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CONSEIL PONTIFICAL POUR LA PROMOTION DE L'UNITÉ DES CHRÉTIENS

IMPORTANT

Ce texte, dont la traduction française de l’anglais a été assurée par le Service national pour l’unité des chrétiens de la Conférence des Evêques de France, est la version française du matériel pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2012. Il a été élaboré en vue de sa diffusion internationale par le groupe mixte formé par le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et la Commission Foi & Constitution du Conseil œcuménique des Eglises. Les Commissions œcuméniques des Conférences épiscopales et des Synodes des Eglises orientales catholiques sont invitées à l’adapter, si elles le jugent nécessaire, en tenant compte des situations œcuméniques locales et des différentes traditions liturgiques.

Pour vous procurer la version locale adaptée, veuillez contacter la Commission œcuménique de la Conférence épiscopale ou du Synode de votre pays de résidence.

Textes pour
la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens
et pour toute l’année 2012

Tous, nous serons transformés
par la victoire
de Notre Seigneur Jésus Christ

(cf. 1 Co 15, 51-58)

Conjointement préparés et publiés par
le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens
la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises

IN MEMORIAM

Mgr Eleuterio Francesco Fortino

Lors de la rencontre du Comité international qui se tenait à Varsovie (Pologne), en septembre 2010, nous avons appris le décès de Mgr Eleuterio Francesco Fortino, Sous-Secrétaire du Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens qui, en tant que membre de la Commission internationale, avait été pendant longtemps au service de la préparation de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Sa passion et son dévouement pour la cause de l’unité chrétienne, et en particulier pour la promotion de la prière pour l’unité des chrétiens, faisaient partie des nombreuses qualités dont il était doté et qu’il partageait volontiers avec les autres membres de la Commission. Le texte de cette année est dédié à sa mémoire. En priant avec ces textes, puissions-nous hâter la pleine réalisation de la prière du Christ : « Qu’ils soient un… afin que le monde croie » !

Citations scripturaires :
Les citations bibliques en version française reproduites dans ces pages sont empruntées à la Nouvelle Traduction œcuménique de la Bible (TOB), © Bibli’O – Société biblique, française et Éditions du Cerf, 2010. Tous droits réservés

A tous ceux qui organisent
la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

Rechercher l'unité durant toute l'année

Traditionnellement, la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens est célébrée du 18 au 25 janvier. Ces dates furent proposées en 1908 par Paul Wattson de manière à couvrir la période entre la fête de saint Pierre et celle de saint Paul. Ce choix a donc une signification symbolique. Dans l'hémisphère Sud, où le mois de janvier est une période de vacances d'été, on préfère adopter une autre date, par exemple aux environs de la Pentecôte (ce qui fut suggéré par le mouvement Foi et Constitution en 1926) qui représente aussi une autre date symbolique pour l’unité de l’Eglise.

En gardant cette flexibilité à l’esprit, nous vous encourageons à considérer ces textes comme une invitation à trouver d'autres occasions, au cours de l'année, pour exprimer le degré de communion que les Eglises ont déjà atteint et pour prier ensemble en vue de parvenir à la pleine unité voulue par le Christ.

Adapter les textes

Ces textes sont proposés étant bien entendu que, chaque fois que cela sera possible, on essayera de les adapter aux réalités des différents lieux et pays. Ce faisant, on devra tenir compte des pratiques liturgiques et dévotionnelles locales ainsi que du contexte socio-culturel. Une telle adaptation devrait normalement être le fruit d’une collaboration œcuménique. Dans plusieurs pays, des structures œcuméniques sont déjà en place et elles permettent ce genre de collaboration. Nous espérons que la nécessité d'adapter la Semaine de prière à la réalité locale puisse encourager la création de ces mêmes structures là où elles n'existent pas encore.

Utiliser les textes de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens

  • Pour les Eglises et les Communautés chrétiennes qui célèbrent ensemble la Semaine de prière au cours d'une seule cérémonie, ce livret propose un modèle de Célébration œcuménique de la Parole de Dieu.

  • Les Eglises et Communautés chrétiennes peuvent également se servir pour leurs célébrations des prières ou des autres textes de la Célébration œcuménique de la Parole de Dieu, des textes proposés pour les Huit Jours et du choix de prières en appendice de cette brochure.

  • Les Eglises et Communautés chrétiennes qui célèbrent la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens chaque jour de la semaine, peuvent trouver des suggestions dans les textes proposés pour les Huit Jours.

  • Les personnes désirant entreprendre des études bibliques sur le thème de la Semaine de prière peuvent également se baser sur les textes et les réflexions bibliques proposés pour les Huit Jours. Les commentaires de chaque jour peuvent se conclure par une prière d'intercession.

  • Pour les personnes qui souhaitent prier en privé, les textes contenus dans cette brochure peuvent alimenter leurs prières et leur rappeler aussi qu'elles sont en communion avec tous ceux qui prient à travers le monde pour une plus grande unité visible de l'Eglise du Christ.


Texte biblique

1 Corinthiens 15,51-58

Je vais vous faire connaître un mystère. Nous ne mourrons pas tous, mais tous, nous serons transformés, en un instant, en un clin d’œil, au son de la trompette finale. Car la trompette sonnera, les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons transformés. Il faut en effet que cet être corruptible revête l’incorruptibilité, et que cet être mortel revête l’immortalité.
Quand donc cet être corruptible aura revêtu l’incorruptibilité et que cet être mortel aura revêtu l’immortalité, alors se réalisera la parole de l’Écriture : « La mort a été engloutie dans la victoire ». Mort, où est ta victoire ? Mort, où est ton aiguillon ? L’aiguillon de la mort, c’est le péché, et la puissance du péché, c’est la loi.
Rendons grâce à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ. Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, faites sans cesse des progrès dans l’œuvre du Seigneur, sachant que votre peine n’est pas vaine dans le Seigneur.

Traduction œcuménique de la Bible (TOB)


Introduction au thème de l’année 2012

Tous, nous serons transformés par la Victoire de notre Seigneur Jésus Christ.
(cf. 1 Co 15,51-58)

Les propositions pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens de 2012 ont été préparées par un groupe de travail composé de représentants de l’Église catholique romaine, de l’Église orthodoxe et des Églises vieilles-catholiques et protestantes, présentes en Pologne.

Après de longs échanges, auxquels ont pris part les représentants de divers groupes œcuméniques de Pologne, il a été décidé de se concentrer sur un thème qui touche à la puissance transformatrice de la foi au Christ, thème très en rapport avec notre prière pour l’unité visible de l’Église, Corps du Christ. Ceci se fondait sur l’enseignement de saint Paul à l’Église de Corinthe, qui parle du caractère temporaire de notre vie actuelle (avec toute sa dimension apparente de « victoire » et de « défaite »), en comparaison du don qui nous est fait par la victoire du Christ dans le mystère pascal.

Pourquoi un thème de ce genre ?

L’histoire de la Pologne a été marquée par une série de défaites et de victoires. On peut citer le nombre d’invasions qu’elle a subies, ses partitions, l’oppression qu’elle a connue de la part de puissances étrangères et de systèmes hostiles. Le combat permanent pour vaincre tout asservissement et le désir de liberté sont des caractéristiques de l’histoire polonaise qui ont conduit à des transformations significatives dans la vie de la nation. Et cependant, toute victoire suppose des perdants qui ne partagent ni la joie ni le triomphe des vainqueurs.

Cette histoire propre à la nation polonaise a conduit le groupe œcuménique rédacteur des propositions de cette année à réfléchir plus profondément sur ce que signifient « gagner » et « perdre », en tenant compte notamment du fait que le langage de la « victoire » est souvent perçu en termes triomphalistes. Le Christ nous le présente pourtant tout autrement !

En 2012, le championnat d’Europe de football se déroulera en Pologne et en Ukraine – ce qui n’aurait jamais été possible par le passé. Pour beaucoup de gens, c’est le signe d’une nouvelle « victoire nationale », puisque des centaines de millions de supporters attendent impatiemment de connaître les équipes gagnantes qui s’affronteront dans cette partie de l’Europe. Cet exemple peut nous amener à réfléchir à la difficulté de ceux qui ne connaissent pas la victoire – et cela pas seulement dans le domaine du sport mais dans leur vie personnelle et communautaire : qui se souviendra des perdants, de ceux qui subissent constamment des défaites parce que la victoire leur est refusée, en fonction de conditions et circonstances diverses? La rivalité n’est pas qu’une caractéristique permanente du sport mais aussi de la politique, des affaires, du monde culturel et même ecclésial.

Le fait que les disciples de Jésus se soient querellés pour savoir « qui était le plus grand » (Mc 9,34), a bien montré la force de cette impulsion. Mais la réaction de Jésus a été très simple : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc 9,35). La victoire dont il est question ici se réalise dans le service mutuel, l’entraide, le soutien pour que s’estiment personnellement ceux qui sont « les derniers », les oubliés, les exclus. Pour tous les chrétiens, l’expression la plus parfaite de cet humble service, c’est Jésus Christ, dans sa victoire sur la mort et sa résurrection. C’est dans sa vie, son action, son enseignement, sa souffrance, sa mort et sa résurrection que nous cherchons comment mener, aujourd’hui, une vie de foi victorieuse qui se traduise dans un engagement social vécu en esprit d’humilité, de service et de fidélité à l’Évangile. Et, alors qu’il allait connaître la souffrance et la mort désormais proches, Jésus priait pour que ses disciples soient un afin que le monde croie. Cette « victoire » n’est possible que par une transformation spirituelle, une conversion. Il nous semble par conséquent que nos méditations devraient porter sur ces mots de l’Apôtre des Nations. Le but est de parvenir à une victoire dont tous les chrétiens soient rendus participants à travers le service de Dieu et du prochain.

C’est dans la prière et l’effort pour la pleine unité visible de l’Église que nous-mêmes – et les traditions auxquelles nous appartenons – seront changés, transformés et rendus semblables au Christ. L’unité pour laquelle nous prions requiert peut-être le renouveau de certaines formes de vie ecclésiale dont nous sommes familiers. C’est enthousiasmant mais cela peut aussi nous faire terriblement peur ! Nous ne prions pas pour une unité qui ne serait qu’affaire d’amitié et de collaboration « confortables ». C’est une unité qui requiert la volonté de renoncer à toute concurrence entre nous. Il nous faut nous ouvrir les uns aux autres, nous faire des dons et accepter d’en recevoir en échange, afin de pouvoir entrer véritablement dans la vie nouvelle proposée dans le Christ, qui est la seule vraie victoire.

Il y a place pour chacun dans le plan divin du salut. Par sa mort et sa résurrection, le Christ embrasse tout, sans qu’il soit question de gains ou de pertes, « afin que quiconque croit ait, en lui, la vie éternelle » (Jn 3,15). Nous aussi pouvons avoir part à sa victoire ! Croyons simplement en lui, et il nous sera plus facile de vaincre le mal par le bien.

Huit jours de réflexion sur notre transformation dans le Christ

Au cours de la Semaine de prière 2012, nous sommes invités à croire toujours plus profondément que tous, nous serons transformés par la victoire de notre Seigneur Jésus Christ. L’ensemble des lectures bibliques, des commentaires, des prières et des questions proposés à notre réflexion, explore différents aspects de ce que cela signifie pour la vie des chrétiens et pour leur unité, dans et pour le monde d’aujourd’hui. Nous commençons par contempler le Christ serviteur, et notre cheminement se poursuit jusqu’à la dernière célébration, celle du règne du Christ, en passant par sa croix et sa résurrection.

Premier jour : Transformés par le Christ Serviteur
Le Fils de l’homme est venu pour servir (cf. Mc 10,45)
Aujourd’hui, nous rencontrons Jésus qui s’avance vers la victoire en passant par le service. Nous le voyons comme « celui qui est venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc 10,45). Par conséquent, l’Église de Jésus Christ est une communauté de service. La mise en œuvre de nos compétences différentes dans un service commun rendu ensemble à l’humanité rend visible notre unité en Christ.

