Document d'orientation en vue de la vocation,
de la formation et de la promotion des Catéchistes
dans les territoires de mission qui dépendent de la
Congrégation pour l'Evangélisation des Peuples
Cité du Vatican, 1993.
Vénérables Frères dans l'Episcopat,
Chers Prêtres,
Chers Catéchistes,
En cette période historique très sensible et
favorable, pour diverses raisons, à l'influence du message chrétien,
la Congrégation pour l'Evangélisation des Peuples a réservé
un intérêt spécial à quelques catégories de
personnes qui jouent un rôle décisif dans l'activité
missionnaire. En effet, après avoir examiné la formation dans les
grands séminaires (1986),considéré la vie et le ministère
des prêtres (1989), notre Congrégation a porté son attention
sur les laïcs catéchistes, dans l'Assemblée Plénière
d'avril 1992.
Les catéchistes ont toujours eu une part importante
dans l'évangélisation au cours de sa marche séculaire.
Aujourd'hui encore, ils sont considérés comme des "évangélisateurs
irremplaçables", ainsi que l'affirme justement l'Encyclique
Redemptoris Missio. Dans son message à notre Assemblée Plénière
le Saint Père a confirmé la singularité de leur rôle:
"Durant mes voyages apostoliques j'ai pu constater personnellement que les
catéchistes offrent, surtout dans les Territoires de Mission, une aide
singulière et absolument nécessaire à l'expansion de la foi
et de l'Eglise"(AG 17).
La Congrégation pour l'Evangélisation des
Peuples expérimente directement l'indiscutable actualité des catéchistes
laïcs. Sous la direction des prêtres ils continuent, en effet, à
annoncer la "bonne nouvelle", avec franchise, à leurs frères
appartenant à d'autres religions, les préparant ensuite à
entrer par le baptême dans la communauté ecclésiale. Au
moyen de l'instruction religieuse, de la préparation aux sacrements, de
l'animation de la prière et des oeuvres caritatives, ils aident les
baptisés à croître dans la ferveur de la vie chrétienne.
Là où les prêtres sont en nombre insuffisant, les catéchistes
sont aussi chargés de guider pastoralement de petites communautés éloignées
du Centre. Souvent, ils sont appelés à témoigner leur fidélité
en supportant de dures épreuves et de douloureuses privations. L'histoire
passée et récente de l'évangélisation atteste en
outre leur cohérence jusqu'au don de la vie. Les catéchistes sont
vraiment un motif de fierté de l'Eglise missionnaire.
Le présent Guide pour les catéchistes, fruit
de la dernière Plenaria, exprime la sollicitude du Dicastère
missionnaire en faveur de cette "armée d'apôtres laïcs
qui a si magnifiquement mérité". Ce Guide contient un matériel
vaste et ordonné qui touche divers aspects: depuis l'identité du
catéchiste, son choix, sa formation et sa spiritualité, jusqu'aux
tâches apostoliques fondamentales et, enfin, à la situation économique.
Avec beaucoup d'espoir je confie ce Guide aux Evêques,
aux Prêtres et aux Catéchistes eux-mêmes, les invitant à
l'examiner sérieusement et d'en exécuter les directives. Aux
Centres ou Ecoles pour les catéchistes, en particulier, je demande de
faire référence à ce document pour leurs programmes de
formation et d'enseignement, tandis que pour le contenu ils ont déjà
entre les mains le Catéchisme de l'Eglise Catholique, publié après
l'Assemblée Plénière.
L'usage attentif et fidèle de ce Guide pour les catéchistes
dans toutes les Eglises qui dépendent de notre Dicastère
missionnaire, contribuera,non seulement à promouvoir le renouvellement de
l'image du (ou de la) catéchiste mais sera le garant d'une croissance
dans l'unité de ce secteur vital pour l'avenir de la mission dans le
monde.
Voilà mon sincère souhait confié dans
la prière à Marie Mère et Modèle des Catéchistes,
pour qu'elle le fasse devenir toujours davantage une consolante réalité
dans toutes les jeunes Eglises.
Le Saint Père, informé de cet engagement de
notre Dicastère et ayant vu le texte du Guide, a beaucoup apprécié
et encouragé l'initiative, donnant de tout coeur la réconfortante
bénédiction apostolique, avec une attention toute particulière
aux catéchistes.
Rome, Fête de Saint François Xavier, 3 décembre
1993
Jozef Card. Tomko
Préfet
INTRODUCTION
1. Service nécessaire. La Congrégation pour
l'Evangélisation des Peuples (CEP) a toujours témoigné une
sollicitude spéciale à l'égard des catéchistes,
convaincue qu'ils constituent, en dépendance des Pasteurs, une force de
premier ordre pour l'évangélisation. Après avoir publié
au mois d'avril 1970 quelques directives pratiques sur les catéchistes,
consciente de sa responsabilité et tenant compte des profonds changements
advenus dans le champ missionnaire, la CEP entend attirer de nouveau l'attention
sur la situation actuelle, sur les problèmes et sur les perspectives de développement
qui concernent cette armée de catéchistes laïcs qui a si
magnifiquement mérité.
A ce sujet, la CEP est encouragée par de nombreuses
et pressantes interventions du Saint Père Jean Paul II qui, durant les
voyages apostoliques, sait profiter de toute occasion pour souligner l'actualité
et l'importance de l'oeuvre des catéchistes, ce "fondamental
service évangélique".
Il s'agit d'un objectif exigeant et absorbant; mais, compte
tenu que les catéchistes dès les premiers siècles du
christianisme et en chaque époque de reprise missionnaire ont toujours
donné et donnent encore maintenant "une aide singulière
et absolument nécessaire à l'expansion de la foi et de l'Eglise",
il devient un objectif séduisant auquel on ne peut renoncer.
Stimulée par ces constatations et après avoir
examiné, dans l'Assemblée Plénière du 27 au 30 Avril
1992, toutes les informations et les suggestions résultant d'une ample
consultation auprès des Evêques et des centres catéchétiques
des territoires de mission, la CEP a préparé un Guide pour les catéchistes,
dans lequel elle traite du point de vue doctrinal, existentiel et pratique les
principales questions concernant la vocation, l'identité, la spiritualité,
le choix et la formation, les tâches missionnaires et pastorales, la rémunération
et la responsabilité du Peuple de Dieu à l'égard des catéchistes,
dans les situations actuelles et en considération de l'avenir.
Pour chaque thème, sont proposés aussi bien
l'idéal à atteindre que les éléments indispensables,
compte tenu des réalités en terre de mission, pour qu'un catéchiste
puisse se définir comme tel. Les directives sont exprimées
intentionnellement sous une forme générale, de façon
qu'elles soient applicables à tous les catéchistes dans les jeunes
Eglises. Il appartient aux Pasteurs compétents de les spécifier
d'après les exigences et les possibilités locales.
Les destinataires de ce guide sont avant tout les laics catéchistes,
et ceux qui sont en rapport avec eux, c'est-à-dire les évêques,
les prêtres, les religieux, les formateurs et les fidèles, en
raison de la profonde connexion entre les différentes composantes de la
communauté ecclésiale.
Avant que ce guide ne voie le jour, le Saint-Père
Jean Paul II a approuvé le Catéchisme de l'Eglise Catholique
et en a ordonné la publication. Nul n'ignore l'importance extraordinaire,
et pour l'Eglise, et pour tout homme de bonne volonté, de ce riche et
synthétique "exposé de la foi de l'Eglise et de la
doctrine catholique, attestées ou éclairées par l'Ecriture
Sainte, la Tradition Apostolique et le Magistère ecclésiastique".
Même s'il s'agit d'un document différent quant à la finalité
et au contenu, il apparaît en toute évidence combien le nouveau catéchisme
illumine spécialement plus d'un point du Guide et, surtout, combien il
constitue un texte de référence sûr et autorisé pour
la formation et l'activité des catéchistes. Pour cela, dans la rédaction
finale du texte, l'on a pris soin d'en indiquer, particulièrement dans
les notes, les principaux points de recoupement avec les thèmes traités
dans le catéchisme.
On souhaite que ce guide puisse constituer un point de référence,
un moyen d'unité et de stimulation pour les catéchistes et aussi, à
travers leur action, pour les communautés ecclésiales. La CEP, par
conséquent, le remet avec confiance aux Conférences Episcopales et
à chacun des Ordinaires comme une aide pour la vie et l'apostolat de
leurs catéchistes et une base pour renouveler les Directoires nationaux
et diocésains qui les concernent.
PREMIERE PARTIE
UN APOTRE TOUJOURS ACTUEL
I. LE CATECHISTE POUR UNE EGLISE MISSIONNAIRE
2. Vocation et identité. Dans l'Eglise, chaque baptisé
est appelé personnellement par l'Esprit Saint à apporter sa
contribution pour l'avènement du Règne de Dieu. A l'intérieur
du laïcat se trouvent diverses "vocations", en d'autres
termes, des chemins spirituels et apostoliques différents qui concernent
chacun des fidèles laïcs. Dans le sillon d'une vocation laïque "commune",
fleurissent des vocations "particulières".
A l'origine de la vocation du catéchiste, en plus des
sacrements de baptême et de confirmation il y a un appel spécifique
de l'Esprit, autrement dit, un "charisme particulier reconnu par
l'Eglise" et rendu explicite par le mandat de l'Evêque. Il est
important que le candidat catéchiste perçoive le sens profond et
surnaturel de cet appel, de façon qu'il soit en mesure de répondre
comme le Verbe éternel: "Voici, je viens" (Heb
10,7), ou comme le prophète: "Me voici, envoie-moi" (Is
6,8).
Dans la réalité missionnaire la vocation du
catéchiste est donc d'une part "spécifique",
c'est-à-dire consacrée à la catéchèse, et
d'autre part "générale", par une collaboration
aux charges apostoliques qui servent à la fondation de l'Eglise et à
sa croissance.
La CEP insiste sur la valeur et sur la spécificité
de la vocation du catéchiste. Il en découle pour chacun
l'obligation de s'engager pour découvrir, discerner et cultiver sa
vocation.
De ces observations préliminaires sur la vocation il
résulte que le catéchiste, opérant dans les territoires de
mission, a sa propre identité qui le caractérise par rapport au
catéchiste opérant dans les Eglises d'ancienne fondation, comme le
Magistère et la législation de l'Eglise le font comprendre.
En résumé, le catéchiste dans les
territoires de mission est identifié en vertu de quatre éléments
communs et spécifiques: un appel de l'Esprit-Saint; une mission ecclésiale;
une collaboration à la charge apostolique de l'Evêque; un lien spécial
avec l'activité missionnaire de l'Eglise, activité ad gentes.
3. Rôle. A cette identité est étroitement
lié le rôle du catéchiste, qui s'exerce justement en
relation avec l'activité missionnaire. Ce service est à la fois
ample et diversifié: c'est tout ensemble la proclamation explicite du
message chrétien, avec l'accompagnement des catéchumènes,
des frères et des soeurs, aux sacrements jusqu'à la maturité
de la foi dans le Christ, mais aussi la présence et le témoignage;
ce service inclut la promotion de l'homme, se réalise dans
l'inculturation, devient dialogue .
C'est pour cela que le Magistère, quand il s'agit du
catéchiste "en terre de mission", manifeste à
son égard une considération privilégiée et en traite
abondamment. Ainsi l'Encyclique Redemptoris Missio décrit les catéchistes
comme "des agents spécialisés, des témoins
directs, des évangélisateurs irremplaçables, qui représentent
la force de base des communautés chrétiennes, particulièrement
dans les jeunes Eglises". Le Code de Droit Canonique, également,
présente un développement à part pour les catéchistes
engagés dans l'activité missionnaire proprement dite et les décrit
comme des "fidèles laïcs dûment instruits et
remarquables par leur vie chrétienne qui, sous la direction du
missionnaire, s'adonnent à l'enseignement de la doctrine évangélique
et à l'organisation des célébrations liturgiques et des
oeuvres de charité".
Cette ample description du catéchiste correspond à
la conception définie dans la Congrégation Plénière
de la CEP en 1970: "Le catéchiste est un laïc spécialement
chargé par l'Eglise, selon les nécessités locales, de faire
connaître, aimer et suivre le Christ, à tous ceux qui ne le
connaissent pas encore et aux fidèles eux-mêmes".
Comme pour les autres fidèles, les pasteurs peuvent,
selon les normes établies par le droit universel, confier aussi aux catéchistes
certains offices et certaines fonctions qui, tout en étant liés à
leur propre ministère de pasteur, n'exigent pas le caractère de
l'Ordre. L'exercice de ces fonctions ne fait pas du catéchiste un pasteur
puisque la fonction exercée en tant que suppléant tire sa légitimité
formellement et immédiatement de la délégation officielle
reçue des Pasteurs.
Il est utile de compléter cette description par une
précision faite dans le passé par ce même Dicastère
Missionnaire: "Le catéchiste n'est pas un simple suppléant
du prêtre, mais il est, de droit, un témoin du Christ dans la
communauté à laquelle il appartient".
4. Catégories et tâches. Les catéchistes
dans les territoires de mission non seulement se différencient des catéchistes
opérant dans les Eglises d'ancienne fondation, mais ils se présentent
avec des caractéristiques et des modalités d'action très
diversifiées d'une expérience ecclésiale à une
autre, si bien qu'il est très difficile d'en faire une description
unitaire et concise.
A des fins pratiques, il est utile de se rappeler qu'on peut
parler de deux catégories de catéchistes: ceux à temps
plein, qui consacrent toute leur vie à ce service et, comme tels, sont
officiellement reconnus; ceux à temps partiel, qui offrent une
collaboration limitée mais également précieuse. La
proportion entre ces deux catégories varie d'une zone à l'autre
bien que la ligne de tendance fasse voir que les catéchistes à
temps partiel sont de très loin les plus nombreux.
A l'une et à l'autre de ces deux catégories
sont confiées plusieurs tâches ou fonctions. Sur ce plan, précisément,
on enregistre les plus grandes et les plus nombreuses diversifications. La présentation
globale suivante semble réaliste et assez éclairante pour
comprendre la situation actuelle dans les Eglises qui dépendent de la
CEP:
- Les catéchistes avec la tâche spécifique
de la catéchèse, auxquels sont généralement
confiées les activités suivantes: l'éducation de la foi des
jeunes et des adultes; la préparation à recevoir les sacrements de
l'initiation des candidats et de leurs familles; la collaboration aux
initiatives de soutien aux catéchistes, telles que retraites, rencontres
etc. Ils sont plus nombreux dans les Eglises où l'organisation des
services du laïcat est davantage développée.
