PLENARIA '94
FOI CHRETIENNE ET CULTURE
Mgr Franc RODE
Secrétaire du Conseil Pontifical
de la Culture
1. Religions et culture
Les religions traditionnelles - australiennes, mélanésiennes,
africaines -aussi bien que l'hindouisme, le bouddhisme, le shintoïsme ou
l'islam, ne connaissent pas de véritable distinction entre communauté
religieuse et société politique, spirituel et temporel, activité
religieuse et activité culturelle. La culture n'est que l'expression du
religieux dans les différents domaines de la vie. La religion pénètre,
informe et modèle toutes les activités de l'homme, de la
construction d'une habitation ou d'un monument, jusqu'à la célébration
des moments culminants de la vie individuelle et sociale. L'activité de
l'homme se réduit à la répétition de ce que les
dieux ou les ancêtres mythiques firent dans le temps primordial et fort
des commencements. Les créations politiques et les institutions sociales,
voire les expressions artistiques, se limitent à reproduire et à
imiter les gestes des êtres divins. Aussi, dans ce cas, n'est-il pas
possible de parler de culture autonome, car la religion envahit entièrement
le domaine de la culture et l'absorbe.
2. Sociétés séculières et culture
A l'opposé de la conception religieuse de la culture, apparaît
dans les temps modernes et dans les sociétés héritières
du christianisme - et là seulement - un modèle de culture séculière
et laïque. Contrairement au Moyen-Age chrétien, où l'activité
culturelle était conçue comme un service pour l'achèvement
de l'oeuvre de Dieu qu'est le monde, les temps modernes, et notamment les Lumières,
conçoivent l'oeuvre de l'homme comme création. L'homme
revendique pour soi et pour le monde une totale autonomie par rapport à
Dieu, et, dans cette logique, la culture tend à se substituer à la
religion. Désormais c'est la culture, conçue comme oeuvre créatrice
de l'homme, qui donne un sens à la vie. Goethe déjà
l'affirmait: «Qui possède la science et l'art, possède déjà
la religion».
Dans cette vision, la nature - ou la matière selon le marxisme - est
parée d'attributs proprement religieux: elle est éternelle, avec
des ressources inépuisables, autocréatrice, fondée en
elle-même. Les facultés créatrices de l'homme puisent à
cette source mystérieuse pour l'accomplissement de l'oeuvre de celui-ci,
elle aussi autonome, et ne tolérant aucune règle extérieure.
Aussi, Dieu est-il de trop et il est rejeté. Tout élément
religieux est ressenti comme un danger pour l'homme et pour la réussite
de son oeuvre.
L'homme créateur devrait se jeter dans tous les dangers, épuiser
la démesure, s'abandonner aux instincts pour que son oeuvre acquière
sa pleine intensité. L'erreur, la révolte, le mal seraient nécessaires
pour la naissance du grand art, comme l'écrivait Arthur Rimbaud: «Arriver
à l'inconnu par le dérèglement de tous les sens»
(Lettre à G. Izambard, 13 mai 1871).
Même si parfois les civilisations religieuses donnent l'impression d'écraser
l'homme par l'élément sacré omniprésent, elles ont
créé des cultures d'une très haute qualité et des
oeuvres d'art de valeur permanente. En revanche, il n'est pas possible de dire
la même chose des civilisations séculières ou ouvertement
athées, comme en témoignent les sociétés communistes
que nous avons vu mourir sous nos yeux. Que restera-t-il de ces soixante-dix
ans, qui soit digne de mention dans le domaine de la culture, de l'art et de la
philosophie? A l'évidence, une culture qui refuse toute transcendance, étouffe
dans sa propre immanence et se stérilise elle-même. Nous y
reviendrons.
3. Christianisme et culture
Avec le christianisme, une nouvelle réalité entre dans le
monde, quelque chose d'inouï et d'absolument original par rapport aux
religions naturelles: «Un cas isolé de l'histoire a valeur
normative universelle» (Romano Guardini, Christianisme et culture,
Paris, Casterman, 1967, p. 161).
La personne de Jésus-Christ est le coeur même du christianisme.
«C'est lui - le voir c'est voir le Père - qui, par toute sa présence
et par la manifestation qu'il fait de lui-même par paroles et oeuvres, par
signes et miracles, et plus particulièrement par sa mort et sa résurrection
glorieuse d'entre les morts, par l'envoi enfin de l'Esprit de vérité,
achève en la complétant la révélation, et la
confirme encore en attestant divinement que Dieu lui-même est avec nous
pour nous arracher aux ténèbres du péché et de la
mort et nous ressusciter pour la vie éternelle» (Dei Verbum, 4).
Jésus-Christ c'est Dieu avec nous, Dieu parmi nous. Quelle est son
attitude devant les réalités terrestres? Quel est son comportement
devant la culture? Le Christ possède à l'égard du monde une
indépendance souveraine, son jugement sur le monde et la qualité
de son action ne proviennent pas du monde, ne reflètent pas l'opinion reçue,
ils n'en sont pas prisonniers. Ses décisions sont libres, conditionnées
uniquement par la volonté du Père. C'est la transcendance absolue
d'un Dieu qui diffère essentiellement du monde, d'un Dieu souverainement
indépendant de sa création. Il introduit également une
immanence nouvelle, car il est la vraie lumière qui éclaire
tout homme (Jn 1,9-10), ouvrant à celui qui l'accepte dans la foi
l'accès à une nouvelle intimité avec Dieu.
Dans le Christ et avec le Christ, le chrétien assume ainsi une
nouvelle position à l'égard du monde: il est à la fois en
dehors de lui, souverainement libre et indépendant de ses
contraintes, et cependant intérieur à lui, responsable,
proche et fraternel, dépassant en intériorité tout ce que
connaissent les religions et les philosophies de ce monde.
Ces nouveaux rapports reflètent le mystère même du Verbe
Incarné. Dans la Personne du Verbe la nature divine et la nature humaine
sont unies «sans mélange ni confusion, sans division ni séparation»
(in duabus naturis inconfuse, immutabiliter, indivise, inseparabiliter in
unam personam atque subsistentiam concurrentes), selon la définition
magistrale du Concile de Chalcédoine (Denz. 302).
Nous sommes ici à l'exact opposé des religions naturelles où
tout est mélange et confusion, comme aussi aux antipodes des sociétés
séculières où règnent division et séparation.
Les premières écrasent l'homme avec une sacralité diffuse
et omniprésente qui ne favorise pas l'éveil de la responsabilité
et de la liberté personnelles, les secondes se coupent arbitrairement de
la source transcendante et font violence à l'homme qui «passe
infiniment l'homme» (Pascal).
Le christianisme est différent. Il ne mélange pas,
mais distingue. Il ne sépare pas, mais unit. Dans
la ligne des deux natures unies mais non mélangées dans la
Personne du Verbe, il reconnaît une valeur propre à la culture
profane, et non uniquement en fonction des valeurs religieuses. C'est dire qu'il
reconnaît à la culture «une juste liberté pour s'épanouir
et une légitime autonomie d'action» (Gaudium et spes, 59).
Romano Guardini ose même affirmer: «C'est l'une des marques les
plus profondes de l'esprit authentiquement religieux que de reconnaître
leur autonomie relative aux choses et aux valeurs de la nature, sans les réduire
à leur rapport direct avec la religion» (op. cit., p. 167).
Certes, le christianisme relativise les valeurs naturelles, lorsqu'il les
juge du point de vue de l'éternité. Mais il repousse la tentation
de les déclarer sans valeur. Ce serait tomber dans la gnose, le manichéisme,
le bouddhisme, le luthéranisme, ce que l'Eglise a toujours refusé.
Lorsque Dieu en Jésus-Christ s'approche de l'homme et l'invite à
la plénitude de la vie, et lorsque celui-ci accueille le don de Dieu dans
la foi, l'espérance et la charité, sa vie avec tout ce qu'elle
comporte, acquiert une valeur d'absolu, sans perdre pourtant sa valeur, sa beauté
et sa consistance terrestre.
Les choses étant ce qu'elles sont, se pose la question de savoir quel
est le rapport juste, en perspective chrétienne, entre le divin et
l'humain, entre créativité naturelle et inspiration d'en-haut,
entre l'attachement à la terre et la recherche du Royaume, bref, entre
culture et christianisme. Comme l'union des deux natures dans le Verbe Incarné,
cette réalité est en elle-même un mystère. Nous ne
pouvons dire quelque chose de ce rapport qu'à partir des effets qu'il
produit dans tous les secteurs de l'activité humaine.
Or, ce principe de l'union sans mélange se révèle
prodigieusement fécond dans le domaine de la philosophie, de la science,
de la politique et de l'art. Bref, dans le domaine de la culture. La
civilisation chrétienne en offre la preuve splendide.
Cette attitude sans mélange ni confusion entraîne la
reconnaissance et l'affirmation de la solidité réelle, de la
liberté intime et de la beauté propre des choses de ce monde,
issues de la Parole Première. C'est le Royaume de la terre dans toute sa
splendeur, la merveille d'un monde dans la joie de son autonomie, la beauté
où rayonne l'essence des choses.
Mais cette réalité solide, belle et autonome ne doit pas être
soumise à un régime de division et de séparation,
elle ne doit pas être coupée de sa Source, ravalée au rang
d'une réalité opaque qui est là, bêtement là
(Sartre).
Seul le double principe de non-mélange et de non-confusion
crée les conditions d'une pensée libre, d'une science autonome,
d'une vraie démocratie, d'un art avec toute sa saveur terrestre et son
aura eschatologique.
