PASTORALIA
ANTHROPOLOGIE DE LA CULTURE
SELON
JOHANNES MESSNER
Werner FREISTETTER
Conseil Pontifical de la Culture
Cet article rend compte des idées maîtresses de
Johannes Messner sur la culture, objet d'une thèse de Doctorat à
l'Université de Vienne en Autriche, soutenue par l'Auteur. Cette thèse
a paru sous le titre: «Internationale Ordnung und Menschenbild».
1. Introduction
Un des problèmes urgents de notre temps consiste dans la tension
entre la conscience de l'identité particulière - culturelle,
ethnique ou nationale - et les défis qui requièrent une solidarité
globale et la coopération de tous les peuples. En annonçant
l'Evangile dans la réalité concrète du monde d'aujourd'hui,
l'Eglise est confrontée à cette tension. Aussi, dans son
enseignement social, ne cesse-t-elle pas de renvoyer à ce fait
incontournable: face à la diversité des crises et des défis
de notre temps, on ne peut trouver de solutions authentiquement humaines et
morales qu'en reconnaissant les valeurs éthiques, culturelles et
religieuses universelles, et en respectant la situation particulière et
l'identité des personnes et des groupes.
Cela signifie, pour l'anthropologie et la philosophie de la culture, que la
connaissance des valeurs éthiques universelles se transmet, dans la
particularité des cultures déterminées, à travers
des expériences concrètes liées à la vie d'une société
donnée. D'où la question des conditions anthropologiques et
sociales, susceptibles de permettre les échanges des convictions morales
entre les cultures ainsi que la formation d'un Ethos éthico-juridique
commun à tous les peuples.
Telles sont les questions auxquelles Johannes Messner, prêtre
autrichien et professeur d'éthique sociale, a consacré sa réflexion
en s'inspirant de la tradition catholique du droit naturel. Né en 1891 (à
Schwaz/Tirol), il fut, après des études de théologie, de
droit et d'économie, à partir de 1930, chargé de cours puis
professeur d'éthique et de sciences sociales chrétiennes à
Vienne, enfin éditeur de revues catholiques de culture. Suite à
l'occupation de l'Autriche par le Reich allemand, il perdit sa chaire de
professeur et échappa à une arrestation imminente en fuyant en
Angleterre.
Un événement marquant de son exil fut sa rencontre de l'éthique
anglo-saxonne. Celle-ci, à la différence de la philosophie morale
scolastique d'alors, mettait particulièrement en relief l'aspect
empirique de la connaissance éthique et de l'expérience morale.
Impressionné par cette manière de penser, Messner chercha dès
lors à fonder la théorie traditionnelle du droit naturel, à
partir d'un point de départ éthique, dans le sens empirique
global du terme, en s'appuyant sur des expériences humaines
fondamentales. Il qualifia cette approche de point de départ ontologico-inductif
du droit naturel, dans la ligne d'Aristote et de son analyse de l'instinct de
bonheur, et dans l'esprit de la théorie de saint Thomas sur les inclinations
naturelles. Son chef-d'oeuvre d'éthique sociale Le droit naturel,
paru d'abord en anglais en 1949, et en allemand en 1950, connut jusqu'en 1984
huit éditions et plusieurs traductions. A son retour à Vienne en
1949, il fut professeur d'éthique et de sciences sociales à la
Faculté de théologie catholique. Il mourut dans la capitale
autrichienne en 1984.
En rapport avec son orientation ontologico-inductive de la théorie du
droit naturel, Messner s'occupa également de questions relatives à
la philosophie de la culture et écrivit en 1954 son Ethique de la
culture. En effet, selon son orientation éthique fondée sur
l'expérience, l'empreinte sur l'homme de l'ethos, des valeurs et des
traditions d'une culture particulière était déterminante
pour la compréhension de la connaissance éthique. Pour cela,
Messner a intégré sa philosophie de la culture dans le déploiement
de son éthique, pour développer ensuite les grandes lignes d'une éthique
de la culture.
Dans ce processus, l'anthropologie joue un rôle déterminant.
Messner le souligne: l'homme ne trouve pas en lui les vérités
morales toutes faites ni leurs principes, mais qu'elles lui sont transmises en même
temps que les principes de valeur de la culture dans laquelle il naît.
Les convictions et les comportements que l'homme reçoit depuis
l'enfance, déterminent de manière décisive sa conscience
morale et sa vie spirituelle. Messner voit par ailleurs comme but de la vie
culturelle et du développement de la culture l'épanouissement des
hommes: la culture est épanouissement intégral de ce qu'il y a de
proprement humain, l'homme sens et but de toute culture. L'éthique de la
culture trouve donc dans la valeur propre de la personne humaine sa loi supérieure.
Chercher à clarifier la situation de l'homme comme personne dans les
formes de vie culturelles qui le façonnent, tel est l'objectif majeur de
l'éthique de la culture de Messner.
2. La notion de culture et les formes de vie culturelles
Messner s'efforce de présenter le développement d'un concept
de culture universel, qui embrasse toutes les affirmations de la vie et tous
les domaines de la vie de l'homme, ... ordre de la société, Etat, économie
et technique aussi bien que l'art, la litérature, la science et la
philosophie. C'est à partir d'une telle compréhension
englobante de la culture que peuvent se faire les subdivisions dans les différents
domaines culturels. Mais Messner souligne que la culture ne commence pas
seulement dans la salle de concert, à l'opéra, à la
bibliothèque, mais déjà dans le quotidien de la vie sociale
et professionnelle de l'homme, par la production des moyens de satisfaction des
besoins élémentaires de sa vie et par son comportement dans la
satisfaction de ces besoins. Cette conception se différencie de celle
qui s'oriente principalement vers la culture intellectuelle, privilégiant
la science, l'art, la littérature, la philosophie.
Par cette large conception de la culture, Messner voudrait présenter
la culture comme une dimension propre à l'être de l'homme. Pour ce
faire, il adopte une expression d'Adolf Portmann, selon laquelle la vie
culturelle est l''état naturel particulier' à l'homme à la
différence des animaux. Si, comme le dit Messner, la culture représente
cette réalité sociale, dans laquelle l'homme trouve l'épanouissement
intégral de ce qu'il a de proprement humain, alors la culture est une
nature pour l'homme. Par là se relativisent les différenciations
courantes, comme par exemple l'opposition entre culture et économie ou
civilisation et culture. Pour Messner, cesdites oppositions sont considérées
comme fausses, si par là on doit juger de l'essence et du concept de
culture.
Partant de cette insistance sur l'épanouissement intégral de
l'homme comme but de la culture, Messner met en relief les institutions qui
structurent la vie sociale comme la famille, l'Etat et le droit dans leur
signification pour le concept de culture. En particulier, la famille doit être
considérée comme communauté humaine fondamentale. A cette
communauté familiale Messner assigne la tâche d'introduire l'homme,
à travers sa participation à la vie commune, dans l'univers des
valeurs humaines fondamentales, comme celles de l'amour et de la fidélité
mutuelle, du souci et de l'abnégation les uns pour les autres, de la
solidarité et de l'effort de tous en vue du bien commun. Ces
institutions naturelles de la vie sociales sont de la première importance
pour l'épanouissement de l'homme comme être de culture. Dans la
conception culturelle de Messner, elles ne sont pas une simple condition, mais
une composante essentielle et intérieure de la culture. Tel est, pour
Messner, le point de départ de sa compréhension de l'essence
sociale de la culture, dans laquelle les visions et comportements transmis par
ces dites institutions, qui constituent la tradition d'un peuple et déterminent
sa forme de vie sociale, jouent un rôle déterminant.
Voici comment Messner résume les éléments de son
concept de culture: Il conçoit l'homme comme être de culture en
raison de sa disposition à la connaissance et à la réalisation
des valeurs. L'impulsion immédiate à la tendance
culturelle ... prend sa source dans la recherche par l'homme de la satisfaction
des besoins et projets de vie qui se manifestent dans sa nature téléologique,
corporelle et spirituelle. Certes, la culture est de nature sociale, mais
son objectif fondamental est l'épanouissement de la personnalité
des membres de la communauté culturelle. Dans le même ordre d'idées,
Messner évoque un rapport important pour sa pensée entre
l'anthropologie et la philosophie sociale: La culture comprend de manière
inséparable la culture sociale, matérielle et spirituelle; ce que
Messner justifie par l'unité de la nature sociale, corporelle et
spirituelle de l'homme même.
Ces éléments entrent dans la définition que Messner
donne du concept de culture. Il définit la culture comme la forme
socio-historique de l'épanouissement de la vie d'un peuple comme totalité
ayant pour but fondamental l'épanouissement de la personnalité de
ses membres à travers la participation à cet épanouissement
de la vie dans chacun des domaines de la vie. C'est cette conception qui
s'exprime dans cette brève formule générale: La culture
est réalisation de valeurs. Messner insiste sur le fait que ce
processus est un événement dynamique. Ce n'est pas la durée
des biens de valeur produits, qui est déterminante pour ce processus,
mais l'épanouissement créateur de la personnalité des
membres de la société, lequel provient de leur participation à
la vie culturelle de la société.
Par conséquent, Messner s'efforce de développer son concept
universel de culture en conformité à la stratification multiple de
la nature humaine dans son existence individuelle et sociale. La culture comme
processus d'épanouissement humain et de réalisation sociale des
valeurs s'accomplit dans l'unité et la tension entre les dimensions matérielle,
corporelle et spirituelle de la nature humaine, dans la tension de la vie
humaine entre sa position individuelle propre et sa relation sociale, entre son
empreinte socio-culturelle et sa réalisation créatrice.
Les problèmes liés au sens et à la réalisation
de la culture et des formes de vie culturelles sont donc en rapport connexe avec
des questionnements éthiques. En effet, parmi toutes les valeurs qui l'épanouissent
culturellement, l'homme trouve dans les valeurs morales sa réalisation
essentielle comme personne. En conséquence, il se pose en relation avec
la culture des questions de rapports et de responsabilités d'ordre
moral, de principes et comportements moraux, de vérité et d'ordre
moraux. De ce point de vue, Messner considère la culture comme forme
de vie, ordre et devoir.
Ce qui importe pour lui, c'est de dégager les dimensions morales,
dans lesquelles l'homme se retrouve comme être culturel. C'est pourquoi
son explication de la culture comme forme de vie est d'une importance particulière
pour la compréhension du droit comme phénomène culturel.
3. Le développement de la culture, la justice et
l'anthropologie
Ceci apparaît dans les réflexions de Messner sur la
signification de l'ordre juridique pour la culture. Comme la nature humaine dépend
de l'action commune de la société pour son épanouissement,
la culture trouve son origine dans la nature sociale de l'homme. En conséquence,
il existe pour Messner un rapport de dépendance mutuelle entre l'individu
et la société. L'homme a besoin de la société
pour son épanouissement intégral en tant qu'être de culture,
la société de son côté a besoin, pour l'épanouissement
de sa force culturelle, de la nature individuelle qui s'épanouit dans sa
participation à la culture. Mais la condition de ce rapport réciproque
entre l'épanouissement culturel de l'homme et l'épanouissement de
la culture est le droit comme ordre stable de la société, qui tout
au moins empêche l'usage arbitraire de la force et assure la paix à
l'intérieur de la société. Le droit, que Messner considère
dans son origine comme Ethos socialement garanti, est ainsi à l'origine
de toute culture.
Cette réflexion conduit Messner à considérer les
questions de justice comme des facteurs décisifs du développement
culturel. L'intuition innée des exigences morales de justice, socialement
liées à la nature de l'homme comme personne, devient loi de
mouvement des cultures dans la recherche par l'homme de son épanouissement
culturel. L'histoire que l'homme a traversée dans son combat pour le développement
culturel, fait reconnaître la connaissance sur l'ordre de la justice
comme la force motrice la plus grande du développement de la culture.
Celle-ci a tendance à conduire l'homme dans le sens d'une réalisation
continuelle des valeurs proprement humaines dans sa vie sociale. A travers la
dynamique de la conscience morale du droit, la conscience comme capacité
fondamentale de l'homme de connaître les valeurs morales devient profondément
la force culturelle motrice, ayant pour but d'organiser un ordre social selon
les principes d'un humanisme universel et social. Partant de cette
signification de la conscience et de la conscience du droit pour le développement
socio-culturel, Messner décèle un progrès de l'humanité,
bien qu'encore lent et avec de lourds contrecoups ... dans l'acquisition de
convictions inamissibles sur les fins morales d'une culture sociale de liberté
exigée par la dignité de l'homme. Dans cette mesure, Messner découvre
une signification particulière de l'histoire de la culture pour
l'auto-compréhension de l'homme, à savoir celle qui, dans sa
culture et la manifestation historique de celle-ci, dévoile ... ce qu'est
l'homme et ce dont il est capable. L'homme comme être culturel ne peut
se comprendre sans son expérience historique. Cependant, à elle
seule celle-ci ne suffit pas pour comprendre l'essence de l'homme dans sa
totalité.
Ainsi se pose une question décisive pour l'anthropologie. D'une part,
Messner met en relief la dimension historique et sociale de l'homme et ses
formes culturelles. D'autre part, l'expérience historique ne représente
qu'un champ partiel de l'ensemble de la réalité expérimentale
de l'homme. Car l'homme fut un être culturel, avant qu'il n'entreprît
de se comprendre à partir de l'histoire. De même l'homme ne se
détermine pas entièrement par la dépendance de la culture
et de la société; car la personne morale ne peut être absorbée
par les relations sociales.
Cet être moral propre de la personne, qui ne se laisse pas simplement
déduire des données historico-culturelles, constitue la condition
ontologique et le fond moral du développement culturel. La personne étant
toujours embarquée dans l'ethos social, à la fois comme recevante
et donnante. C'est pourquoi il est possible, d'une part, que les formes d'ethos
d'une culture soient, de façon décisive, transformées ou
perfectionnées par le phénomène du génie moral.
De l'autre côté, cela peut conduire à des conflits entre la
conscience individuelle et l'ethos dominant, lesquels constituent des signes
d'un tragique affectant l'existence personnelle et sociale de l'homme.
