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DOCUMENTATION SUPPLÉMENTAIRE
ÉGLISE, ÉVANGÉLISATION ET LES LIENS DE LA
KOINONIA
Rapport de la Consultation internationale
entre l'Église catholique et l'Alliance évangélique
mondiale*
(1993-2003)
PRÉAMBULE
Nous, les représentants de deux traditions chrétiennes profondément divisées
par leur histoire, avons entrepris une importante consultation qui, nous
l'espérons, conduira dans le futur à de meilleures relations réciproques. Cette
expérience a été pour nous d'une importance capitale. Nous appartenons à des
communautés chrétiennes fortes et vivantes. L'Église catholique est la plus
nombreuse communion chrétienne au monde et compte actuellement plus d'un
milliard de fidèles. Le mouvement évangélique, qui a ses racines dans la
Réforme, est aujourd'hui l'une des expressions les plus dynamiques de la
chrétienté et elle fait preuve d'une croissance rapide dans plusieurs parties
du globe. L'Alliance évangélique mondiale représente environ 150 millions
d'adhérents parmi plus de 200 millions de chrétiens évangéliques. Toutefois,
malgré quelques exceptions au cours des siècles, de Zinzendorf et Wesley à Schaff et Congar, les deux traditions ont longtemps vécu à l'écart l'une de
l'autre. Nos communautés ont été séparées par les différences de leur histoire
et de leur théologie, ainsi que par de regrettables stéréotypes et des
malentendus réciproques. Cette désunion et ces malentendus ont été la cause
d'hostilité et de conflits qui continuent de diviser le Corps du Christ jusqu'à
nos jours.
Cependant, au cours des récentes décennies, un nombre considérable de
catholiques et d'évangéliques ont appris à se connaître et ont ainsi découvert
qu'ils avaient beaucoup de choses en commun. Ce changement est dû en partie à
des facteurs situationnels: changements culturels et politiques dans la
seconde moitié du vingtième siècle, progrès de la démocratie dans des pays
auparavant soumis à des gouvernements répressifs et autoritaires, mélange de
peuples et de confessions dans nos cultures de plus en plus diverses, découverte
d'intérêts communs dans le domaine de l'éthique et dans la lutte contre la
sécularisation. L'évolution des relations entre les communautés évangéliques
et catholiques est à attribuer en partie à des développements internes, comme par exemple, chez les catholiques,
les suites du Concile Vatican II et, parmi les évangéliques, l'impact de la
Convention de Lausanne. Enfin, des deux côtés, un nouveau type de comportement a
été encouragé par des personnes clairvoyantes, ainsi que par de nombreuses
initiatives conçues dans le but de promouvoir plus d'appréciation et de
compréhension mutuelles. Le ministère de Billy Graham en est un exemple
remarquable. Il est très important de noter, dans nos deux traditions, une prise
de conscience croissante du fait que la persistance de nos divisions fait
obstacle à la propagation de l'Évangile.
À la suite de ces changements dans le monde et dans nos Églises, un grand nombre
de catholiques et d'évangéliques ont commencé à se parler et à collaborer entre
eux, et également à prier ensemble. Ce faisant, ils sont non seulement devenus
amis, mais ils se sont découverts frères et sœurs dans le Seigneur. Il peut être
utile de mentionner quelques-unes de ces initiatives officielles dont on
trouvera une description détaillée annexe.
Les participants au premier dialogue international entre catholiques et
évangéliques (1978-1984) ont abordé en premier lieu le thème de la mission. Il
en est résulté un rapport publié en 1985. Du côté catholique ce dialogue
international était patronné par le Secrétariat pour l'unité des chrétiens. Les
participants évangéliques, comme par exemple John Scott, qui provenaient de
différentes Églises et organisations chrétiennes, n'étaient pas des
représentants officiels d'organismes internationaux.
Les consultations actuelles constituent un important développement dans nos
relations. Pour la première fois, les réunions étaient patronnées des deux
côtés par des organismes internationaux: l'Alliance évangélique mondiale et le
Conseil Pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens. Cette initiative
a finalement abouti à des consultations officielles, dont la première a eu lieu
à Venise en 1993, suivie par celles de Tantur, à Jérusalem en 1997, Williams
Bay, Wisconsin (USA) en 1999, Mundelein, Illinois (USA) en 2001 et Swanwick
(Angleterre) en 2002.
Les premières réunions nous ont finalement amenés a concentrer notre attention
sur deux thèmes d'ordre général: l'Église et sa mission. Au cours des
discussions qui ont suivi, il est apparu clairement qu'une réflexion commune sur
la notion biblique de koinonia serait utile pour préciser certaines
convergences et différences au
sujet de l'Église (1ère partie). L'attention accordée au thème de la mission a
évolué en une réflexion sur l'évangélisation et sur les questions de liberté
religieuse, prosélytisme et témoignage commun à la lumière de la koinonia, qui
lui sont liées (2e partie).
Ces consultations avaient pour but de dissiper des malentendus et de rechercher
une meilleure compréhension mutuelle de la vie et du patrimoine chrétiens de
chacun, et de promouvoir de meilleures relations entre évangéliques et
catholiques. Ce document est le résultat de la première série de débats et
traite un nombre limité de sujets.
Au cours de ces conversations, qui se sont déroulées dans un climat ouvert et
très cordial, chaque côté a exprimé clairement et franchement ses convictions
théologiques selon sa propre tradition, et a écouté celles de l'autre. On s'est
efforcé ensemble de discerner s'il existait des convergences éventuelles ou même
quelques points d'accord sur des questions théologiques au sujet desquelles
évangéliques et catholiques ont été longtemps divisés, et d'indiquer les
questions sur lesquelles les divisions persistent nettement.
Le groupe soumet le résultat de ses travaux aux organismes promoteurs et leur
exprime sa gratitude pour le soutien qu'ils ont accordé à ce projet.
Nous espérons que cette étude sera féconde et qu'elle servira la cause de
l'Évangile à la gloire de notre Seigneur.
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STATUT DE CE RAPPORT
Le présent Rapport a été rédigé par une Consultation internationale entre
l'Église catholique et l'Alliance évangélique mondiale. C'est un document de
travail préparé par les participants à cette Consultation. Les organismes
promoteurs, qui ont nommé ces participants, ont autorisé la publication du
Rapport afin qu'il puisse faire l'objet d'un large débat. Il ne constitue pas
une déclaration officielle de l'Église catholique ni de l'Alliance évangélique
mondiale, qui étudieront également le document.
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1ère PARTIE
CATHOLIQUES, ÉVANGÉLIQUES ET KOINONIA
A. L'ÉGLISE COMME KOINONIA (COMMUNAUTÉ, COMMUNION)
(1) L'emploi du terme koinonia introduit un
important terme biblique dans
l'ecclésiologie, car il fait penser aux choses qui unissent les chrétiens.
Koinonia est sans aucun doute «un ancien et important
aspect de l'Église et de
son unité» [1]. Le terme biblique koinonia peut être traduit de plusieurs façons: «communauté», «appartenance»,
«communion», «participation», «association», ou encore «partage». Les
évangéliques emploient souvent le terme «communauté», tandis que les
catholiques emploient fréquemment le terme «communion».
1. «Communauté» néotestamentaire
(2) Dans les textes pauliniens, le terme koinonia se réfère souvent aux
relations entre chrétiens, fondées sur leur rapport avec les personnes divines.
Aux chrétiens de Corinthe, Paul dit: «Dieu ... vous a appelés à la communion
avec son fils Jésus Christ, notre Seigneur» (1 Co 1, 9). Il parle de «la grâce
du Seigneur Jésus Christ, l'amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit» (2
Co 13, 14). Ailleurs, il déclare à ses lecteurs que Jacques, Céphas et Jean
«nous donnèrent la main ... en signe de communion» (Ga 2,9). À une autre
occasion, il déconseille aux Corinthiens de s'associer avec les incrédules, et
pose la question rhétorique: «Quelle union entre la lumière et les ténèbres?»
(2 Co 6, 14). Le sens de Ph 1, 5-7 semble être celui de l'association.
(3) Le terme koinonia apparaît également dans
Ac 2,42, où le sens est de nouveau
celui de communion: «Ils étaient assidus à l'enseignement des apôtres et à la
communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières». On est en droit de
se demander à quel genre de communion exactement pensait Luc, mais il est
évident qu'il s'agit d'une sorte d'association entre croyants, reçue du Christ à
travers la solidarité avec les apôtres. En 2 Co 8,4 et 9, 13, elle signifie le
partage des biens matériels.
(4) Les textes johanniques renforcent ce sens de koinonia comme communion.
L'auteur de la première épître parle de proclamer ce qu'il a vu, «afin que vous
aussi, vous soyez en communion avec nous. Et notre communion est communion avec
le Père et avec son Fils Jésus Christ» (1 Jn 1, 3). Aux versets 7-8, il fait de
nouveau allusion à la communion avec le Fils et entre les chrétiens eux-mêmes.
La communion avec Dieu en Christ est de toute évidence le fondement de la
communion avec les autres croyants, étant tous membres du Corps du Christ. Ils
doivent être un comme le Père et le Fils sont un dans la Trinité (Jn 17,11,21).
2. Diverses accentuations dans l'interprétation du Nouveau Testament
(5) Pour les évangéliques et les catholiques la
communion avec le Christ
implique une union transformatrice par laquelle les croyants sont «en koinonia
avec la nature divine ... étant arrachés à la pourriture que nourrit dans le
monde la convoitise» (2 P 1, 4). Dans ce passage, les catholiques tendent à
interpréter koinonia comme participation à la vie et à la «nature» divines,
tandis que les évangéliques sont enclins à l'interpréter comme un engagement réciproque, étant donné qu'elle comporte le fait de se soustraire à la corruption
morale et aux modes de vie du monde. Selon de nombreux Pères de l'Église
orientaux, la participation du croyant à la vie du Christ et de l'Église
conduit au processus de divinisation du croyant (theosis, deificatio). Les
évangéliques ont des réserves sur la notion de theosis: ce terme ne se trouve
pas dans la Bible et, à leur avis, il présente trop d'ambiguïtés. Il semble
suggérer que les croyants posséderont l'essence de la déité - une signification
que la doctrine catholique réfute également. Les évangéliques reconnaissent,
d'une part, que la grâce rédemptrice rétablit la ressemblance avec Dieu, qui
avait été altérée et défigurée par le péché de l'homme (Co 3, 10) et, d'autre
part, que l'Esprit transforme les croyants en la ressemblance du Deuxième Adam,
«avec une gloire toujours plus grande» (1 Co 15,48,49; 2 Co 3, 18), un processus
qui s'accomplira seulement lorsque le Christ, le Seigneur et Sauveur, viendra
des cieux (Ph 3, 20-21; 1 Th 5, 23-24).
(6) Pour les catholiques, les sacrements sont les instruments dont se sert le
Christ pour réaliser l'union transformatrice avec la nature divine (ils voient
le baptême par l'eau dans 1 Co 12, 12-13, et l'eucharistie dans 10, 16-17). Dans
de tels passages, le terme «koinonia» leur indique des connotations
différentes
(plus profondes, diraient les catholiques), plus sacramentelles et
participatives que celles qu'exprime le terme «communauté». Beaucoup
d'évangéliques considèrent les sacrements comme des moyens dominicaux de grâce
ou des «ordonnances», qui sont des «paroles visibles» de proclamation
(kataggellete, 1 Co 11, 26) ou des signes et des sceaux de la grâce d'union avec
le Christ - une grâce reçue et appréciée à la seule condition d'avoir une foi
personnelle.
3. Perspectives sur la «communio sanctorum»
(7) Alors que dans les interprétations primitives, le terme
communio sanctorum,
dans le Symbole des apôtres, était compris comme «communion de personnes
saintes» (les saints), ce langage a été interprété comme une référence aux
«choses saintes» (les sacrements).' Toutefois, l'importance doctrinale de la
communio sanctorum (koinonia ton hagion) ne s'est pas réduite à une seule
interprétation. En Occident, d'ultérieures applications du concept de
divinisation l'ont fait ressortir comme une participation à l'eucharistie. Les
évangéliques préfèrent traduire communio sanctorum par «communauté de personnes
saintes» ou «de saints», les «saints» étant tous ceux qui appartiennent
réellement à Jésus Christ par la foi; ils entendent par «communion» le lien qui
unit tous les chrétiens de toutes les générations.
