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CONSEIL PONTIFICAL POUR LA PROMOTION DE L'UNITÉ DES
CHRÉTIENS
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IMPORTANT
Ce texte, dont la traduction française de l’anglais a été
assurée par le Service national pour l’unité des chrétiens de la
Conférence des Evêques de France, est la version française du matériel pour
la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2012. Il a été élaboré en vue de
sa diffusion internationale par le groupe mixte formé par le
Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et la
Commission Foi & Constitution du Conseil œcuménique des Eglises. Les Commissions
œcuméniques des Conférences épiscopales et des Synodes des Eglises orientales
catholiques sont invitées à l’adapter, si elles le jugent nécessaire, en tenant
compte des situations œcuméniques locales et des différentes traditions
liturgiques.
Pour vous procurer la version locale adaptée, veuillez
contacter la Commission œcuménique de la Conférence épiscopale ou du Synode de
votre pays de résidence. |
Textes
pour la Semaine de
Prière pour l’Unité des Chrétiens
et pour toute l’année 2012
Tous, nous serons transformés
par la victoire
de Notre Seigneur Jésus Christ (cf. 1 Co 15, 51-58)
Conjointement préparés et publiés par
le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens
la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises
IN MEMORIAM
Mgr Eleuterio Francesco Fortino
Lors de la rencontre du Comité international qui se tenait à Varsovie (Pologne),
en septembre 2010, nous avons appris le décès de Mgr Eleuterio Francesco
Fortino, Sous-Secrétaire du Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des
Chrétiens qui, en tant que membre de la Commission internationale, avait été pendant
longtemps au service de la préparation de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Sa
passion et son dévouement pour la cause de l’unité chrétienne, et en particulier
pour la promotion de la prière pour l’unité des chrétiens, faisaient partie des
nombreuses qualités dont il était doté et qu’il partageait volontiers avec les
autres membres de la Commission. Le
texte de cette année est dédié à sa mémoire. En priant avec ces textes,
puissions-nous hâter la pleine réalisation de la prière du Christ : « Qu’ils
soient un… afin que le monde croie » !
Citations scripturaires :
Les citations bibliques en version française reproduites dans ces pages sont
empruntées à la
Nouvelle Traduction œcuménique de la Bible (TOB), © Bibli’O –
Société biblique, française et Éditions du Cerf, 2010. Tous droits réservés
A tous ceux qui organisent
la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens
Rechercher l'unité durant toute l'année
Traditionnellement, la Semaine de prière pour l'unité des
chrétiens est célébrée du 18 au 25 janvier. Ces dates furent proposées en 1908
par Paul Wattson de manière à couvrir la période entre la fête de saint Pierre
et celle de saint Paul. Ce choix a donc une signification symbolique. Dans l'hémisphère
Sud, où le mois de janvier est une période de vacances d'été, on préfère adopter
une autre date, par exemple aux environs de la Pentecôte (ce qui fut suggéré par
le mouvement Foi et Constitution en 1926) qui représente aussi une autre date
symbolique pour l’unité de l’Eglise.
En gardant cette flexibilité à l’esprit, nous vous
encourageons à considérer ces textes comme une invitation à trouver d'autres
occasions, au cours de l'année, pour exprimer le degré de communion que les
Eglises ont déjà atteint et pour prier ensemble en vue de parvenir à la pleine
unité voulue par le Christ.
Adapter les textes
Ces textes sont proposés étant bien entendu que, chaque fois que
cela sera possible, on essayera de les adapter aux réalités des différents lieux
et pays. Ce faisant, on devra tenir compte des pratiques liturgiques et
dévotionnelles locales ainsi que du contexte socio-culturel. Une telle
adaptation devrait normalement être le fruit d’une collaboration œcuménique.
Dans plusieurs pays, des structures œcuméniques sont déjà en place et elles
permettent ce genre de collaboration. Nous espérons que la nécessité d'adapter
la Semaine de prière à la réalité locale puisse encourager la création de ces
mêmes structures là où elles n'existent pas encore.
Utiliser les textes de la Semaine de prière pour l'unité des
chrétiens
-
Pour les Eglises et les Communautés chrétiennes qui célèbrent
ensemble la Semaine de prière au cours d'une seule cérémonie, ce livret
propose un modèle de Célébration œcuménique de la Parole de Dieu.
-
Les Eglises et Communautés chrétiennes peuvent également se
servir pour leurs célébrations des prières ou des autres textes de la
Célébration œcuménique de la Parole de Dieu, des textes proposés pour les
Huit Jours et du choix de prières en appendice de cette brochure.
-
Les Eglises et Communautés chrétiennes qui célèbrent la
Semaine de prière pour l'unité des chrétiens chaque jour de la semaine,
peuvent trouver des suggestions dans les textes proposés pour les Huit Jours.
-
Les personnes désirant entreprendre des études bibliques sur
le thème de la Semaine de prière peuvent également se baser sur les textes
et les réflexions bibliques proposés pour les Huit Jours. Les commentaires
de chaque jour peuvent se conclure par une prière d'intercession.
-
Pour les personnes qui souhaitent prier en privé, les textes
contenus dans cette brochure peuvent alimenter leurs prières et leur
rappeler aussi qu'elles sont en communion avec tous ceux qui prient à
travers le monde pour une plus grande unité visible de l'Eglise du Christ.
Texte biblique
1 Corinthiens 15,51-58
Je vais vous faire connaître un mystère. Nous ne mourrons pas tous,
mais tous, nous serons transformés, en un instant, en un clin d’œil, au son de
la trompette finale. Car la trompette sonnera, les morts ressusciteront
incorruptibles, et nous, nous serons transformés. Il faut en effet que cet être
corruptible revête l’incorruptibilité, et que cet être mortel revête l’immortalité.
Quand donc cet être corruptible aura revêtu l’incorruptibilité et que cet être
mortel aura revêtu l’immortalité, alors se réalisera la parole de l’Écriture :
« La mort a été engloutie dans la victoire ». Mort, où est ta
victoire ? Mort, où est ton aiguillon ? L’aiguillon de la mort, c’est le péché,
et la puissance du péché, c’est la loi.
Rendons grâce à Dieu, qui nous donne
la victoire par notre Seigneur Jésus Christ. Ainsi, mes frères bien-aimés,
soyez fermes, inébranlables, faites sans cesse des progrès dans l’œuvre du
Seigneur, sachant que votre peine n’est pas vaine dans le Seigneur.
Traduction œcuménique de la Bible (TOB)
Introduction au thème de l’année 2012
Tous, nous serons transformés par la Victoire
de notre Seigneur Jésus Christ.
(cf. 1 Co 15,51-58)
Les propositions pour la Semaine de prière pour l’unité
des chrétiens de 2012 ont été préparées par un groupe de travail composé de
représentants de l’Église catholique romaine, de l’Église orthodoxe et des
Églises vieilles-catholiques et protestantes, présentes en Pologne.
Après de longs échanges, auxquels ont pris part les représentants de divers
groupes œcuméniques de Pologne, il a été décidé de se concentrer sur un thème
qui touche à la puissance transformatrice de la foi au Christ, thème très en
rapport avec notre prière pour l’unité visible de l’Église, Corps du Christ.
Ceci se fondait sur l’enseignement de saint Paul à l’Église de Corinthe, qui
parle du caractère temporaire de notre vie actuelle (avec toute sa dimension
apparente de « victoire » et de « défaite »), en comparaison du don qui nous est
fait par la victoire du Christ dans le mystère pascal.
Pourquoi un thème de ce genre ?
L’histoire de la Pologne a été marquée par
une série de défaites et de victoires. On peut citer le nombre d’invasions qu’elle
a subies, ses partitions, l’oppression qu’elle a connue de la part de puissances
étrangères et de systèmes hostiles. Le combat permanent pour vaincre tout
asservissement et le désir de liberté sont des caractéristiques de l’histoire
polonaise qui ont conduit à des transformations significatives dans la vie de
la nation. Et
cependant, toute victoire suppose des perdants qui ne partagent ni la joie ni le
triomphe des vainqueurs.
Cette histoire propre à la nation polonaise a conduit le groupe œcuménique
rédacteur des propositions de cette année à réfléchir plus profondément sur ce
que signifient « gagner » et « perdre », en tenant compte notamment du fait que
le langage de la « victoire » est souvent perçu en termes triomphalistes. Le
Christ nous le présente pourtant tout autrement !
En 2012, le championnat d’Europe de football se déroulera en Pologne et en
Ukraine – ce qui n’aurait jamais été possible par le passé. Pour beaucoup de
gens, c’est le signe d’une nouvelle « victoire nationale », puisque des
centaines de millions de supporters attendent impatiemment de connaître les
équipes gagnantes qui s’affronteront dans cette partie de l’Europe. Cet exemple
peut nous amener à réfléchir à la difficulté de ceux qui ne connaissent pas la
victoire – et cela pas seulement dans le domaine du sport mais dans leur vie
personnelle et communautaire : qui se souviendra des perdants, de ceux qui
subissent constamment des défaites parce que la victoire leur est refusée, en
fonction de conditions et circonstances diverses? La rivalité n’est pas qu’une
caractéristique permanente du sport mais aussi de la politique, des affaires, du
monde culturel et même ecclésial.
Le fait que les disciples de Jésus se soient querellés pour savoir « qui
était le plus grand » (Mc 9,34), a bien montré la force de cette
impulsion. Mais la réaction de Jésus a été très simple : « Si quelqu’un veut
être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc
9,35). La victoire dont il est question ici se réalise dans le service mutuel,
l’entraide, le soutien pour que s’estiment personnellement ceux qui sont « les
derniers », les oubliés, les exclus. Pour tous les chrétiens, l’expression la
plus parfaite de cet humble service, c’est Jésus Christ, dans sa victoire sur la
mort et sa résurrection. C’est dans sa vie, son action, son enseignement, sa
souffrance, sa mort et sa résurrection que nous cherchons comment mener, aujourd’hui,
une vie de foi victorieuse qui se traduise dans un engagement social vécu en
esprit d’humilité, de service et de fidélité à l’Évangile. Et, alors qu’il
allait connaître la souffrance et la mort désormais proches, Jésus priait pour
que ses disciples soient un afin que le monde croie. Cette « victoire » n’est
possible que par une transformation spirituelle, une conversion. Il nous semble
par conséquent que nos méditations devraient porter sur ces mots de l’Apôtre des
Nations. Le but est de parvenir à une victoire dont tous les chrétiens soient
rendus participants à travers le service de
Dieu et du prochain.
C’est dans la prière et l’effort pour la pleine unité visible de l’Église que
nous-mêmes – et les traditions auxquelles nous appartenons – seront changés,
transformés et rendus semblables au Christ. L’unité pour laquelle nous prions
requiert peut-être le renouveau de certaines formes de vie ecclésiale dont nous
sommes familiers. C’est enthousiasmant mais cela peut aussi nous faire
terriblement peur ! Nous ne prions pas pour une unité qui ne serait qu’affaire
d’amitié et de collaboration « confortables ». C’est une unité qui requiert la
volonté de renoncer à toute concurrence entre nous. Il nous faut nous ouvrir les
uns aux autres, nous faire des dons et accepter d’en recevoir en échange, afin
de pouvoir entrer véritablement dans la vie nouvelle proposée dans le Christ,
qui est la seule vraie victoire.
Il y a place pour chacun dans le plan divin du salut. Par sa mort et sa
résurrection, le Christ embrasse tout, sans qu’il soit question de gains ou de
pertes, « afin que quiconque croit ait, en lui, la vie éternelle » (Jn
3,15). Nous aussi pouvons avoir part à sa victoire ! Croyons simplement en lui,
et il nous sera plus facile de vaincre le mal par le bien.
Huit jours de réflexion sur notre transformation dans le Christ
Au cours de la Semaine de prière 2012,
nous sommes invités à croire toujours plus profondément que tous, nous serons
transformés par la victoire de notre Seigneur Jésus Christ. L’ensemble des
lectures bibliques, des commentaires, des prières et des questions proposés à
notre réflexion, explore différents aspects de ce que cela signifie pour la vie
des chrétiens et pour leur unité, dans et pour le monde d’aujourd’hui. Nous
commençons par contempler le Christ serviteur, et notre cheminement se poursuit
jusqu’à la dernière célébration, celle du règne du Christ, en passant par sa
croix et sa résurrection.
Premier jour : Transformés par le Christ Serviteur
Le Fils de l’homme est venu pour servir (cf. Mc 10,45)
Aujourd’hui, nous rencontrons Jésus qui s’avance vers la victoire en passant
par le service. Nous le voyons comme « celui qui est venu non pour être servi,
mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc
10,45). Par conséquent, l’Église de Jésus Christ est une communauté de service.
La mise en œuvre de nos compétences différentes dans un service commun rendu
ensemble à l’humanité rend visible notre unité en Christ.
