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CONSEIL PONTIFICAL POUR LA PROMOTION DE L'UNITÉ DES CHRÉTIENS

Textes pour
La Semaine de Prière pour l’Unite des Chrétiens
et pour toute l’année 2007

Il fait entendre les sourds
et parler les muets
(Mc 7, 37)

Conjointement préparés et publiés par
Le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens
La Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises

 

A tous ceux qui organisent
la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

Rechercher l'unité durant toute l'année

Traditionnellement, la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens est célébrée du 18 au 25 janvier. Ces dates furent proposées en 1908 par Paul Wattson de manière à couvrir la période entre la fête de saint Pierre et celle de saint Paul. Ce choix a donc une signification symbolique. Dans l'hémisphère Sud, où le mois de janvier est une période de vacances d'été, on préfère adopter une autre date, par exemple aux environs de la Pentecôte (ce qui fut suggéré par le mouvement Foi et Constitution en 1926) qui représente aussi une autre date symbolique pour l’unité de l’Eglise.

En gardant cette flexibilité à l’esprit, nous vous encourageons à considérer ces textes comme une invitation à trouver d'autres occasions, au cours de l'année, pour exprimer le degré de communion que les églises ont déjà atteint et pour prier ensemble en vue de parvenir à la pleine unité voulue par le Christ.

Adapter les textes

Ces textes sont proposés étant bien entendu que, chaque fois que cela sera possible, on essayera de les adapter aux réalités des différents lieux et pays. Ce faisant, on devra tenir compte des pratiques liturgiques et dévotionnelles locales ainsi que du contexte socio-culturel. Une telle adaptation devrait normalement être le fruit d’une collaboration œcuménique.

Dans plusieurs pays, des structures œcuméniques sont déjà en place et elles permettent ce genre de collaboration. Nous espérons que la nécessité d'adapter la Semaine de prière  à la réalité locale puisse encourager la création de ces mêmes structures là où elles n'existent pas encore.

Utiliser les textes de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens

  • Pour les églises et les communautés chrétiennes qui célèbrent ensemble la Semaine de prière au cours d'une seule cérémonie, ce livret propose un modèle de Célébration œcuménique de la Parole de Dieu.
  • Les églises et communautés chrétiennes peuvent également se servir pour leurs célébrations des prières ou des autres textes de la Célébration œcuménique de la Parole de Dieu, des textes proposés pour les Huit Jours et du choix de prières en appendice de cette brochure.
  • Les églises et communautés chrétiennes qui célèbrent la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens chaque jour de la semaine, peuvent trouver des suggestions dans les textes proposés pour les Huit Jours.
  • Les personnes désirant entreprendre des études bibliques sur le thème 2007 peuvent également se baser sur les textes et les réflexions bibliques proposés pour les Huit Jours. Les commentaires de chaque jour peuvent se conclure par une prière d'intercession.
  • Pour les personnes qui souhaitent prier en privé, les textes contenus dans cette brochure peuvent alimenter leurs prières et leur rappeler aussi qu'elles sont en communion avec tous ceux qui prient à travers le monde pour une plus grande unité visible de l'Eglise du Christ.

 

Texte biblique

Marc 7, 31-37

            Jésus quitta le territoire de Tyr et revint par Sidon vers la mer de Galilée en traversant le territoire de la Décapole. On lui amène un sourd qui, de plus, parlait difficilement et on le supplie de lui imposer la main. Le prenant loin de la foule, à l’écart, Jésus lui mit les doigts dans les oreilles, cracha et lui toucha la langue. Puis, levant son regard vers le ciel, il soupira. Et il lui dit : « Ephphata », c’est-à-dire : “Ouvre-toi.” Aussitôt ses oreilles s’ouvrirent, sa langue se délia, et il parlait correctement. Jésus leur recommanda de n’en parler à personnes : mais plus il le leur recommandait, plus ceux-ci le proclamaient. Ils étaient très impressionnés et ils disaient : « Il a bien fait toutes choses ;il fait entendre les sourds et parler les muets ».

Traduction œcuménique de la Bible (TOB)

Préparation des textes
pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2007

Les textes présentés dans ce livret ont été mis au point de manière définitive lors d’une rencontre du groupe préparatoire international nommé par la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des églises et le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Le groupe s’est réuni au Château de Faverges, en Haute-Savoie (France). Nous remercions l’ensemble du personnel pour l’hospitalité et la disponibilité avec lesquels ils ont soutenu notre travail.

Le projet initial de ces textes a été préparé par un groupe œcuménique composé de prêtres, de pasteurs et de personnes laïques d’Umlazi-Bhekithemba (Afrique du Sud). Il a pour base une célébration œcuménique ayant eu lieu à la Comprehensive Technical High School (COMTEC) d’Umlazi. Lors de cette célébration (organisée à l’invitation de l’école), les prêtres, les pasteurs et les laïcs provenant de diverses traditions ecclésiales se sont retrouvés afin de rendre visible leur unité en Christ et d’offrir un témoignage commun face aux défis que les élèves et l’ensemble de la société sud-africaine doivent affronter aujourd’hui. Le groupe local a également fourni une liste de textes bibliques pouvant être utilisés durant toute la Semaine.

Le groupe préparatoire remercie le groupe local d’Afrique du Sud qui était composé des personnes suivantes :

Chanoine L. L. Ngewu                                   

Rév. S. Mosia

Rév. Père Thamisanqua Shange, OGS            

M. W. L. Luthuli

Rév. Bruce Buthelezi - Projet Zamimpilo VIH/Sida

B. Buthelezi - [infirmières spécialisées] (St Philip, Enwabi)

Rév. Père Anton Mbili                                                           

Mme G. Phungula

Les membres du groupe international remercient le Père Thami Shange, OGS d’avoir participer à leur réunion de travail et de présenter en cette occasion le matériel préparatoire et la méthode de travail suivie. Cet échange a permis de rendre ces textes plus concrets ainsi que la situation locale d’Afrique du Sud. Nous désirons remercier également l’Evêque David Beetge du Diocèse de Highveld (Brakpan) et le Chanoine Livingstone Ngewu (Collège de la Transfiguration, Grahamstown, Afrique du Sud) qui ont contacté les membres du groupe et ont servi d’intermédiaires durant l’élaboration des textes.

Introduction au thème

Il fait entendre les sourds et parler les muets (Mc 7, 37)

La Semaine de prière pour l’unité des chrétiens de cette année nous propose deux thèmes, deux invitations adressées aux Églises et aux chrétiens : prier pour l’unité des chrétiens et la rechercher ensemble d’une part ; unir nos forces pour répondre aux souffrances humaines d’autre part. Ces deux responsabilités sont étroitement liées. L’une et l’autre se rattachent à la guérison du corps du Christ, c’est pourquoi le texte principal choisi pour la Semaine de prière de cette année est une histoire de guérison.

Mc 7, 31-37 raconte comment Jésus guérit un homme sourd et incapable de parler. Jésus conduit l’homme loin de la foule afin d’être seul avec lui. Il met ses doigts dans les oreilles de l’homme, crache et touche la langue de l’homme, et « lui dit ‘Ephphata’, c’est-à-dire : ‘Ouvre-toi’ » – une formule parfois utilisée dans la liturgie du baptême. La bonne nouvelle proclamée ici comprend plusieurs dimensions. Comme dans de nombreux passages de l’Évangile, ce récit de guérison nous donne à entendre la réponse pleine de sollicitude du Seigneur face à la souffrance et au besoin, et il constitue un témoignage éloquent de la miséricorde de Dieu. En redonnant à l’homme l’ouïe et la parole, Jésus manifeste la puissance et le désir de Dieu de sauver tout l’homme, en accomplissant la prophétie d’Esaïe : « Alors, les yeux des aveugles verront et les oreilles des sourds s’ouvriront. Alors, le boiteux bondira comme un cerf et la bouche du muet criera de joie » (35, 5-6). La guérison de l’homme sourd lui permet d’entendre la bonne nouvelle proclamée par Jésus Christ. Le fait qu’il recouvre la parole lui permet de proclamer aux autres ce qu’il a vu et entendu. Ces différentes perspectives se retrouvent dans la réponse de ceux qui sont témoins de la guérison et sont « très impressionnés » : « Il fait entendre les sourds et parler les muets » (v. 37).

Comme cet homme qui fut guéri par Jésus, tous ceux qui ont été baptisés en Christ ont eu les oreilles ouvertes à l’Evangile. Dans sa première Epître, saint Jean nous parle de la fraternité de ceux qui ont reçu cette bonne nouvelle : « Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie » (1,1). Le Seigneur désirait (Jn 17) que ses disciples, qui avaient accueilli son message, soient un, unis les uns aux autres en une unité enracinée dans sa communion avec le Père et l’Esprit-Saint. En tant que corps du Christ, l’Eglise est appelée à être une, à être la communauté qui a vu et entendu les merveilles que Dieu a faites, et qui a été envoyée pour les proclamer partout dans le monde. En tant que corps du Christ, nous sommes appelés à être unis dans l’accomplissement de sa mission, à savoir, notamment, être aussi au service de ceux qui souffrent et sont dans le besoin. Comme Dieu entendit les cris et vit les souffrances de son peuple en Egypte (cf. Ex 3, 7-9), comme Jésus répondit avec sollicitude à ceux qui l’imploraient, l’Eglise doit elle aussi entendre la voix de tous ceux qui souffrent, elle doit être animée par la compassion et donner la parole à ceux qui sont sans voix.

En reprenant ces deux aspects de la vie et de la mission de l’Eglise, la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens de cette année désire faire ressortir le lien essentiel existant entre, d’une part, la prière pour l’unité des chrétiens et sa recherche concrète et, d’autre part, les initiatives de soutien à ceux qui sont dans le dénuement et la souffrance. L’Esprit, qui fait de nous des frères et des sœurs en Christ, nous donne aussi la force d’aller vers tout être humain qui est dans le besoin. C’est le même Esprit qui est à l’œuvre dans tous nos efforts pour rendre visible l’unité des chrétiens et qui nous donnne la force d’agir pour renouveler la face de la terre. Chaque fois que nous contribuons à soulager les souffrances de nos semblables, notre unité devient plus visible ; chaque pas en direction de l’unité renforce le corps du Christ tout entier.

Origine des textes de la Semaine de prière de cette année : Umlazi

Le thème de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens de cette année nous vient de l’expérience des communautés chrétiennes de la région d’Umlazi, près de Durban, en Afrique du Sud. Chaque année, un premier projet de textes pour la Semaine de prière est préparé par un groupe local particulier puis est adapté pour un usage international avant d’être distribué partout dans le monde où il est finalement adapté pour être utilisé au niveau local. Les textes de cette année reflètent les préoccupations et l’expérience d’un peuple accablé par une immense souffrance.

A l’origine, Umlazi était une « township » fondée sous l’apartheid pour une population majoritairement noire. Le racisme, le chômage et la pauvreté hérités de ce régime continuent à représenter un énorme défi pour les habitants qui ne bénéficient pas d’écoles en nombre suffisant, ni centres médico-sociaux et de logements adéquats. La pauvreté et le chômage ambiants sont la cause d’un haut pourcentage de criminalité et de mauvais traitements dans les familles et les communautés. Mais la plus grande difficulté qui se pose à la population des bidonvilles et des townships est actuellement celle du Sida. On estime en effet que 50 % des résidents d’Umlazi sont contaminés par le VIH.

Quand récemment des responsables de diverses communautés chrétiennes d’Umlazi se sont rencontrés pour réfléchir à ce qu’ils pourraient faire ensemble pour affronter les défis qui écrasent leur population, ils ont réalisé qu’un des facteurs aggravant leur situation actuelle est la honte qui empêche les personnes maltraitées, victimes de viols ou contaminées par le Sida, de parler ouvertement de leurs problèmes. Les conventions culturelles du lieu font que parler de sujets liés à la sexualité est totalement inconvenant. En langue zoulou, le mot ubunqunu, qui signifie littéralement « nudité », indique que ces sujets sont tabou. Par conséquent, nombreux sont ceux qui hésitent à rechercher l’assistance dont ils pourraient bénéficier – souvent financièrement assurée par la collaboration œcuménique des églises locales –, à savoir l’écoute et l’accompagnement pastoral, les soins à domicile, les centres municipaux d’assistance et de soins.

