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CONSEIL PONTIFICAL POUR LA PROMOTION DE L'UNITÉ DES CHRÉTIENS
Textes
pour
La Semaine de Prière pour l’Unite des Chrétiens
et pour toute l’année 2006
Là où deux ou trois se trouvent
réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux (Mt 18, 20)
Conjointement préparés et publiés par Le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens La Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Eglises
A tous ceux qui organisent la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens
Rechercher l'unité durant toute l'année
Traditionnellement, la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens est célébrée
du 18 au 25 janvier. Ces dates furent proposées en 1908 par Paul Wattson
de manière à couvrir la période entre la fête de saint Pierre et celle de saint
Paul. Ce choix a donc une signification symbolique. Dans l'hémisphère Sud, où le
mois de janvier est une période de vacances d'été, on préfère adopter une autre
date, par exemple aux environs de la Pentecôte (ce qui fut suggéré par le
mouvement Foi et Constitution en 1926) qui représente aussi une autre date
symbolique pour l’unité de l’Eglise.
En gardant cette flexibilité à l’esprit, nous vous encourageons à considérer ces
textes comme une invitation à trouver d'autres occasions, au cours de l'année,
pour exprimer le degré de communion que les églises ont déjà atteint et pour
prier ensemble en vue de parvenir à la pleine unité voulue par le Christ.
Adapter les textes
Ces textes sont proposés étant bien entendu que, chaque fois que cela sera
possible, on essayera de les adapter aux réalités des différents lieux et pays.
Ce faisant, on devra tenir compte des pratiques liturgiques et dévotionnelles
locales ainsi que du contexte socio-culturel. Une telle adaptation devrait
normalement être le fruit d’une collaboration œcuménique.
Dans plusieurs pays, des structures œcuméniques sont déjà en place et elles
permettent ce genre de collaboration. Nous espérons que la nécessité d'adapter
la Semaine de prière à la réalité locale puisse encourager la création de ces
mêmes structures là où elles n'existent pas encore.
Utiliser les textes de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens
Texte biblique
Matthieu
18, 18-20
En vérité, je vous le déclare : tout ce que vous lierez sur la
terre sera lié au ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié au
ciel.
Je vous le déclare encore, si deux d’entre vous, sur la terre, se
mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon
Père qui est aux cieux. Car, là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom,
je suis au milieu d’eux.
Introduction au thème
Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux (Mt 18, 20)
Ce qui nous unit est beaucoup plus fort que ce qui nous divise – telle est la
grande découverte qui est à l’origine du mouvement œcuménique. L’élément le plus
important de notre unité est la présence du Christ ressuscité qui a promis à ses
disciples qu’il serait avec eux jusqu’à la fin des temps. A la fin de l’Evangile
de saint Matthieu, Jésus fait cette promesse immédiatement après avoir dit à ses
disciples d’aller faire de nouveaux disciples dans toutes les nations, d’aller
les baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit (cf. Mt 28, 19-20). Il
était conscient des difficultés de toute sorte qu’ils allaient devoir affronter
et ne voulait pas les laisser orphelins dans leur mission (cf. Jn 14). Il leur
promit qu’il demeurerait avec eux. Il est l’« Emmanuel », c’est-à-dire le « Dieu
qui est avec nous » (Mt 1, 23).
Les Evangiles nous parlent des diverses manières par lesquelles Jésus, notre
Seigneur ressuscité, est présent parmi nous : quand sa Parole est proclamée et
vécue et quand le pain et le vin eucharistiques sont offerts en mémoire de lui ;
il est aussi présent dans le petit enfant, l’affamé, le prisonnier, le laisser
pour compte ; il se trouve dans chacun de nos prochains ; il est parmi ceux qui
poursuivent sa mission et son ministère de par le monde. C’est dans ce contexte
qu’est exprimée la promesse de Jésus qui sert de thème pour la Semaine de prière
pour l’unité de cette année : « Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon
nom, je suis au milieu d’eux » (Mt 18, 20).
Cette promesse, Matthieu la situe dans le contexte d’un enseignement
de Jésus : comment organiser la communauté ecclésiale avec le souci des plus
démunis, comment l’Eglise peut-elle être au service de ses membres qui se sont
égarés, quelles limites mettre au pardon. Mt 18 contient des textes
puissants qui ont trait au jugement. Ces textes sont comme des panneaux de
signalisation qui seraient destinés à la communauté des chrétiens, leur montrant
là où ils manquent à leur responsabilité de disciples. D’autres textes viennent
y ajouter une autre nuance, en soulignant le souci de Dieu envers tout individu
et en lançant à la communauté un appel au pardon illimité, à l’image de la
capacité infinie de réconciliation qui est en Dieu. Ce chapitre fournit aux
premiers chrétiens les instructions laissées par Jésus : la manière de
construire la communauté ne peut les laisser indifférents. La communauté qui se
réunit autour de la personne et de la parole de Jésus doit faire tout son
possible pour vivre en harmonie. C’est dans ce contexte que le Seigneur invite
ses disciples à avoir confiance dans le pouvoir de la prière commune ainsi que
dans sa présence permanente au sein de la communauté se réunissant en son nom.
Pendant la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens et dans notre prière
pour l’unité tout au long de l’année, nous sommes invités à prendre profondément
conscience de ce que l’unité est une grâce et de ce que nous devons sans cesse
invoquer ce don. Lorsque nous nous efforçons de promouvoir l’unité de nos
propres communautés et l’unité de tous les chrétiens, nous savons combien il est
important de nous réunir de façon œcuménique au nom de Jésus. Chaque fois que
nous nous rassemblons ainsi en prière, nous sommes invités à avoir confiance
dans le pouvoir de la prière offerte en la présence de Jésus qui a promis à ses
disciples : « Je vous le déclare encore, si deux d’entre vous, sur la terre, se
mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon
Père qui est aux cieux » (Mt 18, 19). Ce qui compte n’est pas vraiment une
pluralité de voix mais le fait que ces voix soient unies dans la prière. La voix
silencieuse qui parle dans le cœur de chacun est amplifiée lorsque nous nous
réunissons dans le nom du Christ. Souvenons-nous dans notre prière et rendons
grâces au Seigneur des progrès nombreux accomplis au cours des dernières
décennies sur le chemin de l’unité ; Jésus Christ a été présent parmi nous à
travers la puissance de son Esprit et a prié le Père avec nous.
La promesse de la présence de Jésus parmi nous ne se limite pas à la communauté
réunie dans le service liturgique. Puisque l’amour du Dieu Trinité s’est incarné
en Jésus Christ, il nous est possible en Christ de vivre une vie de communion
enracinée dans la Trinité même. Par la présence de son Saint-Esprit, le Seigneur
ressuscité désire être avec nous en tous temps et en tous lieux, partageant nos
préoccupations, nous donnant des conseils, marchant à nos côtés, visitant nos
maisons et nos lieux de travail, ravivant notre joie par sa présence qui nous
conduit tout droit au cœur du Père. Il veut que nous ressentions la proximité de
Dieu, sa force et son amour. Il veut être parmi nous afin de témoigner lui-même,
par nous, de son amour et de sa présence dans nos demeures, au travail, à
l’école et dans les espaces où nous vivons.
Il est bien de se rappeler que maintes choses ont été accomplies au cours de
l’histoire chrétienne « au nom de Jésus », des choses qui n’ont rien à voir avec
l’enseignement du Christ, avec l’exemple qu’il nous a donné par sa vie et par sa
mort. Nos histoires individuelles et communautaires nous offrent maintes raisons
de nous repentir. Nous lisons à juste titre Mt 18,20 à la lumière de la primauté
accordée au commandement d’amour dans l’Evangile de Jean : « Voici mon
commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 15,
12) et « A ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à l’amour que vous
aurez les uns pour les autres » (Jn 13, 35). La présence de Jésus là où deux ou
trois se réunissent en son nom est étroitement liée à l’amour que ces deux ou
trois nourrissent les uns pour les autres.
Se réunir au nom de Jésus signifie participer à l’amour qu’il nous a apporté sur
la terre. Cet amour ne peut pas être réduit à de la simple philanthropie,
solidarité ou bienveillance ; il va bien au-delà de l’amitié ou de la tendresse.
C’est un amour qui se donne entièrement, qui accepte la souffrance, qui « excuse
tout, […] croit tout, […] espère tout, […] endure tout » (1 Co 13, 7). C’est un
amour qui nécessite prudence et patience quand nous discernons la présence du
Seigneur et la direction dans laquelle il nous guide.
Pour pouvoir être aussi réceptifs que possible à la présence de Jésus parmi eux,
les chrétiens doivent apprendre à vivre ensemble un « œcuménisme au quotidien»
qui accompagne leur quête théologique de l’unité. Cela signifie être ouverts et
se laisser enrichir par les traditions spirituelles, les richesses et les
coutumes de l’autre tout en nous engageant ensemble, concrètement, à bâtir le
Royaume de Dieu sur terre. Cela signifie aussi promouvoir une culture
d’interdépendance en apprenant ensemble à voir ce qu’il y a de positif dans les
spécificités de toute communauté ecclésiale et ethnique, de toute histoire et
juridiction, spécificités qui pourraient si facilement diviser les chrétiens.
Etre conscients de tout ce que nous partageons nous permet d’affronter plus
efficacement ce qui nous divise encore. Un œcuménisme de vie implique, chaque
fois que c’est possible, la prière commune, la mission commune et le témoignage
commun alors que nous prenons part ensemble et toujours plus, à la vie dans
l’Esprit. Cela signifie aussi partager avec les autres les aspects ordinaires de
notre vie, de sorte que nous puissions nous reconnaître toujours plus comme
sœurs et frères dans le Christ et que nous puissions voir en l’autre la présence
même du Seigneur.
Rien n’est petit s’il est accompli par amour. Aucun geste d’amour, aucun
témoignage, aucune collaboration au nom de Jésus, aucune prière commune ne sont
dénués de sens et de valeur s’ils répondent à la volonté du Christ, que tous ses
disciples ne soient qu’un. Chacune de ces actions, même modeste, exprime notre
détermination à nous aimer les uns les autres comme le Christ nous a aimés; elle
peut être également un signe éloquent devant un monde souvent incapable de
reconnaître la présence de Dieu ou indifférent à ses desseins.
