Rome, Juin 1989
1. Introduction. La Congrégation pour l'Evangélisation
des Peuples, consciente de l'importance fondamentale du sacerdoce ministériel
pour la vie et la croissance de la communauté chrétienne, a
toujours eu particulièrement le souci des prêtres diocésains
des nouvelles Eglises.
Dans cet esprit, elle a apporté une contribution
pratique à la formation des ministres sacrés: lors de la session
plénière qui s'est tenue du 14 au 17 octobre 1986, ont été
formulées Quelques directives concernant la formation dans les Grands Séminaires,
que S.E. le Cardinal Préfet a communiquées aux Evêques intéressés
dans sa lettre du 25 avril 1987.
En continuité avec cette première contribution
importante en faveur des séminaristes, et comme témoignage d'une
grande attention à l'égard des prêtres, au cours de la
session plénière qui s'est tenue du 11 au 14 avril 1989, après
une large consultation et l'examen d'un abondant matériel venant des
Eglises particulières, a été préparé un "Guide
de vie pastorale pour les prêtres diocésains des Eglises qui dépendent
de la Congrégation pour l'Evangélisation des Peuples".
Dans ces orientations, en accord avec la doctrine et les
normes générales de l'Eglise, sont envisagés successivement
les thèmes principaux qui concernent l'identité, la vie
spirituelle, la vie et l'action pastorale des prêtres. Elles mettent
toutefois en relief, suivant les orientations clairement données par le
Concile (1), les notes caractéristiques qui correspondent particulièrement
à la situation des jeunes Eglises en plein développement: les
qualités spirituelles et le style de vie du prêtre, qui donnent à
son existence la valeur d'un témoignage évangélique
manifeste au milieu des non-chrétiens; la speciale communion qu'il est
appelé à vivre respectivement avec l'Evêque, avec le presbytérium
et avec la communauté chrétienne; une entière disponibilité
et un engagement effectif au service de la pre-mière annonce de
l'Evangile aux non-chrétiens; le travail de formation des laïcs en
vue de leur participation active à la vie et à la croissance de
l'Eglise, et de leur engagement dans l'oeuvre de l'Evangélisation;
l'attention privilégiée aux jeunes; l'amour préférentiel
des pauvres; la participation au service de la promotion humaine et à la
défense de la justice; le souci de l'inculturation et l'aptitude à
la promouvoir; le dialogue oecuménique et celui qui doit se poursuivre
avec les autres religions.
Ces points forts, auxquels s'ajouteront quelques autres,
constituent la trame de tout le développement proposé; ces
orientations répondront ainsi autant qu'il est possible,aux besoins des
prêtres dans les territoires de mission. Ils seront donc retenus comme une
clé de lecture de l'ensemble du texte.
Les destinataires de ces orientations sont essentiellement
les prêtres diocésains séculiers qui appartiennent aux
Eglises locales dépendant de la Congrégation; ils sont de plus en
plus nombreux et, de plus en plus, chargés de grandes responsabilités;
en outre, ils appartiennent généralement à une prémière
ou une seconde génération de prêtres nés dans le
pays, pour qui le modèle traditionnel du prêtre est celui du
religieux missionnaire et non celui du prêtre diocsain séculier
appartenant à l'Eglise locale: enfin, les problèmes des prêtres
des territoires de mission sont spécifiques et ils sont liés, dans
leurs données concrètes, à des situations ecclésiales
et socio-culturelles locales; ils demandent des orientations et des solutions
adaptées.
Ces orientations pourront constituer un point de référence,
un facteur d'unité et un stimulant pour tous les prêtres séculiers;
mais, en même temps, elles inspireront la conduite des prêtres
religieux et missionnaires qui travaillent dans les mêmes jeunes Eglises.
C'est avec cette confiance que la Congrégation pour
l'Evangélisation des Peuples remet ces orientations aux Conférences
Episcopales et à chaque Evêque comme guide de vie pastorale pour
leurs prêtres, comme document de base et modèle de référence
pour l'établissement ou la mise-à-jour de directoires
particuliers; ainsi toute la famille sacerdotale de l'Eglise missionnaire vivra
dans la ferveur et travaillera dans une grande unité d'esprit et
d'intention; elle sera en mesure de répondre à l'espérance
d'une Eglise en marche vers un nouvel "avent" missionnaire, en
communion avec la Vierge Marie.
I - AUX SOURCES DU SACERDOCE MINISTERIEL
2. Fondement trinitaire. Le Christ Jésus, "en
qui habite corporellement la plénitude de la divinité" (col.
2,9), a été envoyé par le Père pour réaliser
son dessein de salut universel (cf. Jn 3,17; 5,30; 8,16; Gal 4,4; etc.),
recevant de lui tout pouvoir pour accomplir sa mission (Jn 5,20-21; Mt 28,18);
il a été consacré par la force de l'Esprit Saint (cf. Lc
4,18 ss; Ac 10,38); après avoir accompli la volonté du Père,
qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la
connaissance de la vérité (cf. 1 Tm 2,4), jusqu'à donner sa
vie en rançon pour la multitude (cf. Mc 10.45), il a détruit la
mort par sa résurrection et son retour auprès du Père, pénétrant
dans les cieux, où il règne éternellement et intercède
pour ses frères (cf. Jn 16,27-28; 13, 1-3; He 4, 14-16). Le prêtre,
qui est chargé de continuer la mission du Christ, trouve la source première
de sa mission dans l'amour salvifique du Père (cf. Jn 17,6-9, 24; 1 Co
1,1; 2 Co 1,1), et l'origine immédiate de sa vocation, dans le Christ qui
l'appelle par son nom comme il a appelé les apôtres et mis en eux
son Esprit (cf. Jn 20,21), pour qu'ils aillent vers le Père avec leurs frères.
C'est ainsi dans la Trinité elle-même, source de la mission de
l'Eglise (2), que s'enracinent et trouvent leur pleine justification la vocation
et la mission du prêtre.
Le Christ lui même a établi ses apôtres
comme ministres, de telle manière qu'au sein de la communauté des
croyants, ils soient investis du pouvoir sacré de l'Ordre. Par le moyen
des apôtres, le Seigneur a fait participants de sa propre consécration
et mission les Evêques, leurs successeurs, dont la fonction ministérielle
a été transmise, à un degré subordonné, aux
prêtres, afin qu'ils collaborent fidèlement à
l'accomplissement de la mission apostolique (3). Cette mission participe à
la mission universelle de l'Eglise auprès des non-chrétiens et
elle engage les prêtres de manière effective (4).
A travers leur Evêque, les prêtres sont appelés
par le Christ selon une vocation spéciale (Mc 3.13; Lc 6,13); ils sont
dans le monde mais ils ne lui appartiennent pas (cf. Jn 17, 14-15); en vertu de
leur consécration, ils sont habilités à remplir la mission
même du Christ d'annoncer à tous que les temps sont accomplis et
que le règne de Dieu est présent au milieu des hommes (cf. Mc
1,15), et à présider, enseigner et sanctifier le Peuple de Dieu
(5).
Le principe constitutif du sacerdoce ministériel est
le Christ Prêtre et Victime de la nouvelle et éternelle Alliance
(cf. He 9,11-15): Son principe efficace est l'élection et la mission spéciale
reçue de la part de Dieu, qui fait du prêtre l'instrument du Christ
(cf. Mc 3,10-19; Lc 22,19; Mt 28, 18-20). Le principe exemplaire en est la
diaconia du Christ, dont les divers aspects mettent en lumière l'identité
du prêtre: le Christ-Envoyé par le Père pour sauver le monde
(cf. Jn 3,17), ce qui souligne l'universalité de la mission; le
Christ-Serviteur, titre que manifeste le dépouillement du Christ, venu
non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie (cf. Mt 20,28; Ph
2,7-8); le Christ-Pasteur et Maître, que révèle l'amour de
celui qui connaît les siens, guide son troupeau et le rassemble dans
l'unique bercail (cf. Jn 10,1ss), et qui est lui-même la Parole vivante du
Père convoquant les foules à entrer dans le Royaume (cf. Jn 12,
48-50).
L'accent mis sur la fonction ministérielle souligne
la relation essentielle du prêtre à la Personne du Christ. Le prêtre
est en effet signe et instrument de l'unique prêtre et Médiateur
auprès du Père, Jésus-Christ, et sa continuation sur terre;
il actualise son pouvoir d'annoncer la Parole, de renouveler le sacrifice de la
croix dans l'Eucharistie, de pardonner les péchés et de guider le
Peuple de Dieu. Il est impossible de séparer l'être du prêtre
de l'être du Christ, la vie du prêtre de la vie du Christ.
Tous les prêtres seront donc convaincus que leur
identité sacer-dotale se réalise seulement dans une conformité
totale à l'identité du Christ, avec esprit de foi, cohérence
de la vie, et ferveur de l'esprit. Ils se souviendront que le Christ, dans
l'accomplissement de sa mission de salut, a pris la route de l'incarnation, se dépouillant
de lui-même et prenant tout ce qui est propre à l'homme, sauf le péché
(cf. He 2,17-18; 4,15). Cette incarnation sera le modèle de l'action
missionnaire.
L' Esprit Saint donne à l'Eglise son unité
intime et ministérielle, Il la munit des divers dons hiérarchiques
et charismatiques (cf. Eph 4,11-13; 1 Cor 12,4) (6); Il vivifie, étant
comme leur âme, les institutions de l'Eglise (7); Il répand dans le
coeur des chrétiens, en vue de l'accomplissement de leur propre mission,
cet esprit qui animait le Christ lui-même (8).
Les prêtres, "en vertu de l'onction de l'Esprit
saint, sont marqués d'un caractère spécial qui les
configure au Christ prêtre, pour les rendre capables d'agir au nom du
Christ Tête en personne" (9). L'Esprit sanctificateur est toujours à
l'origine de l'élection, de la sanctification et de la mission (cf. Ac
13,3,; 19,6). C'est l'Esprit qui donne la capacité objective d'exercer
efficacement le ministère. L'Esprit est "envoyé" (cf. Jn
14,26; 15,26), et il demeure uni au prêtre envoyé pour coopérer
à l'oeuvre du salut (10).
Grâce à l'Esprit Saint, principe de communion
(11) les prêtres sont établis guides et animateurs spirituels de la
communauté, spécialement avec la force de la Parole. Grâce à
ce même Esprit, ils sont constitués ministres des sacrements, qui
tiennent tous de lui leur puissance vivifiante, depuis le baptême "dans
l'Esprit et l'eau" (Jn 3,5; Ac 10,47) jusqu'à l'Eucharistie, où
le Christ "exerce, d'une manière ininterrompue, sa fonction
sacerdotale en notre faveur (...) par l'action de l'Esprit" (12).
La consécration inaugure chez les prêtres une
continuelle Pentecôte. Par la force de cette grâce extraordinaire,
ils savent reconnaître l'action de l'Esprit dans l'Eglise et y coopérer,
conscients d'avoir reçu une mission surnaturelle et universelle en faveur
de tous les hommes.
3. Fondement ecclésiologique et sacramentel. L'Eglise
"sacrement universel du salut" (13), actualise la Rédemption
par le moyen de la Parole et des Sacrements, principalement par le moyen du
Sacrifice Eucharistique. Au ministère de l'Eglise participent les prêtres
appelés à prêcher et répandre l'Evangile, à présider
le culte et à remplir le rôle de guides au sein du Peuple de Dieu.
L'Eglise est communion où s'articulent hiérarchiquement
divers ministères au sein de la communauté. C'est particulièrement
au moyen des trois degrés de l'ordre sacré (Evêques, prêtres,
diacres) qu'elle s'édifie comme un temple vivant, dans la communion de la
foi et de l'amour. Ces trois ministères conférés par
l'ordination, transmis par les apôtres et par leurs successeurs, sont de
nature hiérarchique et constituent la hiérarchie de l'Eglise.
L'Evêque, en communion avec le Souverain Pontife, chef
du Collège épiscopal, et avec les membres de ce Collège,
est, dans la communauté ecclésiale, le "grand prêtre"
(14), et le signe vivant du Christ, Pasteur suprême; sa fonction reproduit
le caractère central du service à la fois humble et puissant du
Christ Tête (15). Pour exercer de manière pleine et efficace son
propre ministère, l'Evêque a besoin de la coopération des prêtres
et des diacres. Les prêtres sont l'aide et l'instrument de l'ordre épiscopal
et, dans chaque communauté ils rendent présent l'Evêque;
sous son autorité, ils prêchent l'Evangile (16), "sanctifient
et gouvernent la portion du troupeau du Seigneur qui leur est confiée"
(17).
De plus, le prêtre, en communion avec l'Evêque,
rend présent le Christ (18). Il est porteur du message évangélique,
remplissant le ministère même du Christ Prophète, dans le
service de la Parole pour ceux mêmes qui sont loin (19); il exerce le
ministère proprement sacerdotal en tant qu'il consacre au nom du Christ
Pontife ("in persona Christi Pontificis") (20); il est pasteur,
rassemblant et guidant la communauté au nom du Christ Pasteur (cf. Lc
10,16; 1 P 5,2).
Dans l'Eglise-communion, enfin, il y a distinction et complémentarité
entre le sacerdoce des ministres ordonnés et le sacerdoce commun des fidèles;
chacun coopère avec l'autre pour réaliser la mission confiée
par le Christ à l'Eglise. Le sacerdoce commun des fidèles et le
sacerdoce ministériel, en effet, bien qu'il y ait entre eux une différence
essentielle et non pas seulement de degré, sont cependant ordonnés
l'un à l'autre: l'un et l'autre, chacun selon son mode propre,
participent à l'unique sacerdoce du Christ (21). Les prêtres
doivent être conscients de leur identité particulière, qui
les habilite à un ministère spécifique en vue de la
construction de l'unique Corps du Christ, tout entier par nature prophétique,
sacerdotal et royal. Quelle que soit cette diversité des fonctions, reste
entière, en réalité, l'identique dignité
fondamentale des chrétiens.
Le prêtre est à proprement parler diocésain
en vertu de son incardination à un diocèse (22), où il
demeure uni à l'Evêque à un titre particulier, et auquel il
appartient d'une manière spéciale pour le service de cette
communauté ecclésiale particulière qu'est le diocèse
(23). Comme prêtre diocésain, il est appelé à
susciter l'unité de communion entre les membres de la communauté
locale, et aussi à l'étendre, par son action évangélisatrice,
à ceux qui sont encore en dehors d'elle.
Au sein de cette communion qu'est l'Eglise, il ne faut pas
oublier la place des diacres permanents qui travaillent en relation étroite
avec les prêtres et qui doivent être formés à une vie évangélique,
afin qu'ils puissent remplir comme il convient les obligations propres à
leur ordre. Ils représentent une figure ministérielle qui peut
prendre une signification particulièrement marquée dans les jeunes
Eglises: celles-ci ont besoin de toutes les énergies disponibles pour se
développer. Cette fonction diaconale sera étudiée et
organisée au niveau des Conférences Episcopales (24).
Il faut souligner cette dimension ecclésiale et
sacramentelle qui qualifie les prêtres. Tout prêtre représente
l'Eglise et, en elle, actualise le plan de salut. Cela suppose l'intelligence de
ce qui se rapporte à l'Eglise, l'adhésion à son plan
concret de salut, et une communion d'esprit et d'action avec tous ceux qui sont
engagés dans le service pastoral, en particulier avec le Pontife Romain,
avec l'Evêque, avec les autres prêtres et les diacres.
Tous les prêtres garderont le regard fixé sur
Marie, Mère du Christ et Mère de l'Eglise: depuis
l'accomplissement du mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu, elle est
le modèle exemplaire de leur être et de leur vie.
II - IDENTITE DE L'EVANGELISATEUR ET DU PASTEUR
4. La conscience missionnaire du prêtre. La communion
des Eglises particulières avec l'Eglise universelle atteint sa perfection
seulement quand elles-mêmes prennent part à l'effort missionnaire
en faveur des non chrétiens dans leur propre territoire et aussi en
direction des autres peuples (25).
Dans ce dynamisme apostolique, qui appartient à
l'essence missionnaire de l'Eglise (26), les prêtres occupent nécessairement
une place particulièrement importante. Cela doit être spécialement
évident pour ceux qui travaillent dans les territoires de mission, où
se réalise l'évangélisation des non chrétiens.
En effet, les prêtres ont reçu, avec
l'ordination, une grâce spéciale qui "les prépare non
pas seulement à une mission limitée et restreinte, mais à
une mission très vaste et universelle, 'jusqu'aux extrémités
de la terre' (Ac 1,8)" (27).
Il en résulte que tout prêtre doit avoir une
conscience missionnaire très claire, qui le rende apte et prêt à
s'engager de façon pratique et avec générosité pour
que l'annonce de l'Evangile atteigne ceux qui ne professent pas encore la foi au
Christ. Le prêtre est en toute vérité "missionnaire
envoyé au monde" (28).
L'évangélisation des non chrétiens
vivant sur le territoire d'un diocèse ou d'une paroisse, est confié,
en première responsabilité, à leur pasteur propre, en
collaboration avec la communauté chrétienne. Ce devoir apostolique
demande que l'Evêque soit essentiellement messager de la foi et que les prêtres
s'emploient de toutes leurs forces à prêcher l'Evangile à
ceux qui demeurent en dehors de la communauté ecclésiale, qu'ils
s'y engagent en personne, avec leurs fidèles, en collaboration avec les
missionnaires.
Dans la répartition des charges pastorales, on ne
confiera pas en priorité aux prêtres du clergé local les
communautés déjà formées et rassemblées, en
laissant aux missionnaires celles qui sont en formation ou la responsabilité
d'évangéliser de nouveaux secteurs. Les prêtres du pays ont
le droit et le devoir d'assumer eux-mêmes la charge de l'évangélisation
de leurs propres frères qui ne sont pas encore chrétiens: ils
seront ainsi en vérité des apôtres des frontières,
n'aspirant pas aux fonctions les plus en vue, aux postes offrant une plus grande
sécurité, plus centraux ou mieux rémunérés.
Les jeunes Eglises sont encouragées à
participer "dès que possible et de manière effective à
la mission universelle de l'Eglise en envoyant elles-mêmes des
missionnaires prêcher l'Evangile partout dans le monde, même si
elles souffrent d'un manque de prêtres" (29). Toutes les Eglises
particulières sauront ainsi donner de leur pauvreté (30). Pour
cela, en plus des prêtres qui appartiennent à des Instituts
missionnaires, les diocèses seront disposés à envoyer comme
missionnaires fidei donum s'engageant dans l'activité missionnaire
proprement dite (31), ceux de leurs propres prêtres qui ont entendu cet
appel du Christ. Ces prêtres seront heureux de pouvoir vivre en plénitude
la communion avec le Christ envoyé par le Père (cf. Jn 17,18;
20,21) et avec l'Eglise universelle, en se mettant à la disposition de
leur propre Evêque, pour être envoyés prêcher
l'Evangile à d'autres peuples. Cela requiert chez eux non seulement une
grande maturité dans la conscience de leur vocation, mais aussi la
capacité de quitter leur patrie, leur ethnie et leur famille, et une
aptitude particulière à s'insérer dans une autre culture,
en la comprenant et en la respectant (cf. Gn 12, 1-4; He 11,8).
Dans aucun autre secteur de l'apostolat, les prêtres
ne pourront manifester plus qu'en celui-là l'intensité de leur
amour du Christ, de l'Eglise et des hommes, jusqu'à pouvoir affirmer
comme St Paul: "Je me suis fait tout à tous afin de pouvoir en
sauver au moins quelques uns" (1 Co 9,22) (32).
5. La conscience pastorale du prêtre. La fonction
pastorale exige des prêtres une conscience pastorale approfondie, qui se
fonde sur leur identité de "consacrés pour prêcher
l'Evangile, pour être les pasteurs des fidèles et pour célébrer
le culte divin" (33), participant ainsi à la mission du Christ Bon
Pasteur qui connaît, nourrit et guide ses brebis, et va à la
recherche de celles qui sont perdues ou sont encore en dehors du bercail (cf. Jn
10,1ss; Lc 15, 3-6).
Dans son expression plénière, la conscience
pastorale implique le sens d'une appartenance à l'Eglise universelle, en
communion d'amour et d'obéissance avec le Pontife Romain, principe et
fondement perpétuel et visible de l'unité dans la foi et dans la
communion de la charité (cf Mt 16,19; Jn 21, 15-17); elle implique aussi
dans le sens de la communion et du partage entre les Eglises particulières,
dans lesquelles et à partir desquelles se construit l'Eglise universelle
(34). Une Eglise particulière devient stérile si elle ne donne
rien aux Eglises soeurs. Cela suppose que les prêtres soient disposés
à partir, envoyés par leur Evêque, pour collaborer, dans la
charité, avec les Eglises plus pauvres, en particulier avec celles qui se
trouvent dans un contexte encore partiellement évangélisé
(35).
Dans son expression immédiate, la conscience
pastorale implique le sens de l'appartenance à une Eglise particulière,
en communion avec son Pasteur, avec les autres prêtres, les diacres, et
toute la communauté des fidèles.
La communion avec l'Evêque doit être tout à
la fois spirituelle et hiérarchique; elle comporte certaines attitudes
permanentes:
· reconnaître en lui l'autorité du Christ,
Pasteur Suprême;
· accepter avec estime et amour son rôle de père
de la communauté diocésaine;
· collaborer activement avec lui dans un esprit d'obéissance
apostolique.
Les Evêques, pour leur part, considéreront les
prêtres comme "des frères et des amis"; ils les connaîtront
personnellement; ils les visiteront régulièrement et ils prendront
à coeur leur bien matériel et spirituel (36). Les rapports entre
les Evêques et les prêtres se fondent sur un esprit de foi; ils se développent
et s'expriment dans un climat de confiance réciproque, d'estime sincère
et de collaboration concrète, en respectant le rôle propre à
chacun.
La communion entre les prêtres se fonde sur le fait
qu'ensemble et autour de leur Evêque, ils forment un "seul
presbyterium" (37). Le sens de l'appartenance au presbyterium, en outre,
fait que chaque prêtre se sente uni à tous les autres par "un
lien particulier de charité apostolique, de ministère et de
fraternité" (38), réalisant ainsi l'unité que le
Christ a voulue pour les siens, de telle sorte qu'ils "soient un" (cf.