Messner considère ici la dimension de l'expérience intérieure
de la personne. L'homme a pu réaliser son essence culturelle, parce que,
en raison de son expérience interne immédiate, il était
en mesure de se comprendre et ainsi de trouver l'orientation fondamentale de son
devoir culturel. Aussi est-il, pour Messner, de la plus haute importance
pour l'éthique de la culture et de la société, de chercher
dans l'homme même et dans sa connaissance originelle de soi, la base
de la culture ... et son fondement moral. C'est avant tout la communauté
des formes culturelles fondamentales chez tous les peuples, qui attire
l'attention sur le fait qu'il existe une relation interne entre la nature téléologique
de l'homme, sa constitution et sa structure instinctives, et les valeurs
fondamentales de la culture.
La raison ontologique de ce lien réside dans le fait que la tension
de l'homme vers l'accomplissement de sa vie relève de sa constitution
instinctive. C'est dans ce sens que Messner caractérise l'instinct de
bonheur comme une impulsion fondamentale déterminant la structure
instinctive de l'homme dans son ensemble. A partir de cette conception téléologique
de la nature humaine, Messner définit la culture comme développement
de la nature de l'homme et accomplissement de la vie suivant les exigences,
c'est-à-dire les besoins, de la constitution instinctive propre à
l'essence corporelle et spirituelle de l'homme.
Puisque, dans ce sens, Messner entend la culture comme nature humaine épanouie
et humanité épanouie, ainsi la question de la nature de la culture
conduit à celle de la nature de l'homme comme son fondement moral. Un
examen global de la nature humaine amène à la reconnaissance des
valeurs culturelles fondamentales, qui se manifestent comme des valeurs
authentiquement humaines et pas seulement dans leur dimension historico-factice.
Le point de départ de toute expérience est cependant constitué
par des formes de vie historiquement marquées. Car l'homme reconnaît
sur la base de la validité de certains modes de comportement
historiquement marqués ... la validité fondée en soi des
valeurs culturelles fondamentales qui émergent dans la conscience de
l'homme.
Cette réflexion constitue un point de départ décisif de
la théorie du droit naturel chez Messner et une idée fondamentale
de sa justification ontologico-inductive du droit naturel. La place de la
communauté familiale dont il a été question plus haut est
d'une importance capitale pour ce point de départ. Messner introduit dans
sa théorie du droit naturel la réalité historico-culturelle
que depuis le commencement l'homme ne pouvait autrement vivre qu'en société,
c'est-à-dire qu'en famille.
4. Conclusion
Les réflexions de Messner fondent le concept de culture, dans un sens
large et anthropologique, une décennie avant la formulation bien connue
du Concile Vatican II dans Gaudium et spes N· 53. Son effort reste
d'actualité pour mettre en relief le processus de connaissance éthique
à partir des expériences existentielles de l'homme, et pour développer
une éthique de la culture, qui tienne compte de la tension entre
l'universalité des valeurs éthiques et le rôle fondamental
des formes de vie culturelles particulières.
L'anthropologie philosophique telle qu'elle est développée par
Messner dans sa théorie du droit naturel est d'une importance capitale
pour le dialogue entre foi et culture. En effet, la réflexion
philosophique permet et facilite la rencontre et le dialogue entre la conception
chrétienne de l'homme et les autres modèles anthropologiques.
D'ailleurs, la tradition théologique catholique a toujours souligné
l'importance fondamentale de la philosophie pour la réflexion théologique.
De ces deux points de vue, les préoccupations de la doctrine catholique
du droit naturel, présentes dans l'oeuvre de Messner, sont encore
aujourd'hui très fructueuses.
(English)
Werner Freistetter outlines the anthropological approach to the
concept of culture in the thinking of Johannes Messner (1891-1984), professor
for social ethics in Vienna. Starting from Catholic natural law doctrine in the
tradition of Aristotle and Thomas Aquinas, Messner sought to combine this
inheritance with an empirical approach, better adapted to the modern mentality.
The result is a broad, anthropological concept of culture which involves
ordinary daily life, family, traditions, law and social order no less than
philosophy, literature and arts. In this approach, human beings with their
fundamental moral conscience, their pursuit of authentic happiness and their
quest for justice are central in the present challenge to create an
international order which respects different cultural identities and is based on
values common to mankind.
(Español)
Werner Freistetter pone de relieve la perspectiva antropológica
del concepto de cultura que se encuentra en las obras de profesor vienés
de ética social Johannes Messner (1891-1984). Messner parte de la
doctrina católica de la ética natural, en la tradición de
Aristóteles y Santo Tomás, para intentar conjugar esta herencia
con un enfoque empírico, más acorde con la mentalidad moderna. El
resultado es un concepto de cultura amplio, antropológico, que implica la
vida de cada día, la familia, las costumbres, la ley y el orden social,
al igual que la filosofía, la literatura y las artes. En este enfoque, el
hombre, con su conciencia moral fundamental, su búsqueda de la felicidad
auténtica y su lucha por la justicia, tiene un papel central,
especialmente ante el desafío actual de crear un orden internacional que
respete las diversas identidades culturales, basándose en los valores
comunes a toda la humanidad.
POSITIVISM AS CHALLENGE TO RELIGIOUS BELIEF
Eoin G. CASSIDY
Mater Dei Institute, Dublin,
Ireland
How do people pose the question of the meaning of their existence and of the
world? There is a prior question: do people today pose the question of the
meaning of their existence and of the world? Given the importance of the quest
for meaning this latter question would seem at first sight to be unnecessary -
even trivial, or is it? One needs little reminding of the fact that the
contemporary western European culture is, in many respects, marked by a
progressive and sustained attempt to evade the issue of ultimate meaning. The
striking evidence of the emergence of religious indifference, as distinct from
atheism, is a powerful illustration of this fact. Unlike either atheism or even
agnosticism, religious indifference is marked by the refusal to take seriously
the very question to which religious belief is addressed - the question as to
the ultimate meaning of human existence. Consequently, in the context of
the contemporary culture of western Europe there are obstacles facing those
challenged by the task of proclaiming the Christian message. It is only through
uncovering both the roots of this phenomenon of religious indifference and the
source of meaning that animates or gives coherence to that culture, that one can
hope to begin a process of dialogue which will allow God's voice to be heard.
Philosophers frequently suggest that the consumerist and technological ethos
of western society is responsible for the rise of religious indifference.
However, the question not often asked is why it is that so many today are
preoccupied by these materialist and ultimately transitory concerns, and what
this tells us about the character of our contemporary society. Only after
careful refection on these related questions can one begin to address the more
specific issue of how people in the so called developed world both understand
and articulate the meaning of their existence. In response to this issue I want
to suggest the importance of studying the legacy of one feature of the
Modernist/Enlightenment culture, namely Positivism. As a philosophy Positivism
provides the unquestioned theoretical horizon for many of the more popular
philosophical expressions of atheism, those found in the writings of Feuerbach,
Marx, and Freud. What is often ignored or forgotten is that the legacy of
Positivism is most clearly to be seen in the relatively recent emergence of
religious indifference - an instance of a wider refusal to seriously entertain
the metaphysical or religious questions (L'Indifférence Religieuse,
Secrétariat pour les Non-Croyants, Paris, Beauchesne, 1983).
Most commentators date the beginning of the Post-Modernist revolution either
to the cultural upheavals of 1968 or to the economic crisis which affected the
industrial world in 1973. According to the perceived wisdom, the old certainties
of the age of Enlightenment- that cultural and scientific revolution of the
seventeenth to the nineteenth centuries commonly referred to as Modernism - with
its stress on Positivism, Rationalism, and a belief in the continued progress of
science and technology, has given way to a culture which accepts the diversity
of the social and tends towards fragmentation. To assume however, that Scientism
or Positivist reductionism has been swept aside in the current of Post-Modernist
revolution is a position which unfortunately does not bear critical examination.
In fact, if anything, it is the contrary which is the case; our contemporary
culture remains stubbornly attached to the ideology of Positivism or Scientism.
Apart from the influence of Positivism in the growth of religious
indifference one can see the continued importance of Positivism today in the
preoccupations of the diverse and in many cases opposing philosophical movements
such as Linguistic Analysis, Structuralism, the hermeneutical philosophy of the
Critical Theorists, and finally the exponents of Deconstruction. Despite the
diverse aims and methods of these philosophical movements they do share one
crucial perspective, namely a recognition of the inherent destructiveness of
positivism (Cf. Richard Kearney, Modern movements in European philosophy,
Manchester University Press, 1986, p. 2). The fact that the desire to offer a
philosophical refutation of the central tenets of Positivism continue to occupy
such a large part of current philosophical speculation is an eloquent testimony
to the persistence of this ideology in the culture of the contemporary West.
Understanding the persistence of Positivism
In its earliest form as a philosophical system Positivism derives its name
from the writings of the nineteenth century sociologist Auguste Comte. During
the course of its development however, it has come to embrace a loose amalgam of
different philosophies which are united only in being based upon the belief that
questions which attempt to transcend the world of empirical/scientific facts are
at best literally nonsense, and at worst, positively harmful to the progress of
civilization. The philosophical development of Positivism in the nineteenth and
early twentieth century, one which consistently sought to equate science with
the atheistic ideology of Scientism, closely mirrored the growth of utopian
theories of scientific progress and the development of an ever more rigorous
empiricist epistemology. It achieved its most sophisticated expression in the
philosophical system known as Logical Positivism, and briefly achieved
widespread popularity in the English speaking world as a result of the writings
of A. J. Ayer in the 1940's.
Given the obviously unsatisfactory nature of accepting a philosophical
system which eliminates not only the possibility of religious belief but refuses
to accept the validity of large areas of human experience, and also, ironically
from the Positivist perspective - denies the possibility of providing a rational
justification for the possibility of science, it would seem difficult to imagine
that Positivism/Scientism could have any lasting appeal. And yet, can one deny
that, in our culture the phenomenon of the substantial growth of religious
indifference is directly related to the unquestioned assumption, in the minds of
many, that a belief in science is identical to a belief in Positivism/Scientism?
How does one explain this fact? It is relatively easy to point to a number of
factors which contributed to this state of affairs such as the increasing
reliance on, and prioritizing of, the scientific methodology over all other
forms of knowing. In addition, the unnecessary and highly damaging conflicts
between the Church and the scientific community in the seventeenth to the
nineteenth centuries undoubtedly contributed to creating a climate of opinion
which increasingly believes that science and religion are incompatible.
Finally, what is often forgotten is that the phenomenal growth in this
century of opportunities for education, allied to an increasing knowledge of and
reliance on science and technology, has, for the first time in human history,
created the conditions for a truly mass scientific culture. That is not to say
that those who consciously identify science with Scientism constitute a majority
of the educated public; thankfully all the evidence points to fact that our
society has imbibed the values of the contemporary scientific culture in a less
confrontational manner. However, one must acknowledge that if the method of
science justifiably places in brackets those questions which transcend the
limits of the empirical - the questions of ultimate value - there is inevitably
the risk that, in a scientific culture, society will adopt this methodology as a
way of life. The inevitable consequence of this scenario is that religious
belief will become increasingly marginalized. A scientific culture is
essentially a problem solving culture, one where every problem admits of a
solution. In such a perspective the idea that a question might be inexhaustible,
and that as Gabriel Marcel says, "the idea of God is a mystery to be
lived rather than a problem to be solved" (Being and Having, Boston,
Beacon Press, 1951, p. 100) is one which is barely comprehensible.
Positivism is in essence an atheistic ideology but, paradoxically, its
widespread appeal today bears very little relation to its explicit atheism.
There are many who have imbibed the cultural values of Positivism who either
have never seriously considered one way or another the question of God's
existence, or if they have, would be quite reluctant to commit themselves to an
explicitly atheistic ideology. Positivism as a late twentieth century phenomenon
is much less about the inadmissibility of God's existence than about the
irrelevance of God; the belief that it is not necessary to believe either in a
God or in divinely inspired laws in order to give a meaning to individual
existence and a coherent structure to society. It is science which will provide
the mechanism by which one can discover the norms both for individual and social
harmony. In other words, the role which it was presumed that religious belief
was needed to fulfil no longer exists. In a Positivist culture religious belief
- in the sense of its relevance to the everyday concerns of the word - will be
replaced by science.
In addition to these factors, the perceived advantage of a positivist world
view over a religious one has a lot to do with the illusion of security which it
seems to offer. Positivism offers a framework for living. It not only seems to
provide society with a secure and measurable context within which to order its
priorities but it also suggests a way of evaluating human progress. More
importantly, it suggests both that ultimate fulfilment is possible in this life
and that it is not essentially dependent upon the ethical character of, either
the society as a whole, or the individual who make up the society. The
Positivist or Scientist culture is one which has consistently given priority to
the "Is" over the "Ought", a viewpoint which implies that
fulfilment is a product of scientific achievement rather than a function
of the moral quality of life. In the context of our contemporary culture the
acceptance of this perspective allows one not only to live with a consumerist
lifestyle but also to believe that human and societal progress towards ultimate
fulfilment can actually be measured in terms of the increase in personal
disposable income.
As a philosophical system it is ironic that Positivism which is based upon
the inadmissibility of metaphysical and religious questions, should receive
widespread acceptance today precisely because it seems to provide a secure
context of meaning within which one can justify both the absolutizing of the
idea of scientific progress and the acceptance of a consumerist lifestyle. What
is becoming increasingly obvious is that the avowed rejection of religious
belief by positivist philosophy is more accurately a rejection of rival theories
of meaning - those proposed by the various systems of religious belief - rather
than a rejection of meaning itself.
Do these factors, important as they are, explain the all pervasive influence
of Positivism in our contemporary western culture? I don't think so, because
they don't take into account what is becoming increasingly evident in today's
culture, i.e. the intimate relation between the will-to-knowledge and the
will-to-power. Contemporary theology, particularly Liberation Theology is
especially sensitive to this link between the structures of knowledge and those
of power. Similarly, the most recent trends in philosophy would suggest that
theologians are not alone in both highlighting and criticising this important
development in the modern world. In this regard one must recognise the valuable
contribution currently being made by the Structuralists and the Critical
Theorists to the philosophical analysis of our contemporary culture. Particular
emphasis in these philosophical systems is placed on the way in which language
is manipulated in order to conceal the ideological function of the mass media;
the way in which the dominant political and economic power structure has used
the language of the media to promote the myth of Positivism. By promoting the
myth of an objective/scientific world view and that of scientific progress those
vested interests seek to assert and maintain control over the levers of power.
