STUDIA
BIENS CULTURELS DE L'ÉGLISE ET ÉVANGÉLISATION
Les 11 et 12 octobre 1995 a eu lieu, sous la présidence
de S.E. Mgr Francesco Marchisano, la première réunion plénière
de la Commission Pontificale pour les Biens Culturels de l'Église, créée
par S.S. le Pape Jean-Paul II le 25 mars 1993. Nous publions ci-dessous
l'intervention de Mgr Franc Rodé, membre de la Commission.
Mgr Franc RODÉ
Secrétaire du Conseil
Pontifical de la Culture
La tâche de la Commission Pontificale pour les Biens
Culturels de l'Église, telle qu'elle a été définie
par la Constitution Apostolique Pastor Bonus du 28 juin 1988 et par le
Motu Proprio Inde a Pontificatus du 25 mars 1993, est complexe et
difficile, mais elle recèle d'immenses possibilités pour l'Église
et pour sa mission d'évangélisation à travers l'héritage
culturel du christianisme.
Je suis particulièrement heureux de participer à
cette Plenaria, puisque, vous le savez, par le Motu Proprio mentionné
ci-dessus, le Pape Jean-Paul II a voulu souligner le rapport étroit entre
la Commission Pontificale et le Conseil Pontifical de la Culture, avec lequel
dorénavant la Commission Pontificale «maintiendra des contacts périodiques,
de manière à assurer une harmonie de finalité et une féconde
collaboration mutuelle.» (AAS 85 [1993] 549-552)
C'est donc à ce titre tout à fait particulier
que j'interviens maintenant.
La Commission est en charge des trésors historiques
et artistiques de l'Église, telles les traces écrites d'événements
passés, les bibliothèques avec leurs incunables et leurs vénérables
volumes, les édifices sacrés et les objets de culte,
l'extraordinaire richesse de la peinture et de la sculpture religieuses. Elle a
également le souci de la valorisation et de la promotion de la musique
sacrée et du chant d'Église.
Si, historiquement, la Commission fut fondée en vue
de la conservation de ces monuments de la culture chrétienne, elle a, ces
dernières années, considérablement élargi son
domaine d'action, comme le prouvent la Lettre circulaire aux évêques
du 15 octobre 1992 et celle, adressée le 10 avril 1994, aux Supérieurs
Majeurs des Ordres et Congrégations religieuses, tout à fait
remarquables par la conscience qu'elles manifestent de l'importance de l'art chrétien
comme moyen d'évangélisation et par la profondeur de vues sur le
sens de l'oeuvre d'art elle-même.
Aussi, ai-je peu de choses à ajouter à ce qui
a été dit par Monseigneur Marchisano, Président de la
Commission. Je me limiterai donc modestement à relever tel ou tel point
particulièrement important pour le Conseil Pontifical de la Culture.
Le patrimoine artistique, légué par les générations
chrétiennes, est avant tout une expression de la foi et de l'espérance
de l'Église. Comme tel, il est porteur d'un message qui traverse les siècles
et parle un langage toujours actuel. Non seulement parce qu'il annonce la vérité
éternelle sur Dieu et sur l'homme, mais aussi parce que l'expression de
cette vérité est le fait des plus grands génies de
l'humanité et constitue l'un des sommets atteints par l'esprit humain.
Comme l'affirmait Hans Urs von Balthasar, «le grand art est chrétien,
le fait est indéniable». Tel quel, il possède une force
d'expression merveilleuse, et peut être un moyen privilégié
d'initiation à la foi, surtout à notre époque d'ignorance
religieuse généralisée, marquée par un affadissement
de la sensibilité, par le bruit et la laideur envahissantes.
