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UNE EXPERIENCE D’AUTOFINANCEMENT EN STYLE INDONESIEN : 
GOTAUS
(en indonésien : Gerakan Orangtua Asuk Untuk Seminaris)
Parents adoptifs pour des séminaristes

L’histoire

En 1996, le supérieur du petit séminaire Canisius (Mertoyudam), dans l’archidiocèse de Semarang, sollicitait un subside extraordinaire pour réparer le toit de la chapelle. Il reçut cette réponse : « essayez de résoudre vous-même ce problème; les caisses de l’archidiocèse sont vides, il n’a plus d’argent ! ». Le pauvre supérieur surpris rétorqua : « je veille déjà sur la formation intégrale des séminaristes, leur nourriture, leurs livres et leur logement. Dois-je également m’occuper de récolter des fonds ? ».

Un petit groupe de laïcs de Jakarta, émus de cette situation, essaya de venir en aide au pauvre supérieur. Et ils prirent bien vite conscience du caractère alarmant de la situation : « ceci concerne un seul séminaire, que dire des 28 autres de l’archipel ? ». Ces laïcs décidèrent donc d’offrir une petite contribution. Malheureusement, la crise financière qui avait touché l’Asie et l’Indonésie en 1977 ne facilita pas leur tâche. Ils durent affronter le problème de tous ceux qui doutaient de leur motivation. C’est pourquoi, pendant un certain temps, la petite graine demeura sous terre.

Quelques années s’écoulèrent, mais ils n’avaient pas abandonné leur projet : des réunions, des échanges et un nouvel enthousiasme les animaient toujours. La graine se développait lentement. Quelques prêtres de la Commission pour les Séminaires de la Conférence épiscopale se joignirent à eux afin de partager l’intérêt de ce groupe de laïcs. L’engagement, comme la petite graine, se développa et s’intensifia. Ils réalisèrent qu’ils devaient participer davantage à la formation de leurs prêtres. Ils devaient donc s’occuper non seulement des édifices et des classes, mais aussi des nécessités quotidiennes des séminaristes comme la nourriture, les livres, surtout dans les séminaires situés dans des diocèses très pauvres. Ils étaient convaincus qu’une participation des laïcs était inévitable et arrivèrent ainsi à la conclusion qu’un mouvement laïc était nécessaire pour aider financièrement les séminaristes, en particulier les plus nécessiteux. C’est ainsi que naquit le mouvement GOTAUS. Ces laïcs se rencontraient chaque mois ou chaque année et offraient une certaine somme d’argent pour les séminaristes qui en avaient besoin ou pour d’autres nécessités des petits séminaires.

Mgr José A. Galvez, Secrétaire général de l’O.P.S.P.A. examine le règlement de GOTAUS en compagnie de deux membres du mouvement, 
le père Sridanto Aribowo, à gauche, et M. H. Susmanto, à droite

 

Premières réponses positives

La Conférence épiscopale de l’Indonésie soutient ce mouvement et actuellement GOTAUS est rattaché à la Commission épiscopale pour les Séminaires. Mgr Blasius Pudjaraharja, l’évêque responsable des séminaires en Indonésie, et son secrétaire, M. l’abbé Sridanto Aribowo, sont membres du conseil d’administration. Les Œuvres pontificales missionnaires d’Indonésie, surtout l’Œuvre pontificale de St Pierre Apôtre, ont encouragé le développement de ce mouvement. Le Directeur national de l’Indonésie a participé à certaines réunions au cours desquelles il a présenté la vie et la vision de Jeanne Bigard et de sa mère. Pendant les premiers mois de son existence, le secrétariat de ce mouvement a été accueilli dans l’édifice des Œuvres pontificales missionnaires. Dans ses publications et son travail d’animation missionnaire, la direction nationale des Œuvres pontificales missionnaires encourage les membres, toujours plus nombreux, de GOTAUS, non seulement dans l’île de Java, mais dans tout l’archipel.

