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RAPPORT DE LA COMMISSION INTERNATIONALE
POUR LE DIALOGUE ENTRE LES DISCIPLES DU CHRIST
ET L'EGLISE CATHOLIQUE (1977-1981)

Préface

C'est seulement par la puissance de Dieu et sous la conduite de l'Esprit Saint que les chrétiens peuvent croître ensemble vers l'unité. A présent, dans un esprit de gratitude, les théologiens et les pasteurs qui, au cours des cinq dernières années, ont participé au dialogue entre l'Eglise catholique romaine et les disciples du Christ, présentent un rapport de leurs rencontres.

Certains dialogues théologiques au plan bilatéral ont atteint un point de maturité qui a permis de publier des rapports sur des convergences et des accords nouveaux en ce qui concerne la compréhension de la foi chrétienne. La publication, la diffusion et l'étude de ces rapports sont un élément nécessaire dans le processus vers l'union. Ainsi les églises participantes sont en mesure de saisir les éléments importants qui en émergent, et d'arriver, avec discernement à quelques décisions.

Entretemps, au cours de ce cheminement de maturation, la publication de comptes rendus sur les étapes importantes peut aider et donner de nouvelles lumières. Le présent document (1982) sur le dialogue entre les Disciples du Christ et l'Eglise catholique romaine est de cette nature. Il ne contient pas une déclaration commune sur des points doctrinaux, mais un compte rendu commun rédigé par ceux qui ont été mandatés pour ce dialogue, pour enregistrer des développements prometteurs. Le document décrit une certaine convergence dans la compréhension ainsi que quelques problèmes que nous avons à affronter encore ensemble.

Ainsi le document veut informer nos églises et susciter leur intérêt et leurs réactions. Nous désirons que ce qui a été commencé de bonne foi puisse se terminer dans une unité de foi rendue visible. Que le Seigneur achève l'œuvre de sa grâce.

Dr Paul A. Crow, Jr
Bishop Stanley Ott
Co-présidents

1er juin 1982

I. Introduction

1. En septembre 1977 fut commencé un dialogue international devant durer cinq ans entre les Disciples du Christ et l'Eglise catholique romaine, sur le thème: « Apostolicité et catholicité dans l'unité visible de l'Eglise ». La commission de dix-huit membres fut constituée conjointement par le Secrétariat pour l'unité des chrétiens en collaboration avec le Comité de la Conférence épiscopale des Etats-Unis pour les affaires œcuméniques et interreligieuses, et par le Disciples Ecumenical Consultative Council avec le Council on Christian Unity de la Christian Church (Disciples du Christ) aux États-Unis et au Canada. Ses membres comprenaient des théologiens et des pasteurs catholiques romains du Canada, de France, d'Irlande, des Etats-Unis, et du Saint-Siège, et aussi des théologiens et pasteurs des Disciples du Christ du Canada, d'Angleterre, de Porto Rico, des Etats-Unis et du Zaïre. Le Dr. Paul A. Crow, jr. et le Très Révérend Stanley J. Ott furent désignés comme co-présidents de la commission.

2. Pour le développement du thème principal de son travail, la commission fit choix de quatre subdivisions pour centrer la discussion lors de chaque réunion annuelle: « The Nature of the Church and Elements of its Unity » (« La nature de l'Eglise et les éléments de son unité »: Indianapolis 1977); « Baptism: Gift and Call/ in the Search for Unity » (« Le baptême: don et appel dans la recherche de l'unité »: Rome 1978); « Faith and Tradition in the Life of the Church » (« Foi et Tradition dans la vie de l'Eglise »: Annapolis 1979); « The Dynamics of Unity and of Division » (« La dynamique de l'unité et de la division »: New Orleans 1980). Lors de sa cinquième session (Ardfert, Irlande, 1981), la commission a préparé un rapport final qui doit être soumis aux organismes qui l'ont mandatée.

3. Chaque rencontre annuelle a duré cinq jours et elle a suivi un schéma constant de travail, de partage du culte et de la prière, et aussi de services religieux avec les Disciples et les catholiques romains dans les congrégations et les paroisses locales. Quatre communications, deux pour chaque équipe, furent présentées et discutées avec l'objectif de préciser les accords existants, les convergences, les nouveaux aperçus et les tensions persistantes ou les problèmes demandant une étude plus approfondie. Un « agreed account » (compte rendu commun) de chaque rencontre fut établi pour servir d'aidemémoire commun pour le travail de la commission. Les communications et les comptes rendus communs furent publiés dans MidStream: An Ecumenical Journal (vol. XVIII, No 4, Octobre 1979; Vol. XX, No 3, Juillet 1981).

4. Ce rapport final ne résume pas les communications et les comptes rendus communs de nos réunions précédentes. Il est plutôt une déclaration des découvertes et des aperçus communs que la commission a dégagés à partir de son travail, de ses discussions et débats, et de la vie que nous menions ensemble dans la communauté et dans la prière durant ces cinq années.