Le groupe œcuménique qui s’est réuni en Irlande pour préparer les textes de la
Semaine de prière pour l’unité des chrétiens était conscient de la richesse du
patrimoine spirituel de ce pays qui remonte à l’antiquité chrétienne et que
partagent donc toutes les traditions chrétiennes présentes en Irlande. Les
membres du groupe étaient également conscients que les Eglises chrétiennes se
sont trouvées impliquées et prises au piège dans les conflits et les tensions
qui ont fortement marqué la vie de l’Irlande au cours des siècles passés. Les
divisions entre chrétiens ont provoqué de profondes blessures ou les ont
aggravées.
C’est la troisième fois au cours des 25 dernières années que le groupe de
préparation de la Semaine de prière se réunit en Irlande, alors que la violence
diminue et que l’espoir grandit de voir se réaliser la paix du Christ. Etant
donné l’histoire riche mais complexe de l’Irlande, le groupe avait de bonnes
raisons de choisir cette année Mt 18,20 comme texte biblique central et thème de
la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2006.
L’intention du groupe a été d’abord d’attirer l’attention sur Jésus en tant que
source de notre unité, en soulignant qu’il nous a déjà indiqué comment nous
pouvons être les instruments de l’unité que Dieu désire pour nous.
Deuxièmement, alors qu’à la suite de démarches et initiatives à grande échelle,
l’espoir peut naître et retomber très rapidement, les membres du groupe
préparatoire ont fait remarquer que la simple rencontre de deux ou trois réunis
dans un amour mutuel en Christ est un moyen essentiel pour construire des
relations entre des peuples et des communautés divisés. Les rencontres en
groupes restreints, les relations et les amitiés au niveau local peuvent souvent
donner un puissant élan à la diffusion d’un esprit de paix et de réconciliation.
Plusieurs expériences dans l’histoire récente de l’Irlande en témoignent.
Troisièmement, le groupe a souligné que pour pouvoir espérer en l’avenir et
construire aujourd’hui la paix et la réconciliation, il était nécessaire de
prendre en considération les souvenirs douloureux et les souffrances du passé.
En tant que disciples du Christ, nous devons nous engager à trouver des moyens
constructifs pour soigner les blessures du passé et à offrir un témoignage
commun, en cherchant et en choisissant les chemins menant à la réconciliation.
C’est dans cet esprit que tous les chrétiens qui utilisent les textes de la
Semaine de prière sont invités à se rassembler dans la prière et dans l’amour
réciproque pour essayer de se comprendre les uns les autres dans leurs
différences. Nous pourrons ainsi devenir des signes toujours plus puissants de
réconciliation et témoigner de la présence de l’amour du Christ qui nous guérit.
Les textes bibliques proposés et les commentaires pour les huit jours ont pour
but de stimuler une réflexion prolongée sur l’invitation à se réunir en son nom
que Jésus a adressée à ses disciples. Le 1er Jour développe l’idée
que, puisque tous les chrétiens appartiennent au Christ, nous appartenons les
uns aux autres et sommes réunis dans une communion qui se révèle déjà dans notre
reconnaissance commune du baptême. Le 2e Jour offre une méditation
sur l’importance de l’humilité dans le service (l’exemple qui nous est donné ici
est celui de l’invitation faite aux disciples du Christ à se laver les pieds
mutuellement) comme moyen de construire l’unité de l’Eglise. Le 3e
Jour se concentre sur l’importance de la prière commune, en suggérant que
lorsque Jésus pria pour l’unité de ses disciples, peut-être le fit-il car
ceux-ci n’étaient pas encore unis en son nom ; la présence de Jésus parmi nous
nous unit à lui et nous unit les uns aux autres. Le thème du 4e Jour
est celui de la purification des mémoires et du pardon offert et reçu, élément
essentiel de la redécouverte et de la réaffirmation de notre unité en Christ.
Le 5e Jour décrit la présence de Dieu comme source de paix et de
stabilité, de courage et de force, qui nous encourage à notre tour à rechercher
les moyens de réaliser la paix. Le thème du 6e Jour nous permet de
réfléchir sur le double mouvement de la mission : rassemblement et envoi. Ces
deux démarches ont chacune pour but de réaliser la volonté du Père, qui est
d’encourager le faible et de proclamer que le Royaume de Dieu est proche. Le 7e
Jour nous invite à accueillir le prochain et l’étranger dans toute leur
différence, à reconnaître que la présence du Christ en eux détermine notre
engagement et la poursuite de notre tâche œcuménique. Le 8e Jour se
tourne dans l’espérance vers la fin de notre pèlerinage qui nous conduit à la
plénitude de la présence du Christ. Tout au long du chemin, nous sommes amenés à
découvrir que les autres chrétiens ne sont plus des étrangers mais des
compagnons de voyage, et à anticiper ensemble le jour où nous nous tiendrons les
uns à côté des autres en la présence du Christ.
Préparation des textes pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2006
Le projet initial grâce auquel ce livret a pu être réalisé a été préparé par un
groupe œcuménique de Dublin. Nous adressons nos sincères remerciements à tous
les membres du groupe préparatoire irlandais :
P. Irineu Ioan Craciun (Eglise grecque orthodoxe de l’Annonciation à Dublin)
P. Athanasius George (Eglise copte orthodoxe d’Irlande)
Rév. Elizabeth Hewitt (Eglise méthodiste d’Irlande)
Rév. Mary Hunter (Eglise presbytérienne en Irlande)
P. Hugh Kennedy (Eglise catholique)
P. Brendan Leahy (Eglise catholique)
Pasteur Fritz-Gert Mayer (Eglise luthérienne d’Irlande)
P. John McCann (Eglise catholique)
Rév. Alan McCormack (Eglise d’Irlande)
P. Godfrey O’Donnell (Eglise orthodoxe roumaine d’Irlande)
La version définitive de ces textes a été mise au point lors de la rencontre du
groupe préparatoire international nommé par la Commission Foi et Constitution du
Conseil œcuménique des Eglises et le Conseil Pontifical pour la promotion de
l’unité des chrétiens de l’Eglise catholique. Ce groupe international s’est
réuni au Centre des Focolari près de Prosperous dans le County Kildare
(Irlande) grâce au généreux soutien de la Conférence épiscopale irlandaise. Nous
tenons à remercier l’Archevêque Séan Brady, l’Evêque Anthony Farquhar et le Père
Brendan Leahy ainsi que toute l’équipe du Centre des Focolari pour leur
très aimable hospitalité et tout ce qu’ils ont mis en œuvre pour faciliter le
travail du groupe préparatoire international.
Célébration œcuménique
Présentation
La célébration se base sur deux thèmes :
Thème A « Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom ». L’idée
sous-jacente est d’encourager et de renforcer la communion fraternelle du peuple
de Dieu dans les petites communautés, de même que dans les grandes assemblées,
dans la vie quotidienne ainsi que dans les célébrations liturgiques officielles.
La réponse fidèle à l’appel de Dieu n’est pas limitée aux assemblées de masse,
mais elle implique la rencontre dans l’amour, la prière et l’étude de la Bible à
« deux ou trois » réunis au nom de Jésus. En fait, ce sont les vies de personnes
unies par un amour mutuel qui réalisent le Royaume de Dieu sur la terre.
Thème B « Alors Pierre s’approcha et lui dit : ‘Seigneur, quand mon frère
commettra une faute à mon égard, combien de fois lui pardonnerai-je ? Jusqu’à
sept fois ?’ Jésus lui dit : ‘Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à
soixante-dix fois sept fois’ ». Nous parlons de pardon, mais nous recherchons
rarement le pardon les uns des autres. Un fort courant de repentance est
sous-jacent à toute cette célébration. Il est mis en évidence dans la prière
conclusive de l’acte pénitentiel, qui demande spécifiquement : « pardonne-nous
nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ».
Lectures bibliques
Les textes ont été choisis de manière à refléter un modèle cohérent de la
présence de Dieu auprès de son peuple, que l’on trouve du début à la fin de l’Ecriture.
Dans l’Ancien Testament, Dieu a délivré son peuple de la captivité en
Egypte et l’a guidé avec une colonne de nuée le jour et une colonne de feu la
nuit. Il n’a jamais abandonné son peuple.
Le Psaume rappelle les merveilles que Dieu a faites ; il invite son
peuple à se souvenir de ses actes et à les transmettre à ses descendants.
Dans le texte de l’Apocalypse, l’auteur donne un aperçu du Royaume de
Dieu où le Peuple de Dieu ‘règnera à jamais’.
L’Evangile trouve sa place au terme des lectures car ce règne
éternel de Dieu annoncé par l’Apocalypse se fonde sur la présence de Dieu à son
peuple vécue dans la chair et le sang de Jésus son Fils. Jésus annonce le
Royaume de Dieu. En lui est l’accomplissement de cette présence de Dieu.
Action de grâce et intercession
Ces prières se proposent de coordonner l’action de grâce pour ce que la
puissance miséricordieuse de Dieu à l’œuvre dans son peuple a déjà réalisé, tout
en reconnaissant qu’il reste encore beaucoup à accomplir, si nous voulons
réellement faire la volonté de Dieu dans le monde.
Symboles
L’usage de différents symboles et représentations est possible : la croix celte
en particulier apportée devant l’assemblée ; le symbole des clous de la croix
utilisé éventuellement au moment de l’acte pénitentiel. Des cierges, au nombre
de sept, pourraient figurer les sept églises et les sept chandeliers d’or du
chapitre 1er de l’Apocalypse.
Toutefois, le symbolisme étant si étroitement lié à la culture, aux
circonstances et à la sensibilité des communautés, nous avons préféré omettre
toute référence spécifique à l’usage de symboles dans le déroulement de la
célébration. Les groupes nationaux sont invités à trouver les symboles qui
expriment le mieux les thèmes dans leur contexte social et culturel particulier.
Pour les textes de la Parole de Dieu utiliser la Traduction œcuménique de la
Bible (TOB). Utiliser aussi de préférence les versions œcuméniques existantes du
texte original du Symbole de Nicée-Constantinople et du Notre Père.
Déroulement de la célébration
Salut
Lecteur Que la grâce et la paix soient avec vous.
Assemblée Que la grâce et la paix soient avec vous.
L et A Au nom de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.