Je pense à l'utilisation dans la catéchèse
de la grande musique sacrée pour pénétrer le sens de
certaines vérités chrétiennes. Voici quelques exemples:
rien de mieux, à mon sens, que l'écoute bien préparée
et recueillie du Sanctus de telle messe de Mozart ou de Beethoven, pour
toucher le coeur et lui faire comprendre de l'intérieur la majesté
de Dieu et sa gloire manifestée dans la création. Autre exemple:
quelle meilleure illustration des paroles Apparuit enim gratia Dei
salvatoris nostri omnibus hominibus (Tit. 2,11), que l'Et incarnatus est
de la messe en mi bémol majeur de Schubert, ou le verset Et
misericordia eius a progenie in progenies, du Magnificat de Bach? Rien de
mieux pour une expérience vécue de la condescendance de Dieu et de
son amour pour les hommes manifesté dans l'Incarnation, que de se laisser
pénétrer par cette musique de génie. Ce ne sont là
que quelques exemples. Ils suffisent à exprimer l'extraordinaire
puissance d'évangélisation, contenue dans la musique religieuse,
créée par le génie chrétien. Grâce à
une technologie toujours plus perfectionnée, elle est désormais
accessible à tous et peut être utilisée comme une aide précieuse
dans l'initiation à la foi.
La peinture avec la sculpture est une autre
magnifique expression du mystère chrétien, grâce elle aussi
aux bonnes reproductions et aux vidéo-cassettes accessibles à
tous. Un exemple: pour faire comprendre le lien intime, le rapport «je-tu»
entre Dieu et l'homme, quelle meilleure illustration que la fresque de
Michel-Ange dans la Chapelle Sixtine, représentant la création de
l'homme, où le doigt de Dieu s'approche du doigt de l'homme, alors que
leurs regards se croisent amoureusement? Ce tableau magistral est la négation
souveraine de toutes les aberrations proférées depuis trois siècles
sur la prétendue rivalité entre Dieu et l'homme, et sur l'aliénation
de l'homme croyant. Cette scène est une démonstration irrécusable
de la vérité biblique d'un rapport radical, indispensable,
personnel entre l'homme et son Créateur. Michel-Ange se révèle
ici comme le grand théologien devant lequel s'évanouissent toutes
les affirmations de Hegel, Marx, Nietzsche et de leurs émules sur
l'esclavage de l'homme devant Dieu.
Dans un autre domaine, celui de la corporalité
humaine, Botticelli se révèle un maître incomparable. Devant
l'invasion actuelle de la pornographie et de ses ravages, quel meilleur antidote
que les corps diaphanes, spiritualisés, éblouissants de pureté
peints par le maître? Et quelle meilleure préfiguration de ce que
seront les corps glorieux? C'est devant un tableau de Botticelli ou du Gréco
que l'on devrait apprendre aux enfants et aux jeunes la dimension spirituelle,
la beauté transcendante et la dignité inaliénable du corps
humain.
Et que dire de la force expressive des monuments de
l'architecture chrétienne? Nos splendides cathédrales comme nos
humbles églises de campagne sont les témoins de la foi de nos ancêtres,
toute centrée sur le mystère eucharistique. Surtout à l'âge
gothique, elles présentent le plus souvent une vision intégrale de
l'Évangile, créant un espace de contemplation et de pureté je
pense à l'Église abbatiale de Fossanova qui nous
transportent dans un autre monde.
La question-clé qu'il importe de se poser en présence
de l'héritage artistique du christianisme, l'interrogation qu'il est
urgent de susciter dans l'homme d'aujourd'hui, est celle-ci: quelle est la
source d'inspiration de ces chefs d'oeuvre? De quel univers intérieur
jaillissent-ils? Quel univers de foi et d'espérance nous présentent-ils?
Par sa valeur artistique, toute oeuvre d'art est
susceptible de nous procurer une expérience esthétique: ce qui se
produit au niveau d'une certaine profondeur. Comme l'affirme Marcel Proust, «il
n'y a pas à proprement parler de beauté tout à fait mensongère,
car le plaisir esthétique est précisément celui qui
accompagne la découverte d'une vérité.» Or, la vérité
contenue dans l'oeuvre d'art chrétien n'est pas une vérité
de ce monde ni sur ce monde. Elle nous introduit dans la vérité révélée
par Dieu, qui comble toutes les attentes de l'homme. Elle porte un message qui,
avec la grâce de Dieu, peut être perçu dans la foi. Aussi,
l'art chrétien est un vecteur privilégié pour la foi,
l'occasion d'une authentique rencontre avec le mystère du Dieu révélé
en Jésus-Christ, surtout dans notre époque laide, ignorante et sécularisée,
et pourtant si assoiffée de beauté, de mystère, de paix intérieure
et de foi.
