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CONSEIL PONTIFICAL POUR LA PROMOTION DE L'UNITÉ DES CHRÉTIENS

 

IMPORTANT

Ceci est la version internationale de la Semaine de prière
pour l’année 2017

Pour vous procurer la version spécialement adaptée à votre situation locale, veuillez contacter la Conférence épiscopale de votre pays
ou le Synode de votre Église

Textes pour
la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens
et pour toute l’année 2017

Nous réconcilier
L’amour du Christ nous y presse
(cf. 2 Co 5, 14-20)

Conjointement préparés et publiés par
le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens
la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises

Traduction de l’original anglais
Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens

Citations scripturaires :

Les citations bibliques en version française reproduites dans ces pages sont empruntées à la Nouvelle Traduction œcuménique de la Bible (TOB), © Bibli’O – Société biblique, française et Éditions du Cerf, 2010. Tous droits réservés.


À TOUS CEUX QUI ORGANISENT
LA SEMAINE DE PRIÈRE POUR L’UNITÉ
DES CHRÉTIENS

Rechercher l’unité tout au long de l’année

Dans l’hémisphère nord, la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens est célébrée du 18 au 25 janvier. Ces dates furent proposées en 1908 par Paul Wattson de manière à couvrir la période entre la fête de saint Pierre et celle de saint Paul. Ce choix a donc une signification symbolique. Dans l'hémisphère Sud, où le mois de janvier est une période de vacances d'été, on préfère adopter une autre date, par exemple aux environs de la Pentecôte (ce qui fut suggéré par le mouvement Foi et Constitution en 1926) qui représente aussi une autre date symbolique pour l’unité de l’Église.

En gardant cette flexibilité à l’esprit, nous vous encourageons à considérer ces textes comme une invitation à trouver d'autres occasions, au cours de l'année, pour exprimer le degré de communion que les Églises ont déjà atteint et pour prier ensemble en vue de parvenir à la pleine unité voulue par le Christ.

Adapter les textes

Ces textes sont proposés étant bien entendu que, chaque fois que cela sera possible, on essayera de les adapter aux réalités des différents lieux et pays. Ce faisant, on devra tenir compte des pratiques liturgiques et dévotionnelles locales ainsi que du contexte socio-culturel. Une telle adaptation devrait normalement être le fruit d’une collaboration œcuménique. Dans plusieurs pays, des structures œcuméniques sont déjà en place et elles permettent ce genre de collaboration. Nous espérons que la nécessité d'adapter la Semaine de prière à la réalité locale puisse encourager la création de ces mêmes structures là où elles n'existent pas encore.

Utiliser les textes de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens

§ Pour les Églises et les Communautés chrétiennes qui célèbrent ensemble la Semaine de prière au cours d'une seule cérémonie, ce livret propose un modèle de Célébration œcuménique de la Parole de Dieu.

§ Les Églises et Communautés chrétiennes peuvent également se servir pour leurs célébrations des prières ou des autres textes de la Célébration œcuménique de la Parole de Dieu, des textes proposés pour les Huit Jours et du choix de prières en appendice de cette brochure.

§ Les Églises et Communautés chrétiennes qui célèbrent la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens chaque jour de la semaine, peuvent trouver des suggestions dans les textes proposés pour les Huit Jours.

§ Les personnes désirant entreprendre des études bibliques sur le thème de la Semaine de prière peuvent également se baser sur les textes et les réflexions bibliques proposés pour les Huit Jours. Les commentaires de chaque jour peuvent se conclure par une prière d'intercession.

§ Pour les personnes qui souhaitent prier en privé, les textes contenus dans cette brochure peuvent alimenter leurs prières et leur rappeler aussi qu'elles sont en communion avec tous ceux qui prient à travers le monde pour une plus grande unité visible de l’Église du Christ.

 

TEXTE BIBLIQUE POUR 2017

2 Corinthiens 5, 14-20

L’amour du Christ nous étreint, à cette pensée qu’un seul est mort pour tous et donc que tous sont morts. Et il est mort pour tous afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. Aussi, désormais, ne connaissons-nous plus personne à la manière humaine. Si nous avons connu le Christ à la manière humaine, maintenant nous ne le connaissons plus ainsi.Aussi, si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Le monde ancien est passé, voici qu’une réalité nouvelle est là.Tout vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par le Christ et nous a confié le ministère de la réconciliation.Car de toute façon, c’était Dieu qui en Christ réconciliait le monde avec lui-même, ne mettant pas leurs fautes au compte des hommes, et mettant en nous la parole de réconciliation.C’est au nom du Christ que nous sommes en ambassade, et par nous, c’est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous en supplions, laissez-vous réconcilier avec Dieu.

La Bible – Traduction œcuménique – TOB

INTRODUCTION
AU THÈME DE L’ANNÉE 2017

Nous réconcilier. L'amour du Christ nous y presse
(cf. 2 Co 5, 14-20)

 

L’Allemagne, pays de la Réforme luthérienne

En 1517, Martin Luther exprime des réserves sur ce qu’il considère être des abus dans l’Église de son époque et publie ses 95 thèses. 2017 sera l’année du 500e anniversaire de cet événement qui fut déterminant pour les mouvements réformateurs et qui a marqué la vie de l’Église d’Occident pendant plusieurs siècles. Toutefois, cet événement n’a pas manqué de susciter des controverses dans les relations interconfessionnelles en Allemagne, notamment au cours des dernières années. L’Église protestante en Allemagne (EKD) se prépare à cet anniversaire depuis 2008, en abordant chaque année un aspect particulier de la Réforme, par exemple la Réforme et la politique, ou encore la Réforme et l’éducation. L’EKD a également invité à différents niveaux ses partenaires œcuméniques à contribuer à la commémoration des événements de 1517.

Après avoir longuement débattu, et parfois non sans difficultés, les Églises en Allemagne ont décidé qu’une Christusfest – une Célébration du Christ – serait la manière œcuménique la plus appropriée de commémorer l’événement de la Réforme. Mettre l’accent sur Jésus Christ et sur son œuvre de réconciliation qui sont au centre de la foi chrétienne permettrait à tous les partenaires œcuméniques de l’EKD (catholiques, orthodoxes, baptistes, méthodistes, mennonites et autres) de participer à la célébration de cet anniversaire.

Il s’agit d’un résultat remarquable si l’on considère que, par sa nature, la Réforme a conduit à de nombreuses divisions au cours de l’histoire. La Commission catholique-luthérienne sur l’unité a intensément travaillé à la rédaction d’une déclaration commune sur cette commémoration. Cet important rapport, intitulé Du conflit à la communion, rappelle que ces deux confessions se préparent à cet anniversaire dans un contexte œcuménique, en s’appuyant sur les résultats de cinquante ans de dialogue et en posant un regard nouveau sur leur propre histoire et leur théologie. En distinguant bien les intuitions théologiques de la Réforme de ce qui était de l’ordre de la polémique, les catholiques sont maintenant en mesure d’entendre le défi que Luther pose à l’Église de notre temps et de reconnaître en lui un « témoin de l’Évangile » (Du conflit à la communion, 29). Ainsi, après des siècles de condamnations mutuelles et de diffamation, pour la première fois en 2017 les chrétiens luthériens et catholiques commémoreront ensemble le début de la Réforme.

C’est donc en référence à cette déclaration d’accord et au contexte œcuménique global qu’a été choisi pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2017 un thème d’une grande force : « Nous réconcilier. L'amour du Christ nous y presse » (cf. 2 Co 5, 14).

Le Conseil des Églises en Allemagne (ACK) et l’anniversaire de la Réforme en 2017

Le Conseil des Églises en Allemagne a lancé divers projets en vue de la commémoration de l’année 1517. L’un d’entre eux s’intitule : « Redécouvrir les trésors de la Bible ». Rappelant dans ce cadre l’importance que Martin Luther attribuait à la signification de la Bible, toutes les Églises membres de l’ACK ont présenté des textes décrivant leur approche de la Bible, recueillis par la suite dans une brochure. Par ailleurs, l’ACK a organisé un « pèlerinage » symbolique à Wittenberg auprès de diverses Églises membres. En cette circonstance, chaque communauté visitée était invitée à exprimer et à célébrer la relation spécifique qui la lie à la Bible. En avril 2015, l’ACK a également organisé un colloque sur le thème : « Irréparable division ? Renouvellement béni ? – Perspectives œcuméniques sur 500 ans de Réforme », dont les actes ont été publiés.

C’est donc dans la perspective de l’anniversaire de 2017 que le Conseil des Églises en Allemagne (ACK), à l’invitation du Conseil œcuménique des Églises, a élaboré les textes pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens de cette même année. Un comité formé de dix membres représentant plusieurs Églises s’est réuni trois fois en 2014 et 2015 pour rédiger les textes requis. La préparation d’un schéma de célébration œcuménique a fait l’objet d’une attention particulière (voir p. 11). Ces textes, qui serviront principalement de base à la célébration de la Semaine de prière, pourront aussi contribuer à la commémoration de la Réforme luthérienne.

Le thème de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2017

Quand le Comité allemand de coordination s’est réuni à l’automne 2014, deux axes principaux se sont rapidement imposés aux rédacteurs du matériel de cette Semaine de prière pour l’unité des chrétiens : d’une part, il fallait qu’il soit une célébration de l’amour et de la grâce de Dieu, la « justification de l’humanité par la grâce seule », soulignant l’élément principal sur lequel se fondent les Églises issues de la Réforme de Martin Luther ; d’autre part, il devait également reconnaître la douleur causée par les profondes divisions qu’elle a générées et qui ont affecté l'Église, nommer ouvertement les fautes commises et offrir une opportunité de progresser vers la réconciliation.

Enfin, c’est l’Exhortation apostolique du Pape François Evangelii Gaudium (« La joie de l’Évangile ») de 2013 qui a fourni le thème de cette année grâce à cette citation : « L’amour du Christ nous presse » (par. 9). Ce verset biblique (2 Co 5, 14), pris dans le cadre de l’ensemble du cinquième chapitre de la Deuxième épître aux Corinthiens, a permis au Comité allemand de formuler le thème de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2017.

Le texte biblique : 2 Co 5, 14-20

Le passage biblique choisi souligne que la réconciliation est un don de Dieu pour l’ensemble de la Création. « C’était Dieu qui en Christ réconciliait le monde avec lui-même, ne mettant pas leurs fautes au compte des hommes, et mettant en nous la parole de réconciliation » (v. 19). Par effet de l’action divine, la personne réconciliée en Christ est à son tour appelée à proclamer la réconciliation en paroles et en actes : « L’amour de Dieu nous presse » (cf. v. 14). « Nous sommes en ambassade, et par nous, c’est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous en supplions, laissez-vous réconcilier avec Dieu » (v. 20). Le texte souligne que cette réconciliation ne sera pas sans sacrifices. Jésus a donné sa vie, il est mort pour nous tous. Les ambassadeurs de réconciliation sont donc appelés, en son nom et à son exemple, à faire don de leurs vies. Ils ne vivent plus pour eux-mêmes ; ils vivent pour lui qui est mort pour eux.

