NOTITIAE
LES ACADÉMIES PONTIFICALES
Lorsque, le 25 mars 1993, le Pape Jean-Paul II réformait le Conseil
Pontifical de la Culture, il lui confiait, selon les termes du Motu proprio Inde
a Pontificatus, la mission de coordonner l'activité des Académies
Pontificales. Chargé depuis plusieurs années par le Saint-Père
de promouvoir, avec le concours d'autres organismes de la Curie romaine, une réforme
des Académies dont les statuts déjà anciens demandaient une
révision, le Conseil Pontifical de la Culture a récemment conclu
cette phase de renouveau de l'activité des Académies Pontificales.
Le 8 janvier 1996, le Cardinal Angelo Sodano, Secrétaire d'État de
Sa Sainteté, a signé, au nom du Pape, la lettre d'approbation de
chacun des statuts révisés.
Le Conseil de Coordination entre les Académies Pontificales
Le Conseil de Coordination entre les Académies Pontificales a été
créé par le Pape Jean-Paul II, au cours de l'Audience concédée
au Cardinal Secrétaire d'État, le 6 novembre 1995. Actuellement,
font partie de ce Conseil les Présidents des Académies suivantes:
Académie Romaine de S. Thomas d'Aquin et de Religion Catholique, Académie
Romaine de Théologie, Académie de l'Immaculée, Académie
Mariale Internationale, Insigne Académie des Beaux-Arts et des Lettres
des Virtuoses au Panthéon, Académie Romaine d'Archéologie,
Académie «Cultorum Martyrum». Sous la présidence du
Cardinal Président du Conseil Pontifical de la Culture, ce Conseil se réunit
chaque année pour un rapport général sur l'activité
de chacune des Académies et pour coordonner, dans une perspective
commune, leur activité, étant sauve l'autonomie des programmes
respectifs de recherche, de façon à promouvoir la recherche
interdisciplinaire, et conférer un plus ample rayonnement à leurs
travaux. Ce Conseil favorise une information régulière sur le
travail entrepris par chaque Académie, dans une perspective ouverte à
la libre coopération scientifique, à discuter en réunions
collégiales. Le Conseil de Coordination organise des rencontres
culturelles spécifiques et, une fois par an, organise une Séance
publique réunissant les Académies Pontificales sur un thème
d'actualité et de particulière importance.
Académie Pontificale Romaine de S. Thomas d'Aquin et de Religion
Catholique
Cette Académie, fondée par Léon XIII le 15 Octobre
1879, a pour but spécifique de développer, défendre et
propager la doctrine de S. Thomas d'Aquin, en conformité avec les
recommandations du Concile Vatican II et du Pontife Romain. L'Académie
coopère avec de nombreux autres instituts dans le but de promouvoir la
philosophie chrétienne en marchant sur les traces de S. Thomas. En outre,
elle utilise tous les moyens appropriés, notamment la publication de
livres, pour faire connaître à un large public la philosophie chrétienne.
L'Académie est en relation étroite avec la Congrégation de
l'Éducation Catholique. Elle est composée de 40 Académiciens,
élus par l'Académie, dont la moitié résident à
Rome, et 20 correspondants choisis dans le monde.
Académie Pontificale Romaine de Théologie
Fondée en 1695 par Cosimo de' Girolami et approuvée le 23
avril 1718 par Clément XI, cette Académie se consacre à l'étude
de la théologie catholique et elle déploie son activité en
collaboration avec la Congrégation pour l'Éducation Catholique.
Les 40 Membres Ordinaires sont choisis parmi les théologiens qui
jouissent de la réputation d'experts en sciences sacrées. Au moins
20 Académiciens résident à Rome. Les 20 autres sont choisis
dans les différents pays du monde.
Académie Pontificale de l'Immaculée
Fondée à Rome en 1835 comme cercle de jeunesse consacré
à l'étude et à la piété en l'honneur de
l'Immaculée-Conception par des étudiants du Séminaire
romain et de l'Université Grégorienne, l'Académie, érigée
le 7 juillet 1847, ajoute à l'activité académique et
notamment à la pastorale mariale des jeunes l'initiative d'un «Hommage
Floral» solennel, le 8 décembre au monument de l'Immaculée-Conception,
Place d'Espagne.
Académie Pontificale Mariale Internationale
Cette Académie fut fondée en 1946 par le P. Carlo Balic,
O.F.M., dans le but de promouvoir les études scientifiques, spéculatives
et critico-historiques sur la Sainte Vierge Marie, en favorisant également
la piété mariale. L'Académie est en relation étroite
avec la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Son activité
essentielle consiste dans l'organisation et la célébration des
Congrès Mariologiques et Mariaux, dans la publication de leurs Actes et
dans la direction de collections spécifiques. En outre, l'Académie
est chargée de coordonner les différentes études
entreprises par les Sociétés mariologiques à l'oeuvre dans
le monde. Elle est constituée de membres, hommes et femmes, Ordinaires et
Cooptés. Le nombre des membres Ordinaires est limité à 80,
dont au moins 10 doivent résider à Rome.
Académie Pontificale Insigne des Beaux-Arts et des Lettres des
Virtuoses au Panthéon
Fondée sous le titre de Congrégation de Saint Joseph de
Terre-Sainte, à l'initiative du Cistercien Desiderio d'Adiutorio, l'Académie
fut reconnue par Paul III le 15 octobre 1542. Depuis leur fondation, des
Virtuoses ont compté dans leurs rangs les plus importants artistes qui
ont laissé dans Rome des traces impérissables de leur génie.
A partir du XVIIe siècles, les Virtuoses organisèrent des
expositions de leurs oeuvres, qui recueillirent grand succès. L'Académie
a pour but de favoriser l'étude, l'exercice, le perfectionnement des
Lettres et des Beaux-Arts, avec une attention particulière à la
littérature d'inspiration chrétienne et à l'art sacré
dans toutes ses expressions. Elle entend également promouvoir l'élévation
spirituelle des artistes, en étroite collaboration avec le Conseil
Pontifical de la Culture. Les Virtuoses sont choisis parmi les éminentes
personnalités du monde entier, connues pour leur art, pour leur droiture
intellectuelle et morale. Les Académiciens Ordinaires, au nombre de 50,
sont nommés par le Saint-Père, et se divisent en cinq classes:
Architectes, Peintres et Cinéastes, Experts d'Art et de disciplines en
relation avec les Beaux-Arts et Musiciens, Poètes et Écrivains.
Académie Pontificale Romaine d'Archéologie
L'Académie fondée en 1810 fait référence à
l'Académie des Antiquités Romaines, instituée en
1740 par Benoît XIV et à l'Académie Romaine créée
par Pomponio Leto au XVe siècle. Elle a pour but de promouvoir l'étude
de l'archéologie et de l'histoire de l'art antique et médiéval.
Elle s'occupe en particulier de la mise en valeur des monuments archéologiques
et artistiques qui relèvent du Saint-Siège. Elle déploie
son activité pour le progrès du savoir et le développement
de la culture à travers communications scientifiques, conférences,
publications, concours et tout autre forme de recherche et d'étude.
L'Académie est en relation privilégiée avec le Cardinal
Secrétaire d'État. Elle compte 140 membres dont 20 honoraires, 40
Effectifs et 80 Correspondants.
Académie Pontificale «Cultorum Martyrum»
Fondée sous le nom de Collegium Cultorum Martyrum, le 2 février
1879, par M. Armellini, A. Hytreck, O. Marucchi et E. Stevenson, célèbres
spécialistes de l'Antiquité chrétienne, cette Académie,
en relation avec la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des
Sacrements, a pour but de promouvoir le culte des Saints Martyrs, de développer
et approfondir l'histoire documentée des Témoins de la Foi et des
monuments qui leur sont liés depuis les premiers siècles du
Christianisme. Dans ce but, elle organise des célébrations dans
les antiques cimetières chrétiens et en d'autres lieux sacrés,
elle promeut des cérémonies liturgiques et des conférences
archéologiques. L'Académie patronne, durant le Carême, le déroulement
de la liturgique stationale. Le Magister peut affilier à l'Académie
d'autres centres établis auprès de Sanctuaires de Martyrs.