Countering the influence of Positivism
The first systematic attempt to accommodate religious belief within a
positivist world view is to be found in the writings in the last century of the
philosopher Ludwig Feuerbach. Setting out to reinterpret theology in terms of an
immanentist anthropology he claimed that the true object of religious belief was
not a transcendent personal God but rather the attitudes and values which are
attributed to this God. This classical statement of reductionism which proposed
the idea of a secular religion re-emerged in the middle of the present century
in the writings of the "death of God" theologians. It continues to
survive in the writings of a few commentators on religion such as D. Z. Phillips
and Don Cupitt. The futility of such an exercise becomes self evident when one
considers how one would attempt to explain the religious act of prayer simply in
terms of a gracious or trusting attitude to life as Phillips proposes. Although
one can undoubtedly speak of a prayerful attitude to life, it is clearly not
possible to pray to an attitude. Unfortunately, while the contradictions
involved in the idea of a secular religion may be self evident, the influence of
this attempt to marry secularism and religious belief should not be
under-estimated. For many people today belief in God is synonymous with a loving
and/or grateful attitude to life. To such people, prayer and the participation
in the sacramental life of the Church is an unnecessary and, in many respects, a
time wasting exercise. In the context of this rejection of belief in a personal
God who loves us, one can see that the influence of Positivism extends far
beyond the explicit rejection of religious belief.
If it is Feuerbach's philosophy which represents the earliest attempt to
combine secularism and religious belief, it is the philosophy of Ludwig
Wittgenstein which marks the first systematic attempt to oppose the basic tenets
of Positivism - or at least, he is the major first philosopher to show how
Positivism in restricting reality to the world of scientific facts does violence
to human experience. Despite his background in Logical Positivism, Wittgenstein
recognised the radical impoverishment of human experience as represented by
Positivism - the refusal to accept the validity of ethics, aesthetics, and
religious belief, and the denial of the meaningfulness of the question "Why"
in favour of a world content to settle for the question "How". This
was a remarkable insight.
If Wittgenstein expressed more clearly than any other philosopher the
limitations of the positivist world view, he was also the one whose writings
revealed just how difficult it is to break free of its influence. Faced with the
omnipresence of Positivism, Wittgenstein's early writings saw only the
possibility of silence in the face of the religious question. By abandoning
philosophy's traditional concern with meaning in favour of description, he
attempted in his later writings to offer a philosophical system which allowed
for the intelligibility of, among other things, religious belief. Unfortunately,
this attempt was no more successful than the former in overcoming the
restrictions of Positivism, because it merely substituted relativism for
silence. It proposed the abandonment of the very idea of objective truth in
place of the prior abandonment of metaphysics.
This philosophical development endorsed by the later writings of
Wittgenstein was to have, and does still have, considerable impact on the
contemporary cultural response to the claims of Positivism particularly in the
English speaking world of Liberalism. It has proved particularly influential on
those from this Liberal tradition who have sought to assert the intelligibility
of religious belief. Given the perspective of the later Wittgenstein the only
basis on which the acceptance of religious belief can be explained is fideism
where truth is ultimately a function of belief rather than a reason for belief.
However, unless one is prepared to accept the incommensurability of one's
beliefs, fideism unfortunately offers a very inadequate response to the claims
of Positivism.
During the course of this century and from a very different perspective
there emerged in the philosophy of Martin Heidegger an equally trenchant
critique of Positivism. Setting out to awaken us to what is involved in the
quest for human authenticity his early writings remind us that the possibility
of "being-a-whole" is directly related to the acceptance of the fact
that each person is a 'being-towards-death - that «as soon as one is
born one is old enough to die» (Martin Heidegger, Being and Time,
Oxford, Blackwell, 1962, p. 289). Although there is nothing strikingly
original about that insight - one only has to remember that Aquinas based the
most famous of his meditations on the existence of God on the experience of
contingency - nevertheless, Heidegger's insight is valuable in that it is
situated in the context of a sustained critique of western society. As he
perceptively observed, a defining characteristic of the contemporary "developed"
world and one that is inherently destructive of both individual and societal
existence is the fear or evasion of death. In face of the ever increasing
evidence in the developed world of a narcissistic preoccupation with death
delaying strategies rather than life promoting medicine one can recognise the
aptness of Heidegger's observation.
Mystery of Being
According as Heidegger's philosophy developed he became more aware that the
contemporary positivist world is one which gives priority to the "ego"
driven faculties of knowing and using in contrast to the faculties of listening
and responding. In Heidegger's later writings the stress not only falls on the
question of Being but on the way of asking that question. As he sees it there
are two ways of asking a question, one which is motivated by the desire to have
control over reality and the other by the desire to be in harmony with reality.
The former demands answers to all questions just as it demands solutions to
every problem. What this approach fails to recognise is the dignity of the
unanswerable. According to Heidegger we must respect the mystery of Being and
yet enter into dialogue with it, question Being while accepting the
impossibility and and recognising the arrogance of expecting exhaustive answers.
For instance, there is no final answer to the meaning of a Mozart sonata or a
painting of Van Gogh and it is not possible to exhaust meaning by listing
information or by undertaking scientific tests. When Heidegger affirms that
anything which is worthy of questioning is literally inexhaustible he uncovers
the roots of the inadequacy of the positivist world view.
In the context of the positivist culture which flaunts an exaggerated vision
of human power Heidegger's writings are a reminder to theists that the presence
of God will only be revealed to those who are prepared to stand humbly before
the inexhaustible mystery of Being. His writings are a further reminder that
this is not something which is possible unless one is prepared to recognise the
need for a conversion from the fear or evasion of one's finitude to the
acceptance and even the anticipation of one's death. For a theist the
acknowledgement of God is inseparably linked to the Recognition of one's
dependence on God, and it is precisely this acknowledgement that one is a "dependent
being" which is denied in the attempt to evade the reality of death.
One must nevertheless recognise that there is a difficulty with Heidegger's
philosophy of Being, namely the lack of a clear teleology. In his emphasis on
the importance of the question of Being, he undoubtedly facilitates the recovery
of the importance of metaphysics. However, the question of the meaning of Being
is always posed in the context of the related and equally important question of
the purpose of Being. In proposing a horizon of meaning for human existence one
cannot remain agnostic regarding the question of ultimate meaning. There either
is or there is not a telos to human striving. One cannot remain aloof
from this issue or accept a position of agnosticism because in the last
analysis, the refusal to recognise that there is a human telos is a stance which
inexorably leads to the acceptance of Nihilism. In this context it is hard to
avoid the conclusion that Heidegger's refusal to countenance any reference to
teleology is not a stance that will be resistant to the claims of Nihilism.
With the increasing popularity in contemporary "western" culture
of the writings of the Structuralists and in particular the Critical Theorist Jürgen
Habermas, the focus of the debate has more and more shifted from the linguistic,
existentialist and onto-theological criticisms of Positivism to an analysis of
the political character of this ideology. In particular, the writings of
Habermas offer us a penetrating analysis of the way in which late twentieth
century capitalism renews and perpetuates itself by proposing as an absolute the
objectivity and all inclusiveness of the horizon of meaning which is suggested
by Positivism as it embraces the methodology of science/technology. Clearly,
Capitalism as a cultural phenomenon would not survive if the values of the "market"
- the values of technological progress and consumerism were not taken seriously.
It needs to invest these values with the status of objective and quasi absolute
goals. Habermas shows how this is to be achieved through the method of promoting
the illusion of the all inclusiveness and objectivity of scientific rationality.
Through this method it is hoped that the related goals of human interaction and
social emancipation will be suppressed in favour of that promoting technological
domination. In this context the possibility of human social emancipation is
directly related to the success of the challenge which must be made to the
Positivist/Scientist claim to objectivity and all-inclusiveness.
The insights of the Critical Theorists have given rise to a re-emphasis on
the social character of theology and to a recognition of the importance of the
various expressions of liberation theology. Increasingly, theological debate is
becoming sensitive to the links between Positivism and Capitalism - a strategic
alliance between the pursuit of science and the pursuit of power, or more
precisely, the abuse of science in the cause of the desire to control the levers
of power.
Undoubtedly the great contribution of this recent philosophical and
theological emphasis on the political and economic factors at work in the
persistence of Positivism is that it forces one to recognise that genuine
liberation and therefore the possibility of communicating the presence of God in
our contemporary culture is critically dependent on the witness which religious
believers give of their commitment to the work of promoting social justice - in
the widest sense of that term. However, it is questionable whether this is a
sufficient as distinct from a necessary response to the challenge posed by
positivism because it fails to address a number of key features in respect of
the legacy of Positivism which we have inherited. The first and most important
of these is the loss of the sense of the transcendent - the loss of a sense of a
spiritual dimension to life.
What we must recognise is that the most crippling legacy of one hundred and
fifty years of Positivism is that for the first time in history there exists a
substantial number of people for whom the idea of heaven, not to speak of hell
or purgatory, is incredible. The progressive loss of belief in eternal life is
without doubt the most striking feature of the transformation which has occurred
in respect of the religious attitudes and values in the developed world in the
last thirty years.
Too often today those entrusted with the task of communicating God's
presence are reluctant to stress the spiritual dimension of human existence for
fear of being accused of compromising the Church's commitment to social justice
- for fear that the Church might once again be accused of being the opium of the
people. It is, to say the least, ironic that, in an era when the communist
principles of Marxism have been so effectively discredited, the atheistic
positivism of Marx's philosophy has never had more influence, even if that
influence is indirect. Work for social justice is an indispensable element in
the task of effectively communicating God's presence in the world today,
but that alone will never succeed in re-awaking people to their spiritual
heritage, and it is only when this happens that people will have any chance of
comprehending the idea of their destiny "in Christ".
The first priority for those engaged in the task of proclaiming the
Christian message today is to overcome that false and damaging dichotomy between
preaching a gospel of social liberation and proclaiming the message of the
spiritual destiny of humanity. The priority facing religious believers is to
show that it is precisely the belief in eternal life which both ennobles the
work for justice and offers the only real hope of human fulfilment. Only in this
way is one able to expose the falsehood of supposing that the only way that one
can show a commitment to the secular is by espousing Secularism - that atheistic
ideology which categorically denies the existence of any transcendent and/or
spiritual dimension to human existence. What must be recognised is that the
Positivist myth of human progress and ultimate fulfilment built on the edifice
of scientific achievement and/or revolutionary activity is increasingly, in our
post-Chernobyl and post-Marxist world, being seen for w hat it is namely, a
myth. It is a myth which has the all too real possibility of destroying rather
than fulfilling human nature. Furthermore, the consumer oriented alternative
proposed by late twentieth century capitalism, floundering due to the rise in
unemployment and the increasing evidence of both the inherent injustice of the "market
forces" and the progressive destruction of the earth's environment, offers
even less hope of human fulfilment.
Conclusion: The importance of a teleology
Can one say that Society's attempt to suppress or evade the question of the
meaning of existence is part of the larger context within which we can
understand the contemporary phenomenon of religious indifference? Although as an
religious agnostic Heidegger steadfastly refused to recognise that the finitude
of human existence forces one to choose either theism or atheism, the religious
believer is under no such constraint. Moreover, given the unqualified optimism
in human progress which marks the ideology of Positivism it does not appear
unreasonable to suggest that religious indifference may be situated in the
context. If this analysis is correct it is precisely this experience of human
finitude which reveals the folly of such an evasion. To use an image borrowed
from the language of Deconstructionism the truth which ultimately gives the lie
to the naive optimism of Positivism is the fact that one cannot deconstruct
death. The reality of death reveals that human existence is lived in the
dialectic between Being and Nothingness. Furthermore, it forces us to recognise
that the only question which cannot be avoided - despite the best efforts of
contemporary society - is the question "Why is there something rather
than nothing?" In the last analysis it is precisely the reality of
human contingency which impels one to choose between the viewpoint that Being is
gracious and that which holds that Being is absurd.
In criticising the inadequacy of the response of both Wittgensteinian
fideism and Heidegger's onto-theology to the inroads of Positivism we
highlighted the lack of a teleology - the absence of any vision of a goal to
human striving which would render intelligible the acceptance of religious
faith. In my final comments I want to return to the issue of teleology. Whether
one accepts Christianity or not, there is one thing which must never be lost
sight of, namely, that it proposes an answer to the question of human existence
in terms of a teleology. Furthermore, in the context of an attempt to counter
the claims of the ideology of Positivism it is this faith in creation which more
than anything else distances the religious belief of Christianity from the
philosophy of Heidegger. In contrast to all forms of Positivism or Scientism,
Christians insist that the intelligibility of reality cannot be explained from
the perspective of the acceptance of randomness but can only be affirmed in the
context of a belief in creation, a doctrine which treats not just of origins
but, more importantly, of purposefulness.
To conclude: it is my belief that only by recognising the implications of a
belief in creation can one either do justice to the religious faith of
Christianity or begin the process of dialogue with those who profess themselves
indifferent to religious belief. The possibility of proclaiming the Christian
message today is dependent on a recovery, in the contemporary culture of the
importance of metaphysics, and in theology, of the importance of the doctrine of
creation.
(Français)
Eoin Cassidy soutient que le positivisme a eu un impact sur notre
culture plus durable et profond que d'autres formes d'athéisme plus
militantes. Cet impact se manifeste surtout dans le fait que, pour beaucoup de
gens, la foi religieuse n'a pas de sens. Cette idéologie nie le besoin de
se poser des questions plus larges et procure en même temps une
confortable tranquillité pour s'adonner à la société
de consommation. L'auteur examine les différents horizons philosophiques
de Wittgenstein et Heidegger sur ce thème et conclut qu'une réponse
pastorale valable au positivisme repose sur un renouvellement des liens entre le
point de vue social, la théologie de la création, l'eschatologie
et la téléologie.
(Español)
Eoin Cassidy defiende que el positivismo ha tenido un impacto en
nuestra cultura más duradero y profundo que otras formas de ateísmo
más militante. Un exponente de este positivismo es el carácter
irrelevante que la fe religiosa tiene para mucha gente. El positivismo es la
ideología que, al mismo tiempo que niega la necesidad de plantearse
cuestiones profundas, ofrece la seguridad que se necesita para llevar un estilo
de vida consumista. El autor examina a este respecto los diversos horizontes
filosóficos de Wittgenstein y Heidegger, para concluir que el
fortalecimiento de los vínculos entre la doctrina social, la teología
de la creación, la escatología y la teleología, constituiría
una respuesta pastoral adecuada al positivismo.
RESPONSES TO MODERNITY
Michael Paul GALLAGHER
Pontifical Council for
Culture
This is an abbreviated version of a paper delivered at an International
Conference on «Theological Evaluation of Modernity», held in
Teheran, 31 October - 1 November 1994. A report on this meeting will be found in
the Notitiae section of this issue.
