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RÉCEPTION ET TRANSMISSION DE LA FOI :
LA MISSION ET LA RESPONSABILITÉ DE L'ÉGLISE

Rapport de la troisième phase du Dialogue international
entre l’Église chrétienne (Disciple du Christ) et l’Église catholique

  

1. INTRODUCTION

1.1 Depuis sa création en 1977, l'objectif du dialogue entre les Disciples du Christ et l'Église catholique était de permettre à tous les chrétiens d'être réunis dans l'unité visible de l'unique Église de Dieu. Dans le rapport de la première phase, la Commission avait accepté « comme un principe de base de l'œcuménisme, qu'il ne peut y avoir qu'une seule Église de Dieu (unica Ecclesia) et que cette Église existe déjà »; le rapport ajoutait: « Nous nous découvrons comme ayant une communion in via ... Maintenant nous avons la tâche de donner une expression extérieure à la communion in via » (Apostolicité et catholicité, p. 11). Ces points ont été réaffirmés dans le rapport de la seconde phase: « Disciples et catholiques romains ont poursuivi leur dialogue afin de découvrir le degré de communion qui existe déjà entre eux. Leur but est ... [d'être] ensemble, en progressant dans cette communion et en la renforçant » (L'Église comme communion dans le Christ, § 9). Après avoir répété quelques-uns des points d'entente sur une vision d'unité contenus dans le premier rapport, le second document ajoute que « le but de cette déclaration de convergence est de préciser notre vision commune de l'Église » (L'Église comme communion dans le Christ, §§ 19-20). En présentant le rapport de cette troisième phase, nous réaffirmons ces convictions quant au but poursuivi.

1.2. Ce rapport est une réflexion théologique. Mais il naît des réunions qui ont lieu régulièrement chaque année, au cours desquelles nous avons prié et étudié la Bible ensemble, rencontré des membres des communautés locales, examiné et discuté les similitudes et les différences qui caractérisent nos deux communautés.[1] Ce travail en commun au niveau local et international est un aspect vital de 1'« œcuménisme spirituel» dont parle le premier rapport.

1.3. Les deux rapports précédents évoquaient la relation entre l'individu et l'Église. Apostolicité et catholicité faisait remarquer que «la foi de chaque croyant est inséparable de la foi de la communauté. La foi personnelle consiste à faire sienne la foi de l'Église et elle en dépend pour son authenticité aussi bien que pour son éducation» (p. 9). Dans L'Église comme communion dans le Christ, il est dit que «le dynamisme intérieur du don de la foi - la force du Saint Esprit qui attire les croyants dans une unité spirituelle - soutient l'interaction de la foi de chaque individu et de la foi de la communauté» (§ 40). Partant de là, nous avons examiné la façon dont la foi est transmise de génération en génération tout au long de l'histoire et nous avons constaté que la proclamation de la Bonne Nouvelle offrait un contexte d'importance capitale pour la compréhension de tout le processus de réception et de transmission de la foi.

1.4. Disciples et catholiques ont en commun un engagement envers l'Évangile de Jésus Christ; ils mettent le même accent sur l'Église comme communion et sur les sacrements du baptême et de l'Eucharistie. Ils partagent un certain nombre de convictions sur la nature de l'Église; cependant, il existe également quelques différences qui se révèlent dans différentes structures. Du point de vue catholique, la principale perplexité vient peut-être de la façon dont les Disciples, avec une évidente absence de structure et de formules de foi, ont transmis l'Évangile. Pour les Disciples, par contre, la question principale est de savoir si la structure hiérarchique plus complexe de l'Église catholique, avec sa nette insistance sur l'uniformité, laisse suffisamment de liberté de conscience aux fidèles dans leur réponse à l'Évangile.

1.5. Disciples et catholiques reconnaissent que dans le Nouveau Testament la communauté des fidèles a une importance fondamentale et que l'identité des individus est définie par leur appartenance à la communauté, et non pas vice versa. Cette compréhension, traditionnelle pour les catholiques, trouve chez les Disciples un mode d'expression qui leur est propre. Tout au long de leur histoire, il y avait également le souci de s'identifier avec ce à quoi tous les fidèles ont cru toujours et partout (pour reprendre une phrase de saint Vincent de Lérins). La philosophie du sens commun, typique d'un des premiers leaders des Disciples, Alexander Campbell, reposait sur un appel à ce que l'ensemble de la communauté pouvait accepter. Cette communauté est le contexte dans lequel et par lequel le message chrétien est reçu et vécu.

1.6. La conviction qu'il est nécessaire que chaque chrétien parvienne à une confession de foi personnelle (parfois considérée dans le passé comme une affectation individualiste) ne nie en aucune façon la priorité logique et chronologique de la foi de la communauté chrétienne tout entière. Plutôt que débattre longuement sur l'importance relative de l'individu et de l'Église, la Commission affirme que le Oui du croyant au Christ incorpore cette personne dans le Oui de foi prononcé par l'Église à travers les siècles (cf. 2 Co 1, 20).

1.7. C'est pourquoi le présent rapport commence par un examen de la Parole de Dieu, telle qu'elle est proclamée et reçue (section 2), suivi d'une réflexion sur la façon dont l'Église se maintient dans la foi à travers l'histoire (section 3). Il examine ensuite la question de la relation entre le ministère magistériel de l'Église et la liberté chrétienne (section 4) et se termine en considérant la mission de toute l'Église pour la transmission de la foi (section 5). Nous présentons ce rapport dans l'espoir de dissiper les malentendus réciproques, de réduire les différences qui nous séparent encore et de renouer le lien vital entre la mission et l'unité de l'Église.

2. LA PAROLE DE DIEU, ANNONCE ET RÉCEPTION

La nature missionnaire de l'Église

2.1. La foi chrétienne proclame que Dieu s'est tourné vers l'humanité de manière décisive dans l'Incarnation. Jésus Christ est la Parole vivante, le médiateur et la plénitude de la Révélation. Les auteurs du Nouveau Testament expriment, de diverses façons, la vérité selon laquelle Dieu veut rassembler toute l'humanité en une communauté qui participe à la communion entre le Père et le Fils dans l'Esprit (cf. Ep 1, 910; Col 1, 19-20; 1 Jn 1, 3). L’Esprit Saint, envoyé pour concrétiser l'œuvre du Christ en de mystérieuses manières qui ne sont pas toutes révélées, est ainsi l'agent de la mission. L’Église est rassemblée par Dieu pour accomplir la tâche que comporte la double mission du Fils et de l'Esprit Saint. L’Église est donc essentiellement une communauté missionnaire, la communauté de ceux qui sont envoyés dans le monde pour annoncer l'offre des dons de Dieu à tous les humains.

2.2. En vivant pratiquement son identité missionnaire, l'Église proclame la Parole de Dieu et invite les personnes à se convertir et à devenir membres de la communauté des croyants. C'est là seulement que la pleine signification de l'Évangile peut être connue. Nos deux communautés sont convaincues que dans tout ce que l'Église dit et fait, son appel à proclamer le salut est accompagné par la présence de l'Esprit Saint qui permet à l'Église de discerner ce qui est nécessaire au salut.

À l'écoute de la Parole de Dieu

2.3. Lune des manières dont l'Esprit Saint a soutenu l'Église dans sa vocation d'annonciatrice du salut à tous les hommes a été de l'aider dans la rédaction et l'identification des livres qui sont devenus la Bible. Les textes bibliques ont bien sûr été écrits par des auteurs humains; néanmoins, c'est Dieu que l'on entend parler à travers ces livres. Nous reconnaissons que nous entendons la Parole de Dieu à travers la Bible lorsque celle-ci est utilisée dans la célébration des sacrements, la prédication, l'enseignement de la foi et les actes de dévotion personnelle.