Pour que l'héritage de beauté du
christianisme puisse être compris en ce qu'il est, une rectification
sur son sens s'impose d'abord. Et c'est là une tâche pédagogique
importante pour la Commission Pontificale pour les Biens Culturels de l'Église.
Car, depuis des siècles, nous sommes en présence d'une
falsification systématique et généralisée du sens de
l'art chrétien. Une falsification qui provient d'une vision des choses
purement terrestre et matérialiste, se refusant à voir le message
transcendant et la portée spirituelle de l'art religieux. Ainsi, selon
les interprétations courantes aujourd'hui, une Sainte Famille de Raphaël
ne serait que l'expression d'un certain bonheur familial; la Sainte Trinité
de Rublev ne serait que le symbole de la convivialité humaine, etc... Or,
par cette fermeture voulue aux réalités spirituelles, l'oeuvre
d'art est trahie, vidée de sa substance et privée de sens. C'est
la vérification des paroles du Christ: «Si ton oeil est malade, ton
corps tout entier sera ténébreux. Si la lumière qui est en
toi est ténèbres, quelles ténèbres!» (Mt 6,23).
Fidèle à la vérité de l'oeuvre
d'art, l'Église affirme que «l'art peut représenter la forme,
l'effigie du visage humain de Dieu, et conduire celui qui le contemple à
l'ineffable mystère de ce Dieu fait homme pour notre salut.»
(Jean-Paul II, Lettre apostolique Duodecimum saeculum, du 4 décembre
1987, n° 9, La Documentation Catholique, 20 mars 1988, n° 6,
tome 75, p. 286)
Affirmer la capacité de l'art d'être le
porteur d'un message spirituel, est important surtout aujourd'hui, alors que...
«... la sécularisation croissante de la société
montre qu'elle devient largement étrangère aux valeurs
spirituelles, au mystère de notre salut en Jésus-Christ, à
la réalité du monde à venir. Notre tradition la plus
authentique nous enseigne que le langage de la beauté mis au service de
la foi est capable d'atteindre le coeur des hommes et de leur faire connaître
de l'intérieur Celui que nous osons représenter en images, Jésus-Christ,
Fils de Dieu fait homme» (ibidem, n° 12, p. 287).
Pour que l'art religieux dans toutes ses expressions puisse
atteindre le coeur des hommes, et leur faire connaître de l'intérieur
le mystère du Christ, il importe d'abord de réagir contre les
interprétations qui faussent son sens, de dire clairement quelle est sa
source d'inspiration, de quelles expériences spirituelles il est
l'expression, et de quelles vérités il est le messager. Alors,
malgré la sécularisation et l'insensibilité aux réalités
spirituelles, il deviendra un allié privilégié de la foi.
On a dit qu'à l'époque des Lumières,
Jean-Sébastien Bach a plus fait contre la déchristianisation que
tous les prédicateurs. C'est vrai, sans nul doute. Et il continue de le
faire avec tous les génies du christianisme, qu'il s'agisse de musiciens,
d'écrivains et de poètes, de peintres, sculpteurs et architectes.
Ils nous ont laissé un héritage vivant, dont la voix traverse les
siècles et se fait sentir à chaque génération. A
nous de la faire entendre à l'homme d'aujourd'hui.
Il n'est pas possible qu'un peuple qui vit au milieu de
tant de beauté, exprimant de manière si géniale le mystère
de la foi, vive dans l'insensibilité et l'indifférence, ou même
dans l'oubli de Dieu.
LA CULTURA, ENTRE POSTMODERNISMO Y POSTMARXISMO
Mons. Józef Miroslaw ZYCINSKI
Obispo de Tarnów
El dilema de los ex-docentes del marxismo
La caída del marxismo ha creado una situación
nueva en el ambiente universitario de los países de Europa central y de
la ex-Unión Soviética. Las clases de marxismo han desaparecido de
los programas, y muchos de los ex-profesores de marxismo han tenido que ponerse
a enseñar otras materias. Los centros que tenían un carácter
completamente ideológico en los que se formaba solamente a los
activistas del partido comunista han desaparecido, o han cambiado
totalmente de estructura. En algunas universidades por ejemplo, en la
Karlova Univerzita de Praga se ha hecho una averiguación con el fin
de despedir a los profesores que mostraban deficiencias en su nivel científico.
