PLENARIA 1997
L'ÉVANGILE, BONNE NOUVELLE POUR LES CULTURES
Dans la matinée du vendredi 14 mars 1997, le Souverain Pontife
Jean-Paul II
a reçu les Participants à l'Assemblée Plénière du Conseil Pontifical de la
Culture.
Au cours de la rencontre le Saint-Père a prononcé le discours suivant.
JEAN–PAUL II
Messieurs les Cardinaux,
Chers Frères dans l'Episcopat,
Chers amis,
1. C'est avec joie que je vous accueille ce matin, au
terme de votre Session Plénière. Je remercie votre Président, Monsieur le
Cardinal Paul Poupard, d'avoir rappelé l'esprit dans lequel se sont déroulés
vos travaux. Vous avez réfléchi à la question de savoir comment aider
l'Eglise à assurer une présence plus forte de l'Evangile au coeur des
cultures, à l'approche du nouveau millénaire.
Cette rencontre m'offre l'occasion de vous le redire:
"La synthèse de la culture et de la foi n'est pas seulement une exigence
de la culture, mais aussi de la foi" (Lettre de fondation du Conseil
Pontifical pour la Culture, 20 mai 1982). C'est ce que les chrétiens
fidèles à l'Evangile ont réalisé au long de deux millénaires dans les
situations culturelles les plus diverses. L'Eglise s'est le plus souvent
insérée dans la culture des peuples au milieu desquels elle s'est implantée,
pour la modeler selon les principes de l'Evangile.
La foi au Christ Incarné dans l'histoire ne transforme pas
seulement intérieurement les personnes, mais elle régénère aussi les peuples
et leurs cultures. Ainsi, à la fin de l'Antiquité, les chrétiens, qui
vivaient dans une culture à laquelle ils devaient beaucoup, la transformèrent
de l'intérieur et lui insufflèrent un esprit nouveau. Lorsque cette culture
fut menacée, l'Eglise, avec Athanase, Jean Chrysostome, Ambroise, Augustin,
Grégoire le Grand et bien d'autres, transmit l'héritage de Jérusalem,
d'Athènes et de Rome, pour donner naissance à une authentique civilisation
chrétienne. Ce fut, avec les imperfections inhérentes à toute oeuvre humaine,
l'occasion d'une synthèse réussie entre la foi et la culture.
2. De nos jours, cette synthèse fait souvent défaut et
la rupture entre Evangile et Culture est "sans doute le drame de notre
époque" (Paul VI, Evangelii nuntiandi, nº 20). Il y a là un
drame pour la foi, car, dans une société où le christianisme semble absent de
la vie sociale, et la foi reléguée dans la sphère du privé, l'accès aux
valeurs religieuses devient plus difficile, surtout pour les pauvres et les
petits, c'est-à-dire pour la grande majorité du peuple qui se sécularise
insensiblement, sous la pression des modèles de pen-sée et d'agir propagés
par la culture dominante. L'absence d'une culture qui les soutienne empêche ces
petits d'accéder à la foi et d'en vivre pleinement.
Cette situation est aussi un drame pour la culture qui, du
fait de la rupture avec la foi, traverse une crise profonde. Le symptôme de
cette crise, c'est d'abord le sentiment d'angoisse qui provient de la conscience
de la finitude dans un monde sans Dieu, où l'on fait du moi un absolu et des
réalités terrestres les seules valeurs de la vie. Dans une culture sans
transcendance, l'homme succombe à l'attrait de l'argent et du pouvoir, du
plaisir et du succès. Il rencontre aussi l'insatisfaction provoquée par le
matérialisme, la perte du sens des valeurs morales et l'inquiétude devant
l'avenir.
3. Mais, au coeur d'un tel désenchantement, il
subsiste toujours une soif d'absolu, un désir de bien, une faim de
vérité, un besoin d'accomplissement de la personne. C'est dire l'ampleur de la
tâche du Conseil Pontifical de la Culture: aider l'Eglise à opérer une
nouvelle synthèse entre la foi et la culture pour le plus grand bien de tous.
En cette fin de siècle, il est essentiel de réaffirmer la fécondité de la
foi dans l'évolution d'une culture. Seule une foi source de décisions
spirituelles radicales est capable d'agir sur la culture d'une époque. Ainsi,
l'attitude de saint Benoît, ce patricien romain qui abandonna une société
vieillie et se retira dans la solitude, l'ascèse et la prière, fut
déterminante pour la croissance de la civilisation chrétienne.
4. Dans son approche des cultures, le Christianisme se
présente avec le message du salut, reçu par les Apôtres et les premiers
disciples, pensé et approfondi par les Pères de l'Eglise et les théologiens,
vécu par le peuple chrétien, en particulier par les saints, et exprimé par
ses grands génies théolo-giques, philosophiques, littéraires et artistiques.
Nous avons à annoncer ce message aux hommes d'aujourd'hui dans toute sa
richesse et toute sa beauté.
Pour ce faire, chaque Eglise particulière devrait avoir un projet
culturel, comme c'est déjà le cas de tel ou tel pays. Au cours de cette
Assemblée plénière, vous avez consacré une part notable de vos travaux à
considérer non seulement les enjeux, mais aussi les exigences d'une
authentique pastorale de la culture, décisive pour la nouvelle
évangélisation. Venus d'horizons culturels variés, vous faites connaître au
Saint-Siège les attentes des Eglises locales et les échos de vos communautés
chrétiennes.
Parmi les tâches qui vous reviennent, je souligne quelques
points qui requièrent de votre Conseil la plus grande attention, tels que la
mise en place de Centres Culturels Catholiques, ou la présence dans le monde
des médias et dans le monde scientifique pour y transmettre l'héritage
culturel du christianisme. Dans tous ces efforts, soyez particulièrement
proches des jeunes et des artistes.
5. Aux cultures, la foi au Christ donne une dimension
nouvelle, celle de l'espérance du Règne de Dieu. Les chrétiens ont
vocation d'inscrire au coeur des cultures cette espérance d'une terre nouvelle
et de cieux nouveaux. Car, lorsque l'espérance s'évanouit, les cultures se
meurent. Bien loin de les menacer ou de les appauvrir, l'Evangile leur apporte
un surcroît de joie et de beauté, de liberté et de sens, de vérité et de
bonté.
Nous sommes tous appelés à transmettre ce message par un
discours qui l'annonce, une existence qui l'atteste, une culture qui le fait
rayonner. Car l'Evangile conduit la culture à sa perfection et la culture
authentique est ouverte à l'Evangile. Le travail qui consiste à les donner
l'un à l'autre sera sans cesse à reprendre. J'ai institué le Conseil
Pontifical de la Culture afin d'aider l'Eglise à vivre l'échange salvifique
où l'inculturation de l'Evangile va de pair avec l'évangélisation des
cultures. Que Dieu vous assiste dans l'accomplissement de votre mission
exaltante!
Confiant à Marie, Mère de l'Eglise et première éducatrice
du Christ, l'avenir du Conseil pontifical de la Culture et celui de tous ses
membres, je vous donne de grand coeur la Bénédiction Apostolique.
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[English]
Pope John Paul II points out that when a culture is in the midst of a
crisis and Christianity seems to have no place in society there is an urgent
need for a faith which will give rise to radical spiritual decisions and quench
people's thirst for the absolute. It will do this by displaying the rich beauty
of the message of salvation. The Holy Father is convinced that it would really
help if every local Church adopted a cultural plan of action.
[Español]
El Papa Juan-Pablo II señala que ante una cultura en crisis y ante una
sociedad de la que el cristianismo parece ausente se requiere una fe que sea
fuente de decisiones espirituales radicales y que dé respuesta a la sed de
absoluto manifestando el mensaje de salvación en toda su riqueza y en toda su
belleza. Para ello sería de gran ayuda que toda Iglesia particular tuviera un proyecto
cultural.
INCARNER LA CULTURE DE LA VIE
DANS UNE CIVILISATION DE L'AMOUR
Présentant les participants à l'Assemblée Plénière et les
travaux des assises,
le Cardinal Paul Poupard a adressé au Saint-Père le discours suivant.
Paul Cardinal POUPARD
Très Saint-Père,
Vous êtes un homme de culture et vous êtes un homme de foi.
Vous avez lu saint Augustin et vous avez commenté Max Scheler. Vous avez
médité saint Jean de la Croix et béatifié Edith Stein. Chez vous le
surnaturel est devenu si naturel que Foi et Culture constituent une symbiose
vivante où la Foi se vit dans la culture qui la dit. Et vous avez créé le
Conseil pontifical de la Culture pour aider toute l'Eglise à vivre cette
plénitude créatrice et à jubiler d'un même coeur et d'une même âme pour
ces dons de nature et de grâce que le Père généreux ne cesse de nous
prodiguer par ses deux mains magnifiques que saint Irénée célébrait dans le
Fils et l'Esprit.
"Deux amours ont construit deux cités".
Saint Augustin déjà le vivait à l'époque des grands craquements où l'Empire
romain se défaisait sous les coups redoublés des barbares, mais où l'Eglise
aussi refaisait avec amour une nouvelle cité de pierres vivantes réunies par
l'Architecte du monde comme ébauche du siècle à venir. (Gaudium et spes,
nº 39)
La métatentation qui traverse la Bible, de la Genèse à
l'Apocalypse, ne cesse de se traduire dans une tension forte où les fils de
lumière s'affrontent aux fils de ténèbres. Le déjà là du Christ
incarné dans le sein de la Vierge Marie se vit dans le pas encore de la
cité des hommes qui peine à incarner la culture de la vie dans une
civilisation de l'amour.
Le Conseil pontifical de la Culture que vous avez créé en
1982 et recréé en 1993 s'efforce d'y contribuer sous votre impulsion
vigoureuse. Notre Plenaria a travaillé avec coeur tous ces jours-ci à
mettre au point un projet de Pastorale de la Culture que j'aurai la joie
de soumettre à votre approbation.
Très Saint-Père, "le nouvel âge de l'histoire
humaine", comme le Concile Vatican II définit notre temps (Gaudium
et spes, nº 4), appelle à l'évidence un nouvel humanisme chrétien.
Le Christ qui est "la clé, le centre et la fin de toute l'histoire
humaine" (Gaudium et spes, nº 10), en est aussi le
Rédempteur. Le mystère de l'homme qu'il éclaire en plénitude trouve en lui
la réponse à ses problèmes, la solution à l'énigme de sa condition. Et
l'homme sauvé dans le Christ déploie toute la beauté et la grandeur de son
mystère dans la grandiose polyphonie des cultures qui ne cesse de s'enrichir et
de se renouveler sous l'impulsion de l'Esprit de sagesse et de beauté,
d'intelligence et d'amour.
Merci, Très Saint-Père, de votre confiance paternelle.
Merci de vos directives généreuses. Merci déjà pour votre Bénédiction
Apostolique.
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[English]
Cardinal Paul Poupard refers to the tension present throughout history
between the children of light and the children of darkness. The already
of the incarnate Christ is lived out in the context of the not yet of
human society, which struggles to incarnate the culture of life in a
civilisation of love.
[Español]
El Cardenal Paul Poupard hace referencia a la tensión que atraviesa la
historia entre los hijos de la luz y los hijos de las tinieblas. El "ya
sí" de Cristo encarnado se vive en el "todavía no" de la ciudad
de los hombres que se esfuerza por encarnar la cultura de la vida en una
civilización del amor.
DISCOURS D'OUVERTURE AUX TRAVAUX
DE L'ASSEMBLÉE PLÉNIÈRE
Paul Cardinal POUPARD
Eminences,
Excellences,
Chers Amis,
Soyez les bienvenus à cette Plenaria du Conseil
pontifical de la Culture, dont vous êtes les membres, consulteurs et
collaborateurs.
"Aucun bien ne s'est jamais fait à l'homme qu'en
l'aimant." "La vérité ne conserve les esprits qu'à la condition de
les conquérir sans cesse." Cette double conviction du Père Lacordaire,
restaurateur en France de l'Ordre des Frères Prêcheurs, ne cesse d'animer le
Conseil pontifical de la Culture, depuis sa création par le Pape Jean-Paul II
en 1982, et sa recréation par le Saint-Père en 1993.
C'est donc aujourd'hui notre deuxième rencontre. Il est bon
de nous remettre en mémoire l'intuition créatrice du Saint-Père qui nous a
donné la vie, l'existence et l'être:
"Depuis le début de mon pontificat, faisant miennes les
riches et stimulantes intuitions du Concile oecuménique Vatican II, je me suis
préoccupé de développer le dialogue de l'Eglise avec le monde contemporain.
En particulier, j'ai cherché à promouvoir la rencontre avec les non-croyants
sur le terrain privilégié de la culture, cette dimension fondamentale de
l'esprit, qui met les hommes en rapport les uns avec les autres et les unit en
ce qu'ils ont de plus caractéristique, leur commune humanité. Dans ce but,
tenant pour certain que "la synthèse entre culture et foi n'est pas
seulement une exigence de la culture mais aussi de la foi", j'ai créé en
1982 le Conseil Pontifical de la Culture, dans l'intention de renforcer la
présence pastorale de l'Eglise dans ce domaine vital spécifique, où se joue
le destin du monde à l'approche du troisième millénaire, et de promouvoir en
même temps "le dialogue avec les religions non-chrétiennes, et avec les
personnes ou les groupes qui ne se réclament d'aucune religion, dans la
recherche conjointe d'une communication culturelle avec tous les hommes de bonne
volonté." (Lettre autographe du 20 mai 1982)
"Le Conseil promeut la rencontre entre le message
salvifique de l'Evangile et les cultures de notre temps, souvent marquées par
la non-croyance et l'indifférence religieuse, afin qu'elles s'ouvrent toujours
davantage à la Foi chrétienne, créatrice de culture et source inspiratrice
des sciences, des lettres et des arts.