4. Conclusion
En d'autres termes, et toujours dans la ligne de Chalcédoine, les
rapports entre la foi chrétienne et la culture s'établissent
ainsi:
Contrairement aux religions païennes, la foi chrétienne ne réduit
pas en esclavage la culture, ne l'absorbe pas, mais elle ne se soumet pas non
plus à ses diktats. D'autre part, elle ne permet pas que les idéologies
séculières la marginalisent et l'enferment dans l'espace éthéré
de la pure religiosité. La foi est en dialogue permanent avec la culture,
comme la culture authentique est en dialogue fécond avec la foi.
Et ceci à trois niveaux:
1. D'abord au niveau du dialogue entre philosophie et théologie.
Dès le début et tout au long de son histoire, le Christianisme a
dialogué avec la raison, a confronté ses affirmations avec les
exigences de la raison, a respecté son indépendance, sans mélange
ni confusion. Dans ce sens, il s'est toujours opposé au fidéisme.
Car la foi chrétienne est par excellence «fides quaerens
intellectum».
D'autre part, l'Eglise n'a jamais accepté le principe de division
et séparation entre la révélation divine et la raison
humaine, lorsqu'elle s'opposait au rationalisme, c'est-à-dire, à
une raison close, idéologique, qui prétend absorber le réel
dans l'idéel, ou réduire l'idée à la réalité,
comme c'est le cas dans le matérialisme spéculatif ou pratique.
Elle a toujours maintenu le principe du «intellectus quaerens fidem».
Ainsi, l'Eglise a libéré la raison, et a donné en même
temps à l'acte de foi toute sa dignité d'acte raisonnable.
2. Dans la même ligne de Chalcédonie, se développe
le dialogue entre la foi et la création artistique.
Le principe sans mélange ni confusion signifie, pour
l'artiste chrétien, que les réalités de ce monde gardent
leur sens, leur beauté, leur poids, indépendamment de la religion.
En elles-mêmes et par elles-mêmes, avec l'autonomie qu'elles
tiennent de Dieu. Et c'est un principe capital pour l'authentique oeuvre d'art.
Car, dès que l'artiste perd le sens de la terre, dès qu'il prétend
tout réduire au religieux, tout sacraliser, son oeuvre perd sa saveur et
son sens, devient anémique, pâle, ennuyeuse. Un exemple: l'art de
Saint-Sulpice et ses imitations dans les pays catholiques au XIXe et dans la
première moitié du XXe siècle, produit d'une expérience
chrétienne faible et rare. Le Moyen-âge, la Renaissance et le
Baroque produisaient spontanément un art de qualité, parce que, du
point de vue humain et chrétien, ils étaient beaucoup plus sains
et authentiques.
L'autre erreur, fruit des idéologies totalitaires de notre époque,
est celle qui veut créer un art selon le principe de la division et
de la séparation, et conçoit le monde comme auto-suffisant,
absolument autonome, sans lien avec la Transcendance, fermé à
toute pensée sur l'Au-delà. De ce manichéisme métaphysique
est né un art dont l'expression achevée est le réalisme
socialiste, qui a dominé dans les pays communistes, comme aussi l'art
de l'époque national-socialiste en Allemagne, et l'art d'inspiration
fasciste en Italie. C'est un art sans âme et de valeur artistique
fort douteuse.
3. Finalement, le dialogue entre foi et culture se fait au
niveau politique. Le principe sans mélange ni confusion entre
pouvoir politique et autorité spirituelle est le seul à garantir
le respect de la liberté religieuse, alors que la confusion des deux
pouvoirs conduit fatalement au cléricalisme, noir ou rouge. Le principe
de non-confusion crée les conditions pour une participation, à
conditions d'égalités, de tous, croyants et non-croyants, à
la vie publique. Par ailleurs, le principe de division et séparation
entre l'Eglise et l'Etat - une formule malheureuse, née des luttes
politiques du passé - conduit facilement à la discrimination des
croyants dans la vie publique.
Le chrétien, conscient de sa mission, sera toujours un homme de
culture capable de traduire sa foi dans des réalisations concrètes.
Ainsi, la culture n'apparaîtra pas comme étrangère à
la foi, mais comme sa réalisation même. Et en même temps, la
foi ne sera pas considérée comme un obstacle à l'épanouissement
de la culture, mais bien au contraire, comme un ferment qui travaille à
sa promotion et lui donne ses lettres de noblesse.
(English)
Monsignor Franc Rodé outlines the contrast between
religious and non-religious views of culture, before concentrating on what is
specific to the Christian vision, rooted in a theology of the Incarnation. The
Chalcedonian principle of non-confusion of natures is richly applicable to the
whole field of dialogue between faith and culture, to the relationship between
faith and art, and likewise to an understanding of religious liberty on the
political level.
(Español)
Monseñor Franc Rodé esquematiza el contraste entre
la visión religiosa de la cultura y la no religiosa, antes de centrarse
en lo específico de la visión cristiana, enraizada en una teología
de la Encarnación. El principio de Calcedonia de la no confusión
de las naturalezas tiene una aplicación enjundiosa a todo el campo del diálogo
entre la fe y la cultura, a la relación entre la fe y el arte, y a la
comprensión de la libertad religiosa a nivel político.
CULTURE MEDIATIQUE ET ANNONCE DE L'EVANGILE
Cardinal Jean-Marie LUSTIGER
Archevêque de
Paris, France
1. Nous sommes un vieux pays riche de souvenirs et d'oeuvres
innombrables. Lorsque nous parlons de culture, nous pensons aux oeuvres, célèbres
ou célébrées. Celles du passé, bien sûr, et
celles du présent que nous voudrions sacraliser tout autant. Pour les
sauver du gouffre de l'oubli, nous avons inventé les musées d'Art
moderne ou contemporain. Ainsi, la culture, serait-ce les oeuvres que nous
conservons et que les touristes viennent admirer?
Dissipons cette illusion. La culture, ce ne sont pas d'abord les oeuvres,
mais la Vie et l'énergie qui les produisent.
En ce sens, la foi n'entre pas dans une culture, comme un visiteur entre
dans un palais ou un musée! La foi est source de Vie et de culture. La
foi fait naître des oeuvres de culture qui la font reconnaître: «Supposez
qu'un arbre soit bon, son fruit sera bon; supposez-le mauvais, son fruit sera
mauvais; c'est au fruit qu'on reconnaît l'arbre» (Mt 12,
33).
2. Nous sommes, dit-on, dans une civilisation technique,
technologique, de masse ... et Dieu sait quoi encore! Permettez-moi de mettre en
lumière deux caractéristiques de cet état de choses:
l'opinion et l'imaginaire médiatique.
2.1. L'opinion
Il ne s'agit plus ici de la définition soupçonneuse de Parménide
opposée à la vérité de la pensée.
Aujourd'hui, la raison même est soupçonnée. Comme un
sophiste, elle semble démontrer n'importe quoi et son contraire. Le grand
nombre s'habitue à penser que la certitude d'hier, obsolète
aujourd'hui, sera, demain, erronée, tant les progrès de la science
et de la technique provoquent d'incessants bouleversements des évidences.
En revanche, l'opinion est souveraine. L'opinion? La France fait une très
grande consommation de sondages d'opinion. Que 51% d'un échantillon représentatif
soient du même avis suffit pour que le débat paraisse tranché
et que l'opinion dominante s'impose à tous. Ou, du moins pour que les
opposants, s'ils s'obstinent, deviennent quelque peu suspects. Alors que l'indépendance
est prônée comme valeur suprême, que le non-conformisme est
donné en exemple, la puissance de l'opinion conduit le grand nombre à
devenir aussitôt conforme à l'avis supposé d'une majorité
prétendue! ... Le conformisme des idées reçues et l'extrême
fragilité des moeurs démontrent cette tentation de la culture
inscrite dans la versatilité de l'imaginaire.
2.2. L'imaginaire médiatique
L'imaginaire, non pas celui des éveilleurs, du poète, du
peintre ou du romancier; mais celui des producteurs, l'imaginaire médiatique.
Les images de la télévision ou de la publicité se
substituent à la réalité, au prix d'illusions et de
mensonges. Ces images, fabriquées par quelques-uns, captivent
l'imagination de nations entières; elles enferment les spectateurs
qu'elles fascinent, dans le huis clos de leur solitude. Pour retenir le public,
elles s'ajustent aux obscurs objets de son désir.
Il s'agit d'une drogue, parfois plus asservissante que toutes les autres,
tant qu'elle n'est pas identifiée. En touchant et en captant des
populations entières, elle alimente et conforte la tyrannie de l'opinion.
La domination par l'image introduit une régression terrifiante, car
la culture, fruit des plus hautes activités humaines, se fonde sur la
parole; elle suppose l'esprit, la capacité d'abstraire et de réfléchir,
de contempler et d'aimer. La civilisation de l'image, fictive ou virtuelle,
asservit l'intelligence du spectateur et l'aliène dans une passivité
irresponsable. Elle fixe l'esprit dans les sens - vision sans regard, audition
sans écoute, bientôt goûter, toucher, et déjà
odorat. Et cette réduction, par la puissance de l'opinion, menace la
force personnalisante de la culture humaine: elle ramène les personnes à
se comporter comme les individus d'une espèce animale. Cette civilisation
est vraiment mortelle.
3. Peut-on encore nommer culture ce fonctionnement social de
l'opinion conjuguée à l'imaginaire médiatique?
Certes, comme en tout temps, des personnalités peuvent surgir en
opposition à ces mécanismes. Mais, aussi fortes soient-elles,
leurs réactions en restent tributaires: elles contribuent à les
faire vivre, et, en les contestant, les renforcent. La récupération
du mouvement hippy par la publicité américaine est une bonne
illustration de ce mécanisme.
Telle serait l'attitude illusoire des chrétiens s'ils voulaient naïvement
annoncer l'Evangile par la voie royale de l'opinion et par les figures idolâtriques
du rêve et de l'imaginaire.