De manera que en la mayor parte de las instituciones académicas han
surgido graves problemas de organización, al tener que optar entre la
natural compasión humana por los ex-profesores de marxismo, o afrontar más
bien su incompetencia filosófica, que podría ocasionar un notable
descenso del nivel académico.
En un centro cercano a mí, el profesor de economía
política se había dedicado a demostrar sistemáticamente,
durante largos años, la supremacía de la «economía
científica» socialista sobre la economía occidental. Ahora,
el mismo profesor enseña las reglas de la economía del libre
mercado, y cuando se refiere a la «economía política»
anterior lo hace sólo para ridiculizar con sus chistes la economía
socialista. ¿Qué es lo que ha cambiado en realidad, sus opiniones, o
el repertorio de chistes? ¿Podemos nutrir la esperanza de que exista
alguien con un talento y una capacidad tales, como para enseñar con
libertad, a nivel universitario, dos teorías que se excluyen mutuamente,
como si ambas fueran expresión de la verdad?
La situación es todavía más difícil
en las universidades menos conocidas, donde con frecuencia los profesores de
materias filosóficas o humanistas son personas cuyos doctorados han
intentado demostrar la superioridad de la doctrina bolchevique en cualquier
campo, o criticar por ejemplo a un renegado como Kautsky por sus opiniones
injustas en la controversia con Lenin. He tenido discusiones con algunos de los
ex-marxistas que sienten el dolor del propio drama. En el pasado, cuando
comenzaron sus estudios, soñaron con hacer ciencia verdadera; pero después,
por diversos motivos, acabaron por adoptar el estilo de los burócratas
del partido. Hoy, en cambio, se han dado cuenta de que es más fácil
caer en la actitud sarcástica de cambiar simplemente de partido o
incluso de cambiar el nombre del partido antes que esforzarse por adquirir
una mayor competencia académica. Tienen familia, y quieren asegurarse el
pan. No todos han caído en el cinismo practicado por los compañeros
del mundo académico que han sido cínicos en todas las fases. ¿Qué
solución cabe para esta situación tan enrevesada? ¿Cómo
proteger a los futuros alumnos, entre la Escila de un comportamiento desalmado
como el de Catón, y la Caribdis de una incompetencia embellecida con una
apariencia de misericordia?
Los profesores cínicos aquéllos que están
habituados a instrumentalizar las clases querrían presentarse ahora
como profesores de filosofía cristiana, sobre todo cuando ésta es
respetada en el centro académico en el que están. Conozco casos de
Rusia y de Eslovaquia, de estudiosos pertenecientes a los institutos del
marxismo-leninismo, que han hecho la propuesta de transformar sus centros en
institutos de filosofía cristiana; y ello a pesar de que entre los
miembros de dichos institutos no se encuentra ni un solo estudioso que tenga un
cierto nivel en materia de filosofía cristiana.
En la práctica, es imposible que un docente que
durante treinta años ha enseñado sólo marxismo, siguiendo
las directrices de los funcionarios dirigentes del partido, pueda ahora
reciclarse en algunos meses para dar, con responsabilidad, los cursos de otra
materia. Ahora bien: existe precisamente una corriente filosófica que no
tiene demasiado aprecio ni por la competencia, ni por la ciencia, ni por la
responsabilidad. Se trata del postmodernismo, tan popular en los países
occidentales hace tan sólo unos años, y que todavía tiene
muchos seguidores en el campo de la literatura y del arte; aunque, en cambio, en
los círculos de las ciencias exactas o de la filosofía racional,
se considere como un sucedáneo de la verdadera actividad intelectual. Sin
embargo, el postmodernismo se ha convertido en una opción particularmente
atrayente para muchos ex-marxistas. Hojeando los documentos científicos
publicados en Polonia en la Universidad de Poznan que en tiempos trataba
de suscitar un desarrollo creativo del marxismo se puede observar un
predominio explícito de los estudios que se refieren al postmodernismo.
La autoridad de Lyotard, como supremo oráculo en la materia para la
cultura contemporánea, se ha impuesto en poco tiempo con una autoridad sólo
comparable a la que antes tenía el mismo Lenin.
