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CONSEIL PONTIFICAL POUR LA PROMOTION DE L'UNITÉ DES CHRÉTIENS

Textes pour
La Semaine de Prière pour l’Unite des Chrétiens
et pour toute l’année 2008

Priez sans cesse
(1 Th 5,17)

Conjointement préparés et publiés par
Le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens
La Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Eglises

 

A tous ceux qui organisent
la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

Rechercher l'unité durant toute l'année

Traditionnellement, la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens est célébrée du 18 au 25 janvier. Ces dates furent proposées en 1908 par Paul Wattson de manière à couvrir la période entre la fête de saint Pierre et celle de saint Paul. Ce choix a donc une signification symbolique. Dans l'hémisphère Sud, où le mois de janvier est une période de vacances d'été, on préfère adopter une autre date, par exemple aux environs de la Pentecôte (ce qui fut suggéré par le mouvement Foi et Constitution en 1926) qui représente aussi une autre date symbolique pour l’unité de l’Eglise.

En gardant cette flexibilité à l’esprit, nous vous encourageons à considérer ces textes comme une invitation à trouver d'autres occasions, au cours de l'année, pour exprimer le degré de communion que les églises ont déjà atteint et pour prier ensemble en vue de parvenir à la pleine unité voulue par le Christ.

Adapter les textes

Ces textes sont proposés étant bien entendu que, chaque fois que cela sera possible, on essayera de les adapter aux réalités des différents lieux et pays. Ce faisant, on devra tenir compte des pratiques liturgiques et dévotionnelles locales ainsi que du contexte socio-culturel. Une telle adaptation devrait normalement être le fruit d’une collaboration œcuménique. Dans plusieurs pays, des structures œcuméniques sont déjà en place et elles permettent ce genre de collaboration. Nous espérons que la nécessité d'adapter la Semaine de prière à la réalité locale puisse encourager la création de ces mêmes structures là où elles n'existent pas encore.

Utiliser les textes de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens

  • Pour les églises et les communautés chrétiennes qui célèbrent ensemble la Semaine de prière au cours d'une seule cérémonie, ce livret propose un modèle de Célébration œcuménique de la Parole de Dieu.

  • Les églises et communautés chrétiennes peuvent également se servir pour leurs célébrations des prières ou des autres textes de la Célébration œcuménique de la Parole de Dieu, des textes proposés pour les Huit Jours et du choix de prières en appendice de cette brochure.

  • Les églises et communautés chrétiennes qui célèbrent la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens chaque jour de la semaine, peuvent trouver des suggestions dans les textes proposés pour les Huit Jours.

  • Les personnes désirant entreprendre des études bibliques sur le thème 20086 peuvent également se baser sur les textes et les réflexions bibliques proposés pour les Huit Jours. Les commentaires de chaque jour peuvent se conclure par une prière d'intercession.

  • Pour les personnes qui souhaitent prier en privé, les textes contenus dans cette brochure peuvent alimenter leurs prières et leur rappeler aussi qu'elles sont en communion avec tous ceux qui prient à travers le monde pour une plus grande unité visible de l'Eglise du Christ.

Texte biblique

1 Thessaloniciens 5, 12a, 13b-18

Nous vous [le] demandons, frères… Vivez en paix entre vous. Nous vous y exhortons, frères : reprenez ceux qui vivent de manière désordonnée, donnez du courage à ceux qui en ont peu ; soutenez les faibles, soyez patients envers tous . Prenez garde que personne ne rende le mal pour le mal, mais recherchez toujours le bien, entre vous et à l’égard de tous. Soyez toujours dans la joie, priez sans cesse, rendez grâce en toute circonstance, car c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus.

Traduction œcuménique de la Bible (TOB)


Introduction au thème de la Semaine de prière 2008

La ‘Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2008’ marque le 100e anniversaire de l’inauguration de l’ ‘Octave pour l’unité de l’Eglise’. Ce changement de terminologie indique que la prière pour l’unité des chrétiens a évolué au cours des années. A cet égard, un rapide tour d’horizon de son histoire nous est proposé dans la première partie de cette introduction. Dans la seconde partie sont présentés le texte biblique et le thème choisis pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2008. Nous proposons ensuite une brève réflexion sur ‘l’œcuménisme spirituel’ qui permettra de bien situer la prière pour l’unité des chrétiens. L’introduction se conclut par une brève description de la structure des huit jours de l’octave pour l’unité de cette année.

Un anniversaire important

Il y a cent ans, le Père Paul Wattson, prêtre épiscopalien (anglican) et cofondateur de la Society of the Atonement de Graymoor (à Garrisson, dans l’Etat de New York), inaugurait une Octave de prière pour l’unité des chrétiens qui fut célébrée pour la première fois du 18 au 25 janvier 1908. En 1968, exactement soixante ans plus tard, les Eglises et les paroisses du monde entier recevaient pour la première fois des textes pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, conjointement préparés par la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Eglises et le Secrétariat pour la promotion de l’unité des chrétiens (Eglise catholique).

Aujourd’hui, la collaboration entre les Eglises, les paroisses et les communautés anglicanes, catholiques, orthodoxes, et protestantes dans la préparation et la célébration de la Semaine de prière pour l’unité est une pratique désormais familière, ce qui est la preuve tangible de l’efficacité même de la prière pour l’unité. C’est donc à bon droit que nous pouvons parler de l’histoire de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens comme de celle d’un succès. Ceci est pour nous source de grande joie et de profonde gratitude.

Les antécédents de la Semaine de prière

Si ces deux anniversaires nous permettent de retracer l’histoire de la Semaine de prière, il est bien sûr évident que la prière pour l’unité n’est pas une invention du siècle dernier. Jésus lui-même éleva cette prière vers son Père : «Que tous soient un ». Depuis lors, les chrétiens n’ont cessé de prier de multiples manières pour que l’unité s’accomplisse. Malgré leurs divisions, les chrétiens de toutes les traditions ont prié en union avec la prière du Christ pour l’unité de tous ses disciples. L’antique liturgie quotidienne des Eglises orthodoxes, par exemple, invite les fidèles à prier pour la paix et l’unité de tous.

D’autres propositions avaient précédé la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens au milieu du XIXe siècle. L’importance et la nécessité de la prière – et en particulier de la prière pour l’unité des chrétiens divisés – sont mises en relief par un grand nombre de mouvements et de groupes ecclésiaux de diverses confessions (par exemple le Mouvement d’Oxford, l’Alliance évangélique et différentes initiatives féminines pour la prière). Dans sa Lettre encyclique adressée en 1902 à toutes les Eglises locales orthodoxes, le Patriarche œcuménique Joachim III soulignait que l’unité de tous les chrétiens était un « sujet de prière et de supplication incessantes ».

Paul Wattson et Paul Couturier

Lorsque le Père Paul Wattson conçut et mit en pratique l’octave de prière – qui est considérée comme étant le début de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens telle que nous la célébrons aujourd’hui –, pour lui l’unité signifiait en fait le retour des différentes Eglises dans le sein de l’Eglise catholique romaine. Cela influença son choix des dates pour l’octave : celle-ci commencerait le 18 janvier qui était à l’époque dans le calendrier catholique romain la date de la ‘Fête de la Chaire de Pierre’ et se conclurait le 25 janvier, Fête de la conversion de Paul. Après l’entrée de la Society of the Atonement dans l’Eglise catholique en 1909, le Pape Pie X donna sa bénédiction officielle à l’octave pour l’unité.

Au milieu des années 1930, l’Abbé Paul Couturier de Lyon (France) donna un nouvel objectif à l’octave pour l’unité de l’Eglise. A cette époque, la célébration de l’octave avait commencé à se répandre dans toute l’Eglise catholique et dans un petit nombre de communautés anglicanes favorables à une réunion avec l’évêque de Rome. Toutefois, pour des raisons théologiques cette approche était rejetée par un grand nombre de chrétiens n’appartenant pas à l’Eglise catholique. L’Abbé Couturier maintint alors les dates du 18 au 25 janvier mais modifia la terminologie : le but de la ‘Semaine universelle de prière pour l’unité des chrétiens’ qu’il entendait promouvoir était l’unité de l’Eglise « telle que le Christ la veut ».

Foi et Constitution

Un autre courant d’initiatives de prière pour l’unité des chrétiens est également à l’origine de la Semaine de prière. En 1915, un Manuel de prière pour l’unité des chrétiens fut publié pour la ‘Commission de l’Eglise épiscopale protestante aux Etats-Unis de la Conférence mondiale sur foi et constitution’. Dans la brève introduction de cet ouvrage, les auteurs soulignaient leur espoir que chacune des diverses communions prie pour l’unité, mais pas qu’elles prient nécessairement en un même lieu. De même ne s’attendait-on pas à ce que « les Eglises à forte tradition liturgique telle que l’Eglise catholique et la Sainte Eglise orientale orthodoxe » utilisent ce matériel mais qu’elles puisent dans leurs vastes ressources et dans leur riche héritage de prières pour l’unité des chrétiens.

A partir de 1921, le Comité permanent pour la Conférence mondiale sur Foi et Constitution publia du matériel pour une Octave de prière pour l’unité des chrétiens et suggéra qu’elle se tienne durant les huit jours précédant la Pentecôte. En 1941, la Commission Foi et Constitution déplaça ces dates au mois de janvier de manière à ce qu’elles coïncident avec l’initiative catholique et que ces deux courants issus du COE et de l’Eglise catholique invitent les chrétiens à prier à la même période. A partir de 1958, la préparation du matériel proposé par Foi et Constitution se fit en grande partie en coordination avec celle des textes élaborés par le Centre œcuménique Unité Chrétienne (catholique) de Lyon et à partir de 1960, Foi et Constitution et l’Eglise catholique commencèrent à réfléchir ensemble et de manière approfondie à l’élaboration de ces textes, bien qu’assez discrètement car l’Eglise catholique n’encourageait pas encore de manière officielle les activités œcuméniques.

Vers une célébration commune de la Semaine de prière

C’est le 25 janvier 1959, jour de la conclusion de l’octave de prière pour l’unité, que le Pape Jean XXIII convoqua le Concile Vatican II qui devait faire entrer de façon décisive l’Eglise catholique dans le mouvement œcuménique. Le Concile permettait aussi la collaboration officielle entre le Secrétariat de Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Eglises et le Secrétariat pour la promotion de l’unité des chrétiens du Vatican. Suite à la consultation mixte organisée par ces deux organismes en 1966 sur la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, un groupe mixte de préparation des textes pour la Semaine de prière fut créé. En 1968, le premier ‘produit’ du groupe était prêt à l’emploi. Depuis 1973, c’est chaque année un groupe œcuménique différent, issu d’une région du monde, qui est invité à préparer pour la Semaine de prière un premier projet de textes que le groupe préparatoire mixte international est ensuite chargé de réviser. Ce ‘voyage’ autour du globe souligne en quelque sorte le caractère véritablement œcuménique de la semaine de prière. Cette longue histoire de la préparation et de la célébration commune de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens a conduit en 2004 à la coédition du matériel par Foi et Constitution et le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens.

Le texte biblique et le thème choisis pour 2008

Le passage biblique choisi pour la célébration du 100e anniversaire de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens est tiré de la première lettre aux Thessaloniciens. Le texte « Priez sans cesse » (1 Th 5,17) souligne le rôle essentiel de la prière dans la vie de la communauté des croyants car elle donne à ses membres d’approfondir leur relation au Christ et aux autres. Ce passage fait partie d’une série d’ ‘impératifs’, des déclarations par lesquelles Paul encourage la communauté à vivre de l’unité que Dieu nous donne en Christ, à être dans la pratique ce qu’elle est dans le principe : le corps unique du Christ, visiblement uni en ce lieu.

L’Epître aux Thessaloniciens, qui date de 50 ou 51 apr. J-C et est considérée par la plupart des exégètes comme la plus ancienne épître de Paul, nous révèle le lien très fort qui unit ce dernier à la communauté chrétienne de Thessalonique. Alors qu’il vient juste de subir des persécutions dans la ville de Philippes – Paul et ses compagnons Silas et Timothée y avaient été assaillis par la foule, battus sur ordre des magistrats de la ville puis jetés en prison (Actes 17,1-9) –, il établit l’Eglise à Thessalonique en quelques semaines d’un travail intense avant que de nouvelles attaques ne le conduisent à Bérée puis à Athènes (17,10-15). Paul nourrissait de grands espoirs pour l’église de Thessalonique : la foi, l’espérance et la charité qui ne cessaient de croître dans cette ville, la manière dont elle avait accueilli la Parole en dépit des souffrances, et la joie qu’elle exprimait dans l’Esprit-Saint, tout concourait à susciter son admiration et ses louanges (1 Th 1,2-10). Toutefois il était soucieux. Son départ précipité ne lui avait pas laissé le temps de consolider l’œuvre qu’il avait entreprise et des rumeurs inquiétantes lui étaient parvenues. Certains défis provenaient de l’extérieur, notamment la persécution de la communauté et de ses membres (1 Th 2,14). D’autres étaient de nature interne : certains membres de la communauté continuaient à avoir des comportements davantage marqués par la culture ambiante que par leur nouvelle vie en Christ (4,1-8) ; d’autres critiquaient les responsables qui exerçaient l’autorité et par conséquent Paul lui-même (cf. 2,3-7,10) ; d’autres encore désespéraient du sort réservé à ceux qui mourraient avant le retour du Christ. Leur serait-il refusé d’entrer dans le royaume de Dieu ? Pour eux et peut-être d’autres encore, la promesse de salut serait-elle vaine et vide de sens (cf. 4,13) ?