II. Notre vie ensemble

5. Ces cinq années de dialogue entre les Disciples du Christ et les catholiques romains furent une source de joie tandis que nous avons développé entre nous une plus grande compréhension théologique, une communauté et une certaine manière d'aborder les problèmes doctrinaux. Nous avons été conduits à une meilleure compréhension de la nature de l'unique Eglise de Dieu, de la situation de nos traditions séparées et aussi de la poussée de notre commun appel vers l'unité visible dans le Christ.

6. Nous avons conscience que nous venons de traditions chrétiennes très différentes. Nos histoires, nos cheminements culturels, nos traditions théologiques et nos méthodes, sous certains aspects souvent importants ont été différents. Quelques-uns des problèmes entre nous viennent de ces différences. Malgré tout, la diversité même de nos histoires et de nos expériences chrétiennes nous rend libres pour une nouvelle forme de dialogue œcuménique. Le mouvement des Disciples est né des Eglises de la Réforme, mais il manifeste parmi elles sa propre position unique. En particulier, il n'y a pas eu de séparation délibérée, formelle, dans la communion entre les Disciples du Christ et l'Eglise catholique romaine, bien que nos histoires aient été marquées par la prévention générale qui dans le passé se reflétait dans les attitudes peu charitables entre protestants et catholiques romains. Ce fait nous a permis de dépasser les appréhensions initiales ou la distance présumée pour aboutir à des relations cordiales et découvrir que nous possédons en commun plus que nous n'attendions.

7. Une large part de ce que nous pensions au début être division ne peut être défini de la sorte. Nous avons commencé à découvrir que lorsque nous creusons les descriptions théologiques courantes de nos traditions, une convergence devient évidente. Au fur et à mesure que nous comprenons plus clairement nos traditions et nos ecclésiologies, nous découvrons une source commune qui les a alimentées. Le vocabulaire habituel de division ne décrit pas exactement notre situation, même s'il y a toujours certaines choses importantes que nous ne pouvons accomplir ensemble ou sur lesquelles nous ne pouvons pas encore être unanimes.

8. Ce dialogue a permis une libération parce que et les Disciples et les catholiques romains ont placé la plénitude de la communion au cœur de leur compréhension de l'Eglise. Barton Warren Stone demandait de la part des Disciples: « Que l'unité chrétienne soit notre étoile polaire ». Alexander Campbell proclamait que « l'union des chrétiens est essentielle pour la conversion du monde ». Le même appel inhérent à la tradition catholique a été également formulé pour les catholiques romains par le Second Concile du Vatican: « La restauration de l'unité entre tous les chrétiens, c'est l'un des buts principaux du saint concile œcuménique de Vatican II... Le souci de parvenir à l'union concerne l'Eglise tout entière, fidèles autant que pasteurs » (Décret sur l'œcuménisme, nn. 1, 5).

9. Paradoxalement, quelques-unes de nos différences viennent des manières dont nous avons compris et recherché l'unité chrétienne. Par exemple, les Disciples du Christ, appelés à être comme les instruments de l'unité parmi les chrétiens divisés, ont refusé de prendre les symboles comme expression de la foi définitive en vue de promouvoir l'unité et la communion parmi les chrétiens. Par ailleurs, l'Eglise catholique romaine tient aux symboles et au ministère de Pierre pour un but identique. Notre dialogue nous a aidés à voir cela ainsi que d'autres contrastes dans le contexte de l'engagement fondamental des Disciples et des catholiques romains en vue de servir l'unité visible de tout le peuple de Dieu. Dans une telle perspective quelques questions qui paraissent nous diviser peuvent être découvertes comme ayant des racines identiques et certaines de nos différences apparaissent complémentaires.

10. La nature de notre dialogue œcuménique demande que nous soyons attentifs à l'écoute de nos expressions théologiques respectives tout en étant à la recherche d'un langage de convergence, mais toujours dans la fidélité à la vérité de l'Evangile. Notre rapport donne un commentaire substantiel sur des questions qui ont été au centre de la première phase de notre dialogue et il fournit à nos Eglises un espoir pour l'avenir.

III. L'œcuménisme spirituel

11. Dans le Christ, Dieu a montré son amour suprême pour le monde (Jn 3,16), détruisant la puissance du péché, nous réconciliant avec lui-même (2 Cor 5,18-19), et brisant les barrières de division dans la famille humaine. L'Esprit de Dieu est dans l'Eglise pour porter à son accomplissement l'œuvre de réconciliation du Christ et pour continuer à rassembler en elle tous ceux qui sont prêts à accepter l'Evangile du salut. Au fur et à mesure que se déploie l'histoire humaine, l'Esprit de Dieu prépare la venue du Royaume final. Déjà dans l'Eglise, l'unité future du Royaume est anticipée tandis que l'Esprit rassemble dans la foi et l'amour ceux qui reconnaissent la Seigneurie du Christ.