100 ANS DE CINÉMA: UN DÉFI POUR LA PÉDAGOGIE
La célébration du Centenaire du Cinéma a fourni
l'occasion au Conseil Pontifical pour les Communications Sociales et à la
Cinémathèque Vaticane d'élaborer un dossier pédagogique
disponible en six langues, intitulé: 100 ans de Cinéma.
Formation à une lecture de l'instrument cinématographique.
Ce dossier permettra aux écoles et aux familles de disposer d'éléments
de réflexion et de suggestions pratiques visant à aider les
parents et les éducateurs dans leur mission de sensibiliser les enfants
et les adolescents aux problèmes que pose la présence continuelle
de l'image en mouvement dans la vie quotidienne.
Il s'agit de proposer la formation d'un sens critique, animé par la
passion de la vérité, et orienté vers la défense des
valeurs religieuses, éthiques, culturelles. L'enfant et l'adolescent ont
le droit fondamental de bénéficier des valeurs indispensables à
leur développement intégral, et notamment des valeurs religieuses,
qui expriment la relation de l'homme avec Dieu, qui atteignent leur sommet dans
la foi, l'espérance et la charité pleinement révélées
aux hommes en Jésus-Christ. Si l'enfant a un droit précis à
connaître ces valeurs pour illuminer sa liberté et ses choix
responsables, l'Église a le devoir, non moins précis, de lui faire
connaître ces valeurs à travers les moyens dont elle dispose,
notamment les moyens de communication sociale. Pour cela, elle se doit de
fournir aux parents et aux éducateurs les instruments indispensables à
cette formation.
1. Éléments pédagogiques pour une lecture utile du
contenu cinématographique
Les enfants sont de plus en plus fréquemment en présence de la
télévision, même au tout premier âge. Rapidement il
apprennent à faire fonctionner le récepteur et, si les adultes
n'exercent aucun contrôle, à changer de chaîne et à
arrêter l'image sur ce qui les frappe, qu'elle leur soit ou non adaptée.
Dans de nombreuses familles, les parents désirent vivement passer leurs
soirées en présence de leurs enfants, les faisant ainsi veiller
jusqu'à une heure tardive, tandis que les images défilent sur l'écran,
sans tenir compte de la présence des enfants en bas-âge. La télévision
est devenue un appareil électro-ménager, utile, indépendamment
de ce qu'il diffuse. Ceci explique le fait que les enfants et les adolescents
regardent davantage la télévision que les jeunes. Ces derniers, à
peine ont-ils obtenu une certaine indépendance pour sortir, se rendent
volontiers dans une salle de cinéma. Aux États-Unis, l'âge
moyen des spectateurs est de dix-neuf ans, et de vingt-trois en Italie.
Toutes les chaînes de télévision, publiques ou privées,
privilégient la fiction: en Italie, selon une enquête, chaque jour,
trois mille films sont retransmis par la foule considérable des télévisions
nationales, régionales et locales. Il n'est pas rare de voir les enfants
mis en présence de deux documents audio-visuels dans lesquels un principe
est affirmé et défendu par l'un et contredit et combattu par
l'autre, ce qui ne peut manquer de créer chez eux une certaine confusion.
Il est nécessaire de tenir davantage compte de la quantité de
messages que les plus jeunes enfants reçoivent de l'écran de télévision,
qui détermine chez eux non seulement une lecture erronée du
langage audio-visuel, mais également une série de sensations et de
connaissances confuses et parfois opposées et contradictoires.
Pour aider les parents et des éducateurs à guider les enfants
dans l'usage du film, au cinéma et surtout à la télévision,
la fiche filmographique s'avère indispensable. Cette dernière
contient toutes les informations sur le film: distribution technique et
artistique, résumé, bibliographie des auteurs et des interprètes,
extraits de la critique sur l'oeuvre. Cette fiche est particulièrement
utile à l'enseignant qui prévoit de faire visionner un film à
ses élèves.
D'autres types de fiches d'approfondissement sont profitables. Ce sont les
fiches cognitives psychologiques, sociologiques, à caractère général.
En fournissant au jeune spectateur des éléments critiques de décodage
à appliquer aux documents cinématographiques, les éducateurs
lui permettent de ne pas en subir passivement le message. Il est opportun
d'introduire ces fiches, pour que les enfants, les adolescents et les jeunes
apprennent à vivre et non point à absorber passivement
leurs connaissances à travers les moyens de communication sociale qui
utilisent le langage captivant de l'image en mouvement, de la parole et de la
musique, reproduites d'une façon très proche de la réalité,
mais qui n'est pas la réalité.
2. Une façon de raconter
Lorsque Jésus proclame la Bonne Nouvelle, il utilise des images de la
vie quotidienne et, pour transmettre son message, il utilise des techniques et
des formes narratives qui rendent le récit agréable à ses
auditeurs. Le cinéma est lui aussi un moyen par lequel l'homme moderne
peut se rapprocher de traditions lointaines, impossibles à atteindre. Le
message évangélique lui-même lui est parvenu avec une
transparence particulière. Toutefois, le cinéma peut aussi véhiculer
des messages négatifs: une préparation s'avère donc nécessaire
pour pouvoir célébrer et exploiter les véritables valeurs,
séparant le bon grain de l'ivraie.
Il est normal qu'un groupe d'enfants, et surtout d'adolescents, puisse ne
pas accepter certaines valeurs lorsque celles-ci se présentent sous une
forme abstraite. Toutefois, ces valeurs sont souvent appréciées
par un groupe de jeunes si elles sont présentées dans le cadre de
témoignages, de faits réels, d'histoires vécues, etc... Les
jeunes sont les premiers à se surprendre en train de défendre une
valeur aussi peu moderne que l'abnégation lorsqu'ils la rencontrent chez
un personnage qu'ils admirent, dans une histoire avec laquelle ils peuvent
s'identifier ou une circonstance qu'ils connaissent.
Capter le message transmis par un film bien conçu, reconnaître
les valeurs qu'il contient, constitue un pas décisif dans l'affirmation
de valeurs déterminées. Plus nous donnons aux enfants de
possibilités d'exprimer et d'écouter ce qu'ils ressentent devant
un film ou dans les rapports avec la vie moderne, plus nous leur donnons de
possibilités d'émettre un jugement propre, de codifier les
messages, de comparer les modèles et de chercher ensemble de nouvelles
significations. Enfin, nous leur donnons l'occasion de croître dans une
liberté d'expression et d'affirmation des valeurs humaines et chrétiennes.
Il s'agit de découvrir les valeurs qui ressortent d'un récit,
en les comparant aux valeurs évangéliques, mais aussi d'identifier
l'impact d'un film et d'observer quels sont les recours du langage cinématographique
qui provoquent cet impact sur l'enfant, le jeune, sur son groupe, pour
promouvoir la création d'histoires par ces jeunes, dans lesquelles il
soit possible d'analyser les valeurs que le groupe considère comme
prioritaires.
Aux enfants et aux jeunes nous proposons de comprendre pourquoi nous aimons
les histoires portées à l'écran, de raconter nos histoires
en utilisant des techniques récréatives, de découvrir le
message contenu dans ces documents cinématographiques. Car les images et
les sons provoquent des images et des sentiments, parfois en concurrence avec
les effets et les fonctions des groupes de référence: famille, école,
paroisse, etc... Devant la division cinématographique simpliste du monde
entre bons et méchants, il est nécessaire d'éveiller les
jeunes et de mettre en question une telle présentation en la confrontant
avec la vie réelle et avec la proposition chrétienne.
3. Véhicule de culture et de valeurs
Selon les âges des enfants, les parents et les éducateurs sont
invités à prendre conscience des besoins et des aspirations des
jeunes, pour leur ouvrir, à travers le cinéma, des perspectives
insoupçonnées de culture et de valeurs, à condition d'aider
les enfants à revenir sans cesse à la réalité vécue,
notamment dans le contexte d'une famille chrétienne. En effet, l'enfant
est modelé par ce qu'il voit et entend, qu'il assimile sans faire
intervenir la raison. Parce qu'il a beaucoup d'intuition, il lit les images plus
facilement que les adultes, mais il en saisit difficilement le message s'il
n'est pas éduqué à aller au-delà de l'image, parce
que la lecture du message est un processus de synthèse et de vie intérieure.
