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CONSEIL PONTIFICAL POUR LA PROMOTION DE L'UNITÉ DES CHRÉTIENS

IMPORTANT

Ceci est la version internationale de la Semaine de prière
pour l’année 2014

Pour vous procurer la version spécialement adaptée à votre situation locale, veuillez contacter la Conférence épiscopale de votre pays
ou le Synode de votre Église

Traduction de l’original anglais réalisée
par le Centre canadien d’œcuménisme en collaboration
avec la Conférence des Évêques de France

Textes pour
la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens
et pour toute l’année 2014

Le Christ est-il divisé ?
(1 Co 1,13)

 

Conjointement préparés et publiés par
le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens
la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Eglises

iN MEMORIAM

Pr Ralph Del Colle (1954-2012)

Le Pr Ralph Del Colle, expert catholique en théologie systématique et professeur associé de théologie à la Marquette University (Milwaukee, Wisconsin, USA) est décédé le 29 juillet 2012. Depuis 1998, il était membre du Dialogue international pentecôtiste-catholique. Il avait également pris part aux Conversations informelles de l’Église catholique avec les Adventistes du septième jour (2001-2002) et été membre de la délégation catholique officielle à l’Assemblée générale du Conseil œcuménique des Églises à Harare, en 1998. Ralph Del Colle a toujours contribué avec joie et dévouement aux rencontres de dialogue. Il n’a jamais évité aucun sujet de discussion et alliait une sensibilité vive et perspicace à un total dévouement au service de la vérité. Tout au long de sa carrière, il a généreusement mis à disposition ses capacités dans la ferme conviction que l’unité est la volonté de Dieu et un choix irrévocable pour tous les chrétiens.

Pr Margaret O’Gara (1947-2012)

Margaret O’Gara, professeur de théologie à la University of St Michael’s College (Toronto, Canada), est décédée le 16 août 2012 après avoir combattu pendant deux ans contre la maladie. Catholique spécialiste du ministère d’enseignement de l’Église et du dialogue œcuménique, pendant plus de 35 ans, elle avait participé activement à la recherche œcuménique et à de nombreuses commissions de dialogue. Elle avait en effet été nommée membre de la Commission de dialogue entre les Disciples du Christ et l’Église catholique en 1983, du dialogue luthérien-catholique aux États-Unis en 1994 et du dialogue évangélique-catholique au Canada en 2008. En outre, pendant 18 ans elle avait été membre du dialogue anglican-catholique au Canada (1976-1993) et pendant 12 ans de la Commission internationale luthérienne-catholique pour l’unité (1995-2006). Elle avait également été présidente de la North American Academy of Ecumenists et de la Catholic Theological Society of America.

Avec gratitude, le Comité international recommande ces grands œcuménistes à l’amour infini de notre Père céleste.

 

À TOUS CEUX QUI ORGANISENT
LA SEMAINE DE PRIÈRE POUR L’UNITÉ DES CHRÉTIENS


Rechercher l’unité tout au long de l’année

Dans l’hémisphère nord, la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens est célébrée du 18 au 25 janvier. Ces dates furent proposées en 1908 par Paul Wattson de manière à couvrir la période entre la fête de saint Pierre et celle de saint Paul. Ce choix a donc une signification symbolique. Dans l'hémisphère Sud, où le mois de janvier est une période de vacances d'été, on préfère adopter une autre date, par exemple aux environs de la Pentecôte (ce qui fut suggéré par le mouvement Foi et Constitution en 1926) qui représente aussi une autre date symbolique pour l’unité de l’Église.

En gardant cette flexibilité à l’esprit, nous vous encourageons à considérer ces textes comme une invitation à trouver d'autres occasions, au cours de l'année, pour exprimer le degré de communion que les Églises ont déjà atteint et pour prier ensemble en vue de parvenir à la pleine unité voulue par le Christ.

Adapter les textes

Ces textes sont proposés étant bien entendu que, chaque fois que cela sera possible, on essayera de les adapter aux réalités des différents lieux et pays. Ce faisant, on devra tenir compte des pratiques liturgiques et dévotionnelles locales ainsi que du contexte socio-culturel. Une telle adaptation devrait normalement être le fruit d’une collaboration œcuménique. Dans plusieurs pays, des structures œcuméniques sont déjà en place et elles permettent ce genre de collaboration. Nous espérons que la nécessité d'adapter la Semaine de prière à la réalité locale puisse encourager la création de ces mêmes structures là où elles n'existent pas encore.

Utiliser les textes de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens

· Pour les Églises et les Communautés chrétiennes qui célèbrent ensemble la Semaine de prière au cours d'une seule cérémonie, ce livret propose un modèle de Célébration œcuménique de la Parole de Dieu.

· Les Églises et Communautés chrétiennes peuvent également se servir pour leurs célébrations des prières ou des autres textes de la Célébration œcuménique de la Parole de Dieu, des textes proposés pour les Huit Jours et du choix de prières en appendice de cette brochure.

· Les Églises et Communautés chrétiennes qui célèbrent la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens chaque jour de la semaine, peuvent trouver des suggestions dans les textes proposés pour les Huit Jours.

· Les personnes désirant entreprendre des études bibliques sur le thème de la Semaine de prière peuvent également se baser sur les textes et les réflexions bibliques proposés pour les Huit Jours. Les commentaires de chaque jour peuvent se conclure par une prière d'intercession.

· Pour les personnes qui souhaitent prier en privé, les textes contenus dans cette brochure peuvent alimenter leurs prières et leur rappeler aussi qu'elles sont en communion avec tous ceux qui prient à travers le monde pour une plus grande unité visible de l’Église du Christ.

TEXTE BIBLIQUE pour 2014[1]

(1 Corinthiens 1,1-17)

Paul, appelé à être apôtre du Christ Jésus par la volonté de Dieu, et Sosthène le frère, à l’église de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ Jésus, appelés à être saints avec tous ceux qui invoquent en tout lieu le nom de notre Seigneur Jésus Christ, leur Seigneur et le nôtre; à vous grâce et paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.

Je rends grâce à Dieu sans cesse à votre sujet, pour la grâce de Dieu qui vous a été donnée dans le Christ Jésus. Car vous avez été, en lui, comblés de toutes les richesses, toutes celles de la parole et toutes celles de la connaissance. C’est que le témoignage du Christ s’est affermi en vous, si bien qu’il ne vous manque aucun don, à vous qui attendez la révélation de notre Seigneur Jésus Christ. C’est lui aussi qui vous affermira jusqu’à la fin, pour que vous soyez irréprochables au Jour de notre Seigneur Jésus Christ. Il est fidèle, le Dieu qui vous a appelés à la communion avec son fils Jésus Christ, notre Seigneur.

Mais je vous exhorte, frères, au nom de notre Seigneur Jésus Christ : soyez tous d’accord et qu’il n’y ait pas de divisions parmi vous; soyez bien unis dans un même esprit et dans une même pensée. En effet, mes frères, les gens de Chloé m’ont appris qu’il y a des discordes parmi vous. Je m’explique; chacun de vous parle ainsi : « Moi j’appartiens à Paul. – Moi à Apollos. – Moi à Céphas. – Moi à Christ ». Le Christ est-il divisé? Est-ce Paul qui a été crucifié pour vous? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ? Dieu merci, je n’ai baptisé aucun de vous, excepté Crispus et Caïus; ainsi nul ne peut dire que vous avez été baptisés en mon nom. Ah si ! J’ai encore baptisé la famille de Stéphanas. Pour le reste, je n’ai baptisé personne d’autre, que je sache. Car Christ ne m’a pas envoyé baptiser, mais annoncer l’Évangile, et sans recourir à la sagesse du discours, pour ne pas réduire à néant la croix du Christ.

La Bible – Traduction œcuménique – TOB


INTRODUCTION AU THÈME DE L’ANNÉE 2014

Le Christ est-il divisé?
(cf. 1 Corinthiens 1,1-17)

1. Nous autres Canadiens, nous vivons dans un pays marqué par les diversités linguistiques, culturelles, et même climatiques, et nous représentons aussi toute une variété d’expressions de la foi chrétienne. Cette vie dans la différence, mais aussi dans la fidélité au désir du Christ que ses disciples soient unis, nous a conduits à réfléchir à la question provocatricede Paul dans la première épître aux Corinthiens : « Le Christ est-il donc divisé? » Dans la foi, nous répondons  : « Non ! », et cela bien que nos communautés ecclésiales soient encore scandaleusement déchirées. La première épître aux Corinthiens nous montre aussi comment valoriser et accueillir dès à présent les dons des autres, malgré nos divisions, et cela nous encourage à travailler pour l’unité.

2. Le Canada est renommé pour sa splendeur naturelle : ses montagnes, ses forêts, ses lacs et ses rivières, ses océans de blé et ses trois côtes maritimes. Notre pays s’étend de l’Atlantique au Pacifique et de la frontière des États-Unis au Pôle-Nord. C’est une terre riche au plan agricole et en ressources naturelles. Le Canada est marqué également par une diversité de populations : les Premières Nations, les Inuits et les Métis[2], et de nombreux peuples du monde entier venus s’y installer. Nous avons deux langues officielles, le français et l’anglais, bien que beaucoup de Canadiens soient attachés à l’héritage culturel et linguistique de leurs terres ancestrales. Nos disparités sociales et politiques reposent souvent sur des distinctions linguistiques, culturelles et régionales, bien que nous comprenions progressivement toute la contribution apportée par ces identités nationales à une saine diversité canadienne. Beaucoup de chrétiens ont enrichi ce milieu multiculturel par leurs spécificités de culte et de ministère. L’épître de Paul s’adresse à nous dans notre diversité, et nous invite à reconnaître qu’en tant qu’Église, dans les lieux particuliers où nous sommes implantés, nous ne devons ni nous isoler, ni agir à l’encontre les uns des autres, mais plutôt reconnaître nos liens étroits avec tous ceux qui invoquent le nom du Seigneur.

3. Dans le passage de l’Écriture choisi pour notre réflexion de cette année, Paul débute vigoureusement ses épîtres aux Corinthiens. Comme le ferait une ouverture d’opéra ou le mouvement d’entrée d’une symphonie, ce passage aborde des thèmes qui nous préparent sans aucun doute au contenu à suivre de ces lettres. Le texte comprend trois mouvements. Tous trois posent un fondement solide mais qui interpelle aussi nos réflexions de chrétiens, appelés à vivre et à travailler ensemble dans les Églises et la société d’aujourd’hui.

