PLENARIA 2000
TÉMOIGNAGE CRÉDIBILE DE VIE DES CHRÉTIENS
Sr. Francesca Batato
Union des Supérieures Religieuses
de la Terre Sainte à Jérusalem
- Dans votre aire culturelle, quels courants de pensée et
de spiritualité, quels organismes et institutions offrent une idée
vraie de l'humanisme plénier, de la dignité et de la vie de la personne
humaine, et promeuvent une vraie ouverture au transcendant et à Dieu, en réponse
à une quête de sens ?
- En principe, ce sont les grandes religions monothéistes
présentes dans notre région qui témoignent de tout cela, du fait que la
religion joue un rôle important dans notre société. Malheureusement, ce témoignage
ne manque pas de fanatisme. Mais, à l'intérieur de ces religions, on trouve
des minorités qui travaillent dans le sens d'un vrai témoignage. En dehors
des religions, on trouve quelques organisations pour la promotion des droits
de l'homme, qui travaillent dans ce sens à partir d'une idéologie laïque.
Des chrétiens y travaillent aussi.
- Quelles initiatives éducatives déjà en œuvre ou à
promouvoir, en particulier dans les médias, pour proposer aux jeunes un idéal
de l'homme conforme à sa vocation divine ?
- Les écoles catholiques jouent un rôle important dans ce domaine dans
notre milieu, à condition qu'elles prennent conscience de l'importance de
cette proposition. Le travail direct avec les jeunes (réflexion, discussion,
... ) est certainement plus important que les autres moyens. Dans ce cadre,
les organisations catholiques de jeunes jouent un rôle important.
- Quels critères et quels moyens culturels mettre en œuvre
pour faire découvrir la richesse et la profondeur de la vie ecclésiale en Jésus-Christ
Rédempteur de l'homme ?
- Dans notre milieu, c'est surtout le témoignage de
vie des chrétiens qui pourrait faire découvrir cette richesse et cette
profondeur, Ce qui suppose que les chrétiens prennent conscience de son
importance et qu'ils renouvellent leur christianisme pour qu'il soit capable
de porter un témoignage fort.
- Comment promouvoir et mettre en œuvre l’art et la
musique sacrée, et soutenir une créativité inspirée par la foi et une
authentique piété populaire, notamment pour révéler le sens des
principales étapes de la vie humaine ?
- Dans notre milieu, cela ne peut se faire qu'en préparant des laïcs
engagés en leur proposant des bourses d'étude pour se spécialiser dans ces
divers domaines à partir d'une vision de foi. C'est leur spécialisation
conjuguée avec une foi authentique qui pourra donner une crédibilité à
leur témoignage.
- Comment présenter le bien commun et la solidarité, le
respect de la personne et son développement plénier, comme l'accomplissement
de l'amour de Dieu et du prochain, créateur d’un humanisme chrétien pour
le nouveau millénaire ?
- Cela ne peut se faire dans notre milieu qu'en
approfondissant le projet éducatif de nos écoles catholiques pour qu'il réponde
à ces besoins de la culture. Aussi, les organisations catholiques pourraient
porter leur contribution dans ce domaine.
- Quelles valeurs culturelles, quelles aspirations partagées
dans vos sociétés peuvent constituer des points d’ancrage pour une évangélisation
de la culture en profondeur et une authentique inculturation de la foi ?
- Ces valeurs culturelles dans nos sociétés sont :
l'hospitalité, le désir de la communication avec l'autre, le sens
communautaire, l'importance de la parole dans les relations humaines... entre
autres. C'est à partir de ces valeurs qu'une évangélisation et une
inculturation peuvent se faire.
- Compte tenu de l'indifférence religieuse et du
relativisme qui marquent souvent les cultures, quels liens valoriser ou établir
entre l’Église, les créateurs de la culture et les institutions académiques,
universitaires, juridiques, sociales et politiques ?
- Ce dialogue ne peut se faire que sur le terrain d'intérêt
des non-croyants. Les milieux non-croyants ou indifférents ont besoin de voir
sur le terrain de leurs intérêts et de leurs engagements des chrétiens qui
partagent leurs soucis et leurs engagements à partir d'une vision de foi et
dans un esprit de respect et de collaboration. C'est à travers ces chrétiens
engagés à côté de leurs frères et sœurs que ces milieux non-croyants ou
indifférents peuvent découvrir les valeurs chrétiennes et " les
insondables richesses du Christ ".
UN HUMANISME PLÉNIER À PROMOUVOIR
Sr. Francisca Reche Reche
Sœur Missionnaire de Notre-Dame d'Afrique
Bobo Dioulasso, Burkina Faso
" Le Christ manifeste pleinement l'homme à lui-même
et lui découvre la sublimité de sa vocation " (Gaudium et spes,
22).
La célébration du Jubilé de l’an 2000 est un temps
fort de prise de conscience de rappel que Dieu adresse à tout homme et à
toute femme à devenir toujours plus conforme à l’image de son Fils venu
pour donner la vie et la donner en abondance, pour manifester à l’homme ce
qu'il est et ce qu’il peut devenir s’il reconnaît l'appel que Dieu lui
adresse et accepte le don qu’il lui fait.
L’Église est appelée à promouvoir un humanisme plénier,
" un humanisme vrai, ouvert à l’absolu, dans la reconnaissance
d’une vocation qui donne l'idée vraie de la vie humaine " (Populorum
progressio, 42).
