PLENARIA 2000
LA VÉRITÉ DE L’ÉVANGILE, C’EST
QU’IL FAIT VIVRE
Mgr Maurice GAIDON
Président du Groupe de recherches " Arts, Cultures et Foi "
Évêque de Cahors, France
1. L’impression première, massive, est celle
d’un désert culturel quand il s’agit de travailler consciemment à la
promotion d’un humanisme plénier impliquant une ouverture au transcendant.
L’air respiré dans notre actuelle société manque de l’oxygène
indispensable à la croissance d’un homme animé par le souffle de
l’Esprit et celui-ci donne souvent l’impression d’errer sans but bien défini,
épuisant ses capacités d’Absolu dans la multiplication de plaisirs fugaces
ou de désirs inassouvis. Le tout sur fond d’une culture où la dérision
l’emporte sur l’adoration et le bruit sur le silence. L’homme du XXIeme
siècle débutant est-il condamné à ne point trouver de sources où étancher
sa soif de Dieu et découvrir sa vocation divine ? Il est vrai que les
images dont sont abreuvés nos contemporains, les rythmes qui les
assourdissent et les sons et couleurs qui les agressent ne peuvent que
contribuer à déstabiliser adultes et jeunes ... souvent grâce à la
complicité et à la bienveillance de ceux qui ont en charge le bien de la cité.
Un exemple parmi beaucoup d’autres : en la petite ville de Cahors, au cœur
de la Semaine Sainte, les édiles en place organisent depuis trois ans un
festival tous azimuts pour les jeunes livrés à des spectacles qui ne
risquent pas de les ouvrir au mystère de la Résurrection ! Le Saint Père
dénonce cette " culture de mort " qui s’est emparée de
notre univers sécularisé et " désaxé " puisqu’ayant
perdu l’axe qui l’oriente vers sa véritable vocation. J’arrête là un
diagnostic maintes fois établi dans les documents du Saint-Siège et les
encycliques du Saint-Père.
Il y a mieux à faire que de dénoncer les ombres qui règnent
aujourd’hui. Notre société révèle un goût renouvelé pour les questions
spirituelles et beaucoup des observateurs de notre temps sont attentifs à la
recherche de sens que manifestent les nouvelles générations bien différentes
de la génération précédente. Nous n’en sommes plus au triomphe des
" maîtres du soupçon " qui exercèrent leur hégémonie
dans les esprits des intellectuels des années d’après-guerre. D’autres
courants ont pris le relais encore que les maîtres à penser d’hier
s’efforcent de maintenir leur pouvoir grâce en particulier aux médias dont
ils tiennent encore les commandes. Grâce aussi aux arts plastiques qui se
font les apologistes d’un univers marqué par la déchirure et parfois par
le blasphème.
Mais voici que se lèvent des créateurs soucieux de
retrouver l’importance du visage et du corps transfigurés par la lumière
d’En-Haut. On les rencontre désormais à l’occasion des rassemblements
suscités par une jeunesse qui aspire à ce que lui soient révélées les
richesses du Mystère chrétien. Les J.M.J de Paris ont permis à cette
nouvelle génération de faire passer son message et sa quête d’un sens qui
l’emporte sur des intérêts immédiats, gérés par les idoles du temps qui
ressemblent étrangement aux idoles dénoncées par les prophètes de
l’ancien et du nouveau Testament. Ces jeunes s’en vont boire aux sources
de la prière dans les monastères ou dans les haut-lieux que redeviennent les
centres de pèlerinage. Ils sont avides de compagnonnage avec les témoins
d’hier que sont les saints. Certains s’engagent au service des médias et
apportent à nos radios chrétiennes une véritable compétence au service de
l’évangélisation. On les retrouve à Radio Notre-Dame et à Radio Fourvière
dont l’influence radiophonique ne cesse de s’étendre. Notre région Midi
elle-même vient de travailler à la mise en place d’un nouveau studio dont
la charte s’inscrit délibérément dans un climat d’identité chrétienne.
