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  Commission Théologique Internationale

CHAPITRE  VI

LA RÉALITÉ DU DIACONAT PERMANENT AUJOURDÂÂ’HUI

 

Plus de 35 ans après Vatican II, quÂÂ’en est-il de la réalité du diaconat permanent?

Lorsque lÂÂ’on examine les statistiques disponibles, on se rend compte de lÂÂ’immense disparité qui existe dans la répartition des diacres à travers le monde. Sur un total de 25.122 diacres en 1998, [1] lÂÂ’Amérique du Nord en compte à elle seule un peu plus de la moitié soit 12.801 (50,9%) alors que lÂÂ’Europe en dénombre 7.864 (31,3% ): ceci représente pour les pays industrialisés du nord de la planète un total de 20.665 diacres (82,2%). Les 17,8% restants se répartissent ainsi: Amérique du Sud, 2.370 (9,4%), Amérique centrale et Antilles: 1.387 (5,5%), Afrique: 307 (1,22%), Asie: 219 (0,87%). CÂÂ’est lÂÂ’Océanie qui ferme la marche avec 174 diacres soit 0,69% du total. [2]

Un fait ne peut manquer de nous frapper: cÂÂ’est dans les sociétés industrielles avancées du Nord [3] que le diaconat sÂÂ’est surtout développé. Or cela nÂÂ’avait pas du tout été prévu par les Pères conciliaires lorsquÂÂ’ils avaient demandé une “réactivation” du diaconat permanent. Ils sÂÂ’attendaient plutôt à un développement rapide dans les jeunes Églises dÂÂ’Afrique et dÂÂ’Asie, où la pastorale sÂÂ’appuyait sur un grand nombre de catéchistes laïcs. [4] Mais ils avaient établi quÂÂ’il reviendrait aux “diverses conférences territoriales dÂÂ’évêques ayant la compétence en la matière, de décider avec lÂÂ’approbation du Souverain Pontife, sÂÂ’il [était] opportun pour le bien des âmes, dÂÂ’instituer un tel diaconat, et en quel endroit la chose [pouvait] se faire” (LG 29b). Il est normal alors que le diaconat nÂÂ’ait pas connu un développement uniforme dans toute lÂÂ’Église, lÂÂ’évaluation faite des besoins du peuple de Dieu par les différents épiscopats pouvant varier selon les situations concrètes des Églises et leurs modes dÂÂ’organisation.

Ce que les statistiques nous permettent dÂÂ’entrevoir, cÂÂ’est que lÂÂ’on a dû réagir à deux situations fort différentes. DÂÂ’un côté, la plupart des Églises dÂÂ’Europe occidentale et dÂÂ’Amérique du Nord ont fait face après le concile à une diminution très forte du nombre de prêtres et elles ont dû procéder à une réorganisation  importante des ministères. De lÂÂ’autre, les Églises issues majoritairement des anciens territoires de mission, sÂÂ’étaient depuis longtemps donné une structure faisant appel à lÂÂ’engagement dÂÂ’un grand nombre de laïcs, les catéchistes.

Il est nécessaire dÂÂ’examiner séparément ces deux situations types, en étant très conscient que bien des variables devraient être ajoutées; en étant conscient aussi que dans lÂÂ’un et lÂÂ’autre cas, un certain nombre dÂÂ’évêques ont pu vouloir instaurer le diaconat permanent dans leurs diocèses non pas tellement pour des raisons pastorales que pour un motif théologique évoqué lui aussi par Vatican II: permettre au ministère ordonné de mieux sÂÂ’exprimer à travers les trois degrés reconnus traditionnellement.

 

Première situation type: Églises où le nombre des diacres est peu élevé

 

Plusieurs Églises, donc, nÂÂ’ont pas senti le besoin de développer le diaconat permanent. Ce sont surtout des Églises habituées à fonctionner depuis longtemps avec un nombre restreint de prêtres et à faire appel à lÂÂ’engagement dÂÂ’un très grand nombre de laïcs, principalement comme catéchistes. Le cas de lÂÂ’Afrique est à cet égard exemplaire. [5] Il rejoint sans doute lÂÂ’expérience dÂÂ’autres jeunes Églises.