Etant donné que les personnes – et en particulier les jeunes – sont clairement ou tacitement encouragées à garder le silence sur les problèmes qu’elles rencontrent, les responsables locaux des églises d’Umlazi ont conçu un temps de prière œcuménique ayant pour thème central « briser le silence ». Au cours de cette célébration, les jeunes d’Umlazi sont invités à trouver le courage de parler de ce qui est considéré comme « innommable » et à rechercher de l’aide, en ayant conscience que garder le silence pourrait être tout simplement synonyme de mort.

Les églises hors d’Afrique du Sud et les autres nombreuses régions gravement atteintes par le Sida sont également invitées à rompre ce silence. Aucune guerre dans l’histoire n’a fait autant de victimes que le Sida. Alors que tant d’organisations, de régions et d’églises ont tenté de réagir face aux ravages de la pandémie du Sida dans certaines régions du monde, la mobilisation n’a pas été à la hauteur du désastre.

En 1993, lors de la 5e Assemblée mondiale de Foi et constitution, l’évêque Desmond Tutu rappelait que pendant la période de l’apartheid, les responsables des églises avaient compris qu’« une Eglise divisée serait en position de faiblesse face à l’apartheid si puissant ». Aujourd’hui, il est clair que la pandémie du Sida ainsi que d’autres menaces pour la vie humaine sont écrasantes pour une Eglise divisée. Il existe à Umlazi un seul tribunal, un seul hôpital, un seul bureau de poste, un seul centre médico-social, un seul centre commercial – et un seul cimetière qui rappelle aux habitants le défi accablant qui leur est posé. Dans cette ville, les personnes, presque toutes chrétiennes, adhèrent aux Ecritures qui professent un seul corps, un seul Esprit, une seule espérance, un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous (cf. Ep 4, 4-6). Mais il y a plusieurs églises et elle ne sont pas en pleine communion et témoignent ainsi d’une chrétienté divisée. A Umlazi, on perçoit un sentiment d’impatience et de frustration face aux divisions reçues en héritage et survenues il y a plusieurs siècles dans d’autres pays. (Voir également la description de la situation œcuménique en Afrique du Sud fournie par le groupe préparatoire local).

Un des membres du groupe préparatoire a pu rencontrer le groupe international responsable de la préparation des textes définitifs de la Semaine de prière. Cela leur a permis de réfléchir ensemble à la recherche de la pleine unité visible des églises chrétiennes à la lumière de l’expérience des chrétiens d’Umlazi et de leur invitation à « briser le silence » qui opprime et isole les personnes dans leur souffrance. D’un commun accord, ils ont choisi Mc 7, 31-37 comme texte biblique central pour la Semaine de prière et un cadre biblico-théologique portant sur l’écoute, la parole et le silence, dans lequel s’insèrent à la fois la recherche de l’unité et la recherche d’une réponse aux souffrances humaines. Il a été décidé de maintenir ce double thème pour la célébration œcuménique et les méditations des huit jours, l’intention étant donc d’aborder ces deux réalités dans chaque texte : la souffrance humaine et la recherche de l’unité visible de tous les chrétiens.

Les huit jours

Le Livre de la Genèse commence par les paroles de la création que prononce Dieu. Brisant le silence, la parole de Dieu jaillit du chaos. C’est une parole efficace, qui réalise ce qu’elle dit, c’est-à-dire la vie. Dieu parle et la création apparaît. Dieu parle et les êtres humains prennent forme à son image et à sa ressemblance. Dieu parle dans l’histoire et les êtres humains sont invités à entrer dans son alliance. De même, l’Evangile de Jean débute par la Parole de Dieu énoncée dans le temps et proclame ce qui est au cœur de la foi du Nouveau Testament en annonçant que « le Verbe s’est fait chair et qu’il habite parmi nous » (Jn 1,14). Jésus Christ, le Verbe incarné, nous parle de l’être profond de Dieu. Durant son ministère, Jésus s’exprime de diverses manières, parfois même (comme devant Ponce Pilate) en gardant le silence. La parole du Christ est toujours une parole de miséricorde, une parole qui invite ceux qui l’écoutent à une vie plus profonde , à une vie en communion avec Dieu et avec les autres. Cette bonne nouvelle doit à son tour être proclamée en paroles et en actions par tous ceux qui ont été baptisés au nom du Dieu Trinité. C’est uniquement par la puissance de l’Esprit que les chrétiens peuvent entendre et répondre à l’appel de Dieu.

Les trois premiers jours nous exposent ce cadre trinitaire. Le 1er Jour nous invite à réfléchir à la parole créatrice que Dieu prononce au commencement et qu’aujourd’hui encore il nous donne à entendre. Dans le chaos actuel, tous ceux qui ont été créés à l’image de Dieu sont appelés à dire eux aussi une parole efficace et créatrice. La méditation du 2e Jour nous fait réfléchir à ce que signifie être un disciple du Christ, le Verbe incarné, qui fait entendre les sourds et parler les muets. Le 3e Jour médite sur l’œuvre de l’Esprit-Saint dans la vie des chrétiens, car c’est lui qui nous donne la force de proclamer la bonne nouvelle et d’être les instruments de la présence salvifique du Christ en écoutant et en donnant la parole à tous ceux qui ont été réduits au silence ou n’ont pas pu raconter leur expérience.

La relation intrinsèque existant entre la promotion de l’unité et la mobilisation contre les souffrances humaines apparaît clairement dans la réflexion de Paul sur l’Eglise en tant que corps du Christ. « Car nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit en un seul corps » (1 Co 12,13). Le Christ nous a unis. Nos divisions entravent et affaiblissent cette unité mais ne la détruisent pas. Puisque tous nous appartenons au Christ, chaque partie du corps a besoin de l’autre et doit prendre soin de l’autre. «Si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance » (v. 26). Le 4e Jour nous conduit à nous interroger sur ce que signifie être une communauté unie en Christ, une communauté pleinement solidaire avec ses membres qui souffrent.

Les 5e et 6e Jours développent plus explicitement le thème présenté par les églises d’Umlazi : rompre le silence accablant. Ceux qui souffrent le font souvent en silence, leurs espoirs de compassion et de justice demeurant ignorés. En certains moments de l’histoire, les chrétiens et les églises chrétiennes ont gardé le silence quand ils auraient dû parler, ou n’ont pas permis à ceux qui étaient sans voix de s’exprimer. Parfois, les divisions entre les églises nous ont empêché d’entendre la douleur des autres ou ont étouffé notre réponse, l’ont rendue conflictuelle, inefficace ou incapable de consolation (5e Jour). C’est un péché, en particulier parce qu’il a été donné à l’Eglise de parler, de proclamer un message, d’accomplir une mission, et qu’il ne s’agit pas d’un message de désunion, d’une mission contradictoire. Vivifiée par l’Esprit-Saint, notre parole doit être unanime et cohérente, elle doit être la bonne nouvelle qui nous a été offerte par et dans le Christ. Grâce à lui, nous avons la possibilité de briser le silence. En Christ, nous sommes la communauté appelée à dire «ouvre-toi ‘ephphata’» aux muets et aux sourds. La route vers la fidélité et l’intégrité exige des chrétiens qu’ils recherchent sans répit et prient pour l’unité pour laquelle le Christ a prié et que, malgré nos divisions, nous apprenions à parler d’une seule voix et à aller vers l’autre comme un seul corps avec sollicitude, donnant vie à la bonne nouvelle que nous proclamons (6e Jour).

La mort et la résurrection salvatrices du Christ sont au cœur de la parole que Dieu offre à l’humanité. Le 7e Jour  nous propose de réfléchir à la croix du Christ à la lumière de l’expérience de la souffrance et de la mort à Umlazi et en bien d’autres régions. En vivant dans la vallée de la mort, là où les souffrances dépassent toute mesure, parmi les cimetières où les défunts sont souvent enterrés les uns sur les autres, les habitants d’Umlazi connaissent et comprennent la désolation de la croix du Christ. Dans la foi, ils savent aussi que le Christ ne s’est pas éloigné du fardeau des souffrances humaines et que plus nous nous approcherons de sa croix, plus nous nous rapprocherons les uns des autres. De ces mêmes cimetières s’élève une proclamation de la résurrection particulièrement poignante, quand aux toutes premières heures du matin de Pâque, les chrétiens se rassemblent parmi les tombes de ceux qui leur étaient chers, des bougies allumées à la main pour proclamer que le Christ est ressuscité de la mort et qu’en lui, la mort a été vaincue (8e Jour). Au milieu de la souffrance, de la mort, de la division et de l’adversité, le mystère pascal sème des graines qui font germer l’espérance qu’un jour cessera le silence accablant, que les langues seront unies pour professer que Jésus Christ est le Seigneur, à la gloire de Dieu le Père (Ph 2,11).

Conclusion

Le texte central de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens de cette année, Mc 7,31-37, indique que le Christ leva son regard vers le ciel et soupira avant de guérir l’homme. Dans son Epître aux Romains, saint Paul écrit que le Saint-Esprit accompagne nos prières « par des gémissements inexprimables ». Cette phrase exprime parfaitement le désir que l’Esprit cultive dans nos cœurs et nos esprits : le désir de l’unité pleine et visible entre toutes les églises chrétiennes, le désir que prennent fin les souffrances humaines.

Dans le schéma de célébration œcuménique et dans chacun des huit jours, nous avons adopté comme principe l’incorporation de références explicites tant à la nécessité de continuer à œuvrer et prier pour l’unité de nos églises qu’aux voix des habitants d’Umlazi et d’autres régions qui crient vers le ciel. Nous espérons que la Semaine de prière de cette année aidera à rompre ce silence accablant et attirera l’attention sur le lien intrinsèque qui existe entre prière et recherche de l’unité des chrétiens d’une part, et l’appel des chrétiens et des églises à œuvrer ensemble en tant qu’instruments de la compassion divine et de la justice dans le monde.

Célébration œcuménique

Introduction à la célébration œcuménique

Le schéma de célébration proposé ci-après est une adaptation de celui préparé par les églises locales d’Umlazi et qui s’adressait particulièrement aux jeunes. Il débute par une invitation au silence, non pas un silence qui oppresse mais qui nous permet d’entendre dans le recueillement la voix de Dieu et la douleur du monde et des hommes. La liturgie de la Parole évoque les thèmes principaux qui sont développés dans l’« Introduction au thème » et portent sur la méditation de saint Paul sur le corps du Christ dans 1 Co 12 et sur la guérison évoquée en Mc 7, 31-37. Ce schéma, qui reflète un certain style de prière d’Afrique du Sud, offre la possibilité d’insérer au cours de la célébration des gestes symboliques, des témoignages et des prières demandant la guérison pour permettre aux personnes de la communauté locale dont la voix n’est pas entendue ou qui souffrent de se joindre à la prière de l’assemblée. Les intercessions s’inscrivent dans un cadre trinitaire regroupant des prières pour l’unité des chrétiens et pour tous ceux qui, au niveau local mais aussi partout dans le monde, sont dans le plus grand besoin.

Célébration œcuménique

Il fait entendre les sourds et parler les muets  (Mc 7, 37)

Officiant : O

Lecteur : L

Assemblée : A

Accueil et présentation de la célébration

O : Chers amis en Christ, nous voici rassemblés, membres d’un même Corps, pour écouter ce que Dieu veut nous dire à travers sa Parole, mais aussi à travers nos frères et sœurs silencieux dans leur souffrance.

Cette année, ce sont les chrétiens d’Afrique du Sud qui,  à partir de leur situation locale particulièrement critique, ont ressenti l’urgence de nous appeler à rompre, au nom du Christ, toute forme de silence complice devant les personnes accablées de souffrances.