3.1. Dans cette culture de l'opinion, prédomine un souci de
correction, ou, dira-t-on encore, de communication. Si l'Evangile n'est pas reçu,
c'est, prétend-on, que le medium est inadapté. Il faudrait donc
s'efforcer de mieux transmettre le message.
Mais, pour qu'il soit jugé accessible, lui faut-il devenir conforme à
l'opinion dominante? Et faudrait-il taire ce qui éveille des résistances?
La tyrannie du «pensable disponible» est sans mesure. Elle
provoque les tumultes et les déplacements de l'imaginaire ainsi que les
brouhahas de l'opinion. Dans une inflation des bruits, la parole humaine, dépréciée,
dévaluée, devient insignifiante.
Ecoutons ce que nous dit le Seigneur: «Engeance de vipères,
comment pourriez-vous dire de bonnes choses, alors que vous êtes mauvais?
Car ce que dit la bouche, c'est ce qui déborde du coeur ... Or, je vous
le dis: les hommes rendront compte au jour du jugement de toute parole sans portée
(sans fondement, vaine) qu'ils auront proférée. Car c'est d'après
tes paroles que tu seras justifié, et c'est d'après tes paroles
que tu seras condamné» (Mt 12, 34-37).
Le Christ, Verbe de Dieu, nous oblige à reconnaître à la
parole humaine sa singulière et rare puissance. La présence du
Christ en son Corps qui est l'Eglise infléchit la trajectoire de la
culture. Le Verbe incarné suscite et transfigure les oeuvres de
l'intelligence humaine. La Parole de Vérité purifie l'imaginaire,
rappelle à la liberté, demande le témoignage de la
personne. La parole des croyants devient le lieu de leur martyre.
Car le chrétien et l'Eglise entrent toujours en procès avec la
culture pour la délivrer: «Cela vous donnera une occasion de
martyre» dit le Seigneur Jésus en annonçant à ses
disciples la persécution, la passion qui les fait participer à
l'oeuvre du salut. Il précise: «Je vous donnerai un langage et
une sagesse que ne pourra contrarier ni contredire aucun de ceux qui seront
contre vous» (Lc 21, 13-15).
3.2. Dans une civilisation de l'imaginaire médiatique,
l'esprit de l'homme devient prisonnier de l'objet proposé - imposé
- à ses sens. Le Christ appelle la personne à reconnaître sa
dignité en lui rappelant qu'elle est le sujet de son regard. Car il nous
promet à la suprême vision où nous recevrons la pleine
liberté des élus. «Nous serons semblables au Christ dans
sa gloire, car nous le verrons tel qu'il est» (1 Jn 3 ,2). Tel
est notre enfantement à la vie éternelle. Tel est aussi le combat
où se manifestent, en notre existence terrestre, la splendeur de la Vérité,
l'éclat du Verbe et la beauté du regard.
«La lampe du corps, c'est l'oeil. Si donc ton oeil est sain, ton
corps tout entier sera dans la lumière. Mais si ton oeil est malade, ton
corps tout entier sera dans les ténèbres. Si donc la lumière
qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres!»
(Mt 6, 22-23).
Ainsi, annonçant l'Évangile, les chrétiens travaillent à
sauver notre culture. Mais ne nous y trompons pas. Il ne suffirait pas de
travailler l'opinion ou d'accroître la masse des images en y ajoutant des
images médiatiques supposées chrétiennes. Nous appelons nos
contemporains à purifier leur regard, à permettre à la lumière
d'écarter les ténèbres, à laisser la parole faire la
vérité. Le Christ nous en avertis: pour chacun de nous peut
advenir, en ce rude combat, l'heure des ténèbres: «Si ton
oeil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi...»
(Mt 5, 29). Le Seigneur parle ainsi de l'adultère, donc de l'idolâtrie.
L'oeil, fasciné par l'image - eidolon, idole - n'est pas libre de
contempler l'Image - Icône - du Dieu invisible.
4. Mon désir était d'esquisser un diagnostic et de
demander à la Parole de Dieu un chemin de guérison.
Que les croyants découvrent la racine de leur choix et la radicalité
à laquelle leur baptême les appelle.
(English)
Cardinal Jean-Marie Lustiger explores two connected aspects of
contemporary culture: the conformism of «opinion» and the visual
images of the mass media. Together their impact causes a dangerous passivity in
people and may even pressurize the Gospel, grounded in a different communication
of the Word, to adapt itself to this dominant wavelength. In such a situation
believers can offer a healing of impoverished seeing through a new hearing of
the Word.
(Español)
El Cardenal Jean-Marie Lustiger explora dos aspectos conexos de la
cultura contemporánea: el conformismo de la «opinión» y
las imágenes visuales de los medios de comunicación de masas. Su
doble impacto provoca en la gente una preocupante pasividad, y puede incluso
ejercer cierta presión sobre el Evangelio fundado en una comunicación
de la Palabra de diversa naturaleza para que se adapte a la longitud de
onda dominante. En una situación semejante los católicos pueden
ofrecer una curación de la visión empobrecida a través de
una nueva escucha de la Palabra.
CULTURE ET EVANGELISATION DANS LES
MEGALOPOLIS
Mgr Fernando Antonio FIGUEIREDO
Evêque de Santo
Amaro, Brésil
Dans les premiers temps du christianisme, l'Eglise s'est établie
surtout dans les villes. C'est si vrai qu'elle désignait du nom de pagani
ceux qui habitaient en dehors des villes.
Au cours des siècles la situation a tellement changé
qu'aujourd'hui beaucoup d'agents de pastorale se sentent plus à l'aise
avec les gens simples qui habitent à la campagne ou à la périphérie
des grands centres. Il faut bien dire que le monde urbain est devenu un peu étrange:
les défis sont tels que nous nous sentons tous un peu menacés. Un
peu partout dans le tiers-monde, mais surtout en Amérique latine et au Brésil,
où l'option pour les pauvres et les petites communautés de base
s'est révélée plus forte, au cours des dernières décennies,
le visage de la pastorale semble plutôt rural qu'urbain.
La culture urbaine et ses défis
Cette dernière remarque ne fait que soulever le problème plus
profond et général que présentent les mégalopolis
aujourd'hui. En effet, les mégalopolis modernes ne sont pas simplement
des villes du passé, qui auraient grandi. Les villes du passé n'étaient
pas modernes; elles avaient une physionomie propre. Qu'il suffise de faire
seulement allusion aux difficultés que rencontre l'évangélisation
dans la situation nouvelle et complexe des grandes villes modernes: désacralisation,
sécularisation, privatisation du domaine religieux. La modernité,
avec ses multiples caractéristiques économiques, sociales et même
religieuses, entraîne tout à la fois une nouvelle manière de
penser, d'agir et de vivre. Les défis pastoraux ne concernent pas
seulement le domaine de la foi, mais aussi celui des comportements et de la
morale. On comprend bien pourquoi le Pape Jean-Paul II, dans sa dernière
et remarquable encyclique Splendor veritatis, met en évidence «le
lien intrinsèque et indissociable qui unit la foi et la morale»
(n· 4).
En simplifiant un peu, on pourrait dire que la compréhension de Dieu
dans le monde rural n'est pas la même que celle du monde urbain. La
conscience du pouvoir donné par les ressources techno-scientifiques, la
poussée du subjectivisme et du relativisme, l'indifférence
croissante face aux religions plus institutionnalisées nous jettent
vraiment dans la perplexité. Et on peut penser que c'est en ce sens que
la IVe Conférence des évêques latino-américains, réunis
à Santo Domingo en octobre 1992, utilisant l'expression consacrée
par Jean-Paul II, nous parle d'une «culture urbaine» qui doit être
évangélisée par de nouveaux moyens et de nouvelles méthodes.
Voilà le grand défi du moment pour nous tous.
Quand j'ai été nommé évêque de Santo
Amaro, dans la mégalopolis de Sao Paulo au Brésil, je me suis tout
d'abord senti parfaitement impuissant. On me confiait un diocèse urbain
de trois millions d'habitants dans une mégalopolis qui en compte 18
millions. Avec des structures embryonnaires - le diocèse venait d'être
créé - je me demandais surtout deux choses: que faire et par où
commencer? J'avais devant moi de grands édifices qui sont encerclés
de favellas; des industries modernes et puissantes à côté
d'une marée de chômeurs; beaucoup de gens riches au milieu de tant
de pauvres; des chrétiens fervents côtoyant une indifférence
croissante; une vingtaine de paroisses à côté de centaines
de tentes appartenant à toutes sortes de religions informelles, les
sectes. J'avais l'impression d'être de nouveau au début de
l'histoire de l'Eglise: un monde à évangéliser et avec bien
peu de ressources pour y arriver.
Les premiers pas d'une évangélisation urbaine
C'est dans ce contexte que j'ai commencé à percevoir le
premier souffle qui allait aboutir aux principales conclusions de Santo Domingo.
Je ne pouvais ni abandonner la pastorale de la périphérie ni
laisser de côté l'option évangélique, encore que non
exclusive, pour les pauvres. Je ne pouvais supporter l'idée que la
majorité de la population de mon diocèse fût négligée
du point de vue pastoral.
Grâce à l'une des conclusions centrales de Santo Domingo, il
m'a semblé devoir investir de plus en plus dans une vraie pastorale
urbaine. Pour ce faire, nous avons privilégié la formation théologique
des laïcs, ouvert des espaces pour les divers mouvements d'Eglise,
approfondi l'option pour les jeunes.
La formation théologique des laïcs.
Nous en sommes déjà à la deuxième année
d'un cours de trois ans. Et quelle surprise! On attendait une cinquantaine
d'inscriptions, on en a eu 350! Cette année, nous en comptons déjà
plus de 400! Avec une admirable persévérance, ils viennent le soir
pour faire ces études. Les résultats se font déjà
sentir dans la catéchèse, dans la liturgie, dans la vie pastorale
dans son ensemble.
