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CONSEIL PONTIFICAL POUR LA PROMOTION DE L'UNITÉ DES CHRÉTIENS

 

IMPORTANT

Ceci est la version internationale de la Semaine de prière
pour l’année 2018

Pour vous procurer la version spécialement adaptée à votre situation locale,
veuillez contacter la Conférence épiscopale de votre pays
ou le Synode de votre Église

Textes pour


la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens
et pour toute l’année
2018

Ta main droite, Seigneur,
éclatante de puissance

(Ex 15,6)

Conjointement préparés et publiés par
le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens
la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises

Traduction de l’original anglais
Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens

Citations scripturaires :

Les citations bibliques en version française reproduites dans ces pages sont empruntées à la Nouvelle Traduction œcuménique de la Bible (TOB), © Bibli’O – Société biblique, française et Éditions du Cerf, 2010. Tous droits réservés.

 

À TOUS CEUX QUI ORGANISENT LA SEMAINE
DE PRIÈRE POUR L’UNITÉ DES CHRÉTIENS

Rechercher l’unité tout au long de l’année

Dans l’hémisphère nord, la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens est célébrée du 18 au 25 janvier. Ces dates furent proposées en 1908 par Paul Wattson de manière à couvrir la période entre la fête de saint Pierre et celle de saint Paul. Ce choix a donc une signification symbolique. Dans l'hémisphère Sud, où le mois de janvier est une période de vacances d'été, on préfère adopter une autre date, par exemple aux environs de la Pentecôte (ce qui fut suggéré par le mouvement Foi et Constitution en 1926) qui représente aussi une autre date symbolique pour l’unité de l’Église.

En gardant cette flexibilité à l’esprit, nous vous encourageons à considérer ces textes comme une invitation à trouver d'autres occasions, au cours de l'année, pour exprimer le degré de communion que les Églises ont déjà atteint et pour prier ensemble en vue de parvenir à la pleine unité voulue par le Christ.

Adapter les textes

Ces textes sont proposés étant bien entendu que, chaque fois que cela sera possible, on essayera de les adapter aux réalités des différents lieux et pays. Ce faisant, on devra tenir compte des pratiques liturgiques et dévotionnelles locales ainsi que du contexte socio-culturel. Une telle adaptation devrait normalement être le fruit d’une collaboration œcuménique. Dans plusieurs pays, des structures œcuméniques sont déjà en place et elles permettent ce genre de collaboration. Nous espérons que la nécessité d'adapter la Semaine de prière  à la réalité locale puisse encourager la création de ces mêmes structures là où elles n'existent pas encore.

Utiliser les textes de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens

§ Pour les Églises et les Communautés chrétiennes qui célèbrent ensemble la Semaine de prière au cours d'une seule cérémonie, ce livret propose un modèle de Célébration œcuménique de la Parole de Dieu.

§ Les Églises et Communautés chrétiennes peuvent également se servir pour leurs célébrations des prières ou des autres textes de la Célébration œcuménique de la Parole de Dieu, des textes proposés pour les Huit Jours et du choix de prières en appendice de cette brochure.

§ Les Églises et Communautés chrétiennes qui célèbrent la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens chaque jour de la semaine, peuvent trouver des suggestions dans les textes proposés pour les Huit Jours.

§ Les personnes désirant entreprendre des études bibliques sur le thème de la Semaine de prière peuvent également se baser sur les textes et les réflexions bibliques proposés pour les Huit Jours. Les commentaires de chaque jour peuvent se conclure par une prière d'intercession.

§ Pour les personnes qui souhaitent prier en privé, les textes contenus dans cette brochure peuvent alimenter leurs prières et leur rappeler aussi qu'elles sont en communion avec tous ceux qui prient à travers le monde pour une plus grande unité visible de l’Église du Christ.

 

TEXTE BIBLIQUE pour 2018

Exodus 15,1-21

Alors, avec les fils d’Israël, Moïse chanta ce cantique au Seigneur. Ils dirent : 

« Je veux chanter le Seigneur, il a fait un coup d’éclat. Cheval et cavalier, en mer il les jeta. Ma force et mon chant, c’est le Seigneur. Il a été pour moi le salut. C’est lui mon Dieu, je le louerai ; le Dieu de mon père, je l’exalterai. Le Seigneur est un guerrier. Le Seigneur, c’est son nom.

Chars et forces du Pharaon, à la mer il les lança. La fleur de ses écuyers sombra dans la mer des Joncs. Les abîmes les recouvrent, ils descendirent au gouffre comme une pierre. Ta droite, Seigneur, éclatante de puissance, ta droite, Seigneur, fracasse l’ennemi. Superbe de grandeur, tu abats tes adversaires. Tu brûles d’une fureur qui les dévore comme le chaume. Au souffle de tes narines, les eaux s’amoncelèrent, les flots se dressèrent comme une digue, les abîmes se figèrent au cœur de la mer. L’ennemi se disait : Je poursuis, je rattrape, je partage le butin, ma gorge s’en gave. Je dégaine mon épée, ma main les dépossède ! Tu fis souffler ton vent, la mer les recouvrit. Ils s’engouffrèrent comme du plomb dans les eaux formidables.

Qui est comme toi parmi les dieux, Seigneur ? Qui est comme toi, éclatant de sainteté ? Redoutable en ses exploits ? Opérant des merveilles ? Tu étendis ta droite, la terre les avale.

Tu conduisis par ta fidélité le peuple que tu as revendiqué. Tu le guidas par ta force vers ta sainte demeure. Les peuples ont entendu : ils frémissent. Un frisson a saisi les habitants de Philistie. Alors furent effrayés les chefs d’Edom. Un tremblement saisit les princes de Moab. Tous les habitants de Canaan sont ébranlés. Tombent sur eux la terreur et l’effroi. Sous la grandeur de ton bras ils se taisent, pétrifiés, tant que passe ton peuple, Seigneur, tant que passe le peuple que tu as acquis. Tu les fais entrer et tu les plantes sur la montagne, ton patrimoine. Tu as préparé, Seigneur, un lieu pour y habiter. Tes mains ont fondé, ô Seigneur, un sanctuaire. Le Seigneur règne à tout jamais ! »

Le cheval du Pharaon avait pénétré dans la mer, avec ses chars et ses cavaliers, et le Seigneur avait fait revenir sur eux les eaux de la mer : mais les fils d’Israël, eux, avaient marché à pied sec au milieu de la mer.

La prophétesse Miryam, sœur d’Aaron, prit en main le tambourin ; toutes les femmes sortirent à sa suite, dansant et jouant du tambourin. Et Miryam leur entonna : « Chantez le Seigneur, il a fait un coup d’éclat. Cheval et cavalier, en mer il les jeta ! »

La Bible – Traduction œcuménique – TOB

 

INTRODUCTION AU THÈME DE L’ANNÉE 2018

Ta main droite, Seigneur, éclatante de puissance
(Ex 15,6)

La région des Caraïbes

La région des Caraïbes que nous connaissons aujourd’hui – et dont l’appellation provient du nom d'un de ses peuples autochtones, le peuple Kalinago autrefois dénommé ‘Caribes’ – est une réalité complexe. Très étendue géographiquement, cette région comprend des territoires insulaires et continentaux où se côtoient un ensemble riche et varié de traditions ethniques, linguistiques et religieuses. C'est aussi une réalité politique composite formée d’un large éventail de systèmes gouvernementaux et constitutionnels, allant des dépendances coloniales (britanniques, hollandaises, françaises et américaines) aux états-nations républicains.

Les Caraïbes contemporaines ont été profondément marquées par le projet déshumanisant de l'exploitation coloniale. Dans la recherche agressive de gains marchands, les colonisateurs instaurèrent des systèmes violents fondés sur le commerce des êtres humains et les travaux forcés. Initialement, ces pratiques asservirent et décimèrent la population et, dans certains cas, exterminèrent les peuples autochtones de la région. Ensuite, ce fut le début de l'esclavage des Africains et le travail forcé de populations originaires de l'Inde et de la Chine.

À chaque étape, les systèmes institués par les colonisateurs tentaient de dépouiller les personnes asservies de leurs droits inaliénables : leur identité, leur dignité humaine, leur liberté et leur auto-détermination. L'esclavage des Africains ne se limitait pas seulement au déplacement des travailleurs d'un endroit à un autre. Offensant la dignité humaine donnée par Dieu, on traita comme une marchandise l’être humain, une personne pouvant devenir la propriété d'une autre. L'esclave étant conçu comme un bien, d’autres usages apparurent qui tentèrent de déshumaniser plus encore les Africains, notamment en leur refusant le droit à leurs pratiques culturelles et religieuses, au mariage et à la vie familiale.

Malheureusement, pendant cinq cents ans de colonialisme et d'esclavage, l'activité missionnaire chrétienne dans la région, à l'exception de quelques exemples remarquables, fut étroitement liée à ce système déshumanisant et, de diverses manières, alla même jusqu’à le rationaliser et à le renforcer. Alors que ceux qui apportaient la Bible dans cette région utilisaient les Écritures pour justifier l’asservissement auquel ils soumettaient tout un peuple, dans les mains des esclaves elle devint une source d’inspiration, avec l’assurance que Dieu était de leur côté et qu’il les conduirait vers la liberté.

Le thème de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens 2018

Aujourd'hui, les chrétiens de nombreuses traditions différentes voient dans la fin de l'esclavage l’action de la main de Dieu. Pour eux, il s’agit d’une expérience commune de l'action salvatrice de Dieu qui apporte la liberté. C'est pourquoi le choix du chant de Moïse et de Miryam (Ex 15,1-21) comme thème de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens 2018 a été considéré comme le plus approprié. C'est un chant de triomphe sur l'oppression. Ce thème a été repris dans l’hymne « La main droite de Dieu », écrit lors d’un travail de groupe de la Conférence des Églises des Caraïbes en août 1981, qui est devenu l’« hymne » du mouvement œcuménique dans la région et a été traduit en de nombreuses langues.