Cette parole ne sera-t-elle pas d’autant plus puissante et prophétique qu’elle viendra de chrétiens de diverses confessions parlant et agissant ensemble ?

Chrétiens de diverses églises ici rassemblés pour cette célébration, entendons l’appel du Seigneur :

  • à prendre conscience de nos silences coupables devant les souffrances criantes et à nous en repentir ensemble ;
  • à prier pour que la bénédiction de Dieu descende sur tous et en particulier sur ceux et celles qui participent dans la souffrance à la déréliction du Christ ;
  • à réagir en élevant la voix pour et avec les sans voix, pour que s’accroisse notre témoignage commun rendu au Christ qui « a fait entendre les sourds et parler les muets ».

Hymne / Chant

Dès le début de l’hymne ou du chant, exécuté à la manière de Taizé ou de Iona, il est conseillé, pour faire entrer l’assemblée dans le  temps de silence suivant, d’apporter par exemple une grande croix et de l’allonger sur le sol. Quatre jeunes déposent cette croix. Ils se placent autour d’elle et prient en silence.

Le chant s’arrête bientôt pour faire place aux paroles d’introduction au silence.

(Il est possible aussi de conduire l’assemblée au silence par une improvisation à l’orgue).

Introduction au silence

O : Faisons silence devant Dieu… faisons silence en nous-mêmes… ouvrons-nous au silence de nos frères et sœurs vivant dans la souffrance : « Un membre souffre-t-il ? Tous les membres souffrent avec lui » (1 Co 12, 26).

Que ce silence de communion à ceux et celles dont on n’entend pas la voix, soit qu’ils ou elles se taisent, soit qu’on les fasse taire, ouvre nos oreilles. Ne restons pas sourds. Entendons l’appel du Christ. Il nous apprend à nous laisser toucher, comme lui, par la souffrance de l’autre. Il nous renvoie à notre responsabilité commune de chrétiens de toutes dénominations devant ces souffrances.

Trois minutes de silence

Hymne / chant

Le même chant d’introduction au silence est repris par un soliste, de plus en plus fort,  puis toute l’assemblée s’associe au chant.

Prière

O :     Dieu, toi qui sièges dans ta splendeur céleste,
          par la révélation de ta Parole, Jésus Christ,
          issue du sein de ton silence et cachée au Prince de ce monde, tu as rompu le silence.

Ouvre nos yeux pour que nous puissions voir Jésus, l’étoile qui dissipe nos ténèbres.

Ouvre nos oreilles pour que nous puissions entendre retentir les voix enveloppées dans le silence des millions de ceux et celles dont la voix est étouffée par les épreuves et les souffrances de ce monde éphémère.

Ouvre nos cœurs pour que nous sachions répondre à la douleur des personnes souffrantes parmi nous, tout comme cette femme de Béthanie répandant du parfum sur la tête de Jésus, tout comme un certain Simon de Cyrène qui, sans récriminer, a porté la croix de ton Fils, réduit au silence par ceux qui le harcelaient.

Ici rassemblés, nous rompons le silence avec les paroles de la prière que Jésus nous a enseignée :

Notre Père (chacun dans sa propre langue)

La parole de Dieu

1 Samuel 1,1-18.  Anne, l’excès du chagrin.
(lu par quatre personnes, l’une pour le récit, une autre pour les paroles d’Elqana, une autre pour les paroles d’Anne et une autre pour celles d’Eli).

Psaume 28,1-2 ; 6-9. Seigneur,… mon roc, ne sois pas sourd...
(lu par une personne jeune)

1 Corinthiens 12, 12-29. Si un membre souffre, tous partagent sa souffrance.

Marc 7, 31-37. Le Christ fait entendre les sourd et parler les muets.

(Des enfants et des jeunes présents peuvent mimer Mc 7, 31-37.
Cette scène de guérison peut faire aussi l’objet d’une danse.) 

Prédication

Confession de foi

Symbole de Nicée-Constantinople ou une autre formule de confession de foi en usage

Confession des péchés – Pardon – Signe de la paix

O :  Dieu est plus disposé à nous pardonner nos péchés que nous ne le sommes à les lui confesser.

Présentons-nous donc devant Dieu pour lui confesser le poids de nos péchés : Jésus n’a-t-il pas promis de donner le repos à ceux qui peinent sous le poids du fardeau ? Confions-lui aussi notre souffrance de voir la faute des églises encore insuffisamment unies pour pouvoir venir en aide avec puissance aux faibles, aux petits et aux sans voix, si chers au cœur de Jésus son Fils :

« J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger et vous m’avez recueilli ; nu, et vous m’avez vêtu ; malade, et vous m’avez visité ; en prison, et vous êtes venus à moi » (Mt 25, 35-36).

Quelques groupes de personnes peuvent alors apporter successivement des objets, images, dessins ou photographies évoquant des situations où des membres de communautés chrétiennes locales – toutes dénominations confondues – sont demeurés silencieux dans l’indifférence, ou bien ne sont pas parvenus à parler d’une même voix et à agir ensemble, par exemple dans le cas de femmes battues, d’enfants maltraités, d’orphelins du Sida, etc. (comme l’a mis en relief dans son propre contexte le groupe œcuménique d’Afrique du Sud qui propose le thème de la prière de cette année).

  • Chaque groupe de personnes s’avance en silence et dépose successivement devant l’assemblée (au pied de la croix apportée précédemment) les objets, images ou photographies.
  • L’une d’entre elles témoigne à voix haute du silence trop longtemps entretenu ou/et de la part de responsabilité dans cette situation de souffrance due au péché.
  • Puis une autre du même groupe dit à voix haute :

          « Seigneur, nous ne t’avons pas vu dans la souffrance de nos frères et de nos sœurs ».

Temps de silence suffisant entre chaque groupe

O : Dieu de miséricorde,
en ton Fils tu nous offres le pardon sans conditions pour les péchés que nous confessons en vérité.

Accorde-nous ton pardon pour les péchés  manifestes à nos yeux, comme pour ceux que nous n’avons pas le courage de regarder en face.

Lorsque, par nos actes, nous avons repoussé ta volonté ;
lorsque, en nous désintéressant des autres, nous leur avons enlevé l’espoir ;
lorsque, par indifférence à l’égard de ta loi et par faiblesse, nous n’avons pas répondu à ce que tu attendais de nous personnellement et de nos communautés. Nous te demandons de venir vers nous dans ta miséricorde, de réparer nos vies brisées et de hâter l’heure de la pleine communion entre nous, au nom de l’amour de Jésus Christ.

Amen.

« Si quelqu’un vient à pécher, nous avons un défenseur devant le Père, Jésus Christ, qui est juste » (1 Jn 2, 1) et

« Vos péchés vous sont pardonnés à cause de son nom » (1 Jn 2, 12).

O : Nous venons d’accueillir le pardon de nos péchés qui nous procure la paix, donnons-nous les uns aux autres cette paix du Christ.

La paix du Christ soit avec vous.

Et avec toi aussi.

Musique tandis que les membres de l’assemblée se donnent mutuellement le signe de la paix.

Intercessions

O : Dieu de grâce, notre créateur, Dieu de miséricorde, notre rédempteur, Dieu compatissant, notre secours, toi qui sais ce dont nous avons besoin avant que nous ne t’en parlions, nous te louons pour ta création, pour la rédemption et pour ton incessante sollicitude à notre égard.

Guéris-nous nous-mêmes, guéris nos églises de leur surdité, que nous percevions plus clairement ensemble le son de ta voix dans le silence des pauvres et des souffrants.

Nous te prions pour ton Eglise encore divisée répandue dans le monde et chargée de lui annoncer le Christ, Lumière des Nations.

Veuille insuffler en nous le désir de travailler sans relâche à l’unité des chrétiens qui t’est agréable, et que rien ne vienne étouffer notre recherche de cette unité pour laquelle Jésus a prié.

De même qu’il n’a pas considéré comme une proie à saisir d’être égal à Dieu le Père, mais qu’il s’est dépouillé de lui-même, accorde-nous de ne pas nous cramponner à ce qui pourrait ralentir nos pas dans notre pèlerinage commun vers la pleine communion.

L 1 : Dieu notre créateur, tu nous as créés pour toi dans ton amour, et nos cœurs n’auront pas de répit avant de reposer en toi.

A : Donne-nous l’assurance que rien ne nous séparera de ton amour.

L 2 : Dieu notre berger, tu nous as appelés des ténèbres à ton admirable lumière. Fais-nous briller comme des enfants de lumière.

A : Brille, ô Seigneur, brille. Brille dans nos vies.

L 3 : Dieu notre Père, toi qui prends un soin infini de chacun d’entre nous, tu nous rends attentifs aux besoins des autres.

A : Apprends-nous dans ta bonté à prendre les autres dans nos bras comme tu nous as Toi-même pris dans tes bras en Jésus Christ et fortifie notre témoignage commun de chrétiens en faveur de la justice, de la charité fraternelle et du pardon.

L 4 : Jésus, Parole du Père, tu t’es attaché à briser toutes les formes de silence coupable.

A : Donne-nous le courage de soutenir tous ceux et celles qui, dans nos communautés rassemblées ici, font entendre en ton nom la voix des sans voix ; qu’un réel œcuménisme de la vie soulage de la détresse et de la solitude là où sévit la mort précoce.

L 5 : Jésus, ami des pauvres et des étrangers, tu as tendu la main pour attirer à ta grâce et à ton salut tous ceux qui étaient loin.

A : Donne à tous ceux qui se sentent étrangers de trouver la consolation et de percevoir ta présence dans nos communautés de foi.

L 6 : Jésus, l’envoyé du Père, tu as appelé tes disciples à être des messagers unis dans l’annonce de l’Evangile et des instruments de transformation de ce monde.

A : Assiste-nous : que la perspective d’un monde transformé saisisse l’imagination de tous les croyants.

L 7 : Esprit-Saint qui es Vie, puissions-nous vivre continuellement de ta puissance vivifiante.

A : Par ta présence parmi nous, donne de la force à ceux qui n’en ont pas et pousse-nous à donner la parole à ceux qui en sont privés.

L 8 : Esprit-Saint, toi qui es le lien de l’unité, donne aux dirigeants de nos communautés de foi un zèle inébranlable dans leurs efforts pour l’unité.

A : Ecoute nos prières, ouvre de nouveaux chemins d’unité  pour ton Eglise.

L 9 : Esprit-Saint, toi qui nous conduis à la vérité tout entière et redresse ce qui est faussé, nspire tous ceux et celles qui exercent des fonctions de gouvernement.

A : Accorde-leur la volonté de veiller à ce que les besoins des pauvres, des petits et des faibles sans voix, aient priorité et garde-les de toute tentation, afin que leur intégrité morale soit préservée de la corruption.

L 10 : Dieu, Père, Fils et Esprit-Saint, Toi qui es Un en trois personnes.

A : Sois avec nous pour abattre les murs qui nous séparent et rassemble-nous en Christ par le lien de l’Esprit.

O : Dieu d’amour, toi qui vois tout, qui es plein de miséricorde, dont la bonté dépasse toute mesure, toi qui, en rompant le silence, t’es approché de nous avant que nous n’allions vers toi, prouvant ainsi ton amour pour nous en Jésus Christ, ton Fils unique, né de la Vierge Marie, nous faisons monter vers toi nos prières.

Sois auprès de chacun des membres de l’humanité.

Puisses-tu jeter un regard bienveillant sur nos églises que tu appelles à manifester ensemble tous les jours de la vie l’amour miséricordieux et compatissant de ton Fils Jésus Christ, Dieu avec nous pour les siècles des siècles.

Amen

Chant

Choisir de préférence le Magnificat ou le chant des béatitudes en raison du thème : Dieu exalte et comble de sa bénédiction les humbles et les silencieux.

Temps de témoignage, de prière de bénédiction et de consolation

Peuvent prendre place ici des témoignages de personnes ou de groupes, particulièrement œcuméniques, engagés dans des actions de solidarité telles que la lutte contre la pandémie du Sida, la violence faite aux femmes et aux enfants, la malnutrition, etc.

O : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40).

« Venez à moi, vous qui peinez et ployez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos» (Mt 11, 28).

Cher amis, ces paroles du Christ s’adressent à chacun et chacune. En effet au cœur de nos engagements, y compris nos engagements œcuméniques, tout comme dans la souffrance de la maladie, de la solitude et du découragement pour beaucoup d’entre nous, le Christ se fait proche. Il nous soutient dans la faiblesse. Il est pour nous consolation et bénédiction.

Les représentants ou ministres des églises présents s’avancent devant l’assemblée pour la prière et le geste de bénédiction.

Sois béni Seigneur notre Dieu pour l’amour
que tu nous as manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur.
En lui qui nous a aimés, nous sommes plus que vainqueurs de la détresse,
de l’angoisse, de la persécution, de la faim, du dénuement, du danger, du glaive.

Dans le silence de la déréliction et de la solitude,
de la maladie et de la mort,
comble-nous des richesses de ta bénédiction.

Que plus ferme soit notre fidélité à te servir en nos frères et nos sœurs ;
que plus profonde soit notre joie d’accomplir ta volonté.  

Nous te bénissons et nous te glorifions,
car tu écoutes le silence de nos cœurs ;
tu agis en nous avec puissance en nous guérissant
et en nous donnant de parler au nom de Jésus, ton Fils.

Envoie-nous dans le monde pour accomplir ton œuvre
et pour abattre les murs du silence qui séparent les groupes humains.

Donne-nous d’y témoigner de Toi, notre seul Seigneur,
toujours plus dans l’unité « d’une seule foi et d’un seul baptême » ;

Et puissions-nous croître dans la grâce et dans la paix de Dieu
qui surpasse toute intelligence,
afin que ton nom soit glorifié.

Amen.

(Voir proposition alternative ci-dessous)

Bénédiction finale

O :     La grâce de Jésus Christ notre Seigneur,
          l’amour de Dieu le Père
          et la communion de l’Esprit Saint
          soient toujours avec vous/nous.

(Réponse à « avec vous » : « et avec votre esprit ».

Paroles et geste d’envoi

En signe de la bénédiction de Dieu, du réconfort de sa parole et de sa présence, possibilité au moment de la dispersion de l’assemblée que chaque participant reçoive un peu de parfum dans les mains pour le transmettre autour de lui à d’autres personnes – tradition d’églises orthodoxes.

Le recueil des offrandes peut se faire à l’issue de la célébration. Elles seront consacrées à une action destinée à répondre concrètement aux besoins de ceux et celles qui sont réduits au silence.

Proposition alternative

A la place de ce temps de témoignages, de bénédiction et de consolation, des assemblées préfèreront la proposition suivante qui consiste à prier sur chaque personne qui se présentera.

L’officiant invite des représentants des dénominations présentes (choisis avant la célébration et à qui cela a été expliqué) à venir à ses côtés pour prier sur les personnes qui désirent l’aide de la prière de leurs frères et de leurs sœurs.

Proclamation de Rm 8, 31-39 à partir de « Si Dieu est pour nous… »

O : Frères et sœurs, en effet « rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ », alors s’il en est parmi nous qui ressentent particulièrement le poids du fardeau de la maladie, du sentiment d’être abandonnés ou incompris dans la souffrance ou la solitude au point de ne pouvoir trouver la paix, qu’ils n’hésitent pas à s’avancer pour confier leur souffrance et pour que l’on prie sur eux et avec eux, s’ils le désirent.

Nous pouvons aussi nous avancer à l’intention d’amis et connaissances touchés par la souffrance, malades ou découragés.

Pendant ce temps prions tous ensemble pour que le réconfort du Christ soit manifesté à ces frères et à ses sœurs.

Ces personnes s’avancent - Fond musical pendant ce temps.

Ceux et celles qui ont été désignés les accueillent fraternellement, les écoutent et prient pour elles et avec elles en faisant par exemple le geste de poser la main sur leur épaule.

 

Textes bibliques, méditations et prières pour les huit jours

 

1er Jour      Au commencement était la Parole
                   Et Dieu dit… » (Gn 1)

Gn 1, 2 – 2, 4 : Par sa parole, Dieu crée l’univers

Ps 104, 1-9 : Le Seigneur ordonne toute la création

Ap 21, 1-5a : Dieu fait toutes choses nouvelles

Jn 1, 1-5 : Au commencement était la Parole

Commentaire

Au commencement était la Parole… En ce premier jour de la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens, nous voulons contempler l’œuvre du Créateur. Dans le silence des abîmes – nous dit le livre de la Genèse –, Dieu crée le monde par sa Parole. « Et Dieu dit… ». Au commencement des commencements, quand il n’y a que chaos et confusion, la Parole de Dieu vient briser le silence pour assigner à chaque créature sa juste place. Au sommet de la création, c’est une humanité une que Dieu crée, à l’image de son unicité.

Le groupe qui a préparé le projet de cette Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens est originaire d’Afrique du Sud. Ses membres ont dit combien l’épidémie du Sida pouvait jeter des vies humaines dans la détresse. Bien souvent, nous aussi, nous avons l’impression que notre monde est chaotique : quand les éléments naturels viennent tout engloutir, quand la guerre nous plonge dans l’effroi, quand la maladie ou le deuil nous fait sombrer dans un grand abîme…

« Et Dieu dit… ». Devant tant de souffrances, tous les chrétiens veulent croire que l’œuvre du Créateur se poursuit maintenant. En dépit de leurs divisions, c’est une même espérance qui habite le cœur de tous les disciples du Christ : la Parole de Dieu continue de créer le monde aujourd’hui, en l’arrachant au néant et à l’absurde, en maintenant l’humanité dans l’unité. Plus que jamais, les chrétiens de toutes confessions ont besoin d’entendre cette promesse : voici, je fais toutes choses nouvelles, il n’y aura plus ni deuil, ni souffrance.

Le chaos dans lequel nous vivons peut être paralysant. Pourtant, des hommes et des femmes de notre terre ne veulent se résigner au découragement. C’est ainsi qu’en Afrique du Sud, un groupe de femmes (Kopanang), touchées par le Sida, se réunit pour ensemble réaliser de magnifiques tissages. Leurs créations leur permettent de faire vivre leur famille. Nous aussi, créés à l’image de Dieu, nous pouvons – à notre mesure – faire surgir la beauté là où règne le chaos.  

Prière

Dieu notre Créateur, nous contemplons la splendeur de ta création. C’est ta Parole qui a créé l’univers. Nous t’en supplions, quand notre vie tombe en ruines, renouvelle tes merveilles. Malgré le scandale de nos divisions, nous pouvons t’implorer d’une même voix : que ta Parole ne cesse de faire toutes choses nouvelles au cœur de nos vies blessées. Donne-nous le courage d’être nous aussi des artisans de création. Fais que l’unité que nous cherchons pour nos églises soit véritablement au service de l’unité de toute la famille humaine. Nous t’en prions. Amen

2e Jour     La parole du Christ nous sauve
                 « Il fait entendre les sourds et parler les muets» (Mc 7, 31-37)

Es 50, 4-5: Dieu m’a donné une langue... pour que je sache soulager l’affaibli

Ps 34 (33), 1-16: Je bénirai le Seigneur en tout temps

Col 1, 11-20: Jésus est l’image du Dieu invisible

Mc 7, 31-37: Jésus fait entendre les sourds et parler les muets

Commentaire

Esaïe mesure le prix du don reçu du Seigneur Dieu. Il a reçu le pouvoir d’une parole qui peut soulager l’affaibli et celui qui a le cœur brisé. Pour cela, il a besoin d’oreilles avec lesquelles entendre et apprendre comme un disciple. Puisque le Seigneur Dieu l’appelle, il ne peut faire demi-tour.

Saint Paul comprend que la Parole définitive a été prononcée en Jésus Christ. Il nous présente l’humanité dans l’unité de ses relations au Fils de Dieu, image du Dieu invisible, à la ressemblance de qui nous avons été créés. Dieu nous a arrachés à la puissance des ténèbres et nous a fait accéder au royaume de son Fils en qui nous avons la délivrance et le pardon des péchés. Nous sommes un par notre baptême dans le Christ car nous sommes unis à lui et Jésus réconcilie toutes choses avec Dieu. Par le sang de sa croix, nous avons accès à la paix éternelle.

Le passage de l’Evangile montre comment le pouvoir de Jésus permet au sourd d’entendre sa parole salvatrice et lui permet ensuite de la proclamer aux autres. Curieusement, Jésus recommande à la foule de n’en parler à personne. Mais, comme toute bonne nouvelle, elle ne peut être gardée pour soi. Ceux qui étaient présents sont devenus des témoins de la puissance salvatrice du Messie de Dieu. Ce n’est pas seulement la personne guérie qui proclame la bonté du Seigneur, mais aussi tous ceux qui ont été témoins de ce miracle.

Dans le contexte de l’Afrique du Sud comme dans l’Evangile, toute personne touchée par le Seigneur est enfin libre de parler de sa condition. En retour, cela permet à l’Eglise de lui venir en aide et encourage aussi d’autres personnes à faire de même. Cela délie bien des langues et ouvre bien des oreilles. Beaucoup de gens qui souffrent de la conspiration du silence entourant les sujets tabous tels la violence envers les femmes et les enfants, les crimes au sein de la société et le Sida, sont encouragés à briser le silence. Cela permet à d’autres personnes de venir en aide à ceux qui en ont grand besoin. Ainsi, nous voyons comment Dieu continue à ouvrir les oreilles et à délier les langues pour entendre et proclamer ensuite la parole salvatrice du Christ. Notre foi commune célébrée dans le baptême nous rend capables de proclamer ensemble la compassion du Christ. En dépit de la souffrance, nous devenons un en nous rapprochant davantage du Christ car nous reconnaissons que tout est réconcilié et rassemblé en Christ. Cela est ancré dans la reconnaissance de l’unique baptême et dans le devoir qui en résulte de glorifier Dieu et son œuvre.

Prière

Dieu de compassion, en Jésus tu as prononcé la Parole qui nous sauve. Par son intercession, nous prions pour que nos oreilles soient ouvertes aux cris de ceux qui sont victimes de la conspiration du silence. Que Jésus délie nos langues afin qu’ensemble nous puissions proclamer à tous ceux qui souffrent en silence la puissance de son amour qui guérit tout. Affermis-nous par la grâce de notre baptême commun afin que l’unité que nous avons en Christ soit notre force pour porter l’espérance à ceux qui désespèrent ; qu’ensemble nous proclamions notre délivrance en Christ, notre Seigneur. Amen.

3e Jour     L’Esprit-Saint nous donne la Parole
                 « L’Esprit me rendra témoignage » (Jn 15, 26)

Joel 3 1-2: Je répandrai mon Esprit sur toute chair

Ps 104 (103): Tu renouvelles la face de la terre

1 Cor 12, 1-4, 12-13: Nul peut dire « Jésus est Seigneur » si ce n’est par l’Esprit-Saint

Jn 15, 26-27;16, 12-13: L’Esprit de vérité me rendra témoignage

Commentaire

Nous sommes un dans l’Esprit. Tous nous avons été abreuvés d’un seul Esprit. Est-ce en un seul Esprit que nous tous avons été baptisés en un seul corps ? C’est l’Esprit-Saint qui parle et qui nous donne l’énergie vitale, la force intérieure pour parler, pour annoncer et proclamer ensemble la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu

Nous désirons vivre la vie de l’Esprit, comme communauté en pèlerinage vers l’unité.  Si nous vivons selon l’Esprit, nous désirons ce qui est de l’Esprit. Et le désir de l’Esprit, c’est la vie et la paix.

L’Esprit-Saint nous fait agir. Nous désirons briser les différentes formes de silence qui nous entravent et nous paralysent : des situations chaotiques, des ruptures humaines, tout ce qui blesse la dignité des personnes et des peuples. Comment libérer la parole ? Où trouver la force de semer une parole de vie, d’espérance, d’ouverture ? Comment nous dégager de tout ce qui nous enferme et nous immobilise ?