2.4. Les membres de chaque communauté appartiennent à une tradition vivante d'interprétation scripturaire et de prière qu'ils transmettent à d'autres. Létablissement de formes communes particulières pour la compréhension et la transmission des textes de l'Écriture unit chaque chrétien et chaque génération de chrétiens à ceux qui les ont précédés. C'est par la lecture et l'interprétation des Écritures dans la vie communautaire de chaque congrégation que la Parole de Dieu devient réelle tant dans la louange à Dieu que dans la condition de disciple du Christ. Ainsi, le message évangélique mène nécessairement à une vie en communauté qui contribue à son tour à former la compréhension du message pour les futures générations (cf. L'Église comme communion dans le Christ, §§ 13-14, 21-23). Disciples du Christ et catholiques affirment que l'Église est guidée par l'Esprit Saint et que pour cette raison, en fin de compte, elle n'échouera pas dans son travail de proclamation de l'Évangile. En définitive, notre confiance est dans la promesse de Dieu de réaliser le dessein divin pour tous.

2.5. Disciples du Christ et catholiques reconnaissent la nécessité du lien entre la Parole et les sacrements. La Parole de Dieu a sa propre efficacité, et son pouvoir salvifique s'exerce le plus pleinement lorsque la Parole est reçue avec les sacrements, surtout avec l'Eucharistie. La plénitude de la Bonne Nouvelle est reçue dans le don de la communion avec Dieu et des uns avec les autres, une communion qui commence par le baptême et l'incorporation dans le Corps du Christ et qui se prolonge tout au long de la vie. Pour l'Église catholique comme pour les Disciples du Christ, les sacrements concrétisent la communion annoncée dans l'Évangile (cf. Apostolicité et catholicité, pp. 9, 12). Par leur nature, les sacrements font intégralement partie de la vie et de l'essence de l'Église. Ils introduisent le nouveau croyant dans la communauté en créant un lien entre lui et tous les autres chrétiens en tout temps et en tout lieu. Ainsi, chaque croyant reçoit la tradition vivante, en devient membre et participe à sa transmission.

3. SE MAINTENIR DANS LA FOI : L'ÉGLISE DANS L'HISTOIRE

3.1. Dans l'attente du retour du Seigneur, les chrétiens entendaient lui rester fidèles en célébrant sa présence par la parole et par les sacrements. L'Église a toujours reconnu la nécessité, pour la communauté apostolique, de conserver la mémoire de ce que Dieu a fait en Christ. Disciples et catholiques reconnaissent que le canon des Écritures, les conciles de l'Église et les professions de foi ont été créés en tant qu'instruments en vue d'une telle fin, avec l'aide promise de l'Esprit Saint (Jn 14, 26) (cf. L'Église comme communion dans le Christ, § 36). Dans notre dialogue, nous avons également pu mieux apprécier le processus par lequel l'Église discerne ces instruments de la fidélité; ce processus de discernement continue chaque fois que l'Église s'applique à confesser l'Évangile avec courage, face à de nouvelles situations et à de nouveaux défis. Par nos discussions sur la formation du canon, les conciles et la déclaration de foi et sur le processus de discernement de l'Évangile à chaque époque, nous avons enrichi notre compréhension de la façon dont l'Église se maintient dans la foi tout au long de l'histoire.

La formation du canon

3.2. Pourquoi les chrétiens ont-ils élaboré un canon des textes qu'ils avaient fini par regarder comme leurs Écritures ? La raison est simple: les chrétiens voulaient conserver la même foi prêchée par la communauté apostolique. Face aux controverses sur le contenu de la foi, les Églises orientales et occidentales ont commencé à établir une liste des livres vénérables, qu'ils considéraient. comme les documents authentiques de la révélation divine, contenant la substance de la foi apostolique et exprimant la volonté de Dieu concernant la vie chrétienne. Dans cette variété de livres, l'Église a reconnu l'authentique Parole de Dieu dans sa forme écrite inspirée par l'Esprit Saint.

3.3. Les premières Églises comprenaient celles qui avaient été fondées par les apôtres; mais par la suite on considérait « apostoliques » les Églises où les apôtres avaient prêché ou auxquelles ils avaient envoyé des lettres. Quelques livres écrits par des auteurs autres que les apôtres furent inclus dans les premières listes qui constituaient le canon, parce qu'ils provenaient également de la période apostolique; parfois, ils étaient lus à haute voix durant les célébrations liturgiques et étaient conformes à la tradition apostolique. Le canon permettait en outre aux Églises sans lien direct et personnel avec les apôtres, d'être assurées qu'elles aussi proclamaient la foi apostolique en communion avec les Églises apostoliques. Les livres qui constituent notre Nouveau Testament sont ceux dans lesquels, depuis l'époque apostolique, les Églises locales en communion les unes avec les autres et guidées par l'Esprit Saint ont pu reconnaître la foi apostolique.

3.4. La façon dont les paroles et les actions de Jésus ont été transmises nous aide à comprendre concrètement ce que signifie l'autorité du canon. Les actions et les paroles de Jésus étaient connues et « reçues »[2] dans les communautés de fidèles par l'enseignement et la prédication des témoins apostoliques de l'évènement Christ. Mais toutes ces actions et ces paroles ne figuraient pas dans les Évangiles écrits, et de ces Évangiles écrits, quatre seulement ont été jugés comme étant sûrement d'origine apostolique et « reçus » dans le canon officiel.

3.5. L'établissement d'une liste de livres devant servir de canon n'implique pas que la vérité concernant Dieu et les normes de vie chrétienne doivent être cherchées uniquement dans ces documents. Mais si les chrétiens veulent se maintenir dans leur foi, prêcher une doctrine chrétienne authentique, vivre selon d'authentiques règles évangéliques, ils doivent se reporter à ces documents et conformer leurs paroles et leurs actions à ces enseignements. L'objet du canon est d'indiquer où se trouve véritablement le cœur de la foi chrétienne, car l'Église a la certitude - après des siècles d'expérimentation - que dans les documents figurant sur cette liste, la « mémoire » de l'Église de Dieu a été fidèlement conservée et transmise depuis les origines.

3.6. En outre, l'Église estime que les livres qui composent le canon sont l'œuvre de l'Esprit Saint dans l'histoire, qui garde l'Église indéfectiblement attachée à la révélation dévoilée dans l'histoire du Peuple de Dieu et accomplie finalement en Jésus Christ. Ainsi, l'établissement du canon a été en même temps un acte d'obéissance et d'autorité. En obéissance à l'Esprit Saint, l'Église a reconnu les livres qui contenaient le témoignage apostolique authentique et a légitimement arrêté de faire de ces livres sa norme.

3.7. En maintenant l'Ancien et le Nouveau Testaments unis dans ce canon de textes inspirés, l'Église montre qu'elle reconnaît les liens existant entre les livres hérités de la communauté juive et ceux qui conservent la mémoire de l'Église concernant Jésus Christ. Et en maintenant les textes du Nouveau Testament unis dans leur variété riche mais limitée, l'Église montre que la diversité que l'on y trouve est conciliable avec la koinonia de tous les fidèles en « un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » (Ep 4, 5). Le canon est ainsi un symbole d'unité dans la diversité de la vie de l'Église; il fait en outre partie de ce qui est donné dans cette vie.

3.8. La formation du canon a été un processus de discernement ecclésial qui a duré de nombreuses années et impliqué plusieurs aspects de la vie de l'Église. Aujourd'hui, catholiques et Disciples reconnaissent l'importance de ce processus et les critères qui ont joué un rôle, au moins implicitement, dans le choix des livres devant être inclus ou non dans le canon. Ces critères comprenaient l'apostolicité, la conformité à l'Évangile du salut en Jésus Christ et leur utilisation durant les célébrations liturgiques. Mais ces critères reliés entre eux n'agissaient pas de manière isolée durant le processus de discernement de l'Église.

