offense la dignité de la personne humaine.
Elle sait que les droits de l'homme découlent de cette dignité;
(20) ils sont l'objet constant du souci constant et de l'engagement des chrétiens.
C'est pourquoi son regard ne se porte pas uniquement sur les indicateurs économiques
et sociaux,(21) mais surtout sur ceux qui sont culturels et religieux. Son
objectif est le développement intégral des personnes et des
peuples.(22)
L'Eglise se réjouit qu'actuellement « un courant bienfaisant
parcourt et envahit tous les peuples de la terre, qui ont pris davantage
conscience de la dignité de l'homme ».(23) Cette conscience
s'exprime par un souci profond du respect des droits de l'homme et par un ferme
rejet de ses violations. Le droit à la vie, au travail, à l'éducation,
à la création d'une famille, à la participation à la
vie publique, à la liberté religieuse sont, aujourd'hui, particulièrement
revendiqués.
19. Cependant en divers endroits, et en contradiction apparente avec la
perception de la dignité de la personne, les droits de l'homme sont
clairement bafoués,(24) Cela provoque d'autres formes de pauvreté
qui ne sont pas d'ordre matériel: il s'agit d'une pauvreté
culturelle et religieuse qui préoccupe également la communauté
ecclésiale. La négation ou la limitation des droits de l'homme, en
effet, appauvrit la personne et les peuples tout autant sinon plus que la
privation de biens matériels.(25)
L'uvre évangélisatrice de l'Eglise, dans ce vaste
domaine des droits de l'homme, ne peut renoncer à la tâche de faire
découvrir la dignité inaliénable de toute personne humaine.
En un certain sens, « c'est la tâche centrale et unifiante du service
que l'Eglise, et en elle les fidèles laïcs, est appelée à
rendre à la famille des hommes ».(26) La catéchèse
doit les préparer à ce devoir.
La culture et les cultures
20. Le semeur sait que la semence pénètre en des terreaux
concrets et qu'il lui faut absorber tous les éléments nécessaires
pour porter du fruit.(27) Il sait également que, parfois, certains de ces
éléments peuvent compromettre la germination et la récolte.
La constitution « Gaudium et Spes » souligne la grande
importance de la science et de la technique dans la gestation et dans le développement
de la culture moderne. La mentalité scientifique qui en découle «
modifie profondément l'état culturel et les modes de penser »(28)
avec des conséquences humaines et religieuses considérables. La
rationalité scientifique et expérimentale est profondément
enracinée dans l'homme d'aujourd'hui.
Cependant, la conscience que ce type de rationalité ne peut pas tout
expliquer gagne aujourd'hui du terrain. Les hommes de science eux-mêmes
constatent qu'un autre type de connaissance doit s'ajouter à la rigueur
de l'expérience pour comprendre en profondeur l'être humain. La réflexion
philosophique sur le langage montre, par exemple, que la pensée
symbolique est une forme d'accès au mystère de la personne
humaine, inaccessible autrement. D'où l'exigence d'une rationalité
qui ne divise pas l'être humain, qui intègre son affectivité,
l'unifie, donnant un sens plus profond à sa vie.
21. Ces « nouvelles formes de culture »(29) s'accompagnent
aujourd'hui d'un désir croissant de remettre en valeur les cultures
autochtones. La question du Concile demeure: « Comment favoriser le
dynamisme et l'expansion d'une culture nouvelle sans que disparaisse la fidélité
vivante à l'héritage des traditions? ».(30)
En de nombreux lieux, on se rend compte que les cultures
traditionnelles subissent l'agression d'influences extérieures dominantes
et d'imitations aliénantes de modes de vie importés, qui minent
progressivement l'identité et les valeurs propres des peuples.
On constate aussi l'influence considérable des moyens de
communication qui, à des fins économiques ou idéologiques
souvent, imposent une vision de la vie qui ne respecte pas la physionomie
culturelle des peuples auxquels ils s'adressent.
L'évangélisation trouve ainsi, dans l'inculturation, l'un de
ses plus grands défis. L'Eglise, à la lumière de
l'Evangile, doit assumer toutes les valeurs positives de la culture et des
cultures,(31) et rejeter les éléments qui empêchent les
personnes et les peuples de développer leurs potentialités
authentiques.
La situation religieuse et morale
22. Parmi les éléments qui constituent le patrimoine culturel
d'un peuple, l'aspect religieux et moral revêt, pour le semeur, une
importance particulière. L'indifférence religieuse continue de se
diffuser dans la culture actuelle: « Beaucoup de nos contemporains (...) ne
perçoivent pas du tout ou même rejettent explicitement le rapport
intime et vital qui unit l'homme à Dieu ».(32)
L'athéisme, négation de Dieu, « compte parmi les faits
les plus graves de ce temps ».(33) Il s'exprime avec des nuances diverses
mais, de nos jours, il se manifeste sous la forme du sécularisme qui
consiste en une vision autonomiste de l'homme et du monde « d'après
laquelle ce dernier s'explique par lui-même sans qu'il soit besoin de
recourir à Dieu ».(34) Dans le domaine spécifiquement
religieux, il y a pourtant des « signes d'un retour au sens du sacré
»,(35) d'une soif nouvelle de réalités trancendantes et
divines. Le monde actuel témoigne, sous des formes toujours plus vastes
et plus vives, d'« un réveil de la recherche religieuse ».(36)
Ce phénomène n'est certes pas dépourvu d'ambiguités.(37)
La prolifération des sectes et des nouveaux mouvements religieux ainsi
que la résurgence du « fondamentalisme »(38) incitent l'Eglise à
s'interroger sérieusement et méritent une analyse très
attentive.
23. La situation morale évolue de la même manière, de
nos jours, que la situation religieuse. On constate en effet un obscurcissement
de la vérité ontologique de la personne humaine. Tout se passe
comme si le refus de Dieu voulait signifier une rupture intérieure des
aspirations de l'être humain.(39) On assiste ainsi, en de nombreux
endroits, à un « relativisme éthique qui enlève à
la convivialité civile toute référence morale sûre ».(40)
L'évangélisation trouve dans le terrain religieux et moral un
champ privilégié. La mission première de l'Eglise est, en
effet, d'annoncer Dieu et d'être son témoin face au monde. Il
s'agit de faire connaître le vrai visage de Dieu ainsi que son dessein
d'amour et de salut pour les hommes, comme Jésus l'a révélé.
Pour préparer de tels témoins, l'Eglise doit développer
une catéchèse qui favorise la rencontre avec Dieu, et qui renforce
un lien permanent de communion avec Lui.
L'Eglise dans le champ du monde
La foi des chrétiens
24. Les disciples de Jésus sont immergés dans le monde comme
un levain, mais comme à chaque époque, ils n'échappent pas à
l'influence des situations humaines.
C'est pourquoi il est nécessaire de s'interroger sur la situation
actuelle de la foi des chrétiens.
Le renouveau catéchétique réalisé dans l'Eglise
lors des dernières décennies est en train de donner de nombreux
fruits positifs.(41) La catéchèse des enfants, des jeunes et des
adultes, au cours de ces dernières années, a donné
naissance à un type de chrétien vraiment conscient de sa foi et
vivant en cohérence avec elle. Cette catéchèse a en effet
favorisé chez ces chrétiens:
une nouvelle expérience vitale de Dieu comme Père miséricordieux;
une redécouverte plus profonde de Jésus-Christ, non
seulement dans sa divinité mais aussi dans sa véritable humanité;
le sens d'être tous coresponsables de la mission de l'Eglise
dans le monde;
la prise de conscience des exigences sociales de la foi.
25. Cependant, devant le panorama religieux actuel, un test s'impose aux
fils de l'Eglise: « A quel point ne sont-ils pas eux-mêmes atteints
par l'atmosphère de sécularisme et de relativisme éthique? »(42)
Une première catégorie est représentée par «
des multitudes de personnes qui ont reçu le baptême mais vivent en
dehors de toute vie chrétienne ».(43) Il s'agit d'une foule de chrétiens
« non-pratiquants »,(44) même si, au fond du cur de
beaucoup, le sentiment religieux n'a pas totalement disparu. Les réveiller
à la foi est un véritable défi pour l'Eglise.
Il y a aussi les « gens simples »(45) qui expriment parfois des
sentiments religieux très sincères et une « religiosité
populaire »(46) très ancrée. Ils ont une certaine foi, «
mais en connaissent mal les fondements ».(47) Il y a encore ces nombreux
chrétiens, très cultivés, mais qui n'ont reçu de
formation religieuse que dans leur enfance, et qui éprouvent le besoin de
remettre en place leur foi et de la faire mûrir sous une autre lumière.(48)
. En outre, un certain nombre de baptisés cachent malheureusement
leur identité chrétienne, soit en raison d'une mauvaise compréhension
du dialogue interreligieux, soit parce qu'ils sont mal à l'aise pour témoigner
de leur foi en Jésus-Christ dans la société contemporaine.
Ces situations de la foi des chrétiens réclament de toute
urgence de la part du semeur la mise en route d'une « nouvelle évangélisation
»,(49) surtout dans les Eglises d'ancienne tradition chrétienne, où
le sécularisme a le plus pénétré. Dans cette
situation nouvelle qui a besoin d'évangélisation, l'annonce
missionnaire et la catéchèse, surtout pour les jeunes et les
adultes, sont, de toute évidence, prioritaires.
La vie interne de la communauté ecclésiale
27. Il est important d'examiner aussi la vie même de la communauté
ecclésiale, sa qualité intime.
En premier lieu, il faut voir comment le Concile Vatican II a été
accueilli dans l'Eglise et quels en ont été les fruits. Les grands
documents conciliaires ne sont pas restés lettre morte: on constate leurs
effets. Les quatre Constitutions (Sacrosanctum Concilium, Lumen Gentium, Dei
Verbum, et Gaudium et Spes) ont fécondé l'Eglise. En
effet:
la vie liturgique est perçue davantage comme la source et le
sommet de la vie ecclésiale.
Le peuple de Dieu a pris une conscience plus vive du « sacerdoce
commun »(50) qui trouve sa racine dans le baptême. En même
temps, il redécouvre toujours plus la vocation universelle à la
sainteté et un sens plus vif du service de la charité.
La communauté ecclésiale a acquis un sens plus vif de
la Parole de Dieu. L'Ecriture Sainte, par exemple, est lue, goûtée
et méditée d'une manière plus intense.
La mission de l'Eglise dans le monde est perçue d'une manière
nouvelle. En effet, sur la base d'un renouveau intérieur, le Concile a
montré aux catholiques l'exigence d'une évangélisation
toujours liée à la promotion humaine; la nécessité
du dialogue avec le monde et avec les diverses cultures et religions et
l'urgence de rechercher l'unité des chrétiens.
28. Certes, des fautes et des difficultés ont marqué la réception
du Concile,(51) il faut le reconnaître. Malgré l'ampleur et la
profondeur de la doctrine ecclésiologique, le sens de l'appartenance à
l'Eglise s'est affaibli; on assiste souvent à « une désaffection
à l'égard de l'Eglise ».(52) On la regarde parfois unilatéralement
comme une pure institution, privée de son mystère.
Des positions partiales et opposées ont été prises
parfois dans l'interprétation et dans l'application du renouveau demandé
à l'Eglise par le Concile Vatican II. De telles idéologies et
attitudes ont conduit à des éclatements, compromettant le témoignage
de communion indispensable pour l'évangélisation.
L'action évangélisatrice de l'Eglise, et en elle la catéchèse,
doit chercher plus fermement à consolider la cohésion ecclésiale.
Dans ce but, il est urgent de promouvoir et d'approfondir une authentique ecclésiologie
de communion(53) et d'engendrer chez les chrétiens une spiritualité
ecclésiale profonde.
La situation de la catéchèse: vitalité et problèmes
29. Nombreux sont les aspects positifs de la catéchèse qui,
ces dernières années, montrent sa vitalité. Certains méritent
d'être mis en évidence:
Le grand nombre de prêtres, de religieux et de laïcs qui
se consacrent avec enthousiasme et persévérance à la catéchèse.
C'est l'une des activités ecclésiales les plus mises en relief.
Il faut souligner aussi le caractère missionnaire de la catéchèse
actuelle et sa tendance à garantir l'adhésion à la foi des
catéchumènes et des catéchisés, dans un monde où
le sens religieux s'obscurcit. Dans cette dynamique, on perçoit
clairement que la catéchèse doit acquérir le caractère
de la formation intégrale, et ne pas se réduire à un simple
enseignement: elle devra, en effet, travailler à susciter une véritable
conversion.(54)
D'où l'importance extraordinaire du développement de la
catéchèse des adultes(55) dans le projet catéchétique
de très nombreuses Eglises particulières. Cette option semble être
devenue prioritaire dans les plans pastoraux de nombreux diocèses. Elle
occupe une place centrale également dans certains mouvements et groupes
ecclésiaux.
Favorisée sans doute par les orientations récentes du
Magistère, la pensée catéchétique a gagné, de
nos jours, en densité et en profondeur. De nombreuses Eglises particulières
disposent déjà d'orientations pastorales adaptées.
30. Toutefois, il est nécessaire d'examiner attentivement certains
problèmes pour essayer de leur trouver des solutions:
Le premier a trait à la conception de la catéchèse
comme école de foi, comme apprentissage et entraînement à
toute la vie chrétienne, conception qui n'est pas pleinement entrée
dans la conscience des catéchistes.
En ce qui concerne l'orientation de fond, le concept de « Révélation
» imprègne généralement l'activité catéchétique;
cependant le concept conciliaire de « Tradition » en tant que réel
élément d'inspiration a une influence moins grande. De fait, dans
beaucoup de catéchismes, la référence à l'Ecriture
Sainte est quasi exclusive, et pas suffisamment accompagnée de la réflexion
et de la vie bimillénaire de l'Eglise.(56) La nature ecclésiale de
la catéchèse apparaît, dans ce cas, moins claire. Le
concours de la Sainte Ecriture, de la Tradition et du Magistère, «
chacun à sa façon »,(57) ne féconde pas encore
harmonieusement la transmission catéchétique de la foi.
Quant à l'objectif de la catéchèse, à
savoir la promotion de la communion avec Jésus-Christ, la nécessité
apparaît d'une présentation plus équilibrée de toute
la vérité sur le mystère du Christ. L'accent est mis
parfois uniquement sur son humanité, sans référence
explicite à sa divinité; en d'autre cas, moins fréquents de
nos jours, l'accent est mis exclusivement sur sa divinité, au point
d'assombrir la réalité du mystère de l'Incarnation du
Verbe.(58)
Quant au contenu de la catéchèse, divers problèmes
demeurent, comme certaines lacunes doctrinales au sujet de la vérité
sur Dieu et sur l'homme, sur le péché, la grâce et les fins
dernières. Une formation morale plus solide est nécessaire;
l'histoire de l'Eglise est présentée de manière inadéquate
et sa doctrine sociale n'est pas assez mise en évidence. En certaines régions,
on assiste à une prolifération de catéchismes et de textes
dus à des initiatives particulières, aux tendances sélectives
et aux accentuations si différentes qu'elles nuisent à
l'indispensable convergence dans l'unité de la foi.(59)
« La Catéchèse est intrinsèquement reliée
à toute l'action liturgique et sacramentelle ».(60) Souvent,
pourtant, la pratique de la catéchèse n'a qu'un rapport faible ou
décousu avec la liturgie. On constate peu d'attention aux signes et aux
rites liturgiques et une pauvre mise en valeur des sources liturgiques. Des
parcours catéchètiques sont peu ou pas du tout reliés à
l'année liturgique et les célébrations n'y ont qu'une présence
marginale.
En ce qui concerne la pédagogie, après l'insistance
excessive de certains sur la valeur des méthodes et des techniques, on
continue à ne pas porter l'attention qu'il faudrait aux exigences et à
l'originalité de la pédagogie propre de la foi.(61) On tombe
facilement dans le dualisme « contenu-méthode », avec des réductions
dans un sens comme dans l'autre. Quant à la dimension pédagogique,
le discernement théologique nécessaire n'a pas toujours été
opéré.
Enfin, en ce qui concerne la différence des cultures dans le
service de la foi, le problème reste de savoir transmettre l'Evangile en
tenant compte du contexte culturel des peuples auxquels il est annoncé,
de sorte qu'il puisse être réellement perçu comme une grande
nouvelle pour la vie des personnes et de la société.(62)
La formation à l'apostolat et à la mission est l'une
des tâches fondamentales de la catéchèse. Cependant, tandis
que progresse dans l'activité catéchétique une nouvelle
sensibilité concernant la formation des fidèles laïcs au témoignage
chrétien, au dialogue interreligieux et à l'engagement séculier,
l'éducation à la mission ad gentes apparaît encore
faible et insuffisante. Souvent la catéchèse ordinaire réserve
une attention marginale et épisodique aux missions.
Les semailles de l'evangile
31. Après avoir examiné le terrain, le semeur envoie ses
ouvriers annoncer l'Evangile dans le monde entier, en leur communiquant
dans ce but la force de son esprit. Il leur enseigne, en même
temps, à lire les signes des temps et exige d'eux qu'ils soient bien préparés
pour les semailles.
Comment lire les signes des temps
32. La voix de l'Esprit que Jésus, par le Père, a fait
parvenir à ses disciples se fait entendre aussi à travers les événements
de l'histoire.(63) Dans les mutations de la situation actuelle et dans les
motivations profondes des défis lancés à l'évangélisation,
il faut découvrir « les signes véritables de la présence
ou du dessein de Dieu ».(64) Cette analyse doit s'effectuer à la
lumière de la foi, avec une attitude de compassion et de miséricorde.
Avec l'aide des sciences humaines,(65) toujours nécessaires, l'Eglise
cherche à découvrir le sens de la situation actuelle à
l'intérieur de l'histoire du Salut. Ses jugements sur la réalité
sont toujours des diagnostics en vue de la mission.
Quelques défis pour la catéchèse
33. Pour être en mesure d'exprimer sa vitalité et son efficacité,
la catéchèse aujourd'hui devrait prendre les orientations
suivantes:
avant tout, se proposer comme un véritable service pour l'évangélisation
de l'Eglise, avec un caractère missionnaire accentué;
elle doit s'adresser à certains de ses destinataires privilégiés,
comme ont été et continuent de l'être les petits enfants,
les enfants, les adolescents, les jeunes et les adultes, en partant surtout de
ces derniers;
à l'exemple de la catéchèse patristique, elle
doit modeler la personnalité du croyant et être par conséquent
une école vraie et propre de pédagogie chrétienne;
elle doit annoncer les mystères essentiels du christianisme,
en promouvant l'expérience trinitaire de la vie dans le Christ comme
centre de la vie de foi;
elle doit enfin considérer comme tâche prioritaire la préparation
de catéchistes qui aient une foi profonde.
PARTIE I
LA CATECHESE DANS LA MISSION EVANGELISATRICE DE L'EGLISE
La catéchèse dans la mission évangélisatrice
de l'Eglise
« Allez dans le monde entier, proclamez l'Evangile à toute
la création » (Mc 16,15). « Allez donc, de
toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et
du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je
vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu'à la
fin du monde » (Mt 28, 19-20). « Vous allez
recevoir une force, celle de l'Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez
alors mes témoins... jusqu'aux extrémités de la terre »
(Ac 1,8).
Le mandat missionnaire de Jésus
34. Jésus, après sa résurrection, envoya l'Esprit-Saint
de la part du Père pour qu'il accomplisse de l'intérieur l'uvre
du salut et qu'il stimule les disciples à poursuivre sa mission dans le
monde entier, comme lui-même avait été envoyé par le
Père. Il fut le premier évangélisateur, le plus grand. Il
annonça le Royaume de Dieu (66) comme étant l'intervention
nouvelle et définitive de Dieu dans l'histoire, et il désigna
cette annonce comme « l'Evangile », c'est-à-dire la
Bonne Nouvelle. Il lui consacra toute sa vie terrestre: il fit connaître
la joie d'appartenir au Royaume,(67) les exigences de celui-ci et sa grande
charte,(68) les mystères qu'il contient,(69) la vie fraternelle de ceux
qui y pénètrent,(70) et sa plénitude future.(71)
Sens et but de cette partie
35. Cette première partie entend définir le caractère
propre de la catéchèse.
Le premier chapitre porte sur la structure théologique; il rappelle
brièvement le concept de Révélation exposé dans le
Document conciliaire Dei Verbum. Il précise la manière de
concevoir le ministère de la Parole. Les concepts de parole de Dieu,
Evangile, Royaume de Dieu et Tradition, présents dans la Constitution
dogmatique, fondent le sens de la catéchèse. Avec eux, le concept
d'évangélisation devient un repère obligé
pour la catéchèse. Sa dynamique et ses éléments sont
exposés avec une précision nouvelle et approfondie dans
l'Exhortation Apostolique Evangelii Nuntiandi.
Le deuxième chapitre situe la catéchèse dans le cadre
de l'évangélisation et la met en relation avec les autres formes
du ministère de la parole de Dieu. Grâce à ce rapport, on découvre
plus facilement le caractère propre de la catéchèse.
Le troisième chapitre analyse plus directement la catéchèse
en tant que telle: sa nature ecclésiale, sa finalité contraignante
de communion avec Jésus-Christ, ses devoirs, l'esprit catéchuménal
qui l'anime.
La conception que l'on a de la catéchèse conditionne profondément
la sélection et l'organisation de ses contenus (cognitifs, expérimentaux,
comportementaux), en précise les destinataires et définit
la pédagogie requise pour en atteindre les objectifs.
Le terme « catéchèse » a subi une évolution sémantique
durant les vingt siècles d'histoire de l'Eglise. En ce directoire la
conception de la catéchèse s'inspire des documents du magistère
pontifical post-conciliaire, et surtout d'Evangelii nuntiandi, Catechesi
tradendae et Redemptoris missio.
CHAPITRE I
La révélation et sa transmission par
l'évangélisation
« Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ,
qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions
spirituelles, aux cieux, dans le Christ... Il nous a fait connaître le
mystère de sa volonté, ce dessein bienveillant qu'il avait formé
en lui par avance, pour le réaliser quand les temps seraient accomplis:
ramener toutes choses sous un seul Chef, le Christ » (Ep 1,3-10).
La Révélation du dessein providentiel de Dieu
36. « Dieu, qui crée et conserve toute chose par son Verbe,
offre aux hommes, dans les choses créées, un perpétuel témoignage
de lui-même ».(72) L'homme est, par nature et vocation « capable
de Dieu »; il peut donc, quand il écoute le message de la Création,
parvenir à la certitude que Dieu, cause et fin de tout, existe et peut se
révéler à l'homme.
La constitution Dei Verbum du Concile Vatican II a décrit la
Révélation comme l'acte par lequel Dieu se manifeste
personnellement aux hommes. Dieu se montre, en effet, comme celui qui veut se
communiquer lui-même, en rendant la personne humaine participante à
sa nature divine.(73) Il réalise ainsi son dessein d'amour.
« Il a plu à Dieu dans sa sagesse et sa bonté de se révéler
lui-même aux hommes et de faire connaître le mystère de sa
volonté... pour les inviter et les admettre à partager sa propre
vie ».(74)
37. Ce dessein providentiel (75) du Père, pleinement révélé
en Jésus-Christ, se réalise par la force de l'Esprit Saint.
Il comprend:
La révélation de Dieu, de sa « vérité
profonde »,(76) de son « secret »,(77) de la vraie vocation et
dignité de la personne humaine; (78)
l'offre du salut à tous les hommes, comme don de la grâce
et de la miséricorde de Dieu,(79) qui implique la délivrance du
mal, du péché, de la mort; (80)
l'appel définitif à rassembler, dans la famille de
Dieu, tous les fils dispersés, réalisant ainsi l'union fraternelle
des hommes.(81)
La Révélation: faits et paroles
38. Pour se révéler à la personne humaine, Dieu, dans
son immensité, a recours à une pédagogie: (82) il se sert
d'événements et de paroles humaines pour communiquer son dessein;
il le fait progressivement et par étapes,(83) pour mieux se rapprocher
des hommes. Dieu agit en effet en sorte que les hommes parviennent à la
connaissance de son dessein de salut à travers les événements
de l'histoire du salut et les paroles inspirées qui les accompagnent et
les expliquent.
« Cette économie de la Révélation comprend des événements
et des paroles intimement unis entre eux, de sorte que
les uvres réalisées par Dieu dans
l'histoire du salut, attestent et corroborent et la doctrine et le sens indiqué
par les paroles,
tandis que les paroles publient les uvres et éclairent
le mystère qu'elles contiennent ».(84)
39. L'évangélisation, qui transmet au monde la Révélation,
s'accomplit également par des uvres et des paroles. Elle est, à
la fois, témoignage et annonce, parole et sacrement, enseignement et
engagement.
De son côté, la catéchèse transmet les faits et
les paroles de la Révélation: elle doit les proclamer et les
raconter et, en même temps, éclairer les mystères profonds
qu'ils renferment. D'autre part, la catéchèse fait mémoire
non seulement des merveilles réalisées par Dieu dans le passé,
mais, à l'aide de la Révélation qui est source de lumière
pour la personne humaine, elle interprète les signes des temps et la vie
présente des hommes et des femmes, puisque c'est en eux que s'accomplit
le dessein de Dieu pour le salut du monde.(85)
Jésus-Christ, médiateur et plénitude de la Révélation
40. Dieu s'est révélé progressivement aux hommes, par
l'intermédiaire des prophètes et des événements
salvifiques, jusqu'à l'accomplissement de sa Révélation par
l'envoi de son propre Fils: (86)
« Jésus-Christ, par toute sa présence et par la
manifestation qu'il fait de lui-même en paroles et en uvres, par
signes et miracles, et plus particulièrement par sa mort et par sa résurrection
glorieuse d'entre les morts, par l'envoi, enfin, de l'Esprit de vérité,
achève en la complétant la révélation ».(87)
Jésus-Christ n'est pas seulement le plus grand des prophètes,
il est le Fils éternel de Dieu fait homme, et, par conséquent, l'événement
ultime vers lequel convergent tous les événements de l'histoire du
Salut.(88) Il est, en effet, « la Parole unique, parfaite et indépassable
du Père ».(89)
41. Le ministère de la Parole doit mettre en évidence cette
caractéristique admirable, propre à l'économie de la Révélation:
le Fils de Dieu entre dans l'histoire des hommes, assume la vie et la mort
humaines et réalise l'Alliance Nouvelle et définitive entre Dieu
et les hommes. Le rôle propre de la catéchèse est de montrer
qui est Jésus-Christ sa vie et son mystère , et de présenter
la foi chrétienne comme marche à la suite de sa Personne.(90) La
catéchèse doit donc partir toujours des Evangiles, « cur
de toutes les Ecritures en tant qu'ils constituent le témoignage par
excellence sur la vie et sur l'enseignement du Verbe Incarné, notre
Sauveur ».(91)
Le fait que Jésus-Christ soit la plénitude de la Révélation
est le fondement du « christocentrisme » (92) de la catéchèse:
le mystère du Christ, dans le message révélé, n'est
pas un élément ajouté à tant d'autres, mais le
centre à partir duquel tous les autres éléments reçoivent
leur hiérarchie et leur lumière.
La transmission de la Révélation par l'Eglise, uvre
de l'Esprit Saint
42. La Révélation de Dieu, qui culmine en Jésus-Christ,
est destinée à toute l'humanité: « Dieu veut que tous
les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité
» (1 Tm 2,4). En vertu de cette volonté universelle de
salut, Dieu a fait en sorte que la Révélation soit transmise à
tous les peuples et à toutes les générations, et qu'elle
demeure toujours intègre.(93)
43. Pour accomplir le dessein de Dieu, Jésus-Christ a institué
l'Eglise sur le fondement des apôtres et, leur envoyant l'Esprit du Père,
il leur a ordonné de prêcher l'Evangile dans le monde entier. Les
apôtres, par des paroles, des uvres et des écrits, ont
accompli fidèlement ce mandat.(94)
Cette Tradition apostolique se poursuit dans l'Eglise et par l'Eglise. Et
l'Eglise toute entière, pasteurs et fidèles, veille à sa
conservation et à sa transmission. Dans l'Eglise, l'Evangile conserve, en
effet, son intégrité et demeure vivant: les disciples de Jésus-Christ
le contemplent et le méditent sans cesse, le vivent au quotidien et
l'annoncent dans la mission. L'Esprit Saint ne cesse de féconder l'Eglise
quand elle vit l'Evangile; il la fait grandir continuellement dans la compréhension
de l'Evangile, la pousse et la soutient dans la tâche de l'annoncer à
toute la terre.(95)
44. La conservation intègre de la Révélation, parole de
Dieu contenue dans la Tradition et dans l'Ecriture, ainsi que sa transmission
continue, jouissent d'une garantie d'authenticité. Le Magistère de
l'Eglise, soutenue par l'Esprit Saint et doté du « charisme de vérité
», a la charge d'« interpréter de façon authentique la
Parole de Dieu ».(96)
. L'Eglise, « sacrement universel de salut »,(97) mue par le
Saint-Esprit, transmet la Révélation à travers l'Evangélisation:
elle annonce la Bonne Nouvelle du dessein de salut du Père et, dans les
sacrements, communique les dons divins.
A Dieu qui se révèle est due l'obéissance de la foi, en
vertu de laquelle l'homme adhère librement à « l'Evangile de
la grâce de Dieu » (Ac 20, 24), avec plein assentiment de
l'intelligence et de la volonté. Guidé par la foi, don de
l'Esprit, l'homme parvient à contempler et goûter le Dieu d'amour
qui dans le Christ a révélé les richesses de sa gloire.(98)
L'évangélisation (99)
46. L'Eglise « existe pour évangéliser », (100)
c'est-à-dire « pour porter la Bonne Nouvelle à toutes les
couches de l'humanité et, sous son influence, transformer de l'intérieur
et rendre nouvelle l'humanité elle-même ». (101) Le mandat
missionnaire de Jésus revêt divers aspects intimement liés
entre eux: « annoncez » (Mc 16,15), « faites des
disciples et enseignez », (102) « soyez mes témoins »,
(103) « baptisez », (104) « faites ceci en mémoire de moi »
(Lc 22,19), « aimez-vous les uns les autres » (Jn 15,12).
Annonce, témoignage, enseignement, sacrements, amour du prochain,
faire des disciples: autant d'aspects qui sont des chemins et des moyens pour
la transmission de l'unique Evangile et constituent les éléments
de l'évangélisation.
Certains revêtent une telle importance que l'on a parfois tendance à
les identifier avec l'action évangélisatrice. Cependant, «
aucune définition partielle et fragmentaire ne donne raison de la réalité
riche, complexe et dynamique qu'est l'évangélisation ». (105)
On court le risque de l'appauvrir, de la mutiler même. Or, elle doit développer
« sa totalité » (106) et incorporer sa bipolarité
propre: témoignage et annonce, (107) parole et sacrement, (108)
changement intérieur et transformation sociale. (109) Les agents de l'évangélisation
doivent savoir agir avec une « vision globale » (110) de l'évangélisation
et l'identifier avec l'ensemble de la mission de l'Eglise. (111)
Le processus de l'évangélisation
47. L'Eglise, bien qu'elle contienne en elle-même la plénitude
des moyens de salut, uvre de façon graduelle. (112) Le décret
conciliaire Ad Gentes a bien expliqué la dynamique du processus
d'évangélisation: témoignage chrétien, dialogue et
présence de la charité [11-12], annonce de l'évangile et
appel à la conversion [13], catéchuménat et initiation chrétienne
[14], formation de la communauté chrétienne par le moyen des
sacrements et des ministères (15-18). (113) C'est le dynamisme de
l'implantation et de l'édification de l'Eglise.
48. C'est pourquoi, l'évangélisation doit être conçue
comme le processus par lequel l'Eglise, animée par l'Esprit, annonce et
diffuse l'Evangile dans le monde entier:
l'Eglise, animée par la charité, imprègne
et transforme tout l'ordre temporel, en assumant et en renouvelant les cultures;
(114)
elle témoigne (115) parmi les peuples de la nouvelle
manière d'être et de vivre qui caractérise les chrétiens;
elle proclame explicitement l'Evangile, au moyen de la « première
annonce », (116) en appelant à la conversion; (117)
elle initie à la foi et à la vie chrétienne, par
la « catéchèse » (118) et les « sacrements
d'initiation », (119) ceux qui se convertissent à Jésus-Christ,
ou ceux qui recommencent à marcher à sa suite, en incorporant les
uns et les autres dans la communauté chrétienne; (120)
elle développe sans arrêt le don de la communion
(121) chez les fidèles, par l'éducation permanente de la foi (homélies,
autres formes du ministère de la Parole), les sacrements et l'exercice de
la charité;
elle ne cesse de promouvoir la mission, (122) en envoyant
tous les disciples du Christ annoncer l'Evangile, en paroles et en uvres,
dans le monde entier.
49. Le processus d'évangélisation (123) est, par conséquent,
organisé en étapes ou « moments essentiels »: (124)
l'activité missionnaire pour les non-croyants et pour ceux qui vivent
dans l'indifférence religieuse; l'activité catéchistique
d'initiation pour ceux qui choisissent l'Evangile et pour ceux qui ont besoin de
compléter ou de restructurer leur initiation; et l'action pastorale pour
les fidèles chrétiens ayant déjà atteint la maturité
au sein de la communauté chrétienne. (125) Ces moments ne
constituent pas des étapes définitives: ils sont à
reprendre, si nécessaire, puisqu'ils apporteront la nourriture évangélique
la plus adaptée à la croissance spirituelle de chaque personne ou
de la communauté elle-même.
Le ministère de la Parole de Dieu dans l'évangélisation
50. Le ministère de la Parole (126) est un élément
fondamental de l'évangélisation. La présence chrétienne
parmi les différents groupes humains et le témoignage de vie ont
besoin d'être clarifiés et justifiés par l'annonce explicite
de Jésus-Christ, le Seigneur. « Il n'y a pas d'évangélisation
vraie si le nom, l'enseignement, la vie, les promesses, le Règne, le mystère
de Jésus de Nazareth, Fils de Dieu ne sont pas annoncés ».
(127) Même ceux qui sont déjà des disciples du Christ ont
besoin d'être sans cesse nourris de la Parole de Dieu pour grandir dans
leur vie chrétienne. (128)
Le ministère de la Parole, dans l'évangélisation,
transmet la Révélation par l'Eglise, en utilisant des «
paroles » humaines. Mais celles-ci sont toujours référées
aux « uvres »: à celles que Dieu a accomplies et continue
d'accomplir, surtout dans la liturgie; au témoignage de vie des chrétiens;
à l'uvre de transformation que ceux-ci, avec tant d'hommes de bonne
volonté, réalisent dans le monde. Cette parole humaine de l'Eglise
est le moyen dont se sert l'Esprit Saint pour poursuivre le dialogue avec
l'humanité. Il est en effet l'agent principal du ministère de la
Parole, celui par qui « la voix vivante de l'Evangile retentit dans
l'Eglise et, par l'Eglise, dans le monde ». (129)
Il y a « bien des manières » (130) d'exercer le
ministère de la Parole. Au temps des Apôtres, (131) déjà,
dans son désir d'offrir la Parole de Dieu de la façon la mieux
adaptée, l'Eglise a réalisé ce ministère sous de
nombreuses formes. (132) Celles-ci servent toutes à véhiculer ces
fonctions de base que le ministère de la Parole est appelé à
remplir.
Les fonctions et les formes du ministère de la Parole de Dieu
51. Les principales fonctions du ministère de la Parole sont les
suivantes:
Convocation et appel à la foi
C'est la fonction que l'on déduit immédiatement du mandat
missionnaire de Jésus. Elle se réalise par la « première
annonce », adressée aux non-croyants: ceux qui ont choisi de ne pas
croire, les baptisés qui vivent en marge de la vie chrétienne,
ceux qui appartiennent à d'autres religions... (133) L'éveil
religieux des enfants, dans les familles chrétiennes, est aussi une forme
très importante de cette tâche.
L'initiation
Ceux qui, mus par la grâce, décident de suivre Jésus
sont « introduits dans la vie de la foi, de la liturgie et de la charité
du Peuple de Dieu ». (134) L'Eglise réalise cette fonction,
fondamentalement, par la catéchèse, en lien étroit avec les
sacrements d'initiation, qu'ils aient été reçus ou qu'ils
soient encore à recevoir. Parmi les formes importantes: la catéchèse
des adultes non-baptisés dans le catéchuménat; la catéchèse
des adultes baptisés qui souhaitent revenir à la foi, ou de ceux
qui ont besoin de compléter leur initiation; la catéchèse
des enfants et des jeunes qui a, de par elle-même un caractère
d'initiation. De même, l'éducation chrétienne au sein de la
famille et l'enseignement de la religion à l'école exercent une
fonction d'initiation.
L'éducation permanente de la foi
En diverses régions elle est appelée aussi « catéchèse
permanente ». (135)
Elle s'adresse aux chrétiens initiés aux éléments
de base, qui ont besoin de nourrir et de mûrir sans cesse leur foi, tout
au long de leur vie. Cette fonction se réalise sous des formes très
variées: « systématiques ou occasionnelles, individuelles ou
communautaires, organisées ou spontanées, etc. ». (136)
La fonction liturgique
Le ministère de la Parole a également une fonction liturgique
car, lorsqu'il est exercé dans une action sacrée, il en est partie
intégrante. (137) Il s'exprime éminemment à travers l'homélie.
Les interventions et les exhortations au cours des célébrations de
la Parole en constituent d'autres formes. Il faut aussi mentionner la préparation
immédiate aux divers sacrements, aux célébrations
sacramentelles, et surtout à la participation des fidèles à
l'eucharistie, comme une forme première de l'éducation à la
foi.
La fonction théologique
Elle a pour but de développer l'intelligence de la foi en se plaçant
dans la dynamique de la « fides quaerens intellectum », c'est-à-dire
de la foi qui cherche à comprendre. (138) Pour accomplir cette fonction,
la théologie doit entrer en contact et dialoguer avec les courants
philosophiques de pensée, avec les humanismes qui marquent la culture et
avec les sciences humaines. Elle s'articule sous diverses formes qui favorisent
« l'exposé systématique et l'étude scientifique des vérités
de la foi ». (139)
52. Les formes importantes du ministère de la Parole sont: la première
annonce ou prédication missionnaire; la catéchèse pré
et post-baptismale; la forme liturgique et la forme théologique. Il
arrive souvent que ces formes pour des raisons pastorales , doivent
assumer plus d'une fonction. La catéchèse, par exemple, en même
temps que sa fonction d'initiation, doit accomplir fréquemment des tâches
missionnaires. L'homélie elle-même, selon les circonstances,
devrait remplir la tâche de convocation et d'initiation organique.
La conversion et la foi
53. En annonçant au monde la Bonne Nouvelle de la Révélation,
l'évangélisation invite les hommes et les femmes à la
conversion et à la foi. (140) L'appel de Jésus, «
convertissez-vous et croyez à l'Evangile » (Mc 1,15)
retentit aujourd'hui encore, grâce à l'uvre d'évangélisation
de l'Eglise.
La foi chrétienne est, avant tout, conversion à Jésus-Christ,
(141) adhésion pleine et sincère à sa personne et décision
de marcher à sa suite. (142) La foi est une rencontre personnelle avec Jésus-Christ;
c'est devenir son disciple, à savoir s'engager à penser comme lui,
à juger comme lui et à vivre comme il a vécu. (143) Le
croyant s'unit ainsi à la communauté des disciples et fait sienne
la foi de l'Eglise. (144)
54. Ce « oui » à Jésus-Christ, plénitude de
la Révélation du Père, renferme une double dimension:
l'abandon confiant à Dieu et l'assentiment amoureux à tout ce
qu'il nous a révélé. Cela n'est possible que par l'action
de l'Esprit Saint. (145)
« Par l'obéissance de la foi,
l'homme s'en remet tout entier et librement à Dieu,
dans un complet hommage d'intelligence et de volonté à
Dieu qui révèle, et dans un assentiment volontaire à la révélation
qu'il fait ». (146)
« Croire a donc une double référence: à la
personne et à la vérité; à la vérité
par confiance en la personne qui l'atteste ». (147)
55. La foi implique un changement de vie, une « metanoïa »,
(148) c'est-à-dire un changement profond du regard et du cur; elle
conduit le croyant à une « nouvelle manière d'être, de
vivre, de vivre ensemble, que l'Evangile inaugure ». (149) Ce changement de
vie se manifeste à tous les niveaux de l'existence du chrétien:
dans sa vie intérieure d'adoration et d'accueil de la volonté de
Dieu; dans sa participation à la mission de l'Eglise; dans sa vie
conjugale et familiale; dans la vie professionnelle; dans les activités économiques
et sociales.
La foi et la conversion jaillissent du « cur », c'est-à-dire
du plus profond de la personne humaine, et l'engagent tout entière. Par
sa rencontre avec Jésus-Christ et par son adhésion à sa
personne, l'être humain voit se combler ses attentes les plus intimes, il
trouve ce qu'il a toujours cherché et l'obtient en abondance. (150) La
foi répond à cette « attente », (151) souvent
inconsciente et toujours limitée, de connaître la vérité
sur Dieu, sur l'homme et sur sa destinée. Elle est comme une eau pure
(152) sur le chemin de l'homme, pèlerin à la recherche de son
foyer.
La foi est un don de Dieu. Elle ne peut naître à l'intime du cur
de l'homme que comme fruit de la grâce « prévenante et aidante
» (153) et comme réponse, totalement libre, à l'appel de
l'Esprit Saint qui touche le cur et le tourne vers Dieu, en lui donnant «
la douceur de consentir et de croire à la vérité ».
(154)
La Vierge Marie a vécu de la manière la plus parfaite ces
dimensions de la foi. L'Eglise vénère en elle « la réalisation
la plus pure de la foi ». (155)
Le processus de conversion permanente
56. La foi est un don destiné à se développer dans le cur
des croyants. (156) L'adhésion à Jésus-Christ déclenche,
en effet, un processus de conversion permanente qui dure toute la vie. (157) La
personne qui accède à la foi est comme un nouveau-né (158)
qui, petit à petit, grandit et devient un adulte à constituer l'«
Homme parfait », (159) à réaliser la plénitude du
Christ.
Dans le processus de foi et de conversion, divers moments essentiels sont à
souligner du point de vue de la théologie:
a) L'intérêt pour l'Evangile: Le premier
moment est celui au cours duquel la première annonce fait naître
dans le cur du non-croyant, de l'indifférent ou du membre d'une
autre religion, un intérêt pour l'Evangile, sans qu'il s'agisse
encore d'une décision ferme. Ce premier mouvement de l'esprit de l'homme
vers la foi, qui est déjà un fruit de la grâce, porte
plusieurs noms: « inclination à la foi », (160) « préparation
à l'Evangile », (161) inclination à croire, « recherche
religieuse ». (162) L'Eglise appelle ceux qui manifestent cette préoccupation
des « sympathisants ». (163)
b) La conversion. Ce premier intérêt pour
l'Evangile exige un temps de recherche (164) avant de devenir un choix ferme.
L'option pour la foi est une décision qui doit être bien pesée.
Cette recherche, sous l'action de l'Esprit Saint et par l'annonce du kerygme,
conduit à la conversion qui sera, bien sûr, « initiale »,
(165) mais qui est déjà adhésion à Jésus-Christ
et désir de marcher à sa suite. Cette « option fondamentale »
fonde toute la vie chrétienne du disciple du Seigneur. (166)
c) La profession de foi. L'abandon à Jésus-Christ
engendre chez les croyants le désir de le mieux connaître et de
s'identifier à Lui. La catéchèse les initie à la
connaissance de la foi et à l'apprentissage de la vie chrétienne,
en favorisant un itinéraire spirituel qui entraîne « un
changement progressif de la mentalité et des murs », (167)
fait de renoncements et de luttes, mais aussi de joies que Dieu donne sans
mesure. Le disciple de Jésus-Christ est alors prêt pour une
profession de foi vivante, explicite et agissante. (168)
d) Le chemin vers la perfection. Cette maturité
initiale, source de la profession de foi, n'est pas la dernière étape
du processus permanent de conversion. La profession de foi baptismale est le
fondement d'un édifice spirituel destiné à grandir. Le
baptisé, toujours animé par l'Esprit, nourri par les sacrements,
par la prière et par la pratique de la charité, et aidé par
les multiples formes d'éducation permanente à la foi, cherche à
faire sien le désir du Christ: « Soyez parfaits comme votre Père
céleste est parfait » (Mt 5,48). (169) C'est l'appel à
la plénitude adressé à tout baptisé.
57. Le ministère de la Parole est au service de ce processus de
pleine conversion. La première annonce appelle à la foi; la catéchèse
donne un fondement à la conversion et une structure de fond à la
vie chrétienne; l'éducation permanente à la foi dans
laquelle l'homélie tient une place de choix , est la nourriture
dont tout organisme adulte a besoin pour vivre. (170)
L'Evangélisation et les diverses situations socio-religieuses
58. Dans le panorama religieux complexe et mouvant qui se présente à
l'évangélisation, « trois situations » (171) exigent
tout particulièrement des réponses adéquates et différenciées.
a) La situation des « peuples, des groupes humains, des
contextes socio-culturels dans lesquels le Christ et son Evangile ne sont pas
connus, ou dans lesquels il n'y a pas de communautés chrétiennes
assez mûres pour pouvoir incarner la foi dans leur milieu et l'annoncer à
d'autres groupes ». (172) Cette situation requiert la « mission ad
gentes », (173) avec une activité évangélisatrice
centrée de préférence sur les jeunes et les adultes. Sa
particularité tient au fait qu'elle s'adresse aux non-chrétiens en
les invitant à la conversion. Dans cette situation, la catéchèse
se fait d'ordinaire dans le catéchuménat baptismal.
b) Il est, par ailleurs, d'autres situations où, dans un
contexte socio-culturel déterminé, on trouve « des communautés
chrétiennes aux structures ecclésiales fortes et adaptées, à
la foi et à la vie ferventes, qui rendent témoignage à
l'Evangile de manière rayonnante dans leur milieu et qui prennent
conscience du devoir de la mission universelle ». (174) Ces communautés
ont besoin d'une intense « activité pastorale de l'Eglise »,
du moment qu'elles sont constituées de personnes et de familles ayant un
sens chrétien profond. Dans ce contexte, la catéchèse des
petits enfants, des adolescents et des jeunes doit promouvoir de vrais processus
d'initiation chrétienne bien organisés, qui leur permettent
d'arriver à l'âge adulte avec une foi mûre. D'évangélisés,
elle fera d'eux des évangélisateurs. Dans ces situations également,
diverses méthodes sont adoptées pour la formation chrétienne
des adultes.
c) En de nombreux pays de vieille tradition chrétienne et
parfois aussi dans les Eglises plus jeunes, il existe une « situation
intermédiaire », (175) où « des groupes entiers de
baptisés ont perdu le sens de la foi vivante ou vont jusqu'à ne
plus se reconnaître comme membres de l'Eglise, en menant une existence éloignée
du Christ et de son Evangile ». (176) Cette situation requiert une «
nouvelle évangélisation ». Sa caractéristique
consiste dans le fait que l'activité missionnaire s'adresse à des
baptisés de tous âges qui vivent dans un contexte religieux où
les références chrétiennes existent mais ne sont perçues
qu'extérieurement. Dans cette situation, la première annonce et
une catéchèse de base sont une priorité.
Interdépendance entre les activités évangélisatrices
dans ces situations
59. Ces situations socio-religieuses sont évidemment différentes
et il ne faut pas les assimiler. Cette diversité, qui a toujours caractérisé
la mission de l'Eglise, revêt aujourd'hui, dans ce monde qui change, un
aspect nouveau. En effet, diverses situations coexistent sur un même
territoire. Dans les grandes villes, par exemple, il faut faire face à la
situation qui requiert une « mission ad gentes » et à celle qui
requiert « une nouvelle évangélisation ». Au milieu de
celles-ci des communautés chrétiennes missionnaires sont présentes,
édifiées par une « activité pastorale » adaptée.
Souvent de nos jours, sur le territoire d'une Eglise particulière, il
faut faire face à l'ensemble de ces situations. « Les frontières
de la charge pastorale des fidèles, de la nouvelle évangélisation
et de l'activité missionnaire spécifique ne sont pas nettement définissables
et on ne saurait créer entre elles des barrières ou une
compartimentation rigide ». (177) De fait, « chacune exerce une
influence sur l'autre, la stimule et lui vient en aide ». (178)
C'est pourquoi, en vue d'un enrichissement mutuel des activités évangélisatrices
qui coexistent, il faut tenir compte que:
la mission ad gentes, quelle que soit la zone ou le milieu
dans lequel elle se réalise, est la tâche la plus spécifiquement
missionnaire que Jésus ait confiée à son Eglise; elle est
par conséquent le modèle par excellence de toute l'activité
missionnaire de l'Eglise. La « nouvelle évangélisation »
ne peut ni évincer ni remplacer la « mission ad gentes », qui
continue d'être l'activité missionnaire spécifique et première.
(179)
« Le modèle de toute catéchèse est le catéchuménat
baptismal. Il constitue la formation spécifique par laquelle l'adulte
converti à la foi est conduit à la profession de foi baptismale
pendant la veillée pascale ». (180) Cette formation catéchuménale
doit inspirer les autres formes de catéchèse, dans leurs
objectifs et dans leur dynamisme.
« La catéchèse des adultes, s'adressant à
des hommes capables d'une adhésion pleinement responsable, doit être
considérée comme la forme privilégiée de la catéchèse,
à laquelle toutes les autres non moins nécessaires ,
sont d'une certaine manière ordonnées ». (181) Cela implique
que la catéchèse qui s'adresse aux autres tranches d'âge
doit s'y référer et former avec elle un projet catéchistique
cohérent de pastorale diocésaine.
Ainsi, la catéchèse qui fait partie de la mission évangélisatrice
de l'Eglise et qui en est un « moment » essentiel, puise dans l'évangélisation
le dynamisme missionnaire qui la féconde du dedans et lui donne son
identité propre. Le ministère de la catéchèse est
donc un service ecclésial fondamental dans l'accomplissement du mandat
missionnaire de Jésus.
CHAPITRE II
La catéchèse dans le processus d'évangélisation
« Nous l'avons entendu et connu, nos pères nous l'ont raconté;
nous ne le tairons pas à leurs enfants; nous raconterons à la génération
qui vient la puissance du Seigneur et les merveilles qu'Il a accomplies »
(Ps
78,3-4). « Apollos avait été instruit de la Voie
du Seigneur et, dans la ferveur de son âme, il prêchait et
enseignait avec exactitude ce qui concerne Jésus » (Ac
18,25).
60. Ce chapitre expose le rapport de la catéchèse avec les
autres éléments de l'évangélisation dont elle est
partie intégrante.
Il commence par décrire le rapport entre la catéchèse
et la première annonce, qui se réalise dans la mission. Il
souligne ensuite le lien étroit entre la catéchèse et les
sacrements de l'initiation chrétienne. Puis il met en évidence
le rôle fondamental de la catéchèse dans la vie ordinaire de
l'Eglise, dans sa tâche d'éduquer en permanence à la
foi.
Ce chapitre porte une attention particulière au rapport entre la catéchèse
et l'enseignement de la religion à l'école car les deux
activités sont interdépendantes et, avec l'éducation chrétienne
dans la famille, elles sont essentielles à la formation de l'enfance et
de la jeunesse.
Première annonce et catéchèse
61. La première annonce est destinée aux non-croyants et à
ceux qui, de fait, vivent dans l'indifférence religieuse. Elle a pour
objet l'annonce de l'Evangile et l'appel à la conversion. La catéchèse,
qui se « distingue de la première annonce de l'Evangile »,
(182) développe et porte à maturité la conversion initiale
en éduquant le converti à la foi et en l'incorporant dans la
communauté chrétienne. Ainsi, ces deux formes du ministère
de la Parole sont distinctes et se complètent.
La première annonce qui est du devoir de chaque chrétien est
une réponse à l'appel de Jésus à ses disciples: «
Allez ». (183)
Cette première annonce engage par conséquent à sortir, à
se hâter, à proposer. La catéchèse, au contraire,
part de la condition mise par Jésus lui-même: « celui qui
croira », (184) celui qui se convertira, celui qui se décidera. Les
deux actions sont essentielles et s'appellent mutuellement: aller et accueillir,
annoncer et éduquer, appeler et incorporer.