12. L'Esprit de Dieu attire l'Eglise vers la pleine unité. L'Esprit de Dieu est aussi au travail dans le monde pour que naisse une humanité nouvelle à travers la libération des hommes, de l'oppression et de l'aliénation qui viennent du péché. Ces deux domaines du travail de l'Esprit sont les parties intégrales d'un unique plan de salut.

13. L'unité que Dieu a donnée et continue de donner à l'Eglise a son origine dans la vie même de Dieu. L'Esprit de Dieu est l'auteur de l'unité de l'Eglise. Par l'Esprit, tous ceux qui sont un dans l'Eglise sont attirés vers la communion d'amour avec le Père et le Fils et, dans cette communion, ils sont unis les uns aux autres. Ainsi, ils sont devenus un dans leur esprit et dans leur entente, puisque par la foi, ils adhèrent à l'unique Verbe éternel en qui la Sagesse de Dieu s'est totalement exprimée. Dans cette unité, le plan divin du salut accompli dans le Christ est exprimé dans le monde et il devient toujours plus complètement manifesté.

14. Cette prise de conscience théologique nous permet d'affirmer que l'unité visible viendra de l'unique grâce de l'Esprit de Dieu, présent de manière dynamique parmi les chrétiens même dans leur situation séparée. L'Esprit appelle tous les chrétiens à assumer leurs responsabilités pour donner une expression authentique de leur unité dans la vie, dans le culte et dans la mission. L'Esprit les rend capables de surmonter les obstacles et leur donne de pouvoir grandir ensemble vers la pleine unité visible.

15. Par conséquent, l'œuvre de l'unité chrétienne est profondément et radicalement une œuvre spirituelle, c'est-à-dire qu'elle vient de l'Esprit Saint et est la réponse qu'elle lui apporte. Nous sommes encouragés par le fait que nos deux Eglises partagent une volonté pour l'unité, mais reconnaissent que, pour que cette unité soit rendue pleinement manifeste, notre volonté et nos engagements doivent être soutenus par ce que l'on a appelé « l'œcuménisme spirituel » (Décret sur l'œcuménisme, 8).

16. L'œcuménisme spirituel ne nous permet pas d'éviter la souffrance de notre condition de division, de nous contenter de demeurer ce que nous sommes. Bien plutôt, l'Esprit nous donne le courage de faire face à notre état de division.

17. L'œcuménisme spirituel ne nous permet pas d'écarter la nécessité de travailler à la manifestation visible de l'unité de l'Eglise. Bien plutôt, nous comprenons que tout comme le Verbe de Dieu s'est fait chair en Jésus, ainsi de la même façon, la puissance de l'Esprit de Dieu dans l'Eglise est manifestée comme une communion visible.

18. Pas davantage, l'œcuménisme spirituel ne nous dispense du souci de l'Evangile pour les pauvres, les marginaux, les opprimés. Bien plutôt, les chrétiens deviennent souvent vraiment conscients des liens qui les unissent et ils entendent l'appel à la conversion des cœurs alors qu'ils sont confrontés au défi de promouvoir une société de justice, de liberté et de charité au service de la dignité de tout être humain.

19. L'œcuménisme spirituel naît de la conception nette que c'est l'unique Esprit de Dieu qui nous a déjà amenés au Christ et qui continue de nous mouvoir vers la pleine unité visible. L'œcuménisme spirituel nous donne l'espoir que l'Esprit nous conduira de l'unité imparfaite que nous connaissons avec peine dans notre condition séparée jusqu'à la plénitude dont nous ferons l'expérience dans la joie.

20. L'œcuménisme spirituel implique une conscience claire du péché de la division entre les chrétiens. Par l' œcuménisme spirituel, nous sommes empêchés, comme communautés ou comme personnes, de chercher à justifier nos divisions et nous sommes poussés à la recherche d'une vie partagée dans une communauté réconciliée. L'œcuménisme spirituel nous oblige à une qualité de vie évangélique marquée par la volonté d'être fidèles au Christ et ouverts les uns aux autres. Il implique aussi le repentir et la renonciation à l'égoïsme, ainsi qu'une nouveauté de pensée, l'humilité et la douceur dans le service des autres, ce qui est la conversion du cœur. Ainsi, cette metanoia apporte ce qu'on pourrait appeler un « espace évangélique » - un champ d'action pour l'œuvre de la Parole de Dieu --: dans lequel nous trouvons une grâce de Dieu disponible de manière nouvelle pour nous, qui nous unit ensemble dans la louange, la bénédiction, l'imploration de Dieu qui nous a faits un. Dans cet espace évangélique, nous découvrons de nouvelles possibilités pour un échange original et pour un partage et aussi pour découvrir dans une lumière nouvelle ces affirmations qui trouvent une expression historique dans nos communautés encore séparées.