Pour cette raison, les parents et les éducateurs des enfants sont invités
à un approfondissement de leur responsabilité propre, car la période
antérieure à la dixième année des enfants est celle
de la formation du sens moral, de la liberté chrétienne.
Ces propositions éducatives ont également pour objet de faire
prendre conscience aux pré-adolescents que l'image parle et transmet des
messages, et que par elle l'homme affirme ou nie des valeurs. Peu à peu,
le jeune est conduit à cette découverte essentielle: dans la vie
quotidienne, l'image exerce une grande influence sur sa propre échelle
des valeurs et, par conséquent, sur la formation de sa personnalité
humaine et chrétienne.
4. Le cinéma et l'expression de la transcendance
Depuis ses origines, le cinéma s'est efforcé de traiter des thèmes
sérieux sur le plan culturel, parmi lesquels les récits tirés
des pages de la Bible et principalement la Passion de Jésus, qui fut l'un
des premiers sujets à être portés à l'écran,
dans la lignée des représentations sacrées du Moyen Âge,
et dont la tradition a été conservée en certains lieux
jusqu'à nos jours. Les premières Passions constituent un
chapitre important de l'histoire du début du cinéma. Un spécialiste
en a recensé plus de cinquante réalisées avant 1915.
Toutefois, de tels arguments, confiés aux ressources de l'industrie
cinématographique qui n'a jamais cessé de les reproposer depuis,
en faisant recours à des moyens spectaculaires toujours plus grandioses,
ne peuvent donner entièrement satisfaction. Grandeur du spectacle -
souvent de caractère oléographique - et approfondissement ne vont
pas toujours de pair, spécialement lorsque sont mises en scène des
figures bibliques de forte densité. Pour éviter ce piège,
plusieurs auteurs ont choisi d'aborder le thème religieux à
travers des personnages imaginaires, tirés d'oeuvres littéraires.
Dieu est mort de John Ford en 1947, Le journal d'un curé de
campagne de Robert Bresson en 1950, La loi du silence d'Alfred
Hitchcock en 1953, marquent un tournant dans le XXe siècle, et montrent
combien la transcendance trouve une voie d'expression dans le cinéma. A
travers des images et des sons qui frappent le regard et l'ouïe, le cinéma,
lorsqu'il est en état de grâce, réussit à rendre
perceptible ce qui ne peut être ni vu, ni entendu.
Les grands noms du cinéma occidental contemporain, qui mériteraient
à eux seuls de longs développements, peuvent, en quelque sorte,
rejoindre ceux des grands écrivains et des artistes du passé. Ce
sont les ambassadeurs crédibles d'une culture humaniste, d'une vision du
monde empreinte de valeurs humaines et chrétiennes. Et même tant de
films provenant d'autres milieux culturels, comme par exemple ceux qui puisent
aux ressources spirituelles des antiques civilisations orientales, se réfèrent,
d'une certaine manière à un ordre de valeurs que les Pères
de l'Église auraient définies comme naturellement chrétiennes.
ORGANISATION DES NATIONS UNIES
Décennie internationale des populations autochtones
La coopération internationale entreprise par l'Organisation des
Nations Unies en faveur des populations autochtones connaît un certain
nombre de difficultés que, seule, une détermination persévérante
est susceptible de sauver. Les rapports avec les gouvernements nationaux
traversent des zones de fortes perturbations: un des sujets de préoccupation
de certains gouvernements réside dans l'importance accordée aux
contacts directs établis entre les populations autochtones et les
organismes des Nations Unies. Un telle approche risquerait de compromettre le rôle
de coordination des gouvernements dans le développement national et de
fausser la coopération internationale pour le développement.
Le thème de la décennie, Partenariat dans l'action,
devrait favoriser la compréhension entre les populations autochtones et
les sociétés nationales dont elles font partie. L'un des grands
objectifs de la décennie est l'éducation des communautés
autochtones et des autres groupes de la société, en ce qui
concerne la situation, les cultures, les droits et les aspirations des
populations autochtones. La décennie vise surtout à défendre
et protéger leur identité culturelle, tout en participant à
la vie nationale, économique et sociale, dans le respect absolu de leurs
valeurs culturelles, de leurs langues, de leurs traditions et de leurs modes
d'organisation sociale.
CONSEIL DE L'EUROPE
Protection des minorités nationales
Le Comité d'Experts pour la Protection des Minorités
Nationales est en train d'examiner les divers articles d'un protocole
additionnel à la Convention européenne des Droits de l'Homme
concernant les droits individuels dans le domaine culturel, notamment pour des
personnes appartenant à des minorités. Il s'agit de l'identité
culturelle, du droit d'exercer des activités culturelles, d'appartenir à
une communauté culturelle, de recevoir un enseignement de qualité,
de créer des institutions en relation avec l'identité culturelle
minoritaire. Le droit au nom, le droit d'apprendre et d'utiliser la langue de
son choix sont loin de réunir l'unanimité des Délégations
siégeant au Comité, car certaines législations, voire
certaines Constitutions nationales interdisent l'usage d'une langue autre que la
langue officielle dans l'administration et l'enseignement.
Il convient de souligner des divergences d'importance, notamment sur le droit
à l'identité culturelle dont l'indétermination
juridique est source de malentendus. La signification de l'identité
culturelle peut être très vaste lorsque la culture, définie
par rapport à la nature, englobe l'ensemble des activités sociales
de l'homme. N'a-t-on pas vu en 1993, à Vienne, un certain nombre de pays
asiatiques contester l'universalité des droits de l'homme au nom de la spécificité
culturelle de l'Asie par rapport à la culture occidentale? L'expression
des droits de l'homme se limitait alors à une manifestation culturelle
parmi tant d'autres. De son côté, le Comité des Ministres du
Conseil de l'Europe professe une notion de culture très restrictive, ce
qui conduit à appauvrir considérablement les possibilités
d'intervention en faveur des minorités nationales.
Ces travaux et surtout leur issue auront une importance considérable
dans l'ensemble de l'Europe. En effet, la notion d'identité culturelle,
précisée ou non par les experts du Conseil de l'Europe, deviendra
une référence pour la Cour Européenne de Justice, compétente
pour juger des infractions commises par les États membres de la
Convention européenne des Droits de l'Homme. Si le Comité
d'experts renonce à introduire la notion de droit à l'identité
culturelle dans le protocole complétant la Convention, il laisse la
Cour Européenne libre d'étendre au domaine culturel la
jurisprudence des droits figurant dans la Convention européenne des
Droits de l'Homme.
Un autre point de divergence concerne l'applicabilité de droits
universels à des minorités. Pour les uns, il faut affirmer
l'universalité des droits, quitte à ignorer la diversité
culturelle des minorités, pour les autres il faut reconnaître la
diversité culturelle des minorités, quitte à perdre de vue
l'universalité des droits, par exemple en introduisant des restrictions
de citoyenneté, de territoire et de durée d'implantation. La
difficulté d'harmoniser une égalité en droit et une
disparité de fait pose la question d'une discrimination positive du
droit en faveur des minorités, afin que l'inégalité en
droit se traduise par une égalité de fait.
En n'affirmant pas l'identité culturelle comme un droit individuel,
fondamental et universel, le Comité des experts aboutit à un résultat
peu substantiel: le droit de parler sa propre langue est reconnu mais pas le
droit d'enseigner dans sa langue. Le droit de créer des institutions
culturelles est reconnu, mais pas le droit de mener des activités
culturelles. Les États sont réticents à s'engager sur des
droits justiciables dont l'interprétation, à la fois extensive et évolutive,
par la Cour européenne des Droits de l'Homme risque de leur réserver
des surprises. Le caractère vague de certains concepts juridiques comme
identité culturelle et activité culturelle, est
une raison de plus de la réserve générale, lorsqu'on sait
que la Cour européenne des Droits de l'Homme intervient de façon
subsidiaire par rapport aux systèmes nationaux de juridiction. Enfin, de
nombreux États sont réticents à accorder des droits
culturels juridiquement reconnus, qui renforceraient l'expression de leurs
minorités. La seule voie ouverte pour obtenir le respect de l'identité
culturelle consiste à faire appel au principe presque unanimement professé
de la tolérance dans une société pluraliste.