Craignant d’avoir œuvré en vain et « n’y tenant plus » (3,1), Paul dans l’incapacité de retourner lui-même à Thessalonique y dépêche Timothée qui rapporte le témoignage de la foi et de l’amour profonds manifestés par cette communauté ainsi que de sa fidélité à Paul. En 1 Thessaloniciens, nous lisons la réponse de Paul à cette bonne nouvelle – mais aussi aux défis que doit affronter l’Eglise naissante. Tout d’abord, il écrit pour remercier la communauté de la résistance dont elle témoigne face à la persécution. Mais malgré sa joie et son soulagement lorsque Timothée lui a fait son rapport, il a compris que la semence de la désunion est déjà dans l’Eglise ; c’est pourquoi il se hâte de répondre aux diverses questions posées par la communauté sur le comportement personnel (4,9-12), sur ceux qui les dirigent (5,12-13a) et sur l’espérance dans la vie éternelle en Christ (4,14 - 5,11).

L’un des objectifs principaux de Paul était d’édifier cette communauté dans l’unité. Même la mort ne peut trancher les liens qui créent son unité, en tant qu’unique corps du Christ. Jésus est mort et ressuscité pour nous tous ; aussi lorsque le Seigneur viendra, ceux qui se sont endormis comme ceux qui sont encore vivants, tous « nous vivrons alors unis à lui » (5,10). Cela conduit Paul à prononcer les impératifs qui figurent en 1 Thessaloniciens 5,13-18 et forment une liste d’exhortations dont une partie a été choisie pour servir de base à la Semaine de prière de cette année. Ce passage débute par l’exhortation que Paul adresse aux membres de la communauté : « Vivez en paix entre vous » (5, 13b) – une paix qui ne signifie pas simplement l’absence de conflit mais une harmonie dans laquelle les dons de tous les membres de la communauté contribuent à sa prospérité et à sa croissance.

Il est intéressant de noter que Paul ne donne aucun enseignement théologique abstrait ni ne fait allusion aux émotions ou aux sentiments. Comme dans le passage célèbre sur l’amour en 1 Corinthiens 13, il invite plutôt à l’action, à des comportements concrets à travers lesquels les membres de la communauté révèlent leur engagement et la responsabilité qu’ils ont les uns envers les autres au sein de l’unique corps du Christ. L’amour doit être mis en pratique et devenir visible.

Il établit une liste de ces impératifs, des « choses qui contribuent à la paix » : assurer la participation de tous et donner du courage à ceux qui en ont peu ; soutenir les faibles ; être patients envers tous ; ne pas rendre le mal pour le mal mais rechercher toujours le bien, entre nous et à l’égard de tous ; être toujours dans la joie ; prier sans cesse ; rendre grâce en toute circonstance (5,14-18). Ce passage se conclut par l’affirmation qu’en agissant ainsi, la communauté vit selon « la volonté de Dieu à [son] égard dans le Christ Jésus » (5,18b).

L’appel à « prier sans cesse » (5,17) fait partie de cette liste d’impératifs. Cela nous rappelle que la vie dans une communauté chrétienne n’est possible qu’à travers une vie de prière. Plus encore, Paul montre que la prière est partie intégrante de la vie des chrétiens précisément lorsqu’ils cherchent à manifester l’unité qui leur est donnée en Christ – une unité qui ne se limite pas aux accords doctrinaux et aux déclarations officielles mais qui s’exprime dans « tout ce qui contribue à la paix » – par des actions concrètes qui témoignent de leur unité en Christ et entre eux et la font s’accroître.

La prière du Christ – et l’unité chrétienne

A travers le baptême, nous nous engageons à suivre le Christ et à accomplir sa volonté. Cette volonté pour ses disciples, Jésus l’exprime dans sa prière pour l’unité afin que d’autres croient qu’il est l’envoyé de Dieu. Certaines Eglises considèrent que la prière associée à la prière de Jésus pour l’unité est une expression de ‘ l’œcuménisme spirituel ’. Cette prière est particulièrement intense durant la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens mais ne doit pas se limiter à cette célébration et doit pénétrer dans notre vie quotidienne. Nous avons conscience que l’unité ne peut se réaliser à travers nos seuls efforts et qu’elle est toujours l’œuvre de l’Esprit-Saint. En tant qu’êtres humains, nous ne pouvons la faire ou la réaliser. Nous ne pouvons que la recevoir comme un don de l’Esprit quand nous-mêmes sommes prêts à l’accueillir.

L’œcuménisme spirituel entraîne un échange de dons spirituels si bien que ce qui manque dans une tradition est alors complété par ce qui est présent dans les autres. Cela nous offre la possibilité d’aller au-delà de nos étiquettes confessionnelles pour aller vers Celui qui est la source de tout bien. Ce qui est surprenant dans la prière, c’est que son efficacité se vérifie d’abord en nous-mêmes. Elle modèle notre esprit et notre cœur quand nous cherchons à la traduire dans la vie pratique, ce qui est la véritable preuve de son authenticité. L’œcuménisme spirituel nous conduit à la purification des mémoires, en nous encourageant à faire face aux graves événements du passé qui ont donné lieu à des interprétations divergentes de leur nature et de leur origine. Nous pouvons donc surmonter ces difficultés qui nous ont maintenus dans la division. Autrement dit, le but de l’œcuménisme spirituel est l’unité des chrétiens qui nous fait participer à la mission pour la gloire de Dieu.

Si les croyants veulent vraiment suivre les pas de Jésus, ils doivent œuvrer et prier pour l’unité des chrétiens. Toutefois, les Eglises ont des visions différentes de l’unité visible pour laquelle nous prions. Pour certains, le but est de parvenir à une pleine unité visible dans laquelle les Eglises seraient rassemblées en une seule communauté de foi, de prière et de sacrements, de témoignage, où les décisions seraient prises en commun et la vie structurée selon un même modèle. D’autres visent à une diversité réconciliée dans laquelle les Eglises actuelles œuvreraient ensemble pour offrir au monde un témoignage cohérent. Pour d’autres encore, l’unité réside plutôt dans les liens invisibles qui nous unissent au Christ et entre nous, et dépend aussi beaucoup de la manière personnelle de vivre sa foi dans le monde.

La prière pour l’unité des chrétiens est par conséquent une prière extrêmement stimulante. C’est une prière qui entraîne des changements dans notre identité personnelle aussi bien que dans notre identité confessionnelle. En définitive, cela signifie que nous renoncerons à notre vision de l’unité pour mieux chercher à comprendre ce que Dieu veut pour son peuple. Toutefois, cela ne veut pas dire que nous abandonnerons notre unicité car l’unité s’exprime naturellement dans la diversité. L’unité dans la diversité est à l’image du mystère de la communion d’amour qui est la nature même de Dieu.

Les huit jours

Les méditations proposées pour les huit jours de prière de cette année partent du principe que la prière pour l’unité des chrétiens, l’œcuménisme spirituel, est à la base de tous les autres aspects de la recherche de l’unité entre les chrétiens. Elles offrent une réflexion approfondie sur le thème de la prière pour l’unité, chacune attirant l’attention sur un aspect ou une préoccupation de cette prière et établissant un lien avec une des exhortations que Paul adresse à la communauté chrétienne de Thessalonique. La première méditation présente l’unité comme un don et un appel lancé à l’Eglise et réfléchit sur ce que signifie « prier sans cesse » pour l’unité. Le 2e Jour nous invite à avoir confiance en Dieu et à lui rendre grâce quand nous œuvrons et prions pour l’unité, car nous avons conscience que c’est l’Esprit-Saint qui dirige nos pas sur le chemin de l’unité. La nécessité d’une conversion permanente du cœur, en tant que fidèles et en tant qu’Eglises, est au centre de la réflexion du 3e Jour. Le 4e Jour intitulé « Priez toujours pour la justice » encourage les chrétiens à une prière toujours centrée sur le Christ qui nous incite à œuvrer ensemble pour répondre à l’injustice et aux besoins d’une humanité qui souffre.

Dans la vie chrétienne patience et persévérance vont de pair. Dans notre recherche de l’unité voulue par le Christ pour ses disciples, nous devrions donc être attentifs aux différents rythmes et temps de nos frères et sœurs, ainsi que nous y invite le 5e Jour. La méditation du 6e Jour encourage à prier afin que nous soit accordée la grâce d’être consciemment des instruments de l’œuvre de réconciliation de Dieu. Tout comme nous avons appris à travailler ensemble en apportant une aide à ceux qui sont dans la détresse, nous pourrions apprendre à progresser ensemble dans la prière et à apprécier les différentes façons selon lesquelles les chrétiens s’adressent à Dieu. C’est ce que suggère le 7e jour. En s’appuyant sur le chemin vers l’unité que, guidés par l’Esprit Saint, nous avons déjà parcouru, la méditation finale pour ces huit jours nous appelle, ainsi que nos Eglises, à nous engager de nouveau à prier et à rechercher de toutes nos forces l’unité et la paix que Dieu veut pour nous.

Préparation des textes pour la Semaine de prière
pour l’unité des chrétiens 2008

Le projet de textes a été préparé par le directeur de l’Institut œcuménique et interreligieux de Graymoor (New York, Etat de New York, USA), le Père James Loughran, SA, en consultation avec le Dr Ann Riggs, Directrice générale (cf. Susan Dennis, ci-après) de la Commission Foi et Constitution du Conseil national des Eglises chrétiennes aux USA (NCCCUSA), le Dr Keelan Downton, chercheur, le Révérend James Mass, Directeur du Secrétariat pour les affaires œcuméniques et interreligieuses de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis (USCCB) et Mme Susan Dennis, Présidente et Directrice générale du Centre interconfessionnel de New York (USA).

Ce projet est un bon exemple des relations de collaboration qu’entretiennent l’Institut œcuménique et interreligieux de Graymoor, le NCCCUSA et le Centre interconfessionnel dans leurs efforts pour promouvoir chaque année aux Etats-Unis la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. A travers leur travail de rédaction, les participants ont voulu mettre en relief l’importance de la célébration du 100e anniversaire de l’Octave pour l’unité de l’Eglise qui pour la première fois fut célébrée à Graymoor (Garrison, NY) du 18 au 25 janvier 1908. Ils ont également voulu célébrer l’histoire de ces 100 années de prière par un appel à donner un nouvel élan à la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, d’où le thème choisi : Priez sans cesse.

Ces textes ont ensuite été adaptés et mis au point de manière définitive lors de la réunion du groupe préparatoire international nommé par la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Eglises et le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Ce groupe international qui s’est réuni à Graymoor en septembre 2006 remercie sincèrement les Frères et les Sœurs franciscains de la Réconciliation (Society of the Atonement) pour leur chaleureuse hospitalité ainsi que tous ceux qui ont pris part à la préparation de ce projet initial.

Célébration œcuménique

Introduction à la célébration

La célébration proposée rappelle la conviction religieuse américaine, profondément ancrée, de la puissance de la prière. Elle comporte des éléments de la liturgie catholique et des traits caractéristiques des liturgies des principales confessions chrétiennes, ainsi que certaines touches particulières empruntées au piétisme protestant et au pentecôtisme américains. Les ‘ Negro spirituals ’ inspirés de l’Évangile sont recommandés pour les parties chantées. La célébration comprend trois sections distinctes en relation avec la thématique des huit jours.

Le déroulement de la célébration

La première section commence par une litanie d’invocations de l'Esprit-Saint demandant que le don de l’unité soit accordé aux chrétiens ainsi que les dons qui conduisent à l’unité. La Parole de Dieu, dans cette première partie, est l’élément central. Le thème général des lectures est l’appel à la recherche de la volonté de Dieu accompagnée d’une prière incessante (Es 55, 6-9 ; 1 Th 5, 13b-18), en particulier, d’une prière en union avec celle du Christ pour que ses disciples soient un (Jn 17, 6-21). Le temps de prédication est suivi d’un silence et immédiatement d’une prière d’action de grâce reconnaissant avec gratitude l’œuvre de l’Esprit-Saint dans le cœur et la vie de ceux et celles qui ont contribué à la naissance et au développement de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens (voir l’introduction).

La deuxième section devrait être un moment où tous s’unissent pour partager les intentions de prière, faire la collecte et échanger le signe de paix. Si le signe de paix et la collecte, qui n’ont rien d’inhabituel, se situent dans cette section, c’est pour que soit soulignée leur valeur d’expressions effective de notre communion fraternelle déjà existante et de notre solidarité. Hymnes et chants doivent ici renforcer l’expression de la ‘ foi active ’ et de l’espérance que signifient ces gestes et les intercessions.

