NOTITIAE
«ECCLESIA IN AFRICA»: LE SAINT-PÈRE PROMULGUE
LES FRUITS DU SYNODE AFRICAIN
C'était, on s'en souvient, le 10 avril 1994, lorsque les tam-tam résonnèrent
dans la Basilique S. Pierre, annonçant solennellement le début de
l'Assemblée spéciale pour l'Afrique du Synode des évêques.
Comme le faisait remarquer à juste titre S.Em. le Cardinal Bernardin
Gantin, "les voûtes de la Basilique de Saint-Pierre avaient déjà
entendu vibrer le rythme du tam-tam africain en d'autres circonstances
solennelles comme le 8 octobre 1964 au cours de la Canonisation des saints
Martyrs de l'Ouganda par Paul VI. C'était pendant le Concile, ce
Concile arrivé alors à son plus haut sommet missionnaire. Mais
plus près de nous, l'ouverture du Synode africain avec la participation
massive de l'épiscopat et du peuple de Dieu en Afrique a revêtu une
solennité toute autre, singulière et significative. Quel témoin
de ce jour-là pourra jamais oublier ce que nous avons vécu
ensemble?" ("Un témoignage éminemment pascal", L'Osservatore
Romano , Edition hebdomadaire en langue française, cité O.R.L.F.,
n. 40, 3 octobre 1995, p. 8).
Après un mois d'échanges, l'Assemblée spéciale
avait clôturé ses travaux le 8 mai 1994 par un "Message
final du Synode" destiné spécialement au Peuple de Dieu
qui est en Afrique. De même que les Lineamenta et l'Instrumentum
laboris avaient encouragé la préparation des Eglises locales
au Synode, ainsi le "Message final du Synode" a suscité
des réflexions et des rencontres variées autour de la mission évangélisatrice
de l'Eglise en Afrique.
Pendant ce temps, le Conseil du Secrétariat Général
chargé d'aider le Saint-Père dans la rédaction du document
postsynodal, poursuivait son travail. L'Afrique elle-même se préparait
à accueillir le Pape, qui avait décidé de proclamer les résultats
du Synode sur le sol africain. Si Rome avait été choisi pour
marquer la communion de l'Eglise autour du Successeur de Pierre, le choix de
l'Afrique pour la proclamation des fruits de l'Assemblée spéciale
montrait la sollicitude de l'Eglise universelle à travers son
Pasteur Suprême pour le Peuple de Dieu en Afrique, "ce
continent africain qui m'est si cher", disait le Pape en quittant le
Cameroun ("Cérémonie de départ à l'aéroport
de Yaoundé", O.R.L.F., n. 39, 26 septembre 1995, p. 4).
La publication des fruits du Synode, ouvrant la phase célébrative
de l'Assemblée spéciale pour l'Afrique, s'est déroulée
au cours du 11e voyage apostolique qui, du 14 au 20 septembre 1995, a conduit le
Saint-Père successivement au Cameroun, en Afrique du Sud et au Kenya. L'étape
maghrébine ayant été annulée, Jean-Paul II n'a pu se
rendre en Tunisie comme le prévoyait initialement son programme.
C'est à Yaoundé, au Cameroun, que le Pape a signé, le
14 septembre 1995, l'Exhortation apostolique postsynodale «Ecclesia in
Africa», document qui contient les fruits du Synode et entend servir de
base à la nouvelle évangélisation en Afrique. A Yaoundé
même, le Saint-Père a insisté sur la tâche de l'inculturation.
Guidé par l'enseignement du Concile Vatican II (Gaudium et spes,
n. 22), le Pape décrivait l'inculturation comme une rencontre
transformante avec le Christ: "Tout homme est appelé à
accueillir le Christ dans sa nature profonde. Tout peuple est appelé à
l'accueillir avec toute la richesse de son héritage. De tout son être,
la personne humaine aimée et sauvée par le Christ se laisse saisir
par sa présence et se laisse purifier par l'Esprit. C'est une rencontre
transformante, car l'amour change celui qui reçoit le Seigneur. Et Jésus
vient avec grandeur et humilité fraternelle en même temps; par sa
présence, il enrichit ce qui est bon dans l'homme et change ce qui reste
d'impur... L'inculturation véritable a lieu quand les vivants sarments se
laissent greffer sur le cep qu'est le Christ et émonder par le vigneron
qu'est le Père" ("L'inculturation, le rôle de la théologie,
le dialogue avec les frères d'autres confessions", O.R.L.F.,
n. 39, 26 septembre 1995, p. 3). Mais le Pape a également souligné
le rôle de la théologie dans l'inculturation de la foi et la nécessité
du "dialogue entre chrétiens, entre croyants des différentes
religions, et entre peuples et nations", dans la sincérité et
le respect de tous.
Sans nul doute, la tâche de l'inculturation est une des pièces
maîtresses de l'exhortation apostolique postsynodale. Le chapitre III
aborde ce thème en mettant en relief le lien entre "Evangélisation
et inculturation" (nn. 55-71) dont le triple fondement théologique
se trouve dans l'Incarnation, la Rédemption et la Pentecôte (cf.
nn. 60-61). Outre cet enracinement théologique, l'inculturation requiert,
pour qu'elle soit ferment de vie, une traduction existentielle qui s'exprime
dans le témoignage et la sainteté attendus des disciples du
Christ. En effet, "si une communauté ecclésiale sait intégrer
les valeurs positives d'une culture déterminée, elle sera
l'instrument de leur ouverture à la sainteté chrétienne"
(n. 87). L'Eglise-Famille elle-même, que la nouvelle évangélisation
est appelée à édifier, est l'expression par excellence de
l'inculturation de la communion ecclésiale en Afrique (cf. n. 63). C'est
dire l'importance que l'inculturation est appelée à jouer dans l'évangélisation
de l'Afrique à l'aube du troisième millénaire.
En arrivant à l'aéroport de Johannesburg, début de la
deuxième étape de sa visite pastorale en Afrique, le Saint-Père
a salué la nouvelle Afrique du Sud, cette "nation arc-en-ciel",
qui, dans sa diversité raciale, ethnique, linguistique, culturelle et
religieuse est fermement engagée sur la voie de la réconciliation
et de l'harmonie entre tous ses citoyens (cf. "Discours d'arrivée à
l'aéroport de Johannesburg", O.R.L.F., n. 39, 26 septembre
1995, p. 5). A l'occasion de la Célébration eucharistique au «Gosforth
Park», le Pape invita les nations africaines à "travailler sans
répit pour une paix authentique" et exhorta les femmes africaines,
dont le rôle est irremplaçable dans la construction d'une société
plus humaine, à "respecter, protéger, aimer et servir la
vie, toute vie humaine, de sa conception à sa mort naturelle !"
(cf. "Célébration eucharistique au «Gosforth Park»",
O.R.L.F., n. 39, 26 septembre 1995, p. 6).
