1.1. LE TEXTE
1.1.1. Textes communs
1.1.1.1. Nouveau Testament: Pour les projets de traduction commune, les
commissions devraient baser leur travail sur l’édition critique du Nouveau
Testament grec publié par l’Alliance biblique universelle (United Bible
Societies), qui résulte elle-même du travail commun effectué par des spécialistes
représentant l’Eglise catholique romaine et d’autres dénominations chrétiennes.
Les traducteurs devraient normalement suivre les leçons adoptées par le Greek
New Testament lorsqu’elles sont classées dans la catégorie A ou B; en
revanche, il leur est permis de choisir d’autres leçons bien attestées dans
les cas où le texte adopté est classé dans la catégorie C.(1)
Bien que toute bonne traduction doive toujours se fonder sur un texte critique,
on admet que dans des situations particulières certaines dénominations
puissent souhaiter l’inclusion dans la traduction du Nouveau Testament de
passages empruntés à la tradition byzantine (largement reprise dans le Textus
Receptus). Il serait alors judicieux de placer de tels passages en note, en
faisant figurer un signe adéquat dans le texte. L’ampleur de ces ajustements
textuels dépendra naturellement des conditions locales. Tout cela demande en
tout cas à être soigneusement déterminé à l’avance sur la base de
principes clairs et précis (cf. section 2).
1.1.1.2. Ancien
Testament: la Biblia Hebraica Stuttgartensia, publiée par la Société biblique allemande, est recommandée aux commissions
communes de traduction.
D’une manière générale, le texte de base de la traduction sera le texte
massorétique. Mais, lorsque sa forme traditionnelle présente des difficultés
particulières, les spécialistes devraient recourir au témoignage présenté
par des textes récemment découverts ou par les versions anciennes en ce qui
concerne d’autres formes du texte hébreu. On tiendra compte aussi des
nouvelles
connaissances acquises grâce à l’étude des langues sémitiques apparentées,
bien qu’elles puissent entrer en conflit avec des interprétations
traditionnelles. Pour résoudre les problèmes textuels, on aura avantage à
consulter les volumes consacrés au travail d’analyse textuelle de l’Ancien
Testament hébreu, publiés sous les auspices de l’Alliance biblique
universelle.
1.1.2. Canon
Dans bien des cas, et lorsque les Eglises le demandent expressément, les Sociétés
bibliques publient des éditions de la Bible qui contiennent les livres appelés«deutérocanoniques»par certains et«apocryphes»par d’autres. Le but visé par les Sociétés bibliques est bien de
présenter
les Saintes Ecritures selon le canon voulu par les Eglises.(2)
Par ailleurs, toute édition de la Bible, pour recevoir l’imprimatur des
autorités ecclésiastiques catholiques, doit comporter les livres deutérocanoniques;
en revanche, la grande majorité des protestants, à l’exception de divers
groupes qui font usage des«apocryphes », considère qu’il est impossible d’accepter une édition de
l’Ancien Testament qui ne fasse pas une nette distinction entre ces textes et
le canon hébreu traditionnel. Ces deux positions peuvent être réconciliées
en pratique si dans les éditions de la Bible que les Sociétés bibliques
publient avec l’imprimatur des autorités ecclésiastiques catholiques, les
textes deutérocanoniques forment normalement une section à part, avant le
Nouveau Testament. Dans le cas du livre d’Esther, la traduction de toute sa
version grecque sera placée dans la section deutérocanonique, tandis que celle
du texte hébreu sera insérée parmi les livres du canon hébreu. Les parties
deutérocanoniques du livre de Daniel apparaîtront dans la section séparée.
En ce qui concerne le livre de Ben Sira, il est souhaitable de publier le texte
court, tel qu’on le trouve dans les principaux manuscrits grecs, tout en
tenant compte des textes hébreu et syriaque. Les ajouts provenant d’autres
manuscrits grecs et latins, et éventuellement de leçons hébraïques,
peuvent être imprimés en note si nécessaire.
