NOTITIAE
ORGANISATION POUR LA SÉCURITÉ ET
LA COOPÉRATION EN EUROPE (OSCE)
Séminaire sur la promotion du rôle de la femme dans la société
Du 14 au 17 octobre 1997, à Varsovie, le Bureau pour
les Institutions démocratiques et pour les droits de l'homme de l'OSCE a
organisé un séminaire auquel a pris part une Délégation du Saint-Siège
conduite par Madame Huberte Hanquet.
La Déléguée a montré combien, loin d'avoir favorisé de
façon univoque l'entrée des femmes dans le circuit économique de la
production, l'industrialisation a engendré ou aggravé de profondes ruptures
culturelles. Loin de se limiter à ses aspects économiques, l'activité des
femmes dans les différentes sphères de la société a des implications
notables dans de nombreux autres domaines, notamment dans les comportements et
ce qu'il est convenu d'appeler la dimension culturelle de la société.
"L'élément essentiel de discrimination a d'ailleurs
souvent été l'appartenance sociale bien plus que la dichotomie sexuelle.
Depuis le XIXe siècle, l'activité économique a été transférée
de l'unité familiale à l'usine ou à l'entreprise. C'est cette
transformation qui a marqué profondément la rupture entre la femme qui
n'exerce aucune activité professionnelle et le reste de la vie économique,
sociale, culturelle et politique...
Sans doute pour beaucoup de femmes, travailler
professionnellement c'est avant tout satisfaire aux besoins élémentaires,
vitaux personnels et familiaux, mais aussi à des besoins de plus en plus
nombreux, variés et élaborés, ressortissant à des sphères différentes.
Pour la majorité des femmes, le travail professionnel est source de contacts
et d'insertion sociale, diversifiant les appartenances, multipliant les
chances de réussite, même si la réussite totale reste difficile...
Que la reconnaissance... de notre identité légitime ne
serve pas de prétexte à gommer celle de l'universalité des droits de la
personne humaine, surtout lorsque ceux-ci concernent les femmes. N'oublions
pas qu'à cette universalité sont liées leur interdépendance et leur
indivisibilité."
Source: Bollettino della Sala Stampa della Santa
Sede, n. 396/97, 21-10-1997, p. 5-7.
La culture de l'Europe, fondement de la dimension humaine
de l'OSCE
Le 18 décembre, S. Ex. Mgr Jean-Louis Tauran, Secrétaire
pour les Rapports avec les États, a participé à Copenhague à la réunion
des Ministres des Affaires Étrangères des États membres de l'Organisation
pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE). En font partie 54
États, dont le Saint-Siège. Dans sa brève intervention, Mgr Tauran a montré
combien un concept actualisé de sécurité européenne, respectueuse de la
dignité et de la souveraineté de chaque peuple s'appuie nécessairement
sur la culture européenne et ses valeurs.
"Solidarité et paix demeureraient toutefois des idéaux
désincarnés si elles ne reposaient pas sur une culture de la confiance,
seule capable de tuer les germes de la haine, du crime organisé, de
l'ethnocentrisme et des préjugés de toutes sortes. Qui de nous ici présents
pourrait nier que des efforts restent encore à faire pour atteindre une
situation qui soit à la hauteur des engagements pris par l'OSCE?
À cet égard, je voudrais insister sur une situation préoccupante
dans l'application des principes qui nous sont chers. La liberté de religion
est loin d'être assurée dans la zone d'influence de l'OSCE. Dans certains
pays, des lois récentes ont instauré des discriminations entre communautés
de croyants, créant pour ainsi dire des classes entre elles. D'autres
n'assurent aucun statut juridique à certaines Églises minoritaires. Il est
des cas où la légitime autonomie des communautés reconnues est gravement
limitée.
Il est donc important d'être vigilant afin que les
engagements pris à Helsinki et à Vienne ne restent pas lettre morte. Nous ne
saurions accepter que la dimension humaine de l'OSCE s'atrophie alors
que d'autres dimensions se renforcent. Au fond, il y va de la crédibilité de
l'Europe dont la culture repose sur les libertés fondamentales de la
personne, sur la solidarité, la cohésion sociale et le rejet de l'exclusion".
Source: VIS 971219 (510).
CONSEIL DE L'EUROPE
IIe Sommet des Chefs d'État et de Gouvernement du Conseil de
l'Europe
Réunis à Strasbourg, les 10 et 11 octobre 1997, à
l'initiative du Président de la République Française, les Chefs d'État et
de Gouvernement des Pays membres du Conseil de l'Europe, plus le Représentant
du Saint-Siège, S. Ex. Monseigneur Jean-Louis Tauran, ont participé au IIe
Sommet de l'Organisation, destiné à intensifier la coopération entre toutes
les démocraties européennes, pour répondre aux profondes mutations de
l'Europe et aux grands défis du IIIe millénaire. Rappelons que le
Saint-Siège participe formellement aux activités du Conseil de l'Europe
depuis trente-cinq ans. En 1962, il adhéra à la Convention de Coopération
Culturelle, et en 1973 au Fonds de Développement Social.
Intervention du Représentant du Saint-Siège
Dans son intervention, S. Ex. Monseigneur Tauran a rappelé
la coopération déjà ancienne entre le Saint-Siège et le Conseil de
l'Europe, fondée sur des valeurs communes à l'Europe. Cette déclaration
constitue un remarquable condensé du patrimoine culturel de l'Europe, fait de
valeurs spirituelles et éthiques.
"Ces valeurs trouvent leur source, sans aucun doute,
dans une conviction primordiale et commune à toutes nos familles de pensée:
la dignité de la personne humaine, que doit servir tout l'ordre politique et
social.
C'est pourquoi le Saint-Siège ne peut que s'associer aux
efforts des États membres en vue de toujours mieux garantir le droit à la
vie et à l'intégrité de la personne, soit par l'abrogation généralisée
de la peine de mort, soit par la protection intensifiée de l'enfance, soit
encore par l'interdiction du clonage humain. A cet égard, la Convention sur
les droits de l'homme et de la biomédecine ainsi que les Protocoles annexes
retiennent évidemment toute l'attention de l'Église catholique qui professe
le droit à la vie, de la conception jusqu'à la mort naturelle, et nie
l'existence d'un "matériel génétique humain" à livrer au bon
vouloir des expériences de toutes sortes.
Au chapitre des droits civils et politiques, l'Europe s'est
engagée depuis le récent Sommet de Vienne de 1993 à redoubler d'attention
envers les minorités et, dans le domaine des droits économiques et sociaux,
elle a révisé en 1996 la Charte sociale européenne. Ce sont là des
initiatives qui montrent que les responsables des sociétés reconnaissent que
le respect des droits de l'individu est appelé à se prolonger dans une éthique
communautaire de la solidarité.
On peut donc dire que le Conseil de l'Europe est devenu
sous bien des aspects la "conscience de l'Europe". Il a joué bien
souvent le rôle de pionnier non seulement dans la protection des droits
humains dans le monde, mais aussi vis-à-vis d'autres institutions européennes.
Il a considérablement aidé plus d'un pays à progresser vers une démocratie
pluraliste où chaque citoyen participe au projet de société; vers un
renforcement des droits de l'homme respecté dans toutes ses légitimes
aspirations; vers l'État de droit qui évite que la collectivité ne domine
l'individu. Ainsi, un véritable "bien commun européen" a
progressivement vu le jour.
De ces efforts, Monsieur le Président, les familles
religieuses enracinées sur ce continent —et en tout cas l'Église
catholique— sont profondément solidaires. Les religions, en effet, sont
convaincues que l'unité de l'Europe n'a pas seulement une base géographique,
historique, économique ou politique: elle repose sur un patrimoine culturel
formé de "ressources naturelles et des créations humaines, de richesse
physique, mais aussi de valeurs spirituelles et religieuses, de croyances et
de savoirs", comme l'affirmaient si opportunément les Ministres européens
de la culture, à Berlin, en 1984.