- Les catéchistes qui collaborent sous diverses
formes d'apostolat avec les ministres ordonnés en cordiale et étroite
obéissance. Leurs fonctions sont multiples: de l'Annonce de l'Evangile
aux non chrétiens à la catéchèse aux catéchumènes,
à l'animation de la prière communautaire, spécialement de
la liturgie dominicale en l'absence des prêtres; de l'assistance aux
malades à la célébration des funérailles; de la
formation des autres catéchistes dans les Centres à
l'accompagnement des catéchistes bénévoles et la direction
des initiatives pastorales; de la promotion humaine et de la justice à
l'aide aux pauvres, aux activités d'organisation etc. Ces catéchistes
ont prévalu là où le territoire paroissial est plus vaste,
avec des communautés de fidèles éloignées du centre;
ou bien aussi quand les curés, par manque de prêtres, se
choisissent des collaborateurs laïques à plein temps.
Le dynamisme des jeunes Eglises et leur situation
socio-culturelle favorisent la naissance ou la permanence de diverses autres
fonctions apostoliques. Ainsi existent: les maîtres de religion
dans les écoles, avec la charge d'enseigner la religion aux étudiants
baptisés et de réaliser une première évangélisation
à l'égard de ceux qui ne sont pas encore chrétiens. Ils ont
un rôle particulièrement important là où l'autorité
de l'Etat admet l'enseignement de la religion dans ses propres écoles.
Ils ont aussi une place adéquate et importante là où existe
une structure scolaire dépendant de l'Eglise et là où elle
est engagée dans un effort pour rétablir sa présence dans
les écoles étatisées.
Les ainsi dits catéchistes du dimanche, pour
l'enseignement de la religion dans des écoles organisées par les
paroisses en lien avec la liturgie festive, spécialement là où
l'Etat ne le permet pas dans ses écoles; les catéchistes de
quartiers dans les zones urbaines; les catéchistes animateurs
de petites communautés de base; les catéchistes pour les
militaires, pour les prisonniers, pour les migrants, etc.
Selon les différentes expériences et les
sensibilités ecclésiales, ces fonctions sont considérées
comme spécifiques des catéchistes, ou bien comme des formes de
service du laïcat à l'Eglise et à sa mission. La CEP considère
la multiplicité et la variété de ces tâches ou
fonctions comme l'expression de la richesse de l'Esprit qui opère dans
les jeunes Eglises. Elle les recommande toutes à l'attention des
Pasteurs. Elle demande cependant de renforcer celles qui répondent le
mieux aux exigences actuelles, avec un regard privilégié sur
l'avenir.
Il y a un autre aspect qu'il ne faut pas sous-estimer. Par
le fait que les catéchistes appartiennent à différentes catégories
de personnes, la possibilité d'incidence de leur activité varie
suivant les milieux et les cultures dans lesquels ils opèrent.
Ainsi, par exemple, l'homme marié semble plus indiqué
pour remplir la tâche d'animateur de communauté, spécialement
là où, actuellement, la culture le considère tout
naturellement comme chef dans la société; la femme, en général,
est estimée plus idoine pour l'éducation des enfants et pour la
promotion chrétienne du milieu féminin; l'adulte est jugé
plus mûr et plus stable spécialement s'il est marié, avec en
plus la possibilité de témoigner avec cohérence de la
valeur chrétienne du mariage; le jeune, au contraire, est préféré
pour le contact avec les adolescents et pour ces initiatives qui demandent
davantage de temps libre.
Il convient, enfin, de considérer que, outre aux catéchistes
laïcs, un bon nombre de religieuses et religieux sont engagés dans
la catéchèse. Ces derniers, de par leur consécration, sont à
même d'offrir un témoignage particulier dans la mission et sont
appelés, en conséquence, à se rendre disponibles et à
se préparer de manière spécifique pour cette tâche.
Il s'ensuit que les religieux et les religieuses
accomplissent en fait des fonctions de catéchistes et que surtout, en
vertu de leur étroite collaboration avec les prêtres, ils ont
souvent une part active sur le plan de la direction. Pour ces raisons, la CEP
recommande aussi l'implication des religieux et des religieuses dans ces
importants secteurs de la vie ecclésiale, spécialement sur le plan
de la formation et de l'accompagnement des catéchistes.
5. Perspectives de développement dans un proche
avenir. La tendance générale, que la CEP fait sienne et encourage,
est de maintenir et de renforcer la figure du catéchiste en tant que tel,
indépendamment de la catégorie à laquelle il appartient. La
valeur du catéchiste et son efficacité apostolique sont toujours décisives
pour la mission de l'Eglise.
La CEP, partant de son expérience qui a un caractère
universel, offre quelques pistes pour promouvoir et éclairer une réflexion
en ce sens:
- La priorité absolue est donnée à
la qualité. Le problème commun et reconnu semble être la
pénurie de sujets adéquatement préparés. L'objectif
prioritaire et immédiat pour tous doit donc concerner la personne du catéchiste.
Cela aura des conséquences pratiques sur les critères de choix,
sur le processus de formation et sur l'accompagnement. Les paroles du Saint-Père
sont éclairantes: "Pour un service évangélique
aussi fondamental, il faut de nombreux 'ouvriers'. Toutefois, sans négliger
le nombre il faut aujourd'hui, avec toutes les énergies, viser surtout à
la qualité des catéchistes".
- Compte tenu de l'actuelle relance de la mission ad
gentes, l'avenir du catéchiste dans les jeunes Eglises sera sûrement
caractérisé par le zèle missionnaire. Pour cela, que le catéchiste
soit toujours davantage qualifié comme apôtre laïc des frontières.
Dans l'avenir, il devra continuer à se distinguer, comme dans le passé,
par son rôle irremplaçable dans l'activité missionnaire ad
gentes.
- Il ne suffit pas de se donner un objectif, mais il est nécessaire
de choisir les moyens appropriés pour l'atteindre. Cela vaut pour
la qualification du catéchiste. Il s'agit d'établir des programmes
concrets, de se procurer une structure adéquate et des moyens économiques
suffisants, de découvrir des formateurs préparés, de façon
à assurer au catéchiste la meilleure préparation possible.
Evidemment l'importance des moyens et le degré de qualification varient
selon les possibilités réelles de chaque Eglise mais un objectif
minimum doit être atteint par tous, sans céder aux difficultés.
- Renforcer les cadres des responsables. On prévoit
qu'il faudra partout quelques catéchistes de profession, formés
dans des centres adéquats, lesquels, sous la direction des Pasteurs et
placés aux postes clefs de l'organisation catéchétique,
auront soin de la préparation des nouvelles générations,
les initieront et les guideront dans l'accomplissement de leurs fonctions. Ces
cadres devront exister à tous les niveaux: paroissial, diocésain
et national; ils seront une garantie pour le bon fonctionnement d'un secteur
tellement important pour la vie de l'Eglise.
- En plus de ces lignes d'action pour un renouveau en
perspective des catéchistes, la CEP constate que dans un proche avenir
quelques catégories, selon toute probabilité, auront un développement
dont on entrevoit les signes annonciateurs. Il s'agit d'identifier ceux qui
seront les protagonistes de demain.
Dans ce contexte précis, il conviendra de donner une
impulsion spéciale à ces catéchistes qui ont un esprit
missionnaire bien marqué afin qu'ils "deviennent eux-aussi
des animateurs missionnaires de leurs communautés ecclésiales et
qu'ils soient disposés, si l'Esprit les appelle intérieurement et
si les Pasteurs les envoient, à aller au-delà de leur propre
territoire pour annoncer l'Evangile, préparer les catéchumènes
au Baptême et contribuer à construire de nouvelles communautés
ecclésiales".
Le nombre des catéchistes engagés expressément
dans la catéchèse devra également augmenter car les
jeunes Eglises, en plein développement, multiplient les services
apostoliques du laïcat, distincts de celui du catéchiste. C'est
pourquoi des catéchistes spécialisés seront utiles.
Parmi eux on doit noter ceux qui s'engagent pour une renaissance chrétienne
de ces communautés où la majorité des gens sont baptisés,
mais dont le degré d'instruction religieuse est pauvre et aussi la vie de
foi. D'autres types de catéchistes sont encore en train d'apparaître
et doivent être pris en considération, parce qu'ils devront répondre
à des défis déjà en partie actuels, tels que
l'urbanisation, la scolarité croissante, avec une référence
particulière aux milieux universitaires, les problèmes de la
jeunesse, les migrations avec le phénomène des réfugiés,
la progression de sécularisation, les changements politiques, la culture
de masse favorisée par les mass-media, etc.
La CEP signale la portée de ces perspectives et la nécessité
de ne pas les éluder, en sachant bien que les choix concrets et leur réalisation
progressive reviennent aux Pasteurs locaux. Les Conférences Episcopales
et chacun des Evêques devraient établir un programme de promotion
du catéchiste pour l'avenir, en tenant compte de ces pistes préférentielles
valables pour tous, avec une attention spéciale à l'urgence de la
dimension missionnaire aussi bien dans la formation que dans l'activité
du catéchiste. Ces programmes ne sont pas seulement généraux
mais circonstanciés répondant aux exigences locales, de façon
que toutes les Eglises aient les catéchistes qu'exigent leurs besoins
actuels; qu'elles développent et préparent ces catéchistes
qui, selon les prévisions, seront plus aptes à répondre aux
nécessités de demain.
II. LIGNES DE SPIRITUALITE DU CATECHISTE
6. Nécessité et nature de la spiritualité
du catéchiste. Il est nécessaire que le catéchiste ait une
profonde spiritualité, c'est à dire vive dans l'Esprit qui l'aide à
se renouveler continuellement dans son identité spécifique.
La nécessité d'une spiritualité propre
du catéchiste découle de sa vocation et de sa mission. En conséquence,
dans la spiritualité du catéchiste se trouve avec une motivation
nouvelle et spéciale un appel à la sainteté. L'heureuse
expression du Souverain Pontife Jean Paul II: "Le vrai missionnaire,
c'est le saint" peut être appliquée au catéchiste
sans aucune hésitation. Comme chaque fidèle, le catéchiste
est "appelé à la sainteté et à la mission",
c'est à dire à réaliser sa propre vocation "avec
la ferveur des saints".
La spiritualité du catéchiste est étroitement
liée à sa condition de "chrétien" et de "laïc",
rendu participant à sa propre mesure de la fonction prophétique,
sacerdotale et royale du Christ. La condition propre du laïc est l'état
"séculier" avec le "devoir spécifique
selon cette condition d'animer et de parfaire l'ordre temporel avec un esprit évangélique
et de rendre ainsi témoignage au Christ, spécialement dans la
gestion de cet ordre et dans l'accomplissement des charges séculières".
Quand le catéchiste est marié, la vie
matrimoniale fait partie de sa spiritualité. Comme justement l'affirme le
Pape: "Il est demandé aux catéchistes mariés de témoigner
de manière cohérente de la valeur chrétienne du mariage, en
vivant le sacrement dans la fidélité totale et en éduquant
leurs enfants de manière responsable". Cette spiritualité
liée au mariage peut avoir une incidence favorable et caractéristique
sur l'activité même du catéchiste, qui fera bien d'impliquer
dans son service son épouse et ses enfants, de manière que toute
la famille soit réellement une cellule de rayonnement apostolique.
La spiritualité du catéchiste est également
en relation avec sa vocation apostolique et par conséquent s'exprime en
certaines dispositions qui sont: l'ouverture à la Parole, c'est à
dire à Dieu, à l'Eglise et, par conséquent,
au monde; l'authenticité de vie; l'ardeur missionnaire; l'esprit marial.
7. Ouverture à la Parole. La fonction du catéchiste
est essentiellement unie à la communication de la Parole. La première
aptitude spirituelle du catéchiste est donc en relation avec la Parole
contenue dans la révélation, proclamée par l'Eglise, célébrée
dans la liturgie et vécue d'une manière spéciale par les
saints. Elle est toujours une rencontre avec le Christ, caché dans sa
Parole, dans l'Eucharistie, dans nos frères. Ouverture à la Parole
signifie, en définitive, ouverture à Dieu, à l'Eglise et au
monde.
- Ouverture à Dieu Un et Trine qui se tient
au plus intime de la personne et donne un sens à toute sa vie:
convictions, critères, échelle de valeurs, décision,
relations, comportements, etc. Le catéchiste doit se laisser attirer dans
la sphère du Père qui communique la Parole, du Christ, Verbe
incarné qui prononce toutes et seulement les paroles entendues du Père
(Jn 8,26; 12,49), de l'Esprit Saint qui illumine l'esprit et réchauffe
le coeur pour faire comprendre la Parole, pour l'aimer et la réaliser
avec fidélité (Jn 16,12-14).
C'est donc une spiritualité enracinée dans la
Parole vivante, avec une dimension trinitaire, comme il en est du salut et de la
mission universelle. Cela comporte une disposition intérieure cohérente
qui consiste à participer à l'amour du Père qui veut que
tous les hommes parviennent à la connaissance de la vérité
et soient sauvés (1Tm 2,4); à réaliser la communion
avec le Christ, de façon à partager les "sentiments"
mêmes qui furent les siens (Ph 2,5) et vivre, comme St Paul, l'expérience
de sa continuelle présence réconfortante: "Sois sans
crainte..., car je suis avec toi" (Ac 18,9-10), en se laissant
conduire par l'Esprit et transformer en témoin courageux du Christ et en
annonciateur éclairé de sa Parole.
- Ouverture à l'Eglise, dont le catéchiste
est un membre vivant, qu'il contribue à construire, par laquelle il est
mandaté. La Parole est confiée à l'Eglise pour qu'elle la
conserve fidèlement, l'approfondisse avec l'assistance du Saint-Esprit et
la proclame à tous les hommes.
Cette Eglise, Peuple de Dieu et Corps Mystique du Christ,
requiert du catéchiste un sens profond d'appartenance et de responsabilité,
parce qu'il en est membre vivant et actif; ce sacrement universel de salut
demande une volonté d'en vivre le mystère et la grâce
multiforme, pour en être enrichi et devenir signe visible dans la
communauté des frères. Le service du catéchiste n'est
jamais un acte individuel ou isolé, mais toujours profondément
ecclésial.
L'ouverture à l'Eglise s'exprime dans l'amour filial à
son égard, dans le dévouement à son service et dans la
capacité de souffrir pour sa cause. Elle s'exprime, en particulier, dans
l'attachement et l'obéissance au Pontife Romain, centre d'unité et
lien de communion universelle, ainsi qu'au propre Evêque, père et
guide de l'Eglise particulière. Le catéchiste doit participer en
responsable à l'événement terrestre de l'Eglise pèlerine,
qui de sa nature est missionnaire, et en partager aussi l'aspiration vers la
rencontre définitive et glorieuse avec l'Epoux.