1.2. L’EXÉGÈSE
1.2.1. Exégèse
Etant donné l’accord croissant, dans ce domaine, entre spécialistes de
diverses dénominations chrétiennes, on devrait établir une base commune en
choisissant une série de commentaires et d’ouvrages scientifiques
acceptables par tous.
1.2.2. Aides pour lecteurs
On peut satisfaire à la fois les besoins des lecteurs et les exigences
traditionnelles des Eglises par les types d’aides suivants:
1.2.2.1. Leçons différentes: Il s’agit de variantes dont on peut
penser avec de bonnes raisons qu’elles représentent le texte original, ou de
celles qui reflètent une longue tradition dans les traductions existantes.
1.2.2.2. Traductions
différentes: interprétations différentes basées soit sur l’ambiguïté
de la langue originale, soit sur les moyens différents d’expression de la
langue dans laquelle la traduction est faite.
1.2.2.3. Explications
de noms propres: traduction littérale de noms propres quand la
signification du texte dépend d’étymologies dites populaires, comme par
exemple pour Isaac, Israël, Jésus (à certains points cruciaux du texte).
1.2.2.4. Jeux de mots: indication d’association de sens des mots ou de
formes homonymes dans les langues originales, par exemple pneuma qui
signifie à la fois«esprit»et«vent» (Jean 3).
1.2.2.5. Situations historiques: brèves informations sur les personnages historiques, les lieux et les événements
en relation avec l’histoire dite«profane».Une bonne partie de ces
renseignements peuvent être fournis par des cartes de
géographie (avec nomenclature ancienne et moderne), et par un index et un
lexique fournissant de courtes explications.
1.2.2.6. Différences
culturelles: explications de termes sociaux, religieux ou culturels; ainsi:
a) Individus ou groupes, par exemple
Pharisiens, Sadducéens, Hérodiens, etc.
b) Objets de forme et de fonction
radicalement différentes, par exemple poids et
mesures (qui, de même que les monnaies, ont besoin d’une explication pour que
le texte devienne intelligible; si le texte de la traduction ne donne pas de
lui-même l’information, celle-ci doit être présentée dans les notes ou
le lexique).
c) Coutumes bibliques: par exemple «être
assis à la droite» doit être expliqué comme un signe de distinction et d’honneur dans certaines
sociétés où c’est la gauche qui désigne la placé d’honneur.
Les notes (du type 1.2.2.1. à 1.2.2.6.), rédigées durant le travail de
traduction pour fournir une bonne compréhension du texte publié, doivent être
reproduites dans toutes les éditions de ce texte.
1.2.2.7. Introductions:
présentations brèves et objectives du contenu de la Bible, des deux
Testaments, de groupes de livres, de chaque livre et de paragraphes, destinées
à aider le lecteur à en saisir le sens général. On peut y inclure des plans
de livres, des éclaircissements sur les structures du discours, ainsi qu’un
aperçu des principaux thèmes.
1.2.2.8. Références
parallèles: listes d’autres passages impliquant un contenu parallèle,
des événements historiques semblables, des citations, des allusions évidentes,
une manière parallèle de traiter le sujet.
1.2.2.9. Sous-titres: insertion de phrases ou expressions clés servant de sous-titres pour des
sections
nettement délimitées. Le lecteur demande de plus en plus cette division en
sections avec des sous-titres pour localiser facilement les passages, indiquer
le début d’un récit ou d’un discours, aérer la page qui donnerait
autrement une impression de lourdeur. Ces titres doivent se distinguer du
texte par leur emplacement et les caractères typographiques employés; ils
doivent autant que possible être formés de mots ou d’expressions empruntés
au texte et se présenter comme un moyen d’identification plutôt que d’interprétation.
Quelques commissions ont envisagé la possibilité d’expliquer l’existence
de positions divergentes en indiquant que telle interprétation est soutenue
par les catholiques et telle autre par d’autres dénominations chrétiennes.
