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CONGREGATION POUR LE CLERGE

DIRECTOIRE GENERAL
POUR LA CATECHESE

SIGLES

I

ABREVIATIONS DES LIVRES BIBLIQUES

Ab: Abdias

Ac: Actes

Ag: Aggée

Am: Amos

Ap: Apocalypse

Ba: Baruch

1 Ch: 1er Chroniques

2 Ch: 2eme Chroniques

1 Co: 1er Corinthiens

2 Co: 2eme Corinthiens

Col: Colossiens

Ct: Cantique

Dn: Daniel

Dt: Deutéronome

Ep: Ephésiens

Esd: Esdras

Est: Esther

Ex: Exode

Ez: Ezéchiel

Ga: Galates

Gn: Genèse

Ha: Habaquq

He: Hébreux

Is: Isaïe

Jb: Job

Jc: Jacques

Jdt: Judith

Jg: Juges

Jl: Joël

Jn: Jean

1 Jn: 1re de Jean

2 Jn: 2eme de Jean

3 Jn: 3eme de Jean

Jon: Jonas

Jos: Josué

Jr: Jérémie

Jude: Jude

Lc: Luc

Lm: Lamentations

Lv: Lévitiques

1 M: 1er Maccabées

2 M: 2eme Maccabées

Mc: Marc

Mi: Michée

Ml: Malachie

Mt: Matthieu

Na: Nahum

Nb: Nombres

Ne: Néhémie

Os: Osée

1 P: 1re de Pierre

2 P: 2eme de Pierre

Ph: Philippiens

Phm: Philémon

Pr: Proverbes

Ps: Psaumes

Qo: Qohélet=Ecclésiaste

1 R: 1er Rois

2 R: 2eme Rois

Rm: Romains

Rt: Ruth

1 S: 1er Samuel

2 S: 2eme Samuel

Sg: Sagesse

Si: Sirac=Ecclésiastique

Sof: Sophonie

Tb: Tobie

1 Th: 1re Thessaloniciens

2 Th: 2eme Thessaloniciens

1 Tm: 1re Timothée

2 Tm: 2eme Timothée

Tt: Tite

Za: Zacharie

II

DOCUMENTS DU MAGISTERE

AA: Conc. œcum. Vat. II, Décret sur l'apostolat des laïcs Apostolicam actuositatem (18 novembre 1965)

AG: Conc. œcum. Vat. II, Décret sur l'activité missionnaire de l'Eglise Ad gentes (7 décembre 1965)

CA: Jean-Paul II, Encyclique Centesimus Annus (1er mai 1991): AAS 83 (1991), pp. 793-867

CD: Conc. œcum. Vat. II, Décret sur la charge pastorale des évêques dans l'Eglise Christus Dominus (28 octobre 1965)

CEC: Catéchisme de l'Eglise catholique (11 octobre 1992)

CCL: Corpus Christianorum, Series Latina (Turnholti 1953 ss.)

CIC: Codex Iuris Canonici (Code de droit canonique) (25 janvier 1983)

ChL: Jean-Paul II, Exhortation apostolique post-synodale Christifideles laici (30 décembre 1988): AAS 81 (1989), pp. 393-521

COINCAT: Conseil international pour la catéchèse, La catéchèse des adultes dans la communauté chrétienne, Libreria Editrice Vaticana 1990

CSEL: Corpus Scriptorum Ecclesiasticorum Latinorum (Wn 1866 ss.)

CT: Jean-Paul II, Exhortation apostolique Catechesi tradendae (16 octobre 1979): AAS 71 (1979), pp. 1277-1340

DGC (1971): Sacrée Congrégation pour le Clergé, Directoire général de catéchèse Ad normam decreti (11 avril 1971): AAS 64 (1972), pp. 97-176

DH: Conc. œcum. Vat. II, Déclaration sur la liberté religieuse Dignitatis humanae (7 décembre 1965)

DM: Jean-Paul II, Encyclique Dives in misericordia (30 novembre 1980): AAS 72 (1980), pp. 1177-1232

DV: Conc. œcum. Vat. II, Constitution dogmatique sur la Révélation divine Dei Verbum (18 novembre 1965)

DS: H. Denzinger - A. Schönmetzer, Enchiridion Symbolorum, Definitionum et Declarationum de Rebus Fidei et Morum, Editio XXXVI emendata, Romae 1976

EA: Jean-Paul II, Exhortation apostolique post-synodale Ecclesia in Africa (14 septembre 1995): AAS 88 (1996), pp. 5-82

EN: Paul VI, Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi (8 décembre 1975): AAS 58 (1976), pp. 5-76

EV: Jean-Paul II, Encyclique Evangelium Vitae (25 mars 1995): AAS 87 (1995), pp. 401-522

FC: Jean-Paul II, Exhortation apostolique post-synodale Familiaris consortio (22 novembre 1981): AAS 73 (1981), pp. 81-191

FD: Jean-Paul II, Constitution apostolique Fidei depositum (11 octobre 1992): AAS 86 (1994), pp. 113-118

GCM: Congrégation pour l'Evangélisation des Peuples, Guide pour les catéchistes. Document d'orientation en vue de la vocation, de la formation et de la promotion des catéchistes dans les territoires de mission qui dépendent de la Congrégation pour l'Evangélisation des peuples (3 décembre 1993), Città del Vaticano 1993

GE: Conc. œcum. Vat. II, Déclaration sur l'éducation Gravissimum educationis (28 octobre 1965)

GS: Conc. œcum. Vat. II, Constitution pastorale sur l'Eglise dans le monde de ce temps Gaudium et spes (7 décembre 1965)

LC: Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Instruction Libertatis Conscientia (22 mars 1986): AAS 79 (1987), pp. 554-599

LE: Jean-Paul II, Encyclique Laborem exercens (14 septembre 1981), AAS 73 (1981), pp. 577-647

LG: Conc. œcum. Vat. II, Constitution dogmatique sur l'Eglise Lumen gentium (21 novembre 1964)

MM: Jean XXIII, Encyclique Mater et Magistra (15 mai 1961): AAS 53 (1961), pp. 401-464

MPD: Synode des Evêques, Message au Peuple de Dieu Cum iam ad exitum sur la catéchèse en notre temps (28 octobre 1977), Typis Polyglottis Vaticanis 1977

NA: Conc. œcum. Vat. II, Décret sur les relations de l'Eglise avec les religions non-chrétiennes Nostra aetate (28 octobre 1965)

PB: Jean-Paul II, Constitution apostolique Pastor bonus (28 juin 1988): AAS 80 (1988), pp. 841-93

PG: Patrologiae Cursus completus, Series Graeca, ed. Jacques P. Migne, Parisiis 1857 ss.

PL: Patrologiae Cursus completus, Series Latina, ed. Jacques P. Migne, Parisiis 1844 ss.

PO: Conc. œcum. Vat. II, Décret sur le ministère et la vie des prêtres Presbyterorum Ordinis (7 décembre 1965)

PP: Paul VI, Encyclique Populorum progressio (26 mars 1967): AAS 59 (1967), pp. 257-299

RH: Jean-Paul II, Encyclique Redemptor hominis (4 mars 1979): AAS 71 (1979), pp. 257-324

RICA: Rituel de l'initiation chrétienne des adultes (Ordo Initiationis Christianae Adultorum), Editio Typica, Typis Polyglottis Vaticanis 1972

RM: Jean-Paul II, Encyclique Redemptoris missio (7 décembre 1990): AAS 83 (1991), pp. 249-340

SC: Conc. œcum. Vat. II, Constitution sur la sainte Liturgie Sacrosanctum Concilium (4 décembre 1963)

SCh: Sources Chrétiennes, Collection, Paris 1946 ss.

SRS: Jean-Paul II, Encyclique Sollicitudo rei socialis (30 décembre 1987): AAS 80 (1988), pp. 513-586

SYNODE 1985: Synode des Evêques (assemblée extraordinaire de 1985), Relation finale Ecclesia sub verbo Dei mysteria Christi celebrans pro salute mundi (7 décembre 1985), Cité du Vatican 1985

TMA: Jean-Paul II, Exhortation apostolique Tertio millennio adveniente (10 novembre 1994): AAS 87 (1995) pp. 5-41

UR: Conc. œcum. Vat. II, Décret sur l'œcuménisme Unitatis redintegratio (21 novembre 1964)

UUS: Jean-Paul II, Encyclique Ut unum sint (25 mai 1995): AAS 87 (1995), pp. 921-982

VS: Jean-Paul II, Encyclique Veritatis splendor (6 août 1993): AAS 85 (1993), pp. 1133-1228

PREFACE

1. Le Concile Vatican II avait prescrit la rédaction d'un « Directoire sur l'enseignement catéchétique du peuple chrétien ».(1) Pour réaliser ce mandat conciliaire, la Congrégation pour le Clergé fit appel à une commission d'experts et consulta les conférences épiscopales du monde, qui firent parvenir de nombreuses suggestions et observations sur ce projet. Le texte élaboré fut revu par une commission théologique ad hoc, et par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Le 18 mars 1971, il fut définitivement approuvé par Paul VI et promulgué le 11 avril de la même année sous le titre de Directoire Catéchétique Général.

2. Les trente années qui se sont écoulées depuis la fin du Concile Vatican II jusqu'à la veille du troisième millénaire ont été, sans aucun doute, fécondes du point de vue des orientations et de la promotion de la catéchèse. Ce fut un temps qui, en quelque sorte, rendit à l'Eglise la vitalité de ses origines dans l'œuvre d'évangélisation remit en valeur les enseignements des Pères et favorisa un sage retour au catéchuménat antique. Depuis 1971, le Directoire général de catéchèse a guidé les Eglises particulières sur le long chemin du renouveau de la catéchèse. Il a voulu être une référence, aussi bien pour le contenu que pour la pédagogie et les méthodes à suivre.

Le chemin parcouru par la catéchèse durant cette période a été partout marqué par le dévouement généreux de nombreuses personnes, par des initiatives admirables, par de beaux fruits pour l'éducation et la maturation dans la foi, d'enfants, de jeunes et d'adultes. Cependant, il y eut en même temps des lacunes doctrinales et des expériences qui ont appauvri la qualité de la catéchèse. Elles furent dues en grande partie à l'évolution du contexte culturel mondial et à des questions ecclésiales qui ne relèvent pas de la catéchèse.

3. Le magistère de l'Eglise n'a jamais cessé, au cours de ces années, d'exercer sa sollicitude pastorale envers la catéchèse. Dans tous les continents, de nombreux évêques et conférences épiscopales ont donné un élan remarquable à l'activité catéchétique, notamment en publiant de bons catéchismes et des orientations pastorales, en encourageant la formation d'experts et en favorisant la recherche catéchétique. Ces efforts ont été féconds et ont favorablement influencé la pratique catéchétique des Eglises particulières. Le Rituel pour l'initiation chrétienne des adultes, promulgué le 6 janvier 1972 par la Congrégation pour le Culte divin, a, d'autre part, apporté une particulière richesse au renouveau de la catéchèse.

Et il faut rappeler, d'une façon spéciale, le ministère de Paul VI, le Pape qui a guidé l'Eglise pendant la première période de l'après-Concile. Jean Paul II a dit de lui: « Par ses gestes, sa prédication, son interprétation autorisée du Concile Vatican II — qu'il considérait comme le grand catéchisme des temps modernes —, par sa vie entière, mon vénéré prédécesseur Paul VI a servi la catéchèse de l'Eglise d'une manière particulièrement exemplaire ».(2)

4. Une pierre angulaire, déterminante pour la catéchèse, a été la réflexion engagée à l'occasion de l'Assemblée générale du Synode des Evêques sur l'Evangélisation dans le monde moderne, en octobre 1974. Les propositions de cette instance ont été présentées au Pape Paul VI qui a promulgué l'exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi le 8 décembre 1975. Ce document propose, entre autres, un principe qui mérite d'être souligné, à savoir que la catéchèse est une action évangélisatrice dans le cadre de la grande mission de l'Eglise. L'activité catéchétique devra, dorénavant, être considérée comme faisant constamment partie des besoins urgents et des préoccupations propres au mandat missionnaire pour notre temps.

De même, la dernière assemblée du Synode des évêques convoquée par Paul VI en octobre 1977 a choisi la catéchèse comme thème d'analyse et de réflexion épiscopale. Ce synode a vu « dans le renouveau catéchétique un don précieux de l'Esprit Saint à l'Eglise d'aujourd'hui ».(3)

5. Jean-Paul II a accueilli cet héritage en 1978 et a formulé ses premières orientations dans l'exhortation apostolique Catechesi Tradendae, du 16 octobre 1979. Cette exhortation forme un tout cohérent avec l'exhortation Evangelii Nuntiandi et resitue pleinement la catéchèse dans le cadre de l'évangélisation.

Durant son pontificat, Jean-Paul II a constamment exercé un magistère de grande valeur catéchétique. Parmi ses discours, ses lettres et ses enseignements écrits, émergent les douze Encycliques — de Redemptor Hominis à Ut Unum Sint: elles constituent un corps de doctrine synthétique et organique, en application du renouveau de la vie ecclésiale souhaité par le Concile Vatican II.

Parmi ces documents du Magistère de Jean-Paul II, certains se distinguent par leur valeur catéchétique: Redemptor Hominis (4 mars 1979), Dives in Misericordia (30 novembre 1980), Dominum et vivificantem (18 mai 1986), et, pour réaffirmer la validité permanente du mandat missionnaire, Redemptoris Missio (7 décembre 1990).

6. D'autre part, les assemblées générales, ordinaires et extraordinaires, du Synode des évêques, ont eu des répercussions particulières sur la catéchèse. Ainsi, les synodes de 1980 et de 1987, sur la mission de la famille et sur la vocation des laïcs baptisés. Les travaux de ces deux synodes ont été suivis par les exhortations apostoliques de Jean-Paul II: Familiaris Consortio (22 novembre 1981) et Christifideles Laici (30 décembre 1988). De même, le Synode extraordinaire des évêques de 1985 a marqué de manière décisive le présent et l'avenir de la catéchèse. Un bilan de 20 années d'application du Concile Vatican II a été dressé à cette occasion et les pères du Synode ont proposé au Saint-Père l'élaboration d'un catéchisme universel pour l'Eglise catholique. Jean-Paul II a non seulement accueilli favorablement cette proposition, mais il l'a faite sienne. Au terme d'un travail patient et complexe, le « Catéchisme de l'Eglise Catholique » a été remis aux évêques et aux Eglises particulières par le biais de la Constitution Apostolique Fidei Depositum, le 11 octobre 1992.

7. Cet événement riche de signification et l'ensemble des actes et interventions du Magistère auxquels nous avons fait allusion, imposaient une révision du « Directoire général de catéchèse », afin d'adapter cet instrument théologique et pastoral précieux à la situation et aux nécessités nouvelles. Recueillir cet héritage et en réaliser une synthèse en fonction de l'activité catéchétique, toujours dans la perspective de l'étape actuelle de la vie de l'Eglise, est un service que le Siège Apostolique rend à tous.

Le travail de révision du Directoire général de catéchèse, réalisé par les soins de la Congrégation pour le Clergé, a été effectué par un groupe d'évêques et par des experts en théologie et en catéchèse. Le texte a été envoyé pour consultation aux conférences épiscopales, à divers spécialistes, et aux principaux instituts ou centres d'études catéchétiques; le travail a été fait en respectant dans sa substance, l'esprit et le contenu du texte de 1971.

La nouvelle rédaction du Directoire général de catéchèse a dû tenir compte, bien sûr, de deux exigences majeures:

– d'une part, l'insertion de la catéchèse dans l'évangélisation, demandée par les Exhortations Evangelii Nuntiandi et Catechesi Tradendae;

– d'autre part, la prise en compte des contenus de la foi proposés par le Catéchisme de l'Eglise Catholique.

8. Le nouveau Directoire général de catéchèse, tout en maintenant la structure de base du texte de 1971, s'articule de la façon suivante:

– Un exposé préliminaire donne des indications aidant à l'interprétation et à la compréhension des situations humaines et ecclésiales, à la lumière de la foi et en faisant confiance à la vitalité de la semence de l'Evangile. Il s'agit de brefs diagnostics en vue de la mission.

– La première partie(4) comprend trois chapitres et ancre davantage la catéchèse dans la Constitution conciliaire Dei Verbum, la situant dans le cadre de l'évangélisation présenté par Evangelii Nuntiandi et Catechesi Tradendae. Elle offre également une clarification sur la nature de la catéchèse.

– La deuxième partie(5) comprend deux chapitres. Le premier, intitulé « Normes et critères pour la présentation du message évangélique dans la catéchèse », sous une nouvelle articulation et dans une perspective enrichie, rassemble tout le contenu du chapitre du premier texte. Le deuxième chapitre, totalement nouveau, est consacré à la présentation du catéchisme de l'Eglise catholique comme texte de référence dans la transmission de la foi par la catéchèse et dans la rédaction des catéchismes locaux. Le texte offre aussi des principes fondamentaux en vue de l'élaboration de catéchismes pour les Eglises particulières et locales.

– La troisième partie(6) se présente sous une forme assez renouvelée, en formulant différemment les lignes essentielles d'une pédagogie de la foi inspirée de la pédagogie divine, une question qui concerne autant la théologie que les sciences humaines.

– La quatrième partie(7) est intitulée « Les destinataires de la catéchèse ». En cinq chapitres brefs, elle examine les situations, fort différentes, des personnes auxquelles s'adresse la catéchèse, les aspects concernant la situation socio-religieuse, et, d'une manière spéciale, la question de l'inculturation.

– La cinquième partie(8) fait de l'Eglise particulière le centre de gravité de la catéchèse; elle a le devoir primordial de promouvoir, de prévoir, de surveiller et de coordonner toute l'activité catéchétique. On y met particulièrement en valeur la description des rôles respectifs des divers agents (qui trouvent toujours leur point de référence dans le pasteur de l'Eglise particulière), ainsi que les exigences de la formation en chacun des cas.

– La conclusion qui invite à intensifier, de nos jours, l'activité catéchétique, couronne la réflexion et les orientations par un appel à la confiance en l'action de l'Esprit Saint et en l'efficacité de la Parole de Dieu semée dans l'amour.

9. Le but de ce Directoire est, bien sûr, le même que celui du texte de 1971. Il se propose, en effet, d'énoncer « les principes fondamentaux théologico-pastoraux, tirés du Magistère de l'Eglise et spécialement du Concile Oecuménique Vatican II, afin que l'action pastorale du ministère de la parole — et concrètement, la catéchèse — puisse ainsi être conduite et ordonnée de façon plus adaptée ».(9) L'intention était alors et reste essentiellement celle d'offrir des réflexions et des principes plutôt que de suggérer des applications immédiates ou de donner des directives pratiques. Cette démarche a été adoptée pour la raison suivante: ce n'est qu'en comprenant comme il se doit, dès le début, la nature et les objectifs de la catéchèse, ainsi que les vérités et les valeurs qui doivent être transmises, que l'on évitera des manques et des erreurs en matière catéchétique.(10)

Il est de la compétence spécifique des épiscopats de faire appliquer concrètement ces principes et ces énoncés, par des orientations et des directoires nationaux, régionaux ou diocésains, des catéchismes et par tout autre moyen qu'ils jugeront apte à promouvoir efficacement la catéchèse.

10. Il est évident que toutes les parties du Directoire n'ont pas la même importance. Celles qui traitent de la Révélation divine, de la nature de la catéchèse, des critères qui régissent l'annonce du message chrétien, valent pour tous. En revanche, les parties qui ont trait à la situation actuelle, à la méthodologie et à la manière d'adapter la catéchèse aux différents âges et contextes culturels, sont à prendre plutôt comme des indications et des orientations.(11)

11. Les destinataires du Directoire sont principalement les évêques, les conférences épiscopales, et, en général, ceux qui, sous leur mandat et direction, ont des responsabilités dans le domaine de la catéchèse. Il est évident que le Directoire peut être un instrument utile pour la formation des candidats au sacerdoce, pour la formation permanente des prêtres et pour la formation des catéchistes.

Un objectif immédiat du Directoire est d'aider à la rédaction des directoires de catéchèse et des catéchismes. Conformément aux suggestions avancées par de nombreux évêques, de nombreuses notes et références ont été insérées, qui peuvent être d'une grande utilité pour l'élaboration de tels instruments.

12. Le Directoire s'adressant aux Eglises particulières, dont les situations et les nécessités pastorales sont très variées, il n'a évidemment été possible que de prendre en considération les situations communes ou moyennes. Il en est de même lorsqu'il s'agit de décrire l'organisation de la catéchèse aux divers niveaux. Il est bon de tenir compte de cette observation dans l'utilisation du Directoire. Comme le faisait remarquer le texte de 1971, ce qui paraîtra insuffisant dans les régions où la catéchèse a atteint un niveau élevé de qualité et de moyens, semblera peut-être excessif là où la catéchèse ne connaît pas encore un tel développement.

13. En publiant ce document, nouveau témoignage de la sollicitude du Siège Apostolique à l'égard du ministère catéchétique, nous souhaitons qu'il soit accueilli, examiné et étudié avec attention, en tenant compte des nécessités pastorales de chaque Eglise particulière, et qu'il puisse également conduire à une étude et à une recherche plus approfondies, qui répondent aux besoins de la catéchèse ainsi qu'aux normes et aux orientations du Magistère de l'Eglise.

Que la Bienheureuse Vierge Marie, étoile de la nouvelle évangélisation, nous guide vers la pleine connaissance de Jésus-Christ, Maître et Seigneur.

« Enfin, frères, priez pour nous, demandant que la Parole du Seigneur accomplisse sa course et soit glorifiée, comme elle le fait chez vous » (2 Th 3, 1).

Du Vatican, le 15 août 1997

Solennité de l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie


Darío Castrillón Hoyos
Archevêque émérite de Bucaramanga
Pro-Préfet

et Crescenzio Sepe
Archevêque tit. de Grado
Secrétaire

EXPOSE PRELIMINAIRE

L'annonce de l'Evangile
dans le monde d'aujourd'hui

« Ecoutez! Voici que le semeur est sorti pour semer. Et il advint, comme il semait, qu'une partie du grain est tombée au bord du chemin, et les oiseaux sont venus et ont tout mangé. Une autre est tombée sur le terrain rocheux où elle n'avait pas beaucoup de terre, et aussitôt elle a levé, parce qu'elle n'avait pas de profondeur de terre; et lorsque le soleil s'est levé, elle a été brûlée, et, faute de racine, s'est desséchée. Une autre est tombée dans les épines et les épines ont monté et l'ont étouffée, et elle n'a pas donné de fruit. D'autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit en montant et en se développant, et ils ont produit, l'un trente, l'autre soixante, l'autre cent » (Mc4,3-8).

14. Cet exposé préliminaire souhaite encourager les pasteurs et les agents de la catéchèse à prendre conscience de la nécessité de toujours prêter une grande attention au terrain à ensemencer, et à le faire dans une vision de foi et de miséricorde. L'interprétation du monde contemporain qui est présentée ici a évidemment un caractère provisoire, lié aux contingences historiques.

« Voici que le semeur est sorti pour semer » (Mc 4,3)

15. Cette parabole est source d'inspiration pour l'évangélisation. « La semence, c'est la parole de Dieu » (Lc 8,11). Le semeur est Jésus-Christ. Il annonça l'Evangile en Palestine il y a deux mille ans et envoya ses disciples le semer dans le monde. Jésus-Christ, aujourd'hui, présent dans l'Eglise par son Esprit, continue de répandre la Parole du Père dans le champ qu'est le monde.

La qualité du terreau est toujours très variée. L'Evangile tombe « au bord du chemin » (Mc 4,4) lorsqu'il n'est pas réellement écouté; il tombe sur le « terrain rocheux » (Mc 4,5), sans pénétrer la terre en profondeur; « dans les épines » (Mc 4,7), et il est aussitôt étouffé dans le cœur des hommes, aux prises avec nombre de préoccupations. Mais une partie tombe « dans la bonne terre » (Mc 4,8), c'est-à-dire en des hommes et des femmes ouverts à la relation personnelle avec Dieu et solidaires avec leur prochain, et elle donne du fruit en abondance. Jésus, dans la parabole, annonce une bonne nouvelle: le Royaume de Dieu vient, en dépit des difficultés dues au terrain, des tensions, des conflits et des problèmes du monde. La semence de l'Evangile féconde l'histoire des hommes et annonce une récolte abondante. Jésus informe également que la Parole de Dieu ne germe que dans un cœur disposé à l'accueillir.

Un regard sur le monde avec les yeux de la foi

16. L'Eglise continue de semer l'Evangile de Jésus dans le vaste champ de Dieu. Les chrétiens, insérés dans les contextes sociaux les plus divers, portent sur le monde le même regard que Jésus portait sur la société de son temps. Le disciple de Jésus-Christ participe, en effet, du dedans aux « joies et aux espoirs, aux tristesses et aux angoisses des hommes de ce temps »,(12)il regarde l'histoire humaine, il y participe, non seulement avec la raison mais aussi avec la foi. A la lumière de la foi, le monde apparaît en même temps « fondé et conservé par l'amour du Créateur, tombé sous l'esclavage du péché, mais libéré par le Christ, crucifié et ressuscité et qui a brisé le parvoir du Malin ».(13)

Le chrétien sait qu'à toute réalité et événement humain sont sous-tendues en même temps:

– l'action créatrice de Dieu, qui communique à tout être sa bonté,

– la force engendrée du péché, qui limite et engourdit l'homme,

– le dynamisme qui jaillit de la Pâque du Christ comme

un germe de renouveau qui donne au croyant l'espérance d'un « accomplissement » (14) définitif.

Un regard sur le monde qui ne tiendrait pas compte de l'un de ces trois aspects, ne serait pas authentiquement chrétien. C'est pourquoi il est important que la catéchèse sache initier les catéchumènes et les catéchisés à une lecture théologique des problèmes modernes.(15)

Le champ du monde

17. Mère des hommes, l'Eglise voit avant tout, avec une douleur profonde, « une multitude incalculable d'hommes et de femmes, d'enfants, d'adultes et de vieillards, en un mot une multitude des personnes humaines concrètes et uniques, qui souffrent sous le poids intolérable de la misère ».(16)

Par une catéchèse dans laquelle son enseignement social a sa place,(17) elle souhaite susciter dans le cœur des chrétiens « l'engagement pour la justice » (18) et l'« option ou amour préférentiel pour les pauvres »,(19) de sorte que sa présence soit vraiment la lumière qui éclaire et le sel qui transforme.

Les droits de l'homme

18. Dans son analyse du champ du monde, l'Eglise est très sensible à tout ce qui offense la dignité de la personne humaine.

Elle sait que les droits de l'homme découlent de cette dignité; (20) ils sont l'objet constant du souci constant et de l'engagement des chrétiens. C'est pourquoi son regard ne se porte pas uniquement sur les indicateurs économiques et sociaux,(21) mais surtout sur ceux qui sont culturels et religieux. Son objectif est le développement intégral des personnes et des peuples.(22)

L'Eglise se réjouit qu'actuellement « un courant bienfaisant parcourt et envahit tous les peuples de la terre, qui ont pris davantage conscience de la dignité de l'homme ».(23) Cette conscience s'exprime par un souci profond du respect des droits de l'homme et par un ferme rejet de ses violations. Le droit à la vie, au travail, à l'éducation, à la création d'une famille, à la participation à la vie publique, à la liberté religieuse sont, aujourd'hui, particulièrement revendiqués.

19. Cependant en divers endroits, et en contradiction apparente avec la perception de la dignité de la personne, les droits de l'homme sont clairement bafoués,(24) Cela provoque d'autres formes de pauvreté qui ne sont pas d'ordre matériel: il s'agit d'une pauvreté culturelle et religieuse qui préoccupe également la communauté ecclésiale. La négation ou la limitation des droits de l'homme, en effet, appauvrit la personne et les peuples tout autant sinon plus que la privation de biens matériels.(25)

L'œuvre évangélisatrice de l'Eglise, dans ce vaste domaine des droits de l'homme, ne peut renoncer à la tâche de faire découvrir la dignité inaliénable de toute personne humaine. En un certain sens, « c'est la tâche centrale et unifiante du service que l'Eglise, et en elle les fidèles laïcs, est appelée à rendre à la famille des hommes ».(26) La catéchèse doit les préparer à ce devoir.

La culture et les cultures

20. Le semeur sait que la semence pénètre en des terreaux concrets et qu'il lui faut absorber tous les éléments nécessaires pour porter du fruit.(27) Il sait également que, parfois, certains de ces éléments peuvent compromettre la germination et la récolte.

La constitution « Gaudium et Spes » souligne la grande importance de la science et de la technique dans la gestation et dans le développement de la culture moderne. La mentalité scientifique qui en découle « modifie profondément l'état culturel et les modes de penser »(28) avec des conséquences humaines et religieuses considérables. La rationalité scientifique et expérimentale est profondément enracinée dans l'homme d'aujourd'hui.

Cependant, la conscience que ce type de rationalité ne peut pas tout expliquer gagne aujourd'hui du terrain. Les hommes de science eux-mêmes constatent qu'un autre type de connaissance doit s'ajouter à la rigueur de l'expérience pour comprendre en profondeur l'être humain. La réflexion philosophique sur le langage montre, par exemple, que la pensée symbolique est une forme d'accès au mystère de la personne humaine, inaccessible autrement. D'où l'exigence d'une rationalité qui ne divise pas l'être humain, qui intègre son affectivité, l'unifie, donnant un sens plus profond à sa vie.

21. Ces « nouvelles formes de culture »(29) s'accompagnent aujourd'hui d'un désir croissant de remettre en valeur les cultures autochtones. La question du Concile demeure: « Comment favoriser le dynamisme et l'expansion d'une culture nouvelle sans que disparaisse la fidélité vivante à l'héritage des traditions? ».(30)

– En de nombreux lieux, on se rend compte que les cultures traditionnelles subissent l'agression d'influences extérieures dominantes et d'imitations aliénantes de modes de vie importés, qui minent progressivement l'identité et les valeurs propres des peuples.

– On constate aussi l'influence considérable des moyens de communication qui, à des fins économiques ou idéologiques souvent, imposent une vision de la vie qui ne respecte pas la physionomie culturelle des peuples auxquels ils s'adressent.

L'évangélisation trouve ainsi, dans l'inculturation, l'un de ses plus grands défis. L'Eglise, à la lumière de l'Evangile, doit assumer toutes les valeurs positives de la culture et des cultures,(31) et rejeter les éléments qui empêchent les personnes et les peuples de développer leurs potentialités authentiques.

La situation religieuse et morale

22. Parmi les éléments qui constituent le patrimoine culturel d'un peuple, l'aspect religieux et moral revêt, pour le semeur, une importance particulière. L'indifférence religieuse continue de se diffuser dans la culture actuelle: « Beaucoup de nos contemporains (...) ne perçoivent pas du tout ou même rejettent explicitement le rapport intime et vital qui unit l'homme à Dieu ».(32)

L'athéisme, négation de Dieu, « compte parmi les faits les plus graves de ce temps ».(33) Il s'exprime avec des nuances diverses mais, de nos jours, il se manifeste sous la forme du sécularisme qui consiste en une vision autonomiste de l'homme et du monde « d'après laquelle ce dernier s'explique par lui-même sans qu'il soit besoin de recourir à Dieu ».(34) Dans le domaine spécifiquement religieux, il y a pourtant des « signes d'un retour au sens du sacré »,(35) d'une soif nouvelle de réalités trancendantes et divines. Le monde actuel témoigne, sous des formes toujours plus vastes et plus vives, d'« un réveil de la recherche religieuse ».(36) Ce phénomène n'est certes pas dépourvu d'ambiguités.(37) La prolifération des sectes et des nouveaux mouvements religieux ainsi que la résurgence du « fondamentalisme »(38) incitent l'Eglise à s'interroger sérieusement et méritent une analyse très attentive.

23. La situation morale évolue de la même manière, de nos jours, que la situation religieuse. On constate en effet un obscurcissement de la vérité ontologique de la personne humaine. Tout se passe comme si le refus de Dieu voulait signifier une rupture intérieure des aspirations de l'être humain.(39) On assiste ainsi, en de nombreux endroits, à un « relativisme éthique qui enlève à la convivialité civile toute référence morale sûre ».(40)

L'évangélisation trouve dans le terrain religieux et moral un champ privilégié. La mission première de l'Eglise est, en effet, d'annoncer Dieu et d'être son témoin face au monde. Il s'agit de faire connaître le vrai visage de Dieu ainsi que son dessein d'amour et de salut pour les hommes, comme Jésus l'a révélé.

Pour préparer de tels témoins, l'Eglise doit développer une catéchèse qui favorise la rencontre avec Dieu, et qui renforce un lien permanent de communion avec Lui.

L'Eglise dans le champ du monde

La foi des chrétiens

24. Les disciples de Jésus sont immergés dans le monde comme un levain, mais comme à chaque époque, ils n'échappent pas à l'influence des situations humaines.

C'est pourquoi il est nécessaire de s'interroger sur la situation actuelle de la foi des chrétiens.

Le renouveau catéchétique réalisé dans l'Eglise lors des dernières décennies est en train de donner de nombreux fruits positifs.(41) La catéchèse des enfants, des jeunes et des adultes, au cours de ces dernières années, a donné naissance à un type de chrétien vraiment conscient de sa foi et vivant en cohérence avec elle. Cette catéchèse a en effet favorisé chez ces chrétiens:

– une nouvelle expérience vitale de Dieu comme Père miséricordieux;

– une redécouverte plus profonde de Jésus-Christ, non seulement dans sa divinité mais aussi dans sa véritable humanité;

– le sens d'être tous coresponsables de la mission de l'Eglise dans le monde;

– la prise de conscience des exigences sociales de la foi.

25. Cependant, devant le panorama religieux actuel, un test s'impose aux fils de l'Eglise: « A quel point ne sont-ils pas eux-mêmes atteints par l'atmosphère de sécularisme et de relativisme éthique? »(42)

Une première catégorie est représentée par « des multitudes de personnes qui ont reçu le baptême mais vivent en dehors de toute vie chrétienne ».(43) Il s'agit d'une foule de chrétiens « non-pratiquants »,(44) même si, au fond du cœur de beaucoup, le sentiment religieux n'a pas totalement disparu. Les réveiller à la foi est un véritable défi pour l'Eglise.

Il y a aussi les « gens simples »(45) qui expriment parfois des sentiments religieux très sincères et une « religiosité populaire »(46) très ancrée. Ils ont une certaine foi, « mais en connaissent mal les fondements ».(47) Il y a encore ces nombreux chrétiens, très cultivés, mais qui n'ont reçu de formation religieuse que dans leur enfance, et qui éprouvent le besoin de remettre en place leur foi et de la faire mûrir sous une autre lumière.(48)

. En outre, un certain nombre de baptisés cachent malheureusement leur identité chrétienne, soit en raison d'une mauvaise compréhension du dialogue interreligieux, soit parce qu'ils sont mal à l'aise pour témoigner de leur foi en Jésus-Christ dans la société contemporaine.

Ces situations de la foi des chrétiens réclament de toute urgence de la part du semeur la mise en route d'une « nouvelle évangélisation »,(49) surtout dans les Eglises d'ancienne tradition chrétienne, où le sécularisme a le plus pénétré. Dans cette situation nouvelle qui a besoin d'évangélisation, l'annonce missionnaire et la catéchèse, surtout pour les jeunes et les adultes, sont, de toute évidence, prioritaires.

La vie interne de la communauté ecclésiale

27. Il est important d'examiner aussi la vie même de la communauté ecclésiale, sa qualité intime.

En premier lieu, il faut voir comment le Concile Vatican II a été accueilli dans l'Eglise et quels en ont été les fruits. Les grands documents conciliaires ne sont pas restés lettre morte: on constate leurs effets. Les quatre Constitutions (Sacrosanctum Concilium, Lumen Gentium, Dei Verbum, et Gaudium et Spes) ont fécondé l'Eglise. En effet:

– la vie liturgique est perçue davantage comme la source et le sommet de la vie ecclésiale.

– Le peuple de Dieu a pris une conscience plus vive du « sacerdoce commun »(50) qui trouve sa racine dans le baptême. En même temps, il redécouvre toujours plus la vocation universelle à la sainteté et un sens plus vif du service de la charité.

– La communauté ecclésiale a acquis un sens plus vif de la Parole de Dieu. L'Ecriture Sainte, par exemple, est lue, goûtée et méditée d'une manière plus intense.

– La mission de l'Eglise dans le monde est perçue d'une manière nouvelle. En effet, sur la base d'un renouveau intérieur, le Concile a montré aux catholiques l'exigence d'une évangélisation toujours liée à la promotion humaine; la nécessité du dialogue avec le monde et avec les diverses cultures et religions et l'urgence de rechercher l'unité des chrétiens.

28. Certes, des fautes et des difficultés ont marqué la réception du Concile,(51) il faut le reconnaître. Malgré l'ampleur et la profondeur de la doctrine ecclésiologique, le sens de l'appartenance à l'Eglise s'est affaibli; on assiste souvent à « une désaffection à l'égard de l'Eglise ».(52) On la regarde parfois unilatéralement comme une pure institution, privée de son mystère.

Des positions partiales et opposées ont été prises parfois dans l'interprétation et dans l'application du renouveau demandé à l'Eglise par le Concile Vatican II. De telles idéologies et attitudes ont conduit à des éclatements, compromettant le témoignage de communion indispensable pour l'évangélisation.

L'action évangélisatrice de l'Eglise, et en elle la catéchèse, doit chercher plus fermement à consolider la cohésion ecclésiale. Dans ce but, il est urgent de promouvoir et d'approfondir une authentique ecclésiologie de communion(53) et d'engendrer chez les chrétiens une spiritualité ecclésiale profonde.

La situation de la catéchèse: vitalité et problèmes

29. Nombreux sont les aspects positifs de la catéchèse qui, ces dernières années, montrent sa vitalité. Certains méritent d'être mis en évidence:

– Le grand nombre de prêtres, de religieux et de laïcs qui se consacrent avec enthousiasme et persévérance à la catéchèse. C'est l'une des activités ecclésiales les plus mises en relief.

– Il faut souligner aussi le caractère missionnaire de la catéchèse actuelle et sa tendance à garantir l'adhésion à la foi des catéchumènes et des catéchisés, dans un monde où le sens religieux s'obscurcit. Dans cette dynamique, on perçoit clairement que la catéchèse doit acquérir le caractère de la formation intégrale, et ne pas se réduire à un simple enseignement: elle devra, en effet, travailler à susciter une véritable conversion.(54)

– D'où l'importance extraordinaire du développement de la catéchèse des adultes(55) dans le projet catéchétique de très nombreuses Eglises particulières. Cette option semble être devenue prioritaire dans les plans pastoraux de nombreux diocèses. Elle occupe une place centrale également dans certains mouvements et groupes ecclésiaux.

– Favorisée sans doute par les orientations récentes du Magistère, la pensée catéchétique a gagné, de nos jours, en densité et en profondeur. De nombreuses Eglises particulières disposent déjà d'orientations pastorales adaptées.

30. Toutefois, il est nécessaire d'examiner attentivement certains problèmes pour essayer de leur trouver des solutions:

– Le premier a trait à la conception de la catéchèse comme école de foi, comme apprentissage et entraînement à toute la vie chrétienne, conception qui n'est pas pleinement entrée dans la conscience des catéchistes.

– En ce qui concerne l'orientation de fond, le concept de « Révélation » imprègne généralement l'activité catéchétique; cependant le concept conciliaire de « Tradition » en tant que réel élément d'inspiration a une influence moins grande. De fait, dans beaucoup de catéchismes, la référence à l'Ecriture Sainte est quasi exclusive, et pas suffisamment accompagnée de la réflexion et de la vie bimillénaire de l'Eglise.(56) La nature ecclésiale de la catéchèse apparaît, dans ce cas, moins claire. Le concours de la Sainte Ecriture, de la Tradition et du Magistère, « chacun à sa façon »,(57) ne féconde pas encore harmonieusement la transmission catéchétique de la foi.

– Quant à l'objectif de la catéchèse, à savoir la promotion de la communion avec Jésus-Christ, la nécessité apparaît d'une présentation plus équilibrée de toute la vérité sur le mystère du Christ. L'accent est mis parfois uniquement sur son humanité, sans référence explicite à sa divinité; en d'autre cas, moins fréquents de nos jours, l'accent est mis exclusivement sur sa divinité, au point d'assombrir la réalité du mystère de l'Incarnation du Verbe.(58)

– Quant au contenu de la catéchèse, divers problèmes demeurent, comme certaines lacunes doctrinales au sujet de la vérité sur Dieu et sur l'homme, sur le péché, la grâce et les fins dernières. Une formation morale plus solide est nécessaire; l'histoire de l'Eglise est présentée de manière inadéquate et sa doctrine sociale n'est pas assez mise en évidence. En certaines régions, on assiste à une prolifération de catéchismes et de textes dus à des initiatives particulières, aux tendances sélectives et aux accentuations si différentes qu'elles nuisent à l'indispensable convergence dans l'unité de la foi.(59)

– « La Catéchèse est intrinsèquement reliée à toute l'action liturgique et sacramentelle ».(60) Souvent, pourtant, la pratique de la catéchèse n'a qu'un rapport faible ou décousu avec la liturgie. On constate peu d'attention aux signes et aux rites liturgiques et une pauvre mise en valeur des sources liturgiques. Des parcours catéchètiques sont peu ou pas du tout reliés à l'année liturgique et les célébrations n'y ont qu'une présence marginale.

– En ce qui concerne la pédagogie, après l'insistance excessive de certains sur la valeur des méthodes et des techniques, on continue à ne pas porter l'attention qu'il faudrait aux exigences et à l'originalité de la pédagogie propre de la foi.(61) On tombe facilement dans le dualisme « contenu-méthode », avec des réductions dans un sens comme dans l'autre. Quant à la dimension pédagogique, le discernement théologique nécessaire n'a pas toujours été opéré.

– Enfin, en ce qui concerne la différence des cultures dans le service de la foi, le problème reste de savoir transmettre l'Evangile en tenant compte du contexte culturel des peuples auxquels il est annoncé, de sorte qu'il puisse être réellement perçu comme une grande nouvelle pour la vie des personnes et de la société.(62)

– La formation à l'apostolat et à la mission est l'une des tâches fondamentales de la catéchèse. Cependant, tandis que progresse dans l'activité catéchétique une nouvelle sensibilité concernant la formation des fidèles laïcs au témoignage chrétien, au dialogue interreligieux et à l'engagement séculier, l'éducation à la mission ad gentes apparaît encore faible et insuffisante. Souvent la catéchèse ordinaire réserve une attention marginale et épisodique aux missions.

Les semailles de l'evangile

31. Après avoir examiné le terrain, le semeur envoie ses ouvriers annoncer l'Evangile dans le monde entier, en leur communiquant — dans ce but — la force de son esprit. Il leur enseigne, en même temps, à lire les signes des temps et exige d'eux qu'ils soient bien préparés pour les semailles.

Comment lire les signes des temps

32. La voix de l'Esprit que Jésus, par le Père, a fait parvenir à ses disciples se fait entendre aussi à travers les événements de l'histoire.(63) Dans les mutations de la situation actuelle et dans les motivations profondes des défis lancés à l'évangélisation, il faut découvrir « les signes véritables de la présence ou du dessein de Dieu ».(64) Cette analyse doit s'effectuer à la lumière de la foi, avec une attitude de compassion et de miséricorde. Avec l'aide des sciences humaines,(65) toujours nécessaires, l'Eglise cherche à découvrir le sens de la situation actuelle à l'intérieur de l'histoire du Salut. Ses jugements sur la réalité sont toujours des diagnostics en vue de la mission.

Quelques défis pour la catéchèse

33. Pour être en mesure d'exprimer sa vitalité et son efficacité, la catéchèse aujourd'hui devrait prendre les orientations suivantes:

– avant tout, se proposer comme un véritable service pour l'évangélisation de l'Eglise, avec un caractère missionnaire accentué;

– elle doit s'adresser à certains de ses destinataires privilégiés, comme ont été et continuent de l'être les petits enfants, les enfants, les adolescents, les jeunes et les adultes, en partant surtout de ces derniers;

– à l'exemple de la catéchèse patristique, elle doit modeler la personnalité du croyant et être par conséquent une école vraie et propre de pédagogie chrétienne;

– elle doit annoncer les mystères essentiels du christianisme, en promouvant l'expérience trinitaire de la vie dans le Christ comme centre de la vie de foi;

– elle doit enfin considérer comme tâche prioritaire la préparation de catéchistes qui aient une foi profonde.

PARTIE I

LA CATECHESE
DANS
LA MISSION EVANGELISATRICE
DE L'EGLISE

La catéchèse
dans la mission évangélisatrice de l'Eglise

« Allez dans le monde entier, proclamez l'Evangile à toute la création » (Mc 16,15).
« Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin du monde » (Mt 28, 19-20).
« Vous allez recevoir une force, celle de l'Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins... jusqu'aux extrémités de la terre » (Ac 1,8).

Le mandat missionnaire de Jésus

34. Jésus, après sa résurrection, envoya l'Esprit-Saint de la part du Père pour qu'il accomplisse de l'intérieur l'œuvre du salut et qu'il stimule les disciples à poursuivre sa mission dans le monde entier, comme lui-même avait été envoyé par le Père. Il fut le premier évangélisateur, le plus grand. Il annonça le Royaume de Dieu (66) comme étant l'intervention nouvelle et définitive de Dieu dans l'histoire, et il désigna cette annonce comme « l'Evangile », c'est-à-dire la Bonne Nouvelle. Il lui consacra toute sa vie terrestre: il fit connaître la joie d'appartenir au Royaume,(67) les exigences de celui-ci et sa grande charte,(68) les mystères qu'il contient,(69) la vie fraternelle de ceux qui y pénètrent,(70) et sa plénitude future.(71)

Sens et but de cette partie

35. Cette première partie entend définir le caractère propre de la catéchèse.

Le premier chapitre porte sur la structure théologique; il rappelle brièvement le concept de Révélation exposé dans le Document conciliaire Dei Verbum. Il précise la manière de concevoir le ministère de la Parole. Les concepts de parole de Dieu, Evangile, Royaume de Dieu et Tradition, présents dans la Constitution dogmatique, fondent le sens de la catéchèse. Avec eux, le concept d'évangélisation devient un repère obligé pour la catéchèse. Sa dynamique et ses éléments sont exposés avec une précision nouvelle et approfondie dans l'Exhortation Apostolique Evangelii Nuntiandi.

Le deuxième chapitre situe la catéchèse dans le cadre de l'évangélisation et la met en relation avec les autres formes du ministère de la parole de Dieu. Grâce à ce rapport, on découvre plus facilement le caractère propre de la catéchèse.

Le troisième chapitre analyse plus directement la catéchèse en tant que telle: sa nature ecclésiale, sa finalité contraignante de communion avec Jésus-Christ, ses devoirs, l'esprit catéchuménal qui l'anime.

La conception que l'on a de la catéchèse conditionne profondément la sélection et l'organisation de ses contenus (cognitifs, expérimentaux, comportementaux), en précise les destinataires et définit la pédagogie requise pour en atteindre les objectifs.

Le terme « catéchèse » a subi une évolution sémantique durant les vingt siècles d'histoire de l'Eglise. En ce directoire la conception de la catéchèse s'inspire des documents du magistère pontifical post-conciliaire, et surtout d'Evangelii nuntiandi, Catechesi tradendae et Redemptoris missio.

CHAPITRE I

La révélation et sa transmission
par l'évangélisation

« Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ... Il nous a fait connaître le mystère de sa volonté, ce dessein bienveillant qu'il avait formé en lui par avance, pour le réaliser quand les temps seraient accomplis: ramener toutes choses sous un seul Chef, le Christ » (Ep 1,3-10).

La Révélation du dessein providentiel de Dieu

36. « Dieu, qui crée et conserve toute chose par son Verbe, offre aux hommes, dans les choses créées, un perpétuel témoignage de lui-même ».(72) L'homme est, par nature et vocation « capable de Dieu »; il peut donc, quand il écoute le message de la Création, parvenir à la certitude que Dieu, cause et fin de tout, existe et peut se révéler à l'homme.

La constitution Dei Verbum du Concile Vatican II a décrit la Révélation comme l'acte par lequel Dieu se manifeste personnellement aux hommes. Dieu se montre, en effet, comme celui qui veut se communiquer lui-même, en rendant la personne humaine participante à sa nature divine.(73) Il réalise ainsi son dessein d'amour.

« Il a plu à Dieu dans sa sagesse et sa bonté de se révéler lui-même aux hommes et de faire connaître le mystère de sa volonté... pour les inviter et les admettre à partager sa propre vie ».(74)

37. Ce dessein providentiel (75) du Père, pleinement révélé en Jésus-Christ, se réalise par la force de l'Esprit Saint.

Il comprend:

– La révélation de Dieu, de sa « vérité profonde »,(76) de son « secret »,(77) de la vraie vocation et dignité de la personne humaine; (78)

– l'offre du salut à tous les hommes, comme don de la grâce et de la miséricorde de Dieu,(79) qui implique la délivrance du mal, du péché, de la mort; (80)

– l'appel définitif à rassembler, dans la famille de Dieu, tous les fils dispersés, réalisant ainsi l'union fraternelle des hommes.(81)

La Révélation: faits et paroles

38. Pour se révéler à la personne humaine, Dieu, dans son immensité, a recours à une pédagogie: (82) il se sert d'événements et de paroles humaines pour communiquer son dessein; il le fait progressivement et par étapes,(83) pour mieux se rapprocher des hommes. Dieu agit en effet en sorte que les hommes parviennent à la connaissance de son dessein de salut à travers les événements de l'histoire du salut et les paroles inspirées qui les accompagnent et les expliquent.

« Cette économie de la Révélation comprend des événements et des paroles intimement unis entre eux, de sorte que

– les œuvres réalisées par Dieu dans l'histoire du salut, attestent et corroborent et la doctrine et le sens indiqué par les paroles,

– tandis que les paroles publient les œuvres et éclairent le mystère qu'elles contiennent ».(84)

39. L'évangélisation, qui transmet au monde la Révélation, s'accomplit également par des œuvres et des paroles. Elle est, à la fois, témoignage et annonce, parole et sacrement, enseignement et engagement.

De son côté, la catéchèse transmet les faits et les paroles de la Révélation: elle doit les proclamer et les raconter et, en même temps, éclairer les mystères profonds qu'ils renferment. D'autre part, la catéchèse fait mémoire non seulement des merveilles réalisées par Dieu dans le passé, mais, à l'aide de la Révélation qui est source de lumière pour la personne humaine, elle interprète les signes des temps et la vie présente des hommes et des femmes, puisque c'est en eux que s'accomplit le dessein de Dieu pour le salut du monde.(85)

Jésus-Christ, médiateur et plénitude de la Révélation

40. Dieu s'est révélé progressivement aux hommes, par l'intermédiaire des prophètes et des événements salvifiques, jusqu'à l'accomplissement de sa Révélation par l'envoi de son propre Fils: (86)

« Jésus-Christ, par toute sa présence et par la manifestation qu'il fait de lui-même en paroles et en œuvres, par signes et miracles, et plus particulièrement par sa mort et par sa résurrection glorieuse d'entre les morts, par l'envoi, enfin, de l'Esprit de vérité, achève en la complétant la révélation ».(87)

Jésus-Christ n'est pas seulement le plus grand des prophètes, il est le Fils éternel de Dieu fait homme, et, par conséquent, l'événement ultime vers lequel convergent tous les événements de l'histoire du Salut.(88) Il est, en effet, « la Parole unique, parfaite et indépassable du Père ».(89)

41. Le ministère de la Parole doit mettre en évidence cette caractéristique admirable, propre à l'économie de la Révélation: le Fils de Dieu entre dans l'histoire des hommes, assume la vie et la mort humaines et réalise l'Alliance Nouvelle et définitive entre Dieu et les hommes. Le rôle propre de la catéchèse est de montrer qui est Jésus-Christ — sa vie et son mystère —, et de présenter la foi chrétienne comme marche à la suite de sa Personne.(90) La catéchèse doit donc partir toujours des Evangiles, « cœur de toutes les Ecritures en tant qu'ils constituent le témoignage par excellence sur la vie et sur l'enseignement du Verbe Incarné, notre Sauveur ».(91)

Le fait que Jésus-Christ soit la plénitude de la Révélation est le fondement du « christocentrisme » (92) de la catéchèse: le mystère du Christ, dans le message révélé, n'est pas un élément ajouté à tant d'autres, mais le centre à partir duquel tous les autres éléments reçoivent leur hiérarchie et leur lumière.

La transmission de la Révélation par l'Eglise, œuvre de l'Esprit Saint

42. La Révélation de Dieu, qui culmine en Jésus-Christ, est destinée à toute l'humanité: « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tm 2,4). En vertu de cette volonté universelle de salut, Dieu a fait en sorte que la Révélation soit transmise à tous les peuples et à toutes les générations, et qu'elle demeure toujours intègre.(93)

43. Pour accomplir le dessein de Dieu, Jésus-Christ a institué l'Eglise sur le fondement des apôtres et, leur envoyant l'Esprit du Père, il leur a ordonné de prêcher l'Evangile dans le monde entier. Les apôtres, par des paroles, des œuvres et des écrits, ont accompli fidèlement ce mandat.(94)

Cette Tradition apostolique se poursuit dans l'Eglise et par l'Eglise. Et l'Eglise toute entière, pasteurs et fidèles, veille à sa conservation et à sa transmission. Dans l'Eglise, l'Evangile conserve, en effet, son intégrité et demeure vivant: les disciples de Jésus-Christ le contemplent et le méditent sans cesse, le vivent au quotidien et l'annoncent dans la mission. L'Esprit Saint ne cesse de féconder l'Eglise quand elle vit l'Evangile; il la fait grandir continuellement dans la compréhension de l'Evangile, la pousse et la soutient dans la tâche de l'annoncer à toute la terre.(95)

44. La conservation intègre de la Révélation, parole de Dieu contenue dans la Tradition et dans l'Ecriture, ainsi que sa transmission continue, jouissent d'une garantie d'authenticité. Le Magistère de l'Eglise, soutenue par l'Esprit Saint et doté du « charisme de vérité », a la charge d'« interpréter de façon authentique la Parole de Dieu ».(96)

. L'Eglise, « sacrement universel de salut »,(97) mue par le Saint-Esprit, transmet la Révélation à travers l'Evangélisation: elle annonce la Bonne Nouvelle du dessein de salut du Père et, dans les sacrements, communique les dons divins.