Jn 17,23). Au plan institutionnel, le rôle du presbyterium se concrétise
dans le Conseil presbytéral à qui, selon le droit, il revient
justement d'aider l'Evêque dans le gouvernement du diocèse. Dans
les Eglises de territoires de missions, celui-ci exerce une fonction pastorale
active de premier ordre; il doit donc être institué et valorisé,
le plus largement possible, conformément aux normes canoniques et en
tenant compte de la situation concrète locale (39).
La communion avec les fidèles demande que les prêtres
se considèrent comme formant avec eux le Peuple de Dieu, étant
radicalement consacrés au service de la croissance de la communauté,
et animés par une authentique charité pastorale: pris parmi les
hommes, ils sont établis en leur faveur pour ce qui concerne leur
relation à Dieu (cf. He 5,1) (40). En conséquence, les prêtres
prieront constamment pour leurs fidèles, les recommandant de tout leur
coeur à l'amour du Père commun (cf. 2 Th 1,11); ils chercheront à
bien connaître leur situation réelle, comme le Pasteur connaît
ses brebis (cf. Jn 10,14); ils vivront au milieu d'eux comme "des frères
parmi leurs frères" (41); ils progresseront ensemble sur le chemin
de la foi, les précédant et donnant l'exemple de la vie chrétienne
(cf. Jn 13,15); ils éviteront avec soin tout ce qui pourrait être
cause de scandale (cf. 2Co 6,3); ils donneront, en union avec la communauté,
un témoignage authentique de fidélité chrétienne
dont le sens n'échappera pas à ceux qui "sont loin" et
ne croient pas encore au Christ; ils veilleront à ne pas se rendre étranger
à leur peuple par un style de vie qui, même sans le vouloir, les établirait
à un autre niveau social.
On doit louer les prêtres qui acceptent et
accomplissent avec conscience et dans la joie tout service confié par
leurs Evêques, qui font tout ce qui est possible pour rejoindre les non
chrétiens, qui ne se laissent pas prendre par des activités extérieures
étrangères au sens apostolique de leur vocation.
6. La fraternité sacerdotale. Unis autour de leur Evêque,
les prêtres s'appliqueront à vivre la "fraternité
sacramentelle" (42), le fondement et la grarantie d'une aide spirituelle réciproque
et de l'accomplissement du ministère dans une grande unité
d'intention. Ils se souviendront de la valeur évangélisatrice que
possède en elle-même leur attitude fraternelle: ils forment ainsi
un corps dynamique et crédible, conforme à la demande adressée
par le Christ à son Père dans la prière de la dernière
Cène ( cf. Jn 17, 20-21). L'évangélisation n'est jamais un
acte isolé et individuel, mais toujours une action profondément
ecclésiale, qui s'accomplit en esprit de communion et suivant la méthode
qu'inspire cet esprit. Cela s'impose avec une particulière urgence dans
les territoires où il faut travailler à l'évangélisation
des non chrétiens (43).
Les prêtres chercheront à vivre une amitié
sincère avec leurs confrères; ils peuvent ainsi plus facilement
s'aider mutuellement dans le développement de leur vie spirituelle et
intellectuelle, se donner assistance dans les nécessités matérielles,
avoir une vie plus accomplie et plus équilibrée. Cette amitié
entre prêtres favorise, de plus, leur union au Christ; elle est aussi une
aide précieuse pour surmonter le poids et les difficultés de la
solitude (44).
Les prêtres qui ont charge d'âme, spécialement
les curés, considéreront comme confiés à leur
sollicitude d'une façon particulière les jeunes prêtres que
l'Evêque leur envoie comme collaborateurs; ils les aideront
fraternellement, de telle sorte qu'ils ne se sentent pas abandonnés à
eux-mêmes et qu'ils s'intègrent positivement dans le presbyterium.
Parmi les moyens qui favorisent la communion et l'aide
mutuelle entre les prêtres, on peut citer les associations sacerdotales.
Doivent être envisagées positivement celles dont les statuts ont été
approuvés par l'autorité compétente, qui ont pour but le développement
de la vie spirituelle, de la vie commune, des activités de formation
intellectuelle et pastorale, et qui favorisent l'unité des prêtres
entre eux et avec leur Evêque (45). On doit éviter les associations
qui manifestent un esprit étroitement fermé, une mentalité
exclusive, surtout celles qui sont liées - ou même seulement
favorisées par eux - à des groupes de pression, ou des mouvements
politiques (46). De toute façon on doit insister, dans les jeunes
Eglises, sur l'unité de tout le presbyterium.
On doit accorder une importance particulière à
la fraternité entre les prêtres séculiers diocésains
et les missionnaires, en particulier ceux qui ont contribué à
fonder l'Eglise. La fraternité sacerdotale englobe, de toute évidence,
les prêtres qui appartiennent à des Instituts de vie consacrée
ou aux Sociétés de vie apostolique. Elle s'étend aussi, en
un certain sens, aux laîcs qui suivent le Christ de plus près dans
une vie consacrée. Les prêtres seront préparés et
disposés à aider spirituellement les religieux laîcs et les
religieuses, en accord avec les directives de l'Evêque; toutefois ils
n'interviendront jamais dans les questions disciplinaires et les problèmes
d'organisation interne de leur communauté.
7. Ministre de la Parole. Il appartient au prêtre
comme éducateur de la foi du Peuple de Dieu, participant à la
mission prophétique du Christ, et coopérateur de l'Evêque,
d'annoncer la Parole de salut et de rassembler, avec sa force surnaturelle, la
communauté des croyants ( cf. Rm 10,17) (47). Le devoir du prédicateur
de l'Evangile est de transmettre la Parole de Dieu, dont il est l'humble
serviteur et non une sagesse humaine (cf 1 Cor 2,1ss) (48). Ce ministère
de la Parole se réalise sous des formes diverses, parmi lesquelles on
peut retenir: la première annonce de l'Evangile aux non chrétiens,
la prédication adressée aux fidèles, la catéchèse
donnée aux catéchumènes et aux baptisés, l'évangélisation
du monde scolaire et de la culture, le dialogue individuel.
· Evangélisateur infatigable: en priorité,
le prêtre a le devoir d'annoncer l'Evangile à ceux qui, sur le
territoire qui lui est confié, ne sont pas encore baptisés. Cette
première annonce relève de la responsabilité fondamentale
que l'Eglise a reçue du Seigneur lui-même à travers les Apôtres:
"Allez dans le monde entier prêcher l'Evangile à toutes les créatures"
(Mc 16,15; cf. Mt 28,19). Tout prêtre, en vertu de sa fonction prophétique,
participant à la responsabilité missionnaire de son Evêque,
dans une étroite collaboration avec lui, a le devoir imprescriptible
d'annoncer aux hommes "le Dieu vivant et celui qu'il a envoyé pour
le salut de tous, Jésus-Christ" (cf. 1 Tess 1, 9-10; 1 Cor 1,
18-21). C'est seulement ainsi que les non chrétiens, "dont l'Esprit
Saint ouvre le coeur (cf. At 16,14), se convertiront librement en croyant au
Seigneur" (49). Comme Pierre et Jean, chaque prêtre manifeste ainsi
sa volonté d'être un messager infatigable de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ:
"Nous ne pouvons pas taire ce que nous avons vu et entendu" (Ac 4,20).
Il comprend comme adressée à lui-même la parole du Seigneur à
Paul: "N'aie pas peur, continue à parler sans jamais te taire, car
je suis avec toi" (Ac 18, 9-10).
Dans l'organisation des activités apostoliques du
diocèse ou de la paroisse, on donnera une place de choix au travail spécifique
de l'annonce de l'Evangile aux non-chrétiens; les prêtres et les
diacres y seront engagés, au premier rang et personnellement, avec la
collaboration étroite des catéchistes et de toute la communauté
des fidèles.
· Au service de la prédication: c'est le
devoir du curé, avec ses collaborateurs, de programmer la prédication,
en s'assurant qu'elle est proposée avec régularité et avec
une fréquence suffisante, à tous les fidèles, même
aux groupes qui n'ont pas la possibilité de participer à
l'Eucharistie chaque dimanche.
Outre un sens élevé de la responsabilité
pastorale, la prédication implique des devoirs concrets pour les prêtres:
elle ne doit pas être improvisée, mais préparée par
un travail sérieux de réfléxion intériorisée
dans la prière; le contenu doit communiquer les richesses permanentes de
l'Ecriture, de la Tradition, de la Liturgie, du Magistère et de la vie de
l'Eglise (50); il est indispensable qu'il y ait cohérence entre la prédication
et la conduite du prêtre, de telle manière que la parole soit
corroborée par le témoignage de la vie (cf. Mt 5, 16); la prédication
doit exposer les critères toujours valables pour la vie chrétienne
individuelle et communautaire (51).
Dans la prédication, l'homélie a une place éminente;
elle fait partie de la Liturgie; elle est réservée au prêtre
et au diacre. L'homélie, qui a une place privilégiée, doit
exposer les mystères de la foi et les normes de la vie chrétienne,
en partant des textes sacrés et en suivant le cours de l'année
liturgique (52). Elle doit être reliée à la catéchèse;
elle applique aux formes concrètes de la vie, dans le contexte culturel,
les mystères proclamés.
Dans les zones de mission où le clergé est
trop peu nombreux, on mettra en oeuvre la possibilité de confier la prédication
à certains laîcs, conformémement aux normes du Droit
Canonique (53). Les prêtres choisiront, parmi leurs fidèles, les
plus capables, et ils les prépareront à ce ministère délicat.
Si ces derniers sont officiellement mandatés par l'Evêque, les prêtres
sauront les inclure dans le programme des prédications paroissiales et
ils les assisteront fraternellement.
· Engagé dans la catéchèse:
la catéchèse, comprise comme enseignement systématique de
la doctrine de la foi, et comme initiation graduelle à la vie chrétienne,
est un devoir grave de la communauté ecclésiale, qui incombe
particulièrement aux pasteurs d'âme (54). Ainsi, en vertu de leur
charge, les curés sont tenus de s'assurer que la catéchèse
est réalisée de manière ordonnée et avec régularité,
en faveur de toutes les catégories de fidèles et qu'elle atteint
tous les groupes d'âges (55). Dans les missions, la catéchèse
est un service de première nécessité: elle a pour but
d'accompagner la croissance religieuse des baptisés vers la maturité
de la vie chrétienne; dans le contexte d'une Eglise jeune, elle demande
une inculturation adaptée; on tiendra compte des obstacles et des
pressions contraires venant d'une ambiance non évangélisée,
et parfois dues à l'influence du matérialisme moderne. Dans ce
domaine, la coopération de tous les chrétiens est indispensable,
particulièrement celle de plusieurs catégories de fidèles.
Les parents: ils ont, avant tout autre, l'obligation de
former chrétiennement leurs enfants par la parole et par l'exemple (56).
Les prêtres prépareront à cette mission ceux qu'ils reçoivent
en vue du mariage; par des instructions appropriées et par un soutien
pratique, ils aideront les parents à honorer cette importante
responsabilité.
Personne ne peut ignorer l'importance du rôle des
enseignants pour faire grandir la foi dans les nouvelles générations
(57). L'enseignement de la religion dans les écoles est pour beaucoup de
jeunes le premier contact sérieux avec l'Evangile. Les prêtres
prendront à coeur la pastorale des écoles catholiques et de celles
de l'Etat: elles sont un lieu privilégié de première évangélisation,
et un milieu propice à la formation religieuse des jeunes déjà
baptisés; il s'agit d'incarner le message évangélique dans
les valeurs de la culture transmise par l'école. Les modalités de
leurs interventions varieront selon la nature des institutions scolaires, la
formation chrétienne des enseignants ou les lois de l'Etat. On doit ainsi
prendre en charge avec conviction le secteur scolaire, dans la pastorale, aussi
bien au plan diocésain qu'au plan paroissial (58).
Les catéchistes ont, dans les Eglises de mission, la
charge d'enseigner la doctrine de la foi et d'organiser, en collaboration avec
les prêtres, les activités liturgiques et les oeuvres de charité
(59). Dans certains cas, on leur confie le soin spirituel d'une petite communauté
où le prêtre ne peut se rendre que rarement. Avec le développement
de l'Eglise, la figure du catéchiste bon à tout faire tend à
faire place à une fonction spécifique: il est seulement chargé
de la catéchèse dans le cadre de la paroisse. Les prêtres
s'entendront à ce sujet avec les catéchistes; ils doivent savoir
valoriser leur service, leur assurer une juste rétribution et, en
utilisant les centres qui conviennent, prendre soin de leur formation
spirituelle et intellectuelle, en conformité avec les normes diocésaines
(60).
L'instruction et l'accompagnement des catéchumènes
sont parmi les tâches les plus importantes des catéchistes. L'expérience
montre que l'on doit à la générosité des catéchistes
dans ce service le développement de la première évangélisation,
en particulier dans les régions où les non chrétiens sont
nombreux. Dans ce contexte, il faut souligner le rôle du catéchuménat
dans les missions: à travers l'instruction et l'entraînement à
la vie chrétienne, il initie les catéchumènes au mystère
du salut et leur apprend à vivre la foi, la charité et
l'apostolat. Il revient aux Conférences épiscopales d'établir
des statuts en vue de l'organisation du catéchuménat, sur la base
de l' Ordo Initiationis Christianae, ainsi seront précisés les
devoirs et les prérogatives des catéchumènes, ainsi que les
programmes à suivre (61). Il est demandé aux prêtres de
poursuivre généreusement leur effort pour valoriser le catéchuménat;
ils seront convaincus qu'il constitue un moyen privilégié pour la
croissance de la communauté, par l'accueil de nouveaux membres, et pour
la progression de celle-ci, vers sa maturité ecclésiale.
Pour favoriser l'instruction catéchétique et,
en général, l'annonce de la Parole, il importe que les prêtres
soient formés a l'utilisation des moyens de communication sociale. Il ne
s'agit pas seulement d'une ouverture d'esprit, mais aussi d'une aptitude à
susciter et organiser la collaboration des laïcs, en prenant appui sur des
institutions spécifiques bien adaptées (62).
Le dialogue interpersonnel: toutes les formes de la
communication de la foi doivent prendre appui sur la transmission qui s'effectue
efficacement de personne à personne. Le Seigneur lui-même l'a
pratiquée, comme l'attestent les entretiens avec Nicodème (cf. Jn
3, 1ss), la Samaritaine (cf. Jn 4, 1ss), Simon le pharisien (cf. Lc 7,1ss) et
avec d'autres. Il faut encourager le contact personnel de celui qui transmet la
foi et de celui qui la reçoit. Les prêtres, en particulier, sauront
valoriser le sacrement de la Pénitence et la direction spirituelle comme
moyens de formation personnalisée; à travers ces contacts et ces
dialogues fraternels, ils pourront donner les réponses les mieux adaptées
aux problèmes toujours différents d'une personne à l'autre
(63).
8. Président des célébrations
liturgiques et ministre des sacrements. Les prêtres, participant d'une
manière spéciale au sacerdoce du Christ, agissant comme ses
ministres, sous l'autorité de l'Evêque, exercent leur fonction
sacerdotale par-dessus tout dans l'action liturgique et en administrant les
sacrements (64). Ils s'efforceront donc d'acquérir un sens liturgique
profond et ils seront des animateurs convaincus de la vie liturgique dans leurs
communautés (65).
· La Pastorale sacramentelle: En ce qui regarde
le ministère des sacrements, le premier devoir des prêtres est de
procurer, à leur sujet, une connaissance de foi véritable,
particulièrement par le moyen de la catéchèse: il faut
ainsi donner le sens de leur caractère ecclésial, de leur
orientation intrinsèque vers l'Eucharistie, de l'aptitude radicale des
fidèles à les recevoir et à vivre leur grâce propre
en vertu du sacerdoce commun des chrétiens (66). Ainsi sera écartée
l'idée fausse qui fait considérer les sacrements comme agissant
par eux-mêmes, par un effet en quelque sorte magique, indépendamment
de la vie chrétienne.
Etant entendu que les fidèles bien disposés
ont le droit de recevoir les sacrements (67), les pasteurs veilleront à
leur procurer la préparation convenable (68). Il est bon de préciser
ici que la pastorale sacramentelle ne se limite pas au temps qui précède
la célébration, mais continue ensuite, pour accompagner et
conduire à la maturité chrétienne, ceux qui les ont reçus,
en accordant une attention particulière aux néophytes (69). La
communauté a le devoir de créer une ambiance fraternelle pour
accueillir ceux qui reçoivent les sacrements pour la première
fois.
Pour faire croître l'Eglise, il importe de mettre en
valeur le caractère central de l'Eucharistie: c'est par son action et
autour d'elle que la communauté se forme, vit et atteint sa maturité.
Offrant le Saint Sacrifice, "dans une identification spécifique,
sacramentelle, avec le Prêtre Souverain et Eternel" (70), les prêtres
placeront de manière effective le Mystère Eucharistique au centre
de leur propre vie et de celle de leur communauté. Ils n'oublieront pas
que c'est seulement à partir de ce centre vital qu'est l'Eucharistie
qu'ils peuvent annoncer la Parole avec fruit et rassembler la communauté
qui leur est confiée. Ils s'efforceront d'engager les fidèles à
prendre part activement à la Sainte Messe, en offrant la divine victime à
Dieu le Père et en unissant à cette offrande celle de leur propre
existence (71); ils les inviteront à recevoir fréquemment le Pain
de vie, à vénérer et adorer le Christ vivant dans le
Tabernacle (72). Quand, du fait du manque de prêtre, il n'est pas possible
d'assurer la célébration de la S.Messe chaque dimanche dans toutes
les communautés, les pasteurs veilleront à établir un
calendrier des célébrations tantôt dans une communauté,
tantôt dans une autre, de telle sorte que les fidèles aient une
garantie suffisante de pouvoir en bénéficier au moment prévu:
il s'agit en effet d'un domaine essentiel pour leur vie chrétienne.
Dans la situation actuelle, il convient aussi de recommander
aux prêtres "l'exercice diligent, régulier, patient et fervent
du ministère sacré de la Pénitence" (73). Cette
pastorale exige une grande disponibilité et un esprit de sacrifice, mais
elle constitue l'expression la plus élevée de la miséricorde
de Dieu en Jésus-Christ, à travers le ministère de
l'Eglise. Les prêtres s'efforceront de présenter ce sacrement comme
contribuant à la solution des conflits qui existent dans le monde actuel,
dans la mesure où le péché individuel se répercute
toujours dans la vie sociale, avec ses conséquences dommageables pour la
dignité intégrale de l'homme (74).
Dans les Eglises de mission, grâce à une catéchèse
fidèle à la doctrine de la foi et à la générosité
des pasteurs, la pratique du sacrement de la Pénitence reste fréquente.
Il faut surmonter les difficultés qui se rencontrent quant à
l'organisation de ce ministère, en particulier du fait du petit nombre
des ministres, de telle sorte que cette pratique soit maintenue et même
intensifiée. Une programmation précise permettra d'unir les forces
disponibles: en particulier, à l'occasion des grandes fêtes, les prêtres
voisins pourront s'entraider. On doit se souvenir que la confession individuelle
est l'unique forme ordinaire du sacrement pour la réconciliation des fidèles
conscients d'un péché grave, avec Dieu et avec l'Eglise. Quant à
ce qui concer-ne l'absolution collective des pénitents, sans confession
individuelle la précédant, on se souviendra qu'elle ne peut être
donnée que dans des cas précis de péril de mort imminente
ou de grave nécessité; ceci se vérifie quand, étant
donné le nombre des pénitents, on ne dispose pas de confesseurs
suffisants pour entendre, comme il le faut, la confession de chacun dans un
temps convenable, de sorte que les pénitents, sans qu'il y ait faute de
leur part, seraient forcément privés pendant longtemps de la grâce
sacramentelle ou de la sainte communion. Il appartient à l'Evêque
diocésain de juger si les conditions requises par les normes canoniques
sont remplies; en tenant compte des critères établis d'un commun
accord avec les autres membres de la Conférence épiscopale, il
peut déterminer les cas où se rencontre cette nécessité
(75). On ne négligera pas les célébrations pénitentielles
communautaires, en particulier aux temps forts de l'année liturgique; on
formera ainsi les fidèles à comprendre le sens profondément
ecclésial de cette démarche pénitentielle, même
lorsqu'elle ne prend pas une forme sacramentelle.
Tout particulièrement - mais non exclusivement - dans
les territoires où se réalise une première évangélisation
des non chrétiens, les sacrements du baptême et de la confirmation
demandent aussi une attention particulière de la part des prêtres.
A propos du baptême, on doit mettre en évidence
les effets suivants: le pardon des péchés, la filiation divine, la
configuration au Christ et l'incorporation à l'Eglise (76). Au cours de
la préparation, la pastorale devra s'adresser aux parents et aux parrains
quand il s'agit du baptême des enfants, et aux candidats quand ce sont des
adultes(77). On devra valoriser la connexion naturelle entre catéchuménat
et baptême(78). On ne doit pas négliger la pastorale
post-baptismale, car les néophytes ont spécialement besoin d'être
aidés à accomplir fidèlement les devoirs de la vie chrétienne
et à s'intégrer dans la communauté ecclésiale qui
les a accueillis (79).
Au sujet de la confirmation, il importe également
d'insister sur ses effets. Elle fait progresser sur le chemin de l'initiation
chrétienne, elle enrichit des dons de l'Esprit Saint, elle crée un
lien plus étroit avec l'Eglise, elle oblige à s'engager davantage
dans l'apostolat à l'intérieur et au dehors de la communauté
ecclésiale (80). La pastorale devra veiller à la préparation
des confirmands et, ensuite, les accompagner pour que leur vie chrétienne
atteigne sa maturité et pour que leur engagement apostolique, à l'égard
même des non chrétiens, progresse en générosité.
La célébration de la confirmation sera une occasion favorable d'établir
un lien personnel concret entre chacun des candidats et l'Evêque.