C'est ici, à Johannesburg, lors de la seconde session de célébration
de l'Assemblée spéciale, que le Pape posa sans ambages la question
cruciale de la paix et de la justice dans la société et dans
l'Eglise. Il a notamment parlé de nouvelles formes d'injustices qui pèsent
sur le continent africain, du commerce international des armes, des divisions et
des tensions ethniques, des millions de réfugiés et de personnes déplacées
en Afrique, de la participation démocratique des citoyens à la vie
de leur pays. Avant de quitter l'Afrique du Sud, le Pape a lancé un véritable
défi à tous les citoyens sud-africains: "Toute l'Afrique et
le monde entier, suit chacun de vos pas, sachant que chaque progrès sur
la voie d'une société plus juste, plus humaine, plus digne de ses
citoyens, constitue une victoire pour tous, car elle apporte espoir et
inspiration pour un succès semblable ailleurs" ("Cérémonie
de départ à l'aéroport de Johannesburg", O.R.L.F.,
n. 40, 3 octobre 1995, p. 8).
L'exhortation apostolique «Ecclesia in Africa» a fait une
large part aux préoccupations des Pères synodaux sur les problèmes
de justice et paix, avec une insistance spéciale sur la dimension ecclésiale
du témoignage. Si l'Eglise est appelée à être la voix
des sans-voix, elle a également pour mission de "témoigner du
Christ par la promotion de la justice et de la paix" (Ecclesia in
Africa, n. 105). Autrement dit, "l'Eglise, en tant que communauté
de foi, doit être un témoin énergique de justice et de paix
dans ses structures et dans les relations entre ses membres" (ibid., n.
106). Puisqu'elle dénonce le péché qui corrompt les hommes
et les institutions, blessant ainsi la dignité de la personne humaine,
l'Eglise est elle-même invitée à être fidèle à
sa vocation de témoin de l'Evangile et du Royaume de justice et de paix
que Dieu veut instaurer parmi les hommes.
Une autre dimension de ce témoignage relevée par le Saint-Père
à Nairobi, au Kenya, concerne les agents de l'évangélisation
et particulièrement le rôle de la famille. "L'Afrique,
a dit en substance le Pape, est le continent de la famille, et l'avenir
de la mission évangélisatrice de l'Eglise passe par la famille"
("Célébration eucharistique au «Uhuru Park», O.R.L.F.,
n. 40, 3 octobre 1995, p. 10). Le Saint-Père a exhorté les
Africains à protéger ce trésor qu'est la famille, rappelé
le rôle irremplaçable que les mères jouent dans l'évangélisation
au sein de leur famille respective, et invité l'Eglise tout entière
à devenir davantage Famille de Dieu. Aussi le Pape pouvait-il lancer un
nouvel appel à l'Eglise en Afrique: "Si l'Afrique est fragmentée
et divisée, l'Eglise, en tant que Famille de Dieu, doit être un modèle
d'unité pour la société. Si l'Afrique est frappée
par la pauvreté, par la corruption, par l'injustice et la violence,
l'Eglise doit être une communauté qui guérit, réconcilie,
pardonne et soutient" ("Discours de clôture de l'Assemblée
spéciale pour l'Afrique du Synode des Evêques", O.R.L.F.,
n. 41, 10 octobre 1995, p. 10). Quel modèle ecclésiologique peut
mieux réaliser cet idéal de réconciliation et de communion
sinon la famille? Et puisqu'il y va de la croissance du Peuple de Dieu, celui-ci
doit pouvoir compter sur cette ressource inestimable que sont ses fils et ses
filles. C'est par la redynamisation de ce potentiel humain c'est-à-dire
du laïcat, des jeunes, des personnes consacrées et de tout le Peuple
de Dieu , que s'enracinera la foi dans les familles africaines et les
communautés ecclésiales de base.
Parmi les structures d'évangélisation que propose
l'exhortation postsynodale, il y a lieu de souligner le rôle joué
par les Centres Culturels Catholiques qui "offrent à
l'Eglise des possibilités de présence et d'action dans le champ
des mutations culturelles. Ils constituent, en effet, des forums publics qui
permettent de faire connaître très largement, dans un dialogue créatif,
les convictions chrétiennes sur l'homme, la femme, la famille, le
travail, l'économie, la société, la politique, la vie
internationale, l'environnement. Ils sont ainsi des lieux d'écoute, de
respect et de tolérance" (Ecclesia in Africa, n. 103).
Avant de quitter Nairobi pour Rome, le Saint-Père a rappelé,
pour la communauté internationale, l'impératif moral de la
solidarité fondé sur l'égale dignité de tous les
êtres humains. "Le cri qui s'élève des populations
d'Afrique vers les Nations les plus riches est un cri d'aide, de coopération
et de solidarité pour parvenir à un véritable respect des
personnes en tant que telles, qu'elles soient pauvres ou riches, faibles ou
fortes, toutes unies dans l'unique famille humaine et dans la même dignité
humaine" ("Cérémonie de départ à l'aéroport
de Nairobi", O.R.L.F., n. 41, 10 octobre 1995, p. 12).
Cette insistance sur la dimension internationale de la solidarité
(cf. aussi Ecclesia in Africa, n. 114) a pour corollaire le devoir qui
incombe aux chrétiens en Afrique de pratiquer eux-mêmes la
solidarité. Après avoir noté l'interdépendance
croissante entre les hommes et les nations, le Pape écrit: "Je
souhaite que les chrétiens en Afrique deviennent profondément
conscients de cette interdépendance entre les individus et les nations,
et soient prêts à y répondre en pratiquant la vertu de la
solidarité. Le fruit de la solidarité est la paix, cette
paix qui est un bien très précieux pour les peuples et les nations
du monde. En effet, c'est par des moyens qui renforcent et promeuvent la
solidarité que l'Eglise fournit une contribution spécifique et déterminante
à une véritable culture de la paix" (ibid., n. 138).
En publiant les fruits du Synode, le Saint-Père a interpellé
la conscience des uns et des autres. Il a encouragé l'Eglise en Afrique à
continuer l'oeuvre de l'évangélisation en profondeur et le combat
pour la justice. Aussi a-t-il exhorté les Africains à regarder en
eux et à compter sur leurs propres ressources: "Je vous lance un
défi aujourd'hui... Aujourd'hui je vous recommande vivement de regarder
en vous-mêmes. Regardez les richesses de vos propres traditions, regardez
la foi que nous célébrons dans cette assemblée. Vous
trouverez ici la véritable liberté, vous trouverez ici le Christ
qui vous conduira à la vérité" (Ecclesia in Africa,
n. 48; cf. "Homélie au terme de la sixième visite pastorale
en Afrique", Lilongwe, 6 mai 1989, n. 6; cf. aussi "Discours de clôture
de l'Assemblée spéciale pour l'Afrique du Synode des Evêques",
Nairobi, 19 septembre 1995, O.R.L.F., n. 41, 10 octobre 1995, p. 10 et
12).