Dans l’aire culturelle du Burkina Faso et depuis cent
ans, le message chrétien est venu enrichir, purifier et donner de nouvelles
dimensions à l’humanisme africain si riche des valeurs universelles,
valeurs reconnues dans le message que Paul VI adressait à l’Afrique en
1967. Africae terrarum nous rappelle que la tradition africaine
manifeste un grand respect pour la dignité humaine dans " l’éducation
familiale et traditionnelle, dans les institutions sociales et dans la
participation à la vie politique " (n. 9).
Même si ces valeurs n’ont pas toujours été comprises
ou reconnues, elles ont été et sont le terroir fécond où l’humanisme chrétien
a pu et peut se développer.
Appelés à promouvoir un humanisme chrétien, nous sommes
invités à faire un bilan du chemin parcouru et des critères et moyens à
mettre en œuvre pour promouvoir l’humanisme chrétien pour le nouveau millénaire.
1. Un humanisme plénier à promouvoir
1.1. Courants de pensée et de spiritualité ayant joué ou
jouant un rôle dans le développement d'un humanisme chrétien
L’Église, dans notre région, n’a que cent ans. Les
premiers missionnaires ont été les Fils et Filles du Cardinal Lavigerie armés
par la forte spiritualité apostolique ignatienne voulue par leur fondateur.
Cinquante ans plus tard, arrivent les Frères des Écoles Chrétiennes. Les
missionnaires du Cardinal Lavigerie se sont investis dans la formation des
communautés chrétiennes, catéchistes, séminaristes, religieuses, éducation
des jeunes filles et femmes, promotion du développement... Les Frères des Écoles
Chrétiennes ont formé des générations d’instituteurs et de jeunes.
D’autres familles religieuses sont venues apporter leur
contribution à la formation d'un humanisme chrétien, la plupart se
rattachant à la spiritualité ignatienne. Chacune a apporté sa touche.
Aujourd’hui, un clergé local bien formé dans la ligne
de Vatican II et connaissant mieux la réalité africaine, est le moteur de la
construction d'un humanisme chrétien enraciné en Afrique.
La Déclaration des Évêques du Burkina Faso sur l’Éducation
de 1996 s'inspire largement du document Gravissimum educationis momentum
ainsi que de Populorum progressio et d’Ecclesia in Africa.
En bref, nous pouvons dire que l'origine du développement
de l’humanisme chrétien est marquée par la spiritualité lavigérienne,
ignatienne et lassalienne et que la réflexion actuelle s’inspire de la pensée
de Vatican II.
1.2. Organismes et institutions au service d'un humanisme
chrétien
Dans le développement d'un humanisme chrétien, plusieurs
organismes ont joué et jouent un rôle important : établissements
scolaires, centres de formation divers, aumôneries et mouvements de jeunesse.
a) Établissements scolaires catholiques
Depuis les origines de l'évangélisation du Burkina Faso,
le moyen privilégié pour promouvoir un humanisme plénier a été l'école.
En 1901, les missionnaires ouvrent la première école primaire. L’ouverture
de cette école sera très vite suivie de beaucoup d’autres dans différents
postes de mission, ainsi que de l’ouverture de centres de formation pour des
jeunes filles et des catéchistes.
En 1925, l’Église ouvre aussi le premier établissement
secondaire du pays : le Petit Séminaire de Pabré. En 1935, est ouvert
le Grand Séminaire de Koumi. Il restera jusqu’en 1970, date de fondation de
l’Université de Ouagadougou, le seul institut d’études supérieures du
pays. Les séminaires et de nombreux établissements secondaires catholiques
ont contribué à former une élite d’hommes et de femmes qui ont assumé et
assument des responsabilités dans l’Église et dans la vie civile.
Sans oublier les critiques faites au système éducatif en
général à cause de son caractère sélectif, du rôle qu’il joue dans
l’acculturation et de son caractère théorique qui survalorise
l’intelligence négligeant d’autres aspects de la personne, critiques qui
en grande partie touchent aussi l’école privée catholique, nous pouvons
souligner l’effort fait dans ces écoles pour éduquer les sentiments
sociaux et moraux des élèves à la lumière de l’Évangile.
Les écoles catholiques ont été reconnues pour
l’enseignement de qualité qu'elles dispensent et pour leur souci d’éducation.
Dans ce cadre, s’ouvre en 1943 la première école pour la formation de maîtres
chrétiens à Toussiana.
En 1969, l'insuffisance des moyens financiers suscite des
tensions qui aboutissent à la cession des écoles primaires catholiques à
l’État. Cette crise ne toucha pas les établissements secondaires, moins
nombreux. Ils se sont développés et jouissent d’un grand prestige à cause
de la formation donnée et de la réussite aux examens.
Malgré la loi d'orientation de l’éducation au Burkina
Faso de 1996 (qui donne comme but à l’école le développement des qualités
humaines, la transmission des valeurs humaines universelles et l’insertion
de la personne dans la société), les carences de l’enseignement public
font sentir le besoin d’une école primaire catholique. Des décisions ont
été prises dans ce sens et quelques écoles ont été ouvertes.
A l'aube du nouveau millénaire, les évêques, dans leur
" Déclaration sur l’Éducation Chrétienne " du 25
novembre 1996, réaffirment le rôle primordial de l’école catholique dans
la promotion d'un humanisme chrétien :
par un enseignement de qualité,
par la transmission des valeurs humaines, morales et
civiques éclairées à la lumière de l’Évangile,
par une formation " qui permette aux jeunes
d'intégrer les connaissances générales et techniques en vue de les
aider à s'engager au nom de leur foi et à assumer leurs responsabilités
dans la nation et dans l’Église " (p. 25).
b) Centres de formation
A côté des écoles catholiques, des centres ménagers
jouent un grand rôle dans la formation des jeunes filles et femmes.