Deuxième jour : Transformés dans l’attente patiente du
Seigneur Laisse faire maintenant. C’est ainsi qu’il nous convient
d’accomplir toute justice (Mt 3,15)
Notre attention se porte aujourd’hui sur l’attente patiente du Seigneur.
Pour réussir n’importe quel changement, il faut persévérer et faire preuve de
patience. Prier Dieu pour parvenir à une transformation, quelle qu’elle soit,
c’est aussi un acte de foi et de confiance en ses promesses. Cette attente du
Seigneur est fondamentale pour tous ceux qui prient cette semaine pour l’unité
visible de l’Église. Toutes les activités œcuméniques demandent du temps, de l’attention
mutuelle et une action commune. Nous sommes tous appelés à collaborer à l’œuvre
de l’Esprit qui unit les chrétiens.
Troisième jour : Transformés par le Serviteur Souffrant
Le Christ a souffert pour nous (cf. 1 P 2,21)
En ce jour, nous sommes invités à réfléchir à la souffrance du Christ. À la
suite du Christ Serviteur Souffrant, les chrétiens sont appelés à la solidarité
avec tous ceux qui souffrent. Plus nous nous approchons de la croix du Christ,
plus nous nous rapprochons les uns des autres.
Quatrième jour : Transformés par la victoire du Seigneur sur le mal
Sois vainqueur du mal par le bien (Rm 12,21)
Cette journée nous entraîne plus loin dans le combat contre le mal. La
victoire du Christ est un dépassement de tout ce qui porte atteinte à la
création de Dieu, et qui nous tient à distance les uns des autres. En Jésus,
nous sommes appelés à partager cette vie nouvelle, en luttant avec lui contre ce
qui est mauvais en notre monde, et en mettant une confiance renouvelée et notre
joie profonde dans ce qui est bon. Tant que nous sommes divisés, nous ne pouvons
pas avoir suffisamment de force pour vaincre le mal de notre temps.
Cinquième jour : Transformés par la paix du Seigneur ressuscité
Jésus se tint au milieu d’eux et il leur dit :
la paix soit avec vous ! (Jn 20,19)
Nous célébrons aujourd’hui la paix du Seigneur ressuscité. Le Ressuscité est
le grand vainqueur de la mort et du monde des ténèbres. Il rassemble ses
disciples qui étaient paralysés par la peur. Il nous ouvre de nouvelles
perspectives de vie et d’action en faveur de Son royaume qui vient. Le Seigneur
ressuscité unit et fortifie tous les croyants. La paix et l’unité sont les
signes de notre transformation par sa résurrection.
Sixième jour : Transformés par l’amour inébranlable de Dieu
Et la victoire, c’est notre foi (cf. 1 Jn 5,4)
Notre attention se concentre, en ce jour, sur l’amour inébranlable de Dieu.
Le mystère pascal révèle cet amour indéfectible, et nous appelle à un chemin de
foi nouveau. Cette foi triomphe de la crainte et ouvre nos cœurs à la puissance
de l’Esprit. Elle nous invite à l’amitié avec le Christ, et donc les uns avec
les autres.
Septième jour : Transformés par le Bon Pasteur
Pais mes brebis (Jn 21,17)
Les textes bibliques d’aujourd’hui nous montrent le Seigneur fortifiant son
troupeau. Nous sommes appelés, à la suite du Bon Pasteur, à nous affermir les
uns les autres dans le Seigneur, à soutenir et à fortifier les faibles et les
égarés. Il n’y a qu’un seul Pasteur, et nous sommes son peuple.
Huitième jour : Unis dans le Règne du Christ
Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi
sur mon trône (Ap
3,21) En cette dernière journée de notre Semaine de prière pour l’unité
des chrétiens, nous célébrons le Règne du Christ. La victoire du Christ nous
rend capables d’envisager l’avenir dans l’espérance. Cette victoire triomphe de
tout ce qui nous empêche de partager la plénitude de la vie avec lui et les uns
avec les autres. Les chrétiens savent que leur unité est avant tout un don de
Dieu. Elle fait partie de la victoire glorieuse du Christ sur tout ce qui
divise.
Préparation de la Semaine de prière
pour l’unité des chrétiens 2012
Le premier projet de propositions pour cette semaine de prière a été préparé
de février à juin 2010, par un groupe de représentants réunis à l’invitation de la Commission de Dialogue
de la Conférence
des Évêques de Pologne et du Conseil œcuménique de Pologne. Nous voudrions
remercier ceux qui y ont apporté leur concours, et notamment :
Edward Puślecki (Surintendant général de l’Église méthodiste unie de Pologne,
Varsovie)
Mgr Krzysztof Nitkiewicz (Église catholique romaine, évêque de Sandomierz)
Mme Monika Waluś (Église catholique romaine, Józefów)
Mme Kalina Wojciechowska (Église évangélique luthérienne, Varsovie)
Rév. Andrzej Gontarek (Église catholique polonaise, Lublin)
Rév. Ireneusz Lukas (Église évangélique luthérienne, Varsovie)
Rév. Henryk Paprocki (Église orthodoxe autocéphale polonaise, Varsovie)
Rév. Sławomir Pawłowski SAC (Église catholique romaine, Lublin)
Les textes proposés ici ont été adoptés lors de la réunion du Comité
international nommé par la Commission Foi et
Constitution du Conseil œcuménique des Églises et le Conseil pontifical pour la
promotion de l’unité des chrétiens. Le groupe s’est réuni en septembre 2010 au
Secrétariat de la
Conférence
des Évêques catholiques (Sekretariat Konferencji Episkopatu Polski), à Varsovie,
et remercie la Conférence et son
Président de leur généreux accueil pour cette rencontre. Le Comité exprime
également sa reconnaissance à Mgr Jeremiasz, Président du Conseil œcuménique de
Pologne, et à Mgr Tadeusz Pikus, Président du Conseil pour l’œcuménisme de la Conférence des
Évêques de Pologne, qui ont constitué le groupe de travail local, en Pologne ;
aux coordinateurs du groupe de travail, le Rév. Ireneusz Lukas (de l’Église
évangélique luthérienne), et le Rév. Sławomir Pawłowski (de l’Église catholique
romaine), ainsi qu’à tous ceux qui ont apporté leur aide au travail du Comité
International.
Célébration œcuménique
Tous, nous serons transformés par la Victoire de notre Seigneur Jésus Christ.
(cf. 1 Co 15,51-58)
Introduction à la célébration
La célébration œcuménique pour la Semaine de prière pour l’unité
des chrétiens 2012 nous vient de Pologne où un groupe œcuménique a rédigé une
liturgie à partir de l’expérience des chrétiens polonais qui ont connu aussi
bien des périodes de joie que des moments d’adversité. L’histoire de la Pologne a été marquée par
une série de défaites, de victoires, d’invasions, de partitions et d’oppression
par des puissances étrangères et des forces hostiles. Le combat permanent pour
venir à bout de toute forme d’asservissement et le désir de liberté constituent
un trait particulier de l’histoire polonaise.
La célébration a pour thème 1 Corinthiens 15, 51-58, où il est
question de la puissance transformatrice de la foi au Christ, celle-ci étant
mise spécialement en rapport avec notre prière pour l’unité visible de l’Église,
Corps du Christ. C’est en priant et en œuvrant pour la pleine unité visible de
l’Église que nous serons nous-mêmes – ainsi que les traditions auxquelles nous
appartenons – changés, transformés et rendus semblables au Christ. C’est une
perspective enthousiasmante mais cela peut cependant nous remplir de crainte !
L’unité pour laquelle nous prions requiert peut-être le renouveau de certaines
formes de vie ecclésiale dont nous sommes familiers. Cette unité va au-delà du «
confort » d’une relation d’amitié et de collaboration. Elle requiert de notre
part la volonté de renoncer à nous concurrencer mutuellement. Il faut que nous
nous ouvrions les uns aux autres, nous fassions des dons et acceptions d’en
recevoir en échange, afin de pouvoir entrer vraiment dans la vie nouvelle du
Christ, qui est la seule vraie victoire.
Déroulement de la célébration
A. Ouverture
Selon l’habitude locale il peut y avoir un hymne d’entrée, suivi d’une
prière d’ouverture et d’un acte pénitentiel.
B. La Parole de Dieu
Il y a trois lectures bibliques. La lecture de 1 Corinthiens 15
est fondamentale, compte tenu du thème. Ce moment est suivi d’un sermon/homélie,
ou d’un autre type de commentaire des lectures. Une profession de foi (de type
Credo) peut suivre.
C. Prière pour l’unité et la transformation Les intentions de la prière
d’intercession sont orientées sur l’unité et la transformation de situations
diverses. Ces prières sont suivies du « signe de paix».Signe de paix et
partage de l’opłatek
En Pologne, on a l’habitude de partager un morceau de pain azyme d’un genre
particulier, l’« opłatek » (pluriel : « opłatki »), à la maison avant le dîner
de la veillée de Noël, à l’église pendant le temps de Noël, et même au travail.
Cette coutume est si chère aux Polonais – qu’ils résident en Pologne ou à l’étranger
– qu’elle est pratiquée aussi bien par les membres des diverses confessions
chrétiennes que par les non-croyants. Chacun reçoit un « opłatek ». On le
partage ensuite en cassant un morceau de celui que tient quelqu’un d’autre et en
le mangeant. Et, tout en le faisant, on échange des vœux. Ce partage de l’«
opłatek » exprime l’unité, l’amour et le pardon entre ceux que le Sauveur est
venu visiter. Bien que ce ne soit pas l’Eucharistie, cela y ressemble tout de
même et symbolise la présence de Celui qui est né dans une Maison du Pain (à
Bethléem) et qui s’est fait le Pain de la Vie.
Si l’on ne dispose ni d’opłatek ni de pain azyme, on peut prendre du pain
ordinaire.
Cet échange du « signe de la paix » peut se faire selon la coutume locale,
si cela semble préférable.
D. Conclusion Elle comprend une Prière d’engagement, basée sur les
thèmes respectifs des huit jours. La célébration s’achève par une bénédiction
qui peut être donnée selon l’habitude locale.
Déroulement de la célébration
P : Président de la célébration
L : Lecteur
A : Assemblée
A. Ouverture
Hymne d’entrée ou prélude
Pendant ce temps, les membres du clergé et les personnes qui
interviennent pendant la célébration peuvent entrer en procession.
Salutations
P : Que la grâce de Notre Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient toujours
avec vous.
A : Et avec votre esprit.
Introduction
Après les salutations ou la présentation des personnes en présence, il
peut y avoir une brève introduction permettant d’entrer dans le thème. Le
président de célébration peut dire, par exemple :
P : Je vais vous faire connaître un mystère. Nous ne mourrons pas
tous, mais tous, nous serons transformés.
A : Rendons grâce à Dieu qui nous donne la victoire par notre
Seigneur Jésus Christ. P : Dans le Christ, Dieu est Vainqueur. La
victoire passe par l’effort et le combat. En priant et en luttant pour la pleine
unité de l’Église, nous serons nous-mêmes – ainsi que les traditions auxquelles
nous appartenons –changés, transformés et rendus semblables au Christ. Les
chrétiens veulent faire cet effort ensemble, sans triomphalisme, dans
l’humilité, en servant Dieu et leur prochain à l’exemple de Jésus Christ.
Puisque nous travaillons à l’unité, c’est l’attitude que nous voulons demander à
Dieu ensemble.
Prière d’ouverture
P : Dieu Tout-Puissant,
En Jésus, tu nous dis que celui qui veut être le premier doit se faire le
dernier et le serviteur de tous.
Nous nous mettons en ta présence,
en sachant bien que c’est à travers l’impuissance de la croix que tu
remportes ta victoire.
Nous te prions pour que ton Église soit une.
Apprends-nous à accepter humblement que cette unité soit un don de ton
Esprit ;
Par ce don, change-nous et transforme-nous
et rends-nous plus semblables à ton Fils Jésus Christ.
A : Amen.
Prière pénitentielle
P : Dieu tout-puissant, malgré l’unité qui nous est donnée dans le
Christ, nous persistons dans notre désunion. Prends pitié de nous !
A : Prends pitié de nous ! (ou chant du « Kyrie Eleison »)
P : Nous endurcissons nos cœurs quand nous entendons l’Évangile.
Prends pitié de nous !
A : Prends pitié de nous !
P : Nous ne te servons pas en nos frères et sœurs. Prends pitié de
nous !
A : Prends pitié de nous !
P : La désobéissance d’Adam et d’Ève nous a apporté la souffrance et
la mort, et la création s’en est trouvée blessée et déchirée. Prends pitié de
nous !
A : Prends pitié de nous !
(On garde un temps de silence)
P : Que Dieu tout puissant nous fasse miséricorde, qu’il nous
pardonne nos péchés et nous conduise à la vie éternelle.
A : Amen. B. La Parole de Dieu
Lectures bibliques : Habaquq 3,17-19 ; 1 Corinthiens
15,51-58 ;
Jean 12,23-26
Hymne/Cantique
Homélie
Temps de silence ou de musique instrumentale.