On se rappellera que dans les années cinquante, plusieurs missionnaires et évêques dÂÂ’Afrique avaient demandé la réactivation du diaconat en pensant de façon particulière aux catéchistes des pays de mission: ils voyaient là une façon de répondre aux exigences liturgiques des missions et au manque de prêtres. Ces nouveaux diacres pourraient ainsi sÂÂ’occuper de la liturgie dans les succursales, diriger les assemblées dominicales en lÂÂ’absence du missionnaire, présider les funérailles, assister au mariage, assurer la catéchèse et la proclamation de la parole de Dieu, se charger de la caritas et de lÂÂ’administration de lÂÂ’Église, conférer certains sacrements... [6] Perspective qui était présente à lÂÂ’esprit de plusieurs Pères du concile Vatican Il lorsque celui-ci évoquait dans Ad gentes “cette armée (de catéchistes) qui a si magnifiquement mérité de lÂÂ’oeuvre des missions auprès des païens”. [7]

Mais dans les années qui ont suivi le concile, les évêques africains se sont montrés beaucoup plus réservés et ne se sont pas engagés dans la voie dÂÂ’une réactivation du diaconat. Un participant à la huitième semaine théologique de Kinshasa tenue en 1973 constate que la proposition dÂÂ’une restauration du diaconat permanent en Afrique a suscité beaucoup plus dÂÂ’opposition que dÂÂ’enthousiasme. Les objections apportées seront reprises en plusieurs endroits. Elles portent sur lÂÂ’état de vie des diacres, la situation financière des jeunes Églises, les conséquences sur les vocations à la prêtrise, la confusion et lÂÂ’incertitude au sujet de la nature de la vocation diaconale, la cléricalisation des laïcs engagés dans lÂÂ’apostolat, le conservatisme et le manque dÂÂ’esprit critique de certains candidats, le mariage du clergé et la dépréciation du célibat, la réaction des fidèles qui se contenteront du diaconat comme dÂÂ’une demi-mesure. [8]

Les évêques congolais adoptent donc une attitude de prudence. Pourquoi ordonner les catéchistes comme diacres, si aucun nouveau pouvoir ne leur est accordé? On sÂÂ’engagera plutôt dans la ligne dÂÂ’une revalorisation du laïcat et on travaillera à renouveler le rôle des catéchistes. DÂÂ’autres pays feront appel à une plus grande participation des laïcs comme Â“serviteurs de la parole” ou comme animateurs de petites communautés. Cela pourra se faire dÂÂ’autant mieux que le concile a fortement mis en lumière la vocation de tous les baptisés à participer à la mission de lÂÂ’Église.

On entendra donc souvent lÂÂ’objection: “QuÂÂ’est-ce que peut faire un diacre que ne peut faire un laïc?”. Il faut reconnaître que le lien sacramentel qui unit les diacres à lÂÂ’évêque crée pour celui-ci des obligations particulières qui durent toute la vie et qui peuvent être difficiles à aménager surtout dans le cas des diacres mariés. [9] Par ailleurs, il sÂÂ’agit habituellement dÂÂ’Églises où la place du ministère ordonné est bien marquée et garde son sens profond, même si les prêtres sont peu nombreux.

Ceci étant dit, on peut quand même mentionner certaines initiatives comme celle de lÂÂ’évêque du diocèse indien de San Cristobal (Mexique), Monseigneur Ruiz. Devant le fait que son diocèse nÂÂ’avait jamais réussi à avoir de vocations sacerdotales parmi les autochtones, il a voulu faire une promotion intensive du diaconat permanent : il a donc mis en place un long processus de formation pouvant conduire jusquÂÂ’au diaconat des hommes amérindiens mariés qui seraient ainsi associés sacramentellement à son ministère épiscopal, début dÂÂ’une Église autochtone. [10]

Deuxième situation type : Églises où le diaconat sÂÂ’est davantage développé

 

La deuxième situation-type est celle des Églises où le diaconat a connu sa plus grande expansion. Ce sont des Églises qui ont fait face à une diminution considérable du nombre de prêtres: États-Unis, Canada, Allemagne, Italie, France... La nécessité dÂÂ’opérer un réaménagement des tâches pastorales pour répondre aux besoins de communautés chrétiennes habituées à une gamme importante de services, lÂÂ’obligation de trouver de nouveaux collaborateurs, tout cela a stimulé lÂÂ’émergence de nouveaux ministères et lÂÂ’augmentation du nombre de laïcs engagés à plein temps dans la pastorale paroissiale ou diocésaine. [11] Cela a aussi favorisé lÂÂ’expansion du diaconat. Mais en même temps, cela a exercé une pression très forte sur le genre de tâches qui ont été confiées aux diacres. Des tâches qui pendant longtemps avaient été sans problèmes exercées par des prêtres en raison de leur grand nombre, devaient maintenant être confiées à dÂÂ’autres collaborateurs, les uns ordonnés (diacres), les autres non ordonnés (agents laïcs de pastorale). En raison de ce contexte, le diaconat a été alors souvent perçu comme un ministère de suppléance presbytérale.