4. Dans le premier mouvement (1,1-3), Paul, avec son compagnon chrétien Sosthène – qui forment une minuscule mais authentique communauté de deux membres – s’adresse à une communauté plus importante et profondément active, celle des chrétiens de Corinthe. Il qualifie les Corinthiens d’« Église de Dieu », et pas seulement par conséquent de branche locale mais de pleine expression de l’Église en cette région du monde. Paul leur rappelle qu’ils constituent un peuple d’ « appelés » : « appelés à être saints », non pas de façon isolée et individuelle, mais « avec tous ceux qui invoquent en tout lieu le nom de notre Seigneur Jésus Christ, leur Seigneur et le nôtre ». Cette expression pourrait se traduire également ainsi : « aussi bien là où ils se trouvent que là où nous sommes ». Ils sont donc authentiquement l’Église de Dieu, mais en lien étroit avec tous ceux qui invoquent le Seigneur, aussi bien en Le confessant que là où ils se trouvent. Ensuite, comme en toutes ses lettres, Paul développe ses souhaits habituels et vigoureux de grâce et de paix, de la part de Dieu. Dans le langage de Paul, le mot « grâce » renvoie à la bonté de Dieu et aux dons qu’il nous a faits dans le Christ, et ce mot doit nous amener à la reconnaissance envers Dieu et à la générosité les uns envers les autres. La « paix » qui nous est destinée en toute plénitude et réciprocité est communion (koinonia) en Dieu.

5. Où la grâce et la paix de Dieu vous apparaissent-elles présentes dans votre Église locale, votre communauté au sens large, et votre pays? Comment pouvez-vous dépasser le souci de votre communauté immédiate pour vous rendre attentifs à la communauté chrétienne et au monde dans leur ensemble?

6. C’est lorsqu’il est sur le point d’appeler la communauté de Corinthe à la tâche, que Paul entame le second mouvement de notre texte (1,4-9) dans lequel il exprime sa reconnaissance pour « la grâce de Dieu qui a été donnée » aux Corinthiens « dans le Christ Jésus ». Il ne s’agit pas ici d’une simple formalité mais d’une joie authentique pour les dons que Dieu a accordés à cette communauté. Paul continue de les affermir : « Car vous avez été, en lui, comblés de toutes les richesses (...), si bien qu’il ne vous manque aucun don de la grâce ». Les Corinthiens ont l’assurance d’être fortifiés jusqu’au bout, et que Dieu « est fidèle ». Il nous appelle à la communion (koinonia) avec son Fils, et à tout ce que cela implique socialement et spirituellement pour nos Églises et nos peuples.

7. En tant que chrétiens canadiens, nous devons bien reconnaître que nous n’avons pas toujours été prêts à nous réjouir de la présence des dons de Dieu en d’autres communautés chrétiennes. La lecture du texte de Paul dans un esprit œcuménique, nous fait mieux prendre conscience que nous sommes invités à nous réjouir sincèrement de la bénédiction accordée par Dieu à d’autres chrétiens et à d’autres peuples. Ceux qui, en premier, ont apporté la foi chrétienne au Canada ont souvent dédaigné les dons et intuitions des populations indigènes, et n’ont pas suffisamment perçu les bénédictions que Dieu accordait à travers eux.

Nous avons bien des motifs d’action de grâce pour la diversité de populations et d’expressions de la foi en notre pays. Bien qu’il y ait, dans notre histoire, beaucoup d’exemples de manques de respect mutuel et de soutien insuffisant les uns des autres, nous savons que notre nation s’est construite sur la collaboration et la recherche de la paix, aussi bien chez nous que dans le monde. Nous avons trop souvent tendance à considérer qu’il est normal de bénéficier des bienfaits de la nature et des dons de Dieu, et nous avons du mal à maintenir l’équilibre entre la prospérité et notre responsabilité à l’égard de ces biens matériels. Nous nous battons aussi pour que soient mises en œuvre les valeurs auxquelles nous tenons, en tant que Canadiens. Comme chrétiens et comme Églises, nous nous sentons appelés à recevoir avec gratitude les dons que Dieu a placés chez les autres, et à manifester concrètement de la reconnaissance et à prendre soin de l’ensemble de notre pays et du monde.

8. Quels sont les motifs d’action de grâce de votre Église, de votre communauté et de votre pays? Comment avez-vous fait l’expérience des dons spirituels et/ou matériels de Dieu existant chez d’autres chrétiens ou d’autres membres de votre propre communauté?

9. Dans le troisième mouvement (1,10-17), Paul s’adresse aux Corinthiens avec dureté, en leur reprochant la façon dont ils ont déformé l’Évangile et détruit l’unité de la communauté : « Moi, j’appartiens à Paul. Moi, à Apollos. Moi, à Céphas ». Paul n’applaudit pas même ceux qui ont proclamé le Christ comme leur chef, parce qu’ils ont utilisé le nom du Christ pour s’éloigner d’autres membres de la communauté chrétienne. L’invocation du nom du Christ ne doit pas nous servir à bâtir des murailles autour de nous, car son nom crée la fraternité et l’unité, et non les divisions. « Le Christ est-il divisé? » Paul ne voit pas d’inconvénient à ce que des communautés se constituent autour de responsables forts, mais c’est dans le Christ que la communauté doit trouver son identité fondamentale  : « Est-ce Paul qui a été crucifié pour vous? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés? » Les gens de Chloé ont vu ce genre de choses se produire chez eux, et les ont tirées au clair.

10. C’est dans cet état de division que Paul appelle à se rassembler, et à être « bien unis dans un même esprit et dans une même pensée ». Il exhorte ses lecteurs et les Corinthiens à être « tous d’accord ». Paul voudrait-il dire que tout le monde doit célébrer et agir de la même manière ? Nous ne le pensons pas. Ces versets ne sont pas un appel à mettre de côté la responsabilité de Paul, d’Apollos ou de Céphas. Notre enracinement dans le Christ nous appelle à rendre grâces pour les dons de Dieu apportés à la mission commune de l’Église par ceux qui ne sont pas membres de notre groupe. Reconnaître les dons de Dieu chez les autres nous rapproche dans la foi et la mission, et nous conduit vers l’unité pour laquelle le Christ a prié, dans le respect d’une véritable diversité de culte et de vie.

11. Paul souligne deux éléments essentiels de la condition de disciple chrétien qui nous rendent fondamentalement unis au Christ : le baptême et la croix du Christ. Ce n’est pas au nom de Paul que nous avons été baptisés et ce n’est pas lui qui a été crucifié pour nous; c’est dans le Christ qu’est notre unité, et c’est de Lui que nous tenons la vie et le salut. Il n’en est pas moins vrai que nous appartenons à tel ou tel groupe particulier, et que nos Églises locales nous nourrissent dans la foi et nous aident à cheminer en disciples de Jésus. Ce qui en découle, pour Paul comme pour nous, n’est pas simplement le fait de nous sentir membre d’une Église particulière. Il s’agit plutôt pour nous de proclamer la Bonne Nouvelle, l’Évangile auquel nous avons répondu avec foi et dans la joie. Il nous faut à présent partager ce message au monde. La conclusion de Paul nous incite à nous demander si nous sommes porteurs de bonnes nouvelles en Christ les uns pour les autres, ou bien si nous transmettons la division, y compris au nom du Christ, ce qui − pour reprendre les mots de Paul − réduit à néant la croix du Christ.

12. Notre histoire, à nous chrétiens canadiens, est marquée par la collaboration et le soutien mutuel. Elle comporte des exemples d’efforts communs, de ministères partagés et même d’union entre plusieurs Églises. Là où une véritable unité entre Églises n’a pas été possible, nous avons souvent procédé à des accords mutuels et partagé des ministères qui témoignent de notre unité grandissante dans le Christ. Nos Églises ont mené des actions communes dans des domaines en rapport avec la pauvreté et la justice sociale, et bon nombre de nos Églises commencent à reconnaître ensemble nos responsabilités dans la manière infidèle au Christ dont nous avons traité les populations indigènes de notre pays. Et pourtant, en dépit de ces évolutions encourageantes vers l’unité que le Christ veut pour nous, nous continuons d’être divisés et désunis d’une manière qui déforme notre proclamation de l’Évangile.

13. Nous entendons également parler des gens de Chloé. C’est au moment où Chloé est en responsabilité que ce groupe constate et désigne les conflits et divisions de l’Église de Corinthe. Nous continuons d’avoir besoin de témoins semblables, de femmes et d’hommes de toutes nos Églises, et de leur ministère de réconciliation et d’unité. C’est en donnant la parole à des témoins de ce genre que nous comprendrons mieux ce que Paul entend par une communauté ayant « un même esprit et une même pensée » dans le Christ.

14. Comment comptez-vous faire, vous et votre Église, pour discerner que vous avez le même esprit et la même pensée dans le Christ que les autres Églises? En ce qui concerne les compréhensions différentes de la liturgie qui existent dans les Églises de votre ville ou de votre pays, comment votre intérêt pour ces autres pratiques cultuelles peut-il porter du fruit dans les efforts en faveur de l’unité chrétienne visible? Quelle mission commune entendez-vous partager avec les autres chrétiens pour aider le monde à faire une meilleure place aux autres?

15. Pour conclure, si nous considérons tous les dons et bénédictions que Dieu a manifestés en notre pays et chez nos peuples, nous sommes amenés à reconnaître que nous devons nous traiter les uns les autres, et même la terre dont nous tenons la vie, avec dignité et respect. Cette démarche de reconnaissance nous a conduits à la confession de notre péché et au repentir, ainsi qu’à la recherche de modes de vie nouveaux et durables sur terre. Elle nous a fait prendre mieux conscience que la bénédiction de Dieu s’étend à nous tous, et qu’aucun groupe de notre pays ne peut décider de l’utilisation des ressources nationales sans avoir entendu et tenu compte des avis de nos concitoyens canadiens.

PRÉPARATION DES éLÉMENTS
DE LA SEMAINE DE PRIÈRE
POUR L’UNITÉ DES CHRÉTIENS 2014

Les premiers travaux sur le thème, pour la semaine de prière de cette année, ont été réalisés par un groupe de représentants des diverses régions du Canada, réunis à l’invitation du Centre canadien d’œcuménisme et du Centre des Prairies pour l’œcuménisme. Nous souhaitons remercier particulièrement :

· Mme Bernice Baranowski (Centre canadien d'œcuménisme, Montréal – Église catholique);

· la Rév. Dr Sandra Beardsall (Église unie du Canada), professeur d’histoire de l’Église et d’œcuménisme au St Andrew’s College de Saskatoon;

· le Rév. Michel Belzile (Baptiste), Greenborough Community Church de Toronto;

· Mgr Donald Bolen (Église catholique), évêque du diocèse de Saskatoon;

· la Rév. Amanda Currie (Église presbytérienne au Canada, Saskatoon), ministre et agent administratif du Presbytère du Nord-Saskatchewan;

· M. Nicholas Jesson (Église catholique), Délégué à l’œcuménisme du diocèse de Saskatoon;

· M. Norman Lévesque (Église catholique), directeur par intérim du Centre canadien d’œcuménisme, directeur du programme Église Verte

· le Rév. Diacre Anthony Mansour (Église orthodoxe en Amérique), directeur exécutif (2006-2012) du Centre canadien d’œcuménisme à Montréal;

· le Rév. Dr David MacLachlan (Église unie du Canada), professeur d’exégèse du Nouveau Testament à l’Atlantic School of Theology d’Halifax, en Nouvelle-Écosse;

· le Rév. John Wilson (Église unie du Canada), Summerside, Prince Edward Island.