Confession de foi
Récitation du Credo (par exemple, le Symbole des Apôtres ou celui de
Nicée-Constantinople).
Hymne/Cantique
Pendant ce temps, on apporte les « opłatki » et on les place sur une
table centrale.
C. Prières pour l’unité et la transformation
P : Unis dans le Christ qui nous donne la victoire, prions le
Seigneur : Pour l’Église, Corps du Christ : afin que nous vivions vraiment de
cette unité que nous recevons de l’Esprit Saint. Ô Dieu, notre force :
A : Transforme-nous par ta grâce.
P : Pour les responsables de nos Églises : qu’ils soient fidèles à
l’unité à laquelle sont appelés tous les chrétiens. Ô Dieu, notre force :
A : Transforme-nous par ta grâce.
P : Pour toutes les nations du monde : qu’elles vivent en paix les
unes avec les autres et qu’elles promeuvent la justice pour tous. Ô Dieu, notre
force
A : Transforme-nous par ta grâce.
P : Pour tous les êtres humains : afin que nous soyons de bons
intendants de la terre. Ô Dieu, notre force :
A :Transforme-nous par ta grâce.
P : Pour tous nos concitoyens: afin que nous soyons transformés et
que nous sachions prendre soin les uns des autres. Ô Dieu, notre force :
A : Transforme-nous par ta grâce.
P : Pour les malades et ceux qui souffrent, qu’ils soient transformés
par ta présence qui guérit. Ô Dieu,
notre force :
A : Transforme-nous par ta grâce.
P : Pour toutes les familles et tous les foyers, que leurs combats et
leurs joies trouvent leur plénitude en ton amour. Ô Dieu, notre force :
A : Transforme-nous par ta grâce.
P : Pour les mourants, qu’ils soient réconfortés par ta présence. Ô
Dieu, notre force :
A : Transforme-nous par ta grâce.
P : Seigneur, tiens-toi au milieu de nous et accorde-nous l’unité et
la paix.
A : Amen.
La Prière du
Seigneur
P : Lorsque les disciples demandèrent à Jésus : « Apprends-nous à
prier », il leur répondit : « Quand vous priez, dites :
A : Notre Père… » (on peut le chanter)
Signe de paix et partage de l’opłatek
En Pologne, on a l’habitude de partager un morceau de pain azyme d’un
genre particulier, l’« opłatek », chez soi et dans les églises, à Noël. Chacun
reçoit l’« opłatek». On le partage ensuite en cassant un morceau de celui que
tient quelqu’un d’autre et en le mangeant. Et tout en faisant cela, on échange
des vœux. Ce partage de l’« opłatek » exprime l’unité, l’amour et le pardon.
Nous vous invitons à faire le même geste en signe de paix et d’unité.
P : La paix du Seigneur soit toujours avec vous.
A : Et avec votre esprit.
P : Échangeons un signe de paix.D. Conclusion
Hymne (une quête peut être faite pendant que l’on chante)
Prière d’engagement
P : Nous nous rappelons ce que l’Apôtre Paul écrit dans sa Première
épître aux Corinthiens (1 Co 15,57-58) :
Rendons grâce à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus
Christ. Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, faites sans
cesse des progrès dans l’œuvre du Seigneur, sachant que votre peine n’est pas
vaine dans le Seigneur.
Loué soit le Seigneur, qui nous conduit à l’unité ! Père, nous consacrons
cette semaine à prier pour l’approfondissement de notre unité dans le Christ. Il
a vaincu la mort, et nous a appelés à une vie nouvelle dans l’Esprit. Et nous te
prions :
P : Transformés par le Christ Serviteur –
A : Envoie-nous, et ensemble nous cheminerons !
P : Transformés par l’attente patiente du Seigneur –
A : Envoie-nous, et ensemble nous cheminerons !
P : Transformés par le Serviteur Souffrant –
A : Envoie-nous, et ensemble nous cheminerons !
P : Transformés par la victoire du Seigneur sur le mal –
A : Envoie-nous, et ensemble nous cheminerons !
P : Transformés par la paix du Seigneur Ressuscité –
A : Envoie-nous, et ensemble nous cheminerons !
P : Transformés par l’amour inébranlable de Dieu –
A : Envoie-nous, et ensemble nous cheminerons !
P : Transformés par le Bon Pasteur –
A : Envoie-nous, et ensemble nous cheminerons !
P : Unis dans le règne du Christ
A : Envoie-nous, et ensemble nous cheminerons !
Bénédiction et envoi
La bénédiction peut être donnée par les responsables des diverses Églises,
selon la formule suivante ou une autre.
P : Le Seigneur soit avec vous.
A : Et avec votre esprit.
P : Que le Seigneur vous bénisse et vous garde.
Que le Seigneur fasse rayonner sur vous son visage et vous accorde sa grâce.
Que le Seigneur porte sur vous son regard et vous donne la paix.
A : Amen.
Ou bien
P : Que Dieu Tout-Puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le
Saint-Esprit.
A: Amen.
P : Allez dans la paix du Christ !
A : Nous rendons grâce à Dieu !
Hymne de clôture ou postlude
Textes bibliques, méditations
et prières pour les « Huit jours »
Premier jour
Thème : Transformés par le Christ Serviteur
Texte : Le Fils de l’homme est venu pour servir (cf.
Mc 10,45)
Lectures :
Za 9,9-10
: Un roi juste, victorieux – et humble
Ps 131 :
Mon cœur est sans prétentions
Rm 12,3-8 :
Nous avons des dons qui diffèrent
pour nous permettre de servir
Mc 10,42-45 :
Le Fils de l’homme est venu pour servir
Commentaire
La venue du Messie et sa victoire se sont accomplies dans le service. Jésus
veut qu’un esprit de service emplisse aussi le cœur de ses disciples. Il nous
enseigne que la vraie grandeur consiste à servir Dieu
et son prochain. Le Christ nous donne le courage de découvrir qu’il est Celui
pour qui servir, c’est régner – comme le disait un chrétien des premiers
siècles.
La prophétie de Zacharie, portant sur un roi victorieux et humble, s’est
accomplie en Jésus Christ. Lui, le Roi de Paix, vient chez les siens, à
Jérusalem – la Cité
de la Paix. Il
ne la conquiert ni par la tromperie ni par la violence ; mais par la douceur et
l’humilité.
Le Psaume 131 décrit de manière sommaire mais éloquente l’état de paix
spirituelle qui résulte de l’humilité. L’image de la mère et de l’enfant
signifie la tendresse de Dieu et la confiance envers lui à laquelle est appelée
toute la communauté des croyants.
L’apôtre Paul nous incite à nous évaluer nous-mêmes avec modestie et humilité,
et à prendre conscience de nos aptitudes personnelles. S’il y a entre nous une
diversité de dons, nous ne formons qu’un seul corps dans le Christ.
Dans nos divisions, chacune de nos traditions a été gratifiée
par le Seigneur de certains dons que nous sommes appelés à mettre au service des
autres.
« Car le Fils de l’homme est venu non pour être servi, mais pour servir et
donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc 10,45). En étant
lui-même serviteur, le Christ a racheté notre refus de servir Dieu. Il s’est donné en exemple pour que soient
restaurées toutes les relations entre les personnes humaines : « Si quelqu’un
veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur – tels sont désormais
les normes de grandeur et de préséance.
Dans la Lettre aux Romains, Paul nous rappelle que les
dons différents qui nous sont accordés sont destinés au service : prophétie,
ministère, enseignement, exhortation, don, capacité à gouverner et miséricorde.
Quelle que soit notre diversité, nous ne formons qu’un seul corps dans le
Christ, et nous sommes tous membres les uns des autres. L’usage de notre
diversité de dons dans le service commun de l’humanité, rend visible notre unité
dans le Christ. L’action commune des chrétiens en faveur de l’humanité, pour
combattre la pauvreté et l’ignorance, pour défendre les opprimés, favoriser la
paix et préserver la vie, pour développer les sciences, la culture et l’art,
sont une expression de cet œcuménisme pratique dont l’Église et le monde ont
tant besoin. Imiter le Christ Serviteur, c’est rendre éloquemment témoignage à
l’Évangile, en ne touchant pas seulement les esprits mais aussi les cœurs. Ce
service commun est un signe de l’avènement du Royaume de
Dieu – le Royaume du Christ Serviteur.
Prière
Dieu tout-puissant et éternel, en empruntant la voie royale du service, ton
Fils nous conduit de l’arrogance de la désobéissance à l’humilité du cœur.
Daigne nous unir les uns aux autres par ton Saint-Esprit, afin
qu’à travers le service de nos sœurs et frères puisse se révéler ton véritable
visage ; toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. Amen.
Pistes de réflexion
1. Quelles sont les occasions de
service les plus menacées par l’orgueil et l’arrogance ?
2. Que faudrait-il faire pour que
l’ensemble des ministères chrétiens soit davantage perçu comme un service ?
3. Dans notre société, qu’est-ce que les chrétiens des diverses traditions peuvent
faire davantage ensemble, plutôt qu’isolément, pour révéler le Christ Serviteur ?
Deuxième jour
Thème :
Transformés par l’attente patiente du Seigneur
Texte : Laisse faire maintenant : c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir
toute justice (Mt 3,15)
Lectures : 1 S 1,1-20 : L’attente confiante et patiente
d’Anne
Ps 40 :
L’attente patiente du Seigneur
He 11,32-34 :
Par la foi, ils conquirent des royaumes, mirent en œuvre la justice
Mt 3,13-17 :
Laisse faire maintenant : c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir
toute justiceCommentaire
La victoire est souvent associée au triomphe immédiat. Chacun sait quel goût
prend le succès lorsqu’après une épreuve difficile, vient le tour des
félicitations, de la reconnaissance et même des récompenses.
Dans un tel moment de joie, tout le monde peine à réaliser que,
du point de vue chrétien, la victoire est un processus de transformation à long
terme. Cette conception de la victoire transformatrice nous apprend qu’elle
advient lorsque Dieu la veut, et non nous-mêmes, ce qui nous invite à une
confiance patiente et à une profonde espérance en Dieu.
Anne a témoigné de cette patience dans la confiance et l’espérance. Attendant
depuis des années d’être enceinte, elle implorait Dieu d’avoir un enfant, au risque que les larmes de
sa prière soient prises pour de l’ivresse par le prêtre se tenant à l’entrée du
Temple. Quand Élie l’assura que Dieu
exaucerait sa prière, elle se contenta de faire confiance et d’attendre, et
cessa d’être triste. Anne conçut et mit au monde un fils auquel elle donna le
nom de Samuel. La grande victoire n’est ici remportée ni par des nations ni par
des armées, mais par un simple aperçu sur la réalité d’un combat intime et
personnel. La confiance et l’espérance d’Anne n’aboutissent pas seulement, en
fin de compte, à sa transformation personnelle, mais à celle de son peuple pour
qui le Dieu d’Israël est intervenu
dans son fils, Samuel.
Le psalmiste fait écho à l’attente patiente d’Anne vis-à-vis du Seigneur, au
milieu d’un autre type de combat. Lui aussi a cherché à être délivré d’une
situation qui nous reste inconnue, mais que suggère le vocabulaire du « gouffre
tumultueux, de la vase des grands fonds ». Il rend grâce à
Dieu qui l’a tiré de la honte et de la confusion, et continue
de se fier à son amour inébranlable.
L’auteur de la Lettre aux Hébreux rappelle
la patience de personnages tels qu’Abraham (6,15) ou d’autres qui furent
victorieux par la foi et la confiance en Dieu.
Comprendre que Dieu intervient et
entre dans le fil de l’histoire humaine évite d’être tenté de triompher en
termes humains.
Dans l’Évangile, la voix qui vient des cieux lors du baptême de Jésus, et qui
proclame Celui-ci est mon Fils bien-aimé, semble garantir le succès
immédiat de sa mission messianique. En résistant au Malin, Jésus, plutôt que de
succomber à la tentation d’inaugurer le Royaume de Dieu
sans délai, révèle patiemment ce que signifie la vie dans le Royaume à travers
sa propre vie et son ministère aboutissant à la mort sur la croix. Si le Royaume
de Dieu émerge de façon décisive dans
la résurrection, il n’est pas encore pleinement réalisé. La victoire ultime ne
se produira que lorsque le Seigneur reviendra. Aussi attendons-nous, avec une
espérance et une confiance patientes, en implorant : « Viens, Seigneur Jésus ».
Notre désir ardent de l’unité visible de l’Église doit aussi s’exercer dans
une attente patiente et confiante. Notre prière pour l’unité chrétienne est
semblable à la prière d’Anne et à celle du psalmiste. Le travail pour l’unité
des chrétiens s’apparente aux événements rapportés dans
la Lettre
aux Hébreux. Si nous attendons patiemment, ce n’est ni par impuissance ni par
passivité, mais parce que nous avons profondément confiance en ce que l’unité de
l’Église est un don de Dieu et non
pas notre œuvre. Cette attente patiente, cette prière et cette confiance nous
transforment et nous préparent à l’unité visible de l’Église, non pas
conformément à nos plans mais à la manière dont Dieu la donne.
