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CONSEIL PONTIFICAL POUR LA PROMOTION DE L'UNITÉ DES CHRÉTIENS

 

Textes pour

La Semaine de Prière pour l’Unite des Chrétiens
et pour toute l’année 2005

Le Christ,
unique fondement de l’Eglise
(1 Co 3, 1-23)

Conjointement préparés et publiés par
Le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens
La Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Eglises

Avant-propos

Introduction

Nous avons la joie de vous annoncer la naissance d’une nouvelle ère de collaboration entre le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens (Eglise catholique) et la Commission Foi et Constitution (Conseil œcuménique des Eglises). Une nouvelle étape vient en effet d’être franchie en direction de l’unité des chrétiens. Cette année, pour la première fois, le texte pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens qui vous a été remis n’a pas seulement été préparé en commun par le CPPUC et Foi et Constitution mais est aussi conjointement publié par ces deux organismes. Même si certaines années cela avait déjà été le cas de facto, nous avons à présent également adopté un format commun.

Nous vous encourageons à faire bon usage de ce texte, naturellement pendant une semaine particulière au cours de l’année mais aussi comme base de votre prière personnelle et de prières publiques pour l’unité tout au long de l’année.

Brian Farrell, Secrétaire Samuel Kobia, Secrétaire Général
Conseil Pontifical pour la promotion
de l’unité des chrétiens
Conseil œcuménique des Eglises

Rechercher l'unité durant toute l'année

Traditionnellement, la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens est célébrée du 18 au 25 janvier. Ces dates furent proposées en 1908 par Paul Wattson de manière à couvrir la période entre la fête de saint Pierre et celle de saint Paul. Ce choix a donc une signification symbolique. Dans l'hémisphère Sud, où le mois de janvier est une période de vacances d'été, on préfère adopter une autre date, par exemple aux environs de la Pentecôte (ce qui fut suggéré par le mouvement Foi et Constitution en 1926) qui représente aussi une autre date symbolique pour l’unité de l’Eglise.

En gardant cette flexibilité à l’esprit, nous vous encourageons à considérer ces textes comme une invitation à trouver d'autres occasions, au cours de l'année, pour exprimer le degré de communion que les églises ont déjà atteint et pour prier ensemble en vue de parvenir à la pleine unité voulue par le Christ.

Adapter les textes

Ces textes sont proposés étant bien entendu que, chaque fois que cela sera possible, on essayera de les adapter aux réalités des différents lieux et pays. Ce faisant, on devra tenir compte des pratiques liturgiques et dévotionnelles locales ainsi que du contexte socio-culturel. Une telle adaptation devrait normalement être le fruit d’une collaboration œcuménique.

Dans plusieurs pays, des structures œcuméniques sont déjà en place et elles permettent ce genre de collaboration. Nous espérons que la nécessité d'adapter la Semaine de prière à la réalité locale puisse encourager la création de ces mêmes structures là où elles n'existent pas encore.

Utiliser les textes de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens

  • Pour les églises et les communautés chrétiennes qui célèbrent ensemble la Semaine de prière au cours d'une seule cérémonie, ce livret propose un modèle de Célébration œcuménique de la Parole de Dieu.

  • Les églises et communautés chrétiennes peuvent également se servir pour leurs célébrations des prières ou des autres textes de la Célébration œcuménique de la Parole de Dieu, des textes proposés pour les Huit Jours et du choix de prières en appendice de cette brochure.

  • Les églises et communautés chrétiennes qui célèbrent la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens chaque jour de la semaine, peuvent trouver des suggestions dans les textes proposés pour les Huit Jours.

  • Les personnes désirant entreprendre des études bibliques sur le thème 2005 peuvent également se baser sur les textes et les réflexions bibliques proposés pour les Huit Jours. Les commentaires de chaque jour peuvent se conclure par une prière d'intercession.

  • Pour les personnes qui souhaitent prier en privé, les textes contenus dans cette brochure peuvent alimenter leurs prières et leur rappeler aussi qu'elles sont en communion avec tous ceux qui prient à travers le monde pour une plus grande unité visible de l'Église du Christ.


TEXTE BIBLIQUE POUR 2005

1 Corinthiens 3, 1-23

Pour moi, frères, je n’ai pu vous parler comme à des hommes spirituels mais seulement comme à des hommes charnels, comme à des petits enfants en Christ. C’est du lait que je vous ai fait boire, non de la nourriture solide : vous ne l’auriez pas supportée. Mais vous ne la supporteriez pas davantage aujourd’hui, car vous êtes encore charnels. Puisqu’il y a parmi vous jalousie et querelles, n’êtes-vous pas charnels et ne vous conduisez-vous pas de façon toute humaine ? Quand l’un déclare : « Moi, j’appartiens à Paul », l’autre : « Moi à Apollos », n’agissez-vous pas de manière toute humaine ?

Qu’est-ce donc qu’Apollos ? Qu’est-ce que Paul ? Des serviteurs par qui vous avez été amenés à la foi ; chacun d’eux a agi selon les dons que le Seigneur lui a accordés. Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé, mais c’est Dieu qui faisait croître. Ainsi celui qui plante n’est rien, celui qui arrose n’est rien : Dieu seul compte, lui qui fait croître. Celui qui plante et celui qui arrose, c’est tout un, et chacun recevra son salaire à la mesure de son propre travail. Car nous travaillons ensemble à l’œuvre de Dieu et vous êtes le champ que Dieu cultive, la maison qu’il construit. Selon la grâce que Dieu m’a donnée, comme un bon architecte, j’ai posé le fondement, un autre bâtit dessus. Mais que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit. Quant au fondement, nul ne peut en poser un autre que celui qui est en place : Jésus Christ. Que l’on bâtisse sur ce fondement avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin ou de la paille, l’œuvre de chacun sera mise en évidence. Le jour du jugement la fera connaître, car il se manifeste par le feu, et le feu prouvera ce que vaut l’œuvre de chacun. Celui dont la construction subsistera recevra un salaire. Celui dont l’œuvre sera consumée en sera privé ; lui-même sera sauvé, mais comme on l’est à travers le feu.

Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira. Car le temple de Dieu est saint et ce temple, c’est vous.

Que personne ne s’abuse : si quelqu’un parmi vous se croit sage à la manière de ce monde, qu’il devienne fou pour être sage ; car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. Il est écrit en effet : Il prend les sages à leur propre ruse, et encore : Le Seigneur connaît les pensées des sages. Il sait qu’elles sont vaines. Ainsi, que personne ne fonde son orgueil sur des hommes, car tout est à vous : Paul, Apollos, ou Céphas, le monde, la vie ou la mort, le présent ou l’avenir, tout est à vous, mais vous êtes à Christ et Christ est à Dieu.

Traduction œcuménique de la Bible (TOB)


INTRODUCTION THEOLOGIQUE ET PASTORALE

Le Christ, unique fondement de l’Eglise
(1 Co 3, 1-23)

Introduction au thème

Ce thème a été élaboré dans un contexte caractérisé par les nouvelles possibilités de croissance s’offrant à l’Eglise. Depuis plus de dix ans, les églises en Slovaquie connaissent une période de renouveau et de développement, après avoir vécu, pendant une quarantaine d’années, dans une situation politique qui, tout en leur permettant d’exister, empêchait leur épanouissement et limitait leur témoignage dans la société. Pour préparer le thème de la Semaine de Prière pour l’Unité de cette année, le groupe a réfléchi sur les questions suivantes : 1.Quel est le fondement sur lequel se construit la nouvelle « existence » de leurs églises ? 2. Existe-t-il un espace de croissance dans l’unité dans le processus de croissance des communautés confessionnelles respectives ? 3. Quels sont les moyens pour renforcer le service de l’Eglise ?

On trouve dans le Nouveau Testament des épîtres adressées aux églises pour les encourager dans leur croissance spirituelle car elles vivaient dans un monde souvent hostile aux valeurs de l’Evangile. Parmi elles, la première épître aux chrétiens de Corinthe est le texte sur lequel s’est basé le travail du groupe préparatoire. La réflexion qui suit est une introduction théologique et pastorale au thème de cette année et aux huit jours de prière qui s’inspirent principalement de la situation slovaque et de l’expérience récente de ses communautés chrétiennes. Le désir du groupe préparatoire est que ces considérations puissent stimuler toutes les églises dans leur contexte spécifique, quelle que soit la situation dans laquelle se trouvent leurs communautés chrétiennes, qu’il s’agisse de croissance ou bien de déclin.

Grandir dans la foi signifie grandir dans l’unité

En réfléchissant sur l’expérience de la croissance dans la foi en Slovaquie, il est apparu qu’elle est réellement un don pour toutes les églises de ce pays. Des personnes qui s’étaient tenues à l’écart des églises avant les événements de 1989, ont commencé à se rapprocher d’elles pour trouver des réponses à des questions importantes de leur vie. Cela montre que les églises, dans leur façon de diffuser le message de l’Evangile, ont du s’adapter à ce nouveau contexte. La situation en Slovaquie n’était donc pas très différente de celle rencontrée par Paul lorsque il aida l’église de Corinthe à grandir.

Malgré cela, ce processus de croissance n’est pas sans échecs et sans problèmes. Paul remarque que les corinthiens n’étaient pas encore prêts à recevoir la nourriture solide qui permet de croître dans la foi. Il est normal de commencer à grandir en buvant du lait. Cependant, si après un certain temps le corps n’arrive pas à absorber de la nourriture solide, cela signifie que l’organisme ne fonctionne pas correctement.

Paul emploie une expression très forte pour décrire les corinthiens. Il les appelle « hommes charnels » car il voit qu’ils n’ont pas atteint la maturité spirituelle. Ils vivent encore selon leurs inclinations humaines qui se manifestent dans des jalousies et des querelles mesquines (1er jour). Comment Paul peut-il utiliser des mots aussi forts pour décrire un peuple dont l’église est si riche de dons multiples et si pleine de vie ? Cette richesse, Paul la connaît bien et il s’y réfère dans 1 Co 14.

Ce manque de maturité spirituelle ne se manifestait pas par l’absence de raisonnements raffinés ou d’éléments visibles de pouvoir. La communauté était riche en dons et en œuvres. Á cet égard, elle n’était pas plus pauvre ou plus faible que d’autres. Pourtant, Paul qualifie cette église de charnelle ; il appelle les corinthiens enfants. Pourquoi ? À cause de l’absence d’unité parmi eux.

Les églises de Slovaquie se sont demandées dans quelle mesure leur croissance a été authentique au cours de ces quinze dernières années de liberté et de nouvelles possibilités. Quelle valeur ont les résultats atteints, s’il est vrai qu’il existe encore des tensions parmi les différentes confessions ? Les églises de Slovaquie ont compris la nécessité de prier pour que les chrétiens grandissent dans la foi et que cette croissance soit marquée par l’unité dans le service et par une compréhension réciproque.