62. Dans la pratique pastorale, cependant, les frontières entre les
deux actions ne sont pas facilement définissables. Souvent, les personnes
qui accèdent à la catéchèse ont besoin, de fait,
d'une conversion authentique. C'est pourquoi l'Eglise souhaite, en général,
qu'une première étape du processus catéchistique soit
consacrée à susciter la conversion. (185) Dans la « missio ad
gentes », cette tâche s'effectue dans le « pré-catéchuménat
». (186) Dans la situation qui requiert la « nouvelle évangélisation,
on a recours à la catéchèse kérygmatique » que
certains appellent « précatéchèse », (187) parce
que, en s'inspirant du pré-catéchuménat, elle est une
proposition de la Bonne Nouvelle en vue d'une option de foi solide. C'est
uniquement à partir de la conversion, c'est-à-dire en comptant sur
l'attitude intérieure de « celui qui croira », que la catéchèse
proprement dite jouera son rôle spécifique d'éducation à
la foi. (188)
Le fait que la catéchèse accomplisse, en un premier temps,
cette tâche missionnaire, ne dispense pas l'Eglise particulière de
promouvoir une intervention action institutionnelle de première annonce
comme accomplissement plus direct du mandat missionnaire de Jésus. Le
renouveau catéchistique doit se fonder sur cette évangélisation
missionnaire préalable.
La catéchèse au service de l'initiation chrétienne
La catéchèse, « moment » essentiel du processus
d'évangélisation
63. L'exhortation apostolique Catechesi Tradendae, en situant la catéchèse
dans la mission de l'Eglise, rappelle que l'évangélisation est une
réalité riche, complexe et dynamique, faite de « moments »
essentiels et différents entre eux. Et elle ajoute: « La catéchèse
est l'un de ces moments et combien remar-
quable de tout le processus d'évangélisation ».
(189) Cela veut dire qu'il y a des activités qui « préparent »
(190) la catéchèse et d'autres qui en « découlent ».
(191)
Le « moment » de la catéchèse est le temps pendant
lequel prend forme la conversion à Jésus-Christ; il établit
les fondements de la première adhésion. Les convertis, par «
une formation à la vie chrétienne intégrale et un
apprentissage mené de la façon qui convient », (192) sont
initiés au mystère du Salut et à un mode de vie évangélique.
Il s'agit, en effet, de les « initier à la plénitude de la
vie chrétienne ». (193)
64. En exerçant de diverses manières cette tâche
d'initiation du ministère de la Parole, la catéchèse établit
les fondements de l'édifice de la foi. (194) D'autres tâches de ce
ministère élèveront ensuite les étages de l'édifice.
La catéchèse d'initiation est ainsi le maillon reliant
l'activité missionnaire, qui appelle à la foi, à l'activité
pastorale qui régénère la communauté chrétienne.
Il ne s'agit donc pas d'une activité facultative, mais fondamentale pour
développer aussi bien la personnalité du disciple que celle de la
communauté. Sans elle, l'activité missionnaire serait vaine. Sans
elle, encore, l'activité pastorale n'aurait pas de fondement et serait
donc superficielle, vague: le moindre coup de vent ferait s'écrouler l'édifice.
(195)
En vérité, « la croissance intérieure de l'Eglise,
sa correspondance avec le dessein de Dieu, dépendent
essentiellement d'elle ». (196) En ce sens, la catéchèse doit
être considérée comme un moment prioritaire dans l'évangélisation.
La catéchèse au service de l'initiation chrétienne
65. La foi, par laquelle l'homme répond à l'annonce de
l'Evangile, exige le baptême. Le lien intime entre foi et baptême
s'enracine dans la volonté même du Christ qui ordonne à ses
apôtres de faire de toutes les nations ses disciples et de les baptiser. «
La mission de baptiser, donc la mission sacramentelle, est impliquée dans
la mission d'évangéliser ». (197)
En recevant les sacrements de l'initiation chrétienne le Baptême,
la Confirmation et l'Eucharistie , ceux qui se sont convertis à Jésus-Christ
et ont été éduqués à la foi par la catéchèse,
sont « délivrés de la puissance des ténèbres;
morts avec le Christ, ensevelis avec Lui et ressuscités avec lui, ils reçoivent
l'Esprit d'adoption des enfants et célèbrent avec tout le Peuple
de Dieu le mémorial de la mort et de la résurrection du Seigneur ».
(198)
. La catéchèse est ainsi un élément fondamental
de l'initiation chrétienne; elle est étroitement liée aux
sacrements de l'initiation, surtout au Baptême, « sacrement de la foi
». (199) Le maillon qui relie la catéchèse au baptême
est la profession de foi; celle-ci est, à la fois, l'élément
intérieur de ce sacrement et l'objectif de la catéchèse. La
finalité de l'activité catéchistique est précisément
de favoriser une profession de foi vivante, explicite et agissante. (200) Pour y
parvenir, l'Eglise transmet aux catéchumènes et à ceux
qu'il faut catéchiser, son expérience vivante de l'Evangile, sa
foi, afin qu'ils se l'approprient en la professant à leur tour. Par conséquent,
« la catéchèse authentique est toujours initiation ordonnée
et systématique à la Révélation que Dieu a faite de
lui-même à l'homme, en Jésus-Christ, Révélation
gardée dans la mémoire profonde de l'Eglise et dans les Saintes
Ecritures, et constamment communiquée, par une « traditio »
vivante et active, d'une génération à l'autre ». (201)
Caractéristiques fondamentales de la catéchèse
d'initiation
67. « Moment essentiel » du processus d'évangélisation,
au service de l'initiation chrétienne, la catéchèse revêt
certaines caractéristiques. (202) Elle est:
Une formation organique et systématique de la foi. Le Synode
de 1977 a souligné la nécessité d'une catéchèse
« structurée et cohérente », (203) étant donné
que l'approfondissement du mystère chrétien distingue
fondamentalement la catéchèse de toutes les autres formes
d'annonce de la Parole de Dieu.
Cette formation organique est plus qu'un enseignement: elle est un
apprentissage de toute la vie chrétienne, « une initiation chrétienne
intégrale » (204) qui permet une vie authentique à la suite
du Christ, centrée sur sa Personne. Il s'agit, en effet, d'éduquer
à la connaissance et à la vie de foi, de sorte que l'homme tout
entier, dans ses expériences les plus profondes, se sente fécondé
par la Parole de Dieu. Le disciple du Christ sera ainsi aidé à
transformer le vieil homme, à assumer les promesses de son Baptême
et à professer la foi à partir du « cur ». (205)
Elle est une formation de base, essentielle, (206) centrée sur
le noyau de l'expérience chrétienne, sur les certitudes de la foi
et sur les valeurs évangéliques les plus fondamentales. La catéchèse
établit les fondements de l'édifice spirituel du chrétien,
nourrit les racines de sa vie de foi, en le préparant à recevoir
la nourriture solide dans la vie ordinaire de la communauté chrétienne.
68. En résumé, organique et systématique, la catéchèse
d'initiation ne peut être un fait circonstanciel ou occasionnel; (207)
apprentissage de la vie chrétienne, elle va au-delà d'un
simple enseignement tout en l'incluant ; (208) essentielle, elle porte
sur ce qui est « ordinaire » pour le chrétien, sans aborder les
questions disputées ni se transformer en recherche théologique.
Enfin, initiation, elle incorpore dans la communauté qui vit, célèbre
et témoigne de la foi. Elle accomplit donc en même temps des tâches
d'initiation, d'éducation et d'instruction. (209) Cette richesse, inhérente
au catéchuménat des adultes non-baptisés, doit inspirer les
autres formes de catéchèse.
La catéchèse au service de l'éducation permanente
de la foi
L'éducation permanente de la foi dans la communauté chrétienne
69. L'éducation permanente de la foi suit l'éducation de base
et la suppose. Toutes deux sont des formes du ministère de la Parole,
distinctes et complémentaires, au service du processus permanent de
conversion.
La catéchèse d'initiation établit les fondements de la
vie chrétienne chez les disciples de Jésus. Le processus permanent
de conversion va au-delà de ce qu'apporte la catéchèse de
base. Pour favoriser ce processus, il faut une communauté chrétienne
qui accueille les catéchumènes, les soutienne et les forme dans la
foi. « La catéchèse risque de se stériliser si une
communauté de foi et de vie chrétienne n'accueille pas le catéchumène
à un certain stade de sa catéchèse ». (210) En
accompagnant le catéchumène, la communauté le fait vivre
pleinement au milieu d'elle.
70. Dans la communauté chrétienne, les disciples de Jésus
s'alimentent à une double table: « tant celle de la Parole de Dieu
que celle du Corps du Christ ». (211) L'Evangile et l'Eucharistie sont la
nourriture constante du pèlerin dans sa marche vers la maison du Père.
L'action de l'Esprit Saint fait que le don de la « communion » et
l'engagement pour la « mission » sont vécus de manière
toujours plus profonde et intense.
L'éducation permanente de la foi s'adresse non seulement à
chaque chrétien qu'elle accompagne dans sa marche vers la sainteté,
mais aussi à la communauté chrétienne qu'elle fait mûrir
dans sa vie intime d'amour de Dieu et des frères et dans son ouverture
missionnaire au monde. Le désir et la prière de Jésus au Père
sont un appel incessant: « Que tous soient un, comme toi, Père, tu
es en moi et moi en toi, afin que le monde croie que tu m'as envoyé ».
(212) Pour s'approcher peu à peu de cet idéal, la communauté
a besoin d'une grande fidélité à l'action de l'Esprit
Saint, de s'alimenter sans cesse au Corps et au Sang du Seigneur et d'éduquer
sa foi en permanence, dans l'écoute de la Parole.
A cette table de la Parole de Dieu, l'homélie occupe une place privilégiée
car « elle reprend l'itinéraire de foi proposé par la catéchèse
et le porte à son achèvement naturel; en même temps, elle
pousse les disciples du Seigneur à reprendre chaque jour leur itinéraire
spirituel dans la vérité, l'adoration et l'action de grâce ».
(213)
Les nombreuses formes de catéchèse permanente
71. Dans l'éducation permanente de la foi, le ministère de la
Parole peut compter sur de nombreuses formes de catéchèse, parmi
lesquelles:
L'étude et l'approfondissement de l'Ecriture Sainte, lue non
seulement dans l'Eglise, mais avec l'Eglise et avec sa foi toujours vivante.
Cela aide à découvrir la vérité divine, de façon
à susciter une réponse de foi. La « lectio divina » est
une des formes par excellence de cette étude vitale de l'Ecriture. (214)
La lecture chrétienne des événements, que réclame
la vocation missionnaire de la communauté chrétienne. A ce
sujet, l'étude de la doctrine sociale de l'Eglise est indispensable
puisque « son but principal est d'interpréter ces réalités
(celles, complexes, de la vie de l'homme dans la société et dans
le contexte international), en examinant leur conformité ou leurs
divergences avec les orientations de l'enseignement de l'Evangile ». (215)
La catéchèse liturgique qui prépare aux
sacrements et favorise une compréhension et une expérience plus
profonde de la liturgie. Elle explique les contenus des prières, le sens
des gestes et des signes, elle éduque à la participation active, à
la contemplation et au silence. Elle doit être considérée «
comme une forme éminente de catéchèse ». (216)
La catéchèse occasionnelle qui aide à interpréter
et à vivre dans une vision de foi certaines circonstances de la vie
personnelle, familiale et sociale. (217)
Les initiatives de formation spirituelle qui renforcent les
convictions, ouvrent à de nouveaux horizons et aident à persévérer
dans la prière et dans les engagements de la « sequela Christi ».
L'approfondissement systématique du message chrétien
par un enseignement théologique qui éduque vraiment à la
foi, qui fait grandir dans l'intelligence de la foi et donne au chrétien
la capacité de rendre compte de son espérance dans le monde
actuel. (218) En un certain sens, on pourrait appeler cet enseignement «
catéchèse de perfectionnement ».
72. Il est extrêmement important que la catéchèse
d'initiation pour les adultes baptisés ou non , la catéchèse
d'initiation pour les enfants et les jeunes et la catéchèse
permanente soient reliées entre elles dans le projet catéchistique
de la communauté chrétienne, afin que l'Eglise particulière
grandisse harmonieusement et que son activité évangélisatrice
découle de sources sûres. « Il importe que catéchèse
d'enfants et de jeunes, catéchèse permanente, catéchèse
d'adultes ne soient pas des domaines étanches... Il faut favoriser leur
parfaite complémentarité ». (219)
Catéchèse et enseignement de la religion a l'école
Le caractère propre de l'enseignement de la religion à l'école
73. Une attention spéciale mérite d'être portée
au sein du ministère de la Parole sur le caractère propre
de l'enseignement religieux à l'école et sur son rapport avec la
catéchèse des enfants et des jeunes.
L'enseignement de la religion à l'école et la catéchèse
ont un rapport distinct et complémentaire: « Il existe un lien
indissoluble et, à la fois, une nette distinction entre l'enseignement de
la religion et la catéchèse ». (220)
Ce qui confère à l'enseignement de la religion à l'école
sa caractéristique, c'est qu'il est appelé à pénétrer
le milieu culturel et à entrer en relation avec d'autres formes du
savoir. En tant que forme originale du ministère de la parole, en effet,
cet enseignement insère l'Evangile dans le processus personnel
d'assimilation, systématique et critique, de la culture.(221)
Dans l'univers culturel intériorisé par les élèves
et défini par les connaissances et par les valeurs offertes par d'autres
disciplines scolaires, l'enseignement de la religion à l'école dépose
le ferment dynamique de l'Evangile et tente de « rejoindre vraiment les
autres éléments du savoir et de l'éducation, afin que
l'Evangile imprègne la mentalité des élèves sur le
terrain de leur formation et que l'harmonisation de leur culture se fasse à
la lumière de la foi ». (222)
D'où la nécessité que l'enseignement de la religion à
l'école apparaisse comme une discipline scolaire, avec la même
exigence d'ordre et de rigueur qu'ont les autres disciplines. Il doit présenter
le message et l'événement chrétien avec le même sérieux
et la même profondeur que ceux mis en uvre par les autres
disciplines pour présenter leurs connaissances. A leurs côtés,
il ne se situe pas comme une chose accessoire, mais comme l'élément
d'un indispensable dialogue interdisciplinaire. Ce dialogue doit s'instaurer,
avant tout, à ce niveau où chaque discipline influe sur la
personnalité de l'élève. Ainsi, la présentation du
message chrétien jouera sur la manière de concevoir l'origine du
monde et le sens de l'histoire, le fondement des valeurs éthiques, le rôle
de la religion dans la culture, la destinée de l'homme, le rapport avec
la nature. L'enseignement religieux à l'école, à travers ce
dialogue interdisciplinaire, fonde, renforce, développe et complète
l'action éducative de l'école. (223)
Le contexte scolaire et les destinataires de l'enseignement scolaire de
la religion
74. L'enseignement de la religion à l'école s'exerce dans des
contextes scolaires différents, ce qui fait que, tout en maintenant son
caractère propre, il prend des accentuations diverses. Celles-ci dépendent
des conditions juridiques et organisationnelles, de la conception de
l'enseignement, des présupposés personnels des enseignants et des élèves,
ainsi que des rapports de l'enseignement de la religion à l'école
avec la catéchèse familiale et paroissiale.
On ne peut réduire à une seule forme tous les modèles
d'enseignement de la religion à l'école qui sont apparus au cours
de l'histoire, suite aux conventions avec les Etats et aux délibérations
des conférences épiscopales. Il est pourtant nécessaire de
s'engager afin que cet enseignement, selon ses présupposés, réponde
à sa finalité et à ses caractéristiques particulières.
(224)
Les élèves « ont le droit d'apprendre avec vérité
et certitude la religion à laquelle ils appartiennent. On ne peut négliger
leur droit à connaître plus à fond la personne du Christ
ainsi que l'intégrité de l'annonce du salut qu'il a apporté.
Le caractère confessionnel de l'enseignement de la religion dans l'école,
dispensé par l'Eglise selon les modalités et les formes établies
en chaque pays, est donc une garantie indispensable offerte aux familles et aux
élèves qui choisissent cet enseignement ». (225)
Pour l'école catholique, cet enseignement de la religion, en étant
qualifié et complété par d'autres formes du ministère
de la Parole (catéchèses, célébrations liturgiques,
etc.), est une partie indispensable de leur tâche pédagogique et le
fondement de leur existence. (226)
L'enseignement de la religion, dans le cadre de l'école publique et
de l'école non-confessionnelle, là où les autorités
civiles ou d'autres circonstances imposent qu'il soit commun aux
catholiques et aux non-catholiques, aura un caractère plus cuménique
et servira à une connaissance interreligieuse commune. (227)
En d'autres circonstances, l'enseignement scolaire de la religion pourra
prendre un caractère plutôt culturel, s'intéressant à
la connaissance des religions, tout en présentant la religion catholique
avec l'importance qui lui revient. (228) Dans ce cas également, surtout
s'il est dispensé par un professeur sincèrement respectueux, il
garde une dimension de vraie « préparation évangélique
».
75. La situation de vie et de foi des élèves qui fréquentent
l'enseignement religieux dans l'école est caractérisée par
une mutation continue et considérable. L'enseignement religieux à
l'école doit tenir compte de ce donné pour pouvoir
rejoindre ses propres finalités.
L'enseignement scolaire de la religion aide les élèves
croyants à mieux comprendre le message chrétien par rapport aux
grands problèmes de l'existence qui sont communs aux religions et caractéristiques
de tout être humain, par rapport aux conceptions de la vie les plus répandues
dans la culture, et aux principaux problèmes moraux qui concernent
l'humanité actuelle.
Quant aux élèves qui sont en phase de recherche, ou confrontés
à des doutes religieux, ils pourront trouver dans l'enseignement
religieux scolaire ce qu'est exactement la foi en Jésus-Christ, quelles
sont les réponses de l'Eglise à leurs questions, leur permettant
de mieux peser leur décision personnelle.
Enfin, pour les élèves non-croyants, l'enseignement scolaire
de la religion revêt les caractéristiques d'une annonce
missionnaire de l'Evangile, en vue d'une décision de foi que la catéchèse,
de son côté, dans un contexte communautaire, fera grandir et mûrir.
Education chrétienne en famille, catéchèse et
enseignement de la religion à l'école au service de l'éducation
dans la foi
76. L'éducation chrétienne en famille, la catéchèse
et l'enseignement de la religion à l'école, chacun selon ses
caractéristiques propres, sont intimement liés entre eux, au
service de l'éducation chrétienne des enfants, des adolescents et
des jeunes. Sur le plan pratique, il faut cependant tenir compte des variations
qui se présentent, afin de procéder avec réalisme et
prudence pastorale à l'application des orientations générales.
Il appartient, par conséquent, à chaque diocèse ou région
pastorale de discerner les diverses circonstances, soit en ce qui concerne
l'existence ou non d'une initiation chrétienne dans le milieu familial,
soit en ce qui concerne les tâches éducatives exercées dans
la tradition ou la situation locale par les paroisses, les écoles, etc.
Les Eglises particulières et la conférence épiscopale
donneront donc les orientations propres aux divers milieux, en encourageant des
activités qui sont, à la fois, distinctes et complémentaires.
CHAPITRE III
Nature, but et tâches de la catéchèse
« ...Que toute langue proclame de Jésus-Christ qu'il est
Seigneur à la gloire de Dieu le Père » (Ph 2,11).
77. Après avoir défini la place de la catéchèse
dans la mission évangélisatrice de l'Eglise, ses rapports avec les
divers éléments de l'évangélisation et avec les
autres formes du ministère de la Parole, ce chapitre entend réfléchir
particulièrement à ce qui suit:
la nature ecclésiale de la catéchèse, c'est-à-dire
le sujet agissant de la catéchèse: l'Eglise animée par
l'Esprit;
la finalité qu'elle poursuit fondamentalement en catéchisant;
les tâches par lesquelles elle réalise cette finalité,
qui constituent ses objectifs les plus immédiats;
la gradualité interne au processus catéchistique et
l'inspiration catéchuménale qui l'anime.
D'autre part, ce chapitre approfondit davantage le caractère propre
de la catéchèse déjà décrit dans le
chapitre précédent lors de l'étude des relations qu'elle établit
avec les autres activités ecclésiales.
La catéchèse, une action de nature ecclésiale
78. La catéchèse est un acte essentiellement ecclésial.
(229) Le vrai sujet de la catéchèse est l'Eglise qui, continuant
la mission du Maître, Jésus, et, sous l'action de l'Esprit, a été
appelée à être éducatrice de la foi. Par conséquent,
l'Eglise, en imitant la Mère du Seigneur, conserve fidèlement
l'Evangile dans son cur, (230) elle l'annonce, le célèbre,
le vit et le transmet, par la catéchèse, à tous ceux qui
ont décidé de suivre Jésus-Christ.
Cette transmission de l'Evangile est un acte vivant de tradition ecclésiale:
(231)
En effet, l'Eglise transmet la foi qu'elle-même vit: son
intelligence du mystère de Dieu et de son dessein de salut; sa vision de
la très haute vocation de l'homme; le style de vie évangélique
qui communique la joie du Royaume; l'espérance qui l'envahit; l'amour
qu'elle ressent pour l'humanité et pour toutes les créatures de
Dieu.
L'Eglise transmet la foi d'une manière active, elle la sème
dans le cur des catéchumènes et des catéchisés,
pour féconder leurs expériences les plus profondes. (232) La
profession de foi reçue de l'Eglise (« traditio »), en
germant et en grandissant tout au long du processus catéchistique, est
restituée (« redditio »), enrichie des valeurs des différentes
cultures. (233) Le catéchuménat devient ainsi un centre
fondamental de développement de la catholicité et un ferment de
renouveau de l'Eglise.
79. En transmettant la foi et la vie nouvelle par l'initiation chrétienne
l'Eglise agit comme la mère des hommes qui engendre des fils conçus
du Saint-Esprit et nés de Dieu. (234) Précisément «
parce qu'elle est notre mère, elle est aussi l'éducatrice de notre
foi ». (235) Elle est, à la fois, mère et éducatrice.
Par la catéchèse, elle nourrit ses fils de sa propre foi et les
incorpore dans la famille de l'Eglise. En mère pleine de bonté,
elle leur offre l'Evangile dans toute son authenticité et sa pureté,
comme une nourriture adaptée, culturellement enrichie, comme une réponse
aux aspirations les plus profondes du cur de l'homme.
But de la catéchèse: la communion avec Jésus-Christ
80. « Le but définitif de la catéchèse est de
mettre quelqu'un non seulement en contact mais en communion, en intimité,
avec Jésus-Christ ». (236)
Toute l'activité évangélisatrice tend à
favoriser la communion avec Jésus-Christ. A partir de la conversion «
initiale » (237) d'une personne au Seigneur, provoquée par l'Esprit
Saint avec la première annonce, la catéchèse se propose de
donner un fondement à cette première adhésion et de la
faire mûrir. Il s'agit d'aider celui qui vient de se convertir à «
...mieux connaître ce Jésus auquel il s'est livré: connaître
son "mystère", le Royaume de Dieu qu'il annonce, les exigences
et les promesses contenues dans son message évangélique, les
sentiers qu'il a tracés pour quiconque veut le suivre ». (238) Le
Baptême est le sacrement « par lequel nous sommes conformés au
Christ », (239) et qui soutient par sa grâce, l'uvre de la catéchèse.
81. La communion avec Jésus-Christ, de par sa dynamique intrinsèque,
pousse le disciple à s'unir à tout ce à quoi Jésus-Christ
était lui-même profondément uni: à Dieu, son Père,
qui l'avait envoyé dans le monde, et à l'Esprit Saint qui lui
donnait l'élan pour la mission; à l'Eglise, son corps, pour
laquelle il se livra, et aux hommes, ses frères, dont il a voulu partager
la condition.
Le but de la catéchèse s'exprime dans la profession de foi
au Dieu unique: Père, Fils et Saint-Esprit
82. La catéchèse est la forme particulière du ministère
de la Parole qui fait mûrir la conversion initiale, jusqu'à ce
qu'elle devienne une profession de foi vivante, explicite et agissante: «
La catéchèse naît de la profession de foi et mène à
la profession de foi ». (240)
La profession de foi, lors du Baptême, (241) est éminemment
trinitaire. L'Eglise baptise « au nom du Père, du Fils et du
Saint Esprit » (Mt 28,19), (242) Dieu un et trine, auquel le
chrétien confie sa vie. La catéchèse d'initiation prépare
avant et après le Baptême à cet engagement décisif.
La catéchèse permanente aidera à faire mûrir la
profession de foi, à la proclamer dans l'Eucharistie et à
renouveler les engagements qu'elle implique. Il est important que la catéchèse
sache bien faire le lien entre la profession de foi christologique, « Jésus
est le Seigneur » et la profession de foi trinitaire, « Je
crois au Père, au Fils et au Saint-Esprit », puisqu'il
ne s'agit que de deux manières d'exprimer la même foi chrétienne.
Celui qui, dans la première annonce, se convertit à Jésus-Christ
et le reconnaît comme Seigneur, entreprend un processus qui, avec l'aide
de la catéchèse, conduit nécessairement à la
profession explicite de la Trinité.
Par la profession de foi en l'unique Dieu, le chrétien renonce à
servir tout autre absolu humain: pouvoir, plaisir, race, ancêtres, Etat,
argent..., (243) et se libère de toute idole qui le rend esclave. Il
proclame sa volonté de servir Dieu et les hommes sans aucune entrave. En
professant sa foi en la Trinité, communion de personnes, le disciple de Jésus-Christ
manifeste, en même temps, que l'amour de Dieu et du prochain est le
principe qui informe son être et son agir.
83. La profession de foi n'est complète qu'en référence
à l'Eglise. Chaque baptisé proclame individuellement le Credo car
aucun acte n'est plus personnel. Mais il le récite dans l'Eglise et par
son intermédiaire, en tant que l'un de ses membres. Le « je crois »
et le « nous croyons » s'impliquent mutuellement. (244) En fondant sa
profession dans celle de l'Eglise, le chrétien est incorporé à
sa mission: être « sacrement universel de salut » pour la vie du
monde. Celui qui proclame la profession de foi prend des engagements qui lui
vaudront souvent la persécution. Dans l'histoire chrétienne, les
annonciateurs et les témoins par excellence sont les martyrs. (245)
Les tâches de la catéchèse réalisent son but
84. Le but de la catéchèse est atteint à travers
diverses tâches qui s'impliquent mutuellement. (246) Pour les mettre en uvre,
la catéchèse s'inspirera de la méthode suivie par Jésus
pour former ses disciples: il leur faisait connaître les diverses
dimensions du Royaume de Dieu (« A vous il a été donné
de connaître les mystères du Royaume de Dieu » Mt
13,1); (247) il leur apprenait à prier (« Lorsque vous priez,
dites: Père... » Lc 11,2); (248) il leur
proposait les attitudes évangéliques (« Mettez-vous à
mon école car je suis doux et humble de cur » Mt
11,29), il les initiait à la mission (« Il les envoya deux par
deux... »
Lc 10,1). (249)
Les tâches de la catéchèse correspondent à l'éducation
des diverses dimensions de la foi, car la catéchèse est une
formation chrétienne intégrale, « ouverte à toutes les
composantes de la vie chrétienne ». (250) En vertu de sa dynamique
interne, la foi exige d'être connue, célébrée, vécue
et traduite en prière. La catéchèse doit promouvoir chacune
de ces dimensions. Mais la foi se vit dans la communauté chrétienne
et s'annonce dans la mission: c'est une foi partagée et annoncée.
Ces dimensions doivent également être favorisées par la catéchèse.
Le Concile Vatican II a exprimé ces tâches ainsi: « la
formation catéchistique qui éclaire et fortifie la foi nourrit la
vie selon l'Esprit du Christ, achemine à la participation consciente
et active au mystère liturgique et incite à l'action apostolique ».
(251)
Les tâches fondamentales de la catéchèse: aider à
connaître, à célébrer, à vivre et à
contempler le mystère du Christ
85. Les tâches fondamentales de la catéchèse sont:
Favoriser la connaissance de la foi
Celui qui a rencontré le Christ souhaite le connaître toujours
plus, tout comme il souhaite connaître le dessein du Père qu'il a révélé.
La connaissance des contenus de la foi (fides quae) est requise par
l'adhésion à la foi (fides qua). (252) Dans l'ordre humain
déjà, lorsqu'on aime une personne, on souhaite la connaître
toujours davantage. La catéchèse doit donc conduire « à
faire percevoir peu à peu la vérité tout entière du
dessein divin », (253) en formant les disciples de Jésus-Christ à
la connaissance de la Tradition et des Ecritures qui sont « la science éminente
de Jésus-Christ » (Ph 3,8). (254)
L'approfondissement dans la connaissance de la foi donne une lumière
chrétienne à l'existence humaine, nourrit la vie de foi, et permet
d'en rendre raison dans le monde. La remise du symbole, synthèse
de l'Ecriture Sainte et de la foi de l'Eglise, exprime la réalisation de
cette tâche.
L'éducation liturgique
En effet, « le Christ est toujours là, auprès de son
Eglise, surtout dans les actions liturgiques ». (255) La communion avec Jésus-Christ
conduit à célébrer sa présence salutaire dans les
sacrements, et, en particulier, dans l'Eucharistie. L'Eglise souhaite ardemment
que tous les fidèles chrétiens soient conduits à cette
participation pleine, consciente et active qu'exige la nature de la liturgie
elle-même, comme aussi la dignité de leur sacerdoce baptismal.
(256) Aussi, la catéchèse doit-elle favoriser non seulement la
connaissance de la signification de la liturgie et des sacrements, mais aussi éduquer
les disciples de Jésus-Christ « à la prière, à
l'action de grâce, à la pénitence, aux prières faites
avec confiance, au sens communautaire, au langage des symboles... »; (257)
tout cela est nécessaire à une vie liturgique authentique.
La formation morale
Se convertir à Jésus-Christ implique de marcher à sa
suite. Aussi la catéchèse doit-elle transmettre aux disciples les
attitudes mêmes du Maître. Ils suivront ainsi un itinéraire
de transformation intérieure, au long duquel, par leur participation au
mystère pascal du Seigneur, ils « passent du vieil homme à
l'homme nouveau dans le Christ ». (258) Le Sermon sur la Montagne, dans
lequel Jésus reprend le décalogue et le marque de l'esprit
des Béatitudes, (259) est une référence indispensable dans
l'éducation morale, aujourd'hui si nécessaire. L'évangélisation,
qui « comporte également l'annonce et la proposition de la morale »,
(260) répand toute sa puissance d'interpellation, quand, avec la parole
annoncée, elle sait offrir également la parole vécue. Ce témoignage
moral, auquel la catéchèse prépare, doit savoir mettre en
valeur les conséquences sociales des exigences évangéliques.
(261)
Enseigner à prier
La communion avec Jésus-Christ conduit les disciples à prendre
la même attitude de prière et de contemplation qui fut celle du Maître.
Apprendre à prier avec Jésus c'est prier avec les mêmes
sentiments qu'il exprimait lorsqu'il s'adressait au Père: d'adoration, de
louange, d'action de grâce, de confiance filiale, de supplication,
d'admiration pour sa gloire. Ces sentiments se reflètent dans le Notre
Père, la prière que Jésus enseigna à ses
disciples et qui est le modèle de toute prière chrétienne.
La « remise du Notre Père », (262) synthèse de
tout l'Evangile, (263) est donc l'expression authentique de l'accomplissement de
cette tâche. Lorsque la catéchèse est donnée dans un
climat de prière, l'apprentissage de toute la vie chrétienne
atteint toute sa profondeur. Ce climat devient particulièrement nécessaire
lorsque le catéchumène et les catéchisés ont à
faire face aux aspects les plus exigeants de l'Evangile et se sentent faibles,
ou lorsqu'ils découvrent avec émerveillement
l'action de Dieu dans leur vie.
Autres tâches fondamentales de la catéchèse:
initiation et éducation à la vie communautaire et à la
mission
86. La catéchèse rend le chrétien capable de vivre en
communauté et de participer activement à la vie et à la
mission de
l'Eglise. Le Concile Vatican II souligne la nécessité, pour
les pasteurs, de « développer vraiment l'esprit communautaire »,
(264) et, pour les catéchumènes, d'« apprendre à coopérer
activement à l'évangélisation et à la construction
de l'Eglise ». (265)
L'éducation à la vie communautaire
a) La vie chrétienne en communauté ne s'improvise
pas; il y faut éduquer avec soin. Dans cet apprentissage, l'enseignement
de Jésus sur la vie communautaire, rapporté dans l'Evangile de
Saint Matthieu, appelle certaines attitudes que la catéchèse devra
inculquer: l'esprit de simplicité et d'humilité (« si
vous ne retournez à l'état des enfants... » Mt
18,3); le souci des plus petits (« si quelqu'un scandalise l'un de ces
petits... » Mt 18,6); l'attention particulière
pour ceux qui se sont éloignés (« aller à la
recherche de la brebis égarée » Mt 18,12); la
correction fraternelle (« reprends-le, seul à seul »
Mt 18,15); la prière en commun (« si deux d'entre
vous unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit » Mt
18,19); le pardon réciproque (« jusqu'à soixante-dix-sept
fois... » Mt 18,22). L'amour fraternel unifie toutes ces
attitudes (« aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés
» Jn 13,34).
b) En éduquant au sens communautaire, la catéchèse
prendra soin aussi de la dimension cuménique et encouragera les
attitudes fraternelles à l'égard des membres des autres Eglises et
communautés chrétiennes. Dans ce but, la catéchèse
exposera donc clairement toute la doctrine de l'Eglise catholique en évitant
des expressions ou des développements qui risquent d'induire en erreur.
Elle favorisera en outre « une bonne connaissance des autres
confessions », (266) avec lesquelles existent des biens communs tels que «
la parole de Dieu écrite, la vie de la grâce, la foi, l'espérance
et la charité, et d'autres dons intérieurs du Saint-Esprit ».
(267) La catéchèse aura une dimension cuménique dans
la mesure où elle saura susciter et alimenter un « vrai désir
de l'unité », (268) non pas en vue d'un irénisme facile, mais
en vue de l'unité parfaite, quand le Seigneur le voudra et par les voies
qu'il voudra.
L'initiation à la mission
a) La catéchèse est également ouverte au
dynamisme missionnaire. (269) Elle s'efforce de faire en sorte que les disciples
de Jésus sachent être présents, en chrétiens, dans la
société, dans la vie professionnelle, culturelle et sociale. Elle
les préparera aussi à apporter leur collaboration dans les divers
services d'Eglise, selon la vocation de chacun. Cet engagement pour l'évangélisation
découle, chez les fidèles laïcs, des sacrements de
l'initiation chrétienne et du caractère séculier de leur
vocation. (270) Il est également important de tout mettre en uvre
en vue de susciter des vocations sacerdotales et de particulière consécration
à Dieu dans les diverses formes de vie religieuse et apostolique, et en
vue d'allumer dans le secret des curs des vocations spécifiquement
missionnaires.
Les attitudes évangéliques proposées par Jésus à
ses disciples, lorsqu'il les initia à la mission, sont celles-là mêmes
que la catéchèse doit promouvoir: aller à la recherche de
la brebis égarée; annoncer et guérir en même temps;
se présenter comme pauvres, sans or ni besace; savoir accepter le rejet
et la persécution; mettre sa confiance dans le Père et dans le
soutien de l'Esprit Saint; n'attendre en récompense que la joie de
travailler pour le Royaume. (271)
b) En éduquant à ce sens missionnaire, la catéchèse
formera au dialogue interreligieux qui peut rendre les fidèles capables
d'une communication fructueuse avec les hommes et les femmes appartenant à
d'autres religions. (272) La catéchèse fera ressortir que le lien
de l'Eglise avec les religions non chrétiennes est, tout d'abord, celui
de l'origine et de la destinée communes du genre humain, tout comme celui
des multiples « semences de la Parole » déposées par
Dieu dans ces religions. La catéchèse aidera aussi à savoir
concilier, et, en même temps, distinguer, l'« annonce du Christ »
et le « dialogue interreligieux ». Ces deux éléments,
bien que restant intimement liés, ne doivent être ni confondus ni
tenus pour équivalents. (273) En effet « le dialogue ne dispense pas
de l'évangélisation ». (274)
Quelques considérations sur l'ensemble de ces tâches
87. Les tâches de la catéchèse constituent donc un
ensemble, aux aspects riches et variés, qui mérite quelques considérations:
Les tâches sont toutes nécessaires. Comme l'organisme
humain a besoin pour vivre que tous ses organes fonctionnent, la vie chrétienne,
pour atteindre sa maturité, a besoin que soient cultivées toutes
ses dimensions: la connaissance de la foi, la vie liturgique, la formation
morale, la prière, l'appartenance communautaire, l'esprit missionnaire.
Si la catéchèse néglige une seule de ces dimensions, la foi
chrétienne n'atteindra pas son plein développement.
Chaque tâche, à sa manière, réalise le but
de la catéchèse. La formation morale, par exemple, est
essentiellement christologique et trinitaire, pleine de signification ecclésiale
et ouverte à la dimension sociale. Il en est de même de l'éducation
liturgique, essentiellement religieuse et ecclésiale, mais aussi très
exigeante dans son engagement d'évangélisation en faveur du monde.
Les tâches s'impliquent mutuellement et se développent
ensemble. Chaque grand thème catéchistique, comme, par exemple, la
catéchèse sur Dieu le Père, a une dimension de connaissance
et des implications morales; elle est intériorisée dans la prière
et assumée dans le témoignage. Une tâche en appelle une
autre: la connaissance de la foi rend apte à la mission; la vie
sacramentelle donne la force pour la transformation morale.
Pour réaliser ses tâches, la catéchèse a
recours à deux grands moyens: la transmission du message évangélique
et l'expérience de la vie chrétienne. (275) Dans l'éducation
liturgique, par exemple, il faut expliquer ce qu'est la liturgie chrétienne
et ce que sont les sacrements; mais il faut aussi faire faire l'expérience
des différents types de célébration, faire découvrir
et aimer les symboles, le sens des gestes corporels, etc. Dans la formation
morale, il faut non seulement transmettre le contenu de la morale chrétienne,
mais cultiver activement les attitudes évangéliques et les valeurs
chrétiennes.
On éduque aux différentes dimensions de la foi aussi
bien sous leur aspect de « don » que sous leur aspect d'«
engagement », de devoir. La connaissance de la foi, la vie liturgique, la «
sequela Christi » sont chacune un don de l'Esprit reçu dans la prière
et, en même temps, une incitation à étudier, au niveau
spirituel, moral et du témoignage. Il faut cultiver les deux aspects.
(276)
Chaque dimension de la foi, comme celle-ci dans son ensemble, doit
s'enraciner dans l'expérience humaine, et ne pas rester un élément
postiche ou isolé. La connaissance de la foi est pleine de sens, elle
illumine toute l'existence et elle dialogue avec la culture; dans la liturgie,
toute la vie personnelle est une offrande spirituelle; la morale de l'Evangile
assume et élève les valeurs humaines; la prière est ouverte
à tous les problèmes personnels et sociaux. (277)
Comme l'indiquait le Directoire de 1971, « il est très important
que la catéchèse conserve cette richesse d'aspects variés,
de sorte qu'aucun aspect ne soit isolé au détriment des autres ».
(278)
Le catéchuménat baptismal: structure et gradualité
88. La foi, animée par la grâce de Dieu et alimentée par
l'action de l'Eglise, connaît un processus de maturation. La catéchèse,
au service de cette croissance, est une activité graduelle. Une catéchèse
opportune se fait par degrés. (279)
Dans le catéchuménat baptismal, la formation s'échelonne
sur quatre étapes:
le pré-catéchuménat, (280) temps de la
première évangélisation en vue de la conversion, pendant
lequel on explicite le kérygme de la première annonce;
le catéchuménat (281) proprement dit, destiné
à la catéchèse intégrale et au commencement duquel a
lieu la « remise des Evangiles »; (282)
le temps de la purification et illumination, (283) qui prépare
plus intensément aux sacrements d'initiation, et pendant lequel ont lieu «
la remise du Symbole » (284) et la « remise de la Prière du
Seigneur »; (285)
le temps de la mystagogie, (286) caractérisé
par l'expérience des sacrements et par l'entrée dans la communauté.
89. Ces étapes, pleines de la sagesse de la grande tradition catéchuménale,
inspirent la gradualité de la catéchèse. (287) Au temps des
Pères de l'Eglise, en effet, la formation proprement catéchuménale
se faisait par la catéchèse biblique, centrée sur
la narration de l'Histoire du Salut; la préparation immédiate au
Baptême, par la catéchèse doctrinale, qui expliquait
le Symbole et le Notre Père qui venaient d'être remis, ainsi que
leurs implications morales; et l'étape qui suivait les sacrements de
l'initiation, par la catéchèse mystagogique, qui aidait à
intérioriser ces sacrements et à s'incorporer dans la communauté.
Cette conception patristique continue d'être une source de lumière
pour le catéchuménat actuel et pour la catéchèse
d'initiation.
Celle-ci, comme accompagnement du processus de conversion, est
essentiellement graduelle; et, étant au service de celui qui a décidé
de suivre Jésus-Christ, elle est éminemment christocentrique.
Le catéchuménat baptismal, inspirateur de la catéchèse
dans l'Eglise
90. La mission ad gentes étant le paradigme de toute l'action
missionnaire de l'Eglise, le catéchuménat baptismal, qui lui est
lié, est le modèle dont s'inspire son action catéchistique.
(288) Aussi est-il important de souligner les éléments du catéchuménat
qui doivent inspirer la catéchèse actuelle, ainsi que la
signification de cette inspiration. Cependant, il faut relever qu'il y a
une différence fondamentale entre les catéchisés et les catéchumènes,
(289) et de même entre la catéchèse post-baptismale et
la catéchèse pré-baptismale qui leur sont
respectivement dispensées. Les premiers ont reçu les sacrements
d'initiation, ils « ont déjà été introduits
dans l'Eglise et sont devenus fils de Dieu par le Baptême. Le fondement de
leur conversion est donc le Baptême déjà reçu, dont
ils doivent développer la puissance ». (290)
91. Face à cette différence substantielle, il est utile de
considérer maintenant quelques éléments du catéchuménat
baptismal qui doivent inspirer la catéchèse post-baptismale:
Le catéchuménat baptismal ne cesse de rappeler à
toute l'Eglise l'importance fondamentale de la fonction de l'initiation,
avec les facteurs de base qui la constituent: la catéchèse et les
sacrements du Baptême, de la Confirmation et de l'Eucharistie. La
pastorale d'initiation chrétienne est vitale pour chaque Eglise particulière.
Le catéchuménat baptismal est une responsabilité
de toute la communauté chrétienne. En effet, « cette
initiation chrétienne doit être l'uvre non pas des seuls catéchistes
ou des seuls prêtres, mais de toute la communauté des fidèles,
spécialement celle des parrains ». (291) L'institution catéchuménale
accroît ainsi dans l'Eglise la conscience de la maternité
spirituelle qu'elle exerce dans toute forme d'éducation à la foi.
(292)
Le catéchuménat baptismal est tout imprégné
du mystère de la Pâque du Christ. C'est pourquoi «
toute l'initiation doit révéler clairement son caractère
pascal ». (293) La Veillée pascale, centre de la liturgie chrétienne,
et sa spiritualité baptismale, sont une source d'inspiration pour toute
la catéchèse.
Le catéchuménat baptismal est aussi le premier lieu d'inculturation.
En suivant l'exemple de l'Incarnation du Fils de Dieu, qui s'est fait homme à
un moment concret de l'histoire, l'Eglise accueille les catéchumènes
tels qu'ils sont, avec leurs liens culturels. Toute l'action catéchistique
participe à cette fonction d'incorporer dans la catholicité de
l'Eglise les authentiques « semences de la Parole » répandues
parmi les individus et les peuples. (294)
Enfin, concevoir le catéchuménat baptismal comme «un
processus de formation et une véritable école de la foi »,
c'est doter la catéchèse post-baptismale d'une dynamique et de
certaines notes qui la qualifient: l'intensité et l'intégrité
de la formation; son caractère graduel, avec des étapes définies;
son lien avec des rites, des symboles et des signes, spécialement
bibliques et liturgiques; sa référence constante à la
communauté chrétienne...
La catéchèse post-baptismale, sans se calquer sur la
configuration du catéchuménat baptismal, et en reconnaissant aux
catéchisés leur état de baptisés, fera bien de
s'inspirer de cette « école préparatoire à la vie chrétienne
», (295) en se laissant féconder par les principaux éléments
qui la caractérisent.
PARTIE II
LE MESSAGE EVANGELIQUE
Le message évangélique
« La vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le
seul véritable Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ
» (Jn 17,3).
« Jésus vint en Galilée, proclamant l'Evangile de
Dieu et disant: "Le temps est accompli et le Royaume de Dieu est tout
proche; repentez-vous et croyez à l'Evangile" » (Mc
1,14-15). « Je vous rappelle, frères, l'Evangile que
je vous ai annoncé... Je vous ai transmis en premier lieu ce que j'avais
moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés
selon les Ecritures, qu'il a été mis au tombeau, qu'il est
ressuscité le troisième jour selon les Ecritures » (1
Cor 15,1-4).
Sens et but de cette partie
92. La foi chrétienne, qui permet à une personne de dire «
oui » à Jésus-Christ, peut être envisagée sous
deux aspects:
soit comme adhésion à Dieu qui se révèle
adhésion donnée sous l'influence de la grâce.
En ce cas, la foi consiste à se confier et à s'abandonner à
la parole de Dieu (fides qua);
soit comme contenu de la Révélation et du message évangélique.
En ce sens, la foi s'exprime dans l'engagement à connaître
toujours mieux le sens profond de cette Parole (fides quae).
Ces deux aspects sont, de par leur nature, indissociables. La maturation et
la croissance de la foi exigent leur développement organique et cohérent.
Cependant, pour des raisons de méthode, il est possible de les considérer
séparément. (296)
93. Cette deuxième partie traite du contenu du message évangélique
(fides quae).
Le premier chapitre indique les normes et les critères que la
catéchèse doit suivre pour fonder, formuler et exposer ses
contenus. Chaque forme du ministère de la Parole, en effet, ordonne et présente
le message évangélique selon son caractère propre.
Le deuxième chapitre traitera du contenu de la foi, tel que le
présente le Catéchisme de l'Eglise catholique, texte de référence
doctrinale pour la catéchèse. A cet effet on présente
quelques indications pouvant aider à assimiler et à intérioriser
le Catéchisme, et aussi à le situer au sein de l'action catéchétique
de l'Eglise. Cette deuxième partie fournit en outre quelques critères
afin que, en référence au Catéchisme de l'Eglise
Catholique, les Eglises particulières élaborent des Catéchismes
locaux qui en sauvegardant l'unité de la foi prennent en
compte comme il se doit les diverses situations et cultures.
CHAPITRE I
Normes et critères pour la présentation du
message évangélique dans la catéchèse
« Ecoute, Israël: Le Seigneur notre Dieu est le seul Seigneur.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cur, de toute ton âme et
de tout ton pouvoir. Que ces paroles que je te dicte aujourd'hui restent dans
ton cur; tu les répéteras à tes fils, tu les leur
diras aussi bien assis dans ta maison que marchant sur la route, couché
aussi bien que debout; tu les attacheras à ta main comme un signe, sur
ton front comme un bandeau; tu les écriras sur les poteaux de ta maison
et sur tes portes » (Dt 6,4-9). « Et le Verbe
s'est fait chair et il a habité parmi nous » (Jn 1,14).
La parole de Dieu, source de la catéchèse
94. La source à laquelle la catéchèse puise son message
est la parole de Dieu:
« La catéchèse puisera toujours son contenu à
la source vivante de la Parole de Dieu, transmise dans la Tradition et dans les
Ecritures, car la sainte Tradition et la sainte Ecriture constituent un unique dépôt
sacré de la Parole de Dieu, confié à l'Eglise ».
(297)
Ce « dépôt de la foi », (298) tel le trésor du
maître de maison, est confié à l'Eglise, famille de Dieu;
elle en tire sans cesse du neuf et de l'ancien. (299) Tous les fils du Père,
animés de son Esprit, se nourrissent de ce trésor de la Parole.
Ils savent que la Parole c'est Jésus-Christ, le Verbe fait homme et que
sa voix continue de retentir, par l'Esprit Saint, dans l'Eglise et dans le
monde.
La parole de Dieu, par une remarquable « condescendance » (300)
divine, nous est adressée et nous parvient par des « uvres et
des paroles » humaines, de même que « jadis le Verbe du Père
éternel, ayant pris l'infirmité de notre chair, est devenu
semblable aux hommes ». (301) Sans cesser d'être parole de Dieu, elle
s'exprime en parole humaine. Bien que proche, elle reste cependant voilée,
dans un état de « kénose ». Aussi l'Eglise, guidée
par l'Esprit-Saint, a-t-elle besoin de l'interpréter continuellement et,
tandis qu'elle la contemple dans un profond esprit de foi, elle « l'écoute
avec piété, la garde saintement et l'expose avec fidélité
». (302)
La source et « les sources » du message de la catéchèse
(303)
95. La parole de Dieu contenue dans la sainte Tradition et dans la
sainte Ecriture:
est méditée et comprise toujours plus profondément
par le biais du sens de la foi de tout le Peuple de Dieu, sous la conduite du
Magistère qui l'enseigne avec autorité;
est célébrée dans la liturgie où elle est
constamment proclamée, écoutée, intériorisée
et commentée;
resplendit dans la vie de l'Eglise, dans son histoire deux fois millénaire,
et surtout dans le témoignage des chrétiens, des saints particulièrement;
est approfondie dans la recherche théologique, qui aide les
croyants à progresser dans l'intelligence vitale des mystères de
la foi;
se manifeste dans les valeurs religieuses et morales authentiques qui
sont répandues dans la société humaine et dans les diverses
cultures en tant que semences de la Parole.
96. Ce sont là les sources, principales ou subsidiaires, de la catéchèse,
qui, en aucun cas, ne doivent être comprises dans un sens univoque. (304)
La Sainte Ecriture « est parole de Dieu en tant que, sous l'inspiration de
l'Esprit divin, elle est consignée par écrit »; (305) et la
sainte Tradition « transmet intégralement aux successeurs des Apôtres
la parole de Dieu qui fut confiée à ceux-ci par le Christ Seigneur
et par l'Esprit-Saint ». (306) Le Magistère a la charge «
d'interpréter de façon authentique la parole de Dieu », (307)
exerçant, au nom de Jésus-Christ, un service ecclésial
fondamental. Tradition, Ecriture et Magistère, étroitement liés
et solidaires entre eux, sont, « chacun à sa façon »,
(308) les sources principales de la catéchèse.
Les « sources » de la catéchèse ont, chacune, leur
langage propre, que l'on exprime par une riche variété de «
documents de foi ». La catéchèse est la tradition vivante de
ces documents: (309) péricopes bibliques, textes liturgiques, écrits
des Pères de l'Eglise, formulations du Magistère, symboles de la
foi, témoignages des saints, réflexions théologiques.
La source vive de la parole de Dieu et les « sources » qui en découlent
et par lesquelles elle s'exprime, dictent à la catéchèse
les critères pour transmettre son message à tous ceux qui ont mûri
leur décision de suivre Jésus-Christ.
Les critères pour la présentation du message
97. Les critères pour présenter le message évangélique
dans la catéchèse sont étroitement liés entre eux
puisqu'ils jaillissent d'une même source.
Le message centré sur la personne de Jésus-Christ (christocentrisme),
de par sa dynamique interne, introduit à la dimension trinitaire du
message.
L'annonce de la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu, centrée sur
le don du salut, implique un message de libération ».
Le caractère ecclésial du message renvoie à
son caractère historique, puisque la catéchèse
comme l'évangélisation en général s'exerce
dans le « temps de l'Eglise ».
Le message évangélique en tant que Bonne Nouvelle
destinée à tous les peuples, recherche l'inculturation;
celle-ci ne pourra se réaliser en profondeur que si le message est présenté
dans son intégrité et sa pureté.
Le message évangélique est nécessairement un
message organique, avec sa propre hiérarchie des vérités.
C'est cette vision harmonique de l'Evangile qui le transforme en un événement
riche de sens pour la personne humaine.
Bien que ces critères soient valables pour tout le ministère
de la Parole, nous allons les développer en rapport à la catéchèse.
Le christocentrisme du message évangélique
98. Jésus-Christ ne transmet pas seulement la parole de Dieu: Il est
la parole de Dieu. Aussi est-ce la catéchèse tout entière
qui Lui est référée.
En ce sens, ce qui caractérise avant tout le message transmis par la
catéchèse, c'est le « christocentrisme », (310) qu'il
faut comprendre selon plusieurs sens:
Il signifie en premier lieu, qu'« au cur de la catéchèse
nous trouvons essentiellement une Personne, celle de Jésus de Nazareth,
Fils unique du Père, plein de grâce et de vérité ».
(311) En réalité, la tâche fondamentale de la catéchèse
est de présenter le Christ, et tout le reste en référence à
Lui. Ce qu'elle sert, en définitive, c'est la suite de Jésus, la
communion avec Lui: chaque élément du message tend à cela.
Le christocentrisme signifie en second lieu que le Christ est au «
centre de l'histoire du Salut » (312) que présente la catéchèse.