Comme les fils d’Israël, les peuples des Caraïbes ont un chant de victoire et de liberté à chanter, et ce chant les unit. Cependant, les défis contemporains constituent encore une menace d'asservissement et mettent de nouveau en péril la dignité de la personne humaine créée à l'image et à la ressemblance de Dieu. Si la dignité humaine est inaliénable, elle est souvent masquée par le péché individuel et le mal qu’engendrent nos structures sociales. Dans notre monde déchu, la justice et la compassion qui honorent la dignité humaine font trop souvent défaut dans nos relations sociales. La pauvreté, la violence, l'injustice, la dépendance à la drogue et à la pornographie, la douleur, la détresse et l'angoisse qui en découlent sont des expériences qui portent atteinte à la dignité humaine.

Beaucoup de défis contemporains sont eux-mêmes l'héritage d'un passé colonial et du commerce des esclaves. Les blessures du psychisme collectif se manifestent aujourd'hui dans les problèmes sociaux liés à la faible estime de soi, à la brutalité des gangs et aux violences domestiques ainsi qu’à la détérioration des relations familiales. Bien qu’elles proviennent du passé, ces questions sont également exacerbées par la réalité contemporaine que beaucoup qualifieraient de néo-colonialisme. Dans les circonstances actuelles, il semble presque impossible pour beaucoup de nations de cette région de sortir de la pauvreté et de l’endettement. En outre, un grand nombre d’entre elles conservent encore dans leur cadre législatif des dispositions qui continuent d’être discriminatoires.

La main droite de Dieu, qui a fait sortir son peuple de l'esclavage, n’a cessé de donner espoir et courage aux fils d’Israël, comme elle continue de le faire avec les chrétiens des Caraïbes. Ils ne sont pas victimes des circonstances. En témoignant de cette espérance commune, les Églises travaillent ensemble au service de tous les peuples de la région, particulièrement des plus vulnérables et de ceux que l’on oublie. Comme le chante cet hymne, « la main de Dieu sème sur la terre la paix, l’espoir, la liberté ».

Réflexion biblique et pastorale sur le texte (Ex 15,1-21)

Le Livre de l'Exode nous fait découvrir trois périodes : la vie des fils d’Israël en Égypte (1,1-15,21) ; le voyage des fils d’Israël dans le désert (15,22-18,27) ; et l'expérience du Sinaï (19-40). Le passage choisi, le Cantique de Moïse et Miryam, détaille les événements qui conduiront à la libération de l'esclavage du peuple de Dieu. Il conclut la première période.

« C'est lui mon Dieu, je le louerai » (15,2)

Les versets 1 à 3 du chapitre 15 mettent l’accent sur la louange de Dieu : « Ma force et mon chant, c’est le Seigneur. Il a été pour moi le salut. C'est lui mon Dieu, je le louerai ; le Dieu de mon père, je l'exalterai »(15,2). Dans ce chant, dirigé par Moïse et Myriam, les fils d’Israël chantent les louanges du Dieu qui les a libérés. Ils réalisent que le plan et l’objectif de Dieu de libérer son peuple ne peuvent être ni contrariés, ni entravés. Aucune force, pas même les chars de Pharaon, son armée ou sa puissance militaire bien entraînée, ne peuvent faire échouer la volonté de Dieu qui est de libérer son peuple (15,4-5). Dans ce cri joyeux de louange, nous, chrétiens de différentes traditions, reconnaissons que Dieu est notre Sauveur à tous ; nous exultons car il a tenu ses promesses et continue de nous apporter son salut par l'Esprit Saint. Dans le salut qu'il nous offre, nous reconnaissons qu'il est notre Dieu et que nous sommes tous son peuple.

« Ta main droite, Seigneur, éclatante de puissance » (15,6)

La libération et le salut du peuple de Dieu adviennent par la puissance divine. On peut voir dans la main droite de Dieu à la fois la victoire assurée de Dieu sur ses adversaires et la protection infaillible qu’il étend sur son propre peuple. Malgré la détermination de Pharaon, Dieu a entendu les lamentations de son peuple, ce peuple qu’il ne laissera pas périr car il est le Dieu de la vie. En contrôlant le vent et la mer, Dieu montre sa volonté de préserver la vie et de détruire la violence (Ex 15,10). En sauvant les fils d’Israël, Dieu en a fait un peuple de louange reconnaissant son amour inébranlable.

Pour son peuple, cette libération constitue une espérance et une promesse. C’est une espérance car un jour nouveau s’est levé, qui donne à ses membres d’adorer librement leur Dieu et de vivre en plénitude. C'est aussi une promesse : leur Dieu les accompagnera tout au long du chemin et aucune force ne pourra contrecarrer son dessein pour eux.

Dieu utilise-t-il la violence pour combattre la violence ?

Certains Pères de l'Église ont interprété ce récit comme une métaphore de la vie spirituelle. Augustin, par exemple, identifie dans l'ennemi qui est jeté à la mer non pas les Égyptiens, mais le péché.

En effet, tous nos péchés passés qui pesaient sur nos épaules, il les a engloutis et effacés dans le baptême. Ces esprits impurs gouvernaient nos ténèbres comme leurs montures, et comme des cavaliers, ils les poussaient là où ils voulaient. C'est pourquoi l'apôtre les appelle « les maîtres des ténèbres ». Nous avons été débarrassés de tout cela par le baptême, comme si nous avions traversé la mer Rouge, rouge du sang sanctificateur du Seigneur crucifié... (Sermon 223E).

Dans ce récit, Augustin voit pour le chrétien un encouragement à espérer et à persévérer, plutôt qu’à désespérer et à poursuivre l'ennemi. Pour lui, le baptême est l'événement constitutif déterminant permettant l'établissement de la véritable identité de chaque personne en tant que membre du Corps du Christ. Il établit un parallèle entre le passage libérateur des fils d'Israël à travers la Mer Rouge et celui du peuple chrétien au moment du baptême. Ces deux démarches libératrices donnent à l’assemblée des croyants de se constituer. En tant que tel, Israël peut librement louer la main salvatrice de Dieu dans le chant victorieux de Miryam et de Moïse. Leur salut établit les fils d’Israël asservis comme les membres de l’unique peuple de Dieu, unis dans un même chant de louange.

Unité

Le passage d’Exode 15 nous montre comment le chemin de l'unité doit souvent passer par l’expérience communautaire de la souffrance. La libération des fils d’Israël de l'esclavage est l'événement fondateur dans la constitution de ce peuple. Pour les chrétiens, ce processus atteint son point culminant dans l'incarnation et le mystère pascal. Bien que Dieu seul soit à l’origine de la libération/du salut, il veut que les réalités humaines soient engagées dans la réalisation de son objectif et de son plan de salut pour son peuple. Dans le baptême, les chrétiens ont part au ministère de réconciliation de Dieu, mais leurs propres divisions entravent leur témoignage et leur mission dans un monde qui a tant besoin de la guérison de Dieu.

 

PRÉPARATION DU MATÉRIEL DE LA SEMAINE DE PRIÈRE
POUR L’UNITÉ DES CHRÉTIENS 2018

Ce sont les Églises aux Caraïbes qui ont été désignées pour faire la première rédaction des textes de cette année. Sous la responsabilité de Mgr Kenneth Richards, Archevêque catholique de Kingston et responsable à l’œcuménisme de la Conférence épiscopale des Antilles, et de M. Gerard Granado, Secrétaire général de la Conférence des Églises de la Caraïbe (CEC), un groupe œcuménique formé de femmes et d’hommes a été invité à préparer ce matériel.

Nous remercions en particulier les responsables de la CEC, de la Conférence épiscopale des Antilles et tous ceux qui ont contribué à sa réalisation :

  • Mgr Kenneth D. Richards – Coordinateur du groupe de rédaction de la SPUC 2018, Conférence épiscopale des Antilles (CEA), Président de la Commission pour l’œcuménisme de la CEA, Archevêque de Kingston, Jamaïque (catholique)
  • M. Gerard A.J. Granado, M.Th. (Édimbourg) – Secrétaire général, Conférence des Églises de la Caraïbe (CEC), organisateur du groupe de rédaction de la SPUC 2018, Trinidad et Tobago (catholique)
  • Pr Luis N. Rivera-Pagan – Professeur émérite d’œcuménisme, Princeton Theological Seminary, N.Y., Puerto Rico (baptiste)
  • Rév. Kirkley Sands, Ph.D. – Chapelain, Codrington Theological College, Église de la Province des Antilles, Bahamas (anglican)
  • Rév. Patmore Henry – Secrétaire, Connexional Conference, Église méthodiste aux Caraïbes et aux Amériques (EMCA), Antigua (méthodiste)
  • Dr Oluwakemi Linda Banks, Ph.D.  – Membre du Conseil de présidence de la CEC, psychologue, Anguilla (anglicane)
  • Mme Nicole Poyer – Responsable du Groupe Taizé (groupe œcuménique) de Trinidad et Tobago, étudiante de Master en théologie, Trinidad et Tobago (catholique)
  • Très Rév. Glenna Spencer – Évêque, Église méthodiste aux Caraïbes et aux Amériques (EMCA), ancien membre du Comité central du Conseil œcuménique des Églises (COE), Guyane (méthodiste)
  • Très Rév. Kingsley Lewis, Ph.D. – Évêque, Église morave (Province des Antilles orientales), Président émérite de la CEC, Antigua (morave)
  • Rév. Elvis Elahie, M.Th. (Édimbourg) – Modérateur émérite de l’Église presbytérienne à Trinidad et Tobago (EPTT), Directeur émérite du St. Andrew’s Theological College, Trinidad et Tobago (presbytérien)
  • Rév. Marjorie Lewis, Ph.D. – Présidente émérite, United Theological College of the West Indies (UTCWI), Jamaïque (Église unie en Jamaïque et aux Îles Caïmans)
  • Rév. George Mulrain, Ph.D. – Président émérite de la Connexional Conference, Église méthodiste aux Caraïbes et aux Amériques (EMCA), Trinidad et Tobago (méthodiste).