L’humilité dans le service est source d’unité

La division qui régnait à Corinthe n’était pas due au refus de certains principes de foi. Le vrai problème était le refus d’abandonner les anciens comportements humains. Malgré les différents dons spirituels que les Corinthiens avaient reçus, quelque chose leur manquait: l’unité d’esprit et d’intentions leurs faisait défaut. Paul refuse cette façon d’être chrétiens. Il ne tombe pas dans le piège de la jalousie lorsque certains fidèles professent qu’ils l’adorent et qu’ils lui appartiennent. Il insiste sur le fait que ni lui ni Apollos sont des « seigneurs » auxquels on pourrait appartenir. Ils sont « des serviteurs par qui [d’autres ont] été amenés à la foi » (1 Co 3, 5). De surcroît, il n’exercent pas ce ministère grâce à leurs seules forces. Ils dépendent complètement de la grâce du Seigneur dans l’accomplissement de ce service. Ils réalisent ce service selon les dons que le Seigneur leur a accordés.

Cette attitude est à la foi signe d’humilité et de grandeur. La manière dont Paul conçoit le service ne s’inscrit pas dans une perspective terrestre, selon laquelle être un simple serviteur se situe aux antipodes du désir d’être servi comme quelqu’un d’important dans l’église. Jésus nous apprend, en Matthieu 20, 28, que « le Fils de l’homme est venu non pour être servi, mais pour servir ». C’est pourquoi tous les dons reçus doivent être mis au service du plan de Dieu, de telle façon qu’ils indiquent quel en est l’auteur plutôt que le destinataire.

Paul comprend que le fruit de ce service sera différent car il sera bâti sur la coopération. C’est précisément ce dont les slovaques ont fait l’expérience. Dans la situation nouvelle qui s’est crée, en raison surtout de la mobilité des personnes, les ministres souvent ne se rendent pas compte des fruits de la parole qui a été plantée. Aujourd’hui, comme au temps de Paul, certains plantent alors que d’autres fournissent les soins quotidiens nécessaires à la croissance et que d’autres encore s’occupent de la récolte. Dans le passé, les personnes passaient toute leur vie dans le même village ou dans la même ville ; les pasteurs locaux pouvaient donc suivre les besoins spirituels de leurs fidèles, à partir du moment où ils répandaient la semence de l’Evangile jusqu’au moment de la récolte des fruits. Aujourd’hui il se peut que de nombreuses personnes soient engagées dans ce processus de croissance qui n’est pas sans problèmes. Même au sein d’églises de la même confession des tensions parmi les fidèles se produisent, comme ce fut également le cas à Corinthe. De plus on oublie souvent que ce ne sont pas les ministres qui font grandir dans la foi mais que « Dieu seul compte, lui qui fait croître » (2e jour).

Cette situation doit nous amener à réfléchir : dans quelle mesure les tensions entre nous sont-elles vraiment causées par des différences d’enseignement ? Ne sommes-nous pas encore trop orgueilleux ? Jusqu’à quel point nos actions sont-elles soumises à l’envie du pouvoir plutôt qu’au désir et à la volonté de servir ?

Paul a du affronter une situation semblable parmi les chrétiens de Corinthe. La réponse qu’il y a apportée est celle de l’humilité dans le service comme moyen d’atteindre l’unité. C’est ce dont les églises font encore aujourd’hui l’expérience à travers la cohabitation. Nous avons compris que nous sommes des compagnons de travail, que nous travaillons ensemble à l’œuvre de Dieu, chacun bâtissant sur l’unique fondement qu’Il a posé, c’est-à-dire le Christ. Conscients de cela, nous pouvons nous soutenir les uns les autres et agir selon la grâce que Dieu a donnée à chacun de nous (3e jour).

Bâtir le service sur l’unique fondement

Nous avons une grande responsabilité dans notre service. Le fondement a été posé mais l’édifice construit sur ce fondement dépend du travail de chaque bâtisseur. Quel usage chacun de nous fera-t-il du don qu’il a reçu de Dieu ? Paul, dans sa lettre, souligne qu’il existe une variété de dons et de services mais aussi qu’ils viennent tous du même et unique Seigneur. La diversité est offerte par le même Esprit pour le bien de tous les membres et pour l’unité du corps de l’Eglise (1 Co 12, 4 ss). Ces dons doivent être utilisés à bon escient pour bâtir l’Eglise et pour construire des ponts en signe d’espoir et d’unité dans le Christ (4e jour).

Pour Paul et nous-mêmes il est clair que le travail accompli sera mis à l’épreuve de façon à mettre en évidence l’œuvre de chacun. Dans le passé, les éÉglises ont été parfois plus occupées à résoudre leurs questions internes qu’à proclamer le message de la mort et de la résurrection du Christ comme fondement de la vie chrétienne. Paul, au contraire, s’est toujours considéré responsable de ses actions et de ses œuvres devant Dieu. De même, les éÉglises doivent se sentir responsables devant Dieu mais aussi devant les autres, tels des camarades dans le service. La tâche accomplie révélera dans quelle mesure nous avons été de bons disciples du Christ (5e jour).

Dans ses efforts pour encourager les chrétiens de Corinthe, Paul devait définir quelle était leur identité. Puisque ils avaient reçu le don de l’Esprit, ils étaient devenus le temple de Dieu et étaient à Son image. Cette réalité invite les chrétiens à vivre unis dans l’Esprit-Saint qui, à son tour, les unit en Christ, unique fondement (6e jour).

Sur la base de nos expériences et de nos connaissances, nous commençons à entrevoir la folie qui nous a fait suivre des chemins séparés qui à leur tour sont à l’origine des divisions entre les disciples du Christ. C’est à cette folie que Paul se réfère au début de son ÉEpitre aux corinthiens lorsqu’il les exhorte à être tous d’accord et à éviter les divisions car ils doivent être « unis dans un même esprit et dans une même pensée » (1 Co 1, 10). De l’unique EÉglise du Christ, nous avons fait surgir de nombreuses divisions fondées sur le désaccord car, au lieu de partager le même esprit et le même but, nous avons travaillé les uns contre les autres. Ce résultat est probablement le fruit d’un monde où des traits de caractère comme l’individualisme et le désir de compétition sont considérés comme des signes de sagesse. Paul, au contraire, proclame le message du Christ qui s’est humilié au point d’accepter nos faiblesses humaines jusqu’à la mort, en révélant « tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment »(1 Co 2, 9) (7e jour).

Paul met en parallèle les différentes personnes engagées dans le service de l’ÉÉvangile. Il situe ensuite cette fraternité dans le contexte d’une unité universelle et cosmique. Il assure ceux qui, dans des époques et en des lieux différents, ont bâti sur l’unique fondement, qu’ils appartiennent ensemble à Christ. Ils sont à lui. Si nous appartenons au Christ, nous appartenons à Dieu également. Paul est conscient que Dieu a œuvré dans la création à travers le Christ pour renouveler et réconcilier toutes les choses. En tant que serviteurs et ministres, nous sommes unis lorsque nous comprenons que notre service commence en Christ et est dirigé vers Dieu qui a posé l’unique fondement de notre foi et qui est l’origine de notre unité (8e jour).

Les huit jours de prière nous invitent à réfléchir ensemble en tant qu’églises différentes, à implorer la bénédiction de Dieu les uns pour les autres et à rechercher dans quels domaines il nous est possible de croître ensemble dans l’unité.

Préparation des textes pour la Semaine
de prière pour l’unité des chrétiens 2005

Le projet initial à partir duquel ce livret a été préparé nous est proposé cette année par un groupe œcuménique composé de membres du Comité théologique du Conseil œcuménique des EÉglises de Slovaquie. Les personnes y ayant pris part sont les suivantes (par ordre alphabétique) :

Évêque Augustin Bacinsky (Église vieille catholique)
Rév. Tsolt Görözdi (Église réformée)
Rév. Jan Halama (Église catholique)
Rév. Jozef Havercak (Église orthodoxe)
Rév. Jan Henzel (Church of the Brethren)
Rév. Gabriela Kopas (Église méthodiste)
Rév. Jozef Kulacik (Union baptiste)
Rév. Mikulas Lazor (Église orthodoxe)
Rév. Ondrej Prostrednik (Église évangélique de la Confession d’Augsbourg - Luthérien)

Nous remercions le Comité théologique pour l’élaboration de ces textes et pour la source d’inspiration qu’il a représenté dans notre travail. La version définitive de ces textes a été réalisée lors de la réunion d’un groupe préparatoire international formé de membres nommés par la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises et le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens de l’Église catholique. La rencontre a eu lieu au Centre de retraite jésuite de Piestaňy (Slovaquie) où les participants ont été personnellement reçus par le Directeur, le Père Emil Vani. Notre reconnaissance va également à l’ensemble du personnel du Centre pour son soutien dans la prière et son chaleureux accueil.

Nous désirons enfin exprimer notre plus sincère gratitude au Conseil œcuménique des Egglises de Slovaquie et en particulier à son Secrétaire, le Rév. Ondrej Prostrednik, pour la préparation au niveau local de cette rencontre et pour la généreuse hospitalité offerte au groupe préparatoire international.

Célébration œcuménique

Introduction

La célébration a pour thème : le Christ, unique fondement de l’Eglise.

L’assemblée commence par bénir le Christ pour son œuvre de salut.

Ce service de prière est centré sur l’ensemble du texte de 1 Co 3 mais seuls les versets 10-13 sont retenus parmi les textes de la liturgie de la Parole. Les autres lectures permettent de développer le thème de la solidité et de la qualité de la construction de l’Eglise sur le Christ, pierre angulaire et fondement de notre unité.

La démarche pénitentielle et la prière pour le pardon sont placées à la suite de la proclamation de la parole de Dieu. Cela permet d’en faire un élément essentiel de ce culte. Certaines assemblées préféreront la laisser à sa place traditionnelle dès l’entrée. Cette partie vise à ce que chaque communauté procède à un examen de conscience collectif devant le Christ (v.4), fondement de l’Eglise une : expressions de repentance, symboles et témoignages y contribueront.

Annonçons-nous ensemble l’Evangile en reconnaissant et en partageant les dons que le Seigneur accorde à nos églises (v.5) ? Acceptons-nous le rôle complémentaire de nos églises dans certaines situations locales ? Reconnaissons-nous la primauté du Christ dont nous sommes les serviteurs ? Travaillons-nous vraiment ensemble à l’œuvre de Dieu ? (v.9)

Le symbole proposé ici est celui de deux planches ou poutres de bois qui sont assemblées en une simple croix au cours de la célébration. Il entend évoquer à la fois les portes des enfers détruites depuis la Pâque du Christ et les matériaux solides habituellement utilisés pour la construction d’une maison. Une fois cette croix posée sur le sol, d’autres symboles – de repentance, d’expression de notre foi et de notre appartenance sans équivoque à Christ pour l’édification de son Eglise – pourront au fur et à mesure y être déposés (veilleuses, graines de blé en germination, fleurs, dessins d’enfants, etc.).

Au cours des intercessions, inspirées de 1 Co 3, 1-23, l’assemblée confie au Christ, l’unique médiateur, l’œuvre des chrétiens et la diaconie des églises dans le monde au-delà du domaine de l’œcuménisme.

