NOTITIAE
PARLEMENT EUROPÉEN
I - Le Traité sur l'union Européenne et la culture
La signature du Traité de Maastricht en 1991 aura des conséquences
favorables sur le secteur culturel. Désormais, les actions communautaires
dans le domaine de la culture seront pleinement légitimées.
L'examen du paragraphe 1er de l'article 128 du Traité le met en évidence:
il ne s'agit pas d'instaurer une politique culturelle communautaire, mais plutôt
d'accomplir un effort commun, tendu à la fois vers le progrès des
cultures des États membres et vers la promotion du patrimoine culturel
commun.
Dans le même sens, le paragraphe 2 de l'article 128 l'affirme
clairement: le rôle de l'Union sur le plan culturel se présente
comme un simple complément. L'Union devra accorder son appui seulement
lorsqu'une intervention à son niveau s'avèrera souhaitable. Sur le
plan pratique, ces dispositions ne favorisent guère l'adoption
d'initiatives de la part de l'Union, dans le domaine culturel. La Communauté
pourra seulement encourager d'éventuelles actions. Autrement dit,
l'initiative dans le domaine culturel demeurera intégralement entre les
mains des États membres. L'application ici du principe de subsidiarité
vise à garantir le respect du pluralisme et de la diversité des
cultures du continent européen, qui doivent être protégées
de tout dirigisme idéologique et d'une gestion de type technocratique.
Le paragraphe 4 de l'article 128 oblige la Communauté à tenir
compte des aspects culturels à l'intérieur de tous ses programmes
politiques. On peut le regretter: les décisions se prennent exclusivement
au niveau ministériel, sur recommandation de la Commission, et sans
demander l'opinion du Parlement sur ces questions.
II - Le dialogue culturel
Depuis 1987, la Commission présente des propositions pour la
promotion du dialogue culturel entre la Communauté et l'ensemble du
monde. Ce dialogue pourrait permettre à la Communauté de diffuser à
une plus grande échelle et avec davantage de chances le message humaniste
des valeurs dont s'inspire la construction européenne.
D'autre part, un tel dialogue est nécessaire par le fait que les
cultures les plus significatives du monde actuel mettent parfois en évidence
de profondes affinités avec les cultures européennes. Ce dialogue
entend aussi répondre aux attentes de nombreux pays qui souhaitent ne pas
voir le projet communautaire se limiter exclusivement aux réalités
économiques et commerciales.
L'Europe des Douze représente seulement une partie du continent européen.
La signature de l'Accord sur l'Espace économique européen et la
signature des accords d'association avec la Pologne, la République Tchèque,
la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie devraient permettre la
relance du dialogue culturel, interrompu, dans le cas de ces pays, durant
cinquante ans. Le dialogue culturel est sans doute la meilleure réponse à
opposer à la montée du racisme et de la xénophobie à
l'Ouest et à la montée des nationalismes à l'Est.
Toutefois, le renforcement du dialogue culturel à l'intérieur
du vieux continent, favorisé par la chute des régimes anti-démocratiques,
ne devra pas se réaliser au détriment des relations culturelles
entre la Communauté et l'ensemble du monde. En ce sens, le Parlement
Européen considère essentiel de relancer le dialogue euro-arabe,
de mettre en pratique les dispositions culturelles figurant dans la Convention
de Lomé IV, d'appliquer les clauses culturelles des accords de coopération
entre la Communauté et les pays latino-américains et asiatiques,
de promouvoir les échanges culturels avec les États-unis, le
Canada, le Japon et l'Australie.
III - Perspectives nouvelles pour le secteur culturel
Les propositions les plus récentes de la Commission visent un triple
objectif: 1. promouvoir la mémoire des peuples européens, 2.
favoriser le développement des cultures à travers des actions spécifiques
d'encouragement, 3. développer la coopération culturelle avec les
pays tiers et les organisations internationales compétentes.
Selon le Parlement européen, les actions communautaires concernant
le patrimoine architectural, l'édition et le secteur audio-visuel devront
être poursuivies et développées. De telles actions
s'adresseront en priorité aux jeunes. Elles comprendront les régions
périphériques et les zones rurales de la Communauté, sans
oublier les travailleurs immigrés résidant sur son territoire. Il
importe de protéger prioritairement les expressions culturelles et
artistiques populaires, correspondant à une forme de convivance menacée
tant à la ville qu'à la campagne. En ce sens, les «réseaux
culturels» pourront constituer un important moyen de diffusion
culturelle à travers la coopération transfrontalière et
multilatérale, de la part d'institutions culturelles - musées,
archives, bibliothèques - et d'organismes culturels comme les
associations établies dans les États membres. Ces associations
pourront diffuser, faire connaître et apprécier l'esprit européen
dans les diverses régions. Le Parlement européen considère également
fondamental le renforcement du dialogue sur les questions culturelles, avec les
autorités politiques et les milieux professionnels.
IV - Propositions culturelles sectorielles
1. Livre et lecture
Malgré la prolifération des nouveaux moyens de communication,
le livre demeure le principal véhicule culturel. Le Parlement européen
souhaite:
1. Une protection efficace des droits d'auteur.
2. Un soutien à la traduction littéraire, notamment
d'oeuvres publiées en langues européennes de moindre diffusion à
travers l'aide à la formation de traducteurs et le concours d'écoles
professionnelles spécialisées.
3. un recours systématique au support de papier pour garantir
la pérennité du livre.
4. La promotion des livres pour enfants et jeunes.
5. L'aide à la réalisation de festivals littéraires,
organisés autour d'un thème central comme par exemple le Festival
de Saint-Malo, «Étonnants Voyageurs», dédié
au thème du voyage dans la littérature, essentiel pour le
rapprochement entre peuples et cultures.
2. Bibliothèques
Dans la Communauté européenne, 75.000 bibliothèques
publiques conservent 1.200.000.000 (un milliard deux cents millions) de livres.
Dans ces bibliothèques travaillent plus de 250.000 personnes, tandis que
23% environ de la population de la Communauté consultent régulièrement
ces institutions. Toutefois, les divergences sont profondes entre le Nord et le
Sud de la Communauté. Le Parlement européen souhaite une
intervention dans le secteur des bibliothèques, pour insister sur:
1. La formation d'un personnel spécialisé.
2. L'intensification du recours au microfilm, pour protéger
les oeuvres déposées.
3. L'introduction de nouvelles technologies de l'information dans
les bibliothèques.
