NOTITIAE
THESSALONIQUE, CAPITALE CULTURELLE DE L'EUROPE POUR 1997
Le Cardinal Paul Poupard a représenté le Saint-Siège, en
qualité de Président du Conseil Pontifical de la Culture, aux célébrations
qui ont ouvert l'année culturelle européenne à Thessalonique, avec la
participation du Président de la République et du Ministre de la République
Hellénique, et de nombreux ministres de la Culture, ambassadeurs, hauts
fonctionnaires, hommes et femmes de culture de Grèce, d'Europe, de l'ensemble
des pays méditerranéens et d'autres nations. Deuxième ville grecque après
Athènes à être choisie par l'Unesco comme capitale de la Culture,
Thessalonique, du nom de la soeur d'Alexandre le Grand, fondée en 312 avant Jésus-Christ
par le Roi Cassandre de Macédoine, capitale de la Macédoine au temps des
Romains en 168 avant Jésus-Christ, sous domination ottomane de 1430 à 1912,
redevenue grecque depuis lors, a montré à ses visiteurs les trésors des
Tombes de Rois de Macédoine découvertes voici 20 ans à Vergina, ses
admirables Musées byzantins et archéologiques, l'antique petite église
construite sur le site traditionnellement localisé comme celui de Saint Paul,
ses Eglises byzantines Saint Demetrios et Aghia Sophia, l'Agora, mais aussi sa
culture vivante. Thessalonique organise à cette occasion une exposition des
trésors du Mont Athos qui, pour la première fois dans l'histoire, quittent
leurs monastères. De nombreuses rencontres bilatérales et multilatérales
des ministres de la Culture ont permis d'utiles échanges d'information, et
aussi des projets pour la célébration du Grand Jubilé de l'an 2000,
anniversaire de la naissance de Christ, auquel entend s'associer le Professeur
Evangelos Venizelos, ministre de la Culture de la République Hellénique.
LA LIBERTÉ D'EXPRESSION ET LE RESPECT DES CROYANCES
La Conférence des Évêques de France vient de créer l'Association
Croyances et Libertés, qui permettra aux Évêques d'ester en justice, en
cas d'atteinte à l'Église ou à la foi chrétienne. Depuis longtemps, la
Conférence s'interrogeait sur la meilleure façon de protéger les croyants
et leur foi à la suite d'un certain nombre d'initiatives médiatiques
blessantes pour les chrétiens. Aussi a-t-elle demandé à des juristes d'étudier
la création d'une association inspirée de la législation de 1972 sur la
presse, laquelle permet de se protéger de la diffamation. Dans le contexte
français, l'Église ne jouissant pas de la personnalité morale, cette
association nouvellement créée lui permet de se porter en justice. "La
loi de 1972 était faite pour lutter contre le racisme, mais le jurisprudence
a distingué, au cours des années 80, cette forme de racisme qu'est l'atteinte
au sentiment religieux qui se manifeste de plus en plus, notamment à l'égard
des catholiques. L'anticléricalisme d'autrefois s'est transformé en un
certain anti-christianisme qui atteint les droits fondamentaux de la
personne". Les objectifs de l'Association visent donc "la défense
des personnes et des dogmes", de façon à pouvoir couvrir une défense
très étendue de l'Église et écarter les arguments d'irrecevabilité. C'est
le Président de l'Association, qui est de droit le Président de la Conférence
épiscopale, qui a tout pouvoir pour décider d'agir. Cf. Interview de
Thierry Massis, recueilli par B. Gorce, La Croix, n. 34632 (5 février
1997) p. 24.
COLLOQUE D'HULST À PARIS
"Voilà de la science et elle est chrétienne!"
La Faculté de théologie et de sciences religieuses de
l'Institut Catholique de Paris a organisé, les 21 et 22 novembre 1996, un
Colloque pour célébrer le Centenaire de la mort de Mgr Maurice le Sage
d'Hauteroche d'Hulst, recteur et fondateur de l'Institut Catholique de
Paris (1841-1896). Plusieurs conférences ont traité de la responsabilité
intellectuelle, de l'activité philosophique, des prises de position sur la
question biblique, des engagements politiques, et du ministère spirituel de
directeur de conscience et prédicateur à Notre-Dame, du premier recteur de
la "Catho". Le Cardinal Paul Poupard, Président du Conseil
Pontifical de la Culture, a tenu une conférence intitulée: "Monseigneur
d'Hulst, fondateur de l'institut catholique de paris, et le renouveau culturel
de l'Eglise de France", dont nous extrayons les passages suivants:
Les Recteurs se suivent, et ne se ressemblent pas. Les précédant
tous, le premier d'entre eux est sans conteste Monseigneur d'Hulst, et non
seulement premier dans l'ordre chronologique et aristocratique, ce qui est
hors de doute, mais aussi dans tous les genres: comme la graine contient le
fruit, il les contient tous, en germe et comme en puissance.
"C'est une grande illusion de croire que l'on peut
conserver la direction des âmes, c'est-à-dire celle des coeurs et des volontés,
quand on a perdu celle des esprits." (Cardinal Baudrillart)
Monseigneur d'Hulst, par lui-même et par les institutions auxquelles il présida,
fut le centre du mouvement intellectuel le plus intéressant et le plus
profond qui se soit produit de notre temps au sein du catholicisme. Il a connu
et compris son siècle dans toutes ses tendances intellectuelles. A la différence
de Lamennais, il n'a pas mêlé le flot de l'erreur et celui de la vérité.
Il a serré de plus près que Lacordaire les problèmes fondamentaux de la
philosophie chrétienne. Il a eu sur Louis Veuillot l'avantage d'être plongé
presque constamment, malgré tant d'obstacles accumulés, dans une atmosphère
de pensée supérieure et de sereines études. Comme Montalembert, il a défendu
avec une hauteur de vues sans égale, la liberté d'enseignement, et il lui a
été donné, non seulement de parler, mais d'agir et de diriger. Plus exact
et plus profond que Dupanloup, héraut de la civilisation chrétienne autant
que Lavigerie, plus intégralement catholique que Brunetière, il était, au
dire du Recteur Monseigneur Baunard, le premier prêtre de France, c'est-à-dire
d'un clergé, ajoute Baudrillart, qui, "pris dans son ensemble, est
probablement le premier, en tout cas l'un des premiers du monde." L'éloge
n'est pas mince sous la plume du biographe, qui le complète ainsi:
"En fait, il joua un rôle plus étendu que s'il eût été évêque."
Dans une situation de détresse où l'Eglise a peu de
ressources et peu d'hommes, émergent trois précurseurs du renouvellement
intellectuel de l'Eglise de France: Lamennais avec l'Ecole de la Chesnaie et
la Congrégation Saint-Pierre, Bautain et l'Ecole de Strasbourg avec la Société
des Prêtres de Saint-Louis, et Gratry. Tous les trois ont compris, chacun à
sa manière, qu'un homme, si intelligent et actif soit-il, ne peut être qu'un
initiateur. Pour renouveler un grand corps, il faut des institutions
permanentes qui continuent et achèvent son oeuvre.