The word "modernity" is one of those umbrella terms that can
include many and even diverse implications. According to a recent book of Louis
Dupré, «modernity is an event that has transformed the
relation between the cosmos, its transcendent source, and its human interpreter»
(Passage to Modernity, Yale U. P., 1993, p. 249). Even such a neutral
statement implies that a previously living synthesis fell apart, that older
perceptions of connections between nature, God and human beings underwent
drastic change. Thus modernity, for some interpreters, means loss. For others,
however, it means gain, and in particular a gradual emergence of human
confidence whereby we are capable of experiencing, understanding and being
responsible for the world in new and challenging ways. In this light it will be
no surprise to find the responses to modernity falling into two main families,
on a spectrum between negative and positive interpretations. On the one hand
commentators put stress on the aspect of breakdown or crisis of meaning and
values, and on hence on resistance to the damaging impact of modernity; this
interpretation and response can be accompanied sometimes by a tone of nostalgia
for a previous unity. On the other hand one finds a more positive embracing of
new horizons, even from the point of view of religion and faith. A striking
example of such a positive evaluation comes from a speech of Pope John Paul II
in September 1994. Addressing an Italian diocesan group he commented: «if
by modernity we mean a convergence of conditions that permit a human
being to express better his or her own maturity, spiritual, moral and cultural,
in dialogue with the Creator and with creation, then the Church of the Council
saw itself as the "soul" of modernity» (Italian text, L'Osservatore
Romano, 25 September 1994, p. 5). That short statement of the Holy Father
offers an excellent entry point into a consideration of the Catholic response to
modernity, particularly in its uniting of three horizons: a positive evaluation
of modernity in terms of new human potentials; the linking of any reflection on
these new cultural contexts with the relationship to both world and God; and a
recognition that the Second Vatican Council was a key moment in recent Church
history, which inaugurated a whole new chapter in the attitude of the Church to
modernity.
A Product of Historical Convergences
Leszek Kolakowski has remarked in his book Modernity on Endless Trial,
«how far back modernity may be extended depends, of course, on what we
believe constitutes the meaning of the notion». (Chicago U. P., 1990, p.
6). One could add that none of the various hypotheses proposed for the origin of
modernity can any longer claim exclusivity. Instead modernity is accepted to be
a complex phenomenon, a product of converging forces through various centuries.
Many candidates present themselves as the originator of modernity: the
nominalist philosophy with its separation of words from reality (a Dupré
thesis); the Renaissance with its humanism of new individuality; the Protestant
Reformation with its stress on individual conscience; the rationalism and
subjectivism resulting from Descartes; the scientific revolution which
highlighted empirical criteria of truth; Enlightenment versions of freedom of
thought; political revolutions with their reaction against older forms of
authority; the industrial revolution with its impact on how people live together
in community; the communications revolution which influences everyone mainly
through images. But to each of these candidates, seeking to present themselves
as the key to modernity, a wise answer is: yes, but not only. In other
words, many different moments of history contributed to the accumulating and
complex reality that became modernity.
Even from this skeleton and necessarily simplistic history, the multiple
strands of modernity come into view. Whatever modernity means, it connotes major
change from what went before, and that change arrived like in-coming waves over
various centuries. It altered the human hearing of religious faith, causing less
a crisis in the content of faith than a crisis in the language of faith. As far
back as 1945, the distinguished Christian poet T. S. Eliot commented that
modernity had produced a crisis of sensibility rather than of creed: «The
trouble of the modern age is not merely the inability to believe certain things
about God which our forefathers believed, but the inability to feel towards God
and man as they did». (On Poetry and Poets, Faber, 1957, p. 25).
Thus Eliot pinpoints the religious challenge of modernity more on the level of
lived and unconscious culture than on the level of pure ideas, and this
existential emphasis was to be central also in the options of the Second Vatican
Council, to which we now turn.
The Significance of Vatican II
The Council did not use the term "modernity" but spoke frequently
of the "modern world". Its approach to this new context and
sensibility was descriptive rather than dogmatic. It deliberately abandoned any
tone of mere condemnation or global suspicion of modernity. It spoke of
listening and learning even from secular developments. Its ultimate and at least
implicit question was over relationship and communications: how is the religious
vision to express itself convincingly today, to find its true language within
this different horizon of culture.
In this respect, even from the opening speech of Pope John XXIII three
significant points of emphasis can be singled out. First, a decidedly hopeful
tone: he explicitly disagreed with the "prophets of gloom" who
interpret modern times as utter deterioration in comparison with the past.
Secondly, he insisted that the purpose of the Council, unlike its predecessors,
was not to face some crisis of doctrine, but to face the question of the
presentation of religious faith for this moment of history. Thirdly, he
advocated what he called a "medicine of mercy" as a response even to
the errors and dangers within modernity.
Positive interpretation, pastoral imagination, and a dialogue without
condemnation: these three notes were to dominate the Council as regards
modernity, and this is especially true of the pastoral constitution Gaudium
et Spes. It embodies a conversion from distance, defensiveness and caution
-traits that had been dominant in the Church especially in the late 19th
century- towards openness, dialogue and a certain optimism about the
contemporary situation of humanity.
What, in brief, are some of the main elements of this key statement? Looking
at the "signs of the times" of this new moment in history, and
acknowledging the difficulties that arise from such rapid "cultural
transformation", it nevertheless interprets the whole situation as a "crisis
of growth" (§ 4). Of the many perspectives offered by Gaudium et
Spes, here the commentary will limit itself to two: the question of the
autonomy of earthly realities and the related question of culture.
Autonomy and Culture
The document recognizes the "rightful independence of science" and
its methodology (§ 36) and also acknowledges "the rights of man"
(§ 41). Obviously the autonomy in question is not a "false autonomy"
(§ 41) from God but rather an autonomy under God,
recognizing human responsibility before the created universe as gift.
Significant at this point is an official note that mentions Galileo, and hence
this whole passage is intended to heal some of the wounds left by that painful
episode of Church history. In this light one can mention the special occasion in
October 1992 when a commission presented to the Pope its findings on the Galileo
case. Their key conclusion is that sixteenth-century culture lacked the
intellectual tools to distinguish between methodologies and fields of knowledge.
Thus in the words of Pope John Paul II, the theologians who judged Galileo were
mistaken in transposing «into the realm of the doctrine of the faith a
question that in fact pertained to scientific investigation» (L'Osservatore
Romano, English edition, 3 Nov. 1992, pp. 1-2).
From the point of view of the Church's response to modernity, the incapacity
to recognize clearly the autonomy of epistemological fields is a hallmark of
pre-modernity. Galileo was a classic example of emergent modernity but the
Church's official representatives at the time, in all good faith, were unable to
comprehend the new questions except in terms of older habits of thought. The
whole episode was thus a symbol of the lack of what Vatican II so strongly
embodied and confirmed: the double necessity of historical consciousness and of
recognizing human autonomy in order to respond fruitfully to the complexities of
modernity. If, as stressed earlier, modernity is a product of historical
convergence, then certainly at various moments in the evolution of modernity the
Church was not ready to read the "signs of the times" with the
appropriate human instruments of wisdom.
A substantial chapter of Gaudium et Spes, constituting some 10% of
the whole text, is devoted to the issue of culture, and this was a novel venture
in theological exploration. Apart from the basic fact of wanting to acknowledge
a new «historical and social» (§ 53) dimension to culture, the
focus of this section can be summarized in a central question and in a central
evaluation: «how can the vitality and growth of a new culture be fostered
without the loss of living fidelity to the heritage of tradition?» (§
56); the new dangers to religious faith «do not necessarily follow from the
culture of today, nor should they lead us into the temptation of not
acknowledging its positive values» (§ 57). In short, the Council
defends modernity from the accusation of being automatically anti-religious, and
yet it expresses a pastoral anxiety as to how to recognize the "legitimate"
independence of the secular realm, without promoting a merely "earth-bound"
humanism (§ 56).
Discernment as Essential
In the years since Vatican II, the relationship of faith and culture has
emerged even more strongly in Church thinking, especially through the personal
concern of Pope John Paul II for this crucial crossroads of human values and
religious vision. It has also been realized how complex and ambiguous is this
whole area, because culture of its nature is a human construct and hence a zone
of potential deception to be discerned and purified. How is one to discern the
culture of modernity that surrounds us in so many powerful ways? It is important
to avoid naive acculturation - where the culture sets the agenda for religious
faith. It is equally important to avoid merely dismissive complaining about the
dehumanizing influences. Instead a fruitful religious response to modernity will
involve a careful understanding of the realities that shape people's lives today
before coming to any judgement, positive or negative. In order words, we need
skills towards "discernment of the socio-cultural situation" in which
we seek to make faith in God real (Pastores dabo vobis, § 57).
What is discernment in this sense? Traditionally, it is a form of prudential
wisdom that specializes in unmasking illusion and in offering skills for a more
religious interpretation of reality. It involves sifting genuine from deceptive
in the struggle of decision-making. This road of wisdom is one that many people
need in today's world, negatively in order to see through the deceptions on
offer in the more superficial life-styles, and positively in order to undertake
a potentially more fruitful journey towards mature religious faith that does not
retreat from modernity. Discernment is ultimately a matter of recognizing the
call of God within contemporary history - without excessive naivete and without
excessive hostility before the culture of modernity.
In this respect, one can draw, finally, on some insights from Charles
Taylor, the Canadian philosopher. In his book The Ethics of Authenticity
(its Canadian title was in fact The Malaise of Modernity) he argues
eloquently that the key to modernity lies in an ideal of self-fulfilment and
that this need not necessarily be egoist or narcissistic. He attacks both "root-and-branch
condemnation" and "global endorsement" of modernity as misguided.
Instead, we need to recognize that the ideal of self-authentic living is
discredited when it forgets either the demands of others or the demands of
higher horizons of religious aspirations.
Hence a religious answer to modernity involves renewing a spirituality of
discernment that does not run away from the complexities of history now. Towards
this hope Taylor argues that "our freedom is not zero" in that we are
more capable than we often realize to reshape the modernity around us: it is
only when people do not reflect, or are kept separate from one another, that a
damaging and superficial modernity takes over: «we are free when we can
remake the conditions of our own existence, when we can dominate the things that
dominate us» (Harvard U. P., 1991, pp. 93-94, 101).
(Français)
Michael P. Gallagher esquisse quelques réponses au phénomène
de la modernité qui est lui-même le résultat cumulé
d'une histoire complexe. En général, les réponses
catholiques pendant et depuis Vatican II ont cherché à interpréter
la modernité comme une invitation à une plus grande maturité
spirituelle pour la foi. Dans cet esprit, l'article traite de thèmes tels
que l'autonomie de la science et des autres disciplines humaines, la position
cen-trale de la culture comme contexte dans lequel se ressent l'impact de la
modernité et la néces-sité d'un discernement prudent qui évite
des réactions excessivement positives ou négatives.
(Español)
Michael P. Gallagher delinea algunas de las respuestas al fenómeno
de la modernidad, la cual es el producto acumulativo de una historia compleja.
En general, las respuestas católicas durante y después del
Concilio Vaticano II, han querido interpretar la modernidad como una invitación
a una mayor madurez espiritual en la fe. En esta inteligencia, el artículo
trata de temas como la autonomía de la ciencia ante las demás
disciplinas humanas, la centralidad de la cultura como centro en el que se
experimenta el impacto de la modernidad, y la necesidad de un discernimiento
cuidadoso que evite reacciones positivas o negativas en exceso.
ANÁLISIS BÍBLICO-PASTORAL
FRENTE
AL PROBLEMA DE LAS SECTAS
Juan Daniel PETRINO
Universidad del Salvador
Buenos
Aires, Argentina
Las sectas: fenómeno antiguo y siempre nuevo
La aparición vertiginosa de nuevos movimientos religiosos y sectas en
el marco social y religioso contemporáneo llama la atención de
todos: de los pastores y del pueblo en general, de los periodistas y
especialistas en el tema... En estos últimos años los estudios se
han multiplicado bajo sus más diversos aspectos.
El avance de las sectas está a la vista y se ha vuelto de alguna
manera un tema común. Sin embargo, es tan complejo y vasto, tan amplio y
difícil de encerrar en cuadros precisos, que se presenta siempre como
actual y susceptible de nuevas investigaciones; un fenómeno que es
siempre noticia. Mas aún, y de un modo particular en el campo práctico,
los medios para subsanar esta situación permanecen siempre a la espera de
una ulterior reflexión, un mayor enriquecimiento y toma de posición.
La pastoral tiene por delante en este nuevo desafío todo un campo de
trabajo.
Adentrándonos en las páginas del Nuevo Testamento los
interrogantes bíblico-pastorales encierran en sí una fuerza e
interés particular. La Iglesia apostólica no se vio ajena al fenómeno
de las sectas y tuvo que hacer frente a estos grupos ya desde los primeros años
de vida. ¿Qué actitud tomaron los apóstoles? ¿Qué
enseñanzas nos legaron aquellos que son fundamento y columnas de la
verdad ante la aparición de doctrinas y líderes extraños y
contrarios al Evangelio? ¿De qué modo reaccionaron los fieles que
convivieron con el mismo Maestro?
Espigamos en este escrito algunas enseñanzas neotestamentarios para
traer nueva luz al campo pastoral.
Las sectas: falsificación y caricatura de lo divino
Los apóstoles habían escuchado de labios del mismo Jesús
la advertencia, «Mirad que nadie os engañe. Porque vendrán
muchos usurpando mi nombre y diciendo: "Yo soy el Cristo", y engañaran
a muchos. ... Surgirán muchos falsos profetas que engañarán
a muchos» (Mt. 24, 4-5. 11). El maligno sembraría la
cizaña (cf. Mt. 13, 24-30; 36-42) para confundir y dividir, para
alejar al hombre de Dios y de su misma vida, incluso en el nombre de lo divino.
El príncipe de las tinieblas y padre de la mentira, homicida desde el
principio, estaría detrás del espíritu anticristiano,
combatiendo el Evangelio de Jesucristo (cf. Jn. 8, 44-47). El Señor
llamó a los falsos profetas «lobos rapaces con disfraces de
ovejas» (Mt. 7, 15) alertándonos acerca del engaño
y de los prodigios que obrarían usurpando su divino Nombre (cf. Mc.
13, 5.22-23; Mt. 7, 21).