4. Le développement de la normalisation, surtout celle des
catalogues.
5. L'appui à la création de bibliothèques itinérantes,
en particulier dans les régions rurales ou isolées.
6. La poursuite de la convergence des politiques nationales destinées
au secteur des bibliothèques.
3. Archives
La situation des archives dans la Communauté est analogue à
celle des bibliothèques. Les pays du Nord de l'Europe, et en particulier
le Danemark, sont parvenus à résoudre plus rapidement que les pays
du Sud le défi que représentent les archives du XXe siècle.
Ce défi, directement lié à l'augmentation considérable
de la masse des documents, est dû à l'intégration d'archives
privées et d'archives d'entreprises dans les archives centrales, à
l'augmentation inouïe de la quantité de documents produits par
l'administration centrale.
Le Parlement européen s'est prononcé en faveur de l'ouverture
au public des archives de la Communauté européenne, trente ans après
la publication des documents, et invite les autres institutions communautaires à
adhérer à son initiative de déposer les archives auprès
de l'Institut universitaire européen de Florence.
Concrètement, le Parlement européen propose:
1. l'harmonisation des méthodes de catalogage et
d'informatisation,
2. la publication des inventaires,
3. l'application de normes d'accès harmonisées,
4. la création d'un organisme inter-institutionnel
responsable de la gestion commune des archives historiques de la Communauté.
VÉRITÉ ET CULTURE
La vérité au coeur de la culture, la culture comme
recherche de la vérité. Les catholiques engagés dans
l'Université ne peuvent demeurer en dehors du rapport dynamique et
constructif qui unit vérité et culture. Pour cette raison, le
samedi 7 mai 1994, sous la conduite de son responsable, Mgr Lorenzo Leuzzi, la
Commission diocésaine pour la Pastorale universitaire du Vicariat de Rome
a organisé, dans la Salle Paul VI de l'Université pontificale du
Latran, le second Symposium des Enseignants des Universités de Rome, sur
le thème: Vérité et Culture.
Grâce à une étroite collaboration entre les Instituts
pontificaux et laïques, l'Université est de plus en plus un lieu
privilégié d'élaboration de la culture. Pour cela, elle
revendique le rôle fondamental qui lui revient en matière de
formation religieuse, qu'il s'agisse d'un enseignement plus approfondi et plus
systématique de la foi, ou, à tout le moins, orienté vers
la recherche du sens de la foi. Car, précisait le Cardinal Camillo Ruini
en ouvrant les travaux du Symposium, «... il nous faut être
conscients des difficultés de la foi aujourd'hui. Il ne faut pas considérer
comme évident, dans la culture et chez les sujets concrets, ce qui n'est
pas évident du tout, c'est-à-dire la présence d'une foi
certaine». La foi n'est pas une opinion. Citant Tertullien, le Cardinal
le rappelait: «Le Christ a dit être la Vérité, non
la coutume». Chercher la vérité c'est donc chercher le
Christ, et vice-versa. «Pour cela, la question de la vérité
et, concrètement, la lutte pour la vérité de la foi, est
aujourd'hui un point décisif pour l'Église et pour le
christianisme lui-même, au triple niveau théologique, culturel et
pastoral. C'est le noyau le plus profond de ce que le Pape appelle la nouvelle évangélisation».
Ces paroles ont ainsi conduit à aborder sans plus tarder le thème
de la pastorale universitaire. Les dimensions et l'importance d'un tel champ
d'action ecclésial sont d'ailleurs rappelées dans les pages de
conclusion du nouveau Document interdicastériel Présence de l'Église
dans l'Université et dans la Culture universitaire, publié par
la Congrégation pour l'Éducation catholique, le Conseil pontifical
pour les Laïcs et le Conseil pontifical de la Culture, au mois de mai 1994,
et dont nous offrons le texte espagnol dans les Documenta de ce même
numéro: «Parmi les immenses champs d'apostolat et d'action dont
l'Église porte la responsabilité, la culture universitaire est
l'un des plus prometteurs, mais aussi l'un des plus difficiles» (p.
25). «Pour cela même, il nous faut nous consacrer à un
travail et à un itinéraire de formation qui soient vraiment
permanents», poursuivait le Cardinal Ruini dans son intervention
d'ouverture. «Ce travail ... possède une inaliénable
dimension personnelle, mais c'est également un travail communautaire,
dans lequel nous nous aidons mutuellement». Travail de grande
responsabilité, qui touche, au niveau interdisciplinaire, tous les
domaines de la recherche dans lesquels l'Université travaille en étroit
contact avec le monde des jeunes.
L'originalité de l'organisation de ce Symposium a surtout consisté
dans le fait de subdiviser les rapports selon les diverses aires de culture et
de recherche: théologie, philosophie, lettres, médecine et
biologie, technologie, droit et politique, histoire, sciences humaines, économie,
physique, mathématique et informatique.
Parmi les diverses communications, le Professeur Rino Fisichella a tenu, une
fois encore, à redéfinir et à actualiser la figure et
l'oeuvre scientifique du théologien, faisant noter combien «depuis
longtemps déjà, la théologie a pu rétablir un
dialogue avec les diverses sciences». Ceci parce que «... la
théologie possède une égale dignité scientifique
dans l'organigramme des sciences». Elle possède un but
particulier et précis, et la finalité spécifique qui caractérise
toute science. Tout ceci invite fortement la théologie à rendre
plus digne la vie humaine et à contribuer ainsi au vrai progrès de
l'humanité. Dans cette optique, le Professeur Fisichella évoquait
la question du progrès de la connaissance, qui impose nécessairement
l'analyse de la dimension éthique, afin de préserver la dignité
de l'homme. Certes, «il ne revient pas au théologien de juger
les conquêtes des diverses sciences. Il est toutefois tenu, au nom même
de la compétence qu'il acquiert par sa relation avec la Révélation,
d'exprimer son jugement sur l'usage de ces conquêtes, sur le sens qui leur
est donné et sur "l'idéologisation" qui en est faite».