Pareillement, le pape a interpellé la conscience du monde. Rappelant
les marques de la longue histoire d'humiliations que porte l'Afrique, il disait:
"On s'est trop souvent tourné vers ce continent uniquement pour
servir des intérêts égoïstes. Aujourd'hui, l'Afrique
demande à être estimée et aimée pour ce
qu'elle est. Elle ne demande pas la pitié, mais la solidarité...
Je ressens le devoir de montrer du doigt l'Afrique et de la soumettre à
la conscience du monde, de ce monde d'opulence, qui ne se fait pas de scrupule à
soustraire des ressources aux pauvres en les assaillant d'armes meurtrières.
Le regard des enfants africains nous juge!" ("Angélus",
Castelgandolfo, 25 septembre 1995, O.R.L.F., n. 39, 26 septembre 1995,
p. 1).
Mais c'est en définitive à l'Eglise en Afrique, dont le Pape a
salué la maturité de ses fils et de ses filles, que revient désormais
la tâche de l'incarnation de la foi dans les cultures de ce continent.
Elles sont jeunes ces communautés ecclésiales africaines.
Certaines viennent à peine de fêter leur premier centenaire. Plus
près de nous, la Côte d'Ivoire où S. Em. le Cardinal Paul
Poupard s'est rendu en septembre dernier, en qualité d'Envoyé spécial
du Saint-Père aux cérémonies marquant le premier centenaire
de l'évangélisation de ce pays (cf. "Une nouvelle Pentecôte
ivoirienne", O.R.L.F., n. 37, 12 septembre 1995, pp. 6-7). Mais ce
sont des communautés ecclésiales dynamiques, qui frappent par leur
vitalité. Elles sont témoins de la radicalité de l'Evangile
et s'efforcent de porter haut le flambeau de leur appartenance au Christ. Or,
c'est dans la mesure où les Africains seront enracinés dans la foi
au Christ qu'ils deviendront eux-mêmes missionnaires pour les peuples
d'autres régions de la planète. C'est dire la part que les
Africains doivent prendre au témoignage jusqu'aux extrémités
de la terre (cf. Ecclesia in Africa, chap. VII).
A Nairobi, au Kenya, le Saint-Père a eu cette parole prophétique
qui mérite d'être gravée dans le coeur des Africains pour
qu'ils la méditent sans cesse: "Le Synode s'est terminé.
Le Synode vient de commencer". Il est vrai, comme il le souligne
encore, que "le chemin à parcourir ne sera pas facile". Mais il
s'agira de compter sur la participation de chaque membre de la famille de Dieu
en Afrique, et de s'en remettre à l'ouvrier divin du soin de faire
fructifier ce qu'il a lui-même semé dans le coeur des Africains.
C'est bien sur l'inculturation de la foi que sera fondé ce nouvel élan
évangélisateur. Puisse l'Eglise en Afrique, dans la communion de
toutes les diversités qui la composent, s'unir davantage pour le témoignage
de conversion et de sainteté que le monde attend d'elle à
l'approche du troisième millénaire! L'échange des dons dans
la catholicité, que le Saint-Père a appelé de tous ses
voeux, est au prix de cet engagement missionnaire et de cette metanoia.
C'est aujourd'hui que commence pour l'Eglise en Afrique cette longue marche de résurrection
et d'espérance, en route vers le Grand Jubilé de l'an 2000. Oui,
l'Assemblée spéciale pour l'Afrique du Synode des évêques
s'est terminée. Mais le synode de la vie cette marche commune de
la foi, de l'espérance et de la charité, où tous les
membres de l'Eglise sont conviés sous la conduite de leurs pasteurs
ne fait que commencer.
LA CULTURE FRANÇAISE AU SEIN DE L'EGLISE
Conférence de S.Em. le Cardinal Poupard, Président du
Conseil Pontifical de la Culture, au Centre d'Études
Saint-Louis-de-France à Rome, le 23 novembre 1995
Dans sa conférence du cinquantenaire de la fondation du Centre d'Études
Saint-Louis-de-France à Rome par Jacques Maritain, le Cardinal
Poupard part de la question de Jean-Paul II lors de son premier Voyage
Apostolique en France: «France, Fille aînée de l'Eglise, es-tu
fidèle aux promesses de ton Baptême?» Il rappelle l'estime
constante des Papes, en particulier de Paul VI, pour la culture française
et en présente quelques grands témoins dont le message est
toujours vivant.
La culture française, marquée en profondeur par la Foi, a
suscité une manière d'être politique, depuis Clovis, avec
saint Louis et Jeanne d'Arc, Robert Schuman et Edmond Michelet, dont les causes
de béatification sont introduites.
La foi resplendit dans le monde des arts, des sciences et des lettres: le
temps des cathédrales et le temps des abbayes, le Pape Sylvestre II,
Pasteur, Jérôme Lejeune; le «grand siècle des âmes»,
apporte les noms de Pascal, Corneille et Racine, Bossuet et Fénelon,
Chateaubriand, et, de nos jours, Charles Péguy, Paul Claudel, Léon
Bloy, Bernanos, Mauriac, Marcel Pagnol, Pierre Emmanuel, Daniel-Rops et André
Frossard.
La France est «la mère des saints» selon la forte
expression de Benoît XV. Depuis saint Martin, saint Bernard et le
mouvement cistercien, saint François de Sales et Monsieur Vincent, père
des pauvres, jusqu'au saint Curé d'Ars et Sainte Thérèse de
Lisieux, le visage aimé de la France porte au monde la sainteté
française.
La pensée française ou la sainteté de l'intelligence.
Jacques Maritain «maître des arts de la pensée, de la vie et
de la prière» (Paul VI) le Père Lagrange, ce pionnier patron
des exégètes, maître des discernements nécessaires,
d'une fidélité exemplaire, et le philosophe Maurice Blondel, qui «a
su faire coexister la recherche la plus rigoureuse et le catholicisme le plus
authentique.» (Jean-Paul II). Les Cardinaux Daniélou, de Lubac et
Congar prestigieux théologiens et éditeurs des grandes collections
de théologie catholique, à la suite de l'Abbé Migne. Paul
VI le disait à Saint Louis-des-Français: «la France cuit le
pain intellectuel de la chrétienté».
Dans sa conclusion, le Cardinal le souligne: la culture française est
traversée depuis des siècles d'une tension vive, souvent larvée,
parfois exacerbée, entre les fils de Pascal et les fils de Voltaire. «Une
foi qui ne devient pas culture est une foi qui n'est pas pleinement accueillie,
entièrement pensée et fidèlement vécue», écrivait
Jean-Paul II dans sa Lettre autographe de création du Conseil
Pontifical de la Culture en 1982. La culture française n'est pleinement
elle-même que lorsque la Foi s'y épanouit et lui donne un surcroît
de plénitude. Les crises de la culture française sont aussi des
crises de la culture chrétienne. Toute crise, étape décisive
dans l'évolution d'un organisme, peut se solder par un échec ou se
dénouer dans une intégration nouvelle allégée des éléments
caducs et enrichie d'une nouvelle sève. Jean-Paul II présente les
Français comme héritiers d'une riche tradition humaniste. Héritiers,
serons-nous aussi des ancêtres?