El divino Maestro oró por la unidad: «Que todos sean uno»
(Jn. 17, 21a) y para que hubiese un solo rebaño y un solo pastor
(cf. Jn. 10, 16) nos unió en su propio Cuerpo, la Iglesia (cf.
1 Cor. 12, 12-30), a la que concedió la riqueza insondable de su
sacerdocio. Los evangelistas nos relatan aquellas solemnes escenas: «Me
ha sido dado todo poder en el cielo y en la tierra. Id, pues, y haced discípulos
a todas las gentes, bautizándolas en el nombre del Padre, y del Hijo y
del Espíritu Santo, y enseñándoles a guardar todo lo que yo
os he mandado. Y sabed que yo estoy con vosotros hasta el fin del mundo»
(Mt. 28, 18-20). El Señor Jesucristo edificó su Iglesia
sobre san Pedro, los apóstoles y sus sucesores, fundamento de unidad y
punto de referencia: «Tú eres Pedro, y sobre esta piedra
edificaré mi Iglesia ... Yo te daré las llaves del Reino de los
Cielos» (Mt. 16, 18); «apacienta mis ovejas»
(Jn. 21, 16). «Quien a vosotros escucha, a mí me
escucha; quien a vosotros rechaza, a mí me rechaza» (Lc.
10, 16).
Los Apóstoles vieron inmediatamente la aparición de
movimientos que se oponían a la "Ekklesia" de Cristo. Estas "hairesis"
o "sectas" se presentaban como opositoras al Evangelio del Señor
y a su Iglesia: cambiaban el mensaje evangélico deformando la realidad
del misterio de Jesucristo y erigían a la vez comunidades "separadas"
y al "margen" de la Comunidad apostólica. Estos grupos que se
escindían del tronco eclesial ("secta", del latín "seco"
= cortar y "sequor" = ir en pos de, seguir) no solamente sustentaban
doctrinas contrarias a la verdad enseñada por el Maestro, sino que seguían
autoridades extrañas a la jerarquía dejada por el mismo Jesús;
los sectarios iban detrás de nuevos líderes que no respondían
al magisterio instituido por el Salvador. He aquí las principales notas
características de la etimología bíblica del término
secta (cf. Schlier, H., "Hairesis", en Kittel, R., ed. Grande
Lessico del Nuovo Testamento, vol. I., trad. it., Brescia, 1965, col.
485-498).
San Pedro menciona en su segunda epístola la aparición de "sectas"
que niegan al Señor y perjudican el camino de la verdad: «Hubo
también en el pueblo falsos profetas, como habrá entre vosotros
falsos maestros que introducirán herejías (sectas) perniciosas
que, negando al Señor que los adquirió, atraerán sobre sí
una rápida destrucción. Muchos seguirán su libertinaje y,
por causa de ellos, el Camino de la verdad será difamado» (2
Pe. 2, 1-2).
El apóstol san Pablo, al despedirse de sus fieles de Éfeso,
deja traslucir el drama de las divisiones y de los falsos líderes que
arrastrarían a los creyentes al margen de la verdad apostólica: «Yo
sé que, después de mi partida, se introducirán entre
vosotros lobos crueles que no perdonarán el rebaño; y también
que de entre vosotros mismos se levantarán hombres que hablarán
cosas perversas, para arrastrar a los discípulos detrás de sí»
(Hech. 20, 29-30).
La naciente Iglesia debió afrontar las más diversas ideologías
que intentaban interpretar y vivir el cristianismo escindidos de la ortodoxia y
autoridad apostólica. Estas tendencias provenían de ambiente tanto
judío como pagano. Las principales "hairesis" de los siglos
I-II se enmarcaban dentro de la corriente judaizante y del mundo del
gnosticismo. Las comunidades cristianas sufrieron la tensión y división
de estos grupos heterodoxos que pretendían incorporar elementos
incompatibles con la doctrina divina y su Institución, la Iglesia. Por
otra parte, el Imperio romano experimentaba en aquella época una
silenciosa y progresiva invasión de sectas, originarias del oriente y de
otras regiones conquistadas por las legiones. Las "hairesis" asumían
sincretísticamente algunas de estas creencias desfigurando el Evangelio.
Aquí cabe destacar entre ellas: la idolatría el escatologismo, la
magia y el esoterismo, el gnosticismo helénico, la heterodoxia judaizante
y el maniqueísmo.
Notemos que se trataba entonces, al igual que en nuestros días, de
sectas con tinte religioso, en las cuales el misterio o lo sobrenatural no se
niega directamente sino que viene falsificado. No estamos ante la indiferencia y
el ateísmo sino ante la manipulación y la caricatura de lo divino.
He aquí la paradoja del drama sectario: se despoja al hombre de lo divino
en el nombre del mismo Dios que le llama a esta vocación sublime de
comunicar con el mundo sobrenatural. Se niega la realidad deformándola.
Estas ideologías sectarias o "hairesis" se ubican entre
aquellos que perturban a los fieles y «quieren transformar el Evangelio
de Cristo» (Gál. 1, 7); usurpan su nombre y se
autoproclaman Mesías (cf. Mt. 24, 4-5). Se trata de "falsos
profetas" (cf. 1 Jn. 4, 1-3), "doctores falaces" (cf.
2 Pe. 3, 3-4) y "seductores" (2 Jn. 7) que se "introducen
solapadamente" (cf. Jds. 4) negando en definitiva el misterio de
Jesucristo (cf. 2 Jn. 7). De ahí la proclamación paulina «Ayer
como hoy, Jesucristo es el mismo y lo será siempre. No os dejéis
seducir por doctrinas varias y extrañas» (Hebr. 13, 7).
Y el apóstol San Juan, al concluir su primera epístola: «Nosotros
estamos en el Verdadero, en su Hijo Jesucristo. Éste es el Dios verdadero
y la vida eterna. Hijos míos, guardaos de los ídolos» (1
Jn. 5, 20b-21).
La verdad de la palabra de Dios nos vuelve libres (cf. Jn. 8, 32. 36),
mientras que las sectas, "apariencia de sabiduría" y "piedad
afectada" (Col. 2, 23), imponen a sus seguidores un yugo
esclavizante ajeno a la vida de Cristo. «Mirad dice san Pablo
que nadie os esclavice mediante la vana falacia de una filosofía,
fundada en tradiciones humanas, según los elementos del mundo y no según
Cristo» (Col. 2, 8).
Los líderes sectarios «hombres de mente corrompida»,
«descalificados en la fe» (2 Tim. 3, 8) se arrogaban
una autoridad que no les pertenecía, irrumpiendo en el mundo de lo
sagrado fuera de los designios providenciales señalados por Dios en la
historia de la salvación. Las sectas pretendían así
sustituir la Iglesia de Jesucristo, su amada esposa, fruto del sacrificio del
mismo Salvador.
Las doctrinas sectarias implicaban en segundo lugar una invasión
irreverente en el ámbito de la divina revelación; una
racionalización indebida del misterio que conllevaba en sí una
deformación de su propia entidad y, por tanto, un cambio del "depositum
fidei". La "hairesis" constituía de este modo una ideología
contradictoria a la palabra de Dios. La gnosis se colocaba por encima del
misterio, o, dicho de otro modo, se convertía la fe en una forma
privilegiada de gnosis. La inteligencia humana se erigía sobre todo,
encerrando en sí, cuando no creando, el mismo conocimiento de Dios con
sus propias fuerzas. La creencia en el seno de las sectas se convertía en
una cuestión fundamentalmente humana y en una "especialidad" de
una élite selecta. Estos, en el decir de san Pablo, «están
siempre aprendiendo y no son capaces de llegar al pleno conocimiento de la
verdad» (2 Tim. 3, 7).
La ideología sectaria irrumpía por ultimo en el campo
religioso para su autoafirmación: no tanto para dar gloria a Dios e
intimar en amistad con el Señor de todo, sino más bien con el fin
de apropiarse de los poderes divinos (cf. Hech. 8, 9-24). He aquí
la mutación sectaria: se convierten los carismas en fuerzas mágicas,
lo sobrenatural en fuerzas preternaturales, lo soteriológico en
esoterismo y el misterio en ocultismo. Los Apóstoles tuvieron que hacer
frente a los cultores de fuerzas ocultas y paranormales y a los fabricantes de ídolos,
rivalizando con la magia, la superstición (cf. Hech. 13, 6-12),
el ocultismo (cf. Hech. 16, 16-24; Hech. 19, 11-17) y la idolatría
(cf. Hech. 19, 23-30; 1 Cor. 10, 14).
San Pablo alerta sobre las "doctrinas extrañas" y la "vana
palabrería", reservando palabras duras para los que tergiversan y
deforman el Evangelio y la gracia de Cristo: «Si alguno enseña
otra cosa, y no se atiene a las sanas palabras de nuestro Señor
Jesucristo y a la doctrina que es conforme a la piedad, está cegado por
el orgullo y no sabe nada; sino que padece la enfermedad de las disputas y
contiendas de palabras, de donde proceden las envidias, discordias,
maledicencias, sospechas malignas, discusiones sin fin propias de gentes que
tienen la inteligencia corrompida, que están privados de la verdad y que
piensan que la piedad es un negocio» (1 Tim. 6. 3-5).
Los escritos apostólicos llaman a la «vigilancia» (cf. Fil.
3, 2), para no dejarse «seducir» (cf. Gál. 1, 8-9; 3,
1), y a la fortaleza, para no caer ante las «intimidaciones» de los
adversarios del Evangelio (cf. Fil. 1, 27-30). Es el anhelo de San Pablo
«que permanezcáis sólidamente cimentados en la fe, firmes
e inconmovibles en la esperanza del Evangelio» (Col. 1, 23). El
Apóstol busca que sus fieles «alcancen en toda su riqueza la
plena inteligencia y perfecto conocimiento del Misterio de Dios, en el cual están
ocultos todos los tesoros de la sabiduría y de la ciencia» (Col.
2, 2-3). Y su solicitud permanente para con ellos «para que nadie les
seduzca con discursos capciosos» (Col. 2,4).
El alerta se repite: «Que nadie os engañe con vanas razones,
pues por eso viene la cólera de Dios sobre los rebeldes» (Ef.
5, 6). El desorden y exceso de especulación aleja de la sana doctrina: «todo
el que se excede y no permanece en la doctrina de Cristo, no posee a Dios»
(2 Juan 9).
El espíritu anticristiano, el espíritu del anticristo, reinaría
en medio de las sectas: «prodigios engañosos», «todo
tipo de maldad que seducirán», presencia de «un poder
seductor que les hace creer en la mentira» (2 Tes. 2, 9.13; cf.
1 Jn. 4, 1-3). «El Espíritu dice claramente que en los últimos
tiempos algunos apostatarán de la fe entregándose a espíritus
engañadores y a doctrinas diabólicas, por la hipocresía de
embaucadores" (1 Tim. 4, 1; cf. Jds. 17-18). El
sobreaviso sobre «los falsos apóstoles» y «operarios
engañosos" (cf. Apoc. 2, 2b) se hace tanto más necesario
cuanto que «se disfrazan de apóstoles de Cristo» al
modo como «Satanás se disfraza de ángel de luz»
(cf. 2 Cor. 11, 13-14).
El engaño de las "hairesis" encerraba en sí el
fraude, la falsificación y la confusión: manifestaciones
preternaturales, palabras y escritos presentados como auténticamente
divinos. En la epístola a los Tesalonicenses leemos: «no os dejéis
alterar tan fácilmente en vuestros ánimos, ni os alarméis
por alguna manifestación profética, por algunas palabras o por
alguna carta presentada como nuestra, que os haga suponer que está
inminente el Día del Señor. Que nadie os engañe de ninguna
manera» (2 Tes. 2, 2-3).
Los sectarios, al igual que los falsos profetas, utilizaban los oráculos,
se valían igualmente de los textos sagrados «reinterpretándolos»
de acuerdo con sus ideologías. San Pedro nota, refiriéndose a los
epístolas paulinas: «en ellas hay cosas difíciles de
entender, que los ignorantes y los débiles interpretan torcidamente como
también las demás Escrituras para su propia perdición»
(2 Pe. 3, 16). Y el mismo Apóstol advierte que la divina palabra
no puede caer bajo la libre interpretación individualista: «ante
todo tened presente que ninguna profecía de la Escritura puede
interpretarse por cuenta propia; porque nunca profecía alguna ha venido
por voluntad humana, sino que hombres movidos por el Espíritu Santo, han
hablado de parte de Dios» (2 Pe. 1, 20-21).
El carácter sagrado y la altísima dignidad de la palabra y
revelación divinas han de inspirar el máximo respeto; y, aunque
misteriosas, no deben caer bajo las maniobras tergiversantes. San Juan advierte
duramente en el Apocalipsis: «Si alguno añade algo sobre esto,
Dios echará sobre él las plagas que se describen en este libro. Y
si alguno quita algo a las palabras de este libro profético, Dios le
quitará su parte en el árbol de la Vida y en la Ciudad Santa, que
se describen en este libro» (Apoc. 22, 18-19).
La vida cristiana ante las sectas
El baluarte donde refugiarse frente al error y la confusión es la
tradición apostólica y la Iglesia de Dios, «columna y
fundamento de la verdad» (1 Tim. 3, 15). Ante el espectáculo
de las ideologías de moda, San Pablo anima a su discípulo amado: «combate
el buen combate de la fe, conquista la vida eterna ... guarda el depósito.
Evita las palabrerías profanas, y también las objeciones de la
falsa ciencia; algunos que la profesaban se han apartado de la fe» (1
Tim. 6, 12. 20-21). «No te avergüences ... Ten por norma las
palabras sanas que oíste de mi en la fe y en la caridad de Cristo Jesús.
Conserva el buen depósito mediante el Espíritu Santo que habita en
nosotros» (2 Tim. 1, 8. 13-14; cf. 1 Jn. 4, 6). Las
palabras son gráficas: «Rechaza las fábulas profanas y
los cuentos de viejas» (1 Tim. 4, 7). «Evita las
palabrerías profanas, pues los que a ellas se dan crecerán cada
vez más en impiedad, y su palabra irá cundiendo como gangrena»
(2 Tim. 2, 15-17). A Tito por su parte, el Apóstol le avisa que a
los «habladores y embaucadores» es menester «taparles
la boca» y «reprenderles severamente», «a
fin de que conserven sana la fe» (Tito 1, 11. 13).