L’Esprit qui est répandu sur toute chair nous pousse à prophétiser. C’est l’Esprit qui nous recrée en renouvelant la face de la terre. C’est l’Esprit qui nous fait crier «Jésus est Seigneur ». C’est l’Esprit qui rend témoignage au Seigneur et qui nous rend capables de devenir des témoins pleins de courage. C’est l’Esprit que Dieu envoie dans nous cœurs, qui nous fait proclamer «Abba, Père » et nous fait ainsi prendre conscience de notre identité profonde : nous ne sommes plus esclaves mais fils et filles de Dieu.

Quand les enfants et les jeunes de l’Ecole secondaire COMTEC d’Umlazi (Afrique du Sud)  se rassemblent pour une célébration œcuménique (cf. Introduction au thème), quand ils invoquent ensemble l’Esprit-Saint, une nouvelle espérance naît pour le monde entier. C’est l’Esprit qui pousse ces jeunes à ne pas noyer dans le silence et le désespoir les grandes difficultés qui sont les leurs - vie familiale, chômage, criminalité, maladie. Ils louent le Christ et se mettent à sa suite. Ils s’engagent avec générosité au service de leurs frères et sœurs. Ils sont porteurs de la joie, de la paix, de l’unité dans l’Esprit. Dans notre cheminement œcuménique, ces jeunes d’Umlazi sont des signes d’espérance et d’unité dans l’Esprit-Saint.

Prière

Viens, Esprit-saint ! Donne-nous de discerner dans notre pèlerinage vers l’unité, le don de ta présence. Donne-nous la force intérieure pour devenir des instruments de joie et d’espérance dans le monde. Que ton souffle nous rende unis. Que ta voix nous donne la parole opportune pour confesser ensemble notre Dieu et Seigneur, et pour briser le silence qui détruit. Esprit de vie et d’amour, renouvelle-nous dans l’unité. Amen.

4e Jour      Le silence des oubliés et les cris de ceux qui souffrent
                  « Si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance »
(1 Co 12, 26)

Ex 3, 7-10: Dieu entendit les cris des oppressés

Ps 28(27), 1-8: Seigneur, ne reste pas muet

1 Co 12, 19-26: Plusieurs membres mais un seul corps en Christ

Mc 15, 33-41: Jésus cria d’une voix forte : Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

Commentaire

Le monde dans lequel nous vivons est un monde de grande souffrance. Presque chaque jour, la télévision diffuse des images dramatiques et les journaux nous racontent les terribles catastrophes qui s’abattent sur les populations. Mais les épreuves endurées par de nombreuses personnes ne sont souvent même pas reconnues. On oublie tous ces gens. On pourrait croire qu’ils souffrent en silence, mais cela est faux. Ce silence est plutôt la preuve de notre ignorance et de notre égoïsme.

Dieu entend ce que souvent nous ne voulons pas entendre. Il entend les cris de ceux qui souffrent et il voit leur oppression. Il ne l’ignore pas (Ex 3). A la lecture du récit de la sortie d’Egypte du peuple d’Israël, les habitants d’Afrique du Sud se souviennent de leur propre libération de l’apartheid. Même s’ils étaient systématiquement réduits au silence, leurs appels à la liberté et à la justice retentissaient ; ils enduraient de grandes souffrances et ils attendirent longtemps avant de pouvoir retrouver la liberté.

Aujourd’hui en Afrique, nombreuses sont les victimes de la pandémie du Sida. Aucune guerre dans le monde n’a été aussi meurtrière que le Sida. Mais cela intéresse bien peu de gens – en particulier dans les sociétés occidentales. Un mur de silence divise le monde. Le Psaume 28 nous montre une personne qui souffre, qui crie vers le Seigneur. Dans la misère et l’espérance, c’est vers Dieu qu’elle se tourne. Elle prie et garde l’espoir que Dieu la verra, car les autres ne voient pas sa douleur.

Ensemble nous croyons que Dieu partage les difficultés et les craintes de ceux qui souffrent. Le cri du Christ en croix en est le signe le plus éloquent (Mc 15). Dieu n’est pas loin mais il est au cœur de nos souffrances.

Nous formons un seul corps dans le Christ de compassion. La misère de certains membres ne les touche pas eux seuls, mais tous sont concernés. Nous ne pouvons ignorer les cris des malades ou leur demander de se taire en leur disant que Dieu les juge. Si Paul a raison lorsqu’il dit : « Si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance » (1 Co 12), alors nous pouvons affirmer que « l’Eglise tout entière a le Sida ». Nous sommes liés les uns aux autres en un seul corps, celui du Christ. Ensemble, nous devons prendre soin des laissés pour compte et de ceux que l’on ignore.

Face au grand défi posé par le Sida, nous avons besoin d’une Eglise unie et non pas divisée. Nous avons besoin d’une Eglise où tous coopèrent et construisent une communauté de compassion et de foi en tant que corps du Christ ; une communauté qui brise le silence des oubliés et entend les cris de tous ceux qui souffrent.

Prière

Dieu éternel, tu es l’espérance des laissés pour compte de notre monde. Tu entends le cri des cœurs blessés et la voix des âmes désespérées. Apprends-nous, par la puissance de ton Esprit, à entendre avec tes oreilles et dans le silence à savoir percevoir la voix de ceux qui souffrent et espèrent. En tant que membres du corps unique du Christ, fais que nous soyons toujours plus une communion de compassion et un signe prophétique de l’incarnation de ta grâce et de ta justice. Amen.

5e Jour      Dieu juge notre silence
                  « Chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits » (Mt 25, 45)

Mi 6, 6-8: Qu’attend de nous le Seigneur ?

Ps 31(30), 1-5: Dieu, refuge et fidèle rédempteur

1 P 4, 17: Le jugement commence par la maison de Dieu

Mt 25, 31-46 (41-46): A moi non plus, vous ne l’avez pas fait

Commentaire

Ceux qui souffrent en silence – qui ont perdu la voix ou en ont été privés – trouvent refuge et espérance en Dieu qui est fidèle à les secourir. C’est donc à juste titre qu’ils cherchent de l’aide, non seulement auprès de Dieu mais auprès de ses serviteurs, et en particulier auprès des chrétiens et des églises. Ces derniers sont appelés à s’exprimer au nom de ceux qui ne peuvent prendre la parole ou ne le feraient pas et à aider ceux qui sont sans force à parler eux-mêmes : le Seigneur exige de nous que nous œuvrions avant tout en faveur de la justice.

Malgré cela, les espoirs de ceux qui souffrent n’ont pour toute réponse que notre silence. Les chrétiens et les églises ne prennent pas toujours position ou n’œuvrent pas toujours comme ils le devraient pour aider ceux qui sont sans voix à prendre la parole. Nous sommes appelés à servir les autres, jusqu’au plus petit d’entre eux et pourtant, souvent nous manquons à notre devoir. Même en sachant que Jésus est présent dans les plus petits d’entre nous, nous ne sommes pas toujours disposés à les aider comme nous le devrions.

Nous savons qu’il est temps que le jugement commence par la maison de Dieu. Nos actions sont comparées avec ce que nous sommes appelés à accomplir, tout écart est donc immédiatement visible : tant que nous gardons le silence et que nous ne donnons pas à ceux qui sont sans force la possibilité de s’exprimer, Dieu nous juge. Toutefois, le jugement divin n’a pas pour but de condamner mais de nous conduire à une vie nouvelle. La confession nous libère : en reconnaissant que notre silence nous rend complices des souffrances des autres, nous pouvons alors parler en leur nom et leur donner les moyens de prendre eux-mêmes la parole.

En tant que chrétiens et églises – où que nous nous trouvions –, nous avons le devoir de nous demander si nous ne gardons pas trop souvent le silence quand il s’agit de répondre à certaines questions :

  • Faisons-nous de notre mieux pour parler au nom des autres et pour leur donner les moyens de prendre la parole ?
  • Dans la négative, est-ce parce que nous ne sommes pas capables d’entendre les cris de ceux qui souffrent ? Ou bien restons-nous paralysés à la vue de tant de malheurs, par exemple des enterrements incessants dans les townships, des bidonvilles et les zones rurales ?
  • Les églises sont-elles parfois si occupées à résoudre leurs questions internes qu’elles n’entendent pas les cris de ceux qui sont au dehors ?
  • Les divisions entre les églises empêchent-elles de prêter attention aux cris de ceux qui souffrent ?

Ce sont là des questions dérangeantes mais en nous les posant tous ensemble, nous réussirons à briser le silence et témoignerons ainsi de notre unité au service de ceux qui souffrent.

Prière

Dieu, notre refuge et notre rédempteur,
Entends la parole de ceux qui sont sans voix ;
Ouvre leurs bouches afin qu’ils puissent parler et accorde-leur enfin la justice et la guérison, la joie et la paix.
Ouvre nos oreilles pour que nous entendions les cris de ceux qui souffrent ;
Ouvre nos lèvres pour que nous puissions parler en leur nom ; et
Ouvre nos cœurs afin que nous nous engagions pour que d’autres aient la possibilité de s’exprimer.

Amen.

6e Jour      Retrouver la force de parler
                  « Alors la femme, craintive et tremblante… lui dit toute la vérité » (Mc 5, 33)

Jg 6, 11-16: Je serai avec toi

Ps 50 (49),1-15: Appelle-moi

Ac 5, 26-32: Obéir à Dieu

Mc 5, 24-34: Dire toute la vérité

Commentaire

Il est des sujets que l’on est supposé ne pas aborder: notamment ceux du sexe, de l’argent et de la religion. L’attitude de Jésus envers la femme souffrant d’hémorragies était à la fois novatrice et inouïe. Ce sont la foi et la confiance en Jésus qui la poussèrent à s’approcher de lui avec l’assurance qu’il lui apporterait la guérison. Jésus, dont elle touche les vêtements, réalise qu’une force est sortie de lui alors que la femme sent qu’elle est guérie, qu’elle retrouve la force de parler, de dire que son histoire faite de longues souffrances silencieuses est enfin terminée. Ce n’est en effet qu’après qu’elle a raconté son expérience que Jésus dit : Sois guérie.

Cette situation présente des similitudes avec ce que vivent de nombreux pasteurs d’Afrique du Sud : désirant offrir un accompagnement aux malades du Sida, ils en sont empêchés par la conspiration du silence et de la honte. Ce n’est que lorsque ceux qui sont contaminés ou touchés d’une manière ou d’une autre par la maladie sont prêts à raconter leur expérience que peuvent venir les mots et les gestes de guérison et que les personnes peuvent être aidées. Un dicton zoulou affirme que garder un secret dans le plus grand silence est comme s’asseoir sur un scorpion. C’est le devoir et le défi des églises de savoir offrir aux personnes contaminées un environnement dans lequel elle se sentent en sécurité pour parler.

Les églises elles-mêmes ont besoin de pouvoir parler de certains sujets qui, pour une raison ou une autre, sont difficiles à aborder ; pour sortir du contexte sud-africain, des sujets comme la guerre et la paix, le capitalisme mondial et ses effets destructeurs, la tragédie des demandeurs d’asile ou les mauvais traitements infligés aux enfants. Pour l’Eglise, ceci ne saurait être un choix car là est sa véritable raison d’être. Dieu appelle l’Eglise à proclamer sa Parole dans le monde, à porter la Bonne Nouvelle à ceux qui sont dans le besoin ; par conséquent, les églises ne peuvent garder le silence quand des forces extérieures font obstacle à l’incarnation de la Parole de Dieu. Pourtant, il arrive que les églises elles-mêmes entravent cette incarnation par leurs divisions et leur désunion. La Parole qui a été confiée aux églises est une et ce n’est qu’en parlant d’une même voix et en agissant avec la même sollicitude qu’elles témoigneront réellement et de manière crédible de cette Parole. Les églises doivent être prêtes par conséquent à exprimer leur honte devant leurs propres divisions. La guérison ne sera possible qui si nous réussissons à parler de la pénible vérité de notre désunion.