A Dieu qui se révèle est due l'obéissance de la foi, en vertu de laquelle l'homme adhère librement à « l'Evangile de la grâce de Dieu » (Ac 20, 24), avec plein assentiment de l'intelligence et de la volonté. Guidé par la foi, don de l'Esprit, l'homme parvient à contempler et goûter le Dieu d'amour qui dans le Christ a révélé les richesses de sa gloire.(98)

L'évangélisation (99)

46. L'Eglise « existe pour évangéliser », (100) c'est-à-dire « pour porter la Bonne Nouvelle à toutes les couches de l'humanité et, sous son influence, transformer de l'intérieur et rendre nouvelle l'humanité elle-même ». (101) Le mandat missionnaire de Jésus revêt divers aspects intimement liés entre eux: « annoncez » (Mc 16,15), « faites des disciples et enseignez », (102) « soyez mes témoins », (103) « baptisez », (104) « faites ceci en mémoire de moi » (Lc 22,19), « aimez-vous les uns les autres » (Jn 15,12). Annonce, témoignage, enseignement, sacrements, amour du prochain, faire des disciples: autant d'aspects qui sont des chemins et des moyens pour la transmission de l'unique Evangile et constituent les éléments de l'évangélisation.

Certains revêtent une telle importance que l'on a parfois tendance à les identifier avec l'action évangélisatrice. Cependant, « aucune définition partielle et fragmentaire ne donne raison de la réalité riche, complexe et dynamique qu'est l'évangélisation ». (105) On court le risque de l'appauvrir, de la mutiler même. Or, elle doit développer « sa totalité » (106) et incorporer sa bipolarité propre: témoignage et annonce, (107) parole et sacrement, (108) changement intérieur et transformation sociale. (109) Les agents de l'évangélisation doivent savoir agir avec une « vision globale » (110) de l'évangélisation et l'identifier avec l'ensemble de la mission de l'Eglise. (111)

Le processus de l'évangélisation

47. L'Eglise, bien qu'elle contienne en elle-même la plénitude des moyens de salut, œuvre de façon graduelle. (112) Le décret conciliaire Ad Gentes a bien expliqué la dynamique du processus d'évangélisation: témoignage chrétien, dialogue et présence de la charité [11-12], annonce de l'évangile et appel à la conversion [13], catéchuménat et initiation chrétienne [14], formation de la communauté chrétienne par le moyen des sacrements et des ministères (15-18). (113) C'est le dynamisme de l'implantation et de l'édification de l'Eglise.

48. C'est pourquoi, l'évangélisation doit être conçue comme le processus par lequel l'Eglise, animée par l'Esprit, annonce et diffuse l'Evangile dans le monde entier:

– l'Eglise, animée par la charité, imprègne et transforme tout l'ordre temporel, en assumant et en renouvelant les cultures; (114)

– elle témoigne (115) parmi les peuples de la nouvelle manière d'être et de vivre qui caractérise les chrétiens;

– elle proclame explicitement l'Evangile, au moyen de la « première annonce », (116) en appelant à la conversion; (117)

– elle initie à la foi et à la vie chrétienne, par la « catéchèse » (118) et les « sacrements d'initiation », (119) ceux qui se convertissent à Jésus-Christ, ou ceux qui recommencent à marcher à sa suite, en incorporant les uns et les autres dans la communauté chrétienne; (120)

– elle développe sans arrêt le don de la communion (121) chez les fidèles, par l'éducation permanente de la foi (homélies, autres formes du ministère de la Parole), les sacrements et l'exercice de la charité;

– elle ne cesse de promouvoir la mission, (122) en envoyant tous les disciples du Christ annoncer l'Evangile, en paroles et en œuvres, dans le monde entier.

49. Le processus d'évangélisation (123) est, par conséquent, organisé en étapes ou « moments essentiels »: (124) l'activité missionnaire pour les non-croyants et pour ceux qui vivent dans l'indifférence religieuse; l'activité catéchistique d'initiation pour ceux qui choisissent l'Evangile et pour ceux qui ont besoin de compléter ou de restructurer leur initiation; et l'action pastorale pour les fidèles chrétiens ayant déjà atteint la maturité au sein de la communauté chrétienne. (125) Ces moments ne constituent pas des étapes définitives: ils sont à reprendre, si nécessaire, puisqu'ils apporteront la nourriture évangélique la plus adaptée à la croissance spirituelle de chaque personne ou de la communauté elle-même.

Le ministère de la Parole de Dieu dans l'évangélisation

50. Le ministère de la Parole (126) est un élément fondamental de l'évangélisation. La présence chrétienne parmi les différents groupes humains et le témoignage de vie ont besoin d'être clarifiés et justifiés par l'annonce explicite de Jésus-Christ, le Seigneur. « Il n'y a pas d'évangélisation vraie si le nom, l'enseignement, la vie, les promesses, le Règne, le mystère de Jésus de Nazareth, Fils de Dieu ne sont pas annoncés ». (127) Même ceux qui sont déjà des disciples du Christ ont besoin d'être sans cesse nourris de la Parole de Dieu pour grandir dans leur vie chrétienne. (128)

Le ministère de la Parole, dans l'évangélisation, transmet la Révélation par l'Eglise, en utilisant des « paroles » humaines. Mais celles-ci sont toujours référées aux « œuvres »: à celles que Dieu a accomplies et continue d'accomplir, surtout dans la liturgie; au témoignage de vie des chrétiens; à l'œuvre de transformation que ceux-ci, avec tant d'hommes de bonne volonté, réalisent dans le monde. Cette parole humaine de l'Eglise est le moyen dont se sert l'Esprit Saint pour poursuivre le dialogue avec l'humanité. Il est en effet l'agent principal du ministère de la Parole, celui par qui « la voix vivante de l'Evangile retentit dans l'Eglise et, par l'Eglise, dans le monde ». (129)

Il y a « bien des manières » (130) d'exercer le ministère de la Parole. Au temps des Apôtres, (131) déjà, dans son désir d'offrir la Parole de Dieu de la façon la mieux adaptée, l'Eglise a réalisé ce ministère sous de nombreuses formes. (132) Celles-ci servent toutes à véhiculer ces fonctions de base que le ministère de la Parole est appelé à remplir.

Les fonctions et les formes du ministère de la Parole de Dieu

51. Les principales fonctions du ministère de la Parole sont les suivantes:

– Convocation et appel à la foi

C'est la fonction que l'on déduit immédiatement du mandat missionnaire de Jésus. Elle se réalise par la « première annonce », adressée aux non-croyants: ceux qui ont choisi de ne pas croire, les baptisés qui vivent en marge de la vie chrétienne, ceux qui appartiennent à d'autres religions... (133) L'éveil religieux des enfants, dans les familles chrétiennes, est aussi une forme très importante de cette tâche.

L'initiation

Ceux qui, mus par la grâce, décident de suivre Jésus sont « introduits dans la vie de la foi, de la liturgie et de la charité du Peuple de Dieu ». (134) L'Eglise réalise cette fonction, fondamentalement, par la catéchèse, en lien étroit avec les sacrements d'initiation, qu'ils aient été reçus ou qu'ils soient encore à recevoir. Parmi les formes importantes: la catéchèse des adultes non-baptisés dans le catéchuménat; la catéchèse des adultes baptisés qui souhaitent revenir à la foi, ou de ceux qui ont besoin de compléter leur initiation; la catéchèse des enfants et des jeunes qui a, de par elle-même un caractère d'initiation. De même, l'éducation chrétienne au sein de la famille et l'enseignement de la religion à l'école exercent une fonction d'initiation.

– L'éducation permanente de la foi

En diverses régions elle est appelée aussi « catéchèse permanente ». (135)

Elle s'adresse aux chrétiens initiés aux éléments de base, qui ont besoin de nourrir et de mûrir sans cesse leur foi, tout au long de leur vie. Cette fonction se réalise sous des formes très variées: « systématiques ou occasionnelles, individuelles ou communautaires, organisées ou spontanées, etc. ». (136)

– La fonction liturgique

Le ministère de la Parole a également une fonction liturgique car, lorsqu'il est exercé dans une action sacrée, il en est partie intégrante. (137) Il s'exprime éminemment à travers l'homélie. Les interventions et les exhortations au cours des célébrations de la Parole en constituent d'autres formes. Il faut aussi mentionner la préparation immédiate aux divers sacrements, aux célébrations sacramentelles, et surtout à la participation des fidèles à l'eucharistie, comme une forme première de l'éducation à la foi.

– La fonction théologique

Elle a pour but de développer l'intelligence de la foi en se plaçant dans la dynamique de la « fides quaerens intellectum », c'est-à-dire de la foi qui cherche à comprendre. (138) Pour accomplir cette fonction, la théologie doit entrer en contact et dialoguer avec les courants philosophiques de pensée, avec les humanismes qui marquent la culture et avec les sciences humaines. Elle s'articule sous diverses formes qui favorisent « l'exposé systématique et l'étude scientifique des vérités de la foi ». (139)

52. Les formes importantes du ministère de la Parole sont: la première annonce ou prédication missionnaire; la catéchèse pré et post-baptismale; la forme liturgique et la forme théologique. Il arrive souvent que ces formes — pour des raisons pastorales —, doivent assumer plus d'une fonction. La catéchèse, par exemple, en même temps que sa fonction d'initiation, doit accomplir fréquemment des tâches missionnaires. L'homélie elle-même, selon les circonstances, devrait remplir la tâche de convocation et d'initiation organique.

La conversion et la foi

53. En annonçant au monde la Bonne Nouvelle de la Révélation, l'évangélisation invite les hommes et les femmes à la conversion et à la foi. (140) L'appel de Jésus, « convertissez-vous et croyez à l'Evangile » (Mc 1,15) retentit aujourd'hui encore, grâce à l'œuvre d'évangélisation de l'Eglise.

La foi chrétienne est, avant tout, conversion à Jésus-Christ, (141) adhésion pleine et sincère à sa personne et décision de marcher à sa suite. (142) La foi est une rencontre personnelle avec Jésus-Christ; c'est devenir son disciple, à savoir s'engager à penser comme lui, à juger comme lui et à vivre comme il a vécu. (143) Le croyant s'unit ainsi à la communauté des disciples et fait sienne la foi de l'Eglise. (144)

54. Ce « oui » à Jésus-Christ, plénitude de la Révélation du Père, renferme une double dimension: l'abandon confiant à Dieu et l'assentiment amoureux à tout ce qu'il nous a révélé. Cela n'est possible que par l'action de l'Esprit Saint. (145)

« Par l'obéissance de la foi,

– l'homme s'en remet tout entier et librement à Dieu,

– dans un complet hommage d'intelligence et de volonté à Dieu qui révèle, et dans un assentiment volontaire à la révélation qu'il fait ». (146)

« Croire a donc une double référence: à la personne et à la vérité; à la vérité par confiance en la personne qui l'atteste ». (147)

55. La foi implique un changement de vie, une « metanoïa », (148) c'est-à-dire un changement profond du regard et du cœur; elle conduit le croyant à une « nouvelle manière d'être, de vivre, de vivre ensemble, que l'Evangile inaugure ». (149) Ce changement de vie se manifeste à tous les niveaux de l'existence du chrétien: dans sa vie intérieure d'adoration et d'accueil de la volonté de Dieu; dans sa participation à la mission de l'Eglise; dans sa vie conjugale et familiale; dans la vie professionnelle; dans les activités économiques et sociales.

La foi et la conversion jaillissent du « cœur », c'est-à-dire du plus profond de la personne humaine, et l'engagent tout entière. Par sa rencontre avec Jésus-Christ et par son adhésion à sa personne, l'être humain voit se combler ses attentes les plus intimes, il trouve ce qu'il a toujours cherché et l'obtient en abondance. (150) La foi répond à cette « attente », (151) souvent inconsciente et toujours limitée, de connaître la vérité sur Dieu, sur l'homme et sur sa destinée. Elle est comme une eau pure (152) sur le chemin de l'homme, pèlerin à la recherche de son foyer.

La foi est un don de Dieu. Elle ne peut naître à l'intime du cœur de l'homme que comme fruit de la grâce « prévenante et aidante » (153) et comme réponse, totalement libre, à l'appel de l'Esprit Saint qui touche le cœur et le tourne vers Dieu, en lui donnant « la douceur de consentir et de croire à la vérité ». (154)

La Vierge Marie a vécu de la manière la plus parfaite ces dimensions de la foi. L'Eglise vénère en elle « la réalisation la plus pure de la foi ». (155)

Le processus de conversion permanente

56. La foi est un don destiné à se développer dans le cœur des croyants. (156) L'adhésion à Jésus-Christ déclenche, en effet, un processus de conversion permanente qui dure toute la vie. (157) La personne qui accède à la foi est comme un nouveau-né (158) qui, petit à petit, grandit et devient un adulte à constituer l'« Homme parfait », (159) à réaliser la plénitude du Christ.

Dans le processus de foi et de conversion, divers moments essentiels sont à souligner du point de vue de la théologie:

a) L'intérêt pour l'Evangile: Le premier moment est celui au cours duquel la première annonce fait naître dans le cœur du non-croyant, de l'indifférent ou du membre d'une autre religion, un intérêt pour l'Evangile, sans qu'il s'agisse encore d'une décision ferme. Ce premier mouvement de l'esprit de l'homme vers la foi, qui est déjà un fruit de la grâce, porte plusieurs noms: « inclination à la foi », (160) « préparation à l'Evangile », (161) inclination à croire, « recherche religieuse ». (162) L'Eglise appelle ceux qui manifestent cette préoccupation des « sympathisants ». (163)

b) La conversion. Ce premier intérêt pour l'Evangile exige un temps de recherche (164) avant de devenir un choix ferme. L'option pour la foi est une décision qui doit être bien pesée. Cette recherche, sous l'action de l'Esprit Saint et par l'annonce du kerygme, conduit à la conversion qui sera, bien sûr, « initiale », (165) mais qui est déjà adhésion à Jésus-Christ et désir de marcher à sa suite. Cette « option fondamentale » fonde toute la vie chrétienne du disciple du Seigneur. (166)

c) La profession de foi. L'abandon à Jésus-Christ engendre chez les croyants le désir de le mieux connaître et de s'identifier à Lui. La catéchèse les initie à la connaissance de la foi et à l'apprentissage de la vie chrétienne, en favorisant un itinéraire spirituel qui entraîne « un changement progressif de la mentalité et des mœurs », (167) fait de renoncements et de luttes, mais aussi de joies que Dieu donne sans mesure. Le disciple de Jésus-Christ est alors prêt pour une profession de foi vivante, explicite et agissante. (168)

d) Le chemin vers la perfection. Cette maturité initiale, source de la profession de foi, n'est pas la dernière étape du processus permanent de conversion. La profession de foi baptismale est le fondement d'un édifice spirituel destiné à grandir. Le baptisé, toujours animé par l'Esprit, nourri par les sacrements, par la prière et par la pratique de la charité, et aidé par les multiples formes d'éducation permanente à la foi, cherche à faire sien le désir du Christ: « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5,48). (169) C'est l'appel à la plénitude adressé à tout baptisé.

57. Le ministère de la Parole est au service de ce processus de pleine conversion. La première annonce appelle à la foi; la catéchèse donne un fondement à la conversion et une structure de fond à la vie chrétienne; l'éducation permanente à la foi — dans laquelle l'homélie tient une place de choix —, est la nourriture dont tout organisme adulte a besoin pour vivre. (170)

L'Evangélisation et les diverses situations socio-religieuses

58. Dans le panorama religieux complexe et mouvant qui se présente à l'évangélisation, « trois situations » (171) exigent tout particulièrement des réponses adéquates et différenciées.

a) La situation des « peuples, des groupes humains, des contextes socio-culturels dans lesquels le Christ et son Evangile ne sont pas connus, ou dans lesquels il n'y a pas de communautés chrétiennes assez mûres pour pouvoir incarner la foi dans leur milieu et l'annoncer à d'autres groupes ». (172) Cette situation requiert la « mission ad gentes », (173) avec une activité évangélisatrice centrée de préférence sur les jeunes et les adultes. Sa particularité tient au fait qu'elle s'adresse aux non-chrétiens en les invitant à la conversion. Dans cette situation, la catéchèse se fait d'ordinaire dans le catéchuménat baptismal.

b) Il est, par ailleurs, d'autres situations où, dans un contexte socio-culturel déterminé, on trouve « des communautés chrétiennes aux structures ecclésiales fortes et adaptées, à la foi et à la vie ferventes, qui rendent témoignage à l'Evangile de manière rayonnante dans leur milieu et qui prennent conscience du devoir de la mission universelle ». (174) Ces communautés ont besoin d'une intense « activité pastorale de l'Eglise », du moment qu'elles sont constituées de personnes et de familles ayant un sens chrétien profond. Dans ce contexte, la catéchèse des petits enfants, des adolescents et des jeunes doit promouvoir de vrais processus d'initiation chrétienne bien organisés, qui leur permettent d'arriver à l'âge adulte avec une foi mûre. D'évangélisés, elle fera d'eux des évangélisateurs. Dans ces situations également, diverses méthodes sont adoptées pour la formation chrétienne des adultes.

c) En de nombreux pays de vieille tradition chrétienne et parfois aussi dans les Eglises plus jeunes, il existe une « situation intermédiaire », (175) où « des groupes entiers de baptisés ont perdu le sens de la foi vivante ou vont jusqu'à ne plus se reconnaître comme membres de l'Eglise, en menant une existence éloignée du Christ et de son Evangile ». (176) Cette situation requiert une « nouvelle évangélisation ». Sa caractéristique consiste dans le fait que l'activité missionnaire s'adresse à des baptisés de tous âges qui vivent dans un contexte religieux où les références chrétiennes existent mais ne sont perçues qu'extérieurement. Dans cette situation, la première annonce et une catéchèse de base sont une priorité.

Interdépendance entre les activités évangélisatrices
dans ces situations

59. Ces situations socio-religieuses sont évidemment différentes et il ne faut pas les assimiler. Cette diversité, qui a toujours caractérisé la mission de l'Eglise, revêt aujourd'hui, dans ce monde qui change, un aspect nouveau. En effet, diverses situations coexistent sur un même territoire. Dans les grandes villes, par exemple, il faut faire face à la situation qui requiert une « mission ad gentes » et à celle qui requiert « une nouvelle évangélisation ». Au milieu de celles-ci des communautés chrétiennes missionnaires sont présentes, édifiées par une « activité pastorale » adaptée. Souvent de nos jours, sur le territoire d'une Eglise particulière, il faut faire face à l'ensemble de ces situations. « Les frontières de la charge pastorale des fidèles, de la nouvelle évangélisation et de l'activité missionnaire spécifique ne sont pas nettement définissables et on ne saurait créer entre elles des barrières ou une compartimentation rigide ». (177) De fait, « chacune exerce une influence sur l'autre, la stimule et lui vient en aide ». (178)

C'est pourquoi, en vue d'un enrichissement mutuel des activités évangélisatrices qui coexistent, il faut tenir compte que:

– la mission ad gentes, quelle que soit la zone ou le milieu dans lequel elle se réalise, est la tâche la plus spécifiquement missionnaire que Jésus ait confiée à son Eglise; elle est par conséquent le modèle par excellence de toute l'activité missionnaire de l'Eglise. La « nouvelle évangélisation » ne peut ni évincer ni remplacer la « mission ad gentes », qui continue d'être l'activité missionnaire spécifique et première. (179)

– « Le modèle de toute catéchèse est le catéchuménat baptismal. Il constitue la formation spécifique par laquelle l'adulte converti à la foi est conduit à la profession de foi baptismale pendant la veillée pascale ». (180) Cette formation catéchuménale doit inspirer les autres formes de catéchèse, dans leurs objectifs et dans leur dynamisme.

– « La catéchèse des adultes, s'adressant à des hommes capables d'une adhésion pleinement responsable, doit être considérée comme la forme privilégiée de la catéchèse, à laquelle toutes les autres — non moins nécessaires —, sont d'une certaine manière ordonnées ». (181) Cela implique que la catéchèse qui s'adresse aux autres tranches d'âge doit s'y référer et former avec elle un projet catéchistique cohérent de pastorale diocésaine.

Ainsi, la catéchèse qui fait partie de la mission évangélisatrice de l'Eglise et qui en est un « moment » essentiel, puise dans l'évangélisation le dynamisme missionnaire qui la féconde du dedans et lui donne son identité propre. Le ministère de la catéchèse est donc un service ecclésial fondamental dans l'accomplissement du mandat missionnaire de Jésus.

CHAPITRE II

La catéchèse dans le processus
d'évangélisation

« Nous l'avons entendu et connu, nos pères nous l'ont raconté; nous ne le tairons pas à leurs enfants; nous raconterons à la génération qui vient la puissance du Seigneur et les merveilles qu'Il a accomplies » (Ps 78,3-4).
« Apollos avait été instruit de la Voie du Seigneur et, dans la ferveur de son âme, il prêchait et enseignait avec exactitude ce qui concerne Jésus » (Ac 18,25).

60. Ce chapitre expose le rapport de la catéchèse avec les autres éléments de l'évangélisation dont elle est partie intégrante.

Il commence par décrire le rapport entre la catéchèse et la première annonce, qui se réalise dans la mission. Il souligne ensuite le lien étroit entre la catéchèse et les sacrements de l'initiation chrétienne. Puis il met en évidence le rôle fondamental de la catéchèse dans la vie ordinaire de l'Eglise, dans sa tâche d'éduquer en permanence à la foi.

Ce chapitre porte une attention particulière au rapport entre la catéchèse et l'enseignement de la religion à l'école car les deux activités sont interdépendantes et, avec l'éducation chrétienne dans la famille, elles sont essentielles à la formation de l'enfance et de la jeunesse.

Première annonce et catéchèse

61. La première annonce est destinée aux non-croyants et à ceux qui, de fait, vivent dans l'indifférence religieuse. Elle a pour objet l'annonce de l'Evangile et l'appel à la conversion. La catéchèse, qui se « distingue de la première annonce de l'Evangile », (182) développe et porte à maturité la conversion initiale en éduquant le converti à la foi et en l'incorporant dans la communauté chrétienne. Ainsi, ces deux formes du ministère de la Parole sont distinctes et se complètent.

La première annonce qui est du devoir de chaque chrétien est une réponse à l'appel de Jésus à ses disciples: « Allez ». (183)

Cette première annonce engage par conséquent à sortir, à se hâter, à proposer. La catéchèse, au contraire, part de la condition mise par Jésus lui-même: « celui qui croira », (184) celui qui se convertira, celui qui se décidera. Les deux actions sont essentielles et s'appellent mutuellement: aller et accueillir, annoncer et éduquer, appeler et incorporer.

62. Dans la pratique pastorale, cependant, les frontières entre les deux actions ne sont pas facilement définissables. Souvent, les personnes qui accèdent à la catéchèse ont besoin, de fait, d'une conversion authentique. C'est pourquoi l'Eglise souhaite, en général, qu'une première étape du processus catéchistique soit consacrée à susciter la conversion. (185) Dans la « missio ad gentes », cette tâche s'effectue dans le « pré-catéchuménat ». (186) Dans la situation qui requiert la « nouvelle évangélisation, on a recours à la catéchèse kérygmatique » que certains appellent « précatéchèse », (187) parce que, en s'inspirant du pré-catéchuménat, elle est une proposition de la Bonne Nouvelle en vue d'une option de foi solide. C'est uniquement à partir de la conversion, c'est-à-dire en comptant sur l'attitude intérieure de « celui qui croira », que la catéchèse proprement dite jouera son rôle spécifique d'éducation à la foi. (188)

Le fait que la catéchèse accomplisse, en un premier temps, cette tâche missionnaire, ne dispense pas l'Eglise particulière de promouvoir une intervention action institutionnelle de première annonce comme accomplissement plus direct du mandat missionnaire de Jésus. Le renouveau catéchistique doit se fonder sur cette évangélisation missionnaire préalable.

La catéchèse au service de l'initiation chrétienne

La catéchèse, « moment » essentiel du processus d'évangélisation

63. L'exhortation apostolique Catechesi Tradendae, en situant la catéchèse dans la mission de l'Eglise, rappelle que l'évangélisation est une réalité riche, complexe et dynamique, faite de « moments » essentiels et différents entre eux. Et elle ajoute: « La catéchèse est l'un de ces moments — et combien remar-

quable — de tout le processus d'évangélisation ». (189) Cela veut dire qu'il y a des activités qui « préparent » (190) la catéchèse et d'autres qui en « découlent ». (191)

Le « moment » de la catéchèse est le temps pendant lequel prend forme la conversion à Jésus-Christ; il établit les fondements de la première adhésion. Les convertis, par « une formation à la vie chrétienne intégrale et un apprentissage mené de la façon qui convient », (192) sont initiés au mystère du Salut et à un mode de vie évangélique. Il s'agit, en effet, de les « initier à la plénitude de la vie chrétienne ». (193)

64. En exerçant de diverses manières cette tâche d'initiation du ministère de la Parole, la catéchèse établit les fondements de l'édifice de la foi. (194) D'autres tâches de ce ministère élèveront ensuite les étages de l'édifice.

La catéchèse d'initiation est ainsi le maillon reliant l'activité missionnaire, qui appelle à la foi, à l'activité pastorale qui régénère la communauté chrétienne. Il ne s'agit donc pas d'une activité facultative, mais fondamentale pour développer aussi bien la personnalité du disciple que celle de la communauté. Sans elle, l'activité missionnaire serait vaine. Sans elle, encore, l'activité pastorale n'aurait pas de fondement et serait donc superficielle, vague: le moindre coup de vent ferait s'écrouler l'édifice. (195)

En vérité, « la croissance intérieure de l'Eglise, sa correspondance avec le dessein de Dieu, dépendent essentiellement d'elle ». (196) En ce sens, la catéchèse doit être considérée comme un moment prioritaire dans l'évangélisation.

La catéchèse au service de l'initiation chrétienne

65. La foi, par laquelle l'homme répond à l'annonce de l'Evangile, exige le baptême. Le lien intime entre foi et baptême s'enracine dans la volonté même du Christ qui ordonne à ses apôtres de faire de toutes les nations ses disciples et de les baptiser. « La mission de baptiser, donc la mission sacramentelle, est impliquée dans la mission d'évangéliser ». (197)

En recevant les sacrements de l'initiation chrétienne — le Baptême, la Confirmation et l'Eucharistie —, ceux qui se sont convertis à Jésus-Christ et ont été éduqués à la foi par la catéchèse, sont « délivrés de la puissance des ténèbres; morts avec le Christ, ensevelis avec Lui et ressuscités avec lui, ils reçoivent l'Esprit d'adoption des enfants et célèbrent avec tout le Peuple de Dieu le mémorial de la mort et de la résurrection du Seigneur ». (198)

. La catéchèse est ainsi un élément fondamental de l'initiation chrétienne; elle est étroitement liée aux sacrements de l'initiation, surtout au Baptême, « sacrement de la foi ». (199) Le maillon qui relie la catéchèse au baptême est la profession de foi; celle-ci est, à la fois, l'élément intérieur de ce sacrement et l'objectif de la catéchèse. La finalité de l'activité catéchistique est précisément de favoriser une profession de foi vivante, explicite et agissante. (200) Pour y parvenir, l'Eglise transmet aux catéchumènes et à ceux qu'il faut catéchiser, son expérience vivante de l'Evangile, sa foi, afin qu'ils se l'approprient en la professant à leur tour. Par conséquent, « la catéchèse authentique est toujours initiation ordonnée et systématique à la Révélation que Dieu a faite de lui-même à l'homme, en Jésus-Christ, Révélation gardée dans la mémoire profonde de l'Eglise et dans les Saintes Ecritures, et constamment communiquée, par une « traditio » vivante et active, d'une génération à l'autre ». (201)

Caractéristiques fondamentales de la catéchèse d'initiation

67. « Moment essentiel » du processus d'évangélisation, au service de l'initiation chrétienne, la catéchèse revêt certaines caractéristiques. (202) Elle est:

– Une formation organique et systématique de la foi. Le Synode de 1977 a souligné la nécessité d'une catéchèse « structurée et cohérente », (203) étant donné que l'approfondissement du mystère chrétien distingue fondamentalement la catéchèse de toutes les autres formes d'annonce de la Parole de Dieu.

– Cette formation organique est plus qu'un enseignement: elle est un apprentissage de toute la vie chrétienne, « une initiation chrétienne intégrale » (204) qui permet une vie authentique à la suite du Christ, centrée sur sa Personne. Il s'agit, en effet, d'éduquer à la connaissance et à la vie de foi, de sorte que l'homme tout entier, dans ses expériences les plus profondes, se sente fécondé par la Parole de Dieu. Le disciple du Christ sera ainsi aidé à transformer le vieil homme, à assumer les promesses de son Baptême et à professer la foi à partir du « cœur ». (205)

– Elle est une formation de base, essentielle, (206) centrée sur le noyau de l'expérience chrétienne, sur les certitudes de la foi et sur les valeurs évangéliques les plus fondamentales. La catéchèse établit les fondements de l'édifice spirituel du chrétien, nourrit les racines de sa vie de foi, en le préparant à recevoir la nourriture solide dans la vie ordinaire de la communauté chrétienne.

68. En résumé, organique et systématique, la catéchèse d'initiation ne peut être un fait circonstanciel ou occasionnel; (207) apprentissage de la vie chrétienne, elle va au-delà — d'un simple enseignement tout en l'incluant —; (208) essentielle, elle porte sur ce qui est « ordinaire » pour le chrétien, sans aborder les questions disputées ni se transformer en recherche théologique. Enfin, initiation, elle incorpore dans la communauté qui vit, célèbre et témoigne de la foi. Elle accomplit donc en même temps des tâches d'initiation, d'éducation et d'instruction. (209) Cette richesse, inhérente au catéchuménat des adultes non-baptisés, doit inspirer les autres formes de catéchèse.

La catéchèse au service de l'éducation permanente de la foi

L'éducation permanente de la foi dans la communauté chrétienne

69. L'éducation permanente de la foi suit l'éducation de base et la suppose. Toutes deux sont des formes du ministère de la Parole, distinctes et complémentaires, au service du processus permanent de conversion.

La catéchèse d'initiation établit les fondements de la vie chrétienne chez les disciples de Jésus. Le processus permanent de conversion va au-delà de ce qu'apporte la catéchèse de base. Pour favoriser ce processus, il faut une communauté chrétienne qui accueille les catéchumènes, les soutienne et les forme dans la foi. « La catéchèse risque de se stériliser si une communauté de foi et de vie chrétienne n'accueille pas le catéchumène à un certain stade de sa catéchèse ». (210) En accompagnant le catéchumène, la communauté le fait vivre pleinement au milieu d'elle.

70. Dans la communauté chrétienne, les disciples de Jésus s'alimentent à une double table: « tant celle de la Parole de Dieu que celle du Corps du Christ ». (211) L'Evangile et l'Eucharistie sont la nourriture constante du pèlerin dans sa marche vers la maison du Père. L'action de l'Esprit Saint fait que le don de la « communion » et l'engagement pour la « mission » sont vécus de manière toujours plus profonde et intense.

L'éducation permanente de la foi s'adresse non seulement à chaque chrétien qu'elle accompagne dans sa marche vers la sainteté, mais aussi à la communauté chrétienne qu'elle fait mûrir dans sa vie intime d'amour de Dieu et des frères et dans son ouverture missionnaire au monde. Le désir et la prière de Jésus au Père sont un appel incessant: « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, afin que le monde croie que tu m'as envoyé ». (212) Pour s'approcher peu à peu de cet idéal, la communauté a besoin d'une grande fidélité à l'action de l'Esprit Saint, de s'alimenter sans cesse au Corps et au Sang du Seigneur et d'éduquer sa foi en permanence, dans l'écoute de la Parole.

A cette table de la Parole de Dieu, l'homélie occupe une place privilégiée car « elle reprend l'itinéraire de foi proposé par la catéchèse et le porte à son achèvement naturel; en même temps, elle pousse les disciples du Seigneur à reprendre chaque jour leur itinéraire spirituel dans la vérité, l'adoration et l'action de grâce ». (213)

Les nombreuses formes de catéchèse permanente

71. Dans l'éducation permanente de la foi, le ministère de la Parole peut compter sur de nombreuses formes de catéchèse, parmi lesquelles:

– L'étude et l'approfondissement de l'Ecriture Sainte, lue non seulement dans l'Eglise, mais avec l'Eglise et avec sa foi toujours vivante. Cela aide à découvrir la vérité divine, de façon à susciter une réponse de foi. La « lectio divina » est une des formes par excellence de cette étude vitale de l'Ecriture. (214)

– La lecture chrétienne des événements, que réclame la vocation missionnaire de la communauté chrétienne. A ce sujet, l'étude de la doctrine sociale de l'Eglise est indispensable puisque « son but principal est d'interpréter ces réalités (celles, complexes, de la vie de l'homme dans la société et dans le contexte international), en examinant leur conformité ou leurs divergences avec les orientations de l'enseignement de l'Evangile ». (215)

– La catéchèse liturgique qui prépare aux sacrements et favorise une compréhension et une expérience plus profonde de la liturgie. Elle explique les contenus des prières, le sens des gestes et des signes, elle éduque à la participation active, à la contemplation et au silence. Elle doit être considérée « comme une forme éminente de catéchèse ». (216)

– La catéchèse occasionnelle qui aide à interpréter et à vivre dans une vision de foi certaines circonstances de la vie personnelle, familiale et sociale. (217)

– Les initiatives de formation spirituelle qui renforcent les convictions, ouvrent à de nouveaux horizons et aident à persévérer dans la prière et dans les engagements de la « sequela Christi ».

– L'approfondissement systématique du message chrétien par un enseignement théologique qui éduque vraiment à la foi, qui fait grandir dans l'intelligence de la foi et donne au chrétien la capacité de rendre compte de son espérance dans le monde actuel. (218) En un certain sens, on pourrait appeler cet enseignement « catéchèse de perfectionnement ».

72. Il est extrêmement important que la catéchèse d'initiation pour les adultes — baptisés ou non —, la catéchèse d'initiation — pour les enfants et les jeunes — et la catéchèse permanente soient reliées entre elles dans le projet catéchistique de la communauté chrétienne, afin que l'Eglise particulière grandisse harmonieusement et que son activité évangélisatrice découle de sources sûres. « Il importe que catéchèse d'enfants et de jeunes, catéchèse permanente, catéchèse d'adultes ne soient pas des domaines étanches... Il faut favoriser leur parfaite complémentarité ». (219)

Catéchèse et enseignement de la religion a l'école

Le caractère propre de l'enseignement de la religion à l'école

73. Une attention spéciale mérite d'être portée — au sein du ministère de la Parole — sur le caractère propre de l'enseignement religieux à l'école et sur son rapport avec la catéchèse des enfants et des jeunes.

L'enseignement de la religion à l'école et la catéchèse ont un rapport distinct et complémentaire: « Il existe un lien indissoluble et, à la fois, une nette distinction entre l'enseignement de la religion et la catéchèse ». (220)

Ce qui confère à l'enseignement de la religion à l'école sa caractéristique, c'est qu'il est appelé à pénétrer le milieu culturel et à entrer en relation avec d'autres formes du savoir. En tant que forme originale du ministère de la parole, en effet, cet enseignement insère l'Evangile dans le processus personnel d'assimilation, systématique et critique, de la culture.(221)

Dans l'univers culturel intériorisé par les élèves et défini par les connaissances et par les valeurs offertes par d'autres disciplines scolaires, l'enseignement de la religion à l'école dépose le ferment dynamique de l'Evangile et tente de « rejoindre vraiment les autres éléments du savoir et de l'éducation, afin que l'Evangile imprègne la mentalité des élèves sur le terrain de leur formation et que l'harmonisation de leur culture se fasse à la lumière de la foi ». (222)

D'où la nécessité que l'enseignement de la religion à l'école apparaisse comme une discipline scolaire, avec la même exigence d'ordre et de rigueur qu'ont les autres disciplines. Il doit présenter le message et l'événement chrétien avec le même sérieux et la même profondeur que ceux mis en œuvre par les autres disciplines pour présenter leurs connaissances. A leurs côtés, il ne se situe pas comme une chose accessoire, mais comme l'élément d'un indispensable dialogue interdisciplinaire. Ce dialogue doit s'instaurer, avant tout, à ce niveau où chaque discipline influe sur la personnalité de l'élève. Ainsi, la présentation du message chrétien jouera sur la manière de concevoir l'origine du monde et le sens de l'histoire, le fondement des valeurs éthiques, le rôle de la religion dans la culture, la destinée de l'homme, le rapport avec la nature. L'enseignement religieux à l'école, à travers ce dialogue interdisciplinaire, fonde, renforce, développe et complète l'action éducative de l'école. (223)

Le contexte scolaire et les destinataires de l'enseignement scolaire de la religion

74. L'enseignement de la religion à l'école s'exerce dans des contextes scolaires différents, ce qui fait que, tout en maintenant son caractère propre, il prend des accentuations diverses. Celles-ci dépendent des conditions juridiques et organisationnelles, de la conception de l'enseignement, des présupposés personnels des enseignants et des élèves, ainsi que des rapports de l'enseignement de la religion à l'école avec la catéchèse familiale et paroissiale.

On ne peut réduire à une seule forme tous les modèles d'enseignement de la religion à l'école qui sont apparus au cours de l'histoire, suite aux conventions avec les Etats et aux délibérations des conférences épiscopales. Il est pourtant nécessaire de s'engager afin que cet enseignement, selon ses présupposés, réponde à sa finalité et à ses caractéristiques particulières. (224)

Les élèves « ont le droit d'apprendre avec vérité et certitude la religion à laquelle ils appartiennent. On ne peut négliger leur droit à connaître plus à fond la personne du Christ ainsi que l'intégrité de l'annonce du salut qu'il a apporté. Le caractère confessionnel de l'enseignement de la religion dans l'école, dispensé par l'Eglise selon les modalités et les formes établies en chaque pays, est donc une garantie indispensable offerte aux familles et aux élèves qui choisissent cet enseignement ». (225)

Pour l'école catholique, cet enseignement de la religion, en étant qualifié et complété par d'autres formes du ministère de la Parole (catéchèses, célébrations liturgiques, etc.), est une partie indispensable de leur tâche pédagogique et le fondement de leur existence. (226)

L'enseignement de la religion, dans le cadre de l'école publique et de l'école non-confessionnelle, là où les autorités civiles ou d'autres circonstances imposent qu'il soit commun aux catholiques et aux non-catholiques, aura un caractère plus œcuménique et servira à une connaissance interreligieuse commune. (227)

En d'autres circonstances, l'enseignement scolaire de la religion pourra prendre un caractère plutôt culturel, s'intéressant à la connaissance des religions, tout en présentant la religion catholique avec l'importance qui lui revient. (228) Dans ce cas également, surtout s'il est dispensé par un professeur sincèrement respectueux, il garde une dimension de vraie « préparation évangélique ».

75. La situation de vie et de foi des élèves qui fréquentent l'enseignement religieux dans l'école est caractérisée par une mutation continue et considérable. L'enseignement religieux à l'école doit tenir compte de ce donné pour pouvoir rejoindre ses propres finalités.

L'enseignement scolaire de la religion aide les élèves croyants à mieux comprendre le message chrétien par rapport aux grands problèmes de l'existence qui sont communs aux religions et caractéristiques de tout être humain, par rapport aux conceptions de la vie les plus répandues dans la culture, et aux principaux problèmes moraux qui concernent l'humanité actuelle.

Quant aux élèves qui sont en phase de recherche, ou confrontés à des doutes religieux, ils pourront trouver dans l'enseignement religieux scolaire ce qu'est exactement la foi en Jésus-Christ, quelles sont les réponses de l'Eglise à leurs questions, leur permettant de mieux peser leur décision personnelle.

Enfin, pour les élèves non-croyants, l'enseignement scolaire de la religion revêt les caractéristiques d'une annonce missionnaire de l'Evangile, en vue d'une décision de foi que la catéchèse, de son côté, dans un contexte communautaire, fera grandir et mûrir.

Education chrétienne en famille, catéchèse et enseignement de la religion à l'école au service de l'éducation dans la foi

76. L'éducation chrétienne en famille, la catéchèse et l'enseignement de la religion à l'école, chacun selon ses caractéristiques propres, sont intimement liés entre eux, au service de l'éducation chrétienne des enfants, des adolescents et des jeunes. Sur le plan pratique, il faut cependant tenir compte des variations qui se présentent, afin de procéder avec réalisme et prudence pastorale à l'application des orientations générales.

Il appartient, par conséquent, à chaque diocèse ou région pastorale de discerner les diverses circonstances, soit en ce qui concerne l'existence ou non d'une initiation chrétienne dans le milieu familial, soit en ce qui concerne les tâches éducatives exercées dans la tradition ou la situation locale par les paroisses, les écoles, etc.

Les Eglises particulières et la conférence épiscopale donneront donc les orientations propres aux divers milieux, en encourageant des activités qui sont, à la fois, distinctes et complémentaires.

CHAPITRE III

Nature, but et tâches
de la catéchèse

« ...Que toute langue proclame de Jésus-Christ qu'il est Seigneur à la gloire de Dieu le Père » (Ph 2,11).

77. Après avoir défini la place de la catéchèse dans la mission évangélisatrice de l'Eglise, ses rapports avec les divers éléments de l'évangélisation et avec les autres formes du ministère de la Parole, ce chapitre entend réfléchir particulièrement à ce qui suit:

– la nature ecclésiale de la catéchèse, c'est-à-dire le sujet agissant de la catéchèse: l'Eglise animée par l'Esprit;

– la finalité qu'elle poursuit fondamentalement en catéchisant;

– les tâches par lesquelles elle réalise cette finalité, qui constituent ses objectifs les plus immédiats;

– la gradualité interne au processus catéchistique et l'inspiration catéchuménale qui l'anime.

D'autre part, ce chapitre approfondit davantage le caractère propre de la catéchèse — déjà décrit dans le chapitre précédent lors de l'étude des relations qu'elle établit avec les autres activités ecclésiales.

La catéchèse, une action de nature ecclésiale

78. La catéchèse est un acte essentiellement ecclésial. (229) Le vrai sujet de la catéchèse est l'Eglise qui, continuant la mission du Maître, Jésus, et, sous l'action de l'Esprit, a été appelée à être éducatrice de la foi. Par conséquent, l'Eglise, en imitant la Mère du Seigneur, conserve fidèlement l'Evangile dans son cœur, (230) elle l'annonce, le célèbre, le vit et le transmet, par la catéchèse, à tous ceux qui ont décidé de suivre Jésus-Christ.

Cette transmission de l'Evangile est un acte vivant de tradition ecclésiale: (231)

– En effet, l'Eglise transmet la foi qu'elle-même vit: son intelligence du mystère de Dieu et de son dessein de salut; sa vision de la très haute vocation de l'homme; le style de vie évangélique qui communique la joie du Royaume; l'espérance qui l'envahit; l'amour qu'elle ressent pour l'humanité et pour toutes les créatures de Dieu.

– L'Eglise transmet la foi d'une manière active, elle la sème dans le cœur des catéchumènes et des catéchisés, pour féconder leurs expériences les plus profondes. (232) La profession de foi reçue de l'Eglise (« traditio »), en germant et en grandissant tout au long du processus catéchistique, est restituée (« redditio »), enrichie des valeurs des différentes cultures. (233) Le catéchuménat devient ainsi un centre fondamental de développement de la catholicité et un ferment de renouveau de l'Eglise.

79. En transmettant la foi et la vie nouvelle — par l'initiation chrétienne — l'Eglise agit comme la mère des hommes qui engendre des fils conçus du Saint-Esprit et nés de Dieu. (234) Précisément « parce qu'elle est notre mère, elle est aussi l'éducatrice de notre foi ». (235) Elle est, à la fois, mère et éducatrice. Par la catéchèse, elle nourrit ses fils de sa propre foi et les incorpore dans la famille de l'Eglise. En mère pleine de bonté, elle leur offre l'Evangile dans toute son authenticité et sa pureté, comme une nourriture adaptée, culturellement enrichie, comme une réponse aux aspirations les plus profondes du cœur de l'homme.

But de la catéchèse: la communion avec Jésus-Christ

80. « Le but définitif de la catéchèse est de mettre quelqu'un non seulement en contact mais en communion, en intimité, avec Jésus-Christ ». (236)

Toute l'activité évangélisatrice tend à favoriser la communion avec Jésus-Christ. A partir de la conversion « initiale » (237) d'une personne au Seigneur, provoquée par l'Esprit Saint avec la première annonce, la catéchèse se propose de donner un fondement à cette première adhésion et de la faire mûrir. Il s'agit d'aider celui qui vient de se convertir à « ...mieux connaître ce Jésus auquel il s'est livré: connaître son "mystère", le Royaume de Dieu qu'il annonce, les exigences et les promesses contenues dans son message évangélique, les sentiers qu'il a tracés pour quiconque veut le suivre ». (238) Le Baptême est le sacrement « par lequel nous sommes conformés au Christ », (239) et qui soutient par sa grâce, l'œuvre de la catéchèse.

81. La communion avec Jésus-Christ, de par sa dynamique intrinsèque, pousse le disciple à s'unir à tout ce à quoi Jésus-Christ était lui-même profondément uni: à Dieu, son Père, qui l'avait envoyé dans le monde, et à l'Esprit Saint qui lui donnait l'élan pour la mission; à l'Eglise, son corps, pour laquelle il se livra, et aux hommes, ses frères, dont il a voulu partager la condition.

Le but de la catéchèse s'exprime dans la profession de foi au Dieu unique: Père, Fils et Saint-Esprit

82. La catéchèse est la forme particulière du ministère de la Parole qui fait mûrir la conversion initiale, jusqu'à ce qu'elle devienne une profession de foi vivante, explicite et agissante: « La catéchèse naît de la profession de foi et mène à la profession de foi ». (240)

La profession de foi, lors du Baptême, (241) est éminemment trinitaire. L'Eglise baptise « au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit » (Mt 28,19), (242) Dieu un et trine, auquel le chrétien confie sa vie. La catéchèse d'initiation prépare — avant et après le Baptême — à cet engagement décisif. La catéchèse permanente aidera à faire mûrir la profession de foi, à la proclamer dans l'Eucharistie et à renouveler les engagements qu'elle implique. Il est important que la catéchèse sache bien faire le lien entre la profession de foi christologique, « Jésus est le Seigneur » et la profession de foi trinitaire, « Je crois au Père, au Fils et au Saint-Esprit », puisqu'il ne s'agit que de deux manières d'exprimer la même foi chrétienne. Celui qui, dans la première annonce, se convertit à Jésus-Christ et le reconnaît comme Seigneur, entreprend un processus qui, avec l'aide de la catéchèse, conduit nécessairement à la profession explicite de la Trinité.

Par la profession de foi en l'unique Dieu, le chrétien renonce à servir tout autre absolu humain: pouvoir, plaisir, race, ancêtres, Etat, argent..., (243) et se libère de toute idole qui le rend esclave. Il proclame sa volonté de servir Dieu et les hommes sans aucune entrave. En professant sa foi en la Trinité, communion de personnes, le disciple de Jésus-Christ manifeste, en même temps, que l'amour de Dieu et du prochain est le principe qui informe son être et son agir.

83. La profession de foi n'est complète qu'en référence à l'Eglise. Chaque baptisé proclame individuellement le Credo car aucun acte n'est plus personnel. Mais il le récite dans l'Eglise et par son intermédiaire, en tant que l'un de ses membres. Le « je crois » et le « nous croyons » s'impliquent mutuellement. (244) En fondant sa profession dans celle de l'Eglise, le chrétien est incorporé à sa mission: être « sacrement universel de salut » pour la vie du monde. Celui qui proclame la profession de foi prend des engagements qui lui vaudront souvent la persécution. Dans l'histoire chrétienne, les annonciateurs et les témoins par excellence sont les martyrs. (245)

Les tâches de la catéchèse réalisent son but

84. Le but de la catéchèse est atteint à travers diverses tâches qui s'impliquent mutuellement. (246) Pour les mettre en œuvre, la catéchèse s'inspirera de la méthode suivie par Jésus pour former ses disciples: il leur faisait connaître les diverses dimensions du Royaume de Dieu (« A vous il a été donné de connaître les mystères du Royaume de Dieu » — Mt 13,1); (247) il leur apprenait à prier (« Lorsque vous priez, dites: Père... » Lc 11,2); (248) il leur proposait les attitudes évangéliques (« Mettez-vous à mon école car je suis doux et humble de cœur »Mt 11,29), il les initiait à la mission (« Il les envoya deux par deux... » Lc 10,1). (249)

Les tâches de la catéchèse correspondent à l'éducation des diverses dimensions de la foi, car la catéchèse est une formation chrétienne intégrale, « ouverte à toutes les composantes de la vie chrétienne ». (250) En vertu de sa dynamique interne, la foi exige d'être connue, célébrée, vécue et traduite en prière. La catéchèse doit promouvoir chacune de ces dimensions. Mais la foi se vit dans la communauté chrétienne et s'annonce dans la mission: c'est une foi partagée et annoncée. Ces dimensions doivent également être favorisées par la catéchèse.

Le Concile Vatican II a exprimé ces tâches ainsi: « la formation catéchistique qui éclaire et fortifie la foi nourrit la vie selon l'Esprit du Christ, achemine à la participation consciente et active au mystère liturgique et incite à l'action apostolique ». (251)

Les tâches fondamentales de la catéchèse: aider à connaître, à célébrer, à vivre et à contempler le mystère du Christ

85. Les tâches fondamentales de la catéchèse sont:

Favoriser la connaissance de la foi

Celui qui a rencontré le Christ souhaite le connaître toujours plus, tout comme il souhaite connaître le dessein du Père qu'il a révélé. La connaissance des contenus de la foi (fides quae) est requise par l'adhésion à la foi (fides qua). (252) Dans l'ordre humain déjà, lorsqu'on aime une personne, on souhaite la connaître toujours davantage. La catéchèse doit donc conduire « à faire percevoir peu à peu la vérité tout entière du dessein divin », (253) en formant les disciples de Jésus-Christ à la connaissance de la Tradition et des Ecritures qui sont « la science éminente de Jésus-Christ » (Ph 3,8). (254)

L'approfondissement dans la connaissance de la foi donne une lumière chrétienne à l'existence humaine, nourrit la vie de foi, et permet d'en rendre raison dans le monde. La remise du symbole, synthèse de l'Ecriture Sainte et de la foi de l'Eglise, exprime la réalisation de cette tâche.

– L'éducation liturgique

En effet, « le Christ est toujours là, auprès de son Eglise, surtout dans les actions liturgiques ». (255) La communion avec Jésus-Christ conduit à célébrer sa présence salutaire dans les sacrements, et, en particulier, dans l'Eucharistie. L'Eglise souhaite ardemment que tous les fidèles chrétiens soient conduits à cette participation pleine, consciente et active qu'exige la nature de la liturgie elle-même, comme aussi la dignité de leur sacerdoce baptismal. (256) Aussi, la catéchèse doit-elle favoriser non seulement la connaissance de la signification de la liturgie et des sacrements, mais aussi éduquer les disciples de Jésus-Christ « à la prière, à l'action de grâce, à la pénitence, aux prières faites avec confiance, au sens communautaire, au langage des symboles... »; (257) tout cela est nécessaire à une vie liturgique authentique.

– La formation morale

Se convertir à Jésus-Christ implique de marcher à sa suite. Aussi la catéchèse doit-elle transmettre aux disciples les attitudes mêmes du Maître. Ils suivront ainsi un itinéraire de transformation intérieure, au long duquel, par leur participation au mystère pascal du Seigneur, ils « passent du vieil homme à l'homme nouveau dans le Christ ». (258) Le Sermon sur la Montagne, dans lequel Jésus reprend le décalogue et le marque de l'esprit des Béatitudes, (259) est une référence indispensable dans l'éducation morale, aujourd'hui si nécessaire. L'évangélisation, qui « comporte également l'annonce et la proposition de la morale », (260) répand toute sa puissance d'interpellation, quand, avec la parole annoncée, elle sait offrir également la parole vécue. Ce témoignage moral, auquel la catéchèse prépare, doit savoir mettre en valeur les conséquences sociales des exigences évangéliques. (261)

– Enseigner à prier

La communion avec Jésus-Christ conduit les disciples à prendre la même attitude de prière et de contemplation qui fut celle du Maître. Apprendre à prier avec Jésus c'est prier avec les mêmes sentiments qu'il exprimait lorsqu'il s'adressait au Père: d'adoration, de louange, d'action de grâce, de confiance filiale, de supplication, d'admiration pour sa gloire. Ces sentiments se reflètent dans le Notre Père, la prière que Jésus enseigna à ses disciples et qui est le modèle de toute prière chrétienne. La « remise du Notre Père », (262) synthèse de tout l'Evangile, (263) est donc l'expression authentique de l'accomplissement de cette tâche. Lorsque la catéchèse est donnée dans un climat de prière, l'apprentissage de toute la vie chrétienne atteint toute sa profondeur. Ce climat devient particulièrement nécessaire lorsque le catéchumène et les catéchisés ont à faire face aux aspects les plus exigeants de l'Evangile et se sentent faibles, ou lorsqu'ils découvrent — avec émerveillement — l'action de Dieu dans leur vie.

Autres tâches fondamentales de la catéchèse: initiation et éducation à la vie communautaire et à la mission

86. La catéchèse rend le chrétien capable de vivre en communauté et de participer activement à la vie et à la mission de

l'Eglise. Le Concile Vatican II souligne la nécessité, pour les pasteurs, de « développer vraiment l'esprit communautaire », (264) et, pour les catéchumènes, d'« apprendre à coopérer activement à l'évangélisation et à la construction de l'Eglise ». (265)

– L'éducation à la vie communautaire

a) La vie chrétienne en communauté ne s'improvise pas; il y faut éduquer avec soin. Dans cet apprentissage, l'enseignement de Jésus sur la vie communautaire, rapporté dans l'Evangile de Saint Matthieu, appelle certaines attitudes que la catéchèse devra inculquer: l'esprit de simplicité et d'humilité (« si vous ne retournez à l'état des enfants... »Mt 18,3); le souci des plus petits (« si quelqu'un scandalise l'un de ces petits... »Mt 18,6); l'attention particulière pour ceux qui se sont éloignés (« aller à la recherche de la brebis égarée » – Mt 18,12); la correction fraternelle (« reprends-le, seul à seul » – Mt 18,15); la prière en commun (« si deux d'entre vous unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit » – Mt 18,19); le pardon réciproque (« jusqu'à soixante-dix-sept fois... »Mt 18,22). L'amour fraternel unifie toutes ces attitudes (« aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » – Jn 13,34).

b) En éduquant au sens communautaire, la catéchèse prendra soin aussi de la dimension œcuménique et encouragera les attitudes fraternelles à l'égard des membres des autres Eglises et communautés chrétiennes. Dans ce but, la catéchèse exposera donc clairement toute la doctrine de l'Eglise catholique en évitant des expressions ou des développements qui risquent d'induire en erreur. Elle favorisera en outre « une bonne connaissance des autres confessions », (266) avec lesquelles existent des biens communs tels que « la parole de Dieu écrite, la vie de la grâce, la foi, l'espérance et la charité, et d'autres dons intérieurs du Saint-Esprit ». (267) La catéchèse aura une dimension œcuménique dans la mesure où elle saura susciter et alimenter un « vrai désir de l'unité », (268) non pas en vue d'un irénisme facile, mais en vue de l'unité parfaite, quand le Seigneur le voudra et par les voies qu'il voudra.