Il est, en effet, l'événement ultime, vers lequel converge toute
l'histoire sainte. Lui qui est venu dans la « plénitude des temps »
(Gal 4,4), il est « la clé, le centre et la fin de toute
l'histoire humaine ». (313) Le message catéchistique aide le chrétien
à se situer dans l'histoire et à y prendre une part active, en
montrant comment le Christ est le sens ultime de celle-ci.
Le christocentrisme signifie, en outre, que le message évangélique
n'est pas uvre de l'homme, mais parole de Dieu. L'Eglise et, en
son nom, tout catéchiste, peut dire en vérité: « Ma
doctrine n'est pas de moi mais de Celui qui m'a envoyé » (Jn
7,16). C'est pourquoi, ce que transmet la catéchèse c'est l'«
enseignement de Jésus-Christ, la Vérité qu'il communique
ou, plus exactement, la Vérité qu'il est ». (314) Le
christocentrisme oblige la catéchèse à transmettre ce que Jésus
enseigne sur Dieu, sur l'homme, sur le bonheur, sur la vie morale, sur la
mort... sans se permettre de changer en rien sa pensée. (315)
Les Evangiles qui racontent la vie de Jésus sont au centre du message
de la catéchèse. Dotés eux mêmes d'une «
structure catéchétique », (316) ils expriment l'enseignement
que l'on proposait aux premières communautés chrétiennes et
qui transmettait la vie de Jésus, son message et ses uvres de
salut. Dans la catéchèse, « les quatre Evangiles tiennent une
place centrale puisque le Christ Jésus en est le centre ». (317)
Le christocentrisme trinitaire du message évangélique
99. La parole de Dieu, incarnée en Jésus de Nazareth, Fils de
Marie toujours vierge, est la Parole même du Père qui parle au
monde par son Esprit. Jésus renvoie sans cesse au Père, dont il
sait qu'il est le Fils Unique, et à l'Esprit-Saint, dont il se sait
l'Oint. Il est le « chemin » qui introduit dans le mystère
intime de Dieu. (318)
Le christocentrisme de la catéchèse, en vertu de sa dynamique
interne, mène à la profession de foi en Dieu: Père, Fils et
Saint-Esprit. C'est un christocentrisme essentiellement trinitaire. Dans le Baptême,
les chrétiens sont configurés au Christ, « Un de la Trinité
» (319) et, « fils dans le Fils », ils entrent en communion avec
le Père et avec le Saint-Esprit. Leur foi est par conséquent
radicalement trinitaire. « Le mystère de la Très Sainte
Trinité est le mystère central de la foi et de la vie chrétienne
». (320)
100. Le christocentrisme trinitaire du message évangélique
appelle la catéchèse à soigner, entre autres, les aspects
suivants:
La structure interne de la catéchèse; chaque modalité
de présentation sera toujours christocentrique et trinitaire: « Par
le Christ, vers le Père, dans l'Esprit ». (321) Une catéchèse
qui omettrait l'une de ces dimensions ou en méconnaîtrait le lien
organique risquerait de trahir l'originalité du message chrétien.
(322)
En suivant la pédagogie même de Jésus dans sa révélation
du Père, de Lui-même comme Fils, et du Saint-Esprit, la catéchèse
présentera la vie intime de Dieu à partir de ses uvres de
salut en faveur de l'humanité. (323) Les uvres de Dieu révèlent
qui Il est en lui-même, tandis que le mystère de son Etre intime
illumine l'intelligence de toutes ses uvres. Il en est ainsi,
analogiquement, dans les relations humaines: les personnes se révèlent
par leurs actions, et mieux nous les connaissons, mieux nous comprenons ces
actions. (324)
La présentation de l'être intime de Dieu révélé
par Jésus, un dans son essence et trine dans les personnes, en
fera apparaître les implications fondamentales dans la vie des
hommes. Confesser un Dieu unique signifie que « l'homme ne doit soumettre
sa liberté personnelle, de façon absolue, à aucun
pouvoir terrestre ». (325) Cela signifie aussi que l'humanité, créée
à l'image d'un Dieu qui est « communion de personnes », est
appelée à être une société fraternelle, composée
des fils d'un même Père, égaux dans leur dignité de
personnes. (326) Les implications humaines et sociales de la conception chrétienne
de Dieu sont immenses. En professant la foi en la Trinité et en l'annonçant
au monde, l'Eglise se conçoit elle-même comme « un peuple
rassemblé dans l'unité du Père, du Fils et du Saint-Esprit ».
(327)
Un message qui annonce le Salut
101. Le message de Jésus sur Dieu est une bonne nouvelle pour
l'humanité; Jésus a annoncé, en effet, le Royaume de Dieu:
(328) une intervention de Dieu, nouvelle et définitive, avec un pouvoir
de transformation aussi grand, et même supérieur à
celui déployé pour la création du monde. (329) En ce sens, «
comme noyau et centre de sa Bonne Nouvelle, le Christ annonce le salut, ce grand
don de Dieu qui est libération de tout ce qui opprime l'homme et surtout
libération du péché et du Malin, dans la joie de connaître
Dieu et d'être connu de lui, de le voir, de s'abandonner à lui ».
(330)
La catéchèse transmet ce message du Royaume, central dans la
prédication de Jésus. Le message est ainsi « peu à peu
approfondi, développé dans ses corollaires implicites »;
(331) il dévoile ses grandes répercussions pour les personnes et
pour le monde.
102. Dans cette explicitation du kérygme évangélique de
Jésus, la catéchèse souligne les aspects fondamentaux
suivants:
Jésus, avec l'avènement du Royaume, annonce et révèle
que Dieu n'est pas un être lointain et inaccessible, « une puissance
anonyme et lointaine », (332) mais qu'il est le Père, présent
parmi ses créatures, et agissant par son amour et son pouvoir. Ce témoignage
sur Dieu comme Père, offert d'une manière simple et directe, est
fondamental dans la catéchèse.
Jésus annonce, en même temps, que Dieu offre, avec son
royaume, le don du salut intégral; il libère du péché,
introduit dans la communion avec le Père, accorde la filiation divine et
promet la vie éternelle, par sa victoire sur la mort. (333) Ce salut intégral
est à la fois immanent et eschatologique, puisqu'il « a son
commencement en cette vie, mais s'accomplit dans l'éternité ».
(334)
Jésus, en annonçant le Royaume, annonce la justice de
Dieu: il proclame le jugement divin et notre responsabilité. L'annonce du
jugement de Dieu, avec son pouvoir de formation des consciences, est un contenu
central de l'Evangile et une bonne nouvelle pour le monde. Il l'est pour ceux
qui souffrent du manque de justice et pour ceux qui luttent afin de l'instaurer;
il l'est aussi pour ceux qui n'ont pas su aimer ni être solidaires, la pénitence
et le pardon devenant possibles puisque dans la croix du Christ nous obtenons la
rédemption du péché. L'appel à se convertir et à
croire à l'Evangile du Royaume qui est un royaume de justice,
d'amour et de paix, et à la lumière duquel nous serons jugés
est fondamental pour la catéchèse.
Jésus déclare que le Royaume de Dieu s'inaugure avec
Lui, en sa personne-même. (335) Il révèle, en effet, que
Lui-même, constitué Seigneur, se charge de réaliser ce
Royaume et qu'il le remettra, pleinement accompli, à son Père,
quand il reviendra dans la gloire. (336) « Mystérieusement, le
royaume est déjà présent sur cette terre; il atteindra sa
perfection quand le Seigneur reviendra ». (337)
Jésus dit aussi que la communauté de ses disciples, son
Eglise, « est le germe et le commencement sur la terre, de ce Royaume »
(338) et que, un ferment dans la masse, elle désire qu'il croisse dans
le monde comme un arbre immense, incorporant tous les peuples et toutes les
cultures. « L'Eglise est effectivement et concrètement au service du
Royaume ». (339)
Jésus manifeste enfin que l'histoire de l'humanité
n'est pas vouée au néant, mais qu'en Lui, Dieu l'assume avec ses
aspects de grâce et de péché, pour la transformer. Dans son
pèlerinage actuel vers la maison du Père, elle offre déjà
un avant-goût du monde à venir, dans lequel, élevée
et purifiée, elle atteindra sa perfection. « L'évangélisation
ne peut pas ne pas contenir l'annonce prophétique d'un au-delà,
vocation profonde et définitive de l'homme à la fois en continuité
et en discontinuité avec la situation présente ». (340)
Un message de libération
103. La Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu qui annonce le Salut comporte un
message de libération. (341) En annonçant ce Royaume, Jésus
s'adressait tout particulièrement aux pauvres: « Heureux, vous les
pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous. Heureux, vous qui avez faim
maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux vous qui pleurez
maintenant, car vous rirez » (Lc 6,20-21). Ces béatitudes
que Jésus adresse à ceux qui souffrent sont l'annonce
eschatologique du salut qu'apporte le Royaume. Elles décrivent les
situations déchirantes auxquelles l'Evangile est si sensible: la pauvreté,
la faim et la souffrance de l'humanité.
La communauté des disciples de Jésus, l'Eglise, partage,
aujourd'hui, le sentiment exprimé alors par son Maître. Avec une
douleur profonde, elle se tourne vers ces « peuples engagés, avec
toute leur énergie, dans l'effort et le combat de dépassement de
tout ce qui les condamne à rester en marge de la vie: famines, maladies
chroniques, analphabétisme, paupérisme, injustices dans les
rapports internationaux,... situations de néo-colonialisme économique
et culturel ». (342) L'Eglise est préoccupée par toutes les
formes de pauvreté « non seulement économique, mais aussi
culturelle et religieuse ». (343)
L'Eglise c'est une dimension importante de sa mission « a
le devoir d'annoncer la libération de millions d'êtres humains,
beaucoup d'entre eux étant ses propres enfants; le devoir d'aider cette
libération à naître, de témoigner pour elle, de faire
qu'elle soit totale ». (344)
Pour préparer les chrétiens à cette tâche, la
catéchèse veillera entre autres aux aspects suivants:
situer le message de libération dans la perspective de «
la finalité spécifiquement religieuse de l'évangélisation
», (345) car cette dernière perdrait sa raison d'être «
si elle s'écartait de l'axe religieux qui la dirige: le Règne de
Dieu, avant toute autre chose, dans son sens pleinement théologique ».
(346) Aussi le message de libération « ne peut se cantonner dans la
simple et restreinte dimension économique, politique, sociale ou
culturelle, mais elle doit viser l'homme tout entier, dans toutes ses
dimensions, y compris dans son ouverture vers l'absolu, même l'Absolu de
Dieu »; (347)
présenter, dans sa tâche d'éducation morale, la
morale sociale chrétienne comme une exigence de la justice de Dieu et une
conséquence de « la libération radicale opérée
par le Christ ». (348) C'est en effet la Bonne Nouvelle que les chrétiens
professent, le cur plein d'espérance: le Christ a libéré
le monde et il continue de le libérer. C'est ici que naît la
pratique chrétienne du grand commandement de l'amour;
susciter, dans sa tâche d'initiation à la mission, chez
les catéchumènes et les catéchisés, « l'option
préférentielle pour les pauvres » (349) qui, « loin d'être
un signe de particularisme ou de sectarisme, manifeste l'universalité de
la nature et de la mission de l'Eglise. Cette option n'est pas exclusive »,
(350) mais elle comporte « l'engagement en faveur de la justice, selon le rôle,
la vocation et les conditions de chacun ». (351)
Le caractère ecclésial du message évangélique
105. La nature ecclésiale de la catéchèse confère
au message évangélique qu'elle transmet un caractère
intrinsèquement ecclésial. La catéchèse naît
de la profession de foi de l'Eglise et mène à la profession de foi
du catéchumène et du catéchisé. La première
parole officielle que l'Eglise adresse à l'adulte qui va recevoir le Baptême,
après avoir appris son nom, est: « Que demandez-vous à
l'Eglise de Dieu? ». Le candidat répond: « La foi ».
(352) Le catéchumène sait, en effet, que l'Evangile qu'il a découvert
et qu'il désire connaître est vivant dans le cur des
croyants. La catéchèse n'est autre que le processus de
transmission de l'Evangile, tel que la communauté chrétienne l'a
reçu, le comprend, le célèbre, le vit et le communique de
diverses manières.
Aussi, lorsque la catéchèse transmet le mystère du
Christ, son message retentit de la foi de tout le Peuple de Dieu tout au long de
l'histoire: celle des apôtres qui l'ont reçue du Christ lui-même
et de l'action de l'Esprit-Saint; celle des martyrs qui l'ont professée
et la professent par leur sang; celle des saints qui l'ont vécue et la
vivent en profondeur; celle des Pères et des Docteurs de l'Eglise qui
l'ont magnifiquement enseignée; celle des missionnaires qui l'annoncent
sans cesse; celle des théologiens qui aident à la mieux
comprendre; celle des pasteurs, enfin, qui la conservent avec zèle et
amour et l'interprètent avec authenticité. En vérité,
la foi de tous ceux qui croient et qui se laissent guider par l'Esprit-Saint est
présente dans la catéchèse.
. Cette foi, transmise par la communauté ecclésiale, est
unique. Bien que les disciples de Jésus-Christ forment une communauté
répandue dans le monde entier, bien que la catéchèse
transmette la foi en des langages culturels très différents, on
n'annonce qu'un seul Evangile, on ne professe qu'une seule foi, on ne reçoit
qu'un seul Baptême: « un seul Seigneur, une seule foi, un seul Baptême,
un seul Dieu et Père de tous » (Ep 4,5).
La catéchèse est donc, dans l'Eglise, le service qui introduit
les catéchumènes et les catéchisés dans l'unité
de la profession de foi. (353) De par sa nature même, elle renforce le
lien de l'unité, (354) en faisant prendre conscience d'appartenir à
une grande communauté que ni l'espace ni le temps ne sauraient limiter: «
Du juste Abel jusqu'au dernier élu, jusqu'aux extrémités de
la terre, jusqu'à la fin des temps ». (355)
Le caractère historique du mystère du salut
107. La profession de foi des disciples de Jésus-Christ naît
d'une Eglise pélerine, envoyée en mission. Elle n'est pas encore
la proclamation glorieuse de la fin du chemin, mais celle du « temps de
l'Eglise ». (356) L'« économie du salut » a,
par conséquent, un caractère historique puisqu'elle se réalise
dans le temps: « elle a commencé dans le passé, elle
s'est développée et elle a atteint son sommet dans le Christ,
elle déploie sa puissance dans le présent, et elle attend son
accomplissement dans l'avenir ». (357)
C'est pourquoi, l'Eglise, en transmettant aujourd'hui le message chrétien
à partir de la vive conscience qu'elle en a, fait sans cesse « mémoire
» des événements salvifiques du passé, et les raconte.
Elle interprète à leur lumière les événements
actuels de l'histoire humaine dans lesquels l'Esprit de Dieu renouvelle la face
de la terre, et elle demeure dans l'attente croyante de la venue du Seigneur.
Dans la catéchèse patristique, le récit (narratio)
des merveilles réalisées par Dieu et l'attente (exspectatio)
du retour du Christ accompagnaient toujours la présentation des mystères
de la foi. (358)
108. Le caractère historique du message chrétien oblige la catéchèse
à veiller aux aspects suivants:
Présenter l'histoire du salut par une catéchèse
biblique qui fasse connaître les « uvres et les paroles
» par lesquelles Dieu s'est révélé à l'humanité:
les grandes étapes de l'Ancien Testament par lesquelles il a préparé
le chemin de l'Evangile; (359) la vie de Jésus, Fils de Dieu, qui, par
ses actes et son enseignement, a porté à son achèvement la
Révélation; (360) et l'histoire de l'Eglise qui transmet la Révélation.
Cette histoire, lue à partir de la foi, est également une partie
fondamentale du contenu de la catéchèse.
En expliquant le Symbole de la foi et le contenu de la morale chrétienne
par une catéchèse doctrinale, le message évangélique
doit éclairer l'« aujourd'hui » de l'histoire du Salut.
Ainsi, « non seulement le ministère de la parole reprend la révélation
des merveilles de Dieu faites dans le temps..., mais, en même temps, à
la lumière de cette révélation, il interprète la vie
des hommes de notre époque, les réalités de ce monde et les
signes des temps, car c'est en eux que s'accomplit le dessein de Dieu pour le
salut des hommes ». (361)
Situer les sacrements dans l'histoire du Salut par une catéchèse
mystagogique qui « ...relit et revit tous ces grands événements
de l'histoire du salut dans l'aujourd'hui' de la liturgie ». (362) La référence
à l'« aujourd'hui » de l'histoire du salut est
essentielle dans cette catéchèse. On aide ainsi les catéchumènes
et les catéchisés « ...à s'ouvrir à cette
intelligence « spirituelle » de l'économie du salut... ».
(363)
Aider à faire le passage du signe au mystère. Les «
uvres et les paroles » de la Révélation renvoient au «
mystère qu'elles contiennent ». (364) La catéchèse
conduira à découvrir, derrière l'humanité de Jésus,
sa condition de Fils de Dieu; derrière l'histoire de l'Eglise, son mystère
de « sacrement de salut »; derrière les « signes des
temps », les traces de la présence et du dessein de Dieu. La catéchèse
conduira ainsi à la connaissance typique de la foi « qui est une
connaissance par l'intermédiaire de signes ». (365)
L'inculturation du message évangélique (366)
109. La Parole de Dieu s'est faite homme, un homme concret, situé
dans le temps et dans l'espace, enraciné dans une culture déterminée:
« Le Christ..., par son incarnation, s'est lié aux conditions
sociales et culturelles des hommes avec lesquels il a vécu ». (367)
C'est là l'« inculturation » originelle de la parole de Dieu et
le modèle de référence pour toute l'uvre d'évangélisation
de l'Eglise, « appelée à porter la force de l'Evangile au cur
de la culture et des cultures ». (368)
L'« inculturation » (369) de la foi, par laquelle sont assumées,
dans un admirable échange, « toutes les richesses des nations qui
ont été données au Christ en héritage », (370)
est un processus profond et global qui requiert beaucoup de temps. (371) Car il
ne s'agit pas d'une adaptation superficielle qui, pour rendre plus attrayant le
message chrétien, se contente de le recouvrir d'un vernis décoratif.
Il s'agit au contraire de la pénétration de l'Evangile au plus
profond des personnes et des peuples, pour les rejoindre « ...de façon
vitale, en profondeur et jusque dans les racines » (372) de leurs
cultures.
Dans cette uvre d'inculturation, cependant, les communautés chrétiennes
devront faire uvre de discernement: il s'agit, d'une part, d'«
assumer » (373) les richesses culturelles compatibles avec la foi, et,
d'autre part, d'aider à « guérir » (374) et à «
transformer » (375) les critères, les modes de pensée ou les
styles de vie en désaccord avec le Royaume de Dieu. Deux principes
doivent guider ce discernement: « la compatibilité avec l'Evangile
et la communion avec l'Eglise universelle ». (376) Tout le Peuple de Dieu
doit s'engager dans ce processus qui « ...doit s'effectuer graduellement,
de façon qu'il soit vraiment l'expression de l'expérience chrétienne
de la communauté... ». (377)
110. Dans cette inculturation de la foi, diverses tâches se présentent
concrètement à la catéchèse. Parmi elles:
Considérer la communauté ecclésiale comme
principal facteur d'inculturation. La figure du catéchiste est une
expression de cette tâche, et il en est un instrument efficace; en plus
d'un sens religieux profond, il doit faire preuve d'une grande sensibilité
sociale et être bien enraciné dans son milieu culturel. (378)
Elaborer des catéchismes locaux qui répondent aux
exigences des différentes cultures, (379) en présentant l'Evangile
en fonction des inspirations, des interrogations et des problèmes
rencontrés dans ces cultures.
Réaliser une juste inculturation du catéchuménat
et des institutions catéchétiques, en y insérant avec
discernement le langage, les symboles et les valeurs de la culture dans laquelle
vivent les catéchumènes et les catéchisés.
Présenter le message chrétien de sorte que ceux qui
sont appelés à annoncer l'Evangile au milieu de cultures souvent
païennes et parfois post-chrétiennes soient rendus capables de «
rendre compte de l'espérance qui est en eux » (1 P 3,15).
Une bonne apologétique, qui favorise le dialogue entre la foi et la
culture, est aujourd'hui indispensable.
L'intégrité du message évangélique
111. Dans cette tâche d'inculturation de la foi, la catéchèse
doit transmettre le message évangélique dans son intégrité
et sa pureté. Jésus annonce l'Evangile intégralement: «
Tout ce que j'ai entendu du Père, je vous l'ai fait connaître »
(Jn 15,15). Le Christ exige cette même intégrité de
ses disciples lorsqu'il les envoie en mission: « ...enseignez-leur à
observer tout ce que je vous ai commandé » (Mt 28,19).
Aussi, un critère fondamental de la catéchèse est de
sauvegarder l'intégrité du message, en évitant des présentations
partielles ou déformées: « Afin que l'oblation de sa foi soit
parfaite, celui qui devient disciple du Christ a le droit de recevoir la «
parole de la foi » non pas mutilée, falsifiée, diminuée,
mais pleine et entière, dans toute sa rigueur et toute sa vigueur ».
(380)
Deux dimensions, étroitement liées, sous-tendent ce critère:
Présenter le message évangélique intégral:
aucun aspect fondamental ne doit être passé sous silence; aucune sélection
ne doit être effectuée dans le dépôt de la foi. (381)
La catéchèse au contraire doit « proposer fidèlement
tout le trésor du message chrétien ». (382) Elle le fera
progressivement, à l'exemple de la pédagogie même de Dieu
qui s'est révélé progressivement, par degrés. L'intégrité
doit s'accompagner d'une juste adaptation.
Par conséquent, la catéchèse part d'une simple
proposition de la structure intégrale du message chrétien, et elle
l'expose en l'adaptant aux capacités des destinataires. Elle ne peut
cependant pas s'arrêter à cette proposition initiale. Elle
proposera le message graduellement, de manière toujours plus ample et
explicite, à la mesure des capacités du catéchisé et
selon le caractère propre de la catéchèse. (383) Ces deux
niveaux d'exposition intégrale du message sont appelés « intégrité
intensive » et « intégrité extensive ».
Présenter le message évangélique authentique,
dans toute sa pureté, sans en réduire les exigences par crainte
d'un refus et sans imposer de lourdes charges qu'il n'envisage pas, puisque le
joug de Jésus est aisé. (384)
Le critère de l'authenticité est étroitement lié
à celui de l'inculturation car celle-ci a pour but de « traduire »
(385) l'essentiel du message en un langage culturel déterminé. Il
s'agit là d'une tâche délicate: « L'Evangélisation
perd beaucoup de sa force et de son efficacité si elle ne prend pas en
considération le peuple concret auquel elle s'adresse... »,
cependant « elle risque de perdre son âme et de s'évanouir si
l'on vide ou dénature son contenu, sous prétexte de le traduire ».
(386)
113. Ce rapport complexe entre inculturation et intégrité du
message chrétien suppose une attitude évangélique d'«
ouverture missionnaire pour le salut intégral du monde ». (387) Une
attitude qui doit savoir conjuguer l'accueil des valeurs authentiquement
humaines et religieuses, au-delà de tout immobilisme, avec l'engagement
missionnaire d'annoncer toute la vérité de l'Evangile, sans céder
à des adaptations faciles qui ôteraient de sa vigueur à
l'Evangile et conduiraient à séculariser l'Eglise. L'authenticité
évangélique rejette ces deux attitudes parce qu'elles contredisent
le vrai sens de la mission.
Un message organique et hiérarchisé
114. Le message que transmet la catéchèse a un « caractère
organique et hiérarchisé ». (388) Il constitue une synthèse
cohérente et vitale de la foi. Il s'organise autour du mystère de
la Très Sainte Trinité, dans une perspective christocentrique, car
il est « la source de tous les autres mystères de la foi, la lumière
qui les illumine... ». (389) A partir de ce mystère, l'harmonie de
l'ensemble du message réclame une « hiérarchie des vérités
», (390) car chacune d'elles est reliée de manière différente
au fondement de la foi. Cependant, cette hiérarchie « ne signifie
pas que certaines vérités concernent la foi moins que d'autres,
mais que certaines vérités s'appuient sur d'autres plus
importantes et reçoivent d'elles leur éclairage ». (391)
Tous les aspects et les dimensions du message chrétien présentent
ce caractère organique et hiérarchisé:
L'histoire du salut, qui raconte les « merveilles de Dieu »
(mirabilia Dei), ce qu'il a accompli, accomplit et accomplira pour nous,
s'organise autour de Jésus-Christ, « centre de l'histoire du salut ».
(392) La préparation à l'Evangile, dans l'Ancien Testament, la plénitude
de la Révélation en Jésus-Christ, et le temps de l'Eglise
structurent toute l'histoire du salut dont la création et l'eschatologie
sont le commencement et la fin.
Le Symbole des Apôtres montre comment l'Eglise a toujours voulu
présenter le mystère chrétien en une synthèse
vitale. Ce Symbole est la synthèse et la clé de lecture de toute
l'Ecriture et de toute la doctrine de l'Eglise qui s'ordonne hiérarchiquement
autour de lui. (393)
Les sacrements forment également un tout organique; comme des
forces régénératrices, ils jaillissent du mystère
pascal de Jésus-Christ, formant « un organisme en lequel chaque
sacrement a sa place vitale ». (394) Dans cet organisme, l'Eucharistie
tient une place unique; tous les autres sacrements lui sont ordonnés:
elle est le « sacrement des sacrements ». (395)
Le double commandement de l'amour de Dieu et du prochain présente
dans le message moral la hiérarchie des valeurs établie
par Jésus: « De ces commandements dépendent la Loi et les
prophètes » (Mt 22,40). L'amour de Dieu et l'amour du
prochain qui résument le décalogue constituent, s'ils sont vécus
dans l'esprit des béatitudes évangéliques, la magna
charta de la vie chrétienne que Jésus a proclamée dans
le Sermon sur la montagne. (396)
Le Notre Père, résumant l'essence de l'Evangile, synthétise
et hiérarchise les immenses richesses de prière contenues dans
l'Ecriture Sainte et dans toute la vie de l'Eglise. Cette prière, proposée
aux disciples par Jésus lui-même, fait transparaître la
confiance filiale et les désirs les plus profonds avec lesquels une
personne peut s'adresser à Dieu. (397)
Un message significatif pour la personne humaine
116. La Parole de Dieu, en se faisant homme, assume en tout la nature
humaine, hormis le péché. Ainsi Jésus-Christ, qui est l'«
image du Dieu invisible » (Col 1,15), est aussi l'homme
parfait. On comprend dés lors qu'« en réalité, le mystère
de l'homme ne s'éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe
Incarné ». (398)
En présentant le message chrétien, la catéchèse
fait non seulement connaître Dieu et son dessein de salut, mais, comme l'a
fait Jésus, elle manifeste aussi pleinement l'homme à lui-même
et lui découvre la sublimité de sa vocation. (399) En effet, la révélation
« ... n'est pas isolée de la vie ni juxtaposée
artificiellement à elle. Elle concerne le sens dernier de l'existence
qu'elle éclaire tout entière, pour l'inspirer ou pour la
critiquer, à la lumière de l'Evangile ». (400)
La relation entre message chrétien et l'expérience humaine
n'est pas une simple question de méthode; elle découle de la
finalité même de la catéchèse, à savoir,
mettre la personne humaine en communion avec Jésus-Christ. Le Christ,
dans sa vie terrestre, a vécu pleinement son humanité: « Il a
travaillé avec des mains d'homme, il a pensé avec une intelligence
d'homme, il a agi avec une volonté d'homme, il a aimé avec un cur
d'homme ». (401) Donc, « tout ce que le Christ a vécu, Il fait
que nous puissions le vivre en Lui et qu'Il le vive en nous ». (402) La catéchèse
travaille à cette identité d'expérience humaine entre Jésus,
le maître, et le disciple; elle enseigne à penser comme Lui, à
agir comme Lui, à aimer comme Lui. (403) Vivre la communion avec le
Christ, c'est faire l'expérience de la vie nouvelle de la grâce.(404)
C'est pour cette raison éminemment christologique, qu'en présentant
le message chrétien, la catéchèse « doit rendre les
hommes attentifs à leurs expériences personnelles et sociales les
plus marquantes; de même, son rôle est d'éclairer par
l'Evangile les questions qu'elles suscitent, de manière à éveiller
dans les hommes le juste désir de transformer leur mode de vie personnel ».
(405) Ainsi:
Dans la première évangélisation, propre au précatéchuménat
ou à la précatéchèse, l'annonce de l'Evangile se
fera toujours en lien intime avec la nature humaine et ses aspirations, en
montrant qu'il répond pleinement aux attentes du cur humain. (406)
Dans la catéchèse biblique, on aidera à interpréter
la vie humaine actuelle à la lumière des expériences
vécues par le Peuple d'Israël, par Jésus-Christ et par la
communauté ecclésiale, dans laquelle l'Esprit du Christ ressuscité
vit et agit sans cesse.
Dans l'explication du Symbole, la catéchèse montrera
que les grands thèmes de la foi (la création, le péché
originel, l'Incarnation, Pâques, la Pentecôte, l'eschatologie...)
sont toujours une source de vie et de lumière pour l'être humain.
La catéchèse morale enseignera en quoi consiste une vie
digne de l'Evangile, (407) elle présentera les béatitudes comme
l'esprit qui imprègne le décalogue, et les enracinera dans les
vertus humaines présentes dans le cur de l'homme. (408)
Dans la catéchèse liturgique, on se référera
sans cesse aux grandes expériences humaines représentées
par les signes et les symboles de l'action liturgique, à partir de la
culture juive et chrétienne. (409)
Principe méthodologique pour la présentation du messages
(410)
118. Les normes et les critères indiqués dans ce chapitre et «
qui ont trait à l'exposé du contenu de la catéchèse,
doivent être appliqués dans les différentes formes de la catéchèse:
catéchèse biblique et liturgique, résumé doctrinal,
interprétation des conditions de l'existence humaine, etc... ».
(411)
Ces critères et ces normes n'indiquent cependant pas l'ordre à
suivre dans la présentation du contenu. En effet, « il se peut que
dans la situation présente de la catéchèse, des raisons de
méthode ou de pédagogie conseillent d'organiser, de telle façon
plutôt que de telle autre, la communication des richesses du contenu de la
catéchèse ». (412) On peut partir de Dieu pour arriver au
Christ et vice versa; de même, on peut partir de la personne humaine pour
arriver à Dieu et inversement. Le choix d'un ordre déterminé
dans la présentation du message est conditionné par les
circonstances et par la situation de foi de celui qui reçoit la catéchèse.
Il faut réfléchir à la méthode pédagogique
la mieux adaptée aux circonstances de vie de la communauté ecclésiale
ou des destinataires de la catéchèse. D'où la nécessité
d'une recherche attentive pour trouver les voies et les moyens qui répondent
le mieux aux diverses situations.
Dans ce domaine, il appartient aux évêques de donner des normes
plus précises et de les appliquer grâce à des directoires de
catéchèse, des catéchismes correspondants aux différents
âges et conditions culturelles, et par d'autres moyens retenus plus
opportuns. (413)
CHAPITRE II
Telle est notre foi, telle est la foi de
l'Eglise
« Toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour
enseigner, réfuter, redresser, former à la justice: ainsi l'homme
de Dieu se trouve-t-il accompli, équipé pour toute uvre
bonne » (2 Tm
3,16). « Tenez bon, gardez fermement les traditions que vous
avez apprises de nous, de vive voix ou par lettre » (2 Thes 2,15).
119. Ce chapitre réfléchit sur le contenu de la catéchèse
tel que l'Eglise l'expose dans les synthèses de la foi qu'elle élabore
et propose officiellement dans ses catéchismes.
L'Eglise a toujours eu recours à des formulations de la foi
contenant, sous forme brève, l'essentiel de ce qu'elle croit et vit:
textes du Nouveau Testament, symboles ou professions de foi, formules
liturgiques, prières eucharistiques. Par la suite, il a semblé bon
de fournir aussi une explicitation plus ample de la foi, sous forme de synthèse
organique, à travers les catéchismes élaborés au
cours des derniers siècles dans de nombreuses Eglises locales. En deux
occasions historiques, lors du Concile de Trente et de nos jours, on a jugé
opportun d'offrir un exposé organique de la foi par un Catéchisme
au caractère universel, comme point de référence pour la
catéchèse de toute l'Eglise. C'est ce qu'a voulu réaliser
Jean Paul II par la promulgation du Catéchisme de l'Eglise
catholique, le 11 octobre 1992.
Ce chapitre entend situer les catéchismes, instruments officiels de
l'Eglise, par rapport à l'activité ou à la pratique catéchétique.
On réfléchira tout d'abord sur le Catéchisme de
l'Eglise catholique en essayant d'expliquer son rôle dans l'ensemble de la
catéchèse de l'Eglise. On analysera ensuite la nécessité
des catéchismes locaux dont le but est d'adapter le contenu de la foi aux
différentes situations et cultures; on proposera des orientations pour en
faciliter l'élaboration. L'Eglise contemple la richesse du contenu de la
foi exposée dans les instruments que les évêques eux-mêmes
proposent au Peuple de Dieu et qui, comme dans une « symphonie »,
(414) expriment ce qu'elle croit, célèbre, et vit. Et elle
proclame: « Telle est notre foi, telle est la foi de l'Eglise ».
Le Catéchisme de l'Eglise Catholique et le Directoire Général
pour la Catéchèse
120. Le Catéchisme de l'Eglise catholique et le Directoire Général
pour la Catéchèse sont deux instruments distincts et complémentaires,
au service de l'action catéchistique de l'Eglise.
Le Catéchisme de l'Eglise catholique est « un exposé
de la foi et de la doctrine catholique, attestées ou éclairées
par l'Ecriture Sainte, la Tradition apostolique et le Magistère ecclésiastique
». (415)
Le Directoire Général pour la Catéchèse
est la proposition des « principes fondamentaux théologico-pastoraux,
provenant du Magistère de l'Eglise et particulièrement du Concile
Vatican II, qui sont de nature à orienter et coordonner de manière
plus adéquate » (416) l'activité catéchétique
dans l'Eglise.
Les deux instruments, chacun selon son genre et son autorité, se
complètent.
Le Catéchisme de l'Eglise Catholique est un acte du Magistère
du Pape, par lequel il synthétise pour notre temps de façon
normative en vertu de son autorité apostolique la globalité
de la foi catholique; et il la propose, aux Eglises avant tout, comme point de référence
pour l'exposé authentique du contenu de la foi.
Le Directoire Général pour la Catéchèse,
pour sa part, jouit de la valeur normalement concédée par le
Saint-Siège aux outils d'orientation, quand il les approuve et les
confirme. C'est un instrument officiel pour la transmission du message évangélique
et pour l'ensemble de l'acte catéchétique.
Les deux instruments étant complémentaires, ce Directoire Général
pour la Catéchèse, comme il est dit dans la Préface,
ne consacre pas de chapitre à l'exposition des contenus de la foi, comme
l'avait fait le Directoire de 1971 sous le titre: « Les éléments
essentiels du message chrétien ». (417) Aussi, en ce qui
concerne le contenu du message, le Directoire Général pour la Catéchèse
renvoie au Catéchisme de l'Eglise catholique, dont il entend être
l'instrument méthodologique d'application concrète.
La présentation du Catéchisme de l'Eglise Catholique qui va
suivre ne prétend ni résumer ni justifier cet instrument du Magistère,
mais en faciliter la compréhension et la réception dans la
pratique de la catéchèse.
Le Catechisme de l'Eglise Catholique
Finalité et nature du Catéchisme de l'Eglise Catholique
121. Le Catéchisme de l'Eglise Catholique indique lui-même le
but qu'il poursuit dans son Prologue: « Ce Catéchisme a pour but de
présenter un exposé organique et synthétique des contenus
essentiels et fondamentaux de la doctrine catholique tant sur la foi que sur la
morale, à la lumière du Concile Vatican II et de l'ensemble de la
Tradition de l'Eglise ». (418)
Par le Catéchisme de l'Eglise Catholique, le Magistère de
l'Eglise a voulu rendre un service ecclésial à notre temps, le
reconnaissant comme:
« un instrument valable et autorisé au service de la communion
ecclésiale ». (419) Il souhaite renforcer le lien de l'unité
en facilitant, chez les disciples de Jésus-Christ, « la profession
d'une seule foi reçue des Apôtres »; (420)
« une norme sûre pour l'enseignement de la foi ».
(421) Le Catéchisme de l'Eglise catholique offre une réponse
claire au désir légitime de tout baptisé d'apprendre de
l'Eglise ce qu'elle a reçu et ce qu'elle croit. Il est donc une point de
référence obligé pour la catéchèse et les
autres formes du ministère de la Parole;
« un texte de référence pour les catéchismes
ou compendiums qui sont composés dans les divers pays ». (422) Le
Catéchisme de l'Eglise catholique, en effet, « n'est pas destiné
à remplacer les catéchismes locaux », (423) mais à «
encourager et à aider la rédaction de nouveaux catéchismes
locaux qui tiennent compte des diverses situations et cultures, mais qui gardent
avec soin l'unité de la foi et la fidélité à la
doctrine catholique ». (424)
La nature ou le caractère propre de ce document du Magistère
consiste en ce qu'il se présente comme une synthèse organique de
la foi de valeur universelle. Il diffère en cela d'autres documents du
Magistère qui, eux, ne prétendent pas fournir une telle synthèse.
Il est également différent des catéchismes locaux qui, dans
la communion ecclésiale bien sûr, sont destinés au service
d'une partie déterminée du Peuple de Dieu.
L'articulation du Catéchisme de l'Eglise Catholique
122. Le plan du Catéchisme de l'Eglise catholique s'articule autour
de quatre dimensions fondamentales de la vie chrétienne: la profession de
la foi, la célébration liturgique, la morale évangélique
et la prière. Ces quatre dimensions sont issues d'un même noyau: le
mystère chrétien. Celui-ci:
« est l'objet de la foi (première partie);
est célébré et communiqué dans les
actions liturgiques (deuxième partie);
est présent pour éclairer et soutenir les enfants de
Dieu dans leur agir (troisième partie);
fonde notre prière, dont le sommet est le Notre Père,
et il constitue l'objet de notre demande, de notre louange et de notre
intercession (quatrième partie) ». (425)
Cette structure en quatre parties développe les aspects essentiels de
la foi:
croire en Dieu créateur, Un et Trine, et en son dessein de
salut;
être sanctifiés par Lui dans la vie sacramentelle;
l'aimer de tout son cur et aimer son prochain comme soi-même;
prier dans l'attente de son Royaume et de Le rencontrer face à
face.
Le Catéchisme de l'Eglise catholique se réfère ainsi à
la foi telle qu'elle est crue, célébrée, vécue et
priée; il est un appel à l'éducation chrétienne intégrale.
La structure du Catéchisme de l'Eglise catholique renvoie à la
profonde unité de la vie chrétienne. L'interdépendance
entre « lex orandi », « lex credendi »et
« lex vivendi » y est explicite. « La liturgie est
elle-même prière: la confession de la foi trouve sa juste place
dans la célébration du culte. La grâce, fruit des
sacrements, est la condition irremplaçable de l'agir chrétien, de
même que la participation à la liturgie de l'Eglise requiert la
foi. Si la foi ne se déploie pas en uvres, elle reste morte et elle
ne peut porter des fruits de vie éternelle ». (426)
Par cette articulation traditionnelle autour des quatre piliers qui
soutiennent la transmission de la foi (symbole, sacrements, décalogue,
Notre Père), (427) le Catéchisme de l'Eglise Catholique se
veut une référence doctrinale pour l'éducation aux quatre tâches
de base de la catéchèse (428) et pour l'élaboration des
Catéchismes locaux, tout en n'imposant aucune configuration déterminée
à celle-là ou à ceux-ci. La façon la plus adéquate
d'ordonner les éléments du contenu de la catéchèse
doit répondre aux circonstances concrètes, et ce n'est pas au Catéchisme
commun de l'établir pour toute l'Eglise. (429) La parfaite fidélité
à la doctrine catholique est compatible avec une grande diversité
dans la façon de la présenter.
L'inspiration du Catéchisme de l'Eglise catholique: le
christocentrisme trinitaire et la sublimité de la vocation de la
personne humaine
123. L'axe porteur du Catéchisme de l'Eglise catholique est Jésus-Christ,
« le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14,6).
Le Catéchisme de l'Eglise catholique, dont Jésus-Christ est le
centre, est orienté dans deux directions: vers Dieu et vers la personne
humaine.
Le mystère de Dieu, Un et Trine, et son économie du
salut, inspire et structure tout le contenu du Catéchisme de l'Eglise
catholique. La profession de foi, la liturgie, la morale évangélique,
la prière ont, dans le Catéchisme de l'Eglise catholique, une
inspiration trinitaire, fil conducteur de l'ouvrage. (430) Cet élément
central de l'inspiration contribue à donner à toutes ses parties
un caractère profondément religieux.
Le mystère de la personne humaine est présenté
dans les pages du Catéchisme de l'Eglise catholique, et notamment dans
quelques chapitres significatifs: « L'homme est capable de Dieu », «
La création de l'homme », « Le Fils de Dieu s'est fait homme »,
« La vocation de l'homme est la vie dans l'Esprit »... et d'autres
encore. (431) Cette doctrine, considérée à la lumière
de la nature humaine de Jésus, homme parfait, montre la vocation sublime
et l'idéal de perfection auxquels chaque personne humaine est appelée.
En réalité, toute la doctrine du Catéchisme de l'Eglise
Catholique peut se résumer dans cette idée du Concile: « Le
Christ, dans la révélation même du mystère du Père
et de son amour, manifeste pleinement l'homme à lui-même et lui découvre
la sublimité de sa vocation ». (432)
Le genre littéraire du Catéchisme de l'Eglise catholique
124. Il est important de découvrir le genre littéraire du Catéchisme
de l'Eglise catholique pour respecter la fonction que, dans son autorité,
l'Eglise lui attribue dans l'exercice et dans le renouveau de l'activité
catéchétique de notre temps.
Les traits principaux qui définissent le genre littéraire du
Catéchisme de l'Eglise catholique sont les suivants:
C'est avant tout un catéchisme, à savoir un texte
officiel du Magistère de l'Eglise qui recueille avec autorité, en
une synthèse précise et organique, les événements
et les vérités fondamentales du salut qui expriment la foi
commune du Peuple de Dieu et constituent la référence de base
indispensable pour la catéchèse.
En tant que catéchisme, il rassemble les éléments
communs de base dans la vie chrétienne, sans proposer comme doctrine de
foi des interprétations particulières qui ne sont qu'hypothèses
personnelles ou positions d'une école théologique. (433)
C'est en outre un catéchisme au caractère universel,
offert à toute l'Eglise. Il présente une synthèse actualisée
de la foi, qui incorpore la doctrine du Concile Vatican II et tient compte des
interrogations religieuses et morales de notre époque. Toutefois, «
par sa finalité même, ce Catéchisme ne se propose pas de réaliser
les adaptations de l'exposé et des méthodes catéchétiques
exigées par les différences de cultures, d'âges, de maturité
spirituelle, de situations sociales et ecclésiales de ceux à qui
s'adresse la catéchèse. Ces adaptations indispensables relèvent
des catéchismes appropriés, et plus encore de ceux qui instruisent
les fidèles ». (434)
Le dépôt de la foi et le Catéchisme de l'Eglise
catholique
125. Le Concile Vatican II s'est proposé comme tâche principale
de mieux garder et de mieux expliquer le dépôt précieux de
la doctrine chrétienne, afin de le rendre plus accessible aux fidèles
du Christ et à tous les hommes de bonne volonté.
Le contenu de ce dépôt est la parole de Dieu, conservée
dans l'Eglise. Le Magistère de l'Eglise, s'étant donné pour
but d'élaborer un texte de référence pour l'enseignement de
la foi, a puisé dans ce trésor précieux du neuf et de
l'ancien, choisissant ce qu'il croyait le mieux convenir à la réalisation
de son objectif. Le Catéchisme de l'Eglise catholique se présente
ainsi comme un service fondamental: il facilite l'annonce de l'Evangile et
l'enseignement de la foi, car ceux-ci puisent leur message au dépôt
de la Tradition et de l'Ecriture Sainte confié à l'Eglise pour
pouvoir se réaliser avec une authenticité totale. Le Catéchisme
de l'Eglise catholique n'est pas la seule source de la catéchèse;
en tant qu'acte du Magistère il n'est pas, en effet, supérieur à
la Parole de Dieu, mais à son service. Il s'agit cependant d'un acte
particulièrement important d'interprétation authentique de cette
Parole, un acte posé afin que l'Evangile soit annoncé et transmis
dans toute sa vérité et sa pureté.
126. A la lumière de cette relation entre le Catéchisme de
l'Eglise catholique et le dépôt de la foi, il convient d'éclaircir
deux questions qui ont une importance vitale pour la catéchèse:
le rapport entre Ecriture Sainte et Catéchisme de l'Eglise
catholique comme points de référence pour le contenu de la catéchèse;
le rapport entre la Tradition catéchistique des Pères
de l'Eglise avec sa richesse de contenu et d'intelligence du processus
catéchétique et le Catéchisme de l'Eglise
catholique.
L'Ecriture Sainte, le Catéchisme de l'Eglise catholique et la catéchèse
127. La constitution Dei Verbum, du Concile Vatican II, a souligné
toute l'importance de l'Ecriture Sainte dans la vie de l'Eglise. Elle est présentée,
conjointement avec la sainte Tradition, comme « la règle suprême
de la foi », car elle communique « immuablement la parole de
Dieu-lui-même » et fait « retentir dans les paroles des prophètes
et des Apôtres la voix de l'EspritSaint ». (435) C'est pourquoi,
l'Eglise veut que l'Ecriture Sainte ait une place prépondérante
dans tout le ministère de la parole. La catéchèse doit être,
concrètement, une « introduction authentique à la "lectio
divina", c'est-à-dire à la lecture de l'Ecriture Sainte faite
"selon l'Esprit" qui habite l'Eglise ». (436)
En ce sens, « parler de la Tradition et de l'Ecriture comme source de
la catéchèse, c'est souligner que celle-ci doit s'imprégner
et se pénétrer de la pensée, de l'esprit et des attitudes
bibliques et évangéliques par un contact assidu avec les textes
eux-mêmes; mais c'est aussi rappeler que la catéchèse sera
d'autant plus riche et efficace qu'elle lira les textes avec l'intelligence et
le cur de l'Eglise ». (437) Dans cette lecture ecclésiale de
l'Ecriture, faite à la lumière de la Tradition, le Catéchisme
de l'Eglise catholique joue un rôle très important.
128. L'Ecriture Sainte et le Catéchisme de l'Eglise catholique se présentent
comme deux points de référence pour inspirer toute l'action catéchistique
de l'Eglise de notre temps.
En effet, l'Ecriture Sainte, « Parole de Dieu mise par écrit
sous l'inspiration de l'Esprit Saint » (438) et le Catéchisme de
l'Eglise catholique, expression actuelle de la Tradition vivante de l'Eglise et
norme sûre pour l'enseignement de la foi, sont appelés, chacun à
sa façon, et selon son autorité spécifique, à féconder
la catéchèse dans l'Eglise contemporaine.
La catéchèse transmet le contenu de la Parole de Dieu
selon les deux modes par lesquels l'Eglise le possède, l'intériorise
et le vit, comme narration de l'Histoire du Salut et comme explicitation du
Symbole de la foi. L'Ecriture Sainte et le Catéchisme de l'Eglise
Catholique doivent inspirer aussi bien la catéchèse biblique que
la catéchèse doctrinale qui véhiculent ce contenu de la
Parole de Dieu.
Dans le développement ordinaire de la catéchèse,
il est important que les catéchumènes et les catéchisés
puissent compter à la fois sur l'Ecriture Sainte et sur le catéchisme
local. En définitive, la catéchèse n'est autre que la
transmission, vitale et significative, de ces documents de la foi. (439)
La tradition catéchétique des Pères de l'Eglise et
le Catéchisme de l'Eglise catholique
129. Le dépôt de la foi renferme, avec l'Ecriture,
toute la Tradition de l'Eglise. « L'enseignement des Pères de
l'Eglise atteste la présence vivifiante de cette Tradition, dont les
richesses passent dans la pratique et dans la vie de l'Eglise qui croit et qui
prie ». (440)
Face à une telle richesse doctrinale et pastorale, quelques aspects méritent
l'attention:
L'importance décisive que les Pères de l'Eglise
accordent au catéchuménat baptismal dans la configuration des
Eglises particulières.
La conception progressive et graduelle de la formation chrétienne,
qui se structure par étapes. (441) Les Pères configurent le catéchuménat
en s'inspirant de la pédagogie divine. Dans le processus catéchuménal,
le catéchumène, comme le peuple d'Israël, parcourt du chemin
pour arriver à la terre promise: l'identification baptismale avec le
Christ. (442)
L'articulation du contenu de la catéchèse selon les étapes
de ce processus. Dans la catéchèse patristique, le récit de
l'histoire du salut jouait un rôle de première importance. Le Carême
bien avancé, on procédait à la remise du Symbole et
du Notre Père ainsi qu'à leur explication, avec toutes ses
implications morales. Après la célébration des sacrements
de l'initiation, la catéchèse mystagogique aidait à les intérioriser
et à les goûter.
130. Le Catéchisme de l'Eglise catholique, pour sa part, apporte à
la catéchèse la grande tradition des catéchismes. (443)
Quelques aspects de la grande richesse de cette tradition méritent également
d'être soulignés ici:
La dimension cognitive, de vérité, de la foi. La foi
n'est pas uniquement adhésion vitale à Dieu, mais aussi
assentiment de l'intelligence et de la volonté à la vérité
révélée. Les catéchismes rappellent sans cesse à
l'Eglise la nécessité de donner aux fidèles, même
sous une forme simple, une connaissance organique de la foi.
L'éducation à la foi, bien enracinée en toutes
ses sources, embrase plusieurs dimensions: une foi professée, célébrée,
vécue et priée.
L'abondance de la tradition patristique et de la tradition des catéchismes
jaillit dans la catéchèse actuelle de l'Eglise, en l'enrichissant
tant dans sa conception que dans ses contenus. Ces traditions rappellent à
la catéchèse les sept éléments de base qui la
configurent: les trois étapes du récit de l'histoire du Salut
l'Ancien Testament, la vie de Jésus-Christ et l'histoire de l'Eglise; et
les quatre piliers de l'exposé le Symbole, les Sacrements, le Décalogue
et le Notre Père. Avec ces sept pierres fondamentales, bases du
processus de la catéchèse d'initiation comme aussi de l'itinéraire
continu de la maturation chrétienne, il est possible de construire des édifices
de diverse architecture ou ordonnancement, au gré des destinataires ou
des situations culturelles.
Les catechismes dans les Eglises locales
La nécessité des Catéchismes locaux (444)
131. Le Catéchisme de l'Eglise catholique est offert à tous
les fidèles et à chaque homme qui veut connaître ce que
croit l'Eglise catholique (445) et, de façon toute particulière,
il « est destiné à encourager et à aider à la rédaction
de nouveaux catéchismes locaux qui tiennent compte des diverses
situations et cultures, mais qui gardent avec soin l'unité de la foi et
la fidélité à la doctrine catholique ».(446)
En effet, les catéchismes locaux, composés ou approuvés
par les évêques diocésains ou par les conférences des
Evêques, (447) sont des instruments inestimables pour la catéchèse
« appelée à porter la force de l'Evangile au cur de la
culture et des cultures ». (448) C'est pourquoi, Jean Paul II a adressé
un fervent encouragement aux conférences des Evêques du monde
entier: qu'elles entreprennent, avec patience mais avec une ferme résolution,
l'imposant travail à réaliser en accord avec le Siège
Apostolique, pour mettre au point de véritables catéchismes fidèles
aux contenus essentiels de la Révélation et mis à jour pour
ce qui est de la méthode, capables d'éduquer à une foi
robuste les générations chrétiennes des temps nouveaux.
(449)
Par les catéchismes locaux, l'Eglise actualise la « pédagogie
divine » (450) que Dieu a adoptée dans la Révélation,
lorsque, dans ses soins prévenants, il a adapté son langage à
notre nature. (451) Dans les catéchismes locaux, l'Eglise communique
l'Evangile d'une manière accessible à la personne humaine afin
qu'elle puisse réellement le percevoir comme une bonne nouvelle du
salut. Les catéchismes locaux deviennent ainsi l'expression visible de «
l'admirable condescendance » (452) de Dieu et de son amour ineffable
(453) pour le monde.
Le genre littéraire d'un catéchisme local
132. Tout catéchisme, quand une Eglise locale le fait sien, a trois
caractéristiques principales: un caractère officiel, la synthèse
organique et fondamentale de la foi qu'il présente, et le fait d'être
proposé, avec l'Ecriture Sainte, comme un point de référence
pour la catéchèse.