3.9. Bien que des listes officielles aient été autorisées par des Églises locales dès le deuxième siècle, ce n'est qu'en 1442 que le canon a été inséré dans un décret conciliaire, lorsque le Concile de Florence a établi la liste du canon dans le cadre de sa déclaration sur l'union avec les coptes. Bien que beaucoup de temps se soit écoulé depuis le processus de création du canon par l'Église primitive, le centre ou cœur du canon n'a jamais été mis en question. Les désaccords entre les réformateurs et le Concile de Trente au sujet du canon de l'Écriture portaient uniquement sur les marges quelque peu imprécises du canon de l'Ancien Testament.[3] Les différences entre catholiques et Disciples concernant le nombre de livres dans l'Ancien Testament ne constituent pas nécessairement un motif de division.

3.10. Il existe un rapport étroit entre le canon des Écritures et l'unité de l'Église. Parce qu'elle est commune à tous les chrétiens, la Bible les unit les uns aux autres lorsqu'ils lisent et proclament la même Parole de Dieu reçue de l'Église des apôtres. La diversité de la Bible permet en outre de comprendre pourquoi les diverses communautés chrétiennes ont été amenées à mettre un accent différent sur certains aspects de la même Parole de Dieu. Le canon des Écritures détermine et étaye la foi de nos deux communions, de sorte que catholiques et Disciples ne cessent de se reconnaître réciproquement comme des frères et des sœurs en Christ.

Les conciles et la déclaration de foi

3.11. Disciples et catholiques ont en commun le désir de maintenir l'accent mis sur l'unité de l'Église, qui avait caractérisé la période patristique de son histoire. Pour les catholiques, les auteurs patristiques sont des témoins de la Tradition investis d'une autorité spéciale parce que leurs intuitions constituantes sur les enseignements trinitaires, christologiques et sacramentels essentiels ont été reçus par l'Église, notamment dans les grands conciles. De leur côté, les Disciples ont reçu les principaux enseignements de la période patristique sans nécessairement en utiliser les textes de manière explicite. De toute façon, la plupart de leurs théologiens se réfèrent moins aux auteurs patristiques, aux conciles et aux Credo que ne le font les catholiques.

3.12. Catholiques et Disciples sont d'accord pour reconnaître que les définitions théologiques des sept premiers conciles œcuméniques font partie de l'histoire commune de l'Église. Dans ces conciles, l'Église réagissait à de nouvelles controverses sur le contenu de sa foi et cherchait à maintenir l'enseignement authentique reçu des apôtres.

3.13. Nous avons constaté que les points d'accord sur ces sept premiers conciles sont beaucoup plus nombreux que nous ne l'avions cru auparavant. Ensemble, Disciples et catholiques reconnaissent les sept premiers conciles comme d'authentiques assemblées de l'Église habilitées à parler au nom de toute l'Église, et ce pour quatre raisons principales:

a) Les conciles ont énoncé et défini le mystère du Dieu Trinité manifesté dans l'histoire et révélé en Christ Jésus, que l'Église doit proclamer « jusqu'à son retour ».

b) Les conciles étaient conscients de la présence du Christ au milieu d'eux, parce qu'ils étaient réunis en son nom. Dans leurs enseignements reçus par l'Église, ils sont toujours restés « sous l'Évangile »: l'Esprit Saint était à l'œuvre dans la communauté pour la garder en communion authentique avec ce que le Christ a fait et enseigné, malgré les tactiques parfois discutables de certains des participants.

c) Dans leurs décisions les conciles ont respecté et sauvegardé la diversité de traditions présente dans les Écritures. Comme le prouvent les conciles de Nicée et de Chalcédoine eux-mêmes, les conciles se voulaient uniquement au service des Écritures. Les définitions conciliaires n'entendaient pas se substituer au langage des auteurs du Nouveau Testament; elles précisaient et rendaient explicites les principales affirmations des Écritures.

d) Les conciles rassemblaient les évêques, considérés comme les successeurs de la communauté apostolique. Présidant l'Eucharistie en tant que responsables de leurs communautés, ils incarnaient en quelque sorte leurs Églises particulières et à ce titre ils pouvaient parler en leur nom au cours du processus de clarification ou de définition de la foi. Après les conciles, les évêques étaient chargés d'interpréter les décisions conciliaires à leurs Églises. Toutes les Églises locales étaient impliquées dans les décisions conciliaires à travers l'ultérieure réception de celles-ci.

3.14. Les catholiques estiment que leur vie continue d'être réglementée par le travail des sept conciles œcuméniques célébrés et reçus conjointement par les Églises d'Orient et d'Occident. L'Église catholique est convaincue que certains de ses conciles provinciaux et ses conciles généraux réunis après la séparation entre l'Occident et l'Orient et les divisions de la Réforme, sont des instruments providentiels que l'Esprit de Dieu utilise afin que le Peuple de Dieu reste fidèle à l'Évangile. L'Église catholique affirme en outre que lorsque le collège épiscopal est réuni en concile œcuménique, confirmé ou tout au moins reconnu comme tel par l'Évêque de Rome, il est habilité à définir une doctrine comme étant divinement révélée et devant être acceptée en observance de foi.

3.15. La situation n'est pas la même pour les communautés des Disciples. Les Disciples reconnaissent sans doute que leur vie continue d'être réglementée par un grand nombre de déclarations et de décisions des conciles - les sept conciles œcuméniques et quelques conciles généraux de l'Occident tenus avant la Réforme. La tradition des Disciples n'a jamais adopté les positions théologiques condamnées par les premiers conciles œcuméniques. Les Disciples estiment que les définitions chronologiques et trinitaires conciliaires appartiennent à l'oikonomia (ordre) providentielle qui maintient l'Église de Dieu dans le chemin de l'Évangile et la préserve de graves distorsions lorsqu'elle confesse le Christ Jésus, le Sauveur. Dans la mesure où ils ont accepté les décisions de ces conciles, les Disciples en ont reconnu l'autorité.

3.16. La première génération de responsables des Disciples critiquait la façon dont les professions de foi étaient utilisées comme critères d'une communauté fraternelle, en particulier à la table de communion. Les principales cibles de leurs critiques étaient les professions de foi réformées et celles qui ont suivi, telles que la Confession de Westminster et le Témoignage de Sécession,[4] plutôt que le Symbole des Apôtres ou la profession de foi de Nicée. La devise « Pas de credo, mais le Christ » n'entendait pas exclure l'utilisation des Credo dans l'enseignement de la foi. Cependant, les Disciples ont préféré utiliser les professions de foi du Nouveau Testament; ils soulignent la dépendance des Credo conciliaires envers le Nouveau Testament.

3.17. Aujourd'hui, Disciples et catholiques recourent aux enseignements fondamentaux des sept premiers conciles pour juger les idées ou les pratiques nouvelles proposées dans nos Églises. Ces enseignements conciliaires fixent les limites dans lesquelles doit être cherchée toute interprétation fidèle de l'Évangile. Par exemple, on peut recourir à une grande variété de compréhensions théologiques du Christ pour la prédication et l'enseignement, mais une compréhension du Christ contraire à l'enseignement de Nicée ou de Chalcédoine n'est pas acceptable. En même temps, l'affirmation des enseignements de ces conciles n'implique pas l'affirmation de leur vision ni de leur conception de la structure du monde. Catholiques et Disciples reconnaissent qu'aucune déclaration n'épuise le mystère de Dieu auquel elle se réfère et que les tentatives d'exprimer en langage humain le mystère de l'œuvre salvifique de Dieu pour l'humanité sont susceptibles d'être reformulées. Une distinction peut être faite entre le langage dans lequel les définitions conciliaires sont exprimées et la réalité à laquelle elles rendent témoignage. Il peut être nécessaire, en des périodes ultérieures, de formuler cette réalité en des termes différents, mais le nouvel énoncé devra toujours être fidèle à la vérité conçue à l'origine et non pas la contredire. En fait, les conciles montrent que, pour l'Église, de nouveaux énoncés sont parfois nécessaires, précisément pour rester dans la continuité de la foi qu'elle a reçue.