– L'initiation à la mission

a) La catéchèse est également ouverte au dynamisme missionnaire. (269) Elle s'efforce de faire en sorte que les disciples de Jésus sachent être présents, en chrétiens, dans la société, dans la vie professionnelle, culturelle et sociale. Elle les préparera aussi à apporter leur collaboration dans les divers services d'Eglise, selon la vocation de chacun. Cet engagement pour l'évangélisation découle, chez les fidèles laïcs, des sacrements de l'initiation chrétienne et du caractère séculier de leur vocation. (270) Il est également important de tout mettre en œuvre en vue de susciter des vocations sacerdotales et de particulière consécration à Dieu dans les diverses formes de vie religieuse et apostolique, et en vue d'allumer dans le secret des cœurs des vocations spécifiquement missionnaires.

Les attitudes évangéliques proposées par Jésus à ses disciples, lorsqu'il les initia à la mission, sont celles-là mêmes que la catéchèse doit promouvoir: aller à la recherche de la brebis égarée; annoncer et guérir en même temps; se présenter comme pauvres, sans or ni besace; savoir accepter le rejet et la persécution; mettre sa confiance dans le Père et dans le soutien de l'Esprit Saint; n'attendre en récompense que la joie de travailler pour le Royaume. (271)

b) En éduquant à ce sens missionnaire, la catéchèse formera au dialogue interreligieux qui peut rendre les fidèles capables d'une communication fructueuse avec les hommes et les femmes appartenant à d'autres religions. (272) La catéchèse fera ressortir que le lien de l'Eglise avec les religions non chrétiennes est, tout d'abord, celui de l'origine et de la destinée communes du genre humain, tout comme celui des multiples « semences de la Parole » déposées par Dieu dans ces religions. La catéchèse aidera aussi à savoir concilier, et, en même temps, distinguer, l'« annonce du Christ » et le « dialogue interreligieux ». Ces deux éléments, bien que restant intimement liés, ne doivent être ni confondus ni tenus pour équivalents. (273) En effet « le dialogue ne dispense pas de l'évangélisation ». (274)

Quelques considérations sur l'ensemble de ces tâches

87. Les tâches de la catéchèse constituent donc un ensemble, aux aspects riches et variés, qui mérite quelques considérations:

– Les tâches sont toutes nécessaires. Comme l'organisme humain a besoin pour vivre que tous ses organes fonctionnent, la vie chrétienne, pour atteindre sa maturité, a besoin que soient cultivées toutes ses dimensions: la connaissance de la foi, la vie liturgique, la formation morale, la prière, l'appartenance communautaire, l'esprit missionnaire. Si la catéchèse néglige une seule de ces dimensions, la foi chrétienne n'atteindra pas son plein développement.

– Chaque tâche, à sa manière, réalise le but de la catéchèse. La formation morale, par exemple, est essentiellement christologique et trinitaire, pleine de signification ecclésiale et ouverte à la dimension sociale. Il en est de même de l'éducation liturgique, essentiellement religieuse et ecclésiale, mais aussi très exigeante dans son engagement d'évangélisation en faveur du monde.

– Les tâches s'impliquent mutuellement et se développent ensemble. Chaque grand thème catéchistique, comme, par exemple, la catéchèse sur Dieu le Père, a une dimension de connaissance et des implications morales; elle est intériorisée dans la prière et assumée dans le témoignage. Une tâche en appelle une autre: la connaissance de la foi rend apte à la mission; la vie sacramentelle donne la force pour la transformation morale.

– Pour réaliser ses tâches, la catéchèse a recours à deux grands moyens: la transmission du message évangélique et l'expérience de la vie chrétienne. (275) Dans l'éducation liturgique, par exemple, il faut expliquer ce qu'est la liturgie chrétienne et ce que sont les sacrements; mais il faut aussi faire faire l'expérience des différents types de célébration, faire découvrir et aimer les symboles, le sens des gestes corporels, etc. Dans la formation morale, il faut non seulement transmettre le contenu de la morale chrétienne, mais cultiver activement les attitudes évangéliques et les valeurs chrétiennes.

– On éduque aux différentes dimensions de la foi aussi bien sous leur aspect de « don » que sous leur aspect d'« engagement », de devoir. La connaissance de la foi, la vie liturgique, la « sequela Christi » sont chacune un don de l'Esprit reçu dans la prière et, en même temps, une incitation à étudier, au niveau spirituel, moral et du témoignage. Il faut cultiver les deux aspects. (276)

– Chaque dimension de la foi, comme celle-ci dans son ensemble, doit s'enraciner dans l'expérience humaine, et ne pas rester un élément postiche ou isolé. La connaissance de la foi est pleine de sens, elle illumine toute l'existence et elle dialogue avec la culture; dans la liturgie, toute la vie personnelle est une offrande spirituelle; la morale de l'Evangile assume et élève les valeurs humaines; la prière est ouverte à tous les problèmes personnels et sociaux. (277)

Comme l'indiquait le Directoire de 1971, « il est très important que la catéchèse conserve cette richesse d'aspects variés, de sorte qu'aucun aspect ne soit isolé au détriment des autres ». (278)

Le catéchuménat baptismal: structure et gradualité

88. La foi, animée par la grâce de Dieu et alimentée par l'action de l'Eglise, connaît un processus de maturation. La catéchèse, au service de cette croissance, est une activité graduelle. Une catéchèse opportune se fait par degrés. (279)

Dans le catéchuménat baptismal, la formation s'échelonne sur quatre étapes:

– le pré-catéchuménat, (280) temps de la première évangélisation en vue de la conversion, pendant lequel on explicite le kérygme de la première annonce;

– le catéchuménat (281) proprement dit, destiné à la catéchèse intégrale et au commencement duquel a lieu la « remise des Evangiles »; (282)

– le temps de la purification et illumination, (283) qui prépare plus intensément aux sacrements d'initiation, et pendant lequel ont lieu « la remise du Symbole » (284) et la « remise de la Prière du Seigneur »; (285)

– le temps de la mystagogie, (286) caractérisé par l'expérience des sacrements et par l'entrée dans la communauté.

89. Ces étapes, pleines de la sagesse de la grande tradition catéchuménale, inspirent la gradualité de la catéchèse. (287) Au temps des Pères de l'Eglise, en effet, la formation proprement catéchuménale se faisait par la catéchèse biblique, centrée sur la narration de l'Histoire du Salut; la préparation immédiate au Baptême, par la catéchèse doctrinale, qui expliquait le Symbole et le Notre Père qui venaient d'être remis, ainsi que leurs implications morales; et l'étape qui suivait les sacrements de l'initiation, par la catéchèse mystagogique, qui aidait à intérioriser ces sacrements et à s'incorporer dans la communauté. Cette conception patristique continue d'être une source de lumière pour le catéchuménat actuel et pour la catéchèse d'initiation.

Celle-ci, comme accompagnement du processus de conversion, est essentiellement graduelle; et, étant au service de celui qui a décidé de suivre Jésus-Christ, elle est éminemment christocentrique.

Le catéchuménat baptismal, inspirateur de la catéchèse dans l'Eglise

90. La mission ad gentes étant le paradigme de toute l'action missionnaire de l'Eglise, le catéchuménat baptismal, qui lui est lié, est le modèle dont s'inspire son action catéchistique. (288) Aussi est-il important de souligner les éléments du catéchuménat qui doivent inspirer la catéchèse actuelle, ainsi que la signification de cette inspiration. Cependant, il faut relever qu'il y a une différence fondamentale entre les catéchisés et les catéchumènes, (289) et de même entre la catéchèse post-baptismale et la catéchèse pré-baptismale qui leur sont respectivement dispensées. Les premiers ont reçu les sacrements d'initiation, ils « ont déjà été introduits dans l'Eglise et sont devenus fils de Dieu par le Baptême. Le fondement de leur conversion est donc le Baptême déjà reçu, dont ils doivent développer la puissance ». (290)

91. Face à cette différence substantielle, il est utile de considérer maintenant quelques éléments du catéchuménat baptismal qui doivent inspirer la catéchèse post-baptismale:

– Le catéchuménat baptismal ne cesse de rappeler à toute l'Eglise l'importance fondamentale de la fonction de l'initiation, avec les facteurs de base qui la constituent: la catéchèse et les sacrements du Baptême, de la Confirmation et de l'Eucharistie. La pastorale d'initiation chrétienne est vitale pour chaque Eglise particulière.

– Le catéchuménat baptismal est une responsabilité de toute la communauté chrétienne. En effet, « cette initiation chrétienne doit être l'œuvre non pas des seuls catéchistes ou des seuls prêtres, mais de toute la communauté des fidèles, spécialement celle des parrains ». (291) L'institution catéchuménale accroît ainsi dans l'Eglise la conscience de la maternité spirituelle qu'elle exerce dans toute forme d'éducation à la foi. (292)

– Le catéchuménat baptismal est tout imprégné du mystère de la Pâque du Christ. C'est pourquoi « toute l'initiation doit révéler clairement son caractère pascal ». (293) La Veillée pascale, centre de la liturgie chrétienne, et sa spiritualité baptismale, sont une source d'inspiration pour toute la catéchèse.

– Le catéchuménat baptismal est aussi le premier lieu d'inculturation. En suivant l'exemple de l'Incarnation du Fils de Dieu, qui s'est fait homme à un moment concret de l'histoire, l'Eglise accueille les catéchumènes tels qu'ils sont, avec leurs liens culturels. Toute l'action catéchistique participe à cette fonction d'incorporer dans la catholicité de l'Eglise les authentiques « semences de la Parole » répandues parmi les individus et les peuples. (294)

– Enfin, concevoir le catéchuménat baptismal comme «un processus de formation et une véritable école de la foi », c'est doter la catéchèse post-baptismale d'une dynamique et de certaines notes qui la qualifient: l'intensité et l'intégrité de la formation; son caractère graduel, avec des étapes définies; son lien avec des rites, des symboles et des signes, spécialement bibliques et liturgiques; sa référence constante à la communauté chrétienne...

La catéchèse post-baptismale, sans se calquer sur la configuration du catéchuménat baptismal, et en reconnaissant aux catéchisés leur état de baptisés, fera bien de s'inspirer de cette « école préparatoire à la vie chrétienne », (295) en se laissant féconder par les principaux éléments qui la caractérisent.

PARTIE II

LE MESSAGE EVANGELIQUE

Le message évangélique

« La vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jn 17,3).
« Jésus vint en Galilée, proclamant l'Evangile de Dieu et disant: "Le temps est accompli et le Royaume de Dieu est tout proche; repentez-vous et croyez à l'Evangile" » (Mc 1,14-15).
« Je vous rappelle, frères, l'Evangile que je vous ai annoncé... Je vous ai transmis en premier lieu ce que j'avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Ecritures, qu'il a été mis au tombeau, qu'il est ressuscité le troisième jour selon les Ecritures » (1 Cor 15,1-4).

Sens et but de cette partie

92. La foi chrétienne, qui permet à une personne de dire « oui » à Jésus-Christ, peut être envisagée sous deux aspects:

– soit comme adhésion à Dieu qui se révèle — adhésion donnée sous l'influence de la grâce.

En ce cas, la foi consiste à se confier et à s'abandonner à la parole de Dieu (fides qua);

– soit comme contenu de la Révélation et du message évangélique.

En ce sens, la foi s'exprime dans l'engagement à connaître toujours mieux le sens profond de cette Parole (fides quae).

Ces deux aspects sont, de par leur nature, indissociables. La maturation et la croissance de la foi exigent leur développement organique et cohérent. Cependant, pour des raisons de méthode, il est possible de les considérer séparément. (296)

93. Cette deuxième partie traite du contenu du message évangélique (fides quae).

– Le premier chapitre indique les normes et les critères que la catéchèse doit suivre pour fonder, formuler et exposer ses contenus. Chaque forme du ministère de la Parole, en effet, ordonne et présente le message évangélique selon son caractère propre.

– Le deuxième chapitre traitera du contenu de la foi, tel que le présente le Catéchisme de l'Eglise catholique, texte de référence doctrinale pour la catéchèse. A cet effet on présente quelques indications pouvant aider à assimiler et à intérioriser le Catéchisme, et aussi à le situer au sein de l'action catéchétique de l'Eglise. Cette deuxième partie fournit en outre quelques critères afin que, en référence au Catéchisme de l'Eglise Catholique, les Eglises particulières élaborent des Catéchismes locaux qui — en sauvegardant l'unité de la foi — prennent en compte comme il se doit les diverses situations et cultures.

CHAPITRE I

Normes et critères pour la présentation
du message évangélique dans la catéchèse

« Ecoute, Israël: Le Seigneur notre Dieu est le seul Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir. Que ces paroles que je te dicte aujourd'hui restent dans ton cœur; tu les répéteras à tes fils, tu les leur diras aussi bien assis dans ta maison que marchant sur la route, couché aussi bien que debout; tu les attacheras à ta main comme un signe, sur ton front comme un bandeau; tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes » (Dt 6,4-9).
« Et le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous » (Jn 1,14).

La parole de Dieu, source de la catéchèse

94. La source à laquelle la catéchèse puise son message est la parole de Dieu:

« La catéchèse puisera toujours son contenu à la source vivante de la Parole de Dieu, transmise dans la Tradition et dans les Ecritures, car la sainte Tradition et la sainte Ecriture constituent un unique dépôt sacré de la Parole de Dieu, confié à l'Eglise ». (297)

Ce « dépôt de la foi », (298) tel le trésor du maître de maison, est confié à l'Eglise, famille de Dieu; elle en tire sans cesse du neuf et de l'ancien. (299) Tous les fils du Père, animés de son Esprit, se nourrissent de ce trésor de la Parole. Ils savent que la Parole c'est Jésus-Christ, le Verbe fait homme et que sa voix continue de retentir, par l'Esprit Saint, dans l'Eglise et dans le monde.

La parole de Dieu, par une remarquable « condescendance » (300) divine, nous est adressée et nous parvient par des « œuvres et des paroles » humaines, de même que « jadis le Verbe du Père éternel, ayant pris l'infirmité de notre chair, est devenu semblable aux hommes ». (301) Sans cesser d'être parole de Dieu, elle s'exprime en parole humaine. Bien que proche, elle reste cependant voilée, dans un état de « kénose ». Aussi l'Eglise, guidée par l'Esprit-Saint, a-t-elle besoin de l'interpréter continuellement et, tandis qu'elle la contemple dans un profond esprit de foi, elle « l'écoute avec piété, la garde saintement et l'expose avec fidélité ». (302)

La source et « les sources » du message de la catéchèse (303)

95. La parole de Dieu contenue dans la sainte Tradition et dans la sainte Ecriture:

– est méditée et comprise toujours plus profondément par le biais du sens de la foi de tout le Peuple de Dieu, sous la conduite du Magistère qui l'enseigne avec autorité;

– est célébrée dans la liturgie où elle est constamment proclamée, écoutée, intériorisée et commentée;

– resplendit dans la vie de l'Eglise, dans son histoire deux fois millénaire, et surtout dans le témoignage des chrétiens, des saints particulièrement;

– est approfondie dans la recherche théologique, qui aide les croyants à progresser dans l'intelligence vitale des mystères de la foi;

– se manifeste dans les valeurs religieuses et morales authentiques qui sont répandues dans la société humaine et dans les diverses cultures en tant que semences de la Parole.

96. Ce sont là les sources, principales ou subsidiaires, de la catéchèse, qui, en aucun cas, ne doivent être comprises dans un sens univoque. (304) La Sainte Ecriture « est parole de Dieu en tant que, sous l'inspiration de l'Esprit divin, elle est consignée par écrit »; (305) et la sainte Tradition « transmet intégralement aux successeurs des Apôtres la parole de Dieu qui fut confiée à ceux-ci par le Christ Seigneur et par l'Esprit-Saint ». (306) Le Magistère a la charge « d'interpréter de façon authentique la parole de Dieu », (307) exerçant, au nom de Jésus-Christ, un service ecclésial fondamental. Tradition, Ecriture et Magistère, étroitement liés et solidaires entre eux, sont, « chacun à sa façon », (308) les sources principales de la catéchèse.

Les « sources » de la catéchèse ont, chacune, leur langage propre, que l'on exprime par une riche variété de « documents de foi ». La catéchèse est la tradition vivante de ces documents: (309) péricopes bibliques, textes liturgiques, écrits des Pères de l'Eglise, formulations du Magistère, symboles de la foi, témoignages des saints, réflexions théologiques.

La source vive de la parole de Dieu et les « sources » qui en découlent et par lesquelles elle s'exprime, dictent à la catéchèse les critères pour transmettre son message à tous ceux qui ont mûri leur décision de suivre Jésus-Christ.

Les critères pour la présentation du message

97. Les critères pour présenter le message évangélique dans la catéchèse sont étroitement liés entre eux puisqu'ils jaillissent d'une même source.

– Le message centré sur la personne de Jésus-Christ (christocentrisme), de par sa dynamique interne, introduit à la dimension trinitaire du message.

– L'annonce de la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu, centrée sur le don du salut, implique un message de libération ».

– Le caractère ecclésial du message renvoie à son caractère historique, puisque la catéchèse — comme l'évangélisation en général — s'exerce dans le « temps de l'Eglise ».

– Le message évangélique en tant que Bonne Nouvelle destinée à tous les peuples, recherche l'inculturation; celle-ci ne pourra se réaliser en profondeur que si le message est présenté dans son intégrité et sa pureté.

– Le message évangélique est nécessairement un message organique, avec sa propre hiérarchie des vérités. C'est cette vision harmonique de l'Evangile qui le transforme en un événement riche de sens pour la personne humaine.

Bien que ces critères soient valables pour tout le ministère de la Parole, nous allons les développer en rapport à la catéchèse.

Le christocentrisme du message évangélique

98. Jésus-Christ ne transmet pas seulement la parole de Dieu: Il est la parole de Dieu. Aussi est-ce la catéchèse tout entière qui Lui est référée.

En ce sens, ce qui caractérise avant tout le message transmis par la catéchèse, c'est le « christocentrisme », (310) qu'il faut comprendre selon plusieurs sens:

– Il signifie en premier lieu, qu'« au cœur de la catéchèse nous trouvons essentiellement une Personne, celle de Jésus de Nazareth, Fils unique du Père, plein de grâce et de vérité ». (311) En réalité, la tâche fondamentale de la catéchèse est de présenter le Christ, et tout le reste en référence à Lui. Ce qu'elle sert, en définitive, c'est la suite de Jésus, la communion avec Lui: chaque élément du message tend à cela.

– Le christocentrisme signifie en second lieu que le Christ est au « centre de l'histoire du Salut » (312) que présente la catéchèse. Il est, en effet, l'événement ultime, vers lequel converge toute l'histoire sainte. Lui qui est venu dans la « plénitude des temps » (Gal 4,4), il est « la clé, le centre et la fin de toute l'histoire humaine ». (313) Le message catéchistique aide le chrétien à se situer dans l'histoire et à y prendre une part active, en montrant comment le Christ est le sens ultime de celle-ci.

– Le christocentrisme signifie, en outre, que le message évangélique n'est pas œuvre de l'homme, mais parole de Dieu. L'Eglise et, en son nom, tout catéchiste, peut dire en vérité: « Ma doctrine n'est pas de moi mais de Celui qui m'a envoyé » (Jn 7,16). C'est pourquoi, ce que transmet la catéchèse c'est l'« enseignement de Jésus-Christ, la Vérité qu'il communique ou, plus exactement, la Vérité qu'il est ». (314) Le christocentrisme oblige la catéchèse à transmettre ce que Jésus enseigne sur Dieu, sur l'homme, sur le bonheur, sur la vie morale, sur la mort... sans se permettre de changer en rien sa pensée. (315)

Les Evangiles qui racontent la vie de Jésus sont au centre du message de la catéchèse. Dotés eux mêmes d'une « structure catéchétique », (316) ils expriment l'enseignement que l'on proposait aux premières communautés chrétiennes et qui transmettait la vie de Jésus, son message et ses œuvres de salut. Dans la catéchèse, « les quatre Evangiles tiennent une place centrale puisque le Christ Jésus en est le centre ». (317)

Le christocentrisme trinitaire du message évangélique

99. La parole de Dieu, incarnée en Jésus de Nazareth, Fils de Marie toujours vierge, est la Parole même du Père qui parle au monde par son Esprit. Jésus renvoie sans cesse au Père, dont il sait qu'il est le Fils Unique, et à l'Esprit-Saint, dont il se sait l'Oint. Il est le « chemin » qui introduit dans le mystère intime de Dieu. (318)

Le christocentrisme de la catéchèse, en vertu de sa dynamique interne, mène à la profession de foi en Dieu: Père, Fils et Saint-Esprit. C'est un christocentrisme essentiellement trinitaire. Dans le Baptême, les chrétiens sont configurés au Christ, « Un de la Trinité » (319) et, « fils dans le Fils », ils entrent en communion avec le Père et avec le Saint-Esprit. Leur foi est par conséquent radicalement trinitaire. « Le mystère de la Très Sainte Trinité est le mystère central de la foi et de la vie chrétienne ». (320)

100. Le christocentrisme trinitaire du message évangélique appelle la catéchèse à soigner, entre autres, les aspects suivants:

– La structure interne de la catéchèse; chaque modalité de présentation sera toujours christocentrique et trinitaire: « Par le Christ, vers le Père, dans l'Esprit ». (321) Une catéchèse qui omettrait l'une de ces dimensions ou en méconnaîtrait le lien organique risquerait de trahir l'originalité du message chrétien. (322)

– En suivant la pédagogie même de Jésus dans sa révélation du Père, de Lui-même comme Fils, et du Saint-Esprit, la catéchèse présentera la vie intime de Dieu à partir de ses œuvres de salut en faveur de l'humanité. (323) Les œuvres de Dieu révèlent qui Il est en lui-même, tandis que le mystère de son Etre intime illumine l'intelligence de toutes ses œuvres. Il en est ainsi, analogiquement, dans les relations humaines: les personnes se révèlent par leurs actions, et mieux nous les connaissons, mieux nous comprenons ces actions. (324)

– La présentation de l'être intime de Dieu révélé par Jésus, un dans son essence et trine dans les personnes, en fera apparaître les implications fondamentales dans la vie des hommes. Confesser un Dieu unique signifie que « l'homme ne doit soumettre sa liberté personnelle, de façon absolue, à aucun pouvoir terrestre ». (325) Cela signifie aussi que l'humanité, créée à l'image d'un Dieu qui est « communion de personnes », est appelée à être une société fraternelle, composée des fils d'un même Père, égaux dans leur dignité de personnes. (326) Les implications humaines et sociales de la conception chrétienne de Dieu sont immenses. En professant la foi en la Trinité et en l'annonçant au monde, l'Eglise se conçoit elle-même comme « un peuple rassemblé dans l'unité du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». (327)

Un message qui annonce le Salut

101. Le message de Jésus sur Dieu est une bonne nouvelle pour l'humanité; Jésus a annoncé, en effet, le Royaume de Dieu: (328) une intervention de Dieu, nouvelle et définitive, avec un pouvoir de transformation aussi grand, et même supérieur à celui déployé pour la création du monde. (329) En ce sens, « comme noyau et centre de sa Bonne Nouvelle, le Christ annonce le salut, ce grand don de Dieu qui est libération de tout ce qui opprime l'homme et surtout libération du péché et du Malin, dans la joie de connaître Dieu et d'être connu de lui, de le voir, de s'abandonner à lui ». (330)

La catéchèse transmet ce message du Royaume, central dans la prédication de Jésus. Le message est ainsi « peu à peu approfondi, développé dans ses corollaires implicites »; (331) il dévoile ses grandes répercussions pour les personnes et pour le monde.

102. Dans cette explicitation du kérygme évangélique de Jésus, la catéchèse souligne les aspects fondamentaux suivants:

– Jésus, avec l'avènement du Royaume, annonce et révèle que Dieu n'est pas un être lointain et inaccessible, « une puissance anonyme et lointaine », (332) mais qu'il est le Père, présent parmi ses créatures, et agissant par son amour et son pouvoir. Ce témoignage sur Dieu comme Père, offert d'une manière simple et directe, est fondamental dans la catéchèse.

– Jésus annonce, en même temps, que Dieu offre, avec son royaume, le don du salut intégral; il libère du péché, introduit dans la communion avec le Père, accorde la filiation divine et promet la vie éternelle, par sa victoire sur la mort. (333) Ce salut intégral est à la fois immanent et eschatologique, puisqu'il « a son commencement en cette vie, mais s'accomplit dans l'éternité ». (334)

– Jésus, en annonçant le Royaume, annonce la justice de Dieu: il proclame le jugement divin et notre responsabilité. L'annonce du jugement de Dieu, avec son pouvoir de formation des consciences, est un contenu central de l'Evangile et une bonne nouvelle pour le monde. Il l'est pour ceux qui souffrent du manque de justice et pour ceux qui luttent afin de l'instaurer; il l'est aussi pour ceux qui n'ont pas su aimer ni être solidaires, la pénitence et le pardon devenant possibles puisque dans la croix du Christ nous obtenons la rédemption du péché. L'appel à se convertir et à croire à l'Evangile du Royaume — qui est un royaume de justice, d'amour et de paix, et à la lumière duquel nous serons jugés — est fondamental pour la catéchèse.

– Jésus déclare que le Royaume de Dieu s'inaugure avec Lui, en sa personne-même. (335) Il révèle, en effet, que Lui-même, constitué Seigneur, se charge de réaliser ce Royaume et qu'il le remettra, pleinement accompli, à son Père, quand il reviendra dans la gloire. (336) « Mystérieusement, le royaume est déjà présent sur cette terre; il atteindra sa perfection quand le Seigneur reviendra ». (337)

– Jésus dit aussi que la communauté de ses disciples, son Eglise, « est le germe et le commencement sur la terre, de ce Royaume » (338) et que, un ferment dans la masse, elle désire qu'il croisse dans le monde comme un arbre immense, incorporant tous les peuples et toutes les cultures. « L'Eglise est effectivement et concrètement au service du Royaume ». (339)

– Jésus manifeste enfin que l'histoire de l'humanité n'est pas vouée au néant, mais qu'en Lui, Dieu l'assume avec ses aspects de grâce et de péché, pour la transformer. Dans son pèlerinage actuel vers la maison du Père, elle offre déjà un avant-goût du monde à venir, dans lequel, élevée et purifiée, elle atteindra sa perfection. « L'évangélisation ne peut pas ne pas contenir l'annonce prophétique d'un au-delà, vocation profonde et définitive de l'homme à la fois en continuité et en discontinuité avec la situation présente ». (340)

Un message de libération

103. La Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu qui annonce le Salut comporte un message de libération. (341) En annonçant ce Royaume, Jésus s'adressait tout particulièrement aux pauvres: « Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous. Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux vous qui pleurez maintenant, car vous rirez » (Lc 6,20-21). Ces béatitudes que Jésus adresse à ceux qui souffrent sont l'annonce eschatologique du salut qu'apporte le Royaume. Elles décrivent les situations déchirantes auxquelles l'Evangile est si sensible: la pauvreté, la faim et la souffrance de l'humanité.

La communauté des disciples de Jésus, l'Eglise, partage, aujourd'hui, le sentiment exprimé alors par son Maître. Avec une douleur profonde, elle se tourne vers ces « peuples engagés, avec toute leur énergie, dans l'effort et le combat de dépassement de tout ce qui les condamne à rester en marge de la vie: famines, maladies chroniques, analphabétisme, paupérisme, injustices dans les rapports internationaux,... situations de néo-colonialisme économique et culturel ». (342) L'Eglise est préoccupée par toutes les formes de pauvreté « non seulement économique, mais aussi culturelle et religieuse ». (343)

L'Eglise — c'est une dimension importante de sa mission — « a le devoir d'annoncer la libération de millions d'êtres humains, beaucoup d'entre eux étant ses propres enfants; le devoir d'aider cette libération à naître, de témoigner pour elle, de faire qu'elle soit totale ». (344)

Pour préparer les chrétiens à cette tâche, la catéchèse veillera entre autres aux aspects suivants:

– situer le message de libération dans la perspective de « la finalité spécifiquement religieuse de l'évangélisation », (345) car cette dernière perdrait sa raison d'être « si elle s'écartait de l'axe religieux qui la dirige: le Règne de Dieu, avant toute autre chose, dans son sens pleinement théologique ». (346) Aussi le message de libération « ne peut se cantonner dans la simple et restreinte dimension économique, politique, sociale ou culturelle, mais elle doit viser l'homme tout entier, dans toutes ses dimensions, y compris dans son ouverture vers l'absolu, même l'Absolu de Dieu »; (347)

– présenter, dans sa tâche d'éducation morale, la morale sociale chrétienne comme une exigence de la justice de Dieu et une conséquence de « la libération radicale opérée par le Christ ». (348) C'est en effet la Bonne Nouvelle que les chrétiens professent, le cœur plein d'espérance: le Christ a libéré le monde et il continue de le libérer. C'est ici que naît la pratique chrétienne du grand commandement de l'amour;

– susciter, dans sa tâche d'initiation à la mission, chez les catéchumènes et les catéchisés, « l'option préférentielle pour les pauvres » (349) qui, « loin d'être un signe de particularisme ou de sectarisme, manifeste l'universalité de la nature et de la mission de l'Eglise. Cette option n'est pas exclusive », (350) mais elle comporte « l'engagement en faveur de la justice, selon le rôle, la vocation et les conditions de chacun ». (351)

Le caractère ecclésial du message évangélique

105. La nature ecclésiale de la catéchèse confère au message évangélique qu'elle transmet un caractère intrinsèquement ecclésial. La catéchèse naît de la profession de foi de l'Eglise et mène à la profession de foi du catéchumène et du catéchisé. La première parole officielle que l'Eglise adresse à l'adulte qui va recevoir le Baptême, après avoir appris son nom, est: « Que demandez-vous à l'Eglise de Dieu? ». Le candidat répond: « La foi ». (352) Le catéchumène sait, en effet, que l'Evangile qu'il a découvert et qu'il désire connaître est vivant dans le cœur des croyants. La catéchèse n'est autre que le processus de transmission de l'Evangile, tel que la communauté chrétienne l'a reçu, le comprend, le célèbre, le vit et le communique de diverses manières.

Aussi, lorsque la catéchèse transmet le mystère du Christ, son message retentit de la foi de tout le Peuple de Dieu tout au long de l'histoire: celle des apôtres qui l'ont reçue du Christ lui-même et de l'action de l'Esprit-Saint; celle des martyrs qui l'ont professée et la professent par leur sang; celle des saints qui l'ont vécue et la vivent en profondeur; celle des Pères et des Docteurs de l'Eglise qui l'ont magnifiquement enseignée; celle des missionnaires qui l'annoncent sans cesse; celle des théologiens qui aident à la mieux comprendre; celle des pasteurs, enfin, qui la conservent avec zèle et amour et l'interprètent avec authenticité. En vérité, la foi de tous ceux qui croient et qui se laissent guider par l'Esprit-Saint est présente dans la catéchèse.

. Cette foi, transmise par la communauté ecclésiale, est unique. Bien que les disciples de Jésus-Christ forment une communauté répandue dans le monde entier, bien que la catéchèse transmette la foi en des langages culturels très différents, on n'annonce qu'un seul Evangile, on ne professe qu'une seule foi, on ne reçoit qu'un seul Baptême: « un seul Seigneur, une seule foi, un seul Baptême, un seul Dieu et Père de tous » (Ep 4,5).

La catéchèse est donc, dans l'Eglise, le service qui introduit les catéchumènes et les catéchisés dans l'unité de la profession de foi. (353) De par sa nature même, elle renforce le lien de l'unité, (354) en faisant prendre conscience d'appartenir à une grande communauté que ni l'espace ni le temps ne sauraient limiter: « Du juste Abel jusqu'au dernier élu, jusqu'aux extrémités de la terre, jusqu'à la fin des temps ». (355)

Le caractère historique du mystère du salut

107. La profession de foi des disciples de Jésus-Christ naît d'une Eglise pélerine, envoyée en mission. Elle n'est pas encore la proclamation glorieuse de la fin du chemin, mais celle du « temps de l'Eglise ». (356) L'« économie du salut » a, par conséquent, un caractère historique puisqu'elle se réalise dans le temps: « elle a commencé dans le passé, elle s'est développée et elle a atteint son sommet dans le Christ, elle déploie sa puissance dans le présent, et elle attend son accomplissement dans l'avenir ». (357)

C'est pourquoi, l'Eglise, en transmettant aujourd'hui le message chrétien à partir de la vive conscience qu'elle en a, fait sans cesse « mémoire » des événements salvifiques du passé, et les raconte. Elle interprète à leur lumière les événements actuels de l'histoire humaine dans lesquels l'Esprit de Dieu renouvelle la face de la terre, et elle demeure dans l'attente croyante de la venue du Seigneur. Dans la catéchèse patristique, le récit (narratio) des merveilles réalisées par Dieu et l'attente (exspectatio) du retour du Christ accompagnaient toujours la présentation des mystères de la foi. (358)

108. Le caractère historique du message chrétien oblige la catéchèse à veiller aux aspects suivants:

– Présenter l'histoire du salut par une catéchèse biblique qui fasse connaître les « œuvres et les paroles » par lesquelles Dieu s'est révélé à l'humanité: les grandes étapes de l'Ancien Testament par lesquelles il a préparé le chemin de l'Evangile; (359) la vie de Jésus, Fils de Dieu, qui, par ses actes et son enseignement, a porté à son achèvement la Révélation; (360) et l'histoire de l'Eglise qui transmet la Révélation. Cette histoire, lue à partir de la foi, est également une partie fondamentale du contenu de la catéchèse.

– En expliquant le Symbole de la foi et le contenu de la morale chrétienne par une catéchèse doctrinale, le message évangélique doit éclairer l'« aujourd'hui » de l'histoire du Salut. Ainsi, « non seulement le ministère de la parole reprend la révélation des merveilles de Dieu faites dans le temps..., mais, en même temps, à la lumière de cette révélation, il interprète la vie des hommes de notre époque, les réalités de ce monde et les signes des temps, car c'est en eux que s'accomplit le dessein de Dieu pour le salut des hommes ». (361)

– Situer les sacrements dans l'histoire du Salut par une catéchèse mystagogique qui « ...relit et revit tous ces grands événements de l'histoire du salut dans l'aujourd'hui' de la liturgie ». (362) La référence à l'« aujourd'hui » de l'histoire du salut est essentielle dans cette catéchèse. On aide ainsi les catéchumènes et les catéchisés « ...à s'ouvrir à cette intelligence « spirituelle » de l'économie du salut... ». (363)

– Aider à faire le passage du signe au mystère. Les « œuvres et les paroles » de la Révélation renvoient au « mystère qu'elles contiennent ». (364) La catéchèse conduira à découvrir, derrière l'humanité de Jésus, sa condition de Fils de Dieu; derrière l'histoire de l'Eglise, son mystère de « sacrement de salut »; derrière les « signes des temps », les traces de la présence et du dessein de Dieu. La catéchèse conduira ainsi à la connaissance typique de la foi « qui est une connaissance par l'intermédiaire de signes ». (365)

L'inculturation du message évangélique (366)

109. La Parole de Dieu s'est faite homme, un homme concret, situé dans le temps et dans l'espace, enraciné dans une culture déterminée: « Le Christ..., par son incarnation, s'est lié aux conditions sociales et culturelles des hommes avec lesquels il a vécu ». (367) C'est là l'« inculturation » originelle de la parole de Dieu et le modèle de référence pour toute l'œuvre d'évangélisation de l'Eglise, « appelée à porter la force de l'Evangile au cœur de la culture et des cultures ». (368)

L'« inculturation » (369) de la foi, par laquelle sont assumées, dans un admirable échange, « toutes les richesses des nations qui ont été données au Christ en héritage », (370) est un processus profond et global qui requiert beaucoup de temps. (371) Car il ne s'agit pas d'une adaptation superficielle qui, pour rendre plus attrayant le message chrétien, se contente de le recouvrir d'un vernis décoratif.

Il s'agit au contraire de la pénétration de l'Evangile au plus profond des personnes et des peuples, pour les rejoindre « ...de façon vitale, en profondeur et jusque dans les racines » (372) de leurs cultures.

Dans cette œuvre d'inculturation, cependant, les communautés chrétiennes devront faire œuvre de discernement: il s'agit, d'une part, d'« assumer » (373) les richesses culturelles compatibles avec la foi, et, d'autre part, d'aider à « guérir » (374) et à « transformer » (375) les critères, les modes de pensée ou les styles de vie en désaccord avec le Royaume de Dieu. Deux principes doivent guider ce discernement: « la compatibilité avec l'Evangile et la communion avec l'Eglise universelle ». (376) Tout le Peuple de Dieu doit s'engager dans ce processus qui « ...doit s'effectuer graduellement, de façon qu'il soit vraiment l'expression de l'expérience chrétienne de la communauté... ». (377)

110. Dans cette inculturation de la foi, diverses tâches se présentent concrètement à la catéchèse. Parmi elles:

– Considérer la communauté ecclésiale comme principal facteur d'inculturation. La figure du catéchiste est une expression de cette tâche, et il en est un instrument efficace; en plus d'un sens religieux profond, il doit faire preuve d'une grande sensibilité sociale et être bien enraciné dans son milieu culturel. (378)

– Elaborer des catéchismes locaux qui répondent aux exigences des différentes cultures, (379) en présentant l'Evangile en fonction des inspirations, des interrogations et des problèmes rencontrés dans ces cultures.

– Réaliser une juste inculturation du catéchuménat et des institutions catéchétiques, en y insérant avec discernement le langage, les symboles et les valeurs de la culture dans laquelle vivent les catéchumènes et les catéchisés.

– Présenter le message chrétien de sorte que ceux qui sont appelés à annoncer l'Evangile au milieu de cultures souvent païennes et parfois post-chrétiennes soient rendus capables de « rendre compte de l'espérance qui est en eux » (1 P 3,15). Une bonne apologétique, qui favorise le dialogue entre la foi et la culture, est aujourd'hui indispensable.

L'intégrité du message évangélique

111. Dans cette tâche d'inculturation de la foi, la catéchèse doit transmettre le message évangélique dans son intégrité et sa pureté. Jésus annonce l'Evangile intégralement: « Tout ce que j'ai entendu du Père, je vous l'ai fait connaître » (Jn 15,15). Le Christ exige cette même intégrité de ses disciples lorsqu'il les envoie en mission: « ...enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé » (Mt 28,19). Aussi, un critère fondamental de la catéchèse est de sauvegarder l'intégrité du message, en évitant des présentations partielles ou déformées: « Afin que l'oblation de sa foi soit parfaite, celui qui devient disciple du Christ a le droit de recevoir la « parole de la foi » non pas mutilée, falsifiée, diminuée, mais pleine et entière, dans toute sa rigueur et toute sa vigueur ». (380)

Deux dimensions, étroitement liées, sous-tendent ce critère:

– Présenter le message évangélique intégral: aucun aspect fondamental ne doit être passé sous silence; aucune sélection ne doit être effectuée dans le dépôt de la foi. (381) La catéchèse au contraire doit « proposer fidèlement tout le trésor du message chrétien ». (382) Elle le fera progressivement, à l'exemple de la pédagogie même de Dieu qui s'est révélé progressivement, par degrés. L'intégrité doit s'accompagner d'une juste adaptation.

Par conséquent, la catéchèse part d'une simple proposition de la structure intégrale du message chrétien, et elle l'expose en l'adaptant aux capacités des destinataires. Elle ne peut cependant pas s'arrêter à cette proposition initiale. Elle proposera le message graduellement, de manière toujours plus ample et explicite, à la mesure des capacités du catéchisé et selon le caractère propre de la catéchèse. (383) Ces deux niveaux d'exposition intégrale du message sont appelés « intégrité intensive » et « intégrité extensive ».

– Présenter le message évangélique authentique, dans toute sa pureté, sans en réduire les exigences par crainte d'un refus et sans imposer de lourdes charges qu'il n'envisage pas, puisque le joug de Jésus est aisé. (384)

Le critère de l'authenticité est étroitement lié à celui de l'inculturation car celle-ci a pour but de « traduire » (385) l'essentiel du message en un langage culturel déterminé. Il s'agit là d'une tâche délicate: « L'Evangélisation perd beaucoup de sa force et de son efficacité si elle ne prend pas en considération le peuple concret auquel elle s'adresse... », cependant « elle risque de perdre son âme et de s'évanouir si l'on vide ou dénature son contenu, sous prétexte de le traduire ». (386)

113. Ce rapport complexe entre inculturation et intégrité du message chrétien suppose une attitude évangélique d'« ouverture missionnaire pour le salut intégral du monde ». (387) Une attitude qui doit savoir conjuguer l'accueil des valeurs authentiquement humaines et religieuses, au-delà de tout immobilisme, avec l'engagement missionnaire d'annoncer toute la vérité de l'Evangile, sans céder à des adaptations faciles qui ôteraient de sa vigueur à l'Evangile et conduiraient à séculariser l'Eglise. L'authenticité évangélique rejette ces deux attitudes parce qu'elles contredisent le vrai sens de la mission.

Un message organique et hiérarchisé

114. Le message que transmet la catéchèse a un « caractère organique et hiérarchisé ». (388) Il constitue une synthèse cohérente et vitale de la foi. Il s'organise autour du mystère de la Très Sainte Trinité, dans une perspective christocentrique, car il est « la source de tous les autres mystères de la foi, la lumière qui les illumine... ». (389) A partir de ce mystère, l'harmonie de l'ensemble du message réclame une « hiérarchie des vérités », (390) car chacune d'elles est reliée de manière différente au fondement de la foi. Cependant, cette hiérarchie « ne signifie pas que certaines vérités concernent la foi moins que d'autres, mais que certaines vérités s'appuient sur d'autres plus importantes et reçoivent d'elles leur éclairage ». (391)

Tous les aspects et les dimensions du message chrétien présentent ce caractère organique et hiérarchisé:

– L'histoire du salut, qui raconte les « merveilles de Dieu » (mirabilia Dei), ce qu'il a accompli, accomplit et accomplira pour nous, s'organise autour de Jésus-Christ, « centre de l'histoire du salut ». (392) La préparation à l'Evangile, dans l'Ancien Testament, la plénitude de la Révélation en Jésus-Christ, et le temps de l'Eglise structurent toute l'histoire du salut dont la création et l'eschatologie sont le commencement et la fin.

– Le Symbole des Apôtres montre comment l'Eglise a toujours voulu présenter le mystère chrétien en une synthèse vitale. Ce Symbole est la synthèse et la clé de lecture de toute l'Ecriture et de toute la doctrine de l'Eglise qui s'ordonne hiérarchiquement autour de lui. (393)

– Les sacrements forment également un tout organique; comme des forces régénératrices, ils jaillissent du mystère pascal de Jésus-Christ, formant « un organisme en lequel chaque sacrement a sa place vitale ». (394) Dans cet organisme, l'Eucharistie tient une place unique; tous les autres sacrements lui sont ordonnés: elle est le « sacrement des sacrements ». (395)

– Le double commandement de l'amour de Dieu et du prochain présente — dans le message moral — la hiérarchie des valeurs établie par Jésus: « De ces commandements dépendent la Loi et les prophètes » (Mt 22,40). L'amour de Dieu et l'amour du prochain qui résument le décalogue constituent, s'ils sont vécus dans l'esprit des béatitudes évangéliques, la magna charta de la vie chrétienne que Jésus a proclamée dans le Sermon sur la montagne. (396)

– Le Notre Père, résumant l'essence de l'Evangile, synthétise et hiérarchise les immenses richesses de prière contenues dans l'Ecriture Sainte et dans toute la vie de l'Eglise. Cette prière, proposée aux disciples par Jésus lui-même, fait transparaître la confiance filiale et les désirs les plus profonds avec lesquels une personne peut s'adresser à Dieu. (397)

Un message significatif pour la personne humaine

116. La Parole de Dieu, en se faisant homme, assume en tout la nature humaine, hormis le péché. Ainsi Jésus-Christ, qui est l'« image du Dieu invisible » (Col 1,15), est aussi l'homme parfait. On comprend dés lors qu'« en réalité, le mystère de l'homme ne s'éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe Incarné ». (398)

En présentant le message chrétien, la catéchèse fait non seulement connaître Dieu et son dessein de salut, mais, comme l'a fait Jésus, elle manifeste aussi pleinement l'homme à lui-même et lui découvre la sublimité de sa vocation. (399) En effet, la révélation « ... n'est pas isolée de la vie ni juxtaposée artificiellement à elle. Elle concerne le sens dernier de l'existence qu'elle éclaire tout entière, pour l'inspirer ou pour la critiquer, à la lumière de l'Evangile ». (400)

La relation entre message chrétien et l'expérience humaine n'est pas une simple question de méthode; elle découle de la finalité même de la catéchèse, à savoir, mettre la personne humaine en communion avec Jésus-Christ. Le Christ, dans sa vie terrestre, a vécu pleinement son humanité: « Il a travaillé avec des mains d'homme, il a pensé avec une intelligence d'homme, il a agi avec une volonté d'homme, il a aimé avec un cœur d'homme ». (401) Donc, « tout ce que le Christ a vécu, Il fait que nous puissions le vivre en Lui et qu'Il le vive en nous ». (402) La catéchèse travaille à cette identité d'expérience humaine entre Jésus, le maître, et le disciple; elle enseigne à penser comme Lui, à agir comme Lui, à aimer comme Lui. (403) Vivre la communion avec le Christ, c'est faire l'expérience de la vie nouvelle de la grâce.(404)

C'est pour cette raison éminemment christologique, qu'en présentant le message chrétien, la catéchèse « doit rendre les hommes attentifs à leurs expériences personnelles et sociales les plus marquantes; de même, son rôle est d'éclairer par l'Evangile les questions qu'elles suscitent, de manière à éveiller dans les hommes le juste désir de transformer leur mode de vie personnel ». (405) Ainsi:

– Dans la première évangélisation, propre au précatéchuménat ou à la précatéchèse, l'annonce de l'Evangile se fera toujours en lien intime avec la nature humaine et ses aspirations, en montrant qu'il répond pleinement aux attentes du cœur humain. (406)

– Dans la catéchèse biblique, on aidera à interpréter la vie humaine actuelle à la lumière des expériences vécues par le Peuple d'Israël, par Jésus-Christ et par la communauté ecclésiale, dans laquelle l'Esprit du Christ ressuscité vit et agit sans cesse.

– Dans l'explication du Symbole, la catéchèse montrera que les grands thèmes de la foi (la création, le péché originel, l'Incarnation, Pâques, la Pentecôte, l'eschatologie...) sont toujours une source de vie et de lumière pour l'être humain.

– La catéchèse morale enseignera en quoi consiste une vie digne de l'Evangile, (407) elle présentera les béatitudes comme l'esprit qui imprègne le décalogue, et les enracinera dans les vertus humaines présentes dans le cœur de l'homme. (408)

– Dans la catéchèse liturgique, on se référera sans cesse aux grandes expériences humaines représentées par les signes et les symboles de l'action liturgique, à partir de la culture juive et chrétienne. (409)

Principe méthodologique pour la présentation du messages (410)

118. Les normes et les critères indiqués dans ce chapitre et « qui ont trait à l'exposé du contenu de la catéchèse, doivent être appliqués dans les différentes formes de la catéchèse: catéchèse biblique et liturgique, résumé doctrinal, interprétation des conditions de l'existence humaine, etc... ». (411)

Ces critères et ces normes n'indiquent cependant pas l'ordre à suivre dans la présentation du contenu. En effet, « il se peut que dans la situation présente de la catéchèse, des raisons de méthode ou de pédagogie conseillent d'organiser, de telle façon plutôt que de telle autre, la communication des richesses du contenu de la catéchèse ». (412) On peut partir de Dieu pour arriver au Christ et vice versa; de même, on peut partir de la personne humaine pour arriver à Dieu et inversement. Le choix d'un ordre déterminé dans la présentation du message est conditionné par les circonstances et par la situation de foi de celui qui reçoit la catéchèse.

Il faut réfléchir à la méthode pédagogique la mieux adaptée aux circonstances de vie de la communauté ecclésiale ou des destinataires de la catéchèse. D'où la nécessité d'une recherche attentive pour trouver les voies et les moyens qui répondent le mieux aux diverses situations.

Dans ce domaine, il appartient aux évêques de donner des normes plus précises et de les appliquer grâce à des directoires de catéchèse, des catéchismes correspondants aux différents âges et conditions culturelles, et par d'autres moyens retenus plus opportuns. (413)

CHAPITRE II

Telle est notre foi,
telle est la foi de l'Eglise

« Toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser, former à la justice: ainsi l'homme de Dieu se trouve-t-il accompli, équipé pour toute œuvre bonne » (2 Tm 3,16).
« Tenez bon, gardez fermement les traditions que vous avez apprises de nous, de vive voix ou par lettre » (2 Thes 2,15).

119. Ce chapitre réfléchit sur le contenu de la catéchèse tel que l'Eglise l'expose dans les synthèses de la foi qu'elle élabore et propose officiellement dans ses catéchismes.

L'Eglise a toujours eu recours à des formulations de la foi contenant, sous forme brève, l'essentiel de ce qu'elle croit et vit: textes du Nouveau Testament, symboles ou professions de foi, formules liturgiques, prières eucharistiques. Par la suite, il a semblé bon de fournir aussi une explicitation plus ample de la foi, sous forme de synthèse organique, à travers les catéchismes élaborés au cours des derniers siècles dans de nombreuses Eglises locales. En deux occasions historiques, lors du Concile de Trente et de nos jours, on a jugé opportun d'offrir un exposé organique de la foi par un Catéchisme au caractère universel, comme point de référence pour la catéchèse de toute l'Eglise. C'est ce qu'a voulu réaliser Jean Paul II par la promulgation du Catéchisme de l'Eglise catholique, le 11 octobre 1992.

Ce chapitre entend situer les catéchismes, instruments officiels de l'Eglise, par rapport à l'activité ou à la pratique catéchétique.

On réfléchira tout d'abord sur le Catéchisme de l'Eglise catholique en essayant d'expliquer son rôle dans l'ensemble de la catéchèse de l'Eglise. On analysera ensuite la nécessité des catéchismes locaux dont le but est d'adapter le contenu de la foi aux différentes situations et cultures; on proposera des orientations pour en faciliter l'élaboration. L'Eglise contemple la richesse du contenu de la foi exposée dans les instruments que les évêques eux-mêmes proposent au Peuple de Dieu et qui, comme dans une « symphonie », (414) expriment ce qu'elle croit, célèbre, et vit. Et elle proclame: « Telle est notre foi, telle est la foi de l'Eglise ».

Le Catéchisme de l'Eglise Catholique et le Directoire Général pour la Catéchèse

120. Le Catéchisme de l'Eglise catholique et le Directoire Général pour la Catéchèse sont deux instruments distincts et complémentaires, au service de l'action catéchistique de l'Eglise.

– Le Catéchisme de l'Eglise catholique est « un exposé de la foi et de la doctrine catholique, attestées ou éclairées par l'Ecriture Sainte, la Tradition apostolique et le Magistère ecclésiastique ». (415)

– Le Directoire Général pour la Catéchèse est la proposition des « principes fondamentaux théologico-pastoraux, provenant du Magistère de l'Eglise et particulièrement du Concile Vatican II, qui sont de nature à orienter et coordonner de manière plus adéquate » (416) l'activité catéchétique dans l'Eglise.

Les deux instruments, chacun selon son genre et son autorité, se complètent.

– Le Catéchisme de l'Eglise Catholique est un acte du Magistère du Pape, par lequel il synthétise pour notre temps de façon normative — en vertu de son autorité apostolique — la globalité de la foi catholique; et il la propose, aux Eglises avant tout, comme point de référence pour l'exposé authentique du contenu de la foi.

– Le Directoire Général pour la Catéchèse, pour sa part, jouit de la valeur normalement concédée par le Saint-Siège aux outils d'orientation, quand il les approuve et les confirme. C'est un instrument officiel pour la transmission du message évangélique et pour l'ensemble de l'acte catéchétique.

Les deux instruments étant complémentaires, ce Directoire Général pour la Catéchèse, comme il est dit dans la Préface, ne consacre pas de chapitre à l'exposition des contenus de la foi, comme l'avait fait le Directoire de 1971 sous le titre: « Les éléments essentiels du message chrétien ». (417) Aussi, en ce qui concerne le contenu du message, le Directoire Général pour la Catéchèse renvoie au Catéchisme de l'Eglise catholique, dont il entend être l'instrument méthodologique d'application concrète.

La présentation du Catéchisme de l'Eglise Catholique qui va suivre ne prétend ni résumer ni justifier cet instrument du Magistère, mais en faciliter la compréhension et la réception dans la pratique de la catéchèse.

Le Catechisme de l'Eglise Catholique

Finalité et nature du Catéchisme de l'Eglise Catholique

121. Le Catéchisme de l'Eglise Catholique indique lui-même le but qu'il poursuit dans son Prologue: « Ce Catéchisme a pour but de présenter un exposé organique et synthétique des contenus essentiels et fondamentaux de la doctrine catholique tant sur la foi que sur la morale, à la lumière du Concile Vatican II et de l'ensemble de la Tradition de l'Eglise ». (418)

Par le Catéchisme de l'Eglise Catholique, le Magistère de l'Eglise a voulu rendre un service ecclésial à notre temps, le reconnaissant comme:

– « un instrument valable et autorisé au service de la communion ecclésiale ». (419) Il souhaite renforcer le lien de l'unité en facilitant, chez les disciples de Jésus-Christ, « la profession d'une seule foi reçue des Apôtres »; (420)

– « une norme sûre pour l'enseignement de la foi ». (421) Le Catéchisme de l'Eglise catholique offre une réponse claire au désir légitime de tout baptisé d'apprendre de l'Eglise ce qu'elle a reçu et ce qu'elle croit. Il est donc une point de référence obligé pour la catéchèse et les autres formes du ministère de la Parole;

– « un texte de référence pour les catéchismes ou compendiums qui sont composés dans les divers pays ». (422) Le Catéchisme de l'Eglise catholique, en effet, « n'est pas destiné à remplacer les catéchismes locaux », (423) mais à « encourager et à aider la rédaction de nouveaux catéchismes locaux qui tiennent compte des diverses situations et cultures, mais qui gardent avec soin l'unité de la foi et la fidélité à la doctrine catholique ». (424)

La nature ou le caractère propre de ce document du Magistère consiste en ce qu'il se présente comme une synthèse organique de la foi de valeur universelle. Il diffère en cela d'autres documents du Magistère qui, eux, ne prétendent pas fournir une telle synthèse. Il est également différent des catéchismes locaux qui, dans la communion ecclésiale bien sûr, sont destinés au service d'une partie déterminée du Peuple de Dieu.