Déroulement de la célébration

I. Ouverture de la célébration

Paroles de bienvenue

Chers frères en Christ : Nous voici réunis aujourd’hui pour rendre grâce à Dieu qui nous a appelés à rechercher l’unité. Nous le remercions au nom de tous ceux qui, dans les diverses parties du monde, aspirent et prient pour l’unité des chrétiens. En cette Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, c’est plus particulièrement avec les églises de Slovaquie que nous nous associons dans la prière et la méditation. Dieu leur a accordé de nouvelles opportunités de servir, de se réconcilier et de recevoir des dons spirituels. Stimulés par leur ministère, avec les chrétiens du monde entier, nous réfléchissons au fondement de notre foi commune qu’est Jésus Christ, notre Seigneur.

Alors que ce service de prière débute, deux traverses de bois seront apportées près de l’autel. Elles nous rappellent les portes de l’enfer brisées par le Christ et celles de notre vie nouvelle en lui. Le bois, les matériaux de construction traditionnels nous invitent aussi à réfléchir au fait que nous sommes tous appelés à construire et à promouvoir l’unité parmi les chrétiens. Pendant cette célébration, nous assemblerons ces deux morceaux de bois pour en faire une croix en signe du fondement sur lequel nous bâtissons, Jésus Christ.

(Procession sur fond musical)

Salut

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Amen.

Paroles d’introduction

Quant au fondement, nul ne peut en poser un autre que celui qui est en place : Jésus Christ (1 Co 3, 11).

Prière d’introduction

Prions ensemble (bref silence).

Seigneur, Dieu vivant, nous te rendons grâce pour les œuvres magnifiques que tu as accomplies parmi nous. Nous te rendons grâce en particulier pour ton Fils Jésus Christ qui, en acceptant de mourir sur la croix, nous a offert le salut. Garde-nous près de lui, au pied de la croix où nous cherchons le réconfort et la joie, la guérison et la sagesse. Avec tous tes fidèles, en paroles et en actions, nous chantons ta louange, par Jésus Christ notre Seigneur, qui vit et règne avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.

Amen.

Action de grâce

L : Lecteurs : 1, 2

A : Assemblée

Après chaque strophe composée en « Je » – où le sujet parlant est le Christ –, l’assemblée bénit le nom du Seigneur. Elle s’adresse ensuite à lui dans une réponse chantée formulée en « nous ».On peut commencer la lecture par : « Ainsi parle le Seigneur Jésus ».

L1 Parce que je t’aime, ô mon peuple, à Bethléem je suis né.
J’ai reçu le nom d’Emmanuel
Car je suis Dieu avec toi pour les siècles.

A Seigneur, nous te bénissons.

L2 Je suis descendu dans le Jourdain où je fus baptisé dans l’eau en signe du baptême dans l’Esprit qui allait venir
pour que toute chair soit purifiée et renouvelée.

A Seigneur, nous te bénissons.

L1 J’ai été conduit au désert par l’Esprit
pour y affronter le tentateur,
le vaincre et te libérer de ses chaînes.

A Seigneur, nous te bénissons.

L2 J’ai proclamé la bonne nouvelle du règne du Père :
Règne de justice et de miséricorde
d’amour et de vérité, de paix et de bonheur.
J’ai accompli les signes des temps nouveaux, mes mains guérissaient les malades,
Ma présence apportait la paix.

A Seigneur, nous te bénissons.

L1 Je t’ai rassemblé, petit troupeau, comme la poule rassemble ses poussins, comme le berger rassemble son troupeau.
J’ai voulu te prendre sur mes épaules et te conduire au paradis.

A Seigneur, nous te bénissons.

L2 J’ai rompu le pain et donné le vin nouveau pour faire alliance avec toi et te donner la vie en abondance.
J’ai prié le Père pour que ma joie soit en toi.

A Seigneur, nous te bénissons.

L1 Sur le bois de la croix, j’ai rendu l’esprit, je suis mort pour le pardon des péchés et pour rassembler les enfants dispersés du Père, et j’ai ouvert les portes des enfers.
Le troisième jour je suis ressuscité des morts.

A Seigneur, nous te bénissons.

L2 D’auprès du Père, je répands sur toi mon Esprit-Saint.
Il te rappellera tout ce que je t’ai enseigné.
Il est le souffle de vie.
Il est lumière et consolation, force de ton témoignage, inspiration de ta prière

A Seigneur, nous te bénissons.

L1 Ecoute-moi, ô mon peuple, je suis avec toi tous les jours jusqu’à la fin des temps, afin que vous soyez un comme moi je suis un avec mon Père, afin que le monde croie.
Ecoute ma voix, ô mon peuple, et suis-moi pour qu’il n’y ait qu’un seul troupeau et un seul Berger.

A Seigneur, nous te bénissons.

Hymne de l’Assemblée (Réponse chantée)

- soit Ephésiens 1,
- soit « Gloire à Dieu au plus haut des cieux »,
- soit « A Toi la gloire »,
- ou une autre hymne de préférence au Christ.

II. Liturgie de la Parole

Prière avant les lectures bibliques

Fais luire en nos cœurs, Seigneur ami des hommes et des femmes, la pure lumière de ta divine connaissance. Ouvre les yeux de notre esprit pour l’intelligence de ton message évangélique. Inspire-nous le respect de tes bienheureux commandements, afin que, réprimant en nous les désirs de la chair, nous menions une vie selon l’Esprit, orientant toutes nos intentions et toutes nos actions vers ton bon plaisir. Car tu es la lumière de nos âmes et de nos corps, ô Christ Dieu, et nous te rendons gloire, avec ton Père Eternel et ton Esprit très saint, bon et vivifiant, maintenant et à jamais, dans les siècles des siècles.

Lectures (Choix 1 ou choix 2)

Choix 1 Gn 28, 10-17 Choix 2 1 Co 3, 1-23
Ps 118, 16-24 Ps 118, 16-24
1 Co 3, 10-13

Hymne

Evangile: Mt 7, 24-27

Prédication (ou témoignages)

Nous recommandons une prédication brève.

Hymne (l’offrande peut avoir lieu durant cet hymne)

Confession et Pardon
(fond musical)

Deux personnes assemblent les deux traverses de bois pour en faire une croix. Elles disposent la croix sur le sol, dans un endroit bien visible de l’espace cultuel.

Entre chaque expression de repentance, les membres de l’assemblée peuvent s’avancer pour déposer sur la croix le symbole du Christ fondement de l’Eglise qui aura été choisi : veilleuse, fleur, graines de blé en germination, dessins des enfants... Ce geste d’apport d’un symbole sur la croix est expressif de notre désir de conversion et de notre appartenance renouvelée au Christ pour l’édification de l’Eglise une.

L1 Seigneur, tu es paix et réconciliation !

L2 D’avoir souvent choisi la jalousie et l’animosité plutôt que la confiance et l’estime entre églises, pardonne-nous Seigneur.
(silence – dépôt d’un symbole)

L1 Seigneur, tu nous combles de tes bénédictions dans l’unité de la foi !

L2 D’avoir parfois choisi de nous replier sur nous-mêmes dans le refus d’être entre églises, bénédiction les unes pour les autres, pardonne-nous Seigneur.
(silence – dépôt d’un symbole)

L1 Seigneur, tu as donné aux affligés la joie, aux captifs le libération, aux pécheurs le pardon !

L2 D’avoir fermé nos mains et détourné notre visage de ceux et celles qui ont besoin d’aide, pardonne-nous Seigneur
(silence – dépôt d’un symbole)

L1 Seigneur, tu nous as rassemblés comme le berger rassemble son troupeau et s’en va chercher la brebis perdue !

L2 De nous être égarés souvent loin de Toi, d’avoir repoussé tes bras et accentué ainsi nos divisions, pardonne-nous Seigneur.
(silence – dépôt d’un symbole)

On peut ajouter ici des témoignages d’ouverture à l’œcuménisme, ayant exigé une réelle conversion personnelle ou communautaire.

Prière pour le pardon

Dieu tout puissant, nul ne peut établir un autre fondement que celui qui a été posé. Ce fondement est Jésus Christ. Nous reconnaissons en cet instant que nous n’avons pas été capables de bâtir sur ce fondement de manière à devenir la construction de Dieu. Nous avons parfois même été les instruments de sa dégradation. Même si notre œuvre devait être perdue, sauve-nous et donne-nous une nouvelle chance de tendre à l’unité. Fais-nous désirer ardemment l’unité de ton Eglise et donne-nous d’y travailler avec efficacité. Amen.

Echange d’un signe de paix

La paix du Seigneur soit toujours avec vous
et avec votre Esprit.

Frères et sœurs, donnons-nous la paix.

Symbole de Nicée-Constantinople

III. Prières et intercessions

L’apôtre Paul a adressé cette Epître aux Corinthiens pour les encourager. Puissions-nous avoir la même espérance que l’église de Corinthe quand nous prions pour l’Eglise de Dieu et pour tous les hommes.

Dieu saint et éternel, nous te remercions d’appeler chacun d’entre nous par son nom. En toi nous vivons, nous agissons et nous grandissons. Nous prions pour les églises et les chrétiens du monde entier. Rappelle-nous notre fondement commun en Christ. Fais que nous vivions toujours plus dans la foi et l’amour jusqu’à ce que nous parvenions à l’unité que tu veux.

Rassemble-nous tous en Christ,
Fais de nous ta demeure.

Répands sur nous ton Esprit afin que nous connaissions Jésus Christ et puissions témoigner de notre vie et de notre unité en lui. Puissions-nous connaître son esprit de manière à proclamer la sagesse de Dieu partout dans le monde. Affermis-nous dans notre action en faveur de la paix et de la réconciliation dans l’Eglise et la société.

Rassemble-nous tous en Christ,
Fais de nous ta demeure.

Nous prions pour les églises de Slovaquie et toutes celles qui traversent une période de mutation, que celle-ci implique la croissance ou des difficultés, la réconciliation ou des conflits. Inspire-les et affermis-les dans leur témoignage et leur service.

Rassemble-nous tous en Christ,
Fais de nous ta demeure.

Nous prions pour ceux qui sont sans abris, sans pays, sans nourriture, sans travail, sans médicaments, sans paix. Puissions-nous reconnaître et servir le Christ à travers ceux qui souffrent et sont dans le besoin.

Rassemble-nous tous en Christ,
Fais de nous ta demeure.

Nous te rendons grâce pour tous les dons de la création. Enseigne-nous à partager avec les autres notre temps, notre énergie, nos ressources, notre amour. Rends-nous plus sensibles et attentifs face aux blessures de la famille humaine et de la création. Puissions-nous être fidèles à notre mission et vivre longtemps sur la terre. Puissions-nous faire don de notre vie entière au Christ car c’est à lui que nous appartenons et c’est en lui que s’unissent toutes les choses de la terre et du ciel. Amen.

(Les fidèles sont invités à proposer des intercessions se référant à leur contexte de vie et à leur expérience personnels).

Le Notre Père (chacun dans sa propre langue)

IV. Bénédiction et renvoi de l’assemblée

Bénédiction (bénédiction d’Aaron)

Que le Seigneur vous/nous bénisse et vous/nous garde ! Que le Seigneur fasse rayonner sur vous/nous son regard et vous/nous accorde sa grâce ! Que le Seigneur porte sur vous/nous son regard et vous/nous donne la paix ! Amen.