Deuxième jour : Transformés dans l’attente patiente du Seigneur
Laisse faire maintenant. C’est ainsi qu’il nous convient
d’accomplir toute justice
(Mt 3,15)
Notre attention se porte aujourd’hui sur l’attente patiente du Seigneur. Pour réussir n’importe quel changement, il faut persévérer et faire preuve de patience. Prier Dieu pour parvenir à une transformation, quelle qu’elle soit, c’est aussi un acte de foi et de confiance en ses promesses. Cette attente du Seigneur est fondamentale pour tous ceux qui prient cette semaine pour l’unité visible de l’Église. Toutes les activités œcuméniques demandent du temps, de l’attention mutuelle et une action commune. Nous sommes tous appelés à collaborer à l’œuvre de l’Esprit qui unit les chrétiens.

Troisième jour : Transformés par le Serviteur Souffrant
Le Christ a souffert pour nous (cf. 1 P 2,21)
En ce jour, nous sommes invités à réfléchir à la souffrance du Christ. À la suite du Christ Serviteur Souffrant, les chrétiens sont appelés à la solidarité avec tous ceux qui souffrent. Plus nous nous approchons de la croix du Christ, plus nous nous rapprochons les uns des autres.

Quatrième jour : Transformés par la victoire du Seigneur sur le mal
Sois vainqueur du mal par le bien (Rm 12,21)
Cette journée nous entraîne plus loin dans le combat contre le mal. La victoire du Christ est un dépassement de tout ce qui porte atteinte à la création de Dieu, et qui nous tient à distance les uns des autres. En Jésus, nous sommes appelés à partager cette vie nouvelle, en luttant avec lui contre ce qui est mauvais en notre monde, et en mettant une confiance renouvelée et notre joie profonde dans ce qui est bon. Tant que nous sommes divisés, nous ne pouvons pas avoir suffisamment de force pour vaincre le mal de notre temps.

Cinquième jour : Transformés par la paix du Seigneur ressuscité
Jésus se tint au milieu d’eux et il leur dit :
la paix soit avec vous ! (Jn 20,19)
Nous célébrons aujourd’hui la paix du Seigneur ressuscité. Le Ressuscité est le grand vainqueur de la mort et du monde des ténèbres. Il rassemble ses disciples qui étaient paralysés par la peur. Il nous ouvre de nouvelles perspectives de vie et d’action en faveur de Son royaume qui vient. Le Seigneur ressuscité unit et fortifie tous les croyants. La paix et l’unité sont les signes de notre transformation par sa résurrection.

Sixième jour : Transformés par l’amour inébranlable de Dieu
Et la victoire, c’est notre foi (cf. 1 Jn 5,4)
Notre attention se concentre, en ce jour, sur l’amour inébranlable de Dieu. Le mystère pascal révèle cet amour indéfectible, et nous appelle à un chemin de foi nouveau. Cette foi triomphe de la crainte et ouvre nos cœurs à la puissance de l’Esprit. Elle nous invite à l’amitié avec le Christ, et donc les uns avec les autres.

Septième jour : Transformés par le Bon Pasteur
Pais mes brebis (Jn 21,17)
Les textes bibliques d’aujourd’hui nous montrent le Seigneur fortifiant son troupeau. Nous sommes appelés, à la suite du Bon Pasteur, à nous affermir les uns les autres dans le Seigneur, à soutenir et à fortifier les faibles et les égarés. Il n’y a qu’un seul Pasteur, et nous sommes son peuple.

Huitième jour : Unis dans le Règne du Christ
Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi
sur mon trône
(Ap 3,21)
En cette dernière journée de notre Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nous célébrons le Règne du Christ. La victoire du Christ nous rend capables d’envisager l’avenir dans l’espérance. Cette victoire triomphe de tout ce qui nous empêche de partager la plénitude de la vie avec lui et les uns avec les autres. Les chrétiens savent que leur unité est avant tout un don de Dieu. Elle fait partie de la victoire glorieuse du Christ sur tout ce qui divise.

Préparation de la Semaine de prière
pour l’unité des chrétiens 2012

Le premier projet de propositions pour cette semaine de prière a été préparé de février à juin 2010, par un groupe de représentants réunis à l’invitation de la Commission de Dialogue de la Conférence des Évêques de Pologne et du Conseil œcuménique de Pologne. Nous voudrions remercier ceux qui y ont apporté leur concours, et notamment :

Edward Puślecki (Surintendant général de l’Église méthodiste unie de Pologne, Varsovie)
Mgr Krzysztof Nitkiewicz (Église catholique romaine, évêque de Sandomierz)
Mme Monika Waluś (Église catholique romaine, Józefów)
Mme Kalina Wojciechowska (Église évangélique luthérienne, Varsovie)
Rév. Andrzej Gontarek (Église catholique polonaise, Lublin)
Rév. Ireneusz Lukas (Église évangélique luthérienne, Varsovie)
Rév. Henryk Paprocki (Église orthodoxe autocéphale polonaise, Varsovie)
Rév. Sławomir Pawłowski SAC (Église catholique romaine, Lublin)

Les textes proposés ici ont été adoptés lors de la réunion du Comité international nommé par la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises et le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Le groupe s’est réuni en septembre 2010 au Secrétariat de la Conférence des Évêques catholiques (Sekretariat Konferencji Episkopatu Polski), à Varsovie, et remercie la Conférence et son Président de leur généreux accueil pour cette rencontre. Le Comité exprime également sa reconnaissance à Mgr Jeremiasz, Président du Conseil œcuménique de Pologne, et à Mgr Tadeusz Pikus, Président du Conseil pour l’œcuménisme de la Conférence des Évêques de Pologne, qui ont constitué le groupe de travail local, en Pologne ; aux coordinateurs du groupe de travail, le Rév. Ireneusz Lukas (de l’Église évangélique luthérienne), et le Rév. Sławomir Pawłowski (de l’Église catholique romaine), ainsi qu’à tous ceux qui ont apporté leur aide au travail du Comité International.

Célébration œcuménique
Tous, nous serons transformés par la Victoire de notre Seigneur Jésus Christ.
(cf. 1 Co 15,51-58)

Introduction à la célébration

La célébration œcuménique pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2012 nous vient de Pologne où un groupe œcuménique a rédigé une liturgie à partir de l’expérience des chrétiens polonais qui ont connu aussi bien des périodes de joie que des moments d’adversité. L’histoire de la Pologne a été marquée par une série de défaites, de victoires, d’invasions, de partitions et d’oppression par des puissances étrangères et des forces hostiles. Le combat permanent pour venir à bout de toute forme d’asservissement et le désir de liberté constituent un trait particulier de l’histoire polonaise.
La célébration a pour thème 1 Corinthiens 15, 51-58, où il est question de la puissance transformatrice de la foi au Christ, celle-ci étant mise spécialement en rapport avec notre prière pour l’unité visible de l’Église, Corps du Christ. C’est en priant et en œuvrant pour la pleine unité visible de l’Église que nous serons nous-mêmes – ainsi que les traditions auxquelles nous appartenons – changés, transformés et rendus semblables au Christ. C’est une perspective enthousiasmante mais cela peut cependant nous remplir de crainte ! L’unité pour laquelle nous prions requiert peut-être le renouveau de certaines formes de vie ecclésiale dont nous sommes familiers. Cette unité va au-delà du « confort » d’une relation d’amitié et de collaboration. Elle requiert de notre part la volonté de renoncer à nous concurrencer mutuellement. Il faut que nous nous ouvrions les uns aux autres, nous fassions des dons et acceptions d’en recevoir en échange, afin de pouvoir entrer vraiment dans la vie nouvelle du Christ, qui est la seule vraie victoire.

Déroulement de la célébration

A. Ouverture
Selon l’habitude locale il peut y avoir un hymne d’entrée, suivi d’une prière d’ouverture et d’un acte pénitentiel.

B. La Parole de Dieu
Il y a trois lectures bibliques. La lecture de 1 Corinthiens 15 est fondamentale, compte tenu du thème. Ce moment est suivi d’un sermon/homélie, ou d’un autre type de commentaire des lectures. Une profession de foi (de type Credo) peut suivre.

C. Prière pour l’unité et la transformation
Les intentions de la prière d’intercession sont orientées sur l’unité et la transformation de situations diverses. Ces prières sont suivies du « signe de paix».

Signe de paix et partage de l’opłatek

En Pologne, on a l’habitude de partager un morceau de pain azyme d’un genre particulier, l’« opłatek » (pluriel : « opłatki »), à la maison avant le dîner de la veillée de Noël, à l’église pendant le temps de Noël, et même au travail. Cette coutume est si chère aux Polonais – qu’ils résident en Pologne ou à l’étranger – qu’elle est pratiquée aussi bien par les membres des diverses confessions chrétiennes que par les non-croyants. Chacun reçoit un « opłatek ». On le partage ensuite en cassant un morceau de celui que tient quelqu’un d’autre et en le mangeant. Et, tout en le faisant, on échange des vœux. Ce partage de l’« opłatek » exprime l’unité, l’amour et le pardon entre ceux que le Sauveur est venu visiter. Bien que ce ne soit pas l’Eucharistie, cela y ressemble tout de même et symbolise la présence de Celui qui est né dans une Maison du Pain (à Bethléem) et qui s’est fait le Pain de la Vie.
Si l’on ne dispose ni d’opłatek ni de pain azyme, on peut prendre du pain ordinaire.
Cet échange du « signe de la paix » peut se faire selon la coutume locale, si cela semble préférable.

D. Conclusion
Elle comprend une Prière d’engagement, basée sur les thèmes respectifs des huit jours. La célébration s’achève par une bénédiction qui peut être donnée selon l’habitude locale.

Déroulement de la célébration

P : Président de la célébration
L : Lecteur
A : Assemblée

A. Ouverture

Hymne d’entrée ou prélude
Pendant ce temps, les membres du clergé et les personnes qui interviennent pendant la célébration peuvent entrer en procession.

Salutations
P : Que la grâce de Notre Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient toujours avec vous.
A : Et avec votre esprit.

Introduction
Après les salutations ou la présentation des personnes en présence, il peut y avoir une brève introduction permettant d’entrer dans le thème. Le président de célébration peut dire, par exemple :
P : Je vais vous faire connaître un mystère. Nous ne mourrons pas tous, mais tous, nous serons transformés.
A : Rendons grâce à Dieu qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ.
P : Dans le Christ, Dieu est Vainqueur. La victoire passe par l’effort et le combat. En priant et en luttant pour la pleine unité de l’Église, nous serons nous-mêmes – ainsi que les traditions auxquelles nous appartenons –changés, transformés et rendus semblables au Christ. Les chrétiens veulent faire cet effort ensemble, sans triomphalisme, dans l’humilité, en servant Dieu et leur prochain à l’exemple de Jésus Christ. Puisque nous travaillons à l’unité, c’est l’attitude que nous voulons demander à Dieu ensemble.

Prière d’ouverture
P : Dieu Tout-Puissant,
En Jésus, tu nous dis que celui qui veut être le premier doit se faire le dernier et le serviteur de tous.
Nous nous mettons en ta présence,
en sachant bien que c’est à travers l’impuissance de la croix que tu remportes ta victoire.
Nous te prions pour que ton Église soit une.
Apprends-nous à accepter humblement que cette unité soit un don de ton Esprit ;
Par ce don, change-nous et transforme-nous
et rends-nous plus semblables à ton Fils Jésus Christ.
A : Amen.

Prière pénitentielle

P : Dieu tout-puissant, malgré l’unité qui nous est donnée dans le Christ, nous persistons dans notre désunion. Prends pitié de nous !
A : Prends pitié de nous ! (ou chant du « Kyrie Eleison »)
P : Nous endurcissons nos cœurs quand nous entendons l’Évangile. Prends pitié de nous !
A : Prends pitié de nous !
P : Nous ne te servons pas en nos frères et sœurs. Prends pitié de nous !
A : Prends pitié de nous !
P : La désobéissance d’Adam et d’Ève nous a apporté la souffrance et la mort, et la création s’en est trouvée blessée et déchirée. Prends pitié de nous !
A : Prends pitié de nous !
(On garde un temps de silence)
P : Que Dieu tout puissant nous fasse miséricorde, qu’il nous pardonne nos péchés et nous conduise à la vie éternelle.
A : Amen.

B. La Parole de Dieu

Lectures bibliques : Habaquq 3,17-19 ; 1 Corinthiens 15,51-58 ; Jean 12,23-26
Hymne/Cantique
Homélie
Temps de silence ou de musique instrumentale.
Confession de foi
Récitation du Credo (par exemple, le Symbole des Apôtres ou celui de Nicée-Constantinople).
Hymne/Cantique
Pendant ce temps, on apporte les « opłatki » et on les place sur une table centrale.