Pour leurs intéressantes suggestions et ébauches de textes, nous remercions également :

· la Rév. Dr Karen Hamilton (Église unie du Canada), secrétaire générale du Conseil canadien des Églises;

· le Rév. Dr Gilles Routhier (Église catholique), doyen de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval de Québec.

Nous sommes également reconnaissants à Mgr Donald Bolen, évêque de Saskatoon, qui a permis de constituer le groupe préparatoire, et à tous ceux qui ont participé aux travaux du Comité international.

Les textes proposés ici ont été mis au point au cours d’une rencontre du Comité international nommé par la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises, et le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Le Comité s’est réuni avec les représentants canadiens en septembre 2012, à la Villa Saint-Martin, centre jésuite de retraites situé à Pierrefonds, au nord-ouest de l’île de Montréal. Nous sommes particulièrement reconnaissants au Centre canadien d’œcuménisme et au Centre des Prairies pour l’œcuménisme d’avoir généreusement accueilli cette rencontre et d’avoir organisé une visite à l’Oratoire Saint-Joseph de Montréal. Nous souhaitons également exprimer nos remerciements à la Faculté de l’Université McGill, de Montréal, pour avoir organisé un symposium œcuménique lors de notre séjour au Canada.

 

CÉLÉBRATION ŒCUMÉNIQUE

Introduction à la célébration

Le Christ est-il divisé ?
(cf.1 Corinthiens 1,1-17)

Nous nous rassemblons pour prier ensemble durant la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens et nous venons répondre à l’appel de Dieu, en cherchant à nous renouveler et à resserrer nos liens communs avec le Christ par le chant, les Saintes Écritures et un geste symbolique. Cette célébration peut également nous inviter à relire et approfondir les « huit jours » de réflexion, en lien avec le passage de 1 Corinthiens 1 : 1-17. On y trouve la question provocante de l’Apôtre Paul : « Le Christ est-il divisé? » qui constitue un joyeux défi pour notre prière et pour notre propre évaluation de nous-mêmes, mais aussi en tant que communautés chrétiennes. Ce choix de passage biblique ainsi que le déroulement de cette célébration vous donneront l’occasion de considérer ce défi sous un nouveau jour, dans votre contexte.

Voici quelques aspects particuliers de la célébration de cette année qui pourraient requérir une préparation préalable.

L’étape Rassemblement de la communauté inclut une invitation à prier à la manière des Amérindiens du Canada. Pour ce faire, les fidèles se tournent pour faire face à différentes directions. Vous devrez être conscients de la position des points cardinaux au moment de la célébration afin que les membres puissent se retourner, dans le sens des aiguilles d’une montre, durant la prière. Ils devront se retourner ensuite, face à l’avant, pour les directions « haut » et « bas », comme cela est indiqué. Vous devrez peut-être modifier la prière pour correspondre à votre réalité géographique.

L’échange œcuménique des dons spirituels constitue une façon de répondre aux soucis de Paul envers les Corinthiens qui se sont divisés en camps opposés, c’est pourquoi il les interpelle : « Le Christ est-il divisé? » Nous ne pouvons pas continuer à vivre isolés au sein de nos communautés chrétiennes en présumant que l’unité est acquise. Il faut que nous soyons prêts à recevoir réciproquement les dons des autres, ce qui signifie aller au-delà de la simple énonciation du don que nous avons à offrir. Cela nous demande de considérer les autres et de voir, en eux, les charismes qui enrichissent le Corps du Christ. Cet « échange » est expliqué en détails plus loin et il nécessite une préparation préliminaire.

Nous suggérons ce qui suit :

  1. Invitez les représentants des différentes Églises dans votre secteur à réfléchir ensemble sur les « dons » que nous recevons les uns des autres. Le but est d’identifier ensemble des dons que chaque communauté offre et que les autres peuvent consentir à « recevoir ».
  2. Idéalement, vous pourriez trouver un objet qui serait la représentation symbolique de chacun des dons qui serait apporté à l’avant durant l’« échange œcuménique des dons spirituels ».
  3. Pendant que les symboles des dons sont amenés à l’avant, ils sont annoncés selon une formule semblable à celle-ci : « De la part de l’Église _____________, nous sommes reconnaissants de recevoir le don de _______________ représenté par ___________________ ».

Cet « échange œcuménique des dons spirituels » peut, bien sûr, être adapté selon le contexte local.

Les prières d’intercession mettent en évidence les « Huit objectifs du millénaire » des Nations Unies. Nous vous encourageons à imprimer ces prières pour l’assemblée afin que chacun puisse reconnaitre les objectifs spécifiques inclus dans les prières.

Notez que les huit réponses dans l’« engagement pour l’unité » correspondent aux thèmes des « huit jours de prière pour l’unité » que vous trouverez dans ce document.

On dit que « chanter, c’est prier deux fois ». Nous proposons quelques hymnes et chants sacrés puisés dans le répertoire canadien des auteurs et compositeurs d’hymnes qui ont été mandatés en particulier pour la Semaine de prière 2014. Plusieurs chants en langue française se trouvent au www.ecumenism.net/music/. Nous espérons que vous accorderez beaucoup de place à la musique durant cette célébration œcuménique.


A : Animateur, animatrice
C : Communauté

Déroulement de la célébration

I. Nous nous rassemblons dans l’espérance et l’unité

Hymne de procession d’entrée

Les animateurs de la célébration et les autres peuvent entrer en procession.

Rassemblement de la communauté

A : La grâce et la paix de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ soient avec vous ! (1Co1,3).

Cette célébration a été préparée au Canada. Le mot « Canada » signifie « village », dans la langue de certains membres des Premières Nations amérindiennes, les Iroquois. Comme membres de la maison de Dieu, les chrétiens du monde entier habitent un « village ». Lorsque les chrétiens prient ensemble, ils se joignent à ce grand village global, rempli de beauté, de luttes et d’espoir. Chers amis, unissons-nous dans la prière par la grâce de Jésus Christ notre Seigneur, l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit Saint.

C : Amen !

A : Dieu très aimant, tu nous appelles de nos maisons, de nos bureaux, de nos mines et de nos usines, de nos champs et de nos magasins, de nos bateaux de pêche et de nos troupeaux, de nos écoles et de nos hôpitaux, de nos prisons et centres de détention pour nous unir dans une fraternité commune en Jésus Christ.

C : Rends-nous un en Christ.

A : Les Premières Nations du Canada conservent un ancien rite de prière qui consiste à faire face aux quatre points cardinaux. Avec eux, unissons-nous en prière en faisant face à chacun des points cardinaux, tel qu’indiqué.

Se tournant vers l’Est

A : De l’Est, en direction du soleil levant, nous recevons la paix, la lumière, la sagesse et la connaissance.

C : Nous te rendons grâce pour ces dons, Seigneur !

Se tournant vers le Sud

A : Du Sud nous viennent la chaleur, le conseil, le début et la fin de la vie.

C : Nous te rendons grâce pour ces dons, Seigneur !

Se tournant vers l’Ouest

A : De l’Ouest nous viennent la pluie, les eaux purifiantes qui soutiennent toutes les formes de vie.

C : Nous te rendons grâce pour ces dons, Seigneur !

Se tournant vers le Nord

A : Du Nord nous viennent le froid, les vents puissants, la neige blanche qui nous donnent la force et l’endurance.

C : Nous te rendons grâce pour ces dons, Seigneur !

Se tournant vers l’avant et vers le haut

A : Des cieux nous recevons la noirceur, la lumière et l’air de ton souffle.

C : Nous te rendons grâce pour ces dons, Seigneur !

Faisant face vers le bas

A : De la terre, d’où nous venons et où nous retournerons.

C : Nous te rendons grâce, Seigneur, pour ta Création et pour notre demeure terrestre.

A : Puissions-nous marcher sur de bons chemins, Seigneur, et vivre sur cette terre en vrais frères et sœurs en partageant la joie de nos bénédictions et la compassion dans nos souffrances ensemble avec toi, au nom de Jésus, et avec l’Esprit qui inspire la vie et renouvelle la face de la terre.

C : Amen !

Hymne de louange

Prières de repentance

A : Inspirés par l’appel de Paul à la communauté des Corinthiens, confessons nos péchés.

A : Dieu très bon, en union avec le Christ Jésus, tu nous as enrichis des dons de la parole et de la connaissance. Dans notre orgueil, nous nous attribuons souvent ces dons en ne reconnaissant pas leur véritable source. Pardonne-nous, Seigneur.

C : Pardonne-nous, Seigneur ! ou Kyrie Eleison (chanté)

A : Dieu de grâce, en Christ nous ne manquons d’aucun don spirituel. Par contre, nous sommes souvent trop timides ou trop préoccupés pour partager les merveilles de ce message qui donne la vie à tous ceux qui nous entourent. Pardonne-nous, Seigneur.

C : Pardonne-nous, Seigneur !

A : Dieu de bonté, tu nous invites dans la fraternité avec ton Fils, Jésus Christ. Parce que nous manquons d’enthousiasme à être unis dans un même esprit, pour un même but; et parce que nous permettons aux divisions et aux querelles de persister parmi nous, pardonne-nous, Seigneur.
C : Pardonne-nous, Seigneur !

A : Dieu très bon, tu demeures fidèle même au regard de notre faiblesse. Pardonne-nous nos péchés de médiocrité et notre acceptation trop rapide des divisions entre nous. Par la grâce de l’Esprit Saint, renouvelle notre zèle à nous engager dans les démarches solides qui honorent notre alliance d’unité avec toi, avec les autres et avec toute la création.
C : Amen !


II. Nous sommes à l’écoute de la Parole de Dieu

Lectures bibliques
Esaïe 57, 14-19; Psaume 36, 5-10; 1 Corinthiens 1, 1-17; Marc 9, 33-41.

Homélie

III. Nous répondons dans la foi et l’unité

Profession de foi

LeSymbole de Nicée-Constantinople, le Symbole des Apôtres ou une autre profession de foi peuvent être utilisés.

Hymne de foi et d’engagement

Échange œcuménique des dons spirituels

Ceux et celles qui ont préparé cette célébration se sont réunis au préalable pour réfléchir sur les différents dons des Églises dans la communauté. Cela peut être des dons locaux ou, au sens plus large, selon les dons de leur tradition de foi respective. Les représentants des différentes Églises apportent des objets qui représentent les dons que leur tradition d’Église apportent à l’ensemble de la communauté chrétienne. Ces dons sont apportés à l’avant et disposés sur une table. Un animateur peut présenter les dons en utilisant la formule suivante ou une formule similaire.