En 1875, la loi sur la liberté de l'enseignement supérieur
est votée. Sous l'impulsion du Cardinal Guibert, la création d'une Université
Catholique est décidée, avec l'institution d'une commission permanente de
quatre membres élus: le coadjuteur de Paris, comme président, les évêques
d'Orléans et de Versailles, et l'Abbé d'Hulst, secrétaire, avec mission de
commencer les cours dans le dernier trimestre de l'année 1875. Problèmes de
locaux, disette d'argent, choix des collaborateurs. Tout reposait de fait sur
l'Abbé d'Hulst. Il vaut la peine d'écouter le rapport de l'Abbé d'Hulst au
Conseil Supérieur des Evêques, en juillet 1883: "Du train dont vont
les choses dans le monde des intelligences, quel est l'avenir prochain de la
foi?... Le sort de la foi nous est confié... Si le clergé s'endort dans
l'indifférence scientifique, ou s'il s'attarde aux conceptions d'un savoir
vieilli devenu l'équivalent de l'ignorance; s'il permet qu'on identifie la
cause de la vérité chrétienne avec des assertions désormais insoutenables,
il assistera au naufrage de la croyance dans les esprits cultivés... Si
d'autre part le clergé se met à la remorque des novateurs, acceptant, toute
faite de leurs mains, une science empoisonnée de préjugés et d'erreurs, ce
n'est pas lui qui convertira les incroyants, c'est l'incrédulité qui le
gagnera insensiblement. Et l'on verra la tribu sacrée se diviser en deux
groupes: les prêtres qui feront cas du savoir et qui perdront à son contact
la virginité de la foi, et ceux qui, voulant avant tout rester apôtres,
tiendront en suspicion les hautes connaissances."
Donc il faut créer et entretenir des foyers de science
sacrée. Pour Monseigneur d'Hulst, le renouveau culturel de l'Eglise de France
indispensable, non seulement, nous l'avons vu, pour son rayonnement
intellectuel, mais aussi pour l'avenir même de la foi en notre pays, ne se
limitait pas aux Facultés de sciences sacrées, mais s'étendait aux sciences
tout court: "C'est la science qui est apostate, disait-il, c'est la
science qu'il faut rendre au Dieu qu'elle a renié." A la science
blasphématrice, il faut opposer une foi savante qui s'impose au respect des
hommes et qui impose aux hommes le respect de Dieu. Vaste programme, qui
impliquait la création d'une véritable Université. A ce titre, la création
d'une Faculté de médecine lui paraissait nécessaire: "Nous n'avons
rien fait si nous ne créons pas une école de médecine." N'enseigner
qu'un seul ordre de sciences, écrit-il, c'est créer une école, mais les
rapprocher, n'est pas seulement additionner le savoir au savoir: vous le
multipliez, vous allumez un grand foyer d'activité intellectuelle, une
concentration de lumière. Voilà de la science et elle est chrétienne!"
Monseigneur d'Hulst avait cette déclaration significative: "Je
connais par expérience l'effet désastreux que produit sur un esprit cultivé
un argument vieilli et une façon ignorante et outrecuidante de faire
triompher la vérité."
En 1981, l'Abbé d'Hulst devient Recteur, et le Pape Léon
XIII le fait Prélat de sa Maison. Dans sa brochure de 1892,
"L'Institut Catholique de Paris. Son caractère, son but, son importance,
son organisation, ses résultats, ses besoins", il énonce clairement
son triple objectif: former une élite sociale, constituer une foyer
scientifique chrétien, réconcilier la science et la foi. Et dans son dernier
discours de rentrée, en 1895, le Recteur d'Hulst énonce la raison d'être,
la fin ultime, l'âme de l'Institut Catholique, en une formule lapidaire
reprise par le Pape Jean-Paul II à l'Institut Catholique, en 1980: "Nous
voulons jeter dans le monde qui pense un ferment chrétien, le ferment évangélique."
Je note ici simplement, car elle est symptomatique, sa
dernière fondation, dans l'ordre des études, des cours d'instruction supérieure
pour les jeunes filles et les femmes chrétiennes. "La haute culture
est devenue un besoin pour les femmes. Une seule question désormais se pose:
convient-il que les femmes croyantes trouvent cette culture parmi nous? Ou
veut-on qu'elles soient réduites à la chercher ailleurs? La réponse ne
saurait être douteuse. Il ne reste plus qu'à déterminer les moyens
pratiques de satisfaire à ce besoin."
Léon XIII confie en 1892 au Recteur: "Il y a des
esprits inquiets et chagrins qui pressent les Congrégations romaines de se
prononcer sur des questions encore douteuses. Je m'y oppose. Je les arrête,
car il ne faut pas empêcher les savants de travailler. L'Eglise arrive
toujours à temps pour les remettre dans le droit chemin."
Courage intellectuel et fermeté doctrinale, deux qualités
conjointes chez Monseigneur d'Hulst. Il contribua de manière extraordinaire
au renouveau culturel de l'Eglise de France dont nous sommes les héritiers et
les continuateurs. Héritiers d'une christianisme qui, hier encore, s'interprétait
aisément à l'intérieur d'une configuration culturelle dont il avait pour
une large part structuré l'ordonnance, nous nous trouvons aujourd'hui, avec
un sentiment d'historicité accru, aux prises avec une dislocation du savoir où
la vérité une et unifiée d'hier se trouve comme pulvérisée en de
multiples objets, dans une culture éclatée. L'Eglise se doit toujours,
aujourd'hui, plus que jamais, d'être présente, non seulement au niveau où
la culture s'acquiert, mais sur les terrains où la science se fait. Que ce
Centenaire soit une promesse, et non pas seulement un rite de gratitude.
COLLOQUE "RELIGION, CULTURE, FOI" À NOTRE-DAME
DU LAUS
Dans le cadre accueillant de Notre-Dame du Laus, dans les
Hautes-Alpes françaises, le Cardinal Paul Poupard a présidé du 10 au 12
septembre 1996 un Colloque "Religion, Culture, Foi" qui a réuni
plus de 70 participants dans une réflexion interdisciplinaire à finalité
pastorale. Introduits par plusieurs conférenciers, cinq thèmes ont nourri de
fructueux échanges et suscité une prise de conscience renouvelée que la
religion est une dimension interne de la culture dont les manifestations
historiques apparaissent toujours liées à une conviction de foi.
L'homme moderne et sa quête spirituelle. Il n'est
aucune culture où la présence de l'homo religiosus ne soit attestée
(Julien Ries). La situation "inédite" de la modernité (Emile
Poulat) laisse apparaître sous la couche de la sécularisation (J.P.
Sironneau) une quête spirituelle toujours vive.
L'Eglise au défi des cultures. Les voies de cette quête
spirituelle sont multiples, et la requête tenace. Soixante quinze ans d'athéisme
officiel n'ont pas réussi à l'étouffer en Russie (Bernard Dupire),
aujourd'hui affrontée aux mêmes défis que l'Occident: sécularité,
modernité, nationalisme, matérialisme. Mais l'Eglise n'a cessé en
s'inculturant au cours des siècles en des cultures variées de surmonter les
défis par le dialogue créateur plus que par l'affrontement stérile (Jean Chélini).
Le Message biblique demeure une référence
essentielle, où les symboles naturels expriment la grande réalité de
l'Alliance de Dieu avec l'homme (Edouard Cothenet), récepteur, lecteur, et témoin
du grand livre de la création (P. Gibert).
Eglise de France et modernité. L'histoire, loin d'être
un progrès linéaire, est marquée de flux et de reflux du sentiment
religieux en France depuis le XVIIIe siècle (Gérard Cholvy). L'attirance
actuelle des spiritualités orientales (Michel Delahoutre) témoigne d'une
sensibilité nouvelle et appelle une catéchèse renouvelée.
La réponse de l'Eglise au besoin de cohérence de l'homme
moderne. L'Eglise n'est pas dépourvue devant les requêtes de la nouvelle
religiosité et des nouveaux mouvements religieux. A l'homme moderne, comme
ses devanciers en quête de cohérence, la liturgie offre un lieu de
croissance et d'éveil au mystère de Dieu et à la grandeur de la vocation
humaine (S. Rouvillois), exprimée par les jeunes en images, sons et gestes
d'un univers puissamment médiatisé (Madame Martini). Des horizons nouveaux
s'ouvrent avec une nouvelle espérance qui appelle à l'évidence une audace
apostolique renouvelée pour une nouvelle évangélisation des cultures au
seuil du nouveau millénaire (Mgr G. Lagrange).