La troisième section est constituée de la confession de foi, de la bénédiction et de l’envoi. Le signe de la lumière y est proposé. Cette section célèbre la joie de confesser ensemble la foi au Christ ressuscité, Lumière de nos vies (Col 1, 12-20), la joie de renouveler son engagement communautaire et personnel à prier sans cesse et à agir pour l’unité des chrétiens et celle d’être pour cela même béni par le Seigneur et envoyé par lui. L’assemblée peut alors sortir de l’espace de la célébration vers l’extérieur en tenant un cierge allumé. Ce dernier exprime que les chrétiens sont appelés à la vigilance dans la prière pour l’unité, dont le Christ est la source, et dans l’action œcuménique en présence du Christ ressuscité.

Déroulement de la célébration

Priez sans cesse (1 Thessaloniciens 5, 17)

C: le célébrant
L: les lecteurs
T: tous

Hymne d’ouverture avec procession

Les célébrants et les personnes assurant un service liturgique peuvent entrer en procession pendant le chant de l’hymne. Il est conseillé qu’une seule d’entre elles porte une lampe à huile ou un cierge allumé qui sera déposé devant l’assemblée, par exemple sur l’autel ou la table de communion où l’on aura placé la Bible. On peut allumer d’autres cierges placés à cet endroit pendant que le chant de l’hymne se poursuit. Chacune des personnes présentes aura reçu au préalable un cierge éteint.

I. Accueil, invocation du Saint-Esprit et proclamation de la Parole de Dieu

Paroles de bienvenue

Le célébrant ou le pasteur de l’assemblée hôte souhaite la bienvenue à tous au nom de Jésus Christ notre unique Seigneur, et dit:

C: Invoquons ensemble l’Esprit-Saint, lumière de nos cœurs, souffle de vie et puissance du Père manifestée dans la mort et la résurrection de Jésus. Qu’il poursuive en ces temps que nous vivons son œuvre de réconciliation et de communion commencée depuis la prédication apostolique. Cette œuvre de l’Esprit, ne la reconnaissons-nous pas dans toute marche vers plus de communion dans l’amour, vers plus de réconciliation et de justice, comme dans le mouvement œcuménique et la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens depuis un siècle maintenant ?

L’un des célébrants présente alors brièvement cette célébration de 2008 en la situant dans le contexte du centenaire de la création par Paul Wattson, en 1908, de l’Octave de prière pour l’unité, précurseur de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens.

C: Nous commençons cette prière en invoquant l’unité du Dieu Un, Père, Fils et Saint-Esprit. Accueillons Dieu dans nos cœurs, comme Dieu nous accueille dans son cœur, par Jésus Christ notre Seigneur.
T: Amen.
C: Demandons au Père de nous envoyer les dons de son Esprit-Saint : que nos cœurs s’ouvrent à sa présence, que nous le laissions prier en nous et qu’il nous conduise en sa communion. L’unité de l'Eglise est l’œuvre de l'Esprit-Saint. Nous ne pourrons jamais la réaliser par nos propres moyens. Prions pour que l'Esprit-Saint descende sur chacun de nous, qu’il bénisse l'Eglise de Dieu avec sa grâce et nous unisse en Christ.
C: Viens, Esprit-Saint !
T: Remplis nos cœurs de grâce !
C: Viens, Esprit-Saint !
T: Libère-nous du doute et de la méfiance !
C: Viens, Esprit-Saint !
T: Donne-nous la foi pour avancer !
C: Viens, Esprit-Saint !
T: Change nos cœurs de pierre !
C: Viens, Esprit-Saint !
T: Apporte la justice de Dieu à notre monde !
C: Viens, Esprit-Saint !
T: Aide-nous à comprendre que nous sommes sœurs et frères !
C: Viens, Esprit-Saint !
T: Fais tomber les murs entre nous !
C: Viens, Esprit-Saint !
T: Accorde-nous tes dons pour que nous les partagions !
C: Viens, Esprit-Saint !
T: Intercède pour nous, Esprit du Père, dont les soupirs inexprimables dépassent nos paroles !
C: Viens, Esprit-Saint !
T: Unis tous les chrétiens en Christ notre Seigneur !

Un hymne à l'Esprit-Saint est chanté, par exemple « Veni Creator Spiritus », « Veni Sancte Spiritus » (Taizé), ou le gospel américain « Come, Holy Spirit ».

C: Puisse-t-il y avoir une nouvelle et continuelle Pentecôte. Que nos Eglises s’engagent à nouveau à prier pour la pleine unité de tous les chrétiens, que nos prières s’ajoutent à un siècle de prières, « afin que tous soient un ». Nous le demandons par Jésus Christ notre Seigneur, qui vit et règne avec le Père et l'Esprit-Saint, un seul Dieu, pour les siècles des siècles.
T: Amen.

La Parole de Dieu

L: Es 55,6-9. Recherchez le Seigneur puisqu’il se laisse trouver
Ps 34, chanté ou lu avec répons. Un malheureux a appelé : le Seigneur a entendu

L: 1 Th 5, (12a) 13b-18 Priez sans cesse
Alléluia chanté

L: Jn 17, 6-21 Pour qu’il soient un

Homélie
Silence

Action de grâce à Dieu

Pour les dons reçus dans le mouvement œcuménique et à travers la fidélité des chrétiens à prier pour leur unité en Christ. L’assemblée peut en fonction du contexte évoquer plus explicitement les fruits du mouvement œcuménique et de la prière pour l’unité sur le plan local ou universel.

T: Vraiment il est bon, Dieu, notre Père,
de te dire l’émerveillement de nos cœurs.

C: Béni sois-tu pour Jésus ton Serviteur
dont le nom est invoqué par la multitude parmi les « nations ».

L1: Béni sois-tu pour le Christ, ton envoyé,
Lui qui rassemble dans l’unité tes enfants dispersés.

L2: Béni sois-tu pour ton Esprit-Saint.
Il est notre Communion et nous conduit dans l’unité d’une même foi.

L1: Béni sois-tu pour tous ceux et celles qui furent des pionniers de la recherche de l’unité
chrétienne, qu’ils soient connus comme le Père Paul Wattson et l’abbé Couturier,
ou plus anonymes : fidèles laïcs, moines et moniales,
serviteurs et servantes de l’unité chrétienne
qui ont répondu à ton appel.

L2: Béni sois-tu pour les fruits abondants de cette prière incessante
pour notre unité en Christ et s’élevant de tous les continents.

L1: Pendant un siècle, tu as entendu cette prière incessante aux fruits innombrables.

L2: Que ton Esprit nous encourage à persévérer dans la prière. Puissions-nous garder vivant le souvenir de la foi active de tous les saints, pionniers, théologiens et grands priants du mouvement œcuménique, de leur amour de l’Evangile et de l’Eglise.

C: Maintenant, Dieu notre Père, du fond de nos mémoires et de nos cœurs nous nous tournons vers Toi et nous t’acclamons avec tous ceux et celles que ta sainte Parole éclaire et convoque, que ton Esprit-Saint anime, et que tu désires rassembler en un seul baptême, une seule foi et une seule eucharistie pour la louange de gloire de ton Nom:

La première strophe de louange pourrait être intercalée entre chaque strophe de l’action de grâce.

Chant exprimant la louange, l’action de grâce, la glorification de Dieu. Par exemple « A toi la Gloire » ; le ‘Trisagion ’ ; le « Gloire à Dieu », etc. Certains psaumes conviennent moyennant une brève présentation : Ps 32 (33) ; Ps 33 (34) ; Ps 35 (36) (français, TOB).

II. Prières d’intercession et gestes symboliques d’unité

Intercessions

C: Prions le Père, par le Fils et dans l'Esprit-Saint, pour les besoins de nos églises, de notre monde et de nous-mêmes.
C: Nous prions sans cesse pour l’unité de tous les chrétiens.
T: Seigneur, aie pitié et écoute-nous !
C: Nous prions sans cesse pour les responsables de nos églises et communautés de foi, pour qu’eux aussi persévèrent dans le travail d’unité des chrétiens.
T: Christ, aie pitié et écoute-nous !
C: Nous prions pour tous les baptisés, qu’ils soient capables de prier sans jamais cesser, afin « que tous soient un... et que le monde croie ».
T: Seigneur, aie pitié et écoute-nous !
C: Pour les Eglises etcommunautés de foi qui risquent d’autres divisions et d’autres schismes, afin que soit préservée leur unité.
T: Christ, aie pitié et écoute-nous !
C: Pour les conseils d’églises partout dans le monde, au niveau national et local, afin que le travail qu’ils accomplissent ensemble soit un témoignage de l’Évangile dans le monde.
T: Seigneur, aie pitié et écoute-nous !
C: Pour les dialogues œcuméniques entre et parmi nos églises, communions et communautés de foi, afin que ce qui nous divise soit surmonté par la sagesse, la charité et la vérité.
T: Christ, aie pitié et écoute-nous !
C: Que tous les chrétiens témoignent de l’Évangile en se détournant de ce qui est destructeur pour vivre la justice, la paix et la fraternité. Pour les pauvres, les opprimés, les victimes des guerres et de la violence. Pour les cœurs brisés. Pour ceux qui sont haïs et maltraités.
T Seigneur, aie pitié et écoute-nous !
C Que le Seigneur nous écoute et réponde à nos incessantes prières, par le Christ notre Seigneur.
T Amen.

Le signe de paix

C: Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous.

T: Et avec votre esprit.

C: Ayant prié Dieu pour le pardon de nos péchés comme nous-mêmes nous nous pardonnons les uns les autres, échangeons à présent un signe de paix et scellons notre unité dans la prière, la foi, l’amour et l’espérance de la pleine communion.

Les participants échangent entre eux un signe de paix. Un hymne est chanté pendant que les participants vont reprendre leur place.

Offrande

III. Engagement à la vigilance dans la prière et l’action œcuménique, bénédiction et envoi

Allumage des cierges
(Musique instrumentale pendant le temps de l’allumage des cierges/lumignons)

A partir du sanctuaire, les cierges/lumignons des personnes de la première rangée de l’assemblée sont allumés et progressivement tous ceux des autres participants jusqu’à ce que la lumière se répande dans toute l’église. Quand tous les cierges sont allumés, toute l’assemblée proclame la confession de foi. Si on le désire, on pourra également utiliser le Credo de Nicée-Constantinople ou le Symbole des apôtres.

Confession de foi au Christ ressuscité, notre unité, lumière de nos vies

T: Avec joie, rendons grâce au Père qui nous a permis d'avoir part à l'héritage des saints dans la lumière. Il nous a arrachés au pouvoir des ténèbres et nous a transférés dans le royaume du Fils de son amour; en qui nous avons la délivrance, le pardon des péchés. Il est l'image du Dieu invisible, Premier-né de toute créature, car en lui tout a été créé, dans les cieux et sur la terre, les êtres visibles comme les invisibles, Trônes et Souverainetés, Autorités et Pouvoirs. Tout est créé par lui et pour lui, et il est, lui, par devant tout ; tout est maintenu en lui, et il est, lui, la tête du corps, qui est l’Eglise. Il est le commencement, Premier-né d'entre les morts, afin de tenir en tout, lui, le premier rang. Car il a plu à Dieu de faire habiter en lui toute la plénitude et de tout réconcilier par lui et pour lui, et sur la terre et dans les cieux, ayant établi la paix par le sang de sa croix (Col 1, 12-20).

Le Notre Père

Pour le Notre Père, les participants sont invités à quitter leur place et à occuper le devant ou le sanctuaire du lieu de la célébration. Si possible, on formera un ou plusieurs cercles concentriques. Selon les coutumes locales, les participants pourront se tenir par la main durant la récitation.

C: Unissons nos pensées, nos cœurs et nos voix à ceux de tous les chrétiens du monde entier pour réciter la prière que Jésus nous a enseignée.

T: Notre Père…

Engagement œcuménique
(chaque participant tient en main sa bougie allumée)

T: Seigneur nous venons de te glorifier pour la grâce que tu as déployée dans le mouvement œcuménique. Dans la joie d’être appelés à te servir dans une même recherche de l’unité des chrétiens, reconnaissant l’action de l’Esprit-Saint et l’admirable diversité des dons et des charismes destinés à être partagés, nous nous engageons à persévérer dans la prière constante pour l’unité des chrétiens et à poser entre nous des gestes concrets de réconciliation en vue de l’unité parfaite en ton Fils Jésus Christ. Amen.

Bénédiction

C: Quittons ce lieu, heureux d’avoir célébré ensemble et d’être appelés à ne jamais cesser de prier dans l’attente de ce grand jour où nous serons parfaitement un en Christ.
C: Le Seigneur Jésus Christ soit avec vous.
T: Et avec ton esprit.
C: (Tous les célébrants peuvent s’unir dans ces paroles). Que le Seigneur vous/nous bénisse et vous/nous garde. Que le Seigneur fasse resplendir sa face sur vous/nous et qu’il soit bienveillant à votre/notre égard. Que le Seigneur vous/nous regarde avec bonté et vous/nous accorde sa paix.
T: Amen.
C: Que le Seigneur vous bénisse au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
T: Amen.
C: Que chacun de nous aille en paix, sans jamais cesser de prier et en se réjouissant toujours dans l’espérance, sans jamais cesser de remercier Dieu.
T: Nous rendons grâce à Dieu.