L'articulation du Catéchisme de l'Eglise Catholique

122. Le plan du Catéchisme de l'Eglise catholique s'articule autour de quatre dimensions fondamentales de la vie chrétienne: la profession de la foi, la célébration liturgique, la morale évangélique et la prière. Ces quatre dimensions sont issues d'un même noyau: le mystère chrétien. Celui-ci:

– « est l'objet de la foi (première partie);

– est célébré et communiqué dans les actions liturgiques (deuxième partie);

– est présent pour éclairer et soutenir les enfants de Dieu dans leur agir (troisième partie);

– fonde notre prière, dont le sommet est le Notre Père, et il constitue l'objet de notre demande, de notre louange et de notre intercession (quatrième partie) ». (425)

Cette structure en quatre parties développe les aspects essentiels de la foi:

– croire en Dieu créateur, Un et Trine, et en son dessein de salut;

– être sanctifiés par Lui dans la vie sacramentelle;

– l'aimer de tout son cœur et aimer son prochain comme soi-même;

– prier dans l'attente de son Royaume et de Le rencontrer face à face.

Le Catéchisme de l'Eglise catholique se réfère ainsi à la foi telle qu'elle est crue, célébrée, vécue et priée; il est un appel à l'éducation chrétienne intégrale.

La structure du Catéchisme de l'Eglise catholique renvoie à la profonde unité de la vie chrétienne. L'interdépendance entre « lex orandi », « lex credendi »et « lex vivendi » y est explicite. « La liturgie est elle-même prière: la confession de la foi trouve sa juste place dans la célébration du culte. La grâce, fruit des sacrements, est la condition irremplaçable de l'agir chrétien, de même que la participation à la liturgie de l'Eglise requiert la foi. Si la foi ne se déploie pas en œuvres, elle reste morte et elle ne peut porter des fruits de vie éternelle ». (426)

Par cette articulation traditionnelle autour des quatre piliers qui soutiennent la transmission de la foi (symbole, sacrements, décalogue, Notre Père), (427) le Catéchisme de l'Eglise Catholique se veut une référence doctrinale pour l'éducation aux quatre tâches de base de la catéchèse (428) et pour l'élaboration des Catéchismes locaux, tout en n'imposant aucune configuration déterminée à celle-là ou à ceux-ci. La façon la plus adéquate d'ordonner les éléments du contenu de la catéchèse doit répondre aux circonstances concrètes, et ce n'est pas au Catéchisme commun de l'établir pour toute l'Eglise. (429) La parfaite fidélité à la doctrine catholique est compatible avec une grande diversité dans la façon de la présenter.

L'inspiration du Catéchisme de l'Eglise catholique:
le christocentrisme trinitaire et la sublimité de la vocation
de la personne humaine

123. L'axe porteur du Catéchisme de l'Eglise catholique est Jésus-Christ, « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14,6).

Le Catéchisme de l'Eglise catholique, dont Jésus-Christ est le centre, est orienté dans deux directions: vers Dieu et vers la personne humaine.

– Le mystère de Dieu, Un et Trine, et son économie du salut, inspire et structure tout le contenu du Catéchisme de l'Eglise catholique. La profession de foi, la liturgie, la morale évangélique, la prière ont, dans le Catéchisme de l'Eglise catholique, une inspiration trinitaire, fil conducteur de l'ouvrage. (430) Cet élément central de l'inspiration contribue à donner à toutes ses parties un caractère profondément religieux.

– Le mystère de la personne humaine est présenté dans les pages du Catéchisme de l'Eglise catholique, et notamment dans quelques chapitres significatifs: « L'homme est capable de Dieu », « La création de l'homme », « Le Fils de Dieu s'est fait homme », « La vocation de l'homme est la vie dans l'Esprit »... et d'autres encore. (431) Cette doctrine, considérée à la lumière de la nature humaine de Jésus, homme parfait, montre la vocation sublime et l'idéal de perfection auxquels chaque personne humaine est appelée.

En réalité, toute la doctrine du Catéchisme de l'Eglise Catholique peut se résumer dans cette idée du Concile: « Le Christ, dans la révélation même du mystère du Père et de son amour, manifeste pleinement l'homme à lui-même et lui découvre la sublimité de sa vocation ». (432)

Le genre littéraire du Catéchisme de l'Eglise catholique

124. Il est important de découvrir le genre littéraire du Catéchisme de l'Eglise catholique pour respecter la fonction que, dans son autorité, l'Eglise lui attribue dans l'exercice et dans le renouveau de l'activité catéchétique de notre temps.

Les traits principaux qui définissent le genre littéraire du Catéchisme de l'Eglise catholique sont les suivants:

– C'est avant tout un catéchisme, à savoir un texte officiel du Magistère de l'Eglise qui recueille avec autorité, en une synthèse précise et organique, les événements et les vérités fondamentales du salut qui expriment la foi commune du Peuple de Dieu et constituent la référence de base indispensable pour la catéchèse.

– En tant que catéchisme, il rassemble les éléments communs de base dans la vie chrétienne, sans proposer comme doctrine de foi des interprétations particulières qui ne sont qu'hypothèses personnelles ou positions d'une école théologique. (433)

– C'est en outre un catéchisme au caractère universel, offert à toute l'Eglise. Il présente une synthèse actualisée de la foi, qui incorpore la doctrine du Concile Vatican II et tient compte des interrogations religieuses et morales de notre époque. Toutefois, « par sa finalité même, ce Catéchisme ne se propose pas de réaliser les adaptations de l'exposé et des méthodes catéchétiques exigées par les différences de cultures, d'âges, de maturité spirituelle, de situations sociales et ecclésiales de ceux à qui s'adresse la catéchèse. Ces adaptations indispensables relèvent des catéchismes appropriés, et plus encore de ceux qui instruisent les fidèles ». (434)

Le dépôt de la foi et le Catéchisme de l'Eglise catholique

125. Le Concile Vatican II s'est proposé comme tâche principale de mieux garder et de mieux expliquer le dépôt précieux de la doctrine chrétienne, afin de le rendre plus accessible aux fidèles du Christ et à tous les hommes de bonne volonté.

Le contenu de ce dépôt est la parole de Dieu, conservée dans l'Eglise. Le Magistère de l'Eglise, s'étant donné pour but d'élaborer un texte de référence pour l'enseignement de la foi, a puisé dans ce trésor précieux du neuf et de l'ancien, choisissant ce qu'il croyait le mieux convenir à la réalisation de son objectif. Le Catéchisme de l'Eglise catholique se présente ainsi comme un service fondamental: il facilite l'annonce de l'Evangile et l'enseignement de la foi, car ceux-ci puisent leur message au dépôt de la Tradition et de l'Ecriture Sainte confié à l'Eglise pour pouvoir se réaliser avec une authenticité totale. Le Catéchisme de l'Eglise catholique n'est pas la seule source de la catéchèse; en tant qu'acte du Magistère il n'est pas, en effet, supérieur à la Parole de Dieu, mais à son service. Il s'agit cependant d'un acte particulièrement important d'interprétation authentique de cette Parole, un acte posé afin que l'Evangile soit annoncé et transmis dans toute sa vérité et sa pureté.

126. A la lumière de cette relation entre le Catéchisme de l'Eglise catholique et le dépôt de la foi, il convient d'éclaircir deux questions qui ont une importance vitale pour la catéchèse:

– le rapport entre Ecriture Sainte et Catéchisme de l'Eglise catholique comme points de référence pour le contenu de la catéchèse;

– le rapport entre la Tradition catéchistique des Pères de l'Eglise — avec sa richesse de contenu et d'intelligence du processus catéchétique — et le Catéchisme de l'Eglise catholique.

L'Ecriture Sainte, le Catéchisme de l'Eglise catholique et la catéchèse

127. La constitution Dei Verbum, du Concile Vatican II, a souligné toute l'importance de l'Ecriture Sainte dans la vie de l'Eglise. Elle est présentée, conjointement avec la sainte Tradition, comme « la règle suprême de la foi », car elle communique « immuablement la parole de Dieu-lui-même » et fait « retentir dans les paroles des prophètes et des Apôtres la voix de l'EspritSaint ». (435) C'est pourquoi, l'Eglise veut que l'Ecriture Sainte ait une place prépondérante dans tout le ministère de la parole. La catéchèse doit être, concrètement, une « introduction authentique à la "lectio divina", c'est-à-dire à la lecture de l'Ecriture Sainte faite "selon l'Esprit" qui habite l'Eglise ». (436)

En ce sens, « parler de la Tradition et de l'Ecriture comme source de la catéchèse, c'est souligner que celle-ci doit s'imprégner et se pénétrer de la pensée, de l'esprit et des attitudes bibliques et évangéliques par un contact assidu avec les textes eux-mêmes; mais c'est aussi rappeler que la catéchèse sera d'autant plus riche et efficace qu'elle lira les textes avec l'intelligence et le cœur de l'Eglise ». (437) Dans cette lecture ecclésiale de l'Ecriture, faite à la lumière de la Tradition, le Catéchisme de l'Eglise catholique joue un rôle très important.

128. L'Ecriture Sainte et le Catéchisme de l'Eglise catholique se présentent comme deux points de référence pour inspirer toute l'action catéchistique de l'Eglise de notre temps.

– En effet, l'Ecriture Sainte, « Parole de Dieu mise par écrit sous l'inspiration de l'Esprit Saint » (438) et le Catéchisme de l'Eglise catholique, expression actuelle de la Tradition vivante de l'Eglise et norme sûre pour l'enseignement de la foi, sont appelés, chacun à sa façon, et selon son autorité spécifique, à féconder la catéchèse dans l'Eglise contemporaine.

– La catéchèse transmet le contenu de la Parole de Dieu selon les deux modes par lesquels l'Eglise le possède, l'intériorise et le vit, comme narration de l'Histoire du Salut et comme explicitation du Symbole de la foi. L'Ecriture Sainte et le Catéchisme de l'Eglise Catholique doivent inspirer aussi bien la catéchèse biblique que la catéchèse doctrinale qui véhiculent ce contenu de la Parole de Dieu.

– Dans le développement ordinaire de la catéchèse, il est important que les catéchumènes et les catéchisés puissent compter à la fois sur l'Ecriture Sainte et sur le catéchisme local. En définitive, la catéchèse n'est autre que la transmission, vitale et significative, de ces documents de la foi. (439)

La tradition catéchétique des Pères de l'Eglise et le Catéchisme de l'Eglise catholique

129. Le dépôt de la foi renferme, avec l'Ecriture, toute la Tradition de l'Eglise. « L'enseignement des Pères de l'Eglise atteste la présence vivifiante de cette Tradition, dont les richesses passent dans la pratique et dans la vie de l'Eglise qui croit et qui prie ». (440)

Face à une telle richesse doctrinale et pastorale, quelques aspects méritent l'attention:

– L'importance décisive que les Pères de l'Eglise accordent au catéchuménat baptismal dans la configuration des Eglises particulières.

– La conception progressive et graduelle de la formation chrétienne, qui se structure par étapes. (441) Les Pères configurent le catéchuménat en s'inspirant de la pédagogie divine. Dans le processus catéchuménal, le catéchumène, comme le peuple d'Israël, parcourt du chemin pour arriver à la terre promise: l'identification baptismale avec le Christ. (442)

– L'articulation du contenu de la catéchèse selon les étapes de ce processus. Dans la catéchèse patristique, le récit de l'histoire du salut jouait un rôle de première importance. Le Carême bien avancé, on procédait à la remise du Symbole et du Notre Père ainsi qu'à leur explication, avec toutes ses implications morales. Après la célébration des sacrements de l'initiation, la catéchèse mystagogique aidait à les intérioriser et à les goûter.

130. Le Catéchisme de l'Eglise catholique, pour sa part, apporte à la catéchèse la grande tradition des catéchismes. (443) Quelques aspects de la grande richesse de cette tradition méritent également d'être soulignés ici:

– La dimension cognitive, de vérité, de la foi. La foi n'est pas uniquement adhésion vitale à Dieu, mais aussi assentiment de l'intelligence et de la volonté à la vérité révélée. Les catéchismes rappellent sans cesse à l'Eglise la nécessité de donner aux fidèles, même sous une forme simple, une connaissance organique de la foi.

– L'éducation à la foi, bien enracinée en toutes ses sources, embrase plusieurs dimensions: une foi professée, célébrée, vécue et priée.

L'abondance de la tradition patristique et de la tradition des catéchismes jaillit dans la catéchèse actuelle de l'Eglise, en l'enrichissant tant dans sa conception que dans ses contenus. Ces traditions rappellent à la catéchèse les sept éléments de base qui la configurent: les trois étapes du récit de l'histoire du Salut — l'Ancien Testament, la vie de Jésus-Christ et l'histoire de l'Eglise; et les quatre piliers de l'exposé — le Symbole, les Sacrements, le Décalogue et le Notre Père. Avec ces sept pierres fondamentales, bases du processus de la catéchèse d'initiation comme aussi de l'itinéraire continu de la maturation chrétienne, il est possible de construire des édifices de diverse architecture ou ordonnancement, au gré des destinataires ou des situations culturelles.

Les catechismes dans les Eglises locales

La nécessité des Catéchismes locaux (444)

131. Le Catéchisme de l'Eglise catholique est offert à tous les fidèles et à chaque homme qui veut connaître ce que croit l'Eglise catholique (445) et, de façon toute particulière, il « est destiné à encourager et à aider à la rédaction de nouveaux catéchismes locaux qui tiennent compte des diverses situations et cultures, mais qui gardent avec soin l'unité de la foi et la fidélité à la doctrine catholique ».(446)

En effet, les catéchismes locaux, composés ou approuvés par les évêques diocésains ou par les conférences des Evêques, (447) sont des instruments inestimables pour la catéchèse « appelée à porter la force de l'Evangile au cœur de la culture et des cultures ». (448) C'est pourquoi, Jean Paul II a adressé un fervent encouragement aux conférences des Evêques du monde entier: qu'elles entreprennent, avec patience mais avec une ferme résolution, l'imposant travail à réaliser en accord avec le Siège Apostolique, pour mettre au point de véritables catéchismes fidèles aux contenus essentiels de la Révélation et mis à jour pour ce qui est de la méthode, capables d'éduquer à une foi robuste les générations chrétiennes des temps nouveaux. (449)

Par les catéchismes locaux, l'Eglise actualise la « pédagogie divine » (450) que Dieu a adoptée dans la Révélation, lorsque, dans ses soins prévenants, il a adapté son langage à notre nature. (451) Dans les catéchismes locaux, l'Eglise communique l'Evangile d'une manière accessible à la personne humaine afin qu'elle puisse réellement le percevoir comme une bonne nouvelle du salut. Les catéchismes locaux deviennent ainsi l'expression visible de « l'admirable condescendance » (452) de Dieu et de son amour ineffable (453) pour le monde.

Le genre littéraire d'un catéchisme local

132. Tout catéchisme, quand une Eglise locale le fait sien, a trois caractéristiques principales: un caractère officiel, la synthèse organique et fondamentale de la foi qu'il présente, et le fait d'être proposé, avec l'Ecriture Sainte, comme un point de référence pour la catéchèse.

– Le catéchisme local est en effet un texte officiel de l'Eglise. Il rend visible, en quelque sorte, la « remise du Symbole » et la « remise du Notre Père » aux catéchumènes et à ceux qui doivent être baptisés. Aussi, est-il l'expression d'un acte de tradition.

Son caractère officiel établit une distinction de qualité entre le catéchisme local et les autres instruments de travail, utiles dans la pédagogie catéchétique (textes didactiques, catéchismes non officiels, guides pour les catéchistes...).

– De plus, tout catéchisme a le caractère d'une synthèse de base qui présente, d'une manière organique et dans le respect de la « hiérarchie des vérités », les événements et les vérités fondamentales du mystère chrétien.

– Le catéchisme local présente, avec une cohérence organique, un ensemble des « documents de la Révélation et de la tradition chrétienne », (454) proposés dans la grande diversité des « langages » dans lesquels s'exprime la parole de Dieu.

Le catéchisme local se présente enfin comme un point de référence qui inspire la catéchèse. Dans le processus de catéchisation, l'Ecriture Sainte et le catéchisme sont les deux documents doctrinaux de base qu'il faut toujours avoir entre les mains. Tout en étant l'un et l'autre des instruments de premier ordre, ils ne sont cependant pas les seuls: d'autres instruments de travail plus immédiats sont en effet nécessaires. (455) Aussi est-il légitime de se demander si un catéchisme officiel doit contenir des éléments pédagogiques ou si, au contraire, il doit se limiter a n'être qu'une synthèse doctrinale, n'offrant que les sources.

En tout cas, le catéchisme étant un instrument de l'acte catéchétique — qui est un acte de communication —, il obéit toujours à une certaine inspiration pédagogique et doit toujours laisser transparaître, dans son genre, la pédagogie de Dieu.

Les questions relevant plus directement de la méthode sont d'ordinaire plus à leur place en d'autres instruments.

Les aspects de l'adaptation dans un catéchisme local (456)

133. Le Catéchisme de l'Eglise catholique indique quels sont les aspects dont il faut tenir compte lorsqu'on effectue une adaptation ou une mise en situation de la synthèse organique de la foi que tout catéchisme local doit proposer. Cette synthèse de la foi doit réaliser les adaptations requises par « les différences de cultures, d'âges, de maturité spirituelle, de situations sociales et ecclésiales de ceux à qui s'adresse la catéchèse ». (457) De même, le Concile Vatican II affirme avec force la nécessité d'adapter le message évangélique: « Cette prédication accommodée de la parole révélée doit demeurer la loi de toute évangélisation ». (458) C'est pourquoi:

– Un catéchisme local doit proposer la synthèse de la foi en fonction du milieu culturel concret où vivent les catéchumènes et les catéchisés. Il assumera toutes les « expressions originales de vie, de célébration et de pensée chrétienne » (459) surgies de leur propre tradition culturelle et qui sont le fruit de l'œuvre d'inculturation de l'Eglise locale.

– Un catéchisme local, fidèle au message et fidèle à la personne humaine, (460) propose le mystère chrétien d'une façon évocatrice et proche de la psychologie et de la mentalité de l'âge du destinataire, et par conséquent en faisant référence aux expériences fondamentales de sa vie. (461)

– Il faut veiller tout spécialement à la manière concrète dont est vécu le fait religieux dans une société déterminée. Elaborer un catéchisme pour un milieu marqué par l'indifférence religieuse est autre chose que de le composer pour un contexte profondément religieux. (462) Le rapport « foi-science » doit être traité avec un grand soin dans tout catéchisme.

– Les problèmes sociaux environnants, au moins ceux qui ont trait aux éléments structurels les plus profonds (économiques, politiques, familiaux...) sont un facteur important de l'adaptation du catéchisme à un contexte donné. En s'inspirant de la doctrine sociale de l'Eglise, le catéchisme saura offrir des critères, des motivations et des lignes d'action qui mettent en lumière la présence chrétienne au milieu de ces problèmes. (463)

– Enfin, c'est surtout la situation ecclésiale concrète dans laquelle vit l'Eglise particulière qui est le contexte obligé auquel le catéchisme doit se référer. Evidemment, on n'entend pas par là les situations conjoncturelles, auxquelles répondent d'autres documents du Magistère, mais une situation plus stable qui appelle une évangélisation aux accents plus spécifiques et déterminés. (464)

La créativité des Eglises locales dans l'élaboration des catéchismes

134. Dans leur tâche d'adaptation, de mise en situation et d'inculturation du message évangélique aux différents âges, situations et cultures, à travers des catéchismes, les Eglises locales doivent faire preuve d'une créativité sûre et mature. Dans le depositum fidei confié à l'Eglise, les Eglises locales doivent sélectionner, structurer et exprimer, sous la conduite de l'Esprit Saint, le Maître intérieur, tous les éléments utiles pour transmettre, dans une situation déterminée, l'Evangile dans son authenticité complète.

Dans cette tâche ardue, le Catéchisme de l'Eglise catholique est « le point de référence » pour garantir l'unité de la foi. Le présent Directoire général pour la catéchèse fournit, pour sa part, les critères de base qui doivent orienter la présentation du message chrétien.

135. En ce qui concerne l'élaboration des catéchismes locaux, il convient de rappeler ce qui suit:

– Il s'agit avant tout d'élaborer de vrais catéchismes adaptés et inculturés. En ce sens, il convient de faire la distinction entre un catéchisme qui adapte le message chrétien aux différents âges, situations et cultures, et ce qui n'est qu'une simple synthèse du Catéchisme de l'Eglise catholique, destinée à introduire à l'étude de celui-ci. Ce sont deux genres différents. (465)

– Les catéchismes locaux peuvent avoir un caractère diocésain, régional ou national. (466)

– En ce qui concerne la structure des contenus, les différents épiscopats éditent de fait des catéchismes diversement articulés ou configurés. Nous l'avons dit, le Catéchisme de l'Eglise catholique a été proposé comme référence doctrinale, mais on n'entend pas par là imposer à toute l'Eglise une forme particulière de catéchisme. Il existe ainsi des catéchismes qui ont une conformation trinitaire, d'autres qui sont structurés selon les étapes du salut, d'autres encore autour d'un thème biblique et théologique particulièrement dense (l'Alliance, le Règne de Dieu, etc.), d'autres selon la dimension de la foi, et d'autres enfin en suivant l'année liturgique.

– Quant à la manière d'exprimer le message évangélique, la créativité d'un catéchisme a des influences sur la formulation même du contenu. (467) Certes, un catéchisme doit rester fidèle au dépôt de la foi dans sa méthode d'exprimer la substance doctrinale du message chrétien. « Les Eglises particulières, profondément amalgamées avec les personnes mais aussi les aspirations, les richesses et limites, les façons de prier, d'aimer, de considérer la vie et le monde qui marquent tel ou tel ensemble humain, ont le rôle d'assimiler l'essentiel du message évangélique, de le transposer, sans la moindre trahison de sa vérité essentielle, dans le langage que ces hommes comprennent, puis de l'annoncer dans ce langage ». (468)

Le Concile Vatican II indique le principe à suivre dans cette tâche complexe: « Chercher sans cesse la manière la plus apte de communiquer la doctrine aux hommes de leur temps; car autre chose est le dépôt même ou les vérités de la foi, autre chose la façon selon laquelle ces vérités sont exprimées, à condition toutefois d'en sauvegarder le sens et la signification ». (469)

Le Catéchisme de l'Eglise Catholique et les catéchismes locaux: la symphonie de la foi

136. Le Catéchisme de l'Eglise catholique et les catéchismes locaux, naturellement avec l'autorité propre à chacun, forment une unité. Il sont l'expression concrète de l'« unité de la foi et de la fidélité à la doctrine catholique » (470) et, en même temps, de la grande variété de formulations de cette même foi.

Le Catéchisme de l'Eglise catholique et les catéchismes locaux, pour qui contemple leur harmonie, expriment la symphonie de la foi: d'abord une symphonie intérieure au Catéchisme de l'Eglise Catholique, élaboré en collaboration avec tout l'épiscopat de l'Eglise catholique; puis une symphonie qui en dérive et qui se manifeste dans les catéchismes locaux. Cette « symphonie », ce « chœur des voix de l'Eglise universelle » (471) qui retentit dans les catéchismes locaux, fidèles au Catéchisme de l'Eglise catholique, a une signification théologique importante:

– Elle manifeste avant tout la catholicité de l'Eglise. Les richesses culturelles des peuples font corps avec l'expression de la foi de l'unique Eglise.

Catéchisme de l'Eglise catholique et catéchismes locaux manifestent aussi la communion ecclésiale dont la « profession d'une seule foi » (472) est l'un des liens visibles. Les Eglises particulières, « dans lesquelles et à partir desquelles existe l'une et unique Eglise du Christ », (473) entretiennent avec le tout, avec

l'Eglise universelle, « une relation particulière d'intériorité réciproque ». (474) L'unité entre le Catéchisme de l'Eglise Catholique et les catéchismes locaux rend cette communion visible.

Catéchisme de l'Eglise catholique et catéchismes locaux expriment également, de manière évidente, la réalité de la collégialité épiscopale. Les évêques, chacun dans son diocèse, et ensemble dans le collège des évêques, en communion avec le successeur de Pierre, ont la plus haute responsabilité de la catéchèse dans l'Eglise. (475)

Le Catéchisme de l'Eglise catholique et les catéchismes locaux, de par leur unité profonde et leur riche diversité, sont appelés à être un levain de renouveau de la catéchèse dans l'Eglise. En les observant avec un regard catholique et universel, l'Eglise, c'est-à-dire toute la communauté des disciples du Christ, peut dire en vérité: « Telle est notre foi, telle est la foi de l'Eglise ».

PARTIE III

LA PEDAGOGIE DE LA FOI

La pédagogie de la foi

« Et moi j'avais appris à marcher à Ephraïm, je le prenais par les bras... Je les menais avec des attaches humaines, avec des liens d'amour; j'étais pour eux comme ceux qui soulèvent un nourrisson contre leur joue, je m'inclinais vers lui et le faisais manger » (Os 11,3-4).
« Quand il fut à l'écart, ceux de son entourage avec les Douze l'interrogeaient sur les paraboles. Et il leur disait: "A vous le mystère du Royaume de Dieu a été donné". "En privé, il expliquait tout à ses disciples" » (Mc 4,11.34).
« Vous n'avez qu'un seul Maître, le Christ » (Mt 23,10)

137. Jésus a soigné la formation des disciples qu'il a envoyés en mission. Il s'est proposé à eux à la fois comme l'unique Maître et comme l'ami patient et fidèle, (476) il a exercé un véritable enseignement à travers toute sa vie; (477) en les stimulant par des questions appropriées, (478) il leur a expliqué de manière approfondie ce qu'il annonçait à la foule; (479) il les a initiés à la prière, (480) il les a envoyés faire un stage missionnaire, (481) il leur a promis puis envoyé l'Esprit du Père pour qu'il les introduise dans la vérité tout entière (482) et les soutienne dans les inévitables moments difficiles. (483) Jésus-Christ est « le Maître qui révèle Dieu aux hommes et l'homme à lui-même; le Maître qui sauve, sanctifie et guide, qui est vivant, qui parle, secoue, émeut, redresse, juge, pardonne, marche quotidiennement avec nous sur le chemin de l'histoire; le Maître qui vient et qui viendra dans la gloire ». (484) En Jésus, Seigneur et Maître, l'Eglise trouve la grâce transcendante, l'inspiration permanente, le modèle convaincant de toute communication de la foi.

Sens et finalité de cette partie

138. A l'école de Jésus, le Maître, le catéchiste unit étroitement son activité de personne responsable à l'action mystérieuse de la grâce de Dieu. La catéchèse est donc l'exercice d'une « pédagogie originale de la foi ». (485)

La transmission de l'Evangile par l'Eglise reste avant tout et toujours l'œuvre de l'Esprit-Saint et elle trouve dans la révélation le témoignage et la norme fondamentale (chapitre 1).

Mais l'Esprit se sert de personnes qui reçoivent la mission d'annoncer l'Evangile et dont les compétences et les expériences humaines font partie de la pédagogie de la foi.

Il en ressort tout un ensemble de questions largement évoquées dans l'histoire de la catéchèse, concernant l'action catéchétique, les sources, les méthodes, les destinataires, le processus d'inculturation.

Le deuxième chapitre ne prétend pas présenter un exposé exhaustif de la pédagogie de la foi; ne sont traités que les points apparaissant aujourd'hui particulièrement importants pour toute l'Eglise. Il reviendra aux divers directoires et autres instruments de travail de chaque Eglise d'aborder d'une manière appropriée les problèmes spécifiques.

CHAPITRE I

La pédagogie de Dieu,
source et modèle
de la pédagogie de la foi
(486)

La pédagogie de Dieu

139. « C'est en fils que Dieu vous traite. Et quel est le fils que ne corrige son père? » (He 12,7). Le salut de la personne, finalité de la Révélation, est aussi, dans l'histoire, le fruit d'une « pédagogie de Dieu » originale et efficace. Par analogie avec les usages des hommes et selon les catégories culturelles de l'époque, Dieu est présenté dans l'Ecriture comme un père miséricordieux, un maître, un sage (487) qui prend la personne — individu et communauté — dans la condition où elle se trouve, la délivre des chaînes du mal, l'attire à lui par des liens d'amour, la fait grandir peu à peu, patiemment, jusqu'à ce qu'elle atteigne la maturité d'un fils libre, fidèle et obéissant à sa parole. Dans ce but, en éducateur génial et clairvoyant, Dieu transforme les vicissitudes de la vie de son peuple en leçons de sagesse en s'adaptant aux différents âges et situations de vie. (488) Il lui remet des paroles d'instruction et de catéchèse qui seront transmises de génération en génération, (489) il exhorte en évoquant la récompense et le châtiment, il donne aux épreuves et aux souffrances elles-mêmes un caractère formateur. (490) Faire vraiment rencontrer Dieu à une personne, ce qui est la tâche du catéchiste, c'est faire de sa relation avec Dieu une relation centrale et personnelle, pour se laisser guider par Lui.

La pédagogie du Christ

140. Quand vint la plénitude des temps, Dieu envoya à l'humanité son Fils, Jésus-Christ. Il apporta au monde le don suprême du salut, accomplissant sa mission de rédempteur dans un processus qui continuait la « pédagogie de Dieu » avec la perfection et l'efficacité propres à la nouveauté de sa personne. Les disciples ont fait l'expérience directe, à travers ses paroles, ses signes, ses œuvres, tout au long d'une vie brève mais intense, de ce que sont les traits fondamentaux de la « pédagogie de Jésus », les faisant connaître ensuite dans les Evangiles: l'accueil de l'autre, notamment du pauvre, du petit, du pécheur, comme une personne que Dieu aime et recherche; l'annonce franche du Royaume de Dieu comme la belle nouvelle de la vérité et de la consolation du Père; un style d'amour, délicat et fort, qui délivre du mal et soutient la vie; l'appel pressant à une conduite soutenue par la foi en Dieu, par l'espérance du royaume, et par la charité envers le prochain; l'usage de toutes les ressources de la communication entre les personnes, telles que la parole, le silence, la métaphore, l'image, l'exemple, tant de signes divers, comme cela était le propre des prophètes bibliques. En invitant les disciples à le suivre totalement et sans regrets, (491) le Christ leur remet sa pédagogie de la foi en signe de partage total de sa cause et de son destin.

La pédagogie de l'Eglise

141. Depuis ses origines, l'Eglise qui est « dans le Christ comme un sacrement », (492) a vécu sa mission comme la continuité visible et actuelle de la pédagogie du Père et du Fils. « Etant notre Mère, elle est aussi l'éducatrice de notre foi ». (493)

C'est pour ces raisons profondes que la communauté chrétienne est en elle-même une catéchèse vivante. En vertu de ce qu'elle est, elle annonce, célèbre, agit et demeure toujours le lieu vital, indispensable et premier de la catéchèse.

L'Eglise a produit tout au long des siècles un trésor incomparable de pédagogie de la foi: tout d'abord le témoignage de saints et de saintes catéchistes. Mais aussi toute une variété de moyens et de formes originales de communication religieuse comme le catéchuménat, les catéchismes, les itinéraires de vie chrétienne; un patrimoine précieux d'enseignements catéchétiques, de culture de la foi, d'institutions et de services de la catéchèse. Autant d'aspects qui font l'histoire de la catéchèse et qui entrent de plein droit dans la mémoire de la communauté et dans la pratique du catéchiste.

La pédagogie divine, action de l'Esprit-Saint en chaque chrétien

142. « Heureux l'homme que tu reprends, Seigneur, et que tu enseignes par ta loi » (Ps 94,12). A l'école de la parole de Dieu accueillie dans l'Eglise, grâce au don de l'Esprit-Saint envoyé par le Christ, le disciple grandit comme son Maître « en sagesse, en âge et en grâce devant Dieu et devant les hommes » (Lc 2,52) et il est mis à même de développer en lui l'« éducation divine » reçue à travers la catéchèse et les ressources de la science et de l'expérience. (494) Ainsi, en connaissant toujours plus le mystère du salut, en apprenant à adorer Dieu le Père et « en vivant dans la vérité selon la charité », il cherche à « grandir de toutes manières vers Celui qui est la Tête, le Christ » (Ep 4,15).

La pédagogie de Dieu peut être considérée accomplie lorsque le disciple parvient « à l'état d'homme parfait, dans la force de l'âge, qui réalise la plénitude du Christ » (Ep 4,13). Aussi est-il impossible d'être des maîtres et des pédagogues de la foi d'autrui sans être des disciples convaincus et fidèles du Christ dans son Eglise.

Pédagogie divine et catéchèse

143. La catéchèse, en tant que communication de la révélation divine, s'inspire radicalement de la pédagogie de Dieu telle qu'elle se déploie dans le Christ et dans l'Eglise; elle en accueille les traits constitutifs, et, guidée par l'Esprit Saint, elle en réalise une sage synthèse, favorisant ainsi une véritable expérience de foi, une rencontre filiale avec Dieu. De cette façon la catéchèse:

– est une pédagogie qui s'insère et se met au service du « dialogue du salut » entre Dieu et la personne, en soulignant comme il se doit la destination universelle de ce salut; en ce qui concerne Dieu, elle souligne l'initiative divine, sa motivation d'amour, sa gratuité, son respect de la liberté; en ce qui concerne l'homme, elle met en évidence la dignité du don reçu et l'exigence de croître continuellement dans ce don; (495)

– elle accepte le principe du caractère progressif de la Révélation, la transcendance et le caractère mystérieux de la parole de Dieu, ainsi que sa capacité d'adaptation aux différentes personnes et cultures;

– elle reconnaît la place centrale de Jésus-Christ, parole de Dieu faite homme; cette centralité fait de la catéchèse une « pédagogie de l'Incarnation »; c'est pourquoi l'Evangile est toujours à proposer pour la vie et dans la vie des personnes;

– elle valorise l'expérience communautaire de la foi, propre au Peuple de Dieu, à l'Eglise;

– elle s'enracine dans la relation interpersonnelle et fait sien le processus du dialogue;

– elle se fait pédagogie de signes, où se mêlent événements et paroles, enseignement et expérience; (496)

– l'amour de Dieu étant la raison ultime de sa révélation, la catéchèse puise dans cet amour divin intarissable qu'est l'Esprit Saint, sa force de vérité et son engagement constant pour en témoigner. (497)

La catéchèse se présente ainsi comme un processus, un itinéraire, une marche à la suite du Christ de l'Evangile, dans l'Esprit, vers le Père, entreprise pour atteindre la maturité de la foi « selon la mesure du don du Christ » (Ep 4,7) et les possibilités et les besoins de chacun.

Pédagogie originale de la foi (498)

144. La catéchèse, qui est donc une pédagogie en acte de la foi, ne peut pas, dans l'accomplissement de ses tâches, se laisser guider par des considérations idéologiques ou par des intérêts purement humains; (499) elle ne confond pas l'action salvifique de Dieu, qui est pure grâce, avec l'agir pédagogique de l'homme; cependant, elle ne les oppose ni ne les sépare. C'est le dialogue que Dieu instaure amoureusement avec chaque personne qui devient son inspiration et sa norme; de ce dialogue, elle se fait l'« écho » inlassable, en recherchant continuellement le dialogue avec les personnes, selon les grandes indications données par le Magistère de l'Eglise. (500)

Des objectifs précis inspirent ses choix méthodologiques:

– promouvoir une synthèse progressive et cohérente de l'adhésion totale de l'homme à Dieu (fides qua) et des contenus du message chrétien (fides quae);

– développer toutes les dimensions de la foi de sorte qu'elle devienne une foi connue, célébrée, vécue, priée; (501)

– encourager la personne à s'abandonner « tout entière et librement » à Dieu: (502) intelligence, volonté, cœur, mémoire;

– l'aider à discerner la vocation à laquelle le Seigneur l'appelle.

La catéchèse accomplit de la sorte une œuvre tout à la fois d'initiation, d'éducation et d'enseignement.

Fidélité à Dieu et fidélité à la personne (503)

145. Jésus-Christ est la relation vivante et parfaite de Dieu à l'homme et de l'homme à Dieu. La pédagogie de la foi reçoit de Lui « une loi fondamentale pour toute la vie de l'Eglise », et donc pour la catéchèse: « celle de la fidélité à Dieu et de la fidélité à l'homme, dans une même attitude d'amour ». (504)

Par conséquent, la catéchèse est authentique lorsqu'elle aide à saisir l'action de Dieu au long du chemin de formation, en favorisant un climat d'écoute, d'action de grâce et de prière, (505) tandis qu'elle tend à susciter une réponse libre des personnes, en encourageant la participation active des catéchisés.

La « condescendance » (506) de Dieu, école pour la personne

146. Voulant s'adresser aux hommes comme à des amis, (507) Dieu manifeste notamment sa pédagogie en adaptant, avec des soins prévenants, son langage à notre condition d'ici-bas. (508)

Cela implique, pour la catéchèse, la tâche jamais achevée de trouver le langage capable de communiquer la parole de Dieu et le Credo de l'Eglise, qui en est le développement, aux différentes situations des auditeurs; (509) en même temps la certitude demeure que cette tâche est réalisable avec la grâce de Dieu, et que l'Esprit-Saint donne la joie de le faire.

Par conséquent, les indications pédagogiques adaptées à la catéchèse sont celles qui permettent de communiquer la totalité de la parole de Dieu au cœur de l'existence des personnes. (510)

Evangéliser en éduquant et éduquer en évangélisant (511)

147. En s'inspirant sans cesse de la pédagogie de la foi, le catéchiste fait de son service un itinéraire éducatif qualifié: d'un côté, il aide la personne à s'ouvrir à la dimension religieuse de la vie, de l'autre, il lui propose l'Evangile de telle manière que celui-ci pénètre et transforme les attitudes de son intelligence, de sa conscience, de sa liberté, de son action, arrivant à faire de l'existence un don de soi, à l'exemple de Jésus-Christ.

Dans ce but, le catéchiste a recours aux sciences de l'éducation, comprises dans un sens chrétien.

CHAPITRE II

Eléments de méthodologie

La diversité des méthodes en catéchèse (1)

148. Dans la transmission de la foi, l'Eglise n'a ni méthode propre ni méthode unique. A la lumière de la pédagogie de Dieu, elle discerne les méthodes existantes, retient, dans une grande liberté d'esprit, « tout ce qu'il y a de vrai, de noble, de juste, de pur, d'aimable, d'honorable et qui mérite éloge » (Ph 4,8); autrement dit, tous les éléments qui ne sont pas incompatibles avec l'Evangile, elle les met à son service. Cela est admirablement confirmé dans l'histoire de l'Eglise où les nombreux charismes de service de la Parole ont engendré divers parcours méthodologiques. Ainsi, « la variété dans les méthodes est un signe de vie et une richesse » et, en même temps un signe de respect à l'égard des destinataires. Cette variété est requise par « l'âge et le développement intellectuel des chrétiens, leur degré de maturité ecclésiale et spirituelle et par beaucoup d'autres circonstances personnelles ».(2)

L'objectif de la méthodologie de la catéchèse est l'éducation à la foi; elle a recours aux sciences pédagogiques et de la communication appliquées à la catéchèse; elle tient compte des acquis considérables de la catéchèse contemporaine.

Le rapport contenu-méthode dans la catéchèse (3)

149. Le principe de « fidélité à Dieu et fidélité à l'homme » conduit à éviter toute opposition, séparation artificielle ou soi-disant neutralité entre la méthode et le contenu, affirmant plutôt leur corrélation et leur interaction. Le catéchiste sait que la méthode est au service de la Révélation et de la conversion (4) et qu'il faut donc en faire usage. D'autre part, le catéchiste sait que le contenu de la catéchèse ne supporte pas n'importe quelle méthode mais qu'il exige un processus de transmission adapté à la nature du message, à ses sources et à ses langages, aux circonstances concrètes de la communauté ecclésiale, à la condition de chaque fidèle auquel est adressée la catéchèse.

De par leur importance même, aussi bien dans la Tradition et dans l'actualité de la catéchèse, certaines méthodes méritent d'être soulignées: la méthode d'approche de la Bible,(5) la méthode ou « pédagogie du document » — du symbole notamment, car « la catéchèse est transmission des documents de la foi » —,(6) la méthode des signes liturgiques et ecclésiaux, la méthode propre aux communications sociales.

Une bonne méthode catéchétique garantit la fidélité du contenu.

Méthode inductive et déductive (7)

150. La transmission de la foi dans la catéchèse est un événement de grâce, fruit de la rencontre entre la Parole de Dieu et l'expérience de la personne. Elle s'exprime par des signes sensibles et, à la fin, ouvre au mystère. Cela peut arriver par des voies différentes que nous ne connaissons pas toujours complètement.

On parle aujourd'hui de méthodes inductive et déductive. La méthode dite inductive consiste à présenter des faits, tels que les événements bibliques, les actes liturgiques, la vie de l'Eglise et la vie quotidienne, dans le but de discerner la signification qu'ils peuvent avoir dans le mystère de la Révélation. Cette méthode offre de gros avantages parce qu'elle est conforme à l'économie de la révélation; elle répond à l'attente profonde du cœur de l'homme qui est de parvenir à la connaissance des choses intelligibles en partant des réalités visibles; elle concorde également avec les caractéristiques de la connaissance de la foi qui est une connaissance par l'intermédiaire de signes.

La méthode inductive n'exclut pas mais appelle la méthode déductive qui, elle, explique les faits et les décrit en partant de leurs causes. Mais la synthèse déductive ne prendra toute sa valeur qu'une fois la démarche inductive accomplie.(8)

151. Le sens à donner est autre lorsqu'il s'agit des chemins d'action: l'un est dit « kerygmatique » (ou descendant), lorsqu'il part de l'annonce du message, exprimé dans les principaux documents de la foi (Bible, liturgie, doctrine...) et le met en pratique dans la vie; l'autre est dit « existentiel » (ou ascendant) lorsqu'il part des problèmes et situations humaines et les éclaire à la lumière de la Parole de Dieu. Ce sont là deux approches légitimes, à condition de respecter tous les facteurs en jeu, le mystère de la grâce et les données humaines, la compréhension de la foi et le processus de rationalité.

L'expérience humaine dans la catéchèse (9)

152. L'expérience joue divers rôles dans la catéchèse; c'est pourquoi il faut sans cesse la mettre dûment en valeur.

a) Elle fait naître chez l'homme des intérêts, des interrogations, des espoirs et des anxiétés, des réflexions et des jugements qui éveillent un certain désir de changer la vie. Aussi la catéchèse prendra-t-elle soin de rendre les personnes attentives à leurs expériences personnelles et sociales les plus marquantes, d'éclairer par l'Evangile les questions et les besoins qui en découlent; de même, elle aidera les hommes à transformer leur mode de vie. La personne adoptera ainsi une attitude active et responsable à l'égard du don de Dieu.

b) L'expérience favorise l'intelligibilité du message chrétien. Ce qui concorde bien avec la manière d'agir de Jésus qui s'est servi d'expériences et de situations humaines pour expliquer les réalités eschatologiques et transcendantes, et par là, enseigner l'attitude à adopter face à ces réalités. En ce sens, l'expérience sert à sonder et à comprendre les vérités qui constituent le contenu objectif de la révélation.

c) Il s'ensuit que l'expérience vécue à la lumière de la foi devient en quelque sorte un lieu de manifestation et d'accomplissement du salut, où Dieu, conformément à la pédagogie de l'Incarnation, atteint l'homme par sa grâce et le sauve. Le catéchiste doit aider l'homme à lire sa vie dans cette optique pour y saisir l'appel de l'Esprit Saint à la conversion, à l'engagement, à l'espérance, et découvrir ainsi le dessein de Dieu dans sa propre vie.

153. Eclairer et interpréter l'expérience par le donné de la foi devient une tâche permanente de la pédagogie de la catéchèse, difficile certes, mais qui ne peut être négligée sous peine de tomber dans des juxtapositions artificielles ou des interprétations intégristes de la vérité.

C'est possible en appliquant correctement la corrélation ou l'interaction entre les grandes expériences humaines (10) et le message révélé, comme en témoignent l'annonce des prophètes, la prédication de Jésus et l'enseignement des apôtres, constituant le critère fondamental à suivre pour toute rencontre entre la foi et l'expérience humaine dans le temps de l'Eglise.

La mémorisation dans la catéchèse (11)

154. La catéchèse fait partie de la « Mémoire » de l'Eglise qui garde vivante au milieu de nous la présence du Seigneur.(12) L'exercice de la mémoire est donc un aspect constitutif de la pédagogie de la foi depuis les premiers temps du christianisme. Pour surmonter les risques d'un apprentissage mécanique, la mémorisation doit s'insérer harmonieusement parmi les divers rites de l'assimilation, tels que la réaction spontanée et la réflexion, le moment du dialogue et celui du silence, l'exposé oral et le travail écrit.(13)

Il faut en particulier mémoriser les principales formules de la foi parce qu'elles en assurent l'exposé plus précis et garantissent un précieux patrimoine commun, doctrinal, culturel et linguistique. La possession sûre des langages de la foi est une condition indispensable pour vivre la foi elle-même.

Ces formules doivent être cependant proposées comme des synthèses au terme d'un chemin d'explication, et doivent être fidèles au message chrétien. En font partie quelques formules et textes plus importants tirés de la Bible, du dogme, de la liturgie, et les prières bien connues de la tradition chrétienne (le Symbole des apôtres, le Notre Père, l'Ave Maria...).(14)

« Ces fleurs, si l'on peut dire, de la foi et de la piété ne poussent pas dans les espaces désertiques d'une catéchèse sans mémoire. L'essentiel est que ces textes mémorisés soient en même temps intériorisés, compris peu à peu dans leur profondeur, pour devenir source de vie chrétienne personnelle et communautaire ».(15)

155. Bien plus, l'apprentissage des formules de la foi et leur profession entrent dans le cadre de l'exercice traditionnel de la « traditio » et « redditio »; c'est ainsi qu'à la transmission de la foi dans la catéchèse (traditio) correspond la réponse du sujet, lors du parcours catéchétique d'abord, puis dans la vie (redditio).(16)

Ce processus favorise une meilleure participation à la vérité reçue. Il facilite une réponse personnelle responsable qui respecte le sens originel du donné de la foi et comprend le langage utilisé pour le dire (biblique, liturgique, doctrinal...).

Rôle du catéchiste (17)

156. Aucune méthodologie, même si elle est confirmée par la pratique, ne dispense le catéchiste d'un travail personnel dans toutes les étapes du processus de catéchèse.

Le charisme donné par l'Esprit, une spiritualité solide, un témoignage de vie transparent, sont l'âme de toute méthode, et seules les bonnes qualités humaines et chrétiennes du catéchiste assurent le bon usage des textes et des autres instruments de travail.

Le catéchiste est, en soi, un médiateur qui facilite la communication entre les personnes et le mystère de Dieu, des personnes entre elles et avec la communauté. C'est pourquoi il doit faire en sorte que sa vision culturelle, sa condition sociale et son style de vie n'entravent pas le cheminement de la foi, en créant plutôt les conditions favorables à la recherche, à l'accueil et à l'approfondissement du message chrétien.

Il n'oublie pas que l'adhésion des personnes est le fruit de la grâce et de la liberté; il agit donc de telle sorte que son activité soit toujours soutenue par la foi en l'Esprit Saint et par la prière.

Enfin, le rapport personnel entre le catéchiste et le catéchisé est extrêmement important. Il est caractérisé par l'amour de l'éducation, la créativité originale, l'adaptation, et en même temps, par le plus grand respect de la liberté et de la maturation de la personne.

Par ce sage accompagnement, le catéchiste accomplit l'un des services les plus précieux de l'activité catéchétique: il aide les personnes à discerner la vocation à laquelle Dieu les appelle.

L'activité et la créativité des catéchisés (18)

157. La participation active des catéchisés à leur processus de formation est tout à fait conforme non seulement à toute communication humaine authentique, mais plus spécifiquement à l'économie de la Révélation et du Salut. Dans l'état ordinaire de la vie chrétienne, les croyants sont appelés à répondre activement, individuellement et en groupe, au don de Dieu par la prière, la participation aux sacrements et aux autres actions liturgiques, l'engagement ecclésial et social, l'exercice de la charité, la promotion des grandes valeurs humaines comme la liberté, la justice, la paix, la sauvegarde de la création.

Dans la catéchèse, les catéchisés s'engagent à s'entraîner aux activités de la foi, de l'espérance et de la charité, à acquérir capacité et rectitude de jugement, à renforcer la décision personnelle de conversion et de pratique chrétienne de la vie.

Les catéchisés, surtout s'ils sont adultes, peuvent contribuer activement au progrès de la catéchèse en indiquant les voies les plus aptes à favoriser la compréhension et l'expression du message, comme l'apprentissage par l'action, la recherche et le dialogue, l'échange de points de vue.

Communauté, personne et catéchèse (19)

158. La pédagogie catéchistique n'est efficace que dans la mesure où la communauté chrétienne devient la référence concrète et exemplaire du cheminement de foi de chaque personne. Cela se produit si la communauté se propose comme la source, le lieu et le terme de la catéchèse. Elle devient alors concrètement le lieu visible du témoignage croyant, elle pourvoit à la formation de ses membres, les accueille en véritable famille de Dieu, en devenant ainsi le milieu vital et permanent de croissance de la foi.(20)

A côté de la proclamation de l'Evangile sous forme publique et collective, la relation de personne à personne, à l'exemple de Jésus et des apôtres, demeure toujours indispensable. De la sorte, la conscience personnelle est plus facilement impliquée, le don de la foi parvient au catéchisé de vivant à vivant, — comme il est propre à l'action du Saint-Esprit —, et la force de persuasion se fait plus incisive.(21)

L'importance du groupe (22)

159. Le groupe joue un rôle important dans le processus de développement des personnes. Il en est de même dans la catéchèse. Chez les enfants, le groupe favorise l'éducation à la vie sociale; chez les jeunes, il est une nécessité vitale pour la formation de leur personnalité; chez les adultes, il favorise le dialogue, le sens du partage et de la coresponsabilité chrétienne.

Le catéchiste qui participe à la vie du groupe, qui perçoit et met en valeur ses énergies, reconnaît et exerce comme tâche première et spécifique d'être, au nom de l'Eglise, le témoin actif de l'Evangile, capable de communiquer aux autres les fruits de sa foi adulte et d'encourager judicieusement la recherche commune.

En plus de l'instruction religieuse, le groupe chrétien est appelé à fournir une expérience de communauté et une forme de participation à la vie ecclésiale, en trouvant dans la grande communauté eucharistique son aboutissement et sa pleine manifestation. Jésus dit: « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux » (Mt 18,20).

La communication sociale (23)

160. « Le premier aréopage des temps modernes est le monde de la communication, qui donne une unité à l'humanité... Les médias ont pris une telle importance qu'ils sont, pour beaucoup de gens, le moyen principal d'information et de formation; ils guident et inspirent les comportements individuels, familiaux et sociaux ».(24) De ce fait, en plus des nombreux moyens traditionnels, « l'usage des médias est devenu essentiel pour l'évangélisation et la catéchèse ».(25) En effet, « l'Eglise se sentirait coupable devant son Seigneur si elle ne mettait pas en œuvre ces puissants moyens que l'intelligence humaine rend chaque jour plus perfectionnés;... En eux, l'Eglise trouve une version moderne et efficace de la chaire. Grâce à eux, elle réussit à parler aux masses ».(26)

Ces moyens sont variés: télévision, radio, presse, disques, bandes enregistrées, vidéo et audio-cassettes, cédéroms, tout le secteur de l'audio-visuel.(27) Chaque moyen joue son propre rôle et requiert un usage spécifique; il convient de respecter les exigences de chacun et d'en évaluer l'importance.(28) Une catéchèse bien programmée ne peut pas se passer de tels moyens. Ainsi, promouvoir l'aide entre les Eglises pour faire face aux frais d'acquisition et aux coûts de gestion — parfois très élevés —, est un vrai service rendu à la cause de l'Evangile.

. Le bon usage des médias demande aux agents de la catéchèse un sérieux engagement au niveau de la connaissance, de la compétence et de l'usage qualifié et actualisé. Mais surtout, en raison de la forte influence exercée par les médias sur la culture, ils doivent être conscients qu'il « ne suffit pas de les utiliser pour assurer la diffusion du message chrétien et de l'enseignement de l'Eglise, mais qu'il faut intégrer le message dans cette "nouvelle culture" créée par les moyens de communication moderne... avec de nouveaux langages, de nouvelles techniques et de nouveaux comportements ».(29) Ce n'est qu'ainsi que le message de l'Evangile, avec la grâce de Dieu, a la capacité de pénétrer dans la conscience de chacun et de « recueillir en sa faveur une adhésion et un engagement tout-à-fait personnels ».(30)

162. Les professionnels et les usagers de la communication doivent pouvoir recevoir la grâce de l'Evangile. D'où le devoir des catéchistes de ne pas négliger certaines catégories de personnes, comme les professionnels des médias, auxquels ils doivent présenter l'Evangile comme un large horizon de vérité, de responsabilité, d'inspiration; les familles — si exposées à l'influence des moyens de communication — pour les défendre — mais surtout en vue de faire croître leur sens critique et leur capacité éducative; (31) les jeunes générations qui sont les usagers et les créateurs de la communication de masse. Il faut rappeler à tous qu'en ce qui concerne « l'utilisation des instruments de communication, qu'il s'agisse de la production des programmes ou de leur réception, il est urgent d'exercer d'une part, une activité éducative du sens critique, animé par la passion de la vérité, et d'autre part, une action visant à défendre la liberté et le respect de la dignité de la personne et à favoriser la culture authentique des peuples ».(32)

PARTIE IV

LES DESTINATAIRES
DE LA CATECHESE

Les destinataires de la catéchèse

« Je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut atteigne aux extrémités de la terre » (Is 49,6).
«Il vint à Nazareth où il avait été élevé, entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture. On lui remit le livre du prophète Isaïe et, déroulant le livre, il trouva le passage où il était écrit: "L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur". Il replia le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous dans la synagogue tenaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire: "aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles ce passage de l'Ecriture" » (Lc 4,16-21).