· Quelques priorités dans la pastorale
liturgique: dans les Eglises qui progressent vers leur pleine maturité,
la pastorale liturgique présente quelques aspects prioritaires: c'est
avant tout le sens communautaire de la célébration, comme action
du Christ et de l'Eglise (81), à laquelle chaque chrétien est en
mesure de participer,dans la diversité des ordres et des fonctions (82);
c'est, en outre, la nécessité d'une participation active qui
suppose aussi bien une préparation préalable que la conscience de
la signification et de la valeur de l'action liturgique (83). La pastorale
liturgique exige, de plus, que soit assurée une harmonie entre la célébration
et la vie, de telle manière que les fidèles soient capables
d'exprimer dans leurs activités les multiples richesses du mystère
du Christ connu dans la foi (84). Ce type de pastorale exige un notable effort
d'inculturation, pour que les célébrations soient plus facilement
comprises et qu'elles correspondent à la sensibilité des
personnes, dans leur contexte culturel, sans aucunement réduire le sens
imprescriptible du Mystère (85). Les études et les initiatives
dans le domaine de l'inculturation sont à entreprendre au niveau des Conférences
Episcopales, en conformité et en harmonie avec la tradition et les normes
de l'Eglise universelle. Il appartient aux prêtres ayant charge d'âme
de les soutenir avec conviction et de mettre en oeuvre avec courage les
orientations adoptées, en suivant le programme commun établi dans
le diocèse (86). Enfin, ils prendront sérieusement en considération
les célébrations dominicales en l'absence du prêtre. Etant
bien maintenu que la célébration de l'Eucharistie est le centre et
le sommet de la vie chrétienne, reste du moins indispensable aux
communautés éloignées une réunion de prière
chaque dimanche, lorsque par manque du prêtre la Messe ne peut être
célébrée (87). Les Conférences Episcopales et chaque
Evêque intéressé ont le devoir de régler ces célébrations
sur la base des normes de l'Eglise (88), pour ce qui concerne leur contenu, leur
lien avec l'année liturgique, la personne qui doit les présider,
leur déroulement et la nécessité de ne pas les confondre
avec la célébration eucharistique. Il revient aux prêtres de
préparer la communauté intéressée et ses animateurs,
de telle manière que ces célébrations, qui comportent la
proclamation de la Parole de Dieu et, si possible, la distribution de
l'Eucharistie, soient d'authentiques expressions de la prière de
l'Eglise, capables d'aider les fidèles à sanctifier le dimanche et
à faire grandir en eux le désir de participer à la Sainte
Messe.
Les attitudes du prêtre qui préside doivent être
inspirées par une intelligence exacte de la Liturgie (89), mais aussi par
un vrai sens de la dignité qui convient. Cette dignité de la
liturgie s'accorde avec la simplicité et la pauvreté des édifices
et des vêtements, si les célébrations sont accomplies avec
une piété à la fois intérieure et extérieure,
en évitant toute précipitation ou négligence. Ainsi, le président
de l'action liturgique s'applique à l'animer activement, en intervenant
lui-même par les exhortations appropriées prévues par les
rubriques, et en s'assurant qu'interviennent comme il convient les autres
acteurs de la Liturgie, pour les lectures, les chants, les gestes et les moments
de silence. La présidence de l'action liturgique et son animation active
exigent une richesse de vie intérieure, une bonne connaissance
doctrinale, la capacité d'engager les autres dans cette action commune et
le soin de se préparer chaque fois.
L'observance fidèle des normes liturgiques, pour ce
qui regarde les gestes, les paroles, les vêtements, doit être pour
tout prêtre l'occasion de mettre en valeur le sens du sacré, lié
au culte, et de mettre en oeuvre un vrai sens pédagogique. L'Eglise a précisé
divers points à ce propos et tous les prêtres doivent les observer
(90). Cette fidélité aux normes de la célébration,
jointe à l'animation assurée par le président, sera
exemplaire pour la communauté. Les fidèles pourront prendre
conscience de la grandeur des mystères célébrés, en
découvrant la ferveur intérieure des prêtres et en observant
la dignité de leur comportement. Les prêtres doivent se rendre
compte qu'ils manquent à leur rôle de guides du Peuple de Dieu et
qu'ils peuvent désorienter les fidèles quand ils se permettent
avec légèreté de modifier le déroulement de l'action
sacrée en y ajoutant ou retranchant de manière indue, ou de célébrer
sans les vêtements liturgiques, en n'utilisant pas les vases sacrés
ou en dehors des lieux et places prescrits. Tout en reconnaissant les situations
de nécessité et en admettant des exceptions légitimes, les
prêtres seront chaleureusement invités à offrir aux jeunes
communautés de mission des célébrations liturgiques aussi
dignes et ordonnées qu'il est possible. Ils se souviendront enfin que les
célébrations accomplies avec la dignité qui convient
constituent un message et un appel significatifs pour ceux qui s'intéressent
à la foi chrétienne et s'y acheminent.
9. Libération, promotion humaine et choix préférentiel
des pauvres. La promotion humaine est liée à l'évangélisation:
il s'agit, en effet, de l'unique mission de l'Eglise, qui se sent engagée,
de par la volonté du Christ (cf. Mt 25, 41-45; Lc 16, 19-31), à
servir l'authentique développement intégral de l'homme envisagé
individuellement et dans sa dimension sociale; par conséquent, elle est
tenue de dénoncer, quand il y a lieu, les maux et les injustices sociales
qui l'oppriment (91). On doit également se souvenir que la mission spécifique
de l'Eglise "n'est pas d'ordre politique, économique ou social, mais
d'ordre religieux" (92): elle offre en effet "sa pre-mière
contribution à la solution des problèmes urgents du développement,
quand elle proclame la vérité sur le Christ, sur elle-même
et sur l'homme" (93).
C'est dans cette même ligne que l'on peut placer la
question de la libération, ressentie comme plus ou moins urgente, avec
ses implications pratiques, dans les divers secteurs de l'Eglise. Dans le
dessein éternel d'amour du Père, tout homme est appelé à
être en communion avec Dieu, avec le genre humain, et même avec le
monde tout entier, lequel est intimement lié avec l'homme et par le moyen
duquel il arrive a sa fin. Cette communion a été brisée par
le péché; elle a été restaurée par le Christ,
selon la promesse du salut que Dieu a annoncé d'avance dès les
origines de l'humanité (cf. Gn 3,15;
Rm 5, 20-21). Par sa mort et sa résurrection, le
Christ a libéré l'homme du péché et de ses conséquences,
l'oppression, l'égoïsme et l'injustice, au plan individuel et au
plan social; il a restauré la communion, et il offre à tous le
salut. A l'exemple du Christ, l'Eglise proclame cette même libération
et elle s'efforce d'aider l'homme à la conquérir dans tous les
domaines de son existence. Il est nécessaire que, dans les territoires de
mission, les prêtres aient une conscience claire et précise de
cette question et qu'ils connaissent exactement les éléments
essentiels d'une théologie de la libération conforme à
l'enseignement du magistère de l'Eglise (94): ils pourront ainsi apporter
une contribution valable au niveau de la pensée et de l'action, sans
tomber dans une idéologie partisane.
Porter les valeurs de l'Evangile et du Royaume dans le champ
économique, social et politique est le devoir spécifique des laïcs
(95). Le devoir des prêtres est de les préparer à ces
engagements et de les assister, mais aussi de les encourager et de les stimuler
à assumer les responsabilités qui leur sont propres dans le
domaine des réalités temporelles (96). Les prêtres
manifesteront courage et équilibre dans ce secteur de leur apostolat.
Pour exercer une pastorale efficace de la libération,
de la promo-tion humaine et de la justice, les prêtres s'efforceront
d'acquérir une connaissance complète de la doctrine sociale, des
directives et des choix pastoraux de l'Eglise. Ils sauront être proches de
leur peuple quand il est oprrimé par ceux qui détiennent la
richesse et le pouvoir; ils garderont à son égard une attitude de
solidarité et d'accueil, et favoriseront une conscientisation, de telle
sorte que les situations d'injustice sociale ne soient pas subies passivement.
Les pasteurs ne resteront pas inactifs devant les difficultés inévitablement
liées à cette pastorale.
Il faut aussi se souvenir du problème grave des réfugiés
à cause de la guerre ou des calamités naturelles. Les épreuves
résultant de l'exil, de la désagrégation des familles, de
l'isolement, ou même l'extrême misère entraînent fréquemment
l'écroulement des idéaux, la perte de toute confiance et le désespoir.
La foi religieuse est un précieux soutien pour reconstruire une vie. Le
prêtre est souvent le premier à subir l'impact de ces situations,
avec les difficultés qui leur sont liées, telles que la
concentration d'une population, la promiscuité dans les camps de
regroupement, tandis que les jeunes vont à la dérive. Dans ces
cas, les prêtres doivent faire preuve d'une particulière sensibilité;
ils doivent être préparés en vue d'un service pastoral adapté.
Quand ils devront prendre des initiatives en vue du développement,
en particulier lorsqu'il s'agit de dénoncer publiquement des injustices,
les prêtres agiront ensemble et non individuellement et isolément;
ils suivront le programme élaboré au plan du diocèse et
approuvé par l'Evêque. Ils ne perdront pas de vue que certaines
interventions disproportionnées faites à titre personnel, en
particulier dans le domaine socio-politique, risquent d'écarter le prêtre
du plan qui lui est propre, celui de la charité pastorale, de
compromettre la crédibilité de sa mission, de désorienter
les fidèles, et de porter préjudice à son apostolat.
Les demandes d'aide matérielle adressées aux
autres Eglises ou aux pouvoirs publics seront toujours faites avec l'approbation
de l'Ordinaire et selon un programme établi au plan du diocèse,
afin de garantir une saine péréquation entre les communautés
paroissiales.
Parmi les exigences évangéliques prend place
avant tout la charité à l'égard de tous, exigeant une
attention particulière aux pauvres. L'Eglise réaffirme son choix -
et son amour - préférentiel des pauvres; elle demande aux prêtres
d'agir en accord avec ce choix. Il ne s'agit pas d'un choix exclusif, mais d'une
expression particulière du primat de la charité. Il faut comprende
aujourd'hui parmi les pauvres non seulement ceux qui n'ont rien, mais aussi
certaines catégories, en réalité nombreuses, de marginalisés
ou de personnes en grave difficulté, comme les handicapés, les
gens sans emploi, les émigrants, les réfugiés, les drogués,
etc. (97). Que les prêtres se montrent proches de ces frères,
prenant sincèrement part à leurs difficultés et à
leurs épreuves, voyant en eux le visage souffrant du Christ (cf. Mt
25,40).
En réalisant une oeuvre de développement
social, les prêtres resteront convaincus que l'évangélisation
s'accomplit par le rayonnement des valeurs de l'Evangile, et non pas par la
puissance des moyens économiques. En sauvegardant la mission de l'Eglise
ils éviteront d'éveiller des intérêts trop terrestres
chez les fidèles et chez ceux qui s'orientent vers le christianisme.
10. Artisan de la collaboration. Le service pastoral est une
action de l'Eglise, communautaire, organisée hiérarchiquement à
des niveaux divers de compétence (98).
Les prêtres ont le devoir de remplir leur service
pastoral dans un esprit d'Eglise, profondément insérés dans
la communauté, en union avec l'Evêque et dans l'obéissance à
son égard, et en étroite collaboration avec les autres agents de
la pastorale; ils éviteront ainsi d'agir d'une manière autonome et
individualiste; ils sauront guider et accompagner la communauté dans la réalisation
d'un plan d'action, avec patience et souplesse.
Cet engagement des prêtres au plan diocésain se
manifeste aussi à travers leur insertion dans les divers conseils et
organismes. Ils vivront cette participation en s'impliquant généreusement
en vue de la croissance de toute la famille diocésaine.
Dans le cadre de la paroisse, il revient au curé
d'organiser la coopération entre tous les agents de la pastorale: les prêtres,
les diacres, les religieux et les laïcs (99). Il faut encourager l'effort
poursuivi en vue de promouvoir l'unité entre tous ceux qui sont engagés
à temps plein, grâce à des rencontres fréquentes et régulières
d'information, de programmation, de vérification et de recherche des
meilleurs moyens d'action.
Il faut encore, dans un climat de confiance, promouvoir dans
la paroisse les organismes de participation qui sont prévus par le droit
canonique tels que le Conseil pastoral (100) et celui des affaires économiques
(101), ainsi que d'autres initiatives d'ordre communautaire, comme les petites
communautés ecclésiales, les associations et les mouvements. Il se
trouve que dans certaines cultures, la petite communauté est à la
base de la structure sociale et peut constituer un cadre idéal pour la
vie chrétienne elle-même. Ces communautés de base seront
vraiment ecclésiales si elles réalisent une communion et une coopération
avec l'Eglise et ses pasteurs, au plan de la doctrine, de l'organisation et des
initiatives apostoliques (102). La sagesse du prêtre le portera à
favoriser la coopération pratique des divers groupes, en esprit d'unité,
mais aussi dans le respect des caractéristiques propres à chacun
et de sa juste autono-mie.
Au niveau diocésain tout comme paroissial, mérite
une considération spéciale la collaboration entre le clergé
local et les missionnaires venus d'autres nations, dont un grand nombre sont
religieux. Ceux-ci exercent leur action en vertu d'un mandat universel de
l'Eglise, confié par l'Autorité Suprême, et d'une convention
particulière avec l'Ordinaire du lieu. Leur présence est un don précieux
pour l'Eglise missionnaire, et réalise un échange de charité
entre les Eglises particulières. Ces missionnaires sauront s'intégrer
dans la société et s'insérer dans l'Eglise où ils
sont situés: ils font partie de celle-ci de plein droit et, s'ils sont prêtres,
ils sont membres du presbyterium. Ils dépendent entièrement du
pasteur de cette Eglise en ce qui regarde l'activité pastorale, tout en
vivant et en travaillant conformémement au charisme spécifique
exprimé dans leurs constitutions (103). Les prêtres qui
appartiennent à l'Eglise locale, surmontant tout esprit de faux
nationalisme, vivront en communion avec eux et ils sauront valoriser leur coopération
apostolique, qui,dans certains cas est non seulement utile et répond à
des besoins manifestes, mais est proprement indispensable. Les missionnaires, de
leur côté, favoriseront le développement des ressources
apostoliques locales. Entre ces Instituts et le Clergé local se développera
une coordination bien réglée de l'action pastorale, sous la
direction de l'Evêque; tous y garderont le sens de l'unité nécessaire
entre les divers groupes dans le respect de leurs caractéristiques et de
leurs finalités propres (104).
Pour promouvoir la pastorale d'ensemble, qui est d'une
importance capitale dans l'activité missionnaire, les prêtres
doivent travailler sur la base d'une sage planification, au moins au niveau du
diocèse et de la paroisse. Cela suppose la mise en oeuvre d'une méthode
éprouvée: connaître la réalité pastorale et déterminer
des objectifs généraux et spécifiques, des critères
d'évaluations, une stratégie, et des modes pratiques d'action.
Pour que la planification ne reste pas théorique, ils préciseront
le but à atteindre, les initiatives à prendre, les responsabilités
à déterminer, les moyens à employer, les lieux et moments
pour agir, etc. Ces programmes seront soumis à une révision régulière.
11. Le Pasteur travaillant à l'évangélisation
de la culture. L'Evangile transcende toutes les cultures et ne s'identifie à
aucune d'elles (cf. Jn 18,36). Cependant, le Royaume qu'annonce l'Evangile est vécu
par des hommes profondémment liés à une culture, et la
construction du Royaume ne peut se faire en laissant de côté les éléments
culturels. Ce secteur important a une profonde signification dans l'évangélisation
missionnaire, qui se situe en effet dans la ligne de l'Incarnation du Verbe.
L'Eglise a le devoir non seulement d'évangéliser les cultures,
mais aussi de favoriser et d'accueillir toutes les ressources, les richesses
humaines et religieuses, les coutumes des peuples, dans la mesure où
elles sont bonnes; elle doit porter la Bonne Nouvelle à tous les niveaux
de l'humain, pour les transformer du dedans, les purifier des éléments
négatifs, anciens et nouveaux, de telle sorte que le message évangélique
puisse s'exprimer à travers des expressions intelligibles et valables.
L'inculturation est d'abord le fait des Eglises particulières,
comprises comme communautés vivant une expérience quotidienne de
foi et d'amour. Les spécialistes peuvent la stimuler et la guider; ils
n'en sont pas les acteurs principaux. De plus, l'inculturation ne peut être
réalisée par une seule communauté: elle ne peut être
effectuée que par un ensemble d'Eglises vivant dans une aire culturelle déterminée.
L'inculturation, enfin, n'est pas une action accomplie une fois pour toutes:
c'est l'intégration permanente de l'expérience chrétienne
dans une culture, qui n'est elle-même ni stable ni achevée.
Il faut se souvenir que l'Evangile, durant des siècles,
a pénétré tant de cultures différentes, assumant
leurs valeurs, qui sont devenues des valeurs humaines universelles, éléments
capables de répondre aux requêtes de toute culture. Cette
conviction stimule et guide l'inculturation du message évangélique
en toute culture particulière. Il faut tenir compte de ce fait, dans le
discernement des éléments d'une culture, pour ne pas aboutir à
une oeuvre de démolition et priver ainsi un groupe humain d'un héritage
culturel qui appartient au patrimoine de toute l'Eglise.
Les prêtres s'engageront avec confiance dans ce
domaine très exigeant de leur apostolat; ils apprendront à porter
sur leur propre culture un jugement équitable, c'est à dire à
distinguer les valeurs, les déficiences ou les erreurs, et à
discerner les conséquences du péché, de telle sorte qu'ils
ne prennent pas pour une véritable valeur n'importe quelle expression
culturelle.
Ils garderont présent à l'esprit que
l'inculturation ne doit pas compromettre l'unité de l'Eglise, mais
qu'elle doit toujours partir, comme de sa base, de la Sainte Ecriture et se développer
en demeurant attachée à la Tradition, en accord avec les
orientations et les directives du Magistère vivant (105). Pour que
l'inculturation atteigne son but et que les fidèles ne soient pas désorientés,
les prêtres agiront en union avec l'Evêque et avec les autres prêtres,
suivant un programme commun, établi au niveau de la Conférence
Episcopale (106).
Dans ce contexte on ne peut ignorer le rôle de la
religiosité populaire catholique présente dans le pays. Considérée
comme un ensemble de valeurs, de croyances, d'attitudes appartenant à la
religion catholique, la religiosité populaire est un milieu privilégié
de dialogue entre l'Evangile et la culture. Elle exprime la sagesse d'un peuple.
Par conséquent, pour évangéliser à fond une culture,
il importe d'accorder une réelle importance à cette religiosité.
Les prêtres veilleront avec soin à ce que la religiosité
populaire se nourrisse d'une connaissance authentique du message chrétien
et ne tombe pas dans la magie, la superstition, le fatalisme ou une autre forme
déviée de religiosité (107).
12. Ami et guide des jeunes. Les jeunes sont une part
vivante et active de l'Eglise; ils sont au centre de ses préoccupations
et de son amour; ils sont son espérance (108). Convaincue que la jeunesse
est elle-même une richesse (109) et que les jeunes influent de manière
décisive sur la construction de la société (110), l'Eglise
les confie de manière préférentielle à l'attention
pastorale des prêtres (111), afin que soient formés des hommes et
des femmes d'une forte personnalité humaine et chrétienne (112).
Dans les jeunes communautés ecclésiales, situées pour la
plupart dans un contexte humain comportant une forte proportion de jeunes, cette
pastorale doit être considérée comme prioritaire et n'être
négligée à aucun prix pour le présent et pour
l'avenir de l'Eglise (113). Les prêtres prépareront les jeunes à
travailler à l'oeuvre de l'évangélisation. On peut parler
avec raison d'apostolat de l'espérance quand les jeunes sont évangélisés
et deviennent eux-mêmes des protagonistes de l'évangélisation
de leurs contemporains non chrétiens (114).
Les attitudes de prêtres en relation avec les jeunes
doivent être bien adaptées à cette pastorale; elles seront
caractérisées par un amour sincère et une grande
disponibilité: il faut tout d'abord accepter, même si cela nous dérange,
de sympathiser avec leurs aspirations et de partager leur idéal, leurs
points de vue valables, leurs problèmes et leurs activités. Mais
les prêtres doivent aussi être capables de stimuler et de guider les
jeunes pour qu'ils soient capables d'un jugement critique; ils pourront ainsi
affronter des situations difficiles, comme, par exemple, la rencontre d'une
culture sécularisée et souvent athée en relation avec une
idéologie aliénante, les tensions provoquées par les
injustices sociales, la diffusion de la drogue et la permissivité
sexuelle, le chômage et autres situations semblables. Les prêtres
resteront proches des jeunes pour les éclairer et les guider au milieu de
ces écueils; ils les aideront à se former dans un climat de
confiance, à surmonter les contradictions qu'ils portent en eux-mêmes,
à former des projets de vie positifs et à s'y engager de manière
cohérente. Ils devront donc se mettre à la portée des
jeunes, leur consacrer beaucoup de temps, leur montrer beaucoup d'intérêt,
leur offrir une relation d'amitié. Ils leur proposeront la pratique de la
direction spirituelle, qui exerce une influence profonde durant les années
de jeunesse. Les prêtres garderont présente à la pensée
la conviction que l'Eglise a beaucoup de choses à dire aux jeunes, et que
les jeunes ont aussi beaucoup à dire à l'Eglise (115)
Il est nécessaire de réunir les jeunes en
groupes masculins, féminins ou mixtes, en valorisant les structures
scolaires, les associations et les mouvements, ou en provoquant la formation de
groupes spontanés. Les prêtres n'oublieront pas que les jeunes ont
besoin, pour grandir ensemble, de partager entre eux, de se soutenir
mutuellement et de réaliser quelque chose de valable. Aussi les prêtres
devront-ils acquérir une bonne connaissance de la dynamique des groupes;
ils prendront soin, en particulier, de la formation des dirigeants des groupes
des jeunes.
Au niveau diocésain, on se préoccupera de
constituer une organisation capable de promouvoir la pastorale des jeunes, avec
des prêtres soigneusement préparés, chargés de ce
ministère, qui seront disponibles pour intervenir dans les paroisses ou
les groupes avec un apport de qualité.