Cette manière de procéder ne semble pas judicieuse, car elle tend à
accentuer les différences; de plus elle n’est pas nécessaire: la plupart des
divergences d’interprétation peuvent être traitées d’une manière plus
objective par des notes donnant, si le point en cause est important, d’autres
traductions possibles de l’original. En outre, il est rare que de réelles
différences d’interprétation s’expliquent par le simple fait qu’elles
seraient typiques d’une tradition ou d’une autre; en effet, les positions
exégétiques peuvent varier dans le cadre d’une dénomination particulière
tout autant que de part et d’autre des frontières confessionnelles. Par conséquent,
il vaut beaucoup mieux définir des positions diverses dans la perspective de
l’histoire de l’interprétation, sans les étiqueter comme provenant
d’une dénomination ou d’une autre. S’il s’agit de différences de peu
d’importance, il est préférable d’omettre simplement toute référence
à ce sujet dans l’intérêt même de l’entreprise commune.
La majeure partie des aides pour lecteurs dont il vient d’être question sont
placées à la page même où se trouve le texte qui fait difficulté; mais si
une note déterminée devait revenir fréquemment, il est souvent préférable
de grouper les données dans des tables de poids et mesures ou dans un lexique
comprenant les termes difficiles.
De telles restrictions sur les types d’annotations n’interdisent
aucunement aux différentes dénominations chrétiennes d’utiliser le texte en
publiant des commentaires en volumes séparés pour aider le lecteur à mieux
comprendre et apprécier la nature et la signification des Saintes Ecritures
à la lumière de leur propre tradition.
Le ou les éditeurs doivent en tout cas s’assurer que les annotations ne
contiennent rien d’offensant pour l’un quelconque des groupes confessionnels
auxquels le texte est destiné.
1.2.3. Informations
supplémentaires
L’adjonction de certains autres éléments: lexique, index, tables de
concordance, cartes de géographie, illustrations, etc., peut être envisagée
pour certains types de publications. Il est particulièrement important que
les Bibles complètes présentent des aides de cette sorte si l’on veut que le
lecteur comprenne le texte.
Dans cette catégorie, les illustrations posent des problèmes plus complexes
que le reste, car nombreuses et diverses sont les conceptions lorsqu’il s’agit
de décider ce qui est artistique ou ce qui convient à la Bible. En outre, ce
qui, dans une culture donnée, cause un plaisir esthétique et comporte une
valeur historique peut être fort mal compris dans un autre contexte culturel.
Plutôt que de porter leur choix seulement sur des«illustrations décoratives»(souvent de valeur
artistique douteuse et d’un rapport secondaire avec le
sujet), les éditeurs devraient mettre en lumière le milieu historique ou
stimuler la participation psychologique du lecteur par des illustrations au
caractère symbolique et dramatique.
Lorsque des illustrations sont prévues, il est très important que les
traducteurs et tous ceux qui donnent leur avis sur la traduction aient l’occasion
de les examiner, afin de s’assurer qu’elles sont bien en rapport avec le
texte.
Pour répondre au but des éditions communes, toute préface, si elle est
souhaitée, devrait se limiter à recommander à chacun la lecture de l’Ecriture
Sainte.
L’Alliance biblique universelle n’a pas l’habitude de mentionner les
noms des traducteurs ou réviseurs dans ses éditions de l’Ecriture Sainte.
1.3. LA LANGUE
1.3.1. Orthographe
Là où les diverses dénominations chrétiennes emploient des systèmes d’orthographe
différents, il convient de résoudre ces différences d’après des principes
scientifiques soigneusement définis, avant de pouvoir entreprendre quoi que ce
soit de significatif en vue d’une traduction commune de l’Ecriture Sainte.
Cependant, il est important de se rappeler que des changements peuvent être
apportés à l’orthographe n’importe quand avant la publication; il reste
possible, pour le programme de traduction, de progresser rapidement même si
des décisions concernant l’orthographe sont encore en suspens.
