The Holy See
back up
Search
riga

 Pontifical Council for the Pastoral Care of Migrants and Itinerant People

People on the Move

N° 102, December 2006

 

 

MESSAGE DU CONSEIL PERMANENT DE LA CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DE France EN VUE

DES PROCHAINES ÉLECTIONS*

(pour ce qui se refére à la question migratoire)

 

 

La mondialisation et l'immigration

La France est impliquée dans le processus de mondialisation. Elle en bénéficie largement. Il ne s'agit pas tant de s'en féliciter - pour le développe­ment des échanges, la circulation de l'information, la découverte des cultures - ou de s'en lamenter - pour les délocalisations, la non-maîtrise des poli­tiques économiques, la concurrence à outrance. Il faut plutôt accepter de nous interroger sur nos comportements, personnels et collectifs, dans cette nouvelle donne. L’interpénétration des cultures marque la société française. Beaucoup de gens voya­gent, des jeunes étudient, travaillent à l'étranger, s'y marient...

Le marché se développe en usant des diffé­rences de coûts de production, mais aussi en diffusant un art de vivre qui suscite toujours le désir de gagner davantage et de consommer plus. Nous ne pouvons pas défendre nos positions, exporter produits et services, sans accepter aussi d'être rejoints par la concurrence de pays que l'on appelle « émergents ».

Nous nous sommes habitués à la libre circula­tion de l'argent, des marchandises, des informa­tions, mais nous sommes plus réticents face à la liberté de circulation des personnes. Peut-on à la fois pratiquer la liberté du commerce, tout en barrant la route aux immigrés ou en les renvoyant chez eux ?

C'est dans ce cadre général qu'il faut réfléchir à la question de l'immigration.

Pour les chrétiens, l'accueil des migrants est signe de l'importance attachée à la fraternité.

Le sujet est difficile et nous savons l'extrême sensibilité de nos concitoyens en ce domaine. Comment pourrions-nous nier les problèmes ? Comment pourrions-nous nier qu'un pays comme le nôtre a des limites à sa capacité d'accueil ? Cepen­dant, il convient de prendre notre juste part à cet accueil. Et juste, ici, veut dire de façon généreuse.

Évêques, nous voyons nos communautés accueillir nombre de ceux qu'on appelle des étran­gers ou des migrants. Leur présence nous amène à formuler quelques convictions :

- Nous estimons normal que notre pays défi­nisse une politique de l'immigration. Cela fait partie de la responsabilité gouvernementale et tout gouvernement doit faire face à cette question.

- Dans l'Église, cependant, il n'y a pas d'étran­ger : le Baptême fait accéder, où que l'on soit, à la « citoyenneté » chrétienne et l'Évangile nous appelle à une fraternité universelle. Dans bien des communautés, les étrangers ont le souci de parta­ger avec d'autres, nous en sommes témoins !

- La rencontre avec ces frères et soeurs venus d'ailleurs nous amène à poser fortement, dans le débat public, la question de l'extraordinaire inéga­lité qui règne dans le monde. Sommes-nous atten­tifs aux choix politiques qui favorisent un développement solidaire? Sommes-nous prêts à modifier notre mode de vie, afin de permettre un réel développement des pays les plus pauvres, en particulier en Afrique?

Sommes-nous prêts à partager concrètement pour aider les pays les moins développés. ? N'est-il pas important de lancer cet appel aux Français ?

- Parmi les migrants, beaucoup, pour s'établir en France, ont franchi des difficultés considé­rables et certains ont risqué leur vie. Pourquoi ne pas porter à leur crédit cette volonté de rejoindre notre pays et ne pas se fonder sur elle pour leur trouver une place dans la société nationale ? Certes, nous ne pouvons pas recevoir tout le monde, mais il nous est aussi impossible de renvoyer tous les clandestins. Notre pays doit pouvoir continuer à recevoir les réfugiés poli­tiques et ceux qui risquent des persécutions, y compris religieuses, dans leur pays.           

- Enfin, réguler l'immigration veut dire pour­chasser les mafias et autres circuits d'immigration clandestine, employeurs véreux, marchands de sommeil,etc.



*cfr. La Documentation Catholique, 19 novembre 2006, N° 2368, p. 1028

 

top