3.18. L’engagement œcuménique du Concile Vatican II est aujourd'hui une invitation aux Disciples à examiner avec les catholiques ce qui peut être reçu en plus dans l'héritage des conciles. Le dialogue œcuménique est devenu l'un des canaux les plus importants pour la diffusion et la réception de l'enseignement conciliaire, et grâce à ce dialogue, les Disciples sont plus disposés que par le passé à utiliser le Credo nicéen dans la célébration de l'Eucharistie, comme le font les catholiques. En effet, de nos jours, quelques congrégations de Disciples ont entrepris un processus de « re-réception » des formulations doctrinales des premiers conciles. Toutefois, la pleine réception des travaux conciliaires se fera d'une manière naturelle qui se reflètera dans l'enseignement et dans le culte quotidien de l'Église.

3.19. L’histoire des conciles révèle que c'est Dieu qui les guidait, mais on peut y observer également l'inclination de l'homme au péché et sa fragilité. Les conciles n'ont parfois pas su vaincre les divisions. Néanmoins, l'histoire du processus conciliaire lui-même rend justice à nos Églises d'avoir résolu une série de problèmes qui menaçaient l'unité de foi de l'Église. L’héritage des conciles montre qu'il est possible de conserver une foi commune à côté d'une diversité d'interprétations théologiques. Disciples et catholiques peuvent tirer un espoir de la lutte pour l'unité contenue dans cet héritage des conciles.

Discerner l'Évangile à chaque époque

3.20. En découvrant de nombreux points d'entente inattendus concernant le canon des Écritures, les conciles œcuméniques et la déclaration de foi, la Commission a également constaté l'existence d'accords sur le processus par lequel ces points ont été reçus dans la vie et dans l'enseignement de l'Église. En fait, ce processus de discernement de l'Évangile est essentiel pour la vie de l'Église en raison de ce que Dieu a fait « pour nous et pour notre salut » (Credo nicéen).

3.21. Les chrétiens affirment que Dieu a agi et est effectivement entré dans l'histoire par Jésus Christ. En vivant en Christ, l'Église est une réalité à la fois eschatologique et historique. L’Église fait partie de la réalité du salut et de l'oikonomia (ordre) révélée dans l'incarnation du Fils de Dieu qui s'est fait chair en une humanité authentique et concrète, marquée par son contexte historique et culturel.

3.22. Le discernement du sens de la vérité révélée et des impératifs de la volonté du Christ pour son peuple se situe dans ce contexte historique. Il ne peut être séparé des contingences de la dépendance humaine à l'égard de l'histoire. Le temps offre à l'Église l'occasion de distinguer, dans sa tradition, les développements authentiques de ceux qui ne le sont pas.

3.23. Le discernement et la réception de la Parole de Vérité sont des fruits du sensus fidei (le sens de la foi) présent dans tous les fidèles. Il fait partie de leur être chrétien. L’Esprit accorde ce sensus fidei à tous les croyants baptisés, en même temps qu'une diversité de charismes. Parmi ceux-ci sont les dons liés aux fonctions d'episkope (supervision), d'enseignement, d'étude de la signification de la Parole révélée et de recherche. (Le processus d'enseignement autorisé est examiné dans les §§ 4.9-4.16) ..

3.24. Cette signification ne résulte pas d'une simple addition de perceptions individuelles. Elle est le fruit de la communion de tous ces différents charismes qui expriment la pensée de l'ensemble du Corps du Christ, à travers un processus de réception mutuelle. Pour être authentique, un accord ecclésial en matière de foi doit comprendre les ministres ordonnés chargés de l'enseignement dans l'Église, les spécialistes à l'œuvre dans la communauté de foi, et la collectivité des fidèles qui reçoivent et célèbrent ce consensus dans le culte et par le témoignage.

3.25. Disciples et catholiques reconnaissent que l'Église doit toujours être sensible aux problèmes contemporains et à la diversité de cultures en discernant les développements authentiques dans sa compréhension de l'Évangile. Les éléments préjudiciables à l'Évangile doivent être distingués des perceptions nécessaires à son effective proclamation en un temps et lieu donnés. Tout au long de son histoire, dans chaque changement de situation l'Église est sujette au jugement de Dieu.

3.26. Dans de nombreux cas, un discernement immédiat est impossible parce que la communauté comme telle doit être impliquée dans le dynamisme complexe de réception. Disciples et catholiques reconnaissent l'importance, pour une authentique compréhension des Écritures, de la manière dont l'Évangile a été reçu et transmis de génération en génération. Ils constatent qu'il existe dans l'Église un processus de développement dans la compréhension de la doctrine, que l'on peut retrouver le long de l'histoire. La réception joue un rôle primordial dans ce processus continu. Disciples et catholiques ne sont pas unanimes sur les différentes manières dont la réception a lieu, mais ils reconnaissent qu'elle est nécessaire.

4. RECEVOIR LA FOI: L’INDIVIDU DANS LA COMMUNAUTÉ

4.1. Recevoir la foi des générations précédentes est un processus important et complexe. À travers la vie et l'enseignement de l'Église, chaque génération s'efforce de connaître le sens et les implications de l'observance de la Parole de Dieu ici et maintenant. À ce propos, Disciples et catholiques soulignent de manière différente l'importance relative attribuée d'une part au discernement et à la conscience, et d'autre part à la pensée communautaire de l'Église. Dans L'Église comme communion dans le Christ nous avons écrit: « Les catholiques ont la conviction que, bien qu'ils doivent décider pour eux-mêmes, ils ne peuvent pas décider par eux-mêmes. De leur côté, les Disciples ont la conviction que, bien qu'ils ne puissent pas décider par eux-mêmes, ils doivent décider pour eux-mêmes » (§ 16). Cette différence est examinée de façon plus approfondie dans cette même section. Néanmoins, Disciples et catholiques reconnaissent que l'observance de la Parole de Dieu doit avoir la priorité.

Conscience, liberté et existence en Christ

4.2. L'Église a pour mission de proclamer la Parole de Dieu. Dans l'accomplissement de cette mission, l'Église respecte la liberté de chaque être humain créé « à l'image et à la ressemblance de Dieu » (cf. Gn 1, 26-27). Catholiques et Disciples reconnaissent que l'Église affirme la liberté de chaque personne; mais qu'elle a également la responsabilité d'aider ses membres à prendre des décisions en connaissance de cause, à ne pas utiliser improprement la liberté qui est un don de Dieu, mais de l'employer à faire la volonté de Dieu.

4.3. L’examen de la liberté chrétienne implique nécessairement un examen du rôle de la conscience en matière de foi. Car les personnes doivent être convaincues de l'enseignement qu'elles reçoivent. Les paroles de saint Paul nous viennent à l'esprit, « Garde pour toi, devant Dieu, la conviction que la foi te donne » (Rm 14, 22).

4.4. Quel est le rôle de la conscience en matière de foi? Disciples et catholiques reconnaissent que ce que nous appelons conscience humaine est bien représentée par l'image classique d'une voix de Dieu présente dans le cœur de chaque être humain. C'est ce que montre saint Paul lorsqu'il écrit, en parlant de la position des gentils sur la loi mosaïque: « Ils montrent que l'œuvre voulue par la loi est inscrite dans leur cœur: leur conscience en témoigne également » (Rm 2, 15). La conscience peut aussi être considérée comme une perception spirituelle de ce qui est conforme à la dignité de « l'image de Dieu» et de ce qui doit être fait selon cette dignité. Ce premier niveau de conscience est l'œuvre de Dieu et, bien que le péché puisse obscurcir la conscience, il ne peut pas la détruire.