Prière

Dieu créateur, par ta parole, tu as fait un monde bon ; ton Fils ressuscité intercède en notre faveur ; ton Esprit nous guide vers la vérité tout entière. Pardonne-nous pour toutes les fois où notre silence a porté atteinte au monde que tu as créé, a entravé l’accomplissement de l’œuvre du Christ et étouffé la vérité. Donne-nous le courage, en tant qu’individus et en tant qu’églises – de proclamer d’une seule voix la vérité dans l’amour, d’incarner ta compassion pour tous ceux qui souffrent et de répandre la Bonne Nouvelle de ton Evangile partout dans le monde, au nom de Celui en qui ta Parole a pris chair parmi nous, notre Seigneur Jésus Christ. Amen.

7e Jour      Abandon
                  « Mon salut reste loin » (Ps 22, 1)

Es 53, 1-5: Porter nos souffrances, supporter nos douleurs

Ps 22, 1-5: Abandon

Rm 8, 35-36: Séparés de l’amour du Christ ?

Mt 27, 57-61: L’amour mis au tombeau

Commentaire

Le cri d’abandon de Jésus sur la croix fait écho aux paroles du psalmiste : « J’ai beau rugir, mon salut reste loin ». Le serviteur souffrant doit endurer la honte d’être exécuté comme un criminel ordinaire. Vient ensuite le silence total de la mort et du tombeau, fermé à l’aide d’une grande pierre, Marie de Magdala et l’autre Marie restant assises, sans voix, face au sépulcre.

Il est des moments dans notre vie où la souffrance dépasse toute mesure, où aucune parole, aucun cri, aucune larme, aucun geste ne peuvent exprimer notre douleur. C’est comme si nous étions là avec les femmes près du tombeau, à regarder disparaître tout ce que nous avions aimé et espéré.

Les cimetières des townships et des zones rurales en Afrique du Sud sont remplis d’espoirs brisés et de peines inexprimables. Des familles qui jusque-là n’avaient qu’une tombe à visiter, en ont désormais neuf. Etant donné le manque de place dans les cimetières, les personnes sont enterrées par-dessus les autres membres de leur famille et les membres du clergé célèbrent fréquemment les funérailles de plusieurs personnes en même temps. Jusque-là les pères et les mères envisageaient leur avenir autour d’une famille toujours plus grande. Aujourd’hui, dans d’innombrables cas, les enfants ont devant eux un futur sans parents. La mort peut réduire au silence des communautés tout entières.

Cependant, c’est par sa souffrance que le Christ nous a sauvés. Il a porté la douleur de toute l’humanité et par sa mort, il a racheté tous nos péchés. Il a été mis en croix pour attirer à lui tous les hommes et les femmes. Dans sa souffrance et son désarroi sur la croix, il a véritablement fait l’expérience de la douleur humaine la plus sombre et la plus effrayante. Plus nous nous approchons de la croix du Christ et plus nous nous rapprochons les uns des autres. Le Christ a donné sa vie pour tous les hommes de la terre et en reconnaissant que tous nous sommes bénéficiaires à part égale de son œuvre de salut, nous découvrons en cela notre unité déjà donnée. La vie de l’Eglise doit être l’expression de cette unité qui est notre dette envers lui.

Prière

Seigneur, toi qui nous donnes la vie, toi qui nous gardes en vie, nous te remercions car tu connais et comprends notre souffrance. Par le Christ, tu as pris sur toi nos infirmités et par ses blessures, tu nous a guéris. Accorde-nous foi et courage quand nous sommes accablés. Face aux grandes souffrances telles que le Sida, le cancer, la malaria et les traumatismes de la guerre, chasse de nous tout désespoir. Quand la souffrance obscurcit le sens de la vie, fais que nous nous tournions vers le Christ qui a souffert mais a vaincu la mort et fait de nous un peuple racheté. En son nom, nous te prions. Amen.

8e Jour      Résurrection – glorification
                  « Que toute langue confesse que le Seigneur, c’est Jésus Christ » (Phil 2, 11)

Ez 37, 1-14: Le Seigneur vous fera remonter de vos tombeaux

Ps 150: Que tous ce qui respire loue le Seigneur

Rm 8, 31-39: Jésus Christ est mort, bien plus il est ressuscité… il intercède pour nous !

Lc 24, 44-52: Les apôtres étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu

Commentaire

L’Afrique du Sud ploie, victime de la violence et de la maladie. La mort injuste frappe à la porte de tous les démunis des bidonvilles et des zones rurales. Pourtant, tous les dimanches chacun proclame en confiance la résurrection du Seigneur, souvent après avoir assisté, le jour précédent, à la sépulture de ses défunts.

Cette détermination à célébrer la résurrection du Seigneur conduit toute peine et toute douleur à l’espérance. C’est d’un tombeau que vient la glorification de la victoire de la mort par la croix. Dans la foi en la puissance de Dieu qui donne vie à ce qui est mort, les Églises d’Umlazi commencent à célébrer la Pâque par une nuit de veille où ils se rendent en procession jusqu’aux cimetières, à la lumière des cierges, proclamant au milieu des tombes des personnes aimées que « le Christ est ressuscité ». Cela nous rappelle la prophétie d’Ezéchiel d’une terre nouvelle, où l’Esprit de Dieu met un souffle dans des ossements desséchés qui sont ainsi ramenés à la vie. Les chrétiens célèbrent la puissance divine qui transforme la mort en vie.

L’Epître aux Romains de saint Paul parle du Christ ressuscité assis à la droite du Père d’où il nous annonce que tout être humain possède sa place auprès de Dieu, témoignage de la médiation divine qui offre au monde la réconciliation, la consolation et le pardon. La confiance en la puissance de l’amour de Dieu nous donne la force d’affronter la mort et les situations qui en apparence nous accablent. Nous pouvons aussi être sûrs que si rien ne peut nous séparer de l’amour du Père, alors par la grâce de Dieu, rien ne peut nous séparer les uns des autres.

De la mort, Dieu fait jaillir la vie. Dieu murmure une parole d’espérance à l’oreille d’un peuple croyant en agonie, à l’oreille de ceux qui attendent avec impatience l’unité. C’est une espérance en ce que Dieu prépare pour nous, ce dont les croyants sont à peine conscients et qui reste mystérieux : la venue du royaume de Dieu. C’est l’espérance que tout le silence désespéré et que la division constante disparaîtront un jour, de sorte que chaque langue pourra proclamer d’une seule voix la gloire de Dieu le Père. Ce que Dieu murmure à nos oreilles, cet avant-goût de son Royaume demeure un mystère mais il exige dès maintenant que nous nous engagions. L’espérance qui soutient les croyants d’Afrique du Sud et les empêche de s’abandonner au désespoir devrait donner la force à tous les croyants d’être solidaires avec tous ceux qui souffrent. Chacun de nous doit être prêt à devenir un instrument de la mission de Dieu afin d’apporter la vie et la lumière à ceux qui vivent dans l’obscurité de la souffrance et de l’injustice. C’est cette même espérance qui doit inciter les chrétiens à rechercher l’unité à travers un œcuménisme au quotidien et à rester ouverts à toute nouvelle manière pouvant nous permettre d’exprimer ensemble la foi que nous partageons.

Prière

Seigneur Dieu, que nous aimons, devant la croix de ton Fils offerte au monde nous contemplons la souffrance d’une humanité qui implore ton secours.

Fais monter en nous une hymne de victoire qui proclame que c’est « par la mort » qu’il a vaincu la mort et que cette vie nouvelle inaugurée au matin de Pâques nous offre la vie et la victoire sur la mort et les forces du mal. Amen

Prière supplémentaire

(publiée sous la responsabilité du groupe œcuménique local d’Afrique du Sud)

Intercessions pour les personnes atteintes par le Sida

L : Ô Dieu, notre Père, créateur du ciel et de la terre
C : Prends pitié de nous.

L : Ô Dieu, le Fils, sauveur du monde
C : Prends pitié de nous.

L : Ô Esprit-Saint de Dieu, avocat, guide et consolateur
C : Prends pitié de nous.

L : Ô Trinité sainte, bénie et glorieuse
Trois Personnes en un seul Dieu
C : Prends pitié de nous.

L : Dieu notre Père, écoute notre prière pour ceux qui sont infectés par le Sida,
ceux qui sont en danger de mort.
Accorde-leur le réconfort de ta présence, fais qu’ils cherchent ton visage,
et trouvent la force en toi qui es la source de la vie.
C : Prends pitié, écoute notre prière.

L : Seigneur Jésus, écoute notre prière pour ceux qui viennent juste d’apprendre qu’ils sont infectés par le virus VIH mais qui ne sont pas encore malades.
Rappelle-leur qu’ils ont encore une vie devant eux :
Fais qu’ils trouvent en Toi la Vie, le Chemin et la Vérité.
C : Jésus, Seigneur de la vie, écoute notre prière.

L : Esprit-Saint de Dieu, écoute nos prières pour ceux
Qui soignent les personnes malades du Sida.
Accorde-leur la certitude de la présence du Père et de l’amour de Jésus.
Accorde-leur ton réconfort, donne-leur ta paix.
C : Esprit de sainteté, écoute notre prière.

L : Père, nous prions pour que tous nous entendions ton appel en ces circonstances,
un appel au repentir, un appel à venir en aide aux autres.
Nous prions pour que tous fassent pénitence de leur immoralité et modèlent leur vie sur les conseils que nous donne ta Parole ;
Aide-nous afin que nous puissions vivre de manière responsable,
en ne pensant pas uniquement à nous mais aussi à ceux qui sont autour de nous.
Nous prions pour les scientifiques et les médecins travaillant pour la recherche afin qu’ils trouvent un remède au Sida.
Nous prions pour ton Eglise.
Guide-nous afin que nous puissions donner ton réconfort à ceux qui ont besoin d’être soutenus.
Comble nos cœurs de ta compassion pour que les malades du Sida aient la certitude que l’Eglise les aidera ;
Guide-nous afin que nous sachions comment aider ceux qui en ont besoin.
Nous te le demandons car ta miséricorde pour nous est immense.
C : Seigneur de miséricorde, écoute notre prière.

Tous : Amen.

La situation œcuménique en Afrique du Sud[1]

Cette présentation du contexte œcuménique local est divisée en trois parties. Elle débute par une réflexion sur les relations œcuméniques en Afrique du Sud. La seconde partie porte plus particulièrement sur la township d’Umlazi, près de Durban, où le projet de textes pour la Semaine de prière de cette année a été préparé ; elle présente les défis accablants que ses habitants doivent affronter. Ce texte se conclut par un compte-rendu plus personnel proposé par des responsables d’églises d’Umlazi sur la collaboration et la vitalité œcuméniques qu’on trouve dans cette ville.

Les églises d’Afrique du Sud

Aujourd’hui, dans tous les débats, qu’ils portent sur la situation économique, l’éducation ou encore la théologie, il est désormais quasiment de rigueur de parler de « l’avant 1994 » et de « l’après 1994 ». Cette distinction entre l’avant et l’après 1994 n’est pas seulement une question de convenances. Il s’agit d’une réalité profonde qui marque tous les aspects de la vie en Afrique du Sud. Le débat ecclésiologique ne fait pas exception. Avant 1994, l’objectif des églises d’Afrique du Sud s’imposait à elle. La bataille qu’elles menaient pour que cessent les lois injustes, la législation discriminatoire et les pratiques de l’apartheid leur laissait bien peu de temps pour s’engager dans autre chose. Avec la levée des interdictions qui bloquaient l’activité des mouvements de libération, la sortie de prison de nos responsables politiques et l’élection d’un gouvernement démocratique, les églises se sont soudain retrouvées sans objectif évident. Depuis lors, elles se sont efforcées d’avoir une parole commune.

