The Holy See
back up
Search
riga

CONSEIL PONTIFICAL POUR LA PROMOTION DE L'UNITÉ DES CHRÉTIENS

 

IMPORTANT

Ce texte, dont la traduction française de l’anglais a été assurée par le Service national pour l’unité des chrétiens de la Conférence des Evêques de France, est la version française du matériel pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2011. Il a été élaboré en vue de sa diffusion internationale par le groupe mixte formé par le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et la Commission Foi & Constitution du Conseil œcuménique des Eglises. Les Commissions œcuméniques des Conférences épiscopales et des Synodes des Eglises orientales catholiques sont invitées à l’adapter, si elles le jugent nécessaire, en tenant compte des situations œcuméniques locales et des différentes traditions liturgiques.

Pour vous procurer la version locale adaptée, veuillez contacter la Commission œcuménique de la Conférence épiscopale ou du Synode de votre pays de résidence.

 

Textes pour
la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens
et pour toute l’année 2011

Unis dans l’enseignement des apôtres,
la communion fraternelle,
la fraction du pain et la prière
(cf. Ac 2, 42)

Conjointement préparés et publiés par
le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens
la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises

 

A tous ceux qui organisent
la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

Rechercher l'unité durant toute l'année

Traditionnellement, la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens est célébrée du 18 au 25 janvier. Ces dates furent proposées en 1908 par Paul Wattson de manière à couvrir la période entre la fête de saint Pierre et celle de saint Paul. Ce choix a donc une signification symbolique. Dans l'hémisphère Sud, où le mois de janvier est une période de vacances d'été, on préfère adopter une autre date, par exemple aux environs de la Pentecôte (ce qui fut suggéré par le mouvement Foi et Constitution en 1926) qui représente aussi une autre date symbolique pour l’unité de l’Eglise.

En gardant cette flexibilité à l’esprit, nous vous encourageons à considérer ces textes comme une invitation à trouver d'autres occasions, au cours de l'année, pour exprimer le degré de communion que les Eglises ont déjà atteint et pour prier ensemble en vue de parvenir à la pleine unité voulue par le Christ.

Adapter les textes

Ces textes sont proposés étant bien entendu que, chaque fois que cela sera possible, on essayera de les adapter aux réalités des différents lieux et pays. Ce faisant, on devra tenir compte des pratiques liturgiques et dévotionnelles locales ainsi que du contexte socio-culturel. Une telle adaptation devrait normalement être le fruit d’une collaboration œcuménique. Dans plusieurs pays, des structures œcuméniques sont déjà en place et elles permettent ce genre de collaboration. Nous espérons que la nécessité d'adapter la Semaine de prière à la réalité locale puisse encourager la création de ces mêmes structures là où elles n'existent pas encore.

Utiliser les textes de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens

  • Pour les Eglises et les Communautés chrétiennes qui célèbrent ensemble la Semaine de prière au cours d'une seule cérémonie, ce livret propose un modèle de Célébration œcuménique de la Parole de Dieu.

  • Les Eglises et Communautés chrétiennes peuvent également se servir pour leurs célébrations des prières ou des autres textes de la Célébration œcuménique de la Parole de Dieu, des textes proposés pour les Huit Jours et du choix de prières en appendice de cette brochure.

  • Les Eglises et Communautés chrétiennes qui célèbrent la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens chaque jour de la semaine, peuvent trouver des suggestions dans les textes proposés pour les Huit Jours.

  • Les personnes désirant entreprendre des études bibliques sur le thème de la Semaine de prière peuvent également se baser sur les textes et les réflexions bibliques proposés pour les Huit Jours. Les commentaires de chaque jour peuvent se conclure par une prière d'intercession.

  • Pour les personnes qui souhaitent prier en privé, les textes contenus dans cette brochure peuvent alimenter leurs prières et leur rappeler aussi qu'elles sont en communion avec tous ceux qui prient à travers le monde pour une plus grande unité visible de l'Eglise du Christ.


Texte biblique

Ac 2, 42-47

Ils étaient assidus à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. La crainte gagnait tout le monde : beaucoup de prodiges et de signes s’accomplissaient par les apôtres. Tous ceux qui étaient devenus croyants étaient unis et mettaient tout en communion. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, pour en partager le prix entre tous, selon les besoins de chacun. Unanimes, ils se rendaient chaque jour assidûment au Temple ; ils rompaient le pain à domicile, prenant leur nourriture dans l’allégresse et la simplicité de cœur. Ils louaient Dieu et trouvaient un accueil favorable auprès du peuple tout entier. Et le Seigneur adjoignait chaque jour à la communauté ceux qui trouvaient le salut.

Traduction œcuménique de la Bible (TOB)


Introduction au thème de l’année 2011

Ac
2, 42-47

L’Église à Jérusalem, hier, aujourd’hui et demain

Il y a deux mille ans, les premiers disciples du Christ rassemblés à Jérusalem ont fait l’expérience de l’effusion du Saint-Esprit à la Pentecôte et étaient rassemblés dans l’unité qui constitue le corps du Christ. Les chrétiens de tout temps et de tout lieu voient dans cet événement l’origine de leur communauté de fidèles, appelés ensemble à proclamer Jésus Christ comme Seigneur et Sauveur. Bien que cette Église primitive de Jérusalem ait connu des difficultés, tant à l’extérieur qu’en son sein, ses membres ont persévéré dans la fidélité et la communion fraternelle, la fraction du pain et les prières.

Il n’est pas difficile de constater que la situation des premiers chrétiens de la Cité Sainte s’apparente à celle de l’Église à Jérusalem aujourd’hui. La communauté actuelle connaît bien des joies et souffrances qui furent celles de l’Église primitive : ses injustices et inégalités, ses divisions, mais aussi sa fidèle persévérance et sa prise en compte d’une unité plus grande entre les chrétiens.

Les Églises à Jérusalem nous font actuellement entrevoir ce que signifie lutter pour l’unité, y compris dans de grandes difficultés. Elles nous montrent que l’appel à l’unité peut aller bien au-delà des mots et nous orienter vraiment vers un avenir qui nous fasse anticiper la Jérusalem céleste et contribuer à sa construction.

Il faut du réalisme pour que cette idée devienne réalité. La responsabilité de nos divisions nous incombe ; elles résultent de nos propres actes. Il nous faut transformer notre prière, et demander à Dieu de nous transformer nous-mêmes afin que nous puissions travailler activement à l’unité. Nous sommes volontiers prêts à prier pour l’unité, mais cela peut nous éviter d’agir pour qu’elle advienne. Se peut-il que nous entravions nous-mêmes l’Esprit Saint en faisant obstacle à l’unité ; que notre propre orgueil [hubris] empêche l’unité ?

C’est de Jérusalem, l’Église mère, que l’appel à l’unité parvient cette année aux Églises du monde entier. Conscientes de leurs propres divisions et de la nécessité de faire davantage elles-mêmes pour l’unité du Corps du Christ, les Églises à Jérusalem appellent tous les chrétiens à redécouvrir les valeurs qui constituaient l’unité de la première communauté chrétienne de Jérusalem, lorsqu’elle était assidue à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. Voilà le défi qui nous est lancé. Les chrétiens à Jérusalem appellent leurs frères et sœurs à faire de cette semaine de prière l’occasion de renouveler leur engagement à travailler pour un véritable œcuménisme, enraciné dans l’expérience de l’Église primitive.

Quatre éléments d’unité

Les prières de 2011 pour la Semaine de prière pour l’unité chrétienne ont été préparées par les chrétiens de Jérusalem, qui ont choisi le thème d’Actes 2,42 : « Ils étaient assidus à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. » Ce thème nous rappelle les origines de la première Église à Jérusalem ; il appelle à la réflexion et au renouveau, à un retour aux fondements de la foi ; il invite à se remémorer l’époque où l’Église était encore indivise. Quatre éléments sont présentés à l’intérieur de ce thème ; ce furent des traits marquants de la communauté chrétienne primitive et ils sont essentiels pour la vie de toute communauté chrétienne. Tout d’abord, la Parole a été transmise par les apôtres. Deuxièmement, l’un des traits marquants de la première communauté croyante lorsqu’elle se réunissait, était la communion fraternelle (koinonia). Un troisième trait de l’Église primitive consistait à célébrer l’Eucharistie (la « fraction du pain »), en mémoire de la Nouvelle Alliance que Jésus a accomplie à travers ses souffrances, sa mort et sa résurrection. Le quatrième aspect était l’offrande d’une prière continuelle. Ces quatre éléments sont les piliers de la vie de l’Église et de son unité.

La communauté chrétienne de Terre Sainte entend mettre en relief ces éléments fondamentaux et prie Dieu pour l’unité et la vitalité de l’Église répandue à travers le monde. Les chrétiens de Jérusalem invitent leurs sœurs et frères de par le monde à s’unir à leur prière dans leur lutte pour la justice, la paix et la prospérité de tous les peuples de cette terre.

Les thèmes des Huit Jours

Une démarche de foi peut être perçue à travers les thèmes de ces huit jours. Dès ses tout débuts dans la chambre haute, la communauté chrétienne primitive expérimente l’effusion de l’Esprit Saint, qui la rend capable de croître dans la foi et l’unité, dans la prière et l’action, pour devenir réellement une communauté de la résurrection, unie au Christ en sa victoire sur tout ce qui nous sépare les uns des autres et de Lui. L’Église de Jérusalem se transforme ainsi en phare d’espérance, en avant-goût de la Jérusalem céleste, appelée à réconcilier non seulement nos Églises mais tous les peuples. Ce cheminement est guidé par l’Esprit Saint qui conduit les premiers chrétiens à la connaissance de la vérité sur Jésus Christ, et emplit l’Église primitive de signes et de merveilles, à l’étonnement d’un grand nombre. Poursuivant leur démarche, les chrétiens de Jérusalem se rassemblent avec ferveur pour écouter la Parole de Dieu transmise par l’enseignement des apôtres, et se réunissent dans la communion fraternelle pour célébrer leur foi dans le sacrement et la prière. Emplie de la puissance et de l’espérance de la résurrection, la communauté célèbre la certitude de sa victoire sur le péché et la mort, pour avoir le projet et le courage d’être elle-même instrument de réconciliation, capable d’inspirer tous les peuples et de les appeler résolument à dépasser les divisions et injustices qu’ils subissent.