Renvoi

Allez dans la paix du Christ.

Nous rendons grâce à Dieu.

(Musique)

Textes bibliques, méditations et prières pour les Huit jours

 

1er Jour Appelés à la maturité spirituelle (1 Co 3, 1-4)

Os 2, 21-25 Je dirai à Lo-Ammi : « Tu es mon peuple »

Ps 24 Qui montera la montagne du Seigneur

Col 1, 25-28 Le mystère tenu caché tout au long des âges

Jn 15, 1-8 Je suis la vigne, vous êtes les sarments

Méditation

Dans son épitre à la communauté chrétienne de Corinthe, où il avait joué un rôle important en y jetant les fondements de la foi, Paul appelle avec ferveur les Corinthiens à la maturité spirituelle. Il loue les dons que Dieu a accordés à cette communauté, mais mentionne en même temps les rumeurs de division qui lui sont parvenues, en les résumant : Moi j’appartiens à Paul – Moi à Apollos – Moi à Céphas. Paul demande, alors de manière saisissante: Le Christ est-il divisé ?

Dans l’Ancien Testament il existe une tradition juive qui veut que Dieu donne à un peuple un nom correspondant à sa nature spirituelle afin de pouvoir l’appeler à la fidélité et à la conversion. Pareillement, Paul définit les Corinthiens comme des hommes charnels, des petits enfants en Christ en regrettant de ne pouvoir leur parler, pour le moment, comme à des hommes spirituels. Il considère leur souci de fidélité immature e non conforme à l’esprit du Christ. Les paroles de Paul sont brusques, non pas parce que le comportement des Corinthiens est particulièrement mesquin, mais parce qu’il contraste fortement avec la grandeur et l’origine divine de leur vocation chrétienne, car ils sont le temple de Dieu où habite l’Esprit de Dieu. Ils appartiennent à Christ et recevrons toute chose en lui. Cette identité dans le Christ comporte une mission : avec Paul, ils doivent faire connaître le mystère tenu caché tout au long des âges; ils doivent annoncer ce mystère en proclamant la grande action rédemptrice de Dieu dans le Christ et en apportant leur témoignage par leur vie transformée.

Il faut rappeler que les divisions à Corinthe étaient liées aux conflits au sujet de l’accueil de la prédication des Apôtres : Moi j’appartiens à Paul – Moi à Apollos – Moi à Céphas. On peut voir ici le prélude des divisions qui, au cours de l’histoire, ont blessé notre unité en Christ bâtie sur la foi des Apôtres. C’est en effet en essayant d’approfondir la connaissance de la foi de l’Eglise primitive que les chrétiens s’efforcent aujourd’hui de retrouver leur unité. La question de Paul est toujours d’actualité : Le Christ est-il divisé ? La maturité spirituelle signifie, en partie, savoir récupérer et incarner l’unité qui nous est donnée dans le Christ. En quelle mesure notre désunion dérive-t-elle du fait que nous ne sommes pas encore parvenus à une certaine maturité dans la foi et que nous ne percevons pas encore toute la grandeur de la vision chrétienne ? De quelle façon notre désunion nous empêche-t-elle de poursuivre la mission de salut et de réconciliation du Christ dans un monde déchiré et en peine ?

Prière

Dieu de miséricorde, tu nous appelles constamment à une plus grande maturité spirituelle. Tu veux que nous t’appartenions. Ouvre nos cœurs et nos esprits à la grandeur de ton appel et aide-nous à persévérer sur le chemin de l’unité – en communion avec Paul, Apollos et Céphas – en proclamant et en nous engageant au service de ton œuvre rédemptrice dans le monde. Amen.

 

2e Jour Dieu donne la croissance (1 Co 3, 5-9)

Gn 1, 26–2,9 Le Seigneur Dieu planta un jardin en Eden

Ps 104 (103), 24-31 Tu renouvelles la surface du sol

Rm 8, 14-25 La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu

Lc 8, 4-15 Ce sont ceux qui entendent la parole et portent du fruit

Méditation

Pour parler aux gens de Corinthe, Paul emprunte l’image, familière pour eux, de la plantation et de la croissance. C’est une image rurale qui est prise pour illustrer l’action de Dieu qui agit directement parmi eux et suscite des serviteurs qui vont coopérer à son œuvre.

Comme les Corinthiens, nous sommes invités à être des instruments, des serviteurs, des intendants fidèles qui doivent rendre compte de la manière dont ils accomplissent ce service. C’est une charge éminente que d’être dans ce service et d’être investi de la responsabilité du travail qu’on accomplit à la gloire de Dieu. Nous devons offrir nos talents à Celui que nous servons ; mettre nos compétences sur le seul fondement qui est le Christ afin de construire un édifice au service de l’amour.

Dieu a créé ce monde bon. Nous le voyons dans le premier chapitre de la Genèse. Les humains n’ont pas su se cantonner dans leur rôle. Nous avons détruit ce monde parfait. C’est pourquoi nous sommes appelés à un ministère de guérison dans le monde. Ce ministère nous unit. Il comporte de nombreux aspects qui transcendent les barrières confessionnelles et culturelles. Le monde est blessé, comme le voyageur gisant sur la route de Jérusalem à Jéricho. Nous ne devons pas avoir peur de toucher ce qui est détruit dans notre monde. Dieu veut guérir par notre intermédiaire. La création attend avec impatience que vienne de Dieu la guérison.

Dans l’unité recherchée, les chrétiens peuvent échanger leurs expériences propres pour démontrer qu’au-delà de « Paul et d’Apollos », ils sont à Christ. Lui seul peut les faire grandir dans l’amour du Père, au service de l’Esprit de sainteté et d’unité qui veut sauver le monde et ses laissés pour compte.

Prière

O Dieu !

Nous Te remercions pour la confiance et la bénédiction que Tu accordes à ceux qui travaillent à l’avènement de ton Règne dans ce monde.

Aide-nous à découvrir de nouvelles possibilités de manifester ton action au service de ceux qui nous entourent ; que nous servions, plutôt que de chercher à être servis, et que ton pouvoir de guérison agisse parmi nous.

Tiens-nous unis comme une seule famille de ton Fils unique, fais que nous soyons des économes fidèles de ta création afin que, par les hommes et les femmes, les petits et les grands, les choses et les gens, Tu sois reconnu comme vivant et vrai, sauveur et créateur de tout.

Amen.

 

3e Jour Christ est le fondement (1 Co 3, 10-11)

Es 28, 14-16 Je pose une pierre à toute époque, une pierre angulaire, établie pour servir de fondation

Ps 118 (117), 16-24 La pierre rejetée est devenue la pierre angulaire

Ep 2, 19-22 Jésus Christ comme pierre maîtresse

Mt 7, 24-27 La maison bâtie sur le roc ne s’écroulera pas

Méditation

En Christ, Dieu a posé, par l’œuvre du Saint-Esprit, le fondement commun pour tous les baptisés. Les chrétiens peuvent donc affirmer leur foi en Christ, le seul fondement sur lequel l’Eglise de Dieu est bâtie. Puisque nul ne peut en poser un autre, les chrétiens confessent ensemble que ce que Dieu a réalisé dans le Christ est le fondement sur lequel leur foi est bâtie. Cette conviction est source de gratitude et d’humilité.

Dans leurs effort de s’enraciner dans cet unique fondement, les chrétiens doivent faire face continuellement à des voix qui contredisent et rejettent le Christ. En ces circonstances, les chrétiens sont appelés à être comme le levain de la société, confiants dans l’aide de la grâce de Dieu. Ainsi, devant les épreuves, ils ne doivent jamais vaciller. Puisque Jésus a été rejeté, ses disciples doivent être prêts eux aussi à subir les mêmes souffrances.

En nous appuyant sur le fondement que représente le Christ et son enseignement, nous pouvons affronter les défis de la société contemporaine. En tant que chrétiens, nous ne craignons pas d’utiliser, comme point de départ de notre témoignage dans le monde, ce que d’autres estiment inutile.

Les chrétiens sont convaincus que bâtir sur le fondement solide et commun qu’est le Christ, signifie travailler ensemble en partant du même point de départ et en se dirigeant vers le même but, c’est-à-dire l’unité de tous les disciples du Christ.

Ce que Jésus Christ représente pour nous prédéfinit, de façon unique et profonde, le caractère de toute activité que nous entreprenons ensemble ou séparément. La puissance de l’amour du Christ nous remplit de l’espérance que tout ce que nous créons en son nom est destiné à durer et à survivre au milieu des difficultés, car le Christ est le commencement et la fin.

Prière

Seigneur notre Dieu, à travers l’œuvre du Saint-Esprit tu as établi dans le Christ le seul fondement sur lequel l’Eglise est bâtie. Nous te remercions de ce que tu as fait pour nous dans le Christ. Nous te remercions également de soutenir continuellement l’Eglise contre toutes les tentatives qui visent à sa destruction. Aide-nous par ta grâce à construire sur le fondement que tu a posé en Christ notre Seigneur. Amen.


4e Jour Que l’on bâtisse sur ce fondement (1 Co 3, 12-13)

Ne 2, 17-18 Allons rebâtir la muraille de Jérusalem

Ps 127 (126) Si le Seigneur ne bâtit la maison, ses bâtisseurs travaillent pour rien

1 Co 12, 4-11 Il y a diversité de dons, mais c’est le même Esprit

Mt 20, 1-16 Un maître de maison sortit de grand matin,
afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne

Méditation

Le Christ est le don de Dieu au monde. En lui sont révélés le salut et la libération de l’humanité tout entière. Il est le fondement et la source de la vie nouvelle que Dieu nous a donnée. Ce don de Dieu est complet. Nous n’avons nul besoin d’y ajouter quoi que ce soit.

Toutefois, cela ne signifie pas que nous devrions rester passifs et détachés. Paul nous exhorte à bâtir sur les fondations. Il souligne quelle est notre vocation et comment nous devons y répondre. Nous sommes appelés à prendre part à l’œuvre de renouveau que Dieu a entreprise et à travailler dans sa demeure.

Dieu nous a donné différents dons (1 Co 12). Nous devons les utiliser dans un seul but : glorifier le Christ et la puissance de sa paix. Par notre travail, nous devons témoigner de l’amour de Dieu et de notre unité en Christ.

Toutefois, si l’on considère l’histoire des églises, on s’aperçoit que tout ce qui est fait au nom du Christ n’est pas forcément « à l’image du Christ ». Parfois, le Christ et sa réconciliation ont été éclipsés par l’arrogance, les divisions et la lutte pour le pouvoir. « Bâtir l’Eglise » ne signifie pas ériger des barrières confessionnelles les uns contre les autres ou encore bâtir nos propres « monuments ».

Aujourd’hui, les églises doivent enseigner à construire des ponts et à collaborer. Elles témoigneront ainsi de d’espérance et du fruit de leur unité dans le Christ. Les vieilles blessures peuvent être guéries et les nouveaux défis de notre monde en mutation peuvent être affrontés ensemble, chacun respectant les traditions et les dons de l’autre.