El problema de la verdad en el postmodernismo
El interés por el postmodernismo, entendido en
sentido amplio, se ha suscitado a raíz de la publicación del libro
de Jean-François Lyotard, La condition postmoderne. Rapport sur le
savoir, París, 1979. Lyotard define el postmodernismo desde el
rechazo de doctrinas tradicionales como la dialéctica del Espíritu,
la fe en la emancipación de la especie humana, la convicción de
que la historia tiene un sentido. Precursores de esta posición se
encuentran únicamente entre los estructuralistas con Michel
Foucault a la cabeza o en Heidegger, que postula la superación de
la onto-teología tradicional por simple destrucción. Las premisas
que han inspirado el desarrollo de esta tendencia se pueden encontrar en las
publicaciones, por cierto valiosas, de historiadores de las ideas como Arnold
Toynbee, de críticos literarios como Irving Howe, de simpatizantes de
Nietzsche como Rudolf Pannwitz, de literatos como Umberto Eco o Milan Kundera, o
entre los artistas. Las tesis de Stephen Hawking sobre el fin inminente de la física,
o las afirmaciones de Francis Fukuyama sobre el fin de la historia, expresan y
consolidan la convicción de que hemos llegado a una especial fase del
desarrollo de la humanidad. La antigua exaltación del progreso, de la
ciencia, de la exigencia de racionalidad, debe ser sustituida por el
escepticismo y la ironía. El puesto que ocupaban antes los defensores del
cogito cartesiano o los que miraban con simpatía las grandes
cuestiones de la metafísica, lo toman ahora los nuevos escépticos,
ridiculizando con ironía las grandes ideas a las que hasta ahora se
atribuía un papel fundamental en la formación de nuestra
civilización. En la base de esta concepción están el happening,
el distanciamiento irónico, la incredulidad escéptica respecto a
toda verdad absoluta, todo ello en plena conformidad con el relativismo del
momento, así como con la negación típica de la
Ilustración de la fe en la inteligencia y en la posición
privilegiada del hombre en el mundo.
Con frecuencia, el radicalismo de los postulados del
postmodernismo ha ido a la par con el radicalismo social de los más
famosos de sus seguidores. Lyotard ha desarrollado durante mucho tiempo su
actividad en el grupo de izquierdas «Socialismo o barbarie». Barthes
ha pertenecido al círculo de colaboradores de la revista de izquierdas
Tel Quel, publicada en el período 1960-1982. Muchos otros
representantes se han manifestado como simpatizantes y defensores consecuentes
de las minorías sexuales. El radicalismo de sus concepciones se ha puesto
también de manifiesto en el campo de la epistemología y de la
axiología. Durante el nacimiento del postmodernismo en Francia, Michel
Foucault estructuralista francés cuyo pensamiento ha dejado una
enorme impronta en la cultura de nuestro tiempo a raíz de su
nombramiento para el Collège de France, expresó en su discurso su
temor de que la aspiración intelectual a la verdad pueda crear una forma
de represión que limite la libertad de expresión, tan importante
para las sociedades liberales contemporáneas. Una expresión aún
más fuerte de esta actitud la ha dado Zdzislaw Cackowski, ex-miembro del
Comité Central del Partido Comunista y ex-profesor de marxismo en la
Universidad «Maria Curie Sklodowska» en Lublin. A la pregunta de cómo
se pueden conciliar las tesis postmodernistas con la responsabilidad más
elemental propia del intelectual, dio esta breve respuesta para apoyar su
postura: «Por favor, ¡no me cerréis la boca con la mordaza de
la responsabilidad!»
La norma de la irresponsabilidad intelectual, que ha jugado
un papel tan importante en la apologética del marxismo, reaparece ahora
como presupuesto elemental para la propagación de las nuevas corrientes
de pensamiento en el mundo académico liberado de la ideología del
marxismo. El postmodernismo ofrece la propuesta atractiva de liberarse de la
responsabilidad intelectual, recurriendo a frases fáciles que anuncian la
disgregación universal. En el tipo de actividad filosófica que se
generaliza, basta por tanto con dar un juicio negativo del concepto clásico
de racionalidad, citar a Umberto Eco y a Woody Allen como continuadores
literarios de Lyotard, reemplazar con un comentario irónico los nexos de
la argumentación lógica, o bien presentar el happening
como el éxito supremo de la cultura postmodernista. Una expresión
literaria de semejante actitud se puede ver en los protagonistas de las novelas
del escritor polaco Witold Gombrowicz (1904-1969). En su novela Ferdydurke,
los dos protagonistas Filiodor y Anti-Filiodor practican la
apoteosis de la vida despreocupada, cuya plena expresión se encuentra en
el postmodernismo.