La réalité urbaine, au dire du Saint-Père, est terre de
mission. La multiplication des pastorales par groupes d'intérêts,
visant à former un laïcat capable d'intervenir dans les décisions
de la société, devient une nécessité toujours plus
urgente. Une nouvelle ardeur missionnaire nous pousse à aller vers les
groupes sociaux, là où ils se trouvent.
Les mouvements d'Eglise
Certains ont déjà une place assurée dans la vie ecclésiale,
comme les cursillos et les mouvements de pastorale familiale. Mais d'autres ont
surgi pour répondre à des besoins spécifiques, comme celui
des missionnaires laïcs. Ils évangélisent les favellas en
utilisant les moyens de communication les plus modernes. Il semble bien qu'il ne
faille pas penser une pastorale urbaine de façon géographique (périphérie-centre),
mais plutôt par groupes d'intérêts religieux spécifiques.
Il importe peu que les membres soient bien placés du point de vue économico-social.
Ce qui importe, c'est l'élan évangélique et un grand intérêt
pour l'Eglise de Jésus-Christ dans le monde.
Enfin, les jeunes. Comme c'est le cas partout au Brésil, les
jeunes constituent la majorité de la population de mon diocèse.
Tous les efforts pour les évangéliser d'une manière urbaine
prennent en compte leurs caractéristiques propres et leurs problèmes
spécifiques. On les trouve partout, dans les familles, dans les rues, au
travail, à l'école et à l'université. Des
rencontres, soit par région, soit au niveau de tout le diocèse,
ont déjà commencé à porter du fruit. En une seule
rencontre, nous avons pu rassembler plus de 4.000 jeunes pour approfondir leur
foi et célébrer la joie de la découverte de l'Évangile.
En résumé
Je pense pouvoir offrir les pistes suivantes:
1. La culture urbaine n'est pas sans fragilité du point de
vue de l'Évangile, mais elle présente aussi beaucoup de valeurs.
Il faut savoir les découvrir, les discerner, pour ensuite les proposer.
2. Le monde urbain n'est pas si éloigné de l'Évangile
qu'on le pense parfois. Il suffit de trouver le chemin qui conduit à ses
espoirs et ses angoisses, une nouvelle méthodologie qui éveille
une nouvelle ardeur.
3. Sans négliger la formation adéquate des prêtres
et des religieux, il est urgent d'offrir aux laïcs les clés de la
science théologique. Nous travaillons à la relève
sacerdotale, mais le nombre de prêtres sera toujours insuffisant. Sans
nullement sous-estimer l'importance des prêtres et des religieux, il ne
faut pas oublier la présence des baptisés. Ils ne sont pas
seulement objets d'évangélisation, ils sont aussi évangélisateurs.
Toute l'Église doit être évangélisatrice.
4. La culture urbaine a ses lois et ses exigences propres que les
petites communautés ecclésiales de base ne peuvent remplir.
Celles-ci ont de grands mérites, surtout en Amérique latine. Il va
de soi qu'elles ne peuvent se limiter aux réalités économiques
et sociales. Il faut trouver d'autres formes de vie de communion ecclésiale,
d'où la nécessité de cultiver d'autres formes de pastorale
avec des caractéristiques qui répondent mieux aux exigences de la
culture urbaine. Dans ce contexte se présentent des mouvements d'Église
mieux placés pour répondre à ces exigences. Bien que
quelques-uns puissent présenter des problèmes pour la pastorale
d'ensemble, d'autres possèdent une capacité extraordinaire d'évangélisation.
5. Les jeunes ne forment pas seulement la majorité de la
population du tiers-monde, ils sont aussi assoiffés de vérité.
Ils n'ont pas seulement des questions et des problèmes, ils cachent une
grande richesse dans la recherche de nouveaux chemins pour l'humanité.
Ils sont à la fois promesse et prophétie d'une civilisation de
l'amour. En eux, la culture urbaine peut et doit être baptisée.
(English)
Bishop Figueiredo explores how the challenge of modern situations
call forth new methods of evangelization, especially in larger urban areas. He
describes the pastoral responses to urban culture evolved in the diocese of
Santo Amaro, which is part of the megalopolis of São Paulo in Brazil.
This involves theological formation of laypeople, encouragement of various
Church movements, and a pastoral presence among young people who constitute the
majority of the population of the diocese.
(Español)
El Obispo Figueiredo explora cómo el desafío de las
situaciones modernas reclama nuevos métodos de evangelización,
especialmente en las grandes ciudades. Describe las respuestas pastorales a la
cultura urbana que se han desarrollado en la diócesis de Santo Amaro, la
cual forma parte de la megalópolis de São Paulo en Brasil. Esta
pastoral conlleva la formación teológica de los laicos, la promoción
de diversos movimientos eclesiales, y una presencia pastoral entre los jóvenes,
los cuales constituyen la mayoría de la población de la diócesis.
CULTURES AND INTERRELIGIOUS DIALOGUE
Cardinal Francis ARINZE
President, Pontifical Council
for Interreligious Dialogue
Vatican City
In our experience of interreligious dialogue, we are more and more convinced
that cultures should be taken as seriously as religions because they are like
two sides of the same coin. In an actual dialogue with the followers of other
religions, we notice that cultural differences can hinder or facilitate our
efforts: hinder, when there is an identification of the national culture with a
particular religion (v.g. Thailand with Buddhism, most part of the Arab world
with Islam); this tends to marginalise other religions, making it harder for
them to be taken seriously; facilitate, when all religions have a common
cultural substratum (v.g. Indonesia, with an emphasis on harmony; many countries
in Africa, with a strong sense of family ties).
In her incessant effort to meet the followers of other religions, the Church
is interested in cultures because they are closely related to religious beliefs.
Religions have shaped cultures and cultures in turn have given people an
identity of their own. According to Franz Damen, a theologian from Bolivia,
every culture has a religious dimension. Culture emerges as human beings feel
the innate necessity to transcend their biological and psychological reality.
This necessity present at the heart of every culture is expressed and structured
in the institution of religion which includes cults, rites and beliefs. In this
sense, religion constitutes the basis of culture (F. Damen, Hacía Una
Teología de la Inculturación, La Paz, Bolivia, 1989). This is
why the Church's promotion of interreligious dialogue cannot ignore the place of
culture. Our document, Dialogue and Proclamation, no 45 notes that «Culture
is broader than religion. According to one concept religion can be said to
represent the transcendent dimension of culture and in a certain way its soul.
Religions have certainly contributed to the progress of culture and the
construction of a more humane society. Yet religious practices have sometimes
had an alienating influence upon cultures. Today, an autonomous secular culture
can play a critical role with regard to negative elements in particular
religions» ("Dialogue and Proclamation, Reflections and
Orientations on Interreligious Dialogue and the Proclamation of the Gospel of
Jesus Christ," 19 May 1991, Bulletin 77, XXVI/2, n· 45).
Lack of distinction between culture and religion on the one hand, and their
confusion on the other, particularly in a Eurocentric context, has often made
people think wrongly that East generally equals Buddhism and West equals
Christianity. As a result of this mistaken thinking, Christians are
misunderstood to be foreigners in the Eastern part of the globe, and the Church
is not seen as truly universal. In such a situation dialogue with other
religions is difficult. But on a positive note examples could be cited of India
and Japan where the attempts of Christians at inculturation have helped them to
become better prepared for dialogue with others.
If religion is not assimilated by culture, then there is a danger of
Christians being considered sectarian. For example in Japan, which is a
secularized and technological modern society, where religious indifferentism
prevails and at the same time one can note a strong religious revival, thousands
of new religious sects flourish («rush hours» of religions and
«supermarkets» of beliefs). Christianity could be regarded as
one more product in the supermarket of the religions if the Japanese culture
fails to assimilate it. Another example is that of the Thai Church. The
Christians in Thailand, who for a long time had been looked upon as foreigners
by their Thai compatriots started to make efforts to become really Thai, i.e.
Christians engaged in Christian-Buddhist dialogue and inculturation of the faith
in Thai language, culture and customs. This shows that the Church can be truly
seen to be the universal instrument of Salvation of all humankind when she
engages in dialogue with other religions and cultures, and she is better able to
dialogue with other religions when she herself becomes more fully an
inculturated reality.
Although a distinction is to be made between interreligious dialogue and the
dialogue between Gospel and culture (problem of inculturation), yet the two are
connected. The Church takes careful note of the close relationship that exists
between faith and a particular culture. The Apostolic Exhortation, Evangelii
Nuntiandi, warns about the danger of identifying the Gospel with culture but
then adds that the Kingdom which the Gospel proclaims is lived by people who are
profoundly linked to a culture and the building up of the Kingdom should make
use of the elements of culture (EN 20). Pope John Paul II, speaking to
the participants at the National Congress of the Ecclesial Movement for Cultural
Commitment, said, "Faith that does not become culture is a faith that
is not fully received, wholly thought out and faithfully lived" (Pope
John Paul II, Fede e Cultura elevano il lavoro a valore di Salvezza
Cristiana, 16 January 1982, Insegnamenti di Giovanni Paolo II, V/1,
1982, p. 131). In this context, our experience of dialogue with Traditional
Religions shows that much attention is to be given to both the religions and the
cultures in which they are located. Here the Christian message comes into
contact with cultural outlooks that are shaped by religious beliefs. The ensuing
dialogue, we feel, "may contribute to purifying cultures from any
dehumanizing elements, and thus be an agent of transformation" (DP 46).
Moreover, the Gospel will thereby be enabled to strike deeper roots among
converts who come from those religions and cultures.