Dans son intervention de synthèse, le Cardinal Poupard a
appelé les participants, et à travers eux toute l'Eglise, à faire apparaître
la nouveauté de l'Evangile dans toutes les dimensions de l'existence.
"En cette fin de millénaire génératrice d'anxiété, dans un monde
repu de philosophie matérialiste et du scepticisme qu'il engendre, les quêteurs
de sens ont soif de ressourcement, de silence, d'intériorité. Si l'on s'en
va chercher hors de la tradition chrétienne, c'est faute de trouver réponse,
au sein d'une Eglise ... traditionnellement méfiante envers toute forme de
mystique affective, en dépit de l'élan constant suscité par la mystique du
coeur d'une sainte Thérèse de Lisieux.... Devant le défi des cultures en ce
temps de mutations culturelles et de graves affaissements, voire de quasi
ruptures, je suis frappé du frémissement des plus jeunes, en quête d'espérance,
en réaction contre une culture médiatique dominante, ruisselante de volupté
et de violence portées au paroxysme et obsédante dans ses séquences
bruyantes indéfiniment répétitives.
"L'Eglise peine à transmettre son message de salut,
à travers des canaux qui en privilégient le plus souvent les manifestations
les plus extérieures, voire les contestations hétérogènes, certes plus
consonantes avec les séductions hédonistes de la culture libérale. Une
autre culture existe pourtant, pétrie de sagesse millénaire, en quête de
beauté, d'amour et de vérité, qui ne cesse de se transmettre dans l'intimité
des foyers, la ferveur des paroisses, la piété populaire des pèlerinages.
La foi chrétienne ne cesse d'être créatrice de culture.
"Pour le Concile Vatican II, – je cite Gaudium et
Spes 19,1 – "beaucoup de nos contemporains ne perçoivent pas du
tout ou même rejettent explicitement le rapport intime et vital qui unit
l'homme à Dieu: à tel point que l'athéisme compte parmi les faits les plus
graves de ce temps et doit être soumis à un examen très attentif".
Depuis lors, les trois décennies écoulées ont posé cette énorme question
de l'incroyance moderne comme le problème pastoral crucial. Comme une lézarde,
elle a découvert les profondeurs vertigineuses de notre être, et révélé
une manière de vivre apparemment et tranquillement étrangère à la foi. La
réalité d'aujourd'hui est bien différente. En effet, si la cohésion
culturelle et sociale née de l'Evangile continue de s'émietter, un nouveau
sacré émerge d'une sécularisation qui n'a pas tenu ses promesses et d'une
modernité qui ouvre une brèche au message des béatitudes. Le monde en crise
est un monde qui passe. Demeure l'homme, toujours changeant dans son apparaître
et mouvant dans son agir, mais dont l'humanité sans cesse a besoin de renaître,
tout simplement pour être. "Voici l'homme", dont l'ambivalence
nourrit la mystique et la politique, le désir de paix et les actes de
violence, le besoin d'amour et les manifestations de haine. C'est à cet homme
que l'Eglise s'adresse, à sa conscience personnelle, comme aux expressions
multiformes de sa culture, l'infini de ses rêves et la frustration de ses désillusions
personnelles et sociales.
"La mutation culturelle de notre temps qui
suscite souvent le pessimisme appelle l'espérance. Nous avons à établir
un pacte de sympathie avec toute la création, en retrouvant la dimension du
mystère qui est au coeur du réel.... Si la modernité semblait hier la négation
de la religion, la post-modernité est aujourd'hui la négation de cette négation.
Le moderne tout rationnel se découvre non raisonnable, quand il laisse
insatisfaits les besoins essentiels, les désirs fondamentaux, et du coup le défi
est énorme: de l'intellectuel au sensuel, faire paître l'immense troupeau de
nos sens dispersés.... Le sens du religieux se transmet peut-être moins par
le discours in-dispensable qui le dit, que par l'existence irrécusable qui
l'atteste. Claire d'Assise, sur son lit de mort, qui chante: "Béni
sois-tu, mon Dieu, de m'avoir créée", et Thomas d'Aquin, qui construit
sa Somme théologique comme une immense cathédrale aux contreforts
puissants pour mieux donner aux vitraux leur transparence à la lumière.
"Paul VI affirmait qu'entre la voie de l'intelligence
et celle de la beauté, cette dernière était le plus sûr chemin vers la vérité.
La splendeur de l'art chrétien est sans conteste un ostensoir du Christ
ressuscité eucharistié. Comme il suffit de l'étincelle pour que le feu s'éprenne,
la beauté a la secrète grâce d'éveiller l'amour. L'Amour attire. J'aime ce
vieux mot de notre langue: l'Aimance du Christ, Amour, Aimant. Les religions périssent
moins par perte de dogme ou de morale, que par manque d'émerveillement. Le
doute cartésien a été corrosif et le cogito réducteur: cogito,
ergo sum, "Je pense, donc je suis". Nous pouvons peut-être dire
aujourd'hui, en passant du subjectivisme au personnalisme: Tu es, ergo sum,
"Tu es, donc je suis". Nous sommes sans nul doute à la fin d'une époque
spirituelle de l'Europe et les témoins et acteurs d'un événement spirituel
de grande portée. Le projet vieux de trois siècles de construire un monde
sans Dieu s'est écroulé. La modernité est archaïque, le post-marxisme une
impasse et le post-moderne obsolète. L'humanité vit un nouvel âge, new
age, de son histoire. Ce n'est pas un nouveau mouvement religieux qui l'a
inventé et nous ne devons lui en laisser ni la paternité ni l'exclusivité.
C'est le Concile Vatican II qui l'affirme, voici plus de trente ans déjà,
dans sa Constitution pastorale sur l'Eglise dans le monde de ce temps:
"Le genre humain vit aujourd'hui un âge nouveau de son histoire" (Gaudium
et spes, 4). Cette mutation profonde entraîne des changements
psychologiques, moraux, religieux, considérables, et appelle de toute évidence
une nouvelle présence de la foi dans la culture. Déjà saint Irénée, le
premier évêque théologien en France l'affirme en des termes d'une force
remarquable: [Christus] omnem novitatem attulit semetipsum afferens (Adversus
haereses IV, 34, 1). Le Christ en s'offrant lui-même nous a apporté
toute nouveauté. Aujourd'hui comme hier, et plus encore au seuil du nouveau
millénaire, en ce nouvel âge de notre humanité, la tâche des chrétiens
est de faire apparaître toute la nouveauté de l'Evangile dans toutes les
dimensions de l'existence, comme source de beauté et de vérité, d'amour et
de joie."
LA DIMENSION RELIGIEUSE DU PATRIMOINE CULTUREL
Une prise de conscience se fait progressivement en nombre
de pays de l'Europe Occidentale, particulièrement en France:
l'appauvrissement, si ce n'est la disparition de la culture religieuse dans
les jeunes générations. Cette carence entraîne une mutilation culturelle,
car l'ignorance compromet l'accès à la signification d'un riche patrimoine,
composante essentielle de l'identité nationale. Pour y remédier, Dominique
Ponnau, Directeur de l'Ecole du Louvre et Président de la Commission pour la
sauvegarde et l'enrichissement du patrimoine culturel, a réuni en avril 1996,
sous le patronage conjoint des ministères de la Culture et de l'Education
Nationale, de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, un Colloque sur la
formation à la dimension religieuse du patrimoine culturel.
Les Actes viennent d'en être publiés par la Documentation
française dans un beau volume de 300 pages intitulé Forme et sens. Il
est heureux et symptomatique qu'un Etat laïc comme la France ait l'audace
d'aborder une telle question en faisant appel à toutes les compétences en la
matière: conservateurs du patrimoine, responsables culturels, artistes,
enseignants, universitaires, représentants élus de la nation, intervenants
des médias, membres du clergé.