A : « De la part de l’Église _____________, nous sommes reconnaissants de recevoir le don de _______________ représenté par ___________________ ».

C : Nous sommes reconnaissants pour ces dons, Seigneur !

Échange de la paix

A : Seigneur Jésus Christ, tu as dit à tes Apôtres : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ». Ne regarde pas nos péchés, mais la foi de ton Église et donne-nous la paix et l’unité du Royaume des cieux où tu règnes avec le Père et le Saint-Esprit pour les siècles des siècles.

C : Amen !

Prière d’intercession

Ensemble, les Églises canadiennes ont adopté les « Huit objectifs du millénaire » des Nations Unies. Les prières suivantes ont pour but de présenter ces objectifs au Seigneur.

A : Nous prions pour toutes les personnes qui souffrent quotidiennement de la pauvreté extrême et de la faim. Leur subsistance précaire provoque souvent des divisions; puisse l’amour du Christ restaurer la justice et la paix. Dieu de bonté, entends notre prière.
C : Dans ton amour, réponds-nous.

A : Nous prions pour tous ceux qui luttent pour le droit universel à l’éducation. Que leur soif de connaissance construise des ponts entre nos Églises et restaure le respect de nos différences. Dieu de bonté, entends notre prière.
C : Dans ton amour, réponds-nous.

A : Nous prions pour ceux qui luttent pour la dignité et les droits égaux des femmes et des hommes. Puissions-nous honorer l’image de Dieu dans toutes les femmes et dans tous les hommes. Nous nous rappelons tout particulièrement de la nécessité pour l’égalité dans l’accès au marché du travail, des biens et services. Alors que nous devenons un dans le Christ Jésus, puissions-nous pleinement recevoir les dons de tous, tant des hommes que des femmes. Dieu de bonté, entends notre prière.
C : Dans ton amour, réponds-nous.

A : Nous prions pour les jeunes qui sont malades et pour tous ceux qui aspirent à améliorer la santé des enfants. Alors que nous prenons soin de nos enfants, puissions-nous accueillir Jésus lui-même. Dieu de bonté, entends notre prière.
C : Dans ton amour, réponds-nous.

A : Nous prions pour toutes les femmes qui portent des enfants et pour leur santé maternelle. Puissions-nous veiller sur ces mères qui portent en elles une vie nouvelle et dont l’amour pour leurs enfants nous rappelle l’amour de Dieu qui nous unit. Dieu de bonté, entends notre prière.
C : Dans ton amour, réponds-nous.

A : Nous prions pour tous ceux qui combattent le VIH/SIDA, le paludisme et les autres maladies. Puissions-nous entendre les voix de ceux à qui on refuse une vie de dignité, et travaillons pour créer un monde dans lequel toutes les personnes sont respectées et soignées, et où personne n’est exclu. Dieu de bonté, entends notre prière.
C : Dans ton amour, réponds-nous.

A : Nous prions pour tous ceux et celles qui souffrent de la piètre intendance de la création et pour toutes les espèces en danger. Guide-nous à maintenir un environnement durable afin que nous puissions être réconciliés avec la création. Dieu de bonté, entends notre prière.

C : Dans ton amour, réponds-nous.

A : Nous prions pour tous ceux qui mettent en œuvre une solidarité sans frontières et un partenariat mondial. Alors que nous effectuons la promotion du commerce équitable et que nous annulons la dette des pays les plus pauvres, nous aspirons aussi à la justice. Dieu de bonté, entends notre prière.

C : Dans ton amour, réponds-nous.

A : Dans nos efforts à réaliser ces objectifs, puissions-nous discerner ta voix, Seigneur, et avancer ensemble vers le Royaume pour lequel tu as prié et pour lequel nous prions le Notre Père (récité ou chanté).

Signe de la paix

C : Lorsque les Français sont arrivés au Canada aux XVIe et XVIIe siècles, ils y ont trouvé une terre riche de ressources et furent aidés par les Premières Nations. Leur sentiment de gratitude a conduit le fondateur de la Ville de Québec à nommer son bateau « Don de Dieu ».

Dans plusieurs rites eucharistiques utilisés au Canada, les gens sont invités à prendre part à la sainte Communion en ces termes : « Voici les dons de Dieu pour le peuple de Dieu ». L’unité pour laquelle nous prions aujourd’hui, c’est la communion ecclésiale restaurée entre les uns et les autres que nous manifesterons alors par le partage eucharistique à la même table. Pourtant, même en parcourant le chemin vers l’unité visible, nous donnons et recevons des dons les uns des autres, dons de Dieu pour le peuple de Dieu.

Dans la province francophone du Québec actuellement, l’expression « Don de Dieu » reprend une vitalité toute nouvelle au sein des communautés chrétiennes et dans la culture populaire. Il rappelle un sentiment de gratitude à l’égard des dons de Dieu qui est l’héritage du moment où leurs ancêtres étaient en mesure de les partager en action de grâce avec les Premières Nations du Canada. Comme signe de paix et en reconnaissance de ces dons que nous recevons les uns des autres, disons-nous « Don de Dieu » les uns aux autres.

Les fidèles se saluent entre eux avec un baiser, un salut ou une poignée de mains en se disant :

C : « Don de Dieu ».

Chant d’offertoire (on peut passer la quête durant le chant)

IV. Nous allons vaillamment dans le monde

Engagement pour l’unité

A : L’Apôtre Paul a mis les chrétiens de Corinthe au défi de connaître leur cœur et de démontrer, par leurs actions, que le Christ n’est pas divisé. Il nous met également au défi de réaliser, de manière plus profonde et tangible, l’unité que nous possédons déjà dans le Christ.

Avec tous ceux qui, en tous lieux, font appel au Seigneur Jésus Christ,
C : Ensemble, nous sommes appelés à être des saints.

A : Bénis par Dieu de plusieurs façons,
C : Ensemble, nous rendons grâce pour les uns et les autres.

A : Riches des bénédictions que Dieu nous a données par notre union
en Jésus Christ,
C : Ensemble, nous ne manquons d’aucun don spirituel.

A : Confiants en Dieu qui nous fortifie pour l’amour et le service,
C : Ensemble, nous affirmons que Dieu est fidèle.

A : Accueillis par Jésus Christ,
C : Ensemble, nous sommes appelés à la communion.

A : Unis dans un même esprit et dans une même pensée,
C : Ensemble, nous cherchons à être en accord.

A : En surmontant nos querelles sur Celui qui fut crucifié pour nous,
C : Ensemble, nous appartenons au Christ.


A : Le Christ, alors, est-il divisé?

C : Non ! Ensemble, nous allons de par le monde proclamer
Sa Bonne Nouvelle !

Chant d’envoi

Bénédiction et envoi

La bénédiction peut être donnée par plusieurs des animateurs de la célébration selon la formule ci-dessous ou une autre formule :

A : Le Seigneur soit avec vous !
C : Et avec votre esprit.

A : Puisse l’amour du Seigneur Jésus vous attirer à Lui,
puisse la puissance du Seigneur Jésus vous affermir à Son service,
puisse la joie du Seigneur Jésus remplir votre esprit,
et que la bénédiction du Dieu tout-puissant, le Père, le Fils et le Saint-Esprit
soit avec vous pour toujours.
C : Amen !

A : Allez dans la paix,
pour aimer et pour être aimés,
pour accueillir et pour appartenir,
pour servir et être rassasiés.
C : Nous rendons grâce à Dieu !

Postlude


Commentaires BIBLIQUES
ET PRIÈRES POUR LES « HUIT JOURS »

1er Jour Ensemble… nous sommes appelés
à la sainteté

Exode 19,3-8 Vous serez pour moi un royaume de prêtres
et une nation sainte
Psaume 95,1-7 Nous sommes le peuple qu’il fait paître,
le troupeau qu’il garde
1 Pierre 2,9-10 Vous qui jadis n’étiez pas son peuple,
mais qui maintenant êtes le peuple de Dieu
Matthieu 12,46-50 Quiconque fait la volonté de mon Père qui est au cieux,
c’est lui mon frère, ma sœur, ma mère

Trois points de réflexion

Ensemble, nous qui invoquons le nom du Seigneur, nous sommes appelés à être saints, « sanctifiés dans le Christ Jésus » (1 Co 1,2). Dans l’Exode, ce rassemblement du peuple de Dieu est décrit comme un bien précieux, un royaume de prêtres et une nation sainte.

La première épître de Pierre perçoit notre participation à cette communion des saints comme découlant de l’appel que Dieu adresse ensemble à nous tous, en tant que race élue, communauté sacerdotale du roi, peuple que Dieu s’est acquis. Cet appel va de pair avec la mission qui nous est commune de proclamer les hauts faits du Dieu qui nous a appelés des ténèbres à sa lumière.

En outre, nous découvrons en Matthieu que, puisque nous sommes une communion des saints, notre unité en Jésus doit s’étendre au-delà de notre famille, de notre clan ou de notre classe sociale, car c’est ensemble que nous prions pour l’unité et cherchons à faire la volonté de Dieu.

Questions

§ Qu’est-ce que l’expression de « communion des saints » signifie pour vous ou votre tradition ecclésiale ?

§ En quoi l’appel qui nous est adressé à être une « nation sainte » nous contraint-il à dépasser notre enracinement chrétien local ?

Prière

Dieu de miséricorde, avec tous ceux qui invoquent le nom du Seigneur, et à travers notre désunion elle-même, nous t’entendons nous appeler à la sainteté. En dépit de tout, tu as fait de nous une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte. Par la puissance de ton Esprit Saint, attire-nous ensemble à la communion des saints et affermis-nous afin que nous fassions ta volonté et proclamions les hauts faits du Christ Jésus, notre Seigneur. Amen.


2e Jour Ensemble… nous rendons grâce à Dieu pour la grâce qu’il a répandue
en nous tous

Deutéronome 26,1-11 Le Seigneur nous a fait sortir d’Égypte

Psaume 100 Rendez grâce à Dieu, bénissez son nom

Philippiens 1,3-11 Je rends grâce à mon Dieu chaque fois
que j’évoque votre souvenir

Jean 1,1-18 La grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ

Trois points de réflexion

Dans le Deutéronome, la gratitude est une manière de vivre marquée par une vive conscience de la présence de Dieu en soi et autour de soi. C’est l’aptitude à reconnaître que la grâce de Dieu est à l’œuvre et vivante en chacun de nous, et en tous les peuples de partout, et à rendre grâce à Dieu. La joie qui découle de cette grâce est si profonde qu’elle s’étend même aux «  émigrés qui sont au milieu de toi ».

En contexte œcuménique, la gratitude est une disposition à se réjouir des dons de la grâce de Dieu présents en d’autres communautés chrétiennes, attitude qui permet l’échange œcuménique des dons et la possibilité que nous apprenions les uns des autres.