Il faut citer ici l’importance des hebdomadaires diocésains
et nationaux qui font souvent un excellent travail de diffusion de la pensée
chrétienne. Je souligne la qualité de " Famille chrétienne "
et de " France catholique " : deux hebdomadaires qui
n’ont pas pris la place qu’ils méritent dans une presse qui a les faveurs
d’une part importante du clergé attaché encore à " La Vie " !
Il suffit de chercher dans les annonces de ces hebdomadaires pour réaliser
combien sont nombreuses les propositions offertes aux chrétiens désireux
d’éclairer et de fortifier leur foi comme aux jeunes tentés par
l’aventure spirituelle. Il faudra du temps pour dresser un barrage évangélique
devant le déferlement des courants matérialistes et hédonistes de la
publicité et du pouvoir médiatique.
On pourrait penser que les institutions d’Église qui
entrent dans le cadre de l’école catholique pourraient jouer un rôle de
premier plan pour l’éducation des jeunes et leur ouverture à un humanisme
plénier. Je n’en suis pas sûr, si j’en crois ce que je constate,
l’absence de motivations chez beaucoup d’enseignants qui n’assument pas
leur responsabilité quand il s’agit d’affirmer résolument les couleurs.
Jugement sévère et rapide : j’en conviens, mais mon expérience me
fait toucher du doigt la fragilité d’un enseignement qui est obligé de
composer avec les instances de l’État. La laïcité " à la française "
a fini, là comme ailleurs, par persuader les citoyens qu’il faut les tenir
à distance du phénomène religieux relégué soigneusement dans la sphère
du " privé "...
Demeure importante l’influence intellectuelle et
spirituelle des " Instituts catholiques " dans la société
française. Tout près de nous, Toulouse ouvre ses portes à de nombreux laïcs
désireux d’acquérir une formation théologique afin de se mettre au
service des communautés chrétiennes. Il en est ainsi ailleurs : une
raison de se réjouir et de penser que se forment ainsi ceux qui seront demain
des témoins de l’humanisme plénier que veut promouvoir l’Église de Jésus-Christ.
Nos grands séminaires se doivent d’être au premier rang
pour travailler à ce que les prêtres de demain soient des hommes de l’Évangile
chez lesquels éclate la vérité d’un message qui veut nous faire vivre
" en plénitude ". La réforme engagée au niveau des études
et de la formation spirituelle donne à espérer. Une carence demeure :
le peu de formation donnée en ce qui concerne l’importance de la beauté
comme langage sur Dieu.
2. Il est certain qu’en d’autres temps l’Église
et son message ont été sources de fécondité créatrice en nombre de
secteurs de la pensée et de l’art. Édifices religieux et musées sont là
pour apporter un éclatant témoignage de cette imprégnation évangélique
qui fut à l’origine de tant de chefs-d’œuvre offerts à notre admiration
et à notre méditation. En ce vingtième siècle, laïcs, et clercs ont
apporté leur contribution à la vie culturelle de leurs contemporains.
Qu’on songe à la place des poètes et des romanciers, des philosophes aussi
dans les années qui précédèrent et suivirent la guerre de 1914. Chacun
connaît le rôle éminent qu’ils ont tenu dans notre société d’alors.
Julien Green est mort ; Olivier Messiaen est mort ;
Manessier est mort ; Jean Guitton vient de mourir... les successeurs
sont-ils prêts à prendre le relais ?
Notre Église a-t-elle donné à la Beauté la place qui
lui revient dans l’annonce de la Parole ? J’ai gardé le souvenir de
mes années de séminaire où j’avais pour Supérieur le Chanoine Jean
Mouroux (auteur du " Sens chrétien de l’homme ") et
pour maître-de-chapelle Joseph Samson qui reprenait à son compte la fameuse
prophétie de Dosto їevski
“ la beautй sauvera le monde ".
Mais l’enseignement officiel laissait entendre que l’art n’était point
au programme et qu’il pouvait même être un compagnon inquiétant sur le
chemin du sacerdoce. Je pense que ce temps-là est dépassé et que les futurs
pasteurs sont davantage ouverts au langage de la beauté, " nom
liturgique de Dieu " (O. Clément).