Les textes, prières et réflexions choisis ou préparés par le groupe local de rédaction ont été présentés au Comité international formé par le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens (CPPUC) et le Conseil œcuménique des Églises (COE). Lors de cette rencontre qui s’est tenue au Centre Emmaüs de Nassau (Bahamas) du 3 au 7 septembre 2016, le projet de texte a été révisé et définitivement mis au point. Les membres du Comité international ont eu l’opportunité de visiter le Musée Pompey installé dans la Vendue House et consacré à l’histoire de l’esclavage et de l’émancipation. Cette expérience leur a permis de rendre hommage au combat pour la liberté des Bahamiens et, plus globalement, des habitants des Caraïbes.

Le Comité international remercie l’Archevêque Patrick Pinder et l’Archidiocèse de Nassau pour la généreuse hospitalité avec laquelle ils l’ont accueilli au Centre Emmaüs ainsi qu’aux personnes qui y sont employées et ont assuré leur confort durant leur séjour. Ses membres sont également reconnaissants du soutien exprimé par les responsables œcuméniques locaux, le Rév. Dr Ranford Patterson, Président du Conseil chrétien des Bahamas, et le Très Rév. Laish Boyd, Évêque du Diocèse anglican des Bahamas et des Îles Turks et Caïques, qui leur ont rendu visite pour partager leur connaissance du terrain et leur expérience en tant qu’Église locale.

CÉLÉBRATION ŒCUMÉNIQUE

Introduction

Ta main droite, Seigneur, éclatante de puissance
(Ex 15,6)

Pour cette célébration, on devra disposer d’une Bible et de trois chaînes. Le groupe local des Caraïbes suggère que ces symboles soient placés en évidence dans l'espace de culte.

La Bible est particulièrement importante dans la vie des Églises caribéennes. Au cours de l’histoire, les peuples autochtones réduits à l’esclavage ont connu les atrocités perpétrées par les colonisateurs qui ont en même temps importé le christianisme. Pourtant, dans les mains des peuples opprimés de cette région, la Bible est devenue une source essentielle de consolation et de libération. Cette dynamique de renversement fait de la Bible un symbole particulièrement puissant en soi. Par conséquent, au cours de cette célébration, il est important qu'une Bible de bonne taille soit placée au milieu de l’assemblée et que les lectures soient proclamées à partir de cette Bible, plutôt que d'autres livres ou brochures.

Les chaînes sont un puissant symbole de l'esclavage, du manque d’humanité et du racisme. Elles représentent aussi la puissance du péché qui nous sépare de Dieu et les uns des autres. Le groupe local des Caraïbes conseille d’utiliser de véritables chaînes de fer pendant les prières de réconciliation de cette célébration. Si des chaînes de fer ne peuvent être apportées, il est suggéré d’utiliser d'autres chaînes au fort impact visuel. Au cours de la célébration œcuménique, les chaînes de fer de l'esclavage seront remplacées par une chaîne humaine exprimant les liens de la communion et l’action commune contre l'esclavage moderne et toutes les formes de déshumanisation individuelle et institutionnalisée. Inviter toute l'assemblée à participer à ce geste fait partie intégrante du culte.

Le groupe local des Caraïbes propose que soit entonné, après la proclamation de la Parole, l'hymne « La main droite de Dieu ». Renvoyant au chant de louange de Miryam et de Moïse pour l'action libératrice de Dieu dans le Livre de l'Exode, cet hymne est associé au mouvement œcuménique dans les Caraïbes, car les Églises travaillent ensemble pour surmonter les défis sociaux auxquels sont confrontées les populations de la région.

Déroulement de la célébration

: Célébrant
T
 :   Tous
:   Lecteur

Rassemblement

Chant

Pendant le chant, les célébrants entrent. Ils sont précédés d’un assistant portant la Bible qui est placée en évidence au centre de l’espace de culte. Au cours de la célébration, les lectures des Écritures seront proclamées de cette Bible.

Mot d’accueil

C : Que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ, l'amour de Dieu,
et la communion du Saint Esprit soient avec vous tous.

T : Et aussi avec vous.

C : Chers amis en Christ, nous voici rassemblés pour prier pour l'unité. Rendons grâce à Dieu pour notre héritage chrétien et pour l’action libératrice et salvatrice du Seigneur dans l'histoire humaine.

Les textes pour la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens de cette année ont été préparés par les Églises des Caraïbes. L'histoire du christianisme dans cette région est paradoxale. D'une part, la Bible a été utilisée par les colonisateurs pour justifier la soumission imposée aux premiers habitants de ces terres, et celle d'autres êtres humains qui furent déportés d'Afrique, d'Inde et de Chine. Un grand nombre d’entre eux ont été exterminés, enchaînés et asservis, soumis à d’injustes conditions de travail. D'autre part, la Bible est devenue source de consolation et de libération pour beaucoup de ceux qui ont souffert sous le joug des colonisateurs.

Aujourd'hui, la Bible continue d’apporter consolation et libération, encourageant les chrétiens des Caraïbes à réfléchir aux situations qui actuellement portent atteinte à leur dignité humaine et à leur qualité de vie. Alors que les chaînes de fer de l'esclavage tombent de nos mains, un nouveau lien d'amour et de communion émerge dans la famille humaine, exprimant l'unité pour laquelle prient nos communautés chrétiennes.

Invocation du Saint-Esprit

La réponse à l'invocation peut être chantée.

C : Avec les chrétiens des Caraïbes, demandons au Saint-Esprit d’embraser nos cœurs alors que nous prions pour l'unité de l'Église. Unis tes serviteurs dans le lien de l'unité.

T : Viens, Esprit Saint !

C : Enseigne-nous à prier.

T : Viens, Esprit Saint !

C : Libère-nous de l'esclavage du péché.

T : Viens, Esprit Saint !

C : Aide-nous dans notre faiblesse.

T : Viens, Esprit Saint !

C : Rétablis-nous comme tes enfants.

T : Viens, Esprit Saint !

Chant de louange

Prières pour la réconciliation

C : Nous n'avons pas reçu un esprit d'esclavage pour nous réfugier dans la peur. Implorons la miséricorde de Dieu, confiants dans la puissance salvatrice de la main droite de Dieu.

Trois membres de l'assemblée s’avancent, chacun portant une chaîne. Après chaque prière et répons, un des intervenants laisse tomber à terre une chaîne. Un Kyrie peut être chanté.

L1 : Des structures qui avilissent la dignité humaine et introduisent de nouvelles formes d'esclavage, délivre-nous, Seigneur.
Kyrie eleison.

T : Kyrie eleison.

L2 : Des décisions et des actes qui réduisent nos frères et sœurs à la pauvreté, à la marginalisation ou à la discrimination, délivre-nous, Seigneur.
Kyrie eleison.

T : Kyrie eleison.

L3 : De la crainte et du soupçon qui nous séparent les uns des autres et posent des limites à l'espérance et à la guérison, délivre-nous, Seigneur.
Kyrie eleison.

T : Kyrie eleison.

C : Le Seigneur est notre force et notre puissance, il est notre salut. Que Dieu, qui nous a rachetés du péché, nous guide vers sa sainte demeure.

T : Amen.

Proclamation de la Parole de Dieu

C : Libère-nous, Seigneur, de l'oppression des hommes,
T : Et nous garderons tes préceptes.

C : Pour tes serviteurs, que ton visage s’illumine :
T : Enseigne-nous tes décrets (cf. Ps 119,134-135)

Première lecture : Exode 15,1-21 

L : Écoutez et vous serez libérés.
T : Nous rendons grâce à Dieu.

Il est préférable de chanter le psaume.

Psaume 118,5-7,13-24

R/ : Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour !

Dans mon angoisse j’ai crié vers le Seigneur,
et lui m’a exaucé, mis au large.
Le Seigneur est pour moi, je ne crains pas ;
que pourrait un homme contre moi ?
Le Seigneur est avec moi pour me défendre,
et moi, je braverai mes ennemis. R/

On m’a poussé, bousculé pour m’abattre ;
mais le Seigneur m’a défendu.
Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ;
il est pour moi le salut. R/

Clameurs de joie et de victoire 
sous les tentes des justes :
« Le bras du Seigneur est fort,
le bras du Seigneur se lève, 
le bras du Seigneur est fort ! » R/

Non, je ne mourrai pas, je vivrai
pour annoncer les actions du Seigneur :
il m’a frappé, le Seigneur, il m’a frappé,
mais sans me livrer à la mort. R/

Ouvrez-moi les portes de justice :
j’entrerai, je rendrai grâce au Seigneur.
« C’est ici la porte du Seigneur :
qu’ils entrent, les justes ! »
Je te rends grâce car tu m’as exaucé :
tu es pour moi le salut. R/

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.
Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ! R/

Psautier œcuménique

Deuxième lecture : Romains 8,12-27

L : Écoutez et vous serez libérés.
T : Nous rendons grâce à Dieu.

Un Alléluia approprié peut être chanté avant et après la proclamation de l’Évangile.

Marc 5,21-43

L : Écoutez et vous serez libérés.
T : Nous rendons grâce à Dieu.

Prédication

Chant

C’est la main de Dieu

Le Symbole des Apôtres

Prière universelle

C : En rendant grâce d’avoir été libérés de l’esclavage du péché, présentons au Seigneur nos espoirs : demandons-lui de briser les chaînes qui nous asservissent et de nous unir dans les liens de l’amour et de la communion.