Pour la formation des adultes, nous pouvons également
signaler : les Centres de Formation des Catéchistes (C.F.C.), les
Centres d’Animation Rurale (C.A.R.) et trois centres d’inspiration chrétienne
de caractère international : le Centre d’Études Économiques et
Sociales de l’Afrique de l’Ouest (CESAO), l’Institut d’Aide au Développement
Social (INADES) et le Groupe de Recherche, d’Animation et Auto-promotion
Populaire (GRAAP).
c) Aumôneries et mouvements de jeunes
Les aumôneries et mouvements de jeunes sont aussi des
lieux privilégiés où les jeunes peuvent grandir et se construire selon les
valeurs évangéliques, par les moyens de formation qu’ils offrent :
bibliothèques, catéchèse, récollections, sessions, camps de formation...
d) Les médias
Les médias, moyens incontournables, sont à promouvoir.
Les ressources matérielles et humaines sont insuffisantes. Le manque de
professionnels compétents dans ce domaine se fait sentir, tout comme le
manque de structures. Un effort dans ce sens pour la formation des agents
pastoraux est fait.
On peut ici souligner l’importance des pagnes comme
porteurs de messages lors des grandes fêtes liturgiques, fêtes des
Saints, anniversaires de fondation de diocèse et de paroisses... Ces pagnes véhiculent
un message théologique ou moral même si l'on peut parfois regretter une
certaine mièvrerie dans le choix du style des images.
2. Contribution de l’Église à l'enrichissement de
la dignité de l'homme
En affirmant la création de l’homme à l'image de Dieu,
l’Église pose les fondements de la dignité de tout homme. Par son message
et son action en faveur de la personne humaine, l’Église contribue à
l’enrichissement de la dignité de l’homme (cf. Centesimus Annus
55).
Le message chrétien doit être perçu comme une vraie libération
selon Jésus-Christ. Il doit agir comme ferment de libération des personnes
et des sociétés et être moteur d'espérance face à tant de situations de
mort qui engendrent découragement et peur.
Comme moyens à employer :
a) Une éducation intégrale qui développe l'esprit
critique :
-
face aux faiblesses de la tradition,
-
face aux dangers des entreprises de " divertissement "
dans la création de fausses authenticités,
-
face aux choix à faire pour le développement,
-
face aux situations actuelles d’injustice et de
corruption.
b) Une catéchèse renouvelée
qui éveille et développe la foi dans le Dieu présent et
agissant dans l’homme et dans histoire ; une catéchèse qui donne une
grande place à la Parole de Dieu et à la doctrine sociale de l’Église.
Dans une société marquée culturellement par le thème de
l'éloignement de Dieu, transmis par les mythes et par les idéologies
nouvelles sur l’absence et le silence de Dieu, une lecture africaine de
l’Exode s’impose, comme le dit Jean-Marc Ela, dans Le cri de l’homme
africain.
Dans une société marquée par les inégalités et
l'injustice, la doctrine sociale de l’Église " en faisant sienne
la route de l’homme " nous donne non seulement une théorie et des
principes d’action mais aussi des motivations pour l’action concrète.
c) Une célébration inculturée de la foi
Pour une célébration inculturée de la foi, il faut
promouvoir la valeur de l’art et de la musique sacrée et accompagner les
principales étapes de la vie humaine par des rites adéquats qui révèlent
leur sens plénier à la lumière de l’Évangile.
Dans notre région, beaucoup d'efforts ont été faits pour
promouvoir la musique religieuse : recherches sur le rythme et les
gestes, introduction des instruments traditionnels dans la liturgie. Les
chorales occupent une grande place dans la vie des paroisses. Grâce à elles,
nous avons des liturgies vivantes et belles. Ces chorales participent à la
vie culturelle des pays. Deux d’entre elles ont été sacrées " artistes
du peuple " lors des Semaines Nationales de la Culture.
Les principales étapes de la vie humaine sont accompagnées
par des rites variés et parlants dans la tradition. Des recherches ont été
faites pour découvrir leur sens et les valeurs qu’ils véhiculent. On tâche
d'enrichir l’un ou l’autre des rites avec la dimension nouvelle que lui
donne l’Évangile et de les intégrer dans la liturgie. Les essais d’intégration
sont encore timides : proclamation de l’Évangile en écho, panier - trésor
familial contenant la parole, présence des masques dans certaines
liturgies...
Dans le n. 72 de l’Instrumentum Laboris du Synode
pour l’Afrique, il est recommandé de christianiser les rites concernant la
mort et les funérailles. Des recherches se font dans ce sens dans les séminaires
et instituts supérieurs de théologie. Pour le moment, dans la plupart des
cas, il y a un double rituel.
Quant à la sculpture religieuse, il manque des structures
pour promouvoir et encourager les artistes qui produisent de belles œuvres en
bronze ou en bois. Quelques échantillons ici et là montrent le talent des
artistes et artisans burkinabés. Malheureusement, le mauvais goût de l’art
Saint-Sulpice est plus présent dans nos églises et chapelles que l’art
africain inculturé dans l’Évangile qui pourrait être fort et beau.
d) Une solidarité active
Dans l'aire culturelle Ma-da-ré, la solidarité est un des
critères qui sert de mesure à l’humanité de l'individu. L'homme qui ne
sait pas partager, sur lequel on ne peut pas compter, sera qualifié de " pas
humain ". Être solidaire est un devoir moral sur lequel repose la
cohérence sociale, le lien entre les parents, classes d’âge, gens de
village, de la même race. Elle s'étend aussi à l’étranger qu’on
accueille. Nous pouvons dire que la solidarité est la valeur fondamentale qui
construit l'homme avec les autres dans l'interdépendance.