Ouverture
La salutation liturgique est suivie de la présentation des communautés et de
leurs responsables qui participent à la célébration. C’est l’occasion pour les
personnes rassemblées, alors que l’on commence à rendre grâce à Dieu, de se
présenter et de s’engager dans un esprit de communion fraternelle et de
bienvenue réciproque.
Introduction (Elle peut s’inspirer de ces lignes)
Comme dans beaucoup de pays, il s’est développé en Irlande une forte culture
spirituelle et missionnaire, mais aussi une longue et douloureuse histoire. Buts
et aspirations politiques et religieux ont déchiré les communautés et causé de
réelles blessures de tous les côtés. Dieu était présent dans la douleur et a
soulagé un grand nombre des plaies physiques et psychologiques qui ont été
infligées. Dans de petits groupes de deux ou trois personnes, et dans de grandes
assemblées de centaines de participants, on a senti la présence réconfortante et
miséricordieuse de Dieu. Pour toutes ces raisons, les chrétiens d’Irlande ont pu
placer au centre de leur expérience de croyant ces paroles de Jésus : « Là où
deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Mt 18,
20).
Dieu appelle son peuple à s’unir et il montre que l’amour et le pardon vont de
pair. L’expérience du Christ sur la croix appelle les chrétiens à se tendre la
main et à pardonner. Dans les campagnes et les villages, dans les bourgades et
les grandes villes, le peuple de Dieu est appelé à trouver un chemin pour
progresser, en confessant et en reconnaissant les offenses et les souffrances
infligées aux personnes et, dans cette optique, à rechercher le pardon et la
plénitude du nouveau chemin du Christ.
Action de grâce/Hymne/Musique
Litanie de la présence du Christ
L.1 Jésus, Seigneur ressuscité,
A Nous sommes réunis en ton nom.
L. 1 Jésus, Bon Pasteur,
A Nous sommes réunis en ton nom.
L. 1 Jésus, Parole de vie,
A Nous sommes réunis en ton nom.
L. 1 Jésus, ami des pauvres,
A Nous sommes réunis en ton nom.
L. 1 Jésus, source de tout pardon,
A Nous sommes réunis en ton nom.
L. 1 Jésus, Prince de paix,
A Nous sommes réunis en ton nom.
A Seigneur Jésus Christ,
Tu nous appelles à nous réunir dans la foi et l’amour.
Insuffle encore en nous la nouvelle vie de ton Esprit-Saint,
Afin que nous puissions entendre ta Parole Sainte,
Prier en ton nom,
Rechercher l’unité entre les chrétiens
Et vivre plus pleinement la foi que nous professons.
A toi toute gloire et tout honneur
avec le Père, et l'Esprit-Saint, pour les siècles des siècles.
Amen.
Action de grâce/Hymne/Musique
Proclamation de la Parole
Exode 40, 1–4 et 34–38
(Réflexion sur la présence de Dieu pendant l’errance de son peuple dans le
désert)
Psaume 78 (77), 1–8
(Réflexion sur la mémoire des exploits de Dieu et appel à la fidélité)
(à lire à deux chœurs en alternance)
Apocalypse 22, 1–5
(Réflexion sur la gloire suprême de la présence de Dieu au milieu de son peuple
lorsque son Royaume sera venu)
Matthieu 18, 15–22
(Réflexion sur les tensions qui existent dans la réalité en reconnaissant la
présence de Dieu au milieu de son peuple, si modeste que soit l’assemblée.)
Homélie/Méditation
Profession de foi
Le symbole de Nicée-Constantinople ou le symbole des apôtres
(Si on utilise dans le contexte de cette célébration œcuménique le texte
original du symbole de Nicée-Constantinople, prendre une traduction œcuménique)
Action de grâce/Hymne/Musique
Acte de repentance
(L’assemblée est tournée vers l’autel/la table eucharistique.)
L Il y a plusieurs manières d’être infidèles à ce que nous sommes
devenus par le baptême et de manquer à notre engagement et à notre obéissance
envers Dieu ; nous lui offrons à présent nos prières de repentance.
A Dieu vivant, nous te confessons notre incapacité à vivre en frères et sœurs, comme tes enfants.
Dieu aimant, nous te confessons
que nous ne t’avons pas aimé comme tu nous as aimés.
Kyrie eleison
Dieu miséricordieux, nous te confessons
avoir douté de ta parole et manqué d’obéir à ton enseignement.
Dieu clément, nous te confessons
notre désir de te posséder et de t’enfermer dans nos doctrines et nos
théologies.
Kyrie eleison
Dieu puissant, nous te confessons
de manquer de te reconnaître comme Seigneur de toute la terre.
Pardonne-nous et sauve-nous, car nous n’avons pas permis que ta présence brille
au milieu de nous.
Kyrie eleison
L De bien des manières, nous avons manqué à notre engagement et à notre
obéissance envers nos semblables. Nous nous tournons vers notre prochain et vers
nos amis et leur offrons nos prières de repentance.
Dans le cadre de certaines assemblées, même nombreuses, il est possible de dire
en alternance cet acte de repentance en se plaçant en vis-à-vis. Cette
disposition exprime que nous nous reconnaissons pécheurs devant Dieu et les uns
à l’égard des autres. Il convient de formuler des expressions de repentance
propre aux situations locales.
A Sœurs et frères en Christ, nous vous confessons
n’avoir pas compris votre mode de vie.
Sœurs et frères en Christ, nous vous confessons
notre orgueil futile et notre égocentrisme.
Kyrie eleison
Sœurs et frères en Christ, nous vous confessons
vous avoir tourné le dos lorsque vous étiez dans le besoin.
Sœurs et frères en Christ, nous vous confessons
n’avoir pas vu le Christ ressuscité dans l’étranger qui était au milieu de nous.
Kyrie eleison
Sœurs et frères en Christ, nous vous confessons
désirer une vie aisée, une vie confortable, une vie qui n’exige rien de nous.
Pardonnez-nous notre incapacité à montrer l’amour du Christ et tout ce que nous
avons omis de faire.
Kyrie eleison
(L’Assemblée se tourne à nouveau vers l’autel/la table eucharistique.)
L Puisse chacun de nous entendre les paroles de pardon de Jésus afin de
nous détourner du faux chemin et suivre la voie de la réconciliation, de
l’amitié, de l’amour et de l’unité indiquée par le Sauveur. En harmonie et en
paix, disons la prière qu’il a enseignée à ses disciples :
A.
Notre Père qui es aux cieux…
L Accomplissons dans nos vies ce que nous avons confessé avec nos
lèvres. En échangeant le signe de paix, nous renouvelons notre engagement à un
nouveau mode de vie qui fait de notre confession à Dieu et des uns aux autres
une étape décisive dans la vie de chacun de nous.
Le signe de paix
Certaines assemblées peuvent à ce moment de la célébration se déplacer vers un
autre endroit de l’église, soit autour du livre de la Parole de Dieu, soit
autour de l’autel/la table eucharistique. Ce déplacement exprime la démarche
intérieure et communautaire de conversion au nom de Jésus, en sa présence. Une
suggestion : apporter une reproduction de la croix celtique, au moment de ce
déplacement, depuis l’entrée jusque devant l’assemblée.
D’autres gestes peuvent être ici proposés : échange entre les membres de
l’assemblée d’un verset de l’Ecriture, d’une parole de paix ou de miséricorde…
Prières d’action de grâce et intercession (deux célébrants/lecteurs et l’assemblée)
Nous remémorant les bienfaits de Dieu, prions ensemble
L1 Seigneur du ciel et de la terre, nous avons commencé à écouter ton
Esprit-Saint qui nous appelle à l’unité en Christ.
A Nous t’en remercions, Seigneur.
L2 Puissions-nous être plus attentifs à ton inspiration et mieux disposés
à être à l’écoute les uns des autres.
A Nous te le demandons, Seigneur.
L1 Nous avons commencé à dialoguer les uns avec les autres, en célébrant
notre foi commune et en cherchant à comprendre notre différence.
A Nous t’en remercions, Seigneur.
L2 Que le travail patient des pasteurs, des théologiens et des chrétiens
puisse continuer de progresser et porter des fruits durables.
A Nous te le demandons, Seigneur.
L1 Pour les accords conclus concernant la théologie et la vie pastorale,
A Nous te remercions, Seigneur.
L2 Puissions-nous affronter et résoudre les questions difficiles qui nous
divisent encore.
A Nous te le demandons, Seigneur.
L1 Pour nos rencontres annuelles de prière pour l’unité des chrétiens,
A Nous te remercions, Seigneur.
L2 Puisse la prière en commun devenir un élément naturel de nos
communautés locales.
A Nous te le demandons, Seigneur.
L1 Pour le témoignage commun en Christ, que nous avons rendu en périodes
de crise à la justice, à la paix et à l’aide humanitaire,
A Nous te remercions, Seigneur.
L2 Que notre unité puisse un jour devenir telle que le monde entier
croira au Christ que tu as envoyé.
A Nous te le demandons, Seigneur.
L1 Pour le progrès du dialogue interreligieux dans le monde,
A Nous te remercions, Seigneur.
L2 Puissions-nous, engagés désormais dans ce dialogue, saisir davantage
l’urgence de notre pleine communion entre chrétiens comme témoignage devant les
autres croyants.
A Nous te le demandons Seigneur.
L1 Pour toutes les familles interconfessionnelles : vivants témoignages
de communion des personnes dans l’amour du Père, du Fils et du Saint-Esprit,
A Nous te remercions, Seigneur.
L2 Puisse leur vie familiale contribuer à la joie en Christ des membres
de leurs Eglises.
A Nous te le demandons, Seigneur.
L1 Pour les immenses progrès de nos Eglises dans leur conception commune
de la Parole de Dieu à la source de la Révélation et pour le chemin déjà
parcouru en vue de la célébration commune de l’eucharistie,
A Nous te remercions, Seigneur.
L2 Que cette espérance de partager un jour la même table et de boire à la
même coupe renforce notre désir de faire ta volonté pour recevoir de Toi ce don.
A Nous te le demandons, Seigneur.
(Autres intentions selon le contexte local de l’assemblée)
Action de grâce/Hymne/Musique
Renvoi
A Ouvre nos yeux à ta présence.
Ouvre nos oreilles à ton appel.
Ouvre nos cœurs à ton amour.
Que nos bras s’ouvrent aux autres.
Que nos cœurs s’ouvrent aux étrangers.
Que nos portes s’ouvrent à ceux qui frappent.