Car c’est à la liturgie en premier qu’il appartient de
réhabiliter l’approche de Dieu par la beauté des rites et la qualité des
célébrations. La réforme liturgique manquerait son objectif si elle négligeait
cet aspect essentiel souligné par nombre de croyants et par nombre
d’artistes. Mais fait-on assez appel à leur art pour nous introduire au cœur
du mystère célébré ? Les productions musicales en vogue dans nos
paroisses sont souvent d’une affligeante pauvreté, notes et textes
confondus. Un sursaut salutaire semble devoir nous désembourber mais il reste
tant à faire. Il faut noter comme très positif les nombreux jeunes qui se
mettent à l’apprentissage de l’orgue : encore faut-il que leur soit
laissé la possibilité de faire sonner leur instrument !
Quant à la piété populaire, elle trouve de quoi apaiser
sa faim dans certains monastères et surtout dans les lieux de pèlerinage qui
ont repris du service en ces dernières décennies. Aux sanctuaires de veiller
à la qualité des liturgies célébrées et au respect des démarches des
" petits et des humbles " qui ont droit d’être initiés
à la beauté comme révélatrice de Dieu. En ce domaine, Lourdes a fait de
remarquables efforts et la liturgie qui l’anime est de grande qualité. Ce
sanctuaire organise chaque année un festival de musique qui permet à de
nombreux compositeurs d’être sollicités par l’Église au bénéfice de
la liturgie. Je suis sûr qu’on pourrait citer de nombreux exemples de ce
type en différents diocèses de notre pays.
Certains groupes et certaines communautés nouvelles
portent très fort ce souci de contribuer à l’enrichissement du patrimoine
culturel au service des hommes de leur temps. Il serait bon de les interroger
car ils représentent une force d’avenir qui mérite d’être connue et
encouragée. On trouverait même en leurs rangs d’authentiques artistes désireux
d’annoncer l’Évangile dans le langage qu’ils manient avec talent.
3. Les attentes de nos contemporains sont certes
marquées par l’attente de la satisfaction des biens les plus immédiats et
les plus tangibles, attente entretenue par une publicité qui use de tous ses
artifices pour faire rêver et séduire les téléspectateurs.
Mais il est d’autres attentes plus ou moins consciemment
exprimées et qui se manifestent en certains temps forts de nos vies en société :
certains mots reviennent alors comme des réalités incontournables :
" être libre " ; " s’éclater et être
bien dans sa peau " ; " jouir et profiter de la vie " :
thèmes qui empruntent leur phraséologie aux discours en vogue il y a trente
ans...
Ces attentes peuvent être des points d’accrochage pour
un travail d’évangélisation et la jeune génération peut prêter
l’oreille à toute proposition de l’Évangile " école
d’apprentissage de la liberté et de l’amour ". Ce qui est
nouveau pour beaucoup qui ont grandi dans un environnement intellectuel dénonçant
le dogmatisme et l’intolérance de l’Église face aux légitimes
revendications des hommes. Encore faut-il que ce langage puisse être tenu aux
jeunes par les témoins évangéliques, clercs et laïcs confondus dont le
comportement doit s’imprégner de ces valeurs de liberté dans l’Esprit et
d’amour - miséricorde. En ce domaine le Saint-Père a ouvert une brèche
dans l’indifférence du monde des jeunes et des adultes : à sa suite,
l’efflorescence actuelle des rassemblements et des marches-pèlerinages
s’avère comme révélatrice d’une soif d’authenticité et de vérité
sans fards du message d’amour et de liberté que redevient l’Évangile en
notre désert spirituel.
Comment reprendre contact avec le monde des responsables
politiques si souvent ignorants de la doctrine sociale de l’Église ?