El Señor edifica la Iglesia, que es su Cuerpo, en la unidad de su fe
(cf. Ef. 4, 11-13), «para que no seamos ya niños
llevados a la deriva y zarandeados por cualquier viento de doctrina, a merced de
la malicia humana y de la astucia que conduce engañosamente al error,
antes bien, siendo sinceros en el amor, crezcamos en todo hasta Aquél que
es la Cabeza, Cristo, de quien todo el Cuerpo recibe» (Ibíd.
vv. 14-16).
La intensa vida espiritual de los creyentes les mantendrá inmune de
las asechanzas (cf. 1 Pe. 5, 8) y la fascinación de las sectas.
El estudio y profundización de nuestra fe, así como la vida
interior y el ejemplo de vida hasta el padecimiento, son las mejores armas para
hacer frente a los contradictores del Evangelio. San Pedro escribe: «dad
culto al Señor, Cristo, en vuestros corazones, siempre dispuestos a dar
respuesta a todo el que os pida razón de vuestra esperanza. Pero hacedlo
con dulzura y respeto. Mantened una buena conciencia, para que aquello mismo que
os echen en cara, sirva de confusión a quienes critiquen vuestra buena
conducta en Cristo. Pues más vale padecer por obrar el bien, sí
esa es la voluntad de Dios, que por obrar el mal» (1 Pe. 3,
13-17).
El apóstol San Judas confía a sus queridos discípulos
esta misión frente a las divisiones gestadas por las "hairesis":
«edificándoos sobre vuestra santísima fe y orando en el
Espíritu Santo, manteneos en la caridad de Dios, aguardando la
misericordia de nuestro Señor Jesucristo para vida eterna. A unos, a los
que vacilan, tratad de convencerles; a otros tratad de salvarles arrancándoles
del fuego; y a otros mostradles misericordia con cautela, odiando incluso la túnica
manchada por su carne» (Jds, 20-23).
Las estrategias sectarias que buscan acercarse a los fieles y conquistarlos
para sus ideologías y grupos no eran desconocidos a los Apóstoles.
En los textos antes citados te habla de la «acción solapada» de
los sectarios, de «discursos capciosos» y «argumentos
embaucadores», así como de «vana palabrería»
y «objeciones de la falsa ciencia». Estos «visitan
las casas» y perturban a los fieles, fomentan las «disensiones
y disputas», procurando arrastrar a la gente contra la verdad del
Evangelio. Las acciones de reclutamiento que promueven los líderes de las
"hairesis" van desde las palabras dulces y falaces basta la persecución
directa.
En este marco se deben ubicar las advertencias apostólicas. «Al
sectario, después de una y otra amonestación, rehúyele"
(Tito 3, 10). «Si alguno viene a vosotros y no es portador de
esta doctrina, no le recibáis en casa, ni le saludéis, pues el que
le saluda se hace solidario de sus malas obras» (2 Jn. 10-11).
El apóstol san Pablo Insiste: «Esto has de enseñar; y
conjura en presencia de Dios que se eviten las discusiones de palabras, que no
sirven para nada, si no es para perdición de los oyentes» (2
Tim. 2, 14; cf. ibíd. 2, 23). Y refiriéndose a las
doctrinas y cultos paganos, les dice a los corintios: «No os juntéis
con los infieles. Pues ¿qué relación hay entre la justicia y
la iniquidad? ¿Qué unión entre la luz y las tinieblas? ¿Qué
armonía entre Cristo y Beliar? ¿Qué participación
entre el fiel y el infiel? ¿Qué conformidad entre el santuario de
Dios y el de los ídolos?» (2 Cor. 6. 14-15).
Ante el fenómeno sectario he aquí en pocas palabras la máxima
apostólica: vigilancia y crecimiento en la intimidad con el Señor.
«Vosotros pues, queridos, estando ya advertidos, vivid alerta, no sea
que, arrastrados por el error de esos disolutos, os veáis derribados de
vuestra firme postura. Creced, pues, en la gracia y en el conocimiento de
nuestro Señor y Salvador Jesucristo» (2 Pe. 3, 17-18).
Esta unión íntima con el Maestro por la gracia y oración
se intensifica y halla su momento privilegiado en la Palabra de Dios, la Santísima
Eucaristía y la Virgen María.
La vida espiritual y la sana doctrina encuentra en las Escrituras Sagradas
la fuente preciosa que educa "al hombre de Dios" y le mantiene en la
fe y sabiduría de Cristo. San Pablo elogia el conocimiento de los Libros
Sagrados de su discípulo Timoteo y le encomienda vivamente la
familiaridad con la palabra de Dios para no verse arrastrado por el error y el
desaliento. He aquí el texto: «Tú, en cambio, persevera
en lo que aprendiste y en lo que creíste, teniendo presente de quiénes
lo aprendiste, y que desde niño conoces las Sagradas Letras, que pueden
darte la sabiduría que lleva a la salvación mediante la fe en
Cristo Jesús. Toda Escritura es inspirada por Dios y útil para
enseñar, para argüir, para corregir y educar en la justicia, así
el hombre de Dios se encuentra perfecto y preparado para toda obra buena»
(2 Tim. 3, 14-17).
La Palabra de Dios lleva a la Eucaristía: el Verbo al Verbo que se
hizo Carne por nosotros. El corazón de la espiritualidad bíblica
radica en la Santísima Eucaristía, Sacrificio y Comunión
del Cuerpo y Sangre de Cristo. Los Apóstoles lo habían aprendido
del mismo Maestro (cf. Mt. 26, 26-28; Lc. 22, 19-20; Jn.
6, 53-58) y lo vivieron con notable fervor (cf. 1 Cor. 11, 23-25). La
Eucaristía, Sacramento de la Fe y de la unidad tal como nos
describe los Hechos de los Apóstoles constituía y edificaba
la Comunidad de los creyentes (cf. Hech. 2, 42).
Inseparable de Jesucristo, la Madre por excelencia, que siempre intercede
ante su divino Hijo (cf. Jn. 2) junto a su Iglesia (cf. Jn. 19.
25-27; Hech. 1. 14), la Virgen María, maestra de oración y
de entrega a Dios (cf. Lc. I, 38; 1, 46-55; 2, 19. 51). Ella aplasta la
serpiente y vence al dragón protegiendo a sus hijos del mal y del error
(cf. Gén. 3, 15; Apoc. 12). La devoción mariana
ocupa un puesto particular en la perseverancia de los fieles y en ministerio
apostólico frente al florecimiento de las "hairesis" contrarias
al Evangelio de Jesucristo.
La consecuencia inmediata de la auténtica vida espiritual es la
evangelización. Los fieles, pertrechados de las armas del espíritu
(Hech. 2; 4, 8; Ef. 6, 10-20), se lanzan a la aventura misionera, para
compartir con todos la insondable riqueza de Jesucristo (cf. Ef. 3, 8.
14-19). El Espíritu Santo les lleva a vivir para Cristo Jesús (cf.
Rom. 8, 14-17), y a no descansar hasta ver al Señor formado en
cada uno (cf. Cor. 9, 16. 22-23); extender el Evangelio a todos los
confines (cf. Mt. 28. 18-20), confiando en Dios, que da el crecimiento
(cf. 1 Cor. 3, 6-7).
Los tiempos difíciles, lejos de hacer palidecer la actividad apostólica,
exigen por el contrario un mayor fervor evangelizador. El incansable Apóstol
de los gentiles nos dejó en la persona de Timoteo aquella gran consigna: «Te
conjuro en la presencia de Dios ... Proclama la Palabra, insiste a tiempo y a
destiempo, reprende, amenaza, exhorta con toda paciencia y doctrina. Porque
vendrá un tiempo en que los hombres no soportarán la sana
doctrina, sino que, arrastrados por sus propias pasiones, se harán con un
montón de maestros por el prurito de oír novedades; apartarán
sus oídos de la verdad y se volverán a las fábulas. Tú
en cambio, pórtate en todo con prudencia, soporta los sufrimientos,
realiza la función de evangelizador, desempeña a la perfección
tu ministerio» (2 Tim. 4, 1-5).
La caridad y la paciencia serán en esta tarea apostólica la
luz que mostrará la verdad y la sal que sazonará al mundo (cf.
Mt. 5, 13.14). «En esto conocerán todos que sois discípulos
míos: si os tenéis amor los unos a los otros» (Jn.
13, 35). «Brille así vuestra luz delante de los hombres, para
que vean vuestras buenas obras y glorifiquen a vuestro Padre que está en
los cielos» (Mt. 5, 16).
«¡Mirad cómo se aman!». La historia nos narra
cómo llamaba la atención de los paganos el amor que se tenían
los cristianos y su entereza ante las persecuciones. «La multitud de
los creyentes no tenía sino un solo corazón y una sola alma ...
Los apóstoles daban testimonio con gran poder de la resurrección
del Señor Jesús. Y gozaban todos de gran simpatía»
(Hech. 4, 32. 33). Las escenas y sentimientos de los Apóstoles
seguían este tono «Ellos marcharon de la presencia del Sanedrín
contentos por haber sido considerados dignos de sufrir ultrajes por el Nombre. Y
no cesaban de enseñar y de anunciar la Buena Nueva de Cristo Jesús
cada día en el Templo y por las casas» (Hech. 5, 41.
42). Las obras de misericordia volvían patentes las palabras del Señor,
y los perseguidores quedaban atónitos al ver cómo los fieles
afrontaban la muerte con la esperanza del Cielo y la resurrección.
A modo de Conclusión
Este breve análisis bíblico pastoral sobre el problema de las
sectas en los escritos apostólicos inspirados nos lleva a remarcar
algunos puntos concluyentes.
Notamos, antes que nada, que el fenómeno de las sectas, su aparición
y florecimiento, no es un hecho meramente sociológico o de orden histórico
y psicológico, sino que ha de ser visto y valutado desde la óptica
teológica. Las sectas constituyen como tal un problema teológico
pastoral. El estudio de las mismas no debe reducirse, por lo tanto, al campo
fenomenológico y al cuadro de las estadísticas, así como
tampoco ha de ser absorbido por el sensacionalismo. Si así lo hiciéramos,
este problema irá en aumento, mientras que el interés por su
estudio y análisis pasará de moda.
La pastoral reconoce en las Escrituras la fuente inagotable de su vitalidad.
Tomando contacto con la divina palabra y los testimonios de la Iglesia apostólica
salta a la vista el profundo amor a la Iglesia y la firmeza en la fe de los
primeros cristianos. Una Fe que les hacia exclamar «¡Ay de mi si
no evangelizo!», y que llegaba hasta la donación de la propia
vida en el martirio. Lecciones éstas particularmente necesarias en un
mundo que pierde el gozo de la verdad, ahogado en las garras del agnosticismo
relativista.
El problema de las sectas es vasto y complejo, lo sabemos; y por ende las
propuestas y metodologías pastorales a proponer son numerosas. Sin
embargo, estos programas pastorales no nos deben hacer perder de vista las
fuentes perennes de la espiritualidad, por cuanto que es allí donde
radica la solución básica y el fundamento ultimo de los medios
pastorales por utilizar. La comunidad creyente que vive el misterio de
Jesucristo y que irradia la verdad del Evangelio, desmantela y detiene por sí
misma la invasión de las sectas. Hemos de retomar con fuerza las fuentes
de la vida divina: la Santísima Eucaristía, la devoción
mariana y la familiaridad con la palabra de Dios. La caridad brotará de
esta fuente inagotable de vida, siendo de este modo las obras de misericordia el
distintivo que muestre la imagen de Cristo ante los demás.
Algunas veces pretendemos grandes infraestructuras y medios gigantescos y
complejos para hacer frente a un problema que parece superarnos con el riesgo de
minimizar u omitir lo fundamental. Esto nos recuerda a Naamán el sirio (2
Re. 5) que pretendía algo distinto y original cuando el profeta le
mandaba simplemente bañarse en el Jordán. El agua de la vida brota
de Dios (cf. Jn. 4, 14), y el mal se vence a fuerza de bien (cf. Rom.
12, 21). No se descartan obviamente las investigaciones ni la
implementación de nuevos programas pastorales, pero estamos convencidos
que su eficacia dependerá de la vida espiritual de los creyentes y la
autenticidad evangélica de la comunidad. «El que permanece en mí
dice el Señor como yo en él, ése da mucho
fruto; porque separados de mí no podéis hacer nada» (Jn.
15, 5). Es desde una comunidad viva de fe y caridad que obtendrá eficacia
cualquier medio pastoral concreto que se aplique para hacer frente al
proselitismo sectario y avance de estos grupos. «Si Dios está
con nosotros, ¿quién contra nosotros? ... En todo esto
salimos completamente vencedores gracias a aquél que nos amó»
(Rom. 8, 31. 37).
El Papa Juan Pablo II lo expresaba ante la IV Conferencia General del
Episcopado Latinoamericano en Santo Domingo: «Al preocupante fenómeno
de las sectas hay que responder con una acción pastoral que ponga el
centro de todo a la persona, su dimensión comunitaria y su anhelo de una
relación personal con Dios. Es un hecho que allí donde la
presencia de la Iglesia es dinámica, como es el caso de las parroquias en
las que se imparte una asidua formación en la Palabra de Dios, donde
existe una liturgia activa y participada, una sólida piedad mariana, una
efectiva solidaridad en el campo social, una marcada solicitud pastoral por la
familia, los jóvenes y los enfermos, vemos que las sectas o movimientos
para-religiosos no logran instalarse o avanzar» (Discurso inaugural, IV
Conferencia General del Episcopado latinoamericano, Santo Domingo, Conclusiones,
Buenos Aires, 1993, pág. 15).
(Français)
Juan-Daniel Petrino établit un parallèle entre la
prolifération actuelle des sectes et les hérésies que
rencontra l'Eglise primitive. Dans le Nouveau Testament nous pouvons trouver des
enseignements toujours valables pour nous aider à affronter le défi
pastoral des sectes. A l'instar de ces nouveaux mouvements religieux, les hérésies
antiques falsifiaient, rationalisaient et manipulaient le mystère
surnaturel. Seules pourront résister à l'assaut de ces nouveaux
mouvements religieux les communautés chrétiennes enracinées
dans une vie spirituelle intense cherchant son aliment dans les Saintes
Ecritures, l'Eucharistie et la dévotion mariale.