(8) Historiquement, les évangéliques n'ont pas
réservé la même place aux
sacrements, et ils ne les ont pas associés aussi directement à la sanctification
que ne l'ont fait les catholiques. Ils maintiennent la signification «légale»
(dans le sens des cours de justice) de justification et sont enclins à préférer
le vocabulaire dramatique et celui de la loi. La Bible, selon la lecture qu'ils
en font, est plus favorable aux catégories comme celles de violation d'alliance
et de renouvellement d'alliance, de condamnation et d'acquittement, d'inimitié
et de réconciliation, plutôt que de participation à l'être. Ils affirment
toutefois, avec l'apôtre Paul, que quiconque est en Christ est une «nouvelle
création» (2 Co 5, 17; Ga 6, 15). L'Esprit-Saint opère un changement radical,
une nouvelle naissance d'en haut.
(9) Catholiques et évangéliques prévoient une communion parfaite dans le Royaume
qui commencera avec la venue finale de Jésus. À la lumière d'une telle attente,
catholiques et évangéliques devraient rechercher une communion plus profonde en
ce monde, même s'ils sont en désaccord entre eux et les uns avec les autres sur
les moyens de la réaliser et sur la mesure dans laquelle elle peut être réalisée
avant le retour du Christ. Les textes bibliques, qui font autorité pour
catholiques et évangéliques, fournissent une base solide à nos conversations. La
familiarité croissante, de part et d'autre, avec les catégories bibliques,
associée aux récentes réinterprétations de la théologie sacramentelle, suggère
que la koinonia continue d'être un sujet favorable à des approfondissements
ultérieurs au cours de nos conversations.
B. NOS COMPRÉHENSIONS RESPECTIVES DE L'ÉGLISE ET DES AUTRES CHRETIENS
1. Développements récents
(10) Lors du Concile Vatican II, les catholiques ont défini leur propre
compréhension de la nature de l'Église et leurs relations avec les autres
chrétiens. Dans les récentes décennies, les évangéliques ont eux aussi exploré
ce domaine au cours d'importantes conférences sur le thème des missions. Il est
utile d'exposer les vues des deux communautés avant d'en indiquer les
implications pour une compréhension mutuelle.
(11) Le Concile Vatican II a représenté un
développement dans l'auto
compréhension ecclésiologique de l'Église catholique. Au lieu de postuler
simplement son identité avec l'Église du Christ, Lumen gentium
enseigne que
«l'Église du Christ ... subsiste dans l'Église catholique» (LG 8)
[3]. D'autre
part, le mouvement évangélique doit sa forme caractéristique moderne à
l'influence des revivals des dix-huitième et dix-neuvième siècles (précédés par
le piétisme et le puritanisme): ces revivals ont dépassé les frontières
confessionnelles et en ont relativisé l'importance. Du côté catholique, la reconnaissance de l'appartenance des «autres» à Christ se traduit par
l'accent mis sur les éléments et les dons authentiquement chrétiens présents
dans leurs communautés, et du côté évangélique par la reconnaissance de la
présence, parmi les catholiques, de vrais croyants animés par l'Esprit du
Christ.
2. Vues catholiques
(12) Le Concile Vatican II, dans la Constitution sur l'Église (Lumen gentium),
parle des liens entre les catholiques et les autres chrétiens dans les termes
suivants:
L'unique Église du Christ ... constituée et
organisée en ce monde comme une
communauté, subsiste dans l'Église catholique, gouvernée par le successeur de
Pierre et les évêques en communion avec lui, encore que, hors de cet ensemble,
on trouve plusieurs éléments de sanctification et de vérité (LG 8).
Avec ceux qui, baptisés, s'honorent du nom de
chrétiens, mais ne professent pas
intégralement la foi ou ne conservent pas l'unité de la communion avec le
successeur de Pierre, l'Église se sait unie par de multiples rapports. Beaucoup,
en effet, vénèrent la sainte Écriture comme norme de foi et de vie; ils
manifestent aussi un authentique zèle religieux, croient avec amour en Dieu le
Père tout-puissant et dans le Christ, Fils de Dieu et Sauveur ...
À cela s'ajoute ... une union réelle dans l'EspritSaint, car l'Esprit agit
également en eux par ses dons et ses grâces, avec sa puissance sanctificatrice;
et il a donné à certains d'entre eux une vertu qui les a fortifiés jusqu'à
l'effusion de leur sang (LG 15).
(13) Dans le Décret sur l'œcuménisme
(Unitatis redintegratio), le Concile
Vatican II met le concept d'éléments ecclésiaux en corrélation avec celui de
koinonia. Le Décret illustre la perspective catholique de la pleine communion.
Il affirme que l'Esprit-Saint «réalise cette admirable communion des fidèles et
les unit tous si intimement dans le Christ, qu'il est le Principe de l'unité de
l'Église» (UR 2). Il poursuit en disant que l'Esprit réalise et perfectionne
cette admirable union au moyen de la fidèle prédication de l'Évangile,
l'administration des sacrements et le gouvernement pastoral dans l'amour (cf.
UR
2).
(14) Dans le paragraphe suivant, le Décret sur l'œcuménisme précise les
relations avec les autres communautés et aborde la notion de «communion
imparfaite», si essentielle dans les relations actuelles entre les Églises. Le
Décret déclare que certains chrétiens se trouvent séparés de la pleine
communion avec l'Église catholique mais restent dans une certaine communion,
bien qu'imparfaite, avec elle parce que «parmi les éléments ... plusieurs et
même beaucoup, et de grande valeur, peuvent exister en dehors des limites
visibles de l'Église catholique: la parole de Dieu écrite, la vie de la grâce,
la foi, l'espérance et la charité, d'autres dons intérieurs du Saint-Esprit et
d'autres éléments visibles» (UR 3).
(15) Dans une section successive du Décret sur l'œcuménisme, la même notion de
communion imparfaite est appliquée spécifiquement aux communautés
protestantes. Le Concile parle ici de la foi dans la Sainte-Trinité et de la
confession de Jésus Christ comme Dieu et Seigneur, unique Médiateur entre Dieu
et les hommes (cf. UR 20). Il continue en évoquant l'amour et la vénération pour
l'Écriture sainte, affirmant que «les Paroles divines sont ... des instruments
insignes entre les mains puissantes de Dieu pour obtenir cette unité que le
Sauveur offre à tous les hommes» (UR 21). Le baptême, conféré validement «est
le lien sacramentel d'unité existant entre ceux qui ont été régénérés par lui
... Le baptême, de soi, n'est que le commencement et le point de départ, car il
tend intégralement à l'acquisition de la plénitude de la vie dans le Christ» (UR
22). Le Pape Jean-Paul II réaffirme la doctrine du Concile Vatican II sur les
«éléments de sanctification et de vérité» présents dans les autres Communautés
chrétiennes et sur «la communion qui existe, bien qu'imparfaitement, entre elles
et l'Église» (UUS 11).
(16) Tous ces facteurs confèrent un caractère concret à l'emploi du concept de
koinonia par les catholiques romains. Ils précisent que les éléments
ecclésiaux en question trouvent leur expression dans des actes de foi,
d'espérance et de charité. Le degré de communion ne peut pas se mesurer
seulement par des moyens extérieurs et visibles, car la communion dépend de la
réalité de la vie dans l'Esprit.
3. Vues évangéliques
(17) De la même façon, les évangéliques font
ressortir que le lien le plus
important est la vie de l'Esprit qui découle de l'union avec le Christ. Ce lien
se crée lorsque l'Évangile est reçu dans la foi et qu'il est à la base de
l'expression visible de l'unité, ou koinonia, de tous les chrétiens. Pour les
évangéliques, la visibilité de l'Église est subordonnée à cette vérité
première. L'Évangile de Jésus Christ: une célébration évangélique professe:
Tous les chrétiens sont appelés à l'unité dans l'amour et à l'unité dans la
vérité. En tant qu'évangéliques dont le nom lui-même dérive de l'Evangile, nous
célébrons cette éminente bonne nouvelle de l'œuvre salvifique de Dieu en Jésus
Christ comme l'authentique lien d'unité chrétienne, aussi bien entre Églises et
confessions organisées que parmi les nombreuses initiatives transconfessionnelles créées en coopération par des chrétiens.
La Bible affirme que tous ceux qui ont réellement mis
leur confiance en Christ et en son Évangile sont fils et
filles de Dieu par la grâce, et sont donc nos frères et
sœurs en Christ. [4]
Comme l'observe la Convention de Lausanne de 1974:
L'évangélisation du monde exige que toute l'Église apporte l'Évangile dans sa
totalité au monde entier. L'Église est au centre même du dessein de Dieu pour
l'univers, elle est le moyen choisi par lui pour
répandre l'Évangile. Mais une Église qui prêche la
Croix, doit porter elle-même la marque de la Croix. Elle
fait obstacle à l'évangélisation lorsqu'elle trahit
l'Évangile, lorsqu'il lui manque la foi vivante en Dieu,
l'amour véritable pour les hommes ou l'honnêteté
scrupuleuse en toutes choses. L'Église est la communauté du peuple de Dieu
plutôt qu'une institution, et elle ne doit être assimilée à aucune culture
particulière, à aucun système politique ou social, à aucune idéologie humaine
(Jn 17, 18; 20, 21; Mt 28, 19-20; Ac 1, 8; 20,27; Ep 1, 9, 10; 3, 9-11;
Ga 6,
14, 17; 2 Co 6, 3, 4; 2 Tm 2,19-21; Ph 1,27) (Lausanne 6).
Les évangéliques adhèrent à la doctrine réformée de «l'Église invisible» (bien
qu'avec une variété de degrés d'accentuation), sans minimiser l'importance de
l'Église visible, comme l'implique la Déclaration d'Amsterdam:
L'Église une et universelle est une famille
transnationale, transculturelle,
transconfessionnelle et multiethnique appartenant à la maison de la foi. Au sens
le plus large, l'Église comprend tous ceux qui sont sauvés dans toutes les
époques, car l'unique corps du Christ s'étend aussi bien à travers le temps
qu'à travers l'espace. Dans notre monde, l'Église devient visible dans toutes
les congrégations locales réunies pour accomplir ensemble ce que fait l'Église
conformément à l'Écriture (Amsterdam 9).
(18) Les évangéliques (de même que les catholiques) soutiennent qu'il est
souhaitable, dans l'activité ecclésiale, d'utiliser des critères disciplinaires
et doctrinaux pour exprimer l'unité que nous avons en Christ. «La discipline
ecclésiale, basée sur la Bible et guidée par l'Esprit-Saint est essentielle pour
le bien et pour l'administration du peuple de Dieu» [5]. Dans un monde et dans des
Églises dépréciés par les insuffisances humaines, la discipline ecclésiale peut
exiger de restreindre certaines formes concrètes de communauté, même dans les
cas où les contrevenants aux enseignements apostoliques sont cependant acceptés
comme frères ou sœurs (cf. 2 Th 3, 14-15). Cette norme s'applique aux déviations
dans tous les domaines de la vie, dans la profession de foi comme dans le
comportement, qui ne peuvent d'ailleurs être séparés. Certains évangéliques
affirment que les possibilités concrètes de communion dépendent du degré
d'entente sur le témoignage apostolique tel qu'il est transmis dans le Nouveau
Testament.
(19) Les Déclarations de Manille décrivent les comportements qui en découlent
pour les évangéliques aujourd'hui:
Quand nous parlons de «l'Église tout entière», nous n'avons pas la prétention
d'identifier l'Église universelle à la communauté évangélique mondiale: nous
sommes conscients que beaucoup d'Églises n'appartiennent pas au mouvement
évangélique. À l'égard des Églises catholique et
orthodoxe, les évangéliques
ont des attitudes différentes. Certains d'entre eux prient, dialoguent,
étudient l'Écriture et travaillent avec ces Églises. D'autres s'opposent
vigoureusement à toute forme de dialogue ou de coopération. Tous sont conscients
que de sérieuses différences théologiques subsistent entre nous. Le cas
échéant, et aussi longtemps que la vérité biblique n'est pas compromise, une
coopération est envisageable dans des domaines comme la traduction de la Bible,
l'étude de questions théologiques et éthiques contemporaines, le travail social
et l'action politique. Nous tenons cependant à affirmer que l'évangélisation en
commun exige une commune adhésion à l'Évangile biblique (Manille 9).
4. Quels éléments de l'Église chacun de nous reconnaîtil dans l'autre?
(20) Catholiques et évangéliques, nous avons en commun l'Écriture sainte
[6] et la
conviction qu'elle est inspirée par l'Esprit-Saint. Nous affirmons le rôle du
Christ comme unique médiateur, son incarnation, sa mort et sa résurrection pour
notre salut. Nous affirmons ensemble notre foi en un Dieu trin, Père, Fils et
Esprit-Saint. Nous pouvons les uns et les autres réciter la Prière du Seigneur
et confesser le credo des apôtres et celui de Nicée [7]. Nous affirmons l'appel de
l'Evangile à la conversion et à une vie disciplinée dans la grâce de Jésus
Christ, et la promesse finale d'une récompense éternelle. Nous reconnaissons que
les chrétiens ont une responsabilité dans le service et la promotion de la
justice dans le monde. Nous partageons l'espérance du retour du Christ comme
juge et rédempteur, pour l'accomplissement de notre salut. Nous pouvons
commémorer ensemble ceux qui ont porté témoignage par leur sang à cette foi
commune et nous célébrons à présent la pleine communion devant notre divin
Sauveur.