Le catéchisme local est en effet un texte officiel de
l'Eglise. Il rend visible, en quelque sorte, la « remise du Symbole »
et la « remise du Notre Père » aux catéchumènes
et à ceux qui doivent être baptisés. Aussi, est-il
l'expression d'un acte de tradition.
Son caractère officiel établit une distinction de qualité
entre le catéchisme local et les autres instruments de travail, utiles
dans la pédagogie catéchétique (textes didactiques, catéchismes
non officiels, guides pour les catéchistes...).
De plus, tout catéchisme a le caractère d'une synthèse
de base qui présente, d'une manière organique et dans le respect
de la « hiérarchie des vérités », les événements
et les vérités fondamentales du mystère chrétien.
Le catéchisme local présente, avec une cohérence
organique, un ensemble des « documents de la Révélation et de
la tradition chrétienne », (454) proposés dans la grande
diversité des « langages » dans lesquels s'exprime la parole de
Dieu.
Le catéchisme local se présente enfin comme un point de référence
qui inspire la catéchèse. Dans le processus de catéchisation,
l'Ecriture Sainte et le catéchisme sont les deux documents doctrinaux de
base qu'il faut toujours avoir entre les mains. Tout en étant l'un et
l'autre des instruments de premier ordre, ils ne sont cependant pas les seuls:
d'autres instruments de travail plus immédiats sont en effet nécessaires.
(455) Aussi est-il légitime de se demander si un catéchisme
officiel doit contenir des éléments pédagogiques ou si, au
contraire, il doit se limiter a n'être qu'une synthèse doctrinale,
n'offrant que les sources.
En tout cas, le catéchisme étant un instrument de l'acte catéchétique
qui est un acte de communication , il obéit toujours à
une certaine inspiration pédagogique et doit toujours laisser transparaître,
dans son genre, la pédagogie de Dieu.
Les questions relevant plus directement de la méthode sont
d'ordinaire plus à leur place en d'autres instruments.
Les aspects de l'adaptation dans un catéchisme local (456)
133. Le Catéchisme de l'Eglise catholique indique quels sont les
aspects dont il faut tenir compte lorsqu'on effectue une adaptation ou une mise
en situation de la synthèse organique de la foi que tout catéchisme
local doit proposer. Cette synthèse de la foi doit réaliser les
adaptations requises par « les différences de cultures, d'âges,
de maturité spirituelle, de situations sociales et ecclésiales de
ceux à qui s'adresse la catéchèse ». (457) De même,
le Concile Vatican II affirme avec force la nécessité d'adapter le
message évangélique: « Cette prédication accommodée
de la parole révélée doit demeurer la loi de toute évangélisation
». (458) C'est pourquoi:
Un catéchisme local doit proposer la synthèse de la foi
en fonction du milieu culturel concret où vivent les catéchumènes
et les catéchisés. Il assumera toutes les « expressions
originales de vie, de célébration et de pensée chrétienne
» (459) surgies de leur propre tradition culturelle et qui sont le fruit
de l'uvre d'inculturation de l'Eglise locale.
Un catéchisme local, fidèle au message et fidèle
à la personne humaine, (460) propose le mystère chrétien
d'une façon évocatrice et proche de la psychologie et de la
mentalité de l'âge du destinataire, et par conséquent en
faisant référence aux expériences fondamentales de sa vie.
(461)
Il faut veiller tout spécialement à la manière
concrète dont est vécu le fait religieux dans une société
déterminée. Elaborer un catéchisme pour un milieu marqué
par l'indifférence religieuse est autre chose que de le composer pour un
contexte profondément religieux. (462) Le rapport « foi-science »
doit être traité avec un grand soin dans tout catéchisme.
Les problèmes sociaux environnants, au moins ceux qui ont
trait aux éléments structurels les plus profonds (économiques,
politiques, familiaux...) sont un facteur important de l'adaptation du catéchisme
à un contexte donné. En s'inspirant de la doctrine sociale de
l'Eglise, le catéchisme saura offrir des critères, des motivations
et des lignes d'action qui mettent en lumière la présence chrétienne
au milieu de ces problèmes. (463)
Enfin, c'est surtout la situation ecclésiale concrète
dans laquelle vit l'Eglise particulière qui est le contexte obligé
auquel le catéchisme doit se référer. Evidemment, on
n'entend pas par là les situations conjoncturelles, auxquelles répondent
d'autres documents du Magistère, mais une situation plus stable qui
appelle une évangélisation aux accents plus spécifiques et
déterminés. (464)
La créativité des Eglises locales dans l'élaboration
des catéchismes
134. Dans leur tâche d'adaptation, de mise en situation et
d'inculturation du message évangélique aux différents âges,
situations et cultures, à travers des catéchismes, les Eglises
locales doivent faire preuve d'une créativité sûre et
mature. Dans le depositum fidei confié à l'Eglise, les
Eglises locales doivent sélectionner, structurer et exprimer, sous la
conduite de l'Esprit Saint, le Maître intérieur, tous les éléments
utiles pour transmettre, dans une situation déterminée, l'Evangile
dans son authenticité complète.
Dans cette tâche ardue, le Catéchisme de l'Eglise catholique
est « le point de référence » pour garantir l'unité
de la foi. Le présent Directoire général pour la catéchèse
fournit, pour sa part, les critères de base qui doivent orienter la présentation
du message chrétien.
135. En ce qui concerne l'élaboration des catéchismes locaux,
il convient de rappeler ce qui suit:
Il s'agit avant tout d'élaborer de vrais catéchismes
adaptés et inculturés. En ce sens, il convient de faire la
distinction entre un catéchisme qui adapte le message chrétien aux
différents âges, situations et cultures, et ce qui n'est qu'une
simple synthèse du Catéchisme de l'Eglise catholique, destinée
à introduire à l'étude de celui-ci. Ce sont deux genres
différents. (465)
Les catéchismes locaux peuvent avoir un caractère diocésain,
régional ou national. (466)
En ce qui concerne la structure des contenus, les différents épiscopats
éditent de fait des catéchismes diversement articulés ou
configurés. Nous l'avons dit, le Catéchisme de l'Eglise catholique
a été proposé comme référence doctrinale,
mais on n'entend pas par là imposer à toute l'Eglise une forme
particulière de catéchisme. Il existe ainsi des catéchismes
qui ont une conformation trinitaire, d'autres qui sont structurés selon
les étapes du salut, d'autres encore autour d'un thème biblique et
théologique particulièrement dense (l'Alliance, le Règne
de Dieu, etc.), d'autres selon la dimension de la foi, et d'autres enfin en
suivant l'année liturgique.
Quant à la manière d'exprimer le message évangélique,
la créativité d'un catéchisme a des influences sur la
formulation même du contenu. (467) Certes, un catéchisme doit
rester fidèle au dépôt de la foi dans sa méthode
d'exprimer la substance doctrinale du message chrétien. « Les
Eglises particulières, profondément amalgamées avec les
personnes mais aussi les aspirations, les richesses et limites, les façons
de prier, d'aimer, de considérer la vie et le monde qui marquent tel ou
tel ensemble humain, ont le rôle d'assimiler l'essentiel du message évangélique,
de le transposer, sans la moindre trahison de sa vérité
essentielle, dans le langage que ces hommes comprennent, puis de l'annoncer dans
ce langage ». (468)
Le Concile Vatican II indique le principe à suivre dans cette tâche
complexe: « Chercher sans cesse la manière la plus apte de
communiquer la doctrine aux hommes de leur temps; car autre chose est le dépôt
même ou les vérités de la foi, autre chose la façon
selon laquelle ces vérités sont exprimées, à
condition toutefois d'en sauvegarder le sens et la signification ». (469)
Le Catéchisme de l'Eglise Catholique et les catéchismes
locaux: la symphonie de la foi
136. Le Catéchisme de l'Eglise catholique et les catéchismes
locaux, naturellement avec l'autorité propre à chacun, forment une
unité. Il sont l'expression concrète de l'« unité de
la foi et de la fidélité à la doctrine catholique »
(470) et, en même temps, de la grande variété de
formulations de cette même foi.
Le Catéchisme de l'Eglise catholique et les catéchismes
locaux, pour qui contemple leur harmonie, expriment la symphonie de la foi:
d'abord une symphonie intérieure au Catéchisme de l'Eglise
Catholique, élaboré en collaboration avec tout l'épiscopat
de l'Eglise catholique; puis une symphonie qui en dérive et qui se
manifeste dans les catéchismes locaux. Cette « symphonie », ce «
chur des voix de l'Eglise universelle » (471) qui retentit dans les
catéchismes locaux, fidèles au Catéchisme de l'Eglise
catholique, a une signification théologique importante:
Elle manifeste avant tout la catholicité de l'Eglise. Les
richesses culturelles des peuples font corps avec l'expression de la foi de
l'unique Eglise.
Catéchisme de l'Eglise catholique et catéchismes
locaux manifestent aussi la communion ecclésiale dont la «
profession d'une seule foi » (472) est l'un des liens visibles. Les
Eglises particulières, « dans lesquelles et à partir
desquelles existe l'une et unique Eglise du Christ », (473) entretiennent
avec le tout, avec
l'Eglise universelle, « une relation particulière d'intériorité
réciproque ». (474) L'unité entre le Catéchisme
de l'Eglise Catholique et les catéchismes locaux rend cette
communion visible.
Catéchisme de l'Eglise catholique et catéchismes
locaux expriment également, de manière évidente, la réalité
de la collégialité épiscopale. Les évêques,
chacun dans son diocèse, et ensemble dans le collège des évêques,
en communion avec le successeur de Pierre, ont la plus haute responsabilité
de la catéchèse dans l'Eglise. (475)
Le Catéchisme de l'Eglise catholique et les catéchismes
locaux, de par leur unité profonde et leur riche diversité, sont
appelés à être un levain de renouveau de la catéchèse
dans l'Eglise. En les observant avec un regard catholique et universel,
l'Eglise, c'est-à-dire toute la communauté des disciples du
Christ, peut dire en vérité: « Telle est notre foi, telle est
la foi de l'Eglise ».
PARTIE III
LA PEDAGOGIE DE LA FOI
La pédagogie de la foi
« Et moi j'avais appris à marcher à Ephraïm,
je le prenais par les bras... Je les menais avec des attaches humaines, avec des
liens d'amour; j'étais pour eux comme ceux qui soulèvent un
nourrisson contre leur joue, je m'inclinais vers lui et le faisais manger »
(Os 11,3-4). « Quand il fut à l'écart,
ceux de son entourage avec les Douze l'interrogeaient sur les paraboles. Et il
leur disait: "A vous le mystère du Royaume de Dieu a été
donné". "En privé, il expliquait tout à ses
disciples" » (Mc 4,11.34). « Vous n'avez
qu'un seul Maître, le Christ » (Mt
23,10)
137. Jésus a soigné la formation des disciples qu'il a envoyés
en mission. Il s'est proposé à eux à la fois comme l'unique
Maître et comme l'ami patient et fidèle, (476) il a exercé
un véritable enseignement à travers toute sa vie; (477) en les
stimulant par des questions appropriées, (478) il leur a expliqué
de manière approfondie ce qu'il annonçait à la foule;
(479) il les a initiés à la prière, (480) il les a envoyés
faire un stage missionnaire, (481) il leur a promis puis envoyé l'Esprit
du Père pour qu'il les introduise dans la vérité tout entière
(482) et les soutienne dans les inévitables moments difficiles. (483) Jésus-Christ
est « le Maître qui révèle Dieu aux hommes et l'homme à
lui-même; le Maître qui sauve, sanctifie et guide, qui est vivant,
qui parle, secoue, émeut, redresse, juge, pardonne, marche
quotidiennement avec nous sur le chemin de l'histoire; le Maître qui vient
et qui viendra dans la gloire ». (484) En Jésus, Seigneur et Maître,
l'Eglise trouve la grâce transcendante, l'inspiration permanente, le modèle
convaincant de toute communication de la foi.
Sens et finalité de cette partie
138. A l'école de Jésus, le Maître, le catéchiste
unit étroitement son activité de personne responsable à
l'action mystérieuse de la grâce de Dieu. La catéchèse
est donc l'exercice d'une « pédagogie originale de la foi ».
(485)
La transmission de l'Evangile par l'Eglise reste avant tout et toujours l'uvre
de l'Esprit-Saint et elle trouve dans la révélation le témoignage
et la norme fondamentale (chapitre 1).
Mais l'Esprit se sert de personnes qui reçoivent la mission
d'annoncer l'Evangile et dont les compétences et les expériences
humaines font partie de la pédagogie de la foi.
Il en ressort tout un ensemble de questions largement évoquées
dans l'histoire de la catéchèse, concernant l'action catéchétique,
les sources, les méthodes, les destinataires, le processus
d'inculturation.
Le deuxième chapitre ne prétend pas présenter un exposé
exhaustif de la pédagogie de la foi; ne sont traités que les
points apparaissant aujourd'hui particulièrement importants pour toute
l'Eglise. Il reviendra aux divers directoires et autres instruments de travail
de chaque Eglise d'aborder d'une manière appropriée les problèmes
spécifiques.
CHAPITRE I
La pédagogie de Dieu, source et modèle de
la pédagogie de la foi (486)
La pédagogie de Dieu
139. « C'est en fils que Dieu vous traite. Et quel est le fils que ne
corrige son père? » (He 12,7). Le salut de la personne,
finalité de la Révélation, est aussi, dans l'histoire, le
fruit d'une « pédagogie de Dieu » originale et efficace. Par
analogie avec les usages des hommes et selon les catégories culturelles
de l'époque, Dieu est présenté dans l'Ecriture comme un père
miséricordieux, un maître, un sage (487) qui prend la personne
individu et communauté dans la condition où elle se trouve,
la délivre des chaînes du mal, l'attire à lui par des liens
d'amour, la fait grandir peu à peu, patiemment, jusqu'à ce qu'elle
atteigne la maturité d'un fils libre, fidèle et obéissant à
sa parole. Dans ce but, en éducateur génial et clairvoyant, Dieu
transforme les vicissitudes de la vie de son peuple en leçons de sagesse
en s'adaptant aux différents âges et situations de vie. (488) Il
lui remet des paroles d'instruction et de catéchèse qui seront
transmises de génération en génération, (489) il
exhorte en évoquant la récompense et le châtiment, il donne
aux épreuves et aux souffrances elles-mêmes un caractère
formateur. (490) Faire vraiment rencontrer Dieu à une personne, ce qui
est la tâche du catéchiste, c'est faire de sa relation avec Dieu
une relation centrale et personnelle, pour se laisser guider par Lui.
La pédagogie du Christ
140. Quand vint la plénitude des temps, Dieu envoya à
l'humanité son Fils, Jésus-Christ. Il apporta au monde le don suprême
du salut, accomplissant sa mission de rédempteur dans un processus qui
continuait la « pédagogie de Dieu » avec la perfection et
l'efficacité propres à la nouveauté de sa personne. Les
disciples ont fait l'expérience directe, à travers ses paroles,
ses signes, ses uvres, tout au long d'une vie brève mais intense,
de ce que sont les traits fondamentaux de la « pédagogie de Jésus
», les faisant connaître ensuite dans les Evangiles: l'accueil de
l'autre, notamment du pauvre, du petit, du pécheur, comme une personne
que Dieu aime et recherche; l'annonce franche du Royaume de Dieu comme la belle
nouvelle de la vérité et de la consolation du Père; un
style d'amour, délicat et fort, qui délivre du mal et soutient la
vie; l'appel pressant à une conduite soutenue par la foi en Dieu, par
l'espérance du royaume, et par la charité envers le prochain;
l'usage de toutes les ressources de la communication entre les personnes, telles
que la parole, le silence, la métaphore, l'image, l'exemple, tant de
signes divers, comme cela était le propre des prophètes bibliques.
En invitant les disciples à le suivre totalement et sans regrets, (491)
le Christ leur remet sa pédagogie de la foi en signe de partage total de
sa cause et de son destin.
La pédagogie de l'Eglise
141. Depuis ses origines, l'Eglise qui est « dans le Christ comme un
sacrement », (492) a vécu sa mission comme la continuité
visible et actuelle de la pédagogie du Père et du Fils. «
Etant notre Mère, elle est aussi l'éducatrice de notre foi ».
(493)
C'est pour ces raisons profondes que la communauté chrétienne
est en elle-même une catéchèse vivante. En vertu de ce
qu'elle est, elle annonce, célèbre, agit et demeure toujours le
lieu vital, indispensable et premier de la catéchèse.
L'Eglise a produit tout au long des siècles un trésor
incomparable de pédagogie de la foi: tout d'abord le témoignage de
saints et de saintes catéchistes. Mais aussi toute une variété
de moyens et de formes originales de communication religieuse comme le catéchuménat,
les catéchismes, les itinéraires de vie chrétienne; un
patrimoine précieux d'enseignements catéchétiques, de
culture de la foi, d'institutions et de services de la catéchèse.
Autant d'aspects qui font l'histoire de la catéchèse et qui
entrent de plein droit dans la mémoire de la communauté et dans la
pratique du catéchiste.
La pédagogie divine, action de l'Esprit-Saint en chaque chrétien
142. « Heureux l'homme que tu reprends, Seigneur, et que tu
enseignes par ta loi » (Ps 94,12). A l'école de la
parole de Dieu accueillie dans l'Eglise, grâce au don de l'Esprit-Saint
envoyé par le Christ, le disciple grandit comme son Maître «
en sagesse, en âge et en grâce devant Dieu et devant les hommes »
(Lc 2,52) et il est mis à même de développer en lui
l'« éducation divine » reçue à travers la catéchèse
et les ressources de la science et de l'expérience. (494) Ainsi, en
connaissant toujours plus le mystère du salut, en apprenant à
adorer Dieu le Père et « en vivant dans la vérité
selon la charité », il cherche à « grandir de toutes
manières vers Celui qui est la Tête, le Christ » (Ep
4,15).
La pédagogie de Dieu peut être considérée
accomplie lorsque le disciple parvient « à l'état d'homme
parfait, dans la force de l'âge, qui réalise la plénitude du
Christ » (Ep 4,13). Aussi est-il impossible d'être des maîtres
et des pédagogues de la foi d'autrui sans être des disciples
convaincus et fidèles du Christ dans son Eglise.
Pédagogie divine et catéchèse
143. La catéchèse, en tant que communication de la révélation
divine, s'inspire radicalement de la pédagogie de Dieu telle qu'elle se déploie
dans le Christ et dans l'Eglise; elle en accueille les traits constitutifs, et,
guidée par l'Esprit Saint, elle en réalise une sage synthèse,
favorisant ainsi une véritable expérience de foi, une rencontre
filiale avec Dieu. De cette façon la catéchèse:
est une pédagogie qui s'insère et se met au service du «
dialogue du salut » entre Dieu et la personne, en soulignant comme il se
doit la destination universelle de ce salut; en ce qui concerne Dieu, elle
souligne l'initiative divine, sa motivation d'amour, sa gratuité, son
respect de la liberté; en ce qui concerne l'homme, elle met en évidence
la dignité du don reçu et l'exigence de croître
continuellement dans ce don; (495)
elle accepte le principe du caractère progressif de la Révélation,
la transcendance et le caractère mystérieux de la parole de Dieu,
ainsi que sa capacité d'adaptation aux différentes personnes et
cultures;
elle reconnaît la place centrale de Jésus-Christ, parole
de Dieu faite homme; cette centralité fait de la catéchèse
une « pédagogie de l'Incarnation »; c'est pourquoi l'Evangile
est toujours à proposer pour la vie et dans la vie des personnes;
elle valorise l'expérience communautaire de la foi, propre au
Peuple de Dieu, à l'Eglise;
elle s'enracine dans la relation interpersonnelle et fait sien le
processus du dialogue;
elle se fait pédagogie de signes, où se mêlent événements
et paroles, enseignement et expérience; (496)
l'amour de Dieu étant la raison ultime de sa révélation,
la catéchèse puise dans cet amour divin intarissable qu'est
l'Esprit Saint, sa force de vérité et son engagement constant pour
en témoigner. (497)
La catéchèse se présente ainsi comme un processus, un
itinéraire, une marche à la suite du Christ de l'Evangile, dans
l'Esprit, vers le Père, entreprise pour atteindre la maturité de
la foi « selon la mesure du don du Christ » (Ep 4,7) et les
possibilités et les besoins de chacun.
Pédagogie originale de la foi (498)
144. La catéchèse, qui est donc une pédagogie en acte
de la foi, ne peut pas, dans l'accomplissement de ses tâches, se laisser
guider par des considérations idéologiques ou par des intérêts
purement humains; (499) elle ne confond pas l'action salvifique de Dieu, qui
est pure grâce, avec l'agir pédagogique de l'homme; cependant, elle
ne les oppose ni ne les sépare. C'est le dialogue que Dieu instaure
amoureusement avec chaque personne qui devient son inspiration et sa norme; de
ce dialogue, elle se fait l'« écho » inlassable, en recherchant
continuellement le dialogue avec les personnes, selon les grandes indications
données par le Magistère de l'Eglise. (500)
Des objectifs précis inspirent ses choix méthodologiques:
promouvoir une synthèse progressive et cohérente de
l'adhésion totale de l'homme à Dieu (fides qua) et des
contenus du message chrétien (fides quae);
développer toutes les dimensions de la foi de sorte qu'elle
devienne une foi connue, célébrée, vécue, priée;
(501)
encourager la personne à s'abandonner « tout entière
et librement » à Dieu: (502) intelligence, volonté, cur,
mémoire;
l'aider à discerner la vocation à laquelle le Seigneur
l'appelle.
La catéchèse accomplit de la sorte une uvre tout à
la fois d'initiation, d'éducation et d'enseignement.
Fidélité à Dieu et fidélité à
la personne (503)
145. Jésus-Christ est la relation vivante et parfaite de Dieu à
l'homme et de l'homme à Dieu. La pédagogie de la foi reçoit
de Lui « une loi fondamentale pour toute la vie de l'Eglise », et donc
pour la catéchèse: « celle de la fidélité à
Dieu et de la fidélité à l'homme, dans une même
attitude d'amour ». (504)
Par conséquent, la catéchèse est authentique
lorsqu'elle aide à saisir l'action de Dieu au long du chemin de
formation, en favorisant un climat d'écoute, d'action de grâce et
de prière, (505) tandis qu'elle tend à susciter une réponse
libre des personnes, en encourageant la participation active des catéchisés.
La « condescendance » (506) de Dieu, école
pour la personne
146. Voulant s'adresser aux hommes comme à des amis, (507) Dieu
manifeste notamment sa pédagogie en adaptant, avec des soins prévenants,
son langage à notre condition d'ici-bas. (508)
Cela implique, pour la catéchèse, la tâche jamais achevée
de trouver le langage capable de communiquer la parole de Dieu et le Credo de
l'Eglise, qui en est le développement, aux différentes situations
des auditeurs; (509) en même temps la certitude demeure que cette tâche
est réalisable avec la grâce de Dieu, et que l'Esprit-Saint donne
la joie de le faire.
Par conséquent, les indications pédagogiques adaptées à
la catéchèse sont celles qui permettent de communiquer la totalité
de la parole de Dieu au cur de l'existence des personnes. (510)
Evangéliser en éduquant et éduquer en évangélisant
(511)
147. En s'inspirant sans cesse de la pédagogie de la foi, le catéchiste
fait de son service un itinéraire éducatif qualifié: d'un côté,
il aide la personne à s'ouvrir à la dimension religieuse de la
vie, de l'autre, il lui propose l'Evangile de telle manière que celui-ci
pénètre et transforme les attitudes de son intelligence, de sa
conscience, de sa liberté, de son action, arrivant à faire de
l'existence un don de soi, à l'exemple de Jésus-Christ.
Dans ce but, le catéchiste a recours aux sciences de l'éducation,
comprises dans un sens chrétien.
CHAPITRE II
Eléments de méthodologie
La diversité des méthodes en catéchèse
(1)
148. Dans la transmission de la foi, l'Eglise n'a ni méthode propre
ni méthode unique. A la lumière de la pédagogie de Dieu,
elle discerne les méthodes existantes, retient, dans une grande liberté
d'esprit, « tout ce qu'il y a de vrai, de noble, de juste, de pur,
d'aimable, d'honorable et qui mérite éloge » (Ph
4,8); autrement dit, tous les éléments qui ne sont pas
incompatibles avec l'Evangile, elle les met à son service. Cela est
admirablement confirmé dans l'histoire de l'Eglise où les nombreux
charismes de service de la Parole ont engendré divers parcours méthodologiques.
Ainsi, « la variété dans les méthodes est un signe de
vie et une richesse » et, en même temps un signe de respect à
l'égard des destinataires. Cette variété est requise par «
l'âge et le développement intellectuel des chrétiens, leur
degré de maturité ecclésiale et spirituelle et par beaucoup
d'autres circonstances personnelles ».(2)
L'objectif de la méthodologie de la catéchèse est l'éducation
à la foi; elle a recours aux sciences pédagogiques et de la
communication appliquées à la catéchèse; elle tient
compte des acquis considérables de la catéchèse
contemporaine.
Le rapport contenu-méthode dans la catéchèse
(3)
149. Le principe de « fidélité à Dieu et fidélité
à l'homme » conduit à éviter toute opposition, séparation
artificielle ou soi-disant neutralité entre la méthode et le
contenu, affirmant plutôt leur corrélation et leur interaction. Le
catéchiste sait que la méthode est au service de la Révélation
et de la conversion (4) et qu'il faut donc en faire usage. D'autre part, le catéchiste
sait que le contenu de la catéchèse ne supporte pas n'importe
quelle méthode mais qu'il exige un processus de transmission adapté
à la nature du message, à ses sources et à ses langages,
aux circonstances concrètes de la communauté ecclésiale, à
la condition de chaque fidèle auquel est adressée la catéchèse.
De par leur importance même, aussi bien dans la Tradition et dans
l'actualité de la catéchèse, certaines méthodes méritent
d'être soulignées: la méthode d'approche de la Bible,(5) la
méthode ou « pédagogie du document » du symbole
notamment, car « la catéchèse est transmission des documents
de la foi » ,(6) la méthode des signes liturgiques et ecclésiaux,
la méthode propre aux communications sociales.
Une bonne méthode catéchétique garantit la fidélité
du contenu.
Méthode inductive et déductive (7)
150. La transmission de la foi dans la catéchèse est un événement
de grâce, fruit de la rencontre entre la Parole de Dieu et l'expérience
de la personne. Elle s'exprime par des signes sensibles et, à la fin,
ouvre au mystère. Cela peut arriver par des voies différentes que
nous ne connaissons pas toujours complètement.
On parle aujourd'hui de méthodes inductive et déductive. La méthode
dite inductive consiste à présenter des faits, tels que les événements
bibliques, les actes liturgiques, la vie de l'Eglise et la vie quotidienne, dans
le but de discerner la signification qu'ils peuvent avoir dans le mystère
de la Révélation. Cette méthode offre de gros avantages
parce qu'elle est conforme à l'économie de la révélation;
elle répond à l'attente profonde du cur de l'homme qui est
de parvenir à la connaissance des choses intelligibles en partant des réalités
visibles; elle concorde également avec les caractéristiques de la
connaissance de la foi qui est une connaissance par l'intermédiaire de
signes.
La méthode inductive n'exclut pas mais appelle la méthode déductive
qui, elle, explique les faits et les décrit en partant de leurs causes.
Mais la synthèse déductive ne prendra toute sa valeur qu'une fois
la démarche inductive accomplie.(8)
151. Le sens à donner est autre lorsqu'il s'agit des chemins
d'action: l'un est dit « kerygmatique » (ou descendant),
lorsqu'il part de l'annonce du message, exprimé dans les principaux
documents de la foi (Bible, liturgie, doctrine...) et le met en pratique
dans la vie; l'autre est dit « existentiel » (ou ascendant)
lorsqu'il part des problèmes et situations humaines et les éclaire
à la lumière de la Parole de Dieu. Ce sont là deux
approches légitimes, à condition de respecter tous les facteurs en
jeu, le mystère de la grâce et les données humaines, la
compréhension de la foi et le processus de rationalité.
L'expérience humaine dans la catéchèse (9)
152. L'expérience joue divers rôles dans la catéchèse;
c'est pourquoi il faut sans cesse la mettre dûment en valeur.
a) Elle fait naître chez l'homme des intérêts,
des interrogations, des espoirs et des anxiétés, des réflexions
et des jugements qui éveillent un certain désir de changer la
vie. Aussi la catéchèse prendra-t-elle soin de rendre les
personnes attentives à leurs expériences personnelles et sociales
les plus marquantes, d'éclairer par l'Evangile les questions et les
besoins qui en découlent; de même, elle aidera les hommes à
transformer leur mode de vie. La personne adoptera ainsi une attitude active et
responsable à l'égard du don de Dieu.
b) L'expérience favorise l'intelligibilité du message
chrétien. Ce qui concorde bien avec la manière d'agir de Jésus
qui s'est servi d'expériences et de situations humaines pour expliquer
les réalités eschatologiques et transcendantes, et par là,
enseigner l'attitude à adopter face à ces réalités.
En ce sens, l'expérience sert à sonder et à comprendre les
vérités qui constituent le contenu objectif de la révélation.
c) Il s'ensuit que l'expérience vécue à la lumière
de la foi devient en quelque sorte un lieu de manifestation et d'accomplissement
du salut, où Dieu, conformément à la pédagogie de
l'Incarnation, atteint l'homme par sa grâce et le sauve. Le catéchiste
doit aider l'homme à lire sa vie dans cette optique pour y saisir l'appel
de l'Esprit Saint à la conversion, à l'engagement, à l'espérance,
et découvrir ainsi le dessein de Dieu dans sa propre vie.
153. Eclairer et interpréter l'expérience par le donné
de la foi devient une tâche permanente de la pédagogie de la catéchèse,
difficile certes, mais qui ne peut être négligée sous peine
de tomber dans des juxtapositions artificielles ou des interprétations
intégristes de la vérité.
C'est possible en appliquant correctement la corrélation ou
l'interaction entre les grandes expériences humaines (10) et le message révélé,
comme en témoignent l'annonce des prophètes, la prédication
de Jésus et l'enseignement des apôtres, constituant le critère
fondamental à suivre pour toute rencontre entre la foi et l'expérience
humaine dans le temps de l'Eglise.
La mémorisation dans la catéchèse (11)
154. La catéchèse fait partie de la « Mémoire »
de l'Eglise qui garde vivante au milieu de nous la présence du
Seigneur.(12) L'exercice de la mémoire est donc un aspect constitutif de
la pédagogie de la foi depuis les premiers temps du christianisme. Pour
surmonter les risques d'un apprentissage mécanique, la mémorisation
doit s'insérer harmonieusement parmi les divers rites de l'assimilation,
tels que la réaction spontanée et la réflexion, le moment
du dialogue et celui du silence, l'exposé oral et le travail écrit.(13)
Il faut en particulier mémoriser les principales formules de la foi
parce qu'elles en assurent l'exposé plus précis et garantissent un
précieux patrimoine commun, doctrinal, culturel et linguistique. La
possession sûre des langages de la foi est une condition indispensable
pour vivre la foi elle-même.
Ces formules doivent être cependant proposées comme des synthèses
au terme d'un chemin d'explication, et doivent être fidèles au
message chrétien. En font partie quelques formules et textes plus
importants tirés de la Bible, du dogme, de la liturgie, et les prières
bien connues de la tradition chrétienne (le Symbole des apôtres,
le Notre Père, l'Ave Maria...).(14)
« Ces fleurs, si l'on peut dire, de la foi et de la piété
ne poussent pas dans les espaces désertiques d'une catéchèse
sans mémoire. L'essentiel est que ces textes mémorisés
soient en même temps intériorisés, compris peu à peu
dans leur profondeur, pour devenir source de vie chrétienne personnelle
et communautaire ».(15)
155. Bien plus, l'apprentissage des formules de la foi et leur profession
entrent dans le cadre de l'exercice traditionnel de la « traditio »
et « redditio »; c'est ainsi qu'à la transmission de la foi
dans la catéchèse (traditio) correspond la réponse
du sujet, lors du parcours catéchétique d'abord, puis dans la vie
(redditio).(16)
Ce processus favorise une meilleure participation à la vérité
reçue. Il facilite une réponse personnelle responsable qui
respecte le sens originel du donné de la foi et comprend le langage
utilisé pour le dire (biblique, liturgique, doctrinal...).
Rôle du catéchiste (17)
156. Aucune méthodologie, même si elle est confirmée par
la pratique, ne dispense le catéchiste d'un travail personnel dans toutes
les étapes du processus de catéchèse.
Le charisme donné par l'Esprit, une spiritualité solide, un témoignage
de vie transparent, sont l'âme de toute méthode, et seules les
bonnes qualités humaines et chrétiennes du catéchiste
assurent le bon usage des textes et des autres instruments de travail.
Le catéchiste est, en soi, un médiateur qui facilite la
communication entre les personnes et le mystère de Dieu, des personnes
entre elles et avec la communauté. C'est pourquoi il doit faire en sorte
que sa vision culturelle, sa condition sociale et son style de vie n'entravent
pas le cheminement de la foi, en créant plutôt les conditions
favorables à la recherche, à l'accueil et à
l'approfondissement du message chrétien.
Il n'oublie pas que l'adhésion des personnes est le fruit de la grâce
et de la liberté; il agit donc de telle sorte que son activité
soit toujours soutenue par la foi en l'Esprit Saint et par la prière.
Enfin, le rapport personnel entre le catéchiste et le catéchisé
est extrêmement important. Il est caractérisé par l'amour de
l'éducation, la créativité originale, l'adaptation, et en même
temps, par le plus grand respect de la liberté et de la maturation de la
personne.
Par ce sage accompagnement, le catéchiste accomplit l'un des services
les plus précieux de l'activité catéchétique: il
aide les personnes à discerner la vocation à laquelle Dieu les
appelle.
L'activité et la créativité des catéchisés
(18)
157. La participation active des catéchisés à leur
processus de formation est tout à fait conforme non seulement à
toute communication humaine authentique, mais plus spécifiquement à
l'économie de la Révélation et du Salut. Dans l'état
ordinaire de la vie chrétienne, les croyants sont appelés à
répondre activement, individuellement et en groupe, au don de Dieu par la
prière, la participation aux sacrements et aux autres actions
liturgiques, l'engagement ecclésial et social, l'exercice de la charité,
la promotion des grandes valeurs humaines comme la liberté, la justice,
la paix, la sauvegarde de la création.
Dans la catéchèse, les catéchisés s'engagent à
s'entraîner aux activités de la foi, de l'espérance et
de la charité, à acquérir capacité et rectitude de
jugement, à renforcer la décision personnelle de conversion et de
pratique chrétienne de la vie.
Les catéchisés, surtout s'ils sont adultes, peuvent contribuer
activement au progrès de la catéchèse en indiquant les
voies les plus aptes à favoriser la compréhension et l'expression
du message, comme l'apprentissage par l'action, la recherche et le dialogue, l'échange
de points de vue.
Communauté, personne et catéchèse (19)
158. La pédagogie catéchistique n'est efficace que dans la
mesure où la communauté chrétienne devient la référence
concrète et exemplaire du cheminement de foi de chaque personne. Cela se
produit si la communauté se propose comme la source, le lieu et le terme
de la catéchèse. Elle devient alors concrètement le lieu
visible du témoignage croyant, elle pourvoit à la formation de ses
membres, les accueille en véritable famille de Dieu, en devenant ainsi le
milieu vital et permanent de croissance de la foi.(20)
A côté de la proclamation de l'Evangile sous forme publique et
collective, la relation de personne à personne, à l'exemple de Jésus
et des apôtres, demeure toujours indispensable. De la sorte, la conscience
personnelle est plus facilement impliquée, le don de la foi parvient au
catéchisé de vivant à vivant, comme il est propre à
l'action du Saint-Esprit , et la force de persuasion se fait plus
incisive.(21)
L'importance du groupe (22)
159. Le groupe joue un rôle important dans le processus de développement
des personnes. Il en est de même dans la catéchèse. Chez les
enfants, le groupe favorise l'éducation à la vie sociale; chez les
jeunes, il est une nécessité vitale pour la formation de leur
personnalité; chez les adultes, il favorise le dialogue, le sens du
partage et de la coresponsabilité chrétienne.
Le catéchiste qui participe à la vie du groupe, qui perçoit
et met en valeur ses énergies, reconnaît et exerce comme tâche
première et spécifique d'être, au nom de l'Eglise, le témoin
actif de l'Evangile, capable de communiquer aux autres les fruits de sa foi
adulte et d'encourager judicieusement la recherche commune.
En plus de l'instruction religieuse, le groupe chrétien est appelé
à fournir une expérience de communauté et une forme de
participation à la vie ecclésiale, en trouvant dans la grande
communauté eucharistique son aboutissement et sa pleine manifestation. Jésus
dit: « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je
suis au milieu d'eux » (Mt 18,20).
La communication sociale (23)
160. « Le premier aréopage des temps modernes est le monde de la
communication, qui donne une unité à l'humanité... Les médias
ont pris une telle importance qu'ils sont, pour beaucoup de gens, le moyen
principal d'information et de formation; ils guident et inspirent les
comportements individuels, familiaux et sociaux ».(24) De ce fait, en plus
des nombreux moyens traditionnels, « l'usage des médias est devenu
essentiel pour l'évangélisation et la catéchèse ».(25)
En effet, « l'Eglise se sentirait coupable devant son Seigneur si elle ne
mettait pas en uvre ces puissants moyens que l'intelligence humaine rend
chaque jour plus perfectionnés;... En eux, l'Eglise trouve une version
moderne et efficace de la chaire. Grâce à eux, elle réussit à
parler aux masses ».(26)
Ces moyens sont variés: télévision, radio, presse,
disques, bandes enregistrées, vidéo et audio-cassettes, cédéroms,
tout le secteur de l'audio-visuel.(27) Chaque moyen joue son propre rôle
et requiert un usage spécifique; il convient de respecter les exigences
de chacun et d'en évaluer l'importance.(28) Une catéchèse
bien programmée ne peut pas se passer de tels moyens. Ainsi, promouvoir
l'aide entre les Eglises pour faire face aux frais d'acquisition et aux coûts
de gestion parfois très élevés , est un vrai
service rendu à la cause de l'Evangile.
. Le bon usage des médias demande aux agents de la catéchèse
un sérieux engagement au niveau de la connaissance, de la compétence
et de l'usage qualifié et actualisé. Mais surtout, en raison de la
forte influence exercée par les médias sur la culture, ils doivent
être conscients qu'il « ne suffit pas de les utiliser pour assurer la
diffusion du message chrétien et de l'enseignement de l'Eglise, mais
qu'il faut intégrer le message dans cette "nouvelle culture"
créée par les moyens de communication moderne... avec de nouveaux
langages, de nouvelles techniques et de nouveaux comportements ».(29) Ce
n'est qu'ainsi que le message de l'Evangile, avec la grâce de Dieu, a la
capacité de pénétrer dans la conscience de chacun et de «
recueillir en sa faveur une adhésion et un engagement tout-à-fait
personnels ».(30)
162. Les professionnels et les usagers de la communication doivent pouvoir
recevoir la grâce de l'Evangile. D'où le devoir des catéchistes
de ne pas négliger certaines catégories de personnes, comme les
professionnels des médias, auxquels ils doivent présenter
l'Evangile comme un large horizon de vérité, de responsabilité,
d'inspiration; les familles si exposées à l'influence des
moyens de communication pour les défendre mais surtout en
vue de faire croître leur sens critique et leur capacité éducative;
(31) les jeunes générations qui sont les usagers et les créateurs
de la communication de masse. Il faut rappeler à tous qu'en ce qui
concerne « l'utilisation des instruments de communication, qu'il s'agisse
de la production des programmes ou de leur réception, il est urgent
d'exercer d'une part, une activité éducative du sens critique,
animé par la passion de la vérité, et d'autre part, une
action visant à défendre la liberté et le respect de la
dignité de la personne et à favoriser la culture authentique des
peuples ».(32)
PARTIE IV
LES DESTINATAIRES DE LA CATECHESE
Les destinataires de la catéchèse
« Je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut
atteigne aux extrémités de la terre » (Is 49,6). «Il
vint à Nazareth où il avait été élevé,
entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour
faire la lecture. On lui remit le livre du prophète Isaïe et, déroulant
le livre, il trouva le passage où il était écrit: "L'Esprit
du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour
porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs
la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en
liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du
Seigneur". Il replia le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous dans
la synagogue tenaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à
leur dire: "aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles ce passage de
l'Ecriture" » (Lc
4,16-21).
« Tous sont concernés par le Royaume » (33)
163. Au début de son ministère, Jésus proclame qu'il a été
envoyé pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres,(34) laissant entendre
et confirmant ensuite par sa vie que le Royaume de Dieu est destiné à
tous les hommes, à commencer par les moins favorisés. Il est lecatéchiste
du Royaume de Dieu pour tous les hommes sans distinction: grands et petits,
riches et pauvres, bien-portants et malades, proches et lointains, juifs et païens,
hommes et femmes, justes et pécheurs, peuple et autorités,
individus et groupes... Il est attentif à chaque personne et se soucie de
ses besoins de l'âme et du corps, guérissant et pardonnant,
corrigeant et encourageant, par les paroles et par les uvres.
Jésus a achevé sa vie terrestre en appelant ses disciples à
faire de même, à prêcher l'Evangile à toute créature,(35)
à « tous les peuples » (Mt 28,19; Lc 24,47), «
jusqu'aux extrémités de la terre » (Ac 1,8) et pour
tous les siècles, « jusqu'à la fin du monde » (Mt
28,20).
164. C'est l'uvre que l'Eglise accomplit depuis deux mille ans, avec
une immense variété d'expériences de l'annonce et de la catéchèse,
sans cesse sollicitée par l'Esprit de Pentecôte pour remplir son
devoir d'évangélisation « envers les Grecs comme envers les
barbares, envers les savants comme envers les ignorants » (Rm
1,14).
C'est ainsi que prend forme une pédagogie de la foi dans laquelle se
conjuguent l'ouverture au monde de la catéchèse et son admirable
incarnation dans le monde des destinataires.
Sens et but de cette partie
165. L'attention qui est due aux diverses situations de vie des personnes
(36) oriente la catéchèse sur de multiples voies pour les
rencontrer et adapter à leurs besoins le message chrétien et la pédagogie
de la foi.(37)
Ainsi, lorsque l'attention se porte sur une situation de foi initiale, on
ouvre la voie des catéchumènes et des néophytes; lorsque
l'attention se porte sur le développement de la foi des baptisés,
on parle de catéchèse d'approfondissement ou de rattrapage pour
ceux qui ont encore besoin d'orientations essentielles; lorsque l'attention se
porte sur le développement physique et psychique des catéchisés,
la catéchèse s'organise selon les âges. Au contraire,
lorsque l'attention se porte sur les contextes socio-culturels, on met en place
une catéchèse par catégories.
. Il est impossible de présenter tous les types de catéchèse.
C'est pourquoi cette partie n'en traite que quelques aspects valables en toute
situation:
Aspects généraux de l'adaptation (chapitre 1)
Catéchèse selon les âges (chapitre 2)
Catéchèse pour des situations particulières (chapitre
3)
Catéchèse selon les différents contextes (chapitres
4 et 5).
Le problème de l'inculturation est abordé sous l'aspect
pratique, en référence aux contenus de la foi, aux personnes et au
contexte culturel.
Il appartiendra aux Eglises particulières, dans leurs directoires de
catéchèse, nationaux et régionaux, de fournir des
orientations plus précises selon les situations et les nécessités
locales.
CHAPITRE I
L'adaptation au destinataire
Aspects généraux
Besoin et droit de tout croyant de recevoir une catéchèse
solide (38)
167. Tout baptisé, parce qu'il est appelé par Dieu à la
maturité de la foi, a besoin et a donc le droit de recevoir une catéchèse
adaptée. C'est donc une tâche première pour l'Eglise que d'y
pourvoir comme il se doit.
A ce sujet, il est bon de rappeler tout de suite que le destinataire de
l'Evangile est « un homme concret, historique »,(39) enraciné
dans une situation déterminée et sans cesse influencé,(40)
par des conditionnements psychologiques, sociaux, culturels et religieux, qu'il
en soit conscient ou non.
Dans la catéchèse, le destinataire doit pouvoir se manifester
comme un sujet actif, conscient et coresponsable, et non comme un récepteur
silencieux et passif.(41)
Besoin et droit de la communauté (42)
168. L'attention portée à l'individu ne doit pas faire oublier
que la catéchèse est destinée à toute la communauté
chrétienne comme telle et, en elle, à chaque personne. Si la catéchèse
puise sa légitimité et sa force dans toute la vie de l'Eglise, il
est tout aussi vrai que « la croissance intérieure de l'Eglise, sa
correspondance avec le dessein de Dieu, dépendent essentiellement d'elle ».(43)
Aussi l'adaptation nécessaire de l'Evangile concerne et engage également
la communauté.
L'adaptation exige que le contenu de la catéchèse soit
comme une nourriture saine et adéquate (44)
169. L'adaptation de « la proclamation de la parole révélée
doit demeurer la loi de toute l'évangélisation ».(45) Elle
trouve sa motivation théologique profonde dans le mystère de
l'Incarnation, répond à l'exigence pédagogique élémentaire
d'une vraie communication humaine et reflète à ce que l'Eglise a
pratiqué tout au long des siècles.
Cette adaptation doit être comprise comme l'admirable action
maternelle de l'Eglise qui voit dans les hommes « le champ de Dieu »
(1 Cor 3,9) qu'elle ne repousse pas mais qu'elle cultive dans l'espérance.
Elle va à la rencontre de chacun, tient sérieusement compte des
différentes situations et cultures et entretient la communion de tous les
hommes dans l'unique Parole qui sauve. L'Evangile est ainsi transmis, dans son
authenticité et dans toute sa saveur, comme une nourriture saine et adaptée.
Ce critère doit guider les initiatives de chacun et la créativité
personnelle du catéchiste.
L'adaptation tient compte des diverses circonstances
170. L'adaptation s'effectue selon les circonstances dans lesquelles est
transmise la Parole de Dieu.(46) Ces circonstances sont déterminées
par « les différences de cultures, d'âges, de maturité
spirituelle, de situations sociales et ecclésiales de ceux à qui
s'adresse la catéchèse ».(47) Une grande attention doit leur être
portée.
Il faut également souligner que, dans le pluralisme des situations,
l'adaptation prend toujours en compte la personne dans sa totalité et
dans son unité, selon la vision qu'en a l'Eglise. Aussi la catéchèse
ne s'arrête pas aux éléments extérieurs d'une
situation donnée mais tient toujours compte du monde intime de la
personne, de la vérité sur l'être humain, « première
route et route fondamentale de l'Eglise ».(48) Ce qui provoque un processus
d'adaptation qui ne sera tel que dans la mesure où l'on tiendra compte
des interrogations, des attentes et des besoins profonds de la personne dans son
monde intérieur.
CHAPITRE II
La catéchèse selon les âges
Indications générales
171. La catéchèse selon les différents âges est
une nécessité essentielle pour la communauté chrétienne.
En effet, d'un côté la foi participe au développement de la
personne; de l'autre, chaque étape de la vie est exposée au défi
de la déchristianisation et doit surtout se mesurer avec les tâches
toujours nouvelles de la vocation chrétienne.
C'est pourquoi on donne à bon droit des catéchèses
diversifiées selon les âges et complémentaires, conformément
aux besoins et aux capacités des destinataires.(49)
D'où l'importance de tenir compte de tous les éléments
en jeu, tant anthropologiques et évolutifs que théologiques et
pastoraux, en ayant recours également aux données récentes
des sciences humaines et pédagogiques inhérentes à chaque âge.
On s'efforcera aussi d'intégrer sagement les diverses étapes
du cheminement de foi, en veillant notamment à ce que la catéchèse
des enfants se développe harmonieusement lors des étapes
successives.
Pour cette raison également, il est efficace, sur le plan pédagogique,
de faire référence à la catéchèse des adultes
et, à sa lumière, d'orienter la catéchèse des autres
moments de la vie.
Nous n'indiquerons ici, à titre d'exemple, que quelques éléments
généraux, laissant les spécifications ultérieures
aux directoires de catéchèse des Eglises particulières et
des conférences des Evêques.
La catéchèse des adultes (50)
Les adultes a qui s'adresse la catéchèse (51)
172. Lorsqu'on parle de la foi aux adultes, il faut tenir compte sérieusement
des expériences de vie, des conditionnements et des défis qu'ils
rencontrent dans leur existence. Leurs questions et leurs besoins de foi sont
multiples et variés.(52)
Ainsi on peut distinguer:
les adultes croyants, qui vivent avec cohérence leur option de
foi et désirent sincèrement l'approfondir;
les adultes qui, bien que baptisés, n'ont pas été
catéchisés comme il convient ou n'ont pas achevé leur itinéraire
d'initiation chrétienne, ou se sont éloignés de la foi, au
point d'être appelés des « presque catéchumènes »;
(53)
les adultes non baptisés auxquels correspond le catéchuménat
vrai et propre.(54)
Il faut mentionner également les adultes provenant de confessions chrétiennes
qui ne sont pas en pleine communion avec l'Eglise catholique.
Eléments et critères propres à la catéchèse
des adultes (55)
173. La catéchèse des adultes concerne des personnes qui ont
le droit et le devoir de porter à maturité le germe de la foi que
Dieu a mis en eux; (56) elle s'adresse à des individus appelés à
assumer des responsabilités sociales de tout genre, et elle vise des
sujets exposés à des mutations et à des crises parfois très
profondes. Aussi la foi de l'adulte doit être sans cesse éclairée,
renforcée et protégée afin qu'il puisse acquérir la
sagesse chrétienne qui donne sens, unité et espérance aux
multiples expériences de sa vie personnelle, sociale et spirituelle. La
catéchèse des adultes exige une identification attentive des
traits typiques de la foi du chrétien adulte, afin de décider des
objectifs et des contenus, de déterminer certaines constantes dans la
proposition du message, de fixer les critères méthodologiques les
plus efficaces, de choisir les formes et les modèles. Une attention
particulière sera portée à la personne et à
l'identité du catéchiste des adultes et à sa formation,
ainsi qu'aux responsables de la catéchèse des adultes dans la
communauté.(57)
Parmi les critères à suivre pour garantir authenticité
et efficacité à la catéchèse des adultes, rappelons:
(58)
l'attention portée aux destinataires dans leur condition
d'adultes, d'hommes et de femmes, à leurs problèmes et à
leurs expériences, à leur bagage spirituel et culturel, dans le
plein respect des différences;
l'attention à l'état laïc des adultes appelés,
en vertu de leur Baptême, à « chercher le Règne de Dieu
précisément à travers la gérance des choses
temporelles qu'ils ordonnent selon Dieu »,(59) et à la sainteté;
(60)
l'attention à la participation de la communauté afin
qu'elle soit lieu d'accueil et de soutien de l'adulte;
l'attention à un projet organique de pastorale des adultes
dans lequel la formation liturgique et le service de la charité soient
intégrés à la catéchèse.
Tâches générales et particulières de la catéchèse
des adultes (61)
175. Pour être en mesure de répondre aux attentes les plus
profondes de notre temps, la catéchèse des adultes doit proposer
la foi chrétienne dans son intégrité, son authenticité,
sa cohérence, telle que l'Eglise la comprend; elle mettra au premier plan
l'annonce du salut, éclairera les nombreuses difficultés
actuelles, confusions, malentendus, préjugés et objections; elle dégagera
la portée spirituelle et morale du message; elle introduira à la
lecture croyante de l'Ecriture Sainte et à la pratique de la prière.
La catéchèse trouvera un apport considérable dans le Catéchisme
de l'Eglise catholique et en référence à lui ,
dans les catéchismes pour adultes des Eglises particulières.
Voici en particulier les tâches de la catéchèse des
adultes:
Promouvoir la formation et la maturation de la vie dans l'Esprit
du Christ ressuscité par des moyens adaptés: pédagogie
sacramentelle, retraites, direction spirituelle...
Eduquer à juger correctement, à la lumière
de la foi, les mutations socio-culturelles de notre société.
Le peuple chrétien pourra ainsi discerner les vraies valeurs mais aussi
les dangers de notre civilisation et adopter les attitudes qu'il convient.
Eclairer les questions religieuses et morales actuelles, c'est-à-dire
les problèmes qui se posent aux hommes d'aujourd'hui, en ce qui concerne,
par exemple, la morale publique et individuelle, les questions sociales, l'éducation
des nouvelles générations.
Expliquer les rapports entre l'activité temporelle et
l'activité ecclésiale, en mettant en lumière les
distinctions, les implications et leur inévitable interaction. Dans ce
but, la doctrine sociale de l'Eglise fera partie intégrante de la
formation des adultes.
Développer les fondements rationnels de la foi.