Parmi les domaines qui ont favorisé l'émergence d'intéressantes
perspectives de recherche, grâce au dialogue et à la compénétration
entre vérité et culture, il convient de signaler la technologie et
la philosophie. De la première a parlé le Professeur Giancarlo
Maura, de l'Université «La Sapienza» de Rome. Il a mis
en évidence l'incohérence «entre les idéologies de
la première moitié de notre siècle tendues vers
l'exaltation a-critique et, en de nombreux cas, exagérée du progrès
technologique, et celles qui, dans les années plus récentes, ont
conduit à une sorte de "démonisation" du progrès
technologique, comme s'il était intrinsèquement responsable de la
dégradation de la qualité de la vie». «Ces deux
attitudes contrastent avec la vérité. Donc, il est de la
responsabilité de l'enseignant, et plus encore s'il se déclare
catholique, de s'engager à dessiner objectivement les limites de la
question». A propos de sa discipline qui maintient, tout comme la théologie,
des rapports constructifs avec le concept de vérité, le Professeur
Armando Rigobello, Professeur ordinaire de Philosophie morale à «La
Sapienza», identifiait comme objectif actuellement prioritaire de
collaboration entre enseignants universitaires, celui d'une aide concrète
pour «faire disparaître l'interdiction d'accéder au
concept de transcendance». C'est inévitable: le rapport entre vérité
et culture renvoie au rapport entre recherche philosophique et foi: «La
philosophie a, certes, pour mission de maintenir ouverte la question du sens
ultime, mais la foi est, de son côté, offrande du sens qui embrasse
l'horizon le plus vaste, celui de la transcendance. La foi, elle aussi,
questionne, et l'intellect lui répond, en lui adressant d'autres
demandes. Ainsi s'instaure un courant de communication réciproque entre
philosophie et foi».
En conclusion des travaux, les participants au Symposium ont considéré
leurs futures activités. Aux enseignants a été confiée
la charge de concrétiser et poursuivre le chemin entrepris pour animer
culturellement l'Université et les institutions de la Ville qui lui sont
liées. Afin de favoriser le développement d'initiatives, le
prochain Symposium a été fixé au mois de mai 1996, avec
pour thème: «L'Évangile de la charité pour une
société nouvelle». La vérité chrétienne
ne saurait faire fi de l'amour du Christ et des frères. Les étudiants,
eux-mêmes, seront appelés à en témoigner, après
avoir participé, au mois de mai 1995, au Ier Congrès des Étudiants
des Universités de Rome.
FOI ET CULTURES AUTOCHTONES CHEZ LES INDIENS DU GRAND NORD
Les Églises diocésaines du Grand Nord Canadien ont organisé,
du 13 au 17 juillet 1994, à Fort Simpson, une rencontre sur la foi et les
cultures autochtones. Cet événement marquait le dixième
anniversaire de la première visite du Saint-Père au Canada.
C'est à Fort Simpson que Jean-Paul II, lors de sa visite pastorale de
1987, visitait les Indiens autochtones et les invitait à cultiver leurs
valeurs morales et spirituelles, à conserver leur propre héritage
culturel avec ses traditions particulières et ses coutumes, à
comprendre que l'Évangile, loin de détruire cet héritage,
contribue à le purifier et à l'élever. «Dès
lors, ajoutait le Pape, non seulement le christianisme est-il très
valable pour les peuples indiens, mais le Christ, par les membres de son Corps,
est lui-même Indien».
L'enjeu d'une telle rencontre est grand: comment favoriser la naissance et
la croissance d'une Église essentiellement composée d'autochtones,
qui recueille, purifie et promeuve la spiritualité des Indiens du Canada?
Ce défi est celui de l'évangélisation d'une culture
particulièrement centrée sur les relations entre les hommes et
avec la création. C'est aussi le défi de l'inculturation de la foi
dans un héritage culturel riche de valeurs spirituelles, sensible au Créateur,
à la valeur du créé, et à la qualité des
liens entre les personnes qui forment la communauté indienne.
L'EUROPE CONTRE L'INTOLÉRANCE
Le Conseil de l'Europe a organisé, les 3 et 4 mars 1994 à
Strasbourg, un Séminaire d'études sur le phénomène
de l'intolérance, qui s'est ouvert par un discours du cardinal Franz König,
dans lequel l'archevêque émérite de Vienne a tracé un
tableau exhaustif de la situation actuelle.
Les Églises et leur vision de l'homme et du monde ont contribué
de façon décisive à l'échec des forces destructrices
du national-socialisme et, plus récemment, du communisme. En soi, la
religion est dotée d'une force hautement «intégrante»,
dans la mesure où elle se propose de fournir une réponse aux
grandes questions de la vie, qui tiennent une place si importante dans le coeur
des hommes.
Dans les prisons, dans la résistance contre le régime
communiste, des adversaires politiques et religieux se sont réconciliés,
se sont associés pour lutter ensemble contre l'ennemi commun. Ils ont
fait l'expérience d'une base commune à tous les humains: les «droits»
élémentaires de l'homme qui permettent de développer et
d'approfondir des relations personnelles solides.
Force est cependant de constater que l'homme peut abuser de la religion,
voire de sa foi. De nos jours, de telles oppositions entre adversaires religieux
irréconciliables, de tels conflits religieux sont communément désignés
par le terme «fondamentalisme», et sont donc considérés
comme représentatifs de courants qui, pour défendre les fondements
de la religion supposés en péril, deviennent agressifs et
suscitent des affrontements.
Et le cardinal de présenter une vision panoramique des diverses versions
du fondamentalisme religieux. Du fondamentalisme protestant nord-américain
du début de ce siècle au fondamentalisme «àl'européenne»,
il montre combien les adeptes de cette tendance s'allient et se rassemblent au-delà
de toutes frontières religieuses et culturelles, inquiets - parfois
non sans raison - de l'omnipotence d'une certaine science, du danger de
conflagration mondiale, de la destruction de l'environnement, des prouesses
techniques d'ordre génétique, et surtout d'une perte d'identité,
de culture, de valeurs et de normes: «Voilà ce qui fait naître
la méfiance et l'amertume, voilà ce qui provoque des accusations
d'hérésie, voilà ce qui - loin de promouvoir l'entente et
la coopération - consolide les barrières et frontières - et
ce dans une Europe en quête d'unification». La renaissance de
l'Islam dans sa version fondamentaliste s'enracine dans la même
problématique.
Pour comprendre le fondamentalisme, il importe de discerner son «adversaire»,
celui qui lui permet de délimiter sa position dans le monde. «En
Amérique du Nord, c'était le communisme; en Europe, c'est le monde
moderne, sécularisé avec son libéralisme et son
subjectivisme religieux. Par ailleurs, plus la situation politique et économique
du monde devient complexe, plus les gens souhaitent des réponses simples,
des principes aisément intelligibles, défendus par des personnalités
charismatiques. Parallèlement, on observe une tendance de plus en plus
nette à une évaluation "noir/blanc" qui refuse de
prendre en considération la complexité du monde d'aujourd'hui».