Dans un monde où se développent des mécanismes
d'oppression et qui est de plus en plus marqué par l’individualisme, les inégalités
et la non-solidarité, il est urgent de recréer la conscience de l'importance
de la solidarité, solidarité enrichie par le message du Christ :
solidarité - gratuité - communion, ouverte à tous.
Au sein de l’OCADES (Organisation Catholique pour le Développement
et la Solidarité), nouvel organisme de la Pastorale Sociale du Burkina, il
existe un département Solidarité et Partage, qui n’a pas
encore fait ses preuves, mais dont l’esprit est de promouvoir la solidarité
et le partage " dans le respect de l’honneur des personnes ",
avec la volonté d'éviter la création de comportements " d'assistés
chroniques " dont la dépendance " dépersonnalise les
individus et les communautés ".
3. Faire éclore une nouvelle culture de la vie
Dans un monde qui envoie tant de signes de mort, il est
urgent de faire reconnaître l’espoir et la vie. La soif de pouvoir et
d’argent donne naissance à la culture de mort engendrée par la violence et
la corruption. Violence qui détruit. Corruption qui fait croître la misère
et la souffrance de beaucoup d’hommes et de femmes tandis que se bâtissent
des fortunes colossales...
Un retour aux valeurs traditionnelles enrichies par l’Évangile,
ainsi que le dialogue avec tous ceux qui voudraient voir éclore une culture
de la vie, où pourrait se développer un humanisme vrai, s’imposent.
3.1. Valeurs culturelles pouvant servir d'ancrage à l'évangélisation
Dans l’aire culturelle du Burkina Faso, la pensée
traditionnelle, telle qu'elle s’exprime dans les proverbes, contes, rites
d’initiation, funérailles, etc., met en relief l’importance des valeurs
humaines universelles qui donnent un sens à la vie et cherchent à développer
l’harmonie avec soi, avec les autres et avec l'invisible.
L’éducation traditionnelle dans la famille, dans le
village, dans le groupe de classes d’âge ou dans les moments forts des
initiations, vise à faire intégrer des valeurs religieuses, morales,
spirituelles et sociales.
L’homme est surtout conçu comme un être communautaire,
être de relations. " Moi-avec " : moi avec la
nature, moi avec les autres, moi avec les ancêtres et les forces
spirituelles.
Le caractère anthropocentrique de la pensée
traditionnelle a été souligné par plusieurs philosophes et ethnologues
africains. L’homme est au centre de la vie. Il est perfectible dans la
mesure où il assume des responsabilités au sein de la communauté.
Le premier souci de l’homme " beau et bon ",
l’initié parfait, est de maintenir l’ordre, vivre en harmonie, servir
l’intérêt commun. Il est responsable du bien du groupe dans un double plan :
-
prolongation de la vie par la fécondité
-
maintien de l’harmonie de la vie commune
(responsabilité, solidarité, esprit de dialogue et de participation)
Quelques proverbes et un texte initiatique nous rappellent
les valeurs humaines de la tradition africaine : valeur de l’homme être
social, être religieux, responsable et solidaire, respectueux de l’autre et
ouvert au dialogue.
L’homme est un arbre dont les proches sont les racines.
(Proverbe Bobo cité par G. Sanon, L’école et Mon Village, Oct.
1982, p. 57)
Dieu protège la tête sans coiffure.
(Proverbe Bobo cité par G. Sanon, L’école et Mon Village, Oct.
1982, p. 218)
Connaître le cheval
Connaître l'arbre
Connaître l'eau est bon.
Mais se connaître soi-même vaut plus que tout.
(Proverbe Bambara)
L'homme vaut plus que l'argent parce qu'il peut répondre
quand on l'appelle.
(Proverbe Moose)
Le remède de l'homme, c'est l'homme.
(Proverbe Wolof)
Si tes parents t’ont nourri jusqu’à ce que tes dents
poussent, il faut les nourrir jusqu'à ce que les leurs tombent.
(Proverbe Bobo cité par G. Sanon, L’école et Mon Village, Oct.
1982, p. 58)
Le partage de nos vérités n'épuise pas la vérité.
(Proverbe Bobo)
Une seule femme pour engendrer un homme, un village entier
pour l'éduquer pour le profit de l'humanité entière.
(Proverbe Bobo cité par G. Sanon, L’École et Mon Village, Oct.
1980, p. 115)
Le masque dit :
Si tu arrives comme étranger dans un village,
Et que tu vois les anciens en assemblée,
Discutant les affaires du village,
Va, sur leur invitation ;
Assieds-toi et écoute-les.
Et s'ils te demandent ton avis,
Petite ou grande, dis-leur ta parole,
Puis prends ton bâton de masque
et retourne chez toi.
(Texte d’initiation cité par A. T. Sanon, Tierce Église, ma mère
ou conversion d’une communauté païenne au Christ, Bobo-Dioulasso,
1977, p. 140)
Ce n'est pas avec l’œil que l'on connaît son Aïeul,
c'est plutôt avec l'oreille.