Que nous soyons ouverts à toi, Seigneur.
Ouvre ce jour aujourd'hui et pour toujours.
Flame in my heart – St Aidan for Today (David Adams, Triangle Press SPCK)
La grâce du Seigneur Jésus Christ,
l’amour de Dieu
et la communion de l'Esprit-Saint
soient toujours avec nous, aujourd'hui et pour les siècles des
siècles. Amen.
Textes bibliques, méditations et prières pour les huit jours
1er jour Unis par la présence du Christ
Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême (Ep 4, 5-6)
Ez 37, 15-28 Ma demeure sera auprès d’eux
Ps 67 (66) Que les peuples te rendent grâce, Dieu
Ep 4, 1-6 Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême
Jn 14, 23-27 Nous viendrons à lui et nous établirons chez lui
notre demeure
Commentaire
Les Ecritures soulignent que Dieu veut l’unité de son peuple. Par le prophète
Ezéchiel, Dieu affirme que Juda et Israël – deux royaumes séparés, souvent en
désaccord – ne seront à nouveau plus qu’un. Par sa présence purifiante, Dieu les
fortifiera et les bénira dans une alliance de paix.
Nous répondons naturellement par la gratitude et la louange au don d’unité que
nous offre Dieu. Le psalmiste invite toutes les nations à s’unir dans la louange
à Dieu dont la puissance salvatrice sera reconnue dans toutes les nations et à
travers le monde entier.
Jésus enseigne à ses premiers disciples qu’avec le Père, il sera présent en eux,
qu’il « demeurera» en tous ceux qui l’aiment. Il leur promet également que sa
présence ne prendra pas fin avec sa mort : il continuera à être avec chacun de
ses disciples – et avec nous, aujourd’hui – à travers l’Esprit-Saint.
Mais la promesse de la présence de Jésus ne se limite pas aux croyants pris
individuellement : ainsi que l’affirme l’Evangéliste Matthieu, si deux ou trois
seulementsont réunis au nom de Jésus, ils forment une communauté, une communauté
au sein de laquelle Jésus a promis d’être présent pour en fortifier et
accompagner les membres tout au long de leur chemin.
Notre reconnaissance mutuelle du baptême montre avec puissance cette
appartenance commune. Par le baptême, Jésus appelle chacun de nous et le fait
accéder à son corps, l’Eglise. En appartenant au Christ, nous appartenons tous
les uns aux autres. Cette appartenance commune – au Christ et à chacun d’entre
nous – fait que nous sommes un, en dépit de notre passé, de notre culture et de
nos convictions théologiques différents : car «là où deux ou trois se trouvent
réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Mt 18, 20).
Prière
Seigneur, nous te rendons grâce pour ta présence parmi nous ; elle nous fortifie
et nous encourage sur notre chemin. Rends-nous conscients de ta présence en nous
et fais que nous soyons sensibles à ce que tu nous suggères dans toutes nos
actions. Accorde-nous la sagesse et l’humilité afin que nous puissions
reconnaître ta présence en nos frères et nos sœurs. Seigneur, fais que nous
soyons vraiment un. Amen.
2e jour Bâtir l’unité des chrétiens avec Jésus au milieu de nous – Un œcuménisme au quotidien
Vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns les autres (Jn 13, 14)
Dt 30, 15-20 Alors tu vivras, tu deviendras nombreux
Ps 133 (132) Quel bonheur de se trouver entre frères
1 Co 12, 12-31 Dieu a disposé dans le corps chacun des
membres selon sa volonté, vous êtes ses membres, chacun pour sa part
Jn 13, 1-15 Vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns
aux autres
Commentaire
Comme l’indique le Psalmiste, l’unité est attrayante. En raison de la présence
du Christ parmi nous, tous les chrétiens ont la tâche de rendre au quotidien
leurs communautés plus conformes à l’esprit de l’Evangile.
Le soir avant de mourir, en lavant les pieds de ses disciples, Jésus nous a
laissé le modèle très concret du comportement du chrétien envers le prochain.
Dans 1 Co 12, saint Paul ajoute à la nécessité de la prise en compte de l’autre,
le fait que dans l’Esprit-Saint chacun est différent bien qu’appartenant au même
corps. La Parole de Dieu nous invite à pratiquer un service très concret de la
sœur et du frère dans l’Eglise que nous avons pour mission de faire grandir pour
le service du monde.
La participation à la vie de la Sainte-Trinité n’est pas la simple affirmation
d’un article de foi. Elle nous presse à nous engager au quotidien dans une tâche
œcuménique pour que l’Eglise reflète davantage la communion trinitaire. Dans le
Dieu Un que nous confessons avec nos frères monothéistes, n'y a-t-il pas pour
les chrétiens le modèle à imiter d’un échange d’amour qui s’opère entre le Père,
le Fils et le Saint-Esprit ? Avancer avec le Christ implique donc la sollicitude
parmi les membres de l’Eglise, car ce qui est accompli de positif de manière
isolée n’a pas la valeur de ce qui, même modeste, est construit ensemble.
Laver les pieds de ses frères, plus qu’un simple geste, c’est aussi une
ouverture du cœur, dans la fidélité à Jésus qui nous convie à servir l’Eglise
une dont nous voudrions être les pierres vivantes et les bâtisseurs.
Prière
Père Eternel, unis dans le nom de ton Fils Jésus Christ et dans la présence de
ton Esprit consolateur, nous nous engageons à construire la communauté
chrétienne avec un cœur et un enthousiasme renouvelés par le feu de ton amour.
Aide-nous à vivre avec ceux que nous côtoyons un œcuménisme au quotidien à
l’image de ton Fils qui a lavé les pieds de ses disciples pour les faire entrer
ensemble dans la vie nouvelle de sa présence. Amen.
3e jour Prier ensemble au nom de Jésus
Le Seigneur attend le moment de vous faire grâce (Es 30, 18)
Es 30, 18-26 Il vous fera certainement grâce
Ps 136 (135) Sa fidélité est pour toujours
Ac 1, 12-14 Réunis dans la prière
Mt 18, 18-20 Prier au nom de Jésus
Commentaire
Se rassembler pour la prière en une seule et unique communauté, en dépit des
différences qui persistent au plan humain, est un thème récurent de la Bible.
Des communautés se réunissent pour célébrer et louer Dieu, implorer son pardon
et intercéder auprès de lui afin d’obtenir sa miséricorde et son aide. La bonté
de Dieu nous apparaît encore plus clairement du fait que le Seigneur est un Dieu
de justice. Par la prière, nous répondons à la justice de Dieu, à ce que Dieu a
d’abord accompli pour nous car « Christ est mort pour nous alors que nous étions
encore pécheurs». A travers toute la Bible, l’identité de Dieu nous est
révélée : son amour miséricordieux nous sauve.
Les Psaumes ont été conservés comme les hymnes et prières qui étaient récitées
par le peuple de Dieu lorsqu’il se rassemblait pour célébrer le culte divin. Ces
paroles prononcées ensemble créaient un lien d’unité entre les fidèles ainsi
qu’un sentiment d’appartenance commune qui, en retour, leur donnait confiance et
sérénité.
Il était naturel que cette tradition se poursuive dans l’Eglise primitive. Jésus
lui-même n’a-t-il pas appris à prier à ses disciples ? Dans l’Evangile
d’aujourd’hui, Jésus parle de ce qui nous sera accordé, si nous nous mettons
d’accord, quel que soit ce que nous demandons. Lorsque nous, chrétiens, nous
rassemblons dans l’amour pour prier les uns avec les autres, nous pouvons être
sûrs que le Christ est présent parmi nous. Ensemble, lorsque nous prions au nom
de Jésus Christ, c’est par lui que nous sommes liés les uns aux autres ainsi
qu’à l’objet de notre prière. Voilà pourquoi la prière commune est une prière
efficace.
Les disciples du Christ se consacraient à la prière et recherchaient l’unité. Il
est assez probable que si Jésus a prié à la veille de sa mort afin que ses
disciples soient un, c’est parce qu’ils n’étaient pas encore unis en son nom.
Vingt siècles plus tard, nous avons le devoir de nous interroger : sommes-nous
aujourd’hui plus proches de l’unité dans la prière, la vie et l’action commune ?
En fait, notre unité est un don qui nous vient de Dieu. De plus, nous sommes
conscients que ce don, nous devons sans cesse le rechercher dans l’humilité.
L’Apôtre nous exhorte à prier sans arrêt afin que l’Esprit-Saint se répande à
nouveau sur nous et, malgré toutes nos diversités, nous unisse de son souffle.
Prière
Seigneur, apprends-nous à prier comme Jésus l’a enseigné à ses disciples.
Puissions-nous être un dans la foi, dans l’amour et le service comme eux-mêmes
n’avaient qu’un seul cœur. Donne-nous de célébrer notre différence, de nous
réjouir dans la diversité et de partager de tout cœur les richesses de nos
prières respectives. Fais que notre rassemblement au nom de Jésus nous
transforme afin que nous soyons vraiment un et que le monde croie en sa présence
fidèle. Amen.
4e Jour Du passé à l’avenir: pardon et guérison des mémoires
Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois (Mt
18, 22)
Jon 3 Repentance de Ninive, la grande ville
Ps 51 (50) Un appel à la miséricorde
Col 3, 12-17 Par-dessus tout, revêtez l’amour
Jn 8, 1-11 Moi non plus, je ne te condamne pas
Commentaire
La reconnaissance des péchés du passé, la grâce du pardon et le rétablissement
de la communion sont les thèmes qui reviennent dans ces textes. Dans leurs
relations mutuelles, nos communautés chrétiennes portent encore les traces d’un
passé marqué par la faiblesse humaine et le péché. Certaines blessures sont en
voie de guérison, d’autres sont encore source de douleur et de division. La
confrontation avec le passé peut être difficile et exiger un sincère examen de
conscience, aussi bien des personnes que des communautés. C’est pourtant le
cheminement que Dieu veut accomplir avec nous pour que nous soyons davantage son
peuple d’élection et pour que la paix du Christ règne dans nos cœurs et entre
nous.
Jonas exhorte les habitants de Ninive à se conduire honnêtement en confessant
leur égocentrisme, leur mépris du bien et leurs actes de violence. Il adresse
cet appel à la ville entière et à tous ses habitants. Chacun doit se convertir
de son mauvais penchant et de la violence qui encore reste attachée à ses mains.