Parce que la politique ne pourra jamais remplacer l'éthique,
les croyants continueront à rappeler inlassablement la transcendance de la
personne humaine et sa vraie liberté, en promouvant le respect inconditionnel
de la vie, en défendant la famille, école de fidélité, de sécurité et
d'amour, et en combattant l'exclusion des plus faibles, encore trop souvent
laissés sur le bord du chemin.
Nous devons nous aider les uns les autres à progresser
dans une réflexion toujours plus vigilante et ordonnée sur tous ces sujets
qui engagent notre avenir qui, comme le disait un esprit illustre de ce pays,
Saint-Exupéry, "n'est jamais que du présent mis en ordre". Il
s'agit moins de le prévoir que de le permettre!"
Source: L'Osservatore Romano, 12 octobre 1997.
Déclaration Finale des Chefs d'État et de Gouvernement
La Déclaration Finale insiste sur le caractère
culturel de l'Europe des droits de l'homme, des conventions de coopération,
au service d'une "société européenne plus libre, plus tolérante et
plus juste, fondée sur des valeurs communes, telles que la liberté
d'expression et d'information, la diversité culturelle et l'égale dignité
de tous les êtres humains". Le Conseil de l'Europe soutient les États
membres face aux changements de société, en contribuant "à la cohésion,
la stabilité et la sécurité de l'Europe".
"La promotion des droits de l'homme et le renforcement
de la démocratie pluraliste sont autant de contributions à la stabilité de
l'Europe". Dans cette perspective, les Chefs d'État et de Gouvernement
appellent à:
— renforcer la protection des droits de l'homme,
— abolir partout la peine de mort,
— prévenir et combattre la torture et les peines ou
traitements inhumains ou dégradants,
— intensifier le combat contre le racisme, la xénophobie,
l'antisémitisme et l'intolérance,
— favoriser l'égalité des chances entre les hommes et
les femmes,
— intensifier la coopération pour protéger toutes les
personnes appartient à des minorités nationales,
— soutenir le développement de la démocratie et
promouvoir un espace de normes juridiques communes en Europe.
La dernière partie de la Déclaration Finale est
explicitement consacrée à l'éducation et à la culture:
"Conscients de la dimension éducative et
culturelle des principaux enjeux de l'Europe de demain ainsi que du rôle
essentiel de la culture et de l'éducation dans le renforcement de la compréhension
mutuelle et de la confiance entre nos peuples:
— exprimons notre volonté de développer l'éducation
à la citoyenneté démocratique fondée sur les droits et responsabilités
des citoyens, et la participation des jeunes à la société civile,
— réaffirmons l'importance que nous attachons à la
protection du patrimoine culturel et naturel européen et à la
promotion de la prise de conscience de ce patrimoine,
— nous engageons à rechercher des réponses communes au
développement des nouvelles technologies de l'information, sur la base
des normes et des valeurs du Conseil de l'Europe et en assurant un équilibre
adéquat entre le droit à l'information et le respect de la vie privée,
— reconnaissons le rôle du sport comme moyen de
favoriser l'intégration sociale, en particulier chez les jeunes,
— encourageons la compréhension entre les citoyens du
Nord et du Sud, notamment par l'information et la formation civique des
jeunes, ainsi que par des initiatives visant à promouvoir le respect mutuel
et la solidarité entre les peuples".
Source: Conseil de l'Europe, Strasbourg 1997, Deuxième
Sommet du Conseil de l'Europe, 10-11 octobre, Déclaration Finale.
Une intensification de la politique des médias
Le Comité Directeur du Conseil de l'Europe pour les
Moyens de Communication de Masse investit considérablement dans une
politique aux perspectives paneuropéennes, capable de non seulement gérer,
mais encore de programmer le développement des médias et ses conséquences
sur l'ensemble du continent.
Un premier groupe de travail, appelé Groupe de Spécialistes
sur les médias dans une perspective paneuropéenne s'est particulièrement
attaché à étudier le comportement des médias en divers pays durant les périodes
électorales. La dimension éthique de la conduite des professionnels des médias
dans cette situation particulière revêt une importance capitale, en
particulier dans les pays où, durant des décennies, l'information, privée
de toute transparence, dépendait uniquement des médias de l'État. Ces spécialistes
entendent préparer un manuel d'information sur "les médias en période
électorale". De nombreux pays d'Europe et notamment les démocraties
nouvelles ont besoin d'une aide spécifique pour mettre en place ou rendre opérationnelles
les instances indépendantes de régulation des médias.
Le Groupe de Spécialistes sur les droits des médias et
les droits de l'homme prépare le cadre juridique indispensable pour protéger
la confidentialité des sources des journalistes, et pour réglementer les
reportages effectués par les agents des médias dans le cadre de procédures
judiciaires. Actuellement, l'opinion générale est favorable à la protection
des sources des journalistes surtout à l'égard des autorités publiques,
toutefois le problème demeure entier au plan européen, car les législations
nationales divergent souvent de façon notable. L'enjeu ne concerne pas
seulement les sources des journalistes. En effet, dans nombre de procédures
judiciaires, les journalistes, les rédacteurs de Presse ou les réalisateurs
TV exercent de fortes pressions sur l'opinion publique, notamment par la répétition
de l'information et surtout des images, au détriment parfois des droits et de
la dignité de la personne. La gravité et les enjeux de cette cause pressent
les Organisations internationales et le Conseil de l'Europe au premier chef,
d'élaborer des conventions pour protéger la dignité et les droits de
l'homme.
Dans une perspective différente, mais toujours en liaison
avec la question du respect de la personne, le Groupe de Spécialistes sur
la protection des ayants droits dans le secteur des médias s'attache à
étudier les implications dues à l'emploi des nouveaux médias, en vue d'élaborer
un code de bonne conduite pour répondre aux situations inédites, créées
par l'ouverture très rapide au grand public de réseaux de communication et
d'information qui échappent à la législation sur les médias en vigueur
dans la plupart des pays. Actuellement, ces spécialistes étudient la
pratique des exceptions et des limitations aux droits d'auteur et aux droits
voisins, dans l'utilisation des oeuvres audiovisuelles ou littéraires. Le
Conseil de l'Europe entend promouvoir la publication d'un manuel dressant la
liste des initiatives et des techniques permettant d'identifier les oeuvres
audiovisuelles ou littéraires ainsi que leurs ayants droits, pour gérer et répartir
les droits de façon adaptée à l'ère numérique.
Source: Conseil de l'Europe, Division II, Direction des
Droits de l'Homme.
ÉGLISE ET PRÊT À INTÉRÊT, HIER ET AUJOURD'HUI
A l'occasion de son 50è anniversaire, la Faculté
d'Economie de l'Université Catholique du Sacré-Coeur de Milan a organisé,
avec le concours du Centre de recherches pour l'étude de la doctrine sociale
de l'Église, une journée d'étude sur l'Église et le prêt à intérêt,
hier et aujourd'hui, le vendredi 19 décembre 1997. Placés sous la Présidence
du Cardinal Paul Poupard, Président du Conseil Pontifical de la Culture, et
ouverts par le Recteur Magnifique Adriano Bausola, les travaux furent
introduits par le Professeur Alberto Cova, Doyen de la Faculté et le
professeur Sergio Zaninelli, Directeur du Centre de recherches. D'emblée le
Cardinal Poupard situait cette journée d'études originale dans la
perspective de la culture, mémoire et projet. Rappelant la conjoncture
culturelle déjà bien lointaine des années d'après-guerre qui virent la création
de la Faculté, avec la proposition du Plan Marshall, accepté par l'Europe de
Ouest, et refusé par l'URSS —un refus alors imposé par Moscou aux Démocraties
populaires du Centre-Europe qui voulaient y adhérer—, le début de la
longue marche de Mao Tsé Tung en Chine, l'accession à l'indépendance de
nombre de pays africains, l'invention du transistor et l'émergence de
l'existentialisme, le Cardinal soulignait la continuité d'inspiration de
l'enseignement de l'Église sous les apparentes ruptures et la permanence d'un
problème remis sous les feux de l'actualité par le récent Synode Spécial
des Evêques pour l'Amérique.