Immense question à laquelle s’efforcent de répondre ceux qui ont porté
traditionnellement ce souci pastoral : je songe particulièrement au
travail des Jésuites et des Dominicains... L’actuelle crise des vocations a
creusé leurs rangs et leur influence est moindre qu’elle ne le fut en
d’autres temps, en France du moins ! A l’heure où les évêques de
France travaillent à " réhabiliter la politique ", il
convient de se demander si les futurs prêtres ont une connaissance suffisante
en ces matières.
Quant aux instances universitaires, il est difficile de
savoir comment l’Église est en lien avec elles. Le temps est derrière nous
que celui du rayonnement de la " Paroisse universitaire et des aumôneries
des facultés et des grandes écoles ". J’avance prudemment ces
assertions qui reposent plus sur une impression que sur des enquêtes
scientifiquement menées. Il faut souligner combien les évêques sont pauvres
quand il s’agit de trouver des prêtres capables d’affronter un univers
qui en effraie plus d’un... Les permanents laïcs ne peuvent à eux seuls
faire face aux questions qui leur sont posées, encore que la formation théologique
de certains les rende aptes à " rendre compte de leur foi ".
C’est peut-être dans le domaine de la culture artistique
que l’Église dispose d’instances capables de susciter l’intérêt des
créateurs. Je suis frappé de constater combien le thème " culture
et foi " prend sa place dans nos diocèses, si j’en crois le
nombre non négligeable de comités déjà existants ou en formation. Cela est
vrai au premier plan pour Paris mais aussi en certains lieux de nos provinces.
A l’heure où les municipalités se font un devoir de remettre en valeur
leur patrimoine religieux, il serait bon de marquer notre intérêt et
d’apporter nos conseils au monde de ceux qui interviennent sur le terrain.
D’où l’importance du rôle des commissions diocésaines d’art sacré.
A titre d’exemple, qu’il me soit permis de citer le
travail culturel de qualité qui est offert à l’abbaye de Sylvanès dans le
diocèse de Rodez. Musiciens, hommes de théâtre et peintres y trouvent la
possibilité de déployer leur art dans un contexte où la beauté liturgique
est pleinement honorée.
Comment ne pas reconnaître l’intérêt que portent
certaines communautés nouvelles à ce monde des artistes ? " Les
Frères de S. Jean ", " la communauté de l’Emmanuel "
et d’autres groupes ont le souci de mettre la beauté au service de l’Évangile
et, pour cela, font appel à des créateurs de notre temps. Autant de signes
d’un printemps encore timide mais significatif.
Le petit Comité récemment mis en place sous le sigle
" arts, cultures et foi " se propose d’organiser une
exposition en l’an 2001 en faisant appel à des créateurs auxquels sera
proposé un thème d’inspiration évangélique. Projet ambitieux et peut-être
difficile à conduire, mais qui est une tentative de renouer des liens avec un
monde qui se sent parfois abandonné par l’Église.
L’année jubilaire offrira de multiples occasions de
faire appel aux artistes de notre temps et déjà des initiatives surgissent.
Lieux de pèlerinages, monastères, cathédrales devront prendre une place
importante en cette aventure de grande ampleur. La récente contribution de
l’abbaye de Cîteaux ouvre des perspectives prometteuses : sans hésiter
les Cisterciens ont mis à contribution de nombreux créateurs pour chanter,
à leur façon et dans leur langage, l’immense personnalité de S. Bernard
et de son œuvre. Ce fut une réussite exemplaire, encore que difficile à
conduire !
Quant au dialogue avec les non-croyants, il est plus du
domaine " des témoins que des maîtres " pour reprendre
l’heureuse expression de Paul VI. Comment ne pas évoquer ici l’énergique
formule de Claudel :
" La vérité du pain, c’est qu’il nourrit
la vérité du vin, c’est qu’il enivre
la vérité de l’Évangile, c’est qu’il fait vivre "
" Vivre en plénitude " dans " la
liberté de l’Esprit " : tel est l’impérissable message
que Jésus confie à ses disciples. A eux d’en porter témoignage.