Les Huit Jours et la Célébration œcuménique

Le texte biblique choisi, 2 Co 5, 14-20, a ainsi servi de base à la réflexion développée pour les Huit Jours au cours desquels sont approfondies quelques-unes des thématiques théologiques suggérées par certains versets :

1er jour : Un seul est mort pour tous
2e jour : Ne plus vivre pour eux-mêmes
3e jour : Nous ne connaissons plus personne à la manière humaine
4e jour : Le monde ancien est passé
5e jour : Voici qu’une réalité nouvelle est là
6e jour : Dieu a réconcilié le monde avec lui-même
7e jour : Le ministère de la réconciliation
8e jour : Réconciliés avec Dieu

La célébration œcuménique nous invite à louer Dieu car, en Christ, il a réconcilié le monde avec lui-même. Mais nous sommes aussi appelés à confesser nos péchés avant d’écouter la proclamation de la Parole et à puiser à la source profonde du pardon de Dieu. Ce n’est qu’après cela que nous pourrons témoigner devant le monde que la réconciliation est possible.

Un appel pressant à rendre témoignage

L’amour du Christ nous presse de prier mais nous demande aussi d’aller au-delà de la simple prière pour l’unité des chrétiens. Les communautés et les Églises ont besoin du don de la réconciliation de Dieu qui est source de vie. Mais elles en ont plus que tout besoin pour pouvoir témoigner ensemble devant le monde : « Que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu’ils soient en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17, 21).

Le monde a besoin de ministres de réconciliation pour faire tomber les barrières, construire des ponts, instaurer la paix et ouvrir la voie à de nouvelles manières de vivre au nom de celui qui nous a réconciliés avec Dieu, Jésus Christ. C’est l’Esprit Saint qui nous guide sur le chemin de la réconciliation en son nom.

Au moment où ce texte a été écrit en 2015, de nombreuses personnes et Églises en Allemagne ont mis en pratique leur désir de réconciliation en accueillant d’innombrables migrants provenant de Syrie, d’Afghanistan, d’Érythrée, ainsi que des pays des Balkans occidentaux en quête d’un refuge et d’un nouveau départ dans la vie. Le soutien concret offert à ces personnes et les réactions vigoureuses à l’hostilité xénophobe ont été un clair témoignage de réconciliation pour la population allemande. En ministres de réconciliation, les Églises se sont activement impliquées en portant assistance aux réfugiés dans leur recherche d’un logis, tout en essayant de contribuer à une amélioration des conditions de vie dans les pays qu’ils avaient dû quitter. Il est tout aussi nécessaire de se lancer dans ces initiatives concrètes de soutien que de prier ensemble pour la réconciliation et la paix si l’on veut apporter espérance et consolation à ceux qui fuient de terribles situations.

Que la source de réconciliation miséricordieuse de Dieu déborde en cette Semaine annuelle de prière, afin que d’innombrables personnes trouvent enfin la paix et que des ponts puissent être jetés. Que l’amour du Christ nous presse, fidèles et Églises, de vivre dans la réconciliation et de faire tomber les murs de division !

 

PRÉPARATION DU MATÉRIEL
DE LA SEMAINE DE PRIÈRE
POUR L’UNITÉ DES CHRÉTIENS 2017

Le travail préparatoire sur le thème choisi pour le livret de la Semaine de prière de cette année a été réalisé par un groupe de représentants de diverses communautés chrétiennes d’Allemagne. Ce Comité national a été constitué par le groupe de travail du Conseil des Églises d’Allemagne (Arbeitsgemeinschaft Christlicher Kirchen/ACK) dirigé par le Dr Elisabeth Dieckmann.

Nous désirons remercier les responsables de l’ACK, les membres de son Comité national et les personnes qui ont contribué à la rédaction de ces textes, en particulier :

- Mgr Dr. Eberhard Amon (DBK – Conférence épiscopale allemande de l’Église catholique)
- Pasteur Bernd Densky (ACK, Baptiste – Alliance des Églises évangéliques et libres en Allemagne)
- Pasteure Leonie Grüning (EKD –Église protestante en Allemagne)
- Pasteure Annette Gruschwitz (EmK – Église évangélique-méthodiste en Allemagne)
- Archiprêtre Constantin Miron (OBKD – Conférence épiscopale orthodoxe en Allemagne)
- Pasteur Scott Morrison (SELK – Église évangélique-luthérienne indépendante)
- Dr Dagmar Stoltmann-Lukas (DBK - Conférence épiscopale allemande de l’Église catholique)
- Pasteur Jan-Henry Wanink (Église vieille-réformée)
- Pasteure Allison Werner Hoenen (EKD et VELKD - Église protestante en Allemagne, Union des Églises évangéliques-luthériennes d’Allemagne)
- Mme Ruth Raab-Zerger (AMG – Fédération des communautés mennonites en Allemagne)

Les textes proposés dans ce livret ont été mis au point au cours d’une rencontre qui a eu lieu en septembre 2015, à l’Hôtel Luther de Wittemberg, en Allemagne, entre le Comité international désigné par la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises et le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et les membres du Comité national. Le Comité international exprime toute sa gratitude à l’ACK pour avoir généreusement organisé cette rencontre et pour la très aimable hospitalité qui leur a été offerte. Il désire en particulier remercier le pasteur Bernd Densky de son aide qui a beaucoup facilité leur tâche. Le groupe de travail a aussi été accompagné et guidé lors d’une visite de Wittemberg et d’Eisleben par le Rév. Jürgen Dittrich, pasteur luthérien responsable de l’œcuménisme de l’Église locale de Saxe-Anhalt. La visite a débuté à Wittemberg où vécut Martin Luther avec sa famille et où il travailla après avoir quitté le monastère d’Erfurt. Les participants se sont également rendus à l’église du château de Wittemberg où le Réformateur allemand aurait affiché ses 95 thèses. Enfin, le groupe a visité le lieu où naquit Luther et l’église d’Eisleben où il fut baptisé. Ces visites ont permis de mieux saisir l’impact et l’influence exercés par Martin Luther sur la Réforme en Allemagne.

La rencontre organisée en soirée avec des représentants locaux de diverses communautés chrétiennes a permis d’avoir une meilleure compréhension du paysage religieux allemand, dans l’Est de l’Allemagne.

 

CÉLÉBRATION ŒCUMÉNIQUE

Introduction

Nous réconcilier. L'amour du Christ nous y presse
(cf. 2 Co 5, 14-20)

 

Commémoration du 500e anniversaire de la Réforme

Les Églises d’Allemagne ont décidé de commémorer cet anniversaire en fêtant le Christ. La Réforme a entraîné pour les chrétiens un recentrement sur la question du salut par la grâce par le moyen de la foi en Jésus Christ. Nous nous réjouissons dans le salut de Dieu, fondé sur le Christ crucifié qui abolit la division et nous rassemble. La célébration ci-après confesse ouvertement et demande pardon pour les péchés de division commis après la Réforme. Notre prière célébrera le Christ et son action réconciliatrice qui incite en leur cœur les chrétiens divisés à devenir des ambassadeurs du Christ, en se faisant ministres de réconciliation.

Le contenu de la célébration

Le thème « Nous réconcilier – L’amour du Christ nous y presse » célèbre la réconciliation qui nous est offerte de façon irrévocable par notre foi en Jésus Christ. L’amour du Christ est la force motrice qui nous fait dépasser nos divisions et poser des actes de réconciliation.

Par la lecture des psaumes et le chant, nous nous rassemblons au nom de Jésus pour louer les merveilles de Dieu. Nous confessons notre péché de division et implorons le pardon. La proclamation de la Parole de Dieu souligne l’action réconciliatrice du Christ : « Un seul est mort pour tous » (v. 14). Les fidèles répondent à cette bonne nouvelle en acceptant de devenir des ministres de réconciliation.

Actes symboliques durant la célébration

Le mur

En 1989 eut lieu la chute du Mur de Berlin qui débuta par un Mouvement de prière pour la paix en République démocratique allemande (Allemagne de l’Est). Les gens plaçaient des bougies à leurs fenêtres ou à leurs portes et priaient pour la liberté. « Nous avions tout prévu. Nous nous attendions à tout, sauf à des bougies et des prières » avouait Horst Sindermann, parlementaire de la RDA jusqu’en 1989. C’est la raison pour laquelle nous avons choisi de représenter par la construction et le démantèlement d’un mur la division des chrétiens que nous confessons et la réconciliation à laquelle nous aspirons. C’est un symbole d’espoir qui peut être employé dans toutes les situations où les divisions semblent insurmontables. Ainsi, la construction d’un mur symbolique au moment de la confession des péchés, la présence visible de ce mur durant la proclamation de la Parole et, enfin, le démantèlement de ce mur pour construire une croix en signe d’espérance, nous donne le courage de dénoncer ces terribles divisions et de les surmonter avec l’aide de Dieu.

Instructions/Matériel : construction et démolition du Mur

« Divisés à cause de nos péchés » : après une brève introduction, des membres de l’assemblée construiront le mur de la séparation représentant nos péchés et la division que nous reconnaissons. Le mur restera debout pendant toute la célébration jusqu’à la section intitulée « Répondre dans la foi – Vivre dans la réconciliation ». À ce moment, les pierres seront prélevées du mur puis déposées pour former une croix.

Selon les dimensions de l’espace où se tiendra la célébration, voici le matériel qui sera nécessaire pour mettre en acte ce geste symbolique : 12 boîtes de la même taille (par ex. des boîtes à chaussures, des cartons) recouvertes de papier d’emballage pour confectionner les « pierres ». Sur le devant de chaque boîte, on inscrira une expression clé (manque d’amour, haine et mépris, fausse accusation, discrimination, persécution, communion brisée, intolérance, guerres de religion, division, abus de pouvoir, isolement et orgueil). Quand chaque péché sera nommé, la pierre correspondante sera amenée pour construire le mur. Après un moment de silence, la personne portant la pierre prononcera la demande de pardon à laquelle l’assemblée répondra : « Pardonne-nous nos péchés, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ».

Après le sermon, qui conclura la proclamation de la Parole de Dieu, sera dite une prière de réconciliation. Pendant le démantèlement du mur et la construction d’une croix avec les mêmes pierres, on pourra entonner un chant de réconciliation ou une hymne à la gloire de la croix.