(21) Un des résultats de la coopération et du
dialogue interecclésiaux a été
une meilleure appréciation mutuelle entre chrétiens séparés. (Une évolution
graduelle vers une reconnaissance accrue du statut ecclésial des autres
communautés chrétiennes caractérise les développements modernes et actuels).
Pendant des siècles, sous une forte influence des polémiques et des guerres de
religion, l'identification de la vraie Église et l'incorporation dans celle-ci
étaient considérées de façon simpliste comme un «tout ou rien». Soit on
appartenait à la vraie Église, soit à une fausse institution ou à une secte. Ou
bien on était membre de l'Église au plein sens du terme, ou bien on était en
dehors de l'Eglise et privé de tout espoir de salut. Cependant, la conscience
d'une complexité spirituelle n'était pas totalement réprimée. L'Eglise
catholique continuait de considérer valide le baptême administré par des
hérétiques et reconnaissait en outre le «baptême de désir». Les réformateurs du
seizième siècle ne niaient pas la présence d'éléments de la vraie Église dans
le catholicisme. Bien que Luther ait parfois parlé du Pape comme de
l'antéchrist, il reconnaissait la présence de vestiges de l'Église dans la
Communion romaine. Calvin, à propos de ses adversaires catholiques, a pu
écrire: «Ces esprits brouillons se donneront du mal inutilement en voulant parer
leur synagogue du titre d'Église». Il reconnaît toutefois des traces
(vestigia), des restes (reliquias), des marques (symbola) et des signes (signa)
de l'Église sous la papauté; les Églises de la Communion romaine peuvent être
qualifiées d'Églises «dans la mesure où le Seigneur préserve en elles de manière
admirable des restes de son peuple, bien que ceux-ci soient malheureusement
séparés et dispersés». Et l'on trouvait les premiers partisans de la tolérance
religieuse dans des groupes extrêmement différents entre eux, appartenant à ce
qui est souvent qualifié de «Réforme radicale». Bien que les anabaptistes aient
été cruellement persécutés de tous côtés, Calvin a prononcé un jugement nuancé
sur leur doctrine; ils ont bénéficié plus tard de la protection d'un prélat tel
que le Prince évêque de Bâle.
5. Un défi commun
(22) Dans cette section, avec l'aide de l'Esprit de Dieu, nous avons pris
conscience de la koinonia avec la vie de la Trinité dont jouissent nos deux
communautés. Nous estimons donc qu'il incombe à toutes les deux de passer de
cette condition particulière d'union avec la vie de la Trinité à une union vécue
entre nous. À cet effet, nous devons prendre les mesures qui, à partir de cette
redécouverte, nous permettront de créer les liens ecclésiaux qui manifesteront
cette unité qui nous est déjà accordée. Si Dieu ne nous a pas traités comme si
nous étions séparés de lui, pourquoi devrions-nous continuer de vivre comme si
nous étions séparés les uns des autres?
C. QUELQUES DIMENSIONS DE L'ÉGLISE
1. Les origines de l'Église
(23) Évangéliques et catholiques considèrent l'événement de la Pentecôte comme
l'origine de l'Église de la Nouvelle Alliance (Ac 2). À la Pentecôte, la
présence de personnes de toutes les nations est l'image de la mission universelle de l'Église. Nous reconnaissons que cette Église a pour
fondation les prophètes et les apôtres, et que Jésus Christ en est la pierre
maîtresse (Ep 2, 20). Nous voyons dans la mission évangélisatrice des apôtres le
fondement des Églises locales. Dans le Nouveau Testament, le ministère des
apôtres et l'assemblée du Conseil de Jérusalem étaient au service de la
communion des Églises locales (Ac 15). Soutien réciproque, lettres de
recommandation, collectes en faveur d'autres Églises et hospitalité mutuelle
caractérisaient cette communion entre les Églises.
Evangéliques et catholiques
reconnaissent l'importance des développements ultérieurs dans la vie de
l'Église, mais le poids qu'ils leur attribuent et l'appréciation de ces
développements sont différents.
2. L'Église locale et universelle
a. Perspectives évangéliques et catholiques
(24) Pour les évangéliques, «l'Église locale»
désigne aujourd'hui la
congrégation dans un lieu particulier. Pour les catholiques, Eglise «locale» ou
«particulière» se réfère à un diocèse, composé d'un certain nombre de paroisses
avec, au centre, un évêque assisté de ses prêtres et d'autres ministres de la
pastorale des fidèles au nom de l'Évangile.
(25) Les catholiques voient l'œuvre de l'EspritSaint dans plusieurs
développements significatifs de l'Église primitive. Il s'agit, entre autres, de
la reconnaissance des évêques comme successeurs des apôtres; de l'émergence du
triple ministère, évêque, prêtre et diacre; des éclaircissements de la foi
apostolique, en particulier par les conciles œcuméniques et les credo
universels; la reconnaissance graduelle de la direction effective de toute
l'Église par l'évêque de Rome. Dès les premiers temps, l'évêque de Rome jouait
un rôle important en encourageant la communion entre les Eglises locales
présidées par les évêques, première expression d'une primauté qui s'est
développée au cours des siècles. Depuis le Concile Vatican II, l'accent mis sur
les relations mutuelles entre les Églises locales et l'Église de Rome a été plus
marqué.
(26) De leur côté, les évangéliques se trouvent en grande majorité dans les
Églises protestantes et pentecôtistes qui, en général, mettaient l'accent
principalement sur les congrégations locales: le lieu où la
Parole de Dieu est
proclamée, où les sacrements sont administrés et où le peuple de Dieu est
rassemblé. Les évangéliques sont insérés dans une variété de structures
ecclésiales. Les Églises originaires de la Réforme «magistérielle» (p.ex. les
Eglises luthériennes et réformées), de même que les Eglises anglicanes et
méthodistes, ont un sens très marqué de l'universalité de l'Église dans le temps
et dans l'espace, mais dans l'accomplissement de leurs fonctions elles mettent
l'accent sur la communauté régionale ou nationale et, par exemple, elles
attribuent de l'importance aux synodes régionaux et nationaux. Presque toutes les autres Églises ont adopté le congrégationalisme qui concentre la
responsabilité dans la communauté locale. Celle-ci est l'incarnation concrète de
la koinonia de l'Esprit. Elle est le lieu de la vie spirituelle, de
l'édification mutuelle par la diversité des dons, et de la formation au service
dans le monde. Les Églises libres manifestent la solidarité par des alliances ou
des organisations internationales, confessionnelles ou interconfessionnelles.
Les anabaptistes, en particulier, ont cultivé une forte tradition de vie
communautaire; une discipline vigilante fait de leur assemblée une famille de
foi étroitement unie. Tout au long de l'histoire, ces Églises ont dû lutter
contre les tendances scissionnistes et, dans le contexte de la sécularisation,
contre les influences funestes de l'individualisme. La Convention de
Lausanne reconnaît franchement: «Nous confessons que notre témoignage a été parfois
déprécié par notre individualisme coupable et par une dispersion inutile. Nous
nous engageons à rechercher une unité plus profonde dans la vérité, l'adoration,
la sainteté et la mission» (Lausanne 7).
(27) Alors que l'ecclésiologie catholique réserve certaines fonctions
sacramentelles aux évêques, dont on reconnaît qu'ils ont reçu la plénitude du
sacrement de l'ordre, la plupart des Églises évangéliques concentrent la
fonction directive plus spécifiquement dans le ministère du «pasteur», dont le
rôle est considéré comme étant celui de l'episkopos/presbyteros de l'époque du
Nouveau Testament. (Le pasteur peut très bien être «l'ancien qui enseigne» en
association avec les «anciens qui exercent la présidence» de l'Église ou de la
paroisse, 1 Tm 5, 17). D'autres évangéliques, même parmi quelques Églises
libres, ont des ministères de vigilance distincts, mais la différence est
minime: l'évêque ou surintendant s'occupe de tâches administratives, mais on ne
lui reconnaît pas de rôle sacramentel particulier, ce concept étant étranger à
l'interprétation évangélique du ministère.
(28) Chez les évangéliques, la communauté universelle se concrétise de manière
caractéristique au moyen de réseaux lâches, formés d'associations mondiales
(parmi lesquelles l'A.E.M. peut à juste titre revendiquer la plus large
représentativité) et d'organisations para-ecclésiales (telles que la Fraternité
internationale des étudiants évangéliques). Ces
organismes constituent des
canaux de communication et des instruments de coopération très utiles.
(29) Du côté catholique, le Concile Vatican II a de nouveau souligné
l'importance capitale de l'Église locale (diocèse) comme le lieu où la Parole
est annoncée et où les sacrements sont administrés. L'Église se manifeste le
plus distinctement lorsque les fidèles sont assemblés auprès de l'autel sous la
présidence de l'évêque entouré des autres membres du clergé (cf. SC 41; et aussi
LG 26). À chaque célébration de l'eucharistie l'unité de toute l'Église est
indiquée par l'officiant qui exprime l'union avec l'évêque local, avec les
autres évêques et en particulier avec l'évêque de Rome en tant que centre de toute la communion
[8]. Les évêques réunis en
conférences nationales et régionales sont chargés de représenter leurs Églises
particulières. Les catholiques parlent de l'Église universelle, ainsi que de
l'Église régionale, comme d'une communion d'Eglises particulières sous la
direction de leurs évêques respectifs et en communion avec l'évêque de Rome. Ils
reconnaissent toutefois que l'Église du Christ ne s'identifie pas exclusivement
avec l'Église catholique (cf. LG 8).
b. Convergences et différences entre catholiques et évangéliques
(30) Sans éliminer en aucune façon les différences avec le protestantisme
évangélique, ces récents développements dans l'ecclésiologie catholique
facilitent la compréhension mutuelle. Au niveau national et régional, les
Conférences épiscopales catholiques et les Synodes des Eglises catholiques
orientales ont la possibilité de dialoguer avec les Églises, les alliances et
les organisations évangéliques nationales et régionales. En outre, les évêques
diocésains peuvent établir des rapports avec leurs homologues évangéliques
régionaux, même si ceux-ci ne sont pas des évêques. Il existe une certaine
convergence entre le nouvel accent mis sur l'Église locale du côté catholique et
sur la communauté mondiale du côté évangélique.
(31) Les catholiques parlent de réciprocité entre l'Église universelle et
l'Église particulière, mais ils ne considèrent pas l'Église universelle comme
une fédération d'Églises locales. Dans un sens spécifique, ils peuvent admettre
la priorité de l'Église locale, dans les termes du Concile Vatican II: «C'est
dans toutes ces Églises particulières et par elles qu'est constituée l'Église
catholique, une et unique» (LG 23). Mais pour éviter tout malentendu, le Concile
affirme également que chaque Église particulière est «formée à l'image de
l'Église universelle» (ibid.). Le témoignage biblique, interprété par la
théologie catholique, indique que l'Église est née comme une seule et unique
communauté, dans laquelle les personnes sont incorporées par la foi et le
baptême [9].
(32) Pour les évangéliques l'Église a été créée par la Parole (creatura verbi).
La Parole est révélée en Christ inscrite dans l'Écriture
et reçue par l'écoute. La Parole fait naître la foi et
une communauté de foi, une Église visible, dans le temps
et dans l'espace. Mais quant à la distinction entre
croyants et noncroyants dans l'Église visible, le jugement final
appartient à Dieu. Dieu connaît les siens: «Ici dans le
monde, l'Église devient visible dans toutes les Communautés locales qui se réunissent pour accomplir communautairement ce que,
selon les Écritures, l'Église est appelée à accomplir. Le Christ est la tête de
l'Église. Tous ceux qui sont personnellement unis au Christ par la foi
appartiennent à ce corps et sont unis par l'Esprit à tous les autres véritables
croyants en Jésus» (Amsterdam 9).
(33) Les évangéliques, comme les catholiques,
reconnaissent la valeur de la
communion universelle, mais en raison de présupposés théologiques différents et
d'interprétations divergentes de certains passages bibliques, ils ont une autre
idée des relations entre l'Église universelle et les Églises locales. Par
«Église universelle» les évangéliques entendent tous ceux qui, partout et en
tout temps, croient en Christ et mettent en lui leur confiance dans le salut.