La vie tout entière est don de Dieu : depuis la création jusqu’au moment où Dieu a pris chair dans la vie et l’œuvre de Jésus, et jusqu’à aujourd’hui. Remercions Dieu des dons de grâce et de vérité qui nous ont été accordés en Jésus Christ, et qui se manifestent en chacun d’entre nous, et en nos Églises.

Questions

§ Quels sont les dons de la grâce de Dieu, provenant d’autres traditions ecclésiales, que nous expérimentons déjà en nos propres communautés?

§ Comment les chrétiens de différentes traditions pourraient-ils mieux recevoir et partager la diversité des dons de Dieu accordés à chacun de nous ?

Prière

Dieu très aimant et plein de bonté, nous te remercions pour les bienfaits de ta grâce que nous découvrons en notre propre tradition et dans les traditions des autres Églises. Par la grâce de ton Esprit Saint, fais que notre gratitude continue de s’accroître à travers nos rencontres et l’expérience sans cesse renouvelée de ton don d’unité. Nous te le demandons par Jésus Christ, notre Seigneur. Amen.


3e Jour Ensemble… nous ne manquons d’aucun don de la grâce

Job 28,20-28 La crainte du Seigneur, voilà la sagesse
Psaume 145, 10-21 Tu ouvres ta main, et tu rassasies tous les vivants
Éphésiens 4,7-13 À chacun de nous la grâce a été donnée,
selon la mesure du don du Christ
Marc 8,14-21 Pourquoi discutez-vous parce que vous n’avez pas de pains?

Trois points de réflexion

Job se rend compte qu’en dépit de tout ce qui lui a été enlevé, il garde la crainte du Seigneur – c’est-à-dire la sagesse. Nous autres frères et sœurs en Christ, bien qu’appauvris par nos divisions, nous avons tous reçu abondamment une diversité de bienfaits tant spirituels que matériels pour l’édification de Son corps.

Et cependant, en dépit des promesses de Dieu, et de la vie et l’amour généreux de Jésus, il nous arrive, tout comme aux disciples dans l’évangile de Marc, d’oublier notre vraie richesse : nous nous opposons, nous thésaurisons; nous parlons et agissons comme si nous n’avions « pas de pains ».

Le Christ n’a pas été divisé : nous disposons ensemble suffisamment de dons pour les partager les uns avec les autres, et « avec tout ce qui vit2.

Questions

§ En quoi avons-nous oublié l’abondance des dons de Dieu, et proclamé : « Nous n’avons pas de pains »?

§ Comment pouvons-nous mieux partager les dons spirituels et matériels qui nous ont été confiés pour les mettre à la disposition des autres?

Prière

Dieu fidèle dont la main est grande ouverte, nous te bénissons de nous avoir comblés de tous les dons spirituels nécessaires pour parvenir à la taille du Christ dans sa plénitude : pour la sagesse, les dons du service et le pain que tu nous accordes. Aide-nous à être signes de l’abondance de tes dons, et rassemble-nous dans l’unité afin que nous puissions transmettre les bienfaits de ton règne éternel à tout lieu de souffrance et de dénuement. Remplis de l’Esprit Saint, nous t’en prions, au nom de Celui qui nous a offert le pain de sa vie livrée pour nous, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.


4e Jour Ensemble… nous affirmons
que Dieu est fidèle

Lamentations 3,19-26 Les bontés du Seigneur, c’est qu’elles ne sont pas finies !

Psaume 57,7-11 La fidélité de Dieu s’élève jusqu’aux cieux

Hébreux 10,19-25 Il est fidèle Celui qui a promis

Luc 1,67-75 Il a montré sa bonté envers nos pères

Trois points de réflexion

L’unité éternelle entre le Père, le Fils et l’Esprit nous rend plus proches de l’amour de Dieu, et nous appelle à participer dans le monde à son œuvre d’amour, de miséricorde et de justice. La miséricorde et la justice sont inséparables en Dieu; elles sont au contraire réunies dans l’amour inébranlable que Dieu nous a manifesté en faisant alliance avec nous et avec toute la création.

Zacharie, qui vient d’être père, atteste que le Dieu de miséricorde se manifeste en gardant ses promesses en faveur d’Abraham et de sa descendance. Dieu est fidèle à son alliance sainte.

Alors que nous continuons de prier pour l’unité de l’Église, ne négligeons pas de nous rencontrer et de nous encourager les uns les autres, en nous stimulant dans l’amour et les bonnes actions, et en réaffirmantque « Dieu est fidèle ».

Questions

§ En quels domaines avez-vous discerné la fidélité de Dieu dans votre vie et celle de votre communauté au cours de l’année écoulée?

§ Comment la fidélité de Dieu nous encourage-t-elle à continuer de rechercher l’unité chrétienne?

Prière

Dieu fidèle, nous te rendons grâce pour ton amour inébranlable et ta fidélité qui s’élève jusqu’aux cieux. Alors que nous attendons dans une joyeuse espérance la pleine unité visible de ton Église, et que nous travaillons et prions ensemble pour l’obtenir, remplis-nous de confiance en tes promesses. Nous t’en prions par Jésus Christ, notre Seigneur, dans la puissance de l’Esprit Saint, un seul Dieu maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

 

5e Jour Ensemble… nous sommes appelés
à la communion

Ésaïe 43,1-7 : Je serai avec toi

Psaume 133 Oh ! quel plaisir, quel bonheur, de se trouver entre frères !

1 Jean 1,3-7 Nous sommes en communion les uns avec les autres

Jean 15,12-17 Je vous appelle amis

Trois points de réflexion

Nous sommes appelés à la communion avec Dieu le Père, et avec son Fils Jésus Christ, et le Saint-Esprit. En nous approchant du Dieu Trinité, nous nous rapprochons les uns des autres dans l’unité chrétienne.

Notre relation avec le Christ, il l’a transformée en nous appelant amis et non plus serviteurs. En réponse à cette relation d’amour, nous sommes appelés à passer de la puissance et de la domination à l’amitié et à l’amour des uns pour les autres.

Répondant à l’appel de Jésus, nous témoignons de l’Évangile aussi bien auprès de ceux qui n’en ont pas encore entendu parler que chez ceux auxquels il est déjà parvenu. Cette proclamation est porteuse d’un appel à la communion avec Dieu, et établit la communion entre ceux qui y répondent.

Questions

§ Comment expérimentez-vous l’appel à la communion avec Dieu?

§ Comment Dieu vous appelle-t-il à la communion avec d’autres au sein de votre propre Église et au-delà?

Prière

Père très aimant, tu nous as appelés à la communion avec ton Fils et tu nous as choisis pour que nous portions du fruit en témoignant de l’Évangile. Par la grâce de ton Esprit, rends-nous capables de nous aimer les uns les autres et de demeurer dans l’unité, afin que notre joie soit complète. Amen.

 

6e Jour Ensemble… nous cherchons
à être tous d’accord

Juges 4,1-9 Si tu marches avec moi, je marcherai

Psaume 34,1-14 Recherche la paix et poursuis-la

1 Corinthiens 1,10-15 Soyez bien unis dans un même esprit
et dans une même pensée

Luc 22,24-30 Ils en arrivèrent à se quereller

Trois points de réflexion

La désunion décrite en 1 Corinthiens 1,12-13 manifeste une déformation de l’Évangile qui sape l’intégrité du message du Christ. Reconnaître le conflit et la division, comme l’ont fait les gens de Chloé, est le premier pas vers l’instauration de l’unité.

Des femmes, comme Déborah et Chloé, ont fait entendre une voix prophétique dans le peuple de Dieu en des temps de conflit et de division, et nous placent ainsi face à la nécessité de nous réconcilier. Des voix prophétiques de ce genre peuvent permettre aux gens de se rassembler dans une unité renouvelée pour agir.

Comme l’écrivait le psalmiste, c’est en nous efforçant d’être unis dans un même esprit et une même pensée que nous sommes appelés à rechercher le Seigneur et sa paix.

Questions

§ Vous souvenez-vous d’une occasion où la dénonciation prophétique d’un désaccord ecclésial a été à l’origine d’un effort renouvelé vers une plus grande unité ?

§ Quelles sont les questions qui continuent de nous diviser, en tant que corps œcuménique ? Par quelles voies pensez-vous qu’une plus grande unité soit possible?

Prière

Dieu d’amour, tu nous accordes des témoins prophétiques en des temps de conflits et de divisions. Lorsque nous te cherchons, Seigneur, envoie-nous ton Esprit Saint pour faire de nous des artisans de réconciliation, unis dans un même esprit et une même pensée. Nous te le demandons par Jésus Christ notre Seigneur, Amen.

 

7e Jour Ensemble… nous appartenons
au Christ

Ésaïe 19,19-25 Le Seigneur leur enverra un sauveur

Psaume 139,1-12 Où m’en aller pour être loin de ton souffle?

1 Corinthiens 12,12-26 Si un membre souffre… Si un membre est glorifié…

Marc 9,38-41 Celui qui n’est pas contre nous est pour nous

Trois points de réflexion

Ésaïe a annoncé qu’un jour, les Égyptiens et Assyriens adoreraient avec Israël et seraient membres du peuple de Dieu. L’unité chrétienne fait partie du dessein de Dieu pour réunir toute l’humanité et même le cosmos. Nous prions que vienne le jour où nous pourrons adorer tous ensemble, réunis par la même foi et la même communion eucharistique.

Les dons des différentes traditions ecclésiales sont des bénédictions pour nous. En reconnaissant ces dons particuliers les uns des autres, nous sommes entraînés vers l’unité visible.

Notre baptême nous rassemble en un seul corps dans le Christ. Si nous aimons nos Églises particulières, Paul nous rappelle aussi que tous ceux qui invoquent le nom du Seigneur nous sont unis dans le Christ, puisque nous sommes tous membres d’un même corps. Nous ne pouvons dire à personne  : « Je n’ai pas besoin de toi » (1 Co 12,21).

Questions

§ À quels signes reconnaît-on que l’on « appartient au Christ »?

§ En quels sens peut-on utiliser l’expression « j’appartiens au Christ » pour diviser les chrétiens au lieu de les réunir?

Prière

Nous te rendons grâce, Ô notre Dieu, pour la bénédiction que tu accordes à chaque membre et à tous les membres du corps du Christ par les dons de ton Esprit. Aide-nous à nous soutenir les uns les autres, à être respectueux de nos différences, et à travailler pour l’unité de tous ceux qui, par toute la terre, invoquent Jésus comme Seigneur. Amen.


8e Jour Ensemble… nous proclamons l’Évangile

Ésaïe 61,1-4 L’Esprit du Seigneur m’a envoyé porter joyeux message

Psaume 145,1-7 D’une génération à l’autre, on vantera tes œuvres

1 Corinthiens 15,1-8 Je vous ai transmis en premier lieu ce que j’avais reçu moi-même

Luc 4,14-21 Aujourd’hui, cette écriture est accomplie pour vous
qui l’entendez

Trois points de réflexion

La Bonne Nouvelle prophétisée par Ésaïe, accomplie en notre Seigneur Jésus Christ, prêchée par l’apôtre Paul, et reçue par l’Église, nous l’annonçons à notre tour ensemble. Tout en tenant compte honnêtement de nos différences et des spécificités de nos dénominations d’appartenance, nous ne devons jamais perdre de vue que nous sommes envoyés ensemble pour proclamer la Bonne Nouvelle de Jésus Christ.