Le sens ecclésial propre à la spiritualité
du catéchiste s'exprime donc par un amour sincère envers l'Eglise à
l'imitation du Christ qui "a aimé l'Eglise et s'est livré
pour elle" (Ep 5,25). Il s'agit d'un amour actif, sans
exclusion ni préférence, qui devient participation à sa
mission de salut jusqu'à donner, s'il le faut, sa vie pour elle.
- Ouverture missionnaire au monde, lieu où se
réalise le plan salvifique, qui tire son origine de "l'amour
dans sa source", autrement dit de la charité éternelle du
Père ; où historiquement le Verbe a établi sa tente pour
habiter avec les hommes et les racheter (Jn 1,14); où l'Esprit a été
répandu pour sanctifier les hommes et constituer l'Eglise, pour avoir accès
au Père par le Christ en un seul Esprit (Ep 2,18).
Le catéchiste aura donc un sens d'ouverture et
d'attention aux nécessités du monde, auquel il sait être
constamment envoyé, qui devient son champ de travail sans toutefois lui
appartenir totalement (Jn 17,14-21). Cela signifie qu'il devra se
maintenir inséré dans le contexte des hommes, ses frères,
sans s'isoler ou se mettre à l'arrière, par peur des difficultés
ou par amour de la tranquillité: il maintiendra le sens surnaturel de la
vie et la confiance dans l'efficacité de la Parole qui, sortie de la
bouche même de Dieu, ne retourne pas vers lui sans avoir accompli ce qui
est l'objet de sa mission de salut (Is 55,11).
Le sens d'ouverture au monde caractérise la
spiritualité du catéchiste, en vertu de la "charité
apostolique", celle-là même de Jésus bon Pasteur
qui vient "pour rassembler les fils de Dieu qui errent dispersés"
(Jn 11,52). Que le catéchiste soit donc l'homme de la charité,
qui s'approche de chacun de ses frères pour lui annoncer qu'il est aimé
et sauvé par Dieu avec toute la famille humaine.
8. Cohérence et authenticité de vie. La tâche
du catéchiste engage toute sa personne. Il est évident que le catéchiste,
avant d'annoncer la Parole, doit la faire sienne et la vivre. "Le monde
(...) réclame des évangélisateurs qui lui parlent
d'un Dieu qu'ils connaissent et leur soit familier, comme s'ils voyaient
l'Invisible".
Le catéchiste ne doit pas proposer une science
purement humaine ni ses propres opinions mais le contenu de la foi de l'Eglise,
universellement une, dont il vit en premier, qu'il a expérimentée
et dont il est témoin.
Ici apparaît la nécessité de la cohérence
et de l'authenticité de vie pour le catéchiste. Avant de faire
la catéchèse, il doit être catéchiste. La
vérité de sa vie est la marque qui le qualifie pour sa
mission. Quelle incohérence ce serait si un catéchiste ne vivait
pas ce qu'il propose et parlait d'un Dieu étudié, mais peu
familier. Que le catéchiste s'applique à lui-même ce que dit
l'évangéliste Marc concernant la vocation des apôtres: "Il
en établit douze pour être avec lui et pour les envoyer prêcher"
(Mc 3,14-15).
L'authenticité de vie s'exprime à travers la
prière, l'expérience de Dieu, la docilité à l'action
de l'Esprit Saint. Cela comporte une intensité, un ordre intérieur
et extérieur, tout en s'adaptant aux diverses situations personnelles et
familiales de chacun. On pourrait objecter que le catéchiste, en tant que
laïc, vit dans des conditions qui ne lui permettent pas de se structurer
une vie spirituelle comme le consacré et qu'il doit par conséquent,
se contenter d'un ton plus modeste. En toutes les situations réelles de
la vie, tant dans le travail que dans le ministère, il est possible pour
tous, prêtres, religieux et laïcs, de réaliser non seulement
une union profonde avec Dieu et un rythme de prière ordonnée et
vraie, mais aussi de se procurer des espaces de silence pour pénétrer
plus profondément dans la contemplation de l'invisible. Dans la mesure où
sa vie spirituelle sera plus vraie et plus intense, son témoignage sera
plus évident et son activité plus efficace.
De même, il est important que le catéchiste
croisse intérieurement dans la paix et la joie du Christ, pour être
l'homme de l'espérance, du courage, qui tende à l'essentiel (Rm
12,12). Le Christ, en effet, "est notre joie" (Ep
2,14). Il donne aux apôtres sa joie, pour que leur "joie soit
parfaite" (Jn 15,11).
Que le catéchiste soit donc, au nom de l'Eglise, le
semeur de la joie et de l'espérance pascale. "Le don le plus précieux
que l'Eglise puisse offrir au monde contemporain,
désorienté et inquiet, est de former en lui
des chrétiens assurés dans l'essentiel et humblement heureux dans
leur foi".
9. Ardeur Missionnaire. Un catéchiste qui vit en
contact avec des multitudes de non chrétiens, comme il advient dans les
territoires de mission, ne peut pas, en vertu du Baptême et de la vocation
spéciale, ne pas entendre comme adressées à lui-même
les paroles du Seigneur: "J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas
de ce bercail; celles-là aussi il faut que je les guide" (Jean
10,16); "Allez dans le monde entier, proclamez la bonne nouvelle à
toute la création" (Mc 16,15).
En outre pour être capable d'affirmer comme Pierre et
Jean devant le Sanhédrin: "Nous ne pouvons taire ce que nous
avons vu et entendu" (Ac 4,20) et réaliser comme Paul
l'idéal du ministère apostolique: "L'amour du Christ nous
presse" (2Cor 5,14) le catéchiste doit avoir un sens
profond de la mission et de l'évangélisation. Cette disposition
devient apostoliquement féconde s'il existe quelques aptitudes
fondamentales: avant tout le catéchiste sera fort dans ses convictions
intérieures et rayonnera enthousiasme et courage, sans jamais rougir de
l'Evangile (Rm 1,16). Laissant les sages de ce monde chercher les réalités
immédiates et gratifiantes, lui se glorifiera seulement dans le Christ
qui lui donne force (Col 1,29) et ne voudra savoir ni prêcher rien
d'autre que le "Christ puissance de Dieu et sagesse de Dieu" (1
Cor 1,24). Comme l'affirme si justement le Catéchisme de l'Eglise
Catholique, de la "connaissance amoureuse du Christ jaillit le désir
de L'annoncer, d''évangéliser' et de conduire d'autres au 'oui' de
la foi en Jésus-Christ. Mais en même temps se fait sentir le besoin
de toujours mieux connaître cette foi".
En outre, le catéchiste cherchera à maintenir
en lui-même les dispositions intérieures du Bon Pasteur qui s'en va
après la brebis perdue "jusqu'à ce qu'il l'ait retrouvée"
(Lc 15,4) ou de la femme qui "cherche attentivement la drachme
perdue "jusqu'à ce qu'elle l'ait retrouvée" (Lc
15, 8-9). Cette disposition produit le zèle apostolique: "Je
me suis fait tout à tous, afin d'en sauver à tout prix
quelques-uns. Tout cela je le fais pour l'Evangile" (1Cor
9,22-25; cfr. 2 Cor 12,15); "malheur à moi, si je ne
l'annonçais pas" (1Cor 9,16). Cette urgence intérieure
éprouvée par Paul pourra aider le catéchiste à faire
croître en lui-même le zèle qui est la conséquence nécessaire
de sa vocation spéciale mais aussi de sa volonté d'y répondre
et l'engagera à annoncer le Christ avec franchise et à collaborer
activement pour la construction et la croissance de la communauté ecclésiale.
L'esprit missionnaire enfin demande que le catéchiste
imprime dans le plus profond de lui-même la marque de l'authenticité:
la croix glorieuse. Le Christ que le catéchiste a appris à connaître
est "crucifié" (1Cor 2,2); celui qu'il annonce
est encore le "Christ crucifié, scandale pour les Juifs, folie
pour les païens" (1Cor 1,23), que le Père a
ressuscité des morts le troisième jour (cf. Ac 10,40). Par
conséquent, que le catéchiste sache vivre le mystère de la
mort et de la résurrection du Christ avec espérance en chaque
situation où il éprouve des limites et des souffrances
personnelles, dans les adversités familiales, face aux obstacles dans le
service apostolique, avec l'intention de parcourir le chemin du Seigneur: "Je
complète dans ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ, pour
son corps qui est l'Eglise" (Col 1,24).
10. Esprit marial. Par une vocation singulière, Marie
vit le Fils de Dieu "croître en sagesse et en grâce"
(Lc 2,52). Elle a été la Maîtresse qui l'a "formé
à la connaissance humaine des Ecritures et de l'histoire du dessein de
Dieu sur son Peuple, dans l'adoration du Père". D'autre part,
elle a été "la première de ses disciples".
Comme l'a hardiment affirmé Saint Augustin, être disciple fut pour
Marie plus important que d'être mère. On peut également
affirmer, avec joie et raison, que Marie est "un catéchisme
vivant", "mère et modèle du catéchiste".
La spiritualité du catéchiste, comme celle de
chaque chrétien et davantage de chaque apôtre, doit s'enrichir d'un
esprit marial. Avant d'expliquer aux autres le rôle de Marie dans le mystère
du Christ et de l'Eglise, le catéchiste vivra de sa présence
intime et, avec la communauté, manifestera une sincère piété
mariale. Qu'il sache trouver en Marie un modèle simple et efficace à
réaliser d'abord en lui-même puis à proposer: "La
Vierge, en effet, a été par sa vie le modèle de cet amour
maternel dont doivent être animés tous ceux qui, associés à
la mission apostolique de l'Eglise, travaillent à la régénération
des hommes".
L'annonce de la Parole est toujours liée à la
prière, à la célébration eucharistique, à la
communion fraternelle. L'Eglise primitive a vécu cette riche réalité
(Ac 2-4), rassemblée avec Marie, la Mère de Jésus (Ac
1,14).
III. ATTITUDES DU CATECHISTE FACE A CERTAINES SITUATIONS
ACTUELLES
11. Service à la communauté et attention à
chaque catégorie. Le service du catéchiste est destiné à
toutes les personnes, quelle que soit la catégorie à laquelle ils
appartiennent: jeunes et adultes, hommes et femmes, étudiants et
travailleurs, bien portants et malades, catholiques, frères séparés
et non baptisés. Cependant, il faut faire une distinction entre le catéchiste
de catéchumènes qui se préparent au baptême et le catéchiste
responsable d'un village de chrétiens, avec le devoir de suivre les
activités pastorales variées, ou encore le catéchiste pour
l'enseignement de la religion dans les écoles, ou encore pour la préparation
aux sacrements, dans un quartier de la ville ou à la campagne, etc.
Ayant à promouvoir la connaissance et la communion
parmi les membres de la communauté, chaque catéchiste s'occupera
concrètement des personnes confiées à ses soins et se
maintiendra préparé à les comprendre dans leurs exigences
particulières afin de pouvoir les aider. De ce point de vue les catéchistes
se distinguent par une préparation spécifique et par des tâches
propres.
Cette situation de fait suggère que le catéchiste
puisse connaître d'avance sa destination et qu'il soit initié à
la catégorie de personnes qu'il devra servir. Dans ce but, s'avèrent
utiles les suggestions proposées par le Magistère, spécialement
dans le Directoire Catéchétique Général nn.
77-97 et dans l'Exhortation Apostolique Catechesi Tradendae nn. 34-35.
Dans le vaste champ apostolique, le catéchiste est
appelé à témoigner une attention spéciale à
l'égard des malades et des personnes âgées, en raison de
leur fragilité physique et psychique qui les rend dépendants d'une
solidarité et d'une assistance spéciales.
Le catéchiste doit approcher le malade et l'aider à
comprendre le sens profond et rédempteur du mystère de la croix,
en union avec Jésus qui "a pris nos infirmités et s'est
chargé de nos maladies" (Mt 8,17; Is 53,4).
Qu'il visite souvent les malades, leur offre le réconfort de la Parole,
et quand il en est chargé, celui de l'Eucharistie.
Le catéchiste suit aussi de près les personnes
âgées qui ont un rôle qualifié dans l'Eglise, comme
Jean Paul II l'a justement reconnu: "Le vieillard est le témoin
de la tradition de foi, (cf Ps 44,2; Ex 12,26-27) le maître de vie (cf Si
6,34; 8,11-12), l'artisan de la charité". Aider la personne âgée,
signifie avant tout pour un catéchiste travailler à la maintenir
insérée dans la vie familiale comme "témoin du
passé et source de sagesse pour les jeunes"; en outre lui faire
sentir que la communauté lui est proche et l'encourager à vivre
avec foi les inévitables limites et même, dans certains cas, la
solitude. Le catéchiste doit préparer la personne âgée
à la rencontre avec le Seigneur, en l'aidant à percevoir la joie
qui découle de l'espérance chrétienne en la vie éternelle.
Il faut également tenir présent à
l'esprit la sensibilité que doit manifester le catéchiste pour
comprendre et aider dans certaines situations difficiles, telles: les époux
unis irrégulièrement, les enfants dont les parents sont séparés
ou divorcés, etc. Il est vraiment demandé au catéchiste de
participer et d'exprimer la compassion du coeur du Christ (cf. Mt 9,36;
Mc 6,34; 8,2; Lc 7,13).
12. Exigence de l'inculturation. Comme toute activité
évangélisatrice, la catéchèse elle aussi est appelée
à porter la force de l'Evangile au coeur de la culture et des cultures.
Le processus d'inculturation demande beaucoup de temps car c'est un processus
profond, global et graduel. Comme l'explique Jean Paul II, "par
l'inculturation, l'Eglise incarne l'Evangile dans les différentes
cultures et en même temps elle introduit les Peuples avec leurs cultures
dans sa propre communauté; elle leur transmet ses valeurs en assumant ce
qu'il y a de bon dans ces cultures et en les renouvelant de l'intérieur".
En tant qu'apôtres, les catéchistes entrent nécessairement
dans le dynamisme de ce processus. Outre à une préparation spécifique
qui ne peut faire abstraction de l'étude de l'anthropologie culturelle ni
des langages les plus propices à l'inculturation, ils ont besoin d'être
aidés à travailler pour leur part et dans la pastorale d'ensemble
conformément aux directives données par l'Eglise sur cet argument
particulier et qui peuvent être ainsi résumées:
- Le message évangélique, même s'il ne
s'identifie à aucune culture, s'incarne nécessairement dans les
cultures. Dès le début du Christianisme, en effet, et au cours des
siècles, l'Evangile s'est incarné en différentes cultures.
Il faut tenir compte de ce fait pour ne pas priver les jeunes Eglises de valeurs
qui sont désormais le patrimoine de l'Eglise universelle.