4.5. L’Église possède une vérité qu'elle doit enseigner et que ses membres ne peuvent découvrir par eux-mêmes: elle a été révélée dans la personne et dans l'œuvre de Jésus Christ et elle est conservée dans la mémoire que garde la communauté des croyants. Pour dire un libre Oui humain à l'Évangile, les chrétiens ont besoin de savoir à qui et à quoi ils sont appelés à dire Oui. En fait, ils restent libres de dire Oui ou Non. C'est à eux qu'il appartient de se former une conscience ouverte à la Parole de Dieu. Rien ne peut les obliger à agir contre leur perception de la volonté de Dieu. Famille, école, amis et culture, tous jouent un rôle en influençant les décisions humaines. Parce que l'Église a reçu de Dieu la mission d'enseigner l'Évangile, son devoir est d'aider ses membres à prendre à leur compte la foi de l'Église afin d'en informer leur conscience. C'est donc le deuxième niveau de conscience chrétienne - donner une réponse raisonnée à la révélation de Dieu en Jésus Christ.

4.6. Au cours de l'histoire de l'Église, des individus ou des groupes agissant en observance de la Parole de Dieu selon leur propre discernement, ont parfois été en désaccord avec l'enseignement ou la pratique courants. Disciples et catholiques réagissent de façon différente à cette situation. Les communautés des Disciples ont pris naissance parce que leurs responsables refusaient les restrictions imposées par les presbytériens pour accéder à la Table du Seigneur. Ce souvenir à conditionné leur attitude au sujet du désaccord sur les idées courantes. L’histoire de l'Église catholique, par sa nature, n'a pas ce genre de mémoire prééminente; d'ailleurs elle met fortement l'accent sur la valeur de l'unité. Une réflexion et un approfondissement ultérieurs seront .nécessaires en ce qui concerne ces différences. Disciples et catholiques admettent néanmoins que dans l'histoire de l'Église, certains groupes ont apporté un témoignage important et prophétique qui n'a pas été immédiatement reconnu.

4.7. S'ils veulent vivre en harmonie avec Dieu, hommes et femmes doivent écouter et observer la voix de leur conscience informée et éclairée par la Parole de Dieu, soutenue par les dons de l'Esprit Saint et les conseils de prudence, et guidée par l'enseignement de l'Église. Les chrétiens répondent à l'Évangile comme les premiers disciples ont répondu à l'appel du Christ; mais comme les premiers disciples, ils découvrent la vérité de ces paroles de Jésus: « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, c'est moi qui vous ai choisis » (ln 15, 16). De cette façon, il sont guidés vers la paix et la félicité du Royaume pour lequel ils ont été créés et sauvés.

4.8. Le débat de la Commission a été utile pour dissiper d'anciens stéréotypes, comme l'idée que dans l'Église catholique il n'y a pas place pour la liberté de conscience, ou l'idée que les Disciples ne fixent aucune limite à cette liberté. Les deux communions enseignent que la liberté de conscience existe, et toutes deux voient des limites à son exercice dans la communauté. Cette constatation mène à un accord sur deux points importants. Disciples et catholiques reconnaissent que l'engagement à l'Évangile doit être pris librement. Ils reconnaissent en outre que vivre une vie chrétienne est un processus continu de réception de l'enseignement transmis dans l'Église, de vie conforme à cet enseignement, de décisions personnelles formées elles-mêmes par la vie en communion avec d'autres croyants.

Autorité de l'enseignement

4.9. Disciples du Christ et catholiques reconnaissent que l'expression fidèle et véridique de l'Évangile est convaincante en soi parce que son autorité lui vient de Dieu. Les membres des deux communions reconnaissent en outre que le discernement du sens authentique de la Parole révélée appartient à toute la communauté et que certains de ses membres sont appelés et habilités par l'Esprit à enseigner la Parole de Dieu. Ces personnes sont les pasteurs. L'Église comme communion dans le Christ a déclaré que « le ministère ordonné reçoit expressément le charisme de discerner, de déclarer et de promouvoir ce qui est contenu dans la mémoire authentique de l'Église » (§ 45). Les ministres ordonnés ont la mission spécifique d'enseigner l'Église enseignante; leur rôle d'enseignant est leur principal devoir pastoral. D'un autre côté, catholiques et Disciples situent et représentent l'exercice de l'autorité ministérielle de façons différentes.

4.10. Pour les catholiques le discernement du sens authentique de la Parole révélée s'exprime en particulier dans le charisme du ministère ordonné. L’unité du ministère ordonné est dans la communion de l'évêque avec les autres évêques et a l'appui de l'évêque de Rome. De sorte que l'autorité magistérielle est intimement liée à toutes les Églises en communion avec la tradition apostolique. Dans le sacrement de l'ordre, les évêques sont chargés de « prêcher l'Évangile fidèlement et continuellement..., en conservant le dépôt de la foi dans son authenticité et son intégrité selon la tradition transmise toujours et partout depuis les apôtres ». En outre, leur service de la foi va de la prédication et de la pastorale à la célébration' des sacrements, qui culmine dans l'Eucharistie.

4.11. Pour les Disciples, cet enseignement est la fonction de ministres ordonnés qui ont reçu une formation théologique. Ce sont des personnes fidèles, possédant les qualités requises pour transmettre les récits apostoliques des enseignements du Christ et d'en enseigner correctement le contenu. Alexander Campbell a dit que « c'est effectivement l'Esprit Saint et non pas les congrégations qui crée les évêques et les diacres. L’Esprit confère les qualités tant naturelles qu'acquises » (Le système chrétien, p. 185). La fonction de ceux que la première génération de Disciples appelait évêques (bien que ce titre ait été abandonné par la suite) ou anciens se rapportait spécifiquement à l'enseignement et à la supervision au sein d'une congrégation locale particulière. Cette fonction s'est développée de manière différente dans les divers pays.[5] Les ministres locaux n'enseignent pas seuls mais en consultation avec leurs collègues. Ils utilisent du matériel didactique préparé au niveau régional, national ou international, souvent en collaboration avec d'autres Églises.

4.12. Dans l'Église catholique, les évêques en communion avec l'évêque de Rome sont chargés de l'enseignement ordinaire de l'Église. L'objet de cet enseignement n'est pas seulement d'informer les fidèles, mais également de former leurs consciences afin qu'ils puissent prendre des décisions responsables, étant assurés d'agir conformément à la volonté de Dieu. Le charisme particulier de l'évêque est de maintenir l'Église dont il a la charge en communion avec toute l'Église. Ainsi, certains évêques sont parfois nécessairement prudents en abordant de nouvelles expressions de la foi. L'Église catholique a un ministère magistériel clairement défini qui, surtout à notre époque et après d'opportunes consultations, a pris position dans un nombre croissant de défis et de problèmes nouveaux. La vie catholique comporte entre autres la compréhension de ces explications fournies par le ministère magistériel du moment, et également de leurs différents niveaux d'autorité. Ainsi, les catholiques sont assurés de l'authenticité de la foi lorsque les évêques impartissent l'enseignement en communion avec l'évêque de Rome et avec les autres évêques.

4.13. Chez les Disciples, l'enseignement de l'Église est confié aux ministres des congrégations locales, et toute la communauté est encouragée à lire et à étudier journellement les Écritures. Après la profession de foi au Christ célébrée dans le baptême, les membres sont nourris par la fréquentation régulière de l'Église et la participation à la Cène du Seigneur. Les Disciples attendent des ministres ordonnés qu'ils enseignent une foi commune, qui tienne compte du consensus œcuménique partagé par d'autres Églises avec lesquelles ils sont en communion fraternelle. Les personnes chargées d'une fonction de supervision régionale s'appliquent également à maintenir leurs congrégations en communion avec l'ensemble de la communauté des Disciples; ils doivent aborder avec prudence l'enseignement de toute idée nouvelle. Mais sur un grand nombre de sujets, les Disciples sont moins disposés que les catholiques à impartir un enseignement officiel. Ils cherchent rarement à fixer une position officielle lorsqu'une question est en discussion et préfèrent parfois laisser la question en suspens jusqu'à ce que le temps, le débat et sa poursuite au sein de la communauté n'aboutissent à un consensus. Il s'agit d'une importante différence dans le mode d'enseignement. À part cela, les membres de l'Église ont une marge considérable de liberté et de responsabilité personnelle pour adopter leur propre modèle de vie de disciple selon leur conscience.