Une seule voie permet la rencontre et la confiance: le dialogue, l'exemple
personnel reposant sur des principes religieux et humains clairement définis.
La «crise du progrès» est la suite logique de
l'effondrement du communisme. Les mutations culturelles des années 90 ont
balayé les anciens points de repère. Une constatation s'impose:
après 45 ans de communisme, le vide laissé n'a pas été
comblé par la démocratie et l'économie de marché,
mais a abouti à une résurgence des nationalismes et au chaos économique.
Il faut le reconnaître: la liberté est moins élégante
qu'on ne l'attendait. La renaissance des nations a engendré une
renaissance des nationalismes.
Les droits de la personne apparaissent comme l'élément-clé,
la référence et la norme, pour discerner, évaluer et
combattre l'intolérance. En conclusion, la lutte contre l'intolérance
requiert des interventions multiples et à tous les niveaux. Le Secrétaire
Général du Conseil de l'Europe relevait huit instances
essentielles pour la promotion et la défense de la tolérance:
- au plan des Organisations Internationales, comme le Conseil de
l'Europe, en protégeant les minorités;
- au niveau de l'État, en tenant compte d'un fait: l'État
faible comme l'État totalitaire favorisent l'intolérance. L'État
se doit de mener des actions positives, notamment en matière de
scolarisation, et spécialement en faveur des minorités
culturelles;
- au niveau des collectivités locales qui ont leur rôle
à jouer en ce qui concerne l'amélioration du cadre de vie et la
diffusion d'actions positives;
- au niveau de l'éducation, essentielle pour la construction
d'une Europe tolérante: le Conseil de l'Europe a des projets nombreux et
concrets en ce domaine;
- au niveau des médias: le Conseil de l'Europe a déjà
promu des actions en faveur de l'indépendance des médias, car ils
sont susceptibles, surtout la télévision, de jouer un rôle éducatif;
- au niveau des organisations non gouvernementales et des associations:
de nombreuses ONG jeunesse sont directement associées à la
Campagne du Conseil de l'Europe pour la tolérance. Les motivations et le
rayonnement des associations sont indispensables pour une telle entreprise;
- au niveau des Églises, qui doivent contribuer à la
promotion de la tolérance et de la compréhension entre les
peuples. Il importe que l'État facilite l'exercice de tous les cultes
afin d'éviter l'exclusion et la clandestinité qui ne peuvent que déboucher,
à terme, sur davantage d'intolérance, voire favoriser les intégrismes;
- au niveau des personnes: la lutte contre l'intolérance ne
peut se faire sans la participation du plus grand nombre. L'histoire montre les
dangers de la passivité et de l'indifférence et la nécessité
de développer chez tous les individus l'esprit critique et la capacité
de résister lorsque des principes fondamentaux sont remis en cause.
L'APRÈS-SYNODE AFRICAIN: ÉCHOS DE L'ÉGLISE DE CÔTE
D'IVOIRE
Du 10 avril au 8 mai 1994 s'est déroulée à Rome
l'Assemblée spéciale du Synode des évêques pour
l'Afrique, à laquelle avaient pris part notamment de nombreux délégués
des Eglises d'Afrique et de Madagascar. De retour dans leurs pays, certains de
ces représentants ont voulu faire connaître à leur Eglise
les travaux de ce «Synode de l'espérance» en vue d'un
meilleur approfondissement.
Le numéro de juin-août 1994 de "Rencontre"
(Abidjan) donne la parole à trois représentants de l'Eglise de Côte
d'Ivoire au récent Synode africain. Dans sa contribution «Le
Synode au fil des jours» (pp.3-7), Mgr Bernard AGRE regrette qu'un si
grand événement soit passé presque inaperçu dans les
médias officiels de son pays. Aussi commence-t-il par rappeler les
origines du Synode comme un «acte de foi collectif" voulu par
les Africains eux-mêmes.
Cette première section consacrée aux «informations
diverses sur le Synode» (participants, organisation, financement, déroulement,
documents majeurs) est suivie d'une deuxième sur «le contexte
humain et les questions abordées», qui présente les défis
auxquels l'Afrique est confrontée. Ainsi, à l'heure de la démocratisation
en Afrique, l'auteur plaide pour un modèle de démocratie
respectueux du principe de subsidiarité, c'est-à-dire favorisant
la participation de tous à la prise de décision.
Quant aux «Réactions de l'opinion publique et
interpellations du Synode», Mgr AGRE distingue trois groupes: les
pessimistes pour qui "ce Synode ne sera qu'un grand coup d'épée
dans l'eau"; les optimistes, qui voient l'après-Synode en rose; les
modérés, enfin, qui misent sur la vitalité de
l'Eglise-famille pour relever l'image de l'Afrique.
Toutefois, l'Eglise ne sera vraiment vivante que si elle s'engage dans la
promotion intégrale de l'homme africain avec la lumière de
l'Evangile et en s'appuyant sur la doctrine sociale de l'Eglise. L'article du
cardinal YAGO sur «Justice et paix au Synode: Pour un engagement des
chrétiens en politique» (pp.8-13) s'efforce de jeter une lumière
nouvelle sur les questions de justice et paix, un aspect de l'évangélisation
qui a été peu développé en Afrique.
Ce retard s'explique d'une part par la coutume africaine, qui inhibe les
initiatives individuelles au profit de celles de la communauté, et,
d'autre part, par la conception traditionnelle de l'autorité aggravée
depuis les indépendances par la dictature du Parti unique.
Pour faire face à ce retard, l'Eglise dispose de ressources humaines
considérables qu'il faut cependant apprendre à gérer en se
fixant des objectifs (éveil à la responsabilité
personnelle, à la conscience professionnelle, au sens du bien commun) et
des moyens d'action (éducation du sens social, création des
commissions «Justice et Paix», témoignage de vie).
Au sein de l'Eglise-famille, les femmes ont leur rôle à jouer
dans la construction d'une nouvelle société. Le rapport de Mère
Paul-Florence ABO sur «Femmes et religieuses africaines au Synode»
(pp. 14-15), essaie de rendre compte de l'importance que le récent Synode
a accordée aux femmes africaines.