21. Ainsi, l'œcuménisme spirituel nous permet d'être ouverts à la grâce de Dieu. L'Esprit Saint nous rend libres pour faire ensemble l'expérience de sa puissance unifiante par les nombreuses voies qui nous sont ouvertes dans la vie quotidienne de l'Eglise, c'est-à-dire en accueillant et en annonçant ensemble la Parole de Dieu dans les Ecritures, en confessant ensemble le même Seigneur, en priant ensemble, en étant présents à la célébration de la Cène du Seigneur les uns des autres, et en ayant une mission commune en tant que peuple sacerdotal de Dieu au sein de toute la communauté humaine. Bien que nous ne partagions pas encore complètement ces expériences à cause de notre désir d'être vrais et fidèles à l'Eglise telle que nous l'avons connue jusqu'ici dans nos communions, nous prenons conscience néanmoins du fait que Dieu permet que nous ressentions dès maintenant la puissance de son amour unifiant. Il nous parle des contradictions de nos divisions quand ensemble nous lui ouvrons nos cœurs dans la prière et les célébrations, dans nos efforts conjoints pour énoncer un langage théologique commun dans le dialogue œcuménique, et dans la lutte commune pour promouvoir la justice et la paix dans le monde.

22. Dans cet espace évangélique, les uns et les autres, nous sommes remplis de force pour une croissance commune et en même temps pour payer le prix de la souffrance causée par nos divisions présentes et par les efforts pour les surmonter. Là, nous discernons un reflet du développement actuel dans une lutte douloureuse qui marque l'ensemble du mouvement œcuménique. Mais nous gardons espoir, sachant que « la création tout entière gémit maintenant encore dans les douleurs de l'enfantement. Elle n'est pas la seule; nous aussi, qui possédons les prémices de l'Esprit, nous gémissons intérieurement, attendant ... la rédemption ». Ainsi « nous attendons avec patience », assurés que « l'Esprit vient en aide à notre faiblesse » et confiants « que c'est selon Dieu que l'Esprit intercède pour les saints » (Cf. Rom 8, 22-27).

IV. Baptême

23. Par sa nature même, le baptême pousse les chrétiens vers l'unité. Par le baptême une personne est incorporée au Christ Jésus et à son Corps, l'Eglise. L'unité fondamentale que Dieu nous a donnée est enracinée dans le sacrement et ne saurait être détruite. Nous sommes appelés à un seul baptême par l'Evangile qui est la voie du salut pour toute l'humanité. Par conséquent, le baptême est la source de notre unité dans la vie du Christ, sa mort et sa résurrection.

24. Néanmoins nous abordons la question du baptême avec une vive conscience des différences dans la pratique baptismale qu'on ne doit pas traiter à la légère. A première vue ces différences pourraient paraître représenter des manières divergentes de comprendre qui pourraient menacer notre unité fondamentale fondée sur le baptême.

25. En fait, nous avons découvert d'importants domaines dans lesquels notre manière de comprendre le baptême et notre manière de le conférer nous encouragent à parler vraiment d'un seul baptême. On découvre que ces domaines ont des degrés divers de signification.

26. a) Ensemble nous référons les origines de l'observance baptismale à l'exemple de Jésus, au commandement du Christ ressuscité et à la pratique de l'Eglise primitive.

27. b) Tant pour les Disciples du Christ que pour les catholiques romains, le baptême est un baptême conféré avec l'eau et « au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit ».

28. c) Dans nos deux traditions le baptême est ordinairement administré par un ministre régulièrement mandaté.

29. d) Dans nos deux traditions on affirme que nous entrons dans une relation nouvelle avec Dieu comme étant ses enfants et comme frères et sœurs les uns des autres dans le Christ, car dans le baptême nos péchés sont pardonnés et nous devenons une nouvelle création.

30. e) Puisque Dieu ne révoque jamais la relation nouvelle apportée par le baptême, le re-baptême est contraire à l'Evangile et ne devrait jamais être pratiqué. Toutefois, nous sommes conscients de la nécessité d'un repentir permanent après le baptême et nous faisons l'expérience du pardon dans la vie habituelle de l'Eglise.

31. j) Nos deux traditions maintiennent la nécessité du rôle de la foi dans le baptême. Pour les catholiques romains comme pour les Disciples, l'incorporation au Corps du Christ et le pardon des péchés sont essentiellement des actes de Dieu qui présupposent la foi et appellent une réponse de foi active et permanente pour leur plein épanouissement et leur fécondité.

32. Cet accord fondamental doit être présent à l'esprit quand nous cherchons à réinterpréter certaines différences concernant le baptême.

Ces différences apparaissent sous deux rubriques:

33. La relation de la foi personnelle au baptême

Puisque c'est le baptême de croyants qui est la forme de baptême explicitement attestée dans le Nouveau Testament, la conviction des Disciples est que le rite du baptême devrait être précédé d'une confession personnelle de foi et de repentir.

Pour des raisons historiques, théologiques et pastorales, les catholiques romains baptisent les enfants. Ils considèrent cela comme le premier sacrement dans le processus de l'initiation chrétienne, suivie d'une éducation et d'une instruction chrétiennes et culminant dans les sacrements de Confirmation et d'Eucharistie, accompagnée par une vie de repentir continuel et de conversion.

Cependant les catholiques considèrent que la croyance fondamentale de leur Eglise concernant le baptême est exprimée avec une nouvelle clarté dans le rite révisé du baptême des adultes qui comporte une confession personnelle de foi.