Pour une célébration en petits groupes, une alternative à ce geste liturgique pourrait être de prévoir un temps consacré aux témoignages personnels qui, si on le désire, pourrait aussi remplacer l’idée du mur. Dans la première partie, ces témoignages pourraient être l’occasion de nommer des situations dans lesquelles d’autres ont été blessés. Au cours de la seconde partie, consacrée à la réponse dans la foi, pourraient être racontées des expériences de réconciliation et décrits des gestes de guérison.

Bougies

Une fois le Credo récité, quatre prières d’intercession seront lues. Après chaque supplique, trois personnes allumeront une lampe/veilleuse d’une même source de lumière (par exemple un cierge pascal) et resteront debout autour de la Croix jusqu’à la partie intitulée « Envoyés par le Christ ». Ensuite, les douze passeront parmi l’assistance avec leur lampe/veilleuse jusqu’à ce que chacun ait allumé la sienne. La célébration se terminera par une bénédiction et l’envoi.

Déroulement de la célébration

C : Célébrant
A : Tous
L : Lecteur

I. Rassemblés au nom de Jésus

Chants de rassemblement (à choisir par les organisateurs de la célébration locale)

Entrée en procession des célébrants qui pourront porter une Bible/un lectionnaire.

Ouverture

C : Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

T : Amen.

C : Que la grâce et la paix de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui en Christ, soit avec vous (2 Co 5, 18).

T : Et avec votre Esprit.

Paroles d’introduction

C : Chers frères et sœurs en Christ, cette année de nombreux chrétiens et Églises célébreront l’anniversaire de la Réforme. Saint Paul nous rappelle que Dieu nous a réconciliés en Jésus Christ et que l’amour du Christ nous presse d’être des ministres de réconciliation. Prions et louons ensemble le Seigneur dans l’unité du Saint-Esprit !

Psaume 98 (chanté) ou hymne de louange

II. Divisés à cause de nos péchés (confession)

Invitation à la confession

C : Au cours de l’histoire, l’Église, qui a sans cesse besoin de se convertir plus profondément à son chef, Jésus christ, a été marquée par de nombreux mouvements de renouveau. Ceux-ci ont parfois conduit à des divisions involontaires, ce qui est en contradiction avec ce que Jésus demande à son Père en Jean 17, 23 : « Qu’ils parviennent à l’unité parfaite et qu’ainsi le monde puisse connaître que c’est toi qui m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé ». Confessons nos péchés et implorons le pardon et la guérison des blessures causées par nos divisions. En nommant ces péchés, nous comprendrons comment ils ont formé un mur qui nous sépare.

Silence

C : Prions : Dieu et Père du ciel, nous venons vers toi au nom de Jésus Christ. Par ton Esprit Saint, nous sommes renouvelés et pourtant, nous continuons à ériger des murs qui nous séparent, des murs qui font obstacle à la communion et à l’unité. Voici les pierres avec lesquelles nous élevons ces murs et pour lesquelles nous te demandons pardon et implorons ton salut.

T : Amen.

Alors que chaque péché est nommé, la pierre correspondante est apportée devant l’assemblée pour bâtir un mur. Après un instant de silence, le porteur de la pierre [L] demande le pardon de Dieu et l’assemblée répond : « Pardonne-nous nos péchés, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ».

C : Une des pierres de ce mur représente notre « manque d’amour ».

La pierre portant l’inscription « manque d’amour » est posée.

L1 : Dieu de toute grâce, l’amour du Christ nous presse de te demander pardon pour toutes les fois où nous avons manqué d’amour. Nous te prions :

T : Pardonne-nous nos péchés, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.

C : Une des pierres de ce mur représente « l’hostilité et le mépris ».

La pierre portant l’inscription « hostilité et mépris » est posée.

L2 : Dieu de toute grâce, l’amour du Christ nous presse de te demander pardon pour notre hostilité et notre mépris les uns envers les autres. Nous te prions :

T : Pardonne-nous nos péchés, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.

C : Une des pierres de ce mur représente les « fausses accusations ».

La pierre portant l’inscription « fausses accusations » est posée.

L3 : Dieu de toute grâce, l’amour du Christ nous presse de te demander pardon pour les dénonciations et les fausses accusations commises les uns envers les autres. Nous te prions :

T : Pardonne-nous nos péchés, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés

C : Une des pierres de ce mur représente la « discrimination ».

La pierre portant l’inscription « discrimination » est posée.

L4 : Dieu de toute grâce, l’amour du Christ nous presse de te demander pardon pour toutes les formes de préjugé et de discrimination dont nous usons les uns contre les autres. Nous te prions :

T : Pardonne-nous nos péchés, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.

Répons chanté : Seigneur, pardonne-nous.

Chaque comité local choisira un répons chanté.

C : Une des pierres de ce mur représente la « persécution ».

La pierre portant l’inscription « persécution » est posée.

L5 : Dieu de toute grâce, l’amour du Christ nous presse de te demander pardon pour les persécutions et les tortures infligées les uns aux autres. Nous te prions :

T : Pardonne-nous nos péchés, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.

C : Une des pierres de ce mur représente la « communion brisée ».

La pierre portant l’inscription « communion brisée » est posée.

L6 : Dieu de toute grâce, l’amour du Christ nous presse de te demander pardon pour la communion brisée que nous perpétuons entre nos Églises. Nous te prions :

T : Pardonne-nous nos péchés, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.

C : Une des pierres de ce mur représente l’« intolérance ».

La pierre portant l’inscription « intolérance » est posée

L7 : Dieu de toute grâce, l’amour du Christ nous presse de te demander pardon pour avoir banni dans le passé nos frères et sœurs hors de notre pays, et pour tous les gestes d’intolérance religieuse que nous commettons aujourd’hui encore. Nous te prions :

T : Pardonne-nous nos péchés, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.

C : Une des pierres de ce mur représente les « guerres de religion ».

La pierre portant l’inscription « guerres de religion » est posée.

L8 : Dieu de toute grâce, l’amour du Christ nous presse de te demander pardon pour toutes les guerres qu’en ton nom nous nous sommes livrées les uns contre les autres. Nous te prions :

T : Pardonne-nous nos péchés, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.

Répons chanté : Seigneur, pardonne-nous.

C : Une des pierres de ce mur représente la « division ».

La pierre portant l’inscription « division » est posée.

L9 : Dieu de toute grâce, l’amour du Christ nous presse de te demander pardon car nous vivons notre expérience chrétienne divisés les uns des autres et négligeons notre appel commun à participer à la guérison de toute la création. Nous te prions :

T : Pardonne-nous nos péchés, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.

C : Une des pierres de ce mur représente l’« abus de pouvoir ».

La pierre portant l’inscription « abus de pouvoir » est posée.

L10 : Dieu de toute grâce, l’amour du Christ nous presse de te demander pardon pour les abus de pouvoir que nous commettons. Nous te prions :

T : Pardonne-nous nos péchés, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.

C : Une des pierres de ce mur représente l’« isolement ».

La pierre portant l’inscription « isolement » est posée.

L11 : Dieu de toute grâce, l’amour du Christ nous presse de te demander pardon pour toutes les fois où nous nous sommes isolés de nos sœurs et frères chrétiens et des collectivités dans lesquelles nous vivons. Nous te prions :

T : Pardonne-nous nos péchés, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.

C : Une des pierres de ce mur représente l’« orgueil ».

La pierre portant l’inscription « orgueil » est posée.

L12 : Dieu de toute grâce, l’amour du Christ nous presse de te demander pardon pour notre orgueil. Nous te prions :

T : Pardonne-nous nos péchés, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.

Répons chanté : Seigneur, pardonne-nous.

C : Prions ensemble : Seigneur, notre Dieu, regarde ce mur que nous avons construit et qui nous sépare de toi et les uns des autres. Pardonne-nous nos péchés. Guéris-nous. Aide-nous à surmonter tous les murs de division et fais que nous soyons un en toi.

T : Amen.

Hymne/Chant/Musique douce

III. Réconciliez-vous avec Dieu – Écoutez sa Parole

Première lecture : Ezéchiel 36, 25-27

Psaume responsorial : 18, 25-33 (chanté)

Répons : Je t’aime, ô Seigneur, tu es ma force.

Tu es fidèle envers l'homme fidèle,
sans reproche avec l'homme sans reproche ;
envers qui est loyal, tu es loyal,
tu ruses avec le pervers.
Tu sauves le peuple des humbles ;
les regards hautains, tu les rabaisses.

Répons : Je t’aime, ô Seigneur, tu es ma force.

Tu es la lumière de ma lampe,
Seigneur mon Dieu, tu éclaires ma nuit.
Grâce à toi, je saute le fossé,
grâce à mon Dieu, je franchis la muraille.
Ce Dieu a des chemins sans reproche,
la parole du Seigneur est sans alliage,
il est un bouclier pour qui s'abrite en lui.
Qui est Dieu, hormis le Seigneur ? le Rocher, sinon notre Dieu ?
C'est le Dieu qui m'emplit de vaillance
et m'indique un chemin sans reproche.

Répons : Je t’aime, ô Seigneur, tu es ma force.

Deuxième lecture : 2 Co 5, 14-20

Alléluia (chanté)

Évangile : Lc 15, 11-24

Alléluia (chanté)

Prédication

IV. Répondez dans la foi – Vivez dans la réconciliation

Pendant que le mur est démantelé et que les pierres sont disposées pour former une croix, un chant de réconciliation ou un hymne à la gloire de la croix est entonné.

L : Prions : Dieu de grâce et Père du Ciel, nous avons entendu ta Parole qui proclame que nous avons été réconciliés avec toi en ton Fils Jésus Christ, notre Seigneur. Par la puissance de l’Esprit Saint, transforme nos cœurs de pierre. Aide-nous à devenir des ministres de réconciliation et à guérir les divisions de l’Église pour que nous puissions servir toujours mieux les œuvres de ta paix dans le monde.

C : Amen.

Signe de la paix

L : La paix du Seigneur soit toujours avec vous.

Échangeons un signe de paix.

Hymne/Chant

(Quête/Offrandes)

V. Répondez dans la foi – Proclamez la réconciliation

Credo

Prière universelle

Après chaque prière, trois fidèles allument une veilleuse à une source centrale de lumière – par exemple un cierge pascal – et restent debout autour de la croix jusqu’à la section intitulée « Envoyés par le Christ ».

L1 : Dieu tout-puissant, tu as envoyé ton Fils Jésus Christ pour réconcilier le monde avec toi. Nous te glorifions pour ceux que, dans la puissance de ton Esprit, tu as envoyés proclamer l’Évangile à toutes les nations. Nous te rendons grâce pour les communautés d’amour qui se forment partout sur terre pour prier et travailler, pour tes serviteurs qui en tout lieu invoquent ton nom. Que ton Esprit éveille en nous tous une faim et une soif d’unité en toi. Nous t’en prions, Seigneur :

Répons récité ou chanté : Seigneur, entends notre prière.