Rappelons que sur les thèmes abordés au Synode, la rédaction
de "Rencontre" promet, dans son «Editorial»,
d'autres contributions dans ses prochains numéros. Il reste à
souhaiter que d'autres Eglises d'Afrique et de Madagascar fassent entendre leur
voix autour des défis que le Synode a voulu relever.
VIDEO CULTURE
The Pontifical Council for Culture was privileged to receive a delegation of
nine officers of the Leadership Conference of Women Religious and the Conference
of Major Superiors of Men from the United States in mid June this year. In the
course of a very fruitful exchange, we learned, among other things, about the
work done by the Centre for Media and Values in collaboration with the National
Catholic Educational Association. At the end of the meeting, the delegation
generously presented the Pontifical Council for Culture with a kit containing
booklets and a videocassette entitled «Challenging the Image Culture».
Few will deny the powerful impact that images have on our culture today.
There is a definite shift "from the print-based culture of the past to the
image-based culture of the present." Formerly, people lived by the book;
now they live by the image. Archbishop J. Francis Stafford of Denver speaking on
"The Press and the Challenge of Truth" stated: «Over the last
two decades the culture of the press, an institution dedicated to informing and
educating the public, has gradually been overwhelmed and absorbed by the culture
of television, an institution focused on entertaining consumers for a profit.»
The unceasing spate of images tends to lull us into a kind of passive and
unreflective receptivity which in the words of Marshall Mc Luhan, make «the
medium not only the message but also the massage.» Images are perhaps
even more soothing and soporific than a massage! Television images keep on
changing constantly, a different shot, angle or new point of view every three
seconds. That is 1,200 shots per hour, or 30,000 shots per week...Children spend
more time watching television than doing anything else, other than sleeping.
As a medium of communication, television is ambivalent. It can either break
or build. We need to avoid either of the two extreme attitudes: the absolute
canonization or the downright condemnation of television. To take in
uncritically what is being projected is to swallow hook, line and sinker. Media
content needs to be carefully scrutinised so that we are able to pick out
therefrom what enriches our lives and our culture. We are and become what we
watch. If we do not decide to watch what we want, we will soon end up by
watching what we do not want. Parallel to these North American insights, it is
worth nothing that Asian theologians in their Final Statement of the colloquium
on «The Church in Contemporary Asia» held in Pattaya,
Thailand, 10-16 April, 1994, noted: «Just as there is no 'value-free'
technology, there are no 'value-free' media. Through the dissemination of
information and entertainment, media are creating values both good and bad, and
promoting a whole new way of looking at life. A serious discernment is needed on
this.» Also the Working Paper of the forthcoming World Synod of Bishops
to be held in Rome on 'The Consecrated Life and its Role in the Church and in
the World' refers to the mass media as one of the most important "areopaguses"
for the preaching of the gospel and the formation of conscience. To quote: «Today
the world of social communications is one of the most important "areopaguses"
for the proclamation of the gospel and the formation of consciences. The mass
media have a fundamental impact on public opinion and the formation -- or
deformation -- of conscience. In fact, it has been noted how they cause a loss
of value to religious terms; how they are the cause of an erosion of traditional
values; and how they are a challenge to effective training in cultural, social
and moral values. Nonetheless they have a formidable potential for improving
communications, uniting the world and transmitting the truth of the gospel when
they are used for these ends in an intelligent manner and with authentic
professionalism.» (No. 107)
In the light of all this, what are some of the negative effects of
television. It tends to isolate and insulate individuals. One notices how when
the television is on, for example, during a family meal, conversation between
the members is minimal. They watch and eat in silence. And what could have been
really a meal turns out alas to be merely an exercise in mechanical mastication!
An excellent opportunity for interpersonal relationship and table fellowship is
lost. Television thus acts as an obstacle to communication at one of those key
moments when the family comes together.
Television further generates a certain kind of video culture. Violence,
pornography and necrophilia often flood the screen. Recently, it was estimated
that a pre-school American child on the average will have already watched some
twenty thousand murders enacted on the television even before entering school. A
culture of violence is slowly but surely being generated. The level of violence
in society today is definitely higher than what it used to be about a decade or
two ago. The net result of all this can be disastrous particularly for children.
Children are great imitators of adults. They tend to ape grown-ups. It is very
significant to note that in the tragic murder of two year old, James Bulger by
two children aged 10 in England, the judge remarked that there were indeed
striking similarities between the video tape of "Child's Play 3" that
was one of the three movies hired by the father of one of the two boys and the
ghastly murder they had committed by murdering and mutilating two year old James
along the railway line.
An unending wave of commercials inundates the television screen telling us
what clothes to wear, what food to eat, what toiletries to use, what cars to buy
and where to go on a vacation. The ultimate impact of this kind of overt
advertising makes us buy things that we may want but not really need thus making
us victims of consumerism. Precisely because viewers are compelled, albeit
unwittingly, to buy what is advertised, manufacturers invest such huge sums of
money on producing commercials.
However, we must beware not to throw the baby out with the bath water!
Television, like other means of communication, can also prove to be very helpful
and positive. Its powerful potential can be harnessed to build and to educate.
The flood of images that inundate the screen carry a code that needs to be
decoded. That is where media literacy comes in. Particularly in developing
countries, television can be availed of to educate the masses in matters of
health and hygiene. By means of television mass literacy programmes can be
planned and executed. Television can also be utilised to conscientise people
against social injustices and evils like drug addiction, exploitation of the
workers, child labour and prostitution, bride-beating, etc. Besides, a wide
range of educational themes and topics can be screened through the medium of
television: nature and environment, scientific programmes, history and art, to
mention but a few.
Among the interesting items illustrated in the booklets are the following
four principles of Media Literacy.
1. Media construct reality. What is pictured on the TV screen for
example is a cleverly contrived mixture of the real and the fictitious. We need
therefore to "deconstruct" the reality projected to see how it
influences our values and choices.
2. Media use identifiable techniques. Each medium has its own
production techniques: TV uses cuts, dissolves, camera angles and music;
magazine ads use colours and titles; newspapers avail of banner headlines,
photographs and placement of ads. When we examine these techniques we better
understand how, for instance, music can manipulate our emotions.
3. Media are business with commercial interests. TV and the press
often succumb to the financial muscle of sponsoring advertisers. Advertising can
easily become the golden calf which our image culture adores.