Le fondement commun que nous avons en Christ fait de nous des frères et des sœurs. Il est la base sur laquelle bâtir l’unique et véritable Eglise du Christ, pleine d’amour pour les pauvres, les marginaux et qui s’en remet à Dieu et à l’espérance de l’avènement de son Règne.

La réconciliation de Dieu nous engage tous, en tant qu’individus et en tant qu’églises, à être des pierres vivantes de notre unité dans le Christ. Ainsi notre fondement en Christ apparaîtra de façon toujours plus évidente.

Prière

Seigneur, nous te rendons grâces pour le don unique de vie et de paix que tu nous a fait à travers ton fils Jésus Christ. Nos églises ont reçu de toi des dons nombreux et divers. Aide-nous à voir cette diversité comme un enrichissement qui nous permet de bâtir ta maison dans le monde. Fais que nous puissions montrer ce qui sauve notre unité et nous aidera à porter ton amour aux hommes et aux femmes parmi lesquels nous vivons. Amen.

 

5e Jour Dieu juge nos efforts de bâtisseurs (1 Co 3, 13-15)

Gn 4, 2 Suis-je le gardien de mon frère

Ps 51 (50), 1-4, 9-13 Contre toi, et toi seul, j’ai péché

Ph 2, 1-5 Considérez les autres comme supérieurs à vous

Mt 25, 14-30 Un homme confia ses biens à ses serviteurs

Méditation

C’est un miracle perpétuel que Dieu, de tous temps, ait voulu et ait besoin que les hommes participent avec lui à l’œuvre qu’il accomplit dans le monde. Bien que le fondement, Jésus Christ, ait été posé, nous devons continuer à assumer notre devoir de bâtisseurs.

En expliquant cela aux chrétiens de Corinthe, Paul insiste également sur le fait que Dieu mettra à l’épreuve ce que nous bâtissons : il doit s’assurer que nous sommes de bons architectes. Notre salut ne dépend pas de nos œuvres mais nous demeurons responsables de nos actions devant Dieu.

Pour Paul tout cela était fonction du feu purificateur du jugement dernier qu’il estimait imminent. En ce qui nous concerne, nous sommes toujours dans l’urgence – chaque opportunité pourrait en effet être la dernière – et nous comprenons que nous serons jugés sur le bon usage que nous ferons des dons que Dieu nous a accordés pour bâtir son royaume. Les chrétiens de Slovaquie ressentent une urgence particulière à la découverte de nouvelles possibilités qu’ils veulent pouvoir offrir dans leur service chrétien à la communauté.

Nous sommes tous responsables de nos actes à la fois devant Dieu et devant nos prochains. En fait, les églises aussi sont responsables les unes envers les autres de la quête de l’unité. Elles sont comme les serviteurs de la parabole auxquels le maître confie ses biens et demande d’en faire bon usage. Nous avons tous reçu un trésor : la vie de notre fragile planète, des frères et sœurs desquels prendre soin partout dans le monde, la précieuse nouvelle de l’Evangile à répandre. Ces biens sont donnés à l’ensemble du peuple de Dieu et sont pour nous une opportunité de partage avec les autres, d’apprentissage de nos succès et de nos défaites. Et notre capacité à bien œuvrer et à bâtir ensemble est aujourd’hui encore mise à l’épreuve.

Prière

Seigneur, en venant à nous par ton Fils Jésus et en te manifestant à travers des personnes faillibles, tu t’es montré à nos yeux comme un Dieu vulnérable. Nous te rendons grâce pour la confiance que tu a placée dans le service et le travail que nous accomplissons pour bâtir ton royaume. Fais que nous restions attentifs à ta volonté et à ton dessein et éclaire-nous afin que nous puissions voir les besoins véritables des personnes autour de nous. Fais que nous soyons capables d’apprendre les uns des autres afin d’être unis dans notre responsabilité mutuelle et dévoués au service de ton règne. Par Jésus Christ, notre Seigneur. Amen.

 

6e Jour Vous êtes le temple de Dieu (1 Co 3, 16-17)

Gn 1, 26-27 Dieu créa l’homme à son image

Ps 8 Qu’est donc l’homme

1 P 2, 9-10 Le peuple de Dieu

Mt 16, 24-27 Si quelqu’un veut venir à ma suite

Méditation

La question de l’identité n’est pas un sujet nouveau. Les êtres humains ont toujours tenté de comprendre et de vivre ce qu’ils sont vraiment et ce qu’ils sont censés être. Aujourd’hui, alors que nous vivons dans un monde caractérisé par des changements constants et un pluralisme diffus, la recherche d’une identité propre est devenue une question d’une importance croissante. Nous sommes confrontés à ce problème non seulement en tant que personnes mais aussi en tant que communautés et églises. Nous essayons de trouver notre propre identité dans ce qui nous distingue des autres et nous rend uniques.

Ce que disait l’apôtre Paul aux chrétiens de Corinthe, il y a 2000 ans, vaut également de nos jours. Nous devons traiter le problème de l’identité sous une autre perspective : nous ne sommes pas « spéciaux » parce que nous sommes différents les uns des autres mais parce que nous avons reçu le don de l’Esprit-Saint, un don qui est présent en tout être humain étant donné que nous sommes créés à l’image de Dieu.

Nous sommes le temple de Dieu, sacré et digne. Personne n’a le droit de le détruire. Nous sommes ceux parmi lesquels Dieu veut se sentir chez lui – un lieu où son Esprit de bonté demeure. Dieu désire entrer en communion avec nous, ce qui indique et exige que nous soyons en communion les uns avec les autres. Etant donné que cet appel à la communion va bien au-delà des limites de nos communautés chrétiennes, le scandale de nos divisions en tant qu’églises chrétiennes en est intensifié et exige de manière impérative que nous les surmontions.

Les différences font aussi partie de notre identité chrétienne car nous vivons dans des situations et des cultures différentes, nous sommes des hommes et des femmes, nous sommes marqués par nos expériences personnelles particulières et par l’histoire des communautés dans lesquelles nous vivons. Mais où que nous vivions, quels que soient les défis que nous devons affronter ou les talents que nous avons reçus, nous sommes unis par l’Esprit-Saint qui nous donne de vivre comme Dieu le désire et comme cela nous a été révélé en Jésus Christ : saints, capables d’offrir notre amour et de recevoir celui des autres.

Prière

Dieu éternel, tu as créé le ciel et la terre, tu a créé l’être humain à ton image en donnant à chacun de nous une identité et une dignité propres. Nous te rendons grâce pour le don de vie – de cette vie qui nous unit à toi et à ta création. Aide-nous, en tant que chrétiens et en tant qu’églises, à recevoir ce don dans toute sa plénitude afin que nous puissions surmonter tout ce qui entrave ou réduit ton don de vie. Comble-nous de ton Esprit de bonté afin que nous puissions croître dans le Christ et devenir son image dans le monde. Amen.

 

7e jour Folie et sagesse : la vie en Christ (1 Co 3, 18-20)

Jb 32, 7– 33: 6 C’est le souffle, l’inspiration du Puissant, qui rend intelligent

Ps 14 (13), 1-7 Le Seigneur s’est penché vers les hommes, pour voir s’il en est un qui cherche Dieu

1 Co 1, 17-30 Ce qui est folie dans le monde, Dieu l’a choisi pour confondre les sages

Mt 10, 17-25 C’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous

Méditation

La démocratie et la liberté nous apportent beaucoup d’avantages, mais aussi des tentations. Cela est vrai pour les individus comme pour les églises. Dans les pays d’ancienne tradition chrétienne, les églises ont souvent été tentées par un accès au pouvoir ou un usage incorrects de celui-ci. En conséquence, leur témoignage s’est révélé moins porteur de la Parole de Dieu que de leurs conceptions humaines. Aujourd’hui, nous pourrions encore être tentés soit de nous appuyer sur des rapports de pouvoir et sur les avantages que peut procurer l’appartenance à une majorité, soit de délaisser les débats de nos sociétés, trop souvent futiles. Or, en tant qu’églises, nous avons reçu le commandement de témoigner qu’il est un fondement commun pour la vie du monde, à savoir Jésus Christ et sa parole, et que nul ne peut le changer.

Les prophètes ont souligné que ce qu’ils proclamaient n’était pas leurs propres paroles, pensées ou positions, mais une parole reçue de Dieu. Job s’entend dire qu’il lui faut chercher la sagesse ailleurs que dans ses propres réserves, dans le souffle de Dieu.

L’apôtre Paul a puisé dans cette sagesse pour proclamer à tous le Seigneur Jésus Christ crucifié. Il dit avoir décidé de ne rien savoir d’autre que Jésus Christ. Pour le message/l’évangile du Christ crucifié, il était prêt à passer pour un fou aux yeux des sages de son temps. Il écrit aux chrétiens de Corinthe que la sagesse de Dieu est d’offrir le salut « par la folie de la prédication » : le Christ crucifié. C’était un scandale et une folie pour les gens de ce temps. Mais Paul dit que la folie de Dieu est plus sage que la sagesse humaine, et que la fragilité de Dieu est plus solide que la force humaine. Le Christ que nous montrent les Evangiles n’agit pas en héros mais comme celui dont le pouvoir n’est pas de ce monde. Il se penche sur les laissés-pour-compte, il touche les mourants, il pardonne les péchés, même là où les justes et les gens pieux ne voyaient aucune possibilité de pardon. C’est là le Dieu qui est descendu dans la poussière des chemins des humains.

La parole de la croix nous a été confiée à nous aussi, les chrétiens d’aujourd’hui. Entre nos églises que la folie des hommes a séparées, l’accueil de l’unité peut paraître un projet insensé : au cœur d’un monde divisé, meurtri par les guerres et la violence, la recherche de paix et de réconciliation reste pourtant la seule sagesse. A la lumière de la croix, se dessine ici le fondement de notre témoignage commun. Avec le Christ, Dieu s’est penché vers l’humanité et il nous envoie vers ceux qui Le cherchent pour cette proclamation : le chemin de la vie passe par le Christ crucifié et ressuscité.

Prière

Dieu plein de sagesse et de vérité,

Tu nous as fait connaître la folie de ton amour quand les humains ont crucifié Jésus ton fils, ton unique, et quand tu l’as ressuscité comme Christ, nous avons reconnu ton immense sagesse.

Nous t’en prions : maintiens-nous à la suite de ton Fils sur l’étroit chemin de Vie.

Donne-nous de proclamer la bonne nouvelle du salut par la croix de Jésus Christ qui témoigne de la Vie pour tous.

Que ton Eglise aujourd’hui demeure fidèle à Celui qui en est le fondement et qu’elle ouvre toutes les nations à la sagesse de ton Esprit.

Amen.