On prendra soin de laisser le temps à trois fidèles d’allumer leurs veilleuses au cierge pascal.

L2 : Dieu de bonté, nous prions pour nos Églises. Remplis-les de vérité et de paix. Là où la foi est corrompue, purifie-la ; là où les humains sont égarés, remets-les sur la voie ; là où ils négligent de proclamer l’Évangile, réforme-les ; là où ils témoignent de ce qui est juste, affermis-les ; là où ils sont dans le besoin, pourvois à leurs besoins ; et là où ils sont divisés, réunis-les. Nous t’en prions, Seigneur.

Répons récité ou chanté : Seigneur, entends notre prière.

On prendra soin de laisser le temps à trois fidèles d’allumer leurs veilleuses au cierge pascal.

L3 : Dieu créateur de l’univers, tu nous as faits à ton image et tu nous as sauvés en Jésus Christ ton Fils. Regarde avec bienveillance toute la famille humaine ; libère-nous de l’arrogance et de l’hostilité qui corrompent nos cœurs ; fais tomber les murs qui nous séparent ; unis-nous par les des liens de ton amour. Et malgré toutes nos faiblesses, agis pour que ton plan divin s’accomplisse sur terre, afin que tous les peuples et les nations te servent dans l’harmonie, rassemblés autour de ton trône céleste. Nous t’en prions, Seigneur.

Répons récité ou chanté : Seigneur, entends notre prière.

On prendra soin de laisser le temps à trois fidèles d’allumer leurs veilleuses au cierge pascal.

L4 : Esprit Saint, toi qui donnes la vie, nous avons été créés pour devenir un en toi et pour partager cette vie sur terre avec nos frères et sœurs. Ranime en chacun de nous ta compassion et ton amour. Donne-nous la force et le courage d’œuvrer pour la justice dans les lieux où nous vivons, pour amener la paix dans nos familles, pour être source de réconfort pour les malades et les mourants et pour partager tout ce que nous possédons avec les plus démunis. Pour que tous les cœurs humains soient un jour transformés, nous t’en prions Seigneur :

Répons récité ou chanté : Seigneur, entends notre prière.

On prendra soin de laisser le temps aux assistants d’allumer leurs veilleuses au cierge pascal.

Notre Père

Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous soumets pas à la tentation,
mais délivre-nous du Mal.

Car c’est à toi qu’appartiennent le Règne, la puissance et la gloire, pour les siècles des siècles. Amen.

VI. Ambassadeurs du Christ – Ministres de réconciliation

Mandat du Christ

Les douze font passer leurs veilleuses parmi les fidèles jusqu’à ce que chacun d’eux ait allumé la sienne.

C : Une bougie allumée est un symbole profondément humain : elle éclaire les ténèbres, donne un sentiment de chaleur, de sécurité et d’appartenance. Elle symbolise le Christ, lumière du monde. Nous sommes les ambassadeurs du Christ et porterons cette clarté dans le monde, dans les lieux enténébrés où les conflits, la discorde et la division font obstacle à notre témoignage commun. Que la lumière du Christ apporte la réconciliation dans nos pensées, nos paroles et nos actes.

Recevez la lumière du Christ et portez-la dans les lieux enténébrés de notre monde ! Soyez des ministres de réconciliation ! Soyez des ambassadeurs du Christ !

Bénédiction et envoi

C : Ô Dieu infiniment miséricordieux, nous te le demandons :

Fais que tous ceux qui cherchent ta réconciliation reçoivent ton aide
et puissent ainsi proclamer les hauts faits de ton Amour !
Nous te le demandons au nom de ton Fils, Jésus Christ, notre Seigneur.

T : Amen.

C : Que la bénédiction du Dieu tout-puissant, le Père, le Fils et le Saint-Esprit descende sur vous et y demeure à jamais.

T : Amen.

C : Allez dans la paix de Dieu.

T : Nous rendons grâce à Dieu.

Hymne/Chant

« Sonne der Gerechtigkeit » de Christian David ou autre chant choisi par le comité local organisateur.

 

COMMENTAIRES BIBLIQUES
ET PRIÈRES POUR LES « HUIT JOURS »

1er jour : Un seul est mort pour tous (2 Co 5, 14)

Es 53, 4-12 Il a donné sa vie afin que par son sacrifice, nous soyons réconciliés

Ps 118, 1.14-29 Dieu ne m’a pas livré à la mort

1 Jn 2, 1-2 Christ est mort pour nous tous

Jn 15, 13-17 Se dessaisir de sa vie pour ceux qu’il aime

Commentaire

Au moment où Paul se convertit au Christ, ses yeux s’ouvrent sur une vérité radicalement nouvelle : quelqu’un est mort pour tous les hommes. Jésus n’est pas mort uniquement pour son propre peuple, ni simplement pour ceux qui suivent ses enseignements mais pour toute l’humanité passée, présente et à venir. Au fil des siècles, fidèles à l’Évangile, de nombreux chrétiens ont donné leur vie pour ceux qu’ils aimaient. L’un d’entre eux fut le frère franciscain Maximilian Kolbe : déporté au camp de concentration d’Auschwitz, en 1941 il renonça volontairement à la vie pour épargner celle de l’un de ses camarades de détention.

Parce que Jésus est mort pour tous, tous sont morts avec lui (2 Co 5, 14). En mourant avec le Christ, notre ancienne manière de vivre est révolue et nous accédons à une nouvelle forme d’existence : la vie en abondance – une vie dans laquelle nous découvrons dès maintenant la sérénité, la confiance et le pardon – une vie qui continue à faire sens même après la mort. Cette nouvelle vie est la vie en Dieu.

Ayant compris cela, Paul sent l’amour du Christ le presser à proclamer la Bonne Nouvelle de la réconciliation avec Dieu. Le même mandat est confié aux Églises chrétiennes : proclamer le message de l’Évangile. Compte tenu de nos divisions, nous devons nous interroger sur la façon dont nous pouvons proclamer l’Évangile de la réconciliation.

Questions

- Que signifie l’expression « Jésus est mort pour tous » ?

- Le Pasteur allemand Dietrich Bonhoeffer a écrit : « Je suis le frère de mon prochain à cause de ce que Jésus Christ a fait pour moi ; mon prochain est mon frère à cause de ce que Jésus Christ a fait pour lui ». Comment cela influence-t-il ma vision des autres ?

- En quoi cela affecte-t-il le dialogue œcuménique et interreligieux ?

Prière

Dieu notre Père,
en Jésus, tu nous as donné celui qui est mort pour tous.
Il a vécu notre vie et est mort de notre mort.
Tu as accepté son sacrifice et l’as élevé à la vie nouvelle auprès de toi.
Accorde-nous, nous qui sommes morts avec lui,
de trouver l’unité en l’Esprit Saint
et de connaître l’abondance de ta divine présence,
maintenant et toujours. Amen.

2e jour : Ne plus vivre pour eux-mêmes (2 Co 5, 15)

Mi 6, 6-8 Dieu t’a fait connaître ce qui est bien

Ps 25, 1-5 Ô Dieu qui me sauve, fais-moi connaître tes chemins

1 Jn 4, 19-21 Nous aimons parce que lui, le premier, nous a aimés

Mt 16, 24-26 Qui perd sa vie à cause de moi, l’assurera

Commentaire

Par la mort et la résurrection de Jésus Christ, nous sommes libérés de la nécessité de donner un sens à notre propre existence et de vivre en ne pouvant compter que sur nos forces seules. Au contraire, nous vivons dans la puissance vivifiante du Christ qui a vécu, est mort et est ressuscité pour nous. Quand nous « perdons » notre vie pour lui, nous l’assurons.

Il est constamment demandé aux prophètes quelle est la manière juste de vivre devant Dieu. À cette question, le prophète Michée répond très clairement : il faut « respecter le droit, aimer la fidélité et s’appliquer à marcher avec son Dieu ». L’auteur du Psaume 25 sait que nous ne pouvons le faire de nous-mêmes et implore de Dieu qu’il le guide et le fortifie.

Ces dernières années, comme dans tant d’autres sociétés contemporaines, l’isolement social et la croissante solitude des personnes sont devenus d’importants sujets de préoccupation en Allemagne. Les chrétiens sont appelés à développer au sein de la collectivité de nouveaux modes de vie permettant de partager avec les autres leurs moyens de subsistance et d’encourager l’entraide entre les générations. L’Évangile, qui nous appelle à vivre non pas pour nous-mêmes mais pour le Christ, nous commande également d’aller vers les autres et d’abattre les barrières de l’isolement.

Questions

- De quelle manière notre culture actuelle nous incite-t-elle à vivre pour nous-mêmes plutôt que pour les autres ?

- Comment pouvons-nous vivre pour les autres dans notre vie quotidienne ?

- Quelles sont les implications œcuméniques de l’appel à ne plus vivre pour nous-mêmes ?

Prière

Dieu, notre Père,
en Jésus Christ tu nous as libérés
et tu nous as donné une vie
qui va au-delà de nous-mêmes.
Guide-nous par ton Esprit
et aide-nous à vivre en sœurs et frères en Christ,
lui qui a vécu, a souffert, est mort et est ressuscité pour nous
et qui vit et règne pour les siècles des siècles. Amen.

3e jour : Nous ne connaissons plus personne à la manière humaine (2 Co 5, 16)

1 S 16, 1.6-7 Les hommes voient ce qui leur saute aux yeux, mais le Seigneur voit le cœur

Ps 19, 7-13 Le commandement du Seigneur est limpide, il rend clairvoyant

Ac 9, 1-19 Saul devient Paul

Mt 5, 1-12 Les béatitudes

Commentaire

Rencontrer le Christ entraîne un bouleversement total dont Paul fait l’expérience sur la route de Damas. Pour la première fois, il voit Jésus pour ce qu’il est réellement : le Sauveur du monde. Sa vision des choses en est radicalement modifiée et il doit renoncer à penser à la manière humaine et à celle du monde.

Rencontrer le Christ change aussi notre façon de voir. Pourtant, nous restons souvent attachés au passé et jugeons selon les hiérarchies humaines. Dans nos revendications ou nos déclarations, nous prétendons agir « au nom du Seigneur » alors qu’en fait nous servons nos intérêts propres. Au cours des siècles, en Allemagne et dans de nombreux autres pays, les dirigeants et aussi les Églises ont abusé de leur pouvoir et de leur influence dans des buts politiques injustes.

En 1741, transformés par leur rencontre avec le Christ, les chrétiens de l’Église morave (Herrnhuter) ont répondu à l’appel de ne connaître plus personne à la manière humaine en choisissant de se « soumettre à la loi du Christ ». En nous conformant aujourd’hui à la loi du Christ, nous sommes appelés à voir les autres comme Dieu les voit, sans méfiance ni préjugé.