- L'Evangile a une force régénératrice
en mesure de rectifier de nombreux éléments des cultures dans
lesquelles il pénètre, quand ils ne sont pas compatibles avec lui.
- Le sujet primordial de l'inculturation, ce sont les
communautés ecclésiales locales, qui vivent une expérience
quotidienne de foi et de charité, insérées dans une culture
particulière. C'est aux Pasteurs d'indiquer les principales pistes à
parcourir pour mettre en évidence les valeurs d'une culture déterminée;
les experts s'emploient à stimuler et aider.
- L'inculturation est authentique quand elle est guidée
par deux principes: elle se base sur la Parole de Dieu contenue dans les Saintes
Ecritures, se développe en adhérant a la Tradition de l'Eglise et
aux directives du Magistère et ne compromet pas l'unité voulue par
le Seigneur.
- La piété populaire, considérée
comme un ensemble de valeurs, de croyances, d'attitudes et d'expressions
appartenant à la religion catholique - purifiée des défauts
liés à l'ignorance ou à la superstition - exprime la
sagesse du Peuple de Dieu et est une forme privilégiée de
l'inculturation de l'Evangile dans une culture déterminée.
Pour participer positivement à ce processus, le catéchiste
doit se conformer aux directives précédentes qui favorisent en lui
une attitude éclairée et ouverte. Qu'il s'insère avec sérieux
dans le projet pastoral approuvé par l'autorité compétente
de l'Eglise, en évitant de s'aventurer dans des expériences
solitaires qui pourraient désorienter les autres fidèles; qu'il
ravive l'espérance apostolique avec la conviction que la force de
l'Evangile est en mesure de pénétrer n'importe quelle culture, en
l'enrichissant et la renforçant de l'intérieur.
13. Promotion humaine et choix des pauvres. Entre l'annonce
de l'Evangile et la promotion de l'homme il y a un "lien étroit".
Il s'agit, en effet, de l'unique mission de l'Eglise. "Par le message évangélique,
l'Eglise apporte une force qui libère et favorise le développement,
précisément parce qu'il invite à la conversion du coeur et
de l'esprit, fait reconnaître la dignité de chaque personne,
dispose à la solidarité, à l'engagement, au service
d'autrui, insère l'homme dans le projet de Dieu qui est de construire un
Royaume de paix et de justice dès cette vie. C'est la perspective
biblique des 'cieux nouveaux et de la terre nouvelle' (Cf Is 65,17; 2P 3,13; Ap
21,1), qui a été dans l'histoire le stimulant et le but de la
marche en avant de l'humanité".
Il s'ensuit que l'Eglise revendique pour elle-même une
mission d'ordre "religieux" non "politique, économique
ou sociale" qui doit se réaliser dans l'histoire et dans la vie
réelle de l'humanité et par conséquent sous une forme non désincarnée.
Porter les valeurs de l'Evangile dans le domaine économique,
social et politique, voilà le devoir prioritaire des laïcs. Le catéchiste
a son rôle important et caractéristique dans le secteur de la
promotion humaine, du développement et de la défense de la
justice. Vivant dans un contexte social avec tous ses frères, il est en
mesure de comprendre, d'interpréter et de résoudre les situations
et les problèmes à la lumière de l'Evangile. Qu'il sache
par conséquent être proche des gens, les stimuler à prendre
conscience de la réalité dans laquelle ils vivent pour l'améliorer
et, quand il le faut, avoir le courage de se faire le porte-voix des plus
faibles pour défendre leurs droits.
Sur le plan opérationnel, quand il est nécessaire
de réaliser des initiatives d'urgence, il faut que le catéchiste
agisse toujours en union avec la communauté, dans un programme
d'ensemble, sous la direction des Pasteurs.
A ce moment, émerge nécessairement un autre
aspect en relation avec la promotion: le choix préférentiel
des pauvres. Le catéchiste, surtout quand il est engagé dans
l'apostolat en général, a le devoir d'assumer ce choix ecclésial,
qui n'est pas exclusif, mais qui constitue une application concrète de la
primauté de la charité. Qu'il soit convaincu que la charité
est le principe qui doit diriger son action et son aide aux pauvres, ainsi que
l'affirme explicitement le Souverain Pontife Jean Paul II: "L'amour est
et reste le moteur de la mission".
Le catéchiste doit se rappeler que par pauvres, on
entend avant tout ceux qui sont atteints par des restrictions économiques
et qui, dans les zones de mission, sont très nombreux; ces pauvres
doivent pouvoir sentir l'amour maternel de l'Eglise, même s'ils n'en font
pas encore partie, pour être encouragés à supporter et
surmonter leurs difficultés avec la force de la foi chrétienne et être
aidés à devenir eux-mêmes agents de leur développement
intégral. En effet chaque acte charitable de l'Eglise, comme toute
l'activité missionnaire "apporte aux pauvres lumière et
encouragement pour leur véritable développement".
Outre les démunis, le catéchiste approchera et
aidera d'autres catégories de pauvres: les opprimés, les persécutés,
les marginaux et toutes les personnes qui vivent en situation de grave nécessité,
comme les handicapés, les chômeurs, les prisonniers, les réfugiés
et les drogués, les malades du SIDA, etc..
14. Sens oecuménique. La division entre chrétiens,
contraire à la volonté de Dieu, est un scandale pour le monde et "nuit
à la cause très sacrée de la prédication de
l'Evangile à toute créature".
Toutes les communautés chrétiennes ont le
devoir de "participer au dialogue oecuménique et aux autres
initiatives destinées à réaliser l'unité des chrétiens".
Dans les territoires de mission,ce devoir présente une urgence spéciale
pour ne pas rendre vaine la prière de Jésus au Père: "eux
aussi, qu'ils soient un en nous, afin que le monde croie que tu m'as envoyé"
(Jn 17,21).
Le catéchiste, en vertu de sa mission, est nécessairement
impliqué dans cette dimension apostolique et doit collaborer à la
maturation de la conscience oecuménique dans la communauté, en
commençant par les catéchumènes et les néophytes. En
conséquence, qu'il cultive un profond désir d'unité, s'insère
volontiers dans un dialogue avec les frères d'autres confessions chrétiennes
et s'engage avec générosité dans les initiatives oecuméniques
selon son rôle, suivant les directives de l'Eglise, spécifiées
sur place par la Conférence Episcopale et par chaque Evêque. En
particulier, qu'il suive les directives sur la collaboration oecuménique
dans la catéchèse et l'enseignement de la religion dans les écoles.
Son action sera véritablement oecuménique si,
avec courage, il sait enseigner que la "plénitude des vérités
révélées et des moyens de salut institués par le
Christ demeure dans l'Eglise catholique"; mais il saura cependant "faire
une présentation correcte et loyale des autres Eglises et communautés
ecclésiales dont l'Esprit du Christ ne refuse pas de se servir comme des
moyens de salut".
Dans le contexte où il exercera son ministère,
le catéchiste fera tout le possible pour avoir des rapports cordiaux avec
les responsables des autres confessions, en accord avec les Pasteurs et, quand
il le faut, comme leur représentant; qu'il évite de fomenter
d'inutiles querelles et concurrences; qu'il aide les fidèles à
vivre ensemble en harmonie et respect avec les chrétiens non catholiques,
réalisant pleinement et sans aucune timidité leur identité
catholique; il doit promouvoir l'engagement commun, entre ceux qui croient en
Dieu, d'être "des artisans de paix".
15. Dialogue avec les Frères des autres Religions. Le
dialogue inter-religieux fait partie de la mission évangélisatrice
de l'Eglise. L'annonce et le dialogue, en effet, tendent tous deux à la
communication de la vérité salvatrice. Le dialogue est une activité
indispensable dans les rapports entre l'Eglise catholique et les autres
religions, et mérite d'être pris en sérieuse considération.
Il s'agit du dialogue du salut qui se réalise en Jésus-Christ.
Aussi les catéchistes dont la tâche prioritaire
dans la mission est l'annonce de l'Evangile, doivent-ils être ouverts, préparés
et engagés en ce genre de dialogue. Il faut les aider à en
comprendre la valeur et à le réaliser, en tenant compte des
indications du Magistère et, en particulier de celles de l'Encyclique
Redemptoris Missio, du document conjoint Dialogue et Annonce du
Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux et de la CEP et du Catéchisme
de l'Eglise Catholique; ces Directives comportent:
- L'écoute de l'Esprit qui "souffle
où il veut" (cf. Jn 3,8), dans le respect de tout ce que
lui a opéré dans l'homme, pour parvenir à cette
purification intérieure sans laquelle le dialogue ne porte pas de fruits
de salut.
- Une connaissance correcte des religions présentes
dans le Pays; de leur histoire et de leur organisation; des valeurs qui, telles
des "semences du Verbe", peuvent constituer une "préparation
à l'Evangile"; des limites et des erreurs qui s'opposent à
la vérité évangélique et qui doivent être
respectivement complétées et corrigées.
- Des convictions de foi que le salut vient du
Christ, et que pour cela, le dialogue ne dispense pas de l'annonce; que l'Eglise
est la voie ordinaire du salut et qu'elle seule possède la plénitude
de la vérité révélée et des moyens
salvifiques . Comme l'a reconfirmé S.S. Jean Paul II, en référence
à l'Encyclique Redemptoris Missio: on ne peut "mettre
sur le même plan la révélation de Dieu en Christ et les écrits
ou traditions des autres religions. Un théocentrisme qui ne reconnaît
pas le Christ dans sa pleine identité serait inacceptable pour la foi
catholique (...) Le mandat missionnaire du Christ perpétuellement
valable est une invitation explicite à faire de tous les peuples des
disciples et à les baptiser, afin que s'ouvre pour eux la plénitude
du don de Dieu". En conséquence, le dialogue ne doit pas induire
au relativisme religieux.
- Une collaboration pratique avec les organismes
religieux non chrétiens pour relever les grands défis qu'affronte
l'humanité, tels la paix, la justice, le développement, etc.. En
outre, il faut une attitude d'estime et d'accueil envers les personnes. C'est la
charité du Père commun qui doit unir la famille des hommes en
chaque oeuvre bonne.
Pour réaliser un dialogue aussi absorbant, il est nécessaire
d'une part que le catéchiste ne soit pas laissé seul et d'autre
part, qu'il se maintienne intégré dans la communauté.
Chaque initiative du dialogue inter-religieux doit se poursuivre d'après
des programmes approuvés par l'Evêque et, quand il faut, par la
Conférence Episcopale ou par le Saint-Siège et aucun catéchiste
ne doit agir pour son compte personnel et encore moins contre les directives
communes.
Enfin, on doit croire au dialogue même quand la voie
pour le réaliser est difficile et incomprise. Le dialogue est souvent
l'unique manière de rendre un témoignage sincère au Christ.
Il est toujours un chemin vers le Royaume et il donnera sûrement ses
fruits, même si les temps et les moments sont réservés au Père
(cf. Ac 1,7).
16. Attention à la diffusion des sectes. La prolifération
des "sectes" d'origine chrétienne et nonchrétienne
constitue actuellement un défi pastoral pour l'Eglise dans le monde
entier. Dans les territoires de mission, elles sont un sérieux obstacle à
la prédication de l'Evangile et à la croissance ordonnée
des jeunes Eglises parce qu'elles attaquent l'intégrité de la foi
et l'effort de communion.
Il existe des zones plus vulnérables et des personnes
davantage exposées à leur influence. Ce que les sectes prétendent
offrir joue apparemment en leur faveur, étant présenté
comme une réponse "immédiate" et "simple"
aux besoins ressentis par les gens et les moyens dont ils usent sont liés
à la sensibilité et à la culture locale.
Comme on le sait, à maintes reprises, le Magistère
de l'Eglise a mis en garde à l'égard des sectes, invitant à
en considérer la diffusion actuelle comme une occasion de "sérieuse
réflexion" de la part de l'Eglise. Plus qu'une campagne contre
les sectes, on doit susciter dans les territoires de mission un nouvel élan
de l'"esprit missionnaire".
Le catéchiste se présente aujourd'hui comme un
des acteurs les plus aptes pour surmonter ce phénomène. Ayant le
devoir de transmettre la Parole et d'accompagner la croissance de tous dans la
vie chrétienne, le catéchiste est dans la condition idéale
pour aider les personnes, aussi bien les chrétiens que les non chrétiens,
à comprendre quelles sont les vraies réponses à leurs
besoins sans recourir aux pseudo-sécurités des sectes. En outre, étant
presque toujours un laïc séculier, il peut opérer plus
minutieusement, connaissant les situations de manière plus directe et vécue.
Les lignes d'action préférables pour un catéchiste
sont: bien connaître le contenu des sectes,spécialement les
questions qu'elles exploitent pour attaquer la foi et l'Eglise, afin de faire
comprendre aux gens l'inconsistance du projet religieux de ces mêmes
sectes; prendre soin de l'instruction et de la ferveur de vie des communautés
chrétiennes pour en éviter la corrosion de la foi; intensifier
l'annonce et la catéchèse pour prévenir la diffusion des
sectes. Le catéchiste s'engage donc dans une oeuvre silencieuse, persévérante
et positive envers les personnes, pour les éclairer, les protéger
et, éventuellement, les libérer de l'influence des sectes.
On ne doit pas oublier l'intransigeance des sectes, leur
prosélytisme et l'agressivité qu'elles manifestent, en général,
envers le Catholicisme. Un dialogue constructif est impensable avec la majorité
d'entre elles malgré le respect et la compréhension que l'on doit à
toute personne. De fait cela demande que l'action de l'Eglise soit cohérente
pour ne pas prêter le flanc à confusions; et aussi oecuménique,
parce que l'expansion des sectes présente une menace pour toutes les
autres dénominations chrétiennes.
Il faut que le catéchiste demeure activement inséré
dans le programme pastoral commun approuvé par les Pasteurs compétents
.
DEUXIEME PARTIE
CHOIX ET FORMATION DU CATECHISTE
IV. CHOIX JUDICIEUX
17. Importance de la sélection et préparation
du milieu. Un problème de fond, dans les territoires de mission, est la
difficulté d'établir quel degré des convictions de foi et
quelle clarté des motivations vocationnelles doit avoir un candidat pour être
accepté. A l'origine de cette difficulté il y a de nombreuses
causes, plus ou moins importantes, selon les lieux, parmi lesquelles émergent:
la maturité religieuse des communautés ecclésiales, la pénurie
numérique de personnes idoines et disponibles, la situation
socio-politique, la préparation scolaire de base insuffisante, les
difficultés économiques. Cet état de choses peut engendrer
une espèce de résignation, qui oblige à réagir.