« Tous sont concernés par le Royaume » (33)

163. Au début de son ministère, Jésus proclame qu'il a été envoyé pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres,(34) laissant entendre et confirmant ensuite par sa vie que le Royaume de Dieu est destiné à tous les hommes, à commencer par les moins favorisés. Il est lecatéchiste du Royaume de Dieu pour tous les hommes sans distinction: grands et petits, riches et pauvres, bien-portants et malades, proches et lointains, juifs et païens, hommes et femmes, justes et pécheurs, peuple et autorités, individus et groupes... Il est attentif à chaque personne et se soucie de ses besoins – de l'âme et du corps, guérissant et pardonnant, corrigeant et encourageant, par les paroles et par les œuvres.

Jésus a achevé sa vie terrestre en appelant ses disciples à faire de même, à prêcher l'Evangile à toute créature,(35) à « tous les peuples » (Mt 28,19; Lc 24,47), « jusqu'aux extrémités de la terre » (Ac 1,8) et pour tous les siècles, « jusqu'à la fin du monde » (Mt 28,20).

164. C'est l'œuvre que l'Eglise accomplit depuis deux mille ans, avec une immense variété d'expériences de l'annonce et de la catéchèse, sans cesse sollicitée par l'Esprit de Pentecôte pour remplir son devoir d'évangélisation « envers les Grecs comme envers les barbares, envers les savants comme envers les ignorants » (Rm 1,14).

C'est ainsi que prend forme une pédagogie de la foi dans laquelle se conjuguent l'ouverture au monde de la catéchèse et son admirable incarnation dans le monde des destinataires.

Sens et but de cette partie

165. L'attention qui est due aux diverses situations de vie des personnes (36) oriente la catéchèse sur de multiples voies pour les rencontrer et adapter à leurs besoins le message chrétien et la pédagogie de la foi.(37)

Ainsi, lorsque l'attention se porte sur une situation de foi initiale, on ouvre la voie des catéchumènes et des néophytes; lorsque l'attention se porte sur le développement de la foi des baptisés, on parle de catéchèse d'approfondissement ou de rattrapage pour ceux qui ont encore besoin d'orientations essentielles; lorsque l'attention se porte sur le développement physique et psychique des catéchisés, la catéchèse s'organise selon les âges. Au contraire, lorsque l'attention se porte sur les contextes socio-culturels, on met en place une catéchèse par catégories.

. Il est impossible de présenter tous les types de catéchèse. C'est pourquoi cette partie n'en traite que quelques aspects valables en toute situation:

– Aspects généraux de l'adaptation (chapitre 1)

– Catéchèse selon les âges (chapitre 2)

– Catéchèse pour des situations particulières (chapitre 3)

– Catéchèse selon les différents contextes (chapitres 4 et 5).

Le problème de l'inculturation est abordé sous l'aspect pratique, en référence aux contenus de la foi, aux personnes et au contexte culturel.

Il appartiendra aux Eglises particulières, dans leurs directoires de catéchèse, nationaux et régionaux, de fournir des orientations plus précises selon les situations et les nécessités locales.

CHAPITRE I

L'adaptation au destinataire

Aspects généraux

Besoin et droit de tout croyant de recevoir
une catéchèse solide
(38)

167. Tout baptisé, parce qu'il est appelé par Dieu à la maturité de la foi, a besoin et a donc le droit de recevoir une catéchèse adaptée. C'est donc une tâche première pour l'Eglise que d'y pourvoir comme il se doit.

A ce sujet, il est bon de rappeler tout de suite que le destinataire de l'Evangile est « un homme concret, historique »,(39) enraciné dans une situation déterminée et sans cesse influencé,(40) par des conditionnements psychologiques, sociaux, culturels et religieux, qu'il en soit conscient ou non.

Dans la catéchèse, le destinataire doit pouvoir se manifester comme un sujet actif, conscient et coresponsable, et non comme un récepteur silencieux et passif.(41)

Besoin et droit de la communauté (42)

168. L'attention portée à l'individu ne doit pas faire oublier que la catéchèse est destinée à toute la communauté chrétienne comme telle et, en elle, à chaque personne. Si la catéchèse puise sa légitimité et sa force dans toute la vie de l'Eglise, il est tout aussi vrai que « la croissance intérieure de l'Eglise, sa correspondance avec le dessein de Dieu, dépendent essentiellement d'elle ».(43)

Aussi l'adaptation nécessaire de l'Evangile concerne et engage également la communauté.

L'adaptation exige que le contenu de la catéchèse soit comme une nourriture saine et adéquate (44)

169. L'adaptation de « la proclamation de la parole révélée doit demeurer la loi de toute l'évangélisation ».(45) Elle trouve sa motivation théologique profonde dans le mystère de l'Incarnation, répond à l'exigence pédagogique élémentaire d'une vraie communication humaine et reflète à ce que l'Eglise a pratiqué tout au long des siècles.

Cette adaptation doit être comprise comme l'admirable action maternelle de l'Eglise qui voit dans les hommes « le champ de Dieu » (1 Cor 3,9) qu'elle ne repousse pas mais qu'elle cultive dans l'espérance. Elle va à la rencontre de chacun, tient sérieusement compte des différentes situations et cultures et entretient la communion de tous les hommes dans l'unique Parole qui sauve. L'Evangile est ainsi transmis, dans son authenticité et dans toute sa saveur, comme une nourriture saine et adaptée. Ce critère doit guider les initiatives de chacun et la créativité personnelle du catéchiste.

L'adaptation tient compte des diverses circonstances

170. L'adaptation s'effectue selon les circonstances dans lesquelles est transmise la Parole de Dieu.(46) Ces circonstances sont déterminées par « les différences de cultures, d'âges, de maturité spirituelle, de situations sociales et ecclésiales de ceux à qui s'adresse la catéchèse ».(47) Une grande attention doit leur être portée.

Il faut également souligner que, dans le pluralisme des situations, l'adaptation prend toujours en compte la personne dans sa totalité et dans son unité, selon la vision qu'en a l'Eglise. Aussi la catéchèse ne s'arrête pas aux éléments extérieurs d'une situation donnée mais tient toujours compte du monde intime de la personne, de la vérité sur l'être humain, « première route et route fondamentale de l'Eglise ».(48) Ce qui provoque un processus d'adaptation qui ne sera tel que dans la mesure où l'on tiendra compte des interrogations, des attentes et des besoins profonds de la personne dans son monde intérieur.

CHAPITRE II

La catéchèse selon les âges

Indications générales

171. La catéchèse selon les différents âges est une nécessité essentielle pour la communauté chrétienne. En effet, d'un côté la foi participe au développement de la personne; de l'autre, chaque étape de la vie est exposée au défi de la déchristianisation et doit surtout se mesurer avec les tâches toujours nouvelles de la vocation chrétienne.

C'est pourquoi on donne à bon droit des catéchèses diversifiées selon les âges et complémentaires, conformément aux besoins et aux capacités des destinataires.(49)

D'où l'importance de tenir compte de tous les éléments en jeu, tant anthropologiques et évolutifs que théologiques et pastoraux, en ayant recours également aux données récentes des sciences humaines et pédagogiques inhérentes à chaque âge.

On s'efforcera aussi d'intégrer sagement les diverses étapes du cheminement de foi, en veillant notamment à ce que la catéchèse des enfants se développe harmonieusement lors des étapes successives.

Pour cette raison également, il est efficace, sur le plan pédagogique, de faire référence à la catéchèse des adultes et, à sa lumière, d'orienter la catéchèse des autres moments de la vie.

Nous n'indiquerons ici, à titre d'exemple, que quelques éléments généraux, laissant les spécifications ultérieures aux directoires de catéchèse des Eglises particulières et des conférences des Evêques.

La catéchèse des adultes (50)

Les adultes a qui s'adresse la catéchèse (51)

172. Lorsqu'on parle de la foi aux adultes, il faut tenir compte sérieusement des expériences de vie, des conditionnements et des défis qu'ils rencontrent dans leur existence. Leurs questions et leurs besoins de foi sont multiples et variés.(52)

Ainsi on peut distinguer:

– les adultes croyants, qui vivent avec cohérence leur option de foi et désirent sincèrement l'approfondir;

– les adultes qui, bien que baptisés, n'ont pas été catéchisés comme il convient ou n'ont pas achevé leur itinéraire d'initiation chrétienne, ou se sont éloignés de la foi, au point d'être appelés des « presque catéchumènes »; (53)

– les adultes non baptisés auxquels correspond le catéchuménat vrai et propre.(54)

Il faut mentionner également les adultes provenant de confessions chrétiennes qui ne sont pas en pleine communion avec l'Eglise catholique.

Eléments et critères propres à la catéchèse des adultes (55)

173. La catéchèse des adultes concerne des personnes qui ont le droit et le devoir de porter à maturité le germe de la foi que Dieu a mis en eux; (56) elle s'adresse à des individus appelés à assumer des responsabilités sociales de tout genre, et elle vise des sujets exposés à des mutations et à des crises parfois très profondes. Aussi la foi de l'adulte doit être sans cesse éclairée, renforcée et protégée afin qu'il puisse acquérir la sagesse chrétienne qui donne sens, unité et espérance aux multiples expériences de sa vie personnelle, sociale et spirituelle. La catéchèse des adultes exige une identification attentive des traits typiques de la foi du chrétien adulte, afin de décider des objectifs et des contenus, de déterminer certaines constantes dans la proposition du message, de fixer les critères méthodologiques les plus efficaces, de choisir les formes et les modèles. Une attention particulière sera portée à la personne et à l'identité du catéchiste des adultes et à sa formation, ainsi qu'aux responsables de la catéchèse des adultes dans la communauté.(57)

Parmi les critères à suivre pour garantir authenticité et efficacité à la catéchèse des adultes, rappelons: (58)

– l'attention portée aux destinataires dans leur condition d'adultes, d'hommes et de femmes, à leurs problèmes et à leurs expériences, à leur bagage spirituel et culturel, dans le plein respect des différences;

– l'attention à l'état laïc des adultes appelés, en vertu de leur Baptême, à « chercher le Règne de Dieu précisément à travers la gérance des choses temporelles qu'ils ordonnent selon Dieu »,(59) et à la sainteté; (60)

– l'attention à la participation de la communauté afin qu'elle soit lieu d'accueil et de soutien de l'adulte;

– l'attention à un projet organique de pastorale des adultes dans lequel la formation liturgique et le service de la charité soient intégrés à la catéchèse.

Tâches générales et particulières de la catéchèse des adultes (61)

175. Pour être en mesure de répondre aux attentes les plus profondes de notre temps, la catéchèse des adultes doit proposer la foi chrétienne dans son intégrité, son authenticité, sa cohérence, telle que l'Eglise la comprend; elle mettra au premier plan l'annonce du salut, éclairera les nombreuses difficultés actuelles, confusions, malentendus, préjugés et objections; elle dégagera la portée spirituelle et morale du message; elle introduira à la lecture croyante de l'Ecriture Sainte et à la pratique de la prière. La catéchèse trouvera un apport considérable dans le Catéchisme de l'Eglise catholique et — en référence à lui —, dans les catéchismes pour adultes des Eglises particulières.

Voici en particulier les tâches de la catéchèse des adultes:

Promouvoir la formation et la maturation de la vie dans l'Esprit du Christ ressuscité par des moyens adaptés: pédagogie sacramentelle, retraites, direction spirituelle...

Eduquer à juger correctement, à la lumière de la foi, les mutations socio-culturelles de notre société. Le peuple chrétien pourra ainsi discerner les vraies valeurs mais aussi les dangers de notre civilisation et adopter les attitudes qu'il convient.

Eclairer les questions religieuses et morales actuelles, c'est-à-dire les problèmes qui se posent aux hommes d'aujourd'hui, en ce qui concerne, par exemple, la morale publique et individuelle, les questions sociales, l'éducation des nouvelles générations.

Expliquer les rapports entre l'activité temporelle et l'activité ecclésiale, en mettant en lumière les distinctions, les implications et leur inévitable interaction. Dans ce but, la doctrine sociale de l'Eglise fera partie intégrante de la formation des adultes.

Développer les fondements rationnels de la foi. Une intelligence correcte de la foi doit manifester la conformité de l'acte de foi et des vérités à croire avec les exigences de la raison humaine. L'Evangile est toujours actuel et approprié, d'où la nécessité de promouvoir efficacement une pastorale de la pensée et de la culture chrétienne, ce qui permettra de dépasser certaines formes d'intégrisme et de fondamentalisme, et d'éviter les interprétations arbitraires et subjectives.

Eduquer à la prise de responsabilité dans la mission de l'Eglise et au témoignage chrétien dans la société.

L'adulte apprendra à découvrir, à valoriser et à mettre en pratique ce qu'il a reçu de la nature et de la grâce aussi bien au sein de la communauté ecclésiale que de la communauté humaine. Il sera ainsi en mesure d'éviter les pièges de la massification et de l'anonymat, particulièrement nombreux dans la société actuelle et conduisant à la perte d'identité et au discrédit des qualités et des ressources de chacun.

Formes particulières de la catéchèse des adultes (62)

176. Il est des situations et des circonstances qui réclament des formes particulières de catéchèse:

– La catéchèse de l'initiation chrétienne ou catéchuménat des adultes, dont le plan est exposé par le RICA;

– La catéchèse pour le Peuple de Dieu sous les formes traditionnelles dûment adaptées, pendant l'année liturgique, ou sous la forme extraordinaire des missions;

– La catéchèse de perfectionnement, pour ceux qui ont une tâche de formation dans la communauté: les catéchistes ou ceux qui sont engagés dans l'apostolat des laïcs;

– La catéchèse à l'occasion d'événements particulièrement significatifs de la vie: mariage, baptême des enfants et autres sacrements de l'initiation chrétienne, périodes plus délicates de l'éducation des enfants, maladie, etc... Des circonstances où les personnes sont le plus portées à s'interroger sur le vrai sens de la vie.

– La catéchèse lors d'expériences particulières de la vie: entrée dans le monde du travail, service militaire, migration... Ce sont là des changements qui peuvent être l'occasion d'un enrichissement spirituel mais aussi d'égarement et qui ont besoin d'être éclairés et soutenus par la Parole de Dieu;

– La catéchèse concernant l'usage chrétien des loisirs, notamment à l'occasion des vacances et des voyages touristiques;

– La catéchèse à l'occasion d'événements particuliers qui concernent la vie de l'Eglise et de la société.

Ces formes particulières de catéchèse et tant d'autres ne remplacent pas mais viennent s'ajouter aux cycles de catéchèse systématique, organique et permanente que toute communauté ecclésiale doit garantir aux adultes.

La catéchèse des petits enfants et des enfants (63)

Situation et importance de la petite enfance et de l'enfance (64)

177. Cette tranche d'âge, que l'on divise d'ordinaire en petite enfance ou âge pré-scolaire, et en enfance, possède, aux yeux de la foi et de la raison, la grâce des commencements de la vie. « A l'âge de l'enfance s'ouvrent de précieuses possibilités d'action, autant pour l'édification de l'Eglise que pour l'humanisation de la société »,(65) auxquelles il faut répondre. Fils de Dieu en vertu du Baptême, l'enfant est proclamé par le Christ membre privilégié du Royaume de Dieu.(66)

Pour des raisons diverses, l'enfant a le droit, aujourd'hui plus que dans le passé, d'être respecté et aidé dans son développement humain, également par la catéchèse; celle-ci ne doit jamais manquer à l'enfant chrétien. Ceux qui lui ont donné la vie, en l'enrichissant par le don du Baptême, ont le devoir de la soutenir continuellement.

Caractéristiques de la catéchèse des petits enfants et des enfants (67)

178. La catéchèse des petits est nécessairement liée à leur situation et condition de vie; elle est l'œuvre de divers facteurs éducatifs complémentaires dont certains ont une importance particulière et une étendue universelle:

– La petite enfance et l'enfance, chacune comprise et traitée selon ses caractéristiques propres, constituent la période de la première vie sociale et de l'éducation humaine et chrétienne dans le milieu familial, à l'école et à l'Eglise. Il faut considérer ces temps comme décisifs pour la vie future de la foi.

– Selon une tradition solide, c'est habituellement en cette période que s'achève l'initiation chrétienne commencée avec le Baptême. La réception des sacrements tend à la formation organique de la foi de l'enfant et à son introduction dans la vie de l'Eglise.(68)

– Au temps de l'enfance, le processus catéchistique sera par conséquent éminemment éducatif, attentif à développer les ressources humaines qui sont le fondement anthropologique de la vie de la foi, comme le sens de la confiance, de la gratuité, du don de soi, de l'invocation, de la participation joyeuse... L'éducation à la prière et l'initiation à l'Ecriture Sainte sont des aspects centraux de la formation chrétienne des enfants.(69)

– Enfin, il est deux lieux d'éducation d'importance vitale: la famille et l'école. La catéchèse donnée en famille est en quelque sorte irremplaçable, en raison surtout du milieu positif et accueillant dans lequel elle s'exerce, grâce à l'exemple entraînant des adultes, et parcequ'elle est la première approche et la première pratique de la foi.

179. Aller à l'école est pour l'enfant l'entrée dans une société plus large que la famille où il pourra développer davantage ses facultés d'entendement, ses capacités affectives et comportementales. A l'école, il reçoit souvent un enseignement religieux spécifique.

Tout cela requiert une collaboration constante entre les catéchistes, les parents et les instituteurs.(70) Que les pasteurs sachent que, lorsqu'ils aident les parents et les éducateurs à bien accomplir leur mission, ils contribuent à l'édification de l'Eglise. Par ailleurs, ce travail offre une excellente occasion de catéchèse des adultes.(71)

Petits enfants et enfants sans soutien religieux en famille ou qui ne fréquentent pas l'école (72)

180. Le nombre d'enfants et de petits enfants augmente qui sont gravement désavantagés parce qu'ils n'ont pas un soutien religieux adéquat en famille, ou qu'ils n'ont pas une vraie famille, ou qu'ils ne fréquentent pas l'école, ou qu'ils souffrent d'instabilité sociale, d'inadaptation ou pour d'autres motifs dus au milieu ambiant. Beaucoup n'ont même pas été baptisés; d'autres n'achèvent pas leur itinéraire d'initiation. Il appartient à la communauté chrétienne de les prendre en charge, dans un service de suppléance généreux, compétent et réaliste, en recherchant le dialogue avec les familles, en proposant des formes d'éducation scolaire appropriées, en donnant une catéchèse qui corresponde aux possibilités et aux nécessités concrètes des enfants.

La catéchèse des jeunes (73)

Pré-adolescence, adolescence et jeunesse (74)

181. On constate généralement que les premières victimes de la crise spirituelle et culturelle qui affecte les sociétés (75) sont les jeunes générations. Or, c'est dans leur engagement que sont placés les plus grands espoirs d'un monde meilleur.

Cela doit encourager encore davantage l'Eglise à annoncer, avec courage et créativité, l'Evangile au monde des jeunes.

L'expérience a montré à ce sujet l'utilité pour la catéchèse de bien faire la distinction entre la pré-adolescence, l'adolescence et la jeunesse, en tenant dûment compte des résultats de la recherche scientifique et des conditions de vie dans les divers pays.

C'est dans les pays les plus développés que se pose davantage la question de la pré-adolescence: on ne tient pas assez compte des difficultés, des besoins, des ressources humaines et spirituelles des pré-adolescents, comme si cet âge n'était pas reconnu.

C'est l'âge où, souvent, le garçon (ou la fille), après avoir reçu le sacrement de la Confirmation mettant fin à l'itinéraire d'initiation sacramentelle, cesse presque totalement la pratique de la foi. Cette attitude doit être prise sérieusement en compte; elle requiert une pastorale spécifique qui développe ce qui reste de la formation reçue lors de l'itinéraire d'initiation.

En ce qui concerne les deux autres catégories, il faut distinguer l'adolescence de la jeunesse, même s'il est difficile d'en définir la frontière. Globalement, il s'agit de la période de la vie précédant la prise de responsabilité qui est le propre des adultes.

La catéchèse des jeunes doit, elle aussi, être revue en profondeur et développée.

L'importance de la jeunesse pour la société et pour l'Eglise (76)

182. L'Eglise, qui met dans les jeunes son « espérance », les perçoit aujourd'hui comme « un grand défi pour l'avenir de l'Eglise ».(77)

Le changement culturel et social, rapide et tumultueux, la croissance du nombre des jeunes, l'affirmation d'un long temps de jeunesse avant de s'engager dans les responsabilités propres aux adultes, la pénurie d'emplois et, en certains pays, les conditions de sous-développement permanent, les pressions de la société de consommation... autant de facteurs qui préfigurent le monde des jeunes comme un monde de l'attente, du désenchantement et souvent de l'ennui, et même de l'angoisse et de la marginalisation. La tendance à s'éloigner de l'Eglise, ou du moins une certaine méfiance à son égard, couve chez beaucoup. La cause en est souvent le manque de soutien spirituel et moral des familles et les faiblesses de la catéchèse reçue.

D'autre part, un grand nombre de jeunes sont fortement attirés par la recherche de sens, la solidarité, l'engagement social, et même par l'expérience religieuse...

183. Quelques conséquences en découlent en ce qui concerne la catéchèse.

Le service de la foi perçoit avant tout les lumières et les ombres de la condition concrète des jeunes dans les divers pays et milieux de vie.

Le cœur de la catéchèse est la proposition explicite du Christ au jeune homme de l'Evangile,(78) invitation qui est adressée à tous les jeunes, à leur mesure des, compte tenu de leurs problèmes. L'Evangile nous les présente comme les interlocuteurs directs du Christ qui leur révèle leur « richesse particulière » et en même temps les engage dans un processus de croissance personnelle et communautaire de grande valeur pour la destinée de la société et de l'Eglise.(79)

C'est pourquoi les jeunes ne doivent pas être considérés uniquement comme l'objet de la catéchèse, mais aussi comme « des sujets actifs qui prennent part à l'évangélisation et à la rénovation sociale ».(80)

Caractéristiques de la catéchèse des jeunes (81)

184. Etant donné l'étendue de la tâche, il appartiendra aux directoires de la catéchèse des Eglises particulières et des conférences des Evêques nationales et régionales de décider, selon les contextes, ce qui convient le mieux à chaque milieu.

Signalons quelques lignes générales communes:

– La catéchèse tiendra compte de la situation religieuse dans sa diversité: il y a des jeunes qui n'ont même pas été baptisés, d'autres qui n'ont pas achevé leur initiation chrétienne ou connaissent une crise de la foi parfois grave, d'autres encore qui souhaitent faire ou ont déjà fait une option de foi et demandent à être aidés.

– Il ne faut pas oublier que la catéchèse gagne en efficacité si elle peut s'exercer au sein d'une plus vaste pastorale des enfants, des adolescents et des jeunes qui tienne compte de l'ensemble des problèmes concernant leur vie. Dans ce but, la catéchèse doit intégrer certains procédés comme l'analyse des situations, l'attention pour les sciences humaines et celles de l'éducation, la collaboration des laïcs et des jeunes eux-mêmes.

– Une activité de groupe bien organisée, l'appartenance à des associations de jeunes (82) et l'accompagnement personnel du jeune, dont la direction spirituelle est une forme éminente, sont des intermédiaires fort utiles pour une catéchèse efficace.

185. Parmi les diverses formes de catéchèse des jeunes, il faut prévoir, selon les cas, le catéchuménat des jeunes en âge scolaire, la catéchèse d'initiation chrétienne, la catéchèse sur des thèmes programmés, d'autres rencontres plus ou moins occasionnelles et informelles...

Plus globalement, on proposera la catéchèse des jeunes avec des parcours nouveaux, ouverts à la sensibilité et aux questions de cet âge, qui sont d'ordre théologique, éthique, historique, social... Une juste place sera accordée à l'éducation à la vérité et à la liberté selon l'Evangile, à la formation de la conscience, à l'éducation à l'amour, à la vocation, à l'engagement chrétien dans la société, à la responsabilité missionnaire dans le monde.(83) Il faut relever cependant que souvent, aujourd'hui, l'évangélisation des jeunes doit revêtir une dimension missionnaire plutôt que strictement catéchuménale. En effet, la situation oblige souvent à faire de l'apostolat auprès des jeunes une animation de nature humanisante et missionnaire, comme un premier pas nécessaire pour que mûrissent les dispositions les plus favorables à la catéchèse proprement dite. C'est pourquoi la réalité oblige bien des fois à intensifier l'activité pré-catéchuménale à l'intérieur d'un processus éducatif global.

L'un des nœuds à délier concerne la différence de « langage » (mentalité, sensibilité, goûts, styles, vocabulaire...) entre les jeunes et l'Eglise (catéchèse, catéchistes). C'est pourquoi l'accent est mis sur la nécessité d'« adapter la catéchèse aux jeunes » en sachant traduire dans leur langage « avec patience et sagesse, sans le trahir, le message de Jésus ».(84)

La catéchèse des personnes âgées (85)

Le troisième âge, don de Dieu à l'Eglise

186. En divers pays du monde, l'accroissement du nombre des personnes âgées représente un nouveau et spécifique devoir pastoral pour l'Eglise. Considérées bien souvent comme des éléments passifs, plus ou moins embarassantes, ces personnes doivent au contraire être regardées, à la lumière de la foi, comme un don de Dieu pour l'Eglise et pour la société; elles ont droit et devoir comme tous les chrétiens à une catéchèse adaptée.

Il faut par conséquent tenir compte des différentes conditions personnelles, familiales et sociales, et notamment de l'épreuve de la solitude et du risque d'abandon. La famille joue un rôle primordial parce qu'en elle l'annonce de la foi peut se faire dans un climat d'accueil et d'amour qui, plus que tout autre, confirme la validité de la Parole.

Dans tous les cas, la catéchèse des personnes âgées associe au contenu de la foi la présence amicale du catéchiste et de la communauté croyante. C'est pourquoi il est souhaitable que les personnes âgées participent pleinement au cheminement catéchétique de la communauté.

Catéchèse de la plénitude et de l'espérance

187. La catéchèse des personnes âgées est attentive à des aspects particuliers de leur situation de foi. La personne âgée peut avoir atteint cette étape de sa vie avec une foi solide et complète: dans ce cas, la catéchèse conduit à sa plénitude le chemin accompli, en aidant à vivre dans une attitude d'action de grâce et d'attente confiante; d'autres vivent une foi plus ou moins affadie et pratiquent peu: la catéchèse est alors l'occasion d'une lumière nouvelle et d'une expérience religieuse; parfois, la personne arrive à un âge avancé, profondément blessée dans l'esprit et diminuée dans le corps: la catéchèse l'aide à vivre sa condition dans une attitude d'invocation, de pardon, de paix intérieure.

Dans tous les cas, la situation de la personne âgée réclame une catéchèse de l'espérance qui vient de la certitude de la rencontre définitive avec Dieu.

C'est toujours un grand bénéfice pour le croyant âgé et pour la communauté lorsqu'il témoigne d'une foi qui resplendit toujours plus au fur et à mesure qu'approche la grande heure de sa rencontre avec le Seigneur.

Sagesse et dialogue (86)

188. La Bible nous présente le croyant âgé comme le symbole de la personne riche de sagesse et de crainte de Dieu, et donc comme le dépositaire d'une grande expérience de vie; ce qui en fait en quelque sorte le « catéchiste » naturel de la communauté. Il est le témoin de la tradition de foi, le maître de vie, l'artisan de charité. La catéchèse mettra en valeur ce don en aidant la personne âgée à redécouvrir ses richesses et ses possibilités, en l'encourageant à assumer des tâches de catéchèse pour les enfants — dont ils sont souvent les grands-parents appréciés — les jeunes et les adultes. On favorisera ainsi un dialogue fondamental entre les générations au sein de la famille et de la communauté.

CHAPITRE III

Catéchèse des situations,
mentalités et milieux particuliers

La catéchèse des handicapés et des inadaptés (87)

189. Pour toute communauté chrétienne, les handicapés physiques et mentaux, ceux qui souffrent, et parmi eux surtout les enfants, sont l'objet d'un amour de prédilection de la part du Seigneur. De nos jours, grâce à une plus grande prise de conscience dans la société et dans l'Eglise et grâce aux progrès indéniables de la pédagogie spécialisée, la famille et d'autres lieux de formation sont à même de donner à ces personnes une catéchèse adaptée à laquelle elles ont droit parce que baptisées; et celles qui ne sont pas baptisées y ont droit également parce qu'appelées au Salut. L'amour du Père pour ces fils plus faibles et la présence constante de Jésus et de son Esprit, confirment que toute personne est capable, malgré ses limites, de grandir en sainteté.

L'éducation à la foi qui engage tout d'abord la famille, requiert des itinéraires adéquats et personnalisés; elle tient compte des indications de la recherche pédagogique et elle s'exerce avec profit dans le contexte d'une éducation globale de la personne. D'autre part, il faut éviter qu'une catéchèse qui est nécessairement spécialisée ne finisse par s'exercer en marge de la pastorale communautaire. Pour que cela ne se produise pas, il faut sans cesse informer et engager la communauté. Pour répondre aux exigences spéciales de cette catéchèse, les catéchistes doivent être particulièrement compétents; leur service n'en sera que plus méritoire.

La catéchèse des laissés-pour-compte

190. L'objectif est le même en ce qui concerne la catéchèse des personnes en situation ou proches de la marginalisation, ou qui sont déjà en marge de la société, tels les immigrés, les réfugiés, les nomades, les sans-domicile-fixe, les malades chroniques, les drogués, les prisonniers... La parole solennelle de Jésus qui prend sur Lui tout ce qui est fait « au plus petit d'entre mes frères » (Mt 25,40. 45), garantir la grâce pour bien travailler en des milieux difficiles. Une catéchèse valide saura toujours distinguer les différentes situations, comprendre les besoins et les demandes de chacun; elle misera beaucoup, avec patience et dévouement, sur la rencontre personnelle, elle procédera avec confiance et réalisme, en recourant souvent à des formes indirectes et occasionnelles de catéchèse. La communauté soutiendra fraternellement les catéchistes qui se consacrent à ce service.

La catéchèse des groupes diversifiés

191. Il est aujourd'hui des personnes de milieux professionnels et, dans un sens plus large, culturels, à l'égard desquelles la catéchèse doit adopter des itinéraires particuliers: monde ouvrier, professions libérales, artistes, hommes de science, jeunes universitaires... Il est vivement souhaitable que les catéchèses qui leur sont adressées soient insérées dans la marche commune de la communauté chrétienne.

Certes, ces secteurs requièrent une approche compétente et un langage adapté qui ne trahisse pas le message que l'on veut transmettre.(88)

La catéchèse des milieux de vie

192. Le service de la foi est aujourd'hui très attentif aux milieux ou contextes de vie, car c'est là que se déroule concrètement l'existence de l'homme, qu'il exerce ses responsabilités, subit des influences et influence à son tour.

Globalement, et à titre d'exemple, nous retiendrons deux milieux majeurs qui réclament des formes diversifiées de catéchèse: la campagne et la ville.

La catéchèse des milieux ruraux tient nécessairement compte des exigences propres à ce milieu, souvent liées à la pauvreté et à la misère, qu'accompagnent parfois la peur et la superstition, mais également une grande simplicité, une grande confiance dans la vie, le sens de la solidarité, la foi en Dieu, la fidélité aux traditions religieuses.

La catéchèse des milieux urbains doit tenir compte d'une variété parfois considérable de situations, allant des quartiers riches, exclusifs, aux quartiers pauvres et marginalisés. Les rythmes de vie y sont souvent stressants, la mobilité fréquente, les tentations d'évasion nombreuses, de même que les situations d'anonymat et de solitude.

Pour chacun de ces milieux, il faudra concevoir le service de la foi de manière appropriée, en faisant appel à des catéchistes préparés, en offrant l'aide opportune, en utilisant les moyens de communication sociale...

CHAPITRE IV

La catéchèse
dans le contexte socio-religieux

La catéchèse en situation de pluralisme et de complexité (89)

193. De nombreuses communautés et individus vivent dans un monde pluraliste et sécularisé (90) où des formes d'incrédulité et d'indifférence religieuse côtoient des formes vivantes de pluralisme culturel et religieux; on peut rencontrer chez beaucoup, d'une part, une grande soif de certitudes et de valeurs, et d'autre part, des formes de pseudo-religion et une adhésion peu convaincue à la foi. Devant une telle complexité, il arrive que des chrétiens se sentent perdus, troublés, ne sachent pas faire face aux situations ni juger les messages qui circulent, abandonnent la pratique religieuse régulière et vivent comme si Dieu n'existait pas, recourant souvent à des succédanés de religion. Leur foi est en butte aux épreuves et menacée; elle risque de périr par asphyxie ou par inanition si elle n'est pas sans cesse alimentée et soutenue...

194. Dans ces cas, une catéchèse évangélisatrice est indispensable, à savoir « une catéchèse pleine de sève évangélique et munie d'un langage adapté aux temps et aux personnes ».(91) Elle éduquera les chrétiens au sens de leur identité de baptisés, de croyants et de membres de l'Eglise ouverts au monde et en dialogue avec lui. Elle leur rappellera les éléments fondamentaux de la foi, les stimulera à entreprendre un processus réel de conversion. Elle répondra aux objections théoriques et pratiques par un approfondissement de la vérité et de la valeur du message chrétien. Elle les aidera à comprendre et à vivre l'Evangile au quotidien, les préparera à rendre raison de l'espérance qui est en eux,(92) les encouragera à accomplir leur vocation missionnaire par le témoignage, le dialogue et l'annonce.

La catéchèse et la religiosité populaire (93)

195. On trouve dans les communautés chrétiennes des expressions particulières de la recherche de Dieu et de la vie religieuse, pleines de ferveur, riches d'une pureté d'intentions parfois émouvantes, qui sont une dimension vitale de la réalité catholique.

Elles méritent leur titre de « piété populaire ». Celle-ci « traduit une soif de Dieu que seuls les simples et les pauvres peuvent connaître. Elle rend capable de générosité et de sacrifice jusqu'à l'héroïsme, lorsqu'il s'agit de manifester la foi. Elle comporte un sens aigu d'attributs profonds de Dieu: la paternité, la providence, la présence amoureuse et constante. Elle engendre des attitudes intérieures rarement observées ailleurs au même degré: patience, sens de la croix dans la vie quotidienne, détachement, ouverture aux autres, dévotion ».(94) Il s'agit d'une réalité à la fois riche et faible; la foi qui en est la base a besoin d'être purifiée et consolidée.

D'où la nécessité d'une catéchèse capable de recueillir les dimensions intérieures et les valeurs indéniables d'une telle ressource religieuse, en l'aidant à dépasser les risques du fanatisme, de la superstition, du syncrétisme et de l'ignorance religieuse. « Bien orientée, cette religiosité populaire peut être de plus en plus, pour nos masses populaires, une vraie rencontre avec Dieu en Jésus-Christ ».(95)

La vénération des fidèles pour la Mère de Dieu a elle-aussi revêtu de multiples formes selon les lieux et les temps, la sensibilité des peuples et leur tradition culturelle. Les modes selon lesquels cette piété mariale s'est exprimée sont sujets à l'usure du temps; ils ont besoin d'une catéchèse renouvelée qui permette d'en retirer les éléments caducs, de mettre en valeur ceux qui sont immuables, et d'y incorporer les données doctrinales acquises par la réflexion théologique et proposées par le Magistère de l'Eglise.

Cette catéchèse est nécessaire au plus haut point. Il serait bon également qu'elle manifestât clairement la note trinitaire, christologique et ecclésiale qui est intrinsèque à la mariologie. Enfin, dans la révision ou la création de pratiques de piété mariale, il faut tenir compte des orientations bibliques, liturgiques, œcuméniques et anthropologiques.(96)

La catéchèse et l'œcuménisme (97)

197. Toute communauté chrétienne en tant que telle est portée par l'Esprit-Saint à vivre, là où elle se trouve, sa vocation à l'œcuménisme, en participant au dialogue œcuménique et aux initiatives en faveur de l'unité des chrétiens. La catéchèse aura donc partout et toujours une « dimension œcuménique ».(98) Elle se réalisera par l'exposition de toute la Révélation dont l'Eglise catholique a le dépôt, dans le respect de la hiérarchie des vérités.(99) La catéchèse mettra ensuite en évidence le lien de foi qui unit les chrétiens et, en même temps, elle expliquera les divisions qui demeurent et les mesures à prendre pour les surmonter. (100) Elle suscitera et alimentera un vrai désir de l'unité, notamment par l'amour pour l'Ecriture Sainte. Enfin, elle s'efforcera de préparer les enfants, les jeunes et les adultes à vivre en contact avec des frères et sœurs d'autres confessions, en cultivant leur identité catholique dans le respect de la foi des autres.

198. En présence de diverses confessions chrétiennes, les évêques peuvent juger opportunes ou même nécessaires certaines expériences de collaboration dans le domaine de la catéchèse. Les catholiques continueront de recevoir cependant une catéchèse spécifiquement catholique. (101) De même, l'enseignement de la religion dans les écoles où sont présents des membres de diverses confessions chrétiennes, a aussi une importance œcuménique quand il présente avec loyauté la doctrine chrétienne. Il est une occasion de dialogue pouvant aider à surmonter l'ignorance, les préjugés et à mieux se comprendre.

La catéchèse et le judaïsme

199. La catéchèse doit porter une attention spéciale à la religion juive. (102) En effet, « l'Eglise, peuple de Dieu dans la Nouvelle Alliance, découvre, en scrutant son propre mystère, son lien avec le Peuple Juif à qui Dieu a parlé en premier ». (103)

« L'enseignement religieux, la catéchèse et la prédication doivent former non seulement à l'objectivité, à la justice et à la tolérance, mais également à la compréhension et au dialogue. Nos deux traditions sont trop liées pour s'ignorer. C'est pourquoi il faut encourager la connaissance réciproque à tous les niveaux ». (104) L'un des objectifs de la catéchèse est notamment le dépassement de toute forme d'antisémitisme. (105)

La catéchèse et les autres religions (106)

200. Aujourd'hui les chrétiens vivent pour la plupart dans un contexte multi-religieux dans lequel ils sont souvent minoritaires. Dans une telle situation, notamment en ce qui concerne l'islam, la catéchèse revêt une importance considérable; elle est appelée à une grande responsabilité qui s'exerce dans plusieurs directions.

Tout d'abord, elle approfondit et renforce l'identité des croyants — surtout là où ils sont une minorité — par une adaptation ou une inculturation convenable; elle confronte nécessairement l'Evangile de Jésus-Christ et le message des autres religions. Cela suppose bien-sûr des communautés chrétiennes solides et ferventes et des catéchistes autochtones bien préparés.

Ensuite, la catéchèse aide à prendre conscience de la présence d'autres religions. Elle rend les fidèles capables d'y discerner les éléments contraires à l'annonce chrétienne, mais elle leur enseigne aussi à saisir les semences évangéliques (semina verbi) qu'elles renferment et qui peuvent constituer une authentique préparation évangélique.

Enfin, la catéchèse ravive chez tous les croyants le sens missionnaire. Celui-ci se manifeste par un témoignage limpide de la foi, une attitude de respect et de compréhension réciproques, le dialogue et la collaboration en faveur des droits de la personne et en faveur des pauvres et, là où cela est possible, par l'annonce explicite de l'Evangile.

La catéchèse et les « nouveaux mouvements religieux » (107)

201. Dans le climat de relativisme religieux et culturel, et parfois à cause d'une mauvaise conduite des chrétiens, on assiste aujourd'hui à la prolifération de « nouveaux mouvements religieux », appelés aussi sectes ou cultes. Leurs noms et tendances sont si nombreux qu'il est difficile de les classer de manière organique et précise. On peut cependant distinguer des mouvements d'origine chrétienne, d'autres qui dérivent de religions orientales, d'autres qui s'inspirent de traditions ésotériques. Ils sont préoccupants en raison de leurs doctrines et de leurs modes de vie qui ont souvent tendance à s'éloigner des contenus de la foi chrétienne.

Il est donc nécessaire de promouvoir en faveur des chrétiens dont la foi est menacée, « l'engagement en faveur d'une évangélisation et d'une catéchèse intégrales et systématiques accompagnées du témoignage de vie ». (108) Il s'agit de surmonter le piège de l'ignorance et des préjugés, d'aider les fidèles à une approche correcte de l'Ecriture, en encourageant parmi eux des expériences vivantes de prière, en les protégeant des semeurs de fautes, en les éduquant à la responsabilité de la foi reçue, en répondant, par l'amour de l'Evangile, aux dangereuses situations de solitude, de pauvreté, de souffrance. En raison du besoin religieux que ces mouvements peuvent exprimer, ils sont un « aréopage à évangéliser », où les questions les plus profondes peuvent trouver une réponse. « L'Eglise a en effet un patrimoine spirituel immense à offrir à l'humanité, dans le Christ qui se proclame "Chemin, Vérité et Vie" (Jn 14,6) ». (109)

CHAPITRE V

La catéchèse
dans le contexte socio-culturel
(110)

Catéchèse et culture contemporaine (111)

202. « De la catéchèse comme de l'évangélisation en général, nous pouvons dire qu'elle est appelée à porter la force de l'Evangile au cœur de la culture et des cultures ». (112) Nous avons déjà présenté les principes de l'adaptation et de l'inculturation de la catéchèse. (113) Il suffit donc de réaffirmer que toute catéchèse a son guide éminent dans la « règle de la foi » exposée par le Magistère et approfondie par la théologie. Il faut rappeler également que l'histoire de la catéchèse, surtout à l'époque des Pères de l'Eglise, est, sous de nombreux aspects, l'histoire de l'inculturation de la foi et mérite, comme telle, d'être étudiée et méditée; une histoire qui, par ailleurs, n'est jamais achevée et qui demande un temps prolongé d'assimilation constante de l'Evangile.

Ce chapitre donne des indications sur les méthodes à suivre pour accomplir une tâche aussi nécessaire qu'exigeante, difficile, exposée aux risques du syncrétisme et d'autres malentendus. Ce thème, particulièrement important de nos jours, exige une réflexion plus approfondie, programmée et universelle en matière d'expérience catéchétique.

Tâches de la catéchèse en vue de l'inculturation de la foi (114)

203. Elles forment un tout organique que nous résumons ainsi:

– connaître en profondeur la culture des hommes et son degré de pénétration dans leur vie;

– déceler la dimension culturelle de l'Evangile; affirmer que celui-ci ne surgit de manière spontanée d'aucun terreau culturel; reconnaître que l'Evangile n'est pas isolable de la culture dans laquelle il s'est d'abord inséré puis exprimé au cours des siècles;

– annoncer le changement profond, la conversion que la force de l'Evangile — « partout transformatrice et régénératrice » (115) — engendre dans les cultures;

– témoigner que l'Evangile transcende les cultures, ne s'asservit pas à la culture, mais en discerne les germes évangéliques qu'elle peut contenir;

– promouvoir une nouvelle expression de l'Evangile selon la culture évangélisée en recherchant un langage de la foi qui soit le patrimoine commun des fidèles et donc un élément essentiel de communion;

– maintenir l'intégrité des contenus de la foi de l'Eglise et faire en sorte que l'explication des formules doctrinales de la Tradition, les exemples à leur propos, soient proposés en tenant compte de la situation culturelle et historique des destinataires, en évitant toujours les mutilations et falsifications des contenus.

Processus méthodologique

204. La catéchèse qui doit certes éviter de manipuler la culture, ne peut cependant pas se contenter d'y juxtaposer tout simplement l'Evangile « de façon décorative »; elle doit le proposer « de façon vitale, en profondeur » (116) et jusque dans les racines de la culture et des cultures de l'homme.

Cela détermine tout un processus dynamique et synergique: s'efforcer de percevoir dans la culture des peuples, comme l'écho (présage, invocation, signe...) de la Parole de Dieu; y discerner les éléments authentiquement évangéliques ou au moins ouverts à l'Evangile; purifier ce qui est sous le signe du péché (passions, structures du mal...) ou de la fragilité humaine; ouvrir une brèche dans le coeur de l'homme pour le conduire progressivement à une conversion radicale à Dieu, au dialogue avec les autres, à la maturité intérieure.

La nécessité de l'évaluation et ses critères

205. Dans la phase d'évaluation, particulièrement nécessaire dans le cas d'une première tentative etou d'une mise en pratique, il faut veiller attentivement à ce que des éléments de syncrétisme ne se soient pas infiltrés dans le processus de la catéchèse. Dans ce cas, les tentatives d'inculturation sont dangereuses et faussées et elles doivent être rectifiées.

Une catéchèse authentique conduit non seulement à une assimilation intellectuelle du contenu de la foi, mais elle touche aussi le cœur et transforme le comportement. Elle engendre ainsi une vie dynamique et unifiée de la foi, comble le fossé entre ce que l'homme croit et ce qu'il vit, entre le message chrétien et le contexte culturel; elle stimule des fruits de sainteté.

Les responsables du processus d'inculturation

206. « L'inculturation doit être l'affaire de tout le Peuple de Dieu et pas seulement de quelques experts, car on sait que le peuple reflète l'authentique sens de la foi qu'il ne faut jamais perdre de vue. Certes, elle doit être guidée et stimulée, mais pas forcée afin de ne pas provoquer de réactions négatives parmi les chrétiens: elle doit être l'expression de la vie communautaire, c'est-à-dire mûrir au sein de la communauté, et non pas le fruit exclusif de recherches érudites ». (117) L'œuvre d'incarnation de l'Evangile qui est l'objectif spécifique de l'inculturation exige que tous ceux qui vivent dans le même contexte culturel — prêtres, travailleurs pastoraux (catéchistes) et laïcs — prennent part à la catéchèse.

Les formes et les chemins privilégiés

207. Parmi les formes les plus aptes à l'inculturation de la foi, il faut signaler la catéchèse des jeunes et des adultes, avec les possibilités qu'elle offre d'unir plus profondément la foi et la vie. L'inculturation de la foi ne peut être négligée lors de l'initiation chrétienne des petits, en raison de ses remarquables implications culturelles: acquisition de nouvelles motivations de vie, éducation de la conscience, apprentissage du langage biblique et sacramentel, connaissance de la valeur historique du christianisme.

La catéchèse liturgique est un moyen privilégié en raison des nombreux signes par lesquels elle présente le message, et pour l'accès qu'elle permet à une si grande part du peuple de Dieu; il faut également revaloriser les contenus des lectionnaires, la structure de l'année liturgique, l'homélie du dimanche et d'autres occasions de catéchèse particulièrement significatives (mariages, obsèques, visite des malades, fêtes des saints patrons, etc.); l'attention à la famille est capitale car c'est elle qui donne le coup d'envoi à une transmission incarnée de la foi; la catéchèse revêt d'autre part un intérêt spécial dans les contextes multi-ethniques et multi-raciaux, car elle porte à mieux découvrir les ressources des divers groupes et à en tenir compte dans l'accueil et dans la nouvelle expression de la foi.

Le langage (118)

208. L'inculturation de la foi est sous certains aspects une question de langage. Il est du devoir de la catéchèse de respecter et de valoriser le langage propre du message, tout d'abord le langage biblique, mais aussi le langage historique et traditionnel de l'Eglise (Symbole, liturgie) et ce que l'on appelle le langage doctrinal (formules dogmatiques); il est également nécessaire que la catéchèse entre en communication avec des formes et des termes propres à la culture de la personne à laquelle elle s'adresse; enfin la catéchèse encouragera de nouvelles expressions de l'Evangile dans la culture où il a été implanté.

Dans le processus d'inculturation de l'Evangile, la catéchèse ne doit pas craindre d'utiliser les formules traditionnelles et les termes techniques de la foi, mais elle doit en expliquer le sens et en faire ressortir la valeur existentielle; d'autre part, il est du devoir de la catéchèse de « trouver le langage adapté aux enfants et aux jeunes de notre temps en général et à bien d'autres catégories de personnes: langage des étudiants, des intellectuels, des hommes de science; langage des analphabètes ou des personnes de culture simple, langage des handicapés, etc. » (119)

Les moyens de communication

209. Les modes de communication sont étroitement liés au langage. L'un des plus efficaces et des plus répandus est celui des mass media. « L'évangélisation même de la culture moderne dépend en grande partie de leur influence ». (120)

Nous renvoyons aux passages de ce Directoire consacrés à ce thème, (121) en rappelant tout de même quelques indications utiles pour l'inculturation: une plus grande valorisation des médias selon leur qualité spécifique de communication, en équilibrant bien le langage de l'image et celui de la parole; la sauvegarde du sens religieux authentique dans les formes d'expression choisies; la promotion du sens critique des récepteurs et l'encouragement à l'approfondissement personnel de ce qui a été reçu des médias; la production d'instruments catéchistiques pour la communication de masse; une collaboration fructueuse entre agents pastoraux. (122)

210. L'instrument qui a une place centrale dans le processus d'inculturation est le catéchisme. Tout d'abord le Catéchisme de l'Eglise catholique dont il faut savoir « mettre en évidence la vaste gamme de services... également en vue de l'inculturation qui, pour être efficace, ne peut jamais cesser d'être vraie ». (123)

Le Catéchisme de l'Eglise catholique encourage la rédaction de catéchismes locaux appropriés où seront effectuées « les adaptations exigées par les différences de cultures, d'âges, de maturité spirituelle, de situations sociales et ecclésiales de ceux à qui s'adresse la catéchèse ». (124)

Milieux anthropologiques et tendances culturelles

211. L'Evangile demande une catéchèse ouverte, généreuse, qui ait le courage de rejoindre les hommes là où ils vivent et d'atteindre les centres de l'existence où ont lieu les premiers échanges culturels fondamentaux, comme la famille, l'école, le milieu de travail, les loisirs.

Il est également important que la catéchèse sache discerner et pénétrer ces milieux anthropologiques où les tendances culturelles influencent davantage la création ou la diffusion de modèles de vie, comme les zones urbaines, les flux touristiques et migratoires, le monde des jeunes et d'autres phénomènes socialement importants.

D'autres zones culturelles appelées « aréopages modernes » sont à « éclairer par la lumière de l'Evangile », (125) comme les secteurs de la communication, des engagements civiques pour la paix, le développement, la libération des peuples, la sauvegarde de l'environnement; le secteur de la sauvegarde des droits de l'homme, surtout des minorités, de la femme et de l'enfant, celui de la recherche scientifique et des relations internationales...

Intervention dans les situations concrètes

212. Le processus d'inculturation entrepris par la catéchèse se déroule toujours dans des situations concrètes, multiples et différentes. Signalons les plus importantes et les plus fréquentes.

Tout d'abord, il faut faire une distinction entre l'inculturation dans les pays de récente tradition chrétienne, où la première annonce missionnaire doit encore se consolider, et l'inculturation dans les pays de tradition chrétienne qui ont besoin d'une nouvelle évangélisation.

Ensuite, il faut tenir compte des situations exposées aux tensions et aux conflits en raison du pluralisme ethnique et des inégalités de développement parfois criantes, des conditions de vie urbaine et extra-urbaine, des systèmes dominants, influencés en certains pays par une sécularisation massive et en d'autres par une forte religiosité.

Enfin, il est nécessaire d'être attentif aux tendances du lieu, culturellement significatives, représentées par les diverses classes sociales et professionnelles, tels que les hommes de science et de culture, le monde ouvrier, les jeunes, les laissés-pour-compte, les étrangers, les handicapés...

Plus globalement, « la formation des chrétiens tiendra le plus grand compte de la culture humaine du lieu, qui contribue à la formation elle-même, et elle guidera dans le jugement des valeurs déjà contenues dans la culture traditionnelle et de celles qui se trouvent dans la culture moderne. Il faut donner l'attention requise aux différentes cultures qui peuvent coexister en un même peuple, en une même nation ». (126)

Tâches des Eglises locales (127)

213. L'inculturation revient aux Eglises particulières et concerne tous les domaines de la vie chrétienne. La catéchèse en est un aspect. Comme par nature l'inculturation se réalise dans des situations concrètes et spécifiques, « une légitime attention aux Eglises particulières ne peut qu'enrichir l'Eglise. Elle est indispensable et urgente ». (128)

Dans ce but, les conférences des Evêques proposent très justement un peu partout des directoires de catéchèse (et des instruments analogues), des catéchismes et autres matériaux, des centres de recherche et de formation. A la lumière de ce qui est dit dans ce Directoire, une révision et une mise à jour des directives locales apparaissent nécessaires; cela se fera en encourageant la collaboration des centres de recherche, en ayant recours à l'expérience des catéchistes, en favorisant la participation du Peuple de Dieu.

Des initiatives guidées

214. L'importance de la matière, ainsi que la phase indispensable de recherche et d'expérimentation requièrent des initiatives guidées par les pasteurs, à savoir:

– favoriser une catéchèse diffuse et capillaire qui permette de surmonter tout d'abord le plus gros obstacle à toute inculturation: l'ignorance ou la mauvaise information. Cela facilitera le dialogue et l'engagement direct des personnes qui indiqueront le mieux les voies les plus efficaces pour l'annonce;

– réaliser des expériences-pilote d'inculturation de la foi au sein d'un programme établi par l'Eglise. La pratique du catéchuménat des adultes selon le RICA joue, à ce sujet, un rôle particulièrement important;

– si un même territoire ecclésial compte de nombreux groupes ethnico-linguistiques, il est utile de disposer de guides et de directoires traduits dans les différentes langues, et de promouvoir, par l'intermédiaire des centres catéchétiques, un service de catéchèse adapté à chaque groupe;

– instaurer un rapport d'écoute réciproque et de communion entre les Eglises locales, et entre elles et le Saint Siège. Cela permettra d'évaluer les expériences, les critères, les itinéraires et les instruments de travail les plus efficaces pour l'inculturation.

PARTIE V

LA CATECHESE
DANS L'EGLISE PARTICULIERE

La catéchèse dans l'Eglise particulière

« Puis il gravit la montagne et il appelle à lui ceux qu'il voulait. Ils vinrent à lui, et il en institua Douze pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher, avec pouvoir de chasser les démons » (Mc 3,13-15).
« Tu es heureux, Simon, fils de Jonas, car cette révélation t'est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux. Eh bien! Moi je te dis: tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise » (Mt 16,17-18).
L'Eglise de Jérusalem, mue par l'Esprit Saint, engendre les Eglises: « Eglise de Jérusalem » (Ac 8,1); « L'Eglise de Dieu établie à Corinthe » (1 Cor 1,2); « Les Eglises d'Asie » (1 Cor 16,19); « Les Eglises de Judée » (Gal 1,22); « Les sept Eglises: Ephèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie, Laodicée » (Ap 2,1-3, 22).