Mémoire et Actualité furent les deux moments
successifs du débat. Le matin, Giancarlo Andenna, Paola Vismara et Paolo
Pecorari ont illustré la problématique du prêt à intérêt du XIIe
au XIXè siècle, avec une attention particulière portée à la
mutation culturelle des temps modernes. Les valeurs morales en cause, à
savoir la protection des faibles contre la rapacité des riches, inscrite dans
les prescriptions canoniques traditionnelles jusqu'à l'encyclique Vix
pervenit de Benoît XIV, se trouvent alors placées en antinomie avec les
valeurs émergentes des temps modernes: l'élan créateur, la poussée des
libertés, l'autonomie des consciences. Le chemin est long et sinueux, qui va
des Jansénistes à Alphonse de Liguori. Peu à peu la légitimité du prêt
à intérêt s'affirme en se distinguant de l'usure toujours condamnable.
Voici trente ans, rappelait le Cardinal Poupard, le Pape Paul VI, dans
l'encyclique Populorum progressio, à la suite de Pie XI, dans Quadragesimo
anno, condamnait "l'impérialisme international de l'argent, le
profit considéré comme motif essentiel du progrès économique, la
concurrence comme loi suprême de l'économie, la propriété privée des
biens de production comme un droit absolu, sans limites ni obligations
sociales correspondantes", rappelant encore une fois "que l'économie
est au service de l'homme" et qu'il "faut reconnaître en toute
justice l'apport irremplaçable de l'industrialisation et du progrès
industriel" (n. 26), avec l'apport rémunéré de capitaux qu'il appelle.
Remarquable à cet égard est l'apport des catholiques sociaux et le rôle
culturel du mouvement catholique où se distingue tout particulièrement le
serviteur de Dieu Giuseppe Toniolo.
Le prêt à intérêt aujourd'hui: finance internationale
et pays en voie de développement. La session de l'après-midi fut marquée
par les interventions des professeurs Luciano Boggio, Oscar Garavello, et du
Conseiller de la Banque Mondiale Giuseppe Zampaglione. Partant du concept du développement
économique moderne, la réflexion surmonte les équivoques stéréotypés,
tels "la richesse des pays riches est due principalement à
l'exploitation des pays pauvres, et le développement de ces derniers doit
consister substantiellement dans un transfert de richesse de la part des pays
riches". Elle montre comment l'essentiel est de transférer les
connaissances et la capacité qui permettront aux pays pauvres d'utiliser avec
efficience les modernes technologies productives en faisant croître les
comportements, les habitudes, les usages, les institutions adaptés. Il
s'agit donc au premier chef d'un problème culturel. Dans ce contexte,
particulièrement éclairante est la comparaison entre les pays d'Afrique et
d'Amérique Latine et les pays de nouvelle industrialisation (NIC) de l'Asie
de l'Est et du Sud Est, où l'épargne interne a joué un rôle capital dans
les investissements, alors qu'au point de départ certains de ces pays étaient
dans une situation bien pire que celle des pays Latino-américains. En
conclusion, le prêt extérieur est un instrument extrêmement important, à
condition d'être utilisé pour transférer la capacité technologique qui est
la véritable clé du développement économique moderne. Le problème de la
dette extérieure est fort complexe, surtout quand les fonds prêtés, au lieu
d'aider le développement économique, ont alimenté le clientélisme, la
corruption, l'achat d'armes dispendieuses. Alors que le poids de la dette est
devenue insoutenable pour nombre de pays pauvres, surtout africains, la
communauté internationale doit prendre en compte les facteurs extérieurs qui
ont pénalisé ces peuples, en particulier la réduction de l'inflation dans
les pays industrialisés, la fluctuation des monnaies, la chute des prix des
matières premières. Déjà les organismes internationaux concernés, la
Banque mondiale et le Fonds monétaire international, ont pris des initiatives
importantes et prometteuses avec les pays concernés: Bolivie, Côte d'Ivoire,
Ethiopie, Guyane, Madagascar, Niger, Tanzanie, Ouganda, Mauritanie, Myanmar,
Ruanda, Burkina-Faso, Guinée-Bissau, Mozambique, Nicaragua, République démocratique
du Congo, Zambie, Burundi, Sao Tomé et Principe. La proximité du Grand Jubilé
est un appel à la responsabilité de tous au sein de la communauté
internationale, comme nous le demande le Pape Jean-Paul II, pour que la
rigueur s'accompagne de "beaucoup de générosité, de nombreux
sacrifices, et un effort sans relâche" afin que tous les hommes
"sans exception" puissent "vivre une vie pleinement
humaine" (Populorum progressio, n. 47).
IIIÈMES JOURNÉES D'ÉTUDES SAINT FRANÇOIS DE
SALES
Les troisièmes Journées d'études Saint François de
Sales ont réuni, les 22 et 23 janvier derniers, nombre de journalistes à
Thonon, sur les bords du lac de Genève, pour réfléchir à la Presse écrite
demain, le choix de la qualité, à l'initiative de Bayard Presse. Du
quotidien La Croix au bi-mensuel La Documentation Catholique, de
Pomme d'Api pour les petits à Notre Temps du Troisième Age
avec plus d'un million d'exemplaires, de l'hebdomadaire Le Pèlerin, à
Prions en Eglise, 450.000 exemplaires, les Editions Bayard, qui
viennent de rééditer le livre du Cardinal Poupard, Rome-Pèlerinage,
rejoignent 30 millions de lecteurs dans le monde à travers 97 journaux et
magazines. Alain Cordier, le nouveau Président de cet ensemble remarquable
au service de la culture chrétienne, qui édite plus de 500 journaux
paroissiaux, des CD-Rom pour petits et grands, et a des filiales et des
participations internationales, des Etats-Unis à la Corée et du Mexique à
l'Afrique francophone, a partagé ses convictions sur l'éminente dignité de
la personne humaine et sa volonté d'être attentif aux besoins spirituels et
culturels de nos contemporains, tant il est vrai qu'il n'y a pas d'humanité
sans recherche spirituelle ni liberté compromise avec la vérité.
"Avoir une base commune d'informations pour le débat
et l'action devient de plus en plus nécessaire, au fur et à mesure que
le risque s'accroît de voir nos sociétés se segmenter. Nous apprenons à
nous féliciter de la diversité et du croisement des cultures et des sagesses
de par le monde, mais ne manquons pas l'affirmation et la mise à jour du bien
commun, l'éminente dignité de la personne humaine. Participons avec
conviction et constance à la promotion, à la formation et à la défense de
la personne dans toutes ses dimensions, individuelle et collective, matérielle
et spirituelle, dans toutes les situations, réussite ou échec, et ceci quel
que soit son âge. Nous savons en outre depuis Aristote et Kant, la place
significative de l'émotion dans le comportement humain, et le rôle moral qui
est le sien. Face à une attente de plus en plus forte en ce domaine —Time
en a récemment fait le thème dominant de l'année 1997— sachons élever l'émotion
aux hauteurs du discernement et de l'ouverture à l'autre.
Or nous parlons de l'homme et à l'homme. Nous ne
nous contentons pas de parler des hommes, nous communiquons avec eux.
L'information a le plus souvent besoin d'une médiation. Le lecteur d'un
journal y trouve aussi ce qu'il n'attend pas. Un journal répond à des
questions qu'il ne s'était jamais posé. Les mots mis ensemble veulent dire
plus qu'il n'y paraît de premier abord, parce qu'ils créent une émotion,
une personnalité, un caractère. Le lecteur d'un journal veut plus que des
faits, il veut une sagesse. Une pensée sans langage formulé n'est qu'une
ombre de pensée ou une absence de pensée. Le lecteur veut une expression
structurée, de la compassion, de la proximité, du courage moral, et même un
peu d'opiniâtreté. La presse est aussi un acte volontaire et libre
d'appartenance à une communauté. N'hésitons d'ailleurs pas à le dire avec
force à ceux des chrétiens actifs, qui n'ont pas encore tissé avec nous une
relation fidèle. Au total, la presse permet l'éclosion de la solidarité,
elle est le lieu de la confrontation entre la liberté et la vérité.
