|
Pontifical Council for the Pastoral Care of Migrants and Itinerant People
People
on the Move
N° 107 (Suppl.), August 2008
R. Mgr Patrick JACQUIN
Recteur-Archiprêtre de la Cathédrale Notre-Dame de
Paris,
Président de l’Association des Recteurs de Sanctuaires (
A.R.S.)
(France)
Je remercie tout d’abord le Conseil Pontifical et
Monseigneur Marchetto de m’avoir invité à prendre la parole au cours de
ce congrès.
Au dernier congrès national des Recteurs de
Sanctuaires de France (A.R.S.) en février 2007, à Fatima, où nous avons
été très bien accueillis par Monseigneur Guerra et toute son équipe,
nous avons traité de l’importance du sacrement de Réconciliation et du
ministère de la Miséricorde dans nos sanctuaires.
Avec 140 sanctuaires représentés, nous avons mis en
lumière l’importance de nos lieux – de nos haut-lieux – pour les
Pèlerins, les Visiteurs, comme pour les Prêtres confesseurs.
Voilà donc des lieux où les Pénitents sont abondants,
tout au long de l’année, et où les confesseurs sont nombreux et en
plusieurs langues. Le Révérend Père Paul Legavre nous a aidé dans nos
démarches en fondant notre réflexion sur l’Ecriture sainte.
Comme pour l’année précédente à Montmartre, sur le
Sacrement de l’Eucharistie, nous avons remarqué que l’atmosphère des
lieux, les traces de la vie des saints, les reliques, la présence
bienveillante de Marie et sa conduite maternelle poussent les Visiteurs
à devenir Pèlerins, et les Pèlerins à avancer sur la route de la
Sainteté, de la Conversion ou de la Guérison. Des personnes se mettent à
pratiquer l’Eucharistie quotidienne et le Sacrement de la Réconciliation
alors qu’habituellement elles se tiennent frileusement à l’écart…
Ces lieux et le témoignage communautaire donné par
les autres Pèlerins et par l’équipe animatrice du sanctuaire (Prêtres,
Religieux, Religieuses, Diacres et Laïcs) donnent envie de faire mieux
et plus régulièrement les fondamentaux d’une vie ecclésiale quelque peu
distendue le reste de l’année.
Il est à noter ici que les Supérieurs religieux et
les Évêques continuent à frais nouveaux de mettre des hommes et des
moyens au service des ces sanctuaires et de l’accueil des Pèlerins – de
nombreux jeunes Prêtres y sont envoyés ainsi que des Séminaristes.
Les Jeunes, quant à eux, découvrent avec bonheur des
célébrations, des rites ou des traditions vivantes qui les invitent à
se plonger dans al Foi… parfois même ils entendent là des appels
décisifs.
Chaque année, il y a un million de visiteurs en plus,
ce qui pour 2007 fait 43 millions de visiteurs dans nos 140 sanctuaires.
A ce sujet, il est essentiel de remarquer que dans
mon diocèse de Paris l’Évêque a fait demander, par une enquête précise,
aux Curés et Chapelains de Paris, combien il y avait eu de participants
à Pâques. Toutes messes confondues, cela donne 150 000 participants…
alors qu’il y avait des vacances. Ce même dimanche, il y avait 15 000
personnes aux messes à Notre-Dame de PARIS; 10% du Diocèse était donc à
la Cathédrale. Et si on joint à Notre-Dame, la rue du Bac et Montmartre,
cela fait 30% du Diocèse sur ces 3 sanctuaires.
Le pourcentage du nombre de confessions serait
probablement encore plus élevé.
Si le Cardinal Danneels nous avait parlé de Marie et
de l’Eucharistie il y a 2 ans, cette année, le Cardinal Policarpo a
davantage insisté sur la visibilité des sanctuaires pour montrer la
Miséricorde de Dieu et il a appelé de ses vœux qu’une association
similaire à la nôtre voit le jour au Portugal.
Ce qui fut fait avec 22 Recteurs du Portugal invités
à notre congrès et qui ont fondé leur association.
Les Sanctuaires sont pour moi un des poumons de la
vie ecclésiale et il convient, me semble-t-il, de ne pas oublier ce
poumon quand on mentionne l’autre poumon, celui des Paroisses.
Les Visiteurs et Pèlerins qui, pour beaucoup sont
frappés par la mobilité dans leur travail, dans leur habitat parfois, et
même au sein de leur vie familiale, ont besoin de lieux-repères,
stables, et toujours ouverts et accueillants.
Ils savent qu’ils trouveront toujours la messe de
11h00, l’office des vêpres ou le Frère Joël à l’hôtellerie.
Ils savent aussi que ces communautés les voient
grandir et sont prêtes à les aider dans la croissance de leur vie
spirituelle… C’est une famille qui s’agrandit; c’est l’Eglise là aussi.
Enfin, notons que les plus petits, les plus pauvres,
ou les malades trouvent un accueil à la hauteur de leurs attentes et
les célébrations, jubilés, neuvaines, grands rassemblements, pèlerinages
sont là aussi pour découvrir, comme nous y invitent Jean-Paul II et
Benoît XVI, aujourd’hui, que le vrai sanctuaire, c’est le cœur de
l’homme, car dans tout cœur Dieu y laisse ses traces. A chacun de les y
découvrir.
Quand est-ce que le monde et les médias découvriront
que loin de se vider les chœurs de nos sanctuaires sont comme le cœur de
l’Homme: comblés de grâce et plein d’Amour et de Miséricorde, en
Jésus-Christ par Marie?
Merci de votre attention.
|