Le 1er jour situe les origines de l’Église mère de Jérusalem et en montre clairement la continuité avec l’Église répandue aujourd’hui à travers le monde. Il nous rappelle le courage de l’Église primitive qui rendait fièrement témoignage à la vérité, tout comme nous avons aujourd’hui à œuvrer pour la justice aussi bien à Jérusalem que dans le reste du monde.

Le 2e jour rappelle que la première communauté réunie à la Pentecôte était composée d’origines très diverses, et que, de la même manière, on trouve aujourd’hui dans l’Église à Jérusalem une grande diversité de traditions chrétiennes. Nous sommes donc à présent mis au défi de réaliser une unité visible encore plus étendue, par des moyens qui tiennent compte de nos différences et de nos traditions.

Le 3e jour porte attention à l’aspect le plus fondamental de l’unité : la Parole de Dieu communiquée à partir de l’enseignement des apôtres. L’Église de Jérusalem nous rappelle que, quelles que soient nos divisions, cet enseignement nous exhorte à nous dépenser par amour les uns des autres, et dans la fidélité à l’unique corps qu’est l’Église.

Le 4e jour insiste sur le partage comme deuxième expression de l’unité. Sur le mode des premiers chrétiens qui mettaient tout en commun, l’Église de Jérusalem appelle tous ses frères et sœurs de l’Église à partager leurs biens et leurs soucis dans la joie et la générosité de cœur, pour que nul ne demeure dans le besoin.

Le 5e jour porte sur le troisième aspect de l’unité : la fraction du pain, qui nous rassemble dans l’espérance. Notre unité s’étend au-delà de la sainte communion ; elle doit comporter une attitude droite sur le plan de la vie morale, de la personne humaine et de l’ensemble de la communauté. L’Église de Jérusalem appelle les chrétiens à s’unir dans « la fraction du pain », car une Église divisée ne peut s’exprimer avec autorité sur les questions de justice et de paix.

Le 6e jour présente la quatrième caractéristique de l’unité ; tout comme l’Église à Jérusalem, nous tirons notre force du temps que nous passons à prier. Le Notre Père, tout particulièrement, nous appelle tous, aussi bien à Jérusalem que dans l’ensemble du monde, faibles comme puissants, à œuvrer ensemble pour la justice, la paix et l’unité afin que vienne le règne de Dieu.

Le 7e jour nous reporte au-delà de ces quatre éléments d’unité : lorsque l’Église de Jérusalem proclame joyeusement la résurrection, même alors qu’elle endure la souffrance de la croix. La résurrection de Jésus est pour les chrétiens de la Jérusalem actuelle une espérance et une force qui les rend capables de demeurer constants dans leur témoignage, et de travailler pour la liberté et la paix dans la Cité de la paix.

Le 8e jour conclut la démarche sur un appel lancé par les Églises de Jérusalem en faveur d’un plus vaste service : celui de la réconciliation. Même si les chrétiens parviennent à l’unité entre eux, ils n’auront pas achevé leur travail, car ils doivent eux-mêmes se réconcilier avec les autres. Dans le contexte de Jérusalem, cela signifie entre Palestiniens et Israéliens ; en d’autres communautés, les chrétiens sont appelés à rechercher la justice et la réconciliation dans le contexte qui leur est propre.

Le thème de chaque journée a donc été choisi non seulement pour nous rappeler l’histoire de l’Église primitive, mais encore pour que les expériences des chrétiens de la Jérusalem actuelle nous soient présentes à l’esprit, et pour nous inviter tous à réfléchir à la manière dont nous pouvons faire profiter nos communautés chrétiennes locales de ce type d’expérience. Durant cette démarche de huit jours, les chrétiens de Jérusalem nous invitent à proclamer et à témoigner que l’unité – en son plein sens de fidélité à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières – nous rendra capables de triompher ensemble du mal, non seulement à Jérusalem, mais partout dans le monde.
 

Préparation de la Semaine de prière
pour l’unité des chrétiens 2011

Le travail initial qui a permis la publication de cette brochure a été effectué par un groupe de responsables chrétiens de Jérusalem. Ils se sont réunis à l’invitation du Conseil œcuménique des Églises. Leur réflexion a été facilitée par le Centre œcuménique de Jérusalem. Nous entendons remercier particulièrement ceux qui y ont contribué :

Sa Béatitude le Patriarche latin émérite, Michel Sabbah ;
Sa Grâce l’évêque Munib Younan, de l’Église évangélique luthérienne en Jordanie et en Terre Sainte ;
Le Rév. Naim Ateek, de l’Église épiscopalienne à Jérusalem et au Moyen-Orient ;
Le Père Frans Bouwen, de l’Église catholique (romaine) ;
Le Père Alexander, du Patriarcat grec orthodoxe de Jérusalem ;
Le P. Jamal Khader, de l’Université de Bethléem ;
M. Michael Bahnam, du Patriarcat syrien orthodoxe d’Antioche ;
M. Nora Karmi, de l’Église arménienne orthodoxe ;
M. Yusef Daher, de l’Église grecque melkite catholique.

Les textes proposés ici ont été définitivement mis au point lors de la rencontre du groupe préparatoire international désigné par la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises et le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens de l’Église catholique.

La rencontre du groupe préparatoire international s’est tenue au monastère Saint Christophe de Saydnaya, en Syrie. Les participants souhaitent adresser leurs remerciements à sa Béatitude Ignace IV, Patriarche grec-orthodoxe d’Antioche et à son personnel de Damas et de Saydnaya pour leur chaleureux accueil et leur gracieuse hospitalité, ainsi qu’aux responsables d’Églises des diverses traditions chrétiennes pour leur soutien et leur encouragement.
 

Introduction à la célébration œcuménique

« Ils étaient fidèles à l’enseignement des apôtres
et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » (Ac 2,42)

Le thème proposé cette année à notre méditation par les Églises à Jérusalem invite les chrétiens du monde entier à consacrer un temps de réflexion à leurs relations avec l’Église mère de Jérusalem, afin de pouvoir porter un regard nouveau sur leur propre situation. C’est à partir de cette communauté de Jérusalem que sont nées toutes les autres communautés. La communauté terrestre de Jérusalem préfigure la Jérusalem céleste où tous les peuples seront rassemblés autour du trône de l’Agneau pour louer et adorer Dieu éternellement.

Les chrétiens de Jérusalem invitent nos rassemblements œcuméniques de 2011 à méditer sur l’importance de notre assiduité à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières – éléments qui nous unissent, malgré notre nombre, dans l’unique Corps du Christ. Les Églises de Jérusalem nous demandent de nous souvenir d’elles dans la précarité de leur situation et de prier pour une justice qui permette la paix en Terre Sainte. La liturgie œcuménique présentée ici voudrait souligner la dimension fondamentale de tout témoignage chrétien, autrement dit l’amour mis au service de l’Évangile de la réconciliation avec Dieu, et avec toute l’humanité et la création.

Déroulement de la célébration

La célébration comprend : (I) le rassemblement, (II) la célébration de la Parole de Dieu, (III) les prières de repentance et de paix, (IV) la litanie de l’unité des chrétiens, (V) l’envoi.

I) Rassemblement

Selon les habitudes locales, des symboles appropriés peuvent être apportés et placés devant l’assemblée pendant l’hymne d’ouverture. Après la salutation initiale par la personne qui préside, quelques mots de bienvenue peuvent être exprimés aux communautés et aux responsables réunis pour célébrer.

L’assemblée est alors invitée à se préparer pour célébrer et louer Dieu par les formules d’ouverture et une prière introductive sous forme litanique à la manière traditionnelle orientale.

II) Célébration de la Parole de Dieu

La lecture des Actes des Apôtres est centrale et c’est à partir d’elle que s’organisent les autres étapes de la célébration. En choisissant ce texte des Actes, le comité préparatoire de Jérusalem entendait mettre l’accent sur les idées de fidélité à l’enseignement des apôtres et de mise en commun de tous les biens comme étant des clefs de l’unité. L’homélie peut développer ces sujets, ou bien insister sur la nécessité que les chrétiens répandus à travers le monde soutiennent dans la prière leurs sœurs et frères qui, dans la Ville sainte, témoignent de l’Évangile de l’amour.

Après l’homélie, il peut y avoir un temps de méditation silencieuse ou accompagné de musique. Une offrande ou une quête au profit des chrétiens et de leurs institutions (écoles, hôpitaux, etc.) pourra avoir lieu et être adressée à une organisation ecclésiale appropriée.

III) Prière de repentance et de paix

Un geste symbolique peut avoir lieu pendant cette prière.

Option n°1 : Des bougies apportées en procession au cours de la liturgie d’ouverture et placées à la vue de l’assemblée peuvent être éteintes une à une, après chaque formule de la prière pénitentielle, tandis qu’une grande bougie ou le cierge pascal sont laissés allumés et que les lumières de l’église sont éteintes. À la fin de la liturgie de paix, on distribue de petites bougies aux personnes présentes. La confession de foi, qui peut être récitée selon le credo de Nicée ou le symbole des apôtres, ou encore selon une autre expression traditionnelle de la foi, suit l’échange de la paix dans la pénombre. Les bougies éteintes sont alors allumées une à une (en commençant par la grande bougie ou le cierge pascal) après chaque intention de la litanie de l’unité des chrétiens. Les participants sont invités à emporter chez eux les bougies qu’ils ont reçues, à les allumer chaque soir de la semaine de prière et, si cela convient, à les placer à leur fenêtre pour prolonger cette veillée de prière et se rappeler les chrétiens de Terre sainte et d’ailleurs qui souffrent pour leur foi.