LES NOUVEAUX MOUVEMENTS RELIGIEUX EN EUROPE.
CONGRÈS DE VIENNE, 14-17 SEPTEMBRE 1995.
Organisé par le Conseil des Conférences Épiscopales
Européennes, avec une attention particulière destinée à
l'ancien bloc communiste, ce Congrès a réuni une trentaine de
participants, parmi lesquels il y avait, en plus du Secrétariat du CCEE
et de la Délégation du Saint-Siège, des représentants
de quatorze pays européens (dont onze ex-communistes) et trois
observateurs appartenant à d'autres Églises et Communautés
Chrétiennes.
Quatre dicastères du Saint-Siège, à savoir la Congrégation
pour l'Évangélisation des Peuples, le Conseil Pontifical pour la
promotion de l'Unité des Chrétiens, le Conseil Pontifical pour le
Dialogue Inter-religieux et le Conseil Pontifical de la Culture, ont pris
l'initiative de la rencontre, lors d'une réunion inter-dicastérielle
le 30 septembre 1993. Il était convenu de solliciter l'avis du Secrétaire
du CCEE sur l'opportunité d'une telle rencontre. Le CCEE
a repris à son compte cette initiative du Saint-Siège, et a invité
trois représentants du groupe inter-dicastériel: le Père Rémi
Hoeckman O.P. (Conseil Pontifical pour l'Unité des Chrétiens),
Mlle Teresa Gonçalves (Conseil Pontifical pour le Dialogue
inter-religieux) et l'Abbé Werner Freistetter (Conseil Pontifical de la
Culture). Mgr Celestino Migliore y a pris part en sa qualité d'Envoyé
Spécial ayant fonction d'Observateur Permanent du Saint-Siège auprès
du Conseil de l'Europe.
A l'ouverture des travaux, le Secrétaire du CCEE, Don Aldo
Giordano, a souligné la nécessité de pratiquer des
recherches sur les racines culturelles du retour du sacré,
particulièrement en relation avec le nihilisme de la culture moderne et
post-moderne. Il a exprimé la conviction que l'Europe doit se tourner
vers Dieu, et plus particulièrement vers le Dieu qui s'est révélé
sur la Croix, comme la nécessité d'un dialogue authentique pour répondre
aux requêtes posées par les nouveaux Mouvements religieux.
Dans le Message qu'il a adressé au Congrès, S.E. Mgr
Christoph Schönborn, Archevêque de Vienne, a souligné les
similitudes de notre situation culturelle ésotérico-néognostique
avec celle du début du Christianisme. La position de saint Irénée
de Lyon qui élabora la réponse chrétienne à la
gnose, en soulignant l'amour de Dieu pour le monde révélé
dans l'Incarnation du Christ, apparaît de grande actualité.
Mlle Teresa Gonçalves, dans son introduction au thème, a présenté
un panorama de la situation actuelle de l'Europe, avec une attention spéciale
à la nouvelle réalité créée par le tournant
historique de 1989, ainsi que la nouvelle anthologie sur Sectes et nouveaux
mouvements religieux: textes de l'Eglise Catholique (Città Nuova
Editrice, 1995).
La première journée des travaux a été consacrée
aux Relations des représentants des pays de l'Est. Les situations
décrites sont diverses, au niveau ecclésial, religieux, politique,
historique et culturel, mais elles présentent certaines points communs:
- les nouveaux Mouvements religieux sont pratiquement tous présents
dans chacun de ces pays;
- leurs adeptes se retrouvent dans toutes les couches de la population, plus
particulièrement parmi les jeunes, et alors surtout ceux qui fréquentent
les universités à la recherche d'horizons nouveaux;
- ils se développent en réaction face au vide culturel et
spirituel de l'ère post-communiste,
- aidé en cela par la pauvreté économique et l'aide
humanitaire que donnent les sectes;
- par la forte recherche de sens, d'appartenance, de rencontre, de famille
et de communauté, due au dépaysement actuel;
- par les déchirures au niveau oecuménique qui risquent de
rendre moins crédible l'Annonce chrétienne et de favoriser la
diffusion des sectes;
- par le charme de la nouveauté que représentent les nouveaux
courants religieux, qui font apparaître le Christianisme comme vieux et dépassé;
- par le manque de préparation réellement efficace des
gouvernements face aux sectes;
- par les mass media qui contribuent à entretenir la fascination de
l'ésotérisme et de l'Orient.
Abordant le problème du langage, le professeur Gelbach, représentant
de la Conférence des Églises d'Europe a relevé que
l'emploi du mot secte, dans une acception généralement négative,
s'applique souvent aussi aux Églises et Communautés réunies
au sein du Conseil de l'Europe. S'agissant des rapports entre l'État
et les Communautés religieuses, il relève qu'une instance étrangère
aux communautés religieuses ne peut s'arroger le droit de décider
ce qu'est la religion.
Partant de la situation particulière de leurs pays respectifs,
Friederike Valentin (Autriche), Hans Gasper (Allemagne) et le Mgr Jean Vernette
(France), experts invités à ce Congrès, ont contribué
à clarifier la situation globale de l'Europe, les problèmes
fondamentaux et les exigences pastorales. M. l'Abbé Werner Freistetter,
du Conseil Pontifical de la Culture, a mis en relief l'importance des rapports
entre d'une part, la culture et les tensions de la société
actuelle, et, d'autre part, la diffusion des sectes.
Mgr Celestino Migliore a parlé du travail accompli par le Conseil
de l'Europe d'un point de vue juridique. Pour le Saint-Siège, a-t-il
affirmé, il n'est pas nécessaire de créer des lois spéciales
pour les nouveaux Mouvements religieux, parce que la législation européenne
existant en matière de liberté religieuse est suffisante. Quant à
l'intervention de l'État, elle doit être limitée à
sanctionner les comportements qui violent l'ordre public, sans entrer dans la
question de savoir ce qui est religieux ou non, parce ceci ne relève pas
de la compétence de l'État.
Dans son exposé, le professeur Michael Fuss (Université
Pontificale Grégorienne de Rome) a proposé une vision synthétique
du phénomène des sectes et ouvert des propositions pastorales
concrètes. Nous ne nous trouvons plus en face des mouvements
schismatiques chrétiens, mais plutôt en face d'une nouvelle religion
mondiale, organisée sous forme de grands réseaux. Cette
nouvelle religion globale naît d'une société en
crise, caractérisée par le retour aux dimensions populaires et
archaïques pré-chrétiennes. Il faut distinguer parmi ces réseaux
: les mouvements fondamentalistes, les mouvements charismatico-pentecôtistes,
le syncrétisme du New Age (une forme de religion virtuelle
est en train de naître) et la résurgence des traditions populaires.