«Tous» inclut les croyants catholiques. Les évangéliques ont adopté la
distinction de Luther entre Eglise invisible et Église visible. Ils affirment la
réalité de l'Église universelle dont le lien d'unité, l'Esprit du Christ, est
invisible (Ep 4, 3-4); ils mettent l'accent sur l'incorporation par «la seule
foi», une foi par laquelle tous participent au don de l'Esprit (Ga 3, 2).
Toutefois, le Christ a également voulu que soient fondées des Églises visibles
dans lesquelles les personnes sont incorporées par le baptême (par eau). Bien
qu'étant d'abord locales, ces congrégations peuvent chercher à s'unir en
fédérations et en alliances comme moyens d'expression de l'universalité de la
nature et de la mission de l'Église.
(34) Les manifestations structurelles et organisationnelles
visibles de l'Église sont déterminées par les situations
historiques particulières et elles peuvent changer. Aux
yeux de la plupart des évangéliques, la Bible ne propose
aucun modèle rigide pour l'organisation de l'Eglise en tout temps et en tout
heu. Ils trouvent dans le Nouveau Testament une grande variété de modèles pour
le ministère et l'ordre ecclésial. Ainsi, diversement de l'ecclésiologie
catholique, les évangéliques affirment qu'il existe une variété de formes
d'ordre ecclésial, mais que ces différences n'empêchent ni la communion avec
l'Église invisible ni l'appartenance à celle-ci.
(35) La plupart des évangéliques reconnaissent que l'Église universelle, n'étant
pas une institution visible, se manifeste concrètement dans les Églises visibles
en des temps et des lieux déterminés et par les liens qu'elles entretiennent
entre elles au niveau local. Ils reconnaissent que la concordance entre Églises
visibles et Église invisible n'est pas parfaite. Par exemple, il peut y avoir
des «faux frères» (Ga 2, 4) qui ne sont pas «des nôtres» (1 Jn 2, 19). Alors que le rapport entre le baptême et
l'appartenance à l'Église visible et invisible varie chez les évangéliques, ces différences n'empêchent pas la communion ni la collaboration. Le Christ a doté
les communautés visibles d'institutions de façon à pouvoir se bâtir et accomplir
leur mission dans le monde.
3. L'amalgame du personnel et de l'institutionnel dans la koinonia
a. Une communauté ordonnée de personnes
(36) Évangéliques et catholiques identifient dans le témoignage du Nouveau
Testament une com~unauté ordonnée de personnes partageant une foi et une
mission communes, ayant reçu des apôtres une direction, sous le Christ (1 Co
11-14; Rm 12; Ep 4). Nous reconnaissons qu'il existe des ministères
différenciés décrits dans les épîtres (1 P 5;
1 Tm 3; Tt), auxquels nous
attribuons toutefois des valeurs différentes et dont nous jugeons différemment
la continuité dans l'Église contemporaine. Cependant, nous affirmons tous que
l'ordre et la discipline forment le cadre de la communion ecclésiale (1 Co
14,33,40).
(37) Le concept d'Église comme communion est le résultat d'un retour à une veine
riche en matériel biblique et patristique. Il a également été influencé par des
approches plus personnalistes du monde moderne, contre des formes excessives
d'institutionnalisme et d'individualisme. Les sociologues ont longtemps fait
la distinction entre société et communauté. Dans l'ecclésiologie du début du
vingtième siècle, cette distinction a donné naissance à un dualisme entre une
Église de la loi et une Église de l'amour. Pie XII, dans son encyclique sur le
Corps Mystique, affirmait que cette opposition n'existe pas dans l'Église,
celle-ci étant à la fois une union mystique et une société organisée [10].
b. Vues catholiques
(38) Dans la Constitution sur l'Église, le Concile
Vatican II suit essentiellement la doctrine de Pie XII
en cette matière. L'Église est présentée comme une seule
réalité complexe («unam realitatem complexam» [LG 8]), à la
fois visible et invisible, mystique et hiérarchique. Mais pour le Concile, la
dimension visible est utile pour la dimension invisible
de l'Eglise. L'Église
est divinement dotée de doctrines, de sacrements et de ministères, dans le but
de créer une communion surnaturelle de vie, d'amour et de vérité parmi ses
fidèles, et d'en être le signe (cf. LG 14, 18, 20, 21). Le Concile présente
l'Église comme étant elle-même un sacrement (LG 1).
(39) La démarche du Concile Vatican II vers une ecclésiologie plus collégiale
montre une plus grande accentuation de l'aspect personnel. Alors que Vatican l parlait de la
juridiction exercée par le pape sur les autres évêques de la communion
catholique, Vatican II précise cette doctrine du passé en disant que les évêques
doivent être en «communion hiérarchique» avec le pape afin d'exercer leur
pouvoir magistériel et pastoral envers leurs troupeaux (cf. LG 22; CD
5). Le
concept de «communion hiérarchique» n'écarte pas l'aspect juridique mais il
requiert un exercice de gouvernement par le dialogue et le consensus plutôt que
par le commandement.
c. Vues évangéliques
(40) En général, pour les évangéliques, l'Église est avant tout une communauté
de personnes et seulement en second lieu une institution. Abraham Kuyper, par
exemple, déclare: L'Église «n'est pas une agence salvifique qui procure la grâce
comme un médicament, ni un ordre mystique qui agirait de façon magique sur les
laïcs. Elle n'est rien d'autre que des personnes croyantes et confessantes»
[11]. La Convention de Lausanne de 1974
affirme: «L'Église est la communauté du peuple
de Dieu plutôt qu'une institution; elle ne doit être assimilée à aucune culture
particulière, à aucun système politique ou social, à aucune idéologie humaine»
(Lausanne 6). Toutefois, la plupart des évangéliques maintiennent
catégoriquement l'exigence d'ordre et de discipline et soulignent la dimension
institutionnelle de la vie ecclésiale.
d. Quelques observations communes
(41) Catholiques et évangéliques constatent une convergence dans la
compréhension de la manière dont l'ordre et la discipline sont utiles à la
koinonia de l'Église. Les catholiques ont commencé à remettre l'accent sur
l'importance de l'aspect personnel dans la compréhension de l'Église. Les
évangéliques montrent une appréciation croissante des expressions d'unité
visible dans la vie de l'Église en dehors des limites de leur propre
confession. Une telle convergence dans notre entendement de la koinonia biblique
est encourageante en vue de la poursuite du dialogue.
D. PRÉPARER UN AVENIR DIFFÉRENT
(42) Il y a donc des différences entre les
convictions catholiques et
évangéliques. Toutefois, ces différences ne consistent pas en une simple
opposition et elles ont fait l'objet d'un examen fécond au cours de nos
conversations. Notre compréhension commune a ouvert des pistes pour un dialogue
ultérieur.
(43) En complétant ces réflexions, nous prenons de nouveau conscience des effets
de nos divisions sur les personnes que nous voulons aider. Il n'est pas
possible d'inverser le cours de l'histoire, mais il est
possible de préparer
un avenir différent.
(44) Nous sommes conscients de la nécessité d'un esprit de repentir devant Dieu
pour n'avoir pas fait suffisamment d'efforts afin de surmonter nos
divisions
qui sont un scandale pour l'Évangile. Nous prions Dieu de nous accorder un
esprit de metanoia. Nous devons continuer de faire face et de nous
attaquer aux
questions qui nous ont séparés. Nous devons également examiner les pratiques
qui perpétuent, sans esprit critique, les préjugés du passé.
(45) Ne pourrions-nous pas nous demander si nous sommes suffisamment conscients
du degré d'unité que nous partageons déjà? Par exemple, durant la messe,
lorsque les catholiques entendent les paroles du canon: «affermis la foi et la
charité de ton Eglise au long de son chemin sur la terre: veille sur ton
serviteur le Pape ... notre évêque ... l'ensemble des évêques, les prêtres, les
diacres et tout le peuple des rachetés», réalisent-ils que parmi les «rachetés»,
il y a les chrétiens dont ils sont séparés et auxquels, puisque le Christ les a
aussi rachetés, ils sont unis par de profonds liens de vie chrétienne? Et
lorsque les évangéliques intercèdent pour la vie, la mission et l'unité de
«l'Église», réalisent-ils réellement que les catholiques font également partie
de cette Église?
(46) Dans un esprit d'humilité, nous soumettons nos préoccupations et nos
espérances au Seigneur.
2EPARTIE
CATHOLIQUES, ÉVANGÉLIQUES ET
ÉVANGÉLISATION À LA LUMIÈRE
DE LA KOINONIA
(47) Nous abordons à présent les problèmes de l'évangélisation, du prosélytisme
et de la liberté religieuse pour les examiner dans le contexte d'une
théologie
de la koinonia. À cet effet, nous avons tiré profit de quelques éclaircissements
obtenus sur ces points dans d'autres dialogues et nous les avons pris comme base
de notre réflexion.
(48) Évangéliques et catholiques reconnaissent que chaque chrétien a le droit et
le devoir de partager et de diffuser la foi. «Il est contraire au message du
Christ, aux voies de la grâce de Dieu et au caractère personnel de la foi,
d'utiliser des moyens, quels qu'ils soient, qui réduiraient ou entraveraient la
liberté d'une personne pour un engagement chrétien fondamental» (B 34).
L'évangélisation étant le point central de cette section, nous pouvons à présent
indiquer brièvement comment catholiques et évangéliques conçoivent cette
responsabilité.
A. NOS VUES RESPECTIVES SUR L'ÉVANGÉLISATION/ ÉVANGÉLISME
1. Une vue catholique
(49) Les catholiques situent l'évangélisation dans le contexte de l'unique
mission de l'Eglise. A leurs yeux, «l'évangélisation est une démarche complexe, aux éléments variés:
renouveau de l'humanité, témoignage, annonce explicite, adhésion du cœur,
entrée dans la communauté, accueil des signes, initiatives d'apostolat» (EN 24).
(50) «L'évangélisation contiendra aussi toujours - base, centre et sommet à la
fois de son dynamisme - une claire proclamation que, en Jésus Christ, ... le
salut est offert à tout homme, comme don de grâce et miséricorde de Dieu» (EN
27; cf. RM 44). Elle comporte l'annonce de cette Bonne Nouvelle dont le but est
la conversion chrétienne des hommes et des femmes (cf. RM 44-46). Mais elle se
propose également de «convertir en même temps la conscience personnelle et
collective des hommes, l'activité dans laquelle ils s'engagent, la vie et le
milieu concrets qui sont les leurs» (EN 18). Ainsi, «il importe d'évangéliser
... en profondeur et jusque dans leurs racines la culture et les cultures de
l'homme» et tout son mode de vie (EN 20). Par inculturation, l'Église incarne
l'Évangile dans différentes cultures, «elle leur transmet ses valeurs, en
assumant ce qu'il y a de bon dans ces cultures et en les renouvelant de
l'intérieur» (RM 52; cf. EN 20).
(51) Il y a une diversité d'activités dans l'unique mission de l'Église
selon
les différentes circonstances dans lesquelles elle s'accomplit. Si nous
observons le monde d'aujourd'hui du point de vue de l'évangélisation, nous
pouvons distinguer trois sortes de situations: (a) celle des personnes, groupes
et milieux socioculturels qui ne connaissent pas le Christ ni son Évangile.
Dans ce contexte, les catholiques parlent de mission ad gentes; (b) celle des
communautés chrétiennes dotées de structures ecclésiales solides et adéquates;
elles ont une foi et une vie chrétienne ferventes, où la participation aux
sacrements est fondamentale (cf. En 47). L'Église exerce son activité et son
action pastorale au sein de ces communautés; (c) il y a enfin la situation
intermédiaire, par exemple dans les pays d'anciennes racines chrétiennes, où des
groupes entiers de baptisés ont perdu le sens d'une foi vécue. Dans ce cas, ce
qu'il faut, c'est une nouvelle évangélisation ou une «ré-évangélisation». Les
frontières entre ces trois situations «ne sont pas
nettement définissables et
on ne saurait créer entre elles des barrières ou une compartimentation rigide»
(RM 34). Il existe une interdépendance croissante dans l'Église entre ces
diverses activités salvifiques.
2. Une vue évangélique
(52) Pour les évangéliques, le cœur et noyau central de la mission est la
proclamation. Toutefois, elle est le noyau central mais non pas la totalité de
la mission de l'Église dans le cadre du plan divin de rédemption. La Convention
de Lausanne qualifie d' «évangélisation» cette mission globale (Lausanne,
Introduction) et la situe dans un cadre trinitaire: «Nous affirmons notre foi au
Dieu éternel et unique, créateur (Es 40, 28) et Seigneur du monde, Père, Fils et
Saint-Esprit (Mt 28, 19), qui règne sur toutes choses selon le dessein de sa
volonté (Ep 1, 1). Il a appelé du milieu du monde un peuple qui lui appartient (Ac
15,
14) et il l'a envoyé dans le monde (Jn 17, 18) pour servir et témoigner, pour
faire avancer son règne, édifier le Corps du Christ et glorifier son nom (Ep 4,
12)» (Lausanne 1).