Approximativement, on peut dire que les églises d’Afrique du Sud sont réparties en deux groupes principaux : celles qui furent fondées en Europe (pour la plupart des églises protestantes, mais aussi l’Eglise catholique et, numériquement beaucoup plus petites, les églises orthodoxes et coptes ) et celles qui ont vu le jour sur le continent africain. Outre ces deux grands ensembles, il existe un groupe plus restreint mais significatif d’églises de nature plutôt pentecôtistes et fondées aux Etats-Unis. A l’exception de l’Eglise d’Angleterre en Afrique du sud, de l’Eglise évangélique luthérienne allemande et de l’Union baptiste, les églises d’origine européenne sont toutes membres du Conseil des églises sud-africain (SACC). En 2004, l’église réformée néerlandaise, qui apporta un soutien tant moral que théologique au gouvernement de l’apartheid, a publiquement demandé pardon et a exprimé le désir d’être admise au SACC. Depuis l’avènement de la démocratie en 1994, un certain nombre d’églises fondées en Afrique sont aussi devenues membres du SACC (à la grande exception de l’église chrétienne sioniste et de l’église Shembe, lesquelles comptent un grand nombre de fidèles).

Un certain nombre d’églises membres du SACC (méthodistes, presbytériennes, anglicanes et congrégationalistes unies) sont également membres de la Commission pour l’unité des églises. A travers cette commission, des accords ont été conclus qui établissent la pleine reconnaissance du baptême et de la pratique eucharistique, de même que la pleine reconnaissance des ministères des églises en question. Quant au ministère épiscopal de supervision, le débat se poursuit.

Ironie du sort, à mesure qu’augmente le nombre d’églises participant au mouvement œcuménique en Afrique du Sud, l’objectif commun devient plus flou. Ceci ne signifie pas qu’il n’existe pas de thème réclamant l’attention. Le virus du Sida est une question qui concerne tout le monde en Afrique du Sud car la vie de chacun en a été affectée. Toutefois, on remarque qu’il n’existe aucun objectif commun dans la manière dont est affrontée cette pandémie. Bien que le chômage ait atteint des proportions énormes, au sein des églises (comme dans le parti actuellement au pouvoir) aucun consensus n’a été trouvé pour mieux affronter la situation. La violence à tous les niveaux de la vie, et plus particulièrement celle dont sont victimes les femmes et les petites filles, est un problème constant contre lequel les églises doivent réagir.

Si notre description s’arrêtait là, elle serait de fait plutôt sombre. Heureusement, cette histoire a un envers. Contrairement à de nombreux pays parmi les plus développés, la majeure partie des églises d’Afrique du Sud jouissent d’une communauté vaste et vivante. Au niveau local, beaucoup est fait pour répondre aux problèmes de la pauvreté, de la santé (en particulier des maladies liées au Sida) et de l’éducation. On ne compte plus les exemples édifiants et réconfortants : telle paroisse où l’on prend soin des malades du Sida à leur domicile, tel groupe de femmes qui s’occupe d’orphelins après la classe, telles femmes qui ont eu l’idée de créer des jardins potagers dans un objectif social ou de petits centres d’artisanat. Peut-être est-ce pour le moment le chemin pour les églises : pas de projet au niveau national mais des initiatives locales à petite échelle, souvent de type œcuménique, qui font du royaume de Dieu une réalité et qui réussissent à briser le silence sur la pauvreté, la maladie, la violence et le désespoir.

Les textes de la Semaine de prière de cette année nous viennent d’une situation locale profondément marquée par l’intensité de la crise décrite ci-dessus et par un immense courage et une volonté de collaboration œcuménique pour y faire face.

Umlazi, Bhekithemba et leurs environs

En 1950, le gouvernement de l’apartheid en Afrique du Sud fit passer le Group Areas Act qui établissait par la contrainte une séparation physique entre les citoyens, en créant des zones de résidence différentes pour les personnes de races différentes. Plus de 3 millions de personnes furent ainsi déplacées de force et on assista à la naissance des « townships » dans lesquelles était confinée la majorité de la population noire. Il s’agissait de zones surpeuplées ne disposant que de pauvres habitations, de services de santé et d’éducation inadaptés et qui n’offraient que peu d’emploi. Umlazi était à l’origine une de ces townships.

L’héritage laissé par l’apartheid – racisme, chômage et pauvreté – continue à poser un formidable défi aux habitants d’Umlazi. Avec plus de 40 % de la population au chômage et la majeure partie de la population en activité gagnant juste de quoi nourrir leurs familles, ses habitants n’ont guère d’espoir de pouvoir quitter la township. La population d’Umlazi et de ses environs s’élève à 750 000 habitants et pourtant les infrastructures sont très peu développées. Il n’existe en effet aucun équipement de loisirs, pas même un terrain de football ou un cinéma. Il n’y a pas assez d’établissements scolaires, ni de centres médico-sociaux ou de logements adaptés. Il est à remarquer que les anciennes townships  ne sont pas aujourd’hui les zones les plus pauvres d’Afrique du Sud. Ces dernières sont plutôt les régions rurales peu développées et les bidonvilles – anciennement appelés « camps d’occupation» – que l’on trouve en marge de la plupart des grandes villes du pays.

La pauvreté et le chômage constituent donc un terrain fertile pour la criminalité actuellement très élevée et les problèmes de violence au sein des familles et des communautés. Mais le défi actuellement le plus grand pour la population d’Umlazi est la pandémie du Sida. On estime que plus de 50 % des habitants sont contaminés. Bon nombre de personnes n’ayant pas fait de test, il est difficile de connaître avec exactitude l’étendue de la contagion. Mais il est clair qu’elle a un poids écrasant sur la la réalité d’aujourd’hui. Chacun, dans cette région, est touché d’une manière ou d’une autre par le Sida. Plus de 10 % des nouveaux nés sont déjà contaminés et beaucoup d’entre eux meurent au cours de leurs premières années. La population des 14-40 ans a été décimée, de nombreux enfants sont livrés à eux-mêmes et vivent dans la rue ou seuls chez eux, tandis que d’autres vivent avec leurs grands-parents.

Aucune personne, famille, église ou communauté n’est en mesure d’affronter seule les problèmes du chômage, de la pauvreté, de la criminalité, de la violence envers les femmes et les enfants et du Sida. Ces fléaux sont trop grands pour une Eglise divisée. C’est donc cette situation extrêmement critique qui a fourni un ordre du jour pour l’œcuménisme. Les Zoulous disent : « On ne passe pas à côté de quelqu’un qui est en train de construire une maison sans lui donner un coup de main ! » L’apartheid a réussi à faire tomber les barrières entre les églises ; aujourd’hui au niveau local, le Sida a le même effet.

Les églises d’Umlazi et celles d’autres townships ont contribué à la construction de centres médico-sociaux. Elles ont aussi lancé des programmes d’assistance à domicile formant du personnel bénévole pour soigner les malades et les mourants à leur domicile. Cela implique pour ces travailleurs bénévoles, qui veulent apporter un changement dans la vie de ceux qui souffrent, de se soumettre à un travail éprouvant au plan physique, émotionnel et spirituel. D’autres projets s’occupent des orphelins et des enfants en difficulté, de l’éducation des jeunes, telle que l’initiative « briser le silence » mentionnée dans l’introduction des textes de cette année. La collaboration entre églises va au-delà de ces vastes programmes et comprend également la prière et le témoignage communs ainsi que d’autres exemples d’un œcuménisme de vie, comme le montre la réflexion des responsables d’églises locaux ci-dessous.

Des responsables d’églises à Umlazi témoignent de leur collaboration œcuménique

Le fait est que nos différentes églises et leur clergé sont au service de fidèles qui sont             1) membres de la même famille, 2) amis et collègues, 3) habitants du même quartier et 4) bénéficiaires au quotidien des services d’une même municipalité, d’un même hôpital, et utilisent le même cimetière. Ainsi, fêtes/célébrations, mariages, confirmations et funérailles/messes de requiem ont inévitablement un caractère œcuménique. En réalité, nombreuses sont les personnes qui ne réalisent qu’elles appartiennent à des églises différentes que pendant les deux heures de célébration dominicale.

Lors des enterrements, lesquels sont particulièrement fréquents actuellement, les vêtements liturgiques colorés et divers expriment toute la beauté de l’arc-en-ciel que forme le peuple de Dieu. On s’aperçoit également que la majorité des gens simples ne connaissent pas la différence qui existe entre diverses conceptions de l’eucharistie et du partage eucharistique dans les différentes églises. Mais, ils comprennent que beaucoup de choses les unissent. On a même parfois l’impression que les fidèles laïcs africains comprennent et vivent plus profondément que le clergé et les églises la théologie du baptême en tant que véritable lien familial.

Les laïcs agissent ensemble et se rencontrent en de nombreuses occasions. En écoutant les médias, ils découvrent les charismes du clergé des autres confessions. Lorsqu’ils organisent des retraites pour eux-mêmes, ils n’attendent pas que quelqu’un choisisse pour eux un directeur de retraite. Ils se sentent autorisés à choisir parmi tous les ministres des confessions présentes. Par exemple, récemment une paroisse anglicane a invité un prêtre catholique pour animer leur retraite. Peu après, le ministre anglican de cette paroisse a été invité à conduire la retraite de la paroisse catholique. Dans ce cas, ce sont les laïcs qui ont pris l’initiative et les pasteurs qui se sont adaptés. Il est juste qu’il en soit ainsi. Les personnes abattent ensemble les animaux, ils célèbrent les fêtes ensemble, ils pleurent et se réjouissent ensemble. Il n’y a rien de plus juste que les charismes d’une église ou d’une paroisse soient partagés avec les autres.

Parmi les églises d’Umlazi, l’échange œcuménique de chaire ou d’autel est extrêmement fréquent, surtout entre les églises membres de la Commission pour l’unité de l’Eglise. Il existe de nombreux autres exemples d’églises s’entraidant dans leur ministère. Par exemple, en ce qui concerne la gestion des églises et leurs efforts pour être autonomes, un ministre/sous-diacre anglican laïc a récemment commencé à enseigner la gestion dans les différentes églises. Il a visité plusieurs communautés chrétiennes voisines de la région, partageant avec elles ce qu’il avait appris. Par ailleurs, des rencontres ont lieu entre personnes chargées de ministères semblables. Par exemple, les assistants à la table de communion d’églises différentes se rencontrent chaque année, une des églises locales offrant l’hospitalité et un repas en cette occasion.

C’est maintenant la tradition que la célébration du Vendredi Saint soit en partie œcuménique. Souvent a lieu une procession au cours de laquelle une croix est portée d’une église à l’autre. En d’autres endroits, une célébration œcuménique est organisée, après quoi les fidèles retournent dans leurs propres églises.

Nous sentons que l’époque où nos frères et sœurs qui adoptèrent l’apartheid du Dr Verwoerd et le baptisèrent dans la foi chrétienne est définitivement révolue. Nous ne raisonnons plus en ces termes : « nous » et « eux ». Il y a des années, les catholiques accusaient les anglicans d’hérésie ; les anglicans critiquaient les méthodistes qui a leur tour critiquaient les pentecôtistes qui accusaient catholiques et anglicans d’idolâtrie. Bien entendu, pour le plus grand plaisir de Satan et la peine de Dieu. Ces accusations étaient un cercle infernal. Heureusement, ce temps est révolu !

Récemment, lors d’un sermon prononcé au cours d’une célébration œcuménique, l’un de nos membres a déclaré : « Je suis prêtre anglican, j’ai accepté Jésus comme mon Seigneur et Sauveur. Je ne connais pas le roi Henri VIII. On m’a parlé de lui simplement au séminaire. Nous ne pouvons pas rester divisés à cause de l’histoire de l’Europe dont nous avons hérité. Pardonnez-moi – je connais Jésus… il est mort pour moi ». Grâce à Dieu, nous avons surmonté les barrières de l’apartheid et le mur de Berlin est tombé. Maintenant, nous grandissons ensemble comme églises, en cherchant à suivre Jésus qui a prié « pour qu’ils soient un ».

Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

Thèmes 1968 - 2007

C’est en 1968 que débuta officiellement la collaboration entre la Commission Foi
et Constitution du COE et le Conseil Pontifical pour la promotion
de l'unité des chrétiens pour la préparation de ces textes.

1968  Pour la louange de sa gloire   (Ep 1, 14)
To the praise of his glory 

1969 Appelés à la liberté»   (Ga 5, 13)
Called to freedom
(Réunion préparatoire à Rome, Italie)

1970 Nous sommes les coopérateurs de Dieu   (1 Co 3, 9)
We are fellow workers for God
(Réunion préparatoire au Monastère de Niederaltaich, République Fédérale d’Allemagne)

1971 ... et la communion du Saint-Esprit   (2 Co 13, 13)
... and the communion of the Holy Spirit
(Réunion préparatoire à Bari, Italie)

1972 Je vous donne un commandement nouveau   (Jn 13, 34)
I give you a new commandment
(Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1973 Seigneur, apprends-nous à prier   (Lc 11, 1)
Lord, teach us to pray
(Réunion préparatoire à l’Abbaye de Montserrat, Espagne)

1974 Que tous confessent : Jésus Christ est Seigneur (Ph 2, 1-13)
That every tongue confess: Jesus Christ is Lord
(Réunion préparatoire à Genève, Suisse)
(En avril 1974, une lettre fut adressée aux églises-membres ainsi qu’à d’autres parties intéressées à la création de groupes locaux pouvant participer à la préparation du livret de la Semaine de Prière. Un groupe australien fut le premier à s’engager concrètement en préparant en 1975 le projet initial de livret pour la Semaine de Prière).

1975  La volonté du Père : tout réunir sous un seul Chef, le Christ (Ep 1, 3-10)
God’s purpose: all things in Christ
(Projet de texte élaboré par un groupe australien. Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1976 Appelés à devenir ce que nous sommes   (1 Jn 3, 2)
We shall be like him or Called to become what we are
(Projet de texte élaboré par la Conférence des églises des Caraïbes. Réunion préparatoire à Rome, Italie.)

1977  L'espérance ne déçoit pas   (Rm 5, 1-5)
Enduring together in hope
(Projet de texte élaboré au Liban, en pleine guerre civile. Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1978 Vous n'êtes plus des étrangers   (Ep 2, 13-22)
No longer strangers
(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique de Manchester, Angleterre.)

1979 Soyez au service les uns des autres pour la gloire de Dieu (1 P 4, 7.11)
Serve one another to the glory of God
(Projet de texte élaboré en Argentine. Réunion préparatoire à Genève.)

1980 Que ton Règne vienne !   (Mt 6, 10)
Your kingdom come
(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique de Berlin, République Démocratique d’Allemagne. Réunion préparatoire à Milan, Italie.)

1981 Un seul Esprit - des dons divers - Un seul corps   (1 Co 12, 3b-13)
One Spirit - many gifts - one body
(Projet de texte élaboré par les Pères de Graymoor, USA. Réunion préparatoire à Genève.)

1982 Que tous trouvent leur demeure en toi, Seigneur   (Ps 84)
May all find their home in you, O Lord
(Projet de texte élaboré au Kenya. Réunion préparatoire à Milan, Italie.)

1983 Jésus Christ - Vie du monde (1 Jn 1, 1-4)
Jesus Christ - the Life of the World
(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique d’Irlande. Réunion préparatoire à Céligny [Bossey], Suisse.)

1984 Appelés à l'unité par la Croix de notre Seigneur (1 Co 2, 2 et Col 1, 20)
Called to be one through the cross of our Lord
(Réunion préparatoire à Venise, Italie.)

1985 De la mort à la Vie avec le Christ   (Ep 2, 4.7)
From death to life with Christ
(Projet de texte élaboré en Jamaïque. Réunion préparatoire à Grandchamp, Suisse.)

1986 Vous serez mes témoins   (Ac 1, 6.8)
You shall be my witnesses
(Textes proposés en Yougoslavie [Slovénie]. Réunion préparatoire en Yougoslavie.)

1987 Unis dans le Christ, une nouvelle création   (2 Co 5, 17-6,4a)
United in Christ - a New Creation
(Projet de texte élaboré en Angleterre. Réunion préparatoire à Taizé, France.)

1988 L'Amour de Dieu bannit la crainte   (1 Jn 4, 18)
The love of God casts out fear
(Projet de texte élaboré en Italie. Réunion préparatoire à Pinerolo, Italie.)

1989 Bâtir la communauté : un seul corps en Christ   (Rm 12, 5-6a)
Building community: one body in Christ
(Projet de texte élaboré au Canada. Réunion préparatoire à Whaley Bridge, Angleterre.)

1990 Que tous soient un... afin que le monde croie (Jn 17)
That they all may be one... That the world may believe
(Projet de texte élaboré en Espagne. Réunion préparatoire à Madrid, Espagne.)

1991 Nations, louez toutes le Seigneur   (Ps 117 et Rm 15, 5-13)
Praise the Lord, all you nations!
(Projet de texte élaboré en Allemagne. Réunion préparatoire à Rotenburg an der Fulda, République Fédérale d’Allemagne.)

1992 Je suis avec vous... allez donc (Mt 28, 16-20)
I am with you always ... Go, therefore
(Projet de texte élaboré en Belgique. Réunion préparatoire à Bruges, Belgique.)

1993  Porter le fruit de l'Esprit pour l'unité des chrétiens (Ga 5, 22-23)
Bearing the fruit of the Spirit for Christian unity
(Projet de texte élaboré au Zaïre. Réunion préparatoire près de Zurich, Suisse.)

1994  La maison de Dieu : appelés à n'avoir ‘qu'un cœur et qu’une âme’ (Ac 4, 32)
The household of God: called to be one in heart and mind
(Projet de texte élaboré en Irlande. Réunion préparatoire à Dublin, Irlande.)

1995 Koinônia : communion en Dieu et entre nous    (Jn 15, 1-7)
Koinonia: communion in God and with one another
(Réunion préparatoire à Bristol, Angleterre.)

1996 Voici, je me tiens à la porte et je frappe   (Ap 3, 14-22)
Behold, I stand at the door and knock
(Projet de texte élaboré au Portugal. Réunion préparatoire à Lisbonne, Portugal.)

1997 Au nom du Christ... laissez-vous réconcilier avec Dieu   (2 Co 5, 20)
We entreat you on behalf of Christ, be reconciled to God
(Projet de texte élaboré en Scandinavie. Réunion préparatoire à Stockholm, Suède.)

1998  L’Esprit aussi vient en aide à notre faiblesse (Rm 8, 14-27)
The Spirit helps us in our weakness
(Projet de texte élaboré en France. Réunion préparatoire à Paris, France.)

1999  Ils seront ses peuples et lui sera le Dieu qui est avec eux  (Ap 21, 3)
He will dwell with them as their God, they will be his peoples
(Projet de texte élaboré en Malaisie. Réunion préparatoire au Monastère de Bose, Italie.)

2000  Béni soit Dieu... qui nous a bénis en Christ    (Ep 1, 3-14)
Blessed be God who has blessed us in Christ
(Projet de texte élaboré par le Conseil des Eglises du Moyen-Orient. Réunion préparatoire au Sanctuaire de La Verna, Italie.)

2001  Je suis le chemin et la vérité et la vie   (Jn 14, 1-6)
I am the Way, and the Truth, and the Life
(Projet de texte élaboré en Roumanie. Réunion préparatoire à la
Casa de Odihna, Roumanie.)

2002 Car chez toi est la fontaine de la vie    (Ps 36 [35], 10)
For with you is the fountain of life (Ps 36 : 5-9)
(Projet de texte élaboré par le Conseil des Conférences Épiscopales Européennes (CCEE) et la Conférence des Eglises Européennes (CEC). Réunion préparatoire au Centre œcuménique d’Ottmaring, Augsbourg, République Fédérale d’Allemagne.)

2003  Ce trésor, nous le portons dans des vases d’argile  (2 Co 4, 7)
We have this treasure in clay jars
(Projet de texte élaboré en Argentine. Réunion préparatoire au Centre œcuménique ‘Los Rubios’, Málaga [Espagne].)

2004  Je vous donne ma paix   (Jn 14, 27)
My peace I give to you
(Projet de texte élaboré à Alep, Syrie. Réunion préparatoire à Palerme, Sicile, Italie)

2005  Le Christ, unique fondement de l’Eglise (1 Co 3, 1-23)
Christ, the one foundation of the church
(Projet de texte élaboré en Slovaquie. Réunion préparatoire à Piestaňy, Slovaquie)

2006   Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux  (Mt 18, 20)
Where two or three are gathered in my name, there I am among them
(Projet de texte élaboré en Irlande. Réunion préparatoire à Prosperous, County Kildare, en Irlande).

2007   Il fait entendre les sourds et parler les muets (Mc 7, 37)
He even makes the deaf to hear and the mute to speak
(Projet de texte élaboré en Afrique du Sud. Réunion préparatoire au Château de Faverges, Haute-Savoie, en France)

Quelques dates importantes dans l’histoire
de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

environ 1740    En Ecosse, naissance d'un mouvement pentecôtiste avec des liens en Amérique du Nord, dont le message pour le renouveau de la foi appelle à prier pour toutes les églises et avec elles.

1820    Le Révérend James Haldane Stewart publie : « Conseils pour l'union générale des chrétiens, en vue d'une effusion de l'Esprit » (Hints for the outpouring of the Spirit).

1840    Le Révérend Ignatius Spencer, un converti au catholicisme romain, suggère une « Union de prière pour l'unité ».

1867    La première assemblée des évêques anglicans à Lambeth insiste sur la prière pour l'unité, dans l'introduction à ses résolutions.

1894    Le Pape Léon XIII encourage la pratique de l'Octave de la Prière pour l'unité dans le contexte de la Pentecôte.

1908    Célébration de « L'Octave pour l'unité de l’Eglise » à l'initiative du Révérend Père Paul Wattson.

1926    Le Mouvement « Foi et Constitution » commence la publication de « Suggestions pour une Octave de prière pour l'unité des chrétiens ».

1935    En France, l'abbé Paul Couturier se fait l'avocat de la « Semaine universelle de prière pour l'unité des chrétiens sur la base d'une prière conçue pour l'unité que veut le Christ, par les moyens qu'Il veut ».

1958    Le Centre « Unité chrétienne » de Lyon (France) commence à préparer le thème pour la Semaine de prière en collaboration avec la Commission « Foi et Constitution » du Conseil œcuménique des églises.

1964    A Jérusalem, le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras Ier récitent ensemble la prière du Christ « que tous soient un » (Jn 17).

1965    Le Décret sur l’œcuménisme du Deuxième Concile du Vatican souligne que la prière est l'âme du mouvement œcuménique, et encourage la pratique de la Semaine de Prière.

1966    La Commission « Foi et Constitution » et le Secrétariat pour l'unité des chrétiens (aujourd’hui Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens) de l'Eglise catholique décident de préparer ensemble le texte pour la Semaine de Prière de chaque année.

1968    Pour la première fois, la Semaine de prière est célébrée sur la base des textes élaborés en collaboration par « Foi et Constitution » et le Secrétariat pour l'unité des chrétiens (aujourd’hui Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens).

1975    Première célébration de la Semaine de prière à partir de textes préparés sur la base d’un projet proposé par un groupe œcuménique local. Ce nouveau mode d’élaboration des textes est inauguré par un groupe œcuménique d’Australie.

1988    Les textes de la Semaine de prière sont utilisés pour la célébration inaugurale de la Fédération chrétienne de Malaysie rassemblant les principaux groupes chrétiens de ce pays.

1994    Textes pour 1996 préparés en collaboration avec l’YMCA et l’YWCA.

2004    Accord entre Foi et Constitution (Conseil œcuménique des églises) et le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens (église catholique) pour que le livret de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens soit officiellement conjointement publié et présenté sous un même format.


[1] Ce texte sur les Eglises d’Afrique du Sud et la situation œcuménique de ce pays est publié sous la responsabilité du groupe préparatoire.

 

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