Procession finale, cierge/lumignon allumé en main

Les responsables des églises locales, pasteurs, ministres, lecteurs et autres acteurs dans la liturgie, forment une procession de sortie, avec les cierges allumés. Un hymne ou un chant approprié est choisi pour la procession de sortie sur la place ou le parvis, soulignant l’engagement des chrétiens dans la mission de l’unité.

Signification du geste symbolique dans le cadre de cette célébration :

C’est comme un veilleur, dans l’attente du retour du Christ, que chaque membre de l’assemblée tient en main le cierge/lumignon allumé, signe de son engagement à prier sans cesse pour l’unité chrétienne dans l’espérance et la lumière de la foi pascale. Ce symbole souligne notre vigilance à la fois à hâter l’avènement du Seigneur (thème majeur des épîtres aux Thessaloniciens) et à prier et œuvrer pour l’unité.

Ce symbolisme de la lumière rappelle la célébration pascale: le Christ, notre Pâque, présent et agissant à travers l’effusion de l’Esprit-Saint, est la lumière de l’aube d’un jour nouveau pour le monde appelé désormais à renoncer aux ténèbres du péché, de la division et de la haine. N’est-ce pas dans la puissance du Christ ressuscité, incités par l’Esprit du Père, lumière de nos cœurs et souffle de nos vies, que nous sommes appelés à coopérer avec les autres chrétiens à la manifestation visible de l’unité de l’Eglise du Christ ?

Chant final

Un hymne de clôture, soulignant l’engagement des chrétiens dans la mission d’unité, par exemple «Lord You Give the Great Commission », ou « The Church’s One Foundation », ou le spiritual « There’ll be Peace in the Valley », serait approprié.

 

Textes bibliques, méditations et prières pour les Huit jours

1er Jour

Priez toujours
Priez sans cesse (1 Th 5,17)

Es 55,6-9 Recherchez le Seigneur, puisqu’il se laisse trouver
Ps 34 J’ai cherché le Seigneur, et il m’a répondu
1 Th 5,13b-18 Priez sans cesse
Lc 18,1-8 Prier constamment et ne pas se décourager

Commentaire

Paul écrit : « Soyez toujours dans la joie, priez sans cesse, rendez grâce en toute circonstance, car s’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus ». Son épître s’adresse à une communauté de fidèles anxieux face à la mort. Beaucoup de frères et de sœurs, bons et croyants, se sont « endormis » avant que le Seigneur ne revienne pour amener tous dans sa résurrection. Qu’en sera-t-il de ces fidèles défunts ? Quel sera le sort des vivants ? Paul les réconforte en disant que les morts ressusciteront avec les vivants et il les invite à « prier sans cesse ». Mais que signifie prier sans cesse ? Les lectures d’aujourd’hui offrent quelques éléments de réponse à cette question. Toute notre vie doit être une recherche de Dieu, dans la conviction que si nous cherchons, nous trouverons.

En plein exil, quand tout semble vain et sans espoir, le prophète Esaïe proclame : « Recherchez le Seigneur, puisqu’il se laisse trouver, appelez-le puisqu’il est proche ». Même dans l’exil, le Seigneur est proche de son peuple et l’exhorte à s’adresser à lui dans la prière et à suivre ses commandements pour qu’il puisse connaître sa miséricorde et son pardon. Au cœur du psaume 34, nous trouvons cette conviction prophétique que le Seigneur répondra à l’appel de ceux qui l’invoquent, à laquelle vient s’ajouter la louange à l’appel à la prière continuelle.

Dans l’évangile de Luc, Jésus raconte la parabole de la veuve qui demande que justice lui soit rendue par un juge qui n’a ni crainte de Dieu, ni respect des hommes. Ce récit est une manière de rappeler la nécessité d’une prière constante - « prier constamment et ne pas se décourager » - et la certitude que la prière sera exaucée : « Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit ? ».

En tant que chrétiens en quête d’unité, nous méditons sur ces lectures pour trouver « la volonté de Dieu » à notre égard « dans le Christ Jésus ». C’est le Christ qui vit en nous. L’appel à prier sans cesse devient partie intégrante de son intercession éternelle auprès du Père : « Que tous soient un… afin que le monde croie… ». L’unité que nous cherchons est l’unité « telle que le Christ la veut » et la célébration de ‘ l’octave ’ de prière pour l’unité des chrétiens est le reflet de la notion biblique de plénitude, c’est-à-dire l’espoir qu’un jour notre prière sera exaucée.

L’unité est un don que Dieu fait à l’Eglise. Elle est aussi la vocation des chrétiens appelés à vivre de ce don. La prière pour l’unité est la source d’où jaillit tout effort humain voué à rendre manifeste l’unité pleine et visible. Nombreux sont les fruits produits par un siècle d’octaves de prière pour l’unité. Pourtant, nombreuses aussi sont les barrières qui divisent encore les chrétiens et leurs Eglises. Afin de ne pas nous décourager, nous devons être constants dans la prière et chercher le Seigneur et sa volonté dans tout ce que nous entreprenons et dans tout ce que nous sommes.

Prière

Seigneur de l’unité, Père, Fils et Saint Esprit, nous prions sans cesse afin que tous, nous soyons un comme toi tu es un. Père, entends notre appel lorsque nous te cherchons. O Christ, conduis-nous à l’unité que tu désires pour nous. Esprit-Saint, fais en sorte que nous ne nous découragions jamais. Amen.

2e Jour

Priez toujours, n’ayez confiance qu’en Dieu
Rendez grâce en toute circonstance (1 Th 5, 18)

1 R 18, 20-40 C’est le Seigneur qui est Dieu
Ps 23 Le Seigneur est mon berger
1 Th 5, (12a) 13b-18 Rendez grâce en toute circonstance
Jn 11, 17-44 Père, je te rends grâce de ce que tu m’as exaucé

Commentaire

La prière est ancrée dans la confiance que Dieu est puissant et fidèle. Lui seul embrasse tout, présent et futur. Sa parole est crédible et véridique.

L’histoire d’Elie dans 1 Rois montre de manière impressionnante l’unicité de Dieu. Elie admoneste les apostats qui vénèrent le Baal qui ne répond pas à leurs prières. Cependant lorsque Elie prie le Dieu d’Israël, la réponse est immédiate et miraculeuse. Le peuple en prend conscience et tourne de nouveau son cœur vers Dieu.

Le Psaume 23 est une profonde confession de confiance. Il décrit une personne convaincue que Dieu guide ses pas et se tient près de lui même dans les moments difficiles de la vie, quand il est en proie à la désolation et à l’oppression.

Il se peut que nous nous retrouvions dans des circonstances difficiles, parfois même de grande agitation. Il se peut que nous traversions des moments de désespoir et de résignation. Parfois, il nous semble que Dieu se cache. Mais il n’est pas absent. Il manifestera sa puissance pour nous libérer au milieu de nos luttes existentielles. C’est pourquoi nous lui rendons grâce en toute circonstance.

La résurrection de Lazare est un des épisodes les plus spectaculaires racontés dans l’évangile de Jean. Elle révèle la puissance du Christ capable de briser les liens de la mort et anticipe la création nouvelle. Jésus prie à voix haute au milieu du peuple et rend grâce à son Père pour les puissants miracles qu’il accomplira. L’œuvre salvifique de Dieu s’accomplit à travers le Christ afin que tous croient en lui.

Le pèlerinage œcuménique nous aide à mieux prendre conscience des actions merveilleuses de Dieu. Des communautés chrétiennes séparées les unes des autres se retrouvent. Elles découvrent leur unité en Christ et comprennent enfin qu’elles font toutes partie d’une seule et même Eglise et ont besoin les unes des autres.

Il se peut que des ombres viennent voiler la perspective de l’unité, qu’elle soit parfois mise en péril par certaines frustrations et tensions, que nous nous demandions même si nous, les chrétiens, sommes réellement appelés à l’unité. Notre prière incessante nous soutient quand nous nous tournons vers Dieu et avons confiance en lui. Nous ne doutons pas qu’il accomplit son œuvre en nous et nous conduira vers la lumière de sa victoire. Notre réconciliation et notre unité toujours plus grande sont le début de son royaume.

Prière

Dieu de toute la création, écoute tes enfants dans leur prière. Aide-nous à conserver notre foi et notre confiance en toi. Apprends-nous à rendre grâce en toute circonstance, à avoir confiance en ta miséricorde. Donne-nous la vérité et la sagesse, afin que ton Eglise renaisse à la vie nouvelle dans la communion. Toi seul es notre espérance. Amen.

3e Jour

Priez sans cesse pour la conversion des cœurs
Reprenez les désordonnés, encouragez les craintifs (1 Th 5, 14)

Jon 3, 1-10 Le repentir de Ninive
Ps 51, 8-15 Crée en moi un cœur pur
1 Th 5, (12a) 13b-18 Encouragez les craintifs
Mc 11, 15-17 Une maison de prière

Commentaire

A l’origine et au cœur de la démarche œcuménique, on trouve un appel pressant au repentir et à la conversion. Il faut parfois savoir nous interpeller mutuellement au sein de nos communautés chrétiennes, comme Paul nous y invite dans la première épître aux Thessaloniciens. Si l’un ou l’autre sème la division, qu’il soit repris ; si certains ont peur de tout ce qu’une réconciliation onéreuse pourrait impliquer, qu’ils soient encouragés.

Pourquoi le cacher ? Si les divisions entre chrétiens demeurent, c’est aussi par manque de volonté de s’engager résolument dans le dialogue œcuménique et même tout simplement dans la prière pour l’unité.

La Bible nous rapporte comment Dieu envoya Jonas pour interpeller Ninive et comment toute la ville se repentit. De la même manière, les communautés chrétiennes doivent se mettre à l’écoute de la Parole de Dieu et se repentir. Au cours du dernier siècle, les prophètes de l’unité n’ont pas manqué pour faire ressentir aux chrétiens l’infidélité de leur désunion et pour leur rappeler l’urgence de la réconciliation.

A l’image de l’intervention vigoureuse de Jésus dans le Temple, l’appel à la réconciliation des chrétiens peut sérieusement bousculer nos certitudes identitaires. Nous aussi avons grand besoin d’être purifiés. Il nous faut savoir désencombrer notre cœur de tout ce qui l’empêche d’être une authentique maison de prière, soucieuse de l’unité de toutes les nations.

Prière

Seigneur, tu veux la vérité au fond de l’être ; dans le secret de notre cœur, tu nous apprends la sagesse. Apprends-nous à nous encourager mutuellement sur les chemins de l’unité. Montre-nous les conversions nécessaires pour la réconciliation. Donne à chacun un cœur renouvelé, un cœur vraiment œcuménique ; nous t’en prions. Amen.

4e Jour

Priez toujours pour la justice
Prenez garde que personne ne rende le mal pour le mal,
mais recherchez toujours le bien,
entre vous et à l’égard de tous (1 Th 5, 15)

Ex 3, 1-12 Le Seigneur entend le cri des fils d’Israël
Ps 146 Le Seigneur… fait droit aux opprimés
1 Th 5, (12a) 13b-18 Prenez garde que personne ne rende le mal pour le mal
Mt 5, 38-42 Ne résistez pas au méchant

Commentaire

En tant que peuple de Dieu, nous sommes appelés à prier ensemble pour la justice. Dieu entend le cri des opprimés, des nécessiteux, de l’orphelin et de la veuve. Dieu est un Dieu de justice et répond à nos prières par son Fils, Jésus Christ, qui nous commande de travailler ensemble dans l’unité et dans la paix, et non pas dans la violence. C’est aussi ce que nous rappelle Paul quand il souligne : «Prenez garde que personne ne rende le mal pour le mal, mais recherchez toujours le bien, entre vous et à l’égard de tous ».

Les chrétiens prient sans cesse pour la justice, afin que toute vie humaine soit traitée avec dignité et reçoive ce qui lui revient. Aux Etats-Unis, l’injustice de l’esclavage n’a pris fin qu’avec une guerre civile sanglante, à laquelle a succédé un siècle de racisme entretenu par l’état. La ségrégation en fonction de la couleur de la peau existait même dans les églises. Malheureusement le racisme et d’autres formes de sectarisme comme la xénophobie n’ont pas encore disparu de la société nord-américaine.

C’est surtout grâce aux efforts des Eglises, notamment des Eglises afro-américaines et de leurs partenaires œcuméniques, et tout particulièrement grâce à la résistance non-violente du Révérend Martin Luther King, Jr, que les droits civiques de tous furent inscrits dans la législation américaine. Il était profondément convaincu que seul l’amour chrétien peut vaincre la haine et permettre la transformation de la société ; les chrétiens aujourd’hui continuent à se nourrir de cette certitude qui les porte à œuvrer ensemble en faveur de la justice. Le jour anniversaire de la naissance de Martin Luther King est une fête nationale aux Etats-Unis. Chaque année, il tombe juste avant ou durant la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens.