Option n° 2 : Un groupe (d’enfants ou de jeunes par exemple) prépare à l’avance la « mosaïque » (une image du Christ, une croix, l’image d’une église, tout autre symbole d’unité jugé approprié) et la découpe en grands morceaux. Durant la litanie de l’unité des chrétiens, des représentants des communautés présentes placent les morceaux de la mosaïque l’un après l’autre dans un cadre, devant l’assemblée. À la fin de la litanie, la mosaïque représentera l’unité de tous les chrétiens dans l’unique corps du Christ, dans la diversité qui montre la richesse du don que Dieu fait aux Églises.

Option n° 3 : De l’encens peut être offert par les membres de chacune des communautés après chaque formule de la prière pénitentielle, pour signifier la miséricorde de Dieu qui s’étend sur nos péchés et la grâce de Dieu qui nous guérit. Un récipient contenant du charbon de bois allumé peut être placé au centre de l’assemblée ou près du lieu où seront effectuées les lectures de l’Écriture. Après chaque formule pénitentielle, le lecteur ou un autre membre de l’assemblée placera de l’encens sur le charbon de bois. Ce geste exprime la volonté de l’assemblée de reconnaître son péché et d’accueillir en réponse la miséricorde de Dieu.

IV) Litanie de l’unité des chrétiens

Ces formules s’inspirent de la situation des Églises à Jérusalem. Toutefois, en fonction de la situation locale, on peut les remplacer par des formules propres au lieu, afin de manifester comment on cherche partout à dépasser les divisions et à tendre à la pleine communion visible. La litanie est conduite par le président et le lecteur, l’assemblée répondant à chaque fois. La litanie se conclut par la récitation du Notre Père. Chacun peut prier dans sa propre langue ou en araméen, langue aujourd’hui en usage chez certains chrétiens de la Cité Sainte (voir appendice).

V) Envoi
L’assemblée invoque la bénédiction de Dieu sur ses membres, envoyés pour être ambassadeurs de la Bonne Nouvelle de la réconciliation. Un hymne peut clore la célébration.
 

Célébration œcuménique

P. Président de la célébration
A. Assemblée
L. Lecteur

I. Rassemblement

Hymne d’ouverture

Invocation d’ouverture
P. Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.
A. Amen.

Formules d’ouverture
P. De tous les chrétiens de Jérusalem aux fidèles qui sont à NN, en Dieu le Père et dans le Seigneur Jésus Christ. À vous grâce et paix. (1 Thessaloniciens 1,1).
A. Nous rendons grâce à Dieu.

Salutations

P. Dieu de miséricorde et d’amour, tu nous as créés à ton image.
A. Nous te louons et nous te rendons grâce.
P. Nous nous rassemblons en ton nom, pour t’implorer de restaurer l’unité de tous ceux qui confessent ton Fils Jésus Christ comme Seigneur et Sauveur de toute l’humanité.
A. Ô notre Dieu, écoute-nous et prends pitié de nous.
P. Soutiens-nous dans notre faiblesse et fortifie-nous par ton Esprit Saint. A. Envoie ton Esprit et rassemble-nous dans l’unité.

P. Prions le Seigneur :
L. Kyrie, kyrie eleison.
P. Dieu de grâce, tu as promis par tes prophètes de faire de Jérusalem une demeure pour une multitude de peuples, et une mère pour un grand nombre de nations. Écoute nos prières pour que Jérusalem, la ville que tu as visitée, soit un lieu où tous puissent demeurer avec toi et se rencontrer dans la paix. Seigneur, nous te prions.
L. Kyrie, kyrie eleison.
P. Dieu de miséricorde, que ton Esprit qui fait vivre anime tous les cœurs, afin que s’écroulent les barrières de séparations, que disparaissent les suspicions, que cessent les haines et que ton peuple, guéri de ses divisions, puisse vivre dans la justice et la paix. Seigneur, nous te prions.
L. Kyrie, kyrie eleison.
P. Dieu d’amour, écoute nos prières pour ta cité sainte, Jérusalem. Mets fin à ses souffrances et rassemble-la dans l’unité. Fais qu’elle redevienne ta maison, une cité de paix et de lumière pour tous les peuples. Favorise la concorde dans la cité sainte et entre tous ses habitants. Seigneur, nous te prions.
L. Kyrie, kyrie eleison.
P. Ouvre à présent nos oreilles et nos cœurs pour écouter la proclamation de ta Parole et aide-nous à en vivre plus fidèlement en tout ce que nous faisons et disons, afin que ton nom soit glorifié et que s’étende ton règne, très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit.
A. Amen.

II. Célébration de la Parole de Dieu

P. Sagesse. Soyons attentifs !

Ancien Testament : Genèse 33, 1-4 ou Isaïe 58, 6-10
Psaume 96, 1-13
A. Chantez au Seigneur un chant nouveau car il a fait des merveilles
     (ou un autre hymne basé sur le Psaume 96)
L. Vv 1, 2, 3
L. Vv 4, 5, 6
L. Vv 7, 8, 9
L. V 10
L. Vv 11, 12a
L. Vv 12b, 13

Deuxième lecture : Actes 2, 42-47

Alléluia (chanté)

Matthieu 5, 24 : Laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; viens alors présenter ton offrande.

Alléluia, alléluia.

Évangile : Matthieu 5, 21-26

Homélie/Sermon

Hymne

III. Prière de repentance et de paix

P. Avec les Églises à Jérusalem, prions le Seigneur. Nous souvenant que les croyants étaient assidus à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, nous confessons nos manques de fidélité et de fraternité. Prions le Seigneur.
A. Seigneur, prends pitié.
P. Avec les Églises à Jérusalem, prions le Seigneur. Nous souvenant que la crainte gagnait tous les cœurs et qu’ils étaient témoins de beaucoup de prodiges et de signes, nous confessons l’étroitesse de nos vues qui nous empêche de découvrir la gloire de ton œuvre au milieu de nous. Prions le Seigneur.
A. Seigneur, prends pitié.
P. Avec les Églises à Jérusalem, prions le Seigneur. Nous souvenant que les croyants mettaient tout en commun et soutenaient ceux qui étaient dans le besoin, nous confessons que nous nous cramponnons à nos biens au détriment des pauvres. Prions le Seigneur.
A. Seigneur, prends pitié.
P. Avec les Églises à Jérusalem, prions le Seigneur. Nous souvenant que les croyants priaient avec assiduité et rompaient le pain chez eux dans l’allégresse et la simplicité de cœur, nous confessons notre manque d’amour et de générosité. Prions le Seigneur.
A. Seigneur, prends pitié.

Assurance du pardon de Dieu

P. Voici ce qui a été annoncé par le prophète Joël : « Il arrivera dans les derniers jours, déclare le Seigneur, que je répandrai mon Esprit sur toute chair… Alors quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé ».
Nous qui attendons la venue du Seigneur, nous avons nous aussi l’assurance que, dans le Christ, nous sommes pardonnés, renouvelés et rétablis dans l’unité.

Formule de paix

P. Le Christ est notre paix. Il nous a réconciliés avec Dieu en un seul corps par la croix ; nous nous rassemblons en son nom et partageons sa paix.
Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous.
A. Et avec votre esprit.

Profession de foi (Symbole des Apôtres, de Nicée ou autre formule adaptée)

Hymne

IV. Litanie de l’unité des chrétiens

P. Dans le Christ, le monde est réconcilié avec Dieu qui nous confie le message de la réconciliation. Nous qui sommes les ambassadeurs du Christ, chargés de son œuvre de réconciliation, faisons monter vers Dieu nos demandes :

P. Lorsque nous prions ensemble dans la diversité de nos traditions,
A. Toi le Saint, toi qui nous unis, rends visible notre unité et donne au monde la guérison.
P. Lorsque nous lisons la Bible ensemble dans la diversité de nos langues et de nos contextes de vie,
A. Toi qui te révèles, toi qui nous unis, rends visible notre unité et donne au monde la guérison.
P. Lorsque nous établissons des relations amicales entre juifs, chrétiens et musulmans, lorsque nous abattons les murs d’indifférence et de haine ;
A. Toi le miséricordieux, toi qui nous unis, rends visible notre unité et donne au monde la guérison.
P. Lorsque nous travaillons pour la justice et la solidarité, lorsque nous passons de la crainte à la confiance,
A. Toi qui fortifies, toi qui nous unis, rends visible notre unité et donne au monde la guérison.
P. Partout où l’on souffre de la guerre et de la violence, de l’injustice et des inégalités, de la maladie et des préjugés, de la pauvreté et du désespoir, en nous attirant vers la croix du Christ et les uns vers les autres,
A. Toi qui fus blessé, toi qui nous unis, rends visible notre unité et donne au monde la guérison.
P. Avec les chrétiens de Terre Sainte, nous témoignons nous aussi de la naissance de Jésus-Christ à Bethléem, de son ministère en Galilée, de sa mort et de sa résurrection, et de la venue de l’Esprit Saint à Jérusalem ; lorsque nous implorons la paix et la justice pour tous, dans la sûre et ferme espérance en la venue de ton règne,
A. Toi le Dieu Trinité, toi qui nous unis, rends visible notre unité et donne au monde la guérison.

Notre Père (chacun dans sa propre langue)

V. Envoi
L’assemblée invoque la bénédiction de Dieu sur ses membres qui sont envoyés pour être ambassadeurs de la Bonne Nouvelle de la réconciliation. Un hymne peut achever la célébration.

P. Que le Père, qui est fidèle à ses promesses et dont l’aide ne manque jamais, vous soutienne dans votre lutte pour la justice et vos efforts pour mettre un terme aux divisions.
A. Amen.
P. Que le Fils, qui a sanctifié la Terre Sainte par sa naissance, son ministère, sa mort et sa résurrection, vous apporte la rédemption, la réconciliation et la paix.
A. Amen.
P. Que l’Esprit Saint, qui a rassemblé dans l’unité les premiers chrétiens à Jérusalem, vous unisse dans la fidélité à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières, et vous fortifie pour prêcher et vivre l’Évangile.
A. Amen.
P. Que l’unique Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, vous bénisse et vous garde, pour que vous alliez proclamer sa Bonne Nouvelle dans le monde entier.
A. Nous rendons grâce à Dieu.