Questions

- Dans ma vie, quels ont été les moments où je me suis senti comme sur la route de Damas ?

- Qu’est-ce qui change quand nous considérons les autres chrétiens et les personnes des autres religions comme Dieu les voit ?

Prière

Dieu Trinité, toi qui es la source et l’aboutissement de toute chose vivante,

pardonne-nous quand nous ne pensons qu’à nous-mêmes

et sommes aveuglés par nos propres hiérarchies de valeur.

Ouvre notre cœur et nos yeux.

Enseigne-nous à aimer, à accepter et à être miséricordieux,
de sorte que nous puissions grandir dans l’unité que tu nous donnes.
À toi tout honneur et toute gloire, pour les siècles des siècles. Amen.

4e jour : Le monde ancien est passé (2 Co 5, 17)

Gn 19, 15-26 Ne regarde pas derrière toi

Ps 77, 5-15 Dieu est toujours fidèle

Ph 3, 7-14 Oublier le chemin parcouru

Lc 9, 57-62 Garde ta main sur la charrue

Commentaire

Nous vivons souvent tournés vers le passé. Regarder en arrière peut certes être utile et est souvent nécessaire pour que puissent guérir les mémoires. Mais cela peut également nous paralyser et nous empêcher de vivre le présent. Paul nous offre ici un message libérateur : « Le monde ancien est passé ».

La Bible nous encourage à garder le passé en mémoire, à puiser de la force dans nos souvenirs et à nous rappeler ce que Dieu a fait de bon. Cependant, elle nous appelle également à abandonner ce qui est ancien, même ce qui était bon, afin de suivre le Christ et de découvrir la vie nouvelle en lui.

Cette année, de nombreux chrétiens commémorent l’œuvre de Martin Luther et d’autres réformateurs. La réforme a profondément modifié la vie de l’Église d’Occident. Un grand nombre de chrétiens ont témoigné de leur foi avec héroïsme, beaucoup d’autres ont été renouvelés dans leur vie chrétienne. Comme en témoignent les Écritures, il est néanmoins important de ne pas se laisser brider par les événements du passé et au contraire de nous ouvrir, par la grâce de l’Esprit Saint, à un avenir nouveau où les divisions seront surmontées et le peuple de Dieu ne fera plus qu’un.

Questions

- Que pourrait nous enseigner une lecture commune de l’histoire de nos divisions et de notre méfiance réciproque ?

- En quoi mon Église doit-elle changer pour que nous puissions surmonter nos divisions et pour que les liens de la communion soient renforcés ?

Prière

Seigneur Jésus Christ,

toi qui es le même, hier, aujourd’hui et pour l’éternité,

guéris-nous des blessures du passé,

bénis aujourd’hui notre marche commune vers l’unité

et guide nos pas vers l’avenir que tu veux pour nous,

quand tu seras tout en tous,

avec le Père et le Saint-Esprit,

pour les siècles des siècles. Amen.

5e jour : Voici qu’une réalité nouvelle est là (2 Co 5, 17)

Ez 36, 25-27 Recevoir de Dieu un cœur neuf

Ps 126 Être remplis de joie

Col 3, 9-17 Être renouvelés en Christ

Jn 3, 1-8 Être nés dans l’Esprit

Commentaire

La rencontre avec le Christ, le Seigneur ressuscité, renouvelle Paul dans tout son être – comme il advient à tous ceux qui croient en Christ. Cette création nouvelle n’est pas immédiatement perceptible mais elle est une réalité de la foi. Dieu vit en nous par la puissance de l’Esprit Saint et nous fait participer à la vie de la Trinité.

Par cette création nouvelle, la Chute de l’homme est surmontée et nous entrons dans une relation rédemptrice avec Dieu. Des choses réellement étonnantes peuvent êtres dites à notre sujet : comme l’affirme Paul, en Christ nous sommes une création nouvelle ; par sa résurrection, la mort est vaincue ; rien ni personne ne peuvent nous ravir de la main de Dieu ; nous sommes un en Christ et il vit en nous ; en lui, nous sommes « un royaume et des prêtres » (Ap 5, 10) ; nous lui rendons grâce pour avoir vaincu la mort, et nous proclamons la promesse de la création nouvelle.

Cette vie nouvelle devient visible lorsque nous la laissons prendre forme et en faisons l’expérience dans la « compassion, la gentillesse, l’humilité, la douceur et la patience ». Elle devrait aussi être perceptible dans nos relations œcuméniques. De nombreuses Églises partagent la même conviction : plus nous sommes en Christ, plus nous sommes proches les uns des autres. Le 500e anniversaire de la Réforme nous offre une occasion particulière de nous remémorer à la fois les succès et les tragédies que nous avons connus au cours de notre histoire. L’amour du Christ nous presse de vivre en hommes et femmes renouvelés, en recherchant activement l’unité et la réconciliation.

Questions

- Qu’est-ce qui m’aide à comprendre que je suis une création nouvelle en Christ ?

- Que dois-je faire pour vivre vraiment en être renouvelé en Christ ?

- Quelles implications œcuméniques a le fait d’être une création nouvelle ?

Prière

Dieu Trinité,

tu te révèles à nous comme Père et créateur,

comme Fils et Sauveur,

comme Esprit et source de vie,

et pourtant tu es un.

Tu brises nos limites humaines et tu nous renouvelles.
Donne-nous un cœur nouveau pour que nous puissions surmonter
tout ce qui met en péril notre unité en toi.

Nous t’en prions, au nom de Jésus Christ
et par la puissance de l’Esprit Saint. Amen.

6e jour : Dieu nous a réconciliés avec lui (2 Co 5, 18)

Gn 17, 1-8 Dieu établit une alliance avec Abraham

Ps 98 Le monde a vu la victoire de Dieu

Rm 5, 6-11 Dieu nous a réconciliés avec lui en Jésus Christ

Lc 2, 8-14 Proclamer la bonne nouvelle

Commentaire

La réconciliation est ambivalente : elle peut être à la fois fascinante et terrifiante. Elle nous attire si puissamment que nous désirons qu’elle s’instaure en nous-même, entre les uns et les autres et parmi les différentes traditions confessionnelles. Cependant, nous voyons quel en sera le coût et en sommes effrayés. Car se réconcilier signifie renoncer à notre désir de puissance et de reconnaissance. Avec bienveillance, Dieu nous réconcilie avec lui en Christ même quand nous nous sommes détournés de lui. Mais l’action divine ne s’arrête pas là : avec l’humanité, c’est toute la création qui est réconciliée en Dieu.

Le Dieu de l’Ancien Testament est fidèle et miséricordieux envers le peuple d’Israël avec lequel il a établi une alliance. Celle-ci demeure « car les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables » (Rm 11, 29). Jésus, qui par son sang a inauguré la nouvelle alliance, est un fils d’Israël et trop souvent nos Églises ont oublié d’en tenir compte. Après l’Holocauste, les Églises allemandes ont pour tâche spécifique de combattre l’antisémitisme. De même, toutes les Églises sont appelées à promouvoir la réconciliation au sein de leurs sociétés et à résister à toutes les formes de discrimination humaine, car nous sommes tous appelés à vivre de l’Alliance avec Dieu.

Questions

- Que signifie pour nos communautés chrétiennes vivre de l’Alliance avec Dieu ?

- Dans nos sociétés actuelles, quelles formes de discrimination nos Églises doivent-elles combattre ?

Prière

Dieu de miséricorde,
par amour de ton peuple


tu as établi une alliance avec lui.
Donne-nous la force de résister
à toutes les formes de discrimination.
Fais que le don de ton Alliance d’amour
nous remplisse de joie
et nous fasse rechercher une unité plus profonde.
Par Jésus Christ, notre Seigneur ressuscité,
qui vit et règne avec toi et le Saint-Esprit
pour les siècles des siècles. Amen.

7e jour : Le ministère de réconciliation (2 Co 5, 18-19)

Gn 50, 15-21 Joseph se réconcilie avec ses frères

Ps 72 Le règne de Dieu apporte la justice et la paix

1 Jn 3, 16b-21 L’amour de Dieu nous presse de nous aimer les uns les autres

Jn 17, 20-26 Jésus prie pour l’unité de son Église

Commentaire

La réconciliation entre Dieu et l’humanité est le point central de notre foi chrétienne. Paul a la certitude que l’amour du Christ nous presse d’inscrire la réconciliation de Dieu dans toutes les dimensions de notre vie. De ce fait, nous sommes portés aujourd’hui à examiner en conscience la question de nos divisions. Comme l’histoire de Joseph le montre, Dieu accorde toujours la grâce nécessaire à la guérison de relations brisées.

De grands réformateurs, tels que Martin Luther, Ulrich Zwingli et Jean Calvin, de même qu’Ignace de Loyola, François de Sales et Charles Borromée qui demeurèrent catholiques, ont tenté d’apporter un renouveau dans l’Église d’Occident. Mais ce qui aurait dû être une expérience de la grâce divine a été corrompu par le péché humain, devenant ainsi l’histoire de la déchirure de l’unité du peuple de Dieu. Aggravées par le péché et la guerre, l’hostilité et la suspicion mutuelles ont augmenté au cours des siècles.

Devenir ministre de réconciliation signifie, entre autres, travailler pour que soient franchies les barrières séparant les chrétiens. De nos jours, de nombreuses Églises chrétiennes travaillent ensemble dans la confiance et le respect réciproques. À cet égard, le dialogue entre la Fédération luthérienne mondiale et la Conférence mennonite mondiale est un bon exemple de réconciliation œcuménique. Après la publication d’un rapport de dialogue témoignant des progrès réalisés – Guérir les mémoires : se réconcilier en Christ –, les deux organisations se sont retrouvées en 2010 pour une célébration pénitentielle suivie d’autres rencontres de réconciliation à travers toute l’Allemagne et dans divers autres pays.

Questions

- Quels sont les situations dans notre société où nous estimons qu’un ministère de réconciliation est nécessaire ?

- De quelle manière répondons-nous à cette nécessité ?

Prière

Dieu de bonté,
nous te rendons grâce
car en Christ, tu nous réconcilies
et tu réconcilies le monde entier avec toi.
Affermis-nous ainsi que nos communautés et nos Églises
dans notre ministère de réconciliation.
Guéris nos cœurs et aide-nous à répandre ta paix.
« Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie ».
Nous t’en prions au nom de Jésus Christ,
par la puissance du Saint-Esprit. Amen.