Prière
Dieu fidèle, tu es vrai en tes paroles en tout temps. Fais que, comme Jésus,
nous soyons patients et confiants en ton amour inébranlable. Illumine-nous par
ton Esprit Saint afin que nous ne fassions pas obstacle à la plénitude de ta
justice par nos jugements hâtifs, mais que nous discernions ta sagesse et ton
amour en toutes choses ; toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles.
Amen.
Pistes de réflexion
1. Quelles sont les situations de notre vie où nous devrions faire davantage
confiance aux promesses de Dieu ?
2. En quels domaines de la vie ecclésiale
risque-t-on d’être particulièrement tenté d’agir à la hâte ?
3. En quelles situations les
chrétiens devraient-ils attendre, et quelles sont celles où ils devraient agir
ensemble ?
Troisième jour
Thème : Transformés par le Serviteur Souffrant
Texte : Le Christ a souffert pour nous (cf. 1 P
2,21)
Lectures
Is 53,3-11 : L’homme de douleurs, familier de
la souffrance
Ps 22,12-24 :
Il n’a pas rejeté ni réprouvé un malheureux dans la misère
1 P 2,21-25 :
Le Christ a souffert pour nous
Lc 24,25-27 :
Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela ?
Commentaire
Le paradoxe divin, c’est que Dieu peut convertir la tragédie et le désastre en
victoire. Il transforme toutes nos souffrances et infortunes, et l’incroyable
souffrance de l’histoire, en une résurrection qui enveloppe le monde entier.
Alors même qu’il semble vaincu, il est la véritable victoire dont rien ni
personne ne peut triompher.
L’émouvante prophétie d’Isaïe sur le Serviteur souffrant du Seigneur s’est
totalement accomplie dans le Christ. Après avoir souffert une terrible agonie,
l’Homme de Douleurs verra sa
descendance. Nous sommes, nous-mêmes, cette descendance née de la souffrance
du Sauveur. Et ainsi, nous ne formons avec lui qu’une seule famille.
On peut dire que le Psaume 22 ne parle pas simplement de Jésus, mais aussi
pour Jésus. Le Sauveur lui-même a prié avec ce psaume sur la croix, en reprenant
les mots de désolation par lesquels il s’ouvre: « Mon
Dieu, mon Dieu,
pourquoi m’as-tu abandonné ? » Dans
la seconde partie du psaume cependant, la lamentation, la supplication emplie de
douleur, se transforme en louange de Dieu pour ses œuvres.
L’apôtre Pierre est un témoin des souffrances du Christ (1 P 5,1)
qu’il nous donne en exemple : c’est à cette forme de souffrance par amour que
nous sommes appelés. Jésus ne maudissait pas Dieu
mais s’en remettait au juste Juge. Ses meurtrissures nous ont guéris et nous ont
ramenés à l’unique berger.
Ce n’est qu’à la lumière de la présence du Seigneur et de sa Parole que le
dessein de Dieu à travers les souffrances du Messie peut se révéler. Tout comme
il en fut pour les disciples sur le chemin d’Emmaüs, Jésus nous accompagne
constamment sur le chemin rocailleux de l’existence, rendant nos cœurs brûlants
et ouvrant nos yeux au plan mystérieux du salut.
Les chrétiens expérimentent que la souffrance résulte de la fragilité de la
condition humaine ; nous reconnaissons cette souffrance dans l’injustice sociale
et les situations de persécution. La puissance de la croix nous oriente vers l’unité.
C’est là que la souffrance du Christ nous apparaît comme source de miséricorde
et de solidarité envers l’ensemble de la famille humaine. Comme le dit un
théologien contemporain : plus nous nous approchons de la croix du Christ, plus
nous nous rapprochons les uns des autres. Le témoignage que donnent ensemble les
chrétiens dans les situations de souffrance acquiert une très grande crédibilité.
En étant solidaires de tous ceux qui souffrent, nous apprenons du Serviteur
souffrant et crucifié à nous vider de nous-mêmes, à nous abandonner et à nous
offrir en sacrifice. Ce sont les dons qu’il nous faut recevoir de son Esprit en
cheminant vers l’unité en lui.
Prière
Dieu de consolation, tu as transformé la honte de la croix en
un signe de victoire. Fais que nous puissions nous rassembler autour de la croix
de ton Fils et le célébrer pour la miséricorde qui nous est offerte par ses
souffrances. Que l’Esprit Saint ouvre nos yeux et nos cœurs, afin que nous
aidions ceux qui souffrent à expérimenter ta proximité ; toi qui vis et règnes
pour les siècles des siècles. Amen.
Pistes de réflexion
1. En quoi notre foi peut-elle nous aider à fournir une réponse à la souffrance de
longue durée ?
2. Quels sont les domaines de la
souffrance humaine que l’on néglige ou minimise actuellement ? 3. Comment les chrétiens peuvent-ils témoigner
ensemble du pouvoir de la croix ?
Quatrième jour
Thème : Transformés par la victoire du Seigneur sur le
mal Texte : Sois vainqueur du mal par le bien (Rm
12,21)
Lectures
Ex 23,1-9 : Tu ne suivras pas une majorité qui veut le mal
Ps 1 :
Heureux celui qui se plaît dans la loi du Seigneur
Rm 12,17-21 :
Sois vainqueur du mal par le bien
Mt 4,1-11 :
C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras et c’est à lui seul que tu
rendras un culteCommentaire
En Jésus, nous apprenons ce que signifie vraiment le mot « victoire » pour
les êtres humains – à savoir le bonheur de partager l’amour de
Dieu, en surmontant avec lui tout ce qui nous éloigne les uns
des autres. C’est participer à la victoire du Christ sur les forces
destructrices qui corrompent l’humanité et toute la création divine. En Jésus,
nous pouvons prendre part à une vie nouvelle qui nous appelle à combattre le mal
de notre monde avec une confiance renouvelée, et à trouver notre joie dans ce
qui est bon. Les paroles de l’Ancien Testament sont un avertissement
catégorique contre tout engagement dans le sens du mal et de l’injustice. L’attitude
prise par la majorité ne peut en aucun cas servir d’alibi. Et l’on ne peut
prétexter ni du bien-être ni de quelque autre situation de l’existence pour
faire le mal.
Le Psaume 1 n’attire pas seulement l’attention sur la nécessité d’observer
les commandements, mais surtout sur les joies que cela procure. Celui qui aime
la loi du Seigneur plus que tout le reste, est dit heureux et béni.
La Parole
de Dieu est un guide sûr dans l’adversité,
elle constitue l’accomplissement de la sagesse humaine. Celui qui médite la
parole de Dieu jour et nuit
peut mener une existence très fructueuse pour le bien des autres.
Les admonestations de l’apôtre nous encouragent à être vainqueurs du mal
par le bien. Seul, le bien peut venir à bout de l’interminable spirale de la
haine et du désir humain de vengeance. Dans
le combat pour le bien, tout ne dépend pas des êtres humains. L’apôtre Paul
invite néanmoins à ce qu’aucun effort ne soit négligé pour préserver la paix
avec autrui. Il a conscience du combat qu’il nous faut sans cesse mener contre
notre instinct à nuire à ceux qui nous ont fait du mal. Mais Paul nous appelle à
ne pas nous laisser dominer par ces sentiments destructeurs. Faire le bien est
vraiment une façon de combattre le mal parmi nous.
Le passage de l’Évangile décrit le combat du Fils de
Dieu contre Satan – qui personnifie le mal. La victoire de
Jésus sur les tentations au désert se réalise dans Son obéissance au Père, et
c’est ce qui le conduit à la croix. La résurrection du Sauveur confirme que
c’est bien la bonté de Dieu qui l’emporte en définitive : l’amour est
vainqueur de la mort. Le Seigneur
ressuscité est proche ! Il nous accompagne en chacun de nos combats contre la
tentation et le péché dans le monde. Sa présence invite les chrétiens à agir
ensemble pour le bien.
Le scandale vient de ce que nos divisions nous rendent incapables d’avoir
suffisamment de force pour lutter contre les maux de notre temps. En étant unis
au Christ et en nous réjouissant de sa loi d’amour, nous sommes appelés à
partager Sa mission qui consiste à apporter l’espérance sur les lieux d’injustice,
de haine et de désespoir.
Prière
Seigneur Jésus Christ, nous te rendons grâce pour ta victoire
sur le mal et les divisions. Nous te louons pour ton sacrifice et pour ta
résurrection qui a vaincu la mort. Aide-nous
dans notre combat quotidien contre toute adversité. Que l’Esprit Saint nous
procure force et sagesse afin qu’en te suivant, nous soyons victorieux du mal
par le bien, et de la division par la réconciliation. Amen.
Pistes de réflexion
1. Où
voyons-nous le mal dans nos propres existences ?
2. Comment notre foi au Christ peut-elle nous aider à vaincre le mal et le Malin ?
3. Quelle leçon pouvons-nous tirer des
situations où, dans notre société, la division a fait place à la réconciliation ?
Cinquième jour
Thème : Transformés par la
paix du Christ ressuscité
Texte : Jésus se tint au milieu d’eux et il leur dit : « La paix
soit avec vous ! » (Jn 20,19).
Lectures
Ml 4,5-6 :
Il ramènera le cœur des pères vers leurs fils, celui des fils vers leurs pères
Ps 133
: Oh ! quel plaisir, quel bonheur de se trouver entre frères !
Ep 2,14-20 :
Pour les réconcilier avec Dieu tous
les deux en un seul corps, au
moyen de la croix
Jn 20, 19-23
: Jésus se tint au milieu d’eux et il leur dit :
« La paix soit avec vous ! »
Commentaire
Le dernier livre de l’Ancien Testament s’achève sur la
promesse que
Dieu enverra Celui qu’il a choisi pour que l’harmonie et le
respect s’instaurent dans toutes les familles. Nous craignons souvent qu’adviennent
des conflits entre nations ou des agressions inattendues. Or le prophète
Malachie attire notre attention sur l’une des formes de conflits les plus
pénibles et les plus persistantes – la déchirure des relations entre les parents
et leurs descendants. La restauration de l’unité entre parents et enfants est
impossible sans l’aide de Dieu –
c’est l’envoyé de Dieu qui accomplit
le miracle de transformer les cœurs et les relations entre les personnes. Le psaume montre combien cette unité entre les personnes peut apporter de
joie profonde. L’être humain n’a pas été créé pour être seul, et ne peut se
satisfaire d’une atmosphère hostile. Le bonheur consiste à vivre dans une
communauté humaine porteuse d’harmonie, de paix, de confiance et de
compréhension. Les bonnes relations entre les personnes sont semblables à la
rosée qui se pose sur la terre sèche et à une huile parfumée qui procure
bien-être et plaisir. Le psaume parle du bonheur de vivre ensemble comme d’une
bénédiction et d’un don de Dieu
immérité, tout comme la
rosée. La vie commune dans l’unité ne se restreint pas qu’aux
membres de la famille – elle est plutôt une façon d’exprimer la proximité entre
tous ceux qui accueillent la paix de Dieu.
L’épître nous parle de celui qu’annonçait le prophète Malachie. Jésus apporte
l’unité parce qu’en son propre corps, il a brisé le mur de séparation
entre les personnes. En règle générale, la victoire de l’un implique la chute et
la honte dans le clan des vaincus, qui préfèrent se retirer. Jésus ne rejette,
n’abat ou n’humilie personne ; il met fin à toute aliénation, Il transforme,
guérit et réunit tous les êtres humains pour en faire les membres de la
famille de Dieu.
L’Évangile rappelle le don que le Seigneur ressuscité fait à Ses disciples
hésitants et terrifiés. La paix soit avec vous – c’est à la fois la
salutation du Christ et le don qu’il accorde. C’est aussi une invitation à
rechercher la paix avec Dieu et à établir des relations nouvelles et
durables au sein de la famille humaine et de toute la création. Jésus a
brisé la mort et vaincu le péché. Par le don du Saint-Esprit, le Seigneur
Ressuscité invite ses disciples à entrer dans sa propre mission : celle d’apporter
la paix, la guérison et le pardon à toute la terre. Tant que les
chrétiens demeureront divisés, le monde ne sera pas convaincu de la plénitude de
vérité du message évangélique apporté par le Christ à une humanité nouvelle. La
paix et l’unité caractérisent cette transformation. Il faut que les Églises s’approprient
ces dons et en témoignent, comme membres de l’unique famille de Dieu, édifiée
sur la solide fondation dont Jésus est la pierre angulaire.
Prière
Dieu d’amour et de miséricorde, apprends-nous la joie qu’on
éprouve à partager ta paix. Emplis-nous de ton Esprit Saint, afin que nous
puissions abattre les murs d’hostilité qui nous séparent. Que le Christ
ressuscité, qui est notre paix, nous aide à surmonter toute division et à nous
unir comme membres de sa maison. Nous te le demandons au nom de Jésus Christ à
qui soient rendus, avec toi et le Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire
pour les siècles des siècles. Amen.