(English)
Juan-Daniel Petrino draws a parallel between today's proliferation
of sects and the heresies that the early apostolic Church had to face. In the
New Testament we can find valuable indications which help us to confront the
pastoral challenge of the sects. Like today's new religious movements, those
ancient heresies distorted, rationalized, and attempted to manipulate the zone
of mystery. Only Christian communities rooted in an intense spiritual life,
finding nourishment in the Scriptures, the Eucharist, and Marian devotion, will
be able to resist the negative impact of these new religious movements.
DIÁLOGO CIENCIAFE:
RAZONES
PARA LA ESPERANZA
Luis GAHONA-FRAGA
Consejo Pontificio de la Cultura
¿En qué medida favorece la situación cultural actual una
renovación fructuosa del diálogo entre ciencia y fe? ¿Puede
decirse que la relación entre ciencia y fe está entrando en una
nueva fase histórica? Y, si así fuera, ¿qué cambios tanto
en el terreno del pensamiento como en el de la ciencia están
propiciando la transición? Intentaremos responder a estos interrogantes
ofreciendo algunas pistas sugerentes que, a partir de una valoración histórica,
arrojen nueva luz sobre el estado actual de la relación entre ciencia y
fe.
I. EL CONTEXTO DEL DIÁLOGO: LA CRISIS DE LA MODERNIDAD.
1. El influjo de la ciencia en la filosofía moderna y la
contradicción resultante.
La ciencia moderna nace gracias al descubrimiento de un nuevo modo de
acercamiento a la realidad, que se inaugura históricamente, si se
quiere, con Galileo. Galileo dota a la ciencia de una metodología propia,
basada en la combinación fecunda de experimentación y análisis
matemático, cuyo mejor aval serán los éxitos
indiscutibles con que la nueva ciencia inicia su andadura. Con las armas del método
matemático-experimental, la ciencia se libera del yugo de la vieja metafísica
aristotélico-tomista, que amenaza con vetar su acelerado progreso; y, en
breve tiempo, logra una «victoria» arrolladora de repercusiones
profundas.
Debido a su enorme influjo, la ciencia moderna engendra una filosofía
moderna. Descartes intenta construir una ciencia universal, extendiendo el método
matemático perfecto, riguroso y progresivo a todos los ámbitos
del saber. Pero este intento de la filosofía de inspirarse en la nueva
ciencia le acarreará amargas contradicciones. Mientras los racionalistas
construyen la nueva filosofía more geometrico destacando el
aspecto matemático del método científico, los
empiristas ingleses privilegiando el polo experimental negarán
toda legitimidad al intento de aplicar una ciencia de ideas a una ciencia de
hechos. Racionalismo y empirismo son las dos caras de una misma moneda: el
intento de construir una filosofía moderna inspirada en el método
científico, matemático-experimental. Pero será el empirismo
el que sacará a la luz las últimas consecuencias de la nueva
filosofía, al poner de relieve, de forma despiadada casi, que la crítica
de la metafísica clásica contenida en el racionalismo, exige, para
ser coherente, la crítica de toda metafísica.
En este sentido, la penetrante crítica de Hume al principio de
causalidad tiene una relevancia tan enorme que es difícil apreciarla
en toda su magnitud. Hume hace saltar en pedazos el puente entre las ideas
innatas y el mundo exterior que tanta fatiga le había costado construir a
Descartes. Hume despierta a Kant de su «sueño dogmático».
Después de Hume, la metafísica racionalista, construida a priori,
según el modelo de las matemáticas, si quiere sobrevivir, tendrá
que navegar en pleno idealismo.
Pero hay más. Las consecuencias de la crítica de Hume no
afectan sólo a la metafísica. ¡También la ciencia se
ve privada de su fundamento epistemológico! Este descubrimiento turbó
a Kant de tal manera que se quedó clavado en su asiento, y, rompiendo por
una vez su hábito inveterado, se olvidó de su sólito paseo
vespertino. Si nuestro conocimiento de la realidad se limita a los fenómenos,
¿cómo puede la ciencia establecer leyes necesarias? Toda la
filosofía crítica de Kant será una «dicea» de la
ciencia, un intento de justificar filosóficamente las leyes de la física
de Newton. Pero la victoria final será de Hume, que encerrará a
Kant y a toda la filosofía moderna en el fenomenismo: nuestro
conocimiento de la realidad se limita a los fenómenos, el noúmenon
es incognoscible.
Se produce así una asombrosa contradicción en la
cultura moderna: mientras la ciencia, animada por el firme convencimiento de que
está desentrañando las recónditas leyes de la realidad
objetiva, continúa su vertiginoso desarrollo, poniendo las bases de la
civilización tecnológica actual, por otro lado la filosofía
moderna, nacida de la ciencia, construida con un método que pretende
ser científico, niega a la ciencia la legitimidad de su más
primordial pretensión: la de ser un conocimiento válido de la
realidad objetiva. De este modo, una cultura que nace precisamente de la
exaltación de la ciencia exaltación que es ilegítima
en cuanto que va en detrimento de otros modos de acercamiento a la realidad,
como el metafísico o el teológico acoge
(contradictoriamente) en su seno un elemento de escepticismo que, bien mirado,
supone la más vil de las traiciones a la misma ciencia, porque le niega
precisamente aquello que más la engrandece: el poder de desvelar la
naturaleza profunda de la realidad del cosmos.
2. La crisis del racionalismo y el ocaso de la Edad Moderna.
Hemos querido poner de manifiesto la acogida moderna del escepticismo
empirista. Pero es claro que lo que caracteriza a la Edad Moderna es el intento
de superar, mediante el racionalismo, el escepticismo total en que desemboca el
empirismo. El hombre moderno, deslumbrado por la ciencia, y en especial por su
formalismo matemático, cree poder escapar al escepticismo epistemológico
y al relativismo moral, fundamentando tanto la ciencia como la moral en el poder
de la pura razón. El éxito de las matemáticas para explicar
científicamente la realidad, mueve a fundamentar la ciencia experimental
en la sola razón humana, dado que es la misma razón la que
produce, a priori, sacándola de la riqueza de su propio espíritu,
la excelsa ciencia matemática. Con esta solución a su problema,
la modernidad se embarca en la aventura de endiosar cada vez más la
razón humana: primero haciendo de ella el fundamento de la ciencia
(criticismo kantiano); después, fundamentando la realidad del
mundo en el espíritu humano (idealismo); por último,
divinizando al espíritu humano (panteísmo) o negando la
existencia de Dios como hipótesis innecesaria (ateísmo).
Ahora bien: si la Edad Moderna se caracterizó desde sus inicios por
el optimismo con que acometió la «revolución copernicana»
de colocar al hombre en el centro del cosmos y de la historia, es cada vez más
evidente que el optimismo inicial ha degenerado en cansancio, pesimismo y
frustración. El hombre moderno se siente hoy demasiado débil
para llevar sobre sus hombros el peso del mundo que su propia exaltación
ha cargado sobre él. La tentación del hombre contemporáneo
no es ya la de fundamentarlo todo en la razón humana, sino la de
renunciar a todo intento de fundamentación, para entregarse
desenfrenadamente al hedonismo y a los placeres que le ofrece la sociedad de
consumo. Es como si el elemento escéptico y relativista del empirismo
hubiese triunfado sobre el lado racionalista que impregna la modernidad, para
dar a luz, sorprendentemente, una sociedad post-moderna que se gloría de
la endeblez de su pensamiento y que exalta el nihilismo a la categoría de
filosofía profunda.
3. El influjo profundo del desarrollo científico en la crisis
de la
modernidad.
Parecería que la ciencia, cuyo nacimiento está íntimamente
ligado al de la modernidad, no tiene nada que ver en esta crisis postmoderna. Y
sin embargo, es profundamente iluminador el constatar que un papel no pequeño
en esta crisis de la modernidad lo ha tenido el mismo desarrollo de la ciencia.
El fatigoso progreso de la ciencia ha ido poniendo en evidencia que no todo era
tan sencillo como sugería la simplicidad de las ecuaciones de Newton.
La demostración de Poincaré de que las ecuaciones de la
mecánica clásica no permiten la predicción determinística
del comportamiento de sistemas incluso mínimamente complejos; la superación
de la física de Newton con la teoría de la relatividad; y,
por último, la revolución de la mecánica cuántica,
que introduce un principio de indeterminación en el mismo corazón
de la física, han llevado al hombre contemporáneo a una
desconfianza casi total en el poder de la razón.
En este sentido, podría situarse simbólicamente el fin del
racionalismo moderno en la demostración matemática del teorema
de Gödel. El teorema de Gödel marca el fin de una época,
porque pone en evidencia el talón de Aquiles de la misma ciencia matemática,
y, por tanto, de todo intento de explicar la realidad por la sola razón.
Si hay algo que caracteriza la cultura del mundo moderno, es la fe ciega en
las matemáticas como modelo de ciencia rigurosa e indiscutible. «Matemático»
y «científico» se identifican. Lo que hace «científicas»
a las ciencias, y lo que además las hace progresar como tales ciencias,
es la introducción y la aplicación de las matemáticas.
Ahora bien: con el teorema de Gödel fracasa el programa formalista de
Hilbert de unificación de los diversos sistemas axiomáticos. El
teorema de Gödel demuestra definitivamente que no existe una matemática
universal, esa matemática universal con la que sueña todo
racionalista, que sería la explicación científica
omnicomprensiva de la realidad. No existe ni puede existir, porque una matemática
completa y autoconsistente es contradictoria en sí misma. Y si la
matemática universal es contradictoria en sí misma, a fortiori
lo será el racionalismo. Después de Gödel ¿qué
sentido tendrá ya intentar buscar la razón de todo en un sistema
racional, según el modelo de las matemáticas, si las mismas matemáticas
no pueden darse a sí mismas su propio fundamento? Para huir de esta
contradicción interna, la filosofía contemporánea, heredera
del racionalismo y del idealismo, intentará refugiarse en una oscura
intuición trascendental del ser expresada en lenguaje poético.
Pero ¿hasta qué punto se esconde algo profundo detrás de este
recurso a lo impredicativo para evitar definiciones precisas?
4. Una profunda crisis cultural, contexto actual del diálogo
entre ciencia y fe.
Vaclav Havel, presidente de la República Checa, en un reciente artículo
titulado «El doloroso parto de una nueva era» (Diario El
Mundo, Madrid, 23-IX-1994), sentenciaba que «la relación con
el mundo que la ciencia moderna promueve, parece haber agotado su potencialidad.
Resulta cada vez más claro que a esa relación le está
faltando algo pues no acierta a conectarse con la más intrínseca
naturaleza de la realidad ni con la experiencia natural del hombre y, de hecho,
es más una fuente de desintegración y dudas que de integración
y sentido. [...] Pese a que en la actualidad sabemos inconmesurablemente más
sobre el universo que nuestros antecesores, parece cada vez más claro que
ellos sabían algo que a nosotros se nos escapa».
Para encontrar ese «algo que se nos escapa», y que nos es vital
para salir de la crisis, hay que remontarse más allá del Siglo de
las Luces. «La Edad Moderna ha terminado», dice Havel, esa
edad en la que «el Creador, que estaba mucho más allá de
la comprensión y el alcance de la ciencia moderna, fue gradualmente
empujado a la esfera privada de las personas y hasta la esfera de las fantasías
privadas». Hoy esta era, «caracterizada por la fe en una
relación puramente científica con el mundo», está
agonizando. Y mientras sufrimos este período de transición, en el
cual una era está sucediendo a otra, nuestra esperanza es que el hombre
recobre «la certidumbre de que estamos arraigados en la tierra y, al
mismo tiempo, en el cosmos», para redescubrir, desde el «respeto
por los milagros del ser y del universo», el camino que lleva a la
trascendencia, al reconocimiento del Creador.
II. CIENCIA Y FE: NUEVAS PERSPECTIVAS DE DIÁLOGO.
Es en este contexto de profunda crisis cultural, de fin de una era, de
derrumbamiento de la civilización construida sobre un humanismo y una
ciencia sin Dios, que hay que situar el actual diálogo entre ciencia y
fe. Pero las perspectivas de este diálogo, en contra de lo que pudiera
parecer, son esperanzadoras. Así lo cree Mariano Artigas, que en un artículo
titulado «Ciencia y fe: nuevas perspectivas», afirma: «nos
equivocaríamos si contemplásemos ese diálogo bajo un punto
de vista demasiado defensivo. Sin duda, existen equívocos que deben
clarificarse con la paciencia que sea necesaria. Pero la cosmovisión
científica actual invita a planteamientos audaces y positivos, plenamente
coherentes con el contenido de la fe, y capaces de aportar luces nuevas a una
situación cultural que las está esperando» (en Cardinal
Paul Poupard, Après Galilée. Science et foi: nouveau dialogue,
Desclée de Brouwer, París 1994, p. 209).
1. La importancia de la mediación filosófica en el diálogo
entre ciencia y fe.
Artigas sostiene que no podemos contentarnos con una coexistencia pacífica
de ciencia y fe que equivalga a una ignorancia mutua. Es preciso tender puentes
entre ambas, y hoy ello es posible. Por primera vez en la historia, disponemos,
gracias al desarrollo de la ciencia, «de una imagen de la naturaleza
que es coherente, unitaria, completa y rigurosa» (p. 202). No es
exagerado afirmar que nos encontramos en una situación privilegiada, lo
cual hace hoy factible una renovada reflexión filosófica de la
ciencia sobre sus propios fundamentos, que conduzca a la elaboración de
una filosofía de la naturaleza adaptada a la nueva cosmovisión de
que disponemos.
Ésta es también la opinión de Giuseppe Tanzella-Nitti,
que bajo el título «Cultura científica y revelación
cristiana», advierte de la miopía que supondría encauzar
el diálogo entre ciencia y fe limitándose a recordarle a la
ciencia sus límites empíricos: «Una orientación
semejante, si bien parte de observaciones acertadas, es fuente de equívocos
[...]: la premisa [base] del diálogo no está [tanto] en exigir que
la ciencia se mantenga dentro de sus propios límites, sino en mostrar cuáles
son sus verdaderos fundamentos. Ello implica precisar la relación entre
ciencia y filosofía [...] para poner de manifiesto la naturaleza de tales
fundamentos» (en Après Galilée, pp. 222-223).