8e jour : Réconciliés avec Dieu (2 Co 5, 20)

Mc 4, 1-5 Dans les derniers jours, la justice régnera

Ps 87 On fait sur Dieu des récits de gloire

Ap 21, 1-5a Dieu fera un ciel nouveau et une terre nouvelle

Jn 20, 11-18 Qui rencontre le Christ ressuscité devient missionnaire

Commentaire

Que se passerait-il… ? Que se passerait-il si les prophéties bibliques se réalisaient vraiment ? Si cessaient les guerres entre les peuples et si à partir des armes étaient fabriqués des instruments porteurs de vie ? Si régnaient la justice et la paix de Dieu, une paix qui serait bien plus qu’une simple absence de guerre ? Si toute l’humanité se rassemblait en une célébration où plus personne ne serait laissé de côté ? Que se passerait-il si n’existaient vraiment plus la tristesse, les larmes et la mort ? Ce serait l’aboutissement de la réconciliation offerte par Dieu en Jésus Christ. Ce serait le paradis !

Psaumes, cantiques et hymnes chantent le jour où toute la création aura atteint enfin la plénitude, le jour où Dieu sera « tout en tous ». Ils racontent l’espérance chrétienne en l’avènement du règne de Dieu, quand les souffrances seront transformées en joie. Ce jour-là, l’Église se révélera dans toute sa beauté et toute sa grâce comme l’unique Corps du Christ. Partout où nous nous réunissons dans l’Esprit pour chanter ensemble l’accomplissement des promesses de Dieu s’ouvrent les cieux et nous commençons ici et maintenant à danser sur la mélodie de l’éternité.

Alors que nous pouvons dès maintenant goûter l’existence du paradis, ensemble prions et réjouissons-nous. Partager des images, des poèmes ou des chants de nos propres traditions pourrait insuffler une nouvelle ferveur à notre pratique. Ces ressources peuvent nous ouvrir à de nouveaux espaces où vivre notre foi commune et notre espérance en l’avènement du Règne de Dieu.

Questions

- Comment imaginez-vous le paradis ?

- Quels chants, récits, poèmes et images appartenant à votre tradition chrétienne vous donnent le sentiment de participer à la réalité de la gloire de Dieu ?

Prière

Ô Dieu Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit,
nous te rendons grâce pour cette semaine de prière,
pour nous avoir rassemblés en frères et sœurs chrétiens,
et pour toutes les manières dont nous avons vécu ta présence.
Ensemble, louons éternellement ton saint nom
pour que nous continuions à croître
dans l’unité et la réconciliation. Amen.

 

LA SITUATION ŒCUMÉNIQUE EN ALLEMAGNE*

Œuvrer ensemble dans une société en mouvement

Parmi les 81 millions d’habitants que compte aujourd’hui l’Allemagne, 50 millions sont chrétiens. La plupart d’entre eux appartiennent soit à l’Église catholique, soit à l’une des Églises régionales protestantes qui ensemble forment l’Église protestante en Allemagne (EKD). Même si les autres Églises présentes en Allemagne – Églises libres, Église orthodoxe et autres – sont, en comparaison, plus petites, toutes les principales traditions chrétiennes y sont actuellement représentées.

Alors que l’Allemagne était constituée de nombreux royaumes et principautés, il y a quelques siècles, elle n’en était pas moins unie en une seule Église. La Réforme, menée entre autres par Martin Luther, généra des schismes au sein du christianisme d’Occident et finit par déclencher des guerres entre forces catholiques et protestantes. La Paix d’Augsbourg (1555), qui mit temporairement fin à ces conflits, stipulait que les habitants d’un royaume ou d’une principauté devaient adhérer à la foi de leur souverain. Les personnes ayant des convictions religieuses différentes étaient contraintes à se convertir ou à partir vivre dans une autre région. Ces dispositions concernaient les luthériens et les catholiques mais ne s’appliquaient pas aux disciples de Calvin et aux anabaptistes qui firent ainsi l’objet de persécutions. La Paix d’Augsbourg dura plus de soixante ans, jusqu’au déclenchement de la Guerre de Trente ans (1618-1648). La paix fut rétablie grâce à la Paix de Westphalie qui reprenait les dispositions de la Paix d’Augsbourg en les étendant aux calvinistes. Ceci entraîna un isolement confessionnel régional de l’ensemble du peuple allemand. La diversité religieuse au sein d’un état souverain était impensable et, suite aux horreurs de la guerre, la méfiance et l’inimitié s’étaient insinuées entre les diverses dénominations.

Au XIXe siècle, d’autres Églises et dénominations virent le jour en Allemagne : les baptistes et les méthodistes, de même que les Églises vieille-luthérienne, vieille-réformée et vieille-catholique. Leur apparition était souvent causée par des mouvements de protestations internes. Ces Églises comptaient donc relativement peu de fidèles et étaient pour la plupart d’entre elles peu enclines aux relations œcuméniques.

Après la Seconde Guerre mondiale, le panorama des Églises chrétiennes en Allemagne se modifia considérablement. Environ 12 millions de personnes d’origine allemande durent s’enfuir ou furent expulsées d’Europe de l’Est. Quand elles s’établirent en Allemagne, leur éventuelle appartenance à une confession particulière ne fut pas prise en compte, si bien que des protestants s’installèrent dans des quartiers catholiques et vice versa. Les deux confessions furent ainsi amenées à vivre en contact étroit.

La forte demande de main d’œuvre due à la croissance économique et industrielle de l’immédiat après-guerre conduisit le gouvernement allemand et de nombreux pays de la Méditerranée à conclure des accords concernant les « travailleurs immigrés »[1]. Un grand nombre de personnes provenant d’Italie, d’Espagne, du Portugal, de Grèce, de Yougoslavie, de Turquie, du Maroc et de Tunisie vinrent ainsi s’installer en Allemagne, faisant s’accroître la diversité religieuse et confessionnelle du pays. En particulier, la présence orthodoxe augmenta très nettement en Allemagne. Au départ, il était prévu que ces immigrés retourneraient dans leur pays d’origine quelques années plus tard – d’où l’appellation de « travailleurs invités » – mais nombre d’entre eux s’installèrent définitivement, marquant de leur empreinte la vie et la culture allemandes. Les années 1980 furent caractérisées par un accroissement du nombre des immigrés de souche allemande venus d’Union soviétique, principalement orthodoxes, baptistes ou juifs. Ces dernières années, la guerre, la terreur et les tensions sociales au Moyen-Orient, en Afrique, en Afghanistan, en Ukraine et dans tant d’autres pays ont déclenché une gigantesque vague de réfugiés. Si la grande majorité d’entre eux fuient vers les régions voisines, un nombre croissant de migrants tentent de trouver refuge en Allemagne et dans d’autres pays d’Europe.

En ex-Allemagne de l’Est, les Églises, en particulier l’Église protestante, ont joué un rôle clé dans les événements qui ont abouti à la chute du mur de Berlin (1989) et à l’effondrement du régime communiste. Ceci n’a pas empêché cependant que la foi chrétienne perde de son importance en Allemagne de l’Est. Le quotidien britannique « The Guardian » est même allé jusqu’à décrire l’Allemagne de l’Est comme « l’endroit le plus athée du monde». Le régime communiste en place n’était en aucun cas le seul responsable du manque d’intérêt envers la religion ; la foi chrétienne avait en effet déjà commencé à décliner en Allemagne de l’Est, bien avant que les communistes ne prennent le pouvoir. Il s’agit d’un athéisme non agressif, à la différence de celui qui anime ceux qu’on appelle les « nouveaux athées ». À l’inverse, ce qui le caractérise est une profonde indifférence vis-à-vis de tous les types de convictions religieuses. Lorsqu’on a demandé aux Berlinois s’ils se considéraient croyants ou non croyants, l’un d’eux a répondu : « Ni l’un, ni l’autre. Je suis normal ».

Aujourd’hui vivent en Allemagne des personnes aux origines culturelles diverses et nombreuses qui ont des croyances différentes ou n’en ont aucune. Environ un tiers de la population appartient à l’une des Églises régionales protestantes réunies dans l’EKD, un autre tiers est catholique et un peu moins du tiers restant n’adhère à aucune religion. 1,7 % des habitants de l’Allemagne se déclarent chrétiens orthodoxes et 1,8 % sont membres d’une des Églises libres. Ces dernières sont pour la plupart des Églises fortement ancrées dans la Réforme, d’un point de vue historique et théologique, mais elles n’ont pas de rapports officiels avec l’État, comme c’est le cas de l’Église catholique ou de l’EKD. L’Allemagne compte enfin 4,9 % de musulmans et 0,1 % de juifs.

Les Églises en Allemagne n’ont toujours pas surmonté toutes leurs différences mais ont appris à travailler ensemble. Sous le régime National socialiste, des chrétiens ont collaboré avec le gouvernement. D’autres ont toutefois résisté et ont même été emprisonnés ou internés en camps de concentration. Vivre et souffrir ensemble sous la dictature nazie a rapproché les chrétiens de confessions différentes. Aujourd’hui, les Églises allemandes coopèrent bien mieux dans l’accomplissement de la mission de l’Église et le témoignage de l’Évangile en paroles et en actions. L’Église catholique et l’EKD comptant de nombreux fidèles, c’est à elles que l’on doit une grande partie de la coopération œcuménique en Allemagne.

Celle-ci a surtout lieu au niveau local, comme par exemple dans le cadre de la Semaine de prière de l’Alliance évangélique et de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Les paroisses et communautés locales voisines organisent fréquemment des activités œcuméniques, telles que des rencontres d’études bibliques, des discussions autour de thèmes théologiques. Elles organisent ensemble des festivals, créent des sites internet communs, rendent visite aux personnes nouvellement arrivées dans leur quartier, distribuent également des tracts dans les gares ferroviaires locales contenant des informations sur les Églises. Ce genre d’activité est souvent mené par des bénévoles des Églises locales. Dans certaines régions, des communautés et des paroisses ont instauré un véritable partenariat œcuménique local en signant un accord officiel définissant concrètement leur coopération. Ce type de document s’inspire généralement de textes de déclarations d’accord adoptés par les responsables des Églises concernées.

La collaboration œcuménique se développe également au niveau des responsables ecclésiastiques. Un groupe d’évêques catholiques et d’évêques protestants de l’EKD se réunit par exemple deux fois par an pour discuter de thèmes d’actualité concernant les Églises. Un autre groupe a choisi de se pencher sur des questions théologiques, comme par exemple le concept de dignité humaine. Parallèlement à ces rencontres bilatérales, d’autres réunions ont régulièrement lieu, d’une part, entre des représentants de la Conférence épiscopale orthodoxe, de l’Église catholique et des évêques protestants et, d’autre part, entre l’Association des Églises libres et l’EKD.