La CEP insiste sur le principe qu'une bonne sélection
des candidats est la condition préliminaire pour avoir des catéchistes
idoines. En conséquence, elle encourage à rechercher plutôt
la qualité, comme but du choix initial. Il faut que les Pasteurs
soient convaincus de ce critère comme un idéal à
atteindre, même si c'est graduellement, et qu'ils n'acceptent pas
facilement de compromis.
En outre, la CEP suggère de prendre appui sur la
formation du milieu, en veillant à promouvoir la connaissance du rôle
du catéchiste dans la communauté et surtout parmi les jeunes, afin
que soient plus nombreux ceux qui se sentent attirés à s'engager
en ce service ecclésial.
On ne doit pas oublier, ensuite, que, de la part des fidèles
l'appréciation de ce rôle est directement proportionnée à
la manière avec laquelle les pasteurs traitent leurs catéchistes,
en valorisent les attributions et en respectent la responsabilité. Un catéchiste
accompli, responsable et dynamique, travaillant avec enthousiasme et rayonnant
la joie d'exercer son rôle, apprécié et justement rémunéré,
est le meilleur promoteur de sa propre vocation.
18. Critères de sélection. Pour choisir un
candidat à la charge de catéchiste, il faut savoir quels critères
sont "essentiels" et lesquels ne le sont pas. A cette fin, il est
indispensable que dans toutes les Eglises soit établie une liste de critères
de sélection, de telle sorte que ceux qui sont chargés de choisir
les candidats aient des points de référence. Dresser cette liste
avec des critères qui soient suffisants, précis,
réalistes et vérifiables, cela revient à
l'autorité locale, seule en mesure d'évaluer les exigences de ce
service et les possibilités d'y faire face.
Aussi sur ce point, convient-il de tenir compte des
indications générales qui suivent, afin de parvenir à un
comportement homogène dans toutes les terres de mission, dans le respect
des différences nécessaires et inévitables.
- Certains critères concernent la personne du catéchiste.
Tout d'abord un préalable absolu: nul ne doit être accepté
s'il n'a pas de motivations positives ou s'il demande à devenir catéchiste
parce qu'il n'a pas été capable de trouver un travail plus
honorable et rentable. En un sens positif, les critères doivent
concerner: la foi du candidat, qui se manifeste dans sa piété et
dans son style de vie quotidienne; l'amour pour l'Eglise et la communion avec
les Pasteurs; l'esprit apostolique et l'ouverture missionnaire; l'amour pour ses
frères et une disposition à servir généreusement;
une préparation intellectuelle suffisante; une bonne considération
dans la communauté; toutes les capacités humaines, morales et
techniques qui sont liées aux fonctions propres d'un catéchiste,
comme le dynamisme, la capacité d'établir de bonnes relations,
etc...
- D'autres critères sont en rapport avec la sélection:
puisqu'il s'agit d'un service ecclésial, la décision appartient au
pasteur, généralement au curé. La communauté sera nécessairement
impliquée au niveau de la recommandation et de l'appréciation du
candidat. L'Evêque aussi interviendra, personnellement ou par l'intermédiaire
d'un délégué au moins en un second temps, pour confirmer
par son autorité le choix du candidat et, à la fin, pour conférer
la mission officielle.
- Il y a des critères spéciaux pour être
acceptés dans un centre ou une école pour catéchistes:
outre les critères généraux valables pour tous, chaque
centre établit quelques critères propres d'admission, qui tiennent
compte de ses caractéristiques, spécialement, en rapport avec la
préparation scolaire requise comme base, avec les conditions de
participation, et les programmes de formation, etc.
Ces indications générales doivent être
spécifiées concrètement partout, sans omettre aucun des
domaines indiqués, mais en les précisant et en les complétant
d'après ce que demande et permet la situation locale.
V. CHEMIN DE FORMATION
19. Nécessité d'une formation adéquate.
Pour que les communautés ecclésiales aient des catéchistes
suffisants et idoines, en plus d'un choix prudent il est indispensable de miser
sur la préparation car d'elle dépend la qualité.
Cette préparation du catéchiste est demandée
avec conviction et constamment par le Magistère de l'Eglise, parce que
toute activité apostolique "qui ne soit soutenue de personnes
vraiment formées est condamnée à l'échec".
Il est opportun de noter que les documents du Magistère
insistent sur une formation "globale" et "spécifique"
du catéchiste. Globale c'est à dire embrassant toutes les
dimensions de sa personnalité. Spécifique c'est à dire
conforme aux caractéristiques du service qu'il est appelé à
accomplir en suppléance aux Pasteurs: annoncer la Parole à tous
lointains et proches, guider la communauté, animer et, quand il le faut,
présider l'assemblée de prière, servir les frères
dans les diverses nécessités spirituelles et matérielles.
Cela se trouve confirmé dans les paroles du Saint-Père, Jean Paul
II: "Privilégier la qualité signifie donc privilégier
une formation de base adaptée et une mise à jour constante. C'est
là un besoin fondamental, qui a pour but d'assurer à la mission de
l'Eglise un personnel qualifié, des programmes complets et des structures
adéquates, en recouvrant toutes les dimensions de la formation, de la
formation humaine aux formations spirituelle, doctrinale, apostolique et
professionnelle".
Il s'agit donc d'une formation exigeante pour l'intéressé
et absorbante pour tous ceux qui doivent contribuer à la réaliser.
La CEP la souligne comme tâche propre des Ordinaires.
20. Unité et harmonie dans la personnalité du
catéchiste. Pour réaliser leur vocation, les catéchistes,
comme chaque fidèle laïc, "doivent être formés
à cette unité dont ils portent la marque dans leur être même
de membres de l'Eglise et de citoyens de la société humaine".
Dans l'existence des catéchistes, il ne peut y avoir plusieurs vies
parallèles: d'un côté, la vie qu'on nomme "spirituelle"
avec ses valeurs et ses exigences; de l'autre, la vie dite "séculière"
avec ses expressions; puis la vie "apostolique" avec ses
engagements; etc..
Pour obtenir l'unité et l'harmonie de la personne il
est certainement important de lever les barrières caractérielles,
intellectuelles, émotionnelles, etc., qui font obstacles à la
croissance et suivre un programme de vie ordonné; mais, il est
incontestable qu'il faut aller en profondeur et toucher le principe et la source
de l'identité du ministère même du catéchiste, qui
est la "personne" de Jésus-Christ.
L'objet essentiel et primordial de la catéchèse,
comme on le sait, est la personne de Jésus de Nazareth, "Fils
unique du Père plein de grâce et de vérité"
(Jn 1,14), "le chemin, la vérité et la vie"
(Jn 14,6). C'est tout le "mystère du Christ" (Ep
3,4), "resté caché depuis les siècles et les générations"
(Col 1,26), qui doit être révélé. Il s'ensuit
que la préoccupation du catéchiste doit être précisément
celle de transmettre, à travers son enseignement et son comportement, la
doctrine et la vie de Jésus. L'être et le faire du catéchiste
dépendent ensemble de l'être et du faire du Christ. L'unité
et l'harmonie de vie du catéchiste sont lues justement dans cette optique
christocentrique et construites autour d'une "profonde familiarité
avec le Christ et avec le Père", dans l'Esprit. On n'insiste
jamais assez sur ce point, pour renouveler la figure du catéchiste, en ce
moment décisif pour la mission de l'Eglise.
21. Maturité humaine. Déjà dans le
choix il est important de faire attention que le Catéchiste possède
un minimum de qualités humaines, ou au moins de potentialités qui
puissent être éduquées et développées dans un
processus de formation. L'objectif à atteindre, sur ce plan, c'est que le
catéchiste soit une personne humainement mature et idoine pour une charge
responsable et communautaire.
Il y a, par conséquent, certains aspects précis
à prendre en considération; avant tout, le domaine proprement
humain, avec tout ce que cela comporte: équilibre psycho-physique;
bonne santé, responsabilité, honnêteté, dynamisme; éthique
professionnelle et familiale; esprit de sacrifice, de force, de persévérance,
etc. En outre, l'aptitude aux fonctions de catéchiste: facilité
de contacts, de dialogue avec les diverses croyances religieuses et la propre
culture, capacité de communication, disposition à la
collaboration, prudence du guide; sérénité de jugement,
compréhension et réalisme, capacité de consoler et de
redonner espoir; etc. Enfin quelques qualités caractéristiques
pour des situations particulières: être artisan de paix; apte
au travail de promotion, de développement, d'animation socio-culturelle;
sensible aux problèmes de la justice, de la santé etc.
Ces qualités humaines, développées par
une saine pédagogie forment une personnalité mature et complète,
idéale pour un catéchiste.
22. Vie spirituelle profonde. La mission d'éducateur
dans la foi requiert du catéchiste une vie spirituelle intense. C'est
l'aspect le plus élevé et le plus précieux de sa
personnalité et, par conséquent, la dimension privilégiée
de sa formation. Le véritable catéchiste, c'est le saint.
La vie spirituelle du catéchiste trouve son centre
dans une profonde communion de foi et d'amour avec le Christ, qui l'a appelé
et l'envoie. Comme Jésus, le seul Maître (Mt 23,8), le catéchiste
sert ses frères par l'enseignement et les oeuvres, qui sont toujours des
gestes d'amour (Ac 1,1). Accomplir la volonté du Père, qui
est un acte de charité salvifique envers les hommes, est aussi la
nourriture du catéchiste comme elle l'a été pour Jésus
(Jn 4,34). La sainteté de vie, réalisée dans la
perspective de l'identité du laïque et de l'apôtre, est donc
l'idéal à atteindre dans l'exercice du service de catéchiste.
La formation spirituelle se déroule en un processus
de fidélité à "Celui qui est le principe
inspirateur de toute l'oeuvre catéchétique et de ceux qui
l'accomplissent: l'Esprit du Père et du Fils: l'Esprit Saint".
La manière la plus opportune pour atteindre ce haut
niveau de maturité intérieure est une vie sacramentelle et une vie
de prière ferventes.
Des expériences les plus significatives et réalistes
émerge un idéal de vie de prière que la CEP propose, au
moins pour ces catéchistes qui dirigent une communauté, ou qui
travaillent à plein temps, ou qui collaborent de très près
avec le prêtre, spécialement pour ceux appelés cadres.
- La participation à l'Eucharistie là
où c'est possible chaque jour, pour se nourrir du "pain de vie"
(Jn 6,34), pour former "un seul corps" avec les frères
( 1Cor 10,17) et s'offrir soi-même au Père, en même
temps que le corps et le sang du Christ.
- La liturgie vécue dans ses diverses
dimensions, pour pouvoir croître personnellement et aider la communauté.
- La récitation de certaines parties de la Liturgie
des Heures, en particulier les Laudes et les Vêpres, pour s'unir à
la louange que l'Eglise adresse au Père "du lever au coucher du
soleil" (Ps 113,3).
- La méditation journalière, spécialement
sur la Parole de Dieu, dans une attitude de contemplation et de réponse
personnelle; comme l'expérience le démontre, la méditation
régulière tout comme la lectio divina, même pour les
laïcs, ordonne la vie et garantit une harmonieuse croissance spirituelle.
- La prière personnelle, qui nourrit la
communion avec Dieu durant le déroulement des occupations journalières,
avec une attention spéciale à la piété mariale.
- La réception fréquente du sacrement de
la pénitence, pour la purification intérieure et la ferveur de
l'esprit.
. La participation aux retraites spirituelles pour
une reprise personnelle et communautaire.
C'est seulement s'il nourrit sa vie intérieure par
une prière fréquente et sincère que le catéchiste
peut parvenir au degré de maturité spirituelle qu' exige son rôle.
Etant donné que l'adhésion au message chrétien - fruit de
la grâce et de la liberté - en dernière analyse, ne dépend
pas de l'habileté du catéchiste, il est nécessaire que son
activité soit accompagnée de la prière.
Il peut arriver, à cause du manque de personnes
disponibles et idoines, que l'on coure le risque de se contenter d'avoir des catéchistes
d'un niveau spirituel plutôt bas. La CEP encourage à résister
à de telles solutions pragmatiques, pour que cette figure d'apôtre
puisse maintenir sa place qualifiée dans l'Eglise, sans décadence,
comme le demande aussi le moment actuel de l'engagement missionnaire.
Pour la vie spirituelle des catéchistes il est nécessaire
de leur procurer des moyens proportionnés. Le premier est sans aucun
doute la direction spirituelle. Des diocèses - qui sont à
encourager - chargent un ou plusieurs prêtres pour guider spirituellement
les catéchistes, les rejoignant dans leurs postes de travail. Mais, on ne
peut se passer de l'oeuvre constante d'un directeur spirituel que le catéchiste
peut se choisir parmi les prêtres disponibles et faciles à
rejoindre. Ce secteur est à renforcer. Il importe surtout que les curés
soient proches de leurs catéchistes, et se préoccupent de les
suivre dans leur croissance spirituelle, plus encore que dans l'efficacité
de leur travail.
Sont aussi à recommander: les initiatives
paroissiales et diocésaines orientées vers la formation intérieure
des catéchistes, comme les écoles de prière, les formes de
vie fraternelle et de partage spirituel, les retraites spirituelles. Ces
initiatives loin d'isoler les catéchistes, les aident à croître
spirituellement et dans la communion entre eux.
Que chaque catéchiste enfin soit convaincu que la
communauté chrétienne est aussi un lieu favorable au développement
de sa vie intérieure. Tandis qu'il guide et anime la prière de ses
frères, le catéchiste reçoit d'eux, à son tour, un
exemple stimulant pour se maintenir dans la ferveur et pour grandir comme apôtre.
23. Préparation doctrinale. Il est évident que
la préparation doctrinale est une nécessité pour les catéchistes,
dans le but d'acquérir le contenu essentiel de la doctrine chrétienne
et d'être en mesure de la communiquer de manière claire et vitale,
sans lacunes ou déviations.
Pour tous les candidats on demande une préparation
scolaire de base, évidemment en rapport avec la situation générale
du pays. Sur ce point sont déjà notées les difficultés
qui existent là où la scolarité est faible. On ne peut céder
à cette difficulté sans réagir. Tout d'abord, il faut
tendre à élever le niveau d'étude de base demandé
pour être acceptés, de façon que tous les candidats soient
préparés à suivre un cours de "culture religieuse
supérieure", sans laquelle, en même temps qu'ils
souffriront d'un complexe d'infériorité par rapport à ceux
qui ont étudié, ils se sentiront effectivement moins capables
d'affronter certains domaines et de résoudre de nouveaux problèmes.