Les laïcs sont très satisfaits de ce mouvement. Cela est apparu clairement dans leur engagement actif lorsque le secrétariat a été établi. Ils ont participé avec enthousiasme à la campagne pour l’expansion du mouvement et ont élu monsieur. H.Y Susmanto président et M. A. Sandiwan Suharto, vice-président, et reçu une aide financière et matérielle importante. Des messes spéciales et des soirées ont été organisées pour récolter des fonds et aider à faire connaître ce mouvement. Le vice-président, qui dirige la revue catholique nationale « Hidup », se sert également de celle-ci pour présenter le mouvement GOTAUS. En septembre 2001, on comptait 325 bienfaiteurs individuels ou groupes. Le conseil d’administration est formé du président, du vice-président, des conseillers, secrétaire, trésorier, réviseurs et représentants issus de comités pour recueillir des fonds en vue de la formation, du développement, des relations publiques et des célébrations.

Dons et transparence

Chaque bienfaiteur peut donner ce qu’il veut. Deux trésoriers et deux réviseurs font partie du conseil de direction. Ce conseil se réunit régulièrement. Conformément aux critère de transparence, le rapport financier peut toujours être consulté. Le 30 septembre 2001, les fonds s’élevaient à 425.091.909,34 roupies indonésiennes : de cette somme 309.510.000 roupies ont été être distribuées aux différents séminaires.

Il y a également des informations et une publication régulières où sont indiqués les dons reçus et les sommes distribuées ainsi que les noms des bienfaiteurs. Jusqu'à ce jour, GOTAUS a pu aider 28 séminaires en Indonésie (3.959 séminaristes), la priorité étant accordée aux petits séminaristes.

Mgr Galvez en compagnie du père Sridanto Aribowo
 

La graine se développe

Au commencement, il y avait une toute petite graine ou mieux, un petit groupe de laïcs. Peu à peu, la graine a germé, elle s’est développée comme dans la parabole de Jésus dans l’évangile.

Les laïcs indonésiens ont compris qu’ils devaient jouer un rôle actif dans la formation de leurs futurs prêtres. Grâce à Dieu, l’Église d’Indonésie compte de nombreuses vocations. Le Président de la Commission épiscopale des séminaires, Mgr Blasius Pudjaharja, décrit la situation en ces termes : « Je suis très heureux de savoir que, chaque année, le nombre des séminaristes augmente, mais en même temps, je suis inquiet. Comment pouvons-nous les nourrir ? Car il est vrai également que l’Église éprouve des difficultés financières pour subvenir à la pension des futurs prêtres ».

La prise de conscience des laïcs indonésiens pour participer à la formation de leurs futurs prêtres répond à l’appel lancé par le document de Jean Paul II Novo Millenio Ineunte. Il s’agit d’un fruit de l’année du Jubilé, une réponse concrète à « Duc in altum ». Puisque l’Église d’Indonésie a reçu des aides financières de l’Église universelle, sous forme de fonds et de missionnaires, aujourd’hui, il est temps qu’elle commence à devenir autonome et autosuffisante pour préparer de futurs missionnaires non seulement pour l’Indonésie, mais pour l’Église en général. Comme l’a déclaré le Pape Jean Paul II dans son message de carême 2002 : « Nous avons reçu beaucoup, gratuitement, mais nous devons donner beaucoup également, gratuitement ».

Nous sommes reconnaissants envers les laïcs de l’Indonésie pour la petite graine qui a germé et s’est développée. Puissent les prières de Jeanne Bigard et de sa mère aider la croissance matérielle mais surtout spirituelle de GOTAUS. Nous souhaitons que « GOTAUS » se propage et à l’avenir, étende également sa solidarité à d’autres séminaires, situés à l’extérieur de l’Indonésie et qui éprouvent des difficultés.

De toute manière, rien n’est impossible à Dieu. La graine était minuscule, Dieu a voulu qu’elle grandisse – au commencement, il n’y avait rien, maintenant il y a GOTAUS.

Dieu bénisse tous nos bienfaiteurs laïcs !

Jakarta, le 15 février 2002.

Père Terry PONOMBAN
Directeur national des Œuvres  Pontificales missionnaires
Indonésie

                 

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