L'homme contemporain souffre d'un silence de la pensée,
les élites dirigeantes n'étant hélas souvent pas en reste de ce point de
vue. Bien des comportements, des réactions, des propositions témoignent d'un
vide éthique angoissant et même étourdissant. Nos sociétés laïques ne
peuvent et ne pourront durablement faire l'économie du sens, des références,
de l'essentiel, de la signification de chaque existence, tout en affirmant
aussi la valeur du sens partagé au service de l'autre. Nos enfants comme
nous- mêmes ne peuvent échapper à une éducation révélatrice de l'humain,
tout au long de la vie. Il faut comprendre le désastre d'une humanité sans
orientation ultime, et de même, la vacuité d'un métier qui ferait l'impasse
du sens. Nos contemporains ont besoin de se forger une opinion juste. Nos
contemporains ont également besoin des services indispensables pour ne pas être
dépassés par le poids des réglementations en tout genre et bernés par les
puissances, d'où qu'elles viennent.
Le journaliste contribue à la vie démocratique parce
qu'il apporte des informations dont, sans lui, le citoyen ne disposerait pas.
Il alimente le débat en exposant des faits, en révélant des comportements
individuels et collectifs, des actes connus ou lointains, en projetant la lumière
sur des zones d'ombre. A l'évidence, le journaliste n'est pas qu'un
transmetteur inerte et neutre de messages, il crée l'actualité. Puisse aussi
le discernement proposé à nos contemporains s'élargir aux dimensions du
monde. L'émergence des questions soulevées par le progrès de nos
connaissances scientifiques souligne trop souvent l'abîme qui sépare nos
sociétés riches des pays pauvres. Méfions-nous d'une universalité des impératifs
éthiques qui ne serait universelle seulement qu'au-dessus d'un niveau donné
de PNB —Produit National Brut— par tête. Bref, il s'agit de responsabilité,
comme l'énoncent les principes internationaux de l'éthique professionnelle
des journalistes dont s'est doté l'UCIP —Union Catholique Internationale de
la Presse— en 1988. Nous ne pouvons pas nous contenter d'être les meilleurs
dans la maîtrise des techniques de presse, nous devons toujours être un
grain de sel, un levain, montrer l'Evangile en acte de libération de l'homme,
dans le quotidien de l'existence.
Exigence éthique que révèle ainsi le mot de presse,
compris comme relation à l'autre, à partir d'une dépossession de son égo
sans mésestime de soi, en vivant la sagesse de l'amour sans taire l'impératif
de justice. C'est oser l'éthique comme philosophie première, comme exigence
de radicalité extrême, c'est prendre au sérieux le renversement qui en découle,
renversement qui fait aller de la connaissance à la solidarité, solidarité
que représente la relation à l'autre par rapport au dialogue intérieur. La
fraternité n'est pas d'abord une condition de survie, elle est l'essence même
de l'homme. La communication est entière, non pas en s'ouvrant au spectacle
ou à la reconnaissance de l'autre, mais en se faisant responsabilité pour
lui. On peut appeler prophétisme ce retournement: le prophète est celui qui
s'adresse sans complaisance au roi et au peuple et leur rappelle l'éthique.
Notre vocation d'homme de presse signifie: me voici, répondant de toi et de
ta soif de vérité. Le témoignage est humilité et aveu. Le "me
voici" me signifie au nom de Dieu au service des hommes qui me regardent.
"Avant qu'ils appellent, moi je répondrai" (Isaïe 65, 24),
formule à entendre à la lettre. Le charisme propre au journaliste est d'être
une présence qui va au-devant des autres, de tous les autres sans exclusion
aucune, ni culturelle, ni religieuse, ni financière, ni politique, pour les
rejoindre sans les choisir, pour rejoindre tous les publics. "Paix, paix
à celui qui est éloigné et à celui est proche" (Isaïe 57, 19)
.
Il ne s'agit pas de proclamer la vérité dans son seul
absolu d'essence métaphysique, encore qu'il importe au plus haut point de
savoir témoigner de la loi morale universelle que l'Eglise appelle la morale
naturelle, et que tant de philosophes chrétiens ou non nourrissent de leurs réflexions,
ce que trop souvent l'on semble oublier. Nous sommes aussi conscients d'un
devoir de mettre nos savoirs-faire au profit d'une meilleure communication de
la parole ecclésiale, sans pour autant être des publicitaires ou une simple
courroie de transmission. Il s'agit, en osant parfois ne pas se conformer à
la mentalité ambiante, de découvrir ou de faire découvrir la vérité dans
son incidence, comme le disait le père Gabel, dans son éclatement sous nos
yeux au milieu des passions qu'elle engage et contredit. C'est par les faits
et à l'occasion des faits, de toute l'actualité, profane ou religieuse, dans
tout ce qui arrive chaque jour, dans l'histoire concrète et le plaisir
quotidien auquel chacun légitimement aspire, que s'opère notre métier.
C'est l'idée forte qu'exprimait un Karl Barth, que la Bible nous engage au
creux de l'humanité de Dieu et que la presse offre la traduction de cet
humain auquel Dieu par son incarnation, ne veut être étranger en rien. Le
journal, par sa fresque d'humanité, ruisselle d'incarnation divine. En ce
sens, il n'y a pas de faits divers. Il y a autant d'histoires intéressantes
qu'il y a de gens héroïques mais humbles dans le monde, et leur sainteté ne
demeurera pas cachée si nous avons assez d'imagination pour en porter témoignage.
Nous promouvons un journalisme du savoir et un journalisme du témoignage.
Trouvons les pépites d'humanité! Reconnaissons-nous dans la presse dont le père
Gabel disait que son catholicisme doit être d'une telle vérité, d'une telle
authenticité, d'une telle ouverture que même le non-catholique se sente à
l'aise chez elle. Cela peut aussi être le cas au sein même de nos
entreprises.
Nous sommes il est vrai confrontés au pluralisme
doctrinal, politique, religieux, et au relativisme éthique. Notre
responsabilité devra donc s'exercer aussi à force de capacité à trouver le
consensus nécessaire à toute vie sociale. S'il est vrai, ce que je pense
fortement, que la question éthique sera la question du siècle à venir,
alors l'enjeu est de surmonter le double écueil du consensus mou d'un côté
—il est impératif de savoir dire non— et de l'intolérance dogmatique et
donc non démocratique de l'autre. Le risque doit dès lors être pris de
favoriser toutes les occasions, dans nos entreprises et ailleurs, d'une
relecture critique des traditions qui nous portent, en recherchant activement
des constantes morales universelles, transcendant nos situations
individuelles, sociales et culturelles, en refusant d'ériger en vérité
universelle nos vérités personnelles. Ceci suppose également d'organiser
une formation permanente pour les journalistes au nom de l'exigence éditoriale,
en organisant les disponibilités de temps qu'une telle ambition suppose. Au
nom du sacré de la personne humaine, la conscience est là aussi, pour
objecter en toute indépendance à l'égard des pressions politiciennes,
financières ou d'appareils, dans la liberté vécue de la vie intérieure".
LA BIBLE EN FRIOUL
Le 16 et 17 janvier 1998, un Congrès international a réuni
des centaines de participants au Salon du Parlement de la Patrie du Frioul au
Château d'Udine sur le thème "Bible, Peuples et langues".
