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CONGREGAZIONE PER LE CHIESE ORIENTALI


Omelie du Cardinal Leonardo Sandri
pour la signification de la "ecclesiastica communio"
concédé à S.B. Béchara Rai, Patriarche d'Antioche des Maronites

(Basilique Vaticane, 15 avril 2011 )

 

“Pais mes agneaux.” (Jn 21, 15)

 

Béatitude,

Eminence,

Chers fidèles,

 

            Au nom de notre bien-aimé Saint-Père Benoît XVI, Evêque de Rome, Souverain Pontife de l’Eglise Universelle, je vous accueille avec une grande joie. Je vous renouvelle la bienvenue à Rome, au cœur même de l’Eglise, auprès de la tombe du Prince des Apôtres, dont vous avez associé le prénom, Pierre, au vôtre, Béchara, comme tous les Patriarches Maronites, pour signifier votre attachement et celui de l’Eglise Maronite au Vicaire de Jésus-Christ.

            Je m’associe au salut que Sa Sainteté vous a adressé hier avec une paternelle affection. Je tiens aussi à dire toute ma considération et mon estime à Sa Béatitude Eminentissime, le Cardinal Sfeir.

 

            En exprimant toute ma gratitude à Son Eminence le Cardinal Angelo Comastri, Archiprêtre qui nous accueille dans la chère Basilique Saint Pierre, je renouvelle aux Evêques, aux prêtres, religieux et religieuses, aux fidèles mes salutations cordiales. C’est un devoir et un plaisir de remercier le Représentant du Président de la République Libanaise et les Autorités Civiles et Parlementaires au plus haut niveau, qui vous ont accompagné, avec les Représentants des différentes communautés et religions, car ils ont la charge de contribuer à l’édification d’un avenir de liberté et de paix pour le Liban et le Moyen-Orient. Je voudrais souligner la particularité de cette dimension œcuménique et interreligieuse de votre première  visite au Saint Père, et remercier les amis musulmans pour cette participation qui nous donne beaucoup d’espérance.

 

            Béatitude, j’ai aujourd’hui le grand privilège de représenter le Souverain Pontife dans cette Eucaristie. Ma gratitude va au Saint Père qui a bien voulu me mandater par lettre pour assumer cette fonction. Le Successeur de Pierre vous garantit à nouveau la Communion avec le Christ Pasteur et Son Eglise. Ceci prend toute sa signification dans l’échange du Corps du Christ et de Son Sang précieux, entre le Représentant de l’Evêque de Rome et du Patriarche d’Antioche des Maronites.

 

            Cette communion sacramentelle fonde la communion dans la charge pastorale que le Christ a confiée à Saint Pierre sur les bords du lac de Tibériade. Par trois fois, «Jésus dit à Simon-Pierre : “Simon, fils de Jean, M'aimes-tu plus que ceux-ci ?”Il lui répondit: “Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime.”Jésus lui dit : “Pais mes agneaux”» (Jn 21, 15). Pierre ne répond que par son amour. Le Seigneur ne lui demande que son amour et parce que Pierre L’aime, il Lui fait entière confiance.  Mais Jésus lui demande d’aimer toutes ses brebis comme Il l’a fait lui-même: “Pour que les brebis soient ses membres, le Pasteur a consenti à devenir la brebis conduite à la boucherie (Is 53, 7). Pour que les brebis soient ses membres, il a été dit de lui: Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde (Jn 1, 29). Mais cet agneau avait une grande force. Veux-tu savoir quelle force s'est manifestée chez cet agneau? L'agneau a été crucifié, et le lion a été vaincu” (Saint Augustin).

 

            Béatitude, par la charge patriarcale qui vous fait “Père et Chef” de l’Eglise Maronite, vous en êtes devenu le Pasteur à l’image du Christ. Dans la communion avec le Pasteur Universel, vous êtes appelé à aimer tous les fidèles maronites qui vous sont confiés, comme le Christ les aime. Lorsque Jésus demande à Pierre de paître ses brebis, Il l’entend selon les termes du Psaume: “Sur des prés d'herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour l'honneur de son nom. Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure” (Ps 22, 2-4). Le berger marche en premier, il connaît le chemin, il déjoue les obstacles, il s’expose, il risque sa vie. Rien d’autre ne compte sinon la défense du troupeau, jusqu’au sacrifice. Dans le Moyen-Orient à l’avenir incertain, dans le Liban avec ses espérances et ses difficultés, toute la sagesse que vous puisez dans la méditation du Verbe de Vie vous  permettra de guider avec détermination votre Eglise vers les “eaux tranquilles” de la paix intérieure que donne l’union à Dieu. Avec le conseil, le soutien et la collaboration des évêques de votre Synode, cette tâche vous sera plus légère pour choisir le meilleur chemin.

 

            Votre prière, votre science, votre expérience pastorale et votre souci inlassable des âmes, vous donneront cette capacité, assistée par la grâce du Saint-Esprit. Aussi les fidèles maronites  tournent leurs regards avec confiance vers vous, comme un guide éprouvé sur le chemin de la foi et vous disent comme les disciples à Jésus: “Maître montre nous le Père et cela nous suffit”.

            Rendons grâce à Dieu, pour ce moment de communion entre le Successeur du Prince des Apôtre, Benoît XVI, et Votre Béatitude, Patriarche des Maronites, sur le siège prestigieux d’Antioche dont Saint Pierre fut le premier évêque. Ce lien mystique qui vous relie se traduit par cette union avec le Siège de Rome que l’Eglise Maronite a toujours revendiqué comme sa force dans le combat pour vivre sa foi.

 

            Je vous confie à la Vierge Marie, Notre-Dame du Liban, qui vous montre Son Fils et vous encourage: “Tout ce qu'il vous dira, faites-le” (Jn 2,5). Avec l’intercession de Saint Maron qui veille fidèlement sur votre Eglise et dont le jubilé vient de se terminer, des saints et bienheurex libanais et spécialement des Saints Pierre et Paul, Apôtres de Rome, je vous souhaite d’imiter le bon Pasteur attentif au bien de tous les fidèles dont vous alimenterez la foi, vous soutiendrez l’espérance et que vous conduirez avec charité.

 

            Amen!

 

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