(Proverbe Moose, cité par P. Zuugrana, Prologue des Actes des Premiers
Chrétiens, p. 8)
En s’appuyant sur les valeurs traditionnelles, en les
purifiant et en leur donnant une nouvelle dimension, l’Église du Burkina
peut contribuer à développer un humanisme chrétien enraciné en Afrique.
Avec le message de l’Évangile, le " moi avec les forces
spirituelles ", deviendra un moi avec un Dieu personnel qui m'offre
et me communique sa vie, le Dieu qui sauve et fait de nous des enfants. Le
" moi avec les autres, ceux de mon village, mon ethnie, éclatera en
un moi avec tout homme et toute femme ". La vie morale orientée par
la peur de la transgression des tabous deviendra vie orientée par le
commandement de l’amour de Dieu et des autres.
-
Un humanisme enraciné dans l’Afrique.
-
Un humanisme transformé par le message de l’Évangile.
-
Un humanisme ouvert à devenir toujours plus " conforme
à l’image du Christ ", par la force de l’Esprit.
3.2 Formes de dialogue pour rejoindre ceux qui sont loin de
l’Église
Plusieurs chemins de dialogue peuvent être suggérés :
a) Connaissance de ce qu'on est, de ce qu'on croit, de ce
qu'on vit, et respect mutuel
b) Collaboration pour le bien commun
c) Relations d'amitié et de fraternité avec les croyants
d) Faire ensemble un bout de chemin vers Dieu, dans le respect et la vérité
e) Être présent plus visiblement dans les grandes manifestations culturelles
vécues dans le pays
SÓLO EL AMOR PREPARA EL TERRENO
PARA QUE LA SEMILLA DE LA FE SEA FECUNDA
P. Carlos Valverde S.J.
Universidad Pontificia de Comillas, España
1. a) En vuestra área cultural ¿qué corrientes de
pensamiento y de espiritualidad, que organismos e instituciones ofrecen una
idea verdadera del humanismo pleno, de la dignidad y de la vida de la persona
humana, promoviendo una apertura a Dios, al Trascendente, como respuesta a una
búsqueda de sentido?
En España existen ciertas corrientes de personalismo
cristiano, como por ejemplo, los libros de la Editorial "Encuentro",
gestionada por personas pertenecientes al Movimiento "Comunión y
Liberación", o la revista "Diálogo Filosófico" que
dirigen los PP. Claretianos de la casa de Estudios de Colmenar Viejo (Madrid).
Las Universidades de la Iglesia tengo la impresión de que intentan una
recuperación de su clara identidad católica, no todas igual. Desde hace años
hay también un esfuerzo por potenciar la presencia de capellanes católicos
en las Universidades civiles, por lo menos en algunas. Es importante
también la colección de libros de espiritualidad, dirigida por Kairós
Media, y muy bien publicados por la Editorial Planeta (Barcelona).
Son conocidas, por lo demás, las Instituciones que trabajan seriamente por
lograr los fines a los que alude la pregunta. La Asociación Nacional de
Propagandistas, está en un momento importante para su futura orientación,
ya que deben elegir pronto un nuevo Presidente. Y en España ha sido, durante
decenios, una potencia importante de católicos en la vida pública. En la época
posconciliar sufrió, como tantas otras instituciones, una decadencia
espiritual.
b) ¿Qué iniciativas educativas -reales o posibles- se
pueden promover, especialmente en los medios de comunicación, para proponer a
los jóvenes un ideal de hombre conforme a su vocación divina?
Lo más urgente, en España, creo que es que la Iglesia
tenga un periódico diario católico como en otro tiempo fue El Debate
y en nuestra posguerra, hasta hace unos años, Ya. La revista semanal
de la diócesis de Madrid Alfa y Omega, está muy bien hecha. No se
entiende bien por qué no llegan los obispos a un acuerdo para que esa sea una
revista de toda la Iglesia española. Me consta también que un grupo de
personas jóvenes, de toda garantía, tienen muy adelantado un proyecto de
montar una cadena católica de Televisión. Pero, según me informan ellos
mismos, es la Comisión de Medios, de la Conferencia Episcopal, la que les está
poniendo obstáculos, porque parece que dicha Comisión quiere tener el
control, lo que sería atar las manos a muy buenos seglares, hacer inviable el
proyecto y manifestar una desconfianza hacia seglares católicos que ofrecen
plena confianza.
Han perdido influencia cristiana los Colegios católicos.
Una de las razones es que antes estaban llevados plenamente por religiosos y
religiosas llenos de celo apostólico. Ahora, al disminuir el número de
religiosos y religiosas han caído en manos de seglares que, frecuentemente,
no tiene el celo ni el ideal apostólico de los religiosos. Sería muy
conveniente hacer caer en la cuenta a los nuevos Movimientos eclesiales, de
la importancia y eficacia del apostolado a través de la enseñanza y la
educación. Esos Movimientos que ahora van cobrando mucha fuerza podrían
colaborar con los religiosos que se dedican a la enseñanza o montar ellos
colegios propios. Pero frecuentemente tales Movimientos ignoran este
apostolado, o lo desestiman por falta de conocimiento.
2. a) ¿Què criterios y qué medios culturales habría que poner por obra
para hacer descubrir la riqueza y la profundidad de la vida eclesial en
Jesucristo, Redentor del hombre?