Une des caractéristiques du paysage chrétien allemand est l’organisation par chaque Église de grands rassemblements et assemblées s’adressant à ses membres. Ce sont pour les catholiques les Katholikentage et pour les protestants, les Kirchentage. Ils ont lieu tous les deux ans et sont organisés respectivement par le Comité central des catholiques allemands et par le Kirchentag protestant allemand (DEKT). Sur le principe, il s’agit de rencontres s’adressant essentiellement aux membres d’une Église mais depuis de nombreuses années, des membres d’autres Églises y prennent part ou y sont invités en tant qu’intervenants.

En 2003 et 2010 se sont tenus deux Ökumenische Kirchentage, rassemblements œcuméniques conjointement organisés par l’ensemble des Églises membres du Conseil des Églises d’Allemagne. De nombreuses et importantes questions pour la société allemande ont été au centre des débats (la crise financière mondiale, les changements climatiques, les questions éthiques concernant la vie humaine, la justice, etc…) Les multiples études bibliques, discussions théologiques et célébrations œcuméniques y tiennent une place tout aussi importante. Ces rassemblements, et tout particulièrement ces Kirchentage œcuméniques, sont une excellente occasion pour les chrétiens allemands de montrer qu’ils sont non seulement actifs mais aussi qu’ils sont prêts à travailler ensemble pour engager le dialogue avec le reste de la société allemande.

Le Conseil d’Églises chrétiennes en Allemagne

Le Conseil d’Églises chrétiennes en Allemagne (Arbeitsgemeinschaft Christlicher Kirchen = ACK) a été créé le 10 mars 1948, à savoir quelques mois avant la fondation du Conseil œcuménique des Églises, par des Églises membres de l’EKD, les mennonites, les baptistes, les méthodistes et l’Église vieille-catholique. En 1974, dix ans après l’adoption du Décret sur l’œcuménisme par le Deuxième Concile du Vatican, la Conférence des évêques catholiques d’Allemagne adhéra au Conseil des Églises. La même année, l’Église orthodoxe décidait d’en devenir membre également. Après la réunification de l’Allemagne, les Conseils d’Églises ouest-allemand et est-allemand fusionnèrent. Leurs structures et modes d’adhésion différents ont nécessité de créer un nouvel organe œcuménique jouissant de nouveaux statuts. Actuellement, dix-sept Églises adhèrent au Conseil d’Églises chrétiennes en Allemagne. Par ailleurs, six Églises sont des membres invités et quatre organisations œcuméniques ont le statut d’observateurs.

En 2003, lors du premier Kirchentag œcuménique à Berlin, des représentants de toutes les Églises membres de l’ACK ont participé à une célébration œcuménique commune et ont signé la Charta Oecumenica rédigée par la Conférence des Églises européennes (KEK) et par le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe pour l’Église catholique. L’ACK a publié un document de réflexion sur la signification de la Charta Oecumenica dans le contexte allemand et sur les modalités de son application en Allemagne.

En 2010, à l’occasion du second Kirchentag œcuménique à Munich, l’ACK a instauré une « Journée œcuménique de la création », mettant ainsi en application une des recommandations de la Charta Oecumenica. La Journée œcuménique de la création entend à la fois être un témoignage commun de notre foi en Dieu Créateur et nous rappeler notre mission commune, qui est de préserver la création de Dieu. Cette Journée de la création est célébrée tous les ans, le premier vendredi du mois de septembre. Elle a été célébrée pour la première fois par l’ACK dans une église orthodoxe à Brühl. Aujourd’hui, des célébrations ont lieu dans toute Allemagne. L’ACK encourage tous les chrétiens allemands à célébrer cette Journée pour laquelle il publie à l’avance du matériel utile pour l’organisation de temps de prières ainsi que des textes complémentaires visant à aider les personnes à préparer leur célébration.

Le baptême a également été un thème longuement débattu au sein du Conseil des Églises. En 2007, onze Églises membres ont signé un accord sur la reconnaissance mutuelle du baptême. Cependant, cinq membres du Conseil des Églises, parmi lesquels les mennonites et les baptistes, n’ont pu y souscrire. L’ACK a depuis approfondi l’étude de ce thème sur lequel a également porté une partie des discussions de son Assemblée générale. Un colloque ouvert à tous s’est tenue au mois de mars 2014. L’ACK a également engagé un travail sur ce thème avec le Conseil œcuménique de Finlande.

Les articles 10 et 11 de la Charta Oecumenica recommandent d’intensifier le dialogue avec les représentants du judaïsme et encouragent les échanges entre chrétiens et musulmans. En réponse, l’ACK s’est engagée avec trois organisations, une juive et deux musulmanes, dans une initiative intitulée « Weißt du, wer ich bin ? » (Sais-tu qui je suis ?) Grâce à celle-ci, les fidèles des trois religions ont été encouragés à apprendre à se connaître et à se lancer dans des projets communs au niveau local en recevant conseils et soutien financier. Une jeune femme musulmane est chargée de la coordination de ce projet qui est subventionné par des institutions publiques allemandes et européennes.

L’ACK a aussi beaucoup réfléchi au texte « Témoignage chrétien dans un monde multi-religieux » et a créé un groupe de travail chargé de coordonner l’étude de ce sujet. Lors d’un colloque qui s’est tenu en 2014, les représentants des Églises membres de l’ACK et de l’Alliance évangélique (AE) ont pu réfléchir ensemble à des questions telles que le témoignage et le dialogue interreligieux. Cela leur a permis de créer des liens plus étroits, si bien que l’AE a déposé une demande d’adhésion à l’ACK en tant qu’observateur.

Défis œcuméniques

L’un des principaux défis œcuméniques se posant à l’Allemagne est de garder un espace où les Églises les plus petites en taille puissent rencontrer, d’égal à égal, les deux plus grandes. L’Église catholique et l’EKD sont à peu près de même dimension et disposent des mêmes ressources. C’est la raison pour laquelle leur collaboration se fait de façon naturelle et couvre un large éventail de sujets, qui va des « mariages interconfessionnels » à la question des relations entre État et Église. Toutefois, cette collaboration strictement bilatérale empêche souvent les autres Églises et même l’ACK de participer au débat œcuménique. De fait, l’ACK a entre autres pour mission principale de rappeler qu’il n’existe pas uniquement deux Églises en Allemagne, et d’encourager et favoriser le dialogue et la coopération au niveau multilatéral.

Une autre difficulté à surmonter est la frustration que de nombreuses personnes ressentent, en particulier celles qui ont longuement travaillé au niveau local et ne voient plus aucun progrès dans le domaine œcuménique. Cette insatisfaction est encore plus vive lorsque la question évoquée est celle de ce qu’on appelle habituellement « l’hospitalité eucharistique », c’est-à-dire de la réunion autour de la Table du Seigneur de chrétiens de confessions différentes. En Allemagne, il existe de nombreux couples formés de conjoints appartenant à des Églises différentes. Ceux-ci n’aspirent pas uniquement à pouvoir recevoir ensemble la communion ; beaucoup sont en effet profondément convaincus que le mouvement œcuménique devrait être plus fécond qu’il ne l’est actuellement, et sont insatisfaits quand ils le voient stagner au lieu d’aller de l’avant avec détermination.

En Allemagne, beaucoup de gens ne connaissent pas vraiment la foi chrétienne, ne semblent pas intéressés à mieux la comprendre et encore moins à y adhérer. Si les Églises ont sérieusement à cœur leur mission qui est d’aller et de faire de toutes les nations des disciples du Christ (cf. Mt 28, 19), une de leurs priorités devrait être d’engager le dialogue avec ces personnes. Mais au lieu d’affronter individuellement ce défi, les Églises devraient y répondre ensemble, cette expérience leur permettant d’approfondir leur connaissance réciproque et de s’encourager mutuellement. Placer leur foi commune au centre de leur engagement ne peut que renforcer les liens qui les unissent. Par ailleurs, essayer ensemble d’expliquer de manière compréhensible ce en quoi croient les chrétiens peut aider les Églises elles-mêmes à connaître davantage leur propre foi. Le 500e anniversaire de la Réforme pourrait être l’occasion de rappeler publiquement à tous – chrétiens et non-croyants – ce que signifie en définitive être chrétien : croire en l’amour de Dieu, manifesté en Jésus Christ, pour nous les hommes et pour toute la création. C’est pourquoi les Églises d’Allemagne ont décidé que cet anniversaire serait avant tout une célébration du Christ.

 

SEMAINE DE PRIÈRE
POUR L’UNITÉ DES CHRÉTIENS

Thèmes 1968-2017

C’est en 1968 que débuta officiellement la collaboration
entre la Commission Foi et Constitution du COE
et le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens
pour la préparation de ces textes.

1968 Pour la louange de sa gloire (Ep 1, 14)

1969 Appelés à la liberté (Ga 5, 13)

(Réunion préparatoire à Rome, en Italie)

1970 Nous sommes les coopérateurs de Dieu (1 Co 3, 9)

(Réunion préparatoire au Monastère de Niederaltaich, en République Fédérale d’Allemagne)

1971 ... et la communion du Saint-Esprit (2 Co 13, 13)

(Réunion préparatoire à Bari, en Italie)

1972 Je vous donne un commandement nouveau (Jn 13, 34)

(Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1973 Seigneur, apprends-nous à prier (Lc 11, 1)

(Réunion préparatoire à l’Abbaye de Montserrat, en Espagne)

1974 Que tous confessent : Jésus Christ est Seigneur (Ph 2, 1-13)

(Réunion préparatoire à Genève, en Suisse)

(En avril 1974, une lettre fut adressée aux églises-membres ainsi qu’à d’autres parties intéressées à la création de groupes locaux pouvant participer à la préparation du livret de la Semaine de Prière. Un groupe australien fut le premier à s’engager concrètement en préparant en 1975 le projet initial de livret pour la Semaine de Prière.)

1975 La volonté du Père : tout réunir sous un seul Chef, le Christ (Ep 1, 3-10)

(Projet de texte élaboré par un groupe australien - Réunion préparatoire à Genève, en Suisse)

1976 Appelés à devenir ce que nous sommes (1 Jn 3, 2)

(Projet de texte élaboré par la Conférence des églises des Caraïbes - Réunion préparatoire à Rome, en Italie)

1977 L'espérance ne déçoit pas (Rm 5, 1-5)

(Projet de texte élaboré au Liban, en pleine guerre civile. Réunion préparatoire à Genève, en Suisse)

1978 Vous n'êtes plus des étrangers (Ep 2, 13-22)

(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique de Manchester, enAngleterre)

1979 Soyez au service les uns des autres pour la gloire de Dieu (1 P 4,7 .11)

Serve one another to the glory of God

(Projet de texte élaboré en Argentine - Réunion préparatoire à Genève, en Suisse)

1980 Que ton Règne vienne (Mt 6, 10)

(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique de Berlin, République Démocratique d’Allemagne - Réunion préparatoire à Milan, en Italie)

1981 Un seul corps (1 Co 12, 3b-13)

(Projet de texte élaboré par les Pères de Graymoor, USA - Réunion préparatoire à Genève, en Suisse)

1982 Que tous trouvent leur demeure en toi, Seigneur (Ps 84)

(Projet de texte élaboré au Kenya - Réunion préparatoire à Milan, en Italie.)