CÂÂ’est cette dynamique que reflète une vaste étude faite aux États-Unis, [12] bien représentative de la situation qui existe dans plusieurs pays. Celle-ci nous indique que les diacres font surtout ce que les prêtres faisaient sans aide avant la restauration du diaconat. Ils exercent leur ministère dans leur paroisse de résidence et ils y remplissent des fonctions principalement liturgiques et sacramentelles. Leurs curés les trouvent particulièrement efficaces dans les activités sacramentelles comme les baptêmes, les mariages et les liturgies. Il en est de même pour le soin des malades et les homélies. Là où ils interviennent le moins, cÂÂ’est dans le ministère auprès des prisonniers et la promotion des droits civils et humains. Les leaders laïcs, pour leur part, considèrent que les diacres réussissent mieux dans les rôles plus familiers et traditionnels comme la liturgie et lÂÂ’administration des sacrements. Et on prévoit que leur nombre sÂÂ’accroîtra en raison de la diminution du nombre de prêtres. Accomplissant ainsi des tâches traditionnellement remplies par des prêtres, les diacres risquent dÂÂ’apparaître comme des “prêtres incomplets” ou des “laïcs plus avancés”. Le danger est dÂÂ’autant plus grand que les premières générations de diacres ont reçu une formation théologique beaucoup moins élaborée que celle des prêtres ou des permanents pastoraux.

Une évolution semblable se manifeste aussi en dÂÂ’autres régions qui connaissent aussi une diminution notable du nombre de prêtres. [13] Il sÂÂ’agit là dÂÂ’un effort pour répondre à des besoins réels du peuple de Dieu. Elle permet à ces Églises dÂÂ’assurer une présence plus large du ministère ordonné au sein de communautés chrétiennes qui pourraient risquer de perdre de vue la signification propre de ce ministère. Avec lÂÂ’évêque et le prêtre, le diacre leur rappellera que cÂÂ’est le Christ qui en chaque lieu fonde lÂÂ’Église et que par lÂÂ’Esprit il agit aujourdÂÂ’hui en elle.

Dans ce contexte, cependant, lÂÂ’identité diaconale tend à prendre comme point de référence la figure du prêtre: le diacre est perçu comme celui qui aide le prêtre ou le remplace dans des activités quÂÂ’il exerçait régulièrement lui-même autrefois. Pour plusieurs, cette évolution demeure problématique, car elle rend plus difficile lÂÂ’émergence dÂÂ’une identité propre au ministère diaconal. [14] CÂÂ’est pourquoi ici et là on sÂÂ’efforce dÂÂ’infléchir lÂÂ’évolution en identifiant des charismes qui pourraient être propres au diaconat et des tâches qui seraient susceptibles de lui convenir prioritairement.

 

Des lignes dÂÂ’évolution

 

Les textes les plus récents des Congrégations romaines énumèrent, pour leur part, les tâches qui peuvent être confiées aux diacres, en les regroupant autour des trois diaconies reconnues, celles de la liturgie, de la parole et de la charité. [15] Même si lÂÂ’on conçoit que lÂÂ’une ou lÂÂ’autre de ces diaconies pourra absorber une part plus grande de lÂÂ’activité du diacre, on insiste pour dire que lÂÂ’ensemble de ces trois diaconies “constitue une unité au service du plan divin de Rédemption: le ministère de la parole conduit au ministère de lÂÂ’autel, qui, à son tour, pousse à traduire concrètement la liturgie par une vie qui aboutit à la charité”. [16] Mais on reconnaît que dans lÂÂ’ensemble de ces tâches, “le service de la charité” [17] apparaît comme particulièrement caractéristique du ministère des diacres.