Fundamentalism and syncretism (two enemies of genuine dialogue) affect
believers of different religions when they lack dialogue with other religions
which are inseparably linked with particular cultures. When interreligious
dialogue is refused, believers then live in isolated enclaves which can give
rise to fundamentalism; or else, due to lack of proper understanding of dialogue
and proper grounding in their own religion, especially in the case of
Christians, they begin to justify egalitarian relativism according to which all
religions are considered fundamentally equal and valid for the salvation of
humankind.
It is in our effort to evangelize peoples with the Good News of Jesus Christ
that the clear relationship between cultures and dialogue becomes more
pronounced. For example in Africa, in spite of the spread of Christianity and
Islam, the impact of the traditional religion on the mentality of people and its
rootedness in the social structures remain vitally present. Many Africans,
although they have become Christians or Muslims, remain attached to their
religious patrimony (F.-M. Gapi, "Les Religions Traditionnelles et le
Dialogue Interreligieux", Bulletin 82, XXVIII/1, 1993, pp.
70-76). This also could be said to some extent of other traditional religions
throughout the world, In our recent document, we define traditional religion as,
"those religions which have remained in their original socio-cultural
environment" (Pontifical Council for Interreligious Dialogue, "Pastoral
Attention to Traditional Religions", Letter to the Presidents of Episcopal
Conferences in Asia, the America and Oceania," 21 November 1993). In that
document, for this reason, we noted that "the herald of the Gospel
should pay great attention to the traditional religions and the cultures which
go along with them. Christianity should aim at influencing the whole of life and
producing integrated persons, rather than have people live parallel lives, at
different levels." It must be repeated that the Church respects the
religions and cultures of various peoples and, while bringing to each people the
Good News of Jesus Christ, wished to preserve all that is noble, true and good
in their religion and culture.
Finally, a few questions could be raised: given the relationship between
culture and interreligious dialogue, how do we view conversion? For example, in
India, as we are told, conversion is not understood merely as a change from one
religion to another; rather, it is also a change from one culture to another. A
pure form of Christianity is unthinkable for Hindus. For them, Christianity is
also a particular culture. Hence they suspect the motives of Christians when
conversion takes place. This misconception is further strengthened by the fact
that in certain areas where conversions to Christianity are still going on, many
Christian missionaries are unwilling to promote interreligious dialogue. The
local Church is well placed to look into these questions.
Another question is that of one culture being shared by several religions.
In other words, can a particular culture be a private property of a particular
religion? This question is faced by Christians in many Asian countries where,
for example, Hinduism claims Indian culture, Buddhism claims Thai culture and
Shintoism claims Japanese culture. How could the Church become truly incarnate
in these situations and not be regarded as foreign?
«The Gospel is independent of all cultures» affirms Evangelii
Nuntiandi. This means that the Church is not to identify exclusively with
any ONE culture. The Church, to become a truly incarnate reality, must enter
into dialogue with each particular culture. How can the Church safeguard her
independence vis-a-vis each culture without entering into dialogue with
religions which are closely related to such cultures?
(Français)
Le Cardinal Francis Arinze note que, même si toutes les
cultures ont une dimension religieuse, les différences culturelles
peuvent être problématiques pour le dialogue entre les religions.
L'inculturation aujourd'hui est un problème crucial si le christianisme
veut entrer avec fruit dans le domaine parallèle du dialogue entre
Evangile et culture. Enfin, l'article aborde le fondamentalisme, les religions
traditionnelles et les malentendus sur la question de la conversion.
(Español)
El Cardenal Francis Arinze advierte que, aunque toda cultura tiene
una dimensión religiosa, las diferencias culturales pueden suponer un
problema para el diálogo interreligioso. La inculturación tiene
actualmente un papel crucial para que el cristianismo pueda entrar con fruto en
el campo paralelo del diálogo entre el Evangelio y la cultura. Además
el ensayo toca temas como el fundamentalismo, las religiones tradicionales, y
los equívocos en torno a la noción de conversión.
FAITH, CULTURE AND COMMUNICATIONS
Archbishop John P. FOLEY
President, Pontifical Council
for Social Communications
Vatican City
Many people today agree that the communications media play a key role -- if
not the key role -- in the formation of contemporary culture. Seven years ago,
addressing the Pontifical Council for Culture, I asked that we consider three
aspects of cultural formation, and on three levels: information culture,
attitudinal culture and value culture within the local community, the national
community and the world community.
Regarding the information culture, the media bring us the news we need to
live a well-informed life in a fast-changing contemporary world. Regarding
attitudinal culture, the manner in which the news and entertainment media and
indeed advertising treat certain themes influences the formation of popular
attitudes, outlooks and styles.
Regarding value culture, the media sometimes counteract and indeed overcome
the influence of home and school in the formation of values -- perhaps
substituting the idea of personal satisfaction for the ideal of self-discipline;
at the same time, the media can and have helped to dispel deeply ingrained
prejudices and thus to inculcate sound values in areas such as racial justice.
This overview, however, is inadequate in describing the media environment in
which we live. Consider the life of an average young person today in the
developed world. He or she is awakened by a radio; puts on a breakfast
television program; takes morning exercise wearing headphones and carrying a
portable radio or record player; drives or is driven to school in a car equipped
with a radio, tape deck and compact disc player; attends a school equipped with
computers, audiovisual aids and the latest communications equipment; perhaps
does after-school work in a store equipped with a computerized cash register
which maintains inventory, does instant accounting and indicates the precise
change to be given at the time of purchase; talks on a portable telephone while
returning home; once again puts on earphones or a videocassette while doing a
school assignment; talks on the telephone to friends; eats supper while watching
a television program; works on a personal computer and uses a modem to
communicate with others or to tap into a data bank; goes out to a film with
friends; returns home and turns on the radio with an automatic shut-off and
falls asleep -- to awaken the next day to the sound of music on the radio -- or,
for a more sophisticated young person, to the sound of the latest news.
Thus, for many young people today, the environment is media. They are
surrounded by sound, by images and by data. How many young people today kneel by
the side of their beds to say morning or evening prayers? How many families say
grace before or after meals -- or, more accurately, how many families even eat
together? How many families attend church services together -- or, in the face
of declining levels of religious practice in the developed world, how many
persons participate in the public worship of God?
Since faith is the evidence of things that appear not, since it requires for
its development an atmosphere of thoughtful reflection, is it unjust to say that
the contemporary culture of all-pervasive media is not conducive to the
deepening of religious faith?
To a certain extent, religious faith must be counter-cultural. It has always
been counter to merely worldly values; now it must counteract the very
environment of noise, of distraction and of media omnipresence in which so many
people live.
Also, however, faith must be incorporated into culture. One American writer
of three generations ago called the thirteenth «the greatest of
centuries» because faith seemed to define the culture of the period --
from the popular feasts and fasts, to the wide popularity of both monasticism
and the mendicant orders, to the philosophy of St. Thomas Aquinas, to the
architecture and adornment of the cathedrals, to the miracle plays -- and even
to the wars of the period, the crusades.
While I would not personally subscribe entirely to such an idealistic or
romantic view of the thirteenth century, I can understand the frame of mind
which prompted it -- a type of nostalgia for a simpler time of shared values, of
shared aspirations, of a shared culture imbued with religious faith.
We do not live in such a relatively stable culture today. We live in an
ever-changing communications culture. As persons of faith, we must be concerned
that networks of communication among people do not block out communication with
God; that the communication of worldly messages and entertainment does not block
out the communication of the Word of God, of the Good News of Jesus Christ.
While maintaining a constructively critical stance toward the culture of the
day, as the Church did in the midst of thirteenth century culture when it worked
against lay investiture and duelling and abuses in ecclesiastical life, the
Church and religious faith must also be present to the contemporary
communications culture.
It is an irony of contemporary communications that, among all religious
groups, the Catholic Church seems to exercise the greatest fascination for the
media -- not only because of its size, but also because of its sacramentality --
because, by divine design, it uses material signs of spiritual realities.
Thus, in one way, our Catholic faith is already part of a communications
culture -- because it does not repudiate material things; it seeks to use them
for spiritual purposes and it also uses them as signs of a transcendent
spiritual reality. Catholic ceremonies, when they are done properly, are
excellent for film and television; they are visually rich and they are symbolic
of a deeper reality. Good Catholic music can prompt reflection. Audiocassettes
on Sacred Scripture and theology, if carefully done, can become part of those
items listened to on portable recorders or in automobile tape or record players.
Videocassettes, illustrated with the richness of centuries of Christian art, can
help to explain religious truth.
We can use culture to deepen religious faith -- and we can enter
contemporary culture by imaginative and creative use of the media. There can be
a telephone ministry to the sick and lonely, to those who have fallen away from
faith or to those who seek initial anonymity in the discussion of their
difficulties. The intimacy of radio can provide company and consolation in the
silence of the night, in the isolation of the automobile. The computer can
offer data banks on Scripture, the Fathers of the Church, theology, Church
history.
While contemporary culture can create an atmosphere of distraction not
generally viewed as compatible to the nurturing of faith, it can also create the
possibility of accessibility. It can be easier to reach people, even though it
may be more difficult to get their attention.
Our religious faith, however, has come from communication -- communication
through divine revelation, communication through the Incarnation of Jesus
Christ, the Eternal Word of God. Communication is thus not hostile to a culture
of faith; it is essential to it.
Since the means of communication have been multiplied, so have the
opportunities for communicating and deepening religious faith -- if we can learn
to live in the new communications environment and to use its language skilfully
to communicate a truth which is eternal but whose expression must always be
contemporary, not to betray its meaning but to allow its message to reach every
human heart.
(Français)
Mgr John Foley distingue trois aspects de la formation culturelle
par les «médias»: l'information, les comportements, les
valeurs. Il décrit la présence quotidienne des «médias»
dans le style de vie de la jeunesse. Devant de telles pressions, la foi doit se
faire critique et lutter culturellement, en évitant la nostalgie de
contextes précédents moins complexes pour la religion. L'Eglise
doit être fidèle à sa propre réalité
sacramentelle et à sa mission en étant présente de manière
créative à l'intérieur de cette culture de la
communication.