Les prêtres seront attentifs à un phénomène
actuel particulier, qui influe sur la transmission du message: un grand nombre
de jeunes, d'une part, demandent à être considérés
comme s'ils étaient dèjà parvenus à l'âge
adulte, et, d'un autre côté, ils se réfèrent à
des critères étrangers à toute maturité, qu'ils
affirment ceux de la jeunesse, pour juger la vie. Ainsi se présente un
problème de déséquilibre qui, là où il
existe, doit être pris en considération, pour en éviter les
conséquences et aider à le surmonter.
La pastorale de la jeunesse ne se limite pas aux jeunes:
elle concerne toute la communauté chrétienne. Il s'agit de former
la communauté chrétienne et de l'aider pour qu'elle comprenne les
attentes des jeunes et qu'elle en tienne compte, pour qu'elle donne aussi elle-même
un témoignage d'honnêteté au plan humain et de cohérence
dans la foi, pour qu'elle intègre les jeunes dans sa vie, en un mot, pour
qu'elle se considère comme n'étant pleinement une communauté
humaine et chrétienne qu'avec la présence vivante et l'apport
dynamique de la jeunesse. Les adultes et les jeunes, étroitement unis et
capables d'un échange réciproque de valeurs diverses, forment la
communauté chrétienne réelle et complète.
13. Promoteur des vocations. Les prêtres ont un rôle
unique et inaliénable au plan de la pastorale des vocations. Convaincus
que l'Esprit Saint continue de distribuer avec grande libéralité
le charisme des vocations particulières, et que le Christ continue à
appeler les jeunes parce qu'il les aime (cf. Mc 10,2) (116), les prêtres
prendront volontiers à coeur l'accompagnement des jeunes pendant la période
délicate et décisive d'une recherche vocationnelle.
La pastorale des vocations commence dans la communauté
chrétienne avec l'invitation à la prière et le témoignage
de vie chrétienne. La communauté, dans la diversité des
services, des fonctions et des charismes joue un rôle important, en esprit
de coresponsabilité, pour la naissance des vocations. Cette pastorale
engage les familles et les écoles, dans la mesure où les parents
et les enseignants sont des éducateurs dans la sphère du choix de
vie (117). Mais les principaux interlocuteurs dans le dialogue vocationnel sont
les enfants et les jeunes eux-mêmes: les prêtres doivent d'une manière
particulière leur adresser un appel et les aider à trouver la lumière
dans tout l'éventail des vocations.
Ainsi, quand un jeune manifeste une réelle maturité
dans sa vie chrétienne et se montre sensible à la possibilité
d'une vocation au sacerdoce, à la vie consacrée ou à
l'engagement missionnaire, le prêtre s'adressera à lui avec délicatesse
et l'accompagnera individuellement au plan d'une direction spirituelle
attentive. A l'exemple de Jésus, il ne craindra pas de l'interpeller, en
lui faisant la proposition explicite d'un choix de vie totalement consacrée
à Dieu pour un service apostolique (cf. Mt 4, 19-20; 19,21; Jn 1,39,
42-43). Il gardera cependant présent à l'esprit que la meilleure
proposition émane de sa propre vie cohérente et heureuse. De plus,
il évitera de mettre en avant, parmi les motivations vocationnelles,
l'aide apportée aux pauvres, sans souligner ce point essentiel et décisif
pour toute vocation sacrée: la personne même de Jésus-Christ
à aimer et à suivre pour coopérer au salut des hommes. Les
prêtres n'oublieront pas que les vocations à une vie consacrée
naissent et se développent seulement dans un climat de vie chrétienne
intense.
Un point important dans la pastorale des vocations consiste à
aider le jeune à évaluer ses propres motivations vocationnelles.
Il faut veiller à la qualité des candidats et éviter que
les maisons de formation se remplissent de jeunes dont la vocation est
insuffisamment éprouvée. Chaque Evêque a la responsabilité
de déterminer des critères en vue du discernement des vocations,
en tenant compte de la maturité humaine et spirituelle, de la capacité
intellectuelle et des dispositions concernant l'esprit de service et
l'engagement social. Parmi les critères de discernement de la vocation au
presbytérat, il faut inclure, comme disposition essentielle, le sens
missionnaire et la disponibilité pour l'annonce de l'Evangile aux non chrétiens.
Il sera utile d'autre part, de s'insérer dans un programme vocationnel
diocésain et national, en recourant aux organismes et aux formes d'aide
adaptées, et en participant à des initiatives communes.
Font partie de la pastorale des vocations l'accueil et le
soutien des séminaristes durant les vacances en famille ou pendant des périodes
qui s'inscrivent dans un programme d'expérience pastorale. Les prêtres,
tout particulièrement les Curés, sauront être proches d'eux
et les accompagner dans leur vie de prière et dans leurs expériences
apostoliques, en accord avec les orientations éducatives du séminaire.
Les prêtres manifesteront spécialement cette disponibilité
et apporteront cette aide à l'égard des diacres durant l'année
de pasto-rale, qui constitue un temps fort de formation et d'initiation au
ministère.
14. Attentifs à la vocation spécifique des laïcs.
Le souci des laïcs est au coeur de l'Eglise, qui souligne avec insistance
leur vocation à la sainteté et la triple fonction prophétique,
sacerdotale et royale des baptisés et confirmés (118).
Les prêtres auront une attitude d'ouverture et
d'attention à l'égard des laïcs et se considéreront
comme eux disciples du Seigneur. Dans l'accomplissement de leur ministère,
ils n'oublieront pas que, chargés de fonctions différentes, ils
sont ensemble, avec les laïcs, membres du même et unique Corps du
Christ, dont l'édification est la tâche de tous (cf. Rom 12, 4-10)
(119).
La pastorale en faveur des laïcs tient compte avant
tout de leur caractère séculier. Par vocation ils cherchent le Règne
de Dieu en s'occupant des choses temporelles. Ils vivent dans le siècle,
engagés dans la condition ordinaire de la vie familiale et sociale, mais
ils sont appelés par Dieu, étant à l'intérieur du
monde et agissant comme un ferment, à la sanctification de ce monde, guidés
par l'esprit évangélique (120). Dans les Eglises situées
dans des ensembles humains où les chrétiens sont en minorité,
la présence des laïcs baptisés revêt une signification
particulière: ils peuvent donner un témoignage plus facilement
perceptible de la force et de l'actualité du message évangélique
(121).
L'action des laïcs se révèle aujourd'hui
particulièrement précieuse et nécessaire pour que le
service missionnaire de l'Eglise se développe toujours plus largement et
engage solidairement tous les baptisés. Dans cette perspective, la
formation d'un laïcat adulte et bien engagé se présente comme
un élément fondateur essentiel et irremplaçable pour
l'implantation et le développement de l'Eglise (122).
Les prêtres s'efforceront de garder vivant, dans la
conscience de leurs fidèles, le grave devoir d'être des messagers
de l'Evangile et les animateurs de l'ordre temporel, solidaires de leurs
concitoyens, dans un esprit de charité et avec la force de l'Evangile
(123).
Au plan de l'apostolat des laïcs, les prêtres se
feront les promoteurs convaincus du laïcat, formant les laïcs de manière
adaptée, les animant pour qu'ils s'engagent avec ardeur, poussés
par un esprit vraiment chrétien (124). Ils les insèreront dans les
conseils et les autres organismes, ils leurs confieront des charges dans la
communauté, conformémement à leur vocation propre et leurs
dons particuliers (125). Ils ne se substitueront pas aux laïcs;ils les
encourageront dans leurs activités, étant convaincus que la
croissance de l'Eglise, spécialement en mission, passe par la présence
dynamique d'un laïcat toujours mieux préparé et vraiment
responsable.
La présence des femmes dans la pastorale mérite
une attention spéciale. En vertu des valeurs propres à la féminité
(126), la femme intervient avec plus de pertinence dans certains domaines, où
sa présence doit être mise en valeur, comme la vie familiale, l'éducation
des jeunes, les oeuvres d'assistance et de charité, etc. ou des domaines
dans lesquels il n'est pas souhaitable qu'un homme, plus particulièrement
un prêtre, intervienne. La collaboration pastorale avec les femmes exige
des prêtres beaucoup de maturité et de réserve. La direction
immédiate des activités regroupant des femmes sera confiée
de préférence à l'une d'entre elles.
15. Apôtre de la famille. La famille chrétienne
a le privilège d'être image de Dieu-Amour. Cet amour qui engage la
personne en tant que corps et esprit, unit l'homme et la femme dans le couple et
devient ainsi principe de fécondité (cf. Ep 5,25-32). La famille
est "la première cellule vivante de la société"
et "le sanctuaire domestique de l'Eglise" (127), elle a été
défendue par Jésus pour ses valeurs originaires et immuables (cf.
Mt 19, 4-8). Partout, la famille se trouve dans une situation complexe,
comportant tout ensemble une part de lumière et une part d'ombre; dans
les pays de mission, elle doit faire face à des problèmes
particuliers posés par les conditions sociales, les influences
culturelles, et aussi les convictions religieuses. L' Eglise est consciente des
grands défis qu'affronte la famille chrétienne en notre temps
(128); elle réaffirme sa prédilection pour elle, la confiant aux
soins des pasteurs comme une de leurs obligations prioritaires (129).
La sollicitude pour les familles est un des principaux
devoirs du curé; doivent collaborer avec lui dans cette tâche les
autres prêtres, les diacres, les religieux et des laïcs bien préparés
(130). Le lieu privilégié où s'exerce immédiatement
la pastorale familiale est la communauté paroissiale, avec sa force de
communion, et, plus spécifiquement, la famille chrétienne, en
raison de la grâce reçue dans le sacrement (131).
La pastorale familiale commence avec la pastorale des fiancés,
dans ses expressions plus éloignées ou plus proches du mariage. La
préparation éloignée commence déjà avec la
catéchèse des jeunes. La préparation plus proche relève
des pasteurs, avec la collaboration de personnes qualifiées. La pastorale
de la préparation immédiate relève expressément de
la charge des prêtres, car elle se réfère de près au
sacrement. Les prêtres assureront cette préparation au mariage par
des rencontres où ils s'adressent personnellement aux fiancés,
soit à chacun individuellement, soit en groupe (132). Ils éveilleront
tout particulièrement leur attention, sur la signification du sacrement,
sur l' appel des époux à la sainteté et sur les devoirs de
leur état. Dans certaines cultures, qui doivent être protégées,
les familles transmettent elles-mêmes aux jeunes les valeurs humaines et
chrétiennes de la vie matrimoniale et familiale.
Dans la célébration liturgique du mariage, les
époux signifient le mystère, auquel ils participent, de l'union et
de l'amour fécond entre le Christ et l'Eglise (Eph 5,32) (133). Il est
opportun, dans la mesure du possible, que cette célébration
sacramentelle revête une forme solennelle, étant située de
préférence un jour de fête, ou suivant un calendrier diocésain,
en présence de la communauté et avec sa participation active et
responsable. Ce service pastoral s'exercera encore en mettant en valeur la
Liturgie de la Parole, en vue de l'éducation de la foi des participants
(134).
La pastorale post-matrimoniale sera le fait de toutes les
composantes de la communauté; elle aidera les époux à vivre
toujours mieux leur vocation et leur mission. Les prêtres suivront de près
les nouvelles familles, les aidant à accueillir, avec une conscience éclairée,
la grâce propre et toujours actuelle du sacrement, à vivre en
esprit chrétien les moments heureux et à surmonter les inévitables
difficultés de la vie, à accueillir tout particulièrement
les enfants, en assumant, en pleine conscience de leur responsabilité et
avec joie, le devoir de servir leur croissance humaine et chrétienne
(135).
Alors que se diffusent des théories contraires à
l'enseignement de l'Eglise sur la transmission de la vie, souvent intégrées
dans la législation civile, les prêtres ont le devoir difficile et
digne d'éloge d'aider les fidèles chrétiens à être
conscients de leur devoir de "coopérateurs de l'amour de Dieu créateur"
et à l'accomplir fidèlement (136). Il faut poursuivre un effort
commun, persévérant, organisé au niveau du diocèse
(137) pour que dans les jeunes communautés chrétiennes se développe
une éducation à la transmission responsable de la vie conforme à
la doctrine traditionnelle et saine de l'Eglise. Souvent encore, dans les
territoires de mission, certaines valeurs culturelles favorisent la tâche
de l'Eglise dans cette pédagogie matri-moniale.
Les secteurs qui doivent être l'objet d'une attention
particulière de la part du Pasteur sont les suivants:
· former les fidèles, en particulier les fiancés
et les jeunes époux, avec le concours de personnes qualifiées et
moralement intègres, grâce à des enseignements et des
contacts personnels, pour les éduquer à une vraie paternité
responsable en accord avec la foi chrétienne, en utilisant une méthode
naturelle (138);
· montrer de manière exacte le sens et la valeur
de la chsteté conjugale (139);
· combattre énergiquement la plaie de
l'avortement (140);
· promouvoir la plus grande prudence et une ferme adhésion
à l'enseigenemnt du Magistère pour tout ce qui relève des
problèmes d'ordre biomédical, qu'il s'agisse des interventions sur
le patrimoine génétique, ou des questions concernant la fécondation
artificielle, etc. (141).
Les pasteurs aideront les familles chrétiennes à
vivre en accord avec leurs engagements chrétiens, même dans un
contexte indifférent ou contraire, à s'entraider avec amour, dans
un esprit de sacrifice et avec l'aide de la prière en commun et à
témoigner authentiquement de l'Evangile dans la société. La
visite des familles est une partie impor-tante du ministère pastoral. Le
prêtre sera sérieusement préparé à cet
apostolat et il se comportera envers les familles comme "un père, un
frère, un pasteur et un maître" (142) sans faire de préférence,
sinon en faveur des plus pauvres et de ceux qui vivent des moments particulièrement
difficiles.
Les jeunes Eglises sont affrontées à des problèmes
particuliers concernant le mariage et la famille, du fait de la culture ou de la
situation religieuse locale. Il s'agit des unions de fait, acceptées par
la société, mais non régularisées devant l'Eglise,
soit parce que l'époux n'a pas payé entièrement le dot,
soit parce qu'on attend afin de vérifier si l'union est féconde,
ou pour une autre raison de caractère juridique ou relevant de la
coutume. De plus, il y a des cas assez fréquents de polygamie, de mariage
mixte avec disparité de culte et, dans certaines régions, la plaie
du divorce. L'attitude du pasteur à l'égard de ces diverses unions
est délicate et difficile à préciser. Il appartient aux Evêques,
ayant entendu l'avis des autres membres de la Conférence Episcopale, de
préciser les critères du comportement pastoral, en appliquant aux
circonstances particulières les directives générales édictées
par le Pontife Romain (143). Celles-ci, même lorsqu'elles excluent de
l'admission aux sacrements, manifestent et inspirent un amour profond et un
grand respect à l'égard de tous. C'est en particulier : une solide
éducation des jeunes quant à la cohérence de la vie en
accord avec les devoirs du mariage chrétien, la compréhension sans
rigidité envers les personnes ainsi engagées hors du mariage chrétien
par faiblesse ou du fait de pressions extérieures, l'assistance accordée
à ces couples pour les aider à ne pas perdre l'espérance et
à vivre au moins dans la mesure du possible la vie chrétienne, à
éduquer religieusement leurs enfants et, si possible, à régulariser
leur union. On observera fidèlement les normes canoniques qui concernent
les cas de mariage mixte (144) et la "sanatio in radice" (145).
16. Proche des malades et des personnes âgées.
Les malades et les personnes âgées ont besoin d'une attention
particulière de la part de la communauté, spécialement de
la part des pasteurs (cf. Mt 25, 36-43; Mc 16,18; Lc 9,11). Les uns et les
autres font l'expérience de la fragilité physique et psychique, et
de la souffrance dans sa double dimension spirituelle et corporelle.
Les prêtres entreront en relation avec les malades en
ayant à leur égard des sentiments de fraternelle compassion; ils
les considéreront comme une portion particulièrement précieuse
du troupeau qui leur est confié. Ils les suivront de près, avec
une grande fidélité; ils les aideront à comprendre l'amour
infini du Coeur du Christ (cf. Mt 11,28), la solidarité chrétienne
et le sens du mystère de la Croix accueilli dans la foi. Ils les
encourageront à trouver force et espérance dans la prière
et dans l'offrande de leur souffrance pour la rédemption du monde, en
union avec la passion du Christ: "Je complète dans ma chair ce qui
manque à la passion du Christ pour son corps qui est l'Eglise" (Col
1,24).
Avec ce soutien de la foi, les malades peuvent garder en eux
"la joie de l'Esprit Saint au milieu de multiples tribulations" ( 1 Ts
1,6) et être des témoins crédibles de l'espérance chrétienne
aussi bien parmi leurs frères qu'auprès de ceux qui ne croient pas
encore au Seigneur. On donnera ainsi une grande importance à une action
pastorale auprès des malades et de ceux qui sont dans l'épreuve,
mais aussi avec leur propre participation (146).
L'Eucharistie fréquemment reçue est le plus
beau don et le meilleur soutien que le prêtre peut offrir aux malades et
aux personnes âgées. Avec l'Eucharistie il leur rappelle que dans
la lumière de la Résurrection du Christ, la souffrance et la mort
prennent le sens d'une victoire. C'est la réponse de la sagesse chrétienne
au grand désir de vaincre la souffrance et la mort qui existe si
souvent,et qui est, tout spécialement aujourd'hui, stimulé par les
progrès technologiques. Ainsi encore les personnes âgées
sont aidées à surmonter la douloureuse expérience de
l'accroissement des limites et, en certains cas, celle de la solitude et de
l'abandon. Les prêtres se préoccuperont de cette assistance aux
personnes âgées pour qu'elles sachent donner une valeur à
cette période de leur vie, qui comporte une mission spécifique et
originale en raison même de l'âge. La personne âgée,
dans l'Eglise et dans la société, peut être justement
qualifiée comme "témoin de la tradition de foi (cf. Ps 44,2;
Ex 12, 26-27), maître de vie (cf. Si 6,34; 8,11-12),
artisan de charité" (147). De plus, les personnes âgées
seront invitées à terminer leur vie de manière positive et
féconde. Il faut encourager les cultures qui manifestent une vénération
particulière à l'égard des "anciens" et qui les
maintiennent profondément insérés dans la famille comme "témoins
du passé et inspirateurs de sagesse pour les jeunes face à
l'avenir" (148).
L'administration du sacrement des malades et du S. Viatique
constitue un temps fort de la pastorale des malades et des personnes âgées.
Les prêtres veilleront à offrir cet important ministère
(149) sans attendre les derniers moments; ils procéderont volontiers,
lorsque cela est possible et conforme aux dispositions établies par l'Evêque,
à l'onction des malades célébrée communautairement,
pour plusieurs personnes âgées ou malades, avec la participation
des familles et, si possible, celle de la communauté chrétienne
elle-même.
Afin de promouvoir la pastorale des malades et des personnes
âgées, on engagera dans ce service des laïcs convenablement préparés
et officielement mandatés, comme ministres extraordinaires de
l'Eucharistie, ou chargés d'autres services au plan caritatif (150). En même
temps, le prêtre maintiendra toujours un contact personnel, qui est
irremplaçable.
Dans ce contexte, il paraît utile d'ajouter un
encouragement concernant la pastorale relative aux défunts, qui demande
une attention délicate. Partout, mais spécialement dans les sociétés
où le culte des morts et particulièrement celui des ancêtres
prend une grande place, les pasteurs accompagneront les familles au moment
douloureux de la mort d'un de leurs membres et ils veilleront à mettre en
valeur la célébration des obsèques, en invitant à y
participer, si possible, la communauté chrétienne. Ils feront de
telle sorte que soit vivement exprimé le sens d'une participation de
l'Eglise à cette épreuve et la signification pascale de la mort,
dans la lumière de la foi chrétienne (cf Rom 6, 3-9; 1 Cor 15,
20-22; 2 Cor 4, 14-15; Ap 14,13); ils tiendront compte des traditions
culturelles en ce qui regarde certaines expressions symboliques, comme la
couleur des ornements, les chants, le lieu et la forme de la sépulture
(151). C'est une occasion privilégiée de faire vivre aux fidèles
une profonde expérience de la communion des saints, et de présenter
une catéchèse adaptée concernant les fins dernières
et les suffrages pour les défunts. C'est aussi l'occasion de témoigner,
auprès des non chrétiens, de la foi des baptisés au Christ
vainqueur de la mort, et à la vie éternelle.
17. Artisan de l'oecuménisme. L'existence de
divisions entre les chrétiens "non seulement contredit ouvertement
la volonté du Christ, mais encore constitue un scandale pour le monde et
nuit à la cause très sainte de la prédication de l'Evangile
à toutes les créatures" (152); elle retarde la "pleine réalisation
de l'unité catholique" (153).
Les prêtres seront des artisans convaincus de l'oecuménisme;
ils garderont l'espérance que la prière de Jésus sera exaucée
"que tous soient un" (Jn 17,21); ils ne se laisseront pas décourager
par les obstacles et les incompréhensions qui subsistent en certains
endroits. En même temps, les prêtres exposeront à leurs fidèles
la vérité catholique intégralement et clairement (154); ils
ne tomberont pas dans le relativisme et ils veilleront à éviter
toute ambiguïté dans l'enseignement de la foi et le comportement, même
avec de bonnes intentions.
En ce qui concerne les initiatives du mouvement oecuménique,
les prêtres observeront les directives de l'Eglise, en particulier celles
de la Conférence Episcopale et celles de l'Evêque (155).
Dans les relations avec les non catholiques, où se
posent souvent des problèmes pastoraux, ils éviteront de soutenir
les contestations et la concurrence religieuse; ils sauront maintenir l'unité
doctrinale et la clarté d'une vision de foi dans leur propre communauté.
Ils feront tout ce qui est possible pour entretenir des rapports amicaux avec
les responsables religieux des autres confessions, de telle sorte que soient évités
les incompréhensions et les prises de position partisanes qui
scandalisent les non chrétiens.