4. Media present ideologies and value messages. At times
information is altered while the real story is suppressed to win over the
sympathies of the consumer. Viewers need therefore to examine the truth of the
information that is being publicised.
In this light, parents and educators specially have an important role to
play as regards television and children. They need to avoid making television "a
kind of electronic baby-sitter (and) surrender their role as the primary
educators of their children" as Pope John Paul II noted in his Message for
the XXVIII World Communications Day (15 May 1994).
The Catholic Communication Campaign of the U.S. offered some excellent
guidelines in the popular American weekly 'People' (May 9, 1994) which we list
below. Parents, particularly, will find them very helpful when handling their
children and television.
1. Talk to your children about what they are watching availing of
television programmes to start a family conversation and discussion. This
obviously presumes that parents know what programmes their children are
watching.
2. Control the amount of time that children spend watching
television making it abundantly clear that there are other channels of
education, culture, recreation and entertainment. Never use television as a
bribe either to reward or to punish a child.
3. Foster an environment of learning as a follow-up to television
programmes like getting a child to look up a particular place viewed in the
television programme either in an atlas or reading about a personality portrayed
in the programme in an encyclopedia.
4. Critically analyze what is viewed on television whether it is a
film or a commercial. Sift and sieve out, so as to weigh and discuss values or
non-values that are screened on television thus helping your child to thresh out
the grain from the chaff.
5. Select and decide on programmes well in advance. This is easily
done given the fact that these programmes are listed well in advance in the
newspapers and television magazines. Do not let the television programmers
decide for you and your children as to what you should watch.
6. Call or write to television programme producers either
congratulating them on an excellent production or articulating your protest in
what you considered offensive, perversive or cheap.
One would like to recall by way of conclusion what Pope John Paul II stated
recently in his message on the occasion of the XXVIII World Day of Social
Communications: «Television can enrich family life. It can draw family
members closer together and foster their solidarity with other families and with
the community at large. It can increase not only their general knowledge but
also their religious knowledge, making it possible for them to hear God's word,
to strengthen their religious identity, and to nurture their moral and spiritual
life.»
Readers might like to get in touch with the Centre for Media and Values: The
address of its editorial and business office is: 1962 South Shenandoah Street,
Los Angeles, CA 90034, U.S.A.
THE MEDIA IN THE CULTURAL RELATIONS BETWEEN BULGARIA AND SLOVENIA
1. The media has proved to be a bridge between Bulgaria and
Slovenia. It is through the media to a large extent that these two countries
have come to be acquainted with and to understand each other better. The rapport
between the two countries brought about by the media began in the mid nineteenth
century. It was the Slovenes who first evinced interest in the Bulgarians who
were for them an example of the love for freedom against Ottoman Rule. The young
Slovenian press helped in making readers familiar with Bulgarian history and its
struggle for liberation.
"Boris" by Yosipina Turnograiska, was the first Slovenian
work dedicated in honour of Bulgarian Prince Boris I. Its success lay in the
fact that it was published in the magazine almanac "Zora". The
novel was translated on reaching Bulgaria and thus became the first Slovenian
novel to be translated into Bulgarian. It was through "Zora"
again that the Slovenes got familiar with Bulgarian folk songs. The magazine
later published the first poem on Bulgarian affairs written by the Slovene
author L. Klinar entitled: "A Call from the Balkans".
In the 186Os the all national cultural organisation, "Slovenksa
Matiza", established close relations with the Bulgarian Literary
Society. It also published in 1874 a volume with an article entitled "The
Slavic World" about the Bulgarian people. The Bulgarian uprising in
1876 got wide coverage in the Slovenian press. However, while the Slovenes wrote
much about the Bulgarians, the latter in turn did not reciprocate preoccupied as
they were with their own national struggle for freedom. When finally the
Bulgarians did get freedom from the Ottoman yoke (1878), more news on Bulgarian
literature and culture began to appear in the Slovenian press.
Gradually, Slovenia began to feature in the Bulgarian press. Slovenian
intellectuals came to newly liberated Bulgaria to help in its spiritual revival.
Anton Bezunshek (1814-1915), a Slavic scholar, laid the foundation of Bulgarian
shorthand, wrote the first grammar and textbook of Bulgarian language and also
provided information about Bulgarians to the Slovenes and about the Slovenes to
the Bulgarians.
There were further exchanges between the two countries like the visit of
Slovenian artists in Sofia and the first delegation of Slovenian journalists at
the Bulgarian journalists' Congress held in 1906. Bulgarian scholars like
Aleksander Balan and Stefan Bobchev lived for a while in Slovenia and on their
return wrote about the Slovenes. The two Balkan wars and the First World War
temporarily interrupted relations between the two countries.
2. The exchanges resumed thereafter in the mid 1920s when Bulgarian
literary works continued to be published in Slovenian newspapers and reviews.
The Catholic Church in Slovenia also educated Bulgarian youth.
After World War II contacts between the two countries began on a large
scale, with the Bulgarians writing more on Slovenia and the Slovenes in turn
staging plays on the Bulgarian theatre. This activity declined because of the
conflict between Jugoslavia and Stalin's Informbureau of 1948. The normalisation
of this situation began gradually in the 1960s.
There is a crying need for better cooperation between the two countries and
the conditions for knowing each other are favourable. History has shown how in
the past good relations between the two countries have been disrupted by
poltical factors and circumstances from the outside.
(Adapted from Balkan Media, Vol. III, 2, 1994, pp. 48-49).
NOTICIAS DE AMERICA LATINA
1. Guatemala
Del 27 de febrero al 4 de marzo del presente año estuvieron presentes
en Roma los Obispos de la Conferencia Episcopal de Guatemala, para realizar la
visita «Ad limina Apostolorum».
Como producto de este retornar a Roma para vivir la experiencia de comunión
con Pedro, Maestro de la fe, que confirma a sus hermanos, vale la pena destacar
los elementos positivos que el Excelentísimo Señor Gerardo Flores
Reyes, Obispo de Vera Paz y en ese momento Presidente de la Conferencia
Episcopal, presentó al Santo Padre como resumen de la experiencia de vida
de unas Iglesias particulares, que durante los últimos cinco años,
en medio de grandes dificultades, pero con una gran esperanza y movidos por la
fe, han peregrinado construyendo el Reino de Dios.