Dans le même temps, les Disciples comprennent mieux la place du baptême des enfants dans l'histoire de l'Eglise. En partie, cela implique de comprendre le baptême des enfants en relation avec une éducation chrétienne tant dans la famille que dans la communauté chrétienne. De même, les Disciples ont vu que le baptême des enfants fut la réponse pastorale à une situation où les membres ne sont plus en majorité des chrétiens de la première génération.

34. La manière de baptiser

Les Disciples pratiquent l'immersion, pensant qu'elle était la pratique au temps du Nouveau Testament et qu'elle est la représentation symbolique la plus claire de notre participation à la mort et à la résurrection du Christ. Les catholiques romains, sur la base d'une ancienne tradition chrétienne, considèrent le fait de verser l'eau sur le candidat comme une manière de faire acceptable, tout en reconnaissant la valeur symbolique de la descente dans les eaux baptismales. Ils ont toujours reconnu le baptême par immersion et l'ont parfois pratiqué. Les Disciples en viennent à reconnaître d'autres manières de faire, mais gardent une préférence pour l'immersion.

35. Bien que la puissance salvifique de Dieu dans le monde soit illimitée, le baptême est fondamental dans la vie chrétienne. Par lui, nous devenons les membres du Corps du Christ et nous participons à la vie qu'il donne. La participation à la vie du Christ nous appelle à entrer dans son ministère, sa souffrance, sa mort et sa résurrection, comme cela est préfiguré dans notre baptême, en vue du salut du monde entier.

36. Parce que tant le baptême que l'Eucharistie impliquent une participation au Corps du Christ et puisque la grâce divine reçue au baptême est nourrie et renforcée par la participation au repas eucharistique, l'unité réalisée par la grâce dans le baptême devrait trouver sa manifestation et son accomplissement dans l'anamnesis (mémorial/souvenir) du sacrifice du Christ pour toute l'humanité à la Table de l'unique Seigneur.

37. Paradoxalement, le baptême est un signe d'unité et un rappel de la séparation. Il est un signe d'unité en tant qu'il incorpore tous les chrétiens au Christ. Il est un rappel de la séparation en cela que, une fois administré, il établit les chrétiens dans des communautés ecclésiales séparées avec leurs traditions et leurs doctrines particulières.

38. Nous avons été aidés dans notre examen attentif de ce paradoxe en distinguant deux affirmations de foi. L'une est l'assentiment fondamental de la personne au don que Dieu fait de la grâce en Jésus Christ, un don qui, de lui-même, est appelé à transformer la vie, et cela est signifié dans le baptême. Cette affirmation place nos vies sous la mouvance de la grâce de Dieu, nous faisant par là sortir de nous-mêmes et nous faisant un dans le Christ. L'autre affirmation est l'acceptation de l'énonciation de la foi telle qu'elle est parvenue à s'exprimer dans nos communautés ecclésiales séparées. Le baptême est également une insertion dans une communauté ecclésiale particulière avec sa propre explicitation de l'unique foi. En conséquence, faire cette distinction nous a aidés à comprendre notre unité fondamentale et à situer l'origine de notre séparation.

39. Cependant, en conclusion, nous affirmons la reconnaissance mutuelle du baptême administré par les catholiques romains et par les Disciples, convaincus que l'unité que nous recevons par la grâce de Dieu dans le baptême doit trouver son accomplissement dans l'unité ecclésiale visible, en sorte que le monde puisse croire que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant, comme ensemble nous le confessons. En conséquence, nous sommes décidés par la même grâce à découvrir plus pleinement la vérité qui nous délivrera tous.

V. Foi et Tradition

40. Nos deux traditions sont appelées à annoncer au monde la vérité fondamentale de la réconciliation avec Dieu dans le Christ, vérité à laquelle nous avons donné notre assentiment. Cet assentiment commun est scellé par le baptême dans nos corps ecclésiaux séparés; toutefois, dans notre baptême nous est donnée une unité radicale. Cette réalité nous oblige en tant qu'Eglise, Corps du Christ, à témoigner de la foi apostolique par notre vie, notre enseignement, notre liturgie, notre service.

41. L'Eglise, guidée par l'Esprit Saint, a développé d'âge en âge les moyens d'annoncer la foi apostolique, comme elle a cherché à défendre cette foi et à la communiquer avec fidélité dans différentes époques et situations. L'Ecriture et la Tradition contiennent ces réponses à la foi que Dieu accorde.