(Español)
El Arzobispo John Foley distingue tres aspectos en la formación
cultural que realizan los medios de comunicación: información,
actitudes y valores. Describe la presencia cotidiana de los medios de comunicación
en el estilo de vida de los jóvenes. Ante estas presiones, la Iglesia
tiene que ser crítica y actuar contra la corriente cultural, evitando la
nostalgia por etapas anteriores, menos complejas para la religión. La
Iglesia tiene que ser fiel a su sacramentalidad y a su misión, estando
presente en esta cultura de comunicaciones de forma creativa.
EXPERIENCE AS BASIS FOR PASTORAL INTERACTION
Bishop William B. FRIEND
Shreveport, U.S.A.
Contrary to the broad generalizations that the transcendent and spiritual
dimensions to life are lost or diminishing in our contemporary society, there is
evidence that many of the faithful understand that the meaning of their
existence is linked to the nature of revelation and the relationship to God
through grace and the presence of His Spirit in all of creation. It is true that
such understandings may not be expressed in formal theological frameworks and
terminology. Also, it is true that many such understandings that were formerly
expressed in the traditions of ethnic and national origins are undergoing change
in the way they are expressed and lived. This may be leading us to
underappreciate how God is speaking and how people are listening and responding
today.
It is not obvious from the history of religion, and certainly not in
Christianity, that generally the human person spontaneously has tended to create
the divine in his or her own image, reduced transcendence to human managements,
and destroyed human values as if one had to choose between the glory of God and
the glory of humanity (Michael J. Buckley, S.J., «Atheism and
Contemplation,» Theological Studies, Vol. 40, No. 14 [December,
1979] pp. 680-699). Nor does it seem so today, except in those few instances in
which tyrants, power driven business leaders and overly daring scientists
attempt to usurp all sovereignty for themselves.
Given the great diversity of religious traditions and cultures in a nation
such as the United States of America, one is truly challenged by the invitation
to report on the foundational questions that have to do with meaning, mystery,
faith and other related concepts. Admittedly, this problem is not new. Since its
early days our Church has been challenged in its mission to minister to people
of different cultures, languages, national origins and economic conditions.
What draws the people of different historical cultures together is the
search for the common truth about human being, always related to the search for
the truth about God and about the whole of creation (Cardinal Joseph Ratzinger,
in a speech on Faith and Culture, given in Salzburg, August 2, 1993,
paraphrased from Vatican Information Service, No. 145, p. 2). There may be
different starting points for people in that some persons may first focus on the
psychological, or the ethnographic, or the needs of the family, or an
enlightenment from faith that comes through prayer, et cetera. Whatever may be
the various steps and journeys individuals undertake, they can and most often do
arrive at a faith which is deep, personal and transcendent. It can be and is
found, moreover, that the more humane a culture is, the more ennobling it is,
the more will it be sensitive to that truth in faith which people seek and in
which they hear God's voice. The more persons work through their personal
discoveries and experiences and are open to grace, the better their
opportunities are to enrich the culture, and realize that truth can be expressed
in it for the good of all.
U.S.A. Culture and Appearance of Irreligion
The basic shape of the mainstream culture in the United States was given by
Protestant Christianity, not by the Catholic Church. Catholics remain a minority
of the population even today. In this situation Catholics find certain basic
attitudes and values which from our perspective are problematic. These should
not always be attributed to a lack of religious faith but rather to the
different shape of Christian faith in the Reformed Tradition. Catholics note
among some of their Protestant friends, for example, their belief that they can
have a relationship with Christ without having a relationship to the church, or
continue to tolerate racism, or be less concerned about the social or community
ills of society.
In viewing American films and television one could easily be misled by the
secular and unchristian tone which focuses on domination of people, violence and
greed. The capitalistic approach to business and the pragmatism of political
processes, while at times problematic and on other occasions operating with a
good communitarian spirit, sometime confuse even our own citizens into thinking
that all is lost and no one listens to the voice of God. In fact there are some
popular authors and commentators who promote for one reason, or another, the
contention that there is only a massive deterioration and degeneration in
American society. Such ideas are frequent at the conclusion of a century in many
cultures. They are easy to write about, but reflect little hope and fewer
solutions. Highly negative and critical emphases often are perceived by
Catholics and other Christians to be a denial of the power of God's grace, a
rejection of people who are truly struggling to live the Gospel, and a promotion
of self-interests.
Despite all these forces, however, religious belief is alive and well for
many American families. The quality of the critics' commentary depends to some
measure on the kind of norms and criteria used, the scope of the study, and the
true objectives of the person who comments or critiques.
Coping with Diversity
Given the diversity of beliefs as in the United States, it is often more
helpful to ask the question «Who is Christ for us?», than «Who
is Christ?». Everyone comes to a text or teaching with his or her own
experience, intelligence, judgement, preconceptions, and level of spiritual
maturation. Everybody brings a cultural framework and colouring to the work of
understanding and interpretation. No one comes to the conversation with a blank
mind. To interpret means to use one's own preconceptions. To explain an action
is to relate it to the underlying norms that make it possible. Meaning is not
just something we recover, but something we struggle to produce or generate. The
initial question mentioned opens the way to two different, but related,
conversations.
First, there is the conversation of prayer, reflection and personal
appropriation of the Word. In hearing the Word it is the hearer's life and world
that are transformed. The Word has to be articulated in familiar language by the
Christian community under the conditions of the present and emerging structures;
the interpretation has to be directed to transformation of the present and not
be merely a recovery of the past.
Second, today's Christian has to be open to conversations with people who
represent a broad spectrum of beliefs and understandings and who live in an
environment of massive institutional reorganization and change. It is through
conversation that the relevance of the fundamental questions about life can
emerge. Clarification, the making-real of the questions for people within their
particular time and place, help to introduce the starting points to explore
deeper meanings and connections.
The Human Experience
If we are to speak of God to people today, an important place to begin is
that which is most fundamental, and therefore common, in the everyday
experiences of being human.
In the dominant cultures of the Southern United States, for example, one
finds that ideas are the last things that one shares. First there must be an
exchange of personal background information about family, place of origin,
preferences in food, hobbies, mutual friendships, et cetera. Once this ritual is
completed and a better trust level is established then what one thinks is
shared. Ideas and thinking are not freely shared with strangers. One of the more
successful starting points for speaking of God to people is a conversation about
their family. Usually, one can experience the range of topics to include
everything from recent crises and disappointments all the way to the remote
history of the family. In this experience we hear the native voice, the values,
and the questions which can open the way to speaking of God. The workplace, too,
is an effective place for exchange. In this setting, however, the time span of
the engagement is necessarily shortened. What is talked about in such settings?
The starting points are whatever is of high value, interest or concern to the
individual participants in the conversation. In this approach the process is
perceived to be more personalized and human.
It is in sharing such experiences and conversations that many opportunities
come for initiating dialogue or conversation flowing from the foundational
experiences of life. The question provoked by the Pentecost proclamation is not
«What is entailed in it?» but rather the deeply existential
question, «What then must we do?» (Acts 2:37).
People seeking to find God today look for an interactive style of discovery.
If the approach of those acting in the name of the Church assumes the posture of
first emphasizing that they alone are in full possession of the correct names
for those deep experiences of human life, names which people can not possibly
find on their own without revelation as it is presented in the Church's
tradition and theology, then the response of those persons who are searching is
often withdrawal. The personal sharing in the search, the resourcing with truth
as the subject's needs require it, and the compassionate understanding and
patience with the searcher all help in the discovery of meaning and the Word. It
is within this context of experiences that one can more effectively explore
peoples' criteria of judgement, determining values, points of interest, lines of
thought, sources of inspiration and models of life (Evangelii nuntiandi,
Nos. 19-21).
The challenge ever before us is that we hear the Word more fully ourselves,
since we are servants of the Word, and not its masters. The continuing process
of inspiration, discovery and discernment remains ever on our own agendas as
members of the faithful seeking meaning and fulfilment in the Word. The faith of
believers must be demonstrative as well as declarative.
While a believer's personal witnessing to the Word always remains the most
inspirational and effective means of helping other persons who are in search of
truth, meaning and love, the Word also can be discovered through a variety of
media organized to present it.
Guided by the Holy Spirit those who have gone before us have assembled
warehouses full of prayerful reflections, pastoral experiences, scholarly works,
biographies of saintly people, histories, and works of related arts and
sciences. Our libraries are filled with large volumes of books, documents and
periodicals on the truths of faith. Contemporary scholars carry on their
traditions of study - the acquisition of knowledge, its verification, its
promulgation, and its further development, application and management. Great
insights and reflections on the Word over the years have come out of an
elaborate and articulate discourse about the problems of each age. Collegial
participation among people who understood the problems and sensed how the fabric
of thought was not working have provided solutions.
The Mission and the Challenge
One of our major challenges is how such a vast reservoir of accumulated
truth, inspiration, and dynamics can more readily be made known and available to
a larger number of people all over the global community. How can we improve the
heart of what we are about: sharing the Good News that enables the human spirit,
engenders the learning of truth in faith, fosters Christian Community, calls
people into the service of other people, and invites worship in the Lord Jesus
Christ and faith in Him.
There are many ways in which we can help to enhance hearing the Word and
reading the signs of the times. As mentioned earlier, personal witness is
paramount; prayer is essential, the living proclamation of the Word can never be
abandoned. There are also some new or reclaimed ways to introduce and enrich the
hearing and understanding the Good News today.
Five additional challenges that one might mention are (1) benefits from the
newer computer technologies; (2) conversations with scientists; (3) a
recommitment to the fine arts; (4) the further explorations of ethnographic
studies and; (5) a more systematic evaluation of outcomes of our efforts to
share the Word.