Il est important de créer au niveau pastoral un réseau de spécialistes,
d'organiser des cours de formation, de créer de nouveaux ministères
dans l'Église, de développer des formes liturgiques adaptées
et de profiter des informations déjà existantes, y compris des
banques des données.
La deuxième journée a été consacrée aux
travaux de groupes, et a donné lieu à une Déclaration
commune, destinée en particulier aux Conférences Épiscopales
de l'Europe de l'Est.
Le débat s'est enrichi de la présentation de quelques
nouvelles expériences déjà bien enracinées: une
Commission d'étude, de formation et d'information, à Prague; un
Centre d'informatique, à Bologne (GRIS); des cours oecuméniques d'été,
organisés au Danemark.
Une Concélébration Eucharistique, présidée par
S.Em. le Cardinal König, Archevêque Émérite de Vienne,
a conclu le Congrès.
Document final. Sectes et nouveaux mouvements religieux dans les
anciens pays communistes d'Europe Centrale et d'Europe de l'Est: un défi
pour la pastorale.
I. Du 14 au 17 septembre 1995, à l'instigation du Conseil des Conférences
Épiscopales d'Europe, s'est déroulé la rencontre des délégués
des Conférences Épiscopales consacrée aux nouveaux
mouvements religieux. Des représentants des Dicastères
Romains, de l'Orthodoxie, de la Conférence des Églises
d'Europe [Konferenz Europäischer Kirchen] et des délégués
du Saint-Siège au Conseil de l'Europe y ont participé.
Un échange complet d'informations a précédé l'étude
des conséquences pastorales. Le Document du Saint Siège Sectes
et nouveaux mouvements religieux: un défi pour la Pastorale de 1986 a
constitué un point de référence d'actualité. En
particulier, l'idée sous-jacente que ces problèmes sont un défi
pour l'ensemble de la pastorale est toujours pleinement exacte et le document
apporte en outre une solide information sur les groupes et mouvements
individuels. Le problème est de communiquer l'information à un
plus large public.
Il ne faut pas oublier que depuis 1989 tous les groupes déjà
actifs en Europe occidentale et en Amérique sont présents dans les
anciens pays communistes; et que le régime communiste a causé
durant des décennies de graves dommages à la vie religieuse et
pastorale, ainsi qu'aux structures ecclésiastiques. Toutefois, la
situation est différente d'un pays à l'autre, en raison de des
diverses situations historiques, de la présence de minorités,
d'appartenances ethniques.
II. Plusieurs réflexions et exigences pastorales ont été
dégagées:
- Le développement des nouveaux mouvements constitue un problème
mais surtout un défi exigeant une nouvelle conversion pour une
authentique vie chrétienne.
- Il faut mettre sérieusement la recherche religieuse et spirituelle
au centre des préoccupations de l'homme (même si les réponses
sont souvent inadéquates): recherche de Dieu (souvent remplacée
par une religiosité floue) et transmission du message libérateur
de Jésus-Christ (sans falsification ésotérique ou
fondamentaliste).
- La dignité de l'homme requiert la liberté religieuse, qui
s'applique aussi bien aux Églises qu'aux nouveaux mouvements religieux.
Le droit à la liberté religieuse ne saurait toutefois couvrir les
crimes contre la dignité de l'homme. (Cf. Dignitatis humanae 3.)
- La phénoménologie des nouveaux mouvements religieux étudiera
leur histoire et les implications philosophiques et théologiques en découlant.
Il faut considérer leur approche de l'être humain et du concept de
Dieu.
- La signification de la communauté chrétienne comme
missionnaire et ouverte aux personnes en marge de la société est à
redécouvrir. Les communautés de vie commune ont le devoir impérieux,
selon leur charisme propre, de s'insérer dans le tissu ecclésial.
- L'expérience religieuse personnelle comme l'approche chrétienne
globale sont d'une grande signification. Une formation biblique ne doit pas être
purement intellectuelle, mais regarder le coeur et les émotions de
l'homme (cf. Mc 10, 17). Il faut tenir compte des formulations du Catéchisme
de l'Eglise Catholique.
- Le sens du sacré, dans les diverses formes de la liturgie et la piété
populaire, est à considérer avec attention, comme les diverses Écoles
de spiritualité et les méthodes de méditation.
- Au terme de ce millénaire, nous devons retrouver le thème de
l'eschatologie pour répondre d'une manière authentiquement chrétienne
aux interrogations apocalyptiques.
III. Désirs et indications
1. Les aspects religieux et ecclésiaux doivent être relevés
avec soin, en distinguant:
- les Églises et communautés ecclésiales qui
entretiennent entre eux des rapports oecuméniques;
- les groupes fondamentalistes;
- les sectes et groupes individuels d'origine chrétienne;
- les groupes d'origine orientale (à distinguer des propositions de méditation
du Yoga et du Zen; cf. Le Document de la Congrégation pour la Doctrine de
la Foi de 1989: Quelques aspects de la méditation chrétienne);
- les groupes d'apparition récente, surtout à contenu syncrétiste;
- les groupes ésotériques et gnostiques (New Âge);
- les groupes psychologiques;
- les groupes magiques, occultistes et néo-païens.
2. Créer des institutions et structures appropriées au niveau
des conférences épiscopales, des diocèses et des paroisses.
Les conférences épiscopales devraient nommer au moins un délégué
chargé de ces problèmes.
3. Le travail oecuménique doit être poursuivi (Cf. Document de
1986, Redemptoris missio n·50 et Ut unum sint).
4. Il faut rappeler l'importance de la formation théologique.
5. Au niveau pastoral, il convient de former et de perfectionner les
personnes compétentes, surtout les laïcs, dans la ligne du document
de 1986 et en relevant les apports du dialogue inter-religieux.
6. Un travail interdisciplinaire entre pasteurs, médecins, juristes,
sociologues est nécessaire.
7. L'échange d'informations selon les possibilités nouvelles
des systèmes de communication actuels est à promouvoir.
8. Le Conseil des Conférences Épiscopales d'Europe souhaite:
- la nomination d'un évêque responsable chargé de ces
questions au niveau du Conseil des Conférences Épiscopales
d'Europe;
- que le Secrétariat du Conseil des Conférences Épiscopales
d'Europe porte toute son attention à ce secteur;
- la collaboration avec la Conférence des Églises d'Europe;
- l'échange institutionnel régulier d'informations et d'expériences
au niveau de l'Europe, par exemple avec un rythme triennal, en plus des groupes
de contact intermédiaires;
- de l'aide pour mettre en place un cours de formation d'une semaine à
l'échelon européen pour les personnes concernées.