L'occasion était fournie par l'édition, pour la première fois dans
l'histoire, de la Bible en Frioul en un très beau volume sous coffret,
aboutissement d'un travail énorme entrepris voici vingt ans avec
l'encouragement de la Conférence épiscopale italienne et l'aide de la Région.
Dans sa Conférence introductive, prononcée en présence
des Évêques d'Udine, Gorizia, Concordia-Pordenone et des plus hautes autorités
de la Région, le Cardinal Paul Poupard, Président du Conseil pontifical de
la Culture, a souligné l'importance de ce grand événement, non seulement
religieux mais culturel. La rencontre de la Parole de Dieu avec les cultures
est capitale pour l'évangélisation des peuples. Après la dispersion de
Babel, le miracle de Pentecôte utilise toutes les langues pour porter au
coeur des peuples la bonne nouvelle de l'amour de Dieu pour tous les hommes.
Le Frioul, au coeur de l'Europe, a été le siège de l'antique Patriarcat
d'Aquileia, métropolite de 25 diocèses, de la Bavière à la Slovénie et à
la Hongrie, véritable carrefour entre l'Orient et l'Occident et creuset des
cultures exprimées dans les langues allemande, italienne, slovène, et
frioulane. La Parole de Dieu traduite dans les diverses langues des peuples a
pu ainsi être transmise de génération en génération, communiquée,
assimilée, accueillie et vécue, revêtue des paroles venues du fond des âges
et qui expriment l'âme même du peuple de Dieu.
Une remarquable exposition de manuscrits, incunables,
Bibles précieuses en provenance des Bibliothèques et des Archives de la Région
attire dans l'Abbaye millénaire de Rosazzo un public nombreux et
enthousiaste. La Parole de Dieu, traduite désormais en 2.167 langues à
travers le monde, devient ainsi toujours davantage, selon le voeu du Concile
Vatican II exprimé dans la Constitution dogmatique Dei Verbum, levain
vivant au coeur des cultures, ferment d'évangélisation des cultures et
acteur de l'inculturation de l'Évangile, dans l'intégrité de son unique
message traduit dans la multiplicité des langues. Ainsi s'actualise le
miracle de Pentecôte au seuil du nouveau millénaire: chacun entend proclamer
dans sa langue les merveilles de Dieu.
LES CATACOMBES, ÉCOLE PERMANENTE
DE FOI, D'ESPÉRANCE ET DE CHARITÉ
Le 16 janvier 1997, le Saint-Père a reçu les Membres de
la Commission Pontificale d'Archéologie Sacrée, à l'occasion de leur Réunion
plénière, consacrée aux "Catacombes chrétiennes et l'Année
Sainte".
Depuis plusieurs années, la Commission travaille à la
restauration de nombreuses catacombes sur tout le territoire italien et plus
particulièrement sur les cinq catacombes romaines ouvertes au public:
Saint-Callixte, Saint-Sébastien, Domitille, Priscille et Sainte-Agnès.
Prochainement en sera ouverte une sixième, celle des
Saints-Pierre-et-Marcellin.
"Votre effort se porte de manière opportune sur la
mise en valeur pastorale de ces importants monuments", a rappelé le
Pape, en précisant que les visites accompagnées d'explications appropriées
constituent également "un moment efficace de catéchèse". Dans ce
but, des guides à l'usage des visiteurs et pèlerins sont en préparation.
Puis, le Saint-Père a rappelé que les catacombes
"constituent une école permanente de foi, d'espérance et de charité...
Elles parlent de la solidarité qui unissait les frères dans la foi. La
participation de chacun permettait la sépulture de tous les défunts, même
des plus indigents. L'éloquente formule In Pace, classique sur les sépultures
chrétiennes, exprime clairement quelle était leur espérance. Les symboles
figurés sur les dalles de fermeture des tombes sont aussi simples que chargés
de signification. L'ancre, le bateau ou le poisson expriment la solidité de
la foi dans le Christ".
Enfin, le Pape a rappelé que les catacombes contiennent
aussi les tombes des premiers martyrs romains. Les pèlerins du Jubilé de
l'An 2000 les visiteront et, "élevant leurs prières vers ces antiques
champions de la foi, ils penseront aux "nouveaux martyrs", ces chrétiens
qui dans un proche passé comme de nos jours sont soumis à la violence, aux
abus et aux incompréhensions, pour leur volonté de demeurer fidèles au
Christ et à son Évangile".
Source: VIS 980116 (330).
ROUMANIE: DE NOUVEAUX CENTRES CULTURELS CATHOLIQUES
Les transformations politiques commencées en décembre
1989 en Roumanie, ont ouvert certaines possibilités, y compris à l'Église
catholique dont les fidèles représentent environ 7% de la population. Trois Centres
Culturels Catholiques viennent de naître dans l'Archidiocèse d'Alba
Julia, de rite latin, et un quatrième est en phase de construction. Créés
pour répondre aux nécessités spécifiques de l'Archidiocèse, ces Centres
possèdent chacun son profil spécifique, complémentaire des autres: le Centre
"Pongrácz Szent István" d'Alvinc (Vintul de Jos) organise
surtout des retraites et des récollections spirituelles; la Maison
"Szent Benedek" di Gyergyószentmiklós (Gheorgheni) donne des
cours de langues et de spécialisation; le Centre d'Études "Jakab
Antal" de Csíksomlyó (Sumuleu Ciuc) accueille des colloques, congrès,
séminaires. Enfin, le Centre "Deus Providebit" di Marosvásárhely
(Târgu Mures) proposera des études supérieures. Disséminés à travers
l'Archidiocèse, ces Centres constituent des points d'appui pour la
pastorale et permettent d'envisager, à travers le dialogue, une diffusion
majeure des convictions chrétiennes sur l'homme, la famille, le travail, l'économie,
la société et la politique.
Le 24 Novembre 1997 demeurera une date importante pour ces Centres,
car ce jour-là a commencé un travail de coordination, à l'occasion d'une
rencontre à laquelle ont participé les responsables de ces organismes
culturels, l'Archevêque et son Auxiliaire, ainsi que quelques experts. Outre
le souci de coordination, l'initiative la plus importante prise par ces quatre
Centres, au cours de cette rencontre, est sans conteste celle
d'organiser un Colloque les 6-7 mars 1998, dans le Centre d'Études
"Jakab Antal" de Csíksomlyó, autour du thème:
"Conscience nouvelle en Roumanie. Les relations Église-Démocratie-Éducation",
apportant ainsi une sérieuse contribution à des sujets de grande actualité
aujourd'hui en Roumanie, comme par exemple: Quelle nouvelle mentalité après
1989?; La démocratie aujourd'hui et ses perspectives; La relation Église-État;
Le rapport entre Église, éducation et démocratie.
LES ÉGLISES, MÉDIAS D'ÉVANGÉLISATION
Soulignant le rôle d'intermédiaire culturel joué par les
églises, R. Beauvery, Président de la Commission d'Art Sacré de Lyon,
attire l'attention sur l'église du village, du quartier ou de la cité, qui
figure parmi les moyens de transmettre la Bonne Nouvelle de l'Évangile à nos
contemporains. Or, cet aspect catéchistique de l'église est souvent ignoré.
"Et pourtant, elle a pour elle de nombreux arguments
à faire valoir. Son bâtiment, bien intégré dans le paysage français,
apparaît comme un mémorial, enraciné dans une longue histoire aux avatars
multiples, pérenne, qui a pour lui l'authentification par la durée. La
religion qu'il exprime n'est pas "une" religion de conjoncture, de
mode éphémère, propre à une génération, mais une religion qui se
transmet de génération en génération, une et renouvelée, en harmonie avec
les aspirations profondes des êtres humains, d'hier et d'aujourd'hui.
Les églises "parlent" aux nouvelles générations,
fussent-elles dites post-chrétiennes. Il n'est pour s'en convaincre que de
lire les cahiers d'intentions placés dans des églises proches de collèges,
de lycées, d'universités.