AUTÉNTICOS PROCESOS DE CREACIÓN CULTURAL:
LA FE QUE SE HACE CULTURA
Julio Terán Dutari, SJ
Obispo Auxiliar de Quito - Presidente del Departamento de Cultura,
Ecumenismo y Diálogo Interreligioso de la Conferencia Episcopal Ecuatoriana
1. En nuestra área cultural son mayoritariamente las
corrientes e instituciones cristianas las que ofrecen y promueven una
verdadera idea de humanismo pleno. Cuando decimos ‚cristianas’,
entendemos, por supuesto, las de la Iglesia Católica pero también algunas no
católicas que, aunque son minoria, con frecuencia se pronuncian en los medios
de comunicación con más fuerza que otras católicas, v.g. en pro del
matrimonio indisoluble y único, de la castidad prematrimonial y matrimonial,
de la intangibilidad de la vida, etc.
Es importante y urgentísimo que los cristianos promuevan
juntos la producción y difusión de programas radiales y televisivos de
contenido educativo, según el ideal de la vocación divina del varón y de la
mujer, pero enmarcados en la categoría del entretenimiento, que tanto llega a
la juventud. Estos programas deberían prepararse en colaboración con
verdaderos artistas y comunicadores, abiertos al humanismo cristiano; deberían
cubrir toda la gama de tópicos frecuentados por el público, sin rehuir el
presentar de manera nueva los difíciles temas sexuales, hoy ofrecidos torpe e
indiscriminadamente como principal atractivo en gran parte de las ofertas
comerciales.
2. Descubrir la extraordinaria riqueza humana de la
vida eclesial centrada en Cristo no es una empresa simple en el mundo actual.
El hacerlo depende de que haya correctos criterios de juicio, aceptados al
menos en sectores importantes de la sociedad, y que se disponga también de
los medios culturales aptos para definir esas convicciones. En cuanto a los
criterios, hay que luchar contra esa actitud, típica de la edad moderna,
que propugna una vida pública y una cultura societaria "como si Dios no
existiera"; esta actitud ha logrado (de ordinario en nombre de la
democracia) invadir toda la cultura, incluso de naciones tradicionalmente católicas,
como las nuestras. Frente a ella hay que redescubrir lo que fue la gran
novedad del cristianismo: que lo más auténtico y valioso de lo humano está
en la dignidad divina rescatada por Cristo. Este redescubrimiento será
posible en la medida en que se tome mayor conciencia de que las innegables
esclavitudes y miserias actuales del hombre, de la familia, de los grupos y
naciones, no provienen en primera línea de un subdesarrollo material o de la
quiebra de sistemas económicos y políticos, sino del pecado que se apoderará
del corazón y de las relaciones interpersonales y sociales.
En este contexto, los medios culturales (el arte y,
en general, todas las expresiones de la cultura) juegan un gran papel, pues
son mediadores de experiencias vivas, sin las cuales toda la reflexión
anterior queda al nivel de pura teoría. Lo artístico debe ser mediación de
las experiencias morales y religiosas (no simplemente de las teorías
correspondientes). Por eso es tan valioso que el arte sea vehículo de
testimonios. Y es importante que los cristianos sepamos cantar, decir, pintar,
plasmar nuestro testimonio de experiencias de vida divina desde el corazón de
lo humano.
Así será posible también que los valores reconocidos por
la sociedad secularista (solidaridad, bien común, respeto a los derechos
humanos) aparezcan como frutos de la virtud teologal del amor a Dios y al prójimo,
en auténticos procesos de creación cultural y humanística: la fe que se
hace cultura.
3. Puntos de apoyo para la auténtica evangelización
de las culturas e inculturación de la fe se encuentran sin duda en los
valores y aspiraciones que todavía se comparten en notable medida, dentro de
nuestros países, entre sus diversos estratos y componentes. A pesar del énfasis
que hoy se pone en la "pluriculturalidad" de nuestras naciones,
tanto en lo étnico como en lo histórico, se reconoce que existe una fuerte
comunidad espiritual en tomo a cierto sustrato común, en el que de hecho ha
influido mucho la evangelización católica. Aquí vale mencionar el sentido
de 'gran familia' y de acogida, la sabiduría ancestral y popular, la
preferencia por los niños y los ancianos, la solidaridad creativa en momentos
de calamidades, la capacidad de. sufrimiento y de esperanza, y otros muchos
rasgos propios de la cultura 'mestiza' y 'bautizada' de nuestros pueblos
latinoamericanos.