Pistes de réflexion
1. Quelles sont les formes de violence de notre société auxquelles
nous pouvons nous affronter ensemble, comme chrétiens ?
2. Comment faisons-nous l’expérience d’hostilités cachées qui
rejaillissent sur nos relations mutuelles entre communautés chrétiennes ?
3. Comment pouvons-nous apprendre à nous accueillir
réciproquement comme le Christ lui-même nous accueille ?
Sixième jour
Thème :
Transformés par l’amour inébranlable de Dieu Texte : La victoire, c’est notre foi (cf. 1 Jn
5,4)
Lectures
Ha 3,17-19 :
Le Seigneur est ma force
Ps 136,1-4 ; 23-26 : Sa fidélité est
pour toujours
1 Jn 5,1-6 :
La victoire qui a vaincu le monde, c’est notre foi
Jn 15,9-17 :
Nul n’a d’amour plus grand que celui qui se dessaisit de sa vie pour ceux
qu’il aimeCommentaire
Dans le texte vétérotestamentaire, c’est la foi en
Dieu qui permet de garder l’espérance en dépit de tous les
échecs. La lamentation d’Habaquq se transforme en joie pour la fidélité de
Dieu qui donne la force face au désespoir. Le psaume 136 confirme que le souvenir des hauts-faits de
Dieu dans l’histoire d’Israël est la preuve de son amour
inébranlable. Grâce à l’intervention de Dieu, le peuple d’Israël a fait l’expérience de
victoires extraordinaires et surprenantes. Le souvenir des grandes œuvres du
salut de Dieu est une source de joie, de gratitude et d’espérance que les
croyants expriment depuis des siècles dans leur prière, leurs hymnes de louange
et leur musique.
L’épître nous rappelle que ce qui est né de Dieu
est vainqueur du monde. Il ne s’agit pas nécessairement ici de victoires
mesurables selon nos critères humains. La victoire dans le Christ suppose une
transformation du cœur, une perception de la réalité terrestre d’un point de vue
d’éternité, et une foi dans la victoire définitive sur la mort. Cette force
victorieuse, c’est la foi dont Dieu
est en même temps la source et le dispensateur. Et sa manifestation la plus
parfaite, c’est l’amour.
Dans le texte d’Évangile, le Christ donne à ses disciples l’assurance de l’amour
de Dieu qui trouvera sa confirmation
définitive dans la mort du Sauveur sur la croix. Il les invite et
les appelle en même temps à manifester de l’amour les uns pour les autres. La
relation de Jésus à ses disciples se fonde sur l’amour. Il ne les traite pas
simplement en disciples, mais il les appelle ses amis. Leur service du Christ
consiste à conformer leur vie à l’unique commandement de l’amour, ce qui résulte
d’une conviction intérieure et de la foi. Dans
un esprit d’amour, même s’il nous semble ne progresser que lentement vers la
pleine unité visible, nous ne perdons pas espoir. L’amour inébranlable de Dieu nous rendra capables de dépasser les pires
oppositions et les plus profondes divisions. C’est pourquoi la victoire qui a
vaincu le monde, c’est notre foi, associée à la puissance transformatrice de l’amour
de Dieu.
Prière
Seigneur Jésus Christ, Fils du Dieu vivant, par ta résurrection tu as triomphé de
la mort, et tu es devenu le Seigneur de la vie. Par amour pour nous, tu nous as choisis pour
être tes amis. Fais que l’Esprit Saint nous unisse à toi et les uns aux autres
dans l’amitié, afin que nous te servions fidèlement en ce monde et soyons les
témoins de ton amour inébranlable ; toi qui vis et règnes avec le Père et le
Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.
Pistes de réflexion
1. Comment devrions-nous faire pour exprimer l’amour chrétien
dans le contexte des diverses religions et philosophies ?
2. Que devons-nous faire pour devenir des
témoins plus crédibles de l’amour inébranlable de Dieu
dans un monde divisé ?
3. Comment les disciples du Christ peuvent-ils
se soutenir plus visiblement les uns les autres dans l’ensemble du monde ?
Septième jour
Thème : Transformés par le Bon Pasteur
Texte : « Pais mes brebis » (Jn 21,17)
Lectures
1 S 2,1-10 :
Ce n’est point par la force qu’on triomphe
Ps 23 :
Ton bâton, ton appui, voilà qui me rassure
Ep 6,10-20
: Armez-vous de force dans le Seigneur
Jn 21,15-19
: Pais mes brebis
Commentaire
Ceux qui doivent l’emporter sur la souffrance, ont
besoin du soutien d’en-haut. Ce soutien est donné dans la prière. La force qu’Anne
trouve dans la prière fait l’objet du premier chapitre du Livre de Samuel. Au
second chapitre, on trouve sa prière d’action de grâce. Elle a compris que
certains événements ne pouvaient se produire qu’avec l’aide de Dieu. C’est parce que Dieu l’a voulu qu’Anne et son
mari sont devenus parents. Ce texte est un exemple d’affermissement de la foi
dans ce qui peut sembler être une situation désespérée. C’est un exemple de
victoire. Le Bon Pasteur du Psaume 23 guide son troupeau, y compris dans les lieux
obscurs, en le réconfortant par sa présence. Ceux qui mettent leur confiance
dans le Seigneur n’ont rien à craindre, même dans les ténèbres de la rupture ou
et de la désunion, car leur berger les conduira sur les verts pâturages de la
vérité, pour habiter ensemble dans la maison du Seigneur.
Dans la Lettre aux Éphésiens, l’apôtre Paul nous exhorte à
être forts dans le Seigneur et de sa force toute-puissante et, pour cela,
à revêtir l’armure spirituelle : vérité, justice, annonce de la Bonne Nouvelle, foi, salut, parole de Dieu, prière et intercession.
Le Seigneur ressuscité exhorte Pierre – et, en sa personne, tout disciple – à
découvrir qu’il est habité par l’amour de celui qui est le seul vrai berger. Si
tu as en toi un tel amour, Pais mes brebis ! Autrement dit, nourris-les,
protège-les, prends soin d’elles, fortifie-les – car elles sont à moi et m’appartiennent !
Sois mon bon serviteur et veille sur ceux qui se sont mis à m’aimer et à suivre
ma voix. Apprends-leur l’amour mutuel, la collaboration et l’audace dans les
détours et les tournants de la vie.
Par la grâce de Dieu, le témoin du
Christ qui a été confirmé en nous, nous contraint d’agir ensemble pour l’unité.
Nous sommes dotés de l’aptitude et de la connaissance nécessaires pour porter ce
témoignage ! Mais le voulons-nous ? Le Bon Pasteur qui, par sa vie, son
enseignement et sa conduite, affermit tous ceux qui ont placé leur confiance en
sa grâce et son soutien, nous invite à collaborer avec lui inconditionnellement.
Ainsi fortifiés, nous serons capables de nous entraider sur la voie de l’unité.
Armons-nous donc de force dans le Seigneur, afin de pouvoir en affermir d’autres
dans un même témoignage d’amour.
Prière
Toi le Père de tous, tu nous appelles à ne faire qu’un seul
troupeau en ton Fils, Jésus Christ ; Il est le Bon Pasteur qui nous invite à
reposer dans de verts pâturages, nous conduit près des eaux tranquilles et
restaure nos âmes. Fais qu’en le suivant, nous prenions également soin des
autres, afin que tous puissent discerner en nous l’amour du seul vrai berger,
Jésus Christ notre Seigneur, qui vit et règne avec toi et le Saint-Esprit, pour
les siècles des siècles. Amen.
Pistes de réflexion
1. Comment le Bon Pasteur nous invite-t-il à encourager,
fortifier et restaurer la confiance de ceux qui sont perdus ?
2. Comment les chrétiens de traditions
différentes peuvent-ils s’affermir mutuellement en confessant Jésus Christ et en
lui rendant témoignage ?
3. Quelle peut-être pour nous, aujourd’hui, la
signification de l’exhortation de saint Paul : « Armez-vous de force dans le
Seigneur… revêtez l’amure de Dieu » ?
Huitième jour
Thème : Réunis
dans le Royaume du Christ
Texte : Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi
sur mon trône (Ap 3,21) Lectures
1 Ch 29,10-13 :
Dans ta main, le pouvoir de tout élever et de tout affermir
Ps 21,1-7 :
Tu poses sur sa tête une couronne d’or
Ap 3,19b-22 :
Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon trône
Jn 12,23-26 :
Si quelqu’un me sert, le Père l’honorera
Commentaire
Jésus Christ est le premier né d’entre les morts. Il
s’est humilié et a été exalté. Le Christ ne se rassasie pas de sa victoire, mais
partage son règne et son exaltation avec toute l’humanité. L’hymne de David, jailli de la
joie du roi et de son peuple avant la construction du Temple, est une façon d’exprimer
cette vérité que tout arrive par grâce. Même un simple monarque terrestre peut
figurer l’image du royaume de Dieu, qui a le pouvoir de tout élever et de tout affermir.
Le psaume royal d’action de grâces poursuit cette idée. La tradition
chrétienne lui accorde, elle aussi, une portée messianique ; le Christ est le
véritable Roi, celui qui bénit et qui donne la vie, présence parfaite de
Dieu au milieu de son peuple. En un sens, cette image peut
aussi se référer au peuple. Les êtres humains ne sont-ils pas le couronnement de
la création ? Dieu ne veut-il pas nous faire « cohéritiers avec
son Fils et « membres de sa famille royale » ?
Les lettres du Livre de l’Apocalypse aux sept Églises locales constituent un
message à l’adresse de l’Église de tous les temps et de partout. Ceux qui
accueillent le Christ chez eux seront tous invités à partager avec lui le
banquet de la vie éternelle. La promesse de siéger sur des trônes, faite
auparavant aux Douze, s’étend désormais à tous ceux qui ont obtenu la victoire.
Là où je suis, là aussi sera mon serviteur. On peut rattacher le Je
suis de Jésus au nom indicible de
Dieu. Le serviteur de Jésus, que le Père honorera, sera là où
est le Seigneur, qui siège désormais à la droite du Père pour y régner.
Les chrétiens ont conscience que l’unité entre eux, même si elle requiert des
efforts humains, est avant tout un don de Dieu. Elle consiste à partager la victoire du Christ
sur le péché, la mort et le mal qui est cause de division. Notre participation à
la victoire du Christ aura sa plénitude dans les cieux. Notre témoignage commun
rendu à l’Évangile devrait manifester au monde un Dieu qui ne nous restreint ni ne nous domine. Il
faudrait que nous annoncions de façon crédible aux gens de notre temps et de
notre époque, que la victoire du Christ dépasse tout ce qui nous empêche de
partager la plénitude de la vie, avec lui et les uns avec les autres.
Prière
Dieu tout puissant qui gouvernes toute chose, apprends-nous à
contempler le mystère de ta gloire. Fais que nous acceptions tes dons avec
humilité et dans le respect de la dignité de chacun. Que ton Esprit Saint nous
affermisse dans les combats spirituels qui se présenteront à nous, afin que
notre unité dans le Christ nous fasse régner avec lui dans la gloire. Nous te le
demandons par lui qui s’est humilié et a été exalté, et qui vit avec toi et le
Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.
Pistes de réflexion
1. Comment la fausse humilité et le désir de gloire terrestre
se manifestent-ils en nos vies ?
2. Comment exprimons-nous ensemble notre foi
dans le Règne du Christ ?
3. Comment vivons-nous ouvertement notre
espérance en la venue du Royaume de Dieu ?
Propositions complémentaires pour les célébrations
Les prières proposées ci-après pour les jours 1 à
8 se fondent sur le thème de la journée. Si on les
associe à l’ensemble des lectures bibliques et à la prière proposées
quotidiennement, elles peuvent constituer la trame d’une célébration simple pour
chacun des jours de la Semaine
de prière pour l’unité des chrétiens.
Premier jour
Le Serviteur Victorieux
P : Seigneur, la désobéissance d’Adam et d’Ève nous a plongés dans la
souffrance et la mort, et la famille humaine s’en est trouvée blessée et
déchirée. Prends
pitié de nous !
A :
Prends pitié de nous !
P :
Ô Christ, nous avons endurci nos cœurs quand Tu cherchais à nous enseigner par les serviteurs
de ta Parole. Prends pitié de nous !
A :
Prends pitié de nous !
P :
Seigneur, tu sais que nous
avons failli à te servir en nos frères et sœurs.
Prends pitié de nous !
A :
Prends pitié de nous !
P :
Que Dieu Tout-Puissant nous fasse miséricorde, qu’il
nous pardonne nos péchés et nous conduise à la vie éternelle.
A :
Amen.
Deuxième jour Transformés par l’attente patiente du Seigneur
P : Seigneur, nous te prions.
Accorde-nous de regarder nos vies à la lumière de ta sagesse, nous t’implorons !