4.14. Tant chez les Disciples que chez les catholiques, l'enseignement est donné dans certaines limites ou démarcations acceptées par la communauté. Il existe toutefois des différences d'accentuation. Les catholiques ont souligné le fait que les personnes qui proposent une nouvelle interprétation d'un point quelconque, ne peuvent ignorer la foi que l'Église a reçue par l'intermédiaire de l'Esprit Saint. Étant donné que la communauté de foi a la précédence sur l'individu, quiconque propose de nouvelles interprétations de l'enseignement chrétien doit être disposé à accepter le discernement de la communauté à ce sujet. Le discernement communautaire, dans lequel le ministère magistériel joue un rôle particulier, fait fonction de discipline dans le cadre de laquelle le théologien est tenu d'effectuer son travail. Un nouveau consensus peut graduellement émerger. Le processus des Disciples encourage à poursuivre les conversations pendant que l'Église s'efforce de définir les expressions de la foi qui montrent le mieux un net rapport avec la foi dont témoigne le Nouveau Testament. Pour répondre à ceux dont les idées ou les pratiques au sujet de la foi semblent en dehors des normes communes, le processus suivi est avant tout d'ordre pastoral.

4.15. Dans les deux communions, surtout lorsque des questions doctrinales et pastorales cruciales sont en jeu, c'est l'autorité des pasteurs, guidée par l'Esprit Saint, qui est l'instrument de Dieu pour maintenir la communauté dans le bon chemin. C'est à eux qu'il incombe de montrer comment leur enseignement est en communion avec la foi des générations précédentes. Néanmoins, évêques et pasteurs doivent non seulement être conscients des besoins de la communauté, mais ils doivent également mesurer les diverses perceptions des personnes et « recevoir » ces perceptions qui sont une expression authentique du sensus fidei (sens de la foi) de toute l'Église de Dieu. Leur charisme pastoral comporte ce que la tradition catholique appelle « prudence pastorale », qui leur permet de ne pas séparer la vérité évangélique authentique de la situation concrète de leur troupeau dans l'ensemble du Peuple de Dieu. Les Disciples ont employé le terme « sens commun », c'est-à-dire le sens commun de la communauté des fidèles. Cette prudence et ce sens commun obligent les pasteurs à enseigner toujours conformément à la foi commune de toutes les communautés chrétiennes avec lesquelles ils sont en communion.

4.16. Pour les Disciples comme pour les catholiques, l'autorité de l'enseignement de l'Église découle d'une combinaison d'éléments: vérités de la révélation, argumentations théologiques basées sur ces vérités afin d'orienter la pensée et le comportement humains, position et expérience des responsables de l'enseignement, et réception par l'ensemble de l'Église. Toutefois, l'importance relative attribuée à ces éléments par les catholiques et les Disciples est différente. Ainsi, les affirmations au sujet de l'autorité de l'Église en matière de conscience ne sont pas les mêmes dans nos deux communautés. Dans l'Église catholique, les ministres chargés d'une supervision épiscopale ou primatiale et du ministère magistériel conféré par l'ordination, peuvent parfois prendre des décisions qui ont force obligatoire pour la conscience des catholiques. Pour les Disciples, la supervision appartient en dernière instance à l'Assemblée ou Conférence générale (comprenant aussi bien des ministres que d'autres membres de l'Église), mais ses décisions n'ont pas de caractère obligatoire pour la conscience des membres. La Commission devra encore réfléchir pour savoir si ces différences d'accent peuvent être maintenues ensemble dans l'unique Corps du Christ.

5. TRANSMETTRE LA FOI : MISSION DE TOUTE L'ÉGLISE

Préparation des fidèles à l'évangélisation

5.1. Le Christ a confié à toute l'Église le mandat de transmettre, d'enseigner et de nourrir la foi. Par le baptême, tous les membres du Corps du Christ prennent part à la dignité et à la mission du Christ - prophète, prêtre et roi. C'est pourquoi ils sont sans cesse appelés à recevoir et à comprendre correctement la Parole de Dieu. En outre, parce qu'ils sont unis en communion avec le Père et entre eux, comme l'a déclaré la Commission dans L'Église comme communion dans le Christ, les membres de l'Église « sont appelés à vivre de telle façon que, malgré leurs échecs et leurs faiblesses, cette communion soit visible et constamment à la recherche d'une réalisation plus parfaite » (§ 47).

5.2. Le fait d'être unis en une même mission renforce notre sentiment commun qu'aucun enseignement de la foi ne peut jamais être une tâche entièrement solitaire. L'enseignement de la foi se fait dans plusieurs contextes: la mère ou le père affectueux apprennent à prier à leur enfant; les maîtres des écoles du dimanche et les catéchistes s'appliquent à répondre aux questions posées par les jeunes et les adultes; les professeurs des universités et des séminaires instruisent les futurs ministres et responsables laïcs; les évêques catholiques romains exercent leur ministère en tant qu'enseignants de la foi; les Disciples chargés d'une fonction de supervision régionale guident les congrégations dans les controverses au sein de l'Église, etc. Toutes ces expériences d'enseignement et d'apprentissage approfondissent et renforcent la communion ecclésiale que nous avons en Christ. Cette vision du mandat confié à toute l'Église est essentielle pour nos deux communions.

5.3. Normalement, la foi est enseignée aux jeunes générations dans la famille, surtout grâce aux charismes que Dieu accorde aux parents croyants. C'est à eux qu'il incombe d'aider l'enfant à faire ses premières expériences d'amour et de constante sollicitude. Ces expériences peuvent l'aider à se considérer lui-même comme enfant de Dieu. Lorsque les parents apprennent explicitement la vérité chrétienne à leurs enfants et lorsqu'ils les aident à se former dans la vertu, ils procèdent de manière à créer en eux une conscience chrétienne. Mais ils le font également à travers les exemples qu'ils offrent eux-mêmes en s'appliquant visiblement à vivre une vie conforme à l'Évangile et en procurant à leurs enfants des occasions de connaître d'autres témoignages de vie chrétienne authentique. Catholiques et Disciples estiment que la fonction des parents a ses racines dans la grâce de Dieu. L'Église catholique souligne le fait que cette grâce est un don particulier du sacrement de mariage et qu'en conséquence elle fait intégralement partie de la vie sacramentelle de l'Église.

5.4. Dans les communautés catholiques et dans celles des Disciples, l'initiation et l'enseignement systématiques des matières essentielles de la foi (catéchèse) par les écoles du dimanche et les programmes catéchétiques, jouent un rôle important. Les écoles de l'Église catholique, souvent fondées et desservies par des ordres ou des congrégations de religieux avec l'assentiment officiel des évêques ou du Siège de Rome, remplissent une fonction primordiale. Le Catéchisme de l'Église catholique, exposé autorisé de l'unique tradition apostolique et norme sûre pour l'enseignement de la foi, est utilisé par les différentes conférences épiscopales qui l'ont adapté à leur situation locale, mais toujours en conformité avec l'enseignement commun à toutes les Églises particulières en communion avec le Siège de Rome. La discipline du sacrement de pénitence et de la participation à la liturgie eucharistique, selon l'année liturgique chrétienne, en rappelant constamment l'exemple de Marie et des saints, est également une importante occasion d'instruction catéchétique dans le contexte de la prière. La préparation pastorale au baptême, au mariage et à la mort en est une autre. La responsabilité de la catéchèse, que partagent tous les baptisés, est exercée par les évêques d'une manière qui appartient uniquement à leur ministère. Parmi les Disciples, le modèle de culte courant, y compris la célébration hebdomadaire de la Cène du Seigneur et la prédication, est une occasion d'approfondissement et d'instruction spirituels. Outre la prédication, les ministres enseignent aux classes des écoles du dimanche et préparent les candidats au baptême. Les classes d'adultes des écoles de l'Église et les associations de femmes et de jeunes gens forment des personnes compétentes capables de nourrir la foi chrétienne. De diverses façons, nos deux traditions permettent aux différentes personnes d'approfondir pour eux-mêmes les implications de leur condition de disciple et de partager leurs expériences avec d'autres.