Les uns et les autres se sont efforcés de rejoindre
l'homme dans son aspiration essentielle qui anime toute l'histoire humaine
depuis ses origines, la quête du sens, à partir d'une réflexion
interdisciplinaire sur les rapports entre la forme et le sens. Ils ont abordé
le problème capital de la formation dans un Etat laïc: comment faire
percevoir aux jeunes le sens spirituel du patrimoine religieux
consubstantiel à la culture de la nation.
Le ministre français de la culture, en ouvrant le
Colloque, n'hésitait pas à dire: ce patrimoine religieux est d'une richesse
inouïe, il constitue une part éminente du génie spirituel de la France et
de l'Europe. Il se donne à voir, à entendre, à goûter, à respirer.
Comment pourrait-on renoncer à le déchiffrer?
Le diagnostic de Dominique Ponnau est sévère: l'ignorance
dans le domaine de la culture religieuse est telle, et celle-ci a une
importance si capitale pour toute culture, que sa disparition serait d'une
gravité extrême pour notre culture, et à travers elle, pour notre société.
Que faire donc pour y remédier: quelle formation donner? A qui? Par qui?
Comment? Dans quel esprit?
Confrontant avec sérénité leurs expériences diverses et
leurs convictions convergentes, les intervenants se sont accordés pour
reconnaître la nécessité de reconstituer la mémoire et d'aider les jeunes
à se repérer dans les symboles religieux constitutifs de notre culture.
L'action est urgente et requiert beaucoup de courage chez
tous les partenaires, dans le respect de leurs compétences propres. Car
"ce qui nous manque essentiellement, pour avoir encore une compréhension
interne et intuitive de cette culture, c'est l'accès naturel à son
principe d'intelligibilité, qui n'est autre que le principe dynamique qui lui
a donné sens, dans le processus même de sa genèse historique et de son
expression formelle: la religiosité chrétienne. Ce n'est nullement une coïncidence
fortuite que la concomitance actuelle de l'affaiblissement ou de
l'affadissement de la mémoire culturelle, et de l'éloignement du plus grand
nombre vis-à-vis de la foi et de la pensée du christianisme" (J.-F.
Lavigne, p. 40).
L'INSTRUCTION RELIGIEUSE DANS L'EUROPE PLURICULTURELLE
La liberté religieuse appelle l'impartialité des Etats
devant la diversité des confessions religieuses et les choix des personnes.
La situation nouvelle de l'Europe, où s'accroissent en même temps le
pluralisme religieux et le processus unitaire, appelle une réflexion sur les
aspects culturels et juridiques du problème confrontés avec les positions
des principaux acteurs religieux: catholique, protestant, orthodoxe, juifs,
musulman. Le Salon "Ecole" de l'Education de la formation en a débattu
à Turin dans le cadre du Salon du Livre, le 22 février 1997, avec des
personnalités qualifiées des diverses confessions religieuses et les différents
statuts de la religion dans les divers Etats européens: concordat, séparation,
Eglise et Etat.
Importante est à cet égard la prise de conscience qui se
manifeste au niveau du Conseil de l'Europe, comme le témoigne le Document préparatoire
au 65ème Séminaire destiné à des enseignants en octobre 1994:
"La religion ne peut être ignorée, surtout dans le conteste de notre
société pluriculturelle. En conséquence il revient à l'école de
promouvoir, par son enseignement, une approche culturelle, sociale et
historique des religions qui soit empreinte en même temps de tolérance,
exempte de tout cléricalisme et de tout endoctrinement idéologique". Le
défi est là: proposer une information objective sur les religions sans pour
autant tomber dans une indifférence totale devant leur message.
UN FUTUR POUR DIEU AUJOURD'HUI?
Philosophie et Science s'interroguent
Très symptomatique est l'organisation à Parme, du 6 au 8
mars 1997, d'un Congrès international sur ce thème, par le Département de
Philosophie de l'Université des Etudes de la Ville. Des intervenants de
qualité, philosophes et cinéastes, économistes et sociologues, savants et
diplomates, pour une thématique qui trouve sa place dans une réflexion
interdisciplinaire universitaire: l'approche contemporaine du Sacré à
travers les diverses cultures, dans un contexte philosophico-scientifique. Les
thématiques témoignent d'une approche à la fois ouverte et rigoureuse: règles
morales et comportement économique. L'espace de la dimension religieuse dans
le discours économique (Zamagni, Bologna).
Le mal, "preuve" de l'existence de Dieu (Ciancio,
Turin). La science et la demande de sens total (Przewoznj, New York). La crise
de la philosophie moderne de la subjectivité et le problème de Dieu
(Olivetti, Rome). Est-il possible de démontrer l'existence de Dieu après
Nietzsche? (Spaemann, Münich). Que signifie "argumenter" dans le
discours sur Dieu? (Gilbert, Mexico). La requête de Dieu chez l'homme
contemporain (Ricoeur, Paris). Le fondement religieux pour le droit?
(D'Agostino, Rome). L'existence de Dieu, l'ordre biologique et la souffrance
(Zatti, Vérone). Expérience morale et existence de Dieu (Ferretti,
Macerata). Le mythe de la certitude et le risque de la vérité (Arecchi,
Florence). Origine de l'univers, intervention de Dieu? (Sanguineti, Buenos
Aires). La psychanalyse, défi salutaire pour la religion (Vergote, Louvain).
Les métamorphoses du sens religieux dans le monde d'aujourd'hui: Table ronde
avec la participation de théologiens, sociologues, ambassadeurs et cinéastes.
CENTRE CULTUREL DE L'ÉGLISE D'ORIENT
Collège de Babel pour la philosophie et la théologie (Baghdad – Iraq)
Dès l'institution du Centre nous avons commencé à intéresser
les intellectuels, les artistes et ceux qui sont engagés dans les Mass Media,
à des rencontres, des initiatives et à une bibliothèque spécialisée. Le
travail réalisé jusqu'à aujourd'hui (mars 1996) comprend: 1. la
publication d'un premier volume d'une série de publications, intitulé: L'Eglise
au cours de l'histoire (1995) du P. Vincent Van Vossel, Rédemptoriste
belge et professeur au Collège de Babel, écrit en arabe; 2. une
exposition artistique des oeuvres d'une vingtaine d'artistes irakiens chrétiens
dans le grand Culb al-Ulwiya à Bagdad, au cours du mois d'octobre 1995, à
l'occasion du Synode Général Patriarcal de l'Eglise Chaldéenne; 3. la
formation du "Cercle des Intellectuels et Artistes chrétiens" à
Baghdad, qui a comme but de se réunir une fois par mois et d'avoir tout genre
d'activité au long de l'année présentant un intérêt pour la culture avec
une accentuation de la présence chrétienne; 4. l'acquisition de
livres spécialisés susceptibles d'intéresser un nombre plus grand de
lecteurs et de chercheurs, chrétiens et musulmans; 5. un plus grand
intérêt envers le patrimoine chrétien, et la conclusion d'un contrat avec
l'Université de Leiden (Institut Peshitta) concernant les manuscrits
syriaques et arabes chrétiens d'Iraq (février–mars 1996), et,
prochainement, avec une Société italienne pour le patrimoine archéologique
chrétien; 6. la sensibilisation de la culture, grâce à
plusieurs conférences tenues par Joseph Habbi dans des Universités, Cercles
et Clubs culturels d'Iraq, en présence d'intellectuels chrétiens et
musulmans. 7. A l'occasion des célébrations du troisième Millénaire,
nous espérons arriver à faire plus, pour que la présence chrétienne,
depuis des siècles très vive et efficiente, soit encore lumière de salut.