(53) La Convention de Lausanne décrit la mission dans son sens le plus inclusif,
comme «présence chrétienne dans le monde», qui consiste en un «service
sacrificiel» et demande «que nous pénétrions profondément dans le monde» pour
imprégner «une société non chrétienne» (Lausanne 6). Parce qu'ils sont engagés
dans la mission du Dieu trin, qui est «à la fois le Créateur et le Juge de toute
la terre», les disciples du Christ, en tant que chrétiens, «devraient partager
son souci de justice» (Gn 18, 25) et de réconciliation parmi la société humaine
tout entière, et de libération des humains et des femmes de toute forme
d'oppression (Ps 45, 7; Es 1, 17). Les êtres humains étant créés à l'image de
Dieu, «chaque personne humaine possède une dignité intrinsèque, quelle que soit
sa religion ou la couleur de sa peau, sa culture, sa classe sociale, son sexe ou
son âge (Lv 19, 18; Le 6, 27; 35) (Je 3, 9; Lausanne
5). Lorsque les hommes
entrent par une nouvelle naissance dans le Royaume du Christ, «ils doivent
rechercher, non seulement à refléter sa justice, mais encore à la répandre (Mt
5, 20; Mt 6,33) dans un monde injuste» (ibid.).
(54) Bien que la mission du Dieu trin soit aussi
vaste que «le dessein de Dieu
pour l'univers» (Lausanne 6) et que, par conséquent, elle appelle le peuple de
Dieu à cette mission qui embrasse tout, les évangéliques sont particulièrement
soucieux de maintenir la proclamation au premier plan et au centre. En
conséquence, la Convention de Lausanne délimite «l'évangélisation
elle-même»
comme «la proclamation du Christ» historique, biblique, Sauveur (1 Co 1, 23; 2
Co 4, 5) et Seigneur, afin de «persuader les hommes de venir
personnellement à
Lui pour être réconciliés avec Dieu» (2 Co 5, 11; 20). En outre, Lausanne
affirme avec force la primauté de l'évangélisation en tant que proclamation:
«Dans sa mission de service sacrificiel, l'Église doit accorder la priorité à
l'évangélisation» (Lausanne 6). Une déclaration ultérieure de la
Communauté
mondiale des évangéliques souligne de nouveau le rôle crucial de
l'évangélisation. Cependant, le document ne traite pas l'évangélisation «comme
un thème à part, parce que nous le considérons comme une partie intégrante de la
totalité de notre réponse chrétienne aux besoins de l'humanité» (Mt 28, 18-21;
Consultation sur l'Église en réponse aux besoins de l'humanité, Wheaton, 1983,
Introduction). Il est clair qu'ici, le «Grand Mandat» est conçu comme un appel
à la mission holistique avec, au centre, un appel à tous les hommes à croire en
Jésus Christ.
B. ANCIENNES TENSIONS DANS UN NOUVEAU CONTEXTE DE KOINONIA
(55) Nous partageons la conviction que Dieu a envoyé son Esprit-Saint dans le
monde pour y opérer la réconciliation du monde avec Dieu. Ceux à qui l'Esprit est envoyé participent à
cette mission de l'Esprit. Le cœur de la mission de l'Esprit est la
koinonia,
une communion de personnes dans la communion de Dieu, Père, Fils et
Esprit-Saint.
(56) La koinonia réelle que nous partageons déjà suscite notre souci commun de
considérer conjointement les problèmes de la liberté religieuse et du
prosélytisme qui nous ont séparés. Nous croyons que ces deux problèmes, liberté
religieuse et prosélytisme, ne doivent pas être traités comme deux sujets
totalement distincts, mais doivent être étroitement liés et examinés
conjointement comme des questions connexes, vues dans le contexte de la
signification de l'évangélisation et de la possibilité d'un témoignage commun.
Les chrétiens évangéliques et catholiques peuvent à présent constater qu'ils
partagent une communion réelle, bien qu'imparfaite, et qu'ils sont en mesure de
faire de modestes pas vers une communion plus totale en Christ par
l'Esprit-Saint. Les composantes en corrélation entre elles, nécessaires pour que
progresse la koinonia, sont le repentir, la conversion et l'engagement par
lequel nous nous engageons à rechercher la convergence qui a déjà commencé dans
notre vie en commun.
(57) La première composante est le repentir, un renoncement radical aux
attitudes d'esprit et de cœur qui s'écartent des buts et du dessein de Dieu. Ces
buts prévoient la communion entre les personnes et Dieu et entre les communautés
dont l'unité est l'œuvre de l'Esprit. Dieu veut que son Église soit l'instrument
principal de la koinonia de tous les peuples de Dieu. C'est pourquoi la
réconciliation de nos communautés chrétiennes revêt un caractère d'urgence.
(58) La deuxième composante du progrès de la koinonia est la
conversion, dans
laquelle, par la foi, nous nous tournons vers Dieu en Christ et en son message
salvifique. La conversion chrétienne a elle-même trois aspects: moral,
intellectuel et religieux. Dans la conversion morale, la grâce nous permet
d'apprécier ce que Dieu apprécie et d'obéir à ce que Dieu attend de nous. Par la
conversion intellectuelle, nous apprenons à connaître et à embrasser la vérité.
Par la conversion religieuse, nous parvenons à demeurer dans l'amour de Dieu.
(59) La troisième composante qui nous vient de l'Esprit est le fait de se
tourner les uns vers les autres dans notre engagement à proclamer l'Évangile.
Catholiques et évangéliques s'efforcent d'apprendre à s'aimer les uns les
autres dans leur travail d'évangélisation. On note des signes de convergence
sur la façon dont nous devons participer à la mission de l'Esprit dans notre
annonce de la Bonne Nouvelle. Nos deux traditions ont des idées sur le contenu
de cette source inépuisable. Ces idées doivent être retenues dans nos activités
d'évangélisation respectives, de manière à compléter et à soutenir les efforts
des uns et des autres.
1. Repentir: de quoi nous détournons-nous?
(60) Catholiques et évangéliques sont appelés à demander la grâce d'une
meilleure compréhension de la volonté du Christ, qui n'était pas présente dans
nos relations précédentes (P 108). Dans le passé, nos divisions ont été la cause
de conflits dans le travail d'évangélisation.
Mais à Manille, en 1989, les évangéliques se sont exhortés les uns les autres:
«Dans le Nouveau Testament, évangélisation et unité sont étroitement liées.
Jésus a prié pour que l'unité de son peuple reflète son unité avec le Père et
que le monde croie en lui, et Paul exhorte les Philippines à «combattre d'une
même âme pour la foi de l'Évangile». À la lumière de cette vision biblique, nous
avons honte de nos rivalités et de nos soupçons, de notre dogmatisme sur les
questions secondaires, de nos luttes pour le pouvoir, et de la construction
d'empires, toutes choses qui portent atteinte à notre témoignage» (Manille 9).
Et le Pape Jean-Paul II, au nom des catholiques, a demandé le pardon de Dieu
pour les péchés contre l'unité dans la prière suivante:
Père miséricordieux,
à la veille de sa passion,
ton Fils a prié pour l'unité de ceux
qui croient en lui:
mais, à l'encontre de sa volonté,
ils se sont opposés et divisés,
ils se sont condamnés mutuellement
et ont combattu les uns contre les autres.
Nous invoquons avec force ton pardon
et nous te demandons de nous donner un cœur repentant,
afin que tous les chrétiens, réconciliés avec toi et entre eux,
ne formant plus qu'un corps et un esprit,
puissent revivre la joyeuse expérience
de la pleine communion.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur» [12].
(61) En ce qui concerne le «prosélytisme», on remarquera que la compréhension
de ce terme a considérablement changé dans certains milieux au cours des
dernières années. Dans la Bible, le terme prosélyte n'avait aucune connotation
négative. Il désignait une personne étrangère à Israël, qui, par la foi en Yahvé
et l'acceptation de la loi, devenait membre de la communauté juive. Le terme
avait le sens positif de converti au judaïsme (Ex 12, 48-49). La chrétienté a
repris ce sens positif et impeccable pour désigner une personne convertie du
paganisme. Jusqu'au vingtième siècle, l'œuvre missionnaire et le prosélytisme
étaient généralement considérés comme synonymes et sans connotation discutable (B 32, 33). Ce n'est qu'au cours du vingtième siècle que
le terme a été appliqué aux tentatives faites pour recruter des membres chez les
autres (B 33), comme une forme illicite d'évangélisme (P 90). Au moins dans
certains milieux évangéliques, le sens du terme prosélytisme n'est pas
péjoratif; il l'est par contre dans les milieux catholiques et dans la plupart
des milieux œcuméniques. Les tentatives faites «pour se prendre des membres les
uns aux autres» (B 33) par des moyens indignes constituent un prosélytisme
négatif et péjoratif. Les membres de nos communions se sont rendus coupables de
prosélytisme dans ce sens négatif du terme. Cela doit être évité.
(62) C'est pourquoi nous affirmons «que devraient être évités: les offres ...
d'avantages temporels ou matériels ; l'utilisation impropre de situations
de détresse ; l'usage de pressions politiques, sociales ou économiques pour obtenir la conversion ... ; le discrédit jeté de
façon injuste et peu charitable sur d'autres confessions; la comparaison des
points forts et des idéaux d'une communauté avec les points faibles et les
pratiques d'une autre communauté» (B 36). La question des tentatives de gagner
des membres d'autres Églises a des conséquences sérieuses du point de vue
ecclésiologique et missiologique, qui requièrent un examen ultérieur.
(63) Les méthodes peu éthiques d'évangélisation doivent être nettement
distinguées de l'acte légitime d'une présentation convaincante de l'Évangile. Si
un chrétien, après avoir entendu une présentation de l'Évangile faite de
manière responsable, choisit librement d'adhérer à une autre communauté
chrétienne, on ne doit pas en déduire obligatoirement qu'un tel transfert est le
résultat d'un acte de prosélytisme (P 93,94).
(64) Les relations entre catholiques et évangéliques ont été perturbées par les
tentatives d' évangéliser des personnes appartenant déjà à une autre Eglise, une
pratique qui crée des malentendus et du ressentiment, surtout lorsque les
évangéliques essayent de «convertir» des baptisés catholiques en les amenant à
quitter l'Église catholique. C'est plus qu'un conflit verbal sur un emploi
différent de termes tels que conversion, chrétien et Église. Les évangéliques
parlent de «chrétienté de nom seulement» à propos de ceux qui portent le nom de
chrétiens mais ne le sont en réalité que marginalement, même s'ils ont été
baptisés. Les chrétiens de nom contrastent avec les croyants convertis qui
peuvent témoigner d'une union vivante avec le Christ, dont la confession est
biblique et la foi est active dans la charité. Cette nette distinction est
courante parmi les évangéliques pour qui les chrétiens de nom doivent être
gagnés à un rapport personnel avec le Seigneur et Sauveur. Les évangéliques
s'efforcent d'évangéliser les membres de nom de leurs propres Églises, de même
que ceux d'autres Églises; à leurs yeux, cette activité correspond à un réel
souci de l'Évangile et n'est pas une manière répréhensible de «voler les
brebis» des autres (E section III). Les catholiques parlent aussi de la
nécessité d' «évangéliser» ces personnes, bien qu'ils les appellent membres «non pratiquants» ou
«inactifs» plutôt que «de nom», et les considèrent toujours comme des
«chrétiens», puisqu'il s'agit de croyants baptisés. Ils se sentent à juste titre
offensés lorsque les évangéliques semblent juger tous les catholiques comme des
chrétiens de nom, ou chaque fois qu'ils basent leur
évangélisme sur une fausse
opinion de la doctrine et de la pratique catholique.
(65) Nous reconnaissons qu'une distinction doit être faite entre l'appréciation
des doctrines et des pratiques d'une Église et le jugement porté sur la
condition spirituelle d'une personne, c'est-à-dire sur sa
relation avec le
Christ et avec l'Église.