 

8e Jour Vous êtes à Christ (1 Co 3, 21-23)

Es 44, 1-8 C’est moi le premier, c’est moi le dernier

Ps 89 (88), 1-4 Ta bonté est établie pour toujours

Ap 4, 1-11 Ils adoraient le Vivant pour les siècles des siècles

Mc 9, 33-35 Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous

Méditation

Nous appartenons au Christ. Nous sommes à lui et à personne d’autre. C’est sur quoi se fonde notre unité : par le baptême, le Christ nous a revendiqués pour lui-même et nous a faits un en lui. L’unité à laquelle nous avons part en Christ est plus grande que toutes les différences, passées et présentes, qui divisent aujourd’hui nos églises.

De par notre appartenance au Christ, nous appartenons les uns aux autres et sommes responsables les uns envers les autres. C’est pourquoi le Christ nous appelle à édifier ensemble son corps, qui est l’Eglise, comme des compagnons de travail et des serviteurs fraternels. C’est pourquoi les chrétiens et les églises sont appelés à vivre et à œuvrer ensemble, tels des frères dans leur témoignage de leur foi et dans leur service en faveur des personnes qui sont dans le besoin. C’est pourquoi les divisions, les désaccords, les querelles et les factions qui naissent autour de personnes (qu’elles s’appellent Paul, Apollos ou Céphas), toutes ces fractures rejettent non seulement nos frères et sœurs en Christ mais le Christ lui-même.

En tant que temple de Dieu, l’Eglise est un lieu de prière et prier ensemble est la plus puissante expression de notre appartenance commune au Christ. Chaque prière commune est une victoire sur nos divisions et célèbre l’unité que nous avons réellement dans le Christ. Nous nous unissons à tous ceux qui - peu importe le lieu et l’époque - appartiennent ou ont appartenu au Christ et en esprit ont vénéré le Seigneur. Certes, nous n’agissons pas toujours en accord avec l’unité que nous a donnée le Christ. Lorsque nous ne pouvons prier ensemble, en particulier autour de la Table du Seigneur, notre désunion est évidente à tous. C’est pour cela que toutes les églises sans exception ont encore beaucoup à « construire ».

Parce que nous sommes à Christ, nous sommes à Dieu. Paul l’affirme avec audace : « tout est à vous ». Avec nos compagnons de travail et nos frères dans le service, notre vie et nos actions font partie du plan de Dieu pour toute la création. Dieu accomplit son œuvre dans le monde, pour le salut et la guérison de ceux qui souffrent, pour la réconciliation de ceux qui sont en guerre, pour le renouveau de toute la création. Dieu nous juge également : nous savons que ce que nous édifions est mis à l’épreuve et que le résultat de nos actions sera rendu manifeste. Nous vivons par anticipation le bilan final qui sera fait de nos actions. Nous ne savons pas exactement quand et sous quelle forme aura lieu ce jugement mais nous savons que notre juge sera Dieu, qui est vie et bonté.

Nous louons Dieu et lui rendons grâces pour les richesses de la création et pour la rédemption dont il nous fait don, lui qui par son Esprit nous unit en Christ. Puissions-nous offrir notre édification commune de l’Eglise du Christ, notre recherche de l’unité comme louange à la gloire de Dieu.

Prière

Seigneur, Dieu de bonté, nous te rendons grâces pour nous avoir fait un en Christ. Renforce notre imagination et notre courage pour que nous puissions bâtir ensemble ton Eglise dans l’unité et dans l’amour. Fais que nos vies et la vie de nos églises soient un témoignage de ton amour pour nous et pour la création tout entière. Seigneur, accorde-nous dès maintenant l’unité. Amen.

 

Prières supplémentaires de la tradition slovaque[1]

Prière de saint Cyril à l’approche de sa mort

Seigneur Dieu, toi qui as créé le chœur des anges et toutes les puissances célestes, toi qui as porté toute chose du non-être à la vie et qui écoutes toujours les prières de ceux qui font ta sainte volonté et qui, dans la crainte de toi, respectent tes commandements :

Ecoute, Seigneur, mon humble prière ; protège le troupeau des fidèles que tu m’as confié, moi qui ne suis que ton humble et indigne serviteur. Délivre-les de la malice impie et païenne de ceux qui blasphèment contre toi, détruis l’hérésie des trois langues,[2] agrandis ton Eglise et conserve-la fermement unie.

Unis ton peuple dans la profession de sa foi et enflamme son cœur par la vérité de ta Parole. Tu nous a accordé une grâce immense en nous appelant à proclamer l’Evangile de ton Christ et ton peuple est prêt à accomplir ton œuvre de bonté.

Je remets entre tes mains ceux que tu m’avais confiés – guide-les de ta main droite puissante et protège-les afin que tous chantent ta louange et glorifient ton saint nom, Père, Fils et Saint-Esprit, Amen.

Prière de Noël

Père céleste, source de toute bonté,
Nous te rendons grâce car dans ta miséricorde, tu nous as conduits à nous remémorer le jour glorieux de la naissance de ton Fils et tu nous donnes de le voir avec les yeux de notre foi.
Quelle immense joie ! Né pour nous, riches ou pauvres, il nous offre des dons merveilleux.
Il s’est fait Fils de l’homme pour que nous devenions fils et filles de Dieu.
Dieu éternel, que le firmament chante ta louange et que la paix sur terre nous soit accordée.
Jésus Christ, notre Sauveur, comment pouvons-nous te rendre grâce pour ton amour infini ?
Accueille la louange reconnaissante de nos cœurs !
Illumine-nous de ton Esprit-Saint
Afin que nous n’oublions pas que c’est par la grâce de Dieu que nous vient le salut
Et aide tous les hommes et les femmes à rejeter les passions impies de ce monde.
Ainsi nous serons transformés et nos vies seront droites et comblées de ta présence. Amen.

Juraj Tranovský (1592-1637), pasteur luthérien de Liptovský Mikuláš, compositeur de nombreux cantiques et éditeur de Cithara Sanctorum (recueil de cantiques luthérien utilisé jusqu’en 1991 par l’Église luthérienne de Slovaquie).

Cantique du matin

Dieu, notre Père, nous nous levons pour dire
Que ton nom soit loué en ce jour nouveau.
Pour que nous ayons la santé et la force s’élèvent nos prières,
Accorde-nous tous tes dons bons et parfaits.
Ô Fils de Dieu, nous t’implorons,
Que tout ce que nous désirons, proclamons et réalisons
Soit toujours agréable à tes yeux
Et accompli pour ta joie et la nôtre.
Ô Esprit-Saint de Dieu, préserve de la crainte
Tous ceux qui vivent ici bas dans la tourmente et la douleur,
Et quand le jour parmi le jour poindra
Couronne nos vies d’une gloire resplendissante.

Jiři Zábojník (1608-1672), pasteur luthérien
(prière traduite en anglais par J. Vajda 1969)

Ô Seigneur, Jésus Christ, notre Berger,
Toi qui nous donnes le salut, la joie et la force,
Avec amour pose ton regard sur nous,
regarde ton troupeau et protège-le.
Les loups nous encerclent et cherchent à détruire ton amour, jour et nuit,
Ils sont nombreux et sans ton aide, nous sommes impuissants.
Ils se rapprochent de nous et ton troupeau est sans défense.
Intercède pour nous, ô Prince de la paix.
Tu est mort pour nos péchés, nous implorons ton secours
Car nous savons que toi seul peut nous sauver.
Car à toi est la gloire et l’honneur pour l’éternité,
Ô bon berger, Dieu merveilleux
Qui nous gardes près de toi et à la fin
Nous conduira au ciel jusqu’à ton Père. Amen.

Par Kristina Royova (1860-1936), dans Piesne Sionske (Cantiques de Sion),
romancière et compositeur de cantiques,
personnage clé du mouvement de renouveau spirituel slovaque.

Prière de la tradition catholique :

Anima Christi - Ame du Christ
Litanie du Sacré Cœur de Jésus

 

Situation œcuménique en Slovaquie[3]

La Slovaquie est un nouvel état peuplé d’anciennes ethnies nationales. Les 5,3 millions d’habitants de la République Slovaque sont en majorités slovaques (86 %). Les hongrois constituent la plus importante ethnie minoritaire (11 %) et sont concentrés dans les régions situées au Sud et à l’Est du pays. La Slovaquie, dans cette partie de l’Europe, est la nation comptant en proportion la plus importante population Rom. Celle-ci est en effet estimée à environ 500.000 personnes. D’autres groupes ethniques sont également présents, tels les tchèques, les ruthéniens (ou « Rusyns »), les allemands et les polonais. Les immigrés les plus récents, parfois sans papiers, sont pour la plupart originaires des pays les plus pauvres de l’Europe de l’Est. Des groupes consistants d’immigrés russes, ukrainiens, serbes et bulgares se concentrent dans les villes les plus importantes.

Dans cette région, le christianisme fut tout d’abord introduit sous sa forme orientale au cours du IXe siècle grâce à l’activité missionnaire des saints Cyril et Méthode. Du XIe siècle jusqu’au début du XXe siècle, le territoire slovaque actuel fut dominé par les hongrois et devint ainsi à majorité catholique. Le renouveau national slovaque fut lancé au XIXe siècle par des intellectuels désireux de redonner vie à la langue et à la culture slovaques.

L’aspiration commune des tchèques et des slovaques à s’affranchir de l’Empire des Habsburg sera exaucée lors de la formation de la République tchécoslovaque en 1918, suite à la Première Guerre Mondiale. Le 17 novembre 1989 commencent toute une série de manifestations publiques - la célèbre « Révolution de velours » - qui conduiront à la chute du régime communiste en Tchécoslovaquie. En 1992, les négociations pour la nouvelle constitution fédérale connaissent une impasse sur la question de l’autonomie slovaque mais fin de 1992, un accord est conclu pour séparer pacifiquement la Tchécoslovaquie en deux : la République tchèque et la République Slovaque (RS).

Les conditions socio-économiques de la RS demeurent précaires, bien qu’elles soient en général meilleures si on les compare à celles des pays voisins situés à l’Est de la Slovaquie. Après les importantes élections législatives qui se tiennent en 2002 et qui signent la défaite des partis nationalistes, la Slovaquie pose sa candidature pour devenir membre de l’OTAN et de l’Union Européenne. Celle-ci est acceptée. L’entrée de la Slovaquie au sein de ces deux organisations ne manquera pas d’influencer fortement le développement futur du pays.

Au niveau national, le taux de chômage est supérieur à 15 % et dans certaines régions dépasse les 30 %. Les personnes les plus menacées sont naturellement celles connaissant le chômage à long terme. Les Roms, les familles monoparentales, les enfants et les familles nombreuses sont autant de catégories vulnérables exposées au risque de pauvreté. Etant donné la précarité de sa situation sociale et sanitaire, la population Rom a une espérance de vie inférieure de 15 % par rapport à la moyenne du reste des habitants slovaques.

En Slovaquie, l’œcuménisme sous ses formes organisées est né dans le milieu des églises protestantes dont le but était de faire valoir leurs intérêts par rapport à la majorité catholique. En 1927 fut fondée l’Union des Eglises évangéliques de Tchécoslovaquie (la Slovaquie en fut membre de 1918 à 1993). C’est au sein de cette Union que naquirent les premiers contacts avec le mouvement œcuménique international encore très jeune.