CONGRESS ON LOVE, LIFE AND THE FAMILY
In their Final Declaration at the end of the VIth. FABC Assembly January
10-19, 1995, in Manila, the Bishops of Asia stated: «The Asian Family is
now under siege, anti-life and anti-family attitudes and values, policies and
practices are being brought to bear, with tremendous pressure on the Asian
Family. Materialistic and consumeristic ways of living are destroying truly
human values in the family. Euthanasia and abortion, sterilization and
contraception, sex determination and genetic manipulation are being promoted.
Together we must follow the divine law taught by the Church to protect and
promote the sanctity of life.»
In response to the Holy Father's concern to promote the sacredness of life
and to the message of the Bishops of Asia at the VIth. FABC Assembly for the
protection of Asian families as the sanctuary of life, the University of Santo
Tomas and Pro Life Philippines hosted the first Training Congress of Love, Life
and the Family for the Asia Pacific Region that was attended by over three
hundred participants from the vast majority of the countries in Asia including
Bangladesh, India, Indonesia, Korea, Macau, Malaysia, Sri Lanka, the Philippines
and Thailand.
The Congress was held under the auspices of Human Life International and the
Federation of Asian Bishops' Conferences - Office of Education and Student
Chaplaincy in collaboration with the Institute of Religion, University of Santo
Tomás, Manila, from 26 to 29 October, 1995. The Keynote Speech, «Evangelium
Vitae» (The Gospel of Life) was given by Rev. Fr. Matthew Habiger OSB,
President, Human Life International, in which he emphasised the need to be
rather than merely to have. There were other topics that were treated by various
speakers. Dr. Brian Clowes spoke on «Anti-Life Tactics and Pro-Life
Strategies». Mr. Lito Atienza, President, Pro-life Philippines, and
Vice-Mayor of Manila, dealt with the need for Political Action and lobbying to
combat anti-life policies and trends on the part of various governments. He
underlined the need to vote intelligently and conscientiously because people get
the government that they themselves have voted into power. Various Pro-Life
services available especially in the Philippines were outlined by Sr. Pilar
Verzosa and her panel. Other topics that were dwelt on were Sex Education, the
Homosexual and Feminist Agenda, Formation in Chastity and the Virtues and
Responsible Parenthood Programmes.
The Congress did truly achieve the purpose for which it was convened. It was
designed to be a Training Congress. Various workshops were held to help plan,
organise and implement Natural Family Planning Programmes so that Episcopal
Conferences throughout the Asia Pacific Region would be able to start as well as
promote the setting up of Natural Family Planning Centres and Pro-Life Services
to help combat the anti-life policies and programmes of a growing number of
national governments.
In their concluding statement the participants at the Congress made the
following recommendations to the Bishops' Conferences of the Asia Pacific
region:
- that Sex Education be undertaken particularly at school and college
levels.
- that Responsible Parenthood and Natural Family Planning Programmes be
encouraged and personnel trained.
- that Pro-Life Programmes be initiated on a priority basis.
- that facilitators and animators be trained to conduct programmes
pertaining to homosexuality and feminism.
- that parents and school teachers be formed to understand and appreciate
the true values of family life, the relationship and responsibilites of spouses
towards themselves and towards their children.
- that adoption of unwanted children be encouraged to save life.
The hope was expressed that the National Bishops' Conferences and their
Commissions on Family Life would strive to influence those who have little or no
respect for the sanctity of life so that we would be able to live in a free and
more caring world that respects and fully believes in the sacredness and culture
of life.
THE PONTIFICAL COMMISSION FOR THE CULTURAL HERITAGE OF THE CHURCH
The Pontifical Commission for the Cultural Heritage of the Church held its
first Plenary Meeting on October 11th/12th. In his opening address the
President, Archbishop Francesco Marchisano, recalled the major events which have
led up to the formation of the Commission as it is today. The Pontifical
Commission was instituted by the Apostolic Constitution Pastor bonus and
came into being on March 1st, 1989, as the "Pontifical Commission for the
Conservation of the Artistic and Historic Heritage of the Church",
affiliated to the Pontifical Congregation for the Clergy. Four years later, with
the publication of the Motu Proprio Inde a Pontificatus Nostri initio on
March 25th, 1993, the Holy Father changed the Commission's name to "The
Pontifical Commission for the Cultural Heritage of the Church"; this made
the Commission responsible for encouraging local Churches to look after two
things: measures for the conservation of this heritage, and initiatives aimed at
a better appreciation and promotion of it. By the same decree, the Pontifical
Commission was made fully autonomous, as a separate Dicastery within the Curia,
headed by a President.
The Pontifical Commission has so far been active in a number of major areas
of concern: the conservation of artistic and historic material by means of an
appropriate programme of inventory and cataloguing; training of priests and
religious in those fields involved in a policy of conserving and promoting the
Church's cultural heritage; measures for the conservation and promotion of
Church libraries. In addition, the Commission has contacted all the Episcopal
Commissions engaged in this work, and the individuals appointed in local
Churches throughout the world to look after the Church's cultural heritage at a
diocesan level.
On the basis of this general overview of initiatives undertaken so far, the
Members of the Pontifical Commission were able to discuss in greater depth those
areas which they felt should be developed further as part of the Pontifical
Commission's programme of activites for the next couple of years. It was decided
to place greater emphasis on: training for those whose work is connected to the
Church's cultural heritage (future priests and religious, guides, artists and
the faithful); Sacred Music as part of this heritage. In this regard, it was
hoped that there would be closer co-operation with the Congregation for Catholic
Education and the Congregation for Divine Worship and the Discipline of the
Sacraments. Furthermore, it was suggested that the Pontifical Commission should
work with the latter Congregation on a joint study of Church architecture today.
Members also reiterated the need to set up diocesan bodies to look after
museums, in order to look after collections related to the local Church
community and to maintain their connection with worship. These museums should be
given an active role in the pastoral programme of the Church community. Two
projects recently undertaken by the Commission received the Members' full
approval: a survey of legislation and guidelines - concerning the Church's
cultural heritage - drafted by Bishops' Conferences, individual dioceses,
religious Orders and Congregations; and a document on Church archives, which is
at present being examined in its final draft form.
The audience with the Holy Father on Thursday October 12th was the highlight
of the Plenary Session. While expressing deep appreciation for the work carried
out so far by the Pontifical Commission - work which, in his words, is
increasingly becoming "un punto di riferimento ben accolto perché
discreto, aperto, propositivo" (p.5, Italian edition, L'Osservatore
romano, October 13th, 1995) - the Holy Father extended the field of cultural
heritage in question to include also "opere letterarie, teatrali,
cinematografiche...). In praising the noble mission entrusted to the Pontifical
Commission, he urged its Members and Officials to persevere in their work, so
that art might continue to celebrate faith, to enrich the mystery of the
liturgy, and to give form to the Christian message.