Les variations orthographiques sont relativement courantes dans les régions où
l’alphabétisation est récente. Elles sont dues souvent au fait que les
premiers missionnaires parlaient des langues différentes et s’inspiraient
d’orientations linguistiques divergentes. Il est difficile d’opérer des
changements dans de tels systèmes, mais si l’on fait montre d’une dose
suffisante de bonne volonté, si l’on a un souci réel de coopération entre
chrétiens et d’efficacité pédagogique, il est en général possible d’élaborer
des solutions pratiques. En même temps on doit reconnaître que les problèmes
d’orthographe ne sont pas simplement linguistiques, mais pour une bonne part
sociolinguistiques. Les facteurs culturels, comme la conformité à une langue
de prestige, les éléments psychologiques d’efficacité et la possibilité
d’une lecture rapide sont souvent plus importants que les considérations
purement linguistiques.
1.3.2. Noms propres
Un accord doit se faire sur la forme des noms propres avant l’adoption d’un
texte commun ou avant d’envisager la publication d’une traduction commune.
Divers facteurs compliquent cette harmonisation:
a) l’usage traditionnel, chez les catholiques, de formes latines comme base de
translittération, voire même certaines formes déclinées de mots latins;
b) l’usage protestant de langues européennes, le plus communément l’anglais,
comme base de translittération;
c) la prédominance des langues locales, nationales ou commerciales, par exemple
le français, le portugais, l’espagnol et le swahili, en opposition aux systèmes
employés par les missionnaires catholiques et protestants;
d) l’attachement à des formes particulières de noms propres comme symboles de
différences religieuses.
Dans le cas des langues principales avec des traditions relativement anciennes,
les différences d’usage peuvent normalement être résolues en suivant plus
fidèlement les formes du grec et de l’hébreu, à deux exceptions principales
près:
a) les personnages de l’Ancien Testament auxquels le Nouveau Testament se réfère
devraient être désignés selon la forme du nom sous laquelle ils paraissent
dans l’Ancien Testament;
b) certaines formes de noms largement
connues peuvent être entrées si profondément
dans l’usage populaire ou local qu’il ne sera pas facile de les changer.
1.3.3. Emprunts
On distingue deux types principaux d’emprunts:
a) les termes dont l’emprunt s’est effectué dans le passé suivant les
processus linguistiques habituels et qui sont souvent complètement assimilés
dans la langue du pays; en ce cas ils font vraiment partie du vocabulaire de
cette langue;
b) les termes expressément introduits pour la première fois dans les traductions
de la Bible.
Les catholiques et les protestants ont montré deux tendances assez différentes
en ce qui concerne les emprunts: les catholiques pour la plupart ont emprunté
largement au latin, tandis que les protestants se sont tournés vers le grec,
l’hébreu et les langues modernes européennes, les termes théologiques
provenant du grec et de l’hébreu, les termes culturels des langues
européennes.
Les emprunts de termes (autres que noms propres), par exemple de mots pour désigner
la«grâce »,devraient se réduire au minimum parce que des mots qui ne sont pas déjà en
usage dans la langue dans laquelle se fait la traduction sont des termes vides
de sens. Mais si l’emprunt était jugé nécessaire, il devrait normalement être
fait à des langues vivantes plutôt qu’à des langues anciennes. Toutes les
langues ont un vocabulaire et des séries d’expressions équivalentes
suffisants pour rendre l’emprunt relativement superflu. Pour les langues les
moins répandues, l’emprunt devrait être fait ‘aux principales langues
vivantes qui leur fournissent normalement déjà les termes requis par l’expansion
technologique, le commerce ou les relations sociales.
1.3.4. Le style
Une traduction commune devrait tendre à un style à la fois expressif et adapté
à la lecture publique. Elle doit pouvoir être comprise de ceux qui sont dans
l’Eglise et de ceux qui sont au dehors, dans un langage approprié à l’importance
du message et reflétant en même temps l’usage courant.
Dans le cas de langues où la traduction de la Bible a une longue histoire, il
convient de poser le problème du langage«traditionnel»avec réalisme. En effet, un tel langage possède souvent une réelle valeur
du point de vue ‘pastoral en raison de la profondeur de ses connotations
spirituelles
et théologiques. En conséquence, on devrait dans la mesure du possible tenter
de conserver cette terminologie, en particulier dans des contextes liturgiques,
à condition que les expressions obtenues soient bien les équivalents
fonctionnels
de celles qui figurent dans le texte en langue originale.