Sens et but de cette partie

215. Tout ce que les parties précédentes ont exposé au sujet de la catéchèse, de son contenu, de sa pédagogie et de ses destinataires débouche sur la pastorale catéchétique qui s'accomplit dans l'Eglise particulière.

Cette cinquième partie en présente les principaux éléments.

216. Le premier chapitre propose une réflexion sur le ministère de la catéchèse et ses agents. La catéchèse est une responsabilité commune mais différenciée. Les évêques, les prêtres, les diacres, les religieux et les fidèles laïcs s'y engagent selon leur degré de responsabilité et leurs charismes respectifs.

La formation des catéchistes, dont il est question au deuxième chapitre, joue un rôle déterminant dans l'activité catéchétique. Car s'il est important de doter la catéchèse d'instruments adéquats, il est bien plus important de préparer de bons catéchistes.

Le troisième chapitre analyse les lieux où s'exerce, de fait, la catéchèse.

Le quatrième chapitre examine les aspects concernant plus particulièrement l'organisation de la catéchèse: les organismes responsables, la coordination de la catéchèse, et quelques tâches spécifiques du service catéchétique.

Les orientations et les suggestions présentées dans cette partie ne peuvent être appliquées de façon immédiate et simultanée dans toutes les parties de l'Eglise. En effet, en ce qui concerne les nations ou régions où l'activité catéchétique n'est pas encore suffisamment développée, ces orientations et suggestions ne signalent qu'une série d'objectifs à atteindre progressivement.

CHAPITRE I

Le ministère de la catéchèse
dans l'Eglise particulière et ses agents

L'Eglise particulière (129)

217. L'Eglise particulière (130) ou diocèse (131) est le lieu où l'Evangile est annoncé, transmis et vécu. L'Eglise particulière est constituée par la communauté des disciples de Jésus-Christ (132) établie dans un espace socio-culturel déterminé. L'Eglise universelle est présente dans chaque Eglise particulière « avec tous ses éléments essentiels ». (133) L'Eglise universelle, dont la première cellule fut fécondée par l'Esprit Saint le jour de la Pentecôte, « donne naissance aux Eglises particulières comme à ses propres filles: elle s'exprime en elles ». (134) L'Eglise universelle, Corps du Christ, se manifeste ainsi comme « Corps des Eglises ». (135)

218. L'annonce de l'Evangile et de l'Eucharistie sont les deux piliers sur lesquels s'édifie l'Eglise particulière et autour desquels elle se rassemble. Comme l'Eglise universelle, l'Eglise particulière « existe pour évangéliser ». (136)

La catéchèse est une activité évangélisatrice de base en chaque Eglise particulière. Par elle, le diocèse propose à tous ses membres et à ceux qui désirent s'approcher de Jésus-Christ un parcours de formation qui leur permet de connaître, de célébrer, de vivre et d'annoncer l'Evangile dans leur propre milieu culturel. Ainsi, la profession de la foi — objectif de la catéchèse — peut être proclamée par les disciples du Christ « dans leurs langues ». (137) Comme à la Pentecôte, aujourd'hui également l'Eglise du Christ, « présente et agissante » (138) dans les Eglises particulières, « parle toutes les langues » (139) car, tel un arbre qui grandit, elle propage ses racines dans toutes les cultures.

Le ministère de la catéchèse dans l'Eglise particulière

219. Dans l'ensemble des ministères et des services par lesquels l'Eglise particulière accomplit sa mission d'évangélisation, le ministère de la catéchèse occupe une place de choix. (140) En voici quelques aspects:

a) Dans le diocèse, la catéchèse est un service unique, (141) accompli conjointement par les prêtres, les diacres, les religieux et les laïcs, en communion avec l'évêque. Toute la communauté chrétienne doit se sentir responsable de ce service. Même si les prêtres, religieux et laïcs exercent en commun la catéchèse, ils le font de manière différenciée, chacun selon sa condition particulière dans l'Eglise (ministres ordonnés, personnes consacrées, fidèles chrétiens). (142) Par eux et selon le rôle de chacun, le ministère de la catéchèse offre, d'une façon complète, la Parole et le témoignage de la réalité de l'Eglise. Si une de ces formes de présence venait à manquer, la catéchèse perdrait une partie de sa richesse et de sa signification.

b) Il s'agit d'autre part d'un service ecclésial indispensable pour la croissance de l'Eglise. Ce n'est pas une action susceptible d'être accomplie dans la communauté à titre privé, ou en vertu d'une initiative purement personnelle. On agit au nom de l'Eglise, en vertu de la mission confiée par elle.

c) Dans l'ensemble des ministères et services d'Eglise, le ministère catéchétique a son caractère propre, qui lui vient de la spécificité de l'action catéchétique dans le processus d'évangélisation. Le rôle du catéchiste, en tant qu'éducateur de la foi, différe de celui des autres agents de la pastorale (liturgique, caritative, sociale...), même s'il devra évidemment agir en lien avec eux.

d) Pour être fructueux, le ministère de la catéchèse dans le diocèse doit pouvoir compter sur d'autres agents, pas nécessairement des catéchistes, qui soutiennent l'activité de la catéchèse en accomplissant des tâches indispensables comme: la formation des catéchistes, l'élaboration du matériel, la réflexion, l'organisation et la planification. Ces agents, avec les catéchistes, sont au service d'un unique ministère diocésain de la catéchèse, même si tous n'exercent pas les mêmes rôles ni au même titre.

La communauté chrétienne et la responsabilité de la catéchèse

220. La catéchèse est une responsabilité qui relève de toute la communauté chrétienne. L'initiation chrétienne en effet « doit être l'œuvre non pas des seuls catéchistes ou des seuls prêtres mais celle de toute la communauté des fidèles ». (143) De même, l'éducation permanente de la foi relève de toute la communauté. Par conséquent, la catéchèse est une activité éducative que chaque membre de la communauté exerce au titre de sa responsabilité particulière dans un contexte ou milieu communautaire riche de relations qui aideront les catéchumènes et les catéchisés à s'insérer dans la communauté et à participer activement à sa vie.

La communauté chrétienne suit le développement des processus catéchétiques, que ce soit avec les enfants, avec les jeunes ou avec les adultes, comme quelque chose qui l'implique et l'engage directement. (144) C'est encore la communauté chrétienne qui, au terme du processus catéchétique, accueille les catéchisés dans un milieu fraternel « où ils pourront vivre le plus pleinement possible ce qu'ils ont appris ». (145)

221. Si la communauté chrétienne apporte beaucoup au groupe des catéchisés, elle reçoit également beaucoup en retour. Les nouveaux convertis, surtout les jeunes et les adultes, par leur adhésion à Jésus-Christ, apportent à la communauté qui les accueille une nouvelle richesse humaine et religieuse. Ainsi la communauté grandit et se développe, car la catéchèse conduit non seulement à la maturité de la foi des catéchisés, mais à celle de la communauté en tant que telle.

Même si toute la communauté chrétienne est responsable de la catéchèse et si tous ses membres doivent témoigner la foi, seuls quelques uns reçoivent le mandat ecclésial pour être catéchistes. Accompagnant la mission originelle des parents à l'égard de leurs enfants, l'Eglise confie officiellement à certains membres du Peuple de Dieu, spécifiquement appelés, la mission délicate de transmettre de façon organique la foi au sein de la communauté. (146)

L'évêque, premier responsable de la catéchèse dans l'Eglise particulière

222. Le Concile Vatican II souligne la grande importance de l'annonce et de la transmission de l'Evangile dans le ministère épiscopal: « Parmi les charges principales des évêques, la prédication de l'Evangile est la première ». (147) Dans l'accomplissement de cette tâche, les évêques sont, avant tout, les « hérauts de la foi » (148) qui cherchent à gagner au Christ de nouveaux disciples et ils sont, en même temps les « docteurs authentiques » (149) qui transmettent au peuple qui leur est confié la foi à professer et à vivre. Dans le ministère prophétique des évêques, l'annonce missionnaire et la catéchèse sont deux aspects étroitement unis. Pour exercer cette fonction, les évêques reçoivent « un charisme certain de vérité ». (150)

Les évêques sont « les tout premiers responsables de la catéchèse, les catéchistes par excellence ». (151) On sait le rôle éminent, dans l'histoire de l'Eglise, de grands et saints évêques dont les initiatives et les écrits ont marqué la période la plus florissante de l'institution du catéchuménat. Ils concevaient la catéchèse comme l'une des tâches fondamentales de leur ministère. (152)

223. Ce souci de l'activité catéchétique conduira l'évêque à assumer « la haute direction de la catéchèse » (153) dans l'Eglise particulière, ce qui mène notamment à:

– Garantir que dans son Eglise la priorité effective est donnée à une catéchèse active et efficace, « en mettant en œuvre les personnes, les moyens et aussi les ressources nécessaires ». (154)

– Avoir le souci de promouvoir la catéchèse en intervenant directement dans la transmission de l'Evangile aux fidèles; veiller en même temps sur l'authenticité de la profession de la foi et sur la qualité des textes et des instruments qui doivent être utilisés. (155)

– « Susciter et maintenir une véritable passion de la catéchèse; une passion qui s'incarne dans une organisation adaptée et efficace », (156) profondément convaincu de l'importance que revêt la catéchèse dans la vie chrétienne d'un diocèse.

– Travailler à ce que « les catéchistes soient préparés convenablement à leur charge; qu'ils connaissent en profondeur la doctrine de l'Eglise et qu'ils apprennent dans la théorie et la pratique les lois de la psychologie et les matières pédagogiques ». (157)

– Etablir dans le diocèse un projet global de catéchèse, articulé et cohérent, qui réponde aux vrais besoins des fidèles et soit convenablement situé dans les plans pastoraux diocésains. Ce projet peut être coordonné, dans sa mise en œuvre, avec les plans de la conférence des évêques.

Les prêtres, pasteurs et éducateurs de la communauté chrétienne

224. La fonction propre du prêtre dans la catéchèse découle du sacrement de l'Ordre qu'il a reçu. Par le sacrement de l'Ordre les prêtres, en vertu de l'onction du Saint-Esprit, sont configurés au Christ-prêtre, comme ministres de la Tête, pour construire et édifier tout son Corps qui est l'Eglise, en tant que coopérateurs de l'Ordre épiscopal. (158) De par cette configuration ontologique au Christ, le ministère des prêtres est un service qui modèle la communauté, qui coordonne et renforce les autres services et charismes. En ce qui concerne la catéchèse, les prêtres, en vertu du sacrement de l'Ordre, sont des « éducateurs dans la foi ». (159) Ils œuvrent donc pour que les fidèles de la communauté soient formés convenablement et atteignent la maturité chrétienne. (160) Par ailleurs, conscients que leur « sacerdoce ministériel » (161) est au service du « sacerdoce commun des fidèles », (162) les prêtres stimulent la vocation et le travail des catéchistes en les aidant à accomplir une fonction qui vient du Baptême et qui est exercée en vertu d'une mission que l'Eglise leur confie. Les prêtres mettent en œuvre ainsi la recommandation du Concile Vatican II qui leur demande « de reconnaître et de faire progresser la dignité des laïcs et leur rôle propre dans la mission de l'Eglise ». (163)

Telles sont les tâches propres du prêtre, et plus particulièrement du curé, (164) dans la catéchèse:

– susciter dans la communauté chrétienne le sens de la responsabilité commune à l'égard de la catéchèse — une tâche qui engage tous les fidèles — ainsi que reconnaître et apprécier les catéchistes et leur mission;

– soigner l'organisation fondamentale de la catéchèse et sa programmation adéquate en y faisant participer activement les catéchistes eux-mêmes et en veillant à ce que la catéchèse soit « bien structurée et bien orientée »; (165)

– susciter et discerner des vocations au service de la catéchèse et, en tant que catéchiste des catéchistes, veiller à leur formation en consacrant à cette tâche le plus grand soin;

– intégrer l'activité catéchétique dans le projet d'évangélisation de la communauté et soigner en particulier le lien entre catéchèse, sacrements et liturgie;

– assurer que la catéchèse de sa communauté soit liée aux plans pastoraux diocésains, en aidant les catéchistes à collaborer activement à un projet diocésain commun.

L'expérience témoigne que la qualité de la catéchèse d'une communauté dépend, en très grande partie, de la présence et de l'action du prêtre.

Les parents, premiers éducateurs de la foi de leurs enfants (166)

226. Le témoignage de vie chrétienne donné par les parents au sein de la famille arrive aux enfants enrobé l'entourage de la tendresse et du respect maternels et paternels. Ainsi, les enfants perçoivent et vivent joyeusement la proximité de Dieu et de Jésus manifestée par les parents; cette première expérience chrétienne les marque souvent pour toute la vie. L'éveil religieux dans l'enfance, au sein de la famille, a un caractère « irremplaçable ». (167)

Cette première initiation se consolide quand, à l'occasion de certains événements familiaux ou de fêtes, « on prend soin d'expliciter en famille le contenu chrétien ou religieux de ces événements ». (168) Et cette initiation s'approfondit si les parents commentent et aident à intérioriser la catéchèse plus méthodique que leurs enfants reçoivent dans la communauté chrétienne en grandissant. En effet, « la catéchèse familiale précède, accompagne, enrichit toute autre forme de catéchèse ». (169)

227. Les parents reçoivent dans le sacrement de Mariage la grâce et la responsabilité de l'éducation chrétienne de leurs enfants, (170) devant lesquels ils portent témoignage tout en leur transmettent les valeurs humaines et religieuses. Cette activité éducative, à la fois humaine et religieuse, est un « véritable ministère », (171) par lequel l'Evangile est transmis et rayonne à tel point que la vie familiale devient un itinéraire de foi et une école de vie chrétienne. Au fur et à mesure que les enfants grandissent, l'échange devient réciproque et « dans un tel dialogue catéchétique chacun reçoit et donne ». (172)

C'est pourquoi la communauté chrétienne portera une attention très spéciale aux parents. Par des contacts personnels, des rencontres, des cours et aussi par une catéchèse des adultes destinée aux parents, ceux-ci seront aidés dans l'accomplissement d'une tâche, aujourd'hui particulièrement délicate: l'éducation de leur enfants à la foi. Cela est notamment urgent dans les endroits où la législation civile ne permet pas ou rend difficile une libre éducation dans la foi. (173) Dans ces cas, « l'Eglise domestique » (174) reste l'unique milieu où enfants et jeunes peuvent recevoir une authentique catéchèse.

Les religieux dans la catéchèse

228. L'Eglise convoque pour l'activité catéchétique particulièrement les personnes consacrées et souhaite « que les communautés religieuses consacrent le maximum de leurs capacités et de leurs possibilités à l'œuvre spécifique de la catéchèse ». (175)

La contribution particulière à la catéchèse qu'apportent les religieux, les religieuses et les membres des Sociétés de vie apostolique vient de leur condition spécifique. La profession des conseils évangéliques qui caractérise la vie religieuse est un don pour toute la communauté chrétienne. Dans l'activité catéchétique diocésaine, leur contribution originale ne pourra être remplacée ni par celle des prêtres ni par celle des laïcs. Cet apport original vient du témoignage public de leur consécration qui en fait des signes vivants de la réalité du Royaume: « C'est la profession de ces conseils, dans un état de vie stable reconnu par l'Eglise, qui caractérise la vie consacrée à Dieu ». (176) Même si chaque chrétien est appelé à vivre les valeurs évangéliques, les personnes consacrées « incarnent l'Eglise désireuse de se livrer au radicalisme des béatitudes ». (177) Le témoignage des religieux, uni au témoignage des laïcs, montre l'unique visage de l'Eglise qui est le signe du Royaume de Dieu. (178)

229. « Bien des familles religieuses, masculines et féminines, sont nées pour l'éducation chrétienne des enfants et des jeunes, surtout des plus abandonnés ». (179) Fidèles au charisme de leurs fondateurs, de nombreux religieux et religieuses collaborent aujourd'hui à la catéchèse diocésaine des adultes. Au cours de l'histoire, « les religieux et les religieuses se sont trouvés très engagés dans l'activité catéchétique de l'Eglise ». (180)

Lorsqu'ils se consacrent à la catéchèse, les religieux ne mettent pas de côté leurs charismes de fondation. (181) Sans rien ôter au caractère spécifique de la catéchèse, les charismes des diverses communautés religieuses impriment à cette tâche leurs propres connotations, souvent d'une grande profondeur religieuse, sociale et pédagogique. L'histoire de la catéchèse manifeste la vitalité que ces charismes ont apporté à l'activité éducative de l'Eglise.

Les catéchistes laïcs

230. L'activité catéchétique des laïcs tient son caractère particulier de leur condition dans l'Eglise: « le caractère séculier est propre et particulier aux laïcs ». (182) Les laïcs exercent la catéchèse à partir de leur insertion dans le monde, en partageant toutes les formes d'engagement avec les autres hommes et femmes, et en apportant à la transmission de l'Evangile une sensibilité et des marques spécifiques: « cette évangélisation ... acquiert une certaine note spécifique et une particulière efficacité du fait qu'elle s'accomplit dans les conditions communes du siècle ». (183)

En effet, en partageant le mode de vie de ceux qu'ils catéchisent, les catéchistes laïcs ont une sensibilité spéciale pour incarner l'Evangile dans la vie concrète des hommes. Les catéchumènes et les catéchisés peuvent trouver en eux un modèle chrétien, dans lequel projeter leur avenir de croyants.

231. La vocation du laïc à la catéchèse découle du sacrement de Baptême et est renforcée par la Confirmation, ces sacrements par lesquels il participe à « l'office sacerdotal, prophétique et royal du Christ ». (184) En plus de la vocation commune à l'apostolat, certains laïcs se sentent appelés intérieurement par Dieu à assumer la charge de catéchistes. L'Eglise suscite et discerne cette vocation divine et confère la mission de catéchiser. Le Seigneur Jésus invite ainsi des hommes et des femmes, d'une manière spéciale, à Le suivre, Lui le Maître et formateur des disciples. Cet appel personnel de Jésus-Christ et le rapport avec Lui sont le vrai moteur de l'action du catéchiste. « De cette connaissance amoureuse du Christ jaillit le désir de L'annoncer, d'évangéliser et de conduire d'autres au 'oui' de la foi en Jésus-Christ ». (185)

Se sentir appelé à être catéchiste et recevoir de l'Eglise la mission de le faire peut comporter divers degrés de dévouement, selon les caractéristiques de chacun. Parfois le catéchiste collabore au service de la catéchèse pour un temps limité ou même parfois de manière occasionnelle; son service et sa collaboration n'en restent pas moins précieuses. Cependant, étant donné l'importance du ministère de la catéchèse, il est souhaitable que, dans le diocèse, un certain nombre de religieux et de laïcs se consacrent de manière stable et avec générosité à la catéchèse; reconnus officiellement, en communion avec les prêtres et l'évêque, ils contribuent à donner à ce service diocésain la configuration ecclésiale qui lui est propre. (186)

Divers types de catéchistes particulièrement nécessaires aujourd'hui

232. La catéchèse devant répondre à des besoins divers, le type ou la figure du catéchiste dans l'Eglise présente diverses modalités.

– « Les catéchistes en terre de mission » (187) portent par excellence le titre de catéchistes. « Des Eglises aujourd'hui florissantes ne se seraient pas édifiées sans eux ». (188) Certains ont « la tâche spécifique de la catéchèse »; (189) et d'autres « collaborent aux diverses formes d'apostolat ». (190)

– Certaines Eglises de vieille chrétienté, avec grand manque de clergé, requièrent un type de catéchiste analogue, d'une certaine façon, à celui des terres de mission, car il s'agit de faire face à des besoins urgents: l'animation communautaire de petites populations rurales qui manquent de la présence assidue du prêtre; la convenance d'une présence et d'une pénétration missionnaire « dans les quartiers populaires de grandes métropoles ». (191)

– Dans les pays de tradition chrétienne qui réclament une « nouvelle évangélisation », (192) la figure du catéchiste des jeunes et celle du catéchiste des adultes deviennent indispensables pour animer les processus de catéchèses d'initiation. Ils doivent se consacrer aussi à la catéchèse permanente. Dans ces tâches, le rôle du prêtre sera également fondamental.

– La figure du catéchiste des petits enfants, des enfants et des adolescents reste à la base. Il a la mission délicate de donner « les premières notions de catéchisme et de préparer au sacrement de la réconciliation, à la première communion et à la confirmation ». (193) Cette tâche est encore plus urgente aujourd'hui quand les petits enfants et les adolescents « ne reçoivent pas dans leur foyer une formation religieuse convenable ». (194)

– Un type de catéchiste dont il faut assurer la formation est le catéchiste pour les rencontres de préparation aux sacrements; (195) il est destiné au monde des adultes, et plus particulièrement lors du baptême, de la première communion de leurs enfants, ou à l'occasion de leur mariage sacramentel. Cette tâche a son originalité, en elle convergent les dimensions de l'accueil et de la première annonce, avec l'occasion de se faire compagnon de route dans la recherche de la foi.

– D'autres types de catéchistes sont demandés avec urgence pour des catégories à la sensibilité particulière: les personnes du troisième âge, (196) qui ont besoin d'une présentation de l'Evangile adaptée à leurs conditions; les inadaptés et les handicapés qui ont besoin d'une pédagogie catéchétique spéciale, (197) en plus d'être intégrés pleinement à la communauté; les migrants et les personnes marginalisées par l'évolution moderne. (198)

– D'autres types de catéchistes peuvent être conseillés. Chaque Eglise particulière découvrira, après avoir examiné sa situation culturelle et religieuse, ses propres nécessités et envisagera, avec réalisme, les types de catéchistes dont elle a besoin. Sa tâche fondamentale sera d'orienter et organiser la formation des catéchistes.

CHAPITRE II

La formation
pour le service de la catéchèse

La pastorale des catéchistes dans l'Eglise particulière

233. Pour le bon fonctionnement du ministère catéchétique dans l'Eglise particulière, il est très important de pouvoir compter sur une pastorale des catéchistes adaptée. Dans cette pastorale il faut tenir compte de divers aspects. Il faut essayer notamment de:

– Susciter dans les paroisses et dans les communautés chrétiennes des vocations à la catéchèse. Actuellement, alors que les besoins de la catéchèse sont de plus en plus différenciés, il faut promouvoir divers types de catéchistes. « Des catéchistes spécialisés sont nécessaires ». (199) A ce sujet il faudra déterminer des critères de choix.

– Assurer un certain nombre de catéchistes à plein temps, qui se consacrent de manière plus intense et plus stable à la catéchèse, (200) en sus du soutien aux catéchistes à temps partiel, qui généralement seront les plus nombreux.

– Etablir une répartition plus équilibrée des catéchistes parmi les secteurs de destinataires. La prise de conscience de la nécessité d'une catéchèse des jeunes et des adultes, par exemple, conduira à l'établissement d'un plus grand équilibre par rapport au nombre des catéchistes qui se consacrent à l'enfance et à l'adolescence.

– Promouvoir des animateurs responsables de l'action catéchétique qui assument des responsabilités au niveau du diocèse, du doyenné et de la paroisse. (201)

– Organiser convenablement la formation des catéchistes, aussi bien la formation de base que la formation permanente.

– Soigner l'attention personnelle et spirituelle aux catéchistes et au groupe des catéchistes en tant que tel. Cette tâche est principalement du ressort des prêtres, dans les communautés chrétiennes respectives.

Coordonner les catéchistes avec les autres artisans de la pastorale dans les communautés chrétiennes, en vue d'exercer une activité d'évangélisation cohérente et pour que le groupe des catéchistes ne reste pas isolé et en marge de la vie de la communauté.

Importance de la formation des catéchistes

234. Toutes ces tâches sont dictées par la conviction que toute activité pastorale qui ne bénéficie pas du concours de personnes vraiment formées et préparées, compromet sa qualité. Les instruments de travail eux-mêmes ne seraient d'aucun secours s'ils n'étaient utilisés par des catéchistes bien formés. C'est pourquoi, la formation appropriée des catéchistes ne saurait être négligée au profit du renouvellement des textes ou d'une meilleure organisation de la catéchèse. (202)

Aussi la pastorale diocésaine de la catéchèse accordera la priorité absolue à la formation des catéchistes laïcs. En même temps — comme élément réellement décisif —, il faudra veiller à la formation catéchétique des prêtres, aussi bien dans les plans d'étude de la formation au séminaire que lors de la formation permanente. On demande aux évêques de veiller à ce que cette formation soit scrupuleusement assurée.

Le but et la nature de la formation des catéchistes

235. La formation vise à habiliter les catéchistes à transmettre l'Evangile à ceux qui souhaitent se confier à Jésus-Christ. La finalité de la formation exige donc que le catéchiste soit le plus possible rendu capable de réaliser un acte de communication: « le but essentiel de la formation catéchétique est d'habiliter à la communication du message chrétien ». (203)

La finalité christocentrique de la catéchèse, qui tend à favoriser la communion du converti avec Jésus-Christ, marque profondément toute la formation des catéchistes. (204) Celle-ci ne vise en effet qu'à conduire le catéchiste à animer efficacement un itinéraire catéchétique dans lequel, en passant par les étapes nécessaires, il annonce Jésus-Christ, il en fait connaître la vie en la situant dans toute l'histoire du Salut; il explique le mystère du Fils de Dieu qui s'est fait homme pour notre salut; il aide enfin le catéchumène ou le catéchisé à s'identifier à Jésus-Christ par les sacrements de l'initiation. (205) Dans la catéchèse permanente, le catéchiste ne fait qu'approfondir ces aspects fondamentaux.

Cette perspective christologique influence directement l'identité du catéchiste et sa préparation. « L'unité et l'harmonie du catéchiste doivent être considérées dans une vision christocentrique et construites dans une familiarité profonde avec le Christ et avec le Père, dans l'Esprit ». (206)

236. La formation qui vise à rendre le catéchiste apte à transmettre l'Evangile au nom de l'Eglise a, par là-même, une nature ecclésiale. La formation des catéchistes n'est autre qu'une aide pour qu'ils aient de l'Evangile la même conscience vivante et actuelle qu'en a l'Eglise, s'habilitant ainsi à le transmettre en son nom.

Plus concrètement, dans sa formation, le catéchiste entre en communion avec le désir de l'Eglise qui, comme épouse, « conserve intègre et pure la foi donnée à son Epoux » (207) et, comme « mère et maîtresse », veut transmettre l'Evangile dans toute son authenticité, en l'adaptant à toutes les cultures, âges et situations. Cette nature ecclésiale de la transmission de l'Evangile imprègne toute la formation des catéchistes.

Critères de la formation des catéchistes

237. Pour concevoir convenablement la formation des catéchistes, il faut tenir compte au préalable de certains critères qui inspireront cette formation avec différents accents.

– Il s'agit tout d'abord de former des catéchistes pour répondre aux besoins d'évangélisation du temps actuel, avec ses valeurs, ses défis et ses ombres. Pour cette tâche, il faut des catéchistes qui aient une foi profonde, (208) une claire identité chrétienne et ecclésiale (209) et une grande sensibilité sociale. (210) Tout projet de formation doit tenir compte de ces aspects.

– Dans la formation, il faudra aussi tenir compte du concept de catéchèse que défend l'Eglise aujourd'hui. Il s'agit de former des catéchistes pour qu'ils soient en mesure de donner non seulement un enseignement mais également une formation chrétienne intégrale, par la promotion de « tâches d'initiation, d'éducation et d'enseignement ». (211) Autrement dit, des catéchistes qui soient, à la fois, des maîtres, des éducateurs et des témoins.

Le moment catéchétique que vit l'Eglise est une invitation à préparer des catéchistes capables de dépasser les « tendances unilatérales divergentes » (212) et d'offrir une catéchèse pleine et complète, des catéchistes qui sachent conjuguer la dimension de vérité et celle porteuse de sens de la foi, l'orthodoxie et l'orthopraxie, le sens ecclésial et le sens social. Leur formation devra contribuer à ce que les éléments de ces couples, qui peuvent subir des tensions, se fécondent mutuellement.

– La formation des catéchistes laïcs ne peut ignorer le caractère propre du laïc dans l'Eglise et ne doit pas être conçue comme une pure synthèse de la formation reçue par les religieux ou les prêtres. Au contraire, il faudra se rappeler que « leur formation apostolique reçoit une note spéciale du caractère séculier propre au laïcat, ainsi que de leur forme de vie spirituelle » (AA 29a).

– Enfin, la pédagogie adoptée dans cette formation a une importance fondamentale. Comme critère général, il faut souligner la nécessité d'une cohérence entre la pédagogie globale de la formation des catéchistes et la pédagogie propre à un processus catéchétique. Dans son activité, le catéchiste aurait beaucoup de mal à improviser un style et une sensibilité auxquels il n'aurait pas été initié pendant sa formation.

Les dimensions de la formation: l'être, le savoir et le savoir-faire

238. La formation des catéchistes revêt plusieurs dimensions. La plus profonde a trait à l'être du catéchiste, à sa dimension humaine et chrétienne. La formation doit en effet l'aider à mûrir, avant tout, comme personne, comme croyant et comme apôtre. Puis, il y a ce que le catéchiste doit savoir pour bien accomplir sa tâche. Cette dimension marquée par la double fidélité au message et à la personne humaine, exige que le catéchiste connaisse bien à la fois le message qu'il transmet et celui qui le reçoit ainsi que le contexte social dans lequel il vit. Enfin, il y a la dimension du savoir faire, puisque la catéchèse est un acte de communication. La formation tend à faire du catéchiste un « éducateur de l'homme et de la vie de l'homme ». (213)

Maturité humaine, chrétienne et apostolique des catéchistes

239. A partir d'une maturité humaine initiale, (214) l'exercice de la catéchèse, sans cesse revu et évalué, permettra au catéchiste de croître dans l'équilibre affectif, le sens critique, l'unité intérieure, la capacité de relations et de dialogue, l'esprit constructif et le travail d'équipe. (215) Il cherchera avant tout à développer ces qualités par respect et amour envers les catéchumènes et les catéchisés: « Quelle est cette affection? Bien plus que celle d'un pédagogue, elle est celle d'un père; et plus encore: celle d'une mère. C'est cette affection que le Seigneur attend de chaque prédicateur de l'Evangile, de chaque bâtisseur de l'Eglise ». (216)

La formation veillera en même temps à ce que l'exercice de la catéchèse alimente la foi du catéchiste en le faisant grandir comme croyant. Aussi la vraie formation alimentera surtout la spiritualité du catéchiste, (217) afin que son activité naisse vraiment de son témoignage de vie. Chacun des thèmes catéctétiques qu'il dispense doit nourrir en premier lieu la foi du catéchiste. On catéchise les autres en se catéchisant d'abord soi-même.

Pour finir, la formation alimentera constamment la conscience apostolique du catéchiste, son sens de l'évangélisation. Ainsi devra-t-il connaître et vivre le projet concret d'évangélisation de son Eglise diocésaine et celui de sa paroisse, pour se mettre au diapason de la conscience que l'Eglise particulière a de sa propre mission. La meilleure manière d'alimenter cette lucidité apostolique est de s'identifier avec la personne de Jésus-Christ, maître et formateur de ses disciples, en cherchant à faire sien le zèle qu'il a manifesté pour le Royaume. Grâce à l'exercice de la catéchèse, la vocation apostolique du catéchiste — soutenue par une formation permanente — mûrira peu à peu.

La formation biblique et théologique du catéchiste

240. Le catéchiste doit non seulement être un témoin, mais aussi un maître qui enseigne la foi. Une formation biblique et théologique lui permettra d'avoir une connaissance organique du message chrétien, articulé autour du mystère central de la foi, Jésus-Christ.

La formation doctrinale doit contenir toutes les parties d'un projet organique de catéchèse:

– les trois grandes étapes de l'histoire du salut: l'Ancien Testament, la vie de Jésus-Christ et l'histoire de l'Eglise;

– les grands noyaux du message chrétien: symbole, liturgie, vie morale et prière.

A son niveau d'enseignement théologique, le contenu de la formation doctrinale d'un catéchiste est le même que celui que la catéchèse doit transmettre. Quant à l'Ecriture Sainte, elle devra être « comme l'âme de cette formation ». (218) Le Catéchisme de l'Eglise catholique sera la référence doctrinale fondamentale, en même temps que le catéchisme de l'Eglise particulière ou locale.

Cette formation biblique et théologique doit avoir certaines qualités:

a) Tout d'abord, elle doit avoir le caractère synthétique du message à transmettre, où les divers éléments de la foi chrétienne apparaissent, bien structurés et en harmonie entre eux, dans une vision organique qui respecte la « hiérarchie des vérités ».

b) Cette synthèse de foi sera telle qu'elle aidera le catéchiste à mûrir dans sa foi, et en même temps, l'habilitera à rendre raison de l'espérance au temps de la mission. « La formation doctrinale des fidèles se révèle de nos jours de plus en plus urgente, du fait non seulement du dynamisme naturel d'approfondissement de la foi, mais aussi de la nécessité de rendre raison de l'espérance qui est en eux en face du monde et de ses problèmes graves et complexes ». (219)

c) Cette formation théologique sera très proche de l'expérience humaine, capable de faire le lien entre les différents aspects du message chrétien et la vie concrète des hommes et des femmes, « pour l'inspirer ou pour la critiquer, à la lumière de l'Evangile ». (220) Tout en restant un enseignement théologique, elle doit adopter, en quelque sorte, un style catéchétique.

d) Enfin, cette formation sera telle que le catéchiste « pourra non seulement transmettre exactement le message évangélique, mais encore rendre les catéchisés capables de recevoir ce message de manière active; il pourra également discerner dans l'itinéraire spirituel des catéchisés ce qui est en accord avec la foi ». (221)

Les sciences humaines dans la formation du catéchiste

242. Le catéchiste apprend à connaître l'homme et la réalité dans laquelle il vit en utilisant aussi les sciences humaines, qui de nos jours ont rejoint un point extraordinaire de développement. « Que dans la pastorale, on ait une connaissance suffisante non seulement des principes de la théologie, mais aussi des découvertes scientifiques profanes, notamment de la psychologie et de la sociologie, et qu'on en fasse usage: de la sorte, les fidèles, à leur tour, seront amenés à une plus grande pureté et maturité dans leur vie de foi ». (222)

Il est nécessaire que le catéchiste soit mis au contact d'au moins quelques notions fondamentales de psychologie: les dynamismes psychologiques de l'homme; la structure de sa personnalité; les besoins et les attentes les plus profondes du cœur humain; la psychologie évolutive et les étapes du cycle de vie de l'homme; la psychologie religieuse et les expériences qui ouvrent l'homme au mystère du sacré.

Les sciences sociales permettent de connaître le contexte socio-culturel dans lequel l'homme vit, et qui l'influence puissamment. C'est pourquoi, dans la formation du catéchiste « on analysera les conditions sociologiques, culturelles et économiques, puisque ces données de la vie collective peuvent avoir une grande influence sur le développement de l'évangélisation ». (223)

En même temps que ces sciences, explicitement recommandées par le Concile Vatican II, d'autres doivent faire partie, d'une manière ou d'une autre, de la formation des catéchistes, notamment les sciences de l'éducation et de la communication.

Quelques critères pour l'usage des sciences humaines dans la formation des catéchistes

243. Ces critères sont:

a) Le respect de l'autonomie des sciences: « l'Eglise affirme l'autonomie légitime de la culture et particulièrement celle des sciences ». (224)

b) Le discernement évangélique des différentes tendances ou écoles psychologiques, sociologiques et pédagogiques: leurs valeurs et leurs limites.

c) L'étude des sciences humaines n'est pas une fin en soi dans la formation du catéchiste. On prend conscience de la situation existentielle, psychologique, culturelle et sociale de l'homme en regardant vers la foi à laquelle on doit l'éduquer. (225)

d) La théologie et les sciences humaines, dans la formation des catéchistes, doivent se féconder réciproquement. Il faut donc éviter que ces sciences deviennent la seule norme pour la pédagogie de la foi, sans tenir compte des critères théologiques qui dérivent de la pédagogie même de Dieu. Il s'agit de disciplines fondamentales, nécessaires, mais toujours au service d'une activité évangélisatrice qui n'est pas seulement humaine. (226)

La formation pédagogique

244. En même temps que l'être et le savoir, la formation du catéchiste doit comprendre aussi le savoir faire. Le catéchiste est un éducateur qui facilite la maturation de la foi que le catéchumène ou le catéchisé réalisent avec l'aide de l'Esprit Saint. (227)

La première chose dont il faut tenir compte dans ce secteur décisif de la formation, est le respect de la pédagogie originale de la foi. Le catéchiste se prépare en effet à faciliter la croissance d'une expérience de foi dont il n'est pas le dépositaire. C'est Dieu qui l'a déposée au cœur de l'homme et de la femme. La tâche du catéchiste se borne à cultiver ce don, à l'offrir, à l'alimenter et à l'aider à croître. (228)

La formation cherchera à développer chez le catéchiste la capacité éducative qui comprend: une faculté d'attention aux personnes, l'habileté pour interpréter et répondre à la demande d'éducation, l'esprit d'initiative pour mettre en route des processus d'apprentissage, et l'art de conduire un groupe humain vers la maturité. Comme pour tous les arts, le plus important est que le catéchiste acquiert son propre style de catéchiser, en adaptant à sa personnalité les principes généraux de la pédagogie catéchétique. (229)

. Plus concrètement, le catéchiste, et tout particulièrement celui qui se consacre à la catéchèse à plein temps, sera habilité à programmer, au sein du groupe de catéchistes, l'activité éducative, en tenant compte des circonstances, en élaborant un plan réaliste, et après l'avoir réalisé, en en faisant une évaluation critique. (230) Le catéchiste doit être capable d'animer un groupe en faisant usage avec discernement des techniques de l'animation de groupe qu'offre la psychologie.

Cette capacité éducative et ce savoir faire, avec les connaissances, les attitudes et les techniques qu'ils comportent, « peuvent être mieux assimilées si elles sont données en cours de travail, par exemple au cours de sessions où l'on prépare et critique des leçons de catéchèse ». (231)

L'idéal serait que les catéchistes soient les artisans de leur apprentissage, c'est-à-dire que leur formation soit créative et pas seulement l'assimilation de règles extérieures. C'est pourquoi la formation doit être très proche de la pratique: il faut partir de la pratique pour arriver à la formation. (232)

La formation des catéchistes au sein des communautés chrétiennes

246. Parmi les lieux de formation du catéchiste, le premier est sa propre communauté chrétienne. C'est en elle que le catéchiste fait l'expérience de sa vocation et développe sans cesse son sens apostolique. Pour assurer sa maturation progressive de croyant et de témoin, la figure du prêtre a un rôle fondamental. (233)

247. Une communauté chrétienne peut réaliser plusieurs types d'actions formatrices envers ses catéchistes:

a) L'une d'elles consiste à alimenter sans cesse la vocation ecclésiale des catéchistes, en maintenant vive leur conscience d'avoir été envoyés par leur propre Eglise.

b) Il est non moins important de procurer la maturation de la foi de ses catéchistes à travers la voie ordinaire, celle par laquelle la communauté chrétienne éduque dans la foi ses agents pastoraux et les laïcs les plus engagés. (234)

Lorsque la foi des catéchistes n'a pas encore atteint sa maturité, leur participation à un cheminement de type catéchuménal pour jeunes et adultes est à conseiller. Il peut s'agir du cheminement ordinaire de leur communauté ou d'un autre créé spécialement pour eux.

c) La préparation immédiate à la catéchèse, effectuée avec le groupe de catéchistes, est un excellent moyen de formation, surtout s'il est accompagné d'une évaluation de toutes les expériences faites lors des sessions de catéchèse.

d) Dans le cadre de la communauté, il peut y avoir d'autres activités de formation: cours de sensibilisation à la catéchèse, par exemple au début de l'année pastorale; retraites et rencontres lors des temps forts de l'année liturgique; (235) cours monographiques sur des thèmes plus nécessaires et plus urgents; une formation doctrinale plus systématique, par exemple, l'étude du Catéchisme de l'Eglise catholique.

Il s'agit d'activités de formation permanente qui, avec le travail personnel du catéchiste, semblent très adaptées. (236)

Ecoles pour catéchistes et Centres supérieurs pour les experts en catéchèse

248. La fréquentation d'une Ecole pour catéchistes (237) est une

étape importante dans la formation d'un catéchiste. En divers endroits, ces Ecoles sont organisées à deux niveaux: pour les « catéchistes ordinaires » (238) et pour les « responsables de la catéchèse ».

Ecole pour catéchistes ordinaires

249. Ces écoles visent une formation catéchétique de base, organique et systématique. On mettra en évidence, pendant une période suffisamment prolongée, les dimensions plus spécifiquement catéchétiques de la formation: le message chrétien, la connaissance de l'homme et du contexte socio-culturel et la pédagogie de la foi.

Les avantages de cette formation sont considérables et concernent:

– son aspect systématique, du moment qu'il s'agit d'une formation moins centrée sur l'activité immédiate;

– sa qualité, garantie par des formateurs spécialisés;

– l'intégration de catéchistes d'autres communautés, qui renforce la communion ecclésiale.

Ecoles pour responsables

250. Afin de favoriser la formation des responsables de la catéchèse dans les paroisses ou les doyennés, ou encore pour les catéchistes qui se consacreront à la catéchèse de manière plus stable et pleine, (239) il est utile de promouvoir, au niveau diocésain ou interdiocésain, des écoles pour responsables.

Naturellement, ces écoles seront d'un niveau plus exigeant. A côté d'un programme de base commun, elles fourniront les spécialisations catéchétiques que le diocèse jugera plus nécessaires pour ses conditions particulières.

Pour économiser les moyens et les ressources, il peut être opportun que ces écoles soient destinées davantage aux responsables des diverses activités pastorales et deviennent des centres de formation des agents de la pastorale. A partir d'une formation de base commune (doctrinale et anthropologique), les spécialisations s'organiseront autour des exigences des diverses activités pastorales ou apostoliques qui seront confiées à ces agents.

Centres supérieurs pour experts en catéchèse

251. Une formation catéchétique supérieure à laquelle peuvent accéder aussi des prêtres, des religieux et des laïcs, est d'une importance vitale pour la catéchèse. C'est pourquoi on renouvelle le vœu « d'entretenir ou de fonder des instituts supérieurs de pastorale catéchétique, dans le but de préparer des catéchistes capables d'animer la catéchèse dans le cadre diocésain ou au sein des activités auxquelles sont vouées les Congrégations religieuses. Ces instituts supérieurs pourront être nationaux ou même internationaux. Pour les études, ils doivent prendre modèle sur les universités, en ce qui concerne le cycle des études, le temps consacré aux cours et les conditions d'admission ». (240)

En plus de la formation de ceux qui devront assumer des fonctions de responsabilité dans la catéchèse, ces instituts prépareront les professeurs de catéchétique pour les Séminaires, les Maisons de formation ou les Ecoles pour catéchistes. Ces Instituts se consacreront également à la promotion de la recherche catéchétique.

252. Ce niveau de formation est très indiqué en vue d'une collaboration fructueuse entre les Eglises: « c'est ici également que l'aide matérielle offerte par les Eglises plus aisées à leurs sœurs plus pauvres pourra manifester sa plus grande efficacité: qu'est-ce qu'une Eglise peut apporter de meilleur à l'autre sinon de l'aider à croître par elle-même comme Eglise? ». (241) Il est évident que cette collaboration doit être fondée sur le respect des conditions particulières des Eglises plus pauvres et de leur responsabilité propre.

Dans le domaine diocésain ou interdiocésain, il faut prendre conscience de la nécessité de former des personnes à ce niveau supérieur, comme on prend soin de le faire pour les autres activités ecclésiales ou pour l'enseignement d'autres disciplines.

CHAPITRE III

Les lieux et les voies de la catéchèse

La communauté chrétienne comme foyer de catéchèse (242)

253. La communauté chrétienne est l'expression, dans l'histoire, du don de la « communion » (koinonia), (243) qui est un fruit de l'Esprit.

La « communion » exprime le noyau profond de l'Eglise universelle et des Eglises particulières, qui constituent la communauté chrétienne de référence. Celle-ci se fait proche et est rendue visible dans la grande variété des communautés chrétiennes immédiates, au sein desquelles les chrétiens naissent à la foi, sont éduqués en elle et la vivent: la famille, la paroisse, l'école catholique, les associations et mouvements chrétiens, les communautés ecclésiales de base... Ce sont là les « lieux » de la catéchèse, c'est-à-dire les espaces communautaires où se réalisent la catéchèse d'inspiration catéchuménale et la catéchèse permanente. (244)

254. La communauté chrétienne est l'origine, le lieu et le but de la catéchèse. C'est toujours d'elle que naît l'annonce de l'Evangile pour inviter les hommes et les femmes à se convertir et à suivre le Christ. C'est encore cette communauté qui accueille ceux qui désirent connaître le Seigneur et s'engager dans une vie nouvelle. Elle accompagne les catéchumènes et les catéchisés dans leur itinéraire catéchétique et, avec une sollicitude maternelle, les fait participer à son expérience de foi et les incorpore en son sein. (245)

La catéchèse est toujours la même. Mais ces « lieux » (246) de catéchisation la marquent, chacun avec ses traits originaux. Il est important de connaître le rôle de chacun d'eux envers la catéchèse.

La famille comme milieu ou moyen de croissance dans la foi

255. Les parents sont les premiers éducateurs dans la foi. Et avec eux, dans certaines cultures notamment, tous les membres de la famille ont un rôle actif dans l'éducation des membres plus jeunes. Mais il faut déterminer plus concrètement en quel sens la communauté chrétienne familiale est « lieu » de catéchèse.

La famille a été définie comme « Eglise domestique »; (247) cela signifie que, en chaque famille chrétienne, doivent se retrouver les divers aspects ou fonctions de la vie de l'Eglise entière: mission, catéchèse, témoignage, prière, etc. En effet la famille, comme l'Eglise, est « un espace où l'Evangile est transmis et d'où l'Evangile rayonne ». (248) La famille comme « lieu » de catéchèse a une prérogative unique: transmettre l'Evangile en l'enracinant dans un ensemble de profondes valeurs humaines. (249) Sur cette base humaine, l'initiation à la vie chrétienne est plus profonde: l'éveil au sens de Dieu, les premiers pas dans la prière, l'éducation de la conscience morale et la formation du sens chrétien de l'amour humain, conçu comme le reflet de l'amour de Dieu créateur et Père. Il s'agit en somme d'une éducation chrétienne plus témoignée qu'enseignée, plus occasionnelle que systématique, plus permanente et quotidienne que structurée selon des périodes. Dans cette catéchèse familiale, l'apport des grands-parents devient toujours plus important. Leur sagesse et leur sens religieux sont très souvent décisifs pour favoriser un climat vraiment chrétien.

Le catéchuménat baptismal des adultes (250)

256. Le catéchuménat baptismal est un lieu typique de catéchèse, institutionnalisé par l'Eglise pour préparer les adultes qui souhaitent devenir chrétiens à recevoir les sacrements de l'initiation. (251) C'est en effet dans le catéchuménat que se réalise « cette formation spécifique par laquelle l'adulte, converti à la foi, est conduit jusqu'à la profession de la foi baptismale pendant la veillée pascale ». (252)

La catéchèse dans le catéchuménat baptismal est étroitement liée à la communauté chrétienne.(253) Dès leur entrée au catéchuménat, l'Eglise entoure les catéchumènes « de son affection et de ses soins comme s'ils étaient déjà ses fils: ils appartiennent en effet à la famille du Christ ». (254) C'est pourquoi la communauté chrétienne aide les « candidats et les catéchumènes pendant tout le processus d'initiation, du pré-catéchuménat au catéchuménat, au temps de la mystagogie ».(255)

Cette présence continue de la communauté chrétienne s'exprime de diverses manières, décrites avec précision dans le Rituel de l'initiation chrétienne des adultes. (256)

La paroisse comme milieu de catéchèse

257. La paroisse est, sans aucun doute, le lieu le plus significatif dans lequel la communauté chrétienne se forme et se manifeste. La paroisse est appelée à être une maison familiale, fraternelle et accueillante, où les chrétiens prennent conscience qu'ils sont le Peuple de Dieu. (257) La paroisse, en effet, rassemble dans l'unité tout ce qui se trouve en elle de diversités humaines et elle les insère dans l'universalité de l'Eglise. (258) D'autre part, elle constitue le milieu où d'ordinaire les hommes naissent et grandissent dans la foi. Elle est donc un espace communautaire très adapté où le ministère de la Parole se fait à la fois enseignement, éducation et expérience de vie.

La paroisse subit de nos jours, en beaucoup de pays, des transformations profondes. Les changements sociaux ont de fortes répercussions sur elle. Dans les grandes villes « elle a été comme ébranlée par le phénomène de l'urbanisation ». (259) Malgré cela, elle « demeure une référence majeure pour le peuple chrétien, même pour les non-pratiquants ». (260) Elle doit cependant demeurer l'animatrice de la catéchèse et son « lieu privilégié », (261) même si l'on reconnaît qu'elle ne peut être le centre de gravité de toute la fonction ecclésiale de catéchisation, et qu'elle doit s'adjoindre à d'autres institutions.

258. Pour être pleinement efficace dans la mission évangélisatrice de la paroisse, la catéchèse doit respecter certaines conditions:

a. La catéchèse des adultes (262) doit devenir de plus en plus une priorité. Il s'agit de promouvoir « une catéchèse post-baptismale sous forme de catéchuménat, consistant à proposer de nouveau certains éléments du Rituel de l'initiation chrétienne des adultes, de façon à faire accueillir et vivre les richesses immenses et extraordinaires du baptême reçu, ainsi que les responsabilités qui en découlent ». (263)

b. Il faut envisager, avec un courage renouvelé, l'annonce pour ceux qui sont loins de la foi ou pour ceux qui vivent dans des situations d'indifférence religieuse. (264) Dans cet engagement, les rencontres de préparation aux sacrements (mariage, baptême et première communion des enfants...) peuvent avoir une importance fondamentale. (265)

c. Comme point de référence solide pour la catéchèse paroissiale, on a besoin d'un noyau communautaire formé de chrétiens mûrs, déjà initiés à la foi, auxquels on réservera une attention pastorale adaptée et différenciée. Un objectif qui sera atteint plus facilement par la promotion, dans les paroisses, de petites communautés ecclésiales. (266)

d. Si ces conditions, rapportées principalement aux adultes, sont respectées, la catéchèse des petits enfants, des adolescents et des jeunes — qui reste indispensable — en tirera de grands bénéfices.

L'école catholique

259. L'école catholique (267) est un lieu d'une importance considérable pour la formation humaine et chrétienne: La déclaration Gravissimum educationis du Concile Vatican II « marque un changement décisif dans l'histoire de l'école catholique: le passage de l'école-institution à l'école-communauté ». (268)

L'école catholique tout autant que les autres écoles, poursuit des fins culturelles et la formation humaine des jeunes. Mais il lui appartient en propre:

– « de créer dans la communauté scolaire une atmosphère animée d'un esprit évangélique de liberté et de charité,

– d'aider les adolescents à développer leur personnalité en faisant en même temps croître cette créature nouvelle qu'ils sont devenus par le baptême,

– et finalement d'ordonner toute la culture humaine à l'annonce du salut ». (269)

Le projet éducatif de l'école catholique est tenu de se développer sur la base de cette conception proposée par le Concile Vatican II.

Ce projet éducatif se réalise au sein de la communauté scolaire dont font partie tous ceux qui y sont directement impliqués: « les enseignants, les directeurs, le personnel de l'administration, les auxiliaires, les parents qui jouent un rôle primordial en tant qu'éducateurs naturels et irremplaçables de leurs enfants, et les élèves co-participants, premiers acteurs responsables et vrais sujets actifs du processus d'éducation ». (270)

260. Lorsque les élèves de l'école catholique appartiennent en majorité à des familles qui se lient à cette école en raison de son caractère catholique, le ministère de la parole peut s'y exercer sous de multiples formes: première annonce, enseignement religieux scolaire, catéchèse, homélie. Deux de ces formes revêtent cependant dans l'école catholique une importance particulière: l'enseignement scolaire de la religion et la catéchèse, dont le caractère propre a déjà été souligné. (271)

Lorsque les élèves et leurs familles fréquentent l'école catholique en raison de la qualité de l'éducation qu'elle offre, ou pour d'autres motifs, l'activité catéchétique y est nécessairement limitée et l'enseignement religieux — quand il est possible — accentue le caractère culturel. L'apport de cette école demeure toujours « un service de très haute valeur pour les hommes » (272) et un élément de l'œuvre d'évangélisation de l'Eglise.

Etant donné la pluralité des circonstances socio-culturelles et religieuses dans lesquelles l'école catholique exerce son activité dans les divers pays, il sera bon que les évêques et les conférences épiscopales précisent les modalités de l'activité catéchétique que l'école catholique doit réaliser.

Associations, mouvements et groupes de fidèles

261. Les diverses « associations, mouvements et groupements de fidèles » (273) qui se développent dans l'Eglise particulière, ont comme objectif d'aider les disciples du Christ à accomplir leur mission de laïcs dans le monde et dans l'Eglise elle-même. Au sein de ces groupements, les chrétiens se consacrent « à la pratique de la piété, à l'apostolat direct, à la charité et à l'assistance, à la présence chrétienne dans les réalités temporelles ». (274)

Dans toutes ces associations et mouvements, en vue de cultiver en profondeur ces dimensions fondamentales de la vie chrétienne, on donne d'une façon ou d'une autre une formation nécessaire: « Ils ont, en effet, chacun avec leurs méthodes propres, la possibilité d'offrir une formation profondément ancrée dans l'expérience même de la vie apostolique; ils ont également l'occasion de compléter, de concrétiser et de spécifier la formation que leurs membres reçoivent d'autres maîtres ou d'autres communautés ». (275)

La catéchèse est toujours une dimension fondamentale de la formation de chaque laïc. C'est pourquoi ces associations et mouvements réservent d'ordinaire des « temps catéchétiques ». (276) La catéchèse n'est donc pas une alternative à la formation chrétienne qu'ils dispensent mais elle en est une dimension essentielle.