C. Prières pour l’unité et la transformation


P : Unis dans le Christ qui nous donne la victoire, prions le Seigneur : Pour l’Église, Corps du Christ : afin que nous vivions vraiment de cette unité que nous recevons de l’Esprit Saint. Ô Dieu, notre force :
A : Transforme-nous par ta grâce.
P : Pour les responsables de nos Églises : qu’ils soient fidèles à l’unité à laquelle sont appelés tous les chrétiens. Ô Dieu, notre force :
A : Transforme-nous par ta grâce.
P : Pour toutes les nations du monde : qu’elles vivent en paix les unes avec les autres et qu’elles promeuvent la justice pour tous. Ô Dieu, notre force
A : Transforme-nous par ta grâce.
P : Pour tous les êtres humains : afin que nous soyons de bons intendants de la terre. Ô Dieu, notre force :
A :Transforme-nous par ta grâce.
P : Pour tous nos concitoyens: afin que nous soyons transformés et que nous sachions prendre soin les uns des autres. Ô Dieu, notre force :
A : Transforme-nous par ta grâce.
P : Pour les malades et ceux qui souffrent, qu’ils soient transformés par ta présence qui guérit. Ô Dieu, notre force :
A : Transforme-nous par ta grâce.
P : Pour toutes les familles et tous les foyers, que leurs combats et leurs joies trouvent leur plénitude en ton amour. Ô Dieu, notre force :
A : Transforme-nous par ta grâce.
P : Pour les mourants, qu’ils soient réconfortés par ta présence. Ô Dieu, notre force :
A : Transforme-nous par ta grâce.
P : Seigneur, tiens-toi au milieu de nous et accorde-nous l’unité et la paix.
A : Amen.

La Prière du Seigneur
P : Lorsque les disciples demandèrent à Jésus : « Apprends-nous à prier », il leur répondit : « Quand vous priez, dites :
A : Notre Père… » (on peut le chanter)

Signe de paix et partage de l’opłatek

En Pologne, on a l’habitude de partager un morceau de pain azyme d’un genre particulier, l’« opłatek », chez soi et dans les églises, à Noël. Chacun reçoit l’« opłatek». On le partage ensuite en cassant un morceau de celui que tient quelqu’un d’autre et en le mangeant. Et tout en faisant cela, on échange des vœux. Ce partage de l’« opłatek » exprime l’unité, l’amour et le pardon. Nous vous invitons à faire le même geste en signe de paix et d’unité.
P : La paix du Seigneur soit toujours avec vous.
A : Et avec votre esprit.
P : Échangeons un signe de paix.

D. Conclusion

Hymne (une quête peut être faite pendant que l’on chante)
Prière d’engagement
P : Nous nous rappelons ce que l’Apôtre Paul écrit dans sa Première épître aux Corinthiens (1 Co 15,57-58) :
Rendons grâce à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ. Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, faites sans cesse des progrès dans l’œuvre du Seigneur, sachant que votre peine n’est pas vaine dans le Seigneur.
Loué soit le Seigneur, qui nous conduit à l’unité ! Père, nous consacrons cette semaine à prier pour l’approfondissement de notre unité dans le Christ. Il a vaincu la mort, et nous a appelés à une vie nouvelle dans l’Esprit. Et nous te prions :
P : Transformés par le Christ Serviteur –
A : Envoie-nous, et ensemble nous cheminerons !
P : Transformés par l’attente patiente du Seigneur –
A : Envoie-nous, et ensemble nous cheminerons !
P : Transformés par le Serviteur Souffrant –
A : Envoie-nous, et ensemble nous cheminerons !
P : Transformés par la victoire du Seigneur sur le mal –
A : Envoie-nous, et ensemble nous cheminerons !
P : Transformés par la paix du Seigneur Ressuscité –
A : Envoie-nous, et ensemble nous cheminerons !
P : Transformés par l’amour inébranlable de Dieu –
A : Envoie-nous, et ensemble nous cheminerons !
P : Transformés par le Bon Pasteur –
A : Envoie-nous, et ensemble nous cheminerons !
P : Unis dans le règne du Christ
A : Envoie-nous, et ensemble nous cheminerons !
Bénédiction et envoi
La bénédiction peut être donnée par les responsables des diverses Églises, selon la formule suivante ou une autre.
P : Le Seigneur soit avec vous.
A : Et avec votre esprit.
P : Que le Seigneur vous bénisse et vous garde.
Que le Seigneur fasse rayonner sur vous son visage et vous accorde sa grâce.
Que le Seigneur porte sur vous son regard et vous donne la paix.
A : Amen.
Ou bien
P : Que Dieu Tout-Puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
A: Amen.
P : Allez dans la paix du Christ !
A : Nous rendons grâce à Dieu !
Hymne de clôture ou postlude

Textes bibliques, méditations
et prières pour les « Huit jours »

Premier jour

Thème : Transformés par le Christ Serviteur

Texte : Le Fils de l’homme est venu pour servir (cf. Mc 10,45)

Lectures :
Za 9,9-10 : Un roi juste, victorieux – et humble
Ps 131 : Mon cœur est sans prétentions
Rm 12,3-8 : Nous avons des dons qui diffèrent pour nous permettre de servir
Mc 10,42-45 : Le Fils de l’homme est venu pour servir

Commentaire

La venue du Messie et sa victoire se sont accomplies dans le service. Jésus veut qu’un esprit de service emplisse aussi le cœur de ses disciples. Il nous enseigne que la vraie grandeur consiste à servir Dieu et son prochain. Le Christ nous donne le courage de découvrir qu’il est Celui pour qui servir, c’est régner – comme le disait un chrétien des premiers siècles.

La prophétie de Zacharie, portant sur un roi victorieux et humble, s’est accomplie en Jésus Christ. Lui, le Roi de Paix, vient chez les siens, à Jérusalem – la Cité de la Paix. Il ne la conquiert ni par la tromperie ni par la violence ; mais par la douceur et l’humilité.

Le Psaume 131 décrit de manière sommaire mais éloquente l’état de paix spirituelle qui résulte de l’humilité. L’image de la mère et de l’enfant signifie la tendresse de Dieu et la confiance envers lui à laquelle est appelée toute la communauté des croyants.

L’apôtre Paul nous incite à nous évaluer nous-mêmes avec modestie et humilité, et à prendre conscience de nos aptitudes personnelles. S’il y a entre nous une diversité de dons, nous ne formons qu’un seul corps dans le Christ. Dans nos divisions, chacune de nos traditions a été gratifiée par le Seigneur de certains dons que nous sommes appelés à mettre au service des autres.

« Car le Fils de l’homme est venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc 10,45). En étant lui-même serviteur, le Christ a racheté notre refus de servir Dieu. Il s’est donné en exemple pour que soient restaurées toutes les relations entre les personnes humaines : « Si quelqu’un veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur – tels sont désormais les normes de grandeur et de préséance.

Dans la Lettre aux Romains, Paul nous rappelle que les dons différents qui nous sont accordés sont destinés au service : prophétie, ministère, enseignement, exhortation, don, capacité à gouverner et miséricorde. Quelle que soit notre diversité, nous ne formons qu’un seul corps dans le Christ, et nous sommes tous membres les uns des autres. L’usage de notre diversité de dons dans le service commun de l’humanité, rend visible notre unité dans le Christ. L’action commune des chrétiens en faveur de l’humanité, pour combattre la pauvreté et l’ignorance, pour défendre les opprimés, favoriser la paix et préserver la vie, pour développer les sciences, la culture et l’art, sont une expression de cet œcuménisme pratique dont l’Église et le monde ont tant besoin. Imiter le Christ Serviteur, c’est rendre éloquemment témoignage à l’Évangile, en ne touchant pas seulement les esprits mais aussi les cœurs. Ce service commun est un signe de l’avènement du Royaume de Dieu – le Royaume du Christ Serviteur.

Prière

Dieu tout-puissant et éternel, en empruntant la voie royale du service, ton Fils nous conduit de l’arrogance de la désobéissance à l’humilité du cœur. Daigne nous unir les uns aux autres par ton Saint-Esprit, afin qu’à travers le service de nos sœurs et frères puisse se révéler ton véritable visage ; toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. Amen.

Pistes de réflexion

1. Quelles sont les occasions de service les plus menacées par l’orgueil et l’arrogance ?
2. Que faudrait-il faire pour que l’ensemble des ministères chrétiens soit davantage perçu comme un service ?
3. Dans notre société, qu’est-ce que les chrétiens des diverses traditions peuvent faire davantage ensemble, plutôt qu’isolément, pour révéler le Christ Serviteur ?

Deuxième jour

Thème : Transformés par l’attente patiente du Seigneur

Texte : Laisse faire maintenant : c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir toute justice (Mt 3,15)

Lectures :

1 S 1,1-20 : L’attente confiante et patiente d’Anne
Ps 40 : L’attente patiente du Seigneur
He 11,32-34 : Par la foi, ils conquirent des royaumes, mirent en œuvre la justice
Mt 3,13-17 : Laisse faire maintenant : c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir toute justice

Commentaire

La victoire est souvent associée au triomphe immédiat. Chacun sait quel goût prend le succès lorsqu’après une épreuve difficile, vient le tour des félicitations, de la reconnaissance et même des récompenses. Dans un tel moment de joie, tout le monde peine à réaliser que, du point de vue chrétien, la victoire est un processus de transformation à long terme. Cette conception de la victoire transformatrice nous apprend qu’elle advient lorsque Dieu la veut, et non nous-mêmes, ce qui nous invite à une confiance patiente et à une profonde espérance en Dieu.

Anne a témoigné de cette patience dans la confiance et l’espérance. Attendant depuis des années d’être enceinte, elle implorait Dieu d’avoir un enfant, au risque que les larmes de sa prière soient prises pour de l’ivresse par le prêtre se tenant à l’entrée du Temple. Quand Élie l’assura que Dieu exaucerait sa prière, elle se contenta de faire confiance et d’attendre, et cessa d’être triste. Anne conçut et mit au monde un fils auquel elle donna le nom de Samuel. La grande victoire n’est ici remportée ni par des nations ni par des armées, mais par un simple aperçu sur la réalité d’un combat intime et personnel. La confiance et l’espérance d’Anne n’aboutissent pas seulement, en fin de compte, à sa transformation personnelle, mais à celle de son peuple pour qui le Dieu d’Israël est intervenu dans son fils, Samuel.

Le psalmiste fait écho à l’attente patiente d’Anne vis-à-vis du Seigneur, au milieu d’un autre type de combat. Lui aussi a cherché à être délivré d’une situation qui nous reste inconnue, mais que suggère le vocabulaire du « gouffre tumultueux, de la vase des grands fonds ». Il rend grâce à Dieu qui l’a tiré de la honte et de la confusion, et continue de se fier à son amour inébranlable.

L’auteur de la Lettre aux Hébreux rappelle la patience de personnages tels qu’Abraham (6,15) ou d’autres qui furent victorieux par la foi et la confiance en Dieu. Comprendre que Dieu intervient et entre dans le fil de l’histoire humaine évite d’être tenté de triompher en termes humains.

Dans l’Évangile, la voix qui vient des cieux lors du baptême de Jésus, et qui proclame Celui-ci est mon Fils bien-aimé, semble garantir le succès immédiat de sa mission messianique. En résistant au Malin, Jésus, plutôt que de succomber à la tentation d’inaugurer le Royaume de Dieu sans délai, révèle patiemment ce que signifie la vie dans le Royaume à travers sa propre vie et son ministère aboutissant à la mort sur la croix. Si le Royaume de Dieu émerge de façon décisive dans la résurrection, il n’est pas encore pleinement réalisé. La victoire ultime ne se produira que lorsque le Seigneur reviendra. Aussi attendons-nous, avec une espérance et une confiance patientes, en implorant : « Viens, Seigneur Jésus ».

Notre désir ardent de l’unité visible de l’Église doit aussi s’exercer dans une attente patiente et confiante. Notre prière pour l’unité chrétienne est semblable à la prière d’Anne et à celle du psalmiste. Le travail pour l’unité des chrétiens s’apparente aux événements rapportés dans la Lettre aux Hébreux. Si nous attendons patiemment, ce n’est ni par impuissance ni par passivité, mais parce que nous avons profondément confiance en ce que l’unité de l’Église est un don de Dieu et non pas notre œuvre. Cette attente patiente, cette prière et cette confiance nous transforment et nous préparent à l’unité visible de l’Église, non pas conformément à nos plans mais à la manière dont Dieu la donne.