Esta comunidad espiritual permite crear o restablecer vínculos
explícitos entre los católicos y los otros cristianos (en un genuino
ecumenismo), entre los hijos de la Iglesia y los constructores del mundo de la
cultura, entre los creyentes y los no creyentes. Efectivamente, la
indiferencia religiosa y el relativismo, en los que se vienen amparando grupos
de poder y clases dirigentes, habían conseguido producir una deformación de
la conciencia social, según la cual se tiene vergüenza o recelo de aparecer
en la vida pública representando a la fe y a las instituciones religiosas
(sobre todo de la Iglesia Católica), si no es como simple apoyo a las causas
seculares; pero actualmente se vislumbra una oportunidad de que el aporte explícito
de la fe y de los cristianos sea valorado en su dimensión autónoma, y sin
embargo plenamente coincidente con las grandes aspiraciones compartidas por
todo el pueblo, en la búsqueda de respuestas a problemas tan actuales como el
de la gobernabilidad del país, las alternativas prácticas a la propuesta
neoliberal, o la expresión cultural propia de las etnias indígenas
cristianas.
THE WORLD NEEDS WITNESSES
MORE THAN IT NEEDS TEACHERS
Sr. Bernadette M. Reis, FSP
Daughters of St. Paul
Boston, United States of America
1. Currents of thought and spirituality: Through a vast
amount of self-help and growth material available in books, the major current
of thought and spirituality regarding the search for meaning is communicated
to the population. It is generally forms of pop-psychology and popular
spirituality that form the bulk of this material. This type of literature
seeks to heal the person from the dysfunction often found in the past
childhood of the adult readership. The spirituality often presented is very
generic, often leading people to themselves rather than to a transcendent
being whom we would call God.
Organizations: When people are searching for meaning in
their lives, it is often because everything else that they have tried has
failed to give them the meaning they have sought. One of the largest
organizations that seeks to bring people to face the questions of life as well
as to instil human and spiritual values are groups based on the 12-step
program which Alcoholics Anonymous uses. This program has been adapted to meet
the needs of all kinds of addictions that people face. They include Narcotics
Anonymous, Sexaholics Anonymous, Emotions Anonymous, Overeaters Anonymous.
Since the 12-step program is non-denominational regarding religious
affiliation, the spiritual presentation is left generic and each person
incorporates his or her own religious beliefs. For example, one of the steps
of the program is to recognize that there is a transcendent being. But each
person identifies this transcendent being according to his ore her religious
profession.
What the media can do: I believe that the media has a
very powerful role to play in the development of the human person. Left in the
bands of unbelievers, the media is generally used to entertain. However, I
believe that the deep questions of life can be portrayed through drama. I
believe that firmly committed Christians of all denominations must work in
partnership with the media, not always separately from it, in order to provide
programming which sparks the viewers to embrace human and Christian values.
This could be done through script writing for major television networks and
films. One way it is already being done here in the United States is through
the vast amount of Christian Contemporary Music, more popularly known as CCM.
Professional recording artists representing the entire spectrum of music
styles produce top quality music and music videos which is aired on Christian
radio stations. The young people respond very well to this type of music. I
think that the internet could also be used to reach young people. Chatrooms,
on-line Christian services could provide them with direction as well.