Une intelligence correcte de la foi doit manifester la conformité de
l'acte de foi et des vérités à croire avec les exigences de
la raison humaine. L'Evangile est toujours actuel et approprié, d'où
la nécessité de promouvoir efficacement une pastorale de la pensée
et de la culture chrétienne, ce qui permettra de dépasser
certaines formes d'intégrisme et de fondamentalisme, et d'éviter
les interprétations arbitraires et subjectives.
Eduquer à la prise de responsabilité dans la
mission de l'Eglise et au témoignage chrétien dans la société.
L'adulte apprendra à découvrir, à valoriser et à
mettre en pratique ce qu'il a reçu de la nature et de la grâce
aussi bien au sein de la communauté ecclésiale que de la communauté
humaine. Il sera ainsi en mesure d'éviter les pièges de la
massification et de l'anonymat, particulièrement nombreux dans la société
actuelle et conduisant à la perte d'identité et au discrédit
des qualités et des ressources de chacun.
Formes particulières de la catéchèse des adultes
(62)
176. Il est des situations et des circonstances qui réclament des
formes particulières de catéchèse:
La catéchèse de l'initiation chrétienne ou catéchuménat
des adultes, dont le plan est exposé par le RICA;
La catéchèse pour le Peuple de Dieu sous les formes
traditionnelles dûment adaptées, pendant l'année liturgique,
ou sous la forme extraordinaire des missions;
La catéchèse de perfectionnement, pour ceux qui ont une
tâche de formation dans la communauté: les catéchistes ou
ceux qui sont engagés dans l'apostolat des laïcs;
La catéchèse à l'occasion d'événements
particulièrement significatifs de la vie: mariage, baptême des
enfants et autres sacrements de l'initiation chrétienne, périodes
plus délicates de l'éducation des enfants, maladie, etc... Des
circonstances où les personnes sont le plus portées à
s'interroger sur le vrai sens de la vie.
La catéchèse lors d'expériences particulières
de la vie: entrée dans le monde du travail, service militaire,
migration... Ce sont là des changements qui peuvent être l'occasion
d'un enrichissement spirituel mais aussi d'égarement et qui ont besoin d'être
éclairés et soutenus par la Parole de Dieu;
La catéchèse concernant l'usage chrétien des
loisirs, notamment à l'occasion des vacances et des voyages touristiques;
La catéchèse à l'occasion d'événements
particuliers qui concernent la vie de l'Eglise et de la société.
Ces formes particulières de catéchèse et tant d'autres
ne remplacent pas mais viennent s'ajouter aux cycles de catéchèse
systématique, organique et permanente que toute communauté ecclésiale
doit garantir aux adultes.
La catéchèse des petits enfants et des enfants (63)
Situation et importance de la petite enfance et de l'enfance (64)
177. Cette tranche d'âge, que l'on divise d'ordinaire en petite
enfance ou âge pré-scolaire, et en enfance, possède, aux
yeux de la foi et de la raison, la grâce des commencements de la vie. «
A l'âge de l'enfance s'ouvrent de précieuses possibilités
d'action, autant pour l'édification de l'Eglise que pour l'humanisation
de la société »,(65) auxquelles il faut répondre. Fils
de Dieu en vertu du Baptême, l'enfant est proclamé par le Christ
membre privilégié du Royaume de Dieu.(66)
Pour des raisons diverses, l'enfant a le droit, aujourd'hui plus que dans le
passé, d'être respecté et aidé dans son développement
humain, également par la catéchèse; celle-ci ne doit jamais
manquer à l'enfant chrétien. Ceux qui lui ont donné la vie,
en l'enrichissant par le don du Baptême, ont le devoir de la soutenir
continuellement.
Caractéristiques de la catéchèse des petits enfants
et des enfants (67)
178. La catéchèse des petits est nécessairement liée
à leur situation et condition de vie; elle est l'uvre de divers
facteurs éducatifs complémentaires dont certains ont une
importance particulière et une étendue universelle:
La petite enfance et l'enfance, chacune comprise et traitée
selon ses caractéristiques propres, constituent la période de la
première vie sociale et de l'éducation humaine et chrétienne
dans le milieu familial, à l'école et à l'Eglise. Il faut
considérer ces temps comme décisifs pour la vie future de la foi.
Selon une tradition solide, c'est habituellement en cette période
que s'achève l'initiation chrétienne commencée avec le Baptême.
La réception des sacrements tend à la formation organique de la
foi de l'enfant et à son introduction dans la vie de l'Eglise.(68)
Au temps de l'enfance, le processus catéchistique sera par
conséquent éminemment éducatif, attentif à développer
les ressources humaines qui sont le fondement anthropologique de la vie de la
foi, comme le sens de la confiance, de la gratuité, du don de soi, de
l'invocation, de la participation joyeuse... L'éducation à la prière
et l'initiation à l'Ecriture Sainte sont des aspects centraux de la
formation chrétienne des enfants.(69)
Enfin, il est deux lieux d'éducation d'importance vitale: la
famille et l'école. La catéchèse donnée en famille
est en quelque sorte irremplaçable, en raison surtout du milieu positif
et accueillant dans lequel elle s'exerce, grâce à l'exemple entraînant
des adultes, et parcequ'elle est la première approche et la première
pratique de la foi.
179. Aller à l'école est pour l'enfant l'entrée dans
une société plus large que la famille où il pourra développer
davantage ses facultés d'entendement, ses capacités affectives
et comportementales. A l'école, il reçoit souvent un
enseignement religieux spécifique.
Tout cela requiert une collaboration constante entre les catéchistes,
les parents et les instituteurs.(70) Que les pasteurs sachent que, lorsqu'ils
aident les parents et les éducateurs à bien accomplir leur
mission, ils contribuent à l'édification de l'Eglise. Par
ailleurs, ce travail offre une excellente occasion de catéchèse
des adultes.(71)
Petits enfants et enfants sans soutien religieux en famille ou qui ne fréquentent
pas l'école (72)
180. Le nombre d'enfants et de petits enfants augmente qui sont gravement désavantagés
parce qu'ils n'ont pas un soutien religieux adéquat en famille, ou qu'ils
n'ont pas une vraie famille, ou qu'ils ne fréquentent pas l'école,
ou qu'ils souffrent d'instabilité sociale, d'inadaptation ou pour
d'autres motifs dus au milieu ambiant. Beaucoup n'ont même pas été
baptisés; d'autres n'achèvent pas leur itinéraire
d'initiation. Il appartient à la communauté chrétienne de
les prendre en charge, dans un service de suppléance généreux,
compétent et réaliste, en recherchant le dialogue avec les
familles, en proposant des formes d'éducation scolaire appropriées,
en donnant une catéchèse qui corresponde aux possibilités
et aux nécessités concrètes des enfants.
La catéchèse des jeunes (73)
Pré-adolescence, adolescence et jeunesse (74)
181. On constate généralement que les premières
victimes de la crise spirituelle et culturelle qui affecte les sociétés
(75) sont les jeunes générations. Or, c'est dans leur engagement
que sont placés les plus grands espoirs d'un monde meilleur.
Cela doit encourager encore davantage l'Eglise à annoncer, avec
courage et créativité, l'Evangile au monde des jeunes.
L'expérience a montré à ce sujet l'utilité pour
la catéchèse de bien faire la distinction entre la pré-adolescence,
l'adolescence et la jeunesse, en tenant dûment compte des résultats
de la recherche scientifique et des conditions de vie dans les divers pays.
C'est dans les pays les plus développés que se pose davantage
la question de la pré-adolescence: on ne tient pas assez compte des
difficultés, des besoins, des ressources humaines et spirituelles des pré-adolescents,
comme si cet âge n'était pas reconnu.
C'est l'âge où, souvent, le garçon (ou la fille), après
avoir reçu le sacrement de la Confirmation mettant fin à l'itinéraire
d'initiation sacramentelle, cesse presque totalement la pratique de la foi.
Cette attitude doit être prise sérieusement en compte; elle
requiert une pastorale spécifique qui développe ce qui reste de la
formation reçue lors de l'itinéraire d'initiation.
En ce qui concerne les deux autres catégories, il faut distinguer
l'adolescence de la jeunesse, même s'il est difficile d'en définir
la frontière. Globalement, il s'agit de la période de la vie précédant
la prise de responsabilité qui est le propre des adultes.
La catéchèse des jeunes doit, elle aussi, être revue en
profondeur et développée.
L'importance de la jeunesse pour la société et pour
l'Eglise (76)
182. L'Eglise, qui met dans les jeunes son « espérance »,
les perçoit aujourd'hui comme « un grand défi pour l'avenir
de l'Eglise ».(77)
Le changement culturel et social, rapide et tumultueux, la croissance du
nombre des jeunes, l'affirmation d'un long temps de jeunesse avant de s'engager
dans les responsabilités propres aux adultes, la pénurie d'emplois
et, en certains pays, les conditions de sous-développement permanent, les
pressions de la société de consommation... autant de facteurs qui
préfigurent le monde des jeunes comme un monde de l'attente, du désenchantement
et souvent de l'ennui, et même de l'angoisse et de la marginalisation. La
tendance à s'éloigner de l'Eglise, ou du moins une certaine méfiance
à son égard, couve chez beaucoup. La cause en est souvent le
manque de soutien spirituel et moral des familles et les faiblesses de la catéchèse
reçue.
D'autre part, un grand nombre de jeunes sont fortement attirés par la
recherche de sens, la solidarité, l'engagement social, et même par
l'expérience religieuse...
183. Quelques conséquences en découlent en ce qui concerne la
catéchèse.
Le service de la foi perçoit avant tout les lumières et les
ombres de la condition concrète des jeunes dans les divers pays et
milieux de vie.
Le cur de la catéchèse est la proposition explicite du
Christ au jeune homme de l'Evangile,(78) invitation qui est adressée à
tous les jeunes, à leur mesure des, compte tenu de leurs problèmes.
L'Evangile nous les présente comme les interlocuteurs directs du Christ
qui leur révèle leur « richesse particulière » et
en même temps les engage dans un processus de croissance personnelle et
communautaire de grande valeur pour la destinée de la société
et de l'Eglise.(79)
C'est pourquoi les jeunes ne doivent pas être considérés
uniquement comme l'objet de la catéchèse, mais aussi comme «
des sujets actifs qui prennent part à l'évangélisation et à
la rénovation sociale ».(80)
Caractéristiques de la catéchèse des jeunes (81)
184. Etant donné l'étendue de la tâche, il appartiendra
aux directoires de la catéchèse des Eglises particulières
et des conférences des Evêques nationales et régionales de décider,
selon les contextes, ce qui convient le mieux à chaque milieu.
Signalons quelques lignes générales communes:
La catéchèse tiendra compte de la situation religieuse
dans sa diversité: il y a des jeunes qui n'ont même pas été
baptisés, d'autres qui n'ont pas achevé leur initiation chrétienne
ou connaissent une crise de la foi parfois grave, d'autres encore qui souhaitent
faire ou ont déjà fait une option de foi et demandent à être
aidés.
Il ne faut pas oublier que la catéchèse gagne en
efficacité si elle peut s'exercer au sein d'une plus vaste pastorale des
enfants, des adolescents et des jeunes qui tienne compte de l'ensemble des problèmes
concernant leur vie. Dans ce but, la catéchèse doit intégrer
certains procédés comme l'analyse des situations, l'attention pour
les sciences humaines et celles de l'éducation, la collaboration des laïcs
et des jeunes eux-mêmes.
Une activité de groupe bien organisée, l'appartenance à
des associations de jeunes (82) et l'accompagnement personnel du jeune, dont la
direction spirituelle est une forme éminente, sont des intermédiaires
fort utiles pour une catéchèse efficace.
185. Parmi les diverses formes de catéchèse des jeunes, il
faut prévoir, selon les cas, le catéchuménat des jeunes en âge
scolaire, la catéchèse d'initiation chrétienne, la catéchèse
sur des thèmes programmés, d'autres rencontres plus ou moins
occasionnelles et informelles...
Plus globalement, on proposera la catéchèse des jeunes avec
des parcours nouveaux, ouverts à la sensibilité et aux questions
de cet âge, qui sont d'ordre théologique, éthique,
historique, social... Une juste place sera accordée à l'éducation
à la vérité et à la liberté selon l'Evangile,
à la formation de la conscience, à l'éducation à
l'amour, à la vocation, à l'engagement chrétien dans la
société, à la responsabilité missionnaire dans le
monde.(83) Il faut relever cependant que souvent, aujourd'hui, l'évangélisation
des jeunes doit revêtir une dimension missionnaire plutôt
que strictement catéchuménale. En effet, la situation
oblige souvent à faire de l'apostolat auprès des jeunes une
animation de nature humanisante et missionnaire, comme un premier pas nécessaire
pour que mûrissent les dispositions les plus favorables à la catéchèse
proprement dite. C'est pourquoi la réalité oblige bien des fois à
intensifier l'activité pré-catéchuménale à
l'intérieur d'un processus éducatif global.
L'un des nuds à délier concerne la différence de «
langage » (mentalité, sensibilité, goûts, styles,
vocabulaire...) entre les jeunes et l'Eglise (catéchèse,
catéchistes). C'est pourquoi l'accent est mis sur la nécessité
d'« adapter la catéchèse aux jeunes » en sachant
traduire dans leur langage « avec patience et sagesse, sans le trahir, le
message de Jésus ».(84)
La catéchèse des personnes âgées (85)
Le troisième âge, don de Dieu à l'Eglise
186. En divers pays du monde, l'accroissement du nombre des personnes âgées
représente un nouveau et spécifique devoir pastoral pour l'Eglise.
Considérées bien souvent comme des éléments passifs,
plus ou moins embarassantes, ces personnes doivent au contraire être
regardées, à la lumière de la foi, comme un don de Dieu
pour l'Eglise et pour la société; elles ont droit et devoir comme
tous les chrétiens à une catéchèse adaptée.
Il faut par conséquent tenir compte des différentes conditions
personnelles, familiales et sociales, et notamment de l'épreuve de la
solitude et du risque d'abandon. La famille joue un rôle primordial parce
qu'en elle l'annonce de la foi peut se faire dans un climat d'accueil et d'amour
qui, plus que tout autre, confirme la validité de la Parole.
Dans tous les cas, la catéchèse des personnes âgées
associe au contenu de la foi la présence amicale du catéchiste et
de la communauté croyante. C'est pourquoi il est souhaitable que les
personnes âgées participent pleinement au cheminement catéchétique
de la communauté.
Catéchèse de la plénitude et de l'espérance
187. La catéchèse des personnes âgées est
attentive à des aspects particuliers de leur situation de foi. La
personne âgée peut avoir atteint cette étape de sa vie avec
une foi solide et complète: dans ce cas, la catéchèse
conduit à sa plénitude le chemin accompli, en aidant à
vivre dans une attitude d'action de grâce et d'attente confiante; d'autres
vivent une foi plus ou moins affadie et pratiquent peu: la catéchèse
est alors l'occasion d'une lumière nouvelle et d'une expérience
religieuse; parfois, la personne arrive à un âge avancé,
profondément blessée dans l'esprit et diminuée dans le
corps: la catéchèse l'aide à vivre sa condition dans une
attitude d'invocation, de pardon, de paix intérieure.
Dans tous les cas, la situation de la personne âgée réclame
une catéchèse de l'espérance qui vient de la certitude de
la rencontre définitive avec Dieu.
C'est toujours un grand bénéfice pour le croyant âgé
et pour la communauté lorsqu'il témoigne d'une foi qui resplendit
toujours plus au fur et à mesure qu'approche la grande heure de sa
rencontre avec le Seigneur.
Sagesse et dialogue (86)
188. La Bible nous présente le croyant âgé comme le
symbole de la personne riche de sagesse et de crainte de Dieu, et donc comme le
dépositaire d'une grande expérience de vie; ce qui en fait en
quelque sorte le « catéchiste » naturel de la communauté.
Il est le témoin de la tradition de foi, le maître de vie,
l'artisan de charité. La catéchèse mettra en valeur ce don
en aidant la personne âgée à redécouvrir ses
richesses et ses possibilités, en l'encourageant à assumer des tâches
de catéchèse pour les enfants dont ils sont souvent les
grands-parents appréciés les jeunes et les adultes. On
favorisera ainsi un dialogue fondamental entre les générations au
sein de la famille et de la communauté.
CHAPITRE III
Catéchèse des situations, mentalités
et milieux particuliers
La catéchèse des handicapés et des inadaptés
(87)
189. Pour toute communauté chrétienne, les handicapés
physiques et mentaux, ceux qui souffrent, et parmi eux surtout les enfants, sont
l'objet d'un amour de prédilection de la part du Seigneur. De nos jours,
grâce à une plus grande prise de conscience dans la société
et dans l'Eglise et grâce aux progrès indéniables de la pédagogie
spécialisée, la famille et d'autres lieux de formation sont à
même de donner à ces personnes une catéchèse adaptée
à laquelle elles ont droit parce que baptisées; et celles qui ne
sont pas baptisées y ont droit également parce qu'appelées
au Salut. L'amour du Père pour ces fils plus faibles et la présence
constante de Jésus et de son Esprit, confirment que toute personne est
capable, malgré ses limites, de grandir en sainteté.
L'éducation à la foi qui engage tout d'abord la famille,
requiert des itinéraires adéquats et personnalisés; elle
tient compte des indications de la recherche pédagogique et elle s'exerce
avec profit dans le contexte d'une éducation globale de la personne.
D'autre part, il faut éviter qu'une catéchèse qui est nécessairement
spécialisée ne finisse par s'exercer en marge de la pastorale
communautaire. Pour que cela ne se produise pas, il faut sans cesse informer et
engager la communauté. Pour répondre aux exigences spéciales
de cette catéchèse, les catéchistes doivent être
particulièrement compétents; leur service n'en sera que plus méritoire.
La catéchèse des laissés-pour-compte
190. L'objectif est le même en ce qui concerne la catéchèse
des personnes en situation ou proches de la marginalisation, ou qui sont déjà
en marge de la société, tels les immigrés, les réfugiés,
les nomades, les sans-domicile-fixe, les malades chroniques, les drogués,
les prisonniers... La parole solennelle de Jésus qui prend sur Lui tout
ce qui est fait « au plus petit d'entre mes frères » (Mt
25,40. 45), garantir la grâce pour bien travailler en des milieux
difficiles. Une catéchèse valide saura toujours distinguer les
différentes situations, comprendre les besoins et les demandes de chacun;
elle misera beaucoup, avec patience et dévouement, sur la rencontre
personnelle, elle procédera avec confiance et réalisme, en
recourant souvent à des formes indirectes et occasionnelles de catéchèse.
La communauté soutiendra fraternellement les catéchistes qui se
consacrent à ce service.
La catéchèse des groupes diversifiés
191. Il est aujourd'hui des personnes de milieux professionnels et, dans un
sens plus large, culturels, à l'égard desquelles la catéchèse
doit adopter des itinéraires particuliers: monde ouvrier, professions libérales,
artistes, hommes de science, jeunes universitaires... Il est vivement
souhaitable que les catéchèses qui leur sont adressées
soient insérées dans la marche commune de la communauté chrétienne.
Certes, ces secteurs requièrent une approche compétente et un
langage adapté qui ne trahisse pas le message que l'on veut
transmettre.(88)
La catéchèse des milieux de vie
192. Le service de la foi est aujourd'hui très attentif aux milieux
ou contextes de vie, car c'est là que se déroule concrètement
l'existence de l'homme, qu'il exerce ses responsabilités, subit des
influences et influence à son tour.
Globalement, et à titre d'exemple, nous retiendrons deux milieux
majeurs qui réclament des formes diversifiées de catéchèse:
la campagne et la ville.
La catéchèse des milieux ruraux tient nécessairement
compte des exigences propres à ce milieu, souvent liées à
la pauvreté et à la misère, qu'accompagnent parfois la peur
et la superstition, mais également une grande simplicité, une
grande confiance dans la vie, le sens de la solidarité, la foi en Dieu,
la fidélité aux traditions religieuses.
La catéchèse des milieux urbains doit tenir compte d'une variété
parfois considérable de situations, allant des quartiers riches,
exclusifs, aux quartiers pauvres et marginalisés. Les rythmes de vie y
sont souvent stressants, la mobilité fréquente, les tentations d'évasion
nombreuses, de même que les situations d'anonymat et de solitude.
Pour chacun de ces milieux, il faudra concevoir le service de la foi de manière
appropriée, en faisant appel à des catéchistes préparés,
en offrant l'aide opportune, en utilisant les moyens de communication sociale...
CHAPITRE IV
La catéchèse dans le contexte
socio-religieux
La catéchèse en situation de pluralisme et de complexité
(89)
193. De nombreuses communautés et individus vivent dans un monde
pluraliste et sécularisé (90) où des formes d'incrédulité
et d'indifférence religieuse côtoient des formes vivantes de
pluralisme culturel et religieux; on peut rencontrer chez beaucoup, d'une part,
une grande soif de certitudes et de valeurs, et d'autre part, des formes de
pseudo-religion et une adhésion peu convaincue à la foi. Devant
une telle complexité, il arrive que des chrétiens se sentent
perdus, troublés, ne sachent pas faire face aux situations ni juger les
messages qui circulent, abandonnent la pratique religieuse régulière
et vivent comme si Dieu n'existait pas, recourant souvent à des succédanés
de religion. Leur foi est en butte aux épreuves et menacée;
elle risque de périr par asphyxie ou par inanition si elle n'est pas sans
cesse alimentée et soutenue...
194. Dans ces cas, une catéchèse évangélisatrice
est indispensable, à savoir « une catéchèse pleine de
sève évangélique et munie d'un langage adapté aux
temps et aux personnes ».(91) Elle éduquera les chrétiens au
sens de leur identité de baptisés, de croyants et de membres de
l'Eglise ouverts au monde et en dialogue avec lui. Elle leur rappellera les éléments
fondamentaux de la foi, les stimulera à entreprendre un processus réel
de conversion. Elle répondra aux objections théoriques et
pratiques par un approfondissement de la vérité et de la valeur du
message chrétien. Elle les aidera à comprendre et à vivre
l'Evangile au quotidien, les préparera à rendre raison de l'espérance
qui est en eux,(92) les encouragera à accomplir leur vocation
missionnaire par le témoignage, le dialogue et l'annonce.
La catéchèse et la religiosité populaire (93)
195. On trouve dans les communautés chrétiennes des
expressions particulières de la recherche de Dieu et de la vie
religieuse, pleines de ferveur, riches d'une pureté d'intentions parfois émouvantes,
qui sont une dimension vitale de la réalité catholique.
Elles méritent leur titre de « piété populaire ».
Celle-ci « traduit une soif de Dieu que seuls les simples et les pauvres
peuvent connaître. Elle rend capable de générosité et
de sacrifice jusqu'à l'héroïsme, lorsqu'il s'agit de
manifester la foi. Elle comporte un sens aigu d'attributs profonds de Dieu: la
paternité, la providence, la présence amoureuse et constante. Elle
engendre des attitudes intérieures rarement observées ailleurs au
même degré: patience, sens de la croix dans la vie quotidienne, détachement,
ouverture aux autres, dévotion ».(94) Il s'agit d'une réalité
à la fois riche et faible; la foi qui en est la base a besoin d'être
purifiée et consolidée.
D'où la nécessité d'une catéchèse capable
de recueillir les dimensions intérieures et les valeurs indéniables
d'une telle ressource religieuse, en l'aidant à dépasser les
risques du fanatisme, de la superstition, du syncrétisme et de
l'ignorance religieuse. « Bien orientée, cette religiosité
populaire peut être de plus en plus, pour nos masses populaires, une vraie
rencontre avec Dieu en Jésus-Christ ».(95)
La vénération des fidèles pour la Mère de Dieu
a elle-aussi revêtu de multiples formes selon les lieux et les temps, la
sensibilité des peuples et leur tradition culturelle. Les modes selon
lesquels cette piété mariale s'est exprimée sont sujets à
l'usure du temps; ils ont besoin d'une catéchèse renouvelée
qui permette d'en retirer les éléments caducs, de mettre en valeur
ceux qui sont immuables, et d'y incorporer les données doctrinales
acquises par la réflexion théologique et proposées par le
Magistère de l'Eglise.
Cette catéchèse est nécessaire au plus haut point. Il
serait bon également qu'elle manifestât clairement la note
trinitaire, christologique et ecclésiale qui est intrinsèque à
la mariologie. Enfin, dans la révision ou la création de pratiques
de piété mariale, il faut tenir compte des orientations bibliques,
liturgiques, cuméniques et anthropologiques.(96)
La catéchèse et l'cuménisme (97)
197. Toute communauté chrétienne en tant que telle est portée
par l'Esprit-Saint à vivre, là où elle se trouve, sa
vocation à l'cuménisme, en participant au dialogue cuménique
et aux initiatives en faveur de l'unité des chrétiens. La catéchèse
aura donc partout et toujours une « dimension cuménique ».(98)
Elle se réalisera par l'exposition de toute la Révélation
dont l'Eglise catholique a le dépôt, dans le respect de la hiérarchie
des vérités.(99) La catéchèse mettra ensuite en évidence
le lien de foi qui unit les chrétiens et, en même temps, elle
expliquera les divisions qui demeurent et les mesures à prendre pour les
surmonter. (100) Elle suscitera et alimentera un vrai désir de l'unité,
notamment par l'amour pour l'Ecriture Sainte. Enfin, elle s'efforcera de préparer
les enfants, les jeunes et les adultes à vivre en contact avec des frères
et surs d'autres confessions, en cultivant leur identité catholique
dans le respect de la foi des autres.
198. En présence de diverses confessions chrétiennes, les évêques
peuvent juger opportunes ou même nécessaires certaines expériences
de collaboration dans le domaine de la catéchèse. Les catholiques
continueront de recevoir cependant une catéchèse spécifiquement
catholique. (101) De même, l'enseignement de la religion dans les écoles
où sont présents des membres de diverses confessions chrétiennes,
a aussi une importance cuménique quand il présente avec
loyauté la doctrine chrétienne. Il est une occasion de dialogue
pouvant aider à surmonter l'ignorance, les préjugés et à
mieux se comprendre.
La catéchèse et le judaïsme
199. La catéchèse doit porter une attention spéciale à
la religion juive. (102) En effet, « l'Eglise, peuple de Dieu dans la
Nouvelle Alliance, découvre, en scrutant son propre mystère, son
lien avec le Peuple Juif à qui Dieu a parlé en premier ».
(103)
« L'enseignement religieux, la catéchèse et la prédication
doivent former non seulement à l'objectivité, à la justice
et à la tolérance, mais également à la compréhension
et au dialogue. Nos deux traditions sont trop liées pour s'ignorer. C'est
pourquoi il faut encourager la connaissance réciproque à tous les
niveaux ». (104) L'un des objectifs de la catéchèse est
notamment le dépassement de toute forme d'antisémitisme. (105)
La catéchèse et les autres religions (106)
200. Aujourd'hui les chrétiens vivent pour la plupart dans un
contexte multi-religieux dans lequel ils sont souvent minoritaires. Dans une
telle situation, notamment en ce qui concerne l'islam, la catéchèse
revêt une importance considérable; elle est appelée à
une grande responsabilité qui s'exerce dans plusieurs directions.
Tout d'abord, elle approfondit et renforce l'identité des croyants
surtout là où ils sont une minorité par une
adaptation ou une inculturation convenable; elle confronte nécessairement
l'Evangile de Jésus-Christ et le message des autres religions. Cela
suppose bien-sûr des communautés chrétiennes solides et
ferventes et des catéchistes autochtones bien préparés.
Ensuite, la catéchèse aide à prendre conscience de la
présence d'autres religions. Elle rend les fidèles capables d'y
discerner les éléments contraires à l'annonce chrétienne,
mais elle leur enseigne aussi à saisir les semences évangéliques
(semina verbi) qu'elles renferment et qui peuvent constituer une
authentique préparation évangélique.
Enfin, la catéchèse ravive chez tous les croyants le sens
missionnaire. Celui-ci se manifeste par un témoignage limpide de la foi,
une attitude de respect et de compréhension réciproques, le
dialogue et la collaboration en faveur des droits de la personne et en faveur
des pauvres et, là où cela est possible, par l'annonce explicite
de l'Evangile.
La catéchèse et les « nouveaux mouvements religieux »
(107)
201. Dans le climat de relativisme religieux et culturel, et parfois à
cause d'une mauvaise conduite des chrétiens, on assiste aujourd'hui à
la prolifération de « nouveaux mouvements religieux », appelés
aussi sectes ou cultes. Leurs noms et tendances sont si nombreux qu'il est
difficile de les classer de manière organique et précise. On peut
cependant distinguer des mouvements d'origine chrétienne, d'autres qui dérivent
de religions orientales, d'autres qui s'inspirent de traditions ésotériques.
Ils sont préoccupants en raison de leurs doctrines et de leurs modes de
vie qui ont souvent tendance à s'éloigner des contenus de la foi
chrétienne.
Il est donc nécessaire de promouvoir en faveur des chrétiens
dont la foi est menacée, « l'engagement en faveur d'une évangélisation
et d'une catéchèse intégrales et systématiques
accompagnées du témoignage de vie ». (108) Il s'agit de
surmonter le piège de l'ignorance et des préjugés, d'aider
les fidèles à une approche correcte de l'Ecriture, en encourageant
parmi eux des expériences vivantes de prière, en les protégeant
des semeurs de fautes, en les éduquant à la responsabilité
de la foi reçue, en répondant, par l'amour de l'Evangile, aux
dangereuses situations de solitude, de pauvreté, de souffrance. En raison
du besoin religieux que ces mouvements peuvent exprimer, ils sont un « aréopage
à évangéliser », où les questions les plus
profondes peuvent trouver une réponse. « L'Eglise a en effet un
patrimoine spirituel immense à offrir à l'humanité, dans le
Christ qui se proclame "Chemin, Vérité et Vie" (Jn
14,6) ». (109)
CHAPITRE V
La catéchèse dans le contexte
socio-culturel (110)
Catéchèse et culture contemporaine (111)
202. « De la catéchèse comme de l'évangélisation
en général, nous pouvons dire qu'elle est appelée à
porter la force de l'Evangile au cur de la culture et des cultures ».
(112) Nous avons déjà présenté les principes de
l'adaptation et de l'inculturation de la catéchèse. (113) Il
suffit donc de réaffirmer que toute catéchèse a son guide éminent
dans la « règle de la foi » exposée par le Magistère
et approfondie par la théologie. Il faut rappeler également que
l'histoire de la catéchèse, surtout à l'époque des Pères
de l'Eglise, est, sous de nombreux aspects, l'histoire de l'inculturation de la
foi et mérite, comme telle, d'être étudiée et méditée;
une histoire qui, par ailleurs, n'est jamais achevée et qui
demande un temps prolongé d'assimilation constante de l'Evangile.
Ce chapitre donne des indications sur les méthodes à suivre
pour accomplir une tâche aussi nécessaire qu'exigeante, difficile,
exposée aux risques du syncrétisme et d'autres malentendus. Ce thème,
particulièrement important de nos jours, exige une réflexion plus
approfondie, programmée et universelle en matière d'expérience
catéchétique.
Tâches de la catéchèse en vue de l'inculturation de
la foi (114)
203. Elles forment un tout organique que nous résumons ainsi:
connaître en profondeur la culture des hommes et son degré
de pénétration dans leur vie;
déceler la dimension culturelle de l'Evangile; affirmer que
celui-ci ne surgit de manière spontanée d'aucun terreau culturel;
reconnaître que l'Evangile n'est pas isolable de la culture dans laquelle
il s'est d'abord inséré puis exprimé au cours des siècles;
annoncer le changement profond, la conversion que la force de
l'Evangile « partout transformatrice et régénératrice
» (115) engendre dans les cultures;
témoigner que l'Evangile transcende les cultures, ne
s'asservit pas à la culture, mais en discerne les germes évangéliques
qu'elle peut contenir;
promouvoir une nouvelle expression de l'Evangile selon la culture évangélisée
en recherchant un langage de la foi qui soit le patrimoine commun des fidèles
et donc un élément essentiel de communion;
maintenir l'intégrité des contenus de la foi de
l'Eglise et faire en sorte que l'explication des formules doctrinales de la
Tradition, les exemples à leur propos, soient proposés en tenant
compte de la situation culturelle et historique des destinataires, en évitant
toujours les mutilations et falsifications des contenus.
Processus méthodologique
204. La catéchèse qui doit certes éviter de manipuler
la culture, ne peut cependant pas se contenter d'y juxtaposer tout simplement
l'Evangile « de façon décorative »; elle doit le
proposer « de façon vitale, en profondeur » (116) et jusque
dans les racines de la culture et des cultures de l'homme.
Cela détermine tout un processus dynamique et synergique: s'efforcer
de percevoir dans la culture des peuples, comme l'écho (présage,
invocation, signe...) de la Parole de Dieu; y discerner les éléments
authentiquement évangéliques ou au moins ouverts à
l'Evangile; purifier ce qui est sous le signe du péché (passions,
structures du mal...) ou de la fragilité humaine; ouvrir une brèche
dans le coeur de l'homme pour le conduire progressivement à une
conversion radicale à Dieu, au dialogue avec les autres, à la
maturité intérieure.
La nécessité de l'évaluation et ses critères
205. Dans la phase d'évaluation, particulièrement nécessaire
dans le cas d'une première tentative etou d'une mise en pratique, il faut
veiller attentivement à ce que des éléments de syncrétisme
ne se soient pas infiltrés dans le processus de la catéchèse.
Dans ce cas, les tentatives d'inculturation sont dangereuses et faussées
et elles doivent être rectifiées.
Une catéchèse authentique conduit non seulement à une
assimilation intellectuelle du contenu de la foi, mais elle touche aussi le cur
et transforme le comportement. Elle engendre ainsi une vie dynamique et unifiée
de la foi, comble le fossé entre ce que l'homme croit et ce qu'il vit,
entre le message chrétien et le contexte culturel; elle stimule des
fruits de sainteté.
Les responsables du processus d'inculturation
206. « L'inculturation doit être l'affaire de tout le Peuple de
Dieu et pas seulement de quelques experts, car on sait que le peuple reflète
l'authentique sens de la foi qu'il ne faut jamais perdre de vue. Certes, elle
doit être guidée et stimulée, mais pas forcée afin de
ne pas provoquer de réactions négatives parmi les chrétiens:
elle doit être l'expression de la vie communautaire, c'est-à-dire mûrir
au sein de la communauté, et non pas le fruit exclusif de recherches érudites
». (117) L'uvre d'incarnation de l'Evangile qui est l'objectif spécifique
de l'inculturation exige que tous ceux qui vivent dans le même contexte
culturel prêtres, travailleurs pastoraux (catéchistes) et laïcs
prennent part à la catéchèse.
Les formes et les chemins privilégiés
207. Parmi les formes les plus aptes à l'inculturation de la foi, il
faut signaler la catéchèse des jeunes et des adultes, avec les
possibilités qu'elle offre d'unir plus profondément la foi et la
vie. L'inculturation de la foi ne peut être négligée lors de
l'initiation chrétienne des petits, en raison de ses remarquables
implications culturelles: acquisition de nouvelles motivations de vie, éducation
de la conscience, apprentissage du langage biblique et sacramentel, connaissance
de la valeur historique du christianisme.
La catéchèse liturgique est un moyen privilégié
en raison des nombreux signes par lesquels elle présente le message, et
pour l'accès qu'elle permet à une si grande part du peuple de
Dieu; il faut également revaloriser les contenus des lectionnaires, la
structure de l'année liturgique, l'homélie du dimanche et d'autres
occasions de catéchèse particulièrement significatives (mariages,
obsèques, visite des malades, fêtes des saints patrons, etc.);
l'attention à la famille est capitale car c'est elle qui donne le coup
d'envoi à une transmission incarnée de la foi; la catéchèse
revêt d'autre part un intérêt spécial dans les
contextes multi-ethniques et multi-raciaux, car elle porte à mieux découvrir
les ressources des divers groupes et à en tenir compte dans l'accueil et
dans la nouvelle expression de la foi.
Le langage (118)
208. L'inculturation de la foi est sous certains aspects une question de
langage. Il est du devoir de la catéchèse de respecter et de
valoriser le langage propre du message, tout d'abord le langage biblique, mais
aussi le langage historique et traditionnel de l'Eglise
(Symbole, liturgie) et ce que l'on appelle le langage doctrinal (formules
dogmatiques); il est également nécessaire que la catéchèse
entre en communication avec des formes et des termes propres à la culture
de la personne à laquelle elle s'adresse; enfin la catéchèse
encouragera de nouvelles expressions de l'Evangile dans la culture où il
a été implanté.
Dans le processus d'inculturation de l'Evangile, la catéchèse
ne doit pas craindre d'utiliser les formules traditionnelles et les termes
techniques de la foi, mais elle doit en expliquer le sens et en faire ressortir
la valeur existentielle; d'autre part, il est du devoir de la catéchèse
de « trouver le langage adapté aux enfants et aux jeunes de notre
temps en général et à bien d'autres catégories de
personnes: langage des étudiants, des intellectuels, des hommes de
science; langage des analphabètes ou des personnes de culture simple,
langage des handicapés, etc. » (119)
Les moyens de communication
209. Les modes de communication sont étroitement liés au
langage. L'un des plus efficaces et des plus répandus est celui des mass
media. « L'évangélisation même de la culture
moderne dépend en grande partie de leur influence ». (120)
Nous renvoyons aux passages de ce Directoire consacrés à ce thème,
(121) en rappelant tout de même quelques indications utiles pour
l'inculturation: une plus grande valorisation des médias selon leur
qualité spécifique de communication, en équilibrant bien le
langage de l'image et celui de la parole; la sauvegarde du sens religieux
authentique dans les formes d'expression choisies; la promotion du sens critique
des récepteurs et l'encouragement à l'approfondissement personnel
de ce qui a été reçu des médias; la production
d'instruments catéchistiques pour la communication de masse; une
collaboration fructueuse entre agents pastoraux. (122)
210. L'instrument qui a une place centrale dans le processus d'inculturation
est le catéchisme. Tout d'abord le Catéchisme de l'Eglise
catholique dont il faut savoir « mettre en évidence la vaste gamme
de services... également en vue de l'inculturation qui, pour être
efficace, ne peut jamais cesser d'être vraie ». (123)
Le Catéchisme de l'Eglise catholique encourage la rédaction de
catéchismes locaux appropriés où seront effectuées «
les adaptations exigées par les différences de cultures, d'âges,
de maturité spirituelle, de situations sociales et ecclésiales
de ceux à qui s'adresse la catéchèse ». (124)
Milieux anthropologiques et tendances culturelles
211. L'Evangile demande une catéchèse ouverte, généreuse,
qui ait le courage de rejoindre les hommes là où ils vivent et
d'atteindre les centres de l'existence où ont lieu les premiers échanges
culturels fondamentaux, comme la famille, l'école, le milieu de travail,
les loisirs.
Il est également important que la catéchèse sache
discerner et pénétrer ces milieux anthropologiques où les
tendances culturelles influencent davantage la création ou la diffusion
de modèles de vie, comme les zones urbaines, les flux touristiques et
migratoires, le monde des jeunes et d'autres phénomènes
socialement importants.
D'autres zones culturelles appelées « aréopages modernes »
sont à « éclairer par la lumière de l'Evangile »,
(125) comme les secteurs de la communication, des engagements civiques pour la
paix, le développement, la libération des peuples, la sauvegarde
de l'environnement; le secteur de la sauvegarde des droits de l'homme, surtout
des minorités, de la femme et de l'enfant, celui de la recherche
scientifique et des relations internationales...
Intervention dans les situations concrètes
212. Le processus d'inculturation entrepris par la catéchèse
se déroule toujours dans des situations concrètes, multiples et
différentes. Signalons les plus importantes et les plus fréquentes.
Tout d'abord, il faut faire une distinction entre l'inculturation dans les
pays de récente tradition chrétienne, où la première
annonce missionnaire doit encore se consolider, et l'inculturation dans les pays
de tradition chrétienne qui ont besoin d'une nouvelle évangélisation.
Ensuite, il faut tenir compte des situations exposées aux tensions et
aux conflits en raison du pluralisme ethnique et des inégalités de
développement parfois criantes, des conditions de vie urbaine et
extra-urbaine, des systèmes dominants, influencés en certains pays
par une sécularisation massive et en d'autres par une forte religiosité.
Enfin, il est nécessaire d'être attentif aux tendances du lieu,
culturellement significatives, représentées par les diverses
classes sociales et professionnelles, tels que les hommes de science et de
culture, le monde ouvrier, les jeunes, les laissés-pour-compte, les étrangers,
les handicapés...
Plus globalement, « la formation des chrétiens tiendra le plus
grand compte de la culture humaine du lieu, qui contribue à la formation
elle-même, et elle guidera dans le jugement des valeurs déjà
contenues dans la culture traditionnelle et de celles qui se trouvent dans la
culture moderne. Il faut donner l'attention requise aux différentes
cultures qui peuvent coexister en un même peuple, en une même nation
». (126)
Tâches des Eglises locales (127)
213. L'inculturation revient aux Eglises particulières et concerne
tous les domaines de la vie chrétienne. La catéchèse en est
un aspect. Comme par nature l'inculturation se réalise dans des
situations concrètes et spécifiques, « une légitime
attention aux Eglises particulières ne peut qu'enrichir l'Eglise. Elle
est indispensable et urgente ». (128)
Dans ce but, les conférences des Evêques proposent très
justement un peu partout des directoires de catéchèse (et des
instruments analogues), des catéchismes et autres matériaux, des
centres de recherche et de formation. A la lumière de ce qui est dit dans
ce Directoire, une révision et une mise à jour des directives
locales apparaissent nécessaires; cela se fera en encourageant la
collaboration des centres de recherche, en ayant recours à l'expérience
des catéchistes, en favorisant la participation du Peuple de Dieu.
Des initiatives guidées
214. L'importance de la matière, ainsi que la phase indispensable de
recherche et d'expérimentation requièrent des initiatives guidées
par les pasteurs, à savoir:
favoriser une catéchèse diffuse et capillaire qui
permette de surmonter tout d'abord le plus gros obstacle à toute
inculturation: l'ignorance ou la mauvaise information. Cela facilitera le
dialogue et l'engagement direct des personnes qui indiqueront le mieux les voies
les plus efficaces pour l'annonce;
réaliser des expériences-pilote d'inculturation de la
foi au sein d'un programme établi par l'Eglise. La pratique du catéchuménat
des adultes selon le RICA joue, à ce sujet, un rôle particulièrement
important;
si un même territoire ecclésial compte de nombreux
groupes ethnico-linguistiques, il est utile de disposer de guides et de
directoires traduits dans les différentes langues, et de promouvoir, par
l'intermédiaire des centres catéchétiques, un service de
catéchèse adapté à chaque groupe;
instaurer un rapport d'écoute réciproque et de
communion entre les Eglises locales, et entre elles et le Saint Siège.
Cela permettra d'évaluer les expériences, les critères, les
itinéraires et les instruments de travail les plus efficaces pour
l'inculturation.
PARTIE V
LA CATECHESE DANS L'EGLISE PARTICULIERE
La catéchèse dans l'Eglise particulière
« Puis il gravit la montagne et il appelle à lui ceux qu'il
voulait. Ils vinrent à lui, et il en institua Douze pour être ses
compagnons et pour les envoyer prêcher, avec pouvoir de chasser les démons
» (Mc 3,13-15). « Tu es heureux, Simon, fils de Jonas,
car cette révélation t'est venue, non de la chair et du sang, mais
de mon Père qui est dans les cieux. Eh bien! Moi je te dis: tu es Pierre
et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise » (Mt 16,17-18). L'Eglise
de Jérusalem, mue par l'Esprit Saint, engendre les Eglises: « Eglise
de Jérusalem » (Ac 8,1); « L'Eglise de Dieu établie
à Corinthe » (1 Cor 1,2); « Les Eglises d'Asie » (1
Cor 16,19); « Les Eglises de Judée » (Gal 1,22); «
Les sept Eglises: Ephèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes,
Philadelphie, Laodicée » (Ap
2,1-3, 22).
Sens et but de cette partie
215. Tout ce que les parties précédentes ont exposé au
sujet de la catéchèse, de son contenu, de sa pédagogie et
de ses destinataires débouche sur la pastorale catéchétique
qui s'accomplit dans l'Eglise particulière.
Cette cinquième partie en présente les principaux éléments.
216. Le premier chapitre propose une réflexion sur le ministère
de la catéchèse et ses agents. La catéchèse est une
responsabilité commune mais différenciée. Les évêques,
les prêtres, les diacres, les religieux et les fidèles laïcs
s'y engagent selon leur degré de responsabilité et leurs charismes
respectifs.
La formation des catéchistes, dont il est question au deuxième
chapitre, joue un rôle déterminant dans l'activité catéchétique.
Car s'il est important de doter la catéchèse d'instruments adéquats,
il est bien plus important de préparer de bons catéchistes.
Le troisième chapitre analyse les lieux où s'exerce,
de fait, la catéchèse.
Le quatrième chapitre examine les aspects concernant plus particulièrement
l'organisation de la catéchèse: les organismes responsables, la
coordination de la catéchèse, et quelques tâches spécifiques
du service catéchétique.
Les orientations et les suggestions présentées dans cette
partie ne peuvent être appliquées de façon immédiate
et simultanée dans toutes les parties de l'Eglise. En effet, en ce qui
concerne les nations ou régions où l'activité catéchétique
n'est pas encore suffisamment développée, ces orientations et
suggestions ne signalent qu'une série d'objectifs à atteindre
progressivement.
CHAPITRE I
Le ministère de la catéchèse dans
l'Eglise particulière et ses agents
L'Eglise particulière (129)
217. L'Eglise particulière (130) ou diocèse (131) est le
lieu où l'Evangile est annoncé, transmis et vécu. L'Eglise
particulière est constituée par la communauté des disciples
de Jésus-Christ (132) établie dans un espace socio-culturel déterminé.
L'Eglise universelle est présente dans chaque Eglise particulière «
avec tous ses éléments essentiels ». (133) L'Eglise
universelle, dont la première cellule fut fécondée par
l'Esprit Saint le jour de la Pentecôte, « donne naissance aux Eglises
particulières comme à ses propres filles: elle s'exprime en elles ».
(134) L'Eglise universelle, Corps du Christ, se manifeste ainsi comme «
Corps des Eglises ». (135)
218. L'annonce de l'Evangile et de l'Eucharistie sont les deux piliers sur
lesquels s'édifie l'Eglise particulière et autour desquels elle se
rassemble. Comme l'Eglise universelle, l'Eglise particulière «
existe pour évangéliser ». (136)
La catéchèse est une activité évangélisatrice
de base en chaque Eglise particulière. Par elle, le diocèse
propose à tous ses membres et à ceux qui désirent
s'approcher de Jésus-Christ un parcours de formation qui leur permet de
connaître, de célébrer, de vivre et d'annoncer l'Evangile
dans leur propre milieu culturel. Ainsi, la profession de la foi objectif
de la catéchèse peut être proclamée par les
disciples du Christ « dans leurs langues ». (137) Comme à la
Pentecôte, aujourd'hui également l'Eglise du Christ, « présente
et agissante » (138) dans les Eglises particulières, « parle
toutes les langues » (139) car, tel un arbre qui grandit, elle propage ses
racines dans toutes les cultures.
Le ministère de la catéchèse dans l'Eglise
particulière
219. Dans l'ensemble des ministères et des services par lesquels
l'Eglise particulière accomplit sa mission d'évangélisation,
le ministère de la catéchèse occupe une place de choix.
(140) En voici quelques aspects:
a) Dans le diocèse, la catéchèse est un service
unique, (141) accompli conjointement par les prêtres, les diacres, les
religieux et les laïcs, en communion avec l'évêque. Toute la
communauté chrétienne doit se sentir responsable de ce service. Même
si les prêtres, religieux et laïcs exercent en commun la catéchèse,
ils le font de manière différenciée, chacun selon sa
condition particulière dans l'Eglise (ministres ordonnés,
personnes consacrées, fidèles chrétiens). (142) Par eux
et selon le rôle de chacun, le ministère de la catéchèse
offre, d'une façon complète, la Parole et le témoignage de
la réalité de l'Eglise. Si une de ces formes de présence
venait à manquer, la catéchèse perdrait une partie de sa
richesse et de sa signification.
b) Il s'agit d'autre part d'un service ecclésial
indispensable pour la croissance de l'Eglise. Ce n'est pas une action
susceptible d'être accomplie dans la communauté à titre privé,
ou en vertu d'une initiative purement personnelle. On agit au nom de l'Eglise,
en vertu de la mission confiée par elle.
c) Dans l'ensemble des ministères et services d'Eglise, le
ministère catéchétique a son caractère propre, qui
lui vient de la spécificité de l'action catéchétique
dans le processus d'évangélisation. Le rôle du catéchiste,
en tant qu'éducateur de la foi, différe de celui des autres agents
de la pastorale (liturgique, caritative, sociale...), même s'il
devra évidemment agir en lien avec eux.
d) Pour être fructueux, le ministère de la catéchèse
dans le diocèse doit pouvoir compter sur d'autres agents, pas nécessairement
des catéchistes, qui soutiennent l'activité de la catéchèse
en accomplissant des tâches indispensables comme: la formation des catéchistes,
l'élaboration du matériel, la réflexion, l'organisation et
la planification. Ces agents, avec les catéchistes, sont au service d'un
unique ministère diocésain de la catéchèse, même
si tous n'exercent pas les mêmes rôles ni au même titre.
La communauté chrétienne et la responsabilité de la
catéchèse
220. La catéchèse est une responsabilité qui relève
de toute la communauté chrétienne. L'initiation chrétienne
en effet « doit être l'uvre non pas des seuls catéchistes
ou des seuls prêtres mais celle de toute la communauté des fidèles
». (143) De même, l'éducation permanente de la foi relève
de toute la communauté. Par conséquent, la catéchèse
est une activité éducative que chaque membre de la communauté
exerce au titre de sa responsabilité particulière dans un contexte
ou milieu communautaire riche de relations qui aideront les catéchumènes
et les catéchisés à s'insérer dans la communauté
et à participer activement à sa vie.
La communauté chrétienne suit le développement des
processus catéchétiques, que ce soit avec les enfants, avec les
jeunes ou avec les adultes, comme quelque chose qui l'implique et l'engage
directement. (144) C'est encore la communauté chrétienne qui, au
terme du processus catéchétique, accueille les catéchisés
dans un milieu fraternel « où ils pourront vivre le plus pleinement
possible ce qu'ils ont appris ». (145)
221. Si la communauté chrétienne apporte beaucoup au groupe
des catéchisés, elle reçoit également beaucoup en
retour. Les nouveaux convertis, surtout les jeunes et les adultes, par leur adhésion
à Jésus-Christ, apportent à la communauté qui les
accueille une nouvelle richesse humaine et religieuse. Ainsi la communauté
grandit et se développe, car la catéchèse conduit non
seulement à la maturité de la foi des catéchisés,
mais à celle de la communauté en tant que telle.
Même si toute la communauté chrétienne est responsable
de la catéchèse et si tous ses membres doivent témoigner la
foi, seuls quelques uns reçoivent le mandat ecclésial pour être
catéchistes. Accompagnant la mission originelle des parents à l'égard
de leurs enfants, l'Eglise confie officiellement à certains membres du
Peuple de Dieu, spécifiquement appelés, la mission délicate
de transmettre de façon organique la foi au sein de la communauté.
(146)
L'évêque, premier responsable de la catéchèse
dans l'Eglise particulière
222. Le Concile Vatican II souligne la grande importance de l'annonce et de
la transmission de l'Evangile dans le ministère épiscopal: «
Parmi les charges principales des évêques, la prédication de
l'Evangile est la première ». (147) Dans l'accomplissement de cette
tâche, les évêques sont, avant tout, les « hérauts
de la foi » (148) qui cherchent à gagner au Christ de nouveaux
disciples et ils sont, en même temps les « docteurs authentiques »
(149) qui transmettent au peuple qui leur est confié la foi à
professer et à vivre. Dans le ministère prophétique des évêques,
l'annonce missionnaire et la catéchèse sont deux aspects étroitement
unis. Pour exercer cette fonction, les évêques reçoivent «
un charisme certain de vérité ». (150)
Les évêques sont « les tout premiers responsables de la
catéchèse, les catéchistes par excellence ». (151) On
sait le rôle éminent, dans l'histoire de l'Eglise, de grands et
saints évêques dont les initiatives et les écrits ont marqué
la période la plus florissante de l'institution du catéchuménat.
Ils concevaient la catéchèse comme l'une des tâches
fondamentales de leur ministère. (152)
223. Ce souci de l'activité catéchétique conduira l'évêque
à assumer « la haute direction de la catéchèse »
(153) dans l'Eglise particulière, ce qui mène notamment à:
Garantir que dans son Eglise la priorité effective est
donnée à une catéchèse active et efficace, « en
mettant en uvre les personnes, les moyens et aussi les ressources nécessaires
». (154)
Avoir le souci de promouvoir la catéchèse en intervenant
directement dans la transmission de l'Evangile aux fidèles; veiller
en même temps sur l'authenticité de la profession de la foi et sur
la qualité des textes et des instruments qui doivent être utilisés.