Dieu a entendu et répondu aux cris des enfants d’Israël. Dieu continue d’entendre et répond aux cris de tous les opprimés. Jésus nous rappelle que la justice divine se révèle dans sa volonté personnelle de renoncer à sa sécurité, à sa puissance et son prestige, et même à sa vie afin d’apporter au monde la justice et la réconciliation grâce auxquelles tous les êtres humains seront considérés égaux en valeur et en dignité.

Ce n’est que lorsque nous entendons et répondons aux cris des opprimés que nous pouvons alors progresser ensemble sur la route de l’unité. Cela vaut également pour le mouvement œcuménique qui peut exiger de nous ‘ de faire des pas supplémentaires ’ dans notre volonté d’écouter l’autre, de renoncer à être vindicatifs et d’agir dans la charité.

Prière

Seigneur Dieu, tu as créé l’humanité, mâle et femelle, à ton image. Donne-nous de prier sans cesse, d’une seule âme et d’un seul cœur, afin que tous ceux qui ont faim dans le monde soient rassasiés, que les opprimés soient délivrés, que tout être humain soit traité avec dignité ; fais de nous tes instruments pour que ce désir devienne réalité. Nous te le demandons au nom de Jésus Christ, notre Seigneur. Amen.

5e Jour

Priez sans cesse avec un cœur patient
Ayez de la patience envers tous (Th 5, 14)

Ex 17, 1-4 Pourquoi ?
Ps 1 Porter du fruit en son temps
1 Thes 5, (12a) 13b-18 Ayez de la patience envers tous
Lc 18, 9-14 Une humble prière

Commentaire

Nous ne pouvons nous satisfaire de la division des chrétiens et nous sommes légitimement impatients que vienne enfin le jour de notre réconciliation. Et pourtant il nous faut aussi être conscients que l’œcuménisme ne se vit pas partout au même rythme. Certains avancent à grands pas, d’autres sont plus prudents. Comme Paul nous y exhorte, il nous faut savoir rester patients avec tous.

Comme le Pharisien dans sa prière, nous pouvons aisément nous présenter devant Dieu avec l’arrogance de ceux qui font tout bien : « moi, je ne suis pas comme le reste des hommes ». Si parfois nous sommes tentés de dénoncer les lenteurs ou les imprudences des membres de notre Eglise, ou celles de nos interlocuteurs œcuméniques, l’invitation à la patience résonne comme une mise en garde importante.

Parfois même, c’est envers Dieu que nous nous montrons impatients. Comme le peuple au désert, il nous arrive de crier vers Dieu : pourquoi toute cette marche, pénible, si tout doit s’achever maintenant ? Gardons confiance : Dieu répond à nos prières, à sa manière, en temps voulu. Il saura bien susciter des initiatives nouvelles pour la réconciliation des chrétiens, celles dont notre temps a besoin.

Priere

Seigneur, fais de nous tes disciples, à l’écoute de ta Parole jour et nuit. Sur notre route vers l’unité, donne-nous de savoir espérer les fruits en leur temps. Quand les préjugés et la méfiance l’emportent, accorde-nous l’humble patience nécessaire pour la réconciliation. Nous t’en prions.

6e Jour

Priez toujours pour obtenir la grâce de travailler avec Dieu
Soyez toujours dans la joie, priez sans cesse (1 Th 5, 16)

2 S 7,18-29 La prière de louange et de joie de David
Ps 86 Seigneur, tends l’oreille
1 Th 5, (12a) 13b-18 Soyez toujours dans la joie
Lc 10,1-24 L’envoi des soixante-douze disciples

Commentaire

Dans la prière, nous modelons notre volonté sur celle de Dieu et participons ainsi à l’accomplissement de son dessein. Nous avons besoin que le Saint-Esprit change le cœur des croyants et nous donne ainsi la grâce d’œuvrer avec Dieu et de prendre part à sa mission et à son projet d’unité. Tandis que nous prions sans cesse pour cela, nous sommes conscients qu’il faut davantage d’ouvriers pour la moisson. A l’occasion de nombreuses rencontres œcuméniques, et en particulier du National Workshop on Christian Unity qui se tient tous les ans aux Etats-Unis, a été soulignée la nécessité de promouvoir la participation des jeunes afin que le mouvement œcuménique puisse prospérer aujourd’hui et dans les générations futures. Il faut que davantage d’ouvriers connaissent la joie de la prière pour contribuer à l’œuvre de Dieu.

Les lectures du 6e Jour nous aident à mieux comprendre ce que signifie travailler au service de l’Evangile. David, surpris d’avoir été choisi pour participer à l’édification d’un temple magnifique pour le Seigneur, demande : « Est-ce que vraiment Dieu pourrait habiter sur la terre ? » et il conclut : « Veuille maintenant bénir la maison de ton serviteur, pour qu’elle soit à jamais en ta présence ».

Le psalmiste prie : « Seigneur, montre-moi ton chemin et je me conduirai selon ta vérité. Unifie mon cœur pour qu’il craigne ton nom. Seigneur mon Dieu, je veux te célébrer de tout mon cœur, et glorifier ton nom pour toujours ».

Lors de l’envoi des soixante-douze disciples, Jésus confirme que grâce à eux et à tous ceux qui croiront en lui à travers leur parole, sa paix et la bonne nouvelle proclamant que « le Règne de Dieu est arrivé jusqu’à vous » seront annoncées au monde. Lorsque ses disciples reviennent dans la joie, bien qu’ils aient fait aussi l’expérience du rejet, Jésus se réjouit de leur succès à soumettre les démons : il faut continuer à répandre la nouvelle, ne jamais s’arrêter.

Dieu veut que son peuple soit un. Comme les chrétiens de Thessalonique, nous sommes exhortés à être « toujours dans la joie » et à prier « sans cesse », en gardant l’espoir que, si nous nous engageons pleinement à œuvrer avec Dieu, sa volonté d’unité sera enfin réalisée.

Prière

Seigneur Dieu, dans la parfaite unité de ton être, garde en nos cœurs le brûlant désir et l’espoir de l’unité afin que nous ne cessions jamais de travailler au service de ton Evangile. Nous te le demandons par Jésus Christ notre Seigneur. Amen.

7e Jour

Priez pour ce dont nous avons besoin
… soutenez les faibles (1 Th 5,14)

1 S 1,9-20 Anne prie le Seigneur de lui donner un garçon
Ps 86 Sois attentif à ma voix suppliante
1 Th 5, (12a) 13b-18 Nous vous y exhortons… soutenez les faibles
Lc 11,5-13 Quiconque demande reçoit

Commentaire

Profondément affligée à cause de sa stérilité, Anna implora Dieu de lui donner un garçon ; sa prière fut exaucée et, aux jours révolus, elle enfanta Samuel (qui signifie « c’est au Seigneur que je l’ai demandé »). Dans l’évangile de Luc, Jésus lui-même nous dit que « quiconque demande reçoit » ; ainsi dans la prière, nous nous adressons à Dieu pour qu’il réponde à nos besoins. La réponse peut ne pas correspondre à ce que nous attendons, mais Dieu nous répond toujours.

La puissance de la prière est immense, surtout lorsqu’elle est liée au service. L’Evangile nous enseigne que le Christ veut que nous nous aimions et que nous nous servions les uns les autres. Dans l’épître de Paul aux Thessaloniciens, le thème du service est repris à l’impératif : « Soutenez les faibles ». Nous savons qu’il est possible de répondre de manière œcuménique, d’une façon concrète, à la misère et à la détresse. Les Eglises de traditions différentes travaillent souvent la main dans la main, mais en certaines circonstances leur témoignage est gravement affaibli par leur manque d’unité. Lorsque nous voulons prier ensemble, nous sommes parfois profondément méfiants à l’égard des différentes formes de prière que nous rencontrons dans les autres traditions chrétiennes : les prières des catholiques adressées à Dieu par l’intercession des saints ou de Marie, la mère de Jésus ; les prières liturgiques orthodoxes ; les prières pentecôtistes ; les prières spontanées que les protestants adressent directement à Dieu dans la langue de tous les jours.

On remarque cependant que la diversité des formes de prière est mieux appréciée. Dans les Eglises américaines, l’expérience du renouveau pentecôtiste a également conduit à une meilleure reconnaissance de la puissance de la prière, ce qui, petit à petit, a aidé les pentecôtistes à se sentir plus à l’aise dans le mouvement œcuménique. De même, le dialogue avec les Eglises orthodoxes au sein du Conseil œcuménique des Eglises a permis de mieux comprendre les formes de prières propres à chacun.

Il est indubitable que la foi en la puissance de la prière est commune à l’ensemble de nos traditions et peut fortement contribuer à la cause de l’unité chrétienne, une fois que nous aurons compris et surmonté nos différences. Nous devrions soutenir par nos prières tous les dialogues qui tentent de résoudre entre nos Eglises les divergences qui nous empêchent encore de nous rassembler autour de la table du Seigneur. Célébrer ensemble le mémorial du Christ et élever vers lui notre commune action de grâce nous permettrait d’accomplir un grand pas en avant sur le chemin de l’unité.

Prière

Seigneur, aide-nous à être vraiment un quand nous prions pour la guérison de notre monde, des divisions entre nos Eglises et pour notre propre guérison. Fais que nous ne doutions pas que tu nous écoutes et que tu nous répondras. Au nom de Jésus Christ, nous te prions. Amen.

8e Jour

Priez toujours pour qu’ils soient un
Vivez en paix (1 Th 5,13b)

Es 11,6-13 Le loup habitera avec l’agneau
Ps 122 Que la paix soit dans tes remparts
1 Th 5,13b-18 Vivez en paix entre vous
Jn 17,6-24 Qu’ils soient un

Commentaire

Dieu désire que les êtres humains vivent entre eux dans la paix. Cette paix n’est pas simplement une absence de guerre ou de conflits ; le shalom voulu par Dieu naît d’une humanité réconciliée, d’une famille humaine qui partage et reflète en elle-même la paix que Dieu seul peut donner. L’image, en Esaïe, du loup habitant avec l’agneau, du léopard couché près du chevreau, nous offre une vision symbolique de l’avenir que Dieu désire pour nous. Puisque nous ne pouvons établir ce shalom par notre seule volonté, nous sommes appelés à être des instruments de la paix du Seigneur, des artisans de l’œuvre divine de réconciliation. La paix, comme l’unité, est un don et un appel.

La prière de Jésus pour l’unité de ses disciples n’était ni un commandement ni une requête, mais une invocation adressée au Père à la veille de sa mort. C’est une prière qui jaillit du plus profond de son cœur et de sa mission, au moment même où il prépare ses disciples aux temps à venir : Père, qu’ils soient un.

Alors que nous célébrons le 100e anniversaire de la Semaine/l’Octave de Prière pour l’unité et que nous nous remémorons toutes les aspirations, les prières et les initiatives que la recherche de l’unité des chrétiens a suscitées au cours des siècles, il est opportun de faire un bilan des pas que nous avons accomplis jusqu’ici, guidés par le Saint-Esprit. C’est pour nous l’occasion de rendre grâce pour les nombreux fruits que nous a donnés la prière pour l’unité. En maints endroits, l’animosité et les malentendus ont cédé la place au respect et à l’amitié entre les chrétiens et leurs différentes communautés. Il arrive souvent que des chrétiens qui se réunissent pour prier ensemble pour l’unité rendent ensuite un témoignage commun à l’Evangile à travers des actions concrètes et en travaillant côte à côte au service des plus démunis. Le dialogue a permis de bâtir des ponts de compréhension réciproque et de résoudre des différends doctrinaux qui nous divisaient.

Toutefois, le moment présent devrait être également pour nous un temps de repentir, car nos divisions sont en contradiction avec la prière du Christ pour l’unité et avec l’impératif de Paul de vivre en paix entre nous. Aujourd’hui, les chrétiens sont ouvertement en désaccord sur divers sujets : au-delà des différences doctrinales qui nous séparent encore, nous avons souvent des positions divergentes sur des questions de morale et d’éthique, sur la guerre et à la paix, sur des problèmes d’actualité, qui nécessiteraient pourtant un témoignage commun. En raison de nos divisions internes et des conflits entre nous, nous ne sommes pas en mesure de répondre à la noble vocation d’être signes et instruments de l’unité et de la paix voulues par Dieu.

Que dire alors ? Nous avons des raisons de nous réjouir mais également d’être tristes. Rendons grâce, en cette année anniversaire, pour ceux des générations passées qui se sont généreusement consacrés au service de la réconciliation ; renouvelons aujourd’hui notre engagement à être artisans de l’unité et de la paix voulues par le Christ. Enfin, ce moment particulier nous offre l’occasion de réfléchir à nouveau à ce que signifie prier sans cesse, à travers nos paroles et nos actions, à travers la vie de nos Eglises.

Prière

Seigneur, fais que nous soyons un : un dans nos paroles afin que nous t’adressions une prière humble et commune ; un dans notre désir et notre quête de justice ; un dans l’amour, pour te servir en servant le plus petit parmi nos frères et sœurs ; un dans l’attente de voir ton visage. Seigneur, fais que nous soyons un en toi. Amen.