«[Estos protagonistas] viajaban por el mundo tirando a
todo lo que se les ponía al alcance con todo lo que se les ponía
al alcance. Cantaban canciones, les encantaba romper los cristales de las
ventanas, y desde el balcón se divertían escupiendo al pelo a los
que pasaban. [...] Filiodor se había especializado tanto, que sabía
escupir desde la calle a uno que estuviese en el balcón. Anti-Filiodor
apagaba las velas tirando a la llama la caja de cerillas» (W. Gombrowicz,
Ferdydurke, edición literaria, Cracovia 1992, p. 97).
Las novelas de Gombrowicz son muy apreciadas por la crítica
literaria. Entre sus seguidores entusiastas están los desmitificadores
que protestan contra todo sistema ordenado de pensamiento, en el que se
encuentre un énfasis sobre el papel de la racionalidad, de la coherencia,
de la obligación moral. Motivos semejantes mueven a los partidarios del
postmodernismo a apreciar también las novelas de Milan Kundera. Este
autor pone de relieve el carácter episódico de la existencia
humana como su rasgo más destacado. Para él la vida es sólo
una suma de episodios, que, al desaparecer, se precipitan en la nada, y ni
siquiera dejan traza alguna en el psiquismo humano. En esta filosofía no
nos encontramos sólo con la reedición del carpe diem epicúreo.
Porque al nihilismo se une una antropología atrevida, que hace del hombre
una tabula rasa ética, una prolongación de episodios de la
existencia que no están contaminados por la responsabilidad moral de las
acciones precedentes. Pero también por lo que respecta al carácter
histórico de estos episodios se emplean criterios de selección muy
atrevidos. Por ejemplo, en las biografías de Kundera se suele silenciar
que el año 1964 recibió el premio estatal del gobierno comunista,
y que a pesar de su expulsión del Partido Comunista Checo, volvió
a entrar en él. Es más: en agosto de 1968, tras la invasión
de Checoslovaquia por parte del Ejército Rojo, intentó justificar
la intervención, argumentando en polémica con Havel
que la importancia del otoño checo supera a la de la primavera checa.
La aceptación de una filosofía de la vida
cercana al postmodernismo conlleva importantes consecuencias prácticas.
En su perspectiva desaparece la noción de responsabilidad moral, y no hay
cabida para el concepto de verdad. Ambas son reemplazadas por la narración,
a la cual no se puede atribuir un sentido objetivo porque cada lector
puede entender de modo diverso un determinado texto mientras que la idea
de objetividad se convierte sólo en un residuo de una ilusión
ilustrada. En la actividad académica no hay nada de absoluto o de
definitivo, mientras que toda la ciencia queda relativizada en función de
las situaciones locales de los pensadores que la crean.
Cultura de la disgregación y disgregación
de la cultura
En un artículo que valora la situación actual
de la Universidad en Polonia (J. M. Zycinski, «Ideologia zamiast prawdy»
[La ideología en sustitución de la verdad], en Wiez 433
[1994, 11]) he destacado que las ideas del postmodernismo son incompatibles con
cuanto se expresa en el documento interdicasterial de la Congregación
para la Educación Católica, del Consejo Pontificio para los
Laicos, y del Consejo Pontificio de la Cultura, sobre la «Presencia de la
Iglesia en la Universidad y en la Cultura Universitaria» (Ciudad del
Vaticano, 1994; cf. Culturas y Fe 2 [1994/3] 162-177). Este artículo
ha sido atacado por el ex-secretario del partido comunista en la Facultad de
Filosofía de la Universidad «Maria Curie Sklodowska» de Lublín.