Joseph Habbi, Directeur
UNITED NATIONS ORGANISATION
Human rights, development and democratization for a culture of peace
The Report on the work of the United Nations
Organisation, presented by the Secretary General on the occasion of the
UN's fifty-first session, concluded with a reference to the prevention of
conflicts and the duty to work for human development. "Development and
democratization are, potentially, the most effective ways of preventing
conflicts. So the United Nations Organisation hopes that the immediate
requirements for maintaining peace and humanitarian aid will not compromise long
term action in favour of human progress... Supporting democratization is a
new direction for the work of the Organisation. Assistance at elections is
being developed while, in a growing number of member states, the means of
helping societies to prepare the institutional and cultural ground to
foster democratization are being strengthened" (cf. United Nations, 51st.
General Assembly, Report of the Secretary General on the work of the
Organisation, 20 August 1996).
UNESCO: THE CULTURE OF CITIES
The Director General of UNESCO, Federico Mayor, offers a
series of reflections on the issues facing cities in the 21st. century.
"There are three issues facing cities in the 21st.
century: instituting democracy in cities and the creation of a true urban
community, mastering urban development and consequently the government of
cities, and mastering urban techniques, particularly in the current transition
to a renewed sense of general interest and to more flexible negotiations
between the public and private sectors.
"Urbanisation could bring about social improvements,
better access to information, education, health, diversification and
enrichment of life styles and cultural exchanges. But this all requires equal
access to cities. UNESCO intends to act simultaneously in two areas: knowledge
and practical action.
"Cities are an essential intermediate link between the
individual and the state: local democracy and civic pride are its moral
cornerstones. Social apartheid, on the other hand, is the sign of its decay.
Civic pride makes sense only in the context of a sense of urban solidarity
which is part of a culture of cities, which itself is neither part of a
homogeneous international culture, nor a heterogeneous mosaic of antagonistic
cultures, but something linked to an awareness of the place and of belonging
to a metropolitan community.
"Cities are a heritage for all and every city has
its own cultural personality.... The arts should work on behalf of cities,
in an interdisciplinary approach which will encourage the emergence of a new
generation of builders. The architecture of the 21st. century needs to achieve
a difficult balance between modern techniques which require little effort and
worthy technical and aesthetic traditions which it would be harmful to ignore.
"Envisaged in this way, strategic city planning is
nothing other than durable urban development.... A city which serves man or,
in other words, individuals, relations between individuals and human
relationships, demands equal access for its whole population to all modern
means of communication and information.... The citizen of tomorrow will need,
above all, to be well adapted to the urban environment. So from an early age
he or she will need to be educated to see the city as a place where one can
organize one's own life. Respect for oneself and for others needs to become a
reflex action" (cf. F. Mayor, "Habiter l'Avenir", Le
Courrier de l'UNESCO, September 1996, p. 38-39).
COUNCIL OF EUROPE
Laying new foundations for cultural co-operation in Europe
Raymond Weber, Director of education, culture and sport at
the Council of Europe, offers an analysis of cultural co-operation in Europe,
on the eve of the year 2000.
Cultural policies and cultural co-operation itself have
changed profoundly since 1989. There are many different reasons for this.
Raymond Weber would include the following among the most significant ones: on
the one hand, globalisation, with its essentially economic
"logic" and, on the other, the search for cultural identity on the
part of regions and minorities; a blurring of the traditionnel distinction
between "professionals" and "amateurs", between cultural
initiators and "the public"; a modification of our life styles
and our cultural habits, particularly influenced by globalisation and new
technologies; a change in the concept of "culture", the
content of which is becoming vague and hard to define; the dangers of
increased "instrumentalisation" of the arts and of culture at
the behest of economic development, or a city or region's image; a weakening
of the welfare state, the fruit not only of a difficult economic situation
but also of a crisis in the "content" of cultural policy; the
proliferation of partners in cultural policies.
These phenomena affect cultural co-operation in Europe:
while there is artistic creativity, what is often lacking is a corresponding
capacity for circulating information, for encouraging exchanges, for proposing
forums to all involved. There is a growing discrepancy between the
expectations of the forces behind cultural co-operation and cumbersome
inter-governmental or community structures. "Financial support for
cultural co-operation in Europe remains derisory and hardly enables European
organizations to play a "formative" role in co-operation... in view
of the important challenge faced by European cultural co-operation and the
burgeoning creativity in research and the arts, it seems to me that there is a
curiously low level of debate in this area".
Raymond Weber puts forward several proposals for facing the
present situation: relaunch the debate, in a way which is
interdisciplinary, decompartmentalised, more democratic and open; give a
clearer affirmation to the European dimension of cultural co-operation; lay
a new basis for this cultural co-operation in terms of its content,
methodology and structures; face the question of the institutional
frameworks of co-operation.
"A great many questions and – at least for the
moment – very few answers... If, however, the forces involved in European
cultural co-operation are willing to join together in an effort to reflect on
what is at stake, to define new "rules of the game" and to try out
new ways of working and new structures, we shall be able to move into the next
century with confidence".
Cf. R. Weber, "Pour une refondation de la coopération
culturelle européenne", Circular. Recherche et documentation sur les
politiques culturelles, n. 4/5 (1996) p. 2 (English), p. 3 (Français).
Slovenia's Cultural Policy
At the Council of Europe's Committee for Culture's 13th
meeting, held from 25 to 27 November 1996 in Strasbourg, Slovenia presented to
the delegates of states which had signed the Convention on Cultural
Co-operation in Europe the cultural policy it has pursued since becoming
independent.
Led by the culture minister, professor Janez Dular, the
Slovenian delegation outlined the lighter and darker sides of being a young
independent state. First in line to join NATO and the European Union, Slovenia
is experiencing a certain weakness due largely to having a small population.
It is easy to see that a strong cultural policy is the only way to protect and
develop Slovenia's cultural heritage. Fortunately, the stipulations for such a
policy have already been met: on the one hand, Slovenia's culture remained
intact under communism, and its influence has continued to grow; on the other
hand, unlike what has happened in many countries, the cultural budget in
Slovenia has so far continued to increase.
Basically, the present state of culture in Slovenia can be
understood only with reference to the period from 1947 to 1991. There was
always a certain freedom of movement in cultural affairs, as long as cultural
programmes were not suspected of going beyond their limits. However, during
this period, the immense cultural heritage of the Church was not protected as
it should have been, because the communist régime was afraid that cultural
support for the Church might have increased its influence on the population.
The cultural norms from the communist period are still operative. They
guarantee a level of quality in culture, but one feels the absence of any new
and dynamic cultural planning: one has to admit that there is a certain
stagnation in cultural policy.
Despite its political history, there has been continuity in
Slovenia's cultural policy. Slovenes have always tried to defend their
cultural identity against communism. This was possible because cultural
institutions were, at least in theory, legally constituted and independent in
the exercise of their own cultural policy. This is so true that the minister
affirmed that it would be wrong to speak of "ex-Yugoslavia" in the
case of Slovenia, inasmuch as there has never been any Yugoslavian cultural
policy in Slovenia. Quite simply, the separation of Slovenia and ex-Yugoslavia
was essentially the fruit of Slovenian culture.
The Concil of Europe's experts whose task it was to examine
this cultural policy made quite a significant observation. This is a unique
case among countries formerly under communist rule. Having kept its cultural
infrastructure and budget, Slovenia need not be considered, culturally, as a
country in transition. The changes in 1989 were an evolution in Slovenian
cultural policy, not an interruption. In the opinion of these experts, the
current lack of progress could be remedied, thanks to the number of cultural
institutions throughout the country.
Its culture makes Slovenia a specific and original case
among the republics which once made up Yugoslavia. Cultural minorities have
little impact there and make up less than 1% of the population, and yet it has
a good policy towards the Hungarian and Italian minorities, who have two seats
in the Slovenian Parliament. Bearing in mind the size of the country, it could
be thought useful to develop further international co-operation in literature,
particularly the translation of Slovenian literature, and the publication in
Slovenia of foreign works.