(155)
« Susciter et maintenir une véritable passion de la
catéchèse; une passion qui s'incarne dans une organisation
adaptée et efficace », (156) profondément convaincu de
l'importance que revêt la catéchèse dans la vie chrétienne
d'un diocèse.
Travailler à ce que « les catéchistes soient
préparés convenablement à leur charge; qu'ils
connaissent en profondeur la doctrine de l'Eglise et qu'ils apprennent dans la
théorie et la pratique les lois de la psychologie et les matières
pédagogiques ». (157)
Etablir dans le diocèse un projet global de catéchèse,
articulé et cohérent, qui réponde aux vrais besoins des
fidèles et soit convenablement situé dans les plans pastoraux diocésains.
Ce projet peut être coordonné, dans sa mise en uvre, avec les
plans de la conférence des évêques.
Les prêtres, pasteurs et éducateurs de la communauté
chrétienne
224. La fonction propre du prêtre dans la catéchèse découle
du sacrement de l'Ordre qu'il a reçu. Par le sacrement de l'Ordre les prêtres,
en vertu de l'onction du Saint-Esprit, sont configurés au Christ-prêtre,
comme ministres de la Tête, pour construire et édifier tout son
Corps qui est l'Eglise, en tant que coopérateurs de l'Ordre épiscopal.
(158) De par cette configuration ontologique au Christ, le ministère des
prêtres est un service qui modèle la communauté, qui
coordonne et renforce les autres services et charismes. En ce qui concerne la
catéchèse, les prêtres, en vertu du sacrement de l'Ordre,
sont des « éducateurs dans la foi ». (159) Ils uvrent
donc pour que les fidèles de la communauté soient formés
convenablement et atteignent la maturité chrétienne. (160) Par
ailleurs, conscients que leur « sacerdoce ministériel » (161)
est au service du « sacerdoce commun des fidèles », (162) les
prêtres stimulent la vocation et le travail des catéchistes en les
aidant à accomplir une fonction qui vient du Baptême et qui est
exercée en vertu d'une mission que l'Eglise leur confie. Les prêtres
mettent en uvre ainsi la recommandation du Concile Vatican II qui leur
demande « de reconnaître et de faire progresser la dignité des
laïcs et leur rôle propre dans la mission de l'Eglise ». (163)
Telles sont les tâches propres du prêtre, et plus particulièrement
du curé, (164) dans la catéchèse:
susciter dans la communauté chrétienne le sens de la
responsabilité commune à l'égard de la catéchèse
une tâche qui engage tous les fidèles ainsi que
reconnaître et apprécier les catéchistes et leur mission;
soigner l'organisation fondamentale de la catéchèse
et sa programmation adéquate en y faisant participer activement les catéchistes
eux-mêmes et en veillant à ce que la catéchèse soit «
bien structurée et bien orientée »; (165)
susciter et discerner des vocations au service de la catéchèse
et, en tant que catéchiste des catéchistes, veiller à leur
formation en consacrant à cette tâche le plus grand soin;
intégrer l'activité catéchétique dans le
projet d'évangélisation de la communauté et soigner
en particulier le lien entre catéchèse, sacrements et liturgie;
assurer que la catéchèse de sa communauté soit
liée aux plans pastoraux diocésains, en aidant les catéchistes
à collaborer activement à un projet diocésain commun.
L'expérience témoigne que la qualité de la catéchèse
d'une communauté dépend, en très grande partie, de la présence
et de l'action du prêtre.
Les parents, premiers éducateurs de la foi de leurs enfants
(166)
226. Le témoignage de vie chrétienne donné par les
parents au sein de la famille arrive aux enfants enrobé l'entourage de la
tendresse et du respect maternels et paternels. Ainsi, les enfants perçoivent
et vivent joyeusement la proximité de Dieu et de Jésus manifestée
par les parents; cette première expérience chrétienne les
marque souvent pour toute la vie. L'éveil religieux dans l'enfance, au
sein de la famille, a un caractère « irremplaçable ».
(167)
Cette première initiation se consolide quand, à l'occasion de
certains événements familiaux ou de fêtes, « on prend
soin d'expliciter en famille le contenu chrétien ou religieux de ces événements
». (168) Et cette initiation s'approfondit si les parents commentent et
aident à intérioriser la catéchèse plus méthodique
que leurs enfants reçoivent dans la communauté chrétienne
en grandissant. En effet, « la catéchèse familiale précède,
accompagne, enrichit toute autre forme de catéchèse ». (169)
227. Les parents reçoivent dans le sacrement de Mariage la grâce
et la responsabilité de l'éducation chrétienne de leurs
enfants, (170) devant lesquels ils portent témoignage tout en leur
transmettent les valeurs humaines et religieuses. Cette activité éducative,
à la fois humaine et religieuse, est un « véritable ministère
», (171) par lequel l'Evangile est transmis et rayonne à tel point
que la vie familiale devient un itinéraire de foi et une école de
vie chrétienne. Au fur et à mesure que les enfants grandissent, l'échange
devient réciproque et « dans un tel dialogue catéchétique
chacun reçoit et donne ». (172)
C'est pourquoi la communauté chrétienne portera une attention
très spéciale aux parents. Par des contacts personnels, des
rencontres, des cours et aussi par une catéchèse des adultes
destinée aux parents, ceux-ci seront aidés dans l'accomplissement
d'une tâche, aujourd'hui particulièrement délicate: l'éducation
de leur enfants à la foi. Cela est notamment urgent dans les endroits où
la législation civile ne permet pas ou rend difficile une libre éducation
dans la foi. (173) Dans ces cas, « l'Eglise domestique » (174) reste
l'unique milieu où enfants et jeunes peuvent recevoir une authentique catéchèse.
Les religieux dans la catéchèse
228. L'Eglise convoque pour l'activité catéchétique
particulièrement les personnes consacrées et souhaite « que
les communautés religieuses consacrent le maximum de leurs capacités
et de leurs possibilités à l'uvre spécifique de la
catéchèse ». (175)
La contribution particulière à la catéchèse
qu'apportent les religieux, les religieuses et les membres des Sociétés
de vie apostolique vient de leur condition spécifique. La profession des
conseils évangéliques qui caractérise la vie religieuse est
un don pour toute la communauté chrétienne. Dans l'activité
catéchétique diocésaine, leur contribution originale ne
pourra être remplacée ni par celle des prêtres ni par celle
des laïcs. Cet apport original vient du témoignage public de leur
consécration qui en fait des signes vivants de la réalité
du Royaume: « C'est la profession de ces conseils, dans un état de
vie stable reconnu par l'Eglise, qui caractérise la vie consacrée à
Dieu ». (176) Même si chaque chrétien est appelé à
vivre les valeurs évangéliques, les personnes consacrées «
incarnent l'Eglise désireuse de se livrer au radicalisme des béatitudes
». (177) Le témoignage des religieux, uni au témoignage
des laïcs, montre l'unique visage de l'Eglise qui est le signe du
Royaume de Dieu. (178)
229. « Bien des familles religieuses, masculines et féminines,
sont nées pour l'éducation chrétienne des enfants et des
jeunes, surtout des plus abandonnés ». (179) Fidèles au
charisme de leurs fondateurs, de nombreux religieux et religieuses collaborent
aujourd'hui à la catéchèse diocésaine des adultes.
Au cours de l'histoire, « les religieux et les religieuses se sont trouvés
très engagés dans l'activité catéchétique de
l'Eglise ». (180)
Lorsqu'ils se consacrent à la catéchèse, les religieux
ne mettent pas de côté leurs charismes de fondation. (181) Sans
rien ôter au caractère spécifique de la catéchèse,
les charismes des diverses communautés religieuses impriment à
cette tâche leurs propres connotations, souvent d'une grande profondeur
religieuse, sociale et pédagogique. L'histoire de la catéchèse
manifeste la vitalité que ces charismes ont apporté à
l'activité éducative de l'Eglise.
Les catéchistes laïcs
230. L'activité catéchétique des laïcs tient son
caractère particulier de leur condition dans l'Eglise: « le caractère
séculier est propre et particulier aux laïcs ». (182) Les laïcs
exercent la catéchèse à partir de leur insertion dans le
monde, en partageant toutes les formes d'engagement avec les autres hommes et
femmes, et en apportant à la transmission de l'Evangile une sensibilité
et des marques spécifiques: « cette évangélisation ...
acquiert une certaine note spécifique et une particulière
efficacité du fait qu'elle s'accomplit dans les conditions communes du siècle
». (183)
En effet, en partageant le mode de vie de ceux qu'ils catéchisent,
les catéchistes laïcs ont une sensibilité spéciale
pour incarner l'Evangile dans la vie concrète des hommes. Les catéchumènes
et les catéchisés peuvent trouver en eux un modèle chrétien,
dans lequel projeter leur avenir de croyants.
231. La vocation du laïc à la catéchèse découle
du sacrement de Baptême et est renforcée par la Confirmation, ces
sacrements par lesquels il participe à « l'office sacerdotal, prophétique
et royal du Christ ». (184) En plus de la vocation commune à
l'apostolat, certains laïcs se sentent appelés intérieurement
par Dieu à assumer la charge de catéchistes. L'Eglise suscite et
discerne cette vocation divine et confère la mission de catéchiser.
Le Seigneur Jésus invite ainsi des hommes et des femmes, d'une manière
spéciale, à Le suivre, Lui le Maître et formateur des
disciples. Cet appel personnel de Jésus-Christ et le rapport avec Lui
sont le vrai moteur de l'action du catéchiste. « De cette
connaissance amoureuse du Christ jaillit le désir de L'annoncer, d'évangéliser
et de conduire d'autres au 'oui' de la foi en Jésus-Christ ». (185)
Se sentir appelé à être catéchiste et recevoir de
l'Eglise la mission de le faire peut comporter divers degrés de dévouement,
selon les caractéristiques de chacun. Parfois le catéchiste
collabore au service de la catéchèse pour un temps limité
ou même parfois de manière occasionnelle; son service et sa
collaboration n'en restent pas moins précieuses. Cependant, étant
donné l'importance du ministère de la catéchèse, il
est souhaitable que, dans le diocèse, un certain nombre de religieux et
de laïcs se consacrent de manière stable et avec générosité
à la catéchèse; reconnus officiellement, en communion avec
les prêtres et l'évêque, ils contribuent à donner à
ce service diocésain la configuration ecclésiale qui lui est
propre. (186)
Divers types de catéchistes particulièrement nécessaires
aujourd'hui
232. La catéchèse devant répondre à des besoins
divers, le type ou la figure du catéchiste dans l'Eglise présente
diverses modalités.
« Les catéchistes en terre de mission »
(187) portent par excellence le titre de catéchistes. « Des Eglises
aujourd'hui florissantes ne se seraient pas édifiées sans eux ».
(188) Certains ont « la tâche spécifique de la catéchèse
»; (189) et d'autres « collaborent aux diverses formes d'apostolat
». (190)
Certaines Eglises de vieille chrétienté, avec grand
manque de clergé, requièrent un type de catéchiste
analogue, d'une certaine façon, à celui des terres de mission, car
il s'agit de faire face à des besoins urgents: l'animation communautaire
de petites populations rurales qui manquent de la présence
assidue du prêtre; la convenance d'une présence et d'une pénétration
missionnaire « dans les quartiers populaires de grandes métropoles
». (191)
Dans les pays de tradition chrétienne qui réclament une
« nouvelle évangélisation », (192) la figure du catéchiste
des jeunes et celle du catéchiste des adultes deviennent
indispensables pour animer les processus de catéchèses
d'initiation. Ils doivent se consacrer aussi à la catéchèse
permanente. Dans ces tâches, le rôle du prêtre sera également
fondamental.
La figure du catéchiste des petits enfants, des enfants et
des adolescents reste à la base. Il a la mission délicate de
donner « les premières notions de catéchisme et de préparer
au sacrement de la réconciliation, à la première communion
et à la confirmation ». (193) Cette tâche est encore plus
urgente aujourd'hui quand les petits enfants et les adolescents « ne reçoivent
pas dans leur foyer une formation religieuse convenable ». (194)
Un type de catéchiste dont il faut assurer la formation est
le catéchiste pour les rencontres de préparation aux
sacrements; (195) il est destiné au monde des adultes, et plus
particulièrement lors du baptême, de la première communion
de leurs enfants, ou à l'occasion de leur mariage sacramentel. Cette tâche
a son originalité, en elle convergent les dimensions de l'accueil et de
la première annonce, avec l'occasion de se faire compagnon de route dans
la recherche de la foi.
D'autres types de catéchistes sont demandés avec
urgence pour des catégories à la sensibilité particulière:
les personnes du troisième âge, (196) qui ont besoin d'une
présentation de l'Evangile adaptée à leurs conditions; les
inadaptés et les handicapés qui ont besoin d'une pédagogie
catéchétique spéciale, (197) en plus d'être intégrés
pleinement à la communauté; les migrants et les personnes
marginalisées
par l'évolution moderne. (198)
D'autres types de catéchistes peuvent être conseillés.
Chaque Eglise particulière découvrira, après avoir examiné
sa situation culturelle et religieuse, ses propres nécessités et
envisagera, avec réalisme, les types de catéchistes dont elle a
besoin. Sa tâche fondamentale sera d'orienter et organiser la formation
des catéchistes.
CHAPITRE II
La formation pour le service de la catéchèse
La pastorale des catéchistes dans l'Eglise particulière
233. Pour le bon fonctionnement du ministère catéchétique
dans l'Eglise particulière, il est très important de pouvoir
compter sur une pastorale des catéchistes adaptée. Dans cette
pastorale il faut tenir compte de divers aspects. Il faut essayer notamment de:
Susciter dans les paroisses et dans les communautés chrétiennes
des vocations à la catéchèse. Actuellement, alors
que les besoins de la catéchèse sont de plus en plus différenciés,
il faut promouvoir divers types de catéchistes. « Des catéchistes
spécialisés sont nécessaires ». (199) A ce sujet il
faudra déterminer des critères de choix.
Assurer un certain nombre de catéchistes à plein
temps, qui se consacrent de manière plus intense et plus stable à
la catéchèse, (200) en sus du soutien aux catéchistes à
temps partiel, qui généralement seront les plus nombreux.
Etablir une répartition plus équilibrée des
catéchistes parmi les secteurs de destinataires. La prise de
conscience de la nécessité d'une catéchèse des
jeunes et des adultes, par exemple, conduira à l'établissement
d'un plus grand équilibre par rapport au nombre des catéchistes
qui se consacrent à l'enfance et à l'adolescence.
Promouvoir des animateurs responsables de l'action catéchétique
qui assument des responsabilités au niveau du diocèse, du doyenné
et de la paroisse. (201)
Organiser convenablement la formation des catéchistes,
aussi bien la formation de base que la formation permanente.
Soigner l'attention personnelle et spirituelle aux catéchistes
et au groupe des catéchistes en tant que tel. Cette tâche est
principalement du ressort des prêtres, dans les communautés chrétiennes
respectives.
Coordonner les catéchistes avec les autres artisans de
la pastorale dans les communautés chrétiennes, en vue d'exercer
une activité d'évangélisation cohérente et pour que
le groupe des catéchistes ne reste pas isolé et en marge de la vie
de la communauté.
Importance de la formation des catéchistes
234. Toutes ces tâches sont dictées par la conviction que toute
activité pastorale qui ne bénéficie pas du concours de
personnes vraiment formées et préparées, compromet sa
qualité. Les instruments de travail eux-mêmes ne seraient d'aucun
secours s'ils n'étaient utilisés par des catéchistes bien
formés. C'est pourquoi, la formation appropriée des catéchistes
ne saurait être négligée au profit du renouvellement des
textes ou d'une meilleure organisation de la catéchèse. (202)
Aussi la pastorale diocésaine de la catéchèse accordera
la priorité absolue à la formation des catéchistes laïcs.
En même temps comme élément réellement décisif
, il faudra veiller à la formation catéchétique
des prêtres, aussi bien dans les plans d'étude de la formation
au séminaire que lors de la formation permanente. On demande aux évêques
de veiller à ce que cette formation soit scrupuleusement assurée.
Le but et la nature de la formation des catéchistes
235. La formation vise à habiliter les catéchistes à
transmettre l'Evangile à ceux qui souhaitent se confier à Jésus-Christ.
La finalité de la formation exige donc que le catéchiste soit le
plus possible rendu capable de réaliser un acte de communication: «
le but essentiel de la formation catéchétique est d'habiliter à
la communication du message chrétien ». (203)
La finalité christocentrique de la catéchèse, qui tend à
favoriser la communion du converti avec Jésus-Christ, marque profondément
toute la formation des catéchistes. (204) Celle-ci ne vise en effet qu'à
conduire le catéchiste à animer efficacement un itinéraire
catéchétique dans lequel, en passant par les étapes nécessaires,
il annonce Jésus-Christ, il en fait connaître la vie en la situant
dans toute l'histoire du Salut; il explique le mystère du Fils de Dieu
qui s'est fait homme pour notre salut; il aide enfin le catéchumène
ou le catéchisé à s'identifier à Jésus-Christ
par les sacrements de l'initiation. (205) Dans la catéchèse
permanente, le catéchiste ne fait qu'approfondir ces aspects
fondamentaux.
Cette perspective christologique influence directement l'identité du
catéchiste et sa préparation. « L'unité et
l'harmonie du catéchiste doivent être considérées
dans une vision christocentrique et construites dans une familiarité
profonde avec le Christ et avec le Père, dans l'Esprit ». (206)
236. La formation qui vise à rendre le catéchiste apte à
transmettre l'Evangile au nom de l'Eglise a, par là-même, une
nature ecclésiale. La formation des catéchistes n'est autre qu'une
aide pour qu'ils aient de l'Evangile la même conscience vivante et
actuelle qu'en a l'Eglise, s'habilitant ainsi à le transmettre en son
nom.
Plus concrètement, dans sa formation, le catéchiste entre en
communion avec le désir de l'Eglise qui, comme épouse, «
conserve intègre et pure la foi donnée à son Epoux »
(207) et, comme « mère et maîtresse », veut transmettre
l'Evangile dans toute son authenticité, en l'adaptant à toutes les
cultures, âges et situations. Cette nature ecclésiale de la
transmission de l'Evangile imprègne toute la formation des catéchistes.
Critères de la formation des catéchistes
237. Pour concevoir convenablement la formation des catéchistes, il
faut tenir compte au préalable de certains critères qui
inspireront cette formation avec différents accents.
Il s'agit tout d'abord de former des catéchistes pour répondre
aux besoins d'évangélisation du temps actuel, avec ses
valeurs, ses défis et ses ombres. Pour cette tâche, il faut des catéchistes
qui aient une foi profonde, (208) une claire identité chrétienne
et ecclésiale (209) et une grande sensibilité sociale. (210)
Tout projet de formation doit tenir compte de ces aspects.
Dans la formation, il faudra aussi tenir compte du concept de catéchèse
que défend l'Eglise aujourd'hui. Il s'agit de former des catéchistes
pour qu'ils soient en mesure de donner non seulement un enseignement mais également
une formation chrétienne intégrale, par la promotion de « tâches
d'initiation, d'éducation et d'enseignement ». (211) Autrement dit,
des catéchistes qui soient, à la fois, des maîtres, des éducateurs
et des témoins.
Le moment catéchétique que vit l'Eglise est une
invitation à préparer des catéchistes capables de dépasser
les « tendances unilatérales divergentes » (212) et d'offrir
une catéchèse pleine et complète, des catéchistes
qui sachent conjuguer la dimension de vérité et celle porteuse de
sens de la foi, l'orthodoxie et l'orthopraxie, le sens ecclésial et le
sens social. Leur formation devra contribuer à ce que les éléments
de ces couples, qui peuvent subir des tensions, se fécondent
mutuellement.
La formation des catéchistes laïcs ne peut ignorer le
caractère propre du laïc dans l'Eglise et ne doit pas être
conçue comme une pure synthèse de la formation reçue par
les religieux ou les prêtres. Au contraire, il faudra se rappeler que «
leur formation apostolique reçoit une note spéciale du caractère
séculier propre au laïcat, ainsi que de leur forme de vie
spirituelle » (AA 29a).
Enfin, la pédagogie adoptée dans cette
formation a une importance fondamentale. Comme critère général,
il faut souligner la nécessité d'une cohérence entre la pédagogie
globale de la formation des catéchistes et la pédagogie propre à
un processus catéchétique. Dans son activité, le catéchiste
aurait beaucoup de mal à improviser un style et une sensibilité
auxquels il n'aurait pas été initié pendant sa formation.
Les dimensions de la formation: l'être, le savoir et le
savoir-faire
238. La formation des catéchistes revêt plusieurs dimensions.
La plus profonde a trait à l'être du catéchiste, à
sa dimension humaine et chrétienne. La formation doit en effet l'aider à
mûrir, avant tout, comme personne, comme croyant et comme apôtre.
Puis, il y a ce que le catéchiste doit savoir pour bien accomplir
sa tâche. Cette dimension marquée par la double fidélité
au message et à la personne humaine, exige que le catéchiste
connaisse bien à la fois le message qu'il transmet et celui qui le reçoit
ainsi que le contexte social dans lequel il vit. Enfin, il y a la dimension du
savoir faire, puisque la catéchèse est un acte de
communication. La formation tend à faire du catéchiste un « éducateur
de l'homme et de la vie de l'homme ». (213)
Maturité humaine, chrétienne et apostolique des catéchistes
239. A partir d'une maturité humaine initiale, (214)
l'exercice de la catéchèse, sans cesse revu et évalué,
permettra au catéchiste de croître dans l'équilibre
affectif, le sens critique, l'unité intérieure, la capacité
de relations et de dialogue, l'esprit constructif et le travail d'équipe.
(215) Il cherchera avant tout à développer ces qualités par
respect et amour envers les catéchumènes et les catéchisés:
« Quelle est cette affection? Bien plus que celle d'un pédagogue,
elle est celle d'un père; et plus encore: celle d'une mère. C'est
cette affection que le Seigneur attend de chaque prédicateur de
l'Evangile, de chaque bâtisseur de l'Eglise ». (216)
La formation veillera en même temps à ce que l'exercice de la
catéchèse alimente la foi du catéchiste en le faisant
grandir comme croyant. Aussi la vraie formation alimentera surtout la spiritualité
du catéchiste, (217) afin que son activité naisse vraiment de son
témoignage de vie. Chacun des thèmes catéctétiques
qu'il dispense doit nourrir en premier lieu la foi du catéchiste. On catéchise
les autres en se catéchisant d'abord soi-même.
Pour finir, la formation alimentera constamment la conscience
apostolique du catéchiste, son sens de l'évangélisation.
Ainsi devra-t-il connaître et vivre le projet concret d'évangélisation
de son Eglise diocésaine et celui de sa paroisse, pour se mettre au
diapason de la conscience que l'Eglise particulière a de sa propre
mission. La meilleure manière d'alimenter cette lucidité
apostolique est de s'identifier avec la personne de Jésus-Christ, maître
et formateur de ses disciples, en cherchant à faire sien le zèle
qu'il a manifesté pour le Royaume. Grâce à l'exercice de la
catéchèse, la vocation apostolique du catéchiste
soutenue par une formation permanente mûrira peu à peu.
La formation biblique et théologique du catéchiste
240. Le catéchiste doit non seulement être un témoin,
mais aussi un maître qui enseigne la foi. Une formation biblique et théologique
lui permettra d'avoir une connaissance organique du message chrétien,
articulé autour du mystère central de la foi, Jésus-Christ.
La formation doctrinale doit contenir toutes les parties d'un projet
organique de catéchèse:
les trois grandes étapes de l'histoire du salut: l'Ancien
Testament, la vie de Jésus-Christ et l'histoire de l'Eglise;
les grands noyaux du message chrétien: symbole, liturgie, vie
morale et prière.
A son niveau d'enseignement théologique, le contenu de la formation
doctrinale d'un catéchiste est le même que celui que la catéchèse
doit transmettre. Quant à l'Ecriture Sainte, elle devra être «
comme l'âme de cette formation ». (218) Le Catéchisme de
l'Eglise catholique sera la référence doctrinale fondamentale, en
même temps que le catéchisme de l'Eglise particulière ou
locale.
Cette formation biblique et théologique doit avoir certaines qualités:
a) Tout d'abord, elle doit avoir le caractère synthétique
du message à transmettre, où les divers éléments de
la foi chrétienne apparaissent, bien structurés et en harmonie
entre eux, dans une vision organique qui respecte la « hiérarchie
des vérités ».
b) Cette synthèse de foi sera telle qu'elle aidera le catéchiste
à mûrir dans sa foi, et en même temps, l'habilitera à
rendre raison de l'espérance au temps de la mission. « La formation
doctrinale des fidèles se révèle de nos jours de plus en
plus urgente, du fait non seulement du dynamisme naturel d'approfondissement de
la foi, mais aussi de la nécessité de rendre raison de l'espérance
qui est en eux en face du monde et de ses problèmes graves et complexes ».
(219)
c) Cette formation théologique sera très proche de
l'expérience humaine, capable de faire le lien entre les différents
aspects du message chrétien et la vie concrète des hommes et des
femmes, « pour l'inspirer ou pour la critiquer, à la lumière
de l'Evangile ». (220) Tout en restant un enseignement théologique,
elle doit adopter, en quelque sorte, un style catéchétique.
d) Enfin, cette formation sera telle que le catéchiste «
pourra non seulement transmettre exactement le message évangélique,
mais encore rendre les catéchisés capables de recevoir ce message
de manière active; il pourra également discerner dans l'itinéraire
spirituel des catéchisés ce qui est en accord avec la foi ».
(221)
Les sciences humaines dans la formation du catéchiste
242. Le catéchiste apprend à connaître l'homme et la réalité
dans laquelle il vit en utilisant aussi les sciences humaines, qui de nos jours
ont rejoint un point extraordinaire de développement. « Que dans la
pastorale, on ait une connaissance suffisante non seulement des principes de la
théologie, mais aussi des découvertes scientifiques profanes,
notamment de la psychologie et de la sociologie, et qu'on en fasse usage: de la
sorte, les fidèles, à leur tour, seront amenés à une
plus grande pureté et maturité dans leur vie de foi ». (222)
Il est nécessaire que le catéchiste soit mis au contact d'au
moins quelques notions fondamentales de psychologie: les dynamismes
psychologiques de l'homme; la structure de sa personnalité; les besoins
et les attentes les plus profondes du cur humain; la psychologie évolutive
et les étapes du cycle de vie de l'homme; la psychologie religieuse et
les expériences qui ouvrent l'homme au mystère du sacré.
Les sciences sociales permettent de connaître le contexte
socio-culturel dans lequel l'homme vit, et qui l'influence puissamment. C'est
pourquoi, dans la formation du catéchiste « on analysera les
conditions sociologiques, culturelles et économiques, puisque ces données
de la vie collective peuvent avoir une grande influence sur le développement
de l'évangélisation ». (223)
En même temps que ces sciences, explicitement recommandées par
le Concile Vatican II, d'autres doivent faire partie, d'une manière
ou d'une autre, de la formation des catéchistes, notamment les sciences
de l'éducation et de la communication.
Quelques critères pour l'usage des sciences humaines dans la
formation des catéchistes
243. Ces critères sont:
a) Le respect de l'autonomie des sciences: « l'Eglise affirme
l'autonomie légitime de la culture et particulièrement celle des
sciences ». (224)
b) Le discernement évangélique des différentes
tendances ou écoles psychologiques, sociologiques et pédagogiques:
leurs valeurs et leurs limites.
c) L'étude des sciences humaines n'est pas une fin en soi
dans la formation du catéchiste. On prend conscience de la situation
existentielle, psychologique, culturelle et sociale de l'homme en regardant
vers la foi à laquelle on doit l'éduquer. (225)
d) La théologie et les sciences humaines, dans la formation
des catéchistes, doivent se féconder réciproquement. Il
faut donc éviter que ces sciences deviennent la seule norme pour la pédagogie
de la foi, sans tenir compte des critères théologiques qui dérivent
de la pédagogie même de Dieu. Il s'agit de disciplines
fondamentales, nécessaires, mais toujours au service d'une activité
évangélisatrice qui n'est pas seulement humaine. (226)
La formation pédagogique
244. En même temps que l'être et le savoir, la formation du catéchiste
doit comprendre aussi le savoir faire. Le catéchiste est un éducateur
qui facilite la maturation de la foi que le catéchumène ou le catéchisé
réalisent avec l'aide de l'Esprit Saint. (227)
La première chose dont il faut tenir compte dans ce secteur décisif
de la formation, est le respect de la pédagogie originale de la foi. Le
catéchiste se prépare en effet à faciliter la croissance
d'une expérience de foi dont il n'est pas le dépositaire. C'est
Dieu qui l'a déposée au cur de l'homme et de la femme. La tâche
du catéchiste se borne à cultiver ce don, à l'offrir, à
l'alimenter et à l'aider à croître. (228)
La formation cherchera à développer chez le catéchiste
la capacité éducative qui comprend: une faculté d'attention
aux personnes, l'habileté pour interpréter et répondre à
la demande d'éducation, l'esprit d'initiative pour mettre en route des
processus d'apprentissage, et l'art de conduire un groupe humain vers la maturité.
Comme pour tous les arts, le plus important est que le catéchiste
acquiert son propre style de catéchiser, en adaptant à sa
personnalité les principes généraux de la pédagogie
catéchétique. (229)
. Plus concrètement, le catéchiste, et tout particulièrement
celui qui se consacre à la catéchèse à plein temps,
sera habilité à programmer, au sein du groupe de catéchistes,
l'activité éducative, en tenant compte des circonstances, en élaborant
un plan réaliste, et après l'avoir réalisé, en en
faisant une évaluation critique. (230) Le catéchiste doit être
capable d'animer un groupe en faisant usage avec discernement des techniques de
l'animation de groupe qu'offre la psychologie.
Cette capacité éducative et ce savoir faire, avec les
connaissances, les attitudes et les techniques qu'ils comportent, « peuvent
être mieux assimilées si elles sont données en cours de
travail, par exemple au cours de sessions où l'on prépare et
critique des leçons de catéchèse ». (231)
L'idéal serait que les catéchistes soient les artisans de leur
apprentissage, c'est-à-dire que leur formation soit créative et
pas seulement l'assimilation de règles extérieures. C'est pourquoi
la formation doit être très proche de la pratique: il faut partir
de la pratique pour arriver à la formation. (232)
La formation des catéchistes au sein des communautés chrétiennes
246. Parmi les lieux de formation du catéchiste, le premier est sa
propre communauté chrétienne. C'est en elle que le catéchiste
fait l'expérience de sa vocation et développe sans cesse son sens
apostolique. Pour assurer sa maturation progressive de croyant et de témoin,
la figure du prêtre a un rôle fondamental. (233)
247. Une communauté chrétienne peut réaliser plusieurs
types d'actions formatrices envers ses catéchistes:
a) L'une d'elles consiste à alimenter sans cesse la vocation
ecclésiale des catéchistes, en maintenant vive leur conscience
d'avoir été envoyés par leur propre Eglise.
b) Il est non moins important de procurer la maturation de la foi
de ses catéchistes à travers la voie ordinaire, celle par laquelle
la communauté chrétienne éduque dans la foi ses agents
pastoraux et les laïcs les plus engagés. (234)
Lorsque la foi des catéchistes n'a pas encore atteint sa maturité,
leur participation à un cheminement de type catéchuménal
pour jeunes et adultes est à conseiller. Il peut s'agir du cheminement
ordinaire de leur communauté ou d'un autre créé spécialement
pour eux.
c) La préparation immédiate à la catéchèse,
effectuée avec le groupe de catéchistes, est un excellent moyen de
formation, surtout s'il est accompagné d'une évaluation de toutes
les expériences faites lors des sessions de catéchèse.
d) Dans le cadre de la communauté, il peut y avoir d'autres
activités de formation: cours de sensibilisation à la catéchèse,
par exemple au début de l'année pastorale; retraites et rencontres
lors des temps forts de l'année liturgique; (235) cours monographiques
sur des thèmes plus nécessaires et plus urgents; une formation
doctrinale plus systématique, par exemple, l'étude du Catéchisme
de l'Eglise catholique.
Il s'agit d'activités de formation permanente qui, avec le travail
personnel du catéchiste, semblent très adaptées. (236)
Ecoles pour catéchistes et Centres supérieurs pour les
experts en catéchèse
248. La fréquentation d'une Ecole pour catéchistes
(237) est une
étape importante dans la formation d'un catéchiste. En divers
endroits, ces Ecoles sont organisées à deux niveaux: pour
les « catéchistes ordinaires » (238) et pour les «
responsables de la catéchèse ».
Ecole pour catéchistes ordinaires
249. Ces écoles visent une formation catéchétique de
base, organique et systématique. On mettra en évidence, pendant
une période suffisamment prolongée, les dimensions plus spécifiquement
catéchétiques de la formation: le message chrétien, la
connaissance de l'homme et du contexte socio-culturel et la pédagogie de
la foi.
Les avantages de cette formation sont considérables et concernent:
son aspect systématique, du moment qu'il s'agit d'une
formation moins centrée sur l'activité immédiate;
sa qualité, garantie par des formateurs spécialisés;
l'intégration de catéchistes d'autres communautés,
qui renforce la communion ecclésiale.
Ecoles pour responsables
250. Afin de favoriser la formation des responsables de la catéchèse
dans les paroisses ou les doyennés, ou encore pour les catéchistes
qui se consacreront à la catéchèse de manière plus
stable et pleine, (239) il est utile de promouvoir, au niveau diocésain
ou interdiocésain, des écoles pour responsables.
Naturellement, ces écoles seront d'un niveau plus exigeant. A côté
d'un programme de base commun, elles fourniront les spécialisations catéchétiques
que le diocèse jugera plus nécessaires pour ses conditions
particulières.
Pour économiser les moyens et les ressources, il peut être
opportun que ces écoles soient destinées davantage aux
responsables des diverses activités pastorales et deviennent des centres
de formation des agents de la pastorale. A partir d'une formation de base
commune (doctrinale et anthropologique), les spécialisations
s'organiseront autour des exigences des diverses activités
pastorales ou apostoliques qui seront confiées à ces agents.
Centres supérieurs pour experts en catéchèse
251. Une formation catéchétique supérieure à
laquelle peuvent accéder aussi des prêtres, des religieux et des laïcs,
est d'une importance vitale pour la catéchèse. C'est pourquoi on
renouvelle le vu « d'entretenir ou de fonder des instituts supérieurs
de pastorale catéchétique, dans le but de préparer des catéchistes
capables d'animer la catéchèse dans le cadre diocésain ou
au sein des activités auxquelles sont vouées les Congrégations
religieuses. Ces instituts supérieurs pourront être nationaux ou même
internationaux. Pour les études, ils doivent prendre modèle sur
les universités, en ce qui concerne le cycle des études, le temps
consacré aux cours et les conditions d'admission ». (240)
En plus de la formation de ceux qui devront assumer des fonctions de
responsabilité dans la catéchèse, ces instituts prépareront
les professeurs de catéchétique pour les Séminaires, les
Maisons de formation ou les Ecoles pour catéchistes. Ces Instituts se
consacreront également à la promotion de la recherche catéchétique.
252. Ce niveau de formation est très indiqué en vue d'une
collaboration fructueuse entre les Eglises: « c'est ici également
que l'aide matérielle offerte par les Eglises plus aisées à
leurs surs plus pauvres pourra manifester sa plus grande efficacité:
qu'est-ce qu'une Eglise peut apporter de meilleur à l'autre sinon de
l'aider à croître par elle-même comme Eglise? ».
(241) Il est évident que cette collaboration doit être fondée
sur le respect des conditions particulières des Eglises plus pauvres et
de leur responsabilité propre.
Dans le domaine diocésain ou interdiocésain, il faut prendre
conscience de la nécessité de former des personnes à ce
niveau supérieur, comme on prend soin de le faire pour les autres activités
ecclésiales ou pour l'enseignement d'autres disciplines.
CHAPITRE III
Les lieux et les voies de la catéchèse
La communauté chrétienne comme foyer de catéchèse
(242)
253. La communauté chrétienne est l'expression, dans
l'histoire, du don de la « communion » (koinonia), (243) qui
est un fruit de l'Esprit.
La « communion » exprime le noyau profond de l'Eglise universelle
et des Eglises particulières, qui constituent la communauté chrétienne
de référence. Celle-ci se fait proche et est rendue visible dans
la grande variété des communautés chrétiennes immédiates,
au sein desquelles les chrétiens naissent à la foi, sont éduqués
en elle et la vivent: la famille, la paroisse, l'école catholique, les
associations et mouvements chrétiens, les communautés ecclésiales
de base... Ce sont là les « lieux » de la catéchèse,
c'est-à-dire les espaces communautaires où se réalisent la
catéchèse d'inspiration catéchuménale et la catéchèse
permanente. (244)
254. La communauté chrétienne est l'origine, le lieu et le but
de la catéchèse. C'est toujours d'elle que naît l'annonce de
l'Evangile pour inviter les hommes et les femmes à se convertir et à
suivre le Christ. C'est encore cette communauté qui accueille ceux qui désirent
connaître le Seigneur et s'engager dans une vie nouvelle. Elle accompagne
les catéchumènes et les catéchisés dans leur itinéraire
catéchétique et, avec une sollicitude maternelle, les fait
participer à son expérience de foi et les incorpore en son sein.
(245)
La catéchèse est toujours la même. Mais ces « lieux
» (246) de catéchisation la marquent, chacun avec ses traits
originaux. Il est important de connaître le rôle de chacun d'eux
envers la catéchèse.
La famille comme milieu ou moyen de croissance dans la foi
255. Les parents sont les premiers éducateurs dans la foi. Et avec
eux, dans certaines cultures notamment, tous les membres de la famille ont un rôle
actif dans l'éducation des membres plus jeunes. Mais il faut déterminer
plus concrètement en quel sens la communauté chrétienne
familiale est « lieu » de catéchèse.
La famille a été définie comme « Eglise domestique
»; (247) cela signifie que, en chaque famille chrétienne, doivent
se retrouver les divers aspects ou fonctions de la vie de l'Eglise entière:
mission, catéchèse, témoignage, prière, etc. En
effet la famille, comme l'Eglise, est « un espace où l'Evangile
est transmis et d'où l'Evangile rayonne ». (248) La famille comme «
lieu » de catéchèse a une prérogative unique:
transmettre l'Evangile en l'enracinant dans un ensemble de profondes valeurs
humaines. (249) Sur cette base humaine, l'initiation à la vie chrétienne
est plus profonde: l'éveil au sens de Dieu, les premiers pas dans la prière,
l'éducation de la conscience morale et la formation du sens chrétien
de l'amour humain, conçu comme le reflet de l'amour de Dieu créateur
et Père. Il s'agit en somme d'une éducation chrétienne plus
témoignée qu'enseignée, plus occasionnelle que systématique,
plus permanente et quotidienne que structurée selon des périodes.
Dans cette catéchèse familiale, l'apport des grands-parents
devient toujours plus important. Leur sagesse et leur sens religieux sont très
souvent décisifs pour favoriser un climat vraiment chrétien.
Le catéchuménat baptismal des adultes (250)
256. Le catéchuménat baptismal est un lieu typique de
catéchèse, institutionnalisé par l'Eglise pour préparer
les adultes qui souhaitent devenir chrétiens à recevoir les
sacrements de l'initiation. (251) C'est en effet dans le catéchuménat
que se réalise « cette formation spécifique par laquelle
l'adulte, converti à la foi, est conduit jusqu'à la profession de
la foi baptismale pendant la veillée pascale ». (252)
La catéchèse dans le catéchuménat baptismal est étroitement
liée à la communauté chrétienne.(253) Dès
leur entrée au catéchuménat, l'Eglise entoure les catéchumènes
« de son affection et de ses soins comme s'ils étaient déjà
ses fils: ils appartiennent en effet à la famille du Christ ». (254)
C'est pourquoi la communauté chrétienne aide les « candidats
et les catéchumènes pendant tout le processus d'initiation, du pré-catéchuménat
au catéchuménat, au temps de la mystagogie ».(255)
Cette présence continue de la communauté chrétienne
s'exprime de diverses manières, décrites avec précision
dans le Rituel de l'initiation chrétienne des adultes. (256)
La paroisse comme milieu de catéchèse
257. La paroisse est, sans aucun doute, le lieu le plus significatif dans
lequel la communauté chrétienne se forme et se manifeste. La
paroisse est appelée à être une maison familiale,
fraternelle et accueillante, où les chrétiens prennent conscience
qu'ils sont le Peuple de Dieu. (257) La paroisse, en effet, rassemble dans
l'unité tout ce qui se trouve en elle de diversités humaines et
elle les insère dans l'universalité de l'Eglise. (258) D'autre
part, elle constitue le milieu où d'ordinaire les hommes naissent et
grandissent dans la foi. Elle est donc un espace communautaire très adapté
où le ministère de la Parole se fait à la fois
enseignement, éducation et expérience de vie.
La paroisse subit de nos jours, en beaucoup de pays, des transformations
profondes. Les changements sociaux ont de fortes répercussions sur elle.
Dans les grandes villes « elle a été comme ébranlée
par le phénomène de l'urbanisation ». (259) Malgré
cela, elle « demeure une référence majeure pour le peuple chrétien,
même pour les non-pratiquants ». (260) Elle doit cependant demeurer
l'animatrice de la catéchèse et son « lieu privilégié
», (261) même si l'on reconnaît qu'elle ne peut être le
centre de gravité de toute la fonction ecclésiale de catéchisation,
et qu'elle doit s'adjoindre à d'autres institutions.
258. Pour être pleinement efficace dans la mission évangélisatrice
de la paroisse, la catéchèse doit respecter certaines conditions:
a. La catéchèse des adultes (262) doit devenir de
plus en plus une priorité. Il s'agit de promouvoir « une catéchèse
post-baptismale sous forme de catéchuménat, consistant à
proposer de nouveau certains éléments du Rituel de
l'initiation chrétienne des adultes, de façon à faire
accueillir et vivre les richesses immenses et extraordinaires du baptême
reçu, ainsi que les responsabilités qui en découlent ».
(263)
b. Il faut envisager, avec un courage renouvelé, l'annonce
pour ceux qui sont loins de la foi ou pour ceux qui vivent dans des situations
d'indifférence religieuse. (264) Dans cet engagement, les rencontres de
préparation aux sacrements (mariage, baptême et première
communion des enfants...) peuvent avoir une importance fondamentale. (265)
c. Comme point de référence solide pour la catéchèse
paroissiale, on a besoin d'un noyau communautaire formé de chrétiens
mûrs, déjà initiés à la foi, auxquels on réservera
une attention pastorale adaptée et différenciée. Un
objectif qui sera atteint plus facilement par la promotion, dans les paroisses,
de petites communautés ecclésiales. (266)
d. Si ces conditions, rapportées principalement aux adultes,
sont respectées, la catéchèse des petits enfants, des
adolescents et des jeunes qui reste indispensable en tirera de
grands bénéfices.
L'école catholique
259. L'école catholique (267) est un lieu d'une importance
considérable pour la formation humaine et chrétienne: La déclaration
Gravissimum educationis du Concile Vatican II « marque un
changement décisif dans l'histoire de l'école catholique: le
passage de l'école-institution à l'école-communauté ».
(268)
L'école catholique tout autant que les autres écoles, poursuit
des fins culturelles et la formation humaine des jeunes. Mais il lui appartient
en propre:
« de créer dans la communauté scolaire une atmosphère
animée d'un esprit évangélique de liberté et de
charité,
d'aider les adolescents à développer leur personnalité
en faisant en même temps croître cette créature nouvelle
qu'ils sont devenus par le baptême,
et finalement d'ordonner toute la culture humaine à l'annonce
du salut ». (269)
Le projet éducatif de l'école catholique est tenu de se développer
sur la base de cette conception proposée par le Concile Vatican II.
Ce projet éducatif se réalise au sein de la communauté
scolaire dont font partie tous ceux qui y sont directement impliqués: «
les enseignants, les directeurs, le personnel de l'administration, les
auxiliaires, les parents qui jouent un rôle primordial en tant qu'éducateurs
naturels et irremplaçables de leurs enfants, et les élèves
co-participants, premiers acteurs responsables et vrais sujets actifs du
processus d'éducation ». (270)
260. Lorsque les élèves de l'école catholique
appartiennent en majorité à des familles qui se lient à
cette école en raison de son caractère catholique, le ministère
de la parole peut s'y exercer sous de multiples formes: première annonce,
enseignement religieux scolaire, catéchèse, homélie. Deux
de ces formes revêtent cependant dans l'école catholique une
importance particulière: l'enseignement scolaire de la religion et la catéchèse,
dont le caractère propre a déjà été souligné.
(271)
Lorsque les élèves et leurs familles fréquentent l'école
catholique en raison de la qualité de l'éducation qu'elle offre,
ou pour d'autres motifs, l'activité catéchétique y est nécessairement
limitée et l'enseignement religieux quand il est possible
accentue le caractère culturel. L'apport de cette école demeure
toujours « un service de très haute valeur pour les hommes »
(272) et un élément de l'uvre d'évangélisation
de l'Eglise.
Etant donné la pluralité des circonstances socio-culturelles
et religieuses dans lesquelles l'école catholique exerce son activité
dans les divers pays, il sera bon que les évêques et les conférences
épiscopales précisent les modalités de l'activité
catéchétique que l'école catholique doit réaliser.
Associations, mouvements et groupes de fidèles
261. Les diverses « associations, mouvements et groupements de fidèles
» (273) qui se développent dans l'Eglise particulière, ont
comme objectif d'aider les disciples du Christ à accomplir leur mission
de laïcs dans le monde et dans l'Eglise elle-même. Au sein de ces
groupements, les chrétiens se consacrent « à la pratique de
la piété, à l'apostolat direct, à la charité
et à l'assistance, à la présence chrétienne dans les
réalités temporelles ». (274)
Dans toutes ces associations et mouvements, en vue de cultiver en profondeur
ces dimensions fondamentales de la vie chrétienne, on donne d'une façon
ou d'une autre une formation nécessaire: « Ils ont, en effet, chacun
avec leurs méthodes propres, la possibilité d'offrir une formation
profondément ancrée dans l'expérience même de la vie
apostolique; ils ont également l'occasion de compléter, de concrétiser
et de spécifier la formation que leurs membres reçoivent d'autres
maîtres ou d'autres communautés ». (275)
La catéchèse est toujours une dimension fondamentale de la
formation de chaque laïc. C'est pourquoi ces associations et mouvements réservent
d'ordinaire des « temps catéchétiques ». (276) La catéchèse
n'est donc pas une alternative à la formation chrétienne qu'ils
dispensent mais elle en est une dimension essentielle.
262. Quand la catéchèse s'exerce au sein de ces associations
et mouvements, il faut considérer certains aspects. En particulier:
a) Il faut respecter la « nature propre » (277) de la
catéchèse en développant toute la richesse de son concept,
avec la triple dimension de parole, de mémoire et de témoignage (de
doctrine, de célébration et d'engagement dans la vie). (278)
Quel que soit le « lieu » où elle s'exerce, la catéchèse
est avant tout une formation de base et organique de la foi. Par conséquent,
elle doit inclure « une étude sérieuse de la doctrine chrétienne
» (279) et constituer une sérieuse formation religieuse «
ouverte à toutes les composantes de la vie chrétienne ».
(280)
b) Cela n'empêche pas que la finalité propre des
associations et des mouvements puisse exprimer avec leurs charismes
propres , avec des accents particuliers une catéchèse qui,
de toute façon devra rester fidèle à son caractère
propre. L'éducation par la proposition de la spiritualité d'une
association ou mouvement qui est toujours une grande richesse pour
l'Eglise se fera typiquement après la formation chrétienne
de base, celle-ci étant la même pour tout chrétien. Il
convient de former d'abord à ce qui est commun à tous les membres
de l'Eglise plutôt que de former à ce qui est particulier ou qui
différencie.
c) De même, il faut affirmer que les mouvements et les
associations, en matière de catéchèse, ne sont pas une
alternative ordinaire à la paroisse, celle-ci restant la communauté
éducative de référence proprement dite. (281)
Les communautés ecclésiales de base
263. Les communautés ecclésiales de base ont connu une
grande diffusion au cours des dernières décennies. (282) Il s'agit
de groupes de chrétiens « qui naissent du besoin de vivre plus
intensément encore la vie de l'Eglise; ou du désir et de la
recherche d'une dimension plus humaine, que des communautés ecclésiales
plus grandes peuvent difficilement offrir... ». (283)
Les communautés ecclésiales de base sont un « signe de la
vitalité de l'Eglise ». (284) Les disciples du Christ s'y
rassemblent pour une écoute attentive de la Parole de Dieu, pour une
recherche de rapports plus fraternels, pour célébrer dans
leur vie les mystères chrétiens et pour s'engager en vue de
transformer la société. A ces dimensions typiquement chrétiennes
viennent s'ajouter des valeurs humaines importantes: l'amitié et le
respect de l'autre, l'esprit de co-responsabilité, la créativité,
la réponse à la vocation, l'intérêt pour les problèmes
du monde et de l'Eglise. Cela peut être l'occasion d'une expérience
communautaire enrichissante, « une authentique expression de communion et
un moyen pour construire une communion plus profonde ». (285)
Pour être authentique « toute communauté doit vivre dans
l'unité avec l'Eglise particulière et l'Eglise universelle, dans
une communion sincère avec les Pasteurs et le Magistère, dans un
engagement à se faire missionnaire en évitant tout repli et toute
exploitation idéologique ». (286)
264. Les communautés ecclésiales de base peuvent être le
lieu de développement d'une catéchèse très féconde:
Le climat fraternel qui les caractérise crée un milieu
adéquat pour une catéchèse intégrale, à
condition que soient respectés la nature et le caractère propre de
la catéchèse.
La catéchèse sert d'autre part à approfondir la
vie communautaire puisqu'elle assure les fondements de la vie chrétienne
des fidèles. Sans elle, les communautés ecclésiales de base
ne seraient pas très solides.
Enfin, la petite communauté est un lieu adapté pour
accueillir ceux qui ont achevé un parcours de catéchèse.
CHAPITRE IV
L'organisation de la pastorale catéchétique dans
l'Eglise particulière
Organisation et exercice des responsabilités
Le service diocésain de la catéchèse
265. L'organisation de la pastorale catéchétique a comme point
de référence l'évêque et le diocèse. Le secrétariat
diocésain de la catéchèse (Officium catechisticum)
est « l'organisme par lequel l'évêque, responsable de la
communauté et maître de doctrine, dirige et conduit l'ensemble des
activités catéchétiques du diocèse ». (287)
Les principales tâches du Secrétariat diocésain sont
les suivantes:
a) Effectuer une analyse de la situation (288) de l'éducation
de la foi dans le diocèse. Cette analyse devrait préciser, entre
autres, les besoins réels du diocèse en ce qui concerne l'activité
catéchétique.
b) Elaborer un programme d'action (289) qui détermine des
objectifs clairs, propose des orientations et envisage des actions concrètes.
c) Promouvoir et former les catéchistes. Des instituts
seront créés si on le juge opportun. (290)
d) Elaborer ou du moins signaler aux paroisses et aux catéchistes
les instruments nécessaires pour le travail catéchétique:
catéchismes, directoires, programmes pour les différents âges,
guides pour les catéchistes, matériel pour les catéchisés,
moyens audio-visuels... (291)
e) Renforcer et promouvoir les institutions proprement catéchétiques
du diocèse (catéchuménat baptismal, catéchèse
paroissiale, groupe de responsables de la catéchèse) qui
constituent les « cellules de base » (292) de l'activité catéchétique.
f) Veiller surtout à améliorer les ressources en
personnel et en matériel aussi bien au niveau du diocèse qu'à
celui de la paroisse ou des vicariats forains. (293)
g) Collaborer avec la commission pour la liturgie, vu l'importance
essentielle de celle-ci pour la catéchèse, spécialement la
catéchèse initiatique et catéchuménale.
267. Pour accomplir ces tâches, le secrétariat de la catéchèse
doit compter sur « un groupe de personnes possédant une compétence
spécifique. L'étendue et la diversité des questions à
traiter exigent que les responsabilités soient réparties entre
plusieurs personnes vraiment capables ». (294) Il convient que ce service
diocésain soit composé, ordinairement, de prêtres, de
religieux et de laïcs.