La reunión del Sínodo Arquidiocesano por parte de la Iglesia
metropolitana, que ya comienza a producir sus frutos, es el primer punto
significativo; el trabajo pastoral planificado en las diversas diócesis,
que fue diseñado a partir de un plan goblal presentado por la Conferencia
Episcopal; el número creciente de vocaciones a la vida sacerdotal y
religiosa, acompañada de un empeño de formación profunda,
junto con el número creciente de catequistas que constituyen la columna
vertebral de la Iglesia en Guatemala.
Además de lo anterior se puede contar con el gran impulso dado a los
medios de comunicación: en primer lugar se ha ido promoviendo de manera
efectiva la radiodifusión, queriendo llegar con el Evangelio a los
lugares apartados de la patria, y logrando la licencia para poder operar seis
nuevas emisoras de frecuencia modulada; también se ha logrado la
comunicación con el mundo, y de manera particular con la Santa Sede, a
través del correo electrónico.
Imposible dejar en silencio la seriedad con la cual las Iglesias
particulares en Guatemala se han planteado el proceso de la inculturación
del Evangelio, en unas comunidades eclesiales formadas en su gran mayoría
por descendientes de la raza Maya. Este proceso implica una íntima
transformación de los auténticos valores culturales mediante su
integración en el cristianismo, y la radicación del cristianismo
en las diversas culturas. Los Obispos son conscientes de que esta inculturación
implica largos años y exige un discernimiento muy cuidadoso.
Los problemas de la población guatemalteca no son problemas extraños
a sus pastores. Uno de los obispos preside la Comisión que acompaña
a las comunidades de población en Resistencia, víctimas dolorosas
de la lucha armada que desde hace treinta y tres años vive Guatemala;
otro está al frente de la Instancia Mediadora, que busca crear un clima
propicio para el retorno de los guatemaltecos en exilio, de tal forma que se
pueda lograr la reinserción en la sociedad nacional. Durante muchos años
uno de los prelados de Guatemala realizó un gigantesco esfuerzo como
Presidente de la Comisión Nacional de Reconciliación y como
Conciliador entre el Gobierno de la República y la fracción
rebelde conocida como Unión Nacional Revolucionaria Guatemalteca (URNG).
Además los obispos de este país centroamericano, fueron testigos
de honor en el diálogo entre los poderes del Estado que, a causa de
profundos conflictos internos, amenazaron con romper violentamente la
institucionalidad del país. La intervención en estos diálogos
ha sido una tarea difícil que ha exigido sacrificio de los pastores
guatemaltecos.
El problema de las sectas fundamentalistas es un conflicto serio, la invasión
es organizada y tienen como propósito la división de las familias
y debilitar los esfuerzos por la justicia. Finalmente, Mons. Flores manifestó
al Santo Padre la preocupación del episcopado de Guatemala por lo que
denominó la «grosera agresión antinatalista», que como
una plaga se ha lanzado sobre la nación.
Por su parte el Papa invitó a la Iglesia en Guatemala a tener como
punto central de la acción evangelizadora el misterio de Cristo en su
integridad, y pidió a los agentes de la nueva evangelización
preservar las riquezas espirituales del pueblo y favorecer en todos la conversión.
El Pontífice quiere animar y exhortar a sus hermanos en el Episcopado a
continuar, apoyados en la Doctrina social de la Iglesia, en la atención
constante a los sectores del pueblo que se encuentran afligidos por la pobreza,
de manera especial los indígenas, y a defender los legítimos
derechos a sus propiedades, al trabajo, a la educación y a la paticipación
en la vida pública del país.
2. Catequesis inculturada en el Nordeste del Brasil
A comienzos del presente año, del 24 al 29 de enero, en el Seminario
Arquidiocesano de San Antonio, en San Luis de Marañón (Brasil), se
realizó un curso que tuvo como tema: Catequesis inculturada,
catequesis familiar y de adultos. Participaron más de 300
catequistas.
El eje principal de la reflexión fue la catequesis inculturada.
El tema se fundamentó a partir de los elementos constitutivos de la
cultura: la relación del hombre con la creación, con los bienes,
con la producción (la economía); la relación del hombre con
sus hermanos, con la sociedad (el sistema de poder, la política); la
relación con Dios, expresiones de fe, de piedad, ritos, liturgia,
oraciones (la religión y la religiosidad popular). Fueron motivo de
profundización los proyectos para el futuro, las esperanzas, los rasgos básicos
e importantes de cada cultura. El misterio de la Encarnación fue la luz
teológica que diariamente estuvo presente en todos los trabajos.
La realidad del Brasil, su economía, su sistema de poder, las ideologías,
la corrupción, la falta de ética y de moral en relación con
el uso de los bienes y sus consecuencias sociales, fueron temas asumidos en los
trabajos realizados. La enseñanza social de la Iglesia, y sobre todo lo
que afirmó la IV Conferencia General del Episcopado Latinoamericano,
reunida en Santo Domingo en 1992, sobre la «Promoción Humana»
fueron la base para la reflexión de los catequistas del Marañón.
La preocupación mayor fue la búsqueda de caminos para la
liberación integral del hombre, de manera particular de los excluídos
de la sociedad, llegando a la conclusión de que la liberación, la
organización y la opción evangélica (no exclusiva ni
excluyente) por los pobres, forman parte del contenido integral de la
catequesis.
Entre las líneas de acción propuestas se llegó a
concluir que los encuentros diocesanos y el Regional, deben tener como puntos
claves de reflexión una catequesis comunitaria de adultos y una
catequesis familiar con rostro y corazón marañense. La liturgia
debe estudiar concienzudamente formas de inculturación, de tal manera que
se asuman gestos, símbolos, expresiones corporales, cantos, instrumentos
musicales, propios de la región del Marañón. Un reto será
siempre el diálogo constante con el clero, buscando que los sacerdotes
lleguen a ser agentes de una catequesis inculturada. El encuentro fue de gran
interés para los medios de comunicación, sobre todo la televisión,
que dedicó algunos espacios al encuentro; también la radio tuvo en
cuenta esta reunión en diversas ocasiones, y además aparecieron
algunos reportajes en los periódicos locales. Todo lo anterior demostró
el interés de los Mass Media por el tema tratado.
El Curso concluyó con una celebración eucarística, que
respetando en sus elementos esenciales el rito, fue un esfuerzo de inculturación.