Some examples can be given from the first two headings.
It is possible now to have the New Testament on the Sony electronic
book player and printer that can be connected to a personal computer screen and
is indexed to the word level. It is possible to have the Catechism of the
Catholic Church on an electronic "Smart Card." It is possible to
speed up the work of translations via computer technology.
Another phenomenon that has emerged in connection with computer networking,
E-Mail, Voice Mail, and the like is enabling scholars to exchange information,
offer critique, resource each other and offer affirmation on a daily basis, if
needed or desired. Interesting by-products are emerging from such discourses:
(1) more open sharing (self disclosure of ideas and values), (2) more honest and
fuller critique, and (3) better preparation for plenary sessions and meetings.
It does not take a lively imagination to appreciate the value of what such
networking could do for theologians, religious educators and pastors.
Contemporary indifference to the Word of God in the scientific culture of
the United States, and I suspect elsewhere, does not emerge from an argument for
the freedom of physics from theological assertions as in the past, nor for the
development of the human above the present state of humanity. Rather, it arises
from a climate of mind which both segregates religious thought from serious
inquiry and makes authority of experience depend upon its codification in those
experimental methods that took their rise from the physical and biological
sciences. Religious denial or apathy or contempt or disinterest in the
intellectual culture is far too unexplored theologically and pastorally to
present the precision of a question or a set of questions. This means that our
immediate task is not to attempt answers, which would be in any case inescapably
premature. We must first clarify the religious problem that is hidden or
unarticulated within the intellectual culture and discover what is still
indeterminately contradictory to belief (Michael J. Buckley, S.J., «Experience
and Culture: A Point of Departure for American Atheism,» Theological
Studies, Vol. 50, [1989] p. 459). We can achieve this in part by entering
into dialogues and collaborative inquiry with scientists, philosophers of
science, theologians and various other scholars. Gradually and cooperatively we
can explore the epistemological, ethical and ontological questions in such
dialogues.
Conclusion
In succeeding generations our Church has had to deal with one kind of "ism"
or another. There have been all kinds of attempts to interrupt or distort the
Word. In our age we must remain strong in faith and the hope that the answers we
need will continue to come. We are obliged to remain open to God's revelation
and to all people who are in need of His voice.
The intimate disciples of Jesus, who had at first preached only to Jews
inevitably came into greater contact with Gentiles, had to face the problem--for
whom was the message of Jesus intended? The answer, of course, was everyone.
Throughout the history of our faith Christians have been aware of their duty to
transmit the faith to everyone. There is also evidence that Church leaders and
the faithful when confronted with various erroneous teachings, cultural
challenges or inadequate resources have by the grace of God addressed the
problem, found the solution and experienced a deeper presence of the Spirit's
guiding power. The same Holy Spirit guides the faithful and us in our search for
the Word in the midst of today's many other voices. Sometimes we can be
entrapped with a siege or ghetto mentality and underestimate God's power to
guide us to a solution. Many of the faithful see the need for the Church to
continue to translate anew what the Church knows to be the Word. We have to
think of better ways to proclaim and let ourselves be open to searching and
creating solutions, but always holding on to the truth of faith in Jesus Christ.
(Français)
Mgr William Friend voit de réels signes d'une découverte
de la transcendance dans le monde contemporain. En contexte américain, là
où les positions protestantes restent fortes, la famille est un centre
fondamental pour la foi, malgré la tonalité séculière
des "médias". Le partage des expériences humaines est la
clef d'un début d'interaction pastorale concernant la foi. Aussi bien que
le langage essentiel du témoignage, l'évangélisation doit être
interpellée par les nouveaux développements dans la technologie
informatique, le dialogue avec les scientifiques ou les résultats de la
recherche ethnologique.
(Español)
El Obispo William Friend ve en el mundo contemporáneo
signos positivos de descubrimiento de la trascendencia. En el contexto
americano, en que los presupuestos protestantes siguen teniendo fuerza, la
familia constituye un fundamento central para las creencias religiosas, a pesar
del tono secular de los medios de comunicación. La clave para iniciar un
contacto pastoral con respecto a la fe, habrá de ser un compartir
experiencias humanas. Es esencial para la evangelización el lenguaje del
testimonio. Pueden ayudar también las nuevas mejoras en tecnología
de ordenadores, el diálogo con los científicos, y los resultados
de la investigación etnográfica.
EL CRISTIANISMO COMO FUENTE DE CULTURA HUMANA
Cardenal Joachim MEISNER
Arzobispo de Colonia,
Alemania
Dios se hizo hombre
La temática se deduce del misterio cristiano de la Encarnación.
Por el hecho de que Dios en Jesucristo se ha hecho hombre, de ahí que
servir a Dios cristianamente debe encarnarse en los sentimientos y costumbres
humanos. Es decir, debe convertirse en costumbre. El culto cristiano, encierra
en sí mismo una dinámica que lo hace visible y experimentable
incluso en la cultura. No es sin motivo que etimológicamente «cultura»
se deduce de «cultus». Como la segunda persona divina se ha
manifestado en Jesucristo de forma sensible, en la naturaleza humana, en un ser
humano concreto, lo cual significa que se ha hecho visible, que se puede
escuchar y tocar, de la misma forma en el cristianismo toda la interioridad se
debe manifestar exteriormente y todo lo exterior debe también ser expresión
de una realidad interna y se debe sostener por ella. La presencia extensiva de
la Iglesia en el mundo debe ser realizada y sostenida por su presencia
intensiva. Sólo en este caso la Iglesia corresponde al misterio de Cristo
que es verdadero Dios y verdadero hombre. Y únicamente de este modo la
Iglesia es «creadora de cultura». La «des-sensibilización
al Evangelio», de forma particular en Europa, es una de las razones
principales de la «des-culturización» de Europa. San Juan
escribe en su primera carta: «Lo que existía desde el principio,
lo que hemos oído, lo que hemos visto con nuestros ojos, lo que
contemplamos y tocaron nuestras manos acerca de la Palabra de vida, ... nosotros
lo anunciamos también a vosotros» (1 Jn 1,1).
El orden de la creación está dirigido al orden de la salvación,
es decir, a la Encarnación de Dios, así la materia se puede
convertir en el material para la epifanía de Dios que se refleja en la
cultura. Es casi sacramento, signo exterior para una realidad de fondo que
habita en él y que primeramente no es visible. San Pablo testimonió
este hecho en la carta a los Romanos cuando escribe: «Lo invisible de
Dios, desde la creación del mundo, se deja ver a la inteligencia a través
de sus obras: su poder eterno y su divinidad» (Rom 1,20). El hombre
siempre ha estado tentado a despojar la cultura separando ambas realidades, de
tal manera que «deshumaniza» a Dios hecho hombre como un Dios fuera
del mundo, relegándolo al cielo; o, por el contrario, haciendo que la
tierra y el hombre sean absolutizadas, así que la tierra viene casi «des-divinizada»,
en el sentido de que viene separada de Dios, como San Pablo nos dice en la carta
a los Romanos, asumiendo el papel de un Dios sustituto. Como demuestra la
experiencia europea, un Dios fuera del mundo tiene como resultado un mundo sin
Dios; y viceversa, un mundo fuera de Dios produce para los hombres un Dios sin
mundo. Inmediatamente el Evan-gelio deja de ser creador de cultura; si es verdad
que permanece levadura, no viene mezclado con la harina; porque, aún
cuando permanece como sal, no penetra más y tiene un olor diferente,
porque se mantiene bajo llave.
La imagen de Cristo sin mundo
Para el cristiano es una tentación permanente «desencarnar»
a Cristo y «des-culturalizar» el culto, «des-materializar»
el Verbo hecho carne, con el pretexto de que haciendo así, se da honor y
gloria a Dios de manera perfecta. Una tal Iglesia se contentaría con una
liturgia «sólo para el cerebro» y dejaría la formación
del mundo a él mismo o a otros. Esta conducta tiene como consecuencia un
cristianismo idealizado que no toma en serio al mundo, pero que tampoco tiene
necesidad de tomarlo en serio porque no tiene ya una fuerza cultural formativa.
San Pablo, en las cartas a los Corintios, define a la Iglesia como el Cuerpo
de Cristo. Cristo es llamado la Cabeza de la Iglesia, mientras la Iglesia
representa el Cuerpo de Cristo con sus múltiples miembros. En
consecuencia, un cristianismo sin Iglesia sería como un Cristo sin
cuerpo, un Cristo sin manos y sin pies. A nivel cultural, esto se manifestaría
en Europa exactamente en el hecho de que no existieran más ni catedrales,
ni iglesias, ni pinturas, ni esculturas, ni poesía cristiana, etc.
Representémonos con nuestra imaginación, por ejemplo, los paisajes
de nuestras ciudades sin las torres y las cúpulas de las iglesias, que se
alzan hacia el cielo. Nuestras ciudades y nuestras aldeas serían sólo
un montón de habitaciones humanas, pero no tendrían un rostro, un
perfil, un esplendor humano. Un cristianismo sin Iglesia sería una
contradicción con el orden concreto de la salvación que Dios ha
escogido para la salvación del mundo. San Agustín, por ejemplo,
antes de su conversión, era un representante típico de este
cristianismo idealizado. Para él, como intelectual, el Evangelio era una
filosofía muy estimada. Pero la Iglesia le parecía una cosa
vulgar, ordinaria, que él ha tomado en consideración solamente con
un cierto malestar.
Sin embargo el cristianismo no significa éxtasis, sino encarnación,
no idealización, sino inculturación, no éxodo de este
mundo, sino ingreso en el mundo. En la primera carta de San Juan (4,2-3) se dice
expresamente: «Podréis conocer en esto el espíritu de
Dios: todo espíritu que confiesa a Jesucristo venido en carne, es de
Dios; y todo espíritu que no confiesa a Jesús, no es de Dios».