5.5. Dans nos deux communions, enseignants, théologiens et experts dans les universités, les séminaires et autres institutions, travaillent non seulement à rechercher la juste connaissance des sources de la foi ou de l'histoire de sa transmission, mais également à former les enseignants. Les auteurs d'ouvrages spirituels peuvent, eux aussi, apporter une importante contribution à la vie des fidèles.

5.6. Le principal critère de l'enseignement de l'Église est sa fidélité à l'Évangile. Enseigner la foi est quelque chose de plus que communiquer le contenu d'un catéchisme ou d'un livre sur l'histoire et la doctrine de la Bible. Cet enseignement est inséparable du témoignage d'une vie de foi et d'authentique dévotion à Dieu et à l'Église. Ici l'autorité procède de la grâce baptismale et eucharistique qui agit dans la vie des chrétiens, surtout de ceux dont la fidélité capte l'imagination de la communauté. La conversion au Christ est un processus qui dure toute la vie, et dans l'Église, les chrétiens sont très souvent stimulés à recevoir l'Évangile dans toute sa plénitude.

5.7. L'Église est elle-même continuellement appelée à recevoir la plénitude de l'Évangile. C'est normalement le fruit d'un long processus d'interaction au sein de la communauté. Toutefois, il peut y avoir des occasions où une décision immédiate doit être prise pour le bien de l'Évangile. Ce fut le cas lorsque l'Église primitive décida d'admettre les chrétiens non juifs sans exiger d'eux de se conformer à toute la loi hébraïque; en des siècles plus récents, un autre exemple peut être la décision prise par certains chrétiens de s'opposer à l'esclavage sans attendre le consentement de l'Église. Le processus de discernement peut être valorisé lorsque les voix d'autres communautés chrétiennes et les perceptions du travail œcuménique sont prises en considération. L'enseignement évangélique et l'expérience de l'Évangile d'une certaine communion peuvent évoquer un aspect de la foi ou de la pratique chrétienne que d'autres communions avaient négligé et qui sont donc appelées à le « recevoir ». Les implications pour notre compréhension de la communion exigent un ultérieur et patient débat.

Evangélisation par la parole et le témoignage

5.8. En Jésus Christ la vérité de Dieu est entrée dans le monde d'une manière historiquement inégalable et définitive. Cette nouvelle est libératrice et vivifiante, mais elle est également exigeante; c'est à la fois un don et un appel. La Bonne Nouvelle convie à la foi en celui qui est mort et que Dieu a ressuscité à nouvelle vie; elle convie au repentir et à une transformation radicale de la vie. Cette proclamation de la Bonne Nouvelle est ce que l'on entend par évangélisme et évangélisation. L'Église est par sa nature une communauté missionnaire, une communauté de ceux qui sont envoyés par Dieu dans le monde pour participer à la proclamation de la bonne nouvelle (Mc 16, 15-16). Sa proclamation de l'Évangile par la prédication et la célébration des sacrements exige un engagement délibéré dans le travail d'évangélisation. Le message doit être communiqué verbalement à ceux qui ne l'ont jamais entendu, à ceux qui l'ont entendu mais qui ne participent plus activement à la vie de l'Église et à ceux qui continuent d'informer leur vie dans et par l'Église.

5.9. La parole et le récit ne sont pas les seuls moyens d'évangéliser. Le témoignage d'une vie de sainteté, soutenue par l'Eucharistie, est également une partie intégrante de la mission de l'Église. La Bonne Nouvelle de Dieu peut être exprimée par une vie de sacrifices et par des actes de miséricorde avant qu'aucune parole ne soit prononcée. Le témoignage authentique de l'Évangile a lieu à travers une vie de fidélité à Dieu, soutenue par la prière, l'abnégation et les actions charitables.

5.10. L'évangélisation, qui introduit les personnes dans une communion vivifiante avec Dieu et avec d'autres, exige tant des paroles persuasives qu'une expression valable de la nouvelle vie qui est offerte. Ceux qui sont amenés à professer l'Évangile montreront également que leur vie est passée du souci de soi à l'amour du prochain. Aujourd'hui, un tel amour conduira au témoignage rendu à la cause de la justice. Lorsque l'Église chrétienne (Disciples du Christ) des États-Unis et du Canada a approuvé les nouveaux principes de sa Division des Ministères d'outre-mer en 1981, elle a déclaré que « l'évangélisme est incomplet si les actes ne correspondent pas à la proclamation. En fait, dans certains contextes, les actes sont la seule proclamation possible ». Le Pape Jean-Paul II a déclaré que « par le message évangélique, l'Église apporte un force qui libère et qui agit en faveur du développement, précisément parce qu'il amène à la conversion du cœur et de l'esprit, parce qu'il fait reconnaître la dignité de chacun, parce qu'il dispose à la solidarité, à l'engagement, au service d'autrui et qu'il insère l'homme dans le projet de Dieu, qui est de construire un Royaume de paix et de justice dès cette vie ». (Redemptoris missio, § 59). Par conséquent, Disciples et catholiques romains reconnaissent que l'Église doit être une communauté dont les structures facilitent l'évangélisation et un témoin crédible de l'Évangile qu'elle proclame.

5.11. Tous les chrétiens sont appelés à participer à l'œuvre d'évangélisation, bien que certains d'entre eux se chargent d'un rôle particulier. Parents et enseignants transmettent la foi aux enfants; les ordres religieux consacrés à l'évangélisation émergent; les sociétés missionnaires encouragent et soutiennent le travail; les écoles chrétiennes, les mouvements de jeunesse et les organisations d'adultes laïques entrent en scène pour accomplir des tâches spécifiques. À travers tous ces efforts le travail d'évangélisation se renforce. Les ministres ordonnés ont spécialement la charge de guider et de faire progresser la communauté. En outre, le ministère magistériel soutient le travail d'évangélisation en contribuant à l'unité de l'Église dans la foi et dans la vie. Ainsi, l'Église s'étend grâce à la création de nouvelles Églises locales par ceux qui sont engagés dans le cause de l'évangélisation. Lorsque tous ses membres travaillent de commun accord, l'Église témoigne que l'Évangile n'est pas seulement un rêve, mais qu'avec la grâce de l'Esprit il est possible de vivre selon la Parole de Dieu.

5.12. Evangélisation et unité de l'Église vont de pair. Le souci d'unir l'évangélisation et l'unité de l'Église est une caractéristique particulière des Disciples du Christ et des catholiques romains. Le Décret sur l'œcuménisme du deuxième Concile du Vatican déclare que la division des chrétiens « s'oppose ouvertement à la volonté du Christ. Elle est pour le monde un objet de scandale et elle fait obstacle à la plus sainte des causes: la prédication de l'Évangile à toute créature » (§ 1). Le Pape Jean-Paul II, dans Ut unum sint, a dit que « s'il est vrai que l'Église, sous l'impulsion de l'Esprit Saint et avec la promesse de son indéfectibilité, a prêché et prêche l'Évangile à toutes les nations, il est vrai également qu'elle doit faire face aux difficultés qui découlent des divisions » (§ 98). Thomas et Alexandre Campbell et Barton Stone, de même que des enseignants plus récents parmi les Disciples, ont exprimé de diverses manières l'importance pour les chrétiens d'être unis lorsqu'ils entreprennent le travail d'évangélisation. Stone, par exemple, a écrit que l'unité des chrétiens « est essentielle à la conversion du monde » (Christian Messenger, 1836). Nous reconnaissons ainsi que la désunion de l'Église porte atteinte à la proclamation de l'Évangile.