Quant aux sectes fondamentalistes intransigeantes qui
existent en nombre important dans les pays de mission et qui se montrent généralement
aggressives à l'égard du Catholicisme, il importe de donner aux
fidèles une catéchèse concernant les points suivants:
· les vrais enseignements de l'Eglise que ces sectes
nient généralement; - les points faibles de celles-ci et leurs
erreurs principales;
· l'impossibilité d'instaurer un minimum de
dialogue avec elles;
· le devoir de se défendre autant que d'évangéliser
leurs adeptes, qui ne peuvent être considérés comme chrétiens.
A cette fin, les prêtres chercheront à bien connaître au
moins les éléments principaux de leur doctrine et les méthodes
de prosélytisme de ces sectes, afin de pouvoir aider adéquatement
leurs propres fidèles.
18. Attentifs au dialogue avec les non chrétiens. Le
dialogue avec les adeptes des autres religions est une tâche délicate
et importante de l'apostolat actuel de l'Eglise. Il s'agit du dialogue du salut,
qui se réalise toujours en Jésus-Christ et qui, de ce fait, ne
peut conduire au relativisme, ni, moins encore, entamer l'intégrité
de la foi catholique. Ce dialogue est nécessaire pour que l'Evangile soit
plus exactement connu et que son message soit mieux compris.
Les prêtres seront attentifs et ouverts à cette
réalité profondément humaine et ils acquerront une
connaissance sérieuse des religions, non seulement quant à leur
histoire, leur organisation, leurs limites et leurs erreurs, mais aussi quant
aux valeurs qui, comme "semences du Verbe", peuvent constituer une "préparation
à l'Evangile" (156).
Dans un monde marqué par le pluralisme religieux, il
importe d'engager et de poursuivre le dialogue et la collaboration avec toutes
les religions pour les grandes causes en faveur de l'humanité, telles que
la paix, la justice, le développement, les droits de l'homme, etc (157).
De ce point de vue, les prêtres ont le devoir pastoral de développer
chez les fidèles l'esprit de dialogue, encourageant la solidarité
et la collaboration avec les adeptes des autres religions.
Quant aux initiatives concrètes en faveur du dialogue
interreligieux, les prêtres agiront, non pas isolément, mais dans
le cadre d'un programme diocésain, conformémement aux directives
de l'Evêque, de la Conférence Episcopale et de l'Eglise
universelle.
Ils seront par-dessus tout convaincus que les adeptes des
autres religions ont le droit de recevoir la plénitude de la vérité
chrétienne - qui fait d'ailleurs partie du patrimoine de l'humanité
- de la part de ceux qui ont reçu de l'Eglise catholique mandat de
l'annoncer.
III. - LA SPIRITUALITE DU PRETRE DIOCESAIN
19. Nécessité et nature de la spiritualité
du prêtre. La vocation au sacerdoce ministériel a son point de départ
dans une rencontre avec le Christ qui veut que son appel se prolonge dans une
vie missionnaire: "Il appela à lui ceux qu'il voulut (...) pour
qu'ils soient avec lui et aussi pour les envoyer prêcher" (Mc 3,
13-14). L'expérience d'une rencontre d'amitié avec le Christ (cf.
Jn 1, 39-41; 15,9) amène à le suivre en se donnant à lui
(cf. Mt 4,19ss; 19,27). La réponse à cet appel, de la part du prêtre,
conduit à la joie pascale, parce qu'il peut ainsi "donner au Christ
le plus grand témoignage d'amour" (158). Dans une étroite
collaboration avec son propre Evêque, pour le service de l'Eglise, le prêtre
est, comme les Apôtres, témoin qualifié du Christ mort et
ressuscité; "Nous sommes des témoins" (Ac 2,32); "Celui
que nous avons vu et touché, nous vous l'annonçons" (1 Jn
1,3).
Il est nécessaire que les ministres sacrés
aient une connaissance exacte de ce qui constitue spécifiquement la
spiritualité du prêtre diocésain, afin de pouvoir se
renouveler spirituellement de façon continuelle. Le mot "spiritualité"
signifie une vie dans l'Esprit, qui fait réellement du prêtre un
signe personnel et spécifique du Christ, au service de la communauté
de l'Eglise locale et de l'Eglise universelle, en relation avec le charisme de
l'Evêque.
La spiritualité du prêtre s'enracine dans la grâce
de l'Esprit Saint comme participation à la consécration ( au plan
de l'être) et à la mission (au plan de l'agir) du Christ Prophète,
Prêtre et Roi. Dans le rite de l'ordination elle se trouve résumée
dans l'exhortation que l'Evêque adresse au prêtre pour sa vie entière:
"Imitez ce que vous accomplissez". Dans cette spiritualité
sacerdotale, il ne s'agit pas seulement d'une exigence, mais surtout d'une réelle
capacité; la grâce de l'ordination en effet a pour propriété
de rendre apte à actualiser dignement le caractère sacramentel "signe"
permanent de l'Esprit, qui habilite à agir au nom du Christ et à
prolonger dignement l'action sacerdotale du Seigneur. Le prêtre a le
devoir de demeurer conscient de ce dynamisme intérieur et de le mettre en
oeuvre avec ferveur dans sa vie (cf. 1 Tm 4, 14-16; 2 Tm 1,6).
En conséquence, dans la spiritualité du prêtre
est contenue, à un nouveau titre, la vocation à la sainteté,
comme signe et instrument personnel du Christ. S'il existe pour les membres du
peuple de Dieu une "vocation universelle à la sainteté",
c'est à dire à la plénitude de la vie chrétienne
(159), il y a pour les ministres sacrés, un appel spécial à
la perfection qui se développe en eux s'ils exercent leurs fonctions
propres dans l'Esprit du Christ, en s'y engageant avec un coeur sincère
et de manière inlassable ( cf Lev 11, 44-45; 19,2; Mt 5,48; 2 Tm 1,9; 1
Pe 2,5).
Le prêtre diocésain réalisera sa
spiritualité spécifique en vivant le ministère apostolique
dans la charité pastorale, en communion avec son Evêque comme
successeur des Apôtres, en formant avec les autres prêtres un "presbyterium",
qui présente l'unité d'une famille sacerdo-ta-le, en demeurant au
service de l'Eglise locale à laquelle il est attaché par
l'incardination, et en restant disponible pour une mission de salut universel
(160). La spiritualité sacerdotale diocésaine est ainsi éminemment
ecclésiale et missionnaire.
Les prêtres seront convaincus que sans une forte vie
spirituelle et un service apostolique généreux, en intime union
avec le Christ Prêtre et Pasteur, allant jusqu'au sommet de la sainteté,
dans la ligne de leur spiritualité propre, il est impossible de réaliser
l'identité sacerdotale et de persévérer généreusement
dans le ministère.
20. Les dimensions de la spiritualité du prêtre.
La spiritualité du clergé diocésain séculier repose
substantiellement sur les bases suivantes: - l'adhésion personnelle, pour
le suivre et le servir, au Christ envoyé par le Père et consacré
par l'Esprit, en accueillant dans sa vie le mystère central de
l'Eucharistie et la présence exemplaire de Marie; - une communion et une
obéissance cordiale et généreuse au Pontife romain et à
l'Evêque du diocèse; - une fraternité profonde avec les prêtres
du presbyterium local; - le service apostolique à l'égard des fidèles
de l'Eglise particulière et une entière disponibilité pour
apporter une aide à d'autres Eglises dans le besoin et pour évangéliser
les non-chrétiens.
La spiritualité du prêtre diocésain séculier
sera ainsi comprise dans une perspective trinitaire, mariale, ecclésiale
et missionnaire. En effet, l'appel, la consécration et la mission
constituent des participations au mystère du Christ consacré dans
l'Esprit et envoyé par le Père (cf. Lc 4,18; Jn 10,36), qui se
prolonge dans l'Eglise (cf. Mt 28,20; Eph 1,23). Marie, Mère associée
au Christ Prêtre et fidèle à l'action de l'Esprit Saint,
type et mère de l'Eglise, est toujours proche de la vie et du ministère
du prêtre: "Notre service sacerdotal nous unit à elle: à
elle qui est la Mère du Rédempteur et le modèle de l'Eglise"
(161)
La note caractéristique de la spiritualité du
prêtre est la charité pastorale, qui s'exprime selon ces dimensions
principales:
Elle s'enracine dans une consécration: le point de départ
de la spiritualité du prêtre est sa participation ministérielle
à la consécration du Christ Prêtre, accomplie au moment de
l'Incarnation du Verbe dans le sein de Marie, sous l'action de l'Esprit Saint,
et qui se manifestera pleinement dans le Mystère pascal. La vocation à
être avec lui (cf. Mc 3,14) devient, pour le prêtre, participation
au sacerdoce du Christ et l'engage à exprimer cette dimension de consécration
dans sa propre vie (cf. Jn 17,10) (162).
La spiritualité du prêtre se traduit dans une
communion ecclésiale: communion avec le Pontife Romain, avec son propre
Evêque, avec les autres prêtres et les diacres, avec les personnes
consacrées, avec la communauté ecclésiale (163). Cette
communion, en vertu de l'ordination, crée entre les prêtres une
vraie fraternité sacramentelle. Le charisme épiscopal, uni à
la proximité d'un père et d'un ami, est indispensable pour réaliser
la communion voulue par le Seigneur dans sa prière sacerdotale (cf. Jn
17,23). De tout cela, découle pour les prêtres une profonde
exigence d'esprit et de vie communautaire. Le prêtre diocésain vit
cette communion en dépendance de l'Evêque et au coeur de son
appartenance à l'Eglise particulière, comme un aspect essentiel de
la vie du presbyterium.
Cette spiritualité engage totalement dans la: "mission"
l'être sacerdotal est la racine de l'action spécifique du ministre
sacré, qui agit in persona Christi, comme son prolongement, au service de
la communauté locale et universelle. Cette réalité oblige
le prêtre à manifester dans son ministère la charité
rédemptrice du Seigneur, comme son digne représentant (cf. Rm
15,5). Les prêtres diocésains, "sous l'autorité de l'Evêque,
sanctifient et gouvernent la portion du troupeau du Seigneur qui leur est confiée,
dans laquelle ils rendent visible l'Eglise universelle et travaillent
efficacement à l'édification de tout le corps du Christ (cf. Ep
4,12). Sans cesse tendus vers ce qui est le bien des fils de Dieu, ils doivent
mettre leur zèle à contribuer à l'oeuvre pastorale du diocèse
entier, bien mieux, de toute l'Eglise" (164).
Enfin, cette spiritualité demande l'imitation de la
vie évangélique des Apôtres (165), qui consiste
principalement à suivre le Christ en quittant tout pour lui (cf Mt
19,27), dans une généreuse disponibilité pour le service
apostolique jusqu'aux extrémités de la terre (cf Mc 16,20), dans
un esprit fraternel et en s'aidant mutuellement entre prêtres comme entre
membres d'une même famille sacerdotale (cf Jn 17,12 ss; Ac 1, 13-14). Les
prêtres diocésains vivent la suite du Christ selon les exigences évangéliques
conformes à l'esprit des Apôtres sous la conduite de leur Evêque.
21. Les lignes évangéliques de la spiritualité
sacerdotale. L'Eglise, en conformité avec l'Evangile, trace des lignes précises
de vie spirituelle, qui sont fondamentales pour constituer la figure d'un vrai
prêtre.
L'amitié avec le Christ (166): le prêtre, parce
qu'il est en vérité un prolongement du Christ, est appelé à
vivre une attitude d'amitié profonde et personnelle avec lui (cf. Jn 15,
13-16); c'est dans la mesure même où il vivra cette amitié
qu'il parviendra à accomplir sa vocation propre.
Le service de l'Eglise (167): comme ministre du Seigneur et
de l'Eglise, le prêtre doit être animé d'un grand esprit de
service (cf. Lc 22, 26-27; Mc 10, 42-45), qui se manifeste dans le zèle
apostolique, dans la capacité de supporter la fatigue du travail, dans la
promptitude avec laquelle il accepte toutes les charges pastorales, même
les plus humbles, sans rechercher les honneurs ni un intérêt
personnel, et dans la disponibilité missionnaire qui porte vers ceux qui
sont hors du troupeau du Christ.
La sainteté acquise à travers le ministère
quotidien, dans l'exercice de la triple fonction du prêtre (168): comme
ministres de la Parole, les prêtres s'uniront plus intimement au Christ Maître
annonçant la vérité à ceux qui sont proches et à
ceux qui sont loin, et ils découvriront avec une joie toujours plus
profonde "les insondables richesses du Christ" (Eph 3,8); en leur
qualité de ministres des sacrements et, par- dessus tout, comme célébrants
du sacrifice de la Messe, où ils accomplissent leur fonction principale,
ils savent que s'exerce par leurs mains l'oeuvre de la Rédemption, de
manière ininterrompue, pour la gloire de Dieu et pour la sanctification
des hommes ( cf 1 Cor 11,26); en guidant le peuple de Dieu, ils seront stimulés
par la charité du Bon Pasteur à s'engager toujours plus généreusement,
pour rassembler dans l'unité le troupeau dispersé, jusqu'à
donner leur vie pour ceux qui leur sont confiés (cf. Jn 10, 15-17). Pour
les prêtres, la voie royale de sainteté est donc l'exercice même
du ministère. Les activités du ministère sont les moyens
normaux de sanctification pour le pasteur, à condition qu'il vive une
profonde union au Christ, qu'il agisse dans la foi et la charité, et
qu'il ne néglige pas les moyens ordinaires qui valent pour tous les chrétiens.
Cette unité de vie dans l'union au Christ assurera équilibre et
harmonie entre la vie intérieure et la vie apostolique.
Des vertus caractérisent le Bon Pasteur: la charité
pastorale agit et se manifeste à travers le zèle apostolique (cf.
Rm 12,11; 1 Pe 3,13; 1 Tm 4, 14-16), dans une vie d'obéissance, de
chasteté et de pauvreté (169), dans une attitude d'humilité
et dans la fidélité à porter la croix, à l'imitation
du Christ (cf. Mt 10,38; 16,24; Mc 8,34; Lc 14,27). Chacune de ces vertus est un
aspect nécessaire de la charité pastorale, tout comme une attitude
évangélique: les prêtres s'efforceront de les vivre fidèlement,
pour être manifestement une image convaincante du Christ Bon Pasteur; ils
seront disponibles, avec un coeur non partagé, pour le travail pastoral,
dans le champ de toute l'Eglise diocésaine et de l'Eglise universelle.
22. Les moyens de progrès spirituel. Les moyens de
progrès spirituel communs à tous les chrétiens sont aussi nécessaires
pour les prêtres. De plus, des moyens spécifiques sont offerts aux
prêtres; ils consistent en des activités connexes à leur
ministère, envisagés selon l'esprit et les directives de l'Eglise.
La spiritualité sacerdotale diocésaine et
missionnaire ne se vit pas isolément, mais dans l'unité du
presbyterium diocésain auquel le prêtre appartient, en union avec
l'Evêque. La présence centrale et animatrice de l'Evêque et
le sens de la responsabilité vécu par tous les prêtres
feront que le presbyterium stimule la ferveur de ses membres et leur offre des
moyens concrets de progrès spirituel: il sera ainsi une vraie famille
sacerdotale, qui garde et fait progresser ses propres membres. Le presbyterium
doit en particulier stimuler la formation permanente de ses membres, en
particulier au plan spirituel en précisant ses objectifs et en offfrant
les moyens de la réaliser au niveau personnel et au niveau communautaire.
L'Eucharistie est le centre et la racine de toute la vie du
prêtre, dont l'esprit sacerdotal s'applique à intérioriser
ce qui s'accomplit sur l'autel (170). Le prêtre doit avoir une vie
eucharistique pleine et fervente, trouvant en elle élan et force pour sa
vie spirituelle. La célébration de la Messe soigneusement préparée
et suivie de l'action de grâce, et la visite quotidienne au Christ dans le
Sacrement de l'Eucharistie ne sont pas seulement des devoirs pastoraux: ce sont
des moments significatifs et une aide irremplaçable pour la vie
spirituelle.
La Tradition de l'Eglise et les directives actuelles du
Magistère mettent en relief beaucoup d'autres moyens indispensables pour
la vie spirituelle du prêtre. Chacun de ceux-ci doit être envisagé
en rapport avec l'identité du prêtre: la Parole de Dieu proclamée,
priée et méditée; la Liturgie des Heures célébrée
au nom de toute la communauté et en union avec elle; le sacrement de la Réconciliation
qui purifie et renouvelle les forces spirituelles; la piété
mariale qui aide à vivre généreusement le service du Christ
et de l'Eglise; la prière personnelle et contemplative, fréquente
et régulière; les retraites et exercices spirituels; l'examen de
conscience, la direction spirituelle; l'étude de la théologie, la
participation active aux associations sacerdotales spirituelles et apostoliques.
On doit aussi considérer comme des moyens très
utiles pour le développement de la vie spirituelle des rencontres régulières
du prêtre avec son Evêque, à qui il confiera comme à
un père et un ami son idéal de vie, ses projets, ses problèmes
et ses difficultés, cherchant d'un commun accord une solution. Sont
encore importantes les rencontres entre prêtres, pour des échanges
sur leur vie spirituelle et apostolique: récollections et retraites vécues
ensemble, prière commune, révision de vie, direction spirituelle,
etc. Ainsi les prêtres diocésains s'aideront mutuellement à
mettre en oeuvre les divers moyens de vie spirituelle au niveau personnel et au
plan communautaire.
La communion avec l'Evêque, avec les prêtres et
les diacres, avec la communauté ecclésiale est tout à la
fois moyen efficace de sanctification et d'évangélisation, et
signe de ce progrès spirituel et apostolique. L'aide mutuelle exprime et
construit la "fraternité sacramentelle" (171). Le charisme épiscopal,
profondément vécu et reconnu (172) est nécessaire pour créer
cette communion voulue par le Seigneur comme participation à sa mission
universelle (cf. Jn 17, 18-23).
Les prêtres approfondiront la signification de ces
moyens classiques et irremplaçables de progrès spirituel; ils les
pratiqueront fidèlement, de façon régulière et avec
persévérance, de manière à s'assurer une vie
spirituelle et missionnaire riche, conforme à l'exemple donné par
le Christ et les Apôtres et continué par les saints prêtres
durant toute l'histoire de l'Eglise.
IV. - REGLES DE VIE SACERDOTALE
23. La Parole de Dieu interpelle le prêtre. Il y a un
lien étroit entre la Parole de Dieu et la vie sacerdotale. C'est de la
Paro-le, en effet, que l'identité du prêtre tient son origine et
son sens; l'annonce de la Parole est un de ses devoirs fondamentaux; il trouve
dans la Parole la force de sa foi et la nourriture de sa vie spirituelle (173).
C'est pourquoi l'Eglise recommande aux prêtres, de manière spéciale,
un contact continuel avec l'Ecriture, par l'étude, l'écoute et la
prière (174) pour approfondir toujours davantage la connaissance du
Seigneur et la signification de son message (cf. Ph 3,8; Eph 3,19; 4,13).
Pour être en mesure d'accueillir, d'intérioriser
et d'annoncer la Parole de Dieu, les prêtres s'assureront des moments de
silence et de recueillement. La réalité pastorale accapare souvent
les prêtres avec des urgences et des requêtes de toutes sortes. Pour
cette raison, il faut louer les prêtres qui savent limiter le nombre de
leurs activités afin d'assurer la croissance d'une vie spirituelle
personnelle. En organisant leur vie, les prêtres sauront ainsi réserver
du temps pour la réflexion sur les S.Ecritures, pour la lecture des Pères
de l'Eglise, pour l'étude des sciences sacrées. Cette richesse intérieure
fera d'eux des apôtres plus convaincants à l'égard de ceux-mêmes
qui ne croient pas au Seigneur.
24. La vie de prière. Parmi les moyens et les
expressions adéquates de la vie spirituelle des prêtres, il faut
compter les pratiques de prière. La prière des prêtres est
avant tout une participation à la foi et à la prière de la
communauté, dans laquelle elle doit s'exprimer comme en un lieu privilégié
(cf. Ac 1,14) (175). C'est aussi un exemple pour les fidèles qui sont
ainsi encouragés par leur propre pasteur à vivre en communion avec
Dieu. Outre la prière vécue dans la communauté et avec
elle, le prêtre doit nourrir sa propre vie spirituelle par une abondante
prière personnelle. Il se sentira responsable d'être l'homme de la
prière pour tous ses frères, à l'imitation du Christ, "toujours
vivant pour intercéder en leur faveur" (He 7,25). Avec la prière,
avant même la parole et l'action, le prêtre communique aux hommes
les richesses de Dieu et parle à Dieu en leur nom. Du coeur du prêtre
s'élève vers le Père l'adoration, la louange, l'action de
grâce et la demande au nom des fidèles et à celui des
non-chrétiens eux-mêmes. Il faut reconnaître avec réalisme
que le rythme des activités pastorales, qui caractérise les
Eglises en plein développement, ne facilite pas la régularité
de la prière. Pourtant, comme homme du sacré, le prêtre ne
doit pas accepter une situation où, à cause du travail, la prière
est habituellement sacrifiée. Les occupations pastorales peuvent parfois
modifier l'ordre, le moment et aussi la manière de s'adonner aux
pratiques de piété; elles ne doivent pas compromettre la prière.
Sont dignes d'estime les prêtres qui savent organiser leurs activités
et, s'il le faut, les limiter au profit de la prière. L'Eglise propose
aux prêtres, avec confiance, l'idéal le plus élevé de
vie de prière jusqu'à la contemplation; elle les invite à y
tendre sincèrement, malgré leurs propres limites, les difficultés
extérieures à eux-mêmes et les occupations pressantes (cf.
Lc 18,1; Eph 6,18; 1 Ts 5,17).
La célébration de l'Eucharistie, qu'ils
accomplissent "in persona Christi", constitue le sommet de la vie
spirituelle des prêtres. Ils seront donc fidèles à célébrer
la Messe chaque jour avec la préparation qui convient et l'action de grâce
(176), autant que possible avec la participation des fidèles. Il est
souhaitable que les prêtres qui vivent ensemble concélèbrent
au moins à des occasions significatives, pour exprimer et renforcer leur
unité fraternelle. L'Eucharistie appelle aussi les prêtres à
entretenir en eux le sens de la présence du Christ vivant dans le
tabernacle, qui s'exprime dans la visite quotidienne et dans des temps prolongés
d'adoration.
