NOTITIAE
UNESCO: Horizons philosophiques pour le XXIe
siècle
Depuis sa fondation, l'UNESCO accorde une grande importance
à "l'éducation philosophique", ainsi définie par le Directeur
général Federico Mayor: "Ce n'est pas seulement une information sur
l'histoire des idées. C'est un entraînement personnel à la réflexion. À
chaque fois qu'une personne peut développer sa capacité de juger, elle a
franchi une étape dans l'éducation philosophique. À chaque fois qu'elle
élargit son horizon intellectuel, qu'elle voit s'ouvrir de nouvelles
possibilités de pensée, à chaque fois qu'elle devient plus autonome dans
ses critiques et dans ses décisions, elle fait un progrès dans son
éducation philosophique".
Bien des tâches, des nécessités, voire des urgences
s'imposent, mais il ne faut point perdre de vue l'essentiel: la vie de
l'esprit et le développement de l'éthique, dont dépend l'avenir de l'homme
et de la société. L'éducation philosophique est sûrement une des clés du
prochain siècle.
La nécessité de poursuivre une réflexion en profondeur
sur les questions fondamentales de la personne humaine et de la société a
incité l'Organisation à ouvrir un certain nombre de Chaires UNESCO de
Philosophie. Les réflexions sur l'évolution culturelle actuelle en
matière de moeurs et sur les transformations de la société font apparaître
des sujets de préoccupation: la mondialisation et la transformation des
conditions de vie par la science et la technique, mais aussi la régression
dans les rapports sociaux au sein des sociétés industrielles et la violation
de plus en plus fréquente des droits de l'homme, y compris de ses droits
culturels. L'évolution des sociétés libérées de la dictature communiste
le met en évidence: le simple consensus politique ne suffit pas à fonder un
jugement objectif sur l'harmonisation des droits et des devoirs, des biens
personnels et communautaires. Ceci reviendrait-il à nier la possibilité d'un
jugement objectif dans le domaine des valeurs? Voilà l'un des défis
culturels les plus significatifs, à la veille du XXIe siècle.
En effet, les phénomènes de mondialisation qui semblent
préparer une société planétaire entraînent souvent un glissement de la
pensée en matière de valeurs et de normes éthiques, dans le but de
préserver le plus petit dénominateur commun entre les hommes. De là le
projet "d'une éthique globale, d'un minimum commun à toutes les
religions, à toutes les cultures et à toutes les civilisations", dont
on peut déjà pressentir les effets pervers, à commencer par la négation ou
plus simplement l'ignorance de l'humanisme chrétien, comme en témoigne cette
réflexion du Prix Nobel de Chimie, Ilya Prigonine: "Sommes-nous au
début d'un nouvel humanisme? Le premier humanisme était celui des Grecs. Le
second, c'était la Renaissance. Sommes-nous à la veille d'un troisième
humanisme? Notre époque est tout comme la Renaissance celle de la fin des
certitudes, des questions nouvelles, des utopies".
André Malraux, dans son agnosticisme, avait entrevu la
source de la Vérité qui donne sens à l'homme et il était parvenu à un
degré supérieur de réflexion philosophique: "Il n'y a pas, dans
l'idée de culture, de structure plus profonde que celle qui naît de cette
nécessité pour l'homme de s'ordonner en fonction de ce qu'il reconnaît
comme sa part divine".
Cf. Philosophie. Lettre d'information de la Division de
Philosophie de l'UNESCO, n. 5, mai 1997.
L'AFRIQUE SE MOBILISE POUR SES LANGUES
L'UNESCO, en collaboration avec l'Organisation de l'Unité
Africaine, l'Agence de la Francophonie et le Gouvernement du Zimbabwe, a
récemment organisé à Harare une Conférence intergouvernementale sur les
politiques linguistiques en Afrique, qui s'est conclue par un appel à une
mobilisation générale du continent en faveur de ses langues. La Conférence,
représentant cinquante pays africains, a adopté une Déclaration et un Plan
d'action invitant les gouvernements africains à s'engager avec détermination
en faveur d'une politique linguistique indispensable au développement.
Une politique linguistique pertinente favorise l'accès du
plus grand nombre à la vie de la société et au fonctionnement des
institutions nationales. Selon des statistiques fiables, 80 à 90% des
populations africaines communiquent exclusivement par le biais des langues
locales. Il est donc illusoire de parler de démocratie, de participation à
la vie nationale sans passer par l'usage de ces langues.
En conséquence, la Conférence a recommandé la
définition par chaque pays africain d'une politique linguistique claire, pour
favoriser l'expression de toutes les langues nationales et assurer leur
promotion. L'Afrique possède des institutions spécialisées dans le
recherche sur les langues africaines: à l'heure actuelle presque toutes ont
pratiquement cessé de fonctionner faute de moyens économiques.
Les orientations prises par la Conférence devront se
concrétiser au cours des années à venir. Parmi les actions concrètes
décidées, il faut souligner l'inventaire exhaustif des langues africaines,
à réaliser avant 2005, la production d'outils linguistiques et de matériel
didactique approprié, l'utilisation effective des langues africaines dans
l'enseignement, et surtout le lancement de vastes campagnes
d'alphabétisation.
Les choix de la Conférence de Harare sont autant de
défis: les Africains parlent aujourd'hui entre 1.250 et 2.100 langues et
dialectes, suivant la méthodologie utilisée pour les distinguer. Quelques
données fourniront des exemples éclairants: le Cameroun et ses 8 millions
d'habitants disposent de 185 langues, soit une moyenne de 50.000 utilisateurs
par langue. Près de 410 langues sont parlées au Nigéria, 206 dans la
République Démocratique du Congo, et 97 en Éthiopie. À l'autre extrême,
au Botswana, au Lesotho, à Madagascar et en Somalie, plus de 90% de la
population parlent une seule et même langue, respectivement le tswana, le
sotho, le malgache et le somali.
Cf. UNESCOpresse, 18 avril 1997.
UNION EUROPÉENNE
Rencontre des Ministres de la Culture et de l'Audiovisuel
Les Ministres européens de la Culture et de l'Audiovisuel
se sont réunis, les 7 et 8 avril 1997 à Maastricht, aux Pays-Bas, pour
échanger de façon informelle sur l'avenir de la coopération culturelle dans
le contexte européen et débattre de mesures concrètes concernant le livre
et les radiotélévisions européennes de service public.
La coopération culturelle à l'intérieur de l'Union
Européenne est fortement conditionnée par les restrictions budgétaires
liées à l'entrée dans la monnaie unique, dont les effets se font sentir
dans l'ensemble des États de l'Union. Vu l'importance décisive des
Ministères des Affaires Étrangères et des Ministères Économiques dans la
conjoncture actuelle, les Ministres de la Culture dont les budgets nationaux
sont stagnants, voire en baisse, ont tenu à souligner la nécessité de
parvenir à un meilleur équilibre entre les dimensions culturelle et
économique de la politique de l'Union Européenne.
La Délégation italienne propose de constituer un fonds
culturel, qui devrait avoir trois objectifs: 1. Offrir une délimitation ou
définition plus précise des actions culturelles; 2. Offrir un cadre
général de référence pour éviter le morcellement des programmes, établir
davantage de coordination entre les différents programmes et permettre des
choix stratégiques, compte tenu de l'exiguïté des ressources régulières
allouées à la culture; 3. Assurer la transparence des budgets disponibles de
l'Union Européenne réservés aux activités culturelles.
Parmi les domaines de coopération, les Ministres de la
Culture soulignent les droits d'auteur, le tourisme, la radio et la
télévision de service public et le prix imposé du livre. La coopération
culturelle internationale ne saurait se développer entre les États membres,
sans coopération avec les partenaires intergouvernementaux concernés, comme
le Conseil de l'Europe, ni sans coopération avec des organisations
non-gouvernementales ou des réseaux culturels.
Le prix imposé transfrontalier du livre dans les zones
linguistiques européennes a conduit les Ministres de la Culture à affirmer
publiquement le double caractère du livre en tant que marchandise économique
et porteur de valeurs culturelles. La Commission Européenne a souligné
l'utilité de la libre concurrence dans le secteur du livre lorsqu'il est
question d'échange transfrontaliers. Les Délégations ont signalé
l'importance d'une prise en compte équilibré des aspects économique et
culturel du livre. Elles ont insisté sur l'enjeu d'un prix imposé du livre,
en tant qu'instrument capable de favoriser la diversité de l'offre
littéraire et de servir l'intérêt des consommateurs par un plus large
accès au livre. Ces mêmes Délégations ont émis le voeu que la Commission
Européenne prenne des initiatives pour permettre aux États membres ayant une
langue commune, de lier entre eux les systèmes nationaux de prix imposé du
livre.
Le financement public des radiotélévisions de service
public et la coopération entre les organismes publics européens de radio
et de télévision ont longuement retenu l'attention, compte tenu de
l'incertitude juridique afférente à l'application des règles du Traité de
l'Union Européenne en matière de concurrence et d'aides d'État. La majeure
partie des États membres de l'Union retient la nécessité d'accroître les
garanties juridiques touchant le financement des radios et télévisions de
service public, afin de leur assurer une indispensable stabilité. Chaque
État demeure toutefois responsable de l'établissement des missions et de
l'organisation de la radio et de la télévision de service public, ainsi que
du mode et des conditions de son fonctionnement. Un large consensus s'est
dégagé sur l'offre des organismes audiovisuels publics: ils se doivent de
présenter une large gamme de programmes honorant les dimensions de
l'information, de l'éducation, de la culture et du divertissement. Le
financement de l'audiovisuel public par l'État doit encore faire l'objet
d'une précision juridique, pour tenir compte des limitations imposées par le
Traité de Maastricht aux aides d'État. Selon la présidence néerlandaise,
la coopération entre les radios et télévisions publiques des États membres
représente une approche positive pour la promotion des produits européens.
Les États membres ont soutenu cette opinion et se sont prononcés en faveur
d'une coopération à plus grande échelle entre les organismes publics
européens de radio et de télévision.
Cf.: Conclusions du Président de la Rencontre
informelle des Ministres européens de la Culture et de l'Audiovisuel, 7
et 8 avril 1997 à Maastricht.
FONDATION DU PATRIMOINE RELIGIEUX DU QUÉBEC
Créé en 1995, cet organisme réunit les communautés
propriétaires du patrimoine religieux sur l'ensemble du territoire du Québec
et oeuvre en partenariat avec le Ministère de la Culture et des
Communications de la Province. Cette Fondation concerne les édifices, les
biens immobiliers et les oeuvres d'art d'intérêt patrimonial, avec mission
d'aider les propriétaires à assurer la conservation et la mise en valeur de
leurs biens patrimoniaux, par la restauration et l'entretien préventif. Dans
le cadre d'une entente signée le 19 octobre 1995, le Ministère de la Culture
et des Communications confie à la Fondation la gestion d'une enveloppe de 35
millions de dollars, échelonnée sur cinq ans, pour la conservation des
édifices religieux. Cinq autres millions sont consacrés aux biens mobiliers
et aux oeuvres d'art d'intérêt patrimonial, dont le programme particulier
est géré par le Ministère de la Culture et des Communications.
La Fondation, créée sur le principe du partenariat entre
les communautés, les propriétaires et le gouvernement, dans une perspective
d'action décentralisée, relève pour son fonctionnement, de groupes de
travail, appelés Tables de concertation régionales, répartis dans
huit régions. Ces groupes de travail sont décisionnels en ce qui concerne
les projets de travaux subventionnés et ils suivent sur le terrain le
déroulement de toutes les étapes de réalisation des projets.
Cette Fondation a deux sources de revenus: les montants
empruntés par le moyen du "Programme d'Aide à la restauration du
patrimoine religieux", utilisés uniquement pour verser des subventions,
et les intérêts perçus sur ce capital emprunté, affectés aux
dépenses administratives de la Fondation. Les subventions accordées
s'élèvent à 5.733.937 $, pour 150 projets représentant un montant total de
travaux de 12.017.105 $. Les dépenses administratives s'élèvent, pour la
première année, à 159.661 $, ce qui représente 2,78% des subventions
versées aux bénéficiaires. Comme toutes les régions ont réservé des
fonds pour des projets de restauration, la Fondation n'a versé globalement
qu'environ 60% du coût total des travaux réalisés.
Ce partenariat entre les différentes confessions
religieuses et le Gouvernement s'avère très positif. Les représentants
religieux mettent aujourd'hui leurs efforts en commun pour la sauvegarde de
leur patrimoine et ceux du Ministère de la Culture et des Communications
permettent un fonctionnement efficace et une qualité professionnelle élevée
du programme de restauration québecquois. A cet égard, il faut souligner la
création d'un Comité des Orgues, unique en son genre, qui réunit
pour la première fois des experts des différentes écoles de musique
présentes dans la Province. Cette collaboration permet de lancer un mouvement
de grande ampleur pour la sauvegarde de cette richesses inestimable que sont
les orgues du Québec. Outre les retombées économiques et sociales des
travaux entrepris, ce programme de restauration du patrimoine religieux
démontre la nécessité d'une étroite coopération entre les instances
religieuses, gouvernementales et locales. La Fondation se propose maintenant
de développer un programme de sensibilisation, d'information, de formation et
ensuite de tourisme culturel autour du patrimoine religieux du Québec.
Cf. Fondation du Patrimoine religieux du Québec.
Archevêché de Montréal, 2000 rue Sherbrooke Ouest, Montréal (Québec) H3H
IG4, Canada.
LIVRE, ÉDITION ET MULTIMEDIA
XVIIe Salon du Livre de Paris
Le XVIIe Salon du Livre s'est tenu, du 12 au 17
mars 1997, à la Porte de Versailles. Avec 561 stands (+ 51) pour 1.167
éditeurs français (+ 89) et 347 étrangers (+ 57) représentant 23 pays (–
1), ce Salon a mis en évidence un certain renouveau de l'industrie du livre
et une internationalisation du marché, illustrée par l'arrivée du Japon,
invité d'honneur, de la Corée, de l'Ukraine et de la Hongrie, et avec le
renforcement de la présence des Organisations internationales comme l'UNESCO,
l'OCDE et le Conseil de l'Europe. Avec plus de 1.000 auteurs (+ 200)
présents, venus à la rencontre des 293.000 visiteurs du Salon, cette
manifestation désormais classique a montré les avantages des techniques
nouvelles au service de la diffusion et de la consultation du livre, en
permettant l'accès électronique à 350.000 titres.
Le Salon du Livre est depuis déjà longtemps l'occasion de
Salons annexes, parmi lesquels il faut signaler l'opération " 20.000
jeunes au Salon ", conduite par le Ministère de la Culture, mais aussi
le secteur de la bibliophilie et des livres anciens, de l'édition en gros
caractères, en Braille et en relief, sans oublier les nombreux éditeurs de
bandes dessinées.
Le Salon du Livre a proposé 200 débats, conférences ou
rencontres (+ 105) notamment au Forum des Auteurs.
L'édition française: Avec 14.129 millions de chiffre
d'affaire, l'industrie du livre enregistre en 1997 un recul de 4,7%.
Toutefois, cette chute, loin d'être uniforme, se répartit selon les
catégories de publications. Les encyclopédies qui représentent près du
cinquième du total, ont chuté de 10,2%, ainsi que les ouvrages techniques et
scientifiques (– 11,5%). La littérature générale connaît un progrès de
2%, grâce notamment aux livres de poche et aux collections à prix réduit.
Les bandes dessinées et le livre religieux maintiennent le niveau de l'année
précédente.
En 1995, l'édition française a publié 43.000 titres,
dont 17.564 nouveautés (+ 2,4%), 4.434 nouvelles éditions (+ 2,7%) et 21.000
réimpressions (+ 4,5%). Ceci correspond en nombre d'exemplaires publiés, à
158.600 nouveautés (+ 4,7%), 61.817 nouvelles éditions (+ 7,1%) et 165.665
réimpressions (– 1,2%).
À titre indicatif, et selon une répartition par
catégories du chiffre d'affaires, signalons, entre autres: encyclopédies et
dictionnaires: 19%; littérature générale: 17%; livres scolaires: 15%; art:
5%; bandes dessinées: 2%; actualités: 2%; religion: 2%.
L'édition japonaise: 1997 est l'"Année du
Japon" en France, ce qui explique la présence de ce pays comme invité
d'honneur du Salon du Livre. Encore peu connu pour son industrie du livre, le
Japon possède 4.490 éditeurs, 27.000 libraires, et 2.207 bibliothèques. En
1994, l'industrie éditoriale japonaise a publié 53.890 nouveaux titres. Les
trois-quarts des éditeurs sont établis à Tokyo et la moitié de ces
entreprises sont de petites dimensions avec moins de 10 employés. Seules 31
maisons d'édition travaillent avec plus de 50 salariés. D'autre part,
l'édition japonaise est très concentrée, puisque les 100 premiers éditeurs
représentent 80% des ventes.
Les deux caractéristiques majeures de l'édition japonaise
sont la forme d'exercice du marché et les méthodes de distribution et de
vente. À peu d'exceptions près, les grandes entreprises sont privées. La
plupart de ces maisons d'édition ont été fondées tout d'abord pour la
publication de magazines et, seulement après avoir connu le succès, sont
passées à la publication de livres: elle mènent donc une activité complexe
entre la presse et l'édition. L'éditeur fixe le prix du livre ou du magazine
au détail et l'impose aux diffuseurs et aux réseaux de distribution et de
vente.
Dans le domaine de l'édition comme dans beaucoup d'autres,
c'est avec les États-Unis que le Japon entretient les échanges les plus
actifs. Pour le livre, cependant, à la différence des autres secteurs, le
Japon importe plus qu'il n'exporte, à cause de la particularité de sa langue
et de son écriture.
Les importations de revues et de livres étrangers
concernent à hauteur de 61% la production de langue anglaise, tandis que la
production française atteint à peine 3% de l'ensemble des importations. 85%
de ces importations concernent les sciences et les techniques, car peu de
Japonais lisent dans une langue étrangère en dehors d'un cadre de recherche
scolaire et universitaire. L'édition originale du livre de Robery James
Weller, The Bridge of Madison, a été vendue à 40.000 exemplaires au
Japon – ce qui représente déjà une exception –, tandis que la
traduction japonaise de cette oeuvre a dépassé les 2.000.000 d'exemplaires
vendus en 1995.
Les États-Unis sont le principal importateur de livres
japonais, avec des achats annuels d'environ 10 milliard de yens, suivis de la
Corée et de Taïwan avec 2 milliards chacun. La France, avec 500 millions de
yens, se situe loin derrière l'Allemagne, Hong Kong et le Royaume-Uni qui
importent environ pour 1,3 milliard de yens.
Dans le domaine de la traduction également, les
États-Unis apparaissent largement en tête des échanges. Sur quelque 4.300
titres traduits en moyenne chaque année au Japon, qui représentent environ
10% des nouveaux titres publiés annuellement en langue japonaise, 3.200
ouvrages, soit 75%, sont d'origine anglo-saxonne. Bien qu'en deuxième
position, la langue française ne représente que 6%, soit moins de 300 titres
traduits par an. Dans le même temps, les Français traduisent entre 20 et 25
titres japonais par an, et les Anglo-Saxons entre 120 et 150 titres.
Depuis 1985, les traductions étrangères d'ouvrages
japonais connaissent un développement grandissant dans le monde,
correspondant à l'accroissement de l'intérêt pour la littérature
japonaise. Ceci permet de mieux connaître un pays dont l'influence est
grande.
L'édition religieuse en France: Dans une situation
d'ensemble plutôt stable, deux mouvements se confirment: l'intérêt des
éditeurs religieux pour des sujets relevant d'une autre catégorie de
thèmes, et l'intérêt des grands éditeurs pour des sujets religieux
susceptibles de devenir des best-sellers entre 100.000 et 150.000 exemplaires.
L'édition religieuse s'ouvre également au multimédia.
Les Éditions du Cerf ont publié un CD-Rom sur la Bible de Jérusalem
et en préparent un second sur Jésus avec Bayard-Presse. Les premiers
amortissements laissent espérer le lancement d'un troisième CD-Rom sur l'Évangile.
De son côté, Desclée de Brouwer vient de publier un CD-Rom sur L'Art
Roman et annonce une Bible pour le mois d'octobre 1997. Il est
heureux de constater la présence active des principaux éditeurs religieux
dans cette évolution capitale de la communication.
L'édition électronique constituait l'un des axes
majeurs du Salon du Livre, avec un ensemble de 37 exposants représentant les
éditeurs de CD-Rom culturels, éducatifs et ludiques. Le marché du CD-Rom
demeure avant tout ludique. Toutefois, en ce qui concerne le CD-Rom, la part
des jeux passe de 57% en septembre 1995 à 55% à l'issue de l'année 1996.
Les CD-Rom Art constituent la deuxième catégorie avec 20% des ventes,
tandis que la catégorie Culture, éducation et formation atteint 14%
et la catégorie Vie pratique et tourisme 8%. Compte tenu de l'essor
des CD consoles-jeux, la répartition tous CD-Rom grand public confondus
renforce la prédo-minance des applications ludiques: celles-ci représentent
désormais 79% des ventes.
Les retombées médiatiques du XVIIe Salon du
Livre de Paris sont estimées à 130 émissions de télévision, 200
émissions de radio et un millier d'articles de la presse écrite. Le Syndicat
national de l'Édition, organisateur du Salon, a dressé un bilan provisoire
à l'enseigne de la satisfaction. Le Brésil sera l'invité d'honneur du Salon
de 1998.
Cf.: André Legrand, Correspondant du CPC, Saint-Brieuc
(France).
LE CHANT DES PIERRES
Une restauration exemplaire: la Primatiale Saint-Trophime d'Arles
Élevée sur l'emplacement de l'église Saint-Étienne, du
Vème siècle, la Primatiale Saint-Trophime d'Arles fut
reconstruite au XIIème siècle selon les caractéristiques des
édifices romans de Provence, avant d'être dotée au XVème
siècle d'un long chevet gothique. Étape sur le chemin de Saint-Jacques de
Compostelle, Arles a fait de sa Primatiale un véritable reliquaire de pierre
ciselée.
Jean-Maurice Rouquette, Conservateur en chef des Musées
d'Arles, décrit en ces termes le fameux portail du Jugement Dernier: "La
composition superpose trois thèmes majeurs: l'assemblée des saints Patrons,
l'Épopée divine, partant de l'enfance du Christ pour arriver à la Vision de
Jean, et l'Épopée humaine, allant de la chute originelle au sort futur des
élus et des réprouvés... Mais le trait dominant de cette oeuvre magistrale
est l'ampleur de son inspiration antique. Non seulement dans le détail de
l'ornementation ou dans ses sources plastiques, mais dans les thèmes
iconographiques eux-mêmes comme les représentations d'Hercule, l'héritage
culturel romain est toujours présent, symbole d'une véritable
"renaissance"".
Dégagé de la gangue noire qui la défigurait, la façade
occidentale de la Primatiale Saint-Trophime retrouve sa juste place dans le
tissu urbain. Sept années de restauration et de recherches auront été
nécessaires afin de rendre sa clarté lumineuse à ce chef-d'oeuvre de l'art
roman occidental. La renaissance inattendue de l'édifice a été possible
grâce au partenariat actif de la Ville d'Arles, du Conseil Général des
Bouches-du-Rhône, du World Monuments Fund et de l'État, co-financeur à 50%
des travaux. Cette restauration exemplaire, conduite par la Direction
Régionale des Affaires Culturelles, a drainé des compétences multiples,
faisant de Saint-Trophime un des chantiers à la pointe des recherches dans ce
domaine.
L'opération de restauration générale de la façade
occidentale a été lancée dans les années 1980, avec l'objectif de limiter
les dégradations du portail à l'horizon de l'an 2000. Le triste constat
d'une érosion avancée, liée au dépôt de nombreux éléments chimiques dus
à la pollution de l'atmosphère urbaine, posait le problème de la survie du
portail roman qui n'avait pratiquement pas été touché au cours de huit
siècles d'histoire et dont la dégradation paraissait en accélération
inéluctable.
Le groupe de travail chargé de la restauration du portail,
proposa de promouvoir une opération à caractère exceptionnel en raison de
la qualité du monument. Sur la base de critères scientifiquement établis,
les travaux de sauvetage se sont poursuivis pendant sept ans. La
préoccupation permanente a été de poser aussi clairement que possible tous
les problèmes de l'origine des dégradations en se fondant sur des analyses
appropriées. Saint-Trophime est ainsi devenu un véritable laboratoire
capable d'identifier et de quantifier les agressions chimiques et
atmosphériques du portail, pour en fixer la thérapeutique la mieux adaptée
et la plus efficace.
Un fait s'impose: tout nettoyage réalisé en préalable à
une intervention de consolidation ne peut être totalement neutre dans ses
conséquences pour le matériau nettoyé, qui abandonne une partie de sa
matière. Le décapage qui a débarrassé les pierres de leur gangue noire, a
entraîné une micro-abrasion conduite avec un outillage extrêmement précis.
Les responsables de la restauration ont tenu à laisser en place quelques
traces noires de pollution, à titre de témoins et pour les investigations
des chimistes du futur.
La spécificité de cette opération procède d'une ultime
préoccupation: la prévention continue et programmée pour défendre le
portail de nouvelles atteintes. L'opération Saint-Trophime a été l'une des
premières, sinon la première, à mettre en avant la préoccupation majeure
de placer la restauration engagée, dans le cadre d'une protection continue de
l'édifice après les travaux. En effet, combien de façades de monuments
prestigieux n'ont-elles pas été nettoyées de façon drastique, et
fragilisées par la destruction de la couche protectrice de calcin enlevée en
même temps que les croûtes noires adhérentes, et rendues quarante ans plus
tard à un état alarmant de précarité? Outre la manutention régulière du
monument, une telle restauration bénéficie de la technique éprouvée de
traitement des calcaires. Il n'en est pas de même pour les voies encore mal
explorées de la consolidation des marbres qui resteront dans l'attente de
mise au point de procédés dont aucun actuellement n'est complètement
satisfaisant.
A l'occasion de cette restauration exemplaire, la
Primatiale Saint-Trophime a été choisie comme site d'accueil pour l'étude
de l'altération naturelle de pseudo-statues en marbre provenant de divers
pays de la Communauté européenne (Suède, Italie et Grèce), dans le cadre
de du programme Euromarble. Des pseudo-statues similaires sont
exposées en Suède, en Allemagne, en Russie, en Italie et en Autriche, et
sont régulièrement étudiées et comparées.
Cf. Travaux de restauration. Arles, Saint-Trophime,
Direction Régionale des Affaires Culturelles Provence-Alpes-Côte-d'Azur,
1995.
THE HOLY FATHER AND EUROPE
Religion, State and Society, the journal of the Keston
Institute based in Oxford, included in its 25th anniversary volume (March
1997) an article by Michael Sutton entitled "John Paul II's Idea of
Europe". The author is a research fellow in European Studies at the
University of Aston (Birmingham, UK), and writes reports for the Economist
Intelligence Unit on Central and Eastern Europe's links with the European
Union.
The first two paragraphs of this article state simply but
forcefully that there can be no doubt that John Paul II's pontificate has been
a powerful element in some of the major changes in Europe, particularly in
Central and Eastern Europe, in the last quarter of the twentieth century. The
Pope's visit to the Council of Europe and the European Parliament in October
1988 was a clear sign of his commitment to the cause of a more outward-looking
and more united Europe, and his belief in the significance of these
international political institutions. While there is clear continuity with the
emphasis on European unity in the time of Pius XII and Paul VI, John Paul II
has approached Europe from a creative vision which links spiritual
considerations – especially ecclesiology – with culture. "The outcome
is an idea of Europe from the Atlantic to the Urals which has, indirectly at
least, a certain bearing on some of the larger contemporary political
questions concerning the continent's future" (18).
The historical fulcrum of John Paul II's extensive writings
on social questions is the events of 1989 in various parts of Europe, but
there is no hesitation in pointing out the need for adjustment of the dominant
economic system in the West, which should not be allowed to "lead to the
idolatry of market forces". The central category in his considerations is
always the person, in a sense inspired largely by reflections on
Scheler and Blondel. This is very clear in the address he gave to the 50th
General Assembly of the United Nations in October 1995, which also echoes Pius
XI's fears about the consequences of "a selfish and intransigent
nationalism", notably in France and Germany. The spectre of a return of
totalitarianism evidently looms large for John Paul II, which reflects changes
in the situation even since his election in 1978 and is borne out by the cruel
fate of many countries in the Balkans and in Africa, where nationalism is
certainly a tangibly malevolent force. Sutton points out that Václav Havel's
approach is, up to a point, quite similar to the Holy Father's.
His roots give this Slav Pope an unmistakeable affection
for the East, and explain his sadness at historical divisions and consequent
religious and cultural losses on all sides. He thus sees the futility of any
attempt at a reconstruction of Europe which ignores the continent's common
Christian roots, symbolized in the Slavorum apostoli Saints Cyril and
Methodius. His initiatives may not always be greeted by approval from various
Orthodox patriarchates, but there is no doubt at all of John Paul II's
continuing desire for dialogue. The Pope's personal experiences, besides his
theological convictions, also explain why he is keen to include other faiths
in his idea of Europe. He has frequently expressed respect for the Jewish
people, and concern for the well-being of Muslims, both in Bosnia and in the
growing immigrant communities in much of the rest of Europe. "After the
assassination in Algeria of seven Trappist monks in May 1996 the pope
expressed his sorrow in referring to the common heritage of Christians, Jews
and Muslims, all children of Abraham" (25).
Like Charles de Gaulle and even Zbigniew Brzezinski, John
Paul II has an idea of Europe which, in terms of culture and international
relations, extends as far East as the Urals. While in his case it stems partly
from the "Jagellonian idea", it is not a nationalistic expansionist
vision but a yearning for a deeper and broader cultural and religious
diversity. He is not blind to the economic, political and ideological
obstacles, but places great faith in the resilience of a religious tolerance
present even in the darkest periods of Balkan history.
Cf. Religion, State and Society, vol. 25, No. 1
(March 1997), p. 17-29.
THE EXPANSION OF THE EUROPEAN UNION
On the occasion of Europe Day, 9 May, the Bishops of the
Commission of the Episcopates of the European Community (COMECE) – an
organisation that represents fourteen Episcopal Conferences of the fifteen
countries of the European Union presided over by Mons. Josef Homeyer, Bishop
of Hildesheim (Federal Republic of Germany) – released a Declaration on the
expansion of the European Union.
The Bishops stated that they were convinced that the
expansion of the Union is not the exclusive task of politicians, but of every
citizen. Christians, in as much as they are citizens, are called to work in
this direction.
COMECE believes that this expansion of the European Union
not only constitutes a great challenge for Europe's politicians, but also
represents a real ethical objective for all the continent's men and women of
good will. To this end, it is very important "to build a spiritual
bridge in order to unite peoples." The Bishops underlined how urgent
it is to involve all people in this great work of unifiying the continent of
Europe.
The expansion of the European Union would consolidate peace
and stability in a continent that has long been torn apart by wars and
ideological tensions. The reunification of Europe would be a beckoning call to
the whole of humanity and would bear witness to the fact that it is possible
to accept the challenges of the world and work towards closer collaboration
bearing in mind the principle of subsidiarity.
Quoting and making its own the analysis of Jaques Santer,
President of the European Commission, COMECE declared: "If we politicians
can commit ourselves personally to discuss with the inhabitants of Europe the
values that transcend their daily life, perhaps we will be able to set out
towards a "re-enchantment" of Europe, that is to say, a rediscovery
of meaning – and hence of hope – in our individual and collective
lives."
Up to now, such a bridge has not yet been sufficiently
built. Reconciliation and understanding, friendship and esteem for the
cultural identities of others are not imposed from above. They are values
after which Europe must strive. These values grow gradually, beginning with
concrete encounters between persons and small communities of the East and the
West. The Bishops added that they consider collaboration in such a task a
natural contribution of the Church to the unification of the continent.
Cf. Notiziario della Conferenza Episcopale Italiana,
n. 4, June 9, 1997, 138-140.
21st CONFERENCE OF EUROPEAN MINISTERS OF JUSTICE
Statement of the representative of the Holy See
"A network of complicity and of influences is
gradually spreading to the centres of economic as well as institutional power,
to the point of exerting a hidden form of conditioning on political life
itself", stated Archbishop Giovanni Coppa, the Apostolic Nuncio in the
Czech Republic, representing the Holy See at the 21st Conference
of European Ministers of Justice, that was held recently (10-11 June) in
Prague on the theme of the close links between corruption and organised crime.
Referring to financial crimes, the Vatican representative
stressed that "in a world wherein the globalisation of the economy
appears inexorable, organised crime has learned to make use of whatever
financial devices can be used to launder dirty money. It is therefore
imperative to enact legislation which will be more effective in putting a stop
to this kind of recycling, which not only guarantees the criminals a certain
impunity, but allows them to make certain economic and financial
choices."
Defining corruption as "a real social illness",
Archbishop Coppa drew attention to the fact that the battle against corruption
"cannot be fought only at the judiciary level, but demands specific
efforts at the educational level. It is necessary, above all", he added,
"to restore a culture of lawfulness, based on the rule of law, by the
promotion of values that are capable of strengthening the faith of the
citizens in the authorities responsible and to develop a renewed awareness of
the importance of the common good."
The Archbishop finally against conceiving the construction
of Europe by stressing only economic and financial aspects, because "this
deeply undermines the efforts undertaken in order to fight against corruption
and organised crime", as the trade of clandestine immigrants and sexual
abuse of minors in various nations show.
Cf. Radiovaticana Radiogiornale, n. 173, June 22,
1997, p. 6.
SWEDEN'S ELECTRONIC CULTURAL NETWORK
The Swedish government's Information Technology committee,
guided by Bi Puranen, its "special expert", has made recommendations
on the use of information technology in the cultural field. The result is a
network linking all Sweden's cultural institutions, known as Kulturnät
Sverige/CultureNet Sweden, which is initially a three- to five-year
project funded by the Foundation for Knowledge and Competence Development, the
Culture of the Future Foundation and the Bank of Sweden Tercentenary
Foundation.
The network's objective is "to increase public access
to Swedish culture, inspire creativity and participation in cultural life,
improve communication between producers of culture and the public, and
increase cooperation and the exchange of experiences between cultural
institutions". CultureNet Sweden's homepage is the hub of communication
in all this, making information available and encouraging responses on many
levels. Preparations involved field trips to Canada, Denmark, France and Great
Britain, and the use of the World Wide Web to publicize the committee's
project. There was also a seminar organized by the Nordic Council of
Ministers, and, at home, workshops for people representing cultural
institutions and authorities, ministries and foundations which support
cultural projects, and independent producers of culture.
While information is made readily available on the
Internet, the homepage is also envisaged as a cultural forum, and something
which in no way replaces actual cultural activities but complements them,
"attracting and whetting the appetite both of a public already interested
in culture, and of a public that does not regard itself as particularly
interested". In true Swedish fashion, it is designed as something which
must be made available to everyone, even those who do not have home access to
the Internet: it is described as "an instrument for greater
democracy". The key image given in the introductory material is of
someone sitting at home in the kitchen, using the Internet to view paintings
in the National Art Gallery.
The IT committee has recommended setting up a central
co-ordinating office to help the system keep up with very rapid developments
in this field, and Parliament will decide, at the end of the period of
experimentation, whether the cultural network should continue and, if so, in
what form. Currently the project is linked closely to the Royal Swedish
Academy for Engineering Sciences and the Royal Academy of Letters, History and
Antiquities, and the editorial policy will be developed by a group appointed
by the Ministry of Culture. Information has been provided in two publications,
CultureNet Sweden, which includes summaries of the committee's findings
and workshop reports, and a more practical booklet, Kulturnät Sverige –
från vision till verklighet, which explains how the Swedish system
relates to other global and local cultural networks, how the system works
(even how to book cinema tickets!) and includes samples of the subjects
covered. Here is where one immediately discovers the need for discernment in
using Internet facilities, which range, in this case, from art and church life
to documents on Carl von Linné, the latest in Swedish pop music and even
"rap" verse!
Making the Swedish vision a reality seems to be a
fascinating story, and will no doubt be echoed in many other countries and
institutions. Further details are available not only in the above-mentioned
publications, but also via the Internet: http://www.kulturnat.iva.se.
Cf. CultureNet Sweden, Stockholm 1997; Rebecca
Svensén and Cissi Bilgren, Kulturnät Sverige: från vision till
verklighet, available from IVA, Box 5073, S – 102 42 Stockholm.
RECENT ISSUES OF CULTURELINK
The Institute for International Relations (IRMO) in Zagreb,
Croatia, continues to publish its very informative thrice-yearly bulletin Culturelink.
A glance at some recent topics in each of its various sections may serve as a
useful introduction to the bulletin.
Networking in Progress has covered such things as the
Islamic Educational, Scientific and Cultural Organization (ISESCO) based in
Rabat, Morocco, the National Book Trust of India, the European Multicultural
Foundation in Diegem, Belgium, an international centre for dramatic writing
known as La Loggia, based near Florence, Italy, and the Carib Art
Project, based in Curaçao, Netherlands Antilles.
Research and Programmes has signalled activities at the
Banff Centre for continuing professional development for experienced artists
and managers, the 1997 Amsterdam-Maastricht Summer University (the Maastricht
extension is new this year), the Black Umfolosi Performing Arts Project based
in Bulawayo, Zimbabwe, a training experience for managers of cultural projects
organized by the Instituto Nacional de Antropologia y Pensamiento
Latinoamericano in Buenos Aires, Argentina, and the programme of St.
Petersburg State University's Mass Media Centre and its School of Journalism.
The UNESCO section has featured, amongst other
things, the summary version of Our Creative Diversity: Report of the World
Commission on Culture and Development, and the 1994 and 1995 conventions
on the protection of World Cultural and National Heritage.
The Council of Europe section regularly refers to
reports on cultural policy in various states, recent examples being Slovenia,
Estonia and the Russian Federation. It also records various other activities
of the Council, like the Culture and Neighbourhoods/Culture et Quartiers
project.
Reports from Conferences have come recently from such
places as Cardiff, Wales, where the World Leisure and Recreation Association
held its Fourth World Congress; Harare, where the 1996 Zimbabwe International
Book Fair took place; Copenhagen, the location for the second meeting of the
Intercultural Task Force, which links the organizing committees of the various
European cultural cities.
International Meetings and Conferences listed have
included Body in Transition, an ambitious conference organized by the
Faculty of Textile Technology at the University of Zagreb, Culture and
Development: Challenges and Strategies in La Habana, Cuba, the 27th World
Congress of the International Theatre Institute, held in Seoul, Korea, and the
fourth Nairobi International Cultural Festival.
Documentation covers a multitude of publications
ranging from monographs and reports to periodicals. Cultures and Faith
makes a regular appearance, along with Interculture (Montreal, Canada),
the Zeitschrift für Kulturaustausch (Stuttgart, Germany), Artforce
(Strawberry Hills, Australia), the Boletin cultural y bibliografico
(Bogotá, Colombia), the King Faisal Foundation's newsletter Al Khairia
(Riyadh, Saudi Arabia) and The Japan Foundation Newsletter (Tokyo).
Publications gives a brief review of new books on
culture from all over the world.
News and Information draws attention to initiatives
like the Bouffon theatre workshops organized in Glasgow, Scotland,
International Dance Day, organized by UNESCO and the dance committee of the
International Theatre Institute, and changes of address of cultural
organizations which may be of use to Culturelink readers.
As its name implies, the Dossier section is devoted
to texts or papers like the one by Gao Xian (Beijing, China) on Culture and
Development.
Cf. Culturelink issues 20 (November 1996) and 21
(April 1997). IRMO, P.O. Box 303, 10000 Zagreb, Croatia
BETHLEHEM UNIVERSITY AND THE RATISBONNE INSTITUTE
The chancellor of Bethlehem University, Archbishop
Andrea Cordero Lanza di Montezemolo, Apostolic Nuncio in Israel, was in Rome
earlier this year for a meeting of ROACO (Riunione delle Opere di Assistenza
alle Chiese Orientali), and spoke on Vatican Radio about the university and
the Ratisbon Institute.
Bethlehem University is an Arab university run by the
Christian Brothers (Brothers of Christian Schools), and a member of the
Association of Arab Universities, which links more than 80 universities in the
Arab countries in the Middle East. Until recently it was the Association's
only Catholic member. When he visited the Middle East in 1964, Pope Paul VI
expressed his desire for an institution which would enable young people, both
Catholic and non-Catholic, to specialise in univer-sity studies in order to
gain qualifications and find work in the area, without having to emigrate. The
university has several faculties, ranging from literature to art and
languages. It also has some more specialised faculties, such as business
administration and courses in tourism and hotel management. It does not have a
faculty of engineering or medicine, which would require considerable technical
equipment; but there is a faculty of nursing with a specialisation in women's
health – it is much in demand, particularly from women, who are almost
guaranteed a job in one of several hospitals.
The university currently has about 2,200 students; it
enjoys great prestige and is recognised for various kinds of qualifications,
but according to the Arab system rather than the European or Western
mentality. One third of its students are Catholics or Christians and two
thirds Muslims, males being outnumbered by females. It is constantly expanding
to meet an ever-increasing demand. The university's location in Bethlehem, not
far from the border crossing to Jerusalem, involves considerable difficulties
since students are often prevented from crossing the border to get to the
university, for some political or social reason, or because of unrest and even
acts of terrorism. It has to struggle to survive, particularly financially,
since maintaining such a university costs a great deal. However, every effort
is made to keep it going, since the presence of a Catholic cultural
institution in the region seems essential, not for missionary motives or
proselytising, but to witness to the Catholic Church's commitment in the field
of education.
The Ratisbon Institute is quite different. To start
with, it is not in the Arab zone, but in the Israeli zone of Jerusalem. The
building was begun by Ratisbon, who is well known, and has undergone a series
of transformations. About twenty years ago it was given to the Holy See, which
owns it and runs it. The Institute's current goal is to provide a place for
very highly specialised studies on Judaism. It seeks to present Judaism to
Catholics and other Christians as common ground for the Jewish and Christian
religions.There is no other institution in the world with such a high level of
specialised and detailed study of themes concerning Judaism. It is not in
itself an institute for dialogue or the promotion of ecumenism, but one which
prepares Catholics – students, seminarians, priests, men and women religious
as well as lay men and women – for a better and more profound knowledge of
the values of Judaism so that they, in their turn, can be teachers or promote
ecumenical dialogue and action. The institute can accommodate 30-33
residential students, but has room for a much greater number of external
students who attend the courses. The great majority of teachers are, of
course, Catholics – priests or lay people – but there are also some rabbis
and professors from the Hebrew University to treat some material in greater
depth. It does not confer academic degrees, but its "credits" are
highly sought after to obtain access to other highly specialised institutions
throughout the world.
Cf. Radiovaticana Radiogiornale, n. 173, June 22
1997, p. 7-8.
DIALOGUE BETWEEN FAITH AND CULTURE IN AUSTRALASIA
Whereas the cultural self-expression of the first incoming
settlers – and their descendants – in Australia, Tasmania and New
Zealand was exported with them from Britain, further waves of immigration from
other parts of Europe and the rest of the world have altered the scene. Today,
too, the outward focus in these lands is towards the Asian Pacific rim. These
changes are naturally reflected in the life of the Catholic Church, and many
clues can be found in The Australasian Catholic Record.
In the October 1996 edition, the section entitled "The
Dying and Rising Church" charts developments in several dioceses in
Australia. These range from the country diocese of Wilcannia-Forbes, where
"the history of the diocese is the story of the station church and the
home Mass and Mass in the Country Women's Association or Progress Hall or
School of Arts", to busy urban centres in Perth, Melbourne and Sydney.
Whereas a "spiritual oasis" is very much appreciated in Sydney city
centre, keeping alive a sense of belonging to the Church has very different
meanings in Australia's burgeoning cities and vast open country areas. There
is a strong emphasis on education, for children and their parents in rural
settings to university provision in Perth and adult formation programmes in
nearly all cases. Creating and sustaining a Catholic "atmosphere" is
a priority everywhere. Various approaches come across, but there is a
challenge in the contribution from the archdiocese of Brisbane: "the
current situation in our church is as much a crisis of faith as it is a
dilemma of organisational structure and technique". A very different
contribution is the address given by Richard Divall, an opera conductor and
university professor, at the opening of an exhibition of liturgical vestments
held by the Embroiderers' Guild, Victoria, in July 1996. Although great
paintings and music are both profoundly moving, "it is the embroiderers'
art, woven with love and care on to the liturgical vestments that we see
around us, that are the closest to that act of love and renewal, that each of
us who are religious seeks.... Like Michelangelo and Mozart, the work
of the embroiderer is an authentic means of assisting in bringing people
closer to God".
The first section of the January 1997 edition is the major
Australian contribution to the Pontifical Council for Culture's recent Plenary
Assembly, and borrows its title: Towards a Pastoral Approach to Culture.
Bishop Peter Quinn was instrumental in the organization of a seminar which
lasted throughout an academic year at the University of Notre Dame Australia
in Perth. Mrs. Christine Sharkey compiled the resulting material, some of
which is reproduced in this edition of the Record, along with the
contributions of Father Adrian Lyons sj and Bishop William Brennan of Wagga
Wagga (Bishop Brennan's contribution was published in Cultures and Faith
V-1). According to Mrs. Sharkey, Catholic identity in Australia is a complex
phenomenon, lived against the backdrop of the dominant values of secularism
and materialism, with two clear and divergent strands: a passion for justice
and a great love of traditional religion. There is the very Western phenomenon
of a postmodern eclecticism where the Celtic cross or the music of
Hildegard of Bingen can be extremely popular – and commercially successful
– with no regard for their spiritual roots. On the other hand, in several of
the contributions there is reference to the confused relationship of the
descendants of the European settlers and aboriginal Australians: spiritual and
psychological relationships to the land are seen as the key to a healthier
culture in the future – cf. the contribution by Kevin Bligh. There is an
enlightening article on Australian literature by K. Devlin and a sharp
discussion of the Pontifical Council for Culture's questionnaire in the
introductory discussion by Ian Thompson.
THE ORANG ASLI OF MALAYSIA
The Orang Asli are the "first peoples" of
Malaysia. Ironically, and unfortunately, they are also the "last
peoples" belonging as they do to the forgotten indigenous people of the
country. They were in the past called Sakai, a term which meant
"slave" or "dependent" which was understandably offensive
to and resented by them. In fact, in the 18th and 19th centuries they were
victims of the slave trade.
According to census statistics the Orang Asli
population in Malaysia in 1995 was in the region of 92,529. They come from 18
diverse sub-ethnic groups and are commonly classified as Negritos, Senoi
or Proto-Malay. These sub-ethnic groups have their own culture,
language and way of life. Some of them live a semi-nomadic life and these
count for 40% of the Orang Asli population, while others live close to
or within the dense forests with which Malaysia is blessed.
The Orang Asli indeed have a painful past. When the
Japanese occupied Malaya they terrorised them and exploited their jungle
expertise to show them various routes in order to gain control of places of
strategic importance. The British, afraid that the Orang Asli would
ally themselves with the Japanese also strove to dominate them. While the Orang
Asli remained neutral, and did not identify with either side, they got
caught in the cross-fire of these politically warring factions. The Malay
proverb puts it so well: "Gajah sama gajah lawan, sirusa
ditengah-tengah mati" which means "When elephants fight, the
deer that is caught in the middle dies."
After World War II, the Orang Asli suffered terribly
under the communists who sought shelter in and operated from the Malaysian
jungle. Hundreds of Orang Asli thus got uprooted from their natural
habitat and were hurriedly shifted to new villages that were under strict
control and surveillance. The history of the Orang Asli makes pathetic
reading. 80% of them live below the poverty line, 60% of them are illiterate,
50% of them are among the very poor, and only 30% of the villages in which
they have been resettled have basic amenities like electricity and water.
There is much that our so called "civilised"
world can learn from the culture and life of the Orang Asli. They have
a deep love for the environment which they jealously prize. Ecological
awareness to which our modern world has just begun to awaken is a value that
these indigenous people have always treasured and jealously protected. Land is
Life. The forest is their friend. Rivers and streams supply them with water,
animals with meat and trees with fruits. One aboriginal law sums it up by
saying: "Take care of the Land, and it will take care of you...Take what
you need from the Land, but need what you take." Real gems of tribal
culture and wisdom! The Orang Asli lead a very simple lifestyle and
require very little to survive as compared with the relentless onslaught of
materialism which inundates our modern world turning our wants into needs.
The Orang Asli have a deep sense of community that
is founded on collaboration and not on competition. The resources of nature
are common property and the wealth that they generate is the wealth of the
community to which every member has access. Individuals particularly elders
are respected not for their power but for what they are. They have a unique
and spiritual relationship with God and Nature. They hold that land is a gift
from God and that they are united to God through this gift. They seem to have
stolen a march over eco-spirituality that has only recently begun to dawn on
the consciousness of modern man.
One indigenous person expressed it thus: "Our dignity
and self-respect goes back into our deep-rooted spiritual and historical ties
with out beloved ancestral homelands. Ancestral – belonging to the ancestors
in whose likeness our generations continue and from whom the land is passed
on. Home – the training ground for human compassion, tribal discipline and
responsibility. Land – the Mother Earth from which we are born and into
which we die, on whom our lives depend, through whom our spiritual ways remain
intact... Without the land, the people are lost. Without the people, the land
is lost."
Relationship with God, ecological awareness, a sense of
community, respect for the individual, a simple lifestyle: these strengths
found in the culture of Orang Asli as well as other indigenous peoples
are often the very values that our modern world is in danger of losing.
Perhaps we need to reverse the "civilising process" by allowing
indigenous peoples like the Orang Asli to inspire us with cultural role
models that our modern world needs to imitate and emulate.
Cf. Catholic Asian News, July 1997.
NUEVA ACADEMIA PANAMEÑA DE HISTORIA ECLESIÁSTICA
La Conferencia Episcopal Panameña ha creado una Academia
de Historia Eclesiástica, de la que se espera una aportación valiosa
para la definición de la identidad de la Iglesia panameña y una
preparación, de cara al tercer milenio, para el reto de una renovación
eclesial "de mayor compromiso con la civilización del amor y la cultura
de la vida". En la Academia se integra el grupo de historiadores que
hasta ahora venía preparando, por comisión expresa de la Conferencia
Episcopal, la Historia de la Iglesia de Panamá desde sus inicios —cuando
llegó a ser denominada "Primada de Tierra Firme"— hasta
nuestros días. La Conferencia Episcopal considera a la nueva Academia como
"un ente colaborador que [...] la apoyará en proyectos de carácter
histórico, cultural y de divulgación de los valores profundos de nuestra
identidad espiritual". Los fines de la Academia son:
— Estudio, investigación, exposición, difusión y
publicación de sucesos, aniversarios, biografías, bibliografía de mayor
significación en la historia de la Iglesia Católica en el mundo, en América
Latina y especialmente en Panamá.
— El conocimiento y divulgación de la trascendencia que
ha tenido la Iglesia como proyecto de Dios a lo largo de la Historia y
especialmente en el proceso de integración nacional desde el Descubrimiento
hasta la actualidad.
— La evaluación y reconocimiento de la actividad
evangelizadora de la Iglesia en beneficio de la comunidad y, en especial, de
los grupos desvalidos.
— La reafirmación continuada de los principios y valores
católicos.
La Academia fue erigida el 2 de julio de 1996, durante la
Asamblea Plenaria de la Conferencia Episcopal, y el anuncio oficial de su
creación se dio en la Catedral Metropolitana el 15 de agosto de 1996, con la
asistencia de los 16 miembros fundadores de la institución. La Señora
Manuelita Núñez de Pereira —uno de los miembros fundadores de la Academia,
que colabora además en muchas de las obras de la Iglesia de Panamá por lo
que se refiere a la evangelización de la cultura y a la preservación de los
bienes culturales— presentó personalmente los estatutos de la Academia, en
el mes de junio de 1997, al Cardenal Paul Poupard y a S.E.R. Mons. Francesco
Marchisano (Presidente de la Comisión Pontificia para los Bienes Culturales
de la Iglesia).
EL 40% DE LOS CIENTÍFICOS CREE EN DIOS
En 1916, el sociólogo James Leuba encuestó a 1.000
científicos sobre sus creencias. El autor pronosticó que la proporción de
creyentes (40%) iría reduciéndose a medida que la educación fuese
mejorando. Edward Larson, de la Universidad de Georgia, y Larry Witham acaban
de mostrar con una encuesta idéntica, publicada en Nature (3-4-97),
que el porcentaje sigue siendo el mismo. El 40% de los biólogos, físicos y
matemáticos encuestados —todos norteamericanos— creen en Dios, según la
definición del cuestionario: "Creo en un Dios en comunicación afectiva
e intelectual con los hombres; un Dios al que uno se puede dirigir esperando
respuesta". El 45% (42% en 1916) no creen en el Dios así descrito —lo
que no significa que no crean en absoluto— y el 15% se consideran
agnósticos o sin creencias definidas.
Según los autores, lo más relevante del estudio es la
estabilidad de la proporción de creyentes en casi un siglo de avances
científicos y tecnológicos espectaculares. La encuesta desmiente la idea de
que la proporción de creyentes entre la comunidad científica es mucho menor
que en el conjunto de la población. También muestra que, contra lo que
pensaba Leuba, aún hoy muchos científicos no ven contradicción alguna entre
creer en Dios e investigar y conocer las leyes naturales.
El objetivo de la nueva encuesta no era conocer la
distribución de científicos por confesiones, ni el nivel de práctica
religiosa entre ellos. Más bien pretendía averiguar cómo habían
evolucionado las creencias de los científicos en 80 años y si las
predicciones de Leuba eran correctas. Los datos se podrían comparar siempre
que el paralelismo fuera casi exacto. Por eso, encuestó al mismo número de
científicos (1.000) seleccionados de la misma fuente (la última edición de American
Men and Women of Science, un compendio de científicos prestigiosos), se
les hicieron las mismas preguntas y el nivel de respuestas fue similar
(60-70%).
Las principales diferencias se han dado en la creencia
sobre la inmortalidad. Leuba introdujo una pregunta sobre la inmortalidad
dirigida a los no creyentes y otra para comprobar si los que no creían en la
inmortalidad la deseaban. Mientras en 1916 sólo el 20% no creían en la
inmortalidad, en la actualidad es el 50%. Y de los que no creían en la
inmortalidad, el 73% la deseaba en 1916 y sólo el 36% la desea ahora.
También ha cambiado la distribución de creyentes por especialidades. En la
encuesta de Leuba, la proporción más alta de no creyentes se daba entre los
biólogos (69,4%); en cambio, ahora corresponde a los físicos y astrónomos
(77,9%). El nivel más alto de creyentes está ahora entre los matemáticos
(44,6%).
Cf. Aceprensa 63/97.
EL "ROSSINI OPERA FESTIVAL" DE PESARO
A lo largo de los siglos, la historia de Moisés y de su
pueblo —fijada en la Escritura para la posteridad de todas las épocas y
culturas— es signo de una humanidad en búsqueda de libertad, de seguridad,
de paz y de salvación. Por ello todas las paredes del Palafestival de Pesaro
están recubiertas de estanterías repletas de libros, que alcunos hebreos
vestidos de negro —con sobrios trajes diseñados por Giovanna Buzzi—
consultan en silencio, acogiendo al público para una representación que
enseguida se revela grandiosa y fascinante a la vista, densa en imágenes y
rica en símbolos. Moïse et Pharaon y su Rossini Opera Festival
hace que gravite sobre Pesaro el interés de no sólo los musicólogos y los
amantes del "belcanto", sino también de los apasionados por los
acontecimientos culturales trascendentales. Se trata de la primera
representación italiana, en nuestro siglo, de la versión de esta gran ópera
escrita en 1827 para ser representada en París y que adaptaba al gusto
francés el Mosè in Egitto napolitano de 1818.
Graham Vick ha construido un espectáculo de vastas
proporciones, de aguda lucidez, enfocado como una modernización inteligente
de las vicisitudes narradas en el libro del Éxodo y revisadas desde el punto
de vista dramático por los autores del libreto, Luigi Balocchi y Étienne De
Jouy: dos culturas y dos fes en pugna titánica, la de Moisés y la del
Faraón. El primero, seguido por todo un pueblo que ve en él al profeta y al
caudillo triunfante; el segundo, enclaustrado y aprisionado por unos
dignatarios obcecados, con una inestabilidad de carácter que se cierra —por
el poder y con violencia— a los imperativos del sentido común y de la
realidad. El ambiente teatral que cobija esta terrible batalla se transforma.
Stefano Lazaridis implica todo y a todos en el espectáculo: la tierra oscura
invade el centro del insólito escenario, el agua llena la concavidad de una
tarima que abraza tres lados y engloba también a la orquesta. Los personajes
pisan la tierra y se sumergen en el agua: la tierra y el agua de Egipto,
tierra y agua que son al mismo tiempo fuente de vida e instrumento de muerte.
Vick ritualiza el paso de Egipto a la tierra prometida, de la muerte a la
vida; y es un rito de ayer y de hoy, como lo será también del mañana. Los
hebreos son los del siglo XX: serios, descalzos, ligados a sus tradiciones
religosas, siempre dispuestos para "el viaje", hacia la vida o hacia
la muerte —referencia a las vicisitudes dramáticas de este siglo. En
cambio, la sequedad monumental de Egipto —blanca y dorada, estática y
gélida— representa una cultura que no sólo no acoge, sino que rechaza y
hasta combate contra la evidencia de una bendición celeste, que baja sobre
los elegidos, interlocutores predilectos de un Dios invisible y omnipotente,
el Señor de los ejércitos.
Dios, el Señor, actúa con obras portentosas que en el
espectáculo son representadas gracias a un montaje técnico formidable y
sorprendente, sin que por ello los efectos sean un fin en sí mismos. Una
tarima central se eleva y un enorme falso techo se abaja, hundiendo a la corte
egipcia en espesas tinieblas. Una inmensa tabla de la Ley se convierte en el
mapa de la existencia y de la salvación para los hebreos. En ella se
encuentra el surco del Mar Rojo, a cuyas orillas se transmuta en drama y
fidelidad el amor contrastado entre el príncipe egipcio Amenophis y Anaï,
sobrina de Moisés, que se somete a las razones de la sangre más bien que a
los dictados del corazón.
Es una experiencia inolvidable este espectáculo de Pesaro.
Oscila entre la provocación y la tradición, entre el realismo y el símbolo,
entre la historia y la idea, y nos lleva, traspasando los confines del tiempo,
a compartir las dificultades y sufrimientos que caracterizan siempre la
búsqueda de Dios, de la salvación, de nuestra tierra prometida personal.
La complejidad del decorado teatral deja casi en la
penumbra la vertiente musical del drama, con la presencia eficaz del director,
Wladimir Jurowski, al frente de la Orquesta del Teatro Comunal de Bologna.
Todos los protagonistas son más que adecuados, creíbles, atentos. Entre
ellos el Coro de cámara de Praga, verdadero protagonista de la obra
rossiniana, que realiza procesiones, lavatorios sagrados, gestos cultuales,
maravillas y dolores, espoleado y consolado por un hierático y maduro Michele
Pertusi en el papel del profeta, mientras que una afligida y triste Elizabeth
Norberg-Schulz es perfecta en el papel de Anaï, y el tenor Charles Workman
lleva hasta la cima su canto articulado.
La obra concluye con la desaparición de los egipcios, y
con los hebreos en el umbral de una experiencia nueva, mientras que el
público queda con el recuerdo de una experiencia pasada, pero inolvidable.
¿HACIA LA HISPANIZACIÓN DE NORTEAMÉRICA?
El Director de los museos de arte de Harvard, Ivan Gaskell,
aseguró en las VI Conversaciones Internacionales de Historia de la
Universidad de Navarra (10-12 de abril) "que la influencia española en
el arte moderno ha tenido un éxito enorme en EE.UU". Gaskell citó como
ejemplo al arquitecto navarro Rafael Moneo, quien recientemente ha diseñado
un museo que –en su opinión– es "algo maravilloso".
Para el historiador Peter Burke, de la Universidad de
Cambridge, el próximo siglo puede estar marcado por un mayor conflicto entre
las culturas del mundo. Afirmó que "estamos asistiendo ya a una
hispanización de Norteamérica". No obs-tante, "España, la
metrópoli, al igual que Gran Bretaña respecto al mundo anglosajón, no es ya
la que marca el ritmo de la culturización". Respecto a Europa, señaló
que "si la cultura se define únicamente por la conciencia de las
diferencias, resulta muy fácil derivar en un conflicto"; por ello
"estamos obligados a ser más conscientes de nuestras similitudes con
otras culturas y a vivir respetando las diferencias".
Cf. Redacción, Pamplona, julio de 1997, p. 27.
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