Dans ces écritures, l'église est perçue comme un lieu de
paix, de sérénité, de beauté parfois, qui favorise chez le jeune la rentrée
en soi-même, le face-à-face avec la conscience, l'écoute des pensées
profondes, logées au plus secret du coeur. Rentrée en soi-même qui peut déboucher
sur une sortie de soi vers un au-delà que l'on ne sait pas toujours nommer...
Les activités dites culturelles, qui s'y déroulent
peuvent, elles aussi, apporter un message positif, en particulier pour
souligner le lien entre la liturgie et la culture".
Les personnes invitées à assister à une cérémonie
religieuse à l'occasion d'un événement marquant de l'existence
"peuvent entendre, en plus du langage des murs, de l'ambiance, de la
beauté plastique du lieu, una Parole sur la première et seconde naissance,
sur l'amour humain et l'amour "sacrement", sur la mort naturelle...
En l'occurrence, l'église et la liturgie qui s'y déroule sont des lieux
privilégiés d'évangélisation.
"Avant de décider la fermeture d'une église, sa désaffection
officielle ou de la laisser "glisser" sur la pente de la désaffectation
douce, il n'est certainement pas inutile de se poser la question de sa capacité
à être un média de transmission aux hommes contemporains, de l'Évangile".
Source: Cultures et Foi, n. 14 (décembre 1997)
12-13. Affaires culturelles. Service des artistes du diocèse de Lyon, 6 rue
Lieutenant Colonel Prévost, F-69006 Lyon.
CENTRE CATHOLIQUE UNIVERSITAIRE DE DIJON (FRANCE)
A l'initiative du diocèse de Dijon, le Centre catholique
Universitaire de cette ville offre un nouveau toit aux étudiants catholiques,
grâce à une complète restructuration. Le projet s'inscrit dans le
prolongement direct des Journées Mondiales de la Jeunesse et traduit la
volonté de Mgr Michel Coloni, évêque de Dijon, d'offrir aux étudiants un
centre d'accueil complètement revu à partir des bâtiments existants. Ces
derniers se composaient de locaux provisoires, mis en place à la fin de la
Seconde Guerre mondiale pour servir des causes humanitaires.
Faute de mieux, le Centre Catholique Universitaire s'y était
installé en 1965. Aujourd'hui les nouveaux bâtiments s'intègrent dans un
complexe important qui comprendra les aumôneries du Centre Hospitalier
Universitaire et d'un collège voisin, ainsi que des locaux mis à la
disposition de la paroisse Sainte-Jeanne-d'Arc. Le Centre Catholique
Universitaire se propose d'accueillir et d'offrir ses services en priorité
aux quelque 300 étudiants —sur les 30.000 que compte l'université—
inscrits pour bénéficier des rencontres théologiques, des célébrations
liturgiques, des temps de prière, des retraites, ou encore des activités
d'entraide et de détente, qui composent l'essentiel des activités du Centre.
La communauté se trouve affrontée à un double défi:
d'une part, recevoir les étudiants venus des quatre coins de la Bourgogne et
vivant souvent pour la première fois une expérience de déracinement,
d'autre part, répondre à la demande de beaucoup de ces jeunes qui cherchent
à donner un sens à leur vie.
Source: La Croix, 14 novembre 1997.
FAITH AND CULTURE IN DIALOGUE: CANADA
The June 1997 issue of the Canadian Centre for Ecumenism's
quarterly review Ecumenism is dedicated to the theme of
"multiculturalism within the Christian communities in Canada". This
is a central issue in one of the most cosmopolitan societies in the world, and
Jacqueline Frioud insists on the need to accept the "ways" of all
communities, without making cultural value-judgments; her key words are tolerance,
welcoming and diversity. God is mentioned in a rapid dismissal of
the image of God as a Western Caucasian male.
There are other articles on the cultures of various
immigrant groups and their Canadian-born children, and how they relate to
Christian life in Canada: the Orthodox Church in America, the Communauté
chrétienne de Béthel (a new Panafrican Christian community in Montreal),
the Montreal Chinese Presbyterian Church and Haitian evangelical Christians.
The second major component in this issue is a set of
articles on pluralism, modernity and post-modernity. Elizabeth Garant reflects
on the experience of three of the groups mentioned above, and insists that
cultural pluralism enriches not only those welcoming new arrivals, but also
those coming into an already-established community. She emphasizes the
delicate balance between encouraging diversity and maintaining unity. Past
failures in welcoming outsiders can spur Christians on to what is an element
of genuine Christian mission. This is brought home ever more frequently with
the remarkable increase in migration: "the future of mission rests on the
quality of the relationship and of the solidarity which we establish with the
people from other cultures, whom we find among us".
Bruno Désorcy questions to what extent religion really is
being pushed to the sidelines of western society; from his standpoint in Québec,
which encourages him to emphasize the differences between societies and
cultures, he insists that the "popular belief that secularization is a
global phenomenon which operates everywhere according to the same rules is a
myth rooted in the phenomenon known as modernity". While institutional
religion has certainly been marginalized, there are religious elements in the
institutions which have taken its place. Modern western cultures also have
roots in ancient beliefs, and so much of what is taken for granted in
contemporary approaches to politics and science has its origins in the
Judaeo-Cristian tradition. The Protestant and Catholic Churches in the 18th
and 19th centuries led to their own marginalization because of their
obscurantist reaction to scientific developments and critical inquiry on the
Scriptures, and a retreat into dogmatism. Spiritual needs still need to be
met, and hence the popularity of New Age and so on.
There is a curious and useful "guide for the
perplexed" on the subject of post-modernism in David Lyon's Postmodern
Canada. High-technology communications, gigantic shopping malls, an
exaltation of cultural differences, cross-border shopping and the issues
discussed in Margaret Atwood's novels all illustrate postmodernity – the
first common feature seems to be that everything has equal value:
"multiculturalism policies take this further by suggesting that the idea
of a reality shared by all is an illusion". Communication and information
technologies (CITs) "expose us to other ways of doing things, upsetting
our treasured traditions with the thought that they are only particular and
local options or orientations" and "do nothing to discourage the
view that anything goes". A second element in postmodernity is that
"choice is what defines us", in practically every domain of private
and public life. Postmodernity is not a replacement for modernity,
which marches on. It is, rather, a new way of looking at or coping with
modernity: it is very much an être without a raison. Christians
are blamed by some post-modern writers for the Christian elements which are
undeniably present in many facets of modernity, but the present moment offers
a chance for reappraisal of things like progress and tolerance. Tolerance
seems to break down instantly whenever there is mention of unique or exclusive
truth, and the highly selective approach to commodities in a market context
baulks at the idea that the creed or the Gospel are a total
"package". But example and consistency count for a great deal here:
"besides keeping a critical distance from modernity, and keeping truth
and tolerance together, there's the crucial case of commitment and care".
In the case of the Church, it is a matter of supporting those within, and
offering a hand to outsiders. "In a postmodern world that is so cautious
about commitments and can't seem to care, the news of God's love, Christ's
cross and the Spirit's power is good news indeed".
Cultural diversity is an area which baffles many Christian
parents, whose beliefs seem to be ignored or undermined in the way their
children are educated. Reflecting on this, Glenn Smith begins with statistics
on the culture shock which can occur within a single lifetime in Canadian
society. He outlines the intellectual movement from rationalism to
post-modernism, which "affirmed that nothing can be known with certainty,
history is devoid of purpose, universal stories or quests for truth must be
abandoned, everything is relative. Truth is elusive, inward, subjective, even
polymorphous". He warns that "pluralism... is itself really an
ideology or philosophy of life. In this sense, it does not just describe a
state of affairs (plurality) but prescribes a bias for a state of life where
relativism reigns". This is very much the case in Canada, where a
newspaper columnist recently wrote: "Religion in a liberal society
belongs in private culture, in the family, and the house of faith. It does not
belong in the public-school system, which is our most important instrument of
socialization, citizenship and community for all". He also insists that
attempts to remove religion from the education system are not neutral, but are
based on the secularistic presumption that religion is irrelevant to public
life. Smith lists the reactions of Christians to the exclusion of religion,
and asks how Christian parents can best cope with the ideology of diversity.