A NEW CULTURAL PERIODICAL IN THE CZECH REPUBLIC
There appeared recently the first issue of the specialist periodical Bibliotheca
Strahoviensis, published under the direction of Father E. idlovsky, O.
Praem., of the Premonstratensian abbey of Strahov in Prague. The periodical is
divided into two main sections, plus a complementary section of Miscellanea.
The first section, Monasterialia, is a presentation of various
episodes and people from the rich history of abbeys in Bohemia. The articles in
this first section examine the abbey's crest, the medieval town of Strahov and
the history of two abbots. The first of these, Jakob of ternovice, a
typical sixteenth century commendatory abbot, brought about the decline of the
whole abbey. The second, Adolf Fischer, who was active in the first half of the
nineteenth century, contributed a great deal to Czech history and, in
particular, to the history of art in Prague.
The second main section, Ex Bibliotheca, contains historical
research on people linked in some way to the famous library at Strahov, the most
important library in the whole of Bohemia. There are articles on the Renaissance
printer Had, on his contemporary the seal-maker Peterle, the baroque
correspondence concerning the conflict between the famous writer Balbín
and the governor of Prague and, finally, the visit of the romantic Danish poet
Oehlenschläger to Strahov early in the nineteenth century.
The complementary section, Miscellanea, contains short pieces on the
cultural history of Bohemia, various reviews and information on books, then an
appendix, a subject index and an index of names mentioned in the periodical.
Fine documentary illustrations of interest accompany this new Czech
publication. At the end of every article there is a summary in German or
English. While the various articles show the remarkable amount of historical
material kept in the Strahov library, they deal with it in a way which is at
once scientific and pleasant to read. This new periodical marks a significant
stage in the restoration of the abbey of Strahov, and provides a worthwhile
contribution to the history and knowledge of Bohemia's cultural, religious and
civic heritage. (Bibliotheca Strahoviensis; Klater Premonstrátu
na Strahov; Strahovské nádv.c.1/cp. 132, CZ-118 00 PRAHA 1)
THE BULLETIN OF THE EUROPEAN INSTITUTE FOR THE MEDIA
The Bulletin of the European Institute for the Media is published
quarterly in March, June, September and December by the European Istitute for
the Media in Düsseldorf (Germany). The first half of the bulletin is made
up of articles on the situation of the media in Europe, and information on the
Institute. The second half is media news from the various countries of Europe,
with one non-European report - from the United States of America.
The issue for September 1995 contains four articles. The first lists new
developments in the media industry and points out the pressures these
developments are putting on European media. Probably the most significant
economic fact mentioned is the size of the potential media market: there are 368
million potential consumers in the European Union countries. Competition for
continental media ownership has brought the industry beyond the traditional way
of development - mergers and takeovers - to alliances and networking. The Bulletin
gives details of the most significant of these. Such enormous alliances are part
of the explanation for the statement that "multiplicity does not
necessarily mean plurality": sheer numbers of alternatives of television
and radio programmes, newspapers and magazines hide a narrowing of perspective.
Protection and monopoly are vanishing from the media scene, so media
encirclement and media infiltration are the strategies used to cope with the
convergence of technology and fierce competition. "Encirclement" is a
means of controlling and influencing media while avoiding regulatory bodies;
production and distribution statistics demonstrate the huge power of a very
small number of companies. "Infiltration" is the reaction to rigid or
outdated media laws: 30% of French newspapers are controlled by the Hersant
family, and similar arrangements have been established by the Kirch family in
Germany and Silvio Berlusconi's family and associates in Italy. The market is
also not "transparent", so potential new companies are being kept out,
and fewer and fewer people control more and more media. The basic question: how
to maintain efficiency and still offer choice and respect the public interest?
The second article presents an overview of media regulation in Europe. A
table is provided showing the system of appointment of members of media
regulatory bodies in 36 European countries. There are 4 categories of appointees
given: executive, legislative and judicial representatives, and another set of
representatives referred to as "social and political". There are 5
areas of responsibility: self-regulation of public broadcasting, administration,
granting licences, nomination of senior management of public broadcasting
agencies, and supervision and regulation. The last responsibility is clearly
important in terms of what consumers consume: it concerns a desire for
separation between political power and what are regarded as "instruments of
the exercise of free speech" (radio, television), and the State's
commitment to enacting the laws relating to basic freedoms. There seems to be
uniformity in supervision of programme content, relating to breaches of
impartiality in news programmes, and breaches of rules concerning moral
behaviour. This article relates to a descriptive study, but there is a
suggestion that a further study might evaluate the effectiveness of regulation.
There is the suggestion that greater legal coherence is needed, partly to
maintain a free market in the European Union, but also to face some of the as
yet unknown challenges of the twenty-first century, because "the
information society brings with it the need for careful consideration of its
cultural, social and economic impacts".
The third article considers two trends which seem likely to define future
media: technology will be digital, and more diffuse.
Technically, there is now no need for us all to watch the same programmes at the
same time, and the belief that politicians should keep a watchful eye on media
is now being questioned. Although the Internet can be criticised for being
unsystematic in its content and the arrangement of it, it is the biggest ever
threat to existing networks of production and distribution, and it is able to
deliver digitised information, an exact replica which is identical to the
original. The importance of CD-ROM and CD-I is to be seen from the fact that the
former grew by 470% in 1993, the latter by 170%, and also from plans to launch 4
digital satellites in the near future. The article finishes with a reminder that
interactivity is a myth: there is a certain amount possible on CD-ROM and CD-I,
possibly more with ISDN or Internet, but most "interactive" television
programmes are nothing of the sort: "the only real interaction with the
viewers will be their choice of whether or not to stay watching".
The fourth article is a brief review of the progress of ISDN, or Integrated
Services Digital Network, in twelve European countries. It is a system of
using the same medium to transmit or communicate varied services (radio,
television, telephony), which formerly had to be transferred separately. The
fortunes of ISDN seem to be affected very much by the style of regulation in a
country, but it is seen as having an enormous potential. This is described in
terms of the market in goods and services in Europe, but it could have quite an
impact on academic institutions and on the transfer of information more
generally - this has already been picked up in ideas from the Netherlands.
The articles are followed in the Bulletin by a short section on
various activites and developments involving the European Institute for the
Media. A report is given on a conference of translators on the subject of Audiovisual
Communication and Language Transfer (Strasbourg, June 1995), concentrating
on technical difficulties involved in translation of dialogue for films, and the
remuneration of those involved. Another report speaks of the Institute's summer
school (Düsseldorf, July 1995), which dealt with media and economics,
regulation, new technologies, politics and culture. Visits to television
companies and the European Satellite Company were included, as well as a visit
to the European Journalism Centre in Maastricht, where the Dutch documentary on
euthanasia (Death on Request) was viewed and discussed. "The
differences in cultural background between the members of the group caused a
wide variety in perception and opinions on the programme and its makers".