Violence et moyens de communication
Le Comité Directeur sur les Moyens de Communication de Masse
fait état d'un accroissement important de la représentation de la
violence dans les moyens de communication sociale en Europe. Cet accroissement
s'est accompagné de préoccupa tions face à la banalisation
de la représentation de la violence. Le risque n'est pas illusoire de créer
une sorte d'insensibilisation à la souffrance humaine. Certes, au moins
en théorie, tous les intéressés dénoncent une
regrettable normalisation de la violence et beaucoup en sont préoccupés.
Concrètement, les experts les plus qualifiés expriment leur
scepticisme sur la possibilité de convenir de stratégies visant à
établir des normes européennes communes concernant la notion de
violence ou pour identifier le seuil de violence tolérable à la télévision.
En effet, la diversité culturelle européenne empêche de
trouver un consensus, au-delà bien sûr de la dignité
humaine. Une observation mérite d'être signalée: les chaînes
de télévision par satellites sont plus prédisposées à
dépeindre la violence que les chaînes terrestres. Cela suggère
d'adopter une approche paneuropéenne.
Pour obtenir quelques chances de succès, ces experts estiment qu'il
faudrait se limiter à rappeler les grands principes pertinents en la matière,
et promouvoir une étude approfondie des circonstances justifiant un
recours aux facultés d'ingérence dans la liberté
d'expression prévues par le paragraphe 2 de l'article 10 de la Convention
européenne des Droits de l'Homme.
Ici encore revient l'exigence d'une éducation aux moyens de
communication sociale pour faire contrepoids à la passivité des
personnes face à la représentation de la violence à la télévision
ou au cinéma, ou dans les jeux électroniques. En tout état
de cause, il n'est pas question d'imposer au niveau européen un modèle
uniforme d'autorégulation ou de contrôle par une instance indépendante.
Il s'agirait plutôt de fournir un éventail de mesures et de méthodes
qui ont fait leurs preuves dans certains pays et qui pourraient fournir des
points de référence à d'autres pays.
Une constatation ne laisse pas de surprendre: certains experts considèrent
qu'il faudrait davantage mettre en lumière le lien entre la représentation
de la violence à la télévision et les difficultés
financières des chaînes pour remplir leurs grilles de programmes.
De nombreux radiodiffuseurs, notamment commerciaux, ne disposent pas de moyens
financiers suffisants pour produire ou acheter des programmes de qualité
et se tournent souvent vers l'achat d'émissions et de séries bon
marché, qui contiennent souvent des éléments de violence et
de mauvais goût. On peut se poser la question: la diffusion d'images de
violence est-elle seulement la conséquence du bas prix de ces
productions, ou bien est-elle ciblée en fonction des préférences
de certaines strates de spectateurs?
PARLEMENT EUROPÉEN
Programme d'action communautaire et patrimoine culturel: Raphaël
«Il faut une âme à l'Europe, la conscience de ses
affinités historiques et de ses responsabilités présentes
et futures, une volonté politique au service d'un même idéal».
Ce sont ces paroles de Robert Schuman que les Députés européens
ont découvertes en tête du dossier consacré au nouveau
programme de coopération communautaire appelé «Raphaël».
En effet, la culture européenne représente un atout majeur, l'âme
mentionnée par Robert Schuman, indispensable à la création
d'une véritable union des peuples européens.
L'orientation de l'Union Européenne en matière de coopération
culturelle se concrétise désormais dans quatre secteurs privilégiés:
ARIANE comme soutien de la traduction littéraire, KALÉIDOSCOPE
2000 qui appuie les activités artistiques et culturelles de dimension
européenne, MEDIA II qui concerne le secteur audiovisuel, et RAPHAËL
le patrimoine culturel européen.
Se fondant sur l'article 128 du Traité sur l'Union européenne,
la Commission a décidé d'organiser un programme destiné
exclusivement au secteur du patrimoine culturel. Le programme vise à
soutenir, avec des moyens financiers qui devraient s'élever à 67
millions d'écus entre 1996 et 2000, environ 300 projets dans toutes les
disciplines du patrimoine, de caractère novateur, sur la base d'une réelle
coopération européenne. En vue d'atteindre ces objectifs, la
Commission propose les actions suivantes: valorisation et rayonnement du
patrimoine culturel, réseaux et partenariat, accès au patrimoine,
innovation, perfectionnement et mobilité des professionnels, coopération
avec les pays tiers et les organisations internationales.
Le patrimoine culturel européen se distingue du patrimoine
d'intérêt et de rayonnement strictement national, régional
ou local. Ce patrimoine européen doit être le signe visible et
l'expression d'une culture proprement européenne et de son identité.
L'Acropole d'Athènes, le Forum romain, les grandes cathédrales
gothiques, les églises baroques, l'architecture du fer ou la peinture
impressionniste sont des expressions d'une partie de l'identité commune,
de la mémoire collective des européens.
Le patrimoine culturel européen est souvent menacé par
l'ignorance, l'abandon, la dégradation de l'environnement. «Raphaël»
pourrait utilement faire procéder à des recherches sur les causes,
les mesures préventives et les traitements de la dégradation que
provoque la pollution de l'environnement.
Tout le monde est convaincu de la nécessité de protéger
le patrimoine culturel, mais l'accès à l'art et à la
culture est aussi important que leur protection. Il faudra s'attacher à
favoriser l'accès au programme «Raphaël» et à
d'autres programmes culturels pour tous les citoyens européens, et
notamment pour les jeunes qu'il convient de sensibiliser depuis l'enfance aux
problèmes du patrimoine, notamment sa protection et son intégrité.
Pour ce faire, la Commission envisage de procéder à:
l'élaboration d'un inventaire du patrimoine immobilier européen;
l'établissement d'une liste des biens culturels volés
ou détériorés en vue de rendre plus aisée leur récupération
ou leur restauration;
la publication d'un guide comparatif des législations et règles
applicables dans les États membres en matière de patrimoine
immobilier et mobilier;
l'analyse des répercussions de la fiscalité sur le
patrimoine culturel;
l'étude de l'impact des multimédias et des nouvelles
technologies dans le patrimoine culturel;
l'analyse des conséquences du tourisme et de la pollution pour
le patrimoine;
la sensibilisation de tous les secteurs concernés par le
patrimoine notamment au niveau local;
l'encouragement à la mobilité des professionnels, à
l'échange des expériences et à l'information.
Dans cette perspective, la Commission envisage la possibilité de créer
un Centre européen pour le patrimoine. La question de la formation des
professionnels à la gestion du patrimoine et aux métiers de la
conservation de ces biens, est une question ouverte, qui n'est définie
avec précision par aucun des États membres.
Depuis 1987, la Commission a prôné le développement du
dialogue culturel entre la Communauté et l'ensemble du monde. Le Conseil
Culture, dans sa résolution du 4 avril 1995, a réitéré
son intérêt pour la participation des pays d'Europe Centrale et
Orientale aux programmes communautaires destinés au secteur culturel. La
Commission a même décidé d'ouvrir le programme «Raphaël»
aux pays tiers européens, aux pays d'Amérique Latine, et aux pays
qui ont signé des accords d'association/coopération contenant une
clause culturelle. «Des efforts particuliers doivent être faits à
l'égard des pays d'Europe Centrale et Orientale, marqués par
l'instabilité politique et la difficile transition économique et
dont le très riche patrimoine culturel est menacé par le délabrement,
la démolition, la guerre (Ancienne Yougoslavie), l'indifférence et
le vol systématique».
Le programme «Raphaël» répond très directement à
l'un des objectifs du Traité sur l'Union Européenne en privilégiant
le patrimoine culturel européen. Le développement régional,
l'aménagement du territoire, l'environnement sont eux aussi impliqués,
parfois très directement par les actions en faveur du patrimoine culturel
qui peuvent donc avoir un effet stimulant sur ces politiques. L'impact sur l'évolution
du tourisme est évident: il prend toute son importance du fait qu'il
s'agit désormais d'un secteur d'activité particulièrement
important d'un point de vue commercial.
Cf. Parlement européen, Documents de séance, 28
septembre 1995, A4-0225/95.