Attempts to reduce religions to a lowest common denominator, with the claim
that anyone who is sincere is on the way to God, are arrogant and insulting,
but are also a formidable challenge. He argues for a "commitment to
contribute to the development of a common public Canadian culture" by
articulating basic values and institutions which are inspiring and promote
social cohesion. This demands a genuine dialogue, which involves thorough
understanding, genuine respect and a welcome for different cultures and
lifestyles, "a process where respectful exchange about differences will
take place, not merely a shared, tolerant, intellectual assent of
opinions". Various kinds of differences will need to be celebrated,
respected, tolerated, assimilated or even challenged. "Responsible
Christians in today's Canadian society have a unique opportunity to offer an
alternative to the mere tolerance of others which our culture wants to
promote, with its rising racism and ethnocentrism which are surfacing
everywhere".
The June 1997 issue of Ecumenism also contains the Conference
Message and Acts of Commitment from the World Council of Churches'
Conference on World Mission and Evangelism held from 24 November to 3 December
1996 at Salvador de Bahia in Brazil. There is a separate item on this
conference in this issue of Cultures and Faith. Last, but not least,
there are the regular features: International, National and Regional
ecumenical news, Book Survey and Resources.
Source: Ecumenism, No. 126, June 1997, published
quarterly by the Canadian Centre for Ecumenism, 2065 Sherbrooke Street West,
Montreal QC, H3H 1G6 (also published in French as Oecuménisme).
RELIGION IN POST-SOVIET ARMENIA
Just over 150 kilometres north of the Armenian capital
Yerevan is a village called Gosh, which has a 13th.-century cathedral, closed
by the Soviet government in 1930 and used for over 30 years as a warehouse for
produce from the kolkhoz or collective farm. Nowadays a priest comes
occasionally from a nearby monastery to celebrate sacramental liturgies, but
this is felt not to be enough. Three generations were brought up in an
atmosphere where the will and ability to work evaporated, spiritual life –
even prayer – was actively discouraged, and people somehow no longer cared
about discerning the truth for themselves.
Today the perceived problem is not the suppression of
religion, but the activity of sects: one lady in Gosh is convinced that
"only a priest can save our village". She and many fellow-villagers
are very worried about what is happening to their "Armenian traditions
and religion", as is the Supreme Patriarch and Catholicos of All
Armenians, Karekin I. He insists that evangelization involves relating
Christ's teachings to people's everyday life by using very practical language
and meeting people "in their homes and in their workshops, in the
villages and in the cities", rather than waiting for them to come to the
church. Armenia declared itself independent on 23 September 1991, and since
then church activity has blossomed, but people feel very threatened by the
impact of a growing number of sects, not only in Armenia but throughout most
of the former Soviet Union. What is happening in Armenia is taken as an insult
to a people which has been Christian for 17 centuries. "To come to this
country and tell our people that their faith is wrong and that what the sects
offer is truth, is disruptive".
People feel that the sects exploit their material poverty
and lure people to revivals with offers of food and the like. The majority
who, naturally, have little or no religious formation, are easily won over. In
this context the Catholicos sees priestly formation without the limits imposed
in Soviet times, and he has established the Centre for Christian Education,
which trains lay catechists; most of the 520 current students are women who
attend classes in Yerevan, Etchmiadzin and other cities. Despite enormous
economic problems, the Catholicos is clearly optimistic: "Though there
are concrete signs of revival, if the Armenian Church does not explore these,
it will have missed a golden opportunity".
Source: Catholic Near East, November-December
1997. 1011 First Avenue, New York NY 10022-4195.
CHRISTIAN LIFE IN THE BALTIC STATES
Frontier is a magazine published by the Keston
Institute in Oxford, which is involved in research into religious communities
in the former Soviet Union and Eastern Europe. The latest issue (number 5)
includes impressions gleaned from a visit to the Baltic States, which are
learning how to live with the freedom they acquired just a few years ago. In Estonia,
religious interest was high in the early days of independence, but it has
waned in recent years "as people pursue materialism and no longer seem to
require the help of God" (p.7). Various Christian church communities grew
rapidly, but now response to the Gospel is very good among young people and
the elderly: in between a generation seems to be missing. Since 1992 it has
again been possible to educate clergy in theological institutes, in a climate
where there is no state persecution, although from time to time Christian
buildings in Tallinn and Tartu have been mysteriously damaged or destroyed.
Ministers in some cases are quite out of touch with popular culture and unsure
of how to evangelize their society, but ecumenical efforts organized by the
Estonian Council of Churches seem to be quite successful. In Latvia,
the state gives the impression that it is keen to promote religious freedom,
and this may be why there is some debate on a controversial new law designed
to limit the incursion and activities of sects. The experience of the much
stricter Russian law in the same vein seems to have encouraged a more cautious
tone here. Reflecting on a religious renaissance experienced in the country
immediately after independence, Baptist pastor Valdis Teraudkalns emphasized
that "freedom is not simply something given to us but also something we
have to learn how to live with" (p.8). External changes are happening
much more quickly than changes in mentality. A 1990 law on religious
organizations gave registered bodies "the right to establish convents,
institutions of learning, missions, societies and further religious
organizations", but a 1995 law is stricter, and regarded by some as too
restrictive and even "undemocratic" (loc. cit.). Amendments made to
this law in 1996 allow Lutheran, Catholic, Orthodox, Old Believer and Baptist
teachers to give Christian religious instruction, but this strikes some people
as away of importing "McDonald's Christianity" with little or no
respect for local culture. Only 30% of Latvians declare themselves to be
religious, with Catholics forming just over 9% of the total population of
approximately 2.5 million. Two major monuments to the struggle of Catholics in
Lithuania are the Hill of Crosses in Siauliai, and the church
dedicated to Our Lady, Queen of Peace in Klaipeda, which was paid for by
believers, but confiscated by the authorities on its completion in 1960 and
turned into a concert hall. One indicator of the current religious environment
is the Archbishop of Vilnius' conviction that the Hill of Crosses is
considered too much as a tourist attraction, and it is important to restore
its character as a place of pilgrimage and prayer. He is also concerned to
move forward and away from the lingering atmosphere of suspicion and mistrust,
and is committed to forgiveness and reconciliation. Although this has not met
with universal approval, Archbishop Backis has been quite firm, and is quoted
as saying that "the time for writing petitions and gathering signatures
is past – this is not what the Church is about today.... You can't turn
every act of worship into a nationalist demonstration" (p.10). These are
strong words, but they probably indicate how long the road to mature and
confident Christian consciousness may be where bitter memories dominate
people's lives.
Source: Frontier no. 5 1997, published by Keston
Institute, 4 Park Town, OXFORD, OX2 6SH, Great Britain.
THE WORLD COUNCIL OF CHURCHES
The April 1997 issue of the International Bulletin of
Missionary Research includes the official message given at the end of the
conference on World Mission and Evangelism held by the World Council of
Churches from 24 November to 3 December 1996 in São Salvador da Bahia in
Brazil. There are also some reflections by former bishop Lesslie Newbigin on
the conference as a whole.
What concept of culture emerged from the conference? The
conference title gives a clue: Called to One Hope – The Gospel in Diverse
Cultures. Those present had "sought to understand better the way in
which the gospel challenges all human cultures and how culture can give us a
clearer understanding of the gospel". Diversity was experienced not as a
threat but as "a hint of the unity and inspiration of a Pentecost".
To be really fruitful the gospel "needs to be both true to itself, and
incarnated or rooted in the culture of a people". The various experiences
listed were not all positive. German Christians, for example, were uneasy
"about being too ready to see God's spirit in all human cultures";
this was based on past risks of Nazi ideology taming the Christian message,
but it serves as a useful warning against simply legitimizing any status
quo. The conference was also reminded of the arbitrary selection of
disparate elements of spiritual traditions in Western European countries
influenced by post-modern culture. Another clear warning was given about the
possibility of isolation and fragmentation where new Christian groups are
founded on the basis of ethnic identity, as is happening in some parts of the
United States of America.