"Le Conseil manifeste la sollicitude pastorale de
l'Eglise face aux graves phénomènes de rupture entre Evangile et cultures. Il
promeut donc l'étude du problème de la non-croyance et de l'indifférence
religieuse présentes sous des formes variées dans les divers milieux
culturels, il en recherche les causes et les conséquences en ce qui touche la
Foi chrétienne, dans le but de fournir une aide adaptée à l'action pastorale
de l'Eglise pour l'évangélisation des cultures et l'inculturation de
l'Evangile." (Lettre Apostolique sous forme de Motu Proprio Inde a
Pontificatus, 25 mars 1993, AAS 85 [1993] 549-552)
Notre première Plenaria du nouveau Conseil pontifical de
la Culture, vous vous en souvenez, avait examiné les résultats de l'enquête
menée sur le thème "Dire Dieu à l'homme aujourd'hui". Notre
conclusion, nourrie de riches échanges, était qu'une nouvelle phase de la
culture a pris naissance avec la mort de certaines idéologies d'un athéisme
agressif, et donc que l'influence de la culture sur la foi ou le manque de foi
s'exerce dans une tonalité différente par rapport aux précédentes
décennies. Dans les deux dimensions principales de la culture, les lettres, les
sciences et les arts, et la culture quotidienne formée par le style de vie et
les modèles présentés par les médias, nous notions, avec des défis
redoutables, des ouvertures positives. Et nous insistions sur le discernement
pastoral comme essentiel pour distinguer les influences déshumanisantes des
valeurs profondes.
Parmi les influences négatives de la culture
contemporaine, apparaissent en vif relief le manque de critères pour discerner
la vérité objective, le relativisme, l'autonomie individuelle sans autorité,
et l'imagination humaine submergée d'images superficielles qui font paraître
la foi ou l'Eglise irréelles, et rendent plus difficile l'accès au mystère.
Nous nous réjouissons à bon droit que le Catéchisme de l'Eglise Catholique,
publié en 1992, ait connu une diffusion de sept millions d'exemplaires, à
travers vingt-cinq traductions. Mais, dans le même temps, L'Alchimiste,
le roman brésilien de Paulo Coelho, inspiré par le New Age et une vague
spiritualité ésotérico-cosmique, selon la confidence de l'auteur dans le Corriere
della Sera du 5 octobre 1996, a été vendu à douze millions d'exemplaires,
en cinquante neuf pays, de la Norvège au Japon.
En sens positif par contre, le Conseil pontifical de la
Culture soulignait l'émergence d'un mouvement contraire, les signes d'une
recherche plus explicitement spirituelle, une nouvelle religiosité, certes
marquée d'ambiguïtés et non exempte d'une certaine immanence antichrétienne,
mais sans nul doute une nouvelle ouverture au spirituel, témoignant d'une vraie
faim de Dieu.
Notre conclusion pastorale invitait à partir de
l'expérience fondamentale de l'émerveillement et de l'intériorité, du
langage symbolique si riche de la Bible et de la vie sacramentelle. L'accent
était mis sur la formation catéchétique, intellectuelle et spirituelle, la
pastorale universitaire, une relation renouée entre la foi et la science, et
une apologétique renouvelée, crédibilisée par le témoignage essentiel des
communautés de foi, vivantes écoles de prière, engagées dans la solidarité
envers les pauvres.
Depuis cette première Plenaria, comme nous le verrons
dans le rapport précis et documenté que va nous présenter dans un instant
S.E. Monseigneur Franc Rodè —et ce sera son dernier acte de Secrétaire,
après 17 ans de service remarquable en notre dicastère—, le Conseil
pontifical de la Culture a poursuivi le travail entrepris à la lumière de la
réflexion engagée. Le Document sur la Présence de l'Eglise dans
l'université et dans la culture universitaire, a été publié et a
suscité des échos positifs. Nombre de rencontres, symposiums, conférences,
publications, se sont succédées à un rythme soutenu, dont notre revue
trilingue Cultures et Foi a tenu régulièrement informé ses lecteurs de
plus d'une centaine de pays à travers le monde. Un effort particulier a été
entrepris avec succès pour promouvoir les Centres culturels catholiques et les
Académies pontificales renouvelées à la demande du Saint-Père pour
contribuer à promouvoir le nouvel humanisme chrétien qu'appelle le IIIe
millénaire.
Mais notre effort continu tout au long de ces trois
années s'est exercé Pour une Pastorale de la Culture. Don Peter
Fleetwood va vous présenter la synthèse des réponses très riches et assez
diversifiées qui sont parvenues à un rythme accéléré depuis deux ans au
Conseil pontifical de la Culture, et notre Sous-Secrétaire, le Père Bernard
Ardura, vous remettra en mémoire les phases successives d'élaboration du
Document Pour une Pastorale de la Culture, qui nous retiendra tout au
long de cette Plenaria. Vous y avez déjà beaucoup contribué, et je vous en
exprime toute ma gratitude. Notre préoccupation est d'être utile aux pasteurs,
et de leur apporter, sans bien sûr se substituer à eux dans la diversité des
situations pastorales, une modeste contribution, sous forme d'une réflexion
fondamentale, une prise de conscience, des critères de discernement, des points
d'ancrage et des points d'appuis, avec des propositions concrètes, qui se
présentent comme autant de suggestions pour l'action pastorale sur des terrains
privilégiés, en particulier ces nouveaux aréopages qui caractérisent la
nouvelle situation culturelle de cette fin de siècle, où pointe déjà le
nouveau millénaire.
Notre première tâche après la Plenaria sera bien
sûr de tenir compte de toutes vos remarques pour aboutir à la rédaction
ultime du texte à soumettre à l'approbation du Saint-Père. Je voudrais
brièvement, si vous le permettez, en ressaisir l'inspiration.
De tout temps, l'homme s'efforce d'exprimer dans l'art, les
coutumes, les lois, les institutions, les valeurs qui inspirent ses convictions,
sa pensée et son agir. La culture, qui en est le fruit, en devient le support,
et par sa transmission, l'éducatrice. A la fois si je puis dire sujet et objet
de la culture, l'homme en est dans le même temps l'artisan et le fait
primordial, dans sa double dimension personnelle et communautaire. La culture
est comme le fondement et l'expression de son identité personnelle, comme de
celle de la nation.
Or l'alliance de l'Evangile et de l'Eglise avec l'homme dans
son humanité même est par elle-même créatrice de culture. Aussi le divorce
entre la foi et la culture constitue-t-il une menace pour l'une et pour l'autre,
alors que l'imprégnation chrétienne de la culture est un précieux adjuvant
pour l'évangélisation, comme pour la promotion de la culture. De même il
n'est pas possible d'isoler la foi des cultures dans lesquelles elle s'exprime
et s'incarne, sans pour autant s'y identifier, toujours à l'oeuvre pour les
transformer et les régénérer de l'apport de la Parole de Dieu, source
créatrice de culture à travers un processus d'inculturation toujours vital.
Dans ce travail d'inculturation, il y aura toujours une
certaine tension —nécessaire— entre foi et expérience religieuse,
au nom de la Parole de Dieu et de l'existence du Christ, facteurs décisifs que
nous avons à greffer sur l'élément religieux naturel au profit de la foi, qui
est la norme du salut. L'épître aux Romains à cet égard est décisive.
La théologie de l'inculturation maintient vive cette tension
et a toujours présente la conception patristique des semina Verbi, comme
aussi la perception —également patristique— de l'ambiguïté foncière de
toute expérience religieuse naturelle. Mais tension ne veut pas dire rupture,
car, entre l'élément numineux ou sacré qui est à l'origine de l'expérience
religieuse et le Dieu de la révélation biblique, il y a connexion et
ressemblance. Si les réalités de ce monde ont un caractère religieux, c'est
parce qu'elles ont été créées par Dieu et subsistent en lui, c'est parce
qu'elles sont pénétrées de sa puissance et portent témoignage de leur
créateur.
Aussi l'expérience religieuse libérée de son ambiguïté
par la lumière de la révélation, peut-elle servir la foi. Renforcée par
elle, la foi disposera des énergies nécessaires pour s'enraciner dans le
terrain d'une nouvelle religiosité, pour grandir et se développer jusqu'à la
plénitude.
C'est tout l'enjeu d'une inculturation réussie, qui est le
fruit savoureux d'une évangélisation généreuse.
Toute démarche d'évangélisation requiert un dialogue
ouvert avec l'homme souvent englué dans une religiosité redevenue païenne.
Prométhée désabusé a fait place à Sisyphe découragé et Narcisse
désenchanté. La pastorale de la culture se fonde sur la conviction que
l'Evangile est une bonne nouvelle aussi pour les cultures. Sa nouveauté est
source de beauté et porteuse de bonté. La tâche que le Saint-Père nous a
confiée en créant le Conseil pontifical de la Culture, je vous le rappelle
encore, est de "promouvoir la rencontre entre le message salvifique de
l'Evangile et les cultures de notre temps, souvent marquées par la non-croyance
et l'indifférence religieuse, afin qu'elles s'ouvrent toujours davantage à la
Foi chrétienne, créatrice de culture et source inspiratrice des sciences, des
lettres et des arts." (Inde a Pontificatus, art. 1)
L'annonce qui nous est confiée est celle d'un Dieu dont
la toute-puissance est celle de l'Amour. C'est dire que toute pastorale de
la culture est une pastorale d'espérance, par delà toute source de pessimisme,
abondamment nourri par toutes les analyses sociologiques et les sondages dont
notre culture est si friande. A nos frères et soeurs souvent enfermés dans le
présent, comme englués dans l'instant, sans racines ni perspectives, la
pastorale de la culture rend présent Jésus-Christ. A travers lui, hier,
aujourd'hui et demain, l'éternel fait irruption dans le temps et le transmue,
chasse le désenchantement de la modernité, redonne goût à l'existence,
espoir et confiance dans la vie, émerveillement devant le simple fait
d'exister, acceptation de soi, sérénité devant l'avenir. Car la foi au
Christ, loin d'être passéiste, est porteuse d'une espérance dans la vie
éternelle: "de mort, il n'y aura plus, de pleur, de cri et de peine, il
n'y aura plus." (Apoc 21, 3-4) "Celui qui croit en moi, fût-il
mort, vivra." (Jn 11, 25) La foi est le chemin qui ouvre sur la vie.
Une pastorale de la culture est une pastorale de vie et d'espérance de vie,
elle restitue à l'homme sa mémoire du passé, emplit de plénitude son
présent, et lui ouvre d'immenses perspectives pour son futur. L'inculturation
de la foi ne se fait pas par décret, pas plus que l'évangélisation de la
culture. L'une et l'autre progressent d'un même pas, du pas de l'Evangile, dont
la lumière peu à peu fait resplendir le mystère du Christ que l'Eglise
incarne dans la diversité concrète des cultures.
La culture de l'Evangile ne sera jamais tout à fait la
culture du temps, ni la culture du temps celle de l'Evangile. Déjà, au environ
de l'an 200, l'auteur de l'Epître à Diognète l'exprimait en toute
clarté:
"Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni
par le pays, ni par le langage, ni par les vêtements. Ils se conforment aux
usages locaux pour les vêtements, la nourriture et la manière de vivre, tout
en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur
république spirituelle. Ils résident chacun dans sa propre patrie, mais comme
sur une terre étrangère. Toute terre étrangère leur est une patrie, mais
toute patrie une terre étrangère. Ils se marient comme tout le monde, ils ont
des enfants, mais ils n'abandonnent pas leurs nouveau-nés. Ils partagent tous
la même table, mais non la même couche. Ils sont dans la chair, mais ne vivent
pas selon la chair. Ils passent leur vie sur la terre, mais sont citoyens du
ciel. Ils aiment tous les hommes, et tous les persécutent... Et ceux qui les
détestent ne sauraient dire la cause de leur haine. En un mot, ce que l'âme
est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde." (V,1–VI,1)
C'est dire qu'au lieu de subir la culture ambiante et de s'en
laisser imprégner, les chrétiens ont pour tâche de la transformer par la
force de l'Evangile du Christ.
Entreprendre une pastorale de la culture. Le Conseil
pontifical de la Culture voudrait, à travers le texte proposé, partager une
conviction profonde: c'est une tâche nécessaire et difficile, simple et
complexe tout à la fois. Certains évêques, certaines conférences
épiscopales nous disent la modestie de leurs moyens, la disproportion devant
l'ampleur de la tâche. Nous voudrions leur dire qu'il faut savoir commencer par
des réalisations humbles et très concrètes, mais qui s'inscrivent dans un
projet à long terme, et qui sont susceptibles de développements parce qu'elles
sont porteuses d'avenir.
A cet égard, connaître la réalité culturelle dans son
devenir, avoir une claire vision de ses ombres et de ses lumières, des
obstacles qu'elle présente mais aussi des possibilités qu'elle offre à
l'annonce de la bonne nouvelle de l'Evangile, est primordial. Car si le Christ
surpasse toute attente humaine, il les accomplit en leur visée profonde. Et
c'est pourquoi une pastorale de la culture ne peut être qu'une pastorale
d'ensemble, avec des points d'ancrage privilégiés, parmi lesquels bien sûr
l'éducation est primordiale. Une pastorale de l'intelligence est nécessaire
pour préparer de nouvelles générations de parents, d'éducateurs et de
pasteurs, remplis de foi, débordants d'espérance, et porteurs d'amour. Cette
pastorale est bien sûr au premier chef l'oeuvre de chaque Eglise locale qui ne
peut jamais se considérer comme exempte d'avoir son propre projet pastoral dans
le domaine de la culture. Le Conseil pontifical de la Culture est frappé de
l'insistance du Saint-Père à cet égard depuis le début de son pontificat,
ses interventions majeures en ce domaine, les orientations des Exhortations
apostoliques post-synodales, les conclusions de la IVe Assemblée générale de
l'épiscopat latino-américain à Santo Domingo, et plus proche de nous le
projet pastoral de la CEI qui oriente toute la pastorale de l'Eglise en Italie
vers le nouveau millénaire.
Les orientations que propose le document Pour une
Pastorale de la culture que nous allons maintenant examiner, sont des
suggestions. C'est la tâche propre du Conseil pontifical de la Culture de le
faire au niveau de l'Eglise universelle, pour susciter, stimuler et soutenir les
projets pastoraux des Eglises locales. Merci de votre attention et de votre
collaboration.
- - -
[English]
Cardinal Paul Poupard inaugurated the Plenary Assembly with a reference
to the new phase of culture ushered in by the collapse of atheist ideologies.
One of the most positive signs to emerge is a religious awakening – but only
revealed faith can resolve the ambiguities in religious experience. Sociological
research and analysis can generate a superficial pessimism, but the foundation
for a pastoral approach to culture – one which will generate hope – is
the omnipotence of God, who is love.
[Español]
El Cardenal Paul Poupard abre la Plenaria refiriéndose a la nueva fase
de la cultura que ha ocasionado el derrumbamiento de las ideologías ateas.
