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INTERVENTION DU SAINT-SIÈGE
À LA CONFÉRENCE DES MINISTRES EUROPÉENS DE LA JUSTICE

DISCOURS DE S. EXC. MGR GIUSEPPE LEANZA*

9-10 octobre 2003

 

Monsieur le Président,

L'engagement des Ministres européens de la Justice pour lutter contre le terrorisme est un signe encourageant, car il témoigne de la volonté des Etats membres du Conseil de l'Europe de ne pas se résigner au chantage d'une violence inacceptable et injustifiable.

Le Pape Jean-Paul II n'a pas hésité à définir le terrorisme "un véritable crime contre l'humanité" (Message pour la Journée mondiale de la Paix 2002, n. 4).

La collaboration internationale pour guérir cette plaie sanglante ouverte au flanc de l'humanité contemporaine est capitale et se situe à des niveaux différents.

L'action au plan juridique appartient directement à la compétence des participants à cette Conférence. Le Conseil de l'Europe a offert une contribution relevante à ce niveau, en particulier par la rédaction du Protocole portant amendement à la Convention européenne pour la répression du terrorisme.

De nos débats, émergeront sûrement des propositions importantes, comme il en ressort déjà du solide Rapport que vous avez vous-même présenté, Monsieur le Président.

Dans ce rapport, vous avez bien souligné un point fondamental:  l'exigence que la répression du terrorisme s'opère "dans le respect total des normes internationales en matière des droits de l'homme". A cet égard, il faut remarquer avec satisfaction l'adoption par le Comité des Ministres, l'année dernière, des Lignes directrice sur les droits de l'homme et la lutte contre le terrorisme, un outil essentiel pour rappeler les conditions de légitimité d'une telle lutte. Le but ne justifie jamais les moyens: de la négation de ce principe découlerait une atteinte insupportable à la dignité humaine, un effet qui, à longue échéance, serait fonctionnel aux finalités de ceux qui poursuivent la terreur comme méthode pour s'imposer.

Cependant, l'action sur le plan juridique est loin d'épuiser les mesures nécessaires pour lutter  avec efficacité contre le terrorisme.  Le  Saint-Père Jean-Paul II l'a dit très clairement: "La collaboration internationale dans la lutte contre l'activité terroriste doit comporter aussi un engagement particulier sur les plans politique, diplomatique et économique pour résoudre avec courage et détermination les éventuelles situations d'oppression et de marginalisation qui seraient à l'origine des desseins terroristes" (Message pour la Journée mondiale de la Paix 2002, n. 5).

En outre, pour être vraiment efficace, la lutte contre le terrorisme a besoin de mesures appropriées sur le plan pédagogique, visant à promouvoir une éducation inspirée par le respect de la vie humaine dans toute circonstance et par la conviction que l'unité de la famille humaine est une réalité plus forte que les divisions contingentes qui séparent hommes et peuples.

Dans cette perspective, les religions remplissent un rôle irremplaçable, qui mérite d'être reconnu et soutenu, comme  l'avait recommandé le Groupe multidisciplinaire sur l'action internationale contre le terrorisme, créé opportunément par le Conseil de l'Europe.

Sur ce chemin il faut avancer:  les Ministres européens de la Justice peuvent compter sur l'appui du Saint-Siège.

Je vous remercie de votre attention.


*L'Osservatore Romano 13-14.10.2003 p.2.

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