Paul est envoyé « annoncer l’Évangile, et sans recourir à la sagesse du discours, pour ne pas réduire à néant la croix du Christ  » (1 Co 1,17). C’est dans la puissance de la croix qu’il faut chercher le chemin de l’unité.

La réalité et l’actualité de l’Évangile nous apparaissent à travers le témoignage que nous rendons à l’œuvre de Jésus Christ dans nos propres vies et dans la vie de la communauté chrétienne.

Questions

§ En quoi l’« Évangile » que vous avez reçu est-il indissociablement lié à sa transmission culturelle et historique?

§ Cet aspect a-t-il fait obstacle à l’unité?

§ Comment notre plus grande unité dans le Christ pourrait-elle nous rendre de meilleurs témoins de l’Évangile que nous avons reçu?

Prière

Dieu de toute grâce, tu as envoyé ton fils Jésus Christ avec la puissance de l’Esprit Saint pour racheter ton peuple. Unis-nous dans notre diversité, afin que nous puissions professer et annoncer ensemble la Bonne Nouvelle de la vie, de la mort et de la résurrection du Christ, dans un monde en attente de son Évangile. Amen.


MATéRIEL SUPPLéMENTAIRE

Du matériel supplémentaire pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens est disponible sur le site internet « Œcuménisme au Canada » à l’adresse suivante :

http ://ecumenism.net/music/

Les fichiers que vous y trouverez ont été offerts en réponse à un appel lancé aux compositeurs canadiens afin de recueillir des chants et des musiques sur le thème de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2014 (Le Christ est-il divisé?1 Co 1,1-17) ou sur celui de la Semaine de prière pour l’unité en général.

N’hésitez pas à télécharger un ou plusieurs morceaux pour les utiliser lors de votre prière pour l’Unité des chrétiens.

Le contexte œcuménique
au Canada

Parmi les nombreux facteurs qui influencent l’expérience religieuse canadienne, il y a la taille immense de notre pays. Le Canada est le deuxième plus vaste pays au monde, dont 40% de la superficie est dans l’Arctique, situé au nord du 60° parallèle. S’étendant de l’océan Atlantique jusqu’à l’océan Pacifique et des États-Unis d’Amérique jusqu’au Pôle Nord, le Canada compte dix provinces et trois territoires. Nous sommes entourés par trois océans, soit l’Atlantique, le Pacifique et l’Arctique. Notre seule frontière terrestre est celle avec les États-Unis et nous vivons une paix qui perdure depuis 200 ans. Le Canada est une confédération d’anciennes colonies britanniques, avec un gouvernement parlementaire dans un système fédéral de dix provinces et de trois territoires. L’union des anciens territoires coloniaux et l’indépendance de la Grande-Bretagne se sont déroulées de manière pacifique. Aujourd’hui, le Canada demeure un partisan fort des engagements internationaux et de la coopération. La grande distance entre nos villes a permis l’autosuffisance et la formation d’identités distinctes dans chacune des régions, mais cela peut également provoquer un sentiment d’aliénation ou de ressentiment.

Le Canada est connu pour sa splendeur naturelle : ses montagnes, ses forêts, ses lacs et ses rivières, ses mers de blé et ses trois littoraux. C’est une terre riche en agriculture et en ressources naturelles. Le Canada est aussi une terre de diverses populations : les Premières Nations, Inuit et Métis[3], et de nombreuses personnes qui sont venues s’établir ici en provenance du monde entier. Nous avons deux langues officielles soit le français et l’anglais et, de plus, nombre de canadiens célèbrent aussi leur culture et l’héritage linguistique de leur pays d’origine.

En 1534, Jacques Cartier fut le premier explorateur français à naviguer sur les eaux du fleuve Saint-Laurent et il fut le premier Européen à entendre les autochtones prononcer le mot « Canada » qui veut dire « village ». Les premiers colons, venus de France, étaient de confession catholique romaine, mais on retrouvait aussi un bon nombre de Protestants, notamment parmi les marchands Huguenots. Les tensions religieuses en France n’étaient pas ressenties en Nouvelle-France alors que les Pères Jésuites collaboraient volontiers avec les Protestants, notamment dans la construction de la ville de Québec. Mais, malheureusement, cette période de collaboration initiale s’est transformée en discrimination et, éventuellement, seuls les catholiques furent officiellement acceptés comme colons en Nouvelle-France. Le nom original de Montréal, « Ville-Marie », atteste de ses racines catholiques.

Au milieu du 18e siècle, la Nouvelle-France fut cédée à la Grande-Bretagne et les familles, essentiellement catholiques françaises, devinrent des sujets du roi anglican de l’Angleterre. À une époque où les britanniques avaient encore des lois discriminatoires envers les catholiques, la liberté religieuse fut accordée au Canada par la Couronne, comme le furent les libertés linguistiques, culturelles et d’éducation. Néanmoins, il y a eu des périodes, en alternance, de tolérance et d’épreuves sous ce Régime. Jusqu’aux années 1950, les évêques catholiques ont supervisé l’administration de la plupart des institutions sociales des communautés francophones. Entre-temps, le pays a continué de grandir et a intégré des vagues d’immigrants au cours des années qui suivirent. Les colons anglais, écossais et irlandais ont commencé à arriver au cours du 18e siècle. Aux vagues d’immigration subséquentes du 19e siècle, tant de l’Europe de l’Est que de l’Ouest, sont venues s’ajouter celles de l’Amérique Latine, de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Asie. Au 20e siècle, des gens de tous les coins du monde sont venus au Canada comme immigrants ou comme réfugiés, incluant un nombre significatif de personnes orthodoxes orientales de l’Europe de l’Est et du Moyen-Orient dont les traditions chrétiennes sont venues enrichir le paysage canadien. Aujourd’hui, les chrétiens canadiens prennent part au culte dans des centaines de langues et dialectes et veillent à préserver les éléments distinctifs de leurs cultures au sein d’une mosaïque religieuse riche et diversifiée. Des membres d’autres religions sont aussi venus s’établir au Canada, parmi lesquels on retrouve les traditions juives, musulmanes, sikhs, hindous et Baha’i. Les villes canadiennes sont parmi celles qui sont les plus multiculturelles et multireligieuses au monde. Graduellement les politiques gouvernementales faisant la promotion de l’assimilation ont été remplacées par des politiques multiculturelles depuis les années 1970. Le pays a été enrichi par les contributions de citoyens issus de diverses origines ethniques et nous nous réjouissons de leur présence visible dans des secteurs tels la politique, l’éducation, la santé, les arts, les communications, le monde des affaires et la religion.

Durant plus de cent cinquante ans, quelques-unes des traditions de foi chrétiennes au Canada ont travaillé de pair avec le gouvernement canadien dans le fonctionnement de pensionnats qui accueillaient des enfants amérindiens, souvent contre le gré de leurs parents, pour qu’ils reçoivent un enseignement et soient assimilés à la culture de type occidental. Ces écoles, qui visaient à éradiquer le langage et la culture indigènes ont souvent été des lieux d’abus physiques, émotionnels et sexuels. Les plus grandes Églises au Canada — catholique romaine, unie, anglicane et presbytérienne — furent complices et ont récemment demandé pardon, de diverses façons. Ces Églises travaillent maintenant en étroite collaboration avec les Premières Nations à la recherche de la justice, de la guérison, de la vérité et de la réconciliation par l’entremise de la Commission nationale de la vérité et de la réconciliation[4] qui fait partie d’une réponse compréhensive à l’héritage de ces « pensionnats indiens ».

Depuis les premiers explorateurs et missionnaires, les Églises canadiennes ont développé un instinct pour la collaboration pastorale. Dès 1880, les missions presbytériennes, méthodistes et congrégationalistes dans l’Ouest canadien ont collaboré dans l’attribution des responsabilités pour la mission. Cette collaboration a conduit à la fondation de l’Église Unie du Canada en 1925, qui devint la première union œcuménique d’Églises au monde. Les partisans de cette union y ont vu un moyen de fournir le leadership chrétien unifié et nécessaire dans le projet de construction du pays. De nos jours, le ministère d’encadrement spirituel peut être partagé entre différentes aumôneries œcuméniques dans les prisons, les universités et l’armée. La formation théologique officielle, partout au pays, se déroule dans des facultés œcuméniques ou des consortiums. D’autres formes de collaboration se sont développées au sein de ministères paroissiaux comme, par exemple, les ministères œcuméniques partagés où deux confessions chrétiennes ou plus partagent leurs bâtiments, leur clergé ou des programmes et prennent part à des célébrations hebdomadaires ensemble.

Vingt-quatre confessions se rassemblent sous la bannière du Conseil canadien des Églises (CCÉ), l’un des conseils les plus larges et incluant le plus grand nombre de dénominations chrétiennes au monde, qui englobe les traditions anglicane, catholique, réformée, évangélique, Église libre et orthodoxe orientale. Le CCÉ, qui utilise un modèle de consensus décisionnel, a été fondé en 1944 et sa composition confessionnelle actuelle représente quelques 85% des chrétiens au Canada. On peut souligner le fait que la Conférence des évêques catholiques du Canada est membre de plein gré du CCÉ tout comme le sont six confessions évangéliques. L’Alliance Évangélique du Canada (AÉC) rassemble les dénominations, les ministères para-ecclésiaux et les communautés locales à travers tout le spectre évangélique et pentecôtiste. Un certain nombre d’Églises sont membres ou observatrices, tant au CCE qu’à l’AEC. Ces deux entités travaillent en collaboration plus étroite depuis ces dernières années.

Plusieurs Églises canadiennes sont engagées dans des relations bilatérales et multilatérales tant aux niveaux national que local. L’union organique la plus significative fut le rassemblement de plusieurs Églises presbytériennes, méthodistes et congrégationalistes en 1925 pour créer l’Église Unie du Canada, mais plusieurs autres formes de collaboration se sont développées, notamment la Déclaration de Waterloo concernant la pleine communion anglicane-luthérienne en 2001. Les dialogues théologiques canadiens ont contribué à l’analyse et la réflexion à l’échelle locale ainsi que dans le cadre des dialogues internationaux.

L’un des aspects innovateurs de l’œcuménisme canadien est la formation de plus de cinquante coalitions œcuméniques pour la justice sociale qui a débuté au cours des années 1960. Le projet «  Ploughshares  » (Labourage), le Conseil œcuménique des chrétiennes du Canada, KAIROS : initiatives œcuméniques canadiennes pour la justice, le Forum des Églises canadiennes sur les ministères mondiaux et tant d’autres ont aidé les Églises et les gouvernements dans la recherche et l’engagement concernant des sujets sociaux complexes.