ITINÉRAIRES CULTURELS EUROPÉENS: ROUTES MARIALES
Le Centro Nacional de Cultura de Lisbonne au Portugal, qui a donné
naissance au Réseau européen des villes des grandes découvertes,
se lance dans un programme de reconnaissance, de réhabilitation et de
valorisation des chemins traditionnels de pèlerinages aux sanctuaires
mariaux européens, Fátima, Lourdes et Czestochowa. Ce programme a
pour but de définir les routes en territoire européen, préférentiellement
piétonnières, qui puissent être parcourues en toute sécurité
par les pèlerins se rendant aux sanctuaires mariaux, tout en respectant,
autant que possible, les trajets traditionnels. L'Objectif principal est de créer
un réseau de trajets culturels et de plaisance à travers l'Europe.
Les Routes Mariales: les trois pôles du programme sont les grands
centres de culte marial, existant en Europe, Fátima au Portugal, Lourdes
en France, Czestochowa en Pologne.
La première partie de l'opération se prolongera sur quinze
mois, et comprend trois volets: 1. La création d'une Banque de
Données Multimédia sur les itinéraires culturels, le
patrimoine et l'environnement liés aux routes mariales; 2. L'étude
et la définition des trajets-pilotes en France et au Portugal; 3.
la préparation pour la publication des guides du Pèlerin.
La durée totale du programme incluant ses développements en
France et en Pologne sera de cinq ans. Ses objectifs s'étendent à
des actions liées au tourisme culturel et à la protection de
l'environnement et des ressources naturelles. Il s'agit également de créer
un réseau de documentation et d'information sur le tourisme culturel et
l'environnement, et de protéger le patrimoine. Le pèlerinage est
encore aujourd'hui un moyen privilégié pour l'établissement
de contacts entre les personnes et avec l'environnement, la circulation et la
transmission des modes de vie et de cultures différentes. Ce programme
encourage aussi une collaboration étroite entre des secteurs ou des
organismes publics ou privés, des institutions locales, régionales,
nationales et internationales aux implications culturelles, sociales,
touristiques et religieuses. Source: Centro Nacional de Cultura, rua António
Maria Cardoso, 68, P-1200 LISBOA
ART RELIGIEUX À MARSEILLE: UNE EXPOSITION INÉDITE
Fruit d'une coopération exemplaire entre l'Association Foi et
Culture présidée par le Père Ellul et la Maison de
l'Artisanat présidée par le Sénateur Rocca Serra, une
exposition inédite d'Art sacré, activement soutenue par Mgr
Bernard Panafieu, Archevêque de Marseille, offre à de nombreux
visiteurs le magnifique patrimoine des églises de Provence. Pour la première
fois, quelques 800 objets liturgiques venus des églises paroissiales et
des instituts religieux de la région, ciboires, calices, ostensoirs d'or
et d'argent, finement ciselés ou ornés d'émaux et de
pierres, révèlent ici leur double dimension d'objets cultuels et
d'oeuvres d'art. Du Moyen Âge au XXe siècle, l'exposition propose
d'admirer un véritable trésor, du reliquaire abritant le cilice de
sainte Claire, conservé par les Clarisses de Marseille depuis 1254,
jusqu'aux éclatants vitraux de maîtres-verriers contemporains, en
passant par l'orfèvrerie des XVIIe et XVIIIe siècles, les
ornements pontificaux de saint Eugène de Mazenod et les statues en bois
d'olivier sculptées par le regretté Cardinal Coffy.
Croyant, agnostique, esthète, simple curieux, on est touché
par la rencontre entre la foi et le génie artistique. Un fait objectif
s'impose: la Bonne Nouvelle du Christ reçue, assimilée et professée
depuis 2000 ans par un peuple dont les saints sont les saints de l'Évangile
- Marthe, Marie-Madeleine, Marie Salomé, Lazare - est une source inépuisable
d'inspiration artistique. Une telle exposition montre combien la culture des
hommes se surpasse et l'homme donne le meilleur de lui-même lorsque le génie
artistique est inspiré par la foi et fécondé par la grâce
du Christ.
COMPOSTELLE: DE LA LÉGENDE À LA RÉALITÉ
Le Tombeau de l'Apôtre saint Jacques à Compostelle: légende
pieuse et édifiante, ou tromperie, imbroglio dans lequel seraient
tombés les millions de pèlerins qui ont traversé l'Europe
au péril de leur vie pour vénérer l'Apôtre? Depuis déjà
des dizaines d'années, la critique l'expliquait: tout est faux dans cette
histoire. Le corps de saint Jacques n'a jamais été transporté
à Compostelle après sa décapitation à Jérusalem.
Aucune preuve ne permet d'attester que saint Jacques et ses deux disciples -
suivant une antique tradition ils s'appelaient Athanase et Théodore -
soient ensevelis dans la crypte de la basilique de Compostelle. Il faut bien le
reconnaître: depuis 800 ans, le mausolée d'époque romaine
avait été enseveli dans le sous-sol de la basilique et personne ne
pouvait y accéder. Il fallut attendre 1879 pour que des fouilles
permettent d'atteindre les restes d'une chambre funéraire. Léon
XIII, en 1884, annonça solennellement la découverte du corps de
saint Jacques. Qu'à cela ne tienne, la critique plaignit le pape de s'être
laissé tromper: la dépouille vénérée à
Compostelle serait - ironie du sort - celle d'un hérétique du IV
siècle, Priscillien, qui introduisit l'hérésie gnostique en
Espagne, fut condamné et décapité en 386.
Une récente découverte archéologique, jusqu'ici peu
connue, semble remettre en jeu les affirmations de la critique. Le 13 septembre
1988, le Professeur Isidoro Millán, correspondant de l'Académie
Royale d'Histoire, et Professeur d'Historiographie à l'Institut
Compostellan d'Études Théologiques, obtint de visiter les sépulcres
pour les mesurer en vue de la réalisation d'une maquette. Sur le mur qui
ferme l'une des tombes secondaires, Millán note un trou circulaire qu'il
identifie aussitôt et avec émotion comme une typique fenestella
confessionis, une ouverture qui était aménagée, au
cours des premiers siècles du christianisme, dans le mur de la tombe des
martyrs. La découverte était essentielle: les fenestellae
sont les plus anciens témoignages archéologiques que nous possédions
du culte des martyrs. Elles étaient pratiquées pour donner accès
au sépulcre ou aux restes de celui qui avait donné sa vie pour le
Christ. Cette fenestella fut construite en même temps que le mur
et non ouverte par la suite. D'autre part, la pierre au dessus de la fenestella
est imprégnée du gras des chandelles brûlées devant
l'ouverture. La découverte de la fenestella confessionis confirme
les données archéologiques indiscutables réunies au cours
des fouilles réalisées autour de 1950: la nécropole des
IIIe-Ve siècles découverte alors dans le sous-sol de la basilique
a été identifiée comme un cimetière chrétien.
Le 22 septembre 1988, le Professeur Millán retourna dans la nécropole
avec un photographe et, le 4 octobre suivant, lors de la projection des
diapositives, il put lire sur une grosse pierre située dans le tombeau à
fenestella, les caractères grecs du nom ATHANASE, le nom
de l'un des disciples de saint Jacques, transmis par une tradition millénaire
jusqu'à nous. Sous le nom d'Athanase, Millán reconnaît la
parole grecque MARTYR.
Ces inscriptions chrétiennes en grec sont particulièrement intéressantes,
car la Galice en est privée. Lorsque la tombe de l'Apôtre fut découverte
au IXe siècle, personne n'a pu avoir l'idée d'écrire en
grec le nom d'Athanase: tout le monde pensait alors que les disciples des Apôtres
et les Apôtres eux-mêmes parlaient latin. Par ailleurs, en 1003,
durant la restauration de la basilique, les accès latéraux au
mausolée furent obstrués et comblés de terre, et ils demeurèrent
fermés plus de huit siècles.
Cette découverte demande encore de nombreuses vérifications.
Il faut l'admettre: l'affirmation «scientifique» selon
laquelle la venue de saint Jacques en Espagne ne serait qu'une pieuse légende
ne repose pas sur des témoignages archéologiques.