42. La foi est un don de Dieu, accordée tant à la personne qu'à la communauté. Dans les deux cas, c'est par la puissance de l'Esprit Saint que nous croyons, que nous croissons dans la foi et vivons par elle. Notre foi est que le Christ est le Seigneur ressuscité qui est la raison de l'existence de l'Eglise. Cette foi engendre une relation nouvelle parmi tous ceux qui croient. La foi qui engage une personne au Christ, engage cette personne à l'Eglise, Corps du Christ; parce que la foi est donnée par l'unique Esprit du Christ, c'est l'unique foi fondamentale qui unit les catholiques romains, les Disciples et les autres chrétiens dans une communion unique dans cet Esprit. Toutefois, en dépit de cette unité originelle dans le Corps du Christ, nous reconnaissons que nous n'avons pas encore pleinement réalisé l'unité ecclésiale visible qu'il désire. Tandis qu'avec gratitude nous reconnaissons l'ampleur de l'accord atteint sur cette question, nous avons très profondément pris conscience, à ce sujet, de quelques points sérieux non résolus qui nécessitent la poursuite de la discussion dans notre dialogue; ceux-ci, pensons-nous, devraient représenter une partie importante de notre futur programme.

43. Le processus de conversion par lequel on s'engage dans la foi au Christ et à la condition de disciple est un processus graduel, permanent et difficile. Le Christ a promis que son Esprit serait présent aux personnes dans et par la communauté des croyants. Et donc la communauté appelle, éduque, illumine et soutient la foi des personnes dans sa liturgie et sa prière et dans son témoignage d'amour et de service à l'exemple du Christ.

44. La vie chrétienne est une vie en communauté, une communauté qui reconnaît la dignité et la liberté de la conscience humaine, tout en reconnaissant également le besoin pour la conscience individuelle de développer une obéissance toujours plus grande à l'Evangile. L'Eglise est appelée à guider et à rendre possible ce processus.

45. La foi de chaque croyant est inséparable de la foi de la communauté. La foi personnelle consiste à faire sienne la foi de l'Eglise et elle en dépend pour son authenticité aussi bien que pour son éducation. En même temps, porter témoignage de sa foi personnelle construit la vie de l'Eglise et stimule et renforce la foi de tous.

46. En tant que l'Eglise, comme communauté de foi et d'amour, est le signe du Christ dans le monde, les croyants sont appelés à donner un témoignage commun de foi, en sorte que le monde puisse croire que Jésus est le Seigneur. Ainsi on peut espérer que la vie de foi, celle de la personne et celle de la communauté, manifeste une certaine qualité par laquelle elle devienne une « lumière dans le monde », « le sel de la terre ». Le croyant individuel et l'Eglise pérégrinante sont, l'un et l'autre, toujours appelés à une conversion plus profonde au Christ, à une foi plus authentique. L'Ecriture, communiquant la Parole de Dieu, a un rôle central, normatif et irremplaçable dans ce processus de conversion personnelle et ecclésiale.

47. Ensemble, les Disciples du Christ et l'Eglise catholique romaine reconnaissent le rôle important de la Tradition dans la vie de l'Eglise. La relation entre la foi et la Tradition a un rapport avec la question de savoir comment les chrétiens, d'âge en âge, parviennent à la connaissance que Jésus Christ est le Seigneur de la vie et le chemin du salut pour le monde entier.

48. Les apôtres furent appelés par le Christ et préposés à une mission unique dans la vie de l'Eglise. Ils attestent la présence du Christ ressuscité et tiennent une place spéciale dans la communication de la foi aux générations qui suivront. Dans cette communication le Saint Esprit est toujours présent dans la vie de l'Eglise, garantissant que celle-ci ne manquera pas de réaliser l'accomplissement du plan divin.

49. Sous l'inspiration de l'Esprit, le Nouveau Testament exprime la réponse de foi donnée par l'Eglise apostolique au Christ ressuscité. Cette réponse était elle-même conditionnée par la révélation de Dieu et les promesses à Israël.

50. Les écrits du Nouveau Testament, reposant sur l'autorité des apôtres et interprétés avec l'aide de l'Esprit Saint, constituent le document inspiré de la Tradition qui est issu de l'ère apostolique. Cette Tradition reflète le sensus fidelium (la prise de conscience commune des fidèles) de l'Eglise primitive dans son ensemble. Toutefois, le sensus fidelium n'est pas fixé dans le passé, mais il est toujours dynamique et vivant à travers l'interaction dialectique de l'Ecriture et de la Tradition dans la vie permanente de l'Eglise, d'âge en âge.

51. Chaque génération doit parvenir à son tour à la foi par la puissance de l'Esprit Saint et transmettre cette foi aux générations suivantes. En même temps l'Eglise de tous les temps hérite des succès et des échecs du passé.

52. Dans le processus qui consiste à rendre explicites les implications de la révélation, des traditions diverses surgissent. Il faut s'attendre à la diversité qui en résulte et qui est fréquemment elle-même une expression de la catholicité de l'Eglise. Des problèmes surgissent quand le contexte ecclésial dans lequel est donné l'assentiment baptismal exerce une influence telle que la communion dans la foi est compromise. Les catholiques romains et les Disciples reconnaissent, les uns et les autres, qu'ils sont allés au-delà de la réalité fondamentale de la foi en Dieu révélée en Jésus Christ jusqu'à des manières de comprendre qui se sont développées en dehors de la diversité des traditions chrétiennes.