Contestando mi valoración crítica del postmodernismo, sostiene que
no es sólo el postmodernismo el que entiende de modo ideológico la
idea de la verdad, sino que también los que defienden la idea de la
verdad en el sentido clásico se presentan como ideólogos que
poseen la verdad última. Criticando la concepción de verdad
absoluta cercana al cristianismo, defiende la apoteosis postmodernista del
relativismo, escribiendo entre otras cosas:
«Estos pensadores postmodernistas, al apuntar el
peligro de apropiación de la esfera del discurso público por parte
de los seguidores de una opción axiológica única incluso
si esta opción mereciera un reconocimiento desde todos los puntos de
vista, al sensibilizarnos respecto a la prepotencia que se esconde en el
lenguaje [...], no son infieles al ethos del intelectual europeo, en el
mejor de los sentidos» (T. Szkolut, «Czy prawda moze byc ideologiczna»
[Sobre si la verdad puede ser ideológica],
Wiez 436 [1995, 2] 163).
Las advertencias que encontramos en los demás
escritos de los representantes del postmodernismo, no se dirigen sólo
contra «la prepotencia que se esconde en el lenguaje», sino también
contra la tiranía de la lógica, contra el terror de la verdad,
contra el totalitarismo del intelecto, contra el imperialismo del significado.
Se usan en el campo de la epistemología los mismos términos,
cargados emocionalmente, que antes aparecían en los textos de los ideólogos
políticos, pero ahora con el fin de criticar los conceptos tradicionales
de la objetividad del conocimiento, de la racionalidad de la investigación,
de la verdad absoluta. Helen E. Longino, conjugando elementos postmodernistas
con referencias a la autoridad de la epistemología feminista, afirma que
la objetividad en el sentido clásico del término ha
sido sobrevalorada en la ciencia hasta el día de hoy, sobre todo por el
dominio que en ella han tenido los varones («Essential Tensions - Phase
Two: Feminist Philosophical, and Social Studies of Science», en: McMullin
[ed.], The Social Dimensions of Science, University of Notre Dame, Notre
Dame 1992, 202). De este modo, la objetividad no sólo es gradual, sino
que además está condicionada por la cultura. Sería una
ilusión creer en la imparcialidad del estudioso, o en la propagación
de una ciencia axiológicamente neutral; por lo que, sin lugar a dudas, la
orientación feminista juega un papel positivo para el desarrollo de la
ciencia desde el punto de vista heurístico, al romper con un pasado en el
que en la ciencia dominaba la exclusión del feminismo, el antifeminismo
o, mejor, la misoginia (H.E. Longino trata ampliamente estas cuestiones en Science
as a Social Knowledge, Princeton University Press, Princeton 1990. Entre los
representantes de la epistemología feminista existen diferencias
profundas en los puntos de vista; cf. H.E. LonginoE.A. Hommonds, «Conflicts
and Tensions in the Feminist Study of Gender and Science», en M.HirschE.F.
Keller [ed.], Conflicts in Feminism, Routledge, New York 1990, pp.
164-183). La búsqueda de un estilo nuevo, según el espíritu
que postula el postmodernismo, debería convertirse en un signo de
apertura intelectual y en una liberación de los esquemas dogmáticos
del pasado.
Por mi parte, soy menos optimista, y opino que la «apertura»
comprensiva ante fenómenos patológicos no forma parte del
patrimonio intelectual socrático. La apertura al absurdo se puede tolerar
en plan de broma en las reuniones de sociedad, pero no en la búsqueda
académica de la verdad. La consigna de cultivar de forma sistemática
la ironía o el humorismo sirve sólo para introducir en la reflexión
racional ciertos elementos cuya responsabilidad recaía en épocas
pasadas sobre el juglar de la corte. La tolerancia del intelectual no puede
consistir en ser comprensivo con las tesis absurdas. Desde la perspectiva de la
caída del totalitarismo marxista se puede valorar fácilmente a dónde
conduce la tolerancia para con el absurdo. La prolongada apertura de algunos
economistas a los «éxitos» de la economía socialista, ha
producido unos frutos que la sociedad tendrá que sufrir todavía
durante mucho tiempo. Pero el marxismo ha dejado también las huellas de
la devastación en el campo de la cultura o de la ciencia. Cerrar los ojos
ante esta realidad, y fomentar que los experimentos culturales marxistas continúen
bajo capa postmodernista, es un pecado de omisión que dejará una
huella profunda en la destrucción sistemática del ambiente académico.