Bénédiction

A. Que la bénédiction du Dieu de paix et de justice nous accompagne ; Que la bénédiction du Fils Qui essuie les larmes de tous ceux qui souffrent de par le monde nous accompagne ; Et que la bénédiction de l’Esprit Qui nous invite à la réconciliation et à l’espérance nous accompagne dès maintenant et pour l’éternité. Amen.

Hymne
 

Textes bibliques, méditations
et prières pour les « Huit jours »

 

1er Jour L'Eglise de Jérusalem
Lectures  
Joël 2, 21-22.28-29 Je répandrai mon Esprit sur toute chair
Psaume 46 Dieu est au milieu de la ville
Actes 2, 1-12 Quand le jour de la Pentecôte arriva
Jean 14, 15-21 C’est lui l’Esprit de vérité

Commentaire

La démarche de cette Semaine de prière pour l’unité des chrétiens part de Jérusalem, le jour de la Pentecôte, c’est-à-dire au moment où l’Église entame son propre cheminement.

Le thème de cette semaine est : « Ils étaient assidus à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. » Le « ils » désigne l’Église primitive de Jérusalem, née le jour de la Pentecôte où le Paraclet, l’Esprit de vérité, est descendu sur les premiers croyants, comme cela avait été promis par Dieu à travers le prophète Joël, et par le Seigneur Jésus au soir ayant précédé sa passion et sa mort. Tous ceux qui vivent dans la continuité du jour de la Pentecôte, vivent dans la continuité de l’Église primitive de Jérusalem et de son responsable, saint Jacques. Cette Église est notre Église mère à tous. Elle nous donne l’image ou l’icône de l’unité des chrétiens pour laquelle nous prions cette semaine.

Selon une tradition orientale ancienne, c’est dans la continuité avec la première communauté chrétienne de Jérusalem que la succession ecclésiale se réalise. L’Église de Jérusalem des temps apostoliques est reliée à l’Église céleste de Jérusalem qui, à son tour, devient l’icône de toutes les Églises chrétiennes. En signe de leur continuité avec l’Église de Jérusalem, toutes les Églises doivent conserver les « traits » de la première communauté chrétienne par leur assiduité « à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières ».

L’Église actuelle de Jérusalem vit particulièrement sa continuité avec l’Église apostolique de Jérusalem à travers le coûteux témoignage qu’elle rend à la vérité. Son témoignage rendu à l’Évangile et sa lutte contre les inégalités et les injustices nous rappellent que la prière pour l’unité des chrétiens est inséparable de la prière pour la paix et la justice.

Prière

Dieu tout-puissant et miséricordieux, c’est avec grande puissance que tu as rassemblé les premiers chrétiens de Jérusalem par le don de l’Esprit Saint, défiant ainsi la puissance terrestre de l’Empire romain. Fais que, comme la première Église de Jérusalem, nous puissions nous réunir dans la fierté de prêcher et de vivre la bonne nouvelle de la réconciliation et de la paix, partout où existent des inégalités et des injustices. Nous t’en prions au nom de Jésus Christ qui nous libère des liens du péché et de la mort. Amen.

* * *

2e Jour Beaucoup de membres en un seul corps
Lectures  
Isaïe 55, 1-4 Venez vers les eaux
Psaume 85, 8-13 Le salut est à notre portée
1 Corinthiens 12, 12-27 Car nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit en un seul corps
Jean 15, 1-13 Je suis la vraie vigne

Commentaire

L’Église de Jérusalem décrite dans les Actes des Apôtres est le modèle de l’unité que nous recherchons actuellement. Comme telle, elle nous rappelle que la prière pour l’unité des chrétiens ne peut viser l’uniformité, car l’unité s’est caractérisée dès le début par une grande diversité. L’Église de Jérusalem est le modèle ou l’icône de l’unité dans la diversité.

Le récit de la Pentecôte dans le livre des Actes nous dit que, ce jour-là, toutes les langues et cultures de l’ancien monde méditerranéen et d’ailleurs, étaient représentées à Jérusalem, que les gens entendaient l’Évangile dans leurs différentes langues et qu’à travers la prédication de Pierre, ils ont été unis les uns aux autres dans le repentir, le baptême et l’effusion du Saint- Esprit. Saint Paul, pour sa part, écrira plus tard : « Nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit pour former un seul corps – juifs ou grecs, esclaves ou hommes libres – et nous avons tous été abreuvés par un seul Esprit ». Ce n’est pas une communauté uniforme, faite d’esprits semblables, de gens unis par la culture et la langue, qui était assidue à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, mais une communauté d’une grande diversité, dont les différences pouvaient aisément dégénérer en controverses. Ce fut le cas entre les chrétiens d’origine grecque et ceux d’origine juive à propos de la négligence avec laquelle on traitait les veuves grecques, comme le relate saint Luc en Ac 6,1. Et pourtant l’Église de Jérusalem était en elle-même unie, et ne faisait qu’un avec le Seigneur ressuscité qui déclare : « Je suis la vigne, vous êtes les sarments. Ceux qui demeurent en moi et en qui je demeure portent beaucoup de fruits ».

Une grande diversité caractérise aujourd’hui encore les Églises à Jérusalem et celles de l’ensemble du monde. À Jérusalem, cette diversité peut facilement dégénérer en controverse, car l’actuel climat politique d’hostilité ne fait que l’accentuer. Mais comme l’Église primitive de Jérusalem, les chrétiens à Jérusalem nous rappellent aujourd’hui que nous constituons les multiples membres d’un même corps, une unité dans la diversité. Des traditions anciennes nous enseignent que la diversité et l’unité existent aussi dans la Jérusalem céleste. Elles nous rappellent que la différence et la diversité ne signifient pas la division et la désunion, et que l’unité des chrétiens pour laquelle nous prions suppose toujours une réelle diversité.

Prière

Dieu dont vient toute vie en sa grande diversité, tu appelles ton Église comme Corps du Christ à être unie dans l’amour. Fais que nous comprenions davantage notre unité dans la diversité, et que nous nous efforcions de travailler ensemble à prêcher et à bâtir le royaume de ton immense amour pour l’humanité, en nous accompagnant les uns les autres partout et en tout lieu. Fais que nous ayons toujours conscience que le Christ est à l’origine de notre vie commune. Nous te le demandons dans l’unité de l’Esprit. Amen.

* * *

3e Jour L’assiduité à l’enseignement des apôtres nous réunit
Lectures  
Isaïe 51, 4-8 Accordez-moi votre attention, vous, mon peuple
Psaume 119, 105-112 Ta parole est une lampe pour mes pas
Romains 1, 15-17 Empressement à annoncer l’évangile
Jean 17, 6-19 J’ai manifesté ton nom

Commentaire

L’Église de Jérusalem dans les Actes des Apôtres était unie dans l’assiduité à l’enseignement des apôtres, en dépit de la grande diversité de langues et de cultures entre ses membres. L’enseignement des apôtres consiste à rendre témoignage à la vie, à l’enseignement, au ministère, à la mort et à la résurrection du Seigneur Jésus. Leur enseignement se résume dans ce que saint Paul appelle simplement « l’Évangile ». On trouve un exemple de l’enseignement des apôtres dans la prédication de saint Pierre à Jérusalem, le jour de la Pentecôte. À partir du prophète Joël, il rattache l’Église à l’histoire biblique du peuple de Dieu, en nous reportant au récit qui commence avec la création.

Malgré nos divisions, la Parole de Dieu nous rassemble et nous unit. L’enseignement des apôtres, la bonne nouvelle pour tous en sa plénitude, était au centre de l’unité dans la diversité de la première Église de Jérusalem. Les chrétiens de Jérusalem nous rappellent aujourd’hui que ce n’était pas seulement « l’enseignement des apôtres » qui unissait l’Église primitive, mais son assiduité à cet enseignement. C’est bien cette assiduité que reflète saint Paul lorsqu’il qualifie l’Évangile de « puissance de Dieu pour le salut».

Le prophète Isaïe nous rappelle que l’enseignement de Dieu est inséparable du « jugement, lumière des peuples ». Et le psalmiste prie ainsi : « Ta parole est une lampe pour mes pas, une lumière pour mon sentier. Tes exigences sont à jamais mon patrimoine : elles sont la joie de mon cœur. »

Prière

Dieu de lumière, nous te rendons grâce d’avoir révélé ta vérité en Jésus Christ, ta Parole de Vie, que nous avons reçue à travers l’enseignement des apôtres, transmis tout d’abord à Jérusalem. Que ton Esprit Saint continue de nous sanctifier dans la vérité de ton Fils, afin que par notre unité en Lui nous grandissions dans l’assiduité à ta Parole et servions ensemble ton Royaume dans l’humilité et l’amour. Nous te le demandons au nom de Jésus Christ. Amen.

* * *

4e Jour Le partage, expression de notre unité
Lectures  
Isaïe 58, 6-10 N’est-ce pas partager ton pain avec l’affamé ?
Psaume 37, 1-11 Compte sur le Seigneur et agis bien
Actes 4, 32-37 Ils mettaient tout en commun
Matthieu 6, 25-34 Cherchez d’abord le Royaume de Dieu

Commentaire

La continuité avec l’Église apostolique de Jérusalem se manifeste dans « l’assiduité à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. » L’Église actuelle de Jérusalem nous rappelle, toutefois, les conséquences pratiques d’une telle assiduité : le partage. Les Actes des Apôtres affirment simplement que « tous ceux qui étaient devenus croyants étaient unis et mettaient tout en commun. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, pour en partager le prix entre tous, selon les besoins de chacun » (Ac 2, 44-45). La lecture que nous faisons aujourd’hui du livre des Actes rattache ce partage radical au « témoignage rendu par les apôtres à la résurrection du Seigneur Jésus, et une grande grâce était à l’œuvre chez eux tous. » Par la suite, les persécuteurs de l’Église, dans l’Empire romain, remarqueront avec une perspicacité certaine : « Voyez comme ils s’aiment ».

La vie des chrétiens de la Jérusalem actuelle se caractérise par un partage similaire des ressources. C’est un signe de leur continuité avec les premiers chrétiens ; c’est aussi un signe et un défi pour toutes les Églises. Il relie la proclamation de l’Évangile, la célébration de l’Eucharistie et la communion fraternelle de la communauté chrétienne à une égalité et à une justice radicales à l’égard de tous. Au point que ce partage devient un témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus et un signe de continuité avec l’Église apostolique de Jérusalem ; c’est aussi un signe de notre unité les uns avec les autres.