THE CENTRE FOR FAITH AND CULTURE (Westminster College, OXFORD
OX2 9AT; tel. 01865 247 644 extn. 3222; fax 01865 251 847)
The Centre was founded in 1994 as a partnership between Westminster College
(itself a Methodist foundation dating from 1851) and publishers T & T Clark
of Edinburgh. Its aim is to promote greater understanding and a development of
Catholic theology, in the light of the Second Vatican Council, and particularly
in relation to contemporary cultural, social and ethical issues. Research,
lectures, seminars and conferences at Westminster College are complemented by
the publication of books and journals with T & T Clark.
The Centre for Faith and Culture published its first newsletter in
Advent 1995 and the next one should appear in time for Easter. It includes
coverage of conferences, debates, books, lectures and various other current and
planned projects.
The Centre's first Annual Conference (5-7 September 1995) was devoted to the
theme of "Catholicism and History", in honour of Christopher
Dawson, who died 25 years ago. An edited version of the proceedings will be
published in 1996, reflecting a very rich selection of themes: some speakers
offered reflections on the past, some addressed the question of a "Catholic"
vision of history, and there was a discussion of the historical vision developed
in Pope John Paul II's Tertio Millennio Adveniente. The second Annual
Conference (24-30 June 1996) is intended to explore principles in Roman Catholic
theology for any future liturgical reform. The conference title is: Beyond
the Prosaic. Liturgy and Culture.
Other activities involving the Centre are recorded: late in 1994, in
reaction to attempts to give theological and doctrinal backing to an endorsement
of an American model of economic recovery offered to central and eastern
European nations, several Catholic editors - including Stratford Caldecott,
director of the Centre - signed a joint statement entitled A Civilization of
Love: The Pope's Call to the West. At the end of May, 1995, the
(Catholic) Centre for Religious Studies in Lithuania organized a conference at
Vilnius University on "Catholicism, Liberalism, New Age: Directions for
Eastern Europe". In June the Centre organized a study day on Saint
Philip Neri - some of the papers were published in the "faith and culture"
section of Catholic World Report. Talks given by Stratford Caldecott on
modern atheism in Spring 1995 were published later in Faith
magazine. A similar address at the inaugural symposium of the Centre for
Critical Studies is due to be published quite soon. The end of August saw
Stratford Caldecott and 12 other delegates of the Centre heading for a
pan-European cultural gathering in Novgorod and St. Petersburg: the theme was "Creation",
but time was given to liturgical and cultural "excursions", too. After
the September Conference November was a very busy month: the Education
Forum and the Trinity and Society Forum both had inaugural meetings on the same
day - the first concentrating on Catholic philosophy of education, the second on
social issues, with a particular focus on the approaches of Chesterton and
Schumacher. A week later, there was a Catholic-Orthodox debate on the filioque,
and on the recent statement on that subject from the Pontifical Council for
Promoting Christian Unity. Finally, in December, Prof. David Schindler
gave the first Hans Urs von Balthasar lecture, on "Interpreting the
Second Vatican Council". This is the first of a series of annual lectures
concerned with Catholic thought as it develops for the beginning of the third
Christian millennium.
The other main topic in the newsletter is a descriptive listing of books
from T & T Clark. Those mentioned this time are: Paul McPartlan, Sacrament
of Salvation: an Introduction to Eucharistic Ecclesiology; Francis Martin,
The Feminist Question: Feminist Theology in the Light of Christian
Tradition; Servais Pinckaers o.p., The Sources of Christian Ethics;
Francesca Murphy, Christ the Form of Beauty.
Avery Dulles, S.J.: "SEVEN ESSENTIALS OF EVANGELIZATION"
This is a talk given at a convocation on evangelization in Washington on 12
November 1995, the day before the fall bishops' meeting. His text arose from the
question he had asked himself: what is new in the new evangelization?
Dulles refers to a conference held at Brescia in September 1995 on Pope Paul
VI's Evangelii nuntiandi. Cardinal Paul Poupard presided and there were
some very good speakers. Dulles' task was to deal with how Evangelii
nuntiandi had been received in Europe and North America: he was pleased to
point to continuity between Evangelii nuntiandi (EN) and 2 U.S. bishops'
initiatives:To the ends of the earth (1986) on world mission; and Go
and Make Disciples (1992), a plan for evangelization in the U.S.A.
Dulles pays tribute to Paul VI, who set the course of the Church for the
rest of this century with EN. The exhortation seems successfully to have
transcended some enormous antinomies present at the end of the synod on
evangelization: anthropocentrism vs. theocentrism, liberation vs. salvation,
dialogue vs. proclamation, Christology vs. pneumatology, universalism vs. local
autonomy. Evangelization is God's work, an expression of love for his
creation, and the principal agent is the Holy Spirit. The Church is "the
sign and instrument of the new presence of Christ"(397). EN was
Paul VI's forward impulse, which aimed to allow the Church, guided by the
Spirit, to enter a new period of evangelization. Each time Dulles has reflected
on the term "new evangelization", he has been "more deeply
impressed by the fact that all the essentials were already mentioned by Paul VI
in 1975"(397). He lists 7.
1. Evangelization is an inclusive concept. Paul VI
understood it not only as missionary proclamation, but also as catechesis,
pastoral care and sacramental life. Thus the concept applies not only to younger
churches, growing healthily, but also to a de-Christianized Europe and Western
world. The Church's own need for evange-lization is clear in EN 15, and
the theme is very much part of Redemptoris missio.
2. Participation by all. "Today it is necessary to
emphasize that the whole Church is in a state of mission and that every believer
is required to take an active part"(398). Faith is stronger when shared -
Redemptoris missio 2. All have distinct roles. Laity: politics,
economics and culture - EN 70.
3. Religious freedom. The Church proposes the truth
of the Gospel. She imposes nothing - Redemptoris missio 39; EN
80. "Conducted in ways that fully respect the conscientious decisions of
the hearers, evangelization can bring people to Christ, who liberates from the
chains of sin and error, and whose truth alone can make us free (Jn 8.32,
frequently quoted by John Paul II)" (398). Personal witness - above all
martyrdom - is the most effective tool.
4. Dialogue. "When it fails to profit from the seeds of
the Gospel already present, evangelization is less effective. St. Paul in his
Areopagus sermon gives an example of how proclamation, without loss of its
specific content, can be marked by the spirit of dialogue, taking into
consideration the religious practices and culture of the audience"(398).
Speaking should always follow listening to people's hearts as well as their
voices. But respect for the religion of others "cannot be an excuse for
withholding the proclamation of Jesus Christ"(398).
5. Evangelization of cultures. Paul VI recognized the
multiplicity of cultures the Gospel must encounter and permeate. For John Paul
II, all cultures contribute to God's plan of salvation - Slavorum apostoli
27. Inculturation is not simply accepting existing cultures without
modifying them. Paul VI's phrase was "evangelization of cultures", and
John Paul II speaks often of the dialogue between faith and cultures. Cultures,
while containing much that is good, "need to be purified, elevated and
completed through contact with the Gospel"(399). Christifideles laici
44 points to the role of the laity in the evangelization of cultures through art
and communication.
6. Transformation of social structures. Evangelization
involves a care for social justice. This does not imply involvement in party
politics, and the spiritual element must maintain primacy, but "the Gospel
does, however, have repercussions in the temporal arena" (EN 30-38;
Redemptoris missio 58).
7. Use of new media. EN 45 points to the serious
obligation the Church has to take advantage of newer and better means of
communication. Personal contact is always the best relationship, and personal
witness achieves more than any words. But in evangelization the medium is
not the message, so evangelists should never seek to package the Gospel in
ways that might suppress some of its less comfortable elements. Dulles suggests
some tele-evangelizers are not the best models to follow!
He mentions To the Ends of the Earth (U.S. bishops, 1986) on
dialogue, sound inculturation (not allowing the Gospel to be absorbed by any
particular culture) and social justice. He points to the 3 stages in the
pastoral plan of the U.S. bishops entitled Go and Make Disciples: 1.
motivate Catholics to share their faith; 2. three groups to address:
inactive Catholics, other Christians seeking full communion, persons of no
church community; 3. transformation of culture and of social structures.
"While all these programs are excellent and worthy of encouragement, I
suspect that the church evangelizes more by what it is than by what it does in
terms of its dealings with nonmembers. To the extent that the Catholic Church
becomes a unified community of faith, worship and mutual support, it will
inevitably attract new members of high quality. They will knock on the doors of
their own accord, even without being invited"(399). But it needs to be an
open community rather than a self-centred or complacent one. An explicit message
is not always necessary. "The first requirement is that we have the
message, that we believe it, cherish it and put it into practice. If we
ourselves have been thoroughly evangelized, further evangelization will occur of
its own accord"(400).