Dentro del postmodernismo, existen muchas corrientes y
muchas modalidades de desarrollo. Incluso dentro del círculo de autores
que cultivan el patrimonio científico de Jacques Derrida, se presentan
diferencias profundas entre los seguidores americanos y franceses. De todos
modos, a grandes rasgos el postmodernismo se caracteriza por su desconfianza
hacia la filosofía y hacia las posibilidades de conocimiento de la
ciencia tradicionalmente entendida. En el pasado, se buscaba una profunda revisión
de los instrumentos de nuestro conocimiento para paliar las deficiencias
conocidas. Pero según el postmodernismo esto no es posible. De lo único
que podemos estar seguros es de que la verdad absoluta es inalcanzable, por lo
que tenemos que resignarnos a nuestra situación con una mezcla de ironía
y de sentido del humor.
Desde esta perspectiva, el postmodernismo abre un amplio
campo de acción a todos los que aprecian la brillantez y la armonía
en la palabra por encima de la búsqueda de la verdad. A las preguntas
razonables y profundas se puede responder haciendo burla. Todo problema se puede
reducir a un chiste o a un happening. Lo cual es una propuesta óptima
para todos aquellos que no tienen ninguna gran novedad que aportar a la filosofía,
pero que querrían saber decirlo de un modo atractivo desde el punto de
vista formal. Por eso muchos críticos consideran el postmodernismo como
una nueva forma de narcisismo intelectual, que es significativa para la cultura
contemporánea. Ch. Lash esboza en las páginas de su famoso
best-seller The Culture of Narcissism un Narciso liberado, que huye
sistemáticamente de la comunidad, de la seriedad o de la reflexión,
todo lo cual podría turbar la contemplación estética del
reflejo del propio rostro. En vez de las grandes disputas morales, o de las
preocupaciones científicas que se refieren a la racionalidad de las
motivaciones, cultiva la filosofía sin complicaciones del simple Ok,
haciendo al mismo tiempo una opción por un estado moral consistente en la
autoveneración y en la mediocridad.
Dentro de las diversas versiones del postmodernismo se
encuentran también trabajos equilibrados, que evitan el radicalismo
excesivo y mantienen la moderación por lo que respecta a la valoración
de las posibilidades intelectuales humanas. Aunque por lo general estos autores
no hacen sino repetir las tesis que los filósofos de la ciencia y los
epistemólogos conocen ya desde hace medio siglo. Hay motivos para pensar
que el postmodernismo puede tener una función positiva en el arte y en la
literatura, inspirando nuevas concepciones que rebajen importancia a la idea clásica
de racionalidad y de verdad. Tienen también valor algunos trabajos
postmodernistas que tocan algunos aspectos de la cultura contemporánea,
como la obra de Zygmunt Bauman (cf. su libro Modernity and Ambivalence,
Blackwell Publishers, London 1993). Pero, de todos modos, el postmodernismo
antiintelectual que practican los postmarxistas frustrados puede dar como único
fruto la devastación del ambiente cultural e intelectual. La cultura de
la disgregación que el postmodernismo propone como axioma elemental puede
tener como consecuencia la disgregación de la cultura, la desaparición
de los valores objetivos que definían la forma de la tradición
intelectual socrática. El esfuerzo cognoscitivo del hombre lo sustituye
el juego atractivo de las palabras, mientras que los nexos de la argumentación
lógica quedan reemplazados por las pautas de la moda. Al final, puede ser
que sea la misma moda la que acabe rebelándose contra el mismo
postmodernismo. Los simpatizantes de nuevas formas de pensamiento podrían
crear el post-postmodernismo, el neo-postmodernismo, el neo-antimodernismo, etc,
uniendo invariablemente a cada uno de estos términos la ideología
de la liberación, del progreso, y del distanciamiento del antiguo
estereotipo del pensamiento racional (cf. por ejemplo Cywilizacja na lawie
oskarzonych, [La civilización, en el banquillo de los acusados], Res
Publica 1990, 201).