Le partage peut prendre bien des formes. Il y a le partage radical de l’Église apostolique où nul n’est laissé dans l’indigence. Il y a le partage du fardeau, des luttes, des peines et des souffrances les uns des autres. Il y a le partage des joies et des succès, des bénédictions et des guérisons. Il y a aussi le partage des dons et des compréhensions d’une tradition vis-à-vis d’une autre malgré notre situation de séparation, et donc un certain «échange œcuménique des dons ». Ce généreux partage est une conséquence pratique de notre assiduité à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle ; il résulte de notre prière pour l’unité des chrétiens.

Prière

Dieu de justice, tes dons sont sans limites. Nous te remercions de nous avoir donné le nécessaire afin que tous puissent se nourrir, se vêtir et se loger. Préserve-nous du péché d’égoïsme qui porte à amasser, et incite-nous à être les instruments de ton amour, en partageant ce que tu nous as donné afin d’être ainsi les témoins de ta générosité et de ta justice. Puisque nous sommes disciples du Christ, fais-nous agir ensemble là où sont les besoins : où des familles sont expulsées de chez elles, où les faibles souffrent des mains des puissants, où la pauvreté et le chômage anéantissent des vies. Nous te le demandons au nom de Jésus, dans l’unité du Saint-Esprit. Amen.

* * *

5e Jour La fraction du pain dans l’espérance
Lectures  
Exode 16, 13b-21a C’est le pain que le Seigneur vous donne à manger
Psaume 116, 12-14.16-18 Je lèverai la coupe de la victoire
1 Corinthiens 11,17-18.23-26 Faites cela en mémoire de moi
Jean 6,53-58 Tel est le pain qui est descendu du ciel

Commentaire

Depuis la première Église à Jérusalem jusqu’à maintenant, la « fraction du pain » a toujours été un acte central pour les chrétiens. Pour ceux de la Jérusalem actuelle, le partage du pain est traditionnellement symbole d’amitié, de pardon et d’engagement vis-à-vis d’autrui. Cette fraction du pain nous met au défi de rechercher une unité qui puisse exprimer quelque chose de prophétique dans un monde de divisions. C’est bien ce monde-là qui, de manières diverses, nous a tous façonnés. Dans la fraction du pain, les chrétiens sont recréés pour le message prophétique d’espérance destiné à toute l’humanité.

Aujourd’hui, nous rompons nous aussi le pain « avec un cœur large et généreux » ; mais chaque célébration de l’Eucharistie nous rappelle également le douloureux souvenir de notre désunion. En ce cinquième jour de la Semaine de prière, les chrétiens de Jérusalem se réunissent dans la Chambre haute, lieu du dernier Repas. Et là, sans célébrer l’Eucharistie, ils rompent le pain dans l’espérance.

Nous apprenons cette espérance dans les manières dont Dieu nous rejoint à travers le désert de nos propres insatisfactions. L’Exode nous relate comment Dieu répond aux murmures du peuple qu’il a libéré : en lui fournissant ce dont il a besoin – ni plus, ni moins. La manne du désert est un don de Dieu qu’on ne peut jamais ni garder en réserve, ni comprendre pleinement. Elle est, comme le célèbre notre psaume, un moment qui appelle simplement à l’action de grâce – car Dieu « a dénoué nos liens ».

Saint Paul reconnaît que rompre le pain ne signifie pas seulement célébrer l’Eucharistie, mais être un peuple eucharistique – devenir le Corps du Christ dans le monde. Dans ce contexte, cette brève lecture (1 Co 10-11) rappelle comment la communauté chrétienne doit s’efforcer de vivre : dans une communion au Christ qui détermine une conduite droite en un contexte mondial difficile et en se guidant sur la réalité d’une vie en Lui. Nous vivons « en mémoire de lui ».

Parce que nous sommes un peuple de la fraction du pain, nous sommes un peuple de vie éternelle – de vie en plénitude – comme nous l’enseigne la lecture de saint Jean. Notre célébration de l’Eucharistie nous incite à réfléchir à la manière dont s’exprime jour après jour l’abondance de ce don de vie, que nous soyons dans l’espérance ou dans les difficultés. En dépit des défis quotidiens que connaissent les chrétiens de Jérusalem, ils témoignent qu’il est possible de se réjouir et d’espérer.

Prière

Dieu d’espérance, nous te louons pour le don que tu nous à fait dans le repas du Seigneur où, dans l’Esprit Saint, nous continuons de rencontrer ton Fils Jésus-Christ, lui le pain vivant descendu du ciel. Pardonne notre infidélité à ce grand don – notre vie de clans, notre complicité avec les inégalités, notre complaisance dans la séparation. Seigneur, nous te prions de hâter le jour où ton Église tout entière sera réunie pour la fraction du pain et, dans l’attente de ce jour, fais que nous apprenions davantage à être un peuple façonné par l’Eucharistie pour le service du monde. Nous te le demandons au nom de Jésus. Amen.

* * *

6e Jour Fortifiés pour agir, dans la prière
Lectures  
Jonas 2, 1-9  Au Seigneur appartient le salut !
Psaume 67, 1-7 Que les peuples te rendent grâce, Dieu !
1 Timothée 2, 1-8 Que l’on fasse des prières pour tous les hommes, pour les rois et tous ceux qui détiennent l’autorité…
Matthieu 6, 5-15 Que ton règne, que ta volonté soit faite…

Commentaire

Après l’assiduité à l’enseignement des apôtres, à la communion fraternelle et à la fraction du pain, le quatrième trait marquant de l’Église primitive de Jérusalem est la vie de prière. Les chrétiens de Jérusalem et d’ailleurs font aujourd’hui l’expérience que c’est dans cette prière qu’ils trouvent la puissance et la force dont ils ont besoin. Par leur témoignage, les chrétiens de Jérusalem nous appellent aujourd’hui à prendre mieux conscience de la manière dont nous nous situons par rapport aux situations d’injustice et d’inégalité, là où nous sommes. En tout cela, c’est la prière qui donne aux chrétiens la force d’exercer la mission commune.

Chez Jonas, c’est l’intensité de la prière qui permet la fantastique délivrance du ventre du poisson. Sa prière est sincère car elle s’élève alors qu’il se repent d’avoir cherché à éviter la volonté de Dieu : il s’est détourné de l’appel du Seigneur à prophétiser, et a abouti dans un lieu sans espoir. Et c’est là que Dieu va exaucer sa prière en le délivrant pour lui permettre sa mission.

Le psaume nous appelle à prier pour que la face de Dieu brille sur nous – non seulement à notre propre profit, mais pour que sa loi soit connue « parmi toutes les nations ».

L’Église apostolique nous rappelle que la prière fait partie de la force et de l’aptitude à la mission et à la prophétie pour le monde. La lettre de Paul à Timothée nous enseigne ici à prier particulièrement pour ceux qui détiennent l’autorité dans le monde afin que nous menions ensemble une vie calme et paisible. Nous prions pour l’unité de nos sociétés et de nos pays, et pour l’unité de toute l’humanité en Dieu. Notre prière pour l’unité dans le Christ s’étend au monde entier.

Le dynamisme de cette vie de prière s’enracine dans l’enseignement du Seigneur à ses disciples. Dans notre lecture de l’évangile selon saint Matthieu, nous entendons parler de la prière comme d’une force « secrète » qui ne résulte ni de l’ostentation ni du spectacle, mais de l’humble mise en présence du Seigneur. L’enseignement de Jésus se résume dans le Notre Père. En le disant ensemble, nous sommes constitués en un peuple uni qui cherche la volonté du Père et l’édification de son Royaume ici même sur la terre, et nous sommes appelés à une vie de pardon et de réconciliation.

Prière

Dieu notre Père, nous nous réjouissons qu’en tout temps, tout lieu et toute culture, des gens se tournent vers toi pour prier. Nous te rendons grâce surtout pour l’exemple et l’enseignement de ton Fils, Jésus Christ, qui nous a appris à persévérer dans la prière pour que ton règne vienne. Enseigne-nous à mieux prier entre chrétiens rassemblés, afin que nous ayons toujours conscience que tu nous guides et nous encourages à travers toutes nos joies et nos peines, dans la puissance de l’Esprit Saint. Amen.

* * *

7e Jour Vivre dans la foi en la résurrection
Lectures  
Isaïe 60, 1-3.18-22   Tu appelleras tes murailles « Salut » et tes portes « Louange »
Psaume 118, 1.5-7 Non, je ne mourrai pas, je vivrai
Romains 6, 3-11 Par le baptême, en sa mort, nous avons été ensevelis avec le Christ, afin que… nous menions nous aussi une vie nouvelle
Matthieu 28, 1-10 Jésus leur dit : « Soyez sans crainte… »

Commentaire

L’assiduité des premiers chrétiens à l’enseignement des apôtres, à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières a surtout été rendue possible dans la puissance de vie de Jésus ressuscité. Cette puissance demeure à l’œuvre, comme en témoignent les chrétiens de la Jérusalem actuelle. En dépit des difficultés de la situation où ils se trouvent – et quel qu’en soit la possible ressemblance avec Gethsémani et le Golgotha – ils savent dans la foi que tout est renouvelé dans la vérité de la résurrection de Jésus d’entre les morts.

La lumière et l’espérance de la résurrection transforment tout. Comme l’annonce Isaïe, l’obscurité se change en lumière ; tous les peuples en sont illuminés. La puissance de la résurrection rayonne depuis Jérusalem, lieu de la Passion du Seigneur, et attire toutes les nations vers sa clarté. C’est une vie nouvelle, où la violence est écartée et où l’on trouve sécurité dans le salut et la louange.