Au sujet des contenus, demeure actuel et valable le cadre
complet de la "formation théologico-doctrinale, anthropologique,
méthodologique" telle qu'elle est présentée par le
Directoire Catéchétique Général, publié
par la Congrégation du Clergé en 1971. Mais pour les territoires
de mission, on demande des précisions spéciales et complémentaires
que ce Dicastère avait déjà exprimées en partie dans
l'Assemblée Plénière de 1970 et qu'il reprend et développe
maintenant sur la base de la Lettre Encyclique Redemptoris Missio:
- En vertu du but qui est propre à l'activité
missionnaire, les éléments fondamentaux de la formation doctrinale
du catéchiste seront la Théologie sur la Trinité, la
Christologie et l'Ecclésiologie, vues dans une synthèse globale,
systématique et progressive du message chrétien. Engagé à
faire connaître et aimer Jésus-Christ, Dieu et Homme, il en fera
l'objet d'une étude personnelle et d'une réelle intériorisation.
Engagé à faire connaître et aimer l'Eglise, il se
familiarisera avec sa tradition, son histoire et avec le témoignage de
ses grands modèles, qui sont les Pères et les Saints.
- Le degré de culture religieuse et théologique
varie d'un endroit à un autre, et selon que l'enseignement est proposé
dans un centre pour catéchistes ou au moyen de cours plus brefs. Ainsi
donc, on garantit pour tous un minimum convenable, fixé par la Conférence
Episcopale ou par chaque Evêque, en accord avec un critère général,
rappelé ci-dessus, de la nécessité d'acquérir une
culture religieuse "supérieure".
- L'Ecriture Sainte continue à être le sujet
principal d'enseignement et constitue l'âme de toute l'étude théologique.
Là, où il le faut, elle doit être renforcée. Autour
de l'Ecriture Sainte, il faut que soit structuré un programme comprenant
les principales branches de la théologie. Il faut tenir présent à
l'esprit que le catéchiste doit acquérir une aptitude à la
pastorale biblique, en vue aussi de la confrontation avec les confessions non
catholiques et avec les sectes qui recourent à la Bible d'une manière
pas toujours correcte.
- La Missiologie, au moins dans ses éléments
portants, doit être proposée aussi aux catéchistes, pour
leur garantir une préparation doctrinale adéquate sur cet aspect
essentiel de leur vocation.
- Appelé à devenir animateur de la prière
communautaire, le catéchiste a besoin d'approfondir convenablement l'étude
de la Liturgie.
- Selon les nécessités locales, on aura soin
d'insérer ou de renforcer certains sujets d'étude, comme par
exemple la doctrine, les croyances et les rites principaux des autres religions
ou les différentes doctrines théologiques propres aux Eglises ou
aux communautés ecclésiales non catholiques existant dans la région.
- Une attention spéciale mérite d'être
donnée à quelques sujets susceptibles de rendre la préparation
intellectuelle du catéchiste plus solide et plus actuelle:
l'inculturation du Christianisme dans une culture particulière; la
promotion humaine et celle de la justice en telle situation socio-économique
spéciale; l'histoire du pays, la connaissance des pratiques religieuses,
de la langue, des problèmes et des exigences du milieu auquel il est
destiné.
- A l'égard de la préparation méthodologique,
qu'on se rappelle que beaucoup de catéchistes, en tant qu'animateurs et
guides d'une communauté, oeuvrent aussi en divers domaines de la
pastorale, et que presque tous sont en contact avec des adhérents à
d'autres religions. Voilà pourquoi ils doivent être initiés
non seulement à l'enseignement de la catéchèse, mais aussi à
toutes les activités qui font partie de la première annonce de
l'Evangile et de la vie d'une communauté ecclésiale.
- Il sera également important d'offrir aux catéchistes
un enseignement permettant d'affronter les nouvelles situations qui émergent
aujourd'hui dans le milieu de vie du catéchiste. Dans les programmes d'étude,
en partant de la réalité actuelle et de changements que l'on prévoit
on insérera aussi des matières qui aident à affronter les
phénomènes de l'urbanisation, de la sécularisation, de
l'industrialisation, des migrations, des changements socio-politiques, de l'évolution
du monde de la jeunesse.
- Il faut insister pour que la formation théologique
soit globale et non sectorielle. Les catéchistes, en effet, ont besoin
d'avoir une compréhension unitaire de la foi, qui favorise justement
l'unité et l'harmonie de leur personnalité et de leur service
apostolique.
- En ces temps, il est nécessaire de souligner
l'importance spéciale que revêt, pour la préparation
doctrinale des catéchistes, le Catéchisme de l'Eglise
Catholique. Ce dernier contient, en effet, une synthèse organique de
la Révélation et de la pérenne foi catholique, telle que
l'Eglise la veut proposer à elle-même et à la communauté
des hommes de notre temps. Comme l'affirme le Saint-Père Jean Paul II,
dans la Constitution Apostolique Fidei Depositum, le catéchisme
contient "du neuf et de l'ancien (cf. Mt. 13,52), la foi étant
toujours la même et source de lumières toujours nouvelles".
Le service que veut offrir le catéchisme touche de près, dans
toute son actualité, tout catéchiste. La Constitution Apostolique
elle-même atteste que le catéchisme est offert aux Pasteurs et aux
fidèles pour qu'il leur serve dans l'accomplissement de "leur
mission d'annoncer la foi et d'appeler à la vie évangélique".
En plus, il est "offert à tout homme qui nous demande raison de
l'espérance qui est en nous (cf 1 Pt 3,15) et qui voudrait connaïtre
ce que croit l'Eglise catholique". Sans aucun doute les catéchistes
trouveront dans le nouveau catéchisme une source d'inspiration et une
mine de connaissances pour leur mission spécifique.
- On doit ajouter à ces indications une invitation à
procurer les moyens nécessaires pour la formation intellectuelle des catéchistes.
Parmi eux, les écoles de catéchèse occupent la première
place; de même, se révèlent très efficaces les
sessions brèves programmées dans les diocèses ou les
paroisses, l'instruction individuelle de la part d'un prêtre ou d'un catéchiste
expert, l'utilisation des subsides. Il serait bon que l'éducation
intellectuelle mette en valeur une méthodologie diversifiée et à
portée de la main, tels les cours scolaires,les travaux de groupes,
l'analyse de cas pratiques, les recherches et l'étude individuelle.
La dimension intellectuelle de la formation se présente
donc comme très exigeante et demande l'engagement de personnes qualifiées,
l'établissement de structures et la disposition de moyens économiques.
C'est un défi qui sera affronté et surmonté avec du
courage, un sain réalisme et une intelligente programmation; ce secteur
est un des plus déficients en ce moment.
Que chaque catéchiste s'engage au maximum dans l'étude
pour devenir une lampe qui éclaire le chemin de ses frères (Mt
5,14-16). Pour cela qu'il se réjouisse lui en premier, dans la foi et
l'espérance (Ph 3,1; Rm 12,12); qu'il ait la sagesse de
proposer seulement les contenus solides de la doctrine ecclésiale, dans
la fidélité au Magistère; qu'il ne se permette jamais de
troubler les consciences, surtout des jeunes, avec des théories "plus
propres à soulever de vains problèmes qu'à servir le
dessein de Dieu fondé sur la foi" (1Th 1,4).
En définitive, c'est le devoir du catéchiste
d'unir en lui- même les deux dimensions: intellectuelle et spirituelle.
Puisqu'il n'existe qu'un seul Maître, que le catéchiste soit
conscient que seul le Christ enseigne, tandis que lui le fait "dans la
mesure où il est son porte-parole, permettant au Christ d'enseigner par
sa bouche".
24. Sens pastoral. La dimension pastorale de la formation
concerne l'exercice de la triple fonction: prophétique, sacerdotale et
royale du laïc baptisé. Le catéchiste doit donc être
initié à sa tâche: annonce de l'Evangile, catéchèse,
aide apportée aux frères pour qu'ils puissent vivre leur foi et
rendre à Dieu le culte qui lui est dû et accomplir les services
pastoraux qui lui sont confiés dans la communauté.
Les principales attitudes à former chez les candidats
sont: un esprit de responsabilité pastorale et de leadership; la
générosité dans le service, dynamisme et créativité;
communion ecclésiale et obéissance aux Pasteurs.
Ce type de formation demande des instructions théorétiques,
en vue d'illustrer les principaux domaines apostoliques dans lesquels un catéchiste
peut intervenir, afin qu'il en connaisse bien les exigences et les façons
de répondre à celles-ci. Il est nécessaire bien sûr
d'expliquer les caractéristiques des destinataires, si ce sont des
enfants, des jeunes ou des adultes, des étudiants ou des travailleurs,
baptisés ou non, s'ils appartiennent à des petites communautés
ou à des mouvements etc. et les différentes manières de se
mettre en rapport avec eux.
La formation pastorale demande en outre des exercices
pratiques, spécialement au début, sous la direction de maîtres,
ou du prêtre, ou de tout autre catéchiste expérimenté.
En particulier, on doit assurer aux catéchistes la préparation
pastorale sacramentelle de façon qu'ils puissent aider les fidèles
à mieux comprendre la signification religieuse des signes et à
s'approcher avec confiance de ces sources intarissables de vie surnaturelle.
Qu'on n'oublie pas l'importance d'accompagner les chrétiens éprouvés
par la souffrance à vivre la grâce propre du sacrement de l'Onction
des malades.
Instructions théoriques et exercices pratiques seront
harmonisés autant que possible, de telle manière que l'initiation à
l'engagement apostolique soit progressive et complète.
En ce qui regarde la préparation au service spécifique
de la catéchèse, il est opportun de rappeler expressément
le Directoire Catéchétique Général en
particulier la IVème partie: "Eléments de méthodologie".
25. Zèle missionnaire. La dimension missionnaire est
intrinsèque à l'identité même du catéchiste et
caractérise chacune de ses activités apostoliques. En conséquence,
elle doit être privilégiée dans la formation, en faisant
attention de garantir à chaque catéchiste une initiation
convenable, théorique et pratique, à s'engager comme laïc chrétien
en parcourant ces étapes progressives qui sont caractéristiques de
l'activité missionnaire:
- Etre activement présent dans la société
humaine, offrant un témoignage authentique de vie, ouvrant avec tous un
dialogue franc et ouvert, collaborant dans la charité pour résoudre
les problèmes communs.
- Annoncer avec franchise (At 4,13; 28,31)
la vérité sur Dieu et sur celui qu'il a envoyé pour le
salut de tous, Jésus-Christ Seigneur (2Tm 1,9-10), de façon
que les non chrétiens, auxquels l'Esprit Saint ouvrira le coeur (At
16,14) puissent croire et librement se convertir.
- Rencontrer les disciples des autres religions sans
préjugés, avec un dialogue franc et ouvert.
- Préparer les catéchumènes
dans le chemin de l'initiation graduelle au mystère du salut, à la
pratique des préceptes évangéliques, à la vie chrétienne,
liturgique et caritative du peuple de Dieu.
- Constituer la communauté, en préparant
les candidats à recevoir le baptême et les autres sacrements de
l'initiation chrétienne et à entrer ainsi dans l'Eglise du Christ,
qui est prophétique, sacerdotale et royale.
- Sous l'autorité des Pasteurs et en collaboration
avec les autres fidèles, accomplir ces exercices qui, au plan
pastoral sont orientés vers la maturation de l'Eglise particulière.
Ces services sont liés aux divers besoins de chaque Eglise et caractérisent
le catéchiste des territoires de mission. Il s'ensuit que l'activité
formative doit aider le catéchiste à affiner sa sensibilité
missionnaire, en le rendant capable de découvrir toutes les situations
favorables à la première annonce de l'Evangile et de s'y
impliquer.
Il faut répéter la pensée de Jean Paul
II déjà citée, c'est à dire que les catéchistes,
quand ils sont bien formés à l'esprit missionnaire, deviennent
eux-mêmes des animateurs missionnaires de leur communauté
ecclésiale et peuvent aider grandement dans l'évangélisation
des non chrétiens, disposés à être envoyés par
les Pasteurs en dehors de leur propre Eglise ou Pays. Les Pasteurs conscients de
leur responsabilité personnelle, sauront valoriser au maximum cette
irremplaçable armée d'apôtres et les aideront à croître
toujours davantage dans le zèle missionnaire.
26. Sens Ecclésial. Le fait que l'Eglise est, de sa
nature, missionnaire et qu'elle est envoyée et destinée à
l'évangélisation de tous les hommes, porte à une double
conviction, la première: l'action apostolique n'est pas un acte
individuel et isolé; la seconde: elle est accomplie en communion ecclésiale
à partir de l'Eglise particulière avec son Evêque.
Ces constatations faites par Paul VI en parlant des évangélisateurs
peuvent être appliquées à juste titre aux catéchistes,
dont le rôle est une réalité éminemment ecclésiale
et donc communautaire. Le catéchiste, en effet, est mandaté par
les Pasteurs et agit en remplissant la mission reçue de l'Eglise et en
son nom. Son action, dont il n'est pas le maître mais l'humble serviteur,
a des liens d'ordre institutionnel et dans l'ordre de la grâce avec
l'action de toute l'Eglise.
Les principales attitudes dont il faut prendre soin pour
former un catéchiste, comme il convient, selon cette dimension
communautaire sont:
- La disposition à l'obéissance
apostolique aux Pasteurs, en esprit de foi, comme Jésus qui "s'anéantit
lui-même, assumant la condition de serviteur obéissant jusqu'à
la mort" (Ph 2,7-8; cf Hé 5,8; Rm 5,19).
Cette obéissance apostolique doit être faite avec responsabilité,
en tant que le ministère du catéchiste, après le choix
effectué et le mandat reçu, est exercé par la personne
appelée et rendue apte intérieurement par la grâce de
l'Esprit Saint.
En ce contexte de l'obéissance apostolique, devient
plus que jamais opportun le mandat ou la mission canonique comme
cela se fait en de nombreuses Eglises, où apparaît le lien entre la
mission du Christ, celle de l'Eglise et celle du catéchiste. On conseille
une spéciale fonction liturgique, ou liturgiquement inspirée, dûment
approuvée, célébrée dans la communauté d'où
part le catéchiste, durant laquelle l'Evêque ou son délégué
exprime le mandat, accomplissant un geste qui en indique la signification, comme
par exemple l'imposition du crucifix ou la remise des Evangiles. Il serait
convenable que ce rite du mandat ait une solennité différente
selon que le catéchiste est à temps plein ou à temps
partiel.
- La capacité de collaboration à différents
niveaux: le sens communautaire éveille nécessairement dans
l'individu une attitude opérationnelle de collaboration, qui doit être
éduquée et soutenue. Le catéchiste doit savoir tenir compte
de tous les membres de la communauté ecclésiale dans laquelle il
est inséré et travailler en union avec eux. Il est particulièrement
appelé à collaborer avec les autres laïcs engagés dans
la pastorale, spécialement en ces Eglises où les services du laïcat,
distincts de celui du catéchiste, sont plus développés.