Entre los datos positivos, sobresale un despertar religioso; pero sólo la fe
revelada puede liberar de su ambigüedad a la experiencia religiosa. Por encima
del pesimismo de encuestas y análisis sociológicos, la omnipotencia de un Dios
que es amor fundamenta la pastoral de la cultura en la esperanza.
CONCLUSIONS FINALES DE L'ASSEMBLÉE PLÉNIÈRE
Paul Cardinal POUPARD
I. Réunis du 13 au 15 mars 1997, sous la Présidence du
Cardinal Paul Poupard, les membres de la Plenaria du Conseil Pontifical
de la Culture, avec la présence active de plusieurs consulteurs d'Afrique,
Asie, Amérique du Nord et Amérique Latine, Europe de l'Est et de l'Ouest, ont
mis au point le projet de Pastorale de la Culture pour l'Eglise à
l'approche du nouveau Millénaire de la venue du Christ venu apporter à tous
les hommes de toutes les cultures la Bonne Nouvelle du Salut.
Si la culture est une réalité océanique, la foi est un
principe de vie qui, comme le petit grain de sénevé de l'Evangile, a
vocation de croître et de gagner toutes les dimensions de l'existence
personnelle et communautaire. La foi est aussi une bonne nouvelle pour les
cultures, et le divorce entre la foi et les cultures un drame pour l'une et pour
l'autre.
La pastorale de la culture est une exigence pour tous les
pasteurs. Pastorale d'ensemble, elle se traduit dans des initiatives
concrètes qui prennent appui dans les situations spécifiques des diverses
Eglises locales. Si la foi ne s'identifie avec aucune culture, elle trouve une
expression privilégiée dans la culture biblique née de l'annonce de la Parole
de Dieu et de l'accueil du Verbe de Dieu. L'expression "Pastorale de la
Culture" traduit une conviction de foi de la singularité du salut en
Jésus-Christ, alors que le problème de l'inculturation naît de la diversité
historique dans laquelle les hommes vivent cette même foi en Jésus-Christ en
des situations culturelles différentes. A cet égard, l'Epître à Diognète
exprime la tension vitale entre culture et foi : "Les chrétiens se
conforment aux usages locaux pour les vêtements et la manière de vivre, tout
en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur
république spirituelle. Ils résident chacun dans sa propre patrie, mais comme
sur une terre étrangère. Toute terre étrangère leur est une patrie, mais
toute patrie une terre étrangère. Ils sont dans la chair, mais ne vivent pas
selon la chair. Ils passent leur vie sur terre, mais sont citoyens du ciel. En
un mot, ce que l'âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le
monde".
II. Innombrables sont les domaines d'investigation et les initiatives
pratiques destinés à promouvoir une authentique pastorale de la culture. Je
relèverai ici quatre aréopages principaux: la famille et l'égale dignité
des époux; les centres culturels catholiques; les moyens de communication
sociale; le patrimoine millénaire des arts, avec le défi de créativité
permanente. Notre Assemblée Plénière a approfondi tous ces domaines, que je
ne fais que décrire brièvement.
1. L'importance des Centres culturels catholiques
a été fortement soulignée à plusieurs reprises: ce sont les lieux
indispensables de la rencontre entre le message chrétien et les cultures.
Ancrés dans l'identité catholique et ouverts au dialogue avec les cultures,
ils permettent de nouvelles synthèses entre la foi et la culture, selon le voeu
du Saint-Père. Le Conseil pontifical de la Culture favorise leur création et
leur rayonnement, en étroite collaboration avec les conférences épiscopales
et les organismes d'Eglise engagés dans ce dialogue.
2. Le monde des communications sociales, aux
potentialités de diffusion impressionnantes, n'est pas sans risque. La culture,
autrefois véhiculée par l'écrit, devient désormais audiovisuelle, avec ses
opportunités nouvelles, mais aussi ses tentations. La pastorale de la culture
évalue avec pondération ces potentialités des nouvelles techniques, pour
contribuer à leur usage responsable, conforme à la dignité de la personne et
à une authentique promotion de l'homme et de la culture. L'Eglise connaît le
monde médiatique en évolution permanente et rapide: elle encourage les
chrétiens à utiliser les moyens modernes, avec un esprit créatif et critique,
pour l'inculturation de l'Evangile et l'évangélisation des cultures.
3. La pastorale de la culture soutient le patrimoine
des arts, surtout l'art religieux et chrétien qui offre tant de
possibilités à la transmission de l'Evangile jusqu'au coeur de l'homme. La foi
s'adresse à la raison, mais aussi à tout l'homme, selon la plénitude de ses
dimensions spirituelles et corporelles. Le chrétien promeut une culture
intégrale "de l'homme, par l'homme et pour l'homme." L'Eglise porte
le souci pastoral des artistes, comme de la création et de la conservation de
leurs oeuvres. Elle soutient toute initiative qui développe le sens esthétique
du Peuple de Dieu, car les Beaux-arts forment une voie royale pour exprimer
l'Evangile: la beauté résonne toujours au coeur de l'homme.
4. L'égale dignité de la femme et de l'homme
appartient intrinsèquement à la Révélation; elle reçoit en notre temps
l'appui d'un consensus culturel. Des difficultés subsistent, comme le langage
inclusif de la culture anglo-saxonne. La Tradition chrétienne équilibre
égalité de dignité et complémentarité de mission: le génie spécifique et
la propre différence sont ainsi mieux perçus. Dans l'Eglise, de nombreuses
saintes ont exprimé l'amour de Dieu et transmis la foi, avec leur sensibilité
de femmes, inspiratrices de culture. Exemplaire en ce domaine, la figure de la
Sainte Vierge Marie a inspiré à de multiples artistes leurs plus beaux chefs
d'oeuvre, hier comme aujourd'hui.
III. De ces échanges bénéfiques, émergent deux priorités.
1. Tout d'abord, l'inculturation de la foi,
particulièrement dans les régions où l'Evangile est confronté à des
cultures qui se sont formées pendant des siècles, quelquefois pendant des
millénaires, sans rapport avec le christianisme qui a marqué profondément la
culture occidentale pendant deux millénaires. En Asie, Afrique et Amérique
Latine l'inculturation apparaît comme un véritable défi, plus urgent encore
que dans les pays du soit-disant "premier monde".
Partout où l'inculturation de la foi se présente avec
urgence, la nécessité du discernement est particulièrement ressentie,
afin de ne pas absolutiser certains éléments des cultures autochtones au
détriment de l'Evangile. Quand l'horizon mental de l'évangélisateur est trop
marqué par l'importance de ces cultures dans leurs manifestations pluriformes,
le risque est grand de tomber dans l'anachronisme, voire de tenter de
ressusciter des cultures disparues et de faire perdre au christianisme sa
spécificité à travers des manifestations culturelles éphémères. Ainsi pour
ce qui concerne l'indigénisme et les rites africains transplantés au Brésil.
Le manque de discernement peut également faire oublier la
valeur de l'évangélisation dans sa dimension historique, telle qu'elle s'est
déroulée dans les diverses régions culturelles du monde, avec le risque de
condamner hâtivement les éléments positifs d'une évangélisation qui a été
tout à la fois humaine et divine. Cette attitude oublie que la foi n'existe
jamais d'une manière abstraite. Don surnaturel, la foi est toujours une
révélation de Dieu faite à des hommes qui vivent dans une culture concrète:
celle-ci ne peut donc par elle seule l'exprimer culturellement. Si l'oeuvre
évangélisatrice est injustement jugée comme une agression culturelle, le
risque est grand de trahir l'Evangile même en le mettant au service
d'idéologies intramondaines.
La question de l'inculturation de la foi se pose également
de façon intense dans les immenses régions de l'Asie. Par rapport aux sagesses
millénaires de ce continent encore quasi en attente de l'Evangile, la foi
risque de n'être reçue que comme un élément de plus, précieux sûrement,
mais qui risque de perdre sa spécificité. D'où l'importance de ne jamais
perdre la conscience de l'unicité du christianisme, unicité qui garantit son
universalité et sa valeur pour toutes les cultures.
2. L'inculturation de la foi, nous a rappelé le
Saint-Père, va de pair avec l'évangélisation de la culture. Le fait le
plus significatif aujourd'hui, du point de vue culturel, n'est sans doute pas
tant la pluralité des cultures, mais, plutôt, une rapide uniformisation
culturelle. Ce phénomène est caractéristique de la culture occidentale, mais
en réalité la culture globale s'étend, de fait, aux lieux les plus reculés
de la terre. Aujourd'hui, il n'y a plus guère d'endroits sur la planète qui
échappent à l'influence de la culture médiatique. La question se pose dès
lors de manière inéluctable: comment évangéliser cette culture?
Diverses interventions ont caractérisé cette culture
globale par des aspects qui marquent une certaine rupture avec les trésors des
traditions transmises du passé. Est mis en relief un certain mépris des
traditions ("a culture of contempt") et se répand même comme idéal
un "vide axiologique" qui laisse chaque personne se développer selon
ses libres choix. L'unique absolu serait le respect des choix des autres, même
s'il est en contradiction avec ses propres choix, et cette façon d'absolutiser
le respect d'autrui et la tolérance devrait se manifester jusque dans le
langage, qui devrait être comme "culturellement correct", à l'instar
du "politiquement correct".
Malgré tout, dans cette culture globale qui prétend être
neutre au plus haut degré, un certain projet anthropologique n'est pas absent.
Ainsi, le féminisme acquiert une importance démesurée. Par ailleurs, cette
culture présente des points faibles, et manifeste la croissance d'une
agressivité qui ne réussit plus à être contenue. Ces phénomènes ne peuvent
être véritablement appelés culturels, car ils sont des véritables
contre-valeurs, de vraies tendances anti-culturelles.
Un aspect souligné à maintes reprises concerne la
croissance et l'extension des nouveaux mouvements religieux de nature ambigue et
fondamentaliste. Ce phénomène, qui demande à être approfondi, pose question:
n'est-ce pas une réaction contre le vide religieux de la culture dominante?
N'est-ce pas l'expression de besoins profonds insatisfaits de l'homme
d'aujourd'hui? En réalité, nous avons à apprendre de ces mouvements: la
simplicité de l'annonce du salut ("Christ te sauve") et un remède
contre l'individualisme impitoyable de notre société. Le recours à la
communauté est essentiel: la foi se vit, grandit et se transmet en communauté.
En effet, le résultat médiocre qu'obtiennent souvent nos
initiatives pastorales démontre que nous ne savons pas toujours saisir "l'unum
necessarium", l'inspiration profonde qui doit animer l'activité
évangélisatrice de la culture. L'homme d'aujourd'hui doit pouvoir accueillir
la profondeur et la vérité des mystères de l'Eglise. Ce qui qualifie la
pastorale catholique de la culture est la foi vivante de ceux qui la promeuvent,
qui transparaît dans leur témoignage de croyant. L'acte de foi possède, en
lui-même, une profonde dignité culturelle. Le croyant utilise pleinement les
potentialités de son humanité, son intelligence et sa liberté, et se trouve
élevé par la puissance de Dieu dans le domaine du surnaturel.
IV. Telle est la racine la plus profonde de la créativité culturelle de
la foi chrétienne. La foi est déjà culture: elle transforme l'expérience
humaine et ses manifestations culturelles, les rapports personnels avec Dieu, le
prochain, soi-même et la nature. C'est la personne qui est élevée par la foi,
la personne avec toutes ses capacités d'expression. La foi permet au croyant de
voir plus loin, l'espérance lui donne une confiance plus noble et élevée; la
charité permet un don de soi plus pur. La personne vit alors aux limites de ses
capacités, en une paix sereine qui n'est pas de ce monde.
Le chrétien vit un rapport vivant avec une autre personne
vivante, Jésus-Christ, mort et ressuscité pour nous. Il tire de cette
relation vivifiante son équilibre et sa force, face aux incertitudes de la vie.
Aimant le Christ et expérimentant son amour, il met Jésus-Christ en son propre
coeur et est introduit lui-même dans le Coeur du Sauveur. Alimenté sans cesse
par les sacrements et la communion ecclésiale, ce rapport vital révèle à
l'homme sa dignité ineffable.
Le chrétien reconnaît sa propre dignité en découvrant
l'amour personnel de Dieu pour lui: "le mystère de l'homme ne s'éclaire
vraiment que dans le mystère du Verbe incarné." (Gaudium et spes,
22) L'humanisme chrétien tient là toute sa grandeur: l'homme n'est pas exalté
pour lui-même, mais par le mystère d'amour que Dieu porte à chacun de nous.
V. La théologie donne sa base originale à l'humanisme chrétien.
L'homme aimé de Dieu ne peut alors être instrumentalisé, même pour des
motifs "humanitaires": l'histoire en ce domaine est riche de
l'expérience amère de certains "humanismes". Seule la foi au Christ
peut mettre fin au drame d'un humanisme devenu inhumain. Il est vain de
rechercher un accord entre les valeurs des diverses cultures, sans tenir compte
de la foi. La voie horizontale exclusive est une impasse, car elle perd de vue
ce qui constitue la dignité de l'humanité: l'amour de Dieu révélé en
Jésus-Christ.
L'évangélisation trouve de solides points d'appui au sein
la culture actuelle. Les acquis de la modernité ont souvent des racines
chrétiennes. La revendication du respect des droits de l'homme, de
l'égalité entre la femme et l'homme, le désir de paix, le volontariat
bénévole, la recherche de communion entre les nations, la sensibilisation
écologique, la reconnaissance de la juste autonomie des sciences et des
réalités terrestres..., autant de points d'ancrage pour la nouvelle
évangélisation de notre culture.
Toutefois, un regard porté sur l'histoire de la modernité,
montre que des éléments contingents sont considérés comme absolus au
détriment de l'humanité. De nombreux phénomènes sociaux provoquent scandales
et inquiétudes légitimes: pédophilie, tourisme sexuel, clonation, violence
gratuite, égoïsme social... La crise actuelle est souvent niée par la culture
dominante: l'Eglise la dénonce au nom de la foi, car le chrétien voit avec
clarté le vide anthropologique à l'ouvre au sein de la culture, ce vide qui
empêche de reconnaître la dignité de l'homme et d'agir en conséquence.