Points to be emphasized included the following: aggressive
evangelism which fails to respect people's culture is likely to be
unsuccessful, as well as failing to project some of the fundamental values of
the Gospel message. The greater need to include diverse cultural groups was
clearly recognised, but so was the fact that the Holy Spirit can and does help
us "better to discern where the gospel challenges, endorses or transforms
a particular culture". Perhaps the most striking statement in the
official message from the conference was this, which is quoted in full:
"The church must hold on to two realities: its distinctiveness from, and
its commitment to, the culture in which it is set. In such a way the gospel
neither becomes captive to a culture nor becomes alienated from it, but each
challenges and illuminates the other".
Lesslie Newbigin's observations are honest and helpful. He
does not shy away from the difficulties a conference like this can create for
itself, particularly in giving voice to the grievances of many people very
hurt by the damage done to their culture. In this conference more attention
was given to culture than to the Gospel, but insufficient attention was given
to the complexity of culture. An understandable angry emphasis on the
unfortunate effects of proselytizing in Russia weighed on the conference,
which also failed to point out what translation of the Bible has done in many
cases for the preservation of indigenous cultures. Newbigin is at pains to
point out that it is possible to misread the Bible or to abuse it,
illustrating this by the case of the Afrikaners who sought to validate
apartheid. The Bible is not meant to legitimate a situation or to function as
a vehicle of protest. "All of our readings of the Bible need to be
corrected as, on the one hand, we listen to one another's readings from
different cultural perspectives and, on the other hand, we read the Bible as a
whole with its central clue the incarnation, ministry, death and resurrection
of Jesus Christ.... We have to listen seriously to each other, and listen to
the whole of Scripture, if we are to be guided into the truth".
Source: International Bulletin of Missionary Research
vol. 21, No. 2, April 1997.
AMERICA
In bringing the Gospel message to the indigenous peoples of
America, missionaries often did not respect the peoples' cultures, a Canadian
prelate told the Synod of Bishops for America. "We did not bring the
Gospel to them in all its purity", said Archbishop Peter A. Sutton of
Keewatin-Le Pas, Manitoba.
The Canadian bishop was one of many synod members who
called the assembly's attention to the Church's past treatment of native
peoples and its current efforts to help them grow in their faith while
defending their cultures. "Our initial missionary endeavour – for all
its dedication, goodness and grace – was also marked by a lack of full
respect for their culture and traditions and even, at times, by positive
weaknesses and sin", the Archbishop added. He called for a clear
recognition of the cultural, religious and moral values of the 40 million
indigenous people of the Americas and for a "dialogue of action" –
a partnership in working to overcome injustices.
Bishop Juan Martin Buisson, apostolic vicar of Pucallpa,
Peru, told the synod that the Church must take seriously its commitment to
"inculturation", which is a sign of respect for the cultures of all
peoples.
Source: CANews Dec.97 / Jan.98, p. 49.
INDIA
An Indian Christian educator, Mr. Mani Jacob, has had the
honour of being listed in the book The International Man of the Year
1996-97. Published by The International Biographical Centre of
Cambridge in Great Britain, it is an annual compilation of the biographies of
about a thousand of the most important people in the world. Mr. Jacob, aged 53
and married with two children, is the general secretary of The All India
Association of Higher Education (AIACHE), an ecumenical association
founded in 1966, that links 225 schools and colleges of the Catholic, Orthodox
and Protestant Churches.
Under his direction the AIACHE has promoted
self-instruction, education for women, respect for the environment, the
cultural development of tribals, vocational courses and re-education besides
favouring the autonomy of various schools. Thanks to the Mr. Jacob's
leadership, AIACHE has also contributed to the birth of the Associations of
Christian Colleges and Universities, an international ecumenical
organization in the field of education, and has fostered collaboration between
the Catholic Bishops' Conference of India with the National Council of
Churches of India, an organization that unites the Indian Protestant Churches.
Source: Asia News, Oct. 97, p. 15.
JAPAN
An opera on the story of the first Japanese martyrs was
performed in the Auditorium at Nagasaki on 29/30 November, 1997, on the
occasion of the fourth centenary of their martyrdom. The opera is the work of
Professor Aragaki Tsugutoshi, the famous composer of Japanese liturgical
hymns, and it is based on a book by Tanaka Sumie, a Japanese Catholic writer.
Among the singers/actors were three priests.
Source: Fides No. 3249.
PHILIPPINES
The Filipino Bishops in their response to Question 12 of
the Lineamenta for the Synod of Asia scheduled for this spring affirm
that traditional Marian devotion among Filipino Catholics, though born
initially from pietism and devotionalism, helps many devotees to regard Mary
as a model for discipleship. The Philippines have been known as a Marian
country and the Bishops add that pilgrimages are conducted to various national
and regional sanctuaries. Even the Muslims visit the Sanctuary of Our Lady of
Lourdes at Tamontaka in Cotabato at weekends, taking advantage of the
solitude, the silence and the climate of peaceful prayer of the place.
In the Philippines, Marian feasts are popular celebrations,
and the month of May is traditionally an intense month of catechism for
children. Marian spirituality is slowly changing from a mere devotional
practice to something more integral, which includes service to one's
neighbour, a commitment to justice and peace based on the Annunciation and the
Magnificat. Women religious meditate on the Gospel image of Mary, seeking the
Asian face of Mary and the depth of feminine self knowledge with respect to
the social situation of women, as part of an evolving Marian spirituality.
Marian organisations provide various opportunities for apostolic work and
catechesis for their members.
Efforts are being made to help popular Marian devotion
among Catholics to reveal the Mary of the Scriptures as a model for the
disciple, the Mother of the community of disciples, the first person to be
evangelised and to evangelise. In the dialogue with Muslims, the Bishops note
that Mary is a bridge between Christians and Muslims since she is respected
and honoured as the Virgin Mother of the "prophet" Jesus.
The Filipino liturgy is enriched with music and dance,
while the arts for the liturgy make use of decorations, symbols, images and
pictures, stained glass, sacred vestments and furnishings with an indigenous
taste. Liturgical songs in various dialects reflect the culture of the people.
A new translation of liturgical texts has been prepared which can be
understood by the people particularly in celebrations that accompany the
stages of life: baptism, marriage, death, the harvest, etc.
But there is much that has yet to be done. Marian
devotional practices need to be purified of their magical and superstitious
aspects; a better understanding of popular titles assigned to Mary as
Mediatrix, Co-redemptrix, Advocate; a deeper re-orientation of devotional
Marian practices towards Christ; a greater unity of Marian devotions along the
lines of the Christian quest for non-violent social reforms; a more faithful
following of the words of Mary at the wedding at Cana: "Do what He tells
you".
Source: Fides No. 3249.
SRI LANKA
It is indeed refreshing to know that, despite the war and
violent situation in Sri Lanka, the Centre for Performing Arts, Colombo, under
the directorship of Rev. Fr. N. M. Saveri, has organised inter regional and
inter cultural seminars both in the country's capital and in other regions.
The Centre propagates the ideal of humanism through cultural activities and
strives to serve as a bridge bringing together various communities and
overcoming what are at times conflicting cultural divides. In this sense the
Centre, over the past three decades and more, has been promoting a culture of
peace and a civilisation of love –ideals that Pope John Paul II has been
persistently advocating. Rev. Fr. N. M. Saveri recently passed through Rome
and visited this Dicastery sharing with the members of the Staff his concerns
and projects. The Pontifical Council for Culture wishes him and his
collaborators every success in their efforts to foster reconciliation and
propagate peace through drama.
Source: Daily News, Sri Lanka, 16.8.97.
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