At present, the state finances quite a number of
institutions, 85% of which are state run. In future, the Slovenian government
will no longer finance cultural institutions, but cultural programmes of
value. The financing of many museums will be dealt with by regions or local
authorities. The minister foresees the creation of a foundation for financing
important cultural projects not yet linked to any institutional programme. At
the moment a formation programme for administrators of cultural institutions
is getting under way, but there are also problems, yet to be faced, in the
relationship between artists and the demands of commerce, and that between
culture and tourism.
So Slovenia needs to develop its culture industry to avoid
being colonised and to spread its own culture abroad. The suppression of state
finance for cultural institutions ought to stimulate the production of quality
programmes, as they alone will be eligible for public funding. There is a long
road ahead before the public and private spheres are fully in tune, something
which will guarantee Slovenia a successful transition to the 3rd Millennium.
HONG KONG: STUDYING CHINESE CULTURE
The first interdisciplinary academic centre for the
promotion of studies on religion, society and culture in China officially
opened on 30 November 1996 in Hong Kong.
The Center for the Study of Religion and Chinese Society
(CSRCS) has been founded and organised by Chung Chi College at the Chinese
University of Hong Kong. This new institute brings under one roof the study of
religion and Chinese philosophy, as well as anthropology, theology, sociology
and fine arts and literature, and especially Chinese architecture, music,
language and literature.
According to Archie Lee Chi-Chung, director of the CSRCS,
this institute is all the more necessary given that contemporary society
"has neglected the rich religious elements of Chinese culture. Chinese
people generally do not see religion as something to be studied. But this
attitude has changed in recent years, and not only in Hong Kong, but also in
China and Taiwan".
Cf. Zhonglian. Relais France–Chine, No. 71
(February 1997) p. 8.
FINDING A PLACE FOR THE GOSPEL IN DANISH CULTURE
The Pontifical Council for Culture was visited in January
1997 by Dr. Oluf Bohn, a Catholic academic from Århus in north-western
Denmark. Dr. Bohn's response to the Council's questionnaire which has
been part of the preparation for the forthcoming Plenary Assembly was a very
honest and even alarming depiction of the task facing Christians trying to
live and share their faith in the Nordic region. The primary mission in
Denmark is to see realistically what is going on at present: it seems that the
culture is dominated by the belief that economics can answer almost every
question, and by an extreme conviction that self-fulfiment is people's
main aim in life. A second stage of mission might be to purify and baptise
this side of Danish culture, perhaps with the aid of the approach of the Greek
Fathers of the Church.
Christianity is a distant memory for many Danes, and does
not figure at all in the lives of many. Contemporary wisdom on mission to
countries dominated by other religions seems to stress the need for respect
for that religion, in order to be an attractive presence which will draw
people in ways other than direct evangelization: the situation is reversed
where Danes are not very religious now, though they have an ancient Christian
culture. The Catholic Church is less than 1% of the population, and the
majority of Catholics are foreign-born or the children of immigrants, so the
inculturation of Catholicism in Denmark seems both urgent and incredibly
complicated. In Dr. Bohn's own home parish there are 56 nationalities, the
larger groups being from Sri Lanka, Vietnam, Poland and Spain. There seems to
be a reluctance among younger clergy and many lay people to enter into a
dialogue with Danish culture, although there would be opportunities in
newspaper articles on Catholic traditions or on Christianity generally, to
give just one example. There is also a Theology and Natural Sciences Forum,
but there is little echo in the Catholic population. At the same time there is
great support for various pious movements, which concentrate on individual
spirituality: this seems to reflect, to some extent, the confused situation
within the Danish Lutheran Church. The Lutherans are suffering from a certain
division between a very ecumenical group and a very strict, existentialist,
anti-ecumenical wing. Die innere Mission, a more pietistic group, are
more open to dialogue. Any disunity within Christianity can only slow down the
process of evangelization. And its twin process, inculturation, can proceed
only when Denmark's Catholics feel both Danish and Catholic.
There are many possibilities, but the Church will always
need to work carefully. In Denmark there is a phenomenally strong
anti-authoritarianism, so the presentation of the Gospel and the Catholic
faith needs to be presented convincingly as the way to genuine
self-fulfilment. The Christian inspiration behind the growing number of
hospices for terminally ill people can, slowly but surely, prove the
resilience of Christian hope and love. And Catholic social teaching, if it
were known better, would certainly strike a harmonious chord with most Danes.
Perhaps, in time, it will be possible for Catholics to move from a slightly
fearful passivity towards culture to a quietly confident patience.
In a lecture given in Iceland in August 1995, Dr. Bohn had concluded that one
of the best ways out of a defensive siege mentality might be the formation of
small Christian communities. Presumably, apart from those new ones which form
spontaneously, there are great possibilities here for recognised ecclesial
movements.
RECENT DEVELOPMENTS IN THE PUBLISHING WORLD
The review Communication Research Trends (edited by
Brother William E. Biernatzki sj of the Centre for the Study of
Communication and Culture at Saint Louis University) recently published a
lengthy article by Marcia Wynne Deering on "Book Publishing",
indicating major recent developments and reflecting on cultural implications.
It concludes with a rapid survey of a few national cases. Argentina's current
political and economic stability have broken the virtual monopoly of Spanish
publishers, so people have access to a hugely increased number of
domestically-produced and foreign books. Cultural self-assertion has been
behind a massive expansion in Canadian book publishing, built on a deliberate
policy of encouraging authors to write and publish. China's book industry is
completely state-run, and very active in promoting and controlling cultural
awareness and development. The recent meteoric growth of publishing in Taiwan
may be explained by the dense concentration of readers of Chinese, English and
Japanese – the three largest sources of books by language. Taiwan and South
Korea may have the largest potential for growth in the area of book publishing
next century. A great interest in the history of culture and readership, as
well as censorship, is focused on France, where the increase in new titles is
matched by a drastic decline in readership, as in many other countries. M. I.
Alekseeva, of Moscow State University, adds a section on publishing in Russia.
It has moved from grossly inefficient centralisation – which gave rise to a
black market in books – by way of a joint venture in market research by the Knizhnaya
Palata [Book Chamber] and Knizhnoye Obozreniye [Book Review
Newspaper] to a situation of greater independence for publishers, as from the
beginning of 1988. The sad result is chaos, and an alarming scarcity of
technical and educational publications; as ever in market development, smaller
enterprises are vanishing, and consolidation of the survivors will stabilise
the industry. In her conclusion, Marcia Wynne Deering points to the need for
each country "to balance its cultural and political interests against the
challenges and advantages of multinational corporations and foreign
competitors" – she insists that "domestic publishing houses...
remain vital to the various nations for maintaining or establishing each
culture's self-identity and history, and promoting cultural awareness".
Despite the undeniable prominence of English, "the importance of
indigenous languages... is growing throughout the world". This point is
echoed in Brother Biernatzki's Afterword: "the continued pursuance
of a nation's cultural values can only be guaranteed in its books –
especially its textbooks – if key publication management decisions are made
by domestic, rather than foreign managers". Other issues include the
technological revolutions in publishing and book production, as well as
electronic media and their relationship to the traditional printed book: the
big problem in the disappearance of smaller companies is the subjection of
many other values to efficiency and profit. On a very positive note, it is
pointed out that religious publishing in the United States of America was
"booming": in the current climate, religious publishing houses would
be "plum" targets for takeover, and would benefit enormously
financially, but "both religious publishers and those in the arts and
humanities should weigh the possible consequences carefully before entering
into mergers or selling out to large corporations, if they hope their
enterprises will continue to fulfill their original goals".