VI. La soif d'absolu de l'homme redouble face à ce vide existentiel,
comme l'a relevé le Saint-Père lors de l'Audience accordée à notre
Assemblée Plénière. Le retour ambigu du sacré souligne la révolte de
l'homme contre une culture de l'éphémère qui ne comble pas ses désirs les
plus profonds. Une certain religiosité n'influence guère la vie. Le mouvement
écologique ne satisfait pas davantage les besoins authentiques et légitimes de
la personne: seule la force de la foi rend capable de s'élever au dessus des
créatures. Il est urgent de retrouver une foi chrétienne concrète dans la vie
quotidienne, pour réintroduire le transcendant dans les rapports humains. La
nouvelle culture médiatique ouvre de nombreux horizons pour une annonce plus
vivante de l'Evangile. La foi permet de distinguer, dans la nouvelle culture de
l'image et de la réalité virtuelle, le réel du virtuel, l'objectif de
l'imaginaire, les attentes profondes de la nature des vagues sentiments.
L'Evangile n'est pas une image destinée à émouvoir, mais une personne
vivante, Jésus-Christ, qui nous communique son Esprit. Une présentation
adéquate grâce aux moyens modernes de communication sociale favorisera cette
rencontre vivifiante avec Notre Seigneur.
VII. Une présence active et vivifiante de l'Eglise est urgente dans les
nouveaux aréopages. La communication médiatique tendant à niveler les
données, sous le nombre des informations, leurs répétitions, leur
superficialité, il convient de dépasser une certaine médiocrité ambiante.
Des chrétiens mûrs, à la personnalité affirmée et ouverte au dialogue par
une catéchèse solide, une liturgie priante et une éducation intégrale,
sauront donner raison de l'Espérance qui est en eux, c'est-à-dire réagir aux
défis de la culture moderne sans pour autant mettre entre parenthèses leurs
convictions personnelles.
La conscience de leur identité spécifique doit être
renforcée chez les catholiques. Le témoignage d'une vie chrétienne et de sa
beauté intrinsèque peut rendre espoir à une culture désenchantée enfermée
dans ses impasses et cercles vicieux. La fraîcheur de la vie vécue dans le
Christ peut amener la redécouverte de la profonde dignité de l'homme. Seul
l'humanisme chrétien peut remplir le vide anthropologique. L'Eglise, en ce kairós,
tertio millenio adveniente, propose un nouvel humanisme à la culture
moderne.
Forts de ces convictions, un thème retient notre attention
pour les années à venir, en perspective de l'Assemblée Plénière de l'an
2000: l'humanisme chrétien. Mettre le doigt sur l'humanisme, c'est
diagnostiquer la plaie de notre culture, c'est souligner le vide
anthropologique. Proposer l'humanisme, c'est relever l'apport de la foi qui
enrichit la nature et construit l'humanité, c'est offrir la thérapeutique de
l'anthropologie chrétienne. En témoignent, la Rencontre européenne du 1er au
3 mai 1998, destinée à célébrer le 50e anniversaire de la chapelle de
l'université "La Sapienza" de Rome, et la Rencontre Mondiale des
Enseignants Universitaires, que promeuvent le Conseil pontifical de la
Culture, la Congrégation de l'Education Catholique et le Diocèse de Rome, du 4
au 10 septembre 2000: "L'université: pour un nouvel humanisme".
La valeur de la personne est le grand don de la foi à la culture. Il s'agit
d'un humanisme chrétien, c'est-à-dire théologique, dans le cadre de la
Nouvelle Evangélisation demandée par le Saint-Père Jean-Paul II. "Un
humanisme chrétien pour le troisième millénaire": voilà le thème
de la prochaine Assemblée plénière, qui verra, si Dieu le veut, les
prémisses du printemps de l'an 2000.
- - -
[English]
Cardinal Paul Poupard concluded the Plenary Assembly by emphasizing that
the inculturation of faith demands a discernment which gives sufficient
recognition to the uniqueness of Christ. The greatest challenge for the Church
is the evangelization of a global culture whose influence is spreading across
the world. It brings with it some worrying elements, which reveal an axiological
and anthropological vacuum. The only thing which can fill this vacuum is
Christian humanism born of a lively faith in the mystery of God's redeeming
love, revealed in Christ.
[Español]
El Cardenal Paul Poupard concluye la Plenaria resaltando que la
inculturación de la fe requiere un discernimiento que respete adecuadamente la
unicidad del evento cristiano. El mayor desafío para la Iglesia es la
evangelización de la cultura global que se difunde a nivel mundial. En ésta se
constatan fenómenos preocupantes que revelan un profundo vacío axiológico y
antropológico. Este vacío puede llenarlo sólo el humanismo cristiano que nace
de la fe viva en el misterio del amor redentor de Dios, revelado en Cristo.
ACTIVIDAD DEL CONSEJO PONTIFICIO
DE LA CULTURA: 1994–1997
Mons. Franc RODÉ
Arzobispo de Ljubljana
Para el Consejo Pontificio de la Cultura, el trienio 1994–1997
ha repre-sentado, después de su refundación por el Santo Padre el 25 de marzo
de 1993, un período de consolidación y afianzamiento. En la Carta Apostólica Inde
a Pontificatus Juan Pablo II señala al nuevo Consejo Pontificio de la
Cultura una tarea fundamental: la de "promover el encuentro con los no
creyentes en el terreno privilegiado de la cultura". De este modo, se
aclara una posible duda que podía suscitar la desaparición del término
"no creyen-tes" de la denominación del Dicasterio unificado: no es
que la Iglesia quiera abandonar el diálogo con los no creyentes, sino que, de
ahora en adelante, se considera más productivo realizar dicho diálogo "en
el terreno privilegiado de la cultura, dimensión fundamental del espíritu, que
pone a los hombres en estrecha relación entre sí y los une en lo que tienen de
más propio: su humanidad común".
Resaltemos que esta decisión del Santo Padre, no sólo no es
arbitraria, sino que responde al cambio radical que la situación cultural ha
experimentado en los últimos 30 años. En efecto, desde que el Papa Pablo VI
creara, en 1965, el "Secretariado para el Diálogo con los no
creyentes", la formulación negativa "no creyentes" se había ido
haciendo cada vez más incómoda, casi ofensiva. Hoy en día apenas si existe
nadie que acepte ser llamado "ateo" o "no creyente". Lo cual
no quiere decir que el problema de la increencia haya desaparecido. Como
afirmaba el Cardenal Poupard el año pasado en Barcelona:
"El problema sigue estando ahí, pero de un modo
diverso. Hoy la increencia está presente en la cultura, pero de modo difuso, en
forma de apatía o de indiferencia. No existe virulencia contra la idea de Dios,
pero sí un desinterés que se transmite a través de los modos de vida que
moldean las costumbres y las mentes de las nuevas generaciones. Como por
ósmosis, la gente absorbe hoy una mentalidad que no reniega de Dios, pero que
afronta la vida como si Dios no existiera. Éste es el drama de nuestro tiempo:
no el rechazo de Dios, sino el olvido de Dios; no el ateísmo, sino la
indiferencia, y una indiferencia que se transmite a través de la cultura. El
gran problema con el que la Iglesia se enfrenta en este fin de siglo es, pues,
de naturaleza cultural. Y precisamente por ello el Santo Padre ha constituido,
para dialogar con todo el mundo de la increencia —una increencia transformada
en indiferencia— el Consejo Pontificio de la Cultura" (Paul Poupard,
"La misión de los centros culturales católicos en la Europa
contemporánea", Culturas y Fe 4 [1996/3] 163).
Esta misión del Consejo se realiza estudiando el problema de
la increencia y de la indiferencia religiosa en los diversos ambientes
culturales, y suscitando o siguiendo las iniciativas de diversas instituciones
eclesiales para promover, por medio del diálogo, el encuentro del mensaje
salvífico del Evangelio con las culturas de nuestro tiempo. A continuación
examinamos las principales iniciativas que el Consejo ha realizado en los
últimos tres años en cumplimiento de su misión, remitiendo, a quien desee
alguna información más detallada sobre alguna de las mismas, a la revista
trimestral del Dicasterio —Cultures et Foi – Cultures and
Faith – Culturas y Fe— que en sus cuatro números anuales
refleja lo más significativo de la actividad del Consejo Pontificio de la
Cultura, difundiendo además en francés, inglés o español, estudios y
noticias de relieve sobre la fe y la cultura.
1. Documento sobre la presencia de la Iglesia en la Universidad
El primero de los logros que cabe destacar desde la última
Plenaria de marzo de 1994, es la publicación, el 22 de mayo de ese mismo año,
del Documento interdicasterial sobre la "Presencia de la Iglesia en la
Universidad y en la cultura universitaria", fruto del trabajo conjunto
de la Congregación para la Educación Católica, del Consejo Pontificio para
los Laicos y del Consejo Pontificio de la Cultura. El documento recoge los
resultados de una amplia consulta a las conferencias episcopales y a múltiples
instituciones eclesiales, y se ofrece como un instrumento de reflexión y de
trabajo con orientaciones pastorales útiles en el campo decisivo de la cultura
universitaria. Se ha de notar con satisfacción que el Documento ha servido de
acicate para reflexiones ulteriores: por ejemplo, la Subcomisión Episcopal de
Universidades de la Conferencia Episcopal Española publicó en 1995 un
Documento con "Orientaciones de pastoral universitaria en el ámbito de
la pastoral de la cultura".
2. Academias Pontificias
En su Carta Apostólica Inde a Pontificatus el Santo
Padre encomienda al Consejo Pontificio de la Cultura la tarea de seguir y
coordinar la actividad de las Academias Pontificias para lograr una presencia
más cualificada de la Santa Sede en el campo de la cultura por la renovación y
conexión de las mismas. Siguiendo el proyecto de Pablo VI, Juan
Pablo II quiso que las Academias Pontificias más antiguas e insignes
realizasen un proceso de autorrevisión análogo al de las facultades
eclesiásticas y universidades católicas, marcándoles como meta una
renovación de estructuras, métodos, programas y objetivos, con una mayor
amplitud de perspectiva en el estudio y reflexión, para que lleguen a ser un
medio privilegiado para el diálogo entre la fe y la cultura. El proceso de
autorrenovación ha implicado a las 7 Academias siguientes: la Academia
Pontificia Romana de Santo Tomás de Aquino y de la Religión Católica, la
Academia Pontificia Teológica Romana, la Academia Pontificia de la Inmaculada,
la Academia Pontificia Mariana Internacional, la Insigne Academia
Pontificia de Bellas Artes y Letras de los Virtuosos del Panteón, la
Academia Pontificia Romana de Arqueología y la Academia Pontificia
"Cultorum Martyrum".
El Santo Padre aprobó los nuevos estatutos el 6 de noviembre
de 1995, creando el Consejo de coordinación entre Academias Pontificias
para promover la investigación interdisciplinar y dar una mayor resonancia a la
obra de las Academias. La autorrevisión ha significado una clarificación
fundamental de las finalidad de sus actividades: sin perjuicio de su carácter
científico, son instituciones culturales de la Iglesia estrechamente vinculadas
al Sumo Pontífice. En su propio ámbito de competencia y con la debida y
legítima autonomía, cada Academia se dedica con rigor científico a la
investigación y estudio de alto nivel para el progreso del saber y el
desarrollo de la cultura, al servicio de la misión pastoral del Sumo Pontífice
y de la Santa Sede.
La nueva fase de la andadura de las Academias Pontificias dio
su primer fruto el 28 de noviembre de 1996, con la primera sesión pública
común, presidida por el Papa en el Aula del Sínodo de los Obispos, cuyas actas
acaban de ser publicadas por la Libreria Editrice Vaticana. En presencia del
Sacro Colegio Cardenalicio y del Cuerpo Diplomático acreditado ante la Santa
Sede, los representantes de las 7 Academias presentaron su "Contribución
al humanismo cristiano en el alba del tercer milenio".
En el discurso conclusivo, Juan Pablo II animó a los
estudiosos y artistas cristianos a demostrar una creatividad que vaya más allá
de la presentación del propio patrimonio cultural, para crear la belleza,
alcanzar la bondad, captar y expresar la verdad. Anunció además la
institución de un Premio de las Academias Pontificias para incentivar a
jóvenes talentos en los cinco campos culturales representados por las
Academias: teología y filosofía, mariología, arqueología, historia religiosa
y culto a los mártires, bellas artes y letras. El premio, que será entregado
cada año por el Papa durante la sesión pública común de las Academias,
servirá para subvencionar publicaciones, becas o exposiciones culturales. Como
rasgo más novedoso, es de destacar que está pensado como impulso o incentivo
para artistas o estudiosos jóvenes que contribuyan de modo significativo al
desarrollo de las ciencias religiosas, del humanismo cristiano o de sus
expresiones artísticas. El primer premio, del año 1997, corresponderá al
área filosófico-teológica.
3. Comisión para los Bienes Culturales de la Iglesia
Uno de los objetivos que el Santo Padre asigna al Consejo
Pontificio de la Cultura en la Carta Apostólica Inde a Pontificatus es
el de mantener contactos periódicos con la Comisión Pontificia para los Bienes
Culturales de la Iglesia, a fin de asegurar una sintonía de objetivos y una
fecunda colaboración recíproca. Dicha colaboración se actúa principalmente
por medio de una "Comisión interdicasterial" que se reúne dos veces
al año y que es el instrumento adecuado para relanzar en el futuro la mutua
coordinación.
Del 11 al 12 de octubre de 1995 tuvo lugar la primera
Reunión Plenaria de la Comisión Pontificia, presidida por S.E. Rvma. Mons.
Francesco Marchisano. Yo mismo [Mons. Franc Rodé], en calidad de Secretario del
Consejo de la Cultura, participé en ella como miembro de la Comisión; y en mi
intervención puse de manifiesto que la Comisión tiene una estrecha relación
con el Consejo de la Cultura para la promoción del arte cristiano como medio de
evangelización. Hoy en día estamos ante una falsificación sistemática del
sentido religioso del arte cristiano. Por ello hay que ayudar a redescubrir a
nuestra generación, sedienta de belleza y de misterio, la fuente trascendente
de inspiración de los grandes genios del cristianismo. El arte cristiano es
portador, en último término, de la verdad revelada por Dios; y como tal es un
camino privilegiado, más allá de la experiencia puramente estética, hacia la
paz interior y la fe.