La célébration de la Liturgie des Heures, prière
officielle de l'Eglise confiée à la piété des prêtres,
se fera sans omission et, autant que possible, elle sera distribuée au
long de la journée, consacrant le déroulement du temps à la
gloire de Dieu, en communion avec toute la communauté priante. Ils
n'omettront pas facilement une partie de l'Office, sinon pour des raisons graves
et proportionnées. Là où vivent plusieurs prêtres, il
est bon qu'ils récitent ensemble une partie de l'Office Divin. Il faut
louer les pasteurs qui savent engager la communauté à célébrer
avec eux les Laudes et les Vêpres (177).
L'oraison mentale, dans une attitude d'écoute, de prière
et de disponibilité, est la forme la plus élevée de
confrontation entre sa propre vie et la Parole de Dieu. C'est pourquoi les prêtres
seront fidèles à la pratique de la méditation quotidienne,
faite de préférence au début de la journée (178).
Ils trouveront en elle, lumière, réconfort et remède pour
toutes les nécessités de la vie et du ministère. Comme le
confirme l'expérience de l'Eglise, c'est la méditation régulière
qui met de l'ordre dans la vie, qui garantit la croissance de la vie spirituelle
et empêche de tomber dans la tiédeur.
La piété mariale doit trouver une large place
et s'exprimer avec spontanéité et amour envers la Mère de
Dieu et de l'Eglise. Les prêtres regarderont Marie comme le modèle
de vie consacrée, d'écoute, de prière et de disponibilité.
Ils exprimeront leur dévotion en célébrant avec ferveur ses
fêtes, en récitant chaque jour le rosaire, en accueillant aussi les
expressions d'une saine piété populaire. Ils reconnaîtront
sa présence dans leur vie et ils confieront volontiers à son
assistance protectrice leurs fidèles et ceux qui ne connaissent pas
encore le Seigneur Jésus, pour qu'eux aussi puissent entendre sa voix
maternelle: "Faites ce qu'il vous dira" (Jn 2,5).
Ministres de la Réconciliation, les prêtres
recourront au sacrement de la pénitence fréquemment et régulièrement
(179) si possible en s'adressant au même confesseur, afin d'être
mieux connus et mieux aidés. Dans ce sacrement, ils obtiendront non
seulement le pardon des péchés, mais aussi la force de vivre en
accord avec leurs engagements et de progresser dans la vie spirituelle. Dans ce
contexte, il convient de recommander vivement aux prêtres, tout au long de
leur vie, le recours à la direction spirituelle; ils seront convaincus
d'avoir besoin, plus encore que les laïcs, d'un guide qui les éclaire
et les conseille; la direction spirituelle les aidera à se maintenir dans
la ferveur de l'Esprit.
Comme participation à l'offrande de l'Agneau de Dieu
immolé, les prêtres accueilleront dans leur vie la croix comme
dimension nécessaire de leur identité sacerdotale (cf. 2Cor 4,10;
6, 4-5; Ga 6,17). Outre les sacrifices liés aux situations de la vie et
du ministère, les prêtres sauront suivre généreusement
le Christ dans ses souffrances par une pénitence volontaire, offerte avec
joie, en communion à l'esprit apostolique de Paul: "Je me réjouis
des souffrances que j'endure pour vous" (Col 1,24); "Je déborde
de consolation, comblé de joie en toutes nos tribulations" (2 Co
7,4).
La vie spirituelle a absolument besoin du soutien procuré
spécialement par des temps d'arrêt prolongés, d'intense réflexion
et de prière (cf. Mc 6,31). Les prêtres seront ainsi fidèles
à la pratique de la récollection mensuelle et des exercices
spirituels de chaque année (180). Ils accorderont la préférence
aux retraites organisées par le diocèse pour le clergé
local spécialement avec la présence de l'Evêque. Ces
pratiques, suivies régulièrement et avec une participation active,
les aideront à avoir une conscience exacte de leur état spirituel
et à maintenir l'unité entre la vie intérieure et le
service apostolique (181).
25. La vie intellectuelle. Le progrès continuel des
sciences théologiques qui se réalise dans l'Eglise sous
l'influence et dans la lumière de l'Esprit (JN 14,26; 16,13), l'urgence
de la diffusion du message évangélique et la nécessité
de le rendre compréhensible pour les hommes, marqués par leur
appartenance à leur temps et à leur culture, la nécessité
de comprendre la société dans ses changements avec les critères
de la foi, imposent aux prêtres le devoir imprescriptible de se soucier de
leur propre vie intellectuelle (182). Sans la science, le prêtre est comme
une lampe éteinte (Mt 5, 14-16). Pour cette raison, l'Eglise demande
clairement aux prêtres de "poursuivre l'étude des sciences
sacrées après l'ordination sacerdota-le, et de tenir une doctrine
sûre, fondée sur l'Ecriture Sainte, transmise par les anciens et
communément reçue par l'Eglise, telle qu'elle est déterminée
surtout dans les documents du Concile et des Pontifes Romains " (183).
Les prêtres, en vertu de leur identité de prophètes
et de pasteurs, acquièrent ainsi une capacité intérieure de
suivre le mouvement rénovateur de l'Esprit Saint dans l'Eglise, pour
comprendre toujours plus profondément le mystère du Christ, mais
aussi pour éviter d'accueillir avec légèreté des
nouveautés inconsistantes ou pseudo-scientifiques.
Le domaine des études, pour les prêtres,
regarde avant tout les sciences sacrées, mais aussi les autres
disciplines qui sont en rapport avec elles et qui peuvent faciliter l'exercice
du ministère, ou encore celles dans lesquelles ils sont
professionnellement engagés. Les prêtres se souviendront encore de
la nécessité de traduire le message évangélique dans
un langage catéchétique adapté et d'être ouverts et
attentifs aux exigences de l'inculturation, même dans le domaine de la théologie.
La vie intellectuelle suppose non seulement conviction et
disponibilité, mais aussi l'usage régulier des moyens adéquats,
tels que le temps réservé à l'étude, la
participation active aux initiatives de cet ordre et aux rencontres organisées
dans le diocèse, le choix des lectures, si possible également
l'organisation d'une bibliothèque personnelle ou l'utilisation d'une
bibliothèque diocésaine, à laquelle on peut recourir
facilement. Tout prêtre, de plus, doit disposer des documents récents
du Souverain Pontife et de l'Evêque pour bien les approfondir et pour en
faire un instrument de formation pour les chrétiens. Ils saura se prémunir
contre les publications qui diffusent des idées aberrantes et dangereuses
pour la vie personnelle et pour l'action pastorale.
La désignation pour des études universitaires,
dans le pays ou à l'étranger, relève de la responsabilité
de l'Evêque, en raison de l'unité qui doit régner dans
l'organisation de l'apostolat diocésain. Tout prêtre sera
disponible et se conformera aux programmes du diocèse ou de la Conférence
Episcopale et il écartera toute vue d'ambition. Ces études une
fois terminées, il rentrera sans retard dans son diocèse et
s'engagera dans le travail qui lui est confié; il y mettra en oeuvre la
formation acquise, sans prétendre à des avantages et des
distinctions en raison de ces qualifications (184).
26. La vie commune. La vie commune fondée sur l'unité
du presbyterium et expression de la fraternité entre prêtres, est
vivement recommandée par l'Eglise pour les prêtres diocésains
(185). Elle favorise le travail apostolique en esprit d'équipe et surtout
la première évangélisation, qui, comme l'expérience
le montre, peut difficilement être l'oeuvre d'un homme seul (186). Les Evêques
rechercheront, suivant les possibilités et en s'inspirant des modèles
offerts par la culture locale, les moyens concrets de la réaliser, en
surmontant les difficultés compréhensibles d'organisation, et éventuellement
les résistances psychologiques. On se souviendra que la vie commune ne
s'improvise pas, mais suppose une sensibilisation et une préparation au
cours de la formation au séminaire.
Quand plusieurs prêtres sont engagés dans la même
paroisse, il est vivement conseillé qu'ils vivent dans la même
maison, formant entre eux une communauté. Il est également
opportun d'instaurer une vie commune entre prêtres chargés de
communautés distinctes, mais voisines. On fera tout ce qui est possible
pour éviter que des prêtres, en particulier les jeunes prêtres,
restent longtemps isolés. Du moins, s'il arrive que dans certaines zones,
pour des raisons pastorales, beaucoup de prêtres soient seuls dans leur
paroisse, l'Evêque doit s'efforcer de les aider à maintenir et développer
un esprit communautaire, en organisant des rencontres régulières
pour une convivance fraternelle, en petits groupes ou au niveau diocésain.
La vie commune ne se limite pas à une convivance matérielle:
elle suppose communion et partage aussi bien au plan spirituel et pastoral qu'au
plan humain. Ainsi, les prêtres qui forment une communauté sauront
prier ensemble, ils échangeront les informations utiles, ils organiseront
et vérifieront ensemble les activités apostoliques; ils s'aideront
mutuellement à se renouveler au plan intellectuel; ils s'entraideront matériellement
et ils pratiqueront autant que possible la communauté des biens suivant
les directives de l'Evêque; ils passeront volontiers ensemble les moments
de détente et de joie; ils se prêteront assistance et ils
s'encourageront dans les situations difficiles, spécialement lorsque ces
difficultés concernent leur vocation, dans les moments de fatigue et de
maladie; ils ne manqueront pas, lorsque ce sera utile, de pratiquer la monition
fraternelle (187).
La vie commune facilite l'entente entre les prêtres
d'origines et d'âges différents. Les jeunes y trouvent une aide
pour entrer dans un ministère nouveau pour eux, grâce à
l'expérience des aînés; ceux-ci trouvent, de leur côté,
une collaboration active et un encouragement dans l'enthousiasme et le dynamisme
des jeunes (188).
Pour que la vie commune produise ses effets positifs, là
où existe une communauté sacerdotale, il faut que soit assuré
un minimum de conditions favorables: un responsable, qui ne sera pas nécessairement
le curé, une claire répartition des tâches, une organisation
financière bien ordonnée, et un programme réaliste pour les
divers moments de la vie commune au cours de la journée.
27. L'obéissance sacerdotale. "Parmi les qualités
les plus indispensables pour le ministère des prêtres, il faut
mentionner la disponibilité intérieure qui leur fait rechercher
non pas leur volonté propre, mais la volonté de celui qui les a
envoyés" (cf. Jn 4,34; 5,30; 6,38) (189). La raison profonde de l'obéissance
du prêtre réside dans sa condition d'instrument personnel du Christ
et dans le devoir qui en résulte de se conformer totalement à lui.
Le Christ, en effet, "tout Fils qu'il était, s'est dépouillé
lui-même, prenant la condition de serviteur (...) devenant obéissant
jusqu'à la mort" (Ph 2, 7-8); par son obéissance, il a racheté
la désobéissance d'Adam et mérité le salut pour tous
les hommes (cf. Rm 5,19).
De plus, l'oeuvre de l'évangélisation des non
chrétiens doit être engagée et poursuivie par les prêtres
dans un esprit d'obéissance. Jésus, le premier missionnaire,
accomplit la volonté salvifique du Père: "Voici, je viens
(...) faire, ô Dieu, ta volonté" (He 10,17); de même, le
prêtre vit son engagement dans la mission dans l'obéissance au
Christ et à l'Eglise, qui l'envoient continuer l'oeuvre du rassemblement
des fils de Dieu dispersés (cf. Jn 11,42).
L'obéissance des prêtres est ecclésiale:
elle est liée à leur ordination et leur ministère ne peut
se réaliser que dans la communion hiérarchique. En conséquence,
la charité pastorale elle-même les incite à "faire don
de leur propre volonté pour le service de Dieu et de leurs frères,
en accueillant et en mettant en pratique les ordres et les conseils du Souverain
Pontife, de leur Evêque et de leurs autres supérieurs" (190).
L'obéissance est avant tout, pour les prêtres,
une disposition intérieure habituelle qui les établit en communion
à la volonté de Dieu à travers la médiation de
l'autorité, et les amène à surmonter une conception trop
humaine de l'autorité ecclésiale et de l'autonomie de la personne;
mais elle est aussi une exécution fidèle des normes d'action, en
accord avec l'engagement dans le presbyterium et avec la place de chacun dans le
service hiérarchique.
L'obéissance des prêtres doit se manifester
aujourd'hui d'une manière spéciale dans les domaines suivants:
· La fidélité au Magistère:
fondée sur l'identité chrétienne et sacerdotale, cette fidélité
s'exprime concrètement dans une attitude d'obéissance au magistère
du Souverain Pontife et de l'Evêque, dont les prêtres ne doivent pas
s'écarter pour suivre des opinions non approuvées ou des
convictions personnelles; cette fidélité est indispensable pour
qu'ils soient eux-mêmes des témoins authentiques et pour qu'ils présentent
un enseignement conforme à la vérité révélée:
le pasteur doit guider son troupeau et le nourrir de la saine doctrine, et non
le troubler en proposant des opinions incertaines ou erronées (cf. 2 Tm
2,14; Ti 2,1).
· L'acceptation des charges confiées: la
fidélité des prêtres à leur engagement d'évangélisateurs
et de pasteurs se manifeste avant tout dans la disponibilité avec
laquelle ils acceptent la mission qui leur est confiée par l'Evêque
et dans leur fidélité à la remplir. Interviennent en ce
domaine l'esprit de foi et le sens pratique de l'obéissance, qui détournent
de demander avec insistance d'être nommé à certaines
fonctions ou à certaines paroisses, ou de refuser un servi-ce pastoral
demandé par l'Evêque. A l'occasion des nominations, les prêtres
exprimeront ouvertement à leur Evêque leur pensée, dans un
dialogue sincère et franc, mais une fois la décision prise, ils
l'accepteront avec joie, sans faire d'objection, et seront fidèles à
l'accomplir. S'ils doivent reconnaître qu'ils sont peu aptes à une
charge confiée au nom de l'obéissance, ils n'oublieront pas
cependant qu'une disposition caractéristique des prêtres diocésains,
comme collaborateurs de leur Evêque, implique un engagement inconditionnel
au service de l'Eglise, de telle sorte qu'il soit pourvu à toutes les nécessités
du diocèse. Quand viendra le moment prévu par le droit général
ou particulier, les prêtres présenteront à leur Evêque
leur démission et se rendront disponibles pour quitter leur fonction.
· L'observance des exigences et des normes liées
à leur fonction: le service pastoral dans une communauté chrétienne,
en particulier s'il s'agit d'une paroisse, exige des prêtres qu'ils soient
ponctuellement fidèles dans l'accomplissement de leurs obligations et
dans la manière de s'y comporter. Cela s'impose avant tout pour les
intentions de Messe: l'Eglise a établi de nouvelles normes prescrites par
le nouveau Code (191). Les prêtres éviteront de donner l'impression
d' agir par intérêt économique; ils n'oublieront pas de célébrer
sans honoraires en particulier pour les plus pauvres. Ils observeront, par
ailleurs, les prescriptions générales et diocésaines
relatives aux honoraires des Messes de binage ou à la Messe "pro
populo". Chaque prêtre doit inscrire les Messes qu'il a accepté
de célébrer, la date de la célébration, l'intention
indiquée par celui qui l'a demandée, la célébration
effective, et éventuellement la transmission des intentions à un
autre prêtre. Dans chaque paroisse doit se trouver un registre des Messes.
Les livres paroissiaux, c'est à dire les registres de
baptêmes, des mariages, des défunts et d'autres registres, selon
les prescriptions de la Conférence Episcopale et de l'Evêque, sont
nécessaires pour le juste exercice des droits et des devoirs des fidèles.
C'est une obligation pour le Curé de veiller à ce qu'ils soient
tenus exactement et conservés avec soin. Dans chaque paroisse, en outre,
doivent être tenues en ordre et mises à jour des archives où
sont conservés les livres paroissiaux, avec les lettres de l'Evêque
et les autres documents importants (192).
Les prêtres porteront l'habit ecclésiastique,
suivant les normes établies par la Conférence Episcopale et
conformémement aux coutumes légitimes (193). Ils n'abandonneront
pas à la légère ce signe de leur engagement, qui leur
procure une sauvegarde pour leur fidélité et qui est un témoignage
pour les fidèles.
La résidence est pour les pasteurs une obligation liée
à leur fonction. Toutefois, conformémement aux directives de l'Evêque,
les prêtres ont le droit et le devoir de prendre chaque année un
temps convenable de vacances permettant un repos physique et un renouveau
spirituel. Ils sauront aussi s'assurer la possibilité d'une brève
interruption du travail chaque semaine, qui leur permettra de se renouveler par
des lectures opportunes. Avant de s'éloigner de la paroisse pour un temps
prolongé, en cas de nécessité, ils devront obtenir l'
accord de l'Evêque et s'assurer un remplaçant pour le service
paroissial (194).
28. La pauvreté et l'usage des biens. L'Eglise répond
à sa vocation en suivant le même chemin que Jésus a
parcouru: il "a accompli la rédemption à travers la pauvreté
et la persécution" (cf. LG 8; Ph 2, 6-7; 2 Cor 8,9) (195). L'accord
loyal de la vie avec la pauvreté évangélique et le choix préférentiel
des pauvres constituent une condition indispensable pour que la communauté
ecclésiale et ses pasteurs soient crédibles aux yeux du monde
(196).
Les prêtres sont appelés, en vertu de leur
ordination, "à embrasser la pauvreté volontaire qui rendra
plus évidente leur ressemblance au Christ et les fera plus disponibles
pour le ministère" (197).
La vertu de pauvreté est avant tout, pour les prêtres,
le choix radical du Seigneur comme leur "part d'héritage": ils
vivent dans le monde sans lui appartenir (Jn 17, 14-16) et sans en user vraiment
(cf. 1 Cor 7,31); ils sauront demeurer dans un juste rapport de détachement
et de liberté par rapport aux réalités terrestres.
La pauvreté affective et effective requiert certains
comportements précis de la part des prêtres au sujet de leurs biens
personnels et de ceux de l'Eglise, dans le respect des exigences de la justice
(198):
· Une certaine garantie économique: il
est nécessaire que les prêtres aient une certaine garantie économique,
comme serviteurs de l'autel ( 1 Cor 9,13), de telle sorte qu'ils puissent
exercer leur ministère sans préoccupation excessive de cet ordre
et sans être distraits de leur ministère. Est toujours valable le
principe traditionnel que l'entretien des prêtres est confié à
la communauté chrétienne dont ils assurent le service. Il
appartient à la Conférence Episcopale et à chaque Evêque
d'établir les formes les plus opportunes de rétribution des prêtres,
en précisant ce qui revient au prêtre et ce qui appartient à
l'Eglise. L'usage des biens personnels doit cependant être lui-même
inspiré par le sens de la pauvreté et l'amour de charité.
Les prêtres vivront ainsi la "spiritualité du pèlerin";
dans ce qu'ils perçoivent pour leur propre travail, ils emploieront en
faveur de l'Eglise et des oeuvres de charité ce qui dépasse le nécessaire
pour vivre et assurer la juste rétribution de ceux qui sont à leur
service, sans thésauriser pour eux-mêmes: ils seront convaincus que
l'état clérical ne constitue pas une occasion d'améliorer
leur propre situation économique.
· Un style de vie simple: avec reconnaissance à
l'égard de la divine Providence, les prêtres se serviront
correctement des biens temporels pour mener une vie digne, mais simple, en étant
détachés de la richesse, et ils s'abstiendront de tout ce qui peut
sentir le luxe. De cette manière, ils pourront enseigner aux fidèles
de façon convaincante le sens chrétien des biens temporels et de
leur usage, dont ils seront de vrais témoins.
Dans certains contextes sociaux, devenir prêtre
signifie pratiquement gravir un échelon dans la hiérarchie
sociale. Cette situation, qui peut exister de fait sans être recherchée,
ne doit pas créer une distance entre le prêtre et son milieu de
vie. Pour cela le style de vie doit demeurer un témoignage évangélique
et non séparer des pauvres: les prêtres pratiqueront une grande
sobriété dans l'utilisation de l'argent; ils ne dédaigneront
pas de faire un travail manuel humble, par exemple des travaux d'entretien de
leur maison, de petite culture etc., sans toutefois y consacrer trop de temps et
compromettre ainsi le ministère. Ils se passeront volontiers de ce qui
n'est pas nécessaire, surtout de ce qui est superflu. Ils suivront un
critère de simplicité dans l'organisation de leur maison, dans le
choix des meubles, des vêtements et des moyens de transport, des
instruments audiovisuels; ils éviteront les vacances dans des lieux
recherchés et coûteux. Ils feront un bon usage de leur temps, fidèles
au travail. Tout ceci est requis en esprit de pauvreté et pour aborder
les pauvres sans les humilier.
· Une administration responsable: conscients du
fait que les biens temporels de la paroisse appartiennent à l'Eglise et
ne sont pas leur propriété personnelle, les prêtres
veilleront à ce que leur gestion soit faite avec justice et de manière
ordonnée, toujours en conformité avec ses finalités
propres: l'organisation et la promotion du culte et de l'apostolat, l'entretien
convenable des pasteurs et l'aide à ceux qui sont dans le besoin. Ils établiront
une distinction précise, suivant les normes diocésaines, entre
leurs biens personnels et ceux de l'Eglise; ils se souviendront que ceux-ci ne
doivent pas être engagés pour les intérêts de tierces
personnes, seraient-ils des parents ou des amis. Dans l'administration des biens
de la paroisse et des oeuvres pastorales, ils recourront à l'aide
d'experts, qui peuvent être des laïcs; ils constitueront le conseil
pour les affaires économiques; ils mettront la communauté au
courant de la situation économique de la paroisse suivant des critères
de prudence et de transparence; ils rendront compte de leur gestion de manière
ordonnée et précise, suivant les directives de l'Evêque.