En plusieurs régions, on sÂÂ’efforcera donc dÂÂ’identifier pour les diacres un certain nombre de tâches pouvant se rattacher dÂÂ’une façon ou de lÂÂ’autre au “service de la charité”. On tirera particulièrement profit du fait que la plupart dÂÂ’entre eux sont des hommes mariés, assurant leur propre subsistance, insérés dans le milieu du travail, apportant avec leur épouse une expérience de vie originale. [18]

Par exemple, un texte des évêques de France, publié en 1970, marque sa préférence “pour des diacres qui quotidiennement au contact des hommes grâce à leur situation familiale et professionnelle, puissent en pleine vie témoigner du service que le peuple de Dieu doit rendre aux hommes à lÂÂ’exemple du Christ. (ÂÂ…) Les diacres permanents participeront ainsi dÂÂ’une manière qui leur est propre à lÂÂ’effort de lÂÂ’Église hiérarchique pour rencontrer lÂÂ’incroyance et la misère, et pour se rendre plus présents au monde. Ils garderont leurs engagements antérieurs compatibles avec le ministère diaconal”. [19] On leur confiera donc une mission qui est souvent située “dans le milieu professionnel et les engagements associatifs ou syndicaux (voire politiques, en particulier dans les municipalités). Elle est orientée vers le souci des pauvres et des exclus, dans ces lieux-là, mais aussi dans le quartier et la paroisse, à partir de lÂÂ’habitat et de la vie familiale”. [20]

On essaiera donc, ici et là, de faire un effort particulier pour que le diaconat soit un “ministère du seuil”, qui tend à se préoccuper de “lÂÂ’Église des frontières”: travail dans les milieux où le prêtre nÂÂ’est pas présent, et aussi auprès des familles monoparentales, des couples, des prisonniers, des jeunes, des narcomanes, des sidéens, des personnes âgées, des groupes en difficulté... On orientera les tâches diaconales vers des activités dÂÂ’ordre social, caritatif ou administratif, sans cependant négliger la nécessaire liaison avec les tâches liturgiques et dÂÂ’enseignement. En Amérique latine, on parlera de familles évangélisatrices au milieu de foyers en conflit; de présence à des situations limites comme la drogue, la prostitution et la violence urbaine; de présence active dans le secteur de lÂÂ’éducation, le monde ouvrier et le milieu professionnel; de présence plus grande dans les zones densément peuplées de même quÂÂ’à la campagne; enfin, on évoquera lÂÂ’animation des petites communautés. [21] Et bien souvent on insistera pour que ces diacres bénéficient dÂÂ’une formation théologique et spirituelle de plus en plus sérieuse. 

À partir de ces expériences fort diverses, il ressort avec évidence quÂÂ’on ne peut espérer caractériser lÂÂ’ensemble du ministère diaconal par des tâches qui seraient exclusives au diacre en raison de la tradition ecclésiale – qui est loin dÂÂ’être claire – ou en raison dÂÂ’une répartition stricte entre les différents ministres. [22] Un texte de Vatican II semble en avoir eu lÂÂ’intuition puisquÂÂ’une des raisons quÂÂ’il invoque pour rétablir “le diaconat comme état de vie permanent” est de fortifier “par lÂÂ’imposition des mains transmise depuis les apôtres” et unir plus étroitement à lÂÂ’autel “des hommes qui accomplissent un ministère vraiment diaconal, ou en prêchant la parole de Dieu, ou en gouvernant au nom du curé et de lÂÂ’évêque des communautés chrétiennes éloignées, ou en exerçant la charité dans les oeuvres sociales ou caritatives” (AG 16f). [23] Ce qui en amènera certains à proposer que pour caractériser le diaconat, il faille se tourner plutôt du côté de lÂÂ’être même du diacre. “CÂÂ’est du côté de lÂÂ’être quÂÂ’il faut chercher la spécificité du diaconat permanent, et non pas du côté du faire. CÂÂ’est ce quÂÂ’ils sont qui fait lÂÂ’originalité de ce quÂÂ’ils font”. [24]

CÂÂ’est dans cette perspective de configuration au Christ-Serviteur que sÂÂ’élabore actuellement une réflexion théologique et pastorale sur les lignes dÂÂ’évolution du diaconat permanent. On voit dans cette donnée théologique le lieu dÂÂ’un approfondissement spirituel très approprié à notre époque. Elle peut aussi guider les pasteurs dans le choix des tâches confiées au diacre. On  privilégiera alors celles qui mettent le mieux en évidence cette caractéristique du diaconat. Service des pauvres et des opprimés, sans doute, service qui ne soit pas simple assistance mais qui à la suite du Christ soit un partage de vie avec les pauvres pour cheminer avec eux vers leur libération totale. [25] Service de ceux qui sont au seuil de lÂÂ’Église et quÂÂ’il faut conduire à lÂÂ’eucharistie. En plusieurs pays, cette perspective est très présente dans la pensée des responsables de formation des diacres et on voit se développer chez les diacres une spiritualité et une pastorale du “service de la charité”. La figure propre du diacre devrait ainsi émerger peu à peu au sein des divers ministères et se manifester à travers une certaine manière de faire – en esprit de service – ce que tous sont appelés à faire, mais aussi à travers un investissement marqué pour certaines tâches ou fonctions particulières qui rendent davantage visible le Christ-Serviteur.