Le Psalmiste implore le pardon de Dieu, étant lui-même profondément troublé par
son passé. Il reconnaît ses torts et demande à Dieu de ne pas l’abandonner. Il
se sent aussi responsable des autres et désire leur indiquer les chemins de la
vérité et d’une vie droite afin qu’ils puissent, eux aussi, se réconcilier avec
Dieu.
Les scribes et les pharisiens ne voient en la femme adultère que la chute et le
péché. Ils l’identifient avec son passé. En même temps, ils refusent de
reconnaître leur propre passé et leurs propres péchés. Jésus nous invite à ne
plus jeter la première pierre, à ne plus condamner et, finalement, à ne plus
pécher. Notre recherche de l’unité se fonde sur cet appel.
Le pardon ne se mesure pas, il est inépuisable comme l’amour de Dieu : jusqu’à
soixante-dix fois sept fois. Dans leur cheminement œcuménique, nos communautés
sont appelées à témoigner de la miséricorde de Dieu dans ce qu’elle a d’infini.
Prière
Dieu de réconciliation, aide-nous à surmonter les déceptions et l’amertume
qu’ont accumulés en nous les échecs et les péchés du passé. Enseigne-nous ton
pardon pour que nous puissions en toute humilité rechercher la réconciliation
avec Toi et avec notre prochain. Renforce en nous l’amour du Christ, source et
garant de l’unité de ton Eglise. Amen.
5e jour La présence de Dieu parmi nous: un appel à la paix
Il est avec nous le Seigneur (Ps 46)
1 R 19, 1-13a Dans le bruissement d’une brise légère
Ps 46 (45) Il est avec nous le Seigneur
Ac 10, 9-48 Dieu ne fait pas acception des personnes
Lc 10, 25-37 Et qui est mon prochain
Commentaire
En méditant des textes bibliques qui parlent de la présence de Dieu parmi nous,
nous trouvons des interpellations fortes pour notre cheminement œcuménique.
Comme au temps d’Elie, Dieu n’est pas à chercher dans l’ouragan ou le
tremblement de terre. C’est dans la discrétion d’une brise légère que se
manifeste sa présence paisible et réconfortante.
La conviction du psalmiste doit nous animer : Dieu est notre seule force. A
l’exemple d’un Dieu qui brise les arcs et rompt les lances, nous sommes invités
à mettre un terme à tout conflit.
L’épisode rapporté dans les Actes des Apôtres nous invite à contempler l’Esprit
du Christ Ressuscité à l’œuvre partout dans le monde. A l’image d’un Dieu qui
ne fait pas acception des personnes, nous devons apprendre à dépasser les
frontières trop humaines.
La parabole du bon Samaritain nous rappelle que nous ne pouvons détourner le
regard quand nous croisons un frère ou une sœur démuni(e) au bord du chemin.
Comment pourrions-nous ne pas nous sentir solidaires lorsqu’une autre communauté
ecclésiale est en difficulté ?
Prière
Réunis au nom du Christ Jésus nous te prions, Père : rends-nous attentifs à ta
présence en ce monde et aide-nous à discerner les chemins sur lesquels tu veux
nous conduire dans notre pèlerinage œcuménique. À Toi, tout honneur et toute
gloire pour les siècles des siècles. Amen.
6e jour Etre missionnaires au nom
de Jésus Ainsi votre Père qui est aux cieux veut qu’aucun de ces petits ne se perde (Mt
18, 14)
Dn 3, 19-30 Témoigner de la foi
Ps 146 (145) Louer Dieu notre Sauveur
Ac 8, 26-40 Philippe annonce la Bonne Nouvelle à l’eunuque
éthiopien
Lc 10, 1-12 Jésus envoie ses disciples
Commentaire
Nous rencontrons aujourd'hui des personnes que Dieu appelle à témoigner de leur
foi. Shadrak, Méshak et Abed-Négo croient fortement et de manière inébranlable
en Celui qui les sauve. Leur ferveur, leur courage et leur témoignage commun, en
présence d’un grave danger, convainquent le Roi et ses conseillers que leur Dieu
est le seul vrai Dieu. Leur témoignage de foi a permis aussi de rassembler les
membres les plus timorés d’Israël. Le peuple de Dieu s’en est trouvé fortifié et
de nouveau uni autour de son Dieu.
Le psalmiste chante les louanges de Dieu qui vient en aide à son peuple en de
nombreuses circonstances afin qu’il trouve la sécurité et le salut. Le fait que
Dieu nous ait envoyé son Fils confirme suprêmement le souci constant qu’Il a de
son peuple : Jésus ne rassemble pas seulement ceux qui sont faibles ou sont
égarés ; il attend aussi de ses disciples qu’ils s’engagent avec passion, en
tant que missionnaires en son nom, à répandre la Bonne Nouvelle du Royaume de
Dieu.
En Philippe se reflète l’enthousiasme de l'Eglise primitive. L’apôtre profite de
toutes les occasions qui s’offrent à lui pour remplir la mission de Jésus.
Aujourd'hui en tant que disciples du Christ, nous sommes appelés à être un
peuple missionnaire. Le message de l’Evangile est toujours plus efficace quand
les chrétiens témoignent ensemble de leur foi. C’est maintenant notre tour de
partager la Bonne Nouvelle avec tous nos semblables. Nous sommes appelés à :
-
faire preuve de courage face à l’incroyance ;
-
quitter le confort que nous offrent notre propre culture et notre tradition
religieuse ;
-
trouver des moyens nouveaux, innovateurs, pour proclamer la Bonne Nouvelle de
Jésus Christ ;
-
être enthousiastes et passionnés par notre foi commune ;
-
être motivés par la compassion de Jésus pour travailler ensemble en vue de
soulager les souffrances de notre monde ;
-
défier l’injustice dans le monde et prendre le parti des pauvres.
Face à un monde en rapide évolution, les chrétiens rendent un témoignage commun
de l’Evangile en s’ouvrant au monde mais aussi en rassemblant tous ceux qui sont
démunis afin qu’aucun des plus humbles ne soit laissé pour compte.
Nous avons donc une double mission à remplir !
Prière
Dieu vivant, éveille en nous le désir d’être un peuple missionnaire. Aide-nous à
écouter ton appel et accorde-nous le courage de nous laisser guider par ton
Esprit. Puissions-nous rassembler par notre témoignage commun les plus démunis
afin qu’ils soient fortifiés et aller dans le monde pour proclamer la bonne
nouvelle de ton royaume. Amen.
7e Jour Reconnaître la présence de Dieu en l’autre
: accueillir l’autre au nom de Jésus Qui accueille en mon nom un enfant comme celui-là, m’accueille moi-même (Mt 18,
5)
Ex 3, 1-17 Le buisson ardent
Ps 34 Le Seigneur sauve les esprits abattus
Ac 9, 1-6 Je suis Jésus, c’est moi que tu persécutes
Mt 25, 31-46 Jésus est présent dans notre prochain
Commentaire
Quand Dieu annonça qu’il libérerait le peuple d’Israël de l’esclavage en le
conduisant hors d’Egypte vers un pays ruisselant de lait et de miel, il
manifesta sa présence à Moïse du milieu du buisson que le feu ne pouvait
consumer. Le peuple fut ainsi assuré de la présence du Dieu de leurs pères :
« Je suis qui je suis ». Ce n’était pas un Dieu distant, indifférent mais une
Présence et une Personne à laquelle importait le sort du peuple qu’il avait élu.
Plus tard, Dieu devait confirmer la nature de son être en la personne de son
fils, Jésus Christ, qui nous rappelle que nous devons devenir comme des petits
enfants si nous désirons accéder au Royaume de Dieu ! Au sein de l’Eglise ou
dans la société, ce n’est pas en ceux qui sont arrogants ou fiers que nous
devrions chercher le Christ mais dans l’innocence des petits enfants (et de ceux
qui sont devenus comme eux dans l’innocence et l’humilité). En les accueillant
au milieu de nous, c’est le Christ que nous accueillons. Jésus nous assure
encore de la présence de Dieu parmi nous lorsque nous gardons sa parole ; quand
deux ou trois se rassemblent en son nom et quand des hommes ou des femmes sont
persécutés à cause de lui.
Surtout, en tant que chrétiens obéissant au commandement donné par le Christ
lors de la Cène - « faire cela en mémoire de moi » - et bien que nous puissions
ne pas être d’accord sur la nature de la présence de Jésus à sa table, nous
sommes certains qu’il est présent dans notre cœur et notre esprit.
Quand nous donnons à manger aux affamés, soignons les malades, visitons les
prisonniers, habillons ceux qui sont nus et ouvrons notre porte à l’étranger,
c’est aussi à Jésus que nous le faisons et c’est également lui que nous
accueillons. Le Conseil œcuménique des Eglises fut fondé en 1948, en partie pour
répondre à la nécessité urgente qu’éprouvaient les chrétiens de participer à la
tâche de réconciliation et d’aider ceux dont les vies avaient été dévastées par
la seconde guerre mondiale. Ce service œcuménique continue d’être aujourd’hui de
la plus grande urgence.
Parallèlement, les théologiens s’efforcent de trouver le chemin capable de nous
mener à une plus grande unité dans l’Eglise. Là aussi, le mot « étranger » est
un mot clé. Jésus nous a dit que nous devrions aimer notre prochain dans toute
sa différence. Cette indication très claire qui nous est donnée de reconnaître
que l’étranger, l’autre appartient au Christ même s’il ou elle est différent(e)
de nous, représente un élément fondamental de la manière dont nous pouvons
embrasser et faire avancer la cause œcuménique. Si nous reconnaissons la
présence du Christ chez l’étranger issu d’une autre tradition ecclésiale, nous
n’avons nul besoin d’avoir peur de lui ou de ses intentions. Au contraire, nous
pouvons apprendre de lui et lui, de nous. De cette manière, il est probable que
nous progressions sur le chemin de l’unité.
C’est en ayant conscience de la présence constante de Jésus de bien des manières
que nous reconnaissons qu’il fait partie de notre vie. Il n’est pas simplement
un personnage historique qui nous a enseigné comment nous devrions vivre mais
grâce à l’Esprit-Saint, il est présent et agit dans le monde d’aujourd’hui.