Dans le psaume, nous trouvons les mots pour célébrer l’expérience centrale du christianisme : le passage de la mort à la vie. C’est le signe permanent de l’amour inébranlable de Dieu. Ce passage des terreurs de la mort à la vie nouvelle est ce qui définit tous les chrétiens. Car, comme l’enseigne saint Paul, par le baptême, nous avons été mis au tombeau avec le Christ et nous sommes ressuscités avec Lui. Nous sommes morts avec le Christ, et nous vivons pour partager sa vie de ressuscité. Nous pouvons donc voir le monde autrement – avec compassion, patience, amour et espérance – car, dans le Christ, les difficultés du moment ne peuvent jamais être le fin mot de l’histoire. Malgré nos divisions, nous autres chrétiens savons que le baptême qui nous rassemble nous permet de porter la croix dans la lumière de la résurrection.

Selon l’Évangile, cette vie de ressuscité n’est pas un simple concept ou une idée encourageante ; elle s’enracine dans un événement vivant du temps et de l’espace. C’est l’événement que nous relate la lecture de l’Évangile de façon très humaine et expressive. De Jérusalem, le Seigneur ressuscité salue ses disciples de tous les temps, nous appelant tous à le suivre sans crainte. Il marche à notre tête.

Prière

Dieu qui protèges la veuve, l’orphelin et l’étranger – dans un monde où beaucoup connaissent le désespoir, tu as ressuscité ton Fils Jésus pour apporter l’espérance à l’humanité et le renouveau à la terre. Continue de fortifier et d’unifier ton Église dans ses luttes contre les forces de la mort dans un monde où la violence envers la création et l’humanité obscurcissent l’espérance dans la vie nouvelle que tu proposes. Nous te le demandons au nom du Christ ressuscité, dans la puissance de son Esprit. Amen.

* * *

8e Jour Appelés au service de la réconciliation
Lectures  
Genèse 33,1-4   Esaü courut à la rencontre de Jacob et l’embrassa ; ils pleurèrent
Psaume 96,1-13 Dites parmi les nations : « le Seigneur est roi »
2 Corinthiens 5, 17-21 Dieu nous a réconciliés avec lui par le Christ et nous a confié le ministère de la réconciliation
Matthieu 5,21-26 Laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère…

Commentaire

Nos prières de cette semaine nous ont amenés à faire une démarche commune. Guidés par les Écritures, nous avons été appelés à revenir à nos origines chrétiennes – celles de l’Église apostolique de Jérusalem. Nous avons vu son assiduité - à l’enseignement des apôtres, à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. Au terme de nos réflexions sur la communauté chrétienne idéale présentée en Ac 2,42, nous en revenons aux contextes qui sont les nôtres : réalités de divisions, d’insatisfactions, de déceptions et d’injustices. Et là, l’Église de Jérusalem nous pose la question suivante: à quoi sommes-nous appelés, ici et maintenant, alors que nous achevons cette Semaine de prière pour l’unité des chrétiens?

Les chrétiens de la Jérusalem d’aujourd’hui nous suggèrent une réponse : nous sommes surtout appelés au service de la réconciliation. Un tel appel concerne la réconciliation sur bien des plans, et dans toute une complexité de divisions. Nous prions pour l’unité des chrétiens afin que l’Église soit signe et instrument de la guérison des divisions et des injustices politiques et structurelles ; pour une coexistence juste et pacifique entre juifs, chrétiens et musulmans ; pour que grandisse la compréhension entre les personnes de toutes croyances et les incroyants. Dans nos vies personnelles et familiales, l’appel à la réconciliation doit aussi trouver une réponse.

Jacob et Esaü, dans le texte de la Genèse, sont frères et cependant étrangers l’un à l’autre. Leur réconciliation intervient alors que l’on aurait pu s’attendre à un conflit. La violence et les habitudes de colère sont mises de côté alors que les frères se rencontrent et pleurent ensemble.

La reconnaissance devant Dieu de notre unité comme chrétiens – et bien sûr comme êtres humains – nous conduit au grand chant de louange du psaume envers le Seigneur qui gouverne le monde avec justice et amour. Dans le Christ, Dieu cherche à se réconcilier tous les peuples. Saint Paul, qui décrit cela dans notre deuxième lecture, célèbre cette vie de réconciliation comme « une création nouvelle ». L’appel à se réconcilier est un appel à laisser agir en nous la puissance de Dieu pour faire toutes choses nouvelles.

Encore une fois, nous savons que cette « bonne nouvelle » nous invite à modifier notre manière de vivre. Comme saint Matthieu le relate, Jésus nous y exhorte résolument : nous ne pouvons continuer à présenter nos offrandes à l’autel tout en sachant que nous sommes responsables des divisions et des injustices. L’appel à la prière pour l’unité des chrétiens est un appel à la réconciliation. L’appel à la réconciliation est un appel à agir – même s’il faut pour cela interrompre nos activités ecclésiales.

Prière

Dieu de paix, nous te rendons grâce de nous avoir envoyé ton fils Jésus pour nous réconcilier en Lui avec toi. Fais-nous la grâce d’être de vrais serviteurs de la réconciliation dans nos Églises. Aide-nous ainsi à nous mettre au service de la réconciliation de tous les peuples, en particulier en ta Terre sainte – le lieu où tu veux abattre le mur de séparation entre les peuples, et réunir chacun dans le Corps du Christ, offert en sacrifice au Calvaire. Remplis-nous d’amour les uns pour les autres, que notre unité serve à la réconciliation que tu désires pour toute la création. Nous te le demandons dans la puissance de l’Esprit. Amen.
 

Prières supplémentaires

Prière des responsables d’Églises à Jérusalem
(3 personnes pour réciter les différentes parties de la prière)

Père céleste,

Nous te rendons grâce et nous te louons pour le don de ton fils unique, Jésus ; pour sa naissance à Bethléem ; son ministère en toute la Terre Sainte, sa mort en croix, sa résurrection et son ascension. Il est venu racheter cette terre et le monde. Il est venu en Prince de la Paix.

Nous te rendons grâce pour toutes les Églises et paroisses du monde qui s’unissent à notre prière d’aujourd’hui pour la paix. Notre Ville sainte et notre terre ont grand besoin de paix. Dans ton ineffable mystère et ton amour pour tous, fais que la puissance de ta rédemption et de ta paix transcende toutes les barrières de cultures et de religions, et remplisse le cœur de tous ceux qui te servent ici, ceux des deux peuples – Israélien et Palestinien – et de toutes les religions.

Envoie-nous des responsables politiques prêts à consacrer leur vie à une paix juste pour leurs peuples.

Donne-leur le courage de signer un traité de paix qui mette fin à l’occupation imposée par un peuple sur un autre, accorde la liberté aux Palestiniens, donne la sécurité aux Israéliens et libère-nous tous de la crainte. Donne-nous des responsables qui comprennent la sainteté de notre ville et qui l’ouvrent à tous ses habitants – Palestiniens et Israéliens – et à l’ensemble du monde.

Sur cette terre que tu as sanctifiée, libère-nous tous des péchés de haine et de meurtre. Libère les âmes et les cœurs des Israéliens et des Palestiniens de ce péché. Accorde la libération aux habitants de Gaza qui connaissent d’interminables épreuves et menaces.

Nous mettons en toi notre confiance, Père céleste. Nous croyons que tu es bon et que ta bonté l’emportera sur les maux de la guerre et de la haine en notre terre.

Nous implorons ta bénédiction, particulièrement sur les enfants et les jeunes, afin que leur crainte et l’angoisse du conflit cèdent place à la joie et au bonheur de la paix. Nous prions aussi pour les personnes âgées et handicapées, pour leur propre bien-être et pour qu’elles apportent la contribution qui leur est possible à l’avenir de cette terre.

Nous prions enfin pour les réfugiés, dispersés à travers le monde du fait de ce conflit.

Toi, notre Dieu, accorde aux politiciens et aux gouvernements qui en sont responsables la sagesse et le courage de trouver des solutions justes et adaptées.

Tout cela, nous te le demandons au nom de Jésus. Amen.

Seigneur, fais de moi un instrument de ta Paix

Fais de moi un instrument de ta paix.
Là où il y a de la haine, que je mette l’amour.
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.
Et là où il y a le doute, que je mette la foi.

Ô Maître, que je ne cherche pas tant
À être consolé qu’à consoler,
À être compris qu’à comprendre,
À être aimé qu’à aimer.

Fais de moi un instrument de ta paix.
Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où il y a les ténèbres, que je mette la lumière.
Et là où il y a la tristesse, que je mette la joie.

Fais de moi un instrument de ta paix.
Car c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
C’est en donnant qu’on reçoit
Et c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.

(Prière attribuée à Saint François)

Yarabba ssalami

Palestine

Kyrie eleison

Mt. Athos Melody, Greece

Alleluia

Ancient Syriac Liturgy

Halle, hallelujah

Syria


 

Vie œcuménique à Jérusalem

C’est de Jérusalem que Jésus a envoyé les apôtres pour être ses témoins « jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 18). Au cours de leur mission, ils sont entrés en contact avec un grand nombre de langues et de civilisations très riches et se sont mis à proclamer l’Évangile et à célébrer l’Eucharistie en toutes ces langues. De ce fait, la vie chrétienne et la liturgie ont acquis bien des visages et expressions qui s’enrichissent et se complètent entre eux. Très tôt, toutes ces Églises et traditions chrétiennes ont voulu être présentes ensemble, avec l’Église locale, à Jérusalem, lieu de naissance de l’Église. Elles ont éprouvé le besoin d’avoir une communauté de prière et de service sur la terre où s’était déroulée l’histoire du salut et à proximité des lieux où Jésus avait vécu, exercé son ministère, souffert sa passion et était ainsi entré dans son mystère pascal de mort et de résurrection. C’est ainsi que l’Église de Jérusalem est devenue l’image vivante de la diversité et de la richesse des multiples traditions chrétiennes de l’Orient et de l’Occident. Tout visiteur ou pèlerin qui vient à Jérusalem est avant tout invité à découvrir ces traditions riches et variées.