On aurait tort de penser qu’il ne puisse y avoir qu’un seul mode légitime
de traduction dans les principales langues du monde. Bien qu’il soit de moins
en moins nécessaire de préparer des traductions différentes selon les divers
dialectes géographiques, de nombreuses langues possèdent pourtant d’importants
dialectes sociolinguistiques. Cette diversité d’expression et la variété
semblable des buts que l’on peut assigner à une traduction suggèrent qu’en
bien des cas plus d’une forme de style serait non seulement désirable mais nécessaire.
2.
MANIÈRES DE PROCÉDER
La manière de procéder différera radicalement suivant la nature du projet (traduction
nouvelle ou révision), le niveau d’instruction et d’éducation du milieu
visé, ou suivant le climat psychologique, favorable ou non à la
collaboration, et l’attachement d’une dénomination chrétienne ou d’une
autre à sa tradition particulière. Mais quel que soit le travail, certains en
tout cas des facteurs suivants joueront un rôle important dans le développement
du programme de traduction.
2.1. CLIMAT DE COLLABORATION
Pour qu’une révision ou une nouvelle traduction puissent être entreprises
en commun dans une région particulière, cela dépend largement de l’attitude
adoptée par les dénominations chrétiennes respectives à l’égard de la
traduction.
Ces attitudes affectent de façon significative les principes et les manières
de procéder des Sociétés bibliques. Celles-ci détiennent généralement
les droits d’édition pour la publication des Saintes Ecritures au nom des
Eglises. Par conséquent toute entreprise commune exige le plus large accord
possible entre les intéressés.
2.2. RÉVISION OU NOUVELLE TRADUCTION
En général, il est préférable d’entreprendre une nouvelle traduction plutôt
que de tenter la révision d’un texte existant. Cela permet d’éviter de
rester lié à des expressions traditionnelles prêtant à malentendu, laisse
la liberté d’adopter de nouvelles formes de langage et un style plus
approprié,
ouvre la voie à une réelle collaboration interconfessionnelle et fournit les
bases à la fois psychologiques et scientifiques de décisions créatrices.
2.3. ORGANISATION DU TRAVAIL
Pour la mise en oeuvre la plus efficace d’un programme de traduction, trois
éléments sont nécessaires:
1. une équipe de traduction,
2. un comité de révision,
3. un groupe consultatif.
2.3.1. L’équipe de
traduction
Elle est composée d’un maximum de six personnes hautement qualifiées, soit
catholiques, soit membres d’autres dénominations, ayant quatre caractéristiques
fondamentales:
a) Compétences comparables,
b) capacités complémentaires,
c) respect mutuel, et
d)
aptitude au travail d’équipe.
De plus, il est essentiel que ces personnes puissent donner suffisamment de
temps à leur travail, car à leur bonne volonté doivent s’ajouter les moyens
de réaliser le programme prévu. Des membres des équipes de traduction ont
parfois été assignés à une tâche sans que leur eussent été assurées les
conditions de travail nécessaires à son accomplissement.
2.3.2. Le comité de révision
Il est composé d’un maximum de dix personnes toutes
particulièrement qualifiées pour étudier scientifiquement le texte, l’exégèse
et le style. Chaque dénomination, catholique ou autre, devrait y être représentée
de façon équitable, en gardant à l’esprit que la compétence technique
reste l’un des critères les plus déterminants dans le choix des membres du
comité. Ceux-ci communiqueront leurs suggestions surtout par correspondance,
bien que pour certaines questions-clés ils puissent être invités à tenir séance
avec l’équipe de traduction.
2.3.3. Le groupe consultatif
Il est composé d’un groupe de personnes allant jusqu’à cinquante, selon
l’importance de la langue et les circonstances, choisies en leur qualité de
dirigeants d’Eglise et en tant que représentants de différents milieux:
ecclésiastiques, politiques et géographiques. Les membres de ce groupe
apporteront leur contribution uniquement par correspondance.
