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SIXTH ORDINARY SESSION OF THE HUMAN RIGHTS COUNCIL

STATEMENT BY H.E. MSGR. SILVANO MARIA TOMASI*

Geneva
Friday, 14 September 2007

 

Mr President,

1. In current debates, there is a widely felt perception that the international community is confronted with the difficult task to balance freedom of religion, freedom of expression, respect of religious and non-religious beliefs and convictions, defamation of religion and members of a religion. The Special Rapporteurs on freedom of religion or belief and on Contemporary forms of racism, racial discrimination, xenophobia and related intolerance have illustrated well this complexity. How can one find a way forward?

2. The development of the protection and promotion of all fundamental rights, begun with the Universal Declaration of Human Rights (1948), shows that religious freedom can serve as an element of synthesis, as a bridge, among the diverse categories of human rights. The profession of a religion in public or in private is in fact a freedom that belongs not only in the area of civil and political rights - and therefore linked to freedom of thought, of expression and worship - but also in that of economic, social and cultural rights. Such a linkage is evident in the power of self-organization of religions, in the charitable action of individual members of faith communities and in the forms of solidarity carried out by religious institutions, among others, in the fields of health, education and formation. Moreover, the presence and influence of the principal world religions have often been a means of transcending the subjective limitations of the positivist juridical order with objective moral norms that serve the common good of all humanity.

3. Acknowledging to religious freedom the role of guaranteeing the interrelation among the different fundamental rights, it means that public powers should work in such a way that the profession of a religion should not limit civil rights or political and institutional participation nor should it ever be used to deny economic, social and cultural rights to individuals or to communities.

4. The principles and the rules for the protection of fundamental rights, that also through the action of the Human Rights Council and its efforts to provide fair procedures and mechanisms, are in a process of consolidation as patrimony of the international community and of the various countries, give evidence that there is no contrast between religious freedom and freedom of expression:  both belong to those intellectual faculties proper to the human person, to his/her action in the public and private spheres.

5. The reflection of the Council is challenged to consider the demands that today call for regulating the religious phenomenon before cases of discrimination and of real defamation of religions and members of a religion. But such demands show that international action, together with the internal initiatives of States, is called to guarantee a just balance in the exercise of these two rights, recognizing that the freedom of expressing a religious creed, when authentic, assumes a public function:  it contributes to social cohesion and therefore to the peaceful living together of all people, minorities and majority, believers and non believers, within the same country.

6. Mr President,

In conclusion, the appropriate social and political context within which to promote and protect all human rights, including the profession of a religion or changing or rejecting it, implies the acceptance that human rights are interrelated and that international standards should be translated into judicial and legal national provisions for the equal benefit, protection and freedom of every person.

Thank you, Mr President



*L’Osservatore Romano, 27.9.2007 p.2.


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Mgr Silvano TOMASI,C.S., Intervention à la 6°e session ordinaire du Conseil des droits de l’homme, sur le point 9 de l’ordre du jour: le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée: suivi et application de la déclaration et du programme d’action de Durban.

Vendredi 14 septembre 2007

 

48. Mgr TOMASI ( Observateur du Saint-Siège) dit que les débats actuels montrent que la communauté internationale est confrontée à la question de la conciliation entre la liberté de religion, d’une part, et la liberté d’expression, d’autre part, une tâche complexe comme L’illustrent les travaux du Rapporteur spécial sur la liberté de religion et ceux du Rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée. Il est difficile, en effet, de parvenir à avancer sur cette question en tenant compte de tous les groupes religieux et de toutes les régions. 

49. La Déclaration universelle des droits de l’homme montre que la liberté de religion peut être un point commun, un pont, entre les différents êtres humains. L’exercice d’une religion, que ce soit dans la sphère publique ou privée, est en réalité une liberté qui relève non seulement de la catégorie des droits civils et politiques − elle est par conséquent liée à la liberté de conscience, d’expression et de culte − mais également de la catégorie des droits économiques, sociaux et culturels. Ce lien apparaît clairement dans la capacité des religions de s’organiser, dans les actions menées par les membres des communautés religieuses ou dans les formes de soutien accordées par les institutions religieuses dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la formation. Fondées sur des principes moraux qui visent le bien commun de toute l’humanité, les principales religions ont souvent été des moyens de dépasser des frontières subjectives.

50. Confier à la liberté de religion la fonction de garantir les relations entre les différents droits fondamentaux suppose que les pouvoirs publics agissent de telle façon que l’exercice d’une religion ne limite pas celui des droits civils et politiques et la participation institutionnelle et que cet exercice ne conduise jamais à la violation des droits économiques, sociaux et culturels des personnes ou des communautés. Les principes et les règles relatifs à la protection des droits fondamentaux montrent clairement qu’il n’y a pas de hiérarchie entre la liberté de religion et la liberté d’expression: toutes deux relèvent des facultés intellectuelles de la personne humaine et de son action dans les sphères publique ou privée. Les mesures adoptées aux plans international et national doivent préserver un juste équilibre entre l’exercice de la liberté de religion et celui de la liberté d’expression, ce qui suppose de reconnaître que la liberté d’exprimer une croyance religieuse, lorsque cette croyance est authentique, remplit une fonction collective: elle contribue à la cohésion sociale et, par conséquent, à la coexistence pacifique de l’ensemble de la population − minorités et majorité, croyants et non-croyants − au sein d’un même pays. La promotion et la protection de tous les droits de l’homme, y compris du droit à l’exercice de la liberté de religion, supposent d’accepter que les droits de l’homme sont liés et que les règles internationales doivent être reflétées dans le droit interne pour protéger, dans des conditions égales, la liberté de chaque personne.




*A/HRC/6/SR.6 par.48-50.

 
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