Esta creo que es tarea, sobre todo, de los sacerdotes que
deberían ser todos especialistas en Jesucristo. Para ello, podría colaborar
mucho que los sacerdotes y los seminaristas hiciesen bien los Ejercicios
Espirituales, sobre todo según el método de San Ignacio, porque ese método
polariza toda la vida cristiana en el conocimiento, el amor y la imitación de
Jesucristo. Más aún, creo que sería importante que los sacerdotes y los
seminaristas recibiesen cursos de formación en los ejercicios de San Ignacio,
para que ellos pudieran darlos a otros. Por desgracia, en la formación
espiritual de los sacerdotes y aun de los fieles, se insiste en lo ideológico,
o en lo moral, más que en la presentación atractiva de la persona de
Jesucristo. Pienso que sería muy conveniente que todos los seminaristas,
antes de acceder a la órdenes sagradas, hiciesen el mes de ejercicios de San
Ignacio, dirigido por un especialista. Perjudica a muchos cristianos, no
suficientemente preparados, el que en clases de formación religiosa, o a
veces en homilías, se les expongan como adquiridas, teorías discutibles
sobre la historicidad de los Evangelios, sobre la Iglesia, etc.
Para el mismo fin de la buena instrucción religiosa al
pueblo me parece muy importante que en los Seminarios se diesen a los
seminaristas algunos cursos de oratoria sagrada. Es muy frecuente la
queja dolida de los fieles cristianos de lo vacías, confusas o largas que son
las homilías de algunos sacerdotes. Actualmente, me parece que en los
Seminarios no se les enseña a predicar sino que se deja a su juicio e
improvisación.
b) ¿Como promover y valorar el arte y la música sacra
para alentar una creatividad inspirada en la fe y en una piedad auténtica?
Un verdadero problema en la formación de los jóvenes
seglares es la tendencia a formarles, sobre todo, en lo técnico, y en
aquellas carreras que sirven para ganar más dinero. Es frecuente, entre
universitarios de asociaciones o movimientos católicos, encontrar que la
mayor parte de ellos estudian carreras técnicas, económicas o empresariales.
Apenas se encuentran jóvenes que estudien las Humanidades. Los Centros
universitarios católicos deberían estimular este estudio, y apoyar jóvenes
que tuviesen cualidades literarias o artísticas. Pero para ello es necesario
que desde pequeños se les ayude a gustar el arte, la literatura, la música,
la pintura. Hoy no tenemos poetas, novelistas, dramaturgos o directores de
cine católicos, porque nadie se ha preocupado de descubrirlos y formarlos.
c) ¿Cómo presentar el bien común, la solidaridad, el
respeto a la persona humana y su pleno desarrollo, como cumplimiento del amor
a Dios y al prójimo, creador de un Humanismo cristiano para el Tercer
Milenio?
Fomentando, cuanto se pueda, el estudio y la asimilación
de la Doctrina Social de la Iglesia, que forma ya un Cuerpo doctrinal
único, como nadie lo tiene. Cada diócesis debería tener una Escuela de
Doctrina Social y de formación de lideres. En Madrid, la Facultad de
Sociología dependiente de la Universidad Pontificia de Salamanca, organiza un
Master en Doctrina Social de la Iglesia. Es un ejemplo que debería imitarse
en otros sitios. Hay personas seglares que pueden llevar perfectamente estas
Escuelas. Habría que hacer ver tambien la importancia de esta tarea a los
Movimientos, y ellos deberían organizar cursos de Doctrina Social de la
Iglesia.
3. a) ¿Qué valores culturales, qué aspiraciones compartidas en vuestras
sociedades, pueden constituir puntos de apoyo para una evangelización
profunda de las culturas y para una inculturación auténtica de la fe?
Entiendo que cultura es todo aquello que ayuda a la persona
a vivir más plenamente como persona. Los Centros de enseñanza media y
universitaria enseñan a los niños y a los jóvenes a ganar dinero, pero
nadie les enseña a ser personas. Debería hacerlo la familia, pero en
España, uno de los problemas más preocupantes mirando al futuro, es el
ataque frontal a la familia por parte del proceso secularizante, sobre todo
durante el gobierno socialista. Pero continúa ahora en la sociedad. A ese
ataque contribuye también, y mucho, la estructura misma de la sociedad
capitalista que absorbe a las personas, y no las permite tener la paz y el
sosiego suficiente como para crear ámbitos de convivencia en los que los
padres enseñen y ayuden a sus hijos a ser personas. Todo lo que pueda
apoyarse el apostolado familiar, para la defensa de la unidad, la estabilidad
y el bienestar de la familia, todo será poco. Por supuesto, que los Centros
de enseñanza y las parroquias pueden colaborar mucho en esta tarea, pero nada
suple plenamente a la familia.
Después, considero muy importante el estudio y la docencia
de la Filosofía, de una Filosofía que, sin dogmatismos, enseñe la
verdad sobre el mundo, el hombre y Dios. En los últimos treinta años se ha
descuidado notablemente este trabajo y, a la larga, es de los que más pueden
contribuir a la creación de una cultura cristiana que podamos ofrecer, como
donadora de sentido en la vida. En los Seminarios, con frecuencia, la formación
filosófica queda muy deficiente. El plan de estudios en el que se mezclan
asignaturas de Filosofía con asignaturas de Teología me parece muy
inconveniente. Creo muy importante recuperar el plan de estudios sacerdotales,
en los que se dedicaban tres años íntegros al estudio de la Filosofía. Para
el diálogo con muchos hombres de hoy, puede ser más útil la Filosofía que
la misma Teología. Además, supuesto que en el ambiente flotan todas las
actitudes "posmodernas", urge ofrecer respuestas aquietadoras,
objetivas y serenas sobre las verdades fundamentales, para que los hombres
puedan superar el relativismo y el escepticismo en el que viven.
b) Teniendo en cuenta la indiferencia religiosa y el
relativismo que, con frecuencia, marcan a las culturas, ¿qué vínculos habría
que valorar o establecer entre la Iglesia, los creadores de cultura y las
instituciones académicas, universitarias, jurídicas, sociales y políticas?