La imagen del mundo sin Dios
En un mundo y en una sociedad, donde no es posible la trascendencia porque
el cielo ha sido abolido, donde no existe el «trascender», el «retirarse»,
por tanto, está programado. En un mundo de esta clase no se desarrolla «cultura»
sino «sub-cultura». Quienes se retiran (por ejemplo, en el mundo de la
droga) se crean su ambiente cultural específico, que no merece
propiamente este nombre. Cuando desaparece el cielo, también el mundo es
muy reducido. Pero el hombre no se deja reducir a una existencia limitada. El
hombre tiene necesidad de altura; más aún, tiene necesidad del «Más
Alto». Tiene nece-sidad de horizontes, tiene necesidad del cielo. La tierra
sin cielo, por lo tanto.
La agricultura, por ejemplo, es sustituida por el ambiente contaminado. El
hombre comienza a calmar su hambre de eternidad con los bienes de este mundo.
Haciéndolo así, consume sus propios recursos; sin embargo, de este
modo tampoco se sacia. El problema ecológico en último análisis
es un problema teológico. La pérdida del «Cultus divinus»
tiene como consecuencia la pérdida de la «Agricultura». La
breve fórmula bíblica para una cultura cristiana es: «Como
en el cielo, así en la tierra». Se debe volver a dar el cielo en
la tierra y Dios en el hombre. Porque, sin Dios, el hombre no se entiende a sí
mismo e inmediatamente debe de hecho alienarse por sí mismo.
La tesis atea de Feuerbach sobre el hombre y el mito de Nietzsche del «Super-Hombre»
son, en último término, un testimonio y una confirmación
para el cristianismo. Cuando el hombre descubre su divinidad, lo puede hacer sólo
porque Dios le ha revelado su propia humanidad. Como un espejo no puede reflejar
un objeto inexistente, de la misma manera la persona humana, con su sed de
absoluto y de infinito, sería inexplicable sin un arquetipo absoluto e
infinito. A la cultura le falta también su fuente. Porque de la
conciencia, que frecuentemente no reflexiona, de su proveniencia de Dios le
brota la actividad y la creación cultural.
Por una parte, el ser humano es el «hombre de las cosas», una cosa
frágil, porque es mortal, entre la multiplicidad de las cosas de este
mundo y por tanto sometido a las leyes físicas del mundo. Pero por otro
lado, es una persona inmortal, en gran parte exonerada de los desarrollos
inmanentes. Y al mismo tiempo es un ser corporal que en su naturaleza es
plenamente dependiente de muchos condicionamientos, y es un ser espiritual que
en su espíritu no está sometido absolutamente a ninguna condición.
Precisamente en esto se basa su posibilidad de hacer que la naturaleza llegue a
ser cultura.
En esta estructura, formada por Dios y divino-humana, de su persona, el
hombre descubre la representación de Dios, aún más:
descubre la presencia real del trascendente y una fuerza creadora que de ninguna
manera es «natural». De ahí, que la tentación de ser
Dios da testimonio de la dignidad divina del hombre en su origen. Esto se
verifica en la penumbra cultural de la así llamada «modernidad
postcristiana».
La Encarnación de Dios perfecciona la creación de Dios. Por
esto, la Navidad es llamada por los Padres de la Iglesia «el octavo día
de la creación», día que es igualmente el nacimiento de toda
cultura cristiana. Desde entonces, el mundo no es solamente «material»,
es también y siempre lo será signo y velo que indica y cubre lo
divino.
El hombre como microcosmos
La Encarnación de Dios quiere continuar en el hombre. La fe cristiana
quiere llegar a ser idéntica en la situación particular de los
hombres. Teóricamente no existe una diferencia entre esta fe y la vida
concreta que ella llena. No queda nada que sea exclusivamente fe. Todo es al
mismo tiempo vida. Hasta el final de nuestra vida durará la lucha por
esta fe integral y sin límites. Esta fe sostiene la vida. Al resultado lo
llamamos cultura.
Es significativo que los potentados comunistas de otro tiempo en la Alemania
del Este siempre pretendieron que el nivel cultural más alto de las
regiones católicas fuera el resultado de su política cultural
socialista. Los paisajes más cuidados de las ciudades y de las aldeas, la
cultura de vida de los hombres más alta, con menos divorcios y abortos,
debería ser expresión de los principios socialistas. En realidad
esta «Cultura cristiana» ha sido la consecuencia del «Cultus
divinus». Por el hecho de que en estas regiones católicamente
formadas era santificado el domingo, el sábado se hacía la
limpieza de las calles y de las plazas públicas. El ir a la iglesia el
domingo motivó en los hombres el baño del sábado y una
higiene corporal particular. Evidentemente, los cristianos católicos
cambiaban el vestido de trabajo por el vestido del domingo. Y sabemos: «El
vestido hace a la persona». Las procesiones anuales eran motivo para que
los dueños de las casas, pusieran en orden las fachadas, de tal manera
que ha sido el servicio divino, el que le ha dado rostro diferente al paisaje de
las ciudades y aldeas. Aún más, en Alemania podemos constatar una
degradación de la cultura de las exequias desde el Norte hasta el Sur. Así,
por ejemplo, en el Norte de Alemania los funerales anónimos son una
norma, mientras que hacia el Sur, que ha sido mucho más formado católicamente,
una rica cultura de las exequias es todavía más o menos natural.
La unidad de la fe y la vida se fundamenta en el mismo mensaje del
Evangelio. El Verbo se hizo hombre; aún más, mundo. El mandato del
Evangelio no es retirarnos de nuestro mundo contemporáneo, sino ir al
interior de este mundo. El Verbo se ha hecho carne, pero también
permaneció hombre. No es que se haya absorbido en el servicio del mundo
lo que salva a los hombres y al mundo, sino que es el arraigo en su origen
divino. Sólo una vida así nos está permitida y tiene
sentido, una vida que se deja determinar y plasmar por la fe, y sólo esta
fe cuenta y es responsable del hecho que se encarna y se representa en la vida.
El aspecto externo de la existencia cristiana integral lo llamamos cultura.
Cultura del Domingo
El cristiano, en el interés de la misma tierra, es abogado del cielo.
Por esto ora diariamente: «Como en el cielo, así en la tierra».
Cristo no es un administrador eclesiástico de terrenos, sino que es el Señor
del mundo, el Señor de Europa. Sería, por tanto, de hecho herético
para los cristianos, para los hombres y las mujeres de la Iglesia, estar sin
compasión y sin ayuda activa por todo aquello que formalmente no es la
Iglesia. La herejía monofisita se mueve como un fantasma en todas las épocas
cristianas. En ella cae quien intenta separar el espíritu de la carne, la
Iglesia del mundo, Dios del hombre, el «Cultus» de la cultura y
viceversa. Separar la Cultura del Cultus significaría degradar la cultura
hacia una forma sin contenido. No dejar fecundar el culto en la cultura
significaría dejar degenerar el culto en espectáculo, lo que nos
muestra, de manera particular en Europa, la lucha por mantener el Domingo y por
el respeto de la santificación del domingo.
El Domingo, está fundado y arraigado en el orden de la creación.
El hombre debe y puede participar de la soberanía y de la libertad de
Dios. No está inmerso en mecanismos de la vida como lo está el
animal. El hombre puede retirarse. No debe diariamente revolver el terreno como
un topo. Como imagen de Dios se puede retirar de los fines y de las necesidades
de la vida al menos una vez a la semana para participar en la espléndida
libertad de los hijos de Dios. Esto lo relaja y lo descarga. Pero la construcción
de máquinas y la organización de las empresas de producción
que no hacen posible esto, trastornan el orden de la creación. Aquí,
en este contexto el hombre viene totalmente instrumentalizado y por tanto «des-sacralizado»
y «des-culturizado». Se convierte finalmente en un mero medio. Como
Dios ha creado una multiplicidad de hombres, la santificación del domingo
es posible sólo como actividad común. Por lo tanto, toda la
cultura de la familia y de los otros grupos sociales vive esencialmente del
domingo. En la sabiduría hebrea de los proverbios se dice: El sábado
ha mantenido a Israel más que Israel al sábado». También
nosotros con pleno derecho podemos decir: El domingo ha mantenido a los
cristianos, más que los cristianos al domingo.
La cultura de la vida, en el así llamado Occidente cristiano se ha
desarrollado esencialmente por la cultura del domingo. La preocupación
por sostener el domingo cristiano es una preocupación por mantener la
cultura cristiana que ante todo hace digna de ser vivida la vida de los hombres.
Una cultura cristiana no es un lujo espiritual que los cristianos se pueden
conceder en los tiempos de bienestar, pero a la que deben renunciar en los
tiempos de necesidad. La cultura cristiana es la consecuencia evidente de la fe
cristiana, en el centro de la cual se encuentra el misterio de la Encarnación.
(Français)
Le Cardinal Joachim Meisner expose à partir du mystère
de l'Incarnation comment le christianisme doit être une source de culture
humaine. Le Christ n'est pas concevable sans son corps, l'Eglise; semblablement
le monde humain a besoin de s'ouvrir lui-même à la transcendance.
La foi et la vie ont besoin de former une unité, et pareillement la
culture est profondément liée au culte. Là où cette
relation s'effondre, la culture devient purement formelle et le culte un simple
spectacle.
(English)
Cardinal Joachim Meisner explains from the mystery of Incarnation
how Christianity has to be a source of human culture. Christ cannot be conceived
without his body, the Church; similarly, the human world needs to open itself to
transcendence. Faith and life need to form a unity, and likewise culture is
deeply linked with cult. Where this relationship fails, culture becomes an empty
form, and cult a mere spectacle.