Chaque intercession est lue par un lecteur différent. À mesure qu'ils finissent, les lecteurs s’unissent à d’autres membres de l’assemblée en leur donnant la main ou le bras, créant ainsi une chaîne humaine.

L1 : Dieu de l'Exode, tu as guidé ton peuple à travers les eaux de la Mer Rouge et tu l’as sauvé. Sois avec nous et affranchis-nous de toutes les formes d'esclavage et de tout ce qui anéantit la dignité humaine.

T : Étends tes mains sur nous, Seigneur, afin que nous vivions.

L2 : Dieu d'abondance, dans ta bonté tu pourvois à tous nos besoins. Sois avec nous, aide-nous à dépasser notre égoïsme et notre cupidité et donne-nous le courage d'être des instruments de justice dans le monde.

T : Étends tes mains sur nous, Seigneur, afin que nous vivions.

L3 : Dieu d'amour, tu nous a créés à ton image et tu nous a sauvés en Christ. Sois avec nous et donne-nous la force d'aimer notre prochain et d'accueillir l'étranger.

T : Étends tes mains sur nous, Seigneur, afin que nous vivions.

L4 : Dieu de paix, tu restes fidèle à l’alliance que tu as conclue avec nous, même quand nous nous éloignons de toi. En Christ tu nous as réconciliés avec toi. Sois avec nous, fais naître en nous un esprit nouveau et purifie nos cœurs afin que nous rejetions la violence et devenions des serviteurs de ta paix.

T : Étends tes mains sur nous, Seigneur, afin que nous vivions.

L5 : Dieu de gloire, tu es tout-puissant et pourtant, en Jésus, tu as voulu vivre dans une famille humaine. Dans les eaux du baptême, tu nous a adoptés comme tes enfants. Sois avec nous, aide-nous à rester fidèles à nos engagements familiaux et à nos responsabilités dans notre société, et à renforcer les liens de communion avec nos frères et sœurs en Christ.

T : Étends tes mains sur nous, Seigneur, afin que nous vivions.

L6 :  Dieu, un en trois personnes, en Christ tu nous as unis à toi et les uns avec les autres. Sois avec nous, par la puissance et la consolation de l’Esprit Saint, libère-nous de l'égocentrisme, de l'arrogance et de la peur qui nous empêchent de rechercher de toutes nos forces la pleine unité visible de ton Église.

T : Étends tes mains sur nous, Seigneur, afin que nous vivions.

Notre Père

C : Joignons nos mains à celles de nos voisins et unis non par des chaînes mais par l’amour du Christ qui a pénétré en nos cœurs, prions le Père comme Jésus nous l’a enseigné.

La prière du Notre-Père peut être chantée.

Notre Père…

Après le Notre-Père, les mains toujours unies, l’assemblée peut entonner un chant bien connu célébrant son unité.

Après ce chant, les membres de l’assemblée échangent un geste de paix.

Envoi

C : Sauvés par la main droite de Dieu et unis dans l’unique Corps du Christ, allons dans la puissance de l’Esprit Saint.

T : L’Esprit du Seigneur est sur nous
car le Seigneur nous a choisis
pour apporter la bonne nouvelle aux pauvres,
pour proclamer la libération de ceux qui sont captifs
et redonner la vue aux aveugles,
pour que les opprimés soient affranchis,
pour proclamer l’année de la faveur du Seigneur.
Amen ! Alléluia !

Chant

REFLEXIONS BIBLIQUES
ET PRIÈRES POUR LES « HUIT JOURS »

1er Jour   Vous aimerez aussi l’étranger car vous étiez étrangers en Égypte

Lv 19, 33-34 Tu aimeras l’émigré comme toi-même
Ps 146 Le Seigneur protège les immigrés
Hb 13, 1-3   Certains, sans le savoir, ont accueilli des anges
Mt 25, 31-46     J’étais un étranger et vous m’avez recueilli

Après être devenue la première république noire indépendante, Haïti a accueilli d'autres personnes réduites en esclavage et en quête de liberté. Ces dernières années, les Haïtiens ont dû faire face à de graves difficultés économiques et nombre d’entre eux ont abandonné les lieux où ils vivaient, entreprenant de périlleux voyages dans l'espoir de trouver une vie meilleure. Souvent, ils se sont heurtés à des attitudes hostiles et à des obstacles juridiques. Le Conseil des Églises des Caraïbes s’est engagé dans des activités de sensibilisation par rapport aux pays limitant ou privant les Haïtiens de leurs droits de citoyens.

Réflexion

Le souvenir de ce que vécurent les fils d’Israël en Égypte, où ils furent traités en étrangers, est à la base de l'enseignement de la Loi qui veut que les membres du peuple de Dieu accueillent l'étranger parmi eux. La mémoire de leur propre exil devrait susciter empathie et solidarité envers les exilés et les étrangers de notre temps. Comme pour Israël, notre expérience chrétienne commune de l'action salvatrice de Dieu va de pair avec le souvenir de l'aliénation et de l’éloignement – dans le sens de l'éloignement de Dieu et de son royaume. Cette mémoire chrétienne a des implications éthiques. Dieu a rétabli notre dignité en Christ et a fait de nous des citoyens de son royaume, non pas parce que nous avons fait quoique ce soit pour le mériter, mais parce que dans son amour il nous en fait don gratuitement. Nous sommes appelés à agir de même, librement et encouragés par l'amour. L'amour chrétien signifie aimer comme le Père, c'est-à-dire reconnaître la dignité de l’autre et lui donner dignité, et par là même contribuer à la guérison des blessures de la famille humaine.

Prière

Dieu éternel,
tu n’appartiens à aucune culture ni à aucun pays
mais tu es le Seigneur de tous,
tu nous demandes d’accueillir l’étranger au milieu de nous.
Par ton Esprit, aide-nous à vivre en frères et sœurs,
à accueillir chacun en ton nom,
et à vivre dans la justice de ton royaume.
Nous t’en prions, au nom de Jésus Christ.
Amen.

C’est la main de Dieu
qui sème sur la terre la paix, l’espoir, la liberté ;
de tous les horizons ses enfants afflueront,
tout est uni par la droite de Dieu.

2e Jour    Non plus comme un esclave mais comme un frère bien-aimé

Gn 1, 26-28 Dieu créa l’homme à son image
Ps 10, 1-10 Pourquoi, Seigneur, rester éloigné ?
Phm  Non plus comme un esclave mais comme bien mieux qu’un esclave : un frère bien-aimé
Lc 10, 25-37 La parabole du bon Samaritain

La traite des êtres humains est une forme moderne d’esclavage où les victimes aboutissent, sous la contrainte ou par leurre, dans un réseau de prostitution, de travail des enfants ou de trafic d’organes au profit d’exploiteurs. Cette industrie multimillionnaire existe à l’échelle mondiale et est un problème croissant aux Caraïbes. Les Églises réformées aux Caraïbes unissent leurs efforts à ceux du Conseil pour la mission mondiale et du Conseil des Caraïbes et d’Amérique du Nord pour la mission pour aider les communautés chrétiennes à mettre fin au fléau de la traite d’êtres humains.

Réflexion

Une des premières choses que nous apprenons au sujet de Dieu quand nous lisons la bible des juifs et des chrétiens est que Dieu a créé l’homme à son image. Malgré tout, cette profonde et magnifique vérité a souvent été ternie ou niée au cours des âges. Sous l’Empire romain, par exemple, la dignité des esclaves était piétinée. Mais le message de l’Évangile se révèle totalement différent. Jésus a défié les normes sociales qui rabaissaient la dignité humaine des Samaritains : pour lui, le Samaritain était le « prochain » de l’homme attaqué sur la route de Jéricho – un prochain à aimer conformément à la Loi. De plus, Paul, enhardi par sa foi en Christ, parle de l’ancien esclave Onesimus, comme d’un « frère bien-aimé », transgressant ainsi les normes de la société dans laquelle il vit et affirmant l’humanité d’Onesimus.

Celui qui aime d’amour chrétien doit toujours aimer avec courage et donc oser dépasser les frontières et savoir reconnaître aux autres une dignité équivalente à la sienne. Comme saint Paul, les chrétiens doivent « avoir en Christ, toute liberté » de reconnaître ensemble et clairement les victimes du trafic d’êtres humains comme leurs prochains et leurs frères et sœurs bien-aimés, et d’unir leurs efforts pour que cesse cet esclavage moderne.

Prière

Dieu de toute grâce,
Approche-toi de ceux qui sont victimes de la traite d’êtres humains,
montre-leur que tu vois leur détresse et entends leur cri.
Fais que ton Église s’unisse avec compassion et courage
et qu’elle travaille pour que vienne le jour
où plus aucune personne ne sera exploitée
et où tous seront libres de vivre dans la dignité et la paix.
Nous prions au nom du Dieu Trinité,
qui peut faire infiniment plus
que ce que nous pouvons demander ou imaginer.
Amen.

C’est la main de Dieu qui relève sur terre
un par un ceux qui sont tombés ;
chacun est reconnu, personne n’est perdu,
tout est sauvé par la droite de Dieu.

3e Jour    Votre corps est un temple de l’Esprit Saint

Ex 3, 4-10 Dieu libère ceux qui sont esclaves
Ps 24, 1-6     Seigneur, nous sommes le peuple qui recherche ta face
1 Co 6, 9-20 Glorifiez donc Dieu par votre corps
Mt 18, 1-7 Malheureux l’homme par qui la chute arrive !

Nombreuses sont les Églises chrétiennes aux Caraïbes qu’inquiète le problème de la pornographie, en particulier celle qui circule sur internet. Celle-ci a des conséquences destructrices pour la dignité humaine, en particulier celle des enfants et des jeunes. Comme l’esclavage, elle transforme les êtres humains en marchandise, prend au piège ceux qui en deviennent dépendants et corrompt toute relation d’amour saine.