Prières et hymnes supplémentaires[1]

Prières

Seigneur, conduis-moi là où tu veux que je dirige mes pas;
Fais que j’aille au devant de ceux que tu veux que je rencontre;
Dis-moi ce que tu veux que je dise, et
Donne-moi de ne pas être un obstacle sur ton chemin.

Père Mychal Judge, OFM, 11 septembre 2001

« Après avoir raccroché le téléphone, [le Rév. Dr Martin Luther King, Jr] se leva et se prépara un café. Il commençait à s’inquiéter pour sa famille et tous les soucis que notre mouvement suscitait pesaient lourdement sur son âme. La tête entre les mains, Martin était penché au-dessus de la table de la cuisine et priait Dieu à voix haute : « Seigneur, je m’engage en faveur de ce qui selon moi est juste. Les gens attendent de moi que je les guide et si je me présente devant eux sans force et sans courage, alors eux aussi vacilleront. Je suis à bout de forces. Je n’ai plus rien. Je n’ai plus rien. J’en suis arrivé à un point où je ne peux plus affronter seul la situation ».

Voici ce qu’il me confia plus tard : ‘Au même moment, j’ai ressenti la présence de Dieu comme je ne l’avais jamais sentie auparavant. C’était comme si une voix me disait : Défends la justice, défends la vérité, et Dieu sera pour toujours avec toi’. Quand Martin se leva de table, il était totalement envahi par un sentiment nouveau de confiance en lui et il était prêt à tout affronter».

Coretta Scott King, Standing in the Need of Prayer

Seigneur, donne-moi d’accepter avec sérénité ce que je ne peux changer, donne-moi le courage de changer ce qui peut l’être, et donne-moi d’être assez sage pour voir la différence.

Fais que je me contente de vivre un jour à la fois ; que je jouisse du moment présent; que j’accepte les difficultés comme le chemin qui mène à la paix ; que j’accepte, comme Tu le fis toi-même, ce monde pécheur comme il est, non pas comme je le voudrais ; que je m’en remette à Toi qui feras toute chose bonne si je m’abandonne à Ta Volonté. Donne-moi d’être assez heureux dans cette vie et de connaître dans la vie à venir le bonheur suprême d’être avec Toi pour toujours. Amen.

Reinhold Niebuhr

O ! kou aloha no, Seigneur, ta tendre miséricorde
Aiakia lani, Est bien haut dans les cieux,
Ao kou oiaia Elle nous parle de ta vérité
He hemolele hoi. Elle est pleine de sainteté.
Kou noho mihi ana Tandis que je médite humblement
A paahao ia Reclus entre ces murs
Ooe kuu lama Tu es ma lumière, mon havre,
Kou nani kou koo. Ta gloire est mon soutien.
Mai nana ino ino Oh! Ne regarde pas les défauts
Na hewa o kanaka Ni les péchés des hommes.
Aka e huikala Pardonne-leur avec bonté
A maemae no. Afin qu’ils puissent être purifiés.
No laila e ka Haku J’implore ta grâce,
Malalao kou eheu Accorde-nous ta protection
Ko makou maluhia Alors la paix sera avec nous
A mau loa aku no. Amene. Maintenant et pour l’éternité. Amen.

S.M. la Reine Liliuokalani de Hawaï, pendant son emprisonnement, 1893

Montre-moi les souffrances des plus misérables;
Ainsi, je saurai ce qu’endure mon peuple,

Rends-moi capable de prier pour les autres,
Car tu es présent en tout être humain.

Aide-moi à être responsable de ma propre vie
Afin que je sois enfin libre.

Donne-moi l’honnêteté et la patience
Afin que je puisse travailler avec d’autres ouvriers.

Fais que nous te chantions et te célébrions
Afin que l’Esprit reste vivant parmi nous.

Fais que l’Esprit s’épanouisse et grandisse parmi nous
Afin que nous n’abandonnions jamais le combat.

Fais que nous nous souvenions de ceux qui sont morts pour la justice
Car ils nous ont donné la vie.

Aide-nous à aimer aussi ceux qui nous détestent.
Ainsi nous pourrons changer le monde.

César Chávez

Hymnes

Hymnes traditionnelles américaines

In Christ there is No East or West
William A. Dunkerley, musique de Harry T. Burleigh

Amazing Grace
John Newton, mélodie traditionnelle de Virginie

Simple Gifts
Joseph Brackett, Jr., hymne shaker

Blessed Assurance, Jesus is Mine!
Fanny Jane Crosby, musique de Phoebe Palmer Knapp

Gospel : There’s a Sweet, Sweet Spirit
Doris Akers

De la tradition pentecôtiste : Spirit of the Living God
Daniel Iverson

Refrain de la tradition charismatique : He is Lord

Droits civiques : Lift Ev’ry Voice and Sing
James Weldon Johnsons, musique de J. Rosamond Johnson

Situation œcuménique aux USA[2]

Diverses communautés chrétiennes font partie du paysage culturel américain depuis l’arrivée des missions espagnoles au XVIe siècle et le début de la colonisation britannique, hollandaise et suédoise de la côte Est de l’Amérique du Nord au XVIIe siècle. Très tôt on vit s’installer des colonies anglicanes en Virginie, des puritains congrégationalistes dans le Massachusetts, des communautés réformées hollandaises à New Amsterdam (Etat de New York), la Religious Society of Friends (Quakers) en Pennsylvanie, des presbytériens dans le New Jersey et des catholiques dans le Maryland, en fait dans ce qui allait devenir le noyau originel des Etats-Unis d’Amérique. Au fur et à mesure que les Etats-Unis s’étendaient à travers le continent, l’expression de la foi chrétienne devenait elle aussi de plus en plus variée. Cette diversité a été déclarée comme un droit humain et comme une partie intégrante de l’identité nationale américaine.

Les américains se souviennent cependant que dans leurs colonies ou états d’origine, les personnes dont l’identité n’était pas celle de la majorité se heurtaient à de regrettables manifestations d’intolérance. C’est ainsi que les baptistes furent chassés du Massachusetts et que les catholiques furent loin d’être bien accueillis en de nombreux endroits, certains les soupçonnant d’être plus loyaux envers Rome qu’envers l’Amérique.

Dans la majeure partie des églises, il n’était pas bien vu que les esclaves venus d’Afrique et les hommes et femmes noirs libres se mêlent aux blancs. The Society of Friends, les baptistes américains, les mennonites et les moraves faisaient cependant remarquablement exception, en luttant pour l’abolition de l’esclavage et en contribuant à la création de communautés de prière parmi les afro-américains chrétiens. C’est dans cette atmosphère mêlée de racisme et de foi en la liberté qu’offre l’Evangile, que les Eglises afro-américaines commencèrent à apparaître : l’Eglise épiscopale méthodiste africaine, l’Eglise épiscopale méthodiste africaine de Sion, l’Eglise épiscopale méthodiste chrétienne et l’Eglise baptiste nationale. A partir de ces communautés, ainsi que de celles nées du méthodisme de Wesley, allait se développer un courant insistant sur la sainteté personnelle qui devait apparaître à la fin du XIXe siècle. De manière indirecte, celui-ci donna naissance au XXe siècle à la tradition pentecôtiste.

Au début du XIXe siècle, un élan de ferveur évangélique caractérisait ce pays encore jeune. Les méthodistes répandaient vaillamment l’Evangile dans les zones rurales de cette nouvelle nation. Un ‘ grand réveil ’ spirituel eut lieu à peu près à la même époque et fut encouragé par des théologiens et des prédicateurs liés à des facultés de théologie telles que Yale (Connecticut) et Princeton (New Jersey). Ce renouveau du christianisme réformé possédait une particularité typiquement américaine: ranimer la foi en ce début de révolution industrielle chez les habitants des villes et chez les migrants américains toujours plus nombreux qui vont s’établir au centre et à l’ouest du continent. Cela devait conduire dans la vallée du fleuve Ohio à la naissance d’une nouvelle forme de christianisme évangélique parmi les protestants américains. Celle-ci reposait sur une organisation ecclésiale basée sur les assemblées des fidèles et accordait une grande importance à l’indépendance et à l’autonomie de l’homme, au travail opiniâtre, à la conversion personnelle et au salut. De ce nouveau courant proviennent l’Eglise chrétienne (Disciples du Christ) et les baptistes de l’Amérique rurale et du Sud ; avec d’autres communautés, elles allaient devenir ce que nous appelons aujourd’hui les chrétiens ‘ évangéliques ’. Ces chrétiens allaient être aussi les précurseurs des fondamentalistes du début du XXe siècle.

La petite communauté catholique augmenta de manière exponentielle vers la moitié du XIXe siècle grâce à l’immigration provenant d’Europe, en particulier d’Allemagne et d’Irlande, pays qui traversait alors une période de grande famine. En quête d’une terre et d’opportunités qu’ils n’auraient pu trouver en Europe en raison de la guerre et de la pauvreté, les immigrants luthériens allemands et scandinaves ainsi que des communautés réformées et anabaptistes commencèrent à arriver. Pour beaucoup d’américains protestants, la croissance de la population catholique était considéré comme une menace pour l’originalité du modèle américain de foi chrétienne qui s’était développé jusque-là. Néanmoins, pendant que l’immigration se poursuivait en provenance de l’Italie et de l’Europe de l’Est et que les zones françaises et espagnoles de l’Amérique du Nord étant soit conquises, soit annexées par les Etats-Unis, la communauté catholique devint partie intégrante – bien que partie ‘ séparée ’ – du panorama religieux chrétien des Etats-Unis. Au début du XXe siècle commença enfin l’immigration orthodoxe, après que la terrible Guerre civile américaine ait mis un terme à l’esclavage et conduit à une auto-compréhension plus progressiste des Etats-Unis en tant que ‘ melting pot ’ de tous les peuples.

Au XXe siècle, les mouvements œcuméniques commencèrent à prendre forme aux Etats-Unis comme en Europe. Les protestants américains se réunirent pour étudier les possibilités de travailler ensemble dans le domaine de la mission et de l’évangélisation. Ceci conduisit à la création d’institutions sociales chrétiennes communes pour le soutien aux pauvres, l’éducation des jeunes et les soins aux malades. De nouvelles organisations sociales telles que la YMCA (Union chrétienne de jeunes gens) et l’Armée du salut contribuèrent à ce courant. L’Octave pour l’unité de l’Eglise naquit en 1908, à l’initiative d’un ordre religieux épiscopalien de frères franciscains, la Society of the Atonement, à Graymoor (Garrison, New York).

Vers 1910, l’évêque épiscopalien Charles Brent et Peter Ainsley des Disciples du Christ unirent leurs efforts pour aborder des questions de Foi et Constitution parmi les églises des Etats-Unis. Les Disciples du Christ depuis toujours professaient l’unité chrétienne comme l’un de leurs buts primordiaux. De son côté, l’Eglise épiscopalienne, guidée par William Reed Huntington de New York, avait travaillé vingt ans plus tôt à la rédaction du Quadrilatère de Chicago-Lambeth, une confession de foi unissant les Eglises de la Communion anglicane ; celle-ci identifiait les conditions minimum requises pour l’unité avec d’autres communautés chrétiennes.

Il faudra encore traverser deux guerres mondiales et une crise économique avant que ne se réunisse la première (et unique) Conférence sur Foi et Constitution en Amérique du Nord qui eut lieu à l’Oberlin College (Ohio) en 1957 et déboucha sur la création d’une Commission permanente sur Foi et Constitution au sein du Conseil national des Eglises aux Etats-Unis. Après le Concile Vatican II, l’Eglise catholique des Etats-Unis devint membre de la Commission Foi et Constitution ; ne faisant donc plus figure d’ ‘ Eglise à part ’ dans le panorama américain, elle participe désormais de manière active et constructive au mouvement œcuménique.

Au cours de la première moitié du XXe siècle, les communautés chrétiennes aux Etats-Unis accomplirent des efforts en vue de la réconciliation, connurent de nouvelles évolutions mais aussi de nouvelles divisions.

Dans les écoles, les séminaires et les églises des communautés épiscopaliennes et protestantes dites ‘ historiques ’, l’exégèse biblique scientifique ainsi que de nouvelles manières de concevoir la nature humaine, le péché, la justice sociale et l’égalité commencèrent à s’affirmer.

De nombreux protestants américains du Sud et des zones rurales se considérant soit évangéliques, soit membres des nouveaux mouvements pentecôtistes, se sentirent appelés à un retour aux ‘ fondements ’. Cela signifiait l’acceptation du Livre de la Genèse comme un récit historique. Ces chrétiens se méfiaient d’un mouvement œcuménique incluant des organismes ecclésiaux qui ne s’en tenaient pas aux ‘ fondements ’ dans l’élaboration de leur doctrine.