Cependant, il semble bien acquis que lÂÂ’évolution de ce ministère quÂÂ’est le diaconat doit toujours être pensée en lien avec les besoins concrets de la communauté chrétienne. Certaines Églises ne sentiront pas le besoin dÂÂ’en assurer un large développement. DÂÂ’autres Églises voudront, à lÂÂ’occasion, requérir des diacres lÂÂ’accomplissement dÂÂ’autres tâches que celles énumérées plus haut: on peut penser à celles qui contribuent à lÂÂ’animation pastorale des paroisses et des petites communautés chrétiennes. LÂÂ’objectif essentiel pour les pasteurs étant toujours celui, inspiré par saint Paul, de voir à ce que les fidèles “soient en état dÂÂ’accomplir le ministère pour bâtir le corps du Christ, jusquÂÂ’à ce que nous parvenions tous ensemble à lÂÂ’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, à lÂÂ’état dÂÂ’adultes, à la taille du Christ dans sa plénitude” (Eph 4, 12-13 ). Au service de lÂÂ’évêque et de son presbyterium, le diacre doit, à la façon qui lui est propre, aller là où le requiert la sollicitude pastorale.

 


 
[1]  Ces renseignements et leur analyse nous ont été gracieusement transmis lors de la session de lÂÂ’automne 1999 de la Commission par le professeur Enrico Nenna, Ufficio centrale statistica della Chiesa, Segretaria di Stato.
[2] Si maintenant on compare le nombre de prêtres au nombre de diacres dans les différents continents, on retrouve les mêmes écarts que plus haut. Alors que dans lÂÂ’ensemble de lÂÂ’Amérique, il y a 7,4 prêtres pour un diacre (surtout en raison du grand nombre de diacres en Amérique du Nord), on compte en Asie 336 prêtres pour un diacre. En Afrique, il y a 87 prêtres par diacre permanent, en Europe, il y en a 27 et en Océanie, 31. Le poids relatif des diacres dans lÂÂ’ ensemble du ministère ordonné est donc très variable dÂÂ’une région à une autre
[3]  Une autre source dÂÂ’information nous donne la liste des pays où les diacres permanents sont les plus nombreux: États-Unis (11.589), Allemagne (1.918), Italie (1.845), France (1.222), Canada (824), Brésil (826).
[4]  Cf. H. Legrand, Le diaconat dans sa relation à la théologie de lÂÂ’Église et aux ministères. Réception et devenir du diaconat depuis Vatican II, in: A. Haquin et Ph. Weber (dir.), Diaconat, 21e siècle, Bruxelles-Paris-Montréal 1997, 13 et 14.
[5]  Pour les points qui suivent, cf. J. Kabasu Bamba, Diacres permanents ou catéchistes au Congo-                      -Kinshasa, Ottawa 1999, texte polyc., 304 pages.
[6]  LÂÂ’auteur cite ici Mgr. W. Van Bekkum, Mgr. Eugène DÂÂ’Souza (Inde), Mgr. J.F.Cornelis (Élisabethville) et au moment de la préparation du concile les Ordinaires (majoritairement européens) du Congo et du Rwanda. op.cit., 190.
[7]   Décret sur lÂÂ’activité missionnaire de lÂÂ’Église, n. 17a. On peut penser ici aux interventions de Mgr. B. Yago et de Mgr. Paul Yu Pin évoquées dans un chapitre précédent.
[8] Cf. op. cit., p. 195 qui se réfère à M. Singleton, Les nouvelles formes de ministère en Afrique, in: Pro Mundi Vita 50 (1974) 33.
[9]  LÂÂ’archevêque de Santiago du Chili rapporte ainsi les objections de certains prêtres: “Dicen por ejemplo que el Diaconado es un compromiso innecesario, ya que sus funciones las pueden cumplir laicos y laicas ad tempus: si resulta se les prorroga el mandato, de lo contrario, no se les renueva.” Mgr. C. Oviedo Cavada, La promocion del diaconado permanente, in: Iglesia de Santiago (Chili), n. 24 (septiembre 1992) 25.
[10]  Voir ici un long texte publié par la diocèse de San Cristobal De Las Casas, Directorio Diocesano para el Diaconado lndígena Permanente, 1999, 172 pages.