Sería muy conveniente estimular a los católicos, seglares
o sacerdotes, que trabajan en el mundo de la Universidad para que, ante todo,
sean "científicos", es decir que se consagren en cuerpo y
alma al estudio y a la investigación porque nada prestigia la fe como la
categoría científica.
c) ¿Qué formas de dialogo con los no creyentes pueden
servir para llegar a las personas que están lejos de Dios y de la Iglesia
para revelarles las riquezas insondables de Cristo, y puedan realizar en
plenitud su vocación de hijos de Dios?
Pienso que todo diálogo debe ir precedido de un testimonio
de respeto y de amor. Sólo el amor prepara el terreno para que la
semilla de la fe sea fecunda. Si no hay amor a las personas, todo diálogo
ideológico es vano o casi vano, como se está demostrando. Pero el amor,
manifestado por los hijos de la Iglesia en actitudes de respeto, de servicio,
de ayuda, de comprensión, de acogida, etc. rinde a cualquiera, o al menos,
pone en presencia de los hombres una actitud nueva y siempre atractiva, a las
personas no se las transforma por la cabeza sino por el corazón.
MEDIA, RELATIVISM AND INDIFFERENCE
Archbishop Patrick Altham Kelly
Liverpool, England
I would offer this comment about the media. Recently at a
meeting I was intrigued by the fact that one of the principal Anglican
dioceses had actually raised as a serious question whether they should simply
cease all co-operation with the media in any shape or form, the reason being
that the style of the media accessible to us is so alien to the spirit in
which the authentic vision inspired by the Gospel needs to be presented.
Increasingly the media reduces programmes to some form of entertainment and
serious matters needing careful thought are reduced to slogans. In particular
the media programmes focused on young people directly but also in subtle ways
present a culture which is far from that inspired by the Gospel.
It may be worth reflecting on the fact that the whole
advertising industry which touches so many aspects of life is rooted in
thirsts and desires deep in the human heart. If there were not such desires
then advertising simply would not work. The thrust in advertising is to
promise satisfaction which in fact is not found but immediately another false
promise is made. You need to tap into this longing deep in the human heart and
look out for the sort of art and music which does not present simple answers
to complex questions but is always open to deeper growth in the light of the
spirit.
It is also worth noting that many people do show great
concern for various causes but it is certainly not as it needs to be a
seamless robe of concern for life. It was commented recently in England that
present campaigns would suggest it is safer to be a fox than an unborn child.
Among young people too, great generosity for the well-being of others and a
concern for what seem to be spiritual values can accompany indifference if not
indeed hostility to what we are convinced are the moral actions and attitudes
necessary for the well-being of the human person.
Besides relativism and indifference it is also wise to note
there is an increasing confusion for many people between fact and fiction.
Those who play the parts in the soap operas on TV become the focus of
attention in interviews and the distinction between reality and fiction
becomes blurred. There is always the danger that religious questions are
reduced to an optional world which is simply lumped together with the world of
fantasy, science fiction and even the occult. It is alleged that many people
give considerable weight to astrology and perhaps it is significant that every
week this is a feature of the National Lottery draw.
EMBRACE TRUE CHRISTIAN HUMANISM:
SOURCE OF THE HEALING OF DIVISIONS
Archbishop Anthony M. Pilla
President of the United States Conference of
Catholic Bishops
1. "What must be aimed at is complete humanism. There
is no true humanism but that which is open to the Absolute and is conscious of
a vocation which gives life its true meaning" (Popolorum Progressio, 42).
Few institutions in our culture promote the understanding
of "complete humanism" to which the Council refers.
Secular humanism which is closed to a real understanding of
God and the transcendent is, in many ways, the public faith of the nation. In
fact, our pluralistic society has its roots in an Enlightenment attitude
which, though not as hostile to religion per se (as perhaps was the case in
some parts of Europe), was highly suspicious of its public role. The kind of
religious faith which grounds a true humanism has been gradually pushed more
and more to the periphery of our public thinking.
Thus, our public schools, which had their origin in a
distinctly Protestant consciousness, have now been stripped nearly bare of any
kind of religious presence. For example, "values" are taught rather
than "morals," in a way which is often highly relative. While the
origins of this may have been based on a desire not to offend against the
religious backgrounds of individual students, the result has been an
unconscious (or sometimes conscious) disparagement of religion.
A similar process has occurred in the great colleges and
universities of the nation. Some had originally been founded as divinity
schools for the education of ministers. Little by little they not only shed
their connection to any organized religions but also became institutions
peculiarly alien to particular religions and religion as such.
The institutions of government, too, have followed the a
similar trajectory of moving from a sincere attempt at being even-handed among
religions to ignoring religion as an influence in public life, except in the
most hollow and ceremonial way. This includes the political parties which of
necessity have to pay more attention to groups which organize around religious
concerns. Yet they usually only appear to respond to these concerns, while
leaving the overall situation relatively untouched.