53. Les catholiques romains tiennent que la transmission vivante de l'Evangile dans et par l'Eglise est nécessaire pour une formulation, une manifestation et une application plus complètes des vérités qui sont dans l'Ecriture, et que l'Ecriture seule ne saurait apporter. Ils sont attentifs aux affirmations de la foi et aux interprétations exprimées dans les textes liturgiques officiels, les symboles de la foi, les enseignements du collège épiscopal spécialement dans les conciles, les enseignements pontificaux qu'ils croient être formulés avec l'assistance de l'Esprit. Bien que les Ecritures soient normatives et soient l'âme de toute recherche théologique ultérieure, la manière adéquate de les comprendre n'est possible que dans la vie d'une communauté croyante.

54. Les Disciples pensent que le Nouveau Testament est une expression suffisante de la foi, de la doctrine et de la pratique essentielles pour chaque chrétien et pour les communautés chrétiennes. Aussi, bien qu'ils aient conscience de se situer dans la Tradition de l'Eglise, ils n'ont pas accordé une position normative aux expressions postérieures de la foi dans l'Eglise, et en particulier ils n'ont pas utilisé des symboles de foi ou des confessions comme critères de communion à l'Eucharistie. Les Disciples pensent que leur histoire montre qu'une Eglise peut se développer et maintenir son propre caractère distinctif sans un symbole de foi formel et que l'exercice de la liberté et de la diversité dans les expressions de la foi et du culte n'est pas nécessairement une menace pour son unité. Néanmoins, là où des affirmations de foi, qu'elles soient anciennes ou modernes, ont servi de base pour l'expression de l'unité essentielle de toute l'Eglise, (par exemple, dans les Eglises Unies), les Disciples les ont volontiers acceptées.

55. Les Disciples tout comme les catholiques romains s'engagent dans leurs vies à faire leur tout ce qui est bon dans les traditions des autres, tant dans le passé qu'aujourd'hui.

VI. Affirmations au sujet de l’unité que nous cherchons

56. Par une convergence de notre manière doctrinale de comprendre et dans notre expérience de la réalité de notre unité dans l'assentiment fondamental à Dieu, nous sommes en mesure d'accepter comme un principe de base de l'œcuménisme qu'il ne peut y avoir qu'une seule Eglise de Dieu (unica Ecclesia) et que cette Eglise existe déjà. C'est l'accomplissement du salut pour toute l'humanité, individuellement et communautairement. Ce salut dont l'Ecriture porte témoignage exprime le plan de Dieu pour la création tout entière.

57. La nouvelle humanité en Jésus Christ que Dieu veut, arrive à l'existence dans l'unique Eglise de Dieu. La forme définitive à advenir de l'Eglise comme peuple eschatologique de Dieu ne peut être complètement connue que par Dieu. Les catholiques romains aussi bien que les Disciples pensent que l'Eglise acquiert une forme visible dans l'histoire et qu'un signe de ce caractère visible est la commune profession de l'Evangile et la réception du baptême. Cette communauté visible appartient à l'esse lui-même de l'Eglise.

58. Par leur vie commune et leur communion (koinonia) les membres de cette communauté qui est l'Eglise témoignent du salut quand ils prient et célèbrent ensemble, quand ils pardonnent, s'acceptent, s'aiment les uns les autres et qu'ils supportent ensemble les moments d'épreuve. Une telle communion est rendue possible par une communion plus profonde, une communion dans les dons qui viennent de Dieu qui fait du peuple de l'Eglise son bien à lui, comme une création nouvelle dans le Christ.

59. Nous devenons cette création nouvelle par les moyens de grâce que Dieu a donnés à son Eglise. Ainsi l'Eglise est la forme visible de la grâce de Dieu. Elle ouvre la voie vers le salut par la prédication, les sacrements et les autres institutions qui proviennent de l'autorité apostolique. La participation à ces moyens de grâce constitue une communion plus profonde qui nous rassemble dans une véritable communion dans l'Esprit.

60. A cette unique Eglise appartiennent tous ceux qui sont baptisés dans l'eau et dans l'Esprit avec une authentique confession de foi en Jésus comme Fils de Dieu. Ces personnes deviennent membres du Corps du Christ et reçoivent le sceau de l'Esprit Saint qui ne peut être enlevé même par le schisme. Les divisions parmi les chrétiens ne peuvent détruire l'unique Eglise de Dieu.

61. Tandis que nous considérons les différences entre catholiques romains et Disciples nous découvrons souvent en elles des éléments de complémentarité. Nous nous découvrons comme ayant une communion in via. L'unité unique de la seule Eglise de Dieu est le but. Nous sommes déjà sur la route ; nous avons fait le premier pas dans la foi par le baptême qui est aussi appel à cette unité finale. Maintenant nous avons la tâche de donner une expression extérieure à la communion in via. Dans le processus même de notre mutuelle découverte de certains éléments ecclésiaux chez chacun de nous, nous sommes appelés à une fidélité renouvelée dans des actions qui rendront nos relations plus intenses et plus profondes.