1983 Jésus Christ - Vie du monde (1 Jn 1, 1-4)

(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique d’Irlande - Réunion préparatoire à Céligny [Bossey], en Suisse)

1984 Appelés à l'unité par la Croix de notre Seigneur (1 Co 2, et Col 1, 20)

(Réunion préparatoire à Venise, en Italie)

1985 De la mort à la Vie avec le Christ (Ep 2, 4.7)

(Projet de texte élaboré en Jamaïque - Réunion préparatoire à Grandchamp, en Suisse)

1986 Vous serez mes témoins (Ac 1, 6.8)

(Textes proposés en Yougoslavie [Slovénie] - Réunion préparatoire en Yougoslavie)

1987 Unis dans le Christ, une nouvelle création (2 Co 5, 17-6, 4a)

(Projet de texte élaboré en Angleterre - Réunion préparatoire à Taizé, en France)

1988 L'Amour de Dieu bannit la crainte (1 Jn 4, 18)

(Projet de texte élaboré en Italie - Réunion préparatoire à Pinerolo, en Italie)

1989 Bâtir la communauté : un seul corps en Christ (Rm 12, 5-6a)

(Projet de texte élaboré au Canada - Réunion préparatoire à Whaley Bridge, en Angleterre)

1990 Que tous soient un... afin que le monde croie (Jn 17)

(Projet de texte élaboré en Espagne - Réunion préparatoire à Madrid, en Espagne)

1991 Nations, louez toutes le Seigneur (Ps 117 et Rm 15, 5-13)

(Projet de texte élaboré en Allemagne - Réunion préparatoire à Rotenburg an der Fulda, en République Fédérale d’Allemagne)

1992 Je suis avec vous... allez donc (Mt 28, 16-20)

(Projet de texte élaboré en Belgique - Réunion préparatoire à Bruges, en Belgique)

1993 Porter le fruit de l'Esprit pour l'unité des chrétiens (Ga 5, 22-23)

(Projet de texte élaboré au Zaïre - Réunion préparatoire près de Zurich, en Suisse)

1994 La maison de Dieu : appelés à n'avoir « qu'un cœur et qu’une âme » (Ac 4, 32)

(Projet de texte élaboré en Irlande - Réunion préparatoire à Dublin, en Irlande)

1995 Koinônia : communion en Dieu et entre nous (Jn 15, 1-7)

(Projet de texte élaboré par Foi et Constitution - Réunion préparatoire à Bristol, en Angleterre)

1996 Voici, je me tiens à la porte et je frappe (Ap 3, 14-22)

(Projet de texte élaboré au Portugal - Réunion préparatoire à Lisbonne, au Portugal)

1997 Au nom du Christ... laissez-vous réconcilier avec Dieu (2 Co 5, 20)

(Projet de texte élaboré en Scandinavie - Réunion préparatoire à Stockholm, en Suède)

1998 L’Esprit aussi vient en aide à notre faiblesse (Rm 8, 14-27)

(Projet de texte élaboré en France - Réunion préparatoire à Paris, en France)

1999 Ils seront ses peuples et lui sera le Dieu qui est avec eux (Ap 21, 3)

(Projet de texte élaboré en Malaisie - Réunion préparatoire au Monastère de Bose, en Italie)

2000 Béni soit Dieu... qui nous a bénis en Christ (Ep 1, 3-14)

(Projet de texte élaboré par le Conseil des Eglises du Moyen-Orient - Réunion préparatoire au Sanctuaire de La Verna, en Italie)

2001 Je suis le chemin et la vérité et la vie (Jn 14, 1-6)

(Projet de texte élaboré en Roumanie - Réunion préparatoire à la Casa de Odihna, en Roumanie)

2002 Car chez toi est la fontaine de la vie (Ps 36 [35], 10)

(Projet de texte élaboré par le Conseil des Conférences Épiscopales Européennes (CCEE) et la Conférence des Églises Européennes (CEC) - Réunion préparatoire au Centre œcuménique d’Ottmaring, Augsbourg, en République Fédérale d’Allemagne)

2003 Ce trésor, nous le portons dans des vases d’argile (2 Co 4, 7)

(Projet de texte élaboré en Argentine - Réunion préparatoire au Centre œcuménique ‘Los Rubios’, à Málaga [Espagne])

2004 Je vous donne ma paix (Jn 14, 27)

(Projet de texte élaboré à Alep, en Syrie - Réunion préparatoire à Palerme, en Italie)

2005 Le Christ, unique fondement de l’Eglise (1 Co 3, 1-23)

(Projet de texte élaboré en Slovaquie - Réunion préparatoire à Piestaňy, en Slovaquie)

2006 Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux (Mt 18, 20)

(Projet de texte élaboré en Irlande - Réunion préparatoire à Prosperous, County Kildare, en Irlande)

2007 Il fait entendre les sourds et parler les muets (Mc 7, 37)

(Projet de texte élaboré en Afrique du Sud - Réunion préparatoire au Château de Faverges, Haute-Savoie, en France)

2008 Priez sans cesse (1 Th 5, 17)

(Projet de texte élaboré aux USA - Réunion préparatoire à Graymoor, Garrison, aux USA)

2009 Ils seront unis dans ta main (Ez 37, 17)

(Projet de texte élaboré en Corée - Réunion préparatoire à Marseille, en France)

2010 De tout cela, c’est vous qui êtes les témoins (Lc 24, 48)

(Projet de texte élaboré en Écosse – Réunion préparatoire à Glasgow, en Écosse)

2011 Unis dans l’enseignement des apôtres, la communion fraternelle, la fraction du pain et la prière (cf. Ac 2, 42)

(Projet de texte élaboré à Jérusalem – Réunion préparatoire à Saydnaya, en Syrie)

2012 Tous, nous serons transformés par la Victoire de notre Seigneur Jésus Christ (cf. 1 Co 15, 51-58)

(Projet de texte élaboré en Pologne – Réunion préparatoire à Varsovie, en Pologne)

2013 Que nous demande le Seigneur ? (cf. Mi 6, 6-8)

(Projet de texte élaboré en Inde – Réunion préparatoire à Bangalore, en Inde)

2014 Le Christ est-il divisé ? (cf. 1 Co 1, 1-17)
(Projet de texte élaboré au Canada – Réunion préparatoire à Montréal, au Canada)

2015 Jésus lui dit : « Donne-moi à boire » (Jn 4, 7)
(Projet de texte élaboré au Brésil – Réunion préparatoire à Sãolo Paulo, au Brésil)

2016 Appelés à proclamer les hauts faits du Seigneur (cf. 1 Pierre 2,9)

(Projet de texte élaboré en Lettonie – Réunion préparatoire à Riga, en Lettonie)

2017 Nous réconcilier. L'amour du Christ nous y presse (cf. 2 Co 5, 14-20) (Projet de texte élaboré en Allemagne – Réunion préparatoire à Wittemberg, en Allemagne)

 

QUELQUES DATES IMPORTANTES
DANS L’HISTOIRE DE LA SEMAINE DE PRIÈRE
POUR L’UNITÉ DES CHRÉTIENS

1740 En Écosse, naissance d'un mouvement pentecôtiste avec des liens en Amérique du Nord, dont le message pour le renouveau de la foi appelle à prier pour toutes les Eglises et avec elles.

1820 Le Révérend James Haldane Stewart publie : Conseils pour l'union générale des chrétiens, en vue d'une effusion de l'Esprit (Hints for the outpouring of the Spirit).

1840 Le Révérend Ignatius Spencer, un converti au catholicisme romain, suggère une ‘ Union de prière pour l'unité ’.

1867 La première assemblée des évêques anglicans à Lambeth insiste sur la prière pour l'unité, dans l'introduction à ses résolutions.

1894 Le Pape Léon XIII encourage la pratique de l'Octave de la Prière pour l'unité dans le contexte de la Pentecôte.

1908 Célébration de « l'Octave pour l'unité de l’Église » à l'initiative du Révérend Père Paul Wattson.

1926 Le Mouvement « Foi et Constitution » commence la publication de « Suggestions pour une Octave de prière pour l'unité des chrétiens ».

1935 En France, l'abbé Paul Couturier se fait l'avocat de la « Semaine universelle de prière pour l'unité des chrétiens sur la base d'une prière conçue pour l'unité que veut le Christ, par les moyens qu'Il veut ».

1958 Le Centre « Unité chrétienne » de Lyon (France) commence à préparer le thème pour la Semaine de prière en collaboration avec la Commission « Foi et Constitution » du Conseil œcuménique des Eglises.

1964 À Jérusalem, le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras Ier récitent ensemble la prière du Christ « que tous soient un » (Jn 17).

1964 Le Décret sur l’œcuménisme du Concile Vatican II souligne que la prière est l'âme du mouvement œcuménique, et encourage la pratique de la Semaine de Prière.

1966 La Commission « Foi et Constitution » et le Secrétariat pour l'unité des chrétiens (aujourd’hui Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens) de l'Église catholique décident de préparer ensemble le texte pour la Semaine de Prière de chaque année.

1968 Pour la première fois, la Semaine de prière est célébrée sur la base des textes élaborés en collaboration par « Foi et Constitution » et le Secrétariat pour l'unité des chrétiens (aujourd’hui Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens).

1975 Première célébration de la Semaine de prière à partir de textes préparés sur la base d’un projet proposé par un groupe œcuménique local. Ce nouveau mode d’élaboration des textes est inauguré par un groupe œcuménique d’Australie.

1988 Les textes de la Semaine de prière sont utilisés pour la célébration inaugurale de la Fédération chrétienne de Malaisie rassemblant les principaux groupes chrétiens de ce pays.

1994 Le groupe international ayant préparé les textes pour 1996 compte, entre autres, des représentants de la YMCA et de la YWCA.

2004 Accord entre Foi et Constitution (Conseil œcuménique des Églises) et le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens (Église catholique) pour que le livret de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens soit officiellement conjointement publié et présenté sous un même format.

2008 Célébration du centenaire de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens (l’Octave pour l’unité de l’Église, son prédécesseur, fut célébrée pour la première fois en



* Ce texte est publié sous l’entière responsabilité du groupe œcuménique spécialement constitué par le Conseil des Églises d’Allemagne (ACK) pour la rédaction du projet de textes pour la Semaine de prière pour l’unité 2017.

[1] En allemand : « Gastarbeiter », littéralement : « travailleurs invités ».