COMPUTERS, INTERNET, PRIVACY, RELIGION AND OTHER ISSUES
The expansion of Internet use is acknowledged to be
exponential, and this is beginning to be reflected in the abundance of
literature on the subject. A very useful guide to some of this literature is
to be found in issue 2 of the 1996 volume of the review edited by Brother
William Biernatzki sj, Communication Research Trends, which examines
some of the implications of computer-based communications. The introduction to
this issue insists that failure to adapt to the computerized environment will
lead people to the same fate as the dinosaurs suffered when their environment
changed, but the articles which follow raise some important questions. In the
United States of America, about 8.4 million adults and 1.1 million children
under 18 were using Internet regularly by June 1996: most use it from home,
and mostly for electronic mail and private amusement rather than complex
information transfer. Two vulnerable points are use by political groups (and
other, quite undesirable purveyors of information) and increasing technical
complexity. Privacy is seriously threatened by unscrupulous users of
computer networks, and even by the fact that a computer records everything it
does – and this information can be useful to insurance companies and all
sorts of others. Urban hermits are a growing number of people who
communicate almost exclusively by computer in what has been described as
"a fragmented society of technological haves and have-nots", where
there is a tendency to respond to media images rather than make judgements
based on facts about problems of substance. However, on the positive side,
Internet is able to save people enormous amounts of time. Less Developed
Countries are hampered by various technological, economic, political and
social barriers.
Religion is also affected. Sermon texts and revival
meetings have made way for radio sermons and televised services. Now "the
interaction of religious life with the developing electronic media has raised
questions not only of the individualization of some people's religious lives
but also of new forms of electronic religious communities". But the
current yen for intimate community will probably not allow secondary
relationships – electronic congregations whose practices are centred in the
home – to take over completely.
Rapid technological development has brought us to a point
where "technique" is what counts most. Technology "affects all
the cultural institutions and social groups which define our everyday
lives", and "reinforces rampant consumerism, which many feel
threatening to true humanization". Understanding and being able to cope
with technology will need to be an important part of educational programmes.
Implications on the media and libraries are also considered in the articles,
which draw to a close with some questions of a more philosophical nature: how
real is Internet and what kinds of personal relationships will it foster? What
will virtual reality do to knowledge? Is technology really a threat? The
conclusion of the compiler of the articles is quite a positive welcome for
these developments. Brother Biernatzki provides a very honest afterword,
balancing the good and bad points and highlighting the risks to human
relationships and to social structures and values. He has some good advice for
religious leaders and these very sober words sum up his approach: "while
preparing ourselves to enjoy the obvious benefits of the new technologies we
should stand back from them, from time to time, to make sure we are using them
in the right ways".
Cf. Communication Research Trends Volume 16 (1996)
Number 2, published by the Centre for the Study of Communication and Culture
at Saint Louis University.
UNIÓN EUROPEA: EL TRABAJO CULTURAL REGIONAL
Desde hace años, los responsables del fomento y desarrollo
de los recursos de la Unión Europea vienen pidiendo que se reconozca el papel
de la cultura para la construcción de una nueva sociedad. Desde 1993 han
empezado a afianzarse dos ideas con futuro: un nuevo concepto de trabajo, que
se diferencia del de empleo, y la convicción de que el terreno privilegiado
para la aplicación de este nuevo concepto es el campo de la cultura.
Dada la capacidad de la cultura de contribuir al desarrollo
regional, una parte de los Fondos Estructurales para el desarrollo económico
se destinan a la cultura. La cultura modifica, en efecto, la imagen
diferencial de una región, y refuerza el sentido de identidad de sus
habitantes. Al crear centros de atracción para los turistas se disminuye su
afluencia hacia zonas superpobladas. La cultura genera empleo a escala
regional y local por la pequeña y media empresa que surge para los servicios
de información y acogida del público. Dada la movilidad creciente de los
europeos, que buscan, no sólo un empleo, sino también un ambiente y una
calidad de vida de cierto nivel, la promoción de la cultura supone
revalorizar los recursos locales con vistas a un desarrollo estable.
"Europa es una batalla que aún no está ganada. Y sólo
pueden ganarla sus ciudadanos. No habrá Europa sin ciudadanos. No habrá
ciudadanos sin cultura. No habrá cultura sin centros culturales y sin
creadores. No habrá creadores sin comunicación. Y no habrá comunicación
sin redes de comunicación".
La Unión Europea ofrece ayudas para fines precisos a los
países de Europa central y oriental que hayan presentado su candidatura para
unirse a los quince estados miembros. Sería deseable que se introduzca un
apartado de "cultura" en estos fondos de ayuda específica, pero
ello depende en gran medida de los países destinatarios, pues son los estados
los encargados de definir sus propias prioridades.
Los Fondos Estructurales, que ya dedican a la cultura un
2,8 % de su presupuesto —aunque esto es más porque se tolera que como fruto
de una elección positiva— podrían asumir más conscientemente esta dimensión,
pues la cultura es uno de los sectores que más contribuye a la creación de
empleo, con un potencial de innovación elevado y con una gran productividad
de la inversión.
Cf. Helena Vaz da Silva, Communication à la réunion
annuelle des Réseaux Centres Culturels en Monuments et Sites Historiques,
Varsovie, 4 de mayo de 1996, Découvertes. Centro Nacional de Cultura,
Lisboa, nº 7 (1996) p. 3, 6.
PAX ROMANA – MOVIMIENTO DE INTELECTUALES CATÓLICOS
El Movimiento Internacional de Intelectuales Católicos
retoma la publicación de PAX ROMANA – MIIC Nouvelles, interrumpida
en mayo de 1992 por razones económicas y de personal. El primer número de la
nueva etapa está dedicado a la 27ª Asamblea Plenaria del Movimiento,
celebrada en Dobogokö (Hungría) del 28 de julio al 2 de agosto de 1996. El
documento final de dicha Asamblea dedica un amplio espacio a la situación
cultural, y en particular al fenómeno de la fragmentación cultural e
ideológica.
"A pesar de los procesos de interrelación y de
globalización en curso, las viejas —y nuevas— heridas, las quejas y los
miedos, pueden llevar hacia formas de conducta tribal muy enraizadas y
agresivas, que rechacen los modos comunitarios de convivencia, respetuosos con
las diferencias, que antes existían. [...]
"Algunas de las fracturas más profundas conciernen
directamente a formas diversas de fundamentalismo ideológico, racial,
cultural y religioso. En estos casos, la búsqueda de identidad, de coherencia
y de sentido se unen a la agresividad, la into-lerancia y el rechazo de los
que no comparten los mismos valores y puntos de vista ideológicos o
religiosos. Esta tendencia es mucho más profunda de lo que se piensa, y se
manifiesta en todo el mundo, sin distinción de cultura, de país o de religión.
"Es una tendencia tanto más peligrosa cuanto que toca
a la zona de lo simbólico ligada a todas las actitudes y conductas humanas.
En ciertos países y culturas este tipo de fractura pone en peligro la vida
comunitaria misma, porque erosiona los fundamentos y las fuerzas que unen a la
comunidad. A esta tendencia se une también la práctica de formas
particularmente preocupantes de intolerancia y de agresión con respecto a los
inmigrantes en ciertos países (especialmente en los países desarrollados de
Europa, pero no sólo).
"Hay otras fracturas que están unidas a las
anteriores; conciernen a la vida familiar, a sus estructuras y prácticas
basadas en la diversidad de sexos, a la distancia creciente entre
generaciones, a las relaciones entre escuela y familia en la educación de los
niños, y —especialmente importante en África y Asia— al equilibrio
crucial entre los valores de la tradición, por una parte, y la cultura
moderna y sus modos de vida por otra. Se trata de fracturas que con frecuencia
están en la base de otras que acaban en conflictos y tragedias".
El Movimiento observa cuántos intelectuales juegan un
papel activo en la definición y desarrollo de los criterios, de las políticas
y de las actuaciones concretas en materia de justicia y de paz. Aunque se
justifique por su competencia científica o técnica, esta contribución de
los intelectuales implica siempre unos valores. Desde el punto de vista de los
intelectuales católicos, esta contribución a las grandes orientaciones y
opciones de la sociedad debe situarse siempre en el contexto de opciones éticas
claras, inspiradas en el Evangelio y en la Doctrina Social de la Iglesia.