Prière

Dieu fidèle, tu es vrai en tes paroles en tout temps. Fais que, comme Jésus, nous soyons patients et confiants en ton amour inébranlable. Illumine-nous par ton Esprit Saint afin que nous ne fassions pas obstacle à la plénitude de ta justice par nos jugements hâtifs, mais que nous discernions ta sagesse et ton amour en toutes choses ; toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. Amen.

Pistes de réflexion

1. Quelles sont les situations de notre vie où nous devrions faire davantage confiance aux promesses de Dieu ?
2. En quels domaines de la vie ecclésiale risque-t-on d’être particulièrement tenté d’agir à la hâte ?
3. En quelles situations les chrétiens devraient-ils attendre, et quelles sont celles où ils devraient agir ensemble ?

Troisième jour

Thème : Transformés par le Serviteur Souffrant

Texte : Le Christ a souffert pour nous (cf. 1 P 2,21)

Lectures
Is 53,3-11 : L’homme de douleurs, familier de la souffrance
Ps 22,12-24 : Il n’a pas rejeté ni réprouvé un malheureux dans la misère
1 P 2,21-25 : Le Christ a souffert pour nous
Lc 24,25-27 : Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela ?

Commentaire

Le paradoxe divin, c’est que Dieu peut convertir la tragédie et le désastre en victoire. Il transforme toutes nos souffrances et infortunes, et l’incroyable souffrance de l’histoire, en une résurrection qui enveloppe le monde entier. Alors même qu’il semble vaincu, il est la véritable victoire dont rien ni personne ne peut triompher.

L’émouvante prophétie d’Isaïe sur le Serviteur souffrant du Seigneur s’est totalement accomplie dans le Christ. Après avoir souffert une terrible agonie, l’Homme de Douleurs verra sa descendance. Nous sommes, nous-mêmes, cette descendance née de la souffrance du Sauveur. Et ainsi, nous ne formons avec lui qu’une seule famille.

On peut dire que le Psaume 22 ne parle pas simplement de Jésus, mais aussi pour Jésus. Le Sauveur lui-même a prié avec ce psaume sur la croix, en reprenant les mots de désolation par lesquels il s’ouvre: « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Dans la seconde partie du psaume cependant, la lamentation, la supplication emplie de douleur, se transforme en louange de Dieu pour ses œuvres.

L’apôtre Pierre est un témoin des souffrances du Christ (1 P 5,1) qu’il nous donne en exemple : c’est à cette forme de souffrance par amour que nous sommes appelés. Jésus ne maudissait pas Dieu mais s’en remettait au juste Juge. Ses meurtrissures nous ont guéris et nous ont ramenés à l’unique berger.

Ce n’est qu’à la lumière de la présence du Seigneur et de sa Parole que le dessein de Dieu à travers les souffrances du Messie peut se révéler. Tout comme il en fut pour les disciples sur le chemin d’Emmaüs, Jésus nous accompagne constamment sur le chemin rocailleux de l’existence, rendant nos cœurs brûlants et ouvrant nos yeux au plan mystérieux du salut.

Les chrétiens expérimentent que la souffrance résulte de la fragilité de la condition humaine ; nous reconnaissons cette souffrance dans l’injustice sociale et les situations de persécution. La puissance de la croix nous oriente vers l’unité. C’est là que la souffrance du Christ nous apparaît comme source de miséricorde et de solidarité envers l’ensemble de la famille humaine. Comme le dit un théologien contemporain : plus nous nous approchons de la croix du Christ, plus nous nous rapprochons les uns des autres. Le témoignage que donnent ensemble les chrétiens dans les situations de souffrance acquiert une très grande crédibilité. En étant solidaires de tous ceux qui souffrent, nous apprenons du Serviteur souffrant et crucifié à nous vider de nous-mêmes, à nous abandonner et à nous offrir en sacrifice. Ce sont les dons qu’il nous faut recevoir de son Esprit en cheminant vers l’unité en lui.

Prière

Dieu de consolation, tu as transformé la honte de la croix en un signe de victoire. Fais que nous puissions nous rassembler autour de la croix de ton Fils et le célébrer pour la miséricorde qui nous est offerte par ses souffrances. Que l’Esprit Saint ouvre nos yeux et nos cœurs, afin que nous aidions ceux qui souffrent à expérimenter ta proximité ; toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. Amen.

Pistes de réflexion

1. En quoi notre foi peut-elle nous aider à fournir une réponse à la souffrance de longue durée ?
2. Quels sont les domaines de la souffrance humaine que l’on néglige ou minimise actuellement ?
3. Comment les chrétiens peuvent-ils témoigner ensemble du pouvoir de la croix ?

Quatrième jour

Thème : Transformés par la victoire du Seigneur sur le mal

Texte : Sois vainqueur du mal par le bien (Rm 12,21)

Lectures

Ex 23,1-9 : Tu ne suivras pas une majorité qui veut le mal
Ps 1 : Heureux celui qui se plaît dans la loi du Seigneur
Rm 12,17-21 : Sois vainqueur du mal par le bien
Mt 4,1-11 : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras et c’est à lui seul que tu rendras un culte

Commentaire

En Jésus, nous apprenons ce que signifie vraiment le mot « victoire » pour les êtres humains – à savoir le bonheur de partager l’amour de Dieu, en surmontant avec lui tout ce qui nous éloigne les uns des autres. C’est participer à la victoire du Christ sur les forces destructrices qui corrompent l’humanité et toute la création divine. En Jésus, nous pouvons prendre part à une vie nouvelle qui nous appelle à combattre le mal de notre monde avec une confiance renouvelée, et à trouver notre joie dans ce qui est bon.

Les paroles de l’Ancien Testament sont un avertissement catégorique contre tout engagement dans le sens du mal et de l’injustice. L’attitude prise par la majorité ne peut en aucun cas servir d’alibi. Et l’on ne peut prétexter ni du bien-être ni de quelque autre situation de l’existence pour faire le mal.

Le Psaume 1 n’attire pas seulement l’attention sur la nécessité d’observer les commandements, mais surtout sur les joies que cela procure. Celui qui aime la loi du Seigneur plus que tout le reste, est dit heureux et béni. La Parole de Dieu est un guide sûr dans l’adversité, elle constitue l’accomplissement de la sagesse humaine. Celui qui médite la parole de Dieu jour et nuit peut mener une existence très fructueuse pour le bien des autres.

Les admonestations de l’apôtre nous encouragent à être vainqueurs du mal par le bien. Seul, le bien peut venir à bout de l’interminable spirale de la haine et du désir humain de vengeance. Dans le combat pour le bien, tout ne dépend pas des êtres humains. L’apôtre Paul invite néanmoins à ce qu’aucun effort ne soit négligé pour préserver la paix avec autrui. Il a conscience du combat qu’il nous faut sans cesse mener contre notre instinct à nuire à ceux qui nous ont fait du mal. Mais Paul nous appelle à ne pas nous laisser dominer par ces sentiments destructeurs. Faire le bien est vraiment une façon de combattre le mal parmi nous.

Le passage de l’Évangile décrit le combat du Fils de Dieu contre Satan – qui personnifie le mal. La victoire de Jésus sur les tentations au désert se réalise dans Son obéissance au Père, et c’est ce qui le conduit à la croix. La résurrection du Sauveur confirme que c’est bien la bonté de Dieu qui l’emporte en définitive : l’amour est vainqueur de la mort. Le Seigneur ressuscité est proche ! Il nous accompagne en chacun de nos combats contre la tentation et le péché dans le monde. Sa présence invite les chrétiens à agir ensemble pour le bien.

Le scandale vient de ce que nos divisions nous rendent incapables d’avoir suffisamment de force pour lutter contre les maux de notre temps. En étant unis au Christ et en nous réjouissant de sa loi d’amour, nous sommes appelés à partager Sa mission qui consiste à apporter l’espérance sur les lieux d’injustice, de haine et de désespoir.

Prière

Seigneur Jésus Christ, nous te rendons grâce pour ta victoire sur le mal et les divisions. Nous te louons pour ton sacrifice et pour ta résurrection qui a vaincu la mort. Aide-nous dans notre combat quotidien contre toute adversité. Que l’Esprit Saint nous procure force et sagesse afin qu’en te suivant, nous soyons victorieux du mal par le bien, et de la division par la réconciliation. Amen.

Pistes de réflexion

1. Où voyons-nous le mal dans nos propres existences ?
2. Comment notre foi au Christ peut-elle nous aider à vaincre le mal et le Malin ?
3. Quelle leçon pouvons-nous tirer des situations où, dans notre société, la division a fait place à la réconciliation ?

Cinquième jour

Thème : Transformés par la paix du Christ ressuscité

Texte : Jésus se tint au milieu d’eux et il leur dit : « La paix soit avec vous ! » (Jn 20,19).

Lectures

Ml 4,5-6 : Il ramènera le cœur des pères vers leurs fils, celui des fils vers leurs pères
Ps 133 : Oh ! quel plaisir, quel bonheur de se trouver entre frères !
Ep 2,14-20 : Pour les réconcilier avec Dieu tous les deux en un seul corps, au moyen de la croix
Jn 20, 19-23 : Jésus se tint au milieu d’eux et il leur dit : « La paix soit avec vous ! »

Commentaire

Le dernier livre de l’Ancien Testament s’achève sur la promesse que Dieu enverra Celui qu’il a choisi pour que l’harmonie et le respect s’instaurent dans toutes les familles. Nous craignons souvent qu’adviennent des conflits entre nations ou des agressions inattendues. Or le prophète Malachie attire notre attention sur l’une des formes de conflits les plus pénibles et les plus persistantes – la déchirure des relations entre les parents et leurs descendants. La restauration de l’unité entre parents et enfants est impossible sans l’aide de Dieu – c’est l’envoyé de Dieu qui accomplit le miracle de transformer les cœurs et les relations entre les personnes.

Le psaume montre combien cette unité entre les personnes peut apporter de joie profonde. L’être humain n’a pas été créé pour être seul, et ne peut se satisfaire d’une atmosphère hostile. Le bonheur consiste à vivre dans une communauté humaine porteuse d’harmonie, de paix, de confiance et de compréhension. Les bonnes relations entre les personnes sont semblables à la rosée qui se pose sur la terre sèche et à une huile parfumée qui procure bien-être et plaisir. Le psaume parle du bonheur de vivre ensemble comme d’une bénédiction et d’un don de Dieu immérité, tout comme la rosée. La vie commune dans l’unité ne se restreint pas qu’aux membres de la famille – elle est plutôt une façon d’exprimer la proximité entre tous ceux qui accueillent la paix de Dieu.

L’épître nous parle de celui qu’annonçait le prophète Malachie. Jésus apporte l’unité parce qu’en son propre corps, il a brisé le mur de séparation entre les personnes. En règle générale, la victoire de l’un implique la chute et la honte dans le clan des vaincus, qui préfèrent se retirer. Jésus ne rejette, n’abat ou n’humilie personne ; il met fin à toute aliénation, Il transforme, guérit et réunit tous les êtres humains pour en faire les membres de la famille de Dieu.

L’Évangile rappelle le don que le Seigneur ressuscité fait à Ses disciples hésitants et terrifiés. La paix soit avec vous – c’est à la fois la salutation du Christ et le don qu’il accorde. C’est aussi une invitation à rechercher la paix avec Dieu et à établir des relations nouvelles et durables au sein de la famille humaine et de toute la création. Jésus a brisé la mort et vaincu le péché. Par le don du Saint-Esprit, le Seigneur Ressuscité invite ses disciples à entrer dans sa propre mission : celle d’apporter la paix, la guérison et le pardon à toute la terre. Tant que les chrétiens demeureront divisés, le monde ne sera pas convaincu de la plénitude de vérité du message évangélique apporté par le Christ à une humanité nouvelle. La paix et l’unité caractérisent cette transformation. Il faut que les Églises s’approprient ces dons et en témoignent, comme membres de l’unique famille de Dieu, édifiée sur la solide fondation dont Jésus est la pierre angulaire.

Prière

Dieu d’amour et de miséricorde, apprends-nous la joie qu’on éprouve à partager ta paix. Emplis-nous de ton Esprit Saint, afin que nous puissions abattre les murs d’hostilité qui nous séparent. Que le Christ ressuscité, qui est notre paix, nous aide à surmonter toute division et à nous unir comme membres de sa maison. Nous te le demandons au nom de Jésus Christ à qui soient rendus, avec toi et le Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles. Amen.