Réflexion

Le Livre de l’Exode nous montre le souci de Dieu envers ceux qui sont asservis. Le passage où Dieu se révèle à Moïse dans le buisson ardent est une puissante affirmation de sa volonté de libérer son peuple. Dieu voit leur misère, entend leurs cris et vient alors les délivrer. Aujourd’hui encore, il entend les cris de ceux qui sont esclaves et veut leur rendre la liberté. Parce que la sexualité est un don de Dieu pour les relations entre êtres humains et l’expression de l’intimité, l’usage détourné de ce don par le biais de la pornographie asservit et dévalorise à la fois ceux qui la produisent et ses consommateurs. Dieu ne reste pas insensible à leur détresse et les chrétiens sont appelés à se sentir eux aussi concernés.

Saint Paul écrit que nous sommes appelés à glorifier Dieu par notre corps, ce qui signifie que tout dans notre vie, y compris nos relations, peut et doit être une offrande agréable à Dieu. Les chrétiens doivent travailler ensemble en faveur d’une société qui soit respectueuse de la dignité humaine et ne mette pas d’obstacle devant ces petits qui sont les siens mais, au contraire, leur permette de vivre libres car c’est ce que Dieu veut pour eux.

Prière

Par ta grâce céleste, ô Dieu,
rétablis-nous en esprit et dans notre corps,
fait naître en nous un cœur pur et un esprit sincère
pour que nous glorifions ton Nom.

Fais que les Églises s’unissent dans leurs intentions
pour la sanctification de ton peuple,
par Jésus Christ
qui vit et règne avec toi
dans l’unité du Saint-Esprit,
pour les siècles des siècles.

Amen.

C’est la main de Dieu qui soigne sur la terre
les corps et les esprits brisés,
il aime les humains,
il les prend par la main,
tout est guéri par la droite de Dieu.

4e Jour   Espérance et guérison

Es 9, 2-7 Il y aura une souveraineté étendue et une paix sans fin
Ps 34, 1-14 Recherche la paix et poursuis-la
Ap 7, 13-17 Dieu essuiera toute larme de leurs yeux
Jn 14, 25-27 Je vous laisse la paix

Aux Caraïbes, la violence est un problème auquel les Églises sont appelées à réagir. Le nombre élevé des crimes est alarmant, une grande partie d’entre eux étant due à la violence domestique, aux rivalités entre gangs et à d’autres formes de criminalité. Par ailleurs, les situations d’automutilation et les suicides sont en hausse dans la région.

Réflexion

Le royaume que Dieu nous a promis, le royaume que Jésus a proclamé et rendu manifeste dans son ministère, est un royaume de justice, de paix et de joie dans l’Esprit Saint. Que signifie par conséquent cette Bonne Nouvelle pour ceux qui sont la proie des ténèbres de la violence ? Dans la vision du prophète, une lumière resplendit sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre. Mais comment les chrétiens peuvent-ils apporter la lumière de Jésus à ceux qui vivent dans les ténèbres de la violence domestique ou des bandes criminelles ? Quelle espérance les chrétiens peuvent-ils offrir ? Il est triste de constater que la division des chrétiens est un contre-témoignage qui nuit au partage de l’espérance qui est la leur.

Pourtant, la recherche de la paix et de la réconciliation entre les différentes Églises et confessions est tout le contraire de cela. Quand les chrétiens s’engagent en faveur de l’unité dans un monde dévasté par les conflits, ils offrent un signe de réconciliation. Les chrétiens qui refusent de s’accommoder de la logique des privilèges et du statut social, qui refusent d’abaisser les autres et leurs communautés, témoignent de la paix du royaume de Dieu où l’Agneau guide les saints vers des sources d’eaux vives. Le monde a besoin de cette paix qui guérit et réconforte ceux qui sont meurtris par la violence.

Prière

Dieu de réconfort et d’espérance,
ta résurrection a vaincu la violence de la croix.
Parce que nous sommes ton peuple,
fais que nous devenions le signe tangible
que la violence du monde sera un jour surmontée.
Nous t’en prions, au nom de notre Seigneur ressuscité.
Amen.

C’est la main de Dieu qui montre sur la terre
la route où nous devons aller,
un chemin ombrageux, sinueux, dangereux,
tout devient clair par la droite de Dieu.

5e Jour   On entend les appels désespérés de mon peuple depuis une terre lointaine !

Dt 1,19-35 Le Seigneur votre Dieu marche devant vous et vous porte
Ps 145, 9-20 Le Seigneur est l'appui de tous ceux qui tombent
Jn 1, 9-11 Le riche passera comme fleur des prés
Lc 18, 35-43 Jésus, Fils de David, aie pitié de moi !

L'économie des Caraïbes repose traditionnellement sur la production de matières premières destinées au marché européen et n'a donc jamais pu devenir auto-suffisante. Par conséquent, pouvoir emprunter sur le marché international est devenu fondamental pour le développement de la région. Pour autoriser cet emprunt, on exige une réduction des dépenses dans le domaine des transports, de l’éducation, de la santé et des autres services publics, et ce sont les pauvres qui en souffrent le plus gravement. Pour répondre à la crise de l'endettement, la Conférence des Églises aux Caraïbes a lancé une initiative au niveau régional et à travers son réseau de contacts internationaux pour venir en aide au plus démunis.

Réflexion

Nous pouvons imaginer le bruit de la foule quand Jésus entre dans Jéricho. Beaucoup rabrouent le mendiant aveugle pour qu'il se taise. Ses cris dérangent et sont embarrassants. Mais au milieu de tout ce tumulte, Jésus entend la voix de l'aveugle comme Dieu entend toujours les cris des pauvres dans la Bible hébraïque. Le Seigneur, qui soutient ceux qui tombent, non seulement les entend mais agit. Ainsi la vie du mendiant est-elle radicalement transformée.

La désunion des chrétiens peut concourir au tumulte et au chaos auxquels le monde est en proie. Comme les voix qui s'élèvent autour de Jéricho, nos divisions peuvent couvrir les supplications des pauvres. Mais quand nous sommes unis, nous nous faisons davantage présence du Christ dans le monde, en mesure de mieux entendre, écouter et agir. Au lieu d'augmenter le volume de la discorde, nous devenons capables d'une écoute véritable et pouvons ainsi discerner les voix qui ont le plus besoin d’être entendues.

Prière

Dieu très aimant,
tu aides à se relever ceux qui sont pauvres et dans la détresse
et tu les rétablis dans leur dignité.
Entends notre appel pour les plus démunis dans le monde d’aujourd’hui
redonne-leur l'espérance et fais qu'ils se redressent
pour que tout ton peuple soit un.
Nous t’en prions au nom de Jésus.
Amen.

C’est la main de Dieu qui relève sur la terre,
un par un ceux qui sont tombés,
chacun est reconnu, personne n’est perdu,
tout est sauvé par la droite de Dieu.

6e Jour   Que chacun regarde aux autres

Es 25, 1-9 Exultons, jubilons, puisqu'il nous sauve
Ps 82   Rendez justice au malheureux et à l'indigent
Ph 2, l-4 Que chacun ne regarde pas à soi seulement, mais aussi aux autres
Lc 12, 13-21 Gardez-vous de toute avidité

Les variations intervenues dans la réglementation des opérations bancaires au niveau international continuent d'avoir un impact négatif sur les échanges commerciaux des Caraïbes et menacent la survie économique de nombreuses familles. Il est de plus en plus difficile pour les Caribéens travaillant à l’étranger d'envoyer de l’argent à leurs familles. Les Églises aux Caraïbes ont lancé un mouvement d'aide au crédit (Credit Union movement) afin que les pauvres puissent avoir accès à l’emprunt pour financer leurs activités économiques.

Réflexion

Tout au long des Écritures, nous avons la preuve que Dieu prend toujours position pour les pauvres : la main droite de Dieu agit en faveur des personnes les plus démunies contre les puissants. De manière semblable, Jésus lance constamment des avertissements contre les dangers de l’avidité. Cependant, en dépit de ces recommandations le péché de l’avidité infecte souvent nos communautés chrétiennes et introduit une logique de compétition, une communauté entrant en concurrence contre une autre. Souvenons-nous que tant que nous ne réussirons pas à prendre nos distances avec les choix de ce monde et que nous nous conformerons à l'esprit de compétition qui y règne et est source de divisions, nous ne parviendrons pas à être « le rempart du pauvre dans la détresse, le refuge contre l'orage ».

Pour nos différentes Églises et confessions, s'enrichir auprès de Dieu ne signifie pas avoir de nombreux fidèles appartenant – ou faisant des dons – à leurs communautés. Au contraire, c’est reconnaître qu’en tant que chrétiens, nous avons d’innombrables frères et sœurs à travers le monde dont l'unité transcende toutes les divisions économiques entre « Nord » et « Sud ». Ayant conscience de leur fraternité en Christ, les chrétiens se tendent la main pour promouvoir la justice économique pour tous.

Prière

Dieu tout-puissant,
donne courage et force à ton Église
pour que sans cesse elle proclame la justice et l'intégrité
dans les situations de domination et d'oppression.
Alors que nous célébrons notre unité en Christ,
fais que ton Esprit Saint nous soutienne
quand nous tentons de répondre aux besoins des autres.
Amen.

C’est la main de Dieu qui efface sur la terre
la haine et la méchanceté,
orgueil et convoitise, injustice et bêtise,
tout est détruit par la droite de Dieu.

7e Jour  Bâtir une famille dans notre foyer et dans l'Église

Ex 2,1-10 La naissance de Moïse
Ps 127 Si le Seigneur ne bâtit la maison, ses bâtisseurs travaillent pour rien
Hb 11, 23-24 Moïse fut caché par ses parents, car ils avaient vu la beauté de leur enfant
Mt 2, 13-15 Joseph se leva, prit avec lui l'enfant et sa mère, de nuit, et se retira en Égypte

Aux Caraïbes, sur la famille pèsent encore les répercussions de l'esclavage auxquelles s'ajoutent de nouveaux facteurs tels que l'émigration des parents, les problèmes financiers et la violence domestique. Face à cette situation, les Églises aux Caraïbes travaillent pour offrir un soutien au noyau familial et aux familles élargies.