A : Seigneur, écoute-nous ! P : Accorde-nous le don divin de la patience dans les situations où
échoue la justice humaine, nous t’implorons !
A : Seigneur, écoute-nous ! P : Rends-nous capables
de prier et d’espérer, dans les situations où ta grâce est seule à pouvoir
combler notre attente, nous t’implorons ! A : Seigneur, écoute-nous !
P : Écoute-nous, Ô notre Dieu, quand nous crions vers toi, et accorde-nous de savoir discerner la plénitude de ta
justice, par le Christ, notre Seigneur.
A : Amen.
Troisième jour
Transformés par le Serviteur Souffrant
P : La croix est le signe de la victoire. Aussi,
disons-nous : nous t’adorons, Seigneur !
A : Nous t’adorons, Seigneur ! P : Pour ta croix, sanctuaire de la vérité et tribunal de la
miséricorde. A : Nous t’adorons, Seigneur !
P : Pour ta croix, arbre de vie et trône de la grâce.
A : Nous t’adorons, Seigneur !
P : Pour ta croix, signe de compassion et d’espérance.
A : Nous t’adorons, Seigneur !
P: Seigneur, tu es mort sur la croix
pour rassembler dans l’unité les enfants
de Dieu dispersés. Fais que la
contemplation de ta croix transforme notre conception de la souffrance, toi qui
vis et règnes pour les siècles des siècles.
A : Amen.
Quatrième jour Transformés par la victoire du Seigneur sur le mal
P : L’avènement du Royaume de Dieu, c’est la défaite du royaume de
Satan. En étant vainqueur du tentateur au désert et en libérant des gens du
pouvoir des esprits mauvais, Jésus anticipe sa grande victoire, celle de l’heure
de sa Passion. Le prince de ce monde est jeté dehors. Dans la dernière demande
de la Prière du Seigneur –
Mais délivre-nous du mal – nous
demandons à Dieu de nous révéler la
victoire qu’il a déjà acquise dans le Christ. Dans
le même esprit, nous supplions : Délivre-nous,
Seigneur !
A :
Délivre-nous,Seigneur!
P :
De tout mal
A :
Délivre-nous,Seigneur!
P :
De tout péché
A :
Délivre-nous,Seigneur!
P :
Des embûches de Satan
A :
Délivre-nous,Seigneur!
P :
De la haine et de la méchanceté
A :
Délivre-nous,Seigneur!
P : De la mort éternelle
A :
Délivre-nous,Seigneur!
P : Délivre-nous de tout mal, Seigneur, et soutiens-nous dans ta
miséricorde, toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles.
A :
Amen.
Cinquième jour
Transformés par la paix du Seigneur ressuscité
P : Prions le Seigneur ressuscité pour les chrétiens et tous les habitants de
la terre : Accorde-nous ta paix !
A :
Accorde-nous ta paix !
P :
Accorde ta bénédiction et ta paix aux nations.
A :
Accorde-nous ta paix !
P :
Soutiens ceux qui se dépensent pour l’unité visible de ton Église.
A :
Accorde-nous ta paix !
P :
Veille sur ceux que Tu as appelés à paître Ton troupeau.
A :
Accorde-nous ta paix !
P :
Fortifie l’amour entre les époux.
A :
Accorde-nous ta paix !
P :
Apporte la réconciliation dans les familles, les quartiers et les
sociétés.
A :
Accorde-nous ta paix !
P :
Sois avec nous, Seigneur, et accorde-nous l’unité et la paix, toi qui vis
et règnes pour les siècles des siècles.
A :
Amen.
Sixième jour
Transformés par l’amour inébranlable de Dieu
P : Nous tournant vers celui qui seul est digne de foi, nous disons :
Amen –
Je crois !
A :
Amen – Je crois !
P :
En un seul Dieu : Père, Fils et Saint Esprit
A :
Amen – Je crois !
P :
Au Fils de Dieu, qui s’est fait homme.
A :
Amen – Je crois !
P :
À sa mort, sa résurrection et son ascension.
A :
Amen – Je crois !
P :
Au don de l’Esprit Saint.
A :
Amen – Je crois !
P :
Au retour du Christ dans la gloire
A :
Amen – Je crois !
P :
En Sa grâce, plus forte que le péché
A :
Amen – Je crois !
P :
En l’amour plus fort que la haine et que la mort
A :
Amen – Je crois !
P :
En la résurrection de la chair et en la vie éternelle dans le Royaume
A :
Amen – Je crois !
P :
Seigneur, regarde la foi de ton Église en pèlerinage sur la terre, et
conduis tes enfants à
découvrir l’éclat de ta majesté face à face, toi qui vis et règnes pour les
siècles des siècles.
A :
Amen.
Septième jour
Transformés par le Bon Pasteur
P : Le Seigneur ne nous a pas abandonnés. Il nous guide avec son bâton et sa
houlette dans toutes les
expériences de la vie. Il
est notre Bon Pasteur. C’est pourquoi, nous disons : nous te rendons grâce,
Seigneur !
A :
Nous te rendons grâce,
Seigneur !
P :
Pour la vie et tous les dons par lesquels tu nous as affermis
A :
Nous te rendons grâce,
Seigneur !
P :
Pour le don de ta Parole
A :
Nous te rendons grâce,
Seigneur !
P :
Pour la persévérance dans la foi
A :
Nous te rendons grâce,
Seigneur !
P :
Pour les témoins crédibles de ton Évangile
A :
Nous te rendons grâce,
Seigneur !
P :
Pour tout ce que nous ne pouvons dénombrer ou peinons à réaliser
A :
Nous te rendons grâce,
Seigneur !
P :
Nous te rendons grâce, Seigneur, pour tous les dons que tu nous as
prodigués afin que nous ne risquions pas de nous arrêter en chemin ou de faiblir
dans le combat spirituel, toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles.
A :
Amen.
Huitième jour
Unis dans le Règne du Christ
P : Extrait d’une homélie ancienne :
Le
trône des chérubins est préparé, les serviteurs sont prêts, le lit nuptial est
dressé, les aliments sont apprêtés, les tentes et les demeures éternelles le
sont aussi. Les trésors du bonheur sont ouverts et le royaume des cieux est prêt
de toute éternité.
P :
Désirant ardemment demeurer avec le Christ, célébrons-le en disant :
Règne
éternellement !
A :
Règne éternellement !
P : Seigneur du temps et de l’éternité
A :
Règne éternellement !
P :
Premier-né d’entre les morts
A :
Règne éternellement !
P :
Toi qui détiens les clefs de la mort et des enfers
A :
Règne éternellement !
P :
Toi le Seigneur des seigneurs et le Roi des rois
A :
Règne éternellement !
P :
Toi qui es, qui étais et qui viens
A :
Règne éternellement !
Amen.
Kyrie Mélodie : Varsovie (1874)
Śpiewnik Ewangelicki
(Recueil de chants évangéliques), Bielsko-Biała 2002
Seigneur, prends pitié. Christ, prends
pitié. Seigneur, prends pitié.
Notre Père
Cantique
Ciągły niepokój na świecie
Texte et mélodie: Zofia Jasnota (1971)
Śpiewnik Ewangelicki (Recueil de chants évangéliques), Bielsko-Biała 2002
«Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix, ce n’est pas à la manière du
monde que je vous la donne».
Hymne de la Fraternité œcuménique
internationale
Musique du célèbre compositeur polonais Wojciech Kilar
Viens à nous Seigneur maintenant, règne dans nos cœurs.
Sois notre guide maintenant et toujours.
Rassemble-nous et fais que nous soyons un.
Fais de nous le peuple de Dieu dans l’unité.
Seigneur, sois pour nous la vérité et le chemin,
Accomplis les projets du Père et fais notre unité.
Viens, vois notre vie et donne-nous la paix.
Fais que nous soyons unis en Jésus Christ notre Seigneur.
Amen.
INFORMATIONS SUR LA POLOGNE
LE CONTEXTE ŒCUMÉNIQUE LOCAL
Présentation sommaire
La Pologne, appelée officiellement République de Pologne, est un pays d’Europe centrale
donnant sur la Mer Baltique. Elle
est bordée par l’Allemagne à l’ouest, la République Tchèque
et la Slovaquie
au sud, l’Ukraine et la
Biélorussie à l’est, la Lituanie au nord-est et la Russie (le territoire de
Kaliningrad) au nord. Par
la mer Baltique,
la Pologne partage aussi ses frontières maritimes avec le Danemark et la Suède.
Avec une superficie de 312.700 km2, la Pologne est le neuvième
pays d’Europe par sa superficie. Sa population est d’environ 38 millions
d’habitants. Elle a pour capitale Varsovie.
Les Polonais représentent environ 97% de la population territoriale. Jusqu’en
1939, un tiers de cette population se composait de minorités ethniques. Six
millions de personnes environ ont péri au cours de la Seconde guerre mondiale
(dont environ trois millions et demi de juifs, au cours de la Shoah). De nos jours, les minorités ethniques ne constituent
plus qu’un faible pourcentage de la population polonaise, les plus nombreuses
étant celles des Ukrainiens, des Biélorusses, des Allemands (qui sont
représentés au parlement), des Roms, des Lituaniens, des Slovaques et des
Tchèques.
La langue de la Pologne
est le polonais qui fait partie de la famille des langues slaves. La législation
garantit aux minorités ethniques l’usage de leur propre langue.
L’émigration pour des motifs économiques et politiques, qui a débuté au XIXe
siècle, a conduit environ 15 millions de Polonais à quitter les frontières du
pays. Actuellement, les diasporas les plus importantes de Polonais expatriés se
trouvent aux États-Unis, en Allemagne, au Brésil, en France et au Canada.
Jalons historiques
L’histoire du christianisme polonais a plus de 1000 ans. Les premières
communautés chrétiennes sont apparues sous l’impulsion de l’activité
missionnaire des saints Cyrille et Méthode. La vie de l’Église de Pologne a
commencé à s’organiser sous le règne du premier souverain historique, Mieszko,
de la famille des Piast, qui unifia les tribus slaves qui demeuraient dans le
bassin de la Vistule. L’an
966, où Mieszko fut baptisé, est reconnu comme étant l’année de constitution de
l’État polonais.
Le premier archevêché de Pologne avec juridiction indépendante fut établi en
l’an 1000, à Gniezno. Cette année-là, trois monarques – allemand, tchèque et
polonais – se réunirent en congrès sur la tombe de l’évêque et martyr saint
Adalbert (les congrès contemporains de Gniezno, organisés depuis 1997, se
rapportent à cet événement par leur caractère international et œcuménique).
Boleslav le Brave fut le premier à être couronné roi de Pologne, en 1025. Il
étendit considérablement les frontières de l’État et soutint les campagnes
missionnaires. Les étrangers trouvèrent, dès le tout début, des lieux où
s’implanter et des conditions de vie attrayantes sur les terres polonaises. Ce
furent d’abord des juifs karaïtes (dès le XIIe siècle), puis des
musulmans tartares (à partir du XIVe siècle).
Les XVe et XVIe siècles sont connus pour avoir constitué
l’âge d’or de l’histoire polonaise. Ce fut l’époque où l’éclat politique,
économique et culturel du pays fut à son apogée. Ce fut aussi le moment où les
idées de la Réforme
gagnèrent la Pologne. Les
enseignements de Martin Luther trouvèrent la faveur des bourgeois, tandis que
ceux de Jean Calvin et d’Ulrich Zwingli attiraient l’aristocratie (constituée
d’anciens chevaliers). Sur la toile de fond de pays occidentaux engagés dans des
guerres de religions destructrices, la Pologne se faisait remarquer par sa notable
tolérance religieuse et devint un refuge pour les dissidents protestants.
Le XVIIe siècle fut l’époque de la Contre Réforme, où
les protestants se trouvèrent privés de leurs droits politiques et où les Ariens
– ou Frères Polonais – furent forcés d’émigrer, ce qui freina et altéra
réellement le développement du protestantisme polonais. En 1791, la Diète
(ou Parlement polonais) adopta la deuxième constitution du monde (après celle
des États-Unis) à garantir la liberté de confession et de pratique religieuse.
Malheureusement, entre 1772 et 1795, la Pologne fut divisée à trois
reprises entre les superpuissances de la Prusse, de la Russie et de l’Autriche. Il
en découla que le pays cessa de figurer sur la carte de l’Europe pendant 123
ans. Les Polonais tentèrent de regagner leur indépendance par une série de
révoltes nationales comme le Soulèvement de Kościuszko (1791),
l’Insurrection de Novembre (1830), le Printemps des Peuples (1848),
l’Insurrection de Janvier (1863) et la révolution pendant
la Première Guerre mondiale. La Pologne ne put recouvrer la
liberté et l’indépendance qu’en 1918.