5.13. L’Église invite tous les hommes à la communion avec Dieu et entre eux, mais à cause de ses divisions elle ne parvient pas à manifester pleinement cette communion. Tous les fidèles rassemblés pour la célébration eucharistique sont envoyés dans le monde pour proclamer le Christ, mais nous ne pouvons pas célébrer l'Eucharistie ensemble. Cette proclamation est donc affaiblie. Au cours de ce dialogue, nous avons toujours plus reconnu que les structures et les instruments de l'unité visible de l'Église de Dieu font partie de l'observance nécessaire du commandement du Christ qui a dit: « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28, 19).

6. LE TRAVAIL FUTUR

6.1. Au cours de cette phase, la Commission n'a abordé qu'une seule des tâches indiquées dans L'Église comme communion dans le Christ, et précisément l'examen de la nature des normes de la foi dans l'histoire qui change. Les autres tâches - l'étude des questions concernant la compréhension de l'Eucharistie, la structure de l'Église rassemblée autour de l'Eucharistie et la primauté de l'évêque de Rome restent à l'ordre du jour. En avançant dans la connaissance mutuelle, nous avons également pris conscience que nous faisons et disons souvent les mêmes choses mais pour des raisons différentes. Il est nécessaire de voir si nous reconnaissons mutuellement la légitimité des diverses manières de parvenir aux mêmes pratiques ou aux mêmes conclusions. Parfois, nous faisons aussi des choses différentes pour atteindre un même but, d'où la nécessité de réfléchir au bien-fondé de cette façon d'agir.

6.2. En raison de la centralité de l'Eucharistie dans nos deux traditions, nous estimons que le temps pourrait être venu de reprendre ce sujet. Nous proposons donc qu'une autre phase de notre dialogue ait lieu et qu'elle soit centrée sur la présence du Christ dans l'Église, en se référant spécialement à l'Eucharistie. Dans L'Église comme communion dans le Christ nous avons dit: « Bien que nous soyons d'accord sur la signification et la fonction de l'Eucharistie, nous pensons qu'il nous faudra encore examiner notre pratique et notre enseignement traditionnels concernant la présence du Seigneur dans la célébration de la Cène, sa nature sacrificielle, le rôle du ministre ordonné et celui de la communauté. Cela est important, compte tenu de l'accent mis aussi bien par les Disciples que par les catholiques sur la célébration hebdomadaire de la Cène du Seigneur et de son lien avec l'unité visible des chrétiens » (§ 53a).

6.3. La troisième phase a été marquée par d'importants changements dans la composition du dialogue. S. Exc. Mgr Samuel Carter, S.I., (ex-coprésident catholique) et le R. P. Dr Kilian McDonnell, O.S.B., ont quitté la Commission. Le décès du R. P. Dr Jean-Marie R Tillard, O.P. nous a en outre privés d'un des membres fondateurs de la Commission. Nous rappelons la dette que nous avons envers eux pour leur contribution à notre travail.

Mai 2002

 

PARTICIPANTS

Disciples du Christ

Rév. Dr Paul A. Crow Jr, Indianapolis, Indiana, USA (Coprésident)
Dr M. Eugene Boring, Fort Worth, Texas, USA
Rév. Dr Bevis Byfield, Kingston, Jamaïque
Dr H. Jackson Forstman, Nashville, Tennessee, USA
Dr Nadia Lahutsky, Fort Worth, Texas, USA
Rév. Dr William Tabbernee, Tulsa, Oklahoma, USA
Rév. Dr David M. Thompson, Cambridge, Angleterre
Rév. Dr Robert K. Welsh, Indianapolis, Indiana, USA (Cosecrétaire,1999-2002)

Catholiques

S. Exc. Mgr Samuel E. Carter, SJ, Kingston, Jamaïque (Coprésident, 1993-1995)
S. Exc. Mgr Daniel M. Buechlein, O.S.B., Indianapolis, Indiana (Coprésident, 1996-2002)
S. Exc. Mgr Basil Meeking, Chicago, USA Mgr Michael Jackson, Hove, Angleterre
Rév. Dr Kilian McDonnell, O.S.B., Collegeville, Minnesota, USA (1993-1998)
Mgr Dr John P. Meier, Notre Dame, Indiana, USA
Mgr John Mutiso-Mbinda, Cité du Vatican (Cosecrétaire)
Dr Margaret O'Gara, Toronto, Canada
Rév. Dr Jean-Marie R Tillard, O.P., Ottawa, Canada (1993-2000)
Rév. Robert D. Turner, Helena, Montana, USA (Consulteur, 2000-2002)


[1] Pour cette troisième phase de nos discussions, le groupe s'est réuni dix fois: en 1993 à Rome (Italie), en 1994 à Indianapolis (Indiana, USA), en 1995 à Bose (Italie), en 1996 à Bétheny (West Virginia, USA), en 1997 à Venise (Italie), en 1998 à Aibonito (Porto Rico), en 1999 à St. Meinrad (Indiana, USA), en 2000 à Halifax (Nova Scotia, Canada), en 2001 à Rome (Italie) et en 2002 à Bose (Italie).

[2] Le terme « recevoir » est utilisé ici (et plus loin) au sens théologique se référant à l'appropriation de la foi apostolique par toute l'Église.

[3] Pendant plusieurs siècles, les juifs de différent~ pays ont utilisé des collections de livres autres que ceux de leurs Ecritures, selon que la langue employée était le grec ou l'hébreu. Ces différences ont été débattues au 16' siècle parmi les humanistes catholiques de la Renaissance et occasionnellement au cours des discussions liées à la Réforme. En 1546, le Concile de Trente a repoussé l'opinion de Luther selon laquelle le canon juif de l'Ancien Testament devait être déterminant et a confirmé la liste utilisée par le Concile de Florence. Les catholiques affirment la validité du décret du Concile de Trente selon lequel le canon comprend 46 livres de l'Ancien Testament et 27 livres du Nouveau Testament. Les Disciples du Christ, dans le sillage des Réformateurs, ont un canon comprenant 39 livres de l'Ancien Testament et 27 livres du Nouveau Testament. Du fait que les Églises de la Réforme n'ont pas reconnu le décret de Trente sur le canon, mais ont suivi les vues de Luther, les Disciples ont hérité du canon utilisé par les réformés, qui contient sept livres de l'Ancien Testament en moins par rapport à la liste de Trente. Les sept livres en question sont parfois qualifiés de «deutérocanoniques » par les catholiques. Dans quelques Bibles protestantes, ces mêmes livres sont parfois regroupés sous le titre d'Ancien Testament apocryphe.

[4] La Confession de Westminster (1646) a été adoptée par l'Église d'Écosse comme Profession de Foi en 1647 et est devenue par la suite la profession de foi courante des Églises presbytériennes anglophones. Le Témoignage de Sécession était une déclaration des presbytériens séparés de l'Église d'Écosse en 1733 et faisait partie de l'héritage doctrinal dans lequel ont grandi en Irlande Thomas et Alexandre Campbell.

[5] Dans certains pays, par exemple le Royaume Uni, on insistait pour qu'il y ait plusieurs anciens dans chaque congrégation, le ministre étant considéré comme l'un d'eux. Dans d'autres pays, comme les États-Unis, le ministre de la congrégation locale devient le pasteur principal. Plus récemment, les ministres ont commencé à exercer une fonction de supervision sur plusieurs congrégations locales d'une région particulière. Cela s'est fait de diverses manières, mais il existe une certaine forme d'episkope régionale aux États-Unis, au Canada, en Australie, au Congo, dans le nord de l'Inde, en Jamaïque et au Royaume-Uni.

    

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