Toutefois, alors que ces développements divergents portaient à une division croissante entre les ‘conservateurs’ et les ‘progressistes’ théologiques et culturels, on assistait dans certaines communautés chrétiennes américaines à la naissance de mouvements en faveur de l’unité. L’Eglise unie du Christ (1957), l’Eglise méthodiste unie (1968), l’Eglise presbytérienne des USA (1983) et l’Eglise luthérienne évangélique en Amérique (1987) réussirent à réunir des communautés auparavant séparées. Entre-temps, par son entrée dans le mouvement œcuménique, l’Eglise catholique apporta une contribution à la tâche féconde accomplie dans les dialogues bilatéraux aux Etats-Unis ainsi que par les dialogues conciliaires de la Commission Foi et Constitution. Le dialogue catholique-luthérien aux Etats-Unis publia une déclaration commune sur la justification par la foi qui servit de base importante à la Déclaration conjointe internationale catholique-luthérienne. Par ailleurs, les relations bilatérales entre l’Eglise catholique et les évêques orthodoxes (SCOBA) aux Etats-Unis ont également contribué à une amélioration des relations catholiques-orthodoxes au niveau international. Le dialogue entre épiscopaliens et luthériens a conduit à la pleine communion dans la célébration de l’eucharistie, à la reconnaissance réciproque des structures ecclésiales et à un partage du ministère entre ces églises (Appelés à la mission commune). L’Eglise évangélique luthérienne d’Amérique (ELCA), grâce aux résultats obtenus par les dialogues bilatéraux, entretient des relations similaires de pleine communion avec les Moraves, l’Eglise réformée en Amérique, l’Eglise presbytérienne des USA et l’Eglise unie du Christ.

Le travail œcuménique au niveau bilatéral, multilatéral et conciliaire aux Etats-Unis a conduit à certaines convergences, voire même à des consensus sur des sujets doctrinaux auparavant sources de division. Néanmoins, la question du genre et les questions éthiques et sexuelles demeurent ou sont devenues des points de conflit au sein même des communautés chrétiennes et entre les Eglises et les communautés. Les avis contraires concernant la place de la femme dans l’Eglise et, en particulier, l’ordination des femmes, ont créé de nouveaux obstacles entre des partenaires engagés de longue date dans le dialogue. Pour ce qui est de la sexualité humaine, en particulier en ce qui concerne les relations entre personnes de même sexe, nous assistons à une polarisation des positions dans la société en général et au sein des Eglises chrétiennes. Les Eglises se sont également prononcées de manières différentes sur les questions ayant trait à la guerre et à la paix et abordent différemment les relations interreligieuses. Des Eglises qui partageaient les positions de leurs partenaires œcuméniques sur certains sujets se retrouvent en désaccord sur de nouvelles questions. Par contre des Eglises n’ayant que peu de fondements ecclésiologiques communs partagent les mêmes positions sur d’importantes questions éthiques ayant une grande charge émotive.

D’autres problèmes rapprochent vraiment les Eglises chrétiennes et font ressentir la nécessité de travailler ensemble plus étroitement. Le racisme, même s’il n’est plus approuvé par la loi ni plus aussi ouvertement exprimé que dans le passé, demeure pour les Etats-Unis une blessure non cicatrisée. Les 250 ans d’esclavage des africains aux Etats-Unis qui n’ont pris fin qu’après une Guerre civile sanglante, ont hélas laissé un lourd héritage mais n’ont pas débarrassé totalement l’Amérique du racisme ; pas plus que l’attribution des pleins droits civils à tous en 1965. Les Eglises ont toutefois beaucoup œuvré ensemble pour combattre le racisme à l’intérieur et à l’extérieur de leurs propres structures. Toutefois des tensions raciales persistent. En même temps, les groupements ethniques/raciaux des Eglises américaines ont contribué avec succès à la création d’un tissu social américain chrétien ainsi qu’à l’enrichissement du mouvement œcuménique à travers la variété de leurs dons et de leurs interprétations. C’est aussi en raison de ce passé fait de douleur et de luttes que le fait de célébrer la Journée à la mémoire de Martin Luther King pendant la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens prend une importance particulière aux Etats-Unis.

La lutte contre la pauvreté est un domaine dans lequel les églises et communautés chrétiennes des Etats-Unis semblent parvenir à un accord permettant la coopération, l’élaboration de programmes d’action conjointe et les campagnes d’appels communes adressées aux politiques. Christian Churches Together aux USA (CCT, 2006) se penche actuellement sur le thème de la pauvreté et sur les moyens à mettre en œuvre pour la combattre de manière œcuménique.

Enfin, tandis que les américains se décrivent pour la plupart comme des chrétiens et/ou des croyants, comme nous le montrent les statistiques, un fossé culturel se creuse de plus en plus au niveau politique aux Etats-Unis entre la société sécularisée et la religion. Les Eglises constatent qu’il est de plus en plus nécessaire qu’elles associent leurs efforts pour endiguer ce qui est perçu comme une sécularisation croissante, semblable à celle que connaît déjà l’Europe. Cette préoccupation semble plus mobiliser les catholiques, les chrétiens évangéliques et les pentecôtistes, les églises orthodoxes et les églises afro-américaines historiques que les chrétiens protestants traditionnels. Cependant beaucoup s’accordent pour dire que la sécularisation a conduit à une crise de la foi chez de nombreuses personnes.

La vitalité œcuménique parmi les chrétiens des Etats-Unis tient également à la prolifération des organisations œcuméniques:

  • Christian Churches Together in the USA (Les Eglises chrétiennes ensemble aux USA, en anglais CCT) est l’organisation la plus récente, créée dans le but d’établir un vaste consortium œcuménique rassemblant toutes les Eglises et communautés chrétiennes des Etats-Unis. Elle est née le 30 mars 2006. Les 36 communautés qui en sont membres sont regroupées en cinq ‘familles’ : évangélique/pentecôtiste, catholique, orthodoxe, protestante et ethnique). Il s’est avéré nécessaire de constituer cette cinquième famille pour des raisons historiques d’inégalités raciales propres au contexte américain. CCT s’est donnée ‘ quatre objectifs ’ : (1) célébrer une même foi dans le Dieu Trinité, (2) rechercher l’aide de l’Esprit-Saint à travers la prière et le dialogue théologique, (3) s’assurer un soutien mutuel et fraternel et (4) s’employer à une meilleure connaissance réciproque en rappelant ce que nous avons en commun et en cherchant à mieux comprendre quelles sont nos différences.

  • Le Conseil national des Eglises chrétiennes aux USA (NCCCUSA), fondé en 1950, déclare dans le préambule de sa constitution qu’il « constitue une communautés de communions chrétiennes qui, en réponse à l’Evangile qui nous a été révélé dans les Saintes Ecritures, proclament Jésus Christ, le Verbe de Dieu incarné, comme leur Sauveur et Seigneur. Ces communions s’engagent ensemble à manifester toujours davantage l’unité de l’Eglise. Invoquant la puissance transformante de l’Esprit-Saint, ces communions s’associent en Conseil pour l’accomplissement d’une mission commune, en se mettant au service de l’ensemble de la création pour la gloire de Dieu ». Le Conseil national a pour membres 35 communions chrétiennes. Celles-ci représentent un groupe varié d’églises protestantes, anglicanes, orthodoxes, évangéliques, afro-américaines historiques auxquelles viennent s’ajouter les Living Peace churches (Eglises de la paix vécue). Grâce au Church World Service (Service ecclésial international) et à un certain nombre de comités pour la justice sociale et les affaires politiques, le NCCCUSA détient un important record historique dans les efforts œcuméniques déployés pour la promotion des droits de l’homme.

  • La Commission Foi et Constitution (USA) dont le travail a débuté en 1960, est une commission du Conseil national. S’inspirant du modèle de la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Eglises, cette commission comprend des membres qui n’ont pas adhéré au Conseil : les catholiques, certains évangéliques et pentecôtistes et les Holiness Christians (mouvements de sainteté).

  • Les Churches Uniting in Christ (Eglises s’unissant dans le Christ, en anglais C.U.I.C.) ont succédé à la Consultation sur l’union ecclésiale (C.O.C.U.) en 2002. Les neufs églises qui ont constitué la C.O.C.U. en 1960 sont passées d’une activité de ‘consultation’ à la volonté de ‘commencer à vivre plus pleinement leur unité en Christ’ à travers un parcours de rapprochement progressif comportant huit ‘ étapes ’ essentielles : reconnaissance mutuelle de la présence chez le partenaire d’expressions authentiques de l’Eglise une ; reconnaissance mutuelle d’un seul baptême ; reconnaissance que chacune professe la foi apostolique ; possibilité de célébrer ensemble l’Eucharistie (cette liturgie est parfois appelée ‘C.O.C.U.’ ou, comme c’est maintenant le cas, liturgie ‘C.U.I.C.’) ; l’engagement commun dans la mission, en particulier dans la lutte contre le racisme ; l’engagement délibéré à promouvoir l’unité en s’opposant à toute forme de marginalisation ou d’exclusion des personnes ; une forme de responsabilité mutuelle et permanente et la consultation dans les prises de décision ; enfin, un processus continu de dialogue théologique. Les neuf Eglises membres des C.U.I.C. sont : l’Eglise épiscopale méthodiste africaine, l’Eglise épiscopale méthodiste africaine de Sion, l’Eglise chrétienne (Disciples du Christ), l’Eglise épiscopale méthodiste chrétienne, l’Eglise épiscopalienne, le Conseil international des Eglises communautaires, l’Eglise presbytérienne des USA, l’Eglise unie du Christ et l’Eglise méthodiste unie.

  • La Conférence des responsables chrétiens du Sud, fondée suite au boycott historique des bus à Montgomery (Alabama) en 1956, et dont le premier président fut le Révérend Dr Martin Luther King, Jr, a eu un rôle œcuménique parmi les Eglises afro-américaines historiques ainsi que parmi les Eglises majoritairement blanches qui s’étaient réunies dans un effort œcuménique de libérer la société américaine du racisme.

  • L’Association nationale des évangéliques (en anglais NAE), fondée en 1942 et comptant plus de 60 confessions et communautés aussi différentes que les Eglises des frères mennonites, les Assemblées de Dieu, l’Armée du salut et l’Eglise de Dieu (mouvement de sainteté), encourage la fraternité et elle est le porte-parole des chrétiens des Etats-Unis qui croient à l’inerrance des Ecritures et qui ont foi dans le zèle missionnaire et les dons de l’Esprit-Saint. Elle est numériquement le plus important organisme œcuménique et regroupe des chrétiens habituellement dénommés ‘évangéliques et pentecôtistes’ aux Etats-Unis. Le NAE déclare avoir pour mission « d’étendre le royaume de Dieu à travers une alliance de confessions, d’Eglises, d’organisations et d’individus membres pour manifester l’unité du corps du Christ en proclamant la vérité biblique, en intervenant d’une manière qui soit représentative et en servant la communauté évangélique à travers une action conjointe, la collaboration dans le ministère et une programmation stratégique ».

Certaines Eglises ou familles d’Eglises aux Etats-Unis ont également créé des bureaux pour la coordination de leurs activités œcuméniques. Une version plus complète de ce texte sur la ‘situation œcuménique aux Etats-Unis d’Amérique’ comprenant une liste plus vaste des organisations engagées dans la promotion de l’unité des chrétiens ainsi que des informations statistiques sur les Eglises aux Etats-Unis est disponible sur internet aux pages suivantes : http// :wcc.wcc-coe.org ou http// :www.prounione.urbe.it.

Signalons aussi dans le panorama américain les efforts importants des conseils d’Eglises au niveau des villes, des comtés, des états et des régions. Dans de nombreuses communautés locales aux Etats-Unis, presque toutes les Eglises et leurs pasteurs ou ministres prennent part à ces conseils : protestants, anglicans, orthodoxes, afro-américains historiques et catholiques.

Très proches également du terrain sont les hommes et les femmes engagés comme directeurs de programmes œcuméniques ou comme ‘délégués à l’œcuménisme’ par leurs communautés ecclésiales au niveau de leur ville, de leur état ou au niveau national. Ces responsables ont tissé des réseaux dynamiques et vitaux au sein même de leurs Eglises nationales et entre leurs Eglises pour encourager le dialogue œcuménique. Tous les ans, ils organisent dans une ville différente la Rencontre nationale pour l’unité des chrétiens et soutiennent la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens dans leurs propres villes.

Enfin, réunis en consortiums, certains séminaires, et des facultés et universités créés par des Eglises encouragent, et parfois même exigent, l’inscription simultanée dans plusieurs de leurs institutions des étudiants se destinant au ministère ordonné, cette pratique se voulant un soutien à la réception du travail réalisé par le mouvement œcuménique. Toutes les grandes villes disposent de tels consortiums. Il convient également de signaler le travail réalisé par les facultés dans les universités, en particulier à la Temple University de Philadelphie qui publie la revue The Journal of Ecumenical Studies.

Parmi les évolutions récentes du monde chrétien aux Etats-Unis, signalons également le ‘Mouvement ecclésial émergent’ (Emergent Church Movement) qui est réticent à toute forme institutionnelle d’autorité. Dans ce mouvement sont engagés des jeunes, principalement des hommes entre 25 et 35 ans, qui échangent leurs points de vue sur la foi chrétienne et ont créé un réseau, une communauté sur Internet. Leur réticence à toute théologie systématique constitue un défi pour l’unité visible de l’Eglise. Cette communauté a néanmoins entamé un débat sur la valeur du mouvement œcuménique.