Réflexion

Les familles sont d'une importance fondamentale pour la protection et le développement des enfants. Dès leur naissance, Moïse et Jésus se trouvèrent en danger de mort en raison des ordres meurtriers de souverains courroucés. Les récits bibliques qui nous le rapportent montrent comment les enfants sont vulnérables aux forces extérieures. Ces histoires montrent également qu’il est possible d’agir pour protéger les tout-petits, Matthieu nous propose un modèle de paternité respectant avec amour le commandement divin, en particulier dans les périodes de troubles.

Dans les Écritures, les enfants nous sont décrits comme une bénédiction et une espérance pour le futur. Pour le psalmiste, ils sont tels «  des flèches aux mains d'un guerrier ». En tant que chrétiens, nous sommes appelés à construire des réseaux familiaux de soutien, en nous appuyant sur la force que nous donne le Seigneur pour construire des communautés fortes où les enfants sont protégés et peuvent s'épanouir,

Prière

Dieu de toute grâce,
tu nous as envoyé ton fils en le faisant naître
dans une famille ordinaire
dont les ancêtres étaient à la fois fidèles et pécheurs.
Nous te demandons de bénir toutes les familles
dans leurs foyers et leurs communautés.
Nous prions en particulier pour l'unité
de la famille chrétienne afin que le monde croie.
Au nom de Jésus, nous t'en prions.
Amen.

C’est la main de Dieu qui écrit sur la terre,
avec force et avec bonté,
nos conflits et nos peurs, nos succès, nos malheurs,
tout est noté par la droite de Dieu.

8e Jour  Il rassemblera les exilés... des quatre coins de la terre

Es 11, 12-13 Éphraïm ne jalousera plus Juda et Juda ne sera plus l'adversaire d'Éphraïm
Ps 106, 1-14 ; 43-48 Rassemble-nous…Alors nous célébrerons ton saint nom
Ep 2, 13-l9 Il a détruit le mur de séparation
Jn 17, 1-12 J’ai été glorifié en eux

Les Églises caribéennes travaillent ensemble pour guérir dans leur région les blessures du Corps du Christ héritées de la colonisation. Pour pouvoir se réconcilier, la repentance, la réparation et la guérison des mémoires sont souvent nécessaires. On peut citer l’exemple de l’acte de repentance et de réparation des baptistes de Grande-Bretagne avec ceux des Caraïbes. Comme Israël, l'Église, dans son unité, est appelée à être à la fois signe et agent de réconciliation.

Réflexion

Un des aspects qui sous-tend l’ensemble du récit biblique de l’œuvre de la rédemption est indubitablement la tenace détermination du Seigneur à former un peuple qu'il pourrait considérer comme sien. Établir ce peuple – uni à Dieu dans une sainte alliance – est partie intégrante du plan de salut du Seigneur et est indissociable de la glorification et de la sanctification du nom de Dieu.

Les prophètes rappellent constamment à Israël que l'alliance exige que les relations entre les différents groupes sociaux qui la composent soient empreintes de justice, de compassion et de miséricorde. Alors que Jésus s'apprête à sceller une nouvelle alliance en son sang, sa plus intense prière au Père est pour que ceux qu'il lui donnera soient un, comme lui et le Père sont un. Quand les chrétiens découvrent leur unité en Jésus, ils prennent part à la glorification du Christ auprès du Père, dans cette même gloire qu'il avait auprès de lui avant que le monde fût. Aussi, le peuple de l'alliance doit-il constamment s'efforcer d'être une communauté réconciliée – une communauté qui soit un signe tangible pour tous les peuples de la manière dont ils peuvent vivre sur terre dans la justice et dans la paix.

Prière

Seigneur, nous te demandons humblement que,
par ta grâce, les Églises du monde entier
deviennent des instruments de ta paix.
Par leur action commune au milieu des hommes divisés
en tant qu'ambassadeurs et serviteurs de ton amour
qui guérit et réconcilie,
que ton nom soit sanctifié et glorifié.
Amen.

C’est la main de Dieu
qui sème sur la terre la paix, l’espoir, la liberté ;
de tous les horizons ses enfants afflueront,
tout est uni par la droite de Dieu.

 

LA SITUATION ŒCUMÉNIQUE AUX CARAÏBES*

La région des Caraïbes s’étend des Bahamas, au Nord, jusqu’au Suriname, à la Guyane et à la Guyane française (Cayenne) situés sur le continent sud-américain, et de la Barbade à l’Est jusqu’au Belize d’Amérique centrale à l’Ouest. L’identité commune de cette région repose sur des considérations géographiques, sur une histoire commune faite de colonialisme, d’exploitation et de résistance contre la domination étrangère, de même que sur une conscience culturelle commune.

L’établissement de certaines Églises dans cette région – comme l’Église catholique et l’Église anglicane – coïncide avec le début et les premiers temps de la colonisation. D’autres Églises ayant pris part au mouvement missionnaire vinrent s’installer au 18e, 19e et début du 20e siècle. Plus récemment, les mouvements évangélique et pentecôtiste se sont implantés à travers toutes les Caraïbes. Des alliances ou mouvements évangéliques sont par conséquent présents dans de nombreux pays et territoires de cette région.

Le dynamisme œcuménique des années 1960 a donné naissance à la Conférence des Églises de la Caraïbe (CEC) qui fut officiellement établie au début des années 1970, riches en ferments socio-culturels et politiques. Au cours de cette phase située immédiatement après la période coloniale de la région, nombre de pays accédèrent à l’indépendance politique. À cette époque, l’ensemble de la Région était au cœur d’un mouvement de lutte pour l’auto-détermination, le développement et de nouvelles manières de s’affirmer. Diverses Églises réagirent ensemble et contribuèrent à cette prise de conscience régionale en formant une organisation dénommée Action chrétienne pour le développement aux Caraïbes (CADEC) qui fut le précurseur de la CEC et allait devenir par la suite un des deux principaux départements de la CEC, le second étant l’Agence pour le renouveau des Églises (ARE).

L’Assemblée au cours de laquelle fut instituée la CEC se tint en 1973, à Kingston (Jamaïque). Voici ce que l’on peut lire au préambule de sa constitution :

Nous, chrétiens des Caraïbes, avons reçu un appel commun en Christ ; nous nous engageons donc à nous réunir en une communion régionale d’Églises dans le but de réfléchir, de nous laisser inspirer, de nous consulter au niveau théologique et d’établir une coopération concertée pour surmonter les défis posés par le passé, par nos différences linguistiques, culturelles et d’appartenance sociale et par les distances qui nous séparent. C’est pourquoi nous avons profondément à cœur de promouvoir la paix, le développement intégral de notre peuple et de réclamer la justice sociale et le respect de la dignité de chaque individu. Nous nous engageons à marcher ensemble en Christ et à partager notre expérience pour que s’affermisse le royaume de Dieu dans le monde.

Les trente-trois Églises-membres de la CEC représentent un vaste éventail de peuples et de cultures, disséminées sur de multiples îles et territoires continentaux d’Amérique centrale et du sud appartenant à quatre groupes linguistiques majeurs : hollandais, anglais, français et espagnol. Parmi eux figurent aussi Cayenne (Guyane française), Cuba, la Guadeloupe, Haïti, la Martinique et Porto Rico. Toutes les Églises-membres de la CEC estiment que malgré les divisions héritées de leur long passé colonial, il existe une identité caribéenne authentique et unificatrice dans laquelle les habitants des Caraïbes doivent discerner ce que Dieu désire pour eux et agir en conséquence.

Du point de vue historique, la CEC, qui est l’une des six organisations œcuméniques régionales (OER), est en soi unique car elle a été la première instance mondiale dans laquelle l’Église catholique – officiellement par le biais de sa conférence épiscopale dans la région – a été membre fondateur d’une OER. L’engagement de la Conférence épiscopale des Antilles (CEA) en tant que membre fondateur de la CEC a servi d’exemple pour la rédaction du document préparatoire – lineamenta – du Synode pour les Amériques de l’Église catholique de 1997. Dans la section du document intitulée « Domaines et modes de communion », voici ce qu’on peut lire : « Il existe de plus larges possibilités de dialogue avec les autres confessions, comme nous le montre le travail réalisé par différents évêques des Caraïbes, qui ont contribué à la fondation de l’unique organisme œcuménique présent dans la région » (Section IV, Art. 42).

En quarante-trois ans, les Églises-membres de la CEC ont pris ensemble de nombreuses initiatives dans le domaine de la théologie, de la formation chrétienne, du développement intégral, des questions concernant la jeunesse et les femmes, la vie de famille, les droits humains et les communications. Parmi les réalisations les plus notables de la CEC, signalons en particulier la chaîne de télévision Contact and Caribbeat, le journal mensuel Caribbean Contact et la série pour la formation chrétienne Fashion Me a People (Prépare-moi un peuple).

En 1983, le mandat de la CEC a été reformulé de la manière suivante : « Promotion de l’œcuménisme et du changement social, selon la volonté du Christ et en solidarité avec les pauvres ». À partir de ce moment, la Conférence a développé une approche stratégique et formulé une réponse programmatique globale aux nombreuses questions socio-économiques et aux problèmes sociaux touchant les Caraïbes. Ces maux sont la pauvreté endémique, un fort pourcentage de personnes ayant contracté le virus du VIH/SIDA, le trafic de stupéfiants et la toxicomanie, le déracinement des personnes déplacées pour diverses raisons – entre autres lors de désastres naturels, de violences, pour la recherche d’un emploi ou d’une vie meilleure.