Las procesiones, las moniciones, los símbolos, el lenguaje, los cánticos,
fueron un ejemplo de cómo es posible celebrar inculturadamente la
Eucaristía, haciendo de una celebración que es considerada como el
centro de la fe, una verdadera pascua vivida, una presencia del Enmanuel en
medio de su pueblo, en medio de su Iglesia. La celebración de una
liturgia verdaderamente inculturada hace pensar en los esfuerzos y en la
colaboración de los equipos de la celebración, porque sin ellos
hubiera sido casi imposible llegar al éxito de nuestra Eucaristía
intensamente vivida.
3. Jornadas de la Organización de Universidades Católicas
de América Latina
La Universidad del Salvador de Buenos Aires (Argentina) acaba de publicar en
dos volúmenes el Aporte de las Universidades Católicas al
quinto centenario del Descubrimiento y de la Evangelización de América.
Su misión ante la Nueva evangelización, que responde a las
Jornadas que promovió la Organización de Universidades Católicas
de América Latina (ODUCAL), del 13 al 16 de septiembre de 1992. La
publicación recoge las numerosas intervenciones con la multiplicidad de
temas que nos muestran los numerosos campos que se pueden establecer entre la fe
y la cultura.
Entre los puntos que más sobresalen podríamos citar: El
comienzo de la evangelización y la acción evangelizadora de América,
la familia como elemento fundamental en la transmisión de la fe y la
cultura, el modelo del dirigente cristiano. El escenario geográfico
americano y el modelo del hombre latinoamericano. La concepción de las
ciudades en la América hispánica junto con las expresiones artísticas
y la a-culturación en los pueblos ayer y hoy. El humanismo en la
literatura. La integración de América. La manera de recuperar el
patrimonio histórico y el análisis de algunos aspectos lingüísticos
en la integración de América.
Como se puede percibir, es una mirada amplia en relación con la
cultura de la América Latina desde la perspectiva de la Universidad, que
nos brinda un aspecto cualitativo para comprender de una forma muchísimo
más clara los elementos comunes que se encuentran a la base de las
diversas culturas latinoamericanas.
4. XIII Jornadas Nacionales del Patrimonio Cultural de la Iglesia en
España
Nos ha llegado recientemente la publicación que la Comisión
Episcopal para el patrimonio cultural realizó y que está dedicado
al encuentro que del 21 al 24 de junio de 1993, se llevó a cabo en la
Casa de Ejercicios de San José de los Religiosos de los Sagrados
Corazones, en el Escorial. Los participantes en esta importante reunión
fueron convocados por la Conferencia Episcopal Española, a través
de la Comisión Episcopal que se ocupa de los bienes culturales de la
Iglesia. Los destinatarios eran todos aquellos que tienen el trabajo de
responder e interesarse en la conservación, utilización y
acrecentamiento del patrimonio cultural de la Iglesia, en todas las diócesis
españolas, en las Asociaciones Nacionales y en la Conferencia de
Religiosos. Teniendo en cuenta que el Plan Pastoral de la Conferencia Episcopal
es la Nueva Evangelización, la reflexión estuvo orientada a poder
discernir el Patrimonio Cultural de la Iglesia en relación con la Nueva
Evangelización. El patrimonio cultural que se posee sirve para seguir
anunciando a Jesucristo hoy en diálogo con el mundo.
El camino de la reflexión y estudio sobre el tema está
abierto, es indispensable descubrir los trabajos prioritarios que se deben
realizar. Fueron analizadas las tendencias de la arquitectura religiosa en España,
buscando la nueva concepción que subyace en la manera de comprender hoy
el espacio religioso. La experiencia religiosa española está
profundamente unida a una práctica cultural típica: el Camino de
Santiago. La Europa de siglos anteriores peregrinó a la tumba del apóstol
en Compostela, y este camino dio origen a una serie de formas pastorales, que
hoy es necesario revalorar y utilizar como una manera, que aún hoy es válida,
siempre y cuando esté acompañada de un programa evangelizador.
Santiago es sólo un Camino que puede inspirar nuevos caminos de renovación
de una Pastoral realmente evangelizadora.
La mística que tanto desarrollo encontró en el suelo español
en los siglos precedentes, tuvo en esta jornada su momento de reflexión
cuando se le consideró como elemento inspirador del arte, entablando una
estrecha relación entre el pensamiento místico y el pensamiento
artístico. La mirada sin embargo no puede permanecer en el pasado, era
indispensable analizar las últimas directrices y criterios de la
Comunidad Europea, porque ellos afectan a los proyectos culturales de las
diversas Iglesias particulares, y es allí donde se abre un extenso campo
de trabajo para la inculturación del Evangelio y al mismo tiempo para la
evangelización de las culturas. El patrimonio cultural de la Iglesia, no
sólo representa un tesoro que debe ser conservado, sino que es un
instrumento de evangelización y una oportunidad de diálogo con el
mundo al cual la Iglesia está llamada a servir, anunciándole el
Evangelio. Los medios artísticos de los que dispone la Iglesia hacen que
el trabajo pastoral pueda ser más completo, eficaz y acertado.
Desde hace algunos años la Comisión Episcopal, a través
de su Secretariado Nacional, mantiene una vía de contactos, información
y colaboraciones, tendentes a la mejor protección y a la recuperación
de obras del abundante y valioso patrimonio histórico generado,
conservado y utilizado por la Iglesia para su misión evangelizadora.
Entre todos los aspectos tratados se tuvo en cuenta también la seguridad
del patrimonio cultural, se habló de un proyecto atractivo y bien pensado
al respecto, que abarca también un plan sistemático de conservación
de las instalaciones y que está a disposición de los interesados.
La divulgación para el conocimiento del patrimonio cultural de la
Iglesia es necesaria, de ahí que también el tema de la publicación
y ediciones de obras de estudios sobre bienes muebles, inmuebles y documentales
de elevado interés cultural fue tratado, y el Director de las Ediciones
Leonesas-Edilesa expuso y ofreció su organización y experiencia
para preparar dichas publicaciones.
La experiencia española es enriquecedora y puede ser modelo e
invitación para utilizar muchísimos recursos culturales que a la
vez son didácticos y que sirven perfectamente como nuevos métodos
para hacer posible la Nueva Evangelziación. Las riquezas culturales de la
Iglesia son atractivas incluso para quienes se reconocen sin fe, pero no pueden
dudar del valor de las diversas expresiones artísticas. Es allí
donde urge motivar, por todos los medios al alcance, mecanismos que ayuden a
servirse de las expresiones artísticas con fines netamente
evangelizadores.