 |
Pontifical Council for the Pastoral Care of Migrants and Itinerant People
People
on the Move
N° 97 (Suppl.), April 2005
SUR LES PAS DE L'APoTRE PAUL
Archimandrite Spyridôn KatramadoN
Secrétaire du Saint Synode
de l’Église de Grèce
Avant d'entamer ce bref discours j'aimerais vous faire part du plaisir et de
l’honneur que j’éprouve du fait que je me trouve parmi vous dans cette
belle ville de Kevelaer, ville sainte consacrée à la très sainte Vierge et
qui constitue ainsi un symbole religieux pour les chrétiens.
Dans cette ville, où se réalise le quatrième Congrès Européen des Pèlerinages,
j'ai l'honneur et la bénédiction de représenter le Chef de l'Église de Grèce
et le Synode des évêques qui la composent. Sa Béatitude, l’Archevêque
d'Athènes et de toute la Grèce et mon père spirituel Mgr Christodoulos proposa, et le saint
Synode approuva, que je sois leur représentant dans ce Congrès. J'aimerais par
conséquent les remercier pour l'honneur qui me fut accordé. Mes remerciements chaleureux vont également au Très Révérend Archevêque
Paul Fouad Tabet, Nonce apostolique de l’Eglise Catholique à Athènes, qui
assura ce contact et fit tout son possible afin que je sois aujourd'hui parmi
vous.
Je suis archimandrite et Secrétaire de la Commission synodale des Affaires
européennes. Suite à la proposition et à l'instigation de Sa Béatitude, j'ai
également été chargé, après mon retour du congrès précédent qui eut lieu
à Saint Jacques de Compostelle en avril dernier, d'assumer la tâche de secrétaire
du Bureau des pèlerinages, nouvellement fondé au soin de l’Église de Grèce.
Ainsi, l'expérience que j'ai pu acquérir lors du Congrès précédent à
Compostelle combinée à la charge que j'assume actuellement au sein du Bureau
des pèlerinages rendaient, en quelque sorte, ma présence nécessaire au sein
de ce Congrès, si intéressant, sur « l'Oecuménicité de la sainteté: pèlerinages
aux prémisses du troisième millénaire ».
J'aimerais également transmettre l'affection et les meilleurs vœux de Sa Béatitude
en vue de la réussite de ce quatrième Congres européen.
De mon côte, j'éprouve véritablement le besoin d'écouter et de me renseigner
sur les lieux de pèlerinage à partir de la riche expérience qui est celle de
l'Église catholique. C'est uniquement à titre d'information que j'aimerais présenter
les éléments suivants. La Grèce, un pays de l'Europe qui a embrassé avec
succès la Communauté européenne il y a plus de vingt-quatre ans, comporte un
nombre рarticulièrement élevé de monuments chrétiens et des lieux de pèlerinage
qui sont sans doute moins connus que ceux du monde chrétien occidental.
Le pèlerinage grec, que l'Église de Grèce organise depuis maintenant cinq
ans, connaît désormais une systématisation grâce à l'intérêt personnel
dont témoigne Sa Béatitude; ayant pris en main la direction de l'Église de Grèce
en 1998, Sa Béatitude essaie sans arrêt de faire développer et promouvoir les
lieux de pèlerinage chrétiens et de créer des conditions qui pourront
favoriser la meilleure connaissance de ceux-ci au sein de l'Europe chrétienne.
Un effet, le premier acte de l'Église de Grèce, en collaboration avec le
Gouvernement grec et l’Office du Tourisme grec a été de retracer la voie qu'a
suivie Saint Paul, le Grand Apôtre et fondateur de l'Eglise de Grèce. Ainsi,
grâce à l'action combinée de l'Église et du Gouvernement, cette voie qui
servait de message préalable a pu être réalisée; elle porte le nom de « Sur
les pas de l'Apôtre Paul », commence à Philippes en Macédoine et prend
fin dans la ville de Corinthe au Péloponnèse.
Un effort considérable est fait actuellement pour faire connaître cette voie
de pèlerinage dans les pays orthodoxes aussi bien que dans les pays chrétiens
de l’Occident. En même temps, un ouvrage portant le même titre que la voie,
« Sur les pas de l'Apôtre Paul », a vu le jour en cinq langues; il s'adresse
surtout aux pèlerins qui aimeraient connaître de plus près les endroits les
plus importants liés à l'action de Saint Paul, notamment les lieux où il marcha,
prêcha et fonda des églises. Cette édition porte surtout sur les endroits que
l'on peut atteindre au cours d'un trajet continu réalisé en bus; de plus, elle
comporte des renseignements sur les sites archéologiques concernés.
Bien entendu, des efforts systématiques sont actuellement déployés afin de
mieux faire connaître les lieux de pèlerinage, en nombre particulièrement
important, dédiés à la Vierge et portant des icônes miraculeuses; en effet,
ceux-ci n'ont rien à envier aux lieux de pèlerinage situés, par exemple, en
France, comme Lourdes, ou au Portugal, comme Fatima. Ainsi, la Panagia (Vierge)
de l’île de Tinosconstitue le centre d'un pèlerinage attirant plus d'un
million
de pèlerins par an. Les lieux de pèlerinage dédiés à la Panagia (Vierge) en
Macédoine, à Thrace, en Epire et aux îles grecques, constituent des lieux
saints où plusieurs centaines de fidèles se réunissent tous les jours. Les
monastères sont fréquentés quotidiennement par plusieurs personnes, notamment
un nombre très important de jeunes.
Sa Béatitude, un homme charismatique, avec des horizons ouverts et une pensée
européenne et occidentale, souligne fréquemment que, de nos jours, on
remarque, au sein de la Communauté Européenne, le phénomène, sain et unique,
de la réunion de toutes les forces chrétiennes luttant contre le bannissement du
christianisme de la vie des Européens. Cette occasion, souligne Sa Béatitude,
est unique; on devra faire valoir tous les éléments qui unissent les chrétiens,
en particulier les peuples chrétiens de l'Europe, comme l'est par excellence le
pèlerinage.
Par conséquent, si l'on veut avoir de bons résultats, il faut une
collaboration directe, des buts communs, une problématique précise. L'Église
de Grèce, comme toutes les Églises d'Europe, conscientes des nouveaux problèmes
que connaissent les Européens, chrétiens ou non, essaient de créer des conditions
permettant d'aborder et de connaître les lieux de pèlerinage. Elle essaie de
créer des rapports de respect de l’Homme à l’égard de Dieu, ainsi que de
ranimer les relations d'amitié de l’Homme vers l’Homme et de l’Homme vers
la Nature.
Le développement du pèlerinage vise précisément à faire promouvoir un comportement
qui ne serait pas un comportement d'autorité et de force, mais une relation d'affection
et d'amour; il vise à créer des sociétés ouvertes et vivables, en excluant
les nationalismes problématiques ou les fondamentalismes religieux. Nous, les
chrétiens, nous devons, en suivant l'Apôtre Paul, être « prêts à la défense
contre quiconque vous demande raison de l'espérance qui est en vous» (Première
Épître à Pierre 3, 15). L'Église orthodoxe voit notre monde dans un état
de chute, en premier lieu de l'Homme; elle voit toutefois l'Homme et le monde
entier imprégnés de la Lumière de la Résurrection du Christ. Par conséquent,
les lieux de pèlerinage et les lieux de culte de ce troisième millénaire
doivent constituer le prolongement de la Résurrection du Christ, qui est aussi
la résurrection de l'Homme.
C'est sur ces pensées que je salue les travaux de ce Congrès.
|