2. Elements and principles of culture: I believe that
the communications culture which is a universal phenomenon may hold a very
important key to this discussion. First of all, what communications seeks to
do technically-unite the world-is but a sign or symbol of what Jesus does. He
alone is capable of truly uniting humanity. If we are going to convince the
people of the next century that Jesus is the only Person who can satisfy their
every desire, question, need, etc., then we will have to use the
communications culture to do it. We will have to use its symbols, its images,
its scripts and baptize them, not unlike the Fathers of the Church baptized
Greek thought and used it as a vehicle for transmitting Christian thought. And
Jesus' incarnation is our model. Just as Jesus embraced our humanity and spoke
with human words, worked with human hands, loved with a human heart, as Gaudium
et Spes said, so we must embrace the world of communications. That is the
place where we will reach millions and millions of people. Jesus spoke our
language. He used symbols that already had meaning for His audience. And we
must do the same.
Best ways of promoting art and sacred music: Great art
and music have an inherent capacity of drawing us to them. A few years ago,
the Chant album from a community of monks in Spain reached the top of the
music charts in the United States. It sold millions and millions of copies. We
need to interest the people who have the means of bringing it to the attention
of the wider audience. We need to work with companies who can promote the art
and music so that it reaches many people. I think that we have to shed the
fear that keeps us safe in our comfortable communities and not be afraid to
get out there and knock on doors. We have to stop waiting for people to come
to us. We have to get out there and go to them. Perhaps organizations can be
founded at the diocesan level which invite people to share their faith through
music and the arts.
Love for God and one's neighbour the source of Christian
humanism: I think that this can be done by showing that love for God and
neighbour have always been the source of Christian humanism. One of the ways
that great cultures transmitted culture was through myth and epic literature
which depicted their heroes and the virtues the hero possessed. Perhaps we in
the Church must do the same with the saints - our heroes.
3. Cultural values and common aspirations: In the
United States one of the greatest values Present is that of helping those in
need. The outpouring of money and other form of assistance in cases of natural
disaster is just one example of this cultural value. Furthermore, in every
poll that is done regarding religion, the vast majority do believe in God. As
mentioned above, contemporary popular psychology and spirituality urge people
toward healing. What is lacking in society is a consistent moral ethic,
however. Perhaps the element of helping others could be capitalized on which
would help to reverse the selfishness which the lack of morals fosters.
Focusing attention on others and their needs and making others important
balances out one's selfish drive. Then one would seek the good of him or
herself and the other person. This can only help lead one toward
integration and healing. The combination of these values is found only in some
form of religion. Otherwise, it remains purely human and often remains in a
self-seeking.
Links between the Church and academic, legal, social and
political institutions: I believe that in this area, the Church must use
the Laity as a liaison. Perhaps Catholic organizations for lawyers, doctors,
politicians, educators, etc., could be formed. The members of these
associations would also probably belong to their secular counterparts. Thus,
the Church could help form these professional people along Christian
principles. These would then overflow into the secular counterparts as well as
in the various journals, conferences, etc., for which the Catholic
participants would write or appear at.
Form of dialogue with non-believers: Rather than
reinvent the wheel, perhaps we should study how the Christians of the first
centuries evangelized Rome. What was it about them that slowly transformed the
pagan Roman culture into a Christian one? I believe that we are in a similar
situation today. Perhaps the local parish churches need to become centres from
which the corporal works of mercy take precedence over fund raising. Thus the
zeal present in young people can be tapped into. I think that the young people
really do want to participate more in Church-oriented functions but there
isn't anything fulfilling for them there. But visiting prisons, visiting the
sick in hospitals or the sick of the parish in their homes, feeding and
clothing the poor of the parish, etc., would bring the Church into contact
with believer and non-believer alike as well as spiritually nourish the person
representing the Church. Just as Jesus said, they will know we are Christians
by our love. We have to show that we are different in deed as well as in word.
And I believe the corporal works of mercy speak volumes. This type of work
would benefit not only the non-Catholic or non-Christian who may then be
attracted to took into what is behind these people who selflessly give
themselves to other people. It is also a source of spiritual growth for the
Christian person and is a way of building up humanity as Jesus has asked us to
do. And in this way, the Church teaches through experience how her children
can truly become children of God. Thus the dialogue would be one of
witnessing, rather than teaching. For as Paul VI said in Evangelii
Nuntiandi, the world needs witnesses more than it needs teachers.
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