Prière
Père éternel, accorde-nous de reconnaître que tu es présent parmi nous de
différentes manières afin que grandisse notre désir de parvenir à une communion
authentique dans nos propres églises et dans la société où nous vivons et que
notre prière pour l’unité du corps du Christ, ton Eglise, devienne toujours plus
fervente. Au nom de Jésus Christ, nous te prions. Amen.
8e Jour Unis dans l’espérance En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père et que vous êtes en moi
et moi en vous (Jn 14, 20)
Ex 40, 34-38 A chaque étape de leur exode, la nuée du Seigneur
était sur la demeure
Ps 42 (41) Espère en Dieu ! Oui, je le célébrerai encore
Ap 21, 1-6 Il sera le Dieu qui est avec eux
Jn 14, 15-31 Je ne vous laisserai pas orphelins
Commentaire
Moïse conduit le peuple d’Israël dans le désert. Tandis qu’ils le traversaient,
Dieu était là sous forme d’une nuée pendant le jour et, pendant la nuit, il y
avait en elle du feu.
Le thème du psaume est le désir vital et l’espérance de réaliser la communauté
de Dieu qui fera disparaître tous les doutes et les peines.
Le nouveau peuple né de l’Evangile est un peuple pèlerin, en route vers la
plénitude de la vie dans la nouvelle création où Dieu demeurera parmi nous,
séchant toutes nos larmes. La mort n’existera plus. La douleur et les divisions
seront surmontées. Il n’y aura plus qu’une seule humanité renouvelée et réunie
en Dieu.
Aujourd’hui, nous parcourons ensemble le même chemin. Nous vivons dans la même
espérance et appartenons au même Dieu. Dans notre pèlerinage, nous ne sommes pas
orphelins. Jésus ne nous a pas abandonnés car nous avons reçu l’Esprit :
l’Esprit d’espérance et d’amour. Le Christ nous a donné sa paix qui nous
encourage et nous guide afin que nous demeurerions dans l’amour. Si nous aimons
le Christ, nous serons fidèles à sa parole.
Le thème de cette semaine nous rappelle la promesse de Jésus : «Là où deux ou
trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux ». Avec Jésus,
Parole éternelle et vivante de Dieu parmi nous, nous cheminons ensemble dans
l’espérance. Nous pouvons nous entraider pour rester fidèles à cet engagement.
Par la puissance de l’Esprit, Jésus Christ nous fera connaître toujours plus
profondément la volonté de renouveau qui est celle du Père. Au sein du mouvement
œcuménique, nous aspirons à devenir une communauté qui est réconciliée et qui
réconcilie ; elle constitue un signe et un avant-goût de la nouvelle création à
venir. Avec la grâce de Dieu, nous avons entrepris ce pèlerinage pour vivre le
plus possible dès maintenant « sur la terre comme au ciel ».
Prière
Père éternel, réunis au nom de Jésus, donne-nous la certitude qu’en dépit de
tout, la mort ne prévaudra pas, que nos divisions cesseront, que nous ne nous
laisserons pas vaincre par le découragement et que, dans l’espérance, nous
parviendrons à la plénitude de vie, d’amour et de lumière que tu as promis à
ceux qui t’aiment et sont fidèles à ta parole. Amen.
Prières supplémentaires de la tradition irlandaise[1]
O Roi du Vendredi (Vieille prière irlandaise)
Ô Seigneur dont les membres furent étendus sur la Croix,
Toi qui as enduré les meurtrissures, les blessures, les épreuves,
Nous nous étendons sous le bouclier de ta puissance,
Qu’en cette nuit, nous puissions récolter les fruits de l’arbre de ta Pâque !
Prière de Saint Patrick
Je me lève aujourd’hui,
Par une force puissante,
L’invocation à la Trinité,
La croyance à la Trinité,
La confession de l’unité du Créateur du monde.
Je me lève aujourd’hui,
Par la force de la naissance du Christ et de Son Baptême,
La force de Sa Crucifixion et de Sa mise au tombeau,
La force de Sa Résurrection et de Son Ascension,
La force de Sa Venue au jour du jugement.
Je me lève aujourd’hui,
Par la force de Dieu pour me guider,
Puissance de Dieu pour me soutenir,
Intelligence de Dieu pour me conduire,
Oeil de Dieu pour regarder devant moi,
Oreille de Dieu pour m’entendre,
Parole de Dieu pour parler pour moi,
Main de Dieu pour me garder.
Le Christ avec moi,
Le Christ devant moi,
Le Christ derrière moi,
Le Christ en moi,
Le Christ au-dessus de moi,
Le Christ au-dessous de moi,
Le Christ à ma droite,
Le Christ à ma gauche,
Le Christ en largeur,
Le Christ en longueur,
Le Christ en hauteur,
Le Christ dans le coeur de tout homme qui pense à moi,
Le Christ dans tout oeil qui me voit,
Le Christ dans toute oreille qui m’écoute.
Je me lève aujourd’hui,
Par une force puissante,
L’invocation à la Trinité,
La croyance à la Trinité,
La confession de l’unité du Créateur du monde.
Au Seigneur est le Salut,
Au Christ est le Salut,
Que Ton Salut Seigneur soit toujours avec nous.
Love Divine, all loves excelling (Charles Wesley, 1747)
Love divine, all loves excelling,
joy of heaven, to earth come down,
fix in us thy humble dwelling,
all thy faithful mercies crown.
Jesus, thou art all compassion,
pure, unbounded love thou art;
visit us with thy salvation,
enter every trembling heart.
Breathe, O breathe Thy loving spirit
Into ev'ry troubled breast;
Let us all in Thee inherit,
Let us find Thy promised rest.
Take away the love of sinning;
Alpha and Omega be;
End of faith, as its beginning,
Set our hearts at liberty.
Come, almighty to deliver,
let us all thy life receive;
suddenly return, and never,
nevermore thy temples leave.
Thee we would be always blessing,
serve thee as thy hosts above,
pray, and praise thee without ceasing,
glory in thy perfect love.
Finish then thy new creation;
pure and spotless let us be;
let us see thy great salvation
perfectly restored in thee:
changed from glory into glory,
till in heaven we take our place,
till we cast our crowns before thee,
lost in wonder, love, and praise.
Bénédiction gaélique du XVe siècle
Que Dieu soit dans ma tête et dans ma raison ;
Que Dieu soit dans mes yeux et dans mon regard ;
Que Dieu soit dans ma bouche et dans mes paroles ;
Que Dieu soit dans mon cœur et dans ma pensée ;
Que Dieu soit en moi lors de ma fin et au moment de mon départ.
Vieille bénédiction irlandaise
Que la route monte à ta rencontre,
Que le vent soit toujours dans ton dos,
Que la lumière du soleil réchauffe ton visage,
Que la pluie tombe doucement sur tes champs
Et, jusqu’à ce que nous nous revoyions, que Dieu te porte sur la paume de sa
main.
Amen.
Hymne spirituel celtique traditionnel
Sois ma vision, ô Seigneur de mon cœur,
Tout le reste ne m’est rien, toi seul existes;
Tu es ma meilleure pensée le jour et la nuit,
Éveillé ou endormi, ta présence est ma lumière.
Sois ma sagesse, sois ma parole véridique,
Moi toujours avec toi et Toi avec moi, Seigneur ;
Toi, mon Père suprême, et moi ton vrai fils ;
Toi demeurant en moi, et moi faisant un avec toi.
Je n’ai nul besoin de richesses, ni de vains éloges humains,
Tu es mon patrimoine tout au long de mes jours ;
Toi, et toi seul, le premier en mon cœur,
Grand Roi des cieux, tu es mon trésor !
Grand Roi des cieux, Toi étincelant soleil du ciel,
Accorde-moi ses joies après la victoire ;
Christ de mon cœur, quoi qu’il advienne,
Sois toujours ma vision, ô Souverain de l’univers.
Chant irlandais du VIIIe siècle
L’œcuménisme en Irlande[2]
St. Patrick’s Breastplate est une prière célèbre qui a résonné tout au long des nombreux siècles de
l’histoire irlandaise. Elle exprime l’espérance que le Christ soit « dans le
cœur de tout homme qui pense à moi, dans toute bouche qui me parle, dans tout
œil qui me voit, dans toute oreille qui m’entend». A partir du VIe
siècle, c’est grâce aux Missionnaires irlandais que Jésus Christ est redevenu
présent dans la bouche, les yeux, les oreilles et la pensée d’innombrables
personnes à travers tout le continent européen. Aujourd’hui les missionnaires et
les coopérants irlandais de toutes confessions continuent d’offrir un témoignage
éloquent de l’esprit chrétien de charité envers le prochain.
Toutefois, même si l’origine des problèmes qui affectent l’Irlande est bien plus
de nature politique, culturelle, historique et sociale que religieuse, il est
vrai aussi qu’au cours des dernières années, dans le récit des tragiques
événements en Irlande diffusés par les médias du monde entier, il est avant tout
question d’une lutte entre catholiques et protestants. Hélas, il est vrai que
beaucoup de ceux qui ont perpétré ces actes de violence se définissent comme
« chrétiens ». Il est également affligeant de constater que ces conflits
témoignaient en partie des divisions tragiques entre chrétiens.
Heureusement, depuis une dizaine d’années le processus de paix en Irlande du
Nord poursuit régulièrement son cours, même si les progrès restent toujours
fragiles. Chaque jour à nouveaux frais, il faut vivre la tolérance et
l’harmonie, le pardon, la réconciliation et le respect mutuel.
Malgré ces terribles souffrances endurées en Irlande du Nord, mais peut-être
aussi grâce à elles, les relations entre chrétiens se sont transformées ces
dernières années. Le nombre actuel de rencontres et le degré de collaboration et
d’interaction entre membres et responsables de différentes Eglises auraient été
absolument impensables, il y a quarante ans. Il serait impossible de dénombrer
les nombreuses graines de paix qui ont été semées au niveau individuel et
communautaire.
Bien sûr, l’œcuménisme en Irlande ne se limite pas aux événements d’Irlande du
Nord. En fait, l’île irlandaise est divisée en deux juridictions, ce qui a
également des conséquences pour le dialogue œcuménique. Et bien que les Eglises
opèrent au niveau de toute l’Irlande, dans les « univers » différents émanant de
ces deux juridictions, les attentes, les pratiques et les expériences
œcuméniques sont diverses.