Pistes de réflexion

1. Quelles sont les formes de violence de notre société auxquelles nous pouvons nous affronter ensemble, comme chrétiens ?
2. Comment faisons-nous l’expérience d’hostilités cachées qui rejaillissent sur nos relations mutuelles entre communautés chrétiennes ?
3. Comment pouvons-nous apprendre à nous accueillir réciproquement comme le Christ lui-même nous accueille ?

Sixième jour

Thème : Transformés par l’amour inébranlable de Dieu

Texte : La victoire, c’est notre foi (cf. 1 Jn 5,4)

Lectures

Ha 3,17-19 : Le Seigneur est ma force
Ps 136,1-4 ; 23-26 : Sa fidélité est pour toujours
1 Jn 5,1-6 : La victoire qui a vaincu le monde, c’est notre foi
Jn 15,9-17 : Nul n’a d’amour plus grand que celui qui se dessaisit de sa vie pour ceux qu’il aime

Commentaire

Dans le texte vétérotestamentaire, c’est la foi en Dieu qui permet de garder l’espérance en dépit de tous les échecs. La lamentation d’Habaquq se transforme en joie pour la fidélité de Dieu qui donne la force face au désespoir.

Le psaume 136 confirme que le souvenir des hauts-faits de Dieu dans l’histoire d’Israël est la preuve de son amour inébranlable. Grâce à l’intervention de Dieu, le peuple d’Israël a fait l’expérience de victoires extraordinaires et surprenantes. Le souvenir des grandes œuvres du salut de Dieu est une source de joie, de gratitude et d’espérance que les croyants expriment depuis des siècles dans leur prière, leurs hymnes de louange et leur musique.

L’épître nous rappelle que ce qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Il ne s’agit pas nécessairement ici de victoires mesurables selon nos critères humains. La victoire dans le Christ suppose une transformation du cœur, une perception de la réalité terrestre d’un point de vue d’éternité, et une foi dans la victoire définitive sur la mort. Cette force victorieuse, c’est la foi dont Dieu est en même temps la source et le dispensateur. Et sa manifestation la plus parfaite, c’est l’amour.

Dans le texte d’Évangile, le Christ donne à ses disciples l’assurance de l’amour de Dieu qui trouvera sa confirmation définitive dans la mort du Sauveur sur la croix. Il les invite et les appelle en même temps à manifester de l’amour les uns pour les autres. La relation de Jésus à ses disciples se fonde sur l’amour. Il ne les traite pas simplement en disciples, mais il les appelle ses amis. Leur service du Christ consiste à conformer leur vie à l’unique commandement de l’amour, ce qui résulte d’une conviction intérieure et de la foi. Dans un esprit d’amour, même s’il nous semble ne progresser que lentement vers la pleine unité visible, nous ne perdons pas espoir. L’amour inébranlable de Dieu nous rendra capables de dépasser les pires oppositions et les plus profondes divisions. C’est pourquoi la victoire qui a vaincu le monde, c’est notre foi, associée à la puissance transformatrice de l’amour de Dieu.

Prière

Seigneur Jésus Christ, Fils du Dieu vivant, par ta résurrection tu as triomphé de la mort, et tu es devenu le Seigneur de la vie. Par amour pour nous, tu nous as choisis pour être tes amis. Fais que l’Esprit Saint nous unisse à toi et les uns aux autres dans l’amitié, afin que nous te servions fidèlement en ce monde et soyons les témoins de ton amour inébranlable ; toi qui vis et règnes avec le Père et le Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.

Pistes de réflexion

1. Comment devrions-nous faire pour exprimer l’amour chrétien dans le contexte des diverses religions et philosophies ?
2. Que devons-nous faire pour devenir des témoins plus crédibles de l’amour inébranlable de Dieu dans un monde divisé ?
3. Comment les disciples du Christ peuvent-ils se soutenir plus visiblement les uns les autres dans l’ensemble du monde ?

Septième jour

Thème : Transformés par le Bon Pasteur

Texte : « Pais mes brebis » (Jn 21,17)

Lectures
1 S 2,1-10 : Ce n’est point par la force qu’on triomphe
Ps 23 : Ton bâton, ton appui, voilà qui me rassure
Ep 6,10-20 : Armez-vous de force dans le Seigneur
Jn 21,15-19 : Pais mes brebis

Commentaire

Ceux qui doivent l’emporter sur la souffrance, ont besoin du soutien d’en-haut. Ce soutien est donné dans la prière. La force qu’Anne trouve dans la prière fait l’objet du premier chapitre du Livre de Samuel. Au second chapitre, on trouve sa prière d’action de grâce. Elle a compris que certains événements ne pouvaient se produire qu’avec l’aide de Dieu. C’est parce que Dieu l’a voulu qu’Anne et son mari sont devenus parents. Ce texte est un exemple d’affermissement de la foi dans ce qui peut sembler être une situation désespérée. C’est un exemple de victoire.

Le Bon Pasteur du Psaume 23 guide son troupeau, y compris dans les lieux obscurs, en le réconfortant par sa présence. Ceux qui mettent leur confiance dans le Seigneur n’ont rien à craindre, même dans les ténèbres de la rupture ou et de la désunion, car leur berger les conduira sur les verts pâturages de la vérité, pour habiter ensemble dans la maison du Seigneur.

Dans la Lettre aux Éphésiens, l’apôtre Paul nous exhorte à être forts dans le Seigneur et de sa force toute-puissante et, pour cela, à revêtir l’armure spirituelle : vérité, justice, annonce de la Bonne Nouvelle, foi, salut, parole de Dieu, prière et intercession.

Le Seigneur ressuscité exhorte Pierre – et, en sa personne, tout disciple – à découvrir qu’il est habité par l’amour de celui qui est le seul vrai berger. Si tu as en toi un tel amour, Pais mes brebis ! Autrement dit, nourris-les, protège-les, prends soin d’elles, fortifie-les – car elles sont à moi et m’appartiennent ! Sois mon bon serviteur et veille sur ceux qui se sont mis à m’aimer et à suivre ma voix. Apprends-leur l’amour mutuel, la collaboration et l’audace dans les détours et les tournants de la vie.

Par la grâce de Dieu, le témoin du Christ qui a été confirmé en nous, nous contraint d’agir ensemble pour l’unité. Nous sommes dotés de l’aptitude et de la connaissance nécessaires pour porter ce témoignage ! Mais le voulons-nous ? Le Bon Pasteur qui, par sa vie, son enseignement et sa conduite, affermit tous ceux qui ont placé leur confiance en sa grâce et son soutien, nous invite à collaborer avec lui inconditionnellement. Ainsi fortifiés, nous serons capables de nous entraider sur la voie de l’unité. Armons-nous donc de force dans le Seigneur, afin de pouvoir en affermir d’autres dans un même témoignage d’amour.

Prière

Toi le Père de tous, tu nous appelles à ne faire qu’un seul troupeau en ton Fils, Jésus Christ ; Il est le Bon Pasteur qui nous invite à reposer dans de verts pâturages, nous conduit près des eaux tranquilles et restaure nos âmes. Fais qu’en le suivant, nous prenions également soin des autres, afin que tous puissent discerner en nous l’amour du seul vrai berger, Jésus Christ notre Seigneur, qui vit et règne avec toi et le Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.

Pistes de réflexion

1. Comment le Bon Pasteur nous invite-t-il à encourager, fortifier et restaurer la confiance de ceux qui sont perdus ?
2. Comment les chrétiens de traditions différentes peuvent-ils s’affermir mutuellement en confessant Jésus Christ et en lui rendant témoignage ?
3. Quelle peut-être pour nous, aujourd’hui, la signification de l’exhortation de saint Paul : « Armez-vous de force dans le Seigneur… revêtez l’amure de Dieu » ?

Huitième jour

Thème : Réunis dans le Royaume du Christ

Texte : Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon trône (Ap 3,21)

Lectures

1 Ch 29,10-13 : Dans ta main, le pouvoir de tout élever et de tout affermir
Ps 21,1-7 : Tu poses sur sa tête une couronne d’or
Ap 3,19b-22 : Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon trône
Jn 12,23-26 : Si quelqu’un me sert, le Père l’honorera

Commentaire

Jésus Christ est le premier né d’entre les morts. Il s’est humilié et a été exalté. Le Christ ne se rassasie pas de sa victoire, mais partage son règne et son exaltation avec toute l’humanité.

L’hymne de David, jailli de la joie du roi et de son peuple avant la construction du Temple, est une façon d’exprimer cette vérité que tout arrive par grâce. Même un simple monarque terrestre peut figurer l’image du royaume de Dieu, qui a le pouvoir de tout élever et de tout affermir.

Le psaume royal d’action de grâces poursuit cette idée. La tradition chrétienne lui accorde, elle aussi, une portée messianique ; le Christ est le véritable Roi, celui qui bénit et qui donne la vie, présence parfaite de Dieu au milieu de son peuple. En un sens, cette image peut aussi se référer au peuple. Les êtres humains ne sont-ils pas le couronnement de la création ? Dieu ne veut-il pas nous faire « cohéritiers avec son Fils et « membres de sa famille royale » ?

Les lettres du Livre de l’Apocalypse aux sept Églises locales constituent un message à l’adresse de l’Église de tous les temps et de partout. Ceux qui accueillent le Christ chez eux seront tous invités à partager avec lui le banquet de la vie éternelle. La promesse de siéger sur des trônes, faite auparavant aux Douze, s’étend désormais à tous ceux qui ont obtenu la victoire.

Là où je suis, là aussi sera mon serviteur. On peut rattacher le Je suis de Jésus au nom indicible de Dieu. Le serviteur de Jésus, que le Père honorera, sera là où est le Seigneur, qui siège désormais à la droite du Père pour y régner.

Les chrétiens ont conscience que l’unité entre eux, même si elle requiert des efforts humains, est avant tout un don de Dieu. Elle consiste à partager la victoire du Christ sur le péché, la mort et le mal qui est cause de division. Notre participation à la victoire du Christ aura sa plénitude dans les cieux. Notre témoignage commun rendu à l’Évangile devrait manifester au monde un Dieu qui ne nous restreint ni ne nous domine. Il faudrait que nous annoncions de façon crédible aux gens de notre temps et de notre époque, que la victoire du Christ dépasse tout ce qui nous empêche de partager la plénitude de la vie, avec lui et les uns avec les autres.

Prière

Dieu tout puissant qui gouvernes toute chose, apprends-nous à contempler le mystère de ta gloire. Fais que nous acceptions tes dons avec humilité et dans le respect de la dignité de chacun. Que ton Esprit Saint nous affermisse dans les combats spirituels qui se présenteront à nous, afin que notre unité dans le Christ nous fasse régner avec lui dans la gloire. Nous te le demandons par lui qui s’est humilié et a été exalté, et qui vit avec toi et le Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.

Pistes de réflexion

1. Comment la fausse humilité et le désir de gloire terrestre se manifestent-ils en nos vies ?
2. Comment exprimons-nous ensemble notre foi dans le Règne du Christ ?
3. Comment vivons-nous ouvertement notre espérance en la venue du Royaume de Dieu ?

Propositions complémentaires pour les célébrations

Les prières proposées ci-après pour les jours 1 à 8 se fondent sur le thème de la journée. Si on les associe à l’ensemble des lectures bibliques et à la prière proposées quotidiennement, elles peuvent constituer la trame d’une célébration simple pour chacun des jours de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens.

Premier jour
Le Serviteur Victorieux

P : Seigneur, la désobéissance d’Adam et d’Ève nous a plongés dans la souffrance et la mort, et la famille humaine s’en est trouvée blessée et déchirée. Prends pitié de nous !
A : Prends pitié de nous !
P : Ô Christ, nous avons endurci nos cœurs quand Tu cherchais à nous enseigner par les serviteurs de ta Parole. Prends pitié de nous !
A : Prends pitié de nous !
P : Seigneur, tu sais que nous avons failli à te servir en nos frères et sœurs. Prends pitié de nous !
A : Prends pitié de nous !
P : Que Dieu Tout-Puissant nous fasse miséricorde, qu’il nous pardonne nos péchés et nous conduise à la vie éternelle.
A : Amen.