L’entre-deux guerres (1918-1939) fut une période de restauration de la
souveraineté nationale, après la politique désastreuse de partition et les
ravages de la guerre. La
courte période d’indépendance (qui ne dura que vingt ans) fut également marquée
par une croissance rapide. La
Pologne ressurgit avec succès de la crise économique mondiale
de 1920-1930; son industrie prospérait, l’instruction universelle fut
introduite et des conditions furent créées pour permettre le développement des
sciences et de la culture.
L’une des périodes les plus tragiques de l’histoire polonaise fut celle de
la Seconde Guerre
mondiale (1939-1945). Quand l’Allemagne Nazie attaqua le pays, le 1er
septembre 1939, les Polonais passèrent six semaines à combattre l’écrasante
puissance militaire de l’envahisseur. La situation devint plus difficile encore
lorsque, le 17 septembre 1939, l’Armée Rouge soviétique annexa la partie
orientale de la Pologne.
Une armée de résistance intérieure et des structures étatiques souterraines se
constituèrent sur le territoire occupé par les Allemands, connu sous le nom de
Gouvernement Général. En avril 1943, une insurrection éclata dans le ghetto de
Varsovie (quartier juif, bouclé de l’extérieur). La totalité du quartier juif
fut méthodiquement brûlée et rasée. En août 1944, l’Insurrection de Varsovie
éclata dans la capitale, et environ 200000 mutins et civils furent tués.
Lorsque le soulèvement cessa, la population restante fut déplacée et 95% de la
capitale furent détruits par les Nazis.
Les soldats polonais combattirent sur de nombreux fronts dans l’ensemble du
monde: en Norvège, Angleterre, Italie, Hollande, Union-Soviétique, Moyen-Orient
et Afrique.
Après la guerre, en 1945, du fait des traités signés par les États-Unis,
la Grande-Bretagne et l’Union Soviétique à Yalta et Potsdam, la Pologne se trouva située à
l’intérieur de la zone d’influence soviétique et se transforma en république
communiste. Ses frontières antérieures furent modifiées. L’URSS s’attribua les
territoires de l’est de la
Pologne, et l’on fixa la frontière occidentale le long des deux
rivières de l’Oder et de la
Neisse. Ces deux décisions eurent d’énormes conséquences
politiques, économiques, sociales et religieuses. Des
millions de personnes de nationalités diverses furent déplacées ou réinstallées.
À la fin des années 1970, le pays dut faire face à l’effondrement économique.
Dans toute la Pologne, des grèves
éclatèrent; et le mécontentement, qui s’accrut à l’époque, aboutit à la
formation d’un mouvement social et politique puissant. En 1980, se créa le
syndicat indépendant «Solidarność» [Solidarité], avec environ
dix millions de membres. Il était mené par Lech Wałęsa. Les transformations politiques
survenues en URSS (durant la «Perestroïka»), ainsi que l’avènement du puissant
syndicat et le mouvement d’indépendance de la Pologne, contribuèrent à
des transformations démocratiques au sein de l’Europe et conduisirent à la
souveraineté de la Pologne.
En 1989, le système politique se transforma en démocratie parlementaire, ce qui
s’accompagna du retour à une économie de marché. Les premières élections
parlementaires libres se tinrent, et de nouveaux partis politiques et organismes
non gouvernementaux virent le jour. En 1999, la Pologne rejoignit des
structures internationales destinées à la sécurité (l’OTAN) et aux échanges
économiques (OMC et OCDE). Depuis
2004, le pays est membre de l’Union européenne qu’il a présidée de juillet à
décembre 2011.
Situation religieuse
L’Église la plus importante de Pologne est l’Église catholique romaine dont fait
partie approximativement 95% de la population. Cette
Église a joué un grand rôle dans la préservation de l’identité nationale
polonaise et de son indépendance au cours des âges, plus particulièrement à
l’époque de la partition (1772-1918) et durant la période communiste
(1945-1989). Le fait qu’un pape polonais ait été élu en 1978 a eu une très grande
portée sur les transformations sociales et politiques. Jean-Paul II (qui mourut
en 2005) était connu dans le monde entier pour sa défense du respect des
religions, de la paix entre les peuples, de la dignité humaine et de la liberté.
La deuxième Église par ordre d’importance est l’Église orthodoxe polonaise
(approximativement 550000 fidèles). Ses origines sont étroitement liées aux
activités missionnaires des saints Cyrille et Méthode (IXe siècle).
L’Orthodoxie a été l’un des traits permanents de la structure religieuse du
pays. Depuis 1925, l’Église orthodoxe
polonaise a le statut d’Église autocéphale.
En 1596, du fait de l’Union de Brest, un certain nombre de prêtres et fidèles
orthodoxes a reconnu le Pape comme chef de l’Église et accepté les dogmes
catholiques, tout en gardant le rite byzantin. C’est ainsi qu’est née l’Église
gréco-catholique (Uniate) qui compte aujourd’hui approximativement 100000
fidèles.
L’Église évangélique luthérienne, composée d’environ 75000 fidèles, et l’Église
évangélique réformée (ou Calviniste), qui en compte environ 3500, trouvent leur
origine dans la Réforme du XVIe
siècle. L’Église évangélique méthodiste (composée d’environ 5000 fidèles) et
l’Union baptiste (environ 5000 fidèles) sont présentes en Pologne depuis le XIXe
siècle.
Il faut également citer deux Églises constituées au tournant des XIXe
et XXe siècles, et qui font partie des Églises
vieilles-catholiques: l’Église mariavite et l’Église polonaise-catholique.
L’Église vieille-catholique mariavite (environ 25000 fidèles) s’est séparée de
l’Église catholique romaine en 1906. L’Église polonaise-catholique est née en
Amérique, chez les Polonais expatriés. Elle dénombre approximativement 22000
fidèles et fait partie de l’Union d’Utrecht.
Il existe encore d’autres Églises protestantes actives en Pologne, comme
l’Église Pentecôtiste, l’Église adventiste du Septième Jour, l’Alliance des
Églises chrétiennes et l’Église des Chrétiens évangéliques. Certaines de ces
Églises sont affiliées à l’Alliance évangélique. La Pologne abrite également
des groupes religieux comme l’Union des Communautés religieuses juives, l’Union
religieuse Karaïte et l’Union religieuse musulmane.
La situation œcuménique
Au cours des siècles écoulés, la Pologne s’est considérablement diversifiée en
termes de confessions, fière d’une longue tradition de liberté, de tolérance
religieuse et de collaboration œcuménique. Le paysage religieux contemporain
résulte de nombreux événements historiques, particulièrement de la Seconde Guerre
mondiale, avec les modifications de frontières et les migrations massives de
populations qui l’ont accompagnée.
Les traditions historiques d’œcuménisme en Pologne remontent au XVIe
siècle. L’un de ses événements marquants fut l’accord de Sandomir, signé en 1570
par les luthériens, les calvinistes et les hussites. En 1777, les luthériens et
les calvinistes constituèrent une union; de 1828 à 1849, les deux confessions
eurent un consistoire commun.
La première instance interconfessionnelle de Pologne fut la branche polonaise de l’Alliance universelle pour l’amitié internationale, qui fut créée en 1923 par
l’intermédiaire des Églises. À l’origine, six Églises, appartenant aux
traditions luthérienne, réformée et unie, faisaient partie de la branche
polonaise qui servait à résoudre les sujets de désaccord entre elles et à
entreprendre des actions communes. Lorsque l’Église orthodoxe autocéphale
polonaise rejoignit l’Alliance, en 1930, il devint possible d’organiser une
rencontre historique de deux traditions chrétiennes séparées – la tradition
protestante et la tradition orthodoxe – à l’intérieur d’une même instance.
Au cours de la Seconde
guerre mondiale, vers la fin de l’année 1942, on constitua un Conseil œcuménique
provisoire. Celui-ci élabora la «Confession de foi des chrétiens polonais» (ou
Credo polonais), texte œcuménique formulant des principes dogmatiques considérés
comme bien commun à tous les membres.
En 1945, des représentants de cinq Églises protestantes – l’Église évangélique
luthérienne, l’Église évangélique réformée, l’Église évangélique méthodiste,
l’Union baptiste et l’Église chrétienne évangélique – constituèrent une mission
officielle commune, connue sous la dénomination de Conseil des Églises
protestantes de la
République de Pologne, dont le président était le Rév.
Konstanty Nadjer, surintendant général de l’Église méthodiste.
Le Conseil œcuménique de Pologne (COP) fut officiellement constitué à Varsovie,
le 15 novembre 1946. Des délégués
représentant douze confessions différentes y prirent part. Le Rév. Zygmunt
Michelis (1890-1977), de l’Église évangélique luthérienne, fut élu président du
COP.
Jusqu’à la fin des années 1960, les relations entre le Conseil œcuménique de
Pologne et l’Église catholique romaine avaient un caractère non officiel. De
nombreux catholiques, aussi bien membres du clergé que laïcs, prenaient
néanmoins part aux célébrations marquant la Semaine de prière pour
l’unité des chrétiens, qui étaient organisées par les Églises-membres du COP.
La première célébration œcuménique à s’être déroulée dans une église catholique,
qui eut lieu avant le Concile Vatican II et avec la participation d’invités
représentant d’autres confessions chrétiennes, se tint à l’église Saint-Martin
de Varsovie, le 10 janvier 1962. Cette année 2012 marque le 50e
anniversaire de l’événement en question.
Le Comité mixte du Conseil œcuménique de Pologne et du Comité épiscopal pour les
Relations œcuméniques a été inauguré en 1974. Il a permis que des contacts
officiels s’établissent entre l’Église catholique romaine et le COP. En 1977, le
Comité mixte a désigné un Sous-comité de dialogue, chargé des débats sur les
questions théologiques.
Vingt ans plus tard, en 1997, sur la base de la collaboration alors en vigueur,
a été constitué un Comité de Dialogue
de la Conférence
épiscopale polonaise et du Conseil œcuménique de Pologne. L’un des résultats
importants de la collaboration entre le COP et l’Église catholique romaine s’est
produit, en l’an 2000, avec la signature par les responsables de six Églises
membres du Conseil œcuménique polonais et par l’Église catholique romaine, du
document «Le sacrement de baptême, signe d’unité», où les signataires
déclaraient leur reconnaissance mutuelle de la validité du baptême.
Depuis l’an 2000, le Comité de dialogue étudie la question des mariages mixtes.
En 2009, il a présenté un projet de document œcuménique à ce sujet.
Un événement important, coordonné par la Société biblique de
Pologne, a été, en 2001, la publication d’une traduction œcuménique du Nouveau
Testament et des Psaumes. Onze Églises ont participé à ce travail de traduction.
La traduction œcuménique de l’Ancien Testament est actuellement en cours.
En cette année 2012, un livret pour la Semaine de prière pour
l’unité des chrétiens a été publié, pour la quinzième fois, après avoir été
préparé en commun par des représentants du COP et de l’Église catholique
romaine.
En 2009, est paru un ouvrage intitulé En route vers le Christ. Les Églises
chrétiennes de Pologne parlent d’elles. Dans
ce livre, les Églises affiliées au Conseil œcuménique polonais et l’Église
catholique romaine se présentent – et cela pour la première fois dans l’histoire
de Pologne d’après-guerre – dans une même publication.
Il est également important de noter que les papes Jean-Paul II et Benoît XVI ont
rencontré des représentants du clergé et des membres d’Églises affiliées au
Conseil œcuménique polonais lors des temps de prières œcuméniques de leurs
pèlerinages en Pologne.
Sept Églises appartiennent actuellement au Conseil œcuménique de Pologne:
l’Église orthodoxe autocéphale de Pologne, l’Église polonaise-catholique,
l’Église vieille-catholique mariavite, l’Église évangélique luthérienne,
l’Église évangélique réformée, l’Église évangélique méthodiste et l’Union
baptiste de Pologne. La Société
biblique de Pologne et l’Association caritative des Catholiques polonais ont le
statut de membres affiliés.
SEMAINE DE PRIÈRE
POUR L’UNITÉ DES CHRÉTIENS
Thèmes 1968-2012
C’est en 1968 que débuta officiellement la collaboration
entre la Commission Foi
et Constitution du COE
et le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens
pour la préparation de ces textes.
1968 :
Pour la louange de sa gloire (Ep 1, 14)
To the praise of his glory
1969 :
Appelés à la liberté (Ga 5, 13) Called to
freedom
(Réunion
préparatoire à Rome, Italie)
1970 :
Nous sommes les coopérateurs de Dieu (1 Co 3, 9) We are fellow workers for God
(Réunion préparatoire au Monastère de Niederaltaich, République Fédérale
d’Allemagne)
1971 :
... et la communion du Saint-Esprit (2 Co 13, 13) ... and the communion of the Holy Spirit
(Réunion préparatoire à Bari, Italie)
1972 :
Je vous donne un commandement nouveau (Jn 13, 34)
I give you a new commandment
(Réunion préparatoire à Genève, Suisse)
1973 :
Seigneur, apprends-nous à prier (Lc 11, 1) Lord, teach
us to pray
(Réunion
préparatoire à l’Abbaye de Montserrat, Espagne)
1974 :
Que tous confessent : Jésus Christ est Seigneur (Ph 2, 1-13) That every tongue confess: Jesus Christ is Lord
(Réunion préparatoire à Genève, Suisse)
(En avril 1974, une lettre fut adressée aux églises-membres ainsi qu’à d’autres
parties intéressées à la création de groupes locaux pouvant participer à la
préparation du livret de la Semaine de Prière. Un
groupe australien fut le premier à s’engager concrètement en préparant en 1975
le projet initial de livret pour
la Semaine de Prière.)