There was also notice of the European Television and Film Forum, which has since
taken place (Crete, November 1995).
Euromedia News is a collection of reports from correspondents in
various states. In this issue there are reports from 19 countries and a report
on European Union Satellite and Cable broadcasting. In some cases reports
concentrate on market aspects of media consumption, while others highlight
audience preferences. On programme content, Romanian TV was commanded by the
National Broadcasting Council to stop broadcasting Romanian-language BBC
television news, because it is "openly hostile to the government". MTV
was fined by a British regulatory body for sexual banter in a morning programme,
for a discussion of HIV/AIDS which assumed young viewers were sexually active,
and for an advertisement which appeared to condone car theft and teenage
suicide. Providers of sexually explicit television programmes in the U.S.A. are
challenging a decision by a media corporation to scramble such programmes. The
American Civil Liberties Union supports the challenge, on the grounds that the
scrambling decision is a violation of the right of the providers of the material
to free speech.
Source: The Bulletin of the European Institute for the Media,
Spichemstrasse 34, D 40476 Düsseldorf, Deutschland. Volume 12, No. 3 -
September 1995.
EVANGELIZATION AND CATHOLIC IDENTITY
At the July 1994 meeting of the Australian Catholic Theological Association,
held in Melbourne, Robert Gascoigne presented a paper. He is Senior Lecturer in
the Department of Theology and Philosophy at the Mount Saint Mary Campus of the
Australian Catholic University. His paper asks what sort of identity Catholic
education creates, describes three contemporary understandings of Catholic and
Christian identity, and considers the implications of these three views in
relating Catholic identity and evangelization.
There has been a shift in the self-understanding of Catholic communities
since the 1950's and 1960's. Here the experience of Catholic education of those
times is described as one dominated by rituals, clearly stated doctrines and
specifically Catholic practices, in an atmosphere of harsh discipline, moral
guilt and spiritual fear. It was "an identity... rooted in an intense and
complex religious culture, the seed bed of characteristically Catholic works of
art and culture". Those who grew up then and live as adults now are often
depicted as fortunate, with a strong background but without the harshness.
Catholic schools today work with the conscientization processes of contemporary
liberal democratic culture (religious and racial tolerance, gender equality,
ecology), and stress unity in the human race, rather than conscious
separateness. The absence of past bitterness and divisions is invoked to allay
fears about the current situation. The Catholic community needs to nurture the
ability to maintain a critical distance from contemporary culture, but the hotly
contested issue is whether and in what way Catholic identity should work to keep
its distinctiveness within the sphere of evangelization. To be a Catholic is a
particular way of life, but it is universal inasmuch as God's love is there for
everyone. Evangelization involves the proclamation of particular - Gospel -
values, which are also universal: they are meant to be proclaimed to all.
Three contemporary forms of Christian identity are briefly described.
- Christian identity is formed by a narrative and expressed in praxis.
This is the approach of J. B. METZ and most Catholic liberation theologians, as
well as the Mennonite theologian S. HAUERWAS. Certain human experiences help us
understand and re-live what was lived in the Gospel narratives. Praxis
is presented here as a response in those who can identify with victims of unjust
situations or sinful humanity. The Gospel is seen as a narrative of one who
confronted a world where the wicked prosper, so praxis is essentially an ethical
response. In some cases, it is seen as a means of transforming society, in
others as a form of life, an example to the world of the peace of Christ.
- Christian identity is found in an interpretation of universal meaning.
The theologians mentioned here are K. RAHNER, W. PANNENBERG and D. TRACY. The
Gospel has its origins in a particular setting, but needs a reference to
universal reality if it is to speak of the creator of this reality. The Gospel
reveals truth in a way which does not deny the truth of other religious and
philosophical traditions. We are encouraged to understand all attempts to know
and respond to God, which are an essential part of being human and being
creatures. The power of the Gospel to interpret ourselves, our world and the
whole of reality is at the service of all; in a pluralist culture, the Gospel is
a classic which, like others, has the power to speak appealingly of intense
experiences but, unlike others, is able to disclose the whole. This approach
links the Gospel with "other projects of meaning", and hence has
access via rational discourse to universality.
- Christian identity develops in and from an organic tradition. This approach
is ascribed to W. LINDBECK, H. U. von BALTHASAR and J. RATZINGER. Tradition,
rather than a dialogue with culture, is the locus of religious truth.
The richness of the tradition has much to offer the culture in which it grows.
This form of Christian identity depends on a direct encounter with the love of
God, or a contemplation of the divine present in various forms. Catechesis
should not start with the particular experience, but is rather an induction into
a great tradition: it can never be a question of picking and choosing elements
of belief.
How do these three conceptions of Christian identity relate to each other?
The first approach would see the inadequacy of the second in its distance from
the negative experiences of so much of humanity. It would see the organic
approach as "excessively contemplative and authoritarian". The second
form demands mediation, which it would not find in the other two: one
depends on the Biblical narrative, the other on the body of tradition. Praxis
needs to be put into a context, and tradition itself needs to be seen "in
its relation to other cultural and religious forms". For the proponents of
the third form, the first approach is far from a listening, contemplative
stance, and is based too much on human efficacy. The second approach depends too
much on the criteria of secular modernity.
Basically Christian revelation is a gratuitous event which cannot be
explained exhaustively by any particular method. Christians understand who they
are by looking to the sources of their own faith; finding this identity will
involve reflecting on what the demands of the Gospel mean in the present, but
with a conscious critical independence from "the spirit of the age".
This is in no way to ignore the signs of the times, because much of the
reflection required is sparked off by an awareness of the Spirit in the events
of history: ecology has provoked a reassessment of Biblical passages which speak
of the relationship between human beings and nature, or between creatures and
the Creator. The organic tradition of Christianity is no longer the mechanistic
one of the Council of Trent, but something showing much greater vitality and
capacity for growth and development. But care is needed with the organic model,
because not all elements of the tradition have the same status, and there has to
be some openness to the experience of those Christians whose identity is in
question. Likewise, an awareness of the links between Gospel and culture in the
past point to the need to understand these links in present and future
situations as well. "In a global Church, with all its varying cultural
encounters, the notion of a unitary and all-inclusive organic tradition must be
qualified by distinctions between essentials and inessentials, and modified by a
readiness to interpret aspects of that tradition in different ways in different
contexts". Evangelization is impossible without an awareness of the
cultural situation of those to be addressed - this is part of the process of the
enrichment of Christianity, and recognises that the strength of the Catholic
culture of the recent past could also be stifling. The Gospel can save and
liberate when its words are interpreted "in and for the diversity of human
contexts".
Source: Robert GASCOIGNE, "Evangelization and Catholic Identity",
in: The Australasian Catholic Record, July 1995, vol. lxxii/3,
pp.269-79.