Pour savoir collaborer à ce niveau, il ne suffit pas d'une conviction intérieure,
mais il faut aussi utiliser les moyens adaptés au travail d'ensemble, qui
sont la programmation et la révision en commun des différentes
oeuvres et activités. Ce lien d'unité entre toutes les forces est
spécialement du devoir des Pasteurs, mais la sagesse d'un catéchiste
devra tendre à favoriser l'union de tous ceux qui opèrent dans le
rayon de son action.
Le catéchiste saura souffrir pour l'Eglise,
supportant les fatigues liées à l'apostolat réalisé
en commun et acceptant les imperfections des membres de l'Eglise, à
l'imitation du Christ qui a aimé l'Eglise et s'est livré pour elle
(Ep 5,25).
On prendra soin de l'éducation au sens communautaire
dès le début de la formation, avec des expériences programmées,
réalisées et révisées en groupe par les candidats.
27. Artisans de la formation. Un problème d'une
importance capitale dans le secteur de la formation des catéchistes est
celui des éducateurs qualifiés et suffisants. Quand on parle d'opérateurs,
on doit penser à l'ensemble des personnes impliquées dans la
formation.
Avant tout, il faut que les catéchistes soient
convaincus que leur premier éducateur est Jésus-Christ qui
forme à travers l'Esprit Saint (Jn 16,12-15). Cela
comporte en eux l'esprit de foi et la disposition à la prière et
au recueillement, pour laisser agir la pédagogie divine. L'éducation
d'apôtres est, en effet, principalement un art qui s'exprime sur un plan
surnaturel.
La personne est la première responsable de sa
croissance intérieure, c'est à dire de la manière de répondre
à l'appel divin. La conscience de cette responsabilité pousse le
catéchiste à donner une réponse active et créative,
en engageant et assumant toutes les responsabilités de son cheminement de
vie.
Le catéchiste travaille au nom et avec l'aide de la
communauté ecclésiale. Ainsi la communauté est-elle
appelée à collaborer pour la formation de ses catéchistes,
spécialement en leur assurant un milieu stimulant et fervent, les
accueillant pour ce qu'ils sont et leur offrant la collaboration souhaitable.
Dans la communauté, les Pasteurs accomplissent un service de
direction comme éducateurs des catéchistes. Cela exige de leur
part qu'ils s'y intéressent d'une manière particulière et,
chez les candidats, confiance et disponibilité pour en suivre les
directives. L'Evêque et le curé sont, en vertu de leur rôle,
les premiers formateurs des catéchistes.
Les éducateurs, c'est à dire ceux que
l'Eglise charge d'aider les catéchistes à réaliser le
programme de formation, sont comme des "compagnons de voyage"
dont le service qualifié est très précieux. Ce sont avant
tout les responsables des Centres pour les catéchistes et ensuite tous
ceux qui prennent soin de la formation de base et de la formation permanente en
dehors des Centres. Il est important de choisir des éducateurs idoines
qui, en plus d'être de bons chrétiens, ont reçu une préparation
appropriée à cette tâche et jouissent d'une expérience
personnelle ayant exercé eux-mêmes le service catéchétique.
Il est bon que les formateurs soient constitués en groupe (équipe,
team) si possible de prêtres, religieux et laïcs, hommes et femmes.
De cette manière la formation sera plus complète et incarnée.
Que les candidats aient confiance envers leurs formateurs et les considèrent
comme des guides indispensables que l'Eglise leur offre aimablement pour
parvenir à la plus haute maturité.
28. Formation de base. Le processus de formation qui
précède les débuts du ministère catéchétique
n'est pas le même dans toutes les Eglises en raison de différentes
organisations et possibilités et il varie également suivant qu'il
est réalisé dans un centre spécialisé ou ailleurs.
Il faut absolument offrir à tous les catéchistes
un minimum suffisant de formation initiale sans laquelle ils ne seront pas en
mesure de répondre convenablement à leur mission. Dans ce but,
voici quelques principes et indications qui contribueront à promouvoir et
guider les choix opérationnels:
- Connaissance du sujet: il est nécessaire
que le candidat soit connu personnellement dans son milieu culturel. Sans cette
connaissance de base la formation risque d'être plutôt une simple
instruction et sera peu personnalisée.
- Attention à la réalité socio-ecclésiale:
il est important que les catéchistes reçoivent une formation non
abstraite mais incarnée dans la réalité en laquelle ils
vivent et opèrent. L'attention aux situations ecclésiales et
sociales offre des points de référence concrets et garantit une
formation de haut niveau.
- Continuité et graduation dans la formation:
aider les candidats à atteindre tous les objectifs de la formation d'une
manière progressive et graduelle, respectant les rythmes de croissance de
chacun et les différentes étapes. Qu'on ne prétende pas
avoir un catéchiste accompli dès le début, mais qu'il soit
aidé à grandir sans interruption et de manière équilibrée.
- Une méthode ordonnée et complète:
tenant compte du contexte missionnaire et des principes d'une saine pédagogie,
il faut que la méthode formative soit expérimentale, c'est
à dire enrichie de confrontations programmées et guidées
avec les situations ecclésiales, culturelles et sociales du lieu; intégrale,
visant à la croissance de la personne sous tous ses aspects et ses
valeurs; en forme de dialogue avec un échange continu entre la
personne et Dieu, le formateur, la communauté; libérante,
capable d'assurer la liberté du catéchiste par rapport à
n'importe quel conditionnement conscient ou inconscient; harmonieuse
tendant à l'essentiel et conduisant à l'unité intérieure.
- Projet de vie: une pédagogie efficace aide
l'individu à se bâtir un projet de vie qui fixe des objectifs et
les moyens de les atteindre, d'une manière réaliste. Chaque catéchiste
sera donc formé, dès le début, à se faire un
programme ordonné, dans lequel on prend soin en premier de toute
l'identité et du style de vie, puis des qualités nécessaires
à l'apostolat.
- Dialogue formateur: c'est l'entretien personnel
entre le candidat et le formateur. Cet entretien est important pour éclairer,
stimuler et accompagner les progrès dans la formation. Que le catéchiste
soit ouvert avec son formateur et instaure avec lui un dialogue constructif et régulier.
Dans le dialogue formateur, une place particulière est réservée
à la direction spirituelle qui rejoint la personne au plus
profond de son être et l'aide à s'ouvrir à la grâce et
grandir en sagesse.
- En un contexte communautaire: la communauté
chrétienne, dans laquelle le catéchiste vit et développe
son activité, est le lieu de confrontation, proposition et discernement
de vie pour tous ses membres et particulièrement pour ceux qui réalisent
une vocation apostolique. Les catéchistes peuvent découvrir
progressivement dans la communauté comment se réalise le projet
divin du salut. Aucune véritable éducation apostolique ne peut se
faire en dehors du contexte communautaire.
Ces indications pédagogiques seront présentes à
l'esprit là où existe une bonne structure pour la formation de
base. Pourtant, même là où on en est seulement au début,
elles peuvent servir de stimulation et d'orientation pour les Pasteurs et pour
les candidats eux-mêmes. On doit absolument éviter d'improviser la
préparation des catéchistes ou de la laisser à leur
initiative exclusive.
29. Formation permanente. L'évolution de la personne,
sa croissance dans la vie chrétienne, le renouveau de la culture et l'évolution
de la société, demandent au catéchiste de se maintenir en état
de formation durant toute la période de son service actif. Ce devoir
concerne aussi bien les dirigeants de la catéchèse que les simples
catéchistes et implique toutes les dimensions de leur formation: humaine,
spirituelle, doctrinale et apostolique.
La formation permanente assume des caractéristiques
particulières selon les différentes situations: au début
de l'activité apostolique, c'est une initiation au service, nécessaire
pour chaque catéchiste, qui consiste en instructions théorétiques
et en expériences pratiques guidées. Durant l'exercice du
ministère, la formation permanente est un renouvellement continu pour se
maintenir apte aux divers engagements qui à leur tour, peuvent changer.
On garantit ainsi la qualité des catéchistes en évitant
l'usure du temps.
En certains cas de difficultés particulières,
de fatigue, de changement de poste ou de travail etc., la formation permanente
doit favoriser maturation et reprise renouvelant chez le catéchiste sa
ferveur initiale.
La responsabilité de la formation permanente ne peut
pas être confiée uniquement aux offices centraux; les directeurs
intéressés et chaque communauté doivent aussi s'en occuper
du fait qu'il existe des différences de personne à personne et
d'un lieu à un autre.
Outre à réaffirmer la valeur de tous ces
principes, il est nécessaire d'encourager l'emploi d'instruments de
travail utiles à la formation permanente. En vérité, à
ce propos, il y a des obstacles liés à l'insuffisance des
ressources économiques: manque de personnel qualifié, pénurie
de livres et autre matériel didactique, distances et inadéquation
des moyens de transport, etc. Malgré cela, la formation permanente des
catéchistes demeure un impératif indiscutable. Les efforts que les
responsables sont déjà en train d'accomplir à cet égard
méritent d'être encouragés. L' objectif est donc de créer
une organisation suffisante et de susciter des initiatives concrètes de
façon qu'aucun catéchiste ne soit négligé dans sa
croissance continue.
Parmi les initiatives en faveur de la formation permanente,
viennent au premier rang celles qui sont entreprises par les Centres catéchétiques
qui suivent les anciens élèves, au moins dans les premiers temps, à
travers une correspondance-circulaire et individuelle, l'envoi de matériel,
la visite sur place de la part des formateurs, les rencontres de révision
dans les Centres mêmes. Ceux-ci sont des lieux plus que jamais adaptés
pour y organiser des cours de renouveau et de recyclage en faveur des Catéchistes,
à n'importe quel moment de leur service.
Les diocèses n'ayant pas encore de Centre auquel
s'adresser chercheront d'autres milieux pour réaliser leurs programmes de
formation permanente qui consistent généralement en sessions brèves,
en rencontres d'une journée, etc. animées par des personnes
choisies pour cette charge au niveau diocésain. On agira d'une manière
analogue dans chaque paroisse ou en groupes de paroisses voisines collaborant
entre elles.
Pour la formation permanente, les initiatives isolées
ne suffisent pas. Il faut organiser des programmes qui prévoient un
recyclage concernant les différents aspects de la personnalité du
catéchiste. Le recyclage professionnel ne suffit pas; il est toujours nécessaire
de privilégier l'identité de la personne. Chaque programme de
caractère spirituel mérite d'être particulièrement
soigné car cette dimension est de loin la principale.
Il y a une nécessité à ne pas oublier:
c'est que le catéchiste demeure enraciné dans sa communauté,
pour réaliser la formation continue dans son contexte et avec les autres
fidèles. En même temps, on cherche à développer la
dimension universelle, en valorisant les rencontres entre les catéchistes
de diverses Eglises particulières.
Enfin, au-delà des initiatives organisées, la
formation permanente est entre les mains des intéressés eux-mêmes.
Chaque catéchiste prendra donc à coeur de progresser
continuellement et s'y engagera personnellement de toutes ses forces dans cette
recherche, avec la conviction que personne ne peut se substituer à sa
responsabilité première.
30. Moyens et structures de formation. Parmi les moyens de
formation, émergent les centres ou écoles pour les catéchistes.
A ce sujet les documents de l'Eglise, d'Ad gentes à Redemptoris
Missio, insistent sur l'importance de favoriser la "création
et le renforcement des écoles (ou centres) pour les catéchistes,
qui, approuvées par les Conférences Episcopales, délivrent
des titres officiellement reconnus par ces dernières".
Quand on parle de centres pour catéchistes on se réfère
à des réalités très différentes: depuis les
organismes très développés, capables d'accueillir longtemps
les candidats, avec un programme d'action bien organisé, jusqu'aux
structures destinées aux petits groupes ou à des sessions courtes,
ou tout simplement pour une rencontre d'un jour.
La plupart des centres sont diocésains ou inter-diocésains;
plusieurs sont nationaux ou continentaux, voire internationaux. Ces divers
niveaux des centres se complètent mutuellement et doivent être tous
pris en considération.
Ces centres ont des éléments communs,
comme le programme de formation qui fait du centre un lieu de croissance dans la
foi, la possibilité de résidence, l'enseignement scolaire
entrecoupé d'expériences pastorales et surtout la présence
d'un groupe de formateurs. Chaque centre a aussi ses éléments
propres qui le distinguent d'un autre centre, qu'il s'agisse du standard
minimum requis de préparation scolaire proportionné au niveau
national; des conditions d'admission des candidats; de la durée du cours
et du séjour; des caractéristiques des candidats eux-mêmes:
seulement hommes ou seulement femmes, ou bien les deux ensemble; jeunes ou
adultes; mariés ou non; ou des couples; des sensibilités et des
accentuations diversifiées dans les contenus et les méthodes de
formation qui s'adaptent à la réalité locale; d'une
formation spécifique ou non pour les épouses des catéchistes;
de la délivrance ou non d'un diplôme.
Une certaine connexion doit exister entre les centres,
surtout au niveau national, sous la responsabilité de la Conférence
Episcopale. Cette connexion est favorisée par des rencontres régulières
entre tous les formateurs des différents centres et par l'échange
de matériel didactique. De cette façon on tend à l'unité
de la formation et chaque centre est renforcé par l'enrichissement qui découle
de l'expérience d'autrui.
L'importance des centres ne se limite pas à l'activité
formatrice directe à l'égard des personnes. Ils peuvent devenir
des foyers de réflexion sur des thèmes importants de caractère
apostolique, tels que les contenus de la catéchèse,
l'inculturation, le dialogue inter-religieux, les méthodes pastorales,
etc.; en soutien de la responsabilité des Pasteurs.
En plus des centres ou écoles, doivent être
mentionnés les cours et les rencontres que les diocèses et les
paroisses organisent et dont la durée et la composition sont diversifiées.
Ce sont des moyens de formation très valables; en certaines zones ou
situations, ils deviennent l'unique façon d'offrir une bonne formation.
Ces cours ne s'opposent pas aux programmes des centres mais servent à en
prolonger l'influence ou, comme il arrive très souvent, ils en compensent
le manque.
Aussi bien pour l'activité des centres que pour celle
des cours, les instruments didactiques sont indispensables: livres,
audio-visuels et tout ce matériel qui sert à la bonne préparation
d'un catéchiste. C'est la tâche des Pasteurs de veiller à ce
que les lieux de formation soient munis de tels matériels en rapport avec
leur importance. Elle est souhaitable cette habitude que les moyens didactiques
soient échangés entre les centres et entre les diocèses;
sont parfois utiles les échanges entre nations voisines et homogènes
par leur situation socio-religieuse.