Quizás sorprenda que para el diálogo entre ciencia y fe se
apele a la mediación de la filosofía, desafiando el desprestigio
en que ha caído esta ancilla que, según parece, ya no vale
para nada. Sin embargo, como afirma Artigas, «el puente entre ciencia y
fe es filosófico. No podría ser de otro modo, puesto que se trata
de perspectivas heterogéneas, y para unirlas debe existir algo que posea
elementos comunes con ambas. La filosofía de la naturaleza se relaciona
con los supuestos e implicaciones de las ciencias, y proporciona la base para la
reflexión metafísica: es, por tanto, un puente legítimo
entre la ciencia y la fe» (art. cit., p. 208. Cfr. también José-Antonio
Sayés, Ciencia, ateísmo y fe en Dios, EUNSA, Pamplona
1994).
La propuesta de Artigas es atrayente. Es una invitación a la ciencia
a tomar en serio a la filosofía, porque, aunque la filosofía
transcienda el saber científico, su salto es un salto legítimo.
La desautorización de este salto, aunque se haga en nombre de la ciencia,
nace de prejuicios filosóficos (como el prejuicio empirista heredado por
Kant). Además de legítimo, el salto es necesario. El saber
científico tiene necesidad de reflexionar sobre sus propios fundamentos,
y dicha reflexión es de naturaleza necesariamente filosófica, no
científica. La necesidad de esta reflexión se siente hoy de manera
especial; por ello el salto del saber científico al saber filosófico
es urgente. Cada vez es mayor el número de científicos
deseosos de hacer sus propias aportaciones en este sentido; y algunos de ellos,
como John Polkinghorne o Arthur Peacocke, dejando incluso la práctica
activa de la ciencia para poderse dedicar más plenamente a ello. Lo cual
nos hace caer en la cuenta de que la situación actual de la ciencia hace
que este salto al saber filosófico sea más atrayente que nunca.
Es el mismo desarrollo contemporáneo de la ciencia, el que está
pidiendo a gritos que se profundice en las consecuencias que de sus logros se
derivan para un saber humano más integral y armónico.
2. El orden de la naturaleza como puente privilegiado de diálogo.
Existe hoy entre los científicos un resurgir de la admiración
por el mismo hecho de que la ciencia sea posible, un replantearse la pregunta
por el primero de los presupuestos de la ciencia: ¿cómo es que el
hombre es capaz de descubrir y entender las leyes del cosmos? «En
efecto: la actividad científica supone que la naturaleza es racional,
inteligible, cognoscible racionalmente, ordenada. No es caótica; consta
de niveles jerarquizados de manera continua y gradual, y tanto cada uno de los
niveles como las relaciones mutuas entre ellos responden a leyes»
(Artigas, art. cit., p. 200; cfr. del mismo autor La inteligibilidad de la
naturaleza, EUNSA, Pamplona 1992). El mismo hecho de que la ciencia
funcione, es un misterio para el científico; y si esto ha sido siempre así,
lo es más hoy en día, en que la nueva cosmovisión nos da
una imagen de la naturaleza como sistema ordenado, integrado por distintos
niveles jerarquizados que se organizan de forma progresiva y unitaria.
Si la ciencia nos descubre en la naturaleza una estructuración
fascinante, aún lo es más el dinamismo que desvela. «La
actividad de la naturaleza se manifiesta como el "despliegue" de un
dinamismo que produce estructuras, pautas, orden, organización»
(Artigas, art. cit., p. 203). Los procesos naturales no son indiferenciados. Se
caracterizan por una direccionalidad. Su despliegue es «creativo» y
articulado, produciendo pautas de complejidad creciente. El estudio científico
de este dinamismo ordenado, invita al asombro ante el carácter inteligente
de los procesos de la naturaleza inconsciente. «Esta
perspectiva conduce de la mano hasta los problemas relacionados con la
finalidad, que en la actualidad vuelven a ser considerados como plenamente legítimos.
Y la finalidad nos lleva hasta las puertas de la teología natural. [...]
la actuación de los seres naturales remite al plan de una inteligencia
superior: la "inteligencia inconsciente" de la naturaleza remite a una
inteligencia consciente» (ibid., pp. 205 y 207).
3. Posibles objeciones a esta vía de diálogo desde el
mundo de la ciencia.
Esta línea de argumentación quizás parezca atrevida en
exceso. ¿Puede dialogarse con la ciencia desde estos presupuestos? ¿No
nos tropezaríamos con sonrisas irónicas o sarcásticas si
empezamos a hablarles a los científicos de causalidades metafísicas
y de finalidades inteligentes? El partir de conceptos filosóficos, ¿no
supone cerrar el diálogo antes de empezar a dialogar, pretendiendo que
poseemos verdades absolutas obtenidas al margen, e incluso en contra de la
ciencia?
Se puede constatar la fuerza de estas objeciones recordando, a modo de
ejemplo, el enorme influjo que siguen teniendo el evolucionismo darwinista y las
interpretaciones filosóficas que se han dado de la teoría cuántica.
Werner von Heisenberg, descubridor del principio de indeterminación que
está a la base de la mecánica cuántica, afirmaba en 1927:
«puesto que todos los experimentos están sometidos a las leyes
de la mecánica cuántica, y por tanto, a las relaciones de
indeterminación, resulta que la invalidez de la ley causal queda
definitivamente constatada por la mecánica cuántica»
(cfr. Stanley L. Jaki, «Determinism and Reality», en Great Ideas
Today 1990, Encyclopaedia Britannica, Chicago 1990, pp. 277-302). Asimismo
Max Born, partidario con Heisenberg y Niels Bohr de la interpretación «ortodoxa»
de la mecánica cuántica, o interpretación de Copenhague,
escribía en 1963: «estoy convencido de que la física teórica
es, en realidad, filosofía. Ha revolucionado conceptos fundamentales, por
ejemplo, del espacio y el tiempo (relatividad), de la causalidad (teoría
cuántica), y de la substancia y la materia (complementariedad), que
tienen aplicación mucho más allá de la física»
(My Life and Views, Scribner, New York 1968, p. 48). El influjo
asfixiante que tales concepciones continúan teniendo en el momento actual
lo evidencia el reciente libro de Jean GuittonGrichka BogdanovIgor
Bogdanov (Dieu et la science. Vers le métaréalisme,
Grasset & Fasquelle, París 1991), en el cual, recurriendo a la física
moderna, se defiende que «el espíritu y la materia forman una
sola y única realidad», y que «la realidad en sí
del universo es incognoscible». ¡Y para probar la legitimidad de
estas afirmaciones se apela a la intuición genial de Santo Tomás
de Aquino!
A estas muestras del influjo de la mecánica cuántica hemos de
añadir al menos una breve alusión al darwinismo, cuyo peso específico,
debido a la profundidad de sus raíces, sigue siendo notable. El
descomunal influjo de esta teoría que ya desde sus inicios fue
extrapolada más allá del terreno estrictamente científico
para justificar una visión reduccionista y materialista de la realidad,
presentándola como la única cosmovisión científicamente
seria, raya en lo increíble. Precisamente cuando los avances de la biología
más justificaban el asombro del hombre de hoy ante el orden que el
Creador ha impreso en la naturaleza, con más pasión se justificaba
«científicamente» la más completa de las indiferencias
ante el milagro de la vida, para llevar a toda una cultura a una absurda profesión
de fe en el azar y la necesidad. Llama poderosamente la atención que un
científico serio como Jacques Monod, premio Nobel de Medicina en 1965 por
sus contribuciones a la biología molecular, pudiera llegar a escribir:
«La antigua alianza se ha roto; el hombre sabe por fin que está
solo en la inmensidad indiferente del Universo del que ha surgido por azar. Ni
su destino, ni tampoco su deber, están escritos en parte alguna. Es a él
que le toca elegir entre el Reino y las tinieblas» (Le hasard et la
nécessité. Essai sur la philosophie naturelle de la biologique
moderne, Éd. du Seuil, París 1970, pp. 194-195). No hubiera
estado mal recordarle al Dr. Monod aquella frase de Víctor Hugo: «el
azar es un plato que preparan los bribones para que se lo coman los tontos».
4. Respuesta a las objeciones: valoración positiva del
momento actual.
Volviendo a nuestro problema: ¿cabe hablar, en este contexto científico-cultural,
de un renovado diálogo entre ciencia y fe? ¿No nos encontramos ante
un clima cultural que plantearía a este diálogo objeciones
insuperables, al menos hoy por hoy? ¿O hay signos de que el ya secular
abismo separador entre ciencia y fe empieza a quebrarse, dando a luz una nueva
era de fructuosa colaboración? «La cosmovisión científica
actual invita a planteamientos audaces y positivos», nos decía
Artigas. ¿Optimismo excesivo? ¿O clarividencia realista?
Sin menospreciar el peso de las dificultades, creo que hay razones para la
esperanza. Ciertamente queda mucho por hacer. Pero es indudable que estamos
viviendo el momento histórico en que el cientificismo, con todo lo que
conlleva, está dando, moribundo, sus últimos estertores. Aunque
ello es difícil de probar de forma rigurosa, hay suficientes signos que
lo apuntan. El mismo hecho de que sean tantos los científicos
deseosos de hacer sus aportaciones en el plano filosófico-teológico,
parece muy significativo, incluso reconociendo que muchos de ellos lo hagan
para defender apasionadamente, y con escaso rigor filosófico, posturas
que cierran el acceso a la trascendencia. El interés que estos temas
suscitan apunta a que, de una forma global, nuestra cultura está tomando
conciencia de lo endebles que son sus bases para negar la legitimidad de la fe.
La alternativa a la fe es el nihilismo y el pensamiento débil, y no se
puede caminar indefinidamente en esta dirección. Por ello hay esperanza,
de que, a pesar del lastre del cientificismo, nuestra cultura se abra a una
nueva cosmovisión.
Puede citarse como ejemplo en este sentido el caso de Paul Davies. Autor de
una veintena de libros que han alcanzado amplia difusión, es un físico
no cristiano que incluso encuentra serias dificultades para admitir la
existencia de un Dios personal. Pero es digna de notarse la evolución que
ha experimentado últimamente su pensamiento. En la introducción de
God and the New Physics (Penguin Books, Harmondsworth 1983, pp. viii-ix)
afirma que su libro intenta dar respuesta, desde el punto de vista del físico,
a las preguntas fundamentales de la existencia. «Mis respuestas pueden
estar totalmente equivocadas, pero creo que la física goza de una
perspectiva privilegiada para proporcionarlas. Puede parecer raro, pero, en mi
opinión, la ciencia ofrece un camino más seguro hacia Dios que la
religión. Esté bien o mal, el hecho de que la ciencia haya
avanzado hasta el punto de poder afrontar seriamente lo que antiguamente eran
preguntas religiosas, indica por sí mismo las consecuencias de largo
alcance de la nueva física».
Este planteamiento de Davies evidencia un reduccionismo propio del físico,
que cree encontrar en su ciencia una respuesta adecuada a todos los
interrogantes profundos sobre la realidad. Y sin embargo, en su último
libro, The Mind of God. Science and the Search for Ultimate Meaning
(Simon & Schuster, Londres 1992), Davies se abre a nuevas perspectivas.
Después de escribir: «siempre he deseado creer que la ciencia
puede explicar todo, al menos en principio», añade: «pero
incluso si se descartan los sucesos sobrenaturales, no está claro, a
pesar de todo, que la ciencia pueda explicar todo en el universo físico.
Permanece el viejo problema acerca del final de la cadena de explicaciones. Por
mucho éxito que puedan tener nuestras explicaciones científicas,
siempre incluyen algunos supuestos en su punto de partida. [...] Por tanto, las
cuestiones últimas siempre permanecerán más allá de
la ciencia empírica» (pp. 14-15). Y el libro finaliza con estas
palabras: «No puedo creer que nuestra existencia en este universo sea
un mero capricho del destino, un accidente de la historia, una mera cresta
incidental en el gran drama cósmico [...] no puede ser un detalle
trivial, un subproducto menor de fuerzas sin mente ni propósito. Está
realmente previsto que estemos aquí» (p. 232).
John Polkinghorne hace, con razón, una recensión bastante crítica
de esta obra de Davies (Theology, IX-1992, p. 396). Le achaca el mezclar
de forma incoherente verdades adquiridas con especulaciones chocantes, ideas holísticas
con interpretaciones reduccionistas, deseos de llegar a una visión
profunda de la realidad con una distante incomprensión de la visión
religiosa tradicional e, incluso, una altiva ignorancia de las aportaciones
actuales de otros científicos interesados en cuestiones teológicas.
Sin poner en duda todos estos elementos negativos, creo que Davies es, sin
pretenderlo, un exponente de la debilidad de todo planteamiento cientificista.
Su caso es un ejemplo significativo de cómo en nuestra cultura se está
produciendo una toma de conciencia de la necesidad de superar los antiguos
planteamientos reduccionistas para abrirse a una cosmovisión renovada y
armónica. Esta toma de conciencia es, si se quiere, parcial e incipiente,
y sus frutos, con frecuencia deficientes. Se acusa la falta un verdadero
aprovechamiento, debido a un gran desconocimiento, de los logros alcanzados en
el pasado por la filosofía perenne, que podrían ayudar a
clarificar muchos equívocos. Gran parte de la producción en el
campo del diálogo entre ciencia y fe, aunque sofisticada desde el punto
de vista científico, da la impresión de unos primeros balbuceos en
el plano filosófico. Parece, por tanto, que estamos aún en los
inicios del diálogo entre ciencia y fe. Pero, precisamente porque estamos
aún en los inicios, hay razones para la esperanza.
(Français)
Luis Gahona-Fraga estime que le dialogue entre science et foi
entre actuellement dans une nouvelle période historique. L'optimisme
scientiste de la modernité a dégénéré en
pessimisme et en scepticisme. Cependant au milieu de cette profonde crise
culturelle, il y a des raisons d'espérer que surgisse un dialogue
fructueux entre science et foi. La science contemporaine offre une image cohérente
et unitaire de la nature en mettant en lumière l'intelligibilité
de son dynamisme. Cela devrait favoriser une réflexion philosophique
renouvelée qui, transcendant le niveau purement scientifique, puisse établir
un pont entre la foi et la science moderne.
(English)
Luis Gahona-Fraga believes that the dialogue between science and
faith is entering a new epoch. The scientific optimism of the modern age has
degenerated into pessimism and skepticism. But in the middle of this profound
cultural crisis, there are reasons to hope for new fruitful developments in the
dialogue between science and faith. Contemporary science offers a coherent image
of nature, casting light on the intelligibility of its workings. This fact
should favour a renewed philosophical reflection, which, transcending the purely
scientific level, could create a bridge between faith and modern science.