La politique de la CEC mise sur une plus profonde implication ecclésiale avec les Églises-membres, un accompagnement mutuel grâce à leurs divers organismes et institutions, jusqu’au niveau local. Les principales initiatives formant son programme sont les suivantes :

  • initiatives régionales prioritaires (VIH/SIDA, drogue, violence, famille, alimentation, personnes déplacées) ;
  • développement socio-économique durable (réduction de la pauvreté, financement de projets, préparation aux catastrophes naturelles) ;
  • mobilisation et communications (sensibilisation du public, information, dialogue et échange) ;
  • relations internationales (intégration régionale, visites de solidarité) et affaires culturelles.

Travailler sur certaines de ces questions a conduit la CEC à une étroite collaboration avec les principales organisations inter-gouvernementales de la région, en particulier avec la Communauté caribéenne (CARICOM). Au fil des années, elle a aussi coopéré avec divers départements des Nations Unies (NU) et certains gouvernements européens et nord-américains. 

En dehors de ces initiatives, la CEC a également constitué un Forum régional des Conseils nationaux d’Églises (CNE), un espace dans lequel les conseils de la région peuvent travailler davantage en réseau et s’accompagner mutuellement. Ceci en reconnaissance du rôle crucial joué en plusieurs endroits de la région par les CNE, dont certains – par exemple ceux de Cuba et de Jamaïque – ont précédé la naissance de la CEC de plusieurs décennies. Le Forum a organisé sa première rencontre en 2001 sur le thème « Chantez un chant nouveau » et s'est ensuite réuni tous les ans jusqu'en 2008. Comme cela a été le cas pour d’autres organismes, le Forum régional a dû réduire son activité en raison d’une importante diminution de son financement.

Ces derniers temps dans ses conversations avec les Églises-membres, le Secrétariat de la CEC a davantage mis l’accent sur le fondement théologique de l’œcuménisme. Il faut y voir un effort de renforcement du thème fondamental de la koinonia qui, semble-t-il, était passé d’une certaine manière au second plan au profit de la diakonia, mise en valeur de manière parfois excessive. À cet égard, une mesure a été prise non seulement pour permettre le débat sur des questions de « foi et constitution » mais aussi pour créer un espace où des représentants de traditions différentes – théologiens, membres du clergé, etc…– puissent se retrouver dans une atmosphère constructive et de compréhension mutuelle. C’est dans ces objectifs que le Centre régional caribéen pour la rencontre et le dialogue a été institué en décembre 2014. La création de ce centre est le fruit de la collaboration entre la CEC et les moines du Monastère bénédictin de Notre Dame de l’Exil – fondé il y a un siècle environ et habituellement connu sous le nom de « Mont Saint-Benoît » à Trinidad (en raison de sa longue expérience de travail avec des personnes de convictions religieuses différentes, on a estimé que ce monastère était le choix évident pour l’implantation de ce centre).

La CEC s’est aussi impliquée dans les relations avec d’autres formes d’expression et de configuration de l’œcuménisme telles que la Communauté de Taizé et « l’antenne » caribéenne du Forum chrétien mondial (FCM). Ce dernier est particulièrement utile pour entrer en contact et dialoguer avec les chrétiens évangéliques et pentecôtistes. La CEC a entre autres convoqué et organisé le FCM aux Caraïbes.

Parallèlement à la CEC, il existe aux Caraïbes d’autres structures institutionnelles à caractère œcuménique. Citons en particulier pour son excellence le United Theological College of the West Indies (UTCWI) [Institut théologique des Antilles], en Jamaïque. L’UTCWI est un projet auquel collaborent différentes dénominations protestantes. Il est intéressant de remarquer qu’il est situé juste à côté du Roman Catholic Theological College [Institut théologique catholique], l’ancien séminaire catholique. Au cours des années, des relations très amicales et une émulation stimulante se sont instaurées entre les enseignants et les étudiants de ces deux instituts.

À une plus large échelle régionale, il convient de signaler la Caribbean Association Theological Schools (CATS) [Association caribéenne des instituts de théologie]. Cette organisation rassemble dans un esprit de collaboration les deux principaux instituts de théologie des Caraïbes anglophones : l’UTCWI ; le Codrington College (anglican), Barbados ; et les deux instituts catholiques : celui de Saint-Jean Vianney et des martyrs ougandais (Trinidad) et celui de Saint-Michel (Jamaïque).

Quant à la région hispanophone des Caraïbes, elle compte deux instituts théologiques pluriconfessionnels protestants : le Séminaire évangélique de Porto Rico et le Séminaire évangélique de théologie de Matanzas, à Cuba. Ces deux instituts sont le fruit de la collaboration entre diverses confessions protestantes. Le second est actuellement dirigé par le Révérend Dr Carlos Emilio Ham, qui a siégé à la présidence du CEC et a également travaillé au Conseil œcuménique des Églises (COE).

Toute présentation de la situation œcuménique aux Caraïbes serait incomplète si l’on oubliait de mentionner que les Caraïbes ont énormément contribué au mouvement œcuménique au niveau international à travers la personne du Révérend Dr Philip Alfort Potter, célèbre troisième Secrétaire général du COE. Le Dr Potter, de sainte mémoire, était ministre méthodiste et originaire de la Dominique. Pendant toute la période où il a occupé la fonction de Secrétaire général du COE (1972-1984), le Révérend Potter s’est battu contre le régime immoral de l’apartheid en Afrique du Sud. Ce fut aussi durant son mandat que le Pape Jean-Paul II, en réponse à une invitation du COE, accomplit sa visite historique au siège du COE à Genève, en Suisse. Cet événement fut une des étapes les plus importantes dans les relations œcuméniques entre le Vatican et le COE. Actuellement, treize Églises-membres du COE sont présentes aux Caraïbes et comptent 1,4 million de fidèles. D’autres œcuménistes caribéens ont suivi les pas du Révérend Potter et apportent une contribution notable à l’activité œcuménique au niveau international. Parmi eux, le Révérend Neville Callam (Jamaïque), actuel Secrétaire général de l’Alliance baptiste mondiale (ABM), qui pendant de nombreuses années a été un membre hautement apprécié de la Commission Foi et Constitution du COE.

SEMAINE DE PRIÈRE
POUR L’UNITÉ DES CHRÉTIENS

Thèmes 1968-2018

C’est en 1968 que débuta officiellement la collaboration
entre la Commission Foi et Constitution du COE
et le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens
pour la préparation de ces textes.

1968 Pour la louange de sa gloire (Ep 1, 14)

1969 Appelés à la liberté (Ga 5, 13)
(Réunion préparatoire à Rome, en Italie)

1970 Nous sommes les coopérateurs de Dieu (1 Co 3, 9)
(Réunion préparatoire au Monastère de Niederaltaich, en République Fédérale d’Allemagne)

1971 ... et la communion du Saint-Esprit (2 Co 13, 13)
(Réunion préparatoire à Bari, en Italie)

1972 Je vous donne un commandement nouveau (Jn 13, 34)
(Réunion préparatoire à Genève, Suisse)

1973 Seigneur, apprends-nous à prier (Lc 11, 1)
(Réunion préparatoire à l’Abbaye de Montserrat, en Espagne)

1974 Que tous confessent : Jésus Christ est Seigneur (Ph 2, 1-13)
(Réunion préparatoire à Genève, en Suisse)
(En avril 1974, une lettre fut adressée aux églises-membres ainsi qu’à d’autres parties intéressées à la création de groupes locaux pouvant participer à la préparation du livret de la Semaine de Prière. Un groupe australien fut le premier à s’engager concrètement en préparant en 1975 le projet initial de livret pour la Semaine de Prière.)

1975 La volonté du Père : tout réunir sous un seul Chef, le Christ (Ep 1, 3-10)
(Projet de texte élaboré par un groupe australien - Réunion préparatoire à Genève, en Suisse)

1976 Appelés à devenir ce que nous sommes (1 Jn 3, 2)
(Projet de texte élaboré par la Conférence des églises des Caraïbes - Réunion préparatoire à Rome, en Italie)

1977 L'espérance ne déçoit pas (Rm 5, 1-5)
(Projet de texte élaboré au Liban, en pleine guerre civile. Réunion préparatoire à Genève, en Suisse)

1978 Vous n'êtes plus des étrangers (Ep 2, 13-22)
(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique de Manchester, enAngleterre)

1979 Soyez au service les uns des autres pour la gloire de Dieu (1 P 4,7 .11)
Serve one another to the glory of God
(Projet de texte élaboré en Argentine - Réunion préparatoire à Genève, en Suisse)

1980 Que ton Règne vienne (Mt 6, 10)
(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique de Berlin, République Démocratique d’Allemagne - Réunion préparatoire à Milan, en Italie)

1981 Un seul corps (1 Co 12, 3b-13)
(Projet de texte élaboré par les Pères de Graymoor, USA - Réunion préparatoire à Genève, en Suisse)

1982 Que tous trouvent leur demeure en toi, Seigneur (Ps 84)
(Projet de texte élaboré au Kenya - Réunion préparatoire à Milan, en Italie.)