The media in the U. S., especially the electronic media,
have in the past done much good, mainly through their news departments which
were once quite professional and gave a wider outlet to valuable cultural and
artistic activities. Today, however, they are almost entirely absorbed
by economic considerations which has had a deleterious effect on the quality
of the media. Sadly, Catholics hold prominent positions in many media and yet
seem not to be able to connect their business decisions to the media's impact
on the general culture. The media seem hesitant to shoulder responsibility for
their culture-shaping impact.
2. "When the Church proclaims God's salvation to man, when she offers and
communicates the life of God through the sacraments, when she gives direction
to human life through the commandments of love of God and neighbour, she
contributes to the enrichment of human dignity" (Centesimus Annus, 55).
Perhaps the single most positive aspect of U.S. culture can
be described as a great commitment to "volunteerism". Millions of
Americans give freely of their time to serve the community or individuals in
some way. This has always been an effective antidote to the temptation to
extreme individualism which also inhabits the American character. At its best,
it can reflect a commitment to "Doing unto others as you would have them
do unto you" and "1oving one's neighbour as oneself". Many
Americans also enjoy uniting in organizations for particular purposes or
activities to which they become very devoted.
The American character, while open to the temptation to be
immersed in materialism and pragmatism, is also open to the transcendent.
Americans go to houses of worship and pray privately in large numbers,
although they often seem confused about how to translate their religious
convictions into daily life. The American openness to experimentation has also
led not a few into some strange religious byways which bear little
relationship to true religion other than the impulse to search for a
"higher being".
Historically Americans have experienced periods of
enthusiastic religious revival specifically Christian in nature. Even with the
attitudes described above toward the public role of religion, most Americans
seem convinced that the nation's moral health is founded on a commitment to
the values which arise from the Judaeo-Christian tradition.
All of the above are the elements which could be conducive
to encouraging men and women to discover or re-discover the rich depths of
ecclesial life in Jesus Christ.
Americans have developed from their pluralism an
identifiable culture. Many find it quite compelling, others think it somewhat
debased. Art and sacred music, though cultivated somewhat, are not prime
influences in nurturing faith. Popular piety takes many forms, often
reflecting the ethnic origins of the people who practice a particular form of
piety. The Cursillo and Marriage Encounter are two manifestations of how
people's piety can be stimulated through truly popular spiritual movements,
although both seem less forceful than in the past. The Charismatic movement is
another such example. All these things are related to needs within the
American soul for community, for mutual support, for warmth in the experience
of prayer, and for encouragement in facing the challenges and disappointments
of daily life. Such piety, however, must be nurtured into a mature and steady
relationship with God lived out within the stable community provided by the
parish. Otherwise people may become disillusioned as the initial enthusiasm
inevitably wanes.
U.S. culture is currently plunged into a vast national
discussion about what constitutes the common good, solidarity, respect for the
person, and fulfilment of everyone's potential. After the enthusiasm of the
Civil Rights movement of the 1950s and early 1960s, people are disheartened by
the races' inability truly to understand one another and live in harmony.
While the situation is, in fact, infinitely better in many ways than it was
before (e.g., government institutions no longer legally support racist
attitudes), disagreement about what constitutes a fair attempt to overcome the
legacy of racism among and within the races indicates that true mutual
understanding has not been achieved. The same lack of understanding and
appreciation between other groups - women and men, well-off and poor, native
citizen and immigrant - are proving a challenge to the coherence of our
society.
The Holy Father's trip to the United States in 1995 was a
forceful reminder to Americans of their own traditions of tolerance and
hospitality. It was a lesson which was much needed and which needs
re-enforcement each day. The celebration of the Millennium itself with its
themes of reconciliation and putting aside past ways can be an opportunity for
Americans to find in this graced moment an opportunity to embrace true
Christian humanism as the source of the healing of our divisions.
3. "By making the newness of the Gospel of life shine
forth, we can also help everyone discover in the light of reason and of
personal experience how the Christian message fully reveals what man is and
the meaning of his being and essence We shall find important points of contact
and dialogue also with non-believers, in our common commitment to the
establishment of a new culture of life" (Evangelium Vitae, 82).
Footholds for evangelizing American culture are our
openness to the transcendent, to a spirit of community, to an attitude of
being of help to one another. Although there is certainly a large degree of
relativism in our society there is also an awareness that such an attitude is
not the solution to the problems we are experiencing. Having lived with it for
a long time now, we see its failure as demonstrable. The question is whether
people "find religion" which some also believe has been tried and
failed. Dialogue with academic, legal, social, and political institutions is
relatively easy in our society where it is almost an obligation to be
"open to one another." Still, the question remains whether such
dialogues will be carried out in sincerity or only be a pro forma airing of a
particular group's concerns without real sharing of thoughts and ideas or any
real evaluation of their legitimacy and importance to humanity's ultimate
destiny.
The best chance for such dialogue is for it to occur
between these various groups and those who serve the Church in analogous ways.
In other words, a dialogue with secular media is best carried on by Church
media professionals. So too Catholic educators, health care professionals,
administrators of social service programs, and so forth are the ones to invite
their secular counterparts into dialogue.
For those who are far from God in our society dialogue may
have to be a silent one of witness. As Pope Paul VI said, people today listen
more to witnesses than to teachers. If those who are far from God in American
society are to be convinced, it must be through the service which the Church
unselfishly gives after the example of her Savior. Because there are so many
voices crying out in our society to be heard, without disparaging the need of
a vocal and eloquent witness, it may be that what is most indispensable now is
a quiet witness of a life of commitment to the Gospel, to one another, and to
the good of humanity.
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