Obstacles to evangelization
- The Zeitgeist tries to remake Christianity according to the
standards of the times, and it is often suggested we, as Church, fail to adapt.
But our whole raison d'être is bound up with revelation and
tradition - NOT public opinion. Contemporary Americans are not keen on a fixed
message: "the church has to dispel thick clouds of agnosticism, relativism,
historicism and pragmatism. The general climate of ideas, especially among
intellectual elites, is unfavourable to the Gospel"(400).
- evangelization has a bad name from certain obnoxious tele-evangelists.
But to retreat from all public proclamation is a real danger for the Catholic
Church.
- individualism and consequent antinomian relativism: if it's right for
you....
- exaggerated interpretations of the separation of Church and State lead to
reluctance - even in private schools and colleges - to proclaim faith
openly.
Obstacles within the Church
- "the clergy often lack the time and energy to promote evangelization"(400).
- sexual and financial misconduct in a few cases has had a shocking
effect.
- polarized factions since Vatican II: who would join a squabbling family?
But... evangelization is occurring
- RCIA is attracting large numbers of religious seekers, many unbaptized,
many disenchanted Protestant and Anglican Christians.
- Redemptoris
missio 38 points out the paradox of a search for meaning, inner life,
meditation and prayer in the very societies where consumerism and materialism
have really taken hold.
- hunger for truth leads some to rebel
against scepticism and relativism.
"People's craving for a purpose
to which they can dedicate their lives is frustrated by a culture that offers
only gadgets and amusements. Feeling a pressure from within to search for a God
they do not know, they experience a shock of recognition when the Gospel is
proclaimed to them. The Christian message, with its blessed vision of peace,
fills a void in their spirit"(400).
(from: Origins vol. 25, no. 23, 23 November 1995)
FIN DE SIÈCLE: CULTURAL JOURNALS AT THE END OF THE CENTURY
The ninth European Meeting of Cultural Journals took place in Vienna in
mid-September 1995. The conference was supported by various Austrian commercial
and cultural bodies, as well as by seven Soros foundations, Poland's Batory
Foundation, the Fundatia Culturala Romana and the International Helsinki
Federation. There were about fifty participants and five guests from over twenty
countries, the best represented being Austria, Germany, Slovakia and Slovenia.
The genius behind this annual meeting is a freelance journalist from Saarlouis,
Hans Götz OXENIUS. The theme, Fin de siècle, was appropriate
not only because of the proximity of the year 2000, but also because many of
those taking part were from countries still reeling from the changes rushed in
by the collapse of the former régimes in Central and Eastern Europe.
The first full day of the conference was taken up with a self-presentation
of participating journals, the presentation of the first and last issue of Fin
de Siècle, the conference magazine, and a discussion on the role of
intellectuals in cultural journals at the end of the century. Exchanges on this
topic seemed to be dominated by a fear that many cultural journals may have no
future. The second day concentrated, perhaps inevitably, on new media; there was
an introduction (complete with tutorial) to the WorldWideWeb and INTERNET in
general, a description of problems to be encountered in electronic publishing
and some thoughts on ADILKNO (the Advancement of Illegal Knowledge). The
discussion which followed appears to have been very lively and enlightening,
drawing attention not only to the advantages of the developments being
described, but also to their dangers, possible abuses, and the feared spectre of
cultural imperialism. Source: IWM (Institut für die Wissenschaften
vom Menschen) Newsletter 51. Published four times a year in German and English
by IWM at: Spittelauer Lände 3, A - 1090 WIEN.
COLOQUIO INTERNACIONAL: «EL DESAFÍO DEL SECULARISMO Y EL
FUTURO DE LA FE, EN EL UMBRAL DEL TERCER MILENIO»
Del 30 de noviembre al 2 de diciembre de 1995, ha tenido lugar en Roma un
Coloquio Internacional, organizado por el Consejo Pontificio de la Cultura
y la Pontificia Universidad Urbaniana, con la colaboración del
Instituto Superior para el estudio de la increencia, de la religión y
de las culturas, para estudiar un tema decisivo para la Iglesia en el umbral
del tercer milenio: el desafío de la ideología secularista y el
futuro de la fe. En su Carta apostólica Tertio millennio adveniente,
dirigida el 10 de noviembre de 1994 al episcopado, al clero y a los fieles,
sobre la preparación del Jubileo del año 2000, el Papa Juan Pablo
II destaca que la época actual, además de muchas luces, también
presenta algunas sombras, especialmente la indiferencia religiosa, la atmósfera
de secularismo y el relativismo ético (cf. nº 36). El Santo
Padre pide «que se estimen y profundicen los signos de esperanza presentes
en este último tramo de siglo, a pesar de las sombras que con frecuencia
los esconden a nuestros ojos» (nº 46). El Coloquio Internacional ha
querido precisamente dar respuesta a esta sugerencia del Santo Padre.
La sesión inaugural estuvo presidida por Su Eminencia el Cardenal
Jozef Tomko, Prefecto de la Congregación para la Evangelización
de los Pueblos y Gran Canciller de la Pontificia Universidad Urbaniana. Su
Eminencia el Cardenal Paul Poupard, Presidente del Consejo Pontificio de
la Cultura, pronunció la conferencia introductoria sobre el tema: «La
visión religiosa del mundo y la visión secularista». Daba
así comienzo a un Coloquio en el que se han alternado ponencias y
debates, divididos en cinco grandes temas: 1. Los desafíos de la
ciencia y de la tecnología; 2. La crisis de la verdad y de los
valores en una sociedad secularizada; 3. La economía, el arte, la
literatura y el cine; 4. El estado pluralista, el laicismo y la laicidad;
5. El indiferentismo y las nuevas experiencias religiosas. La sesión
conclusiva estuvo presidida por Su Eminencia el Cardenal Miloslav Vlk,
Arzobispo de Praga y Presidente del Consejo de las Conferencias Episcopales de
Europa, que habló sobre «El impasse del secularismo y el
futuro de la fe». Participaron en el Coloquio teólogos,
biblistas, filósofos, historiadores y sociólogos de diversas
nacionalidades, junto con profesores y alumnos de las universidades pontificias
romanas. El Coloquio concluyó con una Audiencia con el Santo Padre
para todos los participantes, cuyo texto publicamos bajo el apartado de Documenta
en las pp. 1-4 de este número.
En su Presentación, el Cardenal Jozef Tomko situó
el tema del Coloquio en la perspectiva del tercer milenio, examinando la relación
fe-cultura en el magisterio postconciliar. Desde los comienzos del anuncio
cristiano hasta hoy, el Evangelio es levadura de una cultura abierta a la
trascendencia. Hoy en día el Evangelio se encuentra, por un lado, con una
cultura occidental que ha sabido acoger y desarrollar muchos de los valores
aportados por la fe; por otro lado, con una cultura moderna, marcada por graves
carencias, habiéndose fijado en lo inmanente y cerrándose al mundo
sobrenatural. De aquí el desafío misionero para la Iglesia de hoy:
entrar en diálogo con la cultura moderna, asumiendo todos los valores válidos
para abrirlos a la dimensión trascendente de la fe.
El Cardenal Paul Poupard, en su Conferencia introductoria, esbozó
las perspectivas de la visión religiosa, de la visión
secularista, y de la visión cristiana del mundo. El hombre es
por naturaleza homo religiosus. Lo demuestra de modo expresivo toda la
historia de la cultura y de las religiones del mundo, tal y como la conocemos
por los estudios de la antropología y de la fenomenología de la
religión, en especial a través de las obras clásicas de
Söderblom, Otto, van der Leeuw y Mircea Eliade. El hombre religioso
distingue, gracias a la experiencia homogénea y trans-histórica de
lo sagrado, entre lo sagrado y lo profano. Su visión del mundo no
es un caos, sino un cosmos ordenado. Y en su existencia
experimenta la insatisfacción y el mal, lo cual le lleva a preguntarse
por la salvación.