(66) En ce qui concerne la condition spirituelle ou religieuse d'une personne,
qu'elle soit chrétienne de nom, non pratiquante, inactive ou détachée, tout
jugement négatif est suspect d'intrusion, à moins que la personne que l'on veut
évangéliser ne soit elle-même à l'origine de cette information. La condition
spirituelle individuelle est toujours un mystère. D'abord devrait venir
l'écoute, accompagnée d'une bienveillante présomption de charité, et dans tous
les cas nous ne devrions proposer notre perception et notre expérience de la
Bonne Nouvelle qu'avec une attitude de respect total des personnes que nous
cherchons à évangéliser. Cette même attitude est nécessaire, non seulement pour
l'évangélisation, mais également pour tout effort tendant à persuader nos frères
et sœurs de ce que nous croyons être vrai.
(67) Évangéliques et catholiques sont exhortés à se repentir d'avoir donné de
fausses images les uns des autres, soit par indolence dans l'étude des faits,
soit en raison du refus d'écouter l'autre, de préjugés ou de jugements peu
éthiques (E I). Nous regrettons notre ignorance coupable qui néglige le savoir
aisément accessible sur la tradition de l'autre (P 93). Nous sommes
profondément conscients du commandement: «Tu ne témoigneras pas faussement
contre ton prochain»! (Ex 20, 16).
(68) Nous regrettons les formes d'évangélisation suggérées par la rivalité et le
prestige personnel, de même que les références injustes ou peu charitables aux
croyances et aux pratiques d'autres communautés religieuses, comme moyen de
gagner de nouveaux membres (E I, p. 91; J 19). Nous regrettons l'usage de ces
moyens dans le but de conserver nos propres membres. Nous déplorons les formes
concurrentielles d'évangélisation qui nous opposent à d'autres chrétiens (P 93)
(cf. DH 4, 12; JEAN-PAUL II, Tertio millennio adveniente 35). Toutes les formes
d'évangélisation devraient rendre témoignage à la gloire de Dieu.
(69) Nous regrettons toute forme d'évangélisation visant à exercer des pressions
sur les personnes pour les amener à changer d'allégeance religieuse, par des
méthodes qui discréditent l'Évangile et compromettent plutôt qu'elles
n'accroissent la liberté du croyant et la vérité de l'Évangile (B 31).
(70) Étant d'accord sur ces points, nous nous
engageons à rechercher un
«renouveau de l'âme» dans notre compréhension des intentions des uns et des
autres (cf. Ep 4,23, UR 7).
2. Conversion: vers quoi nous tournons-nous?
a. Croître en koinonia
(71) Les liens de la koinonia que les chrétiens
séparés partagent déjà,
comportent d'autres responsabilités réciproques. Chacun doit avoir le souci du
bien-être et de l'intégrité de l'autre. Les liens de la koinonia impliquent que
les chrétiens des Églises établies prennent la défense des droits civils des
autres chrétiens, droit à la liberté de parole, de presse et d'association. En
même temps, les liens de la koinonia supposent que les autres chrétiens
respectent les droits, l'intégrité et l'histoire des chrétiens des Églises
établies. Les tensions peuvent être réduites si les chrétiens engagés dans la
mission communiquent les uns avec les autres et essayent autant que possible de
rendre témoignage ensemble, plutôt que de rivaliser entre eux.
(72) Pour notre compréhension de la conversion religieuse, il est essentiel de
croire et d'expérimenter que «l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par
l'Esprit Saint qui nous a été donné» (Rm 5, 5). «Quiconque croit que Jésus est
le Christ est né de Dieu; et quiconque aime Dieu qui engendre aime aussi celui
qui est né de Dieu» (1 Jn 5, 1). Nos manquements dans l'amour mutuel est le
scandale qui fait douter que nous n'ayons pas permis à cet amour d'entrer dans
nos cœurs sans résistance. Puisque les évangéliques croient que leur Église est
catholique et que les catholiques croient que leur Église est évangélique, il
semblerait que notre tâche future est de mieux reconnaître les aspects mis en
évidence par chacun de nous dans les vues des autres également.
(73) Les évangéliques reconnaissent avec les
catholiques que le but de
l'évangélisation est la koinonia avec le Dieu trin et les uns avec les autres.
On accède à cette koinonia à travers la conversion au Christ par l'Esprit, dans
la communauté de foi, de proclamation et d'amour, qui rend témoignage au Règne
de Dieu. Les catholiques conviennent avec les évangéliques que tous les
chrétiens, quelle que soit leur confession, peuvent avoir un rapport personnel
vivant avec Jésus comme Seigneur et Sauveur. À partir de notre communion
réelle, bien qu'imparfaite, nous demandons à Dieu la grâce de nous engager de
nouveau à établir un rapport personnel vivant avec Jésus comme Seigneur et
Sauveur et à approfondir nos rapports mutuels.
b. Liberté religieuse
(74) Nous grandissons dans la koinonia en nous aidant les uns les autres et en
reconnaissant la liberté des uns et des autres. La liberté religieuse est non seulement un droit civil mais c'est également un des principes, avec celui du
respect mutuel, qui guide les relations entre les membres du Corps du Christ et
en fait, dans toute la famille humaine (P 99). Nous sommes appelés à travailler
ensemble à promouvoir la liberté de conscience de toutes les personnes et à
défendre les garanties civiles de la liberté d'association, de parole et de
presse. Catholiques et évangéliques, en reconnaissant que nous avons souvent
omis de respecter ces libertés dans le passé, nous affirmons le droit de toutes
les personnes de chercher la vérité et de lui rendre témoignage (J 15, P 104).
Nous affirmons le droit des personnes d'adopter ou de changer librement leur
communauté religieuse sans aucune contrainte. Nous déplorons toute tentative
d'imposer des croyances ou de manipuler autrui au nom de la religion (J 15, P
102). Les évangéliques peuvent être d'accord avec la position du Concile Vatican
II sur la liberté religieuse, à savoir que tous les hommes «doivent être
soustraits à toute contrainte de la part soit des individus, soit des groupes
sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu'en matière
religieuse nul ne soit forcé d'agir contre sa conscience, ni empêché d'agir,
dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou
associé à d'autres» (DH2; cf. B 40).
(75) L'Église catholique, dans la personne du Pape Jean-Paul II, a reconnu les
violations de la justice et de la charité dont ses membres se sont rendus
coupables au cours de l'histoire et en a demandé
pardon [13]. Aujourd'hui, elle
cherche à défendre la liberté religieuse de toutes les personnes et de leurs
communautés. En même temps, elle s'est engagée à diffuser le message de
l'Evangile parmi tous les hommes, sans prosélytisme et sans dépendre de l'État.
(76) Alors que pour les évangéliques, la liberté
religieuse avait été un point
de ralliement depuis leurs débuts, l'esprit catholique de John Wesley, les
revivals du dix-neuvième siècle et les appels à la mission mondiale, les ont
sollicités à passer du sectarisme à un plus grand respect mutuel et à une
coopération accrue dans la mission. L'aspect interconfessionnel l'esprit
communautaire mondial et la coopération dans la mission ont eu le soutien de
l'Alliance évangélique. Celle-ci a toujours eu le souci de la liberté
religieuse et déjà en 1872 elle a même exercé des
pressions en faveur des
catholiques opprimés au Japon [14]. Selon le Manifeste de Manille (1989):
«Les chrétiens souhaitent profondément la liberté religieuse pour tout le monde
et pas uniquement pour le christianisme. Dans les pays à majorité chrétienne,
les chrétiens sont les premiers à demander la liberté pour les minorités religieuses. En conséquence, dans les pays
à majorité non chrétienne, les chrétiens ne font que réclamer pour eux-mêmes ce
qu'ils exigent pour les autres dans des conditions analogues. La liberté de
«professer, pratiquer et propager» sa religion, selon la Déclaration
universelle des Droits de l'Homme, est un droit qui peut et doit être
mutuellement reconnu» (Manille 12.1)
«Nous regrettons vivement tout témoignage indigne dont les disciples de Jésus
se sont rendus coupables» (Manille 12.2)
(77) La liberté religieuse est un droit qui découle de la dignité même de la
personne, telle que nous la connaissons par la Parole de Dieu révélée: elle est
fondée sur la création de tous les êtres humains à l'image et ressemblance de
Dieu (P 98). Les autorités civiles sont tenues de respecter et de défendre ce
droit (cf. DH 2). Pour les catholiques, cette position a été officiellement
adoptée par le Concile Vatican II dans la Déclaration sur la liberté religieuse.
Les évangéliques ont pris une position analogue dans Lausanne1974, Manille1989
et Amsterdam 2000.
(78) Sur cette position, évangéliques et catholiques romains diffèrent quelque
peu dans le raisonnement théologique et anthropologique. Dans la pensée sociale
catholique, la théorie des droits est basée sur la loi naturelle. Les droits
humains sont considérés comme des revendications morales légitimes qui nous sont
données par Dieu; les agents moraux doués de liberté ont le devoir correspondant
d'agir à la lumière de ces revendications. La révélation est considérée dans le
sens de compléter cette conception des droits. Dans la doctrine évangélique, la
primauté est due au droit divin sur la conscience, la revendication immédiate
du Seigneur sur chaque individu; les droits humains sont alors vus non seulement
à la lumière de la création mais aussi sur la toile de fond de la chute de
l'homme par le péché. Lhistoire du péché renforce d'autant plus l'importance du
mandat concernant les droits. Dieu continue de chercher les créatures déchues
dans le déroulement de l'histoire de la grâce. Catholiques et évangéliques
reconnaissent que les droits humains doivent être interprétés et exercés dans le
cadre de la doctrine de l'Écriture et d'un raisonnement moral rigoureux. On
accordera l'attention qu'il convient aux besoins des autres, aux devoirs envers
les autres et au bien commun de tous (P 102, Décret sur la liberté
religieuse
7). Le langage des droits humains doit également se garder de tomber dans le
narcissisme, l'affirmation de soi et l'idéologie.
3. Se tourner les uns vers les autres: le défi du
témoignage commun
(79) Ce qui reste une espérance et un défi est la perspective de notre
témoignage commun. Nous considérons les communautés de foi dont nous sommes
membres comme ayant été choisies et consacrées pour la mission. Nous sommes
préoccupés par la sécularisation croissante du monde et par les efforts tendant à marginaliser les valeurs
chrétiennes. Il est urgent que
notre évangélisation devienne de plus en plus efficace. N'est-il pas également
urgent que les chrétiens rendent témoignage ensemble? En ce sens, le Concile
Vatican II a demandé aux catholiques de collaborer avec les autres chrétiens,
dans les termes suivants:
«Autant que le permettent les situations religieuses
... [que] les catholiques collaborent ... par une
commune profession de foi en Dieu et en Jésus Christ
devant les nations ... et par une coopération dans les questions sociales et
techniques, culturelles et religieuses; qu'ils collaborent surtout à cause du
Christ leur Maître commun: que Son Nom les unisse!» (AG 15).
Au cœur de l'évangélisation est la foi apostolique que l'on trouve dans la
Parole de Dieu, les credo, et qui est reflétée dans les interprétations
bibliques et dans le consensus doctrinal de l'époque patristique. La
possibilité, pour évangéliques et catholiques, de rendre un témoignage commun
réside dans le fait qu'en dépit de leurs désaccords, ils partagent une grande
partie de la foi chrétienne. Par exemple, nous nous réjouissons de pouvoir
confesser ensemble le Symbole des apôtres qui résume toute la foi biblique.
(80) Tout en reconnaissant les divergences qui subsistent, nous discernons une
convergence entre nos deux communions sur l'exigence et les possibilités d'un
témoignage commun:
La Déclaration d'Amsterdam 2000 exhorte les évangéliques:
«à prier et à œuvrer pour l'unité dans la vérité parmi tous les véritables
croyants en Jésus, et à coopérer le plus pleinement possible avec d'autres
frères et sœurs en Christ pour l'évangélisation, afin que l'Église tout entière
puisse apporter l'Évangile tout entier au monde tout entier» (Amsterdam
14).
Et le Pape Jean-Paul II pose la question:
«Comment annoncer l'Évangile de la
réconciliation sans s'engager en même temps à travailler pour la réconciliation
des chrétiens?» (UUS 98). C'est pourquoi, dans la mesure où la conscience et une
claire reconnaissance des points d'accord et de désaccord le permettent, nous
nous engageons à rendre témoignage en commun.
(81) Nous terminons ce rapport en nous unissant dans un esprit d'humilité et en
remettant notre travail, avec les points forts et les limitations qu'il peut
comporter, entre les mains de Dieu. Notre espoir est que ces efforts rendront
louange et gloire à Jésus Christ.
«À Celui qui peut, par sa puissance qui agit en nous, faire au-delà, infiniment
au-delà de ce que nous pouvons demander, à lui la gloire dans l'Église et en
Jésus Christ, pour toutes les générations, aux siècles des siècles. Amen» (Ep 3,
20-21).