1983 Jésus Christ - Vie du monde (1 Jn 1, 1-4)
(Projet de texte élaboré par un groupe œcuménique d’Irlande - Réunion préparatoire à Céligny [Bossey], en Suisse)

1984 Appelés à l'unité par la Croix de notre Seigneur (1 Co 2, et Col 1, 20)
(Réunion préparatoire à Venise, en Italie)

1985 De la mort à la Vie avec le Christ (Ep 2, 4.7)
(Projet de texte élaboré en Jamaïque - Réunion préparatoire à Grandchamp, en Suisse)

1986 Vous serez mes témoins (Ac 1, 6.8)
(Textes proposés en Yougoslavie [Slovénie] - Réunion préparatoire en Yougoslavie)

1987 Unis dans le Christ, une nouvelle création (2 Co 5, 17-6, 4a)
(Projet de texte élaboré en Angleterre - Réunion préparatoire à Taizé, en France)

1988 L'Amour de Dieu bannit la crainte (1 Jn 4, 18)
(Projet de texte élaboré en Italie - Réunion préparatoire à Pinerolo, en Italie)

1989 Bâtir la communauté : un seul corps en Christ (Rm 12, 5-6a)
(Projet de texte élaboré au Canada - Réunion préparatoire à Whaley Bridge, en Angleterre)

1990 Que tous soient un... afin que le monde croie (Jn 17)
(Projet de texte élaboré en Espagne - Réunion préparatoire à Madrid, en Espagne)

1991 Nations, louez toutes le Seigneur (Ps 117 et Rm 15, 5-13)
(Projet de texte élaboré en Allemagne - Réunion préparatoire à Rotenburg an der Fulda, en République Fédérale d’Allemagne)

1992 Je suis avec vous... allez donc (Mt 28, 16-20)
(Projet de texte élaboré en Belgique - Réunion préparatoire à Bruges, en Belgique)

1993 Porter le fruit de l'Esprit pour l'unité des chrétiens (Ga 5, 22-23)
(Projet de texte élaboré au Zaïre - Réunion préparatoire près de Zurich, en Suisse)

1994 La maison de Dieu : appelés à n'avoir « qu'un cœur et qu’une âme » (Ac 4, 32)
(Projet de texte élaboré en Irlande - Réunion préparatoire à Dublin, en Irlande)

1995 Koinônia : communion en Dieu et entre nous (Jn 15, 1-7)
(Projet de texte élaboré par Foi et Constitution - Réunion préparatoire à Bristol, en Angleterre)

1996 Voici, je me tiens à la porte et je frappe (Ap 3, 14-22)
(Projet de texte élaboré au Portugal - Réunion préparatoire à Lisbonne, au Portugal)

1997 Au nom du Christ... laissez-vous réconcilier avec Dieu (2 Co 5, 20)
(Projet de texte élaboré en Scandinavie - Réunion préparatoire à Stockholm, en Suède)

1998 L’Esprit aussi vient en aide à notre faiblesse (Rm 8, 14-27)
(Projet de texte élaboré en France - Réunion préparatoire à Paris, en France)

1999 Ils seront ses peuples et lui sera le Dieu qui est avec eux (Ap 21, 3)
(Projet de texte élaboré en Malaisie - Réunion préparatoire au Monastère de Bose, en Italie)

2000 Béni soit Dieu... qui nous a bénis en Christ (Ep 1, 3-14)
(Projet de texte élaboré par le Conseil des Eglises du Moyen-Orient - Réunion préparatoire au Sanctuaire de La Verna, en Italie)

2001 Je suis le chemin et la vérité et la vie (Jn 14, 1-6)
(Projet de texte élaboré en Roumanie - Réunion préparatoire à la Casa de Odihna, en Roumanie)

2002 Car chez toi est la fontaine de la vie (Ps 36 [35], 10)
(Projet de texte élaboré par le Conseil des Conférences Épiscopales Européennes (CCEE) et la Conférence des Églises Européennes (CEC) - Réunion préparatoire au Centre œcuménique d’Ottmaring, Augsbourg, en République Fédérale d’Allemagne)

2003 Ce trésor, nous le portons dans des vases d’argile (2 Co 4, 7)
(Projet de texte élaboré en Argentine - Réunion préparatoire au Centre œcuménique ‘Los Rubios’, à Málaga [Espagne])

2004 Je vous donne ma paix (Jn 14, 27)
(Projet de texte élaboré à Alep, en Syrie - Réunion préparatoire à Palerme, en Italie)

2005 Le Christ, unique fondement de l’Eglise (1 Co 3, 1-23)
(Projet de texte élaboré en Slovaquie - Réunion préparatoire à Piestaňy, en Slovaquie)

2006 Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux (Mt 18, 20)
(Projet de texte élaboré en Irlande - Réunion préparatoire à Prosperous, County Kildare, en Irlande)

2007 Il fait entendre les sourds et parler les muets (Mc 7, 37)
(Projet de texte élaboré en Afrique du Sud - Réunion préparatoire au Château de Faverges, Haute-Savoie, en France)

2008 Priez sans cesse (1 Th 5, 17)
(Projet de texte élaboré aux USA - Réunion préparatoire à Graymoor, Garrison, aux USA)

2009 Ils seront unis dans ta main (Ez 37, 17)
(Projet de texte élaboré en Corée - Réunion préparatoire à Marseille, en France)

2010 De tout cela, c’est vous qui êtes les témoins (Lc 24, 48)
(Projet de texte élaboré en Écosse – Réunion préparatoire à Glasgow, en Écosse)

2011 Unis dans l’enseignement des apôtres, la communion fraternelle, la fraction du pain et la prière (cf. Ac 2, 42)
(Projet de texte élaboré à Jérusalem – Réunion préparatoire à Saydnaya, en Syrie)

2012 Tous, nous serons transformés par la Victoire de notre Seigneur Jésus Christ (cf. 1 Co 15, 51-58)
(Projet de texte élaboré en Pologne – Réunion préparatoire à Varsovie, en Pologne)

2013 Que nous demande le Seigneur ? (cf. Mi 6, 6-8)
(Projet de texte élaboré en Inde – Réunion préparatoire à Bangalore, en Inde)

2014 Le Christ est-il divisé ? (cf. 1 Co 1, 1-17)
(Projet de texte élaboré au Canada – Réunion préparatoire à Montréal, au Canada)

2015 Jésus lui dit : « Donne-moi à boire » (Jn 4, 7)
(Projet de texte élaboré au Brésil – Réunion préparatoire à Sãolo Paulo, au Brésil)

2016 Appelés à proclamer les hauts faits du Seigneur (cf. 1 Pierre 2,9)
(Projet de texte élaboré en Lettonie – Réunion préparatoire à Riga, en Lettonie)

2017 Nous réconcilier. L'amour du Christ nous y presse (cf. 2 Co 5, 14-20) (Projet de texte élaboré en Allemagne – Réunion préparatoire à Wittemberg, en Allemagne)

2018 Ta main droite, Seigneur, éclatante de puissance (Ex 15,6)
(Projet de texte élaboré aux Caraïbes – Réunion préparatoire à Nassau, aux Bahamas)

 

QUELQUES DATES IMPORTANTES
DANS L’HISTOIRE DE LA SEMAINE DE PRIÈRE
POUR L’UNITÉ DES CHRÉTIENS

1740 En Écosse, naissance d'un mouvement pentecôtiste avec des liens en Amérique du Nord, dont le message pour le renouveau de la foi appelle à prier pour toutes les Églises et avec elles. 

1820 Le Révérend James Haldane Stewart publie : Conseils pour l'union générale des chrétiens, en vue d'une effusion de l'Esprit (Hints for the outpouring of the Spirit).

1840 Le Révérend Ignatius Spencer, un converti au catholicisme romain, suggère une ‘ Union de prière pour l'unité ’.

1867 La première assemblée des évêques anglicans à Lambeth insiste sur la prière pour l'unité, dans l'introduction à ses résolutions.

1894 Le Pape Léon XIII encourage la pratique de l'Octave de la Prière pour l'unité dans le contexte de la Pentecôte.

1908 Célébration de « l'Octave pour l'unité de l’Église » à l'initiative du Révérend Père Paul Wattson.

1926 Le Mouvement « Foi et Constitution » commence la publication de « Suggestions pour une Octave de prière pour l'unité des chrétiens ».

1935 En France, l'abbé Paul Couturier se fait l'avocat de la « Semaine universelle de prière pour l'unité des chrétiens sur la base d'une prière conçue pour l'unité que veut le Christ, par les moyens qu'Il veut ».

1958 Le Centre « Unité chrétienne » de Lyon (France) commence à préparer le thème pour la Semaine de prière en collaboration avec la Commission « Foi et Constitution » du Conseil œcuménique des Églises.

1964 À Jérusalem, le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras Ier récitent ensemble la prière du Christ « que tous soient un » (Jn 17).

1964 Le Décret sur l’œcuménisme du Concile Vatican II souligne que la prière est l'âme du mouvement œcuménique, et encourage la pratique de la Semaine de Prière.

1966 La Commission « Foi et Constitution » et le Secrétariat pour l'unité des chrétiens (aujourd’hui Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens) de l'Église catholique décident de préparer ensemble le texte pour la Semaine de Prière de chaque année.

1968 Pour la première fois, la Semaine de prière est célébrée sur la base des textes élaborés en collaboration par « Foi et Constitution » et le Secrétariat pour l'unité des chrétiens (aujourd’hui Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens).

1975 Première célébration de la Semaine de prière à partir de textes préparés sur la base d’un projet proposé par un groupe œcuménique local. Ce nouveau mode d’élaboration des textes est inauguré par un groupe œcuménique d’Australie.

1988  Les textes de la Semaine de prière sont utilisés pour la célébration inaugurale de la Fédération chrétienne de Malaisie rassemblant les principaux groupes chrétiens de ce pays.

1994  Le groupe international ayant préparé les textes pour 1996 compte, entre autres, des représentants de la YMCA et de la YWCA.

2004 Accord entre Foi et Constitution (Conseil œcuménique des Églises) et le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens (Église catholique) pour que le livret de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens soit officiellement conjointement publié et présenté sous un même format.

2008 Célébration du centenaire de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens (l’Octave pour l’unité de l’Église, son prédécesseur, fut célébrée pour la première fois en 1908).

 
* Ce texte est publié sous l’entière responsabilité du groupe œcuménique spécialement constitué aux Caraïbes pour la rédaction du projet de textes pour la Semaine de prière pour l’unité 2018.
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