“Pais mes agneaux.” (Jn 21, 15)
Béatitude,
Eminence,
Chers fidèles,
Au nom de notre
bien-aimé Saint-Père Benoît XVI, Evêque de Rome, Souverain Pontife de l’Eglise
Universelle, je vous accueille avec une grande joie. Je vous renouvelle la
bienvenue à Rome, au cœur même de l’Eglise, auprès de la tombe du Prince des
Apôtres, dont vous avez associé le prénom, Pierre, au vôtre, Béchara, comme
tous les Patriarches Maronites, pour signifier votre attachement et celui de
l’Eglise Maronite au Vicaire de Jésus-Christ.
Je m’associe au salut
que Sa Sainteté vous a adressé hier avec une paternelle affection. Je tiens
aussi à dire toute ma considération et mon estime à Sa Béatitude
Eminentissime, le Cardinal Sfeir.
En exprimant toute ma
gratitude à Son Eminence le Cardinal Angelo Comastri, Archiprêtre qui nous
accueille dans la chère Basilique Saint Pierre, je renouvelle aux Evêques,
aux prêtres, religieux et religieuses, aux fidèles mes salutations
cordiales. C’est un devoir et un plaisir de remercier le Représentant du
Président de la République Libanaise et les Autorités Civiles et
Parlementaires au plus haut niveau, qui vous ont accompagné, avec les
Représentants des différentes communautés et religions, car ils ont la
charge de contribuer à l’édification d’un avenir de liberté et de paix pour
le Liban et le Moyen-Orient. Je voudrais souligner la particularité de cette
dimension œcuménique et interreligieuse de votre première visite
au Saint Père, et remercier les amis musulmans pour cette participation qui
nous donne beaucoup d’espérance.
Béatitude, j’ai
aujourd’hui le grand privilège de représenter le Souverain Pontife dans
cette Eucaristie. Ma gratitude va au Saint Père qui a bien voulu me mandater
par lettre pour assumer cette fonction. Le Successeur de Pierre vous
garantit à nouveau la Communion avec le Christ Pasteur et Son Eglise. Ceci
prend toute sa signification dans l’échange du Corps du Christ et de Son
Sang précieux, entre le Représentant de l’Evêque de Rome et du Patriarche
d’Antioche des Maronites.
Cette communion
sacramentelle fonde la communion dans la charge pastorale que le Christ a
confiée à Saint Pierre sur les bords du lac de Tibériade. Par trois fois,
«Jésus dit à Simon-Pierre : “Simon, fils de Jean, M'aimes-tu plus que
ceux-ci ?”Il lui répondit: “Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime.”Jésus lui
dit : “Pais mes agneaux”» (Jn 21, 15). Pierre ne répond que par son amour.
Le Seigneur ne lui demande que son amour et parce que Pierre L’aime, il Lui
fait entière confiance. Mais
Jésus lui demande d’aimer toutes ses brebis comme Il l’a fait lui-même:
“Pour que les brebis soient ses membres, le Pasteur a consenti à devenir la
brebis conduite à la boucherie (Is 53,
7). Pour que les brebis soient ses membres, il a été dit de lui: Voici
l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde (Jn
1, 29). Mais cet agneau avait une grande force. Veux-tu savoir quelle force
s'est manifestée chez cet agneau? L'agneau a été crucifié, et le lion a été
vaincu” (Saint Augustin).
Béatitude, par la
charge patriarcale qui vous fait “Père et Chef” de l’Eglise Maronite, vous
en êtes devenu le Pasteur à l’image du Christ. Dans la communion avec le
Pasteur Universel, vous êtes appelé à aimer tous les fidèles maronites qui
vous sont confiés, comme le Christ les aime. Lorsque Jésus demande à Pierre
de paître ses brebis, Il l’entend selon les termes du Psaume: “Sur des prés
d'herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles et
me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour l'honneur de son
nom. Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es
avec moi : ton bâton me guide et me rassure” (Ps 22, 2-4). Le berger marche
en premier, il connaît le chemin, il déjoue les obstacles, il s’expose, il
risque sa vie. Rien d’autre ne compte sinon la défense du troupeau, jusqu’au
sacrifice. Dans le Moyen-Orient à l’avenir incertain, dans le Liban avec ses
espérances et ses difficultés, toute la sagesse que vous puisez dans la
méditation du Verbe de Vie vous permettra
de guider avec détermination votre Eglise vers les “eaux tranquilles” de la
paix intérieure que donne l’union à Dieu. Avec le conseil, le soutien et la
collaboration des évêques de votre Synode, cette tâche vous sera plus légère
pour choisir le meilleur chemin.
Votre prière, votre
science, votre expérience pastorale et votre souci inlassable des âmes, vous
donneront cette capacité, assistée par la grâce du Saint-Esprit. Aussi les
fidèles maronites tournent leurs
regards avec confiance vers vous, comme un guide éprouvé sur le chemin de la
foi et vous disent comme les disciples à Jésus: “Maître montre nous le Père
et cela nous suffit”.
Rendons grâce à Dieu,
pour ce moment de communion entre le Successeur du Prince des Apôtre, Benoît
XVI, et Votre Béatitude, Patriarche des Maronites, sur le siège prestigieux
d’Antioche dont Saint Pierre fut le premier évêque. Ce lien mystique qui
vous relie se traduit par cette union avec le Siège de Rome que l’Eglise
Maronite a toujours revendiqué comme sa force dans le combat pour vivre sa
foi.
Je vous confie à la
Vierge Marie, Notre-Dame du Liban, qui vous montre Son Fils et vous
encourage: “Tout ce qu'il vous dira, faites-le” (Jn 2,5).
Avec l’intercession de Saint Maron qui veille fidèlement sur votre Eglise et
dont le jubilé vient de se terminer, des saints et bienheurex libanais et
spécialement des Saints Pierre et Paul, Apôtres de Rome, je vous souhaite
d’imiter le bon Pasteur attentif au bien de tous les fidèles dont vous
alimenterez la foi, vous soutiendrez l’espérance et que vous conduirez avec
charité.
Amen!