En cambio, la visión secularista reduce el horizonte a la
dimensión inmanente, desacralizando el universo. Sin embargo, tras la
relativización del Absoluto, sigue la absolutización de lo
relativo, lo cual da lugar a una religiosidad secularizada, cuando no se
disuelve en la indiferencia y acaba en la apatía, hasta que Dios vuelve a
florecer en el mismo corazón de las ciudades secularizadas en busca de la
felicidad.
La visión cristiana, enraizada en la Biblia del Génesis
al Apocalipsis esclarece el misterio del hombre, que se ilumina
verdaderamente sólo a la luz del Verbo encarnado. Ante el desafío
del secularismo, el futuro de la fe está en vivir la religión del
Dios que se ha hecho hombre en Cristo, como respuesta a la pretensión del
hombre que se hace Dios. El hombre, sin Dios, desaparece, mientras que con Dios,
el hombre vive, reconciliado con Dios, con los hermanos, con la naturaleza y con
sí mismo, en una plenitud de salvación.
En las ponencias siguientes se trataron una multiplicidad de aspectos de la
vasta y compleja problemática. Vincenzo Cappelletti y el Padre
Georges Cottier expusieron los desafíos de la ciencia y de la
tecnología, las cuales no dan un verdadero fundamento a la visión
secularista si se analizan a fondo sus presupuestos epistemológicos. De
ahí la necesidad de desarrollar una ciencia liberada del cientificismo y
un concepto humanístico del saber científico y de la técnica
(cf. la ponencia del P. Cottier, publicada en este número bajo el
apartado de Studia, pp. 26-33). Estas consideraciones conducen a una
problemática filosófica eterna: el concepto de verdad y la
posibilidad de un conocimiento humano verdadero del ser. El profesor Dario
Antiseri expuso las causas profundas de la crisis de la verdad en el
pensamiento moderno, reconociendo los límites de la razón humana
ante la verdad revelada. Por su parte, el profesor Gaspare Mura se
preguntaba sobre la posibilidad de llegar, desde el pensamiento contemporáneo,
a una filosofía de la verdad total, retomando el hilo de la reflexión
metafísica de la filosofía clásica y cristiana.
Una determinada visión del mundo determina de modo decisivo el
aspecto práctico de la vida humana. Este hecho se demuestra de modo
especial en el campo de los valores, pero también en la problemática
suscitada por la ideología del economicismo y por la economía
moderna. De ahí nace la cuestión de los valores que hay que
promover en una sociedad secularizada, afrontada por el profesor Antonio
Lambertino. Es necesario construir una sociedad abierta a los valores de la
verdad integral del hombre, saliendo de las reducciones antropológicas de
la mentalidad secularista, y abriéndose a los valores de la verdad, del
bien y de la belleza. Respecto a la economía, el profesor Luigi Frey
mostró el interés de las ciencias económicas por un
desarrollo económico integral que supere el economicismo y abra camino a
una economía más humana y social. Por su parte, el profesor Angelo
Tosato, inspirándose en la visión bíblica de la economía,
incitó a los cristianos a mostrar un mayor interés por este ámbito
vital de la vida humana.
Las artes modernas, entre las que se incluyen formas populares como el
cine suscitan peculiares desafíos. El director de cine polaco Krzysztof
Zanussi subrayó la importancia de los medios audiovisuales y electrónicos
en la cultura moderna, por lo que los cristianos han de prestarles más
atención. Pero hacen falta criterios válidos para el encuentro
entre el arte y la fe, que fueron expuestos por el Padre Marcel Chappin:
en su ponencia desarrolló la visión de una cultura abierta a la
religiosidad, que, a su vez, sea capaz de inspirar el arte y la cultura.
Por último, el desafío del secularismo no afecta solamente a
la fe de la Iglesia, sino que amenaza a los mismos fundamentos de la sociedad
civil y del estado laico, el cual corre el peligro de perder, con el consenso
moral, su mismo fundamento ético. Los profesores Pietro Scoppola
y Vittorio Possenti se detuvieron en la crisis que actualmente atraviesa
la ideología laicista, desarrollando el proyecto de una laicidad abierta
a los valores y a las tradiciones religiosas, los cuales son de importancia
vital para el fundamento de la misma convivencia civil.
Todo esto presupone una actitud crítica de los cristianos ante el
indiferentismo difuso de la sociedad, que se halla reflejado y reforzado por los
medios de comunicación de masas. Después de un análisis
agudo de esta situación por parte del profesor Gianfranco Morra,
el Secretario del Consejo Pontificio de la Cultura, Monseñor Franc
Rodé, destacó la urgencia de que la fe sea plenamente acogida,
enteramente pensada, y fielmente vivida, por parte de los cristianos, para poder
afrontar así, de modo positivo, los profundos desafíos que hoy
plantea el secularismo.
Las Conclusiones del coloquio las expuso el Cardenal Miloslav
Vlk. El hombre postmoderno no ha perdido un cierto deseo de búsqueda
y una verdadera nostalgia metafísica, y se plantea, también hoy,
las preguntas eternas del sentido de la vida, de la muerte, y del sufrimiento.
Hay que desarrollar una visión global y una conciencia de
interdependencia para superar la fragmentación y los conflictos de la
vida moderna. La Iglesia debe ofrecer hoy a los hombres el icono de Cristo,
la imagen de Dios hecho hombre, sobre todo bajo el aspecto social del amor y de
la caridad fraterna. El mensaje del Dios crucificado emerge hoy con una
actualidad siempre nueva: es la unión entre Dios y el hombre, la
presencia de la eternidad en la historia, que une a los hombres en el amor
divino y abre la posibilidad de una vida coherente en la presencia de Dios.
UN CENTENAR DE OBISPOS BRASILEÑOS ESTUDIA LA RELACIÓN
FE-CULTURA CON EL CARDENAL PAUL POUPARD.
El Cardenal Paul Poupard, Presidente del Consejo Pontificio de la Cultura,
ha coordinado, del 5 al 9 de febrero de 1996, un Curso para Obispos, que
congregó en Sumaré (Río de Janeiro) a unos cien prelados.
Participó también el Profesor Heinrich Pfeiffer, de la Pontificia
Universidad Gregoriana. En las tres conferencias principales el Cardenal Poupard
puso de relieve la fuerza creativa de la fe inculturada.
«La inculturación del Evangelio como fuente de integración
humana y cristiana del hombre». Incentivados por la realidad, los
pastores de la Iglesia del Brasil estudian el reencuentro de la fe y las
culturas en el hombre. Los humanismos y antropocentrismos secularizados han
llevado a una flagrante degradación de la dignidad humana. Para superar
el impasse de nuestra cultura, se requiere una sana antropología
teológica, que sitúe al hombre en el centro del designio creador y
en relación con su Redentor. La inculturación del Evangelio abre
las culturas al diálogo y al respeto recíproco, posibilita el
desarrollo de cada una hacia una mayor plenitud humana y cristiana, y funda la
convivencia de todas dentro de un marco de armonía y de paz.
«El dinamismo cultural de la fe cristiana». La fe no es
algo estático, sino un dinamismo, una tensión por la que el
creyente se adhiere libre y amorosamente a Jesucristo, encontrando en él
el camino y la felicidad verdadera. La fe encierra en sí el mayor
potencial de transformación de la humanidad que se pueda imaginar. La fe
acogida, pensada y vivida en totalidad, permite al creyente proponer una visión
de futuro para cada pueblo que lleve a su plenitud las más profundas
aspiraciones humanas, y mueva las montañas de las contraculturas
que nos amenazan.
«La inculturación, a la luz de los misterios de la salvación».
A la luz de los misterios de la salvación se llega a la auténtica
inculturación. Tres momentos irrenunciables sirven de orientación:
Navidad, Pascua y Pentecostés. La Navidad muestra el camino de la
Encarnación, y mueve al evangelizador a compartir su vida y su cultura
con el evangelizado. La Pascua conduce a la plenitud a través del
sufrimiento, mediante la purificación de las culturas. Pentecostés,
por la fuerza del Espíritu, hace entender a todos en su propia lengua las
maravillas de Dios. Desde el Misterio Pascual se experimenta que el fruto de la
verdadera inculturación es un hombre nuevo, capaz de vivir en este mundo
en adoración del misterio, y en comunión amorosa con los demás
hombres, en su camino hacia un destino común.