Malheureusement, au cours de l’histoire et pour diverses raisons, cette belle diversité est aussi devenue source de divisions. Ces divisions sont encore plus pénibles à Jérusalem, puisque c’est le lieu-même où Jésus a prié pour « que tous soient un » (Jn 17, 21), où il est mort « pour rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11, 52), et où a eu lieu la première Pentecôte. Il importe toutefois d’ajouter qu’aucune de ces divisions n’a Jérusalem pour origine. Elles ont toutes été introduites à Jérusalem à travers les Églises déjà divisées. Par conséquent, presque toutes les Églises du monde ont leur part de responsabilité dans les divisions de l’Église de Jérusalem et sont donc aussi appelées à travailler pour son unité avec les Églises locales.

Il y a actuellement à Jérusalem treize Églises rattachées de tradition épiscopale : l’Église grecque orthodoxe, l’Église (catholique) latine, l’Église apostolique arménienne, l’Église syrienne orthodoxe, l’Église copte orthodoxe, l’Église éthiopienne orthodoxe, l’Église grecque melkite (catholique), l’Église maronite (catholique), l’Église syrienne catholique, l’Église arménienne catholique, l’Église chaldéenne (catholique), l’Église évangélique épiscopalienne et l’Église évangélique luthérienne. En plus de celles que nous venons de nommer, un nombre considérable d’autres Églises ou communautés sont présentes à Jérusalem et en Terre Sainte : presbytériens, réformés, baptistes, évangéliques, pentecôtistes, etc. Les chrétiens de Palestine et d’Israël dans leur ensemble sont au nombre de 150.000 à 200.000 et représentent entre 1% et 2% de la population totale. La grande majorité de ces chrétiens sont des Palestiniens de langue arabe, mais en certaines Églises il existe aussi des groupes de fidèles parlant hébreu qui souhaitent constituer une présence et un témoignage chrétiens au sein de la société israélienne. En outre, il existe également des assemblées dites messianiques qui représentent de quatre à cinq mille croyants mais dont on ne tient habituellement pas compte dans le nombre de chrétiens recensés.

Pour ce qui est des évolutions récentes des relations œcuméniques à Jérusalem, le pèlerinage du pape Paul VI en Terre sainte, en janvier 1964, continue de représenter une étape décisive. Ses rencontres à Jérusalem, avec les patriarches Athénagoras de Constantinople et Benedictos de Jérusalem ont marqué le début d’un climat nouveau dans les relations entre Églises. À partir de ce moment-là, les choses ont commencé à évoluer de façon nouvelle.

L’étape importante qui a suivi a été celle de la première intifada palestinienne, à la fin des années 1980. Dans un climat d’insécurité, de violence, de souffrance et de mort, les responsables des Églises ont commencé à se rencontrer pour réfléchir en commun à ce qu’ils pouvaient et devaient dire et faire ensemble. Ils ont décidé de publier des messages et des déclarations communes et de commencer à prendre ensemble des initiatives en vue d’une paix juste et durable.

Depuis lors, les responsables des Églises de Jérusalem publient chaque année un message commun pour Pâques et pour Noël, ainsi que des déclarations et communiqués à des occasions particulières. Deux déclarations méritent d’être spécialement mentionnées. En novembre 1994, les responsables des treize Églises ont signé un mémorandum commun sur l’importance de Jérusalem pour les chrétiens et sur les droits qui en résultent pour les communautés chrétiennes. Depuis, ils se réunissent régulièrement presque tous les mois. Ils ont publié une déclaration remise à jour sur le même sujet, en septembre 2006.

Jusqu’à maintenant, l’entrée œcuménique dans le troisième millénaire sur la place de la Crèche à Bethléem, en décembre 1999, demeure l’expression la plus significative de ce nouveau pèlerinage œcuménique commun. Les responsables et fidèles des treize Églises, rassemblés avec des pèlerins venus du monde entier, y ont passé une après-midi ensemble à chanter, lire la Parole de Dieu et prier en commun.

En 2006, la création du Centre œcuménique de Jérusalem, en collaboration avec les Églises locales, le Conseil œcuménique des Églises et le Conseil des Églises du Moyen-Orient, a également exprimé la collaboration croissante entre les Églises locales, et la force des liens qui existent entre elles et les Églises de l’ensemble du monde. Ce Centre est en même temps un précieux instrument au service de cette croissance œcuménique.

Le Programme d’Accompagnement Œcuménique de Palestine et d’Israël a débuté en 2002 en coordination avec les Églises locales et le COE. Il implique des volontaires venus d’Églises du monde entier en vue de collaborer avec les Israéliens et les Palestiniens à amoindrir les conséquences du conflit, et de les accompagner sur les lieux de confrontations. Cette initiative constitue un autre puissant outil pour renforcer les liens de solidarité, aussi bien en Terre Sainte qu’avec les Églises auxquelles les volontaires appartiennent.

Bien d’autres groupes œcuméniques informels existent à Jérusalem. L’un d’eux, le Cercle Œcuménique des Amis, qui se réunit une fois par mois, coordonne la célébration annuelle de la Semaine de prière pour l’unité chrétienne à Jérusalem depuis maintenant quarante ans environ. Chaque année, cette célébration constitue un remarquable événement dans la vie des Églises.

Le dialogue interreligieux à Jérusalem, ville considérée comme sainte par les juifs, les chrétiens et les musulmans, a également d’importantes répercussions œcuméniques grâce aux membres de diverses Églises qui y travaillent étroitement ensemble. Dans ce dialogue, ils font collectivement l’expérience de la nécessité de dépasser les désaccords et controverses du passé et de trouver un nouveau langage commun pour pouvoir témoigner du message évangélique dans une attitude de respect mutuel.

Pour les chrétiens de base, de Palestine et d’Israël, l’œcuménisme fait partie du quotidien. Ils font constamment l’expérience que la solidarité et la collaboration sont d’une importance vitale pour la présence de leur petite minorité au milieu de la majorité de croyants des deux autres religions monothéistes. Les écoles, institutions et mouvements chrétiens travaillent ensemble, de part et d’autre des frontières entre Églises, à proposer un service et un témoignage communs. Les mariages entre membres d’Églises différentes sont maintenant généralement acceptés et on en trouve dans presque toutes les familles. De ce fait, les Églises partagent les joies et peines les unes des autres, au milieu d’une situation de conflit et d’instabilité qui touche aussi leurs frères et sœurs musulmans dont elles partagent la langue, l’histoire, la culture et avec qui elles sont appelées à bâtir un meilleur avenir commun. Elles sont prêtes à collaborer avec les musulmans et les juifs croyants pour préparer les voies du dialogue et d’une solution juste et durable à un conflit où l’on a trop souvent usé et abusé de la religion. Au lieu de prendre part au conflit, la vraie religion est appelée à contribuer à le résoudre.

Ce qui est significatif aussi, c’est que l’Église à Jérusalem continue de vivre dans un climat politique semblable à bien des égards à celui qu’a connu la première communauté chrétienne. Les chrétiens palestiniens sont devenus une petite minorité confrontée aux sérieux défis qui menacent de bien des manières leur avenir, alors qu’ils aspirent à la liberté, à la dignité humaine, à la justice, la paix et la sécurité.

Au milieu de tout cela, les chrétiens des Églises de Jérusalem demandent à leurs frères et sœurs de l’ensemble du monde, en cette Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, de prier avec eux et pour eux afin qu’ils parviennent à ce à quoi ils aspirent en matière de liberté et de dignité et que prennent fin toutes les formes d’oppression humaine. L’Église élève sa prière vers Dieu en anticipant et en espérant pour elle-même et pour le monde que nous soyons tous unis dans une même foi, un même témoignage et un même amour.


 

Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

Thèmes 1968 – 2011

C’est en 1968 que débuta officiellement la collaboration entre la Commission Foi
et Constitution du COE et le Conseil pontifical pour la promotion
de l'unité des chrétiens pour la préparation de ces textes.

1968 Pour la louange de sa gloire (Ep 1, 14)
To the praise of his glory

1969 Appelés à la liberté (Ga 5, 13)
Called to freedom
(Réunion préparatoire à Rome, Italie)

1970 Nous sommes les coopérateurs de Dieu (1 Co 3, 9)
We are fellow workers for God
(Réunion préparatoire au Monastère de Niederaltaich, République Fédérale d’Allemagne)

1971 ... et la communion du Saint-Esprit (2 Co 13, 13)
... and the communion of the Holy Spirit
(Réunion préparatoire à Bari, Italie)

1972 Je vous donne un commandement nouveau (Jn 13, 34)
I give you a new commandment
(Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1973 Seigneur, apprends-nous à prier (Lc 11, 1)
Lord, teach us to pray
(Réunion préparatoire à l’Abbaye de Montserrat, Espagne)

1974 Que tous confessent : Jésus Christ est Seigneur (Ph 2, 1-13)
That every tongue confess: Jesus Christ is Lord
(Réunion préparatoire à Genève, Suisse)
(En avril 1974, une lettre fut adressée aux églises-membres ainsi qu’à d’autres parties intéressées à la création de groupes locaux pouvant participer à la préparation du livret de la Semaine de Prière. Un groupe australien fut le premier à s’engager concrètement en préparant en 1975 le projet initial de livret pour la Semaine de Prière.)

1975 La volonté du Père : tout réunir sous un seul Chef, le Christ (Ep 1, 3-10)
God’s purpose: all things in Christ
(Projet de texte élaboré par un groupe australien - Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1976 Appelés à devenir ce que nous sommes (1 Jn 3, 2)
We shall be like him or Called to become what we are
(Projet de texte élaboré par la Conférence des églises des Caraïbes - Réunion préparatoire à Rome, Italie)

1977 L'espérance ne déçoit pas (Rm 5, 1-5)
Enduring together in hope
(Projet de texte élaboré au Liban, en pleine guerre civile. Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1978 Vous n'êtes plus des étrangers (Ep 2, 13-22)
No longer strangers
(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique de Manchester, Angleterre)

1979 Soyez au service les uns des autres pour la gloire de Dieu (1 P 4, 7.11)
Serve one another to the glory of God
(Projet de texte élaboré en Argentine - Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1980 Que ton Règne vienne (Mt 6, 10)
Your kingdom come
(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique de Berlin, République Démocratique d’Allemagne - Réunion préparatoire à Milan, Italie)

1981 Un seul Esprit - des dons divers - Un seul corps (1 Co 12, 3b-13)
One Spirit - many gifts - one body
(Projet de texte élaboré par les Pères de Graymoor, USA - Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1982 Que tous trouvent leur demeure en toi, Seigneur (Ps 84)
May all find their home in you, O Lord
(Projet de texte élaboré au Kenya - Réunion préparatoire à Milan, Italie.)