ABRÉVIATIONS DOCUMENTS CATHOLIQUES
AG: Vatican 11 [*], Décret sur l'Activité missionnaire de l'Église,
Ad Gentes
CD: Vatican II, Décret sur la Charge pastorale des évêques,
Christus Dominus
DH: Vatican II, Déclaration sur la Liberté religieuse,
Dignitatis Humanae
LG: Vatican II, Constitution dogmatique sur l'Église,
Lumen Gentium
SC: Vatican II, Constitution sur la Sainte liturgie,
Sacrosanctum Concilium
UR: Vatican II, Décret sur l'œcuménisme,
Unitatis Redintegratio
EN: Paul VI, Exhortation apostolique, Sur l'évangélisation dans le monde moderne
(1975), Evangelii Nuntiandi, (Cité du Vatican, 1990)
RM: Jean-Paul II, Lettre encyclique, Redemptoris Missio
(1990), (Cité du
Vatican, 1990)
UUS: Jean-Paul II, Lettre encyclique Sur l'engagement
œcuménique (1995), Ut
unum sint, (Cité du Vatican, 1995)
DOCUMENTS ÉVANGÉLIQUES
Amsterdam: «Déclaration d'Amsterdam: une charte pour l'évangélisation au XXIe
siècle» (2000).
Lausanne: «Convention de Lausanne», 1974, Nouvelles
directives pour la mission
et l'évangélisation 1: Déclarations fondamentales 1974-1991, James A. Scherer
et Stephen Bevans, éd. (Maryknoll, 1992), pp. 253-259.
Manille: «Manifeste de Manille», 1989, Nouvelles directives pour la mission et
l'évangélisation 1: Déclarations fondamentales 1974-1991, James A. Scherer et
Stephen Bevans, éd. (Maryknoll, 1992), pp. 292-305.
DOCUMENTS DES DIALOGUES
B: Appel à rendre témoignage au Christ dans le monde d'aujourd'hui: un rapport
sur les conversations internationales catholiques romains-baptistes 1984-1988,
Conseil Pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, Service
d'information [SI] 72 (199011), pp. 5-14.
E: Rapport sur le dialogue catholique/évangélique sur la mission 1977-1984; voir
également SI 60 (1986/1-11), pp. 71-97.
J: Groupe mixte de travail entre l'Église catholique et le Conseil œcuménique
des Églises, «Le défi du prosélytisme et l'appel au témoignage commun»,
Septième rapport, appendice C, (Genève, 1998), pp. 43-52; voir
également SI 91
(1996/1-11), pp. 77-83.
P: Évangélisation, prosélytisme et témoignage commun, Rapport sur la quatrième
phase (1990-1997) du Dialogue international entre l'Église catholique et des
Églises pentecôtistes classiques, ainsi que d'autres responsables
pentecôtistes, SI 97 (1998/1-11), pp. 38-56.
A ANNEXE 1
ÉVOLUTION DE CETTE CONSULTATION INTERNATIONALE:
BRÈVE VUE D'ENSEMBLE
1. APERÇU HISTORIQUE
Les contacts croissants entre évangéliques et
catholiques au cours des années
70 et 80 sont le contexte des consultations internationales entre la Communauté
mondiale évangélique et l'Église catholique qui ont lieu depuis 1993.
Entre autres, pendant la période 1978 - 1984, un dialogue international sur la
mission a réuni un certain nombre d'évangéliques et de catholiques. Du côté
catholique, le dialogue était patronné par le Secrétariat Pontifical (Conseil
Pontifical depuis 1988) pour la promotion de l'unité des chrétiens. Les
participants évangéliques comprenaient divers responsables de haut niveau, tels
que John Stott, mais qui agissaient à titre personnel, sans représenter
officiellement aucun organisme évangélique. Le résultat de ce dialogue a été un
important rapport publié en 1985, le premier dans lequel évangéliques et
catholiques ont abordé ensemble les thèmes tels que le salut, l'évangélisation,
la liberté religieuse et le prosélytisme.
Une autre arène internationale importante, où évangéliques et catholiques se
rencontrent, est celle des réunions annuelles de la Conférence des Secrétaires
des Communions chrétiennes mondiales (CCM). Cette Conférence, qui existe depuis
plus de quarante ans, réunit les Secrétaires généraux, ou leurs équivalents,
d'un grand nombre de CCM. Le Directeur international de la Communauté
évangélique mondiale et le Secrétaire du Conseil Pontifical pour la promotion de
l'unité des chrétiens participent à ces réunions annuelles informelles.
Le besoin de relations plus directes a été mis en évidence à l'occasion d'un
événement particulier, qui a en outre été à l'origine des conversations
actuelles entre la CEM et les catholiques. Il s'agit de l'invitation de deux
représentants de l'Église catholique, dont le Secrétaire du Conseil Pontifical
pour la promotion de l'unité des chrétiens, à assister en qualité
d'observateurs à l'Assemblée générale de la CEM à Hoddesdon (Angleterre) en
1980, et à y apporter leurs salutations. Leur présence a suscité un vif débat,
au terme duquel «l'Alliance évangélique italienne a annulé son affiliation et
l'Alliance évangélique espagnole a suspendu la sienne». La Commission
théologique de la CEM a réagi en instituant un Groupe de travail pour les
questions œcuméniques, formé de soixante-dix membres. Ce groupe a rédigé une
déclaration qui a été publiée dans un livre intitulé Catholicisme romain: une
perspective évangélique contemporaine (éd. Paul G. Schrotenboer, Grand Rapids:
Baker 1988) où l'on trouve les détails des faits que nous venons de mentionner
(p. 9).
La réunion de la CEM à Jérusalem, en octobre 1988, a offert l'occasion d'une
conversation privée sur ce livre, entre, d'un côté, le Rév. David Howard,
Directeur international de la CEM, et le Dr Paul Schrotenboer, Secrétaire
général du Synode œcuménique réformé et Président du Groupe de travail de la
CEM, et de l'autre côté, le Rév. P. Pierre Duprey, Secrétaire du Conseil
Pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, et Mgr John Radano, de ce
même Conseil. Il fut décidé de tenir une brève réunion afin d'examiner les
questions soulevées dans le livre. La réunion a eu lieu à l'occasion de
l'assemblée de la CEM en octobre 1990 à Budapest (Hongrie). Deux représentants
de chaque côté - le Dr Paul Schrotenboer et le Dr George Vandervelde pour la
CEM; Mgr Kevin McDonald et Mgr John Radano pour le CPPUC - ont discuté pendant
deux journées entières sur le contenu du livre. La discussion a permis de
définir quelques-unes des différences qui existent entre nos deux communions,
mais il est apparu clairement qu'un examen approfondi de ces questions exigeait
plus de temps. On a donc proposé d'arranger à une date ultérieure une
consultation plus longue et soigneusement préparée. S.Ex. Mgr Pierre Duprey a
invité le groupe à se réunir à Venise.
2. BRÈVE VUE D'ENSEMBLE DES RÉUNIONS
Plusieurs rencontres internationales ont eu lieu, en commençant par celle de
Venise en octobre 1993. Leur but général était de promouvoir une compréhension
majeure et de meilleures relations mutuelles.
Une première évaluation de la rencontre de 1990 a permis de constater que les
thèmes importants à examiner à Venise étaient l'Écriture, la tradition (y
compris le développement de la doctrine) et la nature de l'Eglise comme
communion. Il est apparu clairement que la question de la doctrine de la
justification devait également être traitée. Des documents de travail ont été
préparés par le Rév. P. Avery Dulles, S.J. («La révélation comme base de
l'Écriture et de la Tradition») avec une réponse du Dr Henri Blocher, et par le
Dr George Vandervelde (s.lusüfication entre Écriture et Tradition»). Le
caractère exploratoire et délicat de cette rencontre se reflétait dans le fait
qu'aucune déclaration ni aucun communiqué communs n'ont été publiés. Finalement,
les documents ont parus en 1997 dans la Evangelical Review of Theology. La
réunion a confirmé l'importance des questions
abordées et en a dégagé deux en
particulier qui tendent à diviser évangéliques et catholiques. Outre la nature
de l'Église comme communion, l'autre question concernait la nature et la
pratique de la mission et de l'évangélisme.
Ces thèmes ont été abordés lors de la consultation suivante qui s'est tenue en
octobre 1997 à l'Institut œcuménique Tantur à Jérusalem. Des documents de
travail ont été présentés par le Rév. P. Avery Dulles, S.J. («L'Église une,
sainte, catholique et apostolique»), le Dr George Vandervelde («Ecclesiology
in the Breach: Evangelical Soundings»), le Rév. P. Thomas Stransky, C.S.P.
(«La mission de l'Église») et le Dr Samuel Escobar («Dynamisme missionnaire en quête de discernement missiologique»), Les cosecrétaires de cette réunion
étaient le Dr Paul Schrotenboer et le Rév. P. Timothy Galligan.
La confiance mutuelle croissante entre les deux partenaires se reflétait dans le
fait que pour la première fois un communiqué a été diffusé au terme de la
réunion. Les documents de travail ont été publiés tant dans la Evangelical
Review of Theology que dans la revue catholique One in Christ. Quelques mois
après cette rencontre nous avons reçu la triste nouvelle du décès du Dr Paul Schrotenboer. Il avait fait preuve d'un profond engagement dans ce processus dès
la réunion de Venise, à laquelle il avait tenu à participer malgré une grave
maladie qui mettait ses forces à dure épreuve. En 1997, il avait assuré la
coprésidence de la rencontre de Tantur, en dépit de l'amputation d'une jambe
quelques mois auparavant. Nous remercions Dieu pour le fort témoignage du Dr
Schrotenboer en vue de surmonter les malentendus et l'hostilité entre
évangéliques et catholiques, qui persistaient depuis si longtemps.
La troisième rencontre a eu lieu à Williams Bay, dans le Wisconsin (U.S.A.) en
novembre 1999, sur invitation de la CEM. Entre temps, il avait été convenu que
ces réunions auraient une périodicité régulière. La session de Williams Bay
était centrée sur le thème de l'Église comme communion. Ce thème a été
développé par le Rév. P. Avery Dulles, S.J. du côté
catholique et par le Dr
Henry Blocher du côté évangélique. Le Rév. P. Thomas Stransky, C.S.P., a
présenté un texte mettant en évidence certains aspects de divers rapports sur
les thèmes de «liberté religieuse, témoignage commun et prosélytisme». Un
document de Daniel M. Carroll traitait les mêmes sujets en fonction de leur
incidence sur les relations entre catholiques et évangéliques en Amérique
latine. Les cosecrétaires de la réunion étaient le Dr George Vandervelde et Mgr
Timothy Galligan.
Un nouveau développement dans les conversations a été marqué par la demande de
préparer deux documents en collaboration. Le Rév. P. Avery Dulles, S.J., et le
Prof. Henri Blocher ont été chargés de rédiger un résumé unifié des
convergences et des divergences sur l'Église comme koinonia, et on a demandé au
Dr Thomas Oden, au Rév. P. Thomas Stransky, C.S.P., et au Rév. P. John Haughey,
S.J., de préparer un document sur les thèmes de la liberté religieuse, du
témoignage commun et du prosélytisme.
Outre la discussion sur les documents, plusieurs événements importants ont eu
lieu durant la session de Williams Bay, qui ont contribué à approfondir notre
compréhension mutuelle. Les membres du dialogue ont rendu visite à d'importantes
écoles évangéliques, dont le Wheaton College et la Trinity Evangelical Divinity
School. Ils ont rencontré quelques-uns des enseignants des deux institutions,
avec lesquels ils ont eu des échanges informels. À Wheaton, ils ont visité
l'Institut pour l'Étude des Évangéliques américains et ont eu un échange avec
son directeur; ils ont également visité le Musée Billy Graham, avec son
exposition sur l'histoire du mouvement évangélique aux U.S.A. À la Trinity
School, ils ont été accueillis au cours d'une réception offerte en leur honneur par le Doyen académique, le Dr Bingham Hunter, et où
l'ex-président, le Dr Kenneth Kantzer, a pris la parole; ils se sont ensuite
entretenus de manière informelle avec les membres du corps enseignant. Le
groupe a également visité le Séminaire de l'Archidiocèse de Chicago à Mundelein
où le Cardinal Francis George, Archevêque de Chicago, leur a offert un dîner. À
Mundelein le groupe a en outre rencontré les membres du projet
catholiqueévangélique local, «Common Root». Ces diverses rencontres ont donné
aux participants du dialogue l'occasion d'approfondir leur connaissance de la
vie de leurs partenaires et d'avoir une vue plus large des contacts entre
évangéliques et catholiques, ce qui encourage le dialogue dans son important
travail.
