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Pontifical Council for the Pastoral Care of Migrants and Itinerant People
People
on the Move
N°
101 (Suppl.), August 2006
MIGRANTS ET RÉFUGIÉS
CHRÉTIENS VERS DES PAYS AFRICAINS À MAJORITÉ MUSULMANE
S.E. Mgr Anselme T. SANON
Archevêque de Bobo-Dioulasso
I – Accueil des migrants
1 Une diocésaine, fonctionnaire à la Banque Africaine de Développement
( BAD) s’est vue mutée d’Abidjan ( Côte d’Ivoire) à Tunis.
Elle a donné le témoignage suivant :
« Beaucoup de cadres de la Banque, de pratique catholique ont été
quelque peu déroutés à leur arrivée pour la pratique religieuse. Ils ont
ensuite été orientés vers la Cathédrale. Ils s’y sont trouvés en bon
nombre. Il a fallu faire des aménagements des lieux.
L’habitude leur est venue de rester à causer sur les parvis de la
Cathédrale. Il leur a été signifié que les réunions d’ordre
religieux se faisaient à l’intérieur de la Cathédrale et non dans la
rue où cela est interdit ( cf Doc. Migrants p 93).
2 Configurations géo-politiques
Les pays à majorité musulmane
couvrent :
1°
La zone Sahara – Sahel,
comprenant :
Maghreb ( Algérie – Tunisie – Maroc)
Mauritanie – Sénégal
Mali – Niger – Tchad – Lybie – Burkina Faso
Mali – Burkina – Niger – Nigéria – Tchad ;
2° ou la zone active de leurs influences
politiques, commerciales et conflictuelles ;
3°
ou les circuits de leurs trafics des biens et des personnes, des marchandises
et des hommes.
Marchandises : stupéfiants, drogues, tabacs et armes légères …
Vols avec enlèvements et prises d’otage
( cf Vie du Père Foucauld).
3 Diverses catégories
Sous chacune de ces catégories, ce sont des habitants et surtout des jeunes,
finalement des peuples en marche, en fuite, en déplacement, en exil, en
mouvement, chercheurs d’emplois, de travail ( des femmes, adultes, familles
avec enfants, hélàs !).
Ce sont étudiants, travailleurs, hommes d’affaire (commerce et transitaires),
fuyards, exilés, trafiquants.
La région Ouest Africaine présente des pays à majorité musulmane ou
islamisée à degrés variables, allant de 20 % à 30 %. Ces pays de
l’Afrique de l’Ouest dont je viens (Gambie, Sénégal, Mali, Niger,
Sierra-Léone, Libéria, Guinée, Nigéria) ont une longue histoire socio-économique,
religieuse et culturelle antérieure aux grandes perturbations coloniales
et aux traites négrières.
4 Actuellement, on peut parler des mouvements
d’immigration, implantation, infiltration, exportation des personnes en
direction des pays islamisés
- pour mettre à profit des capacités et forces de travail ;
- pour déstabiliser les communautés chrétiennes au départ et à
l’arrivée et augmenter la densité islamique ;
- pour mâter le terrorisme et la tolérance ou l’infiltrer, le diffuser.
Le présent tableau veut uniquement visualiser les différentes
situations :
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Majorité musulmane
Jeunes
Adultes
Familles
Etudiants
Stagiaires
Profanes
Artistes
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Départs
Seule solution
Promotion, renumération
Dotation d’une bourse
Recrutement
Aventure, exil
Porte de sortie
Disparus
Préférence sociale
|
Attentes
Avenir meilleur
Emploi–travail
Formation
Qualification
Affaires, trafics
Exil
Anonymat
Coopération
Propagande
Témoignage
|
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Accueil
Clandestinité
Etudes – affaires
Réseaux
Clandestins
Engagés sans sauf conduits
Réfugiés
Inter – Etat
Inter – religieux
Service inter-ecclésial
|
Retour
Forcé ou problématique
Hypothétique
Transhumances
Durée indéterminée
Cadre défini
Séjour plus ou moins long
Temporaires
|
II – statuts et
destination
1°
Aventuriers : clandestins
Engagés sans sauf conduits entre Maroc et Espagne
2° Les réfugiés
Etudiants et
stagiaires accueillis en vue du marché du travail et de l’emploi
3° Les
statuts
- Conditions de travail
- Couverture légale et juridique
-
Profil d’intégration
Sociale
Humaine
Religieuse
Professionnelle
Familiale
-
Profil linguistique
Langue, vision, appartenance religieuse
- problèmes de retour au pays : en cas de retours forcés, ou même
volontaires, le sentiment de honte et d’échec pour les intéressés et leurs
famille. Les retours dans tous les cas posent les problèmes de réintégration
et d’insertion.
III – Actions pastorales
- Créer une aumônerie dans les diocèses pour faire face aux nombreuses demandes
occasionnées par le flux migratoire : services inter-ecclésiaux
- Collaborer avec Justice et Paix et HCR
- Diffuser les Documents concernant les Migrants, les réfugiés, le Tourisme
- Collaborer avec les Ministères du Tourisme et les responsables hôteliers
- Créer un espace de prière et de recueillement ou pousser à une présence (discrète) de l’Eglise dans les aéroports et aérogares, gares ferroviaires (voyageurs, transits).
IV- Action internationale
Les Associations surtout des
Droits Humains, ainsi que les moyens de communications peuvent beaucoup
faire pour informer, sensibiliser.
De même,
l’action menée sur le terrain auprès de certains :
- ONG et Organisation humanitaire
- OIC, aumônerie entre les Eglises de la région
- Mouvements des Droits humains
- Formation biblique et d’autres formations religieuses et
culturelles
- CARITAS ou assimilés.
En réalité, les problèmes humains en cause relèvent de la mondialisation en
cours.
- y-a-t-il des zones interdites ?
- A qui revient de payer le prix de l’occupation d’autres portions du monde
par domination coloniale et impérialiste?
- Les ressources du globe appartiennent à l’humanité certes, mais le droit
humanitaire est-il respecté quand les ressources naturelles sont exploitées
par les plus technologiquement équipés jusqu’à jeter dans la
misère les populations possédantes ?
L’action de l’Eglise dans la dynamique de la Doctrine Sociale
doit accueillir les uns tout en alertant sur les drames dont chacun est
responsables en conscience et devant l’histoire.
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