Le Centre canadien d’œcuménisme a été fondé par le Père Irénée Beaubien, un jésuite, à Montréal en 1963 au sein d’un vibrant milieu francophone et anglophone. Il offre des ressources nationales comme la revue Œcuménisme publiée tant en français qu’en anglais et expédiée aux abonnés dans plus de quarante pays. L’ouverture du centre en ce qui concerne les mouvements sociaux est manifestée par le tout nouveau programme Église verte qui aide toutes les confessions chrétiennes à devenir de meilleures gardiennes de la Création.

Avec la convocation du Concile Vatican II, l’œcuménisme au Canada devait connaître un coup d’accélérateur. L’événement le plus important de cette période est sans doute la publication par le cardinal Paul-Émile Léger de sa lettre pastorale «  Chrétiens désunis  » en 1962. Il ne s'agit plus de gagner les protestants au catholicisme, mais de prier pour l'unité qui passera notamment par le renouveau et la conversion de l'Église catholique. Dans sa lettre pastorale, le cardinal reconnaissait que «  la préoccupation de l'unité est devenue le fait majeur du christianisme contemporain  » et que cet important mouvement était «  né sous l'inspiration du Saint-Esprit  ». Dans sa méditation sur le mystère de l'unité et de la désunion des chrétiens, il soulignait que, malgré les divisions, toutes les personnes validement baptisées «  sont insérées dans le Christ et deviennent avec lui un seul Corps » et sont, de ce fait, «  les membres les uns des autres  », «  rattachées au Christ et à l'Église ». Il notait également qu'en regard de la volonté expresse du Christ, la désunion représente «  un scandale  » et «  un mal  ». Ainsi, le cardinal invitait ses diocésains à prier pour l'unité et à entrer, animés par le repentir et le regret, en dialogue avec leurs frères chrétiens, reconnaissant que les responsabilités de la désunion sont partagées de part et d'autre.

Après avoir appris l’existence de réunions mensuelles discrètes entre les pasteurs protestants et les prêtres catholiques organisées à Montréal par le Père Beaubien dès 1958, le Conseil œcuménique des Églises a choisi de tenir la quatrième conférence mondiale sur Foi et Constitution dans cette ville en 1963. Le rassemblement de quelque 450 théologiens, issus de différentes confessions et pays fut accueilli chaleureusement par une population essentiellement catholique, ce qui a constitué un événement œcuménique majeur. Une soirée de fraternité chrétienne fut organisée dans le cadre de la conférence à l’Université de Montréal et permit de rassembler quelques 1500 chrétiens. Lors de l’Exposition universelle de 1967, à Montréal, les principales Églises protestantes et le Vatican mirent de côté la pratique d’avoir des pavillons distincts pour se rassembler sous la bannière d’un seul et même « Pavillon chrétien ». Dans l’histoire des expositions universelles, ce fut la première fois qu’un pavillon œcuménique fut érigé.

D’autres groupes œcuméniques ont vu le jour au Canada à la suite du Concile Vatican II au cours des décennies qui ont suivi dont notamment : l’Atlantic Ecumenical Council (Conseil œcuménique de l’Atlantique, 1966), le Réseau œcuménique du Québec (1982) et le Centre des Prairies pour l’œcuménisme (1984). Le Centre des Prairies pour l’œcuménisme, fondé à Saskatoon par le Père Bernard de Margerie, est commandité par sept confessions et se concentre sur la formation œcuménique tout en étant une ressource nationale pour les ministères œcuméniques partagés. Partout au pays, des groupes œcuméniques font la promotion de l’unité chrétienne tant dans les communautés rurales que dans les grands centres urbains. Plusieurs initiatives œcuméniques ont vu le jour et s’épanouissent partout à travers le pays : célébrations œcuméniques durant la Semaine de prière pour l’unité chrétienne, formation théologique commune dans différentes facultés universitaires, activités pour la paix et la justice sociale, publications, etc. Comme partie intégrante de la vie de l’Église au Canada, des familles mixtes (d’appartenances ecclésiales diverses) vivent les défis et les bénédictions du travail pour l’unité chrétienne et, souvent, sont des leaders dans les ministères œcuméniques.

Un fait saillant de la vie œcuménique récente a été l’implication croissante des Églises évangéliques dans les célébrations œcuméniques et le dialogue, ainsi que dans des missions communautaires. À la suite de cette période de rapprochement interne des Églises évangéliques, nous pouvons maintenant voir des occasions d’initier de nouveaux partenariats de dialogue entre les Églises Protestantes réformées, Évangéliques, Pentecôtistes, l’Église orthodoxe orientale et l’Église catholique romaine. Les Églises évangéliques canadiennes tendent la main aux autres Églises locales désireuses de s’engager dans un dialogue, dans des célébrations œcuméniques et la collaboration pour le travail d’évangélisation dans nos villes. Les Églises font face à une nouvelle réalité dans laquelle elles n’ont plus l’influence sociale qu’elles ont déjà connue par le passé et, pour plusieurs Églises historiques, la fréquentation est en sérieux déclin.

Les différences au sein de la communauté chrétienne concernant la priorité ou le besoin d’évangéliser les gens des autres traditions religieuses ont continué d’être des facteurs inhibant la coopération. Néanmoins, la coopération chrétienne dans le cadre du dialogue interreligieux s’est accrue au cours des dernières années et est fréquemment mise en œuvre entre les Églises.

Le Christ est-il divisé au Canada? On peut assurément dire qu’il y a des divisions entre les chrétiens au Canada. La communauté chrétienne est divisée au sujet du rôle des femmes dans l’Église et la société québécoise de même que sur d’autres sujets chauds, comme l’avortement, l’euthanasie et les mariages de conjoints de même sexe. Plusieurs de ces divisions traversent les différentes confessions. Toutefois, face aux (à ces) nouvelles questions sociales, certaines communautés religieuses ont commencé à s’engager avec leurs voisins dans de nouvelles voies positives. En effet, l’histoire canadienne a connu des périodes de tensions et de rivalités, de vie menée dans l’ignorance et l’indifférence les uns des autres. À travers tout cela, nous avons appris à nous ouvrir aux valeurs d’autrui pour vivre en paix les uns avec les autres. Nous continuons certes à être divisés par la doctrine, les politiques, la pratique et à nous isoler dans notre institution ecclésiale, mais pourtant notre pèlerinage vers l’unité continue d’avancer sous l’inspiration de Dieu.

En terminant, nous pensons que les aspirations exprimées dans cette prière de 1967 dans le cadre des célébrations du Centenaire du Canada sont toujours d’actualité dans le contexte canadien moderne :

« Prions et vivons pour un monde où toutes les personnes de toutes les nations seront unies en pensées, en paroles et en actions, aide-nous à être honnêtes de manière transparente, purs et aimants dans nos relations avec les autres en notre monde et en tous les mondes. Prions pour l’harmonie et l’accomplissement de soi pour chaque esprit de cette nation et de toutes les nations; aide-nous à travailler et à vivre de manière à ce que la faim, la pauvreté, l’ignorance et la maladie disparaissent et que ton Règne vienne. Amen ! »


SEMAINE DE PRIÈRE
POUR L’UNITÉ DES CHRÉTIENS

Thèmes 1968-2014

C’est en 1968 que débuta officiellement la collaboration
entre la Commission Foi et Constitution du COE
et le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens
pour la préparation de ces textes.

1968 Pour la louange de sa gloire (Ep 1,14)

To the praise of his glory

1969 Appelés à la liberté (Ga 5,13)

Called to freedom

(Réunion préparatoire à Rome, Italie)

1970 Nous sommes les coopérateurs de Dieu (1 Co 3,9)

We are fellow workers for God

(Réunion préparatoire au Monastère de Niederaltaich, République Fédérale d’Allemagne)

1971 ... et la communion du Saint-Esprit (2 Co 13,13)

... and the communion of the Holy Spirit

(Réunion préparatoire à Bari, Italie)

1972 Je vous donne un commandement nouveau (Jn 13,34)

I give you a new commandment

(Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1973 Seigneur, apprends-nous à prier (Lc 11,1)

Lord, teach us to pray

(Réunion préparatoire à l’Abbaye de Montserrat, Espagne)

1974 Que tous confessent  : Jésus Christ est Seigneur (Ph 2,1-13)

That every tongue confess : Jesus Christ is Lord

(Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

(En avril 1974, une lettre fut adressée aux églises-membres ainsi qu’à d’autres parties intéressées à la création de groupes locaux pouvant participer à la préparation du livret de la Semaine de Prière. Un groupe australien fut le premier à s’engager concrètement en préparant en 1975 le projet initial de livret pour la Semaine de Prière.)

1975 La volonté du Père  : tout réunir sous un seul Chef, le Christ (Ep 1,3-10)

God’s purpose : all things in Christ

(Projet de texte élaboré par un groupe australien - Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1976 Appelés à devenir ce que nous sommes (1 Jn 3,2)

We shall be like him or Called to become what we are

(Projet de texte élaboré par la Conférence des églises des Caraïbes - Réunion préparatoire à Rome, Italie)

1977 L'espérance ne déçoit pas (Rm 5,1-5)

Enduring together in hope

(Projet de texte élaboré au Liban, en pleine guerre civile. Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1978 Vous n'êtes plus des étrangers (Ep 2,13-22)

No longer strangers

(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique de Manchester, Angleterre)

1979 Soyez au service les uns des autres pour la gloire de Dieu (1 P 4,7.11)

Serve one another to the glory of God

(Projet de texte élaboré en Argentine - Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1980 Que ton Règne vienne (Mt 6,10)

Your kingdom come

(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique de Berlin, République Démocratique d’Allemagne - Réunion préparatoire à Milan, Italie)

1981 Un seul Esprit - des dons divers - Un seul corps (1 Co 12,3b-13)

One Spirit - many gifts - one body

(Projet de texte élaboré par les Pères de Graymoor, USA - Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1982 Que tous trouvent leur demeure en toi, Seigneur (Ps 84)

May all find their home in you, O Lord

(Projet de texte élaboré au Kenya - Réunion préparatoire à Milan, Italie.)