4. Encuentros interdicasteriales
Durante el trienio se han realizado dos encuentros
interdicasteriales, en los que han participado representantes de los diversos
Dicasterios de la Santa Sede, los Consultores del Consejo Pontificio de la
Cultura residentes en Roma, y los Rectores de las Universidades y Ateneos
eclesiásticos de Roma. El primero tuvo lugar el 24 de mayo de 1995, sobre el
tema: "La fe, crisol privilegiado de identidad cultural", que
fue presentado por el P. Bernard Ardura, Subsecretario del Consejo. El segundo
fue el 30 de mayo de 1996, sobre "La situación cultural en los países
ex-comunistas de Europa central y oriental: un desafío para la Iglesia",
presentado por D. Werner Freistetter.
5. Centros culturales católicos
Una de las primeras iniciativas del nuevo Consejo Pontificio
de la Cultura después de su reestructuración el 25 de marzo de 1993, ha sido
la promoción de los centros culturales católicos dispersos por el mundo para
promover una penetración capilar de la fe en la cultura dominante, en el
convencimiento de que, muy probablemente, el futuro de la nueva evangelización
del siglo XXI está, en gran parte, en la eficacia de estos pequeños centros
para abrir al Evangelio el terreno de la cultura.
Del 4 al 8 de octubre de 1993 se organizó, en el centro Les
Fontaines de Chantilly, cerca de París, un primer encuentro internacional
de centros culturales católicos. Asistieron los directores de más de 30
centros de África, América, Asia y Europa. La experiencia hizo nacer el deseo
de promover otros encuentros de este tipo, para facilitar la conexión de los
centros dispersos por las distintas áreas culturales del mundo y para
intercambiar experiencias e informaciones útiles.
Por ello, nada más terminar el encuentro de Chantilly, el
Consejo de la Cultura se puso en contacto con las conferencias episcopales de
todo el mundo, preguntando por los centros culturales católicos operantes en el
territorio de cada una de ellas. Las respuestas recibidas reflejan una realidad
rica y diversificada: hay una gran variedad en su misma denominación (se
habla de centros, círculos culturales, casas de formación, academias,
instituciones universitarias), en su orientación (que puede ser
teológica, artística, científica, educativa), en las temáticas que se
afrontan (corrientes culturales, valores, diálogo intercultural e
interreligioso, arte, ciencia) y en las actividades que desarrollan
(conferencias, debates, encuentros culturales, cursos, seminarios, exposiciones,
publicaciones, bibliotecas). El concepto de "centro cultural
católico" se entiende, como se ve, en un sentido amplio que varía según
las situaciones de los distintos países. Pueden considerarse tales todo tipo de
instituciones en comunión con la Iglesia, administradas por católicos de modo
privado o vinculadas a un ente eclesial (parroquia, diócesis, conferencia
episcopal, orden religiosa), las cuales no se limitan a promover actividades
culturales, sino que procuran difundir las convicciones cristianas y conectar la
fe con la cultura por medio del diálogo creativo, promoviendo, con un espíritu
de escucha y de respeto, una cultura de inspiración cristiana.
Como fruto de estas pesquisas, el Consejo Pontificio de la
Cultura publicó en diciembre de 1995 un primer elenco internacional que recoge
las direcciones de más de 700 centros culturales católicos de todo el mundo.
Desde entonces hemos recibido muchas indicaciones ulteriores de centros de los
que no teníamos noticia, y que serán incluidos en la próxima edición.
Además, en septiembre del año 1996 se ha publicado un elenco nacional de
centros culturales católicos italianos, lo cual ha sido posible gracias a la
colaboración de una gran parte de los obispos italianos. Lleva por título: I Centri
Culturali Cattolici. Elenco e indirizzi, y se distribuye junto con el
volumen I Centri Culturali Cattolici. Idea, esperienza, missione, de
la colección "Cultura e Fede" de Città Nuova. El elenco contiene
más de 600 centros, presentes en el 65% de las diócesis italianas. Esta rica
realidad permite prever que también en otros países del mundo saldrán a la
luz muchos más centros de los que hasta ahora tenemos contabilizados cuando
dispongamos de una información más completa y actualizada.
El elenco de centros culturales católicos es un instrumento
que facilita la organización de encuentros de dichos centros a todos los
niveles: continental, regional y nacional. El Consejo de la Cultura organizó,
del 14 al 15 de mayo de 1996, en la Academia Católica de Baviera (Munich), un
encuentro de centros culturales centroeuropeos, venidos de Austria, Alemania,
Italia (Alto Adige), Polonia, Eslovenia y Eslovaquia, para estudiar el tema de
"El diálogo entre la fe y la cultura en Europa central: entre la
herencia cristiana y las políticas culturales". Asistieron también el
Presidente de la Conferencia Episcopal Alemana, S.E. Mons. Karl Lehmann, y S.E.
Mons. Egon Kapellari, Responsable del diálogo fe-cultura de la Conferencia
Episcopal Austríaca. Los participantes de las sociedades occidentales y
ex-comunistas vieron la necesidad de favorecer la comprensión y el
enriquecimiento mutuos por medio de encuentros de este tipo. Se examinó la
identidad de estos centros ante los desafíos de una sociedad pluralista; y se
vio la importancia de afirmar con claridad la propia identidad católica,
manteniendo a la vez un diálogo sincero y paciente para abrirse a las personas
en busca de sentido. Al final se decidió tratar en un encuentro sucesivo uno de
los temas más candentes en Europa central y oriental: "cultura
política, democracia y valores cristianos". El Consejo de la Cultura
lo está preparando, y tendrá lugar del 9 al 13 de noviembre de 1997 en
Cadenabbia, junto al lago de Como.
Un segundo encuentro regional de centros culturales
católicos del sur de Europa tuvo lugar en Barcelona, del 30 de mayo al 1 de
junio de 1996. Organizado por la Fundación Joan Maragall, reunió a
representantes de 13 centros de España, Francia, Italia y Malta, junto a los
obispos especialmente dedicados a la pastoral de la cultura en España, Italia y
Portugal. Como puntos de convergencia de los centros presentes se pueden
señalar cuatro elementos: un análisis de la realidad circundante; la
investigación (o reflexión) sobre ella; la programación de actividades
varias; las publicaciones. A estos elementos comunes se añaden divergencias
varias: algunos se dedican a la investigación y al análisis de la realidad,
mientras que otros están volcados en la animación cultural o en las
publicaciones; el objetivo directamente pastoral puede estar presente o no; la
actividad del centro puede dirigirse a un público amplio o de élite; y la
misma posición geográfica —en el campo o en la trama urbana de una gran
ciudad— puede determinar la naturaleza del centro. En la sesión conclusiva se
decidió realizar en el año 1998 un encuentro ulterior en el Centro San
Domenico de Bolonia.
En fin, el Consejo ha organizado también un encuentro a
nivel nacional italiano. Del 21 al 23 de octubre se reunieron en Roma los
representantes de 13 centros culturales católicos italianos. Dichos centros,
seleccionados por la "Comisión Episcopal para la Educación Católica, la
Cultura, la Escuela y la Universidad" de la Conferencia Episcopal Italiana,
representaban el conjunto de la realidad italiana: norte, centro y sur. El
encuentro ha servido para conectar la realidad de los centros culturales
católicos con el proyecto cultural del conjunto del episcopado italiano y para
emprender una mayor intercomunicación entre los centros por la creación de un
grupo de contacto inicial.
6. Nuevos movimientos religiosos
Uno de los desafíos más urgentes de la Iglesia en la
actualidad son las sectas o nuevos movimientos religiosos. Así nos lo han
señalado repetidamen-te los obispos que han venido en visita ad limina.
Por ello, el Consejo Pontificio de la Cultura sigue la problemática con
atención. En 1994 se encargó de la preparación del primer número anual de la
Revista Sette e Religioni sobre "Indiferencia religiosa y
neopaganismo". Mencionemos también dos editoriales del Cardenal Poupard
con reflexiones teológico-culturales sobre el fenómeno de la New Age y
algunas sugerencias pastorales al respecto, que aparecieron en la revista Religioni
e Sette nel mondo en marzo y junio de 1996.
Para afrontar el problema de los nuevos movimientos
religiosos, se for-mó un Grupo de trabajo interdicasterial coordinado
por el Consejo Pontificio para el Diálogo interreligioso, el cual incluía a la
Congregación para la Evan-gelización de los Pueblos, al Consejo Pontificio
para la Unidad de los Cristia-nos y al Consejo Pontificio de la Cultura. Dicho
Grupo de trabajo publicó en 1995, en italiano, una antología de textos
doctrinales y pastorales: Sectas y nuevos movimientos religiosos. Textos de
la Iglesia Católica: 1986–1994, tra-ducido al francés, al inglés y al
español (está en preparación una edición en alemán). El volumen incluye
textos del Magisterio Pontificio, de las Conferencias Episcopales y de obispos
particulares, los cuales constituyen una sólida orientación doctrinal en este
campo complejo, así como orientaciones pastorales para sensibilizar a los
creyentes y para ayudarles en la reflexión y en la acción pastoral.
A petición de la Congregación para la Doctrina de la Fe, el
Grupo de trabajo inició en otoño de 1995 la preparación de un documento
doctrinal y pastoral. Con esta ocasión, un representante de dicha Congregación
se sumó al Grupo de trabajo. En un primer momento se pensó en un documento
sinté-tico que tratase de los movimientos principales, pero el proyecto se
consideró excesivamente amplio, dado lo complejo de la situación en las
diversas zonas del mundo. Por ello el Grupo de trabajo se ha propuesto preparar
más bien una serie de subsidios breves e incisivos dedicados a movimientos
específicos desde el punto de vista doctrinal y pastoral. El primero estará
dedicado al fenómeno sincretista de la New Age. Ésta es una red de
movimientos muy heterogéneos que además está teniendo un enorme influjo en
gran parte de la cultura moderna, en los medios de comunicación e, incluso, en
no pocos cristianos, los cuales, por lo tanto, necesitan urgentemente una serie
de clarificaciones doctrinales y de orientaciones pastorales. El representante
del Consejo de la Cultura en el Grupo de trabajo, D. Werner Freistetter, ha
elaborado un primer borrador del Documento con los temas principales, el cual
será completado más adelante con ayuda de expertos en la materia.
7. Contactos con organismos internacionales
Durante el último trienio, el Consejo de la Cultura ha
mantenido sus contactos con diversos organismos internacionales, como la UNESCO
o el Consejo de Europa. El P. Bernard Ardura, Subsecretario del Consejo, ha
representado a la Santa Sede ante el Consejo de Europa en diversas reuniones del
"Comité para la Cultura", del "Comité de Orientación de los
Itinerarios Culturales" y del "Consejo de Cooperación Cultural"
(CDCC). Ha participado asimismo en varias Conferencias de ministros europeos
responsables de los asuntos culturales. Por su medio, el Consejo de la Cultura
ha contribuido a la humanización de los programas culturales, a la defensa de
la dimensión religiosa del patrimonio cultural, y a mantener viva la conciencia
de los valores en la política cultural europea.
8. Convenios
Una de las líneas de acción del Consejo ha sido la
promoción de encuentros regionales para alentar, a nivel de las
distintas áreas culturales del mundo, una presencia más activa de los
católicos en el mundo de la cultura. Durante el último trienio, han sido
publicadas las actas de algunos de los encuentros que tuvieron lugar antes de la
última Asamblea Plenaria.
En 1992 el Consejo Pontificio para el Diálogo con los no
creyentes organizó dos simposios europeos que tuvieron como quicio el tema de
la libertad; uno en Madrid —"Fe en Dios y libertad en la Europa de los
90", 3–5 de julio de 1992— y otro en Praga —"La nueva
libertad religiosa en el Este y el liberalismo del Oeste", 17–20 de
septiembre de 1992. Las principales ponencias de ambos simposios han sido
reunidas en un sólo volumen, que, entretanto, ha aparecido ya en tres lenguas
distintas: en francés —Nouvelle Europe. Reconquête de la liberté et
défi du libéralisme, Mame, Tournai 1993—, en italiano —Liberalismo
e libertà cristiana nella nuova Europa, Città Nuova, Roma 1994— y en
español —El horizonte de la libertad. En camino hacia la nueva Europa,
Ciudad Nueva [Fundación San Justino], Madrid 1994.
Del mismo modo, las ponencias del Coloquio de Klingenthal
(cerca de Estrasburgo), organizado por el Consejo Pontificio de la Cultura poco
después de su refundación —27–30 de mayo de 1993—, que versaron sobre
"El papel del cristianismo en la identidad de los pueblos europeos",
han sido publicadas en 1994 con el título: Christianisme et identité
nationale. Une certaine idée de l'Europe, en la sección "Églises et
Politique" de la colección "Politiques & Chrétiens" de
Beauchesne. El mismo año de 1994 se ha publicado también una traducción
italiana en la colección "Culture e Dialogo" de Piemme, con el
título: L'identità culturale dell'Europa.
También en 1994 han sido publicadas por Città Nuova las
Actas del Coloquio Internacional celebrado en la Pontificia Universidad
Urbaniana del 2 al 3 de diciembre de 1993, sobre "Hablar de Dios al
hombre de hoy". El libro se titula: Una "rilettura" di Dio
nella cultura contemporanea.
La tradición de estos Simposios se continuó después de la
última Asamblea Plenaria con el Simposio Regional para Europa celebrado en
Madrid del 23 al 25 de octubre de 1995, titulado: "La fe cristiana,
creadora de cultura para el tercer milenio". El encuentro se realizó
gracias a la colaboración de la Archidiócesis de Madrid y de la Universidad
Complutense. En él se buscó expresamente que estuvieran representados los
países del este europeo. La iniciativa tuvo una gran trascendencia, por ser la
primera de esta naturaleza que nace de una organización conjunta de la Iglesia
y de la universidad pública española. La traducción italiana de las
principales ponencias ha sido publicada en mayo de 1996 en la colección
"Cultura e Fede" de Città Nuova, con el título: Creare con fede
una nuova cultura.
El Simposio giró en torno a la identidad de la
cultura cristiana. ¿Qué cultura es la que nace de la fe cristiana? ¿Cómo
habría que proponer hoy el evento cristiano para que sea culturalmente
significativo? ¿Cómo puede hoy la fe volver a ser una fuente fecunda,
inspiradora de cultura? Tanto el Patriarca de Lisboa, Cardenal Ribeiro, como el
Cardenal Poupard, destacaron que la creatividad cultural del cristianismo nace
de la transformación interior del corazón del hombre. Por su parte, el
Arzobispo de Madrid, Mons. Rouco Varela, y el P. Cottier, coincidieron en que la
dignidad de la persona humana sólo puede fundamentarse en un ámbito que
trascienda al derecho; de manera que el Estado no puede sostenerse sin un
cimiento metafísico, religioso o moral. El valor de la persona humana es
precisamente la mayor aportación del cristianismo a la cultura: así lo
expusieron Stanislaw Grygiel y Joseph Doré. Y el Arzobispo de Barcelona,
Cardenal Carles, sentenció que si durante milenios el hombre se ha aferrado a
la cultura para no perecer en la naturaleza, quizás ha llegado el momento, por
primera vez en la historia, en que se tiene que aferrar a la religión para no
naufragar en una cultura que se puede convertir en su enemiga.