1975 :
La volonté du Père : tout réunir sous un seul Chef, le Christ
(Ep 1, 3-10)
God’s purpose: all things in Christ
(Projet de texte élaboré par un groupe australien - Réunion préparatoire à
Genève, Suisse)
1976 :
Appelés à devenir ce que nous sommes (1 Jn 3, 2)
We shall be like him or Called to become what we are
(Projet de texte élaboré par la Conférence des églises
des Caraïbes - Réunion préparatoire à Rome, Italie)
1977 :
L'espérance ne déçoit pas (Rm 5, 1-5) Enduring
together in hope
(Projet de texte élaboré au Liban, en pleine guerre civile. Réunion préparatoire
à Genève, Suisse)
1978 :
Vous n'êtes plus des étrangers (Ep 2, 13-22)
No longer strangers
(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique de Manchester,
Angleterre)
1979 :
Soyez au service les uns des autres pour la gloire de Dieu (1 P 4, 7.11)
Serve one another to the glory of God
(Projet de texte élaboré en Argentine - Réunion préparatoire à Genève,
Suisse)
1980 :
Que ton Règne vienne (Mt 6, 10)
Your kingdom
come
(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique de Berlin, République
Démocratique d’Allemagne - Réunion préparatoire à Milan, Italie)
1981 :
Un seul Esprit - des dons divers - Un seul corps (1 Co 12, 3b-13)
One Spirit - many gifts - one body
(Projet de texte élaboré par les Pères de Graymoor, USA - Réunion préparatoire à
Genève, Suisse)
1982 :
Que tous trouvent leur demeure en toi, Seigneur
(Ps 84)
May all find their home in you, O Lord
(Projet de texte élaboré au Kenya - Réunion préparatoire à Milan,
Italie.)
1983 :
Jésus Christ - Vie du monde (1 Jn 1, 1-4)
Jesus Christ - the Life of the World
(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique d’Irlande - Réunion
préparatoire à Céligny [Bossey], Suisse)
1984 :
Appelés à l'unité par la Croix
de notre Seigneur (1 Co 2, 2 et Col 1, 20)
Called to be one through the cross of our Lord
(Réunion préparatoire à Venise, Italie)
1985 :
De la mort à la Vie avec le Christ
(Ep 2, 4.7)
From death to life with Christ
(Projet de texte élaboré en Jamaïque - Réunion préparatoire à
Grandchamp, Suisse)
1986 :
Vous serez mes témoins (Ac 1, 6.8)
You shall be
my witnesses
(Textes proposés en Yougoslavie [Slovénie] - Réunion préparatoire en
Yougoslavie)
1987 :
Unis dans le Christ, une nouvelle création (2 Co
5, 17-6,4a)
United in Christ - a New Creation
(Projet de texte élaboré en Angleterre - Réunion préparatoire à Taizé,
France)
1988 :
L'Amour de Dieu bannit la crainte (1 Jn 4, 18)
The love of God casts out fear
(Projet de texte élaboré en Italie - Réunion préparatoire à Pinerolo,
Italie)
1989 :
Bâtir la communauté : un seul corps en Christ (Rm
12, 5-6a)
Building community: one body in Christ
(Projet de texte élaboré au Canada - Réunion préparatoire à Whaley Bridge,
Angleterre)
1990 :
Que tous soient un... afin que le monde croie (Jn
17)
That they all may be one... That the world may believe
(Projet de texte élaboré en Espagne - Réunion préparatoire à Madrid,
Espagne)
1991 :
Nations, louez toutes le Seigneur (Ps 117 et Rm
15, 5-13)
Praise the Lord, all you nations
(Projet de texte élaboré en Allemagne - Réunion préparatoire à Rotenburg an der
Fulda, République Fédérale d’Allemagne) 1992 :
Je suis avec vous... allez donc (Mt 28, 16-20)
I am with you always ... Go, therefore
(Projet de texte élaboré en Belgique - Réunion préparatoire à Bruges,
Belgique)
1993 :
Porter le fruit de l'Esprit pour l'unité des chrétiens
(Ga 5, 22-23)
Bearing the fruit of the Spirit for Christian unity
(Projet de texte élaboré au Zaïre - Réunion préparatoire près de Zurich,
Suisse)
1994 :
La maison de Dieu : appelés à n'avoir «qu'un cœur et qu’une âme»
(Ac 4, 32)
The household
of God: called to be one in heart and mind
(Projet de texte élaboré en Irlande - Réunion préparatoire à Dublin,
Irlande)
1995 : Koinônia
: communion en Dieu et entre nous
(Jn 15, 1-7)
Koinonia: communion in God and with one another
(Projet de texte élaboré par Foi et Constitution - Réunion préparatoire à
Bristol, Angleterre)
1996 :
Voici, je me tiens à la porte et je frappe (Ap 3,
14-22)
Behold, I stand at the door and knock
(Projet de texte élaboré au Portugal - Réunion préparatoire à Lisbonne,
Portugal)
1997 :
Au nom du Christ... laissez-vous réconcilier avec Dieu
(2 Co 5, 20)
We entreat you on behalf of Christ, be reconciled to God
(Projet de texte élaboré en Scandinavie - Réunion préparatoire à
Stockholm, Suède)
1998 :
L’Esprit aussi vient en aide à notre faiblesse
(Rm 8, 14-27)
The Spirit helps us in our weakness
(Projet de texte élaboré en France - Réunion préparatoire à Paris,
France)
1999 :
Ils seront ses peuples et lui sera le Dieu qui est avec eux (Ap 21,
3)
He will dwell with them as their God, they will be his peoples
(Projet de texte élaboré en Malaisie - Réunion préparatoire au Monastère de
Bose, Italie)
2000 :
Béni soit Dieu... qui nous a bénis en Christ (Ep 1, 3-14)
Blessed be God who has blessed us in Christ
(Projet de texte élaboré par le Conseil des Eglises
du Moyen-Orient - Réunion
préparatoire au Sanctuaire de La Verna, Italie)
2001 :
Je suis le chemin et la vérité et la vie (Jn 14,
1-6)
I am the Way, and the Truth, and the Life
(Projet de texte élaboré en Roumanie - Réunion préparatoire à
‘la Casa de Odihna’, Roumanie)
2002 :
Car chez toi est la fontaine de la vie (Ps 36 [35], 10)
For with you is the fountain of life (Ps 36: 5-9)
(Projet de texte élaboré par le Conseil des Conférences Épiscopales Européennes
(CCEE) et la Conférence des Eglises
Européennes (CEC) - Réunion préparatoire au Centre œcuménique d’Ottmaring,
Augsbourg, République Fédérale d’Allemagne)
2003 : Ce trésor, nous le portons dans des vases d’argile
(2 Co 4, 7)
We have this treasure in clay jars
(Projet de texte élaboré en Argentine - Réunion préparatoire au Centre
œcuménique ‘Los Rubios’, Málaga [Espagne])
2004 :
Je vous donne ma paix (Jn 14, 27)
My peace I give to you
(Projet de texte élaboré à Alep, Syrie - Réunion préparatoire à
Palerme, Sicile, Italie)
2005 :
Le Christ, unique fondement de l’Eglise (1
Co 3, 1-23)
Christ, the one foundation of the church
(Projet de texte élaboré en Slovaquie - Réunion préparatoire à Piestaňy,
Slovaquie)
2006
:
Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu
d’eux
(Mt 18, 20)
Where two or three are gathered in my name, there I am among them
(Projet de texte élaboré en Irlande - Réunion préparatoire à Prosperous,
County Kildare,
Irlande)
2007 :
Il fait entendre les sourds et parler les muets (Mc 7, 37)
He even makes the deaf to hear and the mute to speak
(Projet de texte élaboré en Afrique du Sud - Réunion préparatoire au
Château de Faverges, Haute-Savoie, France)
2008 :
Priez sans cesse (1
Th 5,17)
Pray without ceasing (Projet de
texte élaboré aux USA - Réunion préparatoire à Graymoor,
Garrison, USA)
2009 :
Ils seront unis dans ta main (Ez 37, 17)
That they may become one in your hand (Ez 37:17)
(Projet de texte élaboré en Corée - Réunion préparatoire à Marseille,
France)
2010 :
De tout cela, c’est vous qui êtes les témoins (Lc 24, 48)
You are witnesses of these things (Lk 24:48)
(Projet de texte élaboré en Ecosse – Réunion préparatoire à Glasgow,
Ecosse)
2011 : Unis dans l’enseignement des apôtres, la communion fraternelle, la
fraction du pain et la prière (cf. Ac 2,42)
One in the apostles' teaching, fellowship, breaking of bread and prayer
(Projet de
texte élaboré à Jérusalem – Réunion préparatoire à
Saydnaya, Syrie)
2012 :
Tous, nous serons transformés par la Victoire de notre Seigneur
Jésus Christ (cf. 1 Co 15,51-58)
We will all
be changed by the Victory of our Lord Jesus Christ
(Projet de
texte élaboré en Pologne – Réunion préparatoire à Varsovie,
Pologne)
Quelques dates importantes
dans l’histoire de la
Semaine
de prière pour l’unité
des chrétiens
1740 env. : En Ecosse, naissance d'un mouvement pentecôtiste avec des liens en Amérique du
Nord, dont le message pour le renouveau de la foi appelle à prier pour toutes les
Eglises et avec elles.
1820 : Le Révérend James Haldane Stewart publie : Conseils pour l'union générale des
chrétiens, en vue d'une effusion de l'Esprit (Hints for the outpouring of
the Spirit).
1840 : Le Révérend Ignatius Spencer, un converti au catholicisme romain, suggère une
‘Union de prière pour l'unité’.
1867 : La première assemblée des évêques anglicans à Lambeth insiste sur la prière pour
l'unité, dans l'introduction à ses résolutions.
1894 : Le Pape Léon XIII encourage la pratique de l'Octave de la Prière pour l'unité dans le contexte de la Pentecôte.
1908 : Célébration de «l'Octave pour l'unité de l’Eglise» à l'initiative du Révérend
Père Paul Wattson.
1926 : Le Mouvement «Foi et Constitution» commence la publication de ‘Suggestions
pour une Octave de prière pour l'unité des chrétiens’.
1935 : En France, l'abbé Paul Couturier se fait l'avocat de la «Semaine universelle de
prière pour l'unité des chrétiens sur la base d'une prière conçue pour l'unité
que veut le Christ, par les moyens qu'Il veut».
1958 : Le Centre «Unité chrétienne» de Lyon (France) commence à préparer le thème
pour la Semaine
de prière en collaboration avec la Commission «Foi et Constitution» du Conseil
œcuménique des Eglises.
1964 : A Jérusalem, le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras Ier
récitent ensemble la prière du Christ «que tous soient un» (Jn 17).
1964 : Le Décret sur l’œcuménisme du Concile Vatican II souligne que la prière est
l'âme du mouvement œcuménique, et encourage la pratique de la Semaine de Prière.
1966 : La Commission«Foi et Constitution» et le Secrétariat pour l'unité des chrétiens
(aujourd’hui Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens) de
l'Eglise catholique décident de préparer ensemble le texte pour la Semaine de Prière de chaque
année.
1968 : Pour la première fois, la Semaine de prière est
célébrée sur la base des textes élaborés en collaboration par «Foi et
Constitution» et le Secrétariat pour l'unité des chrétiens (aujourd’hui Conseil
pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens).
1975 : Première célébration de la Semaine de prière à partir
de textes préparés sur la base d’un projet proposé par un groupe œcuménique
local. Ce nouveau mode d’élaboration des textes est inauguré par un groupe
œcuménique d’Australie.
1988 : Les textes de la Semaine de prière sont
utilisés pour la célébration inaugurale de la Fédération chrétienne de
Malaisie rassemblant les principaux groupes chrétiens de ce pays.
1994 : Le groupe international ayant préparé les textes pour 1996 comptait entre autre
des représentants de la YMCA et de la YWCA.
2004 : Accord entre Foi et Constitution (Conseil œcuménique des
Eglises) et le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens
(Eglise catholique) pour que le livret de la Semaine de prière pour
l’unité des chrétiens soit officiellement conjointement publié et présenté sous
un même format.
2008 : Célébration du centenaire de la Semaine de prière pour
l’unité des chrétiens (l’Octave pour l’unité de l’Eglise, son prédécesseur, fut
célébrée pour la première fois en 1908).
Traduction de l’original anglais,
Conférence des Évêques de France
Marie-Cécile Dassonneville
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