Como conclusión de su Asamblea Plenaria, el MIIC formuló
varias orientaciones importantes: "La identidad misma de Pax Romana
está ligada a la consecución de la paz, de la justicia y de la solidaridad
universal, sobre la base del mensaje de salvación del Evangelio, dentro de un
total respeto y apoyo de la identidad y desarrollo de todas las culturas
particulares y de la comunidad humana. La Asamblea comprende de este modo el
sentido de la catolicidad por la inculturación del Evangelio.
"La celebración de los Jubileos es una ocasión magnífica
para reapropiarse la memoria de la historia del Movimiento con vistas a la
profundización de nuestra identidad y al fortalecimiento de nuestra
espiritualidad en cuanto Movimiento católico de intelectuales y
profesionales. [...]
"Hay que prestar una atención muy especial al
importante papel que juega el MIIC dentro de la Iglesia católica. En cuanto
movimiento laico de profesionales y de intelectuales, el MIIC ha de tomar cada
vez más en serio su función para la evangelización del mundo moderno y para
el desarrollo del pueblo de Dios".
Cf. PAX ROMANA - MIIC Nouvelles, n° spécial 27ème
Assemblée Plénière, septiembre de 1996; n° 2, diciembre de 1996.
DECLARACIÓN DE EL ESCORIAL SOBRE EL PATRIMONIO
CULTURAL
Delegados diocesanos de patrimonio cultural de numerosas diócesis
españolas, representantes de las Asociaciones Nacionales de archiveros eclesiásticos,
de directores de museos de la Iglesia, de musicólogos eclesiásticos del
Departamento cultural de la CONFER, así como expertos y colaboradores del
Secretariado Nacional, reunidos en El Escorial (Madrid) con motivo de la
celebración de las XVI Jornadas Nacionales del patrimonio cultural de
la Iglesia en España, presentaron al final de las mismas la Declaración
que reproducimos a continuación.
1. Llamamos Patrimonio Cultural de la Iglesia a
los bienes culturales que la Iglesia creó, recibió, conservó y sigue
utilizando para el culto, la evangelización y la difusión de la cultura. Son
testimonio y prueba de la fe de un pueblo. Son, también, creaciones artísticas,
huellas históricas, manifestaciones de cultura y civilización.
2. Este Patrimonio nace y se hace para el culto y la
evangelización. Éste es su fin primario y propio; es, también, su primer
fin social.
3. Los lugares y edificios destinados al culto y reunión
de los creyentes a lo largo de casi veinte siglos, y para actos y comunidades
variadísimas, han dado origen a su Patrimonio Inmueble, arquitectónico-monumental;
los numerosos objetos para el culto y la catequesis, como retablos pinturas,
esculturas, tejidos, orfebrería, etc., forman su Patrimonio Mueble;
los manuscritos, libros y documentos que recogen y reflejan la vida del pueblo
de Dios —su memoria escrita— constituyen su Patrimonio Documental.
Todos ellos son huella e instrumento de evangelización.
4. La Asociación Nacional de Archiveros Eclesiásticos
desea que se reco-nozca el servicio que se presta a la sociedad, no sólo
desde los importantes archivos catedralicios, diocesanos o de los grandes
monasterios, sino también desde los treinta mil archivos parroquiales o
similares, como instrumento de investigación.
5. Desea poner de manifiesto, además, los valores
evangelizadores de los archivos eclesiásticos, memoria viva de la Iglesia de
Cristo, de todas las edades y para todas las generaciones de creyentes.
6. Propone como preparación al año 2000, exposiciones
y estudios de los fondos archivísticos por áreas. Así: Religiosidad
Popular, Cofradías o Hermandades, Instituciones de Enseñanza, Hospitales y
Beneficencia, Genealogías, Heráldica, Pergaminos, Manuscritos y otros.
7. La Asociación cuida y estimula la cualificación de
sus miembros para dirigir los archivos, utilizando las nuevas tecnologías. La
Guía de los Archivos y Bibliotecas de la Iglesia en España y las
publicaciones de sus series Ecclesiae Vita o Memoria Ecclesiae, así
lo ponen de manifiesto.
8. La Asociación Nacional de Directores de Museos de
la Iglesia desea insistir en la importancia de la asignatura o enseñanza del
origen y sentido del Arte Sacro en los Seminarios y Universidades; en incluir
en la Formación Permanente del Clero estos temas o estudios; en cuidar la
adecuada formación de guías para mostrar los Bienes Culturales de la
Iglesia, afectados para el culto y la evangelización, y los Museos de Are
Sacro, con su especificidad, lo que conlleva, además de los aspectos históricos
y técnicos, el dato religioso y su fin evangelizador y catequético.
9. Desea que se reconozca el servicio pastoral y
cultural que se presta a la sociedad y a la Iglesia desde los 500 Museos de
Arte Sacro o colecciones eclesiásticas abiertos en España.
10. Deseamos alentar, cuidar y cultivar, a nivel
nacional, regional y dioce-sano, encuentros de diálogo y cooperación con
artistas y creadores actuales, en relación con el arte sacro y la nueva
evangelización, "para que puedan juntar su voz a aquel admirable
concierto que los grandes hombres entonaron a la fe católica en los siglos
pasados".
11. Mantener vivas y operativas las Comisiones Mixtas,
a todos los niveles: con el Estado, con los Gobiernos autonómicos y con otras
instituciones para la realización del Inventario completo de los Bienes
Culturales de la Iglesia, para el desarrollo del Plan Nacional de Catedrales y
Planes Directores, para incrementar los mecenazgos, etc. Deseamos un mejor
conocimiento, catalogación, estudio, utilización e incremento de los Bienes
Culturales de la Iglesia, de conformidad con sus fines propios y originarios,
como un servicio a la Iglesia y a la sociedad.
12. Finalmente, manifestamos que los servicios técnicos
del Secretariado Nacional de la Comisión Episcopal sigan con su plan de
publicaciones especializadas, con la publicación de nuestras dos revistas Patrimonio
Cultural y Ars Sacra, con la redacción del Plan Pastoral para este
trienio, organizando proyectos evangelizadores y culturales, desde los Bienes
Culturales de la Iglesia, como la preparación al año 2000, así como la
celebración anual de las jornadas nacionales, instrumentos idóneos para una
continuada y mayor cualificación para cuantos servimos a la Iglesia y a la
sociedad desde el campo de la cultura. El Escorial, 27 de junio de 1996
Cf. Ecclesia nº 2.806, 14 de septiembre de 1996,
pp. 12 (1340)–13 (1341).
EXPOSICIÓN INTERNACIONAL DE BELENES
Del 7 de diciembre de 1996 al 12 de enero de 1997 ha tenido
lugar en las "Salas de Bramante" de la Piazza del Popolo en
Roma la XXI Exposición de 100 belenes internacionales, con más de 200
belenes de 18 países y de 13 regiones italianas, realizados por artistas,
artesanos, escuelas o asociaciones, con técnicas y materiales muy diversos.
Algunos de ellos muy originales: de sal, de chocolate, de pan, de mazorcas de
maíz, de papel de seda; o bien hechos en miniatura, dentro de cáscaras de
almendra, de nuez, de cacahuete; o construidos por ordenador. La exposición
ha sido patrocinada por el Presidente de la República Italiana y por la
Conferencia Episcopal Italiana. En la inauguración estuvieron presentes S.E.
Mons. Giovanni Marra, Ordinario Militar para Italia, el Dr. Musio, Prefecto de
Roma, y una nutrida representación del Cuerpo Diplomático ante el Quirinal y
ante la Santa Sede.
Cf. Rivista delle Nazioni [Trimestrale Culturale
Informativo. Speciale: La cultura del Presepe] 28 (1996/3). Piazza d'Aracoeli,
12 – 00186 Roma
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