Une indication de l'esprit fraternel croissant est l'acceptation de l'invitation
du Pape Jean-Paul II, transmise à la CEM par le CPPUC, et adressée également à
de nombreuses autres Églises et Communautés chrétiennes mondiales, à envoyer un
représentant à la «Commémoration œcuménique des Témoins de la foi du Vingtième
siècle» au Colisée à Rome, le 7 mai 2000, un des événements œcuméniques du
Jubilé de l'An 2000. Le Dr George Vandervelde et le Rév. Johan Candelin ont
représenté la CEM à cette célébration.
La quatrième session a eu lieu à Mundelein, Illinois (U.S.A.) du 18 au 24
février 2001. L'évolution de ce dialogue est mise en évidence par le fait que
pour la première fois le groupe disposait d'un projet de texte commun sur le
thème de la koinonia, préparé par Avery Dulles en collaboration avec Henry
Blocher (le Rév. P. Dulles, S.J., n'a pas pu participer à cette réunion, étant
retenu à Rome pour y recevoir l'investiture cardinalice par le Pape Jean-Paul
II). Un autre texte, rédigé par le Dr Thomas Oden, rassemblait des aspects
spécifiques de divers documents des dialogues précédents sur les thèmes de la
liberté religieuse et du prosélytisme. Ce texte, et plusieurs courtes thèses
sur ce même matériel, préparés par le Rév. P. John Haughey, S.J., ont également fait l'objet de discussions.
Une cinquième session s'est tenue à Swanwick (Angleterre) du 17 au 26 février
2002. D'importants changements étaient intervenus dans les deux organismes
promoteurs pendant l'intervalle entre la dernière réunion et celle de Swanwick.
L'appellation de la CEM avait été changée en Alliance évangélique mondiale
(AEM)
et un processus était en cours pour la nomination de nouveaux responsables. De
son côté, le Conseil Pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens avait
un nouveau Président et un nouveau Secrétaire. En outre, en 2001, au terme de la
période de service au CPPUC de Mgr Timothy Galligan, cosecrétaire de la
Consultation, le Rév. P. Juan Usma G6mez a été chargé d'assurer ces fonctions du
côté catholique. Trois nouveaux participants évangéliques était présents pour
la première fois: le Rév. Dr Rolf Hille, Président de la Commission théologique
de l'AEM, le Rév. Dr David Hilborn, Conseiller théologique de l'Alliance
évangélique du Royaume-Uni, et le Rév. Carlos Rodriguez Mansur, de la Fratemidad
Teologica Latinoamericana au Brésil. Alors que la préparation de cette session
avait été retardée en raison des changements survenus dans les deux organismes,
la Consultation avait à sa disposition à Swanwick un projet intégré du rapport
conjoint proposé et a décidé de lui donner une forme définitive. Le texte,
complété à la fin de la semaine, comprenait deux parties principales. La
première était centrée sur les convergences entre catholiques et évangéliques
concernant la koinonia, la seconde partie sur le rapport entre
koinonia et
évangélisation.
Il a été convenu que le rapport définitif serait
soumis aux organismes
promoteurs en leur demandant l'autorisation de le publier comme document
d'étude. L'achèvement de ce texte a mis le point final à une phase des
conversations. Au terme de leur travail, les participants ont exprimé l'espoir
que cette consultation entre l'Alliance évangélique mondiale et l'Église
catholique pourra se poursuivre.
ANNEXE 2
LISTE DES PARTICIPANTS
| ALLIANCE MONDIALE ÉVANGÉLIQUE
|
ÉGLISE CATHOLIQUE
|
Venise (Italie), 21-25 octobre 1993
|
Dr Henri Blocher
(France) |
Évêque Jorge Mejîa (Rome)
|
|
Dr Pablo Perez (U.S.A.) |
Rév. P. Karl Muller, S.v.D. (Allemagne) |
| Dr Paul Schrotenboer
(U.S.A.) |
Rév. John Redford (Angleterre)
|
| Dr George Vandervelde (Canada)
|
Rév. P. Thomas Stransky,
C.S.P., (Jérusalem) |
|
|
Mgr John Radano (Rome)
|
|
|
Rév. Timothy Galligan (Rome)
|
Jérusalem, 13-19 Octobre 1997
| Dr Paul Schrotenboer (U.S.A.),
Secrétaire |
Rév. Timothy Galligan (Rome),
Secrétaire |
| Dr Henri Blocher (France)
|
Rév. P. Frans Bouwen, M. Afr.
(Jérusalem) |
| Dr Samuel Escobar (U.S.A.)
|
Mgr Joseph Dinh Duc Dao
(Rome) |
|
Dr George Vandervelde
(Canada) |
Rév. P. Avery Dulles, S.J. (U.S.A.)
|
| Dr Stanley Mutunga (Kenya)
|
Sr Maria Ko, EM.A. (Hong Kong/Rome)
|
| Dr Thomas Oden (U.S.A.)
|
Mgr John Radano (Rome) |
| Dr Peter Kusmic (U.S.A.)
|
Rév. P. Thomas Stransky, C.S.P., (Jérusalem) |
|
(n'a pas pu prendre part à la réunion)
|
Rév. Juan Usma G6mez (Rome)
|
Williams Bay (WI, USA) 7-13 novembre 1999
| Dr George
Vandervelde (Canada),
Secrétaire |
Rév. Timothy Galligan (Rome),
Secrétaire |
| Dr Henri Blocher (France)
|
Rév. P. Avery Dulles, S.J. (U.S.A.)
|
| Dr Thomas Oden (U.S.A.)
|
Rév. P. John Haughey, S.J. (U.S.A.)
|
| Dr M. Daniel Carroll Rodas
(U.S.A.) |
Sr Maria Ko, EM.A. (Hong Kong/Rome)
|
| Dr Tite Tienou (U.S.A.)
|
Mgr John Radano (Rome)
|
| Dr James Stamoolis (U.S.A.)
|
Rév. P. Thomas Stransky, C.S.P. (Jérusalem) |
| |
Rév. Juan Usma G6mez (Rome)
|
| |
Fr. Jeffrey Gros, ES.C. (U.S.A.)
|
Mundelein (IL, USA) 18-24 février 2001
|
Dr George Vandervelde
(Canada), Secrétaire
|
Rév. Timothy Galligan (Rome),
Secrétaire |
| Dr Henri Blocher (France)
|
Cardo Avery Dulles, S.J. (U.S.A.)
|
|
|
(n'a pas pu prendre part à la réunion)
|
| Dr Thomas Oden
(U.S.A.) |
Rév. P. John Haughey, S.J. (U.S.A.)
|
| Prof. Lilia Solano (Colombia)
|
Sr Maria Ko, EM.A. (Hong
Kong/Rome) |
| Dr James Stamoolis
(U.S.A.) |
Mgr John Radano (Rome)
|
| Dr Daniel H. Williams (U.S.A.)
|
Rév. Juan Usma
Gómez
(Rome) |
|
|
Fr. Jeffrey Gros, ES.C. (U.S.A.)
|
|
|
Rév. P. Thomas Rausch, S.J. (U.S.A.)
|
Swanwick (Royaume-Uni) -17-26 février 2002
|
Dr George Vandervelde
(Canada), Secrétaire |
Rév. Juan Usma Gómez (Rome),
Secrétaire
|
| Dr Henri Blocher (France)
|
Cardo Avery Dulles, S.J. (U.S.A.)
|
|
|
(n'a pas pu prendre part à la réunion)
|
| Dr Thomas Oden,
(U.S.A.) |
Rév. P. John Haughey, S.J. (U.S.A.)
|
| Dr Rolf Hille (Allemagne)
|
Sr Maria Ko, EM.A. (Hong Kong)
|
|
|
(n'a
pas pu prendre part à la
réunion)
|
| Dr David Hilborn (Royaume-Uni)
|
Mgr John Radano (Rome)
|
|
Dr James Stamoolis
|
Fr. Jeffrey Gros, ES.C. (U.S.A.)
|
|
(n'a pas pu prendre part à la réunion)
|
|
|
|
Rév. P. Thomas Rausch, S.J. (U.S.A.)
|
| Dr Daniel H. Williams (U.S.A).
|
|
|
(n'a pas pu prendre part à la réunion)
|
|
* Église catholique et Alliance évangélique mondiale sont les appellations
officielles des deux organismes promoteurs. En utilisant leurs appellations
officielles, les promoteurs de la Consultation ne revendiquent en aucune
manière ces caractéristiques, c'està-dire «catholique» ou «évangélique», à leur
usage exclusif.
[1] JOHN REUMANN, «Koinonia in Scripture: Survey of Biblical Texts», On The Way to
Fuller Koinonia: Official Report of the Fifth World Conference on Faith and
Order; Faith and Order Paper no. 166 (Genève, 1994), p. 62.
[2] Sur l'expression «communia sanctorum» dans le symbole des apôtres, voir J. N.
D. KELLY, Early Christian Creeds, 3° éd. (New York, 1972), pp. 389-390. Cette
interprétation sacramentelle est appuyée par STEPHEN BENKO, The Meaning of
Communion of Saints (Naperville Ill., 1964) et par WERNER ELERT, Eucharist and
Church Fellowship in the First Four Centuries (St. Louis, 1966), chap. 1 et
excursus 1,2 et 3.
[3] La liste des abréviations se trouve à la fin du Rapport.
[4] «A Call to Evangelical Unity: 'The Gospel of Jesus Christ: An Evangelical
Celebration'», Christianity Today 43:7 (June 14, 1999), pp. 49-56.
[5] «The Chicago Cali: An Appeal to Evangelicals» (1977), Growing Consensus:
Church Dialogues in the United States, 1962-1991, Joseph Burgess and Jeffrey
Gros eds. (New York 1995), p. 579.
[6] Nous avons en commun la majorité des livres bibliques, mais le canon
catholique inclut également les livres dits «deutérocanoniques», et que les
protestants qualifient d'«apocryphes».
[7] «Confessing the One Faith: An Evangelical Response by the World Evangelical
Fellowship Task Force on Ecumenical Issues», Evangelical Review of Theology
18
(1994), pp. 34-36.
[8] Ce style d'ecclésiologie montre une vision de l'Église universelle comme un
réseau d'Églises locales en communion entre elles. Selon le Synode
extraordinaire des évêques de 1985, «l'ecclésiologie de communion est le
concept central et fondamental dans les documents du Concile. La koinonia-communion, fondée sur la sainte Écriture, fut tenue en grand honneur
dans l'Église antique et jusqu'à nos jours dans les Églises orientales. C'est
pourquoi Vatican II s'est attaché à ce que l'Église, comme communion, soit plus
clairement comprise et plus concrètement traduite dans la vie». [Rapport final,
II,C), 1].
[9] La Congrégation pour la Doctrine de la foi, dans sa lettre aux évêques sur
Quelques aspects de l'Église conçue comme
communion, souligne la priorité de
l'Église universelle sur l'Église particulière (cf. Origines 22 [25 juin 1992],
pp. 108-112). Dans sa présentation de Lumen gentium à la Rencontre
internationale lors de la réception de Vatican II, le 27 février 2000, le
Cardinal Ratzinger a expliqué que la communauté des 120 sur laquelle
l'Esprit-Saint est descendu (Ac 2, 1-4) était un renouvellement de la communauté
des Douze, qui avait reçu le mandat d'apporter l'Évangile jusqu'aux confins de
la terre. Cette communauté était le Nouvel Israël. Cf. JOSEPH RATZINGER,
«L'ecclesiologia della Costituzione Lumen gentium», Il Concilio Vaticano II,
Ricezione e attualità alla luce del Giubileo, Rino Fisichella (éd.), (Milan
2000), pp. 66-81.
[10] PIE XII, Encyclique Mystici corporis Christi 79.
[11] ABRAHAM KUYPER, Het Calvinisme (Kampen, Kok [1999]), pp. 53-54.
[12] Cf. JEAN-PAUL II, « Prière universelle du pardon, III. Confession des péchés
qui ont compromis l'unité du Corps du Christ», durant la liturgie du premier
dimanche de Carême, Basilique Saint-Pierre (Cité du Vatican, 12 mars 2000).
Voir: Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, Cité du
Vatican, Service d'information 103 (2000/I-II), p. 58.
[13] Cf. JEAN-PAUL II, «Prière universelle du pardon, e)
Confession des fautes
commises par des comportements contre l'amour la paix, les droits des peuples,
le respect des cultures et des religions», Cité du Vatican, 12 mars 2000.
[14] Cf: I. RANDALL et D. HILBORN, One Body in Christ: The History and
Significance
of the Evangelical Alliance (Carlisle, 2001), p. 98.
[*] Cf. Vatican Il. Les seize documents conciliaires, éd. Fides, Montréal-Paris,
1967.
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