262. Quand la catéchèse s'exerce au sein de ces associations et mouvements, il faut considérer certains aspects. En particulier:

a) Il faut respecter la « nature propre » (277) de la catéchèse en développant toute la richesse de son concept, avec la triple dimension de parole, de mémoire et de témoignage (de doctrine, de célébration et d'engagement dans la vie). (278) Quel que soit le « lieu » où elle s'exerce, la catéchèse est avant tout une formation de base et organique de la foi. Par conséquent, elle doit inclure « une étude sérieuse de la doctrine chrétienne » (279) et constituer une sérieuse formation religieuse « ouverte à toutes les composantes de la vie chrétienne ». (280)

b) Cela n'empêche pas que la finalité propre des associations et des mouvements puisse exprimer — avec leurs charismes propres —, avec des accents particuliers une catéchèse qui, de toute façon devra rester fidèle à son caractère propre. L'éducation par la proposition de la spiritualité d'une association ou mouvement — qui est toujours une grande richesse pour l'Eglise — se fera typiquement après la formation chrétienne de base, celle-ci étant la même pour tout chrétien. Il convient de former d'abord à ce qui est commun à tous les membres de l'Eglise plutôt que de former à ce qui est particulier ou qui différencie.

c) De même, il faut affirmer que les mouvements et les associations, en matière de catéchèse, ne sont pas une alternative ordinaire à la paroisse, celle-ci restant la communauté éducative de référence proprement dite. (281)

Les communautés ecclésiales de base

263. Les communautés ecclésiales de base ont connu une grande diffusion au cours des dernières décennies. (282) Il s'agit de groupes de chrétiens « qui naissent du besoin de vivre plus intensément encore la vie de l'Eglise; ou du désir et de la recherche d'une dimension plus humaine, que des communautés ecclésiales plus grandes peuvent difficilement offrir... ». (283)

Les communautés ecclésiales de base sont un « signe de la vitalité de l'Eglise ». (284) Les disciples du Christ s'y rassemblent pour une écoute attentive de la Parole de Dieu, pour une recherche de rapports plus fraternels, pour célébrer dans leur vie les mystères chrétiens et pour s'engager en vue de transformer la société. A ces dimensions typiquement chrétiennes viennent s'ajouter des valeurs humaines importantes: l'amitié et le respect de l'autre, l'esprit de co-responsabilité, la créativité, la réponse à la vocation, l'intérêt pour les problèmes du monde et de l'Eglise. Cela peut être l'occasion d'une expérience communautaire enrichissante, « une authentique expression de communion et un moyen pour construire une communion plus profonde ». (285)

Pour être authentique « toute communauté doit vivre dans l'unité avec l'Eglise particulière et l'Eglise universelle, dans une communion sincère avec les Pasteurs et le Magistère, dans un engagement à se faire missionnaire en évitant tout repli et toute exploitation idéologique ». (286)

264. Les communautés ecclésiales de base peuvent être le lieu de développement d'une catéchèse très féconde:

– Le climat fraternel qui les caractérise crée un milieu adéquat pour une catéchèse intégrale, à condition que soient respectés la nature et le caractère propre de la catéchèse.

– La catéchèse sert d'autre part à approfondir la vie communautaire puisqu'elle assure les fondements de la vie chrétienne des fidèles. Sans elle, les communautés ecclésiales de base ne seraient pas très solides.

– Enfin, la petite communauté est un lieu adapté pour accueillir ceux qui ont achevé un parcours de catéchèse.

CHAPITRE IV

L'organisation
de la pastorale catéchétique
dans l'Eglise particulière

Organisation et exercice des responsabilités

Le service diocésain de la catéchèse

265. L'organisation de la pastorale catéchétique a comme point de référence l'évêque et le diocèse. Le secrétariat diocésain de la catéchèse (Officium catechisticum) est « l'organisme par lequel l'évêque, responsable de la communauté et maître de doctrine, dirige et conduit l'ensemble des activités catéchétiques du diocèse ». (287)

Les principales tâches du Secrétariat diocésain sont les suivantes:

a) Effectuer une analyse de la situation (288) de l'éducation de la foi dans le diocèse. Cette analyse devrait préciser, entre autres, les besoins réels du diocèse en ce qui concerne l'activité catéchétique.

b) Elaborer un programme d'action (289) qui détermine des objectifs clairs, propose des orientations et envisage des actions concrètes.

c) Promouvoir et former les catéchistes. Des instituts seront créés si on le juge opportun. (290)

d) Elaborer ou du moins signaler aux paroisses et aux catéchistes les instruments nécessaires pour le travail catéchétique: catéchismes, directoires, programmes pour les différents âges, guides pour les catéchistes, matériel pour les catéchisés, moyens audio-visuels... (291)

e) Renforcer et promouvoir les institutions proprement catéchétiques du diocèse (catéchuménat baptismal, catéchèse paroissiale, groupe de responsables de la catéchèse) qui constituent les « cellules de base » (292) de l'activité catéchétique.

f) Veiller surtout à améliorer les ressources en personnel et en matériel aussi bien au niveau du diocèse qu'à celui de la paroisse ou des vicariats forains. (293)

g) Collaborer avec la commission pour la liturgie, vu l'importance essentielle de celle-ci pour la catéchèse, spécialement la catéchèse initiatique et catéchuménale.

267. Pour accomplir ces tâches, le secrétariat de la catéchèse doit compter sur « un groupe de personnes possédant une compétence spécifique. L'étendue et la diversité des questions à traiter exigent que les responsabilités soient réparties entre plusieurs personnes vraiment capables ». (294) Il convient que ce service diocésain soit composé, ordinairement, de prêtres, de religieux et de laïcs.

La catéchèse est une activité si importante dans la vie d'une Eglise particulière qu'« aucun diocèse ne peut se passer d'un Office Catéchistique ». (295)

Services de collaboration inter-diocésaine

268. Cette collaboration est de nos jours extraordinairement féconde. Pour des raisons de proximité géographique mais aussi d'homogénéité culturelle, un travail catéchétique commun est souhaitable. En effet, « il convient que les divers diocèses associent leurs actions particulières, mettant en commun expériences et entreprises, compétences et ressources, afin que les diocèses les mieux pourvus viennent en aide aux autres et que l'on puisse élaborer un programme d'action commun à caractère régional ». (296)

Le service de la conférence des Evêques

269. « Auprès de la conférence des Evêques, un office catéchétique peut être institué, dont la fonction principale sera de fournir une aide à chaque diocèse en matière de catéchèse ». (297)

Cette possibilité envisagée par le Code de Droit Canonique est déjà une réalité auprès de la plupart des conférences épiscopales. L'office catéchétique ou centre national de la catéchèse auprès de la conférence des Evêques se propose une double tâche: (298)

– Etre au service des besoins de la catéchèse dans tous les diocèses du territoire; s'occuper des publications qui ont une portée nationale, des congrès nationaux, des rapports avec les médias et, en général, de tous les travaux et tâches qui dépassent les possibilités du diocèse ou de la région.

– Etre au service des diocèses et des régions pour faire circuler les informations et les projets de catéchèse, coordonner l'activité et aider les diocèses les moins équipés en matière de catéchèse.

Si l'épiscopat le juge opportun, l'office catéchétique ou centre national peut également être compétent pour coordonner son activité avec celle des autres offices nationaux de l'épiscopat et d'autres instituts de la catéchèse; de même, il peut collaborer aux activités catéchétiques au niveau international, toujours en tant qu'organisme d'aide aux évêques de la conférence épiscopale.

Le service du Saint-Siège

270. « Le commandement du Christ de prêcher l'Evangile à toute créature les atteint (les évêques) premièrement et directement, avec Pierre et en dépendance de Pierre ». (299) Le ministère du Successeur de Pierre — dans ce mandat collégial de Jésus d'annoncer et de transmettre l'Evangile — a un rôle fondamental. Il doit être vu, en effet, « non seulement comme un service global qui atteint toute Eglise de l'extérieur, mais comme appartenant déjà à l'essence de toute Eglise particulière de l'intérieur ». (300)

Dans la catéchèse, le ministère de Pierre s'exerce de façon éminente par ses enseignements. En matière de catéchèse, le Pape agit de façon immédiate et particulière par l'intermédiaire de la Congrégation pour le Clergé, qui assiste « le Pontife Romain dans l'exercice de sa charge suprême de pasteur ». (301)

« Conformément à sa tâche, la Congrégation pour le Clergé:

– veille à la promotion de la formation religieuse des fidèles de tout âge et de toute condition;

– édicte les normes opportunes afin que l'enseignement de la catéchèse soit donné de manière convenable;

– veille à ce que la formation catéchétique soit menée correctement;

– concède l'approbation du Saint-Siège prescrite pour les catéchismes et les autres documents concernant l'instruction catéchétique, avec l'assentiment de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi; (302)

– assiste les offices catéchétiques et suit les initiatives concernant la formation religieuse et à caractère international, en coordonne l'activité et leur vient en aide si nécessaire ». (303)

La coordination de la catéchèse

Importance d'une coordination effective de la catéchèse

272. La coordination de la catéchèse est une tâche importante au sein d'une Eglise particulière. Elle peut être envisagée:

– au sein de la catéchèse même, entre ses diverses formes, destinées aux différents âges et milieux sociaux;

– en référence aux rapports de la catéchèse avec les autres formes du ministère de la Parole et avec d'autres activités d'évangélisation.

La coordination de la catéchèse n'est pas une question purement stratégique visant une plus grande efficacité de l'activité évangélisatrice, mais elle a une dimension théologique fondamentale. L'activité évangélisatrice doit être bien coordonnée car elle vise l'unité de la foi qui soutient toutes les activités de l'Eglise.

273. Dans cette section, on envisage:

– la coordination interne de la catéchèse, afin que l'Eglise particulière offre un service de catéchèse unitaire et cohérent;

– le lien entre l'activité missionnaire et l'action catéchuménale — l'une impliquant l'autre — dans le contexte de la mission ad gentes (304) ou d'une « nouvelle évangélisation »; (305)

– la nécessité d'une pastorale de l'éducation bien coordonnée, face au grand nombre d'éducateurs qui s'adressent aux mêmes destinataires, surtout petits enfants, enfants et adolescents.

Le Concile Vatican II a vivement recommandé la coordination de toute l'activité pastorale afin que resplendisse toujours plus l'unité de l'Eglise particulière. (306)

Un projet diocésain de catéchèse articulé et cohérent

274. Le Projet diocésain de catéchèse est l'offre catéchétique globale d'une Eglise particulière qui intègre, d'une manière articulée, cohérente et coordonnée, les divers processus de catéchèse proposés par le diocèse aux destinataires des différents âges. (307)

Ainsi, chaque Eglise particulière doit offrir, surtout en vue de l'initiation chrétienne, au moins deux services:

a) Un processus d'initiation chrétienne, unitaire et cohérent, destiné aux petits enfants, enfants, adolescents et jeunes, en lien intime avec les sacrements de l'initiation déjà reçus ou à recevoir, et relié à la pastorale de l'éducation.

b) Un processus de catéchèse pour adultes, offert aux chrétiens qui ont besoin de donner un fondement à leur foi, en complétant l'initiation chrétienne commencée avec le Baptême, ou en réalisant cette initiation en vue du Baptême à venir.

Dans de nombreux pays, la nécessité apparaît aujourd'hui d'un processus catéchétique pour les personnes âgées, proposé aux chrétiens qui, parvenus au troisième et dernier âge de la vie, souhaitent, peut-être pour la première fois, assurer un fondement solide à leur foi.

275. Ces divers processus de la catéchèse, adaptés aux différentes conditions socio-culturelles, ne doivent pas être organisés séparément, comme s'il s'agissait « de domaines étanches et sans communication ». (308) C'est pourquoi l'offre catéchétique de l'Eglise particulière doit être bien coordonnée. « Il importe de favoriser la parfaite complémentarité » (309) des diverses formes de catéchèses.

Comme cela a déjà été souligné, le principe organisateur qui assure la cohérence entre les divers processus de catéchèse offerts par une Eglise particulière est l'attention à la catéchèse des adultes. Elle est l'axe porteur autour duquel gravite la catéchèse du premier et du troisième âge, qui s'inspirent d'elle. (310)

Offrir divers processus de catéchèse au sein d'un unique projet diocésain de catéchèse ne veut pas dire que le destinataire soit obligé de les parcourir l'un après l'autre. Si un jeune arrive au seuil de l'âge adulte avec une foi bien enracinée, il n'a pas besoin d'une catéchèse d'inspiration catéchuménale pour adultes, mais d'autres aliments plus consistants, qui l'aident à mûrir sa foi en permanence. La situation est la même pour les personnes qui atteignent le troisième âge en ayant déjà une foi solide.

A côté de cette offre, absolument irremplaçable, de processus d'initiation, l'Eglise particulière doit offrir également différents processus de catéchèse permanente pour les chrétiens adultes.

L'activité de la catéchèse dans le contexte de la nouvelle évangélisation

276. En définissant la catéchèse comme moment du processus total de l'évangélisation, on pose nécessairement le problème de la coordination de l'activité catéchétique avec l'action missionnaire qui la précède, et avec l'action pastorale qui la prolonge. Il y a en effet des éléments qui « préparent la catéchèse ou en découlent ». (311)

En ce sens, le lien entre l'annonce missionnaire, qui cherche à susciter la foi, et la catéchèse d'initiation, qui cherche à poser les fondements, est déterminant dans l'évangélisation.

D'une certaine façon, cette connexion est plus évidente dans la situation de la mission ad gentes. (312) Les adultes convertis par la première annonce entrent dans le catéchuménat où ils sont catéchisés.

Dans la situation qui requiert une « nouvelle évangélisation », (313) la coordination devient plus complexe: on prétend parfois donner une catéchèse ordinaire à des jeunes et des adultes qui ont besoin, au préalable, d'un temps d'annonce et de réveil de leur adhésion au Christ; des problèmes analogues se présentent en ce qui concerne la catéchèse des enfants et la formation de leurs parents. (314) D'autres fois, on propose des formes de catéchèse permanente à des adultes qui auraient plutôt besoin d'une vraie catéchèse d'initiation.

277. La situation actuelle de l'évangélisation postule que les deux actions, l'annonce missionnaire et la catéchèse d'initiation, soient conçues de manière coordonnée, et soient offertes dans l'Eglise particulière à travers un projet d'évangélisation à la fois missionnaire et catéchuménal. Aujourd'hui, la catéchèse doit être perçue avant tout comme la conséquence d'une annonce missionnaire efficace. L'indication du décret Ad gentes — qui situe le catéchuménat dans le contexte de l'action missionnaire de l'Eglise — est un critère de référence très valable pour la catéchèse. (315)

La catéchèse dans la pastorale de l'éducation

278. La pastorale de l'éducation dans l'Eglise particulière doit assurer la coordination nécessaire entre les différents « lieux » de l'éducation de la foi. Il est extrêmement important que tous ces canaux catéchétiques « convergent réellement vers une même confession de foi, vers une même appartenance à l'Eglise, vers des engagements dans la société vécus dans le même esprit évangélique ». (316)

La coordination de l'éducation concerne fondamentalement les petits enfants, les enfants, les adolescents et les jeunes. Il convient que l'Eglise particulière intègre en un unique projet de pastorale éducative les divers secteurs et milieux qui sont au service de l'éducation chrétienne de la jeunesse. Tous ces lieux sont complémentaires, tandis qu'aucun d'eux, pris séparément, ne peut réaliser la totalité de l'éducation chrétienne.

Puisque les diverses activités éducatives sont destinées à la seule et même personne, qu'il s'agisse du petit enfant ou du jeune, il importe que les différentes influences aient la même inspiration de fond. Toute contradiction entre ces activités est nocive en tant que chacune a sa spécificité et son importance.

C'est pourquoi il est de la plus haute importance pour une Eglise particulière de fournir un projet d'initiation chrétienne qui intègre les diverses tâches éducatives et tienne compte des exigences de la nouvelle évangélisation.

Quelques tâches propres du service catéchétique

Analyse de la situation et des besoins

279. Lorsqu'elle organise l'activité de la catéchèse, l'Eglise particulière doit partir de l'analyse de la situation. « L'objet de cette recherche est complexe. Il embrasse, en effet, l'examen de l'activité pastorale et l'analyse de la situation religieuse ainsi que des conditions sociologiques, culturelles et économiques, puisque les données de la vie collective peuvent avoir une grande influence sur le développement de l'évangélisation ». (317) Il s'agit de la prise de conscience de la réalité en ce qui concerne la catéchèse et ses nécessités.

Plus concrètement:

– Dans l'« examen de l'activité pastorale », il importe d'avoir une conscience claire de l'état de la catéchèse: sa place réelle dans le processus d'évangélisation; l'équilibre et l'articulation entre les secteurs distincts de la catéchèse (petits enfants, enfants, adolescents, jeunes, adultes...); la coordination de la catéchèse avec l'éducation chrétienne dans la famille, avec l'éducation scolaire, avec l'enseignement de la religion à l'école, et avec les autres formes d'éducation de la foi; sa qualité interne; les contenus enseignés et la méthodologie utilisée; les caractéristiques des catéchistes et leur formation.

– L'analyse de la situation religieuse porte principalement sur trois niveaux étroitement liés entre eux: le sens du sacré, c'est-à-dire les expériences humaines qui, de par leur profondeur, ouvrent au mystère; le sens religieux, à savoir les modes concrets par lesquels un peuple déterminé conçoit Dieu et communique avec Lui; et les situations de foi, avec les divers types de croyants. Enfin, en lien avec ces niveaux, la situation morale vécue, avec les valeurs qui se dégagent et les ombres ou les contre-valeurs les plus diffuses.

« L'analyse socio-culturelle » dont il a été question au sujet des sciences humaines dans la formation des catéchistes, (318) est également nécessaire. Il faut préparer les catéchumènes et les catéchisés à une présence chrétienne dans la société.

280. L'analyse de la situation, à tous ces niveaux, « doit également convaincre ceux qui se consacrent au ministère de la Parole que les situations humaines sont ambivalentes, en ce qui concerne l'activité pastorale. C'est pourquoi il faut que les ouvriers de l'Evangile apprennent à discerner les possibilités qui s'ouvrent à leur action dans une situation nouvelle et variée... Un processus de transformation est toujours possible qui ouvre un chemin à la foi ». (319)

Cette analyse de la situation est un premier instrument de travail offert par le service de la catéchèse aux pasteurs et aux catéchistes pour leur information.

Programme d'action et orientations catéchétiques

281. Une fois la situation examinée avec soin, il est nécessaire de formuler un programme d'action qui détermine les objectifs, les instruments de la pastorale de la catéchèse et les normes qui la régissent, en tenant bien compte des besoins locaux et, en même temps, en pleine harmonie avec les finalités et les normes de l'Eglise universelle.

Le programme ou plan d'action doit être opérationnel, puisqu'il se propose d'orienter l'action catéchistique diocésaine ou inter-diocésaine. De par sa nature, on le conçoit d'ordinaire en vue d'un temps déterminé à la fin duquel il est renouvelé avec de nouvelles accentuations, de nouveaux objectifs et de nouveaux moyens.

L'expérience montre que le programme d'action est très utile pour la catéchèse car, dans la définition de certains objectifs communs, il conduit à unir les efforts et à travailler dans une perspective d'ensemble. C'est pourquoi sa première condition doit être le réalisme, uni à la simplicité, à la concision et à la clarté.

282. En même temps que ce programme d'action — centré surtout sur les options de travail —, divers épiscopats élaborent au niveau national des instruments plus portés sur la réflexion et l'orientation, qui fournissent les critères d'une catéchèse judicieuse et adaptée. Ils portent des noms différents: Directoire catéchétique, Orientations catéchétiques, Document de base, Texte de référence, etc. Destinés principalement aux responsables et aux catéchistes, ils éclaircissent le concept de catéchèse: sa nature, finalité, tâches, contenus, destinataires, méthode. Ces directoires ou textes d'orientations générales, établis par les conférences des Evêques ou publiés sous leur autorité, doivent suivre le même processus d'élaboration et d'approbation prévu pour les catéchismes. C'est-à-dire qu'avant d'être promulgués, ils doivent être soumis à l'approbation du Siège Apostolique. (320)

Ces lignes directrices ou orientations catéchétiques constituent habituellement une profonde source d'inspiration pour la catéchèse des Eglises locales. Aussi leur élaboration est-elle recommandée et opportune, d'autant qu'elles constituent un point de référence important pour la formation des catéchistes. Ce type d'instruments est intimement et directement relié à la responsabilité épiscopale.

Elaboration d'instruments et moyens didactiques pour l'acte catéchétique

283. A côté des instruments destinés à l'orientation et à la programmation de l'ensemble de l'activité catéchétique (analyse de la situation, programme d'action et directoire catéchétique), il y a des instruments de travail d'usage immédiat, utilisés au cours même de l'acte catéchétique. Il faut dénombrer tout d'abord les textes didactiques, (321) mis directement dans les mains des catéchumènes et des catéchisés. Les guides pour les catéchistes — et pour les parents dans le cas de la catéchèse des enfants — sont aussi des instruments utiles. (322) Enfin il convient de souligner l'importance des moyens audio-visuels en usage dans la catéchèse et face auxquels il faut faire preuve d'un certain discernement. (323)

Le critère qui doit inspirer ces instruments de travail est celui de la double fidélité à Dieu et à la personne humaine, loi fondamentale pour toute la vie de l'Eglise. Il s'agit de savoir conjuguer une parfaite fidélité doctrinale avec une profonde accommodation à l'homme, en tenant compte de la psychologie de son âge et du contexte socio-culturel dans lequel il vit.

En bref, il faut dire que ces instruments catéchétiques doivent:

– s'attacher « à la vie concrète de la génération à laquelle ils s'adressent, connaissant de près ses inquiétudes et ses interrogations, ses combats et ses espoirs »; (324)

– s'efforcer de « trouver le langage compréhensible à cette génération »; (325)

– viser « vraiment à provoquer chez ceux qui doivent s'en servir une plus grande connaissance des mystères du Christ, en vue d'une vraie conversion et d'une vie toujours plus conforme au vouloir de Dieu ». (326)

L'élaboration des catéchismes locaux: responsabilité immédiate du ministère épiscopal

284. Dans l'ensemble des instruments pour la catéchèse, les catéchismes ont une place privilégiée. (327) Leur importance vient de ce que le message qu'ils transmettent est reconnu comme authentique et comme propre aux Pasteurs de l'Eglise.

Si l'ensemble de l'action catéchétique doit toujours être dirigée par l'évêque, la publication des catéchismes est une responsabilité qui concerne de manière très directe le ministère épiscopal. Les catéchismes nationaux, régionaux ou diocésains, élaborés avec la participation des agents de la catéchèse, dépendent en dernier ressort de la responsabilité des évêques, catéchistes par excellence dans les Eglises particulières.

Dans la rédaction d'un catéchisme, il faut surtout bien respecter ces deux critères:

a) le parfait accord avec le catéchisme de l'Eglise catholique, « texte de référence sûr et authentique... pour la composition des catéchismes locaux »; (328)

b) la considération attentive des normes et des critères de présentation du message de l'Evangile proposés par le Directoire général pour la catéchèse, lui aussi « norme de référence » (329) pour la catéchèse.

285. L'« approbation préalable du Siège apostolique » (330) — requise pour les catéchismes émanant des conférences des Evêques — doit être comprise dans le sens qu'il s'agit de documents par lesquels l'Eglise universelle, dans les divers contextes socio-culturels auxquels elle est envoyée, annonce et transmet l'Evangile, et donne naissance aux Eglises particulières en qui elle s'exprime. (331) Approuver un catéchisme, c'est reconnaître qu'il est un texte de l'Eglise universelle pour une situation et une culture déterminées.

CONCLUSION

286. Dans la formulation de ces orientations et de ces directives, aucun effort n'a été épargné afin que chaque réflexion ait sa source et son fondement dans les enseignements du Concile Vatican II et dans les principales interventions du magistère de l'Eglise qui ont suivi. En outre, une attention vigilante a été accordée aux expériences d'Eglise vécues entre-temps par les divers peuples. La fidélité à l'Esprit de Dieu a servi de lumière pour le discernement nécessaire, en ayant toujours en vue le renouveau de l'Eglise et le meilleur service de l'évangélisation.

Le Directoire Général pour la Catéchèse est proposé à tous les Pasteurs de l'Eglise, à leurs collaborateurs et aux catéchistes, dans l'espoir qu'il les encouragera dans le service que l'Eglise et l'Esprit leur confient: favoriser la croissance de la foi chez ceux qui ont cru.

Les orientations contenues ici ne veulent pas seulement indiquer ou éclairer la nature de la catéchèse, ainsi que les normes et les critères qui commandent ce ministère évangélisateur de l'Eglise; elles entendent également nourrir l'espérance, par la force de la Parole et l'action intérieure de l'Esprit, chez ceux qui se donnent du mal dans ce domaine privilégié de l'activité de l'Eglise.

L'efficacité de la catéchèse est et sera toujours un don de Dieu, à travers l'œuvre de l'Esprit du Père et du Fils.

Cette totale dépendance de la catéchèse envers l'intervention de Dieu, l'Apôtre Paul l'enseigne aux Corinthiens, lorsqu'il leur rappelle: « Moi, j'ai planté, Apollos a arrosé; mais c'est Dieu qui donnait la croissance. Ainsi donc, ni celui qui plante n'est quelque chose, ni celui qui arrose, mais celui qui donne la croissance: Dieu » (1 Cor 3,6-7).

Il n'y aura jamais de catéchèse ni d'évangélisation sans l'action de Dieu qui agit par son Esprit. (332) Dans la pratique catéchétique, ni les techniques pédagogiques les plus avancées, ni le catéchiste doté de la personnalité humaine la plus captivante ne remplaceront l'action silencieuse et discrète de l'Esprit Saint. (333) C'est Lui, « le vrai protagoniste de toute la mission ecclésiale »; (334) c'est Lui le premier catéchiste; c'est Lui le « maître intérieur » de ceux qui grandissent vers le Seigneur. (335) En effet, c'est Lui « le principe inspirateur de toute l'œuvre catéchétique et de ceux qui l'accomplissent ». (336)

289. Que la patience habite donc au cœur de la spiritualité du catéchiste, ainsi que cette confiance que c'est Dieu lui-même qui fait naître, grandir et fructifier la semence de sa Parole, semée dans une bonne terre et travaillée avec amour! Saint Marc est le seul des évangélistes à présenter la parabole dans laquelle Jésus explique — l'une après l'autre — les étapes du développement graduel et constant de la semence répandue: « Il en est du Royaume de Dieu comme d'un homme qui aurait jeté du grain en terre: qu'il dorme et qu'il se lève, nuit et jour, la semence germe et pousse, il ne sait comment. D'elle-même, la terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi. Et quand le fruit s'y prête, aussitôt il y met la faucille, parce que la moisson est à point » (Mc 4,26-29).

- L'Eglise, qui a la responsabilité de catéchiser ceux qui croient, invoque l'Esprit du Père et du Fils, le suppliant de faire fructifier et de renforcer intérieurement les innombrables travaux qui, partout, sont entrepris pour faire progresser la foi et la marche à la suite de Jésus-Christ Sauveur.

- C'est à la Vierge Marie, qui a vu son Fils grandir en « sagesse, en âge et en grâce » (Lc 2,52), que les agents de la catéchèse recourent aujourd'hui encore, confiants en son intercession. Ils trouvent en Marie le modèle spirituel pour poursuivre et consolider le renouveau de la catéchèse contemporaine, dans la foi, dans l'espérance et dans la charité. Par l'intercession de « la Vierge de la Pentecôte », (337) que naisse dans l'Eglise une force nouvelle pour engendrer des fils et des filles dans la foi et pour les éduquer à la plénitude dans le Christ.

Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II, le 15 août 1997, a approuvé le présent Directoire Général pour la catéchèse et en a autorisé la publication.

+ Darío Castrillón Hoyos

Archevêque émérite de Bucaramanga
Pro-Préfet

+ Crescenzio Sepe

Archevêque tit. de Grado
Secrétaire


TABLE DES MATIERES

Préface

Exposé préliminaire

L'annonce de l'évangile dans le monde d'aujourd'hui

« Voici que le semeur est sorti pour semer » (Mc 4,3)

Un regard sur le monde avec les yeux de la foi

Le champ du monde

Les droits de l'homme

La culture et les cultures

La situation religieuse et morale

L'Eglise dans le champ du monde

La foi des chrétiens

La vie interne de la communauté ecclésiale

La situation de la catéchèse: vitalité et problèmes

Les semailles de l'évangile

Comment lire les signes des temps

Quelques défis pour la catéchèse

Partie I

LA CATECHESE
DANS LA MISSION EVANGELISATRICE DE L'EGLISE

Le mandat missionnaire de Jésus

Sens et but de cette partie

Chapitre I

La Révélation et sa transmission par l'évangélisation

La Révélation du dessein providentiel de Dieu

La Révélation: faits et paroles

Jésus-Christ, médiateur et plénitude de la Révélation

La transmission de la Révélation par l'Eglise, œuvre de l'Esprit Saint

L'évangélisation

Le processus de l'évangélisation

Le ministère de la Parole de Dieu dans l'évangélisation

Les fonctions et les formes du ministère de la Parole de Dieu

– Convocation et appel à la foi

– L'initiation

– L'éducation permanente de la foi

– La fonction liturgique

– La fonction théologique

La conversion et la foi

Le processus de conversion permanente

L'évangélisation et les diverses situations socio-religieuses

Interdépendance entre les activités évangélisatrices dans ces situations

Chapitre II

La catéchèse dans le processus d'évangélisation

Première annonce et catéchèse

La catéchèse au service de l'initiation chrétienne

La catéchèse, « moment » essentiel du processu d'évangélisation

La catéchèse au service de l'initiation chrétienne

Caractéristiques fondamentales de la catéchèse d'initiation

La catéchèse au service de l'éducation permanente de la foi

L'éducation permanente de la foi dans la communauté chrétienne

Les nombreuses formes de catéchèse permanente

Catéchèse et enseignement de la religion à l'école

Le caractère propre de l'enseignement de la religion à l'école

Le contexte scolaire et les destinataires de l'enseignement scolaire de la religion

Education chrétienne en la famille, catéchèse et enseignement de la religion à l'école au service de l'éducation dans la foi

Chapitre III

Nature, but et tâches de la catéchèse

La catéchèse, une action de nature ecclésiale

But de la catéchèse: la communion avec Jésus-Christ

Le but de la catéchèse s'exprime dans la profession de foi au Dieu unique: Père, Fils et Saint-Esprit

Les tâches de la catéchèse réalisent son but

Les tâches fondamentales de la catéchèse: aider à connaître, à célébrer, à vivre et à contempler le mystère du Christ

– Favoriser la connaissance de la foi

– L'éducation liturgique

– La formation morale

– Enseigner à prier

Autres tâches fondamentales de la catéchèse: initiation et éducation à la vie communautaire et à la mission

– L'éducation à la vie communautaire

– L'initiation à la mission

Quelques considérations sur l'ensemble de ces tâches

Le catéchuménat baptismal: structure et gradualité

Le catéchuménat baptismal, inspirateur de la catéchèse dans l'Eglise

Partie II

LE MESSAGE EVANGELIQUE

Sens et but de cette partie

Chapitre I

Normes et critères pour la présentation du message évangélique dans la catéchèse

La Parole de Dieu, source de la catéchèse

La source et « les sources » du message de la catéchèse

Les critères pour la présentation du message

Le christocentrisme du message évangélique

Le christocentrisme trinitaire du message évangélique

Un message qui annonce le Salut

Un message de libération

L'ecclésialité du message évangélique

Le caractère historique du mystère du salut

L'inculturation du message évangélique

L'intégrité du message évangélique

Un message organique et hiérarchisé

Un message significatif pour la personne humaine

Principe méthodologique pour la présentation du message

Chapitre II

« Telle est notre foi, telle est la foi de l'Eglise »

Le Catéchisme de l'Eglise catholique et le Directoire Général pour la Catéchèse

Le Catéchisme de l'Eglise catholique

Finalité et nature du Catéchisme de l'Eglise catholique

L'articulation du Catéchisme de l'Eglise catholique

L'inspiration du Catéchisme de l'Eglise catholique: le christocentrisme trinitaire et la sublimité de la vocation de la personne humaine

Le genre littéraire du Catéchisme de l'Eglise catholique

Le depôt de la foi et le Catéchisme de l'Eglise catholique

L'Ecriture Sainte, le Catéchisme de l'Eglise catholique et la catéchèse

La tradition catéchétique des Pères de l'Eglise et le Catéchisme de l'Eglise catholique

Les catéchismes dans les Eglises locales

La nécessité des catéchismes locaux

Le genre littéraire d'un catéchisme local

Les aspects de l'adaptation dans un catéchisme local

La créativité des Eglises locales dans l'élaboration des catéchismes

Le Catéchisme de l'Eglise Catholique et les catéchismes locaux: la symphonie de la foi

Partie III

LA PEDAGOGIE DE LA FOI

« Vous n'avez qu'un seul Maître, le Christ » (Mt 23,10)

Sens et finalité de cette partie

Chapitre I

La pédagogie de Dieu, source et modèle de la pédagogie de la foi

La pédagogie de Dieu

La pédagogie du Christ

La pédagogie de l'Eglise

La pédagogie divine, action de l'Esprit-Saint en chaque chrétien

Pédagogie divine et catéchèse

Pédagogie originale de la foi

Fidélité à Dieu et fidélité à la personne

La « condescendance » de Dieu, école pour la personne

Evangéliser en éduquant et éduquer en évangélisant

Chapitre II

Eléments de méthodologie

La diversité des méthodes en catéchèse

Le rapport contenu-méthode dans la catéchèse

Méthode inductive et déductive

L'expérience humaine dans la catéchèse

La mémorisation dans la catéchèse

Rôle du catéchiste

L'activité et la créativité des catéchisés

Communauté, personne et catéchèse

L'importance du groupe

La communication sociale

Partie IV

LES DESTINATAIRES DE LA CATECHESE

« Tous sont concernés par le Royaume »

Sens et but de cette partie

Chapitre I

L'adaptation au destinataire - Aspects généraux

Besoin et droit de tout croyant de recevoir une catéchèse solide

Besoin et droit de la communauté

L'adaptation exige que le contenu de la catéchèse soit comme une nourriture saine et adéquate

L'adaptation tient compte des diverses circonstances

Chapitre II

La catéchèse selon les âges

Indications générales

La catéchèse des adultes

Les adultes à qui s'adresse la catéchèse

Eléments et critères propres à la catéchèse des adultes

Tâches générales et particulières de la catéchèse des adultes

Formes particulières de la catéchèse des adultes

La catéchèse des petits enfants et des enfants

Situation et importance de la petite enfance et de l'enfance

Caractéristiques de la catéchèse des petits enfants et des enfants

Petits enfants et enfants sans soutien religieux en famille ou qui ne fréquentent pas l'école

La catéchèse des jeunes

Pré-adolescence, adolescence et jeunesse

L'importance de la jeunesse pour la société et pour l'Eglise

Caractéristiques de la catéchèse des jeunes

La catéchèse des personnes âgées

Le troisième âge, don de Dieu à l'Eglise

Catéchèse de la plénitude et de l'espérance

Sagesse et dialogue

Chapitre III

Catéchèse des situations, mentalités et milieux particuliers

La catéchèse des handicapés et des inadaptés

La catéchèse des laissés-pour-compte

La catéchèse des groupes diversifiés

La catéchèse des milieux de vie

Chapitre IV

La catéchèse dans le contexte socio-religieux

La catéchèse en situation de pluralisme et de complexité

La catéchèse et la religiosité populaire

La catéchèse et l'œcuménisme

La catéchèse et le judaïsme

La catéchèse et les autres religions

La catéchèse et les « nouveaux mouvements religieux »

Chapitre V

La catéchèse dans le contexte socio-culturel

Catéchèse et culture contemporaine

Tâches de la catéchèse en vue de l'inculturation de la foi

Processus méthodologique

La nécessité de l'évaluation et ses critères

Les responsables du processus d'inculturation

Les formes et les chemins privilégiés

Le langage

Les moyens de communication

Milieux anthropologiques et tendances culturelles

Interventions dans les situations concrètes

Tâches des Eglises locales

Des initiatives guidées

Partie V

LA CATECHESE
DANS L'EGLISE PARTICULIERE

Sens et but de cette partie

Chapitre I

Le ministère de la catéchèse dans l'Eglise particulière et ses agents

L'Eglise particulière

Le ministère de la catéchèse dans l'Eglise particulière

La communauté chrétienne et la responsabilité de la catéchèse

L'évêque, premier responsable de la catéchèse dans l'Eglise particulière

Les prêtres, pasteurs et éducateurs de la communauté chrétienne

Les parents, premiers éducateurs de la foi de leurs enfants

Les religieux dans la catéchèse

Les catéchistes laïcs

Divers types de catéchistes particulièrement nécessaires aujourd'hui

Chapitre II

La formation pour le service de la catéchèse

La pastorale des catéchistes dans l'Eglise particulière

Importance de la formation des catéchistes

Le but et la nature de la formation des catéchistes

Critères de la formation des catéchistes

Les dimensions de la formation: l'être, le savoir et le savoir-faire

Maturité humaine, chrétienne et apostolique des catéchistes

La formation biblique et théologique du catéchiste

Les sciences humaines dans la formation du catéchiste

Quelques critères pour l'usage des sciences humaines dans la formation des catéchistes

La formation pédagogique

La formation des catéchistes au sein des communautés chrétiennes

Ecoles pour catéchistes et Centres supérieurs pour les experts en catéchèse

– Ecole pour catéchistes ordinaires

– Ecoles pour responsables

– Centres supérieurs pour experts en catéchèse

Chapitre III

Les lieux et les voies de la catéchèse

La communauté chrétienne comme foyer de catéchèse

La famille comme milieu ou moyen de croissance dans la foi

Le catéchuménat baptismal des adultes

La paroisse comme milieu de catéchèse

L'école catholique

Associations, mouvements et groupes de fidèles

Les communautés ecclésiales de base

Chapitre IV

L'organisation de la pastorale catéchétique dans l'Eglise particulière

Organisation et exercice des responsabilités

Le service diocésain de la catéchèse

Services de collaboration inter-diocésaine

Le service de la conférence des Evêques

Le service du Saint-Siège

La coordination de la catéchèse

Importance d'une coordination effective de la catéchèse

Un projet diocésain de catéchèse articulé et cohérent

L'activité de la catéchèse dans le contexte de la nouvelle évangélisation

La catéchèse dans la pastorale de l'éducation

Quelques tâches propres du service catéchétique

Analyse de la situation et des besoins

Programme d'action et orientations catéchétiques

Elaboration d'instruments et moyens didactiques pour l'acte catéchétique

L'élaboration des catéchismes locaux: responsabilité immédiate du ministère épiscopal

Conclusion

Index thématique

Table des matières


(1) CD 44.

(2) CT 2.

(3) CT 3.

(4) Correspond à la deuxième partie du DGC (1971).

(5) A les mêmes objectifs que la troisième partie du DGC (1971).

(6) Correspond à la quatrième partie du DGC (1971).

(7) Correspond à la cinquième partie du DGC (1971). Bien que certains, avançant des motivations significatives, aient suggéré de placer cette partie avant celle sur la pédagogie, nous avons préféré, vue la nouvelle structure de la troisième partie, maintenir l'ordre du texte de 1971. Nous voulons souligner ainsi que l'attention réservée au destinataire est une conséquence de la pédagogie divine elle-même, de la « condescendance » (DV 13) de Dieu dans l'histoire du Salut, de son adaptation, dans la Révélation, à la condition humaine.

(8) Prend en compte tous les éléments de la sixième partie du DGC (1971).

(9) Cf. DGC (1971), Introduction.

(10) Cf. ibid.

(11) Cf. ibid.

(12) GS 1.

(13) GS 2.

(14) Ibid.

(15) Cf. SRS 35.

(16) SRS 13b; cf. EN 30.

(17) Cf. CT 29f.

(18) SRS 41; cf. Documents du Synode des Evêques, II: De Iustitia in mundo (30 novembre 1971), III, « L'éducation à la justice »: AAS 63 (1971) pp. 935-937; LC 77.

(19) SRS 42; cf. ChL 42; CEC 2444-2448; TMA 51.

(20) Cf. Jean XXIII, Encycl. Pacem in Terris (11 avril 1963), 9-27: AAS 55 (1963), pp. 261-270. On y signale quels sont pour l'Eglise les droits humains les plus fondamentaux. Aux numéros 28-34 (AAS 55 [1963])

(21) Cf. SRS 15a.

(22) Cf. PP 14; CA 29.

(23) ChL 5d; cf. SRS 26b; VS 31c.

(24) Cf. ChL 5a; Synode 1985, II, D, 1.

(25) Cf. SRS 15; CEC 2444; CA 57b.

(26) ChL 37a; cf. CA 47c.

(27) Cf. AG 22a.

(28) GS 5.

(29) GS 54.

(30) GS 56c.

(31) Cf. EN 20; CT 53.

(32) GS 19.

(33) Ibid.

(34) EN 55; cf. GS 19 et LC 41.

(35) Synode 1985, II, A, 1.

(36) ChL 4.

(37) Cf. RM 38.

(38) CA 29 ad c; 46c.

(39) Cf. GS 36. Jean-Paul II, dans l'Encyclique Dominum et vivificantem (18 mai 1996), n. 38: AAS 78 (1986), pp. 851-852, fait aussi ce rapprochement: « L'idéologie de la ?mort de Dieu' montre aisément par ses effets qu'elle est, sur le plan théorique comme sur le plan pratique, l'idéologie de la ?mort de l'homme' ».

(40) VS 101; cf. EV 19-20.

(41) Cf. CT 3; MPD 4.

(42) TMA 36b; cf. GS 19c.

(43) EN 52; cf. CT 19 et 42.

(44) EN 56.

(45) EN 52.

(46) EN 48; cf. CT 54; ChL 34b; DGC (1971) 6; Synode 1985, II, A, 4.

(47) EN 52.

(48) Cf. EN 52; CT 44.

(49) Cf. ChL 34b; RM 33d.

(50) LG 10.

(51) Synode 1985, I, 3.

(52) Ibid.

(53) Cf. Congrégation pour la doctrine de la foi, Lettre Communionis Notio (28 mai 1992), n. 1: AAS 85 (1993), p. 838; TMA 36e.

(54) Cf. CT 19b.

(55) Cf. CT 43.

(56) Cf. CT 27b.

(57) DV 10c.

(58) CT 29b.

(59) Cf. CT 30.

(60) CT 23.

(61) Cf. CT 58.

(62) Cf. EN 63.

(63) Cf. FC 4b; ChL 3e.

(64) GS 11; cf. GS 4.

(65) Cf. GS 62e; FC 5c.

(66) Cf. Mc 1,15 et parallèles; RM 12-20; CEC 541-560.

(67) Cf. Mt 5,3-12.

(68) Cf. Mt 5,1-7,29.

(69) Cf. Mt 13,11.

(70) Cf. Mt 18,1-35.

(71) Cf. Mt 24,1-25,46.

(72) DV 3.

(73) Cf. 2 P 1,4; CEC 51-52.

(74) DV 2.

(75) Cf. Ep 1,9.

(76) DV 2.

(77) EN 11.

(78) Cf. GS 22a.

(79) Cf. Ep 2,8; EN 27.

(80) Cf. EN 9.

(81) Cf. Jn 11,52; AG 2b et 3a.

(82) Cf. DV 15; CT 58; ChL 61; CEC 53 et 122; S. Irénée de Lyon, Adversus haereses, III, 20, 2: SCh 211, 389-393. Voir infra la Partie III chap. 1.

(83) CEC 54-64.

(84) DV 2.

(85) Cf. DGC (1971) 11b.

(86) Cf. He 1,1-2.

(87) DV 4.

(88) Cf. Lc 24,27.

(89) CEC 65; Saint Jean de la Croix s'exprime ainsi: « Il nous a tout dit à la fois et d'un seul coup en cette seule Parole »: Montée du Carmel, 2, 22; cf. Liturgie des Heures I, Office des lectures du lundi de la deuxième semaine d'Avent.

(90) Cf. CT 5; CEC 520 et 2053.

(91) CEC 125 qui cite DV 18.

(92) CT 5. Le thème du christocentrisme est affronté avec plus de détails dans « Finalités de la catéchèse: la communion avec Jésus-Christ » (Partie I, ch. 3), et dans « Le christocentrisme du message évangélique » (Partie II, ch. 1).

(93) Cf. DV 7.

(94) Cf. DV 7a.

(95) Cf. DV 8 et CEC 75-79.

(96) DV 10b; cf. CEC 85-87.

(97) LG 48; AG 1; GS 45; cf. CCC 774-776.

(98) Cf. Col 1,26.

(99) Dans Dei verbum (nn. 2-5) et dans le Catéchisme de l'Eglise catholique (nn. 50-175), on parle de la foi comme réponse à la Révélation. Ici, pour des motifs catéchistiques et pastoraux, on a préféré lier la foi plus à l'évangélisation qu'à la révélation, que cette dernière, du fait, rejoint l'homme normalement à travers la mission évangélisatrice de l'Eglise.

(100) EN 14.

(101) EN 18.

(102) Cf. Mt 28,19-20.

(103) Cf. Ac 1,8.

(104) Cf. Mt 28,19.

(105) EN 17.

(106) EN 28.

(107) Cf. EN 22a.

(108) Cf. EN 47b.

(109) Cf. EN 18.

(110) EN 24d.

(111) Cf. EN 14.

(112) Cf. AG 6b.

(113) Dans le dynamisme de l'évangélisation il faut distinguer les « situations initiales » (initia), les « développements progressifs » (gradus) et la situation de maturité: « à chaque condition ou état doivent correspondre des actes propres » (AG 6).

(114) Cf. EN 18-20 et RM 52-54; AG 11-12 et 22.

(115) Cf. EN 21 et 41; RM 42-43; AG 11.

(116) EN 51.52.53. cf. CT 18. 19. 21.25; RM 44.

(117) Cf. AG 13; EN 10 et 23; CT 19; RM 46.

(118) EN 22; CT 18; cf. AG 14 et RM 47.

(119) AG 14; CEC 1212; cf. CEC 1229-1233.

(120) Cf. EN 23; CT 24; RM 48-49; AG 15.

(121) Cf. Chl 18.

(122) Cf. ChL 32 qui montre le lien intime entre « communion » et « mission ».

(123) Cf. EN 24.

(124) CT 18.

(125) Cf. AG 6f; RM 33 et 48.

(126) Cf. Ac 6,4. Le ministère de la Parole divine est exercé dans l'Eglise par:

– les ministres ordonnés (cf. C.I.C., cc. 756-757);

– les membres d'instituts de vie consacrée, en raison de leur consécration à Dieu (cf. C.I.C., c. 758);

– les fidèles laïcs, en raison de leur baptême et de leur confirmation (cf. C.I.C., c. 759).

« Quant au mot ministère (servitium), il faut souligner que seule une constante référence à l'unique source que constitue le ministère du Christ... permet, dans une certaine mesure, d'appliquer aussi aux fidèles laïcs le terme de ministère sans ambiguïté... Dans ce sens originel, il exprime simplement le travail par lequel les membres de l'Eglise prolongent, en son sein et pour le monde, « la mission et le ministère du Christ » (cf. LG 34). Quand, au contraire, le terme est spécifié dans le rapport et la comparaison entre les divers munera et officia, il convient alors d'avertir clairement que c'est seulement en vertu de l'ordination sacrée qu'il acquiert cette plénitude et cette univocité de sens que la Tradition lui a toujours attribué » (Jean-Paul II, Allocution au Symposium sur la « Participation des fidèles laïcs au ministère presbytéral », n. 4: L'Osservatore Romano [23 avril 1994]

(127) EN 22; cf. EN 51-53.

(128) Cf. EN 42-45; 54-57.

(129) DV 8c.

(130) PO 4b; cf. cd 13c.

(131) On trouve des formes très diverses de ce ministère unique dans le Nouveau Testament: « annonce », « enseignement », « exhortation » ... la variété des expressions est remarquable.

(132) Les modalités à travers lesquelles est canalisé l'unique ministère de la Parole ne sont pas, en réalité, intrinsèques au message chrétien. Il s'agit plutôt d'accentuations, de tonalités, de développements plus ou moins explicites, adaptés aux situations de foi de chaque personne et de chaque groupe humain dans le contexte où ils vivent.

(133) Cf. EN 51-53.

(134) AG 14.

(135) Des raisons diverses rendent légitimes les expressions « éducation permanente de la foi » ou « catéchèse permanente », à condition de ne pas relativiser le caractère prioritaire, fondamental, structurant et spécifique de la catéchèse, comprise comme initiation de base. L'expression « éducation permanente de la foi » ne se répandit dans l'activité catéchistique à partir du Concile Vatican II, que pour indiquer un second degré de catéchèse, qui suit la catéchèse d'initiation, et non pas l'activité catéchistique dans sa totalité. Voir comment cette distinction entre formation de base et formation permanente est entendue, au sujet de la formation des prêtres: Jean-Paul II, Exhortation apostolique post-synodale Pastores Dabo Vobis, chapitres V et VI, notamment le n. 71: AAS 84 (1992), pp. 729ss.; 778ss.; 782-783.

(136) DGC (1971) 19d.

(137) Cf. SC 35; CEC 1154.

(138) Cf. Congrégation pour la doctrine de la foi, Instruction Donum veritatis sur la vocation ecclésiale du théologien (24 mai 1990), n. 6: AAS 82 (1990), p. 1552.

(139) DGC (1971) 17; cf. GS 62g.

(140) Cf. Rm 10,17; LG 16 et AG 7; cf. CEC 846-848.

(141) Cf. AG 13a.

(142) Cf. CT 5b.

(143) Cf. CT 20b.

(144) Cf. CEC 166-167.

(145) Cf. CEC 150, 153 et 176.

(146) DV 5.

(147) CEC 177.

(148) Cf. EN 10; AG 13b; CEC 1430-1431.

(149) EN 23.

(150) Cf. AG 13.

(151) Cf. RM 45C.

(152) Cf. RM 46d.

(153) DV 5; cf. CEC 153.

(154) DV 5; cf. CEC 153.

(155) CEC 149.

(156) CT 20a: « Il s'agit de faire grandir, au niveau de la connaissance et dans la vie, la semence de la foi déposée par l'Esprit Saint lors de la première annonce ».

(157) Cf. RM 46b.

(158) Cf. 1 P 2,2; He 5,13.

(159) Ep 4,13.

(160) RICA 12.

(161) Cf. Eusèbe de Césarée, Praeparatio evangelica, I, 1: SCh 206, 6; LG 16; AG 3a.

(162) ChL 4c.

(163) RICA 12 et 111.

(164) Cf. RICA 6 et 7.

(165) AG 13b.

(166) Cf. AG 13; EN 10; RM 46; VS 66; RICA 10.

(167) AG 13b.

(168) Cf. MPD 8b; CEC 187-189.

(169) Cf. LG 11c; 40b; 42e.

(170) Cf. DV 24; EN 45.

(171) Cf. RM 33.

(172) RM 33b.

(173) Ibid. Il est important de prendre conscience des « contextes » (fines) que RM destine à la « mission ad gentes ». Il ne s'agit pas seulement de « territoires » (RM 37 ad a), mais aussi de « mondes et de phénomènes sociaux nouveaux » (RM 37 ad b), comme les grandes villes, le monde des jeunes, les migrations,... et de « zones culturelles ou aréopages modernes » (RM 37 ad c), comme le monde de la communication, de la science, l'écologie... Dans cette mesure, une Eglise particulière, déjà implantée sur un territoire, réalise la « mission ad gentes » non seulement « ad extra » mais aussi « ad intra » de ses frontières.

(174) RM 33c.

(175) RM 33d.

(176) RM 33d.

(177) RM 34b.

(178) RM 34c. Le texte parle concrètement de l'enrichissement mutuel entre la mission ad intra et la mission ad extra. RM, au § 59c, montre comment « la mission ad gentes » stimule les peuples au développement, tandis que la « nouvelle évangélisation » dans les pays développés crée une claire conscience de solidarité à l'égard d'autrui.

(179) Cf. RM 31; 34.

(180) MPD 8.

(181) DGC (1971) 20; cf. CT 43; infra partie IV, chap. 2.

(182) CT 19.

(183) Mc 16,15 et Mt 28,19.

(184) Mc 16,16.

(185) Cf. CT 19; DGC (1971) 18.

(186) RICA 9-13; cf. CIC 788.

(187) Dans ce Directoire, on suppose que, d'ordinaire, le destinataire de la « catéchèse kérygmatique » ou « précatéchèse » a un intérêt ou une préoccupation pour l'Evangile. Si ce n'est absolument pas le cas, c'est une « première annonce » qui est requise.

(188) Cf. RICA 9, 10, 50; CT 19.

(189) CT 18; cf. 20c.

(190) CT 18.

(191) Ibid.

(192) AG 14.

(193) CT 18.

(194) S. Cyrille de Jérusalem: Catecheses illuminandorum I, 11: PG 33, 351-352.

(195) Cf. Mt 7,24-27.

(196) CT 13; cf. CT 15.

(197) CEC 1122.

(198) AG 14; cf. CEC 1212, 1229.

(199) CEC 1253. Dans le catéchuménat baptismal des adultes, propre à la mission ad gentes, la catéchèse précède le baptême. Dans la catéchèse des baptisés (enfants, jeunes ou adultes) la formation suit le baptême. Mais dans ce cas également, l'objectif de la catéchèse est de faire découvrir et vivre les immenses richesses du Baptême reçu. CEC 1231 utilise l'expression catéchuménat post-baptismal. ChL 61 parle de catéchèse post-baptismale.

(200) Cf. CD 14.

(201) CT 22; cf. 18d, 21b.

(202) Cf. CT 21.

(203) CT 21. Deux raisons méritent d'être soulignées dans cet apport du Synode, contenu dans « Catechesi Tradendae »: le souci de tenir compte d'un problème pastoral (« j'insiste sur la nécessité d'un enseignement chrétien organique et systématique, parce que de divers côtés, on tend à en minimiser l'importance »); et le caractère organique qui distingue la catéchèse.

(204) CT 21.

(205) Cf. CT 20; Saint Augustin, De catechizandis rudibus IV, 8: CCL 46, 128-129.

(206) Cf. CT 21b.

(207) Cf. CT 21c.

(208) Cf. AG 14; CT 33 et CEC 1231.

(209) Cf. DGC (1971) 31.

(210) CT 24.

(211) DV 21.

(212) Jn 17,21.

(213) CT 48; cf. SC 52; DV 24; DGC (1971) 17; Misssale Romanum, Ordo lectionum Missae, n. 24, Editio typica altera, Libreria Editrice Vaticana 1981.

(214) Cf. DV 21-25; Commission biblique pontificale, Document L'interprétation de la Bible dans l'Eglise (21 septembre 1993), IV, C, 2-3.