VII. Regards vers l’avenir

62. Notre situation comme Disciples du Christ et comme catholiques romains, faisant, dans ce dialogue, la découverte des uns et des autres, est un reflet de ce qui arrive partout parmi les chrétiens quand ils s'abandonnent dans l'obéissance à ce que Dieu fait par le mouvement œcuménique. Nous n'en sommes pas encore au point où nous pouvons demander aux Eglises auxquelles nous appartenons de porter un jugement définitif sur notre travail ou de s'engager à quelque décision qui pourrait avoir des conséquences sur les structures.

63. Toutefois notre expérience nous dit, et nous devons le déclarer, que la relation entre l'Eglise catholique romaine et les Disciples est dans un processus de développement qui est profondément important pour les deux parties. Ce processus demande loyauté et courage tandis que nous l'acheminons vers sa maturité et, ici ou là, il nous lance des défis et pose des exigences à nos deux traditions d'une manière concrète et qui nous coûte. Le Seigneur nous confronte à de telles exigences. Nous pensons que plusieurs d'entre elles requièrent spécialement que nous donnions une réponse fidèle et que nous tirions concrètement certaines conclusions:

64. a) Les catholiques et les Disciples, ainsi que beaucoup d'autres chrétiens découvrent que, essentiellement, leur engagement envers le Christ et leur communion dans l'Evangile sont identiques. Il y a déjà une unité de grâce qui, dans une certaine mesure, est présente, portant du fruit, et qui nous porte vers l'unité visible et nous pousse à aller de l'avant. Un des aperçus les plus frappants que nous ayons découvert dans notre dialogue est la prise de conscience que la communion intérieure entre les chrétiens à travers les divisions est un élément essentiel d'unité et une part nécessaire pour atteindre le but de la pleine unité visible. C'est quelque chose dont nous avons fait l'expérience tandis que nous apprenions à nous prendre au sérieux les uns les autres dans notre prise de conscience théologique et dans notre engagement dans la mission de Jésus Christ. Par-dessus tout, nous en avons ensemble fait l'expérience dans notre prière, notre lecture des Ecritures et la méditation qui a tissé tout notre travail en donnant un parfum et une profondeur particuliers à notre dialogue. Nous en sommes venus également à apprécier plus profondément l'importance dans nos deux traditions du renouveau de la liturgie et de la place centrale de l'Eucharistie. C'est notre tâche immédiate que de réfléchir sérieusement sur tout ce que cela signifie pour les relations entre les catholiques romains et les Disciples du Christ dans chaque paroisse et dans chaque congrégation.

65. b) L'œcuménisme spirituel nous conduit vers davantage que vers la somme d'accords doctrinaux. Il nous demande de « faire la vérité » de l'unité en agissant ensemble au nom de l'Evangile. Notre obéissance au Christ, maître de l'histoire, doit être incarnée tandis que nous portons la responsabilité de rendre le Royaume capable de pénétrer le monde, sa vie et ses institutions. A sa manière particulière, il peut être aussi bien qu'un accord doctrinal une pleine expression de la foi commune, car l'action en harmonie avec les exigences de l'Evangile fait connaître la vérité chrétienne et en révèle les richesses. La communion exprimée à travers les œuvres concrètes est un élément important de la koinonia qui se fait jour parmi les Eglises. L'action conjointe, celle des personnes comme celle des Eglises séparées, est un facteur dans l'unité qui atteint jusqu'aux racines de la tâche œcuménique. Ceci, également, a maintenant des implications pour les Disciples du Christ et les catholiques romains en chaque lieu.

66. c) La préparation de l'unité visible prend déjà place par la discussion de points doctrinaux importants. Cela est clair à partir du travail qui a été fait dans notre commission de dialogue au cours des cinq années passées. C'est un début significatif. Nous avons maintenant le cadre dans lequel il devient possible et nécessaire de poursuivre le travail sur les questions non résolues, en particulier la nature et la mission de l'Eglise, l'Eucharistie et le ministère.

67. La commission de dialogue remercie Dieu de ce que certaines convergences doctrinales sur quelques problèmes clé commencent déjà à être discernables dans notre travail. Cela nous encourage à travailler pour rien de moins que l'unité visible - non pas un compromis boiteux obtenu en réduisant les divergences, mais rien de moins que le témoignage commun de l'unique foi apostolique.

68. Le dialogue entre les Disciples du Christ et l'Eglise catholique romaine a commencé et déjà nous devons vivre dans la logique de ce qui arrive. Il exige que nous commencions maintenant autant qu'il est possible, à annoncer ensemble le même Seigneur Jésus Christ, donnant un témoignage commun de « l'espérance qui est en nous » (1 P 3,15). Il exige, dès maintenant, que nous nous engagions, dans la plus grande mesure possible, dans le processus de reconnaissance mutuelle qui est, à terme, une reconnaissance marquée d'adoration de l'unique Seigneur en qui nous sommes baptisés, qui nous réjouit de ses dons et au service duquel nous sommes appelés.

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