La CEP insiste sur le fait qu'il ne suffit pas de se
proposer des objectifs élevés dans la formation, mais qu'il faut
choisir et utiliser des moyens efficaces. C'est pourquoi tout en réaffirmant
la priorité absolue à donner aux formateurs, qu'il est nécessaire
de bien préparer et de soutenir, la CEP demande aussi que s'opère
un renforcement des centres. Cela exige un sain réalisme pour éviter
de faire un discours seulement théorique. L'objectif que l'on peut
atteindre est de faire en sorte que tous les diocèses puissent avoir la
possibilité de former, dans un centre, un certain nombre de leurs catéchistes,
tout au moins les cadres. Il faut, en outre, développer sur place
certaines initiatives, en particulier les rencontres programmées et guidées,
car elles sont indispensables pour la première formation de celui qui n'a
pas pu fréquenter un centre, et pour la formation permanente de tous.
TROISIEME PARTIE
LES RESPONSABILITES ENVERS LE CATECHISTE
VI. REMUNERATION DU CATECHISTE
31. Question économique en général.
D'un aveu unanime, cette question semble être un des obstacles les plus sérieux
pour se procurer suffisamment de catéchistes. Habituellement, le problème
ne se pose pas en ce qui concerne les maîtres de religion dans les écoles,
lorsqu'ils sont rémunérés par l'Etat. Par contre, pour
toute catégorie de catéchistes rémunérés par
l'Eglise, le point crucial est le rapport entre ce qu'ils reçoivent et
les exigences de la vie. Les conséquences négatives se font sentir
sur différents aspects: sur le choix, en tant que personnes capables, ils
préfèrent des engagements mieux rétribués; sur
l'engagement, entendu qu'il est nécessaire d'accomplir d'autres travaux
pour compléter les entrées; sur la formation, parce que beaucoup
ne sont pas en mesure de participer aux cours; sur la persévérance
et sur les rapports avec les Pasteurs. De plus, dans certaines cultures, un
travail est apprécié en fonction de sa rémunération;
en conséquence, les catéchistes risquent d'être considérés
comme une sous-catégorie de travailleurs.
32. Solutions pratiques. Que la rétribution des catéchistes
soit retenue comme une question de justice et non de libre rétribution.
Les catéchistes à temps plein ou à temps partiel doivent être
rémunérés selon des normes précises, établies
au niveau diocésain et paroissial, compte tenu des conditions financières
de l'Eglise particulière, de la situation personnelle et familiale de
chaque catéchiste dans le contexte économique général
de l'Etat. L'on accordera une attention particulière aux catéchistes
malades, invalides ou en âge avancé.
Comme dans le passé, la CEP poursuivra son action
pour susciter des subsides et les distribuer, selon les possibilités, en
faveur des catéchistes. En même temps, elle insiste sur la nécessité
de chercher à tout prix une solution plus stable du problème.
Les budgets financiers des diocèses et des paroisses
devraient donc destiner à cette oeuvre une part convenable des entrées
suivant le critère de donner la priorité aux frais de formation.
Que les fidèles prennent également en charge l'entretien des catéchistes,
surtout lorsqu'il s'agit de l'animation de leur village. La qualité des
personnes, en particulier celles qui sont engagées dans l'apostolat
direct, est prioritaire par rapport aux structures. On ne doit donc pas diminuer
ou détourner pour d'autres fins les sommes destinées aux catéchistes.
L'engagement financier en faveur des Centres pour catéchistes
mérite un encouragement particulier. Cet effort digne d'éloges
contribuera sûrement au développement de la vie chrétienne
dans un proche avenir, étant donné que la catéchèse
active et efficace est la base de la formation du Peuple de Dieu.
Là, où c'est possible, augmenter le nombre des
catéchistes bénévoles qui s'engagent à collaborer
d'une manière stable et sans rémunération ayant déjà
un autre emploi fixe. Cette ligne d'action est plus réalisable par les
communautés ecclésiales ayant déjà un certain niveau
de développement.
Il est évident qu'il est nécessaire d'éduquer
les fidèles à considérer la vocation de catéchiste
comme une mission plutôt qu'un emploi pour vivre. De plus, il faudra
repenser l'organisation des catéchistes et leur répartition.
En résumé, le problème économique
demande une solution à partir de l'Eglise locale. Toutes les autres
initiatives y contribuent et doivent être développées, mais
c'est sur place que l'on doit trouver la solution radicale, spécialement
avec une administration avisée qui respecte les priorités
apostoliques et par l'éducation de la communauté à
contribuer gratuitement.
VII. RESPONSABILITE DU PEUPLE DE DIEU
33. Responsabilité de la communauté. La CEP
ressent le besoin d'exprimer une vive reconnaissance publique aux Evêques,
aux prêtres et à la communauté des fidèles pour la
sollicitude attentive qu'ils ont manifestée envers les catéchistes.
Cette attitude est une garantie pour l'annonce missionnaire, pour la maturation
des jeunes Eglises.
Les catéchistes, en effet, sont des apôtres des
frontières sans lesquels "des Eglises aujourd'hui florissantes
ne se seraient pas édifiées" et, en plus, constituent une
des composantes essentielles de la communauté, étant enracinés
en elle en vertu du Baptême et de leur vocation, avec le droit et le
devoir de croître en plénitude et d'agir en responsables.
Il est très significatif que Jean Paul II, dans la récente
encyclique Redemptoris Missio, formule cette appréciation
concernant les catéchistes dans les territoires de mission: "Parmi
les laïcs qui deviennent évangélisateurs se trouvent au
premier rang les catéchistes. (...) Malgré la
multiplication des services ecclésiaux et extra-ecclésiaux, le
ministère des catéchistes reste toujours nécessaire et a
ses caractéristiques propres". Ces expressions confirment ce que
le même Souverain Pontife avait affirmé dans l'Exhortation
Apostolique Catechesi Tradendae: "Ce sont les catéchistes
en terre de mission qui portent par excellence ce titre de 'catéchistes'".
Aux catéchistes on peut appliquer en vérité la parole du
Seigneur: "Allez et enseignez toutes les nations" (Mt
28,19), parce qu'ils "s'appliquent de façon légitime au
ministère de la parole".
Que les catéchistes soient valorisés dans
l'organisation de la communauté ecclésiale. Il sera très
utile de leur garantir une présence significative dans les organismes de
communion et de participation apostolique, tels par exemple les conseils
pastoraux diocésains et paroissiaux.
Il ne faut pas oublier que le nombre des catéchistes
est en continuelle augmentation et que de leur engagement actuel dépend
la qualité des futures communautés chrétiennes. Il existe,
dans la société moderne, des situations qui réclament la présence
des catéchistes, parce que ce sont des laïcs qui vivent des
situations séculières et qui peuvent les éclairer avec la
lumière de l'Evangile, en opérant de l'intérieur de la société.
Aujourd'hui, dans le contexte de la théologie du laïcat, les catéchistes
occupent nécessairement une place importante.
Toutes ces considérations soulignent l'urgence de
renforcer les catéchistes en nombre par une adéquate promotion
vocationnelle, et surtout en qualité par une attentive et globale
programmation formative.
34. Responsabilité première des Evêques.
Les Evêques, avant tout, comme premiers "responsables de la catéchèse",
sont aussi les premiers responsables des catéchistes. Le Magistère
contemporain et la législation renouvelée de l'Eglise insistent
sur cette responsabilité fondamentale des Evêques liée à
leur rôle de successeurs des Apôtres, soit comme Collège,
soit comme Pasteurs dans les Eglises particulières.
La CEP recommande à chacun des Evêques et aux
Conférences Episcopales de poursuivre de toutes leurs forces et, quand il
le faut, de renforcer leur sollicitude en faveur des catéchistes, en
tenant compte de tout ce qui les concerne: établir les critères de
choix, promouvoir les programmes et les structures de formation, employer les
moyens proportionnés pour leur entretien, etc. Forte de son expérience,
la CEP indique aussi certains domaines préférentiels
d'intervention, tels que:
- Conscientiser la communauté diocésaine
et les communautés paroissiales, avec une attention spéciale aux
prêtres, sur l'importance et le rôle des catéchistes.
- Etablir ou renouveler les Directoires catéchétiques
pour ce qui concerne le profil et la formation du catéchiste, au niveau
national ou diocésain, pour la clarté et l'unité, en
appliquant à la situation locale les indications respectives du Directoire
Général de la Catéchèse, de l'Exhortation
Apostolique Catechesi Tradendae et celles du présent Guide
pour les Catéchistes.
- Garantir un minimum d'équipement pour la
préparation spécifique des catéchistes au niveau diocésain
et paroissial, de façon que nul ne soit introduit dans sa tâche
sans y être préparé; en outre, fonder ou développer
en puissance des écoles ou centres spéciaux.
- Procurer la création de cadres
dans chaque diocèse et paroisse, c'est-à-dire de groupes de catéchistes
bien formés dans les centres et avec une expérience adéquate,
qui, en collaboration avec l'Evêque et les prêtres, puissent
s'acquitter de la charge de la formation et de l'accompagnement des autres catéchistes
volontaires, et être placés dans des postes clefs pour la réalisation
des programmes catéchétiques.
- Subvenir aux besoins relatifs à la formation,
à l'activité et à la vie des catéchistes, par une
programmation économique prudente, en impliquant la communauté.
En plus de ces domaines prioritaires d'intervention, la
meilleure façon dont les Evêques peuvent, en général,
exercer leur responsabilité envers les catéchistes c'est de leur
manifester un amour paternel, en restant attentif à eux, à leurs
actions et par des rencontres personnelles.
35. Sollicitude de la part des prêtres. Les prêtres,
particulièrement les curés, comme éducateurs dans la foi et
collaborateurs immédiats des Evêques, ont un rôle immédiat
et irremplaçable dans la promotion du catéchiste. Ce sont eux qui,
comme pasteurs, doivent reconnaître, promouvoir et coordonner les divers
charismes à l'intérieur de la communauté; ils doivent
suivre d'une façon particulière les catéchistes, et
partager avec eux les fatigues de l'annonce de l'Evangile. Qu'ils les considèrent
et les acceptent comme des personnes vraiment responsables du ministère
qui leur est confié et non comme de simples exécuteurs de
programmes établis d'avance. Ils doivent, en ce domaine, promouvoir le
dynamisme et la créativité. Qu'ils préparent les communautés
à assumer leur responsabilité dans la catéchèse, à
accueillir les catéchistes, à collaborer avec eux, et à les
soutenir économiquement.
En cette optique spéciale, apparaît importante
l'éducation du clergé, à partir des séminaires, pour
qu'il soit en mesure d'apprécier, de favoriser et de valoriser
convenablement le catéchiste, comme une figure éminente d'apôtre
et son spécial collaborateur dans la vigne du Seigneur.
36. Attentions de la part des formateurs. La préparation
des catéchistes est généralement confiée à
des personnes qualifiées aussi bien dans les centres que dans les
paroisses. Ces formateurs ont un rôle de premier ordre et apportent une
contribution précieuse à l'Eglise. Qu'ils soient donc conscients
de leur vocation et de la valeur de leur tâche.
Lorsqu'une personne accepte le mandat de former des catéchistes,
qu'elle se considère comme l'expression concrète de la sollicitude
des Pasteurs et qu'elle s'engage à en suivre les directives. Ainsi,
qu'elle sache aussi vivre la dimension ecclésiale de ce mandat, le réalisant
en esprit communautaire et suivant des programmes d'ensemble.
Il importe que le formateur de catéchistes soit doué
de qualités spirituelles, morales et pédagogiques; en particulier,
qu'il ait une vie chrétienne intense, de façon qu'il puisse
enseigner surtout par son témoignage; qu'il se tienne proche des catéchistes
pour leur communiquer ferveur et enthousiasme.
Que chaque diocèse fasse le possible pour avoir un
groupe de formateurs de catéchistes, composé de prêtres, de
religieux, de religieuses et de laïcs qui puissent être envoyés
dans les paroisses pour préparer les candidats, en communauté et
individuellement.
CONCLUSION
37. Une espérance pour la mission du troisième
millénaire. Les directives contenues dans ce Guide sont proposées
avec l'espoir d'être comme un idéal pour tous les catéchistes.
Les catéchistes sont estimés de tous pour leur
participation à l'activité missionnaire et pour leurs caractéristiques
qu'on rencontre rarement dans les communautés ecclésiales hors de
la mission. Leur nombre est en augmentation et oscillait, ces dernières
années, entre 250.000 et 350.000. Pour beaucoup de missionnaires ils sont
une aide irremplaçable; on peut même dire: leur main droite et
parfois leur langue. Souvent ils ont su soutenir la foi des jeunes communautés
dans les temps difficiles et leurs familles ont déjà donné
beaucoup de vocations sacerdotales et religieuses.
Comment ne pas estimer ces "animateurs fraternels
des communautés naissantes?". Comment ne pas leur proposer les
idéaux les plus élevés même dans la connaissance des
difficultés objectives et des limites personnelles?
On ne peut conclure plus efficacement ce document qu'en
reprenant les mêmes vibrantes paroles que le Pape Jean Paul II adressait
aux catéchistes d'Angola, au cours de sa dernière visite
apostolique: "Tant de fois a dépendu de vous la consolidation
des nouvelles communautés chrétiennes, pour ne pas dire la première
pierre de leur fondation, par la première annonce de l'Evangile à
tous ceux qui ne le connaissaient pas. Si les missionnaires ne pouvaient être
présents ou s'ils ont dû partir très vite aussitôt après
la première annonce, vous étiez là, vous les catéchistes,
à soutenir et former les catéchumènes, à préparer
le peuple chrétien aux sacrements, à enseigner la catéchèse
et à prendre la responsabilité de l'animation de la vie chrétienne
dans leurs villages ou dans leurs quartiers (...). Remerciez le Seigneur
pour le don de votre vocation par laquelle le Christ vous a appelés et
choisis parmi les autres hommes et femmes, afin que vous fussiez des instruments
de son salut. Répondez avec générosité à
votre vocation et vous aurez votre nom écrit dans le ciel (cf. Luc 10,
20)".
La CEP compte sur l'aide de Dieu et de la Vierge Marie pour
que ce Guide puisse imprimer une nouvelle impulsion au renouveau continu
des catéchistes, de façon que leur généreuse
contribution continue à être valable et fructueuse aussi pour la
mission du troisième millénaire.
Le Souverain Pontife Jean Paul II, au cours de l'Au dience
accordée au soussigné Cardinal Préfet le 16 Juin 1992, a
approuvé le présent Guide pour les Catéchistes et en a décidé
la publication.
Rome, du Siège de la Congrégation pour l'Evangélisation
des Peuples, le 3 Décembre 1993, en la Fête de Saint François
Xavier.
Jozef Card. Tomko, Préfet
Giuseppe Uhac, Archevêque tit.
de Tharros, Secrétaire