Un coordinateur est souvent indispensable pour centraliser la réception des
projets de texte et les faire circuler, organiser les rencontres de l’équipe
de traduction et du comité de révision, et coordonner le travail en général.
Dans la plupart des cas, un ou une secrétaire est nécessaire si l’on veut
que le travail soit correctement présenté et les décisions enregistrées
avec précision.
2.4. FORMATION ET NOMINATION DU PERSONNEL
Les membres de l’équipe de traduction et du comité de révision doivent être
choisis avec grand soin, après ample consultation de tous les dirigeants intéressés,
tandis que ceux du groupe consultatif peuvent être nommés par leurs Eglises
respectives.
Pour trouver les candidats les plus aptes à constituer l’équipe de
traduction et le comité de révision, il est nécessaire de procéder par voie
non officielle, à savoir: des conseillers en traduction mènent une enquête
approfondie pour s’assurer des capacités techniques des candidats éventuels
et de leur aptitude probable à travailler efficacement en commun. Une fois
clarifiée avec les autorités ecclésiastiques la question de la disponibilité
des candidats, ceux-ci peuvent alors être officiellement désignés par leurs
Eglises respectives et nommés par les Sociétés bibliques. La preuve a souvent
été apportée qu’il était judicieux de prévoir un programme initial de
formation pour les éventuels traducteurs et les membres du comité de révision,
et cela dans le cadre de l’enquête approfondie aboutissant aux nominations.
Les conseillers en traduction devraient en être chargés, car ils ont alors
la possibilité de juger du travail de chaque personne quand celle-ci est
activement engagée dans une traduction. Les avis des conseillers en traduction
concernant les membres de l’équipe de traduction et du comité de révision,
peuvent alors être formulés avec plus d’objectivité.
Les traducteurs sont normalement au service des Eglises et non des Sociétés
bibliques elles-mêmes. Il est nécessaire qu’il en soit ainsi, car une fois
la traduction achevée, les traducteurs retournent en général à leurs
occupations antérieures. Cependant toutes les conditions de travail
devraient être déterminées en liaison avec la Société biblique nationale et
le conseiller en traduction concerné, puisque la supervision de l’ensemble
du programme demande qu’un équilibre soit maintenu entre les divers membres
de l’équipe de traduction, qui appartiennent à des Eglises différentes.
De plus, dans la plupart des cas, c’est le conseiller en traduction qui sera
le plus directement engagé dans la formation des traducteurs et c’est lui qui
proposera d’approuver le texte définitif en vue de sa publication.
2.5. FORMULATION DE PRINCIPES
Pour donner à un programme de traduction sa ligne directrice propre, assurer la
cohérence des résultats et rendre possible un effort créateur collectif,
des principes détaillés devront être élaborés pour l’ensemble des aspects
techniques: texte à employer, base exégétique, système de translittération,
niveau du style, etc.
Une formulation de principes adéquate apporte, en effet, la meilleure
garantie de succès d’un projet de traduction ou de révision. En premier lieu,
l’adhésion donnée aux normes fixées fournit, à un haut degré, l’assurance
que le travail des traducteurs sera accepté par les dénominations chrétiennes
dont les dirigeants ont établi et accepté les principes. En second lieu, la
formulation de tels principes permet de résoudre plus rapidement des problèmes
de traduction, puisque les intéressés peuvent prendre position pour ou contre
des principes plutôt que s’opposer personnellement les uns aux autres. Enfin,
l’existence des normes aide beaucoup à la cohérence de la traduction, car,
même quand certaines d’entre elles demandent à être modifiées en fonction
de l’expérience acquise, tout le travail déjà fait peut alors être adapté
en conséquence, si’ bien que le résultat final peut être rigoureusement
homogène.
Le conseiller en traduction devrait aider l’équipe de traduction en lui
proposant une série de principes applicables à la traduction particulière
que l’on projette.