La catéchèse est une activité si importante dans la vie
d'une Eglise particulière qu'« aucun diocèse ne peut se
passer d'un Office Catéchistique ». (295)
Services de collaboration inter-diocésaine
268. Cette collaboration est de nos jours extraordinairement féconde.
Pour des raisons de proximité géographique mais aussi d'homogénéité
culturelle, un travail catéchétique commun est souhaitable. En
effet, « il convient que les divers diocèses associent leurs actions
particulières, mettant en commun expériences et entreprises, compétences
et ressources, afin que les diocèses les mieux pourvus viennent en aide
aux autres et que l'on puisse élaborer un programme d'action commun à
caractère régional ». (296)
Le service de la conférence des Evêques
269. « Auprès de la conférence des Evêques, un
office catéchétique peut être institué, dont la
fonction principale sera de fournir une aide à chaque diocèse en
matière de catéchèse ». (297)
Cette possibilité envisagée par le Code de Droit Canonique est
déjà une réalité auprès de la plupart des
conférences épiscopales. L'office catéchétique ou
centre national de la catéchèse auprès de la conférence
des Evêques se propose une double tâche: (298)
Etre au service des besoins de la catéchèse dans tous
les diocèses du territoire; s'occuper des publications qui ont une portée
nationale, des congrès nationaux, des rapports avec les médias et,
en général, de tous les travaux et tâches qui dépassent
les possibilités du diocèse ou de la région.
Etre au service des diocèses et des régions pour faire
circuler les informations et les projets de catéchèse, coordonner
l'activité et aider les diocèses les moins équipés
en matière de catéchèse.
Si l'épiscopat le juge opportun, l'office catéchétique
ou centre national peut également être compétent pour
coordonner son activité avec celle des autres offices nationaux de l'épiscopat
et d'autres instituts de la catéchèse; de même, il peut
collaborer aux activités catéchétiques au niveau
international, toujours en tant qu'organisme d'aide aux évêques de
la conférence épiscopale.
Le service du Saint-Siège
270. « Le commandement du Christ de prêcher l'Evangile à
toute créature les atteint (les évêques) premièrement
et directement, avec Pierre et en dépendance de Pierre ». (299) Le
ministère du Successeur de Pierre dans ce mandat collégial
de Jésus d'annoncer et de transmettre l'Evangile a un rôle
fondamental. Il doit être vu, en effet, « non seulement comme un
service global qui atteint toute Eglise de l'extérieur,
mais comme appartenant déjà à l'essence de toute Eglise
particulière de l'intérieur ». (300)
Dans la catéchèse, le ministère de Pierre s'exerce de
façon éminente par ses enseignements. En matière de catéchèse,
le Pape agit de façon immédiate et particulière par
l'intermédiaire de la Congrégation pour le Clergé, qui
assiste « le Pontife Romain dans l'exercice de sa charge suprême de
pasteur ». (301)
« Conformément à sa tâche, la Congrégation
pour le Clergé:
veille à la promotion de la formation religieuse des fidèles
de tout âge et de toute condition;
édicte les normes opportunes afin que l'enseignement de la catéchèse
soit donné de manière convenable;
veille à ce que la formation catéchétique soit
menée correctement;
concède l'approbation du Saint-Siège prescrite pour les
catéchismes et les autres documents concernant l'instruction catéchétique,
avec l'assentiment de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi; (302)
assiste les offices catéchétiques et suit les
initiatives concernant la formation religieuse et à caractère
international, en coordonne l'activité et leur vient en aide si nécessaire
». (303)
La coordination de la catéchèse
Importance d'une coordination effective de la catéchèse
272. La coordination de la catéchèse est une tâche
importante au sein d'une Eglise particulière. Elle peut être
envisagée:
au sein de la catéchèse même, entre ses diverses
formes, destinées aux différents âges et milieux sociaux;
en référence aux rapports de la catéchèse
avec les autres formes du ministère de la Parole et avec d'autres activités
d'évangélisation.
La coordination de la catéchèse n'est pas une question
purement stratégique visant une plus grande efficacité de
l'activité évangélisatrice, mais elle a une dimension théologique
fondamentale. L'activité évangélisatrice doit être
bien coordonnée car elle vise l'unité de la foi qui
soutient toutes les activités de l'Eglise.
273. Dans cette section, on envisage:
la coordination interne de la catéchèse, afin que
l'Eglise particulière offre un service de catéchèse
unitaire et cohérent;
le lien entre l'activité missionnaire et l'action catéchuménale
l'une impliquant l'autre dans le contexte de la mission ad
gentes (304) ou d'une « nouvelle évangélisation »;
(305)
la nécessité d'une pastorale de l'éducation bien
coordonnée, face au grand nombre d'éducateurs qui s'adressent aux
mêmes destinataires, surtout petits enfants, enfants et adolescents.
Le Concile Vatican II a vivement recommandé la coordination de toute
l'activité pastorale afin que resplendisse toujours plus l'unité
de l'Eglise particulière. (306)
Un projet diocésain de catéchèse articulé et
cohérent
274. Le Projet diocésain de catéchèse est
l'offre catéchétique globale d'une Eglise particulière qui
intègre, d'une manière articulée, cohérente et
coordonnée, les divers processus de catéchèse proposés
par le diocèse aux destinataires des différents âges. (307)
Ainsi, chaque Eglise particulière doit offrir, surtout en vue de
l'initiation chrétienne, au moins deux services:
a) Un processus d'initiation chrétienne, unitaire et cohérent,
destiné aux petits enfants, enfants, adolescents et jeunes, en
lien intime avec les sacrements de l'initiation déjà reçus
ou à recevoir, et relié à la pastorale de l'éducation.
b) Un processus de catéchèse pour adultes,
offert aux chrétiens qui ont besoin de donner un fondement à leur
foi, en complétant l'initiation chrétienne commencée avec
le Baptême, ou en réalisant cette initiation en vue du Baptême
à venir.
Dans de nombreux pays, la nécessité apparaît aujourd'hui
d'un processus catéchétique pour les personnes âgées,
proposé aux chrétiens qui, parvenus au troisième et dernier
âge de la vie, souhaitent, peut-être pour la première fois,
assurer un fondement solide à leur foi.
275. Ces divers processus de la catéchèse, adaptés aux
différentes conditions socio-culturelles, ne doivent pas être
organisés séparément, comme s'il s'agissait « de
domaines étanches et sans communication ». (308) C'est pourquoi
l'offre catéchétique de l'Eglise particulière doit être
bien coordonnée. « Il importe de favoriser la parfaite complémentarité
» (309) des diverses formes de catéchèses.
Comme cela a déjà été souligné, le principe
organisateur qui assure la cohérence entre les divers processus de
catéchèse offerts par une Eglise particulière est
l'attention à la catéchèse des adultes. Elle est l'axe
porteur autour duquel gravite la catéchèse du premier et du troisième
âge, qui s'inspirent d'elle. (310)
Offrir divers processus de catéchèse au sein d'un unique
projet diocésain de catéchèse ne veut pas dire que le
destinataire soit obligé de les parcourir l'un après l'autre. Si
un jeune arrive au seuil de l'âge adulte avec une foi bien enracinée,
il n'a pas besoin d'une catéchèse d'inspiration catéchuménale
pour adultes, mais d'autres aliments plus consistants, qui l'aident à mûrir
sa foi en permanence. La situation est la même pour les personnes qui
atteignent le troisième âge en ayant déjà une foi
solide.
A côté de cette offre, absolument irremplaçable, de
processus d'initiation, l'Eglise particulière doit offrir également
différents processus de catéchèse permanente pour les chrétiens
adultes.
L'activité de la catéchèse dans le contexte de la
nouvelle évangélisation
276. En définissant la catéchèse comme moment
du processus total de l'évangélisation, on pose nécessairement
le problème de la coordination de l'activité catéchétique
avec l'action missionnaire qui la précède, et avec l'action
pastorale qui la prolonge. Il y a en effet des éléments qui «
préparent la catéchèse ou en découlent ». (311)
En ce sens, le lien entre l'annonce missionnaire, qui cherche à
susciter la foi, et la catéchèse d'initiation, qui cherche à
poser les fondements, est déterminant dans l'évangélisation.
D'une certaine façon, cette connexion est plus évidente dans
la situation de la mission ad gentes. (312) Les adultes convertis par la
première annonce entrent dans le catéchuménat où ils
sont catéchisés.
Dans la situation qui requiert une « nouvelle évangélisation
», (313) la coordination devient plus complexe: on prétend parfois
donner une catéchèse ordinaire à des jeunes et des adultes
qui ont besoin, au préalable, d'un temps d'annonce et de réveil de
leur adhésion au Christ; des problèmes analogues se présentent
en ce qui concerne la catéchèse des enfants et la formation de
leurs parents. (314) D'autres fois, on propose des formes de catéchèse
permanente à des adultes qui auraient plutôt besoin d'une vraie catéchèse
d'initiation.
277. La situation actuelle de l'évangélisation postule que les
deux actions, l'annonce missionnaire et la catéchèse d'initiation,
soient conçues de manière coordonnée, et soient offertes
dans l'Eglise particulière à travers un projet d'évangélisation
à la fois missionnaire et catéchuménal.
Aujourd'hui, la catéchèse doit être perçue avant tout
comme la conséquence d'une annonce missionnaire efficace. L'indication du
décret Ad gentes qui situe le catéchuménat
dans le contexte de l'action missionnaire de l'Eglise est un critère
de référence très valable pour la catéchèse.
(315)
La catéchèse dans la pastorale de l'éducation
278. La pastorale de l'éducation dans l'Eglise particulière
doit assurer la coordination nécessaire entre les différents «
lieux » de l'éducation de la foi. Il est extrêmement important
que tous ces canaux catéchétiques « convergent réellement
vers une même confession de foi, vers une même appartenance à
l'Eglise, vers des engagements dans la société vécus dans
le même esprit évangélique ». (316)
La coordination de l'éducation concerne fondamentalement les petits
enfants, les enfants, les adolescents et les jeunes. Il convient que l'Eglise
particulière intègre en un unique projet de pastorale éducative
les divers secteurs et milieux qui sont au service de l'éducation chrétienne
de la jeunesse. Tous ces lieux sont complémentaires, tandis qu'aucun
d'eux, pris séparément, ne peut réaliser la totalité
de l'éducation chrétienne.
Puisque les diverses activités éducatives sont destinées
à la seule et même personne, qu'il s'agisse du petit enfant ou du
jeune, il importe que les différentes influences aient la même
inspiration de fond. Toute contradiction entre ces activités est nocive
en tant que chacune a sa spécificité et son importance.
C'est pourquoi il est de la plus haute importance pour une Eglise particulière
de fournir un projet d'initiation chrétienne qui intègre les
diverses tâches éducatives et tienne compte des exigences de la
nouvelle évangélisation.
Quelques tâches propres du service catéchétique
Analyse de la situation et des besoins
279. Lorsqu'elle organise l'activité de la catéchèse,
l'Eglise particulière doit partir de l'analyse de la situation. «
L'objet de cette recherche est complexe. Il embrasse, en effet, l'examen de
l'activité pastorale et l'analyse de la situation religieuse ainsi que
des conditions sociologiques, culturelles et économiques, puisque les
données de la vie collective peuvent avoir une grande influence sur le développement
de l'évangélisation ». (317) Il s'agit de la prise de
conscience de la réalité en ce qui concerne la catéchèse
et ses nécessités.
Plus concrètement:
Dans l'« examen de l'activité pastorale », il
importe d'avoir une conscience claire de l'état de la catéchèse:
sa place réelle dans le processus d'évangélisation; l'équilibre
et l'articulation entre les secteurs distincts de la catéchèse
(petits enfants, enfants, adolescents, jeunes, adultes...); la coordination de
la catéchèse avec l'éducation chrétienne dans la
famille, avec l'éducation scolaire, avec l'enseignement de la religion à
l'école, et avec les autres formes d'éducation de la foi; sa
qualité interne; les contenus enseignés et la méthodologie
utilisée; les caractéristiques des catéchistes et leur
formation.
L'analyse de la situation religieuse porte principalement sur
trois niveaux étroitement liés entre eux: le sens du sacré,
c'est-à-dire les expériences humaines qui, de par leur profondeur,
ouvrent au mystère; le sens religieux, à savoir les modes
concrets par lesquels un peuple déterminé conçoit Dieu et
communique avec Lui; et les situations de foi, avec les divers types de
croyants. Enfin, en lien avec ces niveaux, la situation morale vécue,
avec les valeurs qui se dégagent et les ombres ou les contre-valeurs les
plus diffuses.
« L'analyse socio-culturelle » dont il a été
question au sujet des sciences humaines dans la formation des catéchistes,
(318) est également nécessaire. Il faut préparer les catéchumènes
et les catéchisés à une présence chrétienne
dans la société.
280. L'analyse de la situation, à tous ces niveaux, « doit également
convaincre ceux qui se consacrent au ministère de la Parole que les
situations humaines sont ambivalentes, en ce qui concerne l'activité
pastorale. C'est pourquoi il faut que les ouvriers de l'Evangile apprennent à
discerner les possibilités qui s'ouvrent à leur action dans une
situation nouvelle et variée... Un processus de transformation est
toujours possible qui ouvre un chemin à la foi ». (319)
Cette analyse de la situation est un premier instrument de travail offert
par le service de la catéchèse aux pasteurs et aux catéchistes
pour leur information.
Programme d'action et orientations catéchétiques
281. Une fois la situation examinée avec soin, il est nécessaire
de formuler un programme d'action qui détermine les objectifs,
les instruments de la pastorale de la catéchèse et les normes qui
la régissent, en tenant bien compte des besoins locaux et, en même
temps, en pleine harmonie avec les finalités et les normes de l'Eglise
universelle.
Le programme ou plan d'action doit être opérationnel, puisqu'il
se propose d'orienter l'action catéchistique diocésaine ou
inter-diocésaine. De par sa nature, on le conçoit d'ordinaire en
vue d'un temps déterminé à la fin duquel il est renouvelé
avec de nouvelles accentuations, de nouveaux objectifs et de nouveaux moyens.
L'expérience montre que le programme d'action est très utile
pour la catéchèse car, dans la définition de certains
objectifs communs, il conduit à unir les efforts et à travailler
dans une perspective d'ensemble. C'est pourquoi sa première condition
doit être le réalisme, uni à la simplicité, à
la concision et à la clarté.
282. En même temps que ce programme d'action centré
surtout sur les options de travail , divers épiscopats élaborent
au niveau national des instruments plus portés sur la réflexion et
l'orientation, qui fournissent les critères d'une catéchèse
judicieuse et adaptée. Ils portent des noms différents: Directoire
catéchétique, Orientations catéchétiques,
Document de base, Texte de référence, etc. Destinés
principalement aux responsables et aux catéchistes, ils éclaircissent
le concept de catéchèse: sa nature, finalité, tâches,
contenus, destinataires, méthode. Ces directoires ou textes
d'orientations générales, établis par les conférences
des Evêques ou publiés sous leur autorité, doivent suivre le
même processus d'élaboration et d'approbation prévu pour les
catéchismes. C'est-à-dire qu'avant d'être promulgués,
ils doivent être soumis à l'approbation du Siège
Apostolique. (320)
Ces lignes directrices ou orientations catéchétiques
constituent habituellement une profonde source d'inspiration pour la catéchèse
des Eglises locales. Aussi leur élaboration est-elle recommandée
et opportune, d'autant qu'elles constituent un point de référence
important pour la formation des catéchistes. Ce type d'instruments est
intimement et directement relié à la responsabilité épiscopale.
Elaboration d'instruments et moyens didactiques pour l'acte catéchétique
283. A côté des instruments destinés à
l'orientation et à la programmation de l'ensemble de l'activité
catéchétique (analyse de la situation, programme d'action et
directoire catéchétique), il y a des instruments de travail
d'usage immédiat, utilisés au cours même de l'acte catéchétique.
Il faut dénombrer tout d'abord les textes didactiques, (321) mis
directement dans les mains des catéchumènes et des catéchisés.
Les guides pour les catéchistes et pour les parents dans
le cas de la catéchèse des enfants sont aussi des
instruments utiles. (322) Enfin il convient de souligner l'importance des moyens
audio-visuels en usage dans la catéchèse et face auxquels il
faut faire preuve d'un certain discernement. (323)
Le critère qui doit inspirer ces instruments de travail est celui de
la double fidélité à Dieu et à la personne humaine,
loi fondamentale pour toute la vie de l'Eglise. Il s'agit de savoir conjuguer
une parfaite fidélité doctrinale avec une profonde accommodation à
l'homme, en tenant compte de la psychologie de son âge et du contexte
socio-culturel dans lequel il vit.
En bref, il faut dire que ces instruments catéchétiques
doivent:
s'attacher « à la vie concrète de la génération
à laquelle ils s'adressent, connaissant de près ses inquiétudes
et ses interrogations, ses combats et ses espoirs »; (324)
s'efforcer de « trouver le langage compréhensible à
cette génération »; (325)
viser « vraiment à provoquer chez ceux qui doivent s'en
servir une plus grande connaissance des mystères du Christ, en vue d'une
vraie conversion et d'une vie toujours plus conforme au vouloir de Dieu ».
(326)
L'élaboration des catéchismes locaux: responsabilité
immédiate du ministère épiscopal
284. Dans l'ensemble des instruments pour la catéchèse, les
catéchismes ont une place privilégiée. (327) Leur
importance vient de ce que le message qu'ils transmettent est reconnu comme
authentique et comme propre aux Pasteurs de l'Eglise.
Si l'ensemble de l'action catéchétique doit toujours être
dirigée par l'évêque, la publication des catéchismes
est une responsabilité qui concerne de manière très directe
le ministère épiscopal. Les catéchismes nationaux, régionaux
ou diocésains, élaborés avec la participation des agents de
la catéchèse, dépendent en dernier ressort de la
responsabilité des évêques, catéchistes par
excellence dans les Eglises particulières.
Dans la rédaction d'un catéchisme, il faut surtout bien
respecter ces deux critères:
a) le parfait accord avec le catéchisme de l'Eglise
catholique, « texte de référence sûr et authentique...
pour la composition des catéchismes locaux »; (328)
b) la considération attentive des normes et des critères
de présentation du message de l'Evangile proposés par le
Directoire général pour la catéchèse, lui aussi «
norme de référence » (329) pour la catéchèse.
285. L'« approbation préalable du Siège apostolique
» (330) requise pour les catéchismes émanant des conférences
des Evêques doit être comprise dans le sens qu'il s'agit de
documents par lesquels l'Eglise universelle, dans les divers contextes
socio-culturels auxquels elle est envoyée, annonce et transmet
l'Evangile, et donne naissance aux Eglises particulières en qui elle
s'exprime. (331) Approuver un catéchisme, c'est reconnaître qu'il
est un texte de l'Eglise universelle pour une situation et une culture déterminées.
CONCLUSION
286. Dans la formulation de ces orientations et de ces directives, aucun
effort n'a été épargné afin que chaque réflexion
ait sa source et son fondement dans les enseignements du Concile Vatican II et
dans les principales interventions du magistère de l'Eglise qui ont
suivi. En outre, une attention vigilante a été accordée aux
expériences d'Eglise vécues entre-temps par les divers peuples. La
fidélité à l'Esprit de Dieu a servi de lumière pour
le discernement nécessaire, en ayant toujours en vue le renouveau de
l'Eglise et le meilleur service de l'évangélisation.
Le Directoire Général pour la Catéchèse est
proposé à tous les Pasteurs de l'Eglise, à leurs
collaborateurs et aux catéchistes, dans l'espoir qu'il les encouragera
dans le service que l'Eglise et l'Esprit leur confient: favoriser la croissance
de la foi chez ceux qui ont cru.
Les orientations contenues ici ne veulent pas seulement indiquer ou éclairer
la nature de la catéchèse, ainsi que les normes et les critères
qui commandent ce ministère évangélisateur de l'Eglise;
elles entendent également nourrir l'espérance, par la force de la
Parole et l'action intérieure de l'Esprit, chez ceux qui se donnent du
mal dans ce domaine privilégié de l'activité de l'Eglise.
L'efficacité de la catéchèse est et sera toujours un
don de Dieu, à travers l'uvre de l'Esprit du Père et du
Fils.
Cette totale dépendance de la catéchèse envers
l'intervention de Dieu, l'Apôtre Paul l'enseigne aux Corinthiens,
lorsqu'il leur rappelle: « Moi, j'ai planté, Apollos a arrosé;
mais c'est Dieu qui donnait la croissance. Ainsi donc, ni celui qui plante n'est
quelque chose, ni celui qui arrose, mais celui qui donne la croissance: Dieu
» (1 Cor 3,6-7).
Il n'y aura jamais de catéchèse ni d'évangélisation
sans l'action de Dieu qui agit par son Esprit. (332) Dans la pratique catéchétique,
ni les techniques pédagogiques les plus avancées, ni le catéchiste
doté de la personnalité humaine la plus captivante ne remplaceront
l'action silencieuse et discrète de l'Esprit Saint. (333) C'est Lui, «
le vrai protagoniste de toute la mission ecclésiale »; (334) c'est
Lui le premier catéchiste; c'est Lui le « maître intérieur
» de ceux qui grandissent vers le Seigneur. (335) En effet, c'est Lui «
le principe inspirateur de toute l'uvre catéchétique et de
ceux qui l'accomplissent ». (336)
289. Que la patience habite donc au cur de la spiritualité du
catéchiste, ainsi que cette confiance que c'est Dieu lui-même qui
fait naître, grandir et fructifier la semence de sa Parole, semée
dans une bonne terre et travaillée avec amour! Saint Marc est le seul des
évangélistes à présenter la parabole dans laquelle Jésus
explique l'une après l'autre les étapes du développement
graduel et constant de la semence répandue: « Il en est du
Royaume de Dieu comme d'un homme qui aurait jeté du grain en terre: qu'il
dorme et qu'il se lève, nuit et jour, la semence germe et pousse, il ne
sait comment. D'elle-même, la terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi.
Et quand le fruit s'y prête, aussitôt il y met la faucille, parce
que la moisson est à point » (Mc 4,26-29).
- L'Eglise, qui a la responsabilité de catéchiser ceux qui
croient, invoque l'Esprit du Père et du Fils, le suppliant de faire
fructifier et de renforcer intérieurement les innombrables travaux qui,
partout, sont entrepris pour faire progresser la foi et la marche à la
suite de Jésus-Christ Sauveur.
- C'est à la Vierge Marie, qui a vu son Fils grandir en « sagesse,
en âge et en grâce » (Lc 2,52), que les agents de
la catéchèse recourent aujourd'hui encore, confiants en son
intercession. Ils trouvent en Marie le modèle spirituel pour poursuivre
et consolider le renouveau de la catéchèse contemporaine, dans la
foi, dans l'espérance et dans la charité. Par l'intercession de «
la Vierge de la Pentecôte », (337) que naisse dans l'Eglise une force
nouvelle pour engendrer des fils et des filles dans la foi et pour les éduquer
à la plénitude dans le Christ.
Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II, le 15 août 1997, a
approuvé le présent Directoire Général pour la catéchèse
et en a autorisé la publication.
+ Darío Castrillón Hoyos
Archevêque émérite de Bucaramanga Pro-Préfet
+ Crescenzio Sepe
Archevêque tit. de Grado Secrétaire
TABLE DES MATIERES
Préface
Exposé préliminaire
L'annonce de l'évangile dans le monde d'aujourd'hui
« Voici que le semeur est sorti pour semer » (Mc
4,3)
Un regard sur le monde avec les yeux de la foi
Le champ du monde
Les droits de l'homme
La culture et les cultures
La situation religieuse et morale
L'Eglise dans le champ du monde
La foi des chrétiens
La vie interne de la communauté ecclésiale
La situation de la catéchèse: vitalité et problèmes
Les semailles de l'évangile
Comment lire les signes des temps
Quelques défis pour la catéchèse
Partie I
LA CATECHESE DANS LA MISSION EVANGELISATRICE DE L'EGLISE
Le mandat missionnaire de Jésus
Sens et but de cette partie
Chapitre I
La Révélation et sa transmission par l'évangélisation
La Révélation du dessein providentiel de Dieu
La Révélation: faits et paroles
Jésus-Christ, médiateur et plénitude de la Révélation
La transmission de la Révélation par l'Eglise, uvre de
l'Esprit Saint
L'évangélisation
Le processus de l'évangélisation
Le ministère de la Parole de Dieu dans l'évangélisation
Les fonctions et les formes du ministère de la Parole de Dieu
Convocation et appel à la foi
L'initiation
L'éducation permanente de la foi
La fonction liturgique
La fonction théologique
La conversion et la foi
Le processus de conversion permanente
L'évangélisation et les diverses situations socio-religieuses
Interdépendance entre les activités évangélisatrices
dans ces situations
Chapitre II
La catéchèse dans le processus d'évangélisation
Première annonce et catéchèse
La catéchèse au service de l'initiation chrétienne
La catéchèse, « moment » essentiel du processu d'évangélisation
La catéchèse au service de l'initiation chrétienne
Caractéristiques fondamentales de la catéchèse
d'initiation
La catéchèse au service de l'éducation permanente de la
foi
L'éducation permanente de la foi dans la communauté chrétienne
Les nombreuses formes de catéchèse permanente
Catéchèse et enseignement de la religion à l'école
Le caractère propre de l'enseignement de la religion à l'école
Le contexte scolaire et les destinataires de l'enseignement scolaire de la
religion
Education chrétienne en la famille, catéchèse et
enseignement de la religion à l'école au service de l'éducation
dans la foi
Chapitre III
Nature, but et tâches de la catéchèse
La catéchèse, une action de nature ecclésiale
But de la catéchèse: la communion avec Jésus-Christ
Le but de la catéchèse s'exprime dans la profession de foi au
Dieu unique: Père, Fils et Saint-Esprit
Les tâches de la catéchèse réalisent son but
Les tâches fondamentales de la catéchèse: aider à
connaître, à célébrer, à vivre et à
contempler le mystère du Christ
Favoriser la connaissance de la foi
L'éducation liturgique
La formation morale
Enseigner à prier
Autres tâches fondamentales de la catéchèse: initiation
et éducation à la vie communautaire et à la mission
L'éducation à la vie communautaire
L'initiation à la mission
Quelques considérations sur l'ensemble de ces tâches
Le catéchuménat baptismal: structure et gradualité
Le catéchuménat baptismal, inspirateur de la catéchèse
dans l'Eglise
Partie II
LE MESSAGE EVANGELIQUE
Sens et but de cette partie
Chapitre I
Normes et critères pour la présentation du message évangélique
dans la catéchèse
La Parole de Dieu, source de la catéchèse
La source et « les sources » du message de la catéchèse
Les critères pour la présentation du message
Le christocentrisme du message évangélique
Le christocentrisme trinitaire du message évangélique
Un message qui annonce le Salut
Un message de libération
L'ecclésialité du message évangélique
Le caractère historique du mystère du salut
L'inculturation du message évangélique
L'intégrité du message évangélique
Un message organique et hiérarchisé
Un message significatif pour la personne humaine
Principe méthodologique pour la présentation du message
Chapitre II
« Telle est notre foi, telle est la foi de l'Eglise »
Le Catéchisme de l'Eglise catholique et le Directoire Général
pour la Catéchèse
Le Catéchisme de l'Eglise catholique
Finalité et nature du Catéchisme de l'Eglise catholique
L'articulation du Catéchisme de l'Eglise catholique
L'inspiration du Catéchisme de l'Eglise catholique: le
christocentrisme trinitaire et la sublimité de la vocation de la personne
humaine
Le genre littéraire du Catéchisme de l'Eglise catholique
Le depôt de la foi et le Catéchisme de l'Eglise catholique
L'Ecriture Sainte, le Catéchisme de l'Eglise catholique et la catéchèse
La tradition catéchétique des Pères de l'Eglise et le
Catéchisme de l'Eglise catholique
Les catéchismes dans les Eglises locales
La nécessité des catéchismes locaux
Le genre littéraire d'un catéchisme local
Les aspects de l'adaptation dans un catéchisme local
La créativité des Eglises locales dans l'élaboration
des catéchismes
Le Catéchisme de l'Eglise Catholique et les catéchismes
locaux: la symphonie de la foi
Partie III
LA PEDAGOGIE DE LA FOI
« Vous n'avez qu'un seul Maître, le Christ » (Mt 23,10)
Sens et finalité de cette partie
Chapitre I
La pédagogie de Dieu, source et modèle de la pédagogie
de la foi
La pédagogie de Dieu
La pédagogie du Christ
La pédagogie de l'Eglise
La pédagogie divine, action de l'Esprit-Saint en chaque chrétien
Pédagogie divine et catéchèse
Pédagogie originale de la foi
Fidélité à Dieu et fidélité à la
personne
La « condescendance » de Dieu, école pour la personne
Evangéliser en éduquant et éduquer en évangélisant
Chapitre II
Eléments de méthodologie
La diversité des méthodes en catéchèse
Le rapport contenu-méthode dans la catéchèse
Méthode inductive et déductive
L'expérience humaine dans la catéchèse
La mémorisation dans la catéchèse
Rôle du catéchiste
L'activité et la créativité des catéchisés
Communauté, personne et catéchèse
L'importance du groupe
La communication sociale
Partie IV
LES DESTINATAIRES DE LA CATECHESE
« Tous sont concernés par le Royaume »
Sens et but de cette partie
Chapitre I
L'adaptation au destinataire - Aspects généraux
Besoin et droit de tout croyant de recevoir une catéchèse
solide
Besoin et droit de la communauté
L'adaptation exige que le contenu de la catéchèse soit comme
une nourriture saine et adéquate
L'adaptation tient compte des diverses circonstances
Chapitre II
La catéchèse selon les âges
Indications générales
La catéchèse des adultes
Les adultes à qui s'adresse la catéchèse
Eléments et critères propres à la catéchèse
des adultes
Tâches générales et particulières de la catéchèse
des adultes
Formes particulières de la catéchèse des adultes
La catéchèse des petits enfants et des enfants
Situation et importance de la petite enfance et de l'enfance
Caractéristiques de la catéchèse des petits enfants et
des enfants
Petits enfants et enfants sans soutien religieux en famille ou qui ne fréquentent
pas l'école
La catéchèse des jeunes
Pré-adolescence, adolescence et jeunesse
L'importance de la jeunesse pour la société et pour l'Eglise
Caractéristiques de la catéchèse des jeunes
La catéchèse des personnes âgées
Le troisième âge, don de Dieu à l'Eglise
Catéchèse de la plénitude et de l'espérance
Sagesse et dialogue
Chapitre III
Catéchèse des situations, mentalités et milieux
particuliers
La catéchèse des handicapés et des inadaptés
La catéchèse des laissés-pour-compte
La catéchèse des groupes diversifiés
La catéchèse des milieux de vie
Chapitre IV
La catéchèse dans le contexte socio-religieux
La catéchèse en situation de pluralisme et de complexité
La catéchèse et la religiosité populaire
La catéchèse et l'cuménisme
La catéchèse et le judaïsme
La catéchèse et les autres religions
La catéchèse et les « nouveaux mouvements religieux »
Chapitre V
La catéchèse dans le contexte socio-culturel
Catéchèse et culture contemporaine
Tâches de la catéchèse en vue de l'inculturation de la
foi
Processus méthodologique
La nécessité de l'évaluation et ses critères
Les responsables du processus d'inculturation
Les formes et les chemins privilégiés
Le langage
Les moyens de communication
Milieux anthropologiques et tendances culturelles
Interventions dans les situations concrètes
Tâches des Eglises locales
Des initiatives guidées
Partie V
LA CATECHESE DANS L'EGLISE PARTICULIERE
Sens et but de cette partie
Chapitre I
Le ministère de la catéchèse dans l'Eglise particulière
et ses agents
L'Eglise particulière
Le ministère de la catéchèse dans l'Eglise particulière
La communauté chrétienne et la responsabilité de la catéchèse
L'évêque, premier responsable de la catéchèse
dans l'Eglise particulière
Les prêtres, pasteurs et éducateurs de la communauté chrétienne
Les parents, premiers éducateurs de la foi de leurs enfants
Les religieux dans la catéchèse
Les catéchistes laïcs
Divers types de catéchistes particulièrement nécessaires
aujourd'hui
Chapitre II
La formation pour le service de la catéchèse
La pastorale des catéchistes dans l'Eglise particulière
Importance de la formation des catéchistes
Le but et la nature de la formation des catéchistes
Critères de la formation des catéchistes
Les dimensions de la formation: l'être, le savoir et le savoir-faire
Maturité humaine, chrétienne et apostolique des catéchistes
La formation biblique et théologique du catéchiste
Les sciences humaines dans la formation du catéchiste
Quelques critères pour l'usage des sciences humaines dans la
formation des catéchistes
La formation pédagogique
La formation des catéchistes au sein des communautés chrétiennes
Ecoles pour catéchistes et Centres supérieurs pour les experts
en catéchèse
Ecole pour catéchistes ordinaires
Ecoles pour responsables
Centres supérieurs pour experts en catéchèse
Chapitre III
Les lieux et les voies de la catéchèse
La communauté chrétienne comme foyer de catéchèse
La famille comme milieu ou moyen de croissance dans la foi
Le catéchuménat baptismal des adultes
La paroisse comme milieu de catéchèse
L'école catholique
Associations, mouvements et groupes de fidèles
Les communautés ecclésiales de base
Chapitre IV
L'organisation de la pastorale catéchétique dans l'Eglise
particulière
Organisation et exercice des responsabilités
Le service diocésain de la catéchèse
Services de collaboration inter-diocésaine
Le service de la conférence des Evêques
Le service du Saint-Siège
La coordination de la catéchèse
Importance d'une coordination effective de la catéchèse
Un projet diocésain de catéchèse articulé et cohérent
L'activité de la catéchèse dans le contexte de la
nouvelle évangélisation
La catéchèse dans la pastorale de l'éducation
Quelques tâches propres du service catéchétique
Analyse de la situation et des besoins
Programme d'action et orientations catéchétiques
Elaboration d'instruments et moyens didactiques pour l'acte catéchétique
L'élaboration des catéchismes locaux: responsabilité
immédiate du ministère épiscopal
Conclusion
Index thématique
Table des matières
(1) CD 44.
(2) CT 2.
(3) CT 3.
(4) Correspond à la deuxième partie du DGC (1971).
(5) A les mêmes objectifs que la troisième partie du DGC
(1971).
(6) Correspond à la quatrième partie du DGC (1971).
(7) Correspond à la cinquième partie du DGC (1971). Bien que
certains, avançant des motivations significatives, aient suggéré
de placer cette partie avant celle sur la pédagogie, nous avons préféré,
vue la nouvelle structure de la troisième partie, maintenir l'ordre du
texte de 1971. Nous voulons souligner ainsi que l'attention réservée
au destinataire est une conséquence de la pédagogie divine elle-même,
de la « condescendance » (DV 13) de Dieu dans l'histoire du Salut, de
son adaptation, dans la Révélation, à la condition humaine.
(8) Prend en compte tous les éléments de la sixième
partie du DGC (1971).
(9) Cf. DGC (1971), Introduction.
(10) Cf. ibid.
(11) Cf. ibid.
(12) GS 1.
(13) GS 2.
(14) Ibid.
(15) Cf. SRS 35.
(16) SRS 13b; cf. EN 30.
(17) Cf. CT 29f.
(18) SRS 41; cf. Documents du Synode des Evêques, II: De Iustitia
in mundo (30 novembre 1971), III, « L'éducation à la
justice »: AAS 63 (1971) pp. 935-937; LC 77.
(19) SRS 42; cf. ChL 42; CEC 2444-2448; TMA 51.
(20) Cf. Jean XXIII, Encycl. Pacem in Terris (11 avril 1963), 9-27:
AAS 55 (1963), pp. 261-270. On y signale quels sont pour l'Eglise les
droits humains les plus fondamentaux. Aux numéros 28-34 (AAS 55
[1963])
(21) Cf. SRS 15a.
(22) Cf. PP 14; CA 29.
(23) ChL 5d; cf. SRS 26b; VS 31c.
(24) Cf. ChL 5a; Synode 1985, II, D, 1.
(25) Cf. SRS 15; CEC 2444; CA 57b.
(26) ChL 37a; cf. CA 47c.
(27) Cf. AG 22a.
(28) GS 5.
(29) GS 54.
(30) GS 56c.
(31) Cf. EN 20; CT 53.
(32) GS 19.
(33) Ibid.
(34) EN 55; cf. GS 19 et LC 41.
(35) Synode 1985, II, A, 1.
(36) ChL 4.
(37) Cf. RM 38.
(38) CA 29 ad c; 46c.
(39) Cf. GS 36. Jean-Paul II, dans l'Encyclique Dominum et vivificantem
(18 mai 1996), n. 38: AAS 78 (1986), pp. 851-852, fait aussi ce
rapprochement: « L'idéologie de la ?mort de Dieu' montre aisément
par ses effets qu'elle est, sur le plan théorique comme sur le plan
pratique, l'idéologie de la ?mort de l'homme' ».
(40) VS 101; cf. EV 19-20.
(41) Cf. CT 3; MPD 4.
(42) TMA 36b; cf. GS 19c.
(43) EN 52; cf. CT 19 et 42.
(44) EN 56.
(45) EN 52.
(46) EN 48; cf. CT 54; ChL 34b; DGC (1971) 6; Synode 1985, II, A, 4.
(47) EN 52.
(48) Cf. EN 52; CT 44.
(49) Cf. ChL 34b; RM 33d.
(50) LG 10.
(51) Synode 1985, I, 3.
(52) Ibid.
(53) Cf. Congrégation pour la doctrine de la foi, Lettre Communionis
Notio (28 mai 1992), n. 1: AAS 85 (1993), p. 838; TMA 36e.
(54) Cf. CT 19b.
(55) Cf. CT 43.
(56) Cf. CT 27b.
(57) DV 10c.
(58) CT 29b.
(59) Cf. CT 30.
(60) CT 23.
(61) Cf. CT 58.
(62) Cf. EN 63.
(63) Cf. FC 4b; ChL 3e.
(64) GS 11; cf. GS 4.
(65) Cf. GS 62e; FC 5c.
(66) Cf. Mc 1,15 et parallèles; RM 12-20; CEC 541-560.
(67) Cf. Mt 5,3-12.
(68) Cf. Mt 5,1-7,29.
(69) Cf. Mt 13,11.
(70) Cf. Mt 18,1-35.
(71) Cf. Mt 24,1-25,46.
(72) DV 3.
(73) Cf. 2 P 1,4; CEC 51-52.
(74) DV 2.
(75) Cf. Ep 1,9.
(76) DV 2.
(77) EN 11.
(78) Cf. GS 22a.
(79) Cf. Ep 2,8; EN 27.
(80) Cf. EN 9.
(81) Cf. Jn 11,52; AG 2b et 3a.
(82) Cf. DV 15; CT 58; ChL 61; CEC 53 et 122; S. Irénée de
Lyon, Adversus haereses, III, 20, 2: SCh 211, 389-393. Voir
infra la Partie III chap. 1.
(83) CEC 54-64.
(84) DV 2.
(85) Cf. DGC (1971) 11b.
(86) Cf. He 1,1-2.
(87) DV 4.
(88) Cf. Lc 24,27.
(89) CEC 65; Saint Jean de la Croix s'exprime ainsi: « Il nous a tout
dit à la fois et d'un seul coup en cette seule Parole »: Montée
du Carmel, 2, 22; cf. Liturgie des Heures I, Office des lectures du lundi de
la deuxième semaine d'Avent.
(90) Cf. CT 5; CEC 520 et 2053.
(91) CEC 125 qui cite DV 18.
(92) CT 5. Le thème du christocentrisme est affronté
avec plus de détails dans « Finalités de la catéchèse:
la communion avec Jésus-Christ » (Partie I, ch. 3), et dans «
Le christocentrisme du message évangélique » (Partie II, ch.
1).
(93) Cf. DV 7.
(94) Cf. DV 7a.
(95) Cf. DV 8 et CEC 75-79.
(96) DV 10b; cf. CEC 85-87.
(97) LG 48; AG 1; GS 45; cf. CCC 774-776.
(98) Cf. Col 1,26.
(99) Dans Dei verbum (nn. 2-5) et dans le Catéchisme de
l'Eglise catholique (nn. 50-175), on parle de la foi comme réponse à
la Révélation. Ici, pour des motifs catéchistiques et
pastoraux, on a préféré lier la foi plus à l'évangélisation
qu'à la révélation, que cette dernière, du fait,
rejoint l'homme normalement à travers la mission évangélisatrice
de l'Eglise.
(100) EN 14.
(101) EN 18.
(102) Cf. Mt 28,19-20.
(103) Cf. Ac 1,8.
(104) Cf. Mt 28,19.
(105) EN 17.
(106) EN 28.
(107) Cf. EN 22a.
(108) Cf. EN 47b.
(109) Cf. EN 18.
(110) EN 24d.
(111) Cf. EN 14.
(112) Cf. AG 6b.
(113) Dans le dynamisme de l'évangélisation il faut distinguer
les « situations initiales » (initia), les « développements
progressifs » (gradus) et la situation de maturité: « à
chaque condition ou état doivent correspondre des actes propres »
(AG 6).
(114) Cf. EN 18-20 et RM 52-54; AG 11-12 et 22.
(115) Cf. EN 21 et 41; RM 42-43; AG 11.
(116) EN 51.52.53. cf. CT 18. 19. 21.25; RM 44.
(117) Cf. AG 13; EN 10 et 23; CT 19; RM 46.
(118) EN 22; CT 18; cf. AG 14 et RM 47.
(119) AG 14; CEC 1212; cf. CEC 1229-1233.
(120) Cf. EN 23; CT 24; RM 48-49; AG 15.
(121) Cf. Chl 18.
(122) Cf. ChL 32 qui montre le lien intime entre « communion » et «
mission ».
(123) Cf. EN 24.
(124) CT 18.
(125) Cf. AG 6f; RM 33 et 48.
(126) Cf. Ac 6,4. Le ministère de la Parole divine
est exercé dans l'Eglise par:
les ministres ordonnés (cf. C.I.C., cc. 756-757);
les membres d'instituts de vie consacrée, en raison de leur
consécration à Dieu (cf. C.I.C., c. 758);
les fidèles laïcs, en raison de leur baptême et de
leur confirmation (cf. C.I.C., c. 759).
« Quant au mot ministère (servitium), il faut
souligner que seule une constante référence à l'unique
source que constitue le ministère du Christ... permet, dans une
certaine mesure, d'appliquer aussi aux fidèles laïcs le terme de
ministère sans ambiguïté... Dans ce sens originel, il
exprime simplement le travail par lequel les membres de l'Eglise prolongent, en
son sein et pour le monde, « la mission et le ministère du Christ »
(cf. LG 34). Quand, au contraire, le terme est spécifié dans le
rapport et la comparaison entre les divers munera et officia, il
convient alors d'avertir clairement que c'est seulement en vertu de
l'ordination sacrée qu'il acquiert cette plénitude et cette
univocité de sens que la Tradition lui a toujours attribué »
(Jean-Paul II, Allocution au Symposium sur la « Participation des
fidèles laïcs au ministère presbytéral », n. 4:
L'Osservatore Romano [23 avril 1994]
(127) EN 22; cf. EN 51-53.
(128) Cf. EN 42-45; 54-57.
(129) DV 8c.
(130) PO 4b; cf. cd 13c.
(131) On trouve des formes très diverses de ce ministère
unique dans le Nouveau Testament: « annonce », « enseignement »,
« exhortation » ... la variété des expressions est
remarquable.
(132) Les modalités à travers lesquelles est canalisé
l'unique ministère de la Parole ne sont pas, en réalité,
intrinsèques au message chrétien. Il s'agit plutôt
d'accentuations, de tonalités, de développements plus ou moins
explicites, adaptés aux situations de foi de chaque personne et de chaque
groupe humain dans le contexte où ils vivent.
(133) Cf. EN 51-53.
(134) AG 14.
(135) Des raisons diverses rendent légitimes les expressions «
éducation permanente de la foi » ou « catéchèse
permanente », à condition de ne pas relativiser le caractère
prioritaire, fondamental, structurant et spécifique de la catéchèse,
comprise comme initiation de base. L'expression « éducation
permanente de la foi » ne se répandit dans l'activité catéchistique
à partir du Concile Vatican II, que pour indiquer un second degré
de catéchèse, qui suit la catéchèse d'initiation, et
non pas l'activité catéchistique dans sa totalité. Voir
comment cette distinction entre formation de base et formation permanente
est entendue, au sujet de la formation des prêtres: Jean-Paul II,
Exhortation apostolique post-synodale Pastores Dabo Vobis, chapitres V
et VI, notamment le n. 71: AAS 84 (1992), pp. 729ss.; 778ss.; 782-783.
(136) DGC (1971) 19d.
(137) Cf. SC 35; CEC 1154.
(138) Cf. Congrégation pour la doctrine de la foi, Instruction Donum
veritatis sur la vocation ecclésiale du théologien (24 mai
1990), n. 6: AAS 82 (1990), p. 1552.
(139) DGC (1971) 17; cf. GS 62g.
(140) Cf. Rm 10,17; LG 16 et AG 7; cf. CEC 846-848.
(141) Cf. AG 13a.
(142) Cf. CT 5b.
(143) Cf. CT 20b.
(144) Cf. CEC 166-167.
(145) Cf. CEC 150, 153 et 176.
(146) DV 5.
(147) CEC 177.
(148) Cf. EN 10; AG 13b; CEC 1430-1431.
(149) EN 23.
(150) Cf. AG 13.
(151) Cf. RM 45C.
(152) Cf. RM 46d.
(153) DV 5; cf. CEC 153.
(154) DV 5; cf. CEC 153.
(155) CEC 149.
(156) CT 20a: « Il s'agit de faire grandir, au niveau de la
connaissance et dans la vie, la semence de la foi déposée
par l'Esprit Saint lors de la première annonce ».
(157) Cf. RM 46b.
(158) Cf. 1 P 2,2; He 5,13.
(159) Ep 4,13.
(160) RICA 12.
(161) Cf. Eusèbe de Césarée, Praeparatio evangelica,
I, 1: SCh 206, 6; LG 16; AG 3a.
(162) ChL 4c.
(163) RICA 12 et 111.
(164) Cf. RICA 6 et 7.
(165) AG 13b.
(166) Cf. AG 13; EN 10; RM 46; VS 66; RICA 10.
(167) AG 13b.
(168) Cf. MPD 8b; CEC 187-189.
(169) Cf. LG 11c; 40b; 42e.
(170) Cf. DV 24; EN 45.
(171) Cf. RM 33.
(172) RM 33b.
(173) Ibid. Il est important de prendre conscience des « contextes
» (fines) que RM destine à la « mission ad gentes ». Il ne
s'agit pas seulement de « territoires » (RM 37 ad a), mais aussi de «
mondes et de phénomènes sociaux nouveaux » (RM 37 ad b),
comme les grandes villes, le monde des jeunes, les migrations,... et de «
zones culturelles ou aréopages modernes » (RM 37 ad c), comme le
monde de la communication, de la science, l'écologie... Dans cette
mesure, une Eglise particulière, déjà implantée sur
un territoire, réalise la « mission ad gentes » non seulement «
ad extra » mais aussi « ad intra » de ses frontières.
(174) RM 33c.
(175) RM 33d.
(176) RM 33d.
(177) RM 34b.
(178) RM 34c. Le texte parle concrètement de l'enrichissement mutuel
entre la mission ad intra et la mission ad extra. RM, au §
59c, montre comment « la mission ad gentes » stimule les peuples au développement,
tandis que la « nouvelle évangélisation » dans les pays
développés crée une claire conscience de solidarité à
l'égard d'autrui.
(179) Cf. RM 31; 34.
(180) MPD 8.
(181) DGC (1971) 20; cf. CT 43; infra partie IV, chap. 2.
(182) CT 19.
(183) Mc 16,15 et Mt 28,19.
(184) Mc 16,16.
(185) Cf. CT 19; DGC (1971) 18.
(186) RICA 9-13; cf. CIC 788.
(187) Dans ce Directoire, on suppose que, d'ordinaire, le destinataire de
la « catéchèse kérygmatique » ou «
précatéchèse » a un intérêt ou
une préoccupation pour l'Evangile. Si ce n'est absolument pas le cas,
c'est une « première annonce » qui est requise.
(188) Cf. RICA 9, 10, 50; CT 19.
(189) CT 18; cf. 20c.
(190) CT 18.
(191) Ibid.
(192) AG 14.
(193) CT 18.
(194) S. Cyrille de Jérusalem: Catecheses illuminandorum I,
11: PG 33, 351-352.
(195) Cf. Mt 7,24-27.
(196) CT 13; cf. CT 15.
(197) CEC 1122.
(198) AG 14; cf. CEC 1212, 1229.
(199) CEC 1253. Dans le catéchuménat baptismal des adultes,
propre à la mission ad gentes, la catéchèse précède
le baptême. Dans la catéchèse des baptisés (enfants,
jeunes ou adultes) la formation suit le baptême. Mais dans ce cas également,
l'objectif de la catéchèse est de faire découvrir et vivre
les immenses richesses du Baptême reçu. CEC 1231 utilise
l'expression catéchuménat post-baptismal. ChL 61 parle de
catéchèse post-baptismale.
(200) Cf. CD 14.
(201) CT 22; cf. 18d, 21b.
(202) Cf. CT 21.
(203) CT 21. Deux raisons méritent d'être soulignées
dans cet apport du Synode, contenu dans « Catechesi Tradendae »: le
souci de tenir compte d'un problème pastoral (« j'insiste sur la nécessité
d'un enseignement chrétien organique et systématique, parce que de
divers côtés, on tend à en minimiser l'importance »);
et le caractère organique qui distingue la catéchèse.
(204) CT 21.
(205) Cf. CT 20; Saint Augustin, De catechizandis rudibus IV, 8:
CCL 46, 128-129.
(206) Cf. CT 21b.
(207) Cf. CT 21c.
(208) Cf. AG 14; CT 33 et CEC 1231.
(209) Cf. DGC (1971) 31.
(210) CT 24.
(211) DV 21.
(212) Jn 17,21.
(213) CT 48; cf. SC 52; DV 24; DGC (1971) 17; Misssale Romanum, Ordo
lectionum Missae, n. 24, Editio typica altera, Libreria Editrice Vaticana
1981.
(214) Cf. DV 21-25; Commission biblique pontificale, Document L'interprétation
de la Bible dans l'Eglise (21 septembre 1993), IV, C, 2-3.
(215) SRS 41; cf. CA, 5; 53-62; DGC (1971) 26; Congrégation pour l'éducation
catholique, Document Orientations pour l'étude et l'enseignement de
la doctrine sociale de l'Eglise dans la formation des prêtres (30 décembre
1988), Rome 1988.
(216) CT 23; cf. SC 35 ad 3; CIC 777, ad 1 et 2.
(217) Cf. CT 21c et 47; DGC (1971) 96 ad c, d, e, f.
(218) Cf. 1 P 3,15; Congrégation pour la doctrine de la foi,
Instruction Donum veritatis, n. 6b: l.c. 1552; CT 61,
sur le rapport entre catéchèse et théologie.
(219) CT 45c.
(220) Congrégation pour l'éducation catholique, Dimension
religieuse de l'éducation dans l'Ecole catholique - Lineamenta pour la réflexion
et la révision (7 avril 1988), n. 68; cf. CD 13c; Jean-Paul II,
Allocution aux prêtres du diocèse de Rome (5 mars 1981): Insegnamenti
di Giovanni Paolo II, IV1, pp. 629-630; CIC 761.
(221) Cf. Sacrée Congrégation pour l'éducation
catholique, Document L'Ecole catholique (19 mars 1977), n. 26.
(222) CT 69. A noter, comme pour CT 69, que l'originalité de
l'enseignement de la religion à l'école ne consiste pas seulement à
rendre possible le dialogue avec la culture en général, puisque
cela concerne toutes les formes du ministère de la Parole. Par
l'enseignement de la religion à l'école on cherche, plus
directement, à promouvoir ce dialogue dans le processus personnel
d'initiation systématique et critique, et de rencontre avec le patrimoine
culturel promu par l'école.
(223) Cf. Congrégation pour l'éducation catholique, Dimension
religieuse de l'éducation dans l'Ecole catholique..., n. 70: l.c.
(224) Cf. Jean-Paul II, Allocution au Symposium du Conseil des Conférences
Episcopales d'Europe sur l'Enseignement de la Religion catholique dans l'Ecole
publique (15 avril 1991), n. 5: Insegnamenti di Giovanni Paolo II, XIV1,
pp. 780 ss.
(225) Ibid.
(226) Cf. CT 69; Congrégation pour l'éducation catholique,
Dimension religieuse de l'éducation dans l'école catholique,
n. 66: l.c.
(227) Cf. CT 33.
(228) Cf. CT 34.
(229) Cf. ce qui a été indiqué au chap. 1 de cette
partie, dans « La transmission de la Révélation par
l'Eglise, uvre de l'Esprit Saint », et dans la deuxième
partie au chap. 1, dans « Le caractère ecclésial du
message évangélique ». Cf. EN 60, qui parle de le
caractère ecclésial de tout acte d'évangélisation.
(230) Cf. LG 64; DV 10a.
(231) Cf. DGC (1971) 13.
(232) Cf. AG 22a.