Un mes después del encuentro de Madrid se iniciaba en Roma
un Coloquio Internacional sobre "El desafío del secularismo y el futuro
de la fe, en el umbral del tercer milenio" (30 de noviembre – 2
de diciembre de 1995), organizado por el Consejo de la Cultura con la
colaboración de la Pontificia Universidad Urbaniana y del "Instituto
Superior para el estudio de la increencia, de la religión y de las
culturas" (I.S.A.). El Coloquio fue presentado por el Cardenal Jozef Tomko,
y el Cardenal Poupard pronunció la conferencia inaugural sobre "La visión
religiosa y la visión secularista del hombre". Las actas han sido
publicadas en 1996 por la editorial de la Universidad Urbaniana, con el título
de: Le sfide del secolarismo e l'avvenire della fede.
El tema de este Coloquio lo sugirió la mención que hace el
Papa en la Tertio millennio adveniente de algunas sombras del momento
actual —la indiferencia religiosa, la atmósfera de secularismo y el
relativismo ético (cf. nº 36)— junto con una invitación a profundizar en
los signos de esperanza que sin duda existen (cf. ibid., nº 46). Desde
esta perspectiva, se abordaron diversos temas de algunas grandes áreas: los
desafíos de la ciencia y de la tecnología; la crisis de la verdad y de los
valores; la economía, el arte, la literatura y el cine; el estado pluralista,
el laicismo y la laicidad; el indiferentismo y las nuevas experiencias
religiosas. En su alocución a los participantes en el Coloquio, el Santo Padre
se refirió a la desertización espiritual provocada por el debilitamiento de
las convicciones, y afirmó, con tono esperanzado, que el futuro de la fe
depende de la capacidad de la Iglesia de liberar con el anuncio evangélico la
verdad escondida y las fuerzas latentes en el corazón de las culturas.
El tema del secularismo se volvió a abordar pocos días
después —del 5 al 7 de diciembre— en otro Congreso Internacional organizado
por el Ateneo Pontificio Regina Apostolorum y "The Becket Fund for
Religious Liberty", con los auspicios del Consejo de la Cultura, para
estudiar el secularismo y la libertad religiosa en el 30º aniversario de la Dignitatis
humanae. En él el Cardenal Poupard pronunció la conferencia inaugural.
Otro encuentro postsinodal dedicado a Europa se celebró del
3 al 6 de junio de 1996 en el "Centro de estudio e investigación
"Ezio Aletti"" del Pontificio Instituto Oriental, sobre el tema:
"Transfiguración de la memoria: trascender la postmodernidad".
La inciciativa surgió del Sínodo especial para Europa del año 1991, para
ofrecer a los cristianos del este, del centro y del oeste europeos un lugar de
encuentro en el que buscar salida al impasse postmoderno desde sus
tradiciones cristianas complementarias, en un momento en que parecen superadas
las ideologías de la modernidad, pero en que hacen falta energía y creatividad
para avanzar hacia una nueva comprensión del hombre y de su futuro.
Después de Europa, le tocó la vez a Asia. Del 10 al 14 de
enero del 1996, el Consejo de la Cultura organizó una Convención en la
Universidad de Santo Tomás de Aquino de Manila (Filipinas) sobre "El
diálogo fe–cultura en Asia: hacia un desarrollo humano y social integral".
En la organización colaboró el Departamento de Educación de la Federación de
Conferencias Episcopales Asiáticas (FABC–OESC). Asistieron más de 100
participantes, provenientes de Bangladesh, Corea, Estados Unidos, Filipinas,
India, Indonesia, Italia, Japón, Macao, Malasia, Nepal, Pakistán, Rusia, Sri
Lanka, Tailandia y Taiwan.
En su discurso inicial, el Cardenal Poupard destacó que el
diálogo entre la fe y la cultura exige una escucha compasiva, pero sin que la
fe pierda su papel purificador y crítico, especialmente con respecto a los
antivalores de la cultura global, con sus secuelas de individualismo, consumismo
y secularismo. Son especialmente importantes la defensa de la vida y de la
familia, la protección del medio ambiente natural y la promoción de una
cultura de la paz.
Con tono respetuoso y cordial, la Convención examinó las
distintas tradiciones religiosas asiáticas: animismo, budismo, taoísmo,
confucianismo, hinduismo e islamismo. Para llegar en Asia a una síntesis entre
la fe cristiana y las culturas se vio que es necesario promover a todos los
niveles un diálogo que profundice en lo positivo de las raíces religiosas
autóctonas; pero la fe no debe perder nunca su impulso evangelizador. Además,
para favorecer un desarrollo integral sería útil pasar del diálogo a la
acción conjunta, para defender juntos los valores tradicionales que están hoy
en peligro.
Un segundo encuentro asiático ha tenido lugar en Nueva Delhi
(India), del 24 al 28 de febrero de 1997. Organizado por la "Comisión de
Educación y Cultura" de la Conferencia Episcopal de la India y el Consejo
Pontificio de la Cultura, ha reunido a unos 40 estudiosos de 7 religiones
diversas —cristianismo, hinduismo, islamismo, budismo, jainismo, sikhismo y fe
bahai'— para una Consulta Nacional sobre: "El encuentro de las
religiones y de las culturas por la paz y la justicia". El Consejo de
la Cultura estuvo representado por D. Alex Rebello.
Cada una de las 7 religiones ofreció su aportación
específica para una promoción conjunta de la paz y de la justicia. En su
comunicado final los participantes deploraron la instrumentalización
fundamentalista de la religión para fines violentos, haciendo un llamamiento a
los líderes religiosos y políticos, a los educadores, a los medios de
comunicación, y a todos los hombres y mujeres de buena voluntad, en orden a la
promoción de una cultura de la paz.
Después de Asia, Iberoamérica. Del 5 al 9 de febrero de
1996 se organizó en Sumaré (Río de Janeiro) un Curso para Obispos que
congregó a unos 100 prelados brasileños. El curso fue coordinado por el
Cardenal Poupard con la ayuda del Profesor Heinrich Pfeiffer de la
P. Universidad Gregoriana. El Cardenal Poupard puso de relieve la fuerza
creativa de la fe inculturada en sus tres intervenciones principales, que
versaron sobre "la inculturación del Evangelio como fuente de integración
humana y cristiana del hombre"; "el dinamismo cultural de la fe
cristiana"; y "la inculturación, a la luz de los misterios de la
salvación [Navidad, Pascua y Pentecostés]".
En fin, del 18 al 20 de abril de 1996 le tocó el turno a
África, con un Coloquio postsinodal celebrado en Abidjan (Costa de Marfil)
sobre: "Fe, cultura y evangelización en África, al alba del tercer
milenio", realizado con la colaboración de las Conferencias
Episcopales de África Occidental Francófona (CERAO) y del Instituto Católico
de África Occidental. Como representante del Consejo de la Cultura asistió el
P. Bernard Ardura, Subsecretario del Dicasterio. Ante los desafíos
socioeconómicos, culturales y políticos del continente africano, el Coloquio
invitó a reflexionar sobre la Iglesia como "familia de Dios" y sobre
el concepto de inculturación. El Evangelio ha de penetrar en todas las
realidades humanas abiertas a la gracia, specialmente en las áreas de la
formación y de la educación.
9. Visitas ad limina
Una de las fuentes más preciosas de información de que
disponemos para valorar la situación cultural de los diversos continentes, la
constituyen los pastores en visita ad limina que pasan personalmente por
el Consejo de la Cultura a lo largo del Año. A modo de Conclusión de esta
relación, es interesante considerar algunos de los datos que dichas visitas nos
han aportado en este último trienio.
A. América Latina. Entre 1993 y 1996 tuvieron
lugar las visitas ad limina de los episcopados de los países
latinoamericanos. Muchos de estos obispos han pasado por el Consejo de la
Cultura, y sus aportaciones permiten trazar un cuadro sintético de la
situación del continente iberoamericano.
La primera evangelización dejó muchos valores en el
corazón de la pluralidad de culturas del continente: apertura a la
trascendencia; solidaridad; sentido de la vida en familia y de la amistad;
vivencia cristiana de la muerte; sentimiento religioso profundo, expresado en la
piedad popular, en el culto a los difuntos y en la oración. Al lado de esta
experiencia cristiana, está hoy una cultura adveniente, con sus secuelas de
cientificismo, positivismo, racionalismo, subjetivismo, relativismo, y los
primeros indicios del postmodernismo. Todo ello ha sido caldo de cultivo de
numerosos antivalores y de una anticultura contraria a la verdad del hombre. Se
da una transición de una cultura rural tradicional, impregnada de valores
cristianos, a una cultura urbana y mediática de masa. De este modo, la cultura
cristiana se va diluyendo bajo el peso del secularismo.
Dos fenómenos merecen una mención especial. En primer
lugar, los medios de comunicación social son vehículo de una cultura global
que viene de fuera y que promueve el materialismo, el hedonismo, el
pansexualismo y el permisivismo moral. De este modo abaten, con aire de
superioridad, los valores cristianos tradicionales.
En segundo lugar, la extensión y crecimiento de los nuevos
movimientos religiosos, de tendencia agresivamente proselitista y rabiosamente
anticatólica. La sectas presentan a la Iglesia como el Anticristo y se
aprovechan de la ignorancia de muchos, que creen poder militar en ellas sin
dejar de ser buenos católicos. En estas condiciones, se hacen imposibles el
diálogo y el ecumenismo, los cuales, además, crearían confusión y
desconcierto entre los católicos. El problema alcanza dimensiones políticas, y
los obispos lo ven como parte de un plan de ataque cuidadosamente estudiado para
arrebatarle a Latinoamérica lo que constituye su lazo de unión y su signo de
identidad más profundo: la fe católica.
Especial preocupación han mostrado los obispos por la New
Age, los cultos satánicos, la masonería, el espiritismo, la indiferencia
religiosa y la increencia. Las sectas que más avanzan son las de tipo
pentecostal americano, con una línea de predicación alienante y
fundamentalista, desvinculada de la realidad social del pueblo. Sin embargo, las
sectas tienen también puntos débiles. Los adeptos no suelen perseverar más de
cinco o diez años; luego pasan por lo general al indiferentismo. Y los jefes de
las sectas suelen adolecer de una gran pobreza cultural e intelectual.
B. Asia. Durante este período han visitado el
Dicasterio varios grupos de obispos asiáticos. Los obispos de Filipinas
destacaron que sus fieles están "sacramentalizados", pero que hace
falta profundizar en la catequesis para combatir las supersticiones y purificar
las culturas locales. Para inculcar los valores del Evangelio la Iglesia cuenta
especialmente con el sistema educativo: las escuelas y universidades. Por su
parte, los obispos de Singapur, Malasia, Brunei e Indonesia pusieron de relieve
la pluralidad de culturas de su zona y la necesidad de una inculturación que
haga penetrar la fe en la vida cotidiana de la gente. No bastan las conversiones
personales: hay que "convertir" al cristianismo la cultura misma, con
la misma eficacia con la que, por ejemplo, el budismo procedente de la India
logró penetrar profundamente en la cultura china. Éste es el gran desafío
para la Iglesia católica en Asia.
C. África. Los obispos del Zaire han mostrado una
conciencia muy viva de la importancia de la cultura para la evangelización. Han
manifestado que tras los conflictos entre culturas suelen esconderse conflictos
de intereses. Hoy se da la paradoja de que junto a una cultura global que tiende
a la apertura, se da también un nacionalismo excesivo que puede degenerar en el
racismo. De ahí la importancia de difundir el concepto cristiano de fraternidad
universal.
D. Francia. Por último, no podemos dejar de hacer
referencia a las visitas ad limina en curso de los obispos franceses,
aunque sólo fuera porque reflejan una realidad que es característica de la
actual situación cultural de Occidente. En palabras de uno de los Prelados,
"hemos salido del tiempo de la cristiandad; ya no se trata de profesar la
fe, sino de proponerla. ¿Cuál ha de ser el papel de la comunidad creyente en
el seno de una sociedad de la que ha formado parte durante quince siglos, y de
la que ahora se ve situada al margen?" Es el problema de la laicidad, que
reduce las creencias a la esfera meramente privada y suscita el interrogante:
¿cuál es el estatuto de unas convicciones cristianas en una cultura que ya no
tiene a la fe como punto de referencia? La cultura se seculariza, los signos
cristianos desaparecen, la catequización se reduce. Los jóvenes aparecen
dominados por un mundo imaginario y conciben la fe como signo de intolerancia.
Crecen los desafíos del Islam, de los nuevos movimientos religiosos y de la
masonería. Se hacen más virulentos el anticlericalismo y los ataques contra la
ética y la doctrina social de la Iglesia. Da la impresión de que los valores
más sagrados son hoy la democracia y la tolerancia.
Ante estos desafíos, el Cardenal Poupard ha resaltado en los
coloquios que la fe siempre ha sido creadora de cultura. La laicidad es un
hecho, pero hay que saber afrontarla. Hay que encontrar puntos de anclaje en los
modos de vida de las gentes para poder insertar en ellos el Evangelio. La
presencia visible es fundamental. Hay que formar personalidades con capacidad de
acción, y aprovechar la eficacia de los centros culturales católicos. El
peligro mayor para la Iglesia es el de renunciar a la especificidad cristiana en
aras del diálogo. La Verdad cristiana es la única que nos hace libres; no hay
futuro para la evangelización si no se parte de una identidad católica clara.
- - -
[Français]
Mgr. Franc Rodé présente l'activité du Conseil Pontifical de la
Culture de ces trois dernières années (1994-1997). Relevons: le document sur
la Présence de l'Eglise à l'Université et à la Culture Universitaire,
la création du Conseil de Coordination des Académies Pontificales; la
collaboration avec la Commission pour les Biens Culturels de l'Eglise; les
rencontres interdicastérielles; la recension mondiale et la promotion des
Centres culturels catholiques; l'étude des nouveaux mouvements religieux; les
relations avec l'UNESCO et le Conseil de l'Europe; les nombreux échanges avec
les évêques en visite "ad limina"; l'organisation de plusieurs
Congrès destinés à promouvoir la présence active des Catholiques au sein des
différentes aires culturelles.