2.6. SUPERVISION DE L’ÉDITION
Le conseiller en traduction devrait assumer la responsabilité de la supervision
de l’édition. Cette supervision n’implique cependant pas nécessairement
une«surveillance»constante du travail, mais fournit plutôt aux traducteurs l’occasion d’obtenir
des indications sur la manière de résoudre les problèmes qui surgissent au
cours de leur travail.
2.7. COPYRIGHT: INTÉGRITÉ ET UTILISATION DU TEXTE
Si l’on veut que les programmes de traduction en commun conduisent à une
coopération significative dans la préparation d’éditions de l’Ecriture
Sainte, il est important d’éviter la production de textes différents par
diverses maisons d’édition.
Si l’effort commun aboutit simplement à la production de textes différents
publiés par diverses maisons d’édition, il est presque inévitable que
dans les cinq ou dix années suivantes les textes seront encore changés et
qu’ils constitueront finalement des Bibles différentes plutôt qu’une
oeuvre commune. Même si un même texte est publié par des éditeurs différents,
il peut devenir l’objet de très fortes pressions en faveur de modifications
secondaires qui, en se multipliant, risquent de se transformer en peu de temps
en changements importants. Cela ne veut naturellement pas dire qu’on ne doive
avoir devant les yeux qu’une seule édition de l’Ecriture Sainte, avec
exactement les mêmes compléments ou les mêmes informations marginales, car
une diversité dans la présentation et le genre d’éléments supplémentaires
peut être utile pour atteindre diverses couches d’une même population. Néanmoins,
une fois l’accord établi au sujet d’une entreprise de traduction ou de révision,
il est prudent également de prévoir la nécessité de maintenir cette unité
par une procédure appropriée dans le domaine de la publication.
Le copyright de la traduction ainsi que du texte publié appartient normalement
à une Société biblique nationale ou à l’Alliance biblique universelle;
mais dans le cas d’une publication commune, le copyright sera également
commun. Si un groupe confessionnel qui a participé directement à la
traduction d’un texte manifeste de l’inquiétude quant à l’intégrité et
à l’utilisation futures de ce texte, le ou les éditeurs pourront résoudre
le problème par des dispositions contractuelles.
2.8. NOM DE L’ÉDITEUR ET IMPRIMATUR
Toute édition interconfessionnelle des Saintes Ecritures portera normalement le
nom de la Société biblique éditrice et l’imprimatur de l’autorité
ecclésiastique catholique compétente. La forme la plus appropriée aux éditions
de ce genre publiées par les Societés bibliques consisterait, pour elles, à
mettre leur nom sur la page de titre, tandis que l’imprimatur de l’autorité
catholique compétente figurerait au dos de cette page, cette procédure étant
normale pour les livres autorisés par l’Eglise catholique romaine. Mais,
parfois, au lieu d’un nihil obstat et d’un imprimatur formels, il pourra être
sage de se contenter d’une préface comprenant une recommandation commune
des autorités ecclésiastiques.
NOTE
1) Le Greek New Testament évalue par la lettre A les
passages pour
lesquels la leçon retenue dans le texte grec imprimé est quasiment sûre. B
indique un léger doute à ce sujet, tandis que C est synonyme de grande hésitation.
Pour une explication plus développée de ce genre d’estimation, voir l’Introduction
du Greek New Testament.
2) Notons que les catholiques appellent généralement «livres deutérocanonjques» certains livres du canon grec de l’Ancien Testament que l’on ne trouve pas
dans le canon hébreu, tandis que les protestants les appellent (ainsi que
quelques autres livres encore) «apocryphes». Cela prête à confusion, car, dans les milieux catholiques, les termes «Apocryphes» ou «Livres apocryphes» désignent des livres qui n’ont jamais été admis dans le canon. De leur côté,
les protestants appellent ces mêmes livres «Pseudépigraphes» ou «Livres pseudépigraphes». Une terminologie commune serait hautement souhaitable, mais les traditions
terminologiques sont si profondément enracinées qu’il faudra sans doute
les respecter pendant un certain temps encore.