Que ce soit au niveau local ou national, les chrétiens des Etats-Unis ont conscience de l’importance de la prière commune en faveur des pauvres, des malades, de ceux qui sont dans le doute, pour la nation aussi, y compris pour la sécurité des forces armées. En dehors de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, de nombreux chrétiens de différentes confessions se réunissent pour prier le jour du Thanksgiving (novembre), la veille du Nouvel An (Watch Night), le Mercredi des cendres, le Vendredi Saint, pour la Journée mondiale de prière (mars) et pour la Journée nationale de prière (mai). Un profond sentiment de fraternité est perceptible en ces occasions où souvent l’Esprit-Saint nous aide à mettre de côté les divisions et la suspicion et à vivre d’importants moments de confiance réciproque et d’unité.

Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

Thèmes 1968 2008

C’est en 1968 que débuta officiellement la collaboration entre la Commission Foi et Constitution du COE et le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens pour la préparation de ces textes.

1968 Pour la louange de sa gloire (Ep 1, 14)
To the praise of his glory

1969 Appelés à la liberté» (Ga 5, 13)
Called to freedom
(Réunion préparatoire à Rome, Italie)

1970 Nous sommes les coopérateurs de Dieu (1 Co 3, 9)
We are fellow workers for God
(Réunion préparatoire au Monastère de Niederaltaich, République Fédérale d’Allemagne)

1971 ... et la communion du Saint-Esprit (2 Co 13, 13)
... and the communion of the Holy Spirit
(Réunion préparatoire à Bari, Italie)

1972 Je vous donne un commandement nouveau (Jn 13, 34)
I give you a new commandment
(Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1973 Seigneur, apprends-nous à prier (Lc 11, 1)
Lord, teach us to pray
(Réunion préparatoire à l’Abbaye de Montserrat, Espagne)

1974 Que tous confessent : Jésus Christ est Seigneur (Ph 2, 1-13)
That every tongue confess: Jesus Christ is Lord
(Réunion préparatoire à Genève, Suisse)
(En avril 1974, une lettre fut adressée aux églises-membres ainsi qu’à d’autres parties intéressées à la création de groupes locaux pouvant participer à la préparation du livret de la Semaine de Prière. Un groupe australien fut le premier à s’engager concrètement en préparant en 1975 le projet initial de livret pour la Semaine de Prière).

1975 La volonté du Père : tout réunir sous un seul Chef, le Christ (Ep 1, 3-10)
God’s purpose: all things in Christ
(Projet de texte élaboré par un groupe australien. Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1976 Appelés à devenir ce que nous sommes (1 Jn 3, 2)
We shall be like him or Called to become what we are
(Projet de texte élaboré par la Conférence des églises des Caraïbes. Réunion préparatoire à Rome, Italie.)

1977 L'espérance ne déçoit pas (Rm 5, 1-5)
Enduring together in hope
(Projet de texte élaboré au Liban, en pleine guerre civile. Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1978 Vous n'êtes plus des étrangers (Ep 2, 13-22)
No longer strangers
(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique de Manchester, Angleterre.)

1979 Soyez au service les uns des autres pour la gloire de Dieu (1 P 4, 7.11)
Serve one another to the glory of God
(Projet de texte élaboré en Argentine. Réunion préparatoire à Genève.)

1980 Que ton Règne vienne ! (Mt 6, 10)
Your kingdom come
(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique de Berlin, République Démocratique d’Allemagne. Réunion préparatoire à Milan, Italie.)

1981 Un seul Esprit - des dons divers - Un seul corps (1 Co 12, 3b-13)
One Spirit - many gifts - one body
(Projet de texte élaboré par les Pères de Graymoor, USA. Réunion préparatoire à Genève.)

1982 Que tous trouvent leur demeure en toi, Seigneur (Ps 84)
May all find their home in you, O Lord
(Projet de texte élaboré au Kenya. Réunion préparatoire à Milan, Italie.)

1983 Jésus Christ - Vie du monde (1 Jn 1, 1-4)
Jesus Christ - the Life of the World
(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique d’Irlande. Réunion préparatoire à Céligny [Bossey], Suisse.)

1984 Appelés à l'unité par la Croix de notre Seigneur (1 Co 2, 2 et Col 1, 20)
Called to be one through the cross of our Lord
(Réunion préparatoire à Venise, Italie.)

1985 De la mort à la Vie avec le Christ (Ep 2, 4.7)
From death to life with Christ
(Projet de texte élaboré en Jamaïque. Réunion préparatoire à Grandchamp, Suisse.)

1986 Vous serez mes témoins (Ac 1, 6.8)
You shall be my witnesses
(Textes proposés en Yougoslavie [Slovénie]. Réunion préparatoire en Yougoslavie.)

1987 Unis dans le Christ, une nouvelle création (2 Co 5, 17-6,4a)
United in Christ - a New Creation
(Projet de texte élaboré en Angleterre. Réunion préparatoire à Taizé, France.)

1988 L'Amour de Dieu bannit la crainte (1 Jn 4, 18)
The love of God casts out fear
(Projet de texte élaboré en Italie. Réunion préparatoire à Pinerolo, Italie.)

1989 Bâtir la communauté : un seul corps en Christ (Rm 12, 5-6a)
Building community: one body in Christ
(Projet de texte élaboré au Canada. Réunion préparatoire à Whaley Bridge, Angleterre.)

1990 Que tous soient un... afin que le monde croie (Jn 17)
That they all may be one... That the world may believe
(Projet de texte élaboré en Espagne. Réunion préparatoire à Madrid, Espagne.)

1991 Nations, louez toutes le Seigneur (Ps 117 et Rm 15, 5-13)
Praise the Lord, all you nations!
(Projet de texte élaboré en Allemagne. Réunion préparatoire à Rotenburg an der Fulda, République Fédérale d’Allemagne.)

1992 Je suis avec vous... allez donc (Mt 28, 16-20)
I am with you always ... Go, therefore
(Projet de texte élaboré en Belgique. Réunion préparatoire à Bruges, Belgique.)

1993 Porter le fruit de l'Esprit pour l'unité des chrétiens (Ga 5, 22-23)
Bearing the fruit of the Spirit for Christian unity
(Projet de texte élaboré au Zaïre. Réunion préparatoire près de Zurich, Suisse.)

1994 La maison de Dieu : appelés à n'avoir ‘qu'un cœur et qu’une âme’ (Ac 4, 32)
The household of God: called to be one in heart and mind
(Projet de texte élaboré en Irlande. Réunion préparatoire à Dublin, Irlande.)

1995 Koinônia : communion en Dieu et entre nous (Jn 15, 1-7)
Koinonia: communion in God and with one another
(Réunion préparatoire à Bristol, Angleterre.)

1996 Voici, je me tiens à la porte et je frappe (Ap 3, 14-22)
Behold, I stand at the door and knock
(Projet de texte élaboré au Portugal. Réunion préparatoire à Lisbonne, Portugal.)

1997 Au nom du Christ... laissez-vous réconcilier avec Dieu (2 Co 5, 20)
We entreat you on behalf of Christ, be reconciled to God
(Projet de texte élaboré en Scandinavie. Réunion préparatoire à Stockholm, Suède.)

1998 L’Esprit aussi vient en aide à notre faiblesse (Rm 8, 14-27)
The Spirit helps us in our weakness
(Projet de texte élaboré en France. Réunion préparatoire à Paris, France.)

1999 Ils seront ses peuples et lui sera le Dieu qui est avec eux (Ap 21, 3)
He will dwell with them as their God, they will be his peoples
(Projet de texte élaboré en Malaisie. Réunion préparatoire au Monastère de Bose, Italie.)

2000 Béni soit Dieu... qui nous a bénis en Christ (Ep 1, 3-14)
Blessed be God who has blessed us in Christ
(Projet de texte élaboré par le Conseil des Eglises du Moyen-Orient. Réunion préparatoire au Sanctuaire de La Verna, Italie.)

2001 Je suis le chemin et la vérité et la vie (Jn 14, 1-6)
I am the Way, and the Truth, and the Life
(Projet de texte élaboré en Roumanie. Réunion préparatoire à la
Casa de Odihna, Roumanie.)

2002 Car chez toi est la fontaine de la vie (Ps 36 [35], 10)
For with you is the fountain of life (Ps 36 : 5-9)
(Projet de texte élaboré par le Conseil des Conférences Épiscopales Européennes (CCEE) et la Conférence des Eglises Européennes (CEC). Réunion préparatoire au Centre œcuménique d’Ottmaring, Augsbourg, République Fédérale d’Allemagne.)

2003 Ce trésor, nous le portons dans des vases d’argile (2 Co 4, 7)
We have this treasure in clay jars
(Projet de texte élaboré en Argentine. Réunion préparatoire au Centre œcuménique ‘Los Rubios’, Málaga [Espagne].)

2004 Je vous donne ma paix (Jn 14, 27)
My peace I give to you
(Projet de texte élaboré à Alep, Syrie. Réunion préparatoire à Palerme, Sicile, Italie)

2005 Le Christ, unique fondement de l’Eglise (1 Co 3, 1-23)
Christ, the one foundation of the church
(Projet de texte élaboré en Slovaquie. Réunion préparatoire à Piestaňy, Slovaquie)

2006 Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux (Mt 18, 20)
Where two or three are gathered in my name, there I am among them
(Projet de texte élaboré en Irlande. Réunion préparatoire à Prosperous, County Kildare, en Irlande).

2007 Il fait entendre les sourds et parler les muets (Mc 7, 37)
He even makes the deaf to hear and the mute to speak
(Projet de texte élaboré en Afrique du Sud. Réunion préparatoire au Château de Faverges, Haute-Savoie, en France)

2008 Priez sans cesse (1 Th 5,17)
Pray without ceasing
(Projet de texte élaboré aux USA - Réunion préparatoire à Graymoor, Garrison aux USA)

Quelques dates importantes dans l’histoire
de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

environ 1740 En Ecosse, naissance d'un mouvement pentecôtiste avec des liens en Amérique du Nord, dont le message pour le renouveau de la foi appelle à prier pour toutes les églises et avec elles.

1820 Le Révérend James Haldane Stewart publie : « Conseils pour l'union générale des chrétiens, en vue d'une effusion de l'Esprit » (Hints for the outpouring of the Spirit).

1840 Le Révérend Ignatius Spencer, un converti au catholicisme romain, suggère une « Union de prière pour l'unité ».

1867 La première assemblée des évêques anglicans à Lambeth insiste sur la prière pour l'unité, dans l'introduction à ses résolutions.

1894 Le Pape Léon XIII encourage la pratique de l'Octave de la Prière pour l'unité dans le contexte de la Pentecôte.

1908 Célébration de « L'Octave pour l'unité de l’Eglise » à l'initiative du Révérend Père Paul Wattson.

1926 Le Mouvement « Foi et Constitution » commence la publication de « Suggestions pour une Octave de prière pour l'unité des chrétiens ».

1935 En France, l'abbé Paul Couturier se fait l'avocat de la « Semaine universelle de prière pour l'unité des chrétiens sur la base d'une prière conçue pour l'unité que veut le Christ, par les moyens qu'Il veut ».

1958 Le Centre « Unité chrétienne » de Lyon (France) commence à préparer le thème pour la Semaine de prière en collaboration avec la Commission « Foi et Constitution » du Conseil œcuménique des églises.

1964 A Jérusalem, le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras Ier récitent ensemble la prière du Christ « que tous soient un » (Jn 17).

1965 Le Décret sur l’œcuménisme du Deuxième Concile du Vatican souligne que la prière est l'âme du mouvement œcuménique, et encourage la pratique de la Semaine de Prière.

1966 La Commission « Foi et Constitution » et le Secrétariat pour l'unité des chrétiens (aujourd’hui Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens) de l'Eglise catholique décident de préparer ensemble le texte pour la Semaine de Prière de chaque année.

1968 Pour la première fois, la Semaine de prière est célébrée sur la base des textes élaborés en collaboration par « Foi et Constitution » et le Secrétariat pour l'unité des chrétiens (aujourd’hui Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens).

1975 Première célébration de la Semaine de prière à partir de textes préparés sur la base d’un projet proposé par un groupe œcuménique local. Ce nouveau mode d’élaboration des textes est inauguré par un groupe œcuménique d’Australie.

1988 Les textes de la Semaine de prière sont utilisés pour la célébration inaugurale de la Fédération chrétienne de Malaysie rassemblant les principaux groupes chrétiens de ce pays.

1994 Textes pour 1996 préparés en collaboration avec l’YMCA et l’YWCA.

2004 Accord entre Foi et Constitution (Conseil œcuménique des églises) et le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens (église catholique) pour que le livret de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens soit officiellement conjointement publié et présenté sous un même format.



[1] Ces prières et hymnes sont publiées sous la responsabilité du groupe œcuménique ayant préparé le projet de textes.

[2] Ce texte sur les Eglises des USA et la situation œcuménique de ce pays est publié sous l’entière responsabilité du groupe préparatoire.

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