[English]
Mgr. Franc Rodé sums up the Pontifical Council for Culture's work in the
three years from 1994 to 1997. Things which stand out are: the publication of
the document The Presence of the Church in the University and in University
Culture; the formation of the Co-ordinating Council of the Pontifical
Academies; work in conjunction with the Commission for the Cultural Patrimony of
the Church and other curial departments; cataloguing and promoting Catholic
cultural centres across the world; the study of new religious movements;
relations with UNESCO and the Council of Europe; contacts with many bishops on ad
limina visits; the organization of a good number of regional symposia with
the aim of promoting a more active presence of Catholics in various different
cultural areas of the world.
PRESENTACIÓN DEL DOCUMENTO DICASTERIAL:
"HACIA UNA PASTORAL DE LA CULTURA"
P. Bernard ARDURA, O. Praem.
Secretario del Pontificio Consejo de la Cultura
1. Breve presentación del íter del documento
En el curso de la anterior Asamblea Plenaria —del 15 al 18
de marzo de 1994— los miembros y consultores presentes reflexionaron sobre cómo
hablar de Dios al hombre de hoy. Como fruto de aquella Asamblea, y a la luz
de las informaciones recogidas durante las visitas ad limina, se decidió
preparar un documento sobre la pastoral de la cultura para aplicar de modo
concreto las conclusiones de la Plenaria.
El 30 de noviembre de 1994 nos reunimos en Roma con algunos
de nuestros consultores para convenir en la orientación del documento. Por
parte del Consejo asistimos el Cardenal Presidente, el Secretario [Mons. Franc
Rodé] y yo cómo Subsecretario; y por parte de los consultores, los
pertenecientes a la Comisión Teológica Internacional: S.E. Mons.
Schönborn y los RR. PP. Cottier, Langevin y Doré. La idea era la de acoger sus
sugerencias para elaborar un plan de trabajo realista y preciso.
El texto del documento propuesto es el resultado de dos años
de trabajo conjunto: primero con los consultores, luego con los miembros del
Dicasterio, y, finalmente, con las comisiones episcopales de la cultura de
diversas conferencias episcopales. El objetivo principal es proponer una
contribución específica del Consejo Pontificio de la Cultura a la nueva
evangelización en la perspectiva del Gran Jubileo del año 2.000. Se trata de
un documento pastoral, que arranca de los puntos fundamentales sobre la
relación entre la fe y la cultura mejor establecidos, para orientar desde ellos
la misión pastoral de la Iglesia en los diversos campos culturales que revisten
mayor importancia en el momento actual.
A finales de junio de 1995 recibimos las sugerencias de
algunos consultores; colaboró una cuarta parte de los mismos. Su contribución
sirvió para elaborar un primer borrador básico. Este borrador se envió en
septiembre de 1995 a los consultores que habían respondido a la primera
consulta. Con sus observaciones y propuestas pudimos redactar la primera
versión del documento que hoy nos ocupa. Era un borrador muy largo, centrado en
una panorámica de los campos culturales considerados importantes por ser
adecuados para el anuncio del Evangelio o por constituir obstáculos para el
mismo. En esta versión, la tercera parte del documento casi no existía, porque
queríamos recoger todavía aportaciones basadas en una experiencia pastoral
personal, buscando una recopilación diversificada que tuviera en cuenta la
multiplicidad de situaciones culturales del mundo.
Del 18 al 20 de enero de 1996 convocamos una consulta
especial en la que participaron seis consultores y tres expertos externos, los
cuales, junto con el personal permanente del Dicasterio, contribuyeron a
reformular y organizar mejor el documento, insistiendo en la necesidad de un
texto más conciso. Tres de los consultores presentes en esta ocasión eran
representantes de Asia: de Filipinas, India e Indonesia.
Tras esta consulta, el Consejo envió a todos los
Eminentísimos y Excelentísimos miembros del Dicasterio una versión que
pretendía suscitar sus observaciones y sugerencias. A los pastores que están
al frente de una diócesis les pedíamos especialmente que nos hicieran
partícipes de sus iniciativas pastorales en el campo de la evangelización y de
la inculturación. Hemos integrado todas sus aportaciones intentando responder a
sus expectativas; aunque, como es normal en este tipo de trabajo, no siempre es
fácil armonizar entre sí sugerencias de muy diverso tipo.
El resultado de este trabajo es el texto que han recibido
Vds. hace algunas semanas. Como se avisó en su día, sólo se han tomado en
consideración las observaciones llegadas a Roma antes del uno de febrero, para
que, de este modo, fuera posible enviar el borrador del documento a todos los
miembros del Dicasterio antes de la Asamblea Plenaria.
2. Índole, destinatarios y finalidad del documento
Hace tres años, en la conclusión de la Plenaria, se
acentuó la urgencia de una pastoral de la cultura. En diversos ambientes
eclesiales se advertía una cierta desorientación ante las nueva situación;
desorientación que ha ido in crescendo en estos últimos años. En los
informes con ocasión de las visitas ad limina, junto a algunas Iglesias
locales muy comprometidas en una evange-lización renovada, se percibe también
un malestar difuso, un sentimiento de pérdida de contacto con las personas y
con las instituciones creadoras de cultura (especialmente en el campo de la
educación). Se aprecia una cierta desconfianza ante la cultura —bajo sospecha
de robarle el puesto a la fe teolo-gal— y una falta de sensibilidad ante la
importancia de la cultura para la nueva evangelización. De hecho, las opciones
pastorales tienden a privilegiar otros campos, considerando la pastoral de la
cultura como un lujo al que po-dría uno dedicarse, en todo caso, después de
haber resuelto otros problemas.
El documento es, pues, de naturaleza pastoral, tanto
en la orientación general como en las propuestas concretas ante los desafíos y
expectativas del momento. Se dirige, antes todo, a los obispos, primeros
responsables y anima-dores de la pastoral en sus Iglesias locales; pero también
a todos aquellos —sacerdotes, religiosos y laicos— dedicados al anuncio del
Evangelio bajo la guía de sus obispos. Otros destinatarios son los formadores
de los futuros sacerdotes y religiosos, y los responsables de los centros
culturales católicos.
La finalidad es la de concienciar de la importancia de la
cultura para el anuncio del Evangelio, y la de animar a potenciar la pastoral de
la cultura en todos los ámbitos. Nuestras consultas no se han limitado a los
miembros del Dicasterio, sino que nos hemos acercado a numerosas personas e
instituciones con experiencia en este campo. Para sensibilizar a los obispos y a
los responsables de la pastoral no basta con resaltar el interés de tal o cual
campo cultural, sino que se deben presentar iniciativas concretas, prácticas y
útiles practicadas en las Iglesias locales. Por desgracia, para muchos la cultura
es una realidad abstracta e indefinida; mientras que en realidad la pastoral de
la cultura auténtica tiene un carácter muy concreto. El documento la propone
desde una perspectiva positiva, porque las nuevas e inexploradas situaciones
culturales constituyen de hecho nuevos campos de evangelización.
3. Breve presentación del documento
La pastoral de la cultura tiene su fundamento y su
justificación en la relación entre la fe y la cultura de la que habla con
frecuencia el Santo Padre. Tras una definición concisa de la cultura, el
documento subraya la tensión normal entre la fe y la cultura, "porque la
fe y la cultura no son realidades del mismo orden". Sin embargo, el influjo
de las nuevas corrientes culturales hace que esta tensión normal se transforme
en distancia o ruptura, con lo que a la fe se la margina y se la aleja de la
vida pública, de las costumbres y de la cultura. De aquí la importancia de un
encuentro entre la fe y las culturas para injertar la Buena Nueva en el corazón
del hombre.
i. La primera parte (nos 2-7), breve,
presenta algunas líneas orientativas de carácter teórico. No se
pretende dar una panorámica teológica de la cuestión, ni tampoco presentar
una discusión completa sobre la cultura y las culturas. Se trata sólo de
resumir los puntos bien establecidos en este campo. En la redacción de esta
parte han sido de gran ayuda las observaciones y sugerencias del P. Cottier
y del P. Doré, consultores del Dicasterio y miembros de la Comisión Teológica
Internacional.
ii. La segunda parte (nos 8-25) propone
a la atención de los obispos y de los responsables de la pastoral eclesial un
cierto número de campos culturales que representan desafíos y esperanzas para
el anuncio del Evangelio. El desafío es el de sensibilizar a los obispos para
que perciban la importancia de estos campos culturales en orden al anuncio del
Evangelio y a una realización plena de la misión de la Iglesia.
En la primera versión se hizo un simple elenco de los campos
más significativos para aquellos que tienen la responsabilidad de promover,
animar y orientar la pastoral eclesial. Gracias a la colaboración de los
consultores y de los expertos en la consulta del 18 al 20 de enero de 1996, se
reorganizó esta segunda parte, se redujo el número de subdivisiones, se
eliminaron repeticiones y se armonizaron entre sí los diversos temas para
obtener un texto articulado lógicamente.
iii. La tercera parte (nos 26-39),
titulada "Propuestas concretas", está colocada después de los
párrafos destinados a sensibilizar a los destinatarios y propone sugerencias
prácticas para afrontar los desafíos y responder a las esperanzas de los
diversos campos culturales. Estas propuestas —algunas de las cuales se pueden
actuar en cualquier contexto, porque requieren una escasa inversión de personal
y de medios económicos— demuestran el carácter concreto de la pastoral de la
cultura. Esta parte se ha elaborado con las sugerencias de los miembros del
Dicasterio y de las comisiones episcopales de la cultura; son, por tanto, el
resultado de una cooperación fructífera en la que han participado muchos
responsables directos de la pastoral de la cultura.
De hecho, esta tercera parte refleja: 1) las numerosas
respuestas al cuestionario preparatorio para esta Asamblea Plenaria; 2)
las observaciones de la consulta de enero de 1996; 3) las sugerencias
enviadas por varias comisiones episcopales de la cultura; 4) las
respuestas al borrador del documento enviadas por los miembros del Dicasterio y
que nos han llegado antes del uno de febrero de 1996 (no se han incluido aún
cinco respuestas que nos han llegado después de esta fecha).
Conclusión
En el curso de su elaboración, el documento ha suscitado
muchas muestras de adhesión. El texto ha sido perfeccionado progresivamente
gracias a la competente colaboración, desde un primer momento, de siete de
nuestros consultores (Mons. Clavell, P. Cottier, P. Doré, P. Prior, Prof.
Custodio, Prof. Hodgson y Prof. Pushparayan). El texto que tienen entre sus
manos es además el fruto de las observaciones y sugerencias de Vds. mismos.
Desde el comienzo del trabajo, el Consejo Pontificio de la Cultura ha recibido
muchas muestras de aliento, tanto por la orientación del documento como por su
oportunidad. Es ahora tarea de esta Plenaria —como lo ha señalado el Emmo.
Sr. Presidente de este Dicasterio en la última carta que les ha dirigido—
perfeccionar aún más las orientaciones pastorales y las sugerencias
prácticas, con el fin de ofrecer a los obispos y a cuantos trabajan en la viña
del Señor un estímulo y una guía segura para una renovada evangelización de
todos los hombres en el seno de sus propias culturas. Manifestando mi
agredicimiento de corazón a todos los que hasta ahora han ofrecido su preciosa
contribución para la elaboración de estas propuestas pastorales, expreso mi
deseo de que el Consejo Pontificio de la Cultura pueda llegar a ofrecer a la
Iglesia este instrumento, modesto pero importante, para realizar una pastoral de
la cultura que corresponda a los desafíos del tercer milenio.
- - -
[Français]
Bernard Ardura présente le document Pour une Pastorale de la Culture,
réalisé avec la collaboration des Consulteurs et Membres du Dicastère. Ce
texte, à finalité pastorale, met en exergue l'importance d'une pastorale de la
culture pour une évangélisation efficace. Il recueille comme modèles les
initiatives concrètes de plusieurs Eglises locales.
[English]
Bernard Ardura presents the document entitled Towards a Pastoral
Approach to Culture, something made possible thanks to the collaboration of
the Dicastery's consultors and members. It is a pastoral document which
emphasizes the transcendent nature of pastoral concern for culture in the
pursuit of effective evangelization. The approach is modelled on practical
suggestions based on initiatives already undertaken in this area by numerous
local Churches.
RESPONSES TO THE 1994 QUESTIONNAIRE
Peter FLEETWOOD
Pontifical Council of Culture
Introductory remarks
To avoid reading out statistical lists, I have prepared a few
pages detailing the names of individuals or institutions from whom, or from
which, the Pontifical Council for Culture received responses to the
questionnaire sent out nearly three years ago. The questionnaire was a way of
gathering information about the ways Catholics in various parts of the world
evaluate the relationship between their faith and their culture. Its ultimate
purpose was to discover how best to frame a pastoral approach to culture. The
first question was concerned with the present situation, and the second with
ultimate aims and objectives. The third question was about moving towards these
goals: it was a request for practical suggestions about what could or should be
done, and for information about pastoral initiatives already undertaken, which
are already working. As I understand it, my task now is to answer another three
questions: who replied to the questionnaire? what did they say? and what will
happen to their responses?
1. Who replied to the questionnaire?
It has been difficult keeping track of all the responses, but
the information I have is set out on pages 2 to 7 of the list I prepared for
you. There you will find approximately 165 names of people, organizations or
institutions, but some are multiple replies, which makes a total slightly in
excess of 340.
There is a remarkable variety in the sources of these
responses. Some were from individuals like a retired lady in Montréal and a
Jesuit journalist in the Netherlands. Some were from Catholic cultural centres
in places as diverse as Iraq and Cornwall. Many were from Catholic universities
and Bishops' Conferences, and a few from organizations representing religious
women or men.
I feel a few responses merit special mention. A group of
academics from Notre Dame University in Perth, Western Australia, held a
symposium which lasted throughout an academic year, and produced some remarkable
papers, which have recently been published. Among the Bishops' Conferences which
sent multiple responses were England and Wales, and Poland: surprisingly, there
were more than 40 contributions to the English and Welsh response, signs of real
efforts to engage with culture. By far the most imposing response was the Polish
one, a book whose English title would be Taking care of culture – W trosce
o kultur_, edited by Bishop Bohdan Bejze (Auxiliary Bishop of _ód_).