Deuxième jour
Transformés par l’attente patiente du Seigneur

P : Seigneur, nous te prions.
Accorde-nous de regarder nos vies à la lumière de ta sagesse, nous t’implorons !
A : Seigneur, écoute-nous !
P : Accorde-nous le don divin de la patience dans les situations où échoue la justice humaine, nous t’implorons !
A : Seigneur, écoute-nous !
P : Rends-nous capables de prier et d’espérer, dans les situations où ta grâce est seule à pouvoir combler notre attente, nous t’implorons !
A : Seigneur, écoute-nous !
P : Écoute-nous, Ô notre Dieu, quand nous crions vers toi, et accorde-nous de savoir discerner la plénitude de ta justice, par le Christ, notre Seigneur.
A : Amen.

Troisième jour
Transformés par le Serviteur Souffrant

P : La croix est le signe de la victoire. Aussi, disons-nous : nous t’adorons, Seigneur !
A : Nous t’adorons, Seigneur !
P : Pour ta croix, sanctuaire de la vérité et tribunal de la miséricorde.
A : Nous t’adorons, Seigneur !
P : Pour ta croix, arbre de vie et trône de la grâce.
A : Nous t’adorons, Seigneur !
P : Pour ta croix, signe de compassion et d’espérance.
A : Nous t’adorons, Seigneur !
P: Seigneur, tu es mort sur la croix pour rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. Fais que la contemplation de ta croix transforme notre conception de la souffrance, toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles.
A : Amen.

Quatrième jour
Transformés par la victoire du Seigneur sur le mal

P : L’avènement du Royaume de Dieu, c’est la défaite du royaume de Satan. En étant vainqueur du tentateur au désert et en libérant des gens du pouvoir des esprits mauvais, Jésus anticipe sa grande victoire, celle de l’heure de sa Passion. Le prince de ce monde est jeté dehors. Dans la dernière demande de la Prière du Seigneur – Mais délivre-nous du mal – nous demandons à Dieu de nous révéler la victoire qu’il a déjà acquise dans le Christ. Dans le même esprit, nous supplions : Délivre-nous, Seigneur !
A : Délivre-nous,Seigneur!
P : De tout mal
A : Délivre-nous,Seigneur!
P : De tout péché
A : Délivre-nous,Seigneur!
P : Des embûches de Satan
A : Délivre-nous,Seigneur!
P : De la haine et de la méchanceté
A : Délivre-nous,Seigneur!
P : De la mort éternelle
A : Délivre-nous,Seigneur!
P : Délivre-nous de tout mal, Seigneur, et soutiens-nous dans ta miséricorde, toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles.
A : Amen.

Cinquième jour
Transformés par la paix du Seigneur ressuscité

P : Prions le Seigneur ressuscité pour les chrétiens et tous les habitants de la terre : Accorde-nous ta paix !
A : Accorde-nous ta paix !
P : Accorde ta bénédiction et ta paix aux nations.
A : Accorde-nous ta paix !
P : Soutiens ceux qui se dépensent pour l’unité visible de ton Église.
A : Accorde-nous ta paix !
P : Veille sur ceux que Tu as appelés à paître Ton troupeau.
A : Accorde-nous ta paix !
P : Fortifie l’amour entre les époux.
A : Accorde-nous ta paix !
P : Apporte la réconciliation dans les familles, les quartiers et les sociétés.
A : Accorde-nous ta paix !
P : Sois avec nous, Seigneur, et accorde-nous l’unité et la paix, toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles.
A : Amen.

Sixième jour
Transformés par l’amour inébranlable de Dieu

P : Nous tournant vers celui qui seul est digne de foi, nous disons :
Amen – Je crois !
A : Amen – Je crois !
P : En un seul Dieu : Père, Fils et Saint Esprit
A : Amen – Je crois !
P : Au Fils de Dieu, qui s’est fait homme.
A : Amen – Je crois !
P : À sa mort, sa résurrection et son ascension.
A : Amen – Je crois !
P : Au don de l’Esprit Saint.
A : Amen – Je crois !
P : Au retour du Christ dans la gloire
A : Amen – Je crois !
P : En Sa grâce, plus forte que le péché
A : Amen – Je crois !
P : En l’amour plus fort que la haine et que la mort
A : Amen – Je crois !
P : En la résurrection de la chair et en la vie éternelle dans le Royaume
A : Amen – Je crois !
P : Seigneur, regarde la foi de ton Église en pèlerinage sur la terre, et conduis tes enfants à découvrir l’éclat de ta majesté face à face, toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles.
A : Amen.

Septième jour
Transformés par le Bon Pasteur

P : Le Seigneur ne nous a pas abandonnés. Il nous guide avec son bâton et sa houlette dans toutes les expériences de la vie. Il est notre Bon Pasteur. C’est pourquoi, nous disons : nous te rendons grâce, Seigneur !
A : Nous te rendons grâce, Seigneur !
P : Pour la vie et tous les dons par lesquels tu nous as affermis
A : Nous te rendons grâce, Seigneur !
P : Pour le don de ta Parole
A : Nous te rendons grâce, Seigneur !
P : Pour la persévérance dans la foi
A : Nous te rendons grâce, Seigneur !
P : Pour les témoins crédibles de ton Évangile
A : Nous te rendons grâce, Seigneur !
P : Pour tout ce que nous ne pouvons dénombrer ou peinons à réaliser
A : Nous te rendons grâce, Seigneur !
P : Nous te rendons grâce, Seigneur, pour tous les dons que tu nous as prodigués afin que nous ne risquions pas de nous arrêter en chemin ou de faiblir dans le combat spirituel, toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles.
A : Amen.

Huitième jour
Unis dans le Règne du Christ

P : Extrait d’une homélie ancienne :
Le trône des chérubins est préparé, les serviteurs sont prêts, le lit nuptial est dressé, les aliments sont apprêtés, les tentes et les demeures éternelles le sont aussi. Les trésors du bonheur sont ouverts et le royaume des cieux est prêt de toute éternité.
P : Désirant ardemment demeurer avec le Christ, célébrons-le en disant : Règne éternellement !
A : Règne éternellement !
P : Seigneur du temps et de l’éternité
A : Règne éternellement !
P : Premier-né d’entre les morts
A : Règne éternellement !
P : Toi qui détiens les clefs de la mort et des enfers
A : Règne éternellement !
P : Toi le Seigneur des seigneurs et le Roi des rois
A : Règne éternellement !
P : Toi qui es, qui étais et qui viens
A : Règne éternellement ! Amen.

Kyrie
Mélodie : Varsovie (1874)

Śpiewnik Ewangelicki (Recueil de chants évangéliques), Bielsko-Biała 2002

Seigneur, prends pitié.
Christ, prends pitié.
Seigneur, prends pitié.

Notre Père

Cantique

Ciągły niepokój na świecie
Texte et mélodie: Zofia Jasnota (1971)
Śpiewnik Ewangelicki (Recueil de chants évangéliques), Bielsko-Biała 2002

«Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix, ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne».

 

Hymne de la Fraternité œcuménique internationale

Musique du célèbre compositeur polonais Wojciech Kilar

Viens à nous Seigneur maintenant, règne dans nos cœurs.
Sois notre guide maintenant et toujours.
Rassemble-nous et fais que nous soyons un.
Fais de nous le peuple de Dieu dans l’unité.
Seigneur, sois pour nous la vérité et le chemin,
Accomplis les projets du Père et fais notre unité.
Viens, vois notre vie et donne-nous la paix.
Fais que nous soyons unis en Jésus Christ notre Seigneur.
Amen.

INFORMATIONS SUR LA POLOGNE
LE
CONTEXTE ŒCUMÉNIQUE LOCAL

Présentation sommaire

La Pologne, appelée officiellement République de Pologne, est un pays d’Europe centrale donnant sur la Mer Baltique. Elle est bordée par l’Allemagne à l’ouest, la République Tchèque et la Slovaquie au sud, l’Ukraine et la Biélorussie à l’est, la Lituanie au nord-est et la Russie (le territoire de Kaliningrad) au nord. Par la mer Baltique, la Pologne partage aussi ses frontières maritimes avec le Danemark et la Suède.

Avec une superficie de 312.700 km2, la Pologne est le neuvième pays d’Europe par sa superficie. Sa population est d’environ 38 millions d’habitants. Elle a pour capitale Varsovie.

Les Polonais représentent environ 97% de la population territoriale. Jusqu’en 1939, un tiers de cette population se composait de minorités ethniques. Six millions de personnes environ ont péri au cours de la Seconde guerre mondiale (dont environ trois millions et demi de juifs, au cours de la Shoah). De nos jours, les minorités ethniques ne constituent plus qu’un faible pourcentage de la population polonaise, les plus nombreuses étant celles des Ukrainiens, des Biélorusses, des Allemands (qui sont représentés au parlement), des Roms, des Lituaniens, des Slovaques et des Tchèques.

La langue de la Pologne est le polonais qui fait partie de la famille des langues slaves. La législation garantit aux minorités ethniques l’usage de leur propre langue.

L’émigration pour des motifs économiques et politiques, qui a débuté au XIXe siècle, a conduit environ 15 millions de Polonais à quitter les frontières du pays. Actuellement, les diasporas les plus importantes de Polonais expatriés se trouvent aux États-Unis, en Allemagne, au Brésil, en France et au Canada.

Jalons historiques

L’histoire du christianisme polonais a plus de 1000 ans. Les premières communautés chrétiennes sont apparues sous l’impulsion de l’activité missionnaire des saints Cyrille et Méthode. La vie de l’Église de Pologne a commencé à s’organiser sous le règne du premier souverain historique, Mieszko, de la famille des Piast, qui unifia les tribus slaves qui demeuraient dans le bassin de la Vistule. L’an 966, où Mieszko fut baptisé, est reconnu comme étant l’année de constitution de l’État polonais.

Le premier archevêché de Pologne avec juridiction indépendante fut établi en l’an 1000, à Gniezno. Cette année-là, trois monarques – allemand, tchèque et polonais – se réunirent en congrès sur la tombe de l’évêque et martyr saint Adalbert (les congrès contemporains de Gniezno, organisés depuis 1997, se rapportent à cet événement par leur caractère international et œcuménique). Boleslav le Brave fut le premier à être couronné roi de Pologne, en 1025. Il étendit considérablement les frontières de l’État et soutint les campagnes missionnaires. Les étrangers trouvèrent, dès le tout début, des lieux où s’implanter et des conditions de vie attrayantes sur les terres polonaises. Ce furent d’abord des juifs karaïtes (dès le XIIe siècle), puis des musulmans tartares (à partir du XIVe siècle).

Les XVe et XVIe siècles sont connus pour avoir constitué l’âge d’or de l’histoire polonaise. Ce fut l’époque où l’éclat politique, économique et culturel du pays fut à son apogée. Ce fut aussi le moment où les idées de la Réforme gagnèrent la Pologne. Les enseignements de Martin Luther trouvèrent la faveur des bourgeois, tandis que ceux de Jean Calvin et d’Ulrich Zwingli attiraient l’aristocratie (constituée d’anciens chevaliers). Sur la toile de fond de pays occidentaux engagés dans des guerres de religions destructrices, la Pologne se faisait remarquer par sa notable tolérance religieuse et devint un refuge pour les dissidents protestants.

Le XVIIe siècle fut l’époque de la Contre Réforme, où les protestants se trouvèrent privés de leurs droits politiques et où les Ariens – ou Frères Polonais – furent forcés d’émigrer, ce qui freina et altéra réellement le développement du protestantisme polonais. En 1791, la Diète (ou Parlement polonais) adopta la deuxième constitution du monde (après celle des États-Unis) à garantir la liberté de confession et de pratique religieuse.

Malheureusement, entre 1772 et 1795, la Pologne fut divisée à trois reprises entre les superpuissances de la Prusse, de la Russie et de l’Autriche. Il en découla que le pays cessa de figurer sur la carte de l’Europe pendant 123 ans. Les Polonais tentèrent de regagner leur indépendance par une série de révoltes nationales comme le Soulèvement de Kościuszko (1791), l’Insurrection de Novembre (1830), le Printemps des Peuples (1848), l’Insurrection de Janvier (1863) et la révolution pendant la Première Guerre mondiale. La Pologne ne put recouvrer la liberté et l’indépendance qu’en 1918.