(215) SRS 41; cf. CA, 5; 53-62; DGC (1971) 26; Congrégation pour l'éducation catholique, Document Orientations pour l'étude et l'enseignement de la doctrine sociale de l'Eglise dans la formation des prêtres (30 décembre 1988), Rome 1988.

(216) CT 23; cf. SC 35 ad 3; CIC 777, ad 1 et 2.

(217) Cf. CT 21c et 47; DGC (1971) 96 ad c, d, e, f.

(218) Cf. 1 P 3,15; Congrégation pour la doctrine de la foi, Instruction Donum veritatis, n. 6b: l.c. 1552; CT 61, sur le rapport entre catéchèse et théologie.

(219) CT 45c.

(220) Congrégation pour l'éducation catholique, Dimension religieuse de l'éducation dans l'Ecole catholique - Lineamenta pour la réflexion et la révision (7 avril 1988), n. 68; cf. CD 13c; Jean-Paul II, Allocution aux prêtres du diocèse de Rome (5 mars 1981): Insegnamenti di Giovanni Paolo II, IV1, pp. 629-630; CIC 761.

(221) Cf. Sacrée Congrégation pour l'éducation catholique, Document L'Ecole catholique (19 mars 1977), n. 26.

(222) CT 69. A noter, comme pour CT 69, que l'originalité de l'enseignement de la religion à l'école ne consiste pas seulement à rendre possible le dialogue avec la culture en général, puisque cela concerne toutes les formes du ministère de la Parole. Par l'enseignement de la religion à l'école on cherche, plus directement, à promouvoir ce dialogue dans le processus personnel d'initiation systématique et critique, et de rencontre avec le patrimoine culturel promu par l'école.

(223) Cf. Congrégation pour l'éducation catholique, Dimension religieuse de l'éducation dans l'Ecole catholique..., n. 70: l.c.

(224) Cf. Jean-Paul II, Allocution au Symposium du Conseil des Conférences Episcopales d'Europe sur l'Enseignement de la Religion catholique dans l'Ecole publique (15 avril 1991), n. 5: Insegnamenti di Giovanni Paolo II, XIV1, pp. 780 ss.

(225) Ibid.

(226) Cf. CT 69; Congrégation pour l'éducation catholique, Dimension religieuse de l'éducation dans l'école catholique, n. 66: l.c.

(227) Cf. CT 33.

(228) Cf. CT 34.

(229) Cf. ce qui a été indiqué au chap. 1 de cette partie, dans « La transmission de la Révélation par l'Eglise, œuvre de l'Esprit Saint », et dans la deuxième partie au chap. 1, dans « Le caractère ecclésial du message évangélique ». Cf. EN 60, qui parle de le caractère ecclésial de tout acte d'évangélisation.

(230) Cf. LG 64; DV 10a.

(231) Cf. DGC (1971) 13.

(232) Cf. AG 22a.

(233) Cf. CT 28, RICA 25 et 183-187. La traditio-redditio symboli (remise et restitution du symbole) a été et demeure un élément important du catéchuménat baptismal. La bipolarité de ce geste exprime la double dimension de la foi: don reçu (traditio) et réponse personnelle et inculturée (redditio). Cf. CT 28 pour « une utilisation adaptée plus large », dans la catéchèse, de ce rite si expressif.

(234) Cf. LG 64.

(235) CEC 169. Le rapport entre la maternité de l'Eglise et son rôle d'éducatrice a été très bien exprimé par saint Grégoire le Grand: « après avoir été fécondée, concevant ses fils grâce au ministère de la prédication, l'Eglise les fait grandir en son sein par ses enseignements » (Moralia in Iob, XIX, 12: CCL 143a, 970).

(236) CT 5; cf. CEC 426; AG 14a. En lien avec cette finalité christologique de la catéchèse, cf. supra partie I, chap. 1: « Jésus-Christ médiateur et plénitude de toute la Révélation », et partie II, chap. 1: « Le christocentrisme du message évangélique ».

(237) AG 13b.

(238) CT 20c.

(239) LG 7b.

(240) MPD 8; Cf. CEC 185-197.

(241) Cf. CEC 189.

(242) Cf. CEC 189-190 et 197.

(243) Cf. CEC 2113.

(244) Cf. CEC 166-167; CEC 196.

(245) Cf. RM 45.

(246) Le DGC (1971) 21-29 distingue lui aussi la finalité (finis) et les tâches (munera) de la catéchèse. Ces derniers sont des objectifs spécifiques dans lesquels se concrétise la finalité.

(247) Cf. Mc 4,10-12.

(248) Cf. Mt 6,5-6.

(249) Cf. Mt 10,5-15.

(250) CT 21b.

(251) GE 4; cf. RICA 19; CIC 788,2.

(252) Cf. DGC (1971) 36a.

(253) DGC (1971) 24.

(254) DV 25a.

(255) SC 7.

(256) Cf. SC 14.

(257) DGC (1971) 25b; cf. SC 19.

(258) AG 13.

(259) Cf. LC 62; CEC 1965-1986. Le CEC 1697 précise notamment les caractéristiques que doit revêtir la catéchèse dans l'éducation morale.

(260) VS 107.

(261) Cf. CT 29f.

(262) RICA 25 et 188-191.

(263) Cf. CEC 2761.

(264) PO 6d.

(265) AG 14d.

(266) DGC (1971) 27.

(267) UR 3b.

(268) CT 32; cf. CEC 821; CT 32-34.

(269) Cf. CT 24b et DGC (1971) 28.

(270) Cf. LG 31b et Chl 15; CEC 898-900.

(271) Cf. Mt 10,5-42 et Lc 10,1-20.

(272) Cf. EN 53 et RM 55-57.

(273) Cf. RM 55b; Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux et Congrégation pour l'évangélisation des peuples, Instruction Dialogue et Annonce. Réflexions et orientations « de Evangelio nuntiando et de Dialogo interreligioso » (19 mai 1991), nn. 14-54: AAS 84 (1992) pp. 419-432; CEC 839-845; la quatrième partie reprend ce thème, au chap. 4 sur les destinataires de la catéchèse, dans la section « La catéchèse dans le contexte des autres religions ».

(274) RM 55a.

(275) Cf. CIC 773 et 788.2.

(276) Cf. DGC (1971) 22 et 23.

(277) Cf. DGC (1971) 26.

(278) DGC (1971) 31b.

(279) Cf. RICA 19.

(280) RICA 9-13.

(281) RICA 14-20; 68-72; 98-105.

(282) RICA 93; cf. MPD 8c.

(283) RICA 21-26; 133-142; 152-159.

(284) RICA 25 et 183-187.

(285) RICA 25 et 188-192.

(286) RICA 37-40; 235-239.

(287) Cette gradualité se perçoit aussi dans les noms que l'Eglise utilise pour désigner ceux qui suivent les diverses étapes du catéchuménat baptismal: « sympathisant » (RICA 12), pour celui qui a un penchant pour la foi même s'il ne croit pas pleinement; « catéchumène » (RICA 17-18) pour celui qui est fermement décidé à suivre Jésus; « élu », ou « concourant » (RICA 24) pour celui qui est appelé à recevoir le baptême; « néophyte » (RICA 31-36), pour celui qui vient de naître à la lumière grâce au baptême; « fidèle chrétien » (RICA 39), pour celui qui atteint la maturité de la foi et qui est membre actif de la communauté chrétienne.

(288) Cf. MPD 8; EN 44; ChL 61.

(289) Dans ce Directoire Général pour la Catéchèse on distingue les expressions « catéchumèmes » et « catéchisés » pour marquer cette différence. De son côté, le CIC, aux can. 204 et 206, rappelle la différence dans le mode d'union à l'Eglise des « catéchumènes » et des « fidèles chrétiens ».

(290) RICA 295. Le « Rituel de l'initiation chrétienne des adultes », au chap. IV, cite le cas des adultes baptisés qui ont besoin d'une catéchèse d'initiation. CT 44 précise les diverses circonstances dans lesquelles cette catéchèse d'initiation devient nécessaire.

(291) AG 14d.

(292) Méthode d'Olympe, par exemple, désigne cette action maternelle de la communauté chrétienne lorsqu'il affirme: « Par rapport à ceux qui sont encore imparfaits (dans la vie chrétienne), les plus mûrs sont ceux qui les forment et les font venir à la lumière comme dans un acte maternel »: Methode d'Olympe, Symposium, III, 8: SCh 95, 111; dans le même sens, voir aussi: S. Grégoire le Grand, Homiliarum in Evangelia I, III, 2: PL 76, 1086.

(293) RICA 8.

(294) Cf. CT 53.

(295) DGC (1971) 130. Ce numéro s'ouvre par l'affirmation suivante: « Le catéchuménat des adultes qui est à la fois catéchèse, participation liturgique et vie communautaire, fournit un remarquable exemple d'une telle institution qui naît de la collaboration de diverses charges pastorales ».

(296) Cf. DGC (1971) 36a.

(297) CT 27.

(298) Cf. DV 10 a et b; 1 Tim 6,20 et 2 Tim 1,14.

(299) Cf. Mt 13,52.

(300) DV 13.

(301) Ibid.

(302) DV 10.

(303) On le voit, les deux expressions sont utilisées: la source et « les sources ». Nous parlons de « la » source de la catéchèse pour souligner l'unicité de la Parole de Dieu, en rappelant le concept de Révélation dans Dei Verbum. On suit CT 27 qui parle aussi de la source de la catéchèse. On maintient cependant l'expression « les sources« selon l'usage catéchistique ordinaire de l'expression, pour indiquer les lieux concrets où la catéchèse puise son message; cf. DGC (1971) 45.

(304) Cf. DGC (1971) 45b.

(305) DV 9.

(306) Ibid.

(307) DV 10b.

(308) DV 10c.

(309) Cf. MPD 9.

(310) Cf. CEC 426-429; CT 5-6; DGC (1971) 40.

(311) CT 5.

(312) DGC (1971) 41a; cf. DCG (1971) 39, 40, 44.

(313) GS 10.

(314) CT 6.

(315) Cf. 1 Cor. 15,1-4; EN 15 e, f.

(316) CT 11b.

(317) CEC 139.

(318) Cf. Jn 14,6.

(319) L'expression « Un de la Trinité » a été utilisée par le Vème Concile œcuménique de Constantinople (a. 553): cf. Constantinopolitanum II, Sessio VIII, can. 4: DS 424; elle est mentionnée dans CEC 468.

(320) CEC 234; cf. CEC 2157.

(321) DGC (1971) 41; cf. Ep 2,18.

(322) Cf. DGC (1971) 41.

(323) Cf. CEC 258, 236 et 259.

(324) Cf. CEC 236.

(325) CEC 450.

(326) Cf. CEC 1702; 1878. SRS 40 utilise, à ce sujet, l'expression « modèle d'unité« ; CEC 2845 invoque la communion de la Très Sainte Trinité comme « la source et le critère de la vérité de toute relation ».

(327) LG 4b, qui cite textuellement S. Cyprien, De dominica oratione 23: CCL 3A2, 105.

(328) Cf. EN 11-14; RM 12-20; cf. CEC 541-556.

(329) La liturgie de l'Eglise l'exprime ainsi à la Veillée pascale: « ... Donne à ceux que tu as rachetés de comprendre que l'acte de la création au commencement du monde n'a pas excellé ce fait qu'à la fin des siècles le Christ notre Pâque a été immolé » (Missale Romanum $[Editio Typica Altera - 1975$

(330) EN 9.

(331) CT 25.

(332) EN 26.

(333) Ce don du salut nous confère « la justification, par la grâce de la foi et des sacrements de l'Eglise. Cette grâce nous délivre du péché et nous introduit dans la communion avec Dieu » (LC 52).

(334) EN 27.

(335) Cf. LG 3 et 5.

(336) Cf. RM 16.

(337) GS 39.

(338) LG 5.

(339) RM 20.

(340) EN 28.

(341) Cf. EN 30-35.

(342) EN 30.

(343) CA 57; cf. CEC 2444.

(344) EN 30.

(345) EN 32; cf. SRS 41 et RM 58.

(346) EN 32.

(347) EN 33; cf. LC: cette Instruction est un point de référence obligé pour la catéchèse.

(348) LC 71.

(349) CA 57; LC 68; cf. SRS 42; CEC 2443-2449.

(350) LC 68.

(351) SRS 41; cf. LC 77. De son côté, le Synode de 1971 a traité un thème d'importance fondamentale pour la catéchèse: « l'éducation à la justice« : cf. Documents du Synode des évêques, II: De Iustitia in mundo, III: l.c. 835-937.

(352) RICA 75; cf. CEC 1253.

(353) Cf. CEC 172-175 où, en s'inspirant de St Irénée de Lyon, on analyse toute la richesse contenue dans la réalité d'une seule foi.

(354) CEC 815: « ...l'unité de l'Eglise pérégrinante est assurée aussi par des liens visibles de communion: la profession d'une seule foi reçue des apôtres; la célébration commune du culte divin, surtout des sacrements; la succession apostolique par le sacrement de l'Ordre, maintenant la concorde fraternelle de la famille de Dieu ».

(355) EN 61, qui reprend St Grégoire le Grand et la Didaché.

(356) CEC 1076.

(357) DGC (1971) 44.

(358) Les Pères de l'Eglise, en fondant le contenu de la catéchèse dans le récit des événements du salut, souhaitaient enraciner le christianisme dans le temps, montrant qu'il était une histoire porteuse du salut et non une simple philosophie religieuse; ils souhaitaient également souligner que le Christ était le cœur de cette histoire.

(359) CEC 54-64. Ces textes du Catéchisme, qui sont une référence essentielle pour la catéchèse biblique, donnent les étapes les plus importantes de la Révélation, dans lesquelles l'Alliance est le thème clé. Cf. CEC 1081 et 1093.

(360) Cf. DV 4.

(361) DGC (1971) 11.

(362) CEC 1095; cf. CEC 1075; 1116; 129-130 et 1093-1094.

(363) CEC 1095. Le CEC au no 1075 parle du caractère inductif de cette « catéchèse mystagogique », car « elle procède du visible à l'invisible, du signifiant au signifié, des « sacrements » aux « mystères ».

(364) DV 2.

(365) DGC (1971) 72; cf. CEC 39-43.

(366) Cf. partie IV, ch. 5.

(367) AG 10; cf. AG 22a.

(368) CT 53; cf. EN 20.

(369) Le terme « inculturation » a été adopté par plusieurs documents du Magistère. Voir CT 53, RM 52-54. Le concept de « culture », soit dans un sens général, soit dans un sens » sociologique et ethnologique » a été expliqué dans GS 53; cf. également ChL 44a.

(370) AG 22a; cf. LG 13 et 17; GS 53-62; DGC (1971) 37.

(371) Cf. RM 52b parle d'un « temps long » requis par l'inculturation.

(372) EN 20; cf. EN 63; RM 52.

(373) LG 13 utilise l'expression « soutient et assume (fovet et assumit) ».

(374) LG 17 s'exprime ainsi: « guérir, élever et achever (sanare, elevare et consummare) ».

(375) EN 19 affirme: « atteindre et comme bouleverser ».

(376) RM 54a.

(377) RM 54b.

(378) Cf. GCM 12.

(379) Cf. CEC 24.

(380) CT 30.

(381) Cf. ibid.

(382) DGC (1971) 38a.

(383) Cf. DGC (1971) 38b.

(384) Cf. Mt 11,30.

(385) EN 63 utilise l'expression « transferre » et « traslatio »; cf. RM 53b.

(386) EN 63c; cf. CT 53c et CT 31.

(387) Synode 1985, II, D, 3; cf. EN 65.

(388) CT 31, qui présente également l'intégrité du message; cf. DGC (1971) 39 et 43.

(389) CEC 234.

(390) UR 11.

(391) DGC (1971) 43.

(392) DGC (1971) 41.

(393) St Cyrille de Jérusalem affirme au sujet du Symbole: « Cette synthèse de la foi n'a pas été faite selon les opinions humaines; mais on a recueilli dans toute l'Ecriture ce qui y était plus important, pour donner dans son intégrité l'unique enseignement de la foi » (Catecheses illuminandorum, 5, 12: PG 33, 521). Le texte est repris aussi dans CEC 186. Cf. CEC 194.

(394) CEC 1211.

(395) Ibid.

(396) St Augustin présente le Sermon sur la Montagne comme « la charte parfaite de la vie chrétienne qui contient tous les préceptes appropriés pour la guider » (De sermone Domini in monte, 1, 1: CCL 35, 1); Cf. EN 8.

(397) Le Notre Père est, en vérité « le résumé de tout l'Evangile » (Tertullien, De oratione, 1: CSEL 20. 181); « Parcourez toutes les prières qui sont dans les Ecritures, et je ne crois pas que vous puissiez y trouver quelque chose qui ne soit pas compris dans l'Oraison dominicale » (S. Augustin, Epistola, 130, c. 12: PL 33, 502); cf. CEC 2761.

(398) GS 22a.

(399) Cf. ibid.

(400) CT 22c; cf. EN 29.

(401) GS 22b.

(402) CEC 521; cf. CEC 519-521.

(403) Cf. CT 20b.

(404) Cf. Rm 6,4.

(405) DGC (1971) 74; Cf. CT 29.

(406) Cf. AG 8a.

(407) Cf. Ph 1,27.

(408) Cf. CEC 1697.

(409) Cf. CEC 1145-1152.

(410) Cf. partie III, ch. 2.

(411) DGC (1971) 46.

(412) CT 31.

(413) Cf. CIC 775 §§ 1-3.

(414) Cf. FD 2d.

(415) FD 4a.

(416) DGC (1971) Introduction.

(417) DGC (1971) partie III, chap. 2.

(418) CEC 11.

(419) FD 4a; cf. FD 4b.

(420) CEC 815.

(421) FD 4a; cf. FD 4c.

(422) FD 1f; cf. FD 4c.

(423) FD 4d.

(424) Ibid.

(425) FD 3d.

(426) FD 3e.

(427) Cf. CEC 13.

(428) Cf. partie I, chap. 3 de ce Directoire.

(429) Cf. Card. J. Ratzinger, Le catéchisme de l'Eglise Catholique et l'optimisme des rachetés, en J. Ratzinger - C. Schönborn, Petite introduction au Catéchisme de l'Eglise catholique $[traduit de Kleine Hinführung zum Katechismus der Katholischen Kirche, München 1993$

(430) Cf. CEC 189-190; 1077-1109; 1693-1695; 2564; etc.

(431) Cf. CEC 27-49; 355-379; 456-478; 1699-1756; etc.

(432) GS 22a.

(433) DGC (1971) 119.

(434) CEC 24.

(435) DV 21.

(436) MPD 9c; cf. Commission biblique pontificale, Document L'interprétation de la Bible dans l'Eglise, IV, C, 3:l.c.

(437) CT 27; Cf. Synode 1985, II, B, a, 1.

(438) DV 9.

(439) Cf. MPD 9.

(440) DV 8c.

(441) Lorsque le Concile Vatican II a demandé la restauration du catéchuménat des adultes, il a souligné la nécessité de garder son aspect progressif: « Que l'on restaure le catéchuménat des adultes distribué en plusieurs degrés » (SC 64).

(442) Citons, à titre d'exemple, le témoignage d'Origène: « Lorsque tu abandonnes les ténèbres de l'idolâtrie pour arriver à la connaissance de la loi divine, voici que commence ta sortie d'Egypte. Lorsque tu as été uni à la multitude des catéchumènes et que tu as commencé à obéir aux commandements de l'Eglise, tu as traversé la Mer Rouge. Dans les haltes au désert, chaque jour, tu t'appliques à écouter la loi de Dieu et à contempler le visage de Moïse qui te révèle la gloire du Seigneur. Mais lorsque tu arrives aux fonts baptismaux..., ayant traversé le Jourdain..., tu entreras dans la terre promise » (Origene, Homiliae in Iesu Nave, IV, 1: SCR 71, 149).

(443) Cf. CEC 13.

(444) Ce titre se réfère exclusivement aux catéchismes officiels, c'est-à-dire ceux que

l'Evêque diocésain (CIC 775, 1) ou la conférence des Evêques (CIC 775, 2) font leurs. Les catéchismes non officiels (CIC 827, 1) et les autres instruments de travail pour la catéchèse (DGC 1971 116) sont considérés dans la Vème partie, au chap. 4.

(445) FD 4c.

(446) FD 4d.

(447) Cf. CIC 775.

(448) CT 53a; cf. CEC 24.

(449) CT 50.

(450) DV 15.

(451) Cf. DV 13.

(452) DV 13.

(453) DV 13. Bienveillance ineffable, soins prévenants, condescendance sont des expressions propres à la pédagogie divine dans la Révélation. Elles montrent le désir de Dieu de « s'adapter » (synkatabasis) aux êtres humains. C'est dans ce même esprit que doivent être élaborés les catéchismes locaux.

(454) DGC (1971) 119.

(455) En même temps que les instruments, d'autres facteurs déterminants interviennent dans la catéchèse: la personne du catéchiste, sa méthode de transmission, le rapport entre le catéchiste et le catéchisé, le respect de son rythme intérieur de réception, le climat d'amour et de foi dans la communication, l'implication active de la communauté chrétienne, etc.

(456) Cf. partie IV, chap. 1.

(457) CEC 24.

(458) GS 44.

(459) CT 53a.

(460) Cf. CT 55c; MPD 7; DGC (1971) 34.

(461) Cf. CT 36-45.

(462) Dans les catéchismes locaux, il faut être attentif à la façon de traiter et orienter la religiosité populaire (cf. EN 48; CT 54 et CEC 1674-1676), ainsi qu'à ce qui concerne le dialogue œcuménique (cf. CT 32-34; CEC 817-822) et le dialogue interreligieux (cf. EN 53; RM 55-57 et CEC 839-845).

(463) LC 72 fait la distinction entre « principes de réflexion », « critères de jugement » et « lignes d'action » donnés par l'Eglise dans sa doctrine sociale. Un Catéchisme doit savoir distinguer ces niveaux.

(464) Nous nous référons essentiellement aux « diverses situations socio-religieuses » auxquelles l'évangélisation fait face. Il en est question dans la Ière partie au chap. 1.

(465) Sur cette distinction entre catéchismes locaux et ouvrages synthétisant le CEC, voir ce qui est dit dans Congrégation pour la Doctrine de la Foi - Congrégation pour le Clergé, Lettre aux présidents des conférences épiscopales Orientations sur les « ouvrages de synthèse » du Catéchisme de l'Eglise Catholique (Prot. N. 94004378 du 20 décembre 1994), Prémisses 1-5. Il y est dit entre autres: « On peut considérer à tort que les ouvrages qui synthétisent le CEC remplacent les catéchismes locaux, jusqu'à en décourager, de fait, la préparation; alors que ces synthèses manquent des adaptations aux situations particulières des destinataires que requiert la catéchèse » (Prémisse 4).

(466) Cf. CIC 775 §§ 1-2.

(467) La question du langage, soit dans les catéchismes locaux soit dans l'acte catéchétique est d'une importance capitale: cf. CT 59.

(468) EN 63. Dans la tâche délicate d'assimiler et de traduire indiquée dans ce texte, il est important de tenir compte de l'observation faite par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi - Congrégation pour le Clergé, Orientations sur les « ouvrages de synthèse » du Catéchisme de l'Eglise Catholique, Prémisse 3: l.c.: « L'élaboration de catéchismes locaux qui aient le CEC comme "texte de référence sûr et autorisé" (FD 4), reste un objectif important pour les épiscopats. Mais les difficultés prévisibles dans cette entreprise ne pourront être surmontées que, si après un temps adéquat et même prolongé d'assimilation du CEC, on aura préparé le terrain théologique, catéchétique et linguistique pour une véritable œuvre d'inculturation des contenus du Catéchisme ».

(469) GS 62b.

(470) FD 4b.

(471) RM 54b.

(472) CEC 814.

(473) LG 23a.

(474) Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Lettre Communionis notio, n. 9: l.c. 843.

(475) Cf. CT 63b.

(476) Cf. Jn 15,15; Mc 9,33-37; 10,41-45.

(477) Cf. CT 9.

(478) Cf. Mc 8,14-21.27.

(479) Cf. Mc 4,34; Lc 12,41.

(480) Cf. Lc 11,1-2.

(481) Cf. Lc 10,1-20.

(482) Cf. Jn 16,13.

(483) Cf. Mt 10,20; Jn 15,26; Ac 4,31.

(484) CT 9.

(485) CT 58.

(486) DV 15; DGC (1971) 33; CT 58; ChL 61; CEC 53, 122, 684, 708, 1145, 1609, 1950, 1964.

(487) Cf. Dt 8,5; Os 11,3-4; Pr 3,11-12.

(488) Cf. Dt 4,36-40; 11,2-7.

(489) Cf. Ex 12,25-27; Dt 6,4-8; 6,20-25; 31, 12-13; Jos 4,21-24.

(490) Cf. Am 4,6; Os 7,10; Jr 2,30; Pr 3,11-12; He 12,4-11; Ap 3,19.

(491) Cf. Mc 8,34-38; Mt 8,18-22.

(492) LG 1.

(493) CEC 169; cf. GE 3c.

(494) Cf. GE 4.

(495) Cf. ES 65-71.

(496) Cf. DV 2.

(497) Cf. RM 15; CEC 24b-25; DGC (1971) 10.

(498) Cf. MPD 11; CT 58.

(499) Cf. CT 52.

(500) Cf. Paul VI, Enc. Ecclesiam suam, l.c. 609-659.

(501) Cf. MPD 7-11; CEC 3; 13; DGC (1971) 36.

(502) DV 5.

(503) Cf. MPD 7; CT 55; DGC (1971) 4.

(504) CT 55.

(505) Cf. DGC (1971) 10 et 22.

(506) DV 13; CEC 684.

(507) Cf. DV 2.

(508) Cf. DV 13.

(509) Cf. EN 63; CT 59.

(510) Cf. CT 31.

(511) Cf. GE 1-4; CT 58.


(1) CT 51.

(2) Cf. CT 51.

(3) Cf. CT 31, 52, 59.

(4) Cf. CT 52.

(5) Cf. Commission biblique pontificale, Document L'interprétation de la Bible dans l'Eglise, l.c.

(6) MPD 9.

(7) DGC (1971) 72.

(8) Cf. DGC (1971) 72.

(9) Cf. DGC (1971) 74; CT 22.

(10) Nous parlons des expériences inhérentes aux « grandes questions » de la vie et de la réalité, et plus spécialement de la personne: l'existence de Dieu, le destin de la personne, l'origine et la fin de l'histoire, la vérité sur le bien et le mal, le sens de la souffrance, de l'amour, de l'avenir...; cf. EN 53; CT 22 et 39.

(11) Cf. partie I, chap. 3; DGC (1971) 73; CT 55.

(12) Cf. MPD 9.

(13) Cf. CT 55.

(14) Cf. CEC 22.

(15) CT 55.

(16) Cf. partie I, chap. 3, dans « Le catéchuménat baptismal: structure et gradualité ».

(17) DGC (1971) 71; cf. partie V, chap. 1 et 2.

(18) DGC (1971) 75.

(19) Cf. partie V, chap. 1.

(20) Cf. AG 14; DGC (1971) 35; CT 24.

(21) Cf. EN 46.

(22) DGC (1971) 76.

(23) Cf. DGC (1971) 122-123; EN 45; CT 46; FC 76; ChL 44; RM 37; Conseil Pontifical pour les communications sociales, Instruction Aetatis Novae (22 février 1992): AAS 84 (1992), pp. 447-468; EA 71; 122-124.

(24) RM 37.

(25) Aetatis novae, l.c. n. 11.

(26) EN 45.

(27) Cf. CT 46.

(28) Cf. DGC (1971) 122.

(29) RM 37.

(30) EN 45.

(31) Cf. FC 76.

(32) ChL 44.

(33) RM 15; cf. EN 49-50; CT 35 s; RM 14; 23.

(34) Cf. Lc 4,18.

(35) Cf. Mc 16,15.

(36) Cf. Introduction générale.

(37) Cf. DGC (1971) 77.

(38) EN 49-50; CT 14; 35 s.

(39) RH 13; cf. EN 31.

(40) Cf. RH 13-14; CEC 24.

(41) Cf. DGC (1971) 75.

(42) Cf. DGC (1971) 21.

(43) CT 13.

(44) Cf. GS 44; EN 63; CT 31; CEC 24-25.

(45) GS 44. Dans cette partie IV on fait usage, à la suite du Magistère et pour son utilité pratique, du double terme d'adaptation et d'inculturation, en donnant de préférence au premier le sens d'attention aux personnes, et au second celui d'attention aux contextes culturels.

(46) Cf. RM 33.

(47) CEC 24.

(48) RH 14.

(49) Cf. CT 45.

(50) Cf. DGC (1971) 20; 92-97; CT 43-44; COINCAT, La catéchèse des adultes dans la communauté chrétienne, 1990.

(51) Cf. DGC (1971) 20; CT 19; 44; COINCAT 10-18.

(52) Cf. COINCAT 10-18.

(53) Cf. CT 44.

(54) Cf. CT 19.

(55) Cf. DGC (1971) 92-94; CT 43; COINCAT 20-25; 26-30; 33-84.

(56) Cf. 1 Cor 13,11; Ep 4,13.

(57) Cf. COINCAT 33-84.

(58) Cf. COINCAT 26-30.

(59) LG 31; cf. EN 70; ChL 23.

(60) Cf. ChL 57-59.

(61) Cf. DGC (1971) 97.

(62) Cf. partie 1, chap. 2; DGC (1971) 96.

(63) Cf. DGC (1971) 78-81; CT 36-37.

(64) DGC (1971) 78-79; ChL 47.

(65) ChL 47.

(66) Cf. Mc 10,14.

(67) DGC (1971) 78-79; CT 37.

(68) Cf. CT 37.

(69) Cf. Sacrée Congrégation pour le Culte divin, Directoire pour les messes avec des enfants (1er novembre 1973): AAS 66 (1974), pp. 30-46.

(70) Cf. DGC (1971) 79.

(71) Cf. DGC (1971) 78, 79.

(72) Cf. DGC (1971) 80-81; CT 42.

(73) Cf. DGC (1971) 82-91; EN 72; CT 38-42.

(74) Cf. DGC (1971) 83.

(75) Cf. Introduction générale, 23-24.

(76) Cf. DGC (1971) 82; EN 72; MPD 3; CT 38-39; ChL 46; TMA 58.

(77) GE 2; ChL 46.

(78) Cf. Mt 19,16-22; Jean Paul II, Lettre aux jeunes Parati semper (31 mars 1985): AAS 77 (1985), pp. 579-628.

(79) Cf. Jean Paul II, Parati semper, cit., n. 3.

(80) ChL 46; cf. DGC (1971) 89.

(81) Cf. DGC (1971) 84-89; CT 38-40.

(82) Cf. DGC (1971) 87.

(83) Autres thèmes significatifs: le rapport entre foi et raison; l'existence et le sens de Dieu; le problème du mal; la personne du Christ; l'Eglise; l'ordre éthique en rapport à la subjectivité personnelle; la rencontre entre l'homme et la femme; la doctrine sociale de l'Eglise...

(84) CT 40.

(85) Cf. DGC (1971) 95; ChL 48.

(86) Cf. ChL 48.

(87) Cf. DGC (1971) 91; CT 41.

(88) Cf. CT 59.

(89) Cf. EN 51-56; MPD 15.

(90) Cf. Introduction générale, 23-24.

(91) EN 54.

(92) Cf. 1 P 3,15.

(93) Cf. DGC (1971) 6; EN 48; CT 54.

(94) EN 48.

(95) Ibid.

(96) Cf. Paul VI, Exhort. ap. Marialis cultus (2 février 1974), nn. 24, 25, 29: AAS 66 (1979), pp. 134-136, 141.

(97) Cf. DGC (1971) 27; MPD 15; EN 54; CT 32-34; Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, Directoire pour l'application des principes et des normes sur l'œcuménisme (25 mars 1993), 61: AAS 85 (1993), pp. 1063-1064; TMA 34; Jean-Paul II, Encyc. Ut unum sint (25 mai 1995), n. 18: AAS 87 (1995), p. 932.

(98) CT 32.

(99) Cf. UR 11.

(100) Cf. Directoire pour l'œcuménisme, n. 190, l.c., p. 1107.

(101) Cf. CT 33.

(102) Cf. NA 4; Secrétariat pour l'union des chrétiens (Commission pour les rapports religieux avec le judaïsme), Juifs et judaïsme dans la prédication et dans la catéchèse catholique (24 juin 1985).

(103) CEC 839.

(104) Juifs et judaïsme, cit., n. VII.

(105) Cf. NA 4.

(106) Cf. EN 53; MPD 15; ChL 35; RM 55-57; CEC 839-845; TMA 53; Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux et Congrégation pour l'évangélisation des peuples, Instruction Dialogue et annonce (19 mai 1991): AAS 84 (1992), pp. 414-446; 1263.

(107) Secrétariat pour l'unité des chrétiens - Secrétariat pour les non-chrétiens Secrétariat pour les non-croyants - Conseil pontifical pour la culture, Rapport Le phénomène des sectes ou nouveaux mouvements religieux: défi pastoral: « L'Osservatore Romano » du 7 mai 1986.

(108) Le phénomène des sectes ou nouveaux mouvements religieux: défi pastoral, cit., n. 5.4.

(109) RM 38.

(110) Cf. partie II, chap. 1; DGC (1971) 8; EN 20; 63; CT 53; RM 52-54; Jean Paul II, Allocution aux membres du Conseil International de la Catéchèse: « L'Osservatore Romano » du 27 septembre 1992; Cong. pour le culte divin et la discipline des sacrements, Instruction La liturgie romaine et l'inculturation, (25 janvier 1995): AAS 87 (1995). pp. 288-319; Commission théologique internationale, Document Commissio Theologica sur Foi et inculturation (3-8 octobre 1988); cf. également Jean Paul II, Exhortation ap. post-synodale Ecclesia in Africa, l.c.; Allocutions lors des voyages pastoraux.

(111) Cf. EN 20; 63; CT 53; RM 52-54; CEC 172-175.

(112) CT 53.

(113) Cf. partie II, chap. 1.

(114) Cf. CT 53.

(115) CT 53.

(116) EN 20.

(117) RM 54.

(118) Cf. CT 59.

(119) CT 59.

(120) RM 37.

(121) Cf. partie III, chap. 2.

(122) Cf. DGC (1971) 123.

(123) Jean Paul II, Alloc. aux membres du Coincat, l.c.

(124) CEC 24; cf. FD 4.

(125) RM 37.

(126) ChL 63.

(127) Cf. partie V, chap. 4.

(128) EN 63.

(129) Dans cette cinquième Partie comme dans le reste du Directoire, l'expression « Eglise particulière » se réfère au diocèse et à ses assimilés (CIC 368). L'expression « Eglise locale » se réfère aux groupements d'Eglises particulières bien établis dans une région ou une nation, ou même dans un ensemble de nations unies entre elles par des liens particuliers. Cf. partie I, chap. 3: « La catéchèse est une activité de nature ecclésiale » et partie II, chap. 1: « L'ecclésialité du message évangélique ».

(130) Comme le signale LG 26a, les agrégations légitimes des fidèles portent le nom d'« Eglises » dans le NT; cf. les textes bibliques qui introduisent cette partie.

(131) Cf. CD 11.

(132) L'Eglise particulière est décrite avant tout comme « portion du Peuple de Dieu » (CD 11).

(133) Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Lettre Communionis notio, 7: AAS 85 (1993), p. 842.

(134) Ibid., 9b.

(135) LG 23b recueille le témoignage de Saint Hilaire de Poitiers: In Ps 14,3 (PL 9, 206) et de Saint Grégoire le Grand: Moral., IV, 7, 12 (PL 75, 643C).

(136) EN 14.

(137) Cf. Ac 2,11.

(138) Communionis notio 7: l.c. 842.

(139) Ibid., 9b: l.c. p. 843; cf AG 4.

(140) L'expression ministère de la catéchèse est utilisée en CT 13.

(141) Il est important de souligner le caractère de service unique que prend la catéchèse dans l'Eglise particulière. Le « sujet » des grandes œuvres d'évangélisation est l'Eglise particulière. C'est elle qui annonce, qui transmet l'Evangile, qui célèbre.
Les agents « servent » dans ce ministère et agissent « au nom de l'Eglise ». Cette « ecclésialité » de la catéchèse a de grandes implications théologiques, spirituelles et pastorales.

(142) Cf. CT 16: Il s'agit d'une responsabilité différenciée mais commune. Cf. aussi la note 55, qui éclaire l'usage de l'expression « ministère de la Parole » au n. 50.

(143) AG 14. CT 16 s'exprime en ce sens: « La catéchèse a toujours été et restera une œuvre dont l'Eglise tout entière doit se sentir et se vouloir responsable ». Cf. également: MPD 12; RICA 41; CIC 774, 1.

(144) « La catéchèse doit être étayée par le témoignage de la communauté ecclésiale » $[DGC (1971) 35$

(145) CT 24.

(146) « En plus de cet apostolat qui concerne tous les chrétiens sans exception, les laïcs peuvent encore, de diverses manières, être appelés à une coopération plus immédiate avec l'apostolat de la Hiérarchie, à la façon de ces hommes et de ces femmes qui aidaient l'apôtre Paul dans l'évangélisation, travaillant grandement dans le Seigneur » (LG 33). Cette doctrine du Concile a été recueillie par le CIC 228 et 759.

(147) LG 25; cf. CD 12a; EN 68c.

(148) LG 25.

(149) Ibid.

(150) DV 8.

(151) CT 63b.

(152) Cf. CT 12a.

(153) CT 63c.

(154) CT 63d; cf. CIC 775 § 1.

(155) Cf. CT 63c; CIC 823 § 1.

(156) CT 63d.

(157) CD 14b; cf. CIC 780.

(158) Cf. PO 8; 6; 12a; Jean-Paul II, Exhortation apostolique postsynodale Pastores dabo vobis (25 mars 1992), n. 12: l.c. 675-677.

(159) PO 6b.

(160) Cf. CIC 773.

(161) LG 10.

(162) LG 10. En ce qui concerne les « deux modes de participation à l'unique sacerdoce du Christ » cf. CEC 1546-1547.

(163) PO 9b.

(164) Cf. CIC 776-777.

(165) CT 64. En ce qui concerne cette orientation de base que les prêtres doivent donner à la catéchèse, le Concile Vatican II indique deux exigences fondamentales: « enseigner non pas leur propre sagesse mais la Parole de Dieu » (PO 4) et « ne pas exposer la Parole de Dieu en termes seulement généraux et abstraits, ... mais en appliquant aux circonstances concrètes de la vie la vérité permanente de l'Evangile » (ibid).

(166) Cf. au chapitre 3 de cette partie le passage consacré à la « famille comme milieu ou moyen de croissance dans la foi », où sont analysées les caractéristiques de la catéchèse familiale. Ce numéro traite davantage des parents comme agents de la catéchèse; cf. CIC 226 § 2; 774 § 2.

(167) CT 68.

(168) Ibid.

(169) Ibid.

(170) Cf. ChL 62; FC 38.

(171) FC 38.

(172) CT 68; cf. EN 71b.

(173) Cf. CT 68.

(174) LG 11; cf. FC 36b.

(175) CT 65; cf. CIC 778.

(176) CEC 915; cf. LG 44.

(177) EN 69; cf. VC 33.

(178) Cf. VC 31 sur « les rapports entre les divers états de vie du chrétien »; cf. CEC 932.

(179) CT 65; cf. RM 69.

(180) CT 65.

(181) Cf. 1 Cor 12,4; LG 12b.

(182) LG 31. ChL 15 analyse dans les détails ce « caractère séculier ».

(183) LG 35.

(184) AA 2b; cf. Rituale Romanum, Ordo Baptismi Parvulorum, n. 62, Editio Typica, Typis Polyglottis Vaticanis 1969; RICA 224.

(185) CEC 429.

(186) Le Code de droit canon établit que l'autorité de l'Eglise peut confier officiellement un office ou service ecclésial aux laïcs, sans tenir compte du fait que ce service soit ou non un « ministère » non ordonné formellement institué comme tel: « Les laïcs reconnus idoines ont capacité à être admis par les Pasteurs sacrés à des offices et charges ecclésiastiques (officia ecclesiastica et munera) que les dispositions du droit les autorise à remplir » (CIC 228 § 1); cf. EN 73; ChL 23.

(187) CT 66b; cf. GCM.

(188) CT 66b.

(189) GCM 4.

(190) Ibid.

(191) CT 45; cf. RM 37, ad b, par. 2.

(192) RM 33.

(193) CT 66a.

(194) Ibid.; cf. CT 42.

(195) Cf. DGC (1971) 96c.

(196) Cf. CT 45; cf. GDC (1971) 95.

(197) Cf. DGC (1971) 91; CT 41.

(198) CT 45a.

(199) GCM 5.

(200) Le Concile Vatican II distingue deux types de catéchistes: « les catéchistes entièrement dévoués » et « les catéchistes auxiliaires » (cf. AG 17). Cette distinction est reprise dans le GCM 4, sous les termes de « catéchistes à plein temps » et « catéchistes à temps partiel ».

(201) Cf. GCM 5.

(202) Cf. DGC (1971) 108a.

(203) DGC (1971) 111.

(204) Cf. CT 5. Ce texte définit la finalité christocentrique de la catéchèse. Elle détermine le christocentrisme du contenu de la catéchèse, le christocentrisme de la réponse du destinataire, le oui à Jésus-Christ et le christocentrisme de la spiritualité du catéchiste et de sa formation.

(205) Nous signalons ici les quatre étapes du Catéchuménat baptismal perçues dans une vision christocentrique.

(206) GCM 20.

(207) LG 64.

(208) Cf. DGC (1971) 114.

(209) Cf. GCM 7.

(210) Cf. GCM 13.

(211) DGC (1971) 31.

(212) CT 52; cf. CT 22.

(213) CT 22d.

(214) Cf. GCM 21.

(215) Les qualités humaines suggérées par le GCM sont les suivantes: facilité de rapports humains et de dialogue, capacité de communication, disposition à la collaboration, rôle de guide, sérénité de jugement, compréhension et réalisme, capacité d'apporter réconfort et espérance... (cf. 21).

(216) EN 79.

(217) Cf. ChL 60.

(218) Cf. DGC (1971) 112. GCM 23 souligne l'importance primordiale de l'Ecriture Sainte dans la formation des catéchistes: « Que l'Ecriture Sainte continue à être le sujet principal d'enseignement et comme l'âme de toute l'étude théologique. Là où c'est nécessaire, que cet enseignement soit renforcé ».

(219) ChL 60c.

(220) CT 22.

(221) DGC (1971) 112.

(222) GS 62b.

(223) DGC (1971) 100.

(224) GS 59.

(225) « L'enseignement des sciences humaines, étant donné l'étendue et la diversité de ces disciplines, pose de sérieux problèmes de choix et de mise en place. Du moment qu'il ne s'agit pas de former des spécialistes en psychologie mais des catéchistes, la règle à suivre est de discerner et de choisir ce qui peut directement leur servir à acquérir une aptitude à la communication » (DGC [1971]

(226) Un texte fondamental pour l'usage des sciences humaines dans la formation des catéchistes reste cette recommandation du Concile Vatican II en GS 62: « Que les fidèles vivent donc en très étroite union avec les autres hommes de leur temps et qu'ils s'efforcent de comprendre à fond leurs façons de penser et de sentir, telles qu'elles s'expriment par la culture. Qu'ils marient la connaissance des sciences et des théories nouvelles, comme des découvertes les plus récentes, avec les mœurs et l'enseignement de la doctrine chrétienne, pour que le sens religieux et la rectitude morale marchent de pair chez eux avec la connaissance scientifique et les incessants progrès techniques; ils pourront ainsi apprécier et interpréter toutes choses avec une sensibilité authentiquement chrétienne ».

(227) L'importance de la pédagogie a été soulignée par CT 58: « Parmi les nombreuses et prestigieuses sciences de l'homme qui connaissent de nos jours un immense progrès, la pédagogie est certainement l'une des plus importantes... La science de l'éducation et l'art d'enseigner sont l'objet de continuelles remises en question, en vue d'une meilleure adaptation ou d'une plus grande efficacité ».

(228) Cf. CT 58.

(229) Cf. DGC (1971) 113.

(230) Ibid.

(231) DGC (1971) 112.

(232) Cf. GCM 28.

(233) « Les prêtres et les religieux doivent aider les fidèles laïcs dans leur formation. En ce sens les Pères du Synode ont invité les prêtres et les candidats aux Ordres à se préparer avec soin à être capables de favoriser la vocation et la mission des laïcs » (ChL 61).

(234) Cf. ChL 61.

(235) « On recommande aussi les initiatives paroissiales... qui visent à la formation intérieure des catéchistes, comme les écoles de prière, les rencontres de fraternité et de partage spirituel, les exercices spirituels. Ces initiatives n'isolent pas les catéchistes mais les aident plutôt à grandir dans leur spiritualité propre et dans la communion entre eux » (GCM 22).

(236) Cf. DGC (1971) 110.

(237) Cf. en ce qui concerne les écoles pour catéchistes dans les missions: AG 17c; RM 73; CIC 785 et GCM 30. Pour l'Eglise en général, voir DGC (1971) 109.

(238) L'expression catéchiste ordinaire est utilisée en DGC (1971) 112c.

(239) Cf. DGC (1971) 109b.

(240) DGC (1971) 109a.

(241) CT 71a.

(242) Voir partie V, chap. 1: « La communauté chrétienne et la responsabilité de la catéchèse », où l'on parle de la communauté comme responsable de la catéchèse. Elle est ici considérée comme « lieu » de catéchisation.

(243) Cf. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Lettre Communionis notio, n. 1: l.c. 838.

(244) Cf. MPD 13.

(245) Cf. CT 24.

(246) CT 67a. Il s'agit d'une expression classique dans la catéchèse. L'Exhortation apostolique parle des lieux de la catéchèse: (« de locis catecheseos »).

(247) Cf. LG 11; AA 11; FC 49.

(248) EN 71.

(249) Cf. GS 52; FC 37a.

(250) Voir la partie I, chap. 3: « Le catéchuménat baptismal: structure et gradualité ». On traite ici du catéchuménat baptismal comme d'un lieu de catéchèse, et en tant que la communauté y est continuellement présente.

(251) Cf. DGC (1971) 130 où est décrite la finalité du catéchuménat baptismal. Cf. RICA 4, qui indique le lien entre le catéchuménat baptismal et la communauté chrétienne.

(252) Synode 1977, MPD 8c.

(253) Cf. RICA 4, 41.

(254) RICA 18.

(255) RICA 41.

(256) Cf. RICA 41.

(257) Cf. CT 67c.

(258) Cf AA 10.

(259) CT 67b.

(260) Ibidem.

(261) Ibidem.

(262) L'importance de la catéchèse des adultes est soulignée dans CT 43 et dans le DGC (1971) 20.

(263) ChL 61.

(264) Cf. EN 52.

(265) Cf. DGC (1971) 96c.

(266) Il importe de remarquer comment Jean Paul II, dans ChL 61, parle de la convenance des petites communautés ecclésiales dans le contexte des paroisses, et non pas comme d'un mouvement parallèle qui absorberait leurs meilleurs membres: « A l'intérieur de certaines paroisses... les petites communautés ecclésiales présentes peuvent être de grande utilité dans la formation des chrétiens en rendant plus capillaires et pénétrantes la conscience et l'expérience de la communion et de la mission ecclésiale ».

(267) Cf. Sacrée Congrégation pour l'Education catholique, Document L'école catholique: l.c.

(268) Congrégation pour l'Education catholique, Dimension religieuse de l'éducation dans l'école catholique. Orientations pour la réflexion et la révision, n. 31: l.c.

(269) GE 8.

(270) Congrégation pour l'Education catholique, Dimension religieuse de l'éducation..., n. 32: l.c.

(271) « Le caractère propre et la raison profonde de l'école catholique; ce pour quoi les parents catholiques devraient la préférer, c'est précisément la qualité de l'enseignement religieux intégré dans l'éducation des élèves » (CT 69); cf. partie I, chap. 2, nn. 73-76.

(272) AG 12c.

(273) Cf. CT 70.

(274) CT 70. Il s'agit des associations, mouvements ou groupes de fidèles dont les finalités de formation font que l'on y soigne les aspects catéchétiques, mais qui ne naissent pas directement afin de se constituer en milieux de catéchisation.

(275) ChL 62.

(276) CT 67.

(277) CT 47b.

(278) Cf. CT 47b.

(279) CT 47. Dans ce texte, Jean Paul II parle des divers groupes de jeunes: groupes d'action catholique, groupes caritatifs, de prière, de réflexion chrétienne... Il demande qu'ils ne manquent pas « d'une étude sérieuse de la doctrine chrétienne ». La catéchèse est une dimension qui ne doit jamais manquer dans la vie apostolique du laïcat.

(280) CT 21.

(281) Cf. CT 67b-c.

(282) EN 58 signale que les communautés ecclésiales de base fleurissent un peu partout dans l'Eglise. RM 51 affirme qu'il s'agit d'un « phénomène au développement rapide ».

(283) EN 58c.

(284) RM 51a; cf. EN 58f; LC 69.

(285) RM 51c.

(286) Ibid.; cf. EN 58; LC 69.

(287) DGC (1971) 126. Le Secrétariat diocésain (officium catechisticum) a été institué dans tous les diocèses par le décret Provido sane: cf. Sacra Congregatio Concilii, decretum Provido sane (12 janvier 1935): AAS 27 (1935), p 151; voir aussi CIC 775 § 1.

(288) Cf. DGC (1971) 100. Voir le passage suggéré dans l'Exposé préliminaire, et au présent chapitre le paragraphe: « Analyse des situations et des besoins ».

(289) Cf. DGC (1971) 103. Voir dans ce chapitre: « Programme d'action et orientations pour la catéchèse ».

(290) Cf. DGC (1971) 108-109. Voir la partie V, chapitre 2: « La pastorale des catéchistes dans l'Eglise particulière », et « Ecoles de catéchistes et Centres supérieurs pour lesexperts en catéchèse ».

(291) Cf. DGC (1971) 116-124.

(292) DGC (1971) 126.

(293) Cf. CT 63. Le Pape Jean Paul II recommande de donner à la catéchèse « une organisation adaptée et efficace, mettant en œuvre les personnes, les moyens et les instruments, et aussi les ressources nécessaires » (ibid).

(294) DGC (1971) 126.

(295) Ibidem.

(296) DGC (1971) 127.

(297) CIC 775 § 3.

(298) Cf. DGC (1971) 129.

(299) AG 38a; cf. CIC 756 §§ 1-2.

(300) Jean Paul II, Allocution aux évêques des Etats-Unis lors de la rencontre au petit séminaire Notre-Dame de Los Angeles (16 septembre 1987): Insegnamenti di Giovanni Paolo II, X, 3 (1987), p. 556. L'expression a été reprise par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Lettre Communionis notio, n. 13: l.c. 846.

(301) La Constitution Pastor Bonus, du 28 juin 1988, traite de la réforme de la Curie romaine demandée par le Concile: cf. CD 9. Une première réforme a été promulguée par la Constitution apostolique de Paul VI, Regimini Ecclesiae Universae, du 15 août 1967: AAS 59 (1967), pp. 885-928.

(302) Voir les numéros 282 et 285 de ce chapitre.

(303) PB 94.

(304) RM 33.

(305) Ibid.

(306) CD 17a: « Les diverses méthodes d'apostolat... doivent être étroitement coordonnées, sous la direction de l'évêque, afin que toutes les initiatives et institutions — catéchétiques, missionnaires, charitables, sociales, familiales, scolaires et de quelque autre nature pastorale que ce soit — soient ramenées à une action concordante. Ainsi sera également manifestée plus clairement l'unité du diocèse ».

(307) Cf. partie IV, chap. 2: « La catéchèse selon les âges ».

(308) CT 45c.

(309) Ibid.

(310) Cf. DGC (1971) 20, où on signale comment les autres formes de catéchèse sont ordonnées (ordinantur) à la catéchèse des adultes.

(311) CT 18d.

(312) RM 33.

(313) Ibid.

(314) Cf. CT 19 et 42.

(315) Cf. AG 11-15. Le concept d'évangélisation comme un processus structuré par étapes a été traité dans la partie I au chap. 1: « Les étapes de l'évangélisation ».

(316) CT 67b.

(317) DGC (1971) 100.

(318) Cf. partie V, chap. 5.

(319) DGC (1971) 102; cf. Exposé d'introduction, 16.

(320) Cf. DGC (1971) 117 et 134; PB 94.

(321) A propos de cet ensemble d'ouvrages catéchétiques, Catechesi Tradendae affirme: « L'un des aspects majeurs du renouveau de la catéchèse aujourd'hui réside dans la rénovation et la multiplication des livres catéchétiques un peu partout dans l'Eglise. Des œuvres nombreuses et très réussies ont vu le jour et constituent une vraie richesse au service de l'enseignement catéchétique » (CT 49).
DGC (1971) 120 définit ainsi les Textes didactiques: « Les textes didactiques sont des aides offertes à la communauté chrétienne à qui incombe la catéchèse. Aucun texte ne peut remplacer la communication vivante du message chrétien. Cependant, les textesont une grande importance, parce qu'ils servent d'appui à une explication plus large des enseignements de la tradition chrétienne et des éléments qui favorisent l'activité catéchétique ».

(322) A propos des Guides, DGC (1971) 121 signale ce qu'ils doivent contenir: « Un exposé du message du salut (il faudra sans cesse faire référence aux sources, et bien marquer la distinction entre ce qui appartient à la foi et à la doctrine sûre, et ce qui est simple opinion de théologiens); des conseils psychologiques et pédagogiques; des suggestions concernant la méthode ».

(323) Cf. partie III, chap. 2: « La communication sociale »; cf. DGC (1971) 122.

(324) CT 49b.

(325) Ibid.

(326) Ibid.

(327) Il est question des catéchismes locaux dans la deuxième partie au chap. 2: « Les catéchismes dans l'Eglise locale ». Ici, nous ne proposons que quelques critères d'élaboration. Par « catéchismes locaux », ce directoire désigne les catéchismes proposés par les Eglises particulières ou par les conférences épiscopales.

(328) FD 4c.

(329) CT 50.

(330) DGC (1971) 119, 134; CIC 775 § 2; PB 94.

(331) Cf. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Lettre Communionis notio, n. 9: l.c. 843.

(332) Cf. EN 75a.

(333) Cf. EN 75d.

(334) RM 21.

(335) Cf. CT 72.

(336) CT 72.

(337) CT 73.

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