En République d’Irlande, les catholiques jouissent d’une très large majorité par
rapport aux protestants minoritaires. Par conséquent, protestants et catholiques
peuvent tout simplement ne pas avoir l’occasion de se rencontrer ! En Irlande du
Nord, la différence entre le nombre de catholiques et de protestants n’est pas
très importante mais les tensions des dernières décennies ont fait naître une
atmosphère œcuménique différente.
De nombreuses initiatives interconfessionnelles ont lieu en Irlande et sont
source d’encouragement. Les célébrations durant la Semaine de prière pour
l’unité des chrétiens sont maintenant très courantes. La Journée annuelle
internationale de prière des femmes rassemble de plus en plus de femmes de
différentes confessions. Des groupes se forment pour étudier la Bible et
discuter des documents ecclésiaux. Des projets concrets sont autant d’occasions
de collaboration et d’amitié, par exemple les initiatives éducatives visant à
une meilleure compréhension, l’étude en commun de l’histoire locale,
l’organisation de colloques et d’initiatives sociales concrètes. Des groupes
interprétant des chants de Noël sont parfois constitués et d’autres événements
annuels sont aussi quelquefois conjointement organisés. Les groupes œcuméniques,
les forums religieux, les rencontres du clergé, les projets d’éducation à la
paix et les repas d’amitié sont de plus en plus fréquents, en particulier en
Irlande du Nord.
L’un des événements œcuméniques les plus marquants en Irlande a été
l’inauguration de l’Irish School of Ecumenics (Institut irlandais
d’œcuménisme) en 1970. Parmi les autres initiatives œcuméniques
irlandaises méritant d’être signalées, citons le colloque œcuménique annuel de
Glenstal qui a lieu depuis 1964 et celui de Greenhills (dans les environs de
Drogheda) depuis 1966. Par ailleurs, la Communauté de Corymeela est mondialement
reconnue comme un signe prophétique de réconciliation.
Hélas, la violence et le sectarisme ont généré des préjugés bien ancrés, laissé
des blessures et de tristes souvenirs facilement capables de bloquer
l’engagement dans toute recherche de dialogue avec des membres d’une autre
confession. Le sectarisme a été défini comme « un ensemble d’attitudes, de
croyances, de comportements et de structures dans lesquels la religion joue un
rôle important et qui (1) directement, ou indirectement, porte atteinte aux
droits des individus ou des groupes, et/ou (2) influence ou est à l’origine de
situations de conflits destructeurs ».[3]
La question du sectarisme fait l’objet d’une attention particulière en Irlande,
notamment depuis la signature de l’Accord de Paix du Vendredi Saint en 1998.
Alors que nous nous efforçons de promouvoir une culture allant au-delà du
sectarisme, nous avons besoin de reconnaître ce que tous les chrétiens partagent
en la présence du Christ ressuscité. Un certain nombre de projets existent
actuellement, qui tentent de mettre à jour les attitudes négatives ancrées en
nous vis-à-vis de l’autre et d’aider les personnes à affronter le passé de
manière efficace et concrète.
Des circonstances difficiles, comme par exemple certaines manifestations
sectaires en Irlande du Nord, se sont parfois révélées d’utiles occasions
d’augmenter nos efforts œcuméniques. Cela fut le cas entre autres lorsqu’un
Synode de l’Eglise presbytérienne rédigea une déclaration officielle de soutien
en faveur d’une paroisse catholique victime d’un incident sectaire destructeur
et que cette déclaration fut lue, à la demande des signataires, durant les
messes célébrées dans la paroisse catholique.
La principale instance œcuménique d’Irlande est l’Irish Inter-Church Meeting qui s’est réunie pour la première fois à Ballymascanlon, en septembre
1973. Ce Comité interconfessionnel, formé de responsables et de représentants
des membres du Conseil irlandais des Eglises et de la Conférence épiscopale de
l’Eglise catholique, se réunit plusieurs fois par an. Il est constitué de deux
départements, l’un chargé des questions théologiques et l’autre traitant de
thèmes sociaux. Ces rencontres entre responsables et représentants de diverses
églises ont largement contribué à traiter ensemble certaines questions
importantes, telle que celle des mariages mixtes.
La liste des membres du Conseil irlandais des Eglises donne une idée de la
grande variété d’églises présentes sur l’Ile : la Cherubim and Seraphim
Church d’Irlande ; l’Eglise (anglicane) d’Irlande ; l’Eglise copte orthodoxe
en Irlande ; l’Eglise grecque orthodoxe en Grande-Bretagne et en Irlande ; le
Life Link Network of Churches ; l’Eglise luthérienne en Irlande ; l’Eglise
méthodiste en Irlande ; le District irlandais de l’Eglise morave ; la
Non-Subscribing Presbyterian Church[4]
; l’Eglise presbytérienne en Irlande ; l’Armée du salut (Division irlandaise) ;
la Société religieuse des amis en Irlande ; l’Eglise russe orthodoxe en Irlande
; l’Eglise roumaine orthodoxe en Irlande.
Il y a encore quelques années, les activités œcuméniques concernaient surtout ce
que l’on appelait les quatre « principales » églises : l’Eglise catholique,
l’Eglise (anglicane) d’Irlande, l’Eglise presbytérienne et l’Eglise méthodiste.
Une importante mutation a lieu actuellement dans le domaine œcuménique et est
due à l’augmentation du nombre des fidèles des Eglises orthodoxes, de certaines
églises ethniques minoritaires et d’autres nouvelles communautés en Irlande.
Cette évolution ne manquera pas d’avoir des retombées considérables sur le
paysage œcuménique.
Depuis 1996, près de 200.000 immigrés sont arrivés en République d’Irlande et
représentent actuellement 5 % de la population qui compte au total quatre
millions d’habitants. La présence orthodoxe est passée de 358 personnes en 1991
à 10.437 en 2002 et continue d’augmenter rapidement. De même, les nombreuses
églises majoritaires noires se sont établies et se développent rapidement dans
tout le pays.
Les religions non chrétiennes sont également dans une période de croissance, ce
qui a forcément des répercussions sur les relations œcuméniques car les
chrétiens sont ainsi appelés à réfléchir à leur témoignage commun et à leur
ouverture aux autres communautés de croyants. Le recensement de 2002 a montré
qu’en République d’Irlande vivent 19.100 musulmans contre les 3.900 recensés en
1991. La communauté bouddhiste s’est également agrandie, passant de 986 à 3.894
fidèles durant la même période tandis que la communauté hindoue est passée de
953 à 3.099 membres. Cette tendance à la croissance des autres groupes religieux
se poursuit.
On ne peut cependant faire un tour d’horizon de la situation œcuménique en
Irlande sans rappeler avec gratitude les innombrables personnes, communautés et
mouvements qui ont semé de multiples graines de réconciliation et de dialogue
parmi les pleurs et les souffrances immenses qui ont affecté notre pays au cours
des dernières quarante années. Il est clair que nombre de projets
intercommunautaires qui ont vu le jour en Irlande du Nord sont d’inspiration
chrétienne.
C’est dans une découverte renouvelée de la présence du Christ parmi nous -
lorsque nous sommes réunis en son nom - que les chrétiens d’Irlande retrouvent
aujourd’hui leurs profondes racines chrétiennes et leur contribution
particulière à l’évangélisation du monde aujourd’hui.
Après avoir traversé une période sombre marquée par des affrontements de culture
et de mentalité ainsi que par des conflits sur l’interprétation de l’histoire et
des perspectives futures, les chrétiens d’Irlande ont entrepris une tâche de
réconciliation difficile mais salutaire.
Nous espérons qu’en témoignant de cette expérience de foi extraordinaire qu’ils
ont vécue dans ce processus de réconciliation, les chrétiens d’Irlande pourront
communiquer en tant que croyants leurs nombreux vécus positifs à un monde qui
s’interroge sur la manière de vivre les situations multi-culturelles,
multi-ethniques et multi-religieuses auxquelles il se trouve confronté.
Dans les paroles figurant sur la médaille pectorale de saint Patrick et qui
expriment la foi qui nous est commune, résonne clairement la plus intense prière
des chrétiens d’Irlande :
Le Christ avec moi, le Christ devant moi,
Le Christ derrière moi, le Christ en moi,
Le Christ au-dessous de moi, le Christ au-dessus de moi, Le Christ à ma droite, le Christ à ma gauche…
Le Christ dans le cœur de tout homme qui pense à moi, Le Christ dans toute bouche qui me parle, Le Christ dans tout œil qui me voit, Le Christ dans toute oreille qui m’entend.
Je suis debout aujourd’hui, Grâce à une force puissante, L’invocation à la Trinité, La foi en la Trinité, La confession de l’unité du Créateur du monde.
Semaine de prière pour l’unité des chrétiens
Thèmes 1968 - 2006
C’est en 1968 que débuta officiellement la collaboration entre la Commission Foi
et Constitution du COE et le Conseil Pontifical pour la promotion
de l'unité des
chrétiens pour la préparation de ces textes.
1968 Pour la louange de sa gloire (Ep 1, 14)
To the praise of his glory
1969 Appelés à la liberté» (Ga 5, 13)
Called to freedom
(Réunion préparatoire à Rome, Italie)
1970 Nous sommes les coopérateurs de Dieu (1 Co 3, 9)
We are fellow workers for God
(Réunion préparatoire au Monastère de Niederaltaich, République Fédérale
d’Allemagne)
1971 ... et la communion du Saint-Esprit (2 Co 13, 13)
... and the communion of the Holy Spirit
(Réunion préparatoire à Bari, Italie)
1972 Je vous donne un commandement nouveau (Jn 13, 34)
I give you a new commandment
(Réunion préparatoire à Genève, Suisse)
1973 Seigneur, apprends-nous à prier (Lc 11, 1)
Lord, teach us to pray
(Réunion préparatoire à l’Abbaye de Montserrat, Espagne)
1974 Que tous confessent : Jésus Christ est Seigneur (Ph 2, 1-13)
That every tongue confess: Jesus Christ is Lord
(Réunion préparatoire à Genève, Suisse)
(En avril 1974, une lettre fut adressée aux églises-membres ainsi qu’à d’autres
parties intéressées à la création de groupes locaux pouvant participer à la
préparation du livret de la Semaine de Prière. Un groupe australien fut le
premier à s’engager concrètement en préparant en 1975 le projet initial de
livret pour la Semaine de Prière).