1983 Jésus Christ - Vie du monde (1 Jn 1,1-4)

Jesus Christ - the Life of the World

(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique d’Irlande - Réunion préparatoire à Céligny [Bossey], Suisse)

1984 Appelés à l'unité par la Croix de notre Seigneur (1 Co 2, et Col 1,20)

Called to be one through the cross of our Lord

(Réunion préparatoire à Venise, Italie)

1985 De la mort à la Vie avec le Christ (Ep 2,4.7)

From death to life with Christ

(Projet de texte élaboré en Jamaïque - Réunion préparatoire à Grandchamp, Suisse)

1986 Vous serez mes témoins (Ac 1,6.8)

You shall be my witnesses

(Textes proposés en Yougoslavie [Slovénie] - Réunion préparatoire en Yougoslavie)

1987 Unis dans le Christ, une nouvelle création (2 Co 5,17-6,4a)

United in Christ - a New Creation

(Projet de texte élaboré en Angleterre - Réunion préparatoire à Taizé, France)

1988 L'Amour de Dieu bannit la crainte (1 Jn 4,18)

The love of God casts out fear

(Projet de texte élaboré en Italie - Réunion préparatoire à Pinerolo, Italie)

1989 Bâtir la communauté  : un seul corps en Christ (Rm 12,5-6a)

Building community : one body in Christ

(Projet de texte élaboré au Canada - Réunion préparatoire à Whaley Bridge, Angleterre)

1990 Que tous soient un... afin que le monde croie (Jn 17)

That they all may be one... That the world may believe

(Projet de texte élaboré en Espagne - Réunion préparatoire à Madrid, Espagne)

1991 Nations, louez toutes le Seigneur (Ps 117 et Rm 15,5-13)

Praise the Lord, all you nations

(Projet de texte élaboré en Allemagne - Réunion préparatoire à Rotenburg an der Fulda, République Fédérale d’Allemagne)

1992 Je suis avec vous... allez donc (Mt 28,16-20)

I am with you always ... Go, therefore

(Projet de texte élaboré en Belgique - Réunion préparatoire à Bruges, Belgique)

1993 Porter le fruit de l'Esprit pour l'unité des chrétiens (Ga 5,22-23)

Bearing the fruit of the Spirit for Christian unity

(Projet de texte élaboré au Zaïre - Réunion préparatoire près de Zurich, Suisse)

1994 La maison de Dieu  : appelés à n'avoir « qu'un cœur et qu’une âme »

(Ac 4,32)

The household of God : called to be one in heart and mind

(Projet de texte élaboré en Irlande - Réunion préparatoire à Dublin, Irlande)

1995 Koinônia  : communion en Dieu et entre nous (Jn 15,1-7)

Koinonia : communion in God and with one another

(Projet de texte élaboré par Foi et Constitution - Réunion préparatoire à Bristol, Angleterre)

1996 Voici, je me tiens à la porte et je frappe (Ap 3,14-22)

Behold, I stand at the door and knock

(Projet de texte élaboré au Portugal - Réunion préparatoire à Lisbonne, Portugal)

1997 Au nom du Christ... laissez-vous réconcilier avec Dieu (2 Co 5,20)

We entreat you on behalf of Christ, be reconciled to God

(Projet de texte élaboré en Scandinavie - Réunion préparatoire à Stockholm, Suède)

1998 L’Esprit aussi vient en aide à notre faiblesse (Rm 8,14-27)

The Spirit helps us in our weakness

(Projet de texte élaboré en France - Réunion préparatoire à Paris, France)

1999 Ils seront ses peuples et lui sera le Dieu qui est avec eux (Ap 21,3)

He will dwell with them as their God, they will be his peoples

(Projet de texte élaboré en Malaisie - Réunion préparatoire au Monastère de Bose, Italie)

2000 Béni soit Dieu... qui nous a bénis en Christ (Ep 1,3-14)

Blessed be God who has blessed us in Christ

(Projet de texte élaboré par le Conseil des Eglises du Moyen-Orient - Réunion préparatoire au Sanctuaire de La Verna, Italie)

2001 Je suis le chemin et la vérité et la vie (Jn 14,1-6)

I am the Way, and the Truth, and the Life

(Projet de texte élaboré en Roumanie - Réunion préparatoire à la Casa de Odihna, Roumanie)

2002 Car chez toi est la fontaine de la vie (Ps 36 [35],10)

For with you is the fountain of life (Ps 36 : 5-9)

(Projet de texte élaboré par le Conseil des Conférences Épiscopales Européennes (CCEE) et la Conférence des Églises Européennes (CEC) - Réunion préparatoire au Centre œcuménique d’Ottmaring, Augsbourg, République Fédérale d’Allemagne)

2003 Ce trésor, nous le portons dans des vases d’argile (2 Co 4,7)

We have this treasure in clay jars

(Projet de texte élaboré en Argentine - Réunion préparatoire au Centre œcuménique ‘Los Rubios’, Málaga [Espagne])

2004 Je vous donne ma paix (Jn 14,27)

My peace I give to you

(Projet de texte élaboré à Alep, Syrie - Réunion préparatoire à Palerme, Sicile, Italie)

2005 Le Christ, unique fondement de l’Eglise (1 Co 3, 1-23)

Christ, the one foundation of the church

(Projet de texte élaboré en Slovaquie - Réunion préparatoire à Piestaňy, Slovaquie)

2006 Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu
d’eux (Mt 18,20)

Where two or three are gathered in my name, there I am among them

(Projet de texte élaboré en Irlande - Réunion préparatoire à Prosperous, County Kildare, Irlande)

2007 Il fait entendre les sourds et parler les muets (Mc 7,37)

He even makes the deaf to hear and the mute to speak

(Projet de texte élaboré en Afrique du Sud - Réunion préparatoire au Château de Faverges, Haute-Savoie, France)

2008 Priez sans cesse (1 Th 5,17)

Pray without ceasing

(Projet de texte élaboré aux USA - Réunion préparatoire à Graymoor, Garrison, USA)

2009 Ils seront unis dans ta main (Ez 37,17)

That they may become one in your hand

(Projet de texte élaboré en Corée - Réunion préparatoire à Marseille, France)

2010 De tout cela, c’est vous qui êtes les témoins (Lc 24,48)

You are witnesses of these things

(Projet de texte élaboré en Écosse – Réunion préparatoire à Glasgow, Écosse)

2011 Unis dans l’enseignement des apôtres, la communion fraternelle, la fraction du pain et la prière
(cf. Ac 2,42)

One in the apostles' teaching, fellowship, breaking of bread and prayer
(Projet de texte élaboré à Jérusalem – Réunion préparatoire à Saydnaya, Syrie)

2012 Tous, nous serons transformés par la Victoire de notre Seigneur Jésus Christ (cf. 1 Co15,51-58)

We will all be changed by the Victory of our Lord Jesus Christ
(Projet de texte élaboré en Pologne – Réunion préparatoire à Varsovie, Pologne)

2013 Que nous demande le Seigneur? (cf. Mi 6,6-8)

What does God require of us?

(Projet de texte élaboré en Inde – Réunion préparatoire à Bangalore, Inde)

2014 Le Christ est-il divisé? (cf. 1 Co 1,1-17)
Has Christ been divided?
(Projet de texte élaboré au Canada – Réunion préparatoire à Montréal, Canada)

Quelques dates importantes
dans l’histoire de la Semaine
de priÈre pour l’unitÉ
des chrÉtiens

 

1740 env. En Écosse, naissance d'un mouvement pentecôtiste avec des liens en Amérique du Nord, dont le message pour le renouveau de la foi appelle à prier pour toutes les Eglises et avec elles.

1820 Le Révérend James Haldane Stewart publie  : Conseils pour l'union générale des chrétiens, en vue d'une effusion de l'Esprit (Hints for the outpouring of the Spirit).

1840 Le Révérend Ignatius Spencer, un converti au catholicisme romain, suggère une ‘Union de prière pour l'unité’.

1867 La première assemblée des évêques anglicans à Lambeth insiste sur la prière pour l'unité, dans l'introduction à ses résolutions.

1894 Le Pape Léon XIII encourage la pratique de l'Octave de la Prière pour l'unité dans le contexte de la Pentecôte.

1908 Célébration de « l'Octave pour l'unité de l’Église » à l'initiative du Révérend Père Paul Wattson.

1926 Le Mouvement « Foi et Constitution » commence la publication de « Suggestions pour une Octave de prière pour l'unité des chrétiens ».

1935 En France, l'abbé Paul Couturier se fait l'avocat de la « Semaine universelle de prière pour l'unité des chrétiens sur la base d'une prière conçue pour l'unité que veut le Christ, par les moyens qu'Il veut ».

1958 Le Centre « Unité chrétienne » de Lyon (France) commence à préparer le thème pour la Semaine de prière en collaboration avec la Commission « Foi et Constitution » du Conseil œcuménique des Eglises.

1964 À Jérusalem, le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras Ier récitent ensemble la prière du Christ « que tous soient un » (Jn 17).

1964 Le Décret sur l’œcuménisme du Concile Vatican II souligne que la prière est l'âme du mouvement œcuménique, et encourage la pratique de la Semaine de Prière.

1966 La Commission « Foi et Constitution » et le Secrétariat pour l'unité des chrétiens (aujourd’hui Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens) de l'Église catholique décident de préparer ensemble le texte pour la Semaine de Prière de chaque année.

1968 Pour la première fois, la Semaine de prière est célébrée sur la base des textes élaborés en collaboration par « Foi et Constitution » et le Secrétariat pour l'unité des chrétiens (aujourd’hui Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens).

1975 Première célébration de la Semaine de prière à partir de textes préparés sur la base d’un projet proposé par un groupe œcuménique local. Ce nouveau mode d’élaboration des textes est inauguré par un groupe œcuménique d’Australie.

1988 Les textes de la Semaine de prière sont utilisés pour la célébration inaugurale de la Fédération chrétienne de Malaisie rassemblant les principaux groupes chrétiens de ce pays.

1994 Le groupe international ayant préparé les textes pour 1996 comptait entre autre des représentants de la YMCA et de la YWCA.

2004 Accord entre Foi et Constitution (Conseil œcuménique des Églises) et le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens (Église catholique) pour que le livret de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens soit officiellement conjointement publié et présenté sous un même format.

2008 Célébration du centenaire de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens (l’Octave pour l’unité de l’Église, son prédécesseur, fut célébrée pour la première fois en 1908).

Traduction de l’original anglais
Marie-Cécile Dassonneville

Conférence des Évêques de France
Norman Lévesque

Centre canadien d’œcuménisme



[1]Citations scripturaires : Les citations bibliques en version française reproduites dans ces pages sont empruntées à la Nouvelle Traduction œcuménique de la Bible (TOB), © Bibli’O – Société biblique, française et Éditions du Cerf, 2010. Tous droits réservés.

[2]Le Canada utilise l’expression de « Premières Nations » pour reconnaître la présence de peuples indigènes avant l’arrivée des Européens. Les peuples indigènes de l’Arctique s’appellent eux-mêmes Inuits. Le terme de métis s’emploie pour désigner les personnes dont les ancêtres sont à la fois indigènes et Français.

[3]Les « Premières Nations » est un terme utilisé au Canada pour reconnaitre la présence des personnes autochtones avant l’arrivée des Européens. Les autochtones de l’Arctique s’appellent des Inuits. Métis est un terme utilisé pour désigner des personnes de descendance Amérindienne et Française.

[4]Voir www.trc.ca pour plus d’informations sur le programme des « pensionnats indiens » et les ententes de règlements.

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