1983 Jésus Christ - Vie du monde (1 Jn 1, 1-4)
Jesus Christ - the Life of the World
(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique d’Irlande - Réunion préparatoire à Céligny [Bossey], Suisse)

1984 Appelés à l'unité par la Croix de notre Seigneur (1 Co 2, 2 et Col 1, 20)
Called to be one through the cross of our Lord
(Réunion préparatoire à Venise, Italie)

1985 De la mort à la Vie avec le Christ (Ep 2, 4.7)
From death to life with Christ
(Projet de texte élaboré en Jamaïque - Réunion préparatoire à Grandchamp, Suisse)

1986 Vous serez mes témoins (Ac 1, 6.8)
You shall be my witnesses
(Textes proposés en Yougoslavie [Slovénie] - Réunion préparatoire en Yougoslavie)

1987 Unis dans le Christ, une nouvelle création (2 Co 5, 17-6,4a)
United in Christ - a New Creation
(Projet de texte élaboré en Angleterre - Réunion préparatoire à Taizé, France)

1988 L'Amour de Dieu bannit la crainte (1 Jn 4, 18)
The love of God casts out fear
(Projet de texte élaboré en Italie - Réunion préparatoire à Pinerolo, Italie)

1989 Bâtir la communauté : un seul corps en Christ (Rm 12, 5-6a)
Building community: one body in Christ
(Projet de texte élaboré au Canada - Réunion préparatoire à Whaley Bridge, Angleterre)

1990 Que tous soient un... afin que le monde croie (Jn 17)
That they all may be one... That the world may believe
(Projet de texte élaboré en Espagne - Réunion préparatoire à Madrid, Espagne)

1991 Nations, louez toutes le Seigneur (Ps 117 et Rm 15, 5-13)
Praise the Lord, all you nations
(Projet de texte élaboré en Allemagne - Réunion préparatoire à Rotenburg an der Fulda, République Fédérale d’Allemagne)

1992 Je suis avec vous... allez donc (Mt 28, 16-20)
I am with you always ... Go, therefore
(Projet de texte élaboré en Belgique - Réunion préparatoire à Bruges, Belgique)

1993 Porter le fruit de l'Esprit pour l'unité des chrétiens (Ga 5, 22-23)
Bearing the fruit of the Spirit for Christian unity
(Projet de texte élaboré au Zaïre - Réunion préparatoire près de Zurich, Suisse)

1994 La maison de Dieu : appelés à n'avoir « qu'un cœur et qu’une âme » (Ac 4, 32)
The household of God: called to be one in heart and mind
(Projet de texte élaboré en Irlande - Réunion préparatoire à Dublin, Irlande)

1995 Koinônia : communion en Dieu et entre nous (Jn 15, 1-7)
Koinonia: communion in God and with one another
(Projet de texte élaboré par Foi et Constitution - Réunion préparatoire à Bristol, Angleterre)

1996 Voici, je me tiens à la porte et je frappe (Ap 3, 14-22)
Behold, I stand at the door and knock
(Projet de texte élaboré au Portugal - Réunion préparatoire à Lisbonne, Portugal)

1997 Au nom du Christ... laissez-vous réconcilier avec Dieu (2 Co 5, 20)
We entreat you on behalf of Christ, be reconciled to God
(Projet de texte élaboré en Scandinavie - Réunion préparatoire à Stockholm, Suède)

1998 L’Esprit aussi vient en aide à notre faiblesse (Rm 8, 14-27)
The Spirit helps us in our weakness
(Projet de texte élaboré en France - Réunion préparatoire à Paris, France)

1999 Ils seront ses peuples et lui sera le Dieu qui est avec eux (Ap 21, 3)
He will dwell with them as their God, they will be his peoples
(Projet de texte élaboré en Malaisie - Réunion préparatoire au Monastère de Bose, Italie)

2000 Béni soit Dieu... qui nous a bénis en Christ (Ep 1, 3-14)
Blessed be God who has blessed us in Christ
(Projet de texte élaboré par le Conseil des Eglises du Moyen-Orient - Réunion préparatoire au Sanctuaire de La Verna, Italie)

2001 Je suis le chemin et la vérité et la vie (Jn 14, 1-6)
I am the Way, and the Truth, and the Life
(Projet de texte élaboré en Roumanie - Réunion préparatoire à la Casa de Odihna, Roumanie)

2002 Car chez toi est la fontaine de la vie (Ps 36 [35], 10)
For with you is the fountain of life (Ps 36 : 5-9)
(Projet de texte élaboré par le Conseil des Conférences Épiscopales Européennes (CCEE) et la Conférence des Eglises Européennes (CEC) - Réunion préparatoire au Centre œcuménique d’Ottmaring, Augsbourg, République Fédérale d’Allemagne)

2003 Ce trésor, nous le portons dans des vases d’argile (2 Co 4, 7)
We have this treasure in clay jars
(Projet de texte élaboré en Argentine - Réunion préparatoire au Centre œcuménique ‘Los Rubios’, Málaga [Espagne])

2004 Je vous donne ma paix (Jn 14, 27)
My peace I give to you
(Projet de texte élaboré à Alep, Syrie - Réunion préparatoire à Palerme, Sicile, Italie)

2005 Le Christ, unique fondement de l’Eglise (1 Co 3, 1-23)
Christ, the one foundation of the church
(Projet de texte élaboré en Slovaquie - Réunion préparatoire à Piestaňy, Slovaquie)

2006 Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux (Mt 18, 20)
Where two or three are gathered in my name, there I am among them
(Projet de texte élaboré en Irlande - Réunion préparatoire à Prosperous, County Kildare, Irlande)

2007 Il fait entendre les sourds et parler les muets (Mc 7, 37)
He even makes the deaf to hear and the mute to speak
(Projet de texte élaboré en Afrique du Sud - Réunion préparatoire au Château de Faverges, Haute-Savoie, France)

2008 Priez sans cesse (1 Th 5,17)
Pray without ceasing
(Projet de texte élaboré aux USA - Réunion préparatoire à Graymoor, Garrison, USA)

2009 Ils seront unis dans ta main (Ez 37, 17)
That they may become one in your hand (Ez 37:17)
(Projet de texte élaboré en Corée - Réunion préparatoire à Marseille, France)

2010 De tout cela, c’est vous qui êtes les témoins (Lc 24, 48)
You are witnesses of these things (Lk 24 :48)
(Projet de texte élaboré en Ecosse – Réunion préparatoire à Glasgow, Ecosse)

2011 Unis dans l’enseignement des apôtres, la communion fraternelle, la fraction du pain et la prière (cf. Ac 2, 42)
One in the apostles' teaching, fellowship, breaking of bread and prayer
(Projet de texte élaboré à Jérusalem – Réunion préparatoire à Saydnaya, Syrie)
 

Quelques dates importantes dans l’histoire
de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

environ 1740 En Ecosse, naissance d'un mouvement pentecôtiste avec des liens en Amérique du Nord, dont le message pour le renouveau de la foi appelle à prier pour toutes les Eglises et avec elles.

1820 Le Révérend James Haldane Stewart publie : Conseils pour l'union générale des chrétiens, en vue d'une effusion de l'Esprit (Hints for the outpouring of the Spirit).

1840 Le Révérend Ignatius Spencer, un converti au catholicisme romain, suggère une ‘ Union de prière pour l'unité ’.

1867 La première assemblée des évêques anglicans à Lambeth insiste sur la prière pour l'unité, dans l'introduction à ses résolutions.

1894 Le Pape Léon XIII encourage la pratique de l'Octave de la Prière pour l'unité dans le contexte de la Pentecôte.

1908 Célébration de « l'Octave pour l'unité de l’Eglise » à l'initiative du Révérend Père Paul Wattson.

1926 Le Mouvement « Foi et Constitution » commence la publication de ‘Suggestions pour une Octave de prière pour l'unité des chrétiens’.

1935 En France, l'abbé Paul Couturier se fait l'avocat de la « Semaine universelle de prière pour l'unité des chrétiens sur la base d'une prière conçue pour l'unité que veut le Christ, par les moyens qu'Il veut ».

1958 Le Centre « Unité chrétienne » de Lyon (France) commence à préparer le thème pour la Semaine de prière en collaboration avec la Commission « Foi et Constitution » du Conseil œcuménique des Eglises.

1964 A Jérusalem, le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras Ier récitent ensemble la prière du Christ « que tous soient un » (Jn 17).

1964 Le Décret sur l’œcuménisme du Concile Vatican II souligne que la prière est l'âme du mouvement œcuménique, et encourage la pratique de la Semaine de Prière.

1966 La Commission « Foi et Constitution » et le Secrétariat pour l'unité des chrétiens (aujourd’hui Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens) de l'Eglise catholique décident de préparer ensemble le texte pour la Semaine de Prière de chaque année.

1968 Pour la première fois, la Semaine de prière est célébrée sur la base des textes élaborés en collaboration par « Foi et Constitution » et le Secrétariat pour l'unité des chrétiens (aujourd’hui Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens).

1975 Première célébration de la Semaine de prière à partir de textes préparés sur la base d’un projet proposé par un groupe œcuménique local. Ce nouveau mode d’élaboration des textes est inauguré par un groupe œcuménique d’Australie.

1988 Les textes de la Semaine de prière sont utilisés pour la célébration inaugurale de la Fédération chrétienne de Malaisie rassemblant les principaux groupes chrétiens de ce pays.

1994 Le groupe international ayant préparé les textes pour 1996 comptait entre autre des représentants de la YMCA et de la YWCA.

2004 Accord entre Foi et Constitution (Conseil œcuménique des Eglises) et le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens (Eglise catholique) pour que le livret de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens soit officiellement conjointement publié et présenté sous un même format.

2008 Célébration du centenaire de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens (l’Octave pour l’unité de l’Eglise, son prédécesseur, fut célébrée pour la première fois en 1908).

    

top