· L'autosuffisance économique, les demandes
d'aide financière: l'objectif d'une communauté chrétienne,
du point de vue économique, est de tendre graduellement à
l'autosuffisance. Les prêtres éduqueront les fidèles à
se souvenir des besoins de l'Eglise et à partager avec ceux qui sont dans
la nécessité. Il est aussi utile de demander un partage de charité
entre les Eglises. Cependant les prêtres seront discrets dans leurs
demandes d'offrandes et de dons qui devront être utilisés conformément
aux intentions des donateurs. Quand une offrande est sans destination déterminée,
elle doit toujours être considérèe comme étant faite
en faveur des nécessités de l'Eglise ou pour aider les pauvres.
Ils seront prudents dans les demandes ou dans l'acceptation des dons venant des
riches et des puissants, afin de ne pas s'exposer au risque d'un conditionnement
de leur ministère.
· Les assurances pour la maladie et la vieillesse:
les prêtres verseront, conformémemnt à la loi, les
contributions dues au titre de la prévoyance sociale en cas de maladie et
d'invalidité ou pour la pension de vieillesse. Là où
l'organisation civile n'assure pas cette prévoyance à un niveau
suffisant, il est du devoir des Eglises particulières d'intervenir dans
ce domaine en prenant les initiatives économiques et en assurant une
organisation appropriée, au niveau diocésain ou mieux encore à
celui de la Conférence Episcopale. On suggère ainsi la création
de maisons adaptées pour l'accueil des prêtres âgés,
de telle façon qu'ils soient assurés de passer les dernières
années de leur vie en étant délicatement assistés,
dans une ambiance sereine et vraiment sacerdotale. Dans ce contexte, les prêtres
sont invités à prendre soin de leur santé; de manière
préventive, ils devront se soumettre à un contrôle médical
périodique et prendre les précautions nécessaires pour éviter
les maladies maladies contagieuses, particulièrement dans les lieux où
l'hygiène fait défaut.
· Un testament: parmi les devoirs qui touchent à
la justice et à la pauvreté, il faut placer celui de faire à
temps un testament écrit, exprimant la volonté du testateur, et de
le déposer de préférence à la curie diocésaine.
On se souviendra que le testament ne peut disposer des biens de l'Eglise, mais
seulement des biens personnels. Les prêtres se préoccuperont ainsi
d'aider l'Eglise et les pauvres après leur mort et ne permettront pas que
leurs biens servent à enrichir des personnes privées.
29. La chasteté pour le Royaume dans le célibat.
L'Eglise a toujours considéré la continence parfaite et perpétuelle
pour le Royaume des Cieux, si instamment recommandée par le Seigneur (Mt
19,12), "comme convenant particulièrement à la vie
sacerdotale". Dans la société actuelle permissive, les prêtres
sont invités à renouveler leur vocation à la continence
parfaite dans le célibat; ils se sont ainsi consacrés à
Dieu à un titre nouveau et privilégié; ainsi ils
s'attachent plus facilement à lui "sans que le coeur soit partagé"
(cf. 1 Cor 7, 32-34); ils se donnent au service de leurs frères de manière
plus libre et efficace,et vivent ainsi le don d'une "paternité plus
ample dans le Christ" (199). Il importe que la chasteté ne soit pas
considérée principalement comme une loi qui inhibe la personne;
elle doit être envisagée surtout dans ses aspects positifs.
La chasteté parfaite dans le célibat est avant
tout une grâce que le Père accorde à ceux qui la demandent
avec persévérance, confiance et humilité. Convaincus que
l'ordination ne met pas à l'abri des tentations et de tout péril
moral, et que la chasteté pour le Royaume n'est pas acquise une fois pour
toutes, mais demande un combat quotidien (200), les prêtres sauront
recourir aux moyens capables de la sauvegarder; ils ne négligeront pas
les pratiques traditionnellement reconnues comme efficaces en ce domaine.
· La sincérité avec Dieu et avec
soi-même: en premier lieu, il faut avoir le courage d'être
transparent devant Dieu et devant sa propre conscience, en reconnaissant en vérité
ses tendances et éventuellement ses difficultés et ses défaillances.
L'exacte connaissance de soi aide à discerner les aspects de sa propre
vie qu'il convient de renforcer et ceux qu'il faut corriger; la sincérité
devant Dieu ouvre le coeur à l'aide surnaturelle, renforce la confiance
et augmente la joie d'être prêtre.
· L'usage des moyens adéquats: l'expérience
suggère de recourir sérieusement aux moyens naturels et
surnaturels en faveur de la fidélité dans la vie de célibat.
Ainsi les prêtres renouvelleront-ils, chaque jour, leur appartenance
totale au Christ; ils demanderont, dans la prière, le don de la fidélité
et de la persévérance; ils confieront leur coeur à Marie,
Reine des Vierges; ils auront recours à la mortification, qui les rend
capables de se contrôler et de surmonter les obstacles.
La maturité humaine est, pour les prêtres, une
condition indispensable pour une vie de chasteté. Ils veilleront donc à
leur affectivité et, s'il le faut, ils demanderont l'aide d'experts,
s'adressant de préférence à des prêtres. Ils
cultiveront l'amitié entre prêtres et ils préféreront
la vie commune avec les autres prêtres, évitant de rester isolés
trop longtemps. Ils ne s'exposeront pas inutilement aux dangers d'ordre moral;
ils pratiqueront la modération dans la nourriture, dans l'usage des
boissons alcoolisées et du tabac; ils veilleront sur leurs lectures, les
spectacles, l'usage des moyens audio-visuels, les formes de divertissement et
tout ce qui peut présenter un caractère de légèreté.
On doit tenir compte du contraste qui existe, dans certains
cas, entre le célibat et les structures familiales, et tribales. Le prêtre
saura être fidèle à ses engagements et, dans un tel cas, il
expliquera la véritable signification de son choix de vie.
· Le comportement avec les femmes: dans les
relations avec les femmes, une délicatesse particulière est nécessaire
à cause de l'état sacerdotal et aussi du fait de la sensibilité
des personnes rencontrées (201). Cela vaut particulièrement avec
les religieuses, qui sont plus proches des prêtres par l'esprit religieux,
l'idéal apostolique et le style de vie. Ayant le devoir de maintenir avec
toutes les femmes des relations saines, les rencontrant dans le service
apostolique, les prêtres éviteront les attentions préférentielles
et tout ce qui entraîne à des relations anormales et peut diminuer
la vraie liberté du coeur. En tenant compte de la culture locale, ils éviteront
aussi toutes les manières de faire susceptibles de troubler les fidèles
et de diminuer la crédibilité des prêtres, comme serait le
fait de rester ensemble seul à seul un temps prolongé, d'admettre
des femmes dans le cadre réservé à l'habitation, de leur
faire des cadeaux, de voyager ensemble, etc. En ce qui concerne ces
comportements, il ne suffit pas de s'en tenir à sa propre conscience; il
faut suivre le critère général donné par Saint Paul:
"De notre part, nous ne voulons donner à personne un motif de
scandale, pour que notre ministère soit sans reproche" (2 Cor 6,3;
cf. 8,21). Quant aux femmes qui sont au service de la maison paroissiale, on
suivra les dispositions établies par l'Evêque ou la Conférence
Episcopale.
30. Les rapports avec la famille et les parents. Les liens
d'affection avec la famille d'origine ont une valeur très importante pour
un prêtre: il trouve normalement en elle un soutien naturel pour sa propre
vie. Dans certaines cultures, le problème des relations entre les
ministres consacrés et leur famille est très aigu: il concerne non
seulement les aspects humains et affectifs, mais aussi les aspects économiques
et les exigences de la justice. Il convient d'adopter un comportement évangélique,
qui aide à vivre en communion avec ceux qui nous sont chers, à les
assister, sans perdre par ailleurs la liberté nécessaire au ministère.
On éduquera les familles catholiques à estimer
la vocation de leurs fils prêtres comme un don de Dieu à la
communauté et à partager leur idéal apostolique, sans
intervenir dans leur travail pastoral. Pour ce qui regarde l'aspect économique,
les fils prêtres aideront avec reconnaissance les membres de leur famille,
tout particulièrement leurs propres parents, quand ils sont dans le
besoin, mais toujours avec discrétion, s'abstenant de prendre les biens
de l'Eglise pour les enrichir. Ils n'impliqueront pas les membres de leur
famille dans l'administration des biens de l'Eglise. Tout en pratiquant une
juste hospitalité à l'égard des membres de leur famille,
ils ne les recevront pas d'une manière stable dans leur propre résidence,
spécialement s'ils sont en groupe; ils veilleront à ce que leurs
visites ne compromettent pas la vie et l'activité apostolique des prêtres
par leur fréquence et leur durée.
31. Les devoirs civiques. Citoyens de leur pays, les prêtres
ont un devoir de présence positive et dynamique, de manière à
coopérer à la construction et à la vie bien ordonnée
de la cité terrestre, selon l'esprit de l'Evangile et conformémemnt
à la doctrine sociale de l'Eglise.
Comme pasteurs, les prêtres seront conscients de leur
devoir de favoriser "le plus possible le maintien, parmi les hommes, de la
paix et de la concorde fondées sur la justice" (202). Par leur
exemple ils entraînent les fidèles, à observer l'ordre et
les lois de l'Etat. Ils sauront aussi se réserver la juste liberté
que requiert l'exercice du ministère pastoral, conformémement au
droit essentiel et inaliénable de l'Eglise. Dans la défense de ces
droits et l'affirmation de leur propre autonomie, les prêtres agiront
toujours en accord avec leur Evêque.
Au plan de la participation active à la vie civique,
cependant, l'Eglise demande aux prêtres d'avoir le comportement qui
convient à leur état et d'éviter les activités qui
peuvent compromettre la crédibilité des pasteurs.
Voici les domaines qui, selon les normes canoniques,
demandent une attention spéciale et où s'imposent des limites précises:
les prêtres n'assumeront pas des fonctions publiques qui impliquent
l'exercice du pouvoir civil. Sans l'autorisation de leur propre Evêque,
ils ne se chargeront pas de l'administration de biens appartenant à des
laïcs; ils n'exerceront pas des fonctions séculières qui
comportent l'obligation de rendre des comptes; il leur est défendu de se
porter garant, même sur leurs biens personnels; de même, ils doivent
s'abstenir de signer des effets de commerce par lesquels ils assumeraient
l'obligation de verser de l'argent sans motif défini; ils n'exerceront,
pour aucun motif, des activités de négoce ou de commerce, que ce
soit par eux-mêmes ou par l'intermédiaire d'autrui; ils ne
prendront pas une part active dans les partis politiques ou dans les
associations syndicales (203).
Quand le bien de l'Eglise ou de la société
civile demande qu'un prêtre s'engage dans l'une de ces activités,
l'Evêque accordera cette autorisation pour un temps limité, en
conformité avec les critères de la Conférence Episcopale,
après avoir demandé l'avis du Conseil presbytéral.
32. La formation permanente. Le caractère évolutif
de la personne humaine, la croissance de la vie chrétienne et
sacerdotale, les progrès des sciences sacrées et profanes, la nécessité
de s'adapter aux rythmes d'évolution de la société, exigent
des prêtres qu'ils se maintiennent en état de formation continue.
Ce devoir con-cerne toutes les dimensions de la vie: humaine, spirituelle,
sacerdota-le, doctrinale, apostolique et professionnelle.
La formation humaine continue est nécessaire au prêtre
pour qu'il puisse se maintenir convenablement inséré dans la vie
sociale, en discerner les valeurs et les lacunes, engager des relations
positives avec ses contemporains, comprendre les évolutions et être
en mesure de formuler des jugements sérieux sur les réalités.
La formation permanente doit mettre en valeur la dimension
spirituelle, sacerdotale et apostolique de la vie du prêtre: la vocation
au sacerdoce, la relation à Dieu, le devoir de suivre le Christ, la
conversion intérieure, le renouveau des méthodes pastorales, sont
autant d'aspects de la vie qui demandent une attention continuelle et un
dynamisme de croissance, en harmonie avec le renouvellement que l'Esprit Saint
suscite dans l'Eglise. Les prêtres sauront que leur devoir de se former
concerne avant tout leur être même, c'est à dire leur vie
spirituelle et apostolique, qui doit croître continuellement vers
l'accomplissement du grand idéal de la sainteté sacerdotale (204).
Les prêtres seront convaincus de leur devoir de
continuer à étudier tout au long de leur vie, en fonction de ce
qu'ils sont comme personne, afin de nourrir une vraie piété et
d'approfondir leur contact avec Dieu, et en fonction de leur travail
apostolique. La démarche intellectuelle de la formation continue comporte
l'utilisation des moyens adaptés, tels que la participation à des
cours, l'étude personnelle, les échanges d'expériences,
etc., utilisés avec persévérance et aussi avec la
conviction de n'être jamais au terme de la mise à jour nécessaire.
La formation permanente présente des caractères
particuliers en fonction de la situation et de l'âge. Durant les premières
années après l'ordination, et spécialement à
l'occasion de la première nomination ou lors d'un changement de fonction,
les prêtres trouveront une aide et ils s'efforceront eux-mêmes
d'entrer dans ce nouveau contexte et ce nouveau type de travail, à l'école
d'un prêtre déjà expérimenté. On ne laissera
pas un prêtre s'engager dans un nouvel emploi sans qu'il y soit
convenablement initié. Il est nécessaire que les diocèses
aient une organisation adaptée en vue de cette aide, spécialement
au servi-ce des jeunes prêtres et durant les premières années
qui suivent l'ordination.
Durant la période de la maturité, il convient
de réaliser une révision critique de sa propre vie et de son
action apostolique, en y consacrant volontiers une période prolongée
de formation spéciale, qui peut coïncider avec une année
sabbatique. D'autres périodes de la vie exigent du prêtre un effort
spécial d'adaptation et de renouvellement: il en est ainsi de la maladie
et de la vieillesse, quand s'imposent des changements de fonction et une
limitation des activités. Les prêtres seront aidés à
vivre de manière positive ces situations particulières, par l'Evêque
et par les confrères, qui assureront une présence attentive et
aussi l'assistance et l'aide matérielle nécessaire. Enfin, le prêtre
sera toujours préparé à la mort, comme à la
rencontre avec le Christ glorieux aimé par-dessus tout et servi généreusement
et fidèlement, début de la possession du Royaume (Mt 25, 31.34).
33. L'unité, l'harmonie et le zèle dans la vie
du prêtre. Les exigences liées à la vie sacerdotale sont
multiples et pressantes. Elles dérivent des devoirs relatifs à la
prière, des obligations du service apostolique, de celles qui concernent
l'étude, le repos, les contacts avec le prochain. Il faut louer les prêtres
qui savent s'imposer un programme de vie, même pour le déroulement
de la journée, auquel ils s'efforcent d'être fidèles. Un tel
programme ne doit pas limiter la liberté et la spontanéité,
ni enfermer dans des cadres rigides qui entraveraient le service pastoral; il
doit plutôt aider à travailler avec méthode, à éviter
l'improvisation et le risque de manquer à des devoirs importants. A cette
fin, ce programme concerne l'essentiel, avec ordre et mesure, prévoyant
une juste proportion entre les diverses obligations.
Toutefois, pour obtenir l'unité et l'harmonie de la
vie du prêtre, il ne suffit pas d'un ordre purement extérieur dans
le travail pastoral, ni de la seule pratique de la prière, ni de la persévérance
dans l'accomplissement des diverses obligations. Il est nécessaire
d'aller plus en profondeur et de rejoindre le noyau central de l'identité
du prêtre, qui est la personne même du Christ, dont il est le
ministre. Pour réaliser cette unité de vie et cette harmonie, les
prêtres "doivent demeurer unis au Christ dans la découverte de
la volonté du Père et dans le don de soi pour le troupeau qui leur
est confié" (cf. Jn 3,16) (205).
C'est, par dessus tout, de l'Eucharistie que découle
la charité pastorale qui est capable de réaliser l'unité et
l'harmonie dans la vie et l'activité des ministres sacrés et de
produire du dedans un zèle apostolique que rien ne peut arrêter.
C'est seulement s'il est "l'homme du sacré" que le prêtre
sera aussi "l'homme pour les autres".
Le zèle apostolique est donc la conséquence nécessaire
du caractère sacerdotal et de la réponse généreuse à
la grâce qu'il comporte. Comme Paul, le prêtre doit pouvoir dire: "Ce
n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi" (Gal 2,20), "Je
me suis fait tout à tous" ( 1 Cor 9,22), "c'est moi qui vous ai
engendrés dans le Christ Jésus" ( 1 Cor 4,15), "malheur à
moi si je n'annonce pas l' Evangile" ( 1 Cor 9,16). Le zèle
apostolique, qui est ardeur intérieure et conviction profonde, et qui
s'exprime dans l'engagement missionnaire, dans un service pastoral inlassable,
dans l'ouverture du coeur à ceux qui sont loin, dans l'attention à
tous, spécialement aux plus pauvres, est chez le prêtre une nécessité
intérieure qui dérive de son être même de consacré.
Il est ainsi nécessaire que chez tous les prêtres se réalise
cette merveilleuse unité et harmonie entre la consécration et la
mission.
Les prêtres trouveront un modèle simple et
entraînant dans la Vierge Marie, qui a su synthétiser et exprimer
sa participation sans réserve à la mission de Jésus, dans
son amour maternel: "La Vierge a été par toute sa vie le modèle
de cet amour maternel dont doivent être animés tous ceux qui,
associés à la mission apostolique de l'Eglise, travaillent à
la régénération des hommes" (206). Marie, qui a
accueilli avec foi et amour (cf Lc 1,38), contemplé en son coeur ( cf. Lc
2, 19.51) et donné aux hommes son fils Jésus, restera une source
inépuisable d'inspiration et une aide efficace pour les prêtres,
pour qu'ils réalisent dans le monde le désir ardent de celui qui
les a appelés et envoyés: "Je suis venu apporter le feu sur
la terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé!"
(Lc. 12,48).
Le Souverain Pontife Jean Paul II, au cours de l'Audience accordée au
soussigné Cardinal Préfet le 1er Septembre 1989, a approuvé
le présent Guide de vie pastorale et en a décidé la
pubblication.
Rome, du Siège de la Congrégation pour l'Evangélisation
des Peuples, le 1er Octobre 1989, en la Fête de Sainte Thérèse
de l'Enfant-Jésus, Patronne des Missions.
Jozef Card. Tomko, Préfet
José Sanchez, Archevêque émérite de Nueva
Segovia, Secrétaire
TABLE DE MATIERES
1. Introcuction
I. - AUX SOURCES DU SACERDOCE MINISTERIEL
2. Fondement trinitaire
3. Fondement ecclésiologique et sacramentel
II. - L'IDENTITE DU PRETRE COMME EVANGELISATEUR ET COMME
PASTEUR
4. La conscience missionnaire du prêtre
5. La conscience pastorale du prêtre
6. La fraternité sacerdotale
7. Ministre de la Parole
8. Président des célébrations
liturgiques et ministre des sacrements
9. Libération, promotion humaine et choix préférentiel
des pauvres
10. Artisan de la collaboration
11. Pasteur, soucieux de l'évangélisation de
la culture
12. Ami et guide des jeunes
13. Promoteur des vocations
14. Attentifs à l'identité des laïcs
15. Apôtre de la famille
16. Proche des malades et des personnes âgées
17. Artisan de l'oecumenisme 18. Attentif au dialogue avec les non chrétiens.
III.- LA SPIRITUALITE DU PRETRE DIOCESAIN
19. Nécessité et nature de la spiritualité
sacerdotale
20. Les dimensions de la spiritualité sacerdotale
21. Les lignes évangéliques de la spiritualité
sacerdotale
22. Les moyens concrets de progrès spirituel
IV. - REGLES DE VIE SACERDOTALE
23. La Parole de Dieu interpelle le prêtre
24. La vie de prièere
25. La vid intellectuelle
26. La vie commune
27. L'obéissance sacerdotale
28. La pauvreté et l'usage des biens
29. La chasteté pour le Royaume dans le célibat
30. Les rapports avec la famille et les parents
31. Les devoirs civiques
32. La formation permanente
33. L'unité, l'harmonie et le zèle dans la vie
du prêtre.
N O T E S
(1) Cf.CONC. VAT II,Ad Gentes divinitus, 16; cf.PIE XII,
Apostolique Ad Clerum Indigenam, 28 Juin 1948:AAS 40 (1948), 374-376.
(2) Cf. CONC. VAT. II, Décret sur l'action
missionnaire de l'Eglise Ad Gentes divinitus, 2-5.
(3) Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 28; Id., Décr.sur ministère et vie des prêtres
Presbyterorum Ordinis, 2.
(4) Cf. CONC. VAT. II, Décret sur l'action
missionnaire de l'Eglise Ad Gentes divinitus, 20.
(5) Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 20; Id., Décr.sur ministère et vie des prêtres
Presbyterorum Ordinis, 4ss.; Id. Décret sur la charge pastorale des Evêques
Christus Dominus, 11ss.
(6) Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 4.
(7) Cf. Ibid.,7.
(8) Cf. CONC. VAT. II, Décret sur l'action
missionnaire de l'Eglise Ad Gentes divinitus, 4.
(9) Cf. CONC. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 2.
(10)Cf. CONC. VAT. II, Décret sur l'action
missionnaire de l'Eglise Ad Gentes divinitus, 4; PAUL VI, Exhort. Apostolique
Evangelii Nuntiandi, 29 déc. 1975, 75: AAS 68 (1976), 64-67.
(11) Cf. CONC. VAT. II, Décr, sur l'Oeucum. Unitatis
Redintegratio, 2.
(12) Cf. CONC. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 5.
(13) Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 48.
(14) Ibid., 4; CIC c 835 §1.
(15) Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 27, 41.
(16) Cf. CONC. VAT. II, Décret sur l'action
missionnaire de l'Eglise Ad Gentes divinitus, 20.
(17) Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 28.
(18) Cf. ibid., 21.
(19) Cf. CONC. VAT. II, Décret sur l'action
missionnaire de l'Eglise Ad Gentes divinitus, 13, 37,39; ID.,Décr.sur
ministère et vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 2.
(20) Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 28.
(21) Cf. Ibid., 10.
(22) Cf. CONC. VAT. II, Décret sur la charge
pastorale des Evêques Christus Dominus, 28; CIC c 265.
(23) Cf. CONC. VAT. II, Décret sur la charge
pastorale des Evêques Christus Dominus, 11.