It presents 90 of the best contributions from the Church in Poland in a very
pleasing format. But the gem which stands out from all the responses was a
symposium held – in preparation for this Plenary Assembly – in Addis Ababa
in Ethiopia in February 1996. You will probably have seen in last June's edition
of Cultures and Faith the edited versions of 3 of the 16 papers sent as
the Ethiopian and Eritrean response to the 1994 questionnaire.
Although we have tried very hard, I am sure we have failed to
thank some people, and for this I apologize. A huge number of people have done a
great deal of work, and it has been impressive and humbling to witness, at
second hand, such commitment and creativity.
2. What did they say?
a. We start, as the questionnaire did, with the bleak
side of things: obstacles to living according to the Gospel. There
was a clear convergence on the idea that solidarity has been weakened and, in
some cases, is dying out: this was a theme not only in Sweden, but also in
Uganda and Burkina Faso, so it is not simply a Western or Northern phenomenon.
Several responses, particularly from industrialized cultures, stressed the
negative effects of putting too much emphasis on success and competitiveness. In
societies where this approach dominates, a very utilitarian view of life easily
takes hold: there were examples of this on every continent. The other side of
success was expressed as the struggle for survival by the poor in industrial
cities or by a nation like Iraq, where life has been brutally impoverished. The
gradual privatization of standards – and even of religion – effectively
drives people apart, to "do their own thing", which seems to justify
the very pessimistic conclusion that "our age's great discovery is lonely
meaninglessness" (from a Lent talk by Bryan Appleyard on BBC Radio 4, 20
February 1997). Some of the more theoretical responses put this down to the
reaction to the failure of secular society, and in this context there are many
references to post-modernity, although there is no single meaning for this
elusive term.
Several responses suggest that the law of supply and demand
is the key to understanding much in contemporary culture: religion, for example,
appears to be just one of thousands of commodities available. This is
particularly true in a culture dominated by the mass media. It also fits in with
the ideology of free choice, where one can shop in a supermarket of values and
truths. The idea is to try a bit of everything, and the extreme case quoted is
the statement by the Supreme Court of the United States of America (in 1992):
"At the heart of liberty is the right to define one's own concept of
existence, of meaning, of the universe and of the mystery of life".
Curiously, one of the most common phrases used to illustrate contemporary
attitudes to life was carpe diem: this reflects what many responses say
about increasingly widespread demands for instant gratification. A preoccupation
with material things leaves many people consciously blocked from achieving
spiritual goals: there is a great awareness of spiritual needs, but a
frustrating inability to achieve them.
There was frequent reference to the superficiality of so many
people's lives. This seems to be a reaction to intellectual, cultural and
spiritual insecurity in the face of open attacks on so many inherited or
traditional values. Countries where Marxism reigned will take a long time to
recover from such a distorted picture of humanity. Equally, in other countries
relativism seems firmly implanted: every theory and every religion is deemed to
be equally valid. More insidious is what one Member defines as the culture of
contempt, a cynicism towards all traditions and institutions. For example,
the moral guidance of the Church is widely ignored as irrelevant, outdated or an
obstacle to individual choice. One bishop pointed out that he saw a great deal
of indifference to the practice of religion, but not towards belief. Sadly,
people feel that the Church often judges them, but rarely loves them. There was
a plea in two responses for a well-formed Catholic intelligentsia to give
positive guidance and leadership. This would answer the concern expressed by
others that the appeal of New Age and the strong attraction of sects
could easily "hi-jack" the sincere but vulnerable minds and hearts of
those searching for spiritual meaning.
b. The openings for evangelization provide
a healthy counterbalance to the problems the questionnaire brought to light. In
countries with a long Catholic tradition it is easy to forget the solid
foundations on which today's Church works: responses from places as different as
Ireland and Puerto Rico stressed how the Church's past commitment to the poor
has built up a benevolent memory, particularly in terms of hospitality,
compassion and education. Even where people find difficulties with dogmatic and
moral questions, there is universal appreciation for the charitable work of so
many members of the Church: figures like Father Damiaan and Mother Teresa, and
many contemporary martyrs, really do have a profound effect far beyond the
boundaries of the Catholic Church. This corroborates the Holy Father's
conviction that "people today put more trust in witnesses than in teachers,
in experience than in teaching, and in life and action than in theories..."
(Redemptoris Missio 42; cf. Pope Paul VI, Evangelii Nuntiandi 41).
Unlike examples quoted in the previous section, some responses reported how
young people latch on enthusiastically to elements of the Gospel and of the
Church's life which stress solidarity with the poor, or disinterested service of
people in any kind of need. The most-frequently quoted treasure within the
Church were the ecclesial movements, which offer a pattern of Christian life and
provide the contact and experience of community which so many people appreciate.
There are opportunities which are clearly not to be missed.
The veneration of ancestors in certain cultures can be a familiar part of life
which links into the doctrine of the communion of saints. People on three
continents stressed the value of evangelizing the special moments in the lives
of individuals, families and societies, times when there is a great openness to
interpretations which give meaning and hope. People also appear to want to hear
about God, both in places where the Gospel has rarely been heard and in
societies with a long Christian history: there was a warning that this curiosity
sometimes exalts emotion and plays down reason, in the spirit of our age, which
makes people easy prey for unhealthy forms of religion. In some places where
religion appeared to be on the wane, parents are seeking Christian education
because they want the best for their children: they are clearly rejecting the
concept of "value-free" education.
It was pointed out that modernity is not necessarily always
an enemy of religion: the growth in respect for the rights of every human person
is just one of the many examples given where modern ideals and Christianity work
well together. Likewise, there is a positive side to individualism: many people
really are searching for meaning, and the challenge is to point to the person
and teachings of Jesus Christ as the answer to their questions. Hence the many
encouragements of positive dialogue, and the conviction that if the Church
speaks a language of hope it will achieve so much. A pastoral worker in Canada
has found that even media criticisms of the Church express a search for meaning,
and she was firmly convinced of the value of fostering good relations between
the Church and media people. Literature, cinema, theatre, music and the visual
arts can all be ways of appealing to people's highest ideals, and many responses
insisted on the importance of cultivating positive links with artists and the
world of art. A response from Japan said that "every work of art expresses
basic needs and desires", and expressed the hope that the Church would be
able to welcome the whole variety of artistic expressions: this was in tune with
many responses urging a creative presentation of the Gospel.
c. When it came to expressing aims and objectives,
various points came up frequently. The challenge is to demonstrate clearly that
the Church has a great deal to offer to broaden everyone's view of life, but
something which struck me is that, in some cases, there is a real lack of
confidence. Many responses see the key to a pastoral approach to culture in the
theological formation of young people, and lay people generally: the value of
Catholic schools and press was acknowledged, but in some cases their
deficiencies were mentioned, too. An essential tool in evangelization are small
groups, one of the advantages many see in the way the ecclesial movements work.
A number of responses pointed to the principal goal in all of this: the holiness
of individuals, and a spiritual enrichment of the whole Church and of cultures.
A question asked by one conference of bishops is both urgent and probably
impossible to resolve: should the Church engage in a struggle against what is
evil in society, or adopt a more collaborative approach? The responses to the
questionnaire suggest a triple task: discernment of the actual
situation, a genuine dialogue with those who influence culture and
society, and a constant willingness to listen. On this
point, I think the last word should go to Bishop Jean Guy Rakotondravahatra of
Ihosy in Madagascar, who sadly died last year. In his response, he described the
Church's pastoral approach to culture as a task which ought to resemble l'humble
travail du semeur, "the sower's humble labour, patiently waiting for
the seeds of hope to spring up" (Cultures and Faith 3 [1995/1] 52).
3. What will happen to the responses?
I deliberately did not mention the answer to the
questionnaire's third question, the practical, pastoral one. Some responses did
not make any pastoral suggestions: in those cases, the problems were clear, but
solutions were not. More than half the responses followed the questionnaire
point by point. A few gave nothing but suggestions.
Those of you who have followed the publication of responses
to the questionnaire in Cultures and Faith will have seen the main lines
of pastoral suggestions which are representative of all the responses I have
seen. Many spoke of cultural activities already sponsored by the Church at all
levels: in Eastern Europe some nunciatures are working very hard to inspire
people to reflect creatively on their faith; at the other extreme, in Italy, the
Church is blessed with several hundred cultural centres. However modest or
well-organized they may be, the Catholic cultural centres which exist are one of
the major pastoral initiatives mentioned in responses to the 1994 questionnaire.
Most responses are to do with education at various levels and in various forms,
or with art, architecture or the spirituality and piety of specific cultures.
Many of the responses featured in Cultures and Faith reflect these
topics, and many more have been included in the document Towards a Pastoral
Approach to Culture.
It is neither wise nor possible to list so many practical
suggestions now. On the other hand, they should not be lost. The Polish
contribution may be a way other Bishops' Conferences wish to follow, with
material the Pontifical Council for Culture now has readily available. Perhaps
it may also be useful to publish the practical pastoral suggestions from all the
responses in book form. Whatever decisions are eventually made, there is a
wealth of material available to help those concerned directly with the Church's
pastoral concern for culture to convince all our brothers and sisters that
"we are God's work of art" (Eph 2.10).
- - -
[Français]
Peter Fleetwood analyse les réponses au Questionnaire sur la pastorale
de la culture. Les problèmes rencontrés par l'Eglise pour évangéliser sont
finalement voisins dans le monde entier: dévaluation de la vie humaine,
difficulté à admettre la transcendance et la vérité. La conscience d'un vide
spirituel, la quête authentique de sens, et l'éloquence du témoignage
chrétien sont porteurs d'espérance. La situation requiert un discernement et
une ouverture au dialogue entre la foi et la culture.
[Español]
Peter Fleetwood analiza las respuestas al cuestionario sobre la pastoral
de la cultura. En la evangelización, la Iglesia se encuentra con problemas
semejantes en todo el mundo: la devaluación de la vida humana y las
dificultades para admitir la trascendencia y la verdad. Pero hay signos de
esperanza: la conciencia de la penuria espiritual que padecemos, una genuina
búsqueda de sentido, y la elocuencia del testimonio cristiano. La situación
requiere discernimiento y una apertura al diálogo entre la fe y la cultura.
"TO EVANGELIZE A GLOBAL CULTURE"
Bernard Francis Cardinal LAW
Archbishop of Boston
The Document quotes Evangelii nuntiandi, 18: "But
there is no new humanity if there are not first of all new persons renewed by
baptism and by lives lived according to the Gospel".
It is essential to focus more on the subject of faith. We
must make explicit the necessity for the Church to be constantly evangelized
herself even as she evangelizes the world. Paul's words to the Ephesians,
recalled last Sunday by the Church, remind us that "God is rich in mercy;
because of his great love for us he brought us to life with Christ when we were
dead to sin". He brought us, who were dead to sin, to life with Christ.
Life. This is the heart of our message, of our evangelization. The prayerful
shouts of the young at the World Youth Day in Denver still echo in our hearts:
"Jesus came that we might have life, and have it more abundantly".
The coming of the new millennium, our kairos, invites
us to prepare ourselves by humbly acknowledging and confessing our past sins. As
we do so, we must not limit ourselves to a past for which we bear no personal
responsibility. We must focus more on our past, our individual and
collective pasts. Our past has helped create this challenging moment which John
Paul II characterizes as a time of war of the powerful against the weak. He
says: "We are confronted by an even larger reality, which can be described
as a veritable structure of sin. This reality is characterized by the emergence
of a culture which denies solidarity and in many cases takes the form of a
veritable "culture of death"".
This insight of the Holy Father calls us to a sober
assessment of what our text calls the "globalization of culture". We
must view realistically the emergence of a world culture rooted in moral
relativism, materialism, and solipsism. The Holy Father calls us to be
unconditionally pro-life. Are we and have we been?
In my country, the sad fact is that Catholics in great
numbers have made their peace with a culture of death in such issues as
abortion, divorce, capital punishment, economic boycotts of nations,
pornography, and the arms trade. In the Netherlands we have witnessed the
disintegration of the Church and the emergence of the culturally sanctioned
killing of the terminally ill. In Rwanda being Catholic has been secondary to
being Tutsi or Hutu. In Latin America the excesses of a theology of liberation
were often rooted in a failure to make the suffering of the poor our own.
Our Church is suffering the consequences of the failure of
the theological academy to serve the mission of the Church. Authentic
theological inquiry must always flow from a vigorous assent to the teaching of
the Church. Unfortunately we live in a theological wasteland where, in some
place, dissent has become a veritable theological method.
Ideas have consequences, especially in the Information
society of today, where communication is so rapid and global. We suffer as a
Church from a faith illiteracy, in part because of the state of theology. Our
text should emphasize much more emphatically the Catechism of the Catholic
Church as a privileged resource in evangelization.
The Church, in a sense, creates her own culture. In a time
when a globalization of culture is taking place, creating what is in so many of
its manifestations a culture of death, it is particularly important that the
Church give primary attention to our unity in the Lord, to the universal call to
holiness. While "cultures" are important in the task of
evangelization, we must not miss the forest for the trees, we must not fail to
take into account the new challenge that is ours to evangelize a global culture.
St. Augustine provides us a sense of Christian realism as we
proceed with our task: "Two cities have been formed by two loves: the
earthly by the love of self, even to the contempt of God; the heavenly by the
love of God, even to the contempt of self. The former, in a word, glories in
itself, the latter in the Lord" (City of God, Book 14, chapter 28).
In the words of Cardinal Poupard in his opening address: "The culture of
the Gospel will never be the culture of time". Yet, our task is to
evangelize the culture of time.
- - -
[Français]
Le Cardinal Bernard Francis Law souligne que de nombreux catholiques ont
malheureusement accepté qu'une culture de mort soit devenue le paradigme
général. Dans le cadre d'une évangélisation efficace, il convient de donner
la première place à la vocation à la sainteté et de diffuser une authentique
culture de la vie. Le Catéchisme de l'Eglise Catholique sera la référence.
[Español]
El Cardenal Bernard Francis Law pide una conciencia realista de cómo la
cultura mundial emergente es una verdadera cultura de la muerte con la cual
muchos católicos, por desgracia, han hecho las paces. Para evangelizar esta
cultura se requiere dar la primacía a la llamada a la santidad y difundir la
cultura de la vida con la ayuda del Catecismo de la Iglesia Católica.
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