Les représentants de certaines églises avaient acquis une conscience accrue de l’importance de ce mouvement qui commençait à se développer en Europe et dans le monde entier depuis la Seconde Guerre Mondiale. Il leur apparaissait clairement que le message de l’Evangile devait unir les églises et non pas les séparer. Le 20 juin 1955 fut fondé le Conseil œcuménique des Eglises de Tchécoslovaquie. Cet organisme avait entre autres buts celui de permettre aux églises de s’exprimer publiquement sur la situation sociale qui s’était instaurée à l’intérieur du pays depuis 1948, année où le pouvoir fut pris par les communistes en Tchécoslovaquie. Ce fut une période de restrictions pour la vie et le service des églises, ainsi que de persécutions des personnes activement engagées dans la vie de l’Eglise. Parallèlement, il devenait nécessaire d’établir une collaboration avec les églises des pays voisins. La tâche de ce Conseil œcuménique fut donc de mettre en pratique les idées du mouvement œcuménique sur le territoire tchécoslovaque.

L’année 1989 et l’avènement de la démocratie donnèrent un nouvel élan à toutes les églises dans leur tâche. L’œuvre de renouveau de l’Eglise pouvait commencer. Le bouleversement des conditions de vie dans le pays eut également pour effet d’y transformer la mission et les objectifs du mouvement œcuménique.

Après la division de la Tchécoslovaquie en deux états différents, l’activité du nouveau Conseil œcuménique des églises de Slovaquie (COERS) débuta lors de sa première assemblée, le 15 avril 1993. Celui-ci regroupe en son sein les églises actives sur le territoire de la République slovaque. Actuellement, onze églises en sont membres, trois d’entre elles en tant qu’observateurs. Les membres à part entière sont l’Eglise évangélique de la Confession d’Augsburg en Slovaquie, l’Eglise réformée en Slovaquie, l’Eglise orthodoxe en Slovaquie, la Brethren Church de Slovaquie, l’Eglise évangélique méthodiste du District slovaque, l’Eglise tchécoslovaque hussite en Slovaquie, l’Union baptiste en RS et l’Eglise vieille catholique de Slovaquie. Les observateurs sont les Eglises catholique et gréco-catholique, l’Église apostolique de Slovaquie et l’Eglise adventiste du Septième jour.

Le contexte œcuménique est caractérisé par une certaine disproportion dans le nombre des fidèles appartenant aux différentes églises. Les chiffres ci-après indiqués, empruntés au recensement effectué en 2001, donneront une idée de la répartition des chrétiens en Slovaquie : catholiques (68,9 %) et gréco-catholiques (uniates) 4 % - total 72,9 %) ; luthériens 6,9 % ; réformés 2,03 % ; orthodoxes 0,93 % ; confessions restantes moins de 0,1 %). Il existe une certaine corrélation entre affiliation religieuse et appartenance à une ethnie. La majorité des chrétiens réformés sont d’origine hongroise et la plupart des orthodoxes sont des immigrés ruthéniens ou ukrainiens. La population totale de la Slovaquie s’élève à 5,3 millions d’habitants. Dans un tel contexte, le Conseil œcuménique représente principalement les « plus petites églises ». Toujours selon le recensement de 2001, le nombre de personnes déclarant appartenir à une confession religieuse en Slovaquie est passé de 72 % (1991) à 84 % (2002). Cette hausse est en partie due aux réticences de certains groupes religieux à déclarer leur appartenance religieuse en 1991 et à l’activité missionnaire des églises en Slovaquie.

Les relations Eglise/état sont généralement bonnes en Slovaquie et se sont récemment renforcées. Le Département ecclésial du Ministère de la culture est chargé de veiller sur elles. C’est lui qui administre les subventions accordées par l’Etat aux communautés religieuses officielles. Il ne peut en aucun cas interférer dans leurs activités internes. Le Ministère de la culture gère également un fonds culturel qui, entre autres buts, est consacré au maintien et à la réparation des édifices historiques religieux. Le Conseil œcuménique, subventionné par l’Etat, est un organisme important pour le dialogue et la représentation des églises auprès des autorités. Les enquêtes effectuées auprès de l’opinion publique situent systématiquement l’Eglise parmi les institutions les plus dignes de confiance du pays. De récentes élections ont vu se renforcer la participation au gouvernement de partis et d’hommes politiques explicitement chrétiens.

En 2000, le gouvernement slovaque a signé un traité international avec le Vatican réglementant ses relations avec l’Eglise catholique. Au mois d’avril 2002, le gouvernement a également signé un accord avec les onze églises officielles membres du COERS afin que leur soit attribué le même statut que celui dont jouit l’Eglise catholique. Cet accord au niveau national est sensé garantir la reconnaissance, le statut et l’aide financière aux églises et au COERS. Le soutien que l’Etat apporte aux écoles religieuses a également été renforcé.

Malgré cela, le futur financement du clergé et du personnel ecclésial par l’Etat slovaque reste incertain et constitue un défi pour la viabilité financière des structures de l’Eglise et de ses activités.

En mars 2003, l’Assemblée du Conseil œcuménique des Eglises a exhorté les citoyens slovaques à appuyer la candidature de leur pays pour son entrée dans l’Union Européenne. Selon les églises, l’élargissement de l’UE pose un défi à l’intégration interne des personnes et des églises en Slovaquie et nécessite que les églises acceptent de servir ensemble l’évangile dans le monde d’aujourd’hui. Le processus d’intégration européenne ne devrait pas se limiter aux aspects économiques et politiques imposés par l’Union Européenne. Les églises estiment que leurs propres objectifs devraient être indiqués dans le processus d’intégration, tel que la recherche d’une plus grande ouverture à la collaboration œcuménique et des moyens pouvant contribuer à renforcer cette collaboration. Parallèlement, l’identité spirituelle des églises et l’intégrité culturelle de la Slovaquie devraient être précieusement entretenues et sauvegardées de manière à éviter la dissolution dans une nouvelle intégration. Par ailleurs, certaines églises s’inquiètent de l’insinuation croissante dans le système scolaire d’enseignements sectaires ainsi que d’attitudes néolibérales dans la société slovaque, tendances risquant de mettre en péril le système de valeurs morales traditionnel.

En 2000, le COERS a lancé un programme d’éducation visant à donner aux églises membres les moyens de réaliser leur service, principalement en ce qui concerne le travail dans le domaine social, en faveur des jeunes et des groupes marginalisés. Confié aux soins d’un secrétaire, ce programme offre l’opportunité d’organiser des séminaires de formation et des conférences s’adressant aux personnes spécialisées dans le travail ecclésial. Il a également été créé pour la coordination et l’accompagnement dans leur travail des commissions du COERS respectivement consacrées à la jeunesse, aux femmes et au diaconat. En 2002, ce programme a organisé neuf séminaires de formation et une conférence sur le statut de la femme à la lumière du Nouveau Testament.

Depuis 1999, le COERS dirige également un centre d’étude de la nouvelle religiosité. Ce programme est proposé en collaboration avec la Société œcuménique d’étude des sectes et jouit par ailleurs du soutien de la Conférence épiscopale catholique. Il a pour activité principale la publication d’une revue trimestrielle, ROZMER (Dimension). En 2002, quatre numéros ont été publiés en 2500 exemplaires. Le programme s’occupe aussi de la diffusion de l’information. L’an dernier neuf conférences portant sur le thème de la nouvelle religiosité ont été données dans diverses régions du pays. Le centre possède par ailleurs une page web. L’an passé, celle-ci a été consultée 12.000 fois. Quatre-vingt questions adressées par courriel ont été traitées. Une centaine de visiteurs ont été personnellement reçus au centre géré par un secrétaire de programme et un assistant administratif. Actuellement, le COERS cherche à obtenir un soutien afin de pouvoir renforcer ce programme et créer un poste de consultant/conseiller à plein temps.

Depuis février 2001, le COERS présente un programme d’information hebdomadaire dans lequel sont diffusées des nouvelles provenant d’églises et d’organisations œcuméniques du monde entier. Un programme d’une durée de 10 minutes, réalisé en collaboration avec la Radio publique slovaque, propose des nouvelles d’agences de presse œcuméniques telles que ENI, EPD, LWI, KNA ainsi que des interviews à des invités engagés sur la scène internationale. Une transcription de ce programme est diffusée par courriel à un vaste réseau d’abonnés.

Le programme de Table Ronde constitue un instrument essentiel pour les églises de Slovaquie dans le renforcement de leur service. Depuis 1996, ce programme a soutenu un grand nombre de projets présentés par les églises membres ou par le secrétariat du COERS. En 2002, 113 projets ont été subventionnés pour un montant total de 210.000 Euros. Les domaines choisis étaient l’éducation, la diaconie sociale, la mission, le travail des médias et le développement de structures.

L’une des principales questions qui sera affrontée dans le futur est la transformation et la décentralisation du système d’aide sociale actuellement dépendant et géré par l’état. Les églises ont conscience de la portée historique de ce défi et sont actuellement en train de vérifier leurs potentiels afin de prendre la suite de certaines institutions dont l’activité sera placée sous la responsabilité de leurs structures diaconales.

L’œuvre sociale des églises doit aussi tenir compte de la capacité croissante de l’économie slovaque à offrir des aides humanitaires. Le COERS s’emploie actuellement à faire le point de la situation et à évaluer les conditions nécessaires à la création d’un organisme d’assistance indépendant.

Parmi les églises de Slovaquie, un grand nombre de bons exemples d’activités œcuméniques sont entrepris par la base. A titre d’exemple, citons la Communauté œcuménique dans la ville de Kosice, centre industriel et administratif de la Slovaquie orientale.

La plupart des églises de Slovaquie célèbrent la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. En de nombreux endroits, les chrétiens de confessions diverses se rencontrent à cette occasion. Depuis 2003, les mouvements des jeunesses chrétiennes de Slovaquie organisent des rencontres de prière œcuménique particulières au mois de janvier. L’un des événements les plus marquants de la Semaine consiste en une importante célébration œcuménique à laquelle prennent part des représentants de la majorité des églises adhérant au mouvement œcuménique ainsi que des représentants de la vie civile et politique. Ce service de prière est retransmis en direct par la télévision publique slovaque sur la chaîne nationale.

Ces dernières années, les églises de Slovaquie prient avant tout pour que leur soient accordées la sagesse et la force nécessaires pour faire face aux transformations de la société ainsi qu’une unité toujours plus grande qui leur permette de tirer parti des nouvelles opportunités qui leurs seront offertes à leur entrée dans la communauté des nations de l’Union Européenne. Elles prient enfin pour que leur soit donnée la grâce d’être un enrichissement pour cette communauté et de discerner quel est le chemin à suivre pour surmonter les effets sociaux négatifs de cette mutation.

 

Semaine de prière
pour l’unité des chrétiens

Thèmes 1968 - 2005

C’est en 1968 que débuta officiellement la collaboration entre la Commission Foi et Constitution du COE et le Conseil Pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens pour la préparation de ces textes.