(233) Cf. CT 28, RICA 25 et 183-187. La traditio-redditio symboli (remise
et restitution du symbole) a été et demeure un élément
important du catéchuménat baptismal. La bipolarité de ce
geste exprime la double dimension de la foi: don reçu (traditio)
et réponse personnelle et inculturée (redditio). Cf. CT 28
pour « une utilisation adaptée plus large », dans la catéchèse,
de ce rite si expressif.
(234) Cf. LG 64.
(235) CEC 169. Le rapport entre la maternité de l'Eglise et
son rôle d'éducatrice a été très bien
exprimé par saint Grégoire le Grand: « après avoir
été fécondée, concevant ses fils grâce au
ministère de la prédication, l'Eglise les fait grandir en son sein
par ses enseignements » (Moralia in Iob, XIX, 12: CCL
143a, 970).
(236) CT 5; cf. CEC 426; AG 14a. En lien avec cette finalité
christologique de la catéchèse, cf. supra partie I, chap. 1: «
Jésus-Christ médiateur et plénitude de toute la Révélation
», et partie II, chap. 1: « Le christocentrisme du message évangélique
».
(237) AG 13b.
(238) CT 20c.
(239) LG 7b.
(240) MPD 8; Cf. CEC 185-197.
(241) Cf. CEC 189.
(242) Cf. CEC 189-190 et 197.
(243) Cf. CEC 2113.
(244) Cf. CEC 166-167; CEC 196.
(245) Cf. RM 45.
(246) Le DGC (1971) 21-29 distingue lui aussi la finalité (finis) et
les tâches (munera) de la catéchèse. Ces derniers sont des
objectifs spécifiques dans lesquels se concrétise la finalité.
(247) Cf. Mc 4,10-12.
(248) Cf. Mt 6,5-6.
(249) Cf. Mt 10,5-15.
(250) CT 21b.
(251) GE 4; cf. RICA 19; CIC 788,2.
(252) Cf. DGC (1971) 36a.
(253) DGC (1971) 24.
(254) DV 25a.
(255) SC 7.
(256) Cf. SC 14.
(257) DGC (1971) 25b; cf. SC 19.
(258) AG 13.
(259) Cf. LC 62; CEC 1965-1986. Le CEC 1697 précise notamment les
caractéristiques que doit revêtir la catéchèse dans
l'éducation morale.
(260) VS 107.
(261) Cf. CT 29f.
(262) RICA 25 et 188-191.
(263) Cf. CEC 2761.
(264) PO 6d.
(265) AG 14d.
(266) DGC (1971) 27.
(267) UR 3b.
(268) CT 32; cf. CEC 821; CT 32-34.
(269) Cf. CT 24b et DGC (1971) 28.
(270) Cf. LG 31b et Chl 15; CEC 898-900.
(271) Cf. Mt 10,5-42 et Lc 10,1-20.
(272) Cf. EN 53 et RM 55-57.
(273) Cf. RM 55b; Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux et
Congrégation pour l'évangélisation des peuples, Instruction
Dialogue et Annonce. Réflexions et orientations « de
Evangelio nuntiando et de Dialogo interreligioso » (19 mai 1991), nn.
14-54: AAS 84 (1992) pp. 419-432; CEC 839-845; la quatrième
partie reprend ce thème, au chap. 4 sur les destinataires de la catéchèse,
dans la section « La catéchèse dans le contexte des autres
religions ».
(274) RM 55a.
(275) Cf. CIC 773 et 788.2.
(276) Cf. DGC (1971) 22 et 23.
(277) Cf. DGC (1971) 26.
(278) DGC (1971) 31b.
(279) Cf. RICA 19.
(280) RICA 9-13.
(281) RICA 14-20; 68-72; 98-105.
(282) RICA 93; cf. MPD 8c.
(283) RICA 21-26; 133-142; 152-159.
(284) RICA 25 et 183-187.
(285) RICA 25 et 188-192.
(286) RICA 37-40; 235-239.
(287) Cette gradualité se perçoit aussi dans les noms
que l'Eglise utilise pour désigner ceux qui suivent les diverses étapes
du catéchuménat baptismal: « sympathisant »
(RICA 12), pour celui qui a un penchant pour la foi même s'il ne croit pas
pleinement; « catéchumène » (RICA 17-18) pour
celui qui est fermement décidé à suivre Jésus; «
élu », ou « concourant » (RICA 24) pour
celui qui est appelé à recevoir le baptême; « néophyte
» (RICA 31-36), pour celui qui vient de naître à la lumière
grâce au baptême; « fidèle chrétien »
(RICA 39), pour celui qui atteint la maturité de la foi et qui est membre
actif de la communauté chrétienne.
(288) Cf. MPD 8; EN 44; ChL 61.
(289) Dans ce Directoire Général pour la Catéchèse
on distingue les expressions « catéchumèmes » et «
catéchisés » pour marquer cette différence. De son côté,
le CIC, aux can. 204 et 206, rappelle la différence dans le mode d'union à
l'Eglise des « catéchumènes » et des « fidèles
chrétiens ».
(290) RICA 295. Le « Rituel de l'initiation chrétienne des
adultes », au chap. IV, cite le cas des adultes baptisés qui ont
besoin d'une catéchèse d'initiation. CT 44 précise les
diverses circonstances dans lesquelles cette catéchèse
d'initiation devient nécessaire.
(291) AG 14d.
(292) Méthode d'Olympe, par exemple, désigne cette action
maternelle de la communauté chrétienne lorsqu'il affirme: «
Par rapport à ceux qui sont encore imparfaits (dans la vie chrétienne),
les plus mûrs sont ceux qui les forment et les font venir à la lumière
comme dans un acte maternel »: Methode d'Olympe, Symposium, III, 8:
SCh 95, 111; dans le même sens, voir aussi: S. Grégoire le Grand,
Homiliarum in Evangelia I, III, 2: PL 76, 1086.
(293) RICA 8.
(294) Cf. CT 53.
(295) DGC (1971) 130. Ce numéro s'ouvre par l'affirmation suivante: «
Le catéchuménat des adultes qui est à la fois catéchèse,
participation liturgique et vie communautaire, fournit un remarquable
exemple d'une telle institution qui naît de la collaboration de diverses
charges pastorales ».
(296) Cf. DGC (1971) 36a.
(297) CT 27.
(298) Cf. DV 10 a et b; 1 Tim 6,20 et 2 Tim 1,14.
(299) Cf. Mt 13,52.
(300) DV 13.
(301) Ibid.
(302) DV 10.
(303) On le voit, les deux expressions sont utilisées: la source
et « les sources ». Nous parlons de « la »
source de la catéchèse pour souligner l'unicité de la
Parole de Dieu, en rappelant le concept de Révélation dans Dei
Verbum. On suit CT 27 qui parle aussi de la source de la catéchèse.
On maintient cependant l'expression « les sources« selon
l'usage catéchistique ordinaire de l'expression, pour indiquer les lieux
concrets où la catéchèse puise son message; cf. DGC (1971)
45.
(304) Cf. DGC (1971) 45b.
(305) DV 9.
(306) Ibid.
(307) DV 10b.
(308) DV 10c.
(309) Cf. MPD 9.
(310) Cf. CEC 426-429; CT 5-6; DGC (1971) 40.
(311) CT 5.
(312) DGC (1971) 41a; cf. DCG (1971) 39, 40, 44.
(313) GS 10.
(314) CT 6.
(315) Cf. 1 Cor. 15,1-4; EN 15 e, f.
(316) CT 11b.
(317) CEC 139.
(318) Cf. Jn 14,6.
(319) L'expression « Un de la Trinité » a été
utilisée par le Vème Concile cuménique de
Constantinople (a. 553): cf. Constantinopolitanum II, Sessio VIII, can. 4: DS
424; elle est mentionnée dans CEC 468.
(320) CEC 234; cf. CEC 2157.
(321) DGC (1971) 41; cf. Ep 2,18.
(322) Cf. DGC (1971) 41.
(323) Cf. CEC 258, 236 et 259.
(324) Cf. CEC 236.
(325) CEC 450.
(326) Cf. CEC 1702; 1878. SRS 40 utilise, à ce sujet, l'expression «
modèle d'unité« ; CEC 2845 invoque la communion de la
Très Sainte Trinité comme « la source et le critère de
la vérité de toute relation ».
(327) LG 4b, qui cite textuellement S. Cyprien, De dominica oratione
23: CCL 3A2, 105.
(328) Cf. EN 11-14; RM 12-20; cf. CEC 541-556.
(329) La liturgie de l'Eglise l'exprime ainsi à la Veillée
pascale: « ... Donne à ceux que tu as rachetés de comprendre
que l'acte de la création au commencement du monde n'a pas excellé
ce fait qu'à la fin des siècles le Christ notre Pâque a été
immolé » (Missale Romanum $[Editio Typica Altera - 1975$
(330) EN 9.
(331) CT 25.
(332) EN 26.
(333) Ce don du salut nous confère « la justification,
par la grâce de la foi et des sacrements de l'Eglise. Cette grâce
nous délivre du péché et nous introduit dans la communion
avec Dieu » (LC 52).
(334) EN 27.
(335) Cf. LG 3 et 5.
(336) Cf. RM 16.
(337) GS 39.
(338) LG 5.
(339) RM 20.
(340) EN 28.
(341) Cf. EN 30-35.
(342) EN 30.
(343) CA 57; cf. CEC 2444.
(344) EN 30.
(345) EN 32; cf. SRS 41 et RM 58.
(346) EN 32.
(347) EN 33; cf. LC: cette Instruction est un point de référence
obligé pour la catéchèse.
(348) LC 71.
(349) CA 57; LC 68; cf. SRS 42; CEC 2443-2449.
(350) LC 68.
(351) SRS 41; cf. LC 77. De son côté, le Synode de 1971 a traité
un thème d'importance fondamentale pour la catéchèse: «
l'éducation à la justice« : cf. Documents du Synode
des évêques, II: De Iustitia in mundo, III: l.c.
835-937.
(352) RICA 75; cf. CEC 1253.
(353) Cf. CEC 172-175 où, en s'inspirant de St Irénée
de Lyon, on analyse toute la richesse contenue dans la réalité
d'une seule foi.
(354) CEC 815: « ...l'unité de l'Eglise pérégrinante
est assurée aussi par des liens visibles de communion: la profession
d'une seule foi reçue des apôtres; la célébration
commune du culte divin, surtout des sacrements; la succession apostolique par le
sacrement de l'Ordre, maintenant la concorde fraternelle de la famille de Dieu
».
(355) EN 61, qui reprend St Grégoire le Grand et la Didaché.
(356) CEC 1076.
(357) DGC (1971) 44.
(358) Les Pères de l'Eglise, en fondant le contenu de la catéchèse
dans le récit des événements du salut, souhaitaient
enraciner le christianisme dans le temps, montrant qu'il était une
histoire porteuse du salut et non une simple philosophie religieuse; ils
souhaitaient également souligner que le Christ était le cur
de cette histoire.
(359) CEC 54-64. Ces textes du Catéchisme, qui sont une référence
essentielle pour la catéchèse biblique, donnent les étapes
les plus importantes de la Révélation, dans lesquelles l'Alliance
est le thème clé. Cf. CEC 1081 et 1093.
(360) Cf. DV 4.
(361) DGC (1971) 11.
(362) CEC 1095; cf. CEC 1075; 1116; 129-130 et 1093-1094.
(363) CEC 1095. Le CEC au no 1075 parle du caractère inductif de
cette « catéchèse mystagogique », car « elle procède
du visible à l'invisible, du signifiant au signifié, des «
sacrements » aux « mystères ».
(364) DV 2.
(365) DGC (1971) 72; cf. CEC 39-43.
(366) Cf. partie IV, ch. 5.
(367) AG 10; cf. AG 22a.
(368) CT 53; cf. EN 20.
(369) Le terme « inculturation » a été adopté
par plusieurs documents du Magistère. Voir CT 53, RM 52-54. Le concept de
« culture », soit dans un sens général, soit dans un
sens » sociologique et ethnologique » a été expliqué
dans GS 53; cf. également ChL 44a.
(370) AG 22a; cf. LG 13 et 17; GS 53-62; DGC (1971) 37.
(371) Cf. RM 52b parle d'un « temps long » requis par
l'inculturation.
(372) EN 20; cf. EN 63; RM 52.
(373) LG 13 utilise l'expression « soutient et assume (fovet et
assumit) ».
(374) LG 17 s'exprime ainsi: « guérir, élever et
achever (sanare, elevare et consummare) ».
(375) EN 19 affirme: « atteindre et comme bouleverser ».
(376) RM 54a.
(377) RM 54b.
(378) Cf. GCM 12.
(379) Cf. CEC 24.
(380) CT 30.
(381) Cf. ibid.
(382) DGC (1971) 38a.
(383) Cf. DGC (1971) 38b.
(384) Cf. Mt 11,30.
(385) EN 63 utilise l'expression « transferre » et «
traslatio »; cf. RM 53b.
(386) EN 63c; cf. CT 53c et CT 31.
(387) Synode 1985, II, D, 3; cf. EN 65.
(388) CT 31, qui présente également l'intégrité
du message; cf. DGC (1971) 39 et 43.
(389) CEC 234.
(390) UR 11.
(391) DGC (1971) 43.
(392) DGC (1971) 41.
(393) St Cyrille de Jérusalem affirme au sujet du Symbole: «
Cette synthèse de la foi n'a pas été faite selon les
opinions humaines; mais on a recueilli dans toute l'Ecriture ce qui y était
plus important, pour donner dans son intégrité l'unique
enseignement de la foi » (Catecheses illuminandorum, 5, 12: PG
33, 521). Le texte est repris aussi dans CEC 186. Cf. CEC 194.
(394) CEC 1211.
(395) Ibid.
(396) St Augustin présente le Sermon sur la Montagne comme «
la charte parfaite de la vie chrétienne qui contient tous les préceptes
appropriés pour la guider » (De sermone Domini in monte,
1, 1: CCL 35, 1); Cf. EN 8.
(397) Le Notre Père est, en vérité « le résumé
de tout l'Evangile » (Tertullien, De oratione, 1: CSEL 20.
181); « Parcourez toutes les prières qui sont dans les
Ecritures, et je ne crois pas que vous puissiez y trouver quelque chose qui ne
soit pas compris dans l'Oraison dominicale » (S. Augustin, Epistola,
130, c. 12: PL 33, 502); cf. CEC 2761.
(398) GS 22a.
(399) Cf. ibid.
(400) CT 22c; cf. EN 29.
(401) GS 22b.
(402) CEC 521; cf. CEC 519-521.
(403) Cf. CT 20b.
(404) Cf. Rm 6,4.
(405) DGC (1971) 74; Cf. CT 29.
(406) Cf. AG 8a.
(407) Cf. Ph 1,27.
(408) Cf. CEC 1697.
(409) Cf. CEC 1145-1152.
(410) Cf. partie III, ch. 2.
(411) DGC (1971) 46.
(412) CT 31.
(413) Cf. CIC 775 §§ 1-3.
(414) Cf. FD 2d.
(415) FD 4a.
(416) DGC (1971) Introduction.
(417) DGC (1971) partie III, chap. 2.
(418) CEC 11.
(419) FD 4a; cf. FD 4b.
(420) CEC 815.
(421) FD 4a; cf. FD 4c.
(422) FD 1f; cf. FD 4c.
(423) FD 4d.
(424) Ibid.
(425) FD 3d.
(426) FD 3e.
(427) Cf. CEC 13.
(428) Cf. partie I, chap. 3 de ce Directoire.
(429) Cf. Card. J. Ratzinger, Le catéchisme de l'Eglise
Catholique et l'optimisme des rachetés, en J. Ratzinger - C. Schönborn,
Petite introduction au Catéchisme de l'Eglise catholique
$[traduit de Kleine Hinführung zum Katechismus der Katholischen Kirche,
München 1993$
(430) Cf. CEC 189-190; 1077-1109; 1693-1695; 2564; etc.
(431) Cf. CEC 27-49; 355-379; 456-478; 1699-1756; etc.
(432) GS 22a.
(433) DGC (1971) 119.
(434) CEC 24.
(435) DV 21.
(436) MPD 9c; cf. Commission biblique pontificale, Document L'interprétation
de la Bible dans l'Eglise, IV, C, 3:l.c.
(437) CT 27; Cf. Synode 1985, II, B, a, 1.
(438) DV 9.
(439) Cf. MPD 9.
(440) DV 8c.
(441) Lorsque le Concile Vatican II a demandé la restauration du catéchuménat
des adultes, il a souligné la nécessité de garder son
aspect progressif: « Que l'on restaure le catéchuménat des
adultes distribué en plusieurs degrés » (SC 64).
(442) Citons, à titre d'exemple, le témoignage d'Origène:
« Lorsque tu abandonnes les ténèbres de l'idolâtrie
pour arriver à la connaissance de la loi divine, voici que commence ta
sortie d'Egypte. Lorsque tu as été uni à la multitude des
catéchumènes et que tu as commencé à obéir
aux commandements de l'Eglise, tu as traversé la Mer Rouge. Dans les
haltes au désert, chaque jour, tu t'appliques à écouter la
loi de Dieu et à contempler le visage de Moïse qui te révèle
la gloire du Seigneur. Mais lorsque tu arrives aux fonts baptismaux..., ayant
traversé le Jourdain..., tu entreras dans la terre promise »
(Origene, Homiliae in Iesu Nave, IV, 1: SCR 71, 149).
(443) Cf. CEC 13.
(444) Ce titre se réfère exclusivement aux catéchismes
officiels, c'est-à-dire ceux que
l'Evêque diocésain (CIC 775, 1) ou la conférence
des Evêques (CIC 775, 2) font leurs. Les catéchismes non
officiels (CIC 827, 1) et les autres instruments de travail pour la catéchèse
(DGC 1971 116) sont considérés dans la Vème partie, au
chap. 4.
(445) FD 4c.
(446) FD 4d.
(447) Cf. CIC 775.
(448) CT 53a; cf. CEC 24.
(449) CT 50.
(450) DV 15.
(451) Cf. DV 13.
(452) DV 13.
(453) DV 13. Bienveillance ineffable, soins prévenants,
condescendance sont des expressions propres à la pédagogie
divine dans la Révélation. Elles montrent le désir de Dieu
de « s'adapter » (synkatabasis) aux êtres humains. C'est
dans ce même esprit que doivent être élaborés les catéchismes
locaux.
(454) DGC (1971) 119.
(455) En même temps que les instruments, d'autres facteurs déterminants
interviennent dans la catéchèse: la personne du catéchiste,
sa méthode de transmission, le rapport entre le catéchiste et le
catéchisé, le respect de son rythme intérieur de réception,
le climat d'amour et de foi dans la communication, l'implication active de la
communauté chrétienne, etc.
(456) Cf. partie IV, chap. 1.
(457) CEC 24.
(458) GS 44.
(459) CT 53a.
(460) Cf. CT 55c; MPD 7; DGC (1971) 34.
(461) Cf. CT 36-45.
(462) Dans les catéchismes locaux, il faut être attentif à
la façon de traiter et orienter la religiosité populaire (cf. EN
48; CT 54 et CEC 1674-1676), ainsi qu'à ce qui concerne le dialogue cuménique
(cf. CT 32-34; CEC 817-822) et le dialogue interreligieux (cf. EN 53; RM 55-57
et CEC 839-845).
(463) LC 72 fait la distinction entre « principes de réflexion »,
« critères de jugement » et « lignes d'action » donnés
par l'Eglise dans sa doctrine sociale. Un Catéchisme doit savoir
distinguer ces niveaux.
(464) Nous nous référons essentiellement aux « diverses
situations socio-religieuses » auxquelles l'évangélisation
fait face. Il en est question dans la Ière partie au chap. 1.
(465) Sur cette distinction entre catéchismes locaux et ouvrages
synthétisant le CEC, voir ce qui est dit dans Congrégation pour la
Doctrine de la Foi - Congrégation pour le Clergé, Lettre aux présidents
des conférences épiscopales Orientations sur les «
ouvrages de synthèse » du Catéchisme de l'Eglise Catholique
(Prot. N. 94004378 du 20 décembre 1994), Prémisses 1-5. Il y est
dit entre autres: « On peut considérer à tort que les
ouvrages qui synthétisent le CEC remplacent les catéchismes
locaux, jusqu'à en décourager, de fait, la préparation;
alors que ces synthèses manquent des adaptations aux situations particulières
des destinataires que requiert la catéchèse » (Prémisse
4).
(466) Cf. CIC 775 §§ 1-2.
(467) La question du langage, soit dans les catéchismes locaux soit
dans l'acte catéchétique est d'une importance capitale: cf. CT 59.
(468) EN 63. Dans la tâche délicate d'assimiler et de
traduire indiquée dans ce texte, il est important de tenir compte de
l'observation faite par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi -
Congrégation pour le Clergé, Orientations sur les «
ouvrages de synthèse » du Catéchisme de l'Eglise Catholique,
Prémisse 3: l.c.: « L'élaboration de catéchismes
locaux qui aient le CEC comme "texte de référence sûr
et autorisé" (FD 4), reste un objectif important pour les épiscopats.
Mais les difficultés prévisibles dans cette entreprise ne pourront
être surmontées que, si après un temps adéquat et même
prolongé d'assimilation du CEC, on aura préparé le terrain
théologique, catéchétique et linguistique pour une véritable
uvre d'inculturation des contenus du Catéchisme ».
(469) GS 62b.
(470) FD 4b.
(471) RM 54b.
(472) CEC 814.
(473) LG 23a.
(474) Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Lettre Communionis
notio, n. 9: l.c. 843.
(475) Cf. CT 63b.
(476) Cf. Jn 15,15; Mc 9,33-37; 10,41-45.
(477) Cf. CT 9.
(478) Cf. Mc 8,14-21.27.
(479) Cf. Mc 4,34; Lc 12,41.
(480) Cf. Lc 11,1-2.
(481) Cf. Lc 10,1-20.
(482) Cf. Jn 16,13.
(483) Cf. Mt 10,20; Jn 15,26; Ac 4,31.
(484) CT 9.
(485) CT 58.
(486) DV 15; DGC (1971) 33; CT 58; ChL 61; CEC 53, 122, 684, 708, 1145,
1609, 1950, 1964.
(487) Cf. Dt 8,5; Os 11,3-4; Pr 3,11-12.
(488) Cf. Dt 4,36-40; 11,2-7.
(489) Cf. Ex 12,25-27; Dt 6,4-8; 6,20-25; 31, 12-13; Jos
4,21-24.
(490) Cf. Am 4,6; Os 7,10; Jr 2,30; Pr
3,11-12; He 12,4-11; Ap 3,19.
(491) Cf. Mc 8,34-38; Mt 8,18-22.
(492) LG 1.
(493) CEC 169; cf. GE 3c.
(494) Cf. GE 4.
(495) Cf. ES 65-71.
(496) Cf. DV 2.
(497) Cf. RM 15; CEC 24b-25; DGC (1971) 10.
(498) Cf. MPD 11; CT 58.
(499) Cf. CT 52.
(500) Cf. Paul VI, Enc. Ecclesiam suam, l.c. 609-659.
(501) Cf. MPD 7-11; CEC 3; 13; DGC (1971) 36.
(502) DV 5.
(503) Cf. MPD 7; CT 55; DGC (1971) 4.
(504) CT 55.
(505) Cf. DGC (1971) 10 et 22.
(506) DV 13; CEC 684.
(507) Cf. DV 2.
(508) Cf. DV 13.
(509) Cf. EN 63; CT 59.
(510) Cf. CT 31.
(511) Cf. GE 1-4; CT 58.
(1) CT 51.
(2) Cf. CT 51.
(3) Cf. CT 31, 52, 59.
(4) Cf. CT 52.
(5) Cf. Commission biblique pontificale, Document L'interprétation
de la Bible dans l'Eglise, l.c.
(6) MPD 9.
(7) DGC (1971) 72.
(8) Cf. DGC (1971) 72.
(9) Cf. DGC (1971) 74; CT 22.
(10) Nous parlons des expériences inhérentes aux «
grandes questions » de la vie et de la réalité, et plus spécialement
de la personne: l'existence de Dieu, le destin de la personne, l'origine et la
fin de l'histoire, la vérité sur le bien et le mal, le sens de la
souffrance, de l'amour, de l'avenir...; cf. EN 53; CT 22 et 39.
(11) Cf. partie I, chap. 3; DGC (1971) 73; CT 55.
(12) Cf. MPD 9.
(13) Cf. CT 55.
(14) Cf. CEC 22.
(15) CT 55.
(16) Cf. partie I, chap. 3, dans « Le catéchuménat
baptismal: structure et gradualité ».
(17) DGC (1971) 71; cf. partie V, chap. 1 et 2.
(18) DGC (1971) 75.
(19) Cf. partie V, chap. 1.
(20) Cf. AG 14; DGC (1971) 35; CT 24.
(21) Cf. EN 46.
(22) DGC (1971) 76.
(23) Cf. DGC (1971) 122-123; EN 45; CT 46; FC 76; ChL 44; RM 37; Conseil
Pontifical pour les communications sociales, Instruction Aetatis Novae
(22 février 1992): AAS 84 (1992), pp. 447-468; EA 71; 122-124.
(24) RM 37.
(25) Aetatis novae, l.c. n. 11.
(26) EN 45.
(27) Cf. CT 46.
(28) Cf. DGC (1971) 122.
(29) RM 37.
(30) EN 45.
(31) Cf. FC 76.
(32) ChL 44.
(33) RM 15; cf. EN 49-50; CT 35 s; RM 14; 23.
(34) Cf. Lc 4,18.
(35) Cf. Mc 16,15.
(36) Cf. Introduction générale.
(37) Cf. DGC (1971) 77.
(38) EN 49-50; CT 14; 35 s.
(39) RH 13; cf. EN 31.
(40) Cf. RH 13-14; CEC 24.
(41) Cf. DGC (1971) 75.
(42) Cf. DGC (1971) 21.
(43) CT 13.
(44) Cf. GS 44; EN 63; CT 31; CEC 24-25.
(45) GS 44. Dans cette partie IV on fait usage, à la suite du Magistère
et pour son utilité pratique, du double terme d'adaptation
et d'inculturation, en donnant de préférence au
premier le sens d'attention aux personnes, et au second celui d'attention aux
contextes culturels.
(46) Cf. RM 33.
(47) CEC 24.
(48) RH 14.
(49) Cf. CT 45.
(50) Cf. DGC (1971) 20; 92-97; CT 43-44; COINCAT, La catéchèse
des adultes dans la communauté chrétienne, 1990.
(51) Cf. DGC (1971) 20; CT 19; 44; COINCAT 10-18.
(52) Cf. COINCAT 10-18.
(53) Cf. CT 44.
(54) Cf. CT 19.
(55) Cf. DGC (1971) 92-94; CT 43; COINCAT 20-25; 26-30; 33-84.
(56) Cf. 1 Cor 13,11; Ep 4,13.
(57) Cf. COINCAT 33-84.
(58) Cf. COINCAT 26-30.
(59) LG 31; cf. EN 70; ChL 23.
(60) Cf. ChL 57-59.
(61) Cf. DGC (1971) 97.
(62) Cf. partie 1, chap. 2; DGC (1971) 96.
(63) Cf. DGC (1971) 78-81; CT 36-37.
(64) DGC (1971) 78-79; ChL 47.
(65) ChL 47.
(66) Cf. Mc 10,14.
(67) DGC (1971) 78-79; CT 37.
(68) Cf. CT 37.
(69) Cf. Sacrée Congrégation pour le Culte divin, Directoire
pour les messes avec des enfants (1er novembre 1973): AAS 66 (1974), pp.
30-46.
(70) Cf. DGC (1971) 79.
(71) Cf. DGC (1971) 78, 79.
(72) Cf. DGC (1971) 80-81; CT 42.
(73) Cf. DGC (1971) 82-91; EN 72; CT 38-42.
(74) Cf. DGC (1971) 83.
(75) Cf. Introduction générale, 23-24.
(76) Cf. DGC (1971) 82; EN 72; MPD 3; CT 38-39; ChL 46; TMA 58.
(77) GE 2; ChL 46.
(78) Cf. Mt 19,16-22; Jean Paul II, Lettre aux jeunes Parati
semper (31 mars 1985): AAS 77 (1985), pp. 579-628.
(79) Cf. Jean Paul II, Parati semper, cit., n. 3.
(80) ChL 46; cf. DGC (1971) 89.
(81) Cf. DGC (1971) 84-89; CT 38-40.
(82) Cf. DGC (1971) 87.
(83) Autres thèmes significatifs: le rapport entre foi et raison;
l'existence et le sens de Dieu; le problème du mal; la personne du
Christ; l'Eglise; l'ordre éthique en rapport à la subjectivité
personnelle; la rencontre entre l'homme et la femme; la doctrine sociale de
l'Eglise...
(84) CT 40.
(85) Cf. DGC (1971) 95; ChL 48.
(86) Cf. ChL 48.
(87) Cf. DGC (1971) 91; CT 41.
(88) Cf. CT 59.
(89) Cf. EN 51-56; MPD 15.
(90) Cf. Introduction générale, 23-24.
(91) EN 54.
(92) Cf. 1 P 3,15.
(93) Cf. DGC (1971) 6; EN 48; CT 54.
(94) EN 48.
(95) Ibid.
(96) Cf. Paul VI, Exhort. ap. Marialis cultus (2 février
1974), nn. 24, 25, 29: AAS 66 (1979), pp. 134-136, 141.
(97) Cf. DGC (1971) 27; MPD 15; EN 54; CT 32-34; Conseil pontifical pour la
promotion de l'unité des chrétiens, Directoire pour
l'application des principes et des normes sur l'cuménisme (25
mars 1993), 61: AAS 85 (1993), pp. 1063-1064; TMA 34; Jean-Paul II, Encyc. Ut
unum sint (25 mai 1995), n. 18: AAS 87 (1995), p. 932.
(98) CT 32.
(99) Cf. UR 11.
(100) Cf. Directoire pour l'cuménisme, n. 190, l.c.,
p. 1107.
(101) Cf. CT 33.
(102) Cf. NA 4; Secrétariat pour l'union des chrétiens
(Commission pour les rapports religieux avec le judaïsme), Juifs et
judaïsme dans la prédication et dans la catéchèse
catholique (24 juin 1985).
(103) CEC 839.
(104) Juifs et judaïsme, cit., n. VII.
(105) Cf. NA 4.
(106) Cf. EN 53; MPD 15; ChL 35; RM 55-57; CEC 839-845; TMA 53; Conseil
pontifical pour le dialogue interreligieux et Congrégation pour l'évangélisation
des peuples, Instruction Dialogue et annonce (19 mai 1991): AAS 84
(1992), pp. 414-446; 1263.
(107) Secrétariat pour l'unité des chrétiens - Secrétariat
pour les non-chrétiens Secrétariat pour les non-croyants - Conseil
pontifical pour la culture, Rapport Le phénomène des sectes ou
nouveaux mouvements religieux: défi pastoral: « L'Osservatore
Romano » du 7 mai 1986.
(108) Le phénomène des sectes ou nouveaux mouvements
religieux: défi pastoral, cit., n. 5.4.
(109) RM 38.
(110) Cf. partie II, chap. 1; DGC (1971) 8; EN 20; 63; CT 53; RM 52-54;
Jean Paul II, Allocution aux membres du Conseil International de la Catéchèse:
« L'Osservatore Romano » du 27 septembre 1992; Cong. pour le culte
divin et la discipline des sacrements, Instruction La liturgie romaine et
l'inculturation, (25 janvier 1995): AAS 87 (1995). pp. 288-319; Commission
théologique internationale, Document Commissio Theologica sur Foi
et inculturation (3-8 octobre 1988); cf. également Jean Paul II,
Exhortation ap. post-synodale Ecclesia in Africa, l.c.; Allocutions lors
des voyages pastoraux.
(111) Cf. EN 20; 63; CT 53; RM 52-54; CEC 172-175.
(112) CT 53.
(113) Cf. partie II, chap. 1.
(114) Cf. CT 53.
(115) CT 53.
(116) EN 20.
(117) RM 54.
(118) Cf. CT 59.
(119) CT 59.
(120) RM 37.
(121) Cf. partie III, chap. 2.
(122) Cf. DGC (1971) 123.
(123) Jean Paul II, Alloc. aux membres du Coincat, l.c.
(124) CEC 24; cf. FD 4.
(125) RM 37.
(126) ChL 63.
(127) Cf. partie V, chap. 4.
(128) EN 63.
(129) Dans cette cinquième Partie comme dans le reste du
Directoire, l'expression « Eglise particulière » se réfère
au diocèse et à ses assimilés (CIC 368). L'expression «
Eglise locale » se réfère aux groupements d'Eglises
particulières bien établis dans une région ou une nation,
ou même dans un ensemble de nations unies entre elles par des liens
particuliers. Cf. partie I, chap. 3: « La catéchèse est une
activité de nature ecclésiale » et partie II, chap. 1: «
L'ecclésialité du message évangélique ».
(130) Comme le signale LG 26a, les agrégations légitimes des
fidèles portent le nom d'« Eglises » dans le NT; cf. les textes
bibliques qui introduisent cette partie.
(131) Cf. CD 11.
(132) L'Eglise particulière est décrite avant tout comme «
portion du Peuple de Dieu » (CD 11).
(133) Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Lettre Communionis
notio, 7: AAS 85 (1993), p. 842.
(134) Ibid., 9b.
(135) LG 23b recueille le témoignage de Saint Hilaire de Poitiers:
In Ps 14,3 (PL 9, 206) et de Saint Grégoire le Grand: Moral.,
IV, 7, 12 (PL 75, 643C).
(136) EN 14.
(137) Cf. Ac 2,11.
(138) Communionis notio 7: l.c. 842.
(139) Ibid., 9b: l.c. p. 843; cf AG 4.
(140) L'expression ministère de la catéchèse est
utilisée en CT 13.
(141) Il est important de souligner le caractère de service
unique que prend la catéchèse dans l'Eglise particulière.
Le « sujet » des grandes uvres d'évangélisation
est l'Eglise particulière. C'est elle qui annonce, qui transmet
l'Evangile, qui célèbre. Les agents « servent »
dans ce ministère et agissent « au nom de l'Eglise ». Cette «
ecclésialité » de la catéchèse a de grandes
implications théologiques, spirituelles et pastorales.
(142) Cf. CT 16: Il s'agit d'une responsabilité différenciée
mais commune. Cf. aussi la note 55, qui éclaire l'usage de
l'expression « ministère de la Parole » au n. 50.
(143) AG 14. CT 16 s'exprime en ce sens: « La catéchèse a
toujours été et restera une uvre dont l'Eglise tout entière
doit se sentir et se vouloir responsable ». Cf. également: MPD 12;
RICA 41; CIC 774, 1.
(144) « La catéchèse doit être étayée
par le témoignage de la communauté ecclésiale »
$[DGC (1971) 35$
(145) CT 24.
(146) « En plus de cet apostolat qui concerne tous les chrétiens
sans exception, les laïcs peuvent encore, de diverses manières, être
appelés à une coopération plus immédiate avec
l'apostolat de la Hiérarchie, à la façon de ces hommes et
de ces femmes qui aidaient l'apôtre Paul dans l'évangélisation,
travaillant grandement dans le Seigneur » (LG 33). Cette doctrine du
Concile a été recueillie par le CIC 228 et 759.
(147) LG 25; cf. CD 12a; EN 68c.
(148) LG 25.
(149) Ibid.
(150) DV 8.
(151) CT 63b.
(152) Cf. CT 12a.
(153) CT 63c.
(154) CT 63d; cf. CIC 775 § 1.
(155) Cf. CT 63c; CIC 823 § 1.
(156) CT 63d.
(157) CD 14b; cf. CIC 780.
(158) Cf. PO 8; 6; 12a; Jean-Paul II, Exhortation apostolique postsynodale
Pastores dabo vobis (25 mars 1992), n. 12: l.c. 675-677.
(159) PO 6b.
(160) Cf. CIC 773.
(161) LG 10.
(162) LG 10. En ce qui concerne les « deux modes de participation à
l'unique sacerdoce du Christ » cf. CEC 1546-1547.
(163) PO 9b.
(164) Cf. CIC 776-777.
(165) CT 64. En ce qui concerne cette orientation de base que les prêtres
doivent donner à la catéchèse, le Concile Vatican II
indique deux exigences fondamentales: « enseigner non pas leur propre
sagesse mais la Parole de Dieu » (PO 4) et « ne pas exposer la Parole
de Dieu en termes seulement généraux et abstraits, ... mais en
appliquant aux circonstances concrètes de la vie la vérité
permanente de l'Evangile » (ibid).
(166) Cf. au chapitre 3 de cette partie le passage consacré à
la « famille comme milieu ou moyen de croissance dans la foi »,
où sont analysées les caractéristiques de la catéchèse
familiale. Ce numéro traite davantage des parents comme agents de la catéchèse;
cf. CIC 226 § 2; 774 § 2.
(167) CT 68.
(168) Ibid.
(169) Ibid.
(170) Cf. ChL 62; FC 38.
(171) FC 38.
(172) CT 68; cf. EN 71b.
(173) Cf. CT 68.
(174) LG 11; cf. FC 36b.
(175) CT 65; cf. CIC 778.
(176) CEC 915; cf. LG 44.
(177) EN 69; cf. VC 33.
(178) Cf. VC 31 sur « les rapports entre les divers états de
vie du chrétien »; cf. CEC 932.
(179) CT 65; cf. RM 69.
(180) CT 65.
(181) Cf. 1 Cor 12,4; LG 12b.
(182) LG 31. ChL 15 analyse dans les détails ce « caractère
séculier ».
(183) LG 35.
(184) AA 2b; cf. Rituale Romanum, Ordo Baptismi Parvulorum, n. 62,
Editio Typica, Typis Polyglottis Vaticanis 1969; RICA 224.
(185) CEC 429.
(186) Le Code de droit canon établit que l'autorité de
l'Eglise peut confier officiellement un office ou service ecclésial aux
laïcs, sans tenir compte du fait que ce service soit ou non un « ministère
» non ordonné formellement institué comme tel: « Les laïcs
reconnus idoines ont capacité à être admis par les Pasteurs
sacrés à des offices et charges ecclésiastiques (officia
ecclesiastica et munera) que les dispositions du droit les autorise à
remplir » (CIC 228 § 1); cf. EN 73; ChL 23.
(187) CT 66b; cf. GCM.
(188) CT 66b.
(189) GCM 4.
(190) Ibid.
(191) CT 45; cf. RM 37, ad b, par. 2.
(192) RM 33.
(193) CT 66a.
(194) Ibid.; cf. CT 42.
(195) Cf. DGC (1971) 96c.
(196) Cf. CT 45; cf. GDC (1971) 95.
(197) Cf. DGC (1971) 91; CT 41.
(198) CT 45a.
(199) GCM 5.
(200) Le Concile Vatican II distingue deux types de catéchistes: «
les catéchistes entièrement dévoués » et «
les catéchistes auxiliaires » (cf. AG 17). Cette distinction est
reprise dans le GCM 4, sous les termes de « catéchistes à
plein temps » et « catéchistes à temps partiel ».
(201) Cf. GCM 5.
(202) Cf. DGC (1971) 108a.
(203) DGC (1971) 111.
(204) Cf. CT 5. Ce texte définit la finalité christocentrique
de la catéchèse. Elle détermine le christocentrisme du
contenu de la catéchèse, le christocentrisme de la réponse
du destinataire, le oui à Jésus-Christ et le
christocentrisme de la spiritualité du catéchiste et de sa
formation.
(205) Nous signalons ici les quatre étapes du Catéchuménat
baptismal perçues dans une vision christocentrique.
(206) GCM 20.
(207) LG 64.
(208) Cf. DGC (1971) 114.
(209) Cf. GCM 7.
(210) Cf. GCM 13.
(211) DGC (1971) 31.
(212) CT 52; cf. CT 22.
(213) CT 22d.
(214) Cf. GCM 21.
(215) Les qualités humaines suggérées par le GCM sont
les suivantes: facilité de rapports humains et de dialogue, capacité
de communication, disposition à la collaboration, rôle de guide, sérénité
de jugement, compréhension et réalisme, capacité d'apporter
réconfort et espérance... (cf. 21).
(216) EN 79.
(217) Cf. ChL 60.
(218) Cf. DGC (1971) 112. GCM 23 souligne l'importance primordiale de
l'Ecriture Sainte dans la formation des catéchistes: « Que
l'Ecriture Sainte continue à être le sujet principal d'enseignement
et comme l'âme de toute l'étude théologique. Là où
c'est nécessaire, que cet enseignement soit renforcé ».
(219) ChL 60c.
(220) CT 22.
(221) DGC (1971) 112.
(222) GS 62b.
(223) DGC (1971) 100.
(224) GS 59.
(225) « L'enseignement des sciences humaines, étant donné
l'étendue et la diversité de ces disciplines, pose de sérieux
problèmes de choix et de mise en place. Du moment qu'il ne s'agit pas de
former des spécialistes en psychologie mais des catéchistes, la règle
à suivre est de discerner et de choisir ce qui peut directement leur
servir à acquérir une aptitude à la communication »
(DGC [1971]
(226) Un texte fondamental pour l'usage des sciences humaines dans la
formation des catéchistes reste cette recommandation du Concile Vatican
II en GS 62: « Que les fidèles vivent donc en très étroite
union avec les autres hommes de leur temps et qu'ils s'efforcent de comprendre à
fond leurs façons de penser et de sentir, telles qu'elles s'expriment par
la culture. Qu'ils marient la connaissance des sciences et des théories
nouvelles, comme des découvertes les plus récentes, avec les murs
et l'enseignement de la doctrine chrétienne, pour que le sens religieux
et la rectitude morale marchent de pair chez eux avec la connaissance
scientifique et les incessants progrès techniques; ils pourront ainsi
apprécier et interpréter toutes choses avec une sensibilité
authentiquement chrétienne ».
(227) L'importance de la pédagogie a été soulignée
par CT 58: « Parmi les nombreuses et prestigieuses sciences de l'homme qui
connaissent de nos jours un immense progrès, la pédagogie est
certainement l'une des plus importantes... La science de l'éducation
et l'art d'enseigner sont l'objet de continuelles remises en question, en vue
d'une meilleure adaptation ou d'une plus grande efficacité ».
(228) Cf. CT 58.
(229) Cf. DGC (1971) 113.
(230) Ibid.
(231) DGC (1971) 112.
(232) Cf. GCM 28.
(233) « Les prêtres et les religieux doivent aider les fidèles
laïcs dans leur formation. En ce sens les Pères du Synode ont invité
les prêtres et les candidats aux Ordres à se préparer avec
soin à être capables de favoriser la vocation et la mission des laïcs
» (ChL 61).
(234) Cf. ChL 61.
(235) « On recommande aussi les initiatives paroissiales... qui visent à
la formation intérieure des catéchistes, comme les écoles
de prière, les rencontres de fraternité et de partage spirituel,
les exercices spirituels. Ces initiatives n'isolent pas les catéchistes
mais les aident plutôt à grandir dans leur spiritualité
propre et dans la communion entre eux » (GCM 22).
(236) Cf. DGC (1971) 110.
(237) Cf. en ce qui concerne les écoles pour catéchistes dans
les missions: AG 17c; RM 73; CIC 785 et GCM 30. Pour l'Eglise en général,
voir DGC (1971) 109.
(238) L'expression catéchiste ordinaire est utilisée
en DGC (1971) 112c.
(239) Cf. DGC (1971) 109b.
(240) DGC (1971) 109a.
(241) CT 71a.
(242) Voir partie V, chap. 1: « La communauté chrétienne
et la responsabilité de la catéchèse », où l'on
parle de la communauté comme responsable de la catéchèse.
Elle est ici considérée comme « lieu » de catéchisation.
(243) Cf. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Lettre Communionis
notio, n. 1: l.c. 838.
(244) Cf. MPD 13.
(245) Cf. CT 24.
(246) CT 67a. Il s'agit d'une expression classique dans la catéchèse.
L'Exhortation apostolique parle des lieux de la catéchèse:
(« de
locis catecheseos »).
(247) Cf. LG 11; AA 11; FC 49.
(248) EN 71.
(249) Cf. GS 52; FC 37a.
(250) Voir la partie I, chap. 3: « Le catéchuménat
baptismal: structure et gradualité ». On traite ici du catéchuménat
baptismal comme d'un lieu de catéchèse, et en tant que la
communauté y est continuellement présente.
(251) Cf. DGC (1971) 130 où est décrite la finalité du
catéchuménat baptismal. Cf. RICA 4, qui indique le lien entre le
catéchuménat baptismal et la communauté chrétienne.
(252) Synode 1977, MPD 8c.
(253) Cf. RICA 4, 41.
(254) RICA 18.
(255) RICA 41.
(256) Cf. RICA 41.
(257) Cf. CT 67c.
(258) Cf AA 10.
(259) CT 67b.
(260) Ibidem.
(261) Ibidem.
(262) L'importance de la catéchèse des adultes est soulignée
dans CT 43 et dans le DGC (1971) 20.
(263) ChL 61.
(264) Cf. EN 52.
(265) Cf. DGC (1971) 96c.
(266) Il importe de remarquer comment Jean Paul II, dans ChL 61, parle de la
convenance des petites communautés ecclésiales dans le contexte
des paroisses, et non pas comme d'un mouvement parallèle qui absorberait
leurs meilleurs membres: « A l'intérieur de certaines
paroisses... les petites communautés ecclésiales présentes
peuvent être de grande utilité dans la formation des chrétiens
en rendant plus capillaires et pénétrantes la conscience et l'expérience
de la communion et de la mission ecclésiale ».
(267) Cf. Sacrée Congrégation pour l'Education catholique,
Document L'école catholique: l.c.
(268) Congrégation pour l'Education catholique, Dimension
religieuse de l'éducation dans l'école catholique. Orientations
pour la réflexion et la révision, n. 31: l.c.
(269) GE 8.
(270) Congrégation pour l'Education catholique, Dimension
religieuse de l'éducation..., n. 32: l.c.
(271) « Le caractère propre et la raison profonde de l'école
catholique; ce pour quoi les parents catholiques devraient la préférer,
c'est précisément la qualité de l'enseignement religieux
intégré dans l'éducation des élèves »
(CT 69); cf. partie I, chap. 2, nn. 73-76.
(272) AG 12c.
(273) Cf. CT 70.
(274) CT 70. Il s'agit des associations, mouvements ou groupes de fidèles
dont les finalités de formation font que l'on y soigne les aspects catéchétiques,
mais qui ne naissent pas directement afin de se constituer en milieux de catéchisation.
(275) ChL 62.
(276) CT 67.
(277) CT 47b.
(278) Cf. CT 47b.
(279) CT 47. Dans ce texte, Jean Paul II parle des divers groupes de jeunes:
groupes d'action catholique, groupes caritatifs, de prière, de réflexion
chrétienne... Il demande qu'ils ne manquent pas « d'une étude
sérieuse de la doctrine chrétienne ». La catéchèse
est une dimension qui ne doit jamais manquer dans la vie apostolique du laïcat.
(280) CT 21.
(281) Cf. CT 67b-c.
(282) EN 58 signale que les communautés ecclésiales de base
fleurissent un peu partout dans l'Eglise. RM 51 affirme qu'il s'agit d'un «
phénomène au développement rapide ».
(283) EN 58c.
(284) RM 51a; cf. EN 58f; LC 69.
(285) RM 51c.
(286) Ibid.; cf. EN 58; LC 69.
(287) DGC (1971) 126. Le Secrétariat diocésain (officium
catechisticum) a été institué dans tous les diocèses
par le décret Provido sane: cf. Sacra Congregatio Concilii,
decretum Provido sane (12 janvier 1935): AAS 27 (1935), p 151; voir
aussi CIC 775 § 1.
(288) Cf. DGC (1971) 100. Voir le passage suggéré dans l'Exposé
préliminaire, et au présent chapitre le paragraphe: «
Analyse des situations et des besoins ».
(289) Cf. DGC (1971) 103. Voir dans ce chapitre: « Programme
d'action et orientations pour la catéchèse ».
(290) Cf. DGC (1971) 108-109. Voir la partie V, chapitre 2: « La
pastorale des catéchistes dans l'Eglise particulière »,
et « Ecoles de catéchistes et Centres supérieurs pour lesexperts
en catéchèse ».
(291) Cf. DGC (1971) 116-124.
(292) DGC (1971) 126.
(293) Cf. CT 63. Le Pape Jean Paul II recommande de donner à la catéchèse
« une organisation adaptée et efficace, mettant en uvre
les personnes, les moyens et les instruments, et aussi les ressources nécessaires
» (ibid).
(294) DGC (1971) 126.
(295) Ibidem.
(296) DGC (1971) 127.
(297) CIC 775 § 3.
(298) Cf. DGC (1971) 129.
(299) AG 38a; cf. CIC 756 §§ 1-2.
(300) Jean Paul II, Allocution aux évêques des
Etats-Unis lors de la rencontre au petit séminaire Notre-Dame de Los
Angeles (16 septembre 1987): Insegnamenti di Giovanni Paolo II, X, 3
(1987), p. 556. L'expression a été reprise par la Congrégation
pour la Doctrine de la Foi, Lettre Communionis notio, n. 13: l.c.
846.
(301) La Constitution Pastor Bonus, du 28 juin 1988, traite de la réforme
de la Curie romaine demandée par le Concile: cf. CD 9. Une première
réforme a été promulguée par la Constitution
apostolique de Paul VI, Regimini Ecclesiae Universae, du 15 août
1967: AAS 59 (1967), pp. 885-928.
(302) Voir les numéros 282 et 285 de ce chapitre.
(303) PB 94.
(304) RM 33.
(305) Ibid.
(306) CD 17a: « Les diverses méthodes d'apostolat... doivent être
étroitement coordonnées, sous la direction de l'évêque,
afin que toutes les initiatives et institutions catéchétiques,
missionnaires, charitables, sociales, familiales, scolaires et de
quelque autre nature pastorale que ce soit soient ramenées à
une action concordante. Ainsi sera également manifestée plus
clairement l'unité du diocèse ».
(307) Cf. partie IV, chap. 2: « La catéchèse selon
les âges ».
(308) CT 45c.
(309) Ibid.
(310) Cf. DGC (1971) 20, où on signale comment les autres formes de
catéchèse sont ordonnées (ordinantur) à la
catéchèse des adultes.
(311) CT 18d.
(312) RM 33.
(313) Ibid.
(314) Cf. CT 19 et 42.
(315) Cf. AG 11-15. Le concept d'évangélisation comme un
processus structuré par étapes a été traité
dans la partie I au chap. 1: « Les étapes de l'évangélisation
».
(316) CT 67b.
(317) DGC (1971) 100.
(318) Cf. partie V, chap. 5.
(319) DGC (1971) 102; cf. Exposé d'introduction, 16.
(320) Cf. DGC (1971) 117 et 134; PB 94.
(321) A propos de cet ensemble d'ouvrages catéchétiques,
Catechesi Tradendae affirme: « L'un des aspects majeurs du
renouveau de la catéchèse aujourd'hui réside dans la rénovation
et la multiplication des livres catéchétiques un peu partout dans
l'Eglise. Des uvres nombreuses et très réussies ont vu le
jour et constituent une vraie richesse au service de l'enseignement catéchétique
» (CT 49). DGC (1971) 120 définit ainsi les Textes
didactiques: « Les textes didactiques sont des aides offertes à
la communauté chrétienne à qui incombe la catéchèse.
Aucun texte ne peut remplacer la communication vivante du message chrétien.
Cependant, les textesont une grande importance, parce qu'ils servent d'appui à
une explication plus large des enseignements de la tradition chrétienne
et des éléments qui favorisent l'activité catéchétique
».
(322) A propos des Guides, DGC (1971) 121 signale ce qu'ils doivent
contenir: « Un exposé du message du salut (il faudra sans cesse
faire référence aux sources, et bien marquer la distinction entre
ce qui appartient à la foi et à la doctrine sûre, et ce qui
est simple opinion de théologiens); des conseils psychologiques et pédagogiques;
des suggestions concernant la méthode ».
(323) Cf. partie III, chap. 2: « La communication sociale »;
cf. DGC (1971) 122.
(324) CT 49b.
(325) Ibid.
(326) Ibid.
(327) Il est question des catéchismes locaux dans la deuxième
partie au chap. 2: « Les catéchismes dans l'Eglise locale ».
Ici, nous ne proposons que quelques critères d'élaboration. Par «
catéchismes locaux », ce directoire désigne les catéchismes
proposés par les Eglises particulières ou par les conférences
épiscopales.
(328) FD 4c.
(329) CT 50.
(330) DGC (1971) 119, 134; CIC 775 § 2; PB 94.
(331) Cf. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Lettre Communionis
notio, n. 9: l.c. 843.
(332) Cf. EN 75a.
(333) Cf. EN 75d.
(334) RM 21.
(335) Cf. CT 72.
(336) CT 72.
(337) CT 73.
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