L’entre-deux guerres (1918-1939) fut une période de restauration de la souveraineté nationale, après la politique désastreuse de partition et les ravages de la guerre. La courte période d’indépendance (qui ne dura que vingt ans) fut également marquée par une croissance rapide. La Pologne ressurgit avec succès de la crise économique mondiale de 1920-1930; son industrie prospérait, l’instruction universelle fut introduite et des conditions furent créées pour permettre le développement des sciences et de la culture.

L’une des périodes les plus tragiques de l’histoire polonaise fut celle de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945). Quand l’Allemagne Nazie attaqua le pays, le 1er septembre 1939, les Polonais passèrent six semaines à combattre l’écrasante puissance militaire de l’envahisseur. La situation devint plus difficile encore lorsque, le 17 septembre 1939, l’Armée Rouge soviétique annexa la partie orientale de la Pologne.

Une armée de résistance intérieure et des structures étatiques souterraines se constituèrent sur le territoire occupé par les Allemands, connu sous le nom de Gouvernement Général. En avril 1943, une insurrection éclata dans le ghetto de Varsovie (quartier juif, bouclé de l’extérieur). La totalité du quartier juif fut méthodiquement brûlée et rasée. En août 1944, l’Insurrection de Varsovie éclata dans la capitale, et environ 200000 mutins et civils furent tués. Lorsque le soulèvement cessa, la population restante fut déplacée et 95% de la capitale furent détruits par les Nazis.

Les soldats polonais combattirent sur de nombreux fronts dans l’ensemble du monde: en Norvège, Angleterre, Italie, Hollande, Union-Soviétique, Moyen-Orient et Afrique.

Après la guerre, en 1945, du fait des traités signés par les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’Union Soviétique à Yalta et Potsdam, la Pologne se trouva située à l’intérieur de la zone d’influence soviétique et se transforma en république communiste. Ses frontières antérieures furent modifiées. L’URSS s’attribua les territoires de l’est de la Pologne, et l’on fixa la frontière occidentale le long des deux rivières de l’Oder et de la Neisse. Ces deux décisions eurent d’énormes conséquences politiques, économiques, sociales et religieuses. Des millions de personnes de nationalités diverses furent déplacées ou réinstallées.

À la fin des années 1970, le pays dut faire face à l’effondrement économique. Dans toute la Pologne, des grèves éclatèrent; et le mécontentement, qui s’accrut à l’époque, aboutit à la formation d’un mouvement social et politique puissant. En 1980, se créa le syndicat indépendant «Solidarność» [Solidarité], avec environ dix millions de membres. Il était mené par Lech Wałęsa. Les transformations politiques survenues en URSS (durant la «Perestroïka»), ainsi que l’avènement du puissant syndicat et le mouvement d’indépendance de la Pologne, contribuèrent à des transformations démocratiques au sein de l’Europe et conduisirent à la souveraineté de la Pologne.

En 1989, le système politique se transforma en démocratie parlementaire, ce qui s’accompagna du retour à une économie de marché. Les premières élections parlementaires libres se tinrent, et de nouveaux partis politiques et organismes non gouvernementaux virent le jour. En 1999, la Pologne rejoignit des structures internationales destinées à la sécurité (l’OTAN) et aux échanges économiques (OMC et OCDE). Depuis 2004, le pays est membre de l’Union européenne qu’il a présidée de juillet à décembre 2011.

Situation religieuse

L’Église la plus importante de Pologne est l’Église catholique romaine dont fait partie approximativement 95% de la population. Cette Église a joué un grand rôle dans la préservation de l’identité nationale polonaise et de son indépendance au cours des âges, plus particulièrement à l’époque de la partition (1772-1918) et durant la période communiste (1945-1989). Le fait qu’un pape polonais ait été élu en 1978 a eu une très grande portée sur les transformations sociales et politiques. Jean-Paul II (qui mourut en 2005) était connu dans le monde entier pour sa défense du respect des religions, de la paix entre les peuples, de la dignité humaine et de la liberté.

La deuxième Église par ordre d’importance est l’Église orthodoxe polonaise (approximativement 550000 fidèles). Ses origines sont étroitement liées aux activités missionnaires des saints Cyrille et Méthode (IXe siècle). L’Orthodoxie a été l’un des traits permanents de la structure religieuse du pays. Depuis 1925, l’Église orthodoxe polonaise a le statut d’Église autocéphale.

En 1596, du fait de l’Union de Brest, un certain nombre de prêtres et fidèles orthodoxes a reconnu le Pape comme chef de l’Église et accepté les dogmes catholiques, tout en gardant le rite byzantin. C’est ainsi qu’est née l’Église gréco-catholique (Uniate) qui compte aujourd’hui approximativement 100000 fidèles.

L’Église évangélique luthérienne, composée d’environ 75000 fidèles, et l’Église évangélique réformée (ou Calviniste), qui en compte environ 3500, trouvent leur origine dans la Réforme du XVIe siècle. L’Église évangélique méthodiste (composée d’environ 5000 fidèles) et l’Union baptiste (environ 5000 fidèles) sont présentes en Pologne depuis le XIXe siècle.

Il faut également citer deux Églises constituées au tournant des XIXe et XXe siècles, et qui font partie des Églises vieilles-catholiques: l’Église mariavite et l’Église polonaise-catholique. L’Église vieille-catholique mariavite (environ 25000 fidèles) s’est séparée de l’Église catholique romaine en 1906. L’Église polonaise-catholique est née en Amérique, chez les Polonais expatriés. Elle dénombre approximativement 22000 fidèles et fait partie de l’Union d’Utrecht.

Il existe encore d’autres Églises protestantes actives en Pologne, comme l’Église Pentecôtiste, l’Église adventiste du Septième Jour, l’Alliance des Églises chrétiennes et l’Église des Chrétiens évangéliques. Certaines de ces Églises sont affiliées à l’Alliance évangélique. La Pologne abrite également des groupes religieux comme l’Union des Communautés religieuses juives, l’Union religieuse Karaïte et l’Union religieuse musulmane.

La situation œcuménique

Au cours des siècles écoulés, la Pologne s’est considérablement diversifiée en termes de confessions, fière d’une longue tradition de liberté, de tolérance religieuse et de collaboration œcuménique. Le paysage religieux contemporain résulte de nombreux événements historiques, particulièrement de la Seconde Guerre mondiale, avec les modifications de frontières et les migrations massives de populations qui l’ont accompagnée.

Les traditions historiques d’œcuménisme en Pologne remontent au XVIe siècle. L’un de ses événements marquants fut l’accord de Sandomir, signé en 1570 par les luthériens, les calvinistes et les hussites. En 1777, les luthériens et les calvinistes constituèrent une union; de 1828 à 1849, les deux confessions eurent un consistoire commun.

La première instance interconfessionnelle de Pologne fut la branche polonaise de l’Alliance universelle pour l’amitié internationale, qui fut créée en 1923 par l’intermédiaire des Églises. À l’origine, six Églises, appartenant aux traditions luthérienne, réformée et unie, faisaient partie de la branche polonaise qui servait à résoudre les sujets de désaccord entre elles et à entreprendre des actions communes. Lorsque l’Église orthodoxe autocéphale polonaise rejoignit l’Alliance, en 1930, il devint possible d’organiser une rencontre historique de deux traditions chrétiennes séparées – la tradition protestante et la tradition orthodoxe – à l’intérieur d’une même instance.

Au cours de la Seconde guerre mondiale, vers la fin de l’année 1942, on constitua un Conseil œcuménique provisoire. Celui-ci élabora la «Confession de foi des chrétiens polonais» (ou Credo polonais), texte œcuménique formulant des principes dogmatiques considérés comme bien commun à tous les membres.

En 1945, des représentants de cinq Églises protestantes – l’Église évangélique luthérienne, l’Église évangélique réformée, l’Église évangélique méthodiste, l’Union baptiste et l’Église chrétienne évangélique – constituèrent une mission officielle commune, connue sous la dénomination de Conseil des Églises protestantes de la République de Pologne, dont le président était le Rév. Konstanty Nadjer, surintendant général de l’Église méthodiste.

Le Conseil œcuménique de Pologne (COP) fut officiellement constitué à Varsovie, le 15 novembre 1946. Des délégués représentant douze confessions différentes y prirent part. Le Rév. Zygmunt Michelis (1890-1977), de l’Église évangélique luthérienne, fut élu président du COP.

Jusqu’à la fin des années 1960, les relations entre le Conseil œcuménique de Pologne et l’Église catholique romaine avaient un caractère non officiel. De nombreux catholiques, aussi bien membres du clergé que laïcs, prenaient néanmoins part aux célébrations marquant la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, qui étaient organisées par les Églises-membres du COP.

La première célébration œcuménique à s’être déroulée dans une église catholique, qui eut lieu avant le Concile Vatican II et avec la participation d’invités représentant d’autres confessions chrétiennes, se tint à l’église Saint-Martin de Varsovie, le 10 janvier 1962. Cette année 2012 marque le 50e anniversaire de l’événement en question.

Le Comité mixte du Conseil œcuménique de Pologne et du Comité épiscopal pour les Relations œcuméniques a été inauguré en 1974. Il a permis que des contacts officiels s’établissent entre l’Église catholique romaine et le COP. En 1977, le Comité mixte a désigné un Sous-comité de dialogue, chargé des débats sur les questions théologiques.

Vingt ans plus tard, en 1997, sur la base de la collaboration alors en vigueur, a été constitué un Comité de Dialogue de la Conférence épiscopale polonaise et du Conseil œcuménique de Pologne. L’un des résultats importants de la collaboration entre le COP et l’Église catholique romaine s’est produit, en l’an 2000, avec la signature par les responsables de six Églises membres du Conseil œcuménique polonais et par l’Église catholique romaine, du document «Le sacrement de baptême, signe d’unité», où les signataires déclaraient leur reconnaissance mutuelle de la validité du baptême.

Depuis l’an 2000, le Comité de dialogue étudie la question des mariages mixtes. En 2009, il a présenté un projet de document œcuménique à ce sujet.

Un événement important, coordonné par la Société biblique de Pologne, a été, en 2001, la publication d’une traduction œcuménique du Nouveau Testament et des Psaumes. Onze Églises ont participé à ce travail de traduction. La traduction œcuménique de l’Ancien Testament est actuellement en cours.

En cette année 2012, un livret pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens a été publié, pour la quinzième fois, après avoir été préparé en commun par des représentants du COP et de l’Église catholique romaine.

En 2009, est paru un ouvrage intitulé En route vers le Christ. Les Églises chrétiennes de Pologne parlent d’elles. Dans ce livre, les Églises affiliées au Conseil œcuménique polonais et l’Église catholique romaine se présentent – et cela pour la première fois dans l’histoire de Pologne d’après-guerre – dans une même publication.

Il est également important de noter que les papes Jean-Paul II et Benoît XVI ont rencontré des représentants du clergé et des membres d’Églises affiliées au Conseil œcuménique polonais lors des temps de prières œcuméniques de leurs pèlerinages en Pologne.

Sept Églises appartiennent actuellement au Conseil œcuménique de Pologne: l’Église orthodoxe autocéphale de Pologne, l’Église polonaise-catholique, l’Église vieille-catholique mariavite, l’Église évangélique luthérienne, l’Église évangélique réformée, l’Église évangélique méthodiste et l’Union baptiste de Pologne. La Société biblique de Pologne et l’Association caritative des Catholiques polonais ont le statut de membres affiliés.

SEMAINE DE PRIÈRE
POUR L’UNITÉ DES CHRÉTIENS

Thèmes 1968-2012

C’est en 1968 que débuta officiellement la collaboration
entre la Commission Foi et Constitution du COE
et le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens
pour la préparation de ces textes.

1968 : Pour la louange de sa gloire (Ep 1, 14)
To the praise of his glory

1969 : Appelés à la liberté (Ga 5, 13)
Called to freedom
(Réunion préparatoire à Rome, Italie)

1970 : Nous sommes les coopérateurs de Dieu (1 Co 3, 9)
We are fellow workers for God
(Réunion préparatoire au Monastère de Niederaltaich, République Fédérale d’Allemagne)

1971 : ... et la communion du Saint-Esprit (2 Co 13, 13)
... and the communion of the Holy Spirit
(Réunion préparatoire à Bari, Italie)

1972 : Je vous donne un commandement nouveau (Jn 13, 34)
I give you a new commandment
(Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1973 : Seigneur, apprends-nous à prier (Lc 11, 1)
Lord, teach us to pray
(Réunion préparatoire à l’Abbaye de Montserrat, Espagne)

1974 : Que tous confessent : Jésus Christ est Seigneur (Ph 2, 1-13)
That every tongue confess: Jesus Christ is Lord
(Réunion préparatoire à Genève, Suisse)
(En avril 1974, une lettre fut adressée aux églises-membres ainsi qu’à d’autres parties intéressées à la création de groupes locaux pouvant participer à la préparation du livret de la Semaine de Prière. Un groupe australien fut le premier à s’engager concrètement en préparant en 1975 le projet initial de livret pour la Semaine de Prière.)