(24) Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 29; CIC c 236.
(25) Cf. CONC. VAT. II, Décret sur l'action
missionnaire de l'Eglise Ad Gentes divinitus, 20; ID.,Décr.sur ministère
et vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 6.
(26) Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 28; ID., Décret sur l'action missionnaire de l'Eglise Ad Gentes
divinitus, 2,35; CIC c 781.
(27) Cf. CONC. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 10. ID., Décret sur l'action
missionnaire de l'Eglise Ad Gentes divinitus, 20.
(28) JEAN PAUL II, Discours à l'Assemblée Plénière
de la Congrégation pour l'Evangélisation des Peuples, 14 avril
1989: OR 15.4.1989, 5.
(29) Cf. CONC. VAT. II, Décret sur l'action
missionnaire de l'Eglise Ad Gentes divinitus, 20.
(30) Cf. L'Evangélisation dans le présent et
le futur de l'Amérique Latine, Puebla, 1979, 368.
(31) Cf. CONC. VAT. II, Décret sur l'action
missionnaire de l'Eglise Ad Gentes divinitus, 20; CIC c 784.
(32) JEAN PAUL II, Discours à l'Assemblée Plénière
de la
Congrégation pour l'Evangélisation des
Peuples, 14 avril 1989: OR 15.4.1989, 5.
(33) Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 28.
(34) Cf. ST CYPRIEN, Ep 55, 24: Hartel, 642; Ep. 36,4:
Hartel, 575; CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 23.
(35) Cf. CONC. VAT. II, Décret sur la charge
pastorale des
Evêques Christus Dominus, 6; ID., Décr.sur
ministère et vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 10.
(36) Ibid, 7; ID., Const.dogm. sur l'Eglise Lumen Gentium,
28.
(37) Ibid.
(38) Cf. CONC. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 8.
(39) Cf. CIC cc 495-502.
(40) Cf. CONC. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 3.
(41) Ibid., 9; cf. PAUL VI, Encycl. Ecclesiam Suam, 6 août
1964: AAS 56 (1964), 647.
(42) Cf. CONC. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 8.
(43) Cf. CONC. VAT. II, Décret sur l'action
missionnaire de l'Eglise Ad Gentes divinitus, 27; PAUL VI, Exhort. Apostolique
Evangelii Nuntiandi, 29 déc. 1975, 75: AAS 68 (1976), 50-51.
(44) Cf. CONC. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 8.
(45) Cf. ibid., CIC 278, §2.
(46) Cf. CONGREGATION POUR LE CLERGE, Décl. Quidam
Episcopi, 8 mars 1982; AAS 74 (1982), 642-645.
(47) Cf. CONC. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 4; PAUL VI, Exhort. Apostolique
Evangelii Nuntiandi, 29 déc. 1975, 68: AAS 68 (1976), 57-58; CIC c 757.
(48) Cf. CONC. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 4; PAUL VI, Exhort. Apostolique
Evangelii Nuntiandi, 29 déc. 1975, 15: AAS 68 (1976), 13-15.
(49) Cf. CONC. VAT. II, Décret sur l'action
missionnaire de l'Eglise Ad Gentes divinitus, 13.
(50) Cf. CIC c 760.
(51) Cf. CONC. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 4.
(52) Cf. CIC c 767; JEAN PAUL II, Exhort. Ap. Catechesi
Tradendae, 16 oct. 1979, 48: AAS 71 (1979), 1316.
(53) Cf. CIC cc 766-767.
(54) Cf. ibid., 773; JEAN PAUL II, Exhort. Ap. Catechesi
Tradendae, 16 oct. 1979, 64, 67: AAS 71 (1979), 1330-1333.
(55) Cf. CIC c 777; JEAN PAUL II, Exhort. Ap. Catechesi
Tradendae, 16 oct. 1979, 18-25: AAS 71 (1979), 1291-1298, 1307-1314.
(56) Cf. CIC c 774; JEAN PAUL II, Exhort. Ap. Catechesi
Tradendae, 16 oct. 1979, 68: AAS 71 (1979), 1333-1334.
(57) Cf. CIC c 796ss.
(58) Cf. JEAN PAUL II, Exhort. Ap. Catechesi Tradendae, 16
oct. 1979, 69: AAS 71 (1979), 1334-1336.
(59) Cf. CIC c 785.
(60) Cf. ibid. 780, 785, §2; JEAN PAUL II, Exhort. Ap.
Catechesi Tradendae, 16 oct. 1979, 66: AAS 71 (1979), 1331.
(61) Cf. CIC c 785.
(62) Cf. ibid. 772, §2, 779; JEAN PAUL II, Exhort. Ap.
Catechesi Tradendae, 16 oct. 1979, 46: AAS 71 (1979), 1314.
(63) Cf. PAUL VI, Exhort. Apostolique Evangelii Nuntiandi,
29 déc. 1975, 4668: AAS 68 (1976), 36.
(64) Cf. CONC. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 5; CIC c 835 § 2.
(65) Cf. CONC. VAT. II, Const. sur la Ste. Lit. Sacrosanctum
Concilium 18-19; JEAN PAUL II, Let. Ap. Vicesimus Quintus Annus, 4 Déc.
1988, 10: OR 14.5.1989, Encart.
(66) Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 11; Id., Décr.sur ministère et vie des prêtres
Presbyterorum Ordinis, 5.
(67) Cf. CIC cc 213, 843 §1.
(68) Cf. Ibid. 843 §2.
(69) Cf. Ibid., 789.
(70) JEAN PAUL II, Let. Ap., Dominicae Cenae, 24 févier
1980, 8: AAS 72,128.
(71) Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 34; Id., Décr.sur ministère et vie des prêtres
Presbyterorum Ordinis, 5.
(72) CF. CIC c 898.
(73) JEAN PAUL II, Exhort. Ap. Reconciliatio et Paenitentia,
2 déc. 1984, 31: AAS 77 (1985), 266.
(74) Cf. ID., 16; ibid., 213-217.
(75) Cf. ID., 32-33; ibid., 267-271; CIC cc 960-963.
(76) Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 11; ID., Décret sur l'action missionnaire de l'Eglise Ad Gentes
divinitus, 14.
(77) Cf. Ibid., 851.
(78) Cf. CONC. VAT. II, Décret sur l'action
missionnaire de l'Eglise Ad Gentes divinitus, 14.
(79) Cf. Ibid., 15.
(80) Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 11; ID., Décret sur l'action missionnaire de l'Eglise Ad Gentes
divinitus, 36; CIC c 879.
(81) Cf. CONC. VAT. II, Const. sur la Ste Liturgie,
Sacrosanctum Concilium 7.
(82) Cf. Ibid., 27; CIC c 837 § 1.
(83) Cf. CONC. VAT. II, Const. sur la Ste Liturgie,
Sacrosanctum Concilium 30; CIC c 837 § 2.
(84) Cf. CONC. VAT. II, Const. sur la Ste Liturgie,
Sacrosanctum Concilium 10.
(85) Cf. JEAN PAUL II, Let. Ap. Vicesimus Quintus Annus, 4 Déc.
1988, 16: OR 14.5.1989, Encart.
(86) Cf. CONC. VAT. II, Const. sur la Ste Liturgie,
Sacrosanctum Concilium 37-39.
(87) Cf. CIC c 1248 § 2.
(88) Cf. CONGREGATION POUR LE CULTE DIVIN, Directoire pour
le célébrations dominicales en l'absence du prêtre, 2 juin
1988.
(89) Cf. CONC. VAT. II, Const. sur la Ste Liturgie,
Sacrosanctum Concilium 18.
(90) Cf. CONGREGATION POUR LE CULTE DIVIN, Inst.
Inaestimabile Donum 3, Avril 1980: AAS 72 (1980), 331-343: CIC cc 838, 841, 846;
JEAN PAUL II, Let. Ap. Vicesimus Quintus Annus, 4 Déc. 1988, 13: OR
14.5.1989, Encart.
(91) Cf. CONC. VAT. II, Décret sur l'action
missionnaire de l'Eglise Ad Gentes divinitus, 12; ID., Const, past. sur l'Eglise
dans le monde de ce temps Gaudium et Spes, 40ss; JEAN PAUL II Encycl.
Sollicitudo Rei socialis, 30 déc. 1987, 42: AAS 80 (1988), 572-574.
(92) Cf. CONC. VAT. II, Const, past. sur l'Eglise dans le
monde de ce temps Gaudium et Spes, 40ss; PAUL VI, Exhort. Apostolique Evangelii
Nuntiandi, 29 déc. 1975, 25-28, 32-34: AAS 68
(1976), 23-25, 27-28
(93) Cf. JEAN PAUL II Encycl. Sollicitudo Rei socialis, 30 déc.
1987, 41: AAS 80 (1988), 571.
(94) Cf. CONGREGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI, Inst.
Libertatis Nuntius, 6 août 1984: AAS 76 (1984), 876-909.
(95) Cf. JEAN PAUL II, Exhort. Ap. Christifideles Laici, 30
déc. 1988, 41-43.
- Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen Gentium, 31;JEAN PAUL II,
Exhort. Ap. Christifideles Laici, 30 déc. 1988, 15.
- Cf. JEAN PAUL II Encycl. Sollicitudo Rei socialis, 30 déc. 1987, 42:
AAS 80 (1988), 572-574.
(98) Cf. PAUL VI, Exhort. Apostolique Evangelii Nuntiandi,
29 déc. 1975, 60: AAS 68 (1976), 50-51.
(99) Cf. Conc. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 95.
(100) Cf. CIC c 536.
(101) Cf. ibid., 537.
(102) Cf. PAUL VI, Exhort. Apostolique Evangelii Nuntiandi,
58 déc. 1975, 60: AAS 68 (1976), 46-49; CONGREGATION POUR LA DOCTRINE DE
LA FOI, Inst. Libertatis Conscientia, 22 mars 1986: AAS 74 (1987), 584-585; JEAN
PAUL II, Exhort. Ap. Christifideles Laici, 30 déc. 1988, 61.
(103) Cf. CONC. VAT. II, Décret sur l'action
missionnaire de l'Eglise Ad Gentes divinitus, 20; CIC cc 678, 790.
(104) Cf. ibid., 680.
(105) Cf. CONC. VAT. II, Décret sur l'action
missionnaire de l'Eglise Ad Gentes divinitus, 9, 11, 16, 22; PAUL VI, Let. Ap.
Ecclesiae Sanctae, III, 18,2; CONC. VAT. II, Const, past. sur l'Eglise dans le
monde de ce temps Gaudium et Spes, 44, 57ss; PAUL VI, Discours, Kampala, 2 août
1969: AAS 61 (1969),587-590; ID., Exhort. Apostolique Evangelii Nuntiandi, 29 déc.
1975, 62ss: AAS 68 (1976), 52ss; JEAN PAUL II, Discours aux Evêques du Zaïre,
3 mai 1980: AAS 72 (1980), 430-439; ID, Let. Ap. Familiaris consortio, 22 nov.
1981, 10: AAS 74 (1982), 90-91; ID., Exhort. Ap. Christifideles Laici, 30 déc.
1988, 44.
(106) Cf. PAUL VI, Let. Ap. Ecclesiae Sanctae, III, 18,2.
(107) Cf. PAUL VI, Exhort. Apostolique Evangelii Nuntiandi,
29 déc. 1975, 48: AAS 68 (1976), 37-38.
(108) Cf. JEAN PAUL II, Exhort. Ap. Christifideles Laici, 30
déc. 1988, 46.
(109) Cf. JEAN PAUL II, lettre aux jeunes dans l'Année
Internationale de la Jeunesse Parati semper, 31 mars 1985: AAS 77 (1985),
579-628.
(110) Cf. CONC. VAT. II, Dècr. sur l'apost. des laïcs
Apostolicam Actuositatem, 12.
(111) Cf. CONC. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 6.
(112) Cf. CONC. VAT. II, Const, past. sur l'Eglise dans le
monde de ce temps Gaudium et Spes, 31.
(113) Cf. JEAN PAUL II, Exhort. Ap. Christifideles Laici, 30
déc. 1988, 46.
(114) Cf. ibid.
(115) Cf. ibid.
(116) Cf. Conc. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 11; Décr. sur la formation
des prêtres Optatam Totius,2; ID., Décret sur l'action missionnaire
de l'Eglise Ad Gentes divinitus, 16, 18; CIC cc 233, 574 §2, 791.
(117) Cf. JEAN PAUL II, Exhort. Ap. Christifideles Laici, 30
déc. 1988, 35.
(118) Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 10-12, 30-36;ID., Décret sur l'action missionnaire de l'Eglise
Ad Gentes divinitus, 21; JEAN PAUL II, Exhort. Ap. Christifideles Laici, 30 déc.
1988, 14, 16-17.
(119) Cf. Conc. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 9; déc. 1988, 20; JEAN PAUL
II, Exhort. Ap. Christifideles Laici, 30 déc. 1988, 15.
(120) Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 31; ID., Décret sur l'ap. des laïcs, Apostolicam
Actuositatem, 3-4; JEAN PAUL II, Exhort. Ap. Christifideles Laici, 30 déc.
1988, 15.
(121) Cf. CONC. VAT. II, Décret sur l'action
missionnaire de l'Eglise Ad Gentes divinitus, 11.
(122) Cf. JEAN PAUL II, Exhort. Ap. Christifideles Laici, 30
déc. 1988, 35.
(123) Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 31; ID.,Décret sur l'action missionnaire de l'Eglise Ad Gentes
divinitus, 11-12; ID. Décret sur l'ap. des laïcs, Apostolicam
Actuositatem, 7; ID., Const. Past. sur l'Eglise dans le monde de ce temps
Gaudium et Spes, 43; CIC c 225 §2.
(124) Cf. CONC. VAT. II, Décret sur l'ap. des laïcs,
Apostolicam Actuositatem, 7; JEAN PAUL II, Exhort. Ap. Christifideles Laici, 30
déc. 1988, 28.
(125) Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 37; ID. Décret sur l'ap. des laïcs, Apostolicam
Actuositatem, 24-26; CIC c 228; JEAN PAUL II, Exhort. Ap. Christifideles Laici,
30 déc. 1988, 29-31.
(126) Cf. JEAN PAUL II, Let. Ap. Mulieris Dignitatem, 15 août
1988, 28-30: AAS 80 (1988), 1720-1727.
(127) Cf. CONC. VAT. II, Décret sur l'ap. des laïcs,
Apostolicam Actuositatem, 11.
(128) Cf. JEAN PAUL II, Let. Ap. Familiaris Consortio, 22
nov. 1981, 6: AAS 74 (1982), 87-88.
(129) Cf. ID, 73; ibid. 170-171.
(130) Cf. ID, 73-75; ibid. 170-173; CIC c 529 § 1.
(131) Cf. JEAN PAUL II, Let. Ap. Familiaris Consortio, 22
nov. 1981, 6: AAS 74 (1982), 167-168.
(132) Cf. ID., 66; Ibid., 159-162; CONGREGATION POUR
L'EDUCATION CATHO-LIQUE, Orientations éducatives sur l'amour humain,
Traits d'éducation sexuelle, 1er nov.1983, 60-62: OR, 2.12.1983; encart;
CIC c 1063.
(133) Cf. JEAN PAUL II, Let. Ap. Mulieris Dignitatem, 15 août
1988, 23: AAS 80 (1988), 1708-1710.
(134) Cf. JEAN PAUL II, Let. Ap. Familiaris Consortio, 22
nov. 1981, 67: AAS 74 (1982), 162-163.
(135) Cf. ID., 36-38, 69: ibid. 126-130, 165-167.
(136) Cf. ID., 28: ibid., 114.
(137) Cf. ID., 73-76:: ibid., 170-175.
(138) Cf. CONC. VAT. II, Const, past. sur l'Eglise dans le
monde de ce temps Gaudium et Spes, 50-51; PAUL VI Encycl. Humanae Vitae, 25
juillet 1968, 10-16: AAS 60 (1968), 487-492; JEAN PAUL II, Let. Ap. Familiaris
Consortio, 22 nov. 1981, 30-35: AAS 74 (1982), 115-120; SAINT SIEGE, Charte des
Droits de la Famille, 24 nov. 1983, 3: OR, 25.11.1983, encart; JEAN PAUL II, Let
Ap.Mulieris Dignitatem, 15 août 1988, 18-19: AAS 80 (1988), 1693-1700.
(139) Cf. CONC. VAT. II, Const, past. sur l'Eglise dans le
monde de ce temps Gaudium et Spes, 51; PAUL VI Encycl. Humanae Vitae, 25 juillet
1968, 21-22: AAS 60 (1968), 495-497.
(140) Cf. CONC. VAT. II, Const, past. sur l'Eglise dans le
monde de ce temps Gaudium et Spes, 51; PAUL VI Encycl. Humanae Vitae, 25 juillet
1968, 14: AAS 60 (1968), 487-492; JEAN PAUL II, Let. Ap. Familiaris Consortio,
22 nov. 1981, 30: AAS 74 (1982), 115-117; SAINT SIEGE, Charte des Droits de la
Famille, 24 nov. 1983, 4,a: OR, 25.11.1983, encart.
(141) Cf. ID., 4, b, c: ibid.; CONGREGATION POUR LA DOCTRINE
DE LA FOI, Inst. Donum Vitae, 22 fév. 1987: AAS 80 (1988), 70-102.
(142) Cf. JEAN PAUL II, Let. Ap. Familiaris Consortio, 22
nov. 1981, 30: AAS 78 (1982), 178-180.
(143) Cf. ID., 33, 77-84: ibid. 120-123, 175-186.
(144) Cf. CIC cc 1124-1129; JEAN PAUL II, Let. Ap.
Familiaris Consortio, 22 nov. 1981, 73: AAS 74 (1982), 170-171.
(145)Cf. CIC cc 1161-1165.
(146) Cf. JEAN PAUL II, Exhort. Ap. Christifideles Laici, 30
déc. 1988, 53-54.
(147) Ibid., 48.
(148) Cf. JEAN PAUL II, Let. Ap. Familiaris Consortio, 27:
nov. 1981, 30: AAS 78 (1982), 113-114.
(149) Cf. CIC cc 922, 1001.
(150) Cf. ibid. 230 §3, 231 §1, 910 §2.
(151) Cf. CONC. VAT. II, Const. sur la Ste. Lit.
Sacrosanctum Concilium, 81.
(152) Cf. CONC. VAT. II, Déc r. sur l'Oecum. Unitatis
Redintegratio, 1.
(153) Cf. Ibid., 4.
(154) Cf. Ibid., 11.
(155) Cf. CIC c 755.
(156) Cf. St. IRENEE, Adv. Haer. III, 18,1: PG 7,932; ID,
III, 20,2: Ibid. 943; St. JUSTIN, 1 Apol. 44: PG 6,395; CONC. VAT. II, Décr.
sur l'act. mis. de l'Eglise Ad Gentes, 3,11.
(157) Cf. Ibid., 12.
(158) Cf. Conc. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 11;cf. ST JEAN CHRYSOSTOME, De Sa
Sacerdotio II,2: PG 48,633; St. GREGOIRE le GRAND, Reg. Past.Liber, P.I. c.5; PL
77,19.
(159) Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 31.
(160) Cf. St. IGNACE M., Philad. 4, et Funk, I, 266.
(161) Cf. JEAN PAUL II, Let. aux Prêtres à
l'occasion du Jeudi-Saint, 25 mars 1988: AAS 80 (1988), 1290.
(162) Cf. Conc. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 2, 6.
(163) Cf. ibid. , 7-9.
(164) Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 28.
(165) Cf. Conc. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 15, 17.
(166) Cf. ibid. , 1-2.
(167) Cf. ibid. , 1.
(168) Cf. ibid. , 13.
(169) Cf. ibid. , 13, 15-17; CIC cc 245, 247, 273, 275, 277,
282, 287.
(170) Cf. Conc. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 14.
(171) Cf. ibid. , 8.
(172) Cf. CONC. VAT. II, Décr. sur la charge past.
des Evêques Christus Dominus, 15-17, 28.
(173) Cf. CONC. VAT. II, Const. dogm. sur la Révélation
divine Dei Verbum, 21.
(174) Cf. ibid. , 25.
(175) Cf. Conc. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 13.
(176) Cf. CIC cc 276 § 2 ; 909.
(177) Cf. ibid. 276 § 2, 3 ; 1173-1175.
(178) Cf. CIC c. 276 §2, 5
(179) Cf. CIC c. 276 §2, 5
(180) Cf. CIC c. 276 §2, 4 .
(181) Cf. Conc. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 14.
(182) Cf. ibid., 19.
(183) Cf. CIC c 279, §1.
(184) Cf. CONC. VAT. II, Décr. sur l'act. mis. de
l'Eglise Ad Gentes, 16.
(185) Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 28; ID., Décr.sur ministère et vie des prêtres
Presbyterorum Ordinis, 8; CIC c 280.
(186) Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 27.
(187) Cf. CONC. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 8.
(188) Cf. ibid.
(189) Cf. ibid. 15.
(190) Cf. ibid.
(191) Cf. CIC cc 945-958.
(192) Cf. ibid. 535.
(193) Cf. ibid. 284.
(194) Cf. ibid. 283 §2, 533.
(195) Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 8.
(196) Cf. PAUL VI, Discours aux Evêques, Medellin, 24
août 1968: AAS 60 (1968), 639-649; JEAN PAUL II, Encyc. Sollicitudo Rei
Socialis, 3é déc. 1987, 42: AAS 80 (1988), 572-574.
(197) Cf. CONC. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 16.
(198) Cf. CIC cc 222, 231, 282, 282, 1254 §2.
(199) Cf. CONC. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 16.
(200) Cf. PAUL VI, Encycl. Sacerdotalis Caelibatus, 24 juin
1967, 73: AAS 59 (1967), 686.
(201) Cf. CIC c 277 §2.
(202) Cf. ibid. 287 § 1.
(203) Cf. ibid. 285-287.
(204) Cf. ibid. 276 §1.
(205) Cf. CONC. VAT. II, Décr.sur ministère et
vie des prêtres Presbyterorum Ordinis, 14.
(206) Cf. CONC. VAT. II,Const.dogm. sur l'Eglise Lumen
Gentium, 65.