[11]  Selon les pays, ces collaborateurs reçoivent différentes appellations: “permanents en pastorale” “travailleurs ou animateurs pastoraux”, “auxiliaires pastoraux Â” “agents laïcs de pastorale”, “auxiliaires de paroisse”, “assistants paroissiaux Â”, “assistants pastoraux” (Pastoralassistenten und Pastoralassistentinnen)... Cf. A. Borras, Des laïcs en responsabilité pastorale?, Paris 1998.
[12]  NCCB, National Study of the Diaconate, Summary Report, in: Origins , vol. 25, n. 30 (18 january 1996). Traduction française dans la Documentation catholique, n. 2137 (1996) 428-434.
[13]  Voir par exemple, P. Maskens, Une enquête sur les diacres francophones de Belgique, in: A. Haquin et Ph. Weber (dir.), Diaconat, 21e siècle, 217-232.
[14]  Ainsi, B. Sesboüé, Quelle est lÂÂ’identité ministérielle du diacre?, in: LÂÂ’Église à venir, Paris 1999, 255-257.
[15]  Voir par exemple le texte de la Congrégation pour le Clergé, Directoire pour le ministère et la vie des diacres permanents, du 22 février 1998, in: Documentation catholique, n.  2181 (1998) 428.
[16]   Ibid. 39, p. 432. Le texte ajoute au paragraphe suivant: “Il est très important que les diacres puissent accomplir, selon leurs possibilités, leur ministère en plénitude: dans la prédication, dans la liturgie et dans la charité; et quÂÂ’ils ne soient pas cantonnés dans des emplois marginaux, dans des fonctions de suppléance ou dans des tâches qui peuvent être ordinairement accomplies par des fidèles non ordonnés.”
[17]  Voir Congrégation pour lÂÂ’Éducation Catholique, Normes fondamentales pour la formation des diacres permanents, 9: “Enfin le munus regendi sÂÂ’exerce dans le dévouement aux oeuvres de charité et dÂÂ’assistance et dans lÂÂ’animation des communautés ou des secteurs de la vie ecclésiale, spécialement en ce qui regarde la charité. Il sÂÂ’agit là du ministère le plus caractéristique du diacre” (CÂÂ’est nous qui soulignons). Dans Documentation catholique,  n. 2181 (1998) 410.
[18]  Â“Ce nÂÂ’est pas lÂÂ’épouse qui est ordonnée et cependant la mission confiée au diacre oblige le couple à se redéfinir, en quelque sorte, en fonction de ce ministère”, M. Cacouet et B. Viole, Les diacres, cité dans un document de réflexion sur le rôle de lÂÂ’épouse du diacre, Québec 1993. CÂÂ’est pourquoi en plusieurs pays lÂÂ’épouse est associée à son mari tout au long de sa formation initiale et participe avec lui aux activités de formation continue.
[19]  Note de la Commission épiscopale du clergé citée par F. Deniau, Mille diacres en France, in: Études 383, 5 (1995) 526.
[20]   Art. cit., 527. Cette orientation des évêques a été confirmée en 1996 lors de leur réunion de Lourdes où ils ont manifesté leur désir que “lÂÂ’image donnée par les diacres ne soit pas celle de la suppléance des prêtres, mais de la communion avec eux dans lÂÂ’exercice du sacrement de lÂÂ’ordre Â”. “Points dÂÂ’attentionÂ…”, in : Documentation Catholique,  n. 2149 (1996) 1012-1013.
[21]  J. G. Mesa Angulo, o.p., Aportes para visualizar un horizonte pastoral para el diaconado permanente en America Latina, hacia el tercer milenio, in: CELAM, I Congresso de diaconado permanente, Lima, août 1998. Document de travail .
[22]  Un certain nombre de tâches seront évidemment réservées au diacre par le Droit Canon, mais elles nÂÂ’épuisent pas toute lÂÂ’activité du diacre.
[23]  Les italiques sont de nous.
[24]  R. Pagé, Diaconat permanent et diversité des ministères. Perspectives du Droit Canonique, Montréal 1988, 61.
[25]  V. Gerardi, El diaconado en la Iglesia, in: CELAM, op. cit., p. 8 se référant au Premier congrès international tenu à Turin en 1977.
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