1968 Pour la louange de sa gloire (Ep 1, 14)
To the praise of his glory

1969 Appelés à la liberté» (Ga 5, 13)
Called to freedom
(Réunion préparatoire à Rome, Italie)

1970 Nous sommes les coopérateurs de Dieu (1 Co 3, 9)
We are fellow workers for God
(Réunion préparatoire au Monastère de Niederaltaich, République Fédérale d’Allemagne)

1971 ... et la communion du Saint-Esprit (2 Co 13, 13)
... and the communion of the Holy Spirit
(Réunion préparatoire à Bari, Italie)

1972 Je vous donne un commandement nouveau (Jn 13, 34)
I give you a new commandment
(Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1973 Seigneur, apprends-nous à prier (Lc 11, 1)
Lord, teach us to pray
(Réunion préparatoire à l’Abbaye de Montserrat, Espagne)

1974 Que tous confessent : Jésus Christ est Seigneur (Ph 2, 1-13)
That every tongue confess: Jesus Christ is Lord
(Réunion préparatoire à Genève, Suisse)
(En avril 1974, une lettre fut adressée aux Églises-membres ainsi qu’à d’autres parties intéressées à la création de groupes locaux pouvant participer à la préparation du livret de la Semaine de Prière. Un groupe australien fut le premier à s’engager concrètement en préparant en 1975 le projet initial de livret pour la Semaine de Prière).

1975 La volonté du Père : tout réunir sous un seul Chef, le Christ (Ep 1, 3-10)
God’s purpose: all things in Christ
(Projet de texte élaboré par un groupe australien. Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1976 Appelés à devenir ce que nous sommes (1 Jn 3, 2)
We shall be like him or Called to become what we are
(Projet de texte élaboré par la Conférence des Églises des Caraïbes. Réunion préparatoire à Rome, Italie.)

1977 L'espérance ne déçoit pas (Rm 5, 1-5)
Enduring together in hope
(Projet de texte élaboré au Liban, en pleine guerre civile. Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1978 Vous n'êtes plus des étrangers (Ep 2, 13-22)
No longer strangers
(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique de Manchester, Angleterre.)

1979 Soyez au service les uns des autres pour la gloire de Dieu (1 P 4, 7.11)
Serve one another to the glory of God
(Projet de texte élaboré en Argentine. Réunion préparatoire à Genève.)

1980 Que ton Règne vienne ! (Mt 6, 10)
Your kingdom come
(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique de Berlin, République Démocratique d’Allemagne. Réunion préparatoire à Milan, Italie.)

1981 Un seul Esprit - des dons divers - Un seul corps (1 Co 12, 3b-13)
One Spirit - many gifts - one body
(Projet de texte élaboré par les Pères de Graymoor, USA. Réunion préparatoire à Genève.)

1982 Que tous trouvent leur demeure en toi, Seigneur (Ps 84)
May all find their home in you, O Lord
(Projet de texte élaboré au Kenya. Réunion préparatoire à Milan, Italie.)

1983 Jésus Christ - Vie du monde (1 Jn 1, 1-4)
Jesus Christ - the Life of the World
(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique d’Irlande. Réunion préparatoire à Céligny [Bossey], Suisse.)

1984 Appelés à l'unité par la Croix de notre Seigneur (1 Co 2, 2 et Col 1, 20)
Called to be one through the cross of our Lord
(Réunion préparatoire à Venise, Italie.)

1985 De la mort à la Vie avec le Christ (Ep 2, 4.7)
From death to life with Christ
(Projet de texte élaboré en Jamaïque. Réunion préparatoire à Grandchamp, Suisse.)

1986 Vous serez mes témoins (Ac 1, 6.8)
You shall be my witnesses
(Textes proposés en Yougoslavie [Slovénie]. Réunion préparatoire en Yougoslavie.)

1987 Unis dans le Christ, une nouvelle création (2 Co 5, 17-6,4a)
United in Christ - a New Creation
(Projet de texte élaboré en Angleterre. Réunion préparatoire à Taizé, France.)

1988 L'Amour de Dieu bannit la crainte (1 Jn 4, 18)
The love of God casts out fear
(Projet de texte élaboré en Italie. Réunion préparatoire à Pinerolo, Italie.)

1989 Bâtir la communauté : un seul corps en Christ (Rm 12, 5-6a)
Building community: one body in Christ
(Projet de texte élaboré au Canada. Réunion préparatoire à Whaley Bridge, Angleterre.)

1990 Que tous soient un... afin que le monde croie (Jn 17)
That they all may be one... That the world may believe
(Projet de texte élaboré en Espagne. Réunion préparatoire à Madrid, Espagne.)

1991 Nations, louez toutes le Seigneur (Ps 117 et Rm 15, 5-13)
Praise the Lord, all you nations!
(Projet de texte élaboré en Allemagne. Réunion préparatoire à Rotenburg an der Fulda, République Fédérale d’Allemagne.)

1992 Je suis avec vous... allez donc (Mt 28, 16-20)
I am with you always ... Go, therefore
(Projet de texte élaboré en Belgique. Réunion préparatoire à Bruges, Belgique.)

1993 Porter le fruit de l'Esprit pour l'unité des chrétiens (Ga 5, 22-23)
Bearing the fruit of the Spirit for Christian unity
(Projet de texte élaboré au Zaïre. Réunion préparatoire près de Zurich, Suisse.)

1994 La maison de Dieu : appelés à n'avoir ‘qu'un cœur et qu’une âme’ (Ac 4, 32)
The household of God: called to be one in heart and mind
(Projet de texte élaboré en Irlande. Réunion préparatoire à Dublin, Irlande.)

1995 Koinônia : communion en Dieu et entre nous (Jn 15, 1-7)
Koinonia: communion in God and with one another
(Réunion préparatoire à Bristol, Angleterre.)

1996 Voici, je me tiens à la porte et je frappe (Ap 3, 14-22)
Behold, I stand at the door and knock
(Projet de texte élaboré au Portugal. Réunion préparatoire à Lisbonne, Portugal.)

1997 Au nom du Christ... laissez-vous réconcilier avec Dieu (2 Co 5, 20)
We entreat you on behalf of Christ, be reconciled to God
(Projet de texte élaboré en Scandinavie. Réunion préparatoire à Stockholm, Suède.)

1998 L’Esprit aussi vient en aide à notre faiblesse (Rm 8, 14-27)
The Spirit helps us in our weakness
(Projet de texte élaboré en France. Réunion préparatoire à Paris, France.)

1999 Ils seront ses peuples et lui sera le Dieu qui est avec eux (Ap 21, 3)
He will dwell with them as their God, they will be his peoples
(Projet de texte élaboré en Malaisie. Réunion préparatoire au Monastère de Bose, Italie.)

2000 Béni soit Dieu... qui nous a bénis en Christ (Ep 1, 3-14)
Blessed be God who has blessed us in Christ
(Projet de texte élaboré par le Conseil des Églises du Moyen-Orient. Réunion préparatoire au Sanctuaire de La Verna, Italie.)

2001 Je suis le chemin et la vérité et la vie (Jn 14, 1-6)
I am the Way, and the Truth, and the Life
(Projet de texte élaboré en Roumanie. Réunion préparatoire à la
Casa de Odihna, Roumanie.)

2002 Car chez toi est la fontaine de la vie (Ps 36 [35], 10)
For with you is the fountain of life (Ps 36 : 5-9)
(Projet de texte élaboré par le Conseil des Conférences Épiscopales Européennes (CCEE) et la Conférence des Églises Européennes (CEC). Réunion préparatoire au Centre œcuménique d’Ottmaring, Augsbourg, République Fédérale d’Allemagne.)

2003 Ce trésor, nous le portons dans des vases d’argile (2 Co 4, 7)
We have this treasure in clay jars
(Projet de texte élaboré en Argentine. Réunion préparatoire au Centre œcuménique ‘Los Rubios’, Málaga [Espagne].)

2004 Je vous donne ma paix (Jn 14, 27)
My peace I give to you
(Projet de texte élaboré à Alep, Syrie. Réunion préparatoire à Palerme, Sicile, Italie)

2005 Le Christ, unique fondement de l’Eglise (1 Co 3, 1-23)
Christ, the one foundation of the church
(Projet de texte élaboré en Slovaquie. Réunion préparatoire à Piestaňy, Slovaquie)


Quelques dates importantes dans l’histoire
de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

1740 environ En Ecosse, naissance d'un mouvement pentecôtiste avec des liens en Amérique du Nord, dont le message pour le renouveau de la foi appelle à prier pour toutes les églises et avec elles.

1820 Le Révérend James Haldane Stewart publie : « Conseils pour l'union générale des chrétiens, en vue d'une effusion de l'Esprit » (Hints for the outpouring of the Spirit).

1840 Le Révérend Ignatius Spencer, un converti au catholicisme romain, suggère une « Union de prière pour l'unité ».

1867 La première assemblée des évêques anglicans à Lambeth insiste sur la prière pour l'unité, dans l'introduction à ses résolutions.

1894 Le Pape Léon XIII encourage la pratique de l'Octave de la Prière pour l'unité dans le contexte de la Pentecôte.

1908 Célébration de « L'Octave pour l'unité de l’Eglise » à l'initiative du Révérend Père Paul Wattson.

1926 Le Mouvement « Foi et Constitution » commence la publication de « Suggestions pour une Octave de prière pour l'unité des chrétiens ».

1935 En France, l'abbé Paul Couturier se fait l'avocat de la « Semaine universelle de prière pour l'unité des chrétiens sur la base d'une prière conçue pour l'unité que veut le Christ, par les moyens qu'Il veut ».

1958 Le Centre « Unité chrétienne » de Lyon (France) commence à préparer le thème pour la Semaine de prière en collaboration avec la Commission « Foi et Constitution » du Conseil œcuménique des Eglises.

1964 A Jérusalem, le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras Ier récitent ensemble la prière du Christ « que tous soient un » (Jn 17).

1964 Le Décret sur l’œcuménisme du Deuxième Concile du Vatican souligne que la prière est l'âme du mouvement œcuménique, et encourage la pratique de la Semaine de Prière.

1966 La Commission « Foi et Constitution » et le Secrétariat pour l'unité des chrétiens (maintenant Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens) de l'Eglise catholique décident de préparer ensemble le texte pour la Semaine de Prière de chaque année.

1966 Pour la première fois, la « Prière pour l'unité » est célébrée sur la base des textes élaborés en collaboration entre « Foi et Constitution » et le Secrétariat pour l'unité des chrétiens.

1994 Texte pour 1996 préparé en collaboration avec l’YMCA et l’YWCA.

2004 Accord concernant la publication officielle conjointe par Foi et Constitution et le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens du livret de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens (2005).


[1] Ce choix de prières a été réalisé et est présenté par le groupe local.

[2] Saint Cyril, né en Macédoine et d’origine grecque et slave, traduisit les Ecritures en slave, la langue du peuple. La supplique des « trois langues » se réfère à l’hérésie due au fait que seuls l’hébreux, le grec et le latin pouvaient être utilisés comme langues liturgiques.

[3] Cette description de la situation œcuménique en Slovaquie a été préparée par le groupe préparatoire local. Elle est publiée ici sous sa propre responsabilité.

 

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