1975 La volonté du Père : tout réunir sous un seul Chef, le Christ (Ep 1, 3-10)
God’s purpose: all things in Christ
(Projet de texte élaboré par un groupe australien. Réunion préparatoire à
Genève, Suisse)
1976 Appelés à devenir ce que nous sommes (1 Jn 3, 2)
We shall be like him or Called to become what we are
(Projet de texte élaboré par la Conférence des Eglises des Caraïbes. Réunion
préparatoire à Rome, Italie.)
1977 L'espérance ne déçoit pas (Rm 5, 1-5)
Enduring together in hope
(Projet de texte élaboré au Liban, en pleine guerre civile. Réunion préparatoire
à Genève, Suisse)
1978 Vous n'êtes plus des étrangers (Ep 2, 13-22)
No longer strangers
(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique de Manchester, Angleterre.)
1979 Soyez au service les uns des autres pour la gloire de Dieu (1 P 4, 7.11)
Serve one another to the glory of God
(Projet de texte élaboré en Argentine. Réunion préparatoire à Genève.)
1980 Que ton Règne vienne ! (Mt 6, 10)
Your kingdom come
(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique de Berlin, République
Démocratique d’Allemagne. Réunion préparatoire à Milan, Italie.)
1981 Un seul Esprit - des dons divers - Un seul corps (1 Co 12, 3b-13)
One Spirit - many gifts - one body
(Projet de texte élaboré par les Pères de Graymoor, USA. Réunion préparatoire à
Genève.)
1982 Que tous trouvent leur demeure en toi, Seigneur (Ps 84)
May all find their home in you, O Lord
(Projet de texte élaboré au Kenya. Réunion préparatoire à Milan, Italie.)
1983 Jésus Christ - Vie du monde (1 Jn 1, 1-4)
Jesus Christ - the Life of the World
(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique d’Irlande. Réunion
préparatoire à Céligny [Bossey], Suisse.)
1984 Appelés à l'unité par la Croix de notre Seigneur (1 Co 2, 2 et Col 1, 20)
Called to be one through the cross of our Lord
(Réunion préparatoire à Venise, Italie.)
1985 De la mort à la Vie avec le Christ (Ep 2, 4.7)
From death to life with Christ
(Projet de texte élaboré en Jamaïque. Réunion préparatoire à Grandchamp,
Suisse.)
1986 Vous serez mes témoins (Ac 1, 6.8)
You shall be my witnesses
(Textes proposés en Yougoslavie [Slovénie]. Réunion préparatoire en
Yougoslavie.)
1987 Unis dans le Christ, une nouvelle création (2 Co 5, 17-6,4a)
United in Christ - a New Creation
(Projet de texte élaboré en Angleterre. Réunion préparatoire à Taizé, France.)
1988 L'Amour de Dieu bannit la crainte (1 Jn 4, 18)
The love of God casts out fear
(Projet de texte élaboré en Italie. Réunion préparatoire à Pinerolo, Italie.)
1989 Bâtir la communauté : un seul corps en Christ (Rm 12, 5-6a)
Building community: one body in Christ
(Projet de texte élaboré au Canada. Réunion préparatoire à Whaley Bridge,
Angleterre.)
1990 Que tous soient un... afin que le monde croie (Jn 17)
That they all may be one... That the world may believe
(Projet de texte élaboré en Espagne. Réunion préparatoire à Madrid, Espagne.)
1991 Nations, louez toutes le Seigneur (Ps 117 et Rm 15, 5-13)
Praise the Lord, all you nations!
(Projet de texte élaboré en Allemagne. Réunion préparatoire à Rotenburg an der
Fulda, République Fédérale d’Allemagne.)
1992 Je suis avec vous... allez donc (Mt 28, 16-20)
I am with you always ... Go, therefore
(Projet de texte élaboré en Belgique. Réunion préparatoire à Bruges, Belgique.)
1993 Porter le fruit de l'Esprit pour l'unité des chrétiens (Ga 5, 22-23)
Bearing the fruit of the Spirit for Christian unity
(Projet de texte élaboré au Zaïre. Réunion préparatoire près de Zurich, Suisse.)
1994 La maison de Dieu : appelés à n'avoir ‘qu'un cœur et qu’une âme’ (Ac 4,
32)
The household of God: called to be one in heart and mind
(Projet de texte élaboré en Irlande. Réunion préparatoire à Dublin, Irlande.)
1995 Koinônia : communion en Dieu et entre nous (Jn 15, 1-7)
Koinonia: communion in God and with one another
(Réunion préparatoire à Bristol, Angleterre.)
1996 Voici, je me tiens à la porte et je frappe (Ap 3, 14-22)
Behold, I stand at the door and knock
(Projet de texte élaboré au Portugal. Réunion préparatoire à Lisbonne,
Portugal.)
1997 Au nom du Christ... laissez-vous réconcilier avec Dieu (2 Co 5, 20)
We entreat you on behalf of Christ, be reconciled to God
(Projet de texte élaboré en Scandinavie. Réunion préparatoire à Stockholm,
Suède.)
1998 L’Esprit aussi vient en aide à notre faiblesse (Rm 8, 14-27)
The Spirit helps us in our weakness
(Projet de texte élaboré en France. Réunion préparatoire à Paris, France.)
1999 Ils seront ses peuples et lui sera le Dieu qui est avec eux (Ap 21, 3)
He will dwell with them as their God, they will be his peoples
(Projet de texte élaboré en Malaisie. Réunion préparatoire au Monastère de Bose,
Italie.)
2000 Béni soit Dieu... qui nous a bénis en Christ (Ep 1, 3-14)
Blessed be God who has blessed us in Christ
(Projet de texte élaboré par le Conseil des Eglises du Moyen-Orient. Réunion
préparatoire au Sanctuaire de La Verna, Italie.)
2001 Je suis le chemin et la vérité et la vie (Jn 14, 1-6)
I am the Way, and the Truth, and the Life
(Projet de texte élaboré en Roumanie. Réunion préparatoire à la
Casa de Odihna, Roumanie.)
2002 Car chez toi est la fontaine de la vie (Ps 36 [35], 10)
For with you is the fountain of life (Ps 36 : 5-9)
(Projet de texte élaboré par le Conseil des Conférences Épiscopales Européennes
(CCEE) et la Conférence des Eglises Européennes (CEC). Réunion préparatoire au
Centre œcuménique d’Ottmaring, Augsbourg, République Fédérale d’Allemagne.)
2003 Ce trésor, nous le portons dans des vases d’argile (2 Co 4, 7)
We have this treasure in clay jars
(Projet de texte élaboré en Argentine. Réunion préparatoire au Centre
œcuménique ‘Los Rubios’, Málaga [Espagne].)
2004 Je vous donne ma paix (Jn 14, 27)
My peace I give to you
(Projet de texte élaboré à Alep, Syrie. Réunion préparatoire à Palerme, Sicile,
Italie)
2005 Le Christ, unique fondement de l’Eglise (1 Co 3, 1-23)
Christ, the one foundation of the church
(Projet de texte élaboré en Slovaquie. Réunion préparatoire à Piestaňy,
Slovaquie)
2006 Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux
(Mt 18, 20)
(Projet de texte élaboré en Irlande. Réunion préparatoire à Prosperous, County
Kildare, en Irlande).
Quelques dates importantes dans l’histoire de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens
1740 En Ecosse, naissance d'un mouvement pentecôtiste avec des liens en Amérique du
Nord, dont le message pour le renouveau de la foi appelle à prier pour toutes
les églises et avec elles.
1820 Le Révérend James Haldane Stewart publie : « Conseils pour l'union générale des
chrétiens, en vue d'une effusion de l'Esprit » (Hints for the outpouring of
the Spirit).
1840 Le Révérend Ignatius Spencer, un converti au catholicisme romain, suggère une
« Union de prière pour l'unité ».
1867 La première assemblée des évêques anglicans à Lambeth insiste sur la prière pour
l'unité, dans l'introduction à ses résolutions.
1894 Le Pape Léon XIII encourage la pratique de l'Octave de la Prière pour l'unité
dans le ontexte de la Pentecôte.
1908 Célébration de « L'Octave pour l'unité de l’Eglise » à l'initiative du Révérend
Père Paul Wattson.
1926 Le Mouvement « Foi et Constitution » commence la publication de « Suggestions
pour une Octave de prière pour l'unité des chrétiens ».
1935 En France, l'abbé Paul Couturier se fait l'avocat de la « Semaine universelle de
prière pour l'unité des chrétiens sur la base d'une prière conçue pour l'unité
que veut le Christ, par les moyens qu'Il veut ».
1958 Le Centre « Unité chrétienne » de Lyon (France) commence à préparer le thème
pour la Semaine de prière en collaboration avec la Commission « Foi et
Constitution » du Conseil œcuménique des Eglises.
1964 A Jérusalem, le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras Ier
récitent ensemble la prière du Christ « que tous soient un » (Jn 17).
1964 Le Décret sur l’œcuménisme du Deuxième Concile du Vatican souligne que la prière
est l'âme du mouvement œcuménique, et encourage la pratique de la Semaine de
Prière.
1966 La Commission « Foi et Constitution » et le Secrétariat pour l'unité des
chrétiens (maintenant Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des
chrétiens) de l'Eglise catholique décident de préparer ensemble le texte pour la
Semaine de Prière de chaque année.
Pour la première fois, la « Prière pour l'unité » est célébrée sur la base des
textes élaborés en collaboration entre « Foi et Constitution » et le Secrétariat
pour l'unité des chrétiens.
Texte pour 1996 préparé en collaboration avec l’YMCA et l’YWCA.
2004 Accord entre Foi et Constitution (Conseil œcuménique des Eglises) et le
Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens (Eglise
catholique) pour que le livret de la Semaine de prière pour l’unité des
chrétiens soit officiellement conjointement publié et présenté sous un même
format.
[1] Ce choix de prières a été réalisé et est présenté par le groupe local.
[2] Cette description de la situation œcuménique en Irlande a été proposée par
le groupe préparatoire. Elle est publié ici sous sa propre responsabilité.
[3] Département pour les affaires sociales du Conseil Irlandais des Eglises,
Sectarianism : A Discussion Document (Belfast, 1993), p. 8.
[4]
Eglise presbytérienne n’ayant pas adhéré à la confession de foi de Westminster
(NDLR)
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