1975 : La volonté du Père : tout réunir sous un seul Chef, le Christ (Ep 1, 3-10)
God’s purpose: all things in Christ
(Projet de texte élaboré par un groupe australien - Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1976 : Appelés à devenir ce que nous sommes (1 Jn 3, 2)
We shall be like him or Called to become what we are
(Projet de texte élaboré par la Conférence des églises des Caraïbes - Réunion préparatoire à Rome, Italie)

1977 : L'espérance ne déçoit pas (Rm 5, 1-5)
Enduring together in hope
(Projet de texte élaboré au Liban, en pleine guerre civile. Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1978 : Vous n'êtes plus des étrangers (Ep 2, 13-22)
No longer strangers
(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique de Manchester, Angleterre)

1979 : Soyez au service les uns des autres pour la gloire de Dieu (1 P 4, 7.11)
Serve one another to the glory of God
(Projet de texte élaboré en Argentine - Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1980 : Que ton Règne vienne (Mt 6, 10)
Your kingdom come
(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique de Berlin, République Démocratique d’Allemagne - Réunion préparatoire à Milan, Italie)

1981 : Un seul Esprit - des dons divers - Un seul corps (1 Co 12, 3b-13)
One Spirit - many gifts - one body
(Projet de texte élaboré par les Pères de Graymoor, USA - Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1982 : Que tous trouvent leur demeure en toi, Seigneur (Ps 84)
May all find their home in you, O Lord
(Projet de texte élaboré au Kenya - Réunion préparatoire à Milan, Italie.)

1983 : Jésus Christ - Vie du monde (1 Jn 1, 1-4)
Jesus Christ - the Life of the World
(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique d’Irlande - Réunion préparatoire à Céligny [Bossey], Suisse)

1984 : Appelés à l'unité par la Croix de notre Seigneur (1 Co 2, 2 et Col 1, 20)
Called to be one through the cross of our Lord
(Réunion préparatoire à Venise, Italie)

1985 : De la mort à la Vie avec le Christ (Ep 2, 4.7)
From death to life with Christ
(Projet de texte élaboré en Jamaïque - Réunion préparatoire à Grandchamp, Suisse)

1986 : Vous serez mes témoins (Ac 1, 6.8)
You shall be my witnesses
(Textes proposés en Yougoslavie [Slovénie] - Réunion préparatoire en Yougoslavie)

1987 : Unis dans le Christ, une nouvelle création (2 Co 5, 17-6,4a)
United in Christ - a New Creation
(Projet de texte élaboré en Angleterre - Réunion préparatoire à Taizé, France)

1988 : L'Amour de Dieu bannit la crainte (1 Jn 4, 18)
The love of God casts out fear
(Projet de texte élaboré en Italie - Réunion préparatoire à Pinerolo, Italie)

1989 : Bâtir la communauté : un seul corps en Christ (Rm 12, 5-6a)
Building community: one body in Christ
(Projet de texte élaboré au Canada - Réunion préparatoire à Whaley Bridge, Angleterre)

1990 : Que tous soient un... afin que le monde croie (Jn 17)
That they all may be one... That the world may believe
(Projet de texte élaboré en Espagne - Réunion préparatoire à Madrid, Espagne)

1991 : Nations, louez toutes le Seigneur (Ps 117 et Rm 15, 5-13)
Praise the Lord, all you nations
(Projet de texte élaboré en Allemagne - Réunion préparatoire à Rotenburg an der Fulda, République Fédérale d’Allemagne)

1992 : Je suis avec vous... allez donc (Mt 28, 16-20)
I am with you always ... Go, therefore
(Projet de texte élaboré en Belgique - Réunion préparatoire à Bruges, Belgique)

1993 : Porter le fruit de l'Esprit pour l'unité des chrétiens (Ga 5, 22-23)
Bearing the fruit of the Spirit for Christian unity
(Projet de texte élaboré au Zaïre - Réunion préparatoire près de Zurich, Suisse)

1994 : La maison de Dieu : appelés à n'avoir «qu'un cœur et qu’une âme»
(Ac 4, 32)
The household of God: called to be one in heart and mind
(Projet de texte élaboré en Irlande - Réunion préparatoire à Dublin, Irlande)

1995 : Koinônia : communion en Dieu et entre nous (Jn 15, 1-7)
Koinonia: communion in God and with one another
(Projet de texte élaboré par Foi et Constitution - Réunion préparatoire à Bristol, Angleterre)

1996 : Voici, je me tiens à la porte et je frappe (Ap 3, 14-22)
Behold, I stand at the door and knock
(Projet de texte élaboré au Portugal - Réunion préparatoire à Lisbonne, Portugal)

1997 : Au nom du Christ... laissez-vous réconcilier avec Dieu (2 Co 5, 20)
We entreat you on behalf of Christ, be reconciled to God
(Projet de texte élaboré en Scandinavie - Réunion préparatoire à Stockholm, Suède)

1998 : L’Esprit aussi vient en aide à notre faiblesse (Rm 8, 14-27)
The Spirit helps us in our weakness
(Projet de texte élaboré en France - Réunion préparatoire à Paris, France)

1999 : Ils seront ses peuples et lui sera le Dieu qui est avec eux (Ap 21, 3)
He will dwell with them as their God, they will be his peoples
(Projet de texte élaboré en Malaisie - Réunion préparatoire au Monastère de Bose, Italie)

2000 : Béni soit Dieu... qui nous a bénis en Christ (Ep 1, 3-14)
Blessed be God who has blessed us in Christ
(Projet de texte élaboré par le Conseil des Eglises
du Moyen-Orient - Réunion préparatoire au Sanctuaire de La Verna, Italie)

2001 : Je suis le chemin et la vérité et la vie (Jn 14, 1-6)
I am the Way, and the Truth, and the Life
(Projet de texte élaboré en Roumanie - Réunion préparatoire à la Casa de Odihna, Roumanie)

2002 : Car chez toi est la fontaine de la vie (Ps 36 [35], 10)
For with you is the fountain of life (Ps 36: 5-9)
(Projet de texte élaboré par le Conseil des Conférences Épiscopales Européennes (CCEE) et la Conférence des Eglises Européennes (CEC) - Réunion préparatoire au Centre œcuménique d’Ottmaring, Augsbourg, République Fédérale d’Allemagne)

2003 : Ce trésor, nous le portons dans des vases d’argile (2 Co 4, 7)
We have this treasure in clay jars
(Projet de texte élaboré en Argentine - Réunion préparatoire au Centre œcuménique ‘Los Rubios’, Málaga [Espagne])

2004 : Je vous donne ma paix (Jn 14, 27)
My peace I give to you
(Projet de texte élaboré à Alep, Syrie - Réunion préparatoire à Palerme, Sicile, Italie)

2005 : Le Christ, unique fondement de l’Eglise (1 Co 3, 1-23)
Christ, the one foundation of the church
(Projet de texte élaboré en Slovaquie - Réunion préparatoire à Piestaňy, Slovaquie)

2006 : Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu
d’eux (Mt 18, 20)
Where two or three are gathered in my name, there I am among them
(Projet de texte élaboré en Irlande - Réunion préparatoire à Prosperous, County Kildare, Irlande)

2007 : Il fait entendre les sourds et parler les muets (Mc 7, 37)
He even makes the deaf to hear and the mute to speak
(Projet de texte élaboré en Afrique du Sud - Réunion préparatoire au Château de Faverges, Haute-Savoie, France)

2008 : Priez sans cesse (1 Th 5,17)
Pray without ceasing (Projet de texte élaboré aux USA - Réunion préparatoire à Graymoor, Garrison, USA)

2009 : Ils seront unis dans ta main (Ez 37, 17)
That they may become one in your hand (Ez 37:17)
(Projet de texte élaboré en Corée - Réunion préparatoire à Marseille, France)

2010 : De tout cela, c’est vous qui êtes les témoins (Lc 24, 48)
You are witnesses of these things (Lk 24:48)
(Projet de texte élaboré en Ecosse – Réunion préparatoire à Glasgow, Ecosse)

2011 : Unis dans l’enseignement des apôtres, la communion fraternelle, la fraction du pain et la prière (cf. Ac 2,42)
One in the apostles' teaching, fellowship, breaking of bread and prayer
(Projet de texte élaboré à Jérusalem – Réunion préparatoire à Saydnaya, Syrie)

2012 : Tous, nous serons transformés par la Victoire de notre Seigneur Jésus Christ (cf. 1 Co 15,51-58)
We will all be changed by the Victory of our Lord Jesus Christ
(Projet de texte élaboré en Pologne – Réunion préparatoire à Varsovie, Pologne)


Quelques dates importantes
dans l’histoire de la Semaine
de
prière pour l’unité
des chrétiens

1740 env. : En Ecosse, naissance d'un mouvement pentecôtiste avec des liens en Amérique du Nord, dont le message pour le renouveau de la foi appelle à prier pour toutes les Eglises et avec elles.

1820 : Le Révérend James Haldane Stewart publie : Conseils pour l'union générale des chrétiens, en vue d'une effusion de l'Esprit (Hints for the outpouring of the Spirit).

1840 : Le Révérend Ignatius Spencer, un converti au catholicisme romain, suggère une ‘Union de prière pour l'unité’.

1867 : La première assemblée des évêques anglicans à Lambeth insiste sur la prière pour l'unité, dans l'introduction à ses résolutions.

1894 : Le Pape Léon XIII encourage la pratique de l'Octave de la Prière pour l'unité dans le contexte de la Pentecôte.

1908 : Célébration de «l'Octave pour l'unité de l’Eglise» à l'initiative du Révérend Père Paul Wattson.

1926 : Le Mouvement «Foi et Constitution» commence la publication de ‘Suggestions pour une Octave de prière pour l'unité des chrétiens’.

1935 : En France, l'abbé Paul Couturier se fait l'avocat de la «Semaine universelle de prière pour l'unité des chrétiens sur la base d'une prière conçue pour l'unité que veut le Christ, par les moyens qu'Il veut».

1958 : Le Centre «Unité chrétienne» de Lyon (France) commence à préparer le thème pour la Semaine de prière en collaboration avec la Commission «Foi et Constitution» du Conseil œcuménique des Eglises.

1964 : A Jérusalem, le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras Ier récitent ensemble la prière du Christ «que tous soient un» (Jn 17).

1964 : Le Décret sur l’œcuménisme du Concile Vatican II souligne que la prière est l'âme du mouvement œcuménique, et encourage la pratique de la Semaine de Prière.

1966 : La Commission«Foi et Constitution» et le Secrétariat pour l'unité des chrétiens (aujourd’hui Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens) de l'Eglise catholique décident de préparer ensemble le texte pour la Semaine de Prière de chaque année.

1968 : Pour la première fois, la Semaine de prière est célébrée sur la base des textes élaborés en collaboration par «Foi et Constitution» et le Secrétariat pour l'unité des chrétiens (aujourd’hui Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens).

1975 : Première célébration de la Semaine de prière à partir de textes préparés sur la base d’un projet proposé par un groupe œcuménique local. Ce nouveau mode d’élaboration des textes est inauguré par un groupe œcuménique d’Australie.

1988 : Les textes de la Semaine de prière sont utilisés pour la célébration inaugurale de la Fédération chrétienne de Malaisie rassemblant les principaux groupes chrétiens de ce pays.

1994 : Le groupe international ayant préparé les textes pour 1996 comptait entre autre des représentants de la YMCA et de la YWCA.

2004 : Accord entre Foi et Constitution (Conseil œcuménique des Eglises) et le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens (Eglise catholique) pour que le livret de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens soit officiellement conjointement publié et présenté sous un même format.

2008 : Célébration du centenaire de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens (l’Octave pour l’unité de l’Eglise, son prédécesseur, fut célébrée pour la première fois en 1908).

Traduction de l’original anglais,
Conférence des Évêques de France
Marie-Cécile Dassonneville

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