Index

  Back Top Print

CONSEIL PONTIFICAL POUR LE DIALOGUE INTERRELIGIEUX

MESSAGE POUR LA FÊTE DE DEEPAVALI 2017

 

Chrétiens et Hindous: Plus loin que la tolérance

 

Chers Amis Hindous,

Le Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux est heureux d’adresser, en ce 19 octobre 2017, ses vœux cordiaux à tous ceux qui célèbrent Deepavali. Il espère que cette célébration des lumières, avec ses innombrables bénédictions, éclaire vos esprits et votre vie, réjouisse vos cœurs et vos maisons, fortifie les familles et les communautés!

C’est à bon droit que nous pouvons manifester notre gratitude pour nombre de choses merveilleuses qui se produisent dans le monde. Dans le même temps, nous ne pouvons ignorer les difficultés que rencontrent nos communautés, ce qui nous touche de près. La montée de l'intolérance, cause de violences dans de nombreuses régions du monde, constitue à ce titre l'un des défis auxquels nous devons faire face aujourd'hui. C'est pourquoi, dans ces circonstances, nous souhaitons partager avec vous une réflexion – et aller ainsi au delà de la notion de tolérance – sur la manière dont nous pouvons intégrer plus de paix et d'harmonie dans nos sociétés.

La tolérance implique certainement ouverture et patience à l’égard de l’autre, signe d’une reconnaissance de sa présence parmi nous. Toutefois, si nous devons œuvrer pour une paix durable et une véritable harmonie, celle-ci ne suffit pas. En effet, le véritable respect et l’attention à la diversité des cultures et des coutumes de nos communautés sont tout aussi nécessaires pour la bonne santé et l'unité de la société dans son ensemble. Considérer le pluralisme et la diversité comme une menace pour l'unité conduit, tragiquement, à l'intolérance et à la violence.

Le respect de l’autre s’avère à cet égard un puissant antidote contre l'intolérance : il manifeste d’un regard authentique la « dignité » constitutive de chaque personne. À la lumière de notre responsabilité envers la société, la promotion de ce respect rend nécessaire l’expression de marques d’estime pour les différentes coutumes et pratiques sociales, culturelles et religieuses. Cela requiert, tout autant, la reconnaissance des droits inaliénables que sont le droit à la vie ou le droit de professer et de pratiquer une religion de son choix.

Si la voie que les diverses communautés sont appelées à parcourir comporte donc celle du respect, la tolérance n’implique qu’une simple protection de l’autre. Le respect va plus loin : il est la clé de la coexistence et de l’harmonie pour tous. Le respect crée un espace pour chaque personne et nourrit le sentiment de se sentir partout « à la maison » auprès de l’autre. Au lieu de diviser et d’isoler, il façonne nos différences comme autant de signes de la diversité, de la richesse de la famille humaine. Ainsi, comme l’a souligné le pape François : « La diversité ne sera plus vue comme une menace, mais comme une source d’enrichissement» (Discours du Saint-Père à l’aéroport international de Colombo, 13 janvier 2015). Et d’ajouter, face aux responsables d’autres religions : « Celui qui est différent de moi, culturellement et religieusement, ne doit pas être vu et traité comme un ennemi, mais accueilli comme un compagnon de route, avec la ferme conviction que le bien de chacun réside dans le bien de tous » (Discours du Saint-Père aux participants à la Conférence internationale pour La Paix, Al-Azhar Conference Centre, Le Caire, 28 avril 2017).

Nous devons donc accueillir le défi d’aller plus loin que les limites de la « tolérance » pour manifester le « respect » qui revient à tout individu et groupe, car chacun mérite et désire d’être reconnu pour sa dignité innée. Cela exige que chacun apporte sa pierre à la construction d’une véritable culture du respect, seule capable de promouvoir la résolution des conflits, la construction de la paix et un vivre ensemble harmonieux.

Enracinés dans nos propres traditions spirituelles et unis dans ces préoccupations communes, puissions-nous encourager, chrétiens et hindous ̶ ainsi que d’autres croyants et personnes de bonne volonté (familles, communautés, écoles et collèges) ̶ , avec nos enseignements religieux et les moyens de communication, le respect de chaque personne. Nous avons le devoir d’aller plus loin que la tolérance pour façonner notre société en une communauté harmonieuse et pacifique ; une communauté où chaque être humain, reconnu pour sa contribution unique, soit véritablement respecté et encouragé dans cette quête d’unité de la famille humaine.

À tous, encore une fois, joyeuse célébration de Deepavali!

Jean-Louis Cardinal Tauran
